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:× ×ovtHstÞ ±oop, Brussels
cultural consultant Isabelle
Léonard took her partner to celebrate
his birthday at the slightly seedy,
half-timbered hotel round the corner,
and fell hopelessly in love. Behind the
stained-glass door and the brass plaque
that read ‘Strictly no entry for women of
loose morals or under 21s’ she found a
corner of the 1930s alive and well in the
middle of Brussels; a hidden world of
voile drapes, art deco mirror tiles,
whispered liaisons and local legend.
Léonard had fallen under the spell of
Le Berger, Brussels’ famous hôtel de
rendez-vous. Conceived by a group of
friends with what might euphemistically
be called complicated personal lives,
Le Berger was designed by local
entrepreneur Gabriel Duhoux to
combine luxury and discretion for the
comfortable conduct of extramarital
aßairs. Completed in 1935, the hotel
featured a double lih so patrons would
not risk bumping into each other, a
button hidden underfoot on the
staircase to alert chambermaids that
couples were heading to their rooms
and an ingenious pneumatic tube
system for room service orders. It was
also carefully decorated to the taste of
the day: each room was dißerent, with
hand-picked furniture and artwork.
Located just oß the busy, chic
chaussée d’Ixelles and convenient for
the prosperous administrative quarter,
the hotel was an instant success among
the city’s notables. You could bring your
mistress to Le Berger and order oysters
and Champagne: it was luxurious,
discreet and never vulgar.
By 2009, very little had changed: the
decor, although inevitably shabbier, was
exactly as it had been in the 1930s –
‘It was like a wallpaper museum,’ recalls
Léonard – and the hotel remained popular,
oßering ‘three hours, with a bottle of
Champagne, €69’. When Léonard first
ventured in on a Friday lunchtime, she
couldn’t see any of the rooms because
the hotel was full. Structurally, though,
it was another story. Weeks aher
discovering Le Berger, Léonard learned
it was scheduled for demolition.
Un hôtel conçu et prisé depuis plus de 70 ans pour les rendez-vous adultères est aujourd’hui un
établissement plus conventionnel. On peut même y passer la nuit. Emma Beddington s’y est glissée incognito
FLEURS À L’HEURE
FLOWERS BY THE HOUR
A hotel desi gned f or adul ter y – and popul ar f or that purpose f or more than 70 year s – has become a
more conventi onal est abl i shment: now, guests can even st ay overni ght. Emma Beddi ngton si dl ed i nsi de
Original 30s
style has been
lovingly retained
in Le Berger’s
renovation
La déco originale
des années 1930
a été préservée
lors des travaux
de rénovation
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tn novtHuÞt ±oop, pour fêter l’anniversaire de
son compagnon, Isabelle Léonard, consultante
culturelle à Bruxelles, l’entraîna à deux pas dans
un hôtel à colombages un rien louche et tomba
irrémédiablement amoureuse. Derrière les vitraux
de la porte et la plaque interdisant l’entrée aux
« femmes de mœurs légères ou de moins de 21 ans »,
elle découvrit un petit coin des années 30 en plein
Bruxelles. Un monde de drapés, de miroirs et papiers
peints fleuris Art déco et de liaisons chuchotées. Une
véritable légende locale.
Isabelle Léonard avait succombé au charme du
Berger, le fameux hôtel de rendez-vous de Bruxelles.
Fondé dans les années 1930 par un groupe d’amis
aux vies privées, disons, compliquées, le Berger
fut construit par l’entrepreneur bruxellois Gabriel
Duhoux pour oßrir un cadre luxueux, discret et
confortable aux liaisons extraconjugales. Achevé
en 1935, l’hôtel était équipé de deux ascenseurs
(pour éviter aux clients de se croiser), d’un bouton
caché dans l’escalier servant à alerter les femmes
de chambre de l’arrivée d’un couple et d’un ingénieux
système de pneumatiques pour le room service. Le
tout avec une décoration soignée, au goût de l’époque :
chaque chambre était dißérente, avec des meubles et
œuvres d’art choisis avec soin.
À deux pas de la chic et animée chaussée d’Ixelles
et facilement accessible depuis le prospère quartier
administratif, l’hôtel rencontra un succès immédiat
parmi les notables locaux, qui pouvaient y mener leur
maîtresse et commander huîtres et champagne. C’était
luxueux, discret, jamais vulgaire.
En 2009, peu de choses avaient changé : le décor,
malgré l’inévitable marque du temps, était exactement
comme dans les années 30 (comme un « musée du
papier peint », se souvient Léonard). La popularité ne
s’était jamais démentie, avec « trois heures et une
bouteille de champagne à 69 € ». La première fois qu’elle
s’y aventura, un vendredi midi, elle ne put visiter aucune
chambre, l’hôtel am chant complet. Sur le plan structurel,
les choses étaient dißérentes. Quelques semaines après
avoir découvert le charme discret du Berger, elle apprit
que l’hôtel était promis à la démolition.
Consternée, elle monta une campagne passionnée
pour le sauver. Après avoir localisé les propriétaires qui
lui donnèrent deux semaines pour trouver un acheteur,
elle mobilisa la presse et rencontra entrepreneurs et
pouvoirs publics. Malgré l’aßection pour l’endroit (selon
elle, un tiers des contacts avaient « connu le Berger dans
un contexte intime »), aucun repreneur ne se présenta
jusqu’au dernier moment. La décoration était sur le point
d’être arrachée, quand un dernier coup de fil la mit en
contact avec l’hôtelier local Jean-Michel André.
André, propriétaire du minimaliste White Hotel de
Bruxelles, avait entendu parler du Berger et même pensé
à l’acheter, avant que l’ampleur des travaux nécessaires
ne l’en dissuade. Convaincu par l’énergie déployée par
Isabelle Léonard, il réunit designers et enthousiastes
pour faire revenir à la vie cette légende décrépite.
L’hôtel a rouvert en février 2012 après deux ans de
travaux de rénovation minutieuse et soignée. André et
son équipe ont su préserver l’esprit du Berger même si,
au regret de certains anciens clients, les chambres ne sont
plus proposées à l’heure. L’ascenseur double est toujours
Le Berger’s
rooms, which
bear period
girls’ names, are
all unique
Chaque chambre
du Berger est
unique et porte
un prénom
féminin désuet
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Appalled, she mounted an
impassioned campaign to save it.
The owners gave her two weeks to
find a buyer; Léonard mobilised
the press, met with entrepreneurs
and civic o cials. Although there
was plenty of aection for the
place – around a third of people
she spoke to, Léonard calculated,
had ‘known Le Berger in a more
intimate context’ – nobody was
prepared to take the project on,
until at the eleventh hour, when
the fittings were about to be
stripped out, a last-ditch phone
call placed her in contact with
local hotelier Jean-Michel André.
André, the owner of Brussels’
austerely minimalist White Hotel,
had contemplated purchasing the
Berger but had been discouraged
by the amount of work required:
Léonard’s passion convinced him.
Aer two years the hotel
reopened in February 2012. It’s a
painstaking, aectionate
renovation: André’s team has
preserved the spirit of Le Berger
almost intact, although, to the
regret of some former patrons,
you can no longer rent rooms by
the hour. The double li remains,
around half the original furniture
has been restored, and interior
designer Martina Nievergelt
spent months tracking down
original 1930s wallpaper. The
rooms – each dierent – bear
girls’ names of the era: ‘Blanche’
has a copper-railed bath alcove
and ‘Ambre’ is all filmy gauze
curtains and mirror tiles, and
there’s still a film noir languor to
the dimly lit, wood-panelled
corridors. Only the beds absolutely
had to change: designed for
purposes other than sleeping,
they were far too narrow for
conventional hotel needs. André
is emphatic that Le Berger should
remain a place where Brussels
residents, as well as tourists, go,
so the hotel hosts regular live
music, burlesque evenings and
vintage fashion events.
Isabelle Léonard has also
published a history of the hotel,
gathering funny, ribald and oen
very touching reminiscences of
the hotel manager, 88-year-old
Fredy Martens, and Nicolina, his
chambermaid for 30 years.
There’s the police chief who died
in flagrante, his body discreetly
removed by a flotilla of his
colleagues; the secret room in the
basement where the management
hid escaped prisoners during the
war, while German soldiers and
regular clients shared the upper
floors; the baroness and her
chaueur; the 92-year-old regular
with his weekly bottle of Moët.
It’s a fascinating record of over
70 turbulent years of Brussels
social history. At the ripe old age
of 77, Le Berger still knows how
to seduce.
Hôtel Le Berger, 24 rue du Berger,
1050 Brussels, rooms from €120,
+32 (0)2 510 83 40, lebergerhotel.be.
Le Berger: Souvenirs d’une maison
de rendez-vous is published by Les
Impressions Nouvelles, €19.50
là ainsi que la moitié des meubles d’origine. La
décoratrice Martina Nievergelt a passé des mois
à dénicher des stocks de papier peint des années
30. Chaque chambre, unique, porte un prénom
féminin à la mode à l’époque : choisissez Blanche
et sa baignoire en alcôve ou Ambre et ses voilages
et carrelages miroir. Les couloirs lambrissés ont
encore une langueur de film noir. Seuls les lits ont
dû être changés : conçus pour d’autres occupations
que le sommeil, ils étaient bien trop étroits. André
tenant à ce que le Berger reste un lieu fréquenté des
Bruxellois comme des touristes, l’hôtel accueille
régulièrement concerts, soirées burlesques et
défilés de mode vintage.
Le Berger d’antan n’est pas oublié pour autant :
Isabelle Léonard vient de publier son histoire, fruit
de trois ans d’obsession, en compilant les souvenirs
drôles, canailles et souvent touchants de l’ancien
gérant de l’hôtel Fredy Martens, 88 ans, et de
Nicolina, sa femme de chambre pendant 30 ans.
On y trouve le chef de la police passé à trépas
pendant l’acte, le sous-sol où, pendant la guerre,
la direction cachait les prisonniers évadés pendant
que s’amusaient aux étages soldats allemands et
habitués, la baronne et son chaueur, l’habitué de
92 ans avec sa bouteille de Moët hebdomadaire...
Le tout forme le récit fascinant de plus de
70 années turbulentes d’histoire bruxelloise. À
77 ans, le Berger n’a rien perdu de sa séduction.
Hôtel Le Berger, 24 rue du Berger, 1050 Bruxelles,
chambres à partir de 120 €, +32 (0)2 510 83 40,
lebergerhotel.be. Le Berger, souvenirs d’une maison de
rendez-vous, aux Impressions Nouvelles, 19,50 €
THE SPIRIT OF
LE BERGER
REMAINS, THOUGH
TO THE REGRET
OF SOME FORMER
PATRONS YOU
CAN NO LONGER
RENT ROOMS BY
THE HOUR
Isabelle Léonard
(le) fell in with
love with
Le Berger and
the spirit of
1930s Brussels
Isabelle Léonard
(à gauche) a
été séduite par
Le Berger et le
Bruxelles des
années 1930
L’ESPRIT DU BERGER
A ÉTÉ PRÉSERVÉ,
MÊME SI, AU GRAND
REGRET DE CERTAINS
VIEUX CLIENTS,
ON NE PEUT PLUS
RÉSERVER LES
CHAMBRES À L’HEURE
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In novtHutÞ ±oop nam de
Brusselse culturele adviseur
Isabelle Léonard haar partner op
diens verjaardag mee naar een
wat louche hotel en raakte op slag
verliefd. Op het hotel, welteverstaan.
Achter de deur met glas-in-lood en
het koperen plaatje met de woorden
“Verboden toegang voor vrouwen
van lichte zeden en personen onder
de 21 jaar” ontdekte ze in hartje
Brussel een stukje jaren dertig. Een
verborgen wereld van voile vitrages,
art-decospiegeltegels en bloemetjes-
behang, geheime liefdes avontuurtjes
en plaatselijke legenden.
Léonard was bekoord door Le
Berger, Brussels beroemde “Hôtel
de Rendez-Vous”. Le Berger,
ont worpen door de onder nemer
Gabriel Duhoux, kwam voort uit het
brein van een groep vrienden met
gecompliceerde levens. Het was
bedoeld om luxe te koppelen aan
discretie zodat men zich in comfort
kon overgeven aan buitenechtelijke
avontuurtjes. Zo had het hotel uit
1935 een dubbele lih zodat gasten
elkaar niet per ongeluk tegen het lijf
zouden lopen; een verborgen knop
onderaan de trap om kamermeisjes
te waarschuwen dat stelletjes op
weg waren naar hun kamers; en een
ingenieus pneumatisch buizen post-
systeem voor roomservice.
Gelegen aan de drukke, chique
Elsesteenweg en dus dicht bij de
welvarende zakelijke wijk, bleek
het hotel een schot in de roos voor
de notabelen van de stad. Je kon je
minnares naar Le Berger brengen
en tegelijk oesters en champagne
bestellen. Het was luxueus, discreet,
maar nooit vulgair.
In 2009 was er maar weinig
veranderd. De inrichting was –
hoewel verwaarloosd – nog vrijwel
identiek aan de jaren dertig. “Het
leek wel een behangmuseum”,
herinnert Léonard zich. En het hotel
was als vanouds populair: Drie
uur voor € 69, inclusief een fles
champagne. Toen Léonard er voor
het eerst op een vrijdag rond het
middaguur binnenstapte, waren alle
kamers bezet… Maar bouwkundig
gezien was het een ander verhaal.
Een paar weken nadat ze de charme
van Le Berger had ontdekt, hoorde
ze dat het op de slooplijst stond.
Geschokt begon ze een campagne
om het hotel te redden, en aan aan
aßectie was er geen gebrek. Een
derde van de mensen die ze sprak,
verkeerde volgens haar op intieme
voet met Le Berger. Maar niemand
wilde zijn vingers eraan branden.
Pas te elfder ure, toen de slopers
voor de deur stonden, bracht een
telefoontje haar in contact met
hotelier Jean-Michel André.
André was eigenaar van Brussels
minimalistische White Hotel. Hij had
al eens overwogen om Le Berger te
kopen, maar was terug geschrokken
voor het vele werk dat benodigd was.
Het enthousiasme van Léonard trok
hem echter over de streep.
Na een ingrijpende maar liefde-
volle renovatie van twee jaar ging het
hotel in februari 2012 weer open.
André’s team heeh de geest van
Le Berger vrijwel intact gehouden.
Maar tot onvrede van sommige
voor malige gasten zijn kamers per
uur voorgoed verleden tijd.
De dubbele lih is er nog, de
badkuipen zijn afgeschermd met
een gordijn, de helh van de originele
meubels is gerestaureerd en binnen-
huis architect Martina Nievergelt
heeh maandenlang gezocht naar
behang uit de jaren dertig.
De individuele kamers dragen
meisjesnamen uit een vroeger
tijdperk. ‘Blanche’ heeh een koper
gerande badkuip in een alkoof,
‘Ambre’ heeh fijnmazige vitrage
Bloemen per uur
Een hot el ooi t ont wor pen voor over spel i s nu een convent i onel er ét abl i ssement .
Gast en kunnen er zel f s over nacht en. Emma Beddi ngt on sl oop er st i ekem bi nnen
en spiegeltegels. De met hout
gelambriseerde gangen zijn
onveranderd schemerig. Maar
de bedden moesten vernieuwd
worden. Ze waren immers voor
andere doeleinden dan slapen
bestemd en daarom te smal voor
moderne hotelvereisten.
De ingang van de prettige bar wordt door
een opgezette pauw bewaakt en in de lounge
staan diverse koperen palmbomen. André is
vastbesloten dat Le Berger een plek blijh voor
zowel Brusselaren als toeristen. Ze worden
daarom onthaald op live muziek, burlesque-
avonden en mode-evenementen.
Maar de oude Berger is niet vergeten. Léonard
heeh de geschiedenis van het hotel gepubliceerd,
puttend uit de verhalen van de 88-jarige voor-
malige manager Fredy Martens en Nicolina, die
er dertig jaar kamermeisje was. Het boek staat
vol schandalen, sterf gevallen, levenslustige
negentigjarigen en vreemde stellen.
Wie nu in Le Berger verblijh, ontkomt er niet
aan om te fantaseren over vroegere gasten en de
intieme geschiedenis. Op de bejaarde leehijd van
77 jaar weet Le Berger nog altijd te verleiden.
Hôtel Le Berger, Herdersstraat 24, 1050 Brussel,
kamers vanaf € 120 per nacht, +32 (0)2 510 83 40,
lebergerhotel.be. “Le Berger, souvenirs d’une maison
de rendez-vous”, Les Impressions Nouvelles, €19,50
Luxueus,
dis creet, maar
nooit vulgair:
normen en
waarden die
Le Berger wél
hee behouden
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