DO YOU SPEAK

good design ?

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1988-2008
de design L’école t ans a ving
Certains anniversaires sont, plus que d’autres, des moments forts de bilan... Avoir 20 ans, c’est être encore très jeune, mais c’est déjà avoir beaucoup d’expériences !

20 ans de création

Nous parions sur un avenir fidèle à l’audace exploratoire propre à la jeunesse dans son désir de changer le monde !

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LA RECONNAISSANCE DU DESIgN COmmE APPROChE gLObALE
Créée en 1988 sous l’appellation «l’École de Design des Pays de la Loire», l’établissement a changé d’envergure depuis l’arrivée de Christian guellerin, en décembre 1997. Aujourd’hui Directeur général de «l’École de design Nantes Atlantique» et Président de l’association internationale Cumulus (réseau de 124 écoles d’art et de design), il a précédemment été Directeur d’écoles de gestion et de commerce et a enseigné à Paris 9 Dauphine, Paris 8 Saint-Denis, l’Université de Nantes et dans des écoles de commerce et d’ingénieurs. En quelques questions, faisons un bilan sur le positionnement de l’École de design Nantes Atlantique, devenue en quelques années le plus grand établissement privé de design en France (plus de 600 étudiants) et le seul à délivrer un diplôme visé par le ministère de l’Enseignement Supérieur.

Vous ouvrez un département recherche au sein de l’école. Dans une filière de formation au design, ce n’est pas un pléonasme ?
Non, parce qu’il s’agit, au-delà du projet, de produire de la connaissance, de construire une expertise interne, qui nous servira à la transmission pédagogique. Cela devra nous conduire vers la recherche R&D en entreprise et à des partenariats avec des laboratoires de recherche d’autres disciplines. Il y a beaucoup à faire car la recherche en design existe très peu en France : il n’y a pas d’université, de doctorat. Lié à une culture industrielle, le design a échappé à l’université. En France, c’est net. On est hors champ académique.

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dito

culture du design et de générer une activité économique qui sert les entreprises ainsi que toutes les agences de design. Vu du côté de l’école, le nombre de diplômés nous importe moins que le nombre de ceux qui trouvent du travail, et pas pour deux ans, pour toute la suite de leur vie professionnelle. Par ailleurs, le centre de formation des apprentis de l’école (CFA Création et Innovation Industrielle) place ses élèves en alternance dans des PMI qui n’auraient jamais pensé intégrer le design dans leur activité. Depuis que nous avons ouvert ce centre de formation, spécialisé dans le design de produits, le design d’espace et la construction bois, nous comptons cette année plus de 600 étudiants et apprentis.

pour clients des agences de design qui nous font débroussailler le terrain. Des agences qui accueillent également nos étudiants en stage.

En quoi le design a-t-il changé d’image pour les entreprises ?
On s’oriente vers la reconnaissance du design comme discipline de management. Le designer est capable de fédérer, de mettre autour de la table des métiers très différents, ingénieurs et sociologues par exemple, techniciens, graphistes, commerciaux… Ce n’est plus tant un technicien qu’un animateur au service du développement de projets.

C’est déjà le cas lors des études à l’École de design ?
Entre philo et sociologie, ergonomie, anthropologie, technologie, physique, mathématiques, matériaux, plasturgie, arts appliqués… nous sommes dans la transversalité en permanence, c’est passionnant.

do you speak good design ?
développement d’écoles de design Cumulus qui fédère 124 établissements supérieurs de 40 pays, spécialisés design, art et média. Que représente cette présidence ?
L’internationalisation est le gros enjeu des écoles de demain. Tous les établissements sont confrontés à la mondialisation. Et le système LMD (licence, maîtrise, doctorat) favorise les passerelles : trois ans de technique chez soi, deux ans de management dans un autre pays. Notre capacité à attirer des étudiants étrangers est une vraie gageure, et un impératif. Et si j’ai été élu à la présidence de Cumulus, c’est parce que je suis français... ce qui n’est pas rien dans le monde, même si la spécificité du design «made in France» n’est pas si évidente à cerner. Nous structurons nos étudiants autour de thématiques spécifiques, en partenariat avec les entreprises et les pôles de compétitivité : interfaces tangibles, mobilité raisonnée, nouvelles pratiques sociales, nouveaux modes d’alimentation...

Quelles relations entretenez-vous avec les entreprises ?
Il y a des entreprises qui ne se sont jamais frottées au design et en arrivent à découvrir bien des choses sur elles-mêmes. Nous les aidons dans la définition de problématiques. Nous n’avons pas d’obligation de résultats, hors nos objectifs pédagogiques. Cette approche nous a permis d’instiller une

Vous a-t-on reproché de concurrencer les bureaux de design professionnels ?
Comme pour les junior-entreprises des grandes écoles, ce n’est plus un sujet polémique. Nous avons de nombreux exemples d’agences créées à partir d’une relation économique initiée ici, par ou pour des entreprises qui n’avaient jamais pensé au design. Nous commençons d’ailleurs à avoir

des formations en design, et donc des savoir-faire professionnels ?
Nous devons revendiquer nos particularités culturelles, bien entendu ! J’ai dit à la rentrée aux étudiants qu’ils n’ont pas d’autre choix que de maîtriser l’anglais pour être «global», puisque c’est la langue véhiculaire, tout en parlant correctement français pour être singulier, parler de leur propre culture.

Vous créez une antenne en Chine. C’est un effet de mode ?
Pas du tout. C’est simplement pour décliner l’identité de la spécificité française, de l’école et de la région et l’adapter aux marchés chinois. Si demain nous voulons exister économiquement sur la carte du monde, il faut une identité spécifique. Le design est une partie de la réponse. Cette création d’une antenne en Chine, une fois que nous saurons comment gérer un établissement à distance, nous allons la poursuivre, en Inde, au Brésil. Nous sommes aussi sollicités une à deux fois par mois pour exporter notre savoir-faire : sélection, pédagogie, évaluation…

En dix ans, qu’est ce qui a changé dans la philosophie de l’école ?
Avant nous formions des créatifs. Désormais, nous formons plutôt des professionnels de la création. Parce que la reconnaissance du design comme approche globale est de plus en plus au cœur des processus de conception, de production et de commercialisation. Notre approche du design — il y en a d’autres —, est d’être au service des entreprises, de générer de la valeur économique.

Vous présidez depuis l’été dernier le réseau international

Ces échanges entre établissements supérieurs n’entraînent-ils pas un risque de standardisation

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1988 - 2008 : DE 25 à 630 ÉtUDIANtS, mAIS IL NOUS REStE tANt à bÂtIR...

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Ils ont dirigé l’École de design
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1988 1996 1997

Formation en 4 ans de designer industriel Passage du diplôme de 4 à 5 ans d’études Homologation du diplôme de niveau II Formation continue en multimédia Membre du réseau international Cumulus Filière Hypermédia en 2 ans BTS Assistant en Création Industrielle en apprentissage Option design hypermédia en 5 ans Ouverture d’une classe internationale - 11 étudiants étrangers Reconnaissance par l’État Visa du diplôme par le Ministère de l’Enseignement Supérieur Double diplôme avec l’IAE BTS design d’espace Mastère Management, Design et Création avec Audencia Mastère Technologie du Bois et Éco-conception avec l’École Supérieure du Bois CFA Création et Innovation Industrielle BTS Systèmes Constructifs Bois Habitat Option design d’espace en 5 ans 26 modules de formation continue design Double diplôme avec l’ENSAM 2 Licences pro en partenariat avec l’Université de Nantes : (Édition Jeunesse Multisupports / Design, Matériaux et Modélisation) Option design graphique en 5 ans Mise en place de 6 options majeures en années 4 et 5

Rue Lamoricière

Locaux ICAM

Campus de la Chantrerie

Agrandissement

3 800 m2 de bâtiments
1 800 m2
900 m2
150 m2
88 92 92 98 06

1999 2000 2002

630 étudiants
450
320
190
120 25
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2005

2006 2007

50
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2008
112 enseignants
78
60
32 30 10
94 98 02 06 08 10 12

2009

50 permanents

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mateurs, Jacques Viénot, auquel j’ai consacré un livre paru aux Presses Universitaires de Rennes en 2006 et un article dans la revue américaine Design Issues. J’avais également eu l’occasion en 2002 de travailler à un chapitre sur le design pour les éditions Autrement (« 1950-2000, Arts contemporains »). édition). J’étais alors étudiante en histoire de l’art et je n’avais du design qu’une très vague idée, celle en fait qui correspondait aux lieux communs des médias. J’avais ensuite oublié ce livre qui n’entrait pas dans notre programme… Je m’en suis souvenue lorsque la décision a été prise de quitter les arts appliqués pour aller vers le design… Le pamphlet de Victor Papanek à l’encontre d’un design « marketing » est caractéristique de l’effervescence critique des années 70. J’entrais dans le design par la porte de l’idéalisme moderne qui défend le designer comme un créateur responsable, « soucieux des vrais besoins de l’humanité ». Le livre de Brigitte Borja de Mozota («Design et Management, éd. d’organisation, 2001 – 1ère parution en 1990») m’a fait découvrir la facette entreprise et design management. Je comprenais mieux comment articuler toutes ces questions avec l’ouvrage de Jocelyn de Noblet («Design, Le Geste et le Compas», Somogy 1988) grâce à l’éclairage de l’histoire. Une date importante a été aussi celle de ma rencontre avec Alain Findeli à Montréal en 1998. J’étais allée à Montréal pour un bilan pédagogique, suite à nos premiers échanges d’étudiants avec une université étrangère, mis en place en 1994. Je connaissais un peu le travail d’Alain en tant qu’enseignant chercheur, son charisme, à travers ses écrits et les témoignages admiratifs de nos étudiants. Mais les liens qui se sont établis à partir de cette rencontre m’ont introduite aux recherches internationales en design, dont nous étions encore loin en France. Ses écrits imprégnés des questions éthiques, ainsi que ceux de Jean-Pierre Boutinet sur l’anthropologie du projet (directeur de l’Institut de sociologie et psychologie appliquées à l’Université catholique d’Angers et membre de notre conseil scientifique), auquel il m’avait adressée, ont été une source féconde d’enseignement pour penser le projet. Les écrits théoriques et historiques d’un côté, le terrain des réalités professionnelles de l’autre, celui de l’enseignement au milieu… Depuis 20 ans, on parle moins du design que des métiers du design… Une étape importante a aussi été celle de la création d’une option hypermédia pilotée par Frédéric Degouzon avec lequel j’ai travaillé pour une intégration des programmes dans la formation en 5 ans. L’histoire a continué avec l’ouverture de trois BTS au sein d’un Centre de formation en apprentissage dirigé par Stéphane Gouret, l’intégration d’une option espace cette année et la perspective d’ouvrir une option de graphisme en 2009, la création d’une licence pro en partenariat avec l’IUT dont la maîtrise d’œuvre revient à Stéphane, l’ouverture d’une école en Chine, la mise en place de doubles diplômes avec l’IAE et l’ENSAM, le développement de nouveaux programmes en années 4 et 5, la création d’un centre d’études prospectives, le développement de la Recherche… Au-delà des évolutions qu’il faut comprendre et anticiper, l’essentiel est cette conviction portée par l’ensemble de l’équipe, former des futurs designers, conscients de leur responsabilité économique, sociale et environnementale au sein des entreprises et des services, capables de défendre des propositions novatrices et un positionnement éthique au service des humains.

De la rue Lamoricière au campus de la Chantrerie
En 1992, Agnès Levitte qui était alors directrice, m’a proposé de prendre la responsabilité de l’encadrement pédagogique, fonction que j’assure toujours en tant que directrice des études parallèlement à l’enseignement. Et puis nous sommes passés de la rue Lamoricière à des locaux situés sur le campus de l’ICAM en 1992/93. Je me souviens d’une période de travail intense dans des conditions parfois difficiles, pour défendre la pertinence et le sérieux d’un enseignement supérieur en design industriel auprès des entreprises et pour être à la hauteur des enjeux attendus par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes, qui avait repris la gestion de l’école au début des années 90. À partir de 1996, Jean-Patrick Péché qui dirigeait l’agence Dia Design, a pris la coordination de l’enseignement du projet en remplacement de Stéphane Gouret, travaillant avec toute l’équipe des designers-enseignants, dont Jean-Yves Chevalier, Jean-Yves Guillet, David Balkwill, Anne Delfaut et Nicole Garo qui étaient déjà avec nous rue Lamoricière, ainsi qu’avec Jean-Luc Barassard, responsable des partenariats entreprise. L’année 1998 a été une année charnière. Ce fut l’arrivée de Christian Guellerin à la direction et notre troisième déménagement dans la nouvelle école de la Chantrerie. La dynamique insufflée par Christian nous a donné des ailes… Pour ma part, c’est cette dynamique qui m’a aidée à mener de front mon travail de directrice des études et mes recherches historiques.

portraits
histoires croisées

UNE bELLE hIStOIRE, UNE DYNAmIQUE OUVERtE SUR LE FUtUR

Jocelyne LE BOEUF
Directrice des études depuis 1992

Do you speak good design ?
Le mot design commençait à devenir à la mode, à tel point que pour beaucoup de personnes, le design industriel, apparut en fait au XIXe siècle, était né dans les années 1980. Je me souviens d’un article de la revue « Design Packaging », dans un numéro de 1989, qui s’intitulait « Do you speak good design ? » (titre repris beaucoup plus tard pour l’intitulé de notre revue d’école) avec une photo de Philippe Starck qui apparaissait dans un coin de sa « Psyché en tôle d’acier », avec sa casquette, ses lunettes noires et la main posée sur le menton… Starck a le mérite de faire parler du design français dans le monde entier, disaient certains. Mais pour d’autres, celui-ci trahissait le « vrai » métier, l’ « emballage » du discours masquant la réalité des pratiques professionnelles. Le presse-citron Juicy Salif, conçu pour la firme italienne Alessi en 1988, symbolisait de fait un « design » s’appuyant sur l’aura culturelle conférée à un objet du quotidien par un designer qui aime raconter de belles histoires. Pas besoin que l’objet soit vraiment fonctionnel pour une stratégie de marché basée sur la communication. Il est symptomatique que le chapitre consacré à son ancienne collaboratrice, Matali Crasset, dans le catalogue « Moins et Plus » du Centre national des arts plastiques, soit intitulé « Communiquer

D’une école d’arts plastiques à une école de design
J’ai participé au projet de l’École de design depuis sa création en 1988. J’enseignais depuis plusieurs années l’histoire de l’art à l’École d’Arts plastiques des Pays de La loire, structure fondatrice de l’école actuelle. La directrice, Marianne Guyot de Nouël et son assistante Danielle Roussel, avaient déjà mis en place des classes préparatoires au concours de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L’idée de créer une école de design a commencé à germer en 1987. Celle-ci s’est concrétisée avec l’arrivée de Paul Schmitt, qui venait des établissements Le Creuset où il avait contribué à défendre la valeur stratégique du design pour les entreprises. Il était l’auteur d’un programme, qui avait été présenté au Ministère de l’Industrie en 1987, sur la promotion du design auprès des acteurs économiques et politiques (dans le cadre de la création de Pôles de Promotion du design apparus dans ces années 1980). Devenu président de l’Association à l’origine de l’école, Paul Schmitt a été très actif pour défendre ce projet d’une orientation de notre formation vers le design industriel.

plus, dessiner moins » (2002). Évidemment on était loin du métier présenté dans le Plein Ouest (N° 36 de 1986) qui présentait le design dans la conception des chariots-élévateurs chez Manitou… Roger Tallon, qui a commencé une carrière de designer industriel dans les années 1950, s’insurgeait contre le fait qu’on parle toujours aussi mal du design en France. « Les médias abusent le public (…) On fait l’apologie de meubles qui ne se vendent pas (…) », disait-il (Revue Stratégies, n° 713, 24 sept. 1990). Ces articles font remonter à la surface mes recherches de l’époque pour tenter de comprendre le contenu pédagogique à construire…

De l’histoire de l’art à l’histoire du design industriel
Ma première mission dans cette transition entre les arts appliqués et le design industriel a été de créer un cours d’histoire du design qui m’a fait découvrir un terrain de recherche passionnant. Je me souviens d’avoir été plutôt studieuse pendant les vacances d’été ! Ce que j’ai appris sur le design, à la fois sur le terrain de l’école, par la rencontre avec des professionnels et en étudiant l’histoire du design, m’a amenée à un travail spécifique de recherche universitaire sur le mouvement de l’Esthétique industrielle en France et plus particulièrement sur un de ses grands ani-

Notre projet d’école était bien dans l’air du temps…
La création de l’ENSCI (École Nationale Supérieure de Création Industrielle fondée en 1982), la création par Danielle Quarante d’une formation d’ingénieur-designer à l’Université Technologique de Compiègne, puis d’un DESS en design industriel/conception de produits dans ces mêmes années, étaient les signes d’une évolution affirmant la nécessité de développer les formations supérieures en design.

Remerciements :

Enseigner le projet de design
Ma première lecture sur le design a été celle du livre d’un designer américain, Victor Papanek (« Design pour un monde réel », 1974 pour la parution française et 1970 pour la 1ère

Retracer un parcours de 20 ans serait trop long dans le cadre de ce petit article et je renvoie les lecteurs à la chronologie présentée dans la revue. En y pensant, je tiens à remercier les institutions qui nous ont soutenus, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes sans laquelle nous n’existerions pas, La Région, la Métropole, le Conseil Général qui ont permis notre installation à la Chantrerie dans un bâtiment conçu pour l’école et ont rejoint à maintes reprises nos actions de valorisation du design. Je pense aussi avec reconnaissance au soutien et à l’engagement de nos présidents Paul Schmitt, Denis Batard, Jean-Pierre Cahingt, Yann Rolland, à tant d’enseignants d’autres écoles de design, à tant de designers professionnels qui nous ont aidés, souvent sans compter leur temps, à tant d’entreprises qui nous ont fait confiance. Je n’oublie pas non plus l’investissement précieux des pionnières du secrétariat, Roselyne Quesne qui est maintenant en retraite, Yvette Demoulin toujours fidèle au poste et toujours aussi rigoureuse dans ses missions, Agnès Le Provost, mon indispensable collaboratrice qui dirige maintenant le secrétariat pédagogique, Christian Mouraud responsable de l’atelier maquette et qui a connu l’aventure de la rue Lamoricière… Jocelyne Le Boeuf

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Paul SCHMITT
Premier Président de l’École de design des Pays de la Loire (1988-1993)

Une école en correspondance avec l’économie du futur et les impératifs du présent
Ne nous retournons pas trop sur le passé : en transformant une École de Beaux Arts aussi sympathique que traditionnelle en École de design en 1988, je répondais peutêtre aux tendances cachées des élèves mais surtout à ma réussite industrielle grâce au design balbutiant de l’époque 1970-1980. Bien sûr je me heurtais à la totale incompréhension des corps constitués du lieu, à l’exception de la Chambre de Commerce de Nantes. Le «design», du parisianisme !... Pourquoi pas un mot Français comme le «style» ou le «créativisme» (tout droit sorti du Ministère de la Culture) par exemple ? Revenons à aujourd’hui : l’École a réellement trouvé le cadre, le niveau et le fondement même du design en correspondance avec l’économie du futur sans rompre avec les impératifs du présent. Je voudrais souligner les dangers à éviter pour l’avenir : - la tendance à «starifier» le rôle du designer. Par exemple Starck qui prône la disparition du designer car lui-même ne fait pas du design, mais du Stark ; et d’autres «vedettes» suivent aussi cette voie rémunératrice. - l’autre tendance, aussi destructrice, consiste à créer des objets ou des meubles baptisés design «en édition limitée», à des prix élevés. Pour moi tout cela est de «l’anti-design» et de la récupération financière. Le design tel que le cultive l’École de design de Nantes doit s’ancrer dans la vie quotidienne d’aujourd’hui. Dans mes entreprises j’ai eu le bonheur de faire travailler Raymond Loewy, J-L Barrault, Pierre Paulin ou Enzo Mari. Ce dernier, à qui je demandais quel avenir il souhaitait pour la cocotte en fonte qu’il avait dessinée me répondit : «J’aimerais, pendant 20 ans, retrouver ma création dans la cuisine de mes enfants et petits enfants. Puis après, j’en dessinerai une autre pour un nouveau concept de cuisine...». C’est le seul message que je puisse utilement transmettre.

Anne DELFAUT
graphiste

La proximité et l’écoute de chaque étudiant
Par paliers, l’école s’est métamorphosée... tout comme mes cours de typographie et de design graphique. Nous n’avons pas eu le loisir de ronronner ! L’École de design rue Lamoricière, c’était l’esprit atelier, beaux arts. Dans une cour intérieure, les salles s’ouvraient sur un puits de lumière. Une ambiance à l’italienne ! Dans certains espaces de cours, des bassines recueillaient les fuites d’eau du toit ; d’autres salles se situaient dans un ancien appartement. Nous travaillions sur des tréteaux devant la cheminée en marbre. Les cours étaient alors très intimistes : 5 étudiants en dernière année ! Mon fléau de cette période était l’absentéisme, le design graphique était pour les étudiants sans lien avec le design produit… jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent de la part importante de graphisme dans leur premier travail professionnel. Dans les locaux de l’Icam, le parfum de l’ingénieur. Ce ne fut pas un passage agréable, nous avons perdu la notion de famille, l’école a commencé à grandir et il a fallu mettre de la discipline parmi les étudiants (…) L’École a fait ses premiers échanges, ses premiers partenariats. Ce lieu a toujours été compris comme un strapontin. Le grand départ : l’entrée dans « nos locaux », sur le campus de la Chantrerie. Nous nous sommes retrouvés chez nous, la communauté s’est recréée. Malgré une promotion aujourd’hui de 150 étudiants en 1ère année, je pense avoir gardé la proximité et l’écoute de chaque étudiant et c’est chaque année un grand bonheur de voir toutes ces individualités s’ouvrir, s’épanouir et s’affirmer dans leur choix.

intérêt, j’ai accepté. À l’époque je ne connaissais pas cet établissement mais j’étais « titillé » par le projet. Au bout d’un quart d’heure de session au Conseil, Prof...essionnel lorsque la directrice a demandé et prof...esseur si quelqu’un connaissait une per« Vingt ans déjà que l’on m’a sonne susceptible de reprendre proposé, je ne sais plus par quel hasard, de faire partie du Conseil le cours de design, je me suis montré du doigt, ce qui excluait d’Administration de la nouvelma participation au Conseil d’Adlement créée École de design à Nantes. Plus par curiosité que par ministration. Deux bonnes idées Responsable pédagogique, designer

Jean-Yves CHEVALIER

en une : gagnant-gagnant ! Donc me voilà « prof » de design depuis vingt ans : attitude logique puisque mon ancien maître en Allemagne me l’avait conseillé et mon père, qui s’y connaissait, formellement interdit... »

Stéphane GOURET

Dominique VITAL
Professeur de dessin-couleur

avaient un parcours déjà bien rempli… L’école venait d’intégrer les locaux de l’ICAM, nous étions Un designer pédagogique 6 permanents et il y avait une soixantaine d’étudiants en tout « J’ai rejoint l’école en 1993 et pour tout. Le design n’était pas en tant que responsable encore pleinement reconnu compédagogique des enseignements me il l’est aujourd’hui en France, professionnels… J’avais 27 ans ! Tout jeune diplômé de l’ENSAAMA, nous devions encore prouver et démontrer le bien fondé de ce j’avais pourtant alors 5 ans d’exmétier auprès des entreprises périence professionnelle derrière comme des institutions. moi, ayant inventé avant l’heure j’ai eu la chance à l’école une formation en design par alternance en suivant ma forma- de pouvoir contribuer à un projet ouvert, évolutif et tion tout en travaillant chez InterDesign, une agence parisienne. d’avoir dirigé plusieurs projets importants pour Cette expérience m’aura été l’école : en 2001, création utile lorsque je me suis trouvé à enseigner à des étudiants à peine d’une première année dite plus jeune que moi et à encadrer “préparatoire” à la demande de Jocelyne Le Boeuf ; en 2002, des designers professionnels qui Directeur du CFA et responsable de l’Année 1

ouverture du premier btS Design en apprentissage en France ; en 2005, ouverture de la première section de design d’espace à l’école ; en 2006, création du CFA, le premier du genre en France, dédié aux métiers de la création et de l’innovation industrielle, grâce au choix ambitieux du Conseil Régional des Pays de la Loire de soutenir une politique économique tournée vers l’innovation ; en septembre 2008, ouverture de deux licences professionnelles en partenariat avec l’Université de Nantes. L’école reste un creuset de créativité formidable et je suis certain de ne pas en avoir épuisé toutes les possibilités de création. J’y suis avant tout comme designer… »

Les techniques d’apprentissage du dessin ont encore de beaux jours
« J’aime dessiner, j’aime le dessin », il est à la fois technique et sensible, il matérialise, il est capable d’ouvrir un champ d’expérimentations personnelles, de révéler ce qui doit émerger ; il est le lien entre la pensée et sa formalisation, il offre toutes les possibilités d’aller retour entre soi et le monde, les autres ; il noue et dénoue des codes et des signes dans l’espace pour construire l’échafaudage d’une conception. La maîtrise du dessin n’est pas dans le savoir-faire du « beau dessin », elle est dans la cohérence d’un ensemble de codes où tout participe à communiquer sa pensée. Un bon dessin et un mot juste, voilà de quoi définir la base d’une communication de projet, mais ça se nourrit de bien d’autres choses encore et la technique du dessin est indissociable de l’ensemble des approches plastiques et des techniques enseignées à l’École de design, il n’y a pas de technique isolée. La grande machine de la création doit s’animer de tous ses rouages. Cela fait de nombreuses années que j’enseigne à l’école : le dessin, le rough et les bases de la couleur... Ces techniques, essentielles et incontournables, ont encore de beaux jours devant elles, je le crois... Et je n’ai pas fini de scander : « Un regard rigoureux, une main libre », « L’ombre révèle la lumière », « Gardez une vision globale », « Appliquez les conventions graphiques », « Travaillez en plein et délié », « Plissez les yeux pour accentuer les contrastes », … au risque de radoter !

Frédéric DEGOUZON
Responsable du département recherche, ancien responsable des formations hypermédia

cence nouvelle autour des usages à imaginer de cette grande interconnexion planétaire appelée Internet, ouverte au grand public quelques années auparavant. J’ai eu la chance d’avoir pu m’entouhypermédia, rer d’une équipe de jeunes gens ou comment la culture qui s’est constituée très vite : numérique est entrée moins de 3 mois ! Malgré des à l’école… parcours différents, nous parta« Je me souviens très bien de ce gions tous la même conviction défi un peu fou lancé par Chrisintime que la technologie numétian Guellerin en octobre 2000 : rique allait bouleverser tout notre créer de toutes pièces une environnement matériel, social et filière nouvelle, exploitant culturel. Je pense aujourd’hui, les possibilités offertes par malgré la dépression des années la technologie numérique, suivant l’éclatement de la « bulle dans un établissement dont la lé- Internet », malgré les erreurs et gitimité s’était construite autour les naïvetés qui ont pu nous anidu produit industriel. Nous étions mer parfois, que nous avions sans dans ce qui n’était pas encore doute tout de même raison ! une bulle, dans une effervesEn 2002, après deux promotions

pionnières, « hypermédia » est devenue une option d’un cycle de 5 ans, aux côtés du produit, grâce à l’intelligence de J. Le Bœuf et à la confiance de C. Guellerin. L’option a grandi en exigence, en maturité et en assurance, en posant la question du lien entre interface et service, hardware et software, objet tangible et système logique. La question de la légitimité du design d’interactivité ne se pose guère plus, mais les « hommes en noir » qui se réunissaient de façon presque secrète sont toujours là pour accompagner les étudiants et interroger leurs pratiques, dans un monde toujours plus investi par la technologie. »

11
LA SEM RÉGIONALE DES PAYS DE LA LOIRE
Nathalie Posier, Conseillère en design

L’école participe vraiment au développement d’une culture design en région et hors région
« Sans la présence de l’école et son dynamisme, mis en œuvre par les conférences, manifestations, trophées, le message ne serait pas autant passé vers les entreprises. En créant toutes ces opportunités de stages pour ses étudiants, l’école est exemplaire : cette stratégie montre aux PME la valeur ajoutée et le facteur d’innovation octroyés par le design. Ça participe vraiment au développement d’une culture design en région mais aussi hors région. L’enjeu est d’ancrer nos jeunes talents sur nos territoires, tout en offrant des plus de différenciation, d’innovation aux entreprises vis à vis de l’offre standardisée des pays émergents. »

réseaux
« Nous pouvons être fiers du travail accompli »
Née d’une initiative privée, l’École de design des Pays de la Loire a très tôt été soutenue par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes, en 1992. Chefs d’entreprises, nous savions combien le design, la création et l’innovation, dès lors qu’ils sont appliqués aux produits, aux emballages, à tout ce que nous fabriquons et vendons, étaient déterminants pour oeuvrer au développement et à la pérennité de nos entreprises. 20 ans après, la « globalisation », l’internationalisation des marchés, la concurrence avec les pays émergents rendent la pertinence du design encore plus patente. Le design est devenu une option stratégique pour les entreprises qui doivent être de plus en plus adaptables aux évolutions sociologiques, technologiques et économiques. L’École de design est devenue « Nantes Atlantique » il y a dix ans et le soutien des CCI Nantes-St-Nazaire n’a jamais été pris en défaut. Cette école, membre de la Conférence des Grandes Écoles, est aujourd’hui l’un des établissements français les plus prestigieux dans son domaine. Soutenue fortement par Nantes Métropole, le Département de Loire-Atlantique et la Région des Pays de la Loire, elle est un atout-maître de la reconnaissance des capacités d’innovation des entreprises de notre territoire. En tant que CCI Nantes-St Nazaire, nous pouvons être fiers du travail que nous avons accompli aux côtés de l’École de design. Nous lui souhaitons de continuer à rayonner.

réseau international Cumulus présidé par le directeur de l’école nantaise. Pour nous, dans un marché mondialisé où nous gardons en amont la valeur ajoutée — créativité et donc design, distribution et relation avec le client—, la production étant en aval, nous devons capitaliser nos éléments différenciants : culture, histoire, place accordée à l’enfant… Quel a été l’apport de l’École de design ? Bien sûr, les créateurs de mode ne l’ont pas attendu pour se lancer, et je ne suis pas sûr que l’École de design puisse apporter du conseil pertinent dans le stylisme, qui n’est pas son cœur de métier. Mais dans l’approche globale, le vêtement dans ses univers, ses espaces commerciaux, les boutiques, là, l’école a un rôle d’accélérateur. Et on n’en est qu’au tout début ! »

école réputée remarque notre travail, c’était valorisant, même s’il n’y a pas eu à proprement parler d’impact grand public. L’attribution du trophée nous a donné une petite visibilité médiatique. Ensuite, un de nos produits, le pistolet à graines, a participé à l’exposition «Observatoire du design» à La Vilette avant de circuler dans le monde entier. Le prix a confirmé notre démarche d’entreprise vis à vis du design, et nous a amené à la 3D en déterminant notre besoin en logiciels. Par les rencontres et réseaux ouverts à cette occasion, nous avons intégré deux pôles de compétitité, le pôle enfant à Cholet et Végépolis à Angers. Depuis 2006, Radis et Capucine est identifiée comme entreprise innovante et nous recevons des propositions spontanées d’inventions, de développement.»

au coeur de l’économie régionale

RADIS ET CAPUCINE, trélazé
jean Sébastien griffaton, Directeur

EVOLIS, beaucouzé
Yves Liatard, Directeur développement

UNE ÉCOLE RECONNUE PAR LES PROFESSIONNELS Et LES INStItUtIONS
Le 15 juin 2006, jacques Auxiette, Président de la Région des Pays de la Loire, Patrick maréchal, Président du Conseil général de Loire Atlantique, jean-marc Ayrault, Président de Nantes métropole, jean-François gendron, Président de la CCI de Nantes, inauguraient l’extension de l’École de design Nantes Atlantique implantée sur le site de la Chantrerie depuis 1998. Invités par Yann Rolland, Président de l’école, ils laissaient le soin à Yrjo Sotaama - Recteur de l’Université d’helsinki et Past-président du réseau international Cumulus - de couper le cordon inaugural. « Cette cérémonie était l’occasion de renouveler le soutien témoigné par les institutions au design, à la création et à l’innovation. L’installation sur le site d’Atlanpole la Chantrerie a été particulièrement déterminante dans le développement de l’école. Cela a contribué à lui donner de nouveaux moyens, une nouvelle vitrine mais surtout à montrer à quel point le design était devenu une discipline reconnue telles les disciplines technologiques des prestigieuses écoles d’ingénieurs installées sur le site. Depuis 10 ans, l’École de design travaille avec de nombreuses écoles d’ingénieurs et de management en France et à l’étranger. Le design a cessé d’être « déviant » pour être pleinement intégré au cursus de tous les établissements d’enseignement supérieur les plus prestigieux. L’École de design Nantes Atlantique s’est fait une place de choix parmi les écoles du Grand Ouest. Elle est l’une des deux écoles en France membres de la prestigieuse « Conférence des Grandes Écoles ». L’école contribue à faire rayonner la Région et la Métropole en France et de plus en plus à l’international. Peu de régions possèdent une « école de design » qui participe au développement des acteurs économiques installés sur le territoire. Peu d’écoles de design possèdent un réseau international de près de 150 établissements dont les plus prestigieuses institutions en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie. L’avenir de l’École de design est international. Notre tâche est duale. Le succès du projet de bâtir un phare de la création dans l’Ouest repose sur deux compétences : la capacité à attirer à Nantes des étudiants du monde entier, et celle de diffuser une culture française, et si singulière, de la création. Il s’agit de proposer des approches nouvelles et différentes au moment où la globalisation tend à la standardisation économique et culturelle. Tous les acteurs du territoire sont conscients de ces enjeux. Il convient de les remercier du soutien fidèle qu’ils apportent à l’École de design. » Christian guellerin, Directeur général de l’École de design

LE PÔLE ENFANT, Cholet
Samuel Leblond, Ex-chef de projet du Pôle de compétitivité Enfant

grâce aux rencontres et réseaux de l’école, nous avons intégré deux pôles de compétitivité
« Recevoir un Trophée du design en 2006 a été pour nous une surprise. J’avais déjà accueilli des stagiaires de l’École de design et j’imagine que mon catalogue a dû circuler au sein de l’établissement. Nous faisions déjà du design sans le savoir en créant des formes, des emballages pour nos kits de plantation à base de graines, mais qu’une

L’école nous a permis de valoriser notre différence
« En créant notre société d’imprimante pour cartes plastiques il y a huit ans et demi, nous nous sommes appuyé sur le design produit. Avant, nos concurrents réalisaient des imprimantes cubiques, sans couleurs. Nous avons d’ailleurs réveillé la concurrence… Le Trophée du design décroché en 2007 est un aboutissement de cette stratégie, c’est surtout une reconnaissance — pour la France essentiellement — de la qualité de la démarche et de l’efficacité du beau travail accompli. Cela permet de communiquer sur nous à travers des axes différents de nos circuits commerciaux. »

L’école a un rôle d’accélérateur
« Avec la CCI, j’avais déjà travaillé avec l’École de design sur des vêtements professionnels « intelligents ». Quant à l’univers de l’enfant, ça intéresse toujours les étudiants... Nous avons aussi cogité sur les Trophées du design, cette année élargis grâce au

Les échanges internationaux
• 40 partenariats parmi les écoles du réseau international Cumulus. • 20 partenariats hors réseau Cumulus. • En 2008-2009 : 66 étudiants de 4e année partiront en séjour d’études ou en stage à l’étranger, dans 19 pays différents. • En 2008-2009 : nous accueillerons 50 étudiants étrangers, issus d’écoles de design des 4 coins du monde : Italie, Espagne, Corée, Mexique, Israël, Tchéquie, Hongrie, Pays Bas, Norvège, Lituanie, Allemagne, Estonie, Canada.

jean-François gendron, Président de la CCI de Nantes

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LE CLUb DES DESIgNERS INtÉgRÉS
Comment la profession est-elle vécue par les designers ? Quelles perspectives de carrières ? En créant le club des designers intégrés, l’École de design est au coeur de la réflexion sur le métier.

INSERSION PROFESSIONNELLE, UN bON tAUx DE PLACEmENt
DÉCATHLON, Lille
Philippe Vahé, advanced design manager

StAgES : L’EmbARRAS DU ChOIx

MANITOU, Ancenis
thierry Lehman, designer intégré (1)

Pédagogie auprès des PmE
« Séminaires, conférences, évenements…, la communication de l’école me paraît pertinente pour persuader de l’apport du design pour vendre mieux en développant mieux. Ces initiatives jouent bien leur rôle de pédagogie auprès des PME du Grand Ouest. Il s’agit toujours au début de « casser » l’image du designer artiste, ou même styliste. Les actions de l’école permettent de faire passer le fait que le design intègre des critères d’ergonomie, de faisabilité, de coût, d’innovation, de concept, et de style...»

leur entreprise. L’objet n’est pas forcément l’essentiel. D’autant que je pense passer du design opérationnel au design stratégique, à la réflexion sur la gamme, la typologie des produits…

Nous apprécions les valeurs de l’école, ses savoir-faire et ses savoir-être.
« Décathlon vient chaque année recruter des stagiaires à Nantes (4). Nous apprécions les valeurs de l’école, ses savoir-faire bien sûr, mais aussi ses savoir-être. Au-delà du design, les étudiants touchent à la technologie, au marketing. Ce qui donne un état d’esprit plus humble que ce que j’ai remarqué dans les écoles de design de capitales, Paris, Londres… Les Nantais finissent par aimer l’entreprise, par en avoir envie. Cette modestie est aussi importante vis à vis des autres acteurs de la chaîne, après la création, qui doivent accepter le designer. Il faut créer de l’empathie. C’est moins du savoir-faire que de l’attitude, une qualité importante pour les designers en entreprises. Quand on fait du design d’objet, on ne dessine pas ce qu’on aime, mais ce qui entre dans les territoires d’une marque. Dans 95 % des cas, ce n’est pas pour ouvrir de nouveaux concepts, mais bien pour raffraîchir, redynamiser l’offre, de chaussures ou de vélos dans notre cas. Ce sont des objets qui communiquent, ce qui demande toute une analyse... il ne s’agit pas seulement de refaire du style. Quand je regarde les port-folios, je m’attache à ceux qui savent créer de la séduction sur les produits standards, de grande consommation. »

maud meudic, responsable du suivi des stages en entreprises
« Quelque cent trente étudiants du cursus long sont tous les ans en stage mais l’école est de plus en plus sollicitée pour placer des stagiaires.

HEULIEZ BUS, mauléon
thierry Sauvaget, designer intégré (3)

Du stylisme au design
Comment avez-vous été embauché ? Mon directeur a voulu intégrer un designer, notamment pour restyler la gamme de nos véhicules. Un chantier de plus de trois ans. Avant que je ne sois recruté, en 2001, la société faisait appel ponctuellement à un designer extérieur. L’intégration a-t-elle été facile ? Il a fallu convaincre de la nécessité de passer du style au design, et donc d’intégrer la démarche le plus en amont possible, ce qui n’était pas dans la culture des métiers de la carrosserie. Au départ, on a eu du mal à me confier les architectures, qui étaient le fait des ingénieurs avec leur savoir-faire des matériaux et des ossatures. Je suis passé pour un artiste faisant des projets inexploitables. Ça a évolué. Le design permet maintenant de repenser le véhicule de transport comme un objet d’usage social dans la ville. L’innovation a été de vitrer les parties basses et hautes des véhicules pour profiter au maximum de l’ouverture sur la ville, de l’ensoleillement ou de la pluie. De nouvelles ambiances permettent de dépasser l’éclairage très blanc, peu feutré et peu reposant du néon. Comment trouver sa place et faire valoir le design comme élément plus déterminant que l’habillage final ? À travers les discussions au sein du club des designers intégrés, nous mesurons que nous avons tous un problème de reconnaissance de notre métier dans nos entreprises. Une question qui ne se pose pas aux ingénieurs. En fait, tant que nous n’avons pas sorti un produit où le design a eu sa place, il est difficile de lever les barrières. L’idéal, c’est la reconnaissance chiffrée sur les ventes, mais la reconnaissance verbale des clients a aussi son importance.

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Cette année, nous avons reçu plus de 160 offres de stages,
émanant d’entreprises ou d’agences (45 % du Grand Ouest, 35 % de Paris). L’international représente 7 % des stages effectués. À ces 160 propositions nous devons ajouter les stages prospectés et décrochés par les étudiants à leur initiative, en fonction de secteurs, de produits ou de projets qui les motivent. On s’imagine ainsi le nombre important de sociétés touchées chaque année par l’école et ses étudiants...

BEL’M, machecoul
Anthony Durand, designer intégré (2)

Convaincre les commerciaux
Quand vous avez été recruté, que représentait le design pour l’entreprise ? Pas grand chose, sauf pour le PDG Yann Rolland, déjà convaincu du bien fondé du design. Il faisait partie de mon jury de diplôme, à l’issue duquel il m’a aussitôt proposé d’intégrer cette entreprise de 150 salariés ! La première année, j’ai surtout fait de la pédagogie pour dire à quoi servait le design. Puis, avec les premiers produits plus contemporains, il a fallu convaincre les commerciaux. On m’a dit « C’est une porte de toilettes, ça ne marchera jamais ». Et puis, avec les chiffres qui parlent, ils ont commencé à y croire ! Depuis presque 7 ans, la situation a-t-elle changé du côté des concurrents ? Tous nos confrères, surtout des petites structures, ont observé notre évolution. Ils font désormais appel à des agences de design. Quand vous avez intégré bel’m, vos camarades de promo ne vous ont pas dit que ça risquait d’être ennuyeux de concevoir des objets aussi frustres que des portes ? Je fais partie du club des designers intégrés où l’on parle de nos entreprises, de nos expériences. Je me rends compte que d’autres, en charge de produits soit disant plus «sexy» ont moins de considération dans

Les périodes de stage :

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AGENCE MALHERBE, Paris
Cyril Ayroles, responsable retail

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De bons designers industriels avec des acquis solides
« Chez Malherbe, nous ne faisons que de l’architecture intérieure, mais nous avons besoin de designers qui apportent des réponses graphiques, d’objet, d’espace, à la croisée des questions de volume et d’échelle. J’ai déjà recruté une demi-douzaine de diplômés de l’école de Nantes car ce sont de bons designers industriels, avec des acquis solides. Ils maîtrisent bien les outils de rendu, (Illustrator, Photoshop) et sont très vite opérationnels. Ils sont plutôt sensibles à la forme, très réactifs dans les réponses créatives. »

- 2 mois en 3e année, en septembre/octobre, - 3 à 6 mois en 4e année, à l’étranger, de septembre à février, - 4 mois minimum en 5e année. Ce dernier stage est plus orienté vers la préintégration professionnelle, et une mission bien précise. Souvent, l’objectif des entreprises est dès le départ de recruter leur futur collaborateur : en septembre 2007, 50 % de ces stagiaires en fin d’études sont d’ailleurs restés en poste, en CDD ou en CDI... Signe que leur présence a objectivé le besoin de leur poste et la légitimité de la démarche design. Comment rémunérer un stagiaire ? Au minimum 30 % du smic pour les stages de plus de trois mois. Les grosses entreprises indemnisent plus correctement, autour du smic, notamment pour les 5e années.

Des journées de recrutement

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Insertion professionnelle en chiffres (stats 2007) :
• 80 % de placement à 6 mois, dont 30 à 50 % avant la sortie de l’école. • 29 % Paris-Ile de France / 18 % Pays de Loire / 43 % reste de la France / 10 % étranger. • 48 % designers intégrés / 21 % designers en agence / 31 % indépendants. • 63 % produit / 41 % graphisme / 24 % espace / 23 % packaging / 5 % hypermédia.

L’école convie des sociétés partenaires pour des recrutements de stagiaires à Paris ou à Nantes. Ce jour-là, portfolios, books, CV et discours motivés sont de sortie. Mais les étudiants sont tellement sollicités, qu’il faut aussi que l’entreprise les intéresse, avec une mission bien définie. Dans la filière hypermédia notamment, les étudiants sélectionnent vraiment leurs stages.»

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PARtENARIAtS PROSPECtIFS : PLUS DE 2000 PROjEtS ImAgINÉS PAR LES ÉtUDIANtS
Jean-Patrick PÉCHÉ,
Directeur du design Depuis 1988, plus de 120 entreprises ont collaboré avec l’École de design dans le cadre de partenariats prospectifs, plus de 500 concepts sont produits chaque année. Notre méthodologie de projet nous permet de mener à bien des partenariats prospectifs dans des secteurs extrêmement diversifiés. à chaque fois nous menons en amont avec le partenaire un travail préparatoire qui permet de conjuguer ses attentes avec nos objectifs pédagogiques. Ensuite, notre démarche, qui se préoccupe d’abord de l’usage et du sens, produit une « forme » qui donne une vision innovante, mais souvent réaliste, à l’entreprise. C’est ainsi que l’École de design est devenue un des meilleurs « think tank » du grand Ouest !

FRANCE TELECOM, Paris
Catherine benguigui, ingénieur Recherche & Développement

Plus de 10 ans de partenariat et d’exploration prospective
« Le partenariat avec l’école a débuté en 1997, quand France Télécom a lancé son studio créatif. Nous avons appris beaucoup, et l’école aussi, je crois. Dans le partage et la collaboration, nous avons été au-delà des règles classiques du partenariat. Le premier projet était lié aux « vêtements communicants ». Nous réfléchissions sur le long terme, à dix/quinze ans, en travaillant sur l’imaginaire des utilisateurs, sur le geste comme interface et sur la notion d’« objets communicants ». C’étaient des sujets en rupture, à l’époque. Nous faisions des simulations du type Magicien d’Oz dans un genre d’appartement où nous étudiions les comportements des usagers, leur parcours dans l’espace, en sollicitant leur créativité. Notre petite équipe est plutôt sciences humaines.

CLARTÉ, Laval
Alexandre bouchet, responsable R & D (Clarté : plateforme de Réalité Virtuelle au service des entreprises)

LE CHOIX FUNÉRAIRE,
Pleslin trigavou Ludovic baux, directeur marketing

ARCELOR PACKAGING, Paris
Catherine jung, chef de projets

Nous avons recruté 5 designers issus de l’école
« La collaboration avec l’école remonte à 2003. L’idée était de faire travailler de jeunes étudiants en design sur le cercueil. Ce qui nous a intéressé, c’est le regard neuf de jeunes et l’apport du design sur un produit réputé immuable et traditionnel. Nous avons laissé libre cours à leur imagination. Peu importe si ce n’était pas vraiment réalisable... Le projet retenu a été présenté lors d’un salon professionnel à Paris. À l’issue de ce projet, nous avons recruté deux jeunes diplômés de l’École de design pour travailler sur les monuments funéraires, ce qui était très nouveau dans une entreprise bâtie autour du métier de marbrier et de tailleur de pierre. Aujourd’hui, l’un de ces designers est parti en Italie, l’autre en Suisse. Jusqu’ici, nous avons donc recruté cinq designers issus de l’école. »

L’École de design et l’École des mines développent des méthodes de travail innovantes
« À la base, c’est l’école qui nous a sollicités pour visualiser des mondes en 3D, au début de l’option hypermédia, il y a 5 ans. Les étudiants sont venus visualiser des projets sur maquette virtuelle à l’échelle 1, dans notre SASCube, un dispositif d’immersion totale dans l’environnement virtuel, premier du genre en France. Nous avons un second axe de collaboration, le projet VR4D (virtual reality for design), avec l’École de design et l’École des Mines qui va développer des méthodes de travail innovantes, pour concevoir en virtuel dès le départ du projet. Pour les espaces réduits (cabines de bateau, espaces de camping-cars), le designer est dedans et il évalue tout directement : mouvements, ergonomie, ressenti, ambiance, accessibilité... Nous avons comme partenaires les chantiers Aker Yards, Bénéteau pour la plaisance, ou Gruau, carrossier et aménageur de véhicules utilitaires. »

Les projets étudiés nous ont servi d’axes de communication
« Nous avons sollicité l’école en fonction de nos besoins, bien identifiés. Pour montrer le potentiel de l’acier pour l‘emballage que nous fabriquons, nous avons demandé aux étudiants de travailler sur l’aérosol, la boîte de café, et des boîtes alimentaires, par exemple pour du saucisson sec ou des petits-pois. La sollicitation relève plus de la créativité et de la réflexion prospective qu’auprès d’un bureau de design à qui nous demanderions une réponse plus rapide et une vraie faisabilité industrielle. Avec l’École de design, pour ne pas polluer l’esprit, nous n’avons pas mis en avant les contraintes techniques, les lignes de fabrication, le coût. Histoire de sortir des sentiers battus. Les projets étudiés nous ont servi d’axes de communication avec des marques. »

Les étudiants en design nous ont apporté la formalisation des objets, des rendus graphiques, une scénarisation des concepts. Évidemment cela nous coûte moins cher qu’une agence de design, mais c’était surtout une phase d’exploration prospective qui convient bien à l’école. Agences de design et projets d’étudiants sont complémentaires. Avec les étudiants, nous apprécions la fraîcheur, la jeunesse désinhibée. Depuis huit ans, nous avons eu surtout recours à des binômes d’étudiants design produit et hypermédia. C’est le regard qui nous intéresse, plus que le savoir-faire. Quoique je trouve les étudiants en 4ème année de plus en plus « balèzes », souvent au niveau des professionnels. Aujourd’hui, cela porte ses fruits : l’Explocentre de France Telecom a embauché des designers. Nous ne désespèrons pas qu’il y ait aussi des embauches en R & D… »

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Olivier Worgague moulinex

mi-jin hong gaz de France Olivier mérillon Projet de fin d’études

Patricia Dieng jacomo

henri thébault Projet de fin d’études

Yann Chevrier Projet de fin d’études

Sébastien Corre tPV 07

Simon joyau Paper chair

jean Christophe Naour Projet de fin d’études Romain Eynard monkey donkey

morgan briand Projet de fin d’études

Arthur Senant Fagor brandt

20 ANS DE PROjEtS...
heidy ghernati Rabbit 3000

Les 3e années boutet

Nicolas Dubois Fagor brandt
Dorothée Kemeny des Projet de fin d’étu
A. Lafon taine, A . Desho totem rt

D. Faidy, j. Dumail Séminaire sémiologie

s

P. E. Rog e Projet K-g r, b. Rongier enda

julien bracq Projet de fin d’études

Pro

avid julien D es n d’étud jet de fi

maxime Evrard Delta
Lise Orgebin SFR

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LES DIPLÔmÉS EN POStE : à ChAQUE PERSONNALItÉ SA CARRIÈRE...

Ionna Vautrin et guillaume Delvigne

thomas Nicot

DESIGNERS INDÉPENDANTS

Industreal, milan / Paris

DESIGN MANAGER

Redcats (La Redoute), Roubaix

et demain ?
CURSUS BAC+5 EN CHINE
maud-Andréa bidet, resp. du développement en Chine

l’international, des rencontres, des projets, ...

L’ÉCOLE DE DESIgN : tOUjOURS UNE IDÉE D’AVANCE
hôtels, magasins, usines, bureaux restent à aménager… et en design produit, tout reste à faire. Les designers chinois ont une très bonne maîtrise des outils informatiques mais l’idée de concept leur est bien souvent encore difficile à assimiler. Les designers français ont l’atout d’intégrer le projet de design dans son ensemble, de l’étude marketing à la production. La réussite en Chine de certains de nos anciens élèves nous le prouve. Au pays du « fast business », nous devons prôner le « good design » occidental !
Consultez l’incontournable blog «china design» : http://chinadesign.lecolededesign.com

STRATÉGIE ENTREPRISES
jean-Luc barassard, responsable du service

basile huez
Christian ghion Studio, Paris

DESIGNER D’ESPACE

Pauline minguet

DESIGNER PRODUIT
Elium studio, Paris

1er développement à l’international : la Chine
Au-delà des échanges universitaires proposés à nos étudiants, l’école développe son rayonnement international par la mise en place d’un programme de 2 ans en collaboration avec l’Université de Qingdao. À partir de 2008, ce programme accueillera une quinzaine d’étudiants issus pour moitié de notre école (Années 4 et 5) et de l’université partenaire chinoise. Il aura pour but de former des designers capables de concevoir des produits destinés aux marchés chinois et de travailler en Chine. Au-delà de la préparation classique au diplôme, les étudiants auront des cours spécifiques au pays (chinois, marketing et droit chinois, stages en Chine). Le projet de l’école est très bien accueilli par les professionnels chinois et français basés en Chine. Tout d’abord car nous sommes les premiers à le faire et ensuite parce que les besoins en ressources humaines dans ce domaine sont énormes. Il est aujourd’hui difficile pour une agence de design internationale basée en Chine de recruter des designers occidentaux (mauvaise connaissance de la langue, de la culture et du marché chinois). Nous croyons en ce projet car une chose est sûre : il y a des débouchés ! Le design d’espace est en plein boom : de nombreux

Notre cheval de bataille : la promotion du design management
Pour instiller la culture du design dans des mondes économiques qui n’en ont pas encore mesuré les enjeux, l’École de design a mis en place plusieurs actions : - Les trophées du design : depuis sept ans, une vingtaine d’entreprises ont été récompensées afin de montrer que le design est bien une discipline au cœur des stratégies de l’entreprise. - La journée « Design développement » : une journée de conférences dédiée aux entreprises, aux designers et aux étudiants de 5e année (5e édition : le 21 novembre 2008). - La revue de veille : depuis deux ans, nous proposons un outil retraçant les grands faits marquants récents du design pour permettre aux entreprises d’actualiser leurs références. - 26 modules de formation continue en design ont été mis en place depuis fin 2007 : des formations de un à six jours permettant d’actualiser les compétences au sein des entreprises. « Le grand challenge du moment, c’est d’intégrer le design comme une stratégie, comme une culture d’entreprise. L’enjeu est d’intégrer au produit les usages, l’émotion que les ingénieurs ne savent pas mettre en équation ».

Antoine guyot Denis Charrier et Vincent Pujos

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL
Frédéric Degouzon, resp. du service

DESIGNER PRODUIT

DESIGNERS ASSOCIÉS
Agence Sensipode, Nantes

Décathlon, Villeneuve d’Ascq

Création d’un centre de ressources
L’école planche sur la création du « Cumulus digital culture » au sein du réseau Cumulus auquel nous appartenons (124 écoles d’art et de design à travers le monde). Nous réfléchissons à un outil complémentaire, à la notion de plate-forme mutualisée, ou de centre de ressources des instituts de recherche en design avancé et prospectif. Il s’agit de mettre en commun les recherches en cours, les concepts autour des formes et usages élaborés pour des travaux pédagogiques. Un site existe déjà regroupant les contributions de l’école et de la Domus Academy à Milan avec des connections avec toutes les écoles.
www.cumulusdigitalculture.net

Quelques exemples de postes occupés par les diplômés : Lionel Averty, design manager, GROUPE SEB / Olivier Ribette, directeur,
TRAM DESIGN ATLANTIC / Cynthia Bodin, designer produit, LEGO (Danemark) / Damien Charrier, designer produit, MAJORETTE / Fabien Grégoire, directeur, KENWOOD DESIGN CORPORATION (Tokyo) / Harold Noël, manager packaging, ESTÉE LAUDER / Alexia Perraud, designer produit, DOUDOU ET COMPAGNIE / Anne-Laure Rouault, chargée d’études design transport, SNCF / Julie Léone, technicienne design, WATERMAN / Briony Milman, designer industriel, STEELCASE INTERNATIONAL / Daisuke Sugasawa, designer produit, CHRISTOPHE PILLET / Cyril Terrien, designer produit, VEOLIA EAU / Nicolas Bataille, designer sonore, CONTINENTAL / Mikaël Queric, designer, DASSAULT SYSTÈMES / Fabien Rolland, designer junior, AKER YARDS / Coralie Raitière, manager d’équipe, L’ORÉAL PRODUITS DE LUXE INTERNATIONAL / François Vesin, chef de projet, CENT DEGRÉS...

Au travers de deux exemples d’études radicalement différentes, il présentera les outils du designer, les méthodes de travail et de communication utilisés dans les contextes propres à ces deux affaires.

internationale Cumulus Kyoto 2008….. p2 ur un futur meilleur….. p3 la conférence….. p4 CUMULUS….. p5 N DECLARATION 2008 - Kyoto, 28 mars 2008*….. p6 8 de Cumulus….. p9

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ociation Internationale d’Universités et d’Ecoles d’Art, Design et Media

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(# jeudi 15 mai 2008)

Cas 1 Étude de design d’une gamme de générateurs hautes fréquences.

rèves

Échanges internationaux

Conférences designers interactifs
10 métiers du design numérique
Cette conférence portera sur l’ouvrage « 10 métiers du design numérique » publié récemment par l’association « designers interactifs », groupement professionnel à vocation nationale, sur la définition de ces métiers.

www.cumulusassociation.org

Déclaration de Kyoto
À l’occasion de la Conférence Internationale « Cumulus design conference Kyoto Japan 2008 », organisée par Cumulus et l’Université Kyoto Seika, l’École de design Nantes Atlantique, ainsi que les 123 autres membres du réseau Cumulus ont signé la Déclaration de Kyoto 2008. Les établissements s’engagent ainsi collégialement à partager une responsabilité globale dans la construction de sociétés durables, créatives et anthropocentrées.

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Il n’y a jamais eu autant d’échanges... À la rentrée 2008, les 66 étue diants de 4e année effectueront Images jeudi sciences de l’École supérieure du bois / 18h15 ] et 15 mai / Amphi so[ un semestre d’études ou un ciales : quelques usages Cas 2 Réalisation d’un cahier stage à l’étranger. Au total, ils de tendances pour l’horlogerie. possibles. fouleront les terres de 19 pays 21 novembre 2008 différents, dont plus de la moitié Sylvain maresca, sociologue et professeur «Design développement» est en dehors de l’Europe. Parmi à l’Université de Nantes. une journée d’échanges et de ces étudiants, 8 rejoindront la Chine pour 2 ans, dans le cadre réflexions sur le design. Cette [ vendredi 11 avril / Salle SOTTSASS / 14h à 16h ] de notre nouveau programme en Présentation des 10 métiers manifestation est destinée aux du design numérique partenariat avec l’Université de entreprises, dans le but d’éclairer Les designers interactifs Qingdao. les dirigeants, DRH, services R&D En contrepartie, nous recevrons et marketing... sur la fonction merchandising 50 étudiants étrangers sur les design. Elle est organisée dans un Le merchandising au sein d’un deux prochains semestres. La esprit de convivialité, facilitant ainsi grand groupe : le groupe l’Oréal. plupart intégreront la «classe les rencontres entre designers, Mesurer l’importance de la direcinternationale» (design produit) tion artistique et du design dans entreprises et jeunes diplômés. et les autres rejoindront les le milieu du luxe. classes de 3e année des options 9 conférences sont réparties dans hypermédia et espace. Le groupe l’Oréal la journée. Plus d’infos sur :
Pour s’inscrire RDV sur le site de l’association : www.designersinteractifs.com Les métiers du design numérique sont ancrés dans un système évolutionniste. À travers leurs hybridations, découvrez un écosystème de nouveaux métiers constitués autour des services, des interfaces, et des objets connectés.

Les outils du designer Méthodes de travail et de communication du designer. michel Claveau

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L’entrée est libre et gratuite, sur inscription.

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loc notes

5 journée Design développement

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design-developpement.lecolededesign.com

Soutenances finales de diplômes
11 septembre et 16 octobre 2008
Les étudiants de 5e année présenteront l’ensemble de leurs parcours devant un jury de professionnels les 11 septembre (cursus 5 ans classique) et 16 octobre (pour ceux préparant le double diplôme avec l’IAE). Les soutenances sont publiques, vous êtes cordialement invités à y assister.

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dans le domaine de la cuisine. L’étudiant a proposé un produit innovant : un doseur universel. 12 étudiants de l’option hypermédia ont participé à l’épreuve «Virtual Fantasy» du salon Laval-Virtual. Ils avaient 36 h non stop pour concevoir un environnement 3D immersif et interactif sur le thème : «Imaginer la ville des séniors en 2030» ! Un troisième prix a été attribué à la «Bubblicious Team».

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souhaitent suivre de près l’actualité design de la Chine. À consulter : articles économiques et marketing, témoignages de professionnels rencontrés en Chine, articles de réflexion sur le design en Chine, adresses et divers liens vers d’autres sites. Rendez-vous à cette adresse : chinadesign.lecolededesign.com

CADI : hors série
Le numéro hors série 2008 des cahiers de la recherche en design sort le 9 juin. Au programme, six experts témoignent sur les enjeux contemporains de leurs domaines, sur la place du design par rapport à ces préoccupations et sur leurs expériences de tutorat d’un étudiant en fin de cycle de l’École de design. Ont contribué à ce numéro : F. Kaplan, A. Hubert, P. Gauthier, M.T. Neuilly, B. Bachimont. Prix de vente : 5 euros. Contact : cadi@lecolededesign.com

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(# 31) - jUIN 2008 Édition spéciale 20 ans LETTRE D’INFORMATION ÉDITÉE PAR : L’École de design Nantes Atlantique Atlanpole La Chantrerie - Rue Christian-Pauc BP 30607 - 44306 NANTES Cedex 3 Tél. : 02 51 13 50 70 - Fax. : 02 51 13 50 65 www.lecolededesign.com
Directeur de la publication : Christian GUELLERIN Ont participé à ce numéro : N. DE LA CASINIÈRE -

Formation continue design
26 modules de formation professionnelle autour des thématiques «pratiquer le design» et «manager le design» ont été mis en place depuis fin 2007. Vous souhaitez vous former ? Consultez le catalogue en ligne sur : www. lecolededesign.com >> formation continue >> programmes courts.

Blog :China-design

Maud-Andréa Bidet, responsable du développement international de l’école en Chine tient depuis Arthur Senant, (5e année), a rem- plus d’un an un blog de veille porté le 2e prix du concours sur le design en Chine. Ce blog, De Dietrich, dans la catégorie destiné aux jeunes designers «petit électroménager». L’objectif désireux de faire leurs armes en était d’innover par le design, Chine, intéressera aussi ceux qui

Récompenses

E. BOURON - C. GUELLERIN - J. LE BOEUF F. DEGOUZON - S.GOURET - JY. CHEVALIER A. DELFAULT - D. VITAL - MA. BIDET - P. SCHMITT N. PAPEIL - JP. PÉCHÉ.

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