EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS FRANCHE-COMTÉ

DÉCEMBRE 2012 / N° 180 / 1,70 €

PRÉPARONS L’AVENIR

Le 20 octobre dernier, l’Assemblée générale d’Europe Écologie - Les Verts de Franche Comté nous a désignés pour succéder à Eva Pedrocchi et à Claude Mercier. Cosecrétaires et porteparole depuis le printemps 2011, tous deux ont, avec l’ensemble du BER (Bureau exécutif régional), animé la vie politique de notre mouvement et affirmé une présence régionale d’EÉLV auprès des formations politiques, du tissu associatif et de la presse. Ils ont aussi assuré un travail important et efficace dans l’organisation des élections sénatoriales, présidentielle et législatives. Si nous tenons, en votre nom à tous, à les remercier, nous savons aussi que nous pourrons encore les solliciter et compter sur eux au CPR (Conseil politique régional). Après cette période politique chargée sur le plan électoral, nous souhaitons qu’EÉLV mette à profit les mois qui viennent pour débattre, se renforcer et donner à chacun l’information et la formation qu’il attend. Ce sera la meilleure méthode pour préparer les échéances électorales de 2014 : municipales et européennes. (Suite en page 2)

N'est-ce pas qu'ils sont beaux, nos deux "cosecrétaires" régionaux - Brigitte Monnet et Bernard Lachambre - , élus par l'AG extraordinaire du 20 octobre dernier ?…

14, rue de la République / 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / eelv.fcomte@gmail.com

Débattre. Les choses ont bien démarré à Chaux-desCrotenay lors des Journées de l’Écologie politique. Le Conseil fédéral des 17 et 18 novembre engage EÉLV dans l’organisation de conventions régionales et/ou nationales sur des thèmes comme la transition écologique de l’économie, la transition énergétique, la construction européenne… En Franche-Comté, nous y prendrons toute notre part, en organisant ce travail à l’échelle régionale mais aussi en accompagnant les initiatives des groupes locaux. Se renforcer. Se renforcer bien sûr en nombre, parce que nous savons que si nos idées avancent dans la société, souvent les personnes qui nous sont proches hésitent à franchir le pas de l’adhésion. Allons à leur rencontre, expliquons les choix qui sont faits par notre parti, offrons des espaces de débat. Se renforcer, c’est aussi se diversifier ; notre implantation sur le territoire est inégale, faible dans certains lieux : notre priorité ira vers ces secteurs géographiques. Informer et former pour préparer l’avenir. Depuis quelques années, partout les élus EÉLV sont reconnus pour la qualité de leur investissement et leurs compétences. Nos adhérents et coopérateurs sont en attente de temps de formation, d’échanges d’expérience, notamment pour se

préparer aux prochaines échéances municipales, pour oser « y aller ». EÉLV doit répondre à ces attentes. Enfin, notre région, très rurale, conduit à l’isolement de nos élus municipaux. Nous ne nous connaissons parfois même pas. Notre instance aura le souci de permettre à chacun de mener à bien son mandat, épaulé si nécessaire par l’expérience des autres, mais aussi d’avoir suffisamment de personnes prêtes à prendre la relève pour éviter ce que nous ne cessons de dénoncer : le cumul des mandats, que ce soit en nombre ou dans le temps. Vous l’avez compris, le nouveau BER, avec le CPR, est à votre écoute et à votre service. Mais la région n’est pas tout : une attention toute particulière sera donnée à la vie des groupes locaux. (1) Brigitte Monnet et Bernard Lachambre Cosecrétaires régionaux
(1) Ah ! oui, il nous faudrait parler aussi des questions en débat actuellement : l'augmentation de la TVA, les 20 milliards de cadeaux aux entreprises sans contrepartie, l'aéroport de NotreDame-des-Landes, etc. Mais pour une fois, on ne nous en voudra pas de donner la priorité au régional.

Suite Edito

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De la Feuille Verte...

... OU DE LA PROCRÉATION TRÈS ASSISTÉE…

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her lecteur, À travers la lecture de tes courriels, tu as dû t’apercevoir que la mise au monde d’une Feuille Verte ne se faisait pas sans mal et sans douleur, et que chaque fois, l’accouchement promettait d’être long. Tout d’abord, la conception est très assistée. Le professeur Gérard Roy, alias GG ou Grrrr, multiplie ses appels à donneurs (d’articles, je précise !). Le moins que l’on puisse dire, c’est que très souvent, cela ne se bouscule pas au portillon ! Il arrive même qu'un manque de candidats préoccupant oblige à différer la conception. Puis le Comité d’éthique... pardon : de lecture... décide de la validité des articles et hop ! envoie le tout au graphiste, chargé de la mise en page. C’est la personne clé, qui va donner toute sa couleur au journal afin de mettre le futur lecteur en appétit (encore que de la couleur, il en faut juste un peu sur les pages de couverture, sinon l’intendance de la maternité mettra son veto pour des raisons de coût). Évidemment, il y a toujours un retardataire, une urgence, qui bousculent l’ordre préétabli et la date présumée de l’accouchement. Le graphiste est sous pression : il doit sans

arrêt dire où il en est et tenir compte de toutes les remarques que l’on a oublié de lui faire avant qu’il ne se mette à travailler. Débute alors, entre les membres du Comité de lecture et le graphiste, pour la lecture et la correction de la première ébauche, un va-et-vient que l’on pourrait appeler la « traque de la coquille ». Les ordinateurs chauffent, les touches des claviers s’agitent, les écrans clignotent. Vite, vite, il est déjà dimanche soir et la dernière version doit être prête pour lundi matin, 9 heures ! C’est ainsi que les moutures dites « définitives » n°1, puis 2, puis 3... s’accumulent dans la boîte mail du bureau d’EÉLV, et il y a intérêt à reprendre les messages par la fin pour être sûr d’avoir le bon document final. À un certain moment, dont je ne connais pas le critère déterminant, le professeur GG décide que le bébé est prêt à venir au monde. Tant pis s’il lui manque quelque chose ou s’il a des membres en trop : on n’y a rien vu à l’échographie ! Le travail est alors déclenché… Ainsi débute l’accouchement. Le personnel a le temps de

préparer du café et de le siroter à la paille : à raison d’une cinquantaine d’exemplaires à l’heure, l’imprimante déverse calmement son flot de papier. Elle a besoin d’un peu d’assistance : remplacement d’une cartouche, alimentation en papier, en agrafes. Le travail s’interrompt parce qu’une feuille s’est mise de travers, quelque part dans la machine. L’intervention est manuelle: il faut rechercher la coupable en sondant tous les orifices possibles. Enfin, au bout de quelques heures - 8 à 10 -, le résultat est là : quelques centaines de revues sont alignées dans des bacs en plastique et attendent d’être prises en charge par des bénévoles pour être pliées, étiquetées, regroupées. Jusqu’à présent, il y avait un manque criant de ces bénévoles. Eh ! oui, cher lecteur, c’est la crise partout ! Les retraités sont toujours sur les quatre chemins, à bricoler pour leurs enfants, à garder leurs petits-enfants, à voyager en dehors des vacances scolaires. Les chômeurs n’ont pas envie de faire du bénévolat et préféreraient travailler. Quant à ceux qui travaillent, ils souhaiteraient bien faire du bénévolat mais ils ne peuvent pas se libérer si facilement. Alors il ne reste pas grand monde pour toutes ces petites Feuilles Vertes, qui attendent bien sagement dans leurs petites caisses que l’on s’occupe d’elles. Elles sont pourtant mignonnes - cependant il faut veiller à ne pas leur donner le bon Dieu sans confession !

J’ai bien écrit : « jusqu’à présent », car lors de la venue au monde de la Feuille Verte de novembre, nous avons eu la surprise et la joie de voir des militants répondre à notre appel : deux retraités, un chercheur d’emploi et un « actif » qui avait une heure à tuer avant de se rendre à son travail. Bien entendu, ils ont été abreuvés de café et en peu de temps, tous les journaux étaient pliés, étiquetés, rassemblés par paquets de 25. Qu’ils soient remerciés pour leur implication, leur dévouement et leur bonne humeur ! Alors, cher lecteur, si tu as parfois un peu de temps (théoriquement une fois par mois), fais-toi connaître au local d’EÉLV pour donner un coup de main. Les petites Feuilles Vertes t’en seront reconnaissantes, ainsi que toute l’équipe du professeur GG. Suzy Antoine

P.S. Un contretemps inattendu a condamné cette Feuille Verte à paraître une semaine plus tard que prévu. On risque donc de lui trouver un petit air un peu... décalé... Avec toutes nos excuses...

La Feuille Verte : Cette fois, c'est la bonne ? (suite)

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DES PROPOSITIONS... À LA RÉALISATION !

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'analyse du questionnaire sur La Feuille Verte parue dans le numéro de novembre ne laissait aucun doute : les lecteurs, et en particulier ceux qui avaient répondu, ne manquent pas d'idées pour améliorer le fonctionnement de notre mensuel. Le seul problème, finalement, c'est qu'entre les idées et leur mise en pratique, il y a le plus souvent la même distance qu'entre – selon l'expression consacrée – la coupe et les lèvres... Alors, chers amis lecteurs, si nous vous prenions, si vous vous preniez au mot ?... Qui est volontaire pour être « responsable », dans son groupe local, et pour réclamer, susciter, rassembler des articles ? Qui veut bien s'occuper d'une rubrique régulière, d'une série de portraits, d'une présentation, au fil des mois, de telle ou telle association, de tel ou tel élu ? Qui se charge de parler des livres qu'il a lus, des films qu'il a vus, des spectacles auxquels il a assisté ? Qui a envie d' « interviewer » un acteur ou un autre du jeu politique, syndical, associatif, culturel régional ? Qui veut, plutôt qu'écrire, se faire « interviewer », laissant à d'autres le soin de la rédaction finale ? Bref, qui veut participer à la mise en œuvre des multiples suggestions récoltées à Chaux-des-Crotenay et ailleurs ?

C'est parti : nous attendons de pied ferme vos propositions concrètes ! Le Comité de lecture

Dessin publié avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo

Chers camarades socialistes...

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PERPLEXITÉ
de pouvoir s'engager sur une formation professionnelle, n'était qu'une année de préparation au concours), sur la mise en place des futures Écoles supérieures du professorat et de l'éducation, avec un calendrier démentiel : un cahier des charges publié en janvier ou février et une ouverture en septembre, à charge pour les universités de faire dans ce temps contraint. Sur l'enseignement et la recherche, on peine à voir la direction que va prendre le gouvernement et on peut être d'autant plus préoccupé que, lors des Assises régionales en Franche-Comté, on est invité à débattre de la place de la recherche dans le cadre de la compétitivité et de l'innovation, dans le cadre des grands pôles, autrement dit dans le cadre hérité du sarkozisme de l'excellence ! Qu'attendre d'un débat sur la transition énergétique piloté par Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva ? Que, pour l'animer, il soit fait appel à des tenants du nucléaire et à des opposants (comme Bruno Rebelle) est une chose, une autre est d'afficher certain symbole, celui d'un EPR à 6 milliards d'euro - et ce n'est pas fini ! Que dire des tergiversations quant au vote des étrangers ou sur le mariage pour tous, avec en prime un couplet sur la « liberté de conscience »? Où est le courage politique lorsque le président se contente de constater le risque de ne pas réunir de majorité ou s'inquiète de heurter quelques édiles ? La politique n'est-elle pas l'art de convaincre et d'assumer des choix? Vers la rupture ? Et malheureusement, sous ces nuages, les épines se font de plus en plus douloureuses : de Notre-Dame-des-Landes à l'extradition d'Aurore Martin, on a de quoi être tourneboulé ! Prenez garde, chers camarades socialistes : il ne suffit pas d'affirmer tranquillement que vous avez la majorité absolue. Il peut arriver un moment, probablement le plus imprévisible, où la perplexité prend la forme de la rupture inattendue et forcément déstabilisatrice, car elle vous laissera seuls, seuls face à différentes oppositions. De la ville à la région, de la région à l'Assemblée nationale, un accord, s'il a un sens, impose le respect de son contenu et de ses signataires.

serai-je vous avouer les difficultés que j'éprouve à comprendre les choix gouvernementaux, à saisir le chemin emprunté par le président Hollande ? Oui, j'oserai, parce que - sans pour autant abonder dans le sens de Jean-Vincent Placé, dont les propos ne me semblent pas (encore) de saison -, je ne suis sans doute pas le seul à ressentir comme un doute, une perplexité. Il ne s'agit pas d'entonner le refrain de la droite sur la supposée incompétence de Jean-Marc Ayrault et de ses ministres, mais tout simplement de s'interroger. Une vision purement réformiste Même si cela ne constitue pas une véritable surprise au regard des positons classiques du PS, tout semble indiquer combien ce gouvernement reste attaché à une vision réformiste et non transformatrice de la société. Le souci de rétablir un minimum de justice sociale n'est pas contestable, mais il ne parvient pas à dépasser le stade d'une simple correction, tant se fait jour sa frilosité à entrer dans le vif des problèmes, comme si l’œil assassin des marchés, ou celui rigoriste et intransigeant de notre chère Angela, paralysaient la moindre velléité. Quel besoin d'aller s'en remettre aux idées libérales d'un patron, même « de gôche », et de se condamner ainsi à renier sa propre parole ? Au nom de la compétitivité, c'està-dire au nom de l'idée d'un coût du travail (salauds de salariés !), on revient à l'augmentation de la TVA, on propose 20 milliards aux entreprises sans contrepartie, et surtout on semble renoncer à une véritable réforme fiscale qui intègre la question du financement de la protection sociale (et non des charges sociales) et on renvoie la fiscalité écologique à des lendemains indéfinis. En quelques jours, on sera passé d'une impatience mesurée à un début de consternation. Renoncements et tergiversations Et les nuages s'accumulent, ils n'ont pas seulement la couleur de la crise. Même si on veut bien prendre en compte le nécessaire temps de la concertation sur nombre de dossiers, les inquiétudes grandissent. Quelques exemples. Sur l'école, Vincent Peillon, qui ne manque pourtant pas d'arguments, tergiverse, lance de manière désordonnée des chantiers sans objectifs lisibles : que ce soit sur les rythmes scolaires (on raisonne sur la semaine en laissant de côté la question de l'année, sans doute pour ne pas effrayer l'industrie touristique), sur la formation des enseignants (avec un concours ramené de la deuxième année à la première année du master, ce qui revient à faire de l'IUFM avant la réforme Sarkozy, quand cette première année, loin

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Michel Boutanquoi

Grand Canal

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PLUS ÉCOLO QUE VNF, TU MEURS !
nouveautés conceptuelles révolutionnaires : originales, voire 1 - Ne plus réaliser les canaux dans le lit majeur des cours d’eau pour ne pas perturber ces derniers, ni dans les zones inondables ou humides dont il faut respecter le rôle dans la biodiversité ; cela évite en sus de détruire les ponts historiques sur les fleuves et rivières. Les nouveaux canaux seront donc construits «ailleurs» ! 2 - Économiser au maximum les réserves en eau par une étanchéité massive des canaux construits «ailleurs» (étanchéité particulièrement nécessaire en zones karstiques). 3 - Remplir les canaux en pompant de l’eau dans les fleuves en aval de chaque canal et en stockant le débit des éclusées dans des bassins, à proximité de chaque écluse, pour les repomper vers l’amont. (Ben tiens... Et pourquoi pas grâce à de l’énergie fournie par des éoliennes, puisque le faible débit ne permet guère de prévoir des microcentrales hydrauliques et encore moins de refroidir des centrales nucléaires ?) Bien sûr, il faudrait quand même compenser l’évaporation et certaines infiltrations en créant des bassins de retenue à proximité des seuils à franchir. Mais ces lacs, n’est-ce pas, seraient de magnifiques lieux de tourisme vert... 4 - Les surfaces naturelles consommées concerneraient moins les fonds de vallées inondables, mais 1200 hectares par section de 100 km de canal. 5 – Cerises sur le gâteau, selon VNF : les bords des canaux constitueraient de superbes véloroutes et autres lieux de promenade. Certes, les travaux du TGV ont montré que les terrassements ne sont plus le poste de dépenses le plus important des grands chantiers d’infrastructures, mais les ouvrages à réaliser seraient pain béni pour l’industrie des Travaux Publics, qui voient là des milliards à empocher. Sur ces merveilleuses perspectives, le rédacteur a quitté la salle pour rejoindre sa chorale, convaincu que l’énormité des investissements à réaliser rendrait cette étude par avance caduque. Alain Ropion

e 4 octobre, VNF ( Voies navigables de France) inaugurait, à Vesoul, sa série de réunions de publicité préalables à un nouveau grand débat public sur les éventuels projets de «grands canaux». Six militants et militantes (paritaires !!) d’EÉLV-Vesoul-Gray et d’autres militants écolos se sont invités à cette réunion à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Haute-Saône, ce qui a «énervé» le Président de la CCI, inquiet de voir une réunion d’information économique et technique déjà polluée par des écologistes ! Il a dû être encore plus déçu par les argumentaires des représentants de VNF, la plupart semblant mal à l’aise et peu convaincus par ce qu’ils énonçaient. Au niveau géographique, pas encore de tracés, mais deux objectifs : relier Saint-Jean-de-Losne à Neuves-Maisons (de la Saône à la Moselle), et Saint-Jean-de-Losne à Mulhouse (de la Saône au Rhin). Au niveau du trafic commercial, l’espoir de VNF est toujours de transporter un grand nombre de conteneurs, bien que ce trafic reste très minoritaire dans le transport fluvial alors qu’il s’est accru considérablement dans les autres modes de transport. Ce sont pourtant les matières premières ou agricoles pondéreuses qui restent principalement concernées, alors que les bateaux de plaisance passent sur les routes en «convois exceptionnels» ! Néanmoins, le grand rêve reste de détourner vers Marseille une partie du trafic d’Allemagne du sud chargé et déchargé à Rotterdam et à Anvers. Mais l’intérêt pour les entreprises des régions traversées n’est pas vraiment perçu ou ressenti, malgré des propositions de ports multimodaux avec zones logistiques et des moyens de transbordement modernisés. Face à ce manque d’arguments économiques, VNF sort alors sa botte secrète : le Grand Canal 100 % écologique ! Au niveau politique, la relance des projets fluviaux à grand gabarit met en avant d’une part la loi issue des conclusions du Grenelle de l’Environnement pour la sobriété énergétique et le développement durable, et d’autre part la volonté européenne de transports intermodaux alternatifs à la route. Aux niveaux technique et écologique, le problème principal est celui de la ressource en eau. VNF annonce donc des

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L'HÉBERGEMENT D'URGENCE EN QUESTION
qu’inhumain puisque les besoins augmentent malgré le manque de lieux d’hébergement. Doit-on lire dans cediscours la volonté institutionnelle de ne plus créer de places d’hébergement supplémentaires ? Il s’agit bien là d’une position plus idéologique qu’économique, la France étant, rappelons-le, un des pays de l’OCDE les plus fermés à l’immigration. Si pour sa part la Préfecture fait la sourde oreille, alors que le nombre d’« invisibles » à la rue augmente, on peut constater dans le même temps que : - selon l’Observatoire départemental de l'Habitat du Doubs, le nombre d’appartements non occupés à Besançon est en constante augmentation (plus de 16 % dans le quartier de la Grette, par exemple) ; - le recours à l’hébergement en hôtel reste une solution précaire, très coûteuse, à la charge du Conseil général du Doubs ou de la Ville, qui devrait être abandonnée au profit de solutions plus pérennes. 120 à 130 personnes (SDF, demandeurs d’asile, sanspapiers) se présentent certains jours à la boutique JeanneAntide pour le repas de midi où une centaine de repas sont servis. Des mesures, vite ! À l’entrée de l’hiver, le Collectif À la rue ! demande avec force aux autorités locales, au Préfet, représentant de l’État, au Conseil général du Doubs comme à la Ville de Besançon de prendre les mesures qui s’imposent afin que des solutions pérennes coordonnées soient trouvées pour héberger toutes les personnes sans abri, quelle que soit leur situation administrative. Il signale que la directive du 23 octobre dernier relative à la « mobilisation du dispositif d’accueil d’hébergement et d’insertion pendant l’hiver 2012-2013 » par la Direction générale de la cohésion sociale, met en évidence le rôle du SIAO (Service intégré d’accueil et d’intégration) qui doit assurer la mise à l’abri et l’hébergement, « assurer la mobilisation optimale des moyens disponibles », « disposer d’une visibilité sur l’ensemble des capacités disponibles, connaître les places supplémentaires hivernales et organiser, en lien avec le 115, l’orientation vers des places à l’abri ». Cette circulaire insiste en particulier sur les points suivants : - « Privilégier l’hébergement de qualité plutôt que le recours à l’hôtel », - « rompre avec la gestion saisonnière » de l’hébergement

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es organisations du Collectif À la rue ! (1) sont confrontées depuis plusieurs mois à la défaillance du dispositif d’accueil et d’orientation autour de l’hébergement d’urgence. Plusieurs dizaines de personnes étrangères (dont de nombreux enfants en bas âge) se retrouvent ainsi à la rue. Le Collectif a dénoncé cette défaillance dès la fin juin, lors d’un campement sur l’Esplanade des Droits de l’Homme, et a obtenu en quelques jours 2 000 signatures de Bisontins pour une pétition attirant l’attention sur une situation équivalant à une non-assistance à personne en danger. Il souhaitait ainsi « rendre visibles ces invisibles » qui campent autour de nous ou dorment dans des voitures avec leurs enfants. Par ailleurs, le 17 octobre dernier, lors de la Journée mondiale du refus de la misère, le Collectif a également dénoncé ce scandale, qui institutionnalise le non-respect des personnes et le déni des droits fondamentaux, devant les autorités municipales assez mécontentes qu’on vienne ainsi gâcher leur réunion d’autosatisfaction alors qu’il n’était pour elles aucunement question d’évoquer ces problèmes ce jour-là. SDF et demandeurs d'asile En fait, on compte parmi les sans-abri des SDF, mais également des demandeurs d’asile à qui l’État est dans l'obligation de fournir un hébergement durant le traitement de leur demande (obligation dont il se dégage de plus en plus) ; ce nombre a été multiplié par 4 l’été dernier par rapport à l'été précédent (80 au lieu de 20). De plus, on trouve également des ressortissants de l’Union européenne n’ayant que difficilement accès au travail en France (Bulgares et Roumains), étant donné les mesures transitoires qui les frappent jusqu’à la fin de 2013. Aujourd’hui, tous les services des collectivités locales, tout comme ceux de l’OFII (Office français de l’Immigration et de l’Intégration), se rejettent la responsabilité. Tous les interlocuteurs de l’État renvoient au 115, veille téléphonique sociale d’urgence gérée à Besançon par le CCAS (Centre communal d'Action sociale). On tourne en rond. Vous avez dit « appel d'air » ? Tous invoquent le manque de moyens ou se réfèrent à une théorie physique selon laquelle toute aide d’hébergement signifierait un « appel d’air », en clair une invitation faite aux migrants de venir à Besançon ; point de vue aussi faux

d’urgence, - « organiser et coordonner la mobilisation des acteurs en veillant à l’inconditionnalité de l’accueil », - organiser « des partenariats avec les collectivités locales », - veiller à « la cohérence des données départementales et régionales transmises » à propos du suivi des mesures hivernales, - « dégager des solutions durables à la sortie de l’hiver par l’accès au logement ou, à défaut, par l’hébergement ». Et toujours les campements roms Sur le terrain, on est loin du compte : pour l’hiver, à Besançon, seules 30 places viennent d’être dégagées à l’hôpital Saint-Jacques, de façon à séparer les SDF des demandeurs d’asile, dans une sorte de 115 spécifique, un abri de nuit pour les familles les plus précaires sans aucune perspective à long terme ni volonté d’envisager d’autres solutions, alors que des demandeurs d’asile sont sur liste d’attente et que les campements roms sont toujours à Battant. C’est pour cette raison que, le 12 novembre dernier, le Collectif À la rue ! a décidé de profiter de la réunion du Comité de pilotage du Plan Hiver pour remettre une « adresse » aux responsables qui œuvrent dans les structures bisontines d'accueil et allaient se réunir dans les anciens locaux de la DRAC. Il s’agissait de souligner quelques réalités de terrain aux représentants de l’État, comme l'augmentation de 90 % du nombre de demandeurs

d'asile alors qu'il n'y a que 53 places supplémentaire d'hébergement pour cet hiver. Pour la Préfecture, la meilleure solution reste en fin de compte... la reconduite à la frontière. Le Collectif regrette que le Comité Régional de suivi des fonds européens n'ait pas donné suite à la possibilité de bénéficier d'un soutien du FEDER pour aménager des terrains familiaux ou financer un dispositif pour les familles roms. Le Collectif fait aussi des propositions précises : réquisition de logements vides, mise en place d'un plan durable d'hébergement et son maintien toute l'année, et ouverture de places d'hébergement pour demandeurs d'asile qui ne sont pas pris en charge par le dispositif actuel. À suivre… Thierry Lebeaupin

(1) Le collectif À la rue ! : AC ! Agir ensemble contre le chômage et la précarité – À la rencontre de Germaine Tillon – ATTAC – APIC 25 – CCFD-Terre Solidaire – CDDLE – CIMADE - EÉLV – FSU – Gauche anticapitaliste - LDH – Mouvement de la Paix – MRAP – NPA – Parti de Gauche – Pastorale des Migrants – PCF – RESF25 – Secours Catholique – Sud Santé Sociaux – Terre des Hommes France DD25 - La Vie Nouvelle

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Haut-Doubs

LA TRÈS GRANDE VITESSE... POUR ALLER MOINS VITE !

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a volonté de Lyria, consortium privé mais à capitaux publics, de supprimer les trains directs entre la Suisse et Paris via le Haut-Doubs ne faiblit pas. Par un vœu corédigé par les trois groupes, le Conseil municipal de Pontarlier a unanimement demandé au gouvernement, actionnaire majoritaire de la SNCF, de faire respecter la nécessaire irrigation des territoires. Nous sommes évidemment très contents de cette unanimité, mais nous ne pouvons pas ne pas ressentir une immense sensation de gâchis. En effet, la disparition des lignes dites secondaires n'est que l’inéluctable conséquence du choix fait par les élus, gauche et droite confondues, depuis 30 ans : favoriser à outrance la Très Grande Vitesse. Encore une fois, voilà 30 ans que les écologistes préviennent, s’insurgent, sans être écoutés. Encore une fois, nous avions raison.

Les collectivités publiques se sont lourdement endettées pour construire des LGV sur lesquelles roulent des trains qui ne peuvent pas s’arrêter à toutes les gares et dont la consommation énergétique croît de façon exponentielle en fonction de la vitesse. La SNCF et l’État doivent absolument accélérer le retour sur investissement : tarifs TGV exorbitants, lignes Lyria ou Paris-Bâle abandonnées bien que rentables, lignes TER dont les voies ne sont plus entretenues, ce qui force les trains à rouler de moins en moins vite. Oui, la conséquence de la très grande vitesse, c’est que... la vitesse moyenne de circulation des trains diminue ! Les Pontissaliens sont très heureux de savoir qu’une gare (celle d'Auxon), perdue à plus d’une heure de route de chez eux, leur permet de rejoindre Paris à très grande vitesse, et surtout... d'avoir participé à son financement !

Il y a quand même une bonne nouvelle : c'est bien entendu l'ouverture espérée et très attendue de lignes de TER vers la vallée de Joux et le Val de Travers depuis Pontarlier. L’augmentation du trafic passager sur la ligne TER Pontarlier-Dole, depuis la mise en place des nouveaux horaires, est un autre signe encourageant, et les membres du groupe EÉLV du Haut-Doubs se font un plaisir de rappeler qu'Alain Fousseret, viceprésident délégué aux transports de la région de Franche-Comté, est un écologiste. Comme quoi, des élus régionaux EÉLV, ça sert.

Et pendant ce temps, Gare de Lyon, Lyria fait sa pub pour des liaisons toujours plus nombreuses avec la Suisse... Mais pas par le Haut-Doubs...

François Mandil

En passant par l'Helvétie

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UNE VERTE PREMIÈRE CITOYENNE SUISSE !
les coulisses du débat sur les OGM au parlement de Berne, n'ont sans doute pas oublié qu'elle en était, en quelque sorte, la « vedette », défendant avec une opiniâtreté et une fougue que certains ont qualifiées de « donquichottesques » un moratoire sur les organismes génétiquement modifiés. Le vote final lui fut finalement défavorable... mais deux ans plus tard, le peuple suisse approuvait son initiative anti-OGM, et le moratoire est toujours en vigueur aujourd'hui ! Maya Graf affirme qu'en tant que présidente du parlement, elle ne fera pas de « politique partisane » et s'attachera à « prendre soin » d'un système démocratique trop dénigré à son goût.. On l'imagine cependant mal mettant sous le boisseau son parcours et ses positions, d'autant plus que les thématiques vertes dominent actuellement l'agenda politique. Même si les Verts ont su trouver des majorités sur certaines de leurs revendications centrales, comme la sortie du nucléaire, la présidence de Maya Graf ne pourra que revigorer un parti quelque peu sonné par son échec aux dernières élections fédérales (15 sièges au lieu de 20, essentiellement au profit des très centristes Vert'libéraux). Gérard Roy
(1) L'équivalent de notre Assemblée nationale. (2) On se demande d'ailleurs si ça leur manque vraiment... (3) Daniel Brélaz, actuel syndic (maire) de Lausanne, fut en 1979 le premier écologiste au monde à être élu dans un parlement national.

vénement véritablement historique pour nos amis Verts d'outre-Jura : depuis le 26 novembre, et pour un an, c'est l'une d'eux qui est devenue, par la grâce de la démocratie à l'helvète dont nous a si bien parlé Pierre Santschi (Cf. La Feuille Verte de novembre, pp. 20 à 22), la première citoyenne de leur pays. En effet, Maya Graf, première vice-présidente du Conseil national (1) depuis 2011, vient d'être portée (par 173 voix sur 183 bulletins validés) à la présidence de la chambre basse à Berne, devenant ainsi le premier personnage d'un État qui, rappelons-le, n'a ni président de la République, ni premier ministre (2). Présent depuis 33 ans (3) sous la « Coupole » - nom donné au Palais fédéral, siège du gouvernement et du parlement suisses -, le parti Vert n'avait encore jamais vu l'un des siens accéder au perchoir. C'est donc chose faite avec la promotion de Maya, figure ô combien emblématique de l'écologie en Suisse. Ex-assistante sociale, aujourd'hui agricultrice bio à Sissach, dans le canton de Bâle-Campagne, elle produit aussi son énergie solaire sur son exploitation ; élue au Conseil national en 2001 et toujours réélue depuis, Maya Graf occupe en outre différentes fonctions associatives : elle est notamment présidente du Groupe de travail suisse sur le génie génétique et vice-présidente du Comité d'action du nordouest de la Suisse contre les centrales nucléaires. Ceux qui ont vu le passionnant documentaire Le Génie helvétique, de Jean-Stéphane Bron (2003), qui montrait

Sécurité alimentaire

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LA DANGEROSITÉ DES OGM DÉMONTRÉE
contient moins de composés antioxydants, ce qui affecterait les défenses immunitaires. Moins bien protégés, les rats nourris aux OGM seraient plus enclins à développer des tumeurs. Les résultats de ces études ont été publiées dans la prestigieuse revue américaine Food and Chemical Toxicology du 19 septembre 2012. Le lobby des OGM réagit Après l'effet de surprise dû à la publication des études dans la presse, un certain nombre de critiques, énumérées plus loin, ont été lancées contre ces recherches, émanant de personnes qui prétendaient représenter le point de vue de la « communauté scientifique ». Le problème c'est que ces « experts » étaient tous liés soit aux instances d'expertise qui ont validé les autorisations contestées, soit aux entreprises qui commercialisent des OGM et/ou des pesticides, parfois aux deux. Difficile de leur accorder la moindre confiance. Par la suite, l'ANSES, le HCB et l'EFSA (1) y sont allés de leur couplet et ont aussi critiqué les expériences de Séralini, alors qu'elles ont autorisé le maïs NK 603 sur la base d'études a minima. Le représentant de l'ANSES a même réussi à dire que ces résultats ne remettaient pas en cause les études précédentes, celles qui ont été menées sur une période de seulement 3 mois et qui ne concernaient d'ailleurs que les risques de toxicité aiguë, et non pas les risques de toxicité chronique comme le travail de Séralini. Dans un texte très complet, la Confédération paysanne a démonté minutieusement les critiques contre les recherches de Séralini. D'autres scientifiques, indépendants du lobby OGM, l'ont fait aussi. Examinons les critiques et les contre-arguments : - Trop petit nombre de rats : mais les études faites par Monsanto pour la mise sur le marché de variétés d'OGM ont été faites aussi avec des groupes de 10 rats. - Choix de la variété de rats, sprague dawley : ce sont, en effet, des rats fragiles, prédisposés aux tumeurs. Mais toutes les études de toxicologie, y compris celles de Monsanto, les utilisent. - Non-proportionnalité des effets à la dose : mais ce phénomène est observé quand il y a un effet de seuil. À faible dose, les effets peuvent être plus forts. - Effets différents chez les mâles et les femelles : ces observations sont totalement normales dès lors que les systèmes hormonaux sont impliqués. - Non-publication des données brutes : Monsanto refuse de publier les siennes sous prétexte de préserver le secret

vec en première page le titre-choc « Oui, les OGM sont des poisons », l'article du Nouvel Obs du 20 septembre a fait l'effet d'une bombe. L'hebdomadaire rendait compte des recherches du professeur Séralini réalisées sur le maïs OGM NK 603. Ces études révèlent que les rats nourris avec ce maïs transgénique, en association ou non avec un herbicide, présentent de lourdes pathologies : tumeurs spectaculaires, atteintes du foie et des reins, etc., dans des proportions nettement plus grandes que chez les rats nourris sans OGM. Les expériences de l'équipe de Séralini Pour éviter les actes de malveillance du lobby pro-OGM, les études ont été menées dans le plus grand secret par le CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique), une association loi 1901 fondée en 1999, notamment, par Corinne Lepage et Jean-Marie Pelt. En effet, ni l'INRA, ni le CNRS, ni aucun organisme public n'avaient jugé bon de mener de telles études. Un budget de plus de 3 millions d'euros a pu être réuni grâce à la participation de certains patrons de la grande distribution (Auchan, Carrefour) qui entendent, après l'épisode de la vache folle, se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. Le NK 603 est un maïs génétiquement modifié, mis au point par la firme Monsanto pour résister au désherbant Roundup, commercialisé par le même Monsanto. L'objectif est de pouvoir utiliser le Roundup, dont la molécule active est le glyphosate, pour désherber les champs sans incidence sur le maïs. 200 rats, répartis en 10 groupes de mâles et 10 groupes de femelles, ont été étudiés pendant 2 ans, ce qui est approximativement la durée de vie du rongeur. Certains groupes ont reçu comme nourriture du maïs NK 603 seul (à des doses de 11, 22 et 33 % de leur régime), d'autres de l'herbicide Roundup seul (à des concentrations variables dans l'eau de boisson), enfin certains groupes ont reçu les deux. Deux groupes témoins, 10 mâles et 10 femelles, n'ont reçu ni OGM, ni Roundup. Dans tous les groupes de femelles traitées, la mortalité a été 2 à 3 fois plus importante que dans le goupe témoin, et plus rapide. Chez les mâles, les différences ont été rencontrées dans 3 goupes de rats nourris aux OGM : les atteintes du foie ont été observées 2,5 à 5,5 fois plus souvent, et les atteintes rénales ont été 1,3 à 2,3 fois plus fréquentes que dans le groupe témoin. Les chercheurs expliquent que ces effets, au moins chez les femelles, pourraient être dus au fait que le maïs NK 603

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industriel. Séralini a annoncé qu'il publiera ses données brutes quand Monsanto fera de même. Transparence, moratoire sur les OGM et poursuite des recherches Éric Alauzet, député EÉLV du Doubs, a interpellé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, sur cette question. Après avoir fait remarquer au ministre que, le HCB ayant donné un avis favorable à des OGM, on pouvait difficilement attendre qu'il se déjuge, il s'est exprimé ainsi à l'Assemblée Nationale : « Monsieur le Ministre, au regard de la grande sensibilité du sujet de la sécurité alimentaire au cœur de la santé de nos concitoyens, de la complexité d’analyse et des controverses existantes, il s’agit de garantir la plus grande objectivité possible à l’information scientifique (…) Ma question est simple Monsieur le Ministre : Quelles mesures entendez-vous prendre pour assurer cette exigence de transparence ? Plus précisément, ne devons-nous pas imposer que la publication d’avis scientifiques soit systématiquement assortie du "pedigree" de leurs auteurs ? » De son côté, la Confédération paysanne considère que les nouveaux éléments sont suffisants pour demander la suspension des autorisations des OGM et du Roundup. Finalement, même l'ANSES, en contradiction avec

certaines de ses déclarations, a reconnu que de nouvelles études devraient être entreprises sur le long terme (sur la vie entière des animaux), que ces études devaient être réalisées dans des laboratoires indépendants, à financement public et avec des protocoles expérimentaux plus sérieux que ceux qui ont été utilisés jusqu'à maintenant pour la mise sur le marché des OGM. Rappelons enfin que, si la question des risques sanitaires est essentielle, elle n'est pas la seule que posent les OGM. D'autres raisons justifieraient leur interdiction : le brevetage et la confiscation des semences, la coexistence impossible avec les plantes non génétiquement modifiées, la souveraineté alimentaire, les atteintes à l'environnement et à la biodiversité. Gérard Mamet
(1) ANSES : Agence Nationale de Sécurité Environnementale et Sanitaire. HCB : Haut Commissariat aux Biothechnologies. EFSA : European Food Security Authority (Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire)

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Histoire de sang

LE DON DE PLASMA SANGUIN RISQUE DE DISPARAÎTRE EN FRANCE

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’historique

Après la seconde guerre mondiale, grâce aux mouvements de solidarité de l’époque, la France a fait le choix de baser son organisation de collecte de sang sur le don bénévole. En 1949 naissait la Fédération française de Donneurs de Sang bénévoles, qui a permis de créer de nombreuses associations locales (près de 3 000 actuellement). Aujourd’hui, le système éthique basé sur le bénévolat, l’anonymat, le volontariat et le non-profit est fortement ancré dans les mentalités et ces principes sont inscrits dans le Code civil (article 16-1 et suivants) et dans le Code de la Santé publique. Avant 1993, en France, toutes les opérations, de la collecte à la fabrication de médicaments, relevaient de la même entité. En raison de l’affaire du sang contaminé, le

législateur a décidé, par la loi du 4 janvier 1993, de séparer les différentes activités gérées par l’Établissement français du Sang (EFS), d'une part, et le Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB), d’autre part. La situation actuelle Aujourd’hui, notre système transfusionnel est l’un des plus sécurisés au monde et l’EFS est souvent pris en exemple dans des pays émergents ou en développement. Le système éthique « à la française» est celui prôné par tous les organismes internationaux : OMS, Croix Rouge, Croissant Rouge… L’EFS a le monopole de la collecte et de la distribution de tous les produits sanguins : sang total, plasma, plaquettes. Il a aussi l’obligation de fournir le LFB en plasma en vue de la fabrication de médicaments

dérivés de celui-ci. Dans le monde, l’industrie du fractionnement est concentrée sur une dizaine d’opérateurs, dont trois se partagent 80 % du marché : CSL-Behring (australien), Baxter (américain), Grifols-Talécris (espagnol, dont la majorité du plasma est collectée aux USA). Ces trois géants ne collectent et ne fractionnent que du plasma rémunéré ou indemnisé. Les autres opérateurs se partagent les 20 % restants avec le LFB, dont l’État français détient 100% du capital. Ce laboratoire ne fractionne que du plasma de bénévoles provenant des collectes organisées en France par l’EFS. Ce plasma est collecté par aphérèse (les composants spécifiques sont séparés par centrifugation et extraits, tandis que ceux non prélevés sont réinjectés au donneur) ou à partir du sang total. Le plasma représente 55 % du volume sanguin et est composé à 90 % d’eau, les 10 % restants contenant les protéines et nutriments indispensables à la vie quotidienne. Son fractionnement a pour but de séparer les différentes protéines qu’il contient en vue d’en tirer des médicaments destinés à soigner de nombreuses pathologies, dont certaines sont très rares et pour lesquelles il n’existe aucune alternative médicamenteuse. Actuellement, l’EFS emploie près de 10 000 personnes. Il collecte le sang total sur l’ensemble du territoire dans 153 sites fixes et lors des quelque 40 000 collectes mobiles. Les sites fixes pratiquent 90 % des prélèvements par aphérèse. Leur fonctionnement est complètement corrélé avec l’activité de prélèvement fortement dépendante de la demande du Laboratoire de Fractionnement. Le LFB emploie 1 800 collaborateurs sur deux sites : Lille et Les Ullis, chacun étant maintenant spécialisé dans une partie du processus de production des MDP (Médicaments dérivés du Plasma). Que se passe-t-il ? Alors que le LFB avait repris une courbe ascendante de ses besoins en plasma en raison de la hausse de la demande des hôpitaux, il voit sa part de marché chuter de 80 à 50 %. Les hôpitaux, confrontés à une réduction budgétaire et face au coût de ces médicaments, ont lancé des appels d’offre qui ont permis aux concurrents d’infiltrer le territoire français et d’augmenter leurs parts de marché. Face à une mévente de ses produits sur le marché français, le LFB vient de demander à l’EFS d’arrêter la fourniture de plasma issu d’aphérèse, ce qui a conduit ledit établissement à stopper toutes les collectes du plasma en vue de son fractionnement. Le marché français est le plus important marché du LFB car celui-ci peine à se développer à l’étranger. La France est, paraît-il, le deuxième pays au monde atteint par la maladie de la vache folle, à l’origine du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Cette situation sanitaire a conduit les autorités à considérer le plasma français comme étant moins pur et moins sûr que celui de ses concurrents.

L'Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) oblige le LFB à retirer tous les médicaments produits à partir d’un lot de poches de plasma dont l’une aurait été collectée chez un donneur atteint de la forme sporadique de la maladie de la vache folle. Nulle part ailleurs au monde cette maladie n’est tracée et aucun autre fractionneur n’est obligé de retirer des lots de médicaments supposés malsains, car en l’absence d’analyse spécifique, il ne peut pas savoir que l’une des poches ayant servi à fabriquer ces médicaments serait potentiellement porteuse de la protéine. Aucun contrôle de ces poches n’est effectué à l’entrée en France. Pourtant la proportion du risque est la même partout dans le monde et cette maladie frappe environ une personne par million d’habitant. Enfin, ces rappels de lots constituent une mesure discriminatoire pour le LFB parce qu’il est le seul à les subir, alors que 50 % des médicaments prescrits aux patients proviennent de ses concurrents étrangers et sont donc potentiellement porteurs de la protéine puisque non contrôlés et non détruits. Cette spécificité franco-française laisse accroire aux clients attendus du LFB que ses médicaments sont moins bons que ceux des concurrents. Pourtant la demande mondiale de plasma et de MDP ne cesse d’augmenter, car de plus en plus de pays ne peuvent accéder à ces thérapeutiques d’un coût élevé. C’est pourquoi les donneurs de sang français et, en premier, leurs associations, ne comprennent pas cette décision d’arrêter la plasmaphérèse. Les conséquences attendues Le LFB a déjà présenté au Comité central d’Entreprise un plan social touchant 280 salariés sur les 1 800, afin de faire face à la situation actuelle. Si aucune mesure de priorisation nationale n’est prise, elle va continuer à décliner lentement et les plans sociaux vont s’enchaîner jusqu’au moment où l’activité ne sera plus viable et que l’EFB se retrouvera en liquidation, ce qui permettra à l’un de ses concurrents de l’absorber. Pour l’EFS, l’arrêt des plasmaphérèses va générer un sureffectif de plus de 500 personnes, ce qui conduira à des pertes financières importantes : même un plan social ne pourrait résorber rapidement de tels sureffectifs. La principale activité de nombreux sites fixes étant la plasmaphérèse, l’EFS sera amené à concentrer ses effectifs sur des centres importants et « rentables », ce qui conduira à la fermeture des entités les plus petites. Le LFB fournissant de moins en moins de produits fabriqués à partir de plasma collecté chez des donneurs bénévoles, les hôpitaux accroîtront leurs achats à l’étranger, auprès des laboratoires privés collectant auprès de « donneurs » rémunérés. Ces « donneurs » sont souvent des travailleurs pauvres, des personnes dans le besoin, notamment des étudiants, qui utilisent ces quelques euros ou dollars pour nourrir leur famille ou financer leurs études. Cela ajoutera à leur précarité.

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Déjà en 2007, lors d’une situation analogue, les « trois gros » fractionneurs s’étaient entendus pour engendrer la pénurie et faire augmenter les prix avant de réinvestir le marché français. La disparition du LFB et des petits opérateurs conduira à un oligopole de ces trois fractionneurs avec toutes les conséquences qui pourront s’ensuivre, en matière d’éthique et d’accès aux médicaments. Aujourd’hui, pour un patient, le risque est de mourir faute de transfusion, et non pas celui d’une hypothétique transmission d’un virus ou d’une bactérie. L’arrêt de la

plasmaphérèse va accentuer ce risque de façon importante. Cette situation porte atteinte au compromis républicain d’aprèsguerre sur l’éthique du don, basée sur la solidarité et le bénévolat. Raymond Tournier
(à partir d'un document de la Fédération des Donneurs de Sang )

Science et écologie

LE LOUP, LE FROID ET LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

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ette rubrique a pour ambition de proposer un regard critique sur l'actualité scientifique, en montrant tantôt les dangers, tantôt les espoirs suscités par les recherches et les découvertes. Cette information peut parfois inspirer les propositions des écologistes. Les références sont données pour ceux qui voudraient approfondir les questions traitées.

1. Le loup, 20 ans de fascination. À l'automne 1992, des gardes du parc du Mercantour aperçoivent deux loups gris dans le vallon de Mollières. Contrairement à des bruits qui circulent encore aujourd'hui, le loup n'a pas été réintroduit. Il est venu naturellement d'Italie, d'une région située à seulement 200 km du Mercantour. La déprise agricole dans les Alpes françaises a provoqué une forte augmentation des populations d'ongulés sauvages qui constituent le menu privilégié du grand prédateur, favorisant ainsi son retour. Il y aurait actuellement environ 250 loups en France. Les attaques de troupeaux de moutons provoquent la détresse des éleveurs et défraient périodiquement la chronique. Pour Pierre Jouventin, le loup est, dans son comportement, plus proche de l'homme que le chimpanzé, par son haut niveau de coopération sociale. (Terre Sauvage n°287, novembredécembre 2012, pp. 24 à 58) Commentaire : Le retour du loup est une bonne nouvelle pour la biodiversité, mais c'est un vrai problème pour le pastoralisme en zone de montagne. Il est donc indispensable que l'État et la profession agricole créent, par des moyens appropriés, les conditions de la cohabitation entre le loup et les éleveurs. Autrement dit : comment garder le loup sans perdre l'agneau ?...

2. Les perturbateurs endocriniens, acteurs silencieux de l'obésité ? Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui bloquent l'action des hormones ou imitent ces dernières. Ils sont présents dans notre environnement : plastifiants comme le bisphénol A, pesticides, anti-adhésifs, produits chimiques utilisés dans les plastiques, les textiles, les peintures ou les équipements électroménagers. Ces molécules pourraient favoriser l'obésité par différents mécanismes : augmentation du nombre de cellules graisseuses, modification de l'équilibre énergétique, altération de la régulation de l'appétit, etc. Certains changements du métasbolisme seraient même transmis de la mère à l'enfant par « altération épigénique », c'est-à-dire par modification dans l'expression des gènes. (Pour la Science n°421, novembre 2012, pp.56 à 63) Commentaire : On peut se protéger à l'échelle individuelle contre certains perturbateurs endocriniens en évitant les plastiques et en utilisant plutôt des récipients en verre, en céramique, en acier inoxydable ou en consommant des produits issus de l'agriculture biologique. Mais c'est aux Pouvoirs publics de lancer les études pour remplacer les substances suspectées par des composés plus sûrs.

3. Les LED blanches, l'éclairage de demain. L'éclairage représente 10 % de la consommation d'électricité en France. Les lampes à incandescence sont progressivement remplacées par des lampes fluocompactes et des lampes à LED, qui ont une efficacité lumineuse 5 à 10 fois plus grande pour une consommation électrique donnée. Mais ces deux types de lampes dites « basse comsommation », contrairement aux lampes à incandescence, présentent l'inconvénient de fournir une lumière « froide », trop décalée vers le bleu, assez éloignée de la lumière naturelle. Des recherches sont en cours pour combiner 3 LED de couleurs différentes (bleu, rouge et vert) et obtenir ainsi une lumière blanche satisfaisante. (Pour la Science n°421, novembre 2012, pp.32 à 38) Commentaire : Ces lampes resteront probablement assez coûteuses à produire, mais elles ont une durée de vie très longue, de l'ordre de 50 000 heures. De plus, elles sont plus faciles à recycler et beaucoup moins polluantes que les lampes fluocompactes qui, elles, utilisent du mercure.

5 . A basse température, la recherche s'active. Le froid est très largement utilisé aujourd'hui pour la conservation des aliments mais aussi des médicaments et des vaccins. Il y a trois enjeux dans les recherches en cours sur le froid : garantir la sécurité alimentaire, diminuer la consommation énergétique (15 % de l'électricité mondiale est consommée par le froid) et réduire les impacts environnementaux. Après l'interdiction, en 2001, des CFC qui détruisaient la couche d'ozone, de nouveaux fluides frigorigènes, aussi efficaces et neutres pour l'environnement, ont été mis au point. Mais il y a d'autres pistes de recherche : la production centralisée du froid, plus performante, dans une salle des machines, la réduction de la masse des fluides par des échangeurs à microcanaux et même la réfrigération magnétique. (La Recherche n°469, novembre 2012, pp. 35 à 38). Commentaire : Ces recherches vont dans le bon sens puisqu'elles visent à réduire la consommation énergétique et l'impact sur l'environnement. Mais on peut aussi diminuer les besoins de réfrigération en revenant à des façons de consommer plus locales et plus saisonnières.

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4. Prévenir le sida avant l'infection. En juillet dernier, l'Agence Américaine du Médicament a approuvé l'utilisation du Truvada par des personnes non contaminées, pour éviter qu'elles ne soient infectées par le VIH. Le Truvada contient deux antirétroviraux qui empêchent le virus du sida de se multiplier dans le sang. Certaines associations s'élèvent contre cette utilisation. D'abord l'efficacité du médicament n'est pas totale : il ne fait que diminuer le risque. Ensuite elles craignent que ce traitement préventif ne produise un relâchement de l'utilisation du préservatif. Enfin il est possible que la prise du médicament par des personnes non contaminées entraîne l'émergence de souches de virus résistantes et donc plus difficiles à traiter. (La Recherche n°469, novembre 2012, pp.60 à 62). Commentaire : A 800 € par mois et par personne, ce traitement est une bonne affaire pour Gilead, la société pharmaceutique qui commercialise le Truvada. Il devrait être réservé à des cas bien particuliers, par exemple aux couples stables cherchant à faire un enfant, quand un des partenaires est séropositif et l'autre séronégatif.

Gérard Mamet

Dessin publié avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo

Page spéciale

Notre-Dame-des-Landes

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L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans l'impasse. Vendredi 16 novembre, en soutien aux opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des militants EÉLV ont rebaptisé la place Pasteur, à Besançon, Impasse de Notre-Dame-des-Landes. Ils étaient soutenus par d'autres organisations : la Confédération paysanne, Terre de Liens, le Parti de gauche, la Gauche anticapitaliste, le NPA, les Alternatifs, Solidaires, Franche-Comté Nature Environnement et l’Apic. (en haut, à droite) Une action similaire s'est déroulée le 1er décembre devant la gare de Montbéliard. (en bas, à droite)

Dessin publié avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo

EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LE BATIMENT
Réflexion globale, Action locale Il ne s'agissait pas d'aborder toute la problématique de la transition énergétique, mais de se focaliser sur un de ses aspects : les nécessaires changements à opérer dans le secteur du bâtiment. Pour approfondir notre réflexion, nous avons bénéficé des apports intéressants et riches de Samuel Courgey (spécialiste des constructions écologiques) et de Brigitte Monnet (conseillère régionale et membre du CA d'Effinergie). Samuel revient sur la problématique énergétique globale. Trois crises nous imposent de revoir le modèle énergétique actuel : - la raréfaction et la hausse prévisible des énergies fossiles, - le dérèglement climatique lié aux émissions de CO2, - l'accident nucléaire de Fukushima. Les objectifs du programme national d'EELV, à l'élaboration duquel Samuel a participé, sont ambitieux : par exemple, réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % d'ici à 2020 et de 85 % d'ici à 2050 ; ou encore diminuer la consommation d'énergie de 15 % d'ici à 2020 et de 50 % en 2050 ; et enfin sortir du nucléaire en 20 ans. Dans le bâtiment, les technologies existent. Le secteur du bâtiment représente 43 % de l'énergie finale et un tiers des émissions de GES. Une chance : on a affaire à des technologies connues et éprouvées. On peut établir des prévisions sans compter sur d'hypothétiques progrès. En rendant plus contraignantes les normes des constructions neuves et en procédant à la révovation du parc existant, on peut diviser la consommation énergétique par quatre. Il y donc un gros enjeu à amener le parc existant au niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation), c'est-à-dire à passer d'une consommation de 380 kwh / m2 (moyenne actuelle) à 70 à 100 kwh selon les endroits, en tenant compte des éléments climatiques locaux et notamment de l'altitude. Le programme BBC comprend un forte isolation et une ventilation efficace. Le rythme pourrait être de 940 000 logements par an. Sont à isoler aussi les 27 millions de m2 de bâtiments du secteur tertiaire (bureaux, entrepôts…) L'intérêt social est évident puisqu'un tel programme pourrait créer de 200 000 à 350 000 emplois non délocalisables et réduire la facture énergétique des locataires, en particulier dans les logements sociaux. Mais pour promouvoir un tel programme, il faut former les acteurs, structurer les filières, améliorer nos connaissances et trouver des solutions de financement. Rapidement, un programme de premières économies. La dynamique du Grenelle de l'environnement avait permis l'adhésion des professionnels du bâtiment à un programme de rénovation de l'existant. Bien qu'ils soient rarement de gauche ou écologistes, ils y avaient vu leur intérêt. Malheureusement, la petite phrase de Sarkozy, « L'environnement, ça commence à bien faire » - a cassé la dynamique et provoqué une chute de la demande de formation dans cette direction. Il faut maintenant retrouver un consensus avec le secteur du bâtiment. Il serait nécessaire de commencer par les constructions les plus dégradées et les moins performantes. On peut aussi envisager que, pour l'exemplarité, l'ensemble du parc public soit rénové dès 2035. Parmi les mesures concrètes, il a été proposé la possibilité d'un congé pour l'autorénovation. De gos efforts sont à réaliser dans la formation des professionnels et dans l'utilisation des diagnostics - qui ne sont pas toujours suivis d'effets, comme la discussion l'a montré. Il faudrait aussi booster l'innovation, et pourquoi pas au niveau européen ?

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Une autre question se pose : faut-il inciter ou obliger ? Faut-il imposer, par exemple, l'avancement du coût de la rénovation BBC lors de tout achat de logement ancien ? L'approche financière passe aussi par la possibilité d'un « tiers-financement » qui permettrait de ne pas avancer d'agent, un tiers-financeur s'en chargeant et les travaux étant remboursés par les économies d'énergie réalisées. Faudrait-il aussi limiter la TVA à 7 % aux seuls travaux BBC ? Enfin, d'autres approches complémentaires sont nécessaires, comme l'amélioration du « vivre-ensemble », la limitation de la spéculation, la réhabilitation des professions manuelles ou la lutte contre la précarité énergétique. Effinergie : hommage à Antoinette. Brigitte n'est au CA d'Effinergie que depuis un an et elle a commencé par en faire une rétrospective. Cette structure a été créée en 2006 à l'initiative d'acteurs industriels de l'isolation, de professionnels du bâtiment et d'associations qui, conscients que la Région était le bon niveau d'intervention, ont sollicité un élu régional afin qu'il soit le porte-parole de l'association. Ainsi, Antoinette Gillet a été la première présidente du collectif Effinergie, avec toute l'énergie et la compétence que nous lui connaissons. L'association a pour objectif de promouvoir la construction de bâtiments confortables et économes en énergie. Elle a cherché à fédérer les différents acteurs, populariser les dynamiques régionales, créer des référentiels et des outils et favoriser la coordination entre pouvoirs publics et acteurs. Effinergie a beaucoup œuvré dans le cadre du Grenelle de l'environnement, en particulier sur la réglementation thermique 2012, l'objectif général étant de booster la réhabilitation énergétique du bâti.

Pour agir en Franche-Comté : Effilogis. Effinergie est une stucture de coordination et de réflexion. Le besoin s'est fait sentir de créer une structure d'action de la région de Franche-Comté. C'est ainsi qu'est né Effilogis. Les objectifs sont très concrets : rénover l'existant, développer les compétences professionnelles et réduire la charge énergétique. Il existe un volet « logement social » et un volet « aide aux particuliers ». A ce jour, déjà 800 logements sociaux ont été rénovés au niveau BBC, ce secteur étant prioritaire pour la région. Rappelons au passage que le secteur du bâtiment est le deuxième pourvoyeur d'emplois dans la région. L'action en direction des particuliers passe par des opérations de sensibilisation, l'édition de guides, les audits énergétiques, l'aide technique et financière, etc. La Région a également créé un pôle énergie, et une Maison des Énergies verra bientôt le jour à Héricourt. Brigitte participe aussi avec Anne Vignot au Comité de pilotage du Schéma régional Climat Air Énergie, qui s'appuie sur le tryptique Négawatt : sobriété énergétique, efficacité énergétique, développement des énergies renouvelables. C'est un gros pavé, puisqu'il y a 360 000 logements en Franche-Comté, dont 72 % ont été construits avant 1981. Pour arriver à la réduction de la consommation d'énergie d'un facteur 4 d'ici à 2050, il faudrait rénover 15 000 logements par an. Un programme ambitieux, qui impose la recherche d'une vraie dynamique et d'une plus grande cohérence entre les actions menées aux niveaux régional, départemental, intercommunal et communal… Gérard Mamet (avec le Concours de Brigitte Monnet)

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GAZ DE SCHISTES
- Il faut dépassionner le débat, donc il faut des spécialistes ; - la fracturation hydraulique est un progrès ; - elle apporte un bénéfice sur l'emploi, sur l'indépendance énergétique, sur la réduction du déficit commercial et la baisse potentielle du coût de l'énergie ; - la technique est fiable ; - gaz de schiste = gaz naturel ; - Les boues et les eaux sont presque toutes récupérées. Ces arguments, qui se veulent massue, sont bien entendu démontables les uns après les autres et l'on voit transparaitre dans ces lignes l'illusion d'une indépendance alors que notre planète n'arrive déjà plus à supporter nos émissions de CO2 et que se lancer dans cette chimère augmenterait notre dépendance aux énergies fossiles. Trois collectifs Francs-Comtois, sont en train de se fédérer en réseau afin de poursuivre leur sensibilisation et mettre en place un réseau de vigilance.

érome Roux nous a tout d'abord présenté les techniques d'exploitation utilisées, les risques liés et les permis en cours de validité. Localement : dans le Jura, trois permis d'exploration sont en cours de validité pour rechercher des hydrocarbures. Il nous a ensuite présenté les risques inhérents à l'hydro-fracturation : activation des cassures, risques de fuites dans les nappes phréatiques, etc. La géologie du sol jurassien est complexe et constituée de nombreuses failles, et on ne peut pas boucher une faille : du coup, on ne maîtrise pas les fuites sur un sol karstique. Jérome Roux à conclu que la rentabilité énergétique des gazs de schistes est très relative, surtout si l'on prend en compte les impacts sur le tourisme, les forêts, l'agriculture, l'alimentation en eau potable, etc. Guillaume Herteaux, du collectif du bas Jura, nous a expliqué que Jean-Louis Schelenski, président de l'Union des Pétroliers, communique ainsi :

L'atelier s'est terminé par une intervention de Nicolas Debray, maire d'Etival ( Jura), qui a participé au dépôt de deux motions (une communale et une au niveau du Parc naturel du Haut Jura) qui expriment la plus haute inquiétude des élus et leur refus de voir rechercher sur le territoire des huiles ou gaz de schistes. Elles mettent en garde contre les risques de pollution de eaux potables et demandent l'abrogation des permis en cours de validité. Les communes peuvent également déposer des arrêtés, mais c'est surtout une porte d'entrée pour aborder le débat

et rebondir sur la transition énergétique, question intimement liée à celle de l'exploitation de ces hydrocarbures. Autour de ces motions, les Plans Climat Énergie territoriaux doivent faire vivre ces thématiques. Arnaud Jacquet

QUELLES SOLUTIONS PÉRENNES POUR DES TERRES AGRICOLES QUI RESPECTENT LES PAYSAGES, LA QUALITÉ DES RESSOURCES ET L'ÉQUILIBRE DES ÉCOSYSTÈMES ?

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ntervenants Vincent Bruyère, de l'association Terre de Liens Véronique Guislain-Muret, de l'association Terre de Liens Dominique Bouillet, porte-parole de la Confédération paysanne Eric Durand, élu EÉLV régional depuis 2004, qui s'occupe des questions d'eau et du milieu naturel à la Région, présente les trois invités et le thème central de leur intervention. Vincent Bruyère parlera du captage de l'eau, Véronique Guislain-Muret du bail rural environnemental et Dominique Bouillet donnera la position de la Confédération paysanne sur la question posée. En préambule, à la suite d'une polémique récente, Dominique Bouillet indique qu'en ce qui concerne la réintroduction du loup, la Confédération paysanne favorise le paysan. Un vent frais passe dans l'assistance... Vincent Bruyère est venu avec des cartes et des schémas. Il nous indique que le coût de l'assainissement en eau, de 1 000 à 1 680 millions d'euros par an et en France, est dû aux pratiques agricoles. L'Agence de l'Eau est chargée nationalement de la protection des captages. Elle joue un rôle très important dans l'action de surveillance et de repérage des risques. Les « captages Grenelle » (appelés ainsi suite au Grenelle de l'environnement) sont prioritaires. La Haute-Saône, avec sa pollution due à la culture intensive du maïs, est dans ce cas. L'Agence s'occupe aussi de la remise en conformité de l'eau des rivières, elle lutte également contre les pollutions ponctuelles et diverses de l'industrie et du monde rural. A l'aide de ses cartes, Vincent Bruyère nous donne l'état

d'avancement des actions de l'Agence. Il explique que les opérations sur un captage sont fastidieuses : il faut un long travail de délimitation et de concertation. Concernant les pollutions diffuses, l'Agence finance, sur cinq ans, des mesures de réductions des pesticides. Des freins existent à ce genre de programme : ils ont des raisons politiques et sont le fait d'intérêts particuliers. Dans notre région, seul le Pays graylois bénéficie de ces mesures. Au niveau européen, il existe une « directive nitrate », mais la France n'est pas aux normes et elle doit payer des pénalités de retard. Concernant le problème de la Loue, c'est une pollution aux nitrates et aux phosphates, qui provient de l'épandage de lisier, mais pas uniquement, les eaux résiduelles des stations d'épuration étant aussi en cause. En fait, il apparaît que 80 % des masses souterraines sont à traiter pour avoir de l'eau potable. Et la question centrale reste la propriété pour avoir la maîtrise de l'eau et pouvoir la protéger. Des comités de pilotage, impulsés par l'Agence de l'Eau, existent dans chaque région. Il en existe une demidouzaine en Franche-Comté. Vincent Bruyère prend pour exemple de « périmètre protégé » la zone de protection de l'aire d'alimentation du captage (ZPAAC) de Lons-Villevieux, dans le Jura. Des indemnitées sont consenties aux exploitants, de l'ordre de 2 000 à 4 000 euros par hectare. Vincent Bruyère conclut en insistant sur la nécessaire maîtrise du foncier et son accessibilité à ceux qui veulent défendre et préserver la qualité de l'eau pour tous. Excellente transition pour Véronique Guislain-Muret, qui présente l'association Terre de Liens (créée en 2003). Les deux fondamentaux de cette structure sont l'installation

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agricole et l'éducation populaire. Le Bail rural environnemental (BRE), utilisé pour une meilleure gestion des terres cultivables, en est le levier principal. La loi donne une liste d'une quinzaine de pratiques culturales susceptibles d'être imposées par ce bail (nonretournement des prairies, modes de récolte, interdictions ou limitations des fertilisants, des pesticides, etc.). L'idée est la coopération entre le citoyen et le fermier, la nécessité de travailler ensemble à la protection et à l'amélioration écologique des terres, et cela dans une logique d'installation agricole. Un diagnostic en groupe, une « lecture paysage » orientée par un membre de Terre de Liens qui apprend à « lire » le terrain aux novices, est réalisée pour évaluer l'état du terrain. C'est un des aspects de l'éducation populaire promulguée par Terre de Liens. « Plus on a d'adhérents, plus on est fort », nous dit Véronique. Cette forte pensée souligne que l'accessibilité foncière de Terre de Liens est une garantie sérieuse de sanctuarisation des ZAP (Zones agricoles protégées). Malheureusement, les SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui permettent à tout porteur de projet viable de s'installer en milieu rural, arrivent souvent trop tard lors de la vente d'un terrain : les surfaces ont déjà été partagées entre les autres paysans. La partie est loin d'être gagnée ! Dominique Bouillet, de la Confédération paysanne, expose rapidement son point de vue en trois points : a) La défense des terres agricoles. b) La défense de la production agricole (il est opposé fermement aux agrocarburants). c) La défense de l'agriculture paysanne. L'idée première est qu'on arrête de prendre sur les terres agricoles (lotissements, routes...). Le souci premier concerne les agrocarburants : des millions d'hectares sont cultivés pour eux.

Dominique donne pour exemple de fuite en avant la sécheresse aux Etats-Unis, malgré laquelle le pays n'a pas voulu baisser sa production d'agrocarburants. Pour Dominique, le dérivé de l'éthanol (l'ETBE), qu'on utilise pour remplacer le plomb comme additif dans l'essence, se fige et gèle en hiver. La Confédération paysanne cherche à mettre en place un système de distribution de carburant « propre » dans le Doubs avec l'aide d'un petit distributeur qui vient de Suisse. Le but est bien évidemment d'arriver à une disponibilité dans toute la France. La bataille est rude, d'autant plus que le président actuel de la FNSEA, Xavier Beulin, est également le président de Sofiprotéol, société qui produit l'essentiel des agrocarburants en France. La Confédération paysanne propose une charte de « l'agriculture paysanne », terme qu'elle préfère à « agriculture durable », une appellation galvaudée selon Dominique. Cette charte se présente comme un diagnostic « en forme de marguerite ». En conclusion, le modèle dominant reste le productivisme (les primes vont aux plus gros) et l'évolution des mentalités est encore lente dans les lycées agricoles. Gilles Gardot
Références utiles : http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-preservation-de-laressource-en.html http://www.solagro.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki/Bail_environnemental http://www.safer.fr/ http://haute-marne.confederationpaysanne.fr/les-6-criteres-et-leurscontenus_1543.php Suivre ce lien pour plus d'explications : http://www.developpementdurable.gouv.fr/La-preservation-de-la-ressource-en.ht

STATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES RURAUX :
QUELLE PRISE EN COMPTE ENVIRONNEMENTALE ?
eorges Gontcharoff, géographe de formation, journaliste de profession et intervenant dans cet atelier, est actuellement administrateur de l’UNADEL (Union Nationale des Acteurs et des structures de DÉveloppement Local). Le développement local est un concept né en 1965 en Bretagne. Il s’appuie sur une démarche « de bas en haut » : le territoire (le bas) se prend en charge, définit un projet, analyse ses besoins et s’adresse aux autorités (le haut) pour quelles s’impliquent dans son projet (contractualisation). La loi Voynet et la reconnaissance des Pays ont favorisé la

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mise en œuvre de cette démarche. Au contraire, la période Sarkozy marque une régression. Le changement politique de 2012 inversera-t-il la tendance ? Trois problématiques : 1 – La politique d’aménagement du territoire a été profondément modifiée ces dernières années. On est passé de la recherche d’un équilibre ville/campagne, avec pilotage de la DATAR - pilotage qui s’appuyait sur les contrats de plan -, au principe du tout urbain, « tout

pour les métropoles ». Le rural n’est plus considéré comme un espace de développement à part entière. Ce courant de pensée ne voit de développement que par les villes, le rural bénéficiant du « ruissellement » des métropoles. On assiste aujourd’hui à la révolte de certains petits territoires, qui veulent avoir leur mot à dire dans leur mode de développement. D’autre part, ce principe ne colle pas à la réalité de certains secteurs ; par exemple, les Alpesde-Haute-Provence sont bien trop loin de Nice ou de Marseille pour bénéficier du « ruissellement » de celles-ci. Enfin, des villes qui ont un vrai rôle dans leur région mais qui ne sont pas des métropoles ne se retrouvent pas dans ce schéma - par exemple Clermont-Ferrand.

2 – Le financement du développement local. Les contrats État/région, qui vont prendre fin en 2013, apportaient des financements basés sur des projets locaux (de pays). Au-delà de l’incertitude sur le devenir de ce type de financement, l’inquiétude vient des nouvelles orientations qui financent des « pôles d’excellence rurale » sur des appels à projet. Il est prévu 600 pôles (dont un tiers sur problématiques écolos) avec plus ou moins 1 million d'euros par projet. Cette méthode est perverse pour plusieurs raisons : les projets retenus sont ceux des pays les plus dynamiques, les critères de choix ne sont pas transparents, enfin certains projets médiocres sont retenus car portés par de « grands » élus. Ainsi cette méthode accentue les inégalités entre territoires : on nourrit les athlètes et on délaisse les autres. 3 – Depuis la décentralisation (1982), la région est devenue « chef de file ». Les régions agissent par des schémas (des transports, etc.) qui ne sont, en général, pas prescriptifs. Les département, les communautés de communes font alors ce qu’elles veulent. Même les SCOT (Schémas de Cohérence territoriale) ne s’imposent que parce qu’ils sont validés par le préfet. D’autre part, on a des incertitudes sur le devenir des régions. En effet, au Parti socialiste, le lobby des élus des Conseils généraux est beaucoup plus fort que celui des élus régionaux : on risque donc de voir dans les années qui viennent un affaiblissement des régions. Un constat : ce qui fonctionne, en général, c’est le développement dans le secteur écologique, la filière bois, l’éolien, les paysages/haies, etc. Un bon exemple : le pays du Diois. Le secteur social/aide à la personne, lui aussi, fonctionne assez bien. On s’interroge : pourquoi les secteurs écologiques et sociaux réussissent-ils ? est-ce un signe avant-coureur d’un « nouveau monde » ou au contraire une bataille d’arrièregarde ? Questions/réponses La ville est très dépendante, d’où une fragilité du système. Ce qui domine, c’est le péri-urbain, c’est là que vivent les gens, et on ne maîtrise pas ce qui s’y passe (mitage,

dégradation du paysage). Un exemple : 40 000 personnes descendent chaque jour des Monts du Lyonnais et y remontent. On voit aussi cette tendance s’inverser : des rurbains regagnent les villes. Pour arriver à la « ville durable », il faudra arrêter son extension et la densifier. Votre analyse n’est pas assez systémique. Quid de la contradiction entre la culture individuelle (télé, ordinateur) et la vie sociale des néoruraux ? Ainsi, des trouvailles, des inventions comme le covoiturage, le ticket de transport à 2 € dans le Jura permettent de retrouver la force du milieu rural. Il n’y a pas de contradiction : on est « déterritorialisé » par l’économie monde, on cherche donc un enracinement local. Vision systémique ou vision linéaire ? Aujourd’hui, le développement rural est dominé par l’État et les villes. Où trouver les moyens du développement local ? De plus, les néoruraux ne revendiquent pas le même développement local/rural. On constate que les MRJC, les foyers ruraux sont très dynamiques. Une inquiétude concernant le fonctionnement des pays : ils veulent des réalisations visibles/phares qui ne correspondent pas aux besoins. Les pays deviennent des chasseurs de primes et de subventions ! C’est vrai, mas ce n’est pas général. Il y a des territoires avec de vrais projets bâtis avec les habitants. Georges rappelle la volonté de l’état : pas de communautés de communes de moins de 5 000 habitants, pas de communes isolées, suppression de 50 % des ÉPCI (Établissements publics de Coopération intercommunale). Mais depuis les élections sénatoriales, coup de frein, on a encore 60 départements sans nouveaux schémas intercommunaux. On est dans une période instable, une période de transition. Aujourd’hui, il y a un vrai déficit démocratique dans les pays et les intercommunalités dans la mesure où les délégués ne sont pas élus au suffrage direct. Quelques questions pour finir. Et les « déserts », comme le plateau de Langres où il y a 2 habitants/km² ? La campagne se réapproprie la ville (avec des services à distance). La ville se réapproprie la campagne (avec des jardins sur les toits). L’habitat horizontal ! Si tous les Bisontins avaient une petite maison au milieu d’un petit jardin, Besançon irait jusqu’à la banlieue de Dole et de Vesoul. La problématique des territoires très peu denses est particulière : une (mauvaise ?) réponse, les peigneurs de nature. Concernant les intercommunalités : il en faut deux types, les interco de proximité (7/8 communes) et les pays, d’échelle plus grande. Il faut deux types de compétences correspondant à ces deux niveaux d’interco. Un travail complexe est à réaliser : découpage territorial et découpage

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des compétences, sans oublier les questions de gouvernance et l’histoire des territoires. Enfin, faut-il regrouper les communes ? Au niveau du gouvernement actuel, ces questions sont à cheval sur le ministère de l’Aménagement du territoire (Marilyse Lebranchu) et le ministère de l’Égalité des territoires (Cécile Duflot).

Bernard Lachambre
Un livre de Georges Gontcharoff : Décentralisons autrement ! Disponible à l'UNADEL,1 rue Sainte-Lucie – 75015 Paris Dessin publié avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo

Jeunes Ecologistes

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UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI
Nostalgie. De mon temps, on conchiait le mariage, forcément « bourgeois ». Aujourd'hui, tout le monde veut se marier : les homos, les curés, peut-être aussi les bonnes sœurs... O tempora ! o mores ! Pilotes. Deux nucléocrates, dont Anne Lauvergeon, nommés au comité de pilotage chargé du débat sur la transition énergétique. Prochaine nomination : celle de Marc Dutroux au comité chargé de faire des propositions sur la protection de l'enfance. Félons. Le Monde se demande si« la gauche a trahi la culture ». La culture, seulement ? Kss, kss ! Vous, je ne sais pas ; mais moi, quand la guerre fait rage à l’UMP, je me régale, attendant impatiemment qu’ils s’entretuent. À la première goutte de sang, je me débouche un sauternes. Mégères. Éprouvant pour les deux la même antipathie, je me garderai bien de départager Copé et Fillon ; mais si j’étais UMPiste, ça me défriserait quand même de soutenir le même que ces deux cinglées de Morano et de Rosso-Debord. Urnes. À en croire les médias, l'UMP a copié le PS dans l'art de bidouiller des scrutins douteux. Et les Verts, alors ? Pourquoi passer sous silence notre antériorité ? On nous pique tout, je vous dis ! Rations. Dosettes café, dosettes thé, dosettes lait pour bébés... Finalement, y a plus que la connerie qui est fournie en maxi-doses. Lapins. Bilan humain de la chasse en France en dix ans (entres les saisons cynégétiques 2000-2001 et 2010-2011) : 1 863 accidents recensés, entre 257 et 285 morts (selon les statistiques retenues). Seule consolation : la majorité des victimes sont des chasseurs... Crétins. D'après un chercheur américain, l'homme serait plus bête aujourd'hui qu'hier, et ses facultés intellectuelles n'auraient pas fini de décliner. Et on imagine mal l'électro-encéphalogramme plat du PS enrayer la chute. Éparpillement. Droite Sociale, Droite Populaire, Droite Forte, droite décomplexée, sans compter la France Droite (la dernière trouvaille de NKM)... Sont-ils benets, à l'UMP : s'ils avaient choisi Droite pourrie, ils se seraient tous retrouvés sous le même nom. Mousse. Gilbert Barbier, sénateur UMP du Jura et ancien maire de Dole, a fait voter un amendement pour réduire... la hausse de la taxe sur la bière ! Quand les vieilles croûtes du Sénat se réveillent, tu peux être sûr que c'est pour dire ou faire une connerie. Ouf ! Extrait du discours de Mitt Romney après sa défaite : « Nous comptons sur nos pasteurs, nos rabbins, nos prêtres de toutes obédiences pour témoigner de la continuité des valeurs sur lesquelles est bâtie notre société : l'honnêteté, la charité, l'intégrité et la famille. » Je ne sais pas si les Américains se rendent compte de ce à quoi ils ont échappé en réélisant Obama. Gaaaardavou ! Mort d'un élève officier à Saint-Cyr : selon le général directeur de l'école, sa noyade n'a pas été provoquée par un bizutage, mais lors d'une activité de « transmission des traditions ». L'armée fera de toi un homme, mon fils. Un homme mort. Yougoslave (1). Radovan Karadzic, ex-leader des Serbes de Bosnie, devant le TPIY : « Chaque bombardement [de Sarajevo, en 1992-1995] me brisait le cœur. » Et accessoirement réduisait en bouillie les Sarajeviens.

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ougoslave (2). Après l'acquittement en appel, par le TPIY, du général croate Gotovina, accusé de crimes de guerre, un représentant de l'Église catholique (laquelle a été plus que soupçonnée d'avoir protégé la cavale du bonhomme pendant quatre ans) a déclaré : « Dieu est avec nous ! » C'est marrant comme Dieu est toujours du côté des crapules. Avions. Alors que se déroulait la grande manif contre l'Ayraultport, samedi 17 novembre, Cécile Duflot a cru bon de préciser devant le Conseil fédéral d'EÉLV : « Personne ne manifeste contre le premier ministre. » Un aussi rapide apprentissage de la langue de bois, ça laisse pantois ! Libre. Au nom de ma « liberté de conscience », je préviens solennellement le président Hollande que dorénavant, je ne m'arrêterai plus aux feux rouges, qui sont une perte de temps et un gaspillage d’essence inadmissibles, et ne paierai plus mes impôts, dont une partie contribue à l'entretien d'une armée que ma conscience exècre. Dindons. Sur France Inter, le 27 novembre, l'éditorialiste Thomas Legrand fustige Copé et Fillon, entre autres parce que « c’est avec l’argent du contribuable qu’ils caricaturent la politique [...] et aussi [avec] les cotisations des 300.000 militants UMP, qui ne sont pas tous des emperlousés de Neuilly, mais des retraités d’Evreux, des étudiants de Lyon, des agriculteurs d’Ardèche, des petits commerçants du Raincy. » Et alors ? Quand on est assez con pour cotiser à l'UMP, on ne vient pas se plaindre après. Doha. C'est au Qatar, champion du monde des émissions de CO2 par habitant, qu'on a choisi de discuter du changement climatique. Pour la prochaine conférence sur les Droits des femmes, on hésite entre Kaboul et Téhéran. Lexique. L'ineffable Copé a jugé « cordial et sympathique » le climat de sa rencontre du 25 novembre avec Fillon et Juppé. En novlangue copéiste, « cordial » veut dire « je t'emmerde » et « sympathique » signifie « crève, charogne ». Pathologie. Pour Manuel Valls, les manifestants de Notre-Dame-des-Landes sont «un kyste». Et Valls, c’est quoi ? Une pustule ? Une mycose ? Un bubon ?

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Gérard Roy

Vous n'êtes pas adhérent d'Europe Écologie Les Verts Franche-Comté ? Et du même coup, vous ne recevez pas systématiquement La Feuille Verte, le mensuel des écolos comtois ? Abonnez-vous ! Et faites abonner les gens autour de vous ! Ainsi, vous serez sûr de ne rater aucun numéro, et cela pour la modique somme de 16,00 euros seulement (11 numéros par an). Chèque à l'ordre d'EÉLV-FC, à adresser à : EÉLV-FC – 14, rue de la République – 25000 Besançon

Europe Écologie Les Verts Franche-Comté (14 rue de la République, 25000 Besançon) Directeur de publication : Gérard Roy Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Pauline Jeannin, Gérard Mamet, Gérard Roy CPPAP : 0513 P 11003 Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Lucas Wicky Imprimé sur papier recyclé par les soins d’Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté ISSN 1169-1190

Besançon, samedi 24 novembre : Des responsables d'EÉLV-FC participent à un rassemblement pour dénoncer les bombardements sur Gaza et demander la reconnaissance d'un État palestinien à l'ONU.

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Le 29 novembre, le Conseil Constitutionnel a statué sur le recours de Jacques Grosperrin, ex-député UMP, contre l'élection d'Eric Alauzet comme député de la deuxième circonscription du Doubs. Grosperrin, mauvais perdant, faisait feu de tout bois pour essayer d'annuler l'élection, avec des griefs sur la campagne électorale, sur les opérations de vote et sur les comptes de campagne d'Eric, avec une totale mauvaise fois quand on connaît la probité de notre camarade. A juste titre, la requête de l'ex-député UMP a été rejetée. Eric Alauzet va enfin pouvoir consacrer toute son énergie à sa tâche de député.

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