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1. Le projet de « KM » : les étapes de la capitalisation des connaissances.

« Celui qui apprend quelque chose de moi enrichit son savoir sans réduire le mien, tout comme celui qui allume sa chandelle à la mienne se donne de la lumière sans me plonger dans l'obscurité ». Les motivations de l’entretien et de la gestion de la mémoire organisationnelle peuvent être diverses : éviter la perte de savoir-faire d’un spécialiste après sa retraite ou sa mutation ; exploiter l’expérience acquise des projets passés, et conserver les leçons du passé, afin d’éviter de reproduire certaines erreurs ; exploiter la cartographie des connaissances de la société à des fins stratégiques ; améliorer la circulation de l’information et la communication dans l’entreprise ; améliorer l’apprentissage des employés de l’entreprise ; intégrer les différents savoir-faire d’une organisation.

Créer

Disséminer push Reformuler optionnel Chercher pull explicite Actualiser Internaliser

Capturer tacite Découvrir

Organiser

Appliquer

Le modèle de gestion des connaissances de Jasper (1999) « Le KM, Knowledge Management, est désormais compris comme un projet global de transformation de l'entreprise, visant avant tout (dans 9 cas sur 10) à une meilleure maîtrise du capital intellectuel de cette dernière… Dans les faits cependant, la mise en place de logiques de gestion des connaissances reste peu systématique : seules 16% des entreprises contactées déclarent avoir mis en place un cadre institutionnel, des processus et des outils et consacrer des ressources au partage des connaissances. » Ces deux constats issus d’une enquête réalisée en 2000 par Arthur Andersen et Valoris&Trivium en France illustrent le rôle capital reconnu de la connaissance, mais également les problèmes quant à sa gestion. Pour Prax (2000), la Gestion de Connaissance peut être vue comme « une approche qui tente de manager des items aussi divers que pensées, idées, intuitions, pratiques, expériences émis par des gens dans l’exercice de leur profession », et c’est aussi un processus de création, « d’enrichissement, de capitalisation et de diffusion des savoirs qui implique tous les acteurs de l’organisation, en tant que consommateurs et producteurs ». C’est d’abord un projet d’entreprise qui doit être réfléchi, avant d’être un système technique. La capitalisation requiert un processus de passage d’une mémoire de groupe à une mémoire organisationnelle : ce processus suppose un ajustement, dépassant la subjectivité et les représentations des différents acteurs, tout en restant pertinent pour tout le monde, en tous lieux et en tous temps. Les organisations apprennent au travers de leurs expériences et produisent un capital de connaissance collective, mais ce capital est rarement disponible instantanément et dans un contexte pertinent. De surcroît, l'appropriation de ce capital peut rarement se faire autrement que par questionnement direct des acteurs, « ceux qui savent ». Enfin, sans cet effort de capitalisation, la connaissance collective n'existe pas : elle reste virtuelle, et se réduit à une somme d'expériences isolées. On peut repérer quatre moyens ou outils pour faciliter les transferts entre les différents états de connaissance :

et par conséquent jouent un rôle primordial dans la diffusion de la connaissance et l'enrichissement des savoirs. capitalisation (formalisation de l'expérience).C. 3. Groupe + formel Département Branche Firme TIC explicite tacite Methodologies de formalisation Nouveaux métiers E-Formation + tacite l’entreprise doit être replacé dans un cercle qui couvre les quatre étapes de la vie d'une connaissance : création de connaissance nouvelle (innovation). CommonKADS). Prax 2000) Dans le cycle de vie de la connaissance le schéma de la marguerite montre que l’inventaire des savoirs existant dans .1. L’enjeu des nouveaux dispositifs pédagogiques est d'offrir un mode d'apprentissage par des voies et modalités nouvelles. se placent comme facilitateur de la communication. Dans un système de management de connaissance la mise en relation de l'offre et de la demande des différents acteurs joue un rôle déterminant et ne peut pas s'appuyer sur des technologies . webmaster ... de la coordination et de la coopération entres les acteurs. 4. Il faut identifier « ce qui va être géré » et comment : l’organisation doit repérer les savoirs tacites de ses membres. Les T. Elle pourra ensuite organiser leur capitalisation et tenter de les formaliser avec des méthodologies de formalisation appartenant à deux catégories : dédiées à la capitalisation des retours d'expérience (REX. MEREX) ou à la modélisation des connaissances (MKSM. cela suppose de créer de nouveaux métiers : knowledge manager. 2. centrées sur l'apprenant et proches de l'action : E-formation. pédagogie (diffusion des savoirs. (Modèle marguerite..I. validation interne et externe (intelligence économique).

Phasage général Politique d'expérimentation Généralisation b. Les résultats attendus Livrables Indicateurs 4. Le contexte du changement a. Les obstacles et difficultés attendus a. Que font nos concurrents ? 2. b. De nouveaux défis pour notre entreprise L'évolution accélérée des innovations dans notre secteur. Principaux services attendus par l'utilisateur 3. L'aménagement du temps de travail. particulièrement sur les sites distants b. Les acteurs d. Nos réalisations positives La création de groupes métiers (clubs). Objectifs du projet knowledge management Diminuer les délais de mise sur le marché de nos produits Mieux connaître nos clients Renforcer l'innovation Éviter la répétition des erreurs et la redondance des tâches Améliorer la prise de décision Intégrer plus rapidement les nouveaux embauchés Réduire les coûts de développement des systèmes d'information Générer de la valeur en intégrant mieux le capital immatériel Renforcer les valeurs du groupe. L'expansion internationale. Les finalités a. La démarche proposée a. Les nombreux départs en retraite de personnes expérimentées.Exemple 1 : plan d’un document « Projet de KM » (Prax): 1. imposant la connaissance de clients lointains. Freins et leviers b. Objectifs de la première phase c. pôles de compétences De nombreux (trop nombreux) fonds documentaires Les actions de progrès (benchmarking interne) d. équipes transverses. Risques . et la dispersion géographique de nos équipes. Les attentes de nos agents et dysfonctionnements Repérer de l'information pertinente juguler l'hémorragie informationnelle Constituer une mémoire d'entreprise Repérer les détenteurs de savoirs Améliorer les relations entre les filiales et le central Promouvoir la veille c.

de déduction. Phase 3. Le modèle doit irriguer toutes les fonctions et parties de l'organisation. exploiter les connaissances nouvelles et de les re-catégoriser et re-contextualiser pour qu'elles soient utilisables par d'autres. C’est un prototype (cas de produits) et un modèle (cas de services) qui suppose la combinaison des nouveaux concepts avec les composants existant.Exemple 2 . La fluctuation favorise l'interaction entre l'organisation et l'environnement extérieur : en face d'une turbulence. Une organisation ne crée pas de la connaissance par elle-même mais par les individus. Facteurs « facilitant » vision autonomie fluctuation redondance diversité . l'individu doit revisiter. c’est-à-dire l'aspiration de l'organisation vers sa finalité Phase 2. il faut privilégier l'interaction face-à-face et le dialogue entre les individus. Justification des concepts. La spirale de la création de connaissance collective est dynamisée par l'intention portée par une vision. Projet de Management des Connaissances d’après Nonaka Le modèle proposé est construit sur cinq phases et cinq facteurs facilitant la mise en place du projet : Phases partage de connaissance tacite création des concepts justification des concepts conception d'un archétype irrigation des différents niveaux Les cinq phases sont : Phase 1. ) La diversité interne d'une organisation doit correspondre à celle de l'environnement auquel elle est confrontée (loi de la variété requise). La redondance ne correspond pas à la simple duplication d’information qui crée une surcharge ou perte de temps : elle permet aux individus de comprendre les phénomènes complexes depuis des perspectives différentes Phase 5. L’organisation doit être capable d'acquérir. L’abduction est particulièrement efficace si elle sait employer métaphores et analogies pour expliciter la connaissance tacite. Phase 4. Création des concepts. Partage de la connaissance tacite. reconsidérer ses perspectives fondamentales. Lorsqu'un modèle mental tacite est partagé entre les acteurs. d'abduction. ceuxci doivent le cristalliser en concepts explicites par le dialogue. questionner les systèmes établis. et principalement sous forme de connaissance tacite . Cela se fait à travers des mécanismes d'induction. Cette conception doit impliquer l'ensemble des acteurs. Conception d'un archétype. Irrigation des différents niveaux.

. N’exploite pas de capacité de raisonnement. Il peut s’agir de construire une « mémoire d'entreprise ». soit à l'embauche de spécialistes . Les techniques de gestion d'une mémoire documentaire peuvent alors s'appliquer au livre de connaissances. suivant les domaines de spécialité . on trouve par exemple : Merex. Dans cette catégorie. références bibliographiques.. Livre de connaissances Niveaux de modélisation de la connaissance ( Dieng 2001). + Connaissances formelles ou non Connaissances formalisées d'un expert dans une base de connaissances formelles (formalismes objets. contrairement à un système expert. rareté d'une expertise reposant sur une personne .. • des points faibles : déséquilibre dans la répartition des experts dans l’organisation.). c'est-à-dire partant de l'expérience terrain et remontant les cycles d'abstraction. La base de connaissances doit être évolutive comme les pratiques. Ces connaissances doivent être organisées. Rex. Base des meilleures pratiques Concerne certains métiers de l’organisation. qui a déjà fait quoi et où est localisée cette personne ? Qui consulte cet expert. Il peut être organisé sous forme d'un hyperdocument. bases de données. même avec leurs contradictions. Contient des descriptions textuelles et graphiques des modèles de connaissances obtenus après modélisation des connaissances de certains experts de l'entreprise. • des insuffisances ou des retards : dans l'acquisition de compétences dans une nouvelle technologie émergente mais cruciale dans la stratégie future de l'organisation (Web. Elle capture des informations et des connaissances sur les processus et les procédés plutôt que les produits. d’où l’intérêt des connaissances informelles et la non nécessité de les formaliser. • de décrire les activités et tâches menées au sein de l'organisation La charge d'acquisition et de modélisation de connaissances est plus faible dans les deux premiers cas que dans les deux derniers. Possibilité de vérifier la cohérence des connaissances lorsqu’elles sont formalisées. Les méthodologies de capitalisation de l’expérience Le niveau de détail visé par une modélisation est différent. réseaux sémantiques. synthétisées et évaluées. il pourra s'agir : • de constituer un « annuaire des compétences » de l’organisation.2. avec une approche plutôt bottom-up. abstraites. Selon le cas. • d'expliciter le savoir-faire d'experts . Acquisition Modélisation Niveau de modélisation Annuaire des compétences Définition Cartographie des compétences de l'entreprise : identifie qui dans l'entreprise est expert sur tel ou tel type d'activités . a) La méthode Merex . quand et dans quel contexte ? Intérêt Permet la détection de certains besoins : • des lacunes : compétences cruciales pour l'avenir de l'organisation rares ou absentes. La mémoire vise à représenter les connaissances. pour un métier de l'entreprise. Construite à partir de connaissances internes et externes à l'organisation. avec des liens vers d'autres sources d'information de l'organisation : documents. • de constituer une base des « meilleures pratiques ». etc. intranet et XML actuellement…). qui sait faire quoi. cet annuaire peut être organisé de façon thématique. Cette constatation peut conduire soit à l'organisation de formations adéquates. bibliothèques de logiciels.

le titre. .). opérationnel (non théorique).le support de vérification de la règle explique comment la solution a été trouvée (prototype. paramètres physiques.un énoncé (15 lignes) ou un croquis. les détails sont capitalisés . Mise En Règle de l'EXpérience.. le rédacteur se limite à des faits simples et précis . signifiant car il sert ultérieurement à la réalisation des checklists . mais son véritable intérêt réside dans son côté participatif : peu à peu. et dans les ateliers de montage.les conséquences du non-respect indiquent les enjeux économiques (coût.C. .) .. . Cette méthode est mise en oeuvre dans les contextes produit/process.la solution de retouche qui propose une solution opérationnelle et éventuellement une deuxième solution. Corbel en 1995. Trois rubriques complémentaires témoignent de la validité et de la valeur de la fiche : . au fil de l'eau . . .le jalon. Merex vise à capitaliser et échanger des expériences acquises sur le terrain. c'est-à-dire dans les départements d'ingénierie véhicule. à la suite d'un benchmark avec l'Aérospatiale. applicable et validé . . Les rubriques principales sont : . de mécanique. en cas d'échec de la première.le contexte qui précise le champ d'application de la solution proposée (ou ses limites) .les éléments de validation apportent des preuves de l'efficacité de la solution (expériences réussies. des informations complémentaires. chaque narration d’expérience est limitée à une fiche A4 . est une méthode de capitalisation de l'expérience mise au point par J.. Merex se veut une méthode simple et facile à mettre en oeuvre dans un contexte comme celui d'une usine.Merex. b. . Les fiches d'expérience Merex doivent apporter une réponse concrète et rapide à un problème. et le nom des acteurs ayant participé à son élaboration. délai.. Elle est fondée sur quatre principes de base : a. L’enjeu de Merex est clairement centré sur l'optimisation QCD (qualité-coût-délai). avec l'indication des sources. d. la méthode doit être utilisable par tous. La fiche respecte les règles de rédaction des démarches ISO 9001/9002. la capitalisation devient un réflexe chez les agents et ils en comprennent les bénéfices. essai. pour l'amélioration des processus de l'ingénierie des véhicules de Renault. laboratoire. qui indique les dates ou points de repères auxquels ce savoir-faire doit être éventuellement intégré dans le process . c. qualité) liés à la solution .

fiches résultats de validation. depuis la capture jusqu'à la mise à disposition.une procédure pour construire et intégrer le modèle du domaine dans une base afin de constituer une structure d'accueil des éléments de connaissance .Les rédacteurs sont des opérationnels de chaque métier (chefs d'équipes). le nombre maximum de fiches mémorisées par métier doit être de cent. . .des procédures pour évaluer. fiches formation de technicien en atelier. une procédure pour effectuer le transfert de technologie Rex.Merex utilise également des check-lists : fiches processus. Rex peut être utilisé pour constituer la mémoire d'un projet (construction d'une centrale nucléaire ou d'un TGV). sinon. dans le but de préserver les savoirs et savoir-faire acquis pendant les phases de conception et de mise en route des réacteurs nucléaires Super-Phenix. . la création d'une nouvelle fiche impose un travail de tri.une procédure pour alimenter le système en éléments de connaissance .une méthode d'analyse des besoins et d'identification des sources du domaine d'activité. La Méthode Rex Rex complète l'approche Merex par une modélisation du domaine de connaissance. ou de consultation de bases de données . Développée par P. La rédaction des fiches est en principe laissée à l'initiative personnelle . elle offre en outre la possibilité de répondre à une question par un dossier regroupant plusieurs points de vue. Rex est une méthode de formalisation des « Retours d'EXpérience » qui comprend une méthodologie de formalisation de l'expérience et un logiciel de gestion des éléments de connaissance formalisés. . . La rédaction de ces fiches implique la participation de trois principaux acteurs : . Le procédé Rex est matérialisé par onze procédures et couvre toutes les étapes du cycle de la capitalisation de l'expérience.Les validateurs du réseau d’experts métiers de l’organisation . un consensus d'au moins 3 experts est nécessaire pour valider une fiche . métier par métier. présentées sous forme de questionnaire interactif : n° 1 Question Avez-vous veillé à l’existence… ? jalon date oui/non mitigé niveau risque de résultat attendu résultat obtenu plan d’action L’objectif principal de Merex étant l'efficacité. Il comprend : . .Prieur au CEA en 1993.Les gestionnaires ont la charge de l'administration de la base Merex. - . exploiter et faire évoluer le système .une procédure pour construire les éléments de connaissance à partir d'interviews de spécialistes et d'analyse de documents du fonds documentaire.

qui se présente sous la forme d'une fiche structurée en blocs de texte assez courts. fiche affaire. 5.l'ECD (documentaire) qui est produit à partir du fonds documentaire et correspond au résumé d'un document.l'ESF (Élément de Savoir-Faire) qui renvoie au savoir-faire acquis par une personne en On peut aussi créer de nouveaux EC répondant au contexte spécifique d'une application : fiche compétence. pour qui…) et y ajoute des critères qualitatifs (confidentialité. quoi. puis une capitalisation au fil de l'expérience et l'organisation d'une véritable mémoire technique active.Le réseau contextuel. Les méthodologies de modélisation de l'entreprise. . Il reprend les points de vue (donc nombreux) décrivant le domaine concerné. . dénommée élément de connaissance (EC). avec des liens typés. . ) et des critères techniques hérités du domaine (métiers. La somme des points de vue confère le caractère pédagogique à la présentation du concept. c’est un thesaurus.Les connaissances sont restituées par une description textuelle. A partir des termes d’une requête. partielle et structurée du domaine. une partie analytique.Le réseau descriptif. l'outil exploite les réseaux descriptif et lexical du modèle et collecte les EC. Les requêtes du système Rex sont effectuées en langage libre.l'EEX (Élément d'EXpérience) qui renvoie à l'expérience acquise par une personne de l'entreprise et qui est formalisée au cours d'un entretien. phases du projet. fiche outil… Les objets du domaine sont organisés sous forme de réseaux. c'est-à-dire une représentation schématique. des discussions informelles dans les forums. ou présentant des éclairages différents sur une même question. pérennité. . Pour permettre au système de répondre aux questions en langage naturel. modèle du domaine. contextuel : . Il reprend l'ensemble des points de vue décrivant le contexte du domaine (qui.Le réseau lexical.. et qui comprend une partie contextuelle. Accès aux connaissances : La base Rex gérant les fiches de connaissance est gérée par un SGBD-O et fonctionne dans l'environnement intranet ce qui permet un enrichissement collaboratif autour de nouveaux éléments de connaissance. lexical. quand. présentés sous forme d'un dossier ordonnés par pertinence décroissante par rapport à la requête. une partie factuelle.. . Il permet la consultation par butinage (browsing) de fiches d'expériences plus ou moins liées au centre d'intérêt. un réseau lexical lui est adjoint. Cette organisation peut être constituée de trois réseaux : descriptif. il existe trois types d'EC : . ).. Il établit des liens entre les mots et les groupes nominaux du domaine considéré..

c'est-à-dire partant d'une analyse systémique ou d'une tentative de modélisation de l'organisation. clients. L’objectif est de promouvoir l’analyse du problème en amont de la gestion d’un patrimoine de connaissances pour ensuite.un point de vue évolutif : le système est vu dans son évolution au cours du temps et en accord avec son projet.). Cette représentation est déclinée en trois sous-systèmes : le système de pilotage. . MKSM vise à expliciter un « patrimoine » de connaissances.. avec une approche plutôt top down. pour cela trois points de vue indissociables sont définis : .un point de vue structurel : le système est vu comme un ensemble d'objets . de gestion documentaire. La méthode MKSM Dans la lignée des méthodes classiques d’analyse des SI (MERISE).Il s’agit ici de construire un système de connaissances. envisager les solutions. afin qu’ils puissent ensuite mettre en place les « systèmes » de gestion des connaissances les plus adaptés à leurs besoins (système d’aide à la décision. . Method for knowledge System Management. d’aide à la conduite. dans les documents.…) et une capacité organisationnelle (politique de qualité totale . . Compte tenu de l'ampleur du sujet. . MKSM. MKSM procède par zooms et prend peu à peu en compte tous les facteurs ayant une incidence sur le système de connaissance : criticité. Il gère les savoir-faire des opérateurs. le système d'information et le système opérationnel. MSKM se donne pour finalité d'observer et de maîtriser le système de connaissance dans sa globalité et dans sa complexité . etc. Il mémorise les savoirs dans des bases de données.KADS est plus centré sur le flux d'acquisition de connaissance il va par exemple analyser le processus par lequel un expert trouve une solution à un problème et formaliser sa stratégie de résolution. facteur humain.Le système d’information assure la communication entre les systèmes décisionnel/opérationnel.. afin de le rendre intelligible et compréhensible aux acteurs concernés.un point de vue fonctionnel : le système est vu comme agissant . Il gère la connaissance de l'environnement extérieur (marché. seulement. les savoirs des experts. Ermine au CEA pour capitaliser les connaissances de chercheurs approchant l'âge de la retraite. les procédés et instrumentations. a été proposée en 1996 par J. Elle veut se démarquer ainsi de la pratique courante qui consiste à raisonner directement en terme de solutions et d’outils. il transmet au système opérationnel les instructions et décisions du système de pilotage.. Il enregistre les représentations (symboliques) du système opérationnel et informe le système de pilotage des performances de ce dernier (tableaux de bord…) . Chaque composant du sous-système manage différents types de connaissances : .Le système de pilotage fixe les objectifs de l'entreprise et en assure le contrôle et la régulation. de gestion de base de données. .).Le système opérationnel représente la production de l'entreprise. de gestion de la qualité. risque. ..MKSM se veut une méthode permettant de modéliser un système de connaissance dans sa globalité et dans sa complexité.L. Dans cette catégorie. . on trouve : KADS et MKSM.

MKSM fournit une analyse de l'activité qui produit ou utilise des connaissances. MKSM décrit un domaine par l'ensemble des processus qui s'y déroulent. technicien) ou non (documentation. mais un patrimoine du domaine. guidées par les données reliées par des flux. extrants).le schéma d'orientation de la gestion des connaissances. bases de données…) . Le postulat de base de MKSM est que l’information.Phase 5 : Le modèle des tâches. . avec notamment : . outre l’information. .la phase de cadrage. constitue la partie visible des connaissances qui admet également deux autres composantes : le contexte et le sens de cette information. qui cherche à définir les domaines strictement utiles à modéliser . . Pour cela.la phase de modélisation. .Phase 2 : Le modèle du domaine. contenue par exemple dans les documents ou les bases de données. . c'est-à-dire une description sémantique des objets.Phase 1 : La modélisation du système de référence. c’est donc gérer. La méthode MKSM procède par une série de modélisations de plus en plus fines. dont l'objet est de fournir un véritable outil d'aide à la décision sur un domaine de connaissance . le but étant d'obtenir une visibilité correcte sur les connaissances à gérer et les critères pertinents de décision : . Les cinq phases de modélisation de MKSM sont à suivre en fonction de la nature du problème. par le questionnement des différentes ressources. Il modélise la connaissance dynamique. .Phase 3 : Le modèle d'activité. dont l'activité se traduit par des flux et interrelations entre les différents sous-systèmes (intrants. Gérer les connaissances. humaines (expert. il s'appuie sur la modélisation SCFC (source-cible-flux-champ) complétée par des fiches analytiques ou scientifiques d’experts (normes. le contexte et le sens qui lui correspondent. . L’approche consiste à modéliser qualitativement ces trois points de vue différents sur la connaissance. MKSM s’appuie sur des technologies de l’information pour traiter le point de vue de l’information afin d’obtenir une solution opérationnelle selon les objectifs du projet de gestion des connaissances. modèles finis…).Phase 4 : Le modèle des concepts. Il modélise la connaissance statique. Elle définit et délimite le système avec une première cartographie des connaissances : principaux domaines et flux cognitifs.Une vue systémique du système La connaissance n'est pas un attribut propre à chaque sous-système. ceux qui sont proposés pour modéliser le sens sont fondés sur le génie cognitif. Les formalismes préconisés pour modéliser le contexte sont fondés sur la systémique. c'est-à-dire une représentation de la stratégie de résolution de problème ou du processus d'utilisation des connaissances statiques. en cinq phases. Il s'agit d'une analyse « fonctionnelle » descendante où chaque activité est décomposée hiérarchiquement en tâches. des concepts et des attributs du domaine.

connaissance du domaine : concepts théoriques. « criticité ». à partir de celle de conception ou d'implantation : Pour la phase d'analyse. KADS est basée sur la séparation des phases d'analyse et de conception.Le modèle de conception est le lien entre les modèles conceptuels (tâches.connaissance des tâches : connaissance de l'instance. planification puis monitoring. Il n'y a pas de retour sur la phase d'analyse. Ce modèle permet d'identifier les zones prometteuses de l'entreprise pour un système basé sur la connaissance. KADS adopte les méthodes classiques tout en prenant en compte les spécificités des SBC. Ces agents peuvent être soit des personnes. analyse des risques. . . KADS offre une approche structurée dirigée par les modèles.un schéma d'analyse des risques. L’auditeur analyse d'abord la situation réelle à l'aide d'outil d'interprétation.Le modèle d'expertise est le modèle principal qui tente de modéliser les processus par lesquels un expert trouve une solution à un problème. La méthodologie CommonKADS est développée selon un cycle de vie qui comprend quatre phases : examen des objectifs.Le modèle organisation décrit l'organisation dans laquelle le système sera utilisé ainsi que les modifications éventuelles de la structure organisationnelle. une bibliothèque de six modèles d'interprétation et l'indépendance du modèle conceptuel par rapport au langage d'implantation du SBC. Pour la phase de conception. ce qui lui permet d'aboutir à un modèle conceptuel. une des réponses les plus avancées en matière de méthodologie de développement de SBC. .stratégie de résolution du problème. du dossier en cours : le contexte . . que l'on se propose de formaliser. . Elle représente à l'heure actuelle. .structures d'inférences : règles appliquées par l'expert. relations entre les objets . est une méthode d'analyse et de modélisation des connaissances partagées. les tâches sont décrites indépendamment des agents qui les exécutent. Cet outil d'interprétation s'appuie sur une bibliothèque de six modèles : . manière d'aborder et de manipuler les objets .. intérêt pour les utilisateurs et facteur humain. la méthode permet de mettre en place un processus d'acquisition des connaissances pour la construction de systèmes basés sur la connaissance (SBC). La méthode KADS La méthode KADS. tacites ou déclaratives. soit des applications informatiques.Le modèle agent décrit les attributions des agents qui exécutent les tâches . en se fondant sur plusieurs types de connaissances : . par là. . Exemple de modèle de KADS II . . permettant de qualifier sur un diagramme de Kiviat les enjeux de la capitalisation pour chaque domaine de connaissance : difficulté d'accès.Le modèle tâche décrit les différentes tâches qui sont exécutées dans l'environnement où l'on se propose d'installer le système basé sur la connaissance . Appelée maintenant CommonKADS. agent. L’objectif de KADS II en 1990 est de proposer un processus d'acquisition des connaissances dans le but de modéliser l'ensemble des connaissances d’une organisation. dans laquelle le cycle de vie de la connaissance et l'interaction système-utilisateurs prennent une place centrale. Knowledge Acquisition and Documentation Structuring. L’expert est censé suivre des règles et une stratégie spécifiques. il identifie tous les agents qui sont concernés par le projet et. et par là même la faisabilité du projet. et analyse l'impact sur l'activité.Le modèle communication décrit les interactions entre les agents et fournit les mécanismes pour améliorer les capacités communicantes des agents lors de l'exécution des tâches. les futurs utilisateurs du système. communication) et leur implémentation informatique : architecture et fonctionnalité détaillée du système.

Eléments Contenu Relations Logique Modèle Transitoires Types Etablis Qualité Etapes Internes Dépendances Externes .