ESDEP

GROUPE DE TRAVAIL 2

METALLURGIE APPLIQUEE

Leçon 2.4 Nuances et qualités des aciers

Fichier : L2-4.doc

OBJECTIF
Présenter les classes actuelles d'aciers de structure.

PREREQUIS
Aucun

LEÇONS CONNEXES
Leçon 2.1 : Leçon 2.3.1 : Caractéristiques des alliages fer - carbone Introduction aux propriétés des aciers

RESUME
Cette leçon donne une approche de la classification des matériaux en termes de composition chimique, de propriétés mécaniques et technologiques et elle définit les principales spécifications applicables aux différentes classes d'aciers de structures.

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1. INTRODUCTION
Du fait de sa grande résistance, de sa bonne aptitude à l'usinage et de sa grande compétitivité, l'acier est l'un des matériaux de construction les plus importants. En changeant sa composition chimique et les conditions d'obtention, il est possible de varier à grande échelle ses propriétés et le sidérurgiste est capable d'adapter ses propriétés aux exigences spécifiques des utilisateurs (Annexe 1) [1]. De même que les propriétés chimiques et mécaniques, l'absence de défauts internes, la qualité de surface, la forme et les dimensions géométriques peuvent constituer des critères importants pour les utilisateurs. Les aciers utilisés pour des structures sont principalement des produits laminés à chaud sous forme de profilés, tôles, bandes, larges plats, barres et profils creux. De tels produits peuvent subir des opérations de formage à froid après laminage. Des matériaux moulés et forgés sont parfois utilisés. Pour faciliter la production, la commande et l'utilisation des produits en acier, des nuances et qualités sont définies dans des normes et spécifications qui donnent la composition chimique et les propriétés mécaniques et technologiques. Cette lecture traite la classification des nuances d'acier et donne une vue générale des principales nuances utilisées dans le domaine des structures.

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2. DEFINITION
Selon la norme européenne EN 10020 [2], l'acier est un matériau qui contient en poids plus de fer que n'importe quel autre élément, ayant en général moins de 2 % de carbone et contenant d'autres éléments (figure 1). Un nombre limité d'aciers au chrome peuvent contenir plus de 2 % de carbone, mais 2 % est la frontière habituelle entre acier et fonte.

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3. CLASSIFICATION DES NUANCES
La norme européenne EN 10020 [2] distingue : les aciers non-alliés et alliés selon la composition chimique ; les classes de qualité définies par la propriété principale ou les caractéristiques d'application pour les aciers non-alliés et alliés.

3.1

Classification par composition chimique

La classification est basée sur l'analyse de la coulée spécifiée dans la norme ou la spécification du produit et déterminée par les valeurs minimales spécifiées pour chaque élément. Les aciers non-alliés sont ceux pour lesquels aucune des valeurs limites de l'Annexe 2 n'est atteinte. Les aciers alliés sont ceux pour lesquels au moins une des valeurs limites de l'Annexe 2 est atteinte.

3.2

Classification par classes de qualité principale

Les nuances d'aciers peuvent être classées dans les classes de qualité suivantes : Classes des aciers non-alliés aciers de base, aciers de qualité, aciers spéciaux. Classes des aciers alliés aciers de qualité, aciers spéciaux. Pour cette classification, les points suivants doivent être considérés : Composition chimique, Propriétés mécaniques, Traitement thermique,

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Pureté en termes d'inclusions non métalliques, Exigences particulières de qualité, par exemple aptitude au formage à froid, à l'étirage à froid, etc., Propriétés physiques, Application. Des détails de cette classification sont donnés dans la norme EN 10020 [2].

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4. NORMES DE QUALITE POUR LES ACIERS DE STRUCTURE
4.1 Considérations générales

Cette section décrit la forme d'une norme de qualité pour les aciers de structure et analyse les points principaux. Généralement le contenu d'une telle norme est le suivant : objet et domaine d'application, classification et désignation des qualités, procédés d'élaboration, conditions de livraison, composition chimique, propriétés mécaniques, propriétés technologiques, états de surface, contrôle et essais, marquage.

4.2
4.2.1

Les points principaux
Procédés d'élaboration de l'acier

Le choix (four à l'oxygène, four électrique, etc.) appartient au sidérurgiste. Pour la méthode de désoxydation, les choix suivants sont possibles : Optionnelle : choix de la méthode par le sidérurgiste ; Acier effervescent (pas d'addition d'éléments de désoxydation). Ce type d'acier est utilisé seulement dans le cas de faibles limites d'élasticité sans exigences spéciales de ténacité Acier effervescent non autorisé : le fournisseur peut livrer des aciers semi-calmés ou calmés.

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L'acier complètement calmé contenant des éléments fixant l'azote en quantité suffisante pour fixer l'azote présent, par exemple 0,02 % minimum d'Al. 4.2.2 États de livraison

Plusieurs conditions de fourniture sont autorisées : État de livraison au choix du producteur, Laminé à chaud c'est-à-dire brut de laminage, Traitement thermomécanique : Laminage normalisant (N), Laminage thermomécanique (TM), Normalisation (N). On notera que les aciers trempés et revenus ne sont pas traités dans cette leçon. Les définitions pour le traitement thermo-mécanique des aciers sont données dans l'Annexe 3. L'état de livraison du produit est très important en ce qui concerne son application. Cet état devrait donc être clairement établi à la commande. Une attention particulière doit être donnée aux produits normalisés (N) ou obtenus par laminage normalisant (N) et aux aciers laminés thermo-mécaniquement (TM). Les matériaux laminés thermo-mécaniquement, contrairement aux matériaux N, ne sont pas aptes à des traitements thermiques consécutifs (sauf détensionnement) ou à des déformations à chaud (1100°C). Le traitement à haute température des aciers TM conduit à un abaissement de la résistance. On notera que les matériaux TM ont les avantages suivants comparés aux aciers N de même nuance : moins d'éléments d'alliage, une meilleure soudabilité à cause d'un carbone équivalant plus faible, un coût moindre, une économie de temps de fabrication du fait du traitement en ligne, pas de limitation de longueur des produits.

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4.2.3

Composition chimique

Les exigences sont basées sur l'analyse de la coulée et non du produit. Si une analyse du produit est spécifiée, on doit prendre en considération les écarts permis entre l'analyse du produit et les limites spécifiées de l'analyse sur coulée. 4.2.4 Propriétés mécaniques

Les normes de qualité spécifient généralement les propriétés de traction et de résilience. 4.2.4.1 Propriétés en traction Limite d'élasticité ReH : Résistance à la traction Rm : Allongement : valeur minimale, valeur minimale et maximale, valeur minimale.

Les valeurs requises dépendent de l'épaisseur du matériau. La limite d'élasticité et la résistance à la traction décroissent quand l'épaisseur augmente, ce qui peut être expliqué par le fait que pour un matériau plus épais, l'affinage du grain durant le laminage est moindre. 4.2.4.2 Résilience (essai de flexion par choc) La température d'essai et l'énergie de rupture minimale sont spécifiées. 4.2.4.3 Direction des échantillons Les propriétés mécaniques peuvent être spécifiées pour la direction longitudinale et/ou transversale. Longitudinal signifie parallèle à la direction du laminage ; transversal signifie perpendiculaire à la direction du laminage principal. Durant le laminage à chaud des produits longs, les déformations ont lieu principalement dans une seule direction créant une anisotropie qui donne des propriétés mécaniques différentes dans les directions longitudinales et transversales. La différence est la plus marquée pour la ductilité (allongement, résilience). 4.2.5 Caractéristiques technologiques

Les propriétés technologiques incluent la soudabilité et l'aptitude au formage. 4.2.5.1 Soudabilité La soudabilité qui est une propriété très importante des aciers de structure, est jugée sur la base de :

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a) b)

la tendance à la fissuration à froid, la ténacité de la zone affectée thermiquement (ZAT).

La soudabilité est influencée par la composition chimique et par la structure métallographique de l'acier. En augmentant la teneur des éléments d'alliage, on diminue la soudabilité. Une amélioration de la soudabilité est obtenue par l'affinage du grain. La soudabilité décroît en général quand augmente la résistance à la traction qui est liée à une teneur élevée en élément d'alliage. La figure 2 montre l'influence de la composition sur la soudabilité. La vitesse de refroidissement accroît la susceptibilité à la fissuration à froid et est contrôlée par l'épaisseur combinée portée en ordonnée sur le graphe. En abscisse, l'énergie de soudage influence aussi la vitesse de refroidissement ; plus l'apport de chaleur est grand, plus le refroidissement est lent. Le graphique montre que la réduction du carbone équivalent augmente les possibilités pour lesquelles on peut souder, pour un certain préchauffage, par exemple 100°C et un procédé de soudage particulier, par exemple soudage MAG avec un fil électrode conventionnel. 4.2.5.2 Aptitude au formage Les aciers de structure sont aptes au formage à chaud et à froid. On notera que les aciers thermo-mécaniques ne devraient pas être utilisés pour le formage à chaud (voir aussi états de livraison au § 4.2.2). Le formage à froid inclut le bordage, le profilage sur galets et l'étirage des barres. L'aptitude au formage à froid est évaluée par des essais de pliage. Les rayons de pliage spécifiés croissent avec l'épaisseur et la résistance à la traction. Les échantillons pour les essais de pliage peuvent être longitudinaux ou transversaux. 4.2.6 État de surface

Le produit ne doit pas comporter de défauts qui seraient préjudiciables à un emploi approprié. 4.2.7 Contrôle et essai

Les normes de qualité spécifient : le type d'essai (traction, flexion par choc, pliage, analyse chimique...), le lotissement : la vérification des propriétés mécaniques peut être faite par lot (par exemple un essai tous les 20, 40 ou 60 produits) ou par coulée, les unités de réception : nombre d'essais par lot,

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la position des échantillons : selon l’Euronorme 8 [3] (voir figure 3), le choix et la préparation des éprouvettes. 4.2.8 Marquage

Les produits doivent être marqués par peinture, poinçonnage ou étiquette adhésive indélébile indiquant : la nuance, le numéro de la coulée, le nom ou le sigle du producteur.

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5. NUANCE DES ACIERS DE STRUCTURE
Dans cette section les nuances suivantes sont décrites : produits laminés à chaud en acier de construction non allié EN 10 025 [4], produits laminés à chaud en acier de construction soudables à grains fins EN 10113 [5], aciers de structure offshore, aciers à résistance améliorée à la corrosion atmosphérique EN 10155 [6], nuances résistant à l'arrachement lamellaire, nuances pour galvanisation.

5.1

Produits laminés à chaud en acier de construction non-alliés EN 10 025 [4]
Description générale

5.1.1

Cette norme spécifie les exigences pour les produits longs (tels que profilés et barres) et les produits plats (tels que plat, tôle ou bande) en acier non-allié laminé à chaud d'usage général et les qualités des aciers. Ces aciers sont faits pour des structures soudées, boulonnées ou rivées soumises en service à la température ambiante. 5.1.2 Désignation des aciers

La désignation consiste en : Le numéro de la Norme européenne (EN 10 025) Le symbole S L'indication de la valeur minimale spécifiée de la limite d'élasticité pour les épaisseurs 16 mm exprimée en MPa La désignation de la qualité quant à la soudabilité et à la résistance à la rupture fragile JR, JO, J2 et K2. Éventuellement une indication du mode de désoxydation (G1 ou G2)

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Éventuellement une lettre symbole pour l'aptitude au bordage, profilage ou étirage Éventuellement l'indication + N si les produits ont subi un laminage normalisant. Exemple : Un acier avec une valeur minimale spécifiée de la résistance à la traction à température ambiante de 510 MPa, de qualité JO, sans exigence pour la désoxydation et apte au bordage (désignation C) est donné par :

Acier EN 10 025

S355 nuance

JO Énergie à 0°C

C Aptitude au bordage

5.1.3

Nuances

Il y a trois nuances d'acier de structure. Elles sont résumées dans le tableau suivant :

Nuance

S 235

S 275

S 355

1) 2)

Température de Mode de l'essai de flexion désoxydation(2) par choc JR + 20 Optionnel FU, FN JO 0 FN J2 - 20 FF 275 JR + 20 FN J0 0 FN J2 - 20 FF 355 JR + 20 FN J0 0 FN J2 - 20 FF K2 - 20 FF basé sur des épaisseurs 16 mm FU = acier effervescent FN = acier effervescent non autorisé FF = acier complètement calmé

Limite d'élasticité minimale(1) 235

Qualité

Toutes ces nuances sont des aciers C-Mn qui sont fournis brut de laminage, traités thermomécaniquement ou normalisés. Les aciers de nuance S355 ont la plus grande teneur en manganèse et peuvent aussi être microalliés.

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5.2

Produits laminés à chaud en acier de construction soudables à grains fins EN 10 113 [5]
Description générale

5.2.1

Cette norme s'applique aux aciers de construction soudable de qualité, laminés à chaud qui sont livrés sous forme de produits plats ou longs. Ces aciers sont utilisés dans des parties très chargées de structures soudées telles que ponts, réservoirs... La limite d'élasticité minimale de ces aciers varie de 275 à 460 MPa et la composition chimique est choisie pour assurer une bonne soudabilité. Ces aciers sont complètement calmés et contiennent des éléments de fixation de l'azote en qualité suffisante pour fixer l'azote présent. Ces aciers ont une structure à grains fins. 5.2.2 États de livraison

Ces produits sont obtenus par normalisation ou laminage normalisant (N) ou laminage thermo-mécanique (M) tel que défini en annexe 3. 5.2.3 Classification des qualités

Toutes les nuances peuvent être livrées dans les qualités suivantes : KG : KT : pour les qualités avec valeurs minimales spécifiées d'énergie de rupture en flexion par choc à des températures supérieures à - 20°C valeurs minimales spécifiées d'énergie de rupture par choc à des températures non inférieures à - 50°C.

5.2.4

Désignation

La désignation doit comporter : L'indice de la norme européenne EN 10 113, Le symbole S, L'indication de la valeur minimale spécifiée de la limite d'élasticité pour des épaisseurs 16 mm exprimée en MPa, L'état de livraison N ou M, La lettre majuscule L pour la qualité avec valeur minimale spécifiée d'énergie de rupture aux températures non inférieures à - 50°C.

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Exemple : acier avec une limite d'élasticité minimale spécifiée de 355 MPa, laminage thermo-mécanique, énergie de rupture à - 50°C

EN 10 113-3 norme

S355 nuance

M état de livraison

L Énergie de rupture à - 50°C

5.2.5

Nuances et qualités

Les nuances et qualités de cette norme sont résumées ci-dessous :

Nuance

Qualité

Limite d'élasticité Minimale (MPa)1) 275 355 420 460

M on N ML ou NL S 275 M ou N ML ou NL S 355 M ou N ML ou NL S 420 M ou N ML ou NL S 460 1) pour des épaisseurs 16 mm

Température de l'essai de rupture par choc - 20 - 50 - 20 - 50 - 20 - 50 - 20 - 50

Il devrait être noté que, pour l'essai de rupture par choc, des valeurs sont spécifiées pour le sens longitudinal et transversal alors que dans EN 10 025 (4) seules les valeurs dans le sens longitudinal sont exigées. Des valeurs minimales sont aussi citées pour des températures d'essai plus élevées, mais à moins que cela ne soit spécifié lors de l'appel d'offre et de la commande, les valeurs doivent être vérifiées dans le sens longitudinal à - 20°C ou - 50°C selon la qualité.

5.3

Aciers de structures offshore

Durant les dix dernières années, des spécifications d'acier pour l'industrie offshore ont été développées principalement pour des applications en Mer du Nord où les spécifications sont maintenant les plus exigeantes au monde. Des améliorations de la qualité ont été exigées pour des opérations plus risquées, par exemple le forage et la production à grande profondeur et dans des zones arctiques ou du fait de philosophies de la sécurité plus exigeantes. Les aciers de structure avaient dû être développés pour garantir les propriétés suivantes : haute limite d'élasticité ( 355 MPa),

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bonne résistance à la rupture fragile dans les 2 directions, excellente soudabilité, propriétés inchangées après détensionnement et chaudes de retrait, résistance à l'arrachement lamellaire, absence de défaut interne. Pour obtenir une combinaison de toutes ces propriétés, des progrès considérables ont dû être faits dans les procédés d'obtention et dans le laminage. Une norme européenne pour les nuances d'acier offshore n'existe pas à présent. Ces nuances sont spécifiées dans les spécifications de matériau établies principalement par les compagnies pétrolières. Comme chaque compagnie a ses propres spécifications, les exigences pour une nuance d'acier offshore particulière peuvent différer d'une compagnie à l'autre. Les exigences pour les aciers offshore sont beaucoup plus sévères que pour toutes les autres applications structurales. Pour le montrer, les exigences de composition chimique et de ténacité des quatre nuances suivantes possédant une limite d'élasticité minimale de 355 MPa sont comparées dans l'annexe 4 : S355 K2 G3 S355 N S355 M selon EN 10 025 [4], selon EN 10 113-2 [5], selon EN 10 113-3 [5],

Nuance offshore 355 (typique pour la Mer du Nord). On peut voir en Annexe 4 que, du fait de l'accroissement des exigences de ténacité, la teneur maximale en carbone est réduite et est très basse (0,12 % maxi) pour les aciers offshore. On notera que la perte de résistance due à la teneur réduite en carbone est compensée principalement par l'utilisation de micro-alliages et/ou par le laminage thermo-mécanique. De plus les spécifications d'acier offshore exigent de très faibles teneurs en phosphore et soufre. Comme la soudabilité est une des plus importantes propriétés d'une nuance d'acier offshore, un carbone équivalent maximum est spécifié pour ces aciers (comme c'est le cas pour la plupart des aciers de structure). Pour garantir une haute résistance à la rupture fragile, les exigences de ténacité des nuances d'acier offshore sont extrêmement élevées. Pour ce type d'acier, les exigences pour la direction transversale sont même plus élevées que celles pour la direction longitudinale des autres nuances d'acier de structure, voir figure 4.

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5.4
5.4.1

Nuance d'acier vis-à-vis du déchirement lamellaire
Description générale

Ces nuances d'acier sont des aciers pour structures ayant une haute résistance au déchirement lamellaire qui est un phénomène de fissuration se produisant principalement sous les joints soudés, figure 5. Trois facteurs contribuent au déchirement lamellaire : (a) (b) (c) Faible ductilité dans la direction de l'épaisseur, c'est-à-dire perpendiculaire à la surface, Bridage structural, Conception de l'assemblage.

Comme (b) et (c) ne sont pas relatifs à la qualité de l'acier, ils ne sont pas discutés dans cette section. En général, les aciers laminés ont des propriétés de ductilité dans l'épaisseur (direction Z) qui sont inférieures à celles dans la direction du laminage. La raison principale de cette faible ductilité dans le travers court est la présence d'inclusions nonmétalliques, principalement de sulfure de manganèse et de silicate de manganèse qui sont étirés dans la direction du laminage. Un haut niveau de ductilité dans le sens de l'épaisseur est obtenu par un traitement de coulée spécial durant l'élaboration qui assure une très basse teneur en soufre et une forme contrôlée des inclusions non métalliques. 5.4.2 Qualités vis-à-vis du déchirement lamellaire

La résistance au déchirement lamellaire est exprimée en termes de réduction de la section des éprouvettes tendues prises dans le sens de l'épaisseur. Selon la norme EN 164 [7], trois qualités peuvent être commandées : Qualité Z15 Z25 Z35 Striction ( %) 15 (minimum) 25 (minimum) 35 (minimum)

Les recommandations d'utilisation sont : Z15 : joints soudés soumis à des contraintes modérées

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Z25 : Z35 :

joints soudés soumis à des contraintes sévères joints soudés soumis à des contraintes importantes et à un bridage substantiel

5.5

Aciers à résistance améliorée à la corrosion atmosphérique selon EN 10 155 [6]
Description générale

5.5.1

Un désavantage des aciers de structure non alliés est leur tendance à la corrosion sous condition atmosphérique. Ils doivent généralement être recouverts ou peints pour protéger la surface de l'humidité, de l'oxygène et d'agents chimiques agressifs. Les aciers résistant à la corrosion atmosphérique appartiennent à une famille d'aciers faiblement alliés qui ont été mis au point pour des applications exigeant une longue durée de vie et de faibles coûts de maintenance. Ces aciers sont produits par une addition de petites quantités d'éléments d'alliage, en particulier du cuivre, à l'acier ordinaire. Une teneur en cuivre de 0,2 à 0,3 % améliore la résistance à la corrosion jusqu'à 50 % en comparaison avec un acier sans cuivre. Le phosphore renforce l'action du cuivre. Une amélioration additionnelle à la résistance à la corrosion des aciers contenant du cuivre peut être obtenue par des petites additions de chrome et nickel. Ces deux éléments sont très efficaces dans les atmosphères industrielles polluées par du dioxyde de soufre. L'acier résistant à la corrosion atmosphérique peut être utilisé non peint. Du fait des changements naturels du temps, la surface de l'acier est progressivement couverte d'une couche protectrice, de couleur rouge-brun qui diminue la vitesse de corrosion. Ces aciers sont utilisés pour des applications architecturales, décoratives et industrielles. Les principales utilisations industrielles sont celles exigeant une maintenance minimale telles que halles, ponts et pylônes électriques. 5.5.2 Résistance à la corrosion

Durant la première période d'exposition atmosphérique, la rouille se forme sur ces aciers comme dans le cas d'aciers ordinaires. La couche de rouille s'épaissit et devient un film d'oxyde protecteur dense ou patiné qui adhère fermement au métal de base. Cette patine forme une barrière protectrice entre l'acier et l'atmosphère, empêchant par là une corrosion supplémentaire. La formation de la patine dépend fortement de l'environnement local et des conditions climatiques. Pour avoir une couche protectrice d'oxyde ferme, la surface d'acier doit généralement être alternativement mouillée et sèche. Dans aucun cas cette surface ne devrait être continuellement humide.

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Dans les atmosphères marines, la protection donnée par la patine est moins efficace. Toutefois la perte de poids de ces aciers reste à un niveau plus bas que celle des aciers ordinaires, figure 6. Dans un tel environnement une protection supplémentaire peut être obtenue par peinture. Cette couche de peinture peut être beaucoup plus durable sur ces aciers que sur les aciers normaux. Dans les atmosphères industrielles contenant une quantité significative de dioxyde de soufre, la patine se forme rapidement et la vitesse de corrosion de l'acier diminue, figure 6. Les endroits où la patine est inefficace sont : les sites chauds et humides, dans les voies de chemin de fer, dans l'eau, les endroits soumis régulièrement à des courants d'eau, les endroits où la couche de protection est enlevée physiquement par contact. 5.5.3 Nuances d'acier

Les principales nuances de la norme EN 10 155 (6) sont :

Nuance2) 3)

Alliage

Limite d'élasticité minimale MPa(1) 235 355

S 235J0W S 235J2W S 355J0WP S 355J2WP S 355J0W S 355J2W

Cu-Cr Cu-Cr-P-(Ni)

Cu-Cr-(Ni)-(Mo)-(Zr) 355 pour des épaisseurs 16 mm 2) W est la désignation des aciers résistant à la corrosion atmosphérique 3) P est pour la classe de plus grande teneur en phosphore (seulement dans le cas de la nuance S355)
1)

Température de l'essai de rupture par choc (°C) 0 - 20 0 - 20 0 - 20

La composition chimique, les propriétés mécaniques et technologiques sont données dans les Annexes 7 et 8. Ces aciers peuvent être livrés en profilés, barres et plats pour les laminés. D'autres conditions de livraison peuvent être agréées.

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5.5.4

Soudage

Ces aciers peuvent être soudés avec des procédés manuels ou automatiques en respectant les règles générales de soudage. Le métal fondu doit être adapté aux propriétés mécaniques du métal de base. La résistance à la corrosion atmosphérique du métal fondu doit être égale ou supérieure à celle de l'acier. La couleur de la surface de la soudure sous corrosion atmosphérique dépend de la composition chimique du métal fondu. Un bon accord de couleur peut toutefois être réalisé en utilisant un métal fondu de même composition que l'acier de base.

5.6

Nuances d'acier pour galvanisation à chaud

Pour certaines applications structurales, une protection contre la corrosion par galvanisation à chaud est nécessaire, exigeant l'utilisation de nuances d'acier appropriées. En général, tous les aciers ordinaires de construction peuvent être galvanisés à chaud pourvu que la teneur en silicium soit à un bon niveau. Le silicium a une forte influence sur la réaction du fer et du zinc durant la galvanisation, figure 7. Des aciers à faible teneur en silicium ( 0,03 %) ou avec une teneur en silicium de 0,13 à 0,30 % peuvent être galvanisés dans des conditions satisfaisantes. Pour des aciers avec une teneur en silicium de 0,04 à 0,13 % ou au-dessus de 0,3 %, la couche de zinc peut être trop épaisse et présenter un risque de fragilité ou manque d'adhérence. Des recherches récentes ont montré que l'action du silicium est favorisée par le phosphore. Ces aspects doivent être pris en compte par les utilisateurs quand ils choisissent la composition chimique du matériau commandé pour galvanisation.

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6. CONCLUSION
Une large gamme d'aciers est disponible pour la construction. Cette gamme permet aux concepteurs et constructeurs d'optimiser les structures du point de vue du coût, du gain de poids, de la sécurité, de l'aptitude à l'usinage et ainsi de l'efficacité économique globale. La forte compétition entre les producteurs d'aciers et d'autres matériaux a accéléré le développement de technologies avancées pour une amélioration générale de la qualité et de la compétitivité de l'acier. Les progrès techniques dans l'élaboration et en particulier dans le laminage thermomécanique ont été importants durant la dernière décennie. Ces développements ont entraîné la production économique d'une nouvelle génération d'aciers faiblement alliés à haute résistance combinant des propriétés que l'on pensait incompatibles, c'est-à-dire haute résistance, excellente soudabilité et une bonne résistance à la rupture fragile. Pour les utilisateurs ces développements ont entraîné de nouvelles opportunités pour des réductions de coût et une fabrication plus facile et de cette façon ont contribué à l'amélioration considérable de la compétitivité.

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7. BIBLIOGRAPHIE
[1] Stahlsorten und ihre Eigenschaften J. Degenkolbe Stähle fûr den Stahlbau, Eigenschaften, Verarbeitung und Anwendung Berichtsband Stahl Eisen Herausgeber : Verein Deutscher Eisenhüttenleute (VDEh) [2] [3] [4] [5] [6] [7] EN 10 020 Définition et classification des aciers, Novembre 88

Euronorm 18-79 Prélèvement et préparation des échantillons et des éprouvettes pour l'acier et les produits sidérurgiques. EN 10 025 Produits laminés à chaud en acier de construction non alliés, Mars 90 (+ A1, Août 93) EN 10 113 Produits laminés à chaud en acier de construction soudable à grains fins, Mars 93. EN 10 155 Juin 93 Aciers de construction résistants à la corrosion atmosphérique,

EN 10 164 Aciers de construction à caractéristiques de déformation améliorées dans le sens perpendiculaire à la surface du produit, Juin 93.

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ANNEXE 1 - EXIGENCES POUR LES ACIERS DE CONSTRUCTION

Résistance Résistance à la déformation Résistance à la fatigue Ténacité Ductilité Résistance à la rupture fragile Soudabilité Résistance à la fissuration à froid Bonne ténacité dans la zone affectée thermiquement Résistance à la corrosion Formation minimale de rouille Résistance à la fissuration par hydrogène Homogénéité

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ANNEXE 2 - DEFINITION ET CLASSIFICATION DES NUANCES SELON EN 10 020

Délimitation entre aciers non alliés et aciers alliés Éléments spécifiques Al B Bi Co Cr Cu La Mn Mo Nb Ni Pb Se Si Te Ti V W Zr Aluminium Bore Bismuth Cobalt Chrome (1) Cuivre (1) Lanthanides (pris individuellement) Manganèse Molybdène (1) Niobium (2) Nickel (1) Plomb Sélénium Silicium Tellure Titane (2) Vanadium (2) Tungstène Zirconium (2) Teneurs limites en % en poids 0,10 0,0008 0,10 0,10 0,30 0,40 0,05 1,65 (3) 0,08 0,06 0,30 0,40 0,10 0,50 0,10 0,05 0,10 0,10 0,05 0,05

Autres (excepté carbone, phosphore, soufre, azote) pris individuellement
(1)

(2) (3)

Lorsque ces éléments se trouvent spécifiés en combinaison par deux, trois ou quatre dans l'acier envisagé avec des teneurs à prendre en considération inférieures à celles indiquées dans le tableau, la teneur limite à considérer pour le classement est prise égale à 70 % de la somme des teneurs limites indiquées pour chacun des deux, trois ou quatre éléments en présence. La règle sous (1) s'applique également à ces éléments. Au cas où la teneur en Mn n'est définie que par un maximum, la valeur limite est de 1,80 et la règle des 70 % ne s'applique pas.

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ANNEXE 3 - DEFINITIONS POUR LE TRAITEMENT THERMOMECANIQUE DE L'ACIER

Le traitement thermo-mécanique est une procédure de laminage à chaud dans laquelle la variation dans le temps à la fois de la température et de la déformation est contrôlée pour réaliser une certaine condition du matériau et ainsi certaines propriétés du matériau. Le traitement thermo-mécanique est subdivisé dans les procédures suivantes : Laminage normalisant Le laminage normalisant (1) est un traitement thermo-mécanique dans lequel la déformation finale est effectuée dans une gamme de température telle que l'austérité se recristallise complètement conduisant à un matériau de condition équivalente à celle obtenue après normalisation. La désignation de cet état de livraison est N. Laminage thermo-mécanique Le laminage thermo-mécanique (1) est un traitement thermo-mécanique dans lequel la déformation finale est effectuée dans une gamme de température qui permet peu ou pas de recristallisation de l'austénite. Le laminage final est fait à une température supérieure à Ar3 ou entre Ar1 et Ar3. Le laminage thermomécanique conduit à un état de matériau présentant certaines caractéristiques. Cet état ne peut être obtenu ou conservé par un traitement thermique seul. La désignation de cet état de livraison est TM. Note 1 : Le laminage thermomécanique peut être combiné à un refroidissement accéléré - refroidissement intensif, trempe direct - et/ou un revenu après laminage. Là aussi l'état résultant ne peut être obtenu ou conservé après traitement thermique seul. Note 2 : Le laminage normalisant peut aussi être suivi d'un refroidissement accéléré, avec ou sans trempe ou avec trempe et auto revenu ou avec trempe et revenu. Bien que cette procédure soit plus proche du laminage normalisant contrôlé que du laminage thermomécanique, elle conduit à un état de matériau qui ne peut être reproduit par traitement thermique seul. Donc la désignation de cet état de livraison est aussi TM.

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(1)

Pour les deux termes, "laminage normalisant" et "laminage thermomécanique" le terme "laminage contrôlé" est commun. Pour l'utilisation de nuances d'acier différentes, il est nécessaire de distinguer les conditions de livraison par des termes spéciaux.

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ANNEXE 4

COMPARAISON DE LA COMPOSITION CHIMIQUE (ANALYSE SUR COULEE) DES NUANCES D'ACIERS DE CONSTRUCTION DE LIMITE D'ELASTICITE MINIMALE 355 MPa

Elément % C max Mn max Si max P max S max Cu max Ni max Cr max Mo max V max Nb max Ti max Al N max Sb max Pb max Sn max B max Ca max CEV1) max
1)

S 355 K2 G2 selon EN 10 025 0,20 1,60 0,55 0,035 0,035

S 355 N selon EN 10 113-2 0,20 1,65 0,50 0,035 0,030 0,35 0,50 0,30 0,10 0,12 0,060 0,03 0,20 min 0,020

S 355 M selon EN 10 113-3 0,14, 1,60 0,50 0,030 0,025 0,30 0,20 0,10 0,050 0,050 0,020 min 0,020

0,43
Mn 6 Cr + Mo + V 5

Carbone équivalent = C +

0,39 Ni + C u 15

Nuance Offshore 355 0,12 1,60 0,50 0,015 0,008 0,30 0,40 0,20 0,08 0,08 0,04 0,05 0,06 max 0,009 0,010 0,003 0,020 0 0,002 0,39

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