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PROJET DE RECHERCHE

Elaboré par : NOM : EMBOLO ENYEGUE Elisée Libert - Élève ingénieur biomédical (FMSP) : OPTION : Toxicologie Et Impact Environnemental. - DEA BIOLOGIE MOLECULAIRE ET CELLULAIRE (FS)

A MONSIEUR LE DIRECTEUR GENERAL DE L’ACDIC

SUJET :
ÉTUDE DE LA TOXICITE DE 2 NOUVELLES BOISSONS COMMERCIALISEES AU CAMEROUN : ANALYSE DES FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES ET ANATOMIQUES DE rattus norvegicus : TRANSPOSITION A L’HUMAIN ET EVALUATION DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL.

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Introduction La forme physique personnelle a été un élément indispensable pour la survie dans toutes les sociétés antiques. Charles DARWIN dans ses travaux a pu prouver que l’évolution d’une espèce dépendait non seulement de sa capacité à pouvoir s’adapter mais aussi de ses dispositions parentales acquises (patrimoine génétique). Ces deux pensées réunissent les acquis intellectuels et les compétences physiques. De nos jours, la maturité d’un individu se fait encore évaluer par sa capacité à pouvoir braver des épreuves. Plusieurs méthodes sont employées par les individus afin de réunir en leur faveur les facteurs qui lui permettront d’arriver à ces fins; on voit alors des individus se lancer à toute sorte de dépravation : prostitution, vagabondage, consommation de drogues (cocaïne, amphétamine, cannabis etc…), toutes ces activités ont deux revers : le premier direct, est basé sur la quête d’euphorie afin de réaliser sans évaluation de conséquence l’objectif fixé et le second lointain basé sur la transmission des maladies ou alors sur la destruction des facultés cognitives. Les réglementations juridiques de plusieurs pays ont établi des règles strictes qui empêchent la consommation de toutes ces substances. En réponse à cela on voit alors naître des stratégies nouvelles basées l’utilisation des boissons dites énergisantes avec des concentrations élevées en psychotrope. En effet. Les « boissons énergisantes » sont des boissons sucrées, promues pour leur capacité à rehausser les niveaux d’énergie et de vivacité, elles contiennent de la caféine comme principal ingrédient actif, en plus de diverses autres substances aux propriétés dites stimulantes. Ces boissons présentent des dangers potentiels pour la santé de la jeunesse et aussi pour la société toute entière à cause du comportement imprévisible qu’elles peuvent entraîner. Evaluer quelle peut en être la toxicité au Cameroun peut être d’une importance capitale pour le maintien de la santé du peuple et la conservation des mœurs sociales.

I-

PROBLEMATIQUE
Le terme « boisson énergisante » a été choisi par l’industrie dans le but de soutenir ses

initiatives de marketing et de mettre de l’avant les propriétés stimulantes de ces boissons. Il n’existe aucun consensus parmi les organismes de réglementation quant à la définition de ces boissons et à la terminologie qui leur est associée. Les boissons énergisantes viennent dans une variété de marques, de saveurs, et de formats. On les retrouve dans la plupart des commerces d’alimentation, à côté d’autres boissons sucrées (boissons gazeuses, boissons aux fruits, etc.), et dans les bars, les centres
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sportifs et autres commerces. Elles peuvent contenir différents ingrédients, principalement du sucre (glucose, sucrose, etc.) et de la caféine (sous forme de caféine ou de guarana) ainsi que de la taurine, du glucuronolactone, des vitamines et diverses autres substances (ex. : ginseng, inositol, etc.). Au Cameroun aucun suivi n’est effectué autour de ces boissons. Les deux principales marques rencontrées dans ce pays dans presque tous les commerces d’alimentation sont : le « REACTOR » et le « XXL ».

Tableau 1. Principaux ingrédients communément contenus dans les boissons énergisantes : teneur par dose et description sommaire* I.1/ PUBLIC CIBLE ET TETCHNIQUE EMPLOYEE Les boissons énergisantes sont offertes en vente libre dans de nombreux points de vente, tels que les dépanneurs, les épiceries et les machines distributrices, où elles se retrouvent à proximité des autres boissons (boissons gazeuses, eaux aromatisées, thé glacé, etc.). Afin d’élargir le marché cible traditionnel des jeunes hommes, les fabricants de boissons énergisantes ont élaboré de nouvelles saveurs, de nouveaux mélanges d’ingrédients et de nouveaux emballages, et ils ont donné de nouvelles propriétés à ces produits. Tandis que plusieurs fabricants visent les femmes et les consommateurs plus âgés avec des versions faibles en calories et le recours à des ingrédients naturels, d’autres utilisent des stratégies de commercialisation qui ciblent une clientèle de plus en plus jeune. Le marketing des boissons énergisantes repose en grande partie sur une image associée à la culture des jeunes et sur des thèmes liés à l’attrait pour la rébellion, le risque et l’aventure qui se manifeste souvent à l’adolescence. Les entreprises de boissons énergisantes privilégient les canaux de diffusion
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non traditionnels tels que les événements, les commandites, les sites Internet des fabricants et les sites Internet de réseautage social comme MySpace et Facebook. Plusieurs entreprises établissent des partenariats avec des organismes et des événements sportifs (ex. : compétition de descente en patins Red Bull Crashed Ice) ou des athlètes professionnels, le plus souvent de sports extrêmes (ex. : planche à roulettes, BMX, motocross, karaté). Certaines entreprises font également du placement de produits dans des émissions prisées du jeune public, comme celles de la chaîne de télévision américaine MTV. Les slogans publicitaires et les sites Internet des fabricants de boissons énergisantes suggèrent d’utiliser leurs produits pendant un effort physique ou mental exigeant, notamment pour étudier, travailler, pratiquer une activité sportive ou encore danser toute la soirée. I.2/ INNOCUITÉ ET TOXICITÉ DES PRINCIPAUX INGRÉDIENTS En dépit de la popularité des boissons énergisantes, il n’existe que peu d’études sur les effets possibles de la consommation régulière ou occasionnelle de ces produits sur la santé. a- Caféine La caféine, une méthylxanthine alcaloïde, est sans aucun doute la substance psychostimulante légale la plus consommée actuellement dans le monde. Ses sources sont multiples, les plus connues étant la graine de caféier et la feuille de théier. On peut également extraire la caféine des noix de kola, des feuilles de yerba mate et des graines de guarana. Bref, plusieurs produits de consommation en contiennent, comme le café, le thé, les boissons gazeuses, les boissons énergisantes, le chocolat, les friandises et les préparations pharmaceutiques. La caféine constitue l’ingrédient actif principal des boissons énergisantes, auxquelles elle est ajoutée en raison de ses propriétés stimulantes. Les premiers symptômes d'intoxication aiguë par la caféine sont généralement les tremblements et l'agitation, suivis de nausées, de vomissements, d’une tachycardie. En cas d’intoxication grave, un délire, des convulsions, des tachyarythmies supraventriculaires et ventriculaires (tachycardie et fibrillation ventriculaires), une hypokaliémie, une hyperglycémie et une acidose métabolique peuvent se produire. La dose thérapeutique usuelle varie de 100 à 200 mg de caféine par jour. Une consommation excessive de fortes doses de caféine (plus de 250 mg) sur une longue période peut provoquer un syndrome appelé « caféinisme ». Il est important de différencier ce dernier du syndrome de sevrage de la caféine, car les symptômes du caféinisme se présentent pendant la consommation de caféine, et non à la suite d’un arrêt de celle-ci. Les symptômes du
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caféinisme décrits sont : les céphalées, la nervosité, l’irritabilité, les tremblements, les soubresauts musculaires occasionnels, les palpitations, les bouffées de chaleur, l’hyperventilation, les arythmies, la tachypnée, la tachycardie, la diurèse et certains troubles gastro-intestinaux. b- La guarana Originaire du Brésil, le guarana (Paullinia cupana) est une plante dont les graines contiennent principalement de la caféine (parfois surnommée guaranine), mais aussi des traces de théophylline et de théobromine. Selon la littérature, la caféine représente de 2 à 7,5 % du poids de la graine de guarana, comparativement de 1 à 2 % pour la graine de café(59). Selon le lieu, l’environnement et les conditions climatiques, il se pourrait que la graine de guarana contienne une quantité encore plus élevée de caféine. La toxicité du guarana est attribuable à la caféine qu’elle contient. c- La taurine Cette molécule est considérée comme un acide aminé « conditionnellement non essentiel », c’est-à-dire qu’elle peut être synthétisée par l’organisme (taurine endogène), mais il est possible que les quantités produites de cette manière ne suffisent pas pour compenser son élimination en période de stress ou d’activité physique intense. Généralement, la synthèse endogène de taurine satisfait aux besoins de l’organisme, et un apport alimentaire n’est pas nécessaire. On retrouve la taurine endogène principalement dans le cerveau, la rétine, le myocarde, les fibres musculaires de type II et également, à plus faible concentration, dans la rate, les reins, le foie et le pancréas. Il existe peu d’information sur les effets négatifs de la consommation de taurine. À forte dose, des cas de constipation et de diarrhée ont été rapportés chez quelques individus. La majorité des effets secondaires connus de la taurine ont été observés chez des patients malades ou présentant une condition particulière. Une étude établit que la taurine peut provoquer de l’hypothermie et de l’hypokaliémie chez certains patients souffrant d’une insuffisance adrénocorticale. Une autre étude fait état de nausées, de céphalées, de vertiges et de trouble de la démarche chez certains patients épileptiques. La taurine aurait aussi été associée à des épisodes psychotiques aigus. d- Ginseng Le ginseng est une plante adaptogène, c’est-à-dire qu’il peut augmenter la capacité du corps à s’adapter à différents stress. La racine, la feuille et même le fruit de cette plante originaire d’Asie sont réputés depuis des siècles pour leurs propriétés pharmaceutiques. C’est surtout de la racine qu’on extrait les composés actifs, principalement des ginsenosides. L’apparition d’épisodes de manie (État de surexcitation psychique caractérisé par l'exaltation
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ludique de l'humeur, l'accélération désordonnée de la pensée et les débordements instinctuels). Chez des patients dépressifs est attribuable au ginseng. Aux doses thérapeutiques recommandées, le ginseng serait totalement dénué d’effets indésirables. On a toutefois observé des effets indésirables consécutifs à une surconsommation de ginseng chez des patients qui avaient consommé au moins 3 g de ginseng en une journée (6 comprimés de 500 mg). L’hypertension, les désordres gastrointestinaux, l’insomnie, l’irritabilité, la nervosité, la confusion et la dépression figurent au nombre des effets indésirables rapportés. Des cas de syndromes d’abus de ginseng ont été diagnostiqués à la suite d’un surdosage (15 g/jour). Ce syndrome est caractérisé principalement par de l’insomnie, de l’hypertonie, des éruptions cutanées, de la diarrhée et de l’œdème. Le ginseng est contre-indiqué chez les patients atteints d’hypertension artérielle, de problèmes cardiaques, de diabète, de schizophrénie et d’insomnie et chez ceux qui sont en attente d’une chirurgie. Certains types de ginseng favorisent l’activité oestrogénique; les femmes qui présentent un désordre hormonosensible (ex : cancer hormonodépendant) doivent donc éviter d’en consommer. La prudence est également de mise en ce qui concerne les enfants, les femmes enceintes et les mères qui allaitent. e- Glucuronolactone Chez l’humain, le glucuronolactone est produit naturellement par le métabolisme du glucose dans le foie. C’est un ester cyclique, inodore et incolore, dérivé de l’acide glucuronique. Aucun effet toxique n’a encore été observé par cette molécule. f- Inositol L’inositol est une molécule organique cyclique; il s’agit d’un isomère du glucose qui est produit par l’organisme, Aucune étude n’a été recensée au sujet des effets indésirables de la consommation d’inositol chez l’humain. g- Vitamines du complexe B Les vitamines du complexe B sont des molécules hydrosolubles impliquées dans le métabolisme de production d’énergie. C’est pourquoi la riboflavine (vitamine B2), la niacine (vit. B3), l’acide pantothénique (vit. B5), la pyridoxine (vit. B6) et la cyanocobalamine (vit. B12) sont souvent ajoutées aux boissons énergisantes. Les concentrations des vitamines du complexe B des boissons énergisantes dépassent largement l’apport nutritionnel recommandé (ANR), si bien que la consommation d’une ou de plusieurs canettes par jour peut fournir un apport supérieur à l’apport maximal tolérable (AMT) quotidien de ces vitamines.

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Les vitamines du complexe B ne provoqueraient des effets néfastes qu’à de très fortes doses. L’ingestion de fortes doses de vitamines du complexe B peut induire les effets suivants : perturbations gastro-intestinales, douleurs abdominales, vomissements, somnolence, vertiges, céphalées, paresthésie, neuropathie sensitive, démangeaisons, thrombose vasculaire périphérique, sensation d’enflure, polyurie et coloration urinaire orangé. Ces effets sont généralement signalés dans des rapports de cas; leur fréquence est donc indéterminée. La niacine est la vitamine du complexe B qui présente le potentiel de toxicité le plus élevé. Certains effets sont constatés à partir d’une dose de 30 mg/jour(98). En fait, l’ingestion régulière d’une dose élevée (30 à 1 000 mg) de niacine sous forme de suppléments ou de fortifiants alimentaires peut notamment causer des bouffées congestives, c’est-à-dire des rougeurs subites au visage, au cou et à la poitrine, accompagnées de démangeaisons, de picotements et d’une sensation de brûlure. Parmi les cas d’intoxication, on rapporte de l’hépatotoxicité, des perturbations intestinales, une diminution de la tolérance au glucose, une diminution de l’excrétion de l’acide urique, de l’hypotension, de la somnolence, de la tachycardie, des arythmies, des vertiges et des céphalées. La niacine est cependant une vitamine peu toxique à des doses modérées durant des périodes limitées. De plus, aucun effet nocif n’a été associé à la consommation de la niacine présente naturellement dans les aliments. I.3/ PRESENTATION DES DIFFERENTS TYPES DE BOISSONS ENERGISANTES PREPONDERANTES AU CAMEROUN Au Cameroun on distingue principalement deux types de boissons énergisantes, rencontré dans presque toutes les ventes de presque tous les quartiers il s’agit du REACTOR et le XXL. 1- LE REACTOR Le réactor est une boisson gazeuse sans alcool vendu dans des bouteilles plastiques de 350 ml. Le contenu et la bouteille sont des marques déposées de the Monarch Beverage Company et de source du pays SA. Cette boisson est embouteillée par SP, source du pays SA, licence de the Monarch Beverage Company, Atlanta. a- ingrédients Cette boisson contient comme ingrédient déclaré : de l’eau gazéifiée ; du sucre ; acide citrique (e 330), le citrate de sodium (e331) ; arômes naturels et artificiels ; la taurine ; la caféine ; le benzoate de sodium (e221) ; caramel (e 150d) ; la tartrazine (e102); extrait de ginseng ; inositol ; vitamines B3, B5, B6 et B12.

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b- Valeur nutritionnelle Pour une bouteille de 350 ml, nous avons : 168g de lipides ; 40,5g de glucide ; 11,2mg de B3 (63%) ; 2,8mg de B5 (49%) ; 2,8mg de B6 (140%) ; 2,8 mg de B12 (280%). c- Précautions Sur la bouteille il est inscrit : déconseillé aux femmes enceintes ou allaitant, aux enfants, aux diabétiques, et aux personnes sensibles à la caféine. 2- LE XXL Le xxl est une boisson énergisante aromatisé et sans alcool ; elle se présente sous deux formes. Une forme sur bouteille cassable de 300 ml et une autre sous forme de bouteille plastique de 350 ml. Il est fabriqué et embouteillé sous licence internationale par les brasseries du Cameroun. aingrédients Cette version de boisson énergisante contient : de l’eau carbonatée ; sirop de maïs de haut fructose ; acide citrique ; d glucuronolactone ; arômes naturels et artificiels ; benzoate de sodium ; acide ascorbique ; sorbate ; choline ; penthothenate de sodium; inositol ; caféine ; taurine ; nicotinamide ; EDTA (pour protéger l’arôme) ; yellow 5 ; pyridoxine ; hydrochloride et le cyanocobalamine. bValeur nutritionnelle 100% de B3 ; 50% de B5 ; 190% de B6 ; 175% de B12.

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HYPOTHESES DE TRAVAIL
Les boissons énergisantes sont certes constituées de molécules pour la plupart

inoffensives, mais des toxicités pourraient être observées au niveau de la physiologie des mammifères. Il faut noter que c’est la dose qui fait le poison (Paracelse). Dans la plupart de ces boissons, les éléments qu’on y retrouve, ont des concentrations extrêmement élevées. De prime-a-bord, l’objectif est de stimuler le corps afin de produire plus d’énergie ; d’où le nom de boisson énergisante. La recrudescence observée dans la commercialisation des boissons énergisantes dans le monde et en particulier dans notre pays le Cameroun pourrait avoir plusieurs raisons. - La corruption des systèmes de contrôle de qualité des produits ; - Le manque d’infrastructures de contrôle toxicologique ; - Le manque d’application stricte des textes sectionnant l’importation de ces produits; - La désinvolture des pouvoirs publics quant à la sécurité de ses citoyens.

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Les conséquences à ces actions de négligence pourraient avoir des impacts aussi bien au niveau individuel qu’au niveau social.

II.1/ IMPACT AU NIVEAU INDIVIDUEL
a- Effets cardiovasculaires Depuis quelques années, plusieurs cas anecdotiques d’arythmies et même de décès consécutifs à la consommation de boissons énergisantes durant une activité physique intense ont soulevé des inquiétudes quant à la possibilité que l’ingestion de ces boissons, dans le cadre de la pratique de sports ou en combinaison avec de l’alcool, puisse augmenter le risque de décès par arythmie. b- Effets neurologiques Une étude réalisée auprès de jeunes adultes en bonne santé (n = 15) a évalué l’effet résiduel de la consommation d’une boisson énergisante sur la qualité du sommeil. Les résultats révèlent que la consommation de deux canettes de boisson énergisantes à deux reprises au cours d’un quart de travail de nuit avait réduit de 29 minutes la durée du sommeil, comparativement au placebo. De plus, l’efficacité du sommeil a été réduite de 92 % à 85 %. c- Effets psychiatriques Un article récent rapporte un premier cas qui associe un épisode de manie à la consommation de boisson énergisante. Un homme de 36 ans, connu pour une maladie bipolaire de type 1 qui était bien contrôlée depuis 5 ans sous traitement au lithium, s’est présenté en épisode de manie et a dû être hospitalisé. Sur la base de ce rapport. d- Effets rénaux RIESENHUBER et al., ont démontré que les effets diurétiques et natriurétiques des boissons énergisantes seraient secondaires à la présence de caféine dans ces boissons. En effet, la prise de 750 ml d’une boisson énergisante contenant au total 240 mg de caféine chez 12 sujets sains aurait produit des augmentations moyennes de 243 ml de la diurèse (soit 1,01 ml/mg de caféine) et de 27 mmol du sodium urinaire (p < 0,001 dans les deux cas). La taurine n’aurait pas eu d’effet additif sur ces paramètres. e- Boissons énergisantes et tabac La fumée du tabac modifie la pharmacocinétique de la caféine. En effet, ce type de fumée est un puissant inducteur du cytochrome P450 1A2 hépatique, la principale voie métabolique de la caféine. Une étude récente qui visait principalement à décrire la pharmacocinétique de la caféine dans une population asiatique a démontré que la demi-vie d’élimination de la caféine est de 4,3 heures chez les non-fumeurs, comparativement à 3

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heures chez les fumeurs. Chez ces derniers, il faut donc des doses supérieures de caféine à des intervalles plus rapprochés pour obtenir le même effet recherché que chez les non-fumeurs. De plus, une étude réalisée auprès d’adolescents a révélé une forte association positive entre la consommation de boissons énergisantes et le tabagisme. f- Boissons énergisantes et alcool Une étude a évalué les conséquences de la consommation d’une boisson énergisante alcoolisée sur certains paramètres neuropsychologiques chez 27 femmes dont la moyenne d’âge était de 21,6 ans. Sur le plan de l’état neuropsychologique, les participantes qui avaient consommé une boisson énergisante alcoolisée ont obtenu un résultat global nettement inférieur à celui des participantes qui avaient consommé une boisson énergisante sans alcool ou une boisson sans caféine et sans alcool. Les résultats de fluidité verbale et de jugement Visio-spatial étaient particulièrement faibles. II.2/ IMPACT AU NIVEAU SOCIAL La consommation des boissons énergisantes n’a surement pas seulement un impact au niveau de la santé de l’individu ; la société aussi pourrait en souffrir. Puisque l’action psychostimulante de la caféine, principal constituant des boissons énergisantes pourrait entrainer des troubles des fonctions cognitives et de mémoire très poussés entrainant ainsi les sujets à la délinquance, à la dépravation des meurs etc…

III- CADRE OPERATOIRE
Cette étude toxicologique sera prospective, basée sur des bios-essais sur rattus norvegicus. Elle sera réalisée dans le laboratoire de biologie animal conjointement avec le laboratoire de Biochimie et le laboratoire d’anatomie de la faculté de médecine de l’université de Douala. III.1/ DONNEES SUR Rattus norvegicus Autrefois abhorré et méprisé, considéré seulement comme une créature nuisible, le rat est désormais un animal de compagnie à la mode et surtout un sujet d'expérience indispensable en laboratoire. Il est utilisé comme modèle d'étude dans de très nombreux domaines de la recherche biomédicale. Et la plupart des expérimentations pharmacologiques et toxicologiques sont aussi réalisées sur ce petit rongeur. Le rat de laboratoire ou de compagnie, Rattus norvegicus, est un rongeur de la famille
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des Muridés. Son ancêtre, le rat sauvage, est originaire d’Asie centrale. Malgré son nom, il n’a pas d’origine norvégienne. Il s’est propagé en Europe, à partir du Moyen-âge, le long des routes commerciales et militaires. Le poids d’un adulte est de 450 à 520 grammes pour les mâles et de 250 à 300 grammes pour les femelles. Le poids d’un petit à la naissance est de 5 à 6 grammes. - La durée moyenne de vie varie de 2,5 à 3,5 ans. La durée de vie maximale décrite est de 56 mois soit un peu plus de 4 ans et demi. - La température rectale moyenne est comprise entre 35,9 et 37,5 °C. - La fréquence respiratoire est comprise entre 70 et 115 inspirations par minute, et la fréquence cardiaque entre 250 et 450 battements par minute. - Le nombre de chromosomes (diploïde) est de 42. A- ALIMENTATION ET PHYSIOLOGIE DIGESTIVE Le rat est omnivore. Pour 100 grammes de poids vif, il consomme environ 5 à 6 grammes de nourriture et boit 10 ml d’eau par jour. En outre, il est cæcotrophe c’est-à-dire qu’il ingère ses excréments afin de pouvoir digérer complètement la cellulose. En laboratoire, l'alimentation est standardisée et on utilise des régimes complets commercialisés par les grands groupes d'alimentation animale. Ces régimes sont composés principalement d'une source de protéines, (soit de la caséine soit de la poudre de lait écrémé), d'une source de glucides (qui représentent plus de 60% de la ration) sous forme de saccharose ou d'amidon de maïs et enfin de minéraux et vitamines en plus faibles quantités. La formule dentaire est la même que pour les autres rongeurs soit : incisives 1/1, canines 0/0, prémolaires 0/0, molaires 3/3. Les incisives ont une croissance continue. L’estomac est divisé en deux parties dont une seule est glandulaire. Le vomissement est impossible du fait de l’anatomie de l’abouchement de l’oesophage à l’estomac. Le rat ne possède pas de vésicule biliaire. Le cæcum est très développé et adapté à la digestion de la cellulose grâce à une microflore particulière. C’est un point important à souligner, car chez les souches indemnes de germes, le cæcum peut parfois se dilater et tourner autour de son axe. Cette torsion est alors fatale. B- REPRODUCTION Les mâles et femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 65 et 110 jours, c’est-àdire entre 2 et 4 mois environ, quand les mâles pèsent au moins 300 grammes et les femelles
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250 grammes. La reproduction cesse vers 12-18 mois. Le mode de reproduction peut être monogame. Dans ce cas un mâle et une femelle sont élevés dans la même cage et on enlève chaque portée après le sevrage. Si on choisit un mode polygame, un mâle est élevé avec deux à six femelles, chaque femelle est séparée dans une cage individuelle juste avant la mise-bas. Le cycle œstral de la femelle dure 4 à 5 jours et l’ovulation est spontanée. La durée de gestation est de 21 à 23 jours mais peut être rallongée de 3 à 7 jours si la femelle allaite encore une portée précédente pendant la gestation. L’œstrus post-partum est fécond. La femelle possède 6 paires de mamelles et le tissu mammaire est très développé. Il s’étend du cou jusqu'en région inguinale, ainsi que sur les flancs et sur le dos. Les portées comprennent 6 à 12 petits environ car il existe des variations en fonction des souches et de l’âge des parents. Les petits naissent aveugles et sans poils dans le nid préparé par la mère. Ils sont sevrés à l’âge de 21 jours. La croissance est très longue, surtout chez le mâle pour qui les os ne sont complètement ossifiés que vers l’âge de 2 ans. CAUTRES PARTICULARITES Le rat a une très mauvaise vue mais un odorat fortement développé. Il possède une glande lacrymale particulière, nommée glande de Harder, qui sécrète des larmes riches en lipides et en porphyrines. En temps normal ces larmes lubrifient l’œil, mais en cas de stress important ou de pathologie aiguë, elles s’écoulent par le canthus interne et par le nez, laissant apparaître des croûtes rouges qui ne sont pas du sang. Ce phénomène est appelé chromodacryorrhée. Parmi les autres spécificités, on peut citer la présence de masses de graisse brune, situées entre les épaules et en région cervicale, qu’il ne faut pas confondre avec des glandes salivaires ou des ganglions. Leur rôle est métabolique et thermorégulateur. III.2/ METHODE OPERATOIRE Des rats seront élevés dans l’animalerie du laboratoire de biologie animal de l’université de Douala. Dès leur maturité, ils seront séparés en 2 groupes de 6 lots numérotés de 1 à 6 ; chaque lot sera constitué de 6 rats. Les lots 1 et 2 seront constitués des rats de sexe féminin ; les lots 3 et 4 seront constitués des individus de sexe masculin ; le lot 5 sera constitué de 3 rats mâles et de 3 rats femelles enfin le 6ème lot sera constitué de témoins. Pendant un mois tout entier les individus du groupe 1 seront nourris normalement et abreuvés au réactor à différentes doses comme suit : Lot 1 et 3, eau + ¼ de 350 ml de réactor ; Lot 2 et 4, eau + ¾ de 350 ml de réactor ;
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Lot 5, de 350 ml de réactor sans eau ; Lot 6 eau uniquement sans réactor.

Pendant cette même période, les individus du groupe 2 seront nourris normalement et abreuvés au XXL à différentes doses comme suit : - Lot 1 et 3, eau + ¼ de 350 ml de XXL; - Lot 2 et 4, eau + ¾ de 350 ml de XXL ; - Lot 5, de 350 ml de XXL sans eau ; - Lot 6 eau uniquement sans XXL. Du sang sera recueilli après chaque semaine selon une méthode adéquate et des examens seront effectués ; Il s’agira de plusieurs types d’examens : 1- EXAMEN D’HEMATOLOGIE : hémogramme Par définition l'hémogramme est l'étude cytologique quantitative et qualitative du sang circulant. Il s'agit donc d'un diagramme sanguin qui analyse le nombre, la proportion, la morphologie et les variations des éléments figurés du sang. Il comprend d'abord les numérations absolues érythrocytaire, leucocytaire et plaquettaire. On établit ensuite pour les globules blancs la formule leucocytaire donnant les pourcentages des différents types de leucocytes : granulocytes neutrophiles, granulocytes éosinophiles, granulocytes basophiles, lymphocytes et monocytes (les granulocytes sont parfois appelés polynucléaires). A côté de la formule leucocytaire on peut évaluer le nombre d'érythroblastes présents sur le frottis. Ce nombre est exprimé en pourcentage du nombre total de globules blancs. Les globules rouges sont aussi caractérisés par les paramètres numériques érythrocytaires suivants: - L'hématocrite (Ht) est le pourcentage du volume sanguin occupé par les globules rouges. - Le volume globulaire moyen d'un érythrocyte (VGM) est exprimé en femtolitres (fl). C'est le paramètre mesuré par la plupart des automates qui en déduisent, connaissant déjà la numération érythrocytaire, l'hématocrite et la CCMH. - La teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine (TCMH) correspond à la charge moyenne en hémoglobine d'une hématie est exprimée en picogrammes (pg). C'est le rapport de la concentration en hémoglobine sur la numération érythrocytaire. - La concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH) correspond à la charge en hémoglobine pour 100 ml de sang. C'est le rapport de la concentration en hémoglobine sur l'hématocrite. Elle est exprimée en g/100ml ou en pourcentage.

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- Le taux de réticulocytes correspond au pourcentage de réticulocytes par rapport au nombre total de globules rouges circulants. - La concentration en hémoglobine [Hb] est déterminée classiquement par spectrophotométrie. 2- LE FROTTIS Il suffit d'une seule goutte de sang pour réaliser un frottis, prélevée avec ou sans anticoagulant. La goutte est déposée à une extrémité d'une lame de verre propre et dégraissée. On utilise ensuite une autre lame ou une lamelle ou bien encore une lame rodée, qu'on approche juste devant la goutte, en respectant un angle d'inclinaison de 30 degrés avec la première lame. La goutte va alors se répandre le long de la jonction entre les deux lames. Avant qu'elle n'atteigne les bords de la lame rodée, on étale la goutte de sang vers l'autre extrémité de la lame support. Si le frottis est bien réalisé, il ne doit pas toucher les bords ni occuper plus de trois quarts de la longueur de la lame. L'angle de 30 degrés est déterminant car l'étalement selon un angle plus obtus fournirait un frottis trop épais, et selon un angle plus aigu, un frottis trop fin, l'idéal étant d'obtenir une monocouche cellulaire. Le frottis doit être ensuite rapidement séché à l'air pendant une demi-heure au moins. Pour activer l'évaporation et minimiser les artefacts dus au séchage, on peut agiter vigoureusement la lame pendant la première minute de séchage. Cette méthode manuelle d'étalement demeure la méthode de référence. Après le séchage, le frottis peut être coloré. Il existe de nombreuses techniques de coloration et les plus courantes sont de type Romanowsky, c'est-à-dire qu'elles comprennent des colorants acides et basiques qui font bien ressortir les contrastes de bleu et de rouge. Parmi les colorations de ce type, les plus connues sont les colorations de Wright, de Giemsa et de May-Grünwald-Giemsa qui sont toutes les trois fréquemment utilisées en hématologie et souvent sous forme de colorations rapides (ex : Diff Quick), c'est à dire avec un protocole simplifié. On peut également employer des colorations plus spécifiques comme par exemple le bleu de méthylène pour mettre en évidence les réticulocytes, ou le méthyle violet pour détecter des corps de Heinz. Il existe aussi des techniques plus récentes de colorations cytochimiques ou immunohistochimiques permettant une classification très précise des cellules selon leurs propriétés.

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3- LES EXAMENS DE BIOCHIMIE ACIDE FOLIQUE, VITAMINE B 12 Une carence en acide folique - tout comme une carence en vitamine B12 - perturbe la synthèse normale de l'ADN. GLUCOSE URINAIRE CREATININE BILIRUBINE TOTALE ET CONJUGUEE ET URINAIRE ELECTROPHORESE DES PROTEINES PROTEIN C – REACTIVE (CRP) CHOLESTEROL IONOGRAME COMPLET GAZ SANGUINE TSH T4, T3 LH, FSH, TESTOSTÉRONE, PROGESTERONE COMPLEMENT (C3 ET C4) ANTICORPS ANTI-THYROGLOBULINE ET ANTI-THYROPEROXYD ASE (TPO)

4- LES EXAMENS D’ANATOMO-PATHOLOGIE Des observations microscopiques seront effectuées sur les organes tels que : le cœur, le poumon, l’estomac, les reins et le foie. Les anomalies (irrégularités) seront ainsi décrites.

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IV-COUT PREVISIONNEL DU TRAVAIL
Matériels 100 rats Nourriture pour rats 100 REACTORS 100 XXL Hémogramme + frottis TOTAL MATERIEL BIOCHIMIE GLUCOSE URINAIRE -CREATININE -BILIRUBINE TOTALE ET CONJUGUEE ET URINAIRE -ELECTROPHORESE DES PROTEINES -PROTEIN C – REACTIVE (CRP) -CHOLESTEROL -IONOGRAMME COMPLET -GAZ SANGUINE -TSH T4, T3 -LH, FSH, TESTOSTÉRONE, PROGESTERONE -COMPLEMENT (C3 ET C4) -ANTICORPS ANTI-THYROGLOBULINE -ANTI-THYROPEROXYD ASE (TPO) 7800 * 80 15500 * 80 18200 * 80 ANATOMOPATHOLOGIE EXAMENS REINS, CŒUR, POUMON, FOIE, ESTOMAC Prix unitaire 97 000 * 5 Prix total 485000 624 000 1 240 000 1 456 000 7 688 000 13500 * 80 5500 *80 7800 * 80 12000 *80 10800 *80 (6800 * 3) *80 (12800 * 3) * 80 1 080 000 440 000 624 000 960 000 864 000 1 632 000 3 072 000 6000 * 80 5200 * 80 12000 * 80 480 000 416 000 960 000 Prix (FCFA) 1300 * 100 100f la boule * 100 500 * 100 500 * 100 6600 * 80 Total (FCFA) 130 000 10 000 50 000 50 000 528 000 768 000

TOTAL EXAMENS BIOCHIMIE

PRIX TOTAL PROJET
TOTAL MATERIEL TOTAL EXAMENS BIOCHIMIE ANATOMOPATHOLOGIE 768 000 7 688 000 485000 8 941 000 FCFA

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CONCLUSION à l’issue de cette analyse, nous constatons que le jeune camerounais est au centre de notre travail. Il est l’élément vulnérable ciblé par les marketistes. Fer de lance de la nation camerounaise, le jeune doit être protégé ; pour cela il doit jouir de toutes ses facultés physiques et mental, ce que n’offre les boissons énergisantes . Dans les autres pays developpés, la consommation de ce type de boisson prive la société des talents de la jeunesse, ils sont en proi aus effets de la drogue. Etablir les effets des boissons énergisantes vendus au cameroun pourrait aider à sauver la jeunesse mondiale et en particulié la jeunesse camerounaise. Contrôler la toxicité ou l’innocuité des boissons énergisante reste un problème majeur, négligé par les authorités, détruisant a petit feu les consommateurs et rendant la société inapte des talents de leur jeunesse.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1- ABBOT,D.P., CHERRY,C.P.- Malignant mixed thymic tumor with metastases in a rat- Vet. Pathol., 1982, 19, 721-723 3- ABBOT,D.P., PRENTICE, D.E., CHERRY,C.P.- Mononuclear cell leukemia in aged Sprague-Dawley rats- Vet. Pathol., 1983, 20, 434-439 3- AKAHANE,K., FURUHAMA,K., ONODERA,T.- Simultaneous occurrence of hypercholesterolemia and hemolytic anemia in rats fed cholesterol diet- Life. Sci., 1986, 39, 499-505.

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