Concurrences 3-2010 – Editorial – Epreuves modifiables avant le 12 juillet 2010

Abstract
xxx Abstract in English to be provided by the author

peut représenter pour l’avenir de cette même politique. Nous entrons dans une période où la régulation des marchés (en général, et pas seulement celle des marchés financiers) deviendra un des maîtres mots de la gestion de la chose publique. L’expérience récente dans les marchés qui ont été ouverts à la concurrence (télécoms et énergie, surtout) n’a pas été particulièrement bien réussie (surtout dans les marchés de l’énergie, mais également dans les télécoms). Les conflits entre une vision sectorielle des marchés et l’approche dite “horizontale” ont souvent créé plus de problèmes que de solutions et l’on peut se demander dans quelle mesure l’excès de “régulation concurrentielle” n’a pas été, dans certains cas, à l’origine du manque de concurrence qui existe toujours… Nous entrons également dans une période où la “dimension sociale” des politiques publiques sera à l’ordre du jour d’une façon sans précédent au cours des dernières décennies. Outre les aides d’État “traditionnelles”, le niveau actuel des taux de chômage (qui ne cessera pas d’augmenter dans les mois à venir) et le nombre d’entreprises qui sont au bord de la faillite vont conduire les pouvoirs publics à adopter un ensemble de mesures qui seront à l’origine d’importantes distorsions de la concurrence. C’est souvent un mariage difficile qui lie les préoccupations sociales et les préoccupations d’ordre concurrentiel, nous le savons bien. L’exemple récent du dossier des services d’intérêt économique général en est la preuve. La dichotomie “politique industrielle” versus “politique de la concurrence” est un vieux sujet de débat. Souvent, l’Europe s’est laissé piéger par le conflit apparent entre compétitivité et innovation d’un côté, et concurrence de l’autre. Il est vrai, certes, qu’au niveau du discours, un certain nombre de progrès ont été réalisés dans les années plus récentes. Mais la coexistence reste difficile et l’articulation entre la stratégie industrielle et les règles du marché intérieur laisse beaucoup à désirer, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, en Chine, en Inde ou au Brésil. Le moment est venu de réinventer la politique européenne de la concurrence (et, bien entendu, celle de ses États membres) pour la rendre plus efficace, sans mettre en cause ses fondements ni renier ses principes, mais surtout pour être en mesure de répondre aux énormes défis qui se posent à nous. Il nous faut moins d’autonomie de la politique de la concurrence, mais beaucoup plus de concurrence dans les autres politiques…

xxx Abstract en Français à fournir par l'auteur

Réinventer la politique européenne de la concurrence
La politique européenne de la concurrence telle que nous la connaissons n’a pas beaucoup changé au cours des six décennies précédentes. Certes, il est vrai que nous avons assisté à un certain nombre de développements significatifs, dont l’introduction de mécanismes de contrôle structurel des marchés à travers l’adoption d’un régime de notification préalable des opérations de concentration. Il est également vrai que des modifications importantes sont intervenues au niveau des critères applicables à l’analyse des différents types de restrictions, de la façon dont sont appréhendées les aides d’État, de l’intervention croissante des critères concurrentiels dans la régulation des marchés ou, encore, en ce qui concerne les aspects procéduraux. Mais pour ce qui est du fond, rien de véritablement essentiel n’a changé. Nous vivons actuellement une période assez délicate de l’histoire de la construction européenne. Notre modèle d’organisation économique, politique et sociale a été fortement interpellé par la crise qui s’est initiée xxx dans la deuxième moitié xxx de 2008 et dont la fin n’est malheureusement pas proche. Les années à venir seront des années difficiles, pleines de tensions sociales dans un environnement financier très restrictif, pendant lesquelles nous irons très probablement assister à l’érosion du tissu économique, à un regain du protectionnisme et à l’accroissement de l’intervention des pouvoirs publics. Dans ce nouveau contexte, la politique européenne de la concurrence se doit de trouver de nouveaux instruments. Il ne s’agit pas, bien entendu, de revenir sur des principes bien établis, dont notamment la règle de la prohibition des ententes et des abus de position dominante, ou de modifier de façon significative les mécanismes de contrôle des opérations de concentration ou des aides d’État. Mais l’on ne saurait ignorer la dimension des défis qui se posent à l’Union et à ses États membres et le risque qu’une approche dite “traditionnelle” de la politique de la concurrence

Luís PAIS ANTUNES
lpa@plmj.pt xxx Avocat, PLMJ & Associados xxx

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