Faut-il avoir peur du progrès technique ?

Sens global du sujet : Le progrès technique (et pas simplement la technique) rend-il nécessaire d’avoir et peut-être même de cultiver une peur à son égard ? Cette peur est-elle justifiée par des motifs rationnels ? Est-elle justifiée par des buts ? Qu’y a-t-il dans le progrès technique qui justifie que l’on en cultive la peur et pas simplement la vigilance ? N’est-ce pas contradictoire de se poser la question du devoir à l’égard d’un sentiment qui en général est subi et non décidé ni voulu ? Analyse des termes du sujet : Termes Faut-il Sens - Est-ce justifié par des motifs ? Est-ce nécessité par des buts ? - Est-ce un devoir ? Eprouver un sentiment de crainte devant un objet précis Effets de la peur : - Avertit du danger et donne à réfléchir pour prévenir les risques - Paralyse l’action et la décision et augmente le danger Ensemble de procédés (pas seulement matériels mais aussi intellectuels) enseignables et transmissibles destinés à produire des effets jugés utiles Amélioration des techniques, passage à de nouvelles techniques réputées plus efficaces Sens contraires Est-ce arbitraire ? Est-ce inévitable de sorte que ce n’est pas nécessaire de devoir avoir peur ? - Etre courageux (prise de risques délibérée et justifiée par une échelle de valeurs) - Etre téméraire (ce qui implique une inconscience des risques) - Etre angoissé : avoir peur sans savoir pourquoi Nature : ce qui existe spontanément sans l’intervention de l’homme

Avoir peur

Technique

Progrès technique

Négatifs - Déclin - Stagnation

Positifs - Retour à la nature - Stabilité

Reformulation du sens du sujet : Existe-t-il dans le progrès technique, c’est-à-dire dans cette accumulation et cette amélioration des procédés techniques, des motifs rationnels de craindre des dangers ? Cette peur est-elle une attitude que nous nous devons de cultiver ou s’impose-t-elle à nous ? Présupposés du sujet : A-t-on raison d’avoir peur du progrès technique ? Cette peur peut-elle être l’objet d’un devoir ? Cette peur peut-elle être utile et nécessaire ? 1

puissance et imprévisibilité. d’être rentable sous peine de disqualification au risque de détruire ces sources. par conséquent. Il faut avoir peur du progrès technique : des effets dangereux rendent notre peur légitime. La technique n’est alors plus considérée comme un rapport d’adaptation à l’environnement mais comme un « arraisonnement » de la nature comme l’explique Heidegger dans La question de la technique. survalorisation de la facilité en paresse.Problèmes : L’amélioration de nos conditions matérielles d’existence et. Plan : I. Se méfier plutôt qu’avoir peur. Les effets néfastes du progrès technique trouvent leurs solutions dans un surcroît de ce progrès. Il ne faut cependant pas avoir peur de ces dangers. la société de produire. Et même la préservation de ces sources de richesse peut être asservie à la recherche de l’efficacité. 2 . bouleversements. Mais le progrès technique suscite un engouement si puissant et si naïf. une passion et non le fruit d’une volonté. des ondes des téléphones mobiles sur la santé par exemple) ? Cette peur est-elle nécessitée par l’engouement que suscite le progrès technique et qui protège celui-ci de toute vigilance ou méfiance ? Pourquoi en avoir peur et pas simplement s’en méfier ? Cette peur peut-elle être un devoir ? Axes de réflexion : Les raisons d’avoir peur du progrès technique. 1) Le progrès technique valorise la technique comme exploitation de la nature. de l’efficacité en rentabilité et la rapidité en impatience. de l’homme et de la société. effets néfastes de certaines innovations techniques. 2) Cette caractérisation du progrès technique se retrouve dans sa subordination aux fins militaires de destruction. On met en demeure la terre. Une telle peur serait paralysante. doit beaucoup au progrès technique. de nos conditions morales. une diffusion si massive que s’en méfier resterait insuffisant pour prévenir de ses dangers. Qu’est-ce qui peut justifier alors que nous ayons peur de ce progrès ? Pourquoi faudrait-il avoir peur alors que la peur est un sentiment subi. d’une décision ? S’agit-il d’une véritable peur ou peut-on aussi parler d’angoisse dans la mesure où les dangers du progrès ne sont pas toujours flagrants (effets des OGM. Nouveauté. proliférations des objets et des équipements. Il faut donc cultiver la peur par souci d’efficacité mais aussi parce qu’il est légitime pour l’homme d’être lucide (« science sans conscience n’est que ruine de l’âme »). l’homme.

3) La peur doit motiver la réflexion et non la paralyser. . il y a un devoir par rapport aux catastrophes dues à l’aveuglement de l’engouement de l’homme devant le progrès technique. etc. Création de comités d’éthique.3) Survalorisation de la facilité en paresse. . il faut un surcroît de technique.Il humanise la technique. 4) Le sous-emploi. Intégrer la peur comme moteur de l’éthique d’un progrès responsable. . Elle est nécessaire pour lutter contre la naïveté et la force de l’engouement dont la technique fait l’objet. III. ergonomiques. 3 . il vaudrait mieux réfléchir à ses usages et à son emballement. facilitant l’accès à l’information. Mais la généralisation de la peur du progrès technique est-elle souhaitable ? Permettrait-elle de résoudre les problèmes rencontrés par l’humanité en général et sous l’effet du progrès technique en particulier ? 1) Une peur démagogique ? Cette peur n’est-elle pas alimentée par des craintes traditionnelles devant les changements et une certaine frilosité devant l’innovation ? 2) Défense du progrès technique. Plutôt que la peur. Toute invention (un médicament) s’accompagne d’effets imprévus non désirés (les effets secondaires). plus ses effets sont imprévisibles. de commissions de surveillance. La peur apparaît comme un moyen efficace pour lutter contre les dangers de la technique.. 3) Ce n’est pas le progrès technique dont qu’il faut craindre mais celui qui en commande l’usage. 1) L’utilité de cette peur. Pour remédier au progrès technique.Celui-ci apporte toujours les solutions aux problèmes qu’il pose. 5) Imprévisibilité des effets des innovations techniques. 2) La peur fait passer d’une intelligence abstraite à une compréhension concrète des dangers plutôt que d’attendre que les catastrophes ne se produisent réellement. de l’efficacité en rentabilité et la rapidité en impatience. etc. II. Plus notre technique est puissante grâce au progrès. Le progrès technique modifie les rapports de production dans la société et modifie les rapports sociaux parfois de manière néfaste en tout cas de manière imprévisible. C’est ce progrès qui l’a arraché à son animalité primitive. Tout comme il y a un devoir de mémoire qui possède une dimension émotionnelle pour être efficace. Elle est nécessaire pour lutter contre l’aveuglement de la course au profit qui s’abreuve au progrès technique et à ses incessantes innovations à la fois moyen commercial ou marketing de vendre plus et moyen économique de produire de manière toujours plus rentable. sans effort.Sans le progrès technique. ce qui manque c’est une prévoyance. Miniaturisés. l’homme ne serait point homme. Plutôt que de chercher à freiner l’avancée du progrès technique.

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