LES MAINS

Texte de Lambert Savigneux Photos de ArtySil

© ArtySIL
ArtySil expose son travail sur Internet (http://www.flickr.com/photos/artysil) et est présente sur Calaméo.( http://fr.calameo.com/accounts/23995)
L’artiste, vit dans l est de la France. Depuis 2007 par le biais de son blog Souffledame, elle écrit suivant la thématique d’une « Respiration Poétique » Son travail photographique prolonge cette inspiration. Le présent recueil est le fruit d’une collaboration, les photos ayant inspiré le texte.

Une lueur

En faisceau crée l'espace

On imagine à l'infini l’échouant sans borne ce n'est pas une couleur l'espace dévale sans un bruit qui ne heurte

Harmonies

Un chant des sphères un ambre de silence velouté l'écho des ailleurs l’éphémère des lueurs

L’œil perçoit les rythmes mouvements égaux une écriture ancienne scrute l'éther enclenche l'immanence trois déclenchements ondes les fluorescences solaires ramènent l'espace à sa diffraction

Pourpres les traces en graines de comètes foncent les ombres sur le luminaire des terres crasses font débordent des tons

Ambre la face cachée d'une peau poudres les cendres d’une planète sereine

L’ombre à l'harmonie des lignes dérive à la trace trois fois dans l'espace répond une ligne pleine l'autre face entrecroise verticales et planes point focal de la méditation angulaire

Un fragment de nuit gyre la lumière lisse le sillage chargé d'ions dessine les contours pulsation comme un langage de la matière la vibration un clivage la taille en clair douce

Écoute la libation des ors Ciselure à la nuit rayonnement du schisme rapt à l’enluminure l'intense s’invite à la courbe verticale

Mentalement sombre l’envie dorée du noir Myrtes myrrhes ou myrtille rythme la beauté du souffle il n'y a que la peau le vide et les écarts Le clair-obscur efface comme la voix chaude effile une finesse

La puissance de la peau indécise

Chandelle d'élixir accentuation circonflexe

L’affleurement tient à distance le magnétisme intense d'une formule éprise d'absolu Du bout des sens la marge appose l'éclatement même dans l’indistinct les voir apparaitre prêtes à tous les verbes Les gestes percent à portée de voix

Turbine des mains

Dans ce demi obscur l'aura rayonne incandescente défi pigmentaire entrecroisement des lignes contre croisée des faisceaux

Fleuves le doigtés de peau est un rébus tour kabbalistique enchevêtrement des langues babelle les cinq iles paume continent les rives à l'abord de l'air lisent ces tracées de l'être à fleur

Signes disséminés éboulement le long des doigts s’entendent le cumul révèlent la toute puissance l'engloutissement des sens à l'œuvre des caravelles

Eldoradelle

Croix gonflées en périple du vent la main même immobile est comme une noix de tonnerre bleue les galets le songe d’un estuaire

Rivage rivelle rivale rive Carrés ovales dérive des sillons L’égale de la bouche et du souffle l'œil la révère la voit lire

Sous tous les bruits Nues forces contigües poumon immanent L’univers entier se déclenche

L’entredeux sombre d'un corps à l'affut jus de l'œil jouvence joyeuse X le vivre par l'ouvert pourrait se refermer

Saisir agripper étrangler

Et puis magicienne dodécaphonique

sculpter caresser garder

façonner guérir offrir

résonner effiler passer

griffer tenir capter

C

Losange d'angle elle sait dans son toucher elle règne par le toucher désenclave l'essence fâche les vents la création

Subitement animer l'effervescence subtilement enchérir l'élégance diffracter l'isolement soumettre l'ensorcellement transformer l’éternuement Orfèvre suer la langueur militante

VOIR AU CREUX DES SONGES

(autour de l’acte de création)

…éberlué l'œil perçoit tout ça

Un peintre s'échine épuise les yeux à vouloir voir ce qu'il devine déjà retrace mentalement les couleurs, l'aval de l’ombre le doré du noir

L’éclat Creuse à se faire mal obsédé par la beauté perçue c'est à dire qu'il l'a vu il voudrait la capter fasciné cette lumière qui pourtant est le tout de ce qu'il voit s'il tente de la dire il s'en éloigne mais son désir obstinément trace son chemin en lui

Ses mains à elle pour lui sont un transport d'étoile Il pense en se reculant pour prendre la mesure de la vision l'espace dans toutes ses dimensions et puis cette lueur qui rythme la beauté du souffle lui sait que ces interférences parlent (en dépit de ces blocs de silence) d'une chaleur comparable à un soleil les mains échappe à la description parce qu'il ne voit pas des mains ce sont les mains qui parlent

Revenons aux mains les mains qui sont le prolongement du mystère de ce qu'il ne sait ce que le mot résume s'efface dans le clair-obscur pour mieux réclamer l'attention elles sont comme la voix de l'incisive Ce sont les mains qui m'appellent, me soufflent des mots Je tente mais je n'ai rien dit il ne suffit pas de prononcer le mot, elles échappent ou illuminent l'ailleurs autrement. Le regard sans cesse tente de fuir

Pour voir.

TABLE

Les mains Voir au creux des songes

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