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INTERVIEW COOL NIGHT – Janey CLEWER le 10/02/2009

A partir de quel âge as-tu joué du piano et quand as-tu commencé à chanter ?

J'ai commencé à jouer du piano à l'âge de 3 ans, en fait sur un piano jouet que j’avais reçu en
cadeau pour Noël. Il possédait 25 touches et j’adorais cela. Je voulais jouer avec et chanter
tout le temps. Quand j'ai eu 5 ans, j'ai commencé une formation officielle avec un professeur
de musique classique (Virginia Reinecke) qui m'a accepté comme son élève, même si j'étais très
jeune ; je ne pouvais à peine lire et mes mains étaient encore très petites. J'ai étudié avec elle
jusqu'à mes 17 ans. À ce stade, elle envisageait de me lancer dans un concours international

Interview Bruno Fabrigues (Traduction Olivier Rutica) pour Cool Night – Janey Clewer le 10/02/2009
dédié à Chopin, mais mon cœur était plus dans le chant et l'écriture. Elle a toujours encouragé
mon désir de composer (ce qui est rare pour un professeur de musique) au piano. La plupart
des enseignants de musique classique ne consacre aucun moment à ce genre de leçons. Je
dirais que son influence sur moi a eu une incidence positive sur toute ma vie musicale.
J'ai toujours chanté pour autant que je me souvienne. Quand j’étais une petite fille, ma sœur
et moi chantions mutuellement avant de dormir chaque nuit. C’est une extension naturelle de
moi-même et c’est incroyablement apaisant pour moi.
Même si je n'avais jamais pris de cours de chant, dans ma dernière année de lycée, le directeur
de mon groupe m'a aidé à obtenir une audition pour une prestigieuse école de musique. J'ai par
la suite été accepté à l'Indiana University School of Music. C’est l'une des meilleures écoles de
musique encore à ce jour, je suis fière de dire que j'ai obtenu mon diplôme dans cette école.

Possédais-tu des idoles musicales quand tu étais une enfant ou une adolescente et
maintenant as-tu des modèles musicaux ?

A côté de grand compositeurs de musique classique comme Debussy, Liszt, Chopin,


Rachmaninoff… qui ont été mes idoles. En Pop music, Karen Carpenter, Earth Wind & Fire et
Stevie Wonder, ainsi que le groupe Bread. Maintenant, mes idoles actuelles sont Harry
Connick Jr., Sting et Aretha Franklin.

Te souviens-tu de tes premières compositions ?

Mon premier morceau de piano s’intitulait "Sleeping Time". Je me souviens encore du premier
couplet, j'avais 6 ans. Je me souviens aussi de la première chanson Pop que j'ai composé au
lycée, elle s’intitulait "Two Young People", je m’en souviens encore très bien.

Comment es-tu devenue choriste ? Une opportunité de carrière ou un choix ?

Ma tournée avec Julio Iglesias fut ma première véritable expérience de choriste. J'ai toujours
été une chanteuse de groupe, aussi bien au collège, qu’au lycée. Le fait de voyager, en faisant
la tournée dans le groupe de Julio, plus le fait d’être choriste, c’était une nouvelle
expérience, excitante pour moi.
Après avoir travaillé plusieurs années sur la route, j’ai suivis ce que disais mon cœur, il était
temps d’arrêter de faire des tournées, c’était nécessaire pour que je puisse composer plus,
travailler sur ma propre carrière, éventuellement me marier et avoir un enfant. Je savais que
gagner ma vie de cette façon était bien différente que de donner des concerts
(occasionnellement à Los Angeles). Mon ami Randy Waldman, non seulement qui m'a
encouragé à placer une démo pour obtenir du travail dans les studios (TV, films et publicités),
m'a également aidé à créer mon premier home studio pour que je puisse enregistrer les
chansons qui venaient directement de mon piano et que j’écrivais sur des partitions. La plupart
des sessions que j’effectuais c’était pour des backgrounds vocals. J'ai l'oreille pour les
harmonies et je sais lire les partitions. En tant que chanteuse au sein de groupes, vous devez
être capable de faire vos parties sur place sans direction du compositeur et parfois vous devez
être en mesure de lire la page juste collée en face de vous. Dans ces deux cas, j'étais à l'aise.

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Le fait d'avoir un home studio a été une révélation, en particulier l'enregistrement des parties
de fond d‘un morceau. C’est très créatif et nécessite de la précision, ce qui me plaît. Je ne
sais jamais ce que je vais chanter à l'avance, je viens avec mes tripes et j’essaye de construire
tout ce qui est dans l’arrière plan musical du morceau. C’est un apprentissage perpétuel.

Peux-tu nous dire brièvement les temps forts de ta carrière ?

J'ai eu pas mal de temps fort dans ma carrière, mais les plus significatifs pour moi seraient,
sans aucun ordre particulier…
- Chanter avec Ray Charles sur son CD "GENIUS LOVES COMPANY" le titre ("Heaven Help Us
All" en duo avec Gladys Knight),
- Composer et travailler avec l'incomparable Lara Fabian sur les chansons "Bambina" et "Je
t' Appartiens".
- Deux duos avec George Benson en live au Jazz Lincoln Center de New York, en Novembre
2008 : "Unforgettable" et "When I Fall In Love", le dernier, avec Wynton Marsalis à la
trompette solo.
- Composer des chansons avec Richard Marx… surtout "The Last Words You Said" pour Sarah
Brightman et "Never Far Away" pour Olivia Newton-John.
- Rencontrer Patti LaBelle à Nashville, pour la dédicace de son livre de recettes et avoir son
regard fixé droit dans mes yeux et me dire à ce moment, combien elle aimait les deux
chansons de Noël que j’avais composé et qu’elles avaient enregistré.
- Obtenir mon premier contrat pour la signature de trois albums auprès de Pioneer LDC au
Japon.
- Travailler avec Michael Sembello sur le CD de Bossa Nova Hotel… C’est un génie et cela a
été un challenge que de travailler avec lui… En plus, il me fait rire.

Préfères-tu jouer du piano ou composer ?

Sans aucun doute composer, jouer n’est qu’une continuité dans la composition. Je ne peux
jouer comme je le souhaiterais. J’ai atteint mon meilleur niveau à 17 ans, je ne pourrai jamais
jouer comme ça à nouveau.

Peux-tu nous dire brièvement quelques mots sur chacun de tes albums solo : "JANEY"
(1995), "CALL ME ROMANTIC" (1996), "WHEN STARS COLLIDE" (1997), "KISS BY KISS" (1999),
"PERFUM" (2004).

"JANEY" a été mon premier CD. C’était vraiment très excitant ! Je pensais qu’il n’y avait
aucune limite… J’ai pu placer toutes mes chansons préférées que j’aie réalisé sur démo depuis
bien longtemps ; et bien sûr, en composer de nouvelles pour un public intéressé. Il n’y a rien
de mieux que cela !

"CALL ME ROMANTIC" : Je repense à Peter Cetera venant à notre maison au plus profond de
l'hiver, marchant dans notre grand studio avec de grandes fenêtres, contemplant la neige, les
oiseaux, sachant que j'allais enregistrer dans la pièce principale avec lui ; pas de tracasseries

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vocales liées au stress. Il pouvait profiter du paysage, jusqu‘à ce que nous travaillons
ensemble. Il a dit, "je pourrais me servir de cela !"
Aussi, avoir eu Jay Graydon sur le solo du titre qui donne le nom à l’album a été un immense
honneur pour moi. Je ne pouvais croire qu’il avait dit oui.

"WHEN STARS COLLIDE" : Je repense à l'idée d’avoir incorporer les histoires d'amour de
quelques fans dans le titre et les versets de la chanson "When Stars Collide".
Je me souviens aussi de la merveilleuse tournée de promotion que Bruce et moi avons faite au
Japon ! Nous avons passé des moments fabuleux… la nourriture, le bullet train, les jardins
japonais, les sorties avec Takeshi et Miwa, l'interview à la radio de Kobe… et beaucoup
d'autres grands souvenirs.

"KISS BY KISS" : Ce CD est le fruit de Ric Taylor, un de nos fans, ici à Nashville, qui voulait
lancer son propre label. Il m’a aidé à sélectionner les chansons les plus pop de mes trois
premiers CD. La seule chanson qu'il n’a pas voulu inclure et qui devait l’être c’est "Fallin 'In
Love" qui marque la présence de Bill Champlin. Bill a tant apporté à cette chanson. Entre la
voix de Bill et le piano de Randy, je hurlais de joie lors du résultat final.

"PERFUME" :C’est Vinnie, Vinnie, Vinnie ! (Colaiuta). Parler de lui m’électrise l’esprit, quand
je repense qu’il est venu jouer sur 4 titres ! C’est un joueur magique et une personne
adorable ! Sans oublier, le jeu de Randy Waldman à la trompette qui a réalisé un fantastique
travail sur ce titre, ce qui a été aussi un moment fort pour moi.

On note sur chacun d'eux, la présence de musiciens tels que Jay Graydon, Marc Jordan,
George Hawkins, Bill Champlin, Peter Cetera. A-t-il été difficile d’avoir tous ces grands
musiciens sur tes albums ?

Je suis chanceuse, cela n’a pas été difficile. Vous devez comprendre que ces grands musiciens
et chanteurs qui font partie des plus talentueux de la planète sont aussi les personnes les plus
adorables et les plus généreuses que vous pouvez rencontrer. Ils comprennent les difficultés et
les tempêtes que nous devons tous affronter. Ils sont vraiment là les uns pour les autres, afin
de s'aider mutuellement de quelque façon qu'il soit. Tout ce que j'avais à faire était de
demander !

As-tu des anecdotes à raconter au sujet de ces merveilleux musiciens et chanteurs ?

Jay est l’un des joueurs et ingénieurs les plus rigoureux de tous les temps, incroyablement
charmant… Il me fait rire (à Bruce aussi), quand on repense à lui… Je me souviens d'un de ses
messages qui revenait sans cesse sur ma boite vocale au sujet d'une chanson que nous avions
composé ensemble et qui s’intitulait "You’re Not Alone" et que ça allait lui prendre une
journée, uniquement pour s’occuper des EQ pour la basse ! Nous avons ri à en pleurer…Le plus
drôle était à chaque fois la gravité de Jay ! On t’aime Jay !

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Marc Jordan est l'une des rares personnes dans le monde de la musique dont la voix me fait
pleurer, c'est de la pure beauté et d’une grande profondeur émotionnelle. En particulier, ses
chansons et son chant sur "Tears Of Hercules", elle me tue à chaque fois. J'adore ce que sa
voix apporte à "Two Shooting Stars" et "Make Her Mine". Bruce a dit qu'il était jaloux de
l'intimité que j'ai créé avec Marc dans le pont de "Make Her Mine" Je suppose que ce soit un
morceau inspiré du ciel.

George Hawkins… Je me souviens de lui bossant sur mon CD "WHEN STARS COLLIDE",
expérimentant sans cesse ses lignes de basse, alors que Bruce et moi cuisinions pour lui à
l’étage, tandis qu'il jouait et faisait l’ingénieur du son tout seul dans le studio. Il met tout son
cœur et son âme dans tout ce qu'il fait. George, c’est un gros cœur !

Bill Champlin… Je me souviens de Bill venant à notre maison pour chanter le duo "Forever
Valentines". Il n'avait pas encore entendu la chanson et peut-être qu'il était venu avec une
idée préconçue, que ce serait une légère chanson de Pop, mais quand il a entendu
l'introduction, il a dit quelque chose du style "Putain de merde, il y a de sérieux changements !"
Une nouvelle fois il a cassé la baraque !

Tu as également réalisé deux albums sous forme de duo, avec ton mari Bruce Gaitsch pour
"ONE ON ONE" (2001), l'autre avec le musicien Randy Waldman "YOUR FAVORITE CHRISTMAS
CD" (2003). Quelle est l'histoire derrière ces deux disques ?

"ONE ON ONE" et "YOUR FAVORITE CHRISTMAS CD" étaient tous deux des coups de cœur sans
soutient de labels. Nous avons enregistré les deux parce que nous le voulions.

Pour "ONE ON ONE", Bruce m'a encouragé à enregistrer des pièces pour piano qui n'avaient
jamais vu le jour, pour prendre la forme de duo. En fait, des morceaux classiques encore
couchés sur le piano. Il a pensé que ce serait quelque chose que nous pourrions faire ensemble,
juste nous deux. Je me souviens d’avoir enregistré, en dépit du son des cigales à l'extérieur de
la fenêtre. Cette année, elles avaient été particulièrement fortes ! Si fortes qu'ils nous étaient
parfois impossibles d'obtenir un son nickel et que nous n’avons pu inclure un titre à cause du
bruit de ces dernières. Nous avons également terminé quelques chansons avec
l’accompagnement de cordes et de quelques parties de chant de Bruce.
Un jour, j'aimerais enregistrer un deuxième "One On One"

"YOUR FAVORITE CHRISTMAS CD" : Randy Waldman et moi avons composé et enregistré un CD
pour le label MCA en 1990 intitulé "A STARLIGHT CHRISTMAS". Un album ou apparaissait des
artistes vedette comme Patti LaBelle, Kenny G., Les Jets, Katey Sagal ou Glenn Medeiros.
J'ai chanté près de la moitié des chansons. Le CD n'a jamais vraiment eu beaucoup d’attention
de la part du label. Des années plus tard, je me promenais un jour à Nashville, je réfléchissais
sur le fait que toutes ces chansons dont quelques-unes que j'avais composé pourraient
particulièrement ressortir de belle manière à travers un enregistrement piano et voix. J'ai
appelé Randy et il a accepté. J'ai pris l'avion pour Los Angeles afin de travailler avec lui
pendant 10 jours, puis je suis rentrée chez moi pour terminer le projet.
Je suis fière de dire qu’en 2006 "Ain’t No Time For Diets" fut finaliste pour la meilleur chanson
de Noël et en 2008, le CD a reçu deux merveilleuses critiques de christmasreviews.com

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Revenons à tes albums solos. Quelles furent les réactions des médias et du public, un très
joli succès au japon ?

Je dois dire que j’ai été incroyablement accueillie par le public japonais. Ils apprécient
tellement les talents américains. En particulier, Toshi Nakada et Takeshi Itoh, qui encore à ce
jour, sont nos plus fervents supporters. Je peux retrouver mon contrat ou j’ai signé pour trois
disques avec Toshi. Il est tombé amoureux de "A STARLIGHT CHRISTMAS" et quand il a
rencontré Bruce pour la première fois à la maison de Richard Marx, il a dit "Oh… Bruce
Gaitsch… vous êtes marié à Janey Clewer… j’adore son CD de Noël. L’AOR fan club a
également été d’un grand soutient pour moi et Bruce, nous avons été accueillis à bras ouvert
lors d'une tournée de promotion en 1998.

De nos jours, il n’est pas familier de voir un artiste composer, produire et arranger la
quasi-totalité des morceaux d'un album, tu ne penses pas que c’est ta marque de fabrique.
Est-ce difficile ou est-ce quelque chose de naturel pour toi de le faire et pourquoi ?

C’est ce que j'ai toujours fais, ce n'est donc pas quelque chose d’étranger pour moi. C'est ce
que je réalise pour la plupart des chansons que je compose, que ce soit ou non des morceaux
que j’aurais à chanter. Toutefois, cette possibilité, c’est une bénédiction et une malédiction.
J’aime donner vie à mes chansons comme de les envisager (avec l'aide de mes amis), mais je
me demande parfois comment elles auraient pu évoluer si elles avaient été dans les mains d'un
grand producteur comme David Foster. J'ai eu le plaisir de travailler avec David, plusieurs fois
en tant que chanteuse de sessions, mais je n'ai jamais eu la chance de lui faire produire
quelque chose pour moi. Malheureusement, pour attirer une personne comme lui et je le sais,
vous devez disposer d'un soutien énorme de la part d’un label et que ce dernier ai la volonté de
payer ses larges honoraires… peut-être dans une autre vie…
Peut-être aussi, d’avoir le contrôle sur ma production a contribué à définir mon style et mon
propre son, si j’en possède un. Je sais que j'ai eu reçu beaucoup d'aide de l'incroyable Randy
Waldman et de mon mari Bruce, ainsi que de nombreux autres musiciens et chanteurs. Les
deux sont mes plus grands fans et supporters et ils ont apporté tellement à ma musique à
travers les années.
C’est quand même difficile, surtout à la fin d'un projet, pour garder votre concentration et ne
pas haïr ce que vous avez réalisé. Travailler si durement sur chaque détail vous rend malade de
votre CD à la fin. Le mixage est très difficile parce que vous ne pouvez jamais être satisfaite.
Les possibilités sont infinies ! Ce n'est que plus tard que vous pouvez obtenir une certaine
perspective et décider si oui ou non vous aimez le CD.

Ton nouvel album est vraiment une réussite. Il est très orienté vers un style Bossa Nova,
pourquoi ?

Je ne sais pas si c’est une réussite parce que c’est encore trop neuf, mais je voudrai dire que
j’ai réussi à créer un CD très homogène. Bruce a été incroyable pour me maintenir concentrer.
J'ai toujours aimé la musique sensuelle du Brésil, surtout après avoir passé du temps là bas
quand j'ai tourné avec Julio Iglesias. J'ai aussi été emporté par quelques d'hommes, ce qui ne
fait pas de mal à mon histoire d'amour avec la musique et le mode de vie du Brésil (rire)

Interview Bruno Fabrigues (Traduction Olivier Rutica) pour Cool Night – Janey Clewer le 10/02/2009
Un ami, Don Boyer, m'a suggéré de tenter d'enregistrer un CD homogène, puisque la plupart de
tous mes précédents disques étaient très éclectique. Il m'a dit "Si tu faisais un CD dans ce
registre, quel serait-il ?" C'est par cet exemple que je lui ai répondu, sans y penser : "J'ai
toujours pensé à faire un CD de style jazz brésilien, intime, très sexy. Il a dit : "Va y…fait le !"
Et c'est ce que j'ai fait…

Sur "FALLEN FOR BRAZIL", ta voix est très sensuelle. Est-ce intentionnelle ?

Oui, intentionnelle, mais aussi, comment pouvez-vous chanter les mots et ne pas se sentir
sensuelle ? Je suis heureuse que ce sentiment ressorte. C'est la raison pour laquelle je fais de la
musique. C’est une thérapie pour moi et espérons-le, elle est transférée au public dans leur
propre expérience… un bel échange d'émotions.

Tu as composé l'ensemble des chansons, sauf "This Masquerade" de Leon Russell. Pourquoi
cette reprise ?

"This Masquerade", j’ai grandi avec la version de Karen Carpenter et plus tard avec celle de
George Benson qui résonne en moi à un tel niveau qu’il m’est nécessaire de l’écouter encore
et encore. C'est une chanson que je ne me lasse jamais d’écouter, je pensais qu’elle serait
bien appropriée au style de ce CD. Certaines chansons "s’ajustent" à votre voix et "This
Masquerade" était l'une d’elles.
C’est aussi, une façon de toucher plus de fans à travers un titre adoré. Ils peuvent vous trouver
en cherchant la chanson. Si cette exposition attire plus d’oreilles à ma musique, alors j’en suis
heureuse.

Nous retrouvons deux de nos artistes préférés sur ton album : Michael Sembello sur le titre
"The Summer Wind" et Marc Jordan, en duo sur la chanson "Make Her Mine". Comment s’est
passé la collaboration avec eux ?

Ironiquement, au moment de l'enregistrement des premières chansons de "FALLEN FOR


BRAZIL", il s'avère que Michael était en plein dans la culture brésilienne. Il revenait juste du
Brésil ou il avait travaillé avec Daniel Jobim. J'ai vraiment été ravie que Michael donne son
accord à cette participation, il a ajouté beaucoup à l'énergie de "The Summer Wind". Il a
enregistré ses parties en Floride et me les a transmis sur internet. La technologie est
maintenant incroyable. Vous n’avez plus à être dans la même pièce ! Cela ne veut pas dire que
je préfère cette façon, mais cela facilite grandement la logistique !

Marc Jordan a gracieusement accepté de chanter le duo "Make Her Mine". Au début, je
pensais lui faire quelques "adlibs" sur le pont de la chanson, mais il voulait vraiment entrer
dans cette dernière. Alors, je lui ai chanté quelques idées, je lui ai envoyé un rough mix en
mp3 et ensuite il a réalisé ses propres lignes. J'ai été ravi du résultat. Sa voix est si profonde et
magnifique sur les chœurs, il n’a pas de peine à faire quelque chose qui fait impression. Sa voix
est magique.

Interview Bruno Fabrigues (Traduction Olivier Rutica) pour Cool Night – Janey Clewer le 10/02/2009
Nous avons entendu parler du projet Bossa Nova Hotel. Tu en fais partie, peux-tu nous en
dire plus ? Peut-être un album bientôt ?

Bossa Nova Hotel est un groupe composé de Bruce, Michael Sembello et moi. Il s'agit d'une
merveilleuse collection de chansons Pop dans un style Bossa ou Salsa. Le son est très lourd au
niveau des vocales.
Nous procédions en gros comme cela… Michael sortait l'arrangement de base, il posait sa voix
sur le morceau. Ensuite, Bruce et moi finissions le travail. Nous jouions parfois avec la forme,
puis Bruce enregistrait ses guitares et trouvaient de géniales percussions pour les titres. Je
devenais folle pour doubler Michael dans ses octaves, et ainsi de suite. J’ai couché de
multiples apports vocaux. C’est une véritable explosion. Michael que nous appelions "Brazil
man" ajoutait parfois quelques fioritures vocales. En fait, il a étudié la langue et apporte un
élément authentique à ce projet que seul Michael pouvait faire.
Il y a quelques chansons qui ont plus de 21 pistes de lignes vocales, plus les miennes, ajoutées
à celles supplémentaires de Michael, à mixer pour les pistes en stéréo. Ce mix fut un véritable
cauchemar et très ennuyeux, mais cela vaut la peine quand vous entendez le tout ensemble.
Dick Rudolph a contribué à nous guider tout au long de ce processus, en aidant à élaborer le
son en cours de route. Nous espérons une sortie pour 2009 !

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Tes projets immédiats ? Pour l’avenir ?

Mes projets immédiats sont d'essayer d'obtenir le soutien d’un label pour "FALLEN FOR BRAZIL"
et faire tout ce que je peux pour faire connaître sa disponibilité à CD Baby uniquement… aussi,
il est temps de vous remercier pour l’interview !
Je vais également essayer de faire un peu plus de concerts en hommage à Nat King Cole avec
George Benson aux Etats-Unis, ce printemps et cet été en Europe.
J'ai beaucoup de chansons que d'autres artistes ont enregistré, je l'espère, qu’elles sortiront
cette année. Je croise les doigts !

Qu'est-ce qui te rend le plus fière dans ta carrière musicale ?

Je pense que je suis fière de dire que j'ai pu vivre de ce que j’aime faire. Je n'ai jamais eu un
autre emploi. Voilà ce qui me rend fière, car beaucoup de musiciens ont eu à passer un temps
à attendre autour de tables en attendant que leur carrière démarre. Pour moi ce ne fut pas le
cas, ça n’a pas été sans heurts, avec des bas et il a fallu lutter, mais c'est toujours la musique
qui m’a accroché, elle ne ma pas laissée tomber et m’a permis de retomber sur mes jambes.
Avoir une chanson dans votre cœur est un cadeau. Je souhaiterais par contre atteindre plus de
gens.

Quelle est la rencontre musicale qui t’a le plus impressionné ?

Lorsque j'ai rencontré Barbra Streisand et l’ai vu pour son premier concert d'adieu… Elle est à
couper le souffle. Aussi, travailler des années plus tard avec Harry Connick Jr. Après un show
à Nashville, j'ai parlé avec lui au backstage et quand je lui ai dis que j’avais chanté sur son
album de Noël, il a dit combien il était heureux des backgrounds chanteurs sur celui-ci. Wow…
venant de lui… Cela signifie beaucoup !

Une dernière question, (une question difficile), que penses-tu de la carrière de Bruce
Gaitsch ton mari ?

Bruce est un ange et un musicien incroyablement talentueux. Il ne compose, ne produit et ne


joue pas uniquement, il apporte une énergie positive à tout ce qui va avec, notamment dans le
travail ! Il est surnommé "Mr. Good vibes" et c’est vrai. Il mérite tout le succès qu'il a eu. De
ces innombrables disques auxquels il a participé et bien sûr, il a joué et composé avec Pat
Léonard et Madonna son méga hit "La Isla Bonita". Il a mis son visage sur la scène musicale, à
jamais. Bruce tout le monde l’aime, mais personne ne l'aime plus que moi !

Interview Bruno Fabrigues (Traduction Olivier Rutica) pour Cool Night – Janey Clewer le 10/02/2009
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