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Tous droits réservés - Les Echos 20/2/2013 P.

Industrie & Services

Le prêt-à-porter français sauvé par les exportations
l Les marques de mode ont vu leurs exportations progresser de 3,4 % en 2012. l Les Etats-Unis et la grande Chine sont devenus les principaux clients.
HABILLEMENT
Dominique Chapuis dchapuis@lesechos.fr Le succès de la « French Touch » à l’étranger a soutenu l’activité des entreprises de prêt-à-porter l’an dernier. Alors qu’en France, les dépenses d’habillement féminin ont reculé pour la cinquième année consécutive (– 2,8 %), la dynamique des exportations a sauvé l’année. Les marques tricolores affichent un taux moyen à l’export de 47 %. « Depuis 2010, les ventes hors de nos frontières n’ont cessé de progresser, explique François-Marie Grau, secrétaire général de la Fédération duprêt-à-porterféminin.En2012,la hausse a atteint 3,4 % comparé à 2011. » Ce qui a permis aux entreprises du secteur de conserver un chiffre d’affaires cumulé de quelque 5 milliards d’euros, avec des fortunes diverses selon les griffes. « Si on prend en compte la Chine et Hong Kong, leur poids dans la part totale des exportations du prêt-àporter féminin en fait le premier client des entreprises françaises devant les Etats-Unis. Le potentiel est considérable », note François-Marie Grau. Pour pousser cet avantage, la fédération sera présente du 26 au 29marsenChineavecunecinquantaine de marques au Salon Chic Pékin, avec parmi elles Bérénice, Zapa, les Ateliers de la Maille ou Didier Parakian. Une démarche relancée depuis trois ans. « L’an dernier, les entreprises présentes ont décroché pour un million d’euros de commandes, et signé pour l’ouverture de 22 points de vente », indique Jean-Pierre Mocho, le président de la mode française. Les importations, elles, sont en recul de 3,3 %, après deux ans de hausse. La Chine qui reste, de loin, le premier fournisseur d’habillement féminin, devant l’Italie, a vu son poids légèrement diminuer (– 0,4 point). En revanche, le Bangladesh et la Roumanie progressent. « Ce sont les pays où les coûts de production sont les plus bas, reprend le secrétaire général. Leurs clients français au regard de la baisse du pouvoir d’achat ont réorienté les approvisionnements vers ces pays. » Pour 2013, alors qu’aucune reprise du marché n’est en vue en France, pas plus dans la zone euro, le grand export reste une priorité pour le secteur. Les marques devraient « aller encore plus loin vers de nouveaux marchés, comme l’Indonésie, le Mexique, le Vietnam ou la Corée du Sud », note la Fédération. Tout en préservant la créativité dans leurs collections. n

En France, les dépenses d’habillement féminin ont reculé pour la cinquième année consécutive. Philipp Engelhorn/LAIF-RÉA

L’Europe rétrograde
Pour la première fois, l’Europe n’est plus le principal client de la mode française (49,3 %). Les difficultés économiques de la zone expliquent largement ce recul. L’Italie a ainsi rétrogradé du premier au second rang des acheteurs, avec une baisse de 13 % des commandes. C’est le grandexport qui estdevenu« lepremier levier de croissance » du secteur avec pour premier marché les Etats-Unis, où les exportations du prêt-à-porter féminin ont bondi de 28 % l’an dernier, suivi du Japon (+ 17,6 %) et de Hong Kong (+ 39,6 %). Mais l’Asie a renforcé sa place parmi les acheteurs de mode.