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HISTOIRE

MUSULMANS D'ESPAGNE

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à Paris
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C.

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Williams et Norgate
T.
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Weigel.

Vu
se

les

traités

internationaux relatifs h

la

propriété
II

littéraire

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de

cet ouvrage-

réserve le droit

de reproduction
droits.

et

de traduction.

poursuivra toutes les contrefaçons

faites

au mépris de ses

E.

J.

BRIL

L.

HISTOIRE

MUSULMANS DESPAGNE
JUSQU'A LA CONQUÊTE DE
l' ANDALOUSIE

PAR LES ALMORAVIDES

(711—1110)

R.
Commandeur de
l'ordre de

D
,

Z

Y
membre
de
la
,

Cliarles III

d'Espagne,
associé

correspondant
Soc. asiat.
etc.

de l'académie d'histoire de Madrid

étranger

de Paris, professeur d'histoire a l'université de Leyde

TOME PREMIER

E.

LEYDE J. BRILL
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Imprimeur de

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1861

est J . ma pation de toutes les heures et avant de commencer livre que je publie aujourd'hui. à en publier un grand nombre. qui . vingt et particulièrement celle des Maures. mon choix. les car. livres qui en traitent ne sont de Conde. Le de sujet le que j'ai choisi ailleurs ils nouveau. homme faute qui avait peu de matériaux à grammaticales . de connaissances p 1) Dans la première édition de mes Recherches sur V Espagne pendant le l'histoire et la littérature de moyen âge. à les examiner .AVERTISSEMENT L'histoire d'Espagne. comme j'ai tâché démontrer utilité. livre cette Histoire Toutefois je ne au public qu'avec une extrême défiance. . c'est- d'aucune ont pour base le travail à-dire le travail d'un sa disposition . une partie de ma vie s'est passée à eu rassembler les matériaux qui étaient épars dans presque toutes les bibliothèques de l'Europe . à les comparer. préoccule a été pendant ans l'étude de .

en peu de lignes et résultat de même de passer sous silence des choses qui. cependant. ne cadraient pas avec je plan de mon le En revanche les me suis efforce de présenter dans plus grand détail . .. ma disposition presque tous les ouvra- relatifs j'ai à l'histoire des Maures étudié je . nouvelles mais de pour et si reprendre fois choses par de faire vivre . et ces. Voulant satisfaire et autant qu'il était en moi aux règles du bon goût de la évi- composition historique. VI n'était pas à même de comprendre ceux Il qu'il avait . pas de rétablir çà vanciers . Je crois avoir eu à ges manuscrits . ne s'agissait donc et là quelques faits défigurés par mes de- ou de produire quelques les circonstances la racine . et qui manquait absolument de sens historique. dence un certain ordre de cessoire et dont les autres sont l'ac- l'entourage le . j'ai souvent été obligé de condenser plusieurs semaines d'études . . point de vue . la première dans la l'histoire les musulmans d'Espagne la nouveauté de en matière forme un de ses attraits . connaissance. qui se trou- vent en Europe. bien qu'elles sans intérêt sous le ne fussent pas un certain travail. je faits destinée à telle ou telle les me suis bien gardé de rapporter tous qui sont venus à ma . mon sujet sous toutes ses fa- comme ne m'étais et sévère . qui commandent de mettre en faits . elle est même temps la cause de toutes sortes de difficul- tés. pas proposé d'écrire une œuvre de science sèche classe de lecteurs.

Eenan bel article publiât dans Eevue des deux mondes . VII circonstances qui me semblaient . Dans un travail de . Je tiens à constater que certaines parties de ce livre sont antérieures à quelques publications de ces dernières années. sur Mahomet et les origines de l'islamisme de sorte que . et les ne pas multiplier inutilement les notes. ne je crois . quoique je n'aie rien épargné pour donle ner à cette histoire degré de certitude et de réalité auj'ai quel je m'étais proposé de l'amener . sans lesquelles la grande histoire est pale et sans sa- La méthode de l'école qui s'attache moins à mettre en relief les individus que les idées qu'ils représentent . D'un autre côté . aux drames de de ceux la vie publique les car qui pensent .. et qui ne voit dans les questions que les aspects généraux conviendrait pas . pensé qu'il et fallait déguiser l'érudition au profit du mouvement de la clarté du tes récit. au sujet que j'ai choisi. résul- tats seuls" devaient trouver place tifique dégagés de l'appareil scien- qui a servi à les obtenir. les texles . que souvent on oublie trop ces . son . couleurs passagères ces accessoires curieux ces minuties de mœurs veur. citations. . caractériser le mieux les époques que je parfois je suis traitais et je n'ai pas craint faits d'entremêler intimes . étaient avant . livre Ainsi les écrits premiers chapitres de mon premier . . Seulement j'ai eu soin d'indiquer toujours les sources auxquelles j'ai puisé. que la mon savant et excellent ami M. ce genre .

cier mes amis . soit pour les extraits et les collations qu'ils m'ont fournis de la façon la plus aimable et la plus bienveillante. vm si nous sommes souvent arrivés aux mêmes résultats . soit manuscrits qu'ils ont eu bonté de me prêter. . février 1861. Il me reste à remplir et un agréable devoir : c'est de remer. MM. Wright Slane et Defrémery Tornberg pour les Calderon . de la Dugat . Simonet Molli . . particulièrement .. nous les avons obtenus l'un indépendamment de l'autre. Leyde .

LIVRE PREMIER LES GUERRES CIVILES .

.

rien ne se modifie. et les meilleurs com- mentaires sur l'histoire ce et la poésie des les Arabes païens. pour étendre et améliorer 1* . dernes sur les mœurs. I. les Bédouins de nos jours conservent encore dans toute sa pureté l'esprit qui animait leurs ancêtres au temps de Mahomet . l'im- mobilité caractère distinctif des innombrables leurs peuplades qui parcourent avec tentes et leurs troupeaux les vastes et arides déserts de l'Arabie. Ce le qu'elles sont aujourd'hui. chez elles rien ne change . voyageurs moet la sont les notices que donnent les . elles seront demain .M R LIVRE PR E I E LES GUERRES CIVILES I. Pendant dans la que l'Europe marche depuis et des siècles voie est du progrès le du développement. elles l'étaient hier. coutumes manière ils de penser des Bédouins vécu. au milieu desquels ont Pourtant ce peuple ne manque ni de l'intelligence ni de l'énergie nécessaires T.

révolution française: la fraternité. on écoute ses conseils . point d'autre maître que il celui si de l'univers. Chaque tribu. si illimitée. Dans nos . comme les . le Le Bédouin «Je ne est l'homme plus libre de la terre. mais ce chef ne possède qu'une certaine influence. peine. . le Dans son orgueil type le Bédouin de la se considère . comparées avec les nos docpré- trines plus avancées semblent des sociétés ceptes de despotisme. a ses inconvénients et s'explique avantages mais la fierté des Bédouins et se comprend sans . il est vrai. surtout le s'il a le don de parole mais il n'a nullement toucher droit de traite- donner des ordres. prime la noble l'égalité devise de . pas . gran- de . que procure la civilisation il ne veut pas échanger son sort contre un autre. a son chef choisi par elle. on le respecte la .» La liberté dont jouit est elle. ils ont réalisé de la mais pour ainsi dire par abord liberté la . un gouver- nement est un mal nécessaire du bien : inévitable. un mal qui est la condition les Bédouins s'en passent. Chaque condition . à l'idée S'il ne marche .sa condition . si Ici élait son désir. le plus par- fait création méprise autres peuples parce croit infiniment qu'ils ne lui ressemblent pas et se plus heureux que l'homme ses civilisé. s'il resle étranger du progrès c'est que. non par des principes philosophiques l'instinct. indifférent au bien-être térielles et aux jouissances ma. Guidés . libérales que. reconnais dit-il. Au lieu de un .

il esl tenu et forcé la même. II. le plus capable le plus brave . les par l'opinion pudes de fournir à entre ses subsistance pauvres qu'il . 67. qui se compose des chefs des différentes familles. donne par elle un témoignage public en lui de son estime reconnaît solennellement . 112. G6 . Burton . p. 71. ment. ce n'est souvent . 1 .. . autre membre de la tribu il ne pourrait le Dans toute circonstance est tenu de consul- ter le conseil de la tribu. disait .» Maïs l'autorité l'on s'en aper- de ce chef est souvent çoit minime que ayant à Quelqu'un demandé à Arâba 1) Burckliardt to . le plus gé- le plus dévoué aux intérêts de la commudon- «Nous n'accordons celte dignité à personne un ancien Arabe qu'il . . qu'un là hommage sans quence elle lui . p. PU- grimage 2) El Medinah and Meccah Mobarrad. Notes on the Bédouins. Sans l'assentiment de cette la assemblée. t. aux pieds tout ce qui lui cher ait tout ce aime à voir honoré. il ne peut ni déclarer guerre. l'homme néreux nauté. de distribuer d'offrir amis présents reçoit aux étrangers une hospitalité plus somptueu- se qu'un faire. à moins qu'il qu'il nous ait ait né tout ce fouler qu'il possède. en rend un esclave si . blique . ni tribu décerne le même titre lever le camp Quand une ses de chef à l'un de memconsé- bres . p. et qu'il nous 2 rendu des services comme peine. nous est permis de . ni con- clure la paix. .

apud Rasmussen> Addit. .» En . : L'autre ayant insisté. mes compagnons qui ne peut en moins considéré que moi égal . . p. car tous vivent de la les même manière. . 2) 3) ad hist. aussi Ibn-Nobâta . dans le temps-là . ni l'inégalité Les Bédouins n'admettent dans les relations sociales. Arâba nia d'abord qu'il la fût. hien qu'elle ne soit pas complète dans le . avaient Arâba répondit à frappé fin «Si des malheurs mes contribupour as.contemporain de Mahomet. 18 du texte. Burckhardt . II. me surpasse ce plus estimé que moi *. p. Burckhardt. 68. p. pas à leurs yeux un titre à l'estime publique Mé- priser l'argent et vivre au jour le jour de butin con- 1) Mobarrad . si quelqu'un d'entre payais lui avait fait une élourderie . Caussin 41. ibid. car la richesse n'est 3 . Comparez p. je l'amende. survies et j'ai établi les plus mon autorité en la m'appuyant Celui de . de quelle manière il était devenu le le chef de sa liïbu . ni l'aristocratie de fortune. comme savait la jourd'hui soutenir on déposait et chef s'il ne son rang s'il y avait dans tribu 2 . 634. t. y est cependant plus grande qu'ailleurs. Aràbum. portent la mêmes vêlements et prennent même nourri- ture. eux je leur donnais de l'argent. faire le autant est celui qui est peut est mon aupas et celui qui effet . hommes doux de tribu. un homme Désert plus généreux et plus brave que lui L'égalité.

. . une étonnante le «La richesse vient a dit matin et s'en va dans le soir est . celui qui. p. cependant il ne faut pas perdre de vue que les . cela arrive journellement.» un poète arabe vrai. II . 40. Quand une tribu ennemie attaque la sienne et lui enlève tout ce qu'il possède comme core . Cependant dans chose les l'état l'égalité . tel est l'idéal la du chevalier arabe Ce dédain de richesse est sans doute une preuve de grandeur d'âme et de véritable philosophie. la richesse ne peut avoir pour les autres Bédouins puisque se la même avec valeur que pour elle est extrê- peuples chez eux mement facilité. et Désert cela et strictement Etranger à l'agriculture . hier en- était riche 2 . après avoir répandu son patri1 . complète ne et l'état peut exister que de nature de nature n'est autre qu'une abstraction. 2) Burckhardt p. ne possédant pas d'autre un pouce de terrain ses le Bédouin n'a richesse que chameaux et ses il chevaux . précaire et déplace le . G 11. moine en bienfaits. t. quis par sa valeur. . se il trouve réduit tout à coup à la et détresse Demain prendra sa revanche rede- viendra riche. 555 . mais c'est une possession sur laquelle ne peut pas compter un seul instant.. Bédouins sont égaux eux mais d'abord leurs principes égalitaires ne s'étendent nullement à 1) Caussin . Jusqu'à entre un certain point .

privilèges ni le qui ne les pratiquent n'ont jamais connu ni l'on . . les Bédouins pas. les âmes élevées recherchent *. p. t. s tout le genre humain. p. mais encore à tous les hommes créatures d'une autre race ils ont la prétention d'avoir été pétris d'un autre limon que toutes les autres humaines. socia- et si la . .» la gloire la générosité Les nobles du désert les rois des les Arabes. sont tous ceux . t.. l'écriture nager et à tirer 1) Caussin . a dit Hâtim âmes basses plaisent amasser de l'argent que procure . Puis les «légalités naturelles entraînent des distinctions les . la au talent bravoure. leurs ils s'estiment bien supérieurs et y non-seulement à esclaves travaillant aux artisans qui gagnent leur pain en dans leurs camps . II. 424. ce sont orateurs et les poètes ce . . 2) Tabarî. «Les . II II. considération l'hospitalité . calife Omar 2 . 254. titres . t. 627. comme disait le . à moins que ne considère l'on comme poésie tel surnom de Parfait que donnait de la anciennement à celui la . hommes les se partagent en se deux classes à . la générosité et 7 bravoure le talent poétique le don de la parole lui en donnent d'autant plus. 3) Caussin. richesse ne donne au Bédouin aucune . l'habileté à connaissance de de l'arc 3 . qui joignait la libéralité. p. aucune la importance . qui pratice sont les quent les vertus bédouines les roturiers hommes bornés ou méchants Au reste.

leurs aïeux respect et l'amour la des hauts faits des talents et de vertu. s'ils n'ont . existe aussi chez la Bédouins. impose de grands devoirs et rend les les générations les solidaires unes des autres . le faut 1) Ibn-Khaldoun r. La masse grands culte . pas con- reçu du servent mêmes dons que au moins dans leur âme le ciel les . le l'aïeul et le bisaïeul avaient rempli successivement même ne emploi l . de vénération pour mémoire de& une sorte hommes auxquels elle rend de entoure leurs descendants de son estime et de . Un de ses frères est-il réduit à la mendicité et vient-il s'il plorer son secours . pleine . . Raihân . titre Puisque le l'on donnait . son affection pourvu que ceux-ci . dans une famille qui . et dont père. fo] 146 . bien comprise. Rien de plus naturel. entre C'est nom qu'ils se donnent Si c'est eux quand ils sont même âge. . pendant quatre générations tribu. La noblesse d'origine. le Bédouin égorgera . 250 .. un : vieillard qui parle à un im- il l'appelle fils de mon frère. p. Avant qui l'islamisme on considérait élail comme fort noble celui le lui-même le chef de sa tribu. avait été à la tête de la Dans une tribu tous le les Bédouins sont frères. le de chef qu'à l'homme plus distingué on était autorisé à croire que les vertus bédouines étaient héréditaires . jeune homme du . qui. Prolégomènes (XVI).

vu naître et qui le verra notre mourir. . son frère a-t-il essuyé un affront de tribu. de cet attachement profond. inébran- lable . car vous êtes attaché à forts par des liens plus le que ceux qui existent entre » me ! — mari et la fem- Voilà de quelle manière le Bédouin comprend la 1) Mobarrad. Rien ne saurait vive . n'est point un qui sentiment paraîtrait c'est comme patriotisme sentiment au fougueux Bédouin d'une tiédeur extrême. le plus sacré des devoirs la véritable religion du Désert. homme d'une autre comme une injure pern'en ait tiré idée assez il sonnelle et n'aura point de repos qu'il vengeance. c'est une passion violente le en . qui l'a à la gloire.10 son dernier mouton [tour le nourrir . de ce dévoùinent absolu aux intérêts. il la part d'un ressentira cet affront . Pour sa tribu l'Arabe . même c'est temps premier . p. que l'Arabe ressent pour ses conlribules la . à l'honneur de la communauté Ce . à prospérité. pour ce que son corps broyé sous se les pieds n'ait plus gure humaine «Aimez votre elle tribu. assez de cette comme l'ap- . et terrible. est toujours prêt à tous les sacrifices pour elle il risquera à chaque instant sa vie dans ces entreprises hasardeuses où la foi et l'enthousiasme elle il peuvent seuls battra jusqu'à fi- accomplir des miracles. illimité. nette pelle . 233. a dit un poète. donner une açabia .

la L'idée du progrès. nos efforts incessants pour arriver à un état meilleur. l'égalité il et la fraternité. 141. destinée que les Etals et nous aspirons à des biens invisible inconnus dans . Notre activité fiévreuse. satiété dans les chaires et à la tribune sociétés c'est l'idée fondamentale des l'on . sor. modernes . comme à nos son ne comprendrait rien à nos soucis dou 1) Voyez Burckhardt . . nous de la finissons par désespérer terre . n'en désire. il Ces biens lui sufd'autres. esprit gai ciel . mais est-ce que parle sans cesse de changements se trouve et d'améliorations .n liberté fisent. et ne sont-ce pas. détruisant ce avons bâti hier. expansif. préconisée jusqu'à . marchant illusion de mé- compte en mécompte. p. les symptômes aise l'aveu implicite de l'ennui et . insouciant. il . au fond. chez nous rongent et dévorent. un monde le — Parfaitement calme et et fort Bédouin ne connaît pas ces vagues . nous nous écrions et dans nos moments d'abattement de faiblesse que l'homme a une autre . quand on se le dans ? une situation normale Cherchant toujours aujourd'hui d'illusion en le quand on sent heureux bonheur sans que nous et trouver . serein . est content de son sort . du malsociété ? qui . L'Europe l'est n'est plus ja- mais contente du sien ou ne que pour un jour. n'en imagine pas *. notre soif d'améliorations politiques et sociales. maladives aspirations vers un avenir meilleur .

habituelle. la De notre côté . celte vie sa calme du Désert nous semblerait insupportable par monotonie bientôt et uniformité . clans les mouvement de son l'imagination. les n'ont eu de mythololes comme les Grecs. dans le pensée. Arabes . ont . avec noire ambition illimitée dans désirs. en dépit d'un préjugé Ils accrédité le n'ont que fort peu d'imagination. et nous préférerions notre surexcitation . : Là où on manque le progrès est la impossible quand veut perfectionner tions des l'esprit vie civile et développer les relail hommes Or entre eux.12 leurs à . leurs dieux ils . supériorité relative. . faut avoir présente à parfaite l'image d'une société les plus que celle qui S existe. . nos confuses espérances. sang plus impétueux plus bouillant que nous ils ont des passions plus fougueuses. nos souffrances nos sociétés troublées et notre civi- lisation en travail à tous les avantages les que possèdent Bédouins dans leur immuable sérénité. mais jamais Indiens. . qui nous a elle donné noire .. goûter le Nous sommes trop riches d'imagination pour repos de l'esprit. Scandinaves. nos misères. mais c'est aussi à l'imac'est elle gination que nous devons notre progrès. existe entre C'est qu'il eux et nous une différence énorme. représentants des corps célestes gie . Avant qu'ils fussent sulmans ils avaient . . mais c'est en même Pour temps s'en et le peuple le moins inventif du monde. n'a convaincre on qu'à examiner leur religion devenus mu- leur littérature.

p. 513. 314 et suiv. et ce qui. II. la plus raisonnable et la plus diraient ceux qui excluent le surnaturel aupossible . le Les autres peu- ont produit rôle. sans contredit de toutes les religions positives la plus simple et la plus dénuée de mystères. . Dans pré- littérature . leurs les compatraitent triotes. 1) Voyez Caussin t. quelques cérémonies et empruntées au judaïsme c'est à l'ancien culte païen . le cette poésie n'a jamais exprimé autre chose que lité. et personne n'a songé à leur en composer une. des épopées où surnaturel joue un grand pée . point d'histoire. 509 suiv.. simple théisme auquel sont venues se joindre quelques tutions. même le absence d'invention le môme dilection ples pour réel et positif. côté poétique de la réa- Les poètes arabes décrivent ce qu'ils voyent et qu'ils ce si éprouvent ils . exclusi- vement lyrique et descriptive. 13 Leurs dieux n'avaient point de passé.. au lieu de savoir gré. leur est inconnue. tout crûment de menteurs. et parfois se permettent de leur en faire . . La littérature arabe n'a point d'épo- elle n'a même pas de poésie narrative . tant que et qui bannissent du culte les déles arts monstrations extérieures et la plastiques. épurée . importe le plus à leurs yeux c'est la justesse et l'élégance la poésie l . les plus reculés . . mais ils n'inventent le rien . la Quant monoinsti- à religion prêchée par Mahomet. 345. L'aspiration vers l'infini. vers l'idéal. déjà dans les temps . de l'expression L'invention est et c'est le côté technique de .

productions ont contes de fées. l'ont essayé . commenté ouvrages des anciens. tion Peut-être ont-ils plus d'éléva. d'ori- gine arabe les Mille que c'est une traduction. les ont traduit ont enrichi patientes .. mais ne portent et pas en eux efr. germe du leur besoin développement du progrès. lorsque Arabes . établis dans d'immenses .. tous les Ainsi dans et une nuits. dans . ils semblent Ils aux lois de la société. charmé notre adolescence . ces fraîche et gracieuses riante qui d'une imagination . que . on ne leur doit aucune idée grande 11 existe ainsi entre les Arabes et nous des diffé- rences fondamentales. immense vraiment arabes ce sont les tableaux la de mœurs. provinces conquises à la pointe du sabre se sont oc- cupés de matières scientifiques . se tromper . minutieuses mais n'ont rien inventé et féconde. par . sont d'orirecueil gine persane ou indienne les seuls récits dans cet . les anecdotes empruntées à les vie réelle. certaines * spécialités des ils observations exactes . le caractère plus plus de véritable vif de la grandeur d'âme et un sentiment ils dignité hule maine. on peut sans craindre de n'est presque toujours affirmer d'avance. passionné d'indépendance personnelle avec leur manincapables que absolu d'esprit politique de se plier . lorsqu'on y ren- contre un poème ou un conte fantastique. 14 si rare dans leur littérature. ils ont Ils ils montré la même et absence de puissance créatrice. Enfin . avec . qu'une telle production pas . .

. national. . même s'est après Mahomet . bords du Tage ou du Guadalquivir les ils ne sontribu geassent d'abord qu'à poursuivre à tribu. Cependant longue . une période assez écoulée avant qu'ils ils perdissent leur caractère rent en Espagne . par suite du contact avec les peuples qu'ils avaient vaincus . bie . ils l'ont les rempli du bruit de leurs exploits. Ce sont ces guerres qui doivent nous occuper d'abord. dépouilles de vingt provinces ils ont appris à connaî- tre les jouissances du luxe. enrichis par . en Afrique. sur . et pour les bien com- prendre il nous faut remonter jusqu'à Mahomet. et les il était dans nature des choses que. Quand arrivèfils ils étaient encore la les vrais du Désert. luttes de commencées en Ara- en Syrie. de peuplade à peuplade.15 toutefois : arrachés par un prophète à leurs déserts et lui lancés par à la conquête du inonde . ils ont cultivé les sciences était et ils se sont civilisés autant que cela leur possible.

c'est le butin surtout qui vivre les Bédouins enivrant Et puis c'était la pour lance eux un bonheur et que de manier . d'im- moler des victimes au ciel 2 . sans centre commun .. le plus grand nombre constamment nomades. la pierre écrase blé. bravoure . Si la suffisait pour rendre un peuple inété. Une munauté infinité de tribus . . Sans guerre point fait de butin . II. les unes sédentaires . brune flexible ou la lame étincelante les de fendre les adversaires . . comme . crânes ou d'écraser le de la trancher tribu cols à leurs ennemie. et l . ordinaire- ment en guerre bie unes avec les autres voilà l'Ara- au temps de Mahomet. sans comd'intérêts les . c'était le meilleur titre aux éloges des poètes et à l'amour des 1) 2) Moallaca Voyez Burckhardt p. 41. . iVAmv ibn-Ooltlioum. non de celles dont l'offrande plaît les La bravoure dans combats . vincible les Arabes l'auraient Nulle part l'esprit la guerrier n'était plus général.

t. 99. empreints d'une sauvage énergie. Frap- pez les du tranchant de vos glaives filles . III. l'es- prit martial de leurs frères et de leurs Mar- chant à l'arrière-garde et encourageaient les . disait le roi «Que trouve- vous lui de Perse à et un prince la arabe qui possession demandait des soldats grande . nos cheveux parfumés de musc. lui offrait d'une ? province. 77. bras . nos cols sont ornés de perles. 198. Je ne veux si peu de chose. p. . II. et aisément de l'extrême faiblesse de celte confaiblesse qui provenait la du manque absolu d'unité des diverses tribus. I. Que trouve-l-on chez vous pas. t. les lâches qui fuient nous 1 délaissons et nous leur refusons notre amour . Nous sommes de l'étoile du matin. pour Des brebis des chameaux. à Les braves qui font face l'ennemi . 281 .» Cependant un observateur attentif aurait pu s'apercevoir trée. Celles-ci avaient pris quelque chose de époux. Fotouh as-Châm. elles soignaient les blessés guerriers en récitant des vers . 391 . subjuguée par un été conquérant étranger pour mériter t-on chez la ? si elle n'eût trop pauvre peine d'être conquise. 200. nos pieds foulent des coussins moelleux. 17 femmes. défenseurs des femmes ! . courage . elles «Courage disaient! alors . . de rivalité permanente L'Arabie aurait été infailliblement . Comparez Abou2 Ismâîl al-Baçrî.. les pressons les dans nos . T. p. p. aventurer dans vos déserts une armée persane. nous .» 1) Caussin.

qui ne comprenaient rien rêverie et regardaient comme une faiblesse honteuse qu'un homme pleurât fût-ce même sur la perte des En outre. cependant . toutes religion était . doué d'une exagérée les mala- dive mélancolique. . Mahoobjets de sa plus tendre affection. mais fut par un Arabe par un homme il extraordi- naire par Mahomet. Peut-être l'Envoyé de n'élait-il Dieu . pleurant et sanglotant comme une champ de femme quand il était indisposé. sa constitution qu'il sensibilité avait héritée de et mère . vinssent altérer la pureté de son absorbait cœur. mais ce qui est certain c'est qu'il ne leur ressemblait pas. tout pour elle ses pensées par là toutes les faqu'il se cultés de son esprit. toujours tourmenté par une inquiétude vague . comme s'appelait . 18 A elle la le . Avant que des la rêves d'ambition mondaine primitive lui . avec celui des Arabes ces hommes énergià la ques et belliqueux . fin . met il avait plus d'imagination que ses compatriotes. un bizarre contraste robustes . et avait l'âme profondément pieuse. et extrê- D'une constitution délicate.. pas supérieur à ses contemporains . C'était surtout distinguait de la masse. fin aimant promenadans les des sans et les longues rêveries du soir yallées les plus solitaires. fut conquise . l'Arabie . . à des attaques le bataille. impressionnable mement nerveuse. silencieux. . son caractère formait . sujet manquant de courage sur d'épilepsie .

2) Le même f . n'est pas religieux de sa nature. plus ces ainsi elles se créent un système philosophique bien . la Considérée dans sa source l'imagination . 2 . ce n'est pas l'imagination qui prédomine. com- me la religion le leur ordonne. Leur tolérance jaloux date liberté de loin car un peuple aussi de sa admet difficilement la tyrannie 1) Burckhardt. des individus les : les le uns sont sont essentiellement religieux pas. religion a plus de prise sur . que sur l'esprit et chez l'Arabe . au lieu de prier cinq fois par jour. sous ce rapport. 160. vivent pour la religion et par elle et elle est leur uni. incompréhensible bien plus mystérieux . que c'est le peuple plus tolérant de l'Asie .19 ïi en est des peuples comme . la religion est le fond de leur être volte contre si bien que . Voyez les Bédouins ils d'aujourd'hui ! Quoique musulmans de nom. Des peuples. comme nous l'avons remar- qué. que croyances mêmes. p. que consolation leur unique espoir. il y a entre . se soucient médiocrement des préceptes de l'islamisme. et. lui et les autres peuples qui Il ont adopté l'islamisme une énorme différence. ibid. ne faut pas s'en étonner. autres ne Chez certaines personnes . entiers . lorsque leur raison se réelles les croyances dans lesquelles sont nées. L'Arabe au contraire. les le ils ne prient jamais K Le voyageur européen qui atteste a connus le mieux.

avait Le d'abord et successeur . s'en sont ce rares dans l'ancienne mais sont ordinairement des juifs sont rendus coupables. finit par flotter incertain entre ces deux religions Au temps le de Mahomet celle de . à J'exige de mes su. obéissent mon gouvernement n'eût pas dit quant à 1 leurs doctrines. tenait de fils près à l'indifférence au scepticisme.» L'empereur Frédéric tolérance . II mieux. de Marthad le professé . et non jets qu'ils opinions. le judaïsme puis christia- nisme et 2 . ceux qui le fessaient n'en avaient qu'une connaissance très-superficielle. c'est au Dieu créateur à les juger . trois religions se parta- geaient l'Arabie: Moïse. emprunté 1) Caussin. t. avait coutume de sur dire : règne sur corps. p. 2) Caussin. t. Le calife Alî n'exagérait pas trop quand il disait en parlant d'une tribu parmi laquelle cette re- ligion avait cependant jeté le plus ils de racines n'ont : «Les Taghlib ne sont pas chrétiens. . et étaient les polylhéisme. 111. Le et christianisme ne pro- comptait pas beaucoup d'adeptes. 114. Au IVe les siècle .. Marthad «Je . roi du les Yéraen . les sincèrement attachées à leur fussent intolérantes. p. qui Les tribus juives fussent seules peut-être culte. histoire seules aussi qui Les de qui persécutions l'Arabie. . I I . celle du Christ. Cette du reste . 20 on matière tic foi.

en Quand roi les eut écoutés atten- tivement l'oreille. — Eh quoi ! vous voulez bien me persuader que Dieu même la a subi la mort 2 . qui formaient majeure parparticu. . on vous trompe . sour. dent respectueusement cause «Hélas ! quelle nouvelle funeste!. pour plaire à ce peuple poqui. les — idolâtres avaient un certain respect pour leurs ils devins et pour leurs idoles.. .. fi- voulurent convertir rent l'épreuve. J'apprends que l'archange Michel vient de mourir! — Mais non. 2) Caussin II '. . auprès duquel les autres divinités étaient des intercesseurs. . un ange est immortel. de la nation qui avaient et des divinités lières à chaque tribu presque à chaque famille et qui admettaient un Dieu suprême. cependant les massacraient devins s'ils si leurs prédictions ne s'accomplissaient .» Le fait est que celte renfermait de mystères sitif et de miracles railleur. enfin . . 78. prince. de Hîra. pas ou les s'avisaient de les dénoncer trompaient ils idoles en leur sacrifiant une gazelle quand leur 1) Baidhâwî. le Coran. Mondhir le III. roi et Les évêques vers l'an 515.21 au christianisme que la coutume de religion boire du vin trop *. Commentaire sur t. comme la les prélats lui : en demanleur dit-il . vs. Allah.» Les idolâtres tie . 5. un de ses officiers vint lui dire un mot à Tout à coup Mondhir tombe dans une proet fonde tristesse. p.

n'en parlent-ils presque Ecoutons Tarafa! dit-il. nation. Alors. . de trois flèches appelées . je t'offrirai pleine de vin . La défense sortit trois fois de suite. poètes telle . l'ordre il la défense l'attente. par les combats. «Jouissons du présent. froids quand on leur parfidèles Aussi leurs poètes. et . si Ces mêmes hommes pour qui s'enthousiasmaient facilement une noble action ou un beau poème. il dans sulter temple sort de l'idole Dliou-'l-Kholosa pour con. le jeu et l'amour. si c'était ton père qui eût été îe tué . les car bientôt mort nous atteindra des » et était en réalité devise Bédouins. s'ils ne répondaient pas à désirs à leurs espérances. la quelle qu'elle fût. quand tu une coupe celte te présenteras. brisant les flèches et jetant les morceaux à la tète de l'idole : «Misérable ! s'écria-t-il .22 avaient promis une brebis leurs et les injuriaient . aller Quand Amrolcais se mit en marche pour la venger s'arrêta mort de son père sur le le . au moyen . la interprètes des sentiments de jamais. tu ne défendrais pas d'aller venger ! » En général la religion. tenait peu de place dans intérêts de cette vie de l'Arabe. les Beni-Asad . absorbé par les terre. Ayant tiré la défense recommença. restaient et d'ordinaire indifférents lait religion. la la disaient * . «Dès le malin. le vin. aurais-tu déjà savouré liqueur à 1) Moallaca tVAmr ibn-Colthoum .

moyen de me rendre immortel ? ta sagesse ne éloigner de moi l'instant fatal laisse-moi donc prom'at- diguer tout teigne. quand nous mourrons l'un et autre. . cependant. Mais le zèle était l'exception. les visages brillent . dont soir . avaient mieux aimé périr dans les flammes foi. les Arabes et surtout les Arabes sédentaires religieux. Chaque et une chanteuse parée d'une robe rayée safran . n'importe . Les compagnons de mes plaisirs sont de nobles jeunes gens. as-tu Si .. les vingt mille chrétiens de le de Nedjrân ayant à choisir entre bûcher et le judaïsme . libre- mains amoureuses se promener appas . Demain censeur rigide. 25 longs traits . qui avant que le trépas L'homme a des inclinations généreuses s'abreuve à longs traits pendant sa vie. acquis moi-même blâmes le et ceux dont j'avais passion pour Censeur qui ma peut les plaisirs et les combats. Elle laisse les Son vêtement est ouvert sur sa gorge. d'une tunique couleur de vient embellir notre société. la ville n'étaient pas inaccessibles à l'enthousiasme C'est ainsi que . pour jouir. était la régie. tu recommenceras avec moi.. . faits avait prouvé. nous verrons soif ardente..» qui de nous deux sera consumé d'une Un que petit nombre de .. aux plaisirs les j'ai vendu ce que possédais j'ai dissipé biens que j'avais hérité. que d'abjurer leur l'indifférence. ou du moins la tiédeur. ment sur et ses Je me suis je livré au vin . comme des étoiles.

. plus heureux. pher de l'indolence de ses compatriotes éveiller il lui fallait chez eux la le sentiment religieux n'est pas . On jetait sur lui . serait donc doublement difficile. Les 3Iecquois le raillaient. devait avant tout triom. Ailleurs n'avait pas été A Tàïf il avait exposé sa doctrine de- vant de les chefs assemblés.» un devin un magicien quand on avec . que plaisanteries . une bonhomie faire venir à leurs frais des médecins qui tâcheraient des ordures. «Voici le fils dallah qui vient nous apporter des nouvelles se disait-on lui le du voyait venir. transformer. ne des pouvait pas se borner à Il démontrer la vérité doctrines qu'il prêchait. un fou. de il le guérir. en un mot. com- me un poète inspiré par . On prodiguait les épilhètes il de fourbe et d'imposteur. sceptique et métamorphoser railleuse. Quelques-uns apparente. leur per- suader que rente. une nation sensuelle Une entreprise aussi difficile aurait rebuté tout autre moins sion. et convaincu de la vérité de sa mis- Mahomet ne recueillit partout . lui . ses le concitoyens le plai- gnaient ou on considérait tantôt . «Dieu ne pouvait-il donc trouver un apôtre . de proposaient. injures.24 La tâche que Mahomet s'était imposée en se déclaIl rant prophète. Là aussi on s'était moqué lui. un démon tantôt comme d'Abciel. Quand sortait de chez lui il trouvait son chemin couvert lui de branches d'épines. fallait. religion une chose se indiffé- une chose dont Il on pourrait passer à la rigueur.

» Le désespoir dans l'àme. lui dit l'un. seules occupations était dignes d'un homme et les cultiver la les . possession du V e siècle. plusieurs familles des et les Aus que des Khazradj avaient adopté cette religion . il avilissante. terre une profession agriculteurs. maintenant réduits à .meilleur que discourir loi?» toi . deux tribus qui. Les qu'ils Mecquois et les Médinois des races se haïssaient parce appartenaient à ennemies. lu ne mé- répondre. La secte était encore peu la nombreuse et tout semblait indiquer que lais- nouvelle religion finirait par disparaître sans ser de traces. Aux yeux et le des Arabes qui jugeaient la les vie pastorale commerce libre . Il y en celle avait deux en Arabie: celle des Yéménites et la des Maaddiles. Or. Plus de dix ans se passèrent ainsi. Mahomet avait quitté l'assemblée poursuivi par les lançait des cris et les injures de la populace qui lui pierres. Médinois étaient Mecquois marchands. avaient enlevé la de Médine à des tribus juives. Les Médinois appartenaient à le pre- mière. A la haine les Mecquois joignaient mépris. anciens maîtres de la ville. Si tu un prophète. . «Je ne veux es pas avec ajouta un autre. lorsque Mahomet trouva un appui les ines- péré parmi les Aus et vers la lin Khazradj. Et puis y avait quantité de juifs à Médine. si lu es un rites pas que je te parle. tu es un trop grand j'ose te personnage pour que imposteur.

v. fol. et la méprisaient par conséquent. protec- teur. 296. Quant à Mahomet ses . Aussi quoique majeure partie des deux tribus dominantes semble avoir été idolâtre ci comme les Mecquois . reçut donc avec joie les ouver. de quelque côté qu'il lui vînt. avaient conservée. 1) Raihân. Abou-Tàlib ses était mort. (XVII).» . On : raconte qu'en entendant quelqu'un réciter «Je suis Himyarite . il partageait les préventions de concitoyens contre les Yéménites et les agricul- teurs. tures des Arabes de Médine pour lesquels les tra- casseries et les persécutions qu'il la avait éprouvées de part des Mecquois. 26 la condition la do clients . étaient sa meilleure recom- mandation et son plus beau titre. p. pour Cette l ! origine dit t'éloigne de Dieu son Prophète » On la aussi voyant soc dit d'une charrue dans à ce dernier : demeure d'un Médinois tel il «Jamais un la objet n'entre dans une 2 . force tout lui fut d'oublier préjugés et d'accepter Il appui. ce vers ni de pis mes ancêtres Mahomet qu'en lui n'étaient : Rabîa ni de Modhar toi ! dit «Tant et de le . 2) Ibn-Khaldoun ProU<j. et croyant et son menacée depuis que son oncle ..» maison sans que honte y entre en même temps les Mais désespérant de convertir à sa doctrine mar- chands sa vie et les nomades de sa propre race. ceux- regardaient toute la population comme juive. . 105 .

. se prolongea la pendant huit ans. Mahomet Les des ôta à ce chef son commandement la et prescrivit à ses généraux d'user de Mecquois idoles plus grande modération. lutte eux de Mecque tervalle . Animés par un enthousiaste et méprisant la mort parce qu'ils étaient sûrs d'aller en paradis lâtres . s'ils étaient tués . sincères et durables la furent peu nombreuses. Dans cet in- terreur que les armes . le le jour où rien ne sera respecté!» L'espoir des Médinois avait dit fut déçu: chef des Khazradj. Ce jour-là Médinois s'étaient orgueilleux promis de faire payer cher à ces mar- chands leur insupportable mépris. la assistèrent en . désormais confondus des les sous le nom La Défenseurs entre firent et prodiges païens de la vaillance. 27 Le grand serment d'Acaba unit pour toujours la forlune des Médinois à celle de Mahomet. zèle proclama guerre sainte. vint s'établir à Médine avec ses sectateurs de dès lors le Mecque qui prirent contre ses nom la la de Réfugiés déchaîna des contribuas et verve mordante poètes médinois. musulmanes répan- daient partout décida plusieurs tribus à adopter les nouvelles croyances. mais les conversions spontanées. par les ido- les Aus de et les Khazradj . vint mettre les le Enfin la conquête de la Mecque sceau à puissance de Mahomet. le «C'est aujourd'hui jour du carnage. silence à destruction de leur temple véritable .. lien le Brisant un que les Arabes respectent plus qu'aucun autre se Prophète sépara de sa tribu la .

et. se prosterneraient point pendant la prière . . Après idolâtres prise de la Mecque menace . ils reconnurent se dans Mahomet de voyé de Dieu se en promettant ces rustres. Par la bouche de leurs députés faire lui annoncèrent qu'ils étaient prêts à se . tribu qui habitait Tàïf et qui auparavant avait chassé le Prophète à coups ils de pierres. z8 panthéon de l'Arabie qui renfermait divinités qu'adoraient autant de trois cent soixante . Une conversion as- sez remarquable fut celle des Thakif. c'est ? trop » qu'est-ce qu'une religion sans prières leur dit Ma- homet. enfin tractantes celles-ci : deux parties contelles s'arrêtèrent les à des conditions que Thakif ne payeraient point de dîme ne ne prendraient point de part à la guerre sainte. tribus et .. conserveils raient Làt une année encore. ce terme passé. d'exles adopter l'islamisme le que généraux de Mahomet leur prêchaient Coran dans une main et le sabre dans l'autre. la résistance désormais inutile termination leur et la fit d'une guerre . ne seraient pas obligés de briser celle idole de leurs pro- . et pas. mu- sulmans trois mais à condition qu'ils garderaient et qu'ils pendant ans encore leur idole Làt ne prieraient long. de Médine qui avaient eu l'insolence de la les vaincre. Alors les députés réduisirent leurs demandes. intérieurement de ces juifs venger un jour de . les on marchanda longtemps. «Trois ans d'idolâtrie. la rage l'En- dans le cœur. les tribus encore était éprouvèrent bientôt que .

29 près mains. telle il » «Qu'une considération ne vous arrête pas. je ne veux pas . a été et les convenu entre Mahomet Thakîf. lui dirent alors Si les les députés.. l'Envoyé de Dieu que ceux-ci ne seront ni à obligés ni à payer la la dime . reprit le député thakîfite sans homet. la guerre sainte». dicter mit aussitôt à un acte qui commençait et ainsi «Au nom il de Dieu clément miséricordieux! .» «Ni à se pros- dit alors l'un des députés. Arabes vous demandent pourquoi tel traité . terner pendant la prière. convenu.» argument ayant se : paru péremploire au Prophète. le Et comme Mahomet c'est persistait à garder reprit le silence : «Ecris cela. Par cet acte . le Ayant dicté honte et remords empêchèrent Mahomet de poursuivre.. nous parlons à Ma- Eh bien ! dit alors le Prophète . blessante pour l'honneur du Prophète se leva et tirant son épée: — t-il. — prendre part à ces paroles. . de qui il attendait . Cependant Mahomet conservait quelques craignait le «qu'en dira-t-on ? scrupules.. le fou- gueux Omar si jusque-là témoin muet de scène .» Thakifîte en s'adressant à l'écrivain. En ce moment cette . Vous avez souillé le cœur du Prophète de feu! . un ordre. vous avez conclu un dire: vous n'avez qu'à leur Cet il Dieu me l'a ordonné. Celui-ci regarda le Prophète. s'écria- que Dieu remplisse les vôtres — — Ce n'est pas à vous que nous parlons s'émouvoir .

députés retournèrent soldats ac- compagnés de musulmans qui et des détruisirent Làt au milieu des lamentations des cris de désespoir femmes de l . mort dernier apprit que dans . p.50 d'un tel traité. Chacune prophète. -— Non. . de de ces trois provinces eut soi-disant lit . — — Et Pendant un mois donc. Life of Mohammed. suffit le pour faire . Pourtant celte conversion étrange fut ble toutes. vers leur tribu . émule ce et rival de Mahomet. Aihala-le-Noir seigneur qui joignait à 1) Sprenger. t. III. mort de Ma- Plusieurs provinces ne purent . et à en . Vous avez à embrasser l'islamisme . purement et simplement . 186. Pas les même pendant une heure. la plus dura- Lorsque' plus . p. sinon préparez-vous à — six Au moins permettez-nous de garder Làt pendant les mois encore. 288. révolte dans le dans Yémâma dans son le Yémen. même la patien- ter jusque-là la nouvelle du déclin de éclater la santé de Mahomet Nadjd . Caussin . observer tous les la préceptes sans exception guerre. tard l'Arabie entière abjura l'islamisme les Tbakifites y restèrent fidèles. Que faul-il donc penser des autres conversions? la Pour apostasier on n'attendait que homet. dirent Thakîfltes désappointés. et sur son . le Yémen le chef de l'insurrection.

,

fur

t

d'immenses richesses une éloquence entraînante
chassé
les

,

avait

officiers

musulmans
enfin.

,

et

pris

Nadjrân

Sanâ

,

tout le

Yémen
le

Ainsi l'immense

édifice chancelait déjà lorsque

Ma-

homet rendit
le

dernier

soupir (652).

Sa mort fut
et
le

signal

d'une

insurrection
les

formidable

presque
dessus
;

universelle.

Partout

insurgés

eurent

chaque jour on
sulmans
,

vit arriver à

Médine des
des

officiers
,

mules

des

Réfugiés et

Défenseurs
,

que

rebelles avaient chassés

de leurs districts

et les tri-

bus
le

les

plus rapprochées s'apprêtaient à venir mettre

siège devant Médine.

Digne successeur de Mahomet
dans
ne
les destinées

et plein
,

de confiance

de l'islamisme

le

calife

Abou-Becr

faiblit

pas un seul instant au milieu de la gravité
Il

du

péril.

n'avait "point d'armée.
,

Fidèle

à la vo,

lonté de

Mahomet

il

l'avait

envoyée en Syrie

mal-

gré
les

les

représentations des
les

musulmans
,

qui, prévoyant

dangers qui

menaçaient

l'avaient supplié d'a-

journer cette expédition.
ordre
qu'a

«Je ne révoquerai point
avait-il dit.

un

donné

le

Prophète,

Quand
volonté

Médine devrait rester exposée à l'invasion des bêtes
féroces
,

il

faut que ces troupes
S'il

exécutent

la
il

de Mahomet.»

eût consenti à transiger,
la
,

aurait

pu acheter par quelques concessions
l'alliance

neutralité

ou
dé-

de plusieurs tribus du Nadjd
lui

dont

les

putés vinrent
de l'impôt
,

dire

que

,

s'il

voulait les

exempter
prières

elles

continueraient

de faire

les

,

52

musulmanes. Les principaux musulmans étaient
de

d'avis

ne point rebuter

ces

députés.
,

Seul

Abou-Becr
indigne de

répudia toute idée de transaction
la sainte

comme

cause qu'ils avaient à défendre.
dit-il
,

«La

loi

de

l'islamisme,

est

une

et indivisible, et

n'admet
a plus
alors

pas de distinction entre

les préceptes.»


,

«Il

de

foi

à lui
Il

seul

que nous tous ensemble
le

»

dit

Omar.

disait vrai;

secret de

la

force

et

de la
le

grandeur du premier

calife était là.
,

D'après
ses

té-

moignage de Mahomet lui-même
avaient hésité
sion
,

tous

disciples

un

instant avant de reconnaître sa misd' Abou-Becr.

à l'exception

Sans

posséder une

originalité bien
il

marquée, sans
la la

être
;

un grand homme,
il

était

l'homme de

situation

possédait ce qui
et ce

avait

donné autrefois
à
ses

victoire à
:

Mahomet
conviction

qui

manquait
lable.
Il

ennemis

une

inébran-

y eut peu d'ensemble

dans l'attaque

des insur-

gés, déjà divisés entre eux et s'égorgeant les uns les
autres.

Abou-Becr
en
état

,

qui

avait

fait

armer
le
,

tous

les

hommes
bus en
fut

de combattre, eut

temps d'acca-

bler les tribus les plus voisines.
tidèles

Puis

quand

les tri-

du Hidjàz eurent fourni leurs contingents
et

hommes
revenue

en chevaux

,

et

que l'armée principale

du nord, rapportant de son expédition
,

un butin considérable
et

il

prit

hardiment

l'offensive
,

,

partagea

son

armée

en plusieurs

divisions
,

qui

peu nombreuses au moment du départ

se grossirent

,

ùù
en route
la

par

l'adjonction

d'une

foule

d'Arabes que
les
,

peur ou l'espoir du pillage ramena sous

banniè-

res

musulmanes.

Dans

le

Nadjd

,

Khâlid

aussi san-

guinaire qu'intrépide, attaqua les hordes de Tolaiha
qui auparavant comptait pour mille

hommes dans une
son devoir de

armée

,

mais qui
ne

,

cette

fois

,

oubliant

guerrier et

se
,

souvenant que de son rôle de proloin

phète
loppé

,

attendait

du champ de
,

bataille et enve-

dans son
il

manteau

des
;

inspirations

du

ciel.

Longtemps
pes
tion.

attendit en

vain

mais quand ses trou,

commencèrent à lâcher pied
«Failes

il

reçut l'inspira-

comme moi,
,

si

vous pouvez,» cria-t-il
sur
son
cheval
,

à ses

compagnons
toute

et

,

sautant

il

s'enfuit à
firent

bride.

Ce jour-là

les

vainqueurs ne
les

point
,

de prisonnier.
par
le
!

«Détruisez
le

apostats
les

sans pitié
res

fer
»

,

par

feu

,

par tous

gen-

de

supplices

voilà

les

instructions

qu'Aboli-

Becr avait données à Khâlid.
Précédé par
cruautés
phète du
,

le

bruit

de

ses

victoires

et
,

de ses
le

Khâlid marcha

contre

Mosailima

pro-

Yémâma
les

,

qui venait de battre deux armées
l'autre.

musulmanes
ble.

l'une après

La mêlée

fut terri;

D'abord

insurgés eurent l'avantage
la tente

ils

péCe-

nétrèrent

même

jusque dans

de Khâlid.

pendant ce général réussit à
qui séparait les deux camps.

les rejeter

dans

la

plaine

Après plusieurs heures
insurgés sont enfoncés
clos!»
crient-ils,
3 et

d'une résistance opiniâtre,
de toutes parts.
T.
I.

les

«Au clos, au

,

54
ils

se

retirent vers
et

un vaste terrain ceint d'un
porte solide.

mur
in-

épais
les

muni d'une
altérés de

Les

musulmans
audace

suivent,

sang.

Avec une
la

ouïe,

deux d'entre eux enjambent
tomber dans l'intérieur du

muraille et se

laissent

clos

pour en ouvrir
l'in-

la porte.

L'un, criblé de blessures, succombe à
plus beureux,

stant;

l'autre,

arrache

la

clef

et la

jette par-dessus le

mur

à ses compagnons.

La porte
torrent.
celte

s'ouvre,

les

musulmans entrent comme un
horrible

Alors

une
la

boucherie

commence dans
Dans ce

arène où
de
la

fuite
les

n'était pas possible.

Clos

mort,

insurgés, au nombre de dix mille,

sont massacrés jusqu'au dernier.

Tandis que
rection

le

farouche Kliùlid noyait ainsi l'insurcentrale

de

l'Arabie

dans

des

torrents

de
les

sang, d'autres généraux en faisaient autant
provinces
Bacrites

dans

du midi.
fut
fil

Dans

le

Bahrain

le
:

camp des
ils

surpris

pendant

une orgie
,

furent

passés

au

de
le

l'épée.

Quelques-uns

cependant
le

qui avaient eu

temps de fuir, atteignirent
réfugièrent dans
les
l'île

ri-

vage de

la

mer

et se

de Dârain.
et les

Bientôt les

musulmans vinrent

y traquer,

égorgèrent tous.
le

Même
le

carnage dans l'Oman
et

et

dans

Mahra

,

dans

Yémen

dans

le

Hadhramaut.

Ici les

débris des bandes d'Aihala-le-Noir, après avoir
,

en vain demandé quartier au général musulman
rent exterminés
;

fu-

là le

commandant d'une
rendant,
rien

forteresse

ne

put

obtenir,

en

se

autre

chose

qu'une promesse d'amnistie pour dix personnes
le reste

;

tout

de

la

garnison eut
fut

la

tête tranchée; ailleurs

une route

entière

longtemps

empestée

par

les

émanations putrides qui s'exhalaient des innombrables
cadavres des insurgés.
Si

ces

mares de
la vérité

sang ne convainquirent
de
la

pas

les

Arabes de

religion prêchée par

Maho-

met,

ils

reconnurent du moins dans

l'islamisme une

puissance irrésistible et en quelque sorte surnaturelle.

Décimés par
peur,
ils

le

glaive

,

frappés d'épouvante et de stuêtre
calife

se
le

résignèrent à
;

musulmans,
,

ou

du

moins

à

paraître

et

le

pour

ne pas leur
,

laisser le

temps de revenir de leur

effroi
,

les

lança

aussitôt sur l'empire romain et la Perse

c'est-à-dire

sur deux Etats faciles à conquérir parce qu'ils étaient
déchirés depuis longtemps

par

la

discorde

,

énervés
raffine-

par

la

servitude, ou gangrenés par tous
la

les

ments de

corruption.

D'immenses richesses
les
la

et de

vastes domaines

dédommagèrent

Arabes de leur
Mecque.

soumission à
Il

la loi

du Prophète de

ne fut plus question d'apostasie;
la


Par

l'apostasie,

c'était

mort

:

sur ce

point-là la
il

loi

de Mahomet

est inexorable;

mais aussi

fut

rarement question
les

de piété sincère, de zèle pour
les plus

la foi.
,

moyens

horribles et les plus atroces

on avait obtenu

des Bédouins leur conversion apparente; c'était beau-

coup,
de
la

c'était

tout ce
ces

qu'on avait

le

droit

d'attendre

part

de

infortunés qui

avaient

vu périr

3*

,

56
leurs

pères

,

leurs

frères

et

leurs

enfants

sous
,

le

glaive

de

Khâlid

ou d'autres pieux bourreaux
les

ses

émules.

Pendant longtemps

masses, neutralisant

par leur résistance passive les mesures que prenaient
les

musulmans
les

fervents

pour
la

les

instruire,

ne

con-

nurent pas
cièrent

préceptes de

religion et ne

se soucalifat

nullement de
I
er
,

les connaître.

Sous

le

d'Omar
jeune

un

vieil

Arabe

était

convenu

avec de

un

homme

qu'il

lui

céderait

sa

femme

deux
garde-

nuits l'une,
rait

et qu'en retour le

jeune

homme
étant
ces

son troupeau.
oreilles
et

Ce pacte
,

singulier

venu
deux

aux

du
leur

calife

il

fit

comparaître

hommes
autre.

demanda

s'ils

ne savaient pas que

l'islamisme défendait de partager sa
Ils

femme avec un
l
.

jurèrent

qu'ils n'en

savaient rien

Un

autre
lui

avait épousé

deux sœurs.
que

«Ne savais-tu pas
ne permet pas de

demanda

le calife,

la religion

faire ce

que tu as

fait?

— Non,

lui répondit l'autre, je

l'ignorais complètement, et j'avoue que je ne vois rien

de répréhensible dans l'acte que vous blâmez.
texte de la
loi est

Le

formel, cependant.
je te

Répudie sur-lecoupe
la tête.

champ
Eh

l'une des

deux sœurs, ou
?



re-

Parlez-vous
bien
,

sérieusement


,

Très-sérieusement.
religion

c'est alors

une détestable
et

que

celle

qui défend de telles choses
tiré

jamais je n'en

ai

aucun avantage

!

»

Le malheureux ne

se doutait

1)

Abpn-Ismâîl al-Baçrî

,

Fotouh as-Ckâm,

p.

238, 239.

57
pas,
de
la

lant son ignorance

était

grande,
décapité

qu'en parlant

sorte

il

s'exposait à être
'.

comme

blas-

phémateur ou comme apostat

Un

siècle

plus tard,

aucune des tribus arabes établies en Egypte ne savait
encore ce que
on
le

Prophète avait permis ou défendu;
avec
et
,

s'entretenait

enthousiasme

du

bon

vieux

temps, des guerres
quant
à
la
la

des héros du paganisme, mais

religion

nul
les

ne

s'avisait

d'en

parler

2
.

Vers
nord
cas.

même

époque,

Arabes cantonnés dans
le

le

de l'Afrique

étaient à peu près dans

même
interdit

Ces bonnes gens buvaient du vin, sans se doule

ter

moins

du monde que
Ils

Mahomet eût

cette liqueur.

furent bien étonnés quand des mis-

sionnaires envoyés
leur

par
Il

le

calife

Omar

II

vinrent

le

apprendre

3
.

y

avait

même

des

musulmans
«Au

qui ne

connaissaient du Coran que les paroles:
4 .»

nom
Le

de Dieu clément et miséricordieux
zèle

pour

la

foi

aurait-il été
la

plus grand

,

si

les

moyens employés
moins exécrables
certain.
?

pour

conversion
,

eussent

été

Cela est possible
il

mais nullement
difficile

En

tout temps
les

a été

extrêmement

de vaincre chez
ligion.

Bédouins leur tiédeur pour

la reri-

De nos jours vIes

Wahabites,

cette secte

1)

Abou-Ismâîl al-Baçrî
Abou-'l-mahâsin
,

,

p. 237.

2) 3)

t.

I,
p.

p.

343.

Ibn-Adhârî
,

,

t.

I

,

34.
,

4) >Tœldeke

Geschichta des Qorâns

p.

204.

58
gide et austère qui
proscrit
le

luxe et

les

supersti-

tions dont l'islamisme a élé souillé par laps de temps;
cette secte qui a pris pour devise:
«le

Coran

,

et rien

que
la

le

Coran,» de
«la

même

que Luther avait pris pour
rien

sienne:

Bible, et

que

la

Bible;»


ils

de

nos jours

les

Wahabites ont aussi essayé,

mais en
reli-

vain, d'arracher les Bédouins à leur indifférence
gieuse.
Ils

ont rarement usé de violence, et
partisans dévoués

ont
sé-

trouvé

des

parmi

les

Arabes

dentaires, mais non pas parmi les Bédouins, qui ont

conservé

le

caractère

arabe

dans

sa

pureté.

Quoi-

qu'ils partageassent les

vues politiques des novateurs,

quoique
le

les tribus

placées plus

immédiatement sous
d'observer
,

contrôle des Wahabites fussent obligées
les devoirs

avec plus de régularité
qu'il

de
qui

la
,

religion

et

y

eût

même
,

des

personnes

pour

servir

leurs intérêts, prenaient une apparence de zèle, voire

de fanatisme
religieux

les
;

Bédouins ne devinrent pas plus

au fond

et aussitôt

que

la

puissance des
,

Wahabites a été anéantie par Mohammed-Alî

ils

se

sont hâtés de mettre un terme à des cérémonies
les

qui

ennuyaient mortellement
,

*.

«Aujourd'hui

,

dit

un

voyageur moderne
dans
le
2 .»

il

y a

peu ou point de religion
soucie

Désert

;

personne ne s'y

des

lois

du

Coran

1)

Burckhardt

,

p.

160.
t.

2)

Burton, Pilgrimage,

II,

p.

86,

109.

t. Du reste comme un de . ils pardonnèrent pas ceux la qui hié- l'avaient faite et n'acceptèrent pas non plus rarchie sociale qui en résultait. c'est- qui.. à la pendant tête plusieurs . avait aussi: «Ceux étaient l'isla- nobles le paganisme restent nobles sous qu'ils misme ble pourvu » rendent . p. Leur opposition lutte prit donc elle un autre caractère : d'une de principes devint une querelle de personnes. est vrai la que l'opi- Mahomet sur l'existence il de noblesse l'égalité Il avait été chancelante. hommes comme tution tres 2 . noblesse. hommage qu'ils à la véritase sagesse (c'est-à-dire pourvu fassent 1) Canssin.» les fait dents d'un peigne seule il la force de la consti- la supériorité des uns dit sur qui les au- Mais sous . les Jusqu'à un certain point à-dire celles familles nobles . générations. tantôt il reconnu . ancêtres! Tous les hommes est d'Adam. 2) Le même . si les Arabes acceptaient il la révolution fait accompli sur lequel ne était à impossible revenir. 231. III. plète dit les : Tantôt avait avait prêché la comavait . . ne perdirent avaient été de leurs tribus Il pas par suite de nion de la révolution. et Adam *. 50" .» a été formé de poussière celui le plus estimacraint davansont égaux ble aux yeux de Dieu Il qui le tage avait dit encore: «Les . t. «Plus de fierté païenne plus d'orgueil fondé sur sont enfants . III p. .

243. Prolégomènes (XVI) . I . 49 . les villes chaque tribu avait son propre quartier caravansérai 5 . vs. : dja'ala licolli cabîlatin rasan. que portait dans i . Dans rés . guerre eHes formaient autant de corps sépa- dont chacun avait son drapeau lui 3 . ne s'occupait que de qui la n'avait la d'affaires que celles touchaient. Ahmed ibn-abî-Yacoub mah- Kitâb al-boldân. p. 87 4) note Voyez le . na- de songer à faire des Arabes une véritable ce tion — qui eût été impossible — avait maintenu l'organisation en tribus . le les 2. le chef ou un guerrier désigné par . le put ou ne l'osa La noblesse subsista donc . 53 v. 13. 2) 3) p. j'ai cités dans mes Recherches . conserva ses préro- gatives loin et resta à la tète des tribus. Içtakhrî . son propre 6 . Mahomet mais il eut parfois la velléité noblesse ne . soi . l . faut distinguer le entre droit le D'abord calife ne pouvait donner commandement d'une tribu qu'à 1) Ibn-Khaldoun . et le même droit son propre cimetière A tribu ici vrai dire de nommer mais il les chefs de appartenait le au et calife. . v. le fait. t. 26 . : wacânat licolli cabîlatin djabbànaton to'ïafo bihim •wabiroasâibim. p. 25 . fol. 5) 52 (article sur Coufa). car Mahomet. . Coran sour.. exemples que Cartâs fol. Ahmed ibn-abî-Yacoub. 6) Ahmed ibn-abî-Yacoub . 64 v. il l'avait présentée comme petites émanant de Dieu même 2 . p. 40 musulmans) d'abolir la pas. fol. Voyez Voyez . et chacune de ces sociétés ne vivait que pour soi. Ainsi .

II.Chârn : . Abou-Ismâîl al-Baçrî. p. mes . II. les le élisaient elles-mêmes à et se bornait le confirmer choix 4 .. p. 121. Fotouh Chant p. presque toujours conformés à cet ils investissaient de leur autorité les hom- mes dont et l'influence personnelle était déjà . dans siècle le où nous som5 . car les Arabes n'obéis. t. 210. 4) C'est ainsi qu'il faut entendre la phrase . . "un tel présenta avec à Omar aussi qui lui donna le commandement de as- sa tribu t. des armées gouvernement des et aux anciens musulmans. Voyez Tabarî. 45. qu'à contre-cœur à pas un étranger Aussi ou ne et lui obéissaient du tout. Tabarî . p. avaient Mahomet confié les deux successeurs immédiats les postes plus importants. Fotouh as. reconnue sous Omar on voit les Arabes exiger comme un 2 . 208 se . coutume qui. 210. . Mahomet Abou- Becr s'étaient-ils usage * . aux Emigrés G . 3) Voyez Tabarî. 4. p. droit de n'avoir pour chefs que des contribules tribus calife Mais leurs leur d'ordinaire chefs 3 . 164 et passim. Voyez p. p. 209. p. aux Défenseurs Il le fallait bien : c'étaient à peu 1) Voyez des exemples chez Ibn-Cotaiba . 295. . 224. 208. . 5) 6) Burckhardt. mais au-dessus et ses d'elle s'en était élevée une autre. " phrase qui se trouve à différentes reprises chez Tabarî II. t. > 41 une personne qui en saient fît partie . et le tels que le commandement provinces. 80 2) t. II .. p. a été observée aussi par prince Wababite L'ancienne noblesse avait donc conservé sa position. I. 206 Voyez Abou-Ismâîl al-Baçrî ses contribules . t.

de tribu. dont Omaiyades étaient elle chefs. formaient il le conseil du calife 2 . 1. teurs. de leurs chefs . je jurerais son nom que jamais et n'ai cru en lui * ? » La pré- férence accordée aux Emigrés et aux Défenseurs était donc naturelle légitime . gouvernement. 110. 162. p. les armes à main.. voyait avec un dépit mal dissimulé que les vieux seuls . I. p. prétentions et pour en finir avec ces dévots qui avaient massacré leurs parents. 3. des identifiaient hommes toujours de rien. Leurs conlribules de leurs qui l'honneur . est vrai . Les cable mêmes sentiments d'envie et de haine implales animaient l'aristocratie les mecquoise Fière et . orgueilleuse. fier. qui disait: Dieu existait. 42 près les seuls le musulmans vraiment sincères. à la fois temporel et spiri- put se les Quelle confiance pouvait-il placer dans chefs . musulmans Abou-Becr . 161. . les seuls auxquels tuel . leur propre honneur avec s'en indignaient également ils attendaient impatience une la occasion les favorable pour appuyer. de tribu voyaient préférer des citadins des agricul. le Fapar zùra. chefs avec . toujours peu orthodoxes et chef des parfois athées comme «Si je cet Oyaina . 2) Voyez Abou-Ismâîl al-Baçvî. avait voulu lui faire prendre part aux délibérations mais Omar s'était énergique- 1) Tabarî. mais elle n'en était pas moins blessante qui se pour la fierté des chefs . t.

37 —39.43 ment opposé Nous à ce dessein . . les elle si elle échouait dans cette des alliés trouverait facilement contre Emigrés et les Médinois dans les chefs des tribus bédouines. mais on pouvait prédire que tentative. et son avis avait prévalu *. allons voir que cette aristocratie tâcha d'abord la de s'emparer de l'autorité sans recourir à violence. 1) Abou-Ismâîl al-Baçrî. p.

Quand Omar de eut rendu dernier soupir. riche et généreux des il Mahomet mais si et l'on secte par sacrifices pécuniaires ajoute à cela qu'il priait et jeûnait soula vent et qu'il était l'on a bonhomie près et la modestie mêmes. parmi lesAli. que sa . énuméré à peu tous Son . à ses prétentions. Zohair et Talha.ïii Dans à ses derniers moments . nommerait . chacun de membres ne songeant qu'à faire valoir ses propres nigrer ceux de ses titres et à dé- concurrents. on convint que l'un des électeurs. Le troisième jour qui avait renoncé calife. avait assisté . celte espèce conclave se prolongea pendant deux jours ses sans produire aucun résultat. justifiait . le Au grand Talha . La personnalité d'Othmân ne est vrai pas ce choix. frappé mort . désappointement d'Ali de Zohair et de il nomma Il l'Omaiyade Othmân (644). ses mérites. le quels on distinguait Olhmân . le calife Omar . par avait le poignard d'un artisan chrétien les de six Coufa nommé candidats h l'empire compagnons les plus anciens de Mahomet.

qu'il ignorait plupart du temps. «Commencer c'est bien il difficile » murraura-t-il en soupirant. doxie de ces deux suspecte. 45 esprit. le Othmân au contraire lui après avoir rappelé réprouvé de son exil. jour où des la Mecque plus avait tard . domina bientôt complètement. Ardents profiter . avaient maintenu arrêt. secrets que Mahomet et exilé. il nomma Merwân épouser butin et son lui fit une de en et l'enrichit à au moyen du de l'occa- fait Afrique. Malheureusement pour avait c'était ce vieillard débonnaire . son domaine . cam de et surtout fait . . ayant trahi . s'était encore affaibli . . Son oncle Ha. le fils de ce dernier gou- vernaient de calife ne laissant à Olhmân que le titre et la responsabilité de mesures la comprometL'ortho- tantes. persécuté et combattu Mahomet. monta en chaire pour pour commencer . qui n'avait jamais été d'une bien grande poril tée . première lui fois le courage son sermon . . Merwân . un grand faible pour sa famille et sa famille l'aristocratie mecquoise qui . et descendit de chaire. donna cent pas de . lui . en outre vizir . par L'âge — comptait telle soixante-dix ans lorsqu'il — et sa timidité la était que. hommes Hacam fut prise celle du père surtout le était fort ne s'était converti que . mille pièces d'argent et une terre qui n'était .. avait le . pendant vingt ans Elle . manqua. mais de celui de l'Etat son secrétaire ses filles . lui confiés et celui-ci l'avait maudit cet Abou-Becr Omar . insulté .

avec les femme nez atroce qui fait oreilles et les des musul- . commandé . s'était mère de Moâwia. tant il avait courte mémoire il l'était Et qui ne se souvenait pas cette de Hind. ou ta va tomber cette » lui dit-on alors . contre des gendéplai- tilshommes gais sir des et spirituels mais au grand musulmans sincèrement attachés une aversion Qui à la religion. même avait répondu à Mahomet qui le : sommait de le re- connaître pour l'Envoyé sincérité . s'emparèrent des satisfaction des postes plus . — Rends témoignage au Prophète . provinces invincible. ne se rappelait pas père de ce avec horreur qu'Abou-Sofyân avait avait le Moàwia qu'Othmân la promu au gou- vernement de toute Syrie . doute. . de Dieu je «Pardonne à ma tête sur ce point conserve encore quelque . dans Médine s'était Chef principal des Mecqu'au il ne soumis . lucratifs à la grande mas- ses trop . et ce ne fut fit que sur menace qu'Abou-Sofyân . qui éprouvaient pour les nouveaux gouverneurs des d'entre eux . jeunes fils hommes des aussi inles telligents qu'ambitieux mais ennemis plus acharnés les de Mahomet. l'ar- mée quois qui avait battu Mahomet ? à Ohod et celle qui l'avait assiégé . heureuses . se musulman. vères rigides maussades . . lui et les . d'autres Omaiyades . moment où il voyait sa cause perdue où dix siens. Un avait instant après oublié qu'il la . . mille et musulmans alors il allaient l'écraser. d'échanger de vieux dévols séet tristes .46 sion .

un collier et des bracelets. Ce ayant été découvert. mais et avait été secrétaire de lui Mahomet. avec son protégé Mahomet . de mangeuse de être comme on sincère? l'appelait pouvait-il un musulman le fût. Mahomet garda un long dit-il «Je lui pardonne. Ses ennemis niaient hautement qu'il i .. Sa bravoure n'était guère contestable. il supérieure en nombre à la sienne.. puisqu'il de la battit le gouverneur grec victoi- Numidie la et qu'il remporta une éclatante fort re sur flotte grecque. foie qu'elle tel avait déchiré avec ses et ? Le la fils d'un père foie d'une telle mère . et en avait arraché dénis le fils . mais quand Othmân se fut . . c'était pis encore. trouver temple. à l'idolâtrie.» retiré enfin... avait pris la fuite et la prise le était retourné Le jour de de la Mecque. Quant au gouverneur de l'Egypte frère de lait d'Olhmân . le en sa- changeait crilège les mots et en dénaturait il sens. qui pardon. qui avait ouvert cle ventre de Hamza le . d'Olhmân. 47 mans tués dans la bataille d'Ohod le . l'on- du Prophète . il quand le Prophète dictait ses révélations. lançant à son entourage un regard plein de colère: «Pourquoi le me pour comprendre si mal? dit-il. le abrité derrière les voiles qui cou- L'apostat se mit sous la protection conduisit au Prophète et sollicita son silence . je gardais silence 1) Abdallah ibn-Sad ibn-Abî-Savh. Mahomet avait ordonné aux siens de dût-on vraient le le tuer.

p. . mais son père Ocba fois il craché au visage l'étrangler. . frère utérin Il du vieux la calife . du haut du minaret la de prière du matin. 171.. note 2. Mahomet : et condamné par recueillera à la mort il s'était écrié «Qui lui mes enfants après moi?» et le Prophète le fils. toute la province louait la sagesse avait de son gouverne- ment * . Le cerveau encore et sans troublé par les fumées du vin. Walîd neur djân . une autre suite lui . prolongé jusqu'au lever de l'aube. 1. Geschichtc der Chalifcn . la sa tunique. avait failli fait prisonnier par . ne dure que trois 1) Voyez Weil. du reste. entendit l'heure muezzin annoncer. il autre et vête- ment que cita. réunies à celles de 3Ioâwia.. prière d'usage qui. y ré- mieux que n'avait le droit de s'y attendre. l'on alla à la mosquée. dompta révolte de l'Adzerbai- quand cette province tâcha de recouvrer son indépendance.' était maintenant gouverneur d'une des plus belles provinces de l'empire. avait répondu: «Le feu de l'enfer!» l'appelait. en- Mahomet. égayé par s'était le le vin et présence de teuses. était gouver- de Coufa.. 48 que l'un de vous Il se levât et tuât cet homme!». prirent Chypre et plusieurs villes de l'Asie mineure. ses troupes. . Une la fois .. Et V enfant de V enfer après un souper belles chanil comme on qui semblait avoir pris à tâche de justifier cette prédiction. 1.

qu'il était. abjura tour à tour foi mahomé4 .. tout poète du pre- mier mérite qui T. mais quand . C'est que je ne suis pas un dur caillou insensible aux bonnes choses. Qu'a- fait . son zèle . «Le jour du dernier jugement . dit-il dans ses vers Hotaia pourra certifier que Walîd ne le mérite nullement t-il il blâme dont on ? l'accable. retour- na précipitamment dans son palais. . . Son exem- ple fut suivi par ceux des assistants qui partageaient .» Le grand poète Hotaia semble avoir trouvé l'aventure assez plaisante. et Walîd pour ne pas être lapidé Il . je n'attendais rien d'autre d'un toi . au bout du compte écrié : La prière terminée ? s'est «En voulez-vous davantage » C'est qu'il était qu'il disait. 49 ou quatre minutes . récitant ce vers d'un «Vous pouvez être sûr de me trouver où il y a du vin et des chanteuses. un peu gris Il et qu'il ne savait pas trop ce est bien heureux que l'on t'ait arrêté. il demanda à l'assemblée probablement pour montrer «Est-ce que j'y en ajou- qu'il n'avait pas bu trop: terai une autre? — Par Dieu! s'écria alors un pieux lui musulman mais qui se tenait derrière sur la première tel ligne. la fin Walîd ! Sans cela tu aurais prié jusqu'à Il du monde!» est vrai que Holaia . et n'était après tout la qu'un impie embrassa I. homme que je n'avais pas pensé que l'on nous enveril rait de 31édine un le tel gouverneur!» la Et aussitôt se mit à arracher pavé de mosquée. pas y entra d'un poète païen: là chancelant. il l'eut terminée .

les anciens compétiteurs d'Othmân 1) Voyez sur Hotaia la note de . 185. seule le meilleur lecteur lui du Coran y resta étaient le étranger) mais par ceux qui pourtant cette .. faite c'était la nouvelle rédaction du Coran. 209. ne pensèrent pas comme Deux d'entre elles se rendirent à la capitale pour y accuser Olhmân refusa d'abord de recevoir . man. y eut-il à Coula un petit les nombre de saints lui. Masoudî . 127 . al-Mokhtâr min nawâdir al-akhbâr v. M. un usage que Mahomet avait de songer à établir sa résidence à la Mecque. les sur son ordre. personnes qui payées peut-être par . uian. celui non par que les hommes avait plus instruits (même étant . leur dédestitué mais Ali intervint . p. qu'on lui pardonnait moins encore. compagnons du Prophète païen d'avoir renouvelé aboli et ce . tra- duction anglaise dlbn-Khallicân 2) I . Bien résolus à ne pas tolérer plus longtemps un état de choses . et Walîd regret fut de son gouvernement au grand des Arabes de Coufa K Le choix proche Il des gouverneurs n'était pas le le seul re- que parti pieux adressât au vieux calife. p. Caussin. Aussi . tel . apud de Slane. Mahomet désigné comme voués. position . hom- mes de Médine Walîd. de Leyde 495 fol. plus dé- et rédaction prétendait être la bonne le calife ayant ordonné de brûler toutes les autres. 50 tane 1 . lui reprochait en outre d'avoir maltraité plusieurs . . t. 28 .

II. si qu'ils ne l'or comptaient que par millions se- maient à pleines mains ils . pénétrèrent dans le le brigands palais par une maison contiguë. hommes On . fallut donc bien recourir moyens les extrêmes. ou comptant le calife secours de Moâwia. Il montra une grande aux fermeté. t. qui. qu'ils grâce à l'argent destiné aux pauvres riches et s'étaient approprié. t. çà et là il y eut bien quelques soulèvements partiels. mais les masses restèrent fidèles au calife. qui. 252. 166. étaient touqui jours prêts à assassiner que ce fût . 250. à le heure. I. Pourtant n'y réussirent qu'à demi. Zobair et Talha. et. Enfin les comptant sur les dispositions des Médinois con- spirateurs firent venir dans la capitale taines quelques cencolossale et de ces Bédouins à la stature au visage basané. .. 51 Âlî . 2 . après avoir l'assiéger maltraité le calife . Après un siège de plusieurs semaines. 4* . plupart esclaves commandés par volontai: Merwân. p. p. massacrèrent cette vieillard octogénaire qui. Ces soi- disant vengeurs de la religion outragée . lisait pieusement Coran. moyennant finances. étaient * . espérait qu'Othmân renoncerait fut rement au trône. pour 1) 2) Voyez Weil. afin d'exciter partout des révoltes. dans le temple vinrent dans son palais cents lequel n'était la défendu que par cinq . Voyez Tabarî. que sur l'on le cette attente trompée croyant n'oserait pas attenter à sa vie.

Les orthodoxes triomphaient. leurs descendants). p. destitua tous les gouverneurs d'Othmân roche les remplaça par des musulmans de vieille par des Défenseurs ils surtout. meurtriers avaient pénétré dans appartenait qui . aux tard . vengeance califat Othmân . ! Défenseurs n'ont rien bientôt le cri est pour le sauver Hélas : va retentir dans vos demeures à Dieu grand! . 1 !» Alî élevé au par les Défenseurs et . les Défenseurs (car ce titre passa des compagnons de Mahomet à laissé faire . par leur poète Hassan ibn-Thâbit tisan dévoué qui avait été par- d'Othmân et qui craignait avec raison que le les Omaiyades ne vengeassent sur de leur parent. Vengeance. 194. . 148. Cette neutralité intempestive qui ne ressemblait que trop à de la complicité .52 couronnement de l'œuvre trésor public. allaient res- saisir le pouvoir écraser les nobles des tribus et les la veille Omaiyades. dit-il. Les Médinois. famille des Défenseurs les plus se signala par sa haine contre . « ses contribules le meurtre Quand vénérable les ! vieillard. p. ces convertis de qui entendaient être les pontifes et les docteurs du lendemain. ils se mirent à piller le Merwân et les autres Omaiyades eurent temps de s'enfuir (656). Omaiyades. les avaient et la maison par laquelle le palais. Ibn-Badroun . . le . I) Masoudî. vit la mort fait se dresser devant lui. leur fut durement reprochée . Beni-Hazm .

du vivant de son époux avait douter de sa vertu. et si la com- de Zobair et de Talha eût été moins connue auraient pu compter peut-être sur la sympathie punir été Ali. En soudoyant meurtriers d'Othle cali- mân fat. quittèrent Médine pour joindre l'ambitieuse veuve contre ple et perfide Aïcha . mais qui excitait maintenant contre Ali . des masses. Quelle serait l'issue de la lutte qui allait s'engager? C'est ce qu'aucune prévoyance ne pouvait déterminer. la du Prophète . maintenant qu'ils prétendaient Mais leur participation au crime qui avait coin-- mis n'était un mystère pour personne. A la nouvelle du meurtre du bon vieillard un cri d'indignation avait retenti dans toutes les provinces plicité ils du vaste empire. petit Les confédérés n'avaient encore qu'un fort bre de soldats les . il parce osé qu'une fois . à prêter serment à leur heureux compétiteur. neutre. La division les éclata dans le même. sabre sur la gorge. chacun des triumvirs avait compté sur Frustrés dans leurs espérances. . Talha et Zobair. nomque Ali ne comptait sous sa bannière les meurtriers d'Othmân £t Défenseurs. qui auparavant avait conspiré le Othmân . 53 Leur cénacle joie dura peu. blessé. Elle resta .. peu- à le venger et à se révolter la qu'elle haïssait de toute force de l'orgueil . «Faut-il . C'était à l'autre la nation de se prononcer pour l'un ou pour parti. le après avoir été contraints.

voulut à son poste tre les lui Arabes de cette déclarèrent ville vinrent à sa renconqu'ils . viens-tu demanda commanun autre — Pour être ton émir.o4 donc. . et c'est pour cela que venu. quant à l'in- ils lui fendraient la tête ne se retirait à stant même. et les gouverneurs nom- més par le lui. et nettement exigeaient la punition des meurtriers d'Othmân qu'ils . — On parfaitement. auquel Alî avait donné se rendre gouvernement de Coufa . n'as-tu pas ap?» Il pelé les habitants de Coula à la révolte n'y eut donc à peu près l'un personne qui voulût se battre pour . En attendant. ou pour l'autre de ces hypocrites dans un que l'on con- fondait commun Othmân mépris. le gouverneur qu'ils avaient s'il et que. «Pourquoi dant. Quand l'officier . on cherchait à conserver. l'on le conseille de retourner d'où tu es Le Défenseur fut assez prudent pour profiter Enfin Ali trouva des amis de rencontre et des .» de l'avis. autant que possible. répondirent . comptaient garder lui . l'état de choses établi par . fut Le Défenseur qui devait commander en des ici ? Syrie arrêté par cavaliers lui sur la le frontière. les Arabes à Talha dans la mosdans quée de Baçra faut-il donc le montrer la lettre laquelle tu nous excitais à nous insurger contre Oth- mân?» — «Et toi. t'envoie tu feras mieux de rebrousici — Mais on ignore donc le sait ce qui s'est passé à Médine. dit-on à Zobair . — Si c'est qu'Othmân qui ser chemin.

seule refusait toujours de le reconnaître. qui formaient la majeure partie de cava- que revient l'honneur de cette victoire lors Dès Alî était . dégénéré et opprimé est venge meurtre de son parent. ïalha fut blessé à sa fuite. . l'ordre: l'hiver. p. C'est surtout aux Défenla *. ouvertement contestée dans ces provinces on le servait . lui Les Arabes de l'Irâc. faisait trop froid l'été il faisait trop chaud La Syrie Moâwia flétrir .5S serviteurs d'occasion dans les Arabes de Coufa . bien qu'il sache qu'il payera \) Voyez Masoudî . savaient tou- trouver il des prétextes pour ne pas marcher il quand leur en . la Avec leur qui le gagna bataille du chameau dé- de ses compétiteurs. notes sur Aboulfeda. . 67. maître de l'Arabie. non sans peine . tout Même aujourd'hui qu'il le fellah . p. l'eût-il voulu . n'aurait pas pu le faire sans son honneur. solli- Zobair périt assassiné pendant Aïcha cita et obtint son pardon. 2 . mais c'était avec une froideur ex- trême dont jours et une aversion évidente.. le le concours importait plus . 2) Expression d' Alî lui-même t. qu'il gagna . seurs lerie . égyple tien . parlant aux Arabes de Tlrâc {apud Kciske . à sa cause en leur prometet tant d'établir sa résidence dans leur ville de l'éle- ver ainsi au secours livra il rang de capitale de l'empire. I. . mort. . de l'Irâc et de l'Egypte pas trop si ce qui veut dire que son autorité n'était . 204 — 206. donnait .

. avait «Si vous obtenez il gouvernement con- duisez-vous bien. 178. étaient à lui corps et âme. lui l'a avoué lui-même dit : depuis le Prophète . une armée ? à son Mais à quoi cela il lui eût-il servi Othmân la sauvé. : gouverneur de que le Syrie. A présent circonstances favorisaient il admirable- ment. doux ou sévère il selon les circonstances. 565. avait su se concilier leur respect et leur Il amour par ses qualités personnelles. et il pouvait compter sur ses Arabes de Syrie Poli . pouvait enfin tout Son dessein allait s'accomplir! Il Plus de con- trainte! plus de scrupule! avait une juste cause en . Il restait ce qu'il était. S'il était poussé par une aurait ambi- l'avait voulu . d'autre pensée les que d'obtenir le le califat 2 . Pour Syriens 1) Burckhardt.» souci . Moâwia pouvait-il donc impuni le l'assassinat de celui dont le grand-père avait été frère du sien ? Pouvait-il se soumettre à l'homme qui comptait il les meurtriers parmi ses généraux ? Et pourtant il n'était pas poussé par la ardente voix du sang: tion. d'autre . main ils .S6 sa vengeance laisser de sa tête 1 . il probablement pu sauver Othmân en marchant avec secours. p. connaissant cœur humain. le aimable . p. géné- reux. 2) Nawawî . n'avait eu d'autre but. et y avait d'ailleurs . oser. entre eux lui communauté de les vues de sentiments et d'intérêts. après avoir tout espéré.

le L'émir à qui Moâce wia confié 17 gouvernement jusqu'à que avait Yézîd. nous avons pris part à toutes ses entreprises. que d'avoir été compagnons de Mahomet regrettaient la pré- pondérance des chefs de tribu. ils répugnaient aux devoirs et aux . titre ils commander les n'avaient d'autre . ordonné que l'illustre le le cercueil serait . porté par les parents de . leurs ressen- timents. défunt mais le jour des funérailles . et y massacrer les habitants. chante glorieux lui que Moâwia. quand cortège commença le à défiler calife les Syriens dirent à l'émir: «Tant que vivait.S7 l'islamisme était resté une lettre morte . et ses joies peines ont été les nôtres. ils avaient une haine pour les invétérée les nouveaux nobles qui. comme ses Permettez donc que main* tenant aussi nous réclamions notre part. chacun voulut . l'héritier du trône. une formule vague et confuse dont le ils ne tâchaient nullement d'ap- profondir rites sens . qu'impose cette religion contre . les incendier. Voilà la le véritable cause et de la sympathie qui régnait entre prince ses sujets. fût arrivé à Damas. ils Si on les les eût laissés auraient marché droit sur deux villes saintes pour les piller.» Et quand l'émir leur eut accordé leur demande . leurs espérances. sympathie qui se montra d'une manière toualors . après un règne long le et eut les exhalé dernier soupir et qu'il fallut rendre avait derniers honneurs. leurs appréhensions. faire. Le fils d'Abou-Sofyân et de Hind par- tageait leurs vœux.

le brancard son sur lequel reposaient prince bien-aimé . Moâwia leur demanda Tant qu'il et on l'écouta dans un silence respectueux . loi. puis le meurtre taille lorsque Alî . . l'un des nobles. dernière fois de se soumettre. fol. c'est . «Chaque jour. pre- nant cette la nom de tous: «Prince. 200 r- . ranger sans sous dra- peaux celui qui dans trois jours ne se trouvera pas à son poste.S8 toucher. L'enthousiasme fut gé- 1) Raihân . donnance: les «Que chaque aille état de porter les armes . quand parole au il eut fini. hommes de le viennent pleurer dans mosquée sous tunique ensanglantée d'Othmân et ils ont juré tous venger sur . ne fût-ce que du bout du doigt. sera puni de mort. à vous de conseiller d'agir. avec leur cent mille la propre cause. se . so- lennel puis. vainqueur dans la la la ba- du chameau somma Moâwia pour Alors. les dépouilles le mortelles de si bien que l . parla . la . presse Dès le début Àlî avait la pu se convaincre que les Syriens identifiaient cause de Moâwia lui disait-on.» pas un ne Au jour fixé manqua à l'appel.» Six mois s'étaient écoulés de.» de commander l'on à nous d'obéir et El bientôt proclama partout cette orindividu en délai . dit-il avec déférence et qui vient du cœur . montrant tunique tachée de sang aux Arabes rassemblés dans la mosleur avis. quée. drap mortuaire se déchira dans la .

quand chaque . quand les . ne produisirent non plus côtés l'on évitait encore sive. bien que sanglantes. Ammâr . 217 . Celui-ci comparait douleur le zèle et dévoûment des Syriens à Arabes de l'Irâc. tiède indifférence de ses «J'é- changerais volontiers dix soldats d'entre vous 1 . et en escarmouches qui. compagnons de Mahomet combattirent à avec la cette occasion ils for- même rage fanatique qu'au temps où foi çaient les Bédouins à choisir entre la mahoraétane ou la mort. 537 d. dans la note. t. deux armées enneplusieurs semaines mies se trouvèrent se passèrent eu présence encore en négociations qui n'aboutirent à rien. p. leur dit-il Par Dieu! foie 2 ! l'em- portera le fils de la mangeuse de » Le différend dans les paraissait . vieillard nonagénaire alors rien ne saurait 1) Masoudî. C'est qu'à leurs yeux les Arabes de Sy- rie étaient réellement des païens. I . devoir se vider par l'épée plaines de Ciffin sur la rive occidentale de l'Euphrate. «Je le jure! disait . aucun résultat. La Syrie seule fournit plus toutes les de soldats à Moâvvia que autres provinces ensemble n'en donnèrent avec la à le Ali. 159 r. il fut sincère : on allait combattre pour une cause vraiment nationale. tentative d'accommodeLes vieux ment eut échoué la bataille eut lieu. Cependant. contre un des il de Moâwia . fol. .59 lierai . 2) Weil . man. Des deux une bataille générale et déci- Enfin. .

te — Eh bien ! lui dit le te tirer prince . de coups. . soldats qui possèdent un exemplaire du Coran de l'attacher au bout de leurs lances. meurs en martyr pour vraie foi. I.60 être plus méritoire Si la devant Dieu que de combattre tuent . fol. lâchèrent Croyant due Moâwia posait déjà . ces impies. 225. 2 . si vigoureuse que la bataille per- Syriens . 2) Raihân. vous annoncerez en même temps que vous en appelez à la décision de 1) Weil. combattirent mieux qu'on ne l'aurait cru. lui répondit Amr . 231 r. pour prendre la fuite quand Amr d'Acî toi vint à lui. leurs lances me ciel » je . dis-moi ce qu'il faut faire — Il faut . qui vantes as-tu ? de savoir toujours d'un mauvais pas. t. Masoudî fol. qui il entretenait des intelligences dans l'armée d'Alî faut ordonner aux . trouvé quelque remède au malheur qui nous menace Souviens-toi que le je t'ai promis le gouvernement de et l'Egypte pour cas où je l'emporterais. cavalerie d'Alî les exécuta une charge pied. p. De leur côté de Arabes de voyant qu'il y leur honet la neur. pied sur fils l'étrier . il M Et se jetant au plus fort de la combattit comme un allait lion jusqu'à les ce qu'il expirât percé l'Irâc. Suivez-moi compagnons du Prophète les I Les portes du s'ouvrent pour nous. 197. . le . houris nous attendent mêlée.

Le conseil est bon . r. je puis vous en répon- Dans avait la supposition d'une défaite éventuelle. alors qu'il était encore païen et chef de roi: il trihu il de Kinda. le Il plus perfide de époque n'avait guère de raison pour et être fort cet attaché à . ces Syriens. forte Le saint livre dans cette de quatre- vingt mille hommes: on en trouva 2 . à peine cinq cents exemplaires et mais c'en . Achalh la qui . Amr avec concerté d'avance ce coup de 1 . . prenait fièrement le titre de quand avait ahjuré l'islamisme sous Abou-Becr. théâtre plusieurs chefs de l'armée ennemie parmi lesquels cette Achalh était le . 61 ce livre. I. 231 . Masoudî. 227. était assez aux yeux d'Achalh autour du calife de ses amis : qui . dre. en violent sans cesse les commandements. 1) 2) Voyez Weil. un piège infâme . l'islamisme à ses fondateurs . avait vu les musulmans trancher qu'Amr armée la tête à toute la garnison de sa forteresse de Nodjair.. l'homme principal. . dit Ali en frémissant d'indignation ils savent à ils peine ce que que le Coran. se pressant s'écrièrent — Nous acceptons la décision du livre de Dieu . fol. . nous voulons une suspension d'armes! — c'est C'est une ruse . t. p. Moâwia et suivit le conseil les lui avait donné ordonna d'attacher était rare Corans aux lances.

je furent devenus connus quand enfants c'étaient toujours les hommes mêmes . — 2 c'était le général . . Amr. expédia 1) Masoudî . et v. 86. et ce fils de qu'ils V enfer. scélérats — et N'importe. tous ces religion . et cet . et hommes ou l .. 2) Chahrastânî. r. de- vant l'exécution de cette menace. — la Hélas! je ne vois que trop bien que vous voulez Allez donc. en re- d'Olhmân vous attend . 232 p. imposture et mensonge ! que tout cela » — traite Envoyez immédiatement à Achtar de sinon la . allez joindre les restes de m'abandonner. . 62 — Dieu . fol. Mais puisque nous combattons pour force nous est de ne pas le le livre de récuser. 85. coalition ! formée autrefois pour combattre notre Prophète sent : Allez vous réunir à ces hommes qui di- «Dieu et son Prophète. cavalerie le sort — l'ordre de battre . autres croyez-vous ? se soucient de ou du Coran ai ils Je les connais mieux que vous les ai je les connus dans leur enfance. ils en appellent au livre de Dieu. Sachant qu'ils ne reculeraient pas au besoin Il . car ils se sont rérejeté bien et ils ont Croyez-vous donc que ce Moâet la wia . Alî céda. vous en appelez au glaive. — Nous combattons pour contraindre ces hommes . à se soumettre aux lois de Dieu voltés contre le Tout-Puissant loin son saint livre.

fils d'Ab- On ne le permit pas: ce proche parent. si Ali dans l'intervalle . quand Ali proposa «Qui donc a mis le sait-on. Quant à moi. entendait que débat fût décidé par . décideront. diPuis. l'ennemi va éprouver une servirait-elle . serait trop partial. s'écria le ? brave Aclitar que victoire nous Me ? » faut-il donc retourner en arrière au moment même où complète toire . Ali l'envoya à Moâwia pour deil mander le à celui-ci de quelle le manière Coran. Malgré traite.» . réitéra son ordre. le- de nous deux a je choisis plus de fils droits au califat. qu'il en eût le général fit sonner la re- Ce jour-là les le ci-devant roi la des ce Kinda put goûter fut lui douceurs de la vengeance: qui com- mença ruine de ces pieux musulmans qui l'avaient avaient massacré ses con- dépouillé de sa royauté et tribuas à Nodjair. «Ali et moi . d'Acî. le . d'après le le Ces deux arbitres quel Coran.65 l'ordre de la retraite au général victorieux qui pourdans les reins. «Mais calife ne la sait-il donc est pas à . Aclitar refusa Ali Alors il s'éleva un nouveau tumulte. suivait l'ennemi l'épée d'obéir. vic- lui répondit un Arabe de l'Irâc était tué l'un des mes? » sagers. ré- pondit JVIoâwia nous nommerons chacun un arbitre. Quand Achath dernier voulut bàs. son brave général Aclitar: monde . déroute ta — «Et à quoi te . eut apporté cette réponse à Ali ce nommer lui son cousin Abdallah. Amr.

comme on mais pour Coran. après l'avoir qu'il sommé en vain . — lui il . fort attachés à la fort orthodoxes mais comprenant l'orthoet la noblesse niéla doxie d'une dinoise. voulons les que celui-là . ôté le ment de Coufa ché les s'écria Ali l'Irâc m'a trahi a empê- Arabes de de me » suivre à la guerre intérêts? . mais parmi eux. projets d'ambition mondaine ces nonl'Eglise conformistes l avaient résolu de se séparer de 1) Eu arabe Khawâridj. comment donc Nous ne menaces Ali . dit tre perfide Achath nous ne voulons d'auMais cet ai arbitre qu'Abou-Mousâ. pourrais-je lui confier mes — . répondit-on et les plus horribles . s'il à Dieu y avait des traîtres est vrai. homme me gouverneil . «Nous ne voulons. . religion l'affirme.64 en feu si ce n'est le Achtar? » s'écria-t-on. garde rancune parce que je . manière qu'Ali Indignés depuis longtemps de des compagnons de dépravation et de l'hypocrisie Mahomet. qu' Achath était de leur la nombre. recommencèrent. qui se servaient de la religion réaliser leurs comme d'un moyen pour . . . de ses soldats abandonnèrent Aussitôt douze mille sa cause . Enfin de guerre lasse donna son assentiment. hommes autre de bonne foi. du plupart c'étaient de pieux lecteurs des . Il pas aux hommes. de et déclarer qu'ils re- nul le traité venait de conclure gardaient comme sacrilège puisque la décision du dif- férend n'appartenait seul.

Alî périt victime de dont la il vengeance avait fait d'une jeune décapiter le fille non-conformiste. col- lègue les . Par Dieu ! si ne craignais colère de Moâwia . Bientôt après . la Prêtez serment à Moâwia sans y mettre de lonté . 2) I. Alî Quoi qu'il guerre recom- mença. 5 . plus tard l'occasion de revenir sur cette secte re- marquable. I. comme en politique. et qui . sur éprouva disgrâce sur disgrâce et revers revers. p. t. présentent plusieurs points de raples prochement avec siècle .. la selon autres.» La plupart des Dé. Républicains et dé- mocrates. par son . mauvaise vo- et l'on vous fera grâce. . .. 24G.65 officielle à la première occasion. vénérable . dit Maître de Médine la le géet néral syrien du haut de est-il chaire : «Ausites le ? Khazradjites! vieillard Où maintenant. mon maître. qui autrefois je occupait cette place la . Indépendants 1 . le père et frère . selon uns ou trompa son maître en soit. anglais du XVII e le parti de Cromwell L'arbitre nommé les par Alî fut trompé . Son heureux rival lui enleva d'abord . l'Egypte ensuite l'Arabie. fenseurs étaient alors dans l'armée d'Alî les autres se laissèrent extorquer le serment 2 . T. demandée en 1) Nous aurons Weil. je n'épargnerais aucun de vous!. et mora- puisqu'ils assimilaient ils un péché grave à l'incrédulité. en religion listes austères.

Un jour il qu'il s'était incliné en faisant sa prière il . d'une stature colossale de formes athlétiques matérielle et qui type magnifique de tingué la force s'était dis- dans était vingt batailles par sa valeur il brillante. dorénavant Défenseur . son califat. fils. le Le véritable chef fils du parti . aperçut la tête. p. avait exigé la tête du calife comme au le prix de sa main (661). Quand lança . à gloire. prière. Il fut l'héritier fait il de ses le prétentions était peu pour être préférait chef d'un parti: indolent et sensuel. opulente. il un grand serpent à l'endroit où allait poser Trop scrupuleux pour interrompre sa continua reptile. du mal. 1) Masoudi . . Cais. la et posa tranquillement se tortilla la tête à côté du Le serpent lui faire le autour de son cou. de '. tranquille. mais sans prier . la une vie douce. aux était soucis du trône. Hasan. 278. Sa piété exemplaire: dans l'occasion remplis- sait ses devoirs religieux au péril de sa vie. regardait comme sa l'ennemi en en général et de famille mais encore parce qu'il le tenait pour incrédule.66 mariage par son cousin. de Sad homme . à la puissance. ja- mais Cais n'a voulu admettre que Moâwia fût musul- man. il eut fini il saisit serpent et le loin de lui Ce dévot musulman haïssait Moâwia parce qu'il tribules le non-seulement de ses conparticulier. Ces deux hommes se délestaient si bien que .

. . d'un païen Tu . est de Ta foi. Dieu comme aux de données par mis. répondit . si tu en fraîche date. pacifiques. Prophète et de combattre nos enne- — Je jure. 277. Leurs ne lardèrent pas Pendant d'une plusieurs mois Hasan. G7 dans le temps où Cuis . as adopté malgré toi par contrainte mais tu Tas rejeté de ton plein gré. fils d'un juif. élait encore gouverneur de . p.» Dès le début Hasan dissimula la mal ses intentions . vous combattrez ceux que je combattrai moi- même On duit qu'il re. pût disposer armée assez considérable resta 1) Mobarrad. p. mais vous vous engagerez de votre part à m'obéir. se disait-on. 304 . Hasan. fils se procurer le plaisir de se dire des la L'un mettait à tête de sa lettre : «Juif.» prêta fort serment mais ses paroles avaient pro- un mauvais effet. as une. paix quand moi je la ferai. et vous ferez la . lui dit Cais je vous prêterai serment quand vous aurez juré auparavant lois de vous conformer au le livre de . «Ce n'est pas il là l'homme la nous faut. l'Egypte pour Ali ils entrèrent en correspondance uniquement pour injures. 305.» lui . quoiqu'il . fylasoudî. me conformer lois à ce qui est éternel au livre de Dieu et aux du Prophète. ne veut pas si guer- Pour les Défenseurs tout était perdu craintes Moâwia à se l'emportait.» ! et l'autre lui répondait: l'islamisme «Païen. mais ion hypocrisie est vieille *. «Etendez main . réaliser.

. nous combat- trons encore et nous nous ferons tuer jusqu'au dernier plutôt que de nous rendre. p. t. Avec .68 inaclif à Madâïn Enfin . Alors . sur son lit de mort . probablement il traitait déjà avec Moâwia. et lui rappela les paroles qui . après la mort d'Ali. ac- compagné des principaux de dit ses contribules lui se ren- donc auprès de ftloâwia . avait recommandé disant: Dé- fenseurs aux autres musulmans en «Honorez l) Abou-'l-mahâsin . Cependant Cais avait encore sous ses ordres cinq mille hommes voulait si qui. arrivant à Madâïn dans . tout au moins un rôle la ambigu. ses soldats partageaient sa «Si vous le il leur dit: voulez. Les soldats préférèrent l'amàn *. celte petite ar- mée deur il continuer la guerre mais ne sachant bouillante ar- pas trop . . la il envoya Cais vers les frontières de Syrie le mais avec trop peu de troupes par le . . de sorte que brave . I. plus grand avait maltraitèrent Hasan qui jouait se s'il ne les pas livrés à l'ennemi. donc!» vous le procurerai. demanda grâce pour du Prophète les lui et les siens. 113. Cais. Défenseur fut accablé le nombre. Hasan hâta de conclure paix avec Moâwia califat. s'étaient tous rasé la tête en signe de deuil. Les fuyards désordre . en s'engageant à ne plus prétendre au lui Moâwia assura une pension magnifique et promit l'amnistie à ses partisans. mais je si vous aimez mieux Choisissez demander l'amân.

69 et respectez ces hommes le il qui ont donné asile au Pro- phète fugitif et fondé cluant son discours. muPro: sulmans et aux yeux de Dieu cela se sont coalisés suffit .» Prophète? Non. fenseurs leurs succès de sa cause. il est vrai le que ceux qui pour combattre phète ont d'autres titres à faire valoir auprès de vous nous ne les il leur envions pas. malgré leur dévotion. Nos poètes vous ont poursuivi de leurs satires: eh bien! ce qu'ils ont dit de faux sera oublié . avoir à quels titres vous pourriez mes bonnes Par Dieu! vous avez été mes ennemis la bataille les plus acharnés! C'est vous qui. vous auriez pu prévenir guerre. la recommandation du nous. mais la si voulu. c'est celui d'être bons . moi autant de piqûres Et main- tenant que Dieu a affermi ce que vous vouliez renverser. est vrai. . grâces. incompatibilité entre ton. postes élevés «Je ne Moàwia répondit en Défenseurs. ces termes: conçois pas.» Conles Dé- donna à entendre que heureux s'il s'estimeraient voulait accepter services. vous me dites: il Respectez y a . alors les que vos lances étincelantes jetaient rangs de mes soldats. Nous avons vous l'eussiez été vos ennemis. dans failli de Ciffîn. car. été pour mort dans Les satires de vos poètes ont d'épingle. et ce qu'ils ont dit de vrai . avez causer la ma perle. Blessé dans sa fierté titre Cais changea de «Notre à vos bontés. malgré ne pou- leur répugnance à servir un incrédule perdre leurs ils vaient se faire à l'idée de et lucratifs. dit-il.

indigné de Les Défenseurs avaient succombé. La modération de Moâmais un jour viendrait ils wia ne où il le leur permit point faudrait recommencer . . et. la tâche des 1) Masonclî. . et ce jour venu ce ils serait un combat à mort. celui qui croit en conforme. Et pourtant avaient et les Syriens le n'étaient pas plaisir satisfaits ils espéré goûter d'une vengeance pleine entière. 277 . nous combattions drapeaux d'un sant à Dieu.. à l'ancien- ne noblesse. alors que nous avons sous les causer voire perte . p. homme Quant qui croyait bien faire en obéisà la lui recommandation s'y du Pro- phète. même!» calife. loin de se livrer à Médinois se ment lutte. 70 restera. que vous Dieu faire. . Le pouvoir re- tournait naturellement aux chefs de tribu. failli Votre pouvoir la s'est affermi : nous le regret- Dans bataille de Ciffîn. 278. se rongeaient les entrailles de dé- de colère et de rage. Quant aux Défenseurs. tons. le savaient bien . les préparaient à une nouvelle Dans cet intervalle d'inaction forcée . pit le . lui cria dites qu'il y a incompatibilité seul pourra dorénavant vous empêcher de ! mal Moâwia le — Retirez-vous à l'instant tant d'audace 1 . mais Moâwia l'abatte- n'était pas immortel. . mais puisentre nous. Tant que Moâwia vivrait. . pouvoir des Omaiyades était établi trop solidement qu'ils pour pussent rien entreprendre.

des deux cotes la haine s'exhalait en sanglantes satires. les Syriens et les princes de la maison d'Omaiya ne négligeaient aucune sentir occasion pour faire et leur aux Défenseurs leur haine les mépris l . 138 r. et v. 139 139 r. r. fol. des vexations incessantes. . . Et puis on se c'étaient des tracasseries jour- nalières. taquinait sans relâche . Nouveau Journ.'. et ceux-ci payaient de la même monnaie 1) t. 71 guerriers étaiL dévolue aux poêles. Raihân. — fol. . Voyez Raihân.. asiul. p. 141 r. . 140 r. 295—297. fol. et v. Masoudî 537 d.. XIII.

. sur Hosain . Moàwia avait recommandé à son fils Yézîd d'avoir constamment fils l'œil . Yézîd I er n'avait rien de la modération de son père ni de son respect pour les convenances. Avant de mourir. le second sur d'Alî — au Hasan . mais la pensée de Hosain était bien la sienne aussi. ils Quand Hosain vivaient tous les rencontra Abdallah à Médine où il lui dit: «J'ai de bonnes raisons pour croire calife est ? mort. rien non plus était la de son amour du repos et du bien-être. et il a pour la chasse une passion furieuse. — Jamais répliqua Hosain.. l'aîné n'était plus — et l'Emigré Abdallah le fils de ce Zobair qui Ces avait disputé trône gendre du Prophète. jamais je ne reconnaîtrai Yézîd pour mon souverain. . deux hommes deux. IV. quel parti vas-tu prendre demanda Abdallah. fidèle Il image de elle l'a sa mère . que le étaient dangereux en effet. c'est un ivrogne. lui — Dans ce cas. un débauché. . une fière . Bédouine qui siffle- comme dit en beaux vers préférait le .» L'autre garda je silence .

ch. 1S. sed 2) cum omnibus «Vir civiliter vixit. d'un souverain . sur le caractère des Omaiyades est et a- d'un grand intérêt parce qu'il reproduit l'opinion des Syriens . monde . ment de musique . dit nimium gratissime Jiabitus. on l'exécrait à Médine. piété souvent factice des vétérans de ." Tout ce que cet auteur quasi-contemporain . ." Isidore de Beja Isidore. . la tempête dans le Désert à une la savante et un morceau de pain lui sous tente aux mets exquis qu'on lais présentait elle dans dans le le superbe padésert les de Damas. d'un jeune et sur trône qualités chef de tribu plutôt que pontife. 2 . combattue. Méprisant et l'étiquette affable envers tout le . Yézid Elevé par apporta le des Beni-Kelb. se plaisait à contenter tous les caprices de son . esprit fantasque et changeant et ne se gênait pour personne. lamisme lait choquait sa franche nature le il ne dissimules théo- point sa prédilection pour temps que .. La dévotion souvent l'is- fausse la . d'un le ' monarque faste . — en Syrie on l'adorait à genoux 1) "Nullam umquam sibi regalis fastigii causa gloriam appetivit . logiens appelaient celui de l'ignorance s'abandonnait sans scrupule à des plaisirs que le Coran avait défen- dus . jovial gé. néreux vin . la chasse le la danse et musique il n'éprouvait qu'une et médiocre sympathie pour dont avait le la froide le austère religion hasard l'avait rendu chef et que son aïeul inutilement . On l'abhorrait. éloquent bon poète la . aimant .

fa. 118. le d'une pétition elle d'éten- due monstrueuse tue les signatures dont était revê- ne remplissaient pas moins de cent le cinquante feuilles. . — la mort de Yézîd dan? . montrant avec orgueil avait les innombrables pétitions qu'il reçues et qu'un chameau. aurait peine à porter toutes. le En vain des amis clairvoyants suppliaient. p. de se défier des promesses et du enthousiasme d'une population qui avait trompé : trahi son père Hosain . bien moins anciens jugent d'ordinaire ces princes au point de vue des hom- Voyez aussi l'élégie sur mes de Médine. lettres des donc avec une joie extraordinaire les le Ara- bes de Coufa qui à leur tète . dans l'opinion publi- ons en Espagne d'ailleurs . sain disait-il. pressaient vivement de le se mettre promettant de reconnaître pour calife la et de faire déclarer en sa faveur toute population de l'Iràc. vigilance Hosain qui. Les messagers de Coufa se suivaient de trèsdernier était porteur : près. Holes aima mieux écouter Il conseils de il sa funeste ambition. conjuraient. le parti des vieux et musulmans du trop avec reçut des chefs en surabondance point de soldats. 119. partit pour Cou- grande satisfaction de son soi-disant ami Abincapable de lutter dallah qui. à la obéit à sa destinée. Opuscula Arabica. la crédule gouverneur de Médine s'était réfugié Abdallah sur le territoire sacré de la Mecque. Wright. tandis que les écrivains arabes . de ne pas se jeter dans une entreprise aussi factice et audacieuse .74 Comme avait à l'ordinaire. après avoir trompé .

fort séditieux. Moâwia. turbulent. Cette dans une situation exceptionnelle. d'agents de police bourreaux . .7i> que contre le pelil-fils du Prophète. Ziyâd ne contint pas têtes chaudes. il écrasa de sa main de fer la moin- dre tentative faite la pour troubler l'ordre politique ou plus complète soumission et la plus la social. Syrie était Sous son règne prépondérante. Coufa avait eu cet honneur. devint rendez-vous des brouillons politiques le re- paire des brigands et des assassins. La dévotion que était l'Irâc n'était pour rien dans le dévoùment province montrait pour Hosain. son frère il bâtard. confia le Alors 3ïoâwia en gouvernement à Ziyàd les . Ne marchant qu'escorté de et de soldats. La province . mais le despotisme y régna en même temps. anarchique le fort arabe en un mot. Froissés dans leur orgueil dès fort le les Arabes de fort l'Irâc montrèrent début un esprit . — le califat d'Alî. devenue la province Dasous mas était dorénavant la capitale de l'empire. se sa réjouissait intérieurement propos délibéré en et le voyant marcher à perte de tête porter spontanément sa au bourreau. Voilà pourquoi l'Irâc était prêt à reconnaître Hosain. les abattit. bien d'une la que Mecquois d'origine avait été le fondateur dynastie essentiellement syrienne. Bientôt grande sécurité régnèrent dans plus affreux province. déjà plus Mais la terreur avait d'empire sur le les âmes que les habitants de la province ne soupçon- . .

alors que . . la Ziyàd n'était plus lui. accompagné de dix homles intentions mes seulement. Le lendemain Obaidallàh an- . et je Nomân. vive fer- entouré d'une multitude tumultueuse qui criait : Hosain ! il alla droit au château. cacher le Puis. modération qui parut suspecte au de Baçra à la tête Etant parti fit de ses troupes Obaidallàh leur faire halte à quelque distance de Coufa.76 «nient eux-mêmes. lui cria Obaidallàh entrer! dit afin que le petit-fils du Prophète puisse lui répon- — Retournez d'où vous êtes venu! je prévois votre perte. Obaidallàh voile qui la lui couvrait Reconnaissant ses traits. à . laissé làh. Afin de sonder des ha- il avait fait poster le sur son passage quelques personnes qui saluèrent comme s'il eût été Hosain. . aussitôt saisie de terreur et d'effroi tandis que No- mân trer vint le saluer respectueusement et le prier d'en- dans le château. en toute hâte. et. il se rendit dans la ville à l'entrée de la nuit. pas que l'on tué le put dire : Hosain . gouverneur de preuve d'une la ville Nomân de Backîr faisait calife. s'élant voilé pour se visage . fit mer les portes . tâche d'étouffer conspiration . . foule se dispersa . le fils a été château de ôta Nomân. dans . Plusieurs nobles citoyens lui offrirent aussitôt l'hospitalité. mais il avait un fils digne de lui Ce fils s'appelait Obaidalla le Ce fut à que Yézîd confia Coufa fils . bitants . Le prétendu Hosain rejeta leurs offres. Nomân en «Ouvrez.» le Satisfait de celte la réponse figure. ne voudrais d'Ali .

d'un des premiers disciples le de Mahomet. Près de Kerbelà. qui semble comme un : sort jeté fois sur les prétendants qu'il ne les l'abandonna point portes de Coufa . eh quoi! hasard a livré votre enil nemi entre vos mains. pourtant il sa route la et aveugle crédulité . Le général des trouchancela. y eut une émeute. Sommé il rendre. qu'Obaidallâh avait envoyées à sa rencontre enjoignant de le en leur de se prendre mort ou vif. plus le tard en Espagne. il se trouva face à face avec les troupes . de Coufa et général dans l'armée omaiyade. Hosain reçut ces nouvelles fatales non A peine avait-il avec lui une centaine d'hommes continua . Arabe du vieux temps tout comme son petit-fils que nous rencontrerons. pour folle la plupart . il entra en pourparlers. pes omaiyades n'obéit C'était pas à ses ordres. ses parents . 77 nonça au peuple rassemblé dans rait la mosquée . un bourreau pour elle méchants. . habitants de il celle s'arme- raient pour sa cause s'en tenait convaincu. et lui les propositions connaître de Hosain. Ayant reçu ce message Obaidallâh lui-même eut lui un moment noble d'hésitation. fils un Coraichite il . Dès lors nul n'osa reparler de rébellion. répugnait à l'idée de verser Il sang d'un fils de Fatime. et vous l'épargneriez? Non.. qu'il seles un père pour Il les bons . une serait devant ville les . L'infortuné loin de Coufa. fut réprimée. «Eh quoi! dit alors Chamir. envoya donc demander de fit nouvelles instructions à son chef.

164. 78 faut qu'il se rende à discrétion. des malheurs qui naissent d'une guerre civile . p. La postérité. on l'attaqua l'épée au poing on le tua. tu lui trancheras sa place *. envoya de dit: nouvelles troupes sous Chamir auquel il «Si le Coraichite persiste à ne pas vouloir combattre. après vendu chèrement leur (10 octobre 680). «Si vous En vain Hosain cria-t-il à ses ennemis: la croyez à religion alors fondée justifier par mon aïeul comment pourrez-vous le votre fit-il conduite attacher jour de la résurrection?» lances : — sur en vain l'ordre des Corans aux — qu'en et donna le Chamir. et pourtant on ne l'attaqua Alors Obaidallâh . il Le fanasaint là tisme persan reste a rêvé un où il n'y avait qu'un aventurier précipité dans l'abîme 1) Ibn-Badroun . Ses compagnons restèrent presque tous sur avoir champ vie de bataille. . et tenant d'ordinaire peu de compte du droit. toujours prête à s'attendrir sur le sort des prétendants malheureux..» le la tète et tu prendras le fois commandement donna à Mais une que Chamir fut arrivé il clans camp. Ho- de se rendre sans condition point.» Obaidallàh expédia un ordre en ce sens au sain refusa général de ses troupes. . le signal de l'attaque. si elle n'est étouffée dans son germe — : la postérité a vu dans Hosain la victime d'un a fait le forfait abominable. du repos des peuples. le Coraichite n'hésita plus.

s'empressa était né de tenir un discours fort pathétique. atten- du que. Il rhéteur. il connus alors. Celui qui prit la place de prétendant. les fils amis de de il ce dernier. aucun droit. et qu'il ne pouvait faire valoir au califat titre. avait poursuivi ainsi: «L'air est et libre alouette! Ponds. le départ de Hosain de Zobair feignit de la eut laissé champ une profonde douleur quand strophe de Hosain arriva la nouvelle la ville cataet il dans sainte. mais ses sentiments véritables n'avaient été un mystère ni pour Hosain lui-même «Sois . aucun il avait prêté serment de fidélité à Yézîd. que la mort de Hosain venait de laisser vide. quand de Hosain .. du vivant de Moàwia. Ostensiblement avait l'ami de Hosain . été fils de Zo- bair.» le et bien qu'il eut pris secrètele fils ment lui titre de calife le dès que libre. l'Irâc et Hosain qui part pour Toutefois .79 par une étrange aberration d'idées allant .. tranquille et satisfait fils Zoeut bair. nul n'était plus rompu . fut moins téméraire et se crut plus habile. par une ambition jusqu'à la frénésie.» avait dit Abdallah. pris congé d'Abbâs. qui t'abandonne Hidjâz. gazouille voilà le béquette tant que tu voudras. L'immense majorité des : contemporains en jugeait autrement elle voyait dans Hosain un parjure coupable de hante trahison.. cet homme. C'était il Abdallah. ni pour . après l'avoir le conjuré inutile- ment de ne point entreprendre et récitant trois petits vers bien voyage de Coufa. pour loi.

que Yézîd pouvait prendre pour «Jamais on ne la s'il le jugeait convenable: vit ce saint hom. par là qu'il en imposait au vulgaire. de vertu.80 à la phrase . asiat. de religion. sous les grands mots de devoir. de piété. IX . et conclut son discours par ces soi . vanta ses vertus et sa piété. 332. p. nul ne s'entendait mieux à cacher le la soif des richesses et du pouvoir qui dévorait. c'était Là était le secret de sa force. crainte de Dieu . . lui faire Mainteil nant que Hosain ne pouvait plus le ombrage. attendu que c'était un homme vraiment désintéressé. prodigua les épithètes de perfides et de fourbes aux Arabes de paroles . me préférer la musique à lecture du Coran des la les chants efféminés à la la componction produite par . . vraiment pieux. et fort 1) Nouveau Journ. t. débauche du vin au jeûne plaisirs de la chasse aux conférences destinées à de Bientôt ces pieux ront Il entretiens le hommes l fruit de leur conduite perverse » — . l'Irâc . pressentit qu'il ne pourrait pas les tromper aussi facilement que la plèbe sur les véritables motifs de sa . proclama calife légitime . le fils du calife Omar . nul ne possédait à un égal degré et le grand art de dissimuler ses pensées de feindre des sentiments qu'il n'éprouvait point. recueille- lui fallait avant tout gagner à sa cause ïl les chefs les plus influents des Emigrés. rébellion il prévit qu'il rencontrerait des obstacles surtout chez Abdal- lah .

promit elle tout son et le quand souper à son époux elle lui parla d'Abdal- lah avec les plus grands éloges et conclut la gloire en disant: de l'Eter- «Ah! vraiment. I. ces superbes mules blanches surtout. commencer par Il le fils de . avec sa faconde or- alla donc la voir . du Prophète. possible. p. Zobair le savait bien. tu as vu cela. . ton saint homme. mari de d'y faire servit le le reconnaître pour calife. couvertes de housses de pourpre et montées par . ce sont ces mules-là. n'est-ce pas? Eh loir bien! ce qu'il cherche. Cependant il ne se laissa pas décourager. 199. 18. p. lui parla la dinaire. . fils de Zobair en révolte ouverte contre Yézîd et pourtant ce- lui-ci le laissait en repos. tu as vu le cortège magnifique qu'avait Moàvvia lors de son pèlerinage. cf. C'est plus qu'on n'avait le 1) Aghânî I. . de Dieu. nel! il ne cherche que — Tu as vu. et quand fait vit que ses onctueuses paroles avaient il sur elle une impression profonde. de son zèle pour cause des Défenseurs.» Et il continua *. lbn-Badroun . t. lui répondit froidement son mari. la pria de persuader à son Elle lui soir. T. son souper sans vou- en entendre davantage depuis Déjà était une anuée entière . . des jeunes filles éblouissantes de parure couronnées de perles et de diamants.clairvoyant. le . il des Emigrés. Le fils du calife Omar elle avait une femme dont Il la dévolui fallait tion n'était égalée que par sa crédulité.

fu- nombre de le dix. il imagina un moyen de fierté faire sans trop blesser la lui d'Abdallah. Il résolut de envoyer une chaîne il d'argent et d'y ajouter revêtir afin un de superbe manteau. les ne fût amené en sa présence cou et mains chargés de chaînes. dant de tenir . dangereux . 82 droit tait lités d'attendre de la part d'un calife qui la ne comp- pas les patience et la mansuétude parmi ses qua- plus saillantes. mais d'un côté. il jugeait . qu'Abdallah n'était guère puisque la plus prudent que Hosain. Abdal- lah qu'il s'y Alors le le calife jura dans sa fureur fidélité . de ne voulait pas. sans y être forcé par une nécessité ensanglanter . dont dérober la pourrait se chaîne à tous le les regards. Les personnes que calife désigna pour aller refils mettre ces singuliers présents au rent au de Zobair la . A la tête . . fit Pour la dernière sommer Abdallah de refusa. un territoire qui déjà durant tive d'être paganisme asile avait joui de la préroga- un inviolable pour les hommes com. le Un tel sacrilège il le savait bien. ne recevrait plus qu'il serment de de ce rele belle.. le reconnaître. absolue le . Mais fois il sa patience se lassa enfin. il il ne quittait pas Mecque. de fils dépulalion se trouvait Défenseur Nomân de Bachir . me pour les animaux. Mais il le premier mo- ment de fond. l'autre. colère passé . il comme son était bonhomme au Obligé cepenle se repentit de le serment. mettrait comble à l'irritation des dévots. l p .

.» Et un jour qu'il rencontra Abdallah. d'une étaient le parti pieux et les Omai- humeur moins tribus conciliante. cadeaux du calife cependant . faut que je te l'avoue ces conférences secrètes et je ne sais qu'en penser. je puis te jurer que ce Défen- seur n'a point reçu du calife d'autres instructions que que nous avons reçues tous. ses collègues. 63 médiateur ordinaire entre -yades. «Ce il Nomân à est un Défenseur après tout. . Leurs enrésultat. de ces derniers d'Ibn-Idhâh la le chef de la tribu des Acharites. comme il était à prévoir. il Fils de Zobair . qui. laquelle était plus nombreuse et la plus puissante à Tibérias '. l'abor- da et lui dit: — celles tés. mais. lui qui est un son parti. les lieu de leur destination. le serait bien capable de trahir traître calife. n'aboutirent à et aucun furent fréquents les autres comme ils ils restaient secrets pour députés. par Dieu! . Nomân . Les députés arrivèrent au Abdallah.. 62 v. reste. du . nous autres dépuIl est notre chef. refusa d'accepter . éveillèrent les soupçons de l'un . pensa-t-il. tretiens. loin de se laisser décourager par ce refus la tâcha de l'amener à soumission par de sages raisonnements. établies des chefs de différentes en Syrie. fol. Un Défenseur un Emigré 1) Ahmed ibn-abî-Yacoub . il à sa tribu. : voilà tout.

lieu. c'est vrai. ? fils de Moâvvia tu l'oses . et que protège la sainteté du n'oserais pas la tuer. donne-moi mon mes le flèches! Quand page eut obéi à cet ordre. et Dieu sait ne se trame pas quelque chose.. mais . suprême dédain. te répondre. te — De quoi air de mêles-tu? répondit Abdallah d'un serai ici. Abdallah d'un mais en tâchant en vain de dissimuler son trouble. — Colombe. telle est ta pensée. n'est-ce pas? car ce serait un crime. une flèche la posa au milieu de . Tant que je je pourrai faire tout ce qui aussi inviolable me Tu telle convient. Ici je suis que cette colombe que voilà. le chef syrien . et je vais te percer de ce — dit Tu vois bien que l'oiseau ne peut air de pitié . 84 ce sont des oiseaux de s'il même plumage lui . est-il adonné au vin Dis que oui ! . de Moàwia. sacrilège. jeune homme! lui cria-t-il. Yézîd. un — terait Ah ? ! tu crois qu'une considération m'arrê- Et se tournant vers un page qui portait ses armes: — arc et prit Hé. le séparer du peuple de Mahomet. l'arc : et la di- rigeant vers la colombe il se mit à dire . et comptes-lu sur l'impunité parce que lu te trouves sur un territoire inviolable? Dis que trait. Yézîd. — L'oiseau ne peut me répondre. si et dans ce cas par Dieu je te percerai de celte flèche la dignité Colombe prétends-lu dépouiller de fils de calife. .

malheurs il au monde . le succomberait et le comme suc- combé ils gendre petit-fils . musulman fils lui-même il car succomberait avaient . ou de force les * ou que lu verras dans cette vallée. menace. comme on t. 2) Aghânî . p. 18. si Abdallah chef eût été plus fermement des . tu le peux . le nom de la tribu dont Ibn-Idhàh était le chef. les la bannière des Achari- flotter et alors je ne respecte- rai guère privilèges que tu réclames pour ce lieu! Le fils de Zobair pâlit à celte . l'a vu . . . répondit la le chef syrien avec un cal- parfait et que responsabilité en retombe sur le qui a choisi ce lieu pour y conspirer contre la religion 2. Il avait peine à croire à tant d'impiété rien. chef de l'Ëtat et de Peut-être . I . convaincu que ce était l'interprète senti- ments eût-il qui animaient alors à ses compatriotes des peut-être épargné et bien . le de Zobair.loi . . Ecoute bien ceci : je jure que tu prêteras serment à Yézîd de gré . du Prophète comme vieille succomberaient tous les musulmans de la 1) C'était . fils de Zobair ! . . et il même dans un Sy- se hasarda à demander d'une voix timide et tremblante: — — me celui Osera-t-on donc réellement commettre le sacri- lège de verser le sang sur ce territoire sacré? On l'osera .

là ce qui les Pour lui '. avaient donné à l'islamisme un sanglant berceau.roche. . des amis de Maho- met. de terribles . et un jour au Prophète d'avoir donné . c'est . catastrophes renouvelées les unes des autres attendait tous. asile le funeste honneur d'avoir offugitif. la destinée était dans de qu'auparavant la malheureuse Médine ex- piât par sa ruine complète. de l'islamisme à ces héros fanatiques qui subjuguant l'Arabie au nom si d'une foi nouvelle. des malheurs inouïs. par l'exil ou par le mas- sacre fert le de ses enfants. les fils des compagnons. cependant Il l'heure fatale les décrets n'était pas encore venue. aux véritables fondateurs .

rien n'annonçait en eux des courtisans du qui d'ordinaire n'ad- mettait dans son intimité que des personnes d'un âge moins mur chignée. et d'une mine moins austère. à la l'époque dont nous parlons. rem- parts se les ondes limpides et trans- parentes du lac chrétien tant cette mer de Galilée qui rappelle au lors- de souvenirs . sortit profilant de la fraîcheur le de sud. moins re- . qu'une petite caravane la nuit. l'ouest ville de Tibérias dont l'antique splendeur n'est attestée aujourd'hui que par des ruines. mais qui. Eclairés par les rayons argentés de la et les tours des lune les minarets des mosquées miraient dans . de la ville en se dirigeant vers la Dans les neuf voyageurs qui étaient à tête de la caravane. chers à son cœur.V. les Le soleil venait de se coucher derrière de la montagnes qui s'étendent à . était trict life capitale du dis- du Jourdain I er . . C'était dans l'année 682. cependant calife . on reconnaissait au premier abord des personnes de qualité . et la résidence temporaire du ca- Yézîd .

N'est-ce pas cent mille pièces . qu'il > enfin . dire . Le ca- 1) Cf. Tarîkh al-khola/â . c'est Que soit ferons-nous. de Sinân — Je vais te le répondit ce . venant du côté opposé passa sur la route. fils d'un libertin . . Enfin silence: dit-il . je ciel ? crains que des pierres ne viennent tomber fils du pour nous écraser. Soyoutî . Au moment où il prononça ces paroles. . il m'a donné cette somme . ne prie jamais évident. mes frères? Croyez-vous tel nous permis de tolérer plus longtemps un avons si homme? Nous peut-être voie . — de Eh bien . que tu as reçu de lui fils de Handhala ? — il Oui . 209 . patienté plus qu'il ne le fallait et nous continuons à marcher dans cette . il joue de la guitare jour compagnie des chiens de chasse.88 On marcha quelque temps Pun des voyageurs rompit le . éd. il n'a de religion . répliqua celui il à qui s'adressait cette question mais boit . un homme. Lees. des voleurs de grands chemins tes avec ses il commet il des inces1 sœurs point et ses filles . Qu'en penses-tu . mes frères que pensez-vous qu'il lui maintenant? Avouons du moins a été généreux envers nous. . . ensuite nous ferons bien de prêter hommage au fils d'un Emigré. sans mot dire. p. Dès que nous serons de retour à Médine nous devrons déclarer solennellement que nous n'obéirons plus à ce libertin . du vin le sans y voir un péché a pour . dernier. et la nuit.

rabattu sur sa figure. rencontre de noufils 1 ! veau que je puisse je le ferai. presque tous Défenseurs ou Emigrés ils pour quelle raison étaient venus à la cour du calife. tout compagnon de Mahomet que tu es Dans les voyageurs C'étaient les l'on aura déjà les reconnu des Médinois. II. . montré il à Médine des symptômes de ré- bellion et y avait eu d'assez graves querelles au sujet des terres labourables et des plantations de dattiers . fol. r. de Si» nân. Samhoudî. d'ailleurs la haine le et qu'il la férocité se peignaient dans terrible regard lança de son œil unique à ces le hommes dit qui se perdaient lente et dans solen- lointain. 170 r. de n° 763 bis . 169 r. quand que il d'une voix te nelle: «Je jure et si jamais je te tuer. tre était d'un mauvais présage selon les idées car il était borgne. Il s'était . tants mais que ceux-ci revendiquaient 1) l'avis Ibn-Khakloun . 89 puchon de son manteau. lors même que leur attention n'aurait pas été entièpar une conversation qui s'animait rement absorbée de plus en plus. que Moâwia avait autrefois achetées aux habide la ville . la caravane eut cessé d'être à s'arrêta. rait au- dérobé ses traits aux regards des voyageurs. . hommes plus distingués de cette et voici ville . t.. man. . . la portée de l'homme au capuchon Sa renconarabes. Quand sa voix . 31 fol.

cordiale pleine d'égards il avait été fort généfils reux. afin d'exciter leurs conci- toyens à révolte Au calife . en rete- nant leurs traitements. sous le prétexte que les Moàwia . il en avait donné vingt 1) Raihàn . Ce que il l'on pouvait prévoir était arrivé. avait forcés à lui vendre '. lieu il de les engager à se les rendre à cour du eût dû en empê- cber à tout prix. loco laudato. . ces terres [au centième de ce qu'elles valaient Le ca- gouverneur Othmân life .. Sarahoudî . de l'espoir que bien . 200 v. et avait offert aux députés une hospitalité . se flattant . et le gouverneur avait commis une grande imIgnorait-il prudence. y animé des meilleures inten- de Tibérias. fol. 90 maintenant . Yézîd . donc que les nobles de Médine ne demandaient pas mieux que de pouvoir parler en témoins oculaires de l'impiété de son la la cousin ? . le son cousin germain saurait assoupir ce et qu'il se ai- différend d'une manière ou d'une autre les concilierait nobles médinois par ses manières bien mables et sa générosité connue . de Handhala (c'est-à-dire d'un noble et vaillant guerrier qui était mort à Ohocl en combattant pour Mahomet) cent mille pièces d'argent. . Mais . avait proposé ils à ces nobles de faire le voyage avaient consenti. . une impardonnable étourderie. tions . il avait donné au Défenseur Abdallah. est vrai.

91 ou dix mille. . 326.» . Mondlrir. mais fût comme et il ne se gênait jamais pour qui que ce que sa cour n'était pas tout à fait et un modèle de retenue d'abstinence . ennemis naturels des sert. mais un ivrogne. Leurs rapports un peu exagérés peut-être. un enun autre. ils ne tarirent du calife. Le dixième députe. la que bientôt une scène extraordinaire se passa dans mosquée. fils de -Zo . Un troisième: un quatrième : «Je le rejette comme mon manteau » 1) Weil. faut en convenir l'occasion. aux autres députés 1 . s'écria: Les Médinois s'y étant réunis «Je rejette . . j'en conviens. selon leur rang. voir Ibn- Khaldoun. étaient bien quelque peu brigands dans ces austères fils avait scandalisé énormément et rigides citadins. leurs diatribes pleines d'une sainte indignation. p. du Dé- De retour dans point sur l'impiété leur ville natale . sents . l'un d'eux Yézîd ainsi que je rejette mainet : tenant mon turban. je rejette nemi de Dieu.» Yézîd — «Et moi dit comme je rejette ma sandale. firent une impression à si grande sur aveuglément des cœurs tout le déjà tout l'on disposés croire mal que voudrait dire au sujet de Yézîd. il avait obtenu de Ye'zîd la permission d'aller en Irâc fol. il ôta sa coiffure. bair car n'accompagna pas 169 ses collègues pendant leur retour a Médinc . I. . r. ajouta «Yézîd m'a comblé de préc'est . la liberté de ses mœurs il jointe à sa prédilection pour les Bédouins qui.. t.» Puis il en disant ces mots.

et alors vous vous féliciterez de pouvoir dire qu'au moins vous n'avez pas chassé votre gouAttendez la verneur. di- et l'expulsion de tes parents suivra de près tienne. de faire sentir aux rebelles dan- auquel ils s'exposaient en l'expulsant. de votre . D'autres person. ici leur dit-il. nes les imitèrent vit et bientôt singulier spectacle . de se les repousser plutôt.» Les Omaiyades étaient furieux. On leur signifia par conséquent qu'ils deils vaient partir sans retard. le mais sans succès ger . où la chose trouverait au-dessus de leurs forces de ne point rentrer dans la ville avec les troupes syriennes. «Bientôt. une armée nombreuse va arriver pour vous écraser.92 «Je le rejette comme ma . et dans le cas . le n'est pas mon dans vôtre que je vous parle ainsi. on résolut d'expulser de la ville tous les Omaiyades qui s'y trouvaient.» Loin de se rendre à ces raisonnements le les Médinois Yézîd. Othmân. essaya. c'est victoire. lui chargèrent par . on dans . pour me Ce faire partir que vous dans ayez remporté intérêt. ainsi La déchéance de Yézîd prononcée . le gouverneur. mais qu'auparavant vaient jurer de ne jamais aider les de- troupes qui mar- cheraient contre la ville. la mosquée un amas de turbans . d'imprécations aussi bien que «C'est rent-ils la loi que nous allons commencer.» . car je voudrais empêcher l'effusion sang. bottine. «Quelle méchante . de man- teaux de bottines de sandales.

. parce que. et l'affran- chi Horaith le Sauteur. d'Abou-Ismâîl al-Baçrî (Fotouh as-Châm. le Après avoir prêté se serment voulu. chassés comme si de vils criminels cité où ils avaient long- temps commandé en maîtres. p. 95 affaire! Quelle détestable religion 1 !» s'écria Merwân. calife mân et gouverneur de Médine mais qui maintenant qui Il eut bien de la peine à trouver quelqu'un voulût fallait prendre soin de sa femme et de ses enfants. Enfin on arriva à Dhou- Khochob . 19. Le Sauteur ne manqua pas de velle celle noului occasion pour assouvir sa vengeance et un 1) Ces paroles se trouvent dans VAghânî . 237. . où les exilés devraient rester jusqu'à nou- vel ordre.19: un passage 1. Les Médinois l'apprirent. Leur premier soin fut de dépêcher quelqu'un en courrier vers Yézîd. on même jusqu'à leur jeter des pierres. crois. poursuivis les Omaiyades les mirent donc en la route. l'un des anciens gouverneurs lui ayant il couper un pied marchait comme en d'une sautant aiguillonnait sans re~ lâche les montures de ces infortunés. ainsi nommé fait . toutefois se plier aux circonstances. 10) montre. qu'il faut les traduire p. Oth- qui avait été successivement ministre du . alla par huées de populace. Aussitôt une cinquantaine de en route pour chasser les Omaiyades de leur profiter de . 1. pour l'informer de leur infortune et lui demander du secours. leurs cavaliers se mit retraite. j« comme je l'ai fait.

quand on fut arrivé à Wâdî-'l-corâ. . Weil mot l'a dit avec raison. moitié compasdisant : Merwân et descendit de son ! chameau en «Va-t-en endroit sauve-toi » Quand on . fut arrivé à un nommé Sowaidâ partager son Merwân repas. ne s'était que d'expulser maltraiter. faillit avec tant de rigueur. 200 V. Sur ces entrefaites d'éclater . t. dernière ligne. on permit aux Omaiyades d'y rester *. lui répondit ne me permettront pas de m'arPlaise Merwân. fol. de il régner en fut parmi autre- tous les habitants ville mais 1) îl Aghânî . 18. Omaiyades plus de injurier. faut rayer. le 2) alaihi. Baihân . I . Comme M. cavalier sion . au ciel qu'un dans jour nous ayons cet ce cas tage le il homme en noire pouvoir! ne tiendra pas à nous que sa main ne para sort qui frappé son pied. jeter son par terre.» Enfin . la discorde fut 2 sur . vit venir à lui un qui ses de le ses clients qui demeurait dans ce hameau Sauteur et pria de «Le et dignes compagnons rèter. 18 —20. p.94 membre fenseurs de la famille des qui avait facilité Beni-Hazm le (famille de DéOthre- meurtre du la calife mân en mettant sa maison à piquaient le disposition des belles) chameau que montait Merwân que l'animal Moitié crainte. n'avait de les l'union la parfaite pas cessé un de seul la instant . p. le point qu'il les parmi agi les Médinois eux-mêmes les Tant .

lui répondit le messager. Les Coraicliites Défenseurs ne . . toute résistance eût été impraticable Si Yézîd n'eût écouté que sa juste indignation contre des hommes qui s'étaient révoltés après avoir acil cepté sans scrupule ses cadeaux et son argent. p. I t. . t. ils au- pu en réunir sans peine trois mille. dans la note.95 ment lorsqu'il fallut élire un calife. ils — pas El avec des forces aussi considérables. trop grand . life On choisirait '. — raient Assurément. — Les Omaiyades millier ne pouvaient-ils donc réunir un d'hommes en rassemblant leurs affranchis ? demanda-t-il. ne voulaient pas d'un Défenseur voulaient et les pas le d'un Coraichite. un nouveau quand Yézîd serait détrôné . En apprenant indigné de contre la fut plutôt surpris et conduite passive de ses parents qu'irrité les séditieux. 326 p. Quant à des lui celui-ci le courrier expédié par les Omaiyaétait avait rendu compte de ce qui ces nouvelles. 21. il arrivé. . en on résolut de et grande question suspens de des chefs provisoires. . eût 1) Weil . I . 2) Aghânî . la Cependant comme choisir ca- on sentait laisser la besoin de concorde. n'ont môme ? tenté de résister pendant au moins une heure — Le nombre des rebelles était 2 .

mais les Co. Les Défenseurs. les portes . dit à Nomân la : «Pars d'ici car tu n'es venu que pour détruire à Dieu. il rappelait peut-être que le Prophète avait dit: l'épée contre les «Celui qui tirera les la il Médinois. il de Bachîr. mais je sais ce que tu feras quand l'armée de Médine le . ces Défenseurs qui seront égorgés dans leurs et dans leurs mosquées devant les portes de i) Soyoutî . raichites ne voulaient que la guerre et leur chef. . modération tenir compte ractère. il d'autant plus qu'elle n'était pas dans son ca- Voulant encore tenter la voie de la douceur. 1 Dieu et anges et les il hommes fit le maudiront d'une . Ab. 209 . ler était possible. est vrai. ne demeurèrent pas tout à conseils insensibles aux sages de leur contribule . «d. tunés rues . p. fait . .» et pour dont seconde faut lui fois preuve . grâce règne à présent parmi nous. mais il voulait encore éviter. fils envoya à Médine le Défenseur Nomân. qui leur représentait . les de se brouilse pour toujours avec dévots . Lees. qu'ils étaient trop faibles trop peu la nombreux pour pouvoir résister aux armées de Syrie. alors tu Mecque monté sur plus rapide de infor- et tu abandonneras à leur sort ces . lui répondit Nomân . fils de Motî . de Syrie sera devant fuiras vers la tes mulets .96 envoyé dès lors une armée pour s'il les châtier . Ce fut en vain. bien hardi. dallah . — Ah! tu es bien brave. Tarîkh al-Tcholafâ . en ce moment. concorde qui.

II. lieu r. confié le mais encore le l'autre la Comme général auquel Yézîd en avait commandement venait de mourir. brûlant d'anéantir une pour toutes la nouvelle aristocratie. Moslim lui il d'Ocba. ne représentait aussi bien le vieux temps fils principe païen. avait pas même qui était l'ombre sacré mahométane de tout ce aux yeux des musulmans. ren- compte du mauvais succès de donc «Puis- qu'il le faut les ferai absolument. qui allait marcher vers Hidjàz devrait non-seulesainte . fol. les autres fois généraux. 4. je 2 écraser par . les dit alors calife. 2) Samhoudî. 169 r. ment Médine Mecque. que ce borgne. 97 leurs maisons. voyant tous ses efforts inutiil Nomân retourna auprès de Yézîd.. au . de Mozanî. auquel sa mission le '. . peut-être et le . Yézîd ne s'était pas encore décidé pour . La véritable leçon se trouve chez Fàkihî fol. et v. hommes réduire ville . 3) Voir note 4) A . t. k la fin de ce volume. l'un ou pour l'autre des différents compétiteurs lors- qu'un homme le vieilli dans le métier de la guerre vint se mettre sur les rangs. de la tribu de Mozaina de la foi En n'y .» L'année forle le . 400 7 T. chevaux de mes Syriens mille .» les. 1) Ibn-Khaldoun . I. de dix . dit Enfin . lit Dans plusieurs manuscrits on par erreur Morrî . Celait la borgne que nous avons déjà rencontré sur grande route près de Tibérias. se disputèrent l'honneur de pren- dre sa place 3 . Nul .

Sarahoudî. passaient pour des oracles. . pen- dant bie . paganisme et dans certaines contrées de l'AraC'est ce qu'il . p. n'en croyait que plus fermement aux préju- gés superstitieux du paganisme. si refusent de faire. jours le la de se soumettre. . qu'il et lui lui fal- Yézîd l'accepta comme : donna ses ordres en ces termes «Avant d'attaquer trois les Mé- dinois . espèces de grandes ronces épineuses le qui . complètement. se présentant à Yézîd il lui dit: homme en que vous enverriez contre Médine échouerait Moi seul .. Je m'approchai du lieu d'où ve- nait la voix. . aux songes prophétiques. . t. 169 v... I . tu livreras pen- dant trois jours au pillage tout ce que les soldats y 1) Ibn-Khaldoun . aux mystérieuses paroles qui sortaient des ghar- cad . ne croyait pas à mission divine homet . Moâwia il connaissait ses sen- timents fils et les appréciait: le l'avait recommandé l . tu les sommeras pendant s'ils . je puis vaincre. et j'entendis dire: C'est toi qui vengeras Othmân sur les Médinois . plus propre à réduire les ils Mé- dinois dans s'il il le cas où se révolteraient la Cepende Ma- dant . fol. ses meurtriers - ! » Convaincu que Moslim lait . sortait Je vis la songe un gharcad ! d'où ce cri: Par main de Moslim . 2) Aghâm.98 rien ne l'était pour lui. à son comme l'homme . et ville tu remportes la victoire . attaque-les. 21. mon«Tout tra lorsque. était l'homme général .

d'Olhmân la lui dit fou- gueux Moslim que je je . III. 78 0! r. le Par bonheur savait qu'on trouve avec violer ciel des ac- commodements. car chez Moslim l'effet suivait de près menace. . Lui aussi éprouvait des il scrupules de conscience. Médinois mes esclaves et lu feras couper la tôle à qui- conque refusera de le faire 2 . d'un autre côlé. employer pour se rendre maître Un fils du calife les Olhmân ayant Médinois fils refusé de viofait prêle ler le serment que lui avaient . et qu'il il puis sa haine des Médinois était trop forte manquât l'occasion de l'assouvir..» Vint le tour de Merwân. . pour . * . Samhoudî. ter : «Si tu n'étais le . leur appartiendra d'être 1 .» L'armée le . P. 99 trouveront d'argent . dans laquelle on . de Paris (C. craignait pour sa la tête. t. de nourriture et d'armes . r. 2) Fâkihî fol. qu'on peut un serment sans en 1) Ibn-Khaldoun . remarquait Ibn-Idhâh chef des Achariles 3 fils dont nous avons rapporté l'enarriva sans accident à les tretien avec le de Zobair. Ensuite lu feras jurer aux . fol. mais quoi- t'épargne je n'épargnerai aucun autre Coet raichite qui me refusera son appui ses conseils.) . où se trouvaient Omaiyades expul- sés de Médine. Moslim les fit venir l'un après l'aules afin de les consulter sur meilleurs moyens de la qu'il pourrait ville. Wâdî-'l-corâ . le couperais lête. tre . 400 3) Ibn-al-Athîr man.

Les trois jours passés les Médinois 3 .. de sorte que Médinois. 2) Raihân . qui ne manqueraient . combat engagé 2 . et fit sur la grande route qui conduisait à Coufa qu'il annoncer aux Médinois trois . devrait devrait se les l'armée elle passer la nuit . sans forcer Merwân à en dire davantage. tra- hiraient peut-être concitoyens . il suivit ponctuellement les conseils d'Abdalmélic . répon- dirent qu'ils refusaient de se soumettre Ainsi que Merwân l'avait prévu. fol. pas juré. alla se camper à l'est de . Il donna ses instructions à son fils Abmoi dalmélic ajonta-t-il qui n'avait . pas d'aller à leil la rencontre de l'ennemi eussent le so- en face *. et . les Médinois. avec certains Médinois leurs qui . leur donnait un répit de jours pour se raviser. Fort content de ce qu'il venait d'entendre sourire Moslim s'écria avec un moqueur : « Quel homme admirable que ton père!» et. 200 v.» lui Introduit auprès du général troupes là Abdalmélic conseilla d'avancer avec ses jusqu'aux premières plantations de palmiers. 100 avoir l'air. Médine. Abdalmélic fit aussi entrevoir se le à Mos- lim que son père saurait bien mettre en relation . . «Entre avant peut-être il Moslim ne me demandera-t-il rien quand . au 1) Ibn-Khaldoun. t'aura entendu. 3) Ibn-Khaldoun. le lendemain de Mé- matin porter à Harra à l'est dine.

à la tête de sa tribu. Ibn-Cotaiba . dallah . corps plus considérable celui Défenseurs de . Les ' Emigrés avaient à leur tôle Makil fils de Sinân . fils de Molî le . 152. divisés en quatre corps différence leur . différentes époques après . . cependant il se . mais de la à . l'on que qui . un : Grec d'origine et cria à ses soldats 1) fol. 567. par un Prophète. d'une grande lui considération Médine puisque les Emigrés qu'il avaient donné commandement encore Ceux des Coraichites les ne fût pas de leur tribu. dardant un profond vers Harra allait . prise Mecque s'étaient établis à 3Iédine étaient partagés en deux compagnies. silence on s'avança les où se tenaient impies. celle d'Achdja avait assisté à la prise de la Mecque. fit porter sur un siège un peu en avant des rangs brave page . met qui. origine. qu'on combattre. qu'ils avaient autant que possible allèrent à sa rencontre suivant la (26 août 685) de . 101 lieu d'attendre l'ennemi fortifiée dans leur . ne comptait pas parmi et Emigrés la . était Le général de l'armée syrienne dangereuse- ment malade . à le et qui doit avoir joui . confia sa bannière à . compagnon de Maho. p. Samlioudî. dont l'une l'autre le commandée par Abcompagnon du . des fils Enfin . p. avait pour commandant et Abdallah religieux les Handhala. païens.. Voir sur lui 32. ville. Nawawî.

par Dieu! j'aperçois leur général. dit à son . général. mais les quatrième. nemi Emigrés le Les Syriens attaquèrent avec tant d'impétuosité que trois corps médinois.» si ayant Fadhl chargea Abdallah y vigoureusement que les Syriens reculèrent de nouveau. d'Abdallah . celui des Défenseurs. laissera vie. mais Fadhl . la Soula venez-vous que victoire est la récompense de bravoure!» Ses soldats attaquèrent de nouveau avec un redoublement de courage. 102 «Arabes de Syrie! montrez maintenant que vous savez défendre votre général! A la charge!» l'en- Le combat s'engagea. Des deux côtés on acharne- ment. la cavalerie syrienne . se frayant un chemin avec son épée la poussa son cheval droit à la bannière de Moslim lui . raient piques baissées . et celui des ceux des Coraichites . mes chers si et amis cria-t-il alors. lâchèrent pied. fils de Handhala à la tète d'une sous vingtaine de cavaliers. força et à Syriens à reculer se grouper autour de leur se battait avec . un coup qui fendit casque et le crâne et . l'un de nous deux ne survivra pas à ce jour. côtés lorsque l'intrépide Fadhl qui combattait aux .. rompirent les raugs de et pénétrèrent jusqu'à l'endroit où se trouvait les Moslim. «Encore une braves charge comme celle-là . chef: je «Mettez mes l'un ordres toute la cavalerie . Cinq cents piétons l'entou. tâcherai soit lui alors de pénétrer jusqu'à Moslim y et que ce la ou moi de nous deux consenti . assena au page qui le portait .

s'enfuirent . Au moment où Idhâh et ils les Médinois voyaient le corps d'Ibn- d'autres prêts à se lancer de nouveau sur ville le cri Ils eux .. entendirent relentir dans leur le : de vicloire. heure tout sera décidé..» répondit Moslim qu'il et saisissant lui-même sa bannière. . dans la direction . avaient Merwân avait tenu parole à Moslim. vers la La plupart se mirent à courir les ville pour sauver femmes . été trahis cri de: Dieu est grand!. Fadhl mourut percé de coups près de Moslim. quelques-uns. tout était perdu Médinois allaient se trouver entre deux feux. ranima Syriens par ses paroles et . famille qui appartenait Beni-Hàrilha aux Défenseurs. d'une cité En moins d'une Pieux musulmans. 103 s'écria: «Par le Seigneur de la Caba! lui j'ai tué le ty- ran! — il Non. cria aux siens: «Nos ennemis vont avoir l'avantage. et les enfants. tels qu'Ab1 . . tu t'es trompé. un jour belle nous devrons tous cesser de vivre et la plus mort est celle du martyr. par tout son exemple. p. au pouvoir de l'ennemi . dallah fils de Motî . habitants qui a donné asile au Prophète . . tout malade ses était. de la Mecque mais Abdallah fils de Handhala ré- solu à ne pas survivre à ce jour fatal. les Ga. Laissons-nous donc tuer 1) Ibn-Cotaiba . avaient dans intro- duit secrètement des troupes syriennes Elle était les la ville. 201.. gnés par ses promesses brillantes.

D'après coutume Ils arabe récitait la des vers en combattant. Tandis que 3k>slim promet- tait de . Ce fut une boucherie se Irouvaient horrible. blessé à mort. et conviction qu'un châtiment ses victimes bien plus terla rible attendait au delà de la tombe .. aujourd'hui sion que Dieu nous sa oilre l'occales de mourir pour sainte cause!» Déjà flèches des Syriens pleuvaient de tous côtés. l'or à quiconque lui apporterait une tête en- nemie Abdallah abattait des têtes à droite et la à gau- che. afin «Tu meurs criait-il à chacune de ses ! victimes tu l'a meurs dit . pensée d'un fanatique qui se cramponne à de pouvoir haïr à son aise. . tous combattirent en désespérés Abdallah lança résolus à vendre chèrement leur vie. l'un après l'autre. au plus fort de la mêlée: les vit immoler tous. . je sur d'aller en paradis » que si j'eusse été tué par les Dailemiles païens. . lui causait il une joie féroce. «Puisque je meurs par suis plus épées de ces hommes .. mais nous les forfaits te survivent l'a dit Dieu nous il dans son il Litfre: L'enfer attend les mécréants!» A la fin succomba. exprimaient la bien foi . 104 aujourd'hui. ses dernières telles furent paroles. lorsqu'il s'écria de nouveau: le «Que ceux qui désirent paradis. suivent entrer immédiatement dans Tous la ma bannière!» suivirent . ses il fils. quatre-vingts étaient revêtues du caractère sacré de . Son frère utérin tomba à les ses côtés. Parmi ceux qui succombèrent le sept cents personnes qui savaient Coran par cœur.

Saîd. lards Aucun des vénérables . vit les le plus savant théologien de son époque. ils avaient hâte d'aller rien. vieil- qui avaient combattu à Bedr où le Prophète avait remporté sa première victoire sur les Mecquois. On n'épargna en esclavage ou la Les enfants les furent emmenés donnèrent massacrés. fds de MoIl saiyab. endroit sacré que Ma. homet vue toute avait cet appelé un jardin du sacrilège . femmes violées. fds de mourait de plaignait amèrement. Il les prisonniers se trouvait Makil soif et s'en . tre. resta immobile et plongé dans la «Re- gardez donc cet imbécile Syriens en ricanant . croyant que sinis- nature était menacée d'un événement stupeur. ne survécut à cette catastrophe funeste. ces . après de la que leur général leur eut donné saccager pendant trois permission jours consécutifs. .105 compagnons de Mahomet. dans suite un millier de malheureuses flétris la vie à autant de parias à jamais du nom Si- d'enfants de Harra. les cavaliers galopèrent vers la mosquée pour en faire une écurie! c'était Un seul Médinois s'y trouvait à celte heure. ce docteur ils » se dirent les mais ne lui firent point de mal . piller. et Syriens entrer dans la mosquée attacher la leurs chevaux dans l'espace compris entre chaire du Prophète et son tombeau. A la de la horrible Saîd . irrités entrèrent Les vainqueurs dans la la ville. Embarras- sés de leurs chevaux. paradis ! . . . Parmi nàn. .

Tu Non n'as plus soif maintenant .. . en ce moment-là de je juré que jamais je ta vie en rencontrais nouveau te et que j'eusse Par Dieu . tu espères que je t'épargne? j'ai N'est-ce pas que rencontré sur la route près de Tibérias les la nuit où tu retournais à Médine avec n'est-ce ? autres dé- putés ? pas et toi que j'ai entendu accabler Yéà qui j'ai zîd d'injures dire: n'est-ce pas toi entendu «Dès que nous serons de retour à Médine. mon pouvoir . ? reprit Moslim. nous déclarer solennellement que fils devrons nous n'obéirons fe. 106 Moslim se le fit amener et le reçut d'une mine aussi bienveillante que cela lui était possible. général. fils de Sinân ? lui de- manda-t-il. je tiendrai . Quand bu: cet ordre eut été exécuté et que Makil eut — — — fois. et général en changeant la tout à coup de ton de visage. Donne-lui dit de cette boisson que le calife nous donnée. d'un libertin. Moslim en s'adressant à un de ses soldats. plus à ce libertin. — — — a Tu Oui as soif. dit le Eh bien. tu as bu pour dernière Prépare-toi à mourir. ensuite nous fils rons bien de prêter hommage au j'ai d'un Emigré si ? » . vieillard Le se mit cà genoux et demanda grâce. . je n'ai plus soif. — toi Toi. tuerais. Eh te bien. n'est-ce pas.

107 mon serment! Ensuite les Que l'on lue cet homme!» dans la Cet ordre fut exécuté sur-le-champ. or. Pourtant deux Coraichiles déclarèqu'ils rent avec fermeté avait ne été prêteraient que le seror- ment qui toujours en usage. Médinois qui restaient encore ville. ils devaient lui reconnaître un pouvoir leurs illimité . Merwân osa blâmer cet lim dit . Ce n'était pas serment ordinaire le ser- ment par ments lequel on s'engageait à obéir au calife tant qu'il obéirait lui-même au Coran . selon pourrait affranchir ou vendre telle était la son bon plaisir formule sur . le piquant avec son bâton dans si lui rudement: «Par Dieu. la Moslim donna aussitôt de leur couper tête. La cet mort attendait ceux qui refuseraient de prêter horrible serment. le mais Mosventre . Les vaient jurer esclaves de Yézîd. tout ce qu'ils . sur femmes sur leurs enfants sur leur vie. .. Le général syrien ne se laissa point fléchir. furent sommés de le serment à . lu avais dit toi-même ce qu'ils je l'aurais la tué ! » Néanmoins d'un autre Merwân qui était osa allié encore à sa demander grâce refusait famille et qui également de jurer. possédaient. car la plupart avaient déjà cherché leur salut prêter dans Yézîd.dre. mère refusa le serment. et aux commandeMédinois deesclaves qu'il de Mahomet d'être loin de là. ont osé dire . la fuite . Coraiçhite lui-même. la Ce fut autre chose quand un Coraiçhite dont appartenait à la tribu de Kinda .

car la plu- part des habitants cherchant une patrie nouvelle et étaient étaient un sort moins dur dans un climat lointain. La ré- action du principe païen contre le principe avait été musulman Jamais fatal . suiv. 108 et qu'un des chefs de l'armée syrienne qui apparte- nait fils aux Sacoun.. s'écria: tel «Le sœur ne prêtera pas un '. . avaient fait éprouver à son aïeul. inexorable. 169 v. . t. les Défenseurs ne se force fut relevèrent de ce coup leur brisée pour toujours. terrible . fol.» Moslim l'en dispensa Les Arabes de avec les fils Syrie ces avaient réglé leur compte avaient de sectaires fanatiques qui inondé l'Arabie du sang de leurs pères. accabler sous . fol 31 r. . cruelle . de leur dédain de leur mépris de leur haine impla- 1) Ibn-al-Athîr . champs d'alentour aux . . Othmân et les défaites que les Mé- alors qu'ils combattaient sous la bannière de Mahomet. sous-tribu de Kinda de notre . et fol. vieille Représentant de aristocratie mecquoise.. — 79 v. 170 v. . Leur ville presque déserte resta les quelque temps abandonnée aux chiens bêtes fauves 2 . allés joindre à Les autres bien plaindre les Omaiyades ne laissèrent le échappoids per aucune occasion pour les . 201 2) Samhoudî. 78 r. III. fol. II. L'ancienne la noblesse avait écrasé la nouvelle. Samhoudî. . l'armée d'Afrique. 31 r. Ibn-Khaldoun r. t. fol. . serment. Yézîd avait vengé calife et le meurtre du dinois . — Raihân 200 t.

de m'éloigner de plus impure de toutes de celle qui a tou- jours récompensé les bontés du dies et des révoltes! calife si par des perfisouverain ne d'éparje leur Par Dieu.. mon m'ordonnait pas dans chacune de ses lettres gner ces infâmes ferais . se la donnèrent abondam- Prédictions des compagnons de Mahomet. eussent coupables qu'ils ne l'étaient n'eût pas été et le : expié sac « suffisamment ! par le massacre de Harra Haddjâdj quitta la de Médine Et quand ville Dieu soit loué la s'écria-t-il. t. . 109 cable. je détruirais leur ville et la pousser des gémissements autour de Ces paroles chaire du Prophète!» ayant été rapportées à fait l'un des vieillards dit : que Haddjâdj avait flétrir . 17 r. lui chaque Médinois si un meur- d'Olhmàn les comme en ce crime été . ment. fol. il «Un terrible châtiment l'attend dans l'autre vie digne de Pharaon *. Mais cette consolation. IV. trier Pour . Haddjâdj .» ! Ce qu'il a dit est Hélas! la conles viction que leurs tyrans seraient torturés dans . de Harra fît . gou- province subir la marque à plu- sieurs saints vieillards qui avaient été compagnons de était Mabomet. pro- 1) Ibn-al-Athîr . la Dix ans après verneur de la bataille . puisqu'il me permet les cités . supposé plus même que Défenseurs . pour les abreuver de dégoûts et d'amertumes. flammes éternelles solation de ces c'était dorénavant l'unique conet leur malheureux ils unique espérance.

croyaient qu'il ne siècles et trouverait un de émule qu'à cette la fin des . ciel . qu'étant dans temple avait entendu. même dit : tribu ils racontaient que Prophète ce la avait «Les derniers qui seront ressuscites Ils seront terre deux hommes de Mozaina. vait Le théologien Saîd qui se trou- dans la mosquée au moment où en faire les cavaliers sy- riens voulait vinrent une écurie resté . miracles opérés en ils leur faveur. dans un le homme . sortir du tomparoles *. à l'heure de la prière. il les outrages. fol. inhabitée. 30 r. Alors deux anges des- cendront du les jetteront l'endroit sur le ventre et les trouveront les traîneront ainsi vers » où se autres hommes 2 Opprimés. racontait le à qui il l'entendre. acceptèrent tout avec une crédulité avide et insatiable. Raihân. Ils trouveront viendront à Médine. foulés aux ne restait aux Médinois d'autre parti à prend'imiler l'exemple dre que leurs que leur avaient donné l'armée concitoyens qui s'étaient enrôlés dans 1) Samlioudî . monstre ils Médinois terre eût voyaient le le plus hideux que porté jusque-là. beau du Prophète une voix qui proféra solennelles destinées à annoncer le terrible les cette heure les la Dans Moslim.110 plié lies de Mahomet lui-même. en butte à tous pieds. l'homme de Mozaina. où ils ne verront que des bêtes fauves. . 2) Samhoiidî .

en Es- pagne qu'ils s'établirent. Lorsqu'un voyageur du ville XIII e siècle dans cette et qu'il s'informa par curiosité des descendants des Défenseurs s'y trouvaient encore on ne put lui montrer qu'un seul homme 2 . t. I . avait combattu la dans rangs de l'armée médinoise. II . in il Arabia . De l'Afrique . II p. . A Médine ils avaient arriva si disparu. et qui. cendre des Défenseurs Mais même en Espagne la . . les Défenseurs ne furent de Syrie. 187. Presque tous les descendants l'armée des anciens laquelle Défenseurs se trouvaient le dans C'est avec Mousâ passa Détroit. 237.' 2) Le même ibid. p. ils en Espagne. et une seule femme . avait pour gouverneur un Coraichite qui treuse bataille dans la désasles de Harra . principalement dans les prola vinces de l'est et plus de l'ouest l . à une époque où l'Espagne . 1) Maccarî. p. où leur tribu devint nombreuse de toutes . . 3) Voyez Burckhardt . . 111 d'Afrique. D'après n'y aurait a Médine que quatre de ces familles. 1). Travels Burton {Pilgrimage t. après déroute. allèrent C'est ce qu'ils firent. t.. C'est la pas à l'abri de sur lutte les haine des Arabes bords du Guadalquivir que nous verrons recommencer. tous les deux déjà vieux Il est donc perde cette mis de révoquer en doute l'origine illustre dizaine de pauvres familles qui demeurent aujourd'hui dans les faubourgs de Médine et qui prétendent des3 .

En contant sant sort nous aurons l'occasion . dans péninsule espagnole. . mais qui se la conra- aussi . Ce qui appelle maintenant notre attention .H2 avait pris la fuite pour joindre l'armée d'Afrique. c'est une tinua lutte d'une nature différente la . de reparler en pas. d'Abdallah fils de Zobair et de voir que le de cet autre représentant des compagnons de l'avait Mahomet ne été celui fut pas moins malheureux que ne des Médinois.

VI. Si l'on en excepte les luîtes soulevées par ces prin- cipes fondamentaux qui ont toujours été en litige et il qui Asie le seront éternellement. révolutions politiques. n'y en a point qui. quand eurent avec connaissance . en les comme les en Europe. La ï. c'est ici l'endroit d'exposer ce fait avec plus de précision et avec les développements nécessaires. ont identifié Yoctan l'un des descendants de Sera selon la Genèse. Suivant la coutume des Orientaux qui font descenle dre toute une nation d'un seul se homme. musulmans comme parmi celles chrétiens aient eu plus de persistance que qui provenaient . personnage que avec les la Arabes Bible . . anti- pathie qui se perpétuant à travers les siècles les survit longtemps à toutes «t religieuses. de l'antipathie de race. de Cahtân avait envahi l'Arabie 8 méri- . parmi . postérité I. sociales l'oc- Incidemment nous avons déjà eu que la casion de dire nation et arabe se composait de l'un deux peuples mais distincts ennemis de l'autre. plus an- cien de ces deux peuples disait issu d'un certain ils Cahlân fait . .

et le dans laquelle se trouvent Mecque plateau . et Médi- Nadjd . 64. II. emprunté à province et la plus florissante les de l'Arabie méridionale c'est ainsi que nous appellerons dans la suite. le nord de l'Arabie. dait de et car Gais descenlils Modhar . l'un des descendants d'Ismacl . d'origine incertaine. le sur prétexte fut . habitait le Hidjâz . p. cette Nizâr était fils de Maâdd. et subju- gué la race. issu d'Adnân. territoire de Damas pendant deux années le théâtre d'une cueilli la guerre cruelle. noms qui indiquent tous même peuple ou une partie de ce peuple. L'autre peuple. plusieurs siècles avant noire ère. bref. Les Cahlânides portent ordinairement la . des le deux peuples arabes. quelquefois sourde. de ISizâriles. Ainsi . de Modhale ou de Caisites. parce qu'un Maàddite avait un melon dans le jardin d'un Yéménite ' . il Dans l'histoire de l'Europe n'y a rien d'analogue à la haine. province qui s'étend depuis Palestine jusqu'au Yéla men ne . qui habitait ce pays.114 dion aie . On lui donne riles le nom de Maàddites. plus futile. . et dans pro- 1) Abou-'l-fedû . à ce que l'on prétend la . t. celui-ci était l'un des de Nizàr. le nom de Yé- ménites . c'est-à-dire le vaste . plus souvent flagranqui s'entr'égorgeaient le te. le Pour désigner race nous employerons terme de Maàddites. parsemé de quelques ondulations de terrain l'Arabie qui occupe toute centrale .

avait détaché. En est . sans y penser. un tribut. leur choix. . 84. une partie des la Maàddites. Arabie. us vince de Murcie le sang coula à grands flots durant sept années. et que ce maître . au contraire. fallait mais c'est qu'ils voulaient bien c'est qu'il les à ces hordes anarchiques un maître qui empêchât être de s'entre-tuer . ceux du Nadjd raineté du roi du reconnaissaient souve- Yémen le et lui payaient . une feuille Ce n'est pas qu'en Europe l'antipathie de race n'ait été très-forte aussi elle mais du moins conquête l'une et y était motivée . . longeant par ha- sard la terre d'an Yéménite. Anciennement. . II.. il y avait eu asservissement. ne pouvait parce que Aussi les choisi dans l'une de leurs familles tres aules auraient refusé de lui obéir. s'étaient affranchies comme cela arrivait de temps d'y la des guerres civiles les forçaient bientôt N'ayant à choisir qu'entre l'anarchie les chefs et domination étrangère. t. et qui empêchera le fort d'é- 1) Ibn-Adhàrî. des tribus se disaient après une longue guerre civile: tre parti à prendre «Nous n'avons d'au- que de nous donner de nouveau au roi du Yémen. parce qu'un Maàddite. après s'être réunies momentané- ment sous un chef de de cette dépendance en temps revenir. quand tribus maatldiles. auquel nous payerons un tribut en brebis et en chameaux . de vigne l . des deux races n'avait point été opprimée par il l'autre. p. vrai.

des deux côtés. n'en était pas de même dans la l'empire musulman.» Plus tard. langue de cette province. au roi de Hîra qu'ils avaient . les mêmes tous coutumes. comme pur. lorsque le Yémen eut été conquis par les Abyssins. . la En Europe. . Voyez Içtakhrî p. coutumes d'ailleurs. est vrai . il 285. 116 craser le faible 1 . 2) Dans le Mahra l'ancienne langue s'était conserve'e la et les autres Arabes ne comprenaient presque pas . Sauf quelques légères dif- férences de dialecte la les deux peuples parlaient donc même à langue. née du mélange de l'arabe et de l'idiome des vaincus. un peuple étranger il y a une différence énorme. un Maiiddile 2 . diversité d'idiomes et de les élevait une barrière insurmontable entre la deux peuples que sur le conquête avait violemment réunis Il même sol. Entre par une soumission spontanée et l'asservissement . ait Ils eu de la avaient en peine comprendre un Yéménite outre les mêmes était goûts. II. les mêmes la idées. car. dans les armées musulmanes. la on l'appelle. t. EnQn.. avait cédé la place à l'arabe langue des Maàddites. lesquels avaient acquis une certaine pré- pondérance intellectuelle. et jamais l'on ne trouve que. ayant adopté 1) Caussin . la faible autorité donnée jusque-là au si roi du Yémen. . les Maàddites du Nadjd prince avaient accordé de leur plein gré à un autre d'origine yéménite. la grande masse de nation nomade. p. 14. Longtemps avant Mahomet langue yéménite ou himyarique.

disait un ancien poète.» El puis elle n'a point eu en . Journ. . Voyage en Syrie t. temps historiques de est la nation 1 . de Leyde . cette antipathie nacité que l'on ne trouve pas chez nous. V p. 481 de la traduction allemande et la note dans laquelle Fauteur renvoie aux voyages de Niebuhr 2) et de Burckhardt. les elle Bédouins elle dure de- puis vingt-cinq siècles remonte aux premiers . tel différence qui existait entre eux était existait entre les tel et Lien moins sensible que celle qui peuple germanique dans le temps où barbares vinrent inonder l'empire romain. ils avaient la même religion. Hamâsa de Bohtorî man. asiat. Et pourtant l'antipathie . Volney . p. bien que race les raisons qui expliquent pas de en Europe n'existent eu Orient. t. 601 VI. p. en Egypte. 390. . 389. En un mot. .117 les deux l'islamisme la . . trois y porte un caractère de téAu bout de l'hostilité originelle s'est ef- ou quatre cents ans facée en Europe : parmi . p. et de nos jours elle encore loin d'être éteinte «L'hostilité originelle. Europe ce point et caractère atroce qu'elle a eu en Orient elle n'a étouffé chez nos aïeux les sentiments les plus les plus sacrés doux de la nature. un fils n'a point méprisé. n'a point haï sa mère pour la seule raison qu'elle ap- partenait aune antre race que son père. . . p. 501. dernier point . La Palestine. 35. 440. sur ce I . et t. II. et tant que ceux-ci auront des descendants elle sub- sistera 2 . «Vous priez 1) Voyez t. nous vient de nos ancêtres. allemand. Robinson .

118

pour votre père
faisait
la
la

,

dit

quelqu'un

à

un Yéménite qui
temple de
pas

procession solennelle

autour du
priez- vous

Mecque;

mais

pourquoi ne

pour

votre

mère?

Pour
;

ma mère?
comment

répliqua

le

Yéménite

d'un air de dédain
elle
?

pourrais-je prier pour

Elle était de la race de

Maàdd

!

'

»

Celte haine qui se prolonge de génération en géné-

ration,

en dépit
,

d'une

entière
,

communauté de
d'idées
,

lan,

gue
et
les

,

de droits

de coutumes

de religion
,

même

jusqu'à un certain point

d'origine

puisque

deux peuples sont l'un

et l'autre

de race sémiti-

que, cette haine qui ne s'explique point par des antécédents
l'on
,

elle

est

dans
et

le

sang

,

c'est
les

tout ce que

peut

en

dire;

probablement

Arabes du

VII e siècle auraient été aussi peu capables d'en déter-

miner

la

véritable cause

,

que

les

Yéménites qui parla

courent aujourd'hui

les déserts
les

de

province de Jé-

rusalem

,

et qui

,

quand
ils

voyageurs leur demandent
des
Caisites

pour quel motif

sont ennemis jurés
,

(Maâddites) de la province d'Hébron

répondent qu'ils
n'est

n'en

savent

absolument rien

,

si

ce

que cette
2
.

haine réciproque date d'un temps immémorial

L'islamisme, loin de diminuer l'aversion instinctive
des deux

peuples

,

lui a

donné

une vigueur

et

une

vivacité qu'elle n'avait point auparavant.

S'observant

1)

Mobarrad
Kobinson,

,

p.
t.

195.
II
,

2)

p.

601,

119
toujours avec défiance
les
les

,

Yéménites
de
le

et

les

Maaddisous
la

lurent

forcés

désormais

combattre

même

bannière, de vivre sur
de
la

même

sol, de diviser

les fruits

conquête,

et

ces

relations

continuel-

les, ces rapports journaliers, engendrèrent autant de

disputes

et de rixes.

En même temps

celte

inimitié

acquit un

intérêt et

une importance qu'elle ne pou-

vait avoir alors qu'elle était restreinte à

un coin presensanglanta
l'Atlas et

que ignoré
l'Espagne et
les

de
la

l'Asie.

Dorénavant

elle

Sicile
,

comme
et elle

les

déserts de

rives

du Gange

exerça une influence con-

sidérable, non-seulement sur le sort des peuples vain-

cus,
tions

mais encore

sur

la

destinée de

toutes

les

nales

romanes

et

germaniques, puisqu'elle arrêta
la

musulmans dans
ment où
Dans
ils

voie de leurs
la

conquêtes, au moet tout

menaçaient
l'étendue
se sont
il

France

l'Occident.
,

toute

de

l'empire
;

musulman

les

deux peuples
trop vaste
et

combattus

mais cet empire

était

n'y avait pas assez
la

d'unité entre les

tribus, pour que

lutte

put être

simultanée

et

di-

rigée vers un but fixé d'avance.

Chaque province eut
elle
,

donc

sa

guerre particulière
partis,

,

sa guerre à

et les

noms des deux
qui,
les
le

empruntés aux
l'on

deux tribus
étaient

dans

la

localité

se

combattait,

plus nombreuses, différaient presque partout.

Dans

Khorâsân

,

par exemple

,

les

Yéménites portaient
de

le

nom

d'Azdites et les Maàddites celui
les tribus

Témîmiy étaient

les,

parce que

d'Azd

et

de

Témîm

,

120
les

plus

considérables
à

».

En

Syrie

,

province
il

dont

nous aurons
d'un cô(é

nous occuper principalement,

y avait

les

Kelbites et de l'autre les Caisites.

Les
majo-

premiers, d'origine
rité

yéménite, y formaient
2
,

la

de
et

la

population arabe
,

car sous

le califat

d'Abou-

Becr

d'Omar

lorsque beaucoup de tribus yéméniles

allèrent s'établir

en Syrie
3
.

,

les

Maàddites préférèrent

de se fixer en Irâc

Les Kelbites
tachés à

et

les

Caisites

étaient

également

at-

Moâwia

qui,

grâce à sa

politique

prudente

et sage, sut

maintenir parmi eux un certain équilibre

et se

concilier l'affection des uns

comme
que

des

autres.
ses

Cependant,

quelque

bien

calculées

fussent

mesures

,

il

ne put empêcher que leur haine récipro;

que n'éclatât de temps en temps

sous son règne les

Kelbites et les Fezâra, tribu des Caisites, se livrèrent

même
faire

une

bataille à Banâl-Cain

4
,

et

Moâwia éprouva
lorsqu'il

des difficultés de la part des Caisites

voulut

reconnaître Yézîd pour
était
,

son

successeur,
elle

car la
fille

mère de Yézîd
Mâlic ibn-Bahdal
Caisites,

une

Kelbite;

était
,

de
les

le

chef de cette tribu

et

pour

Yézîd,

élevé

dans

le

désert

de

Semâvva

1)

Commentaire
fol.

de
v.

Soccarî sur

le

Divan

de

Ferazdac

,

man.

d'Oxford,

93
p.
t.

2) Içtakhrî,

13.
p.

3) Tabarî,
p.

II,

254; Abou-Ismâîl al-Baçri, Fotouh as-Châm,

12, 195.
4) Wiïstenfeld
,

Tables généalogiques ,

p.

265,

121

parmi
yade,
nière

la

famille

de sa mère,
1
.

n'élail

plus

un Ornaiquelle

c'était

un Kelbite

On ignore de

ma-

Moâwia gagna
la fin
ils

leurs suffrages; on sait seulement

qu'à

reconnurent Yézîd pour l'héritier préet

somptif du Irône
qu'il régna.

qu'ils

lui

restèrent

fidèles

tant

Mais son règne

ne dura
,

que

trois

anet

nées.

Il

mourut en novembre G85
la

deux mois

demi après

bataille

de Harra

,

âgé de trente-huit

ans ^seulement.

A
sans

sa

mort l'immense empire se trouva tout à coup
Ce n'est pas que Yézîd
,

maître.
fils

mourût sans
mais
le

laisser de

il

en laissa plusieurs
il

;

califat

n'était pas héréditaire,

était électif.

Ce grand prinlequel n'avait

cipe n'avait pas été posé par

Mahomet,

rien décidé à cet égard, mais par le calife

Omar

qui

ne manquait pas

aussi

absolument que

le

Prophète

d'esprit politique, et qui jouissait,

comme
lui
la

législateur,
avait
dit

d'une

autorité

incontestée.

C'est

qui

dans une harangue prononcée dans
dine:

mosquée de Mé-

«Si quelqu'un s'avise

de proclamer un
les

homme
aient
est vrai

pour souverain, sans que tous

musulmans en
2 .» Il

délibéré, cette inauguration sera nulle

que
et

l'on avait toujours

éludé l'application du principe,
été élu par la nala

que Yézîd lui-même n'avait pas
mais du moins
son

tion;

père avait pris

précau-

1)

Hamâsa

,

\t.

319, 658.
,

2) Sîrat ar-rasoul

dans

le

Journal des savants de 1832,

p.

542.

,

122
lion de
lui l'aire

prêter serment

comme

à son succes-

seur futur.
la

Cette précaution, Yézîd l'avait négligée;
fleur de l'âge
,

mort
,

l'avait surpris à la

et
,

son

fils

aîné

qui s'appelait
droit

Moâwia comme son
Cependant
il

aïeul

n'avait

aucun

au

califat.

aurait probablesi

ment
les

réussi à

se

faire

reconnaître
à cette
Ils

,

les

Syriens
été
,

faiseurs

de
le

califes

époque,

eussent

d'accord

pour

soutenir.

ne l'étaient pas

et

Moâwia lui-même,
ce jeune homme.

dit-on,

ne voulait pas du trône.
les

Le plus profond mystère enveloppe
S'il

sentiments de
les historiens

fallait

en croire

musulmans, Moâwia
père; à ses yeux
la

n'aurait ressemblé en rien à son

bonne cause aurait élé
,

celle
la

que

défendaient les Médinois

et,

ayant appris
la

victoire

de Harra,

le pillage

de Médine et
,

mort des vieux
1
.

compagnons de Mahomet
Mais ces
ques
,

il

aurait fondu en larmes

historiens

qui

,

prévenus d'idées

théologi-

ont quelquefois faussé l'histoire, se trouvent en
con-

opposition avec un chroniqueur espagnol presque

temporain
tée

2

qui, pour

ainsi dire, écrivait sous la dic-

des

Syriens
était
,

établis
la

en

Espagne

,

et

qui affirme

que Moâwia
qu'il

fidèle

image de son père.

Quoi

en

soit

les

Caisiles ne voulaient pas obéir à

un

prince qui avait
biie

une Kelbite pour aïeule
ils

et
la

une Keldomina-

pour mère;

ne

voulaient

pas

de

it

Raihân,

fol.
c.

202
1S.

r.

2) Isidore,

125
tion

du Kelbite Hassan ibn-Màlie ibn-Bahdal
la Palestine el

,

gouver-

neur de

du

district

du Jourdain, qui
au nom de sou
ar-

avait pris la conduite des affaires

rière-neveu

l
.

Partout

ils
,

prirent une attitude
Zol'ar,

hos-

tile, et un de leurs chefs

de

la

tribu de Kile

lâb

,

leva
,

l'étendard de la révolte

dans

district de
,

Kinnesrîn

dont

il

chassa
il

le

gouverneur Kelbite

Saîd

ibn-Bahdal.

Comme

fallait
,

bien opposer un préten-

dant à celui des Kelbiles
dallah
,

Zol'ar se déclara
la

pour Ab-

fils

de Zobair,

dont

cause était au fond

parfaitement indifférente aux Caisiles.

Le parti pieux

venait d'acquérir un allié bien étrange. Puisqu'il allait

soutenir les intérêts des

fils

des

compagnons de Made

homet

,

Zofar crut

de

son

devoir

prononcer en

chaire un

sermon

édifiant.

Mais quoique grand ora-

teur

et

excellent
il

poète

,

comme

les

Arabes

païens

l'avaient été,

n'était pas

habitué malheureusement
style onctueux.

aux formules religieuses, au
il

Quand
,

eut prononcé
court.

la

moitié

de sa

première phrase
rire

il

demeura
éclats
2
.

Et ses frères d'armes de

aux

Moâwia

II

ne

survécut

à

son

père que

quarante
le

jours, ou deux mois, ou trois mois;


,

on ne

sait

pas au juste
fusion était

et

il

importe peu de

le

savoir.

La con-

au comble.

Les provinces

lasses d'être

1)

Hamâsa
Raihân,

,

p.
fol.

319;
187
r.

cf.

Raihân,

fol.

187

r.

2)

124
traitées par les Syriens en

pays conquis, avaient seon
faisait

coué
calife

le

joug.

Dans

l'Irâc
et le

chaque jour un
le

ou un émir,

lendemain on

défaisait
;

1
.

lbn-Bahdal n'avait pas encore arrêté son plan
il

tantôt

voulait se faire déclarer calife, tantôt, voyant qu'il

ne serait reconnu
rait prêt à

que par

ses Kelbites

,

il

se décla-

obéir à l'Omaiyade que le

peuple choisi-

rait

2
.

Mais
il

comme

il

y avait fort peu de chances de de trouver
rôle

succès,

était

difficile

un Omaiyade qui
"SYa-

voulût se prêter au triste
lid,
petit-fils
,

de prétendant.

d'Abou-Sofyân
accepté
:

et ancien

gouverneur de

Médine

l'avait
il

frappé

de la peste au

mo-

ment où
il

faisait la prière

sur

le

corps de Moâwia II,
eût

était

tombé
le

mort

3
.

Ibn-Bahdal

bien

voulu

donner

califat à

Khâlid, frère de Moâwia II, mais
et
il

comme
pas.
la
11

celui-ci ne comptait que seize ans

que
ne

les l'osa

Arabes ne veulent obéir qu'à
l'offrit

un adulte
:

,

donc à Othmân

celui-ci, qui croyait
,

cause de sa famille entièrement perdue

refusa
,

,

et
le

alla

joindre l'heureux prétendant Ibn-Zobair

dont

parti s'augmentait de jour
les Caisites se déclarèrent

en jour.

En
de
fils

Syrie tous

pour

lui.

Déjà maîtres de
la

Kinnesrin
et
le

,

ils

le

devinrent bientôt

Palestine

,

gouverneur d'Emèse, Nomàn,

de

Bachîr,

l)

Voir

Ibn-Khaldoun
,

,

t.

II,

fol.

171

r.

et

v.

2)
3)

Hamâsa

p.

319.
,

Ibn-Khaldoun

t.

II,

fol.

170

v.

125
le

Défenseur

,

se

déclara

aussi

pour

Ibn-Zobair

'.

Ibn-Bahdal,
sur un
seul

au

contraire,
,

ne

pouvait compter
,

que

district

celui

du Jourdain
de
la

le
2
.

moins

considérable des cinq
avait juré de
lui
le

districts

Syrie

Là on
qu'il

obéir,
califat à

mais à condition

ne

donnerait pas

un

lils

de Yézîd
district de

,

puisqu'ils

étaient trop jeunes.

Quant au

Damas,

le

plus important de tous, son gouverneur Dbahhàc, de
la tribu

de Fihr 3
avec

,

n'était
:

d'aucun
ancien
l'un

parti.

11

n'était pas
la

d'accord

soi-même
I
er

commandant de
ses

garde de
plus

Moâwia
il

et

de

confidenls

les

intimes,
;

ne voulait pas du
,

prétendant mec-

quois

Maàddite
avec
le

il

ne voulait
;

pas faire cause com-

mune
les

chef des Kelbites

de

ses hésitations

et sa neutralité.

Afin de sonder ses intentions et cel,

du peuple de Damas
,

Ibn-Bahdal

lui

envoya une
le

lettre

destinée à être lue

dans

la

mosquée

ven-

dredi. Cette lettre était pleine des louanges des

Omai-

yades et d'invectives contre Ibn-Zobair; mais
Ibn-Bahdal
faire la

comme
d'en d'en
«Si
,

craignait

que
le

Dhahhâc ne
peuple,
et
il

refusât

lecture

devant

prit soin
lui dire:

donner une copie à son messager

de

Dhahhâc ne

lit

pas celle-là aux Arabes de

Damas

tu

leur liras celle-ci.»

Ce

qu'il

avait prévu arriva.

Le

1)

Raihân,

fol.

187
,

r.

j

Ibn-Khaldoun
Covaichites

,

fol.

172

r.

2)

Voir Içtakhrî

p. 37.

3)

Les Fihr

étaient les

de la banlieue de la Mecque.

. dit pas le quand Dhahhâc fut monlé en chaire. de la il ne moindre mot au Alors le le sujet lettre qu'il avait reçue. 172 r. . «non. que les j'ai médecins châtié les lui avaient «Maintenant que rebelles. servait cérémonies religieuses qu'aux délibérations res dont politiques. 331 . ment! » criaient les autres. déjà bien ma- lade à l'époque de la bataille de Harra. meurtriers d'Othmân Dieu et comme j'ai lue me pardonnera mes pé- chés 2 . Moslim. el la messager d'Ibn-Bahdal peuple. devant des à peine «Ibn- achevée cris s'élevèrent » de tous côtés.» Arrivé avec son armée à trois journées de 1) Ibn-Khaldoun . Telle était la situation de la Syrie lorsque les sol- dats de Moslim rentrèrent dans leur pays nalal. avait-il dit. I . p. dans la note. avait renoncé au régime rigoureux prescrit. et en peu de mots ce qui élait arrivé dans l'intervalle. l'enceinte sacrée qui Le tumulte devint effroyable.126 vendredi. retentissait des injuse chargeaient les les Kelbites et les Caisites uns les autres. fol. et persista à ne point se prononcer K . la A la fin Dhahhâc obtint le silence. je les mourrai content. Depuis la prise de Médine . il Bahdal dit vrai! criaient les uns. ce n'était plus Mais voici Moslim qui les commandait . 2) Abou-'l-mahâsin opud "Weil . t. et comme tant aux partout dans les pays musulmans. . Celle lecture se leva lut . acheva cérémonie religieuse. .

Sacoun et par le conséquent méprisait . loin de se laisser arrêter par des scrupules re- 1) fol. Tiens-loi sur tes gardes contre les . volonté du calife s'exécute. Ibn-Khaldoim .127 distance de la fit Mecque et sentant sa fin . combattre à ouville le enchaîner Syrie 1 les habitants de il la et retour- ner en pir. lui dit: «Ane que tu es. dans le cas où Mosla Hoçain était de Kelbile tribu de Mosliin . : Mecque. fol. se . Ecoute je sais faut que maintenant mes conseils. comme mais Moslim tration et car il doutait de sa péné- de sa fermeté. L'apostrophant le donc avec cette franchise brutale qui formait fond de son cail ractère et qu'il ne nous est pas permis de pallier. la Je ne le le confierais pas. rendit dernier sou- Hoçain que. 400 v. connais. 201 v. car je le que tu en as besoin. quand il eut mis le s'il siège devant la Mec- comporta comme les eût pris à tâche de son prouver que préventions de Moslim à égard n'étaient nullement fondées. fol. approcher . . . tu vas prendre le comman- dement à mais il ma place. et souviens-toi qu'arrivé devant tu n'auras que trois choses à faire trance. Fâkihî. .» Cela dit. moi. Loin de manquer d'au- dace . Raihân . il venir le général Hoçain qui avait été désigné par Yézîd pour commander l'armée lim viendrait à mourir. . 170 v. ruses des Coraichites ferme l'oreille à leurs discours la mielleux.

. la plus révérée de toutes les mosquées musulmanes côté les fut entièrement consumée quois'. le plus ancien et le plus digne de Fàkihî (fol. momentanément haine contre la haute Eglise. pour ne et pas prévoir qu'une guerre civile y éclaterait. pendant nuit. lorsque la nouvelle la de la mort de Yézîd atfaires. changer tout à coup face des Au fils de Zobair cette nouvelle inattendue elle fut causa une joie indicible. connaissait trop bien fermentation des partis en Syrie . au lieu et que Moslim avait été dévoué corps qu'il âme aux la maîtres servait . égoïste et cal- culateur.). mais que je donne dans le texte paraît la seule vraie à Ibn-Khal(fol. communiquée aux la voiles qui enveloppaient le temple sainte Caba . pour Hoçain de foudre. esprit froid. étaient accourus pleins d'enthousiasme pour défendre avec le territoire sacré. il enchéri l sur les sacrilèges de le Moslim temple les lui.128 ligieux. colonnes syrien A son la instigation. soutenaient le siège un grand courage vint . la mosquée. c'est aussi la seule qui se trouve chez l'auteur foi . une torche attachée à l'exle trémité de sa lance sur pavillon d'Ibn-Zohair. des pierres énormes qui écrasèrent l'édifice. doun 170 v.). . même. dressé dans le préau de . Le pavillon s'embrasa à l'instant et la flamme s'élant . . . ne se 1) Il celle y a <T autres traditions sur la cause de cet incendie. . de Ses balistes firent pleuvoir sur la Caba. l . un coup Ce général. un cavalier darda. De leur Mec- secondés oubliant par une foule de non-conformistes leur qui . 400 v.

Maudit un soit celui qui te regardera désormais J'a% comme homme d'esprit. dans Médine après de la bataille ville de Harra . mais quand je t'offre le lu réponds à voix haute. lui répondit Ibn-Zobair à haute voix. afin que les : Syriens ne pussent l'entendre — Je suis prêt à te reconnaître pour calife . califat. cette sur l'ordre . je satisfait. s'écria alors Hoçain. mais à condition que tu t'engages à proclamer une amnistie générale et à ne tirer aucune vengeance du sang réla ba- pandu pendant taille le siège de la Mecque et dans de Harra. si ne serais point encore je tuais dix enne- mis pour chacun de mes compagnons. Ibn-Zobair s'étant trouvé à cette lui dit à conférence. tôt la homme le la ré- Hoçain rompit aussi- conférence et reprit avec son armée Syrie. et lu me menaces de la mort! Certain désormais qu'entre lui et cet conciliation n'était pas possible. lui la 11 fit donc inviter Ibn- Zobair à s'aboucher avec lieu qu'il nuit suivante dans un nomma. vais cru jusqu'à présent à ta je te parle bas. l'unique moyen de et salut lui- pour son armée gravement compromise pour même qui l'était plus encore. chemin Rentré de la En route il rencontra Merwân. Hoçain voix basse.. I. vit dans la soumission au calife mecquois l'unique remède contre l'anarchie. mais expulsé d'Ibn-Zobair 9 nouveau de T. 129 faisant point illusion il sur la faiblesse des Omaiyades. — — Non. prudence.

après l'avoir assuré qu'il ne reconnaîlrait point le prétendant mecquois. fol. 318. . il se mit en marche avec . dans une entrevue avec Dhahhâc dre a les le la il s'était engagé à se ren- Mecque . pourrait compter sur son appui. Ibn-Bahdal et ses Kelbites le firent. mais en roule les Caisites persuadés que Kelbites ne donneraient leurs suffrages qu'à celui qui était allié à leur tribu . . 172 . les siens les . de Damas à la Mecque que Merwàn rencontra Hoçain Ce'général. Merwàn ayant accepté celte on résolut de convoquer à Djàbia une le espèce de diète où l'on délibérerait sur calife. proposition . Hamâsa v. Dbahhâc promit avait aussi de venir et s'excusa sur la conduite qu'il tenue jusque-là. refusèrent d'aller plus loin. à Khâlid . le jeune frère de Moâwia II .150 Merwàn la s'était rendu à Damas. afin d'annoncer à Ibn-Zobair * : que Syriens étaient prêts à obéir à ses ordres meilleur c'était moyen pour gagner les bonnes grâces de son ancien ennemi. Ce fut donc pendant son voyage 2 . p. En effet . 2) Ibn-Khaldonn fol. . . 187 v. choix d'un Invités à se rendre à cette diète. lui déclara que il s'il avait le courage de relever la bannière omaiyade. Là il avait trouvé et cause de sa famille à peu près désespérée. Dhahhâc retourna donc la sur ses pas et alla se camper dans prairie de Râ- 1) Raihân .

fol. Cependant les Caisites com- prirent que leur querelle avec les Kelbites allait bientôt se vider par plus le les ils armes. p. Merwân le disait-on . avait beau dire: «Eh quoi âgé . que enfant encore était trop on «Si lui répondait que obtient . 131 hit. puissant. 172 r. .» Flatté de ces paroles et trop heureux de pouvoir sortir de sa fausse position la . o* . ils lui dirent ? : «Pourquoi ne vous déclareriez-vous pas ne valez pas calife Vous moins qu'Ibn-Bahdal ou Ibn-Zobair. fol. nous serons ses esclaves il a dix dix 1) et v. Nos ennemis nous opposent un et nous leur opposerions un jeune ? » homme homme presMerwân califat. Ibn-Khaldoun . Raihân. Mervvân. Comme ils avaient beaucoup plus de sympathie pour Dhahhâc de l'ancien frère d'armes Moâwia I er .. sentaient la monstruosité de leur avec chef du parti pieux. le Ibn-Bahdal et ses amis voulaient donner Khâlid califat à ils — ! les Caisites ne se trompaient pas quand leur supposaient ce dessein — et Hoçain ne put faire Il accepter son candidat. 318. 2) Hamâsa . Dhahhâc ne s'opposa point et à proposition 2 . 187 v. à l'est de Damas 1 . elles ne durèrent pas moins de quarante jours. Hamâsa. fils . et plus le moment décisif approchait coalition . des Caisites reçut leurs ser- ments Quant aux délibérations des Kelbites réunis à Djâbia.

172 v. Tout cela ressemblait assez a que la noblesse danoise faisait jurer par celui qu'elle avait élu 4) Ibn-Khaldoun. qu'en attendant aurait gouvernement d'Emèse Tout ayant été réglé ainsi. ne gouverner que d'après leurs conseils. p. . tribu de Sacoun Mâlic. . dix' neveux 1 . Merwân dut tous les s'en- gager solennellement à confier à emplois im- portants aux Kelbites. 5 -du poème. 659. fils de Hobaira . la capitulation roi. vs. l'ont fait Si et comme Moâwia 1) Ibn-Khaldoun . bannière . tir 2 . La branche des Omaiyades à Syrie. à leur payer annuellement une fort considérable 3 . — . l'on prête au successeur du la car en combattant sous les biens . fol. somme outre Ibn-Bahdal fit décréter en que et le jeune Khâlid il serait le successeur de le Merwân 4 . serment que Prophète . et ils lui prescrivirent des condi- tions aussi dures qu'humiliantes. habité laquelle appartenait Khâlid était naturalisée en mais Merwân et sa famille avaient toujours Médine eniin. qui s'élait mon- tré zélé partisan de Khâlid dit à Merwân d'un air point le hautain et menaçant: «Nous ne au calife te prêterons .152 frères. 2) Voir Hamâsa 3) Masoudî. ils montraient une grande faveur. nous donc Yé- n'avons en vue que tu nous traites bien de ce monde. mais le qu'en conférant califat . Toutefois ibn-Bahdal et ses ils amis cédèrent lui firent senlui ils acceptèrent lui Merwân.» On le considérait d'ailleurs connue un étranger. l'un des chefs de la .

3) Ibn-al-Athîr . des Sacoun et d'autres tri- bus yéménites. 2) Ibii-Kkaldoun. deux armées ou plutôt les deux peu- 1) Musoudî. . à la fin du mois de juin de l'année 684 la plus de sept mois après . des Sacsac. lui en- voyer de l'argent les des armes et des soldats . qu'il ne put même emporter trésor pu- L'audacieux succès . mort de Yézîd . nous t'aiderons . tu éprouveras à tes dé- pens que nous n'avons pas plus de prédilection pour toi que pour un autre Coraichite *. . hâc . Pendant sa marche. auquel tenaient les gouverneurs qui son parti avaient en- voyé leurs contingents. s'était emparé de Damas par un coup de gouverneur. au s'était les lieu la il de se rendre à Djâcapitale. Zofar commandait en personne les soldats de Kinnesrîn . sa province.155 zid .Ibn-Khakloun. sinon . . 84 v. III . Un chef de bia la .» La diète de Djâbia s'étanl terminée 2 . salut et avait forcé le nommé le par Dhah- à chercher son . dans une fuite tellement précipitée blic. fol. main. t. accompagné des Kelb des Ghassan. tribu de Ghassan. tenu caché dans Ayant ras- semblé Yéménites quand il eut appris l'élection de Merwân. Ghassânite s'empressa d'informer Merwân du Quand de son entreprise et de 3 . Merwân reçut une nouvelle aussi inattendue qu'agréable: Damas s'était déclaré pour lui. trois marcha contre Dhahhâc. Merwàn.

Zofar se sauva . Zofar avait à ses côtés la tribu de Solaim. Voir la note B . après avoir se perdu trou- quatre-vingts de leurs chefs vait parmi lesquels Dhahhâc lui-même *. . là le poètes à des deux tout factions .. glant Enfin combat devint général. de l'autre. les voyant que crièrent: les ennemis allaient atteindre. Son coursier fut ceux des Kel- seul qui pût lutter de vitesse avec bites qui les poursuivaient. ses deux amis 1) Ibn-al-Athîr . Au moment où deux chefs de le tout fuyait. des cris de douleur et de vengeance. et les Caisiles . . Il fut sandit comme nul autre ne l'avait jamais été. . on va nous . en Espagne. rivales traitaient de préférence autre d'un côté. 2) Masoudi. fuyez. ce sont des chants de joie et de triomphe. pour sujet que les ainsi dire. 154 pies . Ibn-Khaldoun. furent en présence dans la prairie de Râhil vingt jours se passèrent d'abord en escarmouches et le en duels. tuer. cette bataille de la Prairie ne s'oublia jamais tard. et ses deux compagnons. essuyèrent une déroute com- plète Entre Kelbites et Caisites . a la fia de ce volume. un historien arabe. C'était elle et soixante-douze ans plus recommença. lui «Fuyez. . Zofar.» Poussant son cheval furent massacrés 2.

dit-il plus tard j'ai J . . Un . p. depuis que Hammam lorsque . . m'avait vu lâche. . . fol. lorsqu'on poursuivait environné d'ennemis personne ne venait et je me secourir me suis sauvé ce soir-là j'ai abandonné mes deux amis en lâche ! . Raihân. A mon avis. . femme! Certes . de Eâhit a ouvert un abîme entre Mer- wân et nous Un il poêle kelbile lui répondit dans un poème dont ne nous reste que ces deux vers: Certes. ne seront-ils pas vengés ? . combat . . sur la terre fraîchement remuée qui couvre leurs ossements les oublierons . 187 v. et . . 185. doute l'herbe repoussera . a été tué ? ce soir Jamais personne ne funeste. 2) p. 72.elles pas Nos Sans frères tombés à Eâhit . 153 Quel bonheur encore goûter. quel bonheur pourrais-je et depuis que abandonné Ibn-Anir Ibn- Man me . Hamâsa. . seul jour de faiblesse effacera-t-il donc tous mes les ? exploits toutes mes actions héroï? ques ? Laisserons-nous Kelbites en repos Nos lances . mais jamais nous ne et toujours nous aurons pour nos ennemis une haine implacable. Hamâsa de Bohtoiî p. 318. mais pendant . Donne-moi mes ar- mes. . 34. ne les frapperont. plus chères espérances il re- nouvellera sans relâche et des par ses vers la douleur des veuves orphelines 1) Chef des Noraair. . la guerre doit être perpétuelle. fol.. Jamais il ne . . depuis la bataille de Eâhit Zofar a gagné une ma- ladie dont il ne guérira jamais. cessera de pleurer les Solaim les Amir ses et les Dhobyân tués dans ce . 187 v. la bataille 2. p. trompé dans 3 . Ibn-Badroun 3) Raihân. voyez Hamâsa Masoudî . .

c'étaient ceux qui les y ont châtrés. p. où il faut lire Kelbî au lieu de Kilâbî. quand ils ont soif . 656. poète kelbite ' chanta la victoire les de ses tandis Quelle honte pour ils Caisites : qu'ils fuyaient à toutes jambes.» Le poète énumère un à un que tribu pleure la les chefs caisites. puis fondent sur l'eau. et celles-ci tombaient. 136 Un autre contribules. cf. oiseaux qui . . 317. d'abord plusieurs cercles dans les airs. p. il y eut dans la Prairie des hommes qui tressaillaient d'aise: le c'étaient ceux les qui y ont coupé aux Caisites nez mains et les oreilles.» 1) Hamâsa. abandonnaient leurs «semblables à des décrivent bannières.. — ! chails perte du sien l ! Les lâches « avaient été frappés dans le dos Certes .

ils borner à une . VII. à présent c'est pour vous que les temps . Dans quitallez désert de tez-le donc . guerre d'embûches la firent-ils et d'attaques nocturnes mais du moins le à feu et à sang. Peu à peu Carkîsiâ devint Caisites. désormais parti . emmenez avec vous les fils de Bahdal et . pillaient les camps kelbites dans le désert de Semâwa. le allait soumettre l'Egypte. Pendant que Merwân de la . disait-il . maître de la Syrie par suite la victoire qu'il avait remportée dans Prairie de Ràhit. Omair. poussaient la cruauté jusqu'à les évenlrer femmes . ils lieutenant de Zofar. forte- resse de la Mésopotamie là située à l'est de Kinnesrîn se jette où le Khâbour (Chaboras) le dans l'Euphrate.. fils Commandés par de Hobâb. Semâwa il n'y a plus de sûreté pour vous. chef de son se . rendez-vous général des La grande guerre étant devenue impossidurent se ble . jeta dans Carkîsiâ . Zofar. . ne voyait : faisaient point de les quartier. nous nous vengeons nous vous punissons. et quand Zofar revenir char- gés de butin et couverts de sang Kelbites sont durs le : .

187 v. 301.158 chercher un asile là viers 1 ! où de vils esclaves cultivent les oli- Toutefois les Caisites n'eurent à cette époque qu'une importance la secondaire. parce qu'ils considéraient comme le 1) p. mais après tout ce qu'un nid de brigands qui ne pouvait in- spirer à lui Merwân de sérieuses alarmes . Raihân . t. . Nouveau Journ. la Peut-être ni aucun Irâcain n'éprouvail-il de le sympathie pour les pour caractère de ce et dernier. un spectacle curieux plus étranges la et comles Les doctrines les et parfois . le Carkîsiâ . y avait d'abord les modérés. les fanatisme 1'indilférence y les aux prises. . vainqueurs arabes et vres . Cf. il importait avant tout de conquérir l'Iràc il eut à combattre des ennemis bien autrement redoutables. XIII. plus extravagantes s'y disputaient rédité et popularité la l'hé. qui ne vou- laient ni des Omaiyades . ni principes faite qu'il représentait. vaincus persans les les Fiches et les paus'y les Il visionnaires et incrédules combat- taient. asiat. les le modérés finirent par le reconnaître. était terreur et n'élait fléau des alentours . chaque tentative pour constituer un gouvernement national ayant échoué à Baçra comme à Coufa . l'élection . fol. . et comme . il est vrai . pourtant. le despotisme et liberté le le droit divin et la et souveraineté étaient nationale. ni d'Ibn-Zobair. L'Iràc présentait alors plet.

il sa longanimité était proverbiale sa tribu même quand qu'il appelait aux armes. les autres. le encore plus insoucieux du lendemain mettaient doute aude dessus de l'espérance. n'adoraient qu'un Dieu ne sacrile lui. Omar et les ihn-ahî-Rabîa. Alinaf et Hàritha représentaient à merveille deux nuances de ce parti. que Moâwia avait coutume de «S'il se met en courroux. colère. on savait la belle ne le faisait que le pour complaire à Zabrâ. le spirituel . qui dominait complètement. la négation au-dessus et . sa maîtresse. fiaient qu'à l'entraînement Ils . «Zabrâ est de mauvaise hudisaient alors les meur aujourd'hui il .159 seul qui fût en élat de maintenir la un peu d'ordre dans province. Les uns. les Le nom du premier de cette épo- se trouve mêlé à tous événements que. des parle toujours. observait juste mesure en toutes chola sa dévotion tenait le milieu entre ferveur et . influents Les de deux Baçra les nobles les . Ce Dieu. douce et paresseuse. . il cent mille Témîmilui partagent sa sans n'en . » se la soldats. mais il ne il fait guère autre chose que jamais sa il donner Chef des conseils. plus considérés . L'élégant. vivaient naturellement et d'une calme. en demander la cause. c'était le plaisir bonheur des sens. Comme ses. musulmans sans répugnance comme vie sans ferveur.» Heureusement était pas capable. jouissait dans n'agit. il tribu d'une considéI er ration dire: tes illimitée. l'Anacréon des Arabes avait écrit leur liturgie. Témîm si .

pas jusques à la dupliles cité ou la garder neutralité entre partis aussi longtemps qu'il le pouvait. sans re- chercher ses faveurs s'était voilà la ligne de conduite qu'il il tracée dès sa jeunesse et dont ne s'écarta . la sans et expansion sans dévoùment sans ce représentant cet du juste milieu et de vulgarité égoïste. . passait alors . 16 et du texte. éga- humeur aimable conciliante et toujours Brillant et spirituel représentant de la vieille noblesse païenne. éd. mais qui bassesse . douceur. p. 323 et suiv. t. mais aussi sans . s'accommoder de chaque gouvernement. ami des aussi in. 140 l'indifférence. Ibn-Nop. C'était . I. En ex- chaque péché bougie . temporisations capable et des moyens termes . monde l'aimait à cause de . le flatter . un caractère grandeur. sans le blâmer . . Additamenta ad historiam Arabum. Hâritha passait pour hardi buveur et ne niait point qu'il le fût. son doigt sur la flamme d'une cri de douleur: disait-il.. bàta. et poussant un petit ? «Pourquoi as-tu commis ce péché-là guider par un n'allait » Se laisser égoïsme prudent la et réfléchi. était d'inspirer l'enthousiasme le que de l'éprouver sa mais tout de son le 1 . quelque illégitime qu'il fût. de Slane. . apud Rasmussen suiv. Le district qu'il préféra à tout l) Ibn-Khallicân . 11 faisait pénitence de ses péchés mais celte pénitence piation de n'était pas il trop rude. jamais.

. p. Quand Obaidallàh . au point de départ avançant . 699." I. de Slane.141 autre quand lui q-ui il eut une préfecture à choisir les . p. 1) Mobarrad . p. prière lui qui il est aussi incrédule courtoisie fois qu'on exquise peut . tes qui se confinaient presque Mais ces deux sec. se séparèrent de plus en plus en et et finirent par comprendre la religion l'Etat d'une manière directement opposée. me soucie médiocrement d'avoir mon dit éloge funèbre . pro- noncé par Obaidallàh . encore . celui des non-conformistes et celui des Chiites . Ses sentiments religieux n'étaient point un ses mystère pour disait- amis. 3) Mobarrad. dit le texte. «Plus incrédule qu'un âne. il se distinguait honorablement Car il de ses concitoyens par sa bravoure.» Les deux autres partis. la province deux mille Irâcains en- pour réduire une quarantaine de non«Je conformistes n'avaient pas osé les attaquer. se composaient l'un et l'autre de croyants sincères et fervents. le faut bien le dire : les Irâcains étaient plus souvent d'une polétait tronnerie incroyable. 651. «Quel étrange spectacle. 325 . un poète la de sa famille. 2) Ibn-Khallicân t. éd. Mais était d'une on vantait tive 2 . gouverneur de voyés par lui . sa conversation à la et enjouée et instruc- puis . fut ce- produisait vins les plus savoureux. que de voir Ilàritha assister à publique l'être *. . avait 3 leur général j'aime mieux qu'il me blâme .» .

c'étaient les siècle âmes nobles . . tous nous rendons hommage à l'unité de Dieu. p. et qui .» «Ne nous demandez pas. cruellement provinces du vaste em- où chaque tribu au pouvoir . se faisait ils de sa noble origine un titre s'en tenaient les aux belles pa- roles du Coran: «Tous musulmans si sont frères. qui mettaient pas leur ambition ('ans les biens de la terre. 588. si Dans un temps où les guerre ravageait pire . . . montre mieux sa gratiet la tude Mais .142 Les non-conformistes chaleureuses . dans un d'égoïsme ne avaient conservé la pureté du cœur. nous sommes tous de l'islamisme . dons de Cais ou bien de fils nous descen- Témîm que . qui avaient une trop grande idée de Dieu pour nalement. disaient-ils. les disciples de l'autre Mahomet à de l'imposteur dont l'insatiable ambition aspirait conquérir la le monde civile par le glaive. et facile . aussi s'ils prêchaient l'égalité fraternité c'est qu'ils se recrutaient parmi la classe 1) Mobarrad .» qui lui . tandis que les orthodoxes de Médine étaient plutôt . c'est *. Mahola met mais de Mahomet était dans la preet mière époque la de sa mission alors que vertu religion remplissaient seules son âme enthousiaste. le servir machi- pour s'endormir dans une piété c'étaient les commune de véritables disciples tel qu'il . celui et celui Dieu le préfère aux au- tres.

4) Chahrastânî. 704. p. p. 2) Chahrastânî et 3) Mobarrad asiat. 543. . la on avait alors sur puissance absolutoire de gérées. que pécheurs seront 2 . Souvent esprits un simple déisme rien de . et à tous les vices. . sans honte. Justement indignés de la corruption de leurs contemporains. dissolutions sait. 143 ouvrière plutôt que parmi la noblesse *. damnés aussi bien la que les incrédules En effet. p. le pieux théologien Hasan de le Baçra au poète avec lui Ferazdac Débauché. à celui-ci tu préparé pour un jour semblable » de- manda convoi. disaient-ils Satan même il eût échappé à . 91. Les beaux ils aux mœurs relâchées ciel . Dieu . «A ce compte la . Nouveau Journ. . si par hasard croyaient au «Qu'as? comptaient le conquérir à bon marché. n'était4 ? » pas convaincu lui aussi de l'unité de Dieu 1) Mobarrad.. plus. damnation éternelle. d'assister aux priè- res publiques et de faire le pèlerinage de la ils Mecque prêchaient et que les la foi sans les œuvres est insuffi- sante. » répliqua tranquillement protestaient . les à toutes les qu'il suffi- croyant pour effacer tous péchés. . qui assistait à un «Le témoignage que je rends depuis soixante de ans à l'unité poète 3 . XIII. t. qui s'adonnaient sans scrupule. passim. le Les non-conformistes contre lui- cette théorie. foi les idées les plus exafoi ? Et qu'était-ce encore que cette .

vait être élu au que fût sa condition qu'il appartînt à la plus haute noblesse ou aux der. frivole . 144 Aux yeux d'une une vertu tirper. mais loin. cisme de proscrire la piété au nom de la comme il arrive à la piété de proscrire la raison in- dépendante au nom de Dieu. n'étaient ils que des hypocrites ambitieux. sceptique à demi païenne. Les Omaiyades eussent pu laisser les applaudir les même . Alî et Aicha. titre le gou- vernement s'alarmait tes . jointe à Il austère. veuve du Prophète. de ces démocrales de ces niveleurs. arrive parfois au sceptiphilosophie. car il fallait l'ex- se disait-on. ces âmes candides pour saire la liberté prêchaient qu'un les calife n'était néces. une religion si passionnée. à juste De son côté. blic — dangereuse théorie qui sapait droit pu- dans sa racine. la que Talha Zobair.. fut une hérésie. nait qu'à tribu. bornés à déclarer que les soi-disant chefs du parti tels orthodoxe saints de l'islamisme. Ce n'est pas tout encore: rêvant et passionnées une société parfaite. Chacun quelle prêchaient-ils pou. Prophète eût dit que le gouvernement cette spirituel temporel n'apparte. société légère si . ils droit exclusif au le cali- niaient hardiment que et .. faire . allèrent plus Sans compter qu'à l'exemple des orthodoxes de ils Médine traitaient les Omaiyades d'incrédules le . ils contestaient aux Coraichites fat. niers rangs de la société qu'il fût Coraichite le ou esclave. califat . que pour contenir méchants et que les . s'ils se fussent .

la dirigeait. pour se ranimer. Arabes qui n'étaient pas de le leur mais c'était — et leurs enne- mis les Ils savaient bien — c'était un l'air tison enfoui sous cendres qui n'attendait que propageaient en secret leurs vive. p. 10 . tuer le phi- lui qui avait petit-fils du Pro- phète . ne prêchaient avaient ils se cachaient qu'il . entraînante. fait Lui sceptique. avec une irrésistible principes. il répandit à grands fond de flots le il sang de ces homregarder mes qu'au les l'âme devait comme pas véritables disciples de Mahomet! le Ce : n'est qu'ils fussent à craindre pour moment ils vaincus par Alî en deux sanglantes batailles. 87. 575. désapprouvait leur les leur commerce avec secte 2 . éloquence emportée. Le gouverlui neur Obaidallâh losophe . T. parce qu'elle venait du cette cœur. Le gouvernement nant les de l'Irâc se doneffort donc la main pour écraser d'un commun non-conformistes et leurs doctrines. p. pouvaient fort bien s'en passer x . une persécution cruelle et terrible commença. de même que la noblesse syrienne avait secondé les Omaiyades dans contre les leur lutte compagnons du Prophète. . plus en public . «Il .145 vrais croyants. 2) Mobarrad I. 90. ils même inac- déposé leur chef parce tion. les hommes vertueux et l'aristocratie . me faut étouffer hérésie dans son germe répondit Obaidallâh 1) Chahrastânî .

Mobarrad . p. Jamais aucun d'entre eux ne faussait sa parole pour sauver sa vie menacée. Confiants fer- marchaient à l'échafaud d'un pas me.14G quand on lui dit que ces sectaires n'étaient pas as. ils vraiment admirable.» étincelle fait flamber un monceau Les non-conformistes soutinrent celte terrible épreuve avec une fermeté et résignés. donc vous voir votre famille pendant ici la si me Je promettez vous le de revenir . promets » lui répondit 1) Mobanad. hommes une jonc sont plus redoutables que vous ne pensez leurs moindres discours embrasent les esprits comme de légère '. 2) . lui veux vous rendre d'aller service. au lever le de l'aube. étonna jusqu'à et par sa piété exemplaire «Votre doctrine geôlier. 659. et je son éloquence persuasive. récitant des prières et des versets le du Coran. enfermé dans prison . le et recevaient dernier coup en glorifiant Seigneur. «Permettez-moi . ma je maison lui dit le non-conforprie ensui- miste te. d'entrer instant . geôlier répliqua non-conformiste. Un agent de l'autorité arrêta un un sectaire dans dans la rue. afin que me purifie et que je — Et qui me répond que le tu reviendras? et il — Un son Dieu. sez dangereux pour motiver tant de cruautés ces . Je vous per- mettrai nuit . la revint 2 . dit le me semble belle et sainte. 647.» autre. — p.

147 non-conformiste. homObai- La pieuse Baldjâ avertie que la . coucher du soleil. 647. «Tranquillisez- je connaissais le dessein de et votre maître. sortir et depuis le lors le geôlier le laissait chaque soir après nuit . se livrer à une mort cerlaine prison en disant : le non-conformiste re- tourna à la «Pourrais-je me présen- ter devant Dieu. et de Malgré malgré les pleurs de sa femme ses enfants. geôlier exprimait la tristesse: lui dit-il . prières de ses amis. Mais sa fa. soit mais je ne veux pas qu'un seul de nos frères à cause inquiété de moi. 648. équivalait à une sentence de mort.» Calme et résignée 1) Mobarrad. une mille irrité que le non-conformiste était lui avec des amis vinrent dire que le gouverneur de ce qu'un de ses bourreaux avait été avait assas- siné . dit-elle. car Dieu l'en punira. donné l'ordre de décapiter tous les héréles tiques qui se trouvaient dans la prison. 10 . veille dallâh avait prononcé son nom . si j'avais manqué de parole?» la De retour dans son cachot et voyant que physionomie du bon vous . * S'il me fait arrêter. êtes — Quoi! vous le ! connaissiez s'écria *. ce qui dans sa bou- che . les femmes rivalisaient de courage avec les . refusa de se cacher comme ses amis le lui conseillaient. p. vous n'en frappé pas moins et revenu » le geôlier d'étonnement d'admiration Et mes. tant pis pour lui. qui le conjuraient de ne pas aller ..

qui sem- revêtus d'une auréole de gloire une sainte 3 . Mobarrad Mobarrad . le Dans la respect qui secte les faisait hési- La persécutée était develes nue une société solidaires les secrète. après lui avoir coule pé mains *. Aussi 1) Mobarrail . c'était la peur. 648 et ailleurs. p.148 elle attendit les bourreaux les . . la patiente résignation aux supplices était loin d'être un mérite. Et en des au point de vue de ral . pouvait sûr de trouver le bourreau assassiné C'était déjà . p. p. et même musulmans en géné. dont membres étaient uns des . L'Eglise musulmane elle l'est une Eglise essentiellement militante et dans un autre sens que l'Eglise catholique. ce n'était plus ter. . horreur arrêtait leur bras prêt à frapper suite. p. parti. p. tant de sain- teté exeilaient l'intérêt et l'admiration des et âmes jusles imposaient parfois du respect aux bourreaux mêet - mes. et les jambes. 64". un commencement de résistance à main armée pas les exaltés la secte mais qui ne contentait effet . . autres. 590. qui ne mangeaient blaient ne dormaient guère et . A la vue de ces et hommes hâves pâles. jetèrent son Ironc sur marché Tant d'héroïsme . est une faiblesse. 670. du . Mobarrad. tant de grandeur . 2) Chahrastânî 3) 4) 89. Le lendemain de chaêtre que exécution on 4 . qui.

leur brigands et et les incrédules leur inac- lâcheté. A les partir de celle époque . 3) 678. 661. destinée de la alors secte. non-conformistes ils prodiges de valeur mais le ne tardèrent la pas à s'apercevoir qu'entre eux et Eglise il chef de Ils haute n'y avait pas d'union possible. l'assura des barbares qu'il 3 . territoire sacré les vola avec ses amis et à la disait du lbn-Zobair qui que. 149 les exaltés reprochaient-ils les aux modérés 1 . p. . retournè- rent donc à Baçra versel . 2) Mobarrad. pour combattre le Arabes . leur com- merce avec tion. à ce blâme. que les Arabes appellent . p. p. l'accueillit bras ouverts. du nom du père de Nâfi ne se con- 1) Mobarrad . . . même le partageait ses les doctrines. les non-conformisles ceux de l'Ahwâz du moins Azrakiles . puis . allait attaquer décisif deux la Ce fut un moment dont Nâfi. dans . Mobarrad. .. Tant que dura firent des siège de la Mecque. 577. il accepterait secours des Dailemiles des Turcs à des païens. s'associant 2 . les poètes. profilant la du désordre unid'Àirwâz ils s'établirent dans les province après en avoir expulsé employés du gouverne- ment. . . faisaient un appel aux armes prit villes lorsqu'on aples que l'armée de Moslim saintes. le lils d'Azrac était l'homme défense plus éminent. de Syrie. Il .

païens d'autre que l'islamisme ou pas Nul ne devait . même . séduiraient tes et : serviteurs et n'enfan- teraient que des impies des incrédules '. attendu que Mahomet n'avait choix laissé aux la Arabes mort. de déclarer que c'était un péché que de vivre dans leur société. de contracter des mariages dans leurs familles de persécution et : exaspérés par plusieurs années altérés de vengeance tirèrent . 683. Les autres Arabes étant tous ou des incrédules ou des les ex- pécheurs. mamelle ne laisse car disait dans Coran Seigneur subsi sister sur la terre ils aucune famille infidèle.loO tentèrent pas de rompre tout commerce avec les Ara» bes étrangers à leur secte. qu'ils interprétaient comme cer- taines sectes de l'Angleterre et de l'Ecosse ont inter- prété la Bible au XVII* siècle.» ils On de- avait voulu les exterminer à leur tour voulaient ils exterminer leurs persécuteurs. être épargné. car. des arguments pour la justifier leur haine implacable et sanctifier. De martyrs. tu en laissais. conséquences rigoureuses et puisè- rent dans le Coran. 680 . . p. il fallait refusaient d'accepter les croyances du peu- ple de Dieu. ils prirent un caractère cruel cipes les et féroce. 1) Mobarrad . ce qui revenait au tirper s'ils même. les femmes Noé pas même le les : enfants « à la . de manger des animaux tués par eux. vinrent bourreaux. les plus de leurs prin.

leurs la ils femmes. ils de Baçra. 2) p. raux qui succédèrent dans le commandement campagne. . forces ne pouvaient compter et que sur leurs car c'était propres leur propre ils courage. t. gravité allèrent leur rendit un peu d'énergie. d'une corpulence excessive et d'une tefois . cette ville. . Arabes de Baçra perdirent se trois géné2 . et à la rencontre de l'ennemi et avec plus d'empressement de courage il qu'ils n'en montraient d'ordinaire quand près mois. fallait combattre. 151 Bientôt . 688—690. à la avaient été assez le étourdis pour mettre Coraichite Babba 1 . régnait dans l'on sait qui comme avouaient d'ordinaire leur poltronnerie avec un cynis- me révoltant. du rtëril leurs enfants et leur propre vie. marquant leur passage par des torrents de s'avancèrent jusqu'à deux jours de marche sang. 171 v. tête du gouvernement homme nullité. et On en battit vint aux prises de Doulâb l'on se pendant tout un Nâfî fut tué dans les un de ces combats. .. ils refusaient encore Pour comble de malheur. parfaite Tou- comme ils avaient à sauver leurs biens. et à la fin. II. fol. . de leur les côté. Comparez Ibn-Khaldoun Mobarrad. fatigués par une si longue dé- 1) p. Une consternation Les habitants indicible . avec Mobarrad 688. justement l'époque où s'étaient ils affranchis de la domination des Omaiyades et où de reconnaître Ibn-Zobair.

sentirent qu'ils avaient pris la volonté pour la force et rentrèrent dans leurs foyers. Othmân à Hârilha qui s'était ! réuni à lui: — — je Eh Ah ! quoi c'est là toute leur les armée ? c'est que ils vous ne vous connaissez pas . sans qu'il fût il combattant en voofficiel. Ibn-Zobair envoya un gouverneur.» lontaire. L'Irâc eût été inondé alors par les farouches si sectaires.. la Hârilha ne leur eût ses barré le passage à tête de contribues. «Honîe éternelle sur nous. voyant qu'il dit des ennemis et avait eux l'avantage du nombre. épuisés par des efforts ils auxquels étaient si peu accoutumés. revêtu d'un caractère le préserva PJrâc du terrible fléau qui menaçait. donneront assez à faire. 152 courages de ce que tant de combats restaient sans ils résultat décisif. Ce gouver- neur confia commandement Arrivé sur en des troupes à son frère. vous en réponds. les habitants salut de cette ville ne virent d*aulre et moyen de de le que de se coaliser avec Ibn-Zobair calife. lui répondit Hârilha. les Gboddân. la nous abandonnons nos frères de Daçra à et rage brutale des non-conformistes. Mais comme Hârilha le danger était toujours imminent heure et comme Baçra pouvait être battu à toute qu'alors rien n'empêcbait l'ennemi de pénétrer jusqu'à . . dit-il à ses si compagnons d'armes. — Par Dieu ! reprit Othmân d'un air de dédain . face nommé Othmân. reconnaître pour leur le C'est ce qu'ils tirent.

général. d'énergie. d'avoir eu à essuyer le de cet étranger. là. Hâritha furieux piéliste . que . Vous vous eniendez à autre chose Othmàn significatif.. la Othmân . son de outrecuidance. son un «Si Hàrilha n'eût pas été . d'ivrognerie. les Irâcains sont des la lâches.165 avant de se battre. eût fait preuve de courage et C'était . leur disait-on . et ramassant l'étendard tombé à terre rangeant ses contribuées en bataille. arrêta l'élan de l'armée enne- mie. ne apprécier cet pas homme. . fuite périt champ de cueillir les Les non-conformistes allaient de leur victoire. hommes Je sais ne reculent jamais. Et Hàrilha que savez-vous faire de guerre?. un . au milieu de la lâcheté générale. après sur le avoir vu ses troupes prendre bataille. un ivrogne .. je veux voir s'ils savent — ces Sachez. qu'une fois rangés en bataille. re- fruits lorsque Hàrilha. me mettre à table. Quand on demande: province ? » «Quel et est celui sauvé la Maâddites Yéménites disent d'un commun accord: — C'est lui!» Malheureusement les piétistes qu'Ibn-Zobair envoya surent successivement pour gouverner l'Irâc. avait et accompagné ces paroles d'un geste . de ce double reproche avec de ses lâcheté et . — vous. disait avec rai- poète aucun Irâcain n'eût survécu à cette journée qui a fatale. demeura à l'écart hommes Victime sans prendre part au combat. le seul pourtant qui.

la La pesanteur de sa chute les cha- virer. obéit. el officielle ils s'obstinaient à lui refuser la position . pesamment armé. qu'il il sollicitait à ne pas lui envoyer les renforts dont les efforts avait absolument besoin pour soutenir Pressé de plus en plus . par une retraite qui ressemblait à une suivi par se jeta ser. barque. universelle. 134 incrédule. Il ordonna batelier aussitôt au batelier de regagner la rive. ra pour aller il s'occupait à jeter un pont sur Une foule d'habitants avaient quitté Baçasile chercher un . Et l'en- nemi avançait. Mais alors.. Hâritba entendit de détresse que poussait un brave Témîmile qui. Tous périrent engloutis par vagues L'Iràc avait perdu son dernier défenseur. que le gouverneur ne trouva plus personne qui voulût se charger du commandement de l'armée. p. 698—700. allait être atteint par les ennemis. arrivé trop tard pour s'embar- quer. le brave guerrier ne put sauver son armée épuisée que fuite. laissa choir dans la fît *. de l'ennemi. d'autres se les préparaient à les suivre terribles fêtes et la si peur qu'inspiraient si rasées était grande. mais la rive le Le où l'on aborda étant se fort escarpée Témîmite. ailleurs . comme par une inspiration du une seule pensée 1) Mobarrad. . l'on arriva au Petit-Tigre l'on précipitamment dans des bateaux pour barques les le pas- Les étant cris déjà au milieu du fleuve. Pourel l'ennemi. ciel . déjà l'Eupbrate.

Mobarrad. mais animés. p. . que pour réduire ces fanatiques toujours prêts à vaincre ou à périr et qui. dans son faits palais de Valence. 25. p. les persuader que les plus non-conformistes . a se ruaient à sur leurs adversaires 3 en criant: leur op- Nous venons toi. 2) Voyez mes Recherches. 203. et Ibn-Cotaiba . 3) .155 remplit tous les cœurs les . un seul cri sortit de toutes bouches 1 ! : « Il n'y a que Mohallab qui puisse nous sauver » Et Mohallab les .» il fallait poser des soldats non-seulement ciplinés. Seigneur . les Et il un miracle : il sut transformer leur sceptiques Irâcains en croyants zélés. C'était sans contredit un homme tion supérieur digne en tout point de lui l'admira- enthousiaste que témoignait le pour un héros chrétien. étaient les ennemis le acharnés de l'Eternel la leur inspirer désir d'obtenir couronne du martyre. se faisait lire les hauts 2 . p. sauva. 701. 623. à aguerris et bien dis- un égal degré. de l'enthouopéra siasme religieux. des anciens preux de à sa clair- l'islamisme Comme rien le n'échappait voyance. Quand les courages chancelaient il attribuait hardiment à 1) Mobarrad. p. cf. il comprit dès début qu'une guerre de ce chose de genre demandait dans un général quelque plus que des talents militaires. t. bien que percés d'outre en outre par les lances enne- mies. 593 II. p. quand. il Cid.

le plus passionnément implacable. donc dans cette guerre qui dura et ans une émulation de violence et l'on le de haine fanati- que se . de l'autre. spirait les une autre secte. de toute son for- énergie.loti Mahomet des la paroles prophétiques 1 . Fasc. ceux des 1) Ibn-Khallicân . dix-neuf étaient convaincus que Il ciel leur avait y 2 eut . IX . la parce qu'ils promise. car. côté les voyais venir d'un Dailemiles disait-on païens. plus alarmes tant aux Omaiyades qu'à Ibn-Zobair. 704. 89. ne saurait dire lequel des deux partis plus montra ardent. plus et Alors les la soldats n'hési- remportaient le victoire. 48 . .» celle seront revêtus les Pendant que Baçra avait besoin de toutes ses ces. p. car celui je m'élancerais tué sur ces qui meurt fois par eux jouira là-haut d'une dont auréole dix resplendissante autres martyrs comme 3 . le « plus Si je et les acharné. par un singulier con- traste le talent de l'imposture lui était aussi naturel qu'un taient magnanime courage. dans l'armée de Mohallah derniers. p. vives celle des Chiites. éd. . non-conformistes . Mobairad . Si tir les principes des non-conformistes devaient abounécessité à la de toute démocratie . Wustenfeld. 2) Chahrastânî 3) p. pour repousser les nonin- conformistes. qui promettaient victoire à ses soldats .

tard chef de fol. 109. et que califat était héréditaire Ils dans la fa- de l'époux de Fatime. Ne pouvant admettre que dence d'abandonner mullitude assez . bizarre et monstrueuse pensée. II. Prophète eût eu l'imprude son successeur à certaines la le choix ils se fondaient sur expressions équivoques de Mahomet pour enseigner que lui celui-ci avait expressément désigné Alî pour le suc- céder mille . Ce Caisân devint Ibn-Khaldoun . . coutumés à voir . considéraient donc les comme des ils . fondée par Caisân affranchi d'Alî la . 176 v. 2) Chahrastânî p. dans leurs rois et leurs prêtres 1) Quelques auteurs arabes plus identifient la b. même temps leur calife au rang d'un . secte qui dominait à cette époque et qui avait été l . élevaient en . Omar et Olhmân. Dieu car ils croyaient qu'il ne péchait jamais et qu'il ne participait à aucune des faiblesses fections de l'humanité. le cerveau des anciens sectateurs de Zoroastre qui ac.157 Chiites menaient droit au le plus terrible despotisme. . arriva. tort Caisân avec Mokhtâr. mais éclose dans . antipathique au caractère arabe. à la religion triste doctrine que et la vertu consistent uniquement dans la soumission passive et l'obéissance illimitée aux ordres de l'homme-Dieu 2 . voyez t. la des imper- De celle déification du calife. 108. par une la foi. garde de Mokhtâr . des usurpateurs non-seulement Omaiyaet mais encore Abou-Becr. conséquence logique. .

jusqu'à celui qui prêchait l'absolutisme ces variations et pour justifier continuelles . essentiellement persane se recrutaient c'est-à-dire rence parmi les affranchis parmi les Persans. dieux . Introduc- XXVII. héros dans colère et renard dans la réflexion. un Dieu essen- 1) tion 2) . A .158 ïes descendants des . des divinités ligion la transportaient aux chefs de la nouvelle re- vénération *. . . Exposé de la religion des Druzes . t. 378 . les Chiites étaient ils 2 . bien et sa propres à inspirer des doutes sur sa sincérité il bonne foi. des génies célestes . passim. Tabarî apud Weil t. s'était créé un Dieu à son image. p. I . De là vient aussi que cette secte donnait à ses croyances l'aspect formidahle d'une la guerre aveula gle et furieuse contre lui société : haïssant nation dominante et enviant ses richesses. I . violent la et fourbe. orthodoxe — Zobairite. Tour à tour non-conformiste. il avait passé par tous depuis celui qui représentait la démocra. . De Sacy p. leur part des biens d'ici-bas Leurs toutefois. étaient ordinairement des Arabes. le qui exploitaient à leur profit la crédulité et fanalais- tisme de ces sectaires. Persans demandaient chefs. ces 3 . 3) Ibn-Khaldoun . cette époque ils se saient guider par et Mokhtâr esprit à la fois audacieux et scélérat. tie — et Chiite . tigre souple. comme on disait alors les partis. qu'ils accordaient précédemment une secte de préfé- à leurs souverains Car . dans la note.

un seul mobile : une ambition effrénée tous ses efet la do- forts tendaient vers un seul but : le pouvoir les mination. mettait la : ses pressentiments car si ses visions à l'abri de pas critique. lendemain contraire de ce qu'il avait su veille. « l'événement ne les 1 . 159 tiellement le variable. autant se de préjugés un homme fins. habile savoir servir pour les arriver à ses rôles Mais quoi qu'il jouât . voulu avait se pi- et ordonné lui la Cette bizarre doctrine pour quait encore un autre avantage: pouvoir et comme elle il de prédire l'avenir . changeait. Son esprit orgueilleux planait avec une dédaigneuse indifférence sur tous les systè- mes qu'il politiques et toutes les croyances religieuses considérait la comme . justifiait Dieu a les changé d'avis. malgré n'élait S'il contraires nul moins inconséil quent . qui ordonne . moins variable que lui. n'avait ce caractère d'obéissance passive qui plaisait à son humeur impérieuse. Et pourtant. le qui sait. Il méprisait tout ce que autres crai- gnaient ou vénéraient. . Toutes ses actions avaient . ne changeait que de moyens. . tre secte n'était aussi simple et Nulle aunulle autre crédule . autant de leurres faits pour tromper dont multitude comme doit .» apparences disait-il . qui veut.. 110. tous avec une incomparable adresse celui de chef des Chiites convenait le plus à son génie. p. 1) Chahrastânî .

fol. contre par le calife Abdalmélic. ter et décapiter la Mokhtâr arrê- deux cent cinquante personnes dont plupart avaient combattu contre Hosain à Kerbelâ. puis il coup Je main fit il enleva Coufa à lbn- marcher envoyée ses troupes au-devant de lui l'armée syrienne .160 Par un hardi Zobair. les Pour habitants de Coufa d'indignation . qui venait de succéder à son père Merse soulever. attendu leurs ce comme ils disaient moment mais Mokhtâr . son mo- c'était d'ôter aux Arabes l'envie de recommen: cer. . l'ordre s'y at- de revenir au plus le Au moment où l'épée au poing. Ensuite. t. les rebelles virent . ordonnant à ses troupes de marcher de nouveau contre l'armée syrienne. Au moment du départ. II . ils tendaient moins. ils émigrèrent en foule. Mokhtâr ne négligea rien pour stimuler leur enthousiasme et leur fanatis- me. Et ils se gardèrent bien de le faire la pour échap- per au despotisme de hache . qui ne subissaient qu'en frémissant et de colère le esclaves joug de l'imposteur et des * . if leur montra un vieux 1) Ibn-Khaldoun . n'avaient que sut gagner du temps en il les leurrant de protestations et de promesses. 179 y. servit de prétexte. Persans. et son général Ibrahim en profila pour envoyer à vite. vvân. lui La mort de Hosain bile . Ibrahim et ses la Chiites se ruer sur eux Quand fit révolte eut été noyée dans le sang.

Les Chiites eurent d'abord pigeons. qu'il faisait passer pour . T. p. . dessous. moment tous d'aviser à sa propre et exciteraient en même temps efforts les crédules soldats la à employer leurs pour changer défaite en victoire. 665. trône d'Alî.» avait Or. les elle enfants sera la il Placez-le dans la mêlée le . avait acheté d'un charpentier . non de Mosoul (août 686). Alors on lâcha les La vue de que . p. Dieu enverra à secours des anges que vous verrez voler près des il nuages sous savoir la forme de pigeons hlancs. .» plus sanglante. 161 siège qu'il . 2) . 667. les La loin le bataille eut lieu sur bords du Khâzir. sera parce que Dieu vous aura aidés. ces oiseaux releva leur courage et tandis dans 1) Mobarrad Mobarrad I. H . mais ne vous décourager dans car il laissez point le cas où vous éprouveriez un échec votre m'a été révélé qu'alors . là 1 où . Ce trône dit-il à ses soldats sera pour vous ce que l'arche d'alliance était pour d'Israël. colombiers de Cou- avec à l'ordre 2 . faut que Mokhtâr donné dans les si à ses plus intimes affidès des pigeons élevés fa . et sachez ta: défendre Puis ce ajou- «Si vous remportez la victoire. de les lâcher une issue fâcheuse était craindre Ces oiseaux viendraient donc anle noncer à Mokhtâr que sûreté était venu . au prix modique de deux pièces d'argent fait mais qu'il avait le couvrir de « soie et ..

l'ancien lieutenant de il la commandait. pela Cédant à leurs prières. Caisites indif- demeurèrent spectateurs immobiles férents. Pendant que Mokhlâr phe . . s'était jeté la citadelle de Coufa. p. l'assurant qu'il n'aurait qu'à se montrer pour que tous les hommes sensés de Coufa se décla- rassent pour lui. 162 leur exaltation fanatique. l'armée syrienne. à l'entrée mais la non de nuit. mourir en braves que de périr de faim ou de 1) Mobamul. ils se précipitaient sur l'en: nemi avec une rage les effrénée en criant cri se fit « Les anges l'aile anges!» un autre entendre dans était gauche de l'armée syrienne. ici Mieux vaut . 667. voyant ruine de son parti inévitable « était décidé à n'y point survivre. remporta sur eux deux victoires. était en pleine déroule 1 . ses soldats. Elle entièrement composée de Zofar . . dit-il à Précipitons-nous sur les assiégeants. et v. Omair. il avait eu une entrevue avec sant Renver- maintenant pour sa la bannière Prairie ! cria: lors «Vengeance. . dans la et assiégea Mokhtâr qui Ce dernier . marcha avec lui contre les Chiites. après avoir perdu son général en chef Obaidallàh . les vengeance » Dès . et. le La nuit précédente général des Chiites. Masoudî. Moçab rap- Moh allab à Baçra.. 125 r. fol. d'aller attaquer l'imposteur. s'enivrait encore de son triom. les émigrés de Coufa suppliaient Moçab frère d'Jbn-Zobair et gouverneur de Baçra. Caisites . 666. du combat.

Sans vouloir il avait rendu au rival de son frère un écla- tant service. avait perdu vingt prestige de six ou sept à hommes. et tantôt fournissait des vivres aux Chiites leur '. derrière lui commença par rôle fort assiéger Carkîsiâ il où Zofar jouait un étrange. les émigrés . des bandits . 165 nous y laisser il égorger son comme : des agneaux.. qu'ils ses soldats firent une sortie si vigoureuse. Mais le ne jouit . proposait de marcher avec eux contre les Syriens Tous les ennemis des Omaiyades tentions . des alliés . As- siégé par Abdalmélic qui sur les remontrances des Kelbites . Pour ne pas laisser d'ennemi . disaient . il Zo- bairites dans . leur lâcheté ne leur profita point. quelque différentes que fussent leurs pré- étaient pour lui . ses ennemis les plus redoutables . et Abdalmélic fai- n'ayant désormais sait les plus rien à craindre de ce côté-là. défendit son repaire avec fois une opi- même. Ils seulement répondirent son vendirent chèrement leur vie. . puisqu'il l'avait débarrassé des Chiiles. 11 . fol. 175 r.» Mais mille appel. pas longtemps succès. des assassins et l'impi- toyable il Moçab les livra tous au bourreau de ses (687).. Tantôt il préten- dait combattre pour Ibn-Zobair. tenait prudemment une ses soldats caisites hors de combat. C'étaient. des amis. Zofar niâtreté extrême. Quant aux antres. les grands préparatifs pour attaquer l'Irâc. 174 v. pénétrèrent jusqu'à 1) Ibn-Khakloun .

il entama une qu'il rompit quand la destruction la de quatre tours lui eut rendu l'espoir de prendre ville de vive force. 183 r. amitié se donner toutes les assurances d'une ! fraternelle.164 la tente du calife. finir pour pouvoir marcher contre Moçab négociation . il voyant la place d'honneur qu'occupait Zofar 1) le Ibn-Khaldoun ne fait . pas mention de cette clause . fils du calife de La . . Un se noble Yéménite. Apparence pour Zofar lui trompeuse fit Afin que l'amitié d'Abdalmélic place à une haine seul vers. p. Nouveau Journ. il suffit de rappeler un . . Carkîsiâ l . Zofar se rendit auprès d'Abqui le dalmélic fit reçut avec de grands 2 . ils . été Au plus prix de quelque argent qui serait Zofar obtint les distribué entre les soldats du calife. XIII. fol. Pour contenter fierté il stipula en outre qu'il ne serait forcé de prêter serment au calife omaiyade qu'après sceller la mort d'Ibn-Zobair. mais voyez t. Ibn-Dhî-'l-calà et entra dans tente. égards et le asseoir à côté de lui sur son trône C'était . Enfin . 305. 2) Ibn-Khaldoun. asiat. ardente . un spectacle louchant que de voir ces hommes si long- temps ennemis. la . pour lui-même sa gouvernement de . paix conclue. : conditions les honorables l'amnistie le pour ses frères d'armes. et qu'il renoua quand l'assaut eut repoussé. et comme celui-ci était pressé d'en . . pour leur réconciliation . convinrent entre eux épouserait une fille que Maslama Zofar. 182 v.

sur d'exterminer vais . . Il rnarcbe en se balançant mollement et laisse flotter comme une charmante les fille de Coraicli au gré des vents viens-tu pans de sa robe. tribu celle de Taghlib. pas que je veuille l'élever au-des- sus toi c'est et seulement parce que son langage est le mien que sa conversation m'intéresse. ce moment haïssait . Celui qui en boit trois rasades sans mélange d'eau sent naître en lui le désir de répandre des bienfaits. . que Zofar recevait du rait le le calife. « Commandeur cet des croyants des comment . cause dit-il .» . 165 mit à verser des larmes. l'ai fait à mes côtés. Je dit-il frapper un coup que n'a Il pu porter chez le Ibn-Dhî-'l-calâ. réciter — A quel propos me ces vers ? .» .. homme fidélité naguère révolté encore contre vous dont . il abhorété brigand de point « Carkîsiâ qui souvent sa avait . répondit le calife ce n'est . ce meurtrier des miens assis avec vous sur ce trône cé ? au pied asseoir duquel je suis pla- — de Si je . le sabre dégoutte du sang de ma famille je victime de sa dis-je . Elle exalte l'esprit du buveur. se présenta aussitôt calife et . était à autre tente fut informé Il de l'accueil . Le poète Akhtal qui boire dans une dans . à vous servir quand vois . toute . Le calife lui demanda la . ne répandrais-je pas pleurs amers quand j'aperçois . de son émotion. après l'avoir quelques : instants regardé fixement il déclama ces vers La liqueur qui remplit ma coupe a le brillant éclat de l'œil vif et animé du coq..

Tu as sans doute quelque idée en — cet 11 . 304 —30". de Caisites. de . est vrai . Ibn-Khaldoun . aussitôt que les deux armées furent en présence ces 2 . yeux étincelants d'une haine de pied dans le farouche la il donna Zofar un violent coup et le poitrine de renversa de dessus trône. calife. 2) 181 v.» A les ces mots.. p. asiat. XIII. t. commandée par son fils mais . Zofar avait renforcé l'armée d'Abdalmélic. n'était pas et les Caisites ne tardèrent pas à don- ner aux Omaiyades une nouvelle preuve de leur haine invétérée. Abdalmélic bondit comme haletant s'il eût été colère. reprit effet Akhtal bien des idées viennent m'assaillir en lorsque je vois assis auprès de vous sur votre trône homme qui la disait hier : « Sans doute l'herbe re- poussera sur les terre fraîchement remuée qui couvre . mais jamais nous ne les oublierons et toujours nous aurons pour nos enne- mis une haine implacable. Furieux. ossements de nos frères . fol. alla quand elle combattre Moçab .. piqué d'une guêpe. Caisites passèrent à l'ennemi avec armes et bagages 1) Nouveau Journ. . commandeur des croyants .166 lui dit le tête. Zofar avoua depuis qu'il ne s'était jamais cru aussi près de sa <.. . par une division Hodhail . dernière heure qu'à ce moment-là Le temps d'une réconciliation sincère encore venu .

je fier et ne me suivrait. n'y avait qu'un fils parti à prendre. peu disposés . 189. les les Légers et mobiles. toujours fût . et si me rendrais ridicule . «Je montrer leurs véritables pas. les suites fâ- cheuses qu'avait eues celle d'Oraair. toutefois .» — «Eh ? quoi! vous m'ordonlui nez de marcher le vers l'ennemi dit un autre en aucun de seul à la regardant d'un air insolent et railleur. s'étaient Moçab était donc entouré de généraux qui déjà vendus aux Omaiyades lui et qui . et n'ayant à plus nulle envie de se faire tuer pour un prétendant . je ne veux pas que en ma ne tribu la périsse combattant pour une cause qui louche en rien. aux émissaires d'Abdalmélic en prodiguant l'or qui parcouraient l'Irâc et les plus séduisantes promesses. soldats mes charge. qu'ils méprisaient ils avaient prêté une oreille avide . au contraire. leurs griefs Irâcains avaient déjà oublié contre Omaiyades. Irâcains n'a m'ont et dis adieu à à vivre. ne tardèrent pas à sentiments. à combattre forte rai- pour qui que ce son . qui plus que peu d'instants — Non mon 1) Ibn-Badroun 3 p. perfides . souriait à Abdalmélic.» brave comme Moçab l'était 1 j'allais Pour un il homme rfPars. .167 Cette défection n'eut pas . S'adressant à son Isa: les va annoncer à ton oncle que trahi . ton père . La fortune. lui dit-il. lui ne veux répondit l'un quand il lui ordonna de charger. la bataille enga- gée.

dans une conférence avec les chefs de ces sectaires ce . qui .» et le abanse je- donné à l'heure du tèrent au plus fils fort de la mêlée. musulman de combattre maudit . les ! Voilà de . avait déclaré. foi d'avouer des biens monde vous servez vous paie . Le père et jamais ai les Co- raichites ne me reprocheront que je vous péril. Tout PIrâc prêta serment à l'Omaiyade. p. manière naient les Irâcains . 736. I. bientôt après on présenta leurs têtes à Ahdalmélic (690). lui répondit le jeune homme. même meilleurs « compre- l'honneur et la si loyauté Décidez vous-mê- mes maintenant indignation. chaque pouvoir pourvu que vous êtes * I qu'il frères de Satan » l) Weil. qu'esclaves et encensez et l'erreur est de votre côté ou du nôtre. 411. Mobarrad. p. . 412. Mohallah de la veille encore . t.168 père. était qu'il son seigneur dans monde pour lui et et était prêt à mourir que c'était le devoir de tout bon . que dans Moçab l'autre . s'écrièrent les non-conformistes dans leur juste ayez au moins de ce bas la bonne . ignorant la mort Moçab déjà connue des non-conformistes. Ahdalmélic ce fils d'un Mohallab imita l'exemple de ses compatriotes le aussitôt qu'il eut reçu diplôme par lequel le calife omaiyade le confirmait quelle dans toutes ses charges et dignités.

217. éd. s'il eût conservé les pieux distingué par lesquels il s'était le dans sa Mais ce n'était plus . Lees. serait.. 2) Mobarracl p. Tarîkh . Les années . à la vérité . le commerce du flétri monde que jour l'exercice du pouvoir avaient foi en lui sa candeur enfantine et sa le naïve . par- ce qu'il avait osé envoyer des soldats contre Mécline la ville du Prophète et 2 . 636. monde musulman la il ne lui restait à conquérir que Mecque Ce . p. un sacrilège et Abdalmélic eût frémi d'hor. . reur rien que d'y penser sentiments jeunesse *. régner sans compétiteur sur le Pour . jeune homme can- dide et chaleureux qui dans l'élan d'une sainte in- dignation . avait fermé le livre de Dieu 1) Voyez Soyoutî. . 216. vin Abdalmélic touchait au but de ses souhaits. jour où son cousin Achdac cessa de vivre ce où Abdalmélic se il souilla du double crime de parjure et d'assassinat. al-hholafâ . appelait Yézîd l'ennemi de l'Eternel. résidence et dernier asile de son concurrent. et l'on raconte .

de Slane. p. par sa défection. ce fut que . s'estimait lire heureux petits . il Quand qui allait sollicita l'honneur de . s'être les laissé sous fut règne de Merwân par Zobairites il redevable de sa nomination à une circonstance assez bizarre. 401 . mais ce dont tout le calife choisit . t. 3) Ibn-Khallicân 4) Ibn-Cotaiba.170 en disant d'un air sombre et froid: «Désormais *. Fâkihî. 272. poussière. soit sa pour . commander l'armée calife lui 5 . enseignant à il soir et malin aux garçons parvenait à gagner de quoi acheter 2 . commandé une bravoure. enfin. 4 . et qui. division dans où l'ennemi avait ôté. 635. I . battre.» il n'y a plus rien de commun étaient entre nous assez Aussi ses sentiments religieux connus pour que allait nul ne s'étonnât en apprenant qu'il envoyer des le troupes contre la Mecque . dans ce temps-là. 182 éd. fol. un certain Haddjâdj profession qui autrefois d'école à avait exercé l'humble de maître Tàïf en Arabie. 2) Ibn-Cotaiba. le moyen de montrer. un morceau de pain sec avoir rétabli Connu seulement pour un peu de pour avoir lui discipline dans la garde d'Ab- dalmélic l'Irâc 3 . si en . pour com- mander dans la cette expédition importante un homme né . le soit sa lâcheté. p. r. mon- de fut surpris. 201. p. assiéger Ibn-Zobair le répondit d'abord par un tais-toi hautain et dédaigneux mais par une de 1) Mobarrad . p. 5) .

. .. p. 202. à son avis. en accordant à son frère . — un il de la «parce que Dieu. tout à Haddjâdj savait en dit-il.» et aussitôt le l . aimait un peu trop à tran- cher du souverain . Il de l'Irâc et qu'il mort de son été est vrai de dire n'avait pas sans inquiétude sur les projets de Moçab qui.» Mais quand 1) Ibn-Cotaiba. et il se consola d'autant plus aisément de sa perte qu'il y trouva l'occasion de déployer ses talents oratoires en prononçant un sermon qui nous paraîtrait froid et guindé peut-être . que j'écorchais confia le Ibn-Zobair. gloire du martyre avait voulu 2 lui donner télui moignage de sa bienveillance . mort qui pour à et lui une blessure bien la » ne laissait la l'homme sensé que de la source de joie. mais le- qui sans doute lui semblait fort édifiant quel il et dans disait naïvement que rempli de la mort de son frère l'avait tout à la fois . qui de reste croyait à fort peu de chose et croyait faire fermement aux songes. calife com- mandement calme qu'il sollicitait il Quant à lbn-Zobair. t. lui propos. 171 ces anomalies normales lic . 140. X. 2) Nouveau Joum. Abdalmé. p. tristesse et « de joie: de tristesse parce qu'il se voyait était privé d'un ami cuires- dont sante la . patience résignation . du cœur humain . . asiat. «J'ai rêvé. et avait la reçu avec la assez de perte de de la résignation nouvelle de frère.

sur son cœur. Mais je . affreuse disette qu'il alors son courage chanvul- cela. sa étant venu trouver mère . lui dit-il . 172 fallut . à ne soit . te fait? La brebis. d'autre dessein que de . mais combattre . dit-elle. quand il vit la Mecque cernée de de la plus toutes parts et livrée aux horreurs . non prêcher . crains . quand donc on l'écor- a été souffre-t-elle che? Ces fières paroles firent . monter il la rougeur de la honte au front d'Abdallah se hâta d'assurer à sa n'avait d'in- mère eu qu'il partageait ses sentiments et qu'il l'éprouver . je si je succombe sous coups des Syriens corps qu'ils n'assouvissent leur vengeance sur mon si — elle Et qu'est-ce que cela égorgée. Sa main rencontra une cotte de mailles. femme d'une fierté toute romaine en dépit de ses cent ans: — donné faire ? Ma mère et . reprit-il les d'un air piteux . . Ce n'est pas manquât de ce courage moins qu'il gaire que tout soldat. possède sur le champ de et. Peu il stants après s'étant armé de pied en cap revint Elle le auprès serra d'elle pour lui dire un dernier adieu. Que pensez-vous que — — crains Mourir . tout le monde m'a abanencore des condije doive mes ennemis m'offrent tions fort acceptables. un grand mais il poltron .. bataille manquait d'énergie morale.

les Syriens s'arrêtèrent et pas un ne voulut recommencer. les pour choses saintes . Haddjâdj une activité et. que théologiens ont jamais pardonnée mais qui prouvait qu'il s'était dévoué corps ne l'avait . Syriens étaient occupés à lancer des pierres la Caba. douze soldats furent frappés de Saisis d'une terreur fou- superstitieuse . armure que pour vous un peu in- quelque espoir répliqua-t-il décon- — Il J'ai dit adieu à l'espoir. son corps renversée (692).175 — — spirer certé. à la cause de son maître. d'autres appelaient les signes colère les la du Un orage s'étant élevé . un jour que sur dre. les pour dire tout. sans héroïsme sur les ennemis mourut d'une manière plus honovécu. attaché à un gibet dans une position Pendant de la . le siège Mecque. — ôte cela. un grand cou- rage toute infatigable une persévérance à une indifférence ne lui épreuve. dit-elle. et âme . Quand on est décidé à mourir. Ensuite la ayant passé quelques ce héros heures à fondit prier dans Caba et . Haddjâdj retroussa aussitôt sa robe et la prit une pierre cordes en plaça sur une baliste dont il mit les . Je n'ai revêtu cette . l'inviolabilité Rien arrêté ni immémoriale du de temple la ni ce que ciel. on n'a pas be- soin de cela. rable qu'il n'avait Sa tête fut envoyée à Da- mas. mais . obéit. . les six ou huit mois qu'avait duré avait déployé .

la pierre fatale qui Ibn-Zobair avait été lancée par 1 .» la Tant de dévoùment à cause omaiyade méritait une récompense éclatante. — les orages y sont très-fréquents.174 mouvement « . peu de mois après. 204 r. d'un air leste et . un des leurs par Homaid ibn-Bahdal ce fut Ce qui acheva de se complaisait à qu'il 2 . j'y sus né. de tout le Hidjàz. ils pouvaient avait tué . D'ailleurs Kelbites loir. par le siège de la Mecque . 2) les vers cT Abdalmélic cités dans le Raihan . que et le calife louer leur braet voure leur fidélité. fol. Comme soupçons il était Caisite par sa naissance. sa promotion des aurait probaet . exemple. l'exclusion de leurs ennemis. un homme sans consépouvaient se préva- quence. Aussi Haddjâdj fut-il nom- mé par Àbdalmélic gouverneur de la Mecque. 658. dégagé : Cela ne signifie rien je connais ce pays moi . flattait cajolait leurs à chefs en prose et les en vers qu'il continuait leur donner enfin emplois à avaient . blement alarmes ce . p. . tels qu'ils pour eux I er . que . inspiré s'il aux Kelbiles des eût été d'une origine plus illustre mais n'était qu'un parvenu les . plusieurs princes et que Khâlid calife et fils de Yézîd Abdalazîz . des services importants qu'ils avaient rendus pendant dire. les rassurer. Cependant les Caisites ne manquaient pas non plus 1) Hamâsa Voyez . frère du fils d'une femme kelbite. et. eux aussi. en disant .

que celui-ci dit un jour aux Kcibites — Il N'y a-l-il personne parmi vous qui voudrait se le charger de faire une razzia dans faut absolument désert des Cais? qui ont .175 de protecteurs calife et et leur fils à la cour. De cette manière vous trouverez facilement l'occasion de les traiter comme se ils le méritent. dans toutes tres . — dit Je me me charge volontiers de . . frère du d'une Caisite. l'affaire . — — — la Je vous réponds de tout. lbn-Bahdal mit en roule mais avec une suite de soupçons . que l'orgueil des princes soit des femmes caisites pour mères humilié les les car ils ne cessent de prétendre que. querelle et comme il disait à tout . renconCaisites avant comme après le Prophète . ont eu l'avantage sur nous. avait épousé leurs intérêts . peu nombreuse pour ne pas parce qu'il était sûr éveiller et de trouver des soldats partout . les Vous savez que depuis n'ont mort la d'Ibn-Zobair Caisites pas encore payé ordre dîme au calife. Je vous donnerai donc un les qui vous autorisera à lever la dîme parmi et Caisites qu'Abdalmélic sera supposé avoir écrit. lui réponle Homaid ihn-Bahdal si vous m'êtes garant que sultan ne punira pas. Bichr surtout . Mais comment ferez-vous donc ? Rien de plus simple. propos ses fan- qu'ils surpassaient les Kelbiles en bravoure le faronnades allumèrent à un tel point courroux de : Khâlid.

avait été le . ne demandaient mieux que le le suivre il s'enfonça avec eux fait dans Désert après leur avoir Caisiles. ils s'emparèrent de ses chameaux. claré qu'ils . milles qui descendaient aussi de Hodhaifa fut ils les at- taquèrent. chef des Dhobyân dans il la célèbre guerre de Dâhis mais comme . au fa- nombre de cent. ayant rencontré cinq . et c'est ce qui le Guidés par sa voix le les Kelbites le fondirent sur lui. et. avait le malheur d'avoir pour mère une esclave tel ses fiers contribules le méprisaient à un point qu'ils avaient refusé de lui donner une de leurs filles en mariage (ce qui l'avait obligé à prentribu yéménite) et que. les Ce malheureux paria récitait à haute voix perdit. sous-tribu de Cais . massacrèrent. Il . son bisaïeul. Hodhaifa ibn-Badr. leur communiqua projet de les plus Khâlid les hommes pas les plus lui braves et déterminés de ces deux tribus ayant déde . auprès Beni-Abd-Wadd de Kelb qui Beni-Olaim deux sousDésert . et . . jurer qu'ils seraient sans pitié pour les Un homme de Fazâra première victime. tribus demeuraient dans il le au le sud de Douma et .176 où des il rencontrerait des et contribuas. prières du malin . Ensuite . ne vou- dre lant femme dans une pas l'admettre dans leur société . joignant vol au meurtre. ils l'avaient relégué aux lisières du camp. fut leur sortait d'une riche et puissante lignée. Le combat acharné et se prolongea . des Arrivé . de Kbabt.

pour Homaid ibn-Bahdal. Certainement le lui il répondit Ibn-Bahdal cet or- voici . matin . ne l'étaient pas cependant leurs quoique nombreuses. 12 . . leur sang vint les couvrir . . Continuant leur tes route pendant la nuit . Quand les Kelbi- tes eurent mis pied à terre ils Abdallah leur demanda qu'ils qui étaient. — et lui montra un diplôme revêtu du sceau califal. Ils répondirent étaient des dimeurs envoyés par Abdalmélic. — Pouvez-vous me montrer un demanda . grâce au sable qui poussé et par un violent vent de d'ouest. . fils de Merwân. croyaient bles- morts. les armes excepté Djad fils . et . qui . arrêter l'écoulement la ils échappèrent tous à mort. Au dit Homaid lever ibn-Bahdal est ordonné par les la présente d'aller dîme sur tous T. . lard était en voyage avec sa famille mais n'avait auprès de lui . — — la Et quelle est la teneur de cet écrit « ? On y lit ceci : De la part d'Abdalmélic . I. n'étaient pas mortelles.. ordre à l'appui de ce que vous dites? le vieillard. un Ce il autre vieil- descendant de Hodhaifa nommé Abdallah. Bédouins qu'il pourra rencontrer. mais alors tous le les Caisites gisaient sur champ de Ils bataille et leurs ennemis les . 17? Uisqu'au soir. personne en état de porter son . — dre . dès qu'il vit arriver la et bande kelbile alla se prit ses armes. . les Kelbi- rencontrèrent le lendemain . monta à cheval placer à quelque distance. sures.

Il — — — la faut faire autre chose encore. — le la Oui. chaque jour vous arriverez à un de leurs ils campements . Ce n'est pas pour sont dispersés dans chercher des pâturages qu'ils Désert . — donc Cela m'est impossible. vous trouverez mes contribules bien plus facilement que moi. à la afin et recherche de de recueillir tous les individus de votre tribu . ne suis plus jeune. je ne pourrais et je entreprendre longue course. Vous qui venez de loin et qui devez être habitués aux longs voyages . celte dime et se fera inscrire sur registre sera considéré comme sujet obéissant et le fidèle. de n'ai auprès de moi si qu'un seul mes fils. faire sera tenu pour rebelle à Dieu à son Prophète et au commandeur des croyants. nous connaissons cela. Ce sont . tant une si s'en faut. qui refusera de . car ils s'arrêtent partout où trouvent de bons pâturages. se c'est pour se soustraire des rebelles. celui au contraire.178 Celui qui le paiera . dîme de chacun d'entre eux que vous nous indiquiez un endroit où nous viendrons recevoir cet argent de vos mains. je suis prêt à obéir et à vous payer dîme. Cela ne suffit pas.» — ma Fort bien. moi. au paiement de dîme. Quoi donc ? Nous voulons que vous alliez . Les Fazâra se trouvent je dispersés sur une grande étendue du Désert.

cela. étrangers politique nous la payons à celui qui est le maître du pays. Nous lui avons bien payé la dîme mais à la c'est que nous autres Bé. et lui son fils dit de mettre pied à terre.179 — les . . mon fils.. — disait Votre vrai conduite ne montre que trop que l'on quand on nous assurait que vous et vos contribules vous avez combattu pour Ibn-Zobair. avec Qu'avez-vous à faire mon lils ? Ce jeune homme a eu peur en voyant des cavaliers armés. prenez ma dîme et allez-vous-en si vous êtes véritablement des dîmeurs.. du haut de son cheval . homme. lui répondit le jeune . Je puis vous jurer que ce sont des sujets fidè- c'est seulement pour chercher des pâturages . nous regards dédaigneux. douins . Qu'il descende donc vieillard alla vers il n'a rien à craindre. — Vous n'avez rien à craindre de . Je ne . — vois Mon père. ils je le à leurs yeux qui me dévorent veulent me 12* . là-dessus «et faites — — au Brisons ce que nous vous disons. car voilà jette des qui . dites la Prouvez que fils vous vérité en faisant descendre votre de son cheval. pas fait — — — — Le Nous n'avons . ! Voici la dîme que je dois calife prenez-la — votre Votre ohéissance n'est point sincère fils . le puis pas..

qu'Abdallah petit-fils d'Oyaina nous a empêchés de remplir notre mission auprès des Beni-Pazâra. je vous tel en conjure . On nous a donné de vous une mauvaise opi- . Sans faire attention aux billet . me représentez pas . . Consterné s'écria : de ce qui venait d'arriver . et d'ailleurs . laissez-moi Donnez-leur ce que vous voudrez.180 massacrer. — Ne le faites pas . Il — ne veut pas m'obëir . aux yeux du comme un ! rebelle car je suis prêt à obéir à tous ses ordres Faites donc descendre votre fils. Ayant rejoint les Kelbites. rien de vous tant que votre Nous n'accepterons restera à cheval. Prenez ma dime et laissez-nous en paix. Bien faut . à quoi cela vous servirait-il? — qu'il ici. Esclave . ce pour écrire Nos affaires sont terminées Nous allons écrire . donné à un de la celui-ci prit roule de Da- mas. vous vous montrez ! rebelle. prières du vieillard l'ayant aussitôt Ibn- Bahdal écrivit un ses cavaliers . Abdallah — — — Ne m'accusez pas ainsi injustement ne ! Je vous en conjure au nom calife de Dieu . au commandeur des croyants . car je ne suis pas coupable d'un acte. et. mais me défendre. Abdallah leur dit: — — fils Ce jeune homme craint pour sa vie.

à plein la de tristesse. en disant d'une voix sombre: — coup. tout féroces qu'ils étaient l'égorger un certain n'osant . ne cessait de j'ai fils dire « Dussé-je oublier toutes les calamités que . : mais rongé par remords. et. sur le une roche pour l'égorger. jetant sa lance à terre. Pendant son agonie malfois heureux jeta à son père un dernier regard. il Il revint la vie. . mon père ! De même que tient sous les tigre joue avec l'ennemi le qu'il sa grille avant de lui donner dernier Kelbites commencèrent par .181 iiion. Quant au aux Kelbites respect . il s'avança lentement vers les Kelbites.» l'endroit Le cheval de Djad refusa de quitter où le . éprouvées alors jamais je le regard à ses que me jeta .obéit. mon que l'eus livré bourreaux ne sortira de ma mémoire. ses cheveux blancs imposèrent . . ler le Ce jour vous portera malheur le . mais promettez-vous ? qu'il ne lui arrivera au- cun mal Les Kelbites plus solennelle . vieillard . comme ils avaient égorgé son fils ils essayèrent de l'assommer à coups de bâ- ton et à le laissèrent pour mort sur le le sable. de résignation et de reproche. le lui ayant promis de fils la : manière la Abdallah dil à son si — Que Dieu me maudisse ! lu ne descends pas de Ion cheval Alors Djad . insulter et rail- jeune homme puis ils retendirent .

Privées de sépulture le sable .. ne retournèrent vers Damas que quand éclairés sur leur but véritable. ibn-Bahdal gisent sur par leurs vainqueurs . . qu'il les a forcés Pour ils doivent avoir éprouvé des défaites bien terribles . une exalta- Le savez-vous la santé et la . sentait encore lidèle les du sang de son maître le animal se laissa mourir de faim.. les victimes se trouvait les Borda. Parmi . Homaid enterrer. deux mains même corps : quand dans le combat la main le droite a été coupée c'est la main gauche qui brandit sabre. et sanguinaires les Kelbites Caisites . ce sont . mes Les victoires des Kelb sont d'un eux et nous . Kelbites étaient comme . descendait de Codbâa exprima leurs et sentiments avec une singulière énergie tion fanatique. nés vers le Les yeux toujours tour- sol et grattant traces du pied le sable qui pré. Grande fut aussi la joie des princes omaiyades qui . ivres de joie et qui . Kelbites Savez-vous qu'il a couà décamper ? vert les Cais de honte qu'ils le fissent . se furent le dérobés à leur aveugle fureur en s'enfonçant dans Désert. les . ! temps de les Kéjouissez-vous-en les nôtres . vous .. 182 meurtre avait été accompli. les alliés des Kelb? Savez-vous que joie l'intrépide Hoinaid ibn-Bahdal a rendu ? aux . mes frères . D'autres meurtres suivirent été fils ceux qui avaient déjà commis. et un poète de Djohaina tribu . Tous d'orgueil les . de même que Kelb. du Désert le poursuivis n'ont pas eu frères .. victimes de les Cais . disait-il . d'un chef illustre de Halhala.

et . promit de retenir la solde la réparation pécuniaire due aux Fazâra sur décision. leur promit . . certitude que son avait dit la vérité. dit calife. savez-vons déjà les comment mes ? oncles maternels ont traité vôtres — — — miens Qn'ont-ils donc fait? demanda Bichr. s'élant rendu auprès de son frère le calife il lui parla avec tant de chaleur en faveur de ses Caisiles protégés. Halbala Saîd et un troisième chef des Fazâra étant arrivés à Damas sans manteaux. de l'argent qu'ils ils voul'ac- laient. Ta loi. Mais celte satisfît quoique conforme à Ce n'était pas ne point Fazâra.185 avaient des femmes kelbites pour mères. le suppliant leur sa protection et de prendre le cause en main. . Dès qu'il eut reçu avis de ce qui s'était passé son frère Bichr . le trésor public vous paiera immédiatement si la moitié de la somme qui vous est due. et dans . Abdalazîz dit à : en présence du calife — Eh bien . Des cavaliers kelbiles ont attaqué et exterminé un campement caisite. les des Kelbites. nu-pieds et se jeter à ses la robe déchirée. vinrent de leur accorder Il genoux . c'était du sang. Quand eurent refusé commodement qu'on le leur proposait: «Eh bien. qu'Abdalmélic. ! Impossible Vos oncles maternels sont trop lâches et trop couards pour oser se mesurer avec les ! Mais le lendemain matin Bichr acquit frère la . malgré sa haine des .

des ils chevaux des à armes. J84 la suite vous me restez fidèles. mais . guerriers Je suis plupart de vos vos vous ont enlevé ces pas. toutes richesses. d'autant plus peut-être ne pouvaient prétendre qu'il manquât de fondement. ils Quand semblée furent de le retour dans tribu. leur camp . propre maison.» Irrités de qu'ils ce soupçon injurieux. afin qu'ils et pussent l'employer acheter . il parmi par et la les membres du «Votre . recevoir et Approuvant l'argent . les Fazâ- étaient sur le point de refuser encore.. ce dont je doute fort. Les Kelbites. . sûr que . qui moins aveuglés haine. l'autre je vous paierai aussi moitié. cette idée consentirent et ayant acheté quantité d'armes prirent la de chevaux ils re- route du Désert. .. — Fils de mon répondit la je partirai avec les autres car fils.. prendre part à ont tué la lutte. ils convoquèrent . exciter fils ses contribules à se venger des y en avait Ses l'appuyèrent conseil . l'un des opposants à Halhala est trop affaiblie la en ce moment et pour pouvoir ces hyènes .. rage dans le cœur. mais l'ar- Zofar les prit à part et leur conseilla d'accepter gent qu'on leur à offrait. jugeaient une telle expédition périlleuse dit téméraire. nous accomlui j'ai pagneriez Halhala . Ils m'ont tué mon mon Borda . résolus d'ailleurs à exiger la ritcs peine du talion . . conseil de la Dans paroles cette as- Halhala prononça quelques chaleu- reuses pour Kelbites. dans circonstances vous ne frère .

. . fils aimé se . Vengeance ! vengean- ce Tous. Banât-Cain de la où les il y avait un camp kelbite. qui ressemblaient plutôt aux rugissements d'une bêle fauve privée de ses petits. nom est-il qu'il ? . s'étaient ceux même les qui. tous les au- tres furent massacrés. et souvenir l'ayant jeté dans un de ces la accès de rage qui lui étaient habituels depuis mort de son perçants fils. est-il? Rendez-le-moi. » vengeance Djad vengeance nos frères Les représailles furent atroces comme sa les violences qui les . afin de voir si quelque Kelbite res- . et. plus opposés montrés calmes et au projet. Puis les il mit à énumérer un à un et lentement le noms de tous ceux qui avaient péri sous bites « . avaient provoquées. Fazâra en . . on se mit en marche vers . fondirent à A à ! la fin nuit . Où bien.18S que j'aimais tant. qu'aux sons de la voix humaine. une expédition contre Kelb ayant été résolue. l'espoir et l'orgueil de ma race . plus un instant les auparavant. glaive des Kel. «Qui a vu Borda? c'est criait-il. il se mit à pousser des cris aigus et . prononçait il criait : Où !» Où . se laissèrent fasciner et entraîner par celte et éloquence rude les sauvage. à l'incomparable Un seul Kelbite échappa grâce rapidité de course. et les Fazâra examinèrent avec soin leurs corps. à criant: «Vengeance à Borda. l'improviste sur leurs ennemis. et est-il à ? . chaque . mon fî!s.» ce douloureux ajouta-t-il d'une voix sourde. ! mon » .

. Décidé à faire éprouver aux Caisiles in- poids de son ressentiment et de sa haine il vétérée envoya sur-le-champ à Haddjâdj . la ont-iis fait le une razzia calife les a après que paix a été conclue et que indemnisés? calife. Kelbite et que l'on égorge vos qui était sujets?» Le raconta . le prince Biclir prit life. il revanche. 186 pirait encore . d'insulter à son agonie et de l'a- cbever. alors ce calife arrivé. qu'il eût reçu des nouvelles plus précises leur im- posa silence que. chaussure près calife et qui . fort irrité de ce qu'il venait d'apprendre. aussitôt chez le en . ceux que vous avez pris l'on sous votre protection que de méprise vos ordres que l'on tire de et vous l'argent pour l'employer contre vous. comment mes ? oncles maternels ont vôtres — Le mais Quoi! s'écria Abdalazîz. Bientôt après. sans .. Dès qu'il eut reçu sa la nouvelle de celte razzia . alors . avait déchiré sa robe arriva au- d'Abdalazîz qui « l'introduisit . attendant encore. En présence du ca- dit à son frère Abdalazîz: savez-vous déjà traité les — Eh bien. Exaspéré furieux le ne songea même pas à un ac- commodement. d'un ton qui ne souffrait pas de répli. disant : Souffrirez-vous commandeur des croyants que l'on outrage . sans manteau. pour prendre une décision. tout le . un Kelbile .

dont l'issue impossible à prévoir. d'em- Ces 'deux chefs. lui avait appris que l'opposition ne mènerait à rien lait qu'il . Quand il j'aurai exterminé se Fazàra ses dit-il . est . dévoré et d'ambition. mais en avait même attitude temps suite était lui . 187 gouverneur de toute l'Arabie fil . lors même le qu'il commanderait ou le destruction du sanctuaire plus le vénéré supplice « d'un proche parent. au moment où mit en marche et avec troupes mon nom le sera flétri abhorré comme la celui du Caisite L'ordre à plus dénaturé qu'aura porté avait terre. Quoique cette tribu fût alliée à la sienne 11 il Haddjadj n'hésita point à obéir. d'ailleurs alliés bien difficile exécuter.. Les Ghatafân les des Fazâra. le signal Le premier acte d'hostilité serait donc était. lui saignait. il La bonne et saine logique dont était doué . lorsque l'arrivée de Halhala et de Saîd vint barras. était fort attaché à sa race. avaient juré de secourir. 11 deviné de que son parti n'avaient qu'une à prendre qu'un chemin à suivre. fal- tâcher de regagner la faveur du calife . d'une cruelle guerre civile. satisfaits d'avoir assouvi leur .» qu'il reçu était . qui plus les le même serment avait été prêté par toutes tribus caisites. et que pour y parvenir tion et il fallait se soumettre sans restric- sans arrière-pensée à tous la ses ordres . Haddjadj ne savait que le tirer faire. l'ordre de passer au de l'épée tous les Fazâriles adultes. . Mais les cœur . et.

avec un noble dévoûuient tribules les . se sacriGèrent.» le ? Nous deux. car chez et eux l'amour de persistance que la tribu avait autant de force de haine des Kelbites.188 vengeance à Banât-Cain s'allumer une et tremblant à pourrait l'idée de voit guerre qui avoir pour leur tribu les suites les plus funestes. furent le Quand ceux-ci salle introduits dans la grande où se tenait gardes leur . souverain entouré des Kelbites. . écrivit gouverneur retint prisonniers et lui sur-le-champ au ca- pour dire qu'il n'avait pas osé s'engager dans les tribus une guerre contre toutes le caisites . nous sommes de ce Joyeux les life dénoùment inattendu. Au lieu d'obéir Halhala mit à réciter d'une voix forte qu'il et retentissante. pour détourner de leurs conils maux dont la étaient menacés . Salut à nos allies salut aux Adî . pourquoi en voulez-vous aux Fales vrais coupables. et pour conjurer de se contenter des deux chefs qui s'étaient remis spontanément entre ses mains. 1) Ce sont les noms de trois sous-tribus de Fazâra. aux Mâzin . ces vers empruntés à un poème avait composé jadis: . celle Plaçant ami: calement leurs mains dans quoi zâra . les ordonnèrent se de saluer. Le calife ap- prouva entièrement sa conduite voyer les et lui enjoignit d'en- deux prisonniers à Damas. de Haddjâdj « Pour- lui dirent-ils. le . aux Chamkh 1 .

life . c'est ainsi que m'applus à mon Eh père et me soit semble qu'il était même que qui que ce bien . mériter l'honneur prononcé régulière. des croyants tu méprisé mes ordres Je n'ai . mon fidèle j'ai ami ! On la le peut soif me du . et tu m'as volé : mon j'ai argent. Mais non. dit-il. Halhala il . . c'est Du tout . mon cœur jouit d'un doux Afin de lui rendre insolence pour insolence. le ca- en lui . repos. condamner à la mort maintenant que étancbé sang des Kelbites qui j'ai me dévorait. de savoir mon nom. pro- moi . commandeur .189 salut surtout à Abou-Wahb ! . l'interrompant aussitôt: — — — pelait C'est Halhala que je m'appelle . contenté ma haine et assouvi ma ven- 1) Un des M&zin. fait rien de semblable accompli mon vœu geance. l'appela Hallial mais l'autre. se J'ai goûté sous bonbeur glaive massacré tous ceux qui trouvaient mon . à présent qu'ils ont cessé de vivre. Au lieu de Halhala. adressant la parole . estropia été à dessein son nom comme si ce nom d'être il eût trop obscur pour ment. ceux que j'avais pris le ma . c'est Halhal. il — — Halhala — puisque Halhala sous y a — as tu as outragé tection .

du fils Cela dit il marcha vers et lieu du supplice avec . une froide indifférence tant de une insolente gaîté réci- temps à autre quelque fragment de et la vieille poésie du Désert. le ! pauvre homme. son père qui tué à avait à venger sur Cain. la tremblait alors depuis les pieds jus- tête .) qu'il devait à mémoire Le calife le livra le au Kelbite Soair. la lui dit Soair.190 — de Et à présent Dieu te livre à la main vengeresse la justice. mourir Par Dieu ! tu es trop tel vil et lâche pour tuer un . 27. p. ? quand as-tu vu mon père pour dernière fois . lui sang de Banât- — Dis donc. je te tuerai. le que moi. fils de Zarcâ! par ce (C'était une injure que d'appeler Abdalmélic une aïeule de scandaleuse nom *. — — trop sais Par Dieu Toi ? Tu mens. I. — Je ne suis coupable d'aucun crime . Je tel que je vais mais ce sera parce que est le bon plaisir . n'ayant nullement besoin d'être stimulé par sait le les paroles . Halhala. encourageantes que lui adres- prince Bichr lequel avait voulu être témoin 1) Voyez Aghânî . t. — qu'à C'était à Banât-Cain Il répondit î'aulre d'un air nonchalant. homme de Zarcâ. .

Comparez . j'ai que ce soit un coup aussi beau que celui que porté à ton père. que le calife avait livré à un autre pour la Kelbite . sur la mort de Plalhala Mobarrad. . dit-il. vie presque aussi profond que 1) Hamâsa p. p.» Son compagnon Saîd . 870. Au moment où la Soair lui bras pour lui trancher tête: «Tâche. 260—264.. subit sa destinée avec le un mépris sien *. 191 de son supplice fermeté et qui était tout orgueilleux de leva sa le inébranlable. .

exposaient entou- core llrâc aux incursions des non-conformistes. en la regrettant. ce bon temps alors qu'entourés de dix comme disaient. jours redoutables en dépit de leurs nombreuses défaites. et certains que. Syriens se pillaient et se tuaient les uns les autres Irâcains . ils ou vingt clients la se pa- vanaient dans . 220. 1) Mobarrad. Il y avait de quoi les remplir d'envie en effet. même étendraient deux ou trois adversaires sur le carreau. p. . cette époque anarchique. longet temps après les nobles turbulents de Coufa de Baçra se rappelaient encore. ils * . Pendant que Ses les . Et non-seulement . n'étaient pas plus tranquilles. le gouverneur serait les trop indulgent pour les punir. par leur ja- lousie et leur haine de Mohallab. tête haute et le regard menaçant autre toujours prêts à leur lors dégainer pour peu qu'un noble montrât une mine trop qu'ils fière . les rues.IX. race incorrigible et et indomptable. . gouverneurs les laissaient faire mais ils .

et cent mille élait les autres à un dire qu'il l'auteur de ce poème par son Il éclip- sait donc tous gouverneurs luxe. le nul autre nom il n'était aussi populaire que ses sien. forle de trente mille frère Abdalazîz . éd. amassé une fortune colossale qu'il dépensait avec pièces une superbe insouciance. et . mais non sans orgueil car se donnant un d'impor- tance et une tenue de triomphe: «Les habitants de Baçra. 2) Khâlid ibn-Abdallâh ibn-Asîd (et noa Osaid l'excellent ma- nuscrit de Mobarrad donne toutes les voyelles). et comme avait fait conditions il avant avait de consentir à se charger du commandement. Wustenfeld. jeune . d'argent à celui qui donnant cent mille réciter vint lui un poème à sa second qui vint *.193 Bans Mohallab chaque Irâcain voyait général de sa le .» Khâlid 2 . T. Les Arabes de celte disait n'ont yeux que pour cet homme. son aus- opulence princière et sa générosité sans bornes si bien que par l'éclat de sa « renommée ville et de sa puisdes sance. louange lui . rappela Mohallab du théâtre de ses à l'inaction le condamna .L 13 . à son propre sans expérience air . 51 . . . Fasc. prétendent qu'il n'y a que Mohallab 1) Ibn-Khallicân . p. qui plus est son propre sauveur. commandement de hommes. . et exploits . disait-il. plus grand patrie . homme . tristement l'Omaiyade le premier il gouverneur de Baçra après la restauration. en lui donnant l'Ahwâz à gouverner et confia le l'armée. IX.

aise tu crois que a je suis d'apprendre qu'un Coraichite été battu dé- qu'une ? armée musulmane est en pleine route — i Peu importe que la joie. de tout ce qui se passerait dans l'armée. p. jour par jour. — bien et Comment. une et jusqu'à jeune belle épouse et n'échappa lui-même que par miracle aux épées d'une trentaine fuite. cet homme d'aussi — — dre : Quelles nouvelles ? lui cria Mohallab loin qu'il l'aperçut.194 qui ront puisse ! terminer expia sa celte guerre. cela suffit 1) Mobarrad . perdit et tous sa ses généraux. . C'est ses pour raison qu'il avait chargé un de aflîdés de rendre compte. ils ver- » Il présomption par une défaite les sanglante et terrible. Après la déroute. J'en apporte que vous serez bien battu et aise d'apprenest — il a été son armée en pleine déroute. vint le trouver. Mohallab l'avait prévu. 740 — 745. un escadron qui embuscade. malheureux. ou de nouvelle est certaine. la cela vous donne du chagrin 1 . ses officiers Méprisant le sages conseils de qui voulaient dissuader de poursuivre . d'ennemis qui le poursuivaient dans sa Ce désastre cette lui . ses soldats feignait de fuir il tomba dans une foule de . folle eh bien.

ture plus forte que et lui sienne : rassurât il fil venir demanda — — le Que pensez-vous qu'Abdalmélic Il fera de moi? vous destituera .» longue expérience de périls et les guerre. Khâiid se résignait à enten- dre ces reproches de de même la qu'il s'était déjà accou. comme Mohallab c'est le propre des la gens le qu'une na. 13 . le gouverneur « . grâce à sa la '. Eprouvant faibles . répliqua Mohallab d'un le air non- chalant car au moment où calife apprendra que les votre frère Abdalazîz a été battu par non-confor- I) Mobarrad. le besoin. tumé s'il à la pensée honte le de son frère mais était peu susceptible sur il point d'honneur. 746. Voilà ce que c'est que d'envoyer contre l'ennemi un jeune lui homme le d'un courage douteux. à sa vie attendait avec une anxiété toujours croissante l'ar- rivée d'un courrier de Damas. . ce héros qui. à craindre bien que je quelque chose de ? fâcheux encore sois son parent Certainement . n'aurais-je pas . était ex- trême dans toute lui disait-on .. au lieu de opposer noble et loyal Mohallab. Î95 L'irritation contre Khâlicl . sait prévoir tous les écarter . lui répondit laconiquement général qui lui gardait trop de rancune pour con- sentir à calmer ses inquiétudes. . en surtout. — — Et. reprit Khâiid plus . la province. p. et revanche il tenait à son poste.

le chef naturel il de celte race dans l'ordre . choix plus malheureux. ridicule et coupable lui annonçait terminait en disant: . si Le courrier d'une lettre du redouté arriva à la fin. cette lettre.. destituer. dans circonstances données. il Mohallab Aussi. était impossible. Caisile outré et de faire un violent . ' Mousâ ibn-Noçair futur conquérant de l'Espagne) 1) D'abord Zobairite . il apprendra aussi que votre frère Omaiya a été mis en déroule par ceux du Bahrain. . .» En remplacement propre frère de Khâlid . son Bichr déjà . (le Son premier ministre. 196 mistes de la Perse. «Si je vous comme vous le méritez je vous ferais éprouver mon ressentiment d'une manière bien plus mais je veux me souvenir de notre alliance cruelle et c'est pour cette raison que je me borne à vous punissais . le calife nomma . Mousà ibn-Noçair avait assisté a la bataille . Abdalmélic lui reproches et plus amers sur sa conduite sa destitution. gouverneur de Coufa en lui au gouvernement de Baçra le ordonnant de donner à Mohallab et commandement des troupes de le renforcer par huit mille Il hommes les de Coufa. les Dans les . porteur calife faisait pour Khâtid. commune du calife et détestait l'Irâc. quand eut reçu et entra dans une grande fureur jura qu'il tuerait Mohallab. comme on a vu par le récit qui précède Bichr confondait toutes haine les tribus yéménites dans une .

alors qu'il ferait son entrée dans Baçra mais de ne point venir à l'audience. Arrivé dans dience le palais Bichr . de la Prairie. dans laquelle qu'il il que Mohallab l'Irâc d'autres malade mais y avait prendre dans généraux fort capables de sa place. Menvân fils . flatteurs ne manquaient il pas de le droit lui dire que. demandé Depuis et obtenu il la d"Abdalazîz le de ce lors e'tait devenu un des plus fermes soutiens des Omaiyades. protection Proscrit par . man.. et se hâta d'écrire au général pour . de Baçra de il . Mohallab suivit ses conseils. Damas . il avait calife. cependant. Hist. avait bien de nommer lui-même un général. d'Aatif à Constantinople a eu la article Mousâ ibn-Noçair. de Slane de cet bonté de me com- muniquer la copie qu'il a faite article. M. 197 eut grand'peine à le calmer . répondit-on mais il trop indisposé pour Bichr pouvoir venir ici vous présenter ses respects.» crut alors avoir trouvé dans l'indisposition du général un excellent prétexte pour Ses se dispenser de le mettre à la tête des troupes. n'osant désobéir à l'ordre formel du calife il prit le parti de députer à ce dernier quelques personnes qu'il chargea de disait lui remettre une était lettre . remarquant cause. l'absence de Mohallab. route perdu dans se sent la foule. de sur — Ibn-Asàkir . . de la Bibl. donna au- aux seigneurs la ville et . lui conseiller d'user d'une la foule grande cir- conspection de se mêler à pour saluer Bichr . étant gouverneur. en demanda la «Le général lui vous a salué en . .

Bichr obéit. en sorte que . faites ce que et faites je vais vous dire: désobéissez à tous les ordres que vous donnera ce barbare de l'Oman . Bichr veut entrer dans il même voie que Khàlid. d'un . dit alors le calife . Ibn-Hakîm répondit sans hésiter que c'était . — Et Ah ! je comprends la . il général des troupes auxiliaires de Coufa. Mohallab lui ayant remis . la liste des soldats qu'il désirait envaillants. à la tête des troupes. répliqua Ibn-Hakîm prendre un sourire malin qui l'empêchera de commandement. dites-moi le donc franchement ta- à votre avis . ton impérieux et absolu de mettre Mohallab et nui autre . lui dit: «Vous savez que . entretien particulier avec lui Ab- dalmélie eut un Ibn-Hakîm qui en était le chef. pour lui ordonner. Mohallab. . et d'une rare intelligence quel est . — — avec le Mais il est malade sa reprit le calife. je si vous estime et que je vous tenez à conserver me fie à vous. rôler il en raya les noms des plus le puis. Ce n'est pas maladie . ayant fait venir Ibn-Mikhnaf. général qui possède les lents et les qualités nécessaires pour terminer cette guerre avec succès. Eh bien mon amitié. mais de fort mauvaise grâce. Quoiqu'il ne fût point Yéménite.198 Quand celte députation fut arrivée à Damas. et dit : — Je sais que vous êtes d'une grande probité . lui écrivit aussitôt .

» Ibn-Mikhnaf s'inclina signe d'assentiment. . il et quand sorti du palais: garçon. Le lieutenant de Bichr . danger proie à plus imminent. et. puisqu'il plus illustre chef de me croit ma tribu. soldats La plupart des Jamais. la puis de FAhvvâz. Ce que sa cet le lit. mort Elle causa dans l'armée un désordre effroyable. d'abord. De tribu même race. de la même que jouer lui Mohallab envers Ibn-Miklmaf le n'avait nulle le envie de lui rôle il odieux fut que gouverneur «Asdit-il le destinait. à ses a perdu l'esprit. il L'Irâc était en la l'anarchie la plus complète. la Jugeant les dans leur égoïsme que guerre ne regardait que Arabes de Baçra contre leur . et Mohallab . Mm-Hormoz fut la mais alors brillante série de victoires soudainement interrompue par la nouvelle de mort de Bichr. plus est. n'y avait pas moindre ombre d'autorité et de discipline. dans cette guerre n'avait été longue et si opiniâtre. le de Baçra imitèrent si leur exemple. esprit brouillon n'avait pu faire vivant. quoique meilleurs olïîciers et de ses plus braves réussit néanmoins à repousser les non-con- formistes puis de ses de l'Euphrate . désertèrent en masse pour retourner à leurs foyers. surément. ce que Bichr il prit pour un mais qui s'était adressé mal.» . capable de trahir L'armée entra en campagne privé de ses soldats. les soldats de Coufa se révoltèrent et général lbn-Mikhnaf.199 toutes ses mesures aboutissent à un fiasco misérable. la . ce petit amis .

2) . p. . monta dans faible et la chaire.. qui se trouvait alors à Médine n'eut pas . où était rassemblé. 200 à Coufa avait fait s'ils menacer les déserteurs de la mort ne retournaient pas à leur poste: pour toute réils ponse rentrèrent dans leur ville. l'arc à la main . de douze il personnes . 747—751. Si choix du était mauvais comme tous ses choix l'avaient été jusque-là. déjà averti de sa venue. lors de la déroute d'Abdal- et à qui sait s'ils ne préparaient pas un sort semblable tous les païens de la province? Tout le allait dépendre du calife nouveau gouverneur. malheureux tombés entre leurs mains azîz 2 . 741. reslés aux an- drapeaux de Mohallal) . et promena il longtemps son regard incertain (car avait 1) Mobarrad. nomma Haddjàdj. plus tôt reçu sa nomination qu'il partit pour Coufa accompagné bre 694). dans un souterrain. seulement il (décem- Quand y fut arrivé alla directement à la mosquée. . la le Il peuple. Abdalmélic Celui-ci . l'Irâc était perdu. franchiraient toutes Ils ciennes barrières fait et inonderaient l'Irâc. Mobarrad . et l . y entra le sabre au côté. avaient mourir d'inanition après les avoir les enfermés chargés de fers. . il ne fut point question de les punir Bientôt les non-conformistes fidèles les écraseraient la poignée de braves . la tête à demi cachée par large mousse- line de son turban. p.

. ne débuta point par les formules ordinaiSoulevant res en l'honneur de le Dieu et du Prophète. je ne me laisse pas Voyez Ibn-Cotaiba . 201 la vue courte 1 ) sur l'auditoire. il turban qui lui couvrait la figure. Chaque il obstacle . : se mit à réci- ter ce vers d'un ancien poète Je suis le soleil levant.. puisqu'ils ont confié le gouver! nement de notre province à un déjà tel » — même le l'un des plus hardis s'offrait la pour lui jeter une pierre à coup tête . sans proférer une parole. . la timiils Irâcains s'en indignèrent ... Prenant ce silence prolongé pour de les . ce sera moi. .. et comme fort étaient sinon braves en action du moins il inso- lents en paroles. Ensuite.. Hardi novateur... Puis il continua d'une voix lente bien le et solennelle : — les Je vois des têtes mûres pour être moisEntre sonnées. . en éloquence il comme en po- litique.. barbes qui couvrent les turbans et vois les poitrines je du sang. lorsque Haddjâdj rompit tout à silence qu'il avait si obstinément gardé jus- que-là. dité . dit-il. Pour que l'on me connaisse suffit que je me dévoile. fonde les ils se disaient déjà: «Que Dieu imbécile con- Omaiyades. et moissonneur. je le brise. du sang. s'animant peu à peu: — 1) Par Dieu. surtout quand s'agissait d'insulter un gouverneur. Irâcains. p. 202.

et on veut se servir comme de bois de que te J . — il a examinées une à une attentivement . 46. l'on entoure d'une corde pour les couper ensuije vous — le rouerai de coups de même que les bergers assomment les chameaux qui se sont attardés dans pâturage quand : les autres sont déjà je rentrés. . l'on le Je ne ressemble pas à ces chameaux que fait galoper ventre à terre en les effrayant par tre vide et desséchée. de son carquois — il il les a étalées devant lui . je les accomplis. mais je le jure de vous ce que l'on fait de ces buissons épineux dont chauffage.202 chasser . bruit d'une oul'on De même que examine la bouche d'un cheval pour connaître son âge s'il et savoir est propre au travail. Quand les eut éprouvées toutes difficile . — les Le commandeur des croyants . p. — Le 1) commandeur des croyants m'a ordonné de Voyez sur la phrase qu'emploie ici l'orateur. Mobarrad . moi . . on a examiné la mienne et l'on a trouvé que j'avais mes dents de sagesse. a tiré ses flèches . par des regards menaçants. — une que j'ai tracé sur le cuir la forme d'une sandale je coupe hardiment. a jugé c'était que moi.. les fois projets que j'ai formés. je le fais — . Et sachez-le bien ce que dis . la plus dure et la plus Voilà à briser . pourquoi il m'a envoyé vers la ! vous voie de je ferai Depuis bien longtemps vous marchez dans l'anarchie et de la révolte . soigneuil sement.

jeune homme. les traits son de sa voix une expression le menaçante et si terrible. En prononçant dans le ces . mots: «et au commandeur des Mais cette fois l'auditoire garda un morne Bien qu'on sentît instinctivement qu'on avait trouvé un maître dans cet orateur à la parole .. quand lecteur prononça de nou- .. dit alors Haddjâdj au : lecteur. jure par tout ce qu'il y . des croyants à musulmans de Coufa Il salut à vous!» était d'usage que les le peuple répondit à cette salut for- mule par croyants. faire Je vous donne trois et je jours pour vos préparatifs. a de ce terme expiré je couperai la tête à tous ceux qui ne seront pas partis .. mais colorée et nerveuse on ne voulait pas encore en convenir avec soi-même. que. où vous combattrez sous les ordres de Mohallab. La personne d'Abdalmélic les . . 205 vous payer de votre la solde et de vous diriger vers le théâtre guerre. du commandeur des croyants. simples paroles . «Arrête!» s'adressanl de s'écria-t-il . brus- que et saccadée. mis dans son geste dans . lis-leur la lettre — Et maintenant. nouveau au peuple «Comment donc vous le commandeur des croyants salue et vous ne lui répondez rien? Par Dieu. je saurai vous donner une leçon de politesse jeune homme. la part tous commandeur .. Puis.» Recommence Haddjâdj avait de son visage si . plus sacré que . interpellée le lit ces mots: «De .» silence.

433. 753.204 veau d'une les paroles salut à vous. Deux ou 4 . . Mobarrad. conduisait une au division de troupes vers sujet de prit la une d'une querelle paye devint le signal émeute qui Le bientôt formidable était la aspect d'une révolte. au moment où Haddjâdj Mohallab le . pour fort peu de chose.» loué! A un homme arrivé l'Irâc Mais aussi. . p. 220. . il si Haddjâdj croyait avoir gagné la par- se trompait. Plusieurs qui s'élait informés de ce passé à Coufa . agréablement surpris du . 221. Un peu revenus de leur première laissé le frayeur les Irâcains rougirent de s'être inti- mider et étourdir et comme des enfants par maître d'école.» voix: «Et salut au commandeur des croyants Mêmes moyens. comptait vie trois d'un homme . I. p. Mobarrad p. gouverneur pour et ce général. Weil. n'avaient pas même aller attendu l'arrivée rejoindre l'armée du nouveau deMohallab 2 . p. personnes en firent l'épreuve à leurs dépens Cependant tie. toute l'assemblée s'écria seule *. 753. zèle bien insolite des Irâcains s'écria la fin dans l'élan de est sa joie: «Dieu dans soit 3 . même habitants de cette ville. raalbeur la à celui qui osait velléité montrer quelque hésitation ou car Haddjâdj plus légère la de résistance. succès à Baçra. mot de ralliement nécessité de la déposition 1) 2) 3) 4) Mobarrad. t.

2 OS du gouverneur. força il les révoltés à Un instant fut ral- sur lier le point de la perdre mais étant parvenu à ses troupes et le cbef des révoltés ayant été tué . en ce moment critique. avaient compris qu'en suivant ils la ligne de conduite qu'il leur traçait. Haddjàdj vit s'ils les rebelles piller sa tente et la enlever ses crainte faiblit femmes calife.» fièrement et Selon comme eût été babilité. Abandonné . un contribule de rebelles vit il Mohallab et un chef lémîmile mécontent des . Pourtant il ne un instant. eux-mêmes. Repoussant avec indignation les conseils de ses amis qui voulaient qu'il entrât en pourparlers avec les rebelles: «Je ne le ferai que dit-il quand ils m'aus'il ront livré leurs cbefs. . accepter la bataille. Trois le chefs cai- parmi lesquels on distinguait . n'avaient été retenus par du pas ils l'auraient tué. celui-ci s'y re- ils le destitueraient . se relèveraient de leur abaisse- ment sites. mais leur ils avaient déjà re. flexible. de ses tout le monde intimes à l'exception de et ses parents de amis des serviteurs de sa maison. et reviendraient au pouvoir. les Caisites l'eus- sent abandonné à son sort. imitèrent leur exemple mille et dès que Haddjàdj six hommes réunis autour de sa personne. le il maître de aurait la situation. soutien leur cbef . . connu ils en lui leur espoir . toute pro- payé de sa vie son opiniâtreté in- si. brave Colaiba ibn-Moslim volèrent à son secours. en menaçant que fusait . les rebelles jurèrent d'exiger d'Abdalsi mélic son rappel.

et v. une engagés dans cette voie. appelait sa lenteur . de dix-neuf chefs rebelles . mettre à mort ou tout au moins de destituer et 3 . qu'il rendit les vain- complète et décisive par sa clémence envers cus: il défendit de les poursuivre. y le marchèrent résolument seul ils savaient que c'était moyen pour se réhabiliter .. . qu'il suspectait de prolonger guerre dans son intérêt personnel. envoya coup sur coup des commisAppartenant à de la la saires au camp race du gouver- neur et possédés rage de donner des conseils 1) Ibn-Khaldoun . et. fol. 759 . de stimuler Mola hallab. 206 par une flèche . il remporta la victoire . 756. ordinairement le fauteurs de les rébellions. fois avaient soutenu ils pouvoir. tués dans le combat au camp de à Mohallab afin qu'elles servissent d'avertissement ceux qui sentiraient naître de se révolter *. dans l'esprit du calife. . 765. les Mêlant dans son impétuosité naturelle écrivit qu'il mauvaises sur lettre mesures aux . son sa lâcheté menaça de le le faire 2 . leur accorda l'am- nistie. et se contenta d'envoyer les têtes . . dans leur cœur le désir Pour la première toutes fois . les Caisites . p. p. 2) 3) Mobarrad Mobarrad . bonnes . . 186 r. Après avoir rétabli l'ordre qu'une seule pensée: Haddjâdj n'eut plus celle d'exciter. il lui lettre lui reprocha durement ce inaction .

p. révolte à réprimer mais il réprima toutes sur. les Forcé de . Les Caisites au contraire. 766. . couronne race tète de son souverain il relevait sa de l'état d'abaissement la où elle était Il tombée y réussit soit et tâchait de réconcilier avec le calife. Les services qu'ils avaient rendus avaient inspiré bites ils aux Kel- une fierté qui devenait importune. à tout propos .. trône . . nommé au gouvernemettaient ment de FIrâc bas les que les non-conformistes armes (vers la fin de l'année 696). sans trop de difficulté. soit sur les Caisites choix du calife ne pouvait être douteux. rappelaient au calife que sans eux le . peuvent prétendre à leur reconnaissance. . ces l'ar- commissaires jetaient dans le mée 1 . s'appuyer le sur Kelbites . et à mesure qu'il affermissait la . 785. la . Had. le regarleur comme leur c'est-à-dire comme créature et leur propriété. Les rois ont d'ordinaire peu ayant contribué à leur élé- de goût pour ceux qui vation . Deux années ne s'élaient pas encore passées depuis que Haddjâdj avait été . Nommé vice-roi de toutes les provinces orientales et en récompense de ses fidèles djâdj eut encore mainte les utiles services. 1) Mobarrad. . ni lui ni son ils père daient ne seraient montés sur obligé. 2) Mobarrad . et fuyaient dans la bataille Mais but fut atteint. 207 surtout quand on ne leur parfois en le demandait pas désordre 2 . p.

aveuglément à Ils toutes paroles à tous l'emportè- rent .voulant été les ses lui faire oublier à tout et prix qu'ils . et obéissaient ses gestes. Voici ce que disait Djauwâs. 658. le Te ? rappelles -tu Si qui s'est passé à Djâbia dans Djaulân Ibn-Bahdal . verrons plus tard : périr en Espagne victime de la haine des Caisiles Abdalmélic ! Tu ne nous as point récompensés toi . avaient ennemis de son père à les siens briguaient faveurs ses ils genoux . n'avait pas assisté à l'assemblée qui s'y est tenue tu vivrais ignoré et personne de ta famille ne réciterait dans la mos- quée tenu teur . 1 . le Et pourtant . la prière publique. Ne dirait-on pas que ? que le temps peut amener d'étranges révolutions Dans un autre poème il disait : La famille d'Omaiya nous a fait teindre nos lances dans 1) Ilamâsa . après que tu as ob- pouvoir suprême et que tu t'es trouvé sans compétifaut tu nous as tourné le dos et peu s'en traites que tu ne tu ignores nous en ennemis. mais leurs poètes et reprochaient amèrement son les ingratitude ne épargnaient pas le menaces. Le cette trop solidement » assis à époque pour qu'ils pussent lui lui se révolter contre lui. nous qui procuré ce avons combattu vaillamment pour ia jouissance et qui t'avons des biens de ce monde. . père de Sad que nous . p. . supplantèrent leurs rivaux Les Kelbites disgraciés jetèrent pouvoir du calife était les hauts cris.

209 ie sang de ses ennemis . et la En même temps haine les dans leurs yeux leur bannière flottait dans Un autre poêle kelbite. services . nous avons déchiré 1) On I. . Dans mainte nous vous avons donné des preuves de dans celle notre dévoûment et de la Prairie vous n'avez dû la victoire qu'à notre puissant secours. nous avons précipité de celui de asseoir . payez donc pas d'ingratitude nos bons étiez loyaux services auparavant vous bons pour nous : gardez-vous de devenir pour nous des tyrans. et nous vous l'avons donné.. Damas ceux qui avaient osé s'y bataille . T. se rappellera que la branche des Omaiyades k laquelle appartenait Merwân . Dieu peut-être nous ce récompensera de nos et de qu'avec nos armes la . vant avaient chanté ces vers la victoire adressa aux Omaiyades: tempt où vous n'aviez Dans un point de trône . Même avant Merwân . lorsque les yeux d'un émir omaiyade étaient couvoile verts de soucis comme d'un épais . nous avons affermi ce trône mille mais bien certainement pas. l'un de ceux qui auparade la Prairie. Etrangers vous veniez du Hidjâz d'un pays que le Désert sépare complète- ment du nôtre étincelait airs . fa- d'Omaiya ne nous récompensera . et nous avons danger qui vous menaçait. était e'tablie à Me'dine.. Famille d'Omaya fiers Des escanous composés de guerriers qui pousle un cri de guerre qui n'était point et vôtre . et maintenant ! elle ne veut pas que ! nous participions à sa fortune drons innombrables saient . les avons combattus avec nos lances écarté le nos épées.. et la Syrie les Caisites ne connaissait nul d'entre vous K marchaient contre vous. et Ne . 14 .

Kelbites. 3) Hamâsa. comparez Ibn-Cotaiba. menaces. Ce rang appartint désormais aux Azd la famille de Mohallab avait supplanté celle d'Ibn-Bahdal. ils . 201 . p. 2) C'est-à-dire . parce qu'il n'a pas remarqué que. cherchaient leur salut dans la fuite Plaintes. montés sur leurs alezans. l'on trouve il tiaaina au de talanâ et de naainâ comme résulte de la lie ligne de cette page. où . vrai que politique de elle la cour pouvait changer que plus tard changea en effet . par une licence poétique.1. et passé pour toujours. p. 1) Le commentateur Tibrîzî a mal expliqué ce vers . yéménites. quand il était déjà . 263 1. 656—659. avaient été les mais jamais sous ne redevinrent ce qu'ils la Merwân plus puissante parmi tribus . . naffasna s'y trouve employé au et lieu de naffasna. 6 et 7 . est . murmures. p. montrée dans le champ de Dhahhâc ne s'est à l'est de Là aucun 3 ! Caisite comporté en homme de cœur: tous. la lutte > sans rien perdre : de sa prit des proportions plus vastes dorénavant les Caisites eurent tous les Yéménites pour ennemis. de sorte qu'il a vu la lumière. En même temps vivacité . et que les Kelbil. 18. . rien ne était la servit aux Le temps de leur grandeur Il passé. sur le point de succomber et qu'il grinçait les dents s'écriait . bravoure qu'il a 2 . talana et dans le Hamâsa lieu .210 ce voile. nous est l'avons sauvé 1 . surtout en Afrique et en Espagne. et le tout joyeux il alors : Dieu grand la ! Quand Djaubar Caisite fait le vantard rappelez-lui alors .es continuèrent à jouer un rôle important. dans la bataille de la Prairie.

Pour son malheur. conquit jusqu'au pied de l'Himalaya. 14* . Mais . que Mohammed l'Inde sim . ton épée . chef de sa maison depuis 1) Soyoutî.» Cette parole fertile résume tout son règne. éd. d'ailleurs plus qu'aucun autre en le conquêtes. dans l'année 705 le . annexèrent l'Espagne au vaste Etat qu'avait fondé . p. Yézîd. dire : Haddjâdj : c'est la . cousin Haddjâdj .» et tu as plus besoin de lui qu'il n'a besoin de toi lîd n'oublia Wa- jamais cette recommandation. Tarîkh al-kholafâ . fils de Noçair. car ce fut alors que Caisite Cotaiba planta les bannières les murailles musulmanes sur ibn-Câ- de Samarcand de . de . . «Mon père. et qu'à l'autre extrémité de l'em- pire. suc- céda à son père Abdalmélic. lit comble à dit le la puis- «Mon . . disait-il . de Mohallab et Mousâ . les Yéménites. le Prophète de fut la Mecque. avait coutume de . sur son respect de mort aie toujours à lui plus pour il Haddjâdj. . fils. en gloire militaire. éd. peau de mon front la mais moi 2 je dis Haddjâdj c'est peau de mon visage . mais non fils plus respectables. c'est il que tu le trône . pour les Yéménites [ce un temps désastreux les et principalement pour les les deux hommes plus marce parti: quants Yézîd . . 2) Historia Khalifatus al-Walîdi Anspach p. Leee. mit sance des Caisiles. après avoir achevé la conquête du nord de l'Afrique. est est ton bras droit *. 221. 13.211 Le règne de Walid qui. avait Abdalmélic profond dois .

Une fois . contre une prodigalité poussée jusqu'à s'était Yézîd vu forcé . que les'Baril mécides Abbàsides semait l'ar- gent sur ses pas. 2) Ibn-Khallicân X . dit-on . p. éd. tout le voulant lui . avait fourni des prétextes fort les plausibles à la haine de Haddjâdj. de toutes règne des Omaiyades l'ont été sous les de même 1 . à répudier ma femme. reprit aus- sitôt le barbier si de lui ma lui vie je rase une autre perpiè- sonne. il n'y a point de fortune si énorme qui tienne folie. qui donna mille pièces le si d'argent à un péfait barbier venait de raser. et.. Et Yézîd donna encore deux mille une foule de traits On raconte de sembla- bles. pour échapper à la ruine d'usurper 1) Ibn-Khallicân.» ces 2 . d'esclavage. amour «Je filial Yézîd lui donna encore me condamne . . mais comme qu'elle soit la . la Comme libérale tous membres de sous le sa famille. être heureux. Fasc. p- 107. et il que monde le fût avec gaspillait la fortune et dans les plaisirs. 212 la mort de son père .» Touché de son mille pièces. . dans l'amour des arts dans les im- prudentes largesses de sa munificence tout aristocratique. . plus . Stu- d'avoir reçu une récompense considérable le barbier s'écria dans sa joie: «Je m'en vais de ce pas racheter ma mère . 105. qui montrent tous qu'entre ses doigts prodigues l'or s'écoulait comme Tonde . se trouvant il en route pour faire le pèlerinage de la Mecque. . "WusteafeM. Fasc. X.

par . parcouraient. 196 v. dede ce manda grâce et dernier et ne l'obtint qu'à théâ- grand'peine tre. il fut jeté dans un quatre cachot et cruellement Au et bout de ans l .213 sur la part du calife. Condamné par Haddjâdj à restituer six millions au trésor. Abdalmélic et chef du parti . «Qu'en ferais-je ? répondait-il j'en aurai bientôt une que je ne quille- 1) Ibn-Khaldoun . 2 . et ne pouvant payer que la moitié de celle somme. afin protection de Solaimân. les les fils de Mohallab n'au- s'offrit pour payer au trésor trois millions la que Yézîd n'avait pu acquitter. . guidés d'aller par un Kelbite implorer héritier la le désert de Samâwa . captivité. torturé. 2) Le même. il réussit à sa s'évader avec deux de ses frères qui partageaient djâdj . ibid. et quand on lui demandait pour- quoi il n'achetait point de maison: . yéménile. pendant que Hadle croyant qu'ils étaient allés mettre . du trône en vertu des dispositions prises par . une Yézîd espèce resta le de coup le de Depuis lors . fol. frère du calife. Khorâsân en révolution lui enjoindre la révolte envoyait des courriers à Cotaiba pour de se tenir sur ses gardes et d'étouffer ils dans son germe. Solaimân jura que tant qu'il vivrait raient rien à craindre. dans palais de son protecteur attendant moment où son parti re- viendrait au pouvoir.

C'était comme . comme on l'a vu . conquérant d'une lignée de l'Espagne. Yézîd illustre. Le calife ayant . nommé gouverneur de l'Egypte . 25. dans il nomma à cette Mousâ époque par le au gouvernement le de l'Afrique car était gouverneur de cette province 2 . 214 rai plus: calife . 2) Ibn-AdMrî. p. chaudement attaché .. paya moitié de cette somme. Le s'en aperçut et donna l'ordre à Haddjâdj de l'arrêter. exigé cent mille la pièces d'or pour son indemnité et. Celui-ci le prit sous sa sauvegarde. . n'était pas. Abdalazîz la suite. était parce que sa mère était de celte le Déjà sous règne d'Abdalmélic contributions . I . t.. p. le devient pas . 24 . un palais de gouverneur s'il si Solairaân devient 1 une prison ne le .» L'autre Yéménite. Fasc. Après avoir conquis . et s'il appartenait à la faction alors le en c'est calife que son patron . Mousâ se sauva en Egypte. où il implora protection de son patron. prince Abdalazîz du Abdalmélic et gouverneur de l'Egypte. à la cause des Kelbites tribu. l'Espagne la Mousâ . Averti à la temps. 112—115. continua d'usurper sur hardiesse la part du calife avec la même qu'aupara- 1) Ibn-Kkaïïicân . . gorgé de richesses au comble de gloire et de la puissance. un affranchi disgrâce frère était . lorsqu'il encore percepteur des se rendit coupable à Baçra calife Mousâ de malversation. . et se rendit à la cour afin d'ar- ranger l'affaire. X.

La chute des Caisiles fut immédiate et terrible. lui ordonna donc de venir Aussi long. . de lui imposer une amende fort considérable Peu de temps après . monde le alors dans les finances faisait des affaires . l'œil Depuis quelque temps Walîd avait il sur ses procédés. « Allah . 215 vant. que Mousâ avait gagnées à la . vain. Mousâ éluda . moins per- qu'à condamner à la . Ce fut en . depuis longtemps accumulées de Tarie . . salle séance tenante. ses Les haines . 40. de Moghîth et d'autres débordèrent ils l'accablaient d'accusations qui ne fuaccueillies . . accorde-moi de mourir avant . Il est vrai que tout Je . mort mais . tort de Mousâ fut d'en faire plus qu'un autre et de ne pas appartenir au parti dominant. cet ordre .. le Le calife ne songea à rien . en Syrie rendre compte de sa gestion. le temps forcé qu'il put . de la d'audience. quelques sonnes de considération force d'argent vie sauve . rent que trop bien et le gouverneur infi- dèle fut chassé honteusement. c. le compour mandeur des croyants et ne me donne point 1) Isidore. mais arrivé calife enfin d'y il obéir il quitta l'Espagne la et . 38 . laissant le trône à son frère Solaimân. essaya de désarmer colère du en lui offrant des présents magnifiques. Walîd rendit le dernier sou- pir. ayant demandé et obtenu qu'il eût il se contenta l . de compagnons . à la cour. Haddjâdj n'était plus.

affranchi et secrétaire de Haddjâdj perdit le gouver. avait été sur le de subir même sort . djâdj. convoitait lui-même riches présents 1) Tabarî . 2) Abou-Alî Tanoukhî . les Solai- mân .» sa prière et Dieu l'avait exaucée. qui. le le . 216 souverain un prince qui sera sans pitié pour moi telle avait été 1 . caisite l'avènement du calife Yézîd 2 . .. nement de ne sortit l'Irâc et fut jeté dans un cachot lors de d'où il que cinq ans plus tard. . jouissait comme auquel favori de Solaimân d'un pouvoir illimité. t. décapité et l'illustre conqué- rant de l'Inde. Al-faradjo bada p. sous point règne précédent. apud Weil . que Yézîd. ""s-chiddati. cousin de Hadtandis expira les tortures. I . ses amis avaient encore sur-le-champ et tous les postes ils furent destitués remplacés par des Yéménites. : mais ses clients. de Mohallab. pour devenir aussitôt gourevirements de for- verneur de l'Afrique tant les tune étaient rapides alors. 73. p. fils Mohammed dans ibn-Câsim. dans le il vain espoir avait de se concilier faveur de Walîd. Yézîd ibn-abî-MosIim. l'intrépide Cotaiba fut Plus malheureux que lui. Au moment où Mousâ sa Walîd était déjà si dangereusement malade et qu'on pouvait qui croire mort prochaine. man. gravearriva ment offensé Solaimân. II . ses créatures. de Leyde 61. . la que . en Syrie . Mousâ il seul ne profila point du C'est triomphe du parti appartenait. 553.

parvuni impositum onus existimat exactat. fol. loin . à laquelle appartenait son épouse So- laimân ne poussa pas plus a bien . 270. . 1) Ibn-Habîb . sur le sort de Mousâ sa vengeance. de la protection et de l'amitié de Yézîd le de Mohallab favori tout-puissant de Solaimân. et les Mousâ n'ayant pas consenti à fils demande. . Il y une traînée de légenles des. avait inviter le gouverneur à ralentir marche de frère le manière serait qu'il n'arrivât à et Damas que quand son mort qu'il serait moulé lui-même sur celte trône. de Walîd ayant qu'il hérité par à conséquent des cadeaux avait 1 . p. atque mira velocitate impositum pondus 3) Akhbâr madjmoua . p. de à laquelle il il avait été condamné et que d'ailleurs pouvait acquitter facilement avec l'aide de ses nom2 breux clients d'Espagne et des membres de la tribu 3 . Pro multâ opulentiâ . comme fils un auteur aussi ancien que digne de confiance . 62 r. de Leyde . 217 que Mousâ ne manquerait pas fait d'offrir à Walîd sa . Solaimân lui gardait rancune il ne lui remit donc point l'amen. mais ont élé inventées par des romanciers à une épol'on avait que où complètement oublié quelle au VIII e était la position des partis siècle . souvenait plus que Mousâ jouissait . dit cet auteur . et où l'on ne se l'atteste 4 . . Aucun motif. 4) Belâdhorî man. 2) Isidore c. elles les unes plus touchantes que autres. 153. de Lakhm.. d'Oxford 40. faits leur père. man. . .

2) fut Dans le Khorâsân par exemple le Caisite Moslim al-Kilâbi remplacé par le Ye'me'nite Asad al-Casrî. sur le trône. ne soyez que chré- tiens concitoyens » Pas plus que Grégoire rêve X .. à réaliser son généreux. où Ali Aïcha et Moâwia se combattaient de ces intérêts qui ne voulait pas funestes. par des hommes il permit à ceux qui remontaient au pou- i) Cet auteuv est Isidore .. . . Omaiya- le successeur de Solaimân. saints de lamisme et . Il favorisa d'abord les et ayant remplacé plusieurs gouverneurs que son préde cette décesseur avait faction 2 . ne peut autoriser ces indignes autorité rures- ne se fondent sur aucune pectable et qui se trouvent en opposition directe avec le récit circonstancié d'un auteur contemporain l'histoire des '. Puis Hichâm monta Yéménites . II qui succéda fut et qui avait épousé une nièce de Haddjâdj Caisite. Omar Yézîd ne . même entendre parler luttes Uniquement préoccupé des foi . spécieux qui . n'était pas un homme de c'était un respectable horreur les pontife un saint homme la qui avait en cris de la discorde et de haine . de Bëja. parti : Omar II. . nommés . réussit lui . Par une exception unique dans des . 218 même meurs . qui remerciait Dieu de les ne l'is- pas l'avoir fait vivre à l'époque où . religieux et de la propagation de la il rappelle cet excellent et vénérable pontife qui disait « aux Florentins: Ne soyez et II ni gibelins ni guelfes ! .

. Avant confié rendre le dernier soupir la ce Bichr avait gouvernement de province à un de ses le contribules. mais quand loin . mort de Bichr de le Kelbite gouverneur de l'Afrique. deux pays étaient était presque exclusivement yéménite assez tranquilles ils d'ordi- quand ils . : «L'émir Obaida vient d'entrer dans la ville ! » Atterré 1) Voir Abou-'l-mahâsin . un vendredi matin du mois de juin ou de Le Kelbite venait de s'habiller à la de l'année 728. pour des raisons que nous se exposerons plus parti . le C'est ce qui arriva après . 288. que calife Hichûni le nommerait fut définitivement gouverle neur. mosquée pour y présider à la prière publique lorsque tout à coup ses amis se précipitent dans sa chambre en criant . I. il fut déclaré . étaient gouvernés sous par des hommes les de celte ils faction mais le . fut Le Kelbite en puissant informé . Son espoir trompé: Hichâm nomma Caisite Obaida. à ce qu'il semble. des des gouverneurs caisites. qui venaient de perdre * . violences la devenaient théâtre plus atroces. p. t. mais il se croyait assez la pour pouvoir se soutenir C'était juillet les armes à main. . et était sur le point de se rendre .219 voir de persécuter le cruellement ceux . Comme naire la population arabe de ces . pour l'autre surtout en les Caisites prirent leur revanche Afrique et en Espagne. qui se flattait. de la tribu de Solaim.

nommé de l'Afrique fois à mais qui jusque-là n'avait obéi qu'une seule un Caisite.doun non comme on trouve chez Maccarî chez Kinânî comme on lit chez d'autres . plus profond silence. p. . une cruauté sans . Après avoir échoué dans le ses premières tentatives. Haitham . p. 10. d'abord plongé dans une stupeur ne recouvre la parole que pour s'écrier: «Dieu seul est puissant! L'heure du jugement dernier arrivera aussi . 2 . Obaida son avait compris que il . Maître de avec jeter afin la capitale il sévit. contre les Kelbiles avoir fait . et cupidité de son souverain l . t. Cairawân n'avait point de murailles. Ibn-al. inopinément glacé d'effroi . Ibn-Khalécrivains. dans le Caisite mois d'avril de l'année 729. . . ! » Ses jambes refusent de le porter il tombe pour à terre. Heureusement pour lui. Ibn-Bachcovrâl 36. Dans récriture arabe il est facile de confondre ces deux noms. il y était entré à l'improviste la ville le croyaient tandis que les habitants de encore en Egypte ou en Syrie. 49. p. de la tribu de Kilàb en menaçant 1) Ibn-Adhârî. t. le Kelbite. II. faire reconnaître la autorité. 47. égale. Obaida y envoya.Abbâr . 111. . 220 du coup. I. il leur extorqua des sommes inouïes Vint était le tour de l'Espagne. il Après mit à la les dans des cachots de contenter la les torture . muelle. marchant avec ses Caisites par des che- mins détournés et dans le . 2) Moharram etc.. pays dont alors par celui le gouverneur . apud Maccarî. lui fallait surprendre capitale. . et. Il faut lire Kilâbî .

avait énergiquement reproché au Abla dalmélic son ingratitude envers les Kelbites dont bravoure dans la bataille de la Prairie avait le décidé du sort de l'empire et procuré fit trône à Merwân. I. p. p. se leur fit couper Kelbite Parmi ses victimes trouvait un qui. instructions secrètes d'Obaida les chefs il fit jeter en pri- son de ce parti . et. de ses richesses et de son éloquence . le frémir les Kelbites d'indigna- et quelques-uns d'entre de Hichâm 2 . jouissait d'une haute considéra- tion. 49. 221 les Arabes d'Espagne ils des châtiments les plus ri- goureux au cas où oseraient s'opposer aux ordres de leur nouveau gouverneur. c'était Sad si . 654. . peut-être sile les . Les Yéménites murmusur même croyait conspiraient-ils contre le Cai- celui-ci le du moins. al-Ghâfikî qui jouissait d'une grande popula. eux. l'employèrent bien que consentit à envoyer en Espagne un certain et Mohammed. tels qu'Abrach pas si secrétaire qui n'avaient perdu toute influence à la le calife cour. fils de ce Djauwâs x qui. ner le avec l'ordre de punir Haitham de don- gouvernement de la province au Yéménite Abdérame rité. raient.. dans ses calife . agissant . et Weil . complot. à cause de son origine illustre. t. Arrivé à Cordoue Mohammed n'y trouva pas 1) 2) Voyez note C à la Voyez Ibn-al-Abbâr . fin . leur arracha par d'horriet bles tortures l'aveu d'un la tête. Le supplice de Sad tion. de ce volume. vers .

et qui dans la prison où l'avait jeté . Hichâm envoya donc Obaida un ordre tellement ambigu. attendre d'Obaida qu'il punirait à son n'avait agi que sur les ordres qu'il le calife lui donnés lui-même. Kelbites un grand désappointement mais ils ne les se laissèrent pas décourager. Ce fut pour . Caisites en général des trésors de haine : composa ce poème destiné à être remis au calife 1) Isidore . l'ayant la tête fait charger de fers et plales cer sur un âne dos. c. ce qui était alors l'équivalent de la peine de la flétrissure . été l'ami intime de Sad*. ne pouvant être expiée par celle . qui suites il s'était caché pour se dérober aux pourfait du tyran. le ordonna de cet arrêt eut afin promener . et contre les . il en arrière et le mains par la fit liées sur tale. une croyait avoir donné . aux Kelbites satisfaction suffisante la bien qu'ils poussassent plus loin leurs exigences. fit mais. d'après les idées arabes que à de son meurtrier. avait amassé contre ce tyran . Obaida . que son le gouverneur de cette proMais on ne pouvait tour celui qui avait vince prononçât sur sort. Abou-'l-Khatlâr. et lui donner coups de courroie raser la tête. 57. De son côté. que celui-ci put l'interpréter à l'avantage les de Haitham *. mort de Sad .222 Abdërame. . puis . . . capi- Quand été exécuté il le pas- ser en Afrique. et un de leurs chefs qui avait plus illustres. ayant des arrêter Haitham.

vous affectez de ne pas nous apercevoir puis aussi longtemps voilà comment . en s'écriant avec ce une colère fils ou . sirs . dans délices . vous servaient de boucliers contre lances et ennemies et vous n'aviez alors sins. vous en agissez constamment avec nous. vraie : Que Dieu maudisse d'une chrétienne l ! qui ne s'est point conformé à mes ordres » 1) Voyez mes Notices . secrétaire de Hichâm menace calife qui se chargea de lui réciter ces vers.. p. nous en appellerons au jugement de Dieu. 37. que nous pour cavaliers le pour fantasde vos déles Mais depuis que vous avez obtenu et but que .. . c'était les nos poitrines qui . d'effet la et la le d'une qu'il guerre civile eut tant sur prononça à l'instant même destitution d'Obaifeinte da « .. t. sur quelques manuscrits I . Cela vu maintes Ce fut le Kelbile Abrach . mais si vous à refuser de nous faire justice. à Mais aussi gardez-vous de la vous livrer une sécurité trompeuse le quand guerre se rallumera et que vous sentirez échelle croyiez pied vous glisser sur votre les de corde . vous nagez . . 223 Vous permettez aux Caisites de verser notre persistez sang . p. qu'alors cordes que vous s'est solidement tordues fois se détordent . de- que nous vous connaissons .. grâce à nous . fils de Merwân plus . On que vous avez oublié la bataille de la Prairie et que vous ignorez qui vous a proalors . il se peut . curé la victoire pourtant . 47 —49. 257 et Ibn-Adhârî . 36 . qui sera dirait équitable pour nous. arabes.

principes différents et sous ce rapport comme sous Lien d'autres. La lutte des Yéménites le et des Caisites ne resta pas . deux partis . Grâce à cette amorce recevait chaque . Les théologiens se réjouissaient de de la foi . La contribution de l'Egypte encore . celte rapide propagation souffrait mais le trésor en énormément. concerne avait des contributions chacun des . . les chrétiens et les juifs qui vi. On sait qu'en vertu des dis- positions de la la loi. X. offerte à l'avarice. . l'Eglise musulmane jour dans son giron une foule de convertis qui être complètement convaincus de trines. se préoccupaient térêts la vérité sans de ses doc- avant tout d'argent et d'in- mondains. les et sort des peuples vaincus car à principalement pour ce qui . par exemple s'élevait sous le califat d'Oth- .. vent sous domination musulmane sont dispensés . sans influence sur leur égard. aussitôt qu'ils ont embrassé l'islamisme de payer au trésor la capitation foi imposée à ceux qui persévèrent dans la de leurs ancêtres. c'était Haddjâdj qui avait tracé à son parti la route à suivre.

XVIII . . Kitâb al-boldân . 15 .» comme la pro- et non comme foi collecteur Il djàdj pensait autrement. 2) Journ. car Dieu a envoyé son Prophète d'impôts 2 . 1 . I. quand ils étaient dans l'opposition leur voix à celle 1) Ahmed ibn-abî-Yacoub . T. . . 69 v. 3) Nowairî . Les Caisiles imitaient qu'il leur constamment et et partout ils l'exemple avait donné. Omar II elle tomba plus bas encore mais ce pieux ses lieu- ne s'en inquiétait pas. fol. 580. p. s'ils Yéménites au toujours en- contraire ne se conduisaient vers ces malheureux avec plus d'équité et de douceur alors qu'ils étaient au pouvoir. asiai. de remplir n'avait donc point accordé aux nouveaux musulmans la de l'Irâc l'exemption de payer capitation 3 . . et quand un de tenants lui envoya ce message: se prolonge en Egypte. 433. associaient du moins. XI . en outre. lorsque plupart des Coptes eurent embrassé l'islamisme. avec une morgue Les pas une dureté extrême. musulmans ou non et . Sous calife elle était tombée à cinq millions .223 màn. . sous le califat de Moàwia. III e série t. IVe série t. et l'on perdra ainsi il les lui revenus qu'ils rapporrépondit: faisaient tent au trésor de l'Etat. p. s'intéressait peu à pagation de les la et il était obligé. traitaient les in- vaincus solente . Il bonnes grâces du calife. à douze millions. . pour conserver le trésor. tous les «Si cet état de choses dhimmîs se feront mu- sulmans.» «Je serais tous bien heureux si les dhimmîs se muHad- sulmans apôtre . dans le Journ. asiat. mais peu d'années après la .

ginal. . des jours filés se promettaient d'or et de soie. p. Ibn-Khal- doun fol. mais leur espoir fut souvent trompé. Solaimân sera mécontent de moi ne reçoit autant de contributions qu'en recevait son frère] lorsque Hadsortir djâdj était gouverneur de la province. mais. fils de Mohallab. 199 r. province a mis en moi elle elle me maudira comme la a Haddjâdj si je force à payer les mêmes pas que par le passé. car les Yéménites ne furent aient il ni les premiers . toute la nommé maudit tributs gouverneur de son espoir . Fasc. quand on y ses parvenu « . est de crier contre les impôts la d'exiger la réforme du système financier. il est bien difficile de tenir promesses. . mais que. il eut recours à un expédient assez oricalife il Ayant déclaré au les qu'il lui fit ne pouvait se charger de lever impôts. de le promettre pour cas où l'on est parviendra aux affaires. Wiistenfeld. ni les derniers est libéraux qui . 226 des opprimés leurs pour blâmer l'esprit les de fiscalité qui animait rivaux.» Pour d'embarras. prendre la ré- solution de confier celte besogne odieuse à un homme du 1) parti qui venait de succomber *. Ibn-Khallicân . me trouve le dans une situation Yéménites assez embarrassante disait chef des Yézîd. . éprouvé que facile quand on dans l'opposition . .. Aussi peuples vaincus quand ils voyaient les Yéménites revenir au pouvoir. X . quand Solaimân l'eut l'Irâc. Je . s'il d'un autre côté. éd. 116.

52. ce Bichr envoya en .. aux chrétiens de le ce un double but sur les. mais lorsque trône. 54. leur avait qui restitua aux chrétiens tout enlevé. 227 On ne peut Yéménites des nier d'ailleurs qu'il n'y eût parmi les hommes extrêmement souples . cependant. e. 2) Isidore . et par con* 1) Isidore . ce qu'on injustement va Un auteur dire qu'il chrétien de ce temps-là terrible même est jusqu'à que lui ce gouverneur (telle répilhète donne) eut recours à des mesures cruelles pour forcer les musulmans 2 . yéménite ou caisite. nommé Anbasa pays qui tri- payer * . c. Le Kelbite Bichr de celle peut être considéré comme les le type classe d'hommes au fur et et et . avec un dévoûment égal et une docilité à toute épreuve. qui transigeaient sans peine avec leurs principes et qui pour qu'il conserver leurs fût postes. il yéménite Hichâm fut monté le y envoya un autre de ses contribu- nommé Yahyâ. à rendre ce qui ne leur appartenait pas En général. servaient leur maître. Espagne un de fit ses contribules. les Yéménites étaient moins les durs que leurs rivaux envers vaincus. . qui devenaient de à moins en moins rares mesure que la mœurs se corrompaient que l'amour de à la tribu cédait le pas à l'ambition soif des richesses. Nommé gouverneur de l'Afrique par le caisite Yézîd II.

quand ceux-ci tentèrent de les assujettir. c'est-à-dire la démocratie tempérée par devinrent fluence des familles nobles ils pour les Arabes. Chaque succès. fils Berbers ressemblaient aux Ara- Nomades sur un d'Ismaël . les agresseurs payèrent d'une défaite sanglante. Slrabon l'a déjà remarqué. car do- mination romaine avait été ordinairement la restreinte polil'in- à la côte. . ibn-Noçair . ils Au se moment même où phateurs parcouraient le pays en triom. ce mélange. race li- aguerrie extrêmement jalouse . ayant. jusqu'aux bords de l'Atlantique ils 1) II. berté. 2) Ibn-Adhârî. bes. celte agglomération de populations établies hétérogènes que les Arabes trouvèrent et depuis l'Egypte jusqu'à la mer Atlantique une de sa * que l'on désigne par le nom de Berbers. t. une prédilection et marquée. p. des ennemis bien autrement redoutables que ne l'avaient été les soldats la mercenaires l'empire et les sujets opprimés de Perse et de le byzantin. 20. même . 18.228 séquent ils leur étaient moins odieux. II. avait pour C'était eux iière . qui contribua tant à les soumettre accoutumés comme la eux. enfin. Sous plusieurs rapports les comme limité. Le peuple de l'Afrique surtout. . à une indépendance immémoriale. territoire la faisant guerre de la comme les môme façon 2 qu'eux ainsi que le disait 3îousâ . organisation tique .

non pas en vaincus. se communiqua Yéménite au commencement de son règne et par .229 voyaient tout à coup enveloppés et taillés le en pièces par des hordes innombrables sert. mais en égaux en frères. Hichâm provoqua une qui. à peine une . l'ancien de Haddjâdj sassinèrent . fol orgueil. prix de soixante-dix ans d'une des Africains fut guerre meurtrière la soumission obtenue. se targuât jamais avec fierté eux cha- . secrétaire ils Caisite Yézîd ibn-abî-Moslim . Moins prévoyant que son préinsurrection terrible à l'Espagne. quoi en coûtât. comme sable du Dé- «Conquérir l'Afrique est chose impossible. qu'ils peut-être même à cause des obstacles et rencontraient à chaque pas que l'honneur leur commandait de surqu'il monter. les Malheur à celui qui avait l'imprudence de le offenser! Dans son . de l'Afrique. malet gré la difficulté de celte entreprise. qu'on ménageât leur et qu'on les traitât. s'obstinèrent et à cette conquête avec un courage admirable treté sans égale. envoyer un Kelbile gouverner décesseur. écri- vait un gouverneur au berbère a-t-elie calife Abdalmélic. tribu élé exterminée Pourtant les qu'une autre vient prendre sa place. .» Arabes. l'as- tout caisite qu'il le calife la Yézîd II fut assez prudent pour ne pas exiger punition des la coupables et pour province. en ce sens qu'ils consentirent à déposer les armes pourvu qu'on ne des droits acquis touilleuse . une opiniâ- Au . voulut les traiter en et esclaves: était .

t. trouvé il Egypte que deux mille et petites tribus y fit venir trois cents pauvres familles de cette race et se donna tous les soins possibles pour la faire prospérer cette colonie 5 . . p. et au comble de la puissance loin de rougir de son 1) Qui Hiscam primordio Isidore . I .250 conséquent assez populaire se déclarer ] . éd. Hichâm . et quant à l'Afrique. dans l'année 734. gouvernement. 38. avait fini par pour les Caisites parce qu'il les savait . 4) Ibn-Adhârî 5) Macrizl . Wiïstenfeld. . de manière qu'il savait par cœur et les récits poèmes classiques 4 . 40. la soif de Leur ayant donc pressurer si livré . p. un an la demi après destitution d'Obaida 3 . p. et y avait une pensée noble en généreuse. Son respect pour famille de son patron avait quel: que chose de touchant au milieu des grandeurs . 2) Isidore. Chez Ibn-AdMrî I. 37) il faut lire: un an et six mois (Cliauwûl 114 — Rebî II 116). des guerres du vieux temps il Dans son attachement aux Caisites. N'ayant caisites . (t. disposés à contenter sa passion dominante l'or. au Caisite Obaidallâh. Ce petit-fils 11 d'un affranchi n'était pas un homme vulgaire. 3) 57. avait reçu une éducation les solide et brillante. les provinces qu'ils satira vaient bien il en plus d'argent il qu'aucun en confia et de ses le ancêtres 2 . Des tribus arabes venues en Eyypte. c. 39. 55. c. sjjœ potestatis satis se modesttnn osten- dens.

il proclamait hautement ses obliga. qu'Oc- ba fut venu côtés et lui rendre visite il le fit asseoir à ses fils. honte de ce vos fils. nous avons à craindre fait que la que vous avez si ne retombe sur nous.251 humble origine tions . je ne trouve rien pour m'excuser et je ne ferai plus ce que vous lit me et reprochez. et tiendront offensés sans doute qui vous en vou- dront! Comme vous êtes un vieillard. . Obaidallàh se leva. témoigna tant de respect que ses dans leur vanité de parvenus. .» les Le lendemain matin Il venir Ocba tous avec nobles dans son palais. qu'aux Coraichites — il Vous avez . en préqui s'en de noblesse des . mes leur répondit Obaidallàh . et quand lui fut gouverneur d'Afrique . s'en indignèrent. homme fils . fit s'étant assis pieds. et. quand ils se trouvèrent seuls avec lui vous sence faites asseoir la ce Bédouin à vos et côtés . mais nous. mais il donna à ses la place il d'honneur à Ocba. Quand ceux-ci furent entrés dans la qu'ils contemplèrent ce spectacle avec surprise. venir salle ses et fils. après avoir glorifié Dieu et son prophète. lui dirent-ils «Quoi! . personne ne la se montrera cruel envers vous et peut-être mort vous metlra-t-elle bientôt à l'abri de toute intention hostile. envers le père d'Ocba il qui avait affranchi son et aïeul. Coraichites. les traita respect. et. qui s'est il Et qu'arrivcra-t-il passé ? le calife apprend ee eu colère Ne se mettra-t-il fait ? pas quand saura que vous avez plus d'honneur à rai- un son tel .

comme des je vous vous chéris autant que moi-même. . Rassurez-vous le calife . Vous m'avez moi . les discours que ses fils avaient tenus et continua en ces termes: «Je prends . maudit renie son patron. voulu faire ceite déclaration en public craignais fait parce que je que mes fils n'en vinssent à nier et un bien- de Dieu. de ce Haddjâdj a donné liberté à le mon mon grand-père. Dieu fise . sait trop bien ce qu'il doit à . est Ocba.. car j'ai appris que Prophète a dit: «Maudit celui qui prétend il appartenir à une famille à laquelle celui qui est étranger . Mes fils ont été séduits par déj'ai . ou se prétendre issu pas . à qui Dieu veuille accorder il une longue vie est trop magnanime. s'il apprend ce que j'ai fait. du que je n'ai point voulu exposer à la malédiction Ciel et hommes. et vous tous à témoin je déclare Lien que Dieu seul suf- quand fils que cet qui homme que la voici . laquelle on n'appartient c'est être ingrat envers Dieu» Mes fils. à désavouer cet homme son père pour leurs patrons. qui leur a inspiré la un fol orgueil . mais voulu donner à Dieu preuve que moi du moins et je ne suis point coupable d'ingratitude que je sais ce J'ai que je dois à l'Eternel ainsi qu'à cet homme-là. ce qui aurait eu pour suite inévitable qu'ils auraient été maudits par Dieu le et par les hom- mes .» Et l'on m'a raconté aussi qu'Abou-Becr a dit: «Désa- vouer un parent d'une famille à même éloigné . dit encore le calife se fâchera contre . 252 il rapporta aux nobles la veille. .

les Berbers les pagnols dait les vaincus en général des qu'à peine il regar- comme le hommes. vertus de sa nation le et quoi. s'adressant à Oeba il. vive notre gouverneur!» d'ObaidalIàh . où il avait été percepteur des impôts. lui dit- mon devoir est d'obéir à vos Le calife m'a confié un vaste pays. grand peuple que Mahomet avait appelé Déjà en il meilleur de tous. .233 Dieu. Puis Obaidallàh. Et les fils si honteux d'avoir eu à essuyer une grande humiliation. ordres. 60 r.» contraire. Ocba choisit l'Espagne. A . et ce peuple. je approuvera me liens persuadé au «Bien ma conduite.» Mais qu'il malgré l'élévation de son caractère. parlé! qu'il — cria-t-on de toutes parts. celle-ci les pour tout ce qui Coptes. — 61 i\ . il connaît Irop bien ses devoirs.» plus grand désir. avait augmenté d'un ving- tième le tribut que payaient les Coptes. n'était . gardèrent un morne silence. et c'est là que je pourrai satisfai- re *. fol. l) Akhbâr madjmoua . choisissez pour vous quel!e province vous voudrez. ses yeux. Egypte . pour que j'aie à craindre d'avoir excité son courroux en rempliisant les miens. sainte . n'avaient sur la terre d'auà la sueur de leur le tre destinée que celle d'enrichir. front . la le «Mon guerre c'est de prendre part à dit-il . possédât toutes les Obai- dallàh partageait aussi au plus haut degré profond pas Es- mépris qu'avait arabe. : «Seigneur.

il moyen de subsistan- leur ravissait aussi leurs femmes et leurs filles. 1. I. des agneaux ras ou sans duvet au gouverneur 2 .. Coptes. était fort recherché dans celle capileurs faisait arracher aux Berbers moulons. se fit un les contenter les . de- puis qu'il fait vivait sous la domination . . . p. p. Ibn-Khaldoun. I. éd. Histoire . n'avait un appel aux armes point avait à un tel par celte *. et la note de l'éditeur 2) Ibn-Khaldoun. . quoique souvent on ne trouvât qu'un seul agneau avec duvet dans cent moutons. Histoire des . 63 . 54. goûts et caprices le grands seigneurs de Damas. Tarîkh al-kholafâ p. p. musulmane élé exaspéré . ou plutôt leur unique ce. qu'on égorgeait tous. 222. t. un troupeau de tous les autres étant ce qu'on appelle . . 3) Ibn-Adhârî. qu'il envoyait en Syrie peupler les sérails car les seigneurs arabes faisaient grand cas des femmes berbères qui . éd. de surpasser les femmes arabes en beauté 1) Macrîzî. Comme duvet mérinos. ont eu la 3 réputation . aux des des dépens des Berbers . 150. comparez Soyoutî. Lecs. 11. mesure arbitraire qu'il s'était insurgé en masse il Promu au gouvernement devoir de de l'Afrique. "Wusten- feld . des Berbers. source principale de leur bien-être. 151 du texte Akhbâr madjmoua t. r. il . fol. d'ordinaire fort pacifique et qui jamais encore . loc. et par conséquent inutiles Non content la d'enlever aux Berbers leurs troupeaux . en tout temps . 39 . dont on fabriquait des vêtements d'une blan- cheur éclatante tale. p.o laud. 22 du texte.

dans ils les marabouts africains ont. sceptique et railleur. plein d'une aveugle vénération pour les prêtres. les ils Berbers souffrirent ils murmuraient . car. de cinq ans. qui prévient leurs vœux . curieuse: les Daumas La grande Kabylic 53 —56. que l'un était pieux. par des prêtres. avec beaucoup de penchant à la superstition. presque aucune influence aux ministres de De nos jours encore. malgré les ressemblances nombreuses et frappantes qui existaient entre il le Berber et l'Arabe. Chose . avant tout. pourvues. n'accordait la religion. dans cœurs des trésors de haine mais la présence d'une nombreuse armée les contenait encore. 255 Pendant plus en silence leurs . Quand des de circontribus stances graves ont nécessité une réunion ce sont eux encore qui ils recueillent les diverses opi- nions . par tous 1) peuple. et font connaître leur décision au peuple. Elle au. . un pouvoir illimité. A l'époque de l'élection des chefs. cette y avait cependant entre ces deux peuples différence profonde et essentielle. étrange et p. Seuls ont droit d'intervenir lorsque des inimitiés s'élè- vent entre deux tribus. Une rait elle insurrection se préparait cependant. ce sont eux qui proposent au peuple ceux qui leur paraissent les plus dignes. un caractère religieux autant que politique serait et dirigée par des missionnaires . les le grandes affaires. et. accumulaient . en délibèrent entre eux. au lieu que l'autre. Leurs habitations communes le sont réparées.. 1 .

qu'ils croyaient douée d'un pouvoir surnaturel néral . Ber- bers des montagnes de l'Auras avaient été commandés longtemps par une prophélesse. . invoqué . qui avait senti que. et . celui d'un l'on dépouiller le ne 1 le . jeté et de les marabouts que ceux qui ont fondements des Alles du vaste empire des Almoravides mobades. tantôt prétendait entendre des voix célestes . pour le vaincre.» marabout vénéré sauve Aussi la les Berbers n'ont-ils joué un rôle important sur scène du monde que . et quelque puérils et ridicules que nous ils paraissent ces moyens avaient été si fructueux qu'une foule de Berbers qu'opérait cet frappés des prestiges homme de lui et con- vaincus qu'ils essayeraient en vain résister. il Tantôt il conjurait des serpents. celui Dans leur lutte contre les Arabes. dans ce temps-là . lorsqu'ils étaient mis en mouC'étaient vement par un prêtre des par un marabout.. de marabout. dit un auleur les consciencieusement le étudié mœurs de ce peuple . 55. . p. français qui a «Le nom de Dieu . nom veut de Dieu . Berbers ont plus de vénération pour leurs prêtres que pour le Tout-Puissant même. il fallait le prendre par son faible et frapper son imag'nation par le rôle des miracles. 1) Damnas . avait hardiment joué de sorcier. le gé- arabe Ocba ibn-Nûfi le qui avait compris mieux que personne et caractère du peuple qu'il combattait. par un malheureux que protège pas.

Un jour que en se le gouverneur du ce que Khorâsân écrivit à Omar plaignant de ceux qui en apparence ne l'avaient en disant fait avaient embrassé la l'islamisme que pour échapper à capilation. 2) fol. .1 . jusqu'à dire et un ancien chroil niqueur va même que. et les moyens propres l'on à multiplier les prosély- pour peu que «Il n'y a . celte religion domi- nait déjà en Afrique. YVei. A elle l'époque dont nous parlons. se fût fait ne restait pas un seul Derher qui ne mu- sulman . le calife ré- «Dieu a envoyé Mahomet pour appeler hom2 mes à la foi véritable. la La propagation de la foi étant pour il Omar usage l'affaire plus importante de sa vie. 3Iahomet la est son prophète » on était dispensé de payer capilation sans être obligé de se conformer strictement aux préceptes de la religion. et qu'il avait acquis la certitude que ces homlui les mes ne pondit: s'élaient pas fait circoncire..» 1) Ibn-Abd-al-Hacam Ibn-Khaldoun . p. I . Sous le règne du pieux Omar II. sous Omar. y avait 1 l'ait de grands progrès. . apud 202 r. 257 avaient mis bas les armes et s'étaient convertis à l'is- lamisme. t. faisait de tous tes. consentît à prononcer les et mots: qu'un seul Dieu. 583. et non pour les circoncire . assertion qui ne se l'ait paraîtra pas trop exagérée ces conversions quand on pas tout à souvient que n'étaient spontanées et que l'intérêt y jouait un grand rôle.

de prendre divers déguisements et des noms supposés où * étaient venus chercher. L'événement avait pour ce qui concerne justifié ses prévisions . que leur prêchaient des missionnaires sans onction qui leur disaient toujours ce qu'ils devaient au calife. nés et élevés dans l'islamisme. surpasseraient . asile à travers mille dangers. p. et obligés.. clans Mobarrad . . ceux qui avaient douté de l'orthodoxie de leurs pères. pour échapper aux poursuites. végétation soupçonnait une terre riche où la parole divine si pourrait germer et fructifier il pressentait que les nouveaux musulmans méritaient fils encore le reproche de tiédeur. traqués en Orient non- comme des hôtes fauves. surtout L'is- les habitants de l'Afrique. propageaient dès lors leurs doctrines avec un succès 1) Voyez les curieuses aventures du poète non-conformiste Imrân ibn-IIittân. la la religion telle comprenaient. ce n'était pas triste milieu entre le la froide religion offi- cielle. déisme et l'incrédulité. d'antipathique. c'était la reliles gion hardie et passionnée que leur prêchaient conformistes. 258 C'est qu'il comptait sur l'avenir. il sous cette et inculte fertile . un jour en zèle et en dévotion . 579 et suiv. un ils dans les déserts brûlants de l'Afrique. lamisme. . leurs et leurs pe- tits-fils. qui. et jamais ce que le calife leur devait .. devenu supportable d'abord Mais et peu à peu qu'ils cher au plus haut degré. d'odieux leur était qu'il leur avait été.

pugnance pour qui . Nulle part ces docteurs ardents et convaincus n'avaient encore rencontré tant de dispositions à em- brasser leurs croyances: enfin le calvinisme musulman . 259 inouï. vomi ces doctrines non par résystème . avait trouvé le dire . le partage. ment universel qui animaient leurs docteurs pour récali- être convaincus que leurs oppresseurs étaient des prouvés dont l'enfer serait fes . ou Ibâdhites. n'ayant été que des usurpa- teurs incrédules ce n'était pas un crime que de se révolter contre le tyran qui leur arrachait leurs biens .. ou Çofriles. son Ecosse. . Tous les à partir d'Othmân . . En revanche indicible. mais parce qu'il ne voulait ni prendre la religion au sérieux . mais comprenaient assez de ces doctrines pour en emles brasser idées révolutionnaires les et démocratiques nivelleet pour partager romanesques espérances de . car les ils chroniqueurs ne sont pas d'accord à ce sujet. Le monde arabe . cher s'ils à quelle secte s'attachèrent étaient Harourites. ni accepter l'intolé- rante moralité par laquelle se distinguaient ces sectaires. il faut bien avait les . serait donc inutile de recherde préférence . principes politiques du au contraire répondaient assez à l'instinct ré- publicain de la nation. les habitants des pauvres chau- mières africaines acceptèrent tout avec un enthousias- me lités Simples et ignorants . ils ne compre- naient rien sans doute aux spéculations et aux subti- dogmatiques dans lesquelles Il ils se complaisaient des esprits plus cultivés.

dans l'année 740. et qui tantôt donnent raison à ceux qui proroi et clament la liberté de conscience. qui avaient à régler. ple cruellement opprimé. fort ortho- que le moindre Berber pouvait être élevé au Ainsi ce peu- trône en vertu du suffrage universel. ils avaient professée depuis un temps immémorial. excité par des fanatiques moitié prêtres. décapitent un fondent une république! Tous l'on les esprits étaient donc en les fermentation . ces arsenaux formidables qui fournissent des armes à tous les partis . c'était un droit les et. thodoxes . doctrine que. doxe. de vieux allait . les un devoir. Comme jusque-là Arabes avaient tenus qu'ils éloignés du pouvoir. qui tantôt justifient ceux qui brûlent des hérétiques et prêchent l'absolutisme . ses troupes et le une expédition en L'année partie.240 et leurs Tommes. . la destinée des codes religieux. crurent facilement que doctrine de la souveraineté du peuple. mieux encore. et n'attendait. pour prendre armes. comptes avec le les soi-disant or- secouer joug au ce nom d'Allah et de son prophète au nom de livre sacré sur lequel d'autres se sont appuyés pour fonder un terrible des- potisme! Qu'elle est étrange partout. eux aussi. lorsque. et était fort musulmane. qu'une oc- casion favorable. dans leur sau- vage indépendance. ne leur le laissant que ce n'avaient ils pu leur ôler. moitié guerriers. Obaidallâh faire envoya une partie considérable de Sicile. gouvernement des la tribus.

un des plus à la fois prêtre. en peu de jours tout l'Ouest dont la conquête leur avait coûté tant d'années de sacrifices. emparent les égorgent le gouver- neur de trouvent. est perdu pour eux. d'évacuer pays. T.là pour comils système pour ordonner aux Ber. leur choix 1) AJchbâr madjmoua . ils n'épargnent pas la même les De Tanger. . En tous et les Arabes essaient de résister ils battus sur le points. fils du gouverneur . tant cette révolution était démocratique. à Maisara. la tête et Aussitôt prennent armes. Maisara marche vers . L ic . le gouverneur de la Tingitanie eut l'im- prudence de choisir appliquer le précisément caisite . que tous autres appliquant leurs doctrines Arabes qu'ils y dans toute leur inhumaine rigueur. ce moment. 63 r. de Tanger . enfants. province de Sous gouvernée par Ismâil . ville zélés sectaires. fol. même et. coutume à donnent le commandement un des leurs. selon des non-conformistes 1 . Obaidallâh. Sans attendre son arrivée les Berbers se soulèvent partout et font subir au gouverneur du Sous vain les le sort qu'avait eu celui de la Tingitanie.241 moindre prétexte suffisant dès lors pour faire éclater l'insurrection. Les Berbers s'assemblent pour élire un calife. sont forcés . la soldat et s'en démagogue. se rasent attachent des la Gorans aux pointes de leurs lances. et. attaquent . bers de son district de payer un double tribut pas été me s'ils n'eussent les musulmans.

soit déjà habitués à voir la victoire se déclarer pour . le gouverneur de l'Espagne d'attaquer les côtes de la Tingitanie. qu'Obaidallâh avait donné des inil avait envoyé au Fihrite Habib chef de l'expédition de Sicile. elles sont battues. mains. Après un combat achar- né. . ayant rassemblé toutes les troupes dis- ponibles.. une rapidité crut ne pas devoir attendre l'arrivée de ces corps. passe au fil de l'épée tous les Berbers qui tombent entre ses la révolte. et. tandis que la d'Espagne Siciliens en en respect. . Ocba y envoie des troupes. Il s'embarque en personne avec des forces plus . . mais comme il le danger allait toujours croissant ef- car l'insurrection se propageait avec frayante . mais qui ne fut pas décisif. en . il en confia lui le commandement au le Fihrite Khâlid . été homme du avait Cai- sur le brave Maisara . mais sur un peuple. où ses propres soldats l'assassinèrent . l'ordre de reconduire vite les au plus flotte troupes en tiendrait Afrique les . considérables arrive sur la côte de l'Afrique . Obaidallâh ordonne à Ocba . et lui livra bataille. 242 ne tombe pas sur un noble. . Khâlid se mit les en marche rencontra Maisara dans environs de Tanger. mais ne réussit point à dompter En même temps structions à Ocba le . Maisara se relira dans Tanger que . qui auparavant le un simple vendeur d'eau sur marché de rawân. Pris au dépourvu . promettant de renforcer par les corps de Habib dès qu'ils seraient arrivés.

ils attaquèrent de nouveau ennemis et cette fois avec plus de succès vision. Quand les Berhers eurent élu un leurs autre . l'élite Ce la combat funeste. 245 eux. leur doctrine leur ordonnant de déposer. et de tuer au hesoin. depuis son élévation . dans lequel avait péri noblesse bles. ils lui . tom- be sur des Arabes qui. qui à cette époque et était revenu de la Sicile qui s'était avancé jusqu'aux environs de Tâhort n'osa pas attaquer les Berbers désastre de Khâlid . déma- gogue fût réellement devenu infidèle aux doctrines dé- mocratiques de sa secte. mais Khâlid et les nobles qui l'entourent. en voulussent de ne pas avoir triomphé le cette fois soit que . se jettent dans rangs ennemis ils et vendant chère- ment leur vie se font tuer jusqu'au dernier. comme l'affirment les chroni- queurs arahes. chef. : eru plus fort de la lutte une di- commandée par les derrières . la honte d'une . reçut le nom de combat des no- Habib. ses coreligionnaires n'auraient fait qu'user de leur droit et remplir leur de- voir. de arabe . trop fiers pour survivre à les . dans ce cas. quand il eut appris le et bientôt l'Afrique ressembla à ni un vaisseau échoué qui n'a plus Obaidallâh ayant été ni voile les pilote. telle défaite . se trouvant pris entre deux feux s'enfuient dans un épouvantable dés- ordre.. le successeur de Maisara. déposé par Arabes eux-mê- 16* . le chef ou le calife qui s'écartait des principes de la secte. .

le généralat de. et ce dernier venait aussi à mourir. et le vieilli Hichâm donna le commandement de guerre. gouvernement de l'Afrique à un général dans le métier de la à Colthoum de la tribu de Cochair.244 mes. p. des Berbers. . . celui de Kinnesrîn. Hist. Voulant infliger 1) Ibn-Adhârî éd. était fol. 1 . 2) Quelques que Baldj cousin germain de Colthoum. 38—41 p. . Au 2 cas où Colthoum viendrait à mourir si son neveu Bahlj devrait le remplacer . même . je leur ferai éprouvieille ver ce que c'est que d'un Arabe de telle roche n'en ! J'enverrai contre eux une armée : qu'ils virent jamais la la tête de la colonne sera chez eux pendant que queue en sera encore chez moi. s'écria-t-il la colère . de F Afrile que . Akhbâr madjmoua 6 v. devait en fournir trois mille. . non sans raison. p. I. attiré Le il calife Hichâm frémit de douleur Par Allah et de rage quand apprit l'insurrection des Berbers et la défaite de son « . . 1 . vait échoir au chef des troupes du Jourdain à Tha- laba.» la Quatre districts de nir six mille soldats Syrie reçurent l'ordre de four. qui l'accusaient. I. 151 du texte. de la tribu yéménite d'Amila. cette armée caisite. Ibn-Khaldoun 1 1 . Hist. . c. Noël des Vergers t. . t. d'avoir sur leurs têtes tous ces terribles malheurs *. 61 v. sept mille A ces vingtsol- hommes devaient se joindre trois mille dats de l'armée d'Egypte et toutes les troupes africaines. . 6 Ibn-al-Coutîa auteurs disent fol. chacun le cinquième . et du texte . Isidore . armée.

» Colthoum temps Il lui des excuses et lui annonça le en même qu'il viendrait joindre le près de Tàhort. clients des Omaiyades laient . les Les et habitants des .2415 aux na à révoltés un châliment exemplaire la . le calife don- son général permission de livrer au il pillage la tous les endroits dont têle s'emparerait. . Colthoum arriva en Les que pays de l'année 741. encore campé près de pour lettre Habib fit parvenir il aussitôt disait : une à Colthoum dans laquelle dire lui «Votre ins'éta- sensé de neveu a osé blir qu'il est venu pour et il dans notre pays avec ses soldats. villes leur fermèrent l'avant- portes . d'un ton de les en annonçant qu'il avait l'intention ils de s'éta- blir en Afrique avec ses soldats. quand Baldj ordonna . qui connaissaient et le pays et qui s'appeAfri- Hâroun dans l'été Moghîth . qui se conduiet saient envers eux avec une arrogante rudesse plutôt dans lesquels ils voyaient des envahisseurs que des auxiliaires. qui était informer. . Ayant pris pour guides deux officiers . écrivirent à HaTàJiort . habitants de nos votre villes. garde ouvrir leur . mais bientôt Syrien et . et de couper à tous les insurgés qui tomberaient entre ses mains. Je vous armée ne les laisse pas en ce sera contre vous que nous tournerons nos fit armes. bib l'en . qui commandait impérieux . arriva en effet. les si est allé jusqu'à menacer déclare donc que repos. Arabes de ce reçurent fort mal les Syriens.

rité ' . leçon se trouve dans TAkhbâr madjmoua . le cri: . supério- du nombre. mon père est prêt à vous donner satisfaction vous vous croyez offensé. qu'appa- L'armée. Colthoum voulut fougueux Baldj le suivre ce conseil prudent rejeta avec indignation. . Baldj ! lui répondit de Habib. d'éviter une bataille et faire ravager les .» Les la deux armées ne tardèrent pas à prendre part à dispute.246 l'Africain se querellèrent . le fils — si Eh bien . l'effusion On ne n'était qu'à grand'peine à empêcher rétablir rente. mais le «Gardez-vous de faire ce qu'on 1) La première dans (fol. qui avait chaude. du reste .) on lit . et Baldj . celui qui ! nous a menacés de tourner ses armes contre nous Abdéranie. autre endroit de YAkhbâr madjmoua 66 r. la se- conde Ibn-al-Coutîa. . Dans un Nacdoara. par des détachements de ca- villages des environs. nommé lui la Bacdou- où l'armée berbère les ferma le Voyant que les ennemis avaient clients . Aux armes! de l'autre par fut poussé par les Sy- riens d'un côté les Africains auxquels réussit et à s'étaient réunis les soldats d'Egypte. deux omaiyades qui ser- vaient de guides à Colthoum lui conseillèrent de forde se mer un camp retranché borner à valerie . la du sang concorde qui . ment épousé voilà la cause de son oncle s'écria : « Le donc . s'avança jusqu'à un ra ou Nafdoura passage. forte maintenant de soixante-dix endroit mille hommes.

Baldj commença l'attaque. confia celui et se troupes africaines à Hâroun et à Moghîth. la liberté doubleraient Colthoum . Néan- moins Baldj sept .247 vous conseille. ils n'avaient pour tout vêtement qu'un pagne fort et d'ailleurs ils n'avaient que peu de chevaux. et ce stratagème fut couron- né d'un plein succès: effarouchés. les dit-il à son oncle. mais ennemis avaient trouvé ses espérances. les chevaux des Syriens se cabrèrent. pas Berbers à cause de leur nombre ni vêtements. et ne craignez . qui était . mit lui-même à la tête des fantassins de la Syrie. mais Baldj oubliait que l'enthouet siasme religieux leurs forces. lui donna le commandedes ment des cavaliers syriens . un moyen Ils très-sûr pour désappointer la tête se mirent à jeter contre des chevaux des sacs remplis de cailloux. accoutumé à se laisser gui. resté à cheval avec environ attaque. ce qui força plusieurs cavaliers à les quitter. Puis les Berbers lancèrent contre l'in- fanterie des juments non domptées .» car ils n'ont ni : armes les Et en ceci . qu'ils avaient rendues furieuses en attachant à leurs queues des outres et de grands morceaux de cuir. Baldj disait vrai Berbers étaient mal armés . ayant de livrer bataille. l'amour de . Il se flattait que cette multitude désordonnée ne tiendrait les pas un instant contre sa cavalerie. mille des siens tenta une nouvelle . de sorte qu'elles les causèrent beaucoup de désordre dans rangs. der par son neveu résolu se rangea à son avis il et .

le courage acheté de des ses compagnons. fendu et un grand carnage des Berbers . prirent la fuite. lui-même tombé à terre criblé de blessures . . tant de succès que et Ha- Moghîth . derrière leur firent sa charge impétueuse . Collhoum résistait encore avec lui les fantassins la de la Syrie.» Mais eurent fut quand les nobles qui combattaient à ses l'un côtés été tués après l'autre .248 Cette fois et il réassit à rompre le les rangs des Berbers. Un coup de sabre oculaire froid . leurs a croyants leurs biens et personnes pour leur donner le paradis en retour. et que . il récitait des versets du Coran propres à stimuler disait-il. — l'homme le li- ne meurt que par vre qui fixe le la volonté de Dieu la d'après terme de vie. du gros de l'armée avait fait s'était vaillamment dé. la déroute des Syriens fut les complète et terrible et les tel Berbers poursuivirent avec un acharnement que. de l'aveu des vaincus. conduisit armée mais aussitôt quelques lui corps . tre tiers fut fait Sur ces entrefaites Baldj cavaliers séparé avec ses sept mille . que les Ara- bes d'Afrique privés de leurs chefs et d'ailleurs mal disposés contre les Syriens. et Hâroun furent tués. ayant écorché la tête. un tiers de cette grande armée fut tué et qu'un auprisonnier. «Dieu. . Frappant à droite gauche . dit un témoin il remit peau à sa place avec un sanget à prodigieux. berbers et les volte-face pour couper avec la retraite autres combattirent Collhoum bib .

cette place ils y réunirent quelques ce qui. se tournaient contre lui. ils les environnèrent d'un désert de deux journées de marche. grâce à la fcrlilité de la contrée envifois ronnante. comde prirent qu'ils ne réussiraient pas à leur enlever dernier asile qui leur restât. cette ville. ravageant les champs d'alentour .249 mais ceux-ci étaient trop nombreux pour compter leurs morts. s'étant vi- emparés de vres. et maintenant que plusieurs corps. les cavaliers fati- près de Tanger exténués de de gue. prirent la route de Ceuta . . vive force le Us réso- lurent donc de les affamer. et. le N'ayant plus à se prendre que parti extrême ou la retraite il décida à chercher son saint dans la fuite. . ne leur fut point les difficile. Les Syriens se virent réduits . mais comme il ne savaient comment prendre quand et s'agissait d'asles siéger une forteresse que d'ailleurs assiégés ils se défendaient avec le courage du désespoir. Poursuivis sans relâ- les Derbers qui s'étaient jetés sur les chele vaux des ennemis tués dans syriens arrivèrent combat . à se nourrir de la chair de leurs chevaux mais bien- . qu'avaient prise fugitifs. Après avoir essayé ils en vain pénétrer dans . multitude immense. après avoir remporté la victoire sur l'armée il de son oncle. mais com- me les ennemis lui les fermaient autres la route de Cairawân force lui fut . . Cinq ou six ils Berbers vinrent les attaquer s'y . allait être accablé par une d'autre parti . de prendre che par la direction opposée. et.

. fol. . I . Akhbâr madjmoua . — 64 v. 1) p. Ibn-Adhârî . gouverneur de l'Espagne continuait à leur re- fuser l'assistance que réclamait leur déplorable situation. 63. Isidore c. . ils allaient mourir de faim 1 . t.250 tôt les et si le chevaux mêmes commencèrent à leur manquer. 41 — 43 . 62 r.

ils n'en avaient aucune le dans les circonstances données: c'était parti médi- nois qui gouvernait l'Espagne. des avaient prévenu les Arabes d'Espagne ils dangers qu'ils auraient à craindre au cas où le leur auraient donné les moyens de passer Détroit.. Après avoir soutenu contre les païens contre les ils fils Arabes de Syrie. comme les disaient. une lutte aussi l'islafini . quand ils sanglante bataille de Harra ville sainte eurent vu leur saccagée. Mais si en toute circonstance les Syriens avaient peu de chance d'obtenir ce qu'ils désiraient . des fondateurs de misme . XI. L'insolente traité laquelle . des Défenseurs et des la Emigrés . ces troupiers avaient Arabes d'Afrique leur dessein hautement annoncé de s'établir dans ce pays. . Dans aucun cas les Arabes établis depuis trente ans en Espagne n'auraient facilement consenti à accorder aux Syriens enfermés leur dans les murailles de Ceula les navires qu'ils demandaient pour passer dans rudesse avec les la Péninsule. avaient par succomber dans puis. longue qu'opiniâtre.

— comme qui si tous ces sacrilèges et toutes le ces alrocilés nous rappellent sac de Rome par la féroce soldatesque du connétable et les Luthé- riens furieux suffi de Georges Frundsherg ils . ils étaient venus avec Si Mousâ zèle en reli- Espagne . quarante-neuf ans auparavant . . avaient élu au le gouvernement de la Péninsule l'homme . dire . in- fluent de leur parti. leur auquel . puisqu'ils avaient l'honneur d'être les descendants des glorieux compagnons du Prophète. avait combattu dans . leurs femmes violées quand . pouvoir déjà . s'était peut-être un peu refroidi en roule et . plus . ils avaient du moins conservé dans leur âme transmis à les leurs et la enfants une haine implacable pour Syriens. n'eussent pas encore — ils eurent élé contraints à jurer que dorénavant seraient les esclaves du calife. s'étant enrôlés dans l'ar- mée gieux d'Afrique. conviction que. comme nous autrere- avons déjà eu l'occasion de fois si leur ville révérée . le leur appartenait le de plein droit. en octobre 732. Une fois quand la gouverneur de l'Espagne eut été tué bataille qu'il dans célèbre livra à Charles Martel ils près de Poitiers. et. . où ils s'étaient s'était établis. ils ou vendre selon son en le bon avaient quitté masse. toujours mêlé un levain d'hy- pocrisie d'orgueil et d'ambition mondaine.252 leur mosquée transformée en écurie . Abdalmélic fils de Catan qui. mais qui maintenant servait de paire aux bêles fauves. escla- ves qu'il pourrait affranchir plaisir.

par suite de la grande insurrection berbère. comme nous la . véritable . 1) Isidore. et plus tard quand le . Obaidallâh . . et d'après chrétiens témoignage unanime des Arabes pressuré avait la des et qu'il avait il province d'une le manière extravagante. II.. 2) Isidore 3) Isidore 4) Cette c. nommer Abdalmélic C'est donc à Abdalmélic que Baldj avait dû s'adres- ser pour ohtenir les moyens de passer en Espagne. . pouvoir du gouverneur d'Afriet que fut devenu nul en Espagne. t. ter en Afrique les chefs du parti médinois. apud Maccarî . ils l'on pouvait croire fin avaient su le persuader ou son successeur le 3 con(jan- traindre de vier 741 4 ). 60. seule il). mais des comme plus cet Abdalmélic rendu coupable le 1 . . II. si qu'Ocba fut tombé sa dangereusement malade que procbaine. c'est-à-dire dès qu'Obaidallâh eut été nom- mé gouverneur de l'Ouest. . dont prit inquiet et turbulent troublait le repos du pays Pourtant rager . est donnée par Eâzî {apud Maccarî. lui-ci avait fait Arrivé en Espagne et emprisonner Abdalmélic transporl'es2. 61 . . 11. . les Médinois ne s'étaient pas laissé décou. l'avons avait confié le gouvernement de Péce- ninsule à son patron Ocba. grandes injustices. c. p. la p. date t. 233 leurs s'était rangs à Haïra . que l'Afrique eut perdu pouvoir dès légitime repris son autorité sur l'Espagne. 6 1 Ibn-Bachcowâl 63. c. dit .

le saccagé Médine et profané temple du Prophèle nourrir ! Et fol les fils de ces monstres osaient encore pitié le si espoir qu'il aurait de leur sort comme l'humeur telles vindicative d'un offenses. et lui infligea sept cents . de ces impies. Abdalmélic rêter le ne l'eut pas plutôt appris .. venfils geance. que lui le vieux chef médinois rendait . le percer lui-même de leurs épées. ses parents. Us allaient donc périr d'inanition les de ces barbares. Arabe eût pu si pardonner de comme les souffran- ces d'un Syrien eussent pu inspirer des sentiments de ! compassion à un Médinois Abdalmélic n'eut plus qu'un souci. de Harra. avaient massacré qui avaient qui avaient failli qui. Malgré prit . un noble compatissant de tromper sa vigilance tribu de Lakhm dans le réussit à et à faire entrer port de Ceuta deux barques chargées de blé. à l'âge de quala tre-vingt-dix ans les indicibles douceurs de . loin ciel d'avoir pitié misère. moins hostiles que de leur fournir qu'il lui les aux Syriens. qu'un soin. grâce au qu'il lui eût permis de goûter encore . précautions la des vivres. En vain Baldj es- sayait-il de toucher son cœur en disant dans ses letà tres que et . 254 et personne à coup sûr n'était moins disposé à ac- cueillir favorablement sa demande. dans la bataille ses amis. qu'il fit ar- généreux Lakhmite. qu'une pensée: ce fut d'empêcher d'autres. lui et ses compagnons mouraient de faim ils Ceula que pourtant Abdalmélic de leur : étaient Arabes aussi bien .

dans âpres montagnes de Léon. sous . belle et opu- lente Andalousie ils avaient relégué les compagnons de Tarie dans les plaines arides les de la Manche et de l'Estrémadure. bien qu'ils ne fussent pas précisément opprimés à ce qu'il semhle . partageaient cependant les la jalouse Ils haine de leurs étaient les véet frères d'Afrique pour ritables Arabes. tant. . le il prétexte qu'il cher- chait à susciter une révolte de lui . conquérants du pays Mousâ ses Arabes les n'avaient guère fait autre chose que recueillir et ses fruits de la victoire remportée par Tarie douze mille Berbers sur l'armée des Visigoths: au moment tout ce villes où ils débarquèrent . lion : les Arabes s'étaient la attribué part partie du ils . sur la côte d'Espagne . Son cadavre fut attaché à un gibet avec un chien crucifié à sa fût droite . Gardant pour eux-mêmes . afin que son supplice aussi ignominieux que possible. s'étaient approprié meilleure du butin le gouvernement du pays et les terres les plus la fertiles.255 coups (le courroie. Puis. ordonna de lui cre- ver les yeux et couper la tête. Les Syriens semblaient donc condamnés à mourir de faim. lorsqu'un événement imprévu vint tout à coup forcer Abdalmélic à changer de conduite. Et pourde la quand il s'était agi de partager les fruits la conquête. Les Berbers établis dans le Péninsule . . qui restait à faire c'était d'occuper quelques prêtes à se rendre à la première sommation.

1. qu'il Quand ceux-ci se permettaient de ran- çonner des chrétiens qui s'élaient rendus par composition . au fond de cachots immondes infects Le sort lié à de l'Espagne était celui de l'Afrique se d'ailleurs trop intime- ment de pour que le contre-coup ne se et fit ce qui sentir . Eudes. p. parce qu'il avait appris que ses frères en Afrique étaient cruellement et il il opprimés par les Arabes. . chargés de fers et à peine couverts de guenilles toutes grouillantes et de 1 . avait été secondé par avait épousé la fille 3 .256 «le Galice . dont Cette fois l'insurrection des Berbers d'Afrique avait 1) 2) Voyez Voyez eut Isidore . 1. l'un Une fier brave Monousa des quatre principaux chefs berbers 2 . leux eux-mêmes sur le tien et le mien ils s'étaient s'agissait montrés d'une sévérité inexorable dès des Berbers. duc d'Aquitaine. et Maccarî. passait au delà fois du Détroit déjà le pas en deçà. les laissaient gémir. . II. 3) Isidore 58) . les Arabes. c. de cet Abde'rame. 145. qui donne des de'tails sur cette re'volte était . après leur avoir fait subir le fouet et la torture. qui étaient venus en Espagne avec Tàric l'étendard de la avait levé révolte en Cerdagne. d'Asturie . c. 11. 27 . vermine. Se'bastien (c. Haitham. Les auteurs arabes le pre'de'cesseuv placent sous le gouvernement de t. Peu scrupu. 44. où il fallait escarmoucher sans cesse contre les chrétiens mal domptés. p. voyez Ibn-Adhârî. dit qu'elle lieu quand Abdérarne al-Ghâfikî la gouverneur de l'Espagne.

,

257
eu en Espagne
Berbers
les

un

retentissement

prodigieux.

Les

de

ce

pays avaient accueilli à bras ouverts
non-conformistes
les exciter

missionnaires

venus

d'Afrique

afin

de

les

prêcher et de
les

à prendre les ar-

mes pour exterminer
à
la
,

Arabes.

Une insurrection

,

fois

politique

et

religieuse

comme

celle

d'Afrile

que

éclata
,

en Galice et se communiqua à tout
district de Saragosse
les
,

nord

à l'exception du

le

seul

dans cette partie du pays où
majorité.
tous
les
les

Arabes fussent en

Partout
corps

les

Arabes furent battus, chassés;
successivement
les

qu'Abdalmélic envoya
furent
défaits.
,

contre

révoltés

Puis
,

Berbers

de

la

Galice,

de

Mérida

de Coria

de Talavera et

d'autres

endroits

se réunirent,

élurent un chef,

un

imam,

et se divisèrent
,

en trois corps, dont l'un devait
le

assiéger Tolède

tandis que

second

irait

attaquer

Cordoue
afin

et

que

le

troisième marcherait sur Algéziras
la
flotte

de s'emparer de
le

qui était dans la rade,

de passer ensuite
à Ceuta
,

Détroit, d'exterminer les Syriens

et

de transporter en Espagne une foule de

Berbers d'Afrique.

La situation des Arabes d'Espagne
venue tellement précaire
lic
,

était
,

donc de-

et

dangereuse

qu'Abdalmé-

malgré

qu'il en

eût, se trouva contraint de sol-

liciter le
il

secours de ces

mêmes

Syriens que jusque-là
triste

avait si

impitoyablement abandonnés à leur
il

sort.

Cependant

prit ses précautions:

il

leur

pro-

mit bien de leur envoyer des bâtiments de transport,
T.
I.

17

,

2l>8

mais à condition

qu'ils s'engageraient à
la

évacuer l'Es-

pagne

aussitôt que

révolte

y

serait

domptée
ses

,

et

que chaque division

lui

livrerait
île

dix de
et

chefs,

qui seraient gardés dans une
leur tête
côté
,

répondraient sur

de

la

fidèle

exécution du traité.

De
les

leur
sé-

les

Syriens stipulèrent qu'Ahdalmélic ne

parerait point

quand

il

les

ferait

reconduire en Afrisur une côte qui ne

que

,

et qu'il les

ferait

déposer

fût point au

pouvoir des Berbers.
et d'au-

Ces conditions ayant été acceptées de part
tre
,

les

Syriens débarquèrent à Alg-éziras, affamés et

à peine couverts de quelques misérables haillons.
leur fournit des vivres, et

On

comme

ils

trouvèrent pres-

que tous des contribules en Espagne, ceux-ci se chargèrent de leur équipement
,

chacun

dans

la

mesure

de ses moyens;

tel

riche chef procurait des vêtements
tel

à une centaine de nouveaux venus, et
la

autre, dont

fortune était moins considérable, pourvoyait à l'ha-

billement de dix ou d'un seul.
lait

Puis,

comme

il

fal-

avant tout arrêter

la division

berbère qui marchait

sur Algéziras et qui s'était déjà avancée jusqu'à Médina-Sidonia
,

les

Syriens l'attaquèrent

,

renforcés de

quelques corps arabes-espagnols, et, combattant avec
Jeur valeur accoutumée,
firent
celle
ils

la

mirent en déroute

et

un riche

butin.

La seconde armée

berbère

qui marchait sur Cordoue,
fit

se défendit avec plus

d'opiniâtreté et
tes assez

même

essuyer aux Arabes des per,

graves

;

néanmoins

elle

fut aussi

forcée à

,

259
la

retraite.

Restait la troisième
,

armée,

la

plus

nom-

breuse de toutes
vingt-sept jours.

celje

qui

assiégeait

Tolède depuis

Elle alla à la
,

rencontre
sur
les

de l'ennebords du

mi

,

et

la
,

bataille

qui eut lieu

Guazalate
lors les

se

termina par sa déroule complète.
les rebelles
,

Dès
des

vainqueurs traquèrent

comme
si

bêles fauves dans

toute la Péninsule
firent

et les

Syriens
consiri-

ces mendiants de la veille,

un butin
d'un coup

dérable qu'ils se trouvèrent tout

plus

cbes qu'ils n'avaient jamais osé l'espérer.

Grâce à ces intrépides soldats
qui avait paru
si

,

la

révolte berbère

formidable d'abord, avait été écrasée
;

comme

par enchantement

mais Abdalmélic ne
,

se vit

pas plutôt débarrassé

de ces ennemis-là

qu'il

son-

gea à se débarrasser également de ses auxiliaires qu'il
craignait autant qu'il les haïssait.
Il

s'empressa donc
conclu avec

de rappeler à Baldj
lui et d'exiger qu'il

le

traité qu'il

avait

quittât l'Espagne.

Mais Baldj et

ses Syriens n'avaient

aucune envie de retourner dans
éprouvé
ils

une contrée où
revers
et

ils

avaient
;

toutes sortes
pris

de

de

souffrances

avaient
le

goût
de
11

au

magnifique

pays qui

avait
ils

été

théâtre

leurs
n'est

derniers exploits et où

s'étaient enrichis.

donc point surprenant
des querelles
les
,

qu'il s'élevât des contestations,

entre
,

des

hommes

qui,

nés ennemis
circonstance
la

uns des autres
et

avaient dans celte

des intérêts
est

des desseins opposés.

Comme
17*

haine
le

une mauvaise conseillère,

Abdalmélic aggrava

2G0
mal
et

raviva toutes les plaies invétérées en
les faire

refusant

aux Syriens de
à
la

transporter en Afrique tous

fois

,

et

en

déclarant

que

,

maintenant qu'ils

avaient
il

tant de

chevaux,

d'esclaves et de bagages,

n'avait pas assez de bâtiments pour

exécuter cette
Syriens dé-

clause du traité.
siraient

En

outre,
la
il

comme
côte
leur

les

s'embarquer sur

d'Elvira

(Grenade)

ou

de

Todmîr
;

(Murcie),

déclara

que

cela

était impossible
le

que tous ses vaisseaux étaient dans

port d'Algéziras et qu'il ne pouvait les éloigner de

cette partie de la côte parce

que
d'y

les

Berbers d'Afri-

que pourraient être lentes
enfin
fides
,

faire

une

descente;

sans se donner
il

la

peine de dissimuler ses perd'offrir

pensées,
faire

eut l'impudence
à

aux Syriens
proposition

de

les

reconduire

Ceuta.

Cette

excita une indignation indicible.
jeter dans
la
la

«Mieux vaudrait nous

mer que

de nous livrer aux Berbers de
Baldj
,

Tingitanie,»

s'écria

et

il

reprocha
laisser

dure-

ment au gouverneur
rir
fait

qu'il avait failli les
lui

mougéné-

de faim à Ceuta,
crucifier de la

et

les

siens,

et qu'il avait
le

manière

la

plus

infâme

reux Lakhmite qui leur avait envoyé des
paroles on en vint
tant d'un

vivres.
fait.

Des
Profi-

bientôt

aux

voies de

moment où Abdalmélic
,

n'avait que peu de

Iroupes à Cordoue
lais

les

Syriens

le

chassèrent du pa-

et

proclamèrent Baldj

gouverneur de l'Espagne

(20 septembre 741).

Les passions une

fois

déchaînées

,

il

était à prévoir

261
que
les

Syriens n'en resteraient pas

,

et l'événe-

ment ne tarda pas
Le premier

à justifier cette crainte.
faire

soin de lîaldj fut de

remettre en

liberté les chefs syriens

qui avaient servi d'olages et

qu'AMalmélic

avait
,

fait

garder

dans

la

petite

île

d'Ouim-Hakîm

vis-à-vis d'Algéziras.
,

Ces chefs arriIls

vèrent à Cordoue irrités
le

exaspérés.
agissant

disaient que
les

gouverneur
,

d'Algéziras,
les

sur

ordres

d'Abdalmélic
ture et d'eau

avait

laissés

manquer de nourri,

,

qu'un

noble

de Damas

de

la
ils

tribu
exi-

yéménite de Ghassan, avait péri de
geaient
la

soif;

mort d'Abdalmélic en expiation de
Leurs plaintes,
,

celle

du

Ghassânite.
leurs

les récils

qu'ils firent de
,

souffrances

la

mort d'un chef respecté
que
les

tout

cela mit le comble à la haine

Syriens éprou-

vaient pour

Abdalmélic

;

ce
,

perfide

avait

mérité
à

la

mort

,

disaient-ils.
,

Baldj

qui répugnait

ce parti

extrême

tâcha de les apaiser en disant

qu'il fallait
in-

attribuer la

mort du Ghassânite à une négligence un dessein prémédité.
ajouta-t-il;
c'est

volontaire et non à
la

«Respectez
Coraichile

vie

d'Abdalmélic,

un

et, de plus,

un

vieillard.»

Ses paroles n'eurent au-

cun

elfel

;

les

Yéménites qui avaient à venger un
et

homme

de leur race

qui

soupçonnaient

Baldj de
était

vouloir sauver Abdalmélic parce
la race de

que celui-ci

de

Maâdd

à laquelle Bahlj

appartenait
et Baldj

égale-

ment, persistèrent dans leur demande,

qui,

comme

la

plupart des

nobles, ne commandait qu'à la

,

2G2
condition de céder
ses soldats,

aux volontés

et

aux

passions
il

de
per-

ne put résistera leurs clameurs;
allât

mit
qu'il

qu'on

arracher
à Cordoue

Abdalmélic
et

de

la
il

maison
s'était

possédait

dans laquelle

retiré après sa déposition.

Ivres de fureur

,

les

Syriens traînèrent au supplice

ce vieillard

nonagénaire que ses longs cheveux blancs

faisaient ressembler (lelle est l'expression bizarre mais

pittoresque des chroniques arabes) au petit d'une autruche.

«Poltron,

criaient-ils,

tu as échappé à nos

glaives à la bataille de

Harra.

Pour

te

venger de la
et

déroute,

lu nous as réduits à

manger des peaux
du

des chiens.

Tu
,

as voulu
les
ils

nous livrer,
soldats
le

nous vendre,
S'élant

aux Berbers
arrêtés près

nous,

calife!»

du pont,

battirent à coups de ver-

ges, plongèrent leurs épées dans son sein, et mirent
/

son

cadavre en croix.

A gauche

chien, à droite, un cochon


,

ils

crucifièrent

un

Un meurtre aussi barbare
mant
les
,

un supplice aussi
était

infa-

criaient vengeance.

La guerre
,

allumée
de
la

armes

décideraient

lesquels
la

des

Arabes
,

première ou de ceux de
dinois ou des

seconde invasion

des

Méla

Syriens

,

resteraient les maîtres de

Péninsule.

Les Médinois avaient pour chefs
lic
,

les

fils

d' Abdalmé-

Omaiya

et

Calan

,

qui avaient pris la fuite lors
,

de

la déposition

de leur père

et

dont l'un était
,

allé

chercher du

secours à Saragosse

l'autre

à Mérida.

,

263
Leurs
anciens

ennemis,
;

les

Berbers

,

firent

cause

commune
lard leurs
ils

avec eux

ils

comptaient bien tourner plus
les

armes contre
tout

Arabes d'Espagne

>

mais
Les

voulaient avant

se

venger des Syriens.

Médinois eurent encore d'aulros auxiliaires: ce furent
le

Lakbmile Abdérame
et
le
,

ibn-Alcama

,

gouverneur de
fils

Narbonne,
africain

Fibrile

Abdérame,

du général
asile

Habib

qui était venu

chercher un

en
la

Espagne,

accompagné de quelques troupes, après

terrible déroute dans laquelle son père avait élé tué

mais avant

l'arrivée

des Syriens dans

la

Péninsule h
querellé

Ennemi juré de
avec
lui
,

Baldj
attisé

depuis
la

qu'il

s'était
le

il

avait

haine que
lui

vieux Abdalles
il

mélic portait aux Syriens en
lences
fortifié

racontant

insol'avait
les

qu'ils s'étaient

permises en Afrique;

dans son dessein de ne pas leur accorder

navires qu'ils lui demandaient et de les laisser plutôt

mourir de faim.
venger
le

Il

se

croyait obligé maintenant de
qu'il était son
illus2
.

meurtre d'Abdalmélic parce
,

contribule
tre
,

et,

comme

il

était

d'une naissance
la

il

aspirait au

gouvernement de
leurs

Péninsule

Les coalisés avaient sur

ennemis l'avantage
quarante
mille

du

nombre

,

leur

armée

comptant

1) C'est ce

que Rakîk (apud Ibn-Adhârî
chroniqueurs,

,

t.

I

,

p.

43)

dit

formel-

lement

,

et cette assertion

a un bien plus haut degré' de probabilité
qui disent qu' Abdérame ibn-Hablb

que

celle d'autres

arriva en
2)

Espagne en compagnie de Baldj.
,

Voyez Ibn-al-Abbûr

p. 51.

264

hommes
dats

selon

les

uns, cent mille selon

les

autres,
sol-

tandis que Baldj ne put réunir que
,

douze mille
assez
le

bien

qu'il

eût

été

renforcé d'un

grand
Détroit

nombre de Syriens qui venaient de passer

après plusieurs tentatives inutiles faites pour retour-

ner dans leur
enrôla une
les terres

patrie.

Pour grossir son armée
chrétiens
;

,

il

foule d'esclaves

qui
puis

cultivaient
il

des Arabes et

des Berbers

alla at-

tendre l'ennemi dans un hameau

nommé

Aqua-Portora.

Le combat
se défendirent
tes
les

s'étant
si

engagé

(août 742), les Syriens
qu'ils repoussèrent tou-

vaillamment
des

attaques

coalisés.
,

Alors

Abdérame,
le

le

gouverneur de Narbonne
le

qui passait pour
,

cavalier

plus

brave

,

le

plus accompli

qu'il

y eût en Es-

pagne, crut que

la

mort du chef de l'armée ennemie
«Qu'on
tuer ou
lui

déciderait du sort de la bataille.
Baldj! s'écria-t-il;
je jure de le

me montre de me faire
;

tuer

moi-même

1

Le

voilà

,

répondit-on

c'est

celui qui est

monté sur

ce cheval blanc et qui porte

l'étendard.»

Abdérame
la

chargea

si

vigoureusement
fit

avec ses cavaliers de
Syriens.

frontière, qu'il
il

reculer les
la

A deux
elle
,

reprises

frappa Baldj à

tête

;

mais attaqué aussitôt par
repoussé par
pitée
il

la cavalerie

de Kinnesrîn et
préci-

entraîna dans sa retraite

toute

l'armée des coalisés.
perdirent dix mille

Leur

déroute fut
et les

complète;
riens
,

ils

hommes,
,

Sy-

qui

n'en avaient perdu que mille

rentrèrent

dans Cordoue en vainqueurs.

féliciter.. . ou bien reconnaissait-il. si comme ordonné que Baldj le venait à mourir. les cris dans lugubres d'un oiseau de nuit. fuyant le corps auquel unie se métamorphosait en un hibou ou en une chouette. n'avait qu'à laisser faire. Son début ne quer les fut point et les heureux. Les n'eurent point . . du district où sa si- tuation ne tarda pas à devenir fort périlleuse. une voix bien-aimée ger sur les qui lui rappelait qu'il avait encore à ven- Médinois l le ? meurtre d'un proche parent d'un père peut-être On l'ignore . 263 Les blessures de jours après calife avait il Baldj le étaient mortelles. Yéménite Thalaba devrait remplacer les Syriens proclamèrent ce chef gouverneur Médinois n'y eût de l'Espagne. Déjà 1) Les Arabes croyaient que. et peu de le le rendit dernier soupir. de se retirer dans la capitale fut battu et forcé . Vou- lait-il se il populariser et sentait-il que. qui continuait de faire entendre sa voix jusqu'à ce que le mort eût été vengé sur le meurtrier. à s'en Quoiqu'il pas réussi Baldj avait appétits le du moins essayé de sanguinaires des Sy- mettre riens : un frein aux son successeur ne tenta même pas. violente son âme . Etant allé atta- Arabes Berbers rassemblés en grand il nombre aux environs de Mérida. mais il est cer- tain que la résolution qu'il prit d'être sans pitié pour les Médinois lui gagna le cœur de ses soldats et qu'il fut plus populaire que Baldj ne l'avait été. homme elle avait péri de avait été' mort . pour y réussir. lorsqu'un .

une fois pour toutes. non pas à l'enchère . l'orgueil de les Syriens. il ordonna de mettre les caplifs à l'encan. en un grand carnage. retourné en Andalousie. Afin de rabatces derniers. mi les Bédouins . secours avec autant de troupes que pos- lorsqu'un les heureux hasard le sauva. chef. ennemis ayant il profita de cette incurie. se trouvaient plusieurs Médinois. Un jour de fête que assiégeants s'étaient dispersés dans les environs sans avoir pris assez de précautions contre attaqua les et. près de Cordoue. et il emmena C'était les en esclavage leurs femmes . facétieusement féroces. fait mille prisonniers et forcé les autres à cher- cher leur salut dans une fuite précipitée. leurs enfants. un jeudi du mois de mai 745. mais au raof- Un Médinois pour lequel un Syrien avait . Parmi eux tre. convinrent entre eux de bais.266 il avait envoyé à son lieutenant à Cordoue l'ordre de venir à son sible . les vendre . ils Tant qu'ils eu Baldj pour leur avaient respecté l'usage établi depuis un temps imnos jours parles mémorial et qui s'est perpétué jusqu'à . ce fut pis encore. traînant dix fut sonniers à sa suite. Ayant fait camper son armée à Mo- çâra. une surprise. de traiter même avec une certaine mille pri- courtoisie. . dans guerres intérieures la liberté les aux femmes et aux enfants de l'ennemi . l'usage de laisser . fit à l'improviste. un attentat inouï une harbarie que jusque-là osé Syriens eux-mêmes avaient n'avaient pas commettre. Et quand ïbalaba.

fut donc adjugé fut à celui qui of- un chien et ainsi un autre de suite. mèn des pendant l'horrible sac de Mécline les Syriens n'avaient fils imposé tant d'affronts. . Des affligés hommes modérés des et sensés des la deux partis. aux fondateurs de l'islamisme. montra ses les ordres. le qui fût en étal de rétablir l'ordre et Handhala avait donc envoyé en Espagne Kelbite Abou-'l-Kbattâr. encore. Jamais encore. Les Arabes d'Es- saluèrent fut de comme leur sauveur. in- maux causés par guerre civile. . musulmans pour étendre . de le Syriens ne refusèrent le pas reconnaître. et craignant que les chrétiens du nord ne profilasles sent de la discorde des limites tions bite. tant d'ignominies. en relale avec gouverneur d'Afrique de Handhala Kel- pour le prier leur envoyer un la gouverneur tranquillité. dignés des horribles excès commis de part et d'autre. de lorsqu'un son parti événement que ne semblent Thalaba avoir et exaltés pas prévu vint y mettre un terme. qui arriva avec ses soldats à Moçâra au moment même des où l'on y vendait des Arabes pour Il des boucs et chiens. Cette scène scandaleuse durait les . pas .267 fert dix frait pièces d'or. car son pre- mier soin tifs rendre la liberté aux dix mille cap- que l'on vendait au rabais. de leur le domination étaient entrés . vendu pour un jeune bouc. et comme pagne il était un noble de Damas.

de Kinnesrîn dans le district de Jaén 1) Akhbâr madjmoua . t. Ibn- Adhârî. C9 t. de . 30—34. il leur donna en lief des du domaine public . Il fils accorda Omaiya et à Catan. Isidore. II. fol.. et enfin '. 64 —67. 65 v. celle . Palestine. . avaient les deux d'Abdalmélic. 11—14. i\. enfin . — . mîr (Murcie) Niébla et celle d'Emèse celle . dans districts de Sidona et d'Algéziras du Jourdain de dans dans le district le de Regio (Malaga) celle Damas celle district d'Elvira . per- turbateurs du repos de la Péninsule . (Grenade) . où l'at- tendait une brillante destinée il éloigna de l'Espagne une douzaine des chefs les plus turbulents. en enjoignant aux serfs qui les cultivaient de la céder dorénavant qu'ils aux Syriens avaient cédée fut troisième à partie des récoltes jusqu'alors blie l'Etat. p. ils employeraient contre mieux leur bouillant courage en combattant les Berbers en Afrique . parmi lesquels se trouvait Thalaba. La division d'Egypte et éta- dans les districts : d'Ocsonoba. et à tous ceux parti . qui embrassé leur à l'exception réussit . c. Maccarî II. blit le nouveau gouverneur l'amnistie à réta- la tranquillité. 268 Par de sages mesures. Ihn-al-Cou- . p. de Béja de Todde les . dans les districts de Séville. de l'ambitieux Abdérame ibn-Habîb fois à qui toute- gagner la côte et à passer en Afrique . en leur disant que. comme il importait avant tout de délivrer la capitale de la présence des Syriens terres qui l'encombraient .

du reste. Maccarî. le servir la d'un parti riches. revers et de catastrophes enfin . II. 8 v. tres partis . dans mes Recherches . d'opulents propriétaires à Séville les autres les Beni-Câsim 1 . les Beni-Câsim ont été indépendants d'un petit Etat. au delà des li- mites de leurs terres. 84 1) et suiv. I . H. pour vivre retirés dans leurs domaines voit les quand à de longs intervalles on encore surgir annales arabes nom le d'un chef médinois voit agir dans on pour des intérêts cause et purement personnels ou autre que n'eurent pays. . qui. possédaient de vastes domaines près d'Alpuente la dans province de Valence . p. Beni-'l-Djad . est dans le siècle . vrai que tes chefs . uns. Ibn-al-Khatîb . t. mais c'était à une époque où. que des Défenseurs de Mahomet ont joué dans l'histoire musulmane. à ce qu'il semble. 7 r. le ils sien. étaient . mélic. Instruits par tant de ils semhlent avoir compris que leurs ambitieuses espérances ne pouvaient se réaliser. Quoique nombreux presque les aucune influence sur sort du Parmi les descendants les du gouverneur Abdal. mais ni l'une ni l'autre bran11 che ne sont sorties de leur obscurité relative. 269 C'est ici que les finit fils le rôle important mais malheu- reux . Abandonnant ils . fol.. tîa p. la scène publique à d'au- s'eifacèrent et le . — t. . . ne s'étendait pas. où un village (Benicasim) porte encore leur nom XI e .

qui descendaient du Médinois Sad ibn-Obàda * . et que le . man. de Cbarlemagne et d'Isabelle-la- Catholique et fut laissa un ineffaçable et glorieux souvenir presque Elle constamment poursuivie et finit par le mal- heur. montè- rent sur trône de Grenade. deux siècles plus tard. fol. est vrai encore que. commence avec Sad avec Boabdil. dans un plus profond oubli . Te où avait retenti Y Allah acbar espagnole. pendant que l'Al- coran en sortait par l'autre tentit là la . les vieilles mais alors les vieilles prétentions et rancunes étaient ensevelies personne ne se . des Médinois le cette famille de lié ibn-Obâda dont l'his- nom et se trouve aux plus grands noms de de l'Occident . l'un et des compagnons faiili les plus illustres de Ma- homet qui avait le être son successeur. souvenait les de l'existence d'un parti médinois Arabes avaient perdu leur caractère national.270 le califat de Cordoue s'élant écroulé.. s'étaient jetés dans la dévo- Encore ces Beni-'l-Ahmar ne régnèrent-ils que leur enlever une à pour voir les rois de Castille une toutes leurs forteresses. ils et. (oui soleil homme les qui Il avait du bien au tranchait du souverain. tion. 176 r. toire de l'Orient et à ceux de Maho- met d'Abou-Becr . par suite de l'influence berbère. Beni- '1-Ahmar. G. . . jusqu'à l'époque où «la croix entra dans Grenade par une porte. . Deum «comme la redit romance Image vivante de Sad destinée . 1) Ibn-al-Khatib .

p. lorsque Emigrés de Mecque vinGrâce à la rent réclamer ce droit pour eux-mêmes. trahison de quelques Médinois. être écrasé dans la Jurant que jamais ne reconnaîtrait Aboula Becr et ne pouvant supporter ses vue du triomphe de ennemis. p. qui las sur un mate- encore souffrant d'une grave maladie. grâce surtout à l'arrivée d'une tribu entièrement dévouée l'emportèrent au milieu d'un gisait aux Emigrés. — . 271 Un intervalle de huit siècles et . demi sépare ces deux ont portés moururent noms et pourtant ceux qui les l'un et l'autre dans l'exil . 132.. 6—12. I Ibn-Cotaiba. t. disait «Nous avons tué . fut cruelleet faillit il ment outragé par Omar presse. quand eut perdu sa cou- 1) Voyez Tabarî. p. Sad Parfait les être élu la par Défenseurs . en regrettant leur gran- deur passée. Nawawî rationalistes .» Boabdil aussi. chef des Khazradj Sad ibn-Obâda qui n'ont il nous lui avons décoché deux flèches point manqué son cœur 1 . effroyable ceux-ci tu- multe. il populaire sa . tous les Intrépide champion de l'islamisme dans combats le que Mahomet allait avait livrés calife aux les païens. pendant lequel Sad. fut tué par les djins ses fils apprirent mort par des esclaves qui avaient : vinrent leur raconter qu'ils entendu sortir le d'un puits une voix qui . il s'exila en Syrie. où il trouva la mort d'une manière mystérieuse. 274. dit et la tradition Dans un endroit écarté. Les de ce temps-la ne man- . 32—42.

qui n'avait pas sa pareille au monde. . une terre . quèrent pas de dire que la mort de Sad avait été causée par la morsure d'un reptile venimeux.272 ronne. lointaine et inhospitalière après avoir jeté le du haut de la roche qui conserve encore nom poétique de poi- «Dernier Soupir du Maure.» un long regard de gnant adieu sur sa Grenade hien-aimée. alla passer le reste de ses jours sur .

Maccarî. Ibn-Adhârî. n'eurent pas à plaindre de Mais de persévérer dans cette il modération bien ex- ceptionnelle chez un Arabe. — 78 r. partis avec . 46— 50 . . quoiqu'il fût Kelbite les Caisites eux-mêmes bre parmi . qui se trouvaient en assez grand nomavait les troupes que Baldj se amenées en lui. retourna bientôt à ses de vieux comptes à il antipathies naturelles. ne tranchait T. p. . 18 . 70 . même la victime de leur tyrannie . article sur Çomail. Ibn-al-Abbâr . 68 . rôle — ce Quant au nom du chef récit et va jouer un grand les dans n'en dans les suivants . Espagne loin . p. . t. Il avait régler avec les Caisites : en Afrique . Vie Li- vre. . XII 1 . II. 54 . 43—45. E. 52 .. 75 . avait été massacré 1) Akhbâr madjmoua t. et . man. 35— 3S. c. . Dans les premiers temps de son gouvernement une fort Abou-'l-Khattâr traita tous les louable équité . manuscrits arasi bes indiquent pas les voyelles on ne saurait si la véritable prononciation en est Çomail ou bien la manière dont la ques- récrit Fauteur contemporain Isidore (Znmahel) tion. en Espagne son contribule Sad fils de Djauwâs . II. fol. avait été lui. Isidore . 72 v. Ibn-al-Khatîb caisite qui . I. comme Çamîl .

el cet homme lui avait été cher à un tel point qu'il avait coutume de dire si : «Je me laisserais volontiers trancher la à la vie. je pouvais le rappeler le pouvait du moins Jl venger. ne se hâtèrent pas de dénouer par la force une situation qui pourtant était devenue intolérable pour eux. de son côté cependant .» fit Il main. moins nom- breux en Espagne que Yéménites . elles gisent comme déracinés par le tor- rent. Le droit . le gouverneur avec sa partialité alla ordinaire lui donna tort. sévit contre les la Caisites qu'il soupsi çonnait d'être complices de mort de son ami. sa le Pour venger sur mort sol . casion: et voici à quelle oc- Un homme devant le . Tant de supplices devaient nécessairement rallumer la guerre civile. 274 par eux . où il reprocha au gouverneur sa partialité pour ses . qui se rendit aussitôt au palais. bien qu'il put dire dans un de ses poèmes: Je voudrais que le fils de Djauwâs pût apprendre avec quel empressement j'ai pris sa cause en main. et il ne le que trop. . ayant une dispute avec un Kelbile vint plaider sa cause était tribunal du gouverneur. Kinâna . Toutefois les Caisites les .. j'ai tué quatre-vingt-dix personnes des troncs de palmiers . la haine amas- sée dans leurs cœurs ne déborda que lorsque l'honneur de leur chef eut été compromis. Le Kinânite au chef se plain- dre de ce jugement inique caisite Çomail delà tribu de Kilàb. de la tribu maàddite de .

qui lui étaient naturelles s'étaient encore. lui — j'ai des contribues. et une mauvaise puissance agissaient. retombait dans plus paresse et l'insouciance. de ne pas le était si grande. C'était une sou- organisation puissante . un mélange opposés. dans le Une bonne . passion- née . sauront bien l'arranger. violente et vindicative de Çomail. Çomail sup- porta ces insultes sans se avec un calme palais la mépris. son poète (car chaque chef arabe 18* . Le gouverneur et fît répondit le quand Çomail eut répliqué sur souffleter et chasser même . des entraînements plus D'une persévérante il quand la ses passions avaient été excitées. mal.275 conlribules . si qu'aûn ruiner. répondit le chef caisile.» C'était une déclaration de guerre. agitations Sa généroplus vertu que ses compatriotes appréciaient illimitée. il le de sa présence. mais inculte le mobile . calmées. du Kinânite. il sortit du Un homme est qui se trouvait à la porte lui dit: «Qu'esl-il donc arrivé à votre turban. . plaindre . ? Abou-Djauchan Si ils Il dans un complet désordre. dès que ses fiévreuses sité . ni dans le bien. mais sur l'âme natualtière. Abou-'l-Khattâr s'était et fait un ennemi aussi dangereux qu'implacable qui n'était pas ni un homme ordinaire. à forces égales rellement bonne et généreuse. que toute autre. mise à bizarre activité l'instinct et guidée par les hasard. ton . coiffure Brutalement éconduit dérangée. en exigeant qu'il fit justice lui aux plaintes aigrement.

presque chaque resté à nuit était ivre . manquait étaient 2 . 88 r. enseigner lire aux enfants dans Coran prononcer ce verset «Nous alternons il les revers et les succès parmi les hommes. le occupé à . Le Coran se lui était peu près inconnu livre et il souciait peu de connaître ce blessaient dont les tendances égalitaires . 16 v.» s'écria: 1) 2) fol. . 276 avait le sien toul comme visite les chefs des clans écossais) fois ne lui rendait plus que deux par an. peu de savoir-vivre que ses ennemis mêmes forcés de reconnaître en lui un modèle de par son politesse Par ses ligieuse mœurs il relâchées le et indifférence re- perpétuait type des anciens nobles. et buvait du comme un il vrai Arabe païen. le il ne savait pas lire. et surtout pour ceux qui flattaient sa qu'il quoiil en composât lui-même de temps à autre.) . en revanche. Voyez Ibn-al-Coutîa fol. ces viveurs effrénés qui n'étaient musulmans que de nom. il En vin dépit de la défense du Prophète. loin. dit-on entendant un maîà : d'école. Voyez le te'moignage (TAbde'rame I" (dans YAJchbâr madjmotia . tre Un jour. Malgré son amour pour vanité. 78 v. . à l'occasion des deux grandes lui fêtes religieuses Çomail avait ayant fait serment de fois donner tout ce le qu'il sur lui chaque qu'il verrait. et les Arabes eux-mêmes jugeaient en arrière de son siècle si 1 .. que nous reproduirons plus . 3) Akhbâr madjmoua fol. son orgueil d'Arabe. Il n'était pas instruit cependant. 3 . les vers.

II. . décapiter et avait fait jeter cadavre aux chiens il au temps où. avait pour aïeul Chamir . le meurtre de Hosain par d'horribles repré- sailles et alors la Hàlim. cet er aïeul. se déroparti qui triomphait. y a : C'est que ce verset se trouve écrit? — part il Oui. moi . et que tant d'autres. alors qu'il s'agissait de tuer petit-fils du Prophète. race. Malheur à nous! exclu- en ce cas sivement . fol. sa- Et. — Pardonnez. . 177 y. ce général de l'armée omaiyade qui n'avait pas eu un moment le d'hésitation. de Cou fa dont nous avons déjà parlé. !» Au reste. Là il s'était fit établi avec sa famille.277 «Non. 2) Ibn-Khaldoun t. s'il 11 était mauvais musulman ce chassait de . Çomail 1) Ibn-al-Coutiti . — . le bant par était allé fuite à la rage du chercher un asile dans district de Kinet à nesrîn. avait été aussi la cause indirecte de l'arrivée de Çomail en Espagne. le pouvoir ne nous appartient plus les manants 1 les vilains les esclaves en auront leur . Le Chiite son Mokhlâr l'avait fait 2 . le père de Çomail. 17 r. il faut dire: . . parmi les le Arabes. seigneur les répliqua maître ainsi d'école il parmi hommes. maître de Coufa. fol. vengea . tout tel sceptiques qu'ils étaient. reculaient devant un crilège. qui avait apporté au calife Yézîd I la tête de Hosain. sans doute. l'époque où Hichâm lever en Syrie l'armée desti- née à aller dompter l'insurrection berbère. — .

«Dites-nous votre plan . répondirent-ils nous l'approuvons d'avance et nous sommes prêts à l'exécuter. le nous appellerons aux armes tous dessous ceux qui ont eu Prairie les . leur raconta les outrages qu'il avait subis et leur demanda leur avis sur le parti à . Sans doute. j'ai la ferme intention d'arracher pouvoir des mains de cet Arabe. lui Approuvez-vous ce plan répondit-on. Etant maintenant de retour dans sa demeure . pouvoir résister seuls aux Yéménites et je ne si veux témé- pas vous exposer aux périls d'une entreprise raire. Caisites. .278 avait été désigné il par le sort pour en faire partie. . Plus tard Caisites avait passé le le Détroit avec Baldj et les d'Espagne regardaient comme leur chef principal. ? — Nous l'approuvons. et nous donnerons dire l'é- mirat à un des leurs rence — je veux qu'en appa- auront l'hégémonie. alors — Par Dieu ! reprit le Çomail . il y convoqua pour la nuit les Caisites les plus influents. prendre. mais gardez-vous bien 1) Dexix tribus yéménites. Cordoue pour me rendre auprès des différents chefs et leur faire prendre les armes. mais que nous l'aurons Je vais donc quitter en réalité. 1 . nous mais nous autres sommes trop faibles dans ce pays pour . dans la bataille de la mais nous conclurons aussi une alliance avec et les Lakhm ils Djodhâm . il Quand il les vit réunis autour de sa personne.

dit «Je n'ai qu'un mol si à dire. chef des Djodhâm lui . et il Abou-Atâ promit de D'Ecija le . car vous pouvez être sûr qu'il refusera vous prêter sou concours. donc pas surprenant que quand on sites aux avis le les Cai- fussent unanimes pour approuver conseil qui venait d'être donné. qui habitait à Ecija.» était le Cet Abou-Atâ .» crois pour sa race et qu'il vous secondera vigouinstant: Après avoir réfléchi un dit «Je que vous avez raison. Çomail alla à . où demeurait Thoâba. vous n'allez pas de. ne mani. .279 d'aller auprès de noire contribulc Abou-Atà de . et. seul pourtant parut ne pas partager fort leur et mais comme il était encore jeune que la modestie lui défendait il de donner un avis contraire à celui de ses anciens. seconder. opinion Un . Çomail exerçait sur et lui esprits la sienne inspirait une violente jalousie alla il n'est . mander vous le l'appui d'Abou-Atâ faites . pour n'écouter que l'amour vous pouvez être certain reusement. lui répon- alors le jeune homme . tint sa parole. festa sa désapprobation que par son silence lui jusqu'à ce il que Çomail l'enhardît en ne déclarait pas demandant pourquoi son opinion comme les autres l'avaient fait. les La grande influence que neutralisait . .» le Çomail. sortant . de Cordoue avant d'abord auprès lever de l'aube il se rendit d'Abou-Atâ. Ainsi que le jeune Ibnle Tofail l'avait prévu. nous sommes perdus sa jalousie et qu'il a si il fera taire sa haine . Moron qui. chef des Ghalafân.

. l'hégémonie . à la rencontre des insurgés. Mais ba- qui eut lieu sur les Lords du Guadalete du . qui avaient minorité dans ces deux provinces. 2 . passim. chef de la coalition . Ces sortes d'alliances pro- curaient aux tribus faibles encore un autre avantage que celui de les renforcer : elles désarmaient pour 1) Voyez le Commentaire de Soccarî fol. avait déjà eu des démêlés avec . t.280 aussi. se liguaient avec tribu maâddite . on fut à même d'apprécier la sagesse conseil que Çomail avait donné à ses contribuas alors qu'il les engageait à conclure une alliance avec deux puissantes ci tribus yéménites et à accorder à l'une le de cellesil premier rang . l'autre s'alliaient ordinairement à ainsi de et race. les Témîm. qu'il avait à accompagné des pendant la . les Rabia. 2) Ibn-Khaldoira II . pour pouvoir tenir tête aux autres Maaddites. Yousof. les Djodhàm le et les Lakhm se réunirent en armes dans district de Sidona (avril 745). 93 v. sw le Divan de Ferazdac man. en quoi avait suivi un usage observé en Orient trop faibles . Les deux chefs conclurent une alliance été proclamé et les Thoâba ayant Caisites . d'Oxford. l'eut Abou-'l-Khattâr ne pas plutôt appris . C'est les que dans le Khorâsân la dans l'Irâc Yéménites. . Cordoue. où les tribus qui se sentaient pour résister seules à leurs des tribus * ennemis. qu'il marcha troupes taille .

fuyait avec trois membres de sa famille le il fut prisonnier par les ennemis qui il poursuivaient. les des intelligences. les Cependant vaincus. et Kelbites ne se tenaient pas pour . un de leur chefs. Les Yémé- après avoir combattu molle- ment les Djodhâm et les Laklim . sa mort. ou il quarante cavaliers profila de de de cents l'obscurité nuit les les pour sol- entrer dans Cordoue. tenta donc de le On charger de fers le . avec lesquels ils entretenaient déjà côté. après avoir vu tuer plusieurs de qu'il fait mais pendant . Abou-'l-Khattâr fut . et qui. à combattre des tribus principalement C'est ce qui ar- quand celles-ci avaient l'hégémonie. et Accompagné deux la de trente fantassins. mit en fuite et conduisit ci-devant gouverneur parmi . de leur se laissè- épargnaient autant et que possible. riva aussi dans la bataille nites d'Abou-'l-Khaltâr . avec ses Kelbites sur le champ de bataille. Abdérame ibn-Noaim faire prit la résolution hardie de une tentative pour délivrer Abou-'l-Khattâr de sa prison. qui Dans l'armée victorieuse y en avait voulaient se con. dats attaqua à Pimproviste chargés . bientôt contraint d'imiter leur exemple ses contribules. de surveiller le Abou-'l-Khattâr.281 ainsi dire l'ennemi. mais l'avis contraire l'emporta. du Guadalete. et Thoâba fort gou. verneur de l'Espagne par blit droit du plus éta- sa résidence dans la capitale. Resté seul rent battre prirent la fuite. qui répugnait presque toujours de sa race.

tirent . laissé si pou- nous aurions pu nous l'eussions vie. les Kelbilcs établis dans le voisinage de Béja. un Maàddite du camp de Tboâba . Vous auriez aussi un . Rendu Cordoue à la liberté. pouret voulez-vous nous combattre ? . au parti que vous je prendre. et s'approcbanl de celui d'Abou-'l-Kbattàr en élevant sa voix autant qu'il put: quoi il parla ainsi «Yéménites. mais nous lui avons la nous lui avons tout pardonné . dans de de reconnaître les l'esprit Çomail . nous allez vous en conjurons. vous le jure.. et les Tboàba Çomail allèrent à sa rencontre deux armées La nuit . cause. voulu. que. qui . ennemies campèrent l'une vis-à-vis de l'autre.. lorsque l'aube . et marcha contre dans l'espoir que cette plus fois ses soldats monet treraient de zèle pour sa . sorte . pré- texte plausible pour nous combattre choisi si nous eussions . nous s'il parler de mais nous voudrions est possible. malgré en eût.. ils décampèrent cette nuit et même pour rentrer dans leurs foyers. Ce n'est pas fait la la crainte. Est-ce que vous notre crai- nous voir le tuer faire f L'ayant en cela. un émir dans notre propre race mais nous l'avons choisi dans la vôtre.. pourquoi avez- vous délivré Abou-'l-Kballàr gniez de voir. Réfléchissez donc. sortit Tenue . tant d'impression sur leur soldats d'Abou-'l-Kbattàr qu'il qu'entraînant émir. empêcher lesquelles le il sang de couler.» est facile Ces pa- roles . Abou-'l-Khattâr rassembla quel- ques Yéménites sous son . drapeau .

le nir. les sol- est vrai que dans ces guerres civiles dats ne se battaient pas pour les intérêts d'un indi- vidu . mais ce doit être une erreur et car sa il eût Syrien comment expliquer alors haine pour les Syriens? . qui . La mort de Thoàba qui arriva une année plus tard.Thoàba. prétendaient à mirat. livra de nouveau l'Espagne à l'anarchie. dit VAkhbâr madjmoua du Jourdain e'té . le fils de succéder à son père et Ibn-Horaith depuis avait d'une négresse et issu d'une famille longtemps établie en Espagne si 2 . commençait à blanchir rizon. . Donner de gouverneur croyait les qu'il n'ambitionnait pas parce soute- qu'il Caisites titre à trop faibles pour . — donner ce un prête-nom à un hon> 1) Dans VAkhbâr madjmoua on : lit : Thoàba ibwAmr . je viderais ce vase la jusqu'à dernière goutte. tant il les cimes qui fermaient l'ho- ils étaient déjà à plusieurs lieues de distance. mais je crois devoir y substituer 2) L'auteur de Amr ibn. qulbn-lloraith appartenait . le fils de Thoàba 1 . mais pour l'hégémonie. Çomail ne pouvait consentir que l'Espagne fût gouvernée par un ennemi voulait titre si implacable de fils sa nation .. croyait C'étaient Amr droit . . Deux l'é- chefs. au peuple du dans ce cas district . Ce dernier pour les Syriens une haine le féroce qu'il ne cessait de répéter: était «Si sang de tous les Syriens rassemblé dans un seul vase. l'un et l'autre Djodhâmites.» Syrien lui-même. mais il ne le pas davantage . avoir . du de Thoàba.

de il plus. Coraichites de la banlieue de plus haute était Mecque étaient re- gardés comme la noblesse après les Cola raichites purs. qui avait conquis une grande partie de l'Afrique fin il enles était Fihrite . on habitué à les voir à tête des affaires. comptait de la servir de Yousof. il sortait d'une . se . on des partis. car descendait d'Ocba le général . l'Es- chefs élurent Yousof au gouvernement de pagne. 284 me de paille ce . pour des gens qui car il laient de la gérontocratie comptait cinquantenoble et illustre célèbre sept ans. lignée . et les Fibrites. était seul maître de l'Espagne. Çomail réussit à accepter lui candidat. et gouverner lui-même dans le fait f voilà qu'il voulait. ces les considérait comme étant au-dessus A force de faire sonner bien faire haut tous son la avantages. Et il avait déjà les trouvé un : homme c'était le qui lui convenait sous tous rapports Pihrile Yousof. dont les passions avaient été conla tenues jusque-là par tre-poids de et il puissance de Thoàba. on contenta Ibn-Horailh en le donnant préfecture de Regio. qui joignait à une médio- crité inoffensive des litres propres à le recommander qu'ils fusraffo- aux suffrages des Arabes de quelque race sent. Dès lors Çomail . lui Convaincu qu'il aurait tous les Maàddites pour . 11 était assez vieux . et.. la c'est-à-dire . le con- la sienne. dans les mois de janvier 747. soif qu'il maniait comme cire pour assouvir sa de vengeance.

venger des Caisiles . Pour commencer. Les Kelbites eux-mêmes voir se qui sentaient que pour pou. un duel en re- sur une grande échelle plutôt qu'une guerre vanche ceux qui y prirent part étaient les guerriers . tout des voisins de race différente se disaient adieu et d'une manière courtoise parfaitement avec et la bienveillance de gens calmes courageux. . mais en même temps on se promettait des deux parts de medès qu'on serait surer ses forces l'un contre l'autre. n'était la restreinte au midi de l'Es- lutte allait s'engager serait . et forcèrent Abou-'l-Khattàr Ibn-Horaith fut donc reconnu parts les comme émir. parmi ses contribules. ils avaient besoin de l'appui de toute leur race à céder. Les deux chefs eurent une enqu'elle ne fût trevue. faile il viola la pro- messe qu'il avait à Ibn-Horaith: ce Djodhàinile le fut destitué de sa préfecture. Peu s'en fallut infructueuse lui . .. Furieux Ibn-Horaith qui vivait offrir son alliance à Abou-'l-Khatlâr triste et . De les Maâddiles Par- se réunirent autour de Yousof de Çomail. Ahou-'l-Klialtàr réclamant l'émirat pour et Ibn- Horailh y prétendant aussi en alléguant que sa tribu était plus nombreuse en Espagne que celle . Ce fut fit signal de la guerre. 285 il ne reculait plus devant l'idée d'une guerre contre tous les Yéménites. découragé. se de toutes ses Yéménites vinrent leur côté et . ranger sous drapeaux. Ni l'une ni l'autre armée pagne . des Kelb. arrivé sur le champ de nombreuse qui bataille.

Maccarî . 304. . on se jetait du sable aux yeux. Aussitôt tous quittè- rent leurs versaire . Yousof avec lui surprise. ancienne la . se servait de tombait sous main celui-ci d'un arc celui- d'un carquois. comme on di- \) Voyez sur Secunda . t. in- des des boulangers des bouchers des bouti- quiers. les lances ayant été rompues étant déjà haut. manants et des vilains. comme dans un et le tournoi soleil fallait puis . que de . Çomail. . pitale. p. et chacun s'étant choisi un adles on combattit jusqu'à ce que Alors la épées eusce qui . et C'était une idée singulière chez un Arabe surtout chez faire un Arabe de tervenir la trempe de Çomail . les cavaliers s'attaquèrent . Cette lutte acharnée s'étant pro- longée jusqu'au soir sans donner aucun résultat.286 les plus braves et les plus illustres de leur nation. du Guadalrjuivir de Cordoue comprise plus tard dans l'enceinte de cette cadevint un de ses faubourgs 1 . romaine entourée de . on l'un l'autre à s'assommait rachait les coups de poing. I . lui là chacun . . murailles vis-à-vis sur rive et gauche qui . — Le peuple du » répondit . lieu près La rencontre eut ville de Secunda . Ço- mail dit à Yousof: «Que ne faisons-nous venir ? l'ar- mée armée que nous avons laissée à Cordoue ? — Quelle lui demanda marché . sent été brisées. on s'ar- cheveux. se on cria de toutes parts qu'il battre corps à corps. Après la prière du matin. chevaux .

il lui dit faisant phrase la sanguinaire qu'Ibn- Horailh avait constamment à négresse les . et alors Maàddiles firent un grand nombre de prisonniers. la mais le . Environ quatre cents bourgeois se mirent en marche. et les bou- chers s'étaient munis de leurs couteaux tres n'avaient mais les aules que des bâtons. voulait du moins se à son donner satisfaction de faire partager soi-disant allié.287 sait. . en arrivant sur les le terrain . il et puisque Çomail eue. aux Maiiddites voyant en l'endroit où il s'était blotti . parmi lesquels Ce chef savait cune tentative quel sort l'attendait et il ne fit au- pour y échapper. étaient Toutefois. quelques-uns d'entre eux avaient su se procurer des épées ou des lances . . presque sans armes. en Yousof approuva comme étrange de cou- tume à projet de son ami et dépêcha deux personnes cet Cordoue pour faire arriver renfort. cette garde nationale improvisée. se trouvait Abou-'l-Khatlàr. déjà à comme soldats d'Ibn-Horaith demi morts de fatigue. le prisonnier et allusion condamné à la à la mort. dans l'a une lutte de ce genre. à Ibn-Horailh cet implacable ennemi des Syriens qui l'avait évincé de l'émirat. que son parti Quoi qu'il le pourrait succomber d'un instant à soit. faut bien supposer qu'il prévit l'autre. celte idée. indiqua puis . décida du sort de la bataille . il L'ayant vu qui se cachait sous un moulin. bouche: «Fils de la ? » reste-t-il la une goutte dans ton vase tête Tous deux eurent coupée (747).

. Syriens de la Moâwia dans seconde si . . son sait Abou-Atâ à . Abouson exaltation affreu- Atâ se. Vincent. sous Alî. et pour votre peuple » Abou-Atâ se rassit et Çomail contitint nua ses exécutions. Enfin Abou-Atâ n'y plus. remettez «Abou-Djauchan votre épée dans s'écria-t-il en se levant. bataille de s'é« Se levant pour . fois: «Arabe. ou bien je déclare que riens ! la cause de tes victimes est celle des Sy. mais Yéménites de Çomail l'ennemi de ses de ces guerriers les Syrie. à la vue du meurtre de tant de malheureux qui étaient la Yéménites. cria-t-il les si . voulut y mettre un terme. le il vit dans compatriotes. le fourreau! — Rasseyez-vous. lui répondit Çomail dans ce jour est un jour ! glorieux pour vous . qui cette scène hideuse cau- un dégoût mortel .288 Les Maàddites traînèrent la cathédrale les . avait tomber allié la de soixante-dix personnes. Là Çoniail fut à leur accusateur faire leur juge et leur bourreau. autres prisonniers vers était fois de Cordoue qui la Il dédiée à saint . Glacé d'horreur à l'aspect de ces torrents de sang. et savait qu'il prompte et terrible justice fut tête : chaque arrêt prononça Déjà il qu'il fait exécuta un arrêt de mort. la combattu Ciffin. . descendant avaient de l'Irâc qui. lorsque . Çomail remit son épée dans le . tu prends un atroce plaisir à égorger c'est Syriens mes compatriotes de Ciffin. que tu te souviens de la bataille Cesse tes meurtres. » Alors mais alors seulement fourreau.

par un de ces de bonté avec griefs la . . Mais les prirent un cours ses clients . fol. 19 . et. T. .. en les se promettait qu'il opprimant choses . voulant lui offrit de le il une espèce de vice-royauté gosse. fut elle fut si . et 1) Akhbâr madjmoua I. oublia tous ses toutes ses rancunes . ce qui le dé- cida plus qu'aucune autre considération à l'accepter ce fut la circonstance que tout ce Il pays était habité de contenter par des Yéménites. gouvernement du district de Sara- Çomail ne refusa pas cette offre. que Berbers établis dans Nord émigrèrent en masse pour retourner en Afrique. . 81 r. 289 Après la bataille de Secunda . au lieu que Çomail gouvernait en réala position il finit par s'ennuyer de le subordon- née à laquelle se débarrasser Caisile le lui . grande que tous les le service des postes interrompu ' presque et les courriers étant le morts de faim . . pas prévu. et Accompagné de de ses esclaves de deux cents Coraichites . mais n'ayant que titre gouverneur lité . l'autorité de le Yousof de ne fut plus contestée. la haine avait qu'il . il arriva à Saragos^e dans l'année 750 justement à l'époque où l'Espagne commençait à être désolée par une famine qui dura cinq ans. qui dans la son caractère semblaient alterner il férocité plus brutale. pour n'avait eux. La vue de tant de misères compassion et de souffrances excita tel la du gouverneur à un accès point que . condamnait.

la bien résolus à saisir première occasion pour recon- quérir le pouvoir. la majorité de la population la ne subissaient qu'en frémiset ils étaient sant de colère domination des Caisites. après sanglantes qu'il fît guerres qu'ils s'étaient livrées. Deux ou trois années se passèrent ainsi. du pain à tout . partenant à une considérée tribu la Apétait qui. . du Yéménite il donna de l'or à le ce- des esclaves à celui-là cet . mon- Dans homme fait si . qu'une courte Les Yéménites qui croyaient que l'Espagne leur apparte. si . ses si et les Yéménites Çomail eût pu se réconcilier avec de bienfaits.. des deux partis pour que réconciliation fût autre chose d'ailleurs . du Maâddite lui-ci de. compatissant si charitable le généreux envers tous on ne reconnaissait plus tant de têtes sur boucher qui avait tomber les dalles de l'église Saint-Vincent. nait de droit attendu qu'ils y formaient arabe . sans faire distinction et de l'ami et de l'ennemi . 290 que . les Caisites et si la bonne intelligence entre eût été possible. faire pardonner ses impitoya- on le croyait tout prêt à les recom- mencer si l'occasion s'en présentait* et la haine était le trop enracinée dans cœur des hommes marquants l'apparente trêve. . les ennemis à force Arabes les d'Es- pagne eussent joui du repos . ils comme plus illustre de toutes. voyaient . Mais quoi Çomail ne pouvait se bles exécutions . Quelques chefs coraichites murmuraient aussi. depuis Mahomet.

corai- chite .. nommé Amir. tir commença donc par qu'il une forteresse sur un terrain de possédait l'ouest Cordoue . il aurait la ressource de se retirer dans sa forteresse et d'y attendre l'arrivés des Yéménites intelligences. comptait attaquer Yousof. qui n'ignorait pas Coraichite . allait qui le haïssait. avait ôté le commandement de l'armée qui de temps combattre vse en temps les chrétiens du Nord. rait et lors même qu'il essuye- un échec. et aspile Brûlant du désir de rant à dessein la dignité venger de cet affront de gouverneur. à Amir le nourrissait d'exploiter et son profit mécontentement leur tête en leur des Yéménites.. un Coraichite de au-dessous la banlieue jugeaient bien d'eux. La coalition et de ces deux partis mécontents était à se fit prévoir ne pas longtemps attendre. 291 avec dépit un Fihrite qu'ils . et n'osant recourir pris l'avis aux moyens extrêmes sans avoir mail. gouverner l'Espagne. ce gouverneur n'ayant à sa disposition qu'une garde de cinquante cavaliers. desseins hostiles arrêter . avec lesquels il entretenait déjà les des Yousof. du tâcha de le faire mais voyant qu'Amir se tenait sur ses gardes. faisant accroire de se mettre à le que calife Ii abbâside l'avait nommé bâà il gouverneur de l'Espagne. dès qu'elle serait achevée . ce qu'il pourrait faire avec succès. qu'il de Ço- consultait sur toutes choses malgré son 19 * . Il y avait alors à Cordoue un ambitieux seigneur à qui Yousof.

la prit route de Saragosse . certain que les Yéménites du nord-est lui prêteraient un appui plus sur.. Çoplus vite. de Saragosse . et. 292 éloignement de la capitale . . un autre Coraichite. Après avoir demandé en vain du secours à Yousof. deux chefs eu- rent une entrevue et résolurent d'appeler aux armes les Yéménites et les Berbers contre Yousof et Çomail. Çomail s'a- 1) Ou Habhâb. Quand les Berbers eurent répondu rent en grand nombre à leur les . il lui écrivit sa pour lui de- mander mail le ce qu'il fallait faire. averti pressa de faire assassiner lui . monta cheval sans perdre un instant. qu'ils calife qualifieraient d'usurpateurs en disant que le abbâside avait nommé Amir Yéménites et gouverneur de les l'Es- pagne. qui se lui trouvait réduit à une telle impuissance qu'il fut impossible de réunir des troupes. Dans réponse. nommé Hobâb Amir y avait déjà levé ayant proposé de les l'étendard de la révolte. lui réunir leurs forces contre Çomail. appel et qu'ils euavait battu troupes ils que Çomail envoyées Saragosse contre eux allèrent l'assiéger dans (7S3— 4). jugeant les Yéménites de il la Syrie trop affaiblis par la bataille de Secunda. Lorsqu'il arriva dans le district 1 . Amir au fut Heureusement pour ce le il dernier palais par un espion du péril qu'il avait dans du gouverneur à qui le menaçait.

vrai lui. qui formaient partie de la divi- sion de Kinnesrîn et le la de celle de Damas. Cab ibn-Amir. établies sur et territoire de Jaën périlleuse il d'Elvira il . bus. il est . Il est que était . que secours. daient pas mieux. tenir prêts à marcher vers Saragosse Kilâb . car Abou-Alâ n'était plus et on ne avait pas encore cis et différaient donné un successeur. les les Mohârib . Pressés par les Ghatafàn finirent cependant par lui pro- .295 dressa aux Caisites . étaient indéde jour en jour leur réponse définitrois sous-tri. situation où se trouvait il ajouta qu'au besoin breux. il avertissant sur son passage tous ceux sur lesquels de se pouvait compter . se contenterait d'un renfort peu nomdifficultés. Sa demande éprouva des ami le . dans leur mesquine jalousie. de voir périr Çomail faute de Obaid . et les celles Cab ibn-Amir. disons-nous. après les alors chef plus puissant le parmi Caisites les se mit à parcourir territoire habité par deux divisions. son le Kilâbite le Obaid qui . qui n'avaient point lui alors de chef. de s'armer et . leur peignant . avec leurs de Cochair . et . avaient eue lors- que Baldj le Cochairite. les Solaim Naçr et Hawâzin promirent de prendre part à les l'entreprise mais Ghatafàn . commandait à tous les Sy- riens d'Espagne (car appartenait maintenant tous les aux Kilâb Çomail les et Obaid étaient deux de celte ne deman- tribu). vrai aussi les que les . . tents d'Ocail et de Harîch mécon- de ce que l'hégémonie qu'ils . tive. .

mettre leur concours . en mais ami généreux dévoué la qu'il était. si Se voyant faibles . celui des fantassins nous . tout bien considéré. le chef des Cab ibn-Amir 3 comme et l'avait conseillé Obaid 5 qui pouvait prétendre lui-même à cette dignité qui. Toutes riers. le Ce fut au commencement de l'année 755 que part eut lieu. et . dé- Arrivés sur les bords du Guadiana . C'est qu'ils comprirent faisant pas . les Caisites y . en concluant. d'aban- donner à son sort un chef que Çomail . s'était aimait mieux trée là il la céder au chef de tribu qui mon- la plus opposée à l'entreprise. et alors les il Cab ibn-Amir valait se dirent que. mit en marche vers Tolède après avoir donné à commandement de l'expédition lbn-Chihâb. est liers tribus caisites fournirent donc des guer- mais en petit nombre. lorsqu'un d'entre leur «Il hésitation avec quelques dit-il tel paroles chaleureuses. les Caisites commençaient à eux triompha de se démoraliser. ils s'attireraient la haine sans atteindre leur but . tir le mieux parqu'en ne générale avec les autres.. ne nous est pas permis. dussions- nous périr en travaillant à sa délivrance!» rages tout à l'heure l'on se le si Les cou- chancelants se ranimèrent. espérant que par l'attacherait solidement à la cause de Çomail. car fort Çomail serait secouru bien se en tout cas les et pourrait passer d'eux. inconnu mais nous savons que celui des cava- ne s'élevait guère au delà de trois cent soixante.

ap- partenaient cependant aussi à la race de Maadd.295 trouvèrent les tribus qui. viennent à votre aide sur des juments bien bridées et issues de la race d'Awadj. Maâddiles geants suffit pour faire lever le les assié- ne . . riers des enfants de Nizâr . les Caisites . où était l'on apprit telle que le siège poussé avec une vigueur que Çomail serait bientôt obligé de se rendre. dépêchèrent un d'entre eux vers Saenjoignant de lancer se glisser le ragosse en lui parmi les assiégeants et de par-dessus rempart un papier roulé autour écrits ces d'un caillou. forcé on arriva à Tolède. se termina sans coup férir : le bruit de l'approche des siège . : sur lequel étaient deux vers Kéjouissez-vous et . plus de quatre Ainsi ren- cents cavaliers vinrent grossir leur troupe. Le messager exécuta adroitement l'ordre reçu. se le qu'il avait . Becr ibn-Wâïl et les Beni-Alî . car il vous arrive du secours D'illustres guer- bientôt on sera forcé de lever le siège. deux bien qu'elles ne fussent pas caisites. voulant et les pas s'exposer à se Caisites étant entrés trouver entre ville deux feux dans la . ô assiégés . Craignant d'arriver trop de leur appro- tard et voulant prévenir les assiégés che. Le fit billet lire fut ramassé se hâta et porté à Çomail le qui et qui de raviver courage de ses soldats en leur communiquant la bonne Tout et importante nouvelle qu'il venait de recevoir. Les ayant engagées à se joindre à eux .

cause des Maâddites ils avaient bravement com- battu dans les rangs de Yousof et de Çomail. on nom aux membres de s'étaient la famille qu'à ses clients — les Omaiyades distingués la depuis long. Les Omaidonnait ce — tant suivant la coutume arabe . qu'ils le considéraient comme tance. leur allié que parce qu'ils avaient à l'entre- tenir d'affaires et d'intérêts de la plus haute imporil Pour faire comprendre ce dont s'agissait. temps par leur attachement à à la bataille de Secunda . les Caisites pour marcher au secours de Ço- c'avait été moins parce . yades établie dans la province d'Elvira. et ces deux chefs faisaient grand cas d'eux . les auxiliaires . .296 avec leurs alliés . il y avait trente clients de la la d'Omaiya qui appartenaient à division de Damas. Çomail les récompensa généreuse- ment du Parmi famille service qu'ils lui avaient rendu. mais si en cette circonstance ces trente cavaliers avaient accom- pagné mail . il faut que nous nous reportions cinq années en arrière.

— 80 r. 77 r. fils de qu'on nommait ! chevalier le plus accompli des Omaiyades ce que la cesse » Ce supplice dura jusqu'à mort fille vînt y mettre un terme. voulaient exterminer. le dernier de la maison d'Omaiya . 69 r. bêle sauvage en criant: celui «Voici le Abân. dans l'année 750.. sa une persécution commença . 1) L'Akhbâr madjmoua (fol. La prin- Ahda. fut promené sur un âne par les villes et les villages le de la Syrie. Quelques m'ont été fournis par Maccarî Vie livre . Lorsque. eut trouvé la mort en Egypte. que les Ahbâsides usurpateurs du trône. contre nomhreuse famille. 78 r. de Hichâm. fut poignardée à l'instant même. Mervvân calife II. ayant refusé de dire où elle avait caché ses trésors. et . accompagné d'un héraut qui montrait com- me une Moâwia . — 72 v. cruelle où il était allé chercher un refuge.) a été ma source principale pour ce détails récit pour celui qui le suit immédiatement. ainsi mutilé. XIII '. . Un petit-fils du calife Hichâm il eut un pied et une main coupés.

. qu'elle faillit manquer son se dérober Plusieurs Omaiyades réussirent à et à aux poursuites se cacher parmi des tribus bédouines. joindre si tout va bien. camp quelqu'un traité viendra nous dire comment on aura personne que en toute hâte nos parents. Deux calife Yahyâ et Abdérame petils-fils du Hichâm avaient échappé à cet horrible massa- cre. je n'ai pas encore grande conOance en cette amnistie J'enverrai dans le qu'on nous qui offre. la Yahyâ lui avait envoyée au camp. ant tous trop promettait l'amnistie à Omaiyades qui vivaient encore. frappé de . mais en ce moment. puisqu'elle à temps l'armée se trouve dans notre voisinage. Yahyâ avait dit à son frère: encore. revint apporter la nouvelle fatale. barre. en avouloin . une proclamation de leur calife Abou-'l-Abbâs être les allé dans laquelle celui-ci. Voyant leurs victimes leur échap- per et comprenant qu'ils ne pourraient accomplir leur œuvre sanguinaire que par les la ruse et la trahison . nous pourrons toujours redes Abbâsides. Abbâsides répandirent . Plus le de soixante et dix d'entre eux tombèrent dans et furent piège assommés à coups de frères s . si violente . 298 Mais la persécution fut effet.. et avant que Yahyâ. Quand la proclamation du calife abbâside eut 'Attendons été publiée. Mais cet homme était poursuivi de près par des soldats qui avaient reçu l'ordre de tuer Yahyâ et Abdérame.» Après le massacre .

et c'est ce fidèles Abdérame sauva. entra dans sa chambre. de frayeur et baigné de larmes. il fut arrêté et égorgé. qui triste le Instruit par des serviteurs il du sort de son frère. Le jeune prince arriva sans accident dans lage qu'il le vilil avait indiqué à ses sœurs il . profita de l'ob- scurité de la nuit pour retourner à sa demeure. dans un lage non loin de PEuphrale et leur recommanda de venir l'y rejoindre au plus tôt avec son frère et son fils. anqu'il allait nonça à ses deux sûreté dans une sœurs se mettre en vil- maison qu'il possédait . et se jeta dans son sein. était couché dans un appartement obscur. était alors à la chasse. petit. ? » Mais qu'as-tu L'enfant cacha donc ? d'où te vient celte frayeur le sein de nouveau sa tête dans et de son père en criant ? en sanglotant. tu sais que je suis indisposé. lui dit son père . Un jour qu'Abdérame . eût pu aviser aux moyens de fuir.299 stupeur. son et qui jouait fils Soîaimân. rester longtemps. qui souffrait alors d'une maladie des yeux. «Qu'y a-t-il donc » s'écria le prince . mais croyant que ses ennemis ne découvriraient pas facilement sa retraite. qui n'avait que quatre ans la devant saisi porte de la maison. et bientôt s'y vit entouré de sa famille. il voulait attendre le moment où il pourrait entreprendre son long voyage sans s'exposer à trop de périls. «Laisse-moi. il était décidé à passer ne comptait pas y en Afrique.

.. il vit dans le drapeaux noirs . m'ap- porte ce dont j'aurai hesoin réussisse à s'il Dieu que je me sauver. L'autre partit. jeune homme du alla se cacher à lui quelque distance difficile .» les Pendant que cerné le cavaliers ahbàsides .. dites-lui plaît à qu'il me trouvera dans endroit et . lointain les il ouvrant la porte. Abdérame pièces eut à temps de mettre quelques d'or dans «Je pars. Malheureusement un esclave de entendu tout ce qu'on venait de cet homme avait dire. envoyez-moi tel mon . leur dit-il. Quand mar- Badr fut arrivé les deux frères se remirent en che et arrivèrent aux bords de l'Eupbrale. . lui donna de l'argent et le pria d'aller acheter des provisions et des chevaux.500 en se levant.. frère . que le jour où ces drapeaux avaient été vus dans l'ancienne demeure de son père.. se rappelait L'enfant les avait vus aussi. et. ce s'adressa à un Le prin- homme qu'il connaissait. un enfant auxquels ne de Abdérame. fouillaient la la famille maison qui . après avoir servait village. village ce qui ne fut pas attendu que ce pays était bien boisé. après avoir promis de s'acquitter de sa commission. . affranchi Badr. ce traître était . il sa poche et de dire adieu à ses deux sœurs. accompagné de Badr.. Comptant sur parti à une récompense considérable . son oncle peine le avait été massacré . de retraite à omaiyade et et où ils ne trouvèils rent que deux firent point femmes mal. accompagné de son de treize ans .

c'était Il deux frères allaient être : ne leur restait qu'un parti à prendre de se jeter dans PEuphrale et de tâcher de à la le traverser nage. il retournait déjà vers la rive. mon cher frère. et. . un moment encore. leur crièrent qu'ils qui voyaient échapper une proie . qui savait ce que valait promesse lieu n'en nagea que plus vite. Tout à coup ceux-ci furent effrayés par un piétine- ment de cbevaux. Le fleuve étant fort large l'entreprise était périlleuse. et l'un d'entre eux. mais ce fut en vain. qui était resté en arrière. massacrés. « Cet autre nous échappe » se dirent les soldats. tamment dans les cavaliers «Retournez. 501 toutes side jambes pour où aller indiquer au capitaine abbâfugitifs l'endroit les deux s'étaient cachés. moins bon se noyer. de ses vête- ments et se jeter dans l'Euphrate lorsque la largeur . je t'en conjure. ils commençaient déjà à cerner et les jardin . Arrivé au miet du fleuve il s'arrêta un instant cria à son frère. ils mais dans leur désespoir n'hésitèrent pas à la tenter et se jetèrent précipiles flots. voulait déjà se dépouiller . nageur qu' Abdérame croyant aux paroles «Viens avait eu peur de des soldats vers moi. le Hélas! jeune homme .. A peine eurent-ils le temps de se cacher dans un jardin. . . ne crois le pas aux promesses qu'on fait.» criait Abdérame. croyaient déjà tenir retournez . .. plus animé que les autres . mais les cavaliers les le avaient aperçus . on ne vous fera pas celte de mal ! » Abdérame . de se hâter.

parvenu à l'autre bord. et et cet esprit d'aventure d'entreprise trouvait un aliment qu'il dans des souvenirs d'enfance et . prédiction par son grand-oncle Maslama qui avait la réputation d'être un bile. d'autant plus qu'une . depuis menait une vie errante vivacité. mais. vigou- reux. qui . il y fut rejoint par son . ayant reçu une éducation très-soignée et possédant des talents peu communs . qui reries. eut la douleur de voir les barbares soldats couper la tête à son frère. et s'il l'avait voulu et le il y aurait trouvé la tranquillité repos. vaillant. lui apportaient de il des pier- Ensuite partit avec eux pour l'Afrique. répan- due parmi écrite Arabes que chacun traits sa destinée le dans de son visage Abdérame croyait comme faite tout le monde. . cesse cette Grand . et par Sâlim affranchi d'une de ses l'argent et sœurs. où plusieurs Ornaiyades avaient déjà trouvé un Il y arriva sans accident peut-être . . son instinct lui disait qu'il était appelé à des destinées brillantes. où été l'autorité des Abbâsides n'avait pas reconnue et asile. Mais il n'était pas homme tête de à se résigner à une existence modeste sans et obscure. les les pauvre se réveillèfort rent avec C'était une croyance avait . Des rêves ambitieux traversaient vingt ans. fidèle serviteur Badr.302 du fleuve le fit changer d'avis. A l'âge . Abdérame ne fut il donc pas poursuivi. Arrivé en Palestine. physionomiste fort ha- répondait à ses désirs les plus ardents.

et cet enfant sera — En êles- vous bien le sûr? demanda Hichâm. de Moâwia. . n'avaient point participé et que chaque mois l'avait fait venir dans son palais. lorsqu'il avait déjà perdu son père Moâwia. on l'avait conduit un jour avec villa ses frères à Roçâfa.» répondit leur gouverneur. Abdérame semblait L'ayant placé que sa autres. . l'accablait de caresses. Pendant il que ces enfants étaient devant arriva que porte du palais. à son frère.» Abdérame se rappelait aussi que lui depuis ce temps . Maslama survint . je vous jure. un fils de Moâwia » lui il réponlui dit Maslama. dit « «Quel est cet enfant?» C'est demanda-t-il . les yeux mouillés de larmes. son aïeul avait eu pour une grande prédilection que souvent ses frères il il lui avait envoyé des cadeaux auxquels . s'écria il «Pau- vres orphelins!» alors se fit Maslama. C'était et la une superbe dans le district de Kinnesrîn résidence habituelle du calife la Hichâm. et présenter ces enfants lui plaire plus deux les à deux. à l'oreille mais assez haut pour qu'Abdérame pût l'entendre: «Le grand événement approche. et qu'ayant arrêté son «Ce sont cheval les fils .305 de dix ans. il demanda qui étaient ces enfants. l'homme que vous savez. et se penchant vers son frère. — Oui. lorsque sortit de son palais. dans son visage et sur son cou j'ai reconnu les signes. paroles Que signifiaient les mystérieuses pronon- . reprit Maslama. il sur le pommeau Hichâm de selle.

Abdérame perdu se croyait donc destiné à s'asseoir sur un trône. d'une manière ou d'une autre soulever ni le pré- pouvoir voile qui couvre l'ave- Ne voulant ôter tout espoir à ces hommes bercer crédules qui les comblaient de dons . vince qui était encore sous l'ouest l'avait domination arabe car secouée. . plusieurs prédictions de la été faites. ou plutôt dans la la partie de celte pro. ni les d'espérances que l'événement eût bientôt démenties. 304 cées par Maslama? . Maslama semble avoir été préoccupé de la môme idée. Restait l'Afrique et l'Espagne et dans cha- cun de ces deux pays une dynastie s'affermir. les moins . était déjà forte- ment ébranlé princes . en un mot qui tendaient nir. physionomistes. ces adeptes des sciences occultes croyaient avoir trou- vé un moyen terme en disant que le trône des Omaiillustre yades croulerait. régnerait-il? L'Orient de ce côté-là il n'y avait . C'est ce qu'Abdérarae ne savait elles pas au juste mais à l'époque où avaient été dites. pressaient de questions de- astrologues. mais qu'un rejeton de celle famille le rétablirait quelque part. et dans inquiétude les . plus rien à espérer. homme où il que nous avons déjà rencontré en Espagne avait tâché . même leur nature avaient Le pouvoir des Omaiyades alors . tous ceux .. fîhrite cherchait à En Afrique. ces le superstitieux comme les tous Orientaux les sont plus ou vins. mais dans quel pays était . régnait un .

» Dans il suite . . parent de Yousof. n'étant pas issu d'une royale . Celait le Fihrite Abdérame ibn-Habîb. qui se nommerait Abdérame et qui porterait . famille vous n'avez pas toutes la les conditions vit le demandées.305 mais sans succès. Abdérame qui était maître l'Afrique n'avait qu'à laisser croître une boucle de cheveux sur chaque côté du front. 20 . vous n'êtes pa& la personne désignée. quand Ibn-Habîb jeune Abdérame. . et con- devins sur race avec le une jeune curiosité inquiète. une boucle de cheveux sur chaque côté du front deviendrait le fondateur d'une l . lui avait prédit qu'un descendant d'une famille royale . pour qu'il pût s'appliquer cette pré- diction. Ibn-Habîb espérait transmettre l'Afrique à ses enfants sultait les comme principauté indépendante l'avenir de sa . I. initié dans les le secrets des sciences à la cour duquel il occultes prince Maslama . de l'Espagne. de le se faire déclarer émir. avait vécu. de l'Espagne a celui de l'Afrique. remarqua que ce prince portait mais c'est sans doute 1) Les documents nomment ici l'Espagne une erreur car ce n'e'tait pas à l'Espagne mais à l'Afrique qu'IbnHabîb s'intéressait. un par juif. gouverneur N'ayant pas reconnu les Abbâsides. Probablement le juif avait nommé l'Afrique . de qui s'appelait . . lui avait répondu le juif. car. nom T. et dans ce cas. dynastie qui régnerait sur l'Afrique avait Ibn-Habîb lui répondu que. Quelque temps avant que Abdérame arrivât à sa cour. «Non. lui. mais l'événement ayant démenti sa prédiction on aura substitué le .

» Sentant n'attenta toutefois. pas pour moment d' Ahdérame se défiant non-seulement de lui. sincèrement attaché aux frémit à l'idée que Omaiyades ses anciens maîtres le sa prédiction deviendrait motif du meurtre d'un jeune homme . toujours croissante.» . sur dans ce cas lui quoi que vous fassiez car il vous ne pourrez pas ôter la vie. destin appelle à devenir le maître de l'Afriles que puisqu'il a toutes il qualités requises. dit: et. N'im- porte. Mais puisque vous croyez à ce que je vous il faut de deux choses l'une : ou hien cet .. Ahdérame n'est pas la personne désignée le et dans ce cas vous pourrez tuer . Ibn-Hahîh . la manière indiquée. chercher un asile dans ses Etats et dans lesquels il voyait des prétendants qui pourraient lui devenir dan- gereux un jour anxiété . mais vous commettrez un est destiné à crime inutile l'Afrique . faut qu'il ac- complisse ses destinées. il régner . fils Parmi Walîd princes se fils trouvaient deux du calife Dignes . auquel il s'intéressait. ferai ne m'enlèvera pas ma . c'est donc celui- que . perdre sa présence d'esprit répliqua-t-il « Je l'avoue seigneur ce jeune homme a toutes les conditions exigées. car je le assassiner. . : cependant. 306 les cheveux de le juif le . province. Le juif. . mais en- core de tous les autres Omaiyades qui étaient venus . il épiait leurs démarches avec une ces II. la justesse de le ce raisonnement à la vie . ou hien . sans . ayant l'ait venir là il lui «Eh bien. ai prédit .

qui traire conseiller fuite aux deux princes de se sous- par au ressentiment . qui enla présider à sa place à l'arc .. se servait du Coran en guise d'une sur la . . C'est ce qu'ils firent aussitôt mais Ibn-Habîb dont il infor- mé et lui de leur départ précipité craignant qu'ils ne . mais en secret de ses hôtes dangereux les faire périr il attendit cependant pour . et que nous. prière publique et qui . poursuivre par des cavaliers qui les atteignirent et les ramené- 20* . . ne changea donc pas lui leur égard il . porte. du gouverneur. et quand la il ils venaient rendre visite leur montrait Toutefois même fils bienveillance qu'aupara- vant. particulière. l'un d'eux s'écria: «Quelle fo- Cet Ïbn-Habîb ne s'imagine-t-il pas qu'il restera fils l'émir de ce pays. . en tirant de cible . ignorait la cause fussent allés soulever les fit contre quelque tribu berbère ou arabe. 507 d'un père qui ne vivait que pour voyait ses courtisanes . qui écoutait à paroles. le plaisir. nous ? nous résignerons à le laisser régner tranquillement la » ibn-Habîb. ils menaient joyeuse vie qu'ils buvaient et terre de l'exil et une nuit devisaient lie ! ensemble. confidents se alla la Parmi ces des Omai- trouvait un partisan secret yades. Résolu à se débarrasser . avait entendu ces . n'avait les pas caché à ses confidents qu'il avait observé de Walîd et les avait en- tendus prononcer des paroles imprudentes. une occasion favorable hasard ou à afin que l'on attribuât leur mort au Il une de vengeance conduite à . d'un calife.

le Ab- dérame parcourut l'Afrique. puis encore alla implorer la pro- tection de la tribu berbère de Micnésa. I . tâchant à tout prix de gagner des partisans sa. 2) Voyez Becrî . qui. qui . . jugeant que leur fuite et les propos qu'il avait entendus étaient des preuves suffisantes de leurs projets criminels. et arriva il se vit chassé la par les Micné. 49 . et . 308 rent. . il porta ses yeux de l'autre côté de la mer. puis il chercha un à la cour des Beni-Rostem il rois de Tâhort . pendant période Abdérame C'était ait songé à tenter fortune en Espagne.. avertis par leurs partisans. dans les Notices et extraits t. il les fit décapiter 1 . Il possédait sur l'Espagne quelques renseigne- 1) Ibn-Adhârî . auprès de tribu berbère de Nafza à laquelle appartenait sa mère et qui demeurait dans le voisinage de Ceuta 2 . XII . 50. Errant de tribu en tribu et de ville en . Dès lors il ne songea qu'à se débarrasser également des autres Omaiyades. ce prétendant l'Afrique n'avait que convoitait ni ambitieux. Convaincu eniin qu'en Afrique ses projets ne réussiraient pas. 559. argent ni amis. t. s'empressèrent d'aller chercher un refuge parmi les tribus berbères indépendantes. . Puis. rien n'indique que . p. p. intriguant sans cesse . Cinq années se passèrent celte longue ainsi . d'un bout à l'autre il nord de à Quelque temps asile se tint caché Barca. ville.

qui . m'en retourne auprès l'autre Restait lui affranchi le fidèle Badr. Je ne vous dois rien car vous n'êtes pas mon et je patron. . aurait pu rendre au prince il fort utiles mais était déjà la retourné en vie Dégoûté depuis longtemps de qu'il vaga. l'un des deux affranchis qui avaient traversé avec lui les vicissitudes de sa vie errante. Un jour qu'il dormait . lors- qu'Abdérarae il la lui avait fournie. 509 ments qu'il devait à Sâlim .» . au nombre de quatre ou cinq cents deux divisions de Damas le faisaient partie des et de Kinnesrîn. la première oc- casion où il pourrait faire convenablement. n'avait pas entendu son maître qui l'appelait alors . Salira avait été en . afin d'échapper aux poursuites d'Ibn-Habîb . . dans les il y . Ce fut qu'Abdérarae chargea de passer en Espagne afin qu'il s'y concertât avec les clients omaiyades . moi. Espagne du et temps de circonstandes Mousâ ou un peu plus lard ces données services Syrie. je . Badr devait leur remettre une de son patron . établies sur territoire d'Elvira lettre et de Jaën. par- courait l'Afrique en fugitif.. qui attentait à la vie de tous les . ce dernier avait jeté un vase d'eau sur sa ligure et Sâlim traitez avait dit dans sa colère: vil «Puisque vous vous quitte me comme un votre esclave. sœur seule a des droits sur d'elle. bonde menait à la suite le d'un aventurier il était décidé à saisir. pour toujours. dans laquelle ceil lui-ci racontait comment depuis cinq années. . pour le quitter.

Mais Espagne. et firent prier Yousof ibn-Bokht la division . à cette réunion.» terminait les en promettant de donner à ses clients plus considérables au cas où der. Quelque difficile . Badr remit cette . fixé . le chef des clients d'assister omaiyades de de Kinnesrîn. clients de ma famille. . Hichâm Et. lettre à Obai- Ibn-Khâlid les chefs des clients de la division de Damas. le droit calife de prétendre à l'émirat ? moi . je je voudrais venir demeurer. . l'émir de ce pays me tendrail des il frique. contenu de cet écrit ces deux chefs fixèrent le jour où ils délibéreraient de l'affaire avec les autres clients. ils les postes le voudraient secon- Arrivé en Espagne dallâh et à . le petit-fils du en Espagne Eh bien donc comme simple puisque je ne puis venir particulier. qu'en qualité de prétendant — je n'y viendrai qu'a- près avoir reçu de vous l'assurance qu'il y a pour moi dans ce pays quelque chance de succès . Au le jour ils consultèrent leurs contribules sur parti à prendre. continuait le prince. 510 membres de que la famille d'Omaiya. Après avoir pris connaissance du . comme l'a fait celui de l'Ame considérerait comme un ennemi. je n'y viendrai . n'ai-je pas . que vous m'appuyerez de tout votre pouvoir sidérerez et que vous conIl ma cause comme la vôtre.. car me tiens con- vaincu que vous serez pour moi des amis hélas! je n'ose venir en fidèles. «C'est au milieu de vous. comme pièges un prétendant. en vérité.

On le savait irrité contre Yousof nait parce que celui-ci ne ve- pas le secourir les . . on fut bientôt d'accord qu'il cette décision . s'étaient réunis aux Caisites qui secourir Çomail. et on lui supposait un reste les . autre presque à l'exclusion hautes dignités de de toute personne . une parenté affranchi les de convention. et les descendants en toute cirla liberté d'un sont tenus de seconder constance héritiers de celui qui a famille. difficulté de se et l'on mettre d'accord sur résolut les moyens d'exécution était de consulter Çomail (qui alors assiégé dans Saragosse) avant de rien entreprendre. les clients travailleraient la donc fut . fallait la tenter. En Biais travaillant à la fortune d'Abdérame . les l'Etat. régime des dynasties arabes les était celui d'une famille parents et les clients du prince remplissaient. anciens bienfai- teurs de sa famille on croyait pouvoir le compter sur lant sa discrétion car on savait trop qu'il ga- homme pour le trahir une confidence aurait reçue sous sceau du secret. car la clientèle impose un lien indissoluble et sacré.311 que parût l'entreprise. . cette dictée aussi par leur intérêt. donné en au fondateur de leur décision leur fut Mais outre. . Le . En prenant . les clients remplirent un véritable devoir au point de vue ara- be. qu'une trentaine d'Omaiyades . en tout cas . Ce fut donc surtout pour avoir une conférence avec Çomail. d'affection pour Omaiyades. aussi à leur propre grandeur. accompagnés de Badr allaient .

qu'il avait aux partit autres étaient venus secourir. rompre au moment où les chefs demandèrent à Çomail un entretien Le Caisite leur ayant le accordé leur demande ils commencèrent par velles et prier de tenir secrètes les noului importantes qu'ils avaient à il communiquer. Badr ayant rien Çomail. . « Ordon- nez-nous ce que nous devons faire . nous nous con- formerons à vos ordres ce que vous approuverez . Yousof. nous ne le le ferons . . Obaidallâh lui apprit la l'arrivée de Badr et lui lut lettre .. 512 On dre a déjà vu que l'expédition des Caisites fut cou- ronnée d'un plein succès. nous pouvons donc reprenle fll de notre récit. il pour Cor- En y du arrivant. . puis il ajouta d'un ton humble et soumis . Dans la le mois de mai de l'année 755.» été introduit à son tour. que nous avons dû interdes clients omaiyades secret. sans . à veille de se mettre en marche fit venir les deux . Çomail .» Tout pensif. promettre en le lui fit fait donner des cadeaux donner Puis il de qui même doue. lui répondit: «L'affaire est grave n'exigez donc pas de moi une réponse immédiate. nez de Je réfléchirai à ce que vous veplus tard je vous me dire et communiquerai mon lui opinion. ce que vous désapprouverez nous ferons pas. trouva Yousof occupé à rasaller sembler des troupes destinées à belles châtier les re- district de Saragosse. . d'Abdérame : quand le leur eut promis.

gardez pas. quitté l'émir. dallâh. quand et eurent se . 9 v. et faire sont allés secourir l'hiver les a cette longue marche pendant excessivement fatigués. — — scrits Voici de quoi rétablir leurs forces . C'est impossible suite de . Par tant d'années la de disette ces malheureux n'ont plus force le de marcher. Mille pièces d'or pour cinq cents guerriers inC'est bieu peu. . leur — — Allez auprès de nos clients et dites-leur qu'ils viennent nous accompagner. fol. vaut mieux pourtant se dirent-ils que nous Il acceptions cet argent qui pourra nous être utile. — dallâh Eh bien . lui répondit Obai. nous ne vous accompagnerons Cependant. seigneur . qu'il considérait comme il depuis que leurs patrons avaient perdu dit: le trône et quand ils furent arrivés. sur le registre? un temps aussi cher que — Faites comme vous voudrez je ne vous don- nerai pas davantage. ravisèrent. ils votre argent . reprit Yousof. et qu'ils s'en servent pour acheter du blé. « Il Obai- son compagnon . Tous ceux qui pouvaient encore Çomail. va sans dire 1) Ibn-al-Coutîa . . remettez-leur ces mille pièces d'or. surtout dans celui-ci. .313 chefs des clients omaiyades ses propres clients 1 .

prétexte pour expliquer leur absence de l'armée ac. servissent de solde c'est ce qu'ils ne dirent La pièce d'or conterestait la nant vingt pièces d'argent environ les il aux deux chefs trois quarts de somme que Yousof de Cordoue leur avait remise. et lui dirent qu'ils acceptaient les mille pièces qu'il . Yousof . d'eux dix pièces d'argent de disant que celte petite Yousof en somme les était destinée à acheter du blé. ayant pris chemin de district de Tolède. 514 que nos contribuas n'accompagneront pas Yousof. district d'Elvira au- de leurs contribules et la donnèrent à part de chacun . Que Yousof voulu que leur avait donné beaucoup plus. eniployerons projets. il avait établi son camp dans le Jaën. leur avait offertes. où l'on passait le Gua- quand on voulait traverser les défilés de la . clients l'accompagnassent et qu'il avait que les mille pièces d'or leur pas.. au nord de Mengibar dalquivir . était parti le le avec quelques troupes et . à l'endroit qui portait alors nom de Gué de Fath. pourront acheter du blé. Quand le ils les eurent reçues près ils se rendirent dans . afin d'être préparés événement mais nous trouverons bien quelque . ceptons en tout cas l'argent que Yousof nous offre nous en donnerons une partie à nos conlribules qui et grâce à ce secours. demeures . Sur ces entrefaites . . resteront à tout ils dans leurs .» Ils nous nos le reste à faciliter l'exécution de retournèrent donc auprès du gouver- neur d'or .

lui dirent adieu en promettant .» après. temps de vous prier leur accorder délai. vos clients ne ressemblent pas à certaines personnes que nous connaissons ils . promettant d'être bonne comme à vous savez ils voudraient auparavant ils prendre soin de leur moisson. répondit Obaidallâh. Yousof. disaient encore l'autre jour . a acquis une célébrité européenne.» N'ayant aucune le pour soupçonner qu'Obaidallàh ses paroles et lui dit: trompait . Yousof crut à «Eh bien. récolte du printemps . Pour rien au monde ne voudraient que vous C'est ce qu'ils ils combattiez vos ennemis sans eux. n'arrivent-ils pourquoi nos clients et pas? — lui Rassurez-vous. lors. lui Yousof y attendait de toutes parts et les les troupes qui marchaient à la leur distribuait clients solde. émir. au Gué leur de dit Fath. ne pas longtemps lui. Yousof continua sa marche. retournez donc aufaites près de vos contribules et le en sorte qu'ils se mettent en marche Bientôt plus tôt possible. Obai- dallâh et son compagnon puis ils firent avec lui une partie de la route. me un mais de me chargeaient en même La . événements qui précédèrent bataille de Baylen en 1808. que Dieu vous bénisse. par les et où se trouve maintenant un la bac qui . se présentèrent à «Eh bien. que que. mais rejoindre comptent vous raison Tolède.515 Sierra Morena. deux chefs des d'arriver en s'arrêterait omaiyades sachant Sara- pressé il face des rebelles de gosse. vous et moi.

vous retournez? quelque nouvelle? ils. répondirent- Yousof nous a permis de partir. C'est ce de régner et d'être appuyée par . et re- tournèrent vers Gué de Falh. — ravi de jouir de votre compagnie. nous vous acJe serai compagnerons un bout de chemin. et Obaidallàh reprit «Il s'agit de l'affaire du fils de Moàwia . compagnons : se tinrent à distance. nous nous sommes engagés clients . répliqua Çomail. je n'en personne. sur laquelle nous vous parti. au contraire. Est-ce pour m'apporter lui et — vous Non. de sorte qu'il ne partit que beaucoup plus lard.516 de le rejoindre bientôt avec les autres clients le . à le joindre à Tolède avec les autres le mais si voulez bien . sa garde. seigneur. . pas à mes amis les plus intimes. l'avais j'y ai réfléchi mûrement. avons consulté. comme je vous promis. Çomail et En route ils rencontrèrent la nuit . Sur un signe du chef. Son messager n'est pas encore — Je n'ai nul- lement oublié cette affaire. Obaidallàh s'approcha de Çomail et lui dit à qu'il l'oreille désirait ses lui parler en secret. Voyant ar: river à lui les deux clients il s'écria avec surprise «Comment. ai parlé à et. la Voici maintenant même ma que réponse: je crois que personne en question mérite moi. Après avoir passé lui étaient dans une de ces orgies qui chef caisite dormait encore habituelles le au moment où Yousof se mettait en marche. qu'ils eurent causé Après indiffé- quelque temps de choses rentes .» leur dit Çomail.

pour ne pas dire qu'il l'avait complètement oubliée. 1) Elle avait été mariée à Catan . et alors une seule préoccupation s'empara de son esprit. fils de cet Abdalmélic le FihritG qui avait été gouverneur de l'Espagne.» les Ravis d'avoir reçu une réponse aussi favorable. s'était levé ce matin-là de fort mauvaise dit humeur contre Yousof. après l'avoir remercié du secours qu'il promettait . Abdérame. nous il fendrons sa tête chauve avec nos épées et n'aura que ce qu'il mérite. fait . à leur patron ils le quittèrent pour retourner au Gué de Fath.. lui baisèrent la main avec reconnaissance. . il Le fait qu'avec habituelle n'avait pas songé sérieusement à l'affaire d'Abdérame. au vieux faut qu'il pelé (c'est ainsi faire appelait Yousof) il me laisse comme sa fille. 1 . et qu'Allah veuille nous prê- son secours! Quant . 517 vous pouvez lui écrire ter qu'il . que je lui lui dis . mais tout ce qu'il avait aux . et se résigner à ne plus être émir de ce S'il . car elle est veuve maintenant l'Espagne. clients était provenu d'un mouvement primela sautier est auquel avait manqué son indolence réflexion. Evidemment Çomail . je l'entendrai. Je lui dirai qu'il doit marier à Omm-Mousâ. nous l'en re- mercierons sinon . qui n'avait pas eu le temps de cuver son vin. deux chefs et . Ce ne fut qu'après avoir donné tant d'espoir aux deux clients qu'il commença à considérer le pour et le contre .

. quelfaut ques griefs que choses restent j'aie contre Yousof.» et. se disait? si nn prince omaiyade règne en Espagne . Le pouvoir monarchique établi que restera-t-il du pou- voir de nous autres.» Etonnés de ce mes- sage et de ce que Çomail venait vers eux au lieu de leur ordonner de venir vers lui.. il a à vous parler. ayant appelé un de ses esclaves il ordonna de partir à toute bride et d'aller dire aux deux clients de l'attendre. . le grand galop." souvent pensé disait (En disant cela. ils néanmoins ils rebroussèrent chemin et bientôt virent arriver Çomail. ou bien sa mémoire trompait. Ceux-ci avaient déjà belles fait une lieue en causant des et promesses que Çomail leur avait faites. et quand Çomail fut arrivé auprès d'eux la let- leur dit: «Depuis que vous m'avez apporté de Moàwia et tre du fils que vous m'avez j'ai fait faire connaissance avec son messager. mais . sont. lorsqu'Obaidallàh entendit crier son 11 nom derrière s'arrêta et vit arriver lui un : cavalier. il va venir ici. les chefs des tribus? Non. Voyant qu'il arrivait sans soldats les deux clients reprirent confiance il . en se disant que le succès du prétendant était assuré lui. sa mule blanche qui allait . monté sur l'Etoile. Çomail ne le pas la vérité. la liberté des tribus arabes. à cette affaire. C'était l'escla- ve de Çomail qui dit «Attendez mon maître . les deux clients crai- gnirent un instant qu'il ne voulût livrer à les arrêter et les Yousof. elles lui il que les comme . 518 «Que deviendra il .

ami. Et maintenant de sages allez paix qu'Allah votre vous envoie patron. «J'approuje dessein . . car je vous reau la première épée qui sortira du fourvotre . il est . rares exceptions lui avec assez De plus et il nous avons de grandes obligations. qui . seigneur! Jamais notre . les clients répondirent hum- blement: «Dieu vous bénisse. bon enfant au sauf et se . vous persistez dans vos projets. fond . quitté. «Quant à l'autre. et il était trop foncièrement Arabe pour qu'un mensonge vais votre disais tout lui coûtât. mais ce ne sera pas comme jure . Réfléchissez donc bien à ce que et si.. laisse mener par nous de docilité. comme vous le à l'heure mais depuis que vous m'avez . je crois que bientôt vous me le verrez arriver auprès de vous. et craignant d'irriter cet homme colère . j'ai réfléchi de nouveau d'avis et maintenant je suis que votre Abdérame appartient à une famille » tellement puissante que — ici Çomail employa une . pour combattre prétendant en . nous siérait mal de l'abandonner. de retour dans vos demeures. d'un seul coup frustraient toutes leurs espérances. vous allez faire. ce et sera la mienne. continua-t-il.» inspirations ainsi qu'à Consternés par ces paroles . Tenez-vous-le pour dit. phrase fort énergique à coup sûr mais que nous ne la pourrions traduire sans pécher contre bienséance.) . de . 519 il ne pouvait avouer qu'il avait à peu près oublié une si affaire importante . poursuivit-il .

c'est de tâcher d'as- patron une position honorable en Espromette de ne pas aspirer pagne. la vôtre. fit faire demi-voile à l'Etoile. qui n'agissaient d'ordinaire que d'après les conseils de ce chef. tout prix dans leurs . Tout ce que vous pourrez surer à votre faire. il ne restait aux clients d'autre parti à les prendre que de se jeter entre celle bras de l'autre nation. il Adieu et bon voyage! et . Yéménites . et pourvu qu'il à l'émirat. qui se déchiraient les entrailles de colère et en songeant à leur défaite de Secunda qu'ils étaient en voyant condamnés à subir le joug des Maàddi- . des Yéménites. 520 opinion ne différera de re . Cela dit.. N'ayant donc plus rien à espérer ni de Çomail ni des Maaddites en général. lui donnera sa fille pour épouse avec elle » une fortune convenable. desseins qu'ils ils résolurent aussitôt de le faire . et — A la bonne heuces dit Çornail . adouci touché par paroles respectueuses. il lui prendre une allure très-décidée. rien tenter mais je vous conseille en ami de ne changer l'état pour politique du pays. lui fit ayant enfoncé les éperons dans les flancs . Les Us obtinrent un succès qui surpassa leur attente. et de l'exciter à se venger des Maaddites. et pendant retournaient à tous les leurs demeures ils s'adressèrent ils à chefs yéménites sur lesquels croyaient pouvoir compter en les invitant à prendre les armes pour Abdérame. j'ose vous assurer que Yousof l'accueillera avec bienveillance et . sir à Voulant réus.

dont tie devait donner une par- au prince la tandis qu'il se servirait du reste pour contenter assez cupidité des Berbers. 321 les . lui Cet argent était ceclients afin que Yousof avait donné pendant .. il était soupçonner qu'il servirait à amener en Espa- gne un prince qui lui disputerait l'émirat. I. aux qu'ils les l'accompagnassent sa il campagne contre le rebelles de Saragossc loin de quand leur donna . il cinq cents pièces d'or. que l'on connaissait savoir qu'ils pour ne laisseraient pas partir leur hôte sans l'avoir rançonné. Assurés de l'appui des Yéménites et sachant Yousof et Çomail occupés dans le Ils le nord. 21 . et remi- rent à Tammâm. . T. qui monterait à bord lui douzième. étaient prêts la à se lever au premier signal et à se ranger sous . moment favorable pour l'arrivée de leur achetèrent donc un bâtiment . les clients omaiyades jugèrent patron. bannière qu'ils et de chaque prétendant quel qu'il fût pourvu eussent l'occasion de se les venger de leurs ennemis de massacrer.

ou bien à se cacher dans quelque coin ignoré de l'Afri- que . qui avait quitté . l'Espagne lui offrirait un du asile sûr. au lieu que s'il réussissait dans son audacieuse entreprise. . . Son sort . mais observateur un vit soir de la prière or- donnée par de la côte . la loi quand il un navire approcher le et l'un de ceux qui montaient se jeter 1) Voyez Akhbâr madjmoua . allait se décider si ses grands desseins échouaient toutes ses fumées de il bonheur et de gloire se dissiperaient et se verrait réduit à reprendre sa vie de proscrit et de vagabond. 80 r. fol. Ballotté ainsi entre la crainte et l'espoir fidèle Abdéra- me.XIV». triste monotone en attendant le une il anxiété n'avait : toujours croissante retour de Badr dont pas reçu de nouvelles. — 83 r. peu dévot de des convenances . des richesses et toutes les jouissances pouvoir. les et s'était la rendu dans pays des Maghîla sur bords de et Méditerranée menait une existence avec . . sa nature s'acquittait . Depuis Nafza les des mois Abdérame le . .

« Vous ne manquerez pas gent non plus. 21* . le et les personnes le qui se trouvaient dans duire bâtiment destiné à cond'ar- en Espagne. pas . on vous apporte cinq cents pièces d'or.523 dans cet la mer pour nager : vers la grève. n'y avait en effet de noms plus propres à inspirer . Cette circonstance à ayant été pré vue . s'écria le prince. à lui fut Le premier qui se présenta lui les Abou-Ghâlib et Tammâm. puis raconta sur rapidement ce qui lesquels s'était passé . n'avait pas attendre » il qu'on eût jeté l'ancre. ajouta-t-il. Abdérame et de- manda son nom entendus. . Tammâm « signifie accomplissant et Ghâlib . Abdérame alla à la ren- contre de ses partisans. Il reconnaît homme c'est Badr qui dans son impatience de voulu ! revoir son maître. son prénom quand Il il eut il en tira un heureux augure.» Ravi de joie . . Le prince ses préparatifs et lorsque les Berbers accoururent en foule menacé rent de s'opposer au départ à moins qu'ils ne reçus sent des présents. nomma les chefs Abdéramc pouvait compter. Nous accom- plirons notre dessein. car . « Bonnes nouvelles cria-t-il lui au prince d'aussi loin qu'il l'aperçut. Tammâm le donna de l'argent chacun d'eux Cela fait selon rang qu'il occupait dans sa tribu. victorieux. et nous rem- porterons la victoire î » A peine eut-on fait connaissance qu'on résolut de faisait partir sans délai. . de et grandes espérances à celui qui croyait aux présages Abdérame y croyait beaucoup.

fol. et Elvira ! Fonlîn . et d'Obaidallâh et d'Ibn-Kbâlid . qui appartenait à Obaisitué dallâh et qui était un peu plus à l'ouest. qui tomba et se dans l'eau noya. quand ils sèrent leur patron à Almuïiecar. on pavoisa le bâtiment en l'honneur du prince le et bientôt après on aborda dans port d'Almuilecar. . 524 on levait l'ancre blié .. 83 v. l'un des clients tira son épée et coupa la main au Berber. appartenait encore aux . le prince alla dans le château de Torrox. . 83 v. se jeta dans la à mer . est indi- quée par Ibn-Haiyân 2) Je sais . dans la distribution. 1) siècle La . bien qu'il munecar sur le rivage de la est y a aujourd'hui un Torrox à l'ouest d'Almais la position du Méditerranée . fol. C'était dans le mois de «eptem- bre^ de J'année 755. et se cramponnant crier une corde du vaisseau voulait il se mit à chose. descendants d'Ibn-Khâlid . domaine dont il par Ibn-Haiyân question dans le texte est clairement indiquée . Délivré des Berbers. . la villa située près de Loja s'établir entre Archidona . lorsqu'un Berber qui avait été oit* . 76 v. . position de la villa d'al-Fontîn qui . à la fin du neuvième . entre Iznajar et Loja 2. On quand celle se ligure aisément la joie qu'éprouva il Abdérame embras- eut mis le pied sur le sol de l'Espagne. dont ils avaient attendu l'arrivée al- Après avoir passé quelques jours à d'Ibn-Khâlid. que lui aussi recevoir quelque Fatigué de l'effronterie de ces gueux.

et Hobâb.» si nous restons encore Pour le faible Yousof de telles paroles venant de Çomail étaient un ordre. lui . pour la plupart Yéménites. en ressources ne nous échappe plus longtemps ici.. Yousof. nistie à condition qu'ils lui livreraient leurs trois chefs coraichites . qu'ils suppo- saient que montrerait clément envers des Ils individus qui étaient presque ses contribuas. Yousof leur promit l'am- entrèrent en négociation. des commençait à clients s'inquiéter de l'absence prolongée il omaiyades. trouver nos ennemis inférieurs à nous en nombre et . fidèle à sa promesse s'impatientait gardait secret sur leurs desseins à Tolède. hésitèrent d'autant moins à accepter Yousof se cette condition . n'eurent pas besoin de combattre. et un jour que Yousof se plaignait de nouveau de ce que lui les clients tardaient : tant à venir tel . Les insurgés. Il du long séjour de l'armée voulait en finir au plus vile avec les rebelles de Sara- gosse. Amir . de leur absence le mais qui . son fils Wahb . Çomail dit dédaigneusement si « Un chef que vous ne doit pas s'arrêter longtemps pour attendre des rien Je crains que l'occasion de du tout tels que ceux-là. Voulant les attendre. différait son départ de jour en jour. elles Arrivées en face de l'ennemi. Les trou- pes se remirent donc en marche. la véritable Çomail qui soupçonnait . 525 Sur ces entrefaites. rebelles virent qu'ils auraient af- car aussitôt que faire à ils les une armée de beaucoup supérieure en nombre. arrivé à Tolède. cause .

et qui auparavant. qui s'était pris . avaient refusé longtemps de marcher à son secours. le . Aucun autre ner à ne partageait son avis. alliés. Ibn-Chihâb soutenaient cette opinion les Ho- çain avec plus de chaleur encore que autres Caisites. sort de ces prisonniers qu'en attendant il avait fait charger de fers. Çomail trouva bientôt l'occasion se débarrasser des qu'il cherchait de deux chefs qui. insista vivement pour qu'on leur coupât Caisite tête. ju- geaient tous qu'ils n'avaient pas la droit de condamqu'eux . osé le contredire la vie Çomail céda. et Yousof convoqua les le de son armée afin qu'ils prononçassent sur . Çomail. outre de s'attirer craignaient en tribu haine de la puissante de Coraich et de ses nombreux de la . laissa aux trois Coraichites mais les retint sonniers. l'avaient emporté sur lui. de ces haines qui la pour ne finissaient qu'avec les excila ils vie de celui qui avait eu le malheur de ter. dans cette circon- stance. mort des hommes la qui de ils même appartenaient à la race de Maàdd. Les Basques de Pampelune ayant imité l'exemple que leur avaient donné les Espagnols de la Galice en s'affranchissant . La rage dans Yousof il le cœur donc pri- et résolu à se venger promptement de ceux qui avaient . lorsqu'il si était assiégé dans Saragosse . Les deux chefs et branche des Cab ibn-Amir.526 livrèrent officiers donc leurs chefs. contre ces Coraichites d'une lui . .

après avoir nommé la son propre frontière. cédant comme de coutume à l'ascendant lui . qu'Ibn Chibâb reconduit à avait été tué le . et le lendemain. Allah il dit à Yousof: «Tout va à merveille. 52) nomme "VVMî-ar-ramal (la rivière sablonneuse) c'est-à-dire le Guadarrama. quand un exprès vint lui apporter nouvelle que les trou- pes envoyées contre les Basques avaient été complète- ment battues Hoçain avait . il Abdé- rame au gouvernement de roule de Cordoue. tes . Yousof. que son ami exerçait sur sirait . et que Saragosse petit nombre de guerriers qui avaient échappé au désastre.327 de la domination arabe . Au- cune nouvelle ne pouvait être plus agréable à Çomail. le Il fit troupes à Ibn-Chihâb d'éloigner . Abbâr (p. au point du jour. à cette proposition afin pour moment à ces contradicteurs importuns et avec le désir secret qu'ils ne revinssent tion pas de cette expédiet travers un pays difficile bérissé d'âpres montagnes. . 11 reprit la faisait balte sur les bords de la Jarama la * . Chihâb. nous a délivrés d'Ibnles Finissons-en maintenant avec Coraichi- faites-les ! venir et ordonnez qu'on leur coupe la tête » 1) Wâdî-Charanba dans VAJchbâr madjmouctj Ibn ici le al . fit ce que celui-ci défils et . il proposa à Yousof d'envoyer et contre eux une partie de l'armée ces de confier le et commandement de Hoçain.

il a péri le dans un combat. ac- du Caisite. Accablé de soucis. c'est-à-dire à dix heures du maÇomail . on apporta le déjeuner . p. . sentait que tant de sang lui un vague pressentiment disait que son pouvoir il touchait à son terme. À l'heure accoutumée tin 1 . Si ces trois Coraichites . qu'il venait de commettre lui causait des remords il se reprochait en outre d'avoir envoyé Ibn-Chihâb et tant certaine.528 A était force de lui redire souvent que cette exécution fait absolument nécessaire. avaient cessé de vivre. mangeant d'un pour excellent aple il fit il tous ses efforts se rassurer ses faible émir dont servait pour satisfaire rancunes personnelles et qu'il engageait dans une voie d'atroces violences. ple L'émir était triste et abattu le tri- meurtre . cette quiesça à la volonté encore. criminel? votre tel Si Ibn-Chihâb ce n'est pas par faute . . 36. geait presque pas. et tout en pétit . et il de hraves guerriers à criait une mort vengeance. de qui que exécutés belles . «Chassez vos noires idées. ont été c'est qu'ils le méritaient c'étaient des re. et à la guerre peut être sort ce soit. des antagonistes dangereux et l'exemple de 1) Voyez Burckhardt . En quoi donc avez-vous été a été tué . . Çomail avait fois parta- ger son opinion à l'émir. Les trois Coraichites . ne mand'une Çomail au contraire était gaîté brutale. lui si dit-il. qui. Bédouins . et Yousof et se mirent à table.

lui répondit-on . Le courrier entra ces termes : et lui remit un billet conçu en est ar- « Un petit-fils Il du calife Hichâm rivé en Espagne. ne comprenait pas pour quelle raison son épouse lui avait dépêché un exprès. affaire mais qui savait que ce devait être pour une grave et pressante. Qui donc serait assez le audacieux pour vous disputer pouvoir . ceux qui voudraient les imiter. il entendit les soldats crier » « Un cour- un courrier de Cordoue! ? Se levant à demi: «Que crie-t-on là-bas demanda-t-il . plutôt par habitude que parce qu'il éprouvait car ses noires besoin de dormir. ? » Par de tels la . c'est un esclave monté sur Qu'il mulet d'Omm-Othmân. L'Espagne de vos mais votre propriété avez et celle enfants vous fondé une dynastie qui durera jusqu'au temps de la venue de l'Antéchrist. dit — qui entre à l'instant même. . 329 sévérité que vous avez donné servira à faire réfléchir est désor. accablait ami. : Tout à coup rier . aux sentinelles ? postées devant sa tente un courrier de Cordoue — le Oui . a établi sa résidence à Torrox dans le château de l'infâme Ohaidallâh ibn-Olhmân. la sieste dans l'appartement réservé à ses deux Resté seul . propos Çomail essaya tristesse il mais en vain son de dissiper qui . pensées ne le lui permettaient guère.» Yousof. .. Yousof se jeta sur son le lit . Le déjeuner alla fini se leva retourna dans sa tente et faire filles.

par Dieu! c'est et je crains un évé- nement extrêmement grave. Folie ce que vous dites là. il n'y avait pas grande attention fit ne fut que quand si l'émir appeler à une heure indue . . dit-il en entrant dans faites tente de Yousof. Votre qui s'était mis en marche pour repousser avec . ses soldats ont été Mtounés. Çomail ne perdit . mais. Moins étonné que Yousof ne l'avait été. de coutume et ce .. mais personne n'a été tué. insouciant fait le comme . ? qu'est-il arrivé — billet. lui. — la Qu'esl-il arrivé. il ordonna qu'on venir Çomail. le En allant à sa tente. celui-ci avait bien vu arriver courrier. 550 Les clients omaiyades se sont déclarés pour lieutenant à Elvira le . veuille nous punir de ce que Dieu ne que nous avons tué ces hommes. émir. qu'il se douta que ce messager était venu pour quelque motif important. car il avait pu prévoir ce qui arrivait . un billet d'Omm-Othmàn lut alors le que Khâlid va vous Khâlid . jugerez convenable. croyez-moi. Je viens de recevoir lire. répliqua Çomail d'un mépris. j'espère? — — air de vils Si! lui répondit Yousof. les troupes qu'il avait à sa disposi- tion a été défait. client et secrétaire de l'émir . ces hommes étaient trop Mais voyons pour que Dieu s'occupât d'eux. que vous me appeler à l'heure de la sieste? rien de fâcheux.» Faites sans retard ce que vous Dès que Yousof eut lu ce fît billet .

«L'affaire opinion. Cette nouvelle causa parmi extraordinaire. caisites ils n'étaient d'ailleurs nullement ils disposés à faire une campagne « pour laquelle n'avaient pas été payés. indignés aussi de l'exécution des tes . c'étaient les porte-étendard qui ne pouvaient abandonner leur . et . On veut . ré» pliqua Yousof mettons-nous en route sans retard! Bientôt toute l'armée sut qu'un petit-fils de était arrivé Hichâm en Espagne qu'on les allait le combattre.551 pas son sang-froid en entendant qu'Abdérame est était effet. en tout cas ses forces sont encore peu nom- breuses que nous les disperserons aisément. Livrons-lui bataille. en Espagne. grave en mais voici mon Marchons contre ce avec les prétendant à l'inslant même . camp . une désertion press'appelaient . il perdra probablement l'envie de recommencer. arrivé dit-il . . peut-être si tuerons- nous. Coraichi- ordonnée en dépit du conseil contraire des chefs . nous forcer à crièrent-ils la . soldats que le nous avons. le A peine restait-il Yéménites dans . et quand il aura essuyé une déroute. — et Votre avis me plaît . réunis en bandes ils quittè- rent camp pour dix rentrer dans leurs foyers. ourdi si par leurs chefs contre Ibn-Chihàb et grand nombre de leurs contribules "avaient été victimes. nous ne ferons A les la tombée de nuit les . que générale commença les contribules uns le autres . soldats une émotion complot dont un les Déjà indignés de l'infâme . faire deux camle pagnes au lieu d'une pas !» .

des soldats aidant. On marcha donc . à lui faire prendre cette résolution ce fut qu'on lui rapporta qu' Abdérame n'était pas venu en . et le que pour attaquer retour de la Abdérame saison. guerriers tribus maàddites restèrent aussi mais on ne pouvait plus. et ils prièrent . plus attachés à et quelques . . Malgré de Çomail et . pas trop compter sur eux non car. avait arrêté un plan il y mettait de l'obstination et il bien qu'il y eût persista dans du vrai dans ce qu'on lui disait. tribua ce qui con. dérables serait se jeter par crainte . vers la Sierra de Regio mais bientôt le mauvais vouloir de se convains'exécuter. son dessein. Yousof leur et Çomail de les reconduire à Cordoue en disant la qu'entreprendre une campagne si d'hiver dans Sierra de Regio avec des forces . du péril dans un péril beaucoup plus grand que la révolte se borla nerait sans doute à quelques districts de côte. il fallait attendre belle Mais une fois que Çomail . Yousof fut à cre même que le plan de Çomail les ne pouvait et L'hiver sortis avait commencé.532 poste sans forfaire à l'honneur . Yousof ordonna donc de retourner à Cordoue. Quelques Caisiles Çomail . fatigués par une longue marche. eux aussi brûlaient du désir de retourner dans leurs demeures . . . peu consi. bords pluies les torrents de leurs avaient rendu les chemins iml'opposition praticables. mais ils ne blâmè- rent nullement les les déserteurs et ne firent rien pour particulièrement d'autres retenir.

qui . Isa était . de retour à Cordoue . dit à ses compagnons: que Yousof. deux mulets Ils . et vous deux. une de vos qu'il en mariage de l'argent vous verrez ne préten- dra à rien de plus.» En conséquence. ples pour croire que si nous arrivons avec ces préet qu'il refuse d'accepter les il sents auprès d'Abdérame propositions de Yousof. . client offrir omaiyade payeur de l'armée. jusqu'à ce qu'Abdérame eût accepté les conditions du traité. mais seulement pour y trouver un » asile et des moyens de subsistance. vous lui offrez . solut d'entamer trois Yousof. de la famille d'Omaiya .535 Espagne pour prétendre à l'émirat. sincèrement attaché à Yousof. C'étaient Obaid le chef le plus puissant des Caisites après Çomail et l'ami de ce dernier . Khâlid et . ré-» une négociation et envoya à Torrox . et Isa . ajoutait-on et . partirent avec ces présents . ils trouvèrent le village . vous puissiez Etes-vous donc assez sim- agir avec tant de légèreté. le secrétaire de Yousof Ils . chevaux. et le Arrivés à Torrox . deux deux esclaves et mille pièces d'or. les qu'ils résolu- rent de laisser Isa avec présents à Orch. . de ses amis. «Je m'étonne fort que des et hommes tels Çomail. mais quand ils fu- rent arrivés à Orch sur la frontière de la province bien que client de Regio . filles Si . nous laissera rapporter ces parut telle- présents à Cordoue ? » Cette observation ment juste et sensée aux deux autres. devaient au prince de riches vêtements.

étaient tiédeur désespérante à l'égard ils du prétendant. Ces propositions plurent assez aux clients. Ils disaient que Yousof. ils furent reçus par prince entouré de sa petite cour. et . car des clients de la d'Omaiya celle et des Yéménites et de la division de Damas. aussi présents qui étaient encore à Orch mais qui ne tarderaient pas à voulait se arriver . plein de recon- naissance pour les bienfaits que son illustre trisaïeul. Leur première ardeur avaient été à s'était un peu refroidie depuis qu'ils les même d'une de s'apercevoir que Yéméniri- tes. ne de- mandait pas mieux que de vivre en bonne ce avec intelligen- Abdérame. Ocba ibn-Mfi . inclinaient à un accommodement avec Yousof. et. à condition pourtant . et exposèrent but de leur mission. avec une dot condes sidérable. tenait le premier dans laquelle le Obaidallâh rang . que celui-ci ne prétendrait pas à l'émirat terres que le calife mais seulement aux Hicbâm avait possédées fille en Espa- gne . que . Ils répondirent est ex- donc aux messagers: «Ce que vous proposez . avait reçus des Omaiyades . tout bien considéré. tout disposés qu'ils étaient à combattre leurs vaux . de obtenu une du Jourdain de celle de Kinnes- rîn y étaient accourus en foule.554 château famille encombrés de soldats. Ayant demandé le et audience . qu'il lui offrait qu'il lui donc sa envoyait . si Abdérame rendre à Cordoue il pouvait être certain d'y trouver l'accueil le plus bienveillant.

reprit Khâlid . «Veuillez-vous charger de répondre à cette lettre lui . Cette lettre secrétaire . pria de la lire à haute voix. . «Voici maintenant. gardait prudemment Un observateur superficiel eût dit que son es- prit n'était pas encore sorti tout à fait de l'état de le chrysalide. » Le prince il acle cepta la lettre et l'ayant donnée à Obaidallâh. sans doute manière de voir la et son ambition ne se contentait nullement de propriétaire tant position de riche qu'on voulait le lui assigner. n'osant blâmer le si- ce qu'ils approuvaient. celte ne partageait point . Quand Obaidallâh en . composée Yousof.» Quant au prince. par Khâlid était écrite en sa qualité de de avec une pureté de langage très-remar- quable . vous verrez qu'elle confirme tout ce que nous venons de vous . 535 cellent. les mais seulement pour vendiquer terres qui lui appartiennent par droit il d'héritage. mais ne sen- pas encore terrain bien sûr sous ses pieds et il dépendant entièrement de ses amis. dire. Yousof a parfaitement raison en croyant que à l'émirat que ce n'est pas pour prétendre tron est notre pare- venu en Espagne. vers eux se montrait en- modeste et même humble il . la lettre que Yousof vous envoie. lence. ou du moins que vieil Obaidallâh le tenait en tutelle. eut achevé la lecture 3 le prince toujours prudent abandonna à son ami le soin de prendre une décision. et les fleurs de la rhétorique arabe y avaient été répandues à pleines mains..

C'était que Yousof nommé les secrétaire. christianisme le en devenant musulman . de Zaid son le et pour le récompenser de sa conl'avait le version levé maître. et à la fin il la telle connaissait si bien et écrivait l'avait l'arabe avec une son élégance. il était Espagnol.556 dit-il Il . En- dans la de son patron. le » ne pouvait y avoir cette nul doute sur : sens dans lequel réponse serait conçue accepterait nom et de son simples'était patron. il avait reçu nom . et le prince résigné . son père avait abjuré . vint et rendre l'espoir au Khâlid n'était pas Arabe. il appartenait à la race vaincue . jeune Khâlid. ne se . car les émirs se piquaient les d'avoir pour secrétaires et les homla mes plus instruits mieux des versés dans connaissance de la . Yousof. au douloureux sacrifice de ses rêves d'ambition lorsqu'une brouiller inconvenante plaisanterie l'affaire de Khâlid prince. Obaidallàh purement ment déjà les propositions de Yousof. palais affranchi. Grâce à sa position Khâlid avait bientôt acquis une le grande influence sur faible Yousof qui. avait étudié avec ardeur la littérature arabe. langue et anciens poèmes. un grand honneur. que nature avait doué d'une intelligence remarquaaptitude pour le ble et d'une grande travail de l'es- prit. car vous connaissez ma manière au de voir. . . Son père mais à et sa mère d'une le étaient esclaves et chrétiens foule de ses l'instar compatriotes.

ne « Infâme . Khàlid rendait à ces rudes mépris pour mépris. qui se hâtèrent d'exécuter cet ordre puis s'adressant T. le s'indigna. que si prince eût confié une si noble tâche à un esprit les inculte et peu familiarisé avec (inesses du langage. et fierté lui « brutale. demandait touet lui jours à être guidé par volonté d'autrui. avant lettre que tu répondu à une raillé . faisait ses préparatifs il pondre à sa lettre élégante. Arabes à cause de son influence et de méprisé par eux à cause guerriers de son origine.» du tout je ne ré- pondrai point à En il disant ces paroles avec jeta à Khàlid sa lettre la un accent de au visage. dans sa vasi nilé de lettré. dont l'humeur était naturellement violente. par un homme de néant par un Espagnol Obaidal- làh. poursuivit-il en s'adressant à ses . ! cria-t-il les aisselles me la sueront pas lettre. il vil avec quelle gau- vieil le Obaidallàh qui savait mieux manier pour ré- que calam . Un . quand dictait Çomail n'était pas là. au prince: «Voilà le commencement de 22 .. Envié par ses talents. comme si celle-là ! » En voyant d'une façon vil grossière . sourire il moqueur vint errer aulour de ses lèvres «Les aisselles te aies se et dit d'un ton dédai- gneux: sueront. assena sur tête un vigoureux et coup de poing. cherie l'épée le et quand . . 537 fiant jamais à ses propres lumières la . qu'on soldats Qu'on s'empare de ce misérable l'enchaîne!» . Abou-Olhmân. I. c'était les Khàlid qui ses résolutions. entra dans une fureur épouvantable.

Hœst Nackrich- p. Toute et la sagesse lui de il Yousof peut réside rien. » dans cet homme-là. 538 la victoire. Abou-Othman que Khâlid est un messager et que comme pondit tel il est inviolable. trouve dans nos dictionnarres mais aussi renégat fol. . col. t. fut parti. c'était et ils résolurent de autant de pris sur Yousof. puis ! il lui dit : « Veuillez-vous souvenir . comme on . vous. contre lequel la guerre était désormais déclarée.. . 48. attendit jusqu'à ce que la colère d'Obaidallûh fût un peu calmée . c'est un ildje. et du tempéra- ment donc irascible d'Obaidallâh la . et que Khâlid eut été que les jeté dans un cachot . p. » Par suite de vanité de Khâlid . sans ne L'autre messager . Une 1) Le mot de ildje ne signifie . Obaid . II. Quand Obaid . Affrica . aussi vous laisserons-nous partir en paix. 147. . Charant p. . seigneur. dans lequel Obaidallàh respectait le chef d'une noble et puissante famille arabe. pas seulement chrétien . le chef caisite se . à l'autre. 1. . 17. 140. il Quant . voyez Marmol Description ten . et Abdérame qu'il qui voyait le hasard favoriser pensées n'avait pas osé avouer était loin de s'en plaindre. . sents qui se trouvaient à Orch se les approprier. — Non. lui dit-il. Jackson. a été l'agresseur et mérite d'être puni vile et la c'est le fds l d'une femme impure. négociation se trouva rompue des . c'est lui ré- Obaidallàh le messager. les clients se rappelèrent messagers avaient parlé de pré.

Quand Obaid.» dû attaquer ce prétendant pendant bon en . vous l'hiver. Abdérame ne pardonna jamais entièrement à son la conduite qu'il avait tenue dans cette circonstance bien que ce client tâchât de lui faire sentir qu'en il serviteur fidèle de Yousof. était une sorte 22 . abattue vers Orch toute . emportant avec lui toutes les richesses que les messagers devaient offrir au prince omaiyade. alors son maître. . de retour Yousof et eut à informé Çomail de ce qui passé Torrox Çomail s'écria: négociation. Ce plan. mais Isa . devenu mais pour malheureusement Çomail impraticable d'idée fixe. auriez je «Je m'attendais à voir échouer cette vous l'avais bien dit. averti temps était parti en lutte. pu remplir le but de leur Dans la suite client . lui-même. et les cavaliers durent retourner à Torrox sans avoir mission. émir. n'avait pas pu agir autrement qu'il ne l'avait à Cordoue s'était fait.. 339 trentaine de cavaliers allèrent donc à à bride .

Les Yéménites répondirent tous qu'au le premier signal les que donnerait sa prince .XV K Pour commencer rent fut les hostilités. 10 — Ibn-al-Abbâr . ils prendraient armes pour soutenir divisés . cause. Quant aux chefs caisiles . Abdérame . . 42. r. attendre la fin de l'hiver qui . car c'était lui qui dirigeait tout profila de ce temps d'inaction . . six seulement promirent avaient c'étaient leur appui à Abdérame. les autres. que 13 j'ai r. . . 50. fol. suivi de préférence à tout autre Ibn-al-Coutîa fol. — 91 . pour le prétendant. . Trois d'entre eux des rancunes personnelles . ou plutôt Obaidallâh. 54. Djâbir fils de le cet Ibn-Chihâb que Çomail avait endes voyé dans pays Basques afin qu'il y trouvât 1) Voyez Akhlâr madjmoua p. Les Berbers étaient les uns se dé- clarèrent pour Yousof. 83 r. . contre Çomail . 55. les deux partis ducelle année-là . livre v. forcée pour écrire aux chefs arabes et berbers inviter et les à se déclarer contre Yousof. plus rigoureux qu'il ne l'est d'ordinaire en Anda- lousie.

et Abou-Becr ibn- Hilàl l'Abdite celui-ci avait qui était irrité contre Çomai! parce que un jour frappé son la père. sa qui et au fond ne s'intéres- pas à cause.. Tous dans ce parti voulaient une seule se : même cho- le maintien pur et simple de ce qui existait. qui ne voyaient dans la guerre qu'un moyen de se venger des Maâddites. inégales Les des le deux partis étaient moins paraissaient était qu'elles ne au premier abord. se trouvait en défaut ce qui arri- Çomail qui. Hoçain. . mais en plus grand le nombre sur une plus grande livré échelle combat de Secunda forces dix années auparavant. parti Le de Yousof présentait au contraire cela était possible une masse tri- aussi homogène que . bien qu'il eût des en- . destinée . failli le compagnon d'Ibn-Chihàb la . dont il avait partager . Les trois au. donc recommencer. 341 la mort. depuis temps de Thakîfite Haddjàdj était aveu- glément dévouée à Les des la cause des Omaiyades. deux nations rivales . amour de l'indépendance de l'anarchie. tres le appartenaient à l'illustre tribu de Thakîf qui . Le le parti omaiyade supérieur en nombre mais le prétendant ne pouvait pas trop compter sur dé- voùment des saient Yéménites. et quand sa sagacité vait assez souvent. Yousof. . parmi des des bus arabes toujours jalouses les unes et autres. bon leur et faible vieillard qui n'entravait et en rien était . chacune renforcée par Berbers allaient et . précisément l'émir qui convenait aux Maâddites .

dont Archidona était district était fit alors la capitale. Au commencement du appris printemps faisait . où devait être prononcé un sermon . . de la » rupture du jeûne née 756. auquel tous d'assister. jouissait cependant . les arrivèrent donc avec prince dans la Moçallâ . Dans an- l'après-midi du jour indiqué . quand on eut ses . fol. le un der Caisite. Il pays lait et de prendre Yousof à son la fal- passer d'abord par la province de Regio. et vous verrez ce que ferai. . Djidâr. habitée et par division du Jourdain. quelque motif de haine contre Çomail. à Torrox que Yousof préparatifs pour marcher contre son compétiteur se on résolut de porter vers l'ouest. qui le dans clients cette tombait le 8 mars. s'il nommé Ohaidallâh lui prince et demanet laisserait passer soit qu'il eût son armée. c'est ainsi qu'on appelait une grande plaine hors de la ville. répondre: «Conduisez . Le gouverneur de ce Djidâr. les Yéménites dont on traverserait avantage. 78 v. de la soit qu'il sentît la nécessité de céder au x vœu prin- population entièrement lui fit yéménite du district le qu'il gouvernait. afin de tirer à soi. ce à la Moçallâ d'Archidona le jour je . les musulmans le d'Archidona étaient tenus Quand pré- 1) Comparez Ahined ibn-abî-Yacoub . de l'estime de majorité de ses contribuées était toujours là pour conseiller et le diriger. pendant le cette marche .342 nemis même parmi la le les Caisites. .

Puis. de notre émir. Beni-al-Khalî conserve encore leur nom altéré en Benadalid. malgré cet empressement à la le reconqui se fut l'ar- le nombre des chefs de prétendant Il province réunirent au avec leurs troupes. le nom latin pour couronne.» s'écria-t-on de toutes parts. bère * des Beni-al-Khali. Djidâr se leva et lui dit «Ne prononcez plus celui nom fils de Yousof . commencer par la formule qui consistait à appeler les bénédictions du sur : le gouverneur Yousof le . Cependant naître . Dans ce nom propre Corona est . car il émir. Ce nom le pic caractéristique était de ces forteresses bâties sur la d'un rocher. rivée de en fut dédommagé par de la quatre cents cavaliers clients peuplade berII . .» . 13 v. C'est une petite . qu'habitaient si nombreuses dans les Serranïa de Ronda. ne pas très-considérable. s'adressant à linua-l-il . le . celui d'une ta est le préfixe berber. Le prédicateur supplia donc l'Eternel . et sub. . la population d'Archidona prêta serment de fidélité et d'obéissance au nouveau souverain. foule: «Peuple de Regio con- que pensez-vous de ce que je viens de dire? — Nous pensons comme vous. L'endroit . stituez-y d'Abdérame est notre la de Moâwia fils fils de Hichâm .543 dicateur ou khatîb voulut ordinaire ciel . du calife Yézîd qui habitaient dans district de Ronda (appelé alors Tù-Corona) 2 et qui en apprenant ce qui s'était passé 1) 2) Voyez Ibn-al-Coutîa fol. d'accorder sa protection à l'émir Abdérame et la cé- rémonie religieuse achevée .

sur la rive droite du Genal. et dans Torreximeno . niles les . Abou- Çabbàh mis. Les deux chefs yémécette . Sile dona . le prin- ce traversa. prétendant marcha vers la province de ha- bitée par la division d'Emèse. . Passant de la province la de Regio dans celle de Si- dona. petite ville avec un château de construc1) Voyez sur Ximena Eochfort Scott t. légère altération de Kinéna . Le nom de tion romaine la tribu de Kinéna s'est aussi conservé dans Ximena entre Jaën et . Arrivé à l'endroit où habitait la et qui porte tribu maâddite de Kinena le encore aujourd'hui nom de Ximena 1 . vinrent à sa ville . habitée par division de la Palestine. ne fallait pas commencer par des exécutions il ne les molesta d'aucune manière. . il n'y trouva que des femmes pour qu'il et des enfants les hommes étant déjà partis aller se réunir à l'armée de Yousof. t. col. étaient partis en toute hâte pour se joindre à l'armée. . . 544 à Archidona . I. . p. Honda and Granada . Voyez Marmol Moriscos et Rochfort Scott. . 89.. 221. au nord de Martos. avec un château très-pittoresque . Jugeant . Jodar . sauvage et pittoresque Serrania de Ronda. qui se joignirent à lui en grand nombre Séville. de la tribu de Yahcib Hayât ibn-Molâren- de la tribu de Hadhramaut . II p. plus puissants de province et . Excursions in the mountains of fol. les Renforcé par Yéménites de la province de . non sans peine et par des sentiers escar- pés qui serpentent dans la les flancs de rochers à pic . 28 et suivantes. 1. au sud de Ronda Rebelion de los . .

,

545
contre,
et vers le

milieu de
lui prêta

mars,

il

lit

son entrée

à Séville,

où on

serment.

Bientôt

après,

quand
che
,

il

eut appris que
la rive

Yousof
droite

s'était

mis en mar,

en suivant
l'attaquer

du Guadalquivir
,

pour
ville

venir

dans
et

Séville

il

quitta

cette

avec son armée,
la rive

marcha sur Cordoue en suivant

opposée du fleuve, dans l'espoir de surprendre
,

la

capitale
clients

qu'il

trouverait presque
et les

dégarnie
qui

et

les

omaiyades

Yéménites

y

habi-

taient, lui

prêteraient main-forte.
fut arrivé
l

Quand on
la

dans

le

district
,

de Tocina

,

à

villa

de Colombera

selon les uns

à celle qui s'ap-

pelait

Villanova des Bahrites
2
,

(aujourd'hui Brenes) seles

lon les autres

on

fit

la

remarque que

trois diet

visions militaires avaient
le

chacune son étendard

que

prince
les

n'en
chefs,
sévillan

avait
la

point.

«Bon Dieu!
éclatera

se

dirent

alors

discorde

parmi

nous.»

Le chef
turban à

Abou-Çabbâh
,

se hâta d'attacher

un
ce

une lance
qui devint

et

de présenter au

prince

drapeau

,

le

palladium des Omaiyades.
sa

Pendant

qu'Abdérame continuait
qui
avait fait
la

marche vers

Cordoue, Yousof,

une courte halte à

Almodovar, poursuivait

sienne vers Séville, et bien-

1)

Akhbâr madjmoua
,

,

fol.

84
r.

r.

2) Ibn-al-Coutîa

fol.

11

Les Beni-Balir
Brenes
est

étaient

,

njoute-t-il

une sous-tribu des Lakhniites.
arabe Bahrîn.

une

alte'ration

du mot

546
tôt les

deux
,

armées

se trouvèrent l'une vis-à-vis
le

de

l'autre

séparées par
trop

Gnadalquivir
cette

,

dont les eaux
(on était dans

avaient
le

grossi clans

saison
le

mois de mai) pour qu'on put
côtés

passer à gué.
,

Des
hâte

deux

on

s'observait.

Yousof

qui

avait

d'attaquer son compétiteur avant que celui-ci eût reçu

de

nouveaux
la

renforts,
rivière

attendait
décroîtrait.

avec

impatience
côté
,

le

moment où
l'ennemi

De son
Cordoue
de de
la

le

prétendant voulait
s'en
les

marcher sur

sans
nuit,
il

que
fît

aperçût.

A

l'entrée
afin

allumer

feux de

bivouac,

faire croire

à

Yousof

qu'il avait
,

dressé

ses tentes;

puis,
le
il

profilant

de l'obscurité
fond silence.

il

se mit en

marche dans
lui,

plus proavait qua-

Malheureusement pour
et

rante-cinq milles arabes à faire,
fait

à peine en eut-il

un

,

que Yousof

fut averti
,

de son départ clandesl'émir rebroussa che-

tin.

Sans perdre un instant
aller

min pour
alors

proléger sa capitale menacée.

Ce fut

une véritable course au clocher; mais Abdérame,
allait

voyant que dans celle course Yousof
prix, tâcha
de
le

gagner

le

tromper de nouveau en s'arrètant.
de
l'autre
,

Yousof,
tous les

qui

observait

côté

de
fil

la

rivière

mouvements de l'ennemi

en

de

même
il

;

puis,' quand
fit

Abdérame

se

remit en

marche,

en

aillant, jusqu'à ce qu'il s'arrèlàl définitivement à

Moçàra, tout près de Cordoue, vis-à-vis de son compétiteur, dont
le

plan avait complètement échoué, au
ses

grand

mécontentement de

soldats

qui

,

n'ayant

547
pour toute
espéré se
vations.

nourrit lire

que des garbanzos
la

l
,

avaient

dédommager dans

capitale de leurs pri-

Le jeudi 13 mai, jour de
dalquivir

la

fête 'd'Àrafa,

le
,

Guaayant

commença
les

à décroître, et

Abdérame
,

convoqué

chefs

de

son

armée

laquelle

venait

d'être renforcée par l'arrivée de plusieurs Cordouans,

leur parla en ces termes:

«Il

est

temps de prendre

une dernière

et

ferme résolution.

Vous connaissez
que

les

propositions de Yousof.

Si vous jugez

je dois les
si

accepter, je suis encore prêt à
voulez
la

le faire;

mais

vous

guerre

,

je la

veux aussi.

Dites-moi
soit,

donc
elle

franchement votre
sera
la

opinion;

quelle qu'elle

mienne.

»

Tous
,

les

chefs

yéméniles

ayant
les
,

opiné
clients

pour

la

guerre
,

leur

exemple

entraîna

omaiyades qui

dans leur pensée intime
fait l'idée

ne

repoussaient pas encore tout à

d'un accom-

modement. La guerre ayant donc
reprit la parole:
le

été résolue, le prince
,

«Eh bien, mes amis

dit-il,

passons

fleuve

aujourd'hui

même

,

et faisons

en sorte que

demain nous puissions
un jour heureux pour
un jour de
et

livrer bataille; car

demain

est
et

ma
ce

famille
fut

:

c'est

un vendredi

fêle

,

et

précisément un vendredi
trisaïeul

un jour de

fête

que mon

donna
,

le califat

à

ma

famille en remportant la victoire
,

dans
,

la prai-

rie

de Ràhit

sur un

autre

Fihrite

qui

de

même

1)

Espèce de haricots.

548
que celui que nous allons combattre, avait un
pour
tes
vizir.

Caisite

Alors, de

même
,

qu'à présent, les Caisi-

étaient
,

d'un

côté
,

et

les

Yéménites de
,

l'autre.
les

Espérons

mes amis
et les
celle

que
,

demain sera

pour

Yéménites
rieuse

Omaiyades
de
la

une journée aussi
de Râhit
!

glole

que

prairie

»

Puis

prince donna ses ordres et

nomma

les chefs

qui com-

manderaient

les
il

différents

corps de son armée.

En

même

temps

entama une

feinte et insidieuse négola

ciation avec

Yousof.

Voulant passer
et
fit

rivière sans

avoir besoin
ses

de combattre
affamés
,

procurer
dire qu'il
lui

des

vivres à

soldats
les

il

lui

était prêt à

accepter

propositions qui

avaient

été faites à

Torrox,

et

qui n'avaient été rejetées
;

que par suite
,

d'une impertinence de Khâlid
espérait

qu'en conséquence
pas
à
,

il

que

Yousof

ne s'opposerait

ce

qu'il

passât avec son

armée sur
,

l'autre rive,

plus rap-

prochés l'un de autre
facilement
les

ils

pourraient poursuivre plus
la
,

négociations, et que,
le

bonne
il

intelli-

gence étant sur

point de s'établir
la

priait

Yousof

de vouloir bien envoyer de

viande à ses troupes.
et

Croyant à

la

bonne

foi

de son rival

espérant que
le

les affaires pourraient s'arranger sans que
lât
,

sang couil

Yousof tomba dans

le

piège.

Non-seulement
,

ne s'opposa point au passage d'Abdérame envoya aussi des bœufs et des moutons.
destin semblait vouloir que
le

mais

il

lui

Un

bizarre

vieux Yousof secondât

toujours à

son insu les projets de son jeune compéti-

,

349
teur.
clients

Une

fois

déjà

,

l'argent qu'il
qu'ils

avait

donné aux

omaiyades
servi
le

afin

s'armassent, pour sa cau-

se

,

avait

à

conduire
qu'il
lui

Abdérame en
envoya
servit à

Espagne

;

cette fois
les

bétail

restaurer

forces de ses

ennemis qui mouraient de faim.
seulement,
vendredi

Le lendemain
de
la fête

14 mai,

jour

des sacrifices, Yousof
Il

s'aperçut qu'il s'était

laissé duper.

vit alors

que

l'armée

d'Abdérame
,

renforcée par les Yéménites d'Elvira et de Jaën
étaient arrivés avec le jour,
bataille.

qui

se rangeait en
la

ordre de

Forcé

d'accepter
,

bataille

,

il

disposa ses

troupes au
les renforts

combat

bien qu'il n'eût pas encore reçu
fils

que son
,

Abou-Zaid devait

lui

amener
inquié,

de Saragosse

et qu'il

y eût une assez
,

vive

tude parmi

les

Caisites
la

qui avaient

remarqué

de

même qu'Abdérame,

ressemblance frappante qu'il
la
,

y aurait entre cette journée et celle de

Prairie.

Le combat s'engagea.
ses clients

Le prétendant

entouré de

parmi lesquels

Obaidallâh portait sa banqu'il
fallait

nière

,

était

monté sur un magnifique andalous,

faisait

bondir
les

comme un
,

chevreuil.

Il

s'en

que tous
chevaux;

cavaliers

voire les

chefs

,

eussent des
les

même
si

longtemps plus
rares en

tard
,

,

chevaux
la

étaient encore

Andalousie

que

cava'.

lerie légère était d'ordinaire

montée sur des mulets

1)

Dans
1er

le

Xe

siècle

,

Jean de Gorz

,

ambassadeur de l'empereur
vit

Otton

h la cour d'Abdérame III,

a

Cordoue

la

cavalerie

350
Aussi
le

cheval fougueux d'Abdérame
et des

inspira-t-il des

soupçons
rent:
s'il

craintes

aux Yéménites,
celui-là,
et
,

qui se di-

«Il est

bien jeune,

nous ignorons

est brave.
il

Qui nous garantit que

gagné par

la

peur,
lous
,

ne se sauvera pas au moyen de cet andaqu'entraînant ses clients dans sa fuite,
il

et

ne

jettera pas le désordre dans nos

rangs?»
,

Ces

murjus-

mures
qu'aux

,

de

plus

en plus

distincts

parvinrent

oreilles

du prince, qui appela aussitôt Aboule

Çabbâh, l'un de ceux qui montraient
tude.

plus d'inquié-

Le chef
et
le

sévillan

arriva

,

monté sur son vieux

mulet,

prince lui dit:

«Mon
et

cheval

est trop

fougueux et m'empêche par ses bonds de bien viser.
Je
je

voudrais avoir
n'en
;

un mulet,

dans toute l'armée
autant que
,

vois
il

aucun qui me convienne
,

le
il

vôtre

est docile

et

,

à force d'avoir grisonné
,

est presque

devenu blanc
,

de brun qu'il

était.

Il

me

va donc à merveille
sent

car je veux que
à

mes amis
;

puis-

me

reconnaître

ma monture
il

si

les

affaires

tournent mal, ce qu'à Dieu ne plaise
suivre

s

on n'aura qu'à
le

mon mulet

blanc:

montrera à chacun
donc
ne

chemin de l'honneur.
donnez-moi
votre mulet.

Prenez

mon

cheval

et

Mais

vaudrait-il pas

mieux que l'émir
bâh en rougissant

restât à cheval? balbutia

Abou-Çab»

de honte.

Du

tout

,

répliqua

légère montéa

sur des
,

mulets un jour de grande parade.
132.

Vita Jo-

hannis Gorziensis

c.

551
le
il

prince en

saillant
le

lestement

à terre

,

après

quoi
virent

enfourcha

inulel.

Les

Yéménites

ne

le

pas plutôt

monté sur ce

vieux et

paisible

animal,

que leurs craintes
L'issue

se dissipèrent.

du combat ne fut pas longtemps douteuse.

La

cavalerie

du prétendant culbula

l'aile

droite et le

centre de l'armée ennemie, et Yousof et Çomail, après
avoir
été témoins l'un et l'autre de la

mort d'un
L'aile

fils,

cherchèrent leur salut
seule,
tint

dans

la

fuite.

gauche

composée de Caisites
ce que

et
le

commandée par Obaid,
soleil

ferme jusqu'à

fût déjà

haut

,

et

ne céda que quand presque lous
tinction et

les

Caisites de dis-

Obaid lui-même eurent été tués.
victorieux

Les
pressé

Yéménites
que
d'aller

n'eurent

rien

de

plus

au

pillage.

Les

uns se rendirent

au camp abandonné
les

de

l'ennemi,
fait

ils

trouvèrent

mets que Yousof avait
,

préparer pour ses solD'autres
et

dats

et

en outre

,

un butin considérable.
palais de

allèrent saccager le

Yousof à Cordoue,

deux

homme
le

de celle bande,

qui apparlenaient à la

tribu yéménite de Tai, franchirent le pont afin d'aller
piller

palais de
ils

Çomail à Secunda.

Entre

autres

richesses,

y trouvèrent un coffre qui contenait dix
d'or.

mille pièces

Çomail

vit et
la

reconnut,

du haut

d'une montagne située sur

roule de Jaën, les deux

individus qui emportaient son coffre, et

comme,

quoi-

que battu
tout son

et privé d'un

fils

bien-aimé

,

il

avait conservé
et

orgueil,

il

exhala aussitôt sa colère

son

,

552
désir

de

vengeance dans

un
:

poème dont ces deux

vers sont venus jusqu'à nous

La

tribu de Tai a pris

mon

argent en dépôt

;

mais

le

jour

viendra où ce dépôt sera retiré par moi ....
savoir ce

Si vous voulez

que peuvent

ma lance
,

et

mon

épée

,

vous n'avez qu'à
,

interroger les Yéménites
les

et

s'ils

gardent un morne silence
qui

nombreux
défaites
,

champs de
répondront

bataille

ont
et

été

témoins

de

leurs
gloire.

pour

eux

proclameront

ma

Arrivé

dans

le

palais

de

Yousof,
les

Abdérame eut
pillards
qu'il

beaucoup de peine à en chasser
trouva;
il

n'y réussit
ils

qu'en

leur

y donnant des vête-

ments dont

se plaignaient de

manquer.
plus

Le harem
péril

de Yousof était

aussi

njenacé du
le

grand
les

car, dans leur haine contre
nites n'avaient

vieil

émir,
de
le

Yémé-

nullement

l'intention
,

respecter.

L'épouse de Yousof,
ses

Omm-Othmân

accompagnée de
la

deux

filles

,

vint donc

implorer

protection

du

prince.

«Cousin,
l'a

lui dit-elle,

soyez bon envers nous,

car Dieu
dit-il,
il

été envers vous.


allât

Je le serai,»

répon-

touché du sort de ces femmes, dans lesquelles

voyait des
il

membres d'une
prieur de
cette

famille alliée à la sienne,

et

ordonna aussitôt qu'on
,

chercher

le

çâhib-

aç-çalâl

le

la

mosquée.

Quand
était

celui qui

remplissait alors

dignité et qui

un

client

de Yousof, fut arrivé, Abdérame

lui enjoignit
,

de con-

duire ces femmes dans sa demeure
tuaire où elles

espèce de sanc-

seraient à l'abri de la brutalité de la

. prêté leur comme ils n'avaient se venger secours à Abdérame que pour «Nous Cet des Maâddiles et que ce but était atteint. fol. 219. Pour filles lui montrer Yousof Holal le . disaient bien que prince avait bien fait. sa lui reconnaissance. et YAJéhbàr madjmoua j 86 avec Khochanî . 23 . qui . T. Enfin. se dirent les mécontents il et puisque c'est à bien nous nous trer qu'il doit sa victoire. fit l'une des deux . mais on voyait à l'expression de leurs phy- sionomies qu'ils ne parlaient ainsi que pour l'acquit de l'âme ils de leur conscience et qu'au fond don- naient raison aux frondeurs. 12 r. p.soldatesque . Comparez Ibn-al-Coutîa v.» Même le les ménites ces plus modérés ne désapprouvaient pas trop ils murmures. et il leur rendit même les objets pré- cieux qu'il avait pu arracher aux pillards. l'un d'entre eux s'enhardit jusqu'à dire: avec nos en avons et fini ennemis maitddites. . I. dans la suite . «Il est partial . La noble et généreuse conduite d'Abdérame méconIl tenta extrêmement les Yéménites. donna jour à second émir omaiyade de l'Espagne'. pour sa famille . piller. de présent d'une jeune esclave le nommée Hichâm . . homme-là ses 1) fol. il eux qui s'étaient promis un riche prenait sous sa protection des femmes qu'ils convoi- taient: c'étaient autant d'empiétements sur des droits qu'ils croyaient avoir acquis. devrait monYé- un peu plus les île reconnaissance. les empêchait de butin.

. Tournons nos et armes contre eux maintenant. pas encore pris une décision la lorsque Thalaba . Un motif il personnel été poussait. se croyait avoir trouvé un ex» moyen pour Abdérame . infâme s'il proposition se débattue avec fort comme uns fût agi d'une . noble Djodhâmile le de division de Sidona alla révéler au -prince complot qu'on l'y tramait contre lui. Parmi derniers se race de Codhâa à laquelle appartenaient les On n'avait . de Cordoue s'entoura de tous ses clients les organisa en gardes le du corps. il lui dit ne pouvait qu'aux Codhâa tre. Ayant donc se fier averti . et ses contribules donné en fa- ses heureux rivaux ayant opiné il veur de cellent la proposition. fet Il et prit ses le mesures sans perdre un nomma qu'il Kelbite Abdérame ibn-Noaim et pré- de la police . qu'il . seul lieu dans un jour nous aurons Cette . Abou-Çabbâh. chose les l'approuvaient les les autres ne trouvait l'approuvaient toute la Kelbites. pas. venger d'eux. jugèrent prudent de l'aban- . lui Le prince de le remercia avec effusion en promettant quoi il récompenser pas) . dans la suite (ce à ne in- manqua stant. projet qu'ils Quand médi- Yéménites s'aperçurent que ils taient avait été trahi. 354 clients appartiennent à la même race. remporté deux victoires au fut d'une. avait évincé s'étaient par ses compétiteurs lorsque des chefs. avait et que celui qui la plus qu'aucun était au- appuyé le proposition. tuons-les.» sang-froid naturelle . Malgré sa noble origine.

et laissèrent Abdérame en il se rendre à la grande . Yousof Çomail . Le plan Abdérame s'était déjà mis en mar23* . Abdérame ne et l'était pas en- core de l'Espagne. prière lui où il prononça. grossir son armée. tandis que Çomail se rendit dans la division à laquelle il appartenait . . quoiqu'ils eus- sent essayé une grande déroute ne désespéraient pas le de rétablir leurs affaires. celle de Jaën . marcher contre ordonna à son roule fils Abou-Zaid de gagner Cordoue par une et autre que la celle que suivait Abdérame. et celui d'Elvira à chercher un refuge dans montagnes. où il appela le tous les rejoin- Maâddites aux armes. ce qui de s'emparer de capitale. dre avec les troupes . D'après arrêté entre eux au plan qu'ils avaient se quittèrent après moment où ils leur fuite. la Alors les deux gouverneur de la province de Jaën dans forteresse de Mentesa les . Ensuite Yousof vint de Saragosse . qu'une Si ce plan réussissait Abdérame serait forcé de rebrousser che.355 donner. qualité d'imâm le la du vendredi et où harangua peuple en promettant de régner en bon prince. la Maître de capitale. En même temps Yousof. se préparait à qui avait appris qu'Abdérame lui. Yousof alla chercher du secours à Tolède. que la ville n'avait . min afin d'aller reprendre Cordoue et Yousof ga- gnerait du temps pour réussit en effet. . mosquée. qu'il avait ren- contrées en route chefs forcèrent à se retirer le et celles de Tolède. ne lui serait pas difficile attendu faible garnison.

5iiG clie. tournèrent tout autrement qu'on ne mais les affaires s'y attendait. la capitale à l'impro» visle s'en rendit maître . quand avait rebroussé eut appris qu'Abdérame il chemin pour venir l'attaquer. noble que celle d'Abdérame. avait déjà Quand Abdérame eut appris qu'Abou-Zaid quitté Cordoue. pourvu possédaient et qu'il qu'il leur garantît qu'ils accordât une am- générale. . longue au prince Yousof et Çomail lui firent faire des propositions. ayant en son pouvoir . il marcha rapidement contre Yousof. .. votre père il respectées et protégées au lieu que vous vous appropriez tiennent. vos les a propres sœurs et les femmes de . quand il il un mille au nord de Cordoue les ordonna de dresser une lente pour deux esclaeffets. car. «Votre conduite est bien moins lui dirent-ils. lorsque Abou-Zaid attaqua . qu'il y installa après leur avoir rendu leurs Puis il alla rejoindre son père à Elvira. la Se sentant trop faibles pour résister à . assiégea s'était Obaidallàh qui avec quelques guerriers de la retiré dans la tour grande mosquée. lui quitta Cordoue nes . emmenant avec que Obaidallàh et deux jeu- filles esclaves du prince. » des femmes qui lui apparet Abou-Zaid fut arrivé à sentit qu'ils disaient vrai. Abdérame accepta ces propositions. Mais peu de temps après. ves. en déclarant qu'ils étaient prêts aie reconnaître tout ce nistie comme émir.. et le il força à se rendre. qui l'accompagnaient blâmèrent hautement. qu'il avait trouvées dans C'est ce les chefs le palais.

jamais il ne me et fit une question qui eût pu paraître il indis- crète. éloge 1. éd. frère bâtard de Moâwia I» parlant et gouverneur de Tlrâc . à Çomail était toujours mes le côtés . faisait un . que lui-même avait fait Reconnu par gne sa . . analogue 325 . sans leur im- poser d'autre obligation le palais . s'engagea aies traiter honorablement. non d'après mérite des hommes! Depuis Elvira jusqu'à Cordoue. jamais lui ne commença une la conversation *. que les celle de ne pas quitter et il promit de rendre à leur père dès que le repos serait entièrement rétabli. Dieu donne le gouvernement d'après sa volonté. dire: Abdérame le coutume de «Certes. fut échangé contre Obaidallâh prisonnier de Yousof. jamais tête de son mulet ne fut en avant de celle du mien. tions.557 en stipulant de son cùlé que Yousof lui donnerait en otage deux de Il ses fils. l'Espagnol Khâlid prisonnier d'Abdérame . . Par . avec Yousof à sa droite le et Çomail à 756). un étrange jeu de la fortune le client omaiyade fut donc échangé contre celui arrêter. et pourtant la son genou ne loucha jamais mien . de Slane. Durant ces négocia. tout le monde pour l'émir de l'Espa- Abdérarae. Çomail se montra et l'homme plus tard plus poli et avait mieux élevé qui fût. gauche.» avant que je eusse adressé parole Le prin- 1) Ziyâd . reprit la le chemin de Cordoue (juillet Pendant toute le route. p. Voyez Ibn- Khallicân 1 . Abou-Zaid et Abou-'l-Aswad. en de Hâritha.

prendre à une grande résolution aussi se serait peut-être . ajoutent les chroniqueurs faire . dans était conjonctures graves Çomail été entièrement résigné au sort qui incapable de . 1) endroit trouvait probablement dans Se'ville. Ils ne réussirent que trop bien dans leur fois le sort projet. avait seul fait. 0. mais il réussit mieux auprès des Baladîs (c'est ainsi les 1 qu'on appelait les Arabes venus en Espagne avant Syriens) Cet . l'ancien émir contre le nouveau en donnant une fausse interprétation aux moindres paroles du prince. . ne pouvant ils s'habituer à la condition obscure à laquelle se voyaient réduits. Yousof.558 ce. . fihrites et hâchimites. qui voulaient ter des procès sous le inten- prétexte qu'il s'était approprié il des terres auxquelles . Les melui nées des ennemis de Yousof. qui. n'eut aucun motif pour un semblable éloge de Yousof. acétait commodé à son rôle secondaire mais il entouré de mécontents. principalement auprès de ceux de Laçant se . alla Tout bien pendant quelque temps. sous son règne. le voisinage de Fuente de Cantos au N. de- meurèrent sans succès grande faveur à la lui et et Çomail jouissaient d'une cour les souvent même Abdérame et difficilui lui les consultait les. Ré- solu à tenter encore une des armes You- sof sollicita en vain l'appui de Çomail et des Caisites. et les dignités les plus hautes et les plus qui . avaient occupé lucratives. de . s'évertuaient à exciter . de nobles coraicbites. n'avait point de droit.

ses partisans arabes et berbers çant . de là marcha sur Presque tous les Bala- dîs de celte province et même un assez grand nom. Yousof. Abdérarae reçut fuite nouvelle que Yousof avait pris 11 la dans la direction de Mérida. Impossible que . et Séville. la et un jour. Yousof quitté Cordoue sans vous avoir consulté répliqua tir. et votre devoir était de nous averil Puis fils le fit jeter en prison de même le que les deux de Yousof qui se trouvaient dans palais en qualité d'otages. étant accourus sous sa bannière à la tête de vingt mille . . était arrivé avec ses deux fils en Espagne. prit avec eux le chemin de La- dont il les habitants se joignirent aussi à lui. et lui se fit amener Çomail reprocha dure« ment d'avoir favorisé l'évasion le de Yousof. croyant que ce gouverneur qui n'avait sous . bre de Syriens . l'année précédente. n'oserait rien entreprendre con- . dans l'année 758. la Je suis innocent. nommé Abdalmélic. lança aussitôt des escadrons à sa poursuite. le Séville où commandait un parent d'Abdé- rame . preuve en est que pas accompagné j'eusse ait le Yousof. je n'ai fait si répondit Caisile.» prince.559 de Mérida et de Tolède. Alors il mais ce fut en vain. Mais en- suite . après avoir réuni à Mérida . qui. ses ordres qu'une garnison peu considérable compo- sée d'Arabes syriens. comme je l'aurais été son — . il put commencer siège de hommes . complice.

de l'ennemi et Averti des mouvements craignant d'être pris entre deux feux. qui . A son approche Abdalmélic. Syriens arrivèrent à Corà la . d'une stature colossale les et d'une force prodigieuse n'osa personne parmi son défi. grand avant coup en marchant directement sur capitale que les Arabes syriens du midi eussent eu le temps d'y arriver. gouver- neur de reçut bientôt . sortit des bataille . il résolut de frapper sans retard la un . et alors le district dont le fils était gouverneur. croyant son père asles siégé dans Séville était venu à son secours avec il troupes de Moron. était Ce plan échoua. singulier.36a Ire lui . qui voulait donner à Abdé- rame le temps d'arriver. se relira lentement. doue de et Abdérame marcha avec eux du rencontre le l'ennemi. Abdalmélic . renfort par l'arri- vée de son Abdallah . Yousof se hâta de rebrousser les chemin pour et aller écra- ser d'abord troupes de Séville de Moron. car pendant que Yousof les encore en marche. à l'ordinaire. la Comme combat fibrile. attaquer père et résolurent d'aller Yousof pendant sa marche. mais Yousof le força à faire halte et à accepter le combat. . soldats d'Abdalmélic qui n'est » accepter «Voilà un début . que trop propre à décourager nos soldats dit alors . commença par un client Un Berber d'une famille rangs de Yousof et cria: «Y a-l-il quelqu'un qui veuille se mesurer avec moi?» cet Comme homme était . Séville fils De son côté.

déjà . dit moi ce soin. anxiété quelle deux armées l'issue attendaient avec de ce combat. coupait les deux jambes l'armée d'Abdal- mélic enhardie le par le est succès de et son champion. dans toutes les accompagné seulement d'un client des escla- ve et du Persan Sâbic. Yousof. s'adressant à son fils Abdallah: «Va. sort de la avec tant d'impétuosité qu'elle seule . » «Je vais com«Laissezet battre ce Berber lui répondit Abdallah.» obéir à homme. et. lui dit-il. qu'il voulait faire. en bravoure. sur et lui . en force. mon et fils. et lui client de sa famille. sur l'arla poussa cri de Dieu grand! fondit mée de Yousof en déroute. par le glissa jetait tomba à lui Pendant que l'Abyssin se . mit Une attaque avait donc décidé du as- journée mais Abdalmélic n'avait pas sez de troupes pour pouvoir tirer de sa victoire au- tant de fruit qu'il l'eût voulu. fuyaient Pendant que ses soldats directions. vint à lui demanda ce . mais Berber terrain et étant détrempé terre. seigneur. Témîm . te soit va te mesurer avec cet en aide. au môme Les serait instant il alla à la rencontre du champion. ausse continua-l-elle la lutte quelque temps .361 Abdalmélic. que Dieu des Abdallah allait sortir rangs pour l'ordre de son père lorsqu'un Abyssin. sans que le ni l'un ni l'autre eût la l'avantage pluie .» alors l'Abyssin. Les deux adversaires étaient si égaux en stature. traversa .

et comme ils avaient des chevaux étaient accablés tandis . homme âme tison et sa mort seule peut don.562 le Campo de Galalrava et gagna la grande roule qui il conduisait à Tolède. et où un descendant des Médinois. qu'il était mort d'apoplexie pendant . avec ses ennemis. l'un de il Yousof. que ceux des fugitifs de fatigue ils atteignirent ceux qu'ils poursuivaient à quatre milles de Tolède et tuèrent Yousof et Sâbic. et condamna la l'autre. ses amis: « 3Ionlons à cheval et tuons cet le . n'était pas mort de mort violente trouvèrent à côté de son . Les chefs maàddites introduits dans son cachot afin qu'ils pussent se convaincre qu'il . ! car tant qu'il Ses vivra sera un de » compa- gnons approuvèrent sa proposition val . nomdit à . Çomail seul pouvait enle core lui donner de l'ombrage. où il reconnu. Un matin bruit se qu'il répandit était ivre. Abou-'l-Aswad. dont n'épargna . montèrent à chefrais. mé ner Abdallah ibn-Amr. repos à son il au monde discorde . vie qu'en considération de son extrême jeunesse à une captivité perpétuelle. Quand Abdallah ibn-Amr rame la tête fut venu offrir à Abdé- de son compétiteur infortuné. Allant à bride abattue. ce prince. passa par un hameau situé à dix milles fut de Tolède . L'esclave seul échappa à leurs épées et apporta à Tolède la triste nouvelle de la mort de l'ancien émir de l'Espagne. des deux fils fit qui voulait en finir piter aussi déca- Abou-Zaid .

toutefois. cela ils mort naturelle. l'avait fait étrangler 1) Voyez Maccarî. 24. à une Ils ne en crurent pas. p. .363 cadavre du vin . t. la qu'Abdérame avait c'est qu'il fait empoisonner 1 . des fruits et des confitures. ils et avaient raison. mais se trompaient en Ço- supposant mail. II. vérité.

XVI. le pays il ne le devait qu'à l'appui des Yéménites et dès le commen- cement il avait été à même de se convaincre que cet appui était précaire. et ses ennemis les plus déclarés avaient cessé de vivre. Son pou. leur jalousie élait à le leur eût perleurs mis . d' Abdérame ils n'avait été pour eux qu'un prétexte au fond au- raient beaucoup si il mieux aimé élever un des leurs à réciproque qu'ils le l'émirat. dès que l'ennemi commun . déserts erré . voir n'avait point de racines dans . Abdérame proscrit qui . Le les ballotté pendant cinq ans par tous avait hasards d'une vie en tribu le aventureuse. de tribu enfin dans les de l'Afrique était devenu maître d'un grand pays . qu'il Pourtant avait il ne jouit pas paisiblement de ce la gagné par perfidie et le meurtre. cause . avait alleint le but de ses désirs. - et prévoir tourneraient armes contre prince. de la Brûlant du désir de se venger avaient éprouvée dans la bataille défaite qu'ils de Secunda et de ressaisir si l'hégémonie dont la ils avaient été privés depuis longtemps.

ils sentaient confusément que la . n'avaient pas l'habitude de se concerter et d'agir avec ensemble. mais presque toujours habile.365 aurait élé vaincu. en effet. Abdérame sut appuyé seulement par ses qu'il s'était attachés . Deux 1) Les auteurs arabes diffèrent entre eux sur la tribu a laquelle . quoique clients par quelques chefs et par des soldats berbers qu'il avait fait venir d'Afrique. souvent battus. pour vaincre l'émir était une confédération de toute mais ils noblesse nécessaire. Ils ne manquèrent pas de le fai- re. chaque géant de défaite avec la fable comme ce qu'Hercule terrassa toujours en vain. lui . par qui. armes. qui éclata faut compter celle d'Alâ ibn-Moghîth dans l'année 763. . appartenait Alâ. celle de de Hadhramaut d'autres encore celle Yahçob de Djodhâm. Yéménites. d'autres celle . Les uns nomment . tantôt violente et et atroce. bien calculée adoptée aux circonstances. et pendant un règne de trente-deux ans Abdérame I or vit son autorité les contestée tantôt par les tantôt enfin Yéménites. Heureusement parmi pour les chefs pour il n'y avait point les d'union soit arabes qui prenaient . Grâce à ce manque d'union chez ses ennemis aussi à son activité infatigable tôt perfide et grâce à sa politique tan- et astucieuse. se relevaient après des forces nouvelles . tantôt par les Fihrites Berbers. pour se venger de griefs personnels soit satis- faire à un simple caprice . . se soutenir. Parmi les plus formidables des nombreuses révoltes il tentées par les 1 . .

rame vint . le parti lîhrite. assiégé dans Carmona pendant deux mois . et.566 années auparavant. que ceux-ci. Aussi les Fihrites de cette partie de l'Espagne se joignirent-ils aux Yéménites. que Alà nommé le calife gouverneur de l'Espagne par Alla Mançour. et l'émir n'avait pas encore réussi à réduire celte ville. étaient . il faut vain- cre ou ce feu. s'était soulevé à Tolède. abbâside. dont Hichâm ibn. les meilleurs de la garnila son . la totalité des musul- mans. parce qu'il ne représentait pas telle ou telle fraction . de- si dangereuse tout. se précipitèrent assié- geants avec tant d'impétuosité. fatigués de longueur du siège. qu'il résolut de risquer le tout pour ses le Ayant appris qu'un grand nombre de la ennemis. et Jetons les fourreaux de nos épées dans jurons de mourir en braves. . ayant fait il allumer un grand feu près de leur dit: porte de Séville. ! si nous ne les pouvons remporter la victoire épées ils » Tous lancèrent les fourreaux de leurs tant dans flammes. débarqua dans le provin- ce de Béja et arbora le drapeau noir que avait calife lui donné *. Ozra . sur les sor- de la ville . lors. Aucun étendard mais n'était aussi propre à réunir les différents partis. et . et la position d'Abdé. «Mes amis. périr. fils d'un ancien gouverneur de la Péninsule était alors le chef. après 1) On sait que le noir était la couleur des Abbâsides. rentrés dans leurs foyers sous différents prétextes choisit sept cents il hommes .

r. où Al-Mançour se trouvait alors. Ennuyés les de la longue guerre qu'ils avaient à soutenir. II. de lui l'Espagne. remplir de nettoyer ces ordonna de après avoir billet elle sel et de camphre et attacher à l'oreille de chaque tête le un déclarant nom . Moyen- finance il engagea un marchand de Cordoue à . mais a la Mecque. . le sac fut par un pèlerin de Cordoue non pas a Cairawân . . un rapport nant écrit de la déroute des insurgés. 567 avoir perdu leurs chefs et sept mille des leurs . puis. . t. Quelque» historiens dirent que . . p. l'on dit qu'Al- Mançour. . 14 r. porter ce sac à Cairawân où l'appelaient des la nuit affaires de commerce . fol. Ibn-al-Coutîa . voulant faire passer disputer les fait au il calife fit abbâside l'envie tètes. To- 1) Akhbâr madjmoua Ibn-Adhàrî porte' . la fit qualité de celui à qui sac en avait appartenu le il mettre dans un y joignant drapeau noir le diplôme par lequel Alet Mançour nommait Alâ gouverneur de l'Espagne. en apprenant ces circonstances.. de terreur: s'écria saisi «Je rends grâces et à tel Dieu de J ce » qu'il a mis une mer entre moi un ennemi! La victoire remportée sur le parti abbâside fut bien- tôt suivie de la réduction de Tolède (764).. prirent la fuite irrité dans fit un épouvantable la Le vainqueur trancher tête au cadavre d'Alà et à ceux de ses principaux compagnons. fol. à ce qu'on assure désordre. et à le placer pendant sur le marché de cette ville. 91 et v. 53 — — 55. et les . Le marchand s'acquitta de sa et commission sans être découvert. 92 r. .

p. 92 r. . libations Un qu'il avait fait des trop copieuses et que la le conversation était tombée sur nites qui avaient prit sa lance. ville et La manière cruelle dont Abdérame châtiait ceux qui avaient osé méconnaître son autorité. il y attacha une pièce d'étoffe et jura de 1) Âkhbâr madjmoua . régner par la la terreur . D'après la les et ordres qu'ils avaient reçus. montre suf- fisamment les qu'il voulait . obtinrent l'amnistie après avoir chefs. la barbier rasa tailleur leur flt tète barbe aux prisonniers le . massacre des Yémé* le combattu -sous drapeau d'Alà. mais Arabes à en juger par le révolte de Matarî qui nobles éclata deux années après . II. t. de les Poursuivis par huées malheureux Tolédans furent promenés par ensuite crucifiés *. était Ce soir un chef yéménite de Niébla. . d'étroiles et les mesquines de la tuniques populace la .568 lédans entrèrent en pourparlers avec Badr etTammâm. supplice des de Tolède Matarî ne se laissèrent pas intimider facilement. vannier leur des et un jour les habitants de Cordoue virent dans leur ville des ânes portant et des paniers bizar- d'où sortaient des têles chauves des bustes rement affublés laine. . Ibn-Adhârî. paniers arriver . leurs . et qui commandaient l'armée livré du prince. fol. le coupa des tuniques de laine. un tailleur un vannier. et v. Quand on leur conduisit ces chefs à Cordoue l'émir envoya à et le rencontre un barbier. 55.

il Saisi de frayeur. et quand enfin il fut mort sur le champ de se bataille. Bien qu'Abdérame eût toute raison de se méfier de ce puissant Yéménite qui avait voulu l'assassiner . qu'il soit. . quand son regard tomba sur il sa lance transformée en étendard. fol. Vint le tour d'Abou-Çabbâb. dit-il laissez ce drapeau ! Un quel Il homme que moi n'abandonne pas un projet et il . ravisa. combattre et quand n'eut assez point d'insurgés à qu'il -se crut puissant pour n'avoir rien à craindre d'Abou-Çabbâh il le destitua de son poste. I. ce que cela signifiait. tel Non . fait la avait et complètement oublié ce veille . et que obligé de traiter avec eux de leur faire grâce l . Furieux Abou-Çabbâh ap- 1) Akhbâr madjmoua. afin que mon « étourderie ne s'ébruite pas!» le Mais il avant qu'on eût eu se temps d'exécuter cet ordre. T. il Le lendemain en qu'il avait s'éveillant. s'écria: « Otez tout de suite ce mouchoir de ma lan- ce. aussitôt après la bataille de Moçâra il avait cependant jugé prudent de ne pas se lui brouiller avec et de lui confier le gouvernement il de Séville.» appela ses contribules aux armes. 92 v. mais dans l'année 766. 569 venger la mort de ses contribules.. ses compagnons conti- nuèrent à l'émir fut défendre avec tant d'opiniâtreté. sut se maintenir quelque temps. 2i . demanda d'un lui rappela air étonné On alors ce qu'il avait dit et fait le soir précédent.

par des paroles outrageantes. C'était Un seul ne partagea point et il un parent de l'émir : exprima son opinion dans ces vers . «Ce serait trop dangereux. Tous lui conseillèrent de ne le faire. l'accompagnaient l'émir à la porte Il du le il eut avec dit- un entretien secret. fit Alors il entama des néau gociations insidieuses. leur avis. Abou-Çabbâh rendit et . laissant les quatre cents cavaliers qui palais . prisonnier dans le palais et leur demanda pas s'il fallait tuer. Peut- être y avait-il plus de préméditation dans cet homici- de que les clients omaiyades qui ont écrit l'histoire de leurs patrons n'ont voulu l'avouer. le Abdérame . le leur dit qu'Abou-Çabbâh était . certitude que qu'il Abdérame acquit bien- l'influence de ce chef était plus grande ne l'avait cru. puis ayant venir ses vizirs. Quand Abou-Çabbâh fit eut cessé de vivre. car sont postés » les cavaliers d' Abou-Çabbâh à la porte du palais. effacer soigneusement fait traces il de son sang . à Cordoue . proposer une entrevue et lui fit remettre par Ibn-Khâlid un saufse conduit signé de sa main. et vos troupes sont absentes. dirent-ils. Sévillan . Alors on . poussa à bout. essaya de poignarder de sa propre main le mais la vigoureuse résistance du chef sévillan ler ses força d'appe- gardes et de le faire assommer par eux. Abdérame jeter une couverture sur son les cadavre et .370 pela les tôt la Yéménites aux armes.

Akhbâr madjmoua . circonstance étrange qui fait soupçonner qu' Abdérame. . le qui avait l'émir. cf. je vous donne un bon qui vous Qu'il conseil en vous engageant à tuer cet désir de se venger homme vous. avait corrompu d'avance ces cavaliers.. c'était Ibn-Khâlid. Les vizirs. souleva la couverture étendue sur n'avaient le le cadavre. que je l'ai fait tuer. avec lui . Il remis au se chef sévillan sauf-conduit de la retira dans ses terres et dans suite il l . l'effet violent produirait sur l'esprit de ses compa- gnons s'aperçurent bientôt que cette crainte manquait car de fondement. qui désapprouvé meurtre qu'un d'Abou-Çabbàh que parce qu'ils craignaient acte si . quand un employé du palais eut annoncé à ces cavaliers que leur chef qu'ils pouvaient n'était plus et partir. ne voulant agir qu'à bon escient. dont il avait été l'instrument à son insu. Sachez donc reprit alors Abdérame . Ibn-al-Abbâr 45.. 571 Fils des califes . — 93 v. 92 v. dans s'agit poitrine une .» et sans faire attention à l'étonnement de ses il vizirs. ils se et retirèrent tranquille- ment . vous débarrassé grave Enfoncez-lui . il hait et qui brûle du sur . . bonne lame damasquinée la violence « quand il d'un tel homme même sera encore de la générosité. Un élevés seul client omaiyade eut des sentiments assez cette pour blâmer trahison infâme. ne vous la échappe pas car s'il reste en vie sera pour nous et cause d'un serez la grand malheur. refusa constamment d'accepter un emploi quelconque 1) p. 24* . d'une Finissez-en maladie. fol.

. 572 Peu de temps après le meurtre d'Abou-Çabbâh les . qui vivait dans pelait de l'Espagne et s'apà la Chakyâ. F époque de p. .. crut. Les crédules Berbers acceptèrent cette imposture d'autant plus facilement tuite. . que son cerveau par l'élude du Coran des traditions relatives au Prodes premiers le phète et de l'histoire temps de l'isla- misme. soit que l'ambition il poussât à se poser com- me chef de parti. Fade time . 1) Sontebria (aujourd'hui Castro de était Santover à. mère du maître quand Chakyâ . la que . importante . sur les bords du Guadiela) arabe. un maître d'école. moitié fanatique. la domination De Gayangos notes sur Râzî 47. . ou prélendit croire. drapeaux si de Sontebria de Mérida . moitié l'est imposteur. une ville . qu'il la fille descendait d'Ali et de Fatime. Il appartenait tribu berbère de se fût troublé Miknésa mais. et ou plutôt Abdallah se faisait fils Mohammed fut car c'est ainsi qu'il appeler venu s'établir et le dans . s'étend entre le Guadiana Tage les qui . du Prophète. formaient la et majorité de la population musulmane qui étaient toujours prêts à prendre les armes quand un mara- bout le leur . accoururent en foule sous ses bien qu'il put s'emparer successivement l . ordonnait. par une circonstance ford'école s'appelait aussi . de Coria et de Medellin. qui jusElle fut ex- tranquilles. une grande insurrection éclata parmi que-là s'étaient tenus assez citée par Berbers. soit . le pays qui Berbers .

1) Akhbâr madjmoua . commandés par pa- rents d'Abou-Çabbâh qui étaient gouverneurs de Nié- bla et de Béja. II. . t. et le Abdérame rechercha était à cette obtint l'appui d'un Berber qui époque . de l'émir leur la fournie . attaqua les autres soldats de ce général . . . Nowairî p. s'empara de leur camp. une autre révolte éclata dans l'ouest . que le gouverneur de Tolède avait les envoyées contre lui gagna à sa cause Berbers qui servaient dans l'armée du client omaiyade Obaidallâh. et Chakyâ vit obligé de quitter Sontebria et de se retirer vers nord lui 1 . 57. après six ans de guerre. les Alors se le discorde se mit parmi Berbers . chef le plus puissant dans l'est de l'Espagne et qui regardait d'un œil jaloux la puissance la et les succès du soi-disant Fatimide. et ils ils marchaient maintenant sur parer par un capitale dont espéraient s'emles coup de main. Ibn-Aclhârî . mais pendant qu'Abdérame marchait contre ravageant les en champs et les villages des Ber- bers qui se trouvaient sur son passage. et renforcés travaillés depuis par .573 Il battit les troupes . . sut échapper aux poursuites d'Abdérame en se retirant dans les montagnes. longtemps ce semble par les émis- saires du marabout. les mit en toujours déroute. fol. l'éloignement . la Une avait telle occasion. les Berbers de l'ouest. Enfin. où les Yéménites n'attenle daient qu'une occasion favorable pour venger tre meur- d'Abou-Çabbàh. 56. 441. 93 v. p. et.

les » N'ayant nulle raison pour se méfier d'eux. pour détacher S'élant Berbers de leur alliance avec Yéménites. qui semble aussi avoir porte . donnez-nous donc tous chevaux que vous avez. 374 Abdérame n'eut pas plutôt reçu ces fâcheuses nou- velles. . serait engagé. parmi les- se trouvaient les Beni-al-Khalî les .» et embrasles Leurs conseils prévalurent: de Ber- bers leur promirent le trahir les Yéménites se quand Ils combat. aban- donner une cause contraire à vos intérêts ser la sienne. nites consentirent à leur demande. la «Vous pouvez compter. nom de Wàdî-Cais (rivière des Caisites) comme on trouve chez Ibn-Adhârî. Ils Yémé- eurent lieu de 1) Ibn-al-Coutîa le nomme cette rivière . reconnaissance du si vous voulez . ajoutèrent-ils. il trouva '. fixé au lendemain.. savez très-bien les que vous combattre à pied . perdait son trône. refusant de s'arrêter une seule nuit dans son palais comme on le lui les proposait . sur prince . clients firent sentir aux Berbers que le seul qui pût les défendre contre la haine jalouse des Arabes. qu'il retourna en toute hâte vers Cordoue. les ennemis re- tranchés sur bords du Bembezar Les premiers jours s'étant passés en escarmouches peu importantes Abdérame quels les se servit de ses clients berbers. . Avant la bataille ils dirent aux Yéménites: «Nous tandis ne savons combattre qu'à cheval. glissés dans le camp ennemi à la nuit si tombante. leur expulsion en serait la suite inévitable. et. ces l'émir . tinrent leur promesse.

celte confédération étaient le Kelbite alle gouverneur de Barcelone. en dépit de l'ordre qu'ils avaient reçu d'épargner les fuyards berbers. parce que sa mince et élevée. cherie . les Berbers qui joindre avaient obtenu des chevaux allèrent se . Fihrite Abdéra- ibn-Habîb gendre de Yousof et taille surnommé le Slave. Les membres de Arâbî rae 2 .375 s'en repentir. le combat ayant commencé. . de toutes parts. 52.. 13 r. car. fol. fosse X siècle on montrait en- core Quant à fut la révolte des Berbers du centre . et v. elle ne comprimée qu'après dix ans de guerre été assassiné par lorsque Chakyâ eut et elle deux de ses compagnons. fils Akhbâr madjmoua. Ibn-Adhârî . p. formi- durait encore quand une confédération dable appela en Espagne un conquérant étranger. . 53. 2) Solaimân ibn-Yacdhân al-Aràbî. horrible bou- dans leur aveugle fureur les soldats d'Abdé- rame frappaient sans discernement sur tous ceux qu'ils rencontraient. . et enfin Abou-'l-Aswad . II. les autres Berbers s'enfuirent. 93 v. sa le blonde chevelure et ses yeux bleus rappelaient type de celle race dont plusieurs individus vivaient en Espagne de You- comme 1) esclaves. t. aux cavaliers omaiyades et pendant qu'ils chargeaient vigoureusement les Yéménites. Ibn-al-Coutîa . . 94 r. . Les Yéménites furent enfoncés Alors commença une . Trente mille cada- vres jonchèrent le rés champ de qu'au bataille et furent entere dans une '. fol.

On lui fit les. on n'avait pas voulu croire subir les épreuves les plus difficila mais l'amour de liberté lui prêta la force néil cessaire pour ne point se trahir une minute.576 sof. un matin que l'on conduisait les prisonla . retentir le monde du bruit de ses fût 1) Ibn-al-AbMr . . et arriva sans accident dans celle La haine que ces trois chefs portaient à Abdérame de était si forte. bien que ce conquérant . veillance mais qui de ses était parvenu à tromper sur- geôliers en contrefaisant l'aveugle. à sa Au commencement cécité. qui avait déjà exploits . Alors. Profilant d'un moment où à cheval. et soii rôle joua avec tant de persévérance et avec un si grand le talent d'imposture. la le traversa à la nage. Abou-'l-Aswad se jeta dans rivière. . qu'ils résolurent d'implorer le secours Charleinagne fait . prit personne ne la l'observait. rivière afin qu'ils ce client se posta avec le quelques-uns de ses amis et avec des chevaux. 56. niers par un s'y lavassent chemin souterrain à . monla au galop chemin de Tolède ville l . sur bord opposé du fleuve. voyant que ses geôliers il ne faisaient pas grande attention à lui. plan d'évasion avec un de ses clients . qu'Abdérame avait condamné à une captivité perla pétuelle. qu'à la fin tout le monde crut véritablement aveugle. p. concerta un avait lui qui ob- tenu la permission de venir de temps à autre et ren- dre visite.

à Paderborn pour se faire bapti- Willekind le plus redoutable de leurs chefs. qu'al-Arâbî l'appuyeraient et rain . avait été forcé de quitter le asile pays et de chercher un chez un prince danois. du moins. born . ils se rendirent. coalition formidable. 577 l'ennemi le plus acharné de l'islamisme. Par consé- quent. où qui auraient lieu mouvements le dans le nord. Heureusement l'exécution ne répondit pas aux préparatifs. à Pader- où Charlemagne tenait alors un champ-de-mai proposèrent une alliance contre l'émir de l'Es- et lui pagne. Pyrénées avec des troupes l'Elire et ses alliés le reconnaîtraient pour leur souve- et que le Slave. position.. en arborant de Charlemagne. . Les Saxons sa soumis. plan d'attaque qu'après une çait mure délibération mena- de devenir infiniment plus dangereuse pour Ab- dérame pour lui. dans l'année 777. il le croyait . des d'entre eux venaient même . allié Quant à Abou-'l-Aswad nous ignorons dans quelle partie de l'Espagne Cette il devait agir. après avoir enrôlé des troupes . qu'aucune des précédentes. Charlemagne n'hésita pas 11 à accepter leur prolibres et avait alors les mains pouvait s'étaient et penser à des conquêtes nouvelles. berbères en Afrique les il conduirait dans seconderait les la province de Todmîr (Murcie). . dra- peau du calife abbâside. à milliers domination au christianisme en ce moment ser . qui n'avait arrêté son . les On convint donc que au nord de Charlemagne franchirait nombreuses.

Charlemagne eût il franchi Pyrénées Arâbî plan . 578 Le Slave débarqua." . avait il fut assassiné par un Berber d'Oretum à qui sa il imprudemment accordé c'était confiance. Yémé- nites élait trop enracinée pour que perfidie. le arrêté Paderborn . son rôle . La haine entre les Fihrites et les . à lui était de rester dans le nord pour y seconder l'armée de Char- lemagne ». l'armée de Charlemagne s'approchait des Pyrénées. Il ne lui restait donc qu'al-Arâbî et ses al- 1) C'est ainsi que je : crois devoir » entendre ces paroles de Fauteur écrivit lui. Au moment où avait . fut d'autant plus mécontent de cette réponse qu'il voyait qu'al-Arâbî ne rassemblait pas de troupes pour venir à son aide. l'un des trois chefs arabes sur lesquels il compté . à ce dernier à fit d'après . des deux côtés on ne se soupçonnât pas de trahi par al-Arâbî . à. avec une armée bermais il province de avant que Todmîr . fut battu.» Al-Arâbî lui répondit : »Je ne manquerai pas de vous Le Slave etc. de retour dans la province de Tod- mîr. Se croyant donc contre le Slave tourna ses armes lui. y arriva les al- et . ne soupl'émir Abdé- çonnant pas que un émissaire de rame. avait donc déjà cessé . de YAkhbâr madjmoua faire Le Slave al-Arâbî pour lui de- mander de cause commune avec aider. bère dans trop tôt la il est vrai. aussi . de vivre. quand lui demanda du secours répondre que . et.. Le second Abou-'l-Aswad l'appuya si faiblement qu'au- cune chronique franque ou arabe ne nous apprend ce qu'il fit.

gouverneur d'Huesla ca. Secondé par Défenseur Hosain ibn-Yahyâ. 379 liés du nord. qu'il Voyant ne pouvait persuader ses concitoyens le . il s'était rendu maître de Sarafut arrivée quand l'armée de Charlemagne de celte ville . et chrétien Galindo. Charlemagne marcha vers la vallée de Roncevaux. le Charlemagne avait donc dû commencer siège de Saragosse. mais . devant les portes il ne put vaincre la le répugnance qu'avaient ses coreligionnaires à admettre roi des Francs dans leurs murs. un descendant de ce au califat Sad ihn-Obàda qui avait aspiré après la mort du Prophète gosse. et s'étaient emparés de Deutz vis-à-vis de Co- Forcé de quitter en toute hâte les bords de l'Ebre pour retourner à ceux du Rhin. al-Aràbî qui ne voulait pas que Charlemagne l'avoir soupçonnât de trompé . profi- tant de l'absence de l'armée franque et mettant tout à feu et à sang. ils avaient déjà . le Parmi fond les rochers et dans les forêts qui dominent septentrional do . comte de Cerdagne. à sa voix les Saxons avaient repris les armes . pénétré jusqu'au Rhin logne.. le Défenseur Hosain ibn-Yahyâ surtout n'aurait pu y consentir qu'en reniant des souvenirs de famille qui lui étaient sacrés. lorsqu'il reçut une nouvelle qui bouleversa tous ses projets: Witlekind était retourné en Saxe. alla se remettre spontanément entre ses mains. Ce- pendant al-Aràbî n'avait pas été le inactif. le tels qu'Abou-Thaur.

de l'avan- tage de leur position la vallée . vétérée contre les Francs et avides de butin s'étaient embusqués. 349. aux Basques chrétiens peut- un chef saxon inconnu. heureux ausà la Tout le monde avait contribué faire échouer. et delà légèreté de leurs armes . 9-1 v. Germ. commencée sous pices. . Rotland ils pil- commandant de lèrent les la frontière . . mais se hâta du moins de profiler des avantages qu'il devait à ses sujets rebelles et à de Saragosse. poussés par une haine in. et. 16 81 156 9. encombrée de bagages. fut arrivée. 95 v. 580 cette vallée. . sur tous ces événements. puis bagages et . hommes jusqu'au dernier et entre autres . I. et dont le nom même lui était être marcha contre Saragosse. ils la culbutèrent au fond de tuèrent après un combat opiniâtre tous les . . les annales franques. dans Monum. . 96 v. les Basques . contre à la seule exception de l'émir de Cordoue il lequel elle avait été dirigée. L'armée franque défilait sur une ligne étroite et longue. divers lieux avec une extrême célérité Telle fut l'issue désastreuse de cette les plus expédition de Charlemagne. comme l'y obligeait la conformation passer du terrain resserré. protégés par les ombres de ils la nuit qui déjà s'épaississaient. de Bretagne . . p. t. avec YAkhbâr madjmoua fol. afin de Comparez. 296.. 1) Pertz. Les Basques laissèrent l'avant-garde. . — — . s'éparpillèrent en *. mais lorsque l'arrière-garde. profitant ils se précipitèrent sur elle.

derechef. Avant fût arrivé au terme de sa marche. le Le Défenseur Hosain traître à sa religion . le fit assommer à coups de les barre. cette bataille . qui. Ibn-al-Khatîb poème cTAbou-l-Maklichî sur man. re- qui avait . accompagné qui Charlemagne était pendant sa traite mais depuis revenu à Saragosse. leva de nouveau l'étendard assiégés la révolte le mais alors ses concitoyens.. qui considérait comme un dans . Cerdagne. se Assiégé maintePlus . l'émir attaqua la Bas- ques . Les ca- davres de quatre mille de ses compagnons «servirent de pâture aux loups et aux vautours. rendit tributaire le comte de . après lui avoir les couper mains et les pieds . 381 forcer celte qu'il ville à rentrer dans l'obéissance. l'avait fait poignarder la mosquée. On raconte . fait li- vrèrent à Abdérame. P. par Abdérame il Hosain soumit à de lui. Ses succès commandaient l'admiration à ennemis calife mêmes. révolte trahi par Abou-'l-Aswad enfin . ' » Abdérame guerres qu'il était donc eu sorti à vainqueur de toutes ses ses le les avait soutenir contre sujets. apud . 214 r. nant tard . etv. avait déjà cessé de vivre. tenta encore il une fut mais dans le la bataille du Guadalimar aile général qui commandait son droite.. Maître de Saragosse et . par exemple . fol. al-Arâbî. que ab: bàside Al-Mançour demanda un jour à ses courtisans «Quel est à votre avis celui qui mérite d'être appelé 1) Voyez le . .

. t. dompté mainte révolte . p. tuer les reles at. II. — Non . discordes civiles. après avoir parcouru seul et de l'Afrique. ce n'est pas moi » reprit le calife. aucun chef arabe ou berber n'osait plus braver en face 1) Akhbâr madjmoua . commandeur des croyants. et quant à Abdalmélic puissant. 98 r. . 582 le sacre des Coraich litre. vous qui avez vaincu des princes puissants. avaient il aplani chemin . . Mais il avait payé cher ses succès impitoyable. Abdéra- me les exprimait dans ses vers avec une fierté légi. les de Moàwia. vindicatif. cruel. de qui. tisans nommèrent alors dit Moàwia le I er et «Ni l'un ni l'autre. n'avait fait avant lui. a su humilier ses orgueilleux adversaires . en sûreté contre taques fonder un grand empire qui et réunir sous sceptre un pays semblait déjà morcelé entre différents chefs. 61 — 2. déserts l'Asie a eu l'audace de lui s'aventurer et sans armée dans un pays à inconnu situé de l'autre côté de la mer. N'ayant pour tout il soutien que son savoir-faire et sa persévérance. fils était - appuyé par . quant à Moâwia le Omar et Olhmân Le lui . time.. Ibn-Adhârî . belles mettre ses frontières des chrétiens son . et le ce tyran si perfide. Les courAbdalmélic. . les ? » Croyant que le calife ambi- tionnait ce siter: courtisans répondirent sans hé- «C'est vous. l Voilà ce que personne » Ces mêmes idées . calife. un parti sacre lui des Coraich c'est Abdérame. et v. fol. et mis un terme aux .

68o tous bien le maudissaient voulait en secret. les instances de l'émir. cf. . il ne serait qu'un instrument de . Solaiman et Hichâm pour . p. ne plus entrer à Ayant consulté ses vizirs sur le choix d'un cadi de Gordoue ses deux fils. de ses . un pieux et vertueux" vieillard. pensée. clients tels l'abandonnè- Quelques-uns d'entre eux le qu'lbn-Khâlid refusèrent de suivre sur la voie de trahisons et de 1) Ibn-al-Coutîa . ce qui chez lui annonçait l'approche d'un terrible orage. 204—5. Mais Moçab. refusa de l'accepter malgré ce refus. et maîde trisant son courroux il ou du moins de lui le déguisant son et mieux. tendaient à entendre et les courtisans s'at- un arrêt de mort lui fit sortir de sa bouche. Khochanî . 18 r. fol. furent d'accord lui (ce qui leur arrivait rarement) recommander Moçah fit .. persuadé que sous un prince qui mettait son pouvoir au-dessus des tyrannie réitérées . «Mais Dieu dit abandonner sa coupable arabe. vieillard lui imposait un respect involontaire . lois . . Aucun homme de son service. Irrité de Abdérame..» un chroniqueur Ce vénérable . tortillait déjà sa moustache . qui ne pouvait souffrir la moindre contradiction. offrit Abdérame le venir et lui la dignité de cadi. se contenta dire: «Sors d'ici ! que Dieu maudisse ceux qui t'ont recommandé le « » Peu à peu lequel il il vit même lui échapper soutien sur les aurait : dû pouvoir compter dans toutes plusieurs circonstances rent.

condamner à mort. t. malgré les d'Obaidallàh.» dit-il. et finit il par le reléguer une ville frontière mais convient de dire que Badr s'était écarté du respect qu'il devait à son 1) Akhbâr madjmoua t. punition Obaidallàh une la qui lui sera et 2 . Abdérame confisqua sa lui dé- fendit de quitter tlans demeure . . 2) Maccarî. plus douloureuse que lors Il il mort même. Maccarî . II. il peu scrupuleux à la il qu'il fût de reste. De son côté. qu'il croyait cherchait à se défection le débarrasser de lui avait favorisé la de son neveu Wadjîh fa qui avait embrassé parti . quand eut Wadjîh en son pouvoir il le traita avec la derla nière rigueur: prières lui 1 fit trancher tête. Obai- dallàh fut accusé. Obaidallàh se était de nombre. II . en disgrâce. devait «J'in- sur un simple 11 soupçon fut le vieillard qui son trône. 30. . hésitait à . 95 r. du prétendant il timide. . fligerai à donc clément à sa manière. re à l'émir qui à . d'avoir trempé dans un complot ourdi par deux parents de l'émir . p. fol. Abdérame . 30. p. D'autres leur excitèrent ses soupçons. voulant ce il rendre nécessai. disait . On que.584 cruautés dans laquelle il s'était et engagé. depuis le traita avec une cruelle indifférence fidèle n'y eut pas jusqu'au Badr qui ne tombât ses biens . Quelque temps après. mais Abdérame de sa n'avait pas en et mains si des preuves suffisantes complicité. à tort ou à raison.

. Maccarî. . fut tramé par . un asile à mes proches je l'avoue . . 32. nobles. t. p.. furent trahis arrêtés décapilés Quelques années plus lard. du sang et et par trois 3 . II. et *. 25 . 27 et suiv. de leur faire bien. t. un autre complot . II. 31 . . ils . 3) Akhbâr madjmoua I. Moghîra avait neveu d'Abdérame la et par Hodhail qui encore à venger mort de son père Çomail Ils étranglé dans la sa prison. fol.. 385 maîlre . ses et les avait comblés de richesdire: d'honneurs. despotisme tracassier du chef de se mi- rent à comploter. die Ils Une première conspiration fut our- par deux princes . II . T. c'est et d'être à même du . il vit encore sa qu'il propre famille conspirer le Dès fut devenu maîlre de l'Espagne avait fait venir à sa cour les Omaiyades dispersés il en Asie et en Afrique.» Mais ces Omaiya- des le poussés par l'ambition ou ne pouvant supporter la famille . 93 v. l'avait ennuyé de ses plaintes injustes et insolentes Brouillé avec ses clients les plus considérés. Mon et orgueil . 2) Maccarî t. qu'à Dieu seul . se trouve je flatté quand parvenu 2 admirent la grandeur à laquelle suis suis dont je ne redevable . p. p. Quand eurent cessé 1) Voyez Maccarî. Abdécontre rame lui. et souvent on l'entendait «Le plus grand le bienfait que j'aie reçu de Dieu après d'offrir pouvoir . 32. furent trahis aussi et ils punis de même manière.

c'a été pour préserver la mienne. lorsque je tentais de m'assurer un trône au péril de mes jours . et si je leur ai ôté la vie . dans mon je les ai priés de et je leur ai ils partager mon ce opulence. ! cœur entre nous Quel rap- port peut-il exister le désormais entre moi jeune père de cet infortuné tranquille mon frère. omaiyade entra chez Abdérame. homme? Comment et pourrais-je être dans son fils ? voisinage . pourraient-ils rencontrer siens?» sant à son client : « Va poursuivit-il va trouver . Devinant ce qui l'âme de son maître froissé fa- pour mille le seconde dans son orgueil de chef de les et blessé dans ses affections avec plus intimes rien dire. mem- de ma et de leur côté ils craignent tous que je n'attente à leurs jours! plus d'épanchement de Plus de confiance. Pourtant. s'adres. projet fait . Ayant réussi venir ici . et le trouva seul morne abattu . je songeais autant à eux qu'à moi-même. l'œil fixé à terre et comme se la perdu dans de passait dans fois tristes réflexions. un client .. client approcha précaution ! sans «Quels parents que les miens s'écria enfin Abdérame. Et maintenant veulent m'arracher ! que Dieu m'a donné ! Seigneur tout-puissant tu les as punis de leur ingratitude en me faisant connaître leurs in- fâmes complots . en condamnant son liens à la mort ai tranché qui nous unissaient les . . 386 de vivre Il . moi qui les . quel triste sort les que bres le mien ! Mes soupçons pèsent sur tous famille . Comment mes yeux Puis.

mort qu'il méritait. 33. entendu prononcer. 1 ! n'aurait moment d'hésitation les » Exécré chefs arabes et berbers . lui somme que qu'il l'émir lui offrait et rapporta dit paroles l'avait entendu dire. 25 . . le rassura lui . brouillé 1) Maccarî . frère ! Mais j'obéirai à son ordre se soumettre avec résignation à ce que Dieu a résolu. excuse-moi les auprès de cinq mille mieux que tu pourras. et roles qu'il répéta les pa« l'avait . c'est un devoir!» De retour auprès de son maître. «Hélas! le alors Walîd avec un profond soupir retombe sur moi la ! crime comfils mis par un autre Ce rebelle qui est allé au devant de traîne dans sa perte . m'enle moi qui ne recherchais que petit coin repos et qui la tente de me mon serais contenté d'un dans . p. par de time. t. donne-lui d'or pièces que voici et dis-lui ! d'aller dans telle partie de l'Afrique qu'il voudra . Mon frère dit la vérité s'écria alors le qu'il prince en souriant avec pas de amertume. II.387 mon lui le frère à l'instant même . » Le client obéit en silence et trouva l'infortuné Il Walid remit les à la demi mort de frayeur. 82. mais n'espère me tromper pouvait étanil telles paroles et de me cacher sa pensée ins'il Je le connais. . faisait lui le client lui annonça que Walîd déjà ses pré- paratifs pour quitter l'Espagne. et je sais que cher dans pas un mon par sang sa soif de vengeance.

il a employé tous siècle ont moyens auxquels pour triste les rois du quinzième de la eu recours c'était triompher état féodalité. t. maintenant. son armée permanente à 40. les Rompre les obliger Arabes et les Berbers à l'obéissance et d'ordre et à contracter des habitudes de paix. Dans les années de son règne.388 avec ses clients . mais tout à indif- aux intérêts du pays. 25. Maccarî . lorsqu'il jouissait encore d'une certaine popularité . trahi par ses proches . et des Berbers de l'Ouest il dans l'augmentation des troupes mercenaires ses sujets le seul Il fit moyen de maintenir dans l'obéissance. était toujours la entouré d'une rection vit garde des nombreuse Yéménites Depuis grande insur. un triste 1) 2) Maccari. telle a été la préoccupation constante d'Abdéra- me. et porta ainsi 2 . était inaccessible. .000 hommes aveugléfait ment dévoués férents à sa personne . venir d'Afrique une foule de Berbers . du moins à Cordoue les . il aimait à se parcourir presque seul rues de la capitale et à mêler au peuple. et quanti le faisait. ibid. acheta donc aux nobles leurs esclaves qu'il enrôla. Abdérame premières se trouva de plus en plus isolé. p. il ne sortait presque plus de son il palais. Mais un que celui auquel l'Espagne se trouvait réduite par la fatalité des situations. J . les Pour réaliser cette pensée . défiant il et ombrageux. II.

c'eût été une in- forme de stincts et gouvernement en harmonie avec leurs leurs souvenirs . Les différentes unies . . tribus auraient pu former autant de républiques. c'était despotisme du est vrai qu'un monarque ne pouvait gouet les verner si les Arabes Berbers d'une autre façon.389 rôle que celui que : les successeurs d'Abdérame auraient été le à remplir la route qui leur avait la tracée par le fondateur sabre. le la violence et la tyrannie étaient d'un côté. Il de dynastie . si cela se pouvait . FIN DU TOME PREMIER. mais ni les Arabes ni les Berbers n'étaient faits pour la monarchie. les chré- tiens du nord. contre l'ennemi lien commun . par un fédéralif. dés- ordre et l'anarchie étaient de l'autre.

mais par leur rancune contre l'a Obai- dallâh comme très-bien observé M. ses. croire. faire . de Ziyâd et Amr fils de Saîd surnommé Achdac refusèrent de commander l'armée Je crois que c'est qui auraient été destinée à réduire les deux villes saintes. . Weil qu'il I. l'un fils de la fa. p. Obaidallâh. dans la note). . ne dit rien de ce refus . manqué de faire s'il en avait eu conpas une fable naissance mais supposé même les que ce ne soit alors le refus des deux généraux n'a pas été motivé par des scrupules religieux. 330. ce que pour- n'aurait pas . prétendent que deux généraux. p. était mécontent parce ne croyait pas ses .. une fable. car . mille d'Omaiya . le comme dévots chroniqueurs voudraient le calife. (t. ancien des chroniqueurs ïâkihî . 97. tout comme de cette classe tant il les cent pièces d'or le plus données à chaque soldat. NOTES Note A . . Quelques-uns voulu plier de ces chroniqueurs théologiens qui ont l'histoire musulmane à leurs vues étroites et fauset l'autre .

. dans un poème d'avoir il traduit un . qui plus tard de. D'après Ibn-Badroun n'aurait p. absolument rien ni d'un armistice qui aurait été conclu d'une perfidie. par aurait une Sur le conseil d'Obaidallâh ibn-Ziyâd il attaqué Caisites à l'improviste pendant une trêve que Dhahhâc avait accordée. Aclidac avait également le des griefs contre Yézîd qui lui avait ôté gouvernement : du Hidjâz. qui . et les poètes caisites de cette époque . 221. à une époque assez récente. chez Ibn-Khaldoun pays . Isidore ne p. les lui gagné la bataille Eâhit que . [mes successeurs // n'ont pas su le maintenant sang va couler. c'est-à-dire: *puisla qu'on a cru devoir suivre une politique opposée à je ne mienne. n'auraient pas déloyale manqué de .. fils Je que . fragment et j'ignore 274). par les Caisites ou par les ennemis des Omai. ce Kelbite et qu'il était le du poète Djauwâs dont car le Kelbite Abou-'l-Khattâr. vint gouverneur j'ai de l'Espagne . l'auteur tels qu'Ibn-al-Athîr Ma- du Raiïiân le etc. (p. et parce que Yézîd. 391 services assez récompensés. reprocher à leurs ennemis leur conduite ne disent . 134. contenir ce faire] et Aussi répond-il. de Mënvân perfidie. ni Note C. 185) et d'autres auteurs. yades. vengé la mort d'Ibn-Djauwâs quel personnage aurait pu . qui celui lui avait promis n'avait le gouvernement de Khorâsân outre cette de l'Irâc pas tenu promesse. si fait était vrai .// Note B. se glorifie (p. donne pas à cette victime de la haine de Hai- tham crois d'autre nom Sad que celui était de Zat (c'est-à-dire Sad). veux me mêler de rien. Ce récit me paraît inventé. soudî. . // J'ai su moi le . car les meilleurs écrivains.

si ce n'est le Sad d'Isidore. Ce qui me fils) porte à croire que l'Ibn-Djauwâs dans le fils poème d'Aboule '1-Khattâr est bien réellement le (ou peut-être petit- du poète . dans son Commenporté. nom qui de Djauwâs est si taire rare que Tibrîzî en nommant . c'est la circonstance que ce .592 désigner par ce nom . . FIN DES NOTES DU TOME PREMIER. sur le Hamâsa le (p. quatre parmi lesquels n'y a qu'un seul Kelbite Djauwâs poète. 638) tous ceux il l'ont n'en nomme que . . .