UNIVERSITE CHOUAIB DOUKKALI FACULTE DES SCIENCES – EL JADIDA

Numéro d’ordre : 36

THESE
Présentée pour obtenir le diplôme de

Doctorat en GEOLOGIE
Spécialité : GEOSCIENCES MARINES
Par

Mohamed MAANAN

ETUDE SEDIMENTOLOGIQUE DU REMPLISSAGE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA (CÔTE ATLANTIQUE MAROCAINE)
CARACTERISATIONS GRANULOMETRIQUE, MINERALOGIQUE ET GEOCHIMIQUE

Soutenue le 24 octobre 2003 devant la commission d’examen :
M. M. M. M. M. M. OUADIA, Professeur à la Faculté des Sciences – El Jadida C. CARRUESCO, Maître de Conférence HDR à l’Université de Bordeaux I M. LABRAIMI, Professeur à la Faculté des Sciences – Rabat A. AAJJANE, Professeur à la Faculté des Sciences – El Jadida B. ZOURARAH, Professeur à la Faculté des Sciences – El Jadida Président Rapporteur Rapporteur Rapporteur Examinateur Examinateur

Mme. R. MAHJOUBI, Professeur à la Faculté des Sciences – Meknès

ANNEE : 2003 DOCTORAT EN GEOLOGIE

Numéro d’ordre :

Titre de la thèse: ETUDE SEDIMENTOLOGIQUE DU REMPLISSAGE DE LA LAGUNE DE SIDI
MOUSSA (CÔTE ATLANTIQUE MAROCAINE) : CARACTERISATIONS GRANULOMETRIQUE, MINERALOGIQUE ET GEOCHIMIQUE

Nom et Prénom U.F.R.

: MAANAN Mohamed : Géosciences et Environnement (Spécialité : Géosciences Marines) RESUME

La lagune de Sidi Moussa (côte atlantique marocaine) est séparée de l’océan par un cordon de dunes consolidées. Son bassin versant est constitué des terrains de crétacé et de plioquaternaire. Le régime hydrologique se caractérise par une alimentation essentiellement marine qui prédomine sur les apports continentaux. Le climat est de type méditerranéen sous influence océanique. L’approche morphologique de la lagune, basé d’une part, sur les photos d’interprétions et d’autre part, par les observations in situ montre l’existence de quatre unités morphologiques : 1- la zone de la passe principale et le delta interne de marée, 2- Chenal, la zone intertidale et les schorres, 3- les marais salants et 4- le cordon littoral. L’étude sédimentologique, minéralogique et géochimique de la couverture récente montre l’existence de deux domaines : - Un domaine à influence marine prépondérante, situé dans la zone aval de la lagune, caractérisé par des faciès sableux pauvres en éléments métalliques et en matière organique et riches en strontium et en carbonates d’origine biogénique. - Un domaine typiquement lagunaire, situé dans la zone amont de la lagune, caractérisé par des faciès silteux à silto-argileux riches en métaux lourds et en matière organique et pauvres en strontium et en carbonates. L’étude des caractères sédimentologiques, minéralogiques et géochimiques des carottes permet de retrouver les deux ensembles précités superposés dans les carottes avec à la base un faciès à dominance marine littorale qui caractérise un milieu ouvert et au sommet un faciès typiquement lagunaire qui caractérise un milieu relativement fermé. Cette évolution verticale des faciès tend vers un comblement lagunaire, ce qui est en accord avec le schéma évolutif des lagunes proposées par Bird 1994. Toute fois les teneurs en éléments métalliques des sédiments restent inférieures aux teneurs observées dans d’autres systèmes lagunaires similaires au Maroc tel que Oualidia, la lagune de Nador, ou en Europe (lagune de Venise, lagune d’Arcachon). Ces faibles teneurs sont l’expression d’une pollution faible ou nulle de cet écosystème.

Mots clés : Maroc, lagune de Sidi Moussa, sédimentation, minéralogie, géochimie, modèle de Bird (1994), pollution métallique, bruit de fond géochimique.

Je dédie ce mémoire à: Mes parents Ma grande mère Mes frères et sœurs Ma belle famille Mes professeurs Mes amis Tous ceux qui me sont chers

d’autres publications soumises et des communications dans des colloques et des congrès nationaux et internationaux. Monsieur M. Mahjoubi comme des rapporteurs de thèse et Messieurs A. Ca m’a permis de discuter l’état d’avancement de ce travail et les nouvelles démarches surtout pour la stratégie d’échantillonnage au sein du remplissage lagunaire. Après ces deux ans. Cela ne m’a pas empêché de travailler sur d’autres écosystèmes avec nos professeurs de laboratoire surtout sur l’estuaire de l’Oum Er Rbia. Pour la deuxième année j’ai travaillé sur la lagune de Oualidia et les plages adjacentes. Carruesco. J’ai ensuite suivi mes études de troisième cycle pour préparer le Diplôme des Etudes Supérieures Approfondies «Environnement Marin et Valorisation des Ressources » au Département de Biologie. d’identifier la nature et l’origine de remplissage lagunaire et sur le plan géochimique. J’ai soutenu mon mémoire de Diplôme des Etudes Supérieures Approfondies intitulée : " Etude morpho-sédimentaire de la lagune de Oualidia : Evolution récente et historique" en octobre 2000. Une mission d’échantillonnage des échantillons de surface et des carottes est réalisée par la suite au mois de décembre 2001. Ouadia comme président. Zourarah comme des directeurs de thèse. les origines et les classifications des lagunes du monde et ainsi classer la lagune de Sidi Moussa dans ce contexte mondial. je me suis inscrit au Département de Géologie au sein de l’Unité de Formation et de Recherche (Géosciences et Environnement). un écosystème paralique mal connu et important au point de vue économique et scientifique. Labraimi et Madame R. Zourarah m’a proposé dans la première année un sujet sur l’évolution morpho-sédimentaire des plages du littoral des Doukkala au sein du Laboratoire de Géosciences Marines « un laboratoire actif de réseau national des sciences et techniques de la mer REMER ». Ce travail était sous la direction du Professeur Ahmed Aajjane. Monsieur B. Zourarah m’a proposé alors un sujet original portant sur la lagune de Sidi Moussa. Ce travail nous a permis sur le plan sédimentologique. J’ai suivi le même tracé de Géologie marine. j’ai soutenu ma thèse devant un jury composé de Monsieur M. la lagune de Oualidia et le plateau continental des Doukkala Abda dans le cadre du projet PROTIT. La première année m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur les caractéristiques. sous la responsabilité du Professeur C.Avant propos Après avoir obtenu le diplôme de Licence en 1998 en Géologie Appliquée à la Faculté des Sciences d’El Jadida. j’étais en stage au département de Géologie et de la Géographie à l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve (Belgique). J’ai commencé ma deuxième année par une mission à l’Université de Bordeaux I. Aajjane et B. Naud. j’ai pu faire les analyse des échantillons de la lagune par la méthode de Diffraction aux RX et la méthode de Fluorescence aux RX avec Monsieur le Professeur J. Monsieur C. Il a en plus fait l’objet de deux publications sous presse. durant lequel. En Mars 2002. . les plages de littoral des Doukkala. En octobre 2003. Carruesco. d’établir un état de lieu de la lagune et de mettre en évidence le bruit de fond géochimique. Monsieur le Professeur B.

l’expression de mes sentiments les plus respectueux. les Professeurs Khalid MEHDI. ses conseils et pour la confiance qu’elle m’a toujours accordée. Mes recherches ont été effectuées au Laboratoire de Géosciences Marines du REMER. Ce travail a pu être à terme grâce aux encouragements et au soutien de mon directeur scientifique de thèse Monsieur Bendahhou ZOURARAH. leurs conseils et leurs amitiés. et les coordinateurs du Réseau REMER : Salem BAKKAS. Mohammed SAHABI. Mohamed MONCEF et Omar ASSOBHEI. Maître de conférence HDR à l’Université de Bordeaux I. Je tiens à lui exprimer toute ma gratitude d’avoir accepté d’être rapporteur de ce travail et d’avoir bien voulu m’honorer de sa présence au jury. Professeur à la Faculté des Sciences d’El Jadida. Je remercie profondément Messieurs les Professeurs Ahmed AAJJANE et Abdellatif SOUHEL. Qu’il trouve ici la preuve de toute ma reconnaissance et mes remerciements pour sa grande disponibilité et pour le temps qu’il a consacré à la critique de mes résultats en me faisant bénéficier de sa grande expérience. il m’a accueilli dans son laboratoire et m’a apporté une aide précieuse dans les analyses microgranulométriques et de la matière organique. Qu’il veuille bien trouver ici l’expression de ma profonde reconnaissance de m’avoir aidé à la réalisation de ce travail. Ses connaissances en Géologie du Quaternaire de la région des Doukkala en font un spécialiste éclairé. je tiens à remercier tous ceux qui m’ont prodigué leurs aides. respectivement Doyens de la Faculté des Sciences d’El Jadida. qui a accepté de diriger ce travail. Il m’a initié à la géologie marine et a toujours su me conseiller efficacement sur les orientations que je devais donner à mon travail. J’ai pu bénéficier de sa grande compétence et de ses observations pertinentes en tant que spécialiste des écosystèmes côtiers. Je le remercié profondément d’avoir accepté de juger ce mémoire et de présider le jury. pour leur aide et assistance. Je tiens à remercier vivement. Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat que j’adresse mes remerciements les plus respectueux pour sa grande qualité humaine. responsables de l’Unité de Formation et de Recherche « Géosciences et Environnement » pour m’avoir accepté de m’y inscrire et de leurs aides scientifiques et logistiques. Je remercié Monsieur Ahmed AAJJANE. Mes premiers et sincères remerciements vont tout d’abord au défunt Monsieur le Professeur A. Nos conversations ont été toujours pour moi une source d’enrichissement. pour l’intérêt qu’ils ont toujours porté à la recherche scientifique au sein de notre établissement. Professeur à la Faculté des Sciences d’El Jadida qui a toujours su m’écouter et me donner de bons conseils et d’orientations. Je remercie Monsieur Christian CARRUESCO. SADEL et le Professeur B. MERNARI. Qu’ils trouvent ici.Remerciements Au terme de ce travail. C’est également à Monsieur Mustapha LABRAIMI. pour ses critiques et pour ses encouragements. à qui je dois une reconnaissance particulière pour sa grande qualité humaine. d’en être un des rapporteurs et d’avoir participé au jury. Je remercie Monsieur Mohamed OUADIA. . Professeur à la Faculté des Sciences d’El Jadida. leurs soutiens. qui a accepté de juger ce travail dont il est le rapporteur .

Khadija. mes oncles (Abdelkader. Je tiens à remercier profondément Monsieur le Professeur Dominique LADURON et Monsieur le Professeur Nasser ENNIH coordinateurs du projet. Amina. Mes vifs remerciements à Mes Professeurs de Département des Sciences de la Terre de la Faculté des Sciences d’El Jadida. Un grand merci à mes chers amis Mohamed CHAIBI. . Professeur assistant à la Faculté des Sciences de Casablanca I. Younes et tous les étudiants de troisième cycle de la Faculté des Sciences d’El Jadida et à toute personne ayant participé de prés ou de loin à la réalisation de ce mémoire. leur gentillesse. sa disponibilité. Hicham. Cadre Supérieur. Belgique). Elle a bien voulu suivre la progression de ce travail et l’enrichir par ses suggestions et ses remarques précieuses. Ce travail a bénéficié d’une bourse AGCD (Belgique) dans le cadre du projet CAMG. Anouar. Ma reconnaissance s’adresse également à Monsieur le Professeur Larbi EL ACHHAB. pour ses encouragements et son soutien. Son aide concernant la mise en forme de l’exposé de ce travail était considérable. Mehdi. Belgique).Je remercie Madame Rachida MAHJOUBI. Merci à tous. Meryem et Imane). qui a accepté de juger ce travail et qui a toujours témoigné d’une grande bienveillance . pour leur aide. Ilyasse. qui a bien voulu m’accueillir dans son laboratoire où j’ai réalisé les analyses minéralogiques et géochimiques. Ayoub et Mehdi) et mes sœurs (Mina. Moubarek et toute la famille BENABBOU. pour leur encouragement et leur soutien dans les plus pénibles moments. Atif. et Driss INANI. elle me fait l’honneur d’être un rapporteur de ma thèse. leur soutien moral et leur conseil incessant. Abdelilah. leurs sacrifices. Je remercie aussi Mademoiselle Fatima KHARMOUCHE secrétaire du Département. Rana. Mes vifs remerciements vont aussi à Monsieur Jean NAUD. Loubna. Professeur à l’Université Catholique de Louvain (Louvain-La-Neuve. Abdellah et Abdelrahim) et leurs épouses et tous les membres de la famille. leur soutien. leur dévouement et leur encouragement inlassable . leur permanente disponibilité. Sa gentillesse. Rachid. Khalid. Vice doyen de la Faculté des Sciences pour son soutien et ses encouragements et par là je ne saurai oublier de remercier le corps administratif de la Faculté des Sciences d’El Jadida. à qui je dois tout : mes parents. Professeur à la Faculté des Sciences de Meknès. Un grand merci à tous mes amis surtout Abdelali. mes frères (Abdeladim. Rim. Je les remercie vivement pour leur sympathie. qu’ils acceptent que je leur dédie ce travail. pour leur amour. Professeur assistant Centre Universitaire de Safi. entre l’Université Chouaïb Doukkali (El Jadida. Youssef. qu’elles sachent que ma reconnaissance va bien au-delà de ces remerciements. qu’ils trouvent ici l’expression de ma grande affection. je venais d’oublier certaines personnes. L’achèvement de ce travail est l’occasion de remercier vivement ma grand-mère. ses critiques et son savoir-faire m’ont permis de mieux valoriser ce travail. leurs nombreux conseils et leurs encouragements. Fatima. Je tiens à remercier Monsieur Hocein BAZAIRI. Abdelkabir. Il est difficile de trouver des mots assez forts pour exprimer mon immense gratitude et ma plus grande affection à deux personnes. Si par hasard. Maroc) et l’Université Catholique de Louvain (Louvain-La-Neuve.

.

26 III-1-1..…………………….11 V..Trias………………………………………………. Le Paléozoïque………………………………. 25 III-1-1. Le Permo . 8 III . 25 III.………..15 PRESENTATION GENERALE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA I.7 II-1-Qu’est ce qu’une lagune ? ………………….TABLE DES MATIERES TABLE DES MATIERES INTRODUCTION INTRODUCTION……………………………………………..……………………………10 IV .ORIGINES DES LAGUNES………………………….CLIMATOLOGIE DE LA LAGUNE……………………………………………… 20 II-1 Les précipitations …………………………………………………………….. 2.INTRODUCTION……………………………………………………………………. 25 III-1-1.PLACE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA DANS LES MILIEUX LAGUNAIRES……………………………………………………………. 1..……1 GENERALITE SUR LES LAGUNES I .. Cadre géologique de l’arrière pays lagunaire…………………….CLASSIFICATION DES LAGUNES …………………………………………….…………7 II-2. 21 II-3 Les vents………………………………………………………………………22 II-4 Classification climatique…………………………………………………….……………. 26 I .…………….Forces en jeu dans l'évolution des lagunes…………………………………..L’ENVIRONNEMENT CONTINENTAL ET MARIN…………………………..……………….6 II ..SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA…………18 II.25 III-1 Environnement Continental………………………………………………….DEFINITION DES LAGUNES ……………………………………………………. 20 II-2 Les températures …………………………………………………………….

………………. Cadre général…………………………………………………….2 La flore…………………………………………………………… 61 IV-3. 29 III-1-1.……… 45 IV-1-2-1. 29 III-1-1..TABLE DES MATIERES III-1-1.…. Les marais salants……………………………………. 8... 7.2 La houle………………………………………….……… 56 IV-3-2.……… 47 IV-1-3.…………. 40 III-2 Environnement marin…………………………….……………60 IV-3.1 La faune……………………………………………... Le Miocène…………………………………. Pédologie des formations encaissantes……………….. Le Pliocène………….……… 46 IV-1-2-4. Le Jurassique…………………………………………….………… 49 IV-2-1. 28 III-1-1.. 3. Le Crétacé…………………………………………….……….… 48 IV-2-1.…………… 48 IV-2-1.…… 28 III-1-1. 45 IV-1-2. Le cordon littoral………………………………………. Les côtes de part et d’autres de la lagune……………. Les passes………………………………. Hydrologie continentale……………………………….…………. La lagune proprement dite……………………………….………… 59 IV-3-3. 5. Les chenaux et la zone intertidale……………………………… 46 IV-1-2-3..……………… 41 IV..1 La marrée…………………………………………..L’ENVIRONNEMENT LAGUNAIRE…………………………………………… 45 IV-1 Morphologie lagunaire……………………………………………………… 45 IV-1-1. Le Quaternaire……………………………………….…. 6.………….. Bilan hydrologique de la lagune ………………………………… 60 IV-3 Milieu biologique de la lagune de Sidi Moussa……………………………… 60 IV-3... Hydrologie marine…………………………………. 4.3 La circulation océanique et les upwellings….……… 47 IV-2 Le contexte hydrologique………………………………………………….………… 31 III-1-2.…… 46 IV-1-2-2.…………………...………………………………………… 29 III-1-1. L'Eocène………………………………………………………...3 la salubrité de la lagune de Sidi Moussa ………………………… 61 IVINTERETS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA………………………………………………………………………………… 62 II .…………… 48 IV-2-1...

Faciès silto-argileux…………………...… 74 II – 5.…… 64 II.MATERIEL ETUDIE……………………………………………….………………… 66 II – 1.………… 93 I... Faciès silto-sableux………………….2-4-1 signification et mode d’utilisation des paramètres……….……………… 64 II-2 Sédiments carottés…………………………………………………………… 64 II.……………...METHODES ANALYTIQUES…………………………………. Analyses géochimiques…………………………………………………… 73 II – 4.……. pH des sédiments……………………………………….………………………………… 66 II – 2. Calcimétrie…………………………………………….. Analyses statistiques………………………………..2-2 Analyse et interprétation des variations granulométriques… 85 I.le pH et les teneurs en CaCO3…………………………………. 78 I-2-1 Répartition des faciès………….2-3 Test Passega…………………………………….Etudes granulométriques……………………………………………………. 93 III .…………………………………… 80 I-2-1-1.. 92 I-2-4-2 Test : Moyenne – Médiane……………………. Faciès sableux…………………………………………….…………. Analyses granulométriques…………. Minéralogie des Argiles……………………………………………………72 II – 3.2-4 Méthode des moments linéaire……………………….……… 77 I-2.……………………… 75 APPROCHE SEDIMENTOLOGIQUE I CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES DEPOTS SUPERFICIELS………………………………………………………….…………………… 83 I-2-1-3.………………… 75 II – 6.………………..TABLE DES MATIERES METHODES D’ETUDES I .3.Conclusion…………………………………………………………………...… 88 I.……………… 64 II-1 Sédiments superficiels……………………………………….CONDITIONS D’ECHANTILLONNAGE …………………………………....………………. 80 I-2-1-2. 77 I-1...…………… 91 I.……… 84 I.

4 Conclusion………………………………………..2.………………… 116 I.………..CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES DEPOTS CAROTTES………95 II-1 Description des carottes……………………………………………………… 95 II.2...TABLE DES MATIERES II .119 I-3-2 Evolution du carbone organique particulaire…………………….……………………… 96 II..1 Faciès silteux…………………………….……. Répartition verticale…………………………………………………………. 119 I-3-1. Répartition spatiale…………………………………………………………… 117 I-2-1.. Evolution de la matière organique ………………………………….MINERALOGIE DE LA PHASE ARGILEUSE LAGUNAIRE….MINERALOGIE DE LA PHASE ARGILEUSE DE L’ENVIRONNEMENT CONTINENTAL……………………………………………………….……….……… 100 III..3 Variations granulométriques et dynamique du dépôt ……………...2.. 100 III.………………. Evolution de la matière organique…………………………………. 104 III...116 I. 112 III.. 117 I-2-2.3.119 I.3 Conclusion……………………………………………….…………………….……… 107 I.… 119 I-4 Conclusion……………………………………………………………………… 121 IV .……………… 114 APPROCHE GEOCHIMIQUE INTRODUCTION……………………………………………………. Evolution de carbone organique particulaire……………………….LA MATIERE ORGANIQUE……………………………………………………….2 Granulométrie des dépôts…………………………….……………… 107 I-1 Variations spatiales……………………………………………………………107 II-2 Variations verticales………………………………………………….2. 116 I-1 Introduction……………………………………………….CONCLUSION………………………………………………………………………104 APPROCHE MINERALOGIQUE INTRODUCTION………………………………………………………………...………………………… 96 III..2 Faciès sableux…………………………………………….…………100 III.

142 CONCLUSIONS & PERSPECTIVES………………………………….... La fraction minérale……………………………………………...169 ANNEXES…………….. Répartition temporelle des éléments chimiques dans la lagune …………….…… 128 II-2-1. La répartition des contaminants dans les sédiments…………….………………… 148 LISTE DES FIGURES………………………………………………. Les facteurs de contrôle de la répartition du contaminant……….……… 125 II-1-5.. 134 II – 4.. Répartition spatiale des éléments chimiques dans la lagune …………..……… 130 II – 3.…………………. 125 II-1-4. Les éléments mineurs et traces……………………………. Facteur d’Enrichissement et Indice de Géo-accumulation……………….. Les éléments majeurs………………………………………………128 II-2-2... Les éléments chimiques dans l’environnement marin…………….………………… 172 V .… 137 II – 5.… 123 II-1-3.. Les paramètres physico-chimiques……………………….…127 II – 2... Conclusion……………………………………………. 165 LISTE DES TABLEAUX……………………………………………………………….………………….… 144 REFERENCES BIBLIOGRAPHIES………………………………..TABLE DES MATIERES II – ANALYSES CHIMIQUES………………………………………………………… 122 II-1 Introduction : …………………………………………………………………122 II-1-1. 122 II-1-2.……………………………………………….………….

INTRODUCTION INTRODUCTION -1- .

Il est toutefois admis que le littoral constitue un espace caractérisé par l’influence maximale et réciproque des milieux terrestres et maritimes qui ne produit pas les mêmes effets d’un endroit à un autre. Cependant. souvent irréversibles. aquaculture. comme étant un espace de vacances et de liberté. sur le milieu alors que la qualité de cet environnement est à l’origine de ce développement touristique. à des environnements agricoles spécifiques…. enfants et adultes.. du milieu naturel pour pouvoir se développer. voire même antagonistes. La définition du littoral obéit à des critères éminemment variables. la faune et la flore. La prise de conscience que le littoral est aussi un espace vulnérable à protéger est plus récente mais s’accroît fortement. dépendante pour son installation d’un environnement de qualité provoque des nuisances importantes si elle est surdimensionnée. Le littoral est aussi un lieu où se cristallisent des logiques concurrentes. on dit que le littoral représente un enjeu fort pour nos sociétés. Territoire mal défini. préserve les paysages. Beaucoup d’entre nous. sous des formes plus traditionnelles. alors que ces mêmes activités dépendent. une mauvaise maîtrise des pratiques agricoles intensives affecte la qualité des sols.etc. Le littoral est modelé par de nombreuses activités humaines : urbanisation. l’espace rural. etc. à des infrastructures de communication. très souvent.INTRODUCTION INTRODUCTION Depuis toujours. De même l’aquaculture. Aux contrastes géologiques et climatiques viennent s’ajouter des différences qui résultent du rattachement ou non de ces territoires à des systèmes urbains proches. mal délimité. tourisme.. notamment par l’importance des rejets de matières organiques qu’elle génère. agriculture. L’agriculture. transport. Son extension spatiale. de l’eau et de l’air. et participe à l’aménagement du territoire. vers le large ou vers le continent. le littoral se caractérise par des équilibres écologiques et paysagers complexes et fragiles soumis à de fortes pressions anthropiques. Un tourisme mal encadré peut aussi engendrer des dommages. -2- . est donc fonction des critères utilisés. industrie. supports du développement économique. connaissent la mer.

qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine. Outre la pêche. Cette seule référence souligne l’importance des potentialités socio-économiques de cette zone. non seulement continentales. défini par ses composantes des milieux physiques et biologiques. les formes de terrain. Les lagunes sont des étendues d’eau de mer comprises entre la terre ferme et un cordon littoral généralement percés de passes et elles apparaissent comme des systèmes littoraux hautement évolutifs sous la dépendance de multiples facteurs naturels et anthropiques. falaises etc. l'écoulement et la vie. industrielles mais aussi l’aquaculture et le tourisme. La préservation de ce milieu fragile. et en appréhender les processus de transformation et leurs causes. dont la nature est liée à des évolutions à long terme. est un pays littoral par excellence dont les 2/3 de la population sont installés sur la frange côtière du pays. Le Royaume du Maroc. Bien qu’elles n’occupent que de faibles superficies par rapport à la grande longueur de la -3- . on ne peut suivre et comprendre ces variations qu’en disposant des observations systématiques pour séparer les différentes échelles d’espace et de temps. côtes sableuses. C'est également un milieu où entrent en contact la mer. une grande vulnérabilité ainsi qu’une diversité considérable dans les écosystèmes qu’ils abritent. Les lagunes se rencontrent à toutes les latitudes et sous différents types de climats et tout particulièrement sous climats tempérés. deltas.INTRODUCTION L’environnement littoral. le littoral attire et regroupe diverses activités souvent nécessitées par des impératifs économiques tels que les activités portuaires. lagunes. une rapidité d’évolution de leur cadre morphologique. varie de façon naturelle aux contrastes de temps interannuels et séculaires où les effets anthropiques se font sentir. d'intérêt socioéconomique important. Le littoral peut être considéré comme une limite difficilement maîtrisable par l'Homme. mais de plus en plus marines et littorales dont une grande partie représente des sources majeures de nourriture pour l’Homme. elles révèlent une grande variabilité des conditions hydrodynamiques et sédimentologiques. nécessite donc une connaissance des processus contrôlant son évolution. tropicales et équatoriales. Le spectre de variabilité spatiale et temporelle étant complexe. l'atmosphère et le continent selon l'importance prise par l'un ou l'autre de ces milieux. Ces activités sont à l’origine d’une dense exploitation des ressources. On distingue classiquement différentes formes : estuaires.

Khnifiss. la lagune de Sidi Moussa. La lagune de Sidi Moussa est connue aussi par son grand intérêt de la préservation des oiseaux rares. • Proposer un schéma général de l’évolution prospective de cette lagune en relation avec les variations des conditions naturelles du milieu. reste le seul site demeurant un manque d’informations surtout sur la plate forme géologique. Et si les niveaux de connaissance scientifique des autres lagunes au Maroc sont déjà élaborés. Au Maroc. figure. d’où l’originalité de ce travail. Les études scientifiques sur les lagunes sont devenus dans plusieurs pays une priorité et des programmes de recherches. Mettre en évidence un diagnostic de l’impact de la pollution métallique sur le fonctionnement de cet écosystème. les lagunes possèdent des atouts écologiques qui en font des écosystèmes hautement productifs. par le biais des ruissellements. d'intérêt socio-économique important. à partir d’une connaissance de l’ensemble des composantes du milieu (facteurs hydrodynamiques. Sidi Moussa et Oualidia. L’objectif du présent travail est de : • Dégager les facteurs contrôlant le fonctionnement de la lagune de Sidi Moussa. • Identifier le rôle que joue le flux de matière transférée dans la lagune. Ces milieux se présentent comme une cible d’expansion économique dont la connaissance profonde de son fonctionnement s’impose dans le but d’une exploitation rationnelle. -4- . dans l’évolution de ce système.INTRODUCTION bande littorale qui entoure les continents et les grandes îles. nécessite une connaissance des processus contrôlant son évolution. la prise de conscience sur les lagunes comme des zones humides d’importance nationale et internationale est acquise par les départements ministériels compétents et des coordinations est assurée à plusieurs niveaux. La préservation de ce milieu fragile. Parmi les cinq sites marocains classés comme des zones humides d’importance nationale pour la conservation des oiseaux dans le cadre de la convention Ramsar. Merja Zerga. facteurs climatiques et apports continentaux). à part des études sur les populations phytoplanctoniques. de gestion et d’aménagement sont identifiés. • • Etablir le bruit de fond géochimique de la lagune. de suivi.

……………… 7 II-2..GENERALITES SUR LES LAGUNES GENERALITES SUR LES LAGUNES I .………………… 10 IV .DEFINITION DES LAGUNES …………………………………………… 7 II-1-Qu’est ce que c’est une lagune ? ………………….Forces en jeu dans l'évolution des lagunes………………………… 8 III .CLASSIFICATION DES LAGUNES …………………………………….ORIGINES DES LAGUNES………………………….PLACE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA DANS LES MILIEUX LAGUNAIRES…………………………………………………………….11 V.INTRODUCTION…………………………………………………………… 6 II .…… 15 -5- .

cependant. Les lagunes représentent environ 13% de la longueur des côtes du monde. Celle-ci mérite. Les lagunes et plus généralement les milieux paraliques (étymologiquement à côté de la mer) sont des écosystèmes originaux qui participent à la fois au domaine marin et au domaine continental. aux développements du tourisme. En effet. des lagunes bien développées : façade atlantique des USA. aussi bien dans les régions polaires que dans les régions tropicales ou tempérées. en raison de leur fonction d'abris et de leurs fortes ressources halieutiques. chacune. les lagunes sont plus que jamais l'objet de pressions liées aux méthodes modernes d'exploitation des ressources vivantes et minérales. Certains rivages ont. Ces différentes activités ont. isolés de la mer souvent par un cordon meuble de sables et de galets. Son organisation et ses caractéristiques sont étroitement dépendantes de l'équilibre entre influences marines et continentales.INTRODUCTION Les lagunes sont des plans d'eau. Souvent les modifications dues à l’activité humaine rendent parfois moins perceptible l'évolution naturelle. La communication avec la mer se fait par des ouvertures plus ou moins nombreuses dans le cordon. Foyers d'occupation humaine depuis les premiers temps. On les trouve sous toutes les latitudes. leurs contraintes propres souvent contradictoire parfois génératrices de graves conflits. à l'urbanisation et à la construction des ports et des zones industrielles. une lagune est souvent un milieu productif réputé sensible et d'une stabilité toute relative même à l'état naturel. allongées parallèlement au littoral. Mer Baltique.GENERALITES SUR LES LAGUNES GENERALITES SUR LES LAGUNES I . golfe du Mexique. sur de longues distances. Mer Méditerranée. littoral sud oriental de l'Australie et côte orientale de l'Inde. que les marées soient fortes ou faibles. Cette ouverture sur la mer n'est pas indispensable car il existe des lagunes fermées de façon permanente ou temporaire. d'être également prise en compte dans l'étude globale des -6- . peu profonds. encore que les marnages moyens ou peu marqués soient favorables à leur existence. Des irrégularités climatiques ou l'érosion et la sédimentation dans la zone de communication avec la mer peuvent modifier rapidement cet équilibre.

sont des plans d'eaux habituellement allongés parallèlement à la ligne de côte. des chenaux. et -7- . modifiée par Kjerve (1994). Ces études permettent de hiérarchiser les zones sensibles de l'ensemble du domaine lagunaire. des marées ou des tempêtes. (1989) peuvent être définies comme étant un milieu comprenant trois unités morphologiques : une barrière sableuse .DEFINITION DES LAGUNES II-1-Qu’est ce qu’une lagune ? Il s’agit d’une étendue d’eau de mer comprise entre la terre ferme et un cordon littoral généralement percé de passes. il convient de mettre en œuvre des études d'impacts solides. Avant d'entreprendre tout aménagement dans ces milieux fragiles.GENERALITES SUR LES LAGUNES caractéristiques d'un écosystème lagunaire. on parle alors de bassin lagunaire. Une telle étude est préalable à tout aménagement utilisant d'une façon ou d'une autre les propriétés remarquables des lagunes. Les lagunes côtières. II . Devant la variété des milieux paraliques. L'un des objectifs de cette classification est de pouvoir transférer sur un milieu nouveau. Lankford (1977) propose une définition fondée sur quelques aspects morphologiques communs : «Une lagune est une dépression côtière située au-dessous du niveau moyen des océans ayant une communication permanente ou temporaire avec la mer mais isolée de celle-ci par un cordon ou tout autre type de barrière littorale». On parle parfois d'étang littoral lorsque les liaisons avec la mer sont plus épisodiques et liées aux actions conjuguées des vents. selon la définition de Phleger (1969). le besoin de comparaison et de classification s'est vite fait sentir. les connaissances déjà acquises sur des milieux semblables. une étendue d’eau . Si la barrière littorale est constituée d'une bande de sédiments permettant une communication régulière avec la mer au niveau de quelques passes (appelé aussi grau. Les lagunes de la façade atlantique étudiées par Carruesco. exutoire ou émissaires) dont l'existence est conditionnée par le transit sédimentaire le long du littoral.

Dans cette partie. jusqu'à plusieurs -8- . que le jusant. En suivant E. La houle qui arrive obliquement par rapport au rivage donne naissance à un transit côtier de sables et de galets qui nourrit les flèches en arrière desquelles se situent les lagunes. b. marée). les bords de la lagune sont occupés par des chenaux de marée.La partie moyenne : l'eau est saumâtre et il arrive que les bords soient érodés en petites falaises ou.B. il y a débordement de l'eau de mer dans la lagune. Les courants de marée qui atteignent leur vitesse maximale dans les passes.La partie externe se trouve à proximité des passes ouvertes dans le cordon qui isole la lagune de la mer. De part et d'autre de la passe. c. joue un rôle essentiel dans le maintien des cordons lorsqu'elles existent. le flot est plus court. plus rapide aussi.GENERALITES SUR LES LAGUNES séparés de la mer par une barrière où se localisent un ou plusieurs chenaux de communication avec l'océan ouvert. dans l'évolution des passes. D'une façon générale. la marée voit son amplitude diminuer et sa propagation être retardée.C. Si ces cordons sont trop étroits. on peut distinguer trois parties dans une lagune assez vaste qui communique avec la mer et qui reçoit des tributaires. dues aux courants qui se produisent dans la langue. Ailleurs les marécages recouverts de roseaux constituent une marge amphibie. II-2. Au fur et à mesure qu'elle pénètre plus en avant dans l'intérieur des lagunes. La marée intervient d'autant plus que le marnage est plus grand et que les passes sont plus nombreuses et plus larges. Ce transfert sédimentaire. festonnés par de petites flèches à pointe libre. Ces ouvertures peuvent être permanentes ou temporairement fermées.La partie interne : les eaux sont très peu salées et les variations du niveau de la lagune sont faibles. où les eaux sont salées et le marnage notable. s'accumulent des sables qui constituent des hauts-fonds appelés deltas de marée. Bird (1994).Forces en jeu dans l'évolution des lagunes Elles sont liées à l'agitation de la mer (houle. aussi bien du côté de la mer que du côté de la lagune. Là où débouchent les cours d'eau s'édifient de petits deltas à croissance rapide. a. Ce débordement apporte du sable qui participe au colmatage des lagunes mais aussi à la migration des flèches en direction de la terre. au contraire. lié à la dérive littorale. à l'écoulement de l'eau continentale et au mouvement de l'air.

cône débordement.vasière et chenaux de marée. Ces courants de charges renforcent les courants de jusant.GENERALITES SUR LES LAGUNES mètres par seconde. à leur remblaiement. des turbulences.petite flèche intérieure. dans les tranches d'eau peu épaisses. s'amortissent vers l'intérieur où ils sont canalisés par des chenaux. des sables depuis les cordons littoraux jusque dans les lagunes situées en arrière . Figure I-1 : les différentes unités morphologiques et les facteurs agissant sur une lagune (Bird. 7. 1994). le vent crée des vagues qui peuvent éroder les berges et faire naître. 4. 1. en particulier dans les régions arides. par saltation et par roulage.petite falaise. générateurs d'une nouvelle répartition de ces matériaux. 10. contribuant ainsi.delta. 6. Le vent se manifeste diversement.dérive littorale. et des courants. Les rivières qui se jettent dans les lagunes créent des courants de décharge vers la mer dont l'effet de chasse contribue. responsables de la remise en suspension de sédiments fins. La marée peut provoquer des échanges d'eau considérables entre la mer et les lagunes.flèche ou barrière. 11 -rivière. il transporte. 5.dunes. Sur les lagunes assez vaste. quelle que soit sa direction.vent dominant. Lorsqu'il souffle vers la terre et que sa vitesse est suffisante.delta de marée.courants de marée. 2. 3. -9- . 9. 12. avec le va-et-vient des courants de marée au maintien des passes. Dans les régions où les marées sont faibles et les apports d'eau fluviale peu importants. le vent joue un rôle primordial dans l'agitation de l'eau dans les lagunes (Figure I-1). 8.

prévalant pendant la progradation du littoral. selon les mécanismes décrits par Zenkovitch. a permis l'édification de cordons-barrières ou de flèches sableuses (spits). Rosen (1973). Hume et Herdendoif . selon les mécanismes décrits par Curray (1964). Le modèle de formation des lagunes serait le suivant (Curray. 1969 et Orme. Une dérive littorale intense. Quand la remontée du niveau marin s'est ralentie. Leur évolution est rapide à l'échelle géologique.P. alors que le niveau eustatique continuait sa lente remontée. plus fréquemment..GENERALITES SUR LES LAGUNES III . la transgression s'est trouvée localement équilibrée par un dépôt de sable le long du rivage vers 3600 . 1964) : la remontée du niveau marin.ORIGINES DES LAGUNES Les lagunes actuelles occupent une place très importante parmi les environnements côtiers. vers 5000-6000 ans B.P. 1972). 1987). Une accélération du processus d'édification pourra entraîner une fermeture partielle ou totale des lagunes (Zenkovitch. Phleger.P. provoquera une diminution du volume d'eau dans la lagune et ainsi une baisse de l'intensité des échanges au niveau de la communication océan-lagune. 1975). Nichols et Allen (1981). La pérennité de ces systèmes au cours de l'Holocène supérieur résulte d'un équilibre décrit par Lucke (1934) : a) Le régime des houles : Tout changement de l'orientation de la houle aura une conséquence sur le rythme d'édification du cordon-barrière. Les lagunes constituent un trait éphémère des côtes. Elles sont.4750 ans B. b) Les apports d'eaux douces : Une diminution des apports d'eaux douces et/ou un comblement rapide en arrière du cordon. une progradation du littoral. (1969). Les lagunes actuelles sont apparues il y a 5 ou 6000 ans à la fin de la transgression postglaciaire. avant 7000 ans B. (Zenkovitch. Elles ont été formées à la fin de la transgression postglaciaire. Bird (1994) considère que les lagunes sont actuellement en voie de comblement par sédimentation. 1969 . Cet apport de sable a pu provoquer. Moslow et Tye (1985) et Carruesco (1989) notamment dans les régions où le plateau continental est large et plat et où la remontée du niveau marin est lente (Emery.10 - . isolant les lagunes. a causé une translation de la ligne de rivage sur le plateau continental. 1969 . rencontrées dans les environnements microtidaux bien que des exemples soient cités dans les environnements mésotidaux et plus rarement macrotidaux (Hayes. Martin et Domingues (1994). ce qui peut les transformer en plaine côtière . localement. 1967).

Le mouvement de l'eau est assuré seulement par les marées. Si celui-ci s'élève rapidement. Le climat est humide et les apports en eau douce d'origine continentale en sont la cause. mais aussi des limons et argiles apportés par les rivières auxquels s'ajoute une quantité importante de matière organique. Le destin d'une lagune est de disparaître. S'il s'abaisse la lagune tend à s'assécher. C'est la présence de la végétation et des êtres vivants qui permet la retenue de ces sédiments dans la lagune. IV .GENERALITES SUR LES LAGUNES transgressive. La salinité. Le flot est égal au jusant. .type neutre (B) : La salinité de la lagune est égale à celle de l'eau de mer. à plus ou moins brève échéance.type estuarien (A) : L'eau de la lagune a une salinité inférieure à l'eau de mer. la barrière peut être submergée et la lagune devient une baie. est la conséquence de l'évaporation élevée des niveaux de surface.CLASSIFICATION DES LAGUNES Postma (1969) définit les différents types de lagunes en fonction de leurs hydrologies : il compare la salinité de la lagune à celle de l’eau de mer voisine pour voir la qualité et le caractère des échanges des masses d'eau entre la lagune et l'océan. Ces sédiments sont fins et sont des sables venus de la mer.11 - .type anti estuarien (C) : L'eau de la lagune est plus dense (> à 35 ‰) que l'eau de mer. en volume. c) Les variations climatiques et la néotectonique : Subsidence et soulèvement pourront interférer sur la vitesse de comblement. par colmatage lorsque le niveau de la mer est relativement stable. pas de stratifications des eaux. La circulation est du type normal estuarien. . Le mélange des eaux est assuré par le jeu des marées. L'eau lagunaire est évacuée dans les niveaux de surface et l'eau de mer pénètre dans les niveaux inférieurs. L'évacuation de ces eaux denses s'effectue dans les niveaux inférieurs alors que les eaux océaniques pénètrent dans les niveaux supérieurs. le climat est sec. plus forte des eaux lagunaires. . On a ainsi définit trois types principaux (Figure I-2) : . ceux qui s'en échappent.Les sédiments piégés dans la lagune dépassent de loin. Les lagunes sont le siège d'une sédimentation active et continue .

12 - . 1969) .GENERALITES SUR LES LAGUNES Figure I-2 : Les différents types de lagunes (Postma.

. Sa classification décrit cinq types morphologiques principaux. des passes (souvent comblées) et des deltas de marée sont de taille mineure et des faciès intertidaux développés. Hayes (1975) classe les lagunes en fonction du marnage comme facteur contrôlant les paramètres morphologiques des lagunes. Caractérisé par l'absence de dépression fluviatile et par une barrière construite par la mer (bancs.type mésotidal (2m < marnage < 4m) : Ce type est caractérisé par une barrière courte. les courants de marées sont faibles.) (Sédimentation marine).type microtidal (marnage < 2m) : Ce type est caractérisé par des phénomènes de "washover". Lankford (1977). Si le marnage est élevé. des échanges lents entre lagune et océan et une stratification des eaux fortes. pour sa part. Il est caractérisé par une dépression fluviale où les apports fluviatiles sont faibles et par une barrière issue de la dérive littorale (sédimentation côtière). Dans ce cas.type macrotidal (marnage > 4m) : Il existe peu de systèmes lagunaires quand le marnage est supérieur à 4m. Caractérisé par une dépression fluviale comblée ou plaine maritime où les apports fluviatiles sont importants et par une barrière construite par le fleuve ou par reprise littorale de ses apports (sédimentation fluviatile ou deltaïque prédominante). . les chenaux ont un fort relief et les zones intertidales sont étendues.13 - . Les courants de marées deviennent forts. Les échanges sont rapides entre l'océan et la lagune et la stratification des eaux est faible. les zones de passes sont larges et les deltas de marées ainsi que les faciès intertidaux sont importants. Si le marnage est faible. fait appel à des paramètres morphologiques induits par l'origine de la sédimentation. tombolos etc. quatre où la sédimentation joue un rôle essentiel.type 3. le cinquième étant régi par des facteurs tectoniques (Figure I-3) : . les courants de marée sont forts. .type 2. cela se traduit par un relief faible des chenaux de marée et des zones intertidales.type 1. L'influence des vagues est importante sur la façade océanique. Il définit trois types : . .GENERALITES SUR LES LAGUNES Entre ces trois types principaux il y a un grand nombre de types intermédiaires à cause des variations de marnage et du degré d'isolement de la lagune par rapport à l’océan et du climat. crêtes prélittorales. .

1977) .14 - .GENERALITES SUR LES LAGUNES Figure I-3: Types morphologiques principaux des systèmes lagunaires (Lankford.

Les lagunes semi fermées témoignent d'un apport de forces inverses . le passage du type 1 au type 2 (et réciproquement) est conditionné par l'importance des apports fluviatiles. d'origine quelconque. Caractérisé par une dépression et par une barrière de construction organique généralement récifale (sédimentation organique). Si chaque type peut être distingué. les apports de la dérive littorale tendent à colmater les passes qui se maintiennent difficilement. Nichols et Allen (1981) basent leur classification en fonction de leur degré d’ouverture sur le domaine océanique et en fonction du processus hydrodynamique dominant.PLACE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA DANS LES MILIEUX LAGUNAIRES On retrouve dans la lagune de Sidi Moussa les trois unités morphologiques lagunaires précédemment décrites avec la barrière sableuse du Marckchia. Cette lagune se situe dans un type mésotidal selon la classification de Hayes (1975).15 - . Les lagunes fermées caractérisées par l'absence de courants de marée. une dépression d’eau renfermée et une zone de passes permettant la communication avec l’océan. ce qui est l'indice d'un faible marnage et par des effets de chasse d'origine fluviale. Caractérisé par une dépression et une barrière d'origine structurale. neutre selon Postma (1969) complété par le type estuarien de Nichols et Allen (1981). Cet exemple montre bien les liens existants entre ces différentes classifications d'où l'intérêt de replacer chaque système étudié dans celles-ci et de faire la synthèse en hiérarchisant les facteurs responsables de l'état actuel du modèle étudié. Ces auteurs ont proposé une classification des lagunes et quatre catégories ont été distinguées (Figure I-4) : Les lagunes estuariennes dans lesquelles le courant fluvial et les courants de marée jouent un rôle prépondérant. Une modification. le passage de l'un à l'autre est possible. des débits solides aura donc une incidence sur l'évolution du système lagunaire de type 1 et 2. Par exemple. V. Les lagunes ouvertes dans lesquelles la marée a un marnage suffisant pour que le flot et le jusant assurent un autodragage des passes qui échappent à l'obturation. .GENERALITES SUR LES LAGUNES -type 4. -type 5.

GENERALITES SUR LES LAGUNES .16 - .

40 III-2 Environnement marin…………………………….… 48 IV-2-1. La lagune proprement dite………………………. Hydrologie marine………………………….2 La flore…………………………………………………… 61 IV-3.…………… 48 IV-3-2.1 La faune……………………………………..…. 18 II. Cadre géologique de l’arrière pays lagunaire…………….……… 45 IV-2 Le contexte hydrologique…………………………………………. Cadre général…………………………………………….. Hydrologie continentale………………………………… 59 IV-3-3..Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa PRESENTATION GENERALE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA I. 25 III..CLIMATOLOGIE DE LA LAGUNE……………………………………… 20 II-1 Les précipitations …………………………………………………….INTERETS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA………………………………………………………………………… 62 17 . 25 III-1 Environnement Continental…………………………………………. 22 II-4 Classification climatique……………………………………………..L’ENVIRONNEMENT LAGUNAIRE…………………………………… 45 IV-1 Morphologie lagunaire……………………………………………… 45 IV-1-1. Bilan hydrologique de la lagune ………………………… 60 IV-3 Milieu biologique de la lagune de Sidi Moussa……………………… 60 IV-3.L’ENVIRONNEMENT CONTINENTAL ET MARIN………………….……………… 41 IV. 25 III-1-1. 21 II-3 Les vents…………………………………………………………….. 45 IV-1-2. 20 II-2 Les températures ……………………………………………………..25 III-1-2.SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA.. Pédologie des formations encaissantes…………………...…………… 60 IV-3..3 la salubrité de la lagune de Sidi Moussa ………………… 61 IV...

Ses coordonnées géographiques sont (Figure I-5) : . La superficie totale est estimée à 4. Les passes permanentes et le delta interne de marée 2. Trois domaines y sont distingués : 1. Elle s’est essentiellement intéressée aux observations d’oiseaux aquatiques dans les zones humides les plus importantes au Maroc.océan. Les chenaux (5 m de profondeur maximale).5 Km de long sur 0.8° 51’ 05’’ de longitude Ouest Elle s’inscrit sur un rectangle de 5. Cette lagune possède la particularité d’être séparée du domaine océanique par un cordon de dunes consolidées qui assure la stabilité de la communication lagune. La migration des limicoles le long de la côte Atlantique du Maroc en Mars 1981 : rapport de l’expédition Ornithologique Hollande au Maroc-1981. Travaux antérieurs ayant concernés la lagune de Sidi Moussa : Ce sont les anglais qui ont découvert plus tôt que le petit estuaire de Sidi Moussa et la zone des poêles à sel contiguë offre des possibilités magnifiques de capture des limicoles au moyen des filets-extrafins. Plusieurs expéditions ont été organisées au Maroc .Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Partie I : PRESENTATION GENERALE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA I. Les marais salants au fond du plan d’eau. séparés par une digue.SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA LAGUNE DE SIDI MOUSSA La lagune de Sidi Moussa se situe sur la côte atlantique marocaine.32° 52’ 0’’ de latitude Nord . expédition de l’université d’Est Anglia au Maroc en 1971 (University of Est Anglia Expedition to Morocco 1971 Report).2 Km2. 18 . 3. Puis l’expédition de l’université du Durham à Sidi Moussa en 1980 pour effectuer des marquages visant à montrer le « taux de passage » des différentes espèces d’oiseaux dans leur migration plus au Sud.5 Km de large. les zones intertidales et les schorres envahis par une végétation halophyte .

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-5 : Localisation géographique de la lagune de Sidi Moussa 19 .

Une étude plus récente (Bennouna. 1994). néanmoins. L’arrière pays lagunaire a un relief négligeable et influence peu la climatologie. cette influence océanique diminue rapidement dés qu’on s’éloigne des côtes pour s’atténuer ver l’intérieur. 1999) s’est intéressée à l’évaluation quantitative et qualitative des populations phytoplanctoniques de la lagune de Sidi Moussa. II. dans les moules et dans les algues sur le littoral des Doukkala.CLIMATOLOGIE DE LA LAGUNE La lagune de Sidi Moussa est située dans la région des Doukkala à la latitude moyenne du Maroc (32-33° N). Cette nuance océanique est induite surtout par la présence des eaux marines fraîches liées au courant des Canaries en hiver et au phénomène d’Upwelling en été.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Sarf et Labraimi (1997) ont pu établir une carte de la répartition des faciès au sein du remplissage lagunaire. Les valeurs moyennes mensuelles des précipitations (entre 1964 et 2002) mettent en évidence (Tableau I-1) : 20 . dans les sédiments. Kaimoussi (2002). et se caractérise par une nuance océanique créant des conditions thermiques originales telles que la faible amplitude thermique annuelle et la douceur des hivers (Atillah. Il convient. II-1 Les précipitations : La région d’étude se situe entre les deux isoètes 300 mm et 500 mm de la carte des précipitations du Maroc. Même si la région est classée dans l’étage semi-aride. de signaler l’importance des condensations et des rosées « précipitations occultes » le long des côtes. Néanmoins. la sécheresse d’été et les pluies concentrées sur l’hiver et l’intersaison impriment au climat un caractère méditerranéen. la quantité pluviométrique moyenne annuelle demeure médiocre et ne dépasse guère 380 mm. Cependant. la région bénéficie des caractéristiques des régions situées dans les parties orientales des océans aux latitudes subtropicales. a établi une étude sur la contamination métalliques dans la colonne d’eau. Vu la latitude méridionale. ce qui la situe dans l’étage semi-aride du climat.

82 12.5 25.01 0.42 29. annuelle Août moyenne 317. Des températures maximales absolues de 40 °C peuvent être relevées. La température moyenne annuelle (Moyenne des températures moyennes mensuelles) est de l’ordre de 18.9 °C (Tableau I-2). Mars Avr Mai Juin Juil Août 18.3 19.8 °C. Janv. On n’observe jamais de gelée en bordure océanique.09 4.68 50.7 Moyenne annuelle 24. malgré la présence d’un hiver frais et humide et d’un été relativement chaud.18 45.32 31.6 44.14 1.8 13.5 16. ces températures extrêmes sont atteintes lorsque souffle le « Chergui » originaire des dépressions sahariennes.26 II-2 Les températures : La température est un facteur climatique beaucoup plus régulier que les précipitations (Figure I-6). Nov.55 60. alors que le mois le plus chaud (août) n’excède guère la valeur moyenne de 25.7 °C. Déc.82 36.9 16. les précipitations sont exceptionnelles.8 13. Tableau I-1 : Précipitations moyennes mensuelles et annuelle dans le sahel des Doukkala (1964-2002) (ORMVAD) Pluviométrie moyenne mensuelle en mm Sept Oct Nov Déc Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil P.2 14.8 25. La sécheresse débute en juin pour se poursuivre jusqu’en septembre.1 11. Le mois le plus froid (Janvier) n’enregistre en moyenne que 11. Févr. Le régime thermique de la plaine côtière des Doukkala traduit clairement l’influence des eaux océaniques.9 21 .Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Un maximum des précipitations en décembre (63 mm) Un minimum aux mois de juillet et août (0 mm) La courbe des fréquences pluviométriques montre une saison des pluies qui s’étend de l’automne (octobre) jusqu’au printemps.3 0. Tableau I-2 : Températures moyennes mensuelles et annuelles dans le sahel des Doukkala (1964-2002) (ORMVAD) Moyennes des températures moyennes mensuelles (°C) Sept Oct.3 22. Au cours de cette période.0 20.

1973 cités par Weisrock. l'anticyclone est situé plus au Sud. entraîne la modification de la composante NNE en NE. En septembre. l'anticyclone se déplace vers le Nord. les dépressions de l'Atlantique Nord atteignent le Maroc.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Température °C . mai et juin (Weisrock. Vents pluvieux: de novembre à février s'établit un vent de direction SW. c'est la composante NW qui prend la relève. en avril. Vents de l'alizé: on assiste à la dominance du régime de l'Alizé de mars à octobre. Les variations saisonnières du climat marocain sont liées à la présence et aux déplacements latitudinaux de l’anticyclone des Açores. 1987). vers le Sud. jusqu'au delà de la latitude de 35°. Entre le mois de novembre et le mois de février. permet par la suite la remonté des cellules atmosphériques tropicales et il engendre des vents de NE (Secs). c'est le vent de NE qui domine. ce qui explique les deux phases climatiques annuelles . l’une humide (climat tempéré) et l’autre sèche (climat tropical). 22 Ao ût N ov M ai D éc Av r Ju il O ct . Pendant cette période les vents de secteurs SW succéderont les vents de secteur NW pendant le mois de septembre. En été et au printemps. La composante Nord est particulièrement forte lorsque l'anticyclone gagne sa position septentrionale.Pluies en mm 70 60 50 40 30 20 10 0 Mois Pluies T° M ar s Fé vr Ju in Se pt Ja nv Figure I-6 : Diagramme pluviothermique de littoral des Doukkala (1964-2002) II-3 Les vents : Les vents au Maroc sont sous la dépendance de deux systèmes de circulation atmosphériques. En hiver. c'est un vent pluvieux qui est lié au flux perturbé de SW lors de l'effacement de l'anticyclone (Delannoy. 1987). La descente hivernale de l'anticyclone.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Les données des caractéristiques des vents. relativement peu dense. connus sous le nom de « Chergui ».Les vents à El Jadida La figure I-7 présente les résultats des enregistrements du vent effectués entre 1950 et 1961. sur toute l’extension du littoral. dans la lagune de Sidi Moussa. Ces vents froids rentrent en contact avec les vents de provenance océanique (SW et W) amenant les pluies. les vents dominants proviennent des secteurs N. Cette direction est constante presque durant toute l’année. A l’opposé de ces vents de terre. En plus de leur influence sur la dynamique morpho-sédimentaire.les vents forts (11 à 16 m/s) proviennent toujours des mêmes secteurs (W et SW). la direction du vent de cette région est induite par l’anticyclone des Açores et par sa position latitudinale (Carruesco. la brise de mer rafraîchit quotidiennement l’atmosphère de la côte et des plaines littorales.la prédominance des vents modérés de secteurs W. N et NE sur toute la longueur du littoral de Safi à Casablanca. . les vents dominants soufflent du Nord ou des directions voisines. Ce sont des vents secs et chauds. . mais elle est interrompue pendant la saison des pluies et stable en été. Cela nous a conduit à compléter les données d’El Jadida par l’étude des enregistrements des stations météorologiques les plus proches : El Jadida. Le littoral d’El Jadida est plus venté pendant l’hiver. ils marquent tout le climat marocain d’un caractère particulier. ces vents ont une action contraignante sur la croissance du couvert végétal. . 23 . durant la période humide (de novembre jusqu’à avril). NE et des secteurs NW. ne sont pas suffisantes.Les vents à Oualidia Dans la lagune de Oualidia. la direction des vents est perturbée par la présence de la falaise dominant la lagune qu’ils heurtent et longent la plupart du temps (Figure I-8). La comparaison des enregistrements de ces deux stations météorologiques va permettre de dégager les principales caractéristiques de chaque station. Les caractéristiques communes aux différentes stations sont résumées dans les points suivants : . située à 35 km au Nord de la lagune de Sidi Moussa et la lagune de Oualidia 35 km au Sud. Dans la zone littorale d’El Jadida. 1989). En fait. Cependant. Les vents d’origine continentale (de secteurs E et S) sont relativement un peu fréquents pendant l’été.

1999) JANVIER FEVRIER MARS AVRIL MAI JUIN JUILLET AOUT SEPTEMBERE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE Figure I-8 : Principales directions des vents dans la zone de la lagune de Oualidia entre 1931 et 1961 (Carruesco. 1989) 24 .Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Pour l'année Pour l'hiver Pour l'été Figure I-7 : Principales directions moyennes du vent enregistrées à El Jadida (entre 1950 et 1961) (In Boulanoir.

alors que l’été est sec. 1994) . le développement et la dissipation de l'upwelling. Elle est classée en zone semi-aride (Martonne). est une zone où la pluviométrie est faible et l’évaporation élevée. 1949). des Abda et du massif des Rehamna vers l’Océan (Figure I-9). 1964) et en sous zone sèche de la zone II maritime du Maroc (Bryssine. et grâce à l'étroite liaison de ce dernier avec la direction des vents. et plus précisément aux plateaux et plaines des Doukkala-Abda. en examinant la naissance. appartient au type subhumide sec à semi aride (Thornthwaitte) au domaine semi aride à conditions subhumides sèches (Dubief). à l’étage semi aride (Emberger. II-4 Classification climatique La région de Sidi Moussa. il constitue une barrière naturelle à l’écoulement des eaux superficielles issues des plaines des Doukkala. III. Le profil des dunes impose au littoral une morphologie caractéristique faite de longues coupes parallèles à la côte. Ce climat appartient bien au type méditerranéen tel qu’il a été défini par Emberger (1964). cet auteur.L’ENVIRONNEMENT CONTINENTAL ET MARIN III-1 Environnement Continental III-1-1. C'est-à-dire type de zone tempérée à pluviosité concentrée sur les mois froids ou relativement froids de l’année (de l’automne au printemps). A l’Ouest. La Meseta occidentale comporte des séries sédimentaires du primaire (socle) jusqu’au Miocène sur lesquelles on trouve des dépôts transgressifs plio-quaternaires.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa La variation saisonnière des vents a été confortée par une étude pour la détermination du processus et structure de l’Upwelling estival des côtes marocaines (Atillah. séparées par les sillons à fond plats s’allongeant en dépressions plus ou moins marécageuses. nous présente encore une fois les relations établies par Weisrock (1987). 25 . Cadre géologique de l’arrière pays lagunaire : La lagune de Sidi Moussa et son bassin versant appartiennent à la grande unité structurale nommée Meseta Marocaine occidentale.

Il est constitué de schistes acadiens ou ordoviciens et de quartzites auxquelles s'associent des grès attribués à l'Acadien et à I’Ordovicien (Lecointre et Gigout. 1950 . 26 . Destombes et Jeannette.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa III-1-1. cette série est recoupée par des granites. Entre les schistes et les quartzites vient s'insérer une série psammitique visible à El Hank à Casablanca. le Trias constitue le substratum d'une partie importante de la plaine de Berrechid. Combe et al. 2. L'épaisseur de ces niveaux est d'environ 1000 m pour les schistes psammitiques et de 170 m pour les quartzites. Ordovicien.Trias Il affleure dans le massif des Rehamna et aussi dans les Chaouia et la plaine de Berrechid sur les bordures. et par filons minéralisés. il est masqué par des dépôts postérieurs plus récents. quartzites. Le Permo .. Le socle primaire plissé par l’orogenèse hercynienne est constitué d’une lithologie très variée (grès. ces formations sont associées à des conglomérats rouges carbonifères. III-1-1. le Paléozoïque est essentiellement constitué par des formations sédimentaires fortement plissées au cours de l'orogenèse hercynienne. notamment au Nord dans la vallée de l’Oued Mellah . mais bien qu'il soit généralement masqué par des dépôts plus récents. des gabbros et des dolérites en forme de batholithes. Le Paléozoïque Il forme au Nord de Bir Jdid. Il est représenté par des dépôts d'argiles et pélites rouges avec des coulées basaltiques. par ailleurs. Dans la partie centrale de la chaîne. Silurien et au Dévonien. des microgranites. A l’exception du pointement cambrien d'El Jadida. Les terrains secondaires sont caractérisés par de faibles épaisseurs (placage discontinu d’argiles) et par un basalte très altéré du Trias. Dans le massif des Rehamna (in. 1. schistes. Le Paléozoïque affleure aussi dans la vallée de l'Oued Oum Er Rbia et dans les Jbilet occidentaux sous forme de schistes et de grès cambriens et très probablement aussi ordoviciens. 1966). calcaires. rhyolites et dolomies) appartenant au Cambrien. Dans la vallée de l’Oued Oum Er Bia (entre Talmest et Sidi Saïd Mâachou). 1975). A M’Tal. partout ailleurs. Il est rencontré sous son faciès assez habituel d'argiles pélitiques et de grès rouges de conglomérats et de coulées basaltiques (basaltes et dolérites) . le substratum. on note fréquemment la présence de niveaux gypsifères importants.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-9 : Carte Géologique simplifiée de la région étudiée (d’après la carte géologique du Maroc au 1/1000000) 27 .

s’étale sur toute la région entre le Cap d’El Jadida et l’embouchure de l’Oued d’Oum Rbia. Figure I-10 : Coupe lithostratigraphiques synthétiques de l’escarpement d’El Jadida (Cymaz. Ferré et Ruhard. Ils sont aussi corrodés par l’érosion karstique. Le Cénomanien. Dans les Doukkala-Abda. 4. III-1-1. il constitue les collines des Mouissate. Ces terrains secondaires. composé de marnes calcaires et de grès. Seul le Jurassique supérieur est représenté. On le retrouve sous le Pliocène en affleurement dispersé dans la région de Tlète Sidi Embarek et de Jemâa Shim. Le Crétacé : Il est extrêmement important dans les Doukkala-Abda et constitue le substratum presque continu de terrains plio-quaternaires (Figure I-10). sans direction privilégiée. 1975). sont ondulés en plis très larges. 3. Le Jurassique : Il n'est présent qu'au Sud des Doukkala. Ses dépôts sont constitués des calcaires et des marno-calcaires jaunâtres à lits argileux contenant de nombreux bancs de gypse (in. courts. Il affleure également dans la zone limitrophe du plateau des phosphates. Il forme aussi la base des falaises qui s'étendent jusqu'au Nord de Safi.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa III-1-1. 1984) 28 . la puissance totale peut être estimée à 100 m ou 200 m et témoigne d'une légère subsidence.

Boulaouane. 5. se sont édifiées des dunes côtières qui constituent la partie Est du Sahel . il est très érodé et est constitué de marne jaune. appelée le Sahel. D’après Gigout (1942). pendant le Pliocène supérieur (Villafranchien inférieur). III-1-1. constituent la partie interne de la région. souvent consolidés aujourd’hui. déformait la Meseta. leurs crêtes émergent encore des "limons" au Nord d'une ligne Tnine Rharbia. 6. L'Eocène : Les terrains éocènes.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa III-1-1. avec le recul de la mer. qui ont été repris en dunes. des formations crétacées et jurassiques (Figure I-11). Une phase orogénique induisant. Il était marqué par une très importante activité des agents érosifs. la mer était transgressive sur presque toute la bordure Atlantique du Maroc. A l’occasion de recherches d’eau plusieurs forages (Combe. communément. célèbres par leurs gisements de phosphate sont très bien représentés dans le plateau des Gantour. Le relief était en faible pente vers l’Ouest et la mer s’étalait sur toute la surface de la Meseta côtière. ils n'intéressent la région étudiée que sous forme de quelques témoins conservés en bordure du massif des Rehamna. 1975) ont traversé des formations plioquaternaires. 7. le littoral était parallèle au rivage actuel à une distance moyenne de 60 km. l’Oued d’Oum Rbia déversait ses apports à Bou Laouane. Au moment de la transgression. 29 . Pendant le Pliocène ancien. Khémis-M'Tal. le recul de la mer fut progressif. de sable et parfois des argiles rouges ou brunes avec une base un peu conglomératique. Le Pliocène : Le Pliocène est formé par des calcaires gréseux. De manière générale. Lors de la régression pliocène. Ces sédiments marins consolidés. A cette période. Les dépôts dunaires pliocènes étaient constitués de sables calcaires riches en fragments de coquilles triturées. Le Miocène Le Miocène affleure particulièrement au Cap d’El Jadida et n’est conservé que dans des cuvettes indépendantes du tracé actuel du trait de côte. III-1-1.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-11 : Log synthétique des principales formations géologiques de l’environnement de la lagune de Oualidia (Carruesco. 1989) 30 .

1943). Neuville et Biberson. En revanche. De manière générale. Cela peut expliquer pourquoi le jeu des transgressions et régressions quaternaires n’a pas pu avoir lieu plus à l’Est par rapport à la côte de la mer Moghrébienne (Choubert et Ambrouggi. déjà consolidé (Figure I-12). 1953 . Choubert et al.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Récemment. Baudet (1967) a proposé une échelle stratigraphique du littoral marocain (Tableau. Bourcart 1948 . 1936 . sur toute la partie occidentale marocaine. La transgression est accompagnée d’un conglomérat de base peu important. I-3). 1985). Ces conclusions sont obtenues grâce aux données bio-stratigraphiques déduites de l’étude des faunes dans cette région datées autour de 2. Chaque épisode a raviné le précédent. Le Quaternaire : Les changements climatiques qui ont marqué le Quaternaire ont provoqué des variations de l’extension des calottes glaciaires et des lignes de rivage. 1993 et Ouadia 1998) ont étudiés les formations quaternaires de la Meseta côtière du Maroc. 1979. Saidi. Ces séries de transgressions/régressions correspondent à des étages définis par les auteurs plus au moins corrélés aux étages méditerranéens associant des dépôts marins et des dunes. la phase de régression est marquée par l’édification de dunes littorales et par l’apport des limons et des alluvions. Ces variations peuvent être liées aussi à l’exhaussement de la Meseta côtière qui a fait reculer considérablement le rivage pendant la période post-Moghrébinne. Ces concepts climatiques sont imprécis et leurs paramètres sont mal définis (Tableau I-4). Plusieurs auteurs (Ruhlmann. Ainsi le Quaternaire marin est subdivisé en six étages correspondant à six transgressions sur la frange littorale de l’Atlantique. le Pliocène est considéré. 8. 1961 .4 Ma. Aboumaria. Elles correspondent aux glaciations et aux interglaciations d'Europe. 31 . Baudet 1967 . Lefèvre (2000) a montré que les plus anciennes unités stratigraphiques associées aux plates-formes qui s’étagent au dessus de 100 m (NGM) dans la région de Casablanca appartiennent au Pliocène. La définition de ces étages est basée sur l'alternance de phases climatiques humides (pluviaux) et sèches (interpluviaux). III-1-1. Les différents "étages" quaternaires définis au Maroc n’ont pas partout la même signification (Texier et al. comme un cycle sédimentaire simple.

3 : La stratigraphie marine du littoral atlantique marocain (Beaudet. 1967) ETAGES Altitudes atteintes par les transgressions + 2m Faunes Malacologiques Espèces caractéristiques Cardium edule Patelles Régression Ouljien +5–8m Purpura haemastomosa Patella safiana Régression RabatienHarounien Régression Anfatien + 30 m Trochatelle trochiformis Purpura haemastoma Patella safiana Régression Purpura plessissi L ??? Littorina litorea Purpura lapillus Maarifien + 50 – 60 m Trochatella trochiformis Acanthina crassilabrum Régression Messaoudien + 90 – 100 m Trochatella trochiformis Acanthina crassilabrum Faune chaude (Chilo-péruvienne) où (Sénégalienne) Faune chaude (Chilo-péruvienne) où (Sénégaliennes) Faune froide Faune chaude avec quelques éléments (Sénégaliens) Faune en voie de refroidissement +18 – 20 m Purpura haemastomosa Patella safiana Faune actuelle + quelques éléments (Sénégaliens) Faune actuelle + quelques éléments (Sénégaliens) Signification Faune actuelle Datations absolues (C14) 4010 130 av.C Mellahien 32 . J.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Tableau I.

Les dépôts de cette transgression ressemblent à ceux du Pliocène.Maârifien: Les dépôts laissés par la transgression maârifienne sont localisés à une altitude de 44 m. Il correspondrait au Paléotyrrhénien en Méditerranée (Brebion. Chaïbi. 1971) semblable à celle de l’étage maârifien régressif. Les dépôts sont consistés en couches de lumachelles. Cette formation est constituée de lumachelles et d’un conglomérat. 1978). .Moghrébien inférieur/Messaoudien : La transgression Moghrébienne atlantique est localisée sur plusieurs zones de la frange littorale marocaine avec une altitude maximale de 100 m. Cette phase a été caractérisée par un léger refroidissement qui a favorisé l’invasion d’une faune nordique et la disparition d’autres espèces de mer chaude.Anfatien: Ce troisième niveau marin a été reconnu à des altitudes voisines de 30 à 34 m. 2003) . Suivant le support sédimentaire.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-12 : Coupe théorique schématisant les différents niveaux marins relatifs et les dunes Quaternaires (in. la chronologie de cet étage varie selon les auteurs. . Elle représente la première transgression quaternaire décrite sur le littoral Atlantique. Un niveau inférieur (l’Anfatien transgressif) à faune de climat chaud (Thaïs haemastoma et Patella safiana) (Baudet. Un niveau moyen exprimant un refroidissement des eaux océaniques et enfin un niveau supérieur à faune sub-actuelle qui témoigne d’un réchauffement. La faune de cet étage indique trois niveaux. D’après Lefèvre (2000). 33 . surmontés par de grès de plage et de grès dunaires. il serait corrélatif du stade isotopique 11 (376 ± 34 ka).

1985).Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Tableau I-4 : Nouvelles propositions chronostratigraphique pour le Quaternaire marocain (Texier. 34 . Raynal et Lefevre.

les falaises ouljiennes sont souvent entaillées dans des dunes consolidées pouvant appartenir à la régression post-Anfatienne ou postHarounienne. Les premières datations radiométriques effectuées par Stearns et Thurber (1964) par la méthode Th230 / U234 apportent des âges qui s’échelonnent entre 80 000 et 74 000 an BP. Cela fait dire à Brébion (1977) que l’Ouljien est l’étage le mieux représenté. Il est donc normal qu’elle soit responsable des remaniements de dépôts harouniens. D’après Baudet (1971). . ont été attribuées à la combinaison de ces trois facteurs (Gigout. La malacofaune est bien caractérisée. Les dépôts de cet étage ont été entaillés par une falaise au Sud d’El Jadida à des hauteurs qui varient entre 20 et 30 m. sont connus sur toute la côte Atlantique.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa -Harounien: Le Harounien a été défini comme l’étage compris entre l’Anfatien et l’Ouljien. avec la même méthode. Tous ces éléments expliqueraient l’absence de dépôts harouniens dans plusieurs sites de l’Atlantique marocain. Plus récemment. Ces phases de transgression auront permis la constitution répétitive de cordons dunaires littoraux parallèles au trait de côte actuel.l’Ouljien 3 entre 44 000 et 40 000 ans BP. la transgression Ouljienne prendrait place durant l’inter-glaciaire Riss-Würm. Les variations des niveaux marins pendant ce stade. 1986). après le Moghrebien.l’Ouljien 1 vers 140 000 et 120 000 BP. C’est à Gigout (1949) que revient le mérite d’avoir défini pour la première fois cet étage marin du Pléistocène supérieur. ont permis d’individualiser trois sous-unités stratigraphiques Ouljiennes : . Les formations de ce paléorivage se rencontrent le long de littoral Atlantique marocain entre les altitudes de 4 à 8 m. . 35 . et le plus riche en fossiles de toute la série quaternaire. . 84 000 et 60 000 ans BP). analogue à celle de l’Anfatien (Thaïs haemastoma et Patella safiana).. à la régression d’ensemble et aux mouvements tectoniques. Cette phase transgressive est la plus puissante du cycle. corrélative du stade isotopique 4.Ouljien: Les restes de la transgression ouljienne.l’Ouljien 2. Ces remaniements pendant cette première phase oulijienne expliquent la ressemblance entre les dépôts du Harounien et ceux de l’Ouljien I. Ce paléorivage serait corrélatif au stade isotopique 9 (303 ± 30 ka) (Raynal et al. Ainsi. Il arrive que l’océan ouljien remanie toutes les formations harouniennes précédentes pour atteindre les falaises Harouniennes elles-mêmes. chaude. d’autres datations faites par Hoang et al. (1978). 1946) : à l’oscillation climatique. ce dernier se compose de quatre épisodes de stabilisation de l’océan (97 000.

le plus souvent consolidé en grès calcaire vacuolaire jaune.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Brebion (1978) a montré que la faune est relativement proche de celle de l’actuel. Le climat a connu un réchauffement par rapport au Harounien. entrecoupés par des paléosols rouges remaniés ou in situ (Figure I-13). Ces édifices dunaires sont. Le sable des dunes est très calcaire. à grain fin (mélange de quartz et de fragments de coquilles). la plupart du temps. Les dunes consolidées du Quaternaire constituent des grands alignements de crêtes et des sillons parallèles ou sub-parallèles au rivage actuel. Figure I-13 : Corrélation entre les principales coupes de la zone littorale de la Meseta occidentale (Ouadia. Trois niveaux marins ont pu être repérés. En partant de l’intérieur vers la côte on rencontre ainsi des cordons dunaires successifs de plus en plus récents. du plus ancien au plus récent. MI. 1998) 36 . Thaïs Haemastoma et Patella Safiana. M2 et M3. Ils sont respectivement. La direction et l’élargissement de ces alignements ne sont pas toujours les mêmes et varient sur toute la Meseta côtière. Parmi les espèces de cet étage figurent Purpura Haemastoma. Ce stock dunaire n’est pas utilisé actuellement par le littoral sauf au Nord de la zone d’étude (entre El Jadida et Jorf Lasfer).

37 . Au cours de leur mise en place. a montré que ce sont surtout les dynamiques. ces dépôts dunaires sont surmontés par des paléosols ou des sols. 1994). Il faut noter également que de l'Ouest vers l'Est de la région étudiée la dynamique éolienne tend à l'emporter sur la dynamique marine littorale. La mise en place des dépôts lumachelliques a fait appel à une dynamique essentiellement marine littorale. qui a remobilisé les sables de plage et par les grandes stratifications obliques. affectés par une activité anthropique. pour cette bande littorale. Les mêmes constatations ont été faites sur les formations quaternaires littorales du Rharb (Aberkan. relativement accusé. la dynamique fluviatile peut s'ajouter. Quant au degré de classement. La séquence de toutes les formations littorales étudiées montre le passage de dépôts de milieu marin intertidal "fore shore" aux dépôts éoliens de l’arrière-plage "back shore" ou milieu dunaire. en plus des formations pliocènes. Ce que témoigne la tendance à l'enrichissement des sédiments en grains de quartz ronds mats et à la diminution de la proportion des bioclastes marins et pourrait aussi provenir des traces de chocs et de la diagenèse (dissolution dans les calcarénites).. 1993) (Tableau I-5).Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Ouadia. 1989) et de Casablanca (Texier et al. La plupart du temps. marine littorale et éolienne qui jouent le rôle principal dans la mise en place des formations quaternaires. des sédiments des formations littorales. Le bon tri relatif des sédiments des édifices dunaires. les formations quaternaires ont été affectées par une néotectonique qui pourrait être une continuité des mouvements anté-quaternaires (hercyniens et atlasiques) (Aboumaria. du bon tri des sédiments et de l'abondance des grains de quartz émoussés luisants. Au niveau des embouchures. (1998). Le dépôt des calcarénites a eu lieu sous l'action d'une dynamique essentiellement éolienne témoignée de l'abondance des grains de quartz ronds mats. témoignée de l'abondance des bioclastes marins. est en relation avec une dynamique éolienne. parfois. La fréquence des coquilles marines brisées et la présence de stratification plane à légèrement oblique vers la mer témoignent d'une dynamique de dépôt moyenne à forte et par conséquent d'un milieu relativement peu profond (intertidal ou "fore shore"). il est en relation avec le degré de maturité des dépôts. Vis à vis celui des sédiments des niveaux lumachelliques.

hum. hum. néotectoniques et paléoclimatiques plioquaternaires de la Meseta occidentale (Ouadia. I-5 : Tableau récapitulatif résumant les données chronologiques.47 ka i PELISTOCENE MOYEN Temp.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Tableau 1998) Age B.P. Sec avec au moins 1 phase humide 0. 38 .9 Ma Calcarenites dunaires Terrasse fluvio-marine pliocène Inclinaison et failles normales et inverses Sec avec au moins 1 phase humide PLIOCENE SUPERIEUR Biocalcarenite marine début de creusemnt de la vallée de l'Oum Er Rbia inclinaison et failles normales et inverses Temp.88 Ma PELISTOCENE INFERIEUR Biocalcarenite marine? Creusement Temp. hum.48 Ma F2 s ? Creusement Failles normales et inverses d e Sec avec au moins 1 phase humide 297 ka + 81. Sec avec au moins 1 phase humide T6 F1 Biocalcarenite marine calcarenites dunaires S Creusement u b > 345 ka Temp. T5 0. 1. Chronologie Formations littorales Formations fluviatiles T0 Depôt de comblement des plaines Coluvions recentes ou "limon" des plaines Tectonique Datation relatives et absolues Climat HOLOCENE Cacarenite dunaire creusement T1 Creusement T2 Sec? 10 Ka Biocalcarenite marine ? Creusement PELISTOCENE SUPERIEUR T3 Calcarenite dunaire début de creusemnt des vallées secondaires Coluvions anciennes des plaines ? F3 Failles normales et inverses Sec avec au moins 4 phases humides T4 Biocalcarenite marine Calcarenite dunaire Biocalcarenite marine Calcarenite dunaire Creusement n 121 ka + 12 ka c e Temp. hum. hum.

5 %). Les dépôts intertidaux dans la formation de Reddad Ben Ali. 1986).Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Cette activité néotectonique est comparable à celle signalée dans d'autres zones du littoral de la façade atlantique marocaine (Aberkan. Les formations géologiques qui affleurent dans la zone lagunaire et dans l’arrière pays sont d’âge plioquaternaire. Ce résultat est basé sur des analyses au C14 (Lefèvre. comblant partiellement les lagunes de sables et de grès coquilliers. vases. Des traces d'une activité anthropique ont été repérées dans la région étudiée. Elles sont constituées principalement de calcaires détritiques jaunes. cordons de galets…. dont fait partie la région étudiée. Le dépôt des sables gris (les dunes) et leur évolution pédogénétique peuvent être attribués à une légère régression antérieure à l’exhaussement subactuel du niveau marin. (1986). Cette dernière a dépassé de 2 m d’altitude le niveau actuel. à Khénzira et à Oualidia qu'une activité anthropique est témoignée par la présence d'un niveau à "Kjôkkenmôddings". C'est à Dar Bou Azza. D’après Raynal et al. (1989). d’âge 4680± 140 ans BP. 1989 et Ouadia. 1994). les remblaiements des plaines côtières et les plages littorales faites de sables coquilliers jaunes. 1979).. 1951). 1998). Cette transgression mellahienne correspond au stade isotopique 1 (Brébion. provocant ainsi l’épandage de sables coquilliers. n'a donc pas été une zone stable au cours du Quaternaire comme cela a été avancé dans les travaux antérieurs (Gigout. Les dépôts de cette transgression varient en fonction du dispositif morphologique de chaque zone. Cet étage est caractérisé aussi par la migration de quelques espèces vers le Sud et par la disparition définitive d’autres espèces. Elle a laissé deux types de dépôts . La série des transgressions/régressions se termine par la transgression mellahienne (Raynal et al. formés de débris coquilliers et de sables identique à ceux rencontrer dans la lagune de Oualidia (Carruesco. ce niveau est riche en charbon de bois et avec un taux élevé de matière organique (4. La faune de ce stade est identique à la faune actuelle. ce sont des accumulations noires 39 . Ce qui nous laisse conclure que le domaine mesetien occidental du Maroc. 1989). c’est l’équivalent du Versilien en Méditerranée. la remontée du niveau marin qui s’amorce vers 14 000 BP caractérise le début de ce cycle et sa première remontée s’achève vers 6400 BP. ont enregistré le haut niveau marin de l’Holocène récent de 3700 – 3400 BP. dans la région d’Oualidia par Carruesco. sur le littoral de Casablanca.

poa annua) des légumineuses (Lotus marocamus. Pédologie des formations encaissantes : La lithologie des formations plioquaternaires est variable avec des faciès imbriqués: calcaires gréseux. de la position géomorphologique. Les lapiazs sont abondants sur les crêtes dunaires dénudées par l’érosion et les dolines alignées ou en grappes sont nombreuses. 40 . Bromus rigidus. 1969). Medicago lacinata et Sulfruticosa. calcaires détritiques. des ombellifères. Ce niveau. souvent associées à des pierres noircies et à des débris de poterie.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa avec des coquilles brisées. III-1-2. (Gigout et Beaudet. La strate herbacée. est beaucoup plus importante. En résumé les faits marquants de l’environnement de la lagune de Sidi Moussa. des bioclastes. est l’homogénéité de la composition des différents formations de l’encaissant lagunaire à savoir du matériel détritique. des débris biogéniques d’origine marine et continentale (gastéropodes pulmonés) le tout consolidé par un ciment calcaire. marnes schisteuses. La végétation naturelle est extrêmement dégradée et ne subsiste que par des îlots. une couverture végétale s’est développée aboutissant au développement de sols isohumique. de la forme du relief ancien. Ces sols renferment des accumulations calcaires. La pierrosité de surface est un facteur limitant d’érosion et seules les pluies violents peuvent provoquer une érosion par ravinement ou favoriser l’apparition de griffes d’érosion sur les sols nus dans les terrains cultivés. elle est a base d’oléolentisque. L’érosion éolienne. des apports et des érosions successives. La zone du sahel est connue par une agriculture extensive à la base de céréales Au cours des divers périodes pluviales et interpluviales du quaternaire. quand à elle. est attribuée au Néolithique et a été trouvée en relation avec le mellahien. Vicia sativa). du fait de la texture très légère du sol en surface alliée au surpâturage. Les pentes sont faibles à moyennes. est représentée par des graminées (Lolium rigidum. L’érosion hydrique reste faible. Ces "Kjökkenmöddings" font la succession au niveau des dunes côtières de la lagune de Sidi Moussa. Trifolium campestre. Ces formations donnent un relief vallonné avec des ondulations plus ou moins larges et de vastes dépressions. dont l’épaisseur dépend de l’âge et de la nature des dépôts.

les sols de « merja ». le sol se repose sans transition sur une calcarénite dure et lapiazée. La roche mère est une calcarénite peu consolidée.. sont généralement sableux ou sableux limoneux. on trouve une couverture sédimentaire monoclinale sous-jacente. (1971) et Bee (1973) in Ruellan (1984) sous ces dépôts.les sols R’mel ou peu évolués d’apports très sableux . Sur toute sa surface. sont squelettiques et peu profonds. .Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Les sols du Sahel des Doukkala.4 %) et une topographie peu accidentée. les versant et les sommet dunaires sont recouverts de sols squelettiques alors que les dépressions et les bas fonds renferment des sols plus épais (Badraoui et al. quatre groupes de sols peuvent être distingués : . Sur les formations littoral du cordon dunaire se développe à des sols pauvres de type rendzine. une couche de dépôts silto-sableux récents non consolidés de 10 m d’épaisseur s’est déposée. . Selon Carruesco (1989). . localisés dans la dépression interdunaire de part et d’autre de la lagune au sud et au nord. Pour la lagune de Sidi Moussa. Il est caractérisé par une pente faible (0.les sols Tirs ou vertisols. D’après Tooms et al. en profondeur.les sols Hrach sols calcaires caillouteux .gley.les sols Hamri rouge ou fersiallitiques occupent les dunes consolidées de l’arrière pays. 41 . d’âge Crétacé et Tertiaire. Ces sols sont caractérisés par l’absence des carbonates des horizons supérieurs et par accumulation de fer et d’argile en profondeur . II-2 L’environnement marin Le proche plateau continental de la lagune de Sidi Moussa s’étend entre 0 et 200 m de profondeur avec une largeur qui varie de 34 à 44 km. sont des sols gris souvent noirs avec parfois des taches de rouilles de pseudo. 1993). Par contre les sols environnants de la lagune sont constitués en grande partie de sols rouges méditerranéens sur les dunes consolidées orientales.

tandis que le quartz et le feldspath sont les éléments terrigènes (Mathieu. Les sables bioclastiques sont formés par des débris de diverses macrofaunes et sont caractérisés par un taux de carbonates supérieur à 70 %. sont constitués de quartz. de foraminifères actuels dominants. Les dépressions entre les affleurements rocheux sont occupées par des sédiments fins. 42 . Ces sables prédominent sur toute la partie externe du plateau continental. les vases et les sables bioclastiques. Des sables fins : Disposés en lambeaux plus ou moins parallèles au rivage actuel. où ils correspondent aux littoraux des maximums régressifs pléistocènes. de micas et de fragments de calcarénites. Des vases sableuses : commencent à s’étendre à partir de la profondeur de -50 m.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Jaaidi et Cirac (1987) distinguent trois types de faciès : les sables terrigènes. La couverture sédimentaire du proche plateau se compose principalement de trois types de faciès (Figure I-14) : Des sables moyens et grossiers bioclastiques : les sables terrigènes occupent presque toute la zone pré-littorale jusqu’à -50 m. Les sédiments superficiels du proche plateau continental pourraient constituer des sources sédimentaires pour la côte. Elles sont appelées «vase médiane» du fait que les faciès plus grossiers en vase sableuse.1979). ce sont des sables biogènes vaseux constitués de débris coralliens et coquilliers. Elles sont caractérisées par des fortes teneurs en lutites (70 %) et de 10 à 30 % de carbonates. surtout dans la zone d’échange entre les hautsfonds prélittoraux et les plages. Ces vases sont conservées localement dans des dépressions entre les affleurements rocheux. l’auréolent en bandes de part et d’autre. 1986). semblable à celle reconnue sur le continent (Cirac et al. en sable vaseux et en sable fin. La texture des sables dans l’ensemble est assez homogène.

La marge continentale atlantique du Nord Ouest du Maroc constitue le symétrique africain de la marge ibérique du golfe de Cadix. 43 . I-16). 1979) La topographie du proche plateau de Sidi Moussa est donc essentiellement héritée des variations eustatiques du niveau marin qui ont façonné une large plate-forme continentale au cours des périodes de bas niveau marin. vents. I-15 et Fig. Le segment de notre région d’étude (entre 33° et 34° latitude Nord) fait partie des quatre segments qui composent la marge continentale marocaine : le segment du Rharb. Elle est le siège d’interactions de plusieurs phénomènes aéro et hydrodynamiques (houles. les fonds de la marge Atlantique d’El Jadida nous offrent une diversité de configuration. Cette partie des fonds marins marocains a fait l’objet de plusieurs études géologiques. Physiographiquement. en allant de la Meseta marocaine (ESE) vers la plaine Abyssale (WNW). le segment d’Agadir . On peut distinguer quatre sousensembles : le plateau continental. courants.. le glacis et la plaine abyssale (Fig.…) qui participent à différents degrés à la morphogenèse de notre littoral.Essaouira et le segment de Tarfaya.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa 10° Sable moyen et grossier bioclastique Sable fin Vase sableuse Bioclastes usés et rubéfiés 9° Sidi Moussa Oualidia Cap Cantin N N 0 50 km Safi 200 100 50 150 32° Figure I-14 : Couverture sédimentaire su le plateau continental au large de la lagune du Sidi Moussa (Cirac et al. la pente continentale. bathymétriques et sismiques.

El Jadida (Chaibi.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-15 : Morphologie de la marge continentale dans le segment de Safi .El Jadida (d’après Ruellain. 2003) 44 . 1986) Figure 1-16 : Modèle numérique présentant la pente continentale de Safi .

1982). témoins du stationnement de la mer lors de sa remontée au Flandrien (El Foughali. La superficie totale de la lagune est évaluée à 4.5 Km de long sur une largeur de 0. La mise en place de ces systèmes côtiers de type « Seif dunes » est due probablement à des forces éoliennes plus puissantes et de direction voisine aux vents d’actuel (Glennie. 8 0/00 jusqu’à -80m et faibles à nulles sur près de 10 km de -80 à -90m. 1970).5 Km en moyenne. La lagune proprement dite L’étude morphologique a été réalisée par photo-interprétation des images aéroportées de la lagune au cours de la mission organisée en Avril 1996 (1/7500). IV-1-2. des coupes sériées de la topographie sous marine rendent compte de ruptures de pentes à -50m et -90m attribuées à la marque de paléorivage. Cadre général Du côté continental la lagune est dominée par de puissantes formations plioquaternaires de calcarénites définies précédemment.2 Km2. Du côté de prisme littoral adjacent à la lagune. Quatre unités morphologiques peuvent être distinguées dans la lagune: 45 . 1982). La bathymétrie reflète une morphologie tourmentée et découpée avec des escarpement et des buttes témoins qui résultent de la quasi permanence des affleurements rocheux. Les crêtes et les dépressions interdunaires de l’arrière pays ont une direction générale NE. 1989) ont permis de constater que ces dunes ont la forme de barkhanes qui se disposent en chapelet sous la dépendance de vent dominant NNE. Elle subit des variations.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa IV.L’ENVIRONNEMENT LAGUNAIRE IV-1 Morphologie lagunaire IV-1-1. La pente moyenne du plateau est de 5 0/00. 10 0/00 jusqu’à -50m. L’analyse des photo-interprétations. montre que la forme actuelle de cette lagune a été imposée par la morphologie de la dépression interdunaire entre les dunes consolidées continentales et littorales. Les observations faites sur des dunes vives de la lagune de Oualidia (Carruesco. Cela se traduit par une forme allongée qui s’inscrit dans une bande rectiligne parallèle à la côte de 5. en particulier ceux présents depuis la côte 0 jusqu'à -50m témoignage de la continuité des formations littorales sur le proche plateau. La mise en place de ces cordons dunaires anciens a été favorisée par des alizés NE plus puissants qu’actuellement sur les côtes marocaines (Weistrock.SW.

un important banc de sable (delta interne de marée) émerge ne laissant que quelques chenaux peu profonds (de 0. le delta interne de marée se retrouve vers le Nord (Figure I-17). Les passes Deux passes inégales existent à l’extrémité aval de la lagune. A l’arrière de la passe principale. ont signalé la présence d’une certaine cyclicité de 15 à 20 ans dans l’évolution du delta interne de marée au niveau de la lagune de Oualidia. Ces accumulations sableuses sont appelées aussi delta de flot. Carruesco (1989) et Zourarah (2002). Les schorres sont bien développés dans toute la lagune et envahis par une végétation halophile constituée en partie de Salicornes. une vaste cuvette peu profonde est remplie d’eau à chaque marée.5 Km de long. Les marais salants A l’extrémité amont du chenal principal. Il s’agit d’accumulations sableuses progradantes avec des figures sédimentaires (ripples marks). doublé parfois des chenaux secondaires (de profondeur maximale de 1 à 2m). une digue a été construite. puis pompée et déversée dans des bacs d’évaporation des marais salants. Il est mis en place grâce à l’action conjuguée des courants de marée et du transit littoral extralagunaire. Ces derniers ont des tracés en constance évolution.5 m). Sur ce chenal principal. laissant le chenal principal qui se propage au niveau du Schorre.5 m à 1. Ce delta de marée se présente sous formes de lobes successifs. La passe principale au Sud. se greffe un réseau de chenaux dendritiques très étroit envahi à marée haute. 46 . L’eau y est maintenue pendant le jusant afin de la purifier par décantation.5 km à 1km de large.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa IV-1-2-1. serpente au milieu d’un schorre de 4 km de long sur prés de 0. L’hydrodynamique induite par les courants de marée commande la morphologie du delta interne de marée. A basse mer. En effet. menée d’un système d’écluse rudimentaire qui ouverte à marée haute assure le remplissage d’un réservoir de décantation de 0. IV-1-2-2. (150 à 200m environ de large) est permanente alors que la passe secondaire située un peu vers le Nord de la passe principale (50m de large) est temporaire. en 1946. IV-1-2-3. D’une largeur moyenne de 300 m ce chenal s’étend sur une longueur de 5 Km. Les chenaux et la zone intertidale Le chenal principal avec une profondeur qui ne dépasse que rarement les 5 à 6m.

il est constitué de calcaire détritique d’âge plioquaternaire. montre une barrière contre les actions marines (houle).La côte située au Sud Ouest de la passe principale. 47 . Le cordon littoral Le cordon littoral au niveau de la lagune de Sidi Moussa. Il s’agit une flèche sableuse qui évolue vers le Nord et qui pourrait causer la fermeture de la passe principale. Ces plages se poursuivent vers le Sud Ouest avec des interruptions par des côtes rocheuses. cette flèche est marquée par des systèmes dunaires occupés par une végétation. C’est une côte rocheuse (des dunes consolidées) qui s’étend sur une dizaine de kilomètres. Ce cordon est pressé par des passes qui assurent la communication océan-lagune. Les côtes de part et d’autres de la lagune La lagune de Sidi Moussa est caractérisée par l’existence de côtes relativement différentes : .La côte située au Nord Est de la passe principale. . IV-1-2-5.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa N Cordon littoral Schorre N Chenal Passe principale Cordon littoral Schorre Sablière Sablière Chenal Passe principale 0 400 m 0 400 m Position en 1946 Schorre Position en 1949 N Passe principale Cordon littoral N Passe principale Chenal Cordon littoral Schorre Sablière Sablière Chenal 0 400 m Position en 1984 0 400 m Position en 1996 Figure I-17 : Evolution du delta de marée interne de la lagune de Sidi Moussa (de 1946 à 1996) IV-1-2-4. Après des plages sableuses apparaissent avec alternance de côtes rocheuses jusqu'à Cap Blanc (port de Jorf Lasfar) .

1 La marrée : La marée constitue un élément important dans le système hydro-sédimentaire des littoraux de l’Atlantique marocain et elle intervient directement ou indirectement sur leurs morphogenèse. A l'intérieur de la lagune. soit par des accumulations. Ils sont généralement plus importants en aval et diminuent d'intensité en avançant vers l'amont de la lagune.Ouest qui présente plus d’énergie que la composante Nord.Sud et Est. les courants sont plus faibles révélant des intensités de l'ordre de 10 à 20 cm/s.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa IV-2 Le contexte hydrologique IV-2-1. les courants s'affaiblissent en direction de l'amont. Son action se conjugue aux effets de la houle. 2002). La marée est une oscillation du niveau de la mer de période et d'amplitude variable dans le temps et dans l'espace. 1994). les courants sont plus importants en période de vives eaux.Ouest du courant.Ouest du courant y est plus dominante et due à l’orientation du chenal à cette station par rapport au Nord géographique. Les intensités enregistrées au niveau des passes sont de l'ordre de 86 cm/s (Hilmi et al. Les variations cycliques de pression d’eau provoquées par la marée peuvent causer aussi de grands changements dans l’état de contraintes. d’autre part. l’existence des composantes de hautes 48 . 1964). Les variations spatiotemporelles au niveau de la passe principale des composantes Nord. une diminution notable des forces inter-granulaires. L’analyse spectrale élaborée sur ces deux composantes de courant confirme ces résultats où l’on note. En terme de direction. Hydrologie marine IV-2-1. Ses effets sont d'autant plus importants que le marnage est élevé. La marée dans la lagune est de type semi diurne avec un marnage entre 2 et 4m. Pendant les marées de mortes eaux. entraînant la modification des processus de sédimentation dans l'environnement littoral qui peuvent se manifester.Sud et. Les courants de marée sont les principaux courants intralagunaires. la composante Est. d’une part. La composante Est. le courant dans la lagune de Sidi Moussa est alternatif avec la dominance d’un courant bidirectionnel. soit par des érosions (Duncan. et des déformations significatives jusqu’à des ruptures locales ou globales des aménagements côtiers (Rezzoug. tantôt entrant ou tantôt sortant selon les rythmes des marées. En aval.

Ils sont aussi en relation avec le fetch (l’espace sur lequel soufflent ses vents) et la distance parcourue par cette houle avant d’atteindre le proche atlantique marocain. 2000 . Elle est liée soit à de forts vents continus de directions peu variables (Roux. une fois générée dans la zone génératrice. IV-2-1.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa fréquences (de période inférieure où égale à 25h) qui sont attribuables à la marée semidiurne (M3. Elles ont un déplacement très brutal et parviennent à leurs maxima de puissance en quelques heures. Gelci et al. 2002). Les paramètres de la houle qui intéressent le proche atlantique marocain dépendent de la position de la zone génératrice. 1954 . 49 . Celles dépassant les 9 mètres sont très rares et n’apparaissent que tous les deux ou trois fois pas an (Furnestein 1957). 1918 . 2. Comme sur l’ensemble de la côte occidentale d’Afrique. Cette « pseudo. 1949 . il existe presque en permanence une houle assez forte.23h que l’on peut attribuer aux périodes inertielles (phénomène non périodique) généralement observées dans les enregistrements du niveau d’eau ou du courant à une altitude donnée. s’atténue ou s’intensifié en fonction des vents et des mers de vents rencontrés sur son chemin. de la direction et de la durée d’action des vents soufflants sur cette zone et sur son chemin. Montagne 1922). Les plus grosses houles se font sentir une à deux fois par an et atteignent 7 à 9 mètres.La houle La houle. Lacaze. La visualisation des zones génératrices de la houle ainsi que leur suivi nous donne une idée sur l’évolution de la houle et son trajet sur le proche atlantique marocain (Figure I-18 et Figure I-19). généralement sans rapport avec le temps qui fait sur la côte. On note particulièrement une périodicité observée entre 22. M4. 1999). 1957). prend son trajet vers le proche atlantique marocain.période a été également observée dans les enregistrements du courant dans la lagune d’Oualidia (Hilmi et al. à de lents déplacements de fonts froids (Lacaze. Les fortes houles ont lieu surtout en automne et en hiver notamment à l’époque des syzygies. de l’intensité. 1997 . M6) de périodes inférieures à 10h et qui se manifestent souvent dans les eaux peu profondes suite à la distorsion de l’onde de marée (Hilmi et al. 1954) ou le plus souvent à des dépressions barométriques passant très au large entre les Açores et l’Islande (Gain.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-18 : Image satellitaire montrant la zone génératrice de la houle très proche au Maroc (DMN) Situation du 31 oct 2002 Figure I-19 : Image satellitaire montrant la zone génératrice de la houle lointaine au Maroc (DMN) Situation du 11 nov 2002. 50 .

2. 51 . in Charrouf. Selon l'emplacement de la dépression qui l'a provoquée. 1918 . les houles mettent entre 2 à 4 jours pour atteindre les côtes marocaines. la houle met deux à trois jours pour atteindre le littoral marocain. Ces mesures peuvent être traitées par études statistiques et avec des models de propagation de houles. Elles prennent exceptionnellement naissance de dépressions secondaires liées à des dépressions principales se dirigeant vers le Sud entre l’Islande et la Norvège. Leur action est à l’origine des mouvements sédimentaires parallèles et transversaux au rivage qui modifie ainsi la morphologie de celui-ci. Les houles prédominantes sont celles du secteur NW et alternent avec des houles moins fortes mais plus fréquentes. L’influence de ces houles touche différentes parties de ce littoral macrotidal. un certain nombre de mesures ont été réalisées et qui ont fait l’objet d’analyse et interprétation (LHCF. 1922) Origine Açores/Portugal Sud ligne Terre-Neuve/Açores Nord ligne Terre-Neuve/ Açores Entre Terre-Neuve et Bermudes Périodes en secondes 7 à 10 s 10 à 13 s 13 à 18 s Supérieures à 18 s Il existe deux types de données de houles sur les côtes marocaines : 1. soit des dépressions passant sur les Açores. en direction du Portugal. Pour le secteur étudié. des mesures in situ. Montagne. du Golfe de Gascogne ou du Sud de l’Irlande (Figure I-20). Les amplitudes maximales significatives observables ou prévisibles sont illustrées sur le tableau I-7. Leur période. les stations de mesure les plus proches sont celles du Jorf' Lasfar. variant de 7 à 18s.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Les houles affectant le littoral des Doukkala proviennent généralement de l’Atlantique Nord. Elles sont issues soit des dépressions passant entre les Açores et l’Islande. Tableau I-6 : Périodes des houles au large des côtes atlantiques marocaine en relation avec leurs origine (Gain. Suivant la force de la dépression qui leur donne naissance. 1989). dans le cas de notre zone d’étude. renseigne sur leur aire d'origine (Tableau I-6). il s’agit en général de données de mesures des paramètres de houle mesurée au large par des bateaux.

même trajectoire que D avec une direction plus au Sud.50 m 6.50 m 9.30 m Dans L. Tableau I-7 : Amplitudes significatives observables à Jorf Lasfar. 1922 in Zakaria.F pour le ministère des Travaux Publics marocain (in Charrouf 1989). B : la même trajectoire (A et A’) avec un stationnement sur l’Atlantique. C et D : les houles W et SW. proviennent de la dépression entre l’Islande et l’Espagne.H.C. 1999) Houle Houle annuelle Houle bisannuelle Houle quinquennale Houle décennale Houle cinquantuple Amplitudes 5. E : les houles SW. proviennent des dépressions qui longent la côte américaine et abordent l’Irlande ou les Açores. 52 .30 m 7. source de la Houille blanche (in Boulanoir. F : houles N ou NNW. dépressions stationnaires au Sud de la France.50 m 8.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Figure I-20 : Les trajectoires des houles rencontrées sur le littoral Atlantique Marocain (d’après Montagne. 1994. modifié) A et A’ : les houles NW.

les houles océaniques. Le nombre de jours de houle de SW a été estimé à 21 jours par an. de période longue et couvrant le secteur NW à WSW. Les périodes vont de 8 à 18 secondes. Les houles de direction W à NW sont quasi-permanentes (Figure I-21). 2. cette agitation enregistrée à Jorf Lasfar est bien locale. l'agitation soulevée par le vent local. avec des amplitudes de 1 à 3m et une période de 7s.5 à 7 mètres (on enregistre exceptionnellement des houles de 9 mètres). L'agitation du Sud-Ouest est associée aux vents locaux et apparaît uniquement en hiver. Figure I-21: Distribution fréquentielle des directions de provenance de la houle (%) Jorf Lasfar 1991-2001 (Station météorologique de Casablanca) 53 . de courte période. les plus fortes amplitudes sont associées à des périodes de 10 à 16 secondes.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa deux natures de houle ont été distinguées : 1. du secteur W à SW. Les amplitudes varient de 0.

En conclusion. l’hiver (avec une légère dominance) et le printemps. . . correspondant à l’été et à l’hiver : .86 % de fréquences pour les houles courtes et 50. La distribution saisonnière des périodes significatives au cours de l’année 1999.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa La variabilité saisonnière des houles en fonction de leur hauteur. présentée dans la figure 2-16 permet de mettre en évidence l’existence de deux régimes de houles. Les maxima d’occurrences sont enregistrés (46.99 % pour des houles significatives <1.5 m) durant la période estivale.15 % pour les houles longues). . 54 .une période estivale où les houles courtes (<7s) prédominent. nous a permis de distinguer les caractéristiques suivantes (Figure I-22) : . ce qui fait apparaître l’été comme une saison d’accalmie avec des houles peu agressives.les houles "fortes" (entre 2 et 4 m) affectent le littoral étudié pendant l’automne.les houles très fortes (supérieure à 4 m) caractérisent essentiellement la période automnale et la période hivernale. Leur fréquence est caractérisée par une décroissance par rapport aux houles moins fortes.une période d’automne et d’hiver (octobre à mars) comportant la majorité des houles longues. la prédominance des longues houles pendant les mois d'hiver dans la région septentrionale est due à l'exposition frontale de la côte (orientée NE-SW) aux longues lames en provenance des dépressions du front polaire. Se sont les périodes au cours desquelles se déroulent les plus grandes tempêtes. . alors que cette région est complètement ouverte aux longues houles d'été engendrées par les vents qui dérivent de l'anticyclone des Açores.le printemps qui correspond à une période de transition au cours de laquelle les deux régimes sont représentés (48. Leur absence dans le secteur Sud est causée par l'orientation générale de la côte (NW-SE) qui empêche l'arrivée des longues houles de direction NW.Les houles les moins fortes (inférieures à 2 m) sont les plus fréquentes pendant toutes les saisons.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Janvier NW WNW W SW SSW N NNW 80 60 40 20 0 E ESE SE WSW S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE SSE NNE NE ENE Février NW WNW W SW SSW N NNW 70 50 30 10 -10 E ESE SE WSW S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE SSE NNE NE Mars NW ENE WNW NNW 40 30 20 10 0 N NNE NE ENE E ESE W SW SSW WSW SE SSE S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE Avril NW WNW W SW SSW Mai NW WNW W SW SSW Juin NW WNW W SW SSW 0 0 0 SE WSW S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE SSE SE WSW S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE WNW W SW SSE SE WSW SSE S N 40 30 20 10 0 E ESE NNE NE ENE Juillet NW WNW W SW SSW Août NW WNW W SW SSW Octobre NW NNW 0 0 SE WSW S N NNW 40 30 20 10 NNE NE ENE E ESE SSE SE WSW S N NNW 50 40 30 20 10 0 NNE NE ENE E ESE SSE SSW WSW S N 50 40 30 20 10 W SW SSW WSW S SSE 0 SSE SE Septembre NW WNW W SW SSW Novembre NW WNW W SW SSW Décembre NNW NW WNW NNE NE ENE E ESE SE 0 SE WSW S SSE SE WSW S SSE Figure I-22 : Distribution fréquentielle mensuelle des directions de provenance de la houle (%) au large de Jorf Lasfar durant la période de 1991-2001 55 .

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

IV-2-1. 3. La circulation océanique et les upwellings Les courants côtiers : (Figure I-23) La circulation océanique atlantique marocaine est complexe. Elle se place dans le gyre de l’Atlantique Nord sur ce qu’il est convenu de désigner sous le nom de courant de Canaries (vitesse de 25 – 75 cm/sec. 0,5 à 1,5 nœud) U.S. Naval Oceanographic Office ; 1965). En effet, la circulation générale de surface dans l'Atlantique Nord se fait suivant un circuit qui, tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, comprend, à partir de l'Amérique, le Cuit Stream, puis vers l'Europe la branche descendante de la "dérive Nord atlantique" qui se prolonge au large des côtes Ibérique et Nord-Ouest africaine par le courant des Canaries. Ce cycle se boucle par ce qu'on appelle le courant Nord-équatorial qui s'écoule en gros de l'Est vers l'Ouest, et ramène les eaux de surface vers la mer des Antilles et l'Amérique du Nord (Lacombe, 1965). Malgré des fluctuations saisonnières et même annuelles du courant des Canaries, les océanographes lui attribuent un caractère permanent. Ils le définissent comme un large courant général profond, constant et froid, de direction Nord-Est, sud-ouest, qui, après avoir longé la zone ibérique s'écoule parallèlement à la côte marocaine en direction du Sud. Ce courant est caractérisé, au large de la côte marocaine, par une faible vitesse moyenne de 0,6 nœuds (Lacombe, 1950). Ne dépassant pas 20 °C (Rouch, 1931, 1948), la température de ce courant s'abaisserait jusqu'à 18°C en surface au voisinage de la côte marocaine et, jusqu'à 15°C avant d'atteindre la profondeur de 100 m. D'après Rouch, la température du courant des Canaries serait basse d'une part du fait de sa provenance nordique et, d'autre part, parce qu'il serait partiellement alimentée par les montées d'eaux froides (upwelling) se produisant sur la côte marocaine. Il est indispensable de noter que la circulation générale du courant des Canaries est plus complexe et se trouve fortement perturbée sur la bordure continentale atlantique marocaine au moins jusqu’à 100 km au large, tel que le montrent les travaux de Furnestin (1948) dans le secteur marocain. D'après cet auteur, les mouvements des eaux froides qui se manifestent dans la zone atlantique marocaine ne prennent pas partout l'allure d'un écoulement continu du Nord-Est au Sud-Ouest, mais plus souvent celle de déplacements latéraux perpendiculaires à la côte, des eaux de pente qui, périodiquement, envahissent le plateau continental au printemps et en été, puis 56

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

l'évacuent en automne et en hiver. On peut considérer que le phénomène d’upwelling est en grande partie responsable de cette complexité de la circulation générale sur la bordure atlantique marocaine (Allain, 1970). Les mouvements décrits par Furnestin (1948), en se produisant dans les zones où l'eau plus froide et plus dense, des profondeurs est ramenée vers la surface, déterminent des courants tourbillonnaires cycloniques.
Courant littoral Eau superficiel du plateau
34°

N N
1000 m

Courant de canaries

200 m

50 m El Jadida Azemmour Jorf Lasfar
um O

Casablanca

33° Oualidia Cap Ghir 9°

Sidi Moussa

Figure I-23 : Répartition des courants de surface sur le plateau continental entre Casablanca et Cap Ghir (in Jaaidi, 1981)

Er ia Rb

0

40 Km

Les phénomènes d'Upwellings : (Figure I-24) L’upwelling est un phénomène qui caractérise la circulation océanique sur une grande partie de la plate-forme continentale marocaine. Il est engendré par l’interaction complexe des Alizés et du courant des Canaries dont le mécanisme s'explique par la théorie de Eckman (1905). Les eaux de surface sont entraînées vers le large par l’Alizé et remplacées par des eaux froides riches en éléments nutritifs venues du fond. Le phénomène d’upwelling côtier est considéré comme formé d’une composante climatique permanente et de fluctuation à différentes échelles d’espace et de temps. L’accent est mis sur les perturbations globales inter-annuelles. Des variations de type El 57

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

Nino se produisent dans les alizés et modifient les courants équatoriaux et les upwellings côtiers des cotes de convergence intertropicale (Hagen, 2001). En effet, des vents dominants du Nord-Est, soufflant de terre produisent un déplacement vers le large des eaux de surface et créent ainsi une diminution du niveau au voisinage de la côte. Un afflux d'eaux sous-jacentes provenant des profondeurs de 100 à 300 mètres tend alors à compenser le déficit en amenant des eaux froides profondes vers la surface (Grall et al., 1974 ; Minas et al., 1974). La venue de ces eaux froides abaisse d'une manière notable les températures de surface. Ce sont d'ailleurs ces températures, anormalement faibles au voisinage de la côte, qui permettent de les repérer facilement. C'est ainsi que des enregistrements des vents et des températures de l'eau effectués à la jetée du Port de Safi (Roux, 1947) ont conduit à remarquer que la température de l'eau est très sensible à l'effet du vent, puisque à chaque inversion de la courbe du vent, correspond une inversion de celle de la température avec un décalage de temps compris entre 0 et 3 jours.

Upwelling permanant (maximum printemps et été) Upwelling saisonnier ( été)
34°

N N
1000 m 200 m

50 m
El Jadida Azemmour Jorf Lasfar 33° Casablanca

Sidi Moussa
Oualidia

um O Er ia Rb

0

40 Km

Cap Ghir

Figure I-24 : Répartition des zones d’Upwelling sur le plateau continental entre Casablanca et Cap Ghir (in Jaaidi, 1981)

L'Upwelling se manifeste le long de la côte marocaine dans la couche superficielle au-dessus du plateau continental, d'une manière permanente au voisinage du Cap 58

2001). Au cours de l’hiver. Beddouza (à 90 Km d’El Jadida) et Cap Ghir. la nappe du calcaire de Dridrate et celle du plioquaternaire de Sahel se réunissent pour n’en former qu’une seule. Blanc (Jorf Lasfer). les vents dominants provenant d’Ouest et Nord-Ouest rendent le phénomène d’upwelling plus faible. 1994). 1951. Les nappes sont peu profondes et liées à la frange d'altération et aux fractures. IV-2-2. 1975). Des variations saisonnières et des fluctuations annuelles ont été observées . La structure thermohaline liée aux résurgences côtières peut être perturbée par le brassage intense des eaux superficielles. Cet upwelling peut ramener en surface des eaux d'une température minimale de 15 à 16°C et d'une salinité minimale de 36.Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa Spartel et dans le secteur d'El Jadida au Cap Ghir. en passant par Safi et Essaouira (Furnestin. L 1965 . période correspondant au maximum de puissance des Alizés. elles sont pauvres en général (El Achheb.. se traduisant par la remontée des isothermes 15 et 16 C° et une diminution de la teneur en O2 (5. Le plioquaternaire d'épaisseur. De 59 . qui peut atteindre 30 m (Gigout. Au niveau de la lagune de Sidi Moussa. Guilcher. Ces remontées d’eaux froides induisent une diminution des températures des eaux de surface. de profondeur au large. 1954 et 1956). il est particulièrement actif de juin à octobre. les courants dus à la houle peuvent transporter vers la zone côtière la matière mise en suspension par les mouvements verticaux (Zakaria. Par contre. Le Floch. recèle des nappes d'importance diverse qui s'écoulent vers l'Ouest. Dans la couche limite. elles affectent aussi bien l'eau d'upwelling que celle du large (Lacombe. Généralement laminaire.200 m. 1993). permet l'existence de véritables nappes de plateaux s'écoulant conformément à l'inclinaison générale de la topographie de l'Est vers l'Ouest. l'écoulement y est parfois karstique (Combe et al. 1948). 1974). Selon Mathieu (1986) les remontées les plus intenses se localisent au voisinage des Caps Spartel (au Nord du Maroc). Hydrologie continentale La topographie beaucoup moins tourmentée. le Nord-Ouest ou le Nord. Cette remontée des eaux froides affecte une zone s’étendant de la côte jusqu’à l’isobathe -200 m de profondeur.1 ml/l) (Kabbachi et al. 30 %0 correspondant aux caractéristiques trouvées vers . 1965 . provoqué par l’agitation des houles.

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

nombreuses émergences de sources en amont sur les bords de la dépression interdunaire sont la manifestation en période humide de ce système aquifère qui un écoulement karstique bien caractériser. IV-2-3. Bilan hydrologique de la lagune Les apports en eau douce dans la lagune sont la manifestation des résurgences de la nappe du Plioquaternaire de la façade continentale de la lagune de Sidi Moussa. Ces apports sont naturellement plus forts en période humide, quand la nappe est en charge, d’où des variations des salinités par rapport à la période estivale. Au niveau des passes, les vitesses de flots sont toujours supérieures à celles du jusant et ceci pour des périodes plus courtes. Cela se traduit dans la morphologie par un transit plus important de matériaux en flot créant ainsi un delta interne marée important manifestée par la sablière. Le delta de marée externe est pratiquement inexistant : la forte dynamique côtière (courants littoraux et dérive littorale Nord-Sud) par son action reprend les sédiments expulsés de la lagune à basse mer pour les répartir plus au Sud.

IV-3 Milieu biologique de la lagune de Sidi Moussa IV-3- 1 La faune La lagune de Sidi Moussa abrite un certain nombre de poissons présentant une variabilité saisonnière à savoir la sole, le bar et le dentx, etc et certains invertébrés : Des décapodes « Carcinus maenas », des isopodes « Idotea baltica ; Cymadusa sp ; Perineris sp. », des cnidaires « Actina equina », des gastéropodes « Monodonta sp ; Turbinata sp ; Cympium sp ; Gibbula sp ; Gibberulina sp. », des tintinides et les bivalves : les coques, les couteaux, la palourde Ruditapes decussatus L., Solen et Cardum edule L. Ce dernier bivalve est l’espèce dominante de la zone intertidale de la lagune, et par conséquent, il constitue un compétiteur important d’espace avec la palourde. On trouve aussi, certains crustacés tels que le crabe vert Carcinus maenas, qui constitue un prédateur redoutable de la palourde à côté de gastéropode Cympium sp (Bennouna, 1999).

60

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

IV-3- 2 La flore Ce sont les phanérogames halophytes caractéristiques des eaux saumâtres « les zostères », qui prédomine la zone intertidale et au niveau des schorres de la lagune de Sidi Moussa, aussi on retrouve les algues vertes « les ulves ». Ces algues présentent une croissance intense en été ce qui induit des mortalités chez les palourdes par asphyxie (Rafik, 1991). Bennouna (1999) a pu identifier cinq grands groupes de phytoplancton : • les diatomées et les dinoflagellés sont les groupes les plus dominants au niveau de la lagune de Sidi Moussa. Les diatomées sont essentiellement représentées par les genres Leptocylindrus, sont par Chaetoceros, ordre Navicula, Rhizosolenia, Pleurosigma, Nitzschia et Lauderia. Les genres de groupe des dinoflagellés les plus fréquemment renconctrés décroissant : Prorocentrum, Protoperidinium, Scrippsiella, Peridiniella, Ceratium, Dinophysis, Pentapharsodinium, Gonyaulax, Gyrodinium, Pyrophacus et Alexandrium, • les silicoflagellés et les coccolithophoridés qui ne se présentent que par une ou deux especes avec une fréquence très faible, • les cyanophycées, qui se présente qu’en mois de juin.

IV-3- 3 La salubrité de la lagune de Sidi Moussa La lagune de Sidi Moussa, présente des résultats conformes aux normes internationales adoptés par (CEE/91/492), elle est donc classée en zone salubre zone A (Idrissi et al. 1994), ceci est probablement dû au caractère du site, zone peu peuplée, et par conséquent, l’agression de la pollution urbaine reste faible. Toutefois récemment Bernoussi (1996) a reclassé la lagune en zone peu salubre (Zone B), ceci est dû par la suite à l’intensification des activités agricoles et de pâturage au bord de la lagune et par conséquent à l’augmentation d’intrants (fumiers, fertilisants…) lesquels infiltrés ou/et drainés se retrouvent en partie dans les eaux de la lagune.

61

Partie I : Présentation générale de la lagune de Sidi Moussa

IV- INTERETS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA LAGUNE La lagune de Sidi Moussa est identifiée au Maroc comme un site d’intérêt écologique et biologique, et a été proposée récemment comme site Ramsar (= convention internationale portant le nom de la ville où elle a été signée (Ramsar = ville en Iran) visant à protéger les zones humides d’intérêt internationale pour les oiseaux). Outre que la pêche au niveau de la lagune et l’exploitation des sels au niveau des salines en amont de la lagune, la récolte des coquillage reste l’activité principale de la population au voisinage de la lagune de Sidi Moussa, cette activité est plus intense dans le cas des palourdes Ruditapes deccusatus, la production annuelle enregistrée par les mareyeurs locaux est d’environ 27 tonnes (Rafik, 1991). Au niveau de bassin versant bordant la lagune de Sidi Moussa, un développement important de l’agriculture irriguée, technique agricole, qui certes, a permis l’amélioration des rendements surtout des cultures maraichéres. Sur le plan industriel, des efforts importants ont été déployés pour industrialiser rapidement la région, sans que la protection du littoral ait été prise en considération, ceci a donné une implantation des unités industrielles importantes au niveau de Jorf Lasfar « 15 Km au Nord de la lagune ». La primauté jusqu’à une date récente du tourisme balnéaire, s’est traduite par une forte littoralisation de cette activité. En effet, le séjour balnéaire tant pour le tourisme international que le tourisme national constituait la principe forme d’agrément. Activité récemment importée, le tourisme balnéaire est venu accuser le basculement des centres d’intérêt économique de l’intérieur vers les côtes. Malheuresement la lagune ne possède pas encore des infrastructures pour attirer un tourisme plus accentué malgré que ces potentialités naturelles soient très développées.

62

………………… 75 II – 6.Partie II : Méthode d’étude METHODES D’ETUDES I .MATERIEL ETUDIE……………………………………………………… 64 II-1 Sédiments superficiels……………………………….………………… 66 II – 1..…… 64 II.. Analyses granulométriques…………..METHODES ANALYTIQUES…………………………. Calcimétrie……………………………………………………. pH des sédiments………………………………. Minéralogie des Argiles……………………………………………72 II – 3..… 74 II – 5..………………………… 66 II – 2. Analyses statistiques……………………………………………… 75 63 . 1.……………… 64 II-2 Sédiments carottés…………………………………………………… 64 II.CONDITIONS D’ECHANTILLONNAGE ……………………. Analyses géochimiques…………………………………………… 73 II – 4..

dans la zone intertidale et les schorres de la lagune de Sidi Moussa. II-2 Sédiments carottés : Cinq carottes numérotées de Csm-1 à Csm-5 ont été prélevées en 2001. Csm-4 et Csm-5) ont été implantées au niveau de la zone intertidale et les schorres de la lagune de Sidi Moussa (Figure II-1). minéralogiques et chimiques. qui atteint 110 cm. 64 .Partie II : Méthode d’étude Partie II : Méthodes d’études I . Sur ce matériel. Csm-3. se situe dans la zone centrale au niveau des schorres. L’échantillonnage a été effectué par une benne VanVeen. une approche multiméthodique a été adoptée en mettant en œuvre des analyses granulométriques. Le choix de positionnement des carottes est basé sur la nature des faciès superficiels et celle des faciès du bassin versant. L’échantillonnage a été fait sur les 4 cm de la surface. Après une description détaillée des coupes sédimentaires. chaque niveau visualisé à l’œil nu a été échantillonné. La carotte la plus longue est Csm-4. la carotte la plus courte se situe au niveau de delta de marée interne. Cinq carottes (Csm-1. Csm-2. Cinquante (50) échantillons de sédiments superficiels.CONDITIONS D’ECHANTILLONAGE Afin de répondre au double objectif fixé : caractériser qualitativement le matériel sédimentaire et déterminer l’origine des flux sédimentaires exportés dans la lagune de Sidi Moussa.MATERIEL ETUDIE II-1 Sédiments superficiels : Les sédiments superficiels ont été prélevés en Décembre 2001 dans la lagune au niveau de la zone intertidale et du chenal. II. Les cinq carottes prélevées montrent des épaisseurs variables. Les sondages ont été effectués à l’aide des tubes en PVC à peaux d’oranges et manipulés à la main.

Partie II : Méthode d’étude LAGUNE DE SIDI MOUSSA 0 N N N N W W W W S S S S 400 800 m NT MO A NE ZO Csm-5 8 9 Marrais Salants 11 5 4 6 1 2 E E E E Digue 3 Csm-4 14 L VA EA N ZO Passe secondaire 29 28 36 32 35 38 49 39 37 33 34 30 31 Chenal 26 27 25 23 21 22 20 24 16 12 7 13 15 10 18 17 19 Passe principale 47 45 44 46 42 50 48 40 41 N El Jadida Sidi Moussa Safi Sablière 43 * MAROC 0 100 200 km Parc Ostreicole Cordon littoral Dunes consolidées Shorre Banc de sable Localisation des carottes Localisation des échantillons de surface Figure II-1 : Localisation des échantillons de surface (n= 50) et des carottes (n=2) dans la lagune de Sidi Moussa 65 .

tension .Partie II : Méthode d’étude II.une zone de cellule (cellule) .des photodétecteurs (photos diodes au nombre de 42 + 3 pour le Mastersize. à agitateur et pompe .un laser basse.une cuve à ultra sons. Particles in Suspension Stir Printer Ultrasonic Cellule de mesure Central Processor Receiver Photodétecteurs concentriques Lentille Sample Cell Out Pump Figure II-2: Schéma général du Granulomètre Malvern 66 .Tailles mesurées de 50 nanomètres à 900 microns .des optiques (lentilles de Fourrier) . .METHODES ANALYTIQUES II-1 Analyses granulométriques Les analyses granulométriques du sédiment brut ont été faites avec un diffractomètre Laser Mastersiz Malvern 2600 E (Figure II-2) : .un ordinateur + logiciel.

nous pouvons intégrer l’indice de réfraction des particules mesurées afin de pouvoir mesurer les plus petites particules (problèmes de transparence). 67 . 3. tableaux granulométriques etc. Le mode de transport se fait donc par suspension graduée et on observe un gradient vertical de densité au sein du courant transporteur. le transport se fait par suspension pélagique et hemipélagique. Ceci permet de définir trois faciès principaux selon Rivierre (1952) (Figure II-3) : 1.). analysées par calcul sur des matrices inverses et le résultat du calcul mis à l'ordinateur. Les petites particules au contraire deviennent des quantités infimes de lumière sur des angles plus larges.S.Le faciès logarithmique : II résulte d'un dépôt par excès de charge à la suite d'une diminution de la compétence de l'agent de transport. Ce faciès traduit une ébauche de classement du sédiment par transport. Sur cet appareil. pour mettre en évidence ces différents faciès.) (courant de turbidité de faibles densité et vitesse).Le faciès hyperbolique : Il reflète un dépôt par décantation . La quantité de lumière.Partie II : Méthode d’étude Principe de mesure Les particules qui doivent être mesurées sont diluées dans de l’eau puis mises en circulation par une pompe dans la cellule. déviée et l’importance de l’angle de déviation permet de mesurer la taille des particules.Le faciès parabolique : Le faciès parabolique qui caractérise des apports par un courant turbide rapide avec un bon classement du matériel. Les grosses particules deviennent des quantités importantes de lumière sur des angles faibles par rapport à l'axe de propagation. Les courbes obtenues en coordonnées semilogarithmiques du pourcentage cumulé en fonction des diamètres des grains donne des courbes granulométriques de différentes formes. est représenté sous différentes formes (courbes. Ce transport se faisant par suspension uniforme (S. Les intensités sont recueillies par des photodiodes en silicium puis sont numérisées. Le quartile le plus grossier (Q1) de la fraction inférieure à 63µm est utilisé pour traduire l'importance des silts et des argiles. La théorie mathématique représentant la lumière diffusée par 1’échantillon est modélisée pour des équivalences sphériques. Les particules éclairées par la lumière laser deviennent son axe principal. 2.

Partie II : Méthode d’étude Figure II-3 : Différents faciès et modes de dépôts des sédiments fins (Rivierre. et la distance du transport (J. Il permet l’individualisation d'un certain nombre de faciès (Tableau II-1) 68 . 1961). 1952) Les résultats des analyses granulométriques sont exprimés en courbes semilogarithmiques et en histogrammes de fréquence. La moyenne granulométrique (phi) : Elle représente la distribution granulométrique moyenne des sédiments et elle est déterminée par la formule suivante : Mz = 16 + 3 15 + 84 Cet indice dépend de plusieurs facteurs : l'intervalle de taille du matériel de la roche mère. Nous avons adopté. les formules de Folk et Ward (1966) pour le calcul des indices granulométriques.PERRIAUX. l’énergie du milieu. pour ce travail. Ces différents indices granulométriques ont été utilisés pour établir des diagrammes de dispersion.

35>Sd Classement Extrêmement mal classé Très mal classé Mal classé Modérément classé Moyennement bien classé Bien classé Très bien classé 69 . 1966) Standard Déviation >4 4>Sd>2 2>Sd>1 1>Sd>0.00 Classement Sables grossiers et graviers Sables moyens Sables fins Sables très fins Silts et argiles (lutites) Standard déviation ou écart-type : C'est le coefficient de classement.00 Mz> 4.7>Sd>0.35 0.5>Sd>0.Partie II : Méthode d’étude Tableau II-1 : Répartition des faciès sédimentaires en fonction de la moyenne (Folk.7 0.3l<Mz<3.5 0. il est donné par la formule : Et = 84 4 16 + 95 6.00 1.32 3.31 2.32 <Mz <4.00 <Mz <2.6 5 FOLK (1966) propose pour les valeurs du Standard Déviation des caractéristiques de classement (Tableau II-2). Tableau II-2 : Répartition des faciès sédimentaires en fonction de l’écart-type (Folk. 1966) Valeur de Mz en phi Mz < 1.

3 0. . fluctuations. 1966) Sekwness 1>Sk>0.. l'asymétrie de cette courbe par rapport à la médiane et son sens (Tableau II-3).3>Sk>0. Les caractéristiques physiques du courant (vitesse énergie.1 0. turbulence.3 -0. Il est calculé par la formule : Sk = 16 + 84 - 2 50 2 ( 84 - ) 16 + 5 + 2( 95 95 - 2 5 50 - ) Tableau II-3 : Répartition des faciès sédimentaires en fonction de l’indice d’assymétrie (Folk. autrement dit.3>Sk>-1 Classement Très asymétrique vers les fins Asymétrique vers les fins Presque symétrique Asymétrique vers les grossiers Très asymétrique vers les grossiers 70 ..1 -0.1>Sk>-0.Partie II : Méthode d’étude Il dépend de trois principaux facteurs en général : l'intervalle des tailles du matériel initial (classement de la roche mère) le taux de sédimentation.1>Sk>-0. etc.) Skewness ou indice d'assymétrie (Sk) : Il mesure le degré d'obliquité de la courbe de fréquence.

1 µm 10 µm 1 2 4 5 100 µm 8 1 mm 10 mm Centile supérieur Médiane N P O 1 mm Q S 100 µm R Interprétations originales de Passega (1957) : NO: Dépôts de roulement sur le fond OP: Dépôts de roulement sur le fond et de suspensions gradées PQ: Dépôts de suspensions gradées et de roulement sur le fond QR: Dépôts de suspensions gradées RS: Dépôts de suspensions homogènes Figure II-4 : Image C/M théorique des dépôts fluviatiles d’après Passega (1964) 71 . Passega (1964) propose une intérprétation en terme de dynamique de transport des variations granulométriques des sédiments. Ce digramme permet d’identifier les types de courants transporteurs du matériel. Cette méthode est largement utilisée dans l’étude de la distribution spatiale des sédiments fluviatiles.Partie II : Méthode d’étude Test de Passega En mettant en relation la médiane et l’unpercentile dans un diagramme logarithmique. Ce diagramme sera également utilisé pour la discrimination entre les sédiments des différentes zones et carottes lagunaires (Figure II-4).

5° par minute. décarbonatée à HCl et homogénéisé par agitation. Après centrifugation le culot obtenu est étalé sur une lame de verre en agrégats orientés. La vitesse de balayage du goniomètre est de 1° par minute pour un intervalle de mesure de 2° à 30° en 2 thêtas.Partie II : Méthode d’étude II – 2.Lame normale . 72 . La gestion et le traitement des mesures sont identiques à ceux des argiles. Les mesures XRD ont été réalisées à l'aide d'un diffractomètre SIEMENS type D500 avec anode de cuivre. 1. longueur d'onde=1. III – 2. Trois lames sont préparées : .Lame chauffée : chauffage à 450°C pendant 40mm III – 2. Les analyses minéralogiques totales sont réalisées sur des préparations désorientées sur support en quartz monocristallin (type zéro background). Analyse à la diffraction X: Les mesures ont été effectuées pour les argiles sur des lames avec dépôt orienté par sédimentation de l'échantillon. La tension appliquée au tube est de 45Kv et 35 mA. Le sédiment fin est délité dans l’eau distillée et défloculé à l’eau oxygénée. Les analyses minéralogiques des échantillons bruts et des fractions argileuses. La vitesse de balayage est de 0.5418 angström. avec monochromatisation du rayonnement diffracté sur un cristal de graphite pour éliminer l'effet de fluorescence provenant de l'échantillon. sur des formations de substrat de l’arrière pays et sur les échantillons de cordon littoral. Minéralogie des Argiles Cette étude a été réalisée sur tous les échantillons du remplissage lagunaire. L'intervalle de mesure est de 4° à 90° en 2 thêtas. Préparation des échantillons : La technique utilisée est celle décrite par HOLTZAPPEL (1985). 2. Le détecteur est du type scintillateur.Lame glycolée : gonflement à l’éthylène glycol pendant 24 heures .

Zn. qui aboutissent à la formation de complexes organominéraux caractérisent un état d’équilibre (Debyser. Les liens. 1968 . 1971 . Bien qu’elle soit en quantité réduite. les échantillons broyés sont ensuite fondus à 1050 °C. Par ailleurs. Deux types d’analyses ont été réalisés : Les éléments majeurs (Si. Rashid. 2. V. Al. Les teneurs en carbone organique particulaire (COP %) et total (COT %) ont été mesurées par la méthode coulométrie à l’aide du coulomat 702. Cauwet (1985) montre que la matière organique participe activement à plusieurs mécanismes physico-chimiques dont certains ont des conséquences directes sur la sédimentation côtière. F. elle détermine les principales propriétés des complexes. Pb. P. Mn. Rashid et Leonard. Analyses géochimiques II – 3.humiques. plus ou moins stables. Ti. Ainsi l’approche géochimique peut offrir des informations complémentaires dans la compréhension des mécanismes sédimentaires.Partie II : Méthode d’étude II – 3. Cr. Les éléments traces (Ni. Les teneurs exprimées sont celles des oxydes. II – 3. Br. 1959). en effet. Mg. la mobilité et la concentration de certains éléments métalliques (Manskaya et al. 19714 . Na et Cl) par la technique de dilution . 1. un vecteur essentiel de certains éléments métalliques en milieu aqueux (Duursma et Stevenhysen. Elle constitue. De plus. Fe. Géochimie minérale La composition chimique du sédiment brut a été obtenue à partir des mesures effectuées à l'aide d'un spectromètre de fluorescence des rayons. Les conditions opératoires sont celles décrites par Lapaquellerie.X de marque Siemens type SRS 3000 équipé d'un tube avec anode de rhodium. Cu. K. Les complexes minéraux qui leurs sont associés orientent ou catalysent l’ensemble des transformations de la matière organique qui constitue l’humification. particulièrement aux argiles en formant des complexes argilo. 1966). Ces analyses ont été effectuées au département de Géologie et d’Océanographie de Bordeaux I (France). 1973). Y et Rb) sont analysés directement sur les échantillons finement broyés et séchés à 105 °C. Pillai et al. la matière organique conditionne la solubilité. Géochimie organique La matière organique s’associe aux particules minérales des sédiments marins. Ca. 73 .

74 . elle correspond à la perte au feu subie à l’étuve à 200 °C. En effet.Mica-Fe. BR.MA-N.UB-N et VS-N. BX-N. La teneur en eau des sédiments mesurée par la perte de feu à 1000 °C. GA. GXR-3.. Calcimétrie La teneur en carbonates des sédiments bruts a été déterminée à l’aide d’un calcimètre de Bernard. 2.DT-N.Mica-Mg.SO-4. IF-G.4 : Degré de Contamination "Cd" selon Hakanson (1980) Degré de Contamination (Cd) <6 6 – 12 12 . FK-N. La limite de détection pour les éléments en traces est de 5 mg/kg.24 Etat de la Contamination Contamination faible Contamination modérée Contamination considérable est la II – 4.4% relatif. Sy-3. Le Cd somme de tous les facteurs de contamination (Tableau II-4).Partie II : Méthode d’étude Les droites d'étalonnage des différents éléments chimiques ont été calculées à partir des mesures des étalons suivants: AC-E. Le facteur de contamination calculé correspond au rapport des concentrations mesurées à la surface sur les concentrations mesurées au bruit de fond géochimique de la carotte.L’eau de constitution (H2O+) qui se combine avec les composés. SO2. elle correspond à la perte de feu à 1000 °C. GS-N. DRN. AL-I.Sy-2. La précision est de 1% relatif et l'erreur est de +/0. 1980) définie pour les sédiments lacustres. Le principe est de décarbonater une masse de 500 mg d’échantillon broyé par l’acide chlorhydrique (N/2). A partir des teneurs des métaux mesurées au fond de la carotte. il existe deux types d’eau : 1.L’eau hygroscopique (H2O) qui se fixe sur les composés en conservant son individualité. AN-G. nous avons calculé le degré de contamination (Cd) des dépôts selon la formule de Hakanson (Hakanson L.GXR-1. Tableau II. BE-N.SO-1.

). nous avons appliqué un traitement statistique aux nombreuses données acquises tout au long de cette étude. Les analyses statistiques ont été faits en utilisant le logiciel STATISTICA. Ce qui entraîne un dégagement de CO2 proportionnel à la quantité de carbonates présents dans le sédiment en tenant compte de la température ambiante lors de chaque manipulation.. Un échantillon référence (100% de CaCO3) a été dosé. II – 5.. Le pH des sédiments a été déterminé à l’aide d’un ph-mètre électronique sur des échantillons bruts trempés dans l’eau distillée pendant quatre heures et mélangés de temps en temps par un agitateur magnétique. physique (échange air-océan…) et biologiques (balance entre l’activité photosynthétique du milieu et son activité saprophytique.Partie II : Méthode d’étude L'essai s’effectue sur 500 mg d'échantillon finement broyé et bien représentatif de la totalité de la fraction fine. II – 6. de régissant le grouper les individus en populations homogènes et de dégager les tendances générales. L’analyse des corrélations a été utilisée pour traitement statistique des données des 30 échantillons du sédiment d'après les recommandations de Basilevsky (1994). Analyses statistiques Afin d'établir les corrélations entre les différentes variables fonctionnement de système lagunaire. Après attaque à l'acide chlorhydrique (N/2) qui réagit avec les carbonates selon la formule suivante : 2 HCI + CaCO3 Ca C12 + H2O+ (CO2). pH des sédiments Le pH est un paramètre complexe dont la valeur dépend de nombreux facteurs chimiques (présence de carbonates. 75 .). Le pourcentage de carbonates dans les sédiments est calculé par rapport à l’échantillon de référence.

Partie III : Approche sédimentologique APPROCHE SEDIMENTOLOGIQUE I CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES DEPOTS SUPERFICIELS……………………………………………………………….3 Conclusion………………………………………………….2.2.100 III..2 Faciès sableux………………………………………………100 III.2-3 Test Passega…………………………………………….Conclusion………………………………………………………..…………… 91 I.2 Granulométrie des dépôts…………………………….CONCLUSION………………………………………………………………104 76 ..CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES DEPOTS CAROTTES .3.3 Variations granulométriques et dynamique du dépôt ……………….… 88 I. 78 I-2-1 Répartition des faciès…………..1 Faciès silteux…………………………….……… 77 I-2.……………………104 III...2.……...2-2 Analyse et interprétation des variations granulométriques… 85 I.92 I-2-4-2 Test : Moyenne – Médiane……………………. 77 I-1.le pH et les teneurs en CaCO3…………………………. Faciès silto-argileux……………………. 93 II .100 III.… 93 I.Etudes granulométriques…………………………………………….95 II-1 Description des carottes……………………………………………… 95 II.……… 84 I. 80 I-2-1-2. Faciès silto-sableux……………………………… 83 I-2-1-3.2-4 Methode des moments linéaire………………..2-4-1 signification et mode d’utilisation des paramétres.4 Conclusion………………………………………. Faciès sableux…………………………………….……………… 96 II..…………………………… 80 I-2-1-1...……………… 96 III.

afin de déterminer les conditions du milieu de dépôt.Partie III : Approche sédimentologique Partie III : APPROCHE SEDIMENTOLOGIQUE L’étude des dépôts de la lagune de Sidi Moussa a pour but de préciser les caractéristiques sédimentologiques des principaux faciès. Quelques variations sont enregistrées dans la zone intertidale en particulier au niveau des schorres (7.Une origine chimique. ils sont essentiellement bactériens (Castanier. donnant des débris de divers organismes notamment ceux de mollusques sous forme d’aragonite et de calcite.Origine biodétritique.pH des sédiments Les pH dans les sédiments lagunaires sont basiques. dans ce cas. . I-1.2.9 à 8. I . dans les chenaux sont toujours supérieures à 8. en très faible part. de la précipitation des carbonates dissous d’origine marine ou continentale.Une origine détritique. L’examen de leur répartition dans l’espace et dans le temps nous permettra de proposer une reconstitution paléogéographique de cette lagune. etc.1.6) alors que les valeurs. Ils s’accumulent parfois dans les aires à thanatocénose où ils constituent la quasi intégralité des sédiments.Teneurs en carbonates Les carbonates ont plusieurs origines possibles : . tests de foraminifères. Les différents résultats d’analyses sont présentés sous forme de cartes de répartition des divers paramètres sédimentologiques.pH et les teneurs en CaCO3 I-1. .… ces débris constituent souvent une part importante des sédiments dans les zones côtières. sous forme de carbonates particulaires issus de l’extérieur du bassin lagunaire. I-1. .Origine biogénique.CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES DEPOTS SUPERFICIELS Les caractéres sédimentologiques des dépôts de lagune de Sidi Moussa permettront de comprendre la répartition spatiale des sédiments lagunaires. maërl. 1987). 77 .

La répartition des teneurs en carbonates montre une différentiation entre la zone amont et la zone avale de la lagune (figure III-1). ainsi qu’à la précipitation des apports continentaux parvenus ruissellement. Selon Debyser (1961). Dans la zone amont « vers les marais salants ». à l’aide d’un microgranulométre laser. Les sédiments de la lagune de Sidi Moussa renferment des teneurs en carbonates toujours supérieures à 20%. 63-125 µm. Les teneurs de ces différentes fractions granulométriques montrent des variations notables au sein de la lagune permettant de distinguer trois types de faciès qui sont de la zone de la passe principale vers la zone des marais salants (figure III-2) : dans le système par 78 . I-2. Dans la zone aval « zone de l’embouchure ». où se déroule une activité conchylicole. Les teneurs les plus faibles se rencontrent dans la zone des marais salants.56 % selon les lieux de prélèvement. ce qui est le cas en de nombreux endroits du la lagune de Sidi Moussa.56 %. de caractériser en détail la granulométrie de la couverture sédimentaire actuelle au sein de la dépression et. les teneurs en carbonates sont moyennement faibles (16. 125-250 µm et >500 µm. 5-15 µm.32 %).ETUDES GRANULOMETRIQUES L’étude des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa.Partie III : Approche sédimentologique Cette précipitation est provoquée par l’augmentation de pH du milieu aquatique sous l’effet des phénomènes biochimiques. d’autre part. Elles sont surtout liées aux activités biologiques. Les distributions granulométriques sont regroupées en 7 fractions : <5µm. 15-30 µm. Ils proviennent de la sédimentation des débris coquilliers et des tests de la microfaune calcaire. les sédiments constitués par un mélange de coquilles et de vases. les sédiments peuvent être très carbonatés avec des teneurs allant de 16.32 % à 80. d’établir les variations spatiales de ces caractères. les carbonates sont notamment d’origine biodétritique. 30-63 µm. nous a permis d’une part. Les valeurs sont élevées et peuvent atteindre jusqu'à 80. dépendent pour la teneur en carbonates de l’abondance des organismes à tests carbonatés.

Partie III : Approche sédimentologique Figure III-1 : Teneur en carbonates dans les sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa Figure III-2 : Répartition des faciès sédimentaires dans la lagune de Sidi Moussa 79 .

il s’agit d’un sable fin à moyen (125-250 µm) riche en débris coquilliers de lamellibranches et de gastéropodes. Le mode granulométrique L’analyse des modes granulométriques montre deux types de dépôt : . on note un enrichissement de la faction fine (<15 µm) vers l’amont de la lagune. qui occupe la zone de la passe et le delta de marée interne. L'étude granulométrique de la fraction sableuse permet de caractériser les dépôts et de se renseigner.Partie III : Approche sédimentologique .Un faciès sableux. La moyenne granulométrique La moyenne granulométrique des sables se situe entre 120 et 430 µm (figure III3).un sable unimodal avec des modes supérieurs à 310µm. Ce faciès représente 30 % des dépôts de la lagune. . le plus répandu dans la lagune et représente 55%. Ce faciès représente 15 % des dépôts lagunaires. se localise au niveau des chenaux de marrée et des slikkes au niveau de la zone médiane de la lagune. par conséquent. Il est riche en débris ligneux des plantes halophiles.Un faciès silto-argileux.Un faciès silto-sableux. Cependant.un sable bimodal avec des modes principaux de 100µm et 250µm. c’est un sable grossier qui caractérise la zone de la sablière et la partie amont du chenal. Dans le secteur médian de la lagune des accumulations de sable sont signalées en bordure du cordon littoral. la sablière et le chenal principal . 80 . sur les facteurs régissant le transport des sédiments ainsi que sur les conditions de leur mise en place. Il est à noter qu’au niveau de la passe la moyenne enregistre son maximum (430µm). c’est un sable moyen. Faciès sableux : Il caractérise la zone des passes. I-2-1 Répartition des faciès : I-2-1-1. qui se localise aussi bien au niveau du chenal principal de la lagune. . Le transport est régi essentiellement par la dynamique marine. Le transport des particules est aussi bien régi par les courants de marrée que par la dynamique intralagunaire. 2-1-1-1. Ce faciès caractérise la zone intertidale et les schorres (zone amont). . 2-1-1-2. avec des valeurs entre 45% et 90%.

Le Skewness Globalement.5 à 1) qui caractérise essentiellement la zone de la sablière et la zone des passes. montre deux types de dépôts (figure III-5) : Des sables à asymétrie négative forte localisés au niveau de la sablière . à proximité. de la passe. la carte de répartition du skewness. Figure III-3 : Répartition spatiale de la moyenne granulométrique dans la lagune de Sidi Moussa 81 . L’écart type La carte de répartition de l’écart type (figure III-4) montre des dépôts présentant un classement modéré (0. Les sables mal à très mal classés (l’écart type est supérieur à 1) sont localisés essentiellement au niveau du secteur amont de la lagune et au niveau de la zone longeant le cordon dunaire.Partie III : Approche sédimentologique 2-1-1-3. 2-1-1-4. Des sables à assymétrie positive qui longent le cordon dunaire vers le NE et des sables à asymétrie positive qui caractérisent le chenal de la lagune et les zones intertidales avales.

Partie III : Approche sédimentologique Figure III-4 : Répartition spatiale de l’écart-type granulométrique dans la lagune de Sidi Moussa Figure III-6 : Répartition spatiale de Skewness dans la lagune de Sidi Moussa 82 .

2. 1. 83 . qui occupent la bordure lagunaire et une partie de la zone amont. la moyenne est d’environ 40 à 120 µm. l’écart type montre que ces dépôts présentent un classement modéré (0. qui caractérise la zone de la passe et la sablière. l’érosion éolienne.5 à 1). le taux de CaCO3 se situe entre 30 et 60 %.Des sables moyens (78%) bioclastiques qui forment le delta de marée interne. . Ces sables fins rappellent les sables des cordons dunaires. Conclusion L’analyse des indices granulométriques de la fraction sableuse des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa montre que la répartition de cette fraction dépend essentiellement de deux facteurs hydrodynamiques. Ils sont repris par la dynamique intralagunaire et repartis à l’intérieur pour former la sablière . quand à elle. est beaucoup plus importante. du fait de la texture très légère du sol en surface alliée au surpâturage. 2-1-2. Le vent pourrait jouer un rôle important dans l’alimentation de la lagune en sables de ce type de sable.Partie III : Approche sédimentologique I. Ils sont mal classés à modérément classés. Ainsi. 5. qui présentent les mêmes caractéristiques que les sables des plages de part et d’autre de la passe (Mzari. Ils peuvent être divisés en deux groupes : . Se sont généralement des sédiments bimodaux avec un mode principal qui se situe entre 120 et 180 µm . à la suite de diminution de la profondeur et l’augmentation de l’énergie du milieu. 2002). Leur Skewness indique des courbes cumulatives asymétriques vers les sédiments fins. Le faciès sableux.Des sables fins (18%). mal à très mal classés. Ces sables qui peuvent avoir comme origine le littoral adjacent sont remobilisées par la dérive littoral dominante orientées SW-NE (Zourarah. Faciès silto-sableux : Ce faciès se localise au niveau des chenaux de marrée et des slikkes au niveau de la zone amont de la lagune. 2002). est généralement constitué de sables. ce qui marque une grande hétérogénéité des sédiments et qui par la suite montre une dynamique très variante.

liée au courant de marée. et les taux des argiles sont très faibles (< à 5%). La médiane se situe entre 40 µm et 50µm. ils représentent 14. les silts sont les plus élevés. toute fois. Au niveau des chenaux. à la suite de la diminution de la compétence de l’agent de transport. en relation avec l’hydrodynamique importante. Au niveau du secteur amont se sont des silts unimodaux à plurimodaux. 2-1-3-2.Partie III : Approche sédimentologique 2-1-3. Les silts moyens (entre 15µm et 30µm) Les silts moyens sont biens représentés dans la zone du chenal et dans les slikkes de la zone avale de la lagune. il est surtout d’origine biogène. les silts moyens . 84 .82% de la répartition des faciès lagunaires. les silts fins et les argiles définies par Rivierre (1977). L’analyse de cette fraction par microgranulomètre montre qu’elle est formée de quatre classes granulométriques : les silts grossiers . La comparaison des courbes cumulatives avec les courbes canoniques de Rivière (1977) montre que le faciès logarithmique est dominant . Les faciès paraboliques sont dominants. Les silts fins (entre 15µm et 5µm) Les silts fins se localisent essentiellement dans la majeure partie des slikkes et schorres de la lagune.42% des sédiments lagunaires. Aussi. ils représentent 12. La comparaison des courbes cumulatives avec les courbes canoniques de Rivierre (1977) montre que le faciès hyperbolique domine avec. 2-1-3-1. La médiane se situe généralement entre 16µm et 22µm. 2-1-3-3. les teneurs les plus faibles sont observées dans la zone des passes et de la sablière. un faciès logarithmique qui apparaît. Ce sont des silts plurimodaux avec des taux des argiles relativement faibles (< 10%). Faciès silto-argileux : La fraction silteuse est bien représentée au sein de la lagune. ce qui témoigne d’un dépôt par excès de charge. Le taux des carbonates est de 10 à 30 %. la fraction silteuse augmente et passe à des valeurs comprises entre 10% et 75%. Le taux des argiles varie entre 10% et 29% et la médiane se situe entre 10µm et 12µm. Au niveau des slikkes et des schorres. Les silts grossiers (63µm et 30µm) Les silts grossiers sont peu représentés (11%) et sont localisés au niveau de la zone avale du chenal.

C’est un faciès régressif (Figure III-8. 3-Faciès parabolique. depuis la zone de la passe principale vers les marais salants.9µm et 2. 2-1-3-5. D2). C’est une vase très évoluée déposée dans un milieu calme par excès de charge sans remaniement ultérieur. Le taux des argiles dépasse les 25% et la médiane se situe entre 3. à dominance silto-argileux. Ces zones peuvent être considérées comme des dépressions à faible hydrodynamisme avec une sédimentation procédant par décantation et floculation des argiles. La comparaison des courbes canoniques de Rivière (1977) montre qu’il s’agit d’un faciès hyperbolique. B2).73% des faciès lagunaires. Les formes des courbes cumulatives permettent de distinguer les types suivants : 1Des courbes de caractère parabolique à indice N> 0. caractérise surtout les milieux calmes ou les zones protégées. Conclusion La zone intertidale de la lagune est caractérisée par un faciès argilo silteux. à dominance sableuse.Partie III : Approche sédimentologique 2-1-3-4 Les argiles (< 5µm) Les argiles sont bien représentées dans la zone intertidale et les schorres de la zone la plus en amont de la lagune. une nette diminution de la médiane et une augmentation des taux des silts fins. B2). 85 . A1 . C2). les sédiments sont déposés par excès de charge lors de la diminution de la vitesse de transport (figure III-7. à dominance argileuse. les sédiments sont déposés par décantation de «suspensions uniformes» (figure III-7. 2-Facies hyperbolique. caractérise surtout les milieux agités. I-2-2 Analyse et interprétation des variations granulométriques L’analyse des courbes cumulatives permet de distinguer trois types de faciès : 1-Facies logarithmiques à sublogarithmiques. caractérise surtout les milieux calmes. Il s’agit d’une vase dont on enregistre. correspondent à des sédiments cheminant essentiellement par roulement et saltation courte. 2Des courbes qui ont le même caractère que les précédents mais de maturation plus accentuée pour la même moyenne (Figure III-8. Ce faciès représente 12.5µm. marquant ainsi un gradient énergétique décroissant dû à la diminution de la compétence des courants de marée.

A2 et B2) des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa 86 .Partie III : Approche sédimentologique POURCENTAGES CUMULES (%) 100 A1 SM -1 SM -21 50 SM -8 SM -13 SM -17 0 1 10 100 1000 DIAM ETRE DES PARTICULES (µm) POURCENTAGES CUMULES (%) 100 A2 50 SM -22 SM -3 0 1 10 100 1000 DIAM ETRE DES PARTICULES (µm) POURCENTAGES CUMULES (%) 100 B2 SM -34 SM -33 50 SM -39 SM -29 SM -41 0 1 10 100 1000 DIAM ETRE DES PARTICULES (µm) Figure III-7 : Exemples de courbes cumulatives des sous-classes (A1.

Partie III : Approche sédimentologique POURCENTAGES CUMULES (%) 100 C2 SM -28 SM -37 50 SM -38 SM -40 SM -43 0 1 10 100 1000 DIAM ETRE DES PARTICULES (µm) POURCENTAGES CUMULES (%) 100 D2 SM -42 50 SM -45 SM -48 0 1 10 100 1000 DIAM ETRE DES PARTICULES (µm) Figure III-8 : Exemples de courbes cumulatives des sous-classes (C2 et D2) des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa 87 .

8 10.14 0. Ecarttype 2 0.32 4.5 Echantillons Q 25 Q 50 Q75 Q 99 Moy.4 0. entre 100 et 250µm et > 250µm.4 581.46 Skew.6 3.3 2. SM-33. SM-37.0 25.77 6. SM34.1 2.8 443. sont a attribués les lettres : A.5 168.1 1. SM-17 et SM-21 SM-3 et SM-22 SM-29.1 351. pour l’interprétation des données granulométriques et appliquée aux échantillons superficiels de la lagune de Sidi Moussa a permis de retrouver les principaux faciès granulométriques. SM-8.7 38.8 14. entre 30 et 100µm. on a défini quatre sous-classes : entre 15 et 30µm. A ces sous classes.2 754. C et D par ordre croissant de la médiane.2 356. SM-39 et SM-41 SM-28.1 48. Chaque échantillon a été ensuite positionné dans un diagramme C/M (Figure III-9).1 67.1 115.7 380. SI (trask) 88 . à partir de l’image C/M. SM-45 et SM-48 232. En fonction des valeurs de la médiane. SM-40 et SM-43 SM-42.3 190. Pour chaque échantillon les différents paramètres et indices statistiques granulométriques ont été calculés à partir des courbes cumulatives.5 99.38 65.1 3.6 25.9 1. B.9 4.5 205.2 1.5 23. Le tableau III-1 présente les valeurs moyennes de différents paramètres statistiques pour chaque classe ainsi définie : Tableau III-1 : Indices granulométriques des différentes classes granulométriques des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa Sous classe A1 A2 B2 C2 D2 SM-1.8 477. SM38.7 0.Partie III : Approche sédimentologique I-2-3 Test Passega La méthode développée par Passega.4 2.9 1. les échantillons ont été regroupés en 2 classes par tranches croissantes de l’unpercentile. SM-13.2 14.

Partie III : Approche sédimentologique Sous classe A1 : la médiane. L’indice d’assymétrie indique un classement maximum de la fraction grossiere. 89 . L’image C/M permet de se situer dans les suspensions gradées et de roulement sur le fond. Cependant. Le Skewness montre une assymétrie positive très forte. L’image C/M permet de se situer dans les dépôts par suspensions gradées et roulement sur le fond. Q25 et Q 75 sont faible et l’unpercentile est plus élevé. Le Skewness montre une assymétrie positive très forte. les courbes de fréquences sont unimodales et le mode principal se situe au niveau de la fraction argileuse et des silts fins. Q 25. Les courbes cumulatives montrent un faciès hyperbolique. Q 75 et l’unpercentile sont faible. Le Skewness indique une assymétrie positive. ils montrent que la déposition des matériaux transportés par des courants de marées. ce qui montre que un transport des sédiments par des courants et dépositions par excès de charge lors de diminutions de vitesses. L’image C/M permet de les situer dans les suspensions uniformes. ce qui caractérise les sédiments fins des vases lagunaires. Sous classe D2 : la médiane. il indique un enrichissement en particules plus fines. Q25. Le Skewness indique une assymétrie positive. Q25. leur richesse en éléments grossiers montre que ces sédiments se sont déposés dans des conditions hydrodynamiques plus fortes que celles de la sous-classe A1. le Skewness montre une asymétrie positive très forte. L’image C/M permet de les situer dans les suspensions homogènes uniformes au dessus de l’action du fond. Les courbes de fréquences sont plurimodales et le mode principal si situe dans la fraction de sables moyens. Q25. L’image C/M permet de se situer dans les suspensions homogènes. Sous classe C2 : la médiane. Ceci montre que le dépôt se fait par décantation dans un milieu calme. Sous classe B2 : la médiane. les courbes de fréquences sont plurimodales et le mode principal se situe surtout dans les classes des argiles et les silts fins. il indique un enrichissement en particules plus fines. Les courbes de fréquence sont plurimodales et le mode principal se situe dans la fraction de sables fins. L’indice d’asymétrie indique un bon classement. L’indice de classement indique un classement maximum de la fraction grossière. Q 75 et l’unpercentile sont plus élevés. Sous classe A2 : la médiane. L’indice de classement indique un bon classement. La médiane se situe dans la fraction des silts moyens. Q 75 et l’unpercentile sont élevés. Les courbes de fréquences sont paraboliques. Q 75 sont faibles et l’unpercentile est plus élevé. L’indice d’asymétrie indique un bon classement.

les sédiments de la zone intertidale et des chenaux secondaires se déposent surtout sous forme de suspensions uniformes. et les points représentatifs se grouperont surtout au voisinage de la branche horizontale RS du digramme. sont caractérisés par des roulements sur le fond engendrés par des turbulence du fond. Les sédiments de la zone de la passe et delta de marée. dans la lagune. ils semblent correspondre à des conditions de décantation dans lesquelles la vitesse du fond est nulle ou trop faible pour produire un classement quelconque. 90 . Ces grains auraient été transportés par roulement à la surface de la suspension gradée. Ces dépôts de suspension uniformes sont caractérisés par une diminution de médiane non nécessairement corrélative d’une diminution de centile supérieur. cette dynamique devient plus importante et correspond à une augmentation des éléments plus grossiers capable de produire un relèvement marqué du centile supérieur mais encore trop faible pour que la médiane soit modifiée.Partie III : Approche sédimentologique Figure III-9 : Relation entre la médiane et l’unpercentile pour les échantillons superficiels de la lagune de Sidi Moussa. L’examen de ces données montre que.

suspensions dégradées liées à la turbulence du fond. le dépôt des sédiments par décantation «la vitesse du fond est nulle». Courants tractifs. de dépendre de l’ensemble de la distribution et non plus de points particuliers de celle-ci. le dépôt des sédiments par décantation. Cette efficacité semble trouver son explication dans d’autres tests. L’une des approches. la seconde. transport par roulement sur le fond qui s’ajoute au transport en suspension. suspensions homogènes perturbées par des apports légèrement grossiers. Tableau III-2 : Environnements de dépôt des différentes sous-classes granulométriques distinguées d’après l’image de PASSEGA dans les sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa. 91 .Partie III : Approche sédimentologique Les différentes sous-classes granulométriques distinguées dans le digramme de PASSEGA permettent de mettre en évidence les différents environnements de dépôts distingués dans la lagune de Sidi Moussa (tableau III-2). la méthode des indices d’évolution granulométriques repose maintenant sur la dynamique des phénomènes de transport et de sédimentation. malgré quelque dispersions des points représentatifs des échantillons vraisemblablement liée à la perte relative d’information résultant du fait qu’elle utilise que deux paramètres punctiformes. par rapport aux paramètres empiriques traditionnels. ce qui réduit la perte d’information. transport par roulement des particules sur le fond. La méthode de Passega est toutefois efficace. Et on a intérêt à prendre comme référence des distributions théoriques plus proches des granulométries réelles. la méthode des moments linéaires est purement statistique. Courants tractifs. Courants tractifs. D2 Courant tractif fort. augmentation relative du pourcentage des éléments les plus grossiers. suspensions uniformes au-dessus de l’action directe du fond. Sous classe A1 A2 B2 C2 Environnements de dépôt Courants tractifs. I-2-4 Méthode des moments linéaire Les paramètres dérivés des moments statistiques ont l’avantage.

c'est-à-dire 100 Moyenne et l’aire comprise entre l’axe des y et la corde.Partie III : Approche sédimentologique 2 4-1. laquelle est égale : L’Eglm est égal : 92 .la moyenne La moyenne caractérise la «grossièreté» moyenne des sédiments. Cette aire se trouve être la différence entre la courbe et l’axe des y (X=0). La moyenne étant définie comme dans la méthode des moments statistiques et qui est égale à la largeur d’un rectangle dont la hauteur serait égale à y = 100 et la surface à l’aire comprise entre l’axe des ordonnées d’abscisse X = 0. Par définition l’Elgm correspond à la largeur d’un rectangle dont la surface est l’aire comprise entre la courbe et sa corde. le paramètre statistiquement le plus significatif. et intervient comme variable indépendante .l’écart logarithmique moyen Elgm : L’écart logarithmique moyen serait d’après l’analyse factorielle. Signification et mode d’utilisation des paramètres a. b. elle ne donne lieu à aucun commentaire particulier sinon qu’en raison des corrélations signalées.8 (x = 6. les formes des distributions granulométriques sont statistiquement très dépendantes de cette moyenne.31 µm/100) et la courbe granulométrique cumulative.

On notera qu’une fois atteint. Ces derniers sont liés à une élimination préférentielle des particules les moins fines abandonnées les premiers au cours des phases ultimes du transport. et des matériaux argileux terrigènes qui se localisent dans la zone amont de la lagune. à concavité vers le bas et caractérisées par des valeurs négatives de N qui définissent les faciès granulométriques hyperboliques. les valeurs de Elgm inférieures à 0 correspondent essentiellement aux dépôts par décantation. Elles correspondent au faciès logarithmiques. Ce sont des sédiments très fins. Ce sont des faciès hyperbolique et au sens de Passega. Le faciès sableux. ce sont des sédiments déposés par décantation en eaux calmes correspondant à des milieux lagunaires suffisamment étendus et profonds. vases et argiles. des sables bioclastiques mal classés. est constituée de deux types de dépôts. Pour les sédiments transportés par suspension uniformes et déposés par décantation. qui occupent le delta de marée interne d’origine marin. est généralement constitué de sables. 2002). généralement caractérisés par la forme des courbes cumulatives semi-logarithmiques réellement amodale. 2-4-2 Test : Moyenne – Médiane : Le haut degré de corrélation linéaire liant en milieu fluvio-lacustre la moyenne à la médiane semble faire de ces deux paramètres un couple particulièrement intéressant. Ils peuvent être divisés en deux groupes : 93 . caractérisant en principe l’évolution ultime de sédiments transportés par des courants et déposés par excès de charge.CONCUSION La couverture sédimentaire de la lagune de Sidi Moussa. Au niveau de la zone de la marée interne les valeurs de l’Elgm sont proches de 0.Partie III : Approche sédimentologique Dans les sédiments de chenal et de la zone intertidale de la lagune de Sidi Moussa. la différence Moyenne – Médiane est négative ainsi que l’Elgm. qui caractérise la zone de la passe et la sablière. ce type de faciès n’évolue souvent que lentement en milieu lagunaire littoral protéger. I-3. qui présentent les mêmes caractéristiques que les sables des plages de part et d’autre de la passe (Mzari. bien abritée des houles et des courants de large.

. Ces sables fins rappellent les sables des cordons dunaires.Des sables moyens bioclastiques qui forment le delta de marée interne.Les vases des slikkes et zones intertidales de la lagune sont transportées par suspension uniforme caractéristique des milieux de faibles profondeurs et de faible énergie. Le vent pourrait jouer un rôle important dans l’alimentation de la lagune en ce type de sables.Les sables du chenal principal de la lagune sont apparentés aux segments PQ et QR du diagramme de Passega. pour l’interprétation des données granulométriques et appliquée aux échantillons superficiels de la lagune de Sidi Moussa a permis de retrouver les principaux faciès granulométriques : . Les dépôts sont effectués par suspension gradée : définie par l’auteur comme étant un dépôt de chenaux fluviaux où la charge a dépassé la capacité de transport. La zone intertidale de la lagune est caractérisée par un faciès argilo-silteux. Ils sont repris par la dynamique intralagunaire et repartis à l’intérieur pour former la sablière . Il concerne les chenaux de marée où se manifeste la faiblesse de la bathymétrie avec une augmentation de la dynamique de milieu. La méthode développée par Passega. Il s’agit d’une vase dont on enregistre. une nette diminution de la médiane et une augmentation des taux des silts fins. Cette zone peut être considérée comme des dépressions à faible hydrodynamisme avec une sédimentation procédant par décantation et floculation des argiles. en effet. marquant ainsi un gradient énergétique granodécroissant dû à la diminution de la compétence des courants de marée. Ces sables peuvent avoir comme origine le littoral adjacent et le proche plateau. .Des sables fins qui occupent la bordure lagunaire et une partie de la zone amont. d’une zone de haute énergie. La vitesse sur le fond étant non négligeable c’est donc la suspension gradée qui domine dans le chenal.Partie III : Approche sédimentologique .Les sables de la zone de la passe et de la sablière sont déposés par suspension gradée et par charriage. Le troisième faciès est silto-sableux. . 94 . depuis la zone de la passe principale vers les marais salants. il s’agit.

95 .CARACTERES SEDIMENTOLOGIQUES DES CAROTTES PRELEVEES Cinq carottes ont été prélevées.dépôts par excès de charge. L’écart logarithmique moyen a pu déterminer deux milieux de dépôt ainsi définis précédemment : . ont l’avantage d’être individuellement sédimentologiquement significatifs et renforcent les résultats déjà définis par la méthode de Passega. en allant de la zone de la passe vers l’extrémité NE de la lagune. . au niveau de la zone intertidale et les schoores . l’évolution est marquée par un passage de la base au sommet d’une sédimentation grossière associée à des débris bioclastiques et des débris de coquilles de lamellibranches (de 110 cm à 90 cm) à une sédimentation plus silteuse (de 90 cm à 60 cm) avec une intercalation d’un niveau sableux riche en débris de coquilles. II . l’une au niveau d’un schorre dans la zone intertidale de la lagune de Sidi Moussa (Csm-4) et l’autre dans l’extrémité amont prés de la digue qui sépare les marais salants de la lagune (Csm-5). L’étude de l’évolution sédimentologique a porté sur deux carottes. puis s’enrichit en débris végétaux et des coquilles de lamellibranches dans sa partie sommitale. II-1 Description des carottes La carotte Csm-4 Elle est de 110 cm de longueur. formant une vase noire. La plus longue des carottes mesure 110 cm (Csm-4). Les paramètres dérivés des moments statistiques. au niveau de la zone de la passe et la sablière.dépôts par décantation. dans la zone de schorre actuel à l’aide de tubes plastiques manipulés à la main. la plus courte 65 cm (Csm-1). à savoir une zone de passe et un chenal avec une dynamique importante et une zone intertidale et les shoores avec une dynamique faible avec la mise en évidence d’un gradient énergétique décroissant.Partie III : Approche sédimentologique Le test de Passega a permis de retrouver les milieux énergétiques déjà définis précédemment .

Ainsi on rencontre dans les différents niveaux de la lagune : II. Globalement on observe un passage de vases argilosilteuses à sablo-siteuse au sommet. montre qu’elle est formée de quatre classes granulométriques : les silts grossiers . 96 .1. Ils sont aussi bien représentés dans la partie sommitale (20. surmonté d’un niveau sableu-vaseux. II.1. II. Les différents faciès reconnus dans la répartition spatiale de la lagune sont observés le long de la carotte. puis les dépôts deviennent progressivement plus vaseux et riches en débris de mollusques et de végétaux avec un aspect noirâtre à la vase vers le sommet de la carotte.1.7 % de la répartition moyenne. Les silts grossiers (entre 30 µm et 63 µm) Les silts grossiers sont bien représentés au niveau de la partie sommitale de la carotte (22.6 %) et commence à enregistrer des faibles pourcentages (44. A la base de cette carotte.2. 1.1. les silts moyens .1 Faciès silteux : La fraction silteuse est bien représentée le long des carottes (62.6 %). Les silts moyens (entre 15µm et 30µm) Ils représentent 14.2. L’analyse de cette fraction par microgranulomètre laser. les silts fins et les argiles définies par Rivierre (1977). le pourcentage des silts grossiers commence à enregistrer une diminution en passant vers la base de la carotte (5. à des sables bioclastiques à la base.45 % en moyenne). elle atteint un substratum rocheux constitué de grés rouge.8 %) et commence à enregistrer légèrement des faibles pourcentages à la base de la carotte (8.2 Granulométrie des dépôts Les deux carottes Csm-4 et Csm-5 ont fait objet d’une étude granulométrique plus détaillée.1.6%).3 %) dans la partie basale. la sédimentation est grossière constituée des faciès de sables fins à moyens riche en débris bioclastiques.Partie III : Approche sédimentologique La carotte Csm-5 Sa longueur est de 85cm.2.1.9 %). Elle marque des taux très élevés dans la partie sommitale (80. II.2.2. La carotte Csm-4 II.

Partie III : Approche sédimentologique Figure III.10 : Caractéristiques lithologiques et sédimentologiques de la carotte Csm-4 97 .

2.3. II. La carotte Csm-5 II.8 %).2. Ils sont aussi bien représentés dans la partie sommitale (23.1.7 %).2. Les argiles (< 5µm) Elles sont bien représentées tout le long de la carotte (14.2. II.2.7 %) et ceux de la partie basale (11.3. ils représentent 16.Partie III : Approche sédimentologique II. II.2 % de la répartition moyenne des faciès de la carotte. 98 . Les argiles (< 5µm) Elles sont bien représentées tout le long de la carotte (17 %). ce faciès ne marque par une grande différente entre les pourcentages de la partie sommitale (16.9 %).4.4 %).1.1. ce faciès ne marque pas une grande différence entre les pourcentages de la partie sommitale (21.1.2.2 % de la répartition moyenne.9 % de la répartition moyenne des faciès de la carotte. Les silts moyens (entre 15µm et 30µm) Bien représentés le long de la carotte.2. Les silts grossiers (entre 30 µm et 63 µm) Les silts grossiers représentent au niveau de la partie sommitale de la carotte 19. ils représentent 16.8% et commencent à enregistrer une diminution vers la base de la carotte (5.2.2. Ils sont bien représenté dans la partie sommitale (20.3 %) et marque une régression au niveau de la partie basale (12.1.4 %) et marque une régression au niveau de la partie médiane et basale (11.1 %).4. Les silts fins (entre 15µm et 5µm) Ils se montrent la même répartition que les silts moyens. Les silts fins (entre 15µm et 5µm) Ils représentent 20.1.2.5 %) et commencent à enregistrer de faibles pourcentages à la base de la carotte (8.6 %).1.2.2.1.9 %) et ceux de la partie basale (12. II.1. II. Ils sont bien représenté dans la partie sommitale (27.6 %).1.2.

11 : Caractéristiques lithologiques et sédimentologiques de la carotte Csm-5 99 .Partie III : Approche sédimentologique Figure III.

La moyenne se situe entre 65 et 125 µm. en deux sousclasses : entre 15 et 63µm et > 63µm. Le Skewness déduit une asymétrie positive forte ou très forte signifiant que le sédiment est brutalement et sans remaniement ultérieur par excès de charge et/ou par une diminution de la compétence de l’agent de transport. 100 . A ces deux sous classes. Chaque échantillon a été ensuite positionné dans un diagramme C/M. sur les facteurs régissant le transport des sédiments ainsi que sur les conditions de dépôt. Le long de la carotte et surtout dans la partie basale. en fonction des valeurs de la médiane.3 Variations granulométriques et dynamique du dépôt Pour chaque niveau des carottes.3 Conclusion : Les caractères granulométriques soulignent la présence de deux grands types de faciès auxquels des conditions différentes de dépôts peuvent être associées : 1. Les courbes cumulatives sont de type « Logarithmique » pour les niveaux supérieurs (Figure III-12). le faciès qui caractérise cette partie est sableuse fin et bioclastique (31.Unité inférieure : Dans les niveaux de base. 2. II.Partie III : Approche sédimentologique II. des courbes de type « Paraboliques » caractérisent des sédiments déposés par excès de charge après transport sur le fond d’un milieu ouvert aux actions marines. A partir de l’image C/M. L’écart-type montre que le sable est mal à très mal classer.9 %). II. les échantillons ont été regroupés.2 Faciès sableux : L'étude granulométrique de la fraction sableuse permet de caractériser les dépôts et de renseigner.2. on a attribué les lettres : A et B par ordre croissant de la médiane.2.Unité supérieure : La sédimentation des premiers centimètres est fine et intralagunaire ce qui traduit une constance de l’environnement. Elles caractérisent un dépôt par décantation de matériel en suspension c’est un milieu «lagunaire». par conséquent. les différents paramètres et indices statistiques granulométriques ont été calculés à partir des courbes cumulatives.

Partie III : Approche sédimentologique POURCENTAGES CUMULES % 100 CS-5-1 CS-5-2 50 CS-5-3 CS-5-4 CS-5-5 0 1 10 100 1000 DIAMET RE DES PART ICULES (µm) POURCENTAGES CUMULES (%) 100 CS-4-1 50 CS-4-2 CS-4-3 CS-4-4 0 1 10 100 1000 DIAMET RE DES PART ICULES (µm) Figure III-12 : Exemples de courbes cumulatives des sédiments des carottes de la lagune de Sidi Moussa 101 .

4 12.9 175. CS 5-4 et CS 5-5 6.9 65.5 24. Sous-classe B : la médiane. Q25.2 0. le sédiment s’est déposé par excès de charge.6 338 380. Les courbes cumulatives montrent un faciès sublogarithmique. 102 . L’indice de classement indique un bon classement. Le Skewness indique une asymétrie positive.5 2. Ecarttype Skew. L’indice d’asymétrie indique un bon classement. CS 5-2 et CS 5-3 CS 4-3.3 97. CS 5-1. qui signifie que le sédiment est déposé par décantation. CS 4-4. Les courbes de fréquence sont unimodales et le mode principal se situe dans la fraction argileuse et des silts fins. ce qui caractérise les sédiments fins des vases lagunaires.1 56. Le skwness montre une asymétrie positive très forte.4 0. La médiane se situe au niveau de la fraction argileuse. L’image C/M montre clairement les deux principaux faciès discutés dans la partie de granulométrie . les échantillons sont groupés en deux sous-classes (Figure III13) : Sous-classe A : la médiane. Ce qui montre que le dépôt est par décantation dans un milieu calme. L’image C/M permet de se situer dans les suspensions gradées et de roulement sur le fond. CS 4-2. Q 75 et l’unpercentile sont élevés. L’image C/M permet de les situer dans les suspensions homogènes uniformes au dessus de l’action du fond.9 Echantillons Q 25 Q 50 Q75 Q 99 Moy. Q 75 et l’unpercentile sont faibles.Partie III : Approche sédimentologique Le tableau III-3 présente les valeurs moyennes de différents paramètres statistiques pour chaque classe ainsi définie : Tableau III-3 : Indices granulométriques des différentes classes des sédiments carottés Sous classe A B CS 4-1. Les courbes de fréquences sont plurimodales et le mode principal si situe dans la fraction de sables moyens. Q 25.1 22.2 2.

augmentation relative du pourcentage des éléments les plus grossiers. Tableau III-4 : Environnements de dépôt des différentes sous-classes granulométriques distinguées d’après l’image de PASSEGA dans les sédiments carottés de la lagune de Sidi Moussa Sous classe A B Environnements de dépôt Courants tractifs. 103 . transport par roulement sur le fond qui s’ajoute au transport en suspension. suspensions uniformes au-dessus de l’action directe du fond.Partie III : Approche sédimentologique Figure III-13 : Relation entre la médiane et l’unpercentile pour les échantillons carottés de la lagune de Sidi Moussa Les différentes sous-classes granulométriques distinguées dans le digramme de PASSEGA permettent de mettre en évidence les différents environnements de dépôts distingués dans la lagune de Sidi Moussa (tableau III-4). le dépôt des sédiments par décantation. Courants tractifs. Ces suspensions sont perturbées par des apports légèrement grossiers.

un groupe formé des sédiments vaseux de la partie sommitale des carottes. il s’agit de dépôt transporté par une suspension et par tractations sur le fond.CONCLUSION GENERALE Les analyses granulométriques des sédiments superficiels montraient une liaison étroite entre la nature sédimentaire des apports et celle des dépôts de la lagune. est passée d’un milieu ouvert sur l’influence océanique. . le taux des argiles augmente de la base vers le sommet de 10% jusqu’à 19%. la sédimentation est grossière constituée des faciès sableux à sablo-vaseux riche en débris bioclastiques. Bird. l’évolution est marquée par un passage de la base au sommet d’une sédimentation grossière à une sédimentation plus silteuse avec une intercalation d’un niveau sableux. III. qui est faite prés de la passe secondaire. à un milieu plus fermé typiquement lagunaire à l’abri de la barrière littorale consolidée. A la base de la carotte Csm-5. L’évolution temporelle du milieu de sédimentation de la lagune de Sidi Moussa. 1994). Le Test de Passega a été appliqué au sédiment total. Tandis que pour la carotte Csm-4. Ceci est en accord avec le schéma évolutif lagunaire (Carruesco.un ensemble lagunaire proprement dit (zone des chenaux et du schorre). .4 Conclusion La répartition des faciès dans les carottes montre une variation du milieu de dépôt. 104 . La répartition spatiale des différents faciès est régie essentiellement par la dynamique marine et les courants intralagunaires et met en évidence deux milieux de sédimentation bien différents : . L’image C/M a permis de distinguer deux groupes de dépôts : . qui deviennent progressivement plus fins vers le sommet de la carotte. 1989 .un groupe formé des sédiments sableux de la partie basale. Ce type de dépôt caractérise essentiellement le faciès sableux.Partie III : Approche sédimentologique II. qui caractérise un dépôt allant de sédiments transportés par une suspension uniforme à des dépôts de suspension homogènes .un ensemble à dominance marine littorale (zone de la sablière et des passes) .

dans l’alimentation de la couverture sédimentaire lagunaire par des sédiments fins de l’arrière pays. Le vecteur essentiel des apports est le ruissellement sur les formations encaissantes. Bird. conditionne fortement l’action des vents dominants. 1994). l’environnement bioclimatique de type semi-aride. Ce matériel allochtone est redistribué dans le milieu lagunaire par la dynamique propre du système lagunaire. l’action du vent doit participer au transport des particules les plus fines vers le plan d’eau lagunaire. Ceci est en accord avec le schéma évolutif lagunaire (Carruesco. 105 . 1989 . En effet. 1989).Partie III : Approche sédimentologique Ces deux ensembles se retrouvent superposés dans les carottes avec à la base un faciès à dominance marine littorale et au sommet un faciès «lagunaire». En période sèche. de direction Nord-Ouest (Carruesco.

………… 107 I.112 III.……… 107 I-1 Variations spatiales……………………………………………………107 II-2 Variations verticales………………………………………………….MINERALOGIE DE LA PHASE ARGILEUSE LAGUNAIRE….MINERALOGIE DE LA PHASE ARGILEUSE DE L’ENVIRONNEMENT CONTINENTAL…………………………………………………………………114 106 ..Partie IV : Approche minéralogique APPROCHE MINERALOGIQUE INTRODUCTION…………………………………………………….

Ceci peut être dû à l’augmentation de l’intensité du pic 001 des illites par écrasement des smectites. On notera dans les diffractogrammes chauffés. une augmentation du nombre des impulsions (counts). I. kaolinite (4 à 8 %) et de la smectite associée avec des interstratifiés gonflants du type illite. Le bruit de fond (background) du diffractogramme a été soustrait dans l’ensemble des diffractogrammes présentés dans cette étude. glycolés et chauffés (Eslingere et Peaver. chlorite (17 % à 38 %). Le tableau IV-1 montre que la phase argileuse des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa est formée.smectite ou chlorite.Minéralogie de la phase argileuse lagunaire I-1 Variations spatiales Le choix de ces stations de prélèvements a été guidé par les zones les plus favorables à la décantation des éléments fins (Zone intertidale). La répartition horizontale des paragenèses argileuses dans la lagune ne montre pas d’évolution différentielle notable.Partie IV : Approche minéralogique Partie IV : APPROCHE MINERALOGIQUE Introduction : Les minéraux argileux sont des phyllosilicates hydratés de petite taille. par ordre d’importance décroissant. 107 . Ces résultats sont identiques à celles trouvées par Carruesco (1989) au niveau de la lagune d’Oualidia (35 km au Sud de la lagune de Sidi Moussa). L’identification des minéraux argileux est réalisée grâce aux positions et aux intensités des pics des diffractogrammes naturels.smectite (0 à 13 %). L’axe des abscisses correspond à l’échelle 2 θ. alors que les pics sont en angström (A°). 1988 . les teneurs semblent homogènes et constantes (Figure IV-1). 1997). Moore et Raynolds. Cependant des minéraux comme les illites ou les chlorites sont fréquents dans la fraction silteuse. l'illite est légèrement plus importante sur les dunes littorales que sur les formations continentales. d’illite (43% à 66 %). Il apparaît quelques différences entre le cordon littoral et les dunes continentales .

note des pourcentages en illite élevés dans des sols recouvrant les formations dunaires. SCHOEN (1969). pour sa part.Partie IV : Approche minéralogique Ces résultats confirment les travaux de Weisrock (1983) qui. Cet auteur déduit de ses études que l'illite et la chlorite sont stables vis à vis des altérations à caractère physique et en particulier dans les zones à fortes déflations éoliennes. Tableau IV-1 : Cortége des minéraux argileux de sédiments supeficiels de la lagune de Sidi Moussa Illite % AMONT SM 01 SM 02 SM 09 SM 10 SM 13 SM 14 SM 15 SM 16 SM 23 SM 26 SM 30 SM 32 SM 43 Moyenne de la lagune Max Min AVAL SM 37 64 64 48 52 53 64 64 62 65 59 59 43 62 66 59 66 43 Chlorite % 29 28 38 36 38 28 30 31 17 26 26 38 32 28 30 38 17 Kaolinite % 7 8 4 5 6 6 6 6 6 6 6 6 6 6 7 8 4 Smectite + ISG % T T 10 7 T T T T T 9 9 13 T T 4 13 0 108 . la chlorite est également présente. un peu plus au sud d’Oualidia trouve l’illite et la chlorite comme minéraux dominants. sur le même type de formations.

elle est présente dans tous les sédiments de la lagune.14 A° (001) et 3. Elle est moins représentée (5 % en moyenne). on rencontre le taux le plus élevé (13%) prés des marais salants.57 A° (002). 109 . La chlorite représente 30 % en moyenne. La smectite n’est pas observée dans tous les sédiments superficiels de la lagune ce qui montre qu’ailleurs de ces deux zones la cristallinité de ce minéral est mauvaise.Partie IV : Approche minéralogique LAGUN E DE S IDI MOUS S A 0 800 m O C EAN A TLA N TIQ UE N Illite Chlorite Kaolinite Smectite Figure IV-1 : Répartition spatiale des teneurs en minéraux argileux dans le remplissage lagunaire de la lagune de Sidi Moussa Afin de caractériser la répartition des minéraux argileux dans la lagune. La kaolinite. indiquée par le pics naturels : 7. Ce minéral est bien cristallisé et confirme les résultats trouvés par Carruesco (1989) au niveau de la lagune d’Oualidia. Elle représente (6 % en moyenne). Ces cartes montrent que : L’illite est le minéral ubiquiste (59 % en moyenne). indiquée par le pic naturel 14 A° se déplace à 17 A° après glycérolage et son écrasement à 10 A° après le chauffage. Les fortes teneurs sont atteintes à l’aval de la lagune (66 %) et les faibles teneurs sont enregistrées dans la partie médiane de la lagune (43 %). Les teneurs sont homogénes sur toute la lagune. et leur disparition à 90 % après chauffage. Ce minéral ne présente pas une bonne cristallinité. La smectite. indiqué par la présence des pics naturels suivants : 10 A° (001) et 4. La cristallinité de ce minéral est aussi parfaite.9 A° (002) (Figure IV-3). nous avons établi des cartes de répartition pour chaque minéral (Figure IV-2). Les teneurs les plus élevées (38%) sont enregistrées au niveau du chenal.

Partie IV : Approche minéralogique 110 .

Ces cortèges sont comparables à ceux observés au niveau de la lagune de Oualidia (35 Km au sud) et le bassin versant proche de la lagune de Sidi Moussa (Carruesco.Scale Figure IV – 3 : Exemple de diffractogramme naturel (a). la chlorite et la kaolinite. 2003). sont toujours présents dans les dépôts lagunaires. la répartition superficielle des cortéges argileux reste homogène et le cortège moyen rencontré au sein de la lagune est le suivant : I x = 59 % C x = 30 % K = 7 % Sm + ISG x = 4 %.. 111 . 1991 . Ces minéraux ont pour origine les colluvions qui remanient les dépôts encaissants. 1000 900 800 700 Lin (Counts) 600 c a b 500 400 300 200 100 0 2 10 20 30 2-Theta . dont le remaniement et la sédimentation dépendraient du développement de flocons smectiques par floculation organo-minérale. Mahjoubi et al. glycolés (b) et chauffé (c) d’un sédiment superficiel de la lagune de Sidi Moussa. En conclusion. ils sont stables vis-à-vis des altérations à caractère physique. 1989) ce qui suppose une filiation continent lagune : I x = 58 % C x = 27 % K = 8 % Sm + ISG x = 7 %. Elle pourrait aussi indiquer une néoformation au cours de l’altération des terrains de l’environnement continental. La smectite pourrait être acheminée des terrains carbonatés du crétacé qui affleurent dans le bassin versant de la lagune de Sidi Moussa. ainsi observé dans plusieurs lagunes méditerranéennes (Mahjoubi.Partie IV : Approche minéralogique L’illite.

pour les quarante premiers centimètres. de suivre les variations minéralogiques à la fois verticale dans chaque carotte et. la kaolinite (5%) et de la smectite (8%) qui apparaît vers la partie sommitale de la carotte (vers 55 cm). L’étude des argiles souligne la similitude du cortége dans les niveaux supérieurs des sondages avec celui des zones intertidales actuelles. Comme pour les sédiments de surface. le corétge argileux se compose des quatre éspeces le long des carottes (Figure IV-3). la kaolinite (5%) et de la smectite (10%) qui apparaît vers la partie sommitale de la carotte (vers 40 cm). Le but est. la chlorite (39%). Les argiles sont mal cristallisées et difficilement identifiables. Carotte Csm-5 : Les minéraux argileux dans cette carotte sont dominés par l’Illite (55%) le minéral cardinal. Les niveaux carbonatés sont pauvres en matériel argileux. Ce qui permettra de corréler les variations granulométriques aux variations minéralogiques. La minéralogie des argiles dans les niveaux supérieurs est caractérisée par un cortége du type : I x = 58 % C x = 28 % K = 10% Sm + ISG x = 4 %. Carotte Csm-4 : Le cortége argileux est généralement homogène sur toute la coupe constitué par ordre d’abondance moyen d’Illite (51%). ce qui souligne une constance de l’alimentation terrigène. discriminer les minéraux liés aux phases biogènes. d’autre part. Ce phénomène traduit. la chlorite (38%). Ces résultats sont tout à fait comparables avec ceux obtenus dans les sédiments actuels de la zone intertidale (I x = 59 % C x = 30 % K = 7 % Sm + ISG x = 4 %). d’une part.Partie IV : Approche minéralogique II-2 Variations verticales L’étude minéralogique aux RX a été faite systématiquement sur deux carottes. Les fortes teneurs en matière organique sont probablement la cause (Carruesco. Certains niveaux révèlent dans un cas (80-85 cm) un cortége semblable aux niveaux supérieurs et dans l’autre cas (niveau 67-72 cm) un cortége légèrement différent (I x = 52 % C x = 43 % K = 5 %). authigènes et terrigènes. Ils présentent des minéraux très mal cristallisés. 112 . 1989).

Lagune de Sidi Moussa 0 500 m Csm-4 Csm-5 N N N % des minéraux argileux 0 % des minéraux argileux 0 0 0 50 100 % 50 100 % 30 30 P rofondeur (cm ) 113 Vases noire Vases et silts Vases sableuse Sables fins Débris coquilliers Débris végétaux Substrat rocheux 110 85 85 Lithologie Minéraux argileux Illite Chlorite Kaolinite Smectite Carotte Csm-4 Carotte Csm-5 Partie IV : Approche minéralogique Figure IV-4 : Distribution des teneurs en minéraux argileux au niveau des sédiments carottés de la lagune de Sidi Moussa .

trouvent l’illite et la chlorite comme minéraux cardinaux. les smectites et les interstratifiés gonflants (ISG) de type CM (chlorite. Donc il existe une filiation directe environnement.montmorillonite) et IC (illite. Il apparaît quelques différences entre le cordon littoral et les dunes continentales .Minéralogie de la phase argileuse de l’environnement continental L’analyse de principaux minéraux argileux des sols montre l’illite comme le minéral cardinal. IM (illite. puis la chlorite et la kaolinite. un peu plus au sud « la lagune de Oualidia ». Ces résultats confirment les travaux de Carruesco (1989) qui sur le même type de formations.Partie IV : Approche minéralogique II. Les similitudes des cortèges argileux de l’environnement et des dépôts lagunaires suggèrent que l’alimentation en argiles du système se fait par l’intermédiaire des dépôts encaissants.montmorillonite).chlorite) interstratifiés non gonflant. l’illite est légèrement plus importante sur les dunes littorales que sur les formations continentales. 114 .lagune des argiles des sédiments intralagunaires.

La répartition des contaminants dans les sédiments……… 123 II-1-3.… 127 II – 2. Les éléments chimiques dans l’environnement marin……..119 I. Répartition spatiale…………………………………………………… 117 I-2-1. 142 115 .… 137 II – 5. Facteur d’Enrichissement et Indice de Géo-accumulation………. Les facteurs de contrôle de la répartition du contaminant. 122 II-1-2. Evolution de la matière organique…………………………....... Conclusion……………………………………………. 117 I-2-2.…………. Les éléments majeurs……………………………………… 128 II-2-2...116 I-1 Introduction…………………………………………………………….LA MATIERE ORGANIQUE………………………………………………. Evolution de la matière organique …………………………. La fraction minérale……………………………………. Evolution de carbone organique particulaire……………….. 125 II-1-4.…… 128 II-2-1. Répartition spatiale des éléments chimiques dans la lagune ….3. Les paramètres physico-chimiques……………………… 125 II-1-5. Répartition verticale………………………………………………… 119 I-3-1.119 I-3-2 Evolution du carbone organique particulaire……………… 119 I-4 Conclusion……………………………………………………………… 121 II – ANALYSES CHIMIQUES………………………………………………… 122 II-1 Introduction : …………………………………………………………122 II-1-1. Les éléments mineurs et traces…………………………… 130 II – 3..2. Répartition temporelle des éléments chimiques dans la lagune …….116 I. 134 II – 4.Partie V : Approche géochimique APPROCHE GEOCHIMIQUE INTRODUCTION……………………………………………………………… 116 I.

Partie V : Approche géochimique

Partie V APPROCHE GEOCHIMIQUE

INTRODUCTION Le sédiment est un dépôt de matériaux détritiques minéraux et organiques. La composition et la nature de ce dépôt sont partiellement liées à la constitution pétrographique des bassins versants et à la structure du couvert végétal. Ces dépôts sont d’origine allochtone quand ils sont issus de l’érosion du bassin versant par des agents dynamiques externes comme l’eau ou le vent et d’origine autochtone quand ils sont constitués par la précipitation de composés minéraux (carbonates, évaporites,…) et organique (fragments végétaux aquatiques, algues planctoniques mortes,…) (Ramade, 1998). L’occupation humaine de bassins versants peut influencer cette composition naturelle. Le sédiment peut être décrit par sa composition et sa structure. Le sédiment est une matrice relativement hétérogène constituée d’eau, de matériaux inorganiques et organiques et de composés anthropiques (Power et Chapman, 1992). Les sédiments sont composés d’éléments chimiques « principaux » (Si, Al, K, Na, Mg) et d’éléments carbonatés (CaCO3, MgOCO3…) de nutriments (carbone organique, N, P) et d’éléments mobiles (Mn, Fe, S). Les éléments traces représentent souvent moins de 0,1 % des éléments présents dans les sédiments (Garrivier, 1995). L’objectif de cette étude est de comprendre la répartition des caractères géochimiques des sédiments, et de les comparer à celles de l’environnement proche afin de rendre compte des filiations chimiques pouvant exister entre les sources et les dépôts et établir un bruit de fond géochimique de la lagune. L’étude géochimique a été réalisée sur des sédiments bruts. Dix stations superficielles ont été choisies pour définir la répartition spatiale et deux carottes pour la répartition temporelle. I- LA MATIERE ORGANIQUE I-1 Introduction La matière organique représente une composante essentielle du sédiment en raison de son rôle trophique vis-à-vis du compartiment microbien et des invertébrés et de son

116

Partie V : Approche géochimique

rôle dans l’adsorption des contaminants et le contrôle de leur biodisponibilité (Landrum et al., 1987 ; Kukkonen et Landrum, 1996 ; Razak et al., 1996 ; Tye et al., 1996). La matière organique naturelle est classée, selon sa taille, en carbone organique particulaire (COP), colloïdale (COC) et dissous (COD). C’est un matériel macromoléculaire différent (de protéines, des polysaccharides, des lipides, des acides humiques et fulviques). Cette matière offre l’intérêt de posséder à la fois des sites hydrophiles et hydrophobes qui lui permettent de s’adsorber à la surface des particules minérales et de complexer, dans les phases aqueuses et particulaires, des contaminants organiques hydrophobes, des métaux sous forme ioniques et des molécules non chargées (Santshi et al., 1999). La matière organique, dosée dans les sédiments, est composée d’une partie particulaire ainsi que la matière organique dissoute dans l’eau interstitielle. Cette matière organique présente dans les sédiments a trois origines essentielles : la sédimentation des particules biogéniques résultant de la production primaire phytoplanctoniques et du développement de la production benthique constituée principalement du développement du microphytobenthos et de la production primaire des macrophytes. I- 2. Répartition spatiale I-2-1. Evolution de la matière organique Depuis l’aval à l’amont (Figure V-1) l’évolution de la matière organique dans les sédiments de surface de la lagune est assez régulière. Ces distributions des valeurs montrent l’existence d’un gradient croissant de l’aval vers l’amont. Les valeurs sont toujours très importantes en amont et peuvent atteindre 9,40 % ; ceci nous suggère de souligner l’importance surtout des apports continentaux (débris végétaux). A l’inverse dans les stations avales où la faible teneur (3,15 %) peut être expliquée par la conjugaison de deux facteurs : la pauvreté de la couverture végétale de la zone intertidale et l’importance des courants qui ne favorisent ni la sédimentation de particules fines ni le piégeage de la matière organique. Dans les sédiments de la lagune, les apports terrigènes constituent une source supplémentaire de matière organique qui peut devenir prépondérante en amont de la lagune.

117

Partie V : Approche géochimique

Figure V-1 : Répartition spatiale des teneurs en matière organique dans les sédiments de la lagune de Sidi Moussa

Figure V-2 : Répartition spatiale des teneurs en carbone organique particulaire dans les sédiments de la lagune de Sidi Moussa

118

Elles sont le reflet de l’activité des organismes vivants dans le système et des apports organiques détritiques d’origine continentale. les valeurs les plus faibles sont localisées dans le chenal et au niveau du delta interne de marée alors que les teneurs les plus élevées sont localisées au niveau des slikkes et de la zone intertidale. Ces valeurs sont très proches de celles de la zone intertidale lagunaire (4.85%.33 – 8. permet de dégager deux remarques. 119 .12 . Les concentrations en matière organique sont liées à la granulométrie du sédiment et à la dynamique du milieu. Evolution de la matière organique Les concentrations en matière organique sont plus élevées (7.2. I-3-2 Evolution du carbone organique particulaire: Le taux de carbone organique particulaire présente une nette évolution verticale vers le sommet.3. il passe de 1.25%) vers le sommet (faciès vaseux).84 %) proches de celles des chenaux actuels (3.36 %) dans les niveaux de surface de toutes les carottes (Figure V-3).Partie V : Approche géochimique I-2-2.9 %). Evolution du carbone organique particulaire La répartition du carbone organique particulaire montre que les teneurs sont variables entre 0.75 % et 4.15 %). La répartition des teneurs en carbone organique particulaire. (Figure V-2). Répartition verticale : I-3-1. I.89 % à la base de la carotte Csm-4 (faciès carbonaté) à des teneurs plus élevées (4. Les niveaux inférieurs ont des concentrations (2.

120 .Partie V : Approche géochimique Figure V.3 : Répartition verticale des teneurs en Matière organique et du carbone organique particulaire dans les sédiments de la lagune de Sidi Moussa.

La faune et la flore jouent un rôle important dans la production de la matière organique. la faible hydrodynamique et des sédiments fins riche en matière organique. Les fortes corrélations entre le carbone organique et les teneurs des sédiments fins montrent clairement la liaison étroite qui existe entre les concentrations du carbone organique et la taille des grains. . in Gadel (1974)]. En effet.Facteur biologique. L’origine de cette matière organique est à rechercher dans le développement dans la zone intertidale.35 % au niveau de la station 43) et des stations d’élevages des palourdes (production in situ intralagunaire de la matière fécale de palourdes) (9. Fucus. 1999). Cladophora. l’action anthropique semble jouer un rôle primordial dans le développement de la matière organique.4 % au niveau de la station 28). dans les zones 121 .Facteur anthropique. 2002) . Zostera maritima. dans les slikkes l’acheminement des particules les plus fines (argilo humiques) vers les zones des slikkes plus calmes et plus propices à une accumulation par décantation. La lagune de Sidi Moussa présente une biomasse phytoplanctonique importante surtout en amont de la lagune (Bennouna. La faible énergie d’hydrodynamique intervient dans le dépôt des sédiments fins et stables qui favorise la croissance d’une faune abondante (Civinades. Zostera nana.Partie V : Approche géochimique I-4 Conclusion : La répartition de la matière organique dans la lagune de Sidi Moussa semble être liée à trois facteurs : facteur hydrodynamique : En effet. Les teneurs les plus faibles correspondent aux vases riches en silts grossiers (chenal). d’une abondante flore lagunaire à Spartina maritima sp stricta. L’accumulation du carbone organique est favorisée essentiellement par la décomposition des macroalgues. Les valeurs les plus importantes en carbones organiques sont signalées en face du parc d’ostréiculture (7. Les zones enrichies en carbone organique correspondent aux zones où la fraction fine est relativement riche en silt fin et en argile. Les substances organiques subissent les même effets de classement que les particules minérales. compte tenu des différences de densité [Steveenson et Cheng (1972) . Suaeda fructicosa . .

Ni. Tout de même la lagune de Sidi Moussa enregistre des teneurs en carbone organique plus fortes que celles enregistrées au niveau de la lagune de Nador (0. dans un certain nombre d’écosystèmes similaires.09%) (Bellucci et al. Cette évolution semble être liée à deux facteurs : . et la Garet Ichkeul (Oukkad. Zn.. III – ANALYSES CHIMIQUES III-1 Introduction : III-1-1. c’est une abondante flore halophile qui prolifère Salicorna lignosa. 2002). L’évolution verticale montre une nette augmentation des teneurs en matière organique de la base au sommet des carottes. Mn. 2002) par contre enregistre des teneurs moins élevées que celles enregistrées au niveau de la lagune de Oualidia (3. Mo. Etang de Canet Saint-Nazaire.. . présents à l’état de trace. l’eau et les sédiments. Limoniastrum monopetlum et Salicorna fructicosa. D’autre éléments ne peuvent produire que des effets néfastes (Pb.3 %) (El Alami et al. de leur biodisponibilité et de leur 122 .36 %) (Zourarah. Se.56 et 12. Cd) (Phillips.1 et 6. (Gadel 1974) . Les effets des métaux traces sur les organismes vivants sont fonction des caractéristiques physico-chimiques de ces molécules. Certains éléments. Fe. Obione partulactoïdes.Diagenèse précoce. Co. Cr. Sn) mais l’augmentation de leur concentration peut aboutir à des phénomènes de toxicité. Les éléments chimiques dans l’environnement marin : Les métaux sont naturellement présents dans le sol. 1982) des diminutions vers la base de la carotte en carbone organique total est observée et elle semble être liée probablement aux phénomènes de diagenèse précoce qui entraînent la baisse de la matière organique avec l’enfouissement. V.La granulométrie des sédiments. la matière organique montre des affinités avec la fraction fine argilo-silteuse. Hg. La matière organique est donc essentiellement d’origine locale et subit un recyclage permanent.43 et 1. sont essentiels pour les organismes vivants (Cu. 1993). 1998) et de la lagune de Venise (0.Partie V : Approche géochimique les plus hautes du schorre.

Salomons et Stigliani. amino-imin. de précipitation ou/et d’oxydoréduction peuvent réduire la biodisponibilité des composés métalliques toxiques (Chapman et al. Ils peuvent être transférés dans la phase solide suite à l’agrégation de matériaux dissous ou par adsorption sur des particules. d’après Förstner (1989). Au sein des 123 . Dans le compartiment aqueux. après transport actif dans le milieu intracellulaire en inactivant les mécanismes enzymatiques (les formes divalentes des métaux réagissant rapidement avec les groupes carboxylique. 1980 . 1990). Calamano et Förstenr. Peu dangereux Li Al S Mn Sr Na Si K Fe Mg P Ca Rb Toxiques mais rares ou insolubles Ti Ga Zr Ru Rh Ba La Hf Ta W Re Os Ir Très toxiques et relativement solubles Be Ni As Ag Sb Au Pb Cr Cu Se Cd Te Hg Bi Co Zn Pd Sn Pt Tl III-1-2. les contaminants peuvent être présents sous forme dissoute ou complexe. eau. 1995) ou.des protéines) et en formant des métalloenzymes à la place des éléments essentiels en chélatant ou précipitant des métabolites (Nieboer et Richardson. 1998). les processus de compétition avec les éléments essentiels d’adsorption sur des particules de complexation. 1996 . 1998). Ce sont généralement les formes libres ou ioniques dissoutes des métaux qui sont les plus toxiques. 1989 . Tableau V-1 : Classification de quelques métaux (en gras) et métalloïdes (non gras) selon leur toxicité et leur solubilité. alcool. Répartition des contaminants dans les sédiments Le sédiment est une matrice complexe qui possède de multiples possibilités d’association avec les contaminants (Förstner.. chimiques ou biologiques (Figure V-4). Förstner. Dans les sédiments. Chapman et al.et thiol. 1995 . Elles peuvent agir en se fixant sur les récepteurs membranaires physiologiquement actifs (Campbell. D’autre part.Partie V : Approche géochimique spéciation. La répartition des contaminants dans les différentes composantes du sédiment (Particules. organismes) est contrôlée par des processus physiques. leur concentration et leur mode d’action en font des métaux plus ou moins dangereux pour les organismes (Tableau V-1)..

Les organismes vivants modifient les caractéristiques physicochimiques du milieu (bioturbation. Ils accumulent les contaminants à partir des phases aqueuses et particulaires par adsorption. biodégradation). Les contaminants peuvent alors être transférés dans la chaîne alimentaire. des processus de resuspension-sédimentation peuvent modifier l’association des contaminants avec les particules. 124 . Les contaminants associés aux particules peuvent retourner dans la phase aqueuse sous l’effet de processus physiques (diffusion) ou chimiques (désorption).Partie V : Approche géochimique particules. Figure V-4 : Principaux processus contrôlant le cycle des contaminants dans le milieu aquatique. d’après Förstner (1989).

voient leur concentration augmenter dans la phase aqueuse quand le pH augmente. Cependant.…) qui ont une forte affinité avec la matière organique se comportent comme des anions et restent piégés dans la phase solide à pH acide (Serpaud et al. le pH contrôle les équilibres entre les formes non ionisées et les formes ionisées des molécules organiques (Figure V-6). complexées. 1994). Les facteurs de contrôle de la répartition des contaminants Nous venons de voir que. Les paramètres physico-chimiques : Le pH Dans les sédiments. potentiel d’oxydoréduction. s’adsorbent ou précipitent quand le pH augmente. adsorbées.. Les métaux de transition et les métalloïdes.. les métaux cationiques (Cu. Evidemment. particulaire. salinité. 1995). III-1-4. capacité d’échange cationique.). La réduction des sulfates (SO42) en sulfures (S) entraîne une augmentation du pH alors que la dénitrification entraîne une diminution du pH (Meyer et al. A l’opposé. la proportion de forme ionisée (moins toxique) des nitrophénols augmente et les organophosphates sont hydrolysés en sous-produits moins toxiques que les molécules mères (sauf quelques cas comme le trichlorfon dont l’hydrolyse produit à pH alcalin du dichlorvos qui est 3 à 350 fois plus toxique) (Howe et al. oxydes de fer et de manganèse. Les principaux facteurs de contrôle de la répartition des contaminants dans les sédiments sont les paramètres physico-chimiques (pH.…) et les constituants sédimentaires (particules inorganiques.. Pb. le pH alcalin modifié de manière limitée modifie la structure des molécules qui possèdent peu de groupes polaires (pyrène. sulfures.. 1994). présents sous forme dissoute à pH acide.…) (Wildi et al. matière organique.. 1994 . biologique). principalement présents sous forme d’oxyanions. Bourg et Loch. mais seulement jusqu’à une certaine limite au delà de laquelle ils sont à nouveaux solubilisés (Figure V-5). dans les conditions complexantes favorables (présence de matière organique). les contaminants se répartissent entre différentes formes (dissoutes. sous l’effet de processus physiques. 1994). chimiques et biologiques.. le pH est contrôlé par les activités biologiques et dépend de la capacité tampon du système (équilibre CO32-/HCO3-…). les métaux cationiques. En conditions alcalines. 125 . absorbées…) dans les principaux composants du sédiments (phase aqueuse. Cependant.Partie V : Approche géochimique III-1-3.

d’après Bourg et Loch (1995) Figure V-6 : Comportement schématique de la toxicité de micropolluants organiques en fonction du pH.Partie V : Approche géochimique Figure V-5 : Solubilité des cations et anions métalliques en fonction du pH. d’après Howe et al (1994). 126 .

le potassium ou le calcium) dans les unités octaédriques de ces minéraux argileux (Förstner. composition. Berry et . de part ses caractéristiques (structures. Cu. Pb) a été montré par plusieurs auteurs (Di Toro et al. En effet. Ce processus devient prépondérant en l’absence de sites de liaison sur les oxyhydroxydes.2%.. Les problèmes associés à des contaminations chimiques sont souvent localisés dans des zones de dépôt sédimentaire fins (Piérard et al.. capacité d’échange cationiques et surface spécifique). 1997 . En fonction de leur diamètre ionique. Au-delà de cette valeur c’est la teneur en matière organique de chacune des phases qui contrôle la répartition des contaminants organiques (Rebhun et al. 1996 . Calamano et al. 1987).. Razak et al. 1996).. Hansen et al. Zn.. Jain et Ram. Le fer. 1990 . Sibley et al. 1996 . Zn. la fraction argilolimoneuse des sédiments est souvent plus réactive chimiquement que le matériel grossier.) peuvent se substituer aux cations majeurs des argiles (généralement le sodium. Christensen. Ankley et al. Le rôle majeur de ces sulfures dans le piégeage de certains métaux divalents (Ni.. Les sulfures se forment dans les sédiments anoxiques par dégradation anaérobie de la matière organique ou par réduction des sulfates. A l’équilibre il y a formation de sulfures métalliques insolubles par coprécipitations des ions sulfures S2. 1994). très répandu dans les sédiments... 1996 . 1998). La fraction minérale Les particules inorganiques n’interviennent de manière prépondérante dans la répartition des contaminants que si la teneur en matière organique des sédiments est inférieure à 0. Liber et al. Ils ont une forte capacité de substitution isomorphique et ils lient les composés organiques et inorganiques (Wen et Allen. Cd2+. La fraction inorganique grossière n’est généralement pas associée aux contaminations chimiques.. Cu+2) et il est donc 127 .. certains métaux (Ni. 1999). domine le pool des sulfures métalliques mais il possède moins d’affinité que la plupart des métaux traces (avec par ordre croissant d’affinité : Ni2+.avec les ions métalliques relargués à partir de la matière organique ou de la surface des particules.Partie V : Approche géochimique III-1-5. Zn2+... 1996 . Pb2+. 1992). 1996 . 1991a . 1996 .. Les oxydes de fer et de manganèse amorphes des sédiments sont les premiers intervenants dans les processus d’adsorption (Serpaud et al.

1990) : Me2+ + FeS(s) Fe2+ + MeS(s) L’analyse chimique des sédiments de la lagune de Sidi Moussa a porté essentiellement sur les éléments majeurs : SiO2. Ceci signifie que ces éléments ont pour support un autre élément de répartition homogène au sein de la lagune.38 SiO2 27 34 15 6.50 CaO 19 32 9 7.02 0. Al2O3. CaO (20. Fe2O3.Partie V : Approche géochimique facilement échangé dans un rapport mole à mole selon l’équation suivante (Di Toro et al. Cr.41 K2O 1 2 1 0. . Zn. sont présentés respectivement dans le tableau. III – 2. on constate ainsi: . V. Tableau V-2. CaO. Fe2O3 et K2O montrent des fortes teneurs dans la zone amont de la lagune et commencent à enregistrer des teneurs plus faibles dans la zone aval. MnO et SO3 ne montrent pas une répartition nette dans la lagune. Cu.CaO et Na2O3 montrent des faibles teneurs dans la zone amont et enregistrent des fortes teneurs dans la zone aval. Fe2O3 (2. Br.17%). Y et Rb. moyenne.07 TiO2 0 0 0 0..95 MgO 3 4 3 0. SO3.60 SO3 2 2 1 0.SiO2.97%) et Na2O (2. TiO2. TiO2.10 MnO 0. La différence importante entre les maximas et les minimas montre l’hétérogénéité du sédiment dans la lagune (Tableau V-2).06%). Les autres éléments sont moyennement représentés MgO (3.11 Moyenne Max Min Ecart-type La répartition des éléments majeurs permet de démontrer l’existence d’une zonation dans la lagune (Figure V-7). K2O.15%).MgO. 128 .01 0 Fe2O3 3 4 2 1. Les éléments majeurs Les résultats des analyses chimiques des sédiments superficiels. minimale et maximale en éléments majeurs de la couverture superficielle de la lagune de Sidi Moussa Na2O 4 13 2 2.24%) et Al2O3 (8. Concentration totale. Répartition spatiale des éléments chimiques dans la lagune III-2-1. Na2O et P2O5 ainsi que sur les oligoéléments : Ni.64%).45 Al2O3 8 11 5 2. Les moyennes des teneurs en éléments majeurs donnent des abondances dans l’ordre décroissant suivant : SiO2 (27. . Al2O3. MnO.02 0.

Partie V : Approche géochimique Figure V-7 : Répartition spatiale des éléments majeurs dans la lagune de Sidi Moussa 129 .

2002). suggèrent qu’une grande partie de ces éléments est liée à la silice et l’aluminium (Figure V-8). ces deux éléments pouvant être considérés comme provenant d’aluminosilicates. Cette fraction est présente dans la zone intertidale de la lagune. Sr et Ca) et du chimisme de l’eau de mer (Na) sur la lagune. 1992 . Al2O3. des fortes augmentations des pourcentages en Mg. Fe2O3. Les éléments mineurs et traces A cause de leur rôle important dans l’accumulation et la mobilisation des éléments traces. Les fortes corrélations entre les aluminosilicates avec le Fe2O3. Bubb & Lester. 1998). Les corrélations inter-éléments permettent d’expliquer les différentes associations chimiques et par conséquent minéralogiques que l’on peut rencontrer dans la couverture superficielle lagunaire.72) suggèrent qu’une grande partie de l’alumine est liée à la silice. Salomons & Stigliani. 1989 . Glasby. Le sédiment est une matrice de matériels qui est composé des particules détritiques inorganiques ou organiques et relativement hétérogènes en termes de ses caractéristiques physiques. témoignent de l’influence de la fraction biogénique (Mg. 1994. 1992). III-2-2. 1984 . 130 . Lee et al. Ca et Na. ils sont utilisés dans plusieurs programmes de surveillance de l’état de salubrité du milieu marin (Larsen et Jensen.Partie V : Approche géochimique Le chimisme des sédiments lagunaires met en évidence la présence d’une fraction plus fine alumino silicatée (SiO2. Zourarah. K2O et TiO2) liée au principaux métaux. 1977 . Calamano & Förstenr. Dans la zone des chenaux. 1996).. chimiques et biologiques (Hakanson.91) et Al2O3Argiles (0. Sr. Bryan & Langston. 1992. 1995. 1989. Par contre l’absence de liaison de P2O5 avec les carbonates et les aluminosilicates lui confère une origine détritique indépendante. 1995. Les fortes corrélations SiO2-Al2O3 (0. Gonçalves et al. K2O et dans une moindre mesure MnO. les sédiments aquatiques sont de plus en plus reconnus comme des indicateurs de la pollution anthropique (Fôrstner. le Mn est considéré comme un excellent traceur des apports continentaux aux écosystèmes aquatiques (Carruesco.. Daskalakis & O’Connor. Les teneurs en Mn (210 mg/kg) montrent des valeurs considérables traduisant des apports naturels de provenance du bassin versant par le lessivage des sols agricoles. TiO2.

Partie V : Approche géochimique Figure V-8: Exemples de corrélations linéaires totales des éléments majeurs et Al2O3 dans les sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa 131 .

4 5.. Zn.8 17.0 (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) 132 . Cr. 1992 .0 227. La répartition spatiale des éléments traces au sein de remplissage lagunaire montre des teneurs de Sr décrois en allant vers l’aval de la lagune tandis que les autres éléments augmentent (Figure V-9) Tableau V-3 : Teneurs maximales.0 96. Pb.0 8. L’analyse chimique des sédiments lagunaires a porté sur les oligo-éléments : Ni.0 22.0 30.0 29.6 Sr 1170.0 12. Li et al.0 20. Izquierdo et al. 1997).6 Cu 42. Cu.1 7. Sr et Rb.7 5. 1992 .1 Rb 60. Avec une augmentation des apports anthropogéniques.0 18.9 32. Ces éléments peuvent être d’excellents marqueurs de l’origine du matériel de remplissage.0 55.2 17.0 49.6 Zn 73.6 300. 1987 . Ainsi ces éléments peuvent être d’excellents marqueurs de l’origine du matériel dans lequel ils sont dispersés. 1997) agissant par la suite comme des sources des polluants dans le milieu (Tiller et al.. Power et al. La taille des particules est l’un des facteurs les plus significatifs influençant la capacité des sédiments pour concentrer les métaux. les sédiments deviennent un réservoir de polluants (Burton..0 19.9 35. L’écart important entre les maximas et les minimas montre l’hétérogénéité du sédiment dans la lagune (Tableau V-3)..Partie V : Approche géochimique Les éléments traces qui sont fixés dans ce compartiment peuvent être utilisés via des processus chimiques et biologiques (Tessier et Campbell.0 599. 1989 .9 Ni 43.2 Pb 36. 2000). minimales et les moyennes des éléments traces des sédiments de surface de la lagune de Sidi Moussa (mg/kg) Cr Maximum Minimum Moyenne Ecart-type 180. Millward et Glegg.

Partie V : Approche géochimique Figure V-9 : Répartition spatiale des éléments traces dans la lagune de Sidi Moussa 133 .

2. 24 mg/kg.1%. Fe2O3. qui sont aussi faiblement liés au carbone organique (Maanan et al.7 % à la base à 3. Y et Rb présentent de bonnes corrélations avec le groupe des éléments majeurs constituants les aluminosilicatés caractéristiques des argiles. Zn.7%.94 %. Fe2O3. les teneurs des éléments chimiques enregistrées montrent presque la même évolution.Partie V : Approche géochimique Le Ni. 56 mg/kg 72 mg/kg. La teneur moyenne en carbone organique particulaire passe respectivement de 2. son appartenance à la fraction grossière. Cu. indiquent d’une part l’origine biogénique de la plus grande partie du calcium des sédiments et d’autre part. ne présente aucune corrélation avec les autres éléments.95 %. supérieure à 63 µm. et un enrichissement de Al2O3. liée à une augmentation des teneurs en Al2O3.42%. 40 mg/kg. Ainsi mis en évidence le rôle prépondérant du matériel argileux qui s’avère être le support préférentiel de ces métaux. 134 .96) et de chacun d’entre eux avec la fraction granulométrique grossière. Pb et Ni respectivement de 5. La taille du sédiment et la teneur en carbone organique manifestent des commandes principales sur l’abondance et la distribution des éléments métalliques dans les sédiments (Baptista Neto et al. Cu.55 % au sommet de la carotte. ce qui lui confère une origine terrigène (Maanan et al. 34 mg/kg et 38 mg/kg.5 % au sommet de la carotte. 4 mg/kg et 25 mg/kg dans l’ensemble basal et s’opposent à des fortes teneurs de l’ensemble supérieur respectivement : 8. 25 mg/kg. 2003b)..05 %. Répartition temporelle (Figure V-10) Pour la carotte Csm-4. V. 36 mg/kg et 40 mg/kg. Les teneurs des éléments se rapprochent des teneurs dans l’environnement continental de la lagune . 2003a). 35 mg/kg. 4 mg/kg et 20 mg/kg dans l’ensemble basal s’opposent à des fortes teneurs de l’ensemble supérieur respectivement : 10. Cu. Zn. Br. Le Chrome.87%. 42 mg/kg 75 mg/kg. Les fortes corrélations entre les éléments CaCO3 et CaO (0. L’évolution des concentrations des éléments chimiques observés dans la carotte Csm-5 se fait dans le sens d’une diminution pour le strontium de 790 mg/kg à 398 mg/kg. 3 %.. Pb et Ni respectivement de 8. 3. 2000). La teneur moyenne en carbone organique particulaire est respectivement 3 % à la base et 3. III – 3. ce qui nous conduit à supposer une filiation géochimique lagune – environnement continental. 4. avec une diminution de strontium de la base au sommet de 1080 à 495 mg/kg. Zn.

Partie V : Approche géochimique Carotte Csm-5 2 2 Al O3 % Cr (ppm) 50 50 100 20 150 40 Fe O3 % Zn (ppm) Ni (ppm) 2 4 6 Cu (ppm) 30 60 Sr (ppm) 500 Pb (ppm) 5 Vase noire 10 1500 20 40 Vase silteuse 30 Vase sableuse Sable fins 85 Carotte Csm-4 5 Vase noire 10 Al 2O3 % 2 Fe2O3 % 4 6 Cr (ppm) 50 150 Zn (ppm) 50 100 Ni (ppm) 25 50 Cu (ppm) 20 40 Sr (ppm) 500 Pb (ppm) 1500 20 40 Vase silteuse 30 Sable fins Vase sableuse 85 Vase silteuse 110 Figure V-10: Répartition verticale des faciès sédimentaires et les éléments chimiques dans la lagune de Sidi Moussa 135 .

les quantités de métaux provenant de l’activité humaine. Les analyses des carottes (Csm-4 et Csm-5) mettent en évidence deux unités : .Partie V : Approche géochimique L’analyse des profils verticaux Figure (V-10 ) permettra de déterminer. pour un sédiment. Les teneurs en éléments majeurs (Al2O3 et Fe2O3) sont maximales. Il faut aussi signalé que l’élévation des teneurs en éléments traces est probablement due à des activités anthropiques récente à savoir : • Développement d'une route secondaire contournant la lagune. elle est riche en bioclastes et débris végétaux. L’enrichissement des teneurs en métaux lourds vers le sommet de la carotte et dus à la texture des faciès qui devient de plus en plus fine vers le sommet et à l’augmentation des teneurs en carbone organique (Pujos et al. souvent inférieures aux teneurs naturelles. Cu. carbone organique particulaire et Sr. au sommet de la carotte. la chlorite et la kaolinite.. Le Sr montre des teneurs plus élevées que celles enregistrées dans la sédimentation actuelle. constituée d’un faciès sableux semblable à celui rencontré au niveau de la sablière de la lagune. Zn et Ni. Fe2O3. Les cortèges argileux montrent l’apparition de la smectite vers 40/50 cm dans la carotte. Cette limite pourrait être due au fonctionnement de la deuxième passe. ce qui montre l’influence marine qui était prépondérante. . Zn. Les éléments traces présentent des faibles teneurs en Pb. avec l’illite comme minéral cardinal. • Extension d'agriculture intensive moderne. 136 . Au niveau de la carotte Csm-5. une limite très claire est observée. Les éléments majeurs montrent des faibles teneurs en Al2O3. les cortèges argileux montrent une constance temporelle. les teneurs naturelles (bruit de fond géochimique) à la base de la carotte Csm4 et de connaître par différence. utilisant la machinerie lourde. Cette limite est marquée par une nette diminution des éléments métalliques et les taux des argiles et une augmentation de la moyenne.L’unité supérieure : la vase qui compose cette unité est faiblement compactée. Cr et Ni. 1999). Pb. Les éléments traces montrent une diminution dans les teneurs en Sr liée à une forte augmentation des teneurs en Cu.L’unité inférieure : caractérisée par une mise en place d’une vase sableuse bioclastique .

. GrennRuiz et al. les effluents industriels de ce complexe sont le reflet d’un enrichissement en métaux lourds du minerai de phosphate lors du traitement (Cheggour et al. on a utilisé l’Al comme un élément de référence. ils sont contrôlés par des facteurs physiques. III – 4. La proximité de la lagune d’un complexe industriel « Jorf Lasfer » qui traite les phosphates. situé à 15 Km au nord-est. une partie de ces métaux sont susceptibles d’atteindre la lagune. Pour calculer le facteur d’Enrichissement. cet élément est semblable au Sc et Li.. 2000).. L'impact de tous ces facteurs est à relié à la capacité de sédiments à retenir les contaminants.. 2000 . Pour obtenir les meilleures conditions de comparaison dans une étude environnementale. L’interprétation de l’évaluation du facteur d’enrichissement du sédiment est tributaire de la connaissance des teneurs de référence. La route entre El Jadida et Safi passe prés de la lagune de Sidi Moussa contribue au dépôt des métaux lourds (Pb et Zn) dans les sédiments par les retombés atmosphériques. 1996) et par conséquent. montre une certaine détérioration de la qualité des eaux surtout dans les zones à forte activité urbaine et industrielle. Locatelli et al. (2001) ont montré que l’eau de mer le long de la côte atlantique Marocaine. Ces polluants sont transportés par des courants littoraux dans une direction sud-ouest (Chafik et al. 1980 . 2001).Partie V : Approche géochimique • Accroissement du nombre de bateaux motorisé de pêches (Cheggour et al. 2000 .. organismes). Cheggour et al. Kalvins et al. il est nécessaire d’établir 137 .. 2000). L’impact des métaux polluants sur la qualité des sédiments peut être appréhendé par le facteur d’Enrichissement. chimiques ou des processus biologiques (Prange et al. entre Safi et El Jadida. Bertine et Schug (1979) ont parallèlement attribué les niveaux de Zn dans deux lagunes californiennes à deux routes principales qui croisent les sites. 1999). (2000) ont montré que l’augmentation des niveaux de métaux lourds notamment dans des systèmes côtiers est liée à l'agriculture intensive sous l’influence de l’urbanisation. C’est un indicateur fiable qui contribue à monter les acheminements des éléments métalliques du continent vers le bassin lagunaire (Ackermann. Chester. eaux. Facteur d’Enrichissement et Indice de Géoaccumulation Les éléments traces déposés dans les systèmes côtiers peuvent être incorporés dans les différentes composantes du sédiment (Particules.

est de 0.des sédiments aquatiques fossiles des environnements bien définis : lac d’origine météorique d’Allemagne du Sud par exemple (Förstner. dans la mesure où l’on peut considérer que les schistes représentent des sédiments argileux fossiles.3 50 <90 Hamdy et post.64 cm/an . 1961 Cu 16. Cette démarche a été préconisée par Turekin et Wedepohl (1961). qui évolue presque de la même façon et qui est située à 35 km au sud.. .5 Pb …… 20 <40 >60 34 30 Zn 44. 1977). 2003a ). Tableau V-4 : Teneurs naturelles en métaux dans les sédiments (ppm) «Clarke » Nature des sédiments Sédiments non pollués Matériel non pollué Modérément pollué Très pollué Sédiments lacustres Sédiments du Rhin (subactuels) Schistes 45 47000 850 20 95 Turekian et Wedepohl. au niveau de la lagune de Sidi Moussa peuvent être donc considérées comme le bruit de fond géochimique naturel de la lagune (Tableau IV-5) (Maanan et al. Plusieurs possibilités ont été discutées pour établir le bruit de fond géochimique de la lagune de Sidi Moussa (Tableau V-4). Les travaux de Zourarah et al.la composition moyenne des schistes (en tant que valeur globale de référence). 1985 Förstner.6 20 <25 25-50 >50 45 51 43400 32300 760 960 Fe 13200 Mn 270. . (2003) ont montré que le taux de sédimentation de la lagune de Oualidia. 1995 40-60 90-200 138 .les teneurs à la base de la carotte Csm-4.. .Partie V : Approche géochimique des comparaisons avec échantillons de référence de granulométrie et de composition équivalentes et d’origine géologique identique (Clarke). 1998 O’Reilly Wiese et al. ce qui montre que la base de la carotte Csm-4 daterait au début de 19éme siècle. période reconnu antérieure à toute action anthropique. 1977 Förstner et Müller. 1973 >200 118 115 Références Nicolaidou et Nott.

f. d. 1979) : L’état de l’environnement lagunaire est déterminé par l’indice de géoaccumulation « Igéo » selon Müller (1979) définis par le rapport : 139 .94 Fe2O3 (%) 2.d. utilisant Al comme un élément de référence.. est défini par le rapport (Buat-Ménard. Métaux Al2O3 (%) b.» calculées à la base de la carotte Csm-4 de la lagune de Sidi Moussa.05 Ti2O Mn2O Pb Ni Zn Cu Cr (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) (mg/kg) 2070 398 4 25 26 28 41 Le degré de contamination du sédiment par les métaux lourds est indiqué par le facteur d’enrichissement (EF) calculé.Partie V : Approche géochimique Tableau V-5 : Valeurs de bruit de fond géochimique «b. 5. f.

Pb et Zn témoignent d’apports anthropiques (Angélidis et Aloupi.5 0.0 2.0 3. 140 . Et des EF< 1 pour le Mn. est lié à la faible hydrodynamique.0 0.5 3. Ni. Shumilin (2001) a pu identifier que les faibles teneurs en Fe et en oligoéléments autour d’île Montague Island (dans la région de delta) est causé probablement par l'existence de courants de la marée forts qui empêchent l'accumulation de sédiments fins. Fe et Cu montrent des apports de bassin versant.0 SM-1 SM-3 SM-21 SM-22 SM-33 SM-38 SM-39 SM-40 SM-43 TiO2 MnO Fe2O3 Cr Ni Cu Zn Pb Figure V. L’enrichissement des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa en Fe. Les stations présentent des EF >1 pour la majorité des métaux notamment pour le Ti. 1995). 1999).0 1.Partie V : Approche géochimique 4. qui favorise le dépôt la fraction fine riche en en éléments métalliques Elle est considérée comme le dépocentre de la lagune (Carriquiry et Sanchez.5 2.5 1. Cr.11 : Facteur d’enrichissement de la contamination métallique dans la lagune de Sidi Moussa à partir de la base de carotte Csm-4 Les résultats obtenus pour le facteur d’enrichissement montrent des valeurs plus ou moins importantes selon les stations de prélèvements et les métaux. Ces éléments seront distribués dans la lagune par les courants de marées. et en d’autres éléments traces dans la zone NW de la lagune.

Zourarah. 1995 .045 0. . 1987 .. la lagune de Venise en Italie (Donnazzolo 1981 . 1995 . La comparaison des ces résultats avec des écosystèmes côtiers marocains.010 0.002 5. Baie de Fort-de-France (Pujos et al. 2001) qui sont plus fortement urbanisés et 141 .040 0.Partie V : Approche géochimique Tableau V-6 : Indice de Géo-Accumulation des sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa.. 2002).047 0. 1991 .040 0.199 0.040 0.. Zourarah et al.065 0. 2002.098 0.718 0.012 0. 1998) Schistes (Turekian et Wedepohl.408 0. et d’autres écosystèmes similaires comme l’Etang de Thau en France (Pena et Pico.128 0. 1979) permet d’évaluer la pollution métallique des dépôts (Tableau V-6) L’échelle de l’intensité de pollution est comprise entre 0 (pollution nulle) et 6 pollution très forte.. 1961) 0.069 0.060 0. tel que l’estuaire de l’Oum Er Bia (Cheggour et al...029 0. 1989. Mahjoubi.110 0. Sfriso.. Monna et al.146 % TiO2 % MnO % Fe2O3 % Cr mg/kg Ni mg/kg Cu mg/kg Zn mg/kg Pb mg/kg L’indice de géo-accumulation (Müller.035 0.001 0. 1996).052 0. 1998). Bellucci et al. 2001) sur la Côte atlantique marocain et la lagune de Nador sur la Côte méditerranéenne marocain (Inani.198 0. 1999) industrialisés. Caliceti et al.. 2002) la lagune de Moulay Bousselham (Carruesco. Cheggour et al. 2001) et la lagune d’Oualidia (Carruesco et al.029 0.002 1.026 0..056 0. Les sédiments intralagunaires de la lagune de Sidi Moussa ont un degré de contamination modéré à non pollué et ils semblent être beaucoup moins affectés en micropolluants métalliques que d’autres lagunes Méditerranée (Labonne et al. 2000. Al2O3 Métaux Base de la carotte Csm-4 Sédiments non pollués (Nicolaidou et Nott.

09 70.5 7. L’environnement bioclimatique de type semi-aride conditionne fortement le type des apports continentaux à la lagune. Cu. Al2O3. 2002) Cu Zn Cr Ni Pb 37. Conclusion La répartition géographique des éléments chimiques dans la couverture sédimentaire de la lagune de Sidi Moussa est contrôlée par deux facteurs essentiels : la nature des apports marins et continentaux et la dynamique intralagunaire. 2003) 31 49. Ni et Pb (mg/kg poids sec) dans des lagunes marocaines.Partie V : Approche géochimique montre que les teneurs enregistrées au niveau de la lagune de Sidi Moussa en éléments métalliques restent plus faible que celle enregistrées dans les autres écosystèmes côtiers.5 96. les teneurs en Cr sont un peu plus élevées que dans les autres écosystèmes. la lagune de Sidi Moussa présente des teneurs en micropolluants métalliques moins importantes que celles d’autres lagunes comparables malgré l’augmentation des activités anthropiques ces dernières années dans cet environnement (Tableau V-7). minéralogiques très proches entre les formations superficielles de 142 . Ainsi. Le chimisme des sédiments lagunaires met en évidence la présence d’une fraction plus fine alumino silicatée (SiO2. 1989) 24 246 26 4 56. 1995) Lagune de Sidi Moussa (présente étude.5 III – 5.46 202. Tableau V-7 : Valeurs moyennes comparées en Zn. Seulement.89 43. Cr.48 Lagune Moulay Bousselham (Carruesco. Lagune Oualidia (Zourarah et al. Cela se traduit par des caractéristiques géochimiques. Fe2O3.5 30.75 Lagune de Nador (Inani. K2O et TiO2) liée au principaux métaux.07 31 9. Cette fraction est présente dans la zone intertidale de la lagune.09 130.

L’indice de géo-accumulation et le facteur d’enrichissement montrent que la lagune de Sidi Moussa est modérément polluée à non polluée. Cr et Ni. Les apports parviennent dans le milieu sans grande transformation chimique et soulignent la part prépondérante de ces apports sous forme particulaire. l’action du vent doit participer au transport des particules les plus fines vers le plan d’eau lagunaire. Pb. in Hamdy et Post. Apparemment les phosphates liés à cette fraction sont d’origine détritique et marine. Ce matériel allochtone est redistribué dans le milieu lagunaire par la dynamique propre du système lagunaire. 143 . En période sèche. Le vecteur essentiel de ces apports est le ruissellement sur les formations encaissantes.Partie V : Approche géochimique l’environnement et les dépôts intra lagunaires. Zn. 1985) font ressortir que les sédiments de la lagune de Sidi Moussa se classeraient comme 'slightly pollués ' pour. L'ensemble des résultats de cette lagune comparé à des valeurs proposées par l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (USEPA. L’influence marine se manifeste par un enrichissement du milieu en alcalino-terreux et strontium lié à la fraction biogénique.

Partie VI : Conclusions et perspectives

CONCLUSIONS & PERSPECTIVES

144

Partie VI : Conclusions et perspectives

Partie VI : CONCLUSIONS & PERSPECTIVES
La lagune de Sidi Moussa, située sur la façade atlantique marocaine, est inscrite dans un sillon interdunaire protégé du domaine océanique par un cordon littoral de dunes consolidées constitué de biocalcarénite d’age plioquaternaire. La région est classée dans l’étage semi-aride, la sécheresse d’été et les pluies concentrées sur l’hiver et l’intersaison impriment au climat un caractère méditerranéen. La communication océan-lagune est stable du fait de la présence de dunes consolidées littorales. L’alimentation est permanente, elle est assurée par la passe principale (150 à 200 m de large) d’eau marine, d’où la dépendance de la dynamique lagunaire aux courants de marée. L’alimentation en eau douce est faible et s’effectue par des nappes phréatiques qui ressurgissent sur les bords de la lagune. L’environnement bioclimatique, de type semi-aride, conditionne fortement les apports continentaux par les vents. Cela se traduit par des caractéristiques géochimiques et minéralogiques très proches entre les formations superficielles de bassin versant et de dépôts lagunaires. La sédimentation accumulée dans la dépression lagunaire est hétérogène, à dominance détritique, témoigne d’une origine locale à partir du bassin versant. La recherche de filiation entre le bassin versant et la lagune a été conduite par la comparaison des caractères granulométriques, minéralogiques et chimiques de sédiments lagunaires, des substrats géologiques et des profils pédologiques du bassin versant. Les apports parviennent dans le milieu, sans grande transformation chimique et soulignent la part prépondérante de ces apports sous forme particulaire. Ce matériel allochtone est redistribué dans le milieu par la dynamique propre du système lagunaire. Le vecteur principal de ces apports terrigènes est le ruissellement sur les formations encaissantes en période pluvieuse et le vent, dans le transport des éléments fins vers le plan d’eau lagunaire (période sèche). Les dépôts sédimentaires présentent une différentiation spatiale et une évolution temporelle des caractéristiques texturales, minérales et chimiques. La répartition des sédiments actuels dans la couverture lagunaire est contrôlée par : la nature des apports marins et continentaux et par la dynamique marine et les courants intralagunaires en

145

Partie VI : Conclusions et perspectives

relation avec la morphologie actuelle de la lagune. Deux milieux de sédimentation bien différents apparaissent : 1- La partie aval de la lagune, caractérisée par une sédimentation sableuse qui occupe la zone de la passe et delta de marée, il s’agit d’un sable fin à moyen (125-250 µm), riche en débris coquilliers de lamellibranches et des gastéropodes. Ce faciès représente 30 % des dépôts de la lagune. Les taux des carbonates peuvent atteindre 81% environ, d’origine biodétritique. Ils proviennent de la sédimentation des débris coquilliers et des tests de la microfaune calcaire. De point de vue chimique, la partie avale de la lagune montre une hétérogéinité chimique, alors que la zone est riche en CaO, Na2O3 et Sr attribués à des origines marines, et déficitaire en SiO2, Al2O3, Fe2O3 et K2O liée à une faible phase argileuse. 2- La partie amont de la lagune, caractérisée par un faciès silto-argileux, le plus répondu dans la lagune, il représente 55% des faciès lagunaires. Ce faciès caractérise la zone intertidale et les schorres, il est riche en débris ligneux des plantes halophiles. Cependant on note un enrichissement de la faction fine (<15 µm) vers l’amont de la lagune. Les teneurs en carbonates sont moyennement faibles (16 %). Elles sont liées aux activités biologiques ainsi qu’à la précipitation des apports continentaux parvenus par ruissellement dans le système. De point de vue chimique, cette partie présente des teneurs plus élevées en SiO2, Al2O3, Fe2O3 et K2O et de faibles teneurs en CaO et en Na2O3. La nature de dépôt est argileuse, la partie amont de la lagune est caractérisée aussi par des accumulations en éléments métalliques « Zn, Cr, Pb, Ni, Cu et Rb ». Les cortéges argileux de sédiments superficiels de la lagune de Sidi Moussa sont formés, par ordre d’importance décroissante par l’illite (43% à 66 %), la chlorite (17 % à 38 %), la kaolinite (4 à 8 %) et la smectite associée avec des interstratifiés gonflants du type illite- smectite ou chlorite- smectite (0 à 13 %). L’illite et la chlorite sont des minéraux hérités et présentent des teneurs proportionnelles à celles enregistrées dans l’environnement lagunaire. Alors que la kaolinite et la smectite sont des minéraux hérités formés par des interactions chimiques. L’étude des caractères sédimentologiques, minéralogiques et géochimiques de deux carottes permet de retrouver les deux faciès déjà présents avec à la base un faciès marin et au sommet un faciès typiquement lagunaire. Les deux ensembles précitées se retrouvent superposés dans les carottes avec à la base un faciès à dominance marine 146

Zn. on a pu mettre en évidence un état des lieux de la lagune de Sidi Moussa. L'ensemble des résultats de ce contexte comparé à des valeurs de principe suggérées par l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (USEPA. minéralogique et chimique. L’indice de géo-accumulation et le facteur d’enrichissement montrent que la lagune de Sidi Moussa est modérément polluée à non polluée. Les teneurs en éléments métalliques des sédiments restent inférieures aux teneurs observées dans d’autres systèmes lagunaires similaires au Maroc tel que Oualidia. à la diminution de l’hydrodynamique intralagunaire ce qui influence fortement sur le comblement de la lagune. à des processus de ségrégations granulométriques au cours de la sédimentation dans la lagune et d’autres part. dans : Hamdy et Post. Les dépôts sédimentaires anciens de la lagune présentent une différenciation spatiale et verticale des caractéristiques texturales. Ces hétérogénéités n’étaient pas dues à des variations dans les sources de production des flux particulaires mais étaient attribuables. il reste de vérifier ces approches par des analyses isotopiques de 87Sr/86Sr. 147 . Au cours de ce travail. 1985) attribue les sédiments de la lagune de Sidi Moussa au 'slightly pollués ' pour.Partie VI : Conclusions et perspectives littorale qui caractérise un milieu ouvert et au sommet un faciès «lagunaire» qui caractérise un milieu relativement fermé. Les analyses de Pb210 et de Cs137 peuvent donner des renseignements importants sur le taux de comblement lagunaire et étudier l’évolution des substances chimiques dans le système lagunaire durant le dernier siècle. voir même l’origine du matériel de remplissage du système lagunaire par des analyses granulométriques. Cr et Ni. que dans les environnements à côté à savoir : le plateau continental et le bassin versant. Cette évolution verticale des faciès tend vers un comblement lagunaire. aussi bien que dans la lagune. ou en Europe (lagune de Venise. Ces faibles teneurs sont l’expression d’une pollution faible ou nulle de cet écosystème. ce qui est en accord avec le schéma évolutif des lagunes proposées par Bird 1994. Pb. Si l’état actuel de la lagune de Sidi Moussa n’est pas inquiétant l’évolution vers un comblement lagunaire avec l’essor touristique et industriel nécessitent une étude plus approfondie et un suivi régulier des conditions sédimentologiques et géochimiques de l’environnement côtier. minérales et chimiques. En perspective. d’une part. lagune d’Arcachon). la lagune de Nador.

Références bibliographiques Références bibliographiques 148 .

. (Rapport sur les travaux antérieurs au symposium ) – Rapport & Procès – Verbaux Conseil Int. 737..J. n° 16. Etudes méditerranéennes. Sc. 41p. Thèse Doc. Techn. (1967) – Le quaternaire marocain. 4. . Jurjuba Sound. COTTER A.269-310. Bull. HANSEN D. 62 fig.IX..... ATILLAH A (1994) – Processus et structures thermodynamiques et l’upwelling estival des côtes Atlantique centrales du Maroc : un examen au moyen des images de satellites. Vol.. Southeast Brasil. New York. Observations et hypothèses nouvelles. 518– 527.O. & KABASSI M. ANGELIDIS M. Es. KOSIAN P. Sci.. Environment Pollution (109) 1-9. Rev Géol. dyne.. 73-95. DIERKES J. Environmental Toxicology and Chemistry 10 : 1299-1307. Géogr....T. SC. 290p ABOUMARIA KH .N. B. Rabat. (1994) – Statistical Factor Analysis and Related Methods. Fac.S.. 10 tab. (1989) – Etude des formations quaternaires des marges du bassin du Rharb (Maroc nord –occidental) . Hassan II. PHILIPPS G. Mer.D. BADRAOUI M. 8tab . Explor.V.R.. Thèse Doc. F. (1990) – Les dépôts quaternaires littoraux entre Casablanca et Cap Beddouza (Méséta côtière marocaine ) – Etudes géomorphologiques et sédimentologiques. ALLAIN CH.. BAPTISTA NETO.. MATTSON V. ET MAHONY J. J. Lett. Vol. I. A. Thèse de 3ème cycle Fac. 1970 . . A Wiley-Interscience publication. AKIL M... Environ. pp.88 fig. Mar. Bordeaux I... Es. Paris.R. D.A.L. (1970) – Les conditions hydrologiques sur la bordure atlantique de l‘Afrique du Nord-Ouest. 417 p. Pêches Marit. New York.M. 31(4-12):273-276.A... (2). ET ALOUPI M. MAURER G. Greece. Pollut. Rabat. Theory and Applications.A. tome 2.A. Sci.. 159. 1. (1980) – A procedure for correcting grain-size effect in heavy metal analysis of estuarine and coastal sediments. (1995) – Metals in sediments of Rhodes Harbour. Vol.. 1.. ANKLEY G. p. BEAUDET G. BENOIT D. (1993) – Les formations quaternaires du Sahel des Doukkala (Méséta occidentale marocaine) : mise en place et évolution post –sédimentaire. Cas des Doukkala. (1991) – Acid-volatile sulfide as a factor mediating cadmium and nickel bioavailability in conyamined sediments. SMITH.E. Phys. & MCALLISTER J. (2000) – Heavy metal concentrations in surface sediments in nearshore environment. 186p ACKERMANN.J. 149 .Références bibliographiques REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ABERKAN M. pp. BASILEVSKY. BOUAZIZ A. Technol. Inst.J. Sci.. Wiley. et RUELLAN A. LEONARD E. Rabat . (1993) – Contraintes physiques et potentialités du milieu.

D.M. DI TORO. ROBSON. CORBIN.) Univ.M. 11 ab... DEU. ET LOCH. Invertéb. Mus. . BELLUCCI L. INRH. (1996) – Etude de la qualité bactériologique des principales zones conchylicoles du littoral marocain de 1993 à 1995. Sc. – Rev. (Eds).G. (1943) – La géologie du Quaternaire au Maroc. ..M. J.C. 87-102 BREBION Ph .D. SHIPLEY. D. 9-39. Paris. 190 p. (1979) – Etude biostratigraphique et paléoécologie du quaternaire marocain.J. 1.G. HANSEN.P.A. (2002) – Distribution of heavy metals in sediments of the Venice lagoon: the role of the industrial area. B. Ann. Hist. Paris. A.. J..L.. F. paléon. LANGSTON. 311-336 BOURG.G. Serv . El Jadida.P. ET BOOTHMAN. B. PAOLUCCI D. Thèse de Doctorat de 3ème cycle 153 p. Université Chouïab Doukkali. G. Maroc. W.. W.F. (Eds).S. W. ROGERS. Coastal Lagoon processes. Eisma. Environnemental Pollution. B.W. BOULANOIR Z. Paris.. 76.. pp.J. (1999) – L’arc sableux d’El Jadida Azemmour (Maroc) : Etude morphosédimentaire et approche dynamique pour une gestion environnementale. p. In: Martin.M. 15:2067-2079 BERTINE K.. BRYAN. (1994) – Physical setting and geomorphology of coastal lagoons.. (1996) –Predictiong the toxicity of metal-spiked laboratory sediments using acidvolatile sulfide and interstitial water normalizations. Sci . D. 89-131. The Science of the Total Environment.. D.J.. Amsterdam. . (1992) – Bioavailability. terre.D. Rome. MAHONEY. W. . Berlin.. London : 267p. 329-342. accumulation and effects of heavy metals in sediments with special references to UK estuaries: a review. Ph. BENNOUNA A.. Casablanca. BIRD E. W. N° 91. Bretagne Occidentale. BREBION Ph .. J.(1978) – Révision de la biostratigraphie du quaternaire marocain. J... In Salomons. Bull. “Sous press”. Envirenmental Toxicology and Chemistry. SCHUG D. n° 3224. D. RAVANELLI M. p. 516. & Doc..C.. (1999) – Etude du phytoplancton nuisible et de son environnement dans la lagune de Oualidia et Sidi Moussa (Maroc).K.M.. 150 . 65. 91-99. BOURCART J. 96 fig. (1979) – Man and the historical sedimentary record in two semi-arid estuaries. Nat. (1995) – Mobilization of heavy metals as affected by pH and redox conditions. 1-42p. J. River Inputs to Ocean Systems.Kjerfve édit . Burton. BERNOUSSI A.. Elsevier Science Publishers. Thèse de Doctorat Uni. Head-quarters.O. BERRY. (1973) – The marine geochemistry and geology of the Atlantic continental shelf of central Morocco. et Stigliani.Références bibliographiques BEE A. Theisis (unpub. Trav. FRIGNANI M. Biogenodynamics of pollutants in soils and sediments..

Berlin. CHEGGOUR M. 45-102. Technol. Nat. A. Berlin. Doc. Oxford. BURTON. 26 : 2068-2074. 158. CHAFIK A.. 541p. Etat. 24 : 37-48.Références bibliographiques BUAT-MENARD P. W. Géol. GBR. Trav. Bull. CARRIQUIRY. Halieu.. J. Moulay Bouselham (Maroc) et Arcachon (France). et Förstner.. Inst.R. Mar. (1996) – Sediments and toxic substances. In Teissier. Living Resour. (1999) – Sedimentation in the Colorado River delta and Upper Gulf of California after nearly a century of discharge loss. Univ. pp 335 CAMPBELL. D. W. Perpignan. 485 pages. ET KAIMOUSSI A. ARGESE. (1989) – Genèse et évolution de trois lagunes du littoral atlantique depuis l’holocène : Oualidia. E.. CALICETI. Ins. Nation. et Turner. Univ. Paris VII. Nantes. (1996) – Etude préliminaire de l’impact des activités de traitement et transformation des phosphates sur le milieu marin «Cas de Jorf Lasfar». DEU.. SFIRSO. ET FÖRSTENR U.. Environ. (1977) – Comportement de quelques éléments métalliques dans les sédiments superficiels de la lagune de Moulay Bousselham (Côte Atlantique Marocaine). 2 tomes. A. modalités de la CAUWET G.. A. B. 1-35.... CHAFIK A. BENBRAHIM S... 14: 239-249p. (1987) – Microbiologie :Processus et crabonatogénése bacterienne. PAVONI. ET FÖRSTENR U. Thèse de Doctorat D’état n° 960. Thèse d’état univ. 94 :17pp.. Chemosphere 47: 443-454. CARRUESCO C. CASTANIER S. (1996) – Sediment quality assessment :chemical and biological approaches. Sc. Aquat.. Casablanca. Geol. DEU. (Eds). (1979) – Influence de la retombée atmosphérique sur la chimie des métaux lourds en traces dans la matière en suspension de l’Atlantique Nord. (2001) – Quality of Moroccan Atlantic Coast waters: water monitoring and mussel watching. CALAMANO W. Bassin l’Aquitaine.. (1995) – Interactions between trace metals and organisms: a critique of the free-ion activity model. U. Université de Bordeaux I (France).D. SANCHEZ.C.. SIFEDDINE M. 178 p. (1985) – Dynamique de la matière organique dans les milieux marins et polyhalins : son rôle dans le processus géochimiques aux interfaces. Maroc. M. Metal speciation and bioavailability in aquatic systems. IUPAC Series and Analytical and Physical of Environmental Systems. CARRUESCO C. CALAMANO W. Thèse.. COSSA D.G. thèse Doct.. In Calamano.. 3. (Eds). 151 . Sci.. P. Rech.. Sediments and toxic substances. CHEGGOUR M. (1992) – Sediment toxicity evaluations: their niche in ecological assessments. (2002) – Heavy metal contamination in the seaweeds of the Venice lagoon. AHLF. 434p. 125– 145.

bioavailability. (2003) – Dynamique sédimentaire et morphogenese actuelle du littoral d’El Jadida (Maroc). H. BENBRAHIM S. Academic Press. (2000) – Marine Geochemistry. 576-590.F.C et GAYET J.. Université-Aix-Marseille (France) CHAPMAN P.. Maroc.. (2002) – Temporal variability in the biochemical composition of sedimentary organic matter in an intertidal flat of the Galician coast (NW Spain). M.. géol Bassin d ‘ Aquitaine . CHEGGOUR. CIVINADES S. Leur impact sédimentologique sur le littoral. 69-81. CIRAC P.. et THAUVIN J. BOUMEZZOUGH. (1999) – Evaluation de la contamination métallique sur la côte marocaine et son environnement paralique entre Larache et Safi – Etude de mollusques bivalves et leur biotope sédimentaire.. A. R. TEXIER. Paris sud . Thèse de Doctorat Es-sciences.... Inst.complexe dunaire de la zone du Rharb. Rome-Pise... 335p. London. p. S.P (1975) – Ressources en eau du Maroc .Serv. KAIMOUSSI. J.R. 235 p. Not. . CHESTER. Géol. Toxicological and environnmental Chemistry. Oceanologica Acta 25:1-12. Thèse de Doctorat Univ. LOPEZ J. Bordeaux.J. (2001) – Metals in sediments and the edible cockle Cerastoderma edule from two Moroccan Atlantic lagoons: Moulay Bou Selham and Sidi Moussa. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 55:2221-2243. CHAFIK A.R. CHOUBERT G. (1998) – metals. Annu. 149-160. CHEGGOUR M. FERRE M. JANSEN C. Marackech.Références bibliographiques CHAIBI M. Water Science and Technology. CHRISTENSEN. Cadi Ayyad..1872184 . and remediation.. BURT G. E. 37:149-156.. WANG F. Terre.Orsay. and particle distributions of contamined sediments. p. p. Univ. 231.. Pollution 115. Sci. INCERA M. 152 . A. W... 25. A.... CHEGGOUR M. COMBE M. (1998) – Ecotoxicology of metals in aquatic sediments:binding and release. 30 7pp. TEXIER H. p. (1979) . Actes Ivéme congrès INQUA .. 77: 49-73..Bull .. PERSOONE G.. ET ALLEN H. 2. Thèse d’Etat. risk assessment. Environ. plaines et bassins du Maroc atlantique. acid-volatile sulfides. 10ème Réun.. (1989) – Les problèmes d’ensablement des ports marocains sur la façade atlantique marocaine. BAKKAS. FAUGERES J..M. CHARROUF L. 506. (1953) – Les rapports entre les formations marines et continentales quaternaires. Mém . organic. LANGSTON W. LANGSTON.. Bordeaux . (2000) – Metals in the bivalve molluscs Scrobicularia plana (Da costa) and Cerastoderma edule (L) and associated surface sédiments from Oum Er Rbia estuary (morrocan Atlantic coast).Résultats préliminaires d ‘une reconnaissance sédimentaire du plateau atlantique marocain . CHAFIK.

Fac. Not. Adv. (1966) – Note on chelation and solubility of certain metals in sea water at different pH values.R (1964) – The effect of watertable and tide cycle an swash –backwash sediment distribution and beach profile development.. DESTOMBES J. SWARTZ R. Ass. J. France. Macmillan . 41-55. Astron. et JEANNETTE A.... Lauff (Ed). (1993) – Etude hydrogéologique et hydrochimique de la plaine des Doukkala (Maroc occidental) D. 2..P.R. ZARBA C. El jadida. PAVLOU S.A. éd.C. t.Références bibliographiques CURRAY J. Mer de Norvége. Neth. Mathem.. (1964) – Transgressions and regression . – Marine Geology . O.. Bull. Univ. 4247-268. EMERY K. K. p. (1966) – Mémoire explicatif de la carte géotechnique de la Méséta côtiere à l ‘Est de Casablanca au 1/50.J. ORGON I. Sc..1964. (1981) – Heavy meatls contamination in surface sediments from the Gulf of Venise Mar. BERRY W. Am. Géol.S. n° 1824.K.S. R . p. région de Mohammadia .W (1905) – Beitrage zur theorie ses meeres-strommgen – Arkiv. CYMAZ groupe (1984) – Résultats préliminaires de la campagne de plongée CYMAZ sur l’escarpement de Mazagan (El Jadida. Miller édit... p.D. p. 3 . 13-52 . L. Géol. (1982) – Analyse morphostructurale du plateau continental atlantique marocain de Tanger à cap Cantin. 95106p.(1991) – Technical basis for establishing sediements quality criteria for nonionic organic chemical using equilibrium partitioning.M. Och Fyrik.1069-1075 DASKALAKIS. THOMAS N..R. 153 . 74 fig . Mém. DEBYSER J. ALLEN H.000. Bouznika et Ben slimane . E. 180 bis. W. n° P. Ouest du Maroc).. O’CONNOR T.E. Pollut.S.. Bordeaux I .. Estuaries. New York. H. EL ACHHEB A. Shepard commemorative volume..R.Papers in marine geology . pp. Sea... (1995) – Normalization and elemental sediment contamination in the coastal United States Environment Sciences Technology 29. 126p. Thése 3ème Cycle. 417-425.P.. DI TORO D. 9-11.J.. DUURSMA. (1967) – Estuaries and lagoons in relation continentals shelves. Maroc. Res. COWAN C. 2. HANSEN D. XXVI.. DUNCAN J. Soc. 186-197. Thèse de 3ème cycle. Serv. 28 tab. 171 p. Bull. C. ET PAQUIN P.E. (1961) – Contribution organique des sédiments marins profonds. and STEVENKUYSEN.E. Sci. 175203p . 12. 470-477. ECKMANN V.. Environmental Toxicology and Chemistry 10 : 1541-1583 DONNAZZOLO D. EL FOUGHALI A. Maroc. n°6. 83.N.

GIGOUT M. Maroc. FOLK RL et WARD W. GIGOUT M. Sc Chérifien. 7-28. phys. (1951) – Etude géologiques sur la Méséta marocaine occidentale (arrière pays de Casablanca. F. 4. (Eds).Références bibliographiques ESLINGER. Sc.L. Acad. MI. Université de Savoie. GELCI R. Giesy. Inst. SEPM Short Courses Notes. GIGOUT M. Hydrobiol. 67-68. Paris. Comité Centr. U. n°2. FÖRSTNER. p.. U. n°231.Bull. (1988) – Clay Minerals for Ptreolium Geologists and Engineers. J. Berlin. (1954) – Sur le pliocène du bas Oum Er Rbia (Maroc occidental). C. GADEL F. (1956) – Recherches sur le pliocène et le quaternaire marocains. Océanogr. Sc Chérifien.2 (Plaines et bassins du Maroc atlantique) . 2t. Géogr. Mazagan et Safi). E. . 91 p. Inc. 5. GARRIVIER. nature et évolution.P. no 22. Géol. Paris. Trav. La méthode des densités spectro . C. Springer-Verlag. Petrol. Not. Serv.. p. Géol. Arch. Thèse en Biochimie et Biologie Appliquées. J. vol. Chelsea. 507 p. et Muntau. Maroc. 154 atlantiques .angulaires. In Baudo. a study in the siginficance of grian size paramtres. 415-435. (1977) – Metals concentrationsin recent lacutrine sediments. (1948) – Hydrologie côtiére du Maroc et du détroit canarien – Com. U. FURNESTIN J. (1957) – Brazors Rivers bars. 61-105. Paris VI.R. n°8. p. les bassins des Abda-Doukkala et du Sahel d ‘Azemmour à Safi. 73-93 .. FERRE M. 80 :172-191. Inst.C. 3. FÖRSTNER. Amsterdam . et RUHARD J. Mém. FRA. Sedimentology. Chambrey.. 261-298p. Univ. Serv. et Not. Lewis Publishers. 157p. (1989) – Contaminated sediments. FÖRSTNER. Trav. Sediments: chemistry and toxicity of inplace pollutants. 27. (1990) – Inorganic sediments chemistry and elemental speciation... Sedim. DEU. USA. Vol. Dyn. & Et. 239. H. CAZALE H. et VASSAL J. Côtes. Et. 6.P... Thèse d’Etat. (1987) – Sediment-assaciated contaminants – an overview of scientific bases for developing remedial options. Hydrobiologia. D. 186p. Mém.. IX. R. (1957) – Prévision de la houle. U. sér. Géol. FOLK R. FÖRSTNER. ( 1966) – A review of grain size parameters. Océanogr. Distribution. Côtes Maroc. 263pp. .. 3-27 p. 149:221-246.. (1974) – La matière organique et la sédimentation récente dans le golf de lion. ET PEVEAR. (1975) – Ressources en eau t. (1995) – Mise en point en écotoxicologie:detection des perturbations fonctionnelles des sediments en presence de composes chimiques. n° 86. P. Info.

HAKANSON. ANKLEY. . Résultats des campagnes CINECA. Tome I. 3-22. Sci.. 15:2080-2094.. 217fig.E. DEU. (1984) – Manganese in the marine environment.J.L.. (2001) – Heavy metal anomalies in lagoon sediments related to intensive agriculture in Altata-Ensenada del Pabellon coastal system (SE Gulf of California). Springer-Verlag. p. L. CHAGDALI M. GONÇALVES E..P. M. & LAKHDAR J. 222p. T.M. (1992) – Sediments and aquatic mosses as pollution indicators of heavy metals in Ave River Basin. LAKHDAR J.... CHANAUT J. – Téthys. Marseille.D. p. p 333-348. Environmental Toxicology and Chemistry. Wat. Environment International 265-273.. MA. 316p HANSEN. – Masson & Cie Edit. ET PESCH. SARF F. Vol. A sedimentological approach. (1983) – Principles of lake sedimentology. D. LABORDE P. SARF F. 386 p. 6.Références bibliographiques GLASBY. (1999) – Description du courant dans la lagune de Oualidia durant l‘automme 1996. Casablanca. BOAVENTURA R. n° 1-2. YAN. Total Environ. BOOTHMAN.. . MAHONY. BERRY. Elsevier. Rev.. 114 : 7-24 GRALL J. Ocean. 8pl. D.2. Canada. Paris VI.S. HAYES M. HILMI K. Sedimentary Environments Developments in sedimentology 14.R. GUILCHER A... 14 . C. . Ann.. In: L. D. Oceanologica Acta.R.R.. (1965) – Précis d’hydrologie marine et continentale. J. HILMI K.. (2002) – Etude courantologique descriptive de la lagune de Sidi Moussa (Printemps 1997). (1975) – Morphology of sand accumulations in estuaries. 155 .. (1974) – Caractéristiques trophiques et production planctonique dans la région sud de l ’Atlantique marocain .. CRONIN Ed . Berlin. Vol.. HAKANSON. W... ORBI A. Estuarine Research. Faculté des sciences de Ben M’Sik.. INRH. PÀEZ-OSUNA F. Res. L. . 22:169-194.. Travaux et Documents.. Biol. MOUVET C.W.L. Geology and Engineering – New York Academic Press. GLENNIE. GREEN-RUIZ C. Actes Colloques Hydrodynamique Marin 02. (1997) – Modelisation stochastique des variations à court terme du niveau d’eau dans l’estuaire du saintlaurent. Ed. ROBSON. (1996) – Predicting the toxicity of metal-contamined field sediments using interstitial concentration of metals and acid-volatile sulphide normalization. Q. DI.P. V. Mar. HILMI K. & EL-SABAH M. (1980) – An ecological risk index for aquatic pollution control. E.. 975-1001.CHARCOT I et III.. Amsterdam. G. D.A. 20. & LE CORRE P.P. (1970) – Descrt.J. ET JANSSON. G.T. 11-28.O. W. ORBI A.. 1-6pp. K.. Casablanca (sous presse).

(1994) – Coastal lagoons. MARKING. Thèse de doctorat d’Etat 175 p. Soc. PARELE E. analyse diffractométrique. 34 (2) : 123-128. TAHIRIL. préparation. Amsterdam. 262. KAIMOUSSI A. Hydrological Sciences journal. (1997) – Speciation heavy metals in sediments from salt Marshes on the Southern Atlantic Coast of Spain. 189p. 70 fig. Trichlorfon. ET BILLS. Bassin d ’Aquitaine. USERO. El Jadida. Total Environ.. Maroc. (1994) – Effects of water temperature and pH on toxicity of Terbufos. P. Bordeaux. Elsevier oceanographic series.. Wellington. HUME T. C. Un. BRIEDE A. IZQUIERDO C. 186p. KLAVINA I. CHAFIK A. (2002) – Etat de la pollution métallique au niveau du littoral de la région d’El Jadida : Etude comparative entre l’année 94/95 et l’année 98/99. RODINOV V.Thèse 3ème cycle . L. Nord. 32:1063-1076. et HERDENDORF . N) 1712.. Bull. 136p. (1985) – Les minéraux argileux. KALVINS M. (1987) – La couverture sédimentaire meuble du plateau continental atlantique marocain entre Larache et Agadir.. Chemosphere. 60.. KUKKONEN. (1994) – Evaluation de l’état de salubrité du littoral Méditerranéen et atlantique Nord (Saadia – Safi) durant la période 1992 – 1994.E. 108. 156 . INRH. ET LANDRUM. Kjerve (Ed). T. 13:51-66.L. IDRISSI H. KOKORITE I. Water and soil Miscellaneous. (1987) – Tidal inlet stability : Proceedings of Workshop. D. J. (1981) – Les environnements sédimentaires actuels et pléistocènes du plateau continental atlantique marocain entre Larache et Agadir .B. N°12. Publ. B. et TALEB H. 80 p.Univ Mohamed V. KJERVE B. (1997) – Adsorption of metal ions on bed sediments. Géol. Mar.K.. 42:713-723. Bull.. 37fig. 1987.B & CIRAC P..F. Rabat. (2000) – Heavy metals in rivers of Latvia. JAAIDI E. Publication. N°77.M.. 33-51. GRACIA I. 4-Nitrophenol and 2. (1996) – Distribution of organic carbon and organic xenobiotics among different particle-size fractions in sediments. détermination. Casablanca. 1-8. G. Pollut. Faculté des Sciences. HOWE. Coastal lagoons processes. Géol. P. p... Thèse de 3ème cycle . ET RAM. Bordeaux I.. Trav. (1995) – Dynamique sédimentaire et état de la pollution de la lagune de Nador. Environmental Toxicology and Chemistry. Inst.D. Sci..4Dinitrophenol to the amphipod Gammarus pseudomonas and rainbow trout (Oncorhynchus mykiss). INANI D.Références bibliographiques HOLTZAPFELL T. 175– 183. JAAIDI E.. JAIN. n° 42. Et Doc..

LACOMBE H (1965) – Cours d’océanographie physique (théorie de la circulation. RAMESEY M. LIBER K.J.. Inform. Inc. (New – York – San Francisco – London )..D.P. Et. 157 .W. Serv. Paris. Com. 6:11-20. II. p. J. ET HERCHE. Quaternaire. (1996) Effects of Chironomus tentan larval growth retardation on adult emergence and ovipositing success:implications for interpreting freshwater sediment bioessays. 9-22. Géol. Com. CALL D. Not Mém .F. Cu.. Thèse de Doctorat d’Etat es Sciences. 6 (8). LOCATELLI C. p. 72 bis . COLES B. LANDRUM. Taiwan. Microchem. Applied Geochemistry. 36 (6) : 464471.E.J. (1950) – Aperçu de la circulation océanique de la partie S. Côtes. vagues). Pb. EADIE.H & THORNTON I.. P. p. Applied Geochemistry.Références bibliographiques LABONNE M. Academic Press . Gauthiers Villars. Hydrobiologia 323:155-167. ET DILLON T. Inform. Rabat. Oceanogr.J.. et RAYNAL J. Et... Bull. 15:567-581.M. As. South China. houles. 13. Environmental Toxicology and Chemistry. LACOMBE H. Zn and Mn by anodic and cathodic stripping voltammetry in marine environmental matrices in the presence of reciprocal interference. R (1977) – Coastal logons of Mexico . 392 p. WAI D.0000.H. Mar. de l‘Atlantique Nord. WITEMAN F. B. Bull. FANG M. LANKFORD R. Cd. L. (2002) – La sédimentation néritique au large des côtes atlantiques marocaines. Poll.T. 65: 293–303. Vol.. Côtes Maroc.M. (1987) Reduction in bioavailability of organic contaminants to the amphipod Pontoporeia hoyi dissolved organic matter of sediment interstitial waters.. (2000) – Les formations plio-pléistocènes de Casablanca et la chronostratigraphie du quaternaire marin du Maroc revisitées.L. TORSI G. pp. Maroc . et GIGOUT M.Origine des fortes houles au Maroc. Oceanogr. 349-355. LEE C. 13 : 885-892. Their origin and classification Estuarine processes.. (1998) – Characterization and distribution of metals in surficial sediments in sowthwestern. Bull.. Mohamed V. (1954) . LI X. 44-53..W. Ed . Univ. (Littoral atlantique nord). (1998) – Recent and past anthropogenic impact on a Mediterranean lagoon: Lead isotope constraints from mussel shells. (1950) – Notice explicative de la carte géologique des environs de Casablanca au 1/200. Proposal of a new analytical procedure. LUCK J.D.. 2(2). LI Y. 182-215. 300p LACAZE A.. (2000) – Determination of Se.S. vol. NIHART.. (2000) – Heavy metal distribution in sediment profiles of the Pearl River Estuary.R. LECOINTRE G. S. & HSIEH M.R. LEFEVRE D.. LABRAIMI M. .. BEN OTHMAN D. DAWSON T..

44 : 97-105. 273pp.. second edition. CARRUESCO C. R.J . D. 3ème series.Références bibliographiques LUCKE J. MATHIEU R. 5. CARRUESCO C. D. KAMEL S.T. ZOURARAH B. Marseille. B. n°1-2..B. et DOMINGUES J. Univ.. (2003a) – Spatial and temporal distribution of Heavy metals in Sidi Moussa lagoon sediments (Atlantic Moroccan Coast). t. Oxford University Press. M..420p. . Zn. and Cd concentrations in the rivers feeding a coastal pond (Thau. 2003.M. MOORE. Hydrogr. L. 158 . 60amsterdam. Paris VI.. ROMANS L. (2001) – Nature et origine du flux de matériel particulaire et son enregistrement dans un milieu paralique microtidal : cas de la lagune de Nador (Maroc nord oriental).A. Journal of Geology. Université Moulay Ismail (Meknes -Maroc).. AAJJANE A.. PARRON C. & NAUD J.. 41 – 68.. ZOURARAH B. Service Hydrographique de la Marine..A . southern France): Constraints on the origin(s) flux (es) of metals. Estu. MONTAGNE R. 42.R. Shapiro and Breger Eds. Thèse de Doctorat d’Etat. n°86 14 ... MINAS H. EL MOUMNI B. REYNOLDS. Geologica Belgica 6/1-2:31-42. (1997) – Fluxes and retention of trace metals in the Humber estuary..... origine et répartition de la phase argileuse de la lagune de Nador (Maroc nord oriental). et DROSDOVA T. (2003b) – Etude sédimentologique et géochimique du de la lagune de Sidi Moussa (cote atlantique marocaine) Africa Geoscieces Review (acceptée) MAHJOUBI. (1996) – Pb isotopes and Pb. MANSKAYA S. Sciences Total Environmental. (1997) – X-ray diffraction and the identification and analysis of clay minerals. MAHJOUBI R. Elsevier oceanographic series.E ET GLEGG G. MARTIN P. BEN OTHMAN. MILLWARD G. 1934.. Nat. (1968) – Geochemistry of organic substances. PACKARD T. A. LUCK. 561-584 MAANAN M..Tethys. & NAUD J.. P & M. (1986) – Sédiments et foraminifères actuels de la marge continentale atlantique du Maroc . (1922) – Le service de la prédiction de la houle au Maroc – Ann.. (1974 ) – La distribution de l’oxygène dans un upwelling côtier(NW de l’Afrique) et dans celui d’une divergence au large (Dome de Costa Rica ). F. Pergamon Press. d ‘Etat ès Sc. p.. & AAJJANE A..M. Cuirie. 166.. BONIN M. (1994) – Geological history of coastal lagoons. V. (1934) – A theory of evolution of lagoon deposits on shorelines of emergence.Thése Doct .. 378p.157. Kjerve (Ed). Journal of Africa Earth Sciences (acceptée) MAANAN M. NOACK Y. Coastal Schelf Sci.. Coastal lagoons processes. p. De la Terre.C. Sci. J..M. & Mém. J. p.. – Nature..6+. MONNA.

Talsa Okla. (1998) – Principales caractérsitiques des paramétres océanographiques de la côte atlantiques marocaine de 1994 à 1997. (1996) – Contribution à l’étude géomorphologique et sédimentologique du quaternaire de la vallée d ‘ Oum Rbia (Méséta côtière atlantique – Maroc). OUAKAD M. HILMI K. ORBI A. 73-7. ALLEN G. & ZIZAH S. Casablanca. Cosmochim. 69 fig. et TYE R.S.F.Océanologica Acta. 41 : 765-776. n°5 : PERRIAUX J.. 159 . Doc. Geoscience and Man. (sous –presse) et Africa Géoscience Review.J. (1972) – Ecological stress in a subtropical coastal lagoon :Lake St. De la S. t. Université Mohamed V Rabat. J. G. (1982) – Evolution sédimentologique et carctéres géochimiques des dépôts récents de la Garaet El Ichkeuk (Tunisie septentrionale).. & RICHARDSON D. ORME A.P.. n° 33. P27-80 . XXXVIII.9-22. (1981) – Sedimentary process in coastal lagoons In : Coastal lagoon Research present and future . (1998) – Les formations plio-quaternaires dans le domaine mesetien occidental du Maroc entre Casablanca et Safi : géomorphologie. 166p. INRH.. 1 pp. (1985) – Recognition and characterization of Holocene tidal inlet sequences. et ABERKAN M. n°18. vol. n°2.Effects of inorganic ammonium and organic nitrogen compounds sorbed by clays. pp. (1941) – Note sur les transgressions marines quaternaires du littoral atlantique du Maroc. NICHOLS M. pp. (1988) – Métaux traces dans une lagune méditerranéenne : Etang de Thau. 129-151. Bull. 13 tabl.P. Thèse de Spécialité. Petrol. Zululand . Marrakech. Technical papers in marine sciences. UNESCO .830-847. OUADIA M. 277pp. MAKAOUI A. 5.34. (1998) . PENA.R. 12. t. Vol. 63 p. Sc. XXIII. 1:3-26. ET PICOT. Loin Strasbourg. (1961) – Contribution à la géologie des vases gréseuses. 6pl. F.. PASSEGA M. et RUHLMANN A.. Mem. Univ. Lucia. NIEBOER E. Acta. (1964) – Grain size representation by CM patternqs as geological tool.. Trav. As. 205207 . Environmental Pollution (series B). n° :104. n°4. NEUVILLE R. (1980) – The replacement of the non descript term “heavy metals” by biologically and chemically significant classification of metal ions. Geochim. OUADIA M. pp.Sedim. N° . Carte géotechnique.Références bibliographiques MOSLOW T. Thèse de Doctorat d’Etat es Sciences. LARISSI J. S. Géologie Méditerranéenne.. Terre. 89-99 et Bull. Marine Geology. Vol. 14.H.. Perpignon. sédimentologie. MULLER P. Serv.. (1977) – C/N ratio in Pacific deep – sea sediments . 326 p.. 1975. B.. 80p. paléoenvironnements quaternaires et évolution actuelle.

POWER E. DENNISON W. In Burton. 54p.V.. 5-26.. Hassan II. 28-30. USA. 785. Nov. Ediscience Paris.M. MEXICO. & GARRIGUES P. Curr. 1-18. 23 : 701-715.F. K.MATHEW. Londres. Sci. PHLEGER F. 7fig. IAV. 41: 327–336. AYALA.C. DESAI M. Inter. Rapport de l’expédition de l’université du Durham à Sidi Moussa (1980) – Etude des oiseaux migrateurs vers le Sud. PIÉRARD C. FRA. (Eds). In Calow. RAFIK M. Mar. (2000) – Physiological responses of five seagrass species to trace metals. RAMADE. (1999) – Evolution des métaux lourds dans la sédimentation récente de la baie de Fort-de-France (Martinique).V.N.B. 378-396. PUJOS. Oceanologica Acta.. PONS. 160 . 1.C. Pollut.. et PHLEGER F.A. p. 14 fig. M. Mem.A ET CHAPMAN. UNAM/UNESCO.B. (1996) – Grain-size distribution of polychlorobiphenyls in coastal sediments. Blackwell Scientific Publications.J.A. PILLAI T. GBR.. Sediment toxicity assessment. G. M. in Simposio. (1969) – Some general features of coastal lagoons IN : A. Bull. P. 30:2276-2783. Mexico D... Environmental Sciences and Technology. PRANGE J.. Lagunas costeras.GANGULY A. Rapport de l’expédition Ornithologique Hollande au Maroc-(1981) – la migration des limicoles le long de la côte Atlantique du Maroc..H.B. 4:75-81. Rapport de l’expédition de l’Université d’Est Anglia au Maroc (1971) – Observation des oiseaux d’eau dans les zones humides les plus importantes au Maroc. In: Lagunas costeras.. BUDZINSKY H. F. Phleger (eds) Coastal lagoons Symposium . D. Chelsea. Rabat.CASTANARES A. (1993) – Bioaccumulation. MI. U. M. POSTMA H .A. (1992) – Assessing sediment quality. Mém. Rapport de l’expédition de l’Université de CAMBRIDGE à Sidi Moussa .A. Handbook og ecotoxicology.. P. PARRA. 3éme Cycle en halieutique. 1967.. E. Castananes and F.. Oxford.J.Références bibliographiques PHILLIPS.. J.. (1991) – Etude comparative d’élevage de pallourde dans la lagune de Sidi Moussa. P. (1998) – Dictionnaire encyclopidique des sciences de l’eau.EDIT. UNESCO . (Eds).N. 421-430. Simp. Lewis.Maroc (1972) – Observation des oiseaux dans la zone lagunaire de Sidi Moussa (Maroc). (1969) – Chemistry of coastal lagoons. (1971) – Organicmateriels in the marine environments and associated mettalic element..M.

(1952) – Sur la représentation graphique de la granulométrie des sédiments meubles. Estuarines Research. (1994) – Influence de la marée sur la stabilité des pentes. Génie Civil-Génie Côtier. TEXIER J. 28. Fr.P.. Academic press.A. Lab. Water Sciences and Technology. J.R Acad. Côtes Maroc. (1948) . AUZENDE J. 22 p. M. 318-320. Cronin(Ed)..A. (1984) – Structure and evolution of Mazagan ( El Jadida ) plateau and escarpment off central Morocco Océanologica actA n° sp.M. L. Revue de géologie dynamique et de géographie physique. ROUCH J. Actes des 3èmes journées nationales..Références bibliographiques RASHID. (1949) – La prévision de la houle sur la côte atlantique marocaine – Com. Sète-France. Sci. 59-72p. RUELLAN E. II.Traité d’océanographie physique. 2-4 mars 1994. 77-85. Bull. 6ème série. Paris. Masson.. et KISMI M. New York. 12 fig.. D. pp. A. RIVIERRE A. 27. Bull. 225. 141-147. Interprétation des courbes et applications.. E. Soc.. Acta. 34:29-35. (1973) – Modification in the solubility and precipitation behaviour of various metals as result of their interaction with sedimentary humic acides. and LEONARD. pp. Maroc.. KALABO R. E. Pons Chaussées 210. REZZOUG A. T. PCBs.. & Et . ROUCH J. II. LI A. et DOSTMANN H. Paris. ET RAV-ACHA C. GROSSMAN L. 145-154. (1986) – Essai de corrélation de l’océan au continent pour le quaternaire du Maroc. 72. (1992) – Sorption of organics on clays and synthetic humic-clay complexes simulating aquifer processes.92. D. Bull..R. Mem. REBHUN M. ET CHRISTENSEN E. 164p. 279-282. Géol.. 161 . Soc. pp. (1996) – Association of PAHs.. Océanogr. 17 tab. 2.. (1977) – Méthodes granulométriques et interprétations. silt and organic carbon sediments. (1931) – Le Maroc maritime français. et LEFEVRE D. T3 : les mouvements de la mer – Payot. RAYNAL J. P. Ed.. MANKA J. p. (1997) – Evaluation de la pollution métallique des sédiments dans les ports du littoral de Loire Atlantique. RAZAK I. 193-201. Vol. ALEXIS A. ROUX G. Geochim.. Notice météorologique et océanographique. 34.. Cosmochim. 137Cs and 210Pb with clay. 26:79-84. vol.. ROUX G. RIVIERE A. ROSEN.5. (1973) – Origin and processes of cuspate spit shorlines. Fasc. Water Research. Nat. C..P. (1947) – L’effet du vent sur les montées d’eau froide à safi. Sci. ROBBE. p. Sci.

(1936) – Les grottes préhistoriques d’El Khénzira (Région de Mazagan) Pub.. Zn.. their physics.Références bibliographiques RUHLMAN. Doc. et Energie. 48p..... D. GUO L. 347-380.R.M. SARF F. Bull. Marine Pollution Bulletin. Antiquités. (1995) – Biogenodynamics of pollutants in soils and sediments. INRH.. Mar. SFRISO A. 148-154p. Acta. ET LEONARD E.Carbon-nitrogen relation schip and quaternary correlation. Cahiers de la recherche Agronomique.. (1979) – Contribution à l’étude sédimentologique des limons soltaniens « Wûrniens des Abda – Doukkala (Méséta côtiére marocaine) . (1994) – Adsorption des métaux lourds (Cu. (2001) – Arsenic. John Wiley & Sons. 174–178p SIBLEY P. JOHNSON M. 121p. A. SARF F.. ANKLEY G. Thèse de 3ème cycle. Mohamed V. Maroc. Pollut. SALOMONS W. SAIDI E. Pennock. MARCOMINI A. SHUMILIN.. 26 :1-153p..M. Cd et Pb) par les sediments superficiels d’un cours d’eau: rôle du pH. In Bianchi.R. STEVENSON F. F. L. Sc. antimony. AL-SHUKRY R. PAEZ-OSUNA.S. SVERDRUP H.N. Rabat.T. E. 7:343-365p. Allemagne. 36. chemistry and general biology. C. (1969) – Contribution à la connaissance des minéraux argileux dans le sol marocain. 46. Prentice-Hall Inc.J. 6:653-672p. Univ. AND ZANETTE.H. (1996) – Predicting chronic toxicity of sediments spiked with zinc: an evaluation of the acidvolatile sulphide model using a life-cycle test with the midge Chironomus tentas. New york.W. selenium and other trace elements in sediments of the La Paz Lagoon. Berlin.. ET MATEJKA G. Rabat. n° 103.. SPM and phytozoobenthos of the lagoon of Venice.U. R. Maroc. (1942) – The oceans. et CHENG C. (1995) – Heavy metals in sediments. FLEMING R.C ET RAVICHANDRAN M. GODINEZ-ORTA. Peninsula of Baja California.. 1087p. MEANS J. n°231.K. SERPAUD B. COTTER A. (1997) – Carte sédimentologique de la lagune de Sidi Moussa. Trav..H. Cosmochim. (1999) – Natural organic matter binding of traces metals and traces organic contaminants in estuaries. K.. de la température et de la composition du sédiments. 162 . Revue des Sciences de l’Eau.. CASTEIGNAU M. (1972) – Organic giochemisty of the Argentine basin sediments.. pp 352 SANTSHI P.. et Twilley. SCHOEN U.. 30: 116-124p. Casablanca. Ltd. Mexico. 42. G. GREEN-RUIZ. J.. RODRIGUEZ-MEZA. ET STIGLIANI W. (1999) – Dynamique sédimentaire et état de pollution dans la lagune de Oualidia. (Eds).. Geochim.N. Mines. T. SAPOZHNIKOV. Géol.. USA. & LABRAIMI M. Biochemistry of Gulf of Mexico Estuaries. Environmental Toxicology and Chemistry 15: 2102-2112p.

(1996) – Effects of colloids.C.G. The Sciences of Total Environment. 91-107 WEISROCK A.183-188.Cap Sim (Maroc). p.P (1994) – Contribution pou un nouveau cadre stratigraphique des formations quaternaires de la région de Casablanca (Maroc). Oceanographic Atlas of the North Atlantic Ocean I. 1934. Bull. Auton. p. NAVAL OCANOGRAPHIC OFFICE 1965. Coastal Shelf Sci. (1987) – Partitioning of trace metals in sediments: relationships with bioavailability. Water Research 28: 2553-2559 ZENKOVITCH V. Soil Sci. WALKLY A. WEISROCK A.. NAGEL R. S.. Bordeaux.. 301.P. A.. De Mexico.750p..137-149. Hydrobiol. 15:643-651.W. (1982). C...E.R Acad. 27-38. flocculation. An examination of the degtjareff method for determining soil organic matter and a propose modification of chromic acid titration method. (1961) – Distribution of the elements in some major units of the Earth’s crust. WEN X.A. Sc.C..H. 72:175-192. ET LICK W. WILDI E.H. (1999) – Mobilization of heavy metals from le An River sediment. et RAYNAL J. MERRY R. TEXIER J.P et LEFEVRE D.. tides and currents. Bassin d’Aquitaine.. WEISROCK A.. Paris.E. Am.. Rev. 34. 149:43-52. 28:473-493.K. U. U. 175-187. Coastal lagoons..R. Bull. 2. Estua. Géol. pp. . 416. Soc. Washington. and Black I.P. Naval Oceanographic Office. particle size. (1987) – Oulja et ouljien au Maroc atlantique. (1994) Effect of pH on the bioconcentration of pyrene in the larval midge. WEDEPOHL K. Environmental Toxicology and Chemistry. Uni. 318. (1985) – Nouvelles propositions pour un cadre chronologique raisonné du quaternaire marocain. Chironomus riparius. Geol. Acad Sc. 1247-1253 TILLER K. South Australia.. Paris. Nac. a symposium. Dyn. Ayala Castanares et P. TYE R.G. n°11... ET STEINBERG C. T. 217:101-108. ZARCINAS B.P.. Etudes méditerranéennes. LEFEVRE D. p. 163 . D. pp. Phleger (Ed). Inst. (1989) – Regional geochemistry of metal-containing surficial sediments and seagrasses in upper Spencer Gulf.. Signification paléoclimatiques des dunes d’Essaouira . WARD T. RAYNAL J..J..Références bibliographiques TESSIER A. (1983) – Sur la notion du pluvial au Maghreb et péninsule ibérique.. (1969) – Origin of barrier beaches and lagoon coast.B. TEXIER J. JEPSON R. p. ET CAMPBELL P.A. 700.. S. and organic matter on the adsorption of hexachlorobenzene to sediments. TUREKIN K. C. ET ALLEN H. Géomo. Pub.

Pollution métallique des sédiments fin de l’estuaire de l’oum Er Rbia : impact des rejets anthropiques. P. B. (2002) . ZOURARAH. Sédimentologique et Géochimique. 232 p. Université Chouaïb Doukkali El Jadida (Maroc). REBOUILLON... Africa Geoscieces Review 9 (2). C.. B. REBOUILLON.. M. Monte-Carlo (Monaco) 2001. 36. 175. 164 . P. Vol... C. Actes du 36ème Congrès de la CIESM. et BAKKAS. S.Références bibliographiques ZOURARAH.. CARRUESCO. (2001) – Impact des effluents anthropiques sur les teneurs en métaux lourds dans les sédiments de la lagune de Oualidia (Maroc). CARRUESCO. Morphologique. S. ZOURARAH. (2002) – Les processus côtiers actuels et leur impact sur l’environnement littoral des Doukkala (côte atlantique marocaine) : Approche hydrodynamique. p. M. 143-156. LABRAIMI. et BAKKAS.. Thèse de Doctorat d’état. LABRAIMI. B.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful