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Les perspectives de réforme du système de gouvernement local en Italie

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A partir de l'été 2012, les autorités locales en Italie ont été impliquées dans la réforme du système de gouvernement local qui, à cause de la des lois étaient déjà en vigueur, pour pouvoir connaître l'orientation du nouveau Parlement. a dix ans. partiellement, mais il a ses racines dans un processus qui a commencé il y dépenses» de l'ensemble du système de l'administration locale. La loi habitants. résiliation anticipée du gouvernement et de la perspective d'élections Ce qui suit est donc l'histoire d’une réforme qui n’est pas réussie que Le décret-loi 6 juillet 2012, n. 95 (Loi 135/2012), a lancé une «analyse des prévoie la réduction des Provinces de 86 à 51, la création des “Centres Régionaux” dans les 10 grandes Villes Métropolitaines et règle la gestion associée des municipalités qui ont une population au-dessous de 5000 anticipées, a été suspendue jusqu'au 31 décembre 2013, même si les effets

Comme mentionné précédemment, la réforme est le résultat d’un processus législatif commencé il y a dix ans avec la réforme de la Constitution en 2001.

A partir de cette date on constate la première tentative d’identifier les « fonctions de proximité, grâce à la construction de la « pyramide inversée » du principe de subsidiarité européen.

fonctions essentielles » des municipalités et des provinces italiennes comme un ensemble de fonctions traditionnellement exercées et des

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Mais après plusieurs tentatives pour donner un ordre complet, le cadre a été complété seulement par la loi 42/2009 sur le fédéralisme fiscal, qui a autorités locales. identifié six fonctions de base des municipalités et des provinces dans une liste provisoire qui renvoie à une future révision des lois générales sur les Malgré cette intention, le Parlement n’a jamais terminé la discussion sur le législatives qui portent à la Loi d’Août 2012. nouveau Code des Collectivités locales et la liste contenue dans la loi sur le fédéralisme fiscal est devenue le fondement de toutes les mesures décret loi 201/2011 (loi 214/2011) mérite d’être rappelé. Parmi les mesures approuvées au cours des trois années 2009-2012, le toutes les fonctions administratives des provinces à l’exception de la d’abolition des provinces commence avec ce décret. régional selon le principe de subsidiarité.

Pendent la crise spéculative contre l’Italie, le Gouvernement Monti, avec l’un de ses premiers décrets (décret « Salva Italia »), a décidé de supprimer direction et de la coordination en matière de communes et dans les limites fixés par les lois de l’Etat ou des régions. On peut dire que le processus les fonctions administratives des provinces ou de les garder au niveau La loi prévoit l'obligation pour les régions de transférer aux municipalités L’objectif de la loi « Salva Italia » est de laisser aux régions les fonctions Cette loi a été remise en cause par certaines Rrégions italiennes auprès de la Cour Constitutionnelle et, aujourd’hui, la position de la Cour est suspendue. En outre, avec la même loi, le Gouvernement a confirmé la préférence pour pour gérer non seulement les fonctions inter-municipales, mais aussi
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administratives qui concernent un domaine sovra-municipal et vaste.

d’une zone vaste.

les « Syndicats des Communes », qui ont été considérés un outil efficace

L’opposition forte à une réforme tellement radicale a porté le subsidiarité verticale.

Gouvernement à chercher un nouveau point de médiation qui a porté à la réforme d’Août 2012, qui a établi une atténuation du principe de doivent être gérés par les Syndicats qui regroupent les municipalités qui Métropolitaines. Selon cette réforme les services locaux publics adressés aux citoyens

ont d'au moins 5 à 10.000 habitants tandis que les services sovramunicipaux doivent être gérés par les Provinces ou par les Grandes Villes décidé de les regrouper selon les critères suivants : • Contiguïté territoriale • Territoire au moins de 2500 km2 • Population au moins de 350.000 habitants Abandonné l’objectif de la suppression des provinces, le Gouvernement a

• Rôle de capitale provinciale pour la municipalité déjà capitale de la province avec le nombre majeur d’habitants

• Interdiction de l’union d’une ou plusieurs provinces destinées à devenir les futures villes métropolitaines (Rome, Turin, Venise, Gêne, Bologne, Florence, Bari, Naples et Reggio Calabria). Le processus de réorganisation a été accompli avec un nouveau décret-loi promulgué par le Parlement. (n. 188 du 5 Novembre 2012). A cause des démissions du Gouvernement, après l’approbation de la loi de stabilité financière, ce décret n’a pas été En conséquence la réforme qui concerne la réorganisation des provinces et la création des villes métropolitaines a été bloquée jusqu’à la fin de l’année 2013. Par contre l’association des petites municipalités a été mise petites municipalités. en place. Pour ce qui concerne la Région Piedmont il y a plus de 1000

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Dans le cas où le dernier décret-loi aurait été approuvé la nouvelle par rapport aux fonctions actuelles des Provinces et notamment : • Orientation et coordination des activités des Municipalités

réorganisation des Provinces aurait prévu beaucoup moins de fonctions • Coordination de l’aménagement du territoire, protection et amélioration de l’environnement • Planification des services de transports en commun et gestion des autorisations de transports privés • Construction, classification et gestion des routes et contrôle de la circulation routière • Planification du réseau scolaire et des écoles de niveau secondaire

En ce qui concerne la forme du gouvernement, la reforme actuellement « et une forte réduction des administrateurs qui ne seraient plus élus mais choisis par un jury composé d’un représentant des Maires et des Conseillers des Municipalités.

gelée » prévoit encore la suppression des organes exécutifs des provinces Mais la plus grande nouveauté de la réforme reste l’introduction de dix agglomération autour du chef-lieu. Une grande surface qui, pour la Province de Turin, arrive à 120 km.

villes métropolitaines. La loi d’Août 2012 propose un modèle de ville métropolitaine qui correspond au territoire des provinces plutôt qu’à une un conseil élu, comme pour les provinces, par les municipalités et un maire métropolitain. Pour ce qui concerne toute autre question, on renvoie aux statuts internes des villes métropolitaines. conurbation. Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’un modèle polycentrique de Selon la Loi les deux organes de la ville métropolitaine sont les suivants :

pouvoirs repartis sur une zone vaste avec un fort rôle donnée à

l’autonomie, ce modèle est donc loin de la vision « classique » de

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Ce modèle semble plus adapté à gérer les services de réseau et les reconstruire sur une échelle plus petite produisant des déséconomies.

infrastructures, qui ont déjà une dimension spatiale majeure à celle de l’agglomération, et qui autrement devraient se déconstruire et coordination et un changement de la manière de penser des administrateurs. Il s’agit d’une transition vers une nouvelle vision de la permanente et non plus une simple relation hiérarchique. de réformes. relation entre les collectivités locales : un rapport de coordination Suite aux élections de février 2013 il sera possible de connaître si le nouveau Parlement confirmera la ligne tracée par le Gouvernement Monti En tous cas il semble peu probable que le système puisse revenir au passé niveaux territoriales publics. ou si le système des autorités locales devra faire face à un nouveau projet puisque la réforme est née suite au pacte signé entre l’Italie et l’Union européenne en raison de la crise économique et financière. Par Malgré plusieurs réformes (ou tentatives réussies) en fait on peut dire que été, et continue de l'être aujourd'hui, le système italien des pouvoirs. produit entre le centre et les régions. l’Italie a maintenu son caractère originale de système « unitaire » et « La situation italienne est forcément dynamique et non statique, parce que différents en fonction de la relation de «force» qui, au fil du temps, se conséquent, l’Italie devra en tous cas réorganiser les pouvoirs entre les régionaliste ». La rencontre entre ces tensions, qui sont complémentaires D’autre part, il est un modèle qui nécessite de beaucoup de travail de

et parfois contradictoires, c’est une représentation plus simple de ce qui a la tension entre les différents organismes produisent des résultats Au cours des 15 dernières années les relations entre les pouvoirs ont décentralisées, qui ont fait prendre des caractéristiques typiquement fédéralistes au système administratif italien.
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produit un résultat favorable pour les autorités locales et les autorités

Mais le fédéralisme administratif italien est toujours susceptible de rester anormal s’il se base sur des éléments de dualité et de thématiques / secteurs « partagés » entre l’Etat et les régions. de simplifier les taches et de créer cohésion. prochaines années. Merci. Au niveau local, cependant, les provinces et les municipalités doivent Avec moins de ressources disponibles et les contraintes croissantes de la construire des nouveaux modèles de coopération qui puissent permettre stabilité financière, « unir et non diviser » est le véritable objectif pour les

Gap - Janvier 31, 2013

(*) Par Marco Orlando Bureau des études - Province de Turin marco.orlando @ provincia.torino.it

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