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4 reportage en images
Uneplainedejeux conçue pour les enfants moins valides
L’accessibilité au quotidien Novembre 2007 - numéro 2
Belgique-Belgïe
P.P. – P.B.
6099 CHARLEROI X
BC 1477
7 dossier
Dispositifs de changementdeniveau
15 loisirs
Lesjeux
G. Lederer
«L’accessibilité,sourced’autonomie»,
tel est le leitmotiv de l’asbl Gamah
Qui sont les « PMR » ?
Les PMR (personnes à mobilité
réduite) sont des personnes gênées
dans leurs mouvements en raison
de leur taille, de leur état, de leur
âge, d’une maladie aux effets inva-
lidants, d’un accident, d’un han-
dicap permanent ou temporaire.
De simples citoyens, en somme …
Afn de rencontrer ces objectifs, Gamah propose cette revue gratuite à laquelle
vous pouvez vous abonner sur simple demande au 081 24 19 37 ou par mail
à l’adresse contact@gamah.be. Vous pouvez également vous inscrire à une
newsletter mensuelle.
Gamah, une équipe à votre écoute.
Téléphone : 081 24 19 37
Fax : 081 24 19 50
Mail : contact@gamah.be
Site : www.gamah.be et www.ipp-online.org
Créé en 1980, Gamah a pour objectif de développer toutes les actions visant à améliorer l’accessibilité des espaces
publics, des transports et des bâtiments de manière à permettre aux personnes à mobilité réduite d’acquérir le
maximum d’autonomie.
Après plus de 25 ans d’expérience et de collaboration avec les pouvoirs publics, les architectes, les constructeurs mais
aussi les personnes handicapées, Gamah est reconnu pour être un spécialiste des questions d’accessibilité en Wallonie
et à Bruxelles.
Le travail s’articule autour de quatre grands axes :
> l’interpellation des constructeurs et décideurs politiques sur les besoins des personnes à mobilité réduite,
> la formation des intervenants concernés tant par la mobilité piétonne que par l’accès aux bâtiments,
> la proposition de conseils aux architectes et maîtres d’œuvre,
> l’évaluation des espaces publics intérieurs ou extérieurs, à partir de plans ou sur le terrain. Pour cela, Gamah utilise,
entre autres, un outil unique d’évaluation, l’Indice Passe-Partout
®
.
w w w . i p p - o n l i n e . o r g
Avec le soutien fnancier du Ministre de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances
et du Ministre du Logement, des Transports et du Développement territorial de la Région wallonne
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Sommaire
« L’accessibilité, source d’autonomie » 2
Edito 3
Reportage en images :
Une plaine de jeux spécialement conçue
pour accueillir les enfants moins valides…
c’est possible ! 4
Dossier :
Les dispositifs de changement de niveau 7
Vos loisirs :
Les jeux de société 15
Entretien :
Lydia Gonzalez et Claudine Prévot,
responsables de ludothèques spécialisées 19
Vos témoignages 22
Brèves 24
La transition entre le Vilain Petit Canard et l’Aires Libres s’est, semble-t-il, passée
en douceur. Vos témoignages de félicitations et d’encouragements furent légion
et nous vous en remercions vivement. Nous enregistrons déjà pour ce deuxième
numéro de nombreux nouveaux abonnés et nous espérons vous compter parmi
ceux-ci dès à présent.
Étant régulièrement confrontés à des demandes d’informations sur le meilleur
système à mettre en place lorsqu’il est question de changer de niveau, que ce soit
quelques marches ou un étage complet, nous avons souhaité, dans ce numéro,
approfondir ce domaine. Espérons que nous l’aurons rendu accessible à tous.
D’autre part, préparant les longues soirées d’hiver, nos spécialistes se sont pen-
chés sur les jeux et les solutions à mettre en œuvre pour que tous puissent y
jouer.
Enfn, souvenez-vous qu’Aires Libres est votre revue et qu’elle doit reféter vos pré-
occupations. Si vous avez des suggestions de dossiers, des commentaires ou des
témoignages à apporter, n’hésitez pas à le faire à l’adresse contact@gamah.be. Le
sous-titre de cette revue étant l’accessibilité au quotidien, c’est de votre acces-
sibilité et de votre quotidien que nous voulons parler !
Vincent Snoeck
Directeur
C. Marchal
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Uneplainedejeux
spécialement conçue pour accueillir
les enfants moins valides… c’est possible !
En 2000, la commune de Woluwé-Saint-Lambert décide
de créer une plaine de jeux adaptée pour enfants moins
valides. En effet, six centres spécialisés de la commune
réclamaient un tel espace.
Pour être sûr que la plaine convienne à tous, plusieurs per-
sonnes ont été impliquées à chaque étape du projet : un
responsable communal, les éducateurs des centres, des
enfants handicapés et le fournisseur des modules. Divers
éléments permettent à chacun d’y trouver son compte :
bordures et canisses pour guider les enfants défcients
visuels, mobilier adapté, modules sonores…
Pour éviter le vandalisme, la plaine de jeux est fermée à
clé. En semaine, seuls les centres spécialisés y ont accès.
Par contre, le week-end, tout le monde peut venir jouer
(une permanence est assurée les deux jours).
Après 7 années d’utilisation, la plaine doit maintenant être
rafraîchie. Chose qui devrait être faite pour le prochain
printemps.
Adresse : Avenue Dumont, 40 à 1210 Bruxelles
Renseignements : Mr Mingers – 02 761 29 41
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1. Une table permet aux enfants de jouer
avec le sable ou de l’eau debout ou en
restant dans leur fauteuil roulant.
1
2

2. Les enfants en chaise roulante
peuvent eux aussi s’amuser sur un
tourniquet : de plain-pied, la place
entre les barres est suffsamment large.
Plaisir garanti !
3. Quoi de plus amusant qu’une
fontaine ? Celle-ci est actionnée grâce à
un astucieux système : en marchant (ou
roulant) sur la plaque métallique, un flet
d’eau sort du bec du coq !
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4. Sur ce ponton, les enfants circulent tout en passant sur des obstacles variés. A
une des extrémités, un toboggan accueille les plus téméraires. Sa largeur, plutôt
étroite, maintient en bonne position les enfants.
6. Grâce à l’ajout d’une
rampe, la balancelle en
forme d’éléphant peut
être utilisée par tous,
chaisard ou non. Et hop
en haut… et hop en bas !
5. Les enfants
polyhandicapés
apprécient beaucoup ce
nid… Lovés au centre, ils
sont doucement bercés
par le vent.
4

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Dispositifs de
changementdeniveau
Où que nos pas nous mènent, nous
sommes constamment confrontés
à des escaliers, des marches, des
pentes... En effet, la plupart des
habitations sont construites sur
différents niveaux. Les bâtiments
ouverts au public sont eux aussi
rarement de plain-pied. Et que penser
des chemins piétons, trottoirs, etc. ?!
Dès lors, puisque les barrières
ne sont pas supprimées dès
la conception, il faut les faire
disparaître au mieux en installant
un dispositif approprié. Dans ce
domaine, une foison de solutions
existe : ascenseurs, rampes,
plates-formes, monte-escaliers et
autres escalators. Que privilégier ?
Pourquoi ? Malgré une offre
importante, il n’est pas toujours
simple d’effectuer le meilleur choix.
C’est en comprenant les besoins
des utilisateurs et en connaissant
les diverses possibilités que les
aménagements seront les mieux
conçus.

Escalator d’accès
aux quais
à la gare
des Guillemins (Liège). R. Gauvry
>> >>
Quedemandelepublicà
mobilitéréduite?
Afn de choisir le meilleur dispositif
de changement de niveau, il convient
tout d’abord de comprendre les
besoins spécifques des personnes
concernées. Voici succinctement, les
demandes couramment énoncées.
Un repérage pour tous
> Les personnes malvoyantes ou
aveugles ont besoin de repérer
facilement les différents élé-
ments du dispositif. Ainsi, les
marches d’un escalier doivent être
contrastées (bande de couleur sur
le nez de marche), des dalles podo-
tactiles doivent être placées aux
extrémités des escaliers, les bou-
tons de l’ascenseur doivent être
traduits en braille et en relief, une
synthèse vocale dans l’ascenseur
doit signaler l’étage, etc.
> Les personnes malentendantes ou
sourdes apprécieront les repères
visuels (affchage de l’étage dans
un ascenseur par exemple), ainsi
qu’une signalétique claire et
simple. Le dispositif d’alarme doit
aussi être équipé d’un système
visuel permettant à la personne
sourde ou malentendante de repérer
que son appel a bien été reçu.
Un dispositif praticable aisément
Les personnes marchant diffcilement
et les chaisards progressent confor-
tablement sur un revêtement le plus
plat possible, sans trou et non glis-
sant. Lorsque le cheminement est trop
pentu, des zones de repos (paliers)
sont les bienvenues.
Unepléthorededispositifs
Bien entendu, chacun présente des
avantages et des inconvénients. Il est
dès lors primordial de bien analyser la
Un premier texte national a été publié en
1975. L’accessibilité des bâtiments ouverts
au public y est globalement défnie. Cette loi
est toujours d’application en Flandre. En Wal-
lonie et à Bruxelles, des textes plus précis en
matière d’accessibilité ont été rédigés et sont
d’application: le Code Wallon de l’Aménage-
ment du Territoire, de l’Urbanisme et du Patri-
moine (CWATUP) et le Règlement Régional
d’Urbanisme (RRU).
Des informations plus fournies concernant
les règlementations existantes sont disponi-
bles sur notre site Internet www.gamah.be
(rubrique documentation).
situation et de choisir le dispositif qui
convient le mieux à tout point de vue.
Lesescaliers
Défnition : suite régulière de marches
permettant de passer d’un niveau à
l’autre (Wikipédia).
Même s’ils ne sont pas accessibles
à tous (en particulier aux chaisards
et aux personnes marchant diffcile-
ment), les escaliers sont toujours
présents lorsqu’il s’agit de changer
de niveau. Dans le cadre de nouvelles
constructions (ou rénovations impor-
tantes) ouvertes au public, des normes
strictes d’accessibilité ont été fxées
dans le CWATUP et le RRU :
> marches antidérapantes
> palier contrasté
> main-courante, solide et continue de
chaque côté de l’escalier, dépassant
l’extrémité de l’escalier de 40 cm
> dalles d’éveil à la vigilance aux
extrémités de chaque escalier
A ces contraintes, le RRU ajoute la
hauteur maximale d’une marche et
celle du placement des mains-cou-
rantes.
En bref
Avantages
Législation facilement applicable
Contraintes/Inconvénients
Impraticables pour les chaisards et
peu sûr pour les personnes marchant
diffcilement (parents avec landau,
personnes âgées, etc.)
Lesrampesd’accès
Défnition : plan incliné
Les rampes d’accès sont le procédé
le plus simple à mettre en place pour
pallier une marche ou une petite diffé-
rence de niveau. De plus, cette solution
s’avère peu coûteuse tant au niveau du
matériel requis que pour l’entretien.
Contrairement à de nombreux dispo-
Boutons horizontaux
et en relief
dans un ascenseur
Signalétique claire et facile à lire dans un centre commercial
G. Lederer
«Ilestprimordialdebienanalyser
lasituationetdechoisirle
dispositifquiconvientlemieuxà
toutpointdevue.»
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sitifs, la rampe d’accès est un pro-
cédé non mécanisé. Elle ne doit donc
pas être vérifée régulièrement par un
expert et ne tombe jamais en panne.
Bien entendu, pour être praticable,
une rampe d’accès doit respecter des
normes. Les plus importantes sont le
pourcentage de l’inclinaison limité à
5 % sur 10 mètres maximum. Plusieurs
rampes successives peuvent être réa-
lisées, pour autant qu’elles soient
entrecoupées d’un palier horizontal
(1.50 mètre de diamètre). Si cette
contrainte est techniquement impos-
sible à appliquer, d’autres pourcen-
tages sont tolérés (7 % sur 5 mètres
maximum, 8 % sur 2 mètres maximum,
12 % sur 50 cm maximum). Il convient
également de choisir un revêtement
stable et non glissant et de prévoir une
aire de manœuvre au bas et en haut de
celle-ci. Enfn, pour garantir la sécurité
des usagers, il est nécessaire de placer
mains-courantes et chasse-roues.
Si la rampe dépasse les pourcentages
cités, elle devient fatigante ou impra-
ticable pour certains. C’est ici que
les limites des rampes apparaissent
clairement : lorsqu’il s’agit de combler
une différence de niveau supérieure à
un mètre, la rampe devient très longue
et prend beaucoup d’espace. Un autre
dispositif doit alors être envisagé.
La rampe est donc une solution
idéale lorsque quelques marches
seulement sont à compenser.
Signalons enfn que de plus en plus
de fournisseurs proposent des rampes
amovibles ou portables. Ces solutions
ne sont cependant pas à privilégier
à long terme. En effet, les rampes
amovibles peuvent être déplacées,
enlevées, mal positionnées, trop pen-
tues... Les rampes permanentes les
remplaceront avantageusement.
Par contre, pour un chaisard, la rampe
portable peut s’avérer parfois inté-
ressante pour créer un plan incliné
(encore) inexistant.
En bref
Avantages
- Simple à installer
- Peu coûteux par rapport aux autres
solutions
- Pas d’entretien spécifque
- Parfait pour pallier une petite diffé-
rence de niveau
Contraintes et inconvénients
- Pourcentage de la pente limité
- Besoin d’espace lorsque la diffé-
rence de niveau est supérieure à
1 mètre
Lesfauteuilsmonte-escaliers
Défnition : siège électrique guidé par
un rail longeant les escaliers. Il permet
le transport assis d’une personne.
Les fauteuils monte-escaliers présen-
tent de nombreux avantages dans
les maisons unifamiliales. Il permet
de faciliter l’accès à l’étage à une per-
sonne marchant diffcilement. L’instal-
lation est compacte et prend donc peu
de place. De plus, elle ne nécessite
pas de gros travaux puisque le dispo-
sitif est fxé sur l’escalier et non sur
un mur porteur. Il peut indifféremment
être placé sur un escalier droit ou tour-
nant. Il est également facile d’utilisa-
tion et sécurisé : les télécommandes
et boutons sont maniables d’une
seule main, le siège pivotable facilite
les transferts, le fauteuil est muni de
contacteurs bloquant le système dès
qu’il rencontre un obstacle... De nom-
breuses personnes âgées peuvent
ainsi rester à leur domicile et profter
pleinement de toute leur maison.
Du côté des inconvénients, on notera
qu’il ne permet de transporter qu’une
personne à la fois. En outre, il oblige
le chaisard à effectuer deux transferts
par « voyage » et à disposer d’une
chaise à l’arrivée... Il n’est donc pas
conseillé dans les bâtiments recevant
du public.
Escaliers sécurisés grâce à une double main-
courante de chaque côté de l’escalier, aux nez de
marche contrastés et aux dalles podotactiles.
Pente
d’accès
conforme
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Il permet l’embarquement d’une per-
sonne en chaise roulante.
Les plateaux élévateurs transportent
les personnes dans leur propre chaise.
Ils suppriment donc la contrainte des
transferts.
Apprécié pour ses nombreuses
variantes permettant de s’adapter à
de multiples situations, le plateau élé-
vateur est couramment installé lors de
rénovations. Parmi ses atouts, nous
pouvons compter :
> la sécurité : des bras ou portillons
sont fxés sur le plateau pour éviter
tout risque de chute ;
> le peu de place nécessaire à la
machinerie ;
> la non nécessité de murs porteurs.
Un inconvénient peut être pointé si les
boutons actionnant le système ne sont
pas en relief ou pas suffsamment sen-
sibles. De plus, la pression doit être
continue sinon le système s’arrête.
Les modèles proposés dans le com-
merce possèdent généralement le
label européen (CE). Pour assurer
un certain niveau de sécurité, des
contraintes sont fxées, notamment
Enfn, précisons que, comme pour tous
les appareils électroniques, les fau-
teuils monte-escaliers nécessitent un
minimum d’entretien afn d’assurer un
fonctionnement optimal.
En bref
Avantages
- Intéressant pour les personnes
marchant diffcilement
- Installation compacte, sécurisée et
facile d’utilisation
- Convient à tous les types d’escaliers
- Idéal dans une maison individuelle
Contraintes / inconvénients
- Inopportun pour les chaisards
- Non conseillé dans un bâtiment
recevant du public
- Entretien par un spécialiste néces-
saire régulièrement
- Aucune porte ne doit se trouver
dans le passage du rail
Lesplateauxélévateurs
Défnition : plate-forme horizontale
guidée mécaniquement par un rail. Ce
dernier peut suivre l’inclinaison d’un
escalier (droit ou tournant) ou s’élever
verticalement (comme un ascenseur).
la vitesse de déplacement du plateau
assez lente (maximum 0,15m/s).
Une distinction entre les différents pla-
teaux existants doit être effectuée :
> les élévateurs d’escaliers
> les plates-formes élévatrices verti-
cales
Les élévateurs d’escaliers
Le plateau est dans ce cas fxé sur
un rail qui suit l’escalier. Ce dernier
peut être droit, tournant avec ou sans
palier(s). Le désavantage lié à ce dis-
positif est la largeur nécessaire à
son placement : l’escalier doit pou-
voir accueillir le rail et la plate-forme
(90 cm sont requis pour un escalier
droit, 110 cm pour un escalier tour-
nant). C’est pourquoi peu de personnes
installent ce mécanisme à leur domi-
cile. Par contre, les bâtiments ouverts
au public, disposant souvent de plus
d’espace, optent fréquemment pour
l’élévateur.
Les plates-formes élévatrices
verticales
Différents systèmes peuvent ici être
employés : une vis sans fn, un vérin
Utilisation d’un fauteuil
monte-escaliers
chez un particulier
Élévateur d’escalier
installé dans un cinéma
de Liège
C. Marchal R. Gauvry
11 <<
ou un mécanisme de ciseaux. Si la vis
sans fn et le vérin acceptent des hau-
teurs imposantes, les ciseaux seuls ne
peuvent combler qu’une hauteur d’un
mètre maximum.
En bref
Avantages
- Peu de place nécessaire à la machi-
nerie
- Murs porteurs pas nécessaires
- Nombreuses variantes
- Dispositif sécurisé (normes euro-
péennes)
- Convient bien aux bâtiments rece-
vant du public
Contraintes / inconvénients
- Vitesse relativement lente
- Largeur du dispositif assez grande
- Hauteur maximale d’un mètre pour
les systèmes à ciseaux
- Aucune porte ne doit se trouver
dans le passage du rail
- Pression continue et parfois peu
aisée des commandes
Lesescaliersmécaniqueset
tapisroulants(escalatorset
travellators)
Défnitions : L’escalator est une ins-
tallation comprenant une chaîne de
marches entraînées mécaniquement,
destinée au transport des personnes
dans une direction ascendante ou des-
cendante (Arrêté français du 17 février
1986).
Le travellator est une installation
comprenant un tapis entraîné méca-
niquement, destiné au transport des
personnes dans une direction quasi
horizontale, à une vitesse variable et
réglée suivant les cas.
D’emblée, précisons que les esca-
lators et travellators ne sont pas
considérés comme des moyens de
déplacement sûrs par bon nombre
de PMR. Les raisons en sont variées :
> Les personnes défcientes visuelles
éprouvent des diffcultés à repérer
le début et la fn du système. Elles
ne se sentent alors pas en sécurité.
> Les escalators et travellators cau-
sent des déséquilibres aux per-
sonnes défcientes auditives.
> Les personnes marchant diffcile-
ment se placent péniblement sur ces
escaliers mécaniques tandis que la
manœuvre est impossible pour les
personnes en chaise roulante.
Quant aux tapis roulants, ils sont
souvent trop pentus que pour être
empruntés confortablement par tous.
Résultat : les escaliers et tapis méca-
niques ne sont appréciés que par les
personnes valides. Leur seul atout
est de faciliter la circulation piétonne
dans des lieux publics très fréquentés
en la fuidifant comme dans les gares,
métros, centres commerciaux.
Signalons enfn qu’un tel dispositif
doit obligatoirement être doublé
par un escalier et un ascenseur.
Pour être, au minimum, recomman-
dable, un escalator ou travellator
devrait répondre aux exigences sui-
vantes :
> une vitesse de déplacement raison-
nable ;
> une vitesse de rampe synchronisée à
la vitesse des marches ;
> une transition confortable, c’est-
à-dire un replat équivalent à 2-3
Escalators
à la gare des
Guillemins (Liège)
R. Gauvry
«Lesplateaux
élévateurssont
appréciéspour
leursnombreuses
variantesqui
permettent
des’adapterà
demultiples
situations.»
R. Gauvry
Le pourcentage de la pente
de ces travellators est trop élevée
(gare des Guillemins – Liège)
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Lesascenseurs
Défnition : appareil qui dessert des
niveaux défnis dans un bâtiment ou
une construction à l’aide d’une cabine
qui se déplace selon une course par-
faitement fxée dans l’espace et dont
l’inclinaison sur l’horizontale est supé-
rieure à 15 degrés, destiné au transport
de « personnes » ou de « personnes et
d’objets ». (Arrêté royal belge relatif à
la sécurité des ascenseurs – 9 mars
2003).
L’ascenseur, dispositif de change-
ment de niveau le plus connu avec
les escaliers, est un élément obliga-
toire dans les nouveaux bâtiments
marches avant de commencer l’as-
cension ou la descente ;
> des nez de marche contrastés ;
> un signal auditif avertissant l’utilisa-
teur s’il s’engage à contresens ;
> la présence de dalles podotactiles
aux extrémités.
En bref
Avantages
- Fluidife la circulation piétonne
Contraintes / inconvénients
- Doit être doublé par un escalier et
un ascenseur.
- Diffcilement repérable
- Cause des déséquilibres
wallons et bruxellois recevant du
public (imposition du CWATUP et du
RRU). Il peut également être remplacé
par une plate-forme élévatrice.
Rarement présent (ou non conforme)
dans les vieux bâtiments, il n’est pas
toujours aisé d’en installer un. En
effet, les aspects architecturaux ne se
combinent pas toujours facilement aux
contraintes techniques (par exemple,
le besoin de place ou la nécessité d’un
mur porteur).
De plus, l’introduction d’un ascenseur
dans un bâtiment existant représente
un coût relativement conséquent. Il
sera donc rarement installé dans une
maison individuelle. Par contre, il trou-
vera bien sa place dans un bâtiment
public.
Pour être confortable pour tous, un
ascenseur doit :
> avoir des portes et une cabine suff-
samment larges ;
> disposer d’un système automatique
d’ouverture de porte ;
> être équipé d’une synthèse vocale
annonçant les étages ;
> bénéfcier de boutons corrects (non
digitaux, traduits en braille et en
relief, placés à une hauteur acces-
sible aux chaisards) ;
Dans la gare de Namur, les ascenseurs sont sécurisés :
synthèse vocale, dalles podotactiles, etc.
«Lesescalatorsettravellatorsnesontpas
considéréscommedesmoyensdedéplacementssûrs
parbonnombredePMR.»
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> posséder un système de communi-
cation visuel (numéro de l’étage et
dispositif d’alarme entre autres).
La hauteur de déplacement n’étant
pas limitée, l’ascenseur est très utile
dans les grosses structures (bâtiments
publics, entreprises, etc.).
En bref
Avantages
- Utilisable par tous
Contraintes / inconvénients
- Doublure obligatoire d’un escalier
- Contraintes techniques élevées
- Installation complexe
- Coûteux pour une petite structure
Lesfranchisseursd’escaliers
Défnition : chenillette ou escaladeurs
permettant à une personne en chaise
roulante de monter et descendre des
escaliers. Ce système n’est pas fxé
sur les escaliers et est transportable.
Deux systèmes peuvent être différen-
ciés :
> les chenillettes
> les escaladeurs
Ils permettent tous deux d’embarquer
une chaise roulante en la chargeant
par l’arrière. Ils ne peuvent toutefois
être actionnés que par une tierce
personne. Leurs poids varient entre 25
kg pour les escaladeurs et une cinquan-
taine de kilos pour les chenillettes.
Les chenillettes
Des pentes allant jusque 35° d’in-
clinaison peuvent être franchies. Le
passage d’escaliers intérieurs n’est
donc pas garanti. Un système de
frein permet de gérer le déplacement
et de s’arrêter en cours de route. Le
désavantage de ces chenillettes est
double : elles ne sont pas utilisables
dans les escaliers tournants et sont
encombrantes.
Les escaladeurs
Ce support permet de descendre ou
monter un escalier, marche après
marche. Le dispositif prend appui sur
le bord des marches. Une roulette
détectrice de vide rythme le déplace-
ment. A chaque rebord de marche, un
arrêt est marqué. Le point d’équilibre
imposé par l’appareil permet à l’ac-
compagnant de ne pas supporter le
poids de la chaise.
Alternative utile dans certains cas, les
franchisseurs d’escaliers ne sont pas
la panacée car ils ne permettent pas
aux chaisards d’effectuer des dépla-
cements en toute autonomie.
Utilisation
d’un escaladeur
Utilisation
d’une
chenillette
dans un
escalier
extérieur
Metra
Euromove
>> 14
En bref
Avantages
- Aide appréciée par les accompagna-
teurs
Contraintes/inconvénients
- Pas d’autonomie pour le chaisard :
besoin d’une tierce personne
- Dispositif temporaire et individuel
- Inutilisable dans les escaliers
tournants
- Dispositif encombrant et assez lourd
Endéfnitive,quechoisir?
Une réponse unique ne peut être
apportée à cette question. En effet, le
choix dépendra de l’architecture et des
contraintes du lieu, de la fonction du
bâtiment, des fonds disponibles pour
l’achat et l’installation, des avantages
et inconvénients propres à chaque dis-
positif et des besoins des utilisateurs.
Le recours à un expert reste indispen-
sable. Retenons que lorsqu’il s’agit d’un
investissement pour une personne par-
ticulière ou pour l’aménagement d’un
poste de travail, l’Agence Wallonne
pour l’Intégration des Personnes Han-
dicapées (AWIPH) peut, selon certaines
conditions, intervenir fnancièrement.
N’oublions pas, cependant, qu’il est
impératif de réféchir à la question
dès la conception (ou rénovation)
d’un bâtiment car cela permet d’an-
ticiper les situations (par exemple,
construire un escalier suffsamment
large pour pouvoir placer un plateau
élévateur plus tard).
Les architectes, maîtres d’œuvre, etc.
sont invités à tenir compte des besoins
des usagers et à supprimer le plus de
barrières possibles. Les changements
de niveau font partie des obstacles ren-
contrés au quotidien par les PMR. Les
éliminer est le meilleur moyen d’inté-
grer tout le monde dans notre société
qui se veut égalitaire. nnn
Pourensavoirplus
> CWATUP, articles 414 et 415
> RRU, Titre IV et VII
> Accessibilité : principes et lignes directrices, Les éditions du Conseil de
l’Europe, 1993
> Arrêté du Gouvernement wallon fxant les conditions et les modalités d’in-
tervention d’aide matérielle à l’intégration des personnes handicapées,
2004 (annexe, point 20)
> Étude sur les dispositifs de changement de niveau, Hacavie, Lille, 1997
(tome 1), 2000 (tome 2)
> AWIPH, www.awiph.be
> Les espaces Solival, www.solivalwb.be
> Les différents fournisseurs de dispositifs de changement de niveau : Ascier,
Euromove, Lifestand, Kone, Metra, Monolift, Sagess, Stannah, etc.
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Lesjeux
Jeux de société, jeux de cartes, jeux de rôle, jeux de
plateau, jeux de stratégie, jeux informatiques, jeux de
coopération… Vaste monde que le domaine des jeux.
Chacun, grâce à ses multiples déclinaisons,
devrait y trouver son compte.
Et pourtant… quand un handicap freine un joueur,
les possibilités se restreignent…
Petit tour d’horizon.
>> 16
Jouer…uneactivitéaux
multiplesfacettespositives
Activité innée pour les plus jeunes, le
jeu ne doit pas être considéré unique-
ment comme une pièce indispensable
au développement des enfants. En
effet, jouer est bénéfque à tout point
de vue et à tout âge... Ainsi, nombreux
sont les adultes à être de grands
joueurs.
Source de plaisir
La fonction première d’un jeu est
bien sûr de divertir les personnes qui
s’y adonnent. Quel bonheur d’établir
une stratégie, de calculer ses coups,
de gagner (!), de palabrer sur une
situation et surtout de partager un
moment de détente avec des amis ou
en famille.
N’oublions donc pas que le jeu, même
s’il peut être utilisé à d’autres fns,
doit rester une source de plaisir !
Participation au développement
Depuis longtemps, il est reconnu que
de handicap et pour tous les âges
n’est pas une sinécure. Pour mieux
comprendre la problématique, poin-
tons tout d’abord les obstacles et
situations diffciles rencontrées par
les personnes à mobilité réduite.
Diversobstaclesaujeu
Un joueur choisit un jeu tout d’abord
en fonction de son envie du moment
mais également en fonction de ses
compétences tant intellectuelles que
physiques.
Quatre types de freins peuvent être
épinglés.
Une préhension diffcile
Que ce soit un jeu de plateau, un jeu
de rôle, un jeu informatique, etc. le
joueur doit souvent faire preuve d’un
minimum de dextérité. De nombreux
jeux requièrent des déplacements
de pions et de fgurines, la tenue et
l’échange de cartes, le lancement de
petits dés, etc. Cela exige une cer-
taine mobilité des doigts, des mains,
du corps mais aussi une fnesse dans
la manipulation… Pas question de
faire des mouvements trop brusques
au risque de modifer tout le plateau
ou d’envoyer son personnage au mau-
vais endroit !
Quant aux jeux informatiques, ils
font souvent appel à l’utilisation de
la souris… à manier également avec
agilité et célérité !
Une perception visuelle restreinte
ou absente
De nombreux jeux sont basés sur l’ob-
servation d’un plateau. La vue est dès
lors indispensable pour déplacer ses
pions, analyser la situation et ainsi
élaborer sa stratégie, évaluer les
actions des adversaires, etc.
De même, du côté des jeux informati-
le développement de l’enfant passe
par le jeu. Les enfants découvrent
et accroissent ainsi leurs capacités
(motrices, intellectuelles, sensorielles,
manuelles, créatives, etc.).
Peu à peu, les jeux ont également
acquis une dimension thérapeutique.
Ils incitent les enfants à manipuler de
petits objets, ils leur permettent de
comprendre et maîtriser leur environne-
ment, ils éveillent leur perception, etc.
Dimension sociale
A travers le jeu, les jeunes apprennent
à perdre, à faire des concessions, à
tenir compte des autres, à s’insérer
dans un groupe… En outre, le plaisir
d’un jeu vient en grande partie des
interactions entre le joueur et ses
équipiers ou adversaires.
Au vu de ces avantages (résumés très
brièvement ici), un handicap ne devrait
dès lors pas constituer un frein pour
des joueurs potentiels.
Malheureusement, trouver de bons
jeux accessibles pour tous les types
Test du jeu « Des chiffres
et des lettres » par une
personne aveugle à la
ludothèque Touche à Tout
Touche à Tout
«Unhandicapnedevraitpasconstituer
unfreinpourdesjoueurspotentiels.»
17 <<
ques, la problématique est identique,
voire accentuée pour deux raisons.
D’abord, le jeu étant virtuel, il est
impossible de le toucher. Ensuite,
une personne aveugle n’utilise pas la
souris mais uniquement le clavier…
Enfn, les règles d’un jeu sont, la
plupart du temps, présentées et
détaillées dans un livret… Du coup,
elles sont illisibles pour les personnes
atteintes d’une défcience visuelle
(même légère).
Une motricité peu aisée
Certains joueurs sont fréquemment
limités dans l’exploitation du jeu en
toute autonomie. Deux types de pro-
blèmes peuvent ici être distingués.
> Les enfants et personnes de petite
taille sont souvent obligés de se
déplacer ou d’escalader leur chaise
pour atteindre tous les éléments sur
un plateau/module de grande taille.
> Les personnes se déplaçant diffci-
lement, quant à elles, peuvent être
ennuyées par des déplacements
imposés par le jeu. Il en va ainsi avec
les circuits de train, les tapis de jeu
pour petites voitures, la pétanque,
le croquet et certains jeux de rôle
par exemple.
Des problèmes de compréhension
et d’expression
Le problème de compréhension le plus
fréquent est lié à la langue. En effet,
pour jouer, la connaissance des règles
du jeu est indispensable. Or, les règles
ne sont pas toujours traduites dans la
langue maternelle du joueur (ou régu-
lièrement mal traduites).
Ainsi, s’il est encore possible, après
une recherche (parfois laborieuse) sur
Internet, de trouver la traduction fran-
çaise des règles d’un jeu de société
allemand, il est impossible de déni-
cher des règles expliquées en langue
des signes. Or, bon nombre de per-
sonnes sourdes ou malentendantes en
auraient besoin, la lecture du français
(ou autre) représentant pour elles un
réel déf. Le jeu ne peut alors pas être
compris dans toute sa fnesse.
Enfn, il est souvent nécessaire de
discuter avec les autres joueurs pour
évoluer dans le jeu. Cela implique une
bonne ouïe et la faculté de s’exprimer
suffsamment bien.
Lasituationactuelle
Malheureusement, force est de
constater que les jeux accessibles à
tous sont encore trop souvent des-
tinés à des (jeunes) enfants : mémory
tactile, lotto sonore, jouet à manipuler,
puzzle à emboîter, etc. Bref, une offre
guère originale et attractive pour les
adultes !
Peu de jeux de plateau sont conçus
en même temps pour des personnes
voyantes et pour des joueurs aveu-
gles. Rares sont les jeux de société
prévus pour être manipulés par tous,
y compris, par des joueurs ayant des
diffcultés de préhension.
A nos questions, le service clientèle
Playstation répond : « il faut bien
admettre que le handicap des per-
sonnes aveugles ou malvoyantes
représente, hélas, un gros obstacle à
l’usage des appareils en question ainsi
que l’usage d’un jeu. Il se peut qu’avec
les évolutions électroniques et techni-
ques, nous puissions enfn répondre
à vos désirs mais pour le moment,
aucune solution n’a été trouvée ».
Alors,commentjouer?
Même si la situation n’est pas glo-
rieuse, les fervents du jeu peuvent s’y
adonner moyennant une bonne dose
de débrouillardise et/ou de recherche.
Le règne de la débrouille
Trois options se présentent aux
joueurs :
> détourner les règles : en les sim-
plifant, en modifant une contrainte
ou en ajoutant des consignes ;
> adapter le matériel : utiliser un pla-
teau tournant de manière à ce que
tous les éléments soient facilement
accessibles, appliquer de la mousse
pour épaissir les objets, ajouter
des informations en braille ou via
des textures différents, agrandir ou
reproduire des plateaux et cartes,
fxer des contacteurs pour manipuler
aisément un jeu électronique ;
> créer soi-même un nouveau jeu.
Néanmoins, tout cela nécessite beau-
coup de créativité et de dextérité !
Quelques pistes
En tant que joueur amateur, il n’est
pas toujours facile de réaliser soi-
même les adaptations nécessaires. La
ludothèque est alors une bonne alter-
Les pions,
souvent petits, ne
sont pas simples
à manipuler…
>> 1
native. Endroit par excellence pour
jouer, plusieurs ludothèques adaptent
des jeux ou en créent spécifquement
des nouveaux. Ainsi, le joueur, novice
ou averti, peut découvrir des jeux,
discuter avec d’autres joueurs mais
surtout, il peut tester un jeu. Il peut
ainsi se faire sa propre idée du jeu et
décider si ce dernier lui convient.
Conscient du problème rencontré
par les personnes utilisant la
langue des signes comme
langue maternelle, Guillaume
Gigleux, en mai 2007, a
signé l’entièreté des règles
des « Aventuriers du rail ».
Une vidéo signée est dis-
ponible sur le net. Outre
une explication du but, des
cartes et actions, des séquences de
jeu ont été flmées. Ce jeu n’a depuis
plus de secret pour la communauté
des personnes sourdes et malenten-
dantes. Aucune autre initiative de ce
genre ne peut malheureusement être
signalée.
Les vendeurs des magasins spécia-
lisés en jeux s’avèrent également de
bons conseils. Ils orientent les joueurs
en fonction de leurs demandes et sur-
tout, du type de jeu apprécié.
Côté Internet, quelques joueurs inter-
nautes ont créé des sites accessibles
et proposent des jeux informatiques
pour personnes malvoyantes ou aveu-
gles. nnn
Oùtrouverdesjeuxadaptés?
Ludothèques
Lu.A.P.E. – Avenue Parmentier, 19/8 à 1150 Bruxelles – 02 772 75 25 – www.luape.be
Touche-à-tout (ONA) – Avenue Dailly, 90-92 à 1030 Bruxelles – 02 241 65 68 - www.
ona.be/services/ludotheque.htm
Le Tourbillon – Rue des Beaux-Arts, 4 à 4000 Liège – 04 253 45 32
Ludothèque de la Ligue Braille – Rue d’Angleterre, 57 à 1060 Bruxelles – 02 533 32
11 - http://www.braille.be/fr/services/culture/ludotheque.asp
Internet
http://fa1ckg.free.fr/index.html
http://www.timgames.org/
http://magdales.star-warz.net/index.php
Livres
Deux ouvrages édités par Le Quai des Ludes (une des premières ludothèques
spécialisées créées en France) aideront les parents ou joueurs à effectuer leur
choix.
Le ludoscope (mis à jour régulièrement)
Handilud – Jeu et handicaps (paru en juin 2007)
Et voUs, CommEnt joUEz-voUs ?
Vous avez adapté un jeu ou vous connaissez des ludothèques/magasins inté-
ressants ? N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et bons tuyaux !
Nous pourrons ainsi faire circuler ces informations autour de nous, pour le
plus grand bonheur des joueurs.
Le jeu « Le nain jaune »
adapté pour personnes
aveugles et malvoyantes
à la ludothèque Touche
à Tout.
Un minimum
de dextérité
est requis pour
piocher ses
cartes.
Touche à Tout
«Endroitparexcellencepourjouer,plusieurs
ludothèquesadaptentdesjeuxouencréent
spécifquementdesnouveaux.»
19 <<
Pouvez-vous nous présenter en
quelques mots vos ludothèques ?
Lydia Gonzalez : Touche à Tout est
surtout fréquentée par des adultes,
jeunes et enfants défcients visuels,
des parents ou familles de personnes
handicapées et par des profession-
nels. Ils recherchent des jeux pour le
loisir ou pour aider une personne dans
une démarche pédagogique. De notre
côté, nous attribuons une importance
particulière à l’information et à la sen-
sibilisation au handicap. Ainsi, outre
le prêt de jeux, des animations ludi-
ques sont organisées sur demande,
chez nous ou dans des classes.
Claudine Prévot : A la Lu.A.P.E., nous
accueillons aussi bien des groupes
de très jeunes enfants souffrant de
différents handicaps (moteur, mental
ou sensoriel) que des groupes de
personnes âgées. Les familles vien-
nent généralement accompagnées
d’enfants. De nombreux adultes han-
dicapés, en quête de distractions et
de loisirs adaptés à leurs diffcultés,
LydiaGonzalez,
responsable de la ludothèque
« Touche à Tout » de l’Oeuvre
Nationale des Aveugles (ONA)
ClaudinePrévot,
présidente de la Lu.A.P.E.,
ludothèque adaptée pour les
enfants et adultes atteints
d’un handicap.
>> 20
viennent chez nous car ils trouvent ici
le plaisir de la convivialité.
Nous proposons des jeux spécialisés
et traditionnels en location. Nous
assurons aussi des animations et
conseillons de nombreux étudiants
dans la réalisation de travaux pour
leurs études. La Lu.A.P.E. est avant
tout un lieu de loisirs où l’on apporte
aide et conseils au sujet du choix des
jeux.
Quelles réfexions vous ont
menés à créer des ludothèques
proposant des jeux adaptés ?
Lydia Gonzalez : Durant 5 ans, j’ai
travaillé à l’ONA dans le service
d’accompagnement des étudiants
défcients visuels. Lors de cette expé-
rience, j’ai pu constater que, si les
parents et l’équipe pédagogique s’in-
vestissent beaucoup dans le suivi sco-
laire, ils négligent souvent les plaisirs
ludiques. Dans ce domaine, l’accès à
des jeux et jouets adaptés reste quasi-
ment nul. Pour combler cette carence,
j’ai adapté et créé des jeux. Suite à
l’accumulation de jeux et leur succès
évident auprès des jeunes, j’ai pro-
posé à l’ONA de mettre sur pied une
véritable ludothèque.
Claudine Prévot : Du côté de la
Lu.A.P.E., l’aventure a commencé il y
a presque 25 ans avec un groupe de
parents d’enfants handicapés et de
personnes de formations paramédi-
cales. Il n’y avait pas de ludothèque
spécialisée en région francophone
fonctionnant comme une ludothèque
traditionnelle. Or, il s’avérait que les
parents d’enfants handicapés étaient
perdus lorsqu’il s’agissait de trouver
des jeux adéquats. Ils avaient besoin
de jeux spécialisés introuvables dans
les magasins et surtout de conseils
avisés.
Quelle est la particularité des jeux
que vous proposez ?
Lydia Gonzalez : Touche à Tout pro-
pose +/- 400 jeux adaptés pour les
personnes présentant une défcience
visuelle. Les jeux sont soit des adap-
tations commercialisées, soit des jeux
ordinaires que nous adaptons, soit des
jeux originaux créés par l’équipe de la
ludothèque. Une attention est portée
sur le choix de ces jeux pour qu’ils
répondent à un maximum de critères
possibles (âge, nombre de joueurs,
diversité des aptitudes exercée).
Claudine Prévot : La sélection des
jeux proposés par la Lu.A.P.E. se fait
autant parmi les jeux dit spécialisés
que parmi les jeux courant du marché.
Ils sont choisis en fonction de leur
intérêt ludique, de leur aspect esthé-
tique, de la grosseur des pièces, de la
solidité des pièces, de leurs couleurs
attractives et de la facilité des règles.
Quelles sont les demandes les
plus récurrentes des joueurs ?
Lydia Gonzalez : Nos visiteurs aime-
raient trouver plus de jeux connus
adaptés et en découvrir d’autres. Ils
souhaiteraient également pouvoir
acheter certains de nos jeux.
Claudine Prévot : Les demandes
des éducateurs ne varient pas : ils
Adaptation du
jeu Tic Tac Troll
21 <<
voudraient plus de choix. En effet, les
jeunes polyhandicapés jouent avec le
même type de jeux pendant de lon-
gues années. Le nombre de ces jeux
(visuels, auditifs, tactiles) est limité
dans le commerce.
Peu de ludothèques disposent de
jeux adaptés pour les personnes
à mobilité réduite. Selon vous, à
quoi cela est-il dû ?
Lydia Gonzalez : Les besoins de
chaque personne par rapport à un jeu
sont très personnels. Adapter des jeux
demande une expérience solide dans
le handicap, des compétences pédago-
giques et des bonnes capacités artis-
tiques. L’adaptation d’un jeu est un
travail de longue haleine et coûteux.
Claudine Prévot : Effectivement, les
jeux spécialisés coûtent une fortune.
En Belgique, il n’y a aucun magasin
qui puisse nous les présenter. Nous
sommes obligés d’acheter sur cata-
logue et avons parfois de mauvaises
surprises.
Qu’apporte le jeu aux enfants et
adultes atteints d’une défcience
visuelle ?
Lydia Gonzalez : La personne han-
dicapée de la vue a le droit d’avoir
sa place dans un monde conçu pour
les voyants, souvent inaccessible car
inadapté. Pour faciliter l’intégration,
l’objet « jeu » est un outil effcace.
En donnant la possibilité de se pro-
curer des jeux adaptés à moindre prix,
la ludothèque rétablit l’égalité des
chances face au « droit au jeu ». Elle
stimule ainsi à la socialisation et à
l’intégration des personnes handica-
pées.
Vous semble-t-il que la place des
jeux dans la société a évolué ces
dernières décennies ?
Claudine Prévot : Il y a 24 ans, on
n’accordait pas autant de place au jeu,
il se faisait de façon plus spontanée
chez les enfants n’éprouvant aucune
diffculté et les personnes handica-
pées restaient recluses chez elles.
Aujourd’hui, elles sortent plus facile-
ment, entre autres grâce à diverses
actions (par exemple, des minibus
sont offerts à des institutions spécia-
lisées). Elles peuvent ainsi mieux s’in-
tégrer dans la société.
Qu’espérez-vous pour le futur ?
Lydia Gonzalez : Un intérêt plus
marqué des fabricants de jeux pour
réaliser des jeux adaptés. Une recon-
naissance par le ministère de la
culture des ludothèques et plus par-
ticulièrement pour les ludothèques
spécialisées car notre fonctionnement
est tout autre.
Claudine Prévot : Vu le vieillissement
de la population, il est indispensable
de développer le jeu intergénéra-
tionnel. Les personnes âgées ayant
beaucoup de disponibilités de temps
et ne souhaitant pas être isolées,
apprécient en général de transmettre
leur savoir aux enfants et les jeunes
enfants apprécient la disponibilité de
temps des personnes âgées car toute
la semaine ils doivent tout faire vite,
vite, vite… nnn
Lu.A.P.E. : Av. E. Parmentier n°19, bte 8 à 1150 Bruxelles
Tél. & Fax : 02 772 75 25 - luape@skynet.be
Touche à Tout : Av. Dailly, 90-92 à 1030 Bruxelles
Tél. : 02 241 65 68 - Fax : 02 215 88 21 - ludotheque@ona.be
Une salle de
jeux de la
Lu.A.P.E.
«Adapterdesjeuxdemande
uneexpériencesolidedansle
handicap,descompétences
pédagogiquesetdesbonnes
capacitésartistiques.»
Lu.A.P.E.
Ils
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D
epuis 1998, nous nous efforcions, m
on com
pagnon et m
oi, de surm
onter les conséquences
de son hém
orragie cérébrale à savoir l’hém
iplégie et l’aphasie.
C
om
m
e nous aim
ons tous deux la nature, nous avons rapidem
ent réalisé que les seules
prom
enades possibles étaient certains chem
ins de R
A
VeL (pas tous) et les chem
ins de
halage. Et je poussais, non sans efforts, sa chaise roulante pour qu’il redécouvre le
vent qui caresse le visage, les oiseaux, les bateaux sur l’eau.
En général je parvenais à m
archer ainsi une heure et dem
ie, deux heures.
Q
ue de fois n’avons nous pas fait dem
i-tour devant une pente inaccessible, un
sol trop caillouteux, un chem
in où les roues patinaient dans la boue.
Puis, un jour, on nous a parlé de la « M
ontagne intérieure ». U
n groupe
d’hom
m
es et de fem
m
es qui organisaient des balades en joëlette une fois
par m
ois avec des personnes à m
obilité réduite. Et une nuée de bénévoles.
Q
uand nous les avons vus pour la prem
ière fois, ils déboulaient sur la place d’A
uvelais,
joyeux, dynam
iques, au term
e d’une longue randonnée. Je voyais enfn ce qu’étaient des joëlettes.
N
ous avons partagé un repas avec le groupe et j’ai été frappée par leur bonne hum
eur, leur dynam
ism
e et
leur courage. Ils évoquaient des voyages en m
ontagne, le M
ont-B
lanc, l’H
im
alaya toujours avec leur sacrée petite
joëlette ! Je n’en croyais pas m
es oreilles.
Puis est venue la prem
ière balade dans la région de G
rand-Leez. U
ne fois m
on hom
m
e installé sur sa joëlette, bien
em
m
itoufé, ayant fait connaissance de M
arie, Josiane, Josée, toutes calées sur leur drôle de chaise à porteur, le groupe
dém
arre.
Je suis enfn libre de m
archer à m
on rythm
e, de parcourir le groupe (porter la joëlette est réservé à des costauds, ce qui
n’est pas m
on cas) de bavarder avec l’un ou l’autre.
O
n longe des cham
ps de m
aïs, on s’arrête pour contem
pler des oiseaux près d’un étang, on patauge dans des chem
ins
boueux…
la joëlette passe à travers tout !
Le groupe est anim
é par une force com
m
unicative, on rit beaucoup, on échange des im
pressions, je vois d’autres conjoints
qui accom
pagnent leurs fem
m
es atteintes elles aussi d’un handicap. Et leur exem
ple fait que je m
e sens désorm
ais m
oins
seule. M
on com
pagnon lui, est souriant, il a les joues rougies par le soleil d’autom
ne, il observe tout redécouvrant des
plaisirs et des sensations perdues depuis bien des années.
Et, depuis lors, nous som
m
es repartis plusieurs dim
anches avec ces audacieux m
archeurs qui traversent les terres, esca-
ladent des chem
ins en pente, le tout avec une énergie et une bonne hum
eur com
m
unicative.
M
oi, pauvre piétonne, plus très entraînée à ce type de randonnée, je m
e retrouve en fn de journée, épuisée, les pieds
endoloris m
ais tellem
ent heureuse d’avoir pu partager cet am
our de la balade.
M
erci à la M
ontagne intérieure !
C
laudine S
tein
Personne de contact pour « La M
ontagne intérieure » : M
ichel S
ervotte (Président) –
081 21 20 78 –
0474 99 27 73
http://groups.m
sn.com
/lam
ontagneinterieure
>> 22
La m
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vent qui caresse le visage, les oiseaux, les bateaux sur l’eau.
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Puis est venue la prem
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Je suis enfn libre de m
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n’est pas m
on cas) de bavarder avec l’un ou l’autre.
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Le groupe est anim
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plaisirs et des sensations perdues depuis bien des années.
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081 21 20 78 –
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contact@gamah.be
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MuséeFélicienRops
Depuis peu, le musée Félicien Rops organise des visites guidées
multi-sensorielles pour les personnes aveugles ou malvoyantes.
Ainsi, accompagnés par un guide, les visiteurs bénéfcient de com-
mentaires, découvrent les œuvres grâce à des reproductions en 3D
et à des bruitages sonores. Des visites dans le noir sont également
proposées aux personnes valides.
Infos : Musée Rops – Rue de Fumal, 12 à 5000 Namur
Tél. 081 22 01 10 – Fax 081 22 54 47
Editeur responsable :
Gamah asbl - Christian Baeke
Rue Piret Pauchet, 10 à 5000 Namur
Tél. : 081 24 19 37 · Fax : 081 24 19 50 · www.gamah.be contact@gamah.be
Paraît tous les 6 mois
Bureau de dépôt : 6099 Charleroi X
Coordinatrice : Anne-Sophie Marchal
mise en page : Nicolas Huc – www.nlsh.be
Illustrations : Michaël Walravens – http://macravens.skynetblogs.be – 0476 30 32 69
ont collaboré à la conception et rédaction de ce numéro : Roland Gauvry, Vincent Snoeck, Nathalie Sparenberg.
«Lireautrement…danslenoir»
Depuis mi-octobre, Les Amis des Aveugles organisent tous les
deux mois un atelier littéraire. Durant ces rencontres, un écrivain
belge vient lire un extrait d’un livre et ce dans l’obscurité la plus
complète.
Prochaines dates : 31 janvier, 20 mars, 15 mai, 28 août,
23 octobre et 11 décembre 2008
Infos :
Les Amis des Aveugles
rue de la Barrière, 37-39 à 7011 Ghlin 065 40 31 00
Chuuutparty
Soirée silencieuse durant laquelle
on ne peut pas parler, la Chuuut
Party permet aux personnes
sourdes, malentendantes et
entendantes de passer un moment
convivial dans le silence. Chacun
se débrouille : écrits, mimiques et
gestes sont permis !
Les Chuuut Party sont organisées
dans différentes villes wallonnes.
Plus d’infos :
http://chuuut-party.over-blog.com
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Musée F. Rops