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GUIDE DUSSERT-GERBER VINS
DES

2013

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Du même auteur
Aux Éditions Albin Michel
Encyclopédie mondiale des vins © Patrick Dussert-Gerber Guide Dussert-Gerber des vins d’Europe © Patrick Dussert-Gerber Guide des meilleurs produits et spécialités de France © Patrick Dussert-Gerber Guide des vins de Bordeaux © Patrick Dussert-Gerber L’Amour du vin © Patrick Dussert-Gerber

Aux Éditions Millésimes © Patrick Dussert-Gerber et Millésimes
Millésimes® (millesimes.fr) VinoVox® (vinovox.com) L’Officiel des grands vins

Aux Éditions Malta © Patrick Dussert-Gerber et Malta
Les vins du siècle® (vinsdusiecle.com et topfrenchwines.com) guidedesvins.com vinsdusiecle.com ideevins.com guide-achat-vin.fr dietetique.com.fr cinetv.fr guideduterroir.fr composition-florale.com...

Aux Éditions Marabout
52 week-ends réussis Le guide d’achat des bons vins

Aux Éditions Michel Lafon
Les seigneurs du Cahors

Site personnel et Blog
patrick.dussert-gerber.com

En préparation
Roman (titre non encore défini)

Le Guide Dussert-Gerber des Vins® a reçu le PRIX GUTENBERG du meilleur guide pratique.

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DUSSERT-GERBER
DES

GUIDE VINS
2013

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Avertissement
Certaines indications que vous trouverez dans le Guide Dussert-Gerber des Vins peuvent être remises en question. Durant une année, des numéros de téléphone et de fax peuvent changer, ainsi que le nom des propriétaires (successions, ventes…). Les prix augmentent régulièrement une fois par an, sinon deux, de 5 à 10 % environ, selon les régions, la notoriété des crus et la sagesse des vignerons (certaines hausses sont beaucoup plus importantes, hélas). Les nôtres s’entendent généralement au départ de la propriété, toutes taxes comprises. Il est donc nécessaire, si vous les faites livrer, de prévoir une majoration de 0,90 à 1,40 e environ par bouteille, selon la quantité et le coût du transport. Les erreurs ou omissions involontaires qui auraient pu subsister dans ce guide malgré les soins et les contrôles apportés ne sauraient engager la responsabilité de l’auteur et de l’éditeur. Si vous êtes producteur de vin, et que vous désirez adresser des échantillons pour être éventuellement sélectionné dans la prochaine édition du Guide, vous pouvez adresser un courrier à : Guide Dussert-Gerber des Vins® 33124 Auros e-mail : dussert@guidedesvins.com - www.guidedesvins.com

Tous droits réservés : Patrick Dussert-Gerber Guide Dussert-Gerber des Vins est une marque déposée à l’Inpi par Patrick Dussert-Gerber®

© Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est interdite sans l’accord de l’auteur. Une copie ou reproduction par quelque moyen que ce soit, photographie, photocopie, microfilm, bande magnétique, disque ou autre, constitue une contrefaçon passible des peines prévues par la loi du 11 mars 1957 sur la protection des droits d’auteur. Editions Albin Michel 22, rue Huyghens, 75014 Paris ISBN : 978-2-226-24161-0

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Sommaire
• Itinéraire d’un passionné • Édito 8 9

Le Top Vignerons 2013
• Le Palmarès des hommes et des femmes talentueux© • Le point sur les millésimes • La vraie carte des millésimes : la Vintage Code© • L’éthique du vin • Comment se fait ce guide • Carte des vignobles français 11 31 39 43 48 50

Les Classements 2013
• Pour bien comprendre les classements© • Les nouveaux producteurs sélectionnés cette année 53 55

Ce qu’il faut savoir sur le vin
• Savoir lire une étiquette • Acheter son vin au juste prix • L’accord idéal des vins et des mets - À chaque vin, ses plats - À chaque plat, son vin • La vigne et les sols des vignobles • Les principaux cépages • L’élaboration des vins 59 61 66 69 71 72 74

Région par région, les meilleurs producteurs de l’année
• Alsace • Anjou-Saumur • Beaujolais • Bordeaux • Bourgogne • Champagne • Corse • Jura • Languedoc 77 105 129 149 305 365 453 457 463 • Pays nantais • Pays nivernais • Périgord • Provence • Roussillon • Savoie • Sud-Ouest • Touraine • Vallée du Rhône 499 509 527 535 565 571 577 603 621

Index
• Index général des producteurs • Index des producteurs par région • Index des producteurs par appellation 656 668 678
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Itinéraire d’un passionné
D’origines alsacienne et savoyarde, Patrick Dussert-Gerber est né en Algérie en 1956 dans une famille exploitant la terre, dont des vignobles. Après des études de droit, il débute une carrière de journaliste professionnel. Sa rencontre avec un œnologue de renommée internationale, Jacques de Loustaunau de Guilhem, Bordelais d’origine et chef de l’Institut technique de la vigne et du vin de Nantes, sera le point de départ de sa spécialisation dans ce domaine. Il apprend avec lui le métier du vin, ses secrets et l’art de la dégustation, et devient l’un des nez les plus respectés. L’atavisme aidant, sa passion pour ce “sang de la terre et du ciel” l’amène à collaborer avec de nombreux titres de la presse française, à créer Magnum et à lancer Millésimes, la bible annuelle des amateurs de vins, une référence incontournable. Il a dirigé L’Officiel des Grands Vins, et est à l’origine de L’Amour du vin. Le livre qui fait sa renommée internationale est ce Guide Dussert-Gerber des Vins®, véritable best-seller (plus de 1 000 000 de lecteurs), consacré par le prix Gutenberg (équivalent aux Césars du cinéma) comme le meilleur guide des vins. “PDG” est certainement l’auteur français le plus important et prolifique dans le domaine du vin. Il a signé plus d’une quarantaine de livres : L’Encyclopédie Mondiale des Vins, Le Guide des vins d’Europe, Le Guide des meilleurs produits et spécialités de France, L’Amour du vin, Le Guide des vins de Bordeaux (tous chez Albin Michel), Le Guide d’achat des bons vins et 52 Week-ends réussis (Marabout), Les Seigneurs du Cahors (Michel Lafon), Les Vins du Siècle (Millésimes)… C’est surtout un précurseur, le premier dans le monde du vin à avoir su investir dans le Net, bien avant les autres. Éditeur, il est aujourd’hui le leader incontournable, avec des sites très importants, qui attirent des centaines de milliers d’internautes, comme Guide des Vins, www.guidedesvins.com, unique dans son domaine. Le site du prestigieux annuel Millésimes®, www.millesimes.fr, multilingue, accentue son développement en Europe et aux États-Unis, avec la création d’autres sites “satellites”, édités en anglais, espagnol et allemand. Vinovox®, le webvin magazine, www.vinovox.com, est devenu une référence avec sa Newsletter gratuite hebdomadaire adressée à plus de 56.000 exemplaires. Il y a également Les Vins du Siècle®, www.vinsdusiecle.com, et son site américain, www.topfrenchwines.com. En 2011 : plus de 300.000 nouveaux lecteurs, plus de 1,3 million sur uniquement ses 4 principaux sites, avec plus de 550% de progression sur Vinovox, 40% de progression sur guidedesvins, 30% de progression sur millesimes et vinsdusiecle - guidedesvins.com : 337.089 visiteurs uniques - vinovox.com : 606.225 visiteurs uniques - millesimes.fr: 290.175 visiteurs uniques - vinsdusiecle.com : 104.077 visiteurs uniques... Deux nouveaus sites importants en 2011 : ideevins.com : tous les accords mets et vins guide-achat-vin.fr : pour trouver, comparer, acheter vos vins sur le Net au meilleur prix. Patrick Dussert-Gerber gère quelque 200 sites et blogs, dont : www.classementdesvins.com, www.guidechampagne.com, www.guidebordeaux.net, www.votregironde.com, www.vinalsace.net, www.guidebourgogne.com, www.guideprovence.fr, www.topvin.fr, www.vinrhone.fr, www.lafranceadutalent.com, www.vinloire.net..., et plusieurs sites étrangers comme www.franzosischeweine.eu, www.vinosdefrancia.eu... Marié, trois enfants, épicurien, amateur d’art contemporain, cet ancien boxeur, joueur d’échecs, passionné des civilisations anciennes et des technologies modernes, levé tôt et couché tard, rédige aussi son premier roman.
® : marques déposées INPI

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Édito
Le Guide worldwide
n sait que j’ai toujours beaucoup investi sur le Net, en temps comme en finances, depuis 1998, c’est-à-dire bien avant avant que ce média devienne incontournable, au tout début (voir page 42), presque à la préhistoire dans ce domaine. C’était l’époque où certains me prenait pour un précurseur et d’autres... pour un illuminé ! Dans le monde du vin comme dans celui de l’édition.

O

Aujourd’hui (et depuis un bon bout de temps), aucun -je dis bien aucun- de non “concurrents” ne peut même espèrer parvenir à une telle puissance sur Internet, à moins d’investir très massivement (avec quelques centaines de milliers d’euros) tant il est devenu impossible d’être répertorié sur Google et les autres moteurs de recherche aux places qui sont les nôtres, en home page, notamment (qui va chercher un site sur la 5e ou 125e pages ?). Il y a deux raisons à cela : - ma passion pour investir dans les nouvelles technologies de communication. J’ai créé mon premier Guide des Vins (c’était le “Guide secret des vins”) en 1979, à 23 ans, puis celui qui est entre vos mains chez Albin Michel. En parallèle, j’ai édité mon premier magazine consacré aux vins (Magnum) en 1981, puis créé Millésimes. Ensuite, je me suis intéressé au Minitel, que tout le monde a oublié, puis, effectivement, au Net. Et je continue. En-dehors de mon amour de ce “Sang de la Terre et du Ciel”, une chose me rapproche aussi des vignerons : l’esprit d’entreprise, l’indépendance, les risques et les bonheurs qu’elle apporte. Eh oui, je suis comme eux, responsable, ni assisté ni salarié par une boîte quelconque, ce sont mes sociétés que je développe, depuis plus de 30 ans, et pas celle des autres. C’est la liberté. - l’incroyable contenu rédactionnel en ma possession, depuis toutes ces années, que j’ai mis gratuitement sur le Net car les droits d’auteur m’appartiennent (cas rarissime dans l’édition française, à l’inverse des auteurs anglo-saxons), explique également le fait que nous soyons aussi bien référencé : imaginez des centaines de milliers de pages cataloguées, des dizaines de milliers d’articles enregistrés et... autant de mots-clés ! Bref, pas facile de taper n’importe quel mot sur le vin et de ne pas tomber sur nous. Comme dans une de mes passions, l’art contemporain, il faut (a fallu) être précurseur, et, fidèle à un autre jeu qui m’est cher, celui des Échecs, il fallait placer ses pions à long terme. Le résultat se passe de commentaires : en 2012, nous avons quelque 200 sites et blogs en activité dont une dizaine de sites majeurs dont les progressions sont hors normes (confer page 8). Nous avons ainsi accès à une diffusion mondiale, immédiate et mulitilingue ! Nous avons aussi créé cette année, dans Millésimes, pour la première fois dans l’édition (eh oui), l’accès immédiat au contenu de son site par un téléphone mobile (grâce au QrCode). Vous le retrouverez dans le site du Guide qui fait la part belle à l’interactivité cette année. Qui d’autre apporte autant de visibilité aux vignerons, permettant à un internaute du fin fond de la Chine ou du Chili de le découvrir, de comprendre ce qu’est un “vrai” vin, et de ne plus être uniquement abreuvé de boissons standardisées ? Qui d’autre offre -c’est le bon mot puisque c’est gratuit- une rédaction si riche aux passionés et professionnels du vin ? Pour cela, j’ai toujours, à mes côtés, mon épouse, Brigitte, ma mère et ma tante, Colette et Claude, mes collaboratrices, Mélodie, Isabelle, Danièle et Yolaine. Merci de votre fidélité. Patrick DUSSERT-GERBER patrick@dussert.com 9

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Le Top Vignerons

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©

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Top Vignerons 2013
Le Palmarès des hommes et des femmes talentueux
Le vin, c’est bien, mais celui qui l’élève, c’est tout aussi bien. Pour moi, en effet, depuis plus de 30 ans, la typicité d’un vin, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme. Ma nature me poussant à soutenir les hommes et les femmes qui partagent les mêmes valeurs, je suis toujours, aujourd’hui comme hier, passionné par ce “Sang de la Terre et du Ciel”, cette entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)... s’attachant à respecter à la fois une culture et une éthique. Il ne s’agit donc pas seulement de faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, mais surtout d’élever de vrais vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux. Ces vins-là, “chouchoutés” par des vignerons avec lesquels on aime partager un moment de plaisir, dans une gamme de prix unique au monde, sont de vraies valeurs sûres, certains crus l’étant déjà il y a bien longtemps, en 1980... On ne peut aimer un vin qu’en appréciant celui qui le fait. Derrière une étiquette, il y a un viticulteur (ou une viticultrice) et c’est fondamental de ne pas les dissocier. Je sais tout-de-suite, lors de mes déplacements à travers les vignobles (et je passe l’année à faire cela) si un propriétaire est réellement passionné par son vin, ou non. Cela se “sent”.

Éthique, élégance, humilité sont la signature commune des vrais vignerons
- Il n’y a pas de vin sans éthique. Cela consiste à ne pas se fourvoyer dans des opérations marketing extravagantes, ne pas se laisser prendre à la mode, qui, par définition, ne fait que passer (vite). Et c’est surtout respecter les consommateurs, ceux qui vous font vivre, sans les abreuver de prix surestimés ou de produits “sans âme, ni vertu”. L’éthique, c’est croire en soi, avoir la foi, des valeurs, c’est la fidélité. - On ne peut pas faire un bon vin sans élégance. Elle est innée, inutile de vouloir se l’approprier. Je parle, bien sûr, de celle de l’âme. L’arrogance, la frime, sont des critères qui comptent pour décrypter les uns et les autres, dans toute les régions, du plus grand vin au plus modeste. - Un vrai vin est signé par l’humilité. Et être humble, ce n’est pas de la fausse modestie. On peut être fier, conquérant, et avoir les pieds sur terre, c’est-à-dire ne pas se prendre pour le messie. Et des prophètes ou des gourous, on en voit pas mal dans notre milieu. En trente ans, j’ai eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies, à la trahison comme au respect. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et poursuis ma ligne de conduite, en défendant les hommes et les femmes passionnés et passionnants. Ma force, c’est de ne pas être blasé, d’être objectif et subjectif (c’est la nature humaine), et d’avoir de la mémoire. 11

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Le Top Vignerons 2013 J’ai lancé mon premier magazine à 22 ans, bien avant que le vin devienne à la mode, édité le 1er Guide sur les vins (il s’appelait le Guide Secret des Vins, avant celui d’Albin Michel), et -déjà- suis tombé sous le charme de ces hommes et de ces femmes (pas de tous) qui élèvent les plus grands vins du monde, les nôtres, dans une gamme incroyable, car on se fait plaisir, grâce à beaucoup d’entre eux, avec des vins dont le rapport qualité-prix-typicité est particulièrement exceptionnel. Aucun autre pays ne peut en dire autant, et le talent de nos vignerons et vigneronnes est particulièrement irremplaçable. Bien sûr, il y a des producteurs imbus d’eux-mêmes, snobs, d’autres qui sont restés des paysans “parvenus”, d’autres encore qui, grâce à des moyens de communication financière, tentent d’imposer une belle image, etc... De ceux-là, on s’en moque ! C’est donc tout naturellement que j’ai décidé, en-dehors de mes Classements habituels qui distinguent la qualité des vins, de récompenser -aussi- le vigneron (ou ses enfants), sa fidélité, sa passion, son enthousiasme, sa joie de vivre, sa simplicité, au travers de ce “Top” exceptionnel. Tous les propriétaires du Guide n’y sont pas, bien sûr, et chaque année, ce Palmarès évoluera, d’autres entreront, quelques-uns sortiront, certains changeront de “Prix”, ou de hiérarchie... mais les places sont rares. Ces hommes et ces femmes savent ce qu’ils ont à faire, se passent d’un magicien pour fabriquer une cuvée (très) spéciale, et ne perdent pas leur temps à frimer ou en jonglant avec leurs tarifs... Respectant les anciens, ils travaillent, connaissent la force de leur sol, se servent à bon escient des techniques les plus modernes, sans perdre leur âme. Ils ont des valeurs, aiment leur vin, comme moi, comme vous. Et c’est tout ce qui compte.

Les Prix d’Honneur : 257
Les références de leur appellation, que je connais généralement depuis quelque 10 à 30 ans (eux et/ou ceux qui les ont précédé, en ce qui concerne les marques et certains crus), certains ont été retenus depuis le 1er Guide (ou patiquement), ce qui -en soi- mérite un véritable “coup de chapeau”, tant il est difficile de se maintenir au plus haut niveau, chacun dans sa gamme, naturellement. Pour preuves, des milliers d’autres, ont été éliminés... Eux, associent le talent et la passion, sans se faire avoir par les modes... tout ce que l’on aime. Pas mal sont des amis.

Les Prix d’Excellence : 149
D’autres grandes valeurs sûres, dans toute la gamme, dans le Guide depuis très longtemps ou qui sont de vrais coups de cœur de ces dernières années. Ils sont également garants d’une régularité qualitative exemplaire et d’un attachement réel au terroir. Du grand art encore, chacun possédant son originalité. Pour certains, 3 ou 4 ans, et ils atteindront le Prix d’Honneur.

Les Satisfecits : 223
Les grandes satisfactions, ceux qui se distinguent et dont le talent est confirmé. Ils peuvent prétendre au Prix d’Excellence.

Les Lauréats : 176
Les coups de cœurs de l’année. Ils élèvent des vins typés, qui atteignent bien souvent le haut de leurs Classements respectifs. Du solide, qui peuvent (et doivent, logiquement) “monter” en Satisfecits.

Les Espoirs : 41
Les coups de pouce, ceux qui méritent d’être soutenus, qui sont nouveaux ou depuis peu dans le Guide.
Le Top est © Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Le Top Vignerons 2013

ALSACE
Prix d’Honneur
Claude Berger Paul Dussourt Famille Engel Famille Frey Pierre Frick Armand Gilg Rémy Gresser Louis Hauller Bernard Haegi Georges Klein Gérard Metz Robert Muhlberger Pierre Reinhart Famille Schaeffer-Woerly Charles Schléret Aline et René Simon Famille Zoeller

Prix d’Excellence
André Ancel Philippe Blanck Famille Ehrhart (Saint-Rémy) Famille Koch Emmanuel Saouliak (7 Vignes) Thierry Schoepfer (Bestheim)

Satisfecits
Famille Baur (Charles Baur) Famille Borès Famille Buecher (2 Lunes) Robert Faller Bernard Haegelin Famille Iltis Philippe Joly (Croix de Mission) Famille Kaes Thierry Schirmer Famille Schlumberger Dominique Soller (Hunawihr) André Vielweber Laurent Vogt Jean-Jacques Zirgel (Baumann-Zirgel)

Lauréats
Famille Becker Hubert Hartmann (Orschwihr) Victor Hertz Pascal Jolblot (Brobecker) Jean-Louis Kamm Damien Kelhetter Famille Rentz Philippe Sohler Famille Stentz Olivier Stintzi

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Le Top Vignerons 2013

Espoirs
Famille Halbeisen Robert Klingenfus Jean-Jacques Loberger

BEAUJOLAIS
Prix d’Honneur
Jean-Jacques Baronnat Gérard Brisson Famille Champagnon Alain Dardanelli (Bel Avenir) Thierry Doat (Boisfranc) Sylvie Dufaitre-Genin (Crêt Garanches) Jean-Pierre Large (Cheysson) Michel Chignard Pierre David Famille Donzel Georges et Franck Dubœuf Famille Méziat (Combe aux Loups) Alain Michaud Jean-Pierre Mortet Michel Siffert Famille Rollet (Granit Doré) Michel Tête

Prix d’Excellence
Famille Bouillard (Barvy) Famille Dufour

Satisfecits
Alexandre Blanchard (Chantegrille) Pascal Durand (Vignes du Paradis) Michel Guignier Eric Pardon Didier Pouget (Rotisson) Gérard Sambin

Lauréats
Famille Chatelet Gérard Gelin (Nugues) Famille Kinsella (Chèvre Bleue) Famille Monternot Famille Wolkowicki

Espoirs
Cave Chenas

Retrouvez gratuitement en interactivité LE TOP VIGNERONS sur www.guidedesvins.com
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Le Top Vignerons 2013

BORDEAUX
Prix d’Honneur
Famille Appollot (Clos Trimoulet) Guy Bailly (Le Bourdieu) Éric Barrat (Pont Les Moines) Odette Barreau (Certan de May) Anthony Barton (Léoville-Barton) Famille Bernard (Lestage-Darquier) Olivier Bernard (Chevalier) Catherine Blasco (Hanteillan) Famille Bon (Lugagnac) Famille Bonhomme (Brouard) Lionel Bord (Clos Jean) François-Xavier Borie (Grand-Puy-Lacoste) Jean Bouquier (Grandmaison) Jean-Baptiste Brunot (Piganeau) Famille Bouche (Mauves) Nancy de Bournazel (Malle) Henri Cadillac (Taffard de Blaignan) Alain Cailley (Toulouze) Jacques Capdemourlin (Balestard) Philippe Castéja (Trottevieille) Roland Charbonnier (Clos du Notaire) Frédéric Le Clerc (La Tour de By) Famille de Courcel (Saint-Ahon) Famille Darnajou (Moines) Jean-Bernard Delmas (Montrose) Bernard Delol (Jura-Plaisance) Francis Daney (Arche-Pugneau) Guy Despujols (Lamothe) Famille Dourthe (Maucaillou) Famille Dubost (Fleur du Roy) Joël Dupas (Béchereau) Famille Égreteau (Clos Pèlerin) Anne-Marie Facchetti-Ricard (Saint-Amand) Louis Filippi (Boutillon) Marie-Cécile Fougère (Crain) Dominique Fouin (Fontesteau) Véronique Gaboriaud (Bourseau) Michel Garat (Bastor-Lamontagne) Frédéric Garde (Marchesseau) Jean-Marie Garde (Clos René) Famille Gasqueton (Calon-Ségur) Famille Gasparoux (Haut-Ferrand) André Giraud (Le Caillou) Jean-Pierre Gorphe (Moulin Vieux) Pierre-Gilles Gromand (Lamarque) Claude Guinjard (Roquebrune) Jean-François Janoueix (Croix-Toulifaut) Louis-Gabriel de Jerphanion (Moncets) Jean-Pierre Lallement (Thuron) Famille Lamothe (Haut-Bergeron) Jean-Michel Lapalu Bernard Laydis (Roc de Calon)

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Le Top Vignerons 2013
Famille Le Menn (Haut-Saint-Clair) Famille Leydet (Valois) Famille Lévêque (Chantegrive) Famille Lignac (Guadet) Henri Lurton (Brane-Cantenac) Bernard Mallet (Haut-Macô) Famille Marin (Canon-Chaigneau) Famille Marque (Puyfromage) Alain Moueix (Mazeyres) Christian Moueix (Magdelaine) Jean-François Moueix (Petrus) Patrice Pagès (Fourcas-Dupré) Famille Ouzoulias Famille Pedro (Le Meynieu) Pascale Peyronie (Fonbadet) Henri Ponz (Berthenon) Serge Playa (Esteau) Famille Pontallier (Laubertrie) Max de Pourtalès (Doyac) Paul Ragon (Le Tuquet) Christiane Renon (La Galiane) Philippe Rivière (Clos des Menuts) Philippe Robert (Tour du Roc) Nicole Roskam (Cantenac) Bruno Sainson (Laroque) Famille Tribaudeau (Mauvinon) Famille Verdier (Brethous) Famille de Vaucelles (Filhot) Maurice Velge (Clauzet) André Vincent (Grand Bos) Thierry Yung (Haut-Calens)

Prix d’Excellence
Famille Arnaud (Pomys) Famille Arrivet (Génisson) Odile Audier (Grâce Dieu Les Menuts) Famille Avril (Pascaud) Nicolas Bailly (Clos Labarde) Pierre Bonastre (Hennebelle) Famille Boireau (Grands Jays) Famille Bonnie (Malartic-Lagravière) Jean-Marie Bouldy (Bellegrave) Francis Boutemy (Haut-Lagrange) Famille Briolais (Haut-Mousseau) José Bueno (Argilus du Roi) Patrick Carteyron (Penin) Olivier Cheminade (Destrier) Bernadette Cottavoz (Grissac) Sabine Coutreau (David) Jean Crampes (Gayon) Famille Curty (Parenchère) Georges Dadda (Panigon) François Dubrey (Ardennes) Famille Dubois (Orisse du Casse) Jean-Pierre Dubreuil (La Grenière) Famille Dumeynieu (Roumagnac La Maréchale)

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Le Top Vignerons 2013
Henri-Louis Fagard (Cornemps) Roger Fernandez (Gabachot) Yvonne Foucard (Chêne-Vieux) Jean-Paul Garde (Grand Ormeau) Famille Gautey (Masson) Philippe Genevey (La Marzelle) Jacques Goudineau (Tour Saint-Pierre) Richard Grandeau (Lauduc) Famille Labarthe (D’Arricaud) Famille Larrieu (Mailles) Denis Lurton (Desmirail) Marie-Laure Lurton (Tour de Bessan) Dominique Maurèze (Grande-Barde) Famille Méric (Bel-Air) Famille Monmeja (Fourcas-Hosten) Michel Pion (Anniche) Xavier Piton (Belles-Graves) Claude Pourreau (Les Moines) Famille Rabiller (La Peyre) Serge Ravat (Chapelle-Lariveau) Famille Renouil (Brousteras) Dominique Revaire (Valentin) Famille Riffaud (Souley-Sainte-Croix) Philippe Rochet (Rose-Sarron) Gérard Teisseire (Rousset) Famille Warion (Rose-Pourret)

Satisfecits
Fabien Autet (Cassana) Christian Barrère (Enclos Miqueu) Famille Baudouin (Croute-Charlus) Jean-Noël Belloc (Brondelle) Famille Billon (La Garelle) Philippe Bourcier (Haut-Bourcier) Famille Boyreau (Piron) Régis Chevalier (Haut-Cruzeau) Famille Choquet (Lagrange Les Tours) Famille Conte (Plantier Rose) Denis Corre-Macquin (Macquin) Sylvie Courreau-Fompérier (Guillemin La Gaffelière) Françoise Coussié-Giraud (Blancherie) Françoise Decamps (Vieux Montagne) Famille Décombe (La Haie) Famille Demonchaux (Pierrail) François Despagne (Grand-Corbin-Despagne) Famille Delpech (Gadras) Éric Duffau (Belle Garde) Jean Dufour (Simon) Famille Dufour-Landry (Graviers) Alain Dumon (Dumon-Bourseau) Éric Dupuy (Gros Caillou) Famille Hebrard (Graves de la Laurence) Famille Gallier (Reynats) Famille Galineau (Bellevue-Favereau) Pierre Ginelli (Siron) Famille Kressmann (Latour-Martillac)

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Le Top Vignerons 2013
Gaëtan Lagneaux (Petit Bocq) Denis Levraud (Tour de Collin) Famille Loubry (Valguy) François Lurton Didier Meneuvrier (Croix-Davids) Famille Meslier (Raymond-Lafon)) Famille Meunier (Croix Meunier) Famille Michaudet (Clos Bellevue) Famille Moniot (Entre Deux Mondes) Luc Monlun (Chalet de Germignan) Moïse Ohana (Seguin) Famille Plantade (Haut-Plantade) Pascal Pobeda (Farguet) Odette Pommier (Darius) Famille Ponsar-Mahieu (Tour-Marcillanet) Famille Prince (Clos des Prince) Pascal Sirat (Panchille) Jean-Loup Robin (Gontet-Robin) Jean-Claude Rocher (Vieux Château des Rochers) Famille Rouvière (Bernardon) Famille Sendrey (Haut-Claverie) Jean-Luc Soubie (Lisennes) Famille Vachet (Grand Français) Bernard Yaunet (Le Bosquet)

Lauréats
Famille Armellin (Maubats) Famille Arnaud & Marcuzzi (Payre) Famille Augereau (Croix d’Armens) Hubert Baron (Courtade-Dubuc) Famille Baucé (Pré de la Lande) Famille Bideau (Petit Boyer) Marie-Christine Bondon (Pontac-Lynch) Famille Cardoso (Haut-Beynat) Famille Carillo (Caillivet) Dominique Coutière (Fougères) Famille Démocrate (Saint-Amand) Famille Despujol (Prieuré-Marquet) Famille Duwer (Colbert) Sébastien Fraysse (Loirac) Famille Furet (Arbories) Famille Gabin (Haut-Reys) Noëlle Galland (Brague) Olivier Ginelli (Luana) Francis Lamblin (Lamblin) Famille Landry (Saint-Agrèves) Michel Négier (Croix du Trale) Paul-Henry Nerbusson (Lagarde) Famille Ollier (Rose-Brana) Famille Onclin (Branas Grand Poujeaux) Famille Pauvif (Les Graves) Famille Pinaud (Vieux-Busquet) Famille Pradier (Chevrol Bel-Air) Famille Rey (Les Graves d’Ordonneau) Alain Roses (Haut-Bellevue) Famille Rozier (Arras)

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Le Top Vignerons 2013
Famille Vincent (Lamothe-Vincent)

Espoirs
Famille Bernaleau (Mongravey) Famille Bouchon (Haut-Mongeat) Famille Cordonnier (Anthonic) Famille Cruchon (Chantemerle) Famille de Fontenay (Castegens) Famille Godineau (Arnauds) Famille Guironnet (Elixir de Gravaillac) Famille Pauly (La Bouade) Famille Penaud (Bois Vert) Famille Rossignol-Boinard (Abbaye) Alain Tarride (Gravelier)

BOURGOGNE
Prix d’Honneur
Pierre Amiot Michel Ampeau Famille Audoin François Bertheau Denis Blondeau-Danne Famille Capron-Charcousset Bernard Chapelle (Clos Bellefond) Jean-Michel Chartron Michel Chevillon (Chevillon-Chezeaux) Famille Coquard-Loison-Fleurot Gérard Doreau Bernard Dubreuil (Dubreuil-Fontaine) Famille Doudet-Naudin Jean-Marc Dufouleur (Monts-Luisants) Frédéric Esmonin Stephen Gelin Famille Gerbet Dominique Guyon (Antonin Guyon) Famille Jaffelin Famille Jomain François Lamarche Philippe Leclerc Éric Marey (Pierre Marey) Famille Mussy Jean-Marie Naulin Dominique Ugny-Prieur (Prieur-Brunet) Michel Prunier Marie-Ange Robin Jean de Surrel (Rebourseau) Gérard Tremblay Patrick Virely-Rougeot

Prix d’Excellence
Vincent Bachelet Michel Bardet (Albert Grivault) Philippe Billard-Gonnet Étienne Boileau (Chardonnay) René Cacheux

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Le Top Vignerons 2013
Daniel Dampt Jean-Pierre Diconne Alain Geoffroy Jean-Yves Larochette (Pérelles) Roger Luquet Famille Michaut-Audidier (Poulette) Sylvain Mosnier Jean-Paul Paquet Famille Parize Eva Reh-Siddle (Bertagna) Famille Vallet (Pierre Bourée)

Satisfecits
Famille Berthaut Guy Bocard Marc Brocot Jean-Jacques Coudray (Coudray-Bizot) Philippe Delagrange Jean-Jacques Girard Jean-François Glantenet Jean-Pierre Guillemot Olivier Heimbourger Famille Léger-Plumet (Chalet Pouilly) Françoise de Lostende (Vinzelles) Stéphane Magnien Denis Marchand Roland Maroslavac (Maroslavac-Léger) Alain Vignot Famille Vilain (Guette-Soleil) Thierry Violot-Guillemard

Lauréats
Xavier Berger (Berger-Rive) Raymond Boillot (Albert Boillot) Collovray-Terrier Derey Frères Famille Ellevin Peter Gierszewski (Thalie) Famille Gondard (Gondard-Perrin) Christophe Guillo (Meix) Guillaume Guiton (Jean Guiton) Famille Berthaut Erell Ninot Manuel Olivier Famille Pinson Gérard Quivy Famille Vitteaut (Vitteaut-Alberti)

Espoirs
Famille Fèvre Florent Garaudet Famille Julien (Saint-Pancrace) Romuald Hugot (Pisse-Loup)

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Le Top Vignerons 2013

C H A M PA G N E
Prix d’Honneur
Famille Arnould (Ralle) Famille Bara Famille de Billy (Pol-Roger) Famille Cadel (Guy Cadel) Jean-Marc et Céline Charpentier Philippe Cheurlin (De Lozey) Famille Cointreau (Gosset) André Delaunois Michel Drappier Famille Ellner Marie Gillet (Devaux) Famille Gimonnet (Pierre Gimonnet) Famille Gonet (Gonet-Sulcova) Famille Krug Guy Larmandier Famille Legras-Haas Famille Lhopital (De Telmont) Thierry Lombard Bruno Mignon (Charles Mignon) Pierre Mignon Famille Peters Charles Philipponnat Famille Rouzaud (Roederer) René Rutat Érick de Sousa Famille Taittinger Alain Thiénot Maurice Vesselle

Prix d’Excellence
Claude Baron (Baron-Albert) Ignace Baron (Baron-Fuenté) Patrick Boivin (Vincent Astrée) David Bourdaire-Gallois Famille Chiquet (Gaston Chiquet) Famille Coutier Famille Delescot (Brun) Luc Dérouillat Jocelyne Dravigny (De Castelnau) Claude Hamm Michel Labbé Sylvie Lancelot (Lancelot-Royer) Daniel Laurent-Gabriel Famille Margaine Famille Morize Benoist Perseval-Farge Famille Pierrard Daniel Prin Gaston Révolté Bertrand Robinet (Michel Lenique) Famille Royer Pascal Simart-Moreau

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Le Top Vignerons 2013
Michel Turgy Arnaud Vautrain (Vautrain-Paulet) Famille Vollereaux

Satisfecits
Xavier Alexandre Rémi Ariston (Aspasie) Patrick Arnould (Michel Arnould) Pascal Bardoux Alain Bertemes Famille Bourgeois-Boulonnais Daniel Caillez Xavier Charbaut (Guy Charbaut) Étienne Chéré Paul Dangin Philippe Dumont Jean-Pierre Fleury Fleury-Gille Famille Gatinois Michel Genet Famille Geoffroy Pierre Gobillard Famille Goutorbe Famille Grasset-Stern Virginie Huot Cyril Jeaunaux (Jeauneaux-Robin) Famille Laforge-Testa Famille Leclerc-Briant Laurent Lequart Nathalie Michel (Wirth-Michel) Claude Michez Yvon Moussy Jean-Michel Pelletier Olivier Piazza (Beaumont des Crayères) Famille Robert-Allait Famille Ruffin Xavier Thévenet (Thévenet-Delouvin) Famille Verrier

Lauréats
Famille Autréau-Lasnot Claude Baron Alain Bernard Hubert Billiard Thierry Blondel Denis Bonnet-Gilmert Famille Bouché Christophe Boulard-Bauquaire Christian Bourmault Sébastien Bression Alain Brixon (Brixon-Coquillard) Michel Brocard Lionel Carreau Chevrolat Jacques Defrance Stéphane Doussot (Veuve Doussot)

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Le Top Vignerons 2013
Gallimard Père et Fils Philippe Gamet Famille Jacob Lequeux-Mercier Bernard Lonclas Frédéric Maletrez Famille Massin Famille Morel Alexandre Penet Etienne Oudart Franck Malot (Sadi-Malot) Dominique Sendron-Destouches Sourdet-Diot J.-M. Tissier Frédéric Torchet Denis Varnier-Fannière Pascal Walczak

Espoirs
Bliard-Morizet Bonnet-Launois Jean-Yves de Carlini Cuperly Foissy-Joly Lacroix Olivier Marteau Arnaud Robert Jean Velut

J U R A - S AVO I E
Prix d’Honneur
Jean Macle Famille Mollex Jean Perrier

Prix d’Excellence
Alain Bosson Joseph Dorbon Désiré Petit

Satisfecits
Benoît Badoz Famille Dupasquier Denis Fortin Pierre Martin (Pinte) Famille Pignier (Cellier Chartreux)

Lauréats
Famille Labbé Famille Meunier Famille Million-Rousseau Jacques Tissot

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Le Top Vignerons 2013

L A N G U E D O C - RO U S S I LLO N
Prix d’Honneur
Famille Augustin (Fabas) Famille Birot (Saint-Martin-des-Champs) Marie-Geneviève Boudal (Peyregrandes) Famille Chamayrac (Mire-L’Étang) Famille Gualco (Étang des Colombes) Aimé Guibert (Daumas-Gassac) Famille Laboucarié (Fontsainte) Famille Laburthe (Pépusque) Hervé Levano (Casa Blanca) Pierre Martinolle (Martinolle-Gasparets) Raymond Miquel (Barroubio) Famille Palu (Mas du Novi) Mireille Remaury (Pech André) Laurence Rigal (Grand-Caumont) Alain Rogier (Cave Roquebrun)

Prix d’Excellence
Jérôme Bertrand-Bergé Famille Bourgne (Madura) Jean-Noël Bousquet (Grand Moulin) Véronique Cuculière (Mingraut) Famille Fabre (Anglès) Famille Knysz (Karantes) Famille Mégé (Reynardière) Famille Pacaud-Chaptal (Croix Chaptal) Famille Pagès (Clotte-Fontane) José Pujol (Mas Rous) Famille Quincarlet (Familongue)

Satisfecits
Roger Bertrand (Longueroche) Famille Blanc (Saint-Firmin) Famille Carrère (Prieuré-Borde-Rouge) Famille Contrepois (Grand-Guilhem) Famille Coste (Costeplane) Patricia Domergue (Clos Centeilles) Pierre Escudié (Nidolères) Famille Greuzard (Herbe Sainte) Famille Hebraud (Villemagne) Sabine Le Marié (Serres) Philippe Modat (Modat) Philippre Nusswitz Jean-Baptiste Peitavy (Mairan) Famille Pietri-Giraud (Pietri-Giraud) Jean Plantade (Entretan) Fammi Quartironi (Pradels Quartironi) Guy Ratier (Vieille) Laurent Savi (Natura) Famille Serris (Pique Perlou) Famille Vogel-Hürlimann (Bourdic)

Lauréats
Famille Balaguer (Esperet)

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Le Top Vignerons 2013
Famille Coste (Montrose) Famille Champart (Champart) Jean-Christophe Granier (Grandes Costes) Luc Lybaert (Lous Grezes) Jean-François Orosquette (La Grave) Famille Panman (Rives-Blanques) Michel Raynaud (Saint-Michel les Clauzes) Famille Saint-Germain (Aurelles) Famille Sauvaire Famille Viudes (Rencontre)

Espoirs
Gontran Dondain (Cabezac) Peter Riegel (Quernes)

PROVENCE-CORSE
Prix d’Honneur
Famille Biancone (Rasque) Michel Bronzo (Bastide Blanche) Famille Bunan Jean-Louis Charmolüe (Romanin) Georges Delille (Terrebrune) Jean-Luc Dumoutier (Olivette) Claude Jouve-Ferec (Lafran-Veyrolles) Baronne de Montrémy (Fontlade) Michel Raoust (Maestracci) Famille Tyrel de Poix (Peraldi) Famille De Wulf (Jas d’Esclans)

Prix d’Excellence
Jean-François Brando (Fontcreuse) Famille Colomb (Oullières) Jean-Louis Monzat (Cabran) Famille Nicoletti (Toasc) Famille Sicamois (Vallons de Fontfresque)

Satisfecits
Ludovic de Beauséjour (Berne) Laurent Bologna (Tournels) Famille Boucher (Granajolo) Julien Castell (Cadtell-Raynouard) Famille Devictor (Sanglière) Famille Di Placido (Loou) Michel d’Espagnet (Pourcieux) Hélène Dragon (Jacourette) Famille de Fresne (Jasson) Jean-Louis Masurel (Trians) Roland Mistre (Grand’Vigne) Michèle Nasles (Camaïssette) Guillaume Reynier (Val de Caire) Charles Rouy (Ollières) Famille Rozan (Bargemonne) José Salinas (Sauveuse) Thierry Simon (La Chrétienne) Famille Sumeire

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Le Top Vignerons 2013
William Wemyss (Rimauresq)

Lauréats
Pierre Audemart (Giscle) Philippe Austruy (Peyrassol) Claudine Boidron (Lafoux) Eric Boisseaux (Vannières) Serge Davico (Terre de Mistral) Famille Double (Beaupré) Famille Escoffier (Evesque) Famille Garcia (Cancerilles) Christian Imbert (Torraccia) Famille Léonetti (Valcolombe) Famille Limon (La Jeannette) Famille Nivière (Trois Terres) Famille Roubaud (Nestuby)

Espoirs
Magali Laget (Rouillère) Sylvain Massa (Font du Broc) Marie-Brigitte Poli (Teddi)

PÉRIGORD-SUD-OUEST
Prix d’Honneur
Philippe Bernède (Coutale) Denis Capmartin (Barréjat) Annie Caussé (Bouscaillous) Famille Chigé (Cru Lamouroux) Famille Couture (Eugénie) Françoise Dartigalongue Agnès Gervais (Pialentou) Famille Loisy (Péroudier) Jacques Mournaud (La Plante) Mogens Olesen (Lécusse) Pierre Philippe (Vignerons de Buzet) Jean Sentille (Pichard) Famille Vigouroux (Mercuès)

Prix d’Excellence
Famille Borderies (Bourguet) Famille Delpech (Lavaur) Luc Luyckx (Famaey) Germain Lescombes (Paillas) Jacques Maumus (Cru Paradis) Michel Monbouché (Ladesvignes) Famille Pieron (Bovila) Famille Ressès (Caminade) Pierre Sadoux (Court-les-Mûts) Éric Swenden (Gautoul)

Satisfecits
Famille Castaing (Moulin-Pouzy) Famille Dalbavie (Voie Blanche) Famille Dimani (Bout du Lieu) Doriane Dublanc (Haut-Fongrive)

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Le Top Vignerons 2013
Olivier Faurichon de la Bardonnie (Laroque) Maradenne Guitard (Nozières) Jean Labroue (Roches) Éric Lépine (Rhodes) Antonin Nicollier (Pouyardin) Marc Penavayre (Plaisance)

Lauréats
Famille Brana Antoine Ferreti (Adélaïde) Famille Fitte (Herrebouc) Jacques Guérin (Mille Vignes) Marc Labat (Rousse) Famille Netillard (Dhoste-Chevalier) Famille Vergniaud (Croix du Breil)

Espoirs
Famille Baudel (Passelys) Famille Molle (Moulins de Boisse)

VA L D E LO I R E
Prix d’Honneur
Jacques Beaujeau (Varière) Nicolas Brock (Sarry) Robert Chéreau Claude et Jean-Marc Chevreau Patrick Coulbois Pierre Couly André Dezat Laurent Dézé (Petite Chapelle) Jean-Marie Dozon Famille Dumange (Clos de L’Épinay) Famille Duveau (Guilloterie) Pascal Gitton Alain Gourdon (Beauregard) Famille Gouron Famille Jamet (Vigneau) René Lamothe (Trottières) Jean-Marie Leblois Famille Malbète Jean-Christophe Mandard Patrice Monmousseau (Bouvet-Ladubay) Michel Morilleau Henry Natter Famille Pabiot Édouard Pisani-Ferry (Targé) Famille Poiron (Poiron-Dabin) Jean-Max Roger Famille Sourdais (Bouchardière) Jean-Jacques Teiller Marc Vincent (Paleine)

Prix d’Excellence
Thierry Amirault (Clos des Quarterons) Francis Blanchet

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Le Top Vignerons 2013
Jean-Charles Borgnat (Commanderie) Famille Champeau Famille Chéreau (Coing Saint-Fiacre) Famille Couly (Couly-Dutheuil) Bruno Denis (Renaudie) Christophe Denoël (Caves Pouilly) Lionel Gauthier-Lhomme (Viking) Famille Landrat-Guyollot Catherine Nolot (Rochettes) Famille Petiteau-Gaubert (Tourlaudière) Alexandre Monmousseau (Gaudrelle) Marie-Pierre Raffault Famille Ratron (Clos Cordeliers)

Satisfecits
Famille Aubert Patrice Barc Famille Barillot Frédéric Bourillon Famille Brocourt Famille de Cenival (Chesnaies) Famille Charbonnier Famille Dagueneau (Dagueneau et Filles) Régis Dansault (Ouche-Gaillard) Famille Davault (Chaise) Catherine Dhoye-Deruet (Fontainerie) Famille Le Fournis (Hauts-Perrays) Joël Gigou Famille Gilbon (Beaurepaire) Vincent Grall Mickaël Hardouin (Clos Maurice) Etienne Jadeau (Gauterie) Gilles Luneau (Elget) Henry Marionnet (Charmoise) Famille Neveu Patrick Noël Daniel Reverdy Famille Rezé (Jarnoterie) Marc Rideau (Amandiers) Famille Rochais (Plaisance) Jean-Marie Rouzier (Géleries) Anne-Cécile Roy Jean-Philippe Thomson (Bidière)

Lauréats
Thibault Bizet Famille Bonnard (Congy) Famille Bouchié-Chatellier Famille Le Capitaine Emmanuel Charrier (Epineau) Famille Chesneau Famille Denis (Petit Clocher) Famille Dinocheau Famille Drussé Christelle Dubois Famille Fouassier

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Le Top Vignerons 2013
David Girard (Champarlan) Famille Jardin (Maisons Rouges) Famille Laurent Famille Luneau (R de la Grange) Jean-François Maison Famille Ménard-Gaborit Philippe Pain (Commanderie) Famille Pichet (Petit Bondieu) Pierre Picot (Chaillot) Yves Provost Famille Raimbault (Pré Semelé) Famille Sauvaget (Topaze) Famille Rebeilleau (Raynières) Famille Roblin David Sautereau Famille Sauvaget (Topaze) Loïc Terquem (Folie Lucé) Famille Verdier (Oiselinière) Thierry Veron

VA LL É E D U R H Ô N E
Prix d’Honneur
Jean Abeille (Mont-Redon) Denis Alary Jean-Jacques Dost (Cave Rasteau) Louis Drevon Christian Gély (Champ-Long) Famille de Menthon (Redortier) Pierre Pastre (Fortia) Françoise Simon (Moulin Pourpré) Théo Théodosiou (Cave Visan) Famille Valayer (Deurre)

Prix d’Excellence
Famille Arnoux Famille Brun (Juliette Avril) Famille Levet Jean-Pierre Margan (Canorgue) Famille Mathieu Famille Mendez (Beauvalcinte) Robert Niéro

Satisfecits
Pierre Amadieu Daniel Archambault (Croix Blanche) Famille Archimbaud-Vache (Clos des Cazeaux) Michel Bouyer (Mereuille) Famille Chamfort (Verquière) Famille Cellier (3 Cellier) Famille Fabre (Tour Saint-Michel) Famille Gaspari (Côte de l’Ange) Famille Granget (Jas des Papes) Famille Jaboulet Cyril Marès (Bressades) Famille Martin

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Le Top Vignerons 2013
Famille Monteillet (Montine) Jean-Yves Perez (Obrieu) Famille Perveyrie (Clos Saint-Pierre) Fabrice Rousset (Château-vieux) Famille Théric (Puy des Arts) Jean-Claude Vidal (Banneret) Bernard Viguier (Mayol)

Lauréats
Jean Beaumont (Faucon Doré) Famille Biscarrat (Jonquières) Famille Cruzel (Aure) Famille Duclaux Paul-Henti Fabre (Coccinelles) Famille Folléa (Tara) Alain Grangeaud (Amouteuses) Famille Gontier (Camarette) Famille Lambert (Pasquier) Christian Leperchois (Carabiniers) Famille Lépine (Bizard) Famille Monod (Fontvert) Christèle Plantevin (Gayère) Famille Prunet (Coste du Puy) Famille Vergobbi (Baron d’EScalin) Famille Versino (Bois de Boursan) Christian Vœux (Amauve)

Espoirs
Famille Chaudière (Pesquié) Famille Chouvet (Fontavin) Catherine Desbois (Enchanteurs) Famille Lombard (Peylong) Vincent Moreau (Galuval) Famille Richard

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Le point sur les millésimes

Le point sur les millésimes
Brigitte Dussert : Faisons un tour de France, pour développer la spécificité de chaque millésime, selon les régions... L’Alsace ? Patrick Dussert-Gerber : En Alsace, les 2011, 2010, 2009 sont très prometteurs, le millésime 2008 est nettement plus réussi que le 2007, particulièrement difficile (il y a de rares exceptions), les 2006, 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003, plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2007, 2006, 2004, 2001, 2000, 1997 ou 1989). Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins trop souples, avec trop de sucrosité, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Un Riesling, un vrai, doit être sec et vif. Brigitte Dussert : Je sais que vous êtes fidèle à la région beaujolaise... Patrick Dussert-Gerber : C’est vrai que je n’apprécie pas que des “confrères” parisiens ou étrangers médisent sur la région sans n’y rien connaître. Notre rôle n’est pas d’enfoncer une appellation ou un vigneron pour se faire mousser dans un salon ou lors d’un dîner. Nous avons -surtout- un rôle de prescripteur, dans le sens noble du terme grec. En Beaujolais, pour les crus, les 2010 et 2009 sont remarquables, le 2008 correct, le 2007 a été très difficile à maîtriser, le 2006 est excellent, le 2005 très typé, le 2004, un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. On se doute qu’un Saint-Amour ne doit pas ressembler à un Morgon, et c’est très bien ainsi. Brigitte Dussert : Venons-en aux vignobles de Bordeaux.. Patrick Dussert-Gerber : J’adore les vins du bordelais, c’est certainement la raison pour laquelle je suis si déçu quand je débouche des bouteilles qui feraient honte à ceux qui m’ont appris le vin : Émile Peynaud ou Jacques de Loustaunau de Guilhem, grandissimes œnologues. Et puis, je n’oublie pas les vraies figures bordelaises qui manquent tant à la région... Globalement, les meilleurs à boire actuellement : 2007, 2006, 2004, 2002 et 2001. Ceux qu’il faut attendre : 2010 (le top des tops), 2009, 2008 (plus délicat), 2005. Le plus décevant : 2003. Si l’on entre dans le détail, il y a une différence entre les vins de la rive droite (Libournais) et ceux de la rive gauche (Médoc et Graves). On retrouve des “paires” de millésimes où la qualité est inversée : le 2005 est bien meilleur que le 2006 à Saint-Emilion et c’est le 2006 qui prime en Médoc. Il y en a d’autres.
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Le point sur les millésimes

- Dans le Médoc, lisez sur les 2010, 2009, 2007, 2006, 2004 et 2002 (supérieur au 2003), voire 2001, très classiques, et faites-vous plaisir avec les 1999, 1997, 1996 ou 1990. La priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour les 2007 et 2005. - Pomerol. Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2010, 2009, 2007, 2006, 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002, peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000 parvient à maturité. Plus anciens, les grands font la différence, comme le 1995, voire le 1990. - À Saint-Émilion, le 2007 est très classique et charmeur. Beaux millésimes 2010, 2009, 2008 (un ton en-dessous), 2006, 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2005 et 2003. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Débouchez les millésimes 2000 à 1990 en ce moment, et notamment le grandissime 1995. Certaines bouteilles de 1994 et 1993, notamment, sont surprenantes d’évolution. Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Certains se flattant ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de SaintÉmilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix. Brigitte Dussert : Vous habitez dans le vignoble des Graves, que vous connaissez comme votre poche... Patrick Dussert-Gerber : Depuis trente ans, j'ai suivi, en effet, les achats, les extensions, les frimes, les camions déversant des galets, admiré, cotoyé et sympathisé avec des “figures” exceptionnelles : Patrick Ricard à Chevalier, dont Olivier Bernard a suivi les traces avec talent, Jean Sanders à Haut-Bailly (on avait le même club d'aviation, à La Réole), Antony Perrin (Carbonnieux, "pied-noir" comme moi, ce qui nous a toujours rapproché), la famille Marly (anciennement Malartic-Lagravière), Gérard Gribelin (Fieuzal, parti se faire plaisir au Maroc), François Lévêque (Chantegrive), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, aujourd'hui à Montrose, son fils, Jean-Philippe, ayant repris sa suite à Haut-Brion)..., constaté avec rage -ou ironie- des plantations de vignes dans des territoires sans intérêt, où le maïs pousserait aussi bien (je connais, il en pousse, chez moi). Du plus grand vin au plus abordable, on savoure donc, du nord au sud de cette entité des Graves, une variété importante de styles de vins. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2010 à 2001, confirment mon
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Le point sur les millésimes

Classement, les valeurs sûres, où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, et à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité, notamment dans le millésime 2005, pour les rouges, où l’on peut tomber sur une véritable “confiture” au détriment de l’élégance. Les blancs 2010, 2008, 2006, 2005, 2004, 2001, 2000, 1998 ou 1997 sont excellents. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés, si l’on frappe à la bonne porte. Brigitte Dussert : Et les appellations des Côtes ou Bordeaux Supérieur, pour lesquels vous avez tenu à créer des Classements, pour récompenser les efforts des hommes ? Patrick Dussert-Gerber : Dans ces appellations de Côtes, on peut acheter les millésimes 2010 à 2000, avec l’opportunité des excellents 2007 et 2006, même s’il y a de tout, de grands vins racés et d’autres cuvées issues de vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Les meilleurs vins se trouvent à Bourg et à Blaye, et les rares valeurs sûres des Premières Côtes sont incontournables. Castillon fait souvent des vins plus “modernes”. En Bordeaux Supérieur, les dégustations des millésimes 2010 à 2006 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 2001, 2000, ou 1996, excellents actuellement. Brigitte Dussert : Et Sauternes, votre pêché mignon ? Patrick Dussert-Gerber : J’avoue un faible, en effet, pour les vins liquoreux. Mais je me fais autant plaisir, sans jamais les comparer, avec un Bonnezeaux, un Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles ou un Vin de Paille. À Sauternes, il y a des styles de vins qui me séduisent plus que d’autres. Je privilégie la finesse au côté sirupeux, préfère la fraîcheur à la liqueur. Ici, le millésime 2007 est formidable, le 2011, aussi), dans la lignée du 2001. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 1999 ou 1998 sont de toute beauté. Les 2006 et 2003 sont réussis, les 2005 et 2003 certainement moins typés. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 1996, 1995 ou 1989, où l’on atteint le grand art. L’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération. Brigitte Dussert : La Bourgogne vous est aussi très chère, non ? Patrick Dussert-Gerber : C’est, depuis mes débuts, la région où j’ai le plus de plaisir à séjourner. J’aime la grande simplicité des Bourguignons, leur chaleur humaine et leur fidélité.
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Le point sur les millésimes

Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des soussols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. J’apprécie ces vignerons talentueux et passionnés, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent justifiés, même s’ils remontent. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle. En Bourgogne, grandissimes 2010 et 2009, un 2008 relativement convaincant, le millésime 2007 est très réussi, très minéral, en blanc (très beaux Chablis) comme en rouge, ces derniers largement supérieurs au 2006. Les millésimes 2008, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 1999 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, dans la lignée du 2000, dans les deux couleurs, qui côtoie donc un 2003 atypique, comme le grand 2005, qui demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 1999, 1995 ou 1989, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 1999, 1997, 1989 ou 1985. Brigitte Dussert : Et le Champagne ? Patrick Dussert-Gerber : Mon Classement est beaucoup remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade et d’autres qui font l’inverse… Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence. Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement
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une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle. Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne comme de la lessive… Il y a de très belles bouteilles millésimées 2007, 2004 ou 2002 (les 2005 et 2003 moins passionnants, un peu trop “rôtis”) et certains vieux millésimes (1998 et 1995, notamment) sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables vins, millésimés ou non, à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le succès -mérité- de la région. Brigitte Dussert : Le Languedoc vous rend toujours dubitatif... Patrick Dussert-Gerber : On va se contenter des producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un bien beau rapport qualité-prix. Je le rappelle, gare à ceux qui nous font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade, où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?), la réglisse (on n’est pas loin de l’écœurement)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin. Concernant les millésimes, en Languedoc, les grands 2010 et 2009 sont à attendre, les 2008 à 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux. Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains,
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l’exagération des prix et des renommées bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches. Brigitte Dussert : En Provence, les trois couleurs vous séduisent régulièrement... Patrick Dussert-Gerber : Les Bandol sont des vins formidables. Issus principalement du fabuleux cépage que peut être le Mourvèdre (qui apporte bouquet, corps et rondeur), les rouges de Bandol peuvent être exceptionnels. Amples, élégants, puissants, gras et très aromatiques, ils donnent toute leur véritable mesure après quelques années de vieillissement. Ceux-là bénéficient d’un excellent rapport qualité-prix. Les rosés font aussi partie des meilleurs vins de France. Juste à côté, Cassis, avec ces blancs, des rosés et des rouges, qui profitent d’un climat exceptionnel et de la bienveillance du mistral qui nettoie les vignobles et leur fournit chaque année des températures quasiment invariables. L’influence des millésimes est en effet beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série, de 2011 à 2003 (le 2002 étant nettement en-dessous). Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin. Les Coteaux-d’Aix-en-Provence et les Coteaux Varois ont aussi fait beaucoup de progrès, tout particulièrement en rosés. Entre des reliefs constitués de chaînons parallèles au littoral, s’étendent des bassins sédimentaires où s’est concentrée l’activité viticole. L’appellation s’étend sous un climat de type méditerranéen, avec pour vent dominant le mistral, qui permet à la région de bénéficier d’un ensoleillement moyen de 2 900 h par an. Les sols sont argilo-calcaires caillouteux, sableux, souvent graveleux sur molasses et grès, et caillouteux à matrice argileuse ou limono-argileuse. Et les terroirs ont aussi leur importance, ici. En Côtes-de-Provence, le vignoble prend naissance dans les Bouches-du-Rhône, au pied de la montagne Sainte-Victoire. Accroché aux flancs de coteaux sur des “restanques”, ces terrasses aménagées par l’homme, ou bien isolé au milieu des pinèdes, et bénéficie de sols généralement pauvres en humus, perméables et caillouteux. Mais, évidemment, il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse, qui mérite d’être respectée à part entière. Brigitte Dussert : Vous avez plus de réticence avec le Sud-Ouest ? Patrick Dussert-Gerber : Peu de vignerons semblent motivés et intéressés par envoyer leurs échantillons, tout spécialement en Bergerac, Jurançon, Madiran et Gaillac, et je comprends mieux pourquoi on n’entend de moins en moins parler de ces vins. Chacun fait ce qu’il veut, et il ne me semble pas nécessaire de faire le voyage à sens unique. On peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse
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de prix totalement incautionnable. Je me méfie des cuvées et des communications spéciales Malbec, qui mettent trop le cépage en avant, et de quelques vins de mode dans cette région où les cépages et les sols ont une véritable influence, une véritable présence historique. Ne vaut-il pas mieux montrer sa propre personnalité quand on en a comme c’est le cas à Cahors ou à Madiran ? À quoi bon avoir des cépages de caractère comme le Tannat, le Cot, la Négrette ou le Gros Manseng si c’est pour “lisser” les vins et les dépersonnaliser au point que l’on ne sait plus ce que l’on goûte ? La complexité des terroirs et des climats est pourtant bien réelle dans la région, et prouve que l’on ne fait pas la même qualité, selon les aléas de la nature, au fin fond du Béarn ou dans le Lot. C’est ce qui compte, et crée la typicité. Particulièrement à Cahors ou à Madiran, mais aussi dans l’ensemble de ce grand vignoble, les millésimes 2010, 2009, 2008, 2006, 2005, et 2001 sont des réussites, le 2007 se goûte bien. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 1999, 1995 ou 1990) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2007, 2004, 2000, 1995 ou 1990). Pas fana des “microcuvées” (en Bergerac, à Cahors, à Monbazillac...), pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachant ici à élever des vins racés. Brigitte Dussert : Vous avez débuté dans la Loire... Patrick Dussert-Gerber : Et j’ai toujours soutenu ces vignerons de Sancerre, de Touraine, d’Anjou ou de Saumur, où j’ai un bon nombre d’amis. Les vins de la région possèdent deux atouts considérables : un rapport qualité-prix exceptionnel et une complexité due bien sûr à ces sols différents, les uns plus spécifiques que les autres. J’aime retrouver ces hommes et ces femmes qui s’attachent à défendre leur personnalité. En Anjou-Saumur, peu d’autres vins peuvent copier les meilleurs crus de la région, marqués par ces sols de tuffeau ou de roche calcaire en parfaite osmose avec les cépages Cabernet franc et Chenin, le premier s’épanouissant sûrement le mieux ici, dans cette région où il fait bon s’octroyer quelques étapes gourmandes et historiques. De Champigny à Beaulieu-sur-Layon, du Puy-Notre-Dame à Parnay, la région est riche en terroirs et en saveurs, avec des blancs très séduisants, des rouges puissants et colorés, au nez de violette comme ceux de Saumur-Champigny. Il suffit aussi de goûter un Sancerre Les Belles Dames et un autre Les Romains, un Quincy ou un Pouilly-Fumé silex pour s’ assurer de la typicité des vins. Cela fait donc du bien de “sentir” la puissance des terroirs et permet de renvoyer au jardin d’enfants les vins qui poussent partout et les producteurs qui croient encore qu’il suffit de planter un cépage pour obtenir un grand vin… À Quincy comme à Pouilly, à Chinon comme à Monlouis, en Muscadet comme à Menetou-Salon, la région fourmille de vins qui possèdent une typicité exacerbée. Les cépages Chenin ou Sauvignon, pour les blancs, savent en effet se marier parfaitement avec ces sols de silex, d’argiles ou de marnes, et produit une typicité propre. Un bon nombre de propriétaires sont présents dans mon Guide depuis longtemps, ce qui prouve leur grande régularité qualitative. Il y a de grandes choses en 2011, 2010 et 2009, le millésime 2008 est particulièrement réussi, même si, parfois, les quantités sont très faibles. Le 2007 est très diffi37

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cile en rouges en Touraine comme en Anjou, et c’est la raison pour laquelle les rosés -eux- sont particulièremernt savoureux. Les blancs 2007 sont dans la belle lignée des 2006, et la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur, et des millésimes comme les 2004 ou 2002 se goûtent très bien actuellement. Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon, Bonnezeaux ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 1998, 1995). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003, 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2007, 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005, assez typé, très intéressant. Brigitte Dussert : Un tour de France qui se termine par la Vallée du Rhône... Patrick Dussert-Gerber : Voilà un autre bel exemple de la race des terroirs, non ? Prenez Châteauneuf-du-Pape où le terroir se caractérise principalement par un sol extrêmement ingrat composé de gros galets roulés, amoncelés autrefois par le glacier du Rhône, qui fournissent à la vigne des conditions exceptionnelles de maturation en lui renvoyant pendant la nuit l’intense chaleur qu’ils ont emmagasinée pendant le jour. Les vins blancs offrent un bouquet floral duquel s’échappent des parfums de fleur de vigne, de lis ou de narcisse. Les rouges sont de couleur intense, puissants, de garde, et n’ont pas besoin d’artifices œnologiques pour être au sommet. Mais la richesse de la région, ce sont aussi les appellations moins connues qui bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité formidable : Rasteau, Beaumes-de-Venise, Visan, Vinsobres, Cairanne... Pour les millésimes, les 2010 et 2009, puis le bon 2008, le 2007 est remarquable ici, peut-être supérieur au 2006. Les 2005 et 2003 sont très mûrs, le 2004 très classique, très réussi, le 2002 très difficile à maîtriser, et Il faut prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 1998, 1995 ou 1990.”
© MILLESIMES

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La vraie carte des millésimes :
la Vintage Code ©
Comment lire ce tableau
Qu’est-ce qui la différencie de la multitude des autres cartes où les étoiles se mélangent aux notes ? Deux choses : La première c’est la rigueur, la sévérité même avec laquelle j’ai noté la qualité intrinsèque des millésimes, c’est-à-dire de la vendange. C’est la note du bas, en noir. La seconde chose, le “plus” de la Table Vintage Code, c’est sa seconde note (celle du haut, en bordeaux). Pour la première fois au monde, j’ai fait entrer un paramètre primordial : la valeur de la dégustation actuelle de chaque millésime ! Pour 2012, c’est bien entendu une estimation de la qualité de la vigne qui est prise en compte, au moment où je “boucle” mon Guide, début Juillet. Cette note est donc appelée à évoluer et à s’affiner selon les conditions climatiques des mois qui précèdent les vendanges.

Comprendre l’évolution
Pour les vins, en effet, la qualité du millésime n’est pas suffisante en soi, c’est son devenir, son potentiel qualitatif, dans le temps, qui importe le plus. Il y a toujours un moment où les vins sont bons dans leur cycle de vie, Il n’y a pas de mauvais millésimes, il n’y a que des millésimes «délicats»! Chaque année, cette note change, et il s’agira donc de noter, différemment ou non, selon l’évolution des vins, leur réelle valeur du moment. Prenons des exemples : À Bordeaux, le millésime 2008 – que j’ai noté 17 en valeur intrinsèque – est un grand millésime, très classique, encore austère, dans la lignée du 1998. Aujourd’hui, ce millésime se goûte difficilement. Dans la Vintage Code 2010, j’ai donc noté un 12 sur 20, qui signifie que ce millésime peut vous procurer du plaisir, mais qu’il vaut mieux attendre encore un peu, car il a, normalement, un réel potentiel de garde. Autre exemple : toujours à Bordeaux et pour les vins rouges, le millésime 2004 est un millésime dont on parle peu. En valeur intrinsèque du millésime, j’ai noté 16 sur 20. Par contre, ce millésime se goûte très bien actuellement et permet d’attendre les millésimes plus “fermés” (2005 ou 2002), et je lui ai donc mis 19 sur 20. Voilà tout l’intérêt de cette seconde note, celle de la valeur en dégustation actuelle. Grâce à elle, immédiatement, nous pouvons savoir quels sont les millésimes les meilleurs cette année, ceux qu’il faut attendre, ceux qui sont tombés. Pour les amateurs, les consommateurs, comme pour tous les professionnels (propriétaires, acheteurs, restaurateurs, cavistes…), c’est un véritable outil de travail qui permet de mieux choisir un vin, un millésime sans risque de se tromper.
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La vraie carte des millésimes: la Vintage Code ©

Vintage Code ©
Légende
v Notes en bordeaux (en haut) : valeur en dégustation actuelle sur 20. v Notes en noir (en bas) : valeur intrinsèque du millésime (vendange) sur 20.

VINTAGE CODE 2013 ©
BORDEAUX ROUGES BORDEAUX BLANCS BORDEAUX LIQUOREUX BOURGOGNE ROUGES BOURGOGNE BLANCS BEAUJOLAIS PROVENCE LANGUEDOC ET VALLÉE DU RHÔNE ALSACE (et liquoreux) VINS DE LOIRE (et liquoreux) SUD-OUEST (et liquoreux) CHAMPAGNE (millésimés)
* 2012 : Estimation au mois de juin 2012 de la qualité de la vigne, et non des vins (à confirmer), basée sur la qualité de la floraison et les conditions climatiques à ce moment..

2012* 2011 2010 2009 2008 2007 2006 12 * 10 19 18 12 15 16 16 17 14 16 17 16 15 17 17 16 17 18 15 17 17 16 16 18 * * * * * * * * * * 19 18 18 19 19 19 19 19 19 19 18 13 10 11 17 14 12 13 14 12 * 18 18 19 16 18 16 16 16 16 15 19 15 11 14 16 14 12 14 14 14 * 17 15 17 17 18 16 17 13 13 14 17 12 10 13 15 15 14 11 14 14 * 16 18 19 16 18 16 16 16 16 15 16 18 18 19 16 16 17 16 13 17 12 16 18 17 16 18 16 16 16 16 15 16 17 15 14 13 14 17 14 13 17 16

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La vraie carte des millésimes: la Vintage Code ©

Vintage Code ©
*:
Dégustation délicate, vin trop jeune pour être noté en phase de maturité
: Bouteilles à consommer, donnent tous leurs arômes. : Bouteilles à laisser vieillir en cave, leur bouquet est fermé : Bouteilles à commencer à boire, leur bouquet est fondu,

2005 2004 15 19 19 18 19 19 18 19 18 19 18 18 14 13 12 17 15 14 15 15 14 15 16 17 16 15 16 15 16 16 16 16 15

2003 2002 2001 2000 1999 1998 18 12 19 18 17 19 16 16 17 16 16 18 16 16 16 15 16 15 13 10 14 16 12 11 11 14 11 16 14 17 14 15 18 14 14 16 14 15 14 16 12 19 18 11 9 10 11 12 19 16 18 17 16 15 15 15 16 15 15 16 16 19 18 15 11 19 17 16 14 18 12 17 18 17 16 17 17 17 16
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Température de dégustation (Degrés °C) 15/16° 10/12°

15 12 18 12 11 12 11 16 12 18

15 11 15 16 16 11 14 15 15 14 15 18 14 16 15 16 15

15 19 16 14 15 16 14 15 15 14 15 15 18 13 17 15 15

10 18 17 17 18 16 17 18 18

8/10°

14/15°

11/13°

11/13°

14°

8/10° B : 8/10° R : 11/13° 14/15°

7/9°

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Vous pouvez consulter la Vintage Code® et la télécharger gratuitement sur www.millesimes.fr ou www.guidedesvins.com
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Une audience mondiale
Patrick Dussert-Gerber sur le Net
“Prendre pied sur internet dès 1998 était pour le moins ambitieux, sans doute pourrait-on même dire «visionnaire» rétrospectivement. L’essor qu’allait connaître Internet durant les douze années qui se sont écoulées ne peut que confirmer la pertinence de cette orientation. Sous l’impulsion de Patrick DussertGerber, sa société Millésimes n’a eu de cesse de développer ses éditions en ligne, d’en peaufiner et d’en enrichir les contenus. Et tous les indicateurs sont là pour conforter l’éditeur dans sa démarche. Son site Vinovox est d’ailleurs le 1er webvin magazine gratuit et une création unique en son genre.

Retrouvez l’auteur sur Internet
Blog : patrick.dussert-gerber.com - e-mail : dussert@guidedesvins.com Sites principaux : www.guidedesvins.com, www.millesimes.fr, www.vinovox.com, www.vinsdusiecle.com, www.topfrenchwines.com...
Sites Internet © Patrick Dussert-Gerber et sociétés Malta et Millésimes. Tous droits réservés.

- L’indicateur de la « notoriété », démontre l’efficacité des actions entreprises. On mesure cet indicateur particulièrement qualitatif en constatant qu’un site ressort en bonne place (c'està-dire en première page) sur les grands moteurs de recherches. Tapez «Meilleur vin de Bordeaux» et Google vous proposera de consulter le site «vinsdusiecle.com». Tapez «Guide champagne» cela renvoie à «guidedesvins.com», tapez «classement Champagne» et «votrechampagne.com» sera en bonne place dans les réponses proposées par la référence de la recherche sur internet... La présence de ces sites édités par Millésimes est le meilleur témoignage de la reconnaissance par les outils de recherche de la pertinence de leur contenu. plus fort : tapez simplement «Vins» sur Google et vous tombez sur www.guidedesvins.com à la 4e place, en compagnie de l’encyclopédie Wikipédia, devant 15 millions de références ! - L’indicateur de la « visibilité », par ailleurs, complète celui de la notoriété. On s’appuie ici davantage sur des critères quantitatifs : combien de sites internet, combien de pages connues par les moteurs de recherches, pour les sites édités par Millésimes. Avec quelque 200 sites ou blogs et plusieurs dizaines de milliers de pages référencées dans les moteurs de recherche, Patrick Dussert-Gerber est la référence en matière de guides des vins sur internet. Chacune de ces pages est une chance de faire connaître un vin, et celles et ceux qui le font. - L’indicateur de « fréquentation »,enfin, donne un sens aux deux précédents, car il transforme le « potentiel » en lectorat. Avec des milliers de visiteurs quotidiens, les sites de Patrick Dussert-Gerber disposent d’une audience importante, internationale et de qualité. Par exemple, le lecteur de l’ouvrage Millésimes dispose d’un outil complémentaire au service de sa passion, tandis que l’internaute curieux en quête d’informations œnologiques peut découvrir en ligne un condensé de ce que la France vinicole fait de mieux en termes de talent, de typicité et d’authenticité. Il consulte ou achète également directement Millésimes sur Internet, ce qui augmente sa visibilité et son accessibilité. Avec constance, Patrick Dussert-Gerber s’appuie donc sur le média électronique pour établir de nouveaux liens, développer de nouvelles relations, entre l’amateur et le producteur de vins d’excellence. Internet est en effet, au sens propre comme au sens figuré, un média de « liens ». Faire le lien entre des consommateurs avertis et des vignerons d’exception, rendre limpide ses analyses par la mise en place d’un lexique interactif très complet, multiplier les modes de consultation, enrichir au quotidien ses sites Internet d’une information pointue et pertinente, c’est à quoi s’attache, sans relâche, Patrick DussertGerber. Ce qui tenait de la gageure en 1998 est aujourd’hui une réalité. Pas question pour autant de s’assoupir sur le mol oreiller de la réussite, dans son chai numérique, PDG sait préparer Demain : dématérialisation, livre électronique, consultation sur les téléphones mobiles… mais avec la fidélité et la constance envers les principes qui ont forgé sa renommée depuis des décennies : être au service du lecteur, en toute circonstance, et partager sa notoriété, sa visibilité et sa fréquentation, sur internet comme ailleurs, avec les meilleurs producteurs, sans concession.” Pierre Delavaquerie, Consultant internet

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L’éthique du vin
Le milieu du vin possède une éthique. Nous aussi, nous avons une éthique : elle s’exprime au travers de notre respect pour le consommateur, pour nos lecteurs, pour les amateurs, pour les jeunes comme pour les moins jeunes, en sachant bien que l’apprentissage des vins, l’information, demandent du temps, de l’argent, de la patience, de la passion, de l’intérêt. Cette éthique s’exprime aussi en défendant les vignerons passionnés et passionnants. On comprend qu’il y a aujourd’hui deux mondes du vin, deux options : l’une où l’éthique prime, l’autre purement commerciale. D’un côté donc, il y a des marchands ou des opportunistes qui font des vins standardisés ou “putassiers” en prenant les consommateurs pour des idiots. En face, n’importe quel vigneron digne de ce nom, comme un autre artisan, un fromager, un boulanger ou un artiste vous le dira : même si l’on doit en vivre, et donc le vendre le mieux possible, on ne peint pas un tableau pour plaire, on n’écrit pas un roman ou on ne compose pas une œuvre musicale uniquement pour vendre, mais parce que l’on est inspiré et que l’on a des idées et des convictions. Il faut savoir choisir entre le fait d’encenser les vins “dopés” et celui d’aimer les vrais vins, tout simplement, ceux dans lesquels on retrouve aussi bien la force du terroir que la main de l’homme.

Lutter contre la mondialisation du goût
On se bat contre la mondialisation de la “malbouffe”, et pour le vin c’est encore plus fondamental et plus réel. Un vin français ou étranger qui n’est fait qu’à l’aide de vinification ultrasophistiquée n’a aucun intérêt. Quel sens cela a-t-il de ne mettre en avant que le côté technique ? Ce n’est pas un gage de qualité, et encore moins celui de laisser s’exprimer la Nature que d’utiliser à tort et à travers des techniques à manier avec beaucoup de précaution. Certes, les vins ont changé (pas tant que cela, en fait), se sont assouplis, se sont dépoussiérés de leurs mauvais goûts et sont beaucoup plus garants d’une véritable régularité qualitative. Pourtant, celle-ci ne doit pas être, comme se plaisent à le faire certains, l’occasion de dépersonnaliser les crus, de “lisser” les terroirs, sous prétexte de glaner des bonnes notes auprès de tel ou tel “critique” du moment. Un vin digne de ce nom, c’est simplement un vin qui procure du plaisir, un moment où l’esprit et le corps sont en osmose, la même que peut inciter un regard devant toute autre forme de beauté et de création, artistique, philosophique, humaine ou sportive.

Le respect des autres en rejetant l’indécence
En parallèle, on est loin du temps de l’arrogance (voir aussi Introduction Bordeaux). Il faut avouer qu’il devient risible (une sorte de fin de régime) de constater que quelques-uns, qui proposent un vin trop cher, en perte de marché, sont encore dans une démarche où l’on se moque des consommateurs. On voit que certains grands chefs en reviennent (c’est tout à leur honneur) comprenant que l’on ne peut plus, aujourd’hui, continuer de vendre des plats à des prix indécents. Il en va de même dans le vin, à l’exception de quelques très rares bouteilles (une dizaine ?) qui nagent dans un monde de luxe et non plus dans celui de la bouche, là où le prix n’est plus le simple révélateur de qualité. L’époque n’est plus à la frime, et ceuxlà doivent accepter de faire comme les autres, c’est-à-dire de “mouiller la chemise” pour vendre leurs produits. Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques grands crus dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire des soucis. 43

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L’éthique du vin Je connais plus de 3 000 vignerons, dont un bon nombre que je respecte, même s’ils sont absents du Guide. Les producteurs de vin qui ne pensent qu’à augmenter leur prix, à récolter une bonne note en maquillant leur vin, à adapter un vin selon la mode, n’ont aucun intérêt. À quoi bon faire un vin sans plaisir ? Ne vaut-il pas mieux encenser l’effort et le talent que la “gonflette” et la triche ? Quel est le champion le plus estimable : celui qui se “dope” ou celui qui gagne parce qu’il est le meilleur ? Élever un vin, c’est faire preuve d’humilité. L’humilité, c’est une nature, pas un objectif de marketing. Il y a des producteurs de vins très chers qui méritent le respect. D’autres se croient supérieurs aux autres, et le montrent.

Défendre la typicité en rejetant le dopage
Les vins “putassiers” existent toujours car il y a des acheteurs qui se font “bluffer”, mais il y a un revers à la médaille. Le phénomène “vin de garage” se tasse, car l’on se rend compte que ces vins ne tiennent pas la distance. La déception est grande, mais beaucoup plus infime en comparaison de celle d’un consommateur qui a payé une bouteille aujourd’hui sans intérêt à plus de 200 ou 300 e. Si l’on veut être respecté, il faut respecter les autres, en l’occurrence les consommateurs. On fabrique donc (quel autre mot pourrait-on employer ?) ici ou là des vins maquillés, produits comme un drink ou un cocktail. Certains choisissent de faire un vin qui plaît à tout le monde, qui a un goût uniforme, où on se contente de mettre particulièrement le cépage en avant, et c’est bien la preuve que l’on veut escamoter le terroir, ou tout simplement que l’on n’en a pas ! À ce jeu, on ne peut d’ailleurs pas lutter contre les multinationales du vin. Raison de plus pour ne pas le faire. À quoi bon surconcentrer les vins, ajouter des levures aromatiques à outrance, un élevage 100 % (voire 200 %) en barriques neuves quand l’élevage ne doit être qu’un apport, ajouter des copeaux de bois, pratiquer démesurément l’osmose inverse, le micro-bullage ou la microoxygénisation, filtrer de plus en plus… Tout cela dépersonnalise les vins et les « aseptise », ces vins encensés par certains, vendus à des prix inadmissibles grâce à cela, ne valent plus tripette au bout de 3 ans quand on les sert dans un verre. Il y a donc de quoi sourire sur ce phénomène de « vins de mode ». Comme les OGM, il y a donc ces « VVM » (Vins Vinifiquement Modifiés). À prendre avec humour, bien que ce ne soit pas bien drôle. On a donc fait des vins de dopage, un point c’est tout. Cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand-chose si l’on n’a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faite la nature, qui n’a besoin de personne… Un bon vigneron, qui fait un bon vin, n’a pas besoin de se justifier ou de se déjuger. Quand on a chance de pouvoir sortir de son terroir un Sancerre « minéral », un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Sauternes issu du Botrytis… on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, de communiquer, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin, ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. L’usage de la barrique peut être incontestablement un plus, encore faut-il savoir le maîtriser.

La mascarade des concours ou des primeurs
Donner son avis sur un grand cru 2009 de Bordeaux trois mois après les vendanges, ce n’est que de l’esbroufe. On se trouve face à des vins non finis dont le but est de rafler des éloges, des “étoiles”, des notes de “95 sur 100” ou “17 sur 20” (et plus, hélas), uniquement pour pouvoir se vendre vite et cher. Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être abruti par le début de son élevage en barriques ? C’est une mascarade, à laquelle certains critiques qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique même très sérieusement qu’il 44

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L’éthique du vin faudra boire le vin en 2009 ou en 2020. Certains propriétaires feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose. On ne me voit donc pas dans le carnaval des dégustations des “primeurs”, par exemple. Idem pour les “concours” qui mélangent des vins jeunes, français et étrangers, totalement différents, favorisant ainsi les vins de vinification plutôt que le terroir, qui a besoin de temps pour s’exprimer. Pour les sélections de mon Guide, il n’y a pas de dégustations factices ou arrangées : je ne déguste que des bouteilles capsulées afin d’éviter ces trop jeunes cuvées de concours spécialement arrangées pour bien sortir. Sinon, je déguste sur place, au château, directement dans les fûts, au hasard.

L’évolution des vins depuis le premier guide
Le paradoxe (ou plutôt, le fait que le hasard n’existe pas), et c’est une évidence que quelques “dégustateurs” ne peuvent pas assimiler, faute de recul, c’est que les très grands vins, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir. C’est la différence inimitable entre les très grands vins racés et les autres bons vins que ce soit en Bourgogne, à Bordeaux, dans la Loire, en Champagne ou ailleurs. Est-ce les vins ou nous-mêmes qui changeons ? J’ai commencé dans le Val de Loire et il y avait déjà autant de bons vins de Chinon ou de Saumur-Champigny, et les meilleurs producteurs sont souvent les mêmes. Il n’y a plus de mauvais goût, souvent dûs à des mauvaises barriques ou à des raisins peu mûrs, et voilà tout. Le nombre de “marques”, de châteaux, de domaines, a explosé dans ce laps de temps, puisque, auparavant peu de propriétaires vendaient réellement leur production directement. Il ne faut pas faire d’amalgame. La première chose à comprendre, c’est que la consommation a évidemment changé mais, contrairement à ce que l’on peut prétendre, on ne boit pas réellement moins de vin, mais on ne boit plus les vins de bas de gamme, on s’intéresse aux appellations contrôlées, notamment, aux vrais bons vins, à ceux qui ont une “âme”. Les vins sont devenus plus intéressants, on s’informe plus, les consommateurs sont devenus plus matures et s’intéressent plus à ce qu’ils ont dans leur verre (ou dans leur assiette). Les viticulteurs – j’aime mieux le terme de vignerons – ont évolué eux aussi. Ils l’ont fait comme d’autres professionnels dans différents secteurs, commerciaux, tertiaires ou industriels, tout naturellement, en mettant à profit les nouvelles connaissances mises à leur disposition. Les producteurs n’ont pas modifié leur façon de vinifier ou d’élever leurs vins pour faire plaisir aux consommateurs comme le prétendent certains, notamment ceux qui tentent d’imposer un vin standardisé. Il est inexact de dire que l’on produit des vins adaptés au goût des consommateurs. La typicité est au contraire revendiquée.

Le goût du vin
Pour moi, le vin n’a jamais été une boisson. Si l’on a soif, il y a l’eau. Le vin, c’est bien un art à part entière. Nul ne peut apprécier un Picasso ou un Van Gogh, le jazz ou l’opéra, une sculpture, une culture différente de la sienne sans un minimum de connaissance. On ne peut aimer les uns et les autres que si l’on comprend le pourquoi des choses et la passion humaine. Et bien, pour le vin, c’est pareil : il faut expliquer pourquoi un Chinon ne ressemble pas à un Gigondas, expliquer le terroir, le cépage, l’alliance de l’un et de l’autre, il faut expliquer encore que le Cabernet franc est différent du Grenache, et conseiller, c’est fondamental, l’accord des vins et des mets, selon les habitudes régionales, les gens, l’humeur… Ce qui compte, c’est l’originalité. En dégustation, un consommateur doit pouvoir reconnaître un Saint-Émilion, un Châteauneuf-du-Pape de par cette diversité des cépages si bien adaptés aux différents terroirs français. La force du vin, c’est d’être un produit vivant et convivial. C’est donc un art de vivre, celui d’aimer la force de la nature, de rêver en lisant quelques vers de poésie, de partager un nectar, en sachant que la qualité passe par la diversité, que l’extase est la même avec un très grand cru ou un vin modeste, puisque seuls comptent le plaisir de l’instant et celui du goût et du partage. Ce goût du vin, c’est avant tout culturel, c’est une question de 45

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L’éthique du vin mémoire collective avec une histoire, une tradition, ce que ne pourra jamais offrir un vin “fabriqué”, français ou étranger.

Aller sur le terrain, partout
Ma sévérité pour sélectionner des crus se passe sur le terrain. Ma force, c’est ma passion. Je suis autant à l’aise avec un grand “seigneur” médocain qu’avec un viticulteur alsacien qui apporte son vin à la coopérative. Je prends autant de plaisir en débouchant un Cahors qu’un Premier Grand Cru Classé de Saint-Émilion, je partage autant d’affinités avec un vigneron du Beaujolais qu’avec une grande “figure” champenoise. Il y a des vins et des vignerons formidables dans tous les coins de France, et il y a les autres, un point c’est tout. Pour moi, en effet, le choix est vite fait. Je revendique à la fois la subjectivité (qui n’en a pas ?) et l’objectivité (qui peut l’être totalement ?). C’est l’essence même de la nature humaine. On ne voit pas souvent non plus de “dégustateurs” au fin fond de la vallée du Rhône, de la Loire ou de l’Alsace, de la Provence ou de la Bourgogne, un bon nombre se précipitant par contre lors des dégustations de “grands vins”. À croire que, pour eux, les 99 % du vignoble restant n’ont aucun intérêt. Ce n’est pas notre manière d’agir, nous, nous y allons, par respect, pour l’information, pour la curiosité, pour soutenir, pour écouter. Il suffit de questionner les vignerons pour en avoir la preuve. On me voit sur le terrain, et pas seulement dans les grands crus. Qui d’autre va saluer sur place chaque année, un vigneron au fin fond du Béarn ou de Visan ? Qui d’autre se passionne autant pour un Chinon que pour un grand Pomerol, pour un “simple” Bordeaux Supérieur comme pour l’un des plus beaux Meursault ? J’ai la chance d’apprécier sincèrement chaque style de vin, du plus simple au plus grand, sans faire de parallèle ni de comparaison. Je ne suis pas blasé. Pas mon genre de perdre le temps d’un déjeuner avec un propriétaire orgueilleux, mais je suis prêt à m’enthousiasmer pour un vigneron qui a la foi, pour soutenir un autre qui en a besoin, pour prendre le temps de rencontrer ceux qui m’inspirent ou pour “boire un canon” en toute convivialité. À mes débuts, Émile Peynaud, avec lequel j’ai appris pas mal de choses essentielles, avait écrit un formidable livre justement intitulé le Goût du Vin. C’est avec de tels écrits, comme cet autre extraordinaire Histoire de la Vigne et du Vin en France, de Roger Dion, que l’on comprend pourquoi le vin est l’emblème d’une civilisation, celui d’un raffinement et d’une intelligence, celui d’une osmose entre la nature et l’homme. Le vin, c’est une culture, et donc un véritable patrimoine qui vaut la peine d’être défendu. Il faut soutenir le travail des vignerons qui vont dans le même sens, qui partagent cette même éthique, à savoir le respect de la nature, du terroir, de l’homme, et le plaisir du vin. Ils font un vin à leur image et doivent ensuite faire passer leur message auprès des consommateurs en leur démontrant pourquoi leur propre vin est différent de celui du voisin, pourquoi le vin sent la framboise, la griotte, comment s’exprime un terroir de marnes kimmeridgienne à Chablis, de silex dans la Loire, de molasses calcaires ailleurs, de “crasse de fer” dans le Libournais…

Un vin, un vrai
Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir. Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins “modernes” ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70 % de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui “tiennent” autant de pourcentage de fûts neufs. Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100 % en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœurement à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Quel intérêt de boire un vin de Bordeaux qui aurait le même goût qu’un vin du Languedoc, de Chine ou d’Australie. Le vin, ce n’est pas cela, ce n’est pas un jus de bois mais un jus de raisin. Il faut qu’il garde son fruit et de la finesse. Quand on a la chance de pouvoir sortir de son sol un Sancerre “minéral”, un 46

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L’éthique du vin Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Chambertin marqué par la griotte, un Sauternes issu du Botrytis, un Champagne où la craie apporte cette élégance… on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin, ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain. En plus de 30 ans, j’ai donc eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et respecté cette ligne de conduite (elle est naturelle, je n’ai pas à me forcer). On la poursuit donc, en restant fidèle à ceux, les amateurs comme les vignerons, qui sont humbles face à la force de la Nature. Dans toute la France, il y a de grands vins typés, dans toute la gamme, et sans que l’on soit forcément obligé de payer le prix fort pour avoir le meilleur. Le monde du vin est donc aussi celui du rêve et du plaisir, du partage et des rencontres avec des hommes et des femmes attachants et passionnés. Ce sont ceux-là, les vrais, qui comptent et nous apportent cette pluralité qualitative exceptionnelle, à tous les prix, que toute la planète a bien raison de nous envier. Ces vignerons, on aime bien partager un moment avec eux. Ce qui compte, c’est la durée, le respect et la fidélité. Le temps, la continuité, la régularité qualitative sont les seuls critères de jugement auxquels on peut se fier. Il ne reste donc pas de place pour l’arrogance ou l’envie, ni pour les vins standardisés.

Millésimes, un guide de référence
Millésimes est la référence de prestige sur le vin, entièrement en couleurs, un guide complet, bénéficiant d’un taux de circulation exceptionnel, qui se garde et se relit tout au long de l’année. Annuel, il paraît en mars (464 pages en couleurs, 12 e), et sur Internet, qui lui assure une audience mondiale. Le site www.millesimes.fr, très important, est quadrilingue (français, anglais, allemand, espagnol), avec plusieurs centaines de propriétaires, où de nombreuses rubriques vous renseignent sur un vin ou une appellation, sur l’accord des vins et des mets et des concours pour gagner des bouteilles… (comme le Guide, 33e anniversaire cette année !).

Patrick Dussert-Gerber, une présence considérable sur le Net
Avec www.vinovox.com, on a le 1er magazine hebdo webvin, riche de centaines d’articles sur le vin, la gastronomie, les recettes, des reportages de l’étranger, des infos sur le tourisme, le luxe..., mis-à-jour chaque jour, avec une Newsletter gratuite adressée chaque jeudi à quelque 56.000 personnes. Avec www.vinsdusiecle.com et www.topfrenchwines.com, vous joignez directement les meilleurs producteurs de France et échangez avec eux des e-mails et informations (demande de tarifs…). Avec www.ideevins.com, on trouve plus de 5000 accords des vins et des mets ! Quelque 200 sites gratuits et/ou thématiques : www.guidechampagne.com, www.achatsvins.com, www.agendaduvin.com, www.amourduvin.com, www.champagneattitude.com, www.classementdesvins.com, www.votrechampagne.com, www.dussert-gerber.com, www.votregironde.com, www.guidedesvins.com, www.guidedesvins.eu, www.guidedesvinsdefrance.com, www.guideduvin.net, www.guideduvin.eu, www.vinalsace.net, www.mundovino.fr, www.vinbeaujolais.com, www.vinbourgogne.net, www.vinlanguedoc.net, www.vinloire.net, www.vinprovence.net, www.vinrhone.fr, www.vinsudouest.com, www.vinsbordeaux.info, www.vinchampagne.net...

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Comment se fait ce guide
Quelques précisions qui me tiennent à cœur
Les fidèles du Guide savent déjà que le succès fait des jaloux. Ceux-là, il me suffit de les renvoyer directement aux vignerons qui me rencontrent, m’écrivent, et qui connaissent ma façon de faire, depuis 30 ans. Et puis, mes premiers interlocuteurs, ce sont les fidèles du Guide, vous, que je me dois d’informer. Chaque édition est imprimée en août et, le Guide étant entièrement rédigé et mis en

pages par mes soins, cela me permet de le terminer en juillet. Comme d’habitude, plusieurs milliers de bouteilles ont été dégustées pour cette édition, de septembre 2011 à juin 2012. Une journée de dégustation représente environ 70 à 90 échantillons (on recrache, bien évidemment) dégustés le matin, généralement de 8 h à 12 h. Mes dégustations et déplacements dans les vignobles, réglés par moi-même ou par Millésimes (jamais par les vignerons ou syndicats) s’échelonnent d’octobre à mai (7 mois sur le terrain), le reste (2 à 3 mois) représentant le temps qu’il faut pour rédiger. Faut-il le préciser : aucune publicité n’est demandé aux producteurs pour figurer dans le Guide. Seuls les critères de qualité, de typicité et de prix entrent en compte. Il ne suffit évidemment pas qu’un producteur le désire pour qu’il soit retenu dans le Guide. Voici donc comment ont été sélectionnées les cuvées du Guide 2013 : v Quelque 1.900 producteurs, de toutes les régions, répondent à ma demande d’échantillons et m’adressent des milliers de bouteilles différentes (crus, cuvées spéciales, millésimes, couleurs…). Il faut comprendre que, dans certaines régions, comme l’Alsace et la Bourgogne, la plupart des vignerons m’envoient de nombreuses appellations différentes (de 5 à 10), dans plusieurs millésimes. Ces bouteilles sont dégustées, principalement “à l’aveugle”, de février à juillet. Il ne suffit pas d’adresser des échantillons pour être sélectionné. Certains sont retenus, d’autres non. Le but du Guide est de faire des sélections, de tenir compte des coups de cœur et du rapport qualité-prix-plaisir. Les producteurs qui ne sont pas retenus ou les éliminés, faute d’échantillons notamment, peuvent d’ailleurs être retenus dans une prochaine édition. Tout le monde (ou tous les vins des producteurs retenus) ne peut pas être sélectionné à chaque fois, et chacun comprendra cela. v Les déplacements et/ou les autres dégustations de l’année effectués pour la rédaction de Millésimes (© Édition Société des Millésimes et Patrick Dussert-Gerber). Ils concernent les millésimes 2010, 2009, 2008, 2007, 2006 et 2005. En moyenne, des dizaines d’échantillons sont dégustés. Les commentaires (© Patrick Dussert-Gerber) de ces nombreuses sélections et dégustations effectuées pour Millésimes se retrouvent donc bien entendu dans ce Guide. Pour Millésimes, nous organisons des dégustations uniques, dans tous les crus, dans plusieurs millésimes. Ces déplacements, reportages et commentaires sont tout naturellement communs au Guide et à Millésimes, notamment lorsqu’ils concernent les “verticales” et les grandes dégustations effectuées lors des déplacements pour Millésimes et le Guide, dans toute la France. Les collaborateurs de Millésimes sont dans les vignobles toute l’année et cela sert aussi à la rédaction du Guide : ils sont mes “relais” sur le terrain, préparent mes dégustations, découvrent de nouveaux propriétaires, rapportent des échantillons et m’informent sur l’accueil.
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Comment se fait ce guide

Une précision : si certains font goûter leurs propres vins aux vignerons, courtiers ou autres professionnels (quel est le producteur, l’œnologue ou le marchand qui va oser critiquer des vins quand il pense que le sien est peut-être au milieu ?), je tiens toujours à déguster seul, certes en présence parfois des vignerons, mais en leur demandant de s’abstenir de tout commentaire au moment de la dégustation. Tous comprennent d’ailleurs parfaitement cette façon de procéder, qui évite la subjectivité de l’instant. Au cours de ces déplacements (je passe sur les déjeuners ou les dîners qui suivent), de nombreuses autres dégustations sont aussi directement effectuées à la propriété, dans toute la France, la plupart portant sur des dégustations “verticales” rares et importantes, particulièrement intéressantes puisqu’elles permettent de juger de l’évolution d’un grand vin. v Autres sources d’informations, mes 200 sites et blogs sur Internet et mon blog perso: http://patrick.dussert-gerber.com, et les innombrables liens que j’ai avec d’autres sites amis. Grâce à ces supports conséquents, j’ai accès à de nouvelles adresses de producteurs fournies par des amateurs. Nous leur adressons généralement un courrier, leur demandant des échantillons, pour qu’ils soient éventuellement retenus. v Je reçois aussi de nombreux échantillons que m’adressent directement, soit les producteurs qui désirent entrer dans le Guide, soit des producteurs “éliminés” dans les précédentes éditions. Certains sont retenus, d’autres non. v Je “pioche” dans ma cave personnelle, pour le plaisir (et parfois la déception) de regoûter tel ou tel vin, dans un millésime plus ancien, afin de surveiller son évolution. Mon Guide a sûrement été le premier guide de ce genre en France, et l’on ne peut bien parler que de crus que l’on a pu goûter et regoûter des dizaines de fois, dans des dizaines de millésimes différents. Pour cela, il faut avoir ces millésimes, pouvoir “ressortir” un Saint-Émilion de 1985, un Margaux de 1982, un Pommard de 1990… Tout au long du Guide, vous lirez des commentaires concernant ces crus. À cela s’ajoutent d’autres découvertes, grâce à des lecteurs, des journalistes, restaurateurs et sommeliers, et à des vignerons qui me conseillent de goûter les vins d’un de leurs confrères. Je passe parfois à l’improviste chez des producteurs qui ne me connaissent pas. Un bon moyen de tester la convivialité des propriétaires. Cette présence exceptionnelle sur le terrain et la rapidité avec laquelle je peux “boucler” la rédaction de ce Guide me permettent de goûter le millésime le plus récent mis en vente (hors “primeurs”, voir Ce que vous devez absolument savoir sur le vin) ou d’estimer les prochaines vendanges (voir la Vintage Code ©). Ce Guide n’est donc pas un recueil de tous les vins de France, écrit en recopiant des fiches remplies par les producteurs ou un dossier de presse : c’est un vrai Guide d’achat qui est actualisé, unique en son genre, vivant (et d’humeur), qui dit ce qui doit être dit, qui vous permet d’avoir accès directement aux meilleurs vins typés, aux meilleurs prix, aux vignerons dignes de ce nom, dans toute la France, millésime après millésime. Bonnes dégustations !

Note à l’attention des producteurs
Succès oblige, attention à des “escrocs” qui vous réclameraient une participation publicitaire (il n’y en a pas) ou des échantillons pour être présent dans une prochaine édition de mon Guide Dussert-Gerber des vins de France, voire à quelques autres qui pourraient se représenter de moi ou faire croire qu’ils travaillent avec moi, ou qu’ils me connaissent, sans mon aval écrit. Merci de me tenir informé si besoin est. 49

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Carte des vignobles français

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Les classements

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©

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Pour bien comprendre
mes Classements
Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le «fameux» Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens. Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode, je me suis toujours refusé à «noter» un vin. La raison en est simple: c’est pour moi une négation de ce «Sang de la Terre et du Ciel» que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…). Mes Classements évaluent les meilleurs rapports qualité-prix-plaisir. Ils tiennent compte de tous les producteurs : vignerons, négociants et caves coopératives. Ils sont ouverts à tous. Pour mes Classements, trois points sont à retenir : 1 – Mes Classements ne sont pas figés et contiennent une hiérarchie interne. 2 – L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes. 3 – Chaque Classement est propre à une région.

Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne
v Les 1ers grands vins classés
Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, selon les années, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. On l’aura compris, ce sont de grands “coups de cœur”.

v Les 2es grands vins classés
À Bordeaux (Médoc, Graves et Saint-Émilion, précisément), en Bourgogne et surtout en Champagne notamment, c’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont également nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers vins dégustés. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau, des vins moins connus y figurent, grâce à la régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins peuvent d’ailleurs atteindre des sommets (ils ont alors un *), et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie, qui bouge régulièrement. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables.

v Les 3es grands vins classés
C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *. D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. 53

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Les classements 2013 Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis (ils sont indiqués alors par un *).

L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes
Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats ou difficiles à maîtriser comme 2007, 2003, 2002, ou 1997. Ces critères sont la base même de ces Classements, remaniés chaque année, qui tiennent compte de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être remis en cause par la qualité des prochaines cuvées et des prix. La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 30 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ». Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les propriétés qui viennent d’être reprises. Les Classements ne sont donc pas statiques: ils se veulent le reflet d’une situation globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux: typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix… Les absents le sont principalement quand les dégustations effectuées n’ont pas été suffisantes pour pouvoir situer le vin, le but n’étant pas d’en oublier volontairement.

Chaque Classement est propre à une région
Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre. On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne. On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, «puissance» et «élégance», pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons hasardeuses.
Les Classements sont © Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Mes classements ne peuvent et ne doivent pas être confondus ni comparés avec aucun autre classement, officiel ou non, qui emploierait le terme de «cru classé» ou «grand cru» ou «grand vin» ou n’importe quel autre terme, et ne remettent bien sûr pas en cause les classements officiels qui peuvent exister.
Retrouvez ces Classements actualisés et interactifs sur : www.guidedesvins.com ainsi qu’à chaque parution annuelle de Millésimes : www.millesimes.fr

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Les nouveaux producteurs

sélectionnés cette année

ALSACE 2 Lunes (Vignoble des) Baumann-Zirgel Brobecker (Domaine) Haegelin (Bernard) Klingenfus (Domaine Robert) Loberger (Domaine) Orschwihr (Château d’) Rentz (Domaine Edmond) Schlumberger (Vignobles) Sohler (Domaine Philippe) Stentz (Vignoble Aimé) Stintzi ANJOU-SAUMUR Bourg-Neuf (Domaine du) Folie Lucé (Domaine La) Fosse-Sèche (Château de) Langlois-Château (Domaine) Plaisance (Château de) Raynières (Domaine des) Vieux Pressoir (Domaine du) BEAUJOLAIS Chers (Domaine des) Chèvre Bleue (Domaine de la) Juillard-Wolkowicki (Domaine) BORDEAUX Abbaye (Château de l’) Anthonic (Château) Arbories (Clos les) Arnauds (Château des) Arras (Château des) Bois Vert (Château) Bouade (Château la) Caillavet (Château) Carignan (Château) Castelot (Château le) Chantemerle (Château) Chevrol Bel Air (Château)

Cour (Château de la) Courtade-Dubuc (Château) Croix-Toulifaut (Château la) Drouet et Fils (Domaine) Durand-Laplagne (Château) Enclos (Château l’) Faugères (Château) Florimond-La-Brède (Domaine) Fougères (Château des) Frapin Gravelier (Château) Graves (Château Les) Graves d’Ardonneau (Château des) Haut-Reys (Château) Hourbanon (Château) Lamblin (Château) Loirac (Château) Luana (Château) Lurton (François) Marceaux (Château Les) Palatin (Château) Pasquette (Château de) Pont Les Moines (Château) Roquevieille (Château) Rose Brana (Château la) Saint-Amand (Domaine de) Saint-Jean (Château) Seuil (Château du) Tauzinat l’Hermitage (Château) Trois Manoirs (Château les) Vedrenne (René) Vieux Busquet (Château) Villemaurine (Château) Voselle (Château) BOURGOGNE André (Pierre) Berger-Rive (Domaine) Collovray et Terrier Fèvre (Domaine) Fichet (Domaine) 55

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Les nouveaux propriétaires sélectionnés cette année Garaudet (Domaine Florent) Guiton (Domaine Jean) Meix (Domaine des) Paquet (Domaine Agnès) Petitjean (Domaine) Pisse-Loup (Domaine de) Pommard (Château de) Quivy (Domaine) Sangouard-Guyot (Domaine) Thalie (Domaine de) CHAMPAGNE Baron (Claude) Bernard (Alain) Bertemès (Fabrice) Bliard-Moriset Boizel Bonnet-Launois Charbaut (Guy) Chevrolat Collet Couche (Vincent) Cuperly Defrance (Jacques) Foissy-Joly Gallimard Père & Fils Glavier (Philippe) Goutorbe H. Lacroix Lequeux-Mercier Lonclas, Bernard Marteaux (Olivier et Laëtitia) Mondet Oudart (Étienne) Penet (Alexandre) Quatresols-Gauthier Sadi-Malot Sendron-Destouches Tissier (J .M) Torchet (Frédéric) Varnier-Fannière Velut (Jean) Walczak (Pascal) CORSE Teddi (Clos) JURA Tissot (Domaine Jacques) LANGUEDOC Aurelles (Domaine les) Coteaux Cévenols (Les) Delafont (S.) 56 Grandes Costes (Domaine les) Haut-Blanville (Château) Mas Champart Mas des Quernes Mille Vignes (Domaine Les) Petit Causse (Domaine du) Prieuré Saint Jean-de-Bébian Rencontre (Domaine de La) PAYS NANTAIS Villemont (Domaine de) PAYS NIVERNAIS Bizet (Domaine) Croix Saint-Laurent (Domaine la) Dagueneau (Domaine Serge & Filles) Epineau (Domaine de l’) Grall (Vincent) Noël Patrick (Domaine) Petit (Domaine Bernard et Fille) Pré Semelé (Domaine du) P’tit Roy (Domaine du) Roblin (Domaine Matthias et Émile) Sautereau (Domaine David) Trotereau (Domaine) PÉRIGORD Clos du Breil (Le) Haut-Fongrive (Château) Puy Servain (Château) PROVENCE Berne (Château de) Castell-Reynoard (Domaine) Dragon (Domaine du) Font du Broc (Château la) Garbelle (Domaine de) Giscle (Domaine de la) Jasson (Château de) Pas du Cerf (Château) Rimauresq (Domaine de) Source (Domaine de la) Tour Saint Honoré (Château la) Trois Terres (Domaine les) Vaucouleurs (Château) ROUSSILLON Esperet (Domaine d’) Modat (Domaine) SAVOIE Labbé (Domaine) Meunier (Domaine) Million-Rousseau (Michel et Xavier)

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Les nouveaux propriétaires sélectionnés cette année SUD-OUEST Armandière (Château) Brana (Domaine) Passelys (Domaine Le) Pech de Jammes (Château) TOURAINE Bellier (Vins) Chesneau et Fils (Domaine) Dinocheau (Vignobles) Gigou (Vins) Léon (Angélique) Maison Père & Fils (Domaine) Noiré (Domaine de) Petit Bondieu (Domaine du) R (Domaine de l’) Robinières (Vignoble des) VALLÉE DU RHÔNE 3 Cellier (Domaine Les) Amadieu (Pierre) Amoureuses (Château les) Baron d’Escalin (Vignobles) Bois de Boursan (Domaine) Cabasse (Domaine de) Camarette (Domaine de la) Chatagnier (Aurélien) Coccinelles (Château des) Enchanteurs (Domaine des) Faucon Doré (Domaine du) Fontavin (Domaine de) Galuval (Domaine de) Gayère (Domaine de la) Joncier (Domaine du) Pasquiers (Domaine des) Péquélette (Domaine la) Peylong (Domaine) Richard (Domaine) Saint-Estève-d’Uchaux (Château) Vignerons de Caractère

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Ce qu’il faut savoir sur le Vin

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Savoir lire une étiquette
Les mentions obligatoires pour les AOC et VDQS
v Nom de la région délimitée de production (Bourgogne, Bordeaux…). v Mention appellation d’origine contrôlée (AOC) ou Indication Géographique Protégée (IGP). v Nom et adresse de l’embouteilleur. v Volume du vin (75 cl, 37,5 cl…). Attention : mis en bouteilles au château (ou au domaine) signifie que le vin provient de l’exploitation vinicole ; mis en bouteilles à la propriété signifie le plus souvent qu’il provient d’une coopérative…

Les mentions autorisées et facultatives
v Nom et adresse du propriétaire (vigneron, viticulteur, coopérative…). v Le nom de l’exploitation et la mise en bouteilles (château, clos, domaine…). v L’indication du millésime. Les propriétaires sérieux n’hésitent jamais à le mettre. v Certaines mentions concernant l’originalité du vin (primeur, cru classé en 1855…). v La mention “produit en France” ou “France” (obligatoire si le vin est exporté).

Les mentions dont il faut se méfier
v Mis en bouteilles dans la “région” de production, c’est-à-dire définissant souvent un vin de coupage issu de plusieurs producteurs et non d’un seul. v Les mentions “Grand Vin”, “Sélection personnelle”, “Réserve personnelle”, “grains” ou

“cépages nobles”, “élevé en fûts” (certains vins ne le sont que durant une semaine).
v Attention aussi aux récompenses et autres médailles obtenues dans des concours de vins. Celles-ci doivent correspondre au vin qui est dans la bouteille. Exemple : vous pourrez lire, sur une étiquette d’un vin de millésime 80, la mention ou la photographie d’une médaille récompensant un vin de 76 ou 78 du même producteur. Dans ce cas, ce n’est pas le vin que vous achetez qui a été récompensé mais celui d’une année différente… On frise l’abus de confiance.

La mention qui doit vous faire fuir
“Vin provenant de différents pays de la Communauté européenne”, c’est-à-dire définissant un produit rouge, blanc ou rosé, qui est issu de régions et de pays différents. Vous rendrez d’ailleurs service aux producteurs du Midi en ne débouchant jamais ces bouteilles vendues par de grosses maisons de négoce qui ne font qu’aider les importations de “bibines”. On peut se poser la question de l’autorisation de l’ajout de copeaux de chêne... Si je ne suis pas du tout tenté d’approuver cela à priori, je veux bien l’accepter uniquement si cela est très clairement précisé sur l’étiquette. Mais, franchement, le goût du vin, ce n’est pas celui du bois...

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Installer sa cave
L’OBSCURITÉ : premier impératif, votre cave doit être sombre. Pas d’ouverture qui laisse filtrer la lumière du jour ni d’ambiance « néons ». On visite les meilleures caves une bougie à la main ou avec une lampe électrique. LA TEMPÉRATURE : de manière idéale entre 10 °C et 12 °C, sans grande variation. Attention aux conduits de chauffage ou d’eau chaude, surtout si vous installez votre cave dans un appartement. Si besoin, isolez-les avec de la laine de verre. En dessous de 9 °C, le vieillissement se ralentit et les arômes peuvent être masqués par des formations de dépôt. Au-dessus de 14 °C, le vin se développe plus rapidement par l’action de levures et de bactéries. L’HUMIDITÉ: une cave ne doit être ni trop sèche ni trop humide. L’hygrométrie doit se stabiliser autour de 70%. Le vin vit, il a besoin comme nous d’une atmosphère pure et aérée. Mais pas de courants d’air!

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Acheter son vin au juste prix
À l’époque où certains prix ne correspondent plus à rien, il devient indispensable de “situer” le marché des vins vendus en France, région par région, appellation par appellation, afin de pouvoir visualiser immédiatement le prix des vins, et pouvoir se référer directement aux prix pratiqués chez les producteurs, où il est toujours conseillé d’acheter son vin directement. À noter que ces fourchettes de prix prennent en compte le marché de base de ces appellations, prix départ propriété, dans les millésimes récents, l’exception confirmant la règle, sans tenir compte de la marge des revendeurs et surtout, hélas, des restaurateurs (de 4 à 7, et beaucoup plus, parfois), chez lesquels il vaut mieux s’abstenir de passer commande. Trois choses sont à retenir :
v On se rend compte que dans des appellations très abordables (de 7 à 10 e), on trouve de tout, aussi bien des crus qui bénéficient d’un excellent rapport qualité-prix que des vins d’une même appellation qui, faute d’image de marque (et de qualité) cohérente, peuvent passer du simple au double, les vins les moins chers n’étant pas les meilleurs “locomotives” de ces appellations (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Languedoc, Provence…). Pour ceux-là, il semble urgent de régulariser le marché, en intervenant sur le plan qualitatif comme sur celui de l’image de marque, tant au niveau du négoce que de la propriété, voire de la grande distribution. Certains responsables actuels en ont conscience, d’autres non. Il est évident qu’un Corbières (ou Bordeaux) à moins de 4 e n’est pas comparable qualitativement à un excellent Corbières (ou Bordeaux) à 8 e. Il est tout aussi évident qu’un mauvais Bordeaux à 3 e ne vaut même pas son prix. Attention à des prix inexcusables atteints aussi bien par des appellations moyennes que dans les plus prestigieuses pour des micro-cuvées “fabriquées”. v Certains prix sont surprenants (dans le bon sens). Des vins des “satellites” de Saint-Émi-

lion, des Graves, des Côtes de Bordeaux, des Gigondas…, dans une fourchette de prix de 8 à 12 e, ce n’est pas bien cher. Il en va de même pour d’autres appellations (Bourgueil, Cahors, Madiran, Chinon, Gaillac, Côtes-du-Rhône-Villages, Saumur-Champigny…), où les meilleurs vins sont souvent sous-payés (vous avez bien lu). Inversement, d’autres prix sont très surprenants et trop “élevés” (toutes proportions gardées) dans de nombreuses régions et/ou appellations (Languedoc, Bouzy, Provence, Tavel, “simples” AOC de Bourgogne, Médoc, Libournais…). Leur point commun : l’importance du tourisme dans leur région, et une clientèle qui, bien souvent, n’est pas réellement informée des équivalences de prix. L’exportation peut aussi expliquer l’exagération des prix. Bien sûr, dans chacune de ces régions citées, il existe des vins qui méritent largement leur prix : ils sont dans le Guide.
v Quelques très grands vins ne sont pas si chers que cela, tant en Bourgogne qu’à Bordeaux, dans le Rhône, ou en Vendanges Tardives (Sauternes, Alsace, Loire, Sud-Ouest), d’autant plus si l’on fait intervenir le facteur rareté (tout particulièrement en Bourgogne ou en Sauternais). S’offrir un Meursault Premier Cru pour 30 e (et plus), ou un très Grand Cru Classé de Bordeaux pour 50 e, c’est tout à fait compréhensible, à l’époque où d’autres vins à la mode parviennent à des prix prohibitifs. Il suffit de prendre en considération leur potentiel qualitatif dans le temps et leur grande histoire vinicole pour s’en persuader. En fait, pour les très grands crus, au-dessus d’un prix “compréhensible” (100 e), il est difficile de parler “qualité-prix”, la mode (outrancière, parfois, notamment sur des micro-cuvées ou grâce à une note bienveillante) intervenant alors, et l’on entre aussi pour d’autres dans le domaine du luxe. Bien entendu, la renommée n’est pas obligatoirement synonyme de grande qualité, et certaines sont galvaudées. Et les vins changent selon leurs propriétaires : il faut toujours remettre en question l’évolution des crus en fonction du talent de l’homme qui les élève et de son aptitude à accéder au sommet de son appellation.

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Acheter son vin au juste prix

Les vins rouges
3 à 5e Alsace Bordeaux Bordeaux Bordeaux Supérieur Vins de côtes Graves 5 à 8e 8 à 12 e Pinot Noir Médoc Haut-Médoc « Satellites » de Saint-Emilion Graves Fronsac Moulis Lalande Listrac Saint-Emilion 12 à 15 e

Bourgogne

Bourgogne

Mâcon Côtes-de-Beaune Côtes-de-Nuits Givry Mercurey

Auxey-Duresses Ladoix Saint-Aubin Santenay Savigny

Beaujolais

Beaujolais

Beaujolais-Villages Crus (Chiroubles, Saint-Amour…) Corbières Minervois Coteaux-duLanguedoc Fitou Coteaux-duLanguedoc Faugères Saint-Chinian

Crus (Juliénas, Morgon…)

Languedoc

Corbières Minervois Côtes-duRoussillon

Provence

Côtes-de-Provence Côtes-de-Provence Côtes-de-Provence Bandol Coteaux-d’Aix Bandol Côteaux-des-Baux Cassis Gaillac Bergerac Bergerac Frontonnais Madiran Cahors Bourgueil Buzet Cahors Pécharmant Côtes-de-Bergerac Bourgueil Chinon SaumurChampigny Sancerre

Sud-Ouest

Val de Loire

Anjou Saumur Touraine

Vallée du Rhône

Côtes-du-Rhône

CDR Villages Côtes-du-Lubéron Côtes-du-Ventoux Vacqueyras Gigondas

Châteauneuf-duPape Crozes-Hermitage Gigondas Cornas Saint-Joseph

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Acheter son vin au juste prix

15 à 20 e

20 à 30 e

30 à 50 e

50 à 100 e (et plus) Alsace

Fronsac Crus du Médoc Pomerol Saint-Émilion (grands grus)

Margaux Pessac-Léognan Pauillac Saint-Julien Saint-Estèphe Pomerol Corton Chambolle Gevrey Nuits-SaintGeorges Pommard Volnay Vougeot Vosne-Romanée

Grands crus du Médoc Saint-Émilion (grands crus classés) Pomerol Grands crus Chambertin Échezeaux La Grand’Rue...

Grands crus du Médoc Saint-Émilion Pomerol ... Cuvées “Concours” Grands crus

Bordeaux

Aloxe-Corton Auxey-Duresses Beaune Chassagne Ladoix Pommard Santenay Volnay

Bourgogne

Crus (Moulin-à-Vent...) Cuvées Spéciales Cuvées Spéciales Vins de pays Cuvées Spéciales Vins de pays

Beaujolais

Languedoc

Bandol Cuvées Spéciales

Bandol

Provence

Cuvées Spéciales

Sud-Ouest

Grandes cuvées

Val de Loire

Châteauneuf-duPape Cornas Côte-Rôtie Hermitage Saint-Joseph

Châteauneuf-duPape Côte-Rôtie Hermitage

Côte-Rôtie Hermitage

Vallée du Rhône

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Acheter son vin au juste prix

Les vins blancs secs, liquoreux, rosés et mousseux
3 à 5e Alsace Sylvaner 5 à 8e Pinot blanc 8 à 10 e Riesling Gewurztraminer Pinot Gris Graves 10 à 12 e Riesling Gewurztraminer Pinot Gris Graves

Bordeaux

Bordeaux Entre-Deux-Mers

Côtes-de-Blaye Graves Aligoté

Bourgogne

Mâcon Petit Chablis

Auxey-Duresses Chablis/Ladoix Givry/Rully Mercurey Pouilly-Fuissé

Jura/Savoie

Vins de Savoie

Abymes Apremont Crépy Corbières Minervois Coteaux-d’Aix

Arbois Côtes-Du-Jura Chignin-Bergeron Coteaux-duLanguedoc Vins de pays

Languedoc

Provence

Côtes-de-Provence Bandol Cassis Jurancon

Sud-Ouest

Côtes-de-Duras Pacherenc

Bergerac Gaillac Montravel Saumur

Val de Loire

Anjou Muscadet Touraine

Menetou-Salon Montlouis Quincy Reuilly Vouvray Crozes-Hermitage Lirac

Pouilly-Fumé Sancerre

Vallée du Rhône

Côtes-du-Rhône

CDR Villages

Saint-Joseph

Vins liquoreux et moelleux

Coteaux-du-Layon Montlouis Sainte-Croix-duMont

Monbazillac Jurançon Loupiac Montlouis Vouvray

Vins rosés

Côtes-de-Provence Côtes-de-Provence Jura Loire Lirac/Tavel Sancerre Blanquette-deLimoux Crémant de Bordeaux Crémant d’Alsace Crémant de Bourgogne Die Saumur

Bandol

Vins mousseux

Saumur

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Acheter son vin au juste prix

12 à 18 e Alsace (grands crus)

18 à 30 e Alsace (grands crus)

30 à 60 e

60 à 100 e (et plus) Alsace

Pessac-Léognan

Pessac-Léognan

Pessac-Léognan

Bordeaux

Chablis 1ers crus Chassagne Meursault Pernand Pouilly-Fuissé Puligny

Meursault Puligny Vins jaunes Vins de paille

Chablis grands crus Bourgogne (grands crus)

Bourgogne (grands crus)

Bourgogne

Vin Jaune Vin de Paille

Jura/Savoie

Vins de pays

Languedoc

Provence

Sud-Ouest

Pouilly-Fumé Savennières

Val de Loire

Châteauneuf-duPape Condrieu Coteaux-du-Layon Jurançon Loupiac Quarts-de-Chaume Sauternes Vouvray Rosé des Riceys

Condrieu Hermitage

Vallée du Rhône

Alsace (vendanges tardives) Sauternes Loire (vendanges tardives)

Alsace (sélections de grains nobles) Sauternes

Alsace (sélections de grains nobles) Sauternes

Vins liquoreux et moelleux

Vins rosés

Champagne Champagne Autres AOC (cuvées spéciales)

Champagne Champagne (cuvées spéciales) (cuvées spéciales de grandes marques)

Vins mousseux

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L’accord idéal des mets et des vins
à chaque vin, ses plats
L’Alsace
L’Alsace est l’exemple caractéristique des grandes régions vinicoles et gastronomiques françaises où le mariage des vins et des mets peut surprendre le plus. Bien sûr, on connaît les spécialités du pays, les choucroutes, les fromages, les charcuteries ou le kouglof, et l’intensité aromatique des grands crus, alliant finesse et richesse en bouche. On se doute bien qu’un vin d’Alsace se déguste aussi avec des crustacés ou des fruits de mer mais on oublie parfois l’extraordinaire osmose d’un Muscat avec des asperges, par exemple. Les vins peuvent se boire pratiquement tout au cours d’un repas. Sur la choucroute (Riesling), avec une sole meunière (l’Alsace est riche également de poissons de rivière), avec des crustacés. Plus original, le fameux “poulet au Riesling”, une blanquette de veau à l’ancienne. La puissance de son bouquet et sa persistance aromatique en bouche place le Gewurztraminer comme un apéritif idéal. Il est superbe (comme le Tokay Pinot Gris) avec un pâté en croûte ou une terrine de foies blonds, ainsi que sur la tarte flambée. Les Vendanges Tardives se savourent sur un foie gras d’oie d’Alsace, au naturel ou en brioche, et sur des fromages forts comme le maroilles, le munster ou le roquefort.

Le bordelais
vMédoc et Haut-Médoc. Des vins riches et souples à la fois, de belle couleur, parfumés, équilibrés, de bonne garde. Ils se goûtent avec toutes les viandes rouges dont la fameuse entrecôte bordelaise cuite sur les sarments, et plus le millésime est ancien, parvenu à sa maturité, avec des plats complexes, gibiers, civets ou de l’agneau. vMargaux. Prédominance à l’élégance et la structure. Un vin concentré dans sa jeunesse, au nez subtil, qui a besoin de temps pour donner toute sa finesse. En dehors des viandes rouges, le gibier à plume. v Moulis et Listrac. De l’agneau, des viandes rouges, avec une prédominance pour un foie de veau sur un millésime à maturité, ou des ramiers aux cèpes en cocotte qui s’accordent bien avec le “moelleux” du vin. v Saint-Estèphe Puissant et concentré dans sa jeunesse, un très grand vin typé qu’il faut aussi savoir attendre, intense, à savourer avec une viande en sauce ou une bécasse. v Graves. En blancs, les vins, alliant finesse aromatique et persistance en bouche, s’associent à un veau en sauce ou une alose. Les rouges, bien typés, allient richesse et distinction sur du veau rôti, de l’agneau ou un gigot à la ficelle. v Fronsac et Canon-Fronsac. Des vins corsés et chaleureux, légèrement épicés, qui s’accordent bien avec un curry de mouton ou de l’agneau rôti. v Lalande-de-Pomerol. Couleur, concentration aromatique et onctuosité en bouche en font un vin qui se déguste avec la plupart des viandes, un magret de canard ou de l’agneau en croûte. v Lussac, Montagne et Puisseguin-SaintÉmilion. Bonne matière tannique, rondeur et bouquet. Idéal sur de l’agneau au four, des brochettes de canard ou un curry de mouton qui fait ressortir le caractère épicé du vin. Sur un vieux millésime, des mets plus riches comme un canard farci, un curry et les civets. v Saint-Émilion. Parfumé, corsé, un vin dense et ferme, pour viandes rôties et gibier à plume. v Pomerol. Ces vins riches, puissants en arômes comme en structure, denses et veloutés en bouche

Le beaujolais
Il y a deux façons de déguster les crus du Beaujolais: dans leur jeunesse, en profitant de leur couleur et de leur fruité avec des charcuteries, des rillons, des fromages à pâte molle ou une viande rouge grillée (les Beaujolais-Villages, les crus de Brouilly, Côtede-Brouilly, Chiroubles et Saint-Amour sont parfaits), ou parvenant à maturité, notamment les crus plus charpentés, c’est-à-dire avec un minimum de quatre à cinq années d’évolution, sur une cuisine plus élaborée. v Fleurie, Juliénas. Très parfumés, à dominante de fruits rouges et de sous-bois, à présenter avec une oie farcie, un fromage bleu (Auvergne ou Bresse), ou un gibier (perdrix). v Chénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié. Bouquetés et denses, parfaits sur une terrine de gibier, du jambon fumé ou un foie de veau.

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L’accord idéal des mets et des vins
“collent” avec la plupart des gibiers et les truffes, dont on retrouve les arômes dans le vin. Essayez les œufs à la broche aux truffes fraîches. vPremières-Côtes-de-Blaye, Côtes-de-Bourg, Premières-Côtes-de-Bordeaux et Côtes-deCastillon. Colorés, alliant charpente et rondeur en bouche, les Côtes-de-Bourg se marient avec du veau (sans sauce), de l’agneau, des magrets de canard et la plupart des gibiers à plume pour les vins parvenus à maturité. Le caractère légèrement épicé de ces crus les prédispose à un curry de poulet par exemple, des viandes en sauce légère ou des rognons. v Barsac et Sauternes. Pour profiter de leur richesse et de leur typicité, à l’apéritif. Plus conventionnel, sur un foie gras, pour un millésime assez jeune, et sur un dessert pas trop sucré comme une tarte aux framboises. Plus rare, la lamproie, et des ris de veau à la crème. v Loupiac. Plus souple, plus fruité, un vin tout en nuances aromatiques, onctueux, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux de Sauternes. v Entre-Deux-Mers. Francs, légers, fruités, des vins blancs secs surprenants par leur rapport qualité-prix, à découvrir sur les fruits de mer et les crustacés. vBordeaux Supérieur. Souples et colorés, alliant charpente et bouquet, les vins se goûtent avec toutes les viandes rouges, mais aussi, pour des millésimes plus évolués, sur une escalope de veau ou un navarin de mouton. v Fixin. Solide et coloré, un Fixin se goûte fort bien avec une palombe, un coq au vin, voire un curry de mouton. v Mâcon. Une escalope (ou une langue) de veau et des poissons grillés pour le blanc, le gibier à plume pour le rouge qui s’accorde également avec une raclette. v Mercurey. Le rouge, ferme et fruité, d’excellente évolution, se goûte avec des beignets d’aubergines, une perdrix au chou ou un reblochon. v Meursault. Riche, parfumé, suave en bouche, un Meursault jeune se boit avec des ris de veau ou une dinde aux marrons. À maturité, il lui faut une blanquette de veau, des morilles à la crème ou des quenelles de brochet. v Nuits-Saint-Georges. Alliant charpente et finesse aromatique, ces vins s’accommodent d’un ragoût d’agneau, d’un civet de lapin, de grives ou d’un bourguignon. v Pommard. Solide et coloré, un grand Pommard se savoure sur des mets subtils et puissants à la fois, comme une palombe, une poule au pot, les viandes en sauce et le gibier. v Pouilly-Fuissé. Idéal sur un saumon grillé, des ris de veau, une poularde en croûte de sel ou des quenelles de brochet. v Rully. Le rouge s’accorde bien avec un jambon de sanglier, un canard farci ou le gibier. Le blanc avec tous les poissons. v Santenay. Sa structure lui permet de se marier avec la plupart des gibiers et les ragoûts (daubes). Idéal dans sa jeunesse avec une épaule d’agneau boulangère. v Vosne-Romanée. Concentration aromatique et velouté demandent un pintadeau en sauce, un poulet sauté aux morilles ou un râble de lièvre.

La Bourgogne
v Auxey-Duresses. Si le blanc est parfait avec les poissons de rivière ou une volaille, le rouge, riche, bouqueté, tout en bouche, s’accorde bien à la plupart des viandes rouges ou aux gibiers. v Chablis. Ampleur, suavité, vivacité et persistance aromatique pour ces crus de Chablis, à déguster sur des poissons de rivière, des langoustines flambées ou une côte de porc charcutière. v Chambolle-Musigny. Charme, puissance, finesse, couleur et concentration aromatique prédominent. Idéal sur un dindonneau à la broche ou une bécasse. vPuligny-Montrachet et Chassagne-Montrachet. Bouquetés, secs et suaves à la fois, de beaux vins tout en persistance aromatique, pour les poissons et les viandes blanches cuisinées. v Corton-Charlemagne. Il se savoure avec un turbot poché, un veau Orloff ou une dinde aux marrons, un foie gras au naturel ou du caviar. vCôte-de-Beaune et Hautes-Côtes-de-Beaune. Bouquet et souplesse en bouche en font un rouge à boire sur un poulet rôti ou un jambon, du rosbif froid et un saint-nectaire.

La Champagne
Pour le Champagne, s’il est bien sec, à l’apéritif ; s’il est demi-sec ou doux, au cours d’un repas ou en dessert (fruits et pâtisseries). Les inconditionnels peuvent faire tout un repas au Champagne, délaissant néanmoins les viandes rouges ou le gibier. Un vin idéal avec des crustacés, ou, s’il est plus charpenté (une cuvée de Prestige), sur un poisson en sauce ou un feuilleté de turbot. Le Champagne rosé s’apprécie sur une viande blanche ou sur un gâteau au chocolat (pas trop sucré).

Le Languedoc
v Corbières, Côtes-du-Roussillon, Fitou, Coteaux-du-Languedoc et Minervois. En rouge, le vin est marqué par des connotations fruitées et épicées caractéristiques qui lui permettent de tenir sur le gibier, les saucisses, le lièvre, avec

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L’accord idéal des mets et des vins
un brie, sur les cassoulets du pays voire sur les pâtés à base de viande de mouton, qui sont légèrement sucrés. Le rosé se déguste sur les terrines ou un poulet basquaise, et les blancs avec les poissons, des volailles rôties ou sur un lapin à la moutarde.

Le Val de Loire
v Chinon. S’il est jeune, avec une volaille ; s’il est parvenu à maturité, il convient aux viandes rouges, à un canard ou à un gibier cuisiné légèrement. v Coteaux-du-Layon. Des moelleux à déguster à l’apéritif, sur les charcuteries, avec un foie gras ou des fromages bleus. Goûtez-les sur un saucisson brioché ou un homard. v Sancerre et Pouilly-Fumé. Sec, nerveux et fruité, le blanc se goûte avec les fruits de mer, les rillettes, l’andouillette au vin et les poissons. Le rosé s’adapte à toutes les charcuteries, et le rouge à un canard ou à une dinde aux marrons. v Saumur. Un blanc sec et floral, idéal sur une côte de veau ou des rillons, et des rouges que la plupart des dégustateurs apprécient avec du mouton, un magret, voire un faisan pour un millésime plus ancien. Goûtez aussi les Crémants, très fins. v Touraine. Des vins frais et fruités, qui se boivent avec des rillons quand ils sont jeunes (pour les rosés et rouges), puis sur une volaille, des pigeonneaux, du veau grillé. Le blanc se marie avec les mêmes plats que les vins de Saumur. v Vouvray. Des blancs secs pour les fruits de mer et les poissons, et des moelleux bien typés, frais et fruités à l’apéritif ou avec les charcuteries du pays. N’oubliez pas les Crémants.

La Provence
v Bandol et Cassis. Des vins rouges riches en arômes et en saveurs, avec cette touche vanillée, qui se marient avec des plats épicés. Pour des millésimes plus anciens, sur un lièvre à la royale, une poularde en croûte de sel ou un reblochon. Le rosé tient sur une ratatouille, une saucisse grillée ou des brochettes de rognons, et le blanc sur une escalope ou un sandre au beurre blanc. v Coteaux-des-Baux et Coteaux-d’Aix. Des rouges colorés, parfumés, aux notes de fruits rouges mûrs et d’humus, au caractère affirmé, qui se goûtent fort bien sur un foie, une selle d’agneau aux herbes ou un gigot. Goûtez le rosé, bien frais, sur des paupiettes de veau ou un veau Orloff. v Côtes-de-Provence (et Corse). Des rouges alliant couleur, parfums et souplesse en bouche, qui se marient avec une bonne potée, un rôti de porc froid ou un carré d’agneau. Pour les blancs, fruits de mer et bouillabaisse, tandis que le rosé se déguste avec une morue grillée ou des calmars.

Le Sud-Ouest
v Bergerac et Monbazillac. En Bergerac et Côtes-de-Bergerac, les rouges, parfumés et souples, sont adaptés à des viandes grillées, une côte de veau, un cassoulet ou une daube. Le blanc sec s’associe avec des écrevisses, des sardines grillées. Les moelleux, très fruités, aux connotations de miel, se goûtent à l’apéritif, en dessert sur une île flottante ou un flan, sur un bleu et le foie gras. vCahors. Un vin riche en couleur comme en charpente qu’il faut apprécier avec des tripes, du gibier (chevreuil), un caneton aux figues, une oie rôtie aux marrons et aux pommes. v Gaillac. Le rouge s’adapte à la plupart des viandes et des plats légèrement épicés. Le blanc est vif et rond à la fois, à déboucher sur les poissons de rivière. v Jurançon. En blanc sec, un vin au nez de fruits secs, racé, tout en bouche, avec les poissons de rivière, et, en moelleux, un vin bouqueté, onctueux et typé, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux des autres liquoreux. v Madiran. Complexe et concentré, très parfumé, aux tanins fermes et puissants, très typé, un vin qu’il faut savoir attendre, à boire avec une viande en sauce, le gibier à poil ou un cassoulet.

La Vallée du Rhône
v Châteauneuf-du-Pape. Des rouges riches et charpentés, très parfumés, qui sentent la garrigue et les fruits surmûris, et s’apprécient sur le gibier (sanglier, chevreuil, lièvre) ou avec les truffes. Les blancs sur une cuisine riche. v Cornas et Côte-Rôtie. De grands vins rouges intenses et complexes, concentrés au nez comme en bouche, d’excellente garde, qu’il faut savoir attendre et déguster sur des plats épicés. v Côtes-du-Rhône et CDR-Villages. Dans leur jeunesse, les rouges vont parfaitement avec les viandes blanches ou les volailles (pigeonneaux). Plus vieux, ils méritent un chou farci, une daube et du gibier (perdrix). Les rosés “collent” aux terrines et aux poissons grillés, et les blancs à une escalope panée ou à un sandre au beurre blanc. v Gigondas. Le vin est puissant au nez comme en bouche, ferme, d’excellente garde et se marie aussi bien avec un gigot à la ficelle ou une selle d’agneau qu’avec des mets plus riches comme une daube ou le gibier. v Hermitage et Saint-Joseph. Idéal sur une viande rouge ou de l’agneau quand ils sont jeunes, puis, à maturité, avec un lièvre à la royale ou un salmis de colvert. Les blancs, suaves et onctueux, sur une blanquette ou un saumon grillé.

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L’accord idéal des mets et des vins

à chaque plat, ses vins
À l’apéritif
Champagne (et Crémants de Saumur, d’Alsace…), Sauternes, vins doux naturels et la plupart des vins blancs secs ou moelleux. vCrevettes: la plupart des blancs, et surtout ceux d’Alsace. v Cuisses de grenouilles : un blanc rond, fruité comme un Graves, un Mâcon, un Côtes-du-Rhône ou un Touraine. v Écrevisses : un Pouilly-Fumé ou un Chablis. v Homard : des vins suaves et parfumés comme les Meursault, Chablis Grands Crus, Châteauneufdu-Pape ou Pinot Gris, et les grandes cuvées de Champagne. v Huîtres et moules : Sylvaner, Muscadet, EntreDeux-Mers…

Les entrées
v Asperges : un Muscat d’Alsace. v Artichaut : un rosé sec d’Anjou. v Avocat : des blancs secs (Graves, Quincy, Touraine), voire moelleux (demi-secs de Loire). v Caviar : Corton-Charlemagne, Champagne, Pouilly-Fumé. v Choucroute : Riesling ou Tokay d’Alsace. v Escargots : un Bourgogne, rouge ou blanc. vFoie gras: Champagne rosé ou grand millésime, assez vineux, Gewurztraminer et Tokay Vendanges tardives avec un foie d’oie alsacien, Barsac ou Sauternes avec un foie de canard du Sud-Ouest. vJambon de Parme ou de San Daniele: blancs secs (Pouilly-Fuissé); essayez aussi des blancs moelleux (Loire, Alsace). v Œufs : des rouges légers (Beaujolais…), voire un Clairet de Bordeaux. v Pâtes, sauce à la crème : blancs secs de Bourgogne ou des Graves. v Pâtes, sauce tomate : un CDR-Villages. vPâtés et terrines: des vins assez solides comme un cru du Beaujolais (Juliénas, Morgon…), un Madiran, un Chinon, un Coteaux-du-Languedoc, un Moulis… vPotages: un Champagne rosé, un Coteaux-d’Aix blanc ou des rouges frais. v Quiche : un Tokay Pinot Gris jeune, des rouges légers (Beaujolais, Loire, Jura, Bergerac…) ou des demi-secs de Loire et du Sud-Ouest. v Paella : un Bandol rouge, un Corbières ou un CDR-Villages. Sinon, les rosés, avec une priorité pour les plus parfumés comme ceux de Provence, du Languedoc ou un Clairet de Bordeaux. v Saumon fumé : Pouilly-Fumé, Champagne. v Terrines de légumes : vins blancs de Loire.

Les poissons
v Bouillabaisse : des blancs (Cassis, Bandol, Côtes-de-Provence), un rosé ample et fruité. v Poissons grillés : des vins blancs secs (Anjou, Mâcon, Pinot blanc, Côtes-de-Provence, Entre-DeuxMers…). v Poissons en sauce ou à la crème : des vins blancs puissants (Meursault, Pernand-Vergelesses, Pessac-Léognan, Tokay), voire liquoreux. v Poissons de rivière : des vins blancs relativement secs comme le Sancerre, un Apremont, un Chassagne-Montrachet ou un Riesling. Avec la lamproie, du Sauternes. Sinon, Champagne. vSardines fraîches: un blanc très sec et très frais (Sancerre, Muscadet, Abymes, Gaillac, Entre-DeuxMers…). v Saumon grillé : des vins blancs puissants (Pouilly-Fuissé, Chablis, Montrachet).

Les viandes blanches
v Brochettes et côtelettes d’agneau : la plupart des vins rouges, avec une préférence pour les Bordeaux relativement souples ou des vins très parfumés (Corse, Bourgueil…). v Côtes, escalopes et ris de veau : des rouges légers comme les vins du Beaujolais, un Sancerre rouge, voire un Graves. Sinon, des blancs denses et parfumés (Alsace, Pernand-Vergelesses, Vouvray). v Côtes, escalopes et ris de veau à la crème : un Puligny-Montrachet, un Châteauneuf-du-Pape blanc, un Coteaux-du-Layon jeune. v Curry d’agneau : un vin blanc onctueux et épicé comme le Gewurztraminer, ou un Condrieu. v Gigot d’agneau : des Bordeaux tanniques (Médoc, Pessac-Léognan), un Saumur-Champigny, un Chinon ou un Chambertin.

Les fruits de mer et les crustacés
v Coquillages : Muscadet ou Entre-Deux-Mers. v Coquilles Saint-Jacques : soit un blanc sec (Graves, Pouilly-Fuissé, Chablis), soit un blanc moelleux si elles sont à la crème.

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L’accord idéal des mets et des vins
v Jambon, côtes et rôti de porc : des rouges légers (Beaujolais) ou plus ronds (Saumur, Touraine, Côtes-de-Bourg, Gaillac), et des blancs complexes (Côtes-du-Jura, Condrieu, Pouilly-Fumé, Chablis Premiers Crus). vRognons: des vins riches, rouges (Volnay, SaintÉmilion) ou blancs (Jura, Quincy) selon leur préparation. Touraine…). Si c’est une oie farcie, un Margaux ou un Côte-de-Beaune. v Poulet à la crème : des blancs demi-secs ou moelleux de Loire, dess blancs secs puissants et ronds (Pessac-Léognan, Meursault)

Les fromages
v Fondue au fromage : des vins blancs de montagne (Savoie, Jurançon). vFromages de chèvre: un Sancerre ou un Anjou demi-sec. v Fromages à pâte sèche : des blancs secs de montagne ou légèrement moelleux.

Les viandes rouges
v Bœuf bourguignon ou pot-au-feu : le même vin rouge que celui employé pour la cuisson, et tout particulièrement un Bourgogne puissant (Pommard, Mercurey), un Gigondas, un Minervois ou un Bandol.

v Fromages doux à pâte molle : des rouges légers et fruités (Beaujolais) et des blancs parfumés v Bœuf rôti : la plupart des vins rouges assez corsés et tanniques, les Bordeaux relativement jeunes, (Alsace, Sancerre, Pacherenc-du-Vic-Bihl). les Bourgogne (Auxey-Duresses, Santenay), ceux vFromages forts à pâte molle: vins blancs secs de la vallée du Rhône (CDR-Visan), ceux de la Loire ou demi-secs (Anjou, Gewurztraminer, Tokay, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Joseph…). (Chinon)… v Fromages persillés : des grands vins blancs moelleux et doux d’Alsace (Gewurztraminer v Canard : des vins puissants et parfumés comme Vendanges Tardives), de la Loire (Quarts-deun Hermitage, un Châteauneuf-du-Pape, un Gevrey- Chaume) et de Bordeaux (Sauternes). Chambertin ou un Pauillac.

Les volailles et le gibier

v Confit de canard : des vins corsés (Madiran, Les desserts Cahors, Saint-Émilion, Corbières, Corton). v Avec la plupart des desserts (à l’exception v Gibier à plume : des rouges corsés (Pommard, des fruits et des glaces), les vins doux ou liquoreux Hermitage, Moulin-à-Vent, Bandol, Cahors, Pauillac, (Sauternes, Quarts-de-Chaume ou Vendanges Saint-Émilion, Châteauneuf-du-Pape…) ou Ven- Tardives d’Alsace). danges Tardives et Sauternes. v Tartes aux fruits, babas : Champagne et des v Gibier à poil : des rouges encore plus puissants blancs demi-secs de Loire, d’Alsace ou du SudOuest. (Côte-Rôtie, Bandol, Saint-Estèphe). v Oie : soit un vin blanc légèrement moelleux vGâteaux au chocolat: un Banyuls, un Rasteau, (Anjou…), soit des rouges frais et légers (Beaujolais, une grande cuvée rosée de Champagne.

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La vigne
Le sol des vignobles
La vigne vit. C’est l’une des plantes les plus diversifiées qui soient, et certainement celle qui a fait le plus rêver les hommes depuis l’Antiquité, tous peuples confondus. C’est le “nerf” de la terre, le végétal qui s’accorde le mieux à l’homme en créant grâce à lui un aliment exceptionnel, le vin. La vigne a besoin d’équilibre et d’être en bonne santé, et prospère entre les 28e et 50e degrés de latitude, sous un climat tempéré de préférence (un cep gèle à -15 °C), dans les deux hémisphères. Son lieu de prédilection est toujours le coteau, qui permet toutes les nuances de l’ensoleillement : il suffit de se promener en Bourgogne ou à Saint-Émilion pour comprendre l’influence de l’exposition des vignes, et la différence qualitative entre les vignobles de côtes (ou mi-côtes) et ceux de la plaine. La vigne a besoin de souffrir pour s’exprimer pleinement, même si elle s’habitue à la plupart des terrains, sur la plupart des continents. On la trouve en bordure de mer (France, Italie, Afrique du Sud, Californie, Grèce, Afrique du Nord, Australie, Chili…), comme en régions continentales (Europe, Chine, Russie…), où ce sont surtout les fleuves, les lacs et les rivières qui jouent un rôle prépondérant. Elle a aussi besoin d’une humidité régulière, mais pas de beaucoup d’eau. Trop d’eau, dans des terrains trop riches, ne donnerait que des bons raisins, pas mieux. La vigne appartient au genre Vitis, et c’est la famille de Vitis vinifera qui produit les meilleurs vins. Chaque cépage doit être adapté à un sol et à un microclimat particulier, en tenant compte aussi bien de sa précocité que du style de vins que l’on veut faire. Il faut donc s’occuper de la vigne, qui a besoin d’être parfaitement tenue pour produire un raisin de qualité. Son palissage, son espacement entre les rangs, son nombre de pieds à l’hectare (3 000 à 10 000 pieds/ha !) sa taille courte ou haute, son effeuillage, son éclaircissage, les labours pour aérer la terre et favoriser les rétentions d’eau, la fumure, les protections contre le gel et la grêle, les traitements contre ses parasites… tout concourt à la chouchouter et à maîtriser les rendements si l’on veut faire du bon vin.
vAlluviaux (dépôts) : déposés par un torrent, composés pour la plupart de limon, de sable et de graviers, très fertiles. Se rencontrent en Savoie. vArdoise : roche dure, qui provient de la compression d’argile, de limon et de sable, qui retient la chaleur. vArgile : une roche à grain fin, qui retient facilement l’eau (Jura…). vArgileux (sols): sols sédimentaires comprenant les argiles, les glaises, les marnes et les limons. vCalcaire: roche sédimentaire alcaline, qui favorise la production de raisin au taux d’acidité assez élevé, comme dans la Loire (Pouilly-Fumé…). v Calcaire (sol) : sol de carbonates de calcium et de magnésium, qui permet aux racines de pénétrer la terre et leur assure un excellent drainage. Le meilleur exemple est le territoire des grands crus de Saint-Émilion (et d’Alsace). v Carboné (sol) : les sols carbonés les plus courants sont la tourbe, le lignite, le charbon et l’anthracite. vCraie: roche alcaline poreuse qui favorise la production de raisin au taux d’acidité élevé, et convient aux cépages blancs. v Crasse de fer : couche riche en fer que l’on trouve dans le Libournais, principalement à Pomerol, et aussi à Saint-Julien. vFerrugineuse (argile): argile assez riche en fer. v Galets : possèdent les qualités idéales d’attirer la réverbération du soleil et de conserver la chaleur du jour durant la nuit (Châteauneuf-duPape).

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La vigne et le sol des vignobles
v Granite : roche dure, riche en minéraux, qui que l’on trouve dans certaines régions du Bordelais. retient la chaleur. vMoraine glaciaire: sol rocheux formé d’ardoise, vGraves : cailloux siliceux, qui assurent un excel- de schiste et de calcaire. Classique des vignobles lent drainage et conviennent parfaitement à la vigne, de montagne. lui imposant de chercher sa propre nourriture. On retrouve des sols de graves sablonneuses dans le vQuartz: minéral le plus commun et le plus abonLibournais, et des marnes graveleuses dans le Jura. dant, présent dans de nombreux sols, qui réduit vGrès: roche sédimentaire composée de particules. l’acidité du vin. vHumus: matière organique contenant des bacté- vSable: sol chaud et aéré, qui assure un bon drairies et des micro-organismes. Alimente les plantes. nage. Ne fait pourtant pas assez souffrir la vigne. vKimmeridgiens (sols) : sols de marne calcaire, vSchiste : roche cristalline riche en potassium et que l’on trouve à Chablis ou à Sancerre. en magnésium, qui retient bien l’eau, et convient vLignite : matière carbonée, chaude, très fertile ; tout à fait à la vigne. on la trouve en Champagne. vSilex: roche qui emmagasine la chaleur, et donne vLimon : sol tendre et friable, composé d’argile, des vins très typés, au fameux goût de “pierre à de sable et de vase. Trop fertile. fusil” (Loire…). vMarne : argile calcaire qui retarde la maturation du raisin et en augmente l’acidité (Bourgogne, vSilice : sol assez acide de nature cristalline, dont l’archétype se trouve en Bourgogne, allié à de l’arAlsace…). vMica: sol assez maigre, à base de poudre de gra- gile et du calcaire. nit (Condrieu…). v Tuffeau : roche volcanique, calcaire, que l’on vMolasse: grès tendre et friable, souvent calcaire, retrouve en Touraine (Chinon, Bourgueil….

Les principaux cépages
Les blancs
v Altesse : Frais et fin, très parfumé, c’est le cépage traditionnel de Savoie. vChardonnay : Le roi bourguignon (et champenois), abusivement planté un peu partout. Très grand cépage, parfaitement adapté aux sols et climats de la Bourgogne, qui produit les plus grands vins blancs secs du monde. vClairette : Raisin riche en sucre, connu pour les vins qu’il produit dans le sud de la France. v Chenin blanc : Grand cépage de la Loire (Anjou…), bien équilibré en acidité, qui donne des vins demi-secs, et convient aux vins de mousse. vGewurztraminer : Excellent raisin, très typé, très aromatique, qui donne des vins épicés, très caractéristiques (voir Alsace et L’Accord idéal des vins et des mets). vGrenache blanc : Très répandu en France, cet ancien cépage espagnol peut donner un vin corsé de bonne qualité, ample et peu acide. vMaccabéo : Cépage espagnol (Catalogne) utilisé pour les vins mousseux. On le trouve en Provence, en Languedoc et dans la vallée du Rhône. vMalvoisie: Originaire de Grèce, il apporte structure aromatique et densité aux vins blancs. vManseng: Le Gros Manseng et le Petit Manseng, cultivés dans le sud-ouest de la France, donnent le légendaire Jurançon moelleux. vMarsanne: Excellent cépage qui donne des vins riches, pleins et gras ; l’un des deux cépages qui servent à produire les rares vins blancs de Châteauneuf-du-Pape et d’Hermitage.

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Les principaux cépages
vMauzac : Bon raisin, très typé, avec une bonne vRiesling : Remarquable cépage qui peut atteinacidité naturelle (Gaillac). Il convient d’ailleurs très dre les sommets en Alsace. Très sec, très typé, très bien aux vins “perlants”. floral au nez comme en bouche, il s’adapte égalevMelon de Bourgogne : Cépage du Muscadet. ment aux “vendanges tardives”. vMuscat à petits grains : Cépage de l’Alsace et vSauvignon : Le raisin de prédilection des vins de Sancerre et de la Loire (Anjou…), très sec, très des vins de Muscat de Beaumes-de-Venise. fruité, très frais. Il donne des vins plus ronds dans vMuscadelle : Cépage que l’on trouve encore en les régions plus “chaudes” comme le Bordelais ou petite proportion dans les vignobles du sud-ouest dans les appellations du sud-ouest de la France. de la France (Gaillac, Montravel, Bergerac, Allié au Sémillon et vendangé tardivement, il donne Bordeaux). les grands vins liquoreux. vPinot blanc : En Alsace, il donne des vins fleuvSavagnin : Le raisin du vin jaune du Jura, typé, ris, frais et bien équilibrés. qui produit un vin d’une lente évolution. v Poulsard : Excellent raisin propre au Jura, qui produit l’un des plus grands vins rosés (ou gris), vSémillon : Remarquable cépage de référence des grands liquoreux bordelais. très aromatique, suave et persistant. v Roussane : Il donne les rares vins blancs v Viognier : L’unique cépage des appellations d’Hermitage et de Châteauneuf-du-Pape. Condrieu et Château-Grillet.

Les noirs
vCabernet franc : Excellent cépage de la Loire et du Bordelais (surtout Libournais), qui donne des vins très aromatiques. On peut regretter qu’il soit remplacé par le Cabernet-Sauvignon. vCabernet-Sauvignon : Ce cépage, la grande référence bordelaise, est souvent abusivement employé à tort et à travers dans le monde entier, faute d’originalité ou de qualité des terroirs. Assez résistant, il donne des vins tanniques, très structurés, riches, austères dans leur jeunesse, mais garants d’un potentiel d’évolution exceptionnel. vCarignan: Raisin qui ne possède pas réellement ses lettres de noblesse dans le Languedoc, donnant un vin alcoolisé, mais qui peut surprendre lorsqu’il est issu de vieilles vignes. vCinsault : Bon raisin de la vallée du Rhône et de Provence, qui donne des vins fins, de belle robe, très aromatiques. vGamay : Le raisin qui donne toute sa mesure quand il est vinifié en macération carbonique (Beaujolais). vGrenache : Le raisin de prédilection des grands vins de Bandol, du Languedoc et de la vallée du Rhône. Il apporte structure, puissance et concentration aromatique. v Malbec : Dénommé aussi Cot ou Auxerrois, c’est le raisin classique des vins typés rustiques (dans le bon sens) que l’on déguste dans la Loire, notamment en Touraine comme dans la région du Sud-Ouest (Cahors). Il donne des vins riches, colorés et tanniques, d’évolution relativement lente. vMerlot : Fragile, c’est la référence incontestable de la région libournaise (Pomerol…), où il atteint les sommets. Il produit un vin coloré, très aromatique, savoureux, intense au nez comme en bouche. vMondeuse : Le raisin classique savoyard, fin et fruité, léger, qui donne un vin très aromatique. On le trouve également en Suisse. vMourvèdre : Excellent cépage des grands vins de la vallée du Rhône (Châteauneuf-du-Pape, Gigondas…) et de Bandol. Riche, puissant, très parfumé, il s’associe au Cinsault et au Grenache. vPinot Meunier: Assez neutre, on le trouve surtout en Champagne. v Pinot noir : Le roi bourguignon (et champenois). Richesse aromatique, intensité et suavité en bouche. Des vins de très belle évolution. vSyrah : Originaire de Perse (Chiraz), c’est le raisin de référence des grands crus de la vallée du Rhône, notamment des Côte-Rôtie et Hermitage, mais aussi de la Provence et du Languedoc. Il donne des vins intenses, tanniques, concentrés, riches, très parfumés, d’excellente évolution. vTannat : Il donne des vins tanniques et typés, de lente évolution (Madiran…).

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L’élaboration des vins
Le vin est un breuvage magique. C’est aussi l’un des plus extraordinaires aliments qui puisse exister. Rouge ou blanc, le vin est un liquide formé d’eau (800 à 950 g/l) qui contient en dissolution ou en suspension la plupart des grandes fonctions de la chimie organique. Une véritable alchimie naturelle se crée alors au cours de la fermentation du vin. Si son élément essentiel est l’alcool éthylique qui se transforme au cours de la fermentation, les phosphates et les lipides côtoient les vitamines, les glucides ou les éthers, et font de ce produit fermenté (bien avant le pain et le fromage) un élixir de longue vie qui entretient notre corps régulièrement si l’on préfère déguster que boire à tout va.

Les vins rouges
L’élaboration du vin est un processus parfaitement naturel. Lorsque la vendange arrive à la cave, il vaut toujours mieux la trier. La vendange passe tout d’abord dans le fouloir, où elle est légèrement écrasée après avoir été la plupart du temps éraflée. Le moût, qui contient le jus, les pellicules et les rafles, est alors transvasé dans des cuves (en acier inoxydable ou en ciment). La fermentation va commencer. Ce sont les levures, des champignons microscopiques, qui en sont responsables en s’attaquant au sucre que le raisin contient pour le transformer en alcool avec émanation de gaz carbonique. Le processus de fermentation démarre à 18 °C. Cette étape dure de quelques heures (ou jours) pour des vins très légers (vin d’une nuit, Beaujolais), et jusqu’à 4 semaines pour les grands vins rouges tanniques. Le chauffage du moût et l’emploi de levures artificielles activent cette opération. On peut renforcer le degré alcoolique par l’adjonction de sucre au moment de la cuvaison (chaptalisation), d’environ 2 à 3°. On comprend que pour qu’un vin soit rouge, il faut que les pigments de la peau des raisins soient dissous dans le jus incolore. La structure tannique et la couleur du vin sont donc apportées par la peau du raisin, à une température située entre 25 et 28 °C. Au-dessous de 10°, la fermentation cesse; au-delà de 35°C, les levures sont tuées par la chaleur. Plus le vin macère avec ses peaux de raisins, plus il acquiert de la charpente et de la couleur. Les fermentations chaudes contribuent à l’extraction des polyphénols et des tanins indispensables à l’élaboration des grands vins de garde. Durant cette étape, les éléments solides (c’est ce que l’on appelle le “chapeau”) remontent à la surface des cuves et sont régulièrement soit arrosés par le jus de la cuve (remontage), soit submergés (pigeage), afin d’augmenter les extractions. Durant la maturation, étape suivante de la vinification, le vin va subir une nouvelle modification, la fermentation malolactique, durant laquelle des bactéries transformeront l’acide malique en acide lactique. La fermentation terminée, c’est l’écoulage, période durant laquelle on soutire le vin de goutte, puis le vin de presse. En fonction du style de vin que l’on veut faire, on peut incorporer un pourcentage plus ou moins important de vin de presse (contribuant au potentiel de longévité) dans le vin de goutte. Le vin est prêt soit pour être mis en cuves (de quelques jours à plusieurs mois), soit pour être élevé en barriques (de quelques mois à deux années). Tout dépend de la qualité du millésime et du vin que l’on veut faire.

Les vins rosés
Si l’on trouve encore (hélas !) des vins rosés fabriqués en mélangeant du rouge et du blanc, un vrai rosé est tout simplement un vin rouge auquel on n’a pas laissé le temps de prendre sa couleur. Les rosés de pressurage Ils sont issus d’une vinification en blanc de raisins noirs, foulés, égouttés et pressurés. Le pressurage est incorporé au vin de goutte pour lui donner de la couleur. Leur élaboration s’apparente plus à celle des vins blancs (voir plus loin).
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L’élaboration des vins

Les rosés de saignée Les meilleurs, à mon sens, en tout cas ceux qui ont le plus de saveur et de finesse. Ce sont des vins issus d’une séparation du moût d’une vendange de vin rouge, égrappée (ou non) et foulée, après seulement quelques heures de macération. La cuve est alors “saignée”, c’est-à-dire qu’on en écoule une partie, le reste poursuivant sa vinification en rouge. Le jus écoulé poursuivra sa fermentation hors du contact des peaux, pour ne pas prendre de couleur, et fera sa fermentation malolactique.

Les vins blancs secs
Le vin blanc est élaboré à partir de raisins blancs et/ou noirs égrappés au fur et à mesure qu’ils sont pressés. Plus on presse, plus la qualité diminue. L’opération doit être faite rapidement car le moût doit être surtout bien protégé de l’oxydation, en évitant tout brassage, et en ajoutant de l’anhydride sulfureux, antioxydant et antioxydasique. On procède ensuite à la séparation avant la fermentation des bourbes du jus clair (débourbage), soit de manière naturelle (par sédimentation), soit volontaire (centrifugation…). On peut laisser la peau macérer avec le moût durant quelques heures afin d’intensifier l’arôme. Le jus clair est alors dirigé vers les cuves de fermentation (ou les barriques, pour les très grands crus). Des levures sélectionnées sont ajoutées au vin dans la cuve. La fermentation s’effectue à une température située entre 12 et 20 °C, et principalement autour de 15 °C. Si besoin, les cuves doivent être rafraîchies électroniquement, ou par arrosage extérieur ou encore par des serpentins remplis d’eau fraîche. Selon le type de vin blanc sec recherché, on peut décider de stopper ou non la fermentation malolactique, qui apporte de la rondeur au vin mais lui faire perdre de l’acidité. La plupart des blancs secs sont ensuite stockés dans des cuves avant d’être mis en bouteilles. Quelques-uns (Bourgogne notamment) sont élevés, voire vinifiés en barriques, comme les rouges.

Les vins blancs doux
S’il est possible de faire des vins doux artificiellement en ajoutant du dioxyde de soufre ou en ôtant les levures de la cuve pour faire cesser les fermentations, il vaut mieux employer un processus plus naturel. Les vins sont alors obtenus en arrêtant la fermentation tandis qu’il reste encore du sucre. Bien entendu, les meilleurs sont les vins issus de raisins atteints par le Botrytis cinerea, qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins. Le raisin doit parvenir à une forte concentration de maturité due à l’action du Botrytis cinerea, dénommé aussi “pourriture noble”. Cette dégradation bénéfique du raisin lui fait perdre son eau, accroît sa teneur en alcool et apporte au vin un surcroît de liqueur.

Les vins mousseux
La méthode champenoise En Champagne comme ailleurs, la méthode de la prise de mousse consiste à additionner au vin tranquille obtenu après de subtils coupages et assemblages une liqueur de tirage dont la dose de sucre est définie selon le type de produit que l’on désire, et d’un levain de levures sélectionnées (voir région Champagne). La méthode gaillacoise Ou rurale. Par rapport à la méthode champenoise, le vin ne subit pas de seconde fermentation en bouteilles. Il est embouteillé durant la première fermentation, qui se poursuit donc en bouteilles.
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Les Meilleurs Producteurs De l’année

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