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PNEUMATOLOGIE.

DES ESPRITS

ET DE

LEURS

MANIFESTATIONS

DIVERSES

Mémoireadresséaux Académie

PAR

Js.-Es. DE MIRVILLE

TOME TROISIEME

Tous les dieux des nations sont de pauwes esprits (Élilim, mais le Seigneur (Élohima fait le ciel et

la terre. n

(Psnuine xcv, v. 5.)

DEUXIEME

MEMOIRE

MANIFESTATIONS

HISTORIQUES

DANS L'ANTIQUIT~PROFANE ET

SACR~E

KAPPROCH~ES DES

FAITS

DE

L'BRE ACTUELLE

Il

PARIS

VRAYET DE SURCY,

-

1863

RUE DE SEVRES, 49

Biblio ! èque Saint Libère http://www.liberius.net © Bibliothèque Saint Libère 200 6 . Toute reproduction

Biblio !èque Saint Libère

http://www.liberius.net

© Bibliothèque Saint Libère 200 6 . Toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

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DES ESPRITS

MEMOIRESADRESS~SAUX ACADEMIES

TOMB TB.0181~~~

MANIFESTATIONS HISTORIQUES

II

Propriétet droits de traduction réservé

-

TABLE

SOMMAIRE

DES CHAPITRES DU TROISI~MEVOLUME

FORMANT

LE

TOME

SECOAD

DES MANIFESTATIONS HISTORIQUES.

TROISIEME PARTIE

TRADITIONS ANT~DILUVIENNESET POSTDILUVIENNES JUSQU'AUX TEMPS HiSTORlQUES.

CHAPITRE Vil.

DES ESPRITS APRES LA CHUTE

3 1. - La Bible. - Réticenceet sobriétde ses récits- Quinze siècle en trois chapitres

3

II.

-

Les antédiluviendevant la science d'hier et devunt celle d'au-

5 III. - Les dynasties divines des anciens. -

Les patriarches en

lieux. -

Spéculationcllinograpl~iyuespréalables

6

tous

14

8 IV.

-

Les dynasties divines devant Io xvine siècleBoulanger et Volney

y voient un grand mystère L'abbà Foucher y retrouve les gouverneurs de la terre et des planètes 1)

génie

34

5

V. -

Dynastie des demi-dieux ou gbanls ( (;ibboriin). -

Les g&ants.

devant la science. - Les géantdevant la Bible et devant le paga- nisme. - Construclions cyclopéennes- Ossements énormeretrou-

vbs

43

V 1

TABLE

SOMMA IRE.

VI. - Dynastie des mhes ( Repha•m- Les mines et les récit1110-

dernes. - Les mâneet la Bible. Aperç tout

nouveau. - Les khom

ou morts révivifiÃdu papyrus magique de M.

57

APPENDICE 1. - à H~NOCH,ou CONSIDERATIONS NOUVELLES SUR UN LIVRE BIEN ANCIEN.à - Des apocryphes en généra- Aperç du Livre retrouvà et ses mystères - Les bné-alei ou la grande objection. -

Ces bné-alei dans le

CHAPITRE VIII.

68

1. - La terre se rassoit. - Blessures et cicatrices. - Déghérescenc et modifications cosn~ologiques.- Reprise patriarcale dans l'Arabie Heureuse, appelke autrefois hir"n~u.oiv, c'est-à -dir des bons esprits. - Premier catholicisn~e.- UnitÃde la théolog!e- La trinitéla croix et

tous les sacrements. - JéhovÃchez tous les

89

II. - Archéologide la sainte Vierge. -

Son immaculation proclam6e

par toutes les nations, quarante siècle avant de lJ&trepar Pie IX.

- Hathor, appelémèr divine el dame du ciel; Anaitis, étoildu

. malin et lumièr de la mer; Séméireine du monde et terreur

des démonsCybèleseule mèr de Dieu, MaÕamala (immaculée)

mèr de Dieu et des hommes, etc. - Le mois de mai consacrà Ã

Maïa

-106

CHAPITRE

IX.

ESPRITS MAUVAIS APKES LE D~LUGE,

1.

OU LA

P~EMIEREIOOLATRIE.

- Reprise

du caïnisme -

- Que peut-elle ktre?

Cham, Chus et Cbanaan. -

Idoliîtrie

120

II. - L'idolât,ri devant le siècl présent- Le dieu Pan pris pour

exemple. - Divagations et aveux.

129

TABLE

SOMMAIRE.

VI1

IV. - Théoriet raison de l'idolà trie - Individus et peuples soumis aux mbmes lois. -Esprits tutélaireorthodoxes et pa'iens. - Le palladium

- de Vesta et l'arche du Seigneur. - Les crimes des nations amenant

Les bons ne

l'abandon

des bons anges et ramenant les mauvais. -

donnant jamais leur démissiocomplèt fit jugeant toujours en dernier

ressort. -

148

APPENDICE S. -

à L'idolAtrie devant, les apdtres, devant le néoplatonisme

devant les dieux eux-m&ines. ))

160

$

4.

-

CHAPITRE X.

MARCHE

DE L'IDOLATRIE,

Premièr étape. Terre de Chus, terre de Cham el les deux gthio-

170

II. - Deuxième!étapBABEL.- Son histoire racontésur une brique et signÃpar NABUCI~ODONOSOR(d6couverte récente)- Carlasire nou- veau donnant 2 Babylone ou Babil une enceinte décuplde celle de

477

III. - Troisièm étape- Seconde Babel au Mexique. - Ghts trans- atlanliques. - Leurs yigante.ia ne sont pas des myilies. - &onne- ment du baron de H~~n~boldt.- Renaissance aujourd'hui et réappari tion des anciens phenoi116nas magiques, accordépar Ani. Maury el

Littré- Menace d'une quatrèm étape-

L'allantide

de Platon en

voie de réhabilitalion

 

'186

APPENDICE K. -

s L'ANTIBAPTR~~EM

PAYEN.

- TATOUAGESHI~ROGLY-

PHIQUES.È

198

APPENDICE L. -

à LIVRESHERNILTIQUES

ET

LIVRES

SACRESDE

L'IDOLA-

TRIE. à Livres de Mercure ou de Tbaut, ou traditions patriarcales souillées- Livres kabbalisliques. - La bonne kabbale et le Zohar. - Mystique des lettres. - Mauvaise kabbale. - Papyrus kabbalisti- ques trouvéhier et nous montrant les paroles écritesous nos yeux

par nos tables. - M. Chowlson el les livres nabatl16ens.- Livres sacré proprement dits. - Les Zends et leurs souillures. - u Le Zoroastre noir, pèr de tous les grimoires, à selon M. Lévy- Les Ve'dus, dicté par Brahmà le foudroye', pendant les extases magnétiquedes mé diums. - Benjamin Constant maudissant ce que M. Guignault admire.

TABLE

SOMMAIRE.

FORMES DIVERSES DE L'IDOLATRIE RAPPROCHEES DES DOGMRS

RITES ET CULTES ORTHODOXES.

CHAPITRE XI.

DU FÉTICHISME

4. - Du fkt,ichisme en gthéral- Les téraphiniidolâtriques- Sera- phims faits avec des thtes d'enfants. - Les alrunes du Péroet les

247

5 II. - Téraphimjuifs, Ephod, Urim et Thummim. - Téraphimde Laban. - Esprits l'ingéliquessuivant Louis do Dieu. - Urim'et Thumnim ne parlaient pas toujours, et leur silence désolaile grand

$3,.

511. -

Cercles, tables, objets tournants. - Mystique du cercle. - Astres

appeles roues terribles ou chars de Dieu.- Rhombes, cylindres et

objets tournants. - Théologides lables

265.

Dieu d'Israë

devenu la pierre. - Pain des chrhtiens. - Pierres animée(FV-+u7.¥s:

et parlantes. - Pierres et menhirs erratiques. - Blocs et monolithes

tournants. - Archéologidu ghnt et surintelligcnce du menhir. 279

Y. - Sidériteou pierres lornbées- Pierres de foudre (ceramic~).- Pierre de Cybèle-Embarras qu'elle cause à MM. Guignault et Lenor- mant. - Cos pierres étaiendes t,ables atmosphériques- Le contenu

5 IV.

-

Thé~logiet archéologide la pierre.-

La pierre.-

3

VI.

d'un

ZoolAtric ou ftitichisme animal. Les b&es adoréepar des gens qui ne ['étaienpas. - Contagion zoolA\rique. - Majestueux systèm selon M. Guignault. - Le bœu Apis el son triangle renversé - Rapprochement avec la zool2trie moderne. - Le présidende Brosses el le serpent de Juidah. - Retour au nagualisme. - Définitiopar

b6tyle.

296

-

TABLE SOMMAIRE.

IX

APPENDICE M. -

SEI~PEAT. Ã -

à TH~OLOGIED'APIS, DU

BOUC,

DU

CROCODILE

ET DU

La mèr d'Apis l'est en mbme temps du taureau. -

Elle reste vierge et porte la lune entre ses cornes. - Le crocodile, embleme de Typhon et, devin comme lui. - Le serpent Chnoubis, rival

du

329

APPENDICE N. - Ã LA BIBLE,SES PANS, SES ONOCENTAURES ET SES

Inventions f~n~istiquesou réalitÃphysiologiques? -

Satyres vus et palpes. Qu'est-ce que le dcemonio merit./ic1.~10du psaume?

VELUS. Ã

-

- Hommes et animaux retrouvés- Voyageurs du moyen âglarge-

ment

rehabililés-

Le Tfzotneth et ses profondeurs sataniques. -

Dégénérescen'est p.is tra.~~sspi!cialisalion.- Le Lévitiquposant

des prhisses expliquees par sainte Hildegarde comme par l'histoire, et foudroyéepar un analhèm dont les effets sont permanents. -

Contagion

335

APPENDICE 0. -

LYCANTHROPIE(variétdu nagualisme) RAPPROCHI~E

DES FAITS ANTIQUES. à D4genérescencephysiologiques des Iycan- thropes rapprochéede celle de Nabuchodonosor. - Hommes-animaux

satanisésen Amérique

357

CHAPITRE XII.

ou

COSMOLATRIE,

CULTE DES ESPRITS

MANIFESTÉDANS LES PH~NOMENES

NATURELS.

5 1. - CosmolAtrie en généra- Adoration prétendude la naturematé

vielle. - Le coup de tonnerre de Dodone. -

symboles, et le symbolisme, dit-on, créanles dieux. à - Vraie péti

tion de

(1 Les dieux crkant leurs

372

5 II. - Grande modification et concession importante. - Concession d'une force occulte adorée- LES FORCES,selon la théologiet selon la physique. - Proprie'téimmanentes do la miitière ou énergieindé

pendantes. - Le cardinal Cusa et le pèr

379

8 III. - Aveu do Faraday. - Grove, l'un des.premiors physiciens de l'An- gleterre, justifl.int le moyen 3ge et s'exprimant comme lui. - Fluides impo~zde'rcibles, absurdes, selon lui. Tout ce que nous appelons ainsi n'est que l'effet matéried'une cause immatérielle- La hiérarchi

X

TABLE

SOMMAIRE.

des forces et le docteur Forni déclaranque la négatiod'une simple

obsession entralne celle de Dieu lui-mhe.

384

5 IV.

-

Des élémenet de leur culte. - Grande méprise-

Les inter-

V.

ventions anormales des recteurs confondues avec la matièr clémen

taire dont ils disposent. -

monde de saint Paul. - Les cosmocru~oresdu mhe apà tr et les dieux-dét~ientdes pa'iens. - Jupiter, Pluton, Neptune et Rhea régis sant les quatres grandes divisions du Cosmos. - Lëquatre élémen

Le Jupiter de Dodone et

le prince

du

principaitx

391

-

Faux spirilualisme moderne.

-

Puissances magiques naturellcs,

mais aveugles, de MM. Creuzer et Guignault. - Puissances magiques intelligentes et naturelles de Gorrcs et des Allemands. - Leurs forces

élémentairet devineresses de la nature. - Haute magie naturelle de M. $liphas Lévy- Inintelligence normale et essentielle de la nature, et surintelligence ind@pendanle et anormale des ékment 399

APPENDICE P. -

à INTERVENTIONSMYST~RIEUSESDANS LES QUATRE ~LÉ

MENTS PRIKCIPAU~ à - Le feu et ses mystères - La foudre, ses caprices, ses malices et ses choix. - Chronos, tout en fou- droyant Jupiter, lui laisse à le vain bruit et l'administration de son tonnerre. à - M. Salverte et les 3trusques. - Paratonnerres compro-

mis. - M. Poey, directeur de l'Observatoire de la Havane et M. le doc-

teur

415

La terre et ses mysLères- HéphaistosVulcain, l'Adonis (de Adès n'est autre que le soleil souterrain oà Vanti-soleil de justice; Proserpine, son épouseest Yaiiti-.Vafa ou l'di-Notre-Dame de la terre, les noms de Muaa et de 76s.etant corréliitifdans la personne de Cybèle- Adè (enfer) est en nlhe temps le cpur de Jupiter et la prison de Pluton; cor Jovis et carcer Plutonis. - Volcans. - &ruptions mystérieusede

croix,

de

spectres,

etc.

-

Spectres rencontrédans les mines.

-

Schelling affirme que le centre de la terre N'EST PAS MAT~RIEL.

434

L'air et ses myslères- L'cspril des Lempites, à spirilus procellu~wn.~

- Trombes atmosphériquede Job et de Pie IX. - Follets de l'atmos- phèr ou lutins de Jupiter. - Pluies merveilleuses. - Haches de foudre etpluie de boucliers, de mdme origine, suivant M. Babinet, que nos aérolihs- Aérolilheespiègle se métamorphosanen briques,

charbons,

482

L'eau et ses mystdres. - Poseidon-Neptune. - Trombes marines. - Christophe Colomb coupant une trombe, au nom du Verbe. - Peltier distingue les Preslers des Psoloens, ces deux variantes du typhon. -

Sirène et Tritons

Leurs caprices et la courtoisie de leurs choix. -

TABLE

SOMMAIRE.

v

modernes.

-

Catastrophe

tragi-comiquc

du

Sainl-Vincent

 

de

Lii

Rochelle.

.

.

.

.

.

.

.

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.

.

4; :\

Fontaines sacries. Sources intermittentes. - Les sources païennedu Fatras. de Colophon, des Palices, d'Hagno, elc., rapprochéede no;. fontaines sacréesintermittentesaussi comme celles de Palestine. - N<- pas confondre l'esprit du lieu (bon ou mauvais) avec la puissancr

supérieur(bonne ou mauvaise) qui s'exprime par

4Sy

Page

28, lig.

ERRATA

DU

TOME IIIe

5 et 6, au lieu de

: ce qui s'est pu s'est

livres

de la divinalion, lorsip'il,

ses,

sacres,

du,

lisez : ce qui s'est pu, faire s'est dG faire. livres kabùaIistiffues et d la divination. lursqu'elles. leurs.

-

-

-

-

 

-

Frirel,

-

Frivet.

il s'exp) ima, vota: terrible, qvie Titc-Live

-

il s'exprimait. que Tite-Live et Denys

prescrivant

des sacrijîces

nous

font

entendre

en f295, le royaume de Cas-

-

prescrivant. en 4295, dans leroyatir-

tille,

me de Citslille.

TROISIEME PARTIE

TRADITIONS ANT~~DILUVIENNES

H 'r

POSTDILUVIENNES

JUSQU'AUX TEMPS HISTORIQUES

CHAPITRE VI1

DES ESPRITS APRES LA CHUTE

ET JUSQU'AU

DELUGE

La Bible. - Rhticences et sobri6t.e de ses rkcits. - Quinze sihcles

en trois chapitres.

L'arrê en est portéce monde est devenu 16~0~chçou la valléde la mort, comme disaient tous les philosophes grecs. L'heure de l'exil a sonnÃpour ses maîtreset l'humanità se met en marche. Il va lui falloir désormaipromener toutes ses

misère sur la surface du

'arroser de ses sueurs et de son sang. Déparnavrant! dou-

loureux

tous les sièclesur les confins d'un autre monde! Toutefois un grand bien demeure Ãl'homme, l'espéranceet, ce qui vaut mieux que l'espérancele commandement et le de- voir d'espérercheminant désormaisous le charme et sous la garantie de cette injonction paternelle, le pèleri fatiguÃ

pourra du moins suspendre sa lyre aux saules de la rive, se retourner par moments, puis, las de chercher à l'horizon les

globe, le fatiguer de ses plaintes,

pèlerinag qui ne devra plus s'arrête qu'à la fin de

4

DES

ESPRITS

APRÈ

LA

CHUTE.

dernière lignes du paradis pleurérêver rève encore aux promesses de l'avenir, puis reprendre sa marche abrità sous les ailes d'un chéruet soutenu par l'amour d'une compagne. Que nous dira la Bible sur cet,t,epremièr étapde l'huina- nitÃvoyageuse? Peu de chose. Il lui suffira de nous donner une vingtaine de noms propres, quelques affirmations généal giques parfaitement concordantes avec sa topographie et ses chiffres, puis trois chapitres, ou plutôtrois simples sommaires de chapitres, qui sont au lecteur égarce que les phares de nos côte sont pendant la nuit aux marins des grandes mers. VoilÃtout ce que dans sa sobriétÃou plutô dans ses réti

cences calculéesla Bible renfermédans les quinze

chute au délugeu ~'Écrituredit un auteur chrétiense borne à signaler la naissance des patriarches antédiluviens leur vie plusieurs fois séc,ulairet leur mort. Astres glorieux, ils se lèventsuivent leur longue carrièr et se couchent. Pas un mot de plus pour la plupart d'entre euxl. I) Dans ce parcours de deux ou trois lustres, trois noms, trois personnages seulement s'offrent à nous avec un caractèr pro- fondémenaccuséLes deux premiers, Caïnen hébreQayin ou fils de la peine, et Seth ou Schkth (de Suth fondateur), ouvrent la double et adverse généalogdes deux citémys- tiques. Quant au troisième Hanoch ou Hénoc (en grec EVOWLOV,Å“i interne), il constitue, comme on le sait, une indivi- dualità si tranchéeque la tradit,ion nous le montre respectÃ

consacre à la mystérieusépopà ou vingt siècle qui courent de la

par la mort elle-mêm et réservpour les dernière heures de la terre. La race béniest une race de pasteurs et de pontifes. Abel, Jabel , hnos et Mathusael représentenencore aujourd'hui les meurs et les vertus agricoles. La race maudite, au contraire, est une race d'industrie. Caïtravaille le fer et décrèla loi des poids et mesures; Tubalcain fond les métauxLamech,

QUINZE

SI~CLESEN

TROIS

CHAPITRES.

5

leur disciple, est le second homicide. Tous repr&entent, cinq mille ans avant nous, les talents, les vices et les malheurs de nos citéindustrielles et marchandes. Chose singulière dè l'origine du monde, surgissent les même problèmeset nous voyons les sociétÃprimit,ives, si pures dans les champs, dégà nérercomme aujourd'hui, dans les hénochiepopuleuses.

Manquant absolument de documents sur les dix ou quinze siècle qui séparelil'apparition de l'humanità sur la terre de sa destruction dans les eaux, rien ne nous autoriserait h scruter les mystère antédiluvienssi la suite de la Bible ne nous montrait à chacune de ses lignes, d'une part les pa- triarches sémitecontinuateurs de la piétdes fils de Seth, de l'autre les chainites continuateurs de Caïnfidèlehéritier de ses instincts et de ses pratiques sataniques. En dehors des prévaricationénormequi vont tout à l'heure attirer sur l'humanità le châtimengénéraet comme pour en ouvrir l'effroyable dossier, la premihre génératin'est ac- cuséque d'un crime ; mais ce crime est un fratricide, et la marche du procèpeut nous donner encore une idéfort exacte des rapports établientre l'homme et son juge. Saint Augustin a grand soin de faire remarquer que c'est le mêm interroga- teur qui, aprè avoir cherchÃet questionnÃle pèr à sous une certaine forme corporelle1,~cherche maintenant dans le mêm lieu et interroge le fils.

frhre , et

lorsqu'ils furent dans les champs, Qayin se jeta sur lui et le

tua. Et l'hternel demanda à Qayin : est Hébelton frèr? à Et il répondi: à Je ne sais ; suis-je le gardien de mon

frère à Mais l'kternel lui dit : à Qu'as-tu fait? la

sang de ton frèr crie de la terre jusqu'k moi. Va, sois en horreur & la terre qui a ouvert son sein pour recevoir de ta main le sang de ton frère Lorsque tu la cultiveras, elle ne te prodiguera plus ses forces, et tu seras errant et fugitif sur la

voix du

( Et Qayin (irritéadressa la parole à Hdbel , son

6

DES

ESPRITS

APRÈ

LA

CHUTE.

terre. Ã Alors Qayin dit k 17Eternel: Ã Quiconque me rencon-

trera me tuera. - Non, dit l'kternel

à Et il lui fit une

marque pour qu'on ne le tuâpas 2 . à Peut-êtr dira-t-on encore que toute cette scèn ne s'est passéqu'au fond de la conscience et de l'esprit du meurtrier?

Mais lorsqu'une conscience se demande a elle-mêm : à est

, ton frèr? 1) elle ne se réponpas d'ordinaire : à Je ne sais ;

est-ce que je suis chargà de le garder? Ã

qu'elle se dit. Ce n'est pas davantage la conscience qui se condamne à à errer dorénavansur la terre, à qui se pourvoit contre les conclusions de ce verdict, et qui se fait imprimer sur le front la marque et le sceau de ce bagne L perpétuitÃoà l'humanità va désormaifaire son temps. Un tel colloque, on en conviendra, justifie bien une fois de

plus toutes nos dernière réflexionsur la n4cessitÃdu langage extérieuet du miracle objectif. Passons maintenant à l'examen de questions plus ardues.

C'est le contraire

Les ant6diluviens devant la science d'hier et devant celle d'aujourd'hui.

Maintenant a-t-il

existÃréellemendes antédiluvienet que

faut-il en penser? Aprè avoir gratifià l'homme d'une antiquità fabuleuse, la science incroyante et n~oderneavait revirà de bord tout à coup, et, peu soucieuse d'une contradict,ion si subite, s'ét,ai emparéavec bonheur de la curieuse observation scieniiiique que voici. Dans les terrains géologiqueproduits par le der- nier cataclysme, et pour cela mêm appel& (Stiurieit~,terrains

LES ANT~DILUVIENS.

7

dans lesquels Cuvier et son écolvenaient de ret.rouver tant de races animales disparues, on n'avait jamais pu rencontrer aucun squelette humain ; d'ob l'on concluait, avec la précipi tation et, ce qui est plus fâcheuxavec la satisfaction ordi- naire, que l'humanità ne dat,ait que d'hier et ne remontait

pas au delÃdu déluge L'objection cette fois paraissait bien fondéeelle ne s'ap- puyait plus sur des chiffres bien groupéssur de prétendue annales historiques, elle s'appuyait sur une évidencmaté rielle; on vous faisait descendre dans une mine, on en brisait les affleurements, et le coup du marteau du géologuétai t,oujours suivi de cet argument sans répliqu: à Voyez, vous

n'avez jamais étlà 1 1)

De bons chrétiens'en alarmaient; en vain cherchait-on

à les

t,ranquilliser par cett,e considératiot,oute simple, qu'aux lieux

oh l'on trouvait les mastodontes l'humanità n'étaipeut-êtr pas alors arrivéeque d'ailleurs on n'avait pas encore forà le sol des peuples orientaux, et que, de l'absence de l'homme dans les plà trièr de Montmartre, on ne pouvait nullement conclure à son absence au pied de l'Hymalaya ou sur les bords de la mer Morte; en vain, se risquait-on encore à soutenir qu'au milieu d'une dissolution semblable il étaipeut-êtr difficile de distinguer à coup sur et à premièr vue tant d'em- preintes maléfici6es Bien n'y faisait; d'un chtÃon s'obstinait à trembler pour la Bible, et de l'autre & t,riompher'contre elle.

1. On se rappelle encore l'homme fossile de Fontainebleau, si péremptoi

rement réintégpar Cuvier dans la classe des salamandres; cette grande déconvenuavait ktà le coup de mort pour l'hon'iiiie ternoin du délugeà on n'osait m6me plus en parler, à plus forte raison en poursuivre la recher- che. Que voulez-vous '-> le vaudeville lui-mi5me s'étaiemparÃde la méprise et l'on y avait sifllà du mi5me coup les ant,édiluvienet la Bible. Or, celui qui connaîson public parisien, sait parfaitement tout ce qu'un apophthegme de 'Académides sciences, illustrà par un couplet, peut entraînede certitude généralCes deux autoritéréunieconstituent, pour la foule, le summum de l'infaillibilità philosophique, et cette fois-ci tout le momie avait partagà sa ronliance.

8 DES

ESPRITS

APRgS

LA

CHUTE.

La critique, (t qu'on n'a jamais prise en défautI) nous a dit

M. Renan, prenait cette fois son point d'appui sur les entrailles

de la terre, et nous allons voir si malgrà l'apparente solidit6 de ce terrain elle parvenait à y construire quelque chose de plus durable que ses édificede textes et de chiffres. Pendant et malgrà ces négationsun savant distinguà du départemende la Somme, M. Boucher de Perthes, frappait inutilement depuis une trentaine d'annéeaux port,es de toutes les académiespour qu'elles s'ouvrissent à son intéressant découverteElle co~isist,aitdans la rencontre toujours crois- sante au milieu des terrains diluviens4 de fragments de silex tailléen couteaux, en flèches en hachettes, attestant de la manièr la plus irréfragablla contempora&ità de l'ho~nrne et des races animales qui, déposédans ces terrains n'avai'ent pas SUI-vécà ce grand cataclysme. Cette découvertcontra- riait trop de préjugÃpour qu'elle n'allâpas s'échouesur ces grève académiquesoÃs'étaiei~échouétour à tour non pas tant de véritémais à peu prè toutes les véritÃdu pre- mier ordre. Celle-ci, grâcà l'excellente compagnie qui l'en- tourait, eûpeut-êtr consenti à prolonger son sommeil ; mais son heureux inventeur aurait préférje crois, que l'on n'atten-

dîpas l'acco~nplisseinentde ses seize lustres, pour lui par-

donner, coinine Ãtant d'autres, (( l'ine~~eusableto~td'avoir trop

tô raison. ))

et en retour de ses longs mécomptesla Providence reculera pour lui, comme pour fizéchiasl'aiguille de son cadran et

laissera à sa verte vieillesse tout le temps nécessairpour son règlemende compte définit,iavec l'Académie Quant à nous, fort de t,ous les précédentdu mêm ordre, nous pressentions bien que la véritdevait se trouver une fois de plus du c6tà du savant deonduit, car rien ne porte bonheur à une véritcomme les sarcasmes préalable; seulement nous

&ions loin de nous dout,er que les faits exposépar M.

Espéronqu'en récompensde ses beaux travaux

Bou-

4. On appelle ainsi les termins formésous l'action du délugeet recou-

verts par tous les terrains post6rieurs.

cher de Pert,hes fussent susceptibles d'une si grande et si prochaine démonstrationAssurons-nous-en. 11 y a dix ans déjque nous avions commencÃà trembler pour les dénég teurs, en lisant un rapport de M. Pictet. de Genèvesur quel- ques ossements humains recueillis par lui dans les déjection du volcan de Denise, prè du Puy-en-Velay. Ces déjection

ktaient logique ment^ selon lui, de la mèm date que celles du revers de la montagne7qui, bien évidemmendiluviennes7ren- fermaient toute une masse d'animaux du mêm âget perdus. Nous trouvions en mêmtemps fort Iégjtiineles conclusio~~sde

M. Pictet sur ((

cette époqueN et nous ne nous attendions guèr ni lui non plus probablement aux nombreux compagnons qui bientôt grâc aux déblaiet aux t,unnels des chemins de fer?allaient apporter tant de renfoit et de consolatioi~sà son sujet isolé Quel n'a clonc pas étnotre étonnementen lisant, il a trois ans, dans la Fievue cles Deux ~Jfondes~,un article de M. le Dr Littrédont nos lect,eurs connaissent déjles désolant principes mais en mêm temps la franchise philosopl~ique. Cette franchise se montrait encore ici; de mèm qu'il avait confessénous l'avons vu, la réalitde nos pl~énomèn spirites, tout en leur donnant une explication impossible , de mêm nous le voyions confesser de nouveaux faik (( con- t.rariant, disait-il, une opinion recue, mais pouvant, selon lui, décidede grandes questions., N Dans cet art,icle M. Littrà nous reportait d'abord au mé

moire publià en 4849 par M. Boucher de Perthes, sous le titre de (( Antiquitéceltiques et antédiluvien,nes1) puis il alléguail'mtorità de M. Rigollot, qui7 d'abord fort incrédul

à ces faits? s'étaivu forcÃde se rendre, lorsque ces hachettes (antédiluvienness'étaieninultipliéesous ses mains. En quatre mois il en avait trouvà plus de quatre cents dans un

terrain

la raretà de l'espèc humaine, en Europe: Ã

de médiocrétenduprè de Saint -AcheuI ; presque

10

DES

ESPRITS

API~~S1.A

CHUTE.

toutes avaient la forme d'un ovoïdt~raivA~ai~t~,d'autres res- se~nblaientà un poignard7 d'autres & une pyramide triangu- laire, etc. M. LittrÃfaisait remarquer a\-ec raison qu'Ãl'époqu oà les mastodo~~tesexhuinéavec elles vivaient en Picardie, le climat y étaiprobablement t,o~~tdifférentel qu'mi printe~nps

éterneplanait

sur le globe krt-estre; autrement dit que la

nature &ait à peu prè le cont,ruire de ce qu'elle est aujour- d'hui. Passant ensuite aux ~orrobo~ateursrécentsM. Littrà nous nlontrait M. Lund, (( infatigable cl~ercheurde clébripaléon tologiques7qui7aprèavoir examinÃplus de hait cents cavernes en -Ainériqueavait trouvÃdes ossements Jmnains dans sis de ces cavernes. 11 Mais l'Amériqun'étaipas seule; (1 voici7disait-il, que l'on découvrmaintenant, dans ceriaines localitéde l'Allemagne, des tète qui n'ont plus rien de conmun avec celles des habi-

tants actuels de cette co~~tréeet, cerl;es, un fait,pareil ne se

laissera pas éca~Yefacilement. 1)

kcurter

M. Littrk connaîtbien son terrain et possèd

bien sa langue. Il citait encore M- Spring, professeur à la Facultà de méde cine de Liégequi avait trouvà dans une grotte à ossements,

prks de Nainur7et sur la montagne de Chauvaux, de noinbreux

ossements lu-nains II d'une ,race toute clifféi~e~ztde la 11à tre 1)

Quant aux crAnes exhuinésaux environs de Bade, en Au- tric,he7ils offraient selon lui une grande analogie avec ceux des races africaines et nègre tandis que ceux des bords du Danube et du Rhin présentaienune assez grande ressem- blance avec ceux des Caraïbeet des anciens habitants du Gilili et du PérouOn avait pu remarquer en outre un os pariét,ahumain oà l'on voyait une fracture opérÃpar un instrument co~ltondant i,rouvà daus le mêm fragment de brbche. C1étaiiune liacile ù'u travail grossier. rI'outcfois M. LitM ne se pro~~on~ait133,s eimre. Mais (1 qui ne cmp~x!~!i.disid -. il . A la vu!> ch1 l'e~h:?ma.tio:ide ces vieux

témoinsque tou,tes les origines et mtes les duréeont besoin d'êtr remaniéeset qu'il y a UN ,GE à étudieet à intro-

soit à l'aurore de l'époquactuelle soit aussi , comme

duire,

je le pense7 à celle cle l'époququi l'a précédÃ)) Enh7 dep~k4.85g7la cl6coitverte et la logique ayant mar-

chÃde coil~pagnie~la négatiodevenait insoutenable, et, d&s l'annésuivante on pouvait lire avec le plus grand intérê clans le Siècl du '6 mars 4860, un art.ic1e cle M. Victor Meu- nier doiinant la non~enclatitrede Lous les instxuments et crAnes

trouvépal- R cles géologuetr&s-clisiingu6s. 1)

(( On ne dira plus7 ajoute cet écrivaincpe les 11zdies n'ont

étvues e~zplace par aucun géologue

(( Parmi ces derniers7 M.

A. Gauclry se fiait remarquer par

la précisioide ses conclusions, ainsi posée:

u $O Nos père ont étpositive~xlentcontemporains du rhi- nocéro~iclwrsit~q~~,de l'l~ippopotm~usmajory de l'eleplizs F~x'~nige~~ius,du cervus somouensi~,et cl'u~egrande espGce de 60sy détruiaujourd'hui ;

u 2' Le terrain nommà dil~mvitmpar nos géologuea ét fornià au moins en partie aprè l'apparition de l'homme. Sa forination a sans doute étle rksultah du grand cataclysn~e restÃdans les tradiLions du genre l~uinain.)J Mais à quel type pouvaient appartenir ces criines et ces races?

u Sous le rapport du profil de la face7 les races humaines peuvent se raiiger en dmx groupes. Dans 1'~mle profil est droit le front es1 proémii~enles incisives sont verticales. l'angle facial est largement ouvert, c'est ce q~teles anatomistes appellent le t,ype o~~~/toy~~dhe. (( Dans l'autre, le front esi fuyant, les incisives saillantes, l'angle facial est oblique c'est le .type pognc~L/te.Le premier tend vers les dieux et 1e sccond vers la hte; I'L~monte A l'Apollon7 l'auke descericl au gxille. A celui-là appartiennent les races caucasicpies7 aux autres les races inférieures

f 2

UES

ESPRITS

APRES LA

CHUTE.

avec les animaux, soit en Amériquesoit en Europe, appar- tiennent tous au type prognathe. u Leur analogie avec la race nègr et avec, les Indiens d'Amériquest évidentet coinplète 1) Quand on se rappelle que M. Le Cout,urier, de si regrett.ab1e ménioireécrivaien 4857 : (( Si l'hom~nefossile existe, il est encore 2 trouver, II et qu'en 4.805, Cuvier prenait ceux de la Guadeloupe pour (( de inalheureux naufragés1) on con~prend cette spirituelle conclusion de M. Victor P!eunier : (( Qu'on juge si le procè de cet llon~mefossile inéritd'êtr reviséC'étai une cause étranglémais non jugéeLa question de l'homme fossile est l'affaire Lesurques de la paléontologie11 (( Effectiven~ei~t,continue-t-il avec M. Philippe de Filipi aont il reproduit le rapport, tel est le résultadirect de l'ob- servation qu'il faut accepter dans toutes ses conséquence&.n

Sociét

Dans l'anné4864. une coinmunication fut faite à la

philo~nathicpde Paris, par le plus éminenpeut-êt.r de tous

nos paléontologue2 act,uels, 31. Lartet. Il s'agissait d'une ca- verne sit,uédans le départemende la Haute-Garonne, et dans laquelle on avait trouvà les ossements de dix-sept cadavres, accroupis encore auprè de quelques charbons écraséde quelques amulettes grossièresde quelques fragments de pote- ries et d'armes en silex, le tout en compagnie du grand ours spelœus de l'élépltprimiqeni,us, de l'miwochs, du meqaceros hibernicus ou cerf gigantesque, tous animaux classégénér lement parmi les races antérieureau déluge(( Quant aux

4. M. de Filippi termine, il est vrdi, cette phrase par quclques mots assez

n~alson~~mts,qui tendraient à déduirde ces faits l'inférioritet la posté

riorità de la raw adamique ; mais il oublie que la. Bible elle-mhme,

avoir déplorl'alliance des Séthite(ortllognatl~es)avec les filles de Ca'in (pro- gnathes), nous montre pr6cisérneula terre occupépar une race maudite que son créateuse voit oblige d'exterminer, à l'exception des Noachides. Or, jusqu'à ce que l'on retrouve en Orient les fossiles de cette famille séthiqu (unique comme pureté)il devient assez ditficile rie trouver autre chose que des types dégénkret maudits.

aprè

ossements humains de cette

ils appartiennent tous à une race très-petit, tandis que ceux qui avoisinent le déluget se trouvent dans les terrains formé

par lui

premièr époquedit M. Lartet,

appartiennent tous A DES HOMMES DE TRÈS-HAUT

TAILLE '. Ã

Enfin cette annémêmeen 1862, M. le marquis de Vibraye.

aprè avoir mis sous nos yeux une partie de sa brillante col- lection, nous a cokmuniquà le résultades fouilles qui lui on~ procurÃses richesses et qu'il a pris soin de diriger lui-même

à Saint-Acheul (prè d'Amiens),

Arcy-sur-Cure (Aube), etc. Il est inutile d'ajouter que les

conclusions de

à Chit,enay (Loir-et-Cher) , ;L

ce savant distinguà sont semblables, quant au

fond, à toutes les conclusions précédents Est-ce k dire pour cela que la dénégat,ise sera rendue h 'évidenceet qu'elle aura généralemeet généreuseme fléchle genou devant une évidencsi palpable? O11 ne pouvait l'espéreren raison des préc6dentsOn a donc vu avec regret des princes de la science géologiqus'inscrire en faux contre tant de témoignagephysiques et humains, et compromettre

tous les principes requs, plutôque de concédeà un contein- porain une part de gloire qui pourrait enlever quelque chose

à la leur 2.

Mais, comme l'a très-bie dit le marquis de Vibraye, à un semblable dénd'une véritsi flagrante a sans doute une rai-

son d'être et j'avoue que, pour l'honneur de la science, ou

. Nous devons tous ces dktails A son extrhe complaisance.

2. On a commencà par dever quelques doutes sur l'authenticità du dilu- viwn lui-mhe; mais si ce doute est licite pour la premièr couche, la plus rapprochéde la surface de la terre, et qui renferme tous les souvenirs de l'époquceltique avec lesd6bris de nos animaux actuels, s'il l'est encore pour la deuxièm couclie qui date de l'époquLeai~i,et renfvnne quelques animaux mélangés'il l'est, k la rigueur, pour la troisihe ciniclie, appelce dilivoilim ronge, et remplie d'animaux connus et inconnus, comment ne cesserait4 pas de l'btre, lorsqu'il s'agit du quatrièmterrain, appel6 clllttvium inferieur, et dans lequel se trouvent tous les grdnd-i animaux perdus, tels que ceux que nous avons nommétout 2 l'heure ? Or, c'es! dans ce ilornier précisL'mcnque se rencontrent. le plus de hachettes et d'ossements humains.

fi

DES

ESPRITS

.kl'hhS

LA

CHUTE.

plutô de quelques rares adeptes, je ne me sens nulle envie de chercher à l'approfondir l. 1) :i Laissons dire, reprend à son tour M. Lartet, ces hommes qui, retranchédans leurs théorieinflexibles, tournent le dos à l'évidencpour ne pas êtr obligéd'admettre la vkritÃqui les irrite 2. )) Malgrà ces derniers, en voilà donc bien assez pour qu'il soit permis de parler des antédiluvienaujourd'hui, sans encourir aucune note d'hérésscientifique, ou de substitution de la légendà l'histoire. 11 a suffi de quelques heures et, de quelques déblaiindus- triels pour faire écrouletout un échafaudagscientifique sur la prétendubase qui lui donnait toute sa forces.

Les dynasties divines des ancie~is.- Les patriarches en tous lieux. -Spécula tions ethnographiquesprhlables.

4. - Comment se pose le problbme.

Ce n'est donc plus là ce qui doit nous occuper. Il en est de mêm de la chronologie antédiluvienneet nous laissons aux chronologist,es de profession le soin d'examiner la valeur des

4. à Quelques observations, etc., etc. È p. dernière

2. LOC.cil. 3. Au reste, c'est peut-@treencore sainte Hildegarde qui, flans les Re'véla

scientifiques, dictéeet recueillies pnr elle au sc siècle nous dépei

lions

gnait le plus exactement tous ces faits tels qu'ils se déroulenaujourd'hui

sous les yeux de nos savants.

eaux, en recouvrant toute In terre, en avaient fait une sorte de BOUE (velut lui~im)tellement profoiitle, qu'on ne pouvait plus guèr reirouver d'autres cadavres que ceux d'un certain nombre d'animaux. à (Îuvresp. 956.) Nous en appelions à tous les géologu(le b<~ilil?foi ; est-il po:sibie de mieux peindre le DILUVIUM et les dévouvertemodernes? Qui donc,. en 4 'I 50, s'occupait des courants diluviens ~t des fossiles? Qui donc avait amenà cette sainte abbesse, presque toujours en extase, an mèm point oà arrive aujourd'hui M. Boucher de Perthes? &cartez le surhumain, et vous vous trouverez en présencd'un problèm plus intéressanel bien plus insoluble encore que celui des hach'-s ;'t des silex.

à Tout le peuple, dit-elle, fut submergti, car les

LES

DYNASTIES

I!~VINKS DUS

ANCIENS.

15

attaques et des réponses11y a longtemps

nous soup~onnionsaussi bien des mépriseset que nous pen- sions avec le Dr Sepp que à l'antiquità au contraire avait des notions claires et certaines sur la duréhistorique des temps qui ont précéle délug4. 1) II est une autre question qui nous préoccupdavantage, et, c'est précisémecelle dont on s'occupe le moins autour de nous, c'est-à -dir la manièr dont l'ant,iquitÃremplissait cette mêm périodde la créatioau délugePartout, mêm accord que sur le nombre des annéespartout et toujours dans le mêm ordre, des règne de dieux, de demi-dieux, de héro

ou de mânes L'insistance et l'assurance avec lesquelles toutes ces nations persistent à nous' raconter ces singuliers règne constituent certainement un des problènle historiques les plus bizar- res qui se soient jamais dressédevant la curiositÃhumaine. Voici qui est bien étrangen effet, et si c'est encore à la conscience et le génihumanitaires à qui, grâcà l'intuition primitive, sont parvenus à inspirer un tel accord de rêverie

historiques, il faut convenir que la conscience de nos père ne

ressemblait guèr

longtemps n'enfante plus rien de pareil. u Mais enfi11, s'écriaitil y a prè d'un siècleun illustre et infortunÃsavant 2, qu'est-ce donc que ces premiers âgedes Indiens, désignÃsous le nom de règn des dives 3, et ensuite des Péri4 ; ou bien, chez les Chinois, ces règne des Tien- hoang, ou rois du ciel, parfaitement distinguédes Ti-hoang, ou rois de la terre, et des Gin -hoang ou des rois-hommes, distinctions qui s'accordent merveilleusement avec celles des Grecs et des kgyptiens en règn des dieux, des demi-dieux et des hommes ? n

à celle de leurs enfants ; l'humanitÃdepuis

que.

.sous ce rapport,

1. Vie de Jésus-Christpar le V Sepp, p. 420.

2. Bailly, Histoire de l'astronomie ancienne.

3. Dieux, génies

4. Féeel revenanis.

16

DES

ESPRITS

APHES

LA

CHUTE.

LU sikcle s'est écouldepuis ce cri de détresset nous le

poussons encore tous les jours.

M. Renan impatientà s'écriai: à Je n'essayerai pas de ré

soudre ces énigmes

Tout dernièremen encore,

bout à l'autre du

Il semble que d'un

monde une volontà perverse

et la fatalità aient conspirÃpour

se jouer des efforts de la critique, dans cet obscur dédalde non-sens et d'erreurs. à Et pour M. Renan l'embarras se corn- plique, lorsqu'il reconnaîque le fragment de Sanchoniaton qui renferme ces choses à n'est pas, comme on l'avait fausse- ment supposél'Å“uvr de Philon, écrivaiconsciencieux, etc.1 11 Parmi tant de récitsimilairei, choisissons les plus célèbr et que les savants veuillent bien nous pardonner quelques d6- tails trop connus, dans l'intérÃde ceux qui les ignorent. Lorsque le pèr de l'liistoire, Hérodoteconsulta, quatre cent cinquante ans avant notre èreles prètre égyptiensils lui montrèrenla longue suite des statues de leurs rois et pon-

t,ifespirumis,

116s les uns des autres ", qui avaient régnsur

'Egypte à dater de Menèsleur premier roi humain. Ces sta- tues étaiend'énormecolosses en bois au nombre de trois cent quarante-cinq, dont chacun avait son nom, son histoire et ses annales. Jusqu'ici nous pouvons facilen~entcroire Héro dote placà sur un terrain d'autant plus rationael que chaque jour les Lepsius et les RougÃviennent apporter une justihation de plus ses affirmations, soit en découvranle parallélism de quelques dynasties que l'on croyait héréditairesoit en réduisanles annéesolaires en annéepurement lunaires. Mais il faut convenir que ces historiens, que ces prêtre si véridiquestant qu'il ne s'agissait que des hommes, deve- naient tout Ãcoup bien suspect,^ lorsqu'ils remontaient à l'his- toire de leurs dieux. Ces mèmeprètresqui montraient à Hérodotdes annales si bien tenues sur les rois piromis, se vantaient de la mêm

4. Memoire sur l'iIisio,it-e phewicienne, de Sanchonialon, t. XXIII, annce 4 S3, Acad. des iriser.

LES

IJYNASTIES DIVINES

DES

ANCIENS.

12

exactitude pour les annales historiques de leurs dieux. Or, k les entendre, on ne pouvait jamais arriver à ces hommes qu'a-

prè avoir traversÃles trois dynasties élémentairdes dieux, des demi-dieux et des mâneou héros C'étaipour ainsi dire à prendre ou à laisser, pas de millieu : les uns étaientout aussi historiques que les autres. Hérodotn'est pas seul à nous le dire. Diodore, la vieille chronique, hatosthèn et Manéthorépbtentles même as- sertions et paraissent souscrire avec plus ou moins de résigna tion à ces dynasties merveilleuses. Ces deux derniers historiens surtout ajoutent encore à l'em- barras généraen ce que tous les deux ne semblent d'abrod avoir pris la plume que pour en faire justice. Le premier (hatosthène, &ronorne d'une époqurelativementbien mo- derne (260 ans av. J.-C.), semble ne cédequ'à regret à l'autorità des traditions; le deuxièmeprêtr d'Héliopolisse t,rouvechargé,verla mêm époquepar PtolémÃPhiladelphe, d'écrirpour lui, et sur les documents cette fois les plus cer- tains, l'histoire du nouveau pays que les événemenl'appel- lent à gouverner. Or, que fait cet historien choisi par la

science et par l'autorità royale ? Il étuditout d'abord les re-

gistres et. les archives, puis des archives il passe aux livres sacréconservédans les temples l, les confronte avec elles, et comme à cette époquon n'avait pas encore inventà la mé t,hode de suppression pour tous les faits gênant il se voit forcà de transcrire la totalitÃde ces annales indistinctement, et per- sonne ne saurait l'en blher, pour peu que l'on s'en tienne aux principes appliquétout à l'heure par Freret et M. Le Bas aux prétenduelégenderomaines 2. Il est vrai d'ajouter que ces annales ayant depuis coinpléte ment disparu, Manéthonqui n'avait plus de piècejustifica- tives L produire, se vit classà par la philosophie moderne

parmi ces prêtre rouéde tous les âgequi semblent n'avoir

4. Ceux d'Agathodaemon, fils du deuxièm Hermès

2.

Voir notre 1. 1, p. 97.

eu d'aut,re but que d'ennoblir-leur origine et de t,ravailler pour leur couvent. Selon cette philosophie, Manéthos'entendait probablement encore, à deux ou trois siècle de distance, avec les prêtre conteurs d'Hérodot; Diodore, ~ratosthèn, la vieille chro- nique et son éditeuplus moderne, Le Syncelle, seraient alors tombédans le mêm piégsacerdotal et méritaienle mêm mépris Mais il paraîqu'aujourd'hui on s'aperqoit que la fourberie, -s'il en faut une absoluinent~,- devrait remonter un peu plus haut qu'à l'époqude ces prêtre ; les monuments se re- trouvent, et, comme toujours, nous forcent à adresser des excuses, sinon à la véritconstatéedu moins à la véracit complèt de ceux qui s'en disaient les interprète fidèles Déjla table d'Abydos étaivenue, grâc au génide Champollion, justifier la bonne foi des prêtre de Ptolémé Depuis, ce furent les archives sacerdotales, composéede do- cuments historiques, de légendesde chants et de listes royales : c'ét,~&;'tantÃle récihiératiqudes campagnes de Ramsè1; tan& le fameux Rituel fuizérairetantôt enfin, le plus de tous les papyrus, celui du muséde Turin, devant lequel, frappÃd'admiration, Champollion avait déjpu se convaincre qu'il avait à li sous les yeux les débri d'une liste de dynasties qui avaient embrassÃmêm les temps

mythologiques ou LES RÈGNE DES DIEUX ET

car le commencement de ce curieux papyrus nous prouve que les traditions mythiques et héroïquétaiendéjdè l'époqude Ramsè telles que Manéthonous les avait trans- mises; aussi voyons-nous y figurer, comme rois de l'Égypteles dieux Seb, Osiris, Set, Horus, Thoth-Hermè et la déessMa, et. déjune longue périodde siècle est attribuéau règn de chacun d'eux 2. Ã

DES

HEROS,

'1. Si bien traduites par M. de Rouge. (Poëmde Pen-la-oitr.) 2. Ce passage est extrait d'un article de M. de Rouge, insérdans les An- nales de philosophie c/z~étienne,,tXXXIl, p. 44-2.

LES

IIYNASTIES

DIVINES

DES

ANCIENS.

19

Selon le chevalier de Bunsen et M. de Rougà réunis

I Tout porte maintenant 26 croire, et par de fortes raisonsy que ces papyrus, ces rituels funérairesfaisaient partie de ces 1;vres sacréattribuéh Thot11, livres dont les Stromates de saint Clémen(VI, p. 268), nous avaient révétoute l'or- donnance et que l'on portait solennellement dans toutes les processions 1. )) On en conviendra, tout ceci commence à devenir fort in- téressanet promet de le devenir bien davantage. On comprend, toutefois, que pour une science qui, alors mèin qu'elle possèd au Louvre une magnifique salle des dieux n'en veut & aucun prix, de telles richesses embarrassent autant qu'elles intéressen; car, enfin, nous voici revenus à nos première perplexitéssi nous les acceptons depuis tel jour et depuis telle heure, si nous proclamons leur véracitjus- qu'à tel ou tel moment, comment les rejeter absolunient pour toutes les heures qui précède? Or, voilÃque toutes ces dy- nasties humaines ou divines nous arrivent exactement par la mêmvoie : les sources sont les mêmes les autoritésont les memes, les monuments sont les mêmes les attestants sont les mêmeset nous cependant, pleins de respect pour tout ce qui suit la seizièmdynastie, nous rejetons hardiment et avec le plus profond mépritout ce qu'on nous dit des quinze autres qui la précèdeimmt5diatement ! Tout cela n'est guèr logique. Peut-êtr avant de construire dans les galeries du Louvre cette magnifique salie des dieux, dont nous parlions t,out à 'heure, eût-iétplus sage de reprendre un peu l'examen de leurs théologiesFaute de le faire, il est assez simple, comme le dit quelque part M. de Rougéque à l'histoire de ces dieux soit une des parties les moins avancéede la science 2. 1) Encore une fois, comment donc faire, avec tous nos prin- cipes, pour nous tirer d'un si mauvais pas ?

1. M. de Rouge, Annales de philosophie clrretienne, t. XXXII, p. 433. 2. ha1 actuel de toutes les découvertesloc. cit.

2

IIES

ESl'RITS

APRES

LA

CHUTE.

2. - Essais d'explication.

Comme explication, les uns essayent encore de à la fable pure et du mensonge intéressÈ ce sont les partisans du mythe; les autres. à des attributs divins transforméen'divi- nitéÈet dans le cl~apit~resuivant nous allons presser un peu cette véritincomplèt; d'autres, auxquels cependant les vrais principes ne manquent pas, préfèrencomme les allé goristes, remplacer les réalitÃspirituelles par à les personni- fications des forces naturelles et cosmiques ; à d'autres, plus difficiles, auxquels ces forces suffisent encore moins, indiquent plut6t qu'ils ne la soutiennent la possibilità de à forces natu- relles supérieureet antérieureà la créatiode l'homme, 1) dont le développemensuccessif ef graduÃaurait constituécomme il est permis de le supposer, les six jours ou époquede la créa t,ion génésiaquCette dernièr opinion, soutenue avec talent et esprit par le R. P. Pianciani, l'un des professeurs les plus dist,inguédu collégromain, ne manque assurémenni d'ori-

ginalità ni peut-êtr mêm de quelque

faudrait s'entendre au préalablsur la vraie nature de ces forces naturelles, et peut-èt,r complétetout. simplement cette théorietD'autres enfin, moins hardis et plus raisonnables, à notre sens, trouvant dans l'époquantédiluvienntout le temps nécessairpour y caser ces dynasties, rapportent tout aux patriarches et à la double race des Séthiteet des Caïnites Il y a bien certainement ici une base accept,able de vérità et ses défenseurne manquent ni de raisons pour la poser ni de talent pour la défendre

véritÃseulement. il

1. Ainsi, pour le P. Pianciani, Vulcain ou le feu (I'Héphaistode la vieille chronique et de Nanéthonserait identique h ce feu, pkre de la mer, qui, suivant les kgyptiens, aurait régnen premier lieu sur la terre et aurait ét liieiiiht suivi des ténèbreIl soupçonn encore une allusion h la planèt S(t~;ze,et ce qui confirnio le R. P. clans celte explication, c'est cette phrase, fort singulièr en effet, que l'on trouve dans la vieille chronique : à la duré du règn dlHéphaisto011 Vulcain, kchappe seule k tous les calculs, ri cause de son klat permanent et de jour et de nuit. à (Essaide cosmogonie kgyp-

iiciuw, Awwli dette science religiose.)

DYNASTIES

PATRIARCALES.

51

Il paraîdifficile,

en effet, de fermer les yeux

sur les

analogies frappantes qui viennent nous surprendre tout d'a-

bord. Ainsi, en regard des patriarches mentionnépar la Bible,

au

nombre de neuf ou de dix (suivant que l'on y comprend

ou

que 1'011 n'y comprend pas le premier homme), nous

retrouvons en Chine, en Perse, en Chaldéet aux Indes, les

dix couples primitifs de l'espèc humaine, ou, comme le disait

Platon, à ces dix fils de Neptune qui se partageaient l'At- lantide, II et qu'il nous semble difficile de ne pas reconnaîtr

sous ces autres noms de, Adam, Abel, CaïnSeth, Hénoc et Noé Ainsi, la Chine, comme on le sait, a de grandes prétention au titre de peuple primitif; selon les uns, ce serait la pre- mièr des colonies sémitegagnant immédiatementaprè la

dispersion le fond de l'Orient pour y constituer avec ses cent familles voyageuses un gouvernement tout spécialD'aulres, et parmi eux le chevalier de Paravey, soutenus par deux de

nos plus savants orientalistes, le baron de Hammer et Kla-

prothl, retrouvent en ce pays les principaux traits des phy- sionomies assyriennes , chaldéenneet mêm égyptiennes nouveaux t,itres confirmant tous ceux qui accusent un héritag commun, dérivand'une souche primitive. Rien ne paraît.en effet, plus biblique que ce pat,riarche HOANG-TYou fumà de terre rouge, lorsqu'on se rappelle que le nom d'Adam n'a pas d'auke signification que ce FOHY ou TOY-HAOU,divin laboureur, désignÃcomme pourrait 17êt,r Abel, par le triple hiéroglyphd'un psteur, d'une houlet.te et d'une main de justice. Comment ne pas reconnaîtreen outre, le meurtrier d'Abel dans son frèr HIUEN-IIIAO,ou noir vo-

1. Voir, dans les Annales de philosophie,

t. XIII, la lettre du premier,

et pour le second, les Mémoirerelatifs ci l'Asie, t. III, p. 261.

2. Hoang-ty,

grande intelligence, sachant parler en naissant, et avant

pour femme LOUY-TSOU,de tsou, aïeuleet de louy, cause de son propre

mal.

3?

cifératezwnommà encore TEIXY,ou le possesseur, auquel on

donne pour ministres les KIEOC-LYou les neuf noirs, espèc

de dén~onscompagnons de TCIIY-YEOU,le grand ennemi de

Hoang-ty. à Ce sont, dit le Chou-King, ce sont ces Kiéou-l

qui excit,ent les troubles, corrompent les mceurs, forment des

fourbes et des magiciens qui confondent, tout1.

11ES

ESPRITS

APRES

LA CHUTE.

Rien

n'est plus biblique encore que le règn réparateuqui

succèd à ce dernier,puisque ce règn est celui d'un nouveau frèr du noir voci[érateu.et que ce nouveau frèr est CHY c'est-à -dir le stable ou la pierre sur laquelle on assoit, éty mologie littéralemenidentique à celle du nom de SETH(Si),

qui offre partout, selon Court de Gébelinles idéede st,abi-

litéde Stèlede Colonne. Il nous paraîbien difficile encore de se refuser à l'évi

dence, et de ne pas reconnaîtrles dix patriarches dans leurs

dix KI ou rois, dont le septièm a véctrois cent quarante ans,

et dont le huitièm avait un corps qui ne s'est pas corrompu. HENOCH,dont on a dit la mêm chose, étaitcomme on le sait, notre huitièm patriarche. N'oublions pas d'ajouter à cette désignatio celle des

TCHANG-Y, - CHINNONG,bons génie ou demi-dieux

qui

entourent ces personnages, et nous aurons à l'homme assistÃ

et instruit par les bons anges. Ã

Rien ne ressemble plus encore, 011 voudra bien en con- venir, au Cm- SETHchinois, que ce deuxièm patriarche des Chaldéenque Bérosappelle l'écrivainet qui, chez

les Égytiensse nomme Theth, Thoth2 ou Mercure, iden-

tità parfaitement établipar la tradition des deux colonnes attribuéeà l'un et à l'autre, et par cette double qualification de scribe, qui à seule établitselon M. de Rougemont, de la

manièr lu plus inébranlabl que l'écritura étinventé

par Seth 3.

1. Discours prélimii~~~irep. cxxxvn.

'2.

Le T et l'S se remplaçanmutuellement.

3. Peuple primitif, t. II, p. '155.

Grand littérateuren effet, ou plut6t auteur bien merveil- leusement inspiré puisque, d'un cbténous pouvons lui attri-

buer une grande part dans la composition de tous ces à livres du Seigneur 1) dont nous parle la Bible, et que de l'autre le Chou-King nous le représentcomme ayant prédià sa dy- nastie des CHIN-NONGune succession de soixante-dix princes, précurseurdu grand saint (le Messie) qui ne serait que le soixante-douzièm aprèHoang-ty ou Adam 1. à Fait énorme dit le chevalier de Paravey, qui, à lui seul, nous paraî aussi imposant que la prophétides soixante-dix semaines de Daniel. à On ne saurait encore méconnaîtHénocdans 1'~doresch des Chaldéensdans l'Idris des Arabes, dans l'Atlas des Grecs, dans le Cader Idris des Celtes, dans le Dakscha des Indiens, donnépartout comme les premiers inventeurs de cette astrologie qu'Eusèb et Polydore Virgile rapportent h ~tlas-hoch,à lequel, dit le premier de ces auteurs, fut in- struit par les cqes de Dieu de tout ce que nous avons appris ainsi 2. à Enfin, quant à Nod, le XIXUTRUSdes Chaldéensil nous est.

méconnaîtdans O OS IRIS des Qgvp-

tiens, et lorsque ce bon Plutarque nous montre ce dernier fai-

sant son entrédans une arche le jour mêm que Moïsassigne au délugenous le rapprochons à son tour du TY-Ko ou patriarche averti des Chinois 3. Il est donc tout simple que le YAO du délug(AToé)lui succèd comme premier empereur historique de la Chine, collat6ralement au MANES, premier roi purement humain des Égyptien&.

tout aussi difficile de le

4. Chou-King, Disc. prdliin-, p. cxxvi. 2. EusèbePr@., t. II, p. '19. 3. De Ty, patriarche, et de Cho, averti de Dieu. 4. Si nous voulions appuyer davantage sur le parallélismhébreet chal- déennous pourrions, avec M. de Rougemont (Peuple primitif, t. III), rap- procher d'AiIa111 .honus ou l'homme-lumière comme de notre SETH. fils

8

DES ESPRITS APRES LA CHUTE.

3. - Spiculutions ethnographiquesl.

Nous connaissons tout,efois les objections qui se présentent

et, par-dessus tout,

une périodsi peu longue tant de prétentionhistoriques exorbitantes; mais le Dr Sepp a, dans ces dernière an- néesjetà la plus vive lumièr sur ces périodeindéfinieset, notamment sur celle de 432,000 ans, réclamÃpar les Baby-

loniens; cette prétentioétaiappuyésur les 120 saros des fragments de Bérosechacune de ces divisions, disait-on, comprenant six nérode 600 ans chacun, ce chiffre de 432,000 ans paraissait pkremptoire. Or, le savant professeur

de Munich l'a prouvÃ; le saros se composant, d'aprèPline, de

222 mois synodiques, c'est-Ã -dir de 18 ans 6/10, on retombe

dans les chiffres de Suidas affirmant que les 120 saros font 2,222 annéesacerdotales et cycliques, égaleÃ1,656 année solaires. C'étailÃcette grande périoddont la n~ultiplication, par un chiffre toujours égalamenait toutes les nations & l'attente d'un libérateuvers l'an 4320 du monde. Nous en reprendrons les preuves quand nous en serons à l'arrivhe du

Messie.

la difficultà de pouvoir renfermer dans

d'Adam,

le fils d'Alorus,

appelà ALASPARUSou l'kcrivain (de al-sapher,

i'homme aux lettres ou aux chiffres), puis Jhos le triste, selon la Bible,

du troisièm roi chaldéeAL-MELEN(de aimai, flétri)Nous verrions encore dans son fils KENAN,ou le b&isseur biblique, le quatrièm roi chaldéeAM- MENON,qui précisémeveut dire architecte, et qui pourrait bien avoir bhti les villes de Pantibible et d'HénochieLe cinquièmpatriarche, MAHALABEL ou le grand louangeur, se confondrait avec MEGALABUSou le grand par- leur. Le sixièmeJAREDou dominateur, de la Bible, se retrouverait mer- veilleusement dans le sixièmroi chaldéeDAUNUS,dont la racine Din, dan, signifie précisémedominer. Enfin, sous le dernier roi ~DOKESCHUS (de darasch chercher), nous re- trouverions, avec M. de Rouge, notre H~NOCHle cherchant Dieu, dans lequel viennent toujours se terminer ces collationnements , nécessairemenimpar- faits dans le détailmais toujours très-frappant comme ensemble. 1. Qui ont trait aux divers peuples et aux lieux qu'ils ont habités

On voit qu'il ne s'agit que de s'entendre et que la concilia- tion est plus facile avec les chiffres rigoureux qu'elle ne l'est avec les paradoxes historiques. Et comment en serait-il au- trement? Les langues, les dogmes, les rites étanparfaitement identiques à leur berceau, comment ne serions-nous pas du mêm âgeCe n'est, en véritÃpas possible ; on pourra s'en assurer en lisant dans la Revue de Dublin (1861) une ex- cellente réponsaux calculs erronédu chevalier de Bunsen si bien acceptépar le fameux ouvrage Essqs and Reviews, citÃdans notre chapitre II, p. 72. Mais la Bible, dit-on, ne sort pas du plus rest,reint des cercles, et ne prononce pas un seul nom qui nous autorise à étendrbien loin des patriarches l'influence qu'ils avaient pu exercer. - Encore une fois, la Bible ne dit que l'absolu nécessaireécritpour les Hébreuavec des matériauhébraà ques, elle se restreint, pour la périodantédiluviennean pur sommaire que les traditions juives devaient si bien compléter Mais si l'on retrouve partout des antédiluvienet si l'Amé rique elle-mêm les signale dans ces même conditions de terrains et de types que nous signalions tout à l'heure, c'est l'évidencelle-mêm qui se prononce et nous montre la terre universellement peupléependant que la Bible se contente de nous nommer quelques patriarches, de distinguer les fils de

Dieu des en,fants des hommes, et de nous

dans ce temps-là DES GÉANTsur la terre. A ceux qui ne pourraient accorder une multiplication aussi considérablavec une duréde douze à quinze sikcles, nous répondrionque le calcul a étfait et que de très-habile statisticiens ont péremptoiremendémontrque, d'aprè le seul énoncdes génératiobibliques et la longévitpatriar- cale, le chiffre des hommes aurait pu, l'an 420 du monde, s'éleveà plus de 2 n~illions,en 1056 à plus de 8 milliards et. demi et en 1656, époqudu déluge plus de 550 milliardst.

affirmer qu'il y avait.

On voit que si, contradictoirement aux découverterécentes on persistait k soutenir que la terre étailoin d'êtr ce qu'on appelle peupléece ne serait, assurémenni faute de temps ni faute de possibilité Or. en pareille matièr il nous semble que re qui s'est pu s'est dû Prenons ~'Egyptepour exemple. Parmi tous les méfaitdont 011 chargeait la mémoirdu pèr Kircher, un des plus noirs peut-êtr étaila con- fiance avec laquelle il rétablissaitoute une figypte antédilu vienne et nous donnait jusqu'au moindre clét,aide sa primi- tive organisation. Mais il ne faudrait pas confondre, comme on l'a fait, son idégénérad'une Egypte habitéeavec les idéet,rès-particulièret hès-contestables mêm à ses yeux, qu'il puisait dans les anciens aut,eurs et qu'il ne donnait que comme à fables de barbares fondéesur quelques véritéet, dans tous les cas, importantes à recueillir comme traditions et souvenirs postdiluviens de la vie patriarcale et primitive ( Je sais parfiatement, dit-il , que les philosophes de notre .

siècl vont

pas voulu, pour leur complaire, omettre des récitqui peu-

vent avoir leur intérÃ

pendant longtemps que tout cela n'étaique de pures fables (inewzs nugas) jusqu'au jour où mieux instruit par l'étud des langues orientales, j'ai jugà que toutes ces légendepou- vaient n'êtr que le développemend'une grande vérit4. )) Et Kircher applique alors à celui de sa thès l'immense érudit,ioque tout le monde lui reconnaîtPuis il la résum par un argument que l'abbà de Fontenu, dans un savant mé moire (lu à l'Académides inscriptions à la fin du dernier

siècle)trouvait victorieux. Le voici : à Si l'hgypte n'eûpas éthabitéavant le dé luge, et si les quinze sihcles qui l'ont précén'avaientét

1)

traiter ces récitd'apocryphes, je n'ai cependant

J'avoue que, comme eux, j'ai cru

SPI?CULATIONS ETHNOGRAPHIQUES. 2'7

que des siècle d'ignorance privéde toute civilisation, corn-- ment pourrait-on s'expliquer qu'aprè le cataclysme il eû suffi d'un ou deux siècle pour que 17Egypt,e,encore ensevelie dans les boues du déluges'élevÃà cette grandeur et à cet étade civilisation inouïque personne ne lui conteste à cette époc? à L'arg~tinent, en effet, n'est pas sans valeur, et Kircher le developpe for[, bien, en faisant remarquer que c'est notre imagination seule qui ne veut voir que de simples et grossiers pasteurs locaux clans ces patriarches instruits. illuminépar Dieu, et que l'histoire aprè tout la plus res- pectable nous représentcomme inventeurs de la métallurgie de la musique, comme fondateurs de villes, etc., et par con- skquent comme douéde tous les moyens possibles d'influence et. de rayonnenient sur une très-vast kchelle. Si telle ét,aileur mission, comment donc l'kgypte, leur plus proche voisine, aurait-elle pu se soustraire au contact et h l'envahissement de populations que la science moderne vient d'exhumer sur une si vaste échelleet qui eussent étlittéra

lement étouffédans le petit cercle que nos préjugÃse plaisent. à tracer autour d'elles? Nous savons bien qu'HérodoteStrabon et tous les Grecs afirnient que la mer couvrait autrefois toute i'Egypte, mais à quelle date remonte cette premièr occupation maritime, et qui nous dit qu'elle n'est pas de beaucoup antérieurà cette premièr périodde l'histoire? Kircher, d'ailleurs, donne encore de fort bonnes raisons pour borner cette occupation maritime au Delta. Quant à la civilisat,ion du reste du pays, pour l'expliquer

il fait appel à tous

et aux Arabes, et leur emprunte ce que la science moderne appelle des rêverie et ce qu'il nomme, lui, avec beaucoup de

raison, des traditions mélangéeà et qui pourrait-on les de- mander, dit,-il, si l'on commentait par exclure les peuples les plus contemporains et, les plus proches ? )) Mais revenons aux dynasties divines. et cornmencons par

les peuples voisins, aux Chaldéensurtout

signaler la coïncidenc de bon augure qui existe dans le nombre des quinze première dynasties historiques de Mané thon et des quinze clynast,iesantédiluviennedes Arabes. Les Arabes disent entre autres choses curieuses, mais suspect.es, que Seth, fils d'Adam, aprè avoir eu vingt-neuf enfants, s'étairéfugisur les montagnes et principalement à Bablun, pendant que les fils de Cabil ou Caïhabitaient les vallées dans l'hist~orienAl~med-BenJoseph ElLiphas (Celepas Geraldi- nus, ou livre des divers noms du Nil), on retrouve toutes ces traditions généraldéj mentionnée, sur Caïna et sur Jared, auquel Set.11avait communiquÃle don de prophétiet la science astronomique, puis sur Hanuch, Idris (Hénochauteur

de trente livres, Sabéeid'origine, et qui, aprè avoir instituà toutes les ckréiiioniesrites, purifications, prière du premier culte, passa en Orient, y construisit cent quarante villes dont fidesse ét,aila moins importante, et de lÃretourna en Égypt,

dont il fut. le. roi; quant au célhrHermès Ã

ce fut lui, dit

Abeneph, qui fit passer t,outes les sciences de la puissance h l'acte, c'est-à -dir de l'étalatent 011 occulte à l'ét,amanifeste

et rationnel. II Selon ce systèmece serait donc la double race de Seth et de Caï qui aurait régnsimultanémenet oligarchiquemen t en Egypte et saurait implant6 tout. ensemble, et suivant l'origine et le génide chacun de ces deux chefs, les sublimes véritÃet les erreurs monstrueuses que nous y retrouvons aujourd'hui. Quant à l'Atlantide qui nous devient plus nécessairque jamais, quant à cett,e Afrique complément,airqui serait res- téensevelie sous les eaux du délugeet que le prêtr de Saï révélaih Solon conformémenà toutes les traditions antiques. il nous paraîmoins démontrque jamais qu'elle fut sortie, comme on le prétenddu cerveau de ce mèm pretre, impos- teur ou railleur. Nous sommes &onnésurtout, que l'excel- lent. esprit de M. de Bougemont 1 ait pu voir une supercherie

dans une assertion qu'il dit lui-mèm avoir et6 le produit de la foi de l'antiquità tout entièreUne supposition qui donne son nom & toute une chaînde montagnes (l'Atlas), qui spécifi avec une grande précisio un emplacement topographique (en pla~antcette terre h une petite clist,ance de Cadix et du détroide Calpè)qui prophétisdeux mille ans avant Colomb la grande terre &ans-océa~~iquesituépar delh cette Atlantide et à Ãlaquelle 011 parvient, disait-elle, par les îlesnon pas des bienJ2et~eux,mais des bons esprits lv Sv.yshw (nos îleFor-

tunées))) une tellesupposition, disons-nous, peut,fortbien n'êtr qu'une chimèr universelle, mais bien certainen~entelle n'est jamais sortie de toutes pièce de la têt d'un flat,teur; ajoutez L: cela que, d'aprè M. de Rougemont, Théopompedans sa Jéropidefaisait parler les prètre de la Phrygie et de l'Asie

Selon lui,

c'étaiun continent unique, d'une grandeur indéfinieet conte-

nant deux citésla belliqueuse et la pieuse; cet,tedernièrcon- tinuellement visitépar les dieux, la premièr habitépar des

guerriers invulné~~ableau fer, t,ellement que par la pierre et

passant, s'accorde merveilleusement encore avec les haches de pierre que la terre antédiluviennnous présentaujourd'hui.

et ne pouvant êtr bles.:\es' mor- par le bois; ce qui, soit dit en

Mineure exact,ement comme les prètre de Saï

M. de Rougemont voit encore là une pure fiction de Théo

pompe, bien qu'il reconnaisse que les mythes orphiques par-, laient de à terres briséepar le trident de Neptune II comme d'une véritparfaitement connue de leurs lecteurs. Mais on peut regarder, au ~ont~raire,comme certain, que tous les prêtre avaient puisà ces véritÃou ces fables à la mêm source qui les fournissait aux Chinois lorsqu'ils à parlaient d'une îlsainte au del& des bornes du soleil Tchéouet par delà laquelle étaiensitu& les îledes hommes im- mortels. à Qui sait ce que l'avenir nous réserveet si, parallèlemen& tant de réhabilitationhistoriques, nous ne serons pas forcds demain d'enregistrer k son tour cet,te grande r6habilit,ation

30

HKS

ESPRITS

APKES

LA

CHL"11ë

t,opographique? Nous ne pouvons affirmer qu'une seule chose. c'est que la géographiy tend en ce moment; on pourrait

dire qu'elle en éprouvle besoin, pour se rendre un compte un peu plus satisfaisant de l'ét,roitparent6 qui paraîavoir reliÃsi facilement et si compléternenl'ancien monde au nou- veau. M. Lartet insiste quelque part pour prouver l'ancienne

liaison du sol britannique

des espèce animales qui n'a pu s'effectuer que par terre ferme; or, il nous paraîbien autrement difficile de s'en passer

pour expliquer la transplantation de toutes les bête férocede l'Afrique sur le sol américainDe deux choses l'une : ou tous

ces animaux, y compris le jaguar et la hyène ont étcréÃ

en double sur les deux continents, ou, s'il n'y a jamais eu de continent intermédiairet continu, toutes ont traversÃl'Océa en nageant d'îlen îleou bien la Méditerranépour arpenter de lÃtoute l'Asie et effectuer à leur tour la traverséde Beh- ring, sans s'apercevoir des glaces et du changement de tempé

rature. Quand on rit de

dilemme que nous ne pouvons. au reste, mieux légitime qu'en le faisant suivre des paroles suivantes, empruntéeaux

avec le nôtre sur l'intermigration

l'Atlantide, on ne réfléchpas assez à ce

Annales des -voyages (1858) : (1 Nos marins

commencent, Ã

le sondage leur donne

entre la côt occidentale de l'Afrique et les îledu cap

présenc de quelque ancien

continent. n Attendons, et aprè avoir constatà l'ubiq~iitÃde l'homme antédiluvienretournons aux dynasties embarrassantes qui ont pu le gouverner en Orient.

Vert;

s'étonne du peu de profondeur que

ils

soup~onnentici la

DYNASTIES

DIVINES DEVANT LE

XVllf

SIECLE.

31

Les dynasties divines devant le xvnie sibcle.

Qu'un peuple pridif ait vécdans la Judéequ'il soit restà concentrà dans ce pays, ou qu'il ait, comme le voulait Kircher, rayonnà dans une large partie de l'Afrique et de 'Asie, qu'il ait même comme rassuraient Platon et Bailly. occupÃune vaste Atlantide disparue sous les flots, peu nous importe. Pour nous, l'essentiel est que ce peuple soit d'origine unique et ne parle jamais, sous des noms trks-divers, que des même dieux, des même hommes et des inème choses. Et c'est ce que nous voyons. Mais si cett,e confraternità d'origine explique suffisamment les dynasties humaines, il faut bien en convenir, elle est tout à fait impuissante à jeter le moindre jour sur les dynasties divines, et le mêm problèm recommence. Encore une fois comment expliquer une pareille mépris d'expression chez des peuples qui savent si bien et si finement distinguer les grands dieux des demi-dieux, les demi-dieux des héroset ces hérode leurs mânesL'adulation qui suf- fira parfaitement tout à l'heure à l'explication de la hsiléo latrie1 n'explique plus rien du tout, lorsqu'ils affirment que leurs plus grands rois n'ont jamais eu rien de commun avec les dieux, qui de leur côt n'ont jamais eu rien de commun avec les hommes. Ne pouvant résoudrle problème le sixe siècl l'a sup- priméIl est triste de penser que celui qui le précèy avait mis plus de sérieuet paraissait s'en préoccupedavantage, En effet, alors qu'on étaien pleine philosophie, c'est-k-

dire sous le consulat de Volney, de Boulanger et de Fréret

cette grande question des dynasties divines avait étportée

connue les autres, à la barre de I'Acadéuiides inscriptions et belles-lettres.

Volney avait commencà par

se plaindre de

son

oubli.

u Qu'est-ce donc que tout cela ? disait-il. Si nous en croyons

les Indiens, ils nous montrent dix matares ou apparitions de Wichno~,qui répondenaux dix rois ou patriarches antédilu viens. Ces analogies sont cependant trè- remarquables et mériteraienbien d'êtr plus approfondies4. )) Le savant et très-incroyanBoulanger étaibien plus pres- saut encore, et ne confondait pas comme Volney les héroet les dieux : il mérit,une mention t,outespéciale

Si l'on doit, disait-il, ajouter foi aux traditions,

au delÃ

du règn des rois elles placent un règn de héroet de deini- dieux; par delÃencore elles placent le merveilleux règn des

dieux et toutes les fables de l'iige d'or

des annales aussi intéressanteaient étrejetéede presque tous les historiens. Et cependant les idéequ'elles nous pré sentent ont étautrefois universellement admises et révérà de t,ous les peuples; plusieurs les révkrenencore et en font la base de leur conduite. Cette considératiosemblerait exiger

que le jugement q11011 en a po~tÃait étmoins précipitÃs'il ne

convient pas ?L la raison d'adopt,er des fables grossières elle

ne doit pas non plus les méprisetout Ã

On est surpris que

Les anciens

de cpi nous tenons ces traditions que nous ne recevons plus

ont dà avoir des mo-

parce que nous ne les comprenons plus,

tifs de crédibilitque leur proximità des premiers Ages leur

donnait et que notre éloignemennous

refuse . Platon, dans

le livre IV des Lois, dit que longtemps avant la construction

des première villes Saturne avait établsur la terre une certaine forme de gouvernement sous laquelle l'hoinme avait éttrès-heureux Or, comme c'est de l'âg d'or qu'il veut nous parler, ou du rkgne des dieux tant célébpar les an- demies fables, et comme il en parle ailleurs avec plus de

détailsvoyons les idéequ'il se formait de ces temps heu- reux, voyons & quelle occasion il amena cette fable dans un traità de politique,. Selon lui, à pour avoir des idéenettes et précisesur la royautésur son origine et sa puissance, il faut remonter aux premiers de l'histoire et de la fable. Il est arrivà autrefois de grands changements dans le ciel et sur la terre, et l'étaprésendes choses en est une suite. Nos tradit,ions nous parlent de bien des merveilles, de changements arrivédans le cours du soleil, du règn de Sa- turne, et de mille autres faits épardans la mémoirdes

hommes; MAIS ON NE PARLE JAMAIS DU MAL QUI A PRODUIT

le

faut dire cependant, CE MAL est le principe duquel il faut parler pour traiter de la royautà et de l'origine des puis-

. (( Voyez maintenant (c'est Boulanger qui reprend) ce que Platon a pend de particulier sur ces règne sans

sances

CES REVOLUTIONS ET DE CELUI

QUI

EN

A

ETE LA SUITE.

Il

la connaissance desquels on ne peut,

avec justesse sur l'origine des rois;

avant

dit-il ,

raisonner

le voici : Ã Longt,emps

que l'homnie eû bât des villes, il vécusous un

genre de gouvernement qui lui rendit, la vie si heureuse et si douce que le souvenir s'en est perpétude race en race et s'est transmis jusqu'à nous. La nature fertile offrait tout d'elle-mêm et avec abondance. Voici comment cela est arrivé Sat,urne, sachant que l'homme ne pouvait gouverner l'homme sans que l'univers ne se remplîd'injustices par l'effet de ses caprices et de sa vaniténe voulut pas permet,tre qu'aucun mortel eû la puissance sur les autres. Ce Dieu prit alors notre égarle parti que nous prenons nous-même à l'égar de nos troupeaux. Nous n'établissonpas un beuf ou un bé lier & la têt de nos bœuf ou de nos béliersmais nous leur donnons pour conducteur un berger ou UN ~TRED'UNE ESPÈC

DIFF~RENTEDE LA LEUR ET D'UNE NATURESUPERIEURE.C'est ce

que Saturne fit alors à l'égardu genre humain qu'il aimait. 1.1 chargea du soin de le gouverner et de le conduire non des

rois et des princes,

(quoi donc ?) DES ESPRITS ET DES

34

DES

ESPRITS

APR~SLA

CHUTE.

GI~NIES(Sdpxi,) d'une nature divine et bien plus excellente

que celle de l'homnie. Ces génietravaillèrenavec autant de pouvoir que de facilitÃh notre bonheur, ils firent jouir toute la

terre de la paix la plus profonde

C'étaiDieu mêm qui

présidaisur ces géniesil étaile premier maîtrele pasteur

et le conducteur des hommes. Lorsque le monde cessa d'êtr

ainsi gouvernéles b6te.s féroce dévorèreune partie des hommes. Ceux-ci dépourvude tout, occupéde leurs pres- sants besoins, le passà sortit de leur mémoireils ne songè rent qu'au présentet leur misèr sollicitant peu à peu leur industrie, des inventeurs parurent successivement et trouvè rent le feu, le bléle vin, et la reconnaissance les divinisa.)) (Plato, de Legibus, 1. IV. - Id., in Cri!,.,et in Politic.)

( La premièrréflexioqui se présentereprend Boulanger, est que l'à g d'or, le règn de Satume et le règn des dieux

ne sont qu'une seule et mêm chose. Mais

que veut dire ce

&gne dos dieux sur des hommes nus et privéde toute indus- trie et de tout art? Que signifie cette ancienne fable du lan- gage et de la docilitÃdes bête elles-même ? D'ailleurs, pour-

quoi ces idéesont-elles si universellement répanduepar toute la terre malgrÃleur bizarrerie et leur singularitÃ? )) Et Boulanger d'ajouter en note : à L'auteur du livre de l'On- gine des lois, des sciences et des arts (le célèbGoguet) n'a pu se tirer de ce chaos. Il a mieux aimà nier l'existence de cet âgd'or lm 1) Boulanger s'indigne de ce parti, mais lui-mêm comment s'y prenait-il donc pour expliquer le mystèr?

Il l'expliquait,, on ne le croirait jamais,

il

17expliquaii

par l'hypothès à d'une immense mélancoliqui se serait su- biteinent emparéde l'humanità & la suite du délugeméla~ colie qui ne hi aurait plus permis de considéreles temps passks qu?~travers le prisme des illusions efc des regrets 2. )I

. Boulan,:eâ€

% Td., ibid.

Rigne des dieux. (Introd.)

DYNASTIES

DIVINES

DEVANT

LE

XVIII'

SIECLE.

35

Nous croyons que la théoride Platon valait mieux. Mais

revenons & 1'Acaclhie. Saisie de la question, mais peu touchée apparemment, de cette explication par un spleen universel, nous la voyons donner la parole à l'un de ses membres les plus distinguésle savant Foucher, dont la tolérancphiloso- phique ne le cédaigubre Ãcelle de l'abbà Bergier, son collègu et mêm son collaborateur à la rédactiode 17Encyclopédie1 Boulanger, aprè avoir commencÃpar gronder les dénég teurs, le devenait lui-mgme; Foucher va commencer au con- traire par gronder les croyants, et nous verrons par oÃil finira. Il raille d'abord les Grecs qui avaient eu la folie d'adop- ter les idéeégyptienneau sujet des dynasties divines, invention due à quelques charlatans habiles qui avaient su mettre à profit la préventio géngraleen se donnant eu$-

même pour ces nouveaux dieux qu'ils

Cette profession de foi, basésur le principe des jongle- ries à tout prix, étaialors la précautiooratoire obligée L'académicie en prenait ensuite une seconde. à En re- montant, disait-il, jusqu'à la source, on trouve souvent que ces histoires viennent. d'une allégoriorientale que les Grecs n'ont pas comprise; oui, souvent, le sens équivoqud'une expres- sion étrangèa fait naîtrun roman tout entier, qui n'avait

aucun fondement dans les mythologies de la Phéniciet de ~'Eg~pte.Je 'econnais sans peine la soliditÃde cette obser- vation; je dirai mêm que c'est une des clefs les plus heu- reuses pour entrer dans le sens des fables Très-bien M. Foucher; mais voyons la suite : à Je sou- tiens cepe11dant qu'elle n'a pas d'application possible à la, question généraque nous connaissons, question traitésé rieusement par des Grecs, tels que Solon, Pythagore, Pla- ton. etc. D'ailleurs, quel int6rê les Egyptiens auraimi-ils eu à les tromper? Est4 vraisemblable qu'ils auraient entretenu

annon~aient.

.

. 1)

1. Sa dissertation se trouve au tome XXXVI de l'ancienne Collection des Mémoiresp. 334 .

36

.

DES

ESPRITS

APRES

LA

CHUTE.

leurs nouveaux

concitoyens

dans une erreur

si grossièr ?

Sis étaienpersuadds tous les premiers .de ce qu'ils débitaien

(p. 332). En parlant ainsi je choque peut-êtr les préjugÃde plusieurs savants qui, d'aprè les nouveaux platoniciens, na- turalisei~ttout dans les fables égyptienneset. ne voient dans les longs règne des dieux que des révolutiond'astres et des syst,ème de cosmogonie. Mais M. Fréreen fait l'aveu : les plus créduleet les moins éclairÃdes prêtre égyptiensà force de débiteces fables au peuple, en vinrent Ãles regarder du mêm ail que lui. 11y a dans le fanatisme une sorte de réci proca.tion par laquelle les esprits, agissant mutuellement les uns sur les autres, rendent la persuasion contagieuse. à (P. 333.) On le voit, le systèm des jongleries sacerdotales cornmen- (;ait. dè lors à faiblir, et, comme aujourd'hui, tout en cont,i-

nuant, Ã s'en servir, on

Frappà de l'impossibilità que les hgyptiens eussent seuls perdu tout souvenir du dduge, toute mémoirde l'histoire avant Sfénès-SlismiFoucher passe ensuite au systèn~que nous venons de voir développau xvne siècl par Kircher, et

repris de nos jours par le chevalier de Paravey, systèm qui consiste à nous montrer toutes les nations s'appropriant une seule et mêm histoire, celle des patriarches. N Pourquoi, disait Foucher (p. 363), pourquoi ne dirions-nous pas que ces per- sonnages célèbrqu'on faisait régnesur la terre avant Ménà étaienles patriarches antédiluviensNous ne serions pas obli- géd'avoir recours à des dieux et A des hommes imaginaires. ( Les Egyptiens avaient raison de croire que cette espèc d'hommes &tait supérieur à cille qui a peuplà le monde

le sentait s'effondrer sous ses pas.

depuis le délug;

coup celle de ces derniers, et comme on avait perdu la con- naissance des principaux 6vénementson remplissait le vide par des fables, et quelques milliers d'annéene cocttaient rien pour allonger les annales; mais cependant comment parvin- rent-ils à regarder ces patriarches antédiluviencomme des

Nous ne connaissons de

dieux revètu d'un corps humain?

que la duréde leur vie surpassait de bcau-

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DIVINES

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LE

XVIII'

SI~CLE.

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l'ancien monde que le peu que la Genès nous en apprend. Mais les premiers hommes qui repeuplèren la terre aprè le

délugen savaient des particularitéque nous ignorerons tou- jours : ce clexait êtr le sujet de tous leurs entretiens. Les père

racontaient à leurs enfants les événemenles plus remar- quables de la vie de leurs ancêtresles communications qu'ils avaient avec les anges et avec Dieu lui-même etc.~(P. 363.) VoilÃle grand pas franchi, et de aux théophanieil n'y en a plus qu'un seul. Aussi Foucher va s'enhardir. n Les allégo ristes, dit-il, ne voient dans les dieux d'figypte que l'action des élémentles influences des astres. Mais les Egyptiens ne pen- saient pas ainsi, puisqu'ils croyaient que ces memes dieux avaient R~GNEVISIBLEMENTsur la terre. Ce n'est qu'en réunis sant ce que les deux systèmeont de vrai, qu'on peut se flai- ter d'avoir saisi l'esprit de la religion égyptienneet cet ac- cord, il faut le dire, ne se trouve que dans l'hypothès des THEOPUANIES1. (P. 382.) à Or, dans la religion égyptiennecomme dans toutes les autres religions païennesles dieux ont. un double état.1'1~11 essentiel et l'autre accidentel. Dans leur étaessentiel, ils sont constructeurs, conservateurs et gouverneurs du monde (redores di); dans leur étataccidentel, ils se revêtend'un corps visible et viennent habiter sur la terre. u Il est hors de doute que les hgyptiens admettaient au moins des théophaniepassagère pour les temps postérieur au r&gnede Ménè Si ces visites angéliqueeussent étré servéeaux seuls Hébreuxcomment toutes les autres nations auraient-elles pu les regarder comme LA chose du monde LA PLUS CERTAINE et prétendren avoir étfavoriséesCela serait encore plus surprenant de la part des l?gyptiens qui mépri saient les étrangeret se piquaient de n'avoir rien appris de personne.

1. Thkophanie, on le sait, ne veut dire autre chose que manifestation des dieux.

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ESPRITS

APRES

LA

CHUTE.

u Cela poséje ne vois pas pourquoi Dieu n'aurait pas

visità par ses anges ces familles dispersées(P. 384.)

à Tout l'Orient étaiimbu de cette doctrine. C'étaila tra- dition du genre humain. Nous en trouvons dans les livres

saints une infinità d'exemples

quer all6goriquement. Nous y voyons que les anges, revêtu d'un corps apparent,, visitaient fréquemmenles patriarches tant avant le délugque depuis. Quelquefois ces apparitions ne duraient que quelques moments ; quelquefois les ministres divins conversaient plusieurs jours de suite avec les habitants de la terret. O11 croyait donc égalemenpartout que les

esprits célestese manifestaient d'une manièr sensible, avec cette différencnéanmoinqu'ils n'étaienpour les Hébreu que des créaturesupérieureà l'homme, créaturequi s'an- nonqaient toujours comme ministres et serviteurs du Dieu qui les y envoyait, et que pour les autres peuples c'étaiendes divinitéproprement dites, qui venaient presque toujours D'ELLES-MÊME et sans êtr envoyéepar un Dieu suprême2

(P. 305.)

r Le systèm des géniegouverneurs du monde (c'est-h- dire tout à la fois des astres et de la terre 3) prit donc le dessus partout; aussi est-il le systèm le plus naturel et le mieux assort,i à la trempe de l'esprit humain, d'oà je conclus qu'il a dà entrer le premier dans l'esprit des peuples, et que l'autre systèm ( l'allégorismeest un écarde l'ancienne manièr de penser. à (P. 327.) Ainsi parlait l'abbà Foucher, l'encyclopédisteen pleine

qu'on ne pourra jamais expli-

1. Saint Paul, ch. xm,v. 2, de l'&pitre aux Hébreuxles loue de leur antique hospitalite, à car c'est ainsi, dit-il, c'est en la pratiquant, que beau- coup de vos pèreont reç pour hdtes des anges memes, sans le savoir. B 2. Nous avons vu que M. Renan faisait lui-mèm une distinction entre les anges païen à pleins d'initialive, à et ceux des Hébreuqui n'en avaient aucune. Mais, dans tous les cas, c'étaientoujours des anges continuellement dérange'sce qui dbplaîsi fort & M. Reynaud, qui tient à ce qu'on ne les ddranyejamais. Comment faire?

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Académieh la fin du xvme siècleNous doutons, il est vrai, qu'il y rencontrAt beaucoup d'éch; mais tout le monde peut s'assurer, en lisant son Éloqeque son crédine souffrait nullement de sa franchise, et qu'il ne cessa pas un instant d'êtr considkrÃcomme l'un des membres les plus savants et les plus respectables. On n'étaipas encore, à ce moment, envoyÃde par la loi à Charenton pour le seul fait d'une croyance quelconque aux esprits. Or, il est bien temps de le dire, celui qui, bravant de tels avertissements, n'a jamais ces& de croire à ces esprits ou

Ãy croire devant les faits modernes, doit entrevoir tout de suite une solution possible pour les dynasties divines :

si nous disons entrevoir, c'est que, pour l'y voir tout entière il faut y joindre plus d'une consid4ration. Il faut se rappeler

d'abord que les théophanieaccidentelles

de l'abbà Foucher

devenaient plus tard, sous sa plume, par suite d'&des

plus

profondes, de vraies théophaniePERMANENTES chez les peu- ples païen; quant Ãla Bible, elle est, comme nous l'avons dit, tellement sobre de détailsur les antédiluviensqu'il nous est impossible de connaît,rtoute l'étendudu r6le rempli et du pouvoir exercÃpar les conseillers divins des patriarches, soit dans la fondation et l'administration de leurs villes, soit dans leurs pérégrinatioet leur prise de possession des contréeles plus lointaines. Tout ce crue la foi nous enseigne, c'est que à les patriarches étaiensi intimement liéà leurs maîtredivins, qu'on les nommait DIEUX eux-mêmes 11 Il faut se rappeler encore : 1' que toutes les traditions juives nous donnaient le nom de chacun des sept anges cosmiques qui avaient étdépartiaux sept derniers patriarches, en de- hors des trois premiers att,ribuéaux trois premiers séphiroth 2O que chez tous les peuples on confondait (tout en les distin- guant) le géniconseiller et le patriarche conduit. Nous avons déjvu que dans les Kings de la Chine les dix Ki (ou patriar-

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DES

ESPRITS

APR~SLA

CHUTE.

ches) ne faisaient qu'un avec leurs Chin-non ou Tchang-y, dieux ou demi-dieux, suivant leur plus ou moins d'élévati

hiérarchiqu; que chez les Chaldéensles dix Annedots di- vins avaient exactement rempli le mêm rôl auprè de leurs

dix rois, et que chez ce premier des peuples on spécifiaile

bienfait par lequel chacun de ces Annedots ou génieavait

signalà le règn de son pupille ou plut& le sien propre ; l'un ayant enseignà les lettres. tel autre l'agronomie, tel autre la musique, tandis que le dernier, qui avait apportÃl'astronomie

sur la terre, l'avait enseignéjusyu'& la translation myslérieus de son PUPILLE Edorcscl~m(/1&1zoch);P que les théophanie particulière des patriarches postdiluviens avaient éttrks- probablement préckdéavant le délugd'autres th5ophanies

que l'abbà Foucher appelle avec raison PEfiMmmms et qui,

dit-il, M~RITENTla plus sé,rieus atfention à (p. 309); 50et enfin que, suivant tous les peuples païen et nièm suivant. les Hébreuxinterprète plus ou moins heureux de quelques passages bibliques, ces géniegouverneurs étaieneux-même intimement liéscomme nous l'avons déjfait remarquer et comme nous le démontreronau chapitre SAU~ISME, avec les astres et surtout avec les planèteset (I que c'est lh qu'il faut,

chercher l'explication de cette étrangassociation de rois hu-

mains, d'esprits tutélaireet de puissances sidkrales, dont on ne se tirera jamais, tant qu'on ne voudra voir dans tout cela que de purs hommes ou de vraies allégories1) (( Mais, dit toujours Foucher, il ne faut pas s'imaginer que

ou le Syriu,s physique qu'ils adoraient; quelque

brut que soit un peuple, vous ne lui ferez jamais croire une pareille absurditéet si Monco-Capac et sa femme, en arrivant au Pérouavaient dit : à Nous sommes le soleil ou la lune on se serait moquÃd'eux. Quel &ait donc leur système.Le voici :

ils regardaient les diverses portions du monde, bien moins comme la substance des dieux que comme leur habitation et le

siégde leur empire; le soleil-dieu, nioins comme le globe iu- mineux qui nous éclaireque comme un génidivin qui regne

ce fut le soleil

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SIECLE.

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dans cet astre, qui le gouverne, et qui dirige ses influences

pour

le plus grand bien de l'univers. Ã (P. 324 .)

,

Nous avons donnÃplus haut l'amendement trop peu connu,. grâcauquel chacun des sept astres préposÃau gouverne- ment du monde pouvait se subdiviser en myriades de sous- génietutélairesi Nous l'avons dit encore, tous les peuples considéraienle premier âgdu monde jmqu'au délugecomme ayant dur6 environ mille annéesolaires; à or, c'est pendant ces mille ans, nous dit Panodore, qu'eut lieu le rkgne des sept dieux qui régnèresur le monde ; c'est, pendant cette périodeque ces bienfaiteurs de l'humanit4 étaiendescendus sur la terre et

avaient appris aux hommes calculer le cours du soleil et de la lune par les douze signes de l'dcliptique. )) Et si Panodore nous paraîtrop vieux, comme l'abbà Fou- cher t,rop théologienpour faire autoriténous ne pourrions mieux terminer ce paragraphe que par ces paroles de l'écri vain moderne qui a le plus étuditoutes les relie'vions an- tiques, de Creuzer en un mot : u C'est de la sphèrdes astres, oh résidenles dieux de lumière que la sagesse descend dans les sphkres inférieure{Egypte, ch. IV, p. 441). Tous les dieux sont un seul dieu, comme tous les astres sont un monde unique (p. U8). Dans le systèmdes prêtrestoutes choses sans exception, les dieux, les géniesles âmesle monde entier, se développensolidairement dans l'espace et la durée La pyramide peut êtr considérÃcomme le symbole de cette magnifique hiérarchides esprits. Nous autres Européenmo- dernes, nous nous étonnonquand nous entendons parler des esprits, du soleil, de la lune, etc. Mais nous le répéteroen-

core, le sens naturel et droit des peuples de l'antiquitétout L:

fait étrange& nos idéede mécaniquet de physique ent,ik-

rement matérielles,

masses de lumièr ou des corps opaques se mouvant circulai-

ne voyait pas dans les astres de simples

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DES

ESPRITS