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L’enfant, l’adolescent, la psychose
Editorial .................................................................................................................................................................. 3 Alexandre Stevens Christian Vereecken ........................................................................................................ 3 L’ENFANT, L’ADOLESCENT, LA PSYCHOSE................................................................................................ 4 L’APPEL AU PERE José Cornet ..................................................................................................................... 4 ESTELLE l’état civil d’une jeune schizophrène Philippe Hellebois ................................................................ 5 UN CAS DE PHOBIE Yves Depelsenaire........................................................................................................ 8 MELANIE KLEIN : UNE LECTURE DE FREUD Marcella Errecondo..................................................... 10 WINNICOTT, DU SEIN ... AU SOIN Philippe Stasse .................................................................................. 13 WINNICOTT Bruno de Halleux .................................................................................................................... 15 L’INTRODUCTION DU NOM-DU-PERE Alfredo Zénoni.......................................................................... 16 L’ENTRETIEN .................................................................................................................................................... 21 A PROPOS D’UNE INSTITUTION Antonio di Ciaccia............................................................................... 21 ENTRETIEN AVEC ANTONIO DI CIACCIA Christian Vereecken .......................................................... 23 CONFERENCES.................................................................................................................................................. 27 UN CAS DE PSYCHOSE Robert Lefort Rosine Lefort .............................................................................. 27 SEMINAIRES ...................................................................................................................................................... 36 UNE INTERVENTION AU SEMINAIRE : COMMENT SITUER L’ŒDIPE CHEZ LACAN EN 1953 Pierre Bejster .................................................................................................................................................. 36

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Editorial
Alexandre Stevens Christian Vereecken L’enfant a souvent occupé une place à part dans la psychanalyse, ceci en particulier dans le droit fil des théories de Mélanie Klein et d’Anna Freud. Mélanie Klein en privilégiant une relation d’objet primordiale avec le sein fonde l’analyse d’enfant sur la restauration des avatars qu’a subis cette première relation. Anna Freud, s’appuyant de la ligne de tenants du moi-fort, oriente la thérapie d’enfant dans un sens pédagogique. Quarto a déjà rendu compte de l’élaboration de théories particulières pour la psychose de l’enfant situant celle-ci comme un stade du développement normal (dans la ligne kleinienne, Tustin – Quarto 14 ; dans celle d’Anna Freud, Mahler – Quarto 13). Dans ce fil, la psychanalyse d’enfants s’est souvent présentée comme une spécialisation dans le champ de la psychanalyse, spécialisation qui tend alors généralement à la psychothérapie, voire même franchement à une visée éducative. Cette position n’est pas celle de l’enseignement de J. Lacan. L’enfant est un sujet pris comme tout autre en la circulation des quatre discours. Aucune spécialité discursive à son propos. Dans cette logique, et ainsi que cela s’est affirmé dès les premiers enseignements de clinique psychanalytique tenus à Bruxelles il y a trois ans, il n’y a donc pas de spécialité de la psychanalyse d’enfants, pas plus qu’il n’y a dans l’Ecole de la Cause freudienne des "psychanalystes d’enfants" et d’autres "d’adultes". Tout au plus, peut-on considérer qu’il y a des particularités techniques dans une cure psychanalytique avec un enfant. C’est à cette large problématique que ce numéro de Quarto entend apporter quelques éclairages sans toutefois clore la question. Nous présentons ainsi trois séries de textes. D’abord, quelques études sur des auteurs qui se spécifient justement de la psychanalyse d’enfants (M. Klein, Winnicott, F. Dolto). Ensuite, quelques fragments cliniques concernant des cures avec des enfants ou des adolescents (trois d’entre eux sont présentés dans la première rubrique, un quatrième est l’objet de la conférence de R. et R. Lefort) et un travail en institution (L’entretien). Deux textes abordent la question de la structure de la psychose (un texte sur le Nom-du-Père et la conférence de G. Pommier). Enfin, dans la rubrique Documents, nous présentons un texte de Jacques Lacan, le Discours de clôture qu’il a prononcé lors des Journées sur les psychoses, chez l’enfant en 1967. Ce texte publié initialement dans la revue Recherches est actuellement introuvable.

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celle-ci étant désignable comme le bien sous forme du bien-être. ramener la question d’un faux en parole (mon père ment quant au ferment) à celle d’une inscription vraie à travers son corps. de la communication. mon père me dit : tu ne mangeras pas le yoghourt qui est dans le frigo parce que c’est le dernier . dirons-nous. elle s’intitule : qu’est-ce qu’un père ? Une séquence clinique nous ouvre au vif de cette question de l’adolescent (e) : "délire psychotique" est le diagnostic qui précède le premier entretien. c’est le discours psychanalytique. ils ne parlent que pour faire du remplissage. (hormis la religion). or. là où l’humain se croyait intègre. Accord verbal. et le poussera dès lors aux solutions imaginaires et réelles de ce ratage du symbolique : les idées obsédantes – "se jeter sur les rails" seront à entendre comme "se remettre sur les rails. Dans ce contexte. dans ma famille. et toujours 'davantage son petit chef à lui. L’ADOLESCENT. il n’y a rien d’égoïste là dedans. pour ne plus (craindre de) dérailler". faire retour à Freud paraît rétro. Elle est morte. Mot à mot presque. qu’il nous avait promise. Explicite ou non. question de l’évanouissement du sujet. même si elle ne le sait pas encore. vous trouvez là les signifiants qui articulent chaque demande subjective d’un (a) adolescent (a). mais le soir l’envie de yoghourt prime. à interpeller les discours et les pratiques contemporaines sur l’adolescent et l’adolescente ? Oui.Accueil Cliquer L’ENFANT. j’ai une chouette conversation avec mon père . La fête finie (celle promise par les vendeurs de techniques de rêve) recommence. le seul discours que la science ait rencontré comme répondant au sien. sur le chemin des Amériques : là où l’humain se croyait souverain maître. Freud nous le montre travaillant inéluctablement à sa propre perte. la question même de ce que c’est qu’une question. ils jouent tous la comédie. à un moment donné. dira-t-on. là où l’humain se croyait promis au plaisir. pour faire place à foison de techniques de manipulations du corps. d’ores et déjà démontrable. Adolescience eût été un bon titre pour ces rencontres internationales. là où l’humain se croyait vivant. et qu’à ce jour. Freud nous le montre jouet à son insu de pulsions sexuelles qui le mènent par le bout du nez. à ramener au désir via la question de la vérité et l’inscription de ce désir. mais tout est faussé . bref. j’irai le lendemain en chercher un autre pour le mettre dans l’appareil. la fin de l’incommunicabilité sous la forme de la communion. Premiers mots : "Chez moi. Thèse à démontrer. LA PSYCHOSE L’APPEL AU PÈRE José Cornet Un psychanalyste est-il autorisé à parler de l’adolescence. Dont acte. Moment fécond. infernal." Puis se tournant vers moi : "Est-ce que vous connaissez l’appareil ?" Exemple en or d’un adolescent tout normalement confronté à la question "qu’est-ce qu’un père". de l’adresse au psychanalyste : connaissez-vous l’appareil ? Comment ne pas voir s’inscrire maintenant dans le transfert l’abandon du père tout-sachant (ferment) . A nous laisser enseigner à nouveau par sa découverte. Mais. du sexe et tutti quanti . 4 lancinante. Tressage d’artiste de questions multiples : différence père – géniteur. Freud découvre qu’il n’est même pas maître dans sa propre maison. là où l’humain se croyait libre d’un voyage soigneusement organisé." " un jour. Freud nous le montre à la merci des pulsions de mort. suivi d’une engueulade du père qui me traite d’égoïste . entrer dans les ordres "(pour pallier au semblant) sera à entendre comme" chercher invariablement une ouverture via un système signifiant fermé car son vœu est un "ordre ouvert". inventé par Freud et formalisé par Lacan. toutes des techniques que l’on peut rassembler au nom d’une unité dans les moyens de leur. la psychanalyse internationalisée a rendu l’âme. question de la jouissance (ici orale – verbale) autour de l’interdit. ne faut-il pas parler de la psychanalyse à titre posthume ? Ramenée dans la conduite de la cure à un american way of life. et décisif. tout est faux . mon père ne comprends rien. nous revoilà malades de la peste. Cette question de "vie et de mort" met en péril tout l’appareil langagier qui règle les rapports humains. la satisfaction sous la forme du plaisir. de la famille. fin. En quelque sorte. grâce notamment à un langage partagé voire programmé. en ce que les adolescents actuels et futurs se trouvent et se trouveront toujours davantage pris dans le discours scientifique. je demande à ma mère si je peux en prendre. Freud nous le découvre taillé dans le bois même des maladies mentales. c’est avec ce dernier qu’on fera des nouveaux yoghourts dans l’appareil (ferment). des groupes.

unité comptable dis langage. d’autres éléments le confirment : −Elle disait ne pas supporter mettre un pantalon." −Enumérant la liste des pensionnaires avec qui elle a passé le week-end elle rajoute son nom en fin de série. Dès nos premiers entretiens. la peau des mains. Appel au père. rien n’en rend compte : ce qui a cours dans le symbolique. ESTELLE l’état civil d’une jeune schizophrène Philippe Hellebois Dans cet essai clinique. c’est être triste. souvent en réponse aux miennes. jeune fille de 16 ans d’origine italienne. Chez les humains. tout ce à quoi un humain va être confronté. Il y a un an et demi. Elles ont nom : la femme. et cette fois non menteur. qu’une créature engendre une autre créature est impensable dans le symbolique. va pouvoir être traité par la voie symbolique. sinon celleci. Argument développé dans un atelier Rencontres Internationales sur l’Adolescence. elle se mit à se mutiler quotidiennement.Accueil Cliquer pour l’inscription du "savoir" de l’Autre. elle en contemplait le résultat avec intérêt. "J’ai passé le week-end avec un tel. de s’être rompu à savoir ce que c’est qu’un signifiant. c’est lui qui règle une cohérence dans les relations avec autrui . c’est que rien ne se crée hors du signifiant . Bruxelles 21-24 avril 1983. Elle ne put que dire "Estelle". Elle le raturait au stylo. Estelle. c’est-à-dire dans le discours Toutefois. elle m’adressa de nombreuses questions. de justifier les moyens dans une fin toujours incertaine. vit depuis sa douzième année en institution dont les trois dernières années au centre de psychiatrie infantile auquel je suis attaché. je voudrais aborder deux questions posées par un cas de schizophrénie. c’est la même chose" en précisant qu’elle aimait bien pleurer et que cela allait mieux après. Une autre modalité de non-réponse à cette question fait l’apparente psychose normale de l’adolescence. et se frappait le visage. elle ne put dire qu’une chose : "Elle est elle". Soliloquant. au coucher. Quand je lui demandais ce que signifie être triste. il est pour chacun quelques questions qui ne sont pas symbolisables. c’est-à-dire barré. elle me lança : "Qu’est-ce que le Seigneur ? Est-ce qu’il parle ?" Aucun fantasme ne succéda à ce questionnement sur le désir de l’Autre mais sa propre question sous sa forme radicale. la mort. Tout en pleurant. à la sieste. ce qui avait pour résultat de le faire apparaître en négatif. Dans la seconde. elle me répondait : "Pleurer." Elle affirme avoir commencé à pleurer et à se mutiler après avoir partagé sa chambre avec une certaine Marie-Cécile. la procréation. des jambes. précisant que celle-ci pleurait souvent. "Pourquoi faut-il parler ? – Pourquoi tu me demandes ça à moi ? – Quand tu étais petit. tu as 5 . oblige tout écouteur au neuf. interrogé. Elle ne pouvait en donner d’autre raison. Elle me disait alors qu’elle était triste parce qu’elle pleurait. tu as déjà pleuré ?" Interloquée par la figure de JésusChrist Superstar entrevue à la télévision." −Armée d’un stylo et d’un effaceur. Je m’attacherai à justifier celui de schizophrénie. utilisant faute de mieux un concept peu adéquat vivement critiqué par Freud et Lacan. Elle crée l’obligation pour le psychanalyste qui veut éviter les saccages imaginaires. poursuivre ce point de départ. elle s’arrachait les cheveux. et de sa cohorte corps-jouissance-mort. la braguette lui étant intolérable. le psychotique prend tout-à-fait au sérieux la question de la procréation. C’est comme ça. ajoutant que cela n’avait rien d’extraordinaire puisque cela arrivait à tout le monde. La première concerne le diagnostic. Freud et Lacan nous y ont plus qu’introduits. En réponse à l’une de ses interrogations. la créature est impensable sans une fondamentale création. le terme est de Lacan. La "crise" terminée. j’essaierai de préciser la direction dans laquelle peut s’engager la cure d’une telle patiente. Son seul commentaire : "J’efface et puis j’écris. Électivement. elle me demandait la date de ses prochaines règles. Dans le même temps. Lorsque je lui demandai de la décrire. c’est une affirmation parce que c’est vrai". c’est avec ce dernier qu’elle écrivait son nom sur la page blanche. je lui demandai un jour ce qu’elle ressentait quand elle était dans l’ignorance. Ceci à des moments précis de la journée : au lever. Une modalité de non-réponse à cette question fait le psychotique (forclusion du nom du père). c’est le signifiant qui commande et fait la loi . devant laquelle il sera pris de court parce que rien dans le symbolique n’explique le fait qu’un être sorte d’un autre. "c’est comme ça. −Une question fréquente "Connais-tu d’autres filles qui s’appellent Estelle ? Mes parents m’ont donné ce nom-là. Pendant ces "crises" elle semblait ne rien entendre à mes questions mais y répondait sans réticence une fois calmée. Que son nom soit pour elle une question. un tel et Estelle. pour majeure partie. des avant-bras. elle lançait : "Estelle.

mais les nuits qui la séparent des fêtes de fin d’année. Seulement alors. Et alors c’est fini avec mon père. Il est intéressant aussi de relever quand et comment elle s’arrêtait de pleurer." Ce compte-rendu clinique devrait permettre d’abord de porter un diagnostic raisonné. Nombre 8 qui paraît occuper une place importante quand elle prévoyait d’avoir 8 enfants. si ces dates et leur corrélat. que d’labiter c’est aussi bien ce qui pour son corps fait organe. non pas' les jours. elle s’apaisa quelque peu. en différenciant les plaies encore fraîches et celles déjà cicatrisées. Sous ce signifiant familial "ma grand-mère" elle place aussi son père à propos de qui apparut le premier néologisme. j’ai pleuré El fois". C’est même de là qu’il est réduit à trouver que son corps n’est pas-sans autres organes."(L’Étourdit. 30-31). une étape importante quand elle me montra ce reste et m’en demanda le nom. lui fait problème. J’aime bien. il nous indique que la combinaison signifiante – la relation de mot – n’entraîne pas ici un effet de signification – . février 1983. c’est sous la dépendance de ce signifiant particulier incarné par cette grand-mère paternelle. elle en recueillait la dernière sur son doigt et la regardait attentivement. De même lorsque Freud affirme que dans la schizophrénie. me semble-t-il. Les opérations de comptage disparurent et Estelle elle-même ne demandait plus quand elle y retournerait. Ainsi. puis il va boire un verre. Elle précisait : "Il habite chez ma grand-mère où il plante des légumes". et qui consistent en manipulations ordonnées mais indifférentes d’objets dépareillés et de vieilles revues. "(Quarto. elle se plaça un jour devant un miroir. sans préciser de nouvelles dates. pour conclure : "Il va faire des commissions. elle disait qu’il travaille au "Minchefer" où il fait des trous avec une bêche mais en vain parce que "ça repousse après". 18) Ou encore cette remarque de l’Étourdit "… de ce réel : qu’il n’y a pas de rapport sexuel. p. in Scilicet. comme le montre Lacan. lorsque l’institution décida pour des motifs que j’ignore. Carence telle qu’elle ne peut y suppléer qu’en se faisant réellement pleurer et en se marquant le corps des stigmates qui d’être triste font signe. et me dit regarder "Estelle qui pleure". mais qui montrent l’importance qu’elle accorde au discours commun qu’elle essaie de reproduire. Il n’y a plus de larmes. Nombre énigmatique aussi quand elle répondait à l’une de mes questions à ce propos en demandant "Tu as déjà vu faire le chiffre 1 ?" Elle s’appliquait aussi à décompter. Ayant extrait de ses yeux toutes les larmes possibles. le détermine de sa fonction. scandent véritablement son temps.Accueil Cliquer vu tes mains. Le décrivant comme une sorte de vagabond inconsistant. En disant "Je suis triste parce que je pleure. et en commentant ces dernières par les termes "Ça veut dire que je recommence encore". Au bout du rouleau. je me laissai aller à tenir ses poignets pour l’empêcher de se massacrer. n°10. mais surtout de ses retours chez sa grand-mère paternelle. que le discours schizophrénique est un langage d’organe. elle n’en dit rien. elle ne pouvait plus que dire : "Je ne parviens plus à être triste. Quand un jour. elle attendait désespérément la fin. il y a prédominance de la relation de mot sur la relation de chose. et que leur fonction à chacun." A peine calmée. On voit ici. se spécifie d’être pris sans le secours d’aucun discours établi. J’ai lu mon livre. elle me repose cette question "Quand est-ce que je retourne chez ma grandmère ?" pour y répondre elle-même et décompter "les nuits qui restent à dormir". 4 garçons et 4 filles. – ce dont le dit schizophrène. ceci du fait qu’un animal a stabitat qu’est le langage. pour ainsi lui ex-sister. ce dès avant qu’il la trouve. Elle franchit. d’interrompre visites et retours chez celle-ci. comment le "dit schizophrène" se trouve placé devant ce maniement affolé du langage… qu’il n’arrive pas à faire mordre sur un corps. la violence et la fréquence des mutilations augmentèrent considérablement. le compte à rebours. c’est la même chose" et s’arrachant par tous les moyens les larmes qui en témoignent. En effet. Elle décrivait l’état de ses bras et de ses jambes. Qu’elle recommence encore elle essayait de le mesurer en effectuant de fréquents comptages : "Le matin." Activités qu’elle reproduit dans l’institution. – organe qui. pp. n°4." Dès qu’il fut décidé de réintroduire sa grand-mère dans son horizon temporel. de son anniversaire. elle me cria tout en se débattant : "Tiens mon bras. Estelle montre comment pour elle se joue la forclusion du Nom-du-Père et la carence de l’effet de signification qui en découle. Il faut signaler aussi que ses retours." De ses mutilations." Ses autres apparitions dans nos entretiens se résumèrent pour Estelle par des bruits : "Mon père vient de faire un prout. se contentant d’énumérer quelques activités dont elle ne dit rien de plus que "J’ai joué avec mes 6 jouets.

dans la schizophrénie par contre. et non la similitude des choses désignées qui a commandé la substitution. des crises et de leurs stigmates. en se montrant aussi très sensible à toute prise dans un discours. J. ou plutôt la dernière larme possible qu’elle recueille sur son doigt et me demande alors de nommer. p. Estelle montre combien sa question touche cette notion au plus près. "(Freud. est tellement ténue qu’un pantalon doté d’une braguette. "Schizophrénie et Paranoïa". En commentant ces propositions dans sa conférence "Schizophrénie et Paranoïa"(J. ça se paie 7". elle est encore plus mince entre les innombrables pores à la surface de la peau et le vagin . confronté à la "jouissance pure et désarrimée de l’objet a"(J. de tous quelque chose jaillit. Son inscription dans la fonction-phallique. conférence prononcée à Bruxelles. Un éducateur inventa le traitement suivant : la faire payer avec son argent de poche chaque crise avec un tarif ad hoc par plaie et par larme. laisse le sujet schizé. (Freud.-A. (Freud. Pour ce sujet les trous qu’il a provoqués dans sa peau par l’expression du contenu de ses comédons représentent réellement l’organe génital-féminin ce qui signe pour lui la différence d’avec un symptôme hystérique ou obsessionnel. un retard de menstruation. et dans la dépendance duquel elle place aussi son père. L’inconscient. C’est là où les deux éléments – mot et chose – ne se recouvrent pas que la formation de substitut schizophrénique s’écarte de celle des névroses de transfert. L’Inconscient. Miller montrait comment ce mode de forclusion porte sur le sentiment de l’organisme de manière telle que pour ce sujet. Cette rigueur rappelle aussi qu’avant tout traitement de la psychose. Ce processus semble être articulé de la manière suivante. p. pp. La rigueur du témoignage d’une telle patiente quant à sa position subjective converge avec l’impératif de Lacan. à produire des larmes qui sont les insignes d’une identité plus solide qu’elle désigne comme ceci :"Estelle qui pleure". le 24 avril 1982. mais dans le premier cas. mais pour me demander stupéfaite :"Je ne comprends pas. la castration faute de porter sur le phallus. qui avait cette particularité – pleurer très souvent –. 113 et 117). C’est l’identité de l’expression verbale. Son existence même comme sujet paraît à chaque nuit. De cet état civil hypothétique. in Métapsychologie. Signifiant important qui commande la mise en place des discours qu’elle peut tenir. Le Nom-du-Père manquant à faire fonctionner la métaphore paternelle. également. semblant susceptible de la détacher du réel du corps. Miller remarquait aussi comment la dialectique du sujet. aucune normalisation phallique de la jouissance d’objet n’a pu advenir. Elle se mutile pour parvenir à pleurer.-A. des larmes. Ce dont Freud témoigne à propos d’un de ses patients dont il dit que "l’analyse démontre qu’il joue son complexe de castration tout entier au niveau de sa peau". le décompte des nuits la séparant des retours chez elle. remise en cause. qui permet au sujet de se doter d’un état-civil. Ce sujet. et cette chance –"Elle est elle". précédant le statut de l’organisme s’y trouve biaisée. hors-normes.-A. elle-même au principe de l’opération de séparation. peuvent la contester. fut-il celui du maître le plus mercantile. Miller. ne puisse plus avoir la larme à l’œil 1 Traitement qu’elle n’avait d’ailleurs pas attendu pour compter ses crises. il n’existe qu’une bien mince analogie quant à la chose .) attend qu’elle puisse être reprise dans un discours. l’analyste ne doit reculer en aucun cas. 117-116). On touche ainsi à la question centrale de la localisation de la jouissance. l’énumération de ses activités de la journée etc. Elle la rattache à une pensionnaire nommée "MarieCécile". elle tente de s’en réassurer par des séances de mutilation – véritable opératin d’inscription signifiante mais se déroulant 7 dans le réel. Elle se calma quelque peu. d’où le recours à un langage d’organe. Ibidem. rien semble-t-il ne la garantissant suffisamment du sommeil. Il resterait à préciser le statut de ce signifiant familial représenté par la grand-mère paternelle. Ce dont elle témoigne de plusieurs manières : – en disant des croûtes et des cicatrices qui marquent ses jambes et ses bras "ça veut dire que je le fais encore"-en se plaignant que les cheveux arrachés repoussent trop vite. selon lequel devant la psychose. Je ne pus que lui expliquer que c’était un traitement inventé pour qu’elle.-A. in Quarto n°10). la formule cynique : un trou est un trou. dont on peut constater d’emblée qu’elle a effectivement fait retour dans le corps. 115). une . Miller.Accueil Cliquer la relation de chose –. marque le corps tout entier."Entre l’expression d’un comédon et une éjaculation du pénis. Et pour le second. J. montrait que si dans la paranoïa. Ces séquences ne peuvent s’achever avant qu’elle ne se soit extraite une quantité suffisante de larmes. Schizophrénie et Paranoïa. la jouissance reste située au champ de l’Autre. est valable mot à mot.

Le 1 Ce cas a fait préalablement l’objet d’un exposé au cours d’une séance publique de l’enseignement de Clinique psychanalytique organisé à Bruxelles à l’égide de l’École de la Cause Freudienne. Un commerçant. Il s’agit d’un garçon d’une quinzaine d’années. que ces marques multiples qui indexent son corps puissent être prises dans un discours propre à assurer son existence de sujet et à capitonner sa jouissance en l’arrimant à un semblant. ne veut pas dire qu’un discours quelconque fera l’affaire. pour des raisons que je n’ai pas à détailler ici mais qui m’avaient amené à cette époque précise à y présenter ma démission. On découvre que loin d’être. Néanmoins. et de ses modes de suppléance. inégalée. De son examen dépend l’orientation de la cure. l’issue promise est suggérée par Lacan en un éblouissant parallèle étrangement proche de la perversion délicate de Léonard de Vinci. la parution récente du Séminaire "Les Psychoses"(Les Psychoses. Le Seuil. perversion et paranoïa. En ce qui concerne le petit Hans. ce qui n’y était pas très aisé. on en trouvera précisément l’exemple dans le Séminaire III. sur deux souvenirs "du temps où il ne parlait pas encore". Je n’étais pas loin de l’éprouver dans le cas que je vais rapporter. Estelle n’est pas sans l’indiquer. un poète ou un philosophe de la psychanalyse. même s’il entraîne des effets. et l’éducation sexuelle encore à venir. de compterendus cliniques exhaustifs à la manière des cinq psychanalyses de Freud. la fonction paternelle. Je n’avais pas prémédité d’en avertir Jean Claude. il n’y a pas chez Lacan. pour la bonne raison que l’évitement du dialogue apparaissait exactement comme son symptôme. Certes. en tant qu’elle répartit les entités à partir de la place qu’y occupe ou pas. résultera l’écrit "D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose"(in Écrits.Accueil Cliquer question préliminaire se pose. et qui les renouvelle de ces cinq cas princeps. 1 Diderot a décrit dans ses délicieux "Bijoux. S’agissant du Président Schreber. D’avoir démontré en effet que la phobie du petit Hans n’a d’autre fonction que de faire pièce à une carence du père. Son ressort. que Lacan qualifie d’efficacité explicative est dirigé vers la recherche de la causalité et de son objet. L’année suivante. c’est sur le cas du petit Hans que Lacan fait retour. De ces deux années d’enseignement. UN CAS DE PHOBIE Yves Depelsenaire O surprise. Livre III. dans le séminaire encore inédit intitulé "La relation d’objet". il se précipite aussitôt vers la porte du local. indiscrets" la sidération d’une société où la parole était venue aux organes sexuels des dames de la cour. c’est pour en fermer le verrou. . ce n’est pas sans ironie."Pourquoi est-ce que je fais ça ?" me lance-t-elle à propos de ses cicatrices. encore fleur de rhétorique avant que d’être instrument de communication. hormis le cas Aimée dans sa thèse de psychiatrie (La paranoïa dans ses rapports avec la personnalité. Il suffit pourtant que la parole vienne tout simplement à la bouche pour produire parfois un étonnement comparable. mais. Lacan n’avance rien qui n’ait son assise et ses conséquences dans la clinique. Lacan est amené à faire de cette entité une plaque tournante entre 8 névrose. Elle montre aussi ce qu’elle attend. avisé fit fortune avec l’invention de muselières. Le cas de phobie que je rapporte dans ce qui suit a contribué à m’éclairer cette analyse qui est à proprement parler le point de départ de la clinique lacanienne comme telle. et revenir s’asseoir à mes côtés. Dans ce texte Lacan étaye sa théorie de la forclusion d’un signifiant primordial dans la psychose de Schreber (Le Nom-du-Père) à l’aide de la clinique de la phobie. il est vrai. 1966)." Sur cette parole lancée au hasard. Le Seuil. à ma surprise. Mais venant à le croiser un matin. Diagnostiqué psychotique à son entrée. et que j’avais nulle idée de l’anneau magique qui y couperait court. Près de trente ans après sa tenue. il était depuis un an et demi pensionnaire dans un centre psychothérapeutique où j’étais censé vaguement écouter. sans même avoir su au juste pourquoi tu te trouvais ici. je lui dis à peu près ceci :"je vais partir d’ici quelques semaines. 1981) fait date à cet égard : on mesure mieux à sa lecture l’extraordinaire méconnaissance dont cet enseignement n’a cessé d’être frappé. Nul pédagogue par contre ne se fit fort de savoir comment enseigner le discours aux bijoux encore muets ! La parole était. que je prénommerai Jean Claude. Il y a par contre une lecture systématique. Le Séminaire. la carence irréparable dont sa structure fait preuve. Commence alors une longue conversation pendant laquelle il insiste particulièrement. on découvre depuis quelque temps qu’il y a une clinique lacanienne. Le Seuil). Il importe d’articuler celui qui convient. comme il fut trop longtemps réduit (par un malentendu dont on ne peut d’ailleurs tenir quitte certains de ses élèves). Les théories s’affrontaient dans les académies pour expliquer le phénomène. c’est quand même étrange.

il redoute maintenant que n’ait pénétré un homme invisible ou une créature de l’au-delà. sans amourpropre. l’ouverture subite. Il ne peut alors supporter d’y rester seul. voulait bien poursuivre la vie commune lui. il substitue un père tout puissant. lui-même. Jean Claude tient assurément cet acte pour la marque la plus nette de la défaillance de son père. Le miroir. ouverte à tous vents. Jean Claude se trouve bientôt en proie à une angoisse débordante : il se sent à la merci des voleurs et de créatures de l’au-delà. A cette époque. de portes et de fenêtres. c’est elle qui m’a traumatisé. Et il s’en fout de son fils. un fantôme phallique – la castration plus tard multipliée et déniée en l’image de mille petits membres galopant à l’aveuglette. S’il jubile en effet souvent à évoquer sa haine pour sa mère et son concubin. à dessiner. ni à l’angoisse."Mon père. Dans cette chambre où il a longtemps dormi en compagnie de sa grand'mère. Mais je me vengerai. La maison maudite. comme il a baptisé le grand miroir qui se trouve dans sa chambre. miroir d’une miroiterie à l’abandon. C’est un con. Un organe peut y flamboyer soudain dans l’obscurité. Il s’applique alors à compter. hyperphallique. Mon père s’en fiche. c’est ainsi qu’il nomme aussi la demeure elle-même :"je déteste cette baraque. une putain . l’œil y . et qui l’amène à tenir en permanence à son front une main prête à se rabattre sur un côté de son visage. et il se laissait encore marcher sur les pieds. Après cette séparation."peut être bien ma mère" dit-il. Ma mère le trompait. cet "imbécile". à boire de la bière. Mais se trouve-t-il dans son lit. il lui faut alors couvrir d’un drap la "maison maudite". la "maison maudite". Jean Claude a vécu le plus souvent avec son père et sa grand/mère paternelle. Jean Claude ne va pas cesser de l’évoquer au cours de la dizaine d’entretiens qui suivra : horreur de regarder et d’être regardé qui culmine dans l’appréhension de voir surgir un œil dans un miroir. Dernier venu dans la série monstre sans yeux – homme invisible – petits êtres sans yeux. et les orientations d’un oncle maître d’éco le. Ce caractère traumatisant de la vision en tant que telle. immobile. le père de Jean Claude semble bien s’être dégagé de toute responsabilité sociale. et les qualifie d’images "traumatisantes". Dans la maison paternelle. Le second. dit-il. aussi incapable sans doute de s’opposer à ses tendances érotiques ou sadiques envers sa mère et sa sœur qu’à le protéger. sa petite sœur et finalement le monde entier. Il a de plus renoncé à l’exploitation de la petite entreprise familiale :"il a foutu sa miroiterie en l’air". abjecte cause de son désir. soit exactement après la naissance de sa sœur. mais celle-ci ne se pointe-t-elle pas déjà dans ce souvenirtrauma de l’ouverture subite de portes et de fenêtres ? Ouverture sur tout ou rien. Dès que le soir tombe. il arrivait autrefois à Jean Claude de l’imaginer soudain transformé en un monstre énorme et sans yeux. cependant qu’il ferme l’œil opposé. je la tuerai. elle se foutait de lui. mais d’un amant avec qui la mère est allée vivre alors. Il a foutu sa miroiterie en l’air. inscrit au lieu d’émergence de la pulsion scopique. qu’il désigne des mêmes termes. Il n’établit pas de rapport entre ces deux scènes. Ma mère. Il s’est laissé marcher sur les pieds par sa femme. poussant des cris d’animaux. Précaution bien insuffisante pourtant. puisque c’est dans le noir de la nuit que la menace est la plus sensible. il se repose entièrement sur la grand'mère. brutale. raconte-t-il. Elle est sans défenses contre les voleurs. je la déteste. Dans la maison paternelle. 9 Celle-ci de cinq ans sa cadette. Tout y est toujours ouvert. A son père."tout est ouvert" : il n’y a limite ni au désir. lui aussi est ouvert. Pour l’éducation de son fils. poussant. sinon qu’il les date l’une et l’autre de sa petite enfance. pour Chasser cette pensée qui semble l’avoir particulièrement harcelé après la séparation de ses parents. Un jour. il avoue aussi être saisi de temps à autre d’une véritable phobie de l’impulsion criminelle." Ce père inconsistant. aujourd’hui qu’il ne croit "plus à rien". Il laisse tout tomber. et il arrive qu’il doive pousser à son tour des "cris d’animaux" pour appeler son père ou sa grand-mère. du moins lorsqu’il se trouve dans la maison de son père. sur ce qui ne saurait se voir – une femme nue. n’était pas du père de Jean Claude. il craint alors de voir pulluler au pied de celui-ci quantité de petits êtres sans yeux.Accueil Cliquer premier est la vision d’une femme nue. monstrueux animal qui l’épouvante au même degré que ses propres impulsions meurtrières." Peu après le départ de son épouse. Je ne serai pas heureux avant d’avoir tué beaucoup de monde. était un "imbécile qui croyait en Dieu et autres sornettes" que sa grand'mère lui avait "mises dans la tête". des cris d’animaux en haut d’un escalier. Mais cette "stupidité"(l’image du monstre dans l’escalier) s’empare encore parfois de son imagination. C’est une salope.

un double dans la mesure où elle cite des concepts freudiens. lui renvoyait sans ménagement. il existe dès la naissance un moi capable d’éprouver de l’angoisse. mais un 'double inversé qui finit par dire autre chose. cohérent jusqu’alors avec les autres conduites d’évitement. sur un mode paranoïaque même. Freud décrit aussi un mécanisme de défense apparaissant à la même époque.) Expérience de mort. Elle le perdit plus tard. de sorte qu’il n’est pas impossible finalement que je sois devenu le plus assuré de ses objets phobiques. la question principielle de la phobie :"que me veut l’Autre ?". Parmi ces objets. à la discrétion la plus absolue ? A mon invitation à poursuivre. S’il m’a."il s’en fout de son fils". à mon grand étonnement. fait dépositaire de ces paroles. Ce n’est que pour une part qu’il se trouve. qui se forme très têt. Tout se passe comme si cet objet qu’il lui faut éviter à tout prix. y compris de son imago déjà compromise ("mon père laisse tout tomber". En même temps elle prétend dépasser Freud et continuer ainsi ses découvertes. mais c’est ce décentrement même qui fonde la subjectivité. A propos du moi et de l’objet Les notions du moi et de l’objet sont corrélatives . le lieu où s’imaginait le sujet – en l’occurrence les Etats-Unis où il se rêve volontiers "hors-la-loi" ! Le monde sensible se vide alors de tout objet. tente vaille que vaille de localiser. Ce qui est primordial ce sont les pulsions autoérotiques. Vaille que vaille puisque ces microbes sont presque aussi invisibles que l’autre redouté. évanouissement du peu de réalité de la représentation d’une autre phobie. les trois premiers semblent jouer assez efficacement le rôle de suppléants des signifiants de la castration.(2) Pour Freud. sans doute à l’époque où 10 . soit par l’absence d’une parole. L’œil échoue à tenir ce rôle. s’était au fond installé. celle du père. et qui désignait sans bruit par où le "traumatisme" comme il dit. à savoir la déviation de la pulsion de mort. la pulsion sexuelle avait un objet en dehors du propre corps : le sein maternel. se réassure de son symptôme."(1) "Bien que Freud n’ait pas présumé l’existence du moi depuis le début. "Selon Mélanie Klein. par lequel je suis mené à la place d’où le sujet. dans l’espace clos par avance de quelques entretiens qu’il a cessé de s’en satisfaire. C’est donc en somme à l’échec de toute la construction phobique que nous assistons. il a attribué à l’organisme une fonction qui. Mais. ce traumatisé du désir. l’apparition de l’un implique celle de l’autre. MELANIE KLEIN : UNE LECTURE DE FREUD Marcella Errecondo Mélanie Klein s’est toujours maintenue très proche des concepts freudiens. qui se place au début de la vie. d’employer des mécanismes de défense et d’établir des relations primitives d’objets dans le fantasme et dans la réalité. tels les bijoux de Diderot. L’œil signe en effet aussi le retour dans le réel de ce qui se trouvait littéralement énucléé des objets précédents : le regard. Quelques uns de ses concepts semblent supposer l’existence d’un moi. celle de l’empoisonnement par les microbes d’un semblable. soit dans la maison paternelle. La pulsion sexuelle n’est pas centrée : elle manque d’objet et elle nit pas dans le sujet.Accueil Cliquer occupe à l’évidence une place particulière. "Quand la toute première satisfaction sexuelle était encore liée à la nutrition. il n’y a pas de moi depuis la naissance et d’ailleurs il dit que c’est une hypothèse nécessaire à faire qu’une unité comparable au moi ait à se développer. et son concept d’accomplissement hallucinatoire de désir présume un moi capable de former une relation d’objet fantasmée. Mélanie Klein arrive à soutenir un texte qui est une réplique du texte de Freud. Prévenu de mon départ prochain. "Qui promène qui ?" interrogeait Lacan à propos de la promenade fameuse du petit Hans et de son père. ne peut être remplie que par le moi". ce n’est pourtant que. Elle même l’affirme. nos entretiens. ce n’est malgré tout qu’après avoir soigneusement posé le verrou qu’il me les a adressées. soit "à quoi suis-je identifié ?" L’émergence de cet objet disloque le cadre déjà précaire et vacillant du fantasme. dont il cherche à se déposséder. Ce point de vue n’est pas entièrement en désaccord avec celui de Freud. pour reprendre la formule de Lacan. Échec qui le pousse soudain sans doute à rompre avec le symptôme d’évitement de la parole."élevé à la dignité d’un signifiant" en inscrivant la castration au lieu même où elle lui a manqué. et au sein de celle-ci dans ce qui la représente non sans malice : le miroir drapé comme pour un deuiL. à mon avis. il n’a en effet point répondu. Question qu’au fond je puis à mon tour me poser quant à ce cas. Retournera-t-il à présent. hors de l’institution où nous nous sommes rencontrés.

Elle sera une première forme ambivalente utilisée par le moi pour distinguer un objet. Il n’y a pas de rapport logique avec le sein puisque il n’y a pas de sujet et d’objet. Il montre ici les paires antithétiques : sadisme-masochisme et voyeurisme-exhibitionisme (4) … "Ce sont les pulsions sexuelles les plus connues qui. celle d’expulser à l’extérieur tout ce qui est désagréable. nous pouvons dire d’elles qu’elles agissent de façon autoérotique. ce qui différencie l’Œdipe de Mélanie Klein et celui de Freud ce n’est pas que l’Œdipe soit précoce ou non mais que chez Freud l’Œdipe a une référence phallique alors que chez . l’insatisfaction revient toujours. A propos de l’Œdipe Mélanie Klein considère l’Œdipe comme une structure qui organise le sujet et rend compte des symptômes. une nouvelle action psychique pour que le narcissisme se constitue". ainsi. (4) Il considère que le sein c’est l’enfant jusqu’à ce qu’il le perde. Or. Selon Freud. Mais bien que ce que le sujet attribue au sein ne soit fondé sur aucune expérience concrète. dans le sadisme. Tout d’abord. Elle s’appuie sur les défenses énoncées par Freud : transformation en son contraire et retour sur la personne même. Mélanie Klein introduit la satisfaction et la frustration internes rattachées à l’envie. L’objet est le sein. les défenses (destins de la pulsion) sont antérieures au refoulement (7). l’organe fort. Mais. En transposant à la scène analytique ces conceptions. c’est-à-dire que leur objet s’éclipse derrière l’organe qui en est la source et qu’il coïncide généralement avec celle-ci. la libido en abandonnant l’objet retombe sur le moi comme identification. directe et immédiatement antérieure à tout choix d’objet". se présentent comme ambivalentes. il y a un rapport entre un sujet qui a besoin de quelque chose de spécifique et l’autre. si la mère essaye de satisfaire son enfant. la transformation en son contraire implique le retour d’une pulsion de l’activité à la passivité. selon Mélanie Klein. à côté de la satisfaction et de la frustration externes. L’expérience de satisfaction (fondement du désir) établirait le rapport entre une représentation et une perception. on verra qu’il y aura des effets imaginaires produits. pour les considérer comme activités du moi. Freud dit qu’il y a une phase préalable au choix d’objet : l’identification. Pour Freud. Avant d’introduire l’amour d’objet. (4) Freud signale que l’opposition actif-passif ne doit pas se confondre avec l’opposition entre moi-sujet et dehors-objet. il accueille dans son intérieur les objets qui sont offerts dans la mesure où ils sont 11 source de plaisir. qui non seulement sait mais possède cet objet. et à partir de là que Freud introduit le deuil de l’objet d’amour . le moi-sujet coïncide avec l’agréable et le monde extérieur avec l’indifférent. La discussion a souvent porté sur l’idée d’un Œdipe précoce. ni même deux sujets. vise d’une manière directe un objet autre même s’il se situe dans le corps même". En accord avec le principe du plaisir. En général. et le changement même de son contenu. La forme du moi viendrait à pallier ce manque (8 et 11). Donc. l’objet (une fois perdu) est introduit dans la phase anale : c’est là qu’il parle du sein comme objet. Mélanie Klein parle d’une fonction de l’organisme qui serait une fonction de moi. au début il n’y a pas d’objet : le sujet coïncide avec de qui est agréable et le monde extérieur avec ce qui est indifférent. Chez Mélanie Klein l’évolution du moi se fera grâce à des introjections successives du bon objet. Mais c’est à partir du concept d’unification qu’on peut penser les rapports entre le moi et les objets. non pas réel mais fantasmé à partir d’une expérience réelle du sein. L’image du corps permet de situer ce qui est du moi et ce qui n’est pas du moi et donc une rencontre d’objet qui corresponde à la représentation d’un objet satisfaisant et perdu. Le sujet agit oisivement vers l’extérieur et activement vers l’intérieur. ce qui permettra finalement par le moyen de l’amour et de la réparation de restaurer l’unité perdue. concept de l’unification : "il faut que quelque chose vienne s’ajouter à l’autoérotisme. Mélanie Klein oublie l’importance de la pulsion scopique et de l’image du corps-forme du moi si bien qu’elle maintient ses descriptions au niveau du sadisme-masochisme. (5) Dans "Le moi et le ça".Accueil Cliquer l’enfant a pu former la représentation globale de la personne à qui appartenait l’organe qui lui donnait de la satisfaction" (3) Selon Freud. sa mère. tels que le psychanalyste se met en position du savoir. "première identification de l’individu avec le père. Freud introduit le concept du narcissisme. L’objet de la pulsion de voir c’est aussi d’abord une partie du corps propre et pourtant ce n’est pas l’œil même . (6) Mélanie Klein reprend cette notion d’objet mais de façon différente à l’usage qui en est fait dans les Trois Essais où l’objet a un caractère variable. la pulsion s’articule néanmoins différemment selon l’expérience réelle du sein. coordonné par la pulsion et où la recherche de la satisfaction (recherche de l’objet) vise à retrouver l’objet marqué par les traits du narcissisme. de mitiger l’envie et de réduire le clivage. De plus. qui est probablement la musculature capable d’action.

ce sont les armes sadiques anales qu’il a pour détruire sa mère : "Nous 12 concluons qu’au début l’enfant décharge son agressivité surtout en évoquant des sentiments et des sensations d’ordre agressif. mais il les situe après la période de latence. En s’opposant à Anna Freud. Il y a une promotion telle de la phase orale que la polyphonie perverse freudienne se réduit à un sadisme d’incorporation – destruction de l’objet. et l’objet introjecté devient une instance qui punit les tendances œdipiennes qui se sont éveillées . le pénis attaque et détruit la mère et ensuite engage un processus de réparation par la satisfaction et par le don d’un enfant au lieu de ce dommage. l’enfant pervers polymorphe de Freud est remplacé par le petit criminel à cause de la promotion de la phase orale. "L’enfant désire détruire et dévorer l’objet libidinal. les fèces sont un cadeau que l’enfant fait à sa mère. importance psychique des excréments comme agents de l’hostilité et moyens de décharger l’agressivité". rétroactivement. Pour éviter l’angoisse liée à la parole. un objet alternatif de désir oral. A cause de ceci surgit l’angoisse. (9)" Mélanie Klein se base sur K. l’envie du pénis est tout à fait niée et c’est ainsi que la castration apparaît différemment. l’enfant est une partie d’elle et une partie séparée d’elle. la séparation du corps maternel à la naissance Pour Mélanie Klein l’envie a un rapport au sein. il dérive la castration et son impact dans le narcissisme. La relation au père y détermine après coup la relation avec la mère alors que chez Mélanie Klein c’est la relation avec la mère qui détermine en forme linéaire une relation avec le père : il n’y a pas là de fonction paternelle. (1) "L’aspiration à récupérer la relation initiale au sein se transforme en un désir d’union génitale. ce concept n’a pas le rôle si important dans son développement que Freud croyait. pour Mélanie Klein. pour la petite fille et pour le petit garçon. le pénis du père devient bientôt. "Mais à cause des angoisses persécutrices et dépressives vécues par l’enfant par rapport à la mère et au sein. Mélanie Klein considère l’envie du pénis par ce qui concernerait ses origines orales. (3) A partir d’ici. la castration donnant sens. Mélanie Klein affirme qu’on peut analyser des enfants puisque du point de vue de l’inconscient les enfants ne sont pas différents des adultes. le pénis devient un élément de réunion et de séparation avec la mère . l’enfant craint un châtiment correspondant à l’offense. l’expulsion de fèces. Chez Mélanie Klein. l’énorme. le mari représente toujours et en même temps. Mélanie Klein introduit la technique du jeu. Les pulsions sont ce qui n’a pas évolué et donc toute l’évolution de l’enfant se fera vers une maturation des pulsions et leur unification autour d’un objet total. "Pour Mélanie Klein les psychoses et l’analyse d’enfants sont la même chose. qui tout en les attirant vers lui les détourne du sein". Chez Mélanie Klein. Dans "Contributions à la Psychanalyse" elle dit :"Bien' que l’envie du pénis et le complexe de castration ont un rôle important chez la fille. C’est que pour Freud l’envie a un rapport au pénis et elle se base sur la prémisse universelle du phallus et sa signification narcissique :… pour le petit garçon ou la petite fille c’est impossible de se représenter une personne semblable au moi sans cette partie constitutive essentielle ". A propos du transfert La polémique entre Anna Freud et Mélanie Klein a comme point central la question de la possibilité ou non de mener une psychanalyse avec de jeunes enfants. il s’agit de dévorer à la mère alors que chez Freud il s’agit de la dévoration du père."Ses désirs oraux pour le pénis du père se mélangent avec ses premiers désirs génitaux de recevoir un pénis. aux pertes successives vécues auparavant : la perte du sein maternel. Par exemple. et des sentiments dépressifs à propos du tort que l’enfant sent avoir causé au corps et au sein de la mère stimulent le développement de tendances génitales accompagnées du désir de restaurer le corps de la mère"(1)…"pour la femme. Chez Freud. ceux-ci sont renforcés par la frustration de ses désirs œdipiens positifs" ." Freud dit que les tendances pulsionnelles amènent les sentiments de culpabilité. et même si dans une certaine période la fille présume que sa mère a un pénis comme attribut masculin. Les symptômes et les inhibitions sont liés au . et l’envie est reculée jusqu’à l’envie du sein maternel. la mère qui donne ce qui est désiré et l’enfant bien aimé"(2) Chez Freud. Abraham qui divise la phase orale en une phase précoce (suce ibn) et une autre sadique (morsure) avec l’apparition des dents et les sentiments de culpabilité qui surgissent dans la phase suivante (premier stade anal-sadique). Le jeu permettra l’interprétation mais son but est d’arriver à la parole. c’est là que prend naissance. Le pénis y est comparé au sein. en considérant que la difficulté des enfants pour s’exprimer par la parole concerne plutôt l’angoisse qu’un manque de connaissance du langage.Accueil Cliquer Mélanie Klein il est oral. à notre avis.

Processus de maturation. la culpabilité ou la réparation produites par le même sein. Notions qui ne sont pas sans conséquences quant à la conception de la psychose infantile. C’est l’intégration graduelle de la personnalité du nourrisson en une unité qui lui permet. puisque c’est au moyen de l’assimilation symbolique que les choses. reconstruire les sentiments éprouvés par le patient à l’égard du sein maternel. Winnicott considère le moi comme une instance d’intégration des pulsions. Son développement s’établit suivant un triple processus : 1. L’enfant y est objet des soins de la mère dans une relation exclusivement duelle. nous les faisons remonter jusqu’à l’objet originel. En nous servant du matériel analytique. 1 2 3 4 5 6 7 8 SEGAL. personne. S."Las pulsiones y sus destinos" FREUD. en transposant à la scène psychanalytique nous trouvons la gratitude ou l’envie. L’intégration dans l’espace et dans le temps : primitivement. Mélanie Klein parle des patients qui peuvent être satisfaits avec une interprétation comme s’il s’agit d’un repas ou d’une tâtée. le moi."'Elle transforme le fantasme en l’inconscient. Garcia. mais au contraire elle part d’un symbolisme à priori pour expliquer la parole. Le. : "Sobre la transmutaciones de los instintos" 11 LACAN. AU SOIN Philippe Stasse Le développement de l’enfant dans la pensée winnicottienne s’étire suivant un schéma strictement linéaire dans lequel la : mort intervient comme fin temporelle et non comme pulsion. de sentir que l’objet partiel fait partie d’une. 3. il faut le traduire : "Le patient envieux ne marque qu’à contrecoeur son accord avec l’analyste et l’aide que l’analyste apporte se trouve détériorée et dévalorisée du fait de la critique envieuse . 2. Buenos Aires. ou bien le contraire. et ceux-ci avec le complexe d’Œdipe. mais aussi au jeu."Le symbolisme constitue la base de toute sublimation et de tout talent. de telle façon que la parole est remplacée par son équivalent allégorique. en partant d’un centre imaginaire formé par la relation entre la bouche et le sein. S."El yo y el Elle FREUD. Mélanie Klein tire ce qu’elle écoute de la théorie. elle n’arrive ainsi pas à ce symbolisme que Freud nous dit être des hiéroglyphes à déchiffrer. réelle" alors que Freud nous a dit dans la Dénégation que l’acceptation consciente ne lève pas le refoulement. il n’existe qu’une relation à des objets partiels (par ex. scène de multiples et mutuelles attaques provoquées par l’envie excessive du sein. DU SEIN . J. p. 'Zaragoza. A ce couplage mère-enfant s’articulent chez Winnicott des notions telles l’intégration. 9). le processus de maturation. : "Très essayos para una teoria sexuel" FREUD. Cette intégration se réalise par deux types d’expériences : la technique des soins infantiles. dans des conditions favorables. "La Negacion" 9 GERMAN GARCIA : "Existe la psicoanalisis del infans ?" 10 FREUD. le sein). S. On fait du symbolisme l’instrument interprétatif du fantasme. S. les possibles réparations postérieures. les activités et les intérêts deviennent les thèmes des fantasmes libidinaux. l’amour et la haine. Ainsi. Seminario I WINNICOTT. nous pouvons grâce à la perlaboration de situations antérieures. passage du fantasme au langage ne se produit pas.Accueil Cliquer langage. la frustration d’un objet réel. Dans le "Colloque sur l’analyse d’enfants"." On pourrait se demander ici de quel registre parle Mélanie Klein quand elle désigne l’acceptation "avec une conviction suffisante. La réalisation : relation primaire à la réalité extérieure ou instauration de la relation d’objet. pour décrire la partie de la personnalité humaine en cours de développement qui."Duelo y Melancolia" FREUD. S. La personnalisation : développement que l’on a de sa personne et de son corps. Le fantasme y est "sensoriel". . Alcrudo Editor.. venant du ça. et qui produit un bien être." Mélanie Klein suppose que l’analyse récapitule dans le transfert les phases de l’évolution. Klein signale : "dans l’analyse des enfants aussi bien que dans l’analyse des adultes. Paidos. Celle-ci ne peut s’établir que si l’environnement offre les objets de telle façon que l’enfant crée 13 . il lui devient impossible d’introjecter l’analyste en tant que bon objet ou d’accepter et d’assimiler ses interprétations avec une conviction suffisante réelle.. Ce travail a été basé sur :"Existe un psicoanalisis del infans ?" dans "Psicoanalisis : una politica del sintoma" de German L. Mélanie :"Envidia y gratitud"-Obras Completas."Introducion del narcisismo" FREUD. 1980. "Les stades précoces du conflit Œdipien" FREUD. "On peut utiliser ce terme. S. et les expériences instinctuelles qui rassemblent les éléments de la personnalité et en font un tout." (Winnicott. S. lors de sa première enfance. la régression dans la réalité. chez le patient mais est introduit par l’analyste au moyen de l’interprétation dite intégrative. Hanna : "Introduction à l’œuvre de Mélanie Klein" KLEIN. tend à s’intégrer pour devenir une unité.

Le moi du nourrisson progresse vers un état dans lequel les exigences instinctuelles sont ressenties comme faisant partie du self et non de l’environnement. mais le moi en tant qu’il est travaillé par le processus de maturation. offre un objet qui satisfait les besoins de l’enfant. De là. nous dit Lacan. cette diminution étant fonction de la capacité croissante qu’acquiert l’enfant de faire face à la défaillance maternelle. L’objet est irrémédiablement perdu. Elle témoigne d’une acceptation presque totale des besoins de l’enfant. ce qui permet la réunion avec la mère après le "traumatisme de la naissance". ce qui provoque la mise en place de défenses. état de non frustration (principe de plaisir) précédant le "désillusionnement progressif" (principe de réalité) où l’enfant apprend à se passer de sa mère. Lorsqu’il n’y a ni carence. Si l’adaptation de la mère est suffisamment bonne. Il existerait donc pour Winnicott dans la réalité de bonnes et de mauvaises conditions permettant le développement de l’enfant. Chez Freud. la notion du manque de l’objet. lorsqu’elle est "suffisamment bonne". Lorsque l’adaptation de la mère n’est pas suffisamment bonne. le nourrisson commence à croire à la réalité extérieure. dans cette conception. l’adaptation de la mère aux hallucinations et aux pulsions spontanées de l’enfant est déficiente. La mère fait défaut au nourrisson au lieu de répondre à son geste. et il ajoute : "Cette relation 14 . de là aussi le mythe du retour à une expérience de satisfaction première pour expliquer la jouissance. et permet une rencontre heureuse dans laquelle le manque n’a pas de place. C’est dans cette inadaptation de la mère à ressentir les besoins de l’enfant que Winnicott situe l’origine du faux self. dit Winnicott. C’est un objet qui comble. ni privation (lorsque l’environnement est suffisamment bon). au contraire. c’est ce qui ramasse toutes les expériences négatives dues aux traumatismes venant des carences de l’environnement. Il peut progressivement renoncer à l’illusion de la création et du contrôle omnipotent. A ce stade. Ce self central est susceptible d’être influencé par des traumatismes. Il vient boucher un trou . La fonction qui aboutit à la formation symbolique est bloquée. Il y a séduction du nourrisson qui en vient à se soumettre. cette mère répond à "l’omnipotence" du nourrisson.Accueil Cliquer l’objet. A la place. Entre le nourrisson et l’objet (l’objet partiel maternel) se constituent les fondements de la relation symbolique. En perdant le sein maternel. Celui-ci commence alors à éprouver le besoin de ce que sa mère lui offre. l’enfant perd donc la mère (le sein étant celui de la mère et non de l’enfant). On ne trouve donc pas de trace chez Winnicott d’une notion essentielle. le rapport du sujet à l’objet est profondément conflictuel. A la recherche de l’objet perdu… le mythe winnicottien du rapport sexuel possible Dans la relation mère-enfant chez Winnicott l’objet vient obstruer ce qui manque à l’enfant. Self Il y a chez Winnicott l’idée d’un self qui n’est pas le moi-je. Il n’existe donc aucune dialectique dans la relation du sujet à l’objet puisque cette rencontre ne laisse aucune place au manque – (objet que Lacan a comparé au fétiche en ce qu’il dispense de dire ce qui manque à la mère). Celle-ci n’est pas marquée de l’idée d’une déperdition . "La mère suffisamment bonne"… Une théorie du soin Selon Winnicott. l’environnement favorable permet au nourrisson d’avoir une expérience vécue de "l’omnipotence". et donne ainsi naissance au faux-self (traumatismes dus aux carences de l’environnement). Le faux-self. elle y substitue le sien propre qui n’aura de sens que par la soumission de l’enfant. "Omnipotence". calquées sur le développement de la relation primitive mèreenfant. et assure ainsi la continuité du développement affectif. tout d’abord phénomène subjectif. cette adaptation se fait de moins en moins sentir. Les relations restent éminemment duelles. Avec le temps. et sa recherche est marquée du signe d’une répétition impossible. l’absence de toute idée de soustraction (castration) . l’objet. elle se sous-tend d’un retour à une expérience fusionnelle et ne provient donc pas du fait même de cette castration. Le faux-self prend alors la place du vrai self. Le nourrisson se trouve donc dans un état d’attente face à la mère qui. devient un objet perçu objectivement.

dont le rôle signifiant est majeur : le phallus". n°11). j’ai essayé d’en approfondir certains aspects pour finalement conclure sur l’analyse Winnicottienne avec des psychotiques. (Jacques-Alain Miller. c’est-à-dire suffisamment adaptée aux besoins de l’enfant afin que celui-ci ait le sentiment continu d’exister. Le moi est trop immature pour rassembler tous les phénomènes dans le champ de la toute puissance personnelle". et insère le manque d’objet dans une nouvelle dialectique. une compensation ou un renoncement) mais qui laisse une angoisse impensable (qui n’appelle pas une réparation). ici. Freud a introduit un troisième terme. c’est d’ailleurs ce que Winnicott entend par la mère suffisamment bonne. est-ce qu’on ne fait pas que répandre une propédeutique perverse. 'd’un abord facile. (Lacan. état d’hypersensibilité de la mère qui donne l’illusion à l’enfant de trouver son objet . et le self ne se développera jamais . Là. Reprenant donc certaines idées maîtresses bien connues de Winnicott. fonction du père qui introduit un écart entre les trois termes de la relation mèreenfant-phallus. soit que la mère n’aie pas été suffisamment bonne ou qu’elle ait été trop stricte à son adaptation. il y a la figure de l’Autre non barré. A l’horizon de toutes ces thérapeutiques du soin. . Problèmes Cliniques pour la Psychanalyse. Entre la mère et l’enfant. ce n’est pas non plus l’inconscient de la formule freudienne. cette partie de la psyché qui est très proche du fonctionnement neurophysiologique . Winnicott considère l’affection psychotique d’abord comme une organisation défensive liée à une agonie primitive. in Quarto n°1). adaptation trop stricte aux besoins de l’enfant. L’identification à la mère. et traduit dans la Nouvelle Revue de Psychanalyse. La psychose est alors un aménagement élaboré de défenses dont l’objet est de prévenir la répétition de la désintégration. L’inconscient dont il est ici question n’est pas exactement l’inconscient refoulé de la psychonévrose . Le point délicat ici s’aperçoit dans les termes mêmes que Winnicott utilise : tout y est question de dosage et de quantité. une mère pas suffisamment bonne peut engendrer chez l’enfant une menace d’annihilation qui consiste en une expérience traumatique survenue à ce stade d’illusion. demandons-nous si dans toutes les théories sur la psychose qui sont répandues dans les institutions d’appartenance winnicottienne qui se suffisent de la conception du soin. et qu’il puisse nourrir l’illusion que ce qu’il crée existe réellement. est pour le moins confuse et parfois même embrouillée. est à trouver dans les avatars de ce processus d’illusiondésillusion aboutissant à la formation du self. (Fear of breakdown) C’est donc "la crainte de cette agonie originelle qui a causé l’organisation défensive que le patient manifeste sous la forme d’un syndrome de maladie. paru dans l’International Review of PsychoAnalysis. Séminaire sur la relation d’objet).Accueil Cliquer problématique demeure incompréhensible tant qu’on l’interprète en termes de réalité." 15 WINNICOTT Bruno de Halleux "Naturellement si ce que je dis comporte une parcelle de vérité les poètes en auront déjà traité". l’inconscient signifie que l’intégration du moi n’est pas en mesure d’englober quelque chose. de 'la mère phallique". n°1 . Parler de la psychose chez Winnicott est une entreprise hasardeuse car sa théorie. est donc une identification à une mère pleine. nous dit Winnicott. Et Jacques-Alain Miller de conclure : "Demandonsnous – pourquoi chez Freud le Nom du Père avait émergé. – Désillusion où la continuité des soins vient se rompre et où l’enfant peut progressivement faire face à la frustration. 1974. Winnicott nous indique que la crainte clinique de l’effondrement (break-down) qui mine la vie du patient a déjà eu lieu. voire de la mère non châtrée. ce n’est pas plus l’inconscient de Jung… Dans le contexte particulier dont je parle. Dans un article tardif ("Fear of breakdown". de frustration d’un objet réel. trace qui ne peut être fixée comme un souvenir (appelant une restitution. – Illusion où la mère est proche d’un état pathologique que Winnicott appelle la préoccupation maternelle primaire. mais dans un lieu particulier . non châtrée. Ce processus d’illusion-désillusion est la pierre d’angle pour le devenir de l’enfant. un élément imaginaire. L’origine de la psychose L’origine de la psychose. "C’est un fait qu’il porte caché dans l’inconscient. Jamais n’interviendra donc chez Winnicott la fonction symbolique du père (Winnicott ne parle du père qu’en termes de soutien matériel de la mère ou de mère de rechange). chez Winnicott. mère qui n’a pas de référence au nom du père.

non désirante. la mère du soin. ce "Self" ne correspond pas au sujet. mal. La position de l’analyste se doit de ressembler aux soins maternels. la forclusion du Nom-du-Père risque de se ravaler au rang d’une étape que l’enseignement ultérieur de Lacan ne ferait que dépasser. Ce terme dénote l’opacité fondamentale de la vie . Winnicott ne définit d’ailleurs l’idée d’un vrai "Self" que pour tenter de comprendre le "fauxself"." (Fear of break-down) En dehors de l’hôpital. bien des patients auxquels je pense sont des personnes estimables qui ne peuvent se permettre de s’effondrer au sens d’aller à l’hôpital psychiatrique. 126). le patient ne peut guérir que s’il se rappelle cet effondrement. Ce qui ici est premier. (Processus de maturation chez l’enfant. Dans une 16 évolution normale. parole vide. Dès lors. le sujet peut se protéger. Puisque la psychose est rapportée à la faillite du soin de la mère.Accueil Cliquer Contre ce retour. – PB Payot. ni encore à l’EGO des Anglosaxons. Winnicott met en garde les analystes de ne traiter qu’avec le "faux-self". mais surtout l’intérêt de redonner à ces formulations tout le relief de leur nouveauté par rapport à une problématique en impasse dans le champ psychanalytique. ce" Self "acquiert vite de la complexité et établit des rapports avec la réalité extérieure au moyen de processus naturels. le vrai "Self" ne fait guère plus que rassembler dans ses détails l’expérience liée au fait de vivre. Jacques-Alain Miller rapproche le "fauxself" de la fonction imaginaire du moi. Winnicott s’est approché du signifiant lacanien. point aveugle d’où Winnicott a tiré les meilleures de ses intuitions. c’est l’action du thérapeute qui doit modifier la situation elle-même. Il abrite ce qui est vivant chez le sujet. "Trop connue". D’autre part. L’INTRODUCTION DU NOM-DU-PÈRE Alfredo Zénoni Suivre le cheminement du séminaire sur. car. le "Self" est proche du biologique : il est lié à l’idée du processus primaire. l’analyste va se mettre à la place ale l’objet perdu en tant qu’il l’est lui-même et risque de viser ainsi un rapport sexuel possible. quand nous savons que ses derniers séminaires n’ont pas cessé d’y faire allusion et d’en reprendre l’écriture. le "faux-self" est ce qui résulte des carences d’adaptation de la bonne mère. Self et faux self Pour avancer dans la compréhension de la psychose chez Winnicott. Par opposition. c’est-à-dire qu’il ait pour la première fois l’expérience de cette chose passée dans le présent. il m’a paru utile de s’arrêter sur cette notion de "Self" et de "faux-self" qui est en filigrane dans toute son élaboration théorique sur la psychose . Mais Winnicott reste prudent : "Pourtant cette solution n’est pas suffisamment bonne… et en fait. comme s’il s’agissait là d’un point foncièrement problématique de la structure. c’est la "communication seeking". La cure privilégie la relation du soin qui guérit aux dépens de l’émergence du signifiant. de l’environnement. processus qui se développent chez chaque nourrisson au cours de son évolution. (Laing est passé à l’acte en créant Kingsley Hall). ce qui nous donne le sentiment chez l’autre de l’authenticité. défense destinée à protéger le vrai "Self". Mère non châtrée. il est le noyau du moi en ce qu’il assume "le sentiment continu d’existence". son potentiel de vie psychique créative. les psychoses ne me paraît pas avoir seulement l’intérêt historique d’examiner les matériaux qui ont préparé les formulations à la "Question préliminaire". p. Cela ne peut s’effectuer que dans le transfert avec une compréhension profonde de la part de l’analyste et du patient. Au départ. Winnicott ajoute une idée originale en croyant à la guérison de la psychose si un patient peut s’effondrer réellement (régression dans le réel). l’établissement d’un transfert qui semble n’être qu’une répétition de la dépendance avec la mère. consacrée à Winnicott) nous fait remarquer d’une part qu’on peut rapprocher cette thèse de celle de la forclusion chez Lacan. l’analyste ne peut s’identifier qu’à la bonne mère. qui risque de prolonger indéfiniment l’analyse. y compris celui du cœur et de la respiration "(ibid. Octave Manonni (dans un article de la revue "L’Arc" n°69. il " provient de la vie des tissus corporels et du libre jeu des fonctions du corps. dit-il. ." Le "Self" est donc à comprendre dans son mouvement . Ce quelque chose qui n’a pas de lieu pour y être englobé va réapparaître dans le réel (la crise psychotique). par une psychose de défense. il le traduit par sujet de la vie. ni à la personnalité. le nourrisson parvient peu à peu à se libérer du soutien de la mère et à se différencier en un "Self" personnel séparé. ce qui est à la source de ce que nous appelons la spontanéité. Jacques-Alain Miller considère qu’avec le mot de "Self". la mère réparatrice. Ce qui est recherché avant tout. cette carapace pour affronter le monde. Le "faux-self" est cette façade.) Puis.

mais dans un symbolique qui ne comporte pas de trou. qu’il polarise toutes sortes de significations – sans que l’addition de ces significations ne puisse donner lieu à la signification dont le signifiant métaphorique serait l’expression. puisque c’est le signifiant qui les détermine. 202 . énigmatique. Ce qui identifie un vivant pris dans la parole ne peut le faire que dans la dimension de la vérité. là où précisément il est en lui-même sans signification propre et foncièrement énigmatique. tentât au signifiant mâle primordial. mais précisément qu’il n’y a pas de réponse dans le signifiant : il approche du trou que comporte le symbolique. p. vivant ou mort. à la bisexualité. relation à l’ordre du signifiant comme tel. p. Ce ne sont pas les significations qui sont inaccessibles à un sujet psychotique. surtout dans la séance du 11 avril.) C’est donc là du à propos de significations fondamentales se produit le croisement avec le manque de fondement du signifiant.Accueil Cliquer Un défaut dans le signifiant L’accident dans le registre de la chaîne signifiante où Lacan désigne le défaut qui donne à la psychose sa condition essentielle (Écrits. sa différence par rapport à un signe en tant que précisément comme signifiant. la forme féminine. Malgré donc le caractère asémantique du signifiant comme tel. A l’approche de ces significations. Ces deux lignes du séminaire viennent donc converger sur un point de croisement entre les significations et le signifiant. Ce qui lui fait défaut. qui ne fonde pas la 17 . dont l’effet de sens ne se produit pas comme l’expression sous une forme imagée d’une signification préalable. donc leur dépendance par rapport au signifiant comme tel. p. Détaché du signe et réduit à son état asémantique. là où précisément les significations essentielles pour le sujet sont celles mêmes qui ne rencontrent dans le signifiant rien qui puisse en répondre. C’est d’être choisi pour ce qu’il ne veut pas dire. à la procréation. 225). que le sujet s’effectue comme rapport au signifiant comme tel. 202. (Les psychoses. D’une part. de pur trait différentiel. Écrits. 549. soit comme signification qui a la forme d’une question. le sujet psychotique rencontre aussi ce qui les formule radicalement comme question. donc dans un ordre radicalement chiffré. ne peuvent fonder un sujet qu’à se moduler radicalement comme question. sur la voie de l’approche du défaut fondamental que Lacan épinglera du terme de Verwerfung du signifiant. à un signifiant spécial ou "primordial". qui n’est pas opérante dans la psychose. 215 . A la lumière de cette convergence. comme pour la première fois dans le contexte. 575) est approché tout le long du séminaire par deux voies relativement distinctes et qui se croisent. p. C’est dans ce séminaire que se trouve formulé. jusqu’à se préciser dans l’"être père". D’autre part. il ne veut rien dire. son manque de garantie. de la question. (Les psychoses. le défaut essentiel qui donne à la psychose sa structure concerne la relation du sujet au signifiant ainsi spécifié. comme homme ou femme. (Les psychoses. dans le symbolique qui se trouve situé par les significations qui y sont connotées autour. Ce qui est rejeté ou retranché pour le sujet est tantôt référé à la menace de castration. pas à un signifiant quelconque – alors que tout signifiant est quelconque au regard de l’effet de signification déterminé par son articulation. C’est à sa question que se résume un être dans le symbolique. mais sans qu’il ait le support. 549). sorte de point de capiton du séminaire lui-même. Et c’est pourquoi les significations que déterminent ces signifiants. 216. le signifiant est ce qui ouvre la dimension de la vérité. concernant son sexe et sa contingence dans l’être – à savoir qu’il est homme ou femme. ce n’est pas la réponse. mais bien comme la position d’un signifiant justement séparé de ses connotations habituelles. sur un paradoxe apparent. mais c’est leur dépendance par rapport à quelque chose qui n’opère que de ne pas trouver en lui-même le fondement ou la garantie de ce qu’il détermine. C’est ce que montrent aussi les développements sur la métaphore. voire d’antinomie par rapport à la signification. Une zone du signifiant se trouve ainsi privilégiée par le réseau de significations qui sont approchées dans les conjonctures où le rapport au signifiant comme tel vient à faire défaut. le caractère asémantique du signifiant. d’être choisi sans signification. l’accent est mis par Lacan sur un défaut de la relation du sujet à un ordre dont il isole ici pour la première fois le caractère d’indépendance. il est déjà possible de tirer une première conclusion quant à la différence entre névrose et psychose. ce défaut est rapporté par Lacan à un point privilégié de l’ordre signifiant. 196. qu’il pourrait n’être pas – rencontre donc le signifiant dans une primauté par rapport à la signification qui est en même temps son manque de réponse. Les significations en jeu dans la psychose sont les mêmes que celles qui s’articulent comme question pour tout sujet. p. Ce qui fait support ou détermination du sujet dans son existence. impliquant déjà le langage parlant du langage. p. Écrits. Lacan développe l’hypothèse d’un trou. Or.

mais bien au sens de procréer. d’une question : qui suis-je ? un homme ou une femme ? et suis-je capable d’engendrer ? et le cas du jeune homme dans la vie duquel il est arrivé tout d’un coup quelque chose et il n’est pas capable d’expliquer quoi. Ce n’est pas que l’apparition de la fille de son partenaire ait été sentie par lui comme incestueuse et qu’il s’en soit défendu. Au contraire. une fois posé. de leur addition . il ne s’agit pas de l’image du père. est progressivement approché par le séminaire à la convergence de ces mêmes significations autour de "qu’est-ce qu’être père ?" Question et référence qui n’ont cours que dans la réalité humaine et qui résument l’ordre signifiant en tant que sur ce point se dégage la pure fonction d’un symbole. qu’elle porte ensuite quelque chose dans son ventre et que ce produit finisse par être éjecté). Place du père en tant que déjà mort. en tant que distincte des significations qui peuvent se polariser autour. sur lesquelles il ne se fonde pas. d’autre part. d’une nomination. d’un trait. Il en constitue la butée . Les pages où émerge la fonction primordiale de ce que peut vouloir dire être père. Mais non pas la Loi elle-même. ou de sa fonction idéale dans l’éducation de l’enfant – nous n’avons pas ici le portrait du père qu’il faudrait en négatif du père carent du psychotique – mais bien de "être père" au sens de procréer. (Les psychoses. pour s’y retrouver. p. (…) C’est en imposteur que se présente pour y suppléer le Législateur (celui qui prétend ériger la Loi). 813). 355). Lacan fait remarquer que les connotations signifiantes qui accompagnent cette notion à travers toutes les traditions linguistiques sont très loin de se confondre avec celles du génital : "invoquer le père (…) est tout à fait autre chose que de se référer purement et simplement à la fonction génitrice" (Les psychoses. le signifiant ordonne la signification. il butait là devant quelque chose dont. il la précède. Comme dans une métaphore. p. de son rôle. non pas dans le faisceau culturel impliqué dans ce terme. cit. p. non plus que celui qui s’en autorise. 359). Le père comme… signification se résume au nom. en tant que du seul fait qu’il est celui qui articule la loi. Rappelons-nous la différence que Lacan marque nettement entre ce cas d’hystérie traumatique où il s’agit du signifiant fondamental. qui détermine que les significations ne soient pas situées comme un effet de ce qui leur confère forme de question.Accueil Cliquer signification de rien d’autre que de ce qui lui donne sa forme fondamentale de question. Nom-du-Père et parole Le repérage de ce signifiant "primordial" ne constitue pas une butée du séminaire comme s’il s’agissait là d’avoir trouvé le fondement de l’ordre symbolique dans un signifiant qui en serait en quelque sorte l’englobant. Il était dans la perplexité". il polarise des significations sans résulter. mais à ce que Lacan nomme pour la première ') fois dans le séminaire "Nom-du-Père" pour en dégager la catégorie de signifiant. Il s’agit d’un "c’est comme ça" sans preuves. sont aussi les pages où l’accent est mis sur la primauté et l’autonomie radicale de "père" par rapport à l’ordre de faits ou de significations qui pourrait le fonder (copuler avec une femme. sa voix ne peut que défaillir derrière." (Écrits. Mais. le signifiant vient d’autant plus jouer sa fonction qu’il est indépendant d’une signification préalable. lequel d’aucune façon ne saurait apparaître hors de ce lieu (de l’Autre). "il était allé se mettre trois mois sur son lit. "Tout énoncé d’autorité n’y a d’autre garantie que son énonciation même. qui implique l’annulation de son énoncé à l’instant même où il vient fonder l’ordre du symbolique sur sa non justification. lui donne sa loi. Dans la fonction "être père" viennent se conjoindre dans une disjonction radicale l’ordre des 18 significations naturelles et l’ordre du signifiant : "père" ne se nomme que par rapport à la procréation (et non par rapport à des significations pédagogiques ou législatives qui le fonderaient) mais ce n’est qu’à se distinguer de l’ordre biologique de la génération pour supporter un ordre de nomination qui précède et qui subsiste au delà de la vie. comme signifiant. qu’il se Posera. Mais ce n’est que comme signifiant qu’elle les induit. Ces connotations accompagnent la paternité en ceci précisément qu’elle se résume à ce qui de la paternité est pur signifiant. la question lui faisant défaut. "irréductible à toute espèce de conditionnement imaginaire" (op. pas même au mot de "père" ou au patronyme du père du sujet. Remarquons l’antinomie : d’une part. 228) Qu’est-ce qu’être père ? L’accident de la chaîne signifiante.. avec les connotations de loi ou d’autorité. et non pas à s’en faire l’expression. p. car il est vain qu’il le cherche dans un autre signifiant. alors que. de même "père" viendra d’autant plus signifier la marque du signifiant dans l’univers des significations qu’il se distinguera des significations mêmes qui le connotent. D’être asémantique.

"Tu es celui qui me suivras".Accueil Cliquer dans la mesure même où un tel signifiant n’est précisément qu’un signifiant qui assume pour ainsi dire en "premier" le fait de ne pas pouvoir se signifier lui-même. Une telle réponse. (op. "tu es ma femme". "La plénitude que le tu confère à l’autre. disons. "tu es celui qui seras père" : que suis-je pour l’être. mais de sa dimension "vocative". du code. Là donc où l’on attendrait que Lacan nous parle du père et nous déploie les significations de la fonction paternelle. mais d’un terme quelconque au regard de la fonction . mari ou élève. que peut-il se produire si dans le symbolique la structure du symbolique ne se trouve pas symbolisée comme telle. sans que cette altérité ne se soutienne que de l’indétermination même de celui qui m’annonce ce que je vais être. p. est essentiellement liée au signifiant" (Les psychoses. comme j’ai essayé de le montrer. il l’était – sur le mode d’un constat) (Écrits. loin d’effacer la dépendance du sujet par rapport à l’Autre. p. 575576). Il ne s’agit pas du terme plus important. fixerait l’être même qui vient s’y proposer dans un énoncé – mari ou élève. pour Schreber le phénomène des phrases interrompues avec le passage de la scansion sur le plan de l’énoncé – scansion qui joue sur les propriétés du signifiant. "Tu es celui qui me suivras" : toutes sortes de significations pourront être accrochées à cette parole (je suis prêt. soit au manque de garantie qui le fonde (dimension de la bonne foi et aussi de la tromperie) ? C’est là que prend toute son importance l’examen de la phrase vocative ou de la parole fondatrice pour situer la connexion entre le registre de la paternité – en tant que relevant du signifiant comme tel – et l’ordre du signifiant comme celui où le sujet est appelé à assumer les significations de son existence. 634). la parole fondatrice) où la dimension du signifiant se détache d’autant mieux sur son fond de béance qu’il ne s’agit pas de ce qui pourrait se présenter comme une dimension "descriptive" du langage. non seulement dans la forme en chicane de son trajet. si tant est que je le sois ? Loin de décrire ce que je suis ou ce que je serais. et qui est aussi bien ce qu’il en reçoit. 319). par exemple. 295. lui. par exemple – qui redoublerait la marque que le sujet reçoit de son propos. du TU. "Le je a une nature essentiellement fuyante. et non pas à l’être qui le fonderait ? Constatation ou prévision se distinguent ici du mandat ou de l’élection selon qu’à cette parole il est répondu par une question – qui est appel au signifiant – ou par une signification. Ce type de manifestations liées à la structure du signifiant permettent en retour de situer le Nom-du-Père comme corrélatif du point où cette structure même s’avère se fermer sur une faille interne. C’est de ce point aussi que procède. qui ne soutient jamais totalement le tu". là où il n’y a rien qui puisse en répondre. qui est le signifiant de l’Autre dans la parole (Écrits. il nous parle de la parole et spécialement de ces moments où elle s’avère radicalement dépendre de rien d’autre que de son acte d’énonciation : non pas la parole comme expression mais comme constitutive de la signification à l’instant même de ne pas pouvoir s’y fonder. ce n’est pas par un accord de retour qu’il pourra recevoir la reconnaissance de son désir autrement qu’à se réduire à un statut. je suis dominé. en en annulant l’énonciation (comme si. sur ce point où la parole et le symbole ne sont fondateurs que de ne pas être précédés par les significations auxquelles ils ne se réduisent pas. je suis influencé…) sans que la portée signifiante de cette annonce ne s’y réduise ou même ait quelque chose à voir avec elles. p. si le signifiant ne comporte pas l’appel à sa propre condition de signifiant. en faisant de la vérité un ordre qui ne se fonde que de sa disparition en acte. avec l’interrogation implicite qu’elle comporte – et avec la certitude d’une signification qui pourtant se dérobe comme un trou vers lequel le sujet se sent aspiré (Les psychoses. comme le remarque Lacan cette absence étonnante dans le rapport de Schreber à son Dieu. Ce moment paradoxal du signifiant père sera toujours au point de gravitation de l’enseignement de Lacan. p. cit. C’est sur ce point que se produit.. 323) Car si c’est d’un "tu es…" que le sujet invoque celle ou celui à qui il s’adresse dans la parole la plus librement donnée – comme Lacan l’écrit dans "La direction de la cure" – sans déclarer ce qu’il est. p. Or. mais également dans les chapitres terminaux où l’émergence du signifiant père se fait dans une référence constante à ces moments de la parole (l’appel. la prise de parole. là où la vérité d’une parole ne précède pas son énonciation. Mais il est déjà sensible dans le séminaire. depuis la "Question préliminaire" en passant par le titre même du séminaire qu’il ne put tenir : "Les noms-du-père" – comme si l’énoncer au singulier c’était déjà trop en dire. en manquer la dimension d’élision en acte – jusqu’aux derniers développements des formules de la sexuation. une telle parole me fait plutôt autre que je ne 19 suis. Qu’est-ce dire d’autre sinon que cette délégation ou élection ne pourra se situer dans sa pleine signifiance que si appel y est fait au signifiant comme tel. 319).

en acte. qu’elle fonde pourtant. appel auquel ne répond pas pour le psychotique le signifiant qu’il n’y a pas de réponse. ou le sens de son sens. "selon que la partie signifiante aura été par lui conquise et assumée. et précisément de ne pas l’être. 20 . dans des séminaires et des écrits où ne manquent pas les références explicites au séminaire sur les psychoses et à la "question préliminaire". ce signifiant est au point de convergence de tout l’ordre signifiant en tant qu’il assume en acte la loi du signifiant : qu’il n’y a pas de point de convergence sur un premier signifiant qui porterait en soi l’accent de sa primauté. Est-ce un signifiant qui assume de signifier ce manque en s’excluant de lui-même. en tant qu’il s’élide lui-même à se poser comme tel. Scansion interne au signifiant. ou au contraire verworfen. rejetée" (Les psychoses. et dont le mode sera opérant pour un sujet selon que le signifiant comportera en lui cet "accent" de signifiant ou pas. dans sa dépendance à l’impossible qui se cerne dans le signifiant dès qu’il est mis en rapport à lui-même. qui détermine le signifiant comme signifiant (par opposition au signe. ne cessera pas de travailler l’écriture du Nom-du-Père par Lacan. par exemple) et que la structure du signifiant "exige" pour s’ordonner comme telle. 318). p. Ce point de tuché. Le signifiant auquel il est fait appel dans certaines conjonctures. Cette "exigence" ne sera connotée ou sous-entendue que dans l’acte même par où elle s’exclut de tout ce qui pourrait en faire un élément de l’automaton signifiant. ou est-ce l’ensemble du signifiant comme tel qui comporte en lui-même sa propre impossibilité ? L’indécidabilité même de cette question tient à la nature même du moment qu’elle indique : moment "aléatoire". Sans être automatiquement lié à un signifiant. le Nom-duPère est ce qui permet à l’ensemble du signifiant de comporter le trou que le signifiant comme ensemble comporte.Accueil Cliquer primordiale qu’il assume de capitonner le rapport code-message dans l’élision même du terme qui la fonderait.

Ce préliminaire nous l’avons emprunté à l’enseignement de Jacques Lacan . L’âge des enfants se situe entre 4 et 14 ans. La première oppose au milieu familial supposé pathogène. et surtout notre ignorance. établi par des autorités médicales. nous sommes partis du fait que l’enfant psychotique – comme tout autre – est dans le langage. et la troisième favorise chez l’enfant une régression. Mais le fait que le langage est déjà là. il ne faut recourir à aucune contrainte. il suffit d’être un autre meilleur que l’autre parental et l’enfant se développera harmonieusement. dans ce domaine . Mon intention n’est pas de faire l’historique de l’Antenne. Cette idéologie se résume ainsi l’enfant est naturellement bon. Mais le peu d’indications explicites à ce sujet. sauf rares exceptions. Du point de vue diagnostic. nous avons évité de prendre en considération les idéologies dominantes. nous ont contraints à une recherche pleine d’erreurs et pourtant pleine d’initiatives. pour réparer le handicap. Inutile de lui coller un lien social analytique qui lui est encore plus étranger que le discours du Maître. mais d’essayer de donner quelques éléments qui ont guidé notre pratique. du choix 21 .Accueil Cliquer L’ENTRETIEN A PROPOS D’UNE INSTITUTION Antonio di Ciaccia En préliminaire à l’entretien d’Antonio Di Ciaccia sur l’Antenne 110. Il y a donc un choix radicalement différent entre le choix du sujet qui choisit de se faire représenter par un signifiant auprès d’un autre signifiant. idéologies que je résumerai au nombre de trois. Or. Mais si l’enfant psychotique n’est pas dans le discours. notre projet de travail a été celui d’essayer de repérer le préliminaire à tout traitement. notre intention a été celle de nous référer à l’enseignement du Dr Lacan. des enfants qui ont un diagnostic d’autisme ou de psychose infantile. L’Antenne n’accueille pas des enfants souffrants de troubles organiques lorsque ces troubles sont clairement établis. qui a commencé à fonctionner en 1974. la deuxième applique la stratégie de laisser vivre les symptômes et offre à chacun la liberté de vivre sa folie . n’implique pas nécessairement que le sujet soit constitué. au moins en Belgique. Le nombre d’enfants est passé au fil des années de 4 à 13 et le nombre des adultes de l’équipe de 3 à 10. peut-on dire qu’il est dans le langage et qu’il y est comme produit des lois du langage ? Le premier effet des lois du langage est la production d’un sujet. d’éduquer l’enfant-hors-norme à la norme de l’enfant normal. au moins en tant que sujet barré (S). il est pourtant dans le langage. On ne fait rien avant d’avoir constaté la naissance du désir. suivant les stades du couple imaginaire FreudPiaget. La bonté étant la clé de la thérapeutique. Pour que le sujet soit constitué ainsi. S’il est exclu du discours qui fait le lien social. Mon propos aujourd’hui est celui de rendre•compte brièvement du travail d’une équipe qui s’occupe d’enfants dits psychotiques dans une institution appelée l’Antenne. l’Antenne accueille. dans notre démarche. La plupart des enfants sont internes pendant la semaine. c’est l’autre qui en est responsable . si quelque chose peut se passer avec des enfants qui ne sont pas psychotiques. En plus celui qui a fonction de thérapeute. Cette réflexion se veut aussi un nouveau point de départ ou bien une épitaphe. qui était implicite dans l’institution dont l’Antenne est une section. il faut qu’un signifiant vienne le représenter pour un autre signifiant. avec l’enfant psychotique force est de constater qu’on peut toujours attendre. Dans ce contexte. D’emblée. nous publions ci-dessous le texte de son intervention au colloque de la section clinique à Prémontré (25-26 juin 1983) qui portait sur le même sujet. mais qui se mélangent souvent dans la pratique institutionnelle. se trouve sommé par l’institution de répondre à la demande des parents. Si nous n’avons pas pris en compte ces idéologies dominantes. prélude d’un nouveau commencement au développement. l’existence de l’Antenne étant actuellement menacée pour des raisons administratives. nous avons dû prendre position par rapport à une idéologie syncrétique. s’il est handicapé. mais attendre que le désir de l’enfant naisse et faire alors avec lui de chemin de l’épanouissement. un milieu institutionnel thérapeutique . au moins dans la casse et la révolte. Dès le départ.

Les enfants abandonnent leurs objets habituels pendant le temps de la réunion. articulés entre eux. Mais avec une destinée différente.Accueil Cliquer du sujet qui ne choisit pas le manque-à-être-dansle-langage. Non pas pour l’obliger de donner une réponse. dont la présence est toute faite d’absence. seuls ou par paire. le schéma dont il souffre. Bien que beaucoup de choses nous les ayons comprises après coup et d’autres pas du tout. cette relation est destinée à être la première d’une série. j’entends par parole le fait de parler normalement à l’enfant psychotique. Le but poursuivi est celui de rendre présents les adultes aux enfants. au contraire. très confortable pour celui qui n’est pas fou. Le premier axe concerne la parole. Il nous semble qu’une telle voie n’aurait pu nous amener qu’à une mystique de la reconnaissance. Ce tiers peut être l’autre adulte présent. Le rapport à l’autre est dans ce cas susceptible d’être imaginarisé par l’enfant et peut alors devenir objet d’un discours. Cette organisation est centrée sur au moins deux axes. a toujours eu un effet pacificateur. Notre travail se développera suivant une double stratégie : l’une visant l’entourage familial et l’autre l’organisation de vie des enfants. Ici on traite la parole comme un objet. l’enfant reste arrimé à un seul adulte ou à plusieurs. la mystique non plus. A l’Antenne. même si pour nous ça n’a pas de sens. sans ajouter aucune référence surmoiïque. et enfants et adultes font circuler la parole. Il réactualise inlassablement dans la réalité. imaginaires. travail qu’il accomplit avec beaucoup de dignité. Non pas pour lui coller une interprétation. 22 . Je n’entends pas ici la parole comme ce par quoi il y a reconnaissance. Dans certains cas. mais pour lui signifier que sa nonréponse est déjà une réponse. mais un à la fois. appelées réunions de parole. ou mieux l’autre adulte absent. mais comme cet objet particulier. comme à n’importe qui. Le deuxième axe concerne le rôle des adultes. L’enfant psychotique au contraire insiste pour que désir et demande coïncident. nous nous sommes mis à la tâche de mettre en œuvre un dispositif qui puisse produire la paire signifiante minimale pour qu’un sujet surgisse comme barré dans la chaîne signifiante. Ce recours au tiers est nécessaire à l’adulte pour maintenir son désir dans un lieu autre. A l’intérieur de ces cadres les adultes. Pour souligner l’importance accordée à la parole. Ce schéma est par ailleurs souvent repérable dans la parole des parents. ou mieux encore la réunion des adultes. Dire à l’enfant qu’on parlera de lui et ensuite lui confirmer qu’on a parlé de lui à la réunion des adultes. animent des travaux pédagogiques. Ces relations entre enfants et adultes donnent consistance à des foisonnements imaginaires mais elles pourraient chavirer vers des situations duelles. Les adultes travaillant. Ensuite dans ce contexte est entendu comme parole tout cri – quelquefois même des gestes – émis par l’enfant. chacun selon leur style. Nous avons constaté que toujours quelque chose se passe dans ce domaine. Si l’asile n’est pas une réponse à la question que la psychose infantile pose. les adultes s’adonnent à des tâches diverses. L’arrimage à l’adulte a pourtant sa consistance indéniable qui persiste après le départ de l’enfant de l’institution et qui lui offre un point de repère assez stable. Nous accordons plus d’importance au déplacement de cet objet "parole" qu’au contenu des propos ou des silences tenus par les participants. Dans d’autres cas. L’enfant est ici en situation de manque de mobilisation et de chevauchement de ses relations. Avant tout. mais pas assez pour celui qu’il est. pour qu’il y ait une ébauche de relation imaginaire. nous paraît peine perdue. A cet effet nous avons instauré un déplacement constant vers un tiers qui empêche que la relation enfant-adulte tombe dans un court-circuit. mais mon étonnement a été encore plus grand lorsque des autistes ont réclamé ce rôle qu’ils ont tenu avec beaucoup de plaisir. mais pour lui signifier qu’on est à l’écoute de quelque chose qui doit avoir pour lui une signification. Reconnaître un enfant dont rien ne prouve qu’il soit à même d’être reconnu. des ateliers manuels. Je dois avouer que je fus bien étonné le jour où un enfant psychotique me demanda de pouvoir être président de la réunion et d’être ainsi à l’origine de cette passation de la parole. schéma où il est patent qu’il est prisonnier de l’autre dont il détient la clé de la jouissance. mais dans des cadres qui restent fixes et qui sont bien connus par les enfants. des occupations artistiques et n’importe quoi. les enfants participent à plusieurs réunions hebdomadaires. Ce tiers est donc nécessaire aussi à l’enfant qui le demande en même temps qu’il le refuse.

Ce dispositif nous paraît apporter quelques éléments de réponse par rapport à la question soulevée par Lacan au sujet du diagnostic. on avait remarqué que Rose allait souvent se mettre dans le coffre à jouets. Quelques mois plus tard la mère me dira que dans son enfance elle avait toujours appelé Rose toutes ses poupées. Si. comme à l’arrivée. Fantasme qui est central dans cette affaire.Accueil Cliquer La deuxième partie du travail concerne l’entourage familial. Un mot entre papa maman bonbon. me dit que Rose l’appelle papa et qu’elle appelle son père. Rose avait 4 ans lorsqu’elle est arrivée. c’est la réponse. n’est donc pas celui de faire de la thérapie. Quelques mois plus tard. pendant une réunion des adultes à laquelle il assistait avec d’autres enfants. chaise qu’il ne quittait jamais. elle n’écoute pas la mère qui parle. Vissée dans les bras de son père. On aimait bien ce nom. même dans son lit. avec ou sans l’enfant. qu’elle se balance. C’était la période pendant laquelle Bernard blessait son corps pour y faire des trous. "Je suis là". à l’Antenne. si par ce terme on entend que la mise en œuvre de techniques visant la guérison . La science médicale se prête facilement à rendre vrai ce qui est de l’ordre de la réalisation du fantasme. l’histoire de son grand-père. Il se mettait en position fœtale sur le divan. Deux mots comme conclusion. il n’y a plus de petit bébé" disait-il. jusqu’au sang. maman. qui est la mise en œuvre d’un discours bien défini . Ici nous avons tout simplement renversé les données en ce qui concerne la demande. Le but de ces entretiens n’est pas de faire l’analyse des parents . la rencontre de ses parents. candide. la chaise sur lui et il écoutait les récits de sa mère et de son père à son propos : sa naissance. Il repartait à la fin de la séance en poussant des cris. qu’elle est sale. La mère. C’est vrai que Rose n’obéit pas. je le voyais avec son père et sa mère plusieurs fois par semaine. nous paraissent être remises en cause par la constatation d’après coup des effectuations des lois du langage : des enfants ayant le même' comportement et apparemment les . si l’on croit les propos de Jacques Lacan aux Journées sur la psychose chez l’enfant. il n’y pas de problèmes. il s’approcha d’une femme de l’équipe et lui parla. mais plutôt la mise en forme d’un dispositif. qui essaie de rendre opératoires les lois du langage. Il arrivait avec la chaise sur la tête. ni celui de distribuer des conseils ou de pacifier des angoisses. Presque toujours cette certitude est entérinée par la science médicale. etc. en partie artificiel. soit en individuel ou en collectif. qui d’ailleurs ne sont pas demandeurs . Mais je n’en dirai pas plus. "Il n’y a plus de petit bébé. dont le but est celui de répartir les rôles dans la constellation familiale . la chose est plus compliquée. Un seul mot. Pour l’instant je vais simplement vous raconter quelque chose qui concerne un des derniers enfants inscrits à l’Antenne. nous exigeons – pour que l’enfant soit inscrit à l’Antenne – que les parents acceptent une série de conditions assez strictes et contraignantes. Le deuxième but recherché dans ces entretiens avec les parents est de placer une énigme là où il y a 23 certitude. ni de faire de la psychanalyse. Cette personne décide des modalités de ces entretiens. celui du fantasme où l’enfant psychotique est pris. Je demande pourquoi ils l’ont appelée Rose. Pas un regard ne m’est destiné. Je la vois avec ses parents. à l’Antenne ou ailleurs. tandis qu’il restait silencieux pendant la séance en regardant tête en bas celui qui parlait. Au lieu que l’institution réponde à la demande d’aide des parents pour éduquer l’enfant è la norme. par exemple. Une de ces conditions concerne l’obligation d’entretien avec une personne désignée par l’équipe. Ils construisent pour l’enfant une mythologie. La mère dit qu’ils ne comprennent pas : pour eux. de voir les parents seuls ou ensemble. Les références imaginaires ou phénoménologiques auxquelles la psychiatrie fait recours pour déterminer le diagnostic. Bernard dira "Je" pour la première fois à la suite d’un récit pareil. etc. Éon derrière tourné vers moi. Au moins en ce qui concerne la place de l’enfant dans le fantasme. En premier lieu le but recherché est celui de faire causer les parents de leur enfant psychotique. ni de faire de la thérapie familiale. Le travail des adultes de l’équipe. Grâce à la présence de cette tierce personne les parents articulent en histoire ce qui est pour eux un enchaînement des évènements supposés traumatiques. en donnant consistance au roman familial. Je n’aborderai pas plus loin – aujourd’hui au moins – ce chapitre. "Où est-il le petit bébé ?" demanda l’adulte. A l’Antenne. qu’elle ne regarde jamais personne et qu’elle ne parle pas non plus. répondit l’enfant. Côté père.

Actuellement. On les a provoqués à donner une réponse qui n’était pas la réponse de la parole. c’était une autre réponse. Je reste insatisfait lorsque je suis dans la littérature lacanienne au sens large. parce que les repérages diagnostics sont encore plus vagues. nous nous sommes fixés une ligne de conduite – de parler à l’enfant psychotique comme à n’importe qui –. parce qu’il fait très rarement référence à ces questions. on m’a mis dans une salle avec un enfant psychotique et on m’a dit : "Voilà. s’occuper enfin de la vie quotidienne. c’est qu’il répondait. Dans .Accueil Cliquer mêmes symptômes ont évolué d’une façon différente dans la mise en acte de ce dispositif.V. La plupart du temps. vous faites la thérapie". C. Je dois dire que je reste assez insatisfait. ne demandait absolument rien. on donnait à un enfant la parole – on la lui donnait comme on donnerait un objet – et l’enfant ne savait que faire avec la parole que l’autre lui avait donnée. on l’a étudiée avec toute l’équipe. Tout le monde sait que si dans une cuisine on demande à un enfant autiste de donner du sel.V. la cuisine. faire les courses. regarder autour d’eux en se demandant ce qu’ils devaient faire ou se lever pour aller donner une bise à quelqu’un… C’était une idée toute simple et je dirais même que le reste aussi était tout simple . de réparation. C’est cela. C’est alors qu’on s’est dit : "Ils ont compris quelque chose". C’est sans doute qu’on ne repère pas. et nous. c’est cela. Mais j’ai été étonné de constater qu’ensuite. Je pense que ces éléments peuvent permettre une ébauche de diagnostic différentiel. on essayait de tenir une conversation et d’intéresser l’un ou l’autre. chez les anglo-saxons. et on a pris l’analyse des cas de Mélanie Klein comme des analyses d’enfants psychotiques. à l’Antenne. Par exemple. on en a vu de toutes les couleurs. C. Une fois dans l’institution. C.). Peux-tu dire un mot de ton rapport à la littérature sur la psychanalyse d’enfants ? A. cela ait débouché dans la parole. c’est-à-dire. parce que je n’arrive pas bien à saisir de quoi ils parlent lorsqu’ils parlent d’enfants autistes ou psychotiques. Un jour où on était en retard. On avait pris l’habitude. C’est en partant de cette séance là que j’ai dit aux deux autres membres de l’équipe qu’il fallait faire autre chose. le diagnostic est basé sur des aspects phénoménologiques ou psychologiques vagues qui n’apprennent rien des possibilités de changement. Ce qui me frappait en lisant ton texte. Evidemment. comme tu le dis dans ton texte. Je pense que l’on a pris l’analyse du petit Hans comme une analyse d’enfant tandis que c’était la preuve pour Freud de la sexualité infantile. D’emblée. Par hasard.V. tous les matins. Alors on a vu des enfants se lever et se mettre à danser. Oui. J’ai eu des expériences assez étonnantes avec des enfants de deux ans où les choses ont marché avec une ou deux séances. c’est-à-dire que la question de la demande n’est presque jamais correctement posée dans les institutions et que l’on confond le discours analytique avec le fait que l’humain est – de toute façon – dans le langage.V. mais que s’il n’y est pas comme sujet. il ne donnera pas de sel mais il donnera bien quelque chose. Souvent. C. mais je serais très prudent sur le nom à donner à cela. 24 ENTRETIEN AVEC ANTONIO DI CIACCIA Christian Vereecken Christian Vereecken (C. c’est-à-dire qu’on a immédiatement demandé à l’institution de nous donner les choses nécessaires pour pouvoir vivre avec les enfants : par exemple. N’y a-t-il pas beaucoup de malentendus à propos de la psychanalyse d’enfants ? A. je cherchais un travail pour payer mon analyse. je peux très bien souscrire à cette décision. alors que lui. A. nous n’avons pas trouvé les enfants . c’est encore plus difficile chez Lacan. c’est-àdire dans les auteurs qui se réfèrent à Lacan. assis en silence. Je l’ai étudiée après. on les a finalement trouvés au lieu de la réunion. les réunions d’enfants. Un collègue m’a fourni le mot après-coup : c’est un traitement préliminaire. C. les enfants restaient chacun dans leur coin en se balançant. Or. de rafistolage. C’est comme cela que je suis arrivé dans une institution qui m’a proposé de m’occuper d’enfants psychotiques. d’autres se lever. Je n’avais jamais fait avant de la thérapie d’enfants psychotiques. Même préliminaire du diagnostic… A. Comment as-tu été amené à t’occuper d’enfants psychotiques ? Antonio Di Ciaccia (A). ces réunions se passaient assez mal . de faire une réunion avec les enfants. que l’enfant peut être dans le langage en tant qu’objet. J’ai alors demandé la liberté de former une équipe. et ce qui est étonnant. tandis que c’était la preuve que l’enfant déjà avait des fantasmes.V.V. il n’est pas dans le discours ? A. c’est que ce n’est pas du tout une idée de traitement.

Il y a un aspect de leur intelligence qui m'a toujours frappé : je crois que c'est une énigme à laquelle il faudrait attacher beaucoup d'importance. c’est-à-dire que l’enfant sait que je suis l’oreille pour cette mythologie et les parents savent que je peux les rapporter à l’enfant. Vous faites aussi des ateliers ? 25 A. pas de symptôme. Bien sûr. éprouvent le sentiment d'être mis sur . Vous tombez. et souvent. nous avons pris parti de ne faire ni la thérapie ni la psychanalyse des enfants c’est-à-dire que tout rapport individuel avec l’enfant sous l’enseigne de la thérapeutique a été mis à l’écart . selon notre diagnostic.V. Tous les stagiaires.V. ce que j’attends d’eux. Par exemple. Tous les ateliers sont importants et bidons en même temps. de temps en temps. il faut même le faire " mousser". qui ont demandé une analyse. il se référera souvent à cette personne. très rare. ce symptôme. la moitié des enfants qui sont passés à l’institution). très doué. donc. je suppose. C. Je l’ai fait seul pendant très longtemps. Mais en fait il n’y a eu que deux ou trois enfants de l’Antenne. Nous avons essayé de le rendre possible par ce temps préliminaire.V. Par exemple.V. Ce qui m’a étonné. cela n’a aucune valeur pédagogique.V. Oui. Pratiquement. Mais une fois que l’enfant est parti de l’institution. mais alors c’est beaucoup plus dur. C. relèvent tout simplement de l’application du discours analytique alors que la question est de rendre possible le discours analytique. mais il ne voudra pas la voir ni la rencontrer. Ces entretiens avec les parents ont évolué vers une position transférentielle. Il s’agit de ne pas rater ce temps préliminaire. on vous envoie faire une thérapie).V. Nous avons beaucoup d’enfants pseudo-psychotiques (grosso modo. c’est qu’ils n’étaient pas à même de pouvoir faire ce travail ailleurs. — En bien. C. Ce n’est pas ce que les adultes y font qui est important. eh bien. la durée du séjour est extrêmement courte. C. C. L’enfant souvent n’est pas présent mais je fonctionne comme le trait d’union. mais c’est très. Quelle est la durée. c’est une reconstitution mythologique de l’enfant. C. D’emblée. ce qui compte c’est de faire courir les désirs de l’enfant derrière les désirs des adultes. Quelque fois cette relation imaginaire a pu susciter une demande d’analyse – qui a été recevable. je pense à un enfant qui avait un gobelet sur la tête et qui allait sur sa balançoire avec son gobelet sans le laisser tomber. ce n’est pas une thérapie non plus. Je me rappelle d’une petite fille qui était muette. les enfants psychotiques marchaient normalement. Sans discours. mais qui s’appuie toujours sur une personne déterminée. Comme je l’ai dit. où je faisais des séances avec un frère et un singe auquel elle s’identifiait. Il faut le construire. C. c’est-à-dire. dans le cas d’enfants pseudopsychotiques. c’est une démarche préliminaire qui s’appuie au contraire sur la valeur de la présence des adultes et sur les affinités imaginaires que les enfants trouvent auprès des adultes. c'est la perception des désirs de l'autre par un signifiant qui est normalement fermé. C. C'est quelque chose d'étrange : le rapport avec la réalité est différent. bien sûr – ailleurs. Ce qui nous intéresse c’est cette énigme de l’enfant psychotique qui serait irrationnel mais qui en même temps est très intelligent. désigne les enfants à qui on a collé à tort un diagnostic de psychose ? A. je suppose. Quel rapport avec le discours parental ? A.V. Pseudo-psychotique. même le travail de logopédie ou de psychomotricité… ce qui ne veut pas dire que nous fassions du groupe. La fameuse théorie de l’enfant symptôme. c’est mon travail de voir les parents. Après peu de temps à l’Antenne. C. du séjour des enfants ? A.V. mais il faut le porter à un an pour des raisons scolaires. A. auprès d’analystes. elle s’était mise à parler comme tout le monde. sur des enfants que vous considérez vous aussi comme psychotiques ? A. A. Il n’y a pas d’autre but et bien sûr. un jour où il y avait du verglas et que les éducateurs s'accrochaient car ils glissaient. donc ici il faut le reconstruire.V. ils étaient automatiquement susceptibles d’une thérapie de la part d’un autre (c’est le péché mignon de la plupart des institutions : vous venez avec un enfant psychotique. C'est-à-dire ? A. La plupart des thérapies d’enfants psychotiques que l’on fait. en premier lieu. A. C’est une remise en chaîne d’un discours ou quelque chose comme cela. Quelques-uns de ces enfants ont pu être intégrés dans une école normale et ils y sont restés. La demande par rapport à l’enfant est prise simplement si ils acceptent de venir me parler de l’enfant . en dix ans. sinon toutes. À l’Antenne. cela peut se résoudre en quelques mois. Je ne considérais pas que du fait que des parents avaient un enfant psychotique. La seule chose que l’on ait pu faire c’est de créer me référence stable. par exemple.Accueil Cliquer Ce n’est pas une analyse.

plus il est capable de percevoir là où la castration fait défaut chez l'autre. les psychiatres ne sont pas assez humbles pour se laisser tester par les enfants psychotiques . 26 . et plus un enfant est psychotique.Accueil Cliquer la sellette par les enfants psychotiques. Je pense que souvent des psychiatres interprètent les difficultés rencontrées par les parents des enfants psychotiques à cause de la lucidité de leur enfant comme un révélateur qu'il y a de l'"anormal" chez les parents... Malheureusement. Cela se vérifie avec les parents aussi.

et ce statut aussi des registres que Lacan a promu dans son enseignement : les trois registres du symbolique. on ne pourra pas. a toujours été entendue avec ces mots-là. enfin on le fait maintenant. Les deux seuls mots savait dire c’était "oui". ce sont les contenus du corps. qui rappelle beaucoup ce qui se passe chez l’enfant… non psychotique. dont la dénomination pour lui. parce . quand on s’adresse au psychotique. il ne savait pas du tout accommoder. la psychose. Pour ce qui était de lui-même. n’empêche que lorsqu’on a affaire à un enfant psychotique paranoïaque – car il était de structure paranoïaque – de quatre ans. ou il lui donnait tout ce qui était à lui. quand on lit les mémoires de Schreber. qui est un dossier très volumineux. justement ce statut du signifiant. c’était "Madame ! Madame !" Quand un enfant criait. je suis donc amenée à employer des mots qui sont pipi. et c’est certainement quelque chose qui peut éclairer beaucoup justement ce qui est là en question. c’est-à-dire qu’il disait les deux en même temps. qui est arrivé dans ce dépôt de l’assistance publique pour diagnostic avant un 27 internement à l’asile psychiatrique. Ce sont donc ces mots que j’emploie et d’ailleurs. Il est apparu hors séance. qui est. il fallait qu’il recommence son geste depuis le départ. Mais évidemment. Je vais d’abord rappeler en quelques mots qui est l’enfant au loup. C’est une description. On aurait peut-être pu le faire plus tôt. c’est cela qui est en cause. – Rosine Lefort. surtout. s’il ne l’atteignait pas du premier coup. un signifiant : "Loup". qui est le rapport du réel et du signifiant dans la psychose. c’est donc par rapport à ces critères. de ce que ça détruit. il a crié : "loup !". La description en est faite dans le séminaire de Lacan. Le 6 février apparut un mot. Je passe la parole à Rosine. Il faut bien dire que. étant donné une certaine apparence. mettre en évidence la spécificité de ce qui se passe dans la psychose. de l’imaginaire et du réel . le représentant de la destruction. Pour prendre un objet. disons. de ce qui en sort. aussi bien ceux qui rentraient que ceux qui sortaient. à part que les seuls mats qu’il hurlait sans arrêt. de ce dire du psychotique. ce signifiant. on se rend compte qu’il est question de la même dialectique pour l’intérieur du corps. très minutieuse. On m’a confié l’observation de cet enfant. A ce moment-là. ce n’est pas seulement le phénomène. dans ce rapport entre le réel et le signifiant. il n’emploie pas les mêmes mots. Ce dossier de l’enfant au loup. finalement ce qui en est de ce signifiant. il se précipitait pour le faire taire. dans le fond. qu’on va essayer de définir. mais je crois que si on n’arrive pas à cette articulation. Alors pour cela. Pour beaucoup. plus exactement un point. d’entendre employer ces mots-là. on a tendance – c’est ce qui s’est souvent fait – à aplatir un peu ce qu’il y a de spécifique dans ce qui se passe dans. on va prendre une sorte d’exemple : un morceau du traitement de "l’enfant au loup". je ne vais donc pas la reprendre.Accueil Cliquer CONFERENCES UN CAS DE PSYCHOSE Robert Lefort Rosine Lefort Nous allons essayer de saisir certains points particuliers. notait très soigneusement. je pense que vous la connaissez. mais bien la structure. dans un discours analytique.C. car il avait été détruit par tous les contenus de son corps. Je vais vous lire les séances telles qu’elles ont été écrites à l’époque (ce traitement a été fait avant l’enseignement de Lacan). mais "oui-non" accolés l’un à l’autre. n’est-ce pas. il ne savait que courir – il n’avait commencé à marcher qu’à trois ans. la question peut paraître un peu spécialisée. Ce mot loup. ou chez le sujet non psychotique. ces points de repère. il ne savait pas marcher. caca et lait – on a peu l’habitude. Il faut donc aller quelquefois y voir de près pour s’apercevoir que ce qui est en cause. Il n’était pas question de savoir s’il disait oui ou s’il disait non. "non". en montrant le trou des W. et s’il peut en garder. va être l’objet d’une certaine dialectique pendant à peu près quatre mois – dialectique de ce qui rentre dans son corps. ou quand on entend l’enfant psychotique. C’est un petit enfant qui n’a pas tout à fait quatre ans.. lorsqu’il m’a amené pour me faire vider dans la cuvette où on vidait tous les pots du jardin d’enfants et qu’il m’a demandé d’y vider son pipi. c’est-à-dire très tard – il ne savait que courir d’un bout de la pièce à l’autre en hurlant. par l’intermédiaire du cas de l’enfant au loup. terrorisé. à l’époque. chaque soir le compte rendu des séances – était resté en attente d’une lecture théorique. avec ce que j’en ressors à chaque fois comme impression de ce qui se passe dans ces séances .

mais qui n’était pas à l’intérieur de la pièce. ce qu’il y avait au delà de la porte. mais toujours sans rien dire. m’a fait remettre la tétine. et a reposé le biberon sur la table. il s’assied sur le pot. dehors c’était ce qu’il y avait au-delà de la fenêtre. Ce n’est qu’un bref éclair . tout cela m’évoque un geste . Cela n’empêche pas qu’il en est revenu exactement au même endroit que cet enfant. j’en suis content. le livre posé sur mes genoux. très agité. cela m’a bouleversée. dans les séances qui ont suivi il m’est arrivé à situer le "loup" dehors. Pour le moment. je met toujours en séance du lait. loup". Il se fait retirer ses chaussures et ses chaussettes. il y a de la nourriture réelle en séance . ouvre la porte. pousse et fait caca. Il entend un bruit de clé dans la serrure. il dit "pipi". et en même temps sa fixité. pour ces enfants. un biberon. referme vite en me disant affolé. la séparation. Il met différents objets dans une boîte. mais il a toujours une couche. dépose sur mes genoux la boîte et le biberon. quand je suis arrivée. c’est la petite Nadia qui me l’avait appris. une porte qui s’ouvre. alors Robert s’affole. pendant le moment où elle est ouverte. mais dans l’idée que c’était un objet de discours et qu’il fallait qu’elle ait l’objet réel pour pouvoir en dire quelque chose. mais lui né l’appellera le loup que plus tard. qu’il ne regardait pas. serrant son livre contre lui. Je dis "Le loup" parce que c’est plus pratique."… C’est ce que j’avais écrit à ce moment là. à l’assistance publique c’est comme cela – et il termine son pipi debout. s’exclamant à certaines images. Ce jour-là. c’est uniquement un cri : "loup". On avait l’impression qu’il ne voyait pas. Toujours.Accueil Cliquer que lui. Deux fois au cours de cette scène. regarde pour la première fois depuis le début. en disant "maman" pour la première fois. Pendant qu’il remplit ce biberon d’eau. En se relevant. regarde. il a regardé un peu longuement les objets qui étaient autour de lui. après six semaines de traitement. en disant "'étine". l’a rempli à nouveau. Cette scène calme aurait peut-être duré plus longtemps. pas du tout dans l’idée qu’elle le boirait. alors je dois signaler tout de suite que. et puis d’autres choses selon ce qui est nécessaire. Sans rien annoncer. Et nous allons voir que ce progrès qu’il a fait est tout de même très précaire. Alors là. Son attitude et son expression semblent vouloir dire "je l’ai fait de moi-même. j’ai appris par une infirmière. Alors. si la personne qui habite dans la pièce à côté ne rentrait. de nouveau. Robert a donc commencé par manger le chocolat. car c’est vraiment un regard. Et ce jour-là. parce que j’ai voulu et que tu es là. cette agitation. par terre. il fait pipi accroupi dans sa couche – car il a quatre ans. et la tétine seule représente l’oral. cependant. le dépose à toute vitesse devant la porte de la voisine. il est président du Tribunal et qu’il a cinquante ans. et sa peur. Alors. vérifie que la porte est fermée. Ce qui fait que pour les enfants. plus "loup". Il a vidé le biberon de son lait et puis il a mis à la place un peu d’eau. ce caca. me le montre. le 19 février. tout seul. puis après me l’avoir fait refermer. alors qu’il avait nommé "pipi" tout à l’heure. mais je ne le dis pas parce que j’aurais peur que cela me détruise. toujours criant "loup" ou "pot". en séance. loup". et la tétine à côté. prend le livre. "La vertu destructrice du mot. en hurlant "loup. met le biberon dans la boîte. Nadia avait treize mois et un jour. et à la fin. qu’il m’a fait boire – un petit peu – puis il en a bu. son regard posé sur moi perd alors brièvement l’expression bizarre que je lui avais remarquée dès les premiers jours. il le regarde." Je ne dis rien de ce qui touche à sa peur s’il disait le mot. en disant : "'étine". la bouteille du biberon 28 – c’est pour cela la sépare toujours – représente le pénis. mais toujours à travers la couche. j’en ai donc mis en séance. je me suis donc dit à l’époque : c’est qu’elle avait donc des choses à dire dessus. se fait retirer sa couche mouillée. pot". Il va prendre ce pot. les petits. Ce biberon était représentant de deux choses. il dit "dehors. Il est de plus en plus agité. c’est-à-dire à l’intérieur du transfert. La manière dont il a déposé le pot. referme vite. Il le disait très clairement en regardant la fenêtre : "Loup dehors". une porte qui se referme . Ce n’était pas un représentant oral comme on pourrait le penser . il tourne les pages ou me les fait tourner. très calme. qu’elle avait réclamé son petit déjeuner au biberon . se précipite à la porte. pour la première fois. en essayant que le loup ne soit pas dedans. avec les autres objets . "Loup". il le nomme. très calme. Car le regard de cet enfant était très impressionnant par sa mobilité permanente. il me fait remettre la tétine sur le biberon. "pot. et il a regardé les jouets plus longuement que d’habitude. il s’est serré dans mes bras. me fait ouvrir et refermer la fenêtre. Arrivant en séance. il mange le chocolat – oui. il vient s’asseoir près de moi. C’est la première fois. l’ouvre.

et surtout. il commence à me faire une toilette agressive. retournant le poupon sur le ventre. Il retire alors l’épingle de la couche du poupon. qui rentre dans sa chambre. J’ai l’impression qu’il se punit à travers ce poupon car si on l’a dérangé tout à l’heure. parce qu’il fallait que le lait et le biberon soient séparés. avec une certaine jouissance. Ce qu’évoque toujours" loup ". Mais il a beaucoup 29 . puis sans. Cette jouissance me fait penser que depuis le début. Il embrasse les crayons à travers le verre. et me fait ensuite une toilette agressive et brusque. il les vide dans sa main. il ne vidait le lait que pour le remplacer par l’eau. à travers la couche. Cette jouissance cela me fait penser que depuis le début. Dès qu’il est entré dans la pièce. les remet dedans . il me réclame deux tartines de pain qu’il enveloppe pour monter dans sa chambre. il vient regarder le biberon en croquant un biscuit. de nouveau en disant "loup". en me disant sur un ton suppliant :"couche". Il court à la porte. et que pour bien s’assurer que lui existe toujours.Accueil Cliquer propitiatoire qui reviendrait à dire : "j’étais calme. il se calme peu à peu. une certaine peur subsiste. évidemment de me tremper. il y a eu évolution. et le sentiment de culpabilité provoqué par le retour de la voisine. s’assurant ainsi que son corps est toujours là. revient dans la pièce. puisque j’ai fait ce qu’on exigeait de moi. et je lui ai déjà dit que quand quelque chose sortait. c’est qu’il est coupable. Quand il recouvre son caca. l’ouvre. remplit le biberon et me verse de l’eau sur la main . s’assurant que les crayons sont bien toujours à l’intérieur du biberon. car depuis quelque temps. on parle beaucoup de jouissance en psychanalyse. l’agressivité déclenchée par l’angoisse. l’expression de jouissance chez cet enfant. il dit plusieurs fois le mot :"caca". il regarde si les crayons sont toujours dans le biberon. je pourrai peut être rester là. il fallait donc que je sente beaucoup cette jouissance pour que je puisse le dire. appuyé contre mes genoux . et il me frotte. et se manifeste par plusieurs "a pu" qu’il disait de temps en temps dans les séances précédentes . Lacan n’en avait pas parlé. il vide le lait du biberon sur le plancher. pour se remplir et faire de nouveau. j’apprends que la nuit a été agitée. mais à l’époque on n’en parlait pas . (je dis les deux séances à la suite). embrasse la bouteille. en sécurité. il me fait boire agressivement. refermer la porte en la claquant. comme il a dû en connaître beaucoup. et un bout d’étoffe. qu’il les sort et les rentre. il la lui enfonce plusieurs fois dans le derrière. Il me passe les épingles de sa propre couche. c’est aussi les changements qu’il a subis. de plus en plus violemment. Ensuite. Ensuite. qu’il se remplit. Par contre. il m’écoute très attentivement. Je lui dis qu’il a fait caca. – il n’a pas sorti le pot – l’ouvre pour la refermer en la claquant. Je lui dis tout cela. Je le lui dis. Il retire cette tétine pour introduire dans le biberon le crayon qu’il prend dans ma poche. Et il a suffisamment compris ce que je lui ai dit pour aller rechercher le pot. pour la première fois. cela devait être très fort. et je serais encore détruit. pour conjurer le sort. quelques gouttes d’eau tombent. il met la tétine dans la boîte. ses yeux dans les miens. me fait remettre la tétine. Deux fois de suite. la met avec l’autre dans le biberon qu’il referme avec la tétine inversée. Puis il me confie le biberon sur les genoux. et qu’on a dû lui donner un calmant. En retraversant la cuisine. tapant sur ma main mouillée. Puis. j’ai eu peur de perdre Rosine. je ne dois en mettre qu’une parce que l’autre. très excité. en refermant la porte de la pièce. Il le fait. Le lendemain. s’il fait pipi. et je mets fin à la séance. et je lui redis le rapport entre les deux. il boit tout de suite après. d’abord avec la tétine. il dit "pipi". alors j’offre. al remettait quelque chose dedans. de plus en plus détendu à mesure qu’il rajoute les pages du livre par dessus. la paume en l’air. puisqu’il n’avait pas encore enseigné. Alors. mais je lui dis juste qu’il se fait mal parce qu’on lui a fait mal. ïl remplit donc le biberon. il me le montre très vite. Je dois le faire pour calmer la colère des autres. ce caca qu’on a toujours exigé de moi. on l’emploie. alors. il y a eu évolution en trois étapes. il se débarrassait du lait avec terreur. et ne plus changer ". C’est que si j’ai employé ce mot. mais à ce moment il entend la voisine (la même scène que la veille). Il mange le chocolat. Il me donne le poupon qui était sans couche. il s’assied tout de suite sur le pot et la fait. s’assied sur le pot pour faire caca. va à la porte de la voisine. il y a liaison du vidage du lait et du remplissage par l’eau… par la jouissance. D’abord. Il vide en définitive le biberon sur ma main. et comme il n’a pas de couches. comme pipi et caca sortent de lui. et en revenant. Alors pour ce mot "jouissance". Mais évidemment. J’ai l’impression qu’il décharge sur moi par cette scène de toilette agressive. et en disant contre elle :" loup ! ". quelqu’un m’a dérangé". il déchire les pages du livre pour en recouvrir le caca. dans le biberon. et un autre qu’il trouve dans une boîte. il s’appuie contre elle. le remettre près de ma chaise. Maintenant. et il jouit. c’est-à-dire invaginée. je vais dire quelque chose.

c’est évidemment encore trop difficile. avec un visage heureux pendant une seconde. et Nadia l’autre petite fille). il a donné. Alors. Il refait de nouveau caca sur le pot. il est violent avec lui. il fait cinq choses qui s’articulent. et un petit pot. il manifeste l’importance de son rapport à moi plus intensément que d’habitude. il dit le mot :"caca". et le pipi qui . et en boire lui aussi. C’est la première fois que je peux porter ses objets. Quand il se relève. il fait le lien entre d’une part l’eau qu’il met dans le biberon. nous allons essayer de faire un commentaire sur ces deux séances très importantes. Successivement. et qu’il a déjà essayé deux fois d’étrangler. les regarde longuement en mangeant un bout de chocolat. qui n’est pas le poupon habituel. de même qu’il coupe en deux le poupon. et la cuvette avec ses objets de l’autre. Il est agité. Voilà. où il ne se précipite pas sur les jouets. puis de monter l’escalier à pied. il faut d’abord avoir reçu. mais je ne le lui dis pas. Pour descendre. frappant le peu d’eau qui reste avec le plat de la main. dehors". non par un appel pathétique. il essaye de lui arracher un bras et me le jette sur les genoux. Premièrement. il se coupe en deux. 30 le fond. Il prend ensuite une épingle sur ma blouse. pas de plus dans une tentative d’articulation de l’objet oral et de son pénis. de passer d’une maison à l’autre. pour le mettre dans une boîte et le remplace par une épingle de couche. et il dit. Il n’a pas emporté le pot avec le caca. il fait pipi dans sa couche. une gorgée. il me fait mettre la tétine. et je dois donc le porter. boit ensuite calmement. met un peu d’eau dans le biberon. que pour faire un cadeau sans en être mutilé. et remet l’autre intact dans le biberon. Il va chercher un poupon dans le berceau. je sens qu’il y a dans ce "caca" l’intention de me faire un cadeau de plus du caractère conjuratoire habituel. Certes pas au niveau des signifiants. dans le but. casse la mine du mien. remet la tétine. c’est pour m’en faire boire doucement. le laisse tomber de haut dans le lit. mais aussi la partie de lui qui doit être punie. après avoir rajouté de l’eau. Alors maintenant. et il avait lutté. Il cherche une place pour le berceau. et que comme je suis là. sans avoir peur. Le lait. ce jour là. alors qu’il fait nuit. retire le crayon du biberon. il met tous les objets dans la cuvette vide. alors il ressort du biberon les crayons. Mais là. Ensuite. et qu’il n’en était pas encore à avoir reçu pour pouvoir donner. Je lui dis qu’après avoir fait caca. de me donner quelque chose. il regarde brièvement les images du livre. contre sa peur d’être détruit pour le faire. donc. 'il n’arrive pas à la porter. c’est "loup" et moi. De nouveau. mais. entre le dehors et le dedans. (Le biberon et la tétine). trépignant et sautant. en me donnant la main. dans le lit. Il sépare nettement ces deux parties. Cette tonalité se poursuit dans la pièce. le poupon est à la fois les autres enfants (entre autres Maryse la petite fille que j’ai prise en traitement avant lui le matin. D’entrée de jeu. Elle est chez elle. d’un côté. mais des représentants de son corps. Mais il a eu peur. pour dire :"loup. donc il est coupable. donc puni. ni en cherchant refuge non plus contre quelque danger. tenant en main un petit objet. J’ai l’impression que cette fois-ci. de me la faire refermer. porte de la voisine. me fait ouvrir la fenêtre. pour la première fois. Je lui dis juste qu’il a été content de me faire ce cadeau. ici. puis me demande ce poupon. il remplit le biberon en le maintenant couché sur le fond de la cuvette. puis debout. il finit de vider la cuvette par terre. pour d’abord m’en faire boire agressivement. alors. il y avait eu le désir. et pour la première fois il en dit le mot. et qui vont culminer vers le nouveau regard dont je vous ai parlé tout à l’heure. en allant en séance. et en asperger les murs. A la fin. m’essuyer la bouche. c’est plus une reconnaissance qui le laisse plus libre ensuite et capable. s’il vide le biberon de son lait. Il descend ensuite remplir le biberon lui-même. les appuyant l’un contre l’autre. avec toi. en même temps qu’il remplit le biberon. qu’il remet dans ma poche. à ses pieds. mais son angoisse est un peu moins vive. il me fait mettre de l’eau dans le biberon pour le vider par terre. pour éclabousser tout autour. le mot. il a pu sentir la joie de faire caca ainsi et de me le montrer. deuxièmement. enfin par terre . quand même. justement sur le réel et le signifiant. il peut me faire boire et boire lui – même calmement de l’eau qu’il a mise lui-même dans le biberon. Donc. l’enfonce dans le derrière du poupon. il a fait un. d’abord accroupi. Pour la première fois. lui.Accueil Cliquer moins peur qu’hier. me fait boire. Il met alors tout dans le lit. en me le montrant avec un air ému et joyeux. car il a été actif pour enfermer le "loup" dehors. et ainsi trois fois de suite avec un air excité. dans ces deux premiers temps. c’est ce qui se spécifie : dehors. Alors. mais il est allé refermer la. et surtout dans le transfert. qu’il remplace par un peu d’eau. on l’a dérangé. Qans la première partie de la première séance. Il avait ce désir mais je lui avais dit (et le lui dirai très longtemps) qu’il n’était pas encore temps pour lui de faire un cadeau. Il appuie le pot contre ma chaise.

Pour la première fois. Et le signifiant provoque alors la perte de l’objet c’est-à-dire sa mutilation. avec le livre. le bruit 31 des clés de la voisine lui impose le retour de ce signifiant. redonnerait à cet objet le caractère de destruction surmoiïque. Sans savoir d’ailleurs que bientôt. Il dit plusieurs fois "a pu". dix minutes de grand calme. prend le pot qui contient le caca. Et qui le représentait jusqu’à maintenant. Tel est l’effet du surmoi. Mais il est un aspect non moins frappant. dans de telles pratiques. car il va reprendre. mais cette séparation est illusoire. appuyé sur mes genoux. Ce n’est pas le pipi qu’il fait dans le pot selon le surmoi. Mais il ne suffit pas cependant de la porte pour le rassurer. puisqu’il suffit d’un bruit. à lui. On saisit là comment. c’est la voisine qui rentre. Et étant donné qu’il s’agissait de services hospitaliers. crie de nouveau loup vers l’extérieur. Le fait brut. Mais le fait qu’il retrouve à ce moment le mot "caca" qu’il avait soigneusement évité lorsqu’il avait fait dans le pot. et se détendant au fur et à mesure qu’il rajoute des pages. Car cacher l’objet. donne à penser que loin de réussir cette annulation. C’est un enfant qui avait eu au minimum vingt-quatre changements en dix huit mois. pot. c’est le caractère propitiatoire de son geste. Après le biberon et la tétine. Mais je ne lui dis rien. En même temps que d’autre part il me fait une toilette. en disant "dehors. et le fracas qu’il provoque chez Robert. Il va rechercher le pot – il en est capable – le met près de moi. on peut déduire que Robert. en même temps qu’il crie :"pot. des bruits de porte. loup". un geste qui a pour but de rendre bien disposées à l’égard des puissances extérieures – c’est la définition – surnaturelles. objet oral. qu’il en recouvre le caca d’une part. c’est du dehors que le loup va revenir dedans. avec les trois fois huit. je lui avais interprété comme cela. le plus souvent. mais cette fois avec un caractère persécutif et destructeur. mais le pipi de la couche. comme je vous l'ai dit. parce qu’il est ce réel lui-même. dans le transfert. Si je parle maintenant du symptôme d’énurésie. il y ajoute un sens d’effacement et d’annulation comme le prouve le fait qu’il déchire les pages du livre. et ne participe en rien au symbole. Toute la deuxième partie de la séance explicite pourtant la fragilité de l’équilibre que Robert vient d’atteindre avec moi. il le livre encore plus au danger. et moi-même. c’est-à-dire à peu près dans six semaines. Robert s’affole. Robert conclut de lui-même la scène en me faisant ouvrir et refermer la fenêtre. vous voyez le nombre de personnes qu’il avait eues pour s’occuper de lui.Accueil Cliquer sort de lui. Je lui dis d’ailleurs qu’il fait cette offrande pour calmer la colère des autres. dans une boite sur mes genoux. qu’il doive alors sauvegarder cette amorce du don symbolique en dissociant l’objet du signifiant qui le représente. puisque ce . complètement affolé. sous la forme d’abord de pot. Tout spécialement lié à la destruction anale. boucher mon regard) pourrait faire penser que c’est l’objet en soi qu’il vise. j’aurais pu dire : la colère des dieux. il lie à moi le biberon-pénis et la tétine. et c’est à ce moment que je suis bouleversée par son regard. car loin que le signifiant le protège du réel. en disant plusieurs fois "caca". Ensuite. Je ne manque pas cependant de lui dire aussi le but positif : que c’est fait pour me garder. C’est-à-dire au sens propre. il peut lier de même à moi le caca. Et ce qu’il avait pu se dispenser de me donner selon le surmoi (ce qu’il avait fait avant en évitant le signifiant caca). lié à loup. je vous l’ai dit. comme je vous l’ai dit – l’ébauche d’un don qu’il me fait – et surtout. pour Robert. le loup. je me garde bien de prononcer le mot. réels de par leur nature signifiante. les éléments de la première. ce qui fait la contre-épreuve d’une séparation du réel et du signifiant. il revient un peu à la situation antérieure. à l’époque je ne le savais pas . je ne saurai qu’il était énurétique que lorsque l’énurésie sera terminée. dans la deuxième partie de la séance. il est vraiment dehors. qui définit pour Robert le monde extérieur comme tellement redoutable. On peut noter cependant qu’il a mis l’objet réel à l’abri. je lui avais interprété trois semaines avant. va le déposer devant la porte de la voisine. Aujourd’hui. donc. En attendant il vit avec moi. Donc. lié au plaisir et qu’il introduit pour la première fois en séance avec moi. il est pris encore une fois au piège du signifiant dont l’effet réel de destruction qu’il avait évité fait retour. Et il l’avait lié avec le danger du monde extérieur au-delà de la porte. là où le mot est plus destructeur que le moi réel. Alors. claque la porte. s’approche d’une signification qu’il n’a jamais connue et cela n’est pas la moindre contradiction. De tout ce qui précède. revient dans la pièce. qu’il met côté à côte. des bruits de clés. c’est-à-dire celui de son symptôme d’énurésie. pour que refasse irruption le danger mortel que représente "le loup". loup". dans le sens où il n’avait plus jamais eu le lendemain ce qu’il avait eu la veille. donner à l’objet le mot qui le représente. lié aussi à la crainte et au loup. je ne lui fais pas remarquer qu’il n’a pas dit le mot. Cet "a pu".

parce qu’il devait se séparer du lait. le remettant quand il tombe. Il semble que ce qui se passe ensuite soit induit par le fait que quand il retourne le biberon pour avoir les épingles. le sien et le mien. Cette tétine est le seul objet qu’il écarte du jeu suivant. ferme celui-ci avec la tétine invaginée – à l’envers –. soit par lui. Ce qui est flagrant dans cette séquence. En effet. désamorçant à la fois sa terreur du lait et son horreur du vide. Qui dit rencontre dit articulation possible. et d’autre part. qu’au début de cette séance. j’avais noté pour moi les trois étapes de sa relation au vidage compulsionnel du biberon. lorsqu’il cache ce dernier. de plus en plus violemment et jouit de me tremper. c’est la liaison nouvelle qu’il a pu faire entre le biberonpénis et le caca. Ainsi. il vide de l’eau du biberon sur ma main qu’il maintient paume en l’air. après une nuit agitée. quelques gouttes d’eau tombent dans sa main. si elle a affaire avec la jouissance que je sens. dont on a vu bien des fois le sens d’éviration. biberon que je garde pendant qu’il est sur le pot. c’est le réel dangereux par excellence. et qu’il m’en fait même la gardienne lorsqu’il me confie le biberon sur mes genoux. c’est-à-dire qu’il me met à sa place quand il est trempé par l’énurésie. le réel des objets au profit de son acte. et du surmoi. Alors c’est comme un frayage qui fait que passant de sa main dans la mienne. un objet.Accueil Cliquer signifiant. c’est-à-dire qu’il insiste pour m’attribuer "un en plus". soit par moi) mais aujourd’hui. qui couple et lie le vidage du lait et le remplissage par l’eau. qu’il fait depuis le début. C’est assez dire que le biberon est loin d’être un don symbolique qu’il aurait reçu de moi et qui le confronterait dans la possession de son pénis. C’est ça qui coupe la séance en deux.) Donc qu’il n’est pas mutilé par ce caca. Il croque les crayons. (parce que la charge affective était sur le remplissage d’eau. car les deux crayons. S’il me montre qu’il a fait. celui des autres. comme s’il devait se faire mal parce qu’on lui a fait mal. Quand il retire l’épingle du poupon. Le lendemain. Je lui interprète la permanence de son corps en dépit de ce qui en sort. comme s’il pouvait ne pas perdre son pénis que parce que je l’ai. depuis la première séance. il vient surtout regarder le biberon. S’il arrive à les faire. ensuite il a pu remplacer le lait par de l’eau. . c’est qu’elle met entre parenthèses. j’ai l’impression d’une certaine jouissance. entre ma manche et mon bras. et un autre qu’il trouve. dans la boîte du début. Et non pas des autres ou du surmoi. et en même temps il me rajoute un bout de peigne. c’est-à-dire que c’est parce que son acte s’adresse à moi qu’il y trouve sa valeur de signifiant. débarrassé de sa dimension réelle de surmoi d’une part. je lui dis le circuit de son corps. en croquant un biscuit. C’est-à-dire une certaine dimension signifiante où la jouissance est bien là en tant que rencontre du réel et du signifiant. Il y a d’ailleurs dans ce vidage/remplissage du biberon comme l’esquisse d’un don qui viendrait de moi à lui. et comme la veille. D’où peut-être la détente de Robert. (Il me l’a confié. mais cette fois il plante une épingle de la couche dans le derrière du poupon. d’abord au travers du poupon. que le signifiant dans le transfert. Mais il est loin d’être rassuré. se retrouvent dans l’un de ce biberon. vidage et remplissage. voire mutation. D’abord. et non pas (comme on l’a vu à plusieurs reprises) remplacement d’un signifiant réel par un signifiant non moins réel. Cette maîtrise. parce qu’il peut se remplir et peut s’assurer que ce corps existe toujours du fait que les crayons sont toujours dans le biberon. Au travers du poupon. il l’a fait avec terreur. la limite en est l’arrivée de la voisine. La liaison caca-pénis permet leur séparation. en y introduisant mon crayon. celui auquel est attaché le caractère propitiatoire que n’avait pas l’objet réel en soi. Mais où peut se passer une telle ébauche d’articulation sinon. je vous ai dit. avant d’aller sur le pot faire caca. Il se débarrasse ainsi sur moi de sa culpabilité déclenchée par le retour de la voisine. en la mettant à l’abri. Il s’assure ensuite de la permanence de ce biberon. les remet ainsi que la tétine. bien évidemment dans le transfert et par le transfert. la séance comporte deux parties. il la met avec l’autre dans le biberon. un changement très important s’est produit dans son rapport au biberon et à son contenu. il ne doit pas encore l’articuler pour qu’il soit de l’Autre. il reprend la question de la couche liée à son plaisir dans l’énurésie. c’est que depuis le début du traitement. mines intactes. où le biberonpénis se compléterait de la tétine orale qu’il me fait remettre. et ensuite au travers de moi. Mais ses réactions sont différentes en fonction de nouvelles liaisons qu’il a établies entre des objets et le corps. un pénis. il est poussé inéluctablement vers l’autopunition. Comme si Robert avait acquis 32 une certaine maîtrise de la substitution de l’un par l’autre. Alors il embrasse la bouteille de lait. en partie.

il appuie le 33 pot contre ma chaise : et interroge un peu ce qui lui a toujours manqué pour le fonctionnement du cadeau anal. Puis il couche le biberon dans le fond de la cuvette et frappe l’eau avec le plat de sa main. dont il casse la mine avant de le remettre dans ma poche comme si ne n’avais pas pu le protéger du monde extérieur hostile. ce n’est pas avec la tétine qu’il lie le biberon. il ne va pas déposer. Sous la forme de mon crayon. ce n’est pas lui qu’il punit d’abord. c’est-à-dire un objet oral articulable. Un simple bruit de clé. Veut-il le détruire ou l’exclure pour être seul avec moi comme pourrait l’indiquer son "loup dehors" qu’il dit après m’avoir fait ouvrir et fermer la fenêtre ? C’est possible. dans cette boite. et cela n’est pas sans étonnement que d’une part. mais avec d’une part une épingle de couche. et s’appuyant sur la porte de la pièce après l’avoir refermée. Nous sommes évidemment loin d’une demande orale. il retire le crayon du biberon. pour que ce signifiant qu’il a évité par son silence en me montrant son caca sans rien dire fasse irruption. l’effet en est persistant aujourd’hui. celle du lait. Maryse et Nadia. avec un air ému et joyeux. le met dans une boite. comme pour m’amadouer. Il m’agresse. puis la tétine. cependant. la terreur et la destruction surgissent seulement et uniquement avec le signifiant. dans la cure.Accueil Cliquer Telles sont les prémisses de la deuxième partie de la séance. il agresse le poupon. il me faire boire et boit lui-même calmement une gorgée. Mettant un peu d’eau dans le biberon. le don propitiatoire. Seule mon interprétation l’y avait ramené. où il avait mis la veille biberon et tétine. Débordement de la marmite dans le lit qui n’en finit plus. peu les images du livre. il dit : loup ! Certes. sans espoir d’aucun bénéfice autre que de ne pas mourir. au sens symbolique : il va rouvrir la porte de la voisine. où il a activement enfermé le loup. pour la refermer énergiquement – la claquer – revient. commence lorsqu’il entend la voisine rentrer chez elle. il a eu peur. dans le champ du transfert avec moi et qui est celle du prix à payer. et cette propitiation qu’il atteint là. étant donné leur valeur médiatrice. Aussi. Robert nous a démontré dans ces quelques séances que le don anal même chez le psychotique n’est pas mutilation. C’est à peu près ce que je lui dis. représentant ces autres enfants. c’est-à-dire qu’il peut rester dans ce champ de la relation avec moi qui le défend des autres et du surmoi. C’est un acte qu’il fait. que tout enfant connaît quand il répond à la demande de sa mère pour garder son amour et sa présence. Disons que nous sommes loin de la peur qu’il montrait au début devant la tache d’eau qu’il avait faite en soulevant un peu cette cuvette. mais plus tard. à voir avec l’autodestruction massive et globale de la veille. Est-ce qu’il se demande plus ou moins confusément s’il y a une demande que je satisfais pour tous les autres enfants. destruction en soi. Il faut peu de chose. m’essuyé. Il faut en effet. de se relever en disant "caca" en me le montrant. Mais la différence est considérable entre la propitiation qui s’adresse aux autres (petits autres). et l’intérieur. mais il est inquiet sur le sort de ce crayon. Alors. mais la coupure qu’il vient de faire entre l’extérieur. c’est-à-dire dans la sphère spécifique du signifiant lui impose le retour de ce signifiant "caca". nous allons essayer de conclure maintenant sur le don propitiatoire et ce qu’il implique chez le psychotique dans son rapport au réel et au signifiant. Il laisse l’autre crayon intact dans le biberon. Mais son comportement semble renvoyer à tout autre chose dans le jeu d’eau agressif qui suit avec vidage réitéré du biberon après me l’avoir faire remplir. donc possible. asperge les murs en sautant et en trépignant. et combien d’autre part. Mais mai. et il suffit qu’il isole l’objet réel sans le lier au signifiant "caca" pour que l’effet qu’il en ressent ne soit nullement destructeur. quand j’ai noté la vertu destructrice du mot. qui viendra. qui encore une fois. et d’autre part. un biscuit. va conditionner et éclairer les réactions qu’il va avoir et qui n’auront rien. je ne méconnais pas le caractère propitiatoire de ce cadeau. un objet oral. Il me fait boire ensuite agressivement. on a pu voir combien la veille il avait entendu ce que je lui disais. au niveau du son entendu. où l’irruption de la voisine l’avait retiré globalement de cet espace de transfert. Cette fois. Le troisième temps de sa réaction est de faire de nouveau caca sur le pot. Si j’ai l’impression à ce moment qu’il me fait un cadeau. Il descend d’ailleurs pour la première fois en emportant la cuvette vide… Alors. L’affolement. comme la veille. qui est destructrice. et après avoir regardé un. c’est-à-dire l’espace de transfert. Mais cette fois. dans l’affolement. C’est ce que j’ai senti le 19 février. . contrairement à la veille. mais pas pour lui ? C’est en tout cas ce qui expliquerait le déchaînement de son agressivité à la fin de cette séance : d’abord.

et mon efficacité s’en trouve établie pour le protéger. monde de bruit et de fureur. avoir obtenu de lui qu’il mange assis à une table avec une cuiller. que même chez le sujet normal. selon les cas. sans chaîne. parce que c’est un signifiant qui vient de nulle part. d’un surmoi en quelque sorte déifié. source d’un signifiant complètement 34 différent du signifiant de nulle part : le signifiant qui vient de l’Autre. il place le loup :"loup. c’est-à-dire une déviation qui fait qu’il devient beaucoup plus qu’un réel : un signifiant. dans son agitation. sous quelque forme. Je crois que vous avez dû l’entendre . Aucun symbole vrai n’émane d’un tel signifiant. Robert Lefort Je voudrais rajouter quelques mots à propos des nœuds. Et là. de figurations qui permettraient de voir où se trouve ce réel qui envahit tout dans la psychose. le réel lui-même. Voilà. et qu’il dorme comme un plomb. mais c’est aussi parce que l’homme parle qu’il est seul capable d’atteindre à ce qu’on appelle une psychose. C’est-àdire qu’il vienne de quelque part. la jouissance est exclue. au moins suisje déjà le lieu de ses représentants. d’ailleurs. et qui ne fait pas chaîne. se réfère tout de suite à quelque chose. C’est parce que cette fonction de l’Autre est défaillante que le psychotique est soumis aux ravages du signifiant. ses rayons. de ce désordre moteur. ces commandements viennent-ils. celui qui enchaîne l’homme et ne le détruit pas. Ce système de la jouissance. entre autres. Pour tout dire. l’entendu du bruit l’a coupé de moi. je ne l’ai pas dit au début.Accueil Cliquer Certes. (J apostrophe). celui qui fonde la loi. dehors". je veux dire le champ de la jouissance. cette notion de contrainte. qui vient de ce monde-là. Non pas tant du monde extérieur que du signifiant de nulle part. au fond. lorsqu’elle se pointe. Le signifiant. Et cette contrainte – c’est bien évident pour cet enfant dont vous venez d’entendre parler. Même au niveau des représentants des objets de corps. c’est tout aussi évident pour Schreber. de nulle part. est un signifiant réel plus dangereux que le réel de l’objet. d’impératif. dans l’état de démence dans lequel il était. celui du surmoi. même au travers du . Monde extérieur hostile. c’est-à-dire amorcer une structure. Avec quoi est lié ce surmoi ? Pourquoi ces signifiants. Robert montre. mais enfin. C’est le monde des religions archaïques qui réclament des sacrifices et des destructions. où aucun amour ne vient tempérer sa violence. parce qu’il reste de nature réelle. Cet Autre là. C’est vrai ! C’est bien pour cela d’ailleurs que d’une façon paradoxale le surmoi a un commandement très particulier que Lacan a dès longtemps mis en évidence : jouis ! Ce à quoi le sujet répond J’ouis. qu’il vienne de l’Autre. il vient du fait que le signifiant est un signifiant du surmoi . eh bien il fallait un sacré commandement pour qu’il y obéisse. avec une pression considérable. Par pour un autre signifiant. étant donné qu’il était explosif. c’est un véritable dressage. On ne peut pas dire. En même temps. celle du signifiant. qu’il en reçoit… Rosine Lefort … je veux juste dire un mot de la contrainte pour cet enfant. Il intime. normalement. Ce monde dont le signifiant est le seul vrai représentant. et le signifiant vient du monde extérieur avec toute sa menace là où pour le moment. des espèces de chaînes. Robert Lefort C’est cela. celui qui montre la voie. Et de nulle part. il y a toujours cette notion de commandement. Dans le premier cas. il faut qu’il soit enchaîné. Comme réel. c’est celui de l’effet fantastique du surmoi. Pour que le signifiant cesse d’être le véhicule d’un tel surmoi. au fond. on voit bien dans la différence de' ses réactions entre les deux séances que toute la question est de savoir où ce signifiant réside. c’est un système. Faute que je sois le lieu des signifiants en tant qu’Autre. c’est celui des dieux. encore moins nœud. mais l’amour aussi. vous n’avez qu’à relire ce qu’il raconte de ses voix. c’est une véritable contrainte permanente. cette jouissance – parce que de l’émergence du signifiant et du savoir qui y est appendu. Pour nous. mais un signifiant égaré. Avec un grand A. ce qui le fait pratiquement changer de nature. dans la deuxième de ces séances. comment il arrive tant soit peu à lier ses représentants comme pour en ébaucher une chaîne. sinon parce que c’est mis au compte de ce que l’Autre veut. et que dans le surgissement du signifiant qui s’adresse au psychotique. et qu’il ne peut dans ces conditions faire trou dans le réel. qu’il soit propre sur le pot. il s’adresse à moi pour me faire la gardienne de ses représentants. Robert indique la source du signifiant en tant que telle. C’est en ce sens que le monde de la psychose est celui d’un signifiant déchaîné.

ou l’objet du fantasme de l’Autre. ce caractère de réel qui vient avant le symbolique. dit-il. Mais dans Schreber. afin que lui. ce caractère de nulle part. et que c’est bien par la jouissance que le réel revient. Mais revenons à ce que vous venez d’entendre pour bien souligner. je vous le rappelle. Et. – l’Autre comme lieu où cela se sait. Et en effet. est plus pesant que le réel. elle n’est pas en quelque sorte la caution du système symbolique même qui l’exclut. Il est effectivement. Je termine sur le fait de ce poids qui surcharge le signifiant dans la psychose. à laquelle il se prête.− ce qui équivaut à la même chose –. c’est pourtant la jouissance qui est visée."L’enfant au loup" en train d’essayer de s’approprier les insignes et la place de l’Autre. de par sa jouissance. Je ne sais pas si finalement Schreber arrive jusqu’à cet état de conscience. Cette jouissance de l’Autre. Donc. En tout cas. il ne le dit pas. le réel ? Eh bien le réel. et. à chaque fois. Cela vous explique comment le signifiant est là. c’est tout à fait typique. où il y a beaucoup plus une tendance à prendre la place de l’Autre. Lacan a rapproché ces trois termes : – la jouissance en tant qu’elle est exclue. – je n’ai pas la liberté de penser. sinon justement le signifiant."s’il m’en revient une petite part. ce serait trop long. Parce qu’il y a bien évidemment un type de jouissance qui est toujours là. ma mère. c’est-à-dire de prendre la place du petit (a) de l’Autre. sinon moi 35 j’existerais pas. disait-il. Et il a répondu :"mais… il faut bien que je fasse cela pour elle. Cette conférence a été transcrite par Bernard Lambert. il existe. le plan de ce support de la jouissance de l’Autre." Il fallait qu’il fasse des choses pour qu’elle. cela ne sera que justice. Voilà. à laquelle il se dévoue. c’est justement cette jouissance. Je veux dire qu’il peut y avoir la dimension du réel et du symbolique. de par le fait qu’il prend la place de l’objet de la jouissance de l’Autre. imaginaires et symbolique qui fonctionnent. elle existe.… et il a six ans et demi. Robert Lefort Oui. Et j’ai été amenée à lui faire remarquer que." C’est l’existence de Dieu Et il l’a comment ? en s’en faisant l’objet de sa jouissance . qui vient avant qu’il y ait des autres registres. et pèse plus lourd que ce réel. Parce que là je ne peux pas vous donner l’épisode. qu’il se sentait obligé de passer avec certains objets devant sa mère pour que sa mère fasse des réflexions sur lui. Et qu’est-ce qui la véhicule. justement. Ce réel qui est inclut dans le symptôme. C’est dans ce sens que le signifiant est réel. . L’enjeu de l’affaire. en se faisant l’objet de la jouissance 'de Dieu. C’est-à-dire qu’il y a une oscillation (mais pas par identification) entre cette place de l’objet de l’Autre ou de la place de l’Autre. mais un petit enfant de six ans et demi dit quelque chose de tout à fait extraordinaire. il avancera (ce n’est pas le moindre des paradoxes) :"le signifiant est la substance jouissante". résulte de ceci que dans le jeu du signifiant. dans la mesure où c’est lui le véhicule et le support de cette jouissance. qui est très explicatif." Mais ce qui compte… Oui ? Rosine Lefort Bon. ajoute-t-il. C’était effectivement agressif. Schreber dit cela. – et le petit (a) comme effet de chute qui en résulte. à rien – car si je cesse de penser.Accueil Cliquer signifiant. réel. Dieu s’éloigne et il est menacé. Elle a été donnée à Bruxelles le 19 mars 1983. quand il a cessé de faire tout ce qu’il peut pour que l’Autre – Dieu −existe. Il y a incontestablement là un effet de symétrie qui n’a rien à voir avec l’identification… Un état de symétrie qui conduit d’ailleurs à ces phénomènes que l’on rencontre dans les psychoses. eh bien il passe ensuite à la place de Dieu. il fallait qu’il passe devant elle et que cela le troublait beaucoup. pour qu’elle existe."quand je cesse de penser. bien évidemment impensables dans l’état psychotique. prête à fonctionner : c’est la jouissance masochique. qui est imposée au psychotique. Bon. comme Schreber se dévoue pour que Dieu existe.

peutêtre liée." (293) 2. toujours en fonction d’une certaine dégradation concrète. Tout dans ce texte possède son poids de signification spécifique et à la fois se trouve intimement concaténé dans la logique de l’ensemble. d’une façon mythique. Il l’explicite dans deux exemples (l’homme aux rats. pleine ou vidée de son sens. Le mythe et le complexe d’Œdipe D’emblée Lacan définit la psychanalyse par rapport à l’ensemble des sciences et des arts. militaire très "sousofficier". On notera que le texte est organisé en quatre parties (cf. avait fait un mariage avantageux en délaissant une jeune fille pauvre mais jolie. Il conclut en intégrant un savoir issu de la confrontation des exemples à son point de départ théorique. Après avoir résumé le texte. mais bien d’un art dans l’acception de ce terme au Moyen-âge quand on parlait des arts libéraux. et qui lui permet alors de produire une nouvelle avancée théorique. Il avait d’autre part dilapidé au jeu les fonds de son régiment et avait dû son salut à l’intervention d’un ami gui lui a prêté la somme. lie le sujet à une valeur symbolique essentielle – mais ce. Le mythe est ce qui donne une formule discursive à quelque chose qui ne peut pas être transmis dans la définition de la vérité. ni saisir le mouvement d’accès à la vérité. à ces circonstances spéciales. à son destin. et je dirais presque à sa préhistoire. Goethe) 3.Accueil Cliquer SEMINAIRES UNE INTERVENTION AU SÉMINAIRE : COMMENT SITUER L’ŒDIPE CHEZ LACAN EN 1953 ? Pierre Bejster Lacan rapproche "Le mythe individuel du névrosé" et les textes de Lévi-Strauss en note. à savoir les relations familiales fondamentales qui ont structuré l’union de ses parents…" (295) Le père de l’homme aux rats. de la figure du père. Il donne ensuite deux définitions du mythe en psychanalyse et les noue au complexe d’Œdipe. Le mythe individuel du névrosé s’ouvre sur un préambule où Lacan annonce qu’il va traiter quelque chose de nouveau issu tant de son expérience analytique que de son enseignement. cependant j’introduirai quelques séquences. 36 « … Il existe au sein de l’expérience analytique quelque chose qui est à proprement parler un mythe. je dégagerai quelques commentaires fragmentaires que je tenterai d’éclairer à partir du travail de cette année sur l’Œdipe. ci-dessous) et que sa dynamique se déploie en trois temps : 1. a – Le mythe Lacan avance les notions de mythe familial. Elle ne peut que l’exprimer – et ce. initium d’une référence structuraliste en forme (le premier texte de Claude Lévi-Strauss sur le mythe)". virtuelle ou réalisée. de ce mode de l’être. Lacan pose un point théorique (il y a du mythe dans l’Œdipe) 2. alors il est certain que nous pouvons en retrouver la fonction dans le vécu même d’un névrosé. ami qu’il n’a pas pu rembourser." (292-293) Il propose "… la définition du mythe comme d’une certaine représentation objectivée d’un. vous allez le voir. page 72 des Écrits (De nos antécédents) : il y fait allusion aux conférences qu’il donna au Collège philosophique :"Nous y produisîmes entre autres un mythe individuel du névrosé. puisque la définition de la vérité ne peut s’appuyer que sur elle-même. L’homme aux rats Je condenserai ce que Lacan en dit en cinq points. comme une vérité objective. de constellation du sujet qu’il définit : "… la constellation originelle qui a présidé à la naissance du sujet. a une valeur de mythe "(292) Lacan parle alors de "mythe œdipien" : "… la théorie analytique est toute entière sous-tendue par le conflit fondamental qui. C’est en ce sens qu’on peut dire que ce en quoi la théorie analytique concrétise le rapport intersubjectif."La psychanalyse est actuellement la seule discipline peut-être qui soit comparable à ces arts libéraux". 1. et qui est le complexe d’Œdipe. . La parole ne peut pas se saisir elle-même. en ce sens que les arts libéraux maintenaient au premier plan un rapport fondamental à la mesure de l’homme. épos ou d’un geste exprimant de façon imaginaire les relations fondamentales caractéristiques d’un certain mode d’être humain à une époque déterminée. Il ne s’agit ni d’une science ni d’un art au sens actuel. si nous le comprenons comme la manifestation sociale latente ou patente.. par l’intermédiaire de la rivalité au père. et que c’est en tant que la parole progresse qu’elle la constitue.

Goethe. En ce sens que "le sujet a toujours une relation anticipée à sa propre réalisation. qui non pas déclenche sa névrose mais en actualise les thèmes.Accueil Cliquer Lacan observe ici les éléments essentiels du déclenchement de la névrose obsessionnelle qui s’actualiseront pour le sujet dans un schéma équivalent à la situation originelle." (294) Lacan note : "C’est sa première audition de ce récit qui provoque chez le sujet un état d’horreur fascinée. Or. Le fantasme Le fantasme de l’homme aux rats se présentifie à travers le récit fait par un collègue officier d’un supplice "… qui consiste dans l’enfoncement d’un rat excité par des moyens artificiels. "(298) L’homme aux rats croit devoir payer le prix de ses lunettes à un lieutenant A. et suscite l’angoisse. à tout prix ". b. Lacan observe que "Tout se passe comme si les impasses propres à la situation originelle se déplaçaient en un autre point du réseau mythique. c’est à la dame de la poste qu’il doit l’argent. une geste qui est précisément la manifestation de ce que j’appelle le mythe individuel." (294) Mythe et fantasme convergent vers la névrose et mettent l’homme aux rats dans l’impossibilité de rembourser ses lunettes. C’est dans cet écart que gît ce qui fait que le complexe d’Œdipe a sa valeur – non pas du tout normativante."(299) Le scénario construit par le sujet est impossible à réaliser. par rapport à quoi prennent toute leur valeur les différentes formations mythiques. L’analyse Si le mythe et le fantasme confluent vers la névrose." … à chaque fois que le névrosé réussit. dans la famille moderne. 4. du névrosé. le partenaire sexuel."(305) Et il ajoute :"Il y a toujours une discordance extrêmement nette entre ce qui est perçu par le sujet sur le plan du réel et la fonction symbolique. Pour le père Lacan 'observe que." e. où le symbolique recouvrirait pleinement le réel. donne son tremplin par le biais des identifications qu’elle comporte. "Le conflit femme riche/femme pauvre s’est reproduit très exactement dans la vie du sujet au moment où son père le poussait à épouser une femme riche…" (296). et qui est l’objet d’une passion plus ou moins idéalisée poursuivie de façon plus ou moins fantasmatique."… il y a chez le névrosé une situation de quatuor." (298) "Il met en scène une cérémonie qui reproduit plus ou moins exactement la relation inaugurale qui s’y trouve comme cachée. comme si ce qui n’est pas résolu ici se reproduisait toujours là. "Ce scénario Fantasmatique se présente comme un petit drame. le père se trouve l’incarnation d’une fonction symbolique essentielle. se dédouble…"(300)" D’autre part. Lacan remarque :"Le mythe et le fantasme ici se rejoignent et l’expérience passionnelle liée au vécu actuel de la relation avec l’analyste. Le système quaternaire Lacan fait trois remarques qui chacune mettent en évidence un élément quart dont le commun dénominateur est la discordance. ils se rejoignent dans l’analyse. d."(300) "C’est sous cette forme très spéciale du dédoublement narcissique que gît le drame du névrosé. Il prend alors le train pour Vienne. Mais. va se confier à Freud et envoie "tout bonnement" un mandat à la dame de la poste. L’homme aux rats 37 imagine que Freud veut lui donner sa fille. avec un style analogue à celui de l’amour-passion. c. Pour la relation narcissique La relation narcissique introduit le quart élément. l’assomption de son propre rôle l’objet." (300) 3. dans le rectum du supplicié. et qui pousse d’ailleurs à une identification d’ordre mortel. La dette non remboursée par le père trouve écho dans celle que l’homme aux rats contracte à la poste pour la réception d’une paire de lunettes."(305) b. qui se renouvelle sans cesse." SIl la modifie dans le sens d’une certaine tendance. ou tend à réussir. Le quatrième terme Lacan envisage la situation du névrosé par rapport à un quatrième terme. en fait. il doit payer au lieutenant B. La crise se déclenche autour de l’idée de remboursement : "ne pas payer A "devient" payer A. qu’il idéalise et représente sous la forme d’un personnage pourvu de lunettes de crottes. Le scénario fantasmatique L’homme aux rats élabore alors un scénario qui lui permettrait de dénouer la situation. mais le plus souvent pathogène. à la résolution d’un certain nombre de problèmes. "Poésie et vérité" Le récit fait par Goethe dans "Poésie et vérité" de ses démarches amoureuses auprès de Frédérique Brion sert à Lacan de second exemple pour illustrer la structure mythique qu’il met en évidence dans ce texte. a. Il avance que "L’assomption de la fonction du père suppose une relation symbolique simple. mais qui n’existe pas sur un seul plan. . un personnage se présente qui dédoublé le premier.

Le quart élément Lacan nomme ce quart élément : la mort.-P. Lacan utilise les termes "mythe œdipien" dans la Proposition d’octobre. Mythe et complexe Lacan ne semble pas proposer ici d’abandonner l’expression "complexe d’Œdipe" en faveur du "mythe d’Œdipe". Lacan fait précisément référence à Claude Lévi-Strauss et dit :"La question que je lui posais n’impliquait nullement un inconscient collectif. "C’est précisément la démarche analytique dans la mesure où elle concrétise le rapport intersubjectif (et qui est le complexe d’Œdipe. de l’anthropologie. Quelle solution pourrait-on bien attendre du mot collectif en cette occasion. je m’autoriserai à supposer une correspondance suffisante entre mythe et inconscient pour citer un extrait du Séminaire II. basé sur ceci que J. de la société. selon Freud. il suscite la question de savoir si c’est par analogie qu’on parlerait d’"Œdipe individuel" ou s’il n’y a pas ici redondance ? Lacan répond dans le texte en donnant une indication : il rappelle que. Je citerai deux extraits du texte "… ou pire" qui figure au début du numéro 5 de Scilicet. il avance le concept de mythe œdipien en tant qu’il est au cœur de l’expérience analytique. son assise dans le même registre que le mythe. Mais lorsqu’il place son lecteur face au concept d’un mythe individuel. c’est-à-dire dans une optique 38 métonymique. il désigne ce qu’il en est de la part de mythe contenue dans l’Œdipe de chaque névrosé pris dans sa particularité. Le mythe œdipien (soit un discours) serait donc la part du complexe d’Œdipe (soit une structure) qui peut être concrétisée. La mort est ici conçue comme un élément médiateur. dans le chapitre "L’univers symbolique". difficile à conceptualiser hors de la culture. Ensuite. 2.B. Je voudrais ajouter une nuance sur les rapports entre le collectif et l’individuel. (N. me semble-t-il. qu’il s’agit dans la création narcissique. Mythe et individualité La notion de mythe. L’analyse ne trouve pas. imaginée. exactement comme si nous ignorions tout de la théorie. et cela dans son rapport à la vérité. J’avancerais que lorsque Lacan parle de mythe individuel."(295) Il illustre ceci en notant qu’en géométrie un cas particulier "peut avoir une éblouissante supériorité d’évidence par rapport à la démonstration". Gilson a explicité dans son séminaire :"le discours de l’inconscient comme étant la part qui subsiste du mythe quand le discours de la science s’en empare. Mythe et psychanalyse Dans la seconde définition du mythe (293) : « … une certaine représentation objectivée… exprimant de façon imaginaire les relations fondamentales caractéristiques…".Accueil Cliquer C’est en quoi dans toutes ses relations imaginaires c’est une expérience de la mort qui se manifeste. Il serait peut être intéressant de voir dans quelle mesure Lacan emploie l’expression "mythe d’Œdipe" dans ses écrits postérieurs à 1953."chaque cas doit être étudié dans sa particularité.) 1." (306) c. imaginaire." (306) Voici maintenant six observations ponctuelles situées sur deux plans : I Le mythe individuel 1) Mythe et complexe 2) Mythe et individualité 3) Mythe et psychanalyse II Questions adressées au séminaire "Or l’Œdipe… pose un problème" 1) Visée anthropologique : science. Il définit le mythe de la manière suivante . 1. C’est également la mort imaginaire et imaginée qui s’introduit dans la dialectique du drame œdipien. et comme ce qui peut en être saisi par le travail analytique. et c’est d’elle qu’il s’agit dans la formation du névrosé. Lacan précise : "… c’est en effet de la mort. est pourtant rapportée par Lacan comme concept à la famille en parlant•de "mythe familial"(296). alors que le collectif et l’individuel. soit dédoublé (ami)" (306)."(306) Lacan ajoute : "Si le père imaginaire et le père symbolique sont le plus souvent fondamentalement distingués… il est très fréquent que le personnage du père par quelque incident de la vie réelle. et si cet usage tend à montrer une équivalence des deux formulations ou si le mythe d’Œdipe est employé par extension. c’est strictement la même chose ? Il s’agit de la fonction symbolique. représentée objectivement dans le travail analytique." De cela. où."(43) 1. mythe et société 2) La mort 3) La circulation de la lettre I. C’est" une certaine représentation objectivée ". 3. " . Lacan fait référence à l’imaginaire. "Tout cela aboutit au quatuor mythique. comme il en a prononcé le terme.

(291) Il parle de "sujet moderne". J. Gilson rappelle que le schéma L peut avoir forme d’enveloppe où il a inscrit : – pour la Lettre Volée. il propose que l’on envisage la doctrine analytique à travers "l’anthropologie générale" qui s’en dégage. Il emploie aussi l’expression "le déclin de notre histoire"(293). 3. Il en parle également comme d’un élément médiateur. Par rapport à l’hystérie : "Une économie de la jouissance nommée par Freud le mythe d’Œdipe"(Lacan parle de la mort comme d’un élément médiateur). mythe et inconscient Dans "Le mythe individuel". une circulation de la lettre – pour Dora. où l’homme. II. Cette situation présente des similitudes avec celles évoquées pour la Lettre volée et Dora. Visée anthropologique : science. on trouve. 1. une circulation de Dora. II. Il précise que t’est la relation narcissique qui y introduit. le lieutenant B. sur trois points : 39 . qui sont mis dos à dos dans leur rapport à la mort en tant qu’elle signe l’entrée du vivant dans la jouissance. 2. la disparition du mythe et l’apparition de la science. Également.P. Par rapport à la circulation de la lettre. avec pour conséquence. la mort et le symbolique ont été mis en rapport :"on n’échappe pas à la loi. (299) 1. II.P. 3. lorsque à propos du chien et de la charogne. c’est que le moindre biais du texte des dits de l’analysant. et la mort est toujours présente au rendez-vous des humains et du symbolique". Dans le Mythe individuel. dans le scénario fantasmatique de l’homme aux rats. plus précisément. Nom propre : ce qui relève à la fois de la lettre et du signifiant. Gilson a évoqué l’apparition du discours du maître dans la civilisation. avec Monsieur K… Dans le séminaire "Or l’Œdipe… pose un problème". Un éclairage particulier peut être produit par ce qui a été avancé au séminaire "Or l’Œdipe…" et ce. soit ce que j’ai articulé comme le discours analytique. une circulation de la somme d’argent. nous donne une prise là-dessus (Lacan parle de l’inconscient en tant qu’il s’avère comme savoir) plus directe que le mythe qui ne s’agrée que du générique dans le langage : Rappelons" Le mythe individuel "où Lacan situe l’analyse comme le lieu où le mythe et le fantasme se rejoignent.Accueil Cliquer (6)la création du dispositif dont le réel touche au réel. J." (7)"Ce que nous apporte l’expérience disposée de l’analyse. lorsqu’il a exprimé que le mythe d’Œdipe était à situer par rapport à ce qui reste du mythe lorsqu’il est barré par le discours du maître. le sujet et qu’il s’agit de la mort imaginaire. Par rapport à "La pensée sauvage" : où un rapport a été introduit entre la mort et la jouissance :"Introduction de la mort par rapport à ce qui se produit quand deux choses viennent à se coller dans un nom propre. En même temps. La mort Dans "Le mythe individuel" Lacan désigne la mort comme le quart élément. De même. de l’adresse de la dette représentée par cette somme : le lieutenant A. de "l’attitude existentielle typique de l’homme moderne"(306)." 2. la dame de la poste. L "Homme moderne" ne serait-il pas celui de la civilisation technocratique et "le déclin de notre histoire" est-il une interrogation sur la survie de l’inconscient menacé par le discours de la science ? Ceci semble rejoindre le séminaire "Or l’Œdipe… pose un problème" lorsqu’il y a été question du discours de l’inconscient comme étant la part qui subsiste du mythe quand le discours de la science s’en empare. En rapport avec les commentaires des deux scènes de la Lettre Volée et de Dora dans ses relations avec son père. comme objet d’échange. Lacan distingue l’analyse des sciences en soulignant qu’"elle préserve ce rapport de mesure de l’homme à lui même".