POURQUOI LA REPRODUCTION SOCIALE RESTE-ELLE FORTE EN FRANCE ?

I.Analyse de l'intitulé du sujet :
→ Délimitation spacio-temporelle : France, depuis la démocratisation scolaire (60s) → Nature du travail à faire : Expliquer (Pourquoi) → Mots-clefs : reproduction sociale

II.Éléments de l'intitulé du sujet
Classes sociales, groupes de statut, catégories socioprofessionnelles, mobilité intergénérationnelle/intragénérationnelle, mobilité observée, capital culturel. III. Reformulation du sujet

→ Pour quelles raisons l'immobilité sociale intergénérationnelle est-elle si élevée en France ?

IV.Problématique
=> Quels sont les déterminants qui ont favorisé l'immobilité sociale intergénérationnelle en France depuis la seconde moitié du XX° siècle ?
Lorsque le journal Le Monde a lancé son appel invitant les jeunes de plus de vingt-cinq ans vivant encore chez leurs parents à témoigner, il ne s'attendait pas à recevoir plus d'une centaine de témoignages, tous plus édifiants les uns que les autres. Crise, chômage, précarité d'emploi... voilà le quotidien de ces jeunes bien souvent plus diplômés que leurs parents. Et malgré cette sur-qualification, ils occupent la même position sociale que leurs parents, si ce n'est moins. Il s'agit de l'immobilité sociale intergénérationnelle : les enfants n'arrivent plus à s'élever dans la société, ce qui déroge aux principes de la France où les générations futures sont toujours censées vivre mieux que les précédentes. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale et tout au long de la seconde moitié du XX° siècle pourtant, les gouvernements se sont efforcés de trouver des solutions, en démocratisant le système scolaire par exemple. Et pourtant, la reproduction sociale reste élevée. Comment peut-on l’expliquer ? Quels sont les déterminants qui ont favorisé l'immobilité sociale intergénérationnelle en France depuis la seconde moitié du XX° siècle ? nous verrons dans une première partie que l'inégalité des chances est encore très forte et n'a pas disparu, avant de nous intéresser au déclassement social et à l'aggravation de la reproduction sociale par celui-ci.

V.Plan détaillé I.Une reproduction sociale provoquée par une inégalité des chances forte...

A. Une démocratisation scolaire peu efficace
École inégalitaire, inégal accès aux études secondaires, aux grandes écoles... Exemple : pourcentage de jeunes de milieu populaire entrant à polytechnique, l'ENA, l'ENS divisé par deux entre 1963 et 1993.

B. L'origine sociale perpétue la reproduction sociale
La culture et les valeurs valorisées par l'école sont celles transmises par les milieux favorisés, ce qui contribue à creuser le fossé des inégalités entre les différents milieux d'origine. Exemple : les activités effectuées par les enfants avant leur entrée à l'école diffèrent selon le milieu social.

II.… et aggravée par le déclassement social
A. L’ambiguïté du déclassement social
Deux définitions différentes, l'une définit le déclassement comme le fait d'occuper une position sociale jugée inférieure (du CDD au chômage par exemple), l'autre le définit comme le fait de perdre tous ses avantages liés à un emploi, donc de passer du tout au rien. Exemple : Les divergences d'opinion des sociologues Camille Peugny et Eric Morin.

B. Une inflation des diplômes responsable du déclassement social
Comme de plus en plus de diplômes sont délivrés, on observe une baisse de leur rendement ce qui ne permet plus d'obtenir le même emploi que précédemment. Exemple : En 1980, un homme de 45 ans avait deux fois plus de chances d'être cadre qu'un homme de 25 ans

VII.CONCLUSION
Malgré les mesures prises par les différents gouvernements pour réduire l'inégalité des chances et promouvoir l'égalité au sein de l'école depuis la seconde moitié du XX° siècle, la reproduction sociale reste toujours très présente en France. Si l'école y joue un rôle essentiel, elle ne constitue pas le seul déterminant : le déclassement social, voire la peur du déclassement social, aggravent cette reproduction sociale qui n'a jamais disparu et qui est restée très élevée. Il existe bien une mobilité sociale ascendante, mais elle reste inférieure à l'immobilité sociale intergénérationnelle et aujourd'hui, malgré un niveau d'études supérieur à celui de leurs parents, les enfants occupent majoritairement une position sociale équivalente voire inférieure à eux. Pour remédier à cette fatalité, le gouvernement français a décidé de mettre en place un système de discriminations positives en instaurant des quotas d'élèves boursiers dans les grandes écoles. Dans ce cas-là, ce ne sont finalement ni les enfants issus de milieux favorisés, ni les enfants issus de milieux pauvres, qui sont les plus à plaindre : ce sont les enfants des classes moyennes qui vont subir la reproduction sociale car on aura considéré qu'aucune aide ne devait leur être apportée. La société française est-elle si méritocratique qu'elle en a l'air ?

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