You are on page 1of 630

DOSTOÏEVSK!

JOURNAL

D'UN ECRIVAIN f
1873, 1876 ET 1877
TRADUIT DU
PAR

RUSSE:

J.-W.

BtENSTOCK

et John-Antoine

NAU

PARIS BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
tt)tt)~fMCBH.UE.tD)TMB ii, RUE DE GRENELLE, i904 TcM dfoH< f<«~<. ii

DMtoïMtM comment" àpuMerteJo) écrivain en 1876. C'6t~" hN< d'un dans le gel torte de guette mensuelle, du Bloc de Ctemeaceau numi chaque était d'article. exclusivement composé Cet arMetM M~ent Dottote~<)(). trait des ou Htt6rtir< quMMout po!)Uquee t'auteur tutxi des rtcitt et i y donnait des notet dq caract. nouvelles, parfois tMj~, tn 1873~ Mut tutobiem'aphique. Le Journal m6me utre d'<'n <cr<ua d) DotMeMM avait écrit une lubrique la Revue (Af CMo~eH) Grajdanine Me~tchers~y. prince Le Journa!d'uf<~cnuo/n obtint, p< un tucc~ Eu 1876 son temps, )nou' avait 1.982 abonnet, et la vente au num~ 2.600 atteignait plusie~ exemplaires; numéros furent Urtt en deux et troi. 6 tions. En 1877. les tbonnemente e'O valent à 3.000, avec le même eM<rrep< d'X) la vente au numéro. Le numéro une étude sur- Po contenait 1880, qui fut tiré à 4.000 exemplair chkine, 6 rendue Une teconde en quatre joure. lion de 2.000 exemptttre* M trou« et en que!auet lement Jour*. épurée 1881, on ttrt 8.000 eMmphtrM daJo~ tout furent nQ< d'un<cr<u<!<n, ~endu~ uoen' jour de la mort de Dostofetttti ire))e de 8.000 edttto" eMmp))Jret au<st tr~< rite epuitee. n< Comme dans les edtt!om ruttes, au Journal eenM avons annexé d'«n aux la lifté, la Préface «rMc/f* <uf turc DotMe~< rHMe, par publiée en 1861. De mémo dans la Vr~nM, nt avons contervé l'ordre chronotog!que. rut<e. l'original t.

PRÉFACE

in

iMBm

SBR

u

un~umE

RUSSE

Extrait

de

!<t Re~ue

Vrewi~

(jan~tey

1081)

1

S'i! Mt un pays qui soit ignoré et jneconuu de tous lcs autres pays lointains ou limitrophes, c'est* bien la Russie. Pour ses voisina de l'Ouest, nulle Chine, nul Japon ne. lurent d'un plus grand mystère Cola. jamais enveloppés encore. Et nous lut, est et sera peut-être longtemps rien. n'exagérons La Chine et le Japon sont éloignés et d'accès de l'Europe La Russie est ouverte à tous tes EurodiMcile parfois. les Russes sont ia. & !a portée des investigations péens le caractère et pourtant d'un Russe est peutoccidentales, être plus mat compris en Europe d'un que te caractère Chinois ou d'un Japonais. La Russie est, pour ie Vieux On trouvera le mou Monde, l'une des enigmesdu Sphinx. vement perpétuel avant d'avoir saisi, en Occident, l'esprit ruMe, sa Mttare et aon orientation. A ce point de vue J& je crois que la Lune est explorée presque aussi complètement que la Russie. Un sait qu'i! y a des habitants en Russie, et voiià toute la dinereoee:cM~is quels hommes sont ces Russes? C'est un pr~~M~sL un. est encore IMSa~eM~ëST~uropeens croMn~~veir;d<~u!s longtemps, reaola. ïift ont !aH, de ten~t euorts itu~e;: quelques
1

2

JOURNAL D'UN ~CMVAtN

·

de& pour nous étudier.. Hs ont. réuni des documents, ont même été des faits. Quelques chinres, investigations reconnaissants plus loin et nous en sommes extrêmement à ceux qui tes ont faites, car il nous serait pro9tabi& toutes ces études, M n'est rien d'être eoanua.Maisde sorti do vrai, de synthétiquementvrai. Les.eCorts des chercheurs se brisaient à quelque obstacle. toujours enfantine Quand il s'agit de ia Russie, une imbëciiiite s'empare de ces mêmes hommes qui ont inventé la poudre croient et su compter tant d'étoiles dans te ciei qu'ils vraiment les toucher. Cela se manifeste aussi pouvoir bien pour des vétilles qu'au cours de savants travaux deset l'avenir de notre tinés à faire connaître l'importance on a dit quelques choses exactes sur Cependant patrie. située entre nous on a constaté que la Russie se trouve tels et tels- degrés de latitude et de longitude, qu'elle abonde on ceci et eu cela et qu'elle renferme des régions En où l'on voyage dans des traineaux attelés do chiens. plus do ces chiens, on sait qu ii y a en Russie des hommes très bigarres, constitues hommes et comme les autres Ils tiennent à !a feis à personne. uerësaembiant pourtant On sait que notre peup!e~ de l'Européen et du Barbare. est assez ingénieux, mais qu'il manque de.gënie propre.; est très beau vit dans des cabanes de boi~ qu'il qu'il nommées isbas, mais que son développement intellectuel hivernales. On est retardé par tes pàralysentea gelées armée très nomn'ignore pas que la Russie encaserne,uae mais on ae figure que le soldat russe, breuse, simple ne pense pas, n& mécanisme bois et ressort, perfectionné, sent pas, oe qui explique dans bravoure son Involontaire est à le combat sans ihdép'wdanee que cet automate tous les points de vue à cent piques au-dessous du troupier français, ii est admis que ce pays a possédé un emle Grand, surnommé pereur, un certain Pierre, monarque à demi civitisé et dévoré de non dénué de capaoitéa.nMtis on n'a pas été sans entendre dir~ passions sauvages; de s~b&rbariepri* qu'un Genevois, appeieLetort, te sortit en fit une sorte d'homme mUive, d'esprit et ).ui suggéra jt'Mjtéëde créer une manne, de forcer Ms sujets a se raser et& couper ieura eaftana trop ~ong9.1/eSet d~ rasoir sur-

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAtN

S

tes Russes devin. une fois gtabres, tout lut merveilleux des Européens. chose tomme rent très Vite quelque Si Letort au monde, Genève n'avait pas eu la bonté de donner leurs barbes et nui progrès, encore tes Russes auraient Russie. Ces exemples no se tût accompHea par conséquent, eotteetionKés ;suffisent; <oua les autres renseignements ttont de la mémo force. Et nous ne plaisantons pas ouvrez écrits sur nous par divers tous les volumes voyageurs. tiaex-te& attenmarquis. .vicomtes, barons et, de prétérenco. do vous. et vous verrez si noua nous moquons tivement c'est que ces livres sont. pour la plupart, Le plus curieux indiscutablement ouvres de gens d'un esprit distingué. les caracà distinguer des yoyageura Et cette incapacité chez presque du Russe, vous la retrouverez téristiques établis chez nous. Ils passent quelquetous les étrangers dans notre fois des quinze et des vingt années à s'orienter saisi un parcelle de vérité, avant de milieu, avant d'avoir familiarisés avec une seule idée russe, t'être t'Attele plus proche Prenons d'abord notre voisin viennent chez nous, fils mand. Toutes sortes d'Allemands do rcia de Souabe et d'ailleurs, d'États libres, sujets braves rotubuts d'études, savants attirés par de sérieux mais utile, est riers dont la spéciatité< plus modeste, des pains et de fumer des Saucissons. <i& cuire Que de encore s'inde Lûdohena! D'autres Webera et combien euroaux Russes les curiosités faire connaître renient avec des géants et des~ géantes, ils nous arrivent péennes; des singes, que les Allemands, dés marmottes savantes, <Mmme chacun sait, ûnt inventés pour le plus grand plaisir tours différences Mats quelles que soient dea Russes. et de but, tous les d'éducation, d'intelligence d'origine, sont d'accord dès leur apparition, quand il Allemands, ils ae défient de lui et le mépris'agit de juger le Russe ° sent plus ou moins ostensiblement. dans notre pays Certains Allemands encore débarquent ou. gérer des propour; servir chez des gentilshommes il en est qui, poussée par te démon de l'histoire priétés aux hanneMtureUe, entreprennent de doMer tâchasse tt immortelle, tons russes et acquièrent ainsi une gloire se rendra vraiment utitea, se livrent &de ~o eatqui.pour

s

'0

<

JOURNAL

D'UN

]6CBtVÀU<

recherchas pour savoir de queHe pierre sera profondes du futur construit !esoc!e monument que !'oo élèvera du Millénaire sans conteste poasible lora de !a céiebrat!on russe. Beaucoup d'entre eux sont d'exceUentea gêna qui consentent & noua faire t'honneur le russe, d'apprendre de raffoler de la Utterature ruaae. Ceux ta, dêaireux d'être à la Russie et à Ferudition agréables imagineétrangère, ront dès qu'i!s entendront quelque chose à nos dictionen sanscrit la JRoMf<K~. de Kheraskov.. naires, de traduire Je ne dis paa que toua traduiront ce be! ouvrage; quelques~ uns ne résideront en Russie que dans te but d écrire. & leur tour, leur propre ~oM!edc,qu't!a natupublieront. rellement en AUemagne. On connelt dos oauvrea de ce ~enrequ!sontH!uatrea On M met lire une de ces JRoM~adM. C'eat sérieux, c'ett oense, pondéré, c'est même spirituel. Les faits sont c'est exacts et intéressants; et p!étn de vues orig!na!es 1 et tout à coup. lorsqu'il s'agit d'un fait capiprofondes; tat, d'un fait qui revè!e tout un côté de l'tme russe, notre lettré s'arrête, perd son nt et termine par une àner!e si monumentale que le tivre tomSe de nos mains, parfois sous !a table. Lea Français en voyage chez nous ne ressemMent guère aux AHemands. Ha voient tout sons un jour tout a fait – diCerént. Un Français ne traduira rien en sanscrit, non qu'il Ignore cette iàngue, car un Français epnnait n'a rien appris, – maia parce qu'i! tout, même torsqu'U vient chez nous avec une to~t antre intention lut arrive en Russie avec !e ferme propos d'y tout percer à jour & son regard d'aigte, de découvrir le fin du fin dans grâce tes derniera et de porter replis de notre conscience sur nous un jugement A Paria, définitif dej~, iï savait ce sur la Russie qu'il écrirait ;H a même vendu un volume où il partait d'avance de son Myage. !~iaiiappara!tehez nous pour britier, charmer et ensoreeter. persuade Ua Français est toujours qu'H n'y a jamais !tMt de remercier tnème ai perMnne de quoi que ce soit, ~n t"~ t ~M~t"t ~F~~ T~ au contraire. e<Bur,Men ~!ais il e~t certain que ce ee Sont pa< les antres qui lui ont fait pla!sir que c'eaUMt

JOURKA~

D'UN

~CRtVA!N

&

la présence a été une bénédiction dont tous ceux pour Même le plus sot et le plus libertin qu'il a rencontrés. d'entre eux part de chez nous convaincu qu'il nous a oausé un bonheur inoubliable par sa venue et aura, pour si peu que cela soit, contribué à i'avanoemont de la Russie. en voit -qui, partis de chez eux avec l'intention On de noua scruter.jusqu'aux moelles, consentent à passer parmi noua plus d'un mois, espace de temps immense, car dans cette un Français trouverait bien le longue période un voyage autour du monde. moyen de faire et d'écrire Doutex après cela de la bonne foi et du xote de l'investigateur! H commence par jeter sur te papier ses premières sur Pëtersbourg, impressions qu'il traduit assez heureusement, puis compare nos mœurs aux instipolitiques tutions toutefois avoir aux anglaises, après enseigné < boyards a à faire tourner des tables et à souffler des bulles de savon, ce qui, entre parenthèse, nous change un Alors il se décide peu de l'ennui solennel de nos réunions. à étudier la Russie à fond et part pour Moscou. La, ii le Kremlin, devient rêveur en songeant à Nacontemple fort notre thé, loue la beauté et l'appapoléon, apprécie rence de santé de notre peuple, tout en s'afftigeant do la et en déplorant l'insuccès de la corruption prématurée culture européenne, et la disparition trop vite introduite, de< vraies coutumes nationales. ,A ce propos i! tombera & sur Pierre te Grand,.et, brae raccourcis sans trop grande nous mettra au courant de sa propre biogratransition, étonnantes. Tout peut arriver & phie pleine d'aventures un Français en éprouve, du reste, te moindre sanaqu~U mat. L~-dessus il dcaoera un conte russe, un conte vrai, bien entendu, fait avec des morceaux de vie russe pris sur nature et intitule: .MroMcAAot. Ce récit aura deux mérites il dépeindra Premièrement des parfaitement mœurs qui peuvent A la rigueur s'observer en Russie; · Mceadement it donnera tout ~uMi bien une idée des meeu)~ et coutumes des Mea Sandwich. En passant, notre voyageur daignera jeter un coup R<MM~ d~CBUjHtt i<L HM~atttt'<)jaMM.6<Jl.JMMM-pM'IW~d< chMne et remarquera un complaisamment que c'était non aans taièat, tout t fait nationai et qui. poète imiÏ.

< > t~tt~Mt~t

JOURNAL

P~N

J&CRÏVAÏN

A~~–~ ~~jt-~a–– ~t tt~ ~–ti* tait avet a~m~Aa André succès CMnier et Mme DeshouhtrM. H goûtera avec quelque déférence Lomonossov, de pariera en constatant un fabuliste Derjavine, assez que c'était bien doué, original et qui. imitait MOM gentiment La Fontaine. H gëmiraaur ia mort prématurpeda Kriiov, ses romane très personneia. qui, dans imitait de façon Alexandre Dumas. passable Aprèa cela il dira adieu Moscou, N'eatoncera plus loin ~aM te paye, s'extattiera devant les ttothfa et repartttta au CauMBe ou, prêtant son concours aux troupes ruMeo. n tirera sur tes Circassiens, de puis fera la connaissance avec lequel il retira les 7'roM ~M~uefa~rM. Schamyi, Nous ne plaisantons rien. Noua pas; noua n'exagérant sentons à quel point noua paraiMOM bien. cependant, mais voyez charger, caricaturer vous.mettea, !<M!: Uvrea les plus sérieux écrits sur noua par des e;raagar~ et~oua jugerex si noM sommes dans vrai ou non.

0 i

'IÏ m U né faut pas trop nous en attriater tea opihioM tea absurdes sur notre compte par des étranplus exprimées ont souvent gers trouve ieur forme en des tempe trowbiës aux malentendus, &ia suite de guerres propices et de, bttuieversements. Toutefois. il est bon de dire qu'aux ies jugements, époques ies plus. paoinques moias violents dans leur libellé, demeuraient de ta toujourw empreints Des tivres sonU& que l'on peut plus grande ignorance. consulter a ce sujet. Irons-nous taxer l'étranger de stupidité de baineou pour ceia ? Raitierons-nous te maBqu& de clairvoyance <t borné de nos critiques Mais ies opinions Ï'esprit ? siagMlicres do&t nous nous plaignons sont professées par la d0c~ totat'~desj~ys Nont répëtées «Mew, par des ennemis et par des indiMet par des Mges, par d~a bandita renis, par des violents

L

~OURftAL

D'UN

ËCMVA<N

7

en vera et en prose. et par des gens d'une haute probité. dans un dana des romans et dans dea pages d'hiato!re< d'aasembtëes. < Premier-Paris et du haut des tribunea et it semble ditËcHe d'acIl y a là uti sentiment générai, vouloir. Diaona-!e francuser tout le monde de mauvais courante sur la Russie a ses raisons chement i'opiuion sans cesser d'être complément hausse, elle est d'être; ne peuvent iMue des seuls ëvënementa. Et les étrangers do les même quand nous essayons pa<t nous comprendre iratt s'abonner Français détromper. Croyez-vous qu'un do noua méme si noua lui promettions au Vremia «aurer la collaboration de Cicéron (D'abord nous ne On ~cadrions peut être pas de Cicéron comme rédacteur.) en France encore donc pas notre réponse ae connaîtra bien moins en Allemagne. du resto~ combien il est diMcite aux nattons Remarquez, entre elles. Prenez un Angtats. dtMJuger équitablement des Français H eat incapable d'admettre que l'existence le l.e Français ae baaé sur des~ principes raisonnabtes. en avec intorûts, paye de la même monnaie, quelquefois Et et autres ententes cordiales <Mpit des aiiiancet des. l'un et l'autre sont de vrais Européens, pourtant Européens-types. nous autres nous deviner, Comment pourraient-ils des énigmes Russes, pour nousqui sommes parfois mêmes ? En Russie, îe~ < Occidentaux ne. fout Us pas tout au monde pour être .inintelligibles aux «.Siavodos phiiea ~,qui ne tiennent pas plus à être compris < Occidentaux ? pouf y a encore une très bonne raison qui explique C'est quoi nous ne pouvons être compris des Européens. tout simp!ement que nous ne sommes pas des Européens, bien que nous nous donnions obstinément pour tois. Gemmant s'y reconnattraient~Hs quand nous nousgardoM de rcveier ce qu'il y a d'original on noas. ce qui nous est propre? De ce que nous n'arrivions pas à devenir nous avons un dépit Complètement français, éprouvé etlorta ,JM;)tÍr Bonnet et o&ïou~ nous occidentfuiser, nous avons pris i'appMenced'tHM nation ineobérente.

8 Ufatiait

JOURNAL D'UN ~CjRtVAtN

tAcher d'effacer cette fâcheuse impression. Et dos nôtres ont pris à cœur d'y parvenir plusieurs députa on siècle et demi. M. Gretsob, est aHë en par exempte, Il nous adressait Lettres Parisiennes*. France.d'oa des Nous savons de lui qu'il t&chait de tirer les Français avec Sainte-Beuve, avec Victor d'erreur, qu'~i causait < J'at dit <an< détour à Saînte écrivaitBeu~e Hugo. «tn< détour à Victor Hugo* Nous ne il < J'ai déclaré noua rappelas racontait s; plus tout ce que M. Gretseb ouvertement & Sainte-Beuve et a Victor Hugo(!t faudrait eoaau!ier lès < Lettres Parisiennes en tout CM, M nous *) souvient qu'il incriminait parfois devant eux i'immoraitte de la littérature Vous pensez si Sainte-Beuve française. devait ouvrir de grands aous sommes yeux – D'aiiiefcs rassures. Les Français sont un peuple extrèMement poli, de mœurs et M. Gretsch revint de Paris. sans la douces, moindre egratigaure aurait, Ajoutons qu'on peut-être,; tort de juger tous les Russes sur i'ecbantUion qu'en fournissait M. Gretsch. Mais assez snr ce personnage. D'autres que lui prirent à tAche d'éctairërt'etrangcr, nos ofnciers de cavaierie en retraite, entre autres gens et débonnaires, ebiooi gais revues, qui avaient, j~dts.aux te public féminin par ia beauté de leurs formes moulées dans .des uniformes de collants. Beaucoup de membres notre jeunesse dorée allèrent aussi mmer la bonne parole; ceux-là n'avaient servi dans aucune arme, mais. pariaient abondamment de leurs terres. Nos gentiishommes ne demeurèrent campagnards pas en retard: ils partaient avec toute leur famitie et tontes !curs malles ils grimdans les tours de Notre-Dame, paient placidement regardaient de là Paris, couraient puis. redescendus, après les derrière le dos de leurs femmes. grisettat, De vMiies dames, devenues sourdes et privées dedents, ,1I'.be8:1è~8te'de j>éMalent tuemrele~r,teet' rasse. eenn~Ment tMBt i'Mtage~~àMngue qo'eiies H< pea<i'aiUearsM~ravant. ~M~ MfeBtieBt~t~ -.JM~ gtn~iM<t~~ f<t!Bt< de tMttts les intriguM courant de Lord Patpolitiques men)ton,dM toMiat potttM francais.eti'onen Myaitqui,

JOURNAL

D'UN

ECMVAtN

9

aux domest~ura voisins d'ordonner à table,, priaient un verre d'eau tant il leur on coûtiques de leur verser un mot de russe mémo pour parler aux tait de prononcer laquais. Certains leur langue et n'oubliaient pas si absolument Ces on ne sait pourquoi, do littérature. s'occupaient, des comédies du genre des promontaient gens instruits verbes d'Aitred de Musset. des Supposons qu'il s'agit titre do Racanes. (Rien entendu, nous donnons là un toute la Comme le sujet des. jRacones fantaisie.) dépeint de ce genre da comédie et classe sociale qui s'occupe pourrait être, en mémo temps, le type des pièces analoon deux mots gues, nous allons le raconter !t existait au dix-septième siècle, un jadis, à Paris, des plus p!ats rimailleur .nomme Racan, lequel était in)ui-meme. digne de cirer tes bottes da M. Stoutchevsky Une marquise imbécile est charmée par ses vers et veut à toute force faire sa connaissance. s'enTrois nigauds tend'ent pour venir chez elle, t'un après chacun l'autre, etro Racan. Des que la marquise a réussi à prétendant l'un de ces Racan, un nouveau Maoan se trouve congédier devant etio. – Tout resprit, tout le sel de la comédie est dana i'ebanissèment de la marquise, enrayëo do ce Racan en trots personnes. Les Messieurs, parfois quadragénaires, qui accouchent – après le Rovixor de pareilles œuvres théâtrales, », convaincus dotent !a littérature russe do présont qu'iis cieux joyaux. Et ces Messieurs no sont pas un.ou deux Us s'appeiïent Ce serait une Mche charmante Mgion. pour un teMiitetoaniste que de raconter les sujets de toutes ces comédies, de tous ces proverbes, etc.–Je connais aussi un délicieux conte où il est question d'une montre avalée qui continue sôtt iiç-tao dans !e ventre de l'avaleur. demandons C'eat !e dernier mot déjà perj'ection!–Nous ce que penseront sur ces ëchantU~ de nous tes étrangers ions de nos productions littéraires, nous dtra~n~ des RuMasd&e~ n'y a~-t-U.que l'H Mabt, Pardon !it y en a beauKënrequraUienta rétrMjg'er? ou tnais vous ne !ës avez pas remarques, coup d'autres, bien Us ne vous ont pas parte, d'un ~ue diriez-voua

M

JOURNAL

O'~NjÊCMVÂïN

i~<

Ttomme arrivant de ai loin qui vous dirait que voua êtes Mtardataires, ot que le que !a lumière vient de t'Orient satut n'est pas dana la Légion d'honneur?. Vous lui ririsi! au nez. Je voudrais, moi, dire aux ëtrangerSt a'iis consentaient n'avez rien su.observer ~m'ëconter:<tVous de nous, vous ne connaissez rlèn do noua. bien que votre Mérimée être au courant dé notre histoire et qu'il eût s'imaginât écrit quelque chose comme le commencement du drame du faux Démétrius, une oeuvre quelconque. enfin, d'après se- renseigner sur l'histoire russe tout peut iaqueiiecn aussi bien que dans Marthe la Mairesae de Karamiino. 11 ~st bon de remarquer que ce faux Demétriua reasemb!e terriblement à~iexandro Dumas. Je ne pa~e pas des romani de cet écrivain, mais de fauteur lui-même, le vrai, le marquis Alexandre Dumas, Davy de la Pait~etterie. !~on, voua nous ignorez autant que notre histoire. Vous voua bornet à répéter que le genevois Lefort, etc., etc. Ce genevois roh dans Letort joue. pour vous, un,tei inotro Matoire que je crois que toutes* vos concier~s le connaissent. nn Ruasetetftr -parisiennes deQuand ~mande le cordon à une heure indue~e suia Mea sûr < Sale Russe, entre leurs dents si -qu'elles marmottent ce <oquin de Letort n'était tu serais pas ne à Genève, dans la.barbarie; tu'ne eneoreptonge jouirais pas de ce centre du monde civHise; tu ne me réveillerais Paris, TMs en pleine nuit et ne serais pas ia à brailler Cordon, II s'it vous p!ait! Je ne vûatt reproche pas votre ignorance je vous passe même votre Lefort, qui est cause qu'un cwtain nombre de ceox qui partent votre langue ne. Mnt pas morts de faim. Combien d'instituteur)), de prëcepieurs dont toute seienee ''onsistait à savoir que Je genevois Lefert, etc., chez nous pour raconter Mnt arrives tes aventures, do cet aeiv&te aux fils des « boyards et ont du au bieng~<<mitaA jMiMC. Ut(e. tasi~on j)ocia!e nous auraient iis étudies, ceux~ià? Pourquoi Pourquoi. ~t reste, une nation pratique et vertee dans tM tfhires <omme 1a. natidn trancaiM perdrait eHeaon tempt à des

JOURNAL

n'UN

ËCMVAtN

tf

semblables ~C~ serait de l'art investigations pour lArt,. et cette théorie n'a plus cours chez vous, bien que vous Ponsard en jugeant peut-otre que t'Aca-* ayez academiso ~Onio était l'endroit où devaient finir dos hommes de force. cette des sciences ?. Mais justeQuant à noua inculquer ment n'est-ce pas vous qui avez dit que nous étions un de Toutefois, peuple rebelle. a la science? permettez-moi vous dire que si nous ne nous étions formés que d'après vos leçons, nous pourrions être uao nation assez futile. nous savons unecho'se Mais que vous ne savez pas c'est que votre civilisation a pénétré tout d'abord chez nous parce qu'elle convenait à nos aptiparfaitement tudes premières et que cela serait arrive naturellement, même sans l'aide d'aucun Lofort. Mais maintegenevois nant cette civilisation a donné tout ce qu'elle pouvait et nous cherchons de nouvelles forces dans le donner, soi natal. 11 importe culpeu que le nombre des Russes tives soit restreint ce qui est beaucoup plus sérieux, c'est que le rôle de !a civilisation a pris fin européenne en Russie. Nous allons à une autre culture et avons conscience du besoin que nous éprouvons d'un dévelopdans un sens nouveau. Le principal est que nous pement on ayons conscience. La civilisation n'a européenne apporté chez nous qu'un élément nullement prépondérant, utiie certes, mais incapable d'altérer notre substance Nous découvrons des buts neufs et pour les originelle. nous devrons des moyens atteindre, neutp. employer L'essentiel t'œuvre est que la. que tentera d'accomplir Russie n'aura guère de ressemblance avec les Racanes ». Hne s'agit pa& du nombre plus ou moins grand de Russes à cette oeuvre utilement ce qui est qui collaboreront certain et précieux, c'est que l'on s'est rendu compte de sa nécessité. Vous croyez.–ou du moins vos vicomtes croient, – que ItRnssion'est composée que dedëux classes:le8<'boyards~ et les suris ".Ce n'est pas encore demain que noua Rrrivereas ~TCMTonTaiBcrc qoctnns ics dctacnts qui ont formé notre paye peuvent se fondre harmonieusement. c'est che!: vous qu'on les trouvait QaMtaux boyards

12

jOUKNAt

n'MN

ËCMVAt!<

alors que vous étiez divisés en vainjadis, en Occident, au sens que voua donnez queurs et vaincus. Les « serfs réelie en Russie. à ce mot. n'ont pas plus d'existence Toutes les classes peuvent se tondre chez nous à l'oocaC'est justement ensioo, facilement et. pacifiquement. c~ia que noua diCérons de vous dont chaque pas en avant une lutte violente. n'a été tait qu'après S'il y a des disen Russie. elles ne sont qu'extérieures, sensions accidenobstacle telles, provisoires eh quelque sorte, et le dernier .à l'union a été levé par le sage monarque qui complète le Tsar béni entre les bénis pour ce qu'il nous gouverne,
a fait pour nous.

de classes les classes Chez nous, il n'y a pas d'intérêts n'existent eUes-memes parier. pas, à proprement Itn'y nous a pas eu sur notre terre des Gaulois et des Francs financièren'avons jamais connu le cent qui déterminait Le. Russe a l'esprit de l'homme. mènt la valeur trop admettre les haines de classes et: l'institution large pour du cens. se cherche encore ~n peu, mais elle La Russie nouvelle encore une foie, de sa force et qu'importe, a conscience intellectuels ne soient pas, pour le que ses contingents des plus considérables. Elle vit, en tout cas. moment, dans le cœur de tous les Russes, eile palpite aux aspiNotre Russie nouvelle rations de tous les Russes. comses éléments la fusion de tous se fera. comment prend à son génie naturel; Elle sait l'éduce.tion qui convient actes significatifs et elle-s'est manUeaMe -,par quelques ne s'est pas conënëe dans la manie d'imitation que vous Elle a déjà montré lui reprochez injustement. qu'une son sol. Chaque jour, nouvelle dans mora'ité germe Elle sait qu'elle ne fait que aussi, son idéal s'éclaircit. doit donner, ce qu'elle commencer a donner maia elle dans le monde des idées, et toute œuvre dépend, produit, eSectif. Elle u'igapre n'est-ce pas; de son commencement et pas qu'elle n'est plus guidée par la tutelle européenne sur un chemin tout, neuf et immenséqu'elle s'avance v!vfë 'que ment iargc~Att moment~ c~~trï~ot~pta~ eite se retourne vers vous et de ses propres ressources, de la science que voua vous remercie respectueusement

JOURNAL -8_-

B'UN

ËCNVA!N -8-

ta

car notez bien qna ce n'est pas votre lui avez transmise, à son génie propre, mais civilisation qu'elle veut adapter bien la science issue do votre civilisation. C'est avec une une éternelle reconnaissance durable, qu'oiie apportera vos acquisitions inteiiectueiles à son peuple; mais elle .saura attendre le moment où co peuple aura su faire en se l'assimilant suivant quelque chose de la science La science est immuable, ses propres aptitudes. certes, ses principes, dans son essence, mais les fruits dans selon la nature partioutiero qu'eiie peut donner varient du terrain où on la cultive. nous dira-t'on, Permette; qu'est-ce que votre peuple russe? Vous affirmez que nous ne vous connaissons pas. vous connaissez-vous Vous Mais vous-mêmes? parlez de vous retremper daas vos forces populaires nationales. vous t'annoncez dans vos journaux, vous l'afficheriez Cela veut dire que vons recoupresque sur vos murs. n'avoir Misaez aucune idée de eu, jusque présent, votre fameux principe Vous croyez maintenant national. la joie vous monte & la tète et vous t'avoir découvert; & toute crie:: votre orgueilleuse satisfaction l'Europe.. Vous êtes comme une poule qui a pondu un ceuf. Vous nous annoncez deviendra avec que l'idée russe le temps Ja synthèse do toutes les idées européennes, ces a mis tant de temps à creuser-, puis1 à Môea que l'Europe façonner. Qu'entendez-vous par la ï – Nous ai!ons vous fournir des explications. – Ah'non! laissez-nous s'écriera un tranquilles du reste, et que je ne mets (de pure fantaisie, Français là que pour les besoins de l'article). Et le brave homme tremblera à l'idée qu'il lui faudra encore digérer quelques de notre prose. pages – Tant pis pour vous vous avez désiré des éclair1 cissements~h bien! vous ~saurez! tout près de moi, un excellent (Jeme ugt<re aussi, Allemand quf. fume sa pipe et ne perd pas un mot de ma càuserie, tout en cherchant à sa physionomie donner répression de nronie la plus fine et la plus caustique.) :< Nous croyons, Et je commence ~dirai-je. encore une digression Mais, lecteur, permettez-moi
2

M

JOURNAL

D'UK

~CM!VA!N

laissez-nous dire encore queïques motS) avant d'entre dans le vit de notre discours, non que ces mots $o!eot ma!a Ha semblent vouloir sortir d'eux-~ indispensables, m&mes de la plume et apparattre sur le papier. H y a toujours quelques opinions dont on a peur, qu'oa désavoue en public. bien qu'on en soit pMttsM) en seorat. on les oacho dane un boa but. OB peut QuoIqueMa craindre de compromettre la vérité ea rexpoaaot hora de saison. Mais le plus souvent notre silence vient d'Hnc sorte do jésuitisme intime dont le mob!!e principal est un amour-propre Un sceptique a dit que notre exaspéré. aiecto était celui des amoura-proprea irriMa. – Je tout le monde de cette taiMeMe, n'aeouBepas ma~a it faut convenir que maintes tes pires gens supportèrent si elles oa leur sont pas adressées insultes, très c!a~r<ntent. ai elles se déguisent sous une phraséologie d'une 11 n'y a que !es raitteries politesse apparente. v!aaat leur ne pardonneront et vengeront,~ esprit qu'ils jamais avec délices. Cela vient peut être de ce que .l'occasion, chacun aujourd nui sent que n'importe quel homme en vaut un autre et se place sur le terrain de ta di~iit~ humaine. de ses professeurs Chacun e<ige ie respect d& sa propre & Or, comme personne. demeure, t'esprit homme puisse avoir sur présent, io seul avantage qu'un un autre homme, il y a: peu de gens qui consenteat t etreatupides. – Je connais, un industriel, disons par exemple, l'industrie étant fort en vogue à cette heure, --qui préférerait de beaucoup d'escroc &cette d'imtbeoiie. l'épithète à son individu. Certes c'est un escroc, mais appliquée il est encore-plus imbécuo pourtant je suis sur que le à fond. second mot est le seul qui ie toucherait les hemmea dé notre si~cï~ sont parVoiia pourquoi fois un peu timides qaandU certaines s'agit d'expriafer vérités ils craignent qu'on ne les traite de retardataires En se taisant. Us passeront et do nigauds. pour accepter opinions Mcue&~DQtU~j.r~ ptr~coes~UMt. des gens d'esprit. U me paraît, pourtant, que celui qui est aince* ment convaincu d'une ou de plusieurs vérités, dëTrait ses propres convictions et savoir respecter supporter

JOURNAL

D'UN

~CMVA!N

15

chose pour e!!ea. – Ah me dira-ton, vous quelque morales tirées des Écritures! parlez comme les sentences Et de dégoût. le lecteur jettera ce livre. En ettet, dès que l'on s'avise de dire la vérité, ça resde la Bible semble, pour tout le monde, aux versets dans notra siècle est-on Pourquoi ? Et pourquoi, obligé recourir à l'ironie, à la satire, quand on de A l'humour, veut dire une chose vraie?–A notre avis, un honnête homme ne doit pas rougir de ses convictions. même si aux idées do la Bible. e!!ea sont conformes Est-il donc nécessaire de masquer !e goût de Ja vérité, do la sucrer comme si eUe était une pilule amere ? Je suis sûr qu'il y à des gens qui s'interrogent à chaque minute, se demanMens-tu? Ne mens-tu dent pas? Et cependant ces mômes gens s'échaufferont }uaqu & des convictions bien h colère artificielles. pouf soutenir sans avoir, au fond, l'intention de persuader portées, personne. de ce genre qui avouait franJ'ai connu un Monsieur chement son cas: il appartenait à cette catégorie d'hommes incontestablement senpûs et intelligents, qui ne font, que des bêtises toujte leur vie. (Et de fait il y pourtant, a des êtres bornes et obtus qui font bien moins de sottises nous lui demandions Quand que les gens d'esprit.) pourquoi il se mettait dans de si belles rages en soutenant des opinions très contestables, i! répondait que comme H n'était pas bien convaincu tai~méme do ce qu'il disait, il a'embà!!ait pour tâcher de a6 convaincre. Et peut-être de gens qui discutent y a* t-!I des quantités fur!eusemeot pendant toute !aur existence et qui meurent d& ce qu'i!6 ont si âprement défendu. 8MMêtre persuades Mais en vbita asseï. Notre conviction est faite, Qu'on viemenoUS dire que nous sommes !ofatues de nos idées, et nous parceta noue e~t~gaï, nous sommes convaiccas lerons. Noem ne ferons toyt a personne en exprimant franchenoua t<tire,<~f~ ment que Qouff croyons. Pourquoi

)6

JOURNAL

0*U~t

~CHtVAtN

m '1~
°. ~~S

Oui, russe est croyons, dirai-je, que la nation un phénomène extraordinaire dans l'histoire de l'humanité. LecaractèredesRussca diC6re à tel point de celui de toutes tes autres Battons européennes, que leurs aont vraiment dans l'impossibilité voieins de !es comprendre. Tnue les Européens ont un même but, un même -idéal, maiai!ssont dtvisës et par mitte inMrets.terrttortaux autres, Us tirent chacun de leur Mtë de p!ua en plus. H parait & decouvrtr t'ideat que chacun d'eux Mpire universel de l'humanité et que chacun veut y parvenir à l'aide de ses seules forces. VoU& pourquoi chaque se nuit a lui-même et nuit à l'oeuvre peuple européen Nous repéterona co que aous generato. sérieusement disions plus haut en p!aiMntant rAn~iais ne peut considérer le Français comme une créature raisonnable et vice versa. Les hommes supérieurs des deux nations, les chefs politiques et intellectuels tombent dana l'erreur à ce sujet, comme les moindrea se citoyens. L'Anglais voisin ea toute circonstance moque doaon et montre une espèce d'aversion aea coutumes nationales. pour Les deux peuples sont, du reste, mus on cela par un de concurrence esprit qui leur ôto toute Impartialité. L'un et l'autre n'admettent que leur propre payscomme toutes iea autres possible, considèrent nations comme des obstacles et pr~tendeat accomplir, chacun de son tout aeul, ç&té, chacun ne peut accomplir ce que que .l'ensemble des nations européennes, toutes forces unies. Faut il remonter t Jeanne un d'Arc pour s'expliquer On en trouverait les raisons J~~Ujmtagonismeî plutôt dans un examen du M!,det) ira8îi!OMà, de Ï~)~tïr<Ies deuxpeupies. Telles sont, pour-la les nations plupart, européennes.

nous

JOUBUAt.

D'UN

ÉCMVÀHt

M

universelle s'eftace de plus en plus L'idée de l'humanité La ecience même est impuissante à dans leurs pensées. de plus en plus les r.ounir ces peuples, qui s'éteignent C'est une des grandes raisons uns des autres. qui font ne comprennent que iea Européens pas les Russes et les On concédera taxent d'impersonnaiité. bien aux Russes une faculté supérieurement do comprendre synthétique H da l'humanité entière. Chez te Russe les aspirations l'intolérance européennes. n'y a pas l'impénétrabilité, Le Russe peut s'accommoder des tendances facilement sait s'assimiler toute idée. 11 voit tout de universelles, suite le bon côté de ce qui peut servir à toute l'espèce de ce qui peut avoir le moindre intérêt humaine, pour elle en général. H devinera le point do soudure possible en 'apparence les plus des idées les plus. divergentes, en outre, chez hostUM ies unes aux autres. On observe, te Russe, un esprit critique très aiguisé qu'il saura tourner t l'ccetsion contre fort impartialement lui-même par contre U n'a aucune tendance à exalter sa propre valeur, ses propres mérites. Il est bien entendu que nous parlons du Russe en généra!, de ThommecoUectiL en Le Russe peut parler toutes les langues étrangères, s'il en saisir les nnesses. comme approfondir l'esprit, de sa propre faculté langue, s'agissait qui n'existe pas chez les autres peuples européens, du moins en tant que un<tw<e~e. /acu!M na~ona/e rien ? Cela peut-ii Croyez-vous que cela ne démontre être un phénomène sans raisons et indications? fortuit, Ne peut-on pas deviner ainsi, quand ce ne serait que chose du sens dé l'évolution partieiiement, quelque future de ta nation Et voiià que cette nation, russe? victime des circonataoces, fut très longue~ sa décider à ne preasentit pas son avenir! t «HNBHhiquer avec l'Europe, le Pierre ie Grand. par une intuition de génie, comprit ro!e vrai de son pays et ta nécessité son champ d'élargir d'action. En lui, nous avons un exempte de ce dont est le Ruft~e quand sa conviction est faite et qu'il capable SSBYqueraëuréQagires~venHe. On ne se fera jamais une idée de la liberté d'esprit d'un RuMe et de saturée de vo!o)tt6. s 2.

M

MUNNAt.P'W~CtWA'M

wi !e fûte de ta ieo ~tMngera, Qui Mit, Mesaieurs Russie n'eat pas, précisément, d'attendre que votre avede civilisation tution soit achevée, que votre cycle aoit en vptt idées contradictoires, rëvotu, tout en conciliant idées humaines, et alors de morohef les eonvertissantex eocwa tnoonoue vers Faction, une action Jarge, nouve!!e, sa ~ttte ? Notre dans )'h.tatoire, en vous eatratnant tous du Mro< no racanto-t i! paw t'apotogue ;)oete Lermontov ÏUe Mourom!ett a88~ quit resta trente an& sans bauger, à !t m~me plaee, et ne se leva que quand it eut conscience dest!ticr<'eh6ro!qae? si putseantes, des ttcutt~s si variées, sibriPourquoi auraient.eHe~ ët6 dévolues- au Russe a'H n'avait ~ina!es rien a en taire? .Vous nous diw! cbe: voua, cette Mais d'où, vient, Oa donc est cette autre jaetancû, cette pfêaomptioo? tout à l'heure, faculté vantée par vous-même cette faeutte de M biàmer? de se eonnattre soi même, defe critiquer, ai nout avons commencé Mais, répondrons-noua, par noua dire de dutea noua condamner 00~9 mêmes, par una v~riM do supporter vérité!}, aom)nM~!MMM tncapaNeN sans noua en g~er/mente d'un genre diMrent, ai e!ie !e contraire est exactement d'âne optaion (MavoraMe? aommes de nos toura noas que nous N'est-ce.paa nous-mêmes m!s & part des Européens, en noas injuriés. de notre origine ne réclamant s!ave, parce que nona pouvions devenir de vrais EuropeeBtS? que noua agiMioM Eat-ii détendu d'avouer ~présent ators plutôt sottement Nous ne MM~ens aucunement ce de aoua Marner noua-~netae~ t bon sens qui aou< permet nousyrecoBQai86ons,au contra4fe,~meiHeu)ft)rttHde la nature ru%se nous en Bommes Sers comme d'mae par ticniatité comme .de qu~quc ettose propre, qui t'iM~te Bou~Mt~Bs tout tbez vou9< Noua Mvoas que pas du a no~ btamerf encore peNt'etre <Aaqee j~tr ÏMtgtemptt de plus en piws. MaiaesMtyet doino4e toacber~n Pransur: te caia dana ses idées, sur M vaiiiance Mt même ~~egKM d'h~eeur~Htez ~'AB~c{*<e ta;etde~ verrez corn motcdtedeaes babitudeadomestiquesty~us menti'unetl'autreTOM fecoodMXd!

=

c, = i;

s

cc

M)M<~<.

t/UN

~CtUVAtK

H)

donc ne pas nous féliciter de ce que chez Pourquoi aouSt en RuMio, nous n'avona pas do ces petites suscep» tibilités q~'oa ne retrouverait que chex tes < généraux de notre littérature. Nous croyons que le Russe a la tête aussi solide que n'importe quel autre être humain. Va-t-it louanperdre FMprit pour une constatation, par hasard, les étrangers, et nous n'allons geuse ? Non, messieurs nos opinions sur vous et sur nouspas motiver l'infini mêmes. Tachex seulement de nous mieux copnaïtro. Les Francis se figurent, par exemple, que nous avons insatte à leurs revers en en plaisantant, quo nous nous en sommes réjouis et que nous avons bafoué leurs eftorts si noble" quand !t~ M sont re!ev<!a et ont si bravement, ment marché dans une voie nouvelle vers le progrès. nos frères atnës très chers et aimes, nous Non, tertcs, M voua avons nous no nous pa<t'plaisantes vi!ement, sommes pas réjouis de vos revers. Parfois même nous en: avons pieuro allez-vous vous eton~veo vous. Peut-être aerdti cette dernière affirmation et'vous demander pourquoi noua -avons pieure ? Tout cela ne se passait-il pas Meatoin de nous? Mottox que ca soit une onipne, et c'en est une certainement pour vous; le fait est que nous nous somtues aMi~es de vos malheurs. Vous vous imaginex que chez nous on ontratne nos soldats en excitant leur fanatisme religieux. Grand. Dieu! Si voussaviex 1 S'il' existe combien cette idée est ridicule <u mondo une créature dénuée de tacatisme, c'est bien le soldat russe. Si vous saviez a quel type aimable, sympail appartient! Si vous pouviez seulethtque et origiHai ment lire telles nouveites.do Tohtoi où il est si partaite*: ment saisi sur !e vif! Mais croyez-vo~a que les Russes aient défendu Je Sébastopo! par fanatisme religieux? zouaves ont fait connaissance ponao que vos vaiiiants avM nos soldats et ies apprécient. Ont-ils vu la moindre Je crois que vous connaissez htiaé ehcxcax? aussi nos oitidtérs. Et pourtant voua vouiez qu't! n'y ait que deux tiaswes ebM nous les <t boyards T et !es < serfs ». Vous 4'~we <tiés~ déc!'&t6 et~Tous <!n <on6z & ce que vous tt~ ? Il est vrai que chez décide. Mais queia < boyards tOM îex cesses sembient assez nettement définies. Mats

aO

JOWNAL

D'UNIÊCMVA~N

¡ entre ces différentes classes, il y a beaucoup plus de points de rapprochement que dé causes de désunion. Chaque Russe est avant tout un Russe, et ce n'est qu'en second bu d'une lieu qu'il- se souvient d'une classe partie on a parfois autre.– Chez vous, c'est tout diBérent, = aacriué la nation à l'esprit de caste,–nout récemment et qui nous dit que cela ne se reproduira encore, pas P C'est chez vous que les classes sociales sont ennemies. Vous nous demandez avec étonnément: Mais ou est En quoi consiste votre donc voire fameux développement? » -– jEst-i! difuci!af On n'en voit guère. progrès? de <: On le voit très bien c'est vous qui ne le répondre voyez pas ? N'est-i! pas sutBsant qu'il existe dans l'esprit de tout un peuple La minorité chez nous, comcultivée, mença & tomber d'accord avec la masse du peuple eur bien des choses d'intérêt Ne dites pas que nous général. sommes ridiculement Sers de quelques améliorations prénous montrons cocos, que nous avantageux, impréNon Depuis nous cherchons à voir, longtemps voyants. à analyser. Nous avons même une indigestion d'analyse Nous aussi nous avona vécu et en avons vu de toutes les couleurs. Et à ce propos, faut-il vous raconter notre propre de notre croissance et do notre dévelopconte, l'histoire `.. pement ? Oh nous ne remonterons pas à Pierre ie Grand. Nous le récit au moment tout récent où !o besoin prendrons a commencé à pénétrer chez nous. tout a coup. d'analyse toute notre classe instruite. affectant U y avait alors des moments où nous-mêmes, nous ne croyions les cultivés, Nous lisions. encore Paul de Koctt, pas à notre avenir. tout en rejetant avec méprisAiexandre Duma~ et consorts. ses George Sanfi apparut. Comme noua nous jet&mesaur livres, que nous nous h&tames de dévorer! André Atexan les drovitchetM.DoudiChMnë.qui venait de reprënchre de la Patrie, Annales se souviennent après Biélins~y, encore de l'apparition de George Sand Lisez leur annonce dans ta MMection ~6 ïBOt jourila! ~u~éelrs~ écoutions alors humblement vos verdicts sur noua-mémes et opinions toujours dans votre sens. Nous disions Mti! a

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

2t

tdutetae savions que faire. Nous fondâmes à cette époque t'Ëcote naturaliste, de natures douées et queUe quantité dès tors se manitesta (Je ne parle pas seulement des natures d'écrivains c'est à part doués; cela je dis de natures doutes sous tous les rapports.) Tous ces nouveaux avec térocité. nous tes toréions venus,nous tes critiquions à se tourner on dérision eux-mêmes. Us nous écoutaient. sans quelque mais non rancœur cachée. A cette époque ta. tout se faisait par principe; nous vivions conformé ment à des principes et avions une peur bleue d'agir en aux idées nouvelles. Nous quoi que ce iQt contrairement besoin de nous vilipender f&mea pcis alors d'un terribte Nous nousacousions. noua-tncmes. nousnousdëtnotissîons les uns les autres. Co qu'it se faisait do cancans atora Et tout cela était sinceM JI va de soi qu'il se joignit & nous des «m~/s~es et des mais nous étions pour la plupart de braves exploiteurs; imbéclles à force d'enthousiasme et do gens sincères, beaux sentiments. on se taisait de verbeuses .Entto configens sincères insistant sur les côtés ignobles de sa dences, chacun nature et- récompense déversement d'imparunjamicat mondices du môme genre. Tous se calomniaient par ardeur excessive !e Bien et te Beau: on avait l'air pour de se vanter Si bien que te lendemain de ces mutuéUes on avait honte do se rencontrer. oniessions, I! y avait'aussi chez nous des natures Les byroniennes. le pius souvent demeuraient les bras croisés, Byrooiens Sans même se donner ta peine de maudire, comme leur chef d'école, lis se contenta!ent de sourire amèrement de a autre et se roquaient de téur initiateur temps angta!?, parce qu'il lui. arrivait de pleurer et de ~e Mcher, ce qui ëtait tout- & iaH indigne dédain d'un lord. Leur paisible dans les restaurants, !eur permettait d6<aiTe))onnochër~ d'engraisser chaque jour; m~is chaque non, seu~mtCht leur communiqua heure; et leur d<tucé amertume simplepa~ la pMpriot~Oaen Tttq~ méat aac aic~h-h~nc dana leur désintéreMemeat dans tes d'autrui, fouinaient des voisine et a'enrichiaaaiett à teurs poches dépens. d'eatte' eux. devinrent des grecs. Nous les Quelques-uns

Il

MUM<M.UK~CMVÂ!N

avec admiration regardions < Ces gaiUards-m peudire que tout aiona.Boua, M qu'ils font i&, iis te font par principe!~ b U leur arriva, devant noua, de < faire le meuchoir ~a des anonymes. Nous co!a d'un trouâmes byronisme raMne, développé ~u~qt~'aux plus extt~mcs !!Mit<*s. – < Voi!& ce que ceat, nous d!s!oaa*aoua,que d'eati'bomNM d'agir. pocher La Mciëtë tente de te paralyser, ot il en vient à subtiliser dea mouchoirs avec un rire infernal » et supérieur)* Maiscoajme noua aûtues vite aou)t Hrer, !)raveH~nt, de cette niaise ignominie, nous touo, – tes Byroniens exceptea.bienentendu! Hy avait encore vraiment pariai nous d<s homtnes supérieurs, des gens au MBur pur et haut p)ao<, à ia paroiechaudeetc~Mvaiacue.Ceux-taneMer~'taieatpas les bras. Hs agiasaieat comme ih pouvaient, de leur mieux, et !!a ont beaucoup, aaHs beaucoup fait. Ha fureat comme des enfants, toute leur vie. ne comprirent jamais leurs voisins, les Byronient, et moururent en Ingénus aMEtyr9.Paixà!eur&me! Nous eûmM aussi avec noua des démons, de vrais démons! Ma étaient deux; comme nous les ahnona et les estimonseocore t L'un d'eux riait toujouirft. aujourd'hui Il se moquait de Ïui même et de< autres et nous fai<a!t rire à en pleurer. Ce!ui-!& comprit !a destinée du lieutenant Pirogov. et de t'hiatoire d'un paletot perdu par un fonctionnaire nous' 9t une trahie En tcoia terrtMe. ii nous dépeint un iieuteoaot lignes de RiaMn tout entier. ` complet, corps et âme. H évoqua devant'nous des tr~po teurs,de& expioiteura avec tout teur entourage.~ H lui auMt de tes montrer du à jamais a doigt pour imprimer tcurafrontaaBemarq~hoat~M.NoaaieecaBBaiaMMOs pourrëteroité. C'était ûn dëmon cotosaaiqueectui-t&; voa< n'es avez jamsiapoMe~ u<t pareilea Europe. L'autre démon, nous taimtoM encore pare.ïr~E,ú~pe~" Com"OU n'ea.'4)veZ,ja~ai¡'po&d" UO.. davantage. bien de vara aubtimea it a eo'ita.–meme sur dea atbams –~peaTtMt ;e er~h: <~ M~W'M-BSE~SëTërMn'M de- t'appeler acrupute ua poète d:atbum. tt a~ tort<M-ait moMtementtui~ttAme Uettit et aewSraitpoatdebon.

,c

c

` 'c

c;

F

JOUMM~'PN~CtUYÀW

23

et quelquefois miséricordieux,' magnanime H a écrit certaine ridicule. contes ies jeunes auxquels et morales auraient tort do rêver. !i mtea bien éievéea sa ~ie, eea ruaea d'amour; nous a raconté souvent ii eemMait nous my~tinor. Etait-i! sérieux, se moquait-it denotM? KM 'fonctionnaires !a savaient par cœur et jouaient aux · en sortant de tours nnniaieres. Parfois Mepht&tophëtës nous n'«!oB8 avec lui il ne pouvait, du pas d'accord avec personne. reste, s'accorder longtemps Il <Msparut, a'entuM au Ma et périt quelque part assez t)H)teraNe)ment. Plus tard nous eûmes Stchedrine et Hosenheim. Je mo Muviendra! de l'apparition de. Stchcdr!uo toujours ou JttfMMj~r ~'MMe. C'était un joyeux et temps, alors, Comme M. Stchddrino choisit bien son plein d'espoir. moment pour apparattre au ~ssajypr r~ssc/Pu coup les abonnés du journal au point qu'on ne augmentèrent les compter. pouvait plus Avec quollo avidité nous I&mea et do !esjË'coreAeKt'<,rhiato!rodu lieutenant Jivnovaky PorCriPetrovitch! < Où donc?" noua dcmansont-ils dione nous. U est vrai que tes véritables ecorcheurs riaient sous cape. Mais ce qui nous frappa le plus ce tut avait-il qu'à peine M. Stohcdrine quitté ia Paimyredu ~ord (d'anus réter.teiio de M. Bouigarine, .expression les yi~HOMcAAt, la JVot~ paix & ;<mo!) que parurent nce de ..<MMfogorsA e~ <'erMt<e. ia Pcftfc ~t'e Afat'~e J~OtM. d'un éctat étrange moMta; et tous ces récits brillaient et Mitarro, comme si la Patmyrc du Nord avait a peine !o temps d'observer tous ces Arinouchhi et de s'élancer sur une voie nouvelle en oubliant George Sand, les ~Lnnof« ff< la Patrie, M. Panalev, et tout !e monde. Nous ea étions à ta période aato'accus&trico. La lyrede Ro~enheim résonna, la t~ :se profonde sonore deM. Gromeka ies~rères Méiéanto Mrent!our retentit; les EuroapiendMe apparition. Ne pensez pas, messieurs péene, que nous omettions n!<is nous pajrïeOetrowattv et ait!eurs. Il n'appartient "rontJe~Mt p!aertar4 pas à ia i)!Mt~tureeMto-«tceMMtrïce,mais"netroyM pas que nous !w pnMictM; ia acos n'imitoMpM ertignioBB tcs~innofce
vindicatif et

[

y

M

JOURNAt.D'UM~CMVAtN-

de la Patrie, la publicité avec ta itttéraen confondant ture & scandales, Nous aimons la publicité, M petit démon fortes et saines, qui mord do ses dents jeunes, nouvellement percées. Parfois le diablotin ne mord pas à propos; il ne sait où mordre et H mord au hasard, parfois mais ce sont erreurs e!!es sont excusables noua en d'entant rions, pleins d'amour pour le petit être. Nous rions encore les frères Metëante quand i! ne craint pas d'offenser euxmêmes, ces Méléante dont le nom devint si rapidement fameux en. Russie. Tout cela vient d'une santé exubérante.'d'une Tout cela est jeune force inexpérimentée. excellent comme indices d'avenir.

c F f F r

ÏV

Mais que pailons-nous de publicité? Dans chaque société il existe un. juste milieu, une médiocrité dorée la prétention do primer toutlo qui a reste. Les messieurs cette au~ea fneeftocr~ax sont d'un amourqu~ représentent Leur or médiocre propre terrible. briHe, et i!s méprisent tout ce qui ne briUepas. tout ce qui est obscur, inconnu. Gare aux novateurs avec eux 1 Leur méchanceté estexqui sèment obtuse quand il s'agit de persécuter une idée nouvelle que toutes les iateHigences n'ont pu encore s'assimiler. Mais quels partisans ne deviennent iis fanatiques pas do cette même idée quand elle enfin obtenu droit de cité? ÏtseniOuMient leurs premières persécutions. Oui, ils adopteront l'idée âpres tout le monde, mais ensuite, de comprendre incapables qu'une idée vraie doit se déveet par coB<équeBt lopper naiM&nce & une idée donner nouvelle et lui céder le pas, ils s'attarderont à défendre ~9P"° ~divement embrassée, et ceia contre <bus Tes 'intérêts mienectue!s7dë ta )euoé génératton. Mate ces mesaieura de !a mëd~fité dorée se moquent mal du jeunes ~nértttions~ pas tous ceux qui ont débute

JOURNAL

B'UN

ÉCMVAtN

S&

ou les regardent dans la vie après eux. il les hatssent du haut de leur grandeur. Parmi ces gens de la médiocrité dorée, il se trouve un assez grand nombre d'ar~M~s, d'exploiteurs qui se à la mode. Ce sont eux qui le dada hâtent d'entourchor toute pentout, qui changent vulgarisent, qui trivia!isent sée originaleen rabàobageen vogue. Ma!s ce sont eux aussi les bénénces, au lendemain de la mort qui en recueillent de l'homme de génie qui a eu l'idée, du créateur qu'Us ont H y en a, parmi en eux, de si bornes qu'ils persécuté. à croire de génie n'a rien fait et viennent que l'homme Leur amour-propre, nous qu'eux seuls ont tout trouvé. l'avons déjà dit, est féroce, et ils savent à la prouver et maladroits comme ils le sont, i!s ont le foule, qu'obtus de comprendre ta strucmonopole de l'esprit. ïncapab!es ture d'une à celle qu'hs idée, Ils portent préjudice même quand Ils y ont une foi détendent momentanément sincère; débat entre Supposons, par exemple, qu'un surgisse et philanthropes. 11 s'agira, si vous vouiez, de penseurs l'amélioration du sort de la femme dans la société, de contre !e despotisme ses droits, de sa défense du mari. Les messieurs de t'aMreamctftoc~as vont comprendre du mariage doit être immédiatement que l'institution abolie que, de plus, chaque femme non seulement peut, mais doit être infidèle à son mari c'est là l'amélioque ration de sort rêvée. Où ces messieurs sontd'uD ridicl1lecba,rmant,c'cst quilnd, aux époques de transition, dans les périodes troublées, Ia'< société » se divise en deux camps au-su;et d'un prinAlors Us ne savent plus où donner de cipe quelconque. la tcte.ni à queHo se vouer. Et Us ont un' conviction public qui ies croit des oracles. H faut parier. Après des ils se décident hésitations sans nombre, enfin, et c'est presque invariablement pour ce qui est le moins sensé. C'est même leur caractéristique. Certaines de leurs décisions se transmetteot de génération eBgcaération.canHne d'imbéciHité. aësmodëtos Mais noua nous écartons de notre su~et. Ce n'est pas seulement la publicité nut:onen on en que l'on persécute aujourd'hui
3

M

JOURNAL

D~N

!SCMVAtN

t~–~ -–~tt.t~~ ~t~ -tt~ a ~tt~A~ t msmtueux, vient, aujoura auaquer nut, en oertams Et ce sont d'anla lecture et récriture. truction primaire, intellectuel ciens quÏ se partisans du développement ses pius grands ennemis. Nous disons comme signalent « partisans n'avaient car ces mômes hommes, naguère, à ~is sq vantaient paa assez de mépris pour les iitettres et de ieurs ~vues érudition un tel point de leur propre sur toutes choses qu'il était presque éclairées gônnat de se trouver auprès d'eux. On avait parfois envie de passer une autre ils sont hostiles & dans pièce. Et maintenant l'instruction! Un de leurs grands argumenta, c'est que ta population des prisons se recrute en grande parmi des gens partie qui savent tiré et écrire. De ce fait on tire immédiateii ne faut pius apprendre suivante ment !a conclusion à lire et à écrire au peuple. Mais un couteau peut vous et verret-vbus ia une raison pour supprimer les blesser, Il ne s'agit pas de pros couteaux ? Non, nous dira't-on. mais bien de n~en remettre criro iee couteaux, qu'à ceux s'en servir sans se blesser. Donc, il faudrait, qui sauront même élémentaire, vous, faire de l':nstructinn, d'après examiner comune sorte de privilège. Maia voulez-vous lecture et ï'e<<riture peuvent ôtre renduèsfesponmentia 1.. mëtaUs? saMes do quelques avec vous que tes prisons sont Nous reconnaissons de gens qui aaven! Jire et écrire. Mais d'abord peuplées ils sont peu nombreux encore, dans le peupio, ceux qui ont acquis une instruction primaire. La connaissaïtcedo et de i'ecrituce donne parfois à un Itomme ia lecture sur tes gens de M ~asse. ïiconbeaucoup d'avantages non que ses voisins iiiet.quiert une sorte do supériorité, mais tr6s le considèrent comme meiHeur qu'eux-mêmes, de l'instrucpaTcequ'iisreconnais&eMH'uMKtë pratique des caractères ne sera tion~ L'homme qui peut deohiSrer en ne pourra pas trompe a i'aideda premier papier venu en ia!re!a conciuenten dupe d~ucon mensonge, plus eia~ract oopeu~~oMn~da eavant décht~ Celuison cotë~sera enclin à se croire bien ci, de peut-êirc les ignorants. Ils que ses compagnons, autre personnage ne savent rien, se dim-t-ii, Ils sont plongés dans i'obs

JOURNAL

B'UK

)ÉOUVA!N

27

curité et moi je suis instruit, Je dois donc sor~r du rang. auront Et, do fait, ses camarades pour lui une toujours surtout s'il « sait se conduire», c'estnuance de respect, à-dire se montrer beau parleur, un brin pédant, éloquent, s'il se tait dédaigneusement, tandis disque les autres courent et ne pérore que lorsque les autres sont à bout en un mot, s'il se conduit comme *e do salive et d'arguments de la littérature ». Dans toutes tes nos « généraux couches do la société le fond demeure le même, la forme seule diuero. ces NatchotchiM Regardez (savants) parmi les Vieux croyants, l'influence remarquez qu'ils exercent sur leurs coreligionnaires. Une société récèle toujours une sorte de désir de faire sortir du rang l'un do ses membres qui aura une situation dont se glori& pert fieront ceux qui s'aplatiront devant lui ainsi paraissent les Marfoucbi.eto. lesïvanlakovievitch, Prenons un tout autre exemple n'importe quel laquais. au point Bien qu'un soit réellement, de vue laquais & un paysan qui laboure, le domessocial, très inférieur il se croira infiniment tique n'en jugera pas ainsi supérieur à celui qui travaille la terre, pensera que son habit blanche et ses gants noir, sa cravate aux, l'ennoblissent et il méprisera ce dernier. Et le laquais yeux du moujik, B'est pas coupable, dans sa vaniteuse 11 est méprise. entré en contact avec des maîtres, c'est-à-dire avec des il singe leurs airs et leurs manières; son supérieurs costume le distingue de son milieu d'autrefois. De même l'homme du peuple qui possède la science de la lecture et de t'écrituro, science chez des plus rares ses pareils, se croit ~n privilégié parmi les siens. Il veut se faire valoir. Il devient se transhautain, arrogant, forme parfois en petit despote. Il lui semble qu'on n'a pas le droit d'agir avec lui comme aveo les ignares. Il pose. Ses dires deviennent il ne supportera insolents, pas ce les camarades, en présence d'étranquesubiyont surtout en présomption, gers. H croit prend une confiance exagé lui eat per' réeen It~-meme et bientôt so Bgure que.tput mîs. Son beau rêve s'achève souvent en prison. Bien entendu noua n'affirmons pas que tous les gens du peuple lire et écrire se conduisent ainsi qui savent

11

98

JOURNAL

B'UN

~CMVAm

nous parlons d'une façon abstraite. Nous voulons soutement un avantage, excellent en comment MpHquer chez lui-même, Mais trop peu rëpandu, peut engendrer son possesseur !é mépris de son milieu et de sa condition, surtout cette ci n'a rien de très flatteur. Noa, lorsque ne ,certes, tous ceux qui ont acquis un p6u d'instruction sont pas voués à la prison par le fait des connaissances il faut pour cela que ces lettrés acquises, rudimentaires soient à cornaturellement faciles vaniteux, violents, c'est que l'instruction n'est rompre. Le grand malheur, encore, chez nous. qu'une espèce de privilège. retenons do tout ceci que votre Alors, direz-vous, peuple n'est pas encore mûr ~poucrinstruction. –Pa? du tout, repondrons-nous. U faut Au contraire; un privilège. Qu'elledevionne cessed'ètro que l'instruction accessible à tous, 'le priyiièga et avec lui disparattra, I! faut l'arrogance que crée une situation exceptionnelle. voUa tout le remède. propager l'enseignemènt, les adversaires Oui, messieurs de la lecture et de l'ftcriture, ii n'y que cela & faire. Avec votre système prohitout Mtit, vous ireï contre votre but, car le gouvernement d'abord s'opposera à votre essai de môraiisation par l'igno insrance. lldemèurera donc toujours moujiks quelques truits dans ;Ja masse et par l'eHot du privilège, !es prisons continueront à se peupler, car moins il y aura d'hommes instruction élémentaire, pourvHB d'une ptus un privilège. cette instruction constituera Puis convenez que la lectureetl'ëcriture deux sont premiers pas vers l'ëmanoipation par la cuitureintcilectuol!e. Vous ne voulez. pas éternellement maintenir le le rendre de l'ignorance; peuple dans les ténèbres pour victime des vices Vons ne toujours qui en résultent.. voulez pas tuer l'âme en lui. Mais peut-être est-ce là car il n'y votresyatème? Ce ae serait pas si surprenant, a rien de si dangereusement féroce que tel philanthrope desalie d'étude. -Nou* Mmtmea, pout nei~ que ia, lecture et l'ocr! ture am61iorèroht le peupie, lui donneront ui plus juste sentiment de sa propre dignité, détruiront biaa des abus. Mais H faut que le peuple s'aperçoive du

=

=

S

= = =

JOURNAL

D'UN

ÉCRtVAtN

29

Si on ne sait pas lui -besoin qu'il a de l'instruction. il ne .verra dans les mesures ce besoin, démontrer que de nouveaux l'on prendra pour l'obliger h se dégrossir que moyens d'oppression. mûr pour Je crois, moi, que le peuple est parfaitement en tout l'instruction, qu'il la désire morne déjà peut-être membres des classes cas, co désir existe chez de nombreux se répandra les Donc, l'instruction malgré populaires. efforts de certains philanthropes. les écoles du dimanche. Les entantsy viennent Regardez à qui mieux mieux s'instruire, parfois même on cachette Les parents amènent d'eux-mêmes leurs de leurs maîtres. et malgré enfants chez l'instituteur: Oui mais maigréceia, nous connaissons encore les études de quelques penseurs, )tres mal notre peuple. Nous sommes bien certains qu'il » a dix ou douze ans, les hommes d' « avant-garde y n'auraient jamais voulu 'croire que le peupie, un jour, de tempérance et demanderait la fondation de sociétés Mais ce peuple, remplirait les salles d'école, le dimanche, le connattra notre société plus éclairée chaque jour et bientôt résoudra de ce « sphinx davantage l'énigme un de nos encore non deviné comme l'a dit récemment national et s'en iml'élément poètes. Elle comprendra Elle sait déjà qu'il est nécessaire d'aller vers prégnera. les classes déshéritées, que c'est avec elles seulement travailler que nous pourrons pour de bon à notre dévefutur. Elle n'ignore elle de pas. que c'est loppement faire le premier pas et elle le fera.

V

Tout ~h~'de' tSn de afin de méfiant. Ils sont

de ce premier pas. ïi est indis. justement trauvét,' deEÎparÓf~ÍïqllliJe pùüple' étitëiade io décider le. décider & tourner à tourner vers nous son visage encore vers Oh je sais que je vais faire rire bien des gens légions, mais ils ne m'intéressent guère. a 9. dépend

90

JOURNAL

D'UN

ËCBtVAïN

A ce propos l'un d'eux notre journal avait a afnrméqae de réconcilier < l'élément entrepris national avec )a < civilisation Je pense que n'est qu'une cette assertion aimable plaisanterie. Notre journal s'adresse & un pubMo instruit. parce que c'est & la société instruite de dire mot et de le premier faire le premier pas. Nous savons que l'on n'a rien écrit jusqu'à présont pour le peuple et applaudirions à toute tentative qui aurait pour but de lui fournir de saines lecmais nous n'avions tures ce jamais pensé à consacrer a i'icatruoiion journal populaire. Revenons au fait. Nous croyons que c'est à la classe instruite à faire te premier pas dans le chemin nouveau. '.est eUe qui s'est tout d'abord de l'élément éloigner national. JI y aura beaucoup d'efforts à accomplir pour opérer le rapprochement et nous ne savons encore comment nous y prendre. Mais tout malentendu s'écarte à l'aide de la franchise, de la- loyauté, Nous de l'amour. du reste, à comprendre commençons, de que l'intérêt notre classe se confond avec l'intérêt du peuple. Si cette vérité se généralise la solidité de l'oeuvre prochaine y gagnera beaucoup. L'homme Erreur peut se tromper. n'est pas compte. ceux qui veulent le rapprochement Que fassent maintes erreurs s il le faut; le principal, c'est que le peuple voie le désir sincère d'union intime avec lui. Si un essai son but, un autre l'atteindra. manque est que L'essentiel toutes les tentatives soient faites dans un grand esprit de franchise et d'amour. L'amour est plus fort que toutes les manoeuvres et les ruses. Le peuple est perspicace il est aussi reconnaissant. Il verra bien qui l'aime. Dans !a mémoire du peuple ne restent que ceux qu'il aima. La preuve est indispensable, que ce rapprochement c'est que l'Empereur nous a donné l'exemple en écartant tous les obstacles. Pendant un siècle et demi le peuple n'a qae trop appris à se deder de nous – Rappelez-vo~s ~M?~ Is vent ni 1~ n!uio ne réuasirBni & enlevée au son manteau; le soleil y parvint en un moment. voyageur – de malheurs résultent des malentendus; Beaucoup des choses mal expliquées fa parole dite à moitié a toujours

JOURNAL p'UN ÉCMVAtN

M

t

nui et nuira une classe toujours. aurait-elle Pourquoi d'être franche avec une autre ? De quoi aurait-elle peur peur Le peuple saura aimer et apprécier ses éducateurs. tt jugera que nous sommes ses vrais amis et nous regar. dera non comme des gens prêts à mais comme l'exploiter, des pasteurs d'amas, et il nous sera reconnaissant. Si nous parvenons à gagner son estime, nous disposerons de toutes les forces nécessaires le pays. Que pour régénérer diront alors nos < natures douées » qui ne trouvaient pas d'emploi à leur activité ? Que diront nos Byroniens engraisses par leurs loisirs ? Ils se plaignaient de n'avoir d'action Mais pas de champ fassent donc apqu'ita à lire et à écrire, chacun, à un seul prendre petit garçon. Voilà une occasion d'être utiles? vous Mais. Byroniens, vous détournerez de nous avec dédain « Quoi direz« est-ce à cela que vous vous, prétendez nous occuper Nous recélons dans nos cœurs des forces titanesques Nous voulons et nous pouvons déplacer des montagnes; de nos cœurs jaitiit la plus pure source de l'amour pour notre espèce; nous d'une seule voudrions, étreinte, embrasser toute t'humanitt;. M nous faut une œuvre digne de nous, car nous périssons de farniente. On no va pas faire un pas d'un verschok quand on peut en faire un de sept iieues. Ea voilà une tache et glogigantesque rieuse que celle d'apprendre & tire à un moutard » C'est juste. Messieurs, mais en continuant ainsi, vous mourrez sana~ avoir rien fait. Nous vous un proposons pourtant beau sacriuce Oubliez que vous êtes des géants et faites un tout petit pas, – d'ua..pouce, – au lieu d'enjamber sept lieues d'un seul coup. C'est cela qui sera méritoire! idée qu'i~ Vaut mieux Et pénétrez-vous de cette avancer d'un pouce que de rien du tout. Mtes~ le Mcnnco de vos âmes et de vos grandes grandes i~ëes en vous souvenant que la petite action peu gioriease que vous accomplirez, ° vous l'accomplirez pourramoM ~t pour le bien de t'bumanite. Consentez à descendre infiniment jusqu'aux petits ~x<HMtVM-~vctfe sphère d~cHM a'a~udu. Vous -trouverez un bel emploi St votre activité, croyez.moi. Commencez seulement. Maintenant cet-effort dépasse peut-être vos forces. Vous étesMna doute capables de

M

JOt'MM.

O'UN

ÉCRIVAIN

aacrinef votre vie,'mais non de tenter une besogne mesquine. noua ne fournirons Natureitement que le dixième de Le peuple i'eSort nécessaire les neuf autres produira dixièmes de la force voulue. à quoi rime votre Mais, nous objeotera-t-on toujours, instruction ? Qu'est-ce donnera ? Vous voulez qu'elle l'instruction dans le peuple, c'est-à-dire lui répandre à ce peuple, !a CiviHsatipn apprendre, européenne que vous déclarez ne pas vous convenir & vous-mêmes ? Vous vouiez européaniser iopeupie? Y la culture donPourquoi, répondrons-nous, européenne dans un sol tout différent, les mêmes nerait-elle, résulNotre paya ne ressemble tats qu'en à aucun Europe? autre, & aucun à notre point de vue. Ce qui conviendra terroir prendra lé reste se détruira de soi-même. racine un Allemand. On ne fera pas d'un-Russe Nous, les lettrés, nous no sommes, en comparaison de la masse du peuple, ~n8me minorité; nous n'avons qu'une pas en nous la de résistance force le peuple. Eh bien, nous dont-dispose avons été pendant cent cinquante ans à l'éeole des Alla. Sommes-nous devenus y Allemands mands, pour cela ? Nous sommes de nous-mêmes retournés au sol natal. Nous avons, à ÏaMs. eu honte de notre oisivete'en !a a l'activité des nations eurocomparant prodigieuse et compris que nous n'avions rien faire sur les péennes brisées des Européens. Ne vous inquiétez pas la science n'adultérera elle ajoutera pas notre peuple simplement a sa vitalité. science n'a été chez nous présent !a Jusqu'à comme une plante de serre. Notre société cultivée que russe n'a fait activité ni preuve d'aucune scientifique, n'était pas en théorique, ni pratique, parce qu'eiie-ïnème avec lé soi natat. intime communion Les travaux d'art et de voirie, ont été faits tes .ponts et les routes par une administration des ingénieurs ëtranqui ~ployait 'gers. K'uu'èt <'?& ~fM~a <~nMM)s. Ma!s!asc!cj)~ .nappât nous no serons Ah'MttMajwet-~UM~uand plus de ce monde et jM«M~ j~MMont deviàer ce qui se passera alors. mais noue ja~CM ht convictioB seront que les résultats

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

33

;c

– Noire génération, loin d'être mauvais. à nous, aura eu l'honneur de faire le premier effort. La pensée qui nous guide s'est exprimée déjà maintes fois dans la littérature russe. Nous commençons à étudier les manifestations écrites du génie plus attentivement russe d'autrefois, et elles nous confirment dans notre façon de voir. L'importance de Pousohkine, capitaie par nous apparaît de plus en plus claire, malgré exemple, littéraires quelques étranges émises, ces temps opinions dans deux revues. derniers, sur le grand écrivain, Oui, nous voyons chez Pouschkine une connrmation éclatante de notre pensée. Et celui-là a tenu une place énorme dans l'histoire du développement russe. L'apparition de ce Pouschkine est une preuve que l'arbre de la civilisation russe même avant notre pouvait, époque, donner des fruits et des fruits splendides, des fruits d'or. Avec Pouschkino, nous avons compris que l'idéal russe est éminemment un idéal do conciliation univerhumain, selle. Le grand poète n'a pas été le seul à le définir, mais il l'a fait avec, à la fois, une ampleur et une précision ailleurs. qu'on ne saurait retrouver Nous parlerons de Pouschkine d'une façon plus détaiiiée dans un prochain article et développerons notre Dans cet article, pensée avec des arguments plus probants. nous passerons à l'étude nous russe, de, la littérature verrons l'importance' qu'elle a prise dans les préoccupations de notre société de actuelle i! sera aussi question malentendus et des querelles quelques qu'oUe a soûletées. Nous aimerions surtout à dire un mot d'une question assez singulière qui -divise depuis dos années nos écrivains en deux camps. Je veux parler de la fameuse théorie de I' < Art pour l'Art Tout le monde a lu maintes discussions à ce sujet, et nous avouerons notre surprise en voyant n'est pas encorè des que le public fatigué assommants a inspirés. traités que cette théorie Nous tâcherons de discuter la question sous une forme quinesoHpas~ceH&d'Hnt~té.

JOURNAL

D'UN
~873

ËCMVAIN

<

JOURNAL

D'UN ËCR!VA!N

Dett<R<tVM*'0<'«jctttn!ne'–ia78

1INTRODUCTI-ON

Le M décembre, que tout était arrange j'apprenais et devenait) le direoteur du Citoyen (Grajdanine). que je Cet événement extraordinaire, extraordinaire pour moi, M produisit de façon assez simple. Ce même 20 décembre, de lire un je venais justement article du Bulletin de ~o<coM sur le mariage do l'empereur de Chine. L'article me Ot une forte impression. Cet événement très complexe, mirifique et, bien entendu, avait eu lieu, aussi, de la façon la plus simple. Tout en avait été prévu, moindres détails, jusqu'aux près de mille ans auparavant, dans lesdeux cents volumes du J~tTe <j'<'<(~no~M. En comparant t'ëvënoment en important qui se passait Chine avec ma nomination de directeur du jourjai, je me sentis tout à coup fort ingrat envers iës institutions de mon pays, bien que l'autorisation m'eût été accordée sans difficulté par le gouvernement.. Je pensais que pour noue, – j'entends pour te prince moi. – iteût été cent fois prêteMestchorskyetpour rable d'éditer le C~oyM en Chine qu'en Russie. Là-bas tout est si clair nous nous présenterions,, te prince.et fMi.aa-joarnxc: ~a ~hanceitertc prtBctpato dcrfïtnprtBMrie. Nous prosternant, nous frapperions du iront le parquet que nous lécherions ensuite, puis, nous remettant sur pied, nous lèverions un index chacun, tout en

.4

M

JOURNAL

D'UN

)ÊCR!VAtN

baissant la tête. Il est hOM de doute respectueusement de la Chancellerie atteoterait de ne pas que le directeur plus prendre garde à nous qu'à des mouches. Mais alors !o troisième surgirait adjoint de son troisième secrétaire, tenant à la main le diplôme de ma- nomination qui, de nous réciterait' d'une voix noble,- mais suave, directeur, l'allocution de circonstance extraite du /.tM'c ties C~ nton~f!. Ce morceau serait ai clair et si comd'éloquence Dans plet, que ce serait une joie pour nous do l'écouter. le cas où je serais, assez moi, Chinois, nalf, assez entant de conscience à pour éprouver quelque remords une teitè direction l'idée d'accepter saas posséder les il me serait bientôt qualités requises, prouvé que do sont grotesques. Le texte scrupules pareils Que dis-je officiel me convaincrait immédiatement d'une immense vérité t savoir que toxa mtme que par le plus grand des hasarda j'aurais quelque esprit, le mieux serait d& ne Et i! serait sans doute charmant m'en jamais servir. de à l'aide de ces mata délicieux s'entendre c Va, congédier tu peux, dès à présent, directeur, h riz et boire manger le thé avec une conscience plus tranquiHo que jamais. » Le troisième ma remetadjoint dn troisième secrétaire trait alors te jo!i dipi&m& écrit en lettres d'or sur pMCttemin rouge, le prince donnerait un copieux Meatchersky rentrant deux chez nous, noes nous tous et, pot-de-vin d'éditer le splendide empresserions sur-te-champ premier numéro du Ciloyen, édité ici plus beau que tout numéro il n'y a que ia Chine pour !e journalisme! Je soupçonnerais en Chine, le prince toutefois, Mestde me jouer ua toar en me bombardant directeur chersty de son jou.rnal il ne me pourvoirait, si grapeut-être, cieusement, qu'à seule Sn de se iaire remplacer par moi, de passer à la ChtBcetierie quand il s'agirait pour recevoir un certain nombre de coups de bambou sur les talons. En revanche, de n'être pas j'aurais peut-être l'avantage des artioles d<t douze a quatorze forcée Mt-bM, d'étftra cotonnes cemma ict/et j'aarala sans duub h: dtuH d'ëhe ehes~ défendue eh Rwss<e, si te n'est, au iBtciHgibh~ BuMtftn~~fMcotf. noua avons chez noes, du moins aujourMaioteMmt,

JOURNAL

n'UN

~CMVAtN

~9

tout à lait chinois ii vaut mieux ici d'hui, un principa aussi ne pas <Mra trop inte!!igent. Autrefois, par exemple, dans notre tien » pays, l'expression je ne comprends entachait d'une réputation de bêtise celui qui s'en servait. elle fait grand A présent honneur & celui qui l'emploie. les quatre sufBt de prononcer mots précités d'un ton vous dira orgueilassuré, voire même fier. Un monsieur kuaement <tJe ne comprends rien de rien à la religion, rien de rien à la Russie, rien de rien à t'Art. », et aussitôt on~ mettra sur un piédestal. Nous sommes des Chinois, si vous voulez, mais dans une Chine sans ordre. Nous à peine l'oeuvre commençons que la Chine a accomplie. Nous parviendrons au môme rë.9u!tat, c'est certain; mais comme code quand? Je crois que pour en venir à accepter moral lesdeux cents volumes du~<M'<* des C~moMtM.aun d'avoir le droit à rien, il nous faudra de ne réfléchir encoreau moins mille ans do rëCexions et inintelligentes est possible cependant désordonnées; que nous n'ayons aller les ohosea sacs reueehir du tout, car qu'à laisser dans ce pays-ci, arrive homme veuiUo lorsqu'il qu'un de tous. H ne lui exprimer une pensée, il.est abandonné reste plus qu'à rechercher une personne moins antipaà la louanger et à no causer thique que la masse, qu'avec eUo seule, au besoin à éditer un journal pour cette seule. Je vais plus loin Je soupçonne le personne tout seul pour son propre Citoyen de parier plaisir. Et si vous consultez les médecins, ils vous diront que la manie/du monologue est un signe certain de folie. Et voilà io journal que je me suis chargé d'éditer 1 Alloua Je causerai avec moi.même pour mon propre Advienne plaisir! que pourrai 1 De quoi parler? De tout ce qui me frappera, de tout <? me fera réfléchir. Tant mieux si je trouve «a ïeequi teur et, si Dieu le veut, un contradicteur. Dans ce dernier cas, je aenH forcé d'apprendJ'e à <causer et de savoir avec qui et comment je dois cauaer. Je m'y appliquerai, c'est ce qu'il y paMe que pour nous autres, iitteMteMra, t de plus difficUe. Les contradicteurs Mnt de diCérentea avec ioua de la mefoe espèces on ne peut pas argumenter façon.

<0

JOURNAL

n'UN

ËCR!VA!N

Je veux ic! dire une tablé que j'ai entendue ces temps =derBiors. On aMrme que cette fable est très ancienne et i'on ajoute venue de l'Inde, qu'elle est peut-être ce qui eat très consolant Un jour, un cochon se prit de quore~e avec le lion et io en duoi. En rentrant chez !uîit réSéchit et fut provoqua vaisi de terreur. Tout le troupeau se réunit, délibéra et donna sa so!u- = t!on comme il suit < Vo!s-tu, cochon, tout près d'ici, il y a un trou ptotn = et présente. d'ordures bien là-dedans Vas-y, vautre-toi toi immédiatement où le. duel doit avoir après à l'endroit y lieu. Le cochon suivit ce conseil. – Le lion vint, le Haira, = ;nt!a grimace et s'en alla.' r de ce que !e lion Longtemps après le cochon se vantait avait en peur et s'était sauvé au lieu d'accepter lecombat. c Sans doute, chez nous, i! n'y a pas de lions le-climat ` s'y oppose, et puis ce serait un gibier trop majestueux !o lion par un homme bien Mais remplacez pour nous. élevé, etia morale sera la môme. Je veux encore vous raconter quelque chose à ce sujet = Un jour je causais avec Herzen et lui vantais beaucoup De Mttf~ Rive dont, à ma Tune de ses propres œuvres Mikha!! Pètrovitch avait satisfaction, Pogodine grande très flatteurs dans un excellent et. très = parïé en termes Le livre était écrit sous forme de inteMMant article. conversation entre deux personnages Herzon et un contradicteur quelconque – Ce qui me platt particulièrement, c'est remarquai-je, est comme vous, un homme de que votre contradicteur Avouez qu'à plus d'une reprise il vous "beaucoup d'esprit. met au pied du mur. v – Mais c'est tout le secret de l'affaire répliqua Her zen en riant. Écoutez une petite histoire Un jour, à .t'égoqne où je vivais à PétersbOHfg~ Bieiinsi:~ m'endu reste plein de tratna chez ici pour me tire un~rticie, et datent. ~C'était intitulé en??-<Jhf~. ~L. Dialogue l'article a été reproduit de dans les ouvres complètes Biettnsky.

tOMWM.B'UNËCMVMM

~1

se montrait remarquableDansccdiatogue, Bietinsky avait et fin. M. B., son contradicteur, mont Intelligent un rôle mbips brillant. sa leoture, il me demanda, Quand mon hôte eût terminé non 6aus une pointe d'anxiété – Eh b!eo qu'en penses'tc? p – C'est excoHent, lui répondis-je, et tu as su excellent, te faire voir aussi intelligent que tu. t'es. Mais quel plaisir avoir à perdre ton temps avec un pareil imbepouvais-tu c!!e? l' son visage dans se jeta sur te divan, enfouit Bietinsky un'coussin, puis s'écria en pouffant de rire Je suis tué' – Je suis tué

H LES HOMMES D'AUTREFOIS

sur Bieiinsky maintenant Cette anecdote me rappelle mes premiers littéraire. Dieu sait s'i! y pas sur !e terrain a longtemps de cela! Je par!o d'une époque plutôt triste de Bieiinshy pour moi. Mieux que de tout, je me souviens tous deux. Souvent je me reméiorsdenotrerencontre.à more à présentées hommes d'autrefois, sans doute parce les hommes d'aujourqu6 je suis bien forcé de fréquenter d'au!. Je n'ai jamais, de ma vie, rencontré uRétro.ausai éteit tout diOeenthousiaste .que ce Biëîinsky.Herxen Mat. Un vrai produit de BotM arjatoeratie GeotUhomme russe et c~o~M~M~oMtfe avant tout, il personnifiait un type humain n'eat tpparu qui qu'en Russie et qui ne i. pouvait <tpp<t)~~ ttUtonfa. H~M&~'t~~as ~B~}g"VûtMf russe. Non, tairement;Hn'apas iMMguré,émij~ation it Mt né émigrant. ToM< ceux qui appartiennent, chez sont n~9:cqmme çola <~i moue. t aa cat~or!6 d'~p~ts. Pendant granta~ tes c~Bt <!n9MBte MM de vie seigneuriale

4.

~2

JOURNAL D'UN ÉCRrVA)N

r<MM qui precëdëKtat aa M~isMnce, Mea des Heas se bt ïa n~~ f~itAcherent entre nos patriciens russe, le .fa~ r<!M t'Hsse. Pour ce qui est d'Herxea, pn dtrait~ue l'Mten sa toira 'ette-taême iu! faisait <m devoir de symboliser la rupture entre notre haute société aciatree <t personne le vrai peuple russe. A ce poiat de Tue, HM'jcfn est un de ia tradition Ses pareils; en s'écartant type historique. du mêxxe coup. perdu Dieu. Les ~aqmets, pcpa!aire,<Htt, les e<m, sont avenus athées les paresaeutei parmi indifférents. Pour le peuple russe Ils n'avaient calmes, se~gurant qu'iia i~aitMaiextetvauqueda «tëpris.toutea r6ei!eateet <m laient améliorer dan s<H't. Ma n'atamicat lui qu'un idéal, te! «qu'eût du être, peuple imagtnaire, selon leur conception, le peuple russe. Cette plèbe idéale s'incarna pour eux, sans parti pris de leur part, dans certains représentants de la plèbe parisienne de 93. Ceux.tà – Sans à leurs yeux, des exemples admirables. étaient, socialiste, et cela en vrai doute, Herxen devait devenir c'est-à-dire sans aucune nécessite russe, seigneur pour – uniquement sans aucun but direct, suite .tui-môtno, par et du vide do cœur dont il du < cours logique des idées sounrait dans sa patrie. Il renia les bases de la société il nia la famille, et en même temps il était d'autrefois, bon pcfe et bon ~oux, H ne doutait pas enterre )ptfter deïapM)pn~té;<<wtefo!s,H~'raMenM&)rïuaeetsut M'tMuM }etnr &rëtr~ager. H poossent A la reYotwtion, et le ieversemeat sooiat, <nai6 U aimait le confortable bnHant catmedu <mpeaseur,MX foyef. C'etaitian aftistë, instrmt, un cat<~cïiTaiB, ~n aoMme eKtracMimatretMnt ëocote mieux seur ëMnceltat <!iî pat~it qa'!< n'écris de iraH), wn admtraMe reflet de aoa époque. La faculté tnmsfcfmef a~mpMte ~juci <n Mo!e,. de ~e prosternef devant, de radwer et 4e t'Mn'ner MtasHot ~prèa son aiea 'en dérision. était déveto~~péo ch&z lui au plus haut de~fé. mais que Sans doute c'etsït un .ewMae e~cepNohne!, xa n'e~t~ p!A~ Ëcr))va!it-M BM ~ocrM!, pnbHett-il avec Pneud!toc, Moata~-tiaPanssar <')'<rtespoxdance ses bM'fi<!ades (tt ea ~it tme descri-ptien dN pius ~nt te Te~ttUMMt-it, weîs )MaNfait~, Mmiqae), enttoytit-a! iM3'eB RMsie MNj<ppe<*ox reJneiaHcnnaiMStuasMBo

°

JOURNAL B'ON ËCMVAtN

<3

dont il se moquait et dont quetquos faveur des Polonais, centaines par sa faute, comme il l'avoua pios périrent – partout, encore et tard avec une rare inconscience, russe citoyen du monde, toujours il ~tait le gentiihomoM do l'ancien servage russe qu'il tant .bonnement ïe produit haïssait et dont il avait profité. n'était au contraire. pas du tout un gentilBielinsky. – (Dieu sait de quelle famille il soroh non homme. dire que son père était pouvoir tait tout au ptus. croit-on n'était pas un homme-reflet. médecin miHtaire.) Bielinsky domina touto et l'enthousiasme c'était un enthousiaste, ~t vie. ~<tMM'<'s 6~ns, i'entoousMsma. Ma première nouveUe,/es une ncua nous br-ouiitAmes pour Un an plus tard, tMis, des les premierN jours de notre amitié. U bêtise; à moi de tout son cœur et n'eut pas de repos s'attacha et inses croyances qu il ne Tût arrivé à me convertir Du premier coup, il voulut me mener droit à croyaucea. admirablement ïi était l'athéisme, apte à comprendre dans tous les arcanes toutes les idées, è se reconnaître do l'idée. dans l'un de ses premioM Quand i' < InternaUonaie de prime abord < Société athëe manHestes, eeproctama de Bieiinsky. <ne eMt toute Ë'approbattoo Mais bien qu'il appr~cMt avant tout la Raison, ia Science et le R~aMsaM, la Science ei ie i! savait pertinemment que la Raison, fourmià eux seuls, créer qu'una Réalisme ne peuvent, à Socia!e favorable ii&re humaine et non 1' Harmonie H c'ignoraït de l'homme. ia vie et au vrai développement U moaraux sont la base do tout. pas que les principes moraux sur lesquels ea ies priatipes éperdument seyait il woucomme sociatiate Cependant Mpoae ie socialisme. Pour lait tout d'abord le reaversement du christianisme. commencer devait absoiumeui par lui, !a vraie rëvolutioa cette feKdétruire comme début l'athéisme. U voulait sar laqneHe s'est gion chrétienne appuyée j'tmNeane awiëM; Durëst~!éFttm!He,Ia Pfo~rîete.hRespoasail niait tout cela radicalement, bilité- humaine, (.te ferai t<m'teMs que, BMnMaMe en ceta à Herzen. il remarquer D'autre était bon père et bon mari:) part, il comprenait

0

-<4

JOURNAL

D'UN

ÉCBÏVAtM

humaine il niait par cela. :qu'en niant ia responsabilité ~méme la liberté mais ilcroyait fermement que, toin d'an -nihiter cette liberté, la rétablirait te socialisme plus 'reeHe sur dos bases nouvelles et déjà inébranlables. Bien plus qu'Herzen, qui, vers la fin, on douta, il avait fol en cette liberté promise. la splendide Restait toujours personnaïité du, Christ, il était bien difSoUe de lutter. contre laquelle Mais, était convaincu détruire socialiste, Bie!iasky qu'itîaUMt :sa doctrine en déclarant n'était qu'elle qu'une phUanet ignorante condamnée turopie mensongère parla scioNce contemporaine. Certes, la figure même de l'Homme-Dieu est admirable, d'une beauté morale mais, merveilleuse; dans son enthousiasme, ne s'arrêta même pas Bielinsky devant cet obstacle le fait Renap, qui, dans un comme livre athée, ~a t~e de J~M, proclame que le Christ est un modèle auMime, inëgaiabie humaine. pour la nature < Mais savox-vous. me dit un soir BieHnsky d'une – (quand it s'échauCait, voix perçante il parlait parfois sur le mode aigu) savez-vous de qu'il est monstrueux notre part de nous décharger de toutes nos fautes sur un homme rédempteur, alors que le monde est ainsi fait des criminels. que nous sommes tous forcement .Nous Étaient n'étions aussi prépas seuls ce soir-là. sents un ami de Bieiinsky, et écou. que celui-ci estimait ait beaucoup, et un tout jeune homme qui devait plus tard se faire un nom dans tes lettres – < Tenez? Ceta me touche de le regarder! s'écria d'un ton fur!eux on me désignant. Bietinsky Chaque malheureux foisquëjometsencâuseteChrist.ce change do visage comme s'H àitait Et il victse pleurer en face de moi < Mais croyez-moi planter donc, être Si votre Christ- reparaissait ce serait na!f' maintenant, l'homme le plus inaperçu, le plus ordinaire qu'on pût ï! s'eNondrerait devant !à science moderne et imaginer, tout ce qui met en mouvement v l'Humanité. – < Non pas i interrompit do Bieiinsky. Pas i'ami dH tout! SiieChristjeveatuten ce monde. Use )oindrait M mouvement et en prendrait la direction. – Vous avez raison! clama Bieiinsky, immédiate

c

=

= =

.= =

C =

~OjURMAt.

B'UN

~CRÏVAtN

46

la main et ment conquise cette idée; il nous tendrait s aiderait de toutes ses forces au triomphe du socialisme de ce mouvement Les directeurs auquel le Christ dpvtit alors presque tous concours étaient prôter un ai.puissant des Français. George Sand, puis Cabet !i y avait.d'abord si oublié, puis Pierre Leroux, et enfin Prouaujourd'hui Bielinsky dhon, qui commençait a peine son œuvre. ces quatre là (Fourier estimait tout particulièrement moins haut coté). 11 y avait encore était déjà beaucoup atn et respectait un Allemand que aotre hôte appréciait tous très Nous étions c'était Feuerbach. gulierement: épris aussi des idées de Strauss. ses ardentes convictions, il pouvait exprimer ~uand des hommes. Bieiiusky était le plus heureux C'est à tort que l'on a écrit que, s'H avait vécu plus Non s!avophi!e. longtemps, il se fût joint au mouvement il eût très un âge plus avancé, Si BieHnsky avait atteint aujourd'hui, émigré, et on le rencontrerait probablement les travaux des Consuivant petit vieillard enthousiaste, en aide de ou suisses, ou métamorphosé ,grès allemands et bataillant Madame G. quelconque pour le camp d'une Féminisme. naïf et dont la tranC'était un homme admirablement Parfois, était superbe. cependant, quillité do conscience ou le désenchan. le doute il s'attristait con qu'il connût ce qu'il rêvait ne se réalisait-il ternent. Mais pourquoi l'homme le plus – ou demain ? C'était pas aujourd'hui, pressé de la Russif à 3 heures do l'aprês-mid! Une fois je le rencontrai près viens souvent < Je ici, me de l'église Znamfnskaia a monté !a bâtisse. (II dit-il, pour voir de combien de fer Nikolatevskaia, de la gare des .chemins s'agissait – < J'ai du plaisir à venir alors J que l'on construisait Ennn, nous aurons un chemin de fer regarder ce travail. me deviner a quel point cette pensée Vous ne sauriez réjouit! 11 n'y avait aucune avec chaleur. C'était dit sincèrement, affectation chez Bielinsky. et je !ae boat de chemin ensemble etje m souNûusïîHiesMï viens qu'il me dit tout en marchant « Quand on m'en1

46

MURNAt.

D'UN

~MVAtN

terrera – on me jugera m!eux, -< (i! se savait phtisique) et l'on verra ce que t'on aura perdu. Pendant ia dernière année de sa vie, je n'aUai plus chez lui il était <aeM contre devenu an cMi mais- t'étais de ses doctrines. adepte passionne Un an plus tard, à Tobotsk, comme- nots étions, mes d'infortune et moi, dans la cour de !a j)r!aon, compagnonsattendant que l'on atata&t sur notre swt, les femmes des le -directeur de la maison d'arrêt C~cëmbristes supplièrent de leur accorder une entrevue avec nous. Nous pûmes donc voir ces grandes qui avaient suivi votonmartyres tairemunt leurs maris en Sibérie. EUes avaient tout elles avaient abandonné famille, amitiés, rang, fortune, tout sacrifié au devoir morai le plus haut qui soit. Absoïument elles avaient, des vingt et innocentes, pendant tout Oe que supportaient années, ~upporM vingt-cinq ïeurs maris, les condamnes. Notre entrevue avec eUes dura une'lieure ellea nous donnèrent leur Mnédtction pour la route en faisant le & chacun en présent nigne de la croix et nous offrirent un votum~ des ËvangHes. seul livre autorisé par l'administration pénitentiaire. L'exemplaire qui me fut remis reata quatre ans sous mon orcUter, au bagne. Je le lisais A l'aide de ce livre, parfois et le Hsais aux autres détenus. un format. Autour de moi étaient de j'ai appris à lire ces hommes qui, selon ia théorie de BieHnsky, n'eussent commettre les crimes qu'on leur repro. jamais pu nepas chait et qui étaient plus malheureux Da que les autres. russe nomme tous les forçats < les malreste, le peuple heureux et mille fois )'ai entendu !es gens no~ts désiMaisit y a peut-être âne nuance entre l'idée gner ainsi. de BMinsky, semMaMe <&ns pt)pu!aire et Ï'idee pïua arrêts à nos jures. douté te!!c qui dicte certains annëes de bagne furent pour mc~ an Mais mes quatre faTreunecenlong temps d'école qui me periaittteme viotion en connaissance de cause. Et maintenant !o voudrais jostementpar!er de cela.

JOURNAL

D'UN

~CMVAtN

~7

m
t.EMtLIEU

à tous doive être commune H semble qu'une sensation du poucelia du pouvoir et surtout les juréa du monde sensation dangevoir sur soi-même, qui peut devenir Mais même étonnée reuse quand elle est trop dominante. dans plus nobles, elle doit subsister par des sentiments i'&me de tout juré. fort que j'étais C'est po<M cela, je m'en souviens, lors de l'institution curieux de voir ce qui se passerait modèle: je me Qgurais des séances nouveau des tribunaux les des paysans, tous les jurés seraient où presque à les avocats s'adresseraient Le procureur, serfs d'hier. fièrement nos moujiks siégeraient eux en les Bag&rBant Bon )ïaintenant, et peoaeraient en écoutant les débats mon sinon j'enverrai si cela me convient j'acquitterai Jo justiciable en Sibérie. et la chose est digne de remarque. Et voilà pourtant, rarement, acquittent certes, – que nos jurés punissent lis éprouvent Sans doute quoique toujours. presque Mais ils doivent jouissance à user ainsi de leur pouvoir. diueront –d'idées aussi être inuueBCés par un courant et général. La manie de t'acquittement coûte que coûte et hier humiiies chez les paysans, sévit non seulement ouensea, mais encore chez les jurés de toute provenance, – Cette idonUte – même aristocratique. d'impression assez .curieuses. noua ogre un théme à retlexion& Influents, dans l'un de nos journaux je Dernièremen.~ et de ton modéré. lisais un article qui me parut sérieux < Nos jurés ne suivant J'y notai le bout do paragraphe comme tous les hommes le seraient sont-ils pas enclins, à !em p!«e6, & ~auec des toars à l'actoriM. quand ce no serait que pour montrer que les choses ont changé – et

48

JOMNAL

B'm<

ÉCRtVAW

la procureur. donc! Pensez un peu aussi pour ennuyer serfs hier et les voici aujourd'hui étaient Ces gens-là d'un pouvoir extraordinaire investis et me paratt assez n'est peut-être L'idée pas fausse mais elle ne peut tout expliquer. humoristique, faut songer encore qu'il est bien dur de briser la vie aussi. d'un être hutnain et que nos jurés sont humainsiaux dëciarnnt Le peuple russe est porté t !a pitié, beaucoup le peuple anglais aussi de gens. Toutefois, que je pensais s'il est moins veule de cœur que nos et que est pitoyable, d'idéal C'est Russes, i! n'est pas dépourvu humanitaire. très chatouilleuse un peuple d'une conscience -et quia a du jury, loin de la recevoir créé lui-même l'institution en quelque sorte en cadeau. !e juré comprend Et cependant, en Angleterre, que dès il n'est un pas seulement qu'il siège dans un tribunal, sensible et miséricordieux, mais encore et avant homme Il pense môme (à tort ou à raison) tout un citoyen. que doit primer chez !e souci d'accomplir son devoir civique Récemment encore lui le désir de juger avec son cœur. là-bas à la suite de l'acse manifesta une vive agitation d'un voleur Le mécontentement du avéré. quittement de pas impossible public anglais prouva que s'il n'est – des arrêts & ia de pareils arrêts dans le pays, rendre les jurés qui les ont rendus n'en ont pas moins à russe, de leurs L'homme redouter l'indignation compatriotes. doit être capable de se hausser qui veut être un < citoyen du pays. de l'opinion généraie jusqu'à ia compréhension Oh ta bas aussi on veut- bien faire une part à t'inOuonce a pu appartenir du < mitieu corrupteur t'accusé, auquel mais on fait cette part avec mesure. te cœur tes jurés anglais, C'est pour cela que souvent le Verdict qui condamne; ils comprenserré, prononcent tes considérations nent, en euet, qu'eh dépit de toutes humanitaires, ie vice est te v~ce .et te crime est te crime -° auxyeuxdesiibresÀngtais.' – Mais comment ïoutez-vous, ici, quo m'objec~era-t.on Pensez aM,Russes.vQiehtde!am6mefa$bn? ace qu'its 'Les droits civi!s'(et queisdrotts !) teursont étaient hier tombés comme du ciel. tis en sont comme écrasés.

JOORKAt.

O'UN

ÉCMVAÏN

avoir du vrai dans votre Soit, répondrai-je; iipeuty mais q~and même, le. peuple russe. observation, Permette! – Le peuple rosse m~objectera encore Mats tout -le monde sait qu'it c'a une autre personne. aucune idée de t'usaga qu'il peut faire dea droits qui Ïui On l'a comblé !& des cadeaux sont tombes il ne sait d'où. les plus gênants; et qui vous dit qu'U no sente pas fort Est-ce bien qu'il ne mérite pas ces présents? qu'il y a de connaitre chez nous un homme qui puisse se vanter russe ? Vous calomniez ce peuple en vraiment le peuple n'être mû que par une pusUianime !'accusantde sensiest enrayé du pouvoir môme qu'on lui blerie. Ce peuple c'est le octroie. Oui,nous sommes enrayes de ce pouvoir sort de nos frères que l'on met dans nos mains, de nos frères, comprenez-vous ? et jusque ce que noua soyons dans cette éducation aûrs d'avoir fait de grands progrès nous bien! jusque-là civique dont on parle tant,–eh gracierons parce que nous aurons.peur gracierons Nous Nous sommes des. jurés, des espèces de notre jugement. <Ah ça et nous nous disons est-ce que de juges, nous valons mieux que t'accusé ? Nous sommes des gens c'est très bien Mais si nous tieés, à l'abri du besoin. <HMS dans la même situation que le prévenu, peut-être bien maL que lui. – AioM nous pius agirions-nous :t' n'est-ce n'avons qu'à gracier, pas? n'est-ce pas I& encore une preuve Mais, o contradicteur, de cœur que je constatais chez nous de cette faiblesse Il est vrai que cela peut promettre quelque chose d'admichose que le monde n'aura quelque rable, pour l'avenir, C'est un peu ta voix siavophite qui pas encore vu – à part moi mon Dieu eHë et, observerai-je parle, il est bien p!us juste, plus humain, est consolante de par ta grandeur du pouvoir s'imaginer le peuple angoissé du désir de faire des qui lui échoit tout à coup. qu'animé niches à un procureur, – bien que-je sois très amusé de ce désir, possible, après tout. converti. Une chose je ne suis pas encore Cependant tout le reste votre mansuétude, me trouble plus que sur que de ce que vous vous apitoyez jurés, ne vient-elle à vous-mêmes à l'idée de la peine que vous éprouveriez Bprouvcn
s

~0

MUfNALn'UN~CRtVA!~

ûh! condamner? alors te Tous dirais: SMhM Mu~ir cette peinent condamnez: la vérité a pïus d'jmpor~ea que vos chagrins personnels. ReOéchtseez. Si nous sommes emenea & croira armement que nous vaioha parfois. moins qu'un eriminet, il est trop clair que hous Boua TecotmetSttcM de :cap«b)es ies mêmes commettre crimes que t~L. NOMS soMn)cs moralement. ses complices. Si nçus étions :!na!!teMts, il EeroU meilleur moHns ~Uotnent aussi et a]nra!t ou m<MMtrueusem<Mtt; il n'aurait:.pas devont comparu BOUS. – Alors, ï'aequUtemeat s~impo~J 1. – PasdM tout Le mat tstie mal nous devons le pro~amer;ilhut cendamnef; maie t~Boua voulons être sur nous la .moitié du poids do justes, nom prendrons notre arrêt. Nous sortirons Mec un- juBte tectorda de la salle du tribunal, et ce remords sera pour nous !e châtiment. Et ai la souffrance que nous avons causée est equi tablement elle nous rendra innigëe, m.eiiteura, parce que seulement jtousenaurona p&ti. Cestainsi que nous pour* rons nous amender et amender les autres. (Fuir toujours son propre. jugement n'en pas souHrir, c'est trop pour C'est ainsi encore que nous pourrons commode !j justifier ce principe a pas de crimes et que le milieu seut qu'il n'y est coupable. En poussant actuelle l'indulgence juaqu 6 ses dernières :imites~ nous e~ viendrions & logiquement considérer le crtme comme un devoir, comme unaiogitime protestation contre les abominations du < milieu t. de voir serait tcut~ fait opposée à !a dcctrhto Cette façon du-Christianisme qui, tout en reconnaissant t'inuuenco du milieu, propose comme un saint devoir l'obligation de w lutter contre cette înOuenM. En rendant l'homme re~ponsabie', lui te Christianisme accorde du même coup ia liberté; au contraire, en !e faisant victime inconsciente de toutM tes imperfections do <;e qui !'6utpure. la doctrine du < milieu retire à rnomme sa personnalité; jusqu'à oiieio mené droit ti'esciawage le plus vil qu'on puisse coocë\'oir~ Adm~ttë~-VMS MB inatttNt & bc~oiu que, s! Mlad~iju n'a pM d'argent de- tabac et pour en acheter, il agisse

JMtWAÏ.

D'UN

ËCMVAM

51

muni d'argent très justement en tuant un autre individu 9 du tabac ? afin d'avoir de quoi s'acheter – Un homme intelligent sonurira Permette! piusde d'un besoin qu'une brute. Pourquoi la non-sati~action de numéraire s'il no tuerait-il pourvue pas ~no brute ia somme indispensable à la D'à aucun moyen d'obtenir de son besoin?. satisfaction – Ah ne reconnaisse~-vons d'avo pas là un argument <.Sans doute, la loi a été Et i'MMat tat' poursuivra violée; sans doute, c'est un crime d'avoir tue une brute, » etc. mais MM. les Jurés, prenez en considération, être interrompu Ici je pourrais par une voix railleuse – Eh quoi accuser le peuple maintenant Vous aiioz do la doctrine russe do s'être entête parmi les partisans Où diable voutex-vous du < milieu qu'il en ait pris connaissance ? Voilà doute jurés, par exemple, qui sont comme en état de des moujiha et qui se considéreraient mange gras en Ca)émc, et vous péché mortel s'ils avaient ïi serait aussi raisonleur prêtez de pareilles opinions! socialistes des tondances Mb!e de leur reprocher un peuconfus~ sans doute! Sans doute, ïerais-je « nniiou ? Tou. qui les aurait initiés à la théorie (lu t'ideo pënetfe telois ces idées !&~ont dans t'air.et partout. Et ricanerait ~a voix moqueuse. nous y voilà – Âh si notre qu'un peuple pst pius enclin tju'arrivera-t-iï cette ductnne? sait si iesagiautre & se pêûëtrer Qui de ne trouveront révolutionnaires tateurs pas en iui leur d'action? 9 meinear personne! ricanerait Et la voix moqu6use plus fort.

milieu". connaît riea& !atMoriedu<t –Non,lepeuptene !) est v!cti!nè d'une erreur, et pour lui assez séduisante peut-etfoexpMMMe: des f tMtheuMs~e ttppeMe tes condamnes Le peapie disdonne rargent~t t fëu~feUeor te pttip dont iipeut (car poser. Que veut-il longtemps dire par là députe ea agissant Toilà des stëc!es que <:e:a dure) OMit-j!,

M

JOURNAL

D'UN

~CMYMN

à !a ou inconsciemment ta NMMde chrétienne, ah<e!.it th6or!edu<mi!leu~? àea idées latentes, Il y a dès idées inexprimées, qui ces ~~ïée9 à demi daas l'&me humaine. Plus sommeillent sont dormantes dans l'&me du peuple: plus il vit d'une vie et sans défaillance. Piua H. est inca~orte, sana trouble une fausse ou d'en accepter ces idéas pable de trahir C'est de et heureux. interprétation, plus il est puissant ct-obes dans l'une de ces idées, de l'un de ces sentiments de russe <o ccÈur du peup!e que vient l'appellation « malheureux & des gens frappes s appliquée par !a justice. Cette expression vraiment russe, vous ne !a retrouLes d'aucun verez dans ie vocabulaire autre peuple. à peine à nations d'Occident commencent européennes tandis entendre leurs phi!osopbes s'en servir, que chez nous, les moujiks ont trouvé un moyen détourne d'expr! ri'en mer. leurs sentiments bien avant nos philosophes. r~suitepaaqu'iisseraient capaNes de se laisser entratner en do ce qu'ils pensent par une fausse interprétation secret et ne laissent entendre que si discrètement. notre peuple Je crois que ce mot'de «malheureux aux condamle commenter en s'adressant ainsi pourrait < Vous avez péché et maintenant vous souffrez pour nes mais nous aussi nous sommes des pécheurs. vos .fautes; A votre place, peut-être eussions-nous fait pire. Si nous étions meilleurs, ne seriez-vous pas en quelque peut-être sorte nos victimes, no seriez-vous pas où 'vous en etea. le poids Avec le ch&timënt de vos crimes vous subissez nous de la criminalité générale. Priez pour nous comme pour vous. Et en attendant, acceptez notre humble prierons vous sachiez nous vous l'ourons oboie; que pour que tous nous pensons à vous et n'avons pas rompu toujours liens fraternels avec vous.* Avouez <que rien n'est plus facile que de faire ressortir un état d'opinion de la théorie du < milieu y. La pareil maunous sommes société est mauvaise, c'est pourquoi Tais. Seulement Ttcus ~t'svoMh~ ~<Mk~H'~ pfF <~ contre quoi vous vous ~tes.heurtés, car nous, du moins, de la tentation. nous étions a. l'abri du besoin, partant

JOURNAL

O'UN

!ÉOR!VA!N

63

Aussi dénués que vous, nous aurions été aussi coupables. Donc c'est !o milieu qui est fautif. Le milieu seul est criminel, il n'y a pas de orimes. C'est ainsi que triompheraient certains sopbiètca. Maisi!s calomnient le peuple. Non,le peuple no nie pa~ que le crime soit un crime i! sait que le criminel est un coupable que lui-même, Et en s'accusant il ne s'en prend peupie. est coupable. pas au milieu ;ilcroitaucoQttairequec'est par sapropre faute que le milieu est devenu ce qu'i! est que son amëiioration dépend de l'efficacité de son repeatir, do l'énerà s'amender. Voilà ce que pense, gie qu'il mettre sans le peuple russe. l'exprimer clairement, en s'entendant Supposez maintenant que le criminel, traiter de« malheureux s'avisedo croire qu'il n'est qu'un infortuné et non un coupable. Vous verrez si le peuple ne s'indigneras'il ne croira pas d'un pareil contre-sens, la vérité pas que l'on fausse sa pensée, que l'on trahit Je pourrais très justement à l'infini sur ce argumenter mais je me contenterai de dire pour l'instant sujet, Le criminel et celui qui est tenté de commettre un crime sont deux êtres de la mémo catégorie, mais pourtant distincts. son crime, le criminel Si, en préméditant se dit « Je suis une victime qui se venge, il n'y a pas de crime » je ne crois pas du tout que le peuple cesse de voir en lui un < ma!heureux En effet, qu'y a-t-il de plus malheureux qu'uu être qui a cessé de comprendre C'est un animal, une miséqu'un Jorïait est un forfait. rable brute. Le mais ne méconnaîtra peuple le plaindra, la vérité. Jamais le peuple en l'appelant pas pour'cela < malheureux n'oubliera qu'il est en même temps un criminel. Rien ne saurait être plus calamitëux pour notre pays sur son sol, de gens qui tomberaient que l'existence, d'accord avec un coupable de cette espèce et lui diraient « Tu as raison ~Ta n'as rien fait de ma!, puisque !e crime n'existe pas'* Voi!à ma foi, je veux dire la toi de tous ceux qui encore ici deux -tvect csp!!rcrTt attendre. J'ajoat<n'ai mots: J'ti été au bagne et j'y ai Mnnu des criminels endurcis.
K 6.

s

c,

MUHNALB'O~ÉCM~AtN
Je répète que te bagne a <M, pour Moi, un long temps ne songeait d'êcoie. Eh bien pas un sMt <ie ces cr!mïae!8 Autre tboae qu'un <rimtneL_Ea comme à se considèrer êtres apparence tous ces Ïor~setai~'dM MrMaP'gt no cr~a~t~'avectés nouvel terr!Mts, pourtant ils pïù-s.gt&ad nombre venus, dont on se moquatt à plaisir. absorbes. scmbres, d'ormes se composât de~ détenus <t il muets sur leurs o~;<M8. <OB pari~tt M$ peu là-bas, voix. Parfois, détendu de parter Èta!t presque & ~ute Alors tout le bagne, éctatoit un aveu cynique. cependant, îatMit t~tM te matencontteux comtne un seut homme, mot. ~o!s De cela il était intepd!t de soulner parleur. souuraTtces cachateat de ~randea que tous tts détenue Je les <t ih)rt:Bante~. sounrances morales, purifiantes ` =

c = c

-= =

toujoars pensifs. voyais presque Combien de fois je me suis troavë avec eux à !'a cmaau c leurs prières maTmottees J'entendais peUe du bagne = étouNees teursexctamations de la communion; moment me parvenaient, et je ttgarda!8<ce9 'ds&ges! Ah! croyeïmoi, il n'y en avait pas un là qui, ~n son Ame <t cons1 c!eacë,spcrùt!nnocenH !a Je ne voudrais pas que !'oa vit, dans mes paTote~, moindre cr~autë; je veux dire nettement teci pourtant Par un so~Te ch&timent, par la priSMt, pav !e bagne, la moittë de ces pauvres êtres. vous sauverez peutetre = t~ puti~eat!oH du poids des remords, Vous iesaMe~erez = est, croyox-moi.motïfsdouioure~se~e par ia souffrance des a dea~ap&b!M par la situation que vous faites 0 incoasidêrës. Vous ne ÏerM Daitre que te w.quittement8 ret)trop facttement cynisme dans !'ame d'un 'criminel de vous et vous le Mssfrex H se moquera voyé indemne. Vous ne me crbye!: pas ~? travaiMè d'un espoir dangereux. de i'un de ee& acquittes. T&chez de connaitrcfetatd'âcae eu se~sant Je suis certain, moi, qu'il sort du tribuna! moias ~vere On est maintenant et < A la bonne heure Peut-ètte MBn.qu'~n a.'peur, sans doute plus intelligent. une tecommencer impunett!eët_ aussi. AHofS ie pourrai qu~m me sawa~ autre Ms. Je suis dM8 uae teMe misère vraiment exiger que je ne vole pas.' sur tout Vous Sgurex-vous qu'été pastaut !age

JOURNAL &'Ut< ÉCMVAtN

B~

au mai~itenr une chance do se méfait vous donniez li croira que tout lui est permis. Voilà ce que racheter? vous y gagn~re)!, à la an des 6ns. Vous en viendrez même du juste et de ce qui est honnête à ce que le sentiment de Mme du peuple. lisparaisse complètement années A t'étrangcr.. RécemtMnt,j*ai passe quelques la Russie, les nouveaux corntribunaux Çaamd je quittai chez nous. avec queUe mencaient à fonctionner Aussi, avidiM je lisais, de l'autre côM de la ÎMatiere. tcut ce en Russie! Uans ce qui avait trait & Ja vie judiciaire m~mc 86jMf à Mtrangar, il m'est arrivé souvent d'étudier des Rassea, exi!6a volmtaires. leurs enfants, J'observais eu l'avaient qui Bu savaient pas leur propre Jangue oubliée. Tous ces compatriotes se transformaient peu à mémo desthoses,<'B véritables peu.parïatoroe < émigrés*. ïi m'était fort pénible de songer à cela. Que de forces a'e disais-je; eombien gaspi!!ëes! d'homnMS, peut-être. de première valeur, pefdas pour nous Et chez nous un a un besoin d'Aûmmee Mais parlois, en sortaBt d'un salon de lecture, je <nc réconciliais avec les < oxUës volontaires t, non sans avoir ïe cœur Men serré. J'apprena!s par un journal une <emme qui avait russe, qu'oa venait d'acquitter assassiné son mari. Le crime était clair, prouvé. Elle ~avoutut e!:e"meme. Et !e verdict était non coupable Je Usais qu'un jeune homme a~ait forcé un coffre-fort et le ~ontetu. M était, 8''en6tait approprié disait on, tort amouï-eux d'une coûtt femme pour taqneiie il lui fallait, trouver de l'argent. '<!uo~ût<, Celui-là aussi était déciarenoB tant d'inadmis coupable'EBcore, eusse-je avaient êM dieMs par uïte comdutgenc&, si ces arrêts Mais là, passioa justifiée, par une pitM de boa aioU. il m'était imposs~Mc dd voir mte seuie raison qui mUKàt en faveur d'un acquittement. Je me sentais péniblement La Russie, t6t't a <;oup, me at i'eHet -d'un impressionné. on mafêcage caché par une couche de terre, sur.iaqueite a pensé pouvoir construire un palais. Le terrain <n semble en réaitté iMmë, jaai, quand ii est i!ragi!~ 'oomme unb mince creùte de g!ace~ aussitôt on qu'on y po~e le pM, tombe~a~s un gs~tTre boueux.

=

i

66

JMJttNAL

B'UN ÉCRtVA!N

Depuis longtemps, je suis-de retour dans mon pays, et mon inquiétude no m'a pas quitte. Je me demandes! des étrpn sont vraiment ces jures et voilà la vraie ne riex pas miséricordieux, question de l'importance La vraie que je tui accorde. plti6 peu'. raison sans toujours s'expliquer par une q~etebnqae; cette explication, U n'y a que màlentendus'et ténèbres. tr&i. Voyons! Ua mari accable sa femme de mauvais la martyrise comme il ne martyriserait tements, pas un chien, ia tue ou l'estropie années. Suppour de; longues auccombe pas aux s~vicea du scëierat, posons qu'elle-ne mais que, désespérée, après avoir été sur le point de j recourir au suicide, la ma!heureuse, aille deaffolée, mander secours au tribunal Là, on l'envoie dn village. en lut disant avec indiuërence <T&cnexde promener vivre en meiHeur Et cette accord avec votre mari! on t'a lue dans histoire-là n'est pas de pure fantaisie; tous encore. La les journau~, et l'on doit s'en souvenir lemme sans protection, ne sachant p!us a qui s'adresser, se pend. On -juge le mari et on le malade, de terreur, trouve digne d'induJgence! Longtemps, j'ai été hanté par.ia scÈne qui a dû se jouer entre la femme et !e mari. Elle me hante encore. Je me Sgure très Men te mari on a écrit qu'H ëtait de haute -taille, robuste, Les témoins de forte corpulence. ont afQrmé qu'i} 6tai~ naturellement crue!. Il lui arrivait d'attraper et- de !a pendre par une.poute ii raSotait de les pattes, !a tête en bas,. pour, s'amuser, Il frappait cette distraction, sa femme avec tout ce qui lui, tombait sous !a main, corde ou b&ton. Un jour, il lève.une lame du~parquet'de sa maiMn, passe les jambes de sa femme par t'ou~erture ainsi obtenue, puis cale so!i ment là-dedans il la !cs tibias de sa prisonuière. Quand il prend la première chose voit bien Sxée au plancher,, Je venue, pesante bien entandu, et frappe et frappe crois qu'il n'aurait jamais pa dire pourquoi i!'battait raison. ainsi.aafemme.Jemedout~pourtaQt:de!avra!8 ii la massacrait de coups.poar: !p moSf qu! lu! faisait I! lui pendre!apou<e!aMteenbas: pMtrsonpiaisir! était aussi fort agreaMe de !a vo!r MuSrir de la faim.

JtOtWNAt.

&'PK

~CBÏVAM

67

!u! montrait iept)n sur la table et iui di$a!t < Ça, c'est mon pain, A moi tache d'y touchera N'était ce tpu< seul; assez joli La malheureuse allait alors mendier avec pas enfant de dix ans. Si on lui donnait son quelque chose, sinon elle crevait de faim. Avec cela le mangeait, elle t travailler. Et e!!o obéissait à tout, tyran la forçait sans Je crois voir aussi le visage et le proiestatioq; de- cette pauvre créature Je me l'imagine toute corps un clou. J'ai remarqué petiteetmaigre comme que les trts grands, ont souvent une sorte i gros hommes, de femmes minces. !i me semble goût brutat pour ips~Mtea me rappeler était sur les derniers enceinte; qu'elle encore un trait à mon tableau temps. Mais il manque vu parfois un moujik battre sa femme ? Moi, Avez-vous homme fustige le plus souvent }'ai vu ce!a L'eMettent sa justiciable à ~ti<te d'une corde, d'un ceinturon, de Le moujik n'importe est quoi de coatoadeat. (Dame! !e théâtre, la iitteprivode.tous plaisirs esthétique:! la musique, lui sont refusés. Il faut bien qu'il rature,: remplace tout avoir cote par quelque chose!) Après bien calé les jambes de sa femme dans le vide du notre parquet, sans doute d'abord moujik y allait un méthodiquement, presque nonchalamment, d'après rythme à lui. Puis tapait plus- fort, à grands coups r~guHers, sans écouter les cris et les prières do l'infortuavec une délectanée ou, pour mieux dire. il !es écoutait tioa de 2dilettante. (Sans ceta pourquoi, diable, i'aurait-ii battue?) f~omme nos sorts, dans cette vie, nous sont bixarrement distribues! Une toute petite erreur dans ta répartition des destinée~, et cette femme pouvait être Juliette, Béatrice ou.Gretche!). 6tra grande Eite pouvait par la d'une do ces naissance ou par ~beauté, vivre i'ex~stence héroïnes, que rêvent ioa poètes. Et voici que l'on fouette comme un .anima! fautif Ju!iojtte, Béatrice ou Gretchen en plus fort :!o LMc<n!p~p!e)tvc!)t, assénés d~~HS~ort à goûter une jouissance moujik commence raffinée. Les cris de ,!a martyre l'enivrent éperdus comme un t!cooi. -~Oh! je te laverai. les- pieds et boirai ensuite l'eau du baquet) hurle douloureusement dune voix Béatrice,

? s

68

J)OUM<AL D'UN i~CRtYXM

qui n'a plus rien d'humain. cessé puis eUe a'aSaiMit, de crier, gémit, soupire à peine; elle perd la respirattoo, et les coups pleuveni, de plus en pins pressés, de plus en plus vioieUts. Tout d'un coup, l'homme saisit ua jette !a courroie, ce qa'U rencontre, bâton/un le pieu sur pieu, -<btise le dos de la fustigée). A!!ons! En yoita asMz~ Noire homme s'éloigne de sa victime, se met à table, pousse un < out de soulagemont et commence a boire son kvMS. La fille trembie sur sa couche, se cache sous la coupetite vorture! Elle a entendu les cris do sa mère. Le moujik s'en va boire ~itteurs. Au matin la femme s'eveUte, se !eve, geignant chaque va traire les vaches, puiser do l'eau et se pas qu'elle fait, remet à l'ouvrage. ce moment, Et l'homme, qui réparai lui dit d'une voix lente, grave, majestueuse Surtout ne touche pas au pain c'est mon pain A la fin, il paraîtrait qu'il plaisait au moujik de pendre sa femme la tôte en bas, comme ia poule. H la laissait sur un banc. son gruau, pendue, s'assoyait mangeait encore. comme pris d'un remords, coumangeait puis, rait vite ramasser la courroie et s'approchant de la supa battre. La ntiette tremblait piiciéo, recommençait tachée sous la eouverturo. Elle sortait toujours, la tête de temps en temps de son abri et regardait avec eCroi son père rouant de coups sa mère pendue, dont tes che veuxba!ayaient!epiM.<:her. La mère s'est tuée un beau matin de mai. Sans doute, cette fois, on l'avait ta veille. Les mauvais trop battue les supplices, l'avaient tra!te<Ments, rendue folle. Quelques jours avant d'en finir, elle avait été trouver les du vU!age, et voici ce que ces braves gens lui avaient juges répondue y~M en meilleur accord avec votre mari! Tandis qu'dte se passait te nœud coulant autour du eau, puis tandis qu'elle râlait, !a attctte lui criait de son coin Maman maman Pourquoi t'étrangtes-tu ? Ensuite la pauvre avec euroi de la petite s'approchait morte, rappeiatt,.– io!s fa régarder, revenait plusieurs – jusqu'au moment oo !e père revint. 1

JOMRNA~

O'UN

BCK!VA!N

59

toudevant le tribunal, .Maintenant voici Je bourreau reQéchi. jours gros, grave, memp tomber laisse cette parole qui atHwtftou! deux âmes < Nous vivions comme vaut une'petlat: < sceurs! Les jurés sortent. puis reviennent aprôa une courte délibération – < CoupoMc « mais avec co'coMsprononeent-ijts ~<'<s<Ma~ Notez que !a&l!ot.tp avait témoigné contre son père. Elle <vait towt, dit et ron assure quo iea assistants ptauraient. attede circonstances Si les jur~s n ayaieot pas accorde aurait été au bagne, en Sibérie ot) en nMantes. !e manattc tût fait an déporté à vie toais les choses se sont passées de telle sorte qu'U en sera quitte pour huit mois de pridemander chez lui et pourra son. Après co~ il rentrera à la petite fille qui, pleurant sa mère, quelques comptes a témoigne contre lui. Notre moujik aura encore quelqu'un à pendre par les jambes Je vais vous raconter Attendes une autre histoire des tribunaux Il y a quelques années, avanti'inatitution nouvMtMmodete, je tus danalea journaux les faits suivants: un enfant d'un an à quatorze mois. A UnefeMnae avait cet ége, ces petits font leurs dents et naturoUement sont ont besoin do soins conmalades, aoaSrent, pleurent, tinueta. Sans doute !'onfant eanuyait-ii sa mère obligée de !o porter, de le veiller avait sans cesse alors qu'elle d'un a~tro côté. est-il d'ouvrage Toujours beMMnp d'être sans oesso gênée dans son tra queUe s'impatienta vail par le malheureux petit ~tre. On ne -saurait admettre qttei~naaavaisehuîneurqu'eUeen êprouvai'aitpoussëpate battre il est si anreux de mattraiter sans une créature défeaso! Et que peut comprendre un enfant de quatorze mois Mais le samovar 1 Aussi ne le frappa-t-eliepo~t. bouillait dans la chantbrB.Uojour, elle mit la exaspérée, main de l'enfant sous le robinet du samovar, qu'ette ouvrit. Elle tint la petite main sous l'eau bouillante pendant plus de dix secondes. C'est un,fait qui a été confirmé. Eh bien an tribana!, les jurés accorap~ês une courte délibération, dèrent à cette mère des circonstances atténuantes

l

e

]

t

f0

'JOrBNAt.

b'UN

~CNtV~N

Je demande aux autres mères ce qu'elles de pensent cela! Vous entendez d'ici l'avocat: Messieurs les jurés, il est certain que dt pWteih traitements ne sont pas des plus humoMx. Maia voye: bien l'anai~a comme oiie se présente. Ïmaffinex voua le milieu. Revivez par la pensée la vie d)t cette malheureuse femme si pauvre, si accablée de travail, si dénuée de res. sources ne pouvait même lou~r une servante! Ne qu'elle comprenez-vous pas que, dans un pareil enfer, un mou. vement de fureur bien explicable, otC., etc. Certes je suis le premier à reconnattre' des que'l'ordre à juste avocats, titre, une partout respeoté accomplit Mais constdërona un instant haute, une pieuse mission. cette mission à un autre point de vue. N'arrive-t-ii pM consisté souvent tt menttr, à parier contre M qu'eiio trop à tout subordonner, même de la façon la plus conscience, du client ? Non, vraiment, ce n'ot monstrueuse, à l'intérêt pas pour rien qu'ils se font payer, tes avocats – Mais voyons! s'exclame tout à coup cette vob: entendue. Tout moqueuse que nous avons .déjà naguère ce que vous nous racontez là est de pure fantaisie Jamais tes jurés n'ont prononcé do pareils un verdicts. Jamais aussi révoltant. avocat n'a tenu un langage Vous venez d'inventer tout cela de toutes pièces cela, pas plus que je n'ai Non, jo n'ai pas invente inventé ce drame de la femme pMtdue par les pieds, pas < C'est mon pain plus que je n'ai inventé ces parûtes de la nUotte < Maman, Ni l'exclamation pourquoi Tout cela c'est ~'es~ue iamëme chose t'étrangles-tu? bouillante. que la petite main tenue sous i'ettu ~L'ignorance, messieurs, plaidera l'avocat, messieurs, iâfauto~unwMu! ayez pitié, c'est russes Mais, bon Dieu 1 il y a des militons de paysans victimes et ils ne s'amusent du mémo milieu~ pas tous & pendre leurs femmes parles pieds

JOURNAL

O'UN

ÉCRIVAIN

61

IV

UM CHAPITRE PERSONNEL

1

mes souvenirs Plus d'une fois on m'a poussé écrire Je ne sais pas si jo le ferai. Ma mémoire Httéraires. devient paresseuse, En puis c'est triste de se souvenir Quelquefois, général j'aime peu mo souvenir. cependant. de ma carrière littéraire se présentent tels épisodes avec une incroyable d'eux-mêmes & ma mémoire netteté. chose qui me revient. Voici, par exemple, Un quelque de printemps allé voir léger matin Petrovitch j'étais Mon roman Cr~me et CA<!Mme/t~, qui était Kovalesky, alors en voie depuMication dans ioJtfessa~et' fusse, Fin Il se mit à m'en féliciter terpsa~it beaucoup. chaudement et me paria do l'opinion qu'en avait un ami dont jo no puis ici donner le nom, mais qui m'était très cher. Sur ces se présenteront. l'un après l'autre, entrefaites deux édiL'un do ces périodiques teurs de revues. a acquis depuis un nombre do lecteurs inconnu des revues généralement russes, mais alors eiio était tout au début de sa fortune. achevait L'autre, au.contraire, déjà une carrière naguère mais son éditeur son œuvre dût glorieuse ignorait que si tôt prendre fin. Ce dernier m'emmena dans une autre en tèto-a tète. H s'était montré pièce où nous demeurâmes assez amical & mon égard, bien en plusieurs occasions eut été orageuse. Une fois, que notre première rencontre entre autres, ii m'avait montré des vers de lui, les meiileurs qu'~i eût écrits, et Dieu sait si son apparence suggé raiH'idêe en présence d'un poète et que Ton se trouvât surtout d'un amer et douloureux poète 1 Quoi qu'il on soit, ii entama ainsi la conversation: – Eh bien t Nous vous dans ma avons un peu arrangé, 6'/«M<nx'n~ revue, à propos de c'~me –Jo sais, je sa!s. répondis-je. 'n« 6

<a

JOURNAL

D'UN

~CMVA!N

Et savez-vous pourquoi ? de principe, sans doute. Question Pas du tout, c'est à cause de Tchernisohëvsky. Je demeurai stupéfait. – M. N. dans reprit-U, qui vous a pria à partie son article, est venu me trouver pour me dire son rcman est bon, mais, voilà deux ans, JI n'a pas craint d'injurier un malheureux Je vais ëreindéporté et de le caricaturer. ter son roman. – Bon! voUa tes uiaiseries qui recommen~ptaM sujet du Cf~o~~f, tout de suite de m'eeriai-je, compreMtUt M~ia tv~-vous quoiU 6'ag(j:s&it. tu ma tt<Mtv6!!e intitut~o C~aco~f~ ? – Non, je ne l'ai p<a lue. – Mais tout cela proviont d'une série de poitas idiote, Maia il faut tout l'esprit et tout le d~cefae'Mnt d'un dans cette malheureuse MuBouigarine pour trouver voHo ~a moindre allusion à TcberBiscoevs&y. Si vous savioz comme tout cejta est b~te Jamais je as me paril y a deux ans, prode n'avoir donaetai, pourtant, pas, tesM contre cette ptupide calomnie dès qu'eUe a ét6 lanc6o. Et jusqu'il je n'a; pas encore prot~te. je Un jour n'avais pas la temps, un autre jeur je trouvai le ctopot cette baaseasa pap trop mepriMbie. Cependant, que l'on m'attribue est devenue un grief contre moi poup bien des a fait Mn cham!n gens. L'histoire dans tes jnurNauxet revues, pénétré dans pubHc et m'a vatu plusieurs désagréments. ït est temps de m'expliquer tA'desaux. (Mon sHence Serait cette Mgende.) par confirmer J'ai rencontra pour la premier4 ~oi< Nicolas Gavrito~iich e? ~?9, la prem~re Tchernischovs!ty pendaat retourde S~érM ne ae OM cappe)!e -année q~ euivitmoa suite ooua nous sommes ptuaoi ott ni comment. PaM!a retrouvés noc&ne ensewHe, maiapaR tr~a fréquemment; causions guère, mais cb~tque fo~ oaus noua sommes ~Ndu h ma~ia. Herzen me.tUsait que aa perattmpe et ses maci&rcB M avaient uu6 prûdutt î&~e~w Mï~ie~oi). “ Mais moi j'avais de la ~ympaibitt pour lui.

JOUttNAt. Un mattn

O'~t

ËCRtYAtN

63-

un exemplaire je trouva! & ma porte d'une assez fréquemment publication qui paraissait ah)rs. Cela !a JeHM Génération. s'appe!!a!t Rien n'était plus inepte et révoltant. J'en lus agacé tonte !a journée. Vers cinq heures du soir j'atiai chex Nicolas Gavrilovitch. H vint lui-même m'ouvrir la porte, me fit un accueil très gracieux et m'emmena dans son cabinet de travail. Je tirai de ma poche la feuille le que j'avais trouvée matin et demandai & Tchernischevs!{y Nicolas Gavriiovitoh. connaissex-vous cela ? !t prit la feuille comme une chose parfaitement ignorée de iui et en lut le texte. M n'y en avait, cette fois, qu'une dizaine de lignes. –Qu'est-ce que cela veut dire? me demanda-t-il <'& souriant Ïegôrement. Hein? Sont-iis bêtes ces gens-la? fis-je. N'y auraitil aucun moyen de les faire renoncer à ce genre do plaisanteries ? Mais vous figurez-vous que j'aie quoi que ce soit a faire avec eux, que je collabore à leurs sottises ? – J'étais certain du contraire, parfaiteiaeNt et je crois inutile de vous l'affirmer. Mais il me semble qu'on devraitles dissuader de conHauer leur pubUcatioa. Je sais bien que vous n'avez rien & faire avec les rédacteurs de cette mais vous les connaissez feuille, un peu, et votre parole a, pour eux. beaucoup de poids'; ne pourriez-vous ?. ne connais aucun d'entre eux. – Mata je – Ah du moment que vous me le dites Maie est-il de leur parler nécessaire directement?. Est-ce qu'un blême écrit venant d'un homme dans votre situation?. Bah ça ne produira aucun eftet. Tout cela est inéw vitabie. – Pourtant !ts nuisent à tout et à tous. A ce moment survint un nouveau visiteur.etje partis. J'étais convaincu parfaitement que Tcheraiscbè~ky n était aucunement mauvais solidaire. des U plaçants. tu avait très bien reçu et vint bientôt me rendre ma visite. passa près d'une heure chM moi, et je dois dire quêtai rarement vu de caractère plus doux et plus aimable que

M

JOURNAL

P'tJN

<ÇMVA!N

Uaile sien. Rien nom'etonaait plu8 que de l'entendre dur et inaociable. U ter, dans certains milieux, d'homme m'était évident se lier avec moi, et je n'en qu'il désirait a Mosétais nullement fâché. Bientôt je dus me rendre mes relations cou j'y passai neuf mois, et naturellement avec Tchernischevatky en restèrent ta. Un beau jour j'appris t'arrestation, puis la dépcrtation de Nicolas Gavrilovitch sans en coanaitra les motifs, que j'ignore encore à l'heure qu'il est. !i y'a un an et demi. j'eus l'idée d'écrire un conte de Gogol. dans le genre du ??, bumoriatico-fantastique Jamais je n'avais rien écrit dans cette note. Ma.nouvelle là ne voulait être qu'une iittéraire. J'avais plaisanterie Bien que tout situations quelques comiques & développer. ici te sujet cela soit sans grande je donnerai importance, de mon conte, pour que l'on comprenne les conclusions qu'on en tira < On voyait en ce temps-là, dit ma houveUe, à Péters' bourg, un Allemand qui exhibait un crocodile moyennant avant nnance. Un fonctionnaire voulut, petersbourgeois en son départ pour l'étranger; aUer jouir de ce spectacle de sa jeune femme et d'un ami. Ce fonctioncompagnie naire appartenait il avait quelque à la classe moyenne; mais était encore fortune, jeune, plein d'amour-propre, aussi bête que ce fameux « Major Kovaluv qui avait ». Il sp croyait un homme remarquable et, perdu songez se considérait comme un bien que médiocrement instruit, nul génie. Dansl'adm!n)8trationilpassaitpourl'êtreleplus Comme pour se venger de ce dédain, que l'on pût trouver. l'ami qui l'accompade tyranniser il-avait pris l'habitude L'ami le haisen inférieur. gnait partout et-de le trader tout à cause de la jeune femme sait, mais supportait infiniment. Or, tandis que cette jolie perqu'il aimait à un type tout à fait petorsboursonne, qui appartenait de !a M&sso moyenne, – tan de !a coquette geois–celui des gr&ees des dis que cette jolie personne ~'6babissa!t en même temps que le crocosinges que Ion montrait A Il réussi! dile, son gémat époux MsàH 'des Bonnes. et et à agacer le crocodiiie endormi réveiller jùsque-là Le saurien ouvrit une aussi bûche. frétittant qu'une

JOURNAL énorme gueule et engloutit

tt'HK

ÉCRtVAtN Ce grand

65

homme, par aucun domsouffert n'avait le plus étrange des hasards,. se trouva merveilmage et, par un euet de son gâtisme, du crocodile. L'ami et la lensement bien dans.l'intérieur entendu vanter son femme, qui-le savaient sauf, l'ayant allèrent faire des bonheur dans le ventre de son reptile, démarches auprès des autorités pour obtenir ia délivrance involontaire. Pour cota, il fallait d'abord de l'explorateur délicatement cour en tuer le crocodile, puis le dépecer extraire le grand homme. Mais il convenait d'indemniser du saurien. Ce Germain comi'Altemand, propriétaire H déclara mença par se mettre dans une colère formidable. en jurant mourrait sûrement d'une que son crocodile de fonctionnaire. Mais il comprit bientôt que indigestion le brillant bureaucrate avalé sans avoir été endommagé de fortes recettes dans toute l'Eupourrait lui procurer une somme rope. Il exigea, en échange de son crocodile, ce considérable, plus le grade de colonel russe. Pendant étaient en peine, car, de mémoire do temps les autorités rond-de-cuir, jamais vu un cas pareil. Aucun on n'avait
le mari.

précèdent! Puis on soupçonna le fonctionnaire d'être entré dans le corps du crocodile pour causer des ennuis au Gouvernement Ce devait être un subversif « libéral 1 la jeune femme trouvait de Cependant, que sa situation < presque veuve ne manquait pas d'intérêt. L'époux avalé venait au travers du crocodile, de la carapace de confier à son ami qu'il préférait infiniment son séjour dans l'intérieur ,du saurien à sa vie de fonctionnaire. Sa dans le ventre d'une bête féroce attirait enfin villégiature sur lui l'attention en vain quand il vaquait qu'il sollicitait – II insista pour que à ses occupations bureaucratiques. sa femme donnât des soirées dans lesquelles son tombeau vivant apparattrait. Tout viendrait. à ces Pétêrsbourg soirées, et tous tes hommes d'Etat invités s'ébahiraient du phénomène. « avaié touLui, l'intéressant parlerait, au travers de la cuirasse jours du erocodiie, squameuse ou mieux par la gueule du monstre iF conseillerait ses ses capacités. A l'insidieuse chefs, il leur montrerait question de son ami, qui lui demandait ce qu'il ferait s'il
e.

M

JOURNAL

U'Uf.

ÉCRIVAIN

éta!t un beau jour évacué de son cercueil d'une <a$M< ou d'une autre. il répondît en garde qu'i! serait toujours contre une sotuUon tropconformeaux Msde nature. 1 et qu'il résisterait! La femme était de plus en plus charmée rû)e de desott fausse veuve tout le monde lui témoignait de là symlu chef direct deson mari lui rendait de fréquentes pathie visites, tassai) des parties de cartes avec elle. etc. Ïci se terminait !e premier épisode de ma nouve!to, que mais que je reprendrat un jour ou je laissai inachevée, t'autre. io parti que t'en a tiré de cette plaisMVoici pourtant terie A peine ce que j'avais écrit de dé récit eût-ii paru dans en 1865), que le journat la la revue t'Ëpo~Mc (c'était au y<~tc (Go!oas), se livra aux plus etr&oges commentaires Je no me souviens plus exactement sujet de la nouvelle. du texte du factum, mais son rédacteur à peu s'exprimait prèa comme jH suit au début dé soh article: « C'est en' vain que l'auteur d<) < CrocodMe s'exerce nouveau il n'en recuenà un genre d'humour pour. lui ni les proutâ etc. »; ïera ni l'honneur qu'i! escompte, puis, après m'avoir inuig6 quelques piquresd'amqur-prole revuisté rëcoutait à des accusapre assez venimeuses, certainement M<Ms embrou~tëea, mais incom perndes. t)aé semaine plus'-tard, ~e renprehonsibtes pour moi. contrai M. N. N. < Savez-vous ce que l'on qui me dit bien. on aïnrme que 'votre pense en divers milieux Ëh < CrocodHe » n'est qu'une allégorie il s'agît de )a dépor. tation de Tcherhischevsky, n'est ce pas? Tout <d)asburdt d~uno pareille interprétation, je jugeai cepetidant bruit semn6g!igeaMe.une opinion aussi îantais!ste:tJh NaMe ne pouvatt avotr d'ëcho. Pouttànt.je~e me pardonet mon dédain en cette occufnera! jamais ma négligence rence, <ar cette sotte invention n'a <ait que prendre corps et s'embe~tir; même à encouragé les common stience mt-ntateurs. Calomniez 11 en restera Catomnîez! touOu donc est i'aUé&ofio ? Ah sans doute, !e crocodHe ta Sibét te, et le ionctionnatrë représente présomptueux

f

JOURNAL

O'UN

ëCMVA!~

p7

a été Maté et nul n'est autre que TchsrDischevsky. à l'espoir de faire la le~on par le crocMïile sans renoncer à tout !e mondé. L'ami faiblb ?1 tyrannisé parlu! aymboLa femme lise son entourage qu'il passait pourrégéater. de sa situation de jolie, mais sotte, qui se réjouissait c'est. Mais ici nous entrons dans des pseudo-vouve, détails si malpropres que je ne veux pas me salir en conde l'allégorie. Et pourtant tinuant l'explication c'est peutêtre cette dernière allusion qui a eu le plus de succès. J'ai des raisons pour le croire. Alors on a supposé que moi, ancien forçât, j'ai eu non la bassesse seulement de m'égayer en songeant à la situation d'un malheureux maif encore la lâcheté déporté, de rendre ma joie publique en écrivant à ce propos une sur quel terrain Mais se placeinjurieuse pasquinade ton pour m~accuser d'une telle vilenie Mais apportez-moi dix lignes, et avec N'importe quelle œuvre; prenez-en un peu de bonne volonté vous pourrez expliquer au publie qu'on .a voulu batifoler au sujet de la guerre franco se payer la .tête de l'acteur Gorbounov ou se allemande, livrer à toutes les stupides plaisanteries qu'il vous plaira de prêter! dans quel esprit examihappelcz.~ous tes censeurs M)!cnt les manuscrits d'auteurs au cours .des années où quarante. n'y avait pas une ligne, pas une virgule, ces hommes une allusion perspicaces ne découvrissent Ira-t-0)n TcherïHSpolitique. dirc~que je haïssais ont toujours chevsky ? Mais j'ai Thûatré que nos rapports ëteaSectueux'Donnez-moi au moins une des raisons que j'aurais pu avo!r pour~ui rancune de quoi garder que ce lût ? Tout cela est mBnsonge. Voudraitoa lostaue? de gagner que j'a! CM Fespoir le jour où j't~ pubité cett~ quelque chps& en <hant lieu & double seTis? t: est me dire que j'ai vendu bouSonnerie Maptumeët~rsomeBeprowveMcela! Si l'on vient me dire que je me suis cru tout perrn~ & causé de certaines anaires d6 tataille qui ne regardaient de~m~ q~ T~ht~n~tschAv~y, ;~4t<~i ~gMH~m~t défendre d'avoir eu. une pensée aussi abjecte, car, ~el~ répète, ma défense m~mB me saHra!t.

68

1

JOUMMO'UNJÊCRtyAHt

parier Je suis bien fâché de m'être laissé entraîner co que c'est que d'a!!er cherVoilà défaits personnels. Cela ne m'an'iverap!us. littéraires. cher ses souvenirs

..V BOBOK

d'une autre perle < Carnet Cette fois, jé feuillette il est question M ne s'agit sonne. plus de moi, du tout et solidaire, dont je ne suis aucunement de quelqu'un toute préface plu~ ioague me parait !nutt!e. CarMsftfet/a Semion – ïvan

personne

me dit a~ant-hier Ardalionovitch ivre ne t'arEi~-t-it Ivaoitch, ~~ts d'être né m'onensai dont, pourtant, question, Singulière gens veuque certaines cas< Je suis un homme placide lent <aire paasep pour fou. – Naguère un peintre a désiré à poser et la toile a 6M j~ire mon portrait. J'ai consenti apr~s, je admise dans une exposition. Quelques jours < Aile! lisais dans un journal qu! parlait de ce portrait: qui scmbie celui d'un voir. ce visage maladif et convulsé Je ne m'en vexai e'n rien. Je n'ai a la îolie. candidat fou à pour devenir pas assez de voleur comnML littérateur en ne Fa pas J'ai écrit une nouveUè force de talent. J'ai porté J'ai écrit un feuilleton on Fa refusé. insérée. on à beaucoup de directeurs de journaux ce feuU!eton n'en a voulu nulle part. – Ce~ue vaus,ëcrivez dit. langue do <e~ m'a-t-on ` quement.Deselattique?* m'a pas compris Onne du tout. Aipra, le plus sou-

JOURNAL

D'UN

~CtUVAtN

69

Je des livres français pour nos e~aM. vent, je traduis restâmes les aussi des nëgo<pMts rédige pour article Mre: Procurex.vouscet attention! < Acheteurs, »~ r )e thé rouge dès plantations de. do feu Plotr' Matveievitch, j'ai Pour un panégyrique de plaire reçu une assez forte somme. J'ai composé Mrf J'ai fabriqué éditeur. aux Dames, commandé par un dans ma vie. J'ai livre*! de ce genre environ soixante de des mots de faire un recueil spirituels l'intention un peu Voltaire, mais j'ai peur que cela no paraisse d'écrivain. fade chez nous. Et voilà toute mon histoire lettres Ah! j'oubliais que jai envoyé plus de quarante le goût littéet revues pour réformer à divers journaux raire de mon pays et dépensé ainsi je ne sais combien de roaMesenauranchissemehts. bien moins Je pense que le peintre a fait mon portrait, le but de littéraire à cause de ma réputation que dans un homme pourvu d<* peindre une chose assez rare: sur le front. deux grains de beauté symétriquement posés et Je suis, ce point de vue, une sorte de phénomène, Us n'ont d'à présent voilà bien nos plus peintres Et comme les singularités. d'idées, alors ils recherchent mes grains do beauté, sur ie porils sont bien réussis, trait Us vivent, ils sontpar~nfs C'est cela qu'on appelle !e réalisme, aujourd'hui. une Pour ce qui est de la toiie. je crois qu'on a suivi de bon goût de Il était alors mode de t'aonée dernière. On no voyait fous. trouver la plupart des écrivains. < Un tel dans les journaux que des phrases de ce genre cette variété de a beaucoup de taient malheureusement talentle conduira, que disons-nous ? l'a conduit tout droit ° a ta folie. Quoi qu'H en soit, un ami est venu me voir hier, et ses tu toù style change premiers mots ont été < Tu 'sais, deviens obscur, embrouillé!* Mon ami a raison. Et non seulement je vois mon style changer, mais encore mon esprit se ~modiSer. Je soutire dans l!r tête~ommence à d~nMLer des formes étranges. à entendre des sons bizarres.Ce ne dont pas des <w:c de alors. Je ne saisis qu'une sëute inllexion qui parlent

70 vo!x

Jt!U«NÀLD*Ui!< c'est comme

Êcm~AtN

s! que~u'uo de mot répétait moi ptacéprès 80HY'at:<Bo6oA/b)obok:bobok!~ é. F Qu'est-ce bien ôtro que de ~oto~~ que ça peut ·

Pour me <~sh'a~c, suis aHj6 à un enterrement, Un te parant à moi, un coasei!!er éloigné J~at vu !a privé. veuve et ses cinq filles, toutes vieilles demoiseMes cinq C!ieSt ça doitcoûter cher, rien qu'en soulier~ Le défunt avaitd'assex jolis appointements, tau mais, !t présent, dra Re contenter d'une pension de veuve. On me retevait mal dans cette plutôt famille. Tant pis! J'ai accompagné te corps jusqu'au cimetière. On s'est écarté de moi on trouvait, sans ma tenue doute, trop peu iutueuso. Au fait, H y avait bien vingt-cinq ans que n'avais mis le pied dans un cimetière; je ce sont des endroits tt y a l'odeur déplaisants. D'abord, On a porté à ce cimetière, ce jour-là, une quinze de morts, eu des enterrements H y a de toutes classes; j'ai même admirer deux beaux pu corbillards l'un amenait un général, l'autre une dame quelconque. J'ai aperçu beaudo figures tristes, coup d'autres ta trisqui auectaient une quantité tesso et surtout de visages franchement gais. Le clergé aura fait une bonne tournée. Mais l'odeur~ rôdeur Je ne voudrais et avoir toupas être prêtre affaire dans ça cimetière-là. tour~ J'ai regardé les visages des morts sans trop m'approcher. Je me menais de moQimprHssionnabiiite. H y avait des'laces très dësagréabÏM. bonasses.'d'autres Le plus souvent ces défunts ont un sourire pas bon du -tout je n'aime guère t contempter ces grimaces. On ië9 fevoit en rêve. Pendant le service funèbre, un moment la jo sortis journée était grise il faisait froid, mais nous étlons déj& en octobre; erré parmi les tombeaux. M y en a j'ai de divers styles, diverses la troisième de catêgones'f coûte trente roubles. C'est décent 6t pas cher. catégorie Ceux des deux premières classes se trouvent, les uns

S

j

ï

JOURNAL D'UN ÉCMVAtN

71

1

sous le parvis. Mais ça coûte un dans t'ëgUse, les autres argentMu, on a enterre auDans ceux de ta.trotsië~~aMgorio, gênera! et la dame queljpurd'bui six personnes.~dM~~e c'étaithorriMo. conquo. J'ai regardé <fa~ ~s~mbeaux verte detëau ;i v avait de l'eau dedans, Âpresce!a je suis encore sort! une fois, pendant te sertout près, il y a un hosvice. J'ai été hors du cimetière Ce restaurant n'est cote, un restaurant. pice et, presque on peut y manger sans être empoisonné. pas mauvais, de ceux qui ayaient Dans la 6a!ie j'ai rencontra beaucoup !t regnatt là-dedans uao les enterrements. accompagne – Je me suis assis, belle gatté, une animattoM amusaNtc. j'ai mangé et j'ai bu.. ma place dans l'église Ensuite je suis rctouroe prendre tomet plus tard j'ai~ aidé à porter -le cercueil jusqu'au les morts deviennent-ils si lourds dans beau. Pourquoi des leurs bières ? On dit que c'est à cause de l'inertie encore un tas d'inepties de cette on raconte cadavret force. Je n'a! pas assisté au repas mortuaire je suis fier. Si ils ne peuvent faire les gens ne me reçoivent que quar de m'asseoir à besoin aucun autrement, je n'éprouve leur table. Mais je me demande je suis resté au ci'Hepourquot tière. Je m'assis sur une tombe et me mis à songer comme ma pensée dévia oniofaitdaHsces lieux-lit. Pourtant au sujet de i'Exposibientôt. Je <is quelques réHexions tion de Mosco'.), puis disserta; sur l'Eton(en moi-même) à tout propos nement. Et vo!ci ma conclusion s'étonner est assurément une chose bête. Mais il est encore plus Mtede ne s'ëtonEer de rien que de a'ëtoanër de tout.' C'est presque ae faire cas de r!en, et !e propre de titpbe= ciieestdenefaiteoasderien. –< Mais moi j'ai la manie de m'intéressera à tout », me dit un jour un de mes amjts. Grand Dieu f Il a îa manie de s~nMresser de mof ai je mettais à tout. ~ue dirait-on v 1 Mta daM mon art!ci<e Je m'oabiiai ce n'est pas que un peu dans !a cunetiëre le. l.iptl. c'est toujours- !a la tombatea j'a!mo & !ire les inscriptions .'es'. f.lm. lire.. '<¡~'Ie.' t.uJ.ur~

[ =

?a

JOURNAL

D'UN

i&CMVAtN

une pierre funéraire même chanson.Sur je trouvai un mordu. Je le jetai. Oh! sandwich dans lequel on avait ce n'était reste, pas du pain, o'étaitune sandwich!,Du jeter du pain, est-ce un pèche ou un demi poche ? Il fau MnHMaM'e do Souvprine. dra que je consulte si que je demeurai assis tfop longtemps, Je suppose longtemps que 'je crois bien avoir Bnt par me couchct sur la longue Alors, jo no sah p!err« d'un sépulcre. mais sûrement cela commença, des comment j'entendis bruita. D'abord je n'y pris pas garde, puis les bruits se en une coBversatba en conversation, transformèrent. comme si chacun des tenue A voix basses, à votx sourdes, interlocuteurs s'était mis un coussin sur ia boupbe. Je me redressai et me pris à écouter avec attention. disait l'une des "voix, c'est absolument – Excellence, Vous avez déclare et tout cœur, j'ai whist, impossible. Il faiiait déclarer d'~a cc~ip vous avez sept en carreau. votre carreau d'abord. – Mais si je joue cœur, où sera l'intérêt du jeu? Exeilence. ï! faut un – Rien à faire sans garantie, mort. un mort, ça ne se trouve pas ici – Eh et inattendues! vraiment étranges Singulières paroles, les voix sor Mais il c'y avait pas de doute a conserver: J~ me penchai et lus sur la taient bien des tombeaux. cette inscription: daiie de l'une des sépultures « Ici repose le corpa du général chevalier Pervoïedov, Mort en août. 67. Repose-toi, de tels et tels ordres. chère cendre, matin. jusqu'au glorieux La tombe était Sur l'autre il n'y avait rien de gravé. L'iM assurément celle d'un nouvel habitant du cimetière. cripUon n'était pas encore, probablement, rédigée au g~ si étcuSêe do la famille. Pourtant, que <ût la voix ça Mort – que ce devait être car je suis perspicace, je jugeai, unRpnseiilerdccour. fois j'étais – Ob' oh oh entendis-je encore. Cetta d'une dis sûr que c'était une nouvelle voix qui partait tanc~d'aamoiBt cinq eegeBM (~' twho~n d~ g~néraL Je regardai la sépulture d'où fil.t,'rait la nouvelle voix. 0: La voix deva!! devinait que'la fosse était encore fratche.

JOUKNAL

D'UK

~CMVAtN

7;;

être, & en juger par sa rudesse, une voix tout à fait peup~. –Oh!bh!ob! Et cela recommença et recommença. Tout à coup éclata la voix c)aire. hautaine et méprisante d'une dame, évidemment de haut parago « C'est révoitant de se trouver ntchée à côté de ce boutiquier » – Pourquoi diable vous êtes-vous couchée là, alors ? 1 l'autre. répondit On m'y afourrée bien malgré moi. C'est mon mari. Oh! affreuses surprises delà Mort Moi qui ne vous aurais de mon vivant, ni pour or ni pour argent, approche, me voici à vos côtés parce qu'on n'a pu payer pour moi que le de la « troisième prix catégorie Ah 1 je vous reconnais à la voix. H y avait, dans le tiroir de ma caisse; une jolie note à vous réclamer C'est un peu fort et assez bute de venir ici réclamer le payement d'une facture. Retournez M-~aH~ faire vos plaintes à ma nièce c'est mon héritière. Mais par où passerai -je, à présent? Nous voici bien tinis tous les deux, morts tous deux sn état de péché devant Dieu jusqu'au jugement dernier. égaux – Egaux au point de vue des péchés, mais non autrement, riposta dédaigneusement la dame. Et n'essayez pas de faire la conversation avec moi, je ne le souffrirais pas. – Ou oh! oh clama encore la voix rude. Toutefois le obéit à la dame. boutiquier Ah fit le « conseiller », il lui cède ici-même ? Et pourquoi, dit le général, n'obtempérerait-il pas? Mais Votre Excellence ignore donc qu'ici les choses ne se passent pas comme dans le monde que nous avons quitté? Et comment donc? sepassent-elles H n'ya a plus- de'rang ni d'égards dus, chez nous, maintenant, afnrme puisqu'on que nous sommes morts. – Quant! Duu~ serions mnieMs plus morts, ii n~n faudrait pas moins dé préséances, un ordre social Ces gens-là me console)~. S:n n'est pas amis dans 7. 7.

1]

'C

7t

J&URNAL

B'~

~cmVA!N

ce funèbre sous-sot~ qu&pcut.-<~ntte)Nan~Nr&t'é~age périeur? 9 Je continuai à écouter.

su-

1

Nen! J& voua dis que je vh'rai moi, je vivrai autre voix encore inentendue de q~ai paeMt la tombe d~ geaér~ de celle de la l'espace qui séparait dame susceptible. Eatendex-vaua. Excellence ? C'était. i<t voix dw e<wseiUet. Voilà notre homme qui tecommejae~! il Ttn<~ passe des trois jours sans. aauiaer mot, tant-ôt: H uaus assomme continuellement de sa phrase bête No< moi vivrai! U est la depuis le mois d'avril etUM fevient je toujours à déclarer qu'il va vivre! – Vivre ici Dans cet lieu lujptbre t – H estvra~aerendr<*tBMtBque ExceHenee. degaité, Aussi, si vous voatM, pour Bcms dotraMe; nous allons un peu Avdatia notée susxBptibie taquiner tgnatievBa, voisine. Pas moi.! Je ne puis fMMttCrHrcette iMmtatne pm). bôche~ –- C'est moi ni l'M) ni qui ne. fmia vous supporterl'autre! s'écria la pimbêche. Vous êtes assommants tous les déH~. Vous oe ressassez. que des niaisertea. Voulezvous, général, que je vous racaot&qaetque~cboecA'iht~ressant?Jevoua)dM<deoBt)meatM)a de voa domestiques wus a chassa de dessous tm certaia !t{, axée tm balai. – Exécrable créature que vous êtes grinça io général. – Ohi petite mLete Avdotia tgoati&vna ~af~eritt I& bou. d'un doute, j& vou& en p~ie-L Saia-j& tu:e:nnoi. tiquier, Yfctime d'une horrible illusion ou est-elle réelle, i'~roce odeuyquim'empoiaM~ae~ – Encoce vou~ MaM. c'est vous q)Mt dëg<~e~ une aSceuso Buaot&uc quand, voua. vous Ee~mnez. Je mt me t-eieMM ta~ ma ahexe Anne, et ne~ds exba!er.aHC<u]&adeur~M<n M8i.Qàaiii\ dM~soBt soo~ atMMt tntMtes;. eBt8ne:intMles¡; ~awMenfpacîatt<tat.d<Ma~M~B.i~i~<~h~ma t 1

-Non! cria une

r

JKMJKtAt

Ï~U?f

ÉCMVA!N

'?

un peu. touchée. êtes déjt petite mère. c'est ~~s mente pMH* une senteur Vous répandez insupportable, C'étaU par politesse jasqua l'endroit! que ;e me taisais présent. moi H empeste et dit quee'est – Ah l'être répugnant! – Oh! oh oh que le temps vienne bien vite du service qu'on célébrera quarante jours après ma mort! Au tomber sur ma tombe les larmes de ma moins j'entendrai veuveetdemesenîanta! – Bah vous croyez que~'est eurca qu'ils vont pleurer. bien vite. le nez et se sauveront Ils se boucheront d'un ton dit le fonctionnaire –Avdotia Igaatievna, à venus commeaoeront bientôt les derniers obséquieux. parler. Ó Et y a-t-il parmi eux des gens jeunes? M y a -Il Igaatievna. y a des jeunes gens, Avdotia même des adolescents. Eh quoi 1 Ils ne sont pas sortis do iethM-gie? interrogea le générât. ne sait bien que ceux d'avant-hicr Votre Excellence H y <n a qui demeurent se sont pas encore éveiHeSt et auinertes des semaines entières. Hier, at-ant-hier Autrement on en a apporté un certain nombre. joerd'aui de nous. tous les autour dans t'espace de dix sagènes morts seraient do l'année dernière. Ëxeeî~ Aujourd'hui, J'ai le conseiller Tarassevitch. lence, on a enterré privé le nommer. Je connais son neveu entendu les assistants celui qui conduisait ic deuil a prononcé quelques paroles sur la tombe. – Mais où est-il? – Tout près; à cinq pas de vous, sur votre gaache. Si vous faisiez connaissance avec lui, Excellence? '? Oh! moi, iaire la première démarche? – C'est lui en sera même qui la fera de lui-même. tr&saatté.nez-vousenàmoi.etje. – Ah ça le générai, qu'est-ce que j'eninterrompit tends là ? !< ne – C'est la voix d'un nouveau venu, Excellence. les morts sont plus longs que cela à perd pas de temps se secouer d habitude!

76 n..

JOURNAL

D'UK

~CMVAtN

3,uOn a:s. dirait 1- voix d'ua jeune homme? la soupira Avdo tia'tgaatievna.. – Si je suis ici, c'est bien grâce à cette diablesse de a tout bouleversé complication en moi. Me voici mort qui et si soudainement ( gémit le jeune homme. La veille au soir encore Schultz me disait U n'y a plus à craindre qu'une complication et crac te matin j'étais possible~ mort. Eh bien. jeune homme, il n'y a rien à faire a cela. .observa le général assez cordialement, Il semblait ravi de la présence « nouveau d'un t! faut en prendre votre et vous habituer à notre vallée de Josaphat. parti Nous sommes de braves gens; c'cst M'user que vous nousapprécierez. Général Vassiti Vassilievitcb Pervoiedov, pour vous servir. J'étais chez Schultz. Mais cette sale complication de grippe quand j'avais déjà la poitrine maiade Ç'a été d'un brusque! – Vous dites la fit doucement le fonctionpoitrine? naire, comme pour encourager le « nouveau Oui, la poitrine. Puis, brusJe crachais beaucoup. les crachats quement, cessent, j'étouffe et. – Je sais, je sais. Mais si vous étiez malade de la poitrine, c't~st bien plutôt à Ecke qu'a Schultz qu'il fallait vousadresser. Moi je voulais tout le temps me faire chez transporter Botbineetvoitaque. – Hum mauvaise Echine, le gë aftaire, interrompit n6ra! Pas du tout dire qu'il était très soij'ai entendu gneux de ses malades. C'est à cause du. prix des services de Botkine que le générai disait cela, remarqua le fonctionnaire. – Vous êtes dans l'erreur 1Il n'est pas cher du tout; et scrupuleux dans ses auscultations! Et minutieux dans la rédaction de ses: ordonnancesl Voyons, mesconseillez-vous sieurs, me d'aller chez Ecke ou chez .Bottine? Vous? Où cet&?Le général –Qui?. et le fonctionnaire se mirent à rire.

JOURNAL

D'MN

ÉCRIVAIN

77

ie déticieux charmant, jeune homme. Je l'aime Avdotia enthousiasmée, Ignatievna. Que déjà! a'eoria, le placer à côté de moi `? ne peut-on Je compris peu cet enthousiasme. Ce < nouveau était devant moi. Je l'avais un de ceux que l'on avait enterrés Il avait bien la plus répuvu dans sa bière découverte. U ressemblait a un gnante ngure qu'on pût imaginer. poussin crevé de pour. Dégoûté, j'écoutai ce qui se disait d'un autre côte.

– le

Ce fut d'abord un tel tobubohu que je ne pus entendre morts venaient de s'éveiitout ce qui se disait. Plusieurs ier d'un seul coup. Parmi eux un conseiller de cour qui le général bientôt ses entreprit pour lui communiquer au sujetd'uno nomnouvelle sous-commission impressions mée au ministère et d'un mouvement de, fonctionnaires. Sa conversation énormément le généra! parut intéresser ainsi beaucoup de choses j'avoue que, moi-même, j'appris tout en m'étonnant de les apprendre que j'ignorais, par une semblable voie. Au mémo moment s'étaient éveillés un ingénieur ne fit que bredouiller qui, un bon moment, des sottises, et la grande le dame qu'on. avait inhumée jour même. c'était le fonctionnaire Lebexiatnikov, voisin du gés'ébahissait de la promptitude avec laquelle ces nérai. morts retrouvaient la parole. Peu de temps âpres, d'autres à morts commencèrent donner de la voix. Ceux-ci étaient des morts de i'avantveille. Je remarquai une toute jeune Siie qui no cessait de ricaner stupidement. M. le Conseiller prive tarassevitoh daigne s'éyeiibientôt au générai le fonctionnaire Lebeter, annonça ziatnikov. ° le conseiller faiblement Quoi? Qu'y a-t-il ? balbutia privé. C'est ce a'eat moi, que moi,. Exceiience, reprit Lobexiatnikov. – Que vouiez vous Que demandez-vous us Y 11/
7 1

78

JOURNAL

D'UN

ÉCNVAtN

~-Je des nouveiieo ne désire deVot~ que prendre Excellence. Généralement le manque d'habitude fait qu'au se sent un peu à l'étroit. Le générât Per début chacun ici voiedov seraithonoré de faire votre connaissance et espère. – Pervoiedov Jamais entendu pa~er de Pervoiedov. !e généra! Vassili votre ExeeHonce m'excuse, –pae Vassi!ievitch Pervoiedov. – Vous êtes te général Pervoiedov ?. – Pas Je suis Excellence. le conseiller moi, Lebeziâtnikov, pour vous servir, et le généra! Vous m'ennuyez Laissez-moi tranqui!ie Cette amabilité calma le xete do Lebeziatnikov, auquel lui-même souMa <f Laissez-le !e généra! le fonction– Oui, générai, je le laisse, répondit naire. U n'est pas encore bien éveUté. Prenons M)a en considération.Quand ses id~es seront plus claires, naturelle. jeeais sûr qwe sa politesse – Laisse~-io répéto !a généra!.

=

c. ',r

ËMeiience clama –Vassi!iVassi!ievit<A, ebYOus, voix encore inconnue. duc&téd'AvdoHaïjpMtievattune une ~oix affectée d'homme du monde, je vous écoute Je suie ici depuis trois depuis t)n bon moment. jours. Vous souvenez-vous de moi, Vassiii Vassiiievttcb ? Je me nomme tHinevitch. ?~ous nous sommes rencontrés chex Vold~onsky, dans la maison duquel, je ne sais pourquoi, on vous laissait aussi entrer. –comment? Le comte PiotrPetrovitch? C'est vrai ment vous'Sijeane~Combienjeregrette.. Moi aussi, je regrette Bah! Après t<Mit, cela m'est bien éga!. Je Fat eue courte et benne Vous savex, je «Hs -pas comte, f!ett ~He <MtMn< Et nous sommes de tristes barons et dan~!a";fami!!e, ~aîetsd'ongine mais je m'en f. peu recommandables, pardon je m'en – j'étais moqae. Moi je ratais an peu moins que rien, du soi-disantgrand monde, on l'on m'avait un po!ichinei!e îatt- ttae T~pmat!oB ~e "~<~Hcn? 3!on père "pû~OH. était un malheureux et ma Stère a été générât quelconque Avec l'aide du juif autrefois.re~uë<n ~NM? f~"M,–

=

`-

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

?9

mille l'année dernière, pour cinquante Zitei.j'ai tabriqué, dénoncé mon complice, raubles de MUots de banque. J'ai de JLas~Han c'est JuHe Charpentier et tout l'argent l'époque ïmaginex-vousqu'a qui l'a emporté à Bordeaux. avait seize ans à Mlle Stohevalevsztaia, qui j'étais fiancé encore de son pension. moins trois mois et ne sortait guère mille roubles de dot. nat. Elle possédait quatre-vingt-dix ans, Avdotia Ignatievna. quand j'étais un page dequatorze comment vous m'avez débauché ? vous rappeliez-vous c'est toi, vaurien! Tant mieux –Ah! que Dieu t'ait intolérable. Sans cela l'endroit devenait envoyé par ici Avdotia Ignatievna, c'est bien à tort que A propos, vos votre voisin le boutiquier vous accusiez d'empester On m'a alentours. C'est moi qui pue, et je m'en vante alors que j'étais déjà très avarié. fourré dans le cercueil Maisc'est Ah mauvais drôle! égal, je suis contente que vous soy<x près de moi. Si vous saviez comme c'est dans ce coin-ci 1 morne et bourgeois un peu de fantaisie Je m'en doute et vais introduire ce n'est pas Dites donc. Excellence; dans la bourgade. c'est à l'autre à vous que j'en ai, Pervotedov, que je Je parie conseiller privé. parie, M nommé Tarassovitch. qui, penque vous avez oublié que c.*est moi: Kiinevitch, dant un carême, vousai emmené chez Mlle Furie? €t – croyex-bien.. – Je vous entends. Kiinevitch, m'ont. –Je ne crois rien du tout etjp moque. Je vous emmon cher vieillard, voudrais, tout simplement, rien faire, grâce à Dieu! Mais brasser, mais n'en puis savez-vous eh les autres savez-vous, Messieurs, ce qu'il a fait, ce grand-papa Quand ii' est mort, ii y a un déficit de quatre deux ou trois jours. U a laissé était Cette somme cent mille roubles dans !e trésor. c'est lai qui destinée à des veuves et à des orphe~ins.cMis a empoché !emagot, ans on n'a dé sorte que pendanUmit rien distribue n est vrai qa'ii~y a pas eu de ce 6&té!a de vérification entre temps. Je me ngure ies nez que tout dont notre les veuves et en tends d'iciïes noms d'oiseaux toots ma ~deraière TaraasëVitch est graïïne'. J~i'passe encore ce aBnée~ m'ëbauMr de Lt force que conservait vieux roquentin de !aire !a noce. Et il quand i! s'agissait

00

JOURNAL

B'UN KCMYA!N

le vieux drôle Je connaissais était goutteux, depuis le coup des veuves et des orphelins. C'était longtemps Mlle Charpentier m'avait vendu la m~che. Or, un beau qui un peu gêne, je suis venu !e. taper de vingt-cinq jour, mille roubles en le menaçant. amicalement, de manger ce qu'il avait le morceau s'il ne casquait pas. Savez-vous encore en caisse ? Treize mille roubles! pas un kopek de Ah il est mort à propos, le vieux Sacré grandplus Tarassevitch? papa, val Vous m'entendez, – Mon cher Klinevitch, je ne veux pas vous contrarier, mais vous entrez dans de tels détails Et si vous saviez toutes les infortunes et voilà que j'ai dû soulager, comme j'en suis récompensé – En8n je vais trouver ici le repos, peut-être le bonheur. – Je parie qu'il a flairé, tout près de lui, Katiche Beres lova De qui parlez-vous? Katiche? marmotta fébritement et bestialement le vieillard. Ah ah Quelle Katiche? C'est une jeune personne qui a trouvé son gtto à dix pas de vous, à votre gauche. Et si vous saviez, grand-papa, quelle petite saleté ça dià une bonne famille, sait ça avait reçu Ça appartenait de l'instruction en masse, ça avait quinze de l'éducation, Eh! ans, mais quelle petite gourgandine, quel monstriot Katicho réponds donc Hé hé hé rauqua une voix éraillée de jeune fllle. Et c'est une M.on.do ? balbutia le vieux. Je vous crois – Hé hé hé râla encore la jeune fille. – Oh! le barbon; moi qui bredoullla p~r exemple! dire deux mots à une petite blonde ai toujours têvé de. de quinze ans, tout juste de quinze ans – dans un 1 décor comme celui-ci Vieux misérable s'écria Avdotia Ignatievna. –Ne nous indignons neiKIinevitch.Le pas, trancha est de savoir que nous avons de la ga!té sur la principal Deux mots, L~ici planche. On ne va pas s'ennuyer beziainikov, vous, le foncticanaire! 4 Lebeziatnikov. conseiller. Oui, Monsieur. votre service. Très heureux de.

JOURNAL – Je me ï.

D'UN

ÉCMVAtN

81

de heureux un peu que vous soyez moque Et connais. il me semble que je vous ci ou de ça; ~lais te malin. Nous chose, vous, quelque expliquez-moi puis, nous nous remuons, et pourtant causons, morts sommes car il est causer et remuer, nous ou plutôt paraissons ne faisons ni l'un ni l'autre. clair que nous il pourra cela à Platon Nikolaïeviteh, Demandez Ah vous renseigner – Quel est mieux ce Platon que ? moi.

'0

un ex-liest notre Niito!a!evitch Platon philosophe, barbacole. H a -jadis et ancien ès sciences publié ceocië le pauvre mais garphilosophiques quelques brochures Il s'enmois et ne parle plus guère. trois çon est ici depuis Il lui vous il discute dort lui-même comprenez quand chose une semaine ou.i'autre.de jaboter quelque arrive, H me semble et c'est tout. pourtant dininteHigibie. Si je notre situation. l'avoir étendu d'expliquer essayer subie avons ne me trompe, que nous Jl croit que la mort et du corps, immédiatement, n'est, au moins que la mort notre consde vie dans un reste iucomplète qu'il subsiste si j'ose m'exprimer et même cience spirituelle corporelle, une sorte il' se maintient l'c~CHt~e, ainsi que,. pour diraisde l'habitude, de vie. par inertie, par la force de contradiction. je, s'il ne semblait y avoir là une espèce ou six durer mois Pour lui, cela peut trois, quatre, un brave Nous avons ici, par exemple, m~meptus. eh bien mort en presque absolu état de décomposition; environ une fois par six encore ce macchabée se réveille un de sens, un mot dépourvu semaines murmurer pour Cela mot idiot prouve :Bobot:,BobQk,rëpete-t-iiaiors. vie! de. une pâle étincette en iui comme qu'il demeure comment se fait-il en Assez eBot. Mais stupide, si une faible. conscience je sois corporelle, qu'avec fortement anecM par la puanteur ? devient terri. Ah s'embrouille, ici notre philosophe la puanblement morale nuageux. Il parle de puanteur est Mais teur de l'âme, cola. qu'il je crois voyez-vous disons de dolirium, alors atteint d'une sorte mystique. vous conssHuaHuM. C'est sa dans EuCu, pardonnable lointaine notre récente taterez dans vie, si que, comme

j

1

82 -et si proche, En tout cas période estde <eia nous

JO~ttKAL

ï)'*<JN ÉCRtVAW

dire des bêtises. notre passons ~mps~ NOM une courte nu ~ngM nous evons devant Le mien! de conscience ou de dentt-conscience. et paa; ie ptus l'employer agpef~Mement possible, faut Je pro. compter Laissons voix, même tou! la

°

que tout!emoad')ytBeMedusien. tous posede francbemect.e~oiboiisMnt parler ment les vaines pudeurs – C'est une idée! carrément AHons-y de la honte aux vivants. comédie de voix firent des chorus, Beaucoup n'avait jamais tout particulier entendues. Et que t'ingenieur, en grognant, rire.

il

<me l'en sèment à fait

cetutavecuticmpre~ maintenant son consentement

lucide, donna, éclata de Katiche, eMe, – il me seradfMtx de ne riea cacher' Ah'coimme s'eMh'ma Avdotia ï~aatievna. – Entendez-vous Avdotia ? Ce sera du joUsï ïgaatievm tout pacte avec i'hypecrisie <~mpt Dans l'autre vie, Ktinevitch, )e n'étais pas aussi le dire: voulez bien réélis hypocrite que vous j'avais ment de – honte de certaines <te mes actions, et je me réjoui! )repudier ce aentunent gênant. Je comprends, Klinevitca, que vous vou!ex nous sert de. <e<t'une façon ee<~i plus 6imp~e, relle. Je Et pour m'en cela oontreSeho Je veux m'amuser,

organiser plus voilà natutout' i'oD

apporta aussi,par me trompe,un teuiiietonistevenu.cnose touchante.presqm en môme ïe directeur de son journa!. Rien que que temps notre On va d'ailleurs, c'est petit groupe, déjà coquet. en frères. mon compte, Moi, pour s'arranger je ne veux en rien. mentir Ce sera mon prïoeipa! souci Sur la terK il est sacs mentir vie et impossibie de s'arranger mensonge rons tout. memettrai – voix. ious sont Je tout des synonymes. vais commeMoer peut tout Mais ma ici nous raconteje des histoire; petite dire. nus clamèrent

deux mots de Koudeiarov,que j'attends avons hier. C'est un personnage, ce!ui"i& Nous un o~cier ici, un licenciées sciences, et, si je ne

nu, si !on tout Tous nus

1

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAtN

8a

toute Je ne demande pa~ mieux que de me mettre tue! s'écria Âvdotiatgnati~vott. – Ah ah Je vois que casera plus- gai que chez Eeke– Moi~ je vivrai encore je v~red Hé hé h6 ricana Katiche. – Marchez-vous aussi, grand-papa? marchet Mais je voudrais Je ne souhaite que cela de sa biographie. nous fit part tout d'abord lue liatiche cria Je proteste de toutes mes forces Je proteste ~Memment. Pervoiedov. susurra le il vaut mieux laisser faite, Excellence, !oncitiaatLebexiatni!:ov. infect. ces SHes! –Cessera – de laisser dire, je vous le jure. est préférable dans son tombeau On ne sera même pas tranquille D'abord dans le tombeau on ne donne pas d'ordres, Kiinevitch. ;t ensuite nous nous uehons de vous, scanda ne vous oubliez pas! Monsieur, – Oh vous ne me toucherez pas. J'ai donc toute comme si vous étiez le petit iberté de vous taquiner mais ici vous là-haut, :hies de JuUe- Vous étiez gêoeral, Mes. pOtMcF –Jéne8uispas.pou~ah' – Ici vous êtes en train de pourrir! Qu'est-ce qui peut de cuivre demeurer de vous? Six boutons les voix. Klineviteh! hurlèrent – Bravo J'ai servi mon empereur! j'ai une épée. les rats vous pourrez Avec votre épée, pourfendre votre du cimetière. Et puis, yous ne l'avez guère tirée, ~pëc! Bravo, Klinevitch Je ne comprends pas à quoi peut servir une épée, gfOgBaFmgé~ear. c'est. l'ItMUMw. –L'ëpe~.Meaa~H~ Mn aarewx hahx. }<h~ ~eatBBdia mat ce qm< suivit. h~eat s'ekvtt. C'était Avéetia ïgesbtteyna,, rbyst~ri~ae~, et~; se ia.t ua peu ca4m<e qui s'ia~MH~entait; Quand ea.n'en &n~ ~aa tn!ec cette~diacas9M&~ – Yay«&! itxK ft~wt~èe tMiM j~~aad ~-t-e~ AeeHtîmee~ aear?.

r

s

=

f

84

JOURNAt.

B'UN

ÉCRIVAtN

A ce moment j'éternuai je Sa tous mes efforts pour mais j'éternuai Tout devint silencieux m'en empêcher, comme dans tes cimetières peuplés d'hôtes moins bavards. mais pas un mot, pas un J'attendis cinq minutes. son ils avaient Je pensai eussent-d!t, que quoi qu'ils secrets, entre eux, qu'ils ne voûtaient pas revequelques !er, du moins aux vivants. mais non sans me dire Je me retirai, – « Je reviendrai faire une visite à ces gens-i& quand ils ne seront plus sur !eurs gardes. Certes les paroles de tous ces morts me poursuivirent; hanté par ce mot Bobok! mais pourquoi fus-je surtout il y a pour. moi quelque chose d'bor. Je ne sais pourquoi dans ces deux ribtement obscène, de cynique, d'effrayant en pleine déun cadawc suttt'utprononc~espar syllabes, Un cadavre dépravé! Oh! c'est horrible composition. .Bobok! à nouveau ces En tout cas j'irai revoir et entendre lisant morts. biographies, je dois les repromis leurs Je les porC'est pour moi un cas do conscience. cueillir. terai au Grajdanine! peut-être ce journal les insérera-t-ii?

VI.

FETAGNIF,NTS FRAGMENTS

I)lE DE

LA

LETTRE

WlU.-iP. D'UNE

«

PERSOKNE

»

1

Plus bas je reproduis une lettre ou plutôt des fraga ia re ments d'une lettre adressée par < une pérsonne dactiondu d'ondonner Gra/<faf!Me. H meseMitimpossibie le texte complet, et je n'en livre une portion que pour me de ia < personne débarrasser nous sommes ~.Atfjouma!, ati~~u~de ses communications~ · Cette < personne énonce !a prétention de me ~/<'n<f!rccontre mes ennemis Elle a déjà écrit OB ma faveur trois contrelittéraires.

JOURNAL

D'UK

HCMVAtN

85

deux notes », trois autres notes «improvicritiques et ennn une < observation sées », un « à-propos moniœuvre de polémique toire ». Dans cette dernière rédigée < d'observation à mes ennemis », eUo s'amuae, sous forme de me protéger, à me houspiller sous prétexte de telle n'avoir rien lu de plus féroce façon que je puis affirmer dans les factums des plus enragés Et l'auteur critiques. veut que j'insère tout cela! Je lui ai d'abord déclaré que ennemi; je n'avais pas te'moindre qu'il y avait du mirage dans son cas; ensuite que les beaux temps dit Citoyen de <873 étaient recepassés (ah! alors le pauvre journal de tous tes côtés), mais qu'à vait des paquets d'injures enfin, que je saurais tranquille présent on me laissait très bien répondre tout seul aux attaques, s'il s'en produisait jamais. La « personne se f&cha, me dit des choses dësa& mon grand gréables, puis sortit, plaisir. Cette < personne est évidemment un homme malade. Un de ses articles inséré par nous renferme détails bioquelques C'est « un homme attristé et graphiques sur le signataire. s'attriste Mais ce qui qui chaque jour davantage K.'euraie surtout, c'est la force de <; volonté civique » ce collaborateur dt'pioyeepar peu désire. Dès les premiers sus qu'il ne souhaitaitaucune mots qu'il m'adressa,je esécrivait « devoir pèce d'honoraires, qu'il uniquement par avoua même que son désir de me défendre civiques. était accessoire, surtout sur ma reconnaisqu'il comptait sance pour obtenir dans mon journal une sorte de concession perpétuelle, un espace à lui, où il pourrait à son aise exposer ses idées. Mais quelles peuvent bien être au justeses idées? Il écrit sur tout avec une égale fér&citë. contrastant avec un besoin d'attendrissement toujours inassouvi. « Il y a dans mon talent, déclara t-ii lui-même un jour dans un de ses articles, 99 p. <00 de fiel et i p. 100 de liquide !acryma!Jo crois, du reste, que tous les journaux ont été arrosés de sa prose à certain périodique il a envoyé jusqu'à lettres quarante de pleines sur tout et propos conseils, de bons avis, de. tout. U faisait un .cours & Fusage des comptetrde journalisme rédacteurs de cette ieBiUe. U fallait écrire sur .wva~ néoua ce0, aaL8

88

JOUMNAL

&'UN

~CRtVAtN

sur autre chose. Du teste,, il me gUjfM cela, appuyée ridicule daaa toute la revient q<~it a) une petite notoriété tes derniers de sa fortune en U dépenae presa~. topeits Ce qui m'étonne le piu~ c'est de ne aarMMh~aetnents. dMa les ~ingt-tMtit lettres q~'it M'a adreasëes, poavoie, lui (M<ouvriir une opinion fe<me!te sur q<MMq«e CB soit. Mse* geeeater, sotome C'est un brouiHon toute, orné et chaussé de d'un nez rougu, doué d'un verbe tantttique H me d~~tte et m'aas<Mnn<e. H est vrai bottes dëcbiteea. fort Mpa et XMtdemande pas ma sou peut qu'il inveetive ce fairt. H est en cela trèa MMetMaia que IMeu tes garde. lui et sa: noM~ae. TMta joura aprea que nou~ nous Maxea aaaei) fortement diajtuMa, il revint & la charge ft <Ld'une personne H n'y a pas à lettre m'a)tp<M'ta dite, j'ai accepté cette lettre, je dois la publier au moins la pre. frosmontoiremont. !mpe<miM<t d'en reproduire à tniére pM'tie – ce Me sont que gretN!&re8 tavectives de- juumaux. de P~erabourg et de i'adre)Me des éditemra Maecao. KUe plus jo!r~ c'est qu'U tombe sur e<M& cause de leur impotKeaae et da vilain tMt de leur polémique. J'!stt6te te Eeat*. U pat J'ai attelé tout cela aux ciseaux. !a ~tMatton de choses C'Mt Mne<t sous plus ~neraies. forme d'exhwtation à un ieuiNt~aetate q<tetM)tquo. !i le tutoie eoMme tes t!eux iyrïque~ avttienC eoMtocte de le a ina!ttt* pour que la lettre troarfaire. Et meN homme aw milieu d'ooto j~rMe, à l'endroit même quée coMmencàt où a~ait pacte la toupHre dea citeaux. Je vou!ai& intitutet < Lettre d'uns peraoane Il a tenu à ce que ie aa prose DemL-Lettro d'aoe Va pour h titre Mt personne. «damUeMrew.-tetHe: < et t~y a't-<i pex~ dam !e mot< cochoa quelque ehot<Rdo ai attmyaat; <e at magique, que chacun veut h)H)Kd!at!ememt le pr'MM~a pour son compte? J'ai toa littéraire ce mot aeaumc Mmarqué )0<M8 qu'pM a~tière le Mt~ aigwMtcatio~ pMt~utiere, dir<d-Je mystique? beBbeBMM KifUtM n'tt-~4!pM eeh)~ lut qui a, «etpfia du ses ~MeSy <h<tnë an rôle si impo~ da<M tMautecp tanta<tM<tMaX W B)~ ~éBMttM!tM&y!B'~ !~tM«Mt <}*~MeM'HM' de B'Mttf-H paa question <.taa*<tMdemM~e~ «tMais,

c

JOMtNAt. D'UN ~CBtVAtN

B7

et beau. so!t moi ? 2 Le mot est énergique Mais pourtecteur à vouloir, bénin, que ce soit toujours quoi à toi seui, que oe mot s'applique? toi, N'y a-t il pas d'autres cochons quo toi? N'aurais-tu :pas des raisons Mchéea ton saupcou ? 1 qui expliqueraient « La ooconde ohoae que je te ferai observer, ô ami c'est que t. te montres vaniteux dans tes feutHetonist&, (euiUetons:tu uae consom fais, dans tes colonnes, matton folle de généraux, de princes, d'excellences do toute expèee, qui, d'après toi, seraient toujours pendus & tes trousses. Un jour o'eat un prince opuientissimo tu as Maguë dans ton article et qui, pour so c<xncique Jier ta bienveiitaocc, t'invite à dinor. Mais toi, i'innettement tuisi~iuM corruptiMe.tu qu'il peut garder aoe dtner. – Un autre de jou!' c'est un lord nuglais et toi, dans une eau« passage en Russie qui t'interroge, ecrie intime, tu lui dévoiles tous les dessous du pays. Très intéresse ot un peu ep<Mtvante, ton lord teicKracrac! le ioNdemain, le ministère de phie à Londres Victoria saute Je te retrouve sur la Perspective un tour do deux à quatra ot, tout en to « Newky, faisant tu expliques lo mécanisme promenant, gouvernementai & trois ~w retraite derrière toi politiciens qui courent no pas pordreun mot ds ta conférence en plein air. pour Tu rencontres do ia garde q.ui a perdu un capitaine au Un un mot tu jeu, et tu lui jettes iOO roubles. es où il est < chic do se montrer partout, partout « tu es doue du don d'ubiquité mondaine. La haute société t'obsède d'invitations. I! ne se mange pas de truftes sans que tu en aies 1a part; rien no se fait sans toi. En province, tu dois passer pour un demi-dieu. Mais crois-tu de Petcrstiour~ ou do que l'habitant Moscou se laisse éblouir aussi facilement? ït sait que tu n'es qu'un scribe, payé par ton directeur, que tu loues ceux et démolis ceux qu'il voit d'un qui lui plaisept « manvais (sii lance sur que tu es un dogue qu'on l'ou veut. Encore, qui si tu détendais une fois par hasard une idée à toi Mais on n'ignore pas que tu n'as aucune idée personneHc. Comptes ta, âpres ce!a, sur mon respect?~

88 Il Autrefois,

JOUBKAL tu as

D'UN

~CMtVAtN

et gontit garpu être un honnête mais it y a longtemps tu as oublié cela toi4: çon, que < mémo. Tes polémiques avec tes contradicteurs et leurs <t répliques, tout cola ressemble à des batai!!ea de chiens < ou à dos luttes do gamins qui ne savent pas encore Toi, vieil enfant à cheveux <t pourquoi iisa'entre-rossent. <t bianca, tu te bats à coups d'ëpith&tes crduri6res. <: Comme tu n'as aucune de conviction, tu espèce cherches à pénétrer dans les secrets la plus pos'sibto de ta vie intime do ton antagoniste pour pouvoir t'attadans sa conduite, dans ses mœurs, au lieu de raiquer sonner. Tu n'as pitiô ni de sa femmo.ni do ses enfants, qui peuvent te lire. Si l'un de vous deux mourait, l'autre écrirait son oraison funèbre sous forme de pamphlet. J'en viens à imaginer, en prenant connais* parfois saneo do vos attaques et de vos ripostes, que vous nous cachex quelque chose, que vous avez do vous battre, saiemcnt et trattreuscment. dans quelque coin ot que vous vous en rancune. gurdex mutuellement Quand je Us tes élucubrations, Je parti de tou je prends toujours mais cola change, si j'ai sa copie sous tes yeux. onnom!, Est-ce là le but que vous poursuivez, l'un ot t autre ? « Et ce que tu es maladroit tes quand tu démasques batteries Tu donneras, tes lignes suipar exemple, comme conclusion vantes à un article où furibond, < tu auras tâche do toucher à fond l'adversaire « Oui, je vous vois d'ici, M. X. vous aurci; quand < t<t mes lignes De rage, vous gatoperM vengeresses. vous vous arracherez la tignasse, x par la chambre vous < hurtercx contre votre chasscrex vos enfants, femme, < grtncorox des dents, donncrex des coups do poing dans <f te vide, auotë do fnrour impuissante. « Feuilletoniste, feuitietoniats. mon ami. tu exagères < tout, omporM par ta propre rage, ou c'est. peut-être < toi qui, après avoir savouré ta prose de ton contrat'arraches tes derniers <: dictcur, cours par ta chambre, < cheveux, bats tout te monde chez toi. Tu te trabis toi< même, mon bonhomme Tu ferais bien mieux de te "rasseoir scr ta chaise et de tAchcr d'apprcndrcâ ccrirc < des feuiiietons sensés.

JOURNAL D'UM ÉCMVAtN

89

« Tiens Veux-tu toute ma pensée que je t'explique à d'une allégorio t'aide Fais mettre sur une affiche que. )a semaine prochaine, jeudi ou vendredi (enfin te jour of) tu écris ton feuilleton), tu te présenteras au .Théâtre do Horg, ou dans un tooat de ce genre, et t'exhiberas nu. 11 se peut qu'il y ait des amateurs tout toutes les de spectacles variotcs attirent io pubtio contemporain. Mais crois-tu que tes spectateurs une haute emporteront idëc do toi et t'estimeront dans t'avenir? Il sera beau, ton triomphe « Haisonno un peu, si tu ds capable d'un travail cedo cette force. Tes feuilletons réttrat no sont-Us pas une sorte d'exhibition analogue ? Ne te mots-tu pas, tout nu devant tes lecteurs ? Kt croischaque semaine, tu ? que te jeu en vaille la cbandeiic < L& plus absurde, c'est que le public aucun n'ignore des motifs secrets do votre guerre. !i ne veut pas mais il sait; ii passe devant savoir, vous indinorent. tuais averti. Te figures-tu, homme na!t, qu'il n'ait pas surpris le petit jeu de ton directeur, qui veut ~om/'c<' un journal mieux plus nouveau, peut-ctro iniorme, do lui soutller deux ou trois mille lecteurs capabio Ton cornac est satisfait do toi, me diras-tu. Mais il est bien plus satisfait do iMi-mômo. Si tu l'ontondais se Mn bon déjeuner congratuler <t Eh! eh! !i après a que moi – et sans un seul n'y collaborateur avouabie remettre sur pied une entreprise pour )* qui pericitto "Te souviens-tu un héros do Tourgued'Antropha, n!ev ? C'est un gamin de province, un polisson qui s'est <!chappe do t'ixba aux paternelle, pour so soustraire d'une sottise, conséquences commise par enfantillage. Le père envoie !e frère a!n6 d'Antropka, pour ramoner ie petit drô!e & la. maison. Lo grand frère crie do tous « Antrop-ka côtes » Rien ne An-trop-ka A la. lin, du fond d'un ravin, monte une petite répond. voix enrayée: «Qu'est-ce qu'il y a ? crie-t-oHo. Qu'estce qu'il y a ? – C'est~ le veut te fouetter! père qui t~Mudia frère aine avec une joie MSMtnéchante Nata petite voix se tait ausstt&t. aussitôt. tureHement, Mais, mais, 8.

M

JOUHttAt.

D'UN

~CMVAtN

« Antropka! hulule dans ie noir « toute la nuitt'atné ramener de no pouvoir « Antropka Il est fumeux « son frère pour le faire fouetter. ce sont ceux « Ëh bien, pour vous, les « Antropka croire encorf abonnés <t de vos nouveaux qut pourraient dans la nuit Vous vous egosiUex. « à votre honnêteté. Il de vos écrits, a les appeler furieusement » « Antropka Antropka encore une allégorio < Je mo permettrai ÏM dans !e taonde. « Imagine toi que tu es invite « articles m'ont amené à croire que tu fréquentais parfois chM un conseiller arrives « des gens comeuatnes.'fu < d'Ktat. dont c'est ia Mte. Les autres invités ont obtenu sur ton du logis quelques renseïgnementa « du mattre tft convenaMement « genre d'esprit. Tu te présentes de la maison et lui < es bien mis tu salues la mattresso Tu vois avec plaisir ')m faia quelques compliments. à hritet tu te prépares « l'ou te regarde avec sympathie – horreur! < ter te piut possible. Mais, tout a coup, ton attrem – tu aperçois un coin du salon dans Il ennemi, du journal hostile. to rédacteur (Tu ~noats de la maison.) Du coup, tu changes « qu'il <rëquontat ta gène a HM « visage. Le mattrc de céans, qui attribue < indisposition te présente, pour te remettre, passagère, Et voua que tous deux. !M < a ton fougueux adversaire. le dos. Le bon h'~ Il champions, vous vous teurnex on pensant (jm d'abord, puis se rassure 6'inquinto don! « c'est quoique nouvel usage entre gens do lettres, < on n'a aucune ideo au c~nseit d'~tat. & on s'asseoit une partie do cartes < On propose les cartes. Hati « table de jeu, et c'est à toi do donner toa ne pas regarder « do trouver un prétexte pour le paquet do petits cartons peint! tu empoignes «ennemi, On vous a p)ac< « avec une joyeuse fureur. Atrocité < toi et lui, à la mémo table Vous ne pouvez, pourtant. vo' « tetuser do jouer avec deux charmantes mondaines, « partenaires. Hites sont dêjàinstaHees. Quelques padf curieuses « rentes et amies les ont accompagnées, deux BOïfMnes v' < savotr ce <p!C pcrtTcnt Mcn dire votrf Toutes « lettres ils cartonnent. guettent quand

JOURKAt. O'UN ~CHtVAtK

M

Ton adver. votre premier geste. < bouche, attendent < Je crois, Madame, < eaire. très calme, dit à une dame !.a voit là, c'est à votre tour. petite assistance que et ton cœur se un mot spirituel je ne sais pourquoi, ton jeu. Tu regardes Mais il faut jouer d'envie. serre et ton dos dents < trois, deux. six, etc., tu grinces ii gagne H a des cartes étonnantes < ennemi sourit. Un nuage passe sur ta vue puis !a colère prend !o de bronxo. orgueil tu saisis un lourd chandelier dessus, « du maître do la maison, un chandelier qu'on no sort < qu'aux jours do fête. Tu le jettes a la tête do ton trop Cris perçants, ëtonnement < heur<mx antagoniste. génevous êtes déj& < r<i Tout le monde se levé, maia vous la jeune dame qui Ta partenaire, < pris aux cheveux. tant de unes < attendait do toi tant de traits attiques, un impor« ironies, te sauve sous l'aile de son époux, Co personnage, < tant colonel du corps dès ingénieurs. à sa tous deux, dit, non sans mépris, < vous désignant ma chère, <t Je t'avais pourtant < conjointe prévenue, do < do ce qu'il fallait attendre de nos barbouilleurs < papier tontemporaina les escaliers < Mais on vous a déjà fait descendre plus on vous a nanques < vite que vousuo désire; t'eussiex aux < &!a rue. Le maître de céans, qui se sent coupabto la tiKorade des invités, los supplie d'oublier <yeux leurs cartons a remuer < turc russe et do recommencer < peints. « Alors, tu t'es privé d'une bonne soirée que tu aurais tu as manqué l'occasion < passée dans un milieu défont, dame pétors« de souper à côté d'une jolie et séduisante < bourgeoise* et toi. vous avez regaTon adversaire à vous battre < gno vos tristes logis pour recommencer Et voilà que tu es asscx bête a coups de tcuittotons. < pour raconter dans un articto tout ce qui s'est passe tu < chcx le conseiller Tu accuses ce fonctionnaire, < accuses sa îcmmt), tu en arrives contre a te révolter tu < ta coutume do célébrer tes fêtes do nos saints, sa femme tu éreintes le colonel d'ingénieurs, < attrapes < {<« pfur~Mir~.fttenSn, après toutes ces préparations, < tu entreprends Oh ici tu n'y vas pas ton réel ennemi.

M

JOURNAt. O'UN ]4cmVA!?)

< de main morte Suivant une détestable coutume gène. < rate chez vous autres, tu incrimines feuillotonistes, <[ tout ce que tu peux savoir ou ignorer do sa vie prh'ëe. « Tu racontes aussi comment vous vous êtes administra < une racieo tu promets a )s que tu recommenceras < rosser. Tu aurais envie do joindre à ta d'attitx ta mèche do cheveux Ma); que tu lui as arrachée « arrive le matin. !En attendant l'heure d'aito' à ton < journal, tu recommences ies galopades à travers la Tu arrives enfin dans la satte de rëdact.on. t chambre. « cf) tu rencontres ton directeur, qui te signifio qn'i) < s'est raccommoda avec son concurrent, abat). lequel <t donne sa pubiication et lui cède ses abonnés. Ça s'est chez I)ussaud, devant une bouteille de cha<n. < passe < pagne, et c'est irrévocable. H te remercie do tes ser. < vicea, mais so gène peu pour t'avouer qu'i! n'a plus < besoin de toi. Tu es joli, à présent « Tiens tu me fais penser aux derniers jours du car<t navai, alors que tous les bons /jopM/oi! sont sotHa < du premier au dernier. Lea exquis ivrognes arborent < des hures insensées et se coudoient à rentrée dps < assommoirs. En voici deux qui N'arrêtent A la porte < du marchand de vitriol-: l'un veut à toute force être < un générât l'autre la dcmont. Ils s'ëohaunont do plus < en plus. Los < tu mens comme averses; ils pleuvent < s'excitent la fotia. Ah c'est bien te même jusqu'à < carnaval dans votre satanée presse Houis d'invectives, < aussi mathonnôtcs tes uns que tes autres, vous vous < traitM do sontauda et do votours, pour rien, pour !s < p!a!sir! < Mais j'en a! asso: do tout cola, et passe a un autre < ordre d'idées. »

c =

= C s

°

JOURNAL D'UN ËCMVAtK

M

vu =

t'ETtfSTABLEWX

ï

et Ja chaleur, t.'etô nous avons les vacances, la poussière ti nous est pcnibie les vacances la chaleur, iapousaiôrcet Aussi. de rester on viHe. Tous nos amis sont partis. <uo auis-jomia.cestemps-ct.aiireics pour me distraire, Mais jo nf Btanuscrits empiie~ dans )asa!io do rédaction. d'abordj'ai me suis résigiié à cettelocture qu'est secondticu à mon besoin d'air passé mon temps à gémir on pensant de rencontrer à mon dégoût pur, do liberté temporaire. les rues hostiies pleines de je uo sais que! snb! pareil à Et j'en ai voulu aux rues. de la terre glaise puherisëo. X'tat-ce pas un soutagomont, quand on est do mauvaise ou quoique humeur, de trouver quoiqu'un coupable chose! do Ces jours-ci, j'ai traversé la perspective Kewsky sombre. Il faut touson trottoir ensoleillé A son trottoir sous ladite avec prudence, jours traverser perspective do tons côtés, on On 'regarde peine do se faire écraser. des voiune ëeiaircie avance tout doucement, on guette tures qui n!ent toujours par paquets de quatre ou cinq. Grâco aubrouillard En hiver surtout, c'est émotionnant! au moMaHC. à la neige ouaMo, vous risquox toujours, à ment où vous vous y attendez le moins, d'apercevoir, les naseaux d'un do votre figure, quelques centimètres chevai, rouges comme un fanât de train, et de train express, tout !~tce sur vous & toute vapeur. C'est un cauchemar Vous fuyez justd à temps et quand vous pëterabourgeois! MM atteint trottoir, ce. n'est l'autre pas tant. io piaisir d'avoir évite un grand danger que vous ressentez, que !a'

s j C

m

JOURNAL O'UK ]ÈCB!VMN

bravé involontairement, Oui, ces jours joie de t'avoir en hiver, ci, avec ma prudence je traversais l, acquise perapectivo Newahy mais quel ne fut pas mon étonne. OMMMtt do pouvoir m'arrêter au beau milieu de h aurait chaussée pas un chat, pas une voiture On pu, avec un ami, s'Mteoir aurie macadam et disserter & nu cette chaleur rI russe.'Par plus finir sur la iittératare cette poussière, je no vois que tfM)M de roues ellondrant le sol et maisons on construction ou en rëparaUMt – t) l'on réparepius ies façades des maisons pétersbourgcois~ de les améliorer réetiement. par e~~ que par désir C? ma frappe toujours dans l'architecture de notre capi qui et ce mélange de matato, c'est son manque de caractère sures de bois crou!antes accolées A des édifices imposauk et prétentieux cela produit l'eHOt de taa de madricri mal équarris voisinent avec de véritables palais. MaistM de tout vrai style. (M< palais, eux-mOnes, manquent encore est bien pétersbourgeois Au point de vue architectural, rien n'est plus ahsurdt C'est un mélange incohérent <tc tautH que Pétersbourg. c) les écoles et do toutes !'3S époques. Tout est emprunta tout est dëftrme. o!: est, che~ nous. des construction; comme des livres. ruo ce soit en architecture ou en litténous nous sommes assimile tout ce qui no~ rature, venait d'Kuropo et nous sommes demeurés prisonnier' des idées de nos inspirateurs. Voyez le style ou plutôt le cela de style de nos églises du siècle dernier manque n'f aucune csp&ce do caractère. Voici le, ropip misérable d~< style romain à la modo au commencement de notre voici du < Henaissance » tel siècle que le conçut l'architecte l'avoir rénové au comsda T. qui prétendit dernier. Mnis Plus loin apparatt du Byzantin. règne d'un autre le aty!e du cote, vous retrouverez regardez et I", lourd, faussement temps de Napoléon majestueux surtout chose do gro' profondément ennuyeux, quelque en même temps q~ tesque, dont io goût se développa celui des abeilles d'or et d'autres ornements d'une beauté retournez-vous. Ce que vous aperanalogue. Maintenant, cevez là, ce sont des pa!ais appartenant & nuH hMtittf! nobles. Ils ont été b&tis d'après des modèles italiens d

s ë

c

= s c ] = s

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAtN

95

En voioi d'autres plus français ((t'ayant la Révolution). comme les palais do Venise. Dieu anciens qui rappellent Restaude lite là-dessus plus tard il sera melMcoiique ou voici Hôtel ËnCn, Français rant avec jardin, là triomphe tout Mait contempotttinea d'énormes bâtisses ce sont des editioea énormes renfermant le style yankeo de pièces et abritant des entreprises indusdes centaines ~!ei!es. On voit tout de suite que nous aussi, aujourd'hui, de fer, et sommes devenus des <t busiavons nos chemins notre archiness meu Essayons après cela de définir c'est un tobu-bohu tecHuo qui correspond parfaitement Mais de tous les styles au tohu bohu du moment présent. n'est aussi lamentable employée, aucun que celui qui H y a de tout ces !a dedans pr6vaut aujourd'hui. de rapport, aux murailles de carton natnensea maisons des balcons < rocoeo » et aux façades bizarres, possèdent & celles du palais des Doges; et des tenetres pareilles se passer d'un <t œil de bœu! et sont elles ne sauraient < Mais, me direz-vous, invariablement a cinq étages mon cher, je tiens. absolument à jouir d'une fenêtre aussi belle que celles qu'avaient les doges. CorNeu Jo 111 faut aussi disposer d'un vaux bien um doge,, peutretre certain aoMbre d'étages peut empiler dos locataires qui nM serviront Fintér&t do meN argent. Je nepuispas,pout une vaiMe question de goût, Madré mon capital improductit H est assez curieux où je commença que ce chapitre m'ait conduit à une dissertation par parler do manuscrits sut des choses al différentes.

j

=

[

0 i

H

On dit qaa les'tMtU~MZMMt eMigée et la bourg l'etë, dans la poussière tt~ M'r'<4~ ~pM~eB ~0'Nime <hB peuvea<<r.<attMf"<naie pht~IrwiN.

de rester à Péterachaleur, ont à leur JMtiin&~Mtmca où Ûa n'em ~out mttj~tttje

M

JOURNAL

D'UN

~CMVAtN

sais rien, mais ce que je n'ignore pas, c'est que Pétersterriblement est, ces mois-oi, un séjour triste et bourg etoutïant Je n'a! pas grand goût pour dos jardins où se presse la toute j'aime mieux la rue où jo puis me pro. mener seul on pensant. Des jardins, du reste, on n'en dans chaque rue, a.prësent, pas? Presque trouverait-qu vous découvrez, au-dessus des portes cocheres. des ëcri. < Entrée du taux qui portont, écrit en grosses ic~rea ou du restaurant Vous ontrex dans jardin du débit une cour au bout de laquelle vous apercevez un < bosdo dix pas de long sur cinq de large. Vous avez quet vu le « jardin du cabaret. encore plus désoPetersbourgest Qui me dira pourquoi lant le dimanche Est-ce à cause du nomqu'en semaine? bre des pochards abêtis par i'eàu-de-vie ? Est ce parce que les moujiks ivres dorment sur la perspective Newsky? Je ne le crois pas. Les travailleurs en goguette no me gênent en rien, et maintenant que je passe tout mon temps à Petorabourg, habitué à eux. je mo suis parfaitement il n'en était pas de môme Autrefois, au je les détestais une vraie haine pour eux. point d'éprouver Ils se promènent les jours de fêto, soûis, bien entendu. Ils tiennent une place ridicule et parfois en troupe. Ils bousculent les autres passante. Ce n'est pas qu'ils Aient un désir spécial de moiestet les gens; mais où avex-vous vu qu'un poivrot puisse faire assez de prodiges d'équilibre les promeneurs croise ? Ils pour éviter de heurter qu'il disent des malpropretés à haute'vqix, insoucieux des et des enfants femmes N'allez pas qui les entendent. croire à de reuronterio 1 Le pocbard a besoin de dire des il parle gras naturellement. Si les siècles ne obscénités lui avaient légué son vocabulaire ordurier,f~e/M</o<fdra<< MMnfer. Je ne plaisante n'a pas. Un homme en 'ribote une 'pas la langue très agile; en 'même temps 11 ressent innnitë de sensations qu'it n'éprouve pas dans son état normal; or, les gros mots se trouvent toujours, je ne sais à prononcer et sont follement pourquoi/des plus-faciles expressifs. Alors! L'un dès mots dont ils font !ep!us grand usage est !a Russie, Son seui dëp~tlpt~jtempsadopt&dana toute

JO~RKAL

D'UN

ËC!UVA!!f

97

mais il dans les dictionnaires, tort est d'être introuvable Tnupar tant do qualités rachète ce léger désavantage la dixième partie voz-moi un autre vocable qui exprime Un dimanche qu'il concrète des sens contradictoires soùta. Ce fut un groupe de moujiks soir, je dus traverser ces quinze pas, pas, mais en faisant l'affaire do quinze qu'avec co mot seul, on peut rendre j'acquis la conviction oui, avec ce simple humaines, toutes tes impressions brel. admirablement mot, d'ailleurs avec une maie énerVoici un gaillard qui le prononce il réduit en démolisseur; gie. Le mot se fait négateur, le mot et d'un voisin qui reprend poussière l'argument mainteconvaincu orateur, le tance à la tête du premier s'indiUn troisième nant d'iMSinccrité dans sa négation. se ruo dans )a conversation gne aussi contre te premier, invec~ une injurieuse et crie encore le mot, qui devient le troisième et lui contre tive. !ci le second s'emporta Tu clairement renvoie le mot qui, tout à coup, signifie s'apnous embêtes 1 De quoi te m~les tu ? Y Un quatrième it réser. dit jusque-là; H n'avait rien proche en titubant; une solution vait son opinion, rénéchissait pour découvrir JI a trouvé 1 ses camarades. & la difucuité qui divisait Kureka! comme Vous croyez sans doute qu'it va s'écrier C'est te fameux mot qui éclairArchimède, Pas du tout le répète avec enthousiasme, cit la situation; le cinquième Mais un sixième, chercheur. qui it approuve l'heureux n'aime pas voir trancher tesquostions~raves. légèrement Cela vent chose d'une voix sombre. murmure quelque Tu no vois « Tu t'emballes dire cortainement trop vite phrase est résumée qu'une face du litige 1 Et) bien Cette mot en un seul mot. Lequel? Mais le mo~, te sempiternel toutes parfaitement dinerentes qui a pris sept acceptions comprises- des intéressés. J'eus te grand tort de me scandaliser. – Grossiers personnages grognai je. Je n'ai passé que et vous avez déjà dans vos parages quelques secondes !e bref substantif). dit sept fois. le mot 1 (Je répétai de C'est honteux F N'êtes-vous pas dégoûtés Sept fois vous-mêmes? Je- crua un mo* TouamerMMdercntavec stupéfaction. 1 .r·r·w n 9.

98

JOUtHM

D'UN

~CMVÀtN J

aUa!ent ment et de la behe façon. qu'ils m'aM)K~et Il n'en tut rien. Le plua jeaoa à moi et me dit avec douceur: Si ta trouves. mot Mie, pMMqaoi que tu rëpetes une huitième fois. le Mof? Le mot mit fin à tout débat, et le g~oune tituba au large de moi. < aanapius s'inquiéter

Ht

MUM du. langage et des mœura dM Non, ce n'est past le dimanche poehtrdaque je m'attriate lès autres ~it~que Non Tout à ma ~rand~aurpriae.j'ei jours. reMmment, dea moujika, appria qu'it y a dana PëteMbouf~ des trade petita metieM qut sont absolument vaiiieura. desgens aebrea. Ce qui m'a éto<me aurtout. c'est le nombre de cea gens rétite aux charmes de la boiaaon. Eh biea! Regardez-iea, ceagena~mpeMBta! M~m'attriatentbien les iv~ognea. tta M sont peut-être plus que pas torme!iement mais ~e ne saurais dire & plaindre, pourquoi teur rencontre me plonge toujours dana des réflexions vaguea, plutôt douloureuses. Lt dimanche, vera te soir on ne tea voit jamais les jours ouvrables), (ear ces gens toute la semaine apparaissent qui peinent dana les ues. Il est bien sortent entendu qu'iia pour se promener. mais quatte pjromenade J'ai remarqué qu'ita ne fréquentent jamais ta porapeethre Newstty, ni les voiea ét~gantea. un tour Non, ils iont dans towe quMtier, reviennent d'une visite parfois chexdea voisins, tis marchent. et compaasëa. gtMLvea leurs physionomiea démènent soucie<oM!a, comnw a'it~ faiMient tout autte cboBe qjtte ae pMXMnw, Ha Maseat trea:jee<t entM eux~ tes marb et tM mm<aeN. !~Mr<a<tb;~du,di))Mnebe te~temmet sontfa~ea; ~Mrteot <pjtYentdM fohearapiëcëeaqu'<m <i<~t<~<~4~ra~. a< iavéaa, froMeM~ pemr airawataMe. piques

~OUMM

D'UN

~CMVAÏN

99

~~« ~j~att~M~~a wmt!~nm<v n~aio ta mats la nationaux, encore nos costumes hommps portent et scrupuleusement vêtus à l'européenne plupart sont c'est qu'Us mo raaes. Ce qui me fait le plus do peine, comme un jour de sole dimanche semblent considérer à jouir sans y parvenir iennU6 morne dont ils cherchent triste à leur une grande importance jamais. lis attachent peuty avoir à déambuler Quel plaisir promenade. rues poussiéreuses, poussiéreuses ainsi pair tes larges soleil? Ils me font l'enet do du m~me après le coucher des entants souvent Ha emmeac&t malades maniaques. A Petersbourg, et les avec eux. Il y a beaucoup d'enfants d'énormes nous apprennent qu'il en meurt statistiques sont enTous ces gamins que l'on rencontre quantités. ils à peine marcher, et savent quand tore très petits tous presque marchent déjà. N'est-ce pas qu'ils meurent pour ainsi dire jamais do en bas &ge, qu'on n'en rencontre pins grands? un ouvrier Je remarque qui va sans femme à son bras. Mais il a un enfant avec lui, un petit garçon. Tous deux a une trentaine L'ouvrier des isolés. ont la mine triste H est est fané, d'un teint malsain. son v~ago dane~es et usée aux coutures tndimanchê. porte une redingote s'en va;.io collet du v~te. garnie de boutons dont rëtone semble pour. mieux nettoyé, ment est gras, !o pantalon, le chapeau haut-de-forme tant sortir de chex le fripier; est très râpe. Cet ouvrier me tait reSet d'un typographe. médure, presque de sa ligure est sombre, 'L'expression chante. H tient l'enfant par -)a main. et le petit se fait un un mioche de deux ans OM-de guère C'est peu traîner. de petites plus, tre!' pa!e, très chétif, paré d'un veston, une et d'un chapeau qu'embellit bottes & tiges rouges quelque chose, plume do paon. Il est fatigue. Le pèrotuidit de jarret. Le petit no de son manque se moque peut-être se baisse, le répond pas, et cinq pas plus loin son père le Raprend dans ses bras et le porte. Il semble content, Une fois juché ainsi, il ain, et enlace le coa de son'père. étonnée. Je avec une curiosité et me regarde m'aperçoit lui fais un petit signe de tête, mais il fronce les sourcils plus fort an cou de son père. HsthM~M~ ctsecramponne <tre de grands amis tous deux.

ÏOO ÏOO

JOUHMAL JOURNAL

f D'UK UX

t;t;M<VAt.S ]ËCH!VAt?f

les passants, à exami. Dans les rues j'aime a observer = à chercher inconnus, ner leurs visages qui ils peuvent ce qui peut lis vivent, comment bien être, à m'imaginer Ce jour-ta j'ai été sur tout dans i'oxistence. les intéresser de ce pore et de cet enfant. Ja me suis <!gur< = préoccupa quêta fotnmo~ ta môra, était morte depuis pou. que le veut à son atelier toute la semaine; .tandis que l'en. travaillait fant reataitabandpone aux soins de quelque vieille tenonc. où l'hommo loue une J!s doivent toger dans un sous-sol seulement un coiu de chambre. petite chambre, peut-être io petit chez Ht aujourd'hui, dimanche, le père a conduit Je une parente, chex la aoeur de la morte, probablement. veux que cette tante qu'on no va pas voir très souvent soit et habite une grande à un sous-ofBcier casera. mariée à part. Elle a mais dans une chambre dans !e sous-sol, Le veut sa défunte sœur, mais pas bien longtemps. pleuré n'a pas montré non plus grande dou!ëur, pendant la visite, il est demeuré soucieux, tout au moins. Toutefois pard'intérêt. Bientôt il lant peu et seulement de questions on anra !o samovar; se sera tu. On aura alors apporté pris.le thé. Le petit sera resté assis sur un banc, dans un les sourcils et, à fronçant coin, faisant sa moue sauvage, La tante et son mari n'auront pas la Nn, se sera endormi. fait grande attention à lui; on lui aura pourtant passé Le sous-officier. -un morceau de pain et une tasse do lait. une donné tout d'abord, tachait à un moment muet son de soudard au sujet du gannn,quo grosse plaisanterie Le mioche aura voulu reprécisément. père réprimandait le père l'aura remmené à la maison partir tout d~suite.ot à Utienaia. de Vpborgskaia, et le moua l'atelier Demain te père sera de nouveau tard avec la vieille femme. ~ans cesser ma promenade, .Etme vcitaconttnuant au-dedans de moi même une série de petits d'évoquer un peu niais, mais qui m'intétableaux du même genre, en m'attristant. Et c'est atMi que Jcs dimanches ressent me disposent peu & la ga!te. 11 me paratt pétersbourgeois en été, est bien ta plus morne ville du que cette capitale, .– )fn~~(<' dans d'enfants En semaine on croise beaucoup aussi,

JOURNAL J

D'UM

ËCMVA~ c 10 a

101

les rues mais, sans pouvoir dire pourquoi, je fais moins attention à eux. Je me Mgure qu'il y en a dix fois plus le dimanche. Et quelles petites faces maigres, paies, sorofusurtout touses, tristes, chez les enfants qu'on porte encore dans les bras. Ceux qui marchent n'ont déjà seuls bien réjouissantes. Combien pas non plus des tournures d'entre eux ont tes jambes arquées et combien sont déhabii. jetés! Beaucoup de ces petits sont convenablement mais quelles mines lés, ti faut que l'enfant croisse comme une fleur ou cqmmo Il aurait besoin une feuille sur l'arbre,au printemps. Une nourriture d'air, de lumière. fortifiante lui est aussi nécessaire. Et que trouvert-il à Pétorsbourg pour se dedos odeurs combinées ïetopper* Un sous-sol empoisonne du Kvass et des choux dégageant une puanteur terrible ia nuit, une nourriture malsaine et une perpépendant tuelle demi obscurité. Il vit dans un milieu où grouillent les puces et les cafards, où l'humidité suinte des murs. Dans ta rue, pour se remettre, il respire do la poussière de brique ouritoo et do boue séchée. Ktonnex-vous après cela que les entants d'ici soient et iivides maigres Voyez une jolie petite fillette de trois en robe ans, parée, fraîche. Elle est vivaco; elle accourt vers. sa mère assise ans la cour de la maison et causant avec joyeusement es voisines. Elle bavarde, la mère, mais elle s'occupe o sa fille. S'it arrive è l'enfant le moindre accident. do venir à son secours. lles'empresse Une petite fille.profitant d'une seconde d'inattention do mère et s'étant baissée un caillou, pour ramasser les jambes dans son jupon et ne put omba, a'enrouta te relever. Je ramassai la mignonne et la pris dans mes ras, mais déjà la moro était arrivée sur moi elle avait fittë son aiege avant que j'eusse fait le premier mou* emeoi pour tirer d'anairo ta petite. Eflo me remercia re9 auaMement son œil me disait, pourtant malgré lie: < Je t'en veux un peu d'être arrivé avant moi.* ~uant à l'enfant, elle se dégagea vite de mes bras et se 'recipitaaucoudosamamaB. ~s, ie vis une autre Mette teMit que jMt mère r ta main et abandonna tout à coup au milieu de
'9.

S

t

t<Mt

JOURNAL

B'UN

~CMtVAtN

la chaussée, & ~n croisement de rues où iea voiture c'étaient pas rares. Cette maman avait aperpuTtne connais aance et lâchait là Mutité Niiepour gatoper au-devaM de son amie. <Jn vieux moneieur & grande barbe arr<!)) cette temtM a; prMoëe <*« !a prexant par le bras – Où cours-tu cûmmeceta? ton enfant en tM laiasm dwager. La temme tut sur ie point de iu~iepondre une sotUse, le via à sa Hgure elle réOecMt à temps. Elle s'M mots je la main de la petite, lut, d'an -air boa~n, M-prendre qu'elle tratua à la fenooKtre de la caenaiesance. un peu Ma!t8 que je n'osettts Voità de petits tableaux Dorénavant pasiMërerdaaBunjo~ma). je tAcherai dCtrt ptuaaerieux. y

VU! R&FJUHUONS SUR M MENSONGE

chez nous, tout le monde ment-ii ?. Pourquoi, Je euis sûr qae tout le monde va m'arrêter ici eu < Voue exagérez me disant: sottement: pas tout le monde Vous êtes t court <te aujets aujourd'hui et vous voulez tout de même faire votre pettteNet en nous iauca'!) au baeard une aecuMtion aenMtionneiie. 9 Pas du tout: j'ai toujours pensé ce que je vieM de dire i&. Seulement qu'arrive-t-i! ? Oja vit cinquante ans avec une convîcttoB, en quoique latente, sorto.~tc'eatteuttt~up.auM dire corn d~mdemisiècie, qu'elle prend, oe ne saurait ment, une force imprévue, devient, qu'elie pour aioa dire, vivante. Depuis peum'afrappëpiuBvivementq~ cette idée que chez nous, même dans Ifs ciassa jamai< H y a peu de geos qui, ne mentent cultivées, pas. Df hommes très hoMetes mentent comme iëa autres. Je sf T" f~'f) -M. pmtptfft dan)t tantupart' cas, il n'y a guère que les çoquins pour altérer sciemmett

JOURNAL

~'MN

~CMVAtK

!03

Chez nous, sont intéresses. ia vérité, et leurs mensonges on peut affirmer qu'un on ment pour le plaisir. Souvent pour dirai-je presque, par hospitalité, Huase mentira. sacriOo~insi Ba;personna ètre agréable à son Mto.'On Ke v6us souvenexvous litë à ccite de son interlocuteur. exagérer les gens les plus scrupuleux pas d'avoir entendu aule nombre do verstes que leurs chevaux ridiculement en telleou toUbcirconsiance? raient eu la force do parcourir à causer et l'exciter Cela. c'était pour amuser l'auditeur votre vià son tour. Et, en enot, le coup ne ratait jamais aussise rappelait eiteur, mis on train par votre haMede, le chemin de fer. Et quels tôt avoir vu une troïka dépasser en continuiez Vous il avait connus oMena de chasse sur !e talent du extraordinaire une histoire racontant ou sur les dents, dentiste parisien qui vous avait auriM de Ootkinc qui vous folle du diagnostic la promptitude Vous en arriavait guéri d'une maladie invraisemblable, viet à croire la moitié de votre récit; on en vient toujours quand aceta quand on s'engage dans cetto voie. Plus tard, la physionorevoyant vous repensiM à -la circonstance, vous vous do celui qui vous écoutait, mio intéressée » « Ah non biagueur disie:! ai je éteassox car il est n'est pas très heureux, Ce dernier exemple mentir do presque de l'homme toujours dans la nature maladie dont il a d'une quand il e'étaio sur les détails sounert. Cela le guérit une seconde fois. ne vous est-i! jamais arrivé, èn revenant Mais, voyons, do prétendre que tout ce qui est survenu de lëtranger, le temps où vous dans le pays d'oit vous rentrez pendant s'est passé sous vos propres yeux ? J'ai y avez séjourne, voutex-vous Comment encore mai choisi mon exemple. soit un être eurnumain ? Quel est qu'un pauvre Russe à faire un voyage à l'étranger, l'homme qui consentirait des histoires s'il. n'avait pas le droit d'en rapporter Vons avez dA cfrtaine~bounnantcs ? Cherchons adieux; et neuves des révélations ment~ deas votre vie, faire sur tes faillites science!!) natïtreMes. incroyables surles ua mot et cela sans connattre ou les fuites de banquiers; ou avoir jamais été au courant des d'histoire naturelle i! est <'ertaia <j~ wHft du môMe SMaciBT. événements

JtM

JOUMNAt,

O'~M

ëCMVAtK

(.,=~ comme arrivée à vous. avez au moins une Ma raconte, même, une histoire que vous tenez d'une autre personne. Et à qui i'avez-voua narrée ? A l'individu qui avait. été Je C dont il vous avait fait part Jtui-moMp. F héros de l'anecdote oublié comment, au milieu du récit, l'horrible Avez-vous io regard était-ce vérité vous apparaissait, Peut-être de votre auditeut Malgré étrange qui vous avertissait. tout vous continuiez, ô combien gène Voua brusquiez )a votre ;= nn do l'histoire et vous quittiez précipitamment récit, vous ami, dans quel état ? Tout à votre mirinque de sa aviez oublié de demander a cet ami des nouvelles tante malade. voue n'y repensiez que sur J'escalier, au neveu, qui refermait vous criiez vite votre question Et si sa porte sans vous avoir répondu. tranquillement m'affirmer vous venez jamais que vous ne racontez mis le pied chcx d'anecdotes, que vous n'avez jamais a un neveu des Botkine, que vous n'avez jamais demandé nouvelles do sa tante en dégringolant l'escalier, je ae vous croirai pas 1 innocent Mauvais plaisant, mo dira-t on, nn mensonge rien dans le ays c'est bien peu de chose ça ne décroche terne de l'univers. Soit, je conviens que tout cela est très innocent je ne parte que du grave défaut do caractère cette manie do mensonge. qu'indique du mensonge l.a délicate est una condition réciprocité de la société au' bon fonctionnement indispensable Bon encore. Et je veux bien qu'it russe, ajoutera-t-on do vous démentir n'y ait qu'un butor 'qui soit capable ou do verstes parcourues, quand vous parlez du nombre un imbéciie des miracles opérés aur vous par Bothino la prétention de vous punir sur-te' seut, en OHet, peutavoir co de ia vérité. Toutefois champ d'une ~ënietib altération de est un trait fort important luxe de petits mensonges nous nos moeurs nationales. prouve que nous, Kusses, avona. je ne dirai paa !a haine delà vérité, mais une disbourennuyeuse, position à !a considérer comme prosaïque, en l'évitant sans cesse, nous en mais, précisément, geoisc dans avons tait une qualité rare, précieuse, inappréciable notre monde russe. Uy a longtemps qu'a disparu de chez de plus adBOMse~~xiomcqnBïaTêrïMMti6ë<)i<r!!ya

JÛURKAL

Ï/UN

~CRtVAtK

.JM

et qu'elle dopasse en inattendu mirablement surprenant Et de plus tout ce qu'on peut imaginer fantastique. de telle façon que les pourtant l'homme a tout transforme bien mieux tes p!us inoroyabios mensonges penôtrent bien plus v raisemblables que dans rame russe, paraissent du reste, qu'il en est un pou le vrai tout cru. Jo crois, ainsi dans le monde entier. montre encore Cette manie do tout fausser que nous en serait-il autreComment avons honte de nous-mêmes. la société, le ment quand on voit que, dès qu'il aborde de ce dittorent Husso fait tous ses euorta pourapparattro '1 qu'Uestenreaiitë? C'est Herxen qui a dit, à propos des Musses vivant à ne savent l'étranger, qu'ils pas se tenir dans io monde, portent très haut quand it faut se taire et sont incapables de dire un mot do façon convenable et naturelle quand d'eux. c'est exact. Des on'attend quelques paroles qu'un Russe hors do son pays doit ouvrir la bouche, U sp le faire des opinions torture pour énoncer qui puissent H est considérer comme aussi peu russe que possible. <bM!ument convaincu qu'un Busse qui so montre tci qu'i! est sera regardé comme un grotesque. Ah s'il emprunte on un mot, dcaatiurcs françaises, anglaises, étrangères casera tout différent il aura droit a toute l'estimo do ses nno petite observation Je ferai encore totsips desalon. cette lèche honte do sot-mémo est presque Inconsciente thex lui. Il obéit alors à ses nerfs, à une ,toquade momentanée. et do do sentiments Moi, je suis tout à fait Anglais < Donc ii faut un Husse. H sous-ontcndra vie, alilrmera Or il me respecter tous tes Anglais. comme on respecte pas un Français n'y apas un Allemand, pas un Anglais, tel que son milieu l'a créé. Le de parattre qui rougisse Ilusse s'en rend très bien compte, mais ii admet, sans que cette conviction soit très claire chez lui. que c'est parce et par à lui-même, que ces etrangera sont très supérieurs très anglais conséquent ii désirera paraître très allemand, eu très français. – Mais c'est ra-MatrëscoMn, tr&s banai ce qaevoas voici queiquo mais tez, me fera-t-on observer. Soit;

<M ehéae

MUONAt.

B'UM

ÉCRtVAtN

<e Russe tiendra eaaentietde ptwa earaeteriatiqM ioteiHgent ~emëntapaasefpourpîua que tout le monde, ou.a'H est très modeste. & M pas semNer plus bête qu'un antre. !i a l'air de dira < Avoue que je ne suis pas plus Mtt que la moyenne et je reconnattrai que tu n'es pas un Idiot dans ton genre. » Rêvant une céiëhritë te Muaae sera ravi de européenne, faire des oourbettas-; U admiter* tout du grand homme, Mas examen, de même qu'il voudrait qu'on !e Mcr&t Jui<aAme esprit d'élite sans trop rétadi<r. Maia ai la c6!É. 'bfMé a ccoaé d'être t la OMde, Ii te personnage a perdu «oa piédestal, au monde ne aéra plus sévère que personne watre Russe dans son appreotation dM héros débouton))~ do bornes. SoBmepr!ara!euraeconaattraptM Noua serona très natvetuentéteB!~ un hasard quand nwa revotera à- considérer le cont!nM~ que l'Europe comme un <rrand grand homme qui n'est plus d'actuaMM ~mme. Mais ce même Rosse, qa! irënere aveugMtnent le favori de auccès. ne voudra en puMic qu'it soit jamais convenir Merieurà de génie qu'il vendra d'encenBCt t'~mme < G<fthe. Llebig, Btamar!t. eest très Met~ 1 lai88e1"a-t-1I t entendre, mais il y a aussi mo~ s parfaKement <En wamot le Russe plus 'ou moins cultivé n'arrivera d'&tne pour recon~Mmais a posséder asse!: de grandeur nattre tranchement une réelle supériorlté. ne se Qu'on Le rival de Liebig moque pas trop de mon < paradoxe même pas achevé ses études au Lycée. a'aura peut-être ~uppoaex que notre Raase rencontre Liebig en wagon «ans le connaître, et que ie savant mette Ja conversation sur la chimie; notre ami reussira'a placer sa petite réflexion, et il n'y a pas de doute qu'il n'arrive à disserter savamment – sans savoir d« ce doM it parlera un autre < chimie*, Il eat eertatta qu'H~ndra mamotque Liebig lade de dégoût mais qui sait si déns l'esprit des auditeura ii n'aura chimiste? Car un pas <oa~ le grand Nasse sait toujours faire an magnifique usage do langage surtout scientiaque, quand U ne comprend pas les sujets <j~i! {ra!tè. ET TBvua (txatNwrM&a éM MÎeme temps un à l'Ame russe. Dès que l'un de nos phénomène particulier

c

JOURNAL

D'UN

ËCMVMN

107,

se voit en présence des, classes cultivées compatriotes il ne dottte plus de sa d'une < gâterie », non seulement avoir la science !t aengureeacoM haute intettigence~mais iutuse. un peu Mn Ruase: <e moque Dans son. for intérieur, ou ignorant ) tt ne se posera que rarement d'être instruit <t Mais Mia-jo vraiment chose quoique cette question sa vade tapona satisfaire S'ii se la pose, il y répondra de n'avoir que dea connaisnitë, tn<)me f'i! a conscienca aMtces rudimentaires. en d'entendre H m'arriva moi-<nem&, tout récemment, de deux heures, toute uno wagon, au cours d'uu voyage un seul voyageur conférence sur les langues classiques un tous les autres buvaient sf8paro!ea.C'etaH discouraitet dans le compartoua ceux qui se trouvaient taconaupour MBt<nt. Il était robuste, d'âge mur, de phyaionomiediatm guée,vo!reaeigneuriate,etpar!aiteHappuyant8ur!e8mot8. non seulement H semblait évident, pour qui t'ecoutait, fois sur un pareil sujet, pour la première qu'il dissertait num encore qu'itn'avatt jamais pensé à ce dont il nous C'était donc une simple mais brillante entretenait hnpro. t'utitiM de l'enseignement viMUwt. U niait absoitooent ehet nous < une soa itxtroduction chMique tt appelait et Patate y. Ce fut du reste Jt<soute erreur Matori~tM it avait pria les choses da parole violente qo~jt se permit. facilement. Les baaes aur ~s'trop haut pour s'emtjjM~r peut 6tr& de quelles it établissait so~ <t)~))tMt manquaient à peu près ceux étaient MMité.etaesraiaoanemMta d'un collégien de treize ans ou. de certains }ourna!iat<M(, « Les langues c!assique<k~ pttmi les NMina Mmj~etM~. tous ieschcïa d'oeuvre ne eerventa. rien: pfoMncait.M, ont 6t& ttadMita.Aiora.~ q~oi-rim~' ittins, par exemple, n'a plus rien & nous livrer?. l'étude d'une langue-qui le, plus gifand eCet dana ? pMduieit 8Mtarenmentatt<m wagon, et quand it n<m& quitta, plusleura voyageu<a,d~ SM dMd~M$ !~jthtpact, At ptaisirt~ !< MM'etcitMBt cours leur o.v~entpMCtMe.Je tt~MMcert~&qtt'itde~ wMon pM<u<« MBdit~ et<t<; ao~g<nie.. qu'it cayi-,~poie, (czt, ;w:¡ouo=~' inas:ca~~a~tic v ~t~~i~~ri~t Ac~Hï~îs~assc~~TF~c itar<)aat MMt chMtgà de M~M dq~ota ie: vietM,ten~:

ÏOà

JOURNAL

D'UN

~CMVAtM

Maintenant on semble chercher des éducateurs et l'on écoutera favorablement une conversation toujours qui otneurera ou moins tous ies grands thèmes sociaux. pins Plusieurs inconnues les unes des autres personnes ont certainement du mal à se mettre à causer ensemble. Hy a toujours au début une certaine réserve Mais gênante. on s'y est mis, tes interlocuteurs quand deviennent parlois si sublimes serait prudent de les retenir qu'il pour les empêcher M est vrai que souvent de s'envoler. l'entre tien porte sur des questions financières ou politiques, rna~ d'un point de vue si élevé que te publie ordienvisagées naire rien. Ce w~Hm n'y comprendrait peeMx écoute avec une humble déférence, et l'aplomb des discoureurs s'en accrott. Il est clair que ces lutteurs ont pacifiques de confiance les uns dans les autres, peu mais ils se en bons termes, en se vouant, peut-être, quittent toujours une mutuelle reconnaissance. Le secret pour voyager d'une façon agréable à savoir poliment consiste écouter les mensonges des autres et à tes croire le plus possible, on vous laissera, à cette condition, à votre tour produire votre petit etïet et ainsi le profit sera réciproque. Mais, comme je vous t'ai dit déjà. il existe des thèmes tout le public lettré ou ittcttre. généraux qui intéressent et le plus ignorant a hâte de dire son mot sur ces sujets d'une importance vitale, ïtn'eat sirn plus alors question de passer son temps aussi agréablement ptement que pos sibte. Je le répète, on veut s'instruirei On? & aujourd'hui. soif d'apprendre, de s'expliquer les dessous de la vie conon tient à trouver des initiateurs, temporaine et ce sont les femmes, tes mères de famitte, surtout, qui sont impatiéntea de découvrir ces prophètes du nouveau. Elles rêMament des guides, sociaux. Elles sont des conseillers & tout croire. a quelques Hy dfsposeeë années, alors que <~s notions exactee' manquaient société russe Mt~ notre eHë-tnéme, tëur entreprise sans aboutisseétait presque ment possible; leur champ d'inïestigaMais aujourd'nu! on Béat dire quer tout distiem'B'est'étargi: Cependant coureur doué d'an extérieur à' peo prea eonvenabie (car m~ tfMaKSyuae~alHe-wuperàtnïon qM les R<<Mewd~f«Htea vieti<nee myatiSeee parée qa'on appelle

WCMM.O'UN

)&CMVAU<

Mf

tout discoureur de bonne apparence les betiesman~res), fleuri aura des chances de et disposai d an vocabulaire d'a!de tout ce qu'ii lui plaira eonvaine~sao auditeurs qu'il devra, pour cela, faire armer. M est juste d'ajouter Mats cette observadites < Hb<tra!e9 montre d'opinions inutile. tion était presque encore en wagon, c'était Un autre jour, me trouvant un de nea compagnons tout t ecem<neat, – je pus entendre tout un traité d'athéisme. de route Mas développer à tète d ingénieur monL'oratMMf etatt Mn perMnnage et visiblement tourmenté du madain. gMve d'ailleurs, Il débuta Mit beaota de ee faire des prosélytes. par des De ces couvents, monastères. MMideraUoM auc!ea je ne savait rien. H se iatUement qu'il conjecturer pouvais été imposes par tes monastères nous avaient aurait que et que i'Ëtat devait les doter, pourMBdécret Mcerdotat en un mot. On t'aurait les entretenir voir &!ears irais, en !ai apprenant que les moines forment des bien surpris de sa croyance Partent un MaociatiMM indépendantes. leur )ega!, !t exigeait, au nom du libéralisme, ptMsitiNne Par une Mgere extension de ses iermetara immédiate. Me~8.itMv!nttentnatureHetnent&rath6ismeabso!u. étaient basëes'sur les sciences Ses convictions, disait-il, 11 en radotait. ou mathématiques, Mture'ies exactes, et do ses mathématiques naturelles On de ses sciences menacé de mort qu'il n'eut pu, d'ailleurs, citer l'aurait do ces sciences. Tout le monde on seul fait relevant < Pour mon compte, pérorak-ii, l'écoutait p~M«mMt je seule chose a mon Sis à être un qu'une n'apprendrai se moquer dû reste.* Il était conhonnêtehontmeet~ vaincu que aous n'avons besoin d'aucune espèce de doc!ë hràih-train celles de trines supérieures qui régissent l'hutnanU~ ainsi dire dans sa poche, que l'ontcouvé.ponr te domaine du bien la fraternité, !es cM< qui ouvrent n'exista MMMsM~Et~it montiitc~ etc Pour lui !e donte tait pas.CetUM le discoarear dentée pariais ptus haut, Il y avait It des oMciers. i! rempota wa saeces ëeiatant dm, ~iuStmh. <~MM~. deA JttUBM ~u~. On i& t <tM'c!s !oi ai))ts<aMd~dM)e$aditde w<goa,d'tvoirpèrtédane
.M

tt0

JOVRNM.D'UN~CMYAtN

façon aussi déiioteusement iatéresaante. Une de aoa vo!aines de c<Mnnartiment, de famiUe, une femm& une mèro très distinguée, fort élégante et Mon de sa personne, alla même jusqu'à nous faire savoir qae.désorma~, eUe se bien de voir dansJL'ème garderait autre chose qu'une < fumée quelconque f. Bien entendu & Mto }empnsieuf mondain descendit du waj~on avec plus de res d'ingénieur pect pour lui-même qu'it n'en avait éprouvé en y montant. Ce respect qu'un tas de gens de cette force rewentent pour leur propre valeur est une dea chosea qui me stupë fient On ne peut pas s'étonner de ce qu'il existe des sots et des bavards. Mais ce monsieur n'était pas un absoiu sot. Ce. n'était, sans doute, non plus, ni un mauvais homme, ni un mathonnéte homme je parie mj6me que c'était un bon père de famitle. il ne compreSeulement rien aux questions nait qu'il avait traiMes. Ë~i-ce qu'il < Mon boa Ivan tvanovitch ne ae dira jamais: (je le baptise pour la circonstance), tu as discouru à perdre baleine et pourtant tu ne sais pas un trattfe mot de ce que tu as raconté la. Tu as barboté dans les mathématiques et dans tes sciences naturettes quand mieux tu es que personne d'avoir oublié tout ce qu'on t'a enseigné conscient ià~essus. Elle est loin aujourd'hui t'écote spéciatë oa tu as étudié Commentas-tu osé taire une sorte de cours & des inconnues de toi et dont quelques-unes personnes ont de se sentir < converties aCècté par ton radotage Tu vois bien que tu as menti depuis le premier motjusquau dernier. Et tu as été Ber de ton succès! Tu ferais mieux d'être honteux de toi-méms s Il aurait cent fois raison de s'adresser cette petitesemonce; ma!s,voUà! H est probablè que ses occupations haMtueUes ne lui Jtaisseat pas de ces futihtéa. le, temps de se préoccuper Je croit qu ii a un vague remords~oMdsU du éprouver aura vite passée à un autre sujet de méditations tout en s~diaaat qu'aprèa ce M' pot M/t <:M<f< ce<t«:M~c< Cette absenee de bonne et Mtae aootc chez !e RasM eat p~M ato~tm paacomèB& nous dira que eatta étrange. On iocenseiMMe est géaë. rate chM nous; mais c'est HMtémeiat paar ceht qwe je –d<aMpere parie}s de i'STcdjr 4'~ ~M Mthta.'S~uo -s~C-gsrlois-#t~âuué teHesc~été.

7 c c

=

= ¡

r

= =

= =

v

JOtJRKM.

B'UN

ËCan'At~i

Ut 1

En pwbttc, ua Ruase sera un européen, un citoyen du défenseur des droits humains tant monde, le chevalier il se sont un homme tout pis si dans son for intérieur convaincu du contraire do ce différent, très fermement chez lui il s'écriera ait besoin Rentré qu'il a professé. et môme la Uberté -< Eh au diable les opinions Qu'on 1 me fouette si l'on veut, je m'en moque Voua xouvenex-vous de ce lieutenant Pirogoff, qui fut, d'années de cela, fouette dans la il-y y une quarantaine serrurier nommé rue Grande-Mistchansttaïa par un soient Sehitter? H est regrettable que les Pirogoiï trop « Tant nombreux pour que l'on puisse les fouetter tous on n'en 'saura rien f < Rappetex.vpus pif), se dit Pirogon, fustigé alla, tout de suite après la raciee que le lieutenant feuilleté de reçue, manger un gâteau pour se remettre et que le soir même il se distingua, a la ses émotions Mirée donnée par un haut fonctionnaire, comme mazurkeariocomparabie. Qu'en pensez-vous? Croyez-vous qu'au ses membres moment ou il torturait, en dansant, bleuis y il avait oublié la contondante correction et douloureux, mais il se disait Non, certes, il ne l'avait pas oubliée, « Bah personne » n'en saura rien sans aucun doute Cette facilité du caractère russe à s'accommoder de tout, même d'une mésaventure est grande comme le honteuse, monde. Je suis sur que le lieutenant était si bien Pirogon aa-dessus des sottes vergognes qu'il aura, le soir en quesd'amour à sa danseuse – la fille tion, fait sa déclaration de la maison, en et t'aura formellement demandée d'une cette situation mariage. Elle est presque tragique jeune atte qui -va se fiancer avec un homme qu'on a triqué dans la journée et auquel < ça ne fait rien » Et que si elle avait su que son pensez-vous qu'il serait arrivé et si t'ofHcier rossé et avait reçu !a schlague prétendant content «'était avisé quand même de lui faire une déclaration ?L'aurait-ttte à ta condiépousé PHétas! oui! tion que le monde ne fût pas mis dans le secret de la tri à i'amourtux. potée administrée Je etotft que ton peut, eependant, s'absteen générât, air de Tanger tca .femmes russes dans ta catégorie des

i =. t

i

s =

.11 ~`_ ;MM)«NA~ O'UK ~CMVAtN ~)

~irogeN. On remarque dtra!o~ <n ~M d<)~ <M<re population Mm!n!ne une reette Tranchise, de !a persévérance, un aentiment vrai de rheanear. Ma goût !oaaMe pour la recherche de la v<r!M, Mna oublier ~tc fréquent besoin Les femmes de se sacr!Her. ao sont = rMMt, d ~!tèwrs, toujours plus distinguées K)te< en ce!a ~e tea hommes. de tout temps, d'utM plus grande ont, temotgnë horreur pour le menaonge et leurs mar!s; que teura Irëres et beaucoup d'eatre elles- ne montont La tentme S jamais. est chez nous plus persevëMBte, dans M =_ plus patience à faire elle asptre tâche ptus <~<M«m< que t'homme à ta hure pour !'amour ellesoaceuvreet de Fœuvre même, et noM plus Mutèmeatpour jMroMM. Neus pouvons, H me semble, attendre un gHtOd Mcoura d'eite.

MÏ~MUP))~ mu;~I8,~ DM ~MfMJ! Cnt~aMfne*'

:B!UlGbB de rann~e ~N73

Ba'~at~Mn*4i. Voici wne opinion du journal anglais Daf/y A~M sur en France ce qui ac passe actuellement « De nombreux indices nous font croire qu'il se préun nouveau coup d'État dont on ne maspare en France en te revêtant des formes tes plus quera pMt'ittégattté parlementaires. « Du reste, t'assemblée de Versailles ne peut, à aucun considérée comme un parlement: elle point de vue,'être a cessé d'en être un te jour où, s'emparant de toutes tes aux élecelle a retire prérogatives gouvernementales, teurs toute action sur les destinées du pays. Elle ne représente, pour le moment, qu'une oligarchie qui no retient le pouvoir du mandat qu'en abusant qui lui a – été conne. Plus loin, le mêtne journal ajoute, à propos du comte deChambord: « Selon toutes,-les le prétendant est un probabilités, bien qu'égaré. un point sur uomme'honnéte, S'it existe aucun cédera lequel. il ne devrait prix, c'est bien la btano. On dit, d'ailleurs, question du drapeau qu'on vient un moyen de tout arranger, d'imaginer en apparence ou un à l'étendard tricolore un ruban on ajoateratt si ce plumet Manc. Maintenant, à quoi bon le symbole, Le comte de détruit! qttTïreprésenteeste&ecttvement En dehors n'est Chambord, tui-même, qu'un symbole. & im monarchie dont it s'apprête de~ traditionnelle mo~ i~mb!&MM,Ï uë iapï~~to ebMiatBea~ ~'w'. Rn t M téyoiutionMu'e. – oa il consent acee~Mt!~ drapeau tA. M.

ÏM

JOURXAt. !t'UN

)~C<<tVAt?f

avec la Révélation, n'être qu'un monarque qu~pacttwe ou H joue une comédie, Il n'est pas bien dtfnciie d'acune coMtitaUon un trait de plume y suffit. Mais cepter demeurer fidèle à cette constitution sa vie durant, mais selon sa lettre et son .esprit l'appliquer de pendant le comte do longues années, voiià une t&obe à !aque!te Chambard bien faiHir, s'i! ne se mené pourrait pas de certaines Influences. C'est une grosse aSaira que de reformer sa nature, son eduoatton, que de faire table rase de ses convictions. Si sincère que soit ie comte de Chamil de force à opérer en lui-même bord, sera cette autre révotution ? Pourquoi le comte de Chambord, après s'être trahi tui-m:!me, resterait-il fidèle à la France? Nous ne l'accusons mais i! e donne maintes pas de duplicité; d'une faiblesse de caractère inspreuves qui pourrait pirer à son entourage plus d'une dangereuse velléité d'incartadea. !t y a !à un péri! pour le paya. Les hommes de Versailles faire du comte d6 Chambord !e peuvent Roi de l'Assemblée, mais ils semblent à impuiaaants fonder de façon stable son pouvoir sol français. sur!e Le duc de Broglie et ses amis se ligurent que ce qui était en i789, demeure ftiMbie en 1873. lis oublient possible tout un siècle et tout un régime politique implante en France ce aiocte. L'eco!e des < restaurateurs pendant – et le duc de en est un des plus historiques Uro~tie –est et typiques représentants, composée d'antiquaires non de vrais conservateurs.~ 1. A côt~ de i'articto du Dat/~ JVet~s, voici que!ques opi nions des plus caractéristiques de ï<ouisVeui!!ot, dans le journal des Jésuites, f~ntpe~: ÏVdi <Que!quesTieuxHuguenotandetes&Henr! valait saient, pour excuser sonabjucatton, que<! Paria bien une messe*. V est entot)r6 Henri de politiciens cbercheat a im prouver qui vaat Mon an que Paria engagement pris énvera!aR6voiutton. Rien ne ïëùrpàratt plus simple. Le ~M, poliftant. est t taire, ne a'MtpasdeteuravIs-Cequi dit-ii, s~ faire qu'au nom de tout !è nMade et avec le con!~ut t~ma <? ïCStTë'muBae.~ua iee er~rM'o~n Je suis t'homme moiM. Eatre qu! diviNe~e vM tnains,

= C =

=

= = v

=

=

JOURtAt.

D'UN

KCMtVAtN

tt6

dans un état ene serais plus que l'un de vous, vivant Ji) e division avec voua et avec mot-même. Us objeetent queute peuple n'est pas fait pour le Roi, ais bien le Roi pour le peuple. !1 répond que c'est jusne renonce Mnent là aa pensée, et que voilà pourquoi sont ni xsait diMcite métier qu! est le sien; qu'eux'ne e peuple ni le Roi, et que le Roi ne fait pas son devoir en a Ils objectent tMissant ux ordres d'une faction. encore. est fini et qu'il ne fait pas t lui répond que l'entretien marchandages. Oa en est là. Tous les raisonnements des visiteurs ne silence obstine, JJ est aujourd'hui eneontrent qu'.tn TMcnt que Henri V n'est pas sorti de son programme. 'é n'est point par hauteur c'est qu'il tient- bon encore, rconviction. L'anarchie neso guérit que par ia moIl ne s'agit des Français. Xttti~ie,qui est l'état naturel de ws théories plus ou moins ingénieuses qui vont ontre la 'nature du paya. La monarchie peut rétablir ne peut que l'imposer 'ordre; tout autre système pour n temps. La France a été libre sous la monarchie, de me qu'un homme se porte bien quand il obéit aux MenriV semble dire xigencea de son, tempérament. Je suis beaucoup et je puis beaucoup, grâce au prinSans ce principe, ipe que je représente. je ne suis rien, e ne puis rien et ne me me!e pius de. vous sauver. Avec sans ce principe, j'épurerai jL'air vicié qui vous tue aux et je tombe ~ocipe, je no suis qu'un expédient contrarié xpédients, continuellement par vous. Gardex de Brog!ie, essavex do M. Gamgardez M. Thiers. tta; je n'ai plus rien à y voir. < Mon drapeau Vous avez tort.. En voua épouvante? ont cas, j'y tiena.et vous devez comprendre que j~ai ison. Je voua ai annoncé ce n'est que je l'arborerais; 'iit~avadent caprice. Au séul point de vue politique, ~Mcesstte C'est tout ce que je réclame me l'impose. r le massacre dée miens et pour mon long exil. l! est de mon principe. En vous le 'Sgure et le symbole !a réçoncHia est faite. 3~ BP~cr~Je een~rjtLque t3ncer< que vous àvéx onMiê vos o~ënses et que j'ai ~dcnn< mal que voas m'avez'Mt. te Si j'abandonnais

U6 mon drapeau; meriez plus.

JOPttNAt,

P'tUN ÉCMVAtN

!e v&tre, vous ne m'est pour arborer Vous vous regarderiez toujours commet et me considéreriez comme le. vaincu. 1 vainqueurs vous souviendriez mieux du sang dea miens, verso s votre étendard, et vous m'aM iechafaud qu'abritait seriez de ne me !o rappeler Je no réel que irop. le Y&ttt que ce que réclame mon !)oaoeur,/qui devient voudriez voua qu'en remontant Pourquoi sur, !e tr~ c'ai point to)p!orë et nia j'eusse rait. d'un penttentPJe piore point une grâce. Je reviens par mon droit, et M dea armeo. Mon droit et votre volonté < par !a force trouvent aous nx d'accord, et bien que mon retour et p<x que voua M'aimez point~eat honorable, drapeau, vous et pour moi. H n'en serait de même du plus d'autres conditioma. Sana aans not) dignité, justice, rëconciiiatiom perd toute sa vateu~r. U faut quelque ch« Convio et que vous regrettez. qui diae que j'oublie drait-ii le drapeau df que i'on pût m'accuser d'uaurper leur drapeau an Napoléons? Je laisse aux Napoléons leur histoire, Le drap« depui'! Areo!e jusqu'à Sedan. blanc peut vivre de sa propre < ~toire.Qu'H rentre France Ce pur de tout combat contre les Français! s serapassamoiasboHeaurëoie.* Henri V. Use Ainsi pourrait parier tait, et ce!a YM ïi n'a pas besoin de diïece mieux encore, que la Fraet assez. Sa cause sa d'eiic-mëme, comprend triomphe discours. On peut épargner ies foi iesparotes quand sont assez éloquents. -La 'monarchie o ou l'anarchie, vrai monarque La jcouronne.indisjpcnsaMe pu rien! notre saiut~ n'est Upo pas~necessaire a aon honneur. ia porter avec gloire et, a'M ne !aporJtepaB,it aura t t& gloire de Ïa r~ase!; par honneur. Nu!ie situation h< maine ne saurait promettre dp piMbeiiea et de pf' Ï~M destinéèa. Ce vai~ueur~UMété, à M seui.s et son conséU. armée Autour de iui, point de soidats, arrivet Bea~aidera ai'de ni dea ~coMsp~~ au travers mais Mna avoir ri de tBM'iMeaobatacies, v & payer, sàas avoir à ~tre ingrat/~Mna enuston de sa It B8 tësast $ ïs <m)!M qM Ma~MmSK~tTBaB~. expn CeadeaxopïaieiMatu' ïe comte ~eChambord,

MOHNAL

b'UN

~CBtVAtN

tU

d'idées absolument mëes par deux journaux européens, sont des plus intéressantes. Au fond, dissembiabies, e!!es se rencontrent presque. Le Daf~ JVe~tt no s';nd!gne a donné une prouve de taique parce que le prétendant Louis Veuillot faire une concession. blesse en semblant et que ies pléttCrmo qu i! n'y a eu aucune concession du d'eux memea chez l'héritier viennent nipotentiaires mais une promesse t)-Ano, pour lui arracher imprudente, On assure que Louis Veuillot serait que le <tRot se tait mîeuxintorMë que les autres. de la Droite, terrinëo de toutes tes tractions )L'a!tiaacé de t'Assemblée de !a portion repubiicaino par l'attitude do résister avec une l'intonUon Xottonate, qui a mànitestë des monarchisïef, aux menées – énergie surbumaine détintcctto union des Droites a nomme une commission La comdu gênerai tire sous la présidence Changarnier. le texte des dernières mission est cnàrgëe d'élaborer proet de au comte de Chambord, poeHiona ;& 'adresser Les travaux recevoir aa réponse désormais irrévocable. dans !o tenus de cette sont naturottement commission mais on arrive quand même & en ttcret !e plus absolu, connattrè les rëauitats. On aait, par exemple, que t'entente demeure complète entre la Droite et le Centre droit. On la dernière députation chargée n'ignore paa davantageque au comte do. Chamdes suprêmes adressées propositions et de ce dernier bord est déjà en route pour !a résidence Elle doit te plus possible. son retour qu'éiiehatera tpporter une réponse dëtinitive. On dit de la tacon la plus que mèino trieuse et dans iësmiiieuxtesptua autorisés dans te cas où ïé comte de Chambord refuserait pérempentre les diverses toirementie drapeau tricotore, Fentente On ajoute ihébraniaMe. demeurera parties dé !a Droite – que, dans – et ceci nous paratt bien peu raisonnabiè cette occurrence, en Ttrociamera quand même !a monarchie en prenant pour roi !e comte de Ï'aris.Utte autre version, d'une veut qu'en présence peut être pins vraiMtnb!aMe< !es Cbam Sa de nen-reeéToir du comte dé Cbambord, – j~es, dè< teur (!e S novembre) prochaine Municn eu les pourvoira 4umsree6HtST'Maîwu, prorogent ta de pMeÏMBer ttemediatemeat évitant, M(w entendu,

= T

M

JOMttNAt.

O'UN

ÉCRtVAtN

République, On verra done se ptotcager una p~ pendant riode indéHnie état de choses actuci. t'inaupportab!e Plus tard, a l'aide des baïonnettes, on arrivera pcut-ëtret une solution dénnitive: Monarchie on République. Pc~ l'instant on ne se soucie que de faire vivre le plus long. temps possible t'Assemblée NaMûoaie. Et f~ M, les choses s'arrangeront probable aelon les d<?s)t! que de cette Assemblée. On s'étonne toutefois de voir dM renoncer au eptate de Chambord legitimtatea pour uat de drapeau toutes les apparences, question il et.nMt~re se îa!re que tout se ter<n!oat au gré du pourrait prëteo dant. L'article de Veuillot a du poids: son journal est k v6ritab!o interprète de l'opinion royaHate en France. le J')a~ ~V<'w< prétend Toutefois, savoir que Henri V est décidé à des-concessions. Alors à quoi !ut servin i'artioie de VeuiHot ?. Une seule chose est certaine M n'a aucun sur lés ultinaes renseignement précis r~ lutions du prétendant.. du Conseil ~e Président des ministres, M. le duc dt un banquet donne à Ncville-Dubon, Broglie, dans i roccasion d'une inauguration de chemin de fer, a prononce un discours dans il s'est déclaré fran. lequel chement monarchiste et a insisté sur le droit absolu l'Assemblée da proclamer qu'avait la forme de gouver nèment la plus avantageuse qu'eUe jugerait pour la la Monarchie). < Néanmoins, France (!ise): a-t-ii ajouté tes formes de l'organisation civile chères égatement & tous, parmi nous. resteront En d'autres intangiMes. termes. U a promis que le comte de Chambord accepterait te drapeau trboiore de 89. Tout et !ea principes !e tnonde sait que le duc de BrogUe ~t !e plus ardent champion de la monarchie et qu'il fait !e possiMc et ï'impossINe pour éviter toute dissension entre rov« !iatfs. il vent Mtistaire tout Ïe ntondeet, par conNéquen!. amener ie prétendant te drapeau trico!ore. ta~cept<ar Maia ce qu'it yaen hMtt cela de pina caractéristique. voir nn jaMmbre d'na gouvernement ~Mtde dit rëpn ~Mo~~JMJ~~MeBti&.CQ~s~ mMatrM. se pet xoeHre, dans un banqMt, de st franches en puMicenSn, Cette < action duc <téct<ntUo<M royaHatow. Mg&re~du

J oC

t

ô 0

0 1 s

JOVMNAt,

n'tfK

ÈCa!VA)N

U9

en tout atteste, ainsi) [certains journaux {aqualiNent une connance et ses amis, aveugle M, che< l'orateur Il nous semble de la monarchie. qu avec us la victoire un personnage officiel aussi M vues moins optimistes, ut place aurait montré plus de réserve. Quoi qu'il en soit, je crois que dans fort pou de temps. avoir des .surprises. nous pourrons jtBa trots semaines, fort noMo. Veuillot nous a tracé de MeM'i V un portrait refuse le trône < M peut que le comte de Chambord Mais il n'est'pas ses principes. toar no pas trahir le pré. du drapeau, mpossiMe qu'en dépit do la question une majo' tendant obtienne, après un vote do rAssembteo. d'une à dix très petite, riM quelconque, supposons-la d'un sucées si voix. H pourrait qu'en présence arriver Henri V ne se décidât «Unimp, presque honteux, pas à Mais alors empêcher qui saurait tteepter la couronne. en lui reproses scrupules les J<suitM de venir caimer est peut.étM sentant que t'ocMsion unique, que ie peuple sans do la royauté, Mt déshabitue qu'il est grossier, en partie ntcmo non baptise; que, dans le ''Mrvoyancc, se servir il faudrait où il se rëvoiterait, ttt improbable de Mac Mahon et monter du maréchal de t'obëissance mttgré tout sur le trône, no fut-ce que pour, entiu. bapet et le rendre religieux ttter ce peuple obtus et insensé beareux malgré lui 2 Nous préférerions, certes, voir le comte do Chambord car alors !i y aurait de !a<brantab!e dans ses principes, de plus, et ptr le monde un homme ferme et magnanime ii est bon que les peuples aient le plus souvent possible l'exemple de tels hommes devant les yeux. à ce rien d'extraordinaire Maintenant il n'y aurait moau dernier eussent !e dessus que les républicains l'Assemblée aotuelle, ment. Dans ce cas on dissoudrait et la R<;pabliquc ne tarderait pas &6<ra définitivement p)'oc!ame6. cette hypothèse et Mais laissons de cote pour l'instant et des plus intéressantes d'une question otcapoM-noM plus prcde faits beaucoup qai appartient & un ordre m~~–– Soppesoea toutd'ab~rdqMe~~miedeChambordsoitdeia

i

l

MJ

MUMKAt. _L'II.

O'W

~ÇR~AtN

monte sur !e trûne; que~ee rëpubiicains soient dispersa; votonté de t'Assemblée aM suivUa que Mac-Mahon que iepaysMitcompïè~mentpac~né.dntn~MCBappareNM, et que tout semMe aiier le n)teu~ du mdn~e ttyee la non vettè orientation. I! ne trouve des Français ~our déetdH Ydonnejrâ t ta Ff~oec Wx'huit t t'avance que ïteor! &!)n~ !e <&o!< fort bien (j de èeeurttA et de bcnheuf. pour la période de d!)t-tn)!t ans est exagër~. Urne pourtant que Mais en6m admettons ment longue). quetqacsattnëesdt Vo~t lé comte de Çhambord calme et de prospérité. ferme. ment Installé sur son tr~ne quo. tout soit dit croyez-vous pour cela? Veuillot aMrme que la p!ua grande force de Henr! Y udëMtë à ses pr!nc!pes; ree!de dans son inexpugnable que ni un pouce, nt un atome de son ce n'est qu'en Be cédant le pouvoir de sauver ta France terrain, qu'il gardera màtt) que fera prectaëment !e nouveau roi C'eat entendu; T pouraauversonroyaumeî de Henri V est que son autorité Le premier principe Mais cette MgitimtMapparUeB) sera avant tout légitlme. à un monde purement idea!, tandis que les reateurateuH de monarchies font agir dearossorta très maMrîcts. J'ad mets que le roi soit intimement de ïa !<g!t)mtt< persuadé mais s'ensuit-it de son pouvoir, que tous les Français Si un tel phénomène pensent comme iu! < ce sujet? peut certes la France n'aura plus rien à désirer; s'accomplir, fois, en ce siècle, elle sera vraiment unte pour la première et pourra être Infiniment heureuse et libre. Napoléon toute ïa durée de son règne, a été force de pendant travailler à i'anermisMmentde sa dynastie dans le pays de ce souci fatal, que de catasS'il avait pu se distraire eussent été évitées, trophes eeiiè de Sedan entre autres! de la néfaste obsession, il dut entreMais. toujonrahanM bien des œuvres qui, Jtoin détendre prendre au bonheur de Ja France, !e tr6ne n'avaient pour but que d'assurer a)!M«de'M<Mtdant<. t~w Francis se rendirent parfaitement compte de ta nature des préoccupations de leur. souvérain eU'observèrent avec inquiétude tant qu'il régne –a-chaf dM (~awariMaMat~eMyti~ de son pouvoir, comment aes sujets eassent-iis pu mon<rer une foi p!us robuste que la sienne? t,

c E

jOt!t<NM.B'UN~CMVÀÎN

Ï:M

ce peuple tout coup uo miracle va convertir tbrce !tva croire,à la tegitimitédu pouvoir Meptique,par du souci qui perdit de Henri V, qui sera ainsi débarrassé te seront tranchées: les diMcuttéa N<po!eon 1!! Toutes mise en lui, no saura roi, voyant ta loi que son peupteaura ne craignant ptua s'empêcher de croire en son peuple il donnera devenus impossibles, decomptota d'intrigueaet ti. liberté de la presse, toutes les libertés & ses sujets et tant. dans l'administration liberté berM de réunion, essais de commud'outrés il pouffa morne faire quelques p!«He <t cela ne nuit pas à tout et à tous. ne ao verra qu'on rêve. Mais une teiio entente du Daily tes opinions Nous ne voulons pas répéter qui. dans A<tM, du ?Ym<t, de Thiera ou de Tocqueville, que la France est par exan discours récent, proclamait absolue une monarchie eetience un pays demoeratique.où de la démocratique M serait plus supportée. L'esprit tout un siècle, le sujet d'intcrmiFrance a été, pendant est loin d'être résolue. la question Mbies controverseset à constater Kous nous bornerons qu'il existe en ce paya t ancien régime, qu'il y a contre MM forte prévention absolue y a été déprès.de cent ans que la monarchie oui do Français truite et que six ou sept générations même Je ne parle pas du peuple, grandi dmancipées. dire et de la ponulace, qui no sait ce que tout cota veut la nécessité ne voit pas aujourdhui ..rémeat, qui, de parsemer d'o~r jurer ndetité au comte do Chambord. dans le jour de son entrée suivra leurs te chemin qu'ii blanc Peria. baiser tes sabots de sonchova! a déctaré Le comte de Chambord qu'il n'est pas le roi end'un parti, qu'ii veut être te roi de tous. Mais c'est core en cela que je trouve son revo fantastique. & la des Français universel < Sans te consentement ne peuvent être tes Français monarchie traditionnelle, mais comment Soit, disent les légitimistes. heureux*, comment surtout universe!, obtenir eé consentement Tout cela Muter par-desaus cent ans d'émancipation? qui croit sérieun'est qu'an rêve. Le comte de Chambord, nom:1uftl'cffct i~éaIq<i~ou<~Tf&i~ë d'un <MHt o);éné. n n Et alors,

1 1 hM JQMNAL O'MN ~CMVAW

'tes légitimistes Voyons sensés. qui n'agissent pas à tort et travers ou qui ne sont pas poussés par ua espoir d< places et de dotatiOM~, ou encore aourdemeat inNuene~ ces MgitijB!ates<!a doivent par les ciéricaux. voyons avoir un pian Us ne peuvent pas croire è un fajMdeux consentement universel aussi !nat~)~du que s H tombait dea nuages faut savoir quel est <e ~an. Car n'est suffisant d'entrer en France, de s'asseoir pis sur un tr')M entoura des < baïonaettea de Mac Mahon et obeissaotea de croire de faire que t'oo règne. U est indispensable avec soi quelque quelque chose, d'apporter idée nouvelle, de dire quelque de vafM<:<e le parole inap!rée. capable < nta~uvais esprit de tout un siècle. remarquez que ce mauvais èsprit s'est <ormu!e en une doctrine prometteuse de grands biens, qn'it s'est condensé en une sorte d'ëvan gite anti-chrétien qui a trouvé des prosélytes passionnes, qu'H propose à ia société de nouveaux moraux, principes se fait fort de reconstruire qu'il le monde sur de nonvoUes bases, de réediner pour jamais la tour de Babe). Parmi les sectateurs de cette nouveite religion se trouvent des hommes d'une haute ils ont pTi9 intelligence une grande autorité sur ceux qui sont las d'attendre le des biens terrestres; règne du Christ, qui sont déshérités et ceux !à M comptent Eh bien 1 il faudrait par millions. le comte de Chambord dit quelque que chose à ces gensou alors à quoi servirait là; sa venue ?~ueis senties résultats certains de son avènement au jusqu'à présent trône ? On peut prévoir que le faubourg Satat-Germain ne sera plus désert et qu'on va remettre à neuf ses vioiiies redeviendront façades; que les prêtres riehes, que les des vicomtes et des marquises grace< vont ressusciter. Kous assisterons à i'éctosion de qaeïqnea nouvelles modes et de quelques bons mots inédUtt; on inventera quelque M~veUe chinoïMrie ppar l'étiquette de h «Mxr, eainoiserte ptromptement adoptée par tontes hwcoMè européennes; ea découvrira de nca~BMes BgaMa de btMet, des danses de saien insonpCMMtéM, de nouveaax de nonbottboM, ` ve<t<n[euMd!e« oa –– -Bass h tree pct!tc Ct~mbFe dss )MFBMz.~r!:tqusUe concédera un très peUt pouvoir, d'an e&té, de surgiront,

t s

c

JOURNAL

O'UN

ÉCRIVAIN

M~

héros de l'autre d'imperceptibles minuscules doctrinaires, et la Gauche de cette chambre iiiiiputienne du libéralisme; a*il est possible, que la Droite, car elle sera plus grotesque, Peu à peu un sera dana une position stupide et ridicule. sourd nattra dans le peuple le < mau mécontentement et deviendra vais esprft*, qui est encore jeune, mûrira Puis un beau matin, la Roi signera tout à fait-méchant. Paris s'agitera on mettra sur qxeiqaea ordonnances. tes rebelles, les crosses en qui attendra pied la troupe, s'infiltrera. le jusque dans l'air, et le mauvais esprit Patais. il en est beaucoup les légitimistes, Certes, parmi qui est le (Mètrent faire leur devoir, ~t le comte de Chambord premier d'entre eux. Mais leur devoir est, à leurs yeux, et de le vaincre. de combattre le fameux « mauvais esprit en guerre comme à préC'est leur but quand i!s partent sont deux choses di<!ésent. Mai)! le désir et la réalité se pose encore. Comment lutter rentes. Une question l'ancienne nouveaux contre !M principes qui désagrègent n'obtiendra un résultat de oociëteî.On qu'en mettant violence et t'intoiérance ctéricaiea. Alors la <oncoté!a est aimpio et claire il faudra réponse à notre question du Pape. Et Us auraient restaurer le pouvoir temporel bien tort, les purs de la tégitimito qui repousseraient celle idée. C'est en vain que le comte de Chambord nous assurera au nom du Pape, qu'il no qa'i! ne fera pas la guerre Il des curés fMnenefa~paa avec lui ie < Gouvernement on ne peut «eu beau écrire dans ce sons à un député, obsercroire qu'it n'aura pas !a main forcée. Quelques & deviner vateurs commencent que tout ce mouvement qu'uneT MgitunhUe et aubit et si viotent ne caché ~peut-être mot d'ordre mMhiMtien cM~cate, que son premier est parti de Rome et qu'il tend & ia reatauration tfn tes ciêricaux NatureHement ~otivoir tenaporetduPape. ni -le parti !égit'ont intente Bi !e comte de Chambord indices Quelques Mmiitte, nMttw Ma B'ea eoBt empares; aont W catboli ues Mnt eo~teriaiitïMes; es: Voici deux réto~danta rièti Voici deuxj~rétendants cathpîiqMs on <a Harepe;ie ~mte de Chambord efdoQCarioa*; en A!!entagoe, ~Mrieaic agKtrthm 'pu netèr ftgittttton

i

[

r

-MM

MMtKAL~'UN~EMYAtN

du reste jusUBéo par ia situation que créent aux cathoPartout liques de ce pays des Ma nouve!!es aur~'ËgMse. & approcher on organise des pèlerinages, qui serviront et des Suisses de Rome des Français, des Aiiemanda Tout ce!a .<a!t penser & une im dea classes populaires. du Pape, dai&s t'~Mrêt Muîëv~e partout mensa agitation Ce mats pr!vë de Ms d~oatnes. !afaU!ib!e, toujours aMtout nMUtt!me;nt c!6ric<d eat, peut-~tre, important do à ta ~ern~re manœuvre parce qu'H nous fatt asa!ater aa au dernier easa! teoM pour intéresser eatho!ic!sm&, ao~ de Rome !ea roia et les puiMtaata~e M monde. Cet bien ae pM r<UM;r et démon ultime expédient pourrait trer au goevernetoëntpotttincat qu'il ne faut plus compter sur tes princes, ai sur iM bauta përscnM~es. Croyct aux peuples euxqu'après ceta Rome MUMs'adre<aer memea. comme eMe commeoco à ie taire, du reste, apr~ avoir été ju)*qu'& leur cacher le texte des évan~Hes en en Le Pape saura ai!er au peupte. prohibant les traductions. mais su~i de haitions, couvert pieds nua, mendiant, d'une armée de vingt mWe Jésuites experts en la direct!on des âmes humaines. Karl Marx et Bakounine sefont. Ue de forée à iu~~er contre ces pieuses troupes ? J'en doute. Le catho'iciMM sait taire, quand ii ie tant. des d<Mc:!e,d'assurer oacriBceset tootcoaotiier. Est.iiMen et le et souttrant que !e communisme au peupie ignorât seuie et m&me chose que christianisme 'ac sont qu'ané ie Christ n'a )~ri6 que de communisme, encore <t toujours de communie? Rome pousse déjà en avant certains et injteHisents,q~ donnent Mcia!i6tM,!touftant instruits et prennent l'Antéchrist aveugiément dans ie panneau pourte.Chcis't. Henri V ne pourta .'évUer de taire !a guerre en îavear du P~pë/justemeatpa~ que nous vivons dans les deroo une pareiite ttieres années campagne ~it ;queique de ehancé détre BooutatM. S~Henri V &vaiHe pou~ir nm~onnée, dépouitMedei'Aisace venger ia?)ranceh)tit)M, e~ de !a LMTtitte par t'Aitemagne. n<d idouie que ce r<dfesaMr de tetia n'mtt t)~ "~AM pM~ t~~amp~ de U s~visait At des qu U Jtt~ ewremné, 4t)4M~ pss suivi ia gaepr~amt AMetMads; 0~ aeraM

JOURNAL 0*Ù?) ËCMVAtN

ït3

Ce serait trop tôt et l'on risquerait trop. Mais le sort (tu et batoué en Allemagne peut éveiller mille Pape éombattu en France.'Avec le temps on verra que 1A1sympathies le Papo dans sa situaiemagne aëule a intérêt ~maintenir et à prêter son appui à la politique du roi tion actuelle do Peu à peu, des pourparlers a l'indignation, d'itaiie: la question papale au soulèvement l'indignation populaire, contre la France, conduira elle, à une guerre malgré l'Allemagne. n'iront pas tout bonnement se battre pour Les Français fait et cause pour le Pape, et l'Alsace, aMie i!s prendront Le comté do la guerre est capable de devenir populaire. une telle occasion. Chambord ne pourra laisser échapper de cotte guerre, Nous apposons sorte vainqueur qu'il ses provinces se couvre de gloire, reprenne que la France perdues, et que le- pape fasse son entrée & Paris pour asd'une église quelsister a !a pose de la première pierre à une cérémonie récemment conque. (On l'a bien invité de ce genre.) Après tous ces grands événements on laissur le sera le glorieui Henri V mourir tranquillement Mais nous en revenons trône. toujours & ceci ia do profondes monarchie aura-t-eHe, pour cela, poussé à jamais io racines en France; –et chassera-t-eiie < mauvais son tour? Le esprit qui attend toujours est plus .fort que ie pape et ses car< mauvais esprit à Paris; il est dinaux n)6me âpres leur entrée triomphale sur une aussi plus j)Mt'. Ce n'est pas appuyé peùt-étre armée sacerdotale dire au peuple ia que le roi pourra il croira 'attendue. Ou alors parole nouvette que cette à parole doit exalter la guerre pour le Christ, convertir Dieu les libres-penseurs et pousser vers les fonts bapComment tismaux K foule, des prolétaires non baptisés. MuveraH-il autrement la France, le Roi Très Chrétien? 9 Nesedonte-tiIpasunpMqn'autrainouvOntleschoses lieu les MtneUement. c'est sur le <tolfMBeais qu'auront entre la société nouvelle et les parpremiereabataHlear MsaMdet vieilles doctrines* Ne Mit il pas aussi que –c'est !a mime dt <ieatertib!M fait tr~rnblfr 1&«honn ~ni MciéM <rtnca<se ou du moina ceux de ses membres qui, leur perte terrestres etépouvanMade MtnbMx~ebieM

!1.

tM

JOOMtAt

D'UN ~CBtVAtN

t leur Mcoura poasibte, appelant n'importe que! gon. vernement <fort*? C'était déjà la peur des ennemis d'en bas qui avait décidé les conservateurs à accepter Hh S'Us tombent d'accord réclamer la Nap9téon pour venue du comte de Chambord, o'es~-ce pas perce qu'ils trouver en- lui un protecteM- ? Ma:a où leur espèrent troMera-t.i! des hommes champion pour les déteNdrf dMt8 une lutte si formidable? Est-il même capable de la situation vraie ? Non, assurément, comprendre malgré' Mtte< bonté de cœur ~queron c<!èbreaur tons tes tons. Ne sera-t-il des moyens dont pas intimidé par la pauvreté il disposera comment pour agir ? S'il n'e~ est pas enrayé, ne pas reconnattreM lui un pauvre homme ignorant, borné, ou peut être un candidat à la folie Où est-elle, à la répons'! présent, à notre question? A l'aide de quoi, de à < sauver » queUes forces, la Légitimité parviendra-tette ia France? Un prophète de Dieu n'en viendrait pas à bien moins encore le comte de Chambord. Et !p bout; serait lapidé. prophète lui-même triomde la société nouvelle moderne, L'esprit l'esprit une phera très probablement parceque.seui.it apporte idée nouvelle, destinée sans doute. plus tard. positive, à transformer Nous croyons nf l'Europe. que te monde ~a visite du;< mauvais espri{ sera sauvé qu'aprts Et ce mauvais esprit est b}en prés.de levernous. Nos entant ront peut être à l'œuvre. En nous posant le problème que nous àv~ns essayé de résoudre seion nos torces, nous ne voûtions qoe )usti8&f deux lignes d'un précédent compte rendu de-politique Nous étrangère. pensons plus que jamais, que si le comte de Cnambord monté aur le trône, ce aéra pour deux jours. Mais ne voûtant pas être accusé de légèreté, nous avons tenté de démontrer non seulement que la est à présent en France, Royàntë légitime impossible mais encore qu'elle n'y poMFraH prodtHre aoean cSct C'est la utite, aussi bien anjonrd'hui que dans te futur. forme de gouvernement tt moins de moyeos qui possède ~~nMJt~fïMes~tOM~t~dt-~J~ nous avons dit auesi ailleurs Puant* ta République, e!térieare cacherons <q~on est dé)t«~a<~ d'ett~, et <MHM

JOUBNAt~D'UN ëcMVAtN
l'intention que nous avons eue en emment d'e~pUqaet que nous ne voudrions pas voir ployant cette expression uaé plaisanterie. prendre pour

c;

Fa~H

dM n" 43 du youma!

Gf~on~e

1873.

!o à Trianon, en France, Voici un mois qu'a commencé troublée et Bazaine. Malgré l'époque procès du marécha! do prochains la possibilité les inquiétudes qu'inspire en tout remettre qui peuvent thMgements politiques Il la France et l'Europe. passionne question, ce procès Nous assisde plus en plus grande. excite une curiosité terribles pour. les tons à l'évocation d'événements récents, de cette les commencements Fronçais; nous revoyons d'une dynastie si subit renondrement guerre aCreuse, Puis combien en lEurope. politiquement qni prédominait Ces encore insolubles! demeurés d'éaigmes, de probtèmes au moment où ces intrigues ces désunions, Msitations, la France avait besoin de raide de tous les siens devant un conseil de est traduit Le maréchal Razainé viHe fortitiée guerre, parce que, s'étant entërmé dans une d'une armée nombreuse. de premier ordre, Metz, disposant et do vivres pour nécessaire de tout l'outiMage militaire aux Allemands des mois, il a pris le parti de se rendre sans avec toutes ses forces en hommes et en munitions avoir même subi un assaut. prussiennes (Les troupes boreUes s'étaient aucun eSort onensiï niaient tenté se trouvait Le marécba! nées & bloquer !a forteresse. diviser dans la position ta p!as <avo!'aM~ pour retarder, dans ieur marche vers le et affaiblir les armée ennemies «Bar de !a France. Ha hommes,~ armes, livré tout, ~gtt~j <))~p«)tn<[ et Mta drapeaux. on~Brme que c'est doute ne les a pas détruits/sans iatentionneUement qu'il atec lesquels it était en Mr ta demande des Allemands,

g

g

M$

J<W<MAt)Df\rN~ÉCMVAtN

!es pourparlers rations continuehes, muitip!!ant c)~ les entrevues destins, et peut-être s'at mystérieuses & de vagues marchandages dant dont l'objet n'avai t rt<t demiiitairo. Voilà Fessence de FaccusaUon~ ll- est probable qw. jievaot le Conseii, bien des choses vont s'éctaircir tixm eômbien d'autres reateront dans Nombre jusqu'au jour ai ritisto!re fera la lumère. En dernier lieu le marëcbatMt accusé dé trabisoa. bien gardet i Envers qui? Prenons cette question, ei!è est d'un intérêt capital, si l'ou vcot bien aonger & l'état singulier dans lequel vit la Fraott d'aujourd'au! c cO AtaundarègaedeNapeMonU!emaceoba!BaM)N était cité comme i'uh dea cheta iea ptus habiles de t'arma voici envtron un an et demi, on corn. impér!<î!e. ~uaad; de l'homnx? meuça & par!er de r6veatue!te eomparut!on de Metz devant un eonsell de guerre,un de ses confrères, l uninari!obal on mareobai dont nous regrettons d'8"voir oublié le d'avoir ouMiéienea 11011 nouiregreLtcms s'écrit: paa le < bravé sotdat*?) (ne le aurnommait-on C'etatt Quel dommage pourtant !é moina tncapable dt nous tous t Orcethomme,<!emo!na!ncapàMet,avaitrepuiecomnM)& bernent d'un oorps d'armée extrêmement Mais important. tout allait de travers ad moment de cette guerre entreprise avec tant de légèreté. I! n'y avait pas de vrai commandant encnef.Sansa~cuneaptitudemiHtaireJ'empereurs'eCactit de donner des ïepiua souvent, mais iHuiarrivaitpar<oia ordres qui, aatureUement, entravaient !a BMrche de toute action sérteuse. Mais tout te mai n'était pas it. Tous ces T!eux guerriers, N!ei, Bourbaki~ Canrobert, Frossard, devant je con~eii~a'expriment Ladmirault, "te., eonyoquéa aar te compte de Bazaine avec une déférence extrême Leurs dépositions fntéresMntvivementÏep<tMic.!isa~ sur ïa bravoure e~tfaordiaatre du mar6ch9), puiehttous où de Saint.Privat citant, par exempte/cette bataHie bien qu'a eotè diriger 'Sazaino, teuaïea mouvements de combatia journée, ae~distio~M au pMtatefMag de!! < Toutefois, tante. toute paot~re,B'<~i!i~eo<Moris !'<S9pMM!~6 Je <~tÏëTBaitth~ajoeM% quelques uns des muatrea est Mmo~ t/<t-t-ii eempWaeoe noa?Toajours

'0

JOURNAL

D'fN

~CMVAtN

ï 0

fusiis à tir rapide, it .'ne ce jour -la, les soldats, armés de se servir de leurs chasDe pouvaient, faute de cartouches, Il convient environ. les deux minutes sepots que toutes entiers abordaient le champ dod'ajouter que des bataillons heures. Du reste. bataille après un jeûne de vingt quatre et la faites sur le manque d'organisation tes révélations ont stupéHé 1' Eu' nénurie des vivres der l'armée impériale adresse d'un télégramme par Mpe. Nous nous souvenons à l'impératrice Kugénio (longtemps Napoléon empereur ce télégramme de Sedan).Par l'empereur MMt ie désastre le plus tôt possible commander deux priait là Régente do Cette dépêche avait en tonte. toujours mille marmites que l'on «ci de consolant, que si elle reconnaissait la soupe, elle n'avait pas d'ustensiles pour faire bouiitir des etéments l'existence semblait d'autre part admettre des marcommander de cette soupe. Ou alors pourquoi le témoignage Mata, d'après mites par télégramme?. à Sainttes soldats se battaient da nmrecha! Canrobert. heures d'abstinence forcée; Privat après vingt-quatre ils ne mangeaient pas et le surlendemain, le lendemain étaient les marmite:) Or, vers cette époque, davantage. arrivées mais elles étaient de Paris. sûrement arrivées trop tard au cours do trop tard. Tout, du reste, arriva extraordinaire. L'empereur, pour s'être cette campagne où il aurait pu se replier mis en retard, perdit i'instant ét graves Mr Paris avec son armée, apràs ses premières point été pour lui le salut, défaites. Ce n'eût peut-être 11 se mais cela pouvait lui épargner quelques infortunes. alors ce qui s'était passe, comme passa malheureusement de tout son règne. Préoccupé nous l'avons dit. pendant sa dynastie du pays qu'il gouverplus que du bonheur M servir de mille e~pénait, il s'était trouvé entratné dients dangereux pour la France. Si Mea que ce souverain puissant se iroevait n'être qu'~R chef de parti et non La retraMe sur Paris, avec une le premier dM Français. lui Ht ma& encore Mmée battue, capable de combattre, du paye,-la perte de le j<a<oonient<mettt peur. U craignait Il préféra 18, et même la révolution. Mn presUge. l'émeute ;~t~~ême' ~6volution,IIp~féra _n~p'reà~tJ~61!te Mrt dt~a dyaasti~t !e<}eh propre à la générosité des, ~pitSe<TSedan sans c6Mum~ remcttaBt porn~

180

JOUB~At.

C'UM ËCRtVAtX

Sans doute, on ne sait paa encore ce que le vahMjpeore. roi de Prusse et lui ont bien pu se dire Jors do leur eutre. a des quantités vue. H de secrets d'alors qui ne so découvriront -plus ou moins éloigné. que dans un avenir Mais ii est certain se figurait, grâce & sa que t'empereur avec toute son armée, ~aerver plus sûrecapitulation ment son trône. qu'au périt révolution. ne songeait naire. L'homme de po~M ne pensa pas à la France. davaa Baxainece Lemàrcchat dut pas s'en préoccuper tage. Apres s'être enferme dans Metz avec des forces c<H) iisombtait se refuser reconaa<tre te Gousidërabies, vernement de la Défense Nationale, formé aussitôt après lui aussi, capituler la capture de l'empereur. n préféra, armée qui, Lieu et priva ainsi la France desa derniëre être très utile, daus Metz, pouvait encore qu'enfermëo de la place rien qu'en immobilisant, de~nt !es murailles Il forte, une grande partie des troupes des envahisseurs. en se readaat est impossible de s'imaginer que Badine, aussi humtaussi prématurément et dans des conditions n'eût pas conclu avec l'ennemi engageJian~a, quoique no fut pas tenu. En ment secret qui, comme de raison, aimait mieux livrer tout cas, H est évident que Bazaine au profit de Ja révoson armée qu'en demeurer te gardien lution. Le marëchai. certainement aujour. Mon qu'il mento d'bui devant le conseit de guerre et se propose, sans dout?. n'a pu cacher de mentir bien davantage dorénavant, H a dit carrément de ce tempsiia. toutes ses impressions digne de ce .qu'ii gouvernement n'y avait alors aucun la fourmilière nom, qu'i! no pouvait prendre~ au sérieux de politiciens qui a'agttait dans Paris. « Mais, iai a riposte le duc d'Aumale. n'y président dû Conscit de guerre, s' i il y ayaitia France. avait pas de gouvernement, et sur eur l'auditoire Cea paroiM du due ont produit, eUes tout le pays, une impression évidemment incroyable, ont ét6 dites au maréchai pour qu'U comprit coupable ` c'était par un. parti, mais qu'il pas jugé par une faction, par la France vendue trahie par lut dans !tL$S~ intérêt "de.'Ssa'pMB. On Jtesaurait qui a trahi sa patrie; jHStintt~&itomme

JtOUM!<At.

D'~N

KCMVA!N

Mt

Men dans te vrai ? tMtis ceux qui Jugent It trattt~ sont.ils Ne se sententVoilà ce que noua voudt'ons approfondir. Ha pas un peu coupables aussi, ces juges qui eurent leur qui ont tondu part de responsaMIitédenstoualesmalheurs Bataihe ne ressemble-t-it sur leur paya? Le maréchal qui pas, jusqu'à un certatn point. à ces boucs émissaires le poids de tous les pêchés de tout un peuple ? portaient voir de Metz ? Supposons En ellet, que pouvait-il un cédât chez lui la place au Instant que l'homme de parti lui présentait alors Paris ? 11 est citoyen. Que! spectacle n'avait vrai que l'insurrection du 4 septembre même pas Ses chefs s'étaient fondé la République; simplement sous ie nom de < Gouvernement do la Deïenao groupés Nationale Mais ceux qui s'étaient mis à la tête du mouà un homme comme Bazaine, vement ne pouvaient inspirer ses fautes, qu'un. énergique et act!t, quelles que fussent sentiment de répulsion Le maréchal bien nature!. Trochu, eet inintelligent tous ces Garnier-Pagès, ces maniaque, Jules Favre, honnêtes et braves gens, mais devenus' tous ces autres héros phraseurs d'impuissantes momies; aux débuts de toutes les révolutions qae l'on trouve de Metz parisiennes, voilà les gouvernants que l'homme Aux yeux do Baxaino.ces «percevait en face de lui! successeurs des inca mannequins sans talent, incapables dea hommes de parti, pebles de 1848, étaient, eux aussi, une fois, mais républicains honnêtes sans doute, encore avant d'être français. à ses préAlors, a} lui, renonçant ierencés politiques, oubliait tout pour no servir que son à la remorque des secpays, it serait forcé de 80 mettra taires dé la démocratie? ïi ne sut s'y décider. Un peu plus tard, de ce piteux groupe de gouvernants un honMM se détacha qui, montant-en ballon, s'envola à l'autre bout de la FratMte. De son propre chef, il se proclama ministre de la gaerre, et toate !a nation, assoittée d'sn gouvernement chose quelconque, en nt quelque dictateur L'homme décon n'en fut nullement ~ttemtt comme d'une gràTtde êiïetgie, toaveraa, ~~H ai preuve ii!MU~j~s, crétdea a!')a<es,.leséqoiptt. Aujourd'hui on l'accatte d'avoir jeté l'ax~ent tort et à travers on à afarme qu'aveo les aotomes qu'il a diNdp~es, il aurait pu

=

c

MJ)

JM!M<At.N~CMTAtN

mettre sur pied des troapM cinq fois plus cooaidërabies. Mais Gambetta pourrait répondre qu~ sa place, ses cri. auraient tiques peut-être dépensé encore cinq fois plus saoa fournir un aéùi soldât. -Eh M'jao, cet homme dé valeur et d'énergie avec qui sans ho&io, ee~ homme qui<e Bazaine eût pu collaborer beaucoup, tretV<d!!6 pour la Fmnçé~atMtMre, pourtant, un seeta!re qui met ia Répubnquo au~deeaua de !a France. n t'a presque avoue naguère. M ne dirait p!u<~ une chost et sagement qu'il. attend pareille, à présent ptUemn~ot son tour, qu'H a le t~ <eas de Mutentr chateareosemeat te grand citoyea TMers qui, cependant, i! y t'a destttuo a trois ana. Mais dans aon àmeatcoMctence, je sutss&r avant tout nontMte de parti. (On qu'U demeure tpujoura dit même que c'est cette qua!tM .qui ïo reud si cher 6 la masaedesrépaMtcains.) Donc toujours les parttaet teabommeade parti 1 (Il est vrai que, pendant cette année funeste, surgirent quelques Des Chouans. consolante. bretons, phëoomenea légitimistes nés, vinrent, tours chefs en tête. combattre pour la va!!tamment sous !'image de fa Vierge patrie et tuttèrent leurs drapeaux, unia pour, ~M~ue qui ornait jfe~s au des aM~. des repuMicainset Les ducs gouvernement d'Orléans combattirent aussi dans !es rangs l'ennemi Malheureusement ces derniers républicains.) gâtent la be!ie opinion qu'on aurait pu se faire de ïeur patriotisme dësintéressë d'a!ors, en coopérant a l'agitation royaliste. its ont surtout vu une occasion On comprend qu'en-1870 de revenir sur l'eau, Mais la plaie de la France, c'est la perte~de cette idée et ce-sont encore des bo'nmes que l'union est nécessaire, de parti 'lui jugent le maréchal Bazaine et lui reprochent d'être demeure Mélo à son parti, a lui. &n condamnant Bazaine, vont-Ils jeelay les Fonçais? comprendre W.

JOUMM.

B'W<

)5CMYA!!<

133

t

~.r<roMdMh*44cfH./OMrna!"Gra/<f(tnfne"N73.

de l'Assemdo la majorité monarchiste !.a conspiration ne paraît la France contre pas On!r de bMe Xationaie au dernier moment, a dé<)t~K brUiante. te prétendant, Comme de raitricolore. retusé !e drapeau Saitivement roi est tombé de lui'meme son, le projet do le proclamer de l'Assembiée Mais ces conspirateurs pour un temps. Ils veulent NtUonaïe se sont remis bien vite à conspirer. faire proroger teurs pouvoirs coûte que coûte et même en et à en juger par un dépit d& la loi. S'ils réussissent ii y a dos du 3 novembre, MMgrammo de Versailles le but vise – cette auairo ehancespour qu'ils atteignent lamentable aura une couclusion pour !e pays. rendus no&s disions A la tin d'un de nos comptes de le noyau c'est-à-dire Changarnier, que le comité de la et sous-partis la coalition de tous les partis et do des républicains de la persévérance Droite, enrayé à Sahbourg, du pays, avait décidé d'envoyer l'indignation d'arraau prétendant, chargée une dernière députation. démontrait Cette démarche cher quelques eoMcessione. tout était arrangé quesiiesroyatistesaturmaientque entre !e tomte de Cbambofd et eux, il n'y avait, au conIl est même possible que, ~aire. aucune entente pratique. ces brouillons la France, trop de tromper non contents eux-mêmes entre eux et s'abusaient pressés se trompaient chacun en particulier. le sensationneiio une nouvelle Tout coup parut tout, aussi bien les princomte de Chambord acceptait qu'une constitucipesd&89,<ehers à toua les Française tion et queie drapeau tricolore, que ït semble étonnant et tes habites négociateurs aient tout compris de travers et à Paris, que et à Versailles cependant on a prétendu, leur récit de leur entrevue avec le prétendant é~itde tocs points accepté, rien !uoMC;. promit. te ccmtc L'AMemMée eham&efd~'< lui aurait fait
M

=

= j

alors

"M*

1 tM J~URNAt. D'UN )&CMt<Mft

demander une conNrmaiionde MS engagemw)~ Mais daa~ t'f~ton du prino~ttdressfe le journal parut une lettre a M. Cheanetong, dans laquelle i! était dit que t<~<< td~ de concession On crut a~~t, étoit dénnitivement écartée. un pou plus tard, que te comte de Chambord s'était mo~ tré fort hautain, et que MM.Cheanetoo~ etC'"n'au mission. raient même pas osé souïHer mot de ïeNrreene M. Cbesnelong se aérait borné a dire qu'il ne venait pas au chef de ta branche mais poser de conditions légitime, bien pour lui exptiquer rcapectueusement ia situ&tio)). Le comte aurait répondu qu'il ne cherchait pas basse. ment le pouvoir pour le pouvoir tui-meme; qu'il ne \ou lait que consacrer à la France ses forces et sa vie. « Je sounre loin dela Franee,aurait-!iajoute,et ettosounresans aloi. Nous sommes nécessaires M. Chesl'un t l'autre. alors entré dans tr~s des considérations neton~ serait ~gues, s'expliquant A peine sur la.Charte, qui ne devait être ni imposée au roi, ni absolument offerte par lui, mais dont' le projet être examiné pourrait par le roi et A peine aurait-it effleuré la question du par l'assemblée. maintien des droits civils etjetigieux. de l'égalité devant ta loi et du pouvoir au attribuer Mgiatatit également roi et aux représentants. Kt aussitôt M Cheanetong se serait mis à s'excuser. Ses. paroles n'étaient pas dictées envers ta comte deCttambord. par une méfiance injurieuse S'il s'était ces matières, c'était afin que permis d'aborder fussent écartées toutes causes de malentendus pouvant taussër l'opinion publique. M. Chesnetong aurait doublé !a Au sujet du.drapeau, dose d'excuses. Le comité avait eu la main Changarntor forcée quand it s'était arrêté a cette rédaction: < Le dra est maintenu et ne pourra être peau tricolore changé ia suite d'un accord survenu entre ïe roi et t'Assemquft Nëe (Remarquez cette formute; ètte s!gninait que, dès MBL intronisation, ie roi serait à nouveau libre d'arborer !è drapeau blanc tvecte des consentement, m<me partiel, du pays. OnedeUMMMen représentants et une voix de du JMJ~iM auMnîeat Mu~qa~j~~ tricotorë. Du coasentMMBtde ta PrMce, on ne ~tpeoa même pM.) Et pMta MMit péMmé ta Cbemtetoa~

JOUtWAt.

D'UN

~CMVAtN

tM

en les deux articles 4" Le décision princière qui suivent de drapeau comte de Chambord n'exige aucun changement 3" Il proposera ~M~u'aM Moment 01) ~~f<ndr<t /ep0t<uo!t'; alors à l'AssfmMee une résolution conforme à son honet capable de saUsfaire neur la nation et l'Assemblée. C'est avec tout cota que Chesnolong était parti et c'est ee~e deeiaion si honorable et si satisfaisante que !'Assemblée aurait fait supplier le comte do Chambord do bien vouloir confirmer. Or !e comte n'a rien connrmé du tout, et sa lettre Mu)b!e mettre On – peut- l'instant – à toute tentative de restauration. Voici ce qu'il a écrit à M. Chesnelong.: < Quoique, tous vos e<ïorts, les malentendus malgré ne se dissipent pas, )e deciarf) que, de mes précédentes déclarations, rien et ne retire rien. Les je ne désavoue à la veitio de mon avènepatentions qui se produisent ment me donnent la mesure des exigences ultérieures, .te M puis consentir à commencer un règne do réorganisaOn se tion, de restauration, par un acte de Faiblesse. la rudesse de Henri V à l'esprit de eonciptott aoppoaer littion de Henri tV, soit mais je voudrais savoir qui oMrait me conseiller de renoncer et au drapeau d'Arqués d'ivry. II a écrit plus loin < Affaibli imdemain aujourd'hui, je deviendrais poiSMnt. JI s'agit de rétablir sur ses bases naturelles ano société profondément il s'agit de ramener troublée nous voulons faire renaître le bien. ie règne, des lois; MreaM dedans, conclure au dehors de solides alliances et à la force pour Mus ne craindrons recours pas d'avoir que triomphent l'ordre et It[ justice. » Et sa conclusion est celle-ci < La Pfancé ne peot perir, !e Christ aime encore ses et quand le Seigneur Dieu est décidé à sauver FMBM, un peuple. 11 veille soit tenu par une à, c6 que leaceptre assez forte pour le conserver.~ main Nous tcrnmes tente de tëcrire encore ce que nous 'XMtde~ un ~ttmd ecriTioBSTTccmmcat < H y a <a Nract&re de jpina. de renoncer Mest.eertes.magnanime au iroBe pMtr ne pat trabir ses principes. Mais aprês

!96

JOURKAt.

D'UN

MCMVAÏP!

réflexion nous sommes Est-il moins enthousiasme. si certain que !e prince renoace t ses pr<!tent;(tM la cou. ronneP Cette lettre qui sembieau abord un refus premier si riet de monter aur le trône, renferme .des passager a de tout autre~ d'allusions desseins. J'aurai pleins même presque de croire Je comte de envie que Ïa~~ ne a'est vu sî près de cendre Chambord !a courcxM. 11 est, p!usque ttnatis, convaioea qu'it est !nd!spen sable à la France et qu9 si son avènement est un peu ce o'en est que plus a~àntMeux ajourné, pour lui et On sera bien forcé de l'accepter à la pour la myaute. un, quand on le reconnattra pour te seut sauveur pos de lui poser dps coad!t!ons ? t 9!Me. et Alors qu! a'ay!8era avec tous ses < priectpes eontinue t U reytendra croire à la putasance de. son parti dana !'Asf)en)b!6e ~u. t!ona!e. ttafnrtnequ'i! aime ta France, maia n est très ne pense guère à elle ou qn'il !a contond ëv!dentqu'it avec son part!. Sa tettreeatenoorecaracterhtique sousc< it ne cache rapport qu'au moment où il refuse te trône, donUt compte se servir pas lei moyens do gouvernement !e cas échéant. Ces moyens sont tout s!n)ptement la S)!vê s! le beso!na'en fait sentir. de laloroe, riteeti'emptot Nous nous douttonsbïon un peu qu'il n'en saurait trou ver d'autres. Enfin, cette lettre nous fait connaître !ea idées singu lières que, de si loin, de son ~Sahbourg, i! se fait do ces si tîera de leur liberté et de leur égalité. Ils Français liront avec ëtohnement qu'il y a quoique part up homme de techoiair leur permet gracieusement pour leur qui de troubter cette sesauveur. C'est presque dontmage reine tranquiiiite, cet «aveuglement cette natve audace, '<!e<na!ssance~ Et voHà rbomme qui prétend sauver ta France! Cette iettre tout. d'abord, dana le parti, un produisit de la BCet eBroyabte. toutes jesfrac~oas Presq~ fureur. Mais l'entente DroitpéprouYèrent une véritable se retaMit bientôt, que plutôt pMia forée des choses L~g~<~M'h~i~'i'i"f~" .–– Thiers à leur tête, PeBdaat que les rëpaNieatBS.ét trioNtpnaient de ce qu'tts eonsid~raibnt ctMmnte une vic-

0

JOUMM ~~t~<~ f~t~–

~'UN

~CMVA~N ~t-z~ ~-i t~ <tt

se décidait à saisir rA8<emtoire, le comité Changarnier Mêe d'un projet de !oi prorogeant pour dix ana!eà poude Mac-Manon voirs du maréchat et assurant encore t !ad!<eAasémMéëdeùxansetdemidevie. La maréchal do Mac'MahonaMenméritédes Droitiers: it a justind leur foi aveug!aeniuh N'a-t ii pas fait savoir, votct Me~t&t deux sennaioesdece!a,qn'ea caade matheùr, suivra!t les membres de la majorité aotuetto do t'ÂssémM~ dans leur retraite? Ce < brave soldat se révèle à soa tour, homme de parti. Et le comte de Cham* donc, bord !'w aHrnomtné le nouveau Bayard. Ou!, un Payarda i~ rebours! Tout est arrivé comme semblait l'avoir calculé le conute ChaNStmier. Le S novembre, vaaprès do longues de J'Assemblée Nationale cances, les séancea ont fnun On a lu te messape du Président do la Repurepris. Entre autres choses on y peut relever buque. que Ie pouvotrex~cutiï, trop comprimé, no joutt pas d'une vitaMM su<9Mnte. Le gouvernement, y est-il dit n'est pa~ assez armé résister aux entreprises des parHa. pour le gouvernement, (Ma!a iu! même. n'estpas inféode t un parti?) On y incrimine la mauvaise !HuuencG de la des populations presse, qu! corrompt l'esprit (Et D!euMfts! l'on persdcutécette matheureuse t presse') Nationale a été saia!o du projet dit Ensu!te t'AssemMëe au maréchal'. accordant do Maogênera! Coangarniër Mehon une prorogation de pouvoir de dix ans. Le gouvernement ~demandé !a discussion immédiate du projet. à l'urgence, a demandé Duîaure, sans s'opposer qu'on le devant ia commiBsioh d'examen des projeta renvoyât constitutionnets. do son coté, à insisté Le gouvernement, pour que ta proposition remise a une Changàrhier'îut ccmmtsston de M. Dufaure a été sp6cia!e. La demande rejetee par 3C2 voix contre 34~. Ainsi !a majorité a obtenu une majorité de royat~të <4 voix. It ~n rësu!t~que encore dix ta France demeurera ansdaasûne Ni moNarcbie position absotumentntusse. ni réj~bUque! Avec le syattmè de !< d'écrasement e es presae ~ea'vîoïencM ae R~mMju~î? oHt~tr~qac; fMnenerom peat&t~~rtainqae~prtwbaiae~étoctionsraatënerQmt f<t. t2.

)M

.K)~K*t.UN

ËChtV~N

OMiore, tes ~'trit~Hw qui la à rAMea)Mee. poMfd~M~ meBeaià~t'eureactHeUe.OBatedroitdfeoBJeeturerpn va reeonMnencer, plùs féroce, mente temps que la guêtre de et tépuMieains, que les intrigues entre conservateurs de plus beUe et qu'MM ~v~ntion ptrtis vont eonttn~r encore p~q'M Ua chM~eat r<vëMe. eatà t~adre. nMBt dB cemte de tEUMuabord, pMM qw, a<t M!!aH& oa et qu'on ap)rèa son vHe d~borreMé, serait peurraH, 'Me république sage et modérée, taudis d<p$rt, tcadec en perspective; du une rëvetut~n le irioa'phe q~tïec parti de la ModertMMt ptT<ttt an moins prématMe. de Français compter faut bien dire que beaucoup t de !'ar<nee déveuëe & sur les < be!onaettes a~tMonte~ cwteott Jt'eCwt des coaM~MBi~tea. Mac-Mabon pour à penser indke& domMat Certains que le BX~ontecte ment est général daa$ te pay&. Noua allons en donoer UN le générât de bri~de Il y a deux semaiaM, exemple. de la au to~atre de Pet!gueux, Bet!enM))re a adreMë Guerre, la lettre fMivante: <Moneiear!eMfB!9tre, sous !e ana )'ai servi la France trente-trois Pendant trieoiore~ Après la cbwte de 1 Empire )'ai servi drapeau Mais je me retuse à do la HépuMique. le a~Yerttemcat btaac et ne mettrai jamais )<uo<ti8 servir sous le drapeau oMHtar d'un )!ou<erBe<nej))t mon epée à t~ dispositiMt rétabli contre ta v(~eaM du peuple. trique Nationale t'Assemblée Donc contre toute attente, si, la royawt6. je vous prierais respecMtMeMe rétablissait -de bien ifMtoitr BM le Ministre, Mousiewr twettsentcat, s relever des fonctions qui m'«nt été c<MtBëès pa)r voua. ~t!<: Gênera! BEURMAtte.

=

=

r =

B6& ia receptton die cette t~tr~ie<t~MttBeHemare ,'c, ttttttreievëdeoMteanmMhdeaMBt. La mmist~de ta Guerrejt'est h&KdedBtM~eiLaux sur de* ireMetgBetnextt tSwHHOM iMHtatrea ~ëS aînrme~ que, ies joamaux réMd'eaprH de t'anaee,~

?U~~f<A~ D'UN ÉCBÏVAtK Meus, i'annee d'tprès les rapports (autrement pour la fetttauratioa Nttionaie).

tB$

pétait fort mal diepodit pour !'Assemb!ëe

Jamais, VoU&unpbeBomèneiocentestaNementnouvea t'armée ne a'ëtait de française permis ietoa'a présent, il convient M<<Mn~. EUe oMiaoaH à ses chefs comme armée. Comment le générât BeUenMre t une bcene à déclarer t-t-H été tcaene qu'il ne reconnaissait pas la. volonté de rAssembMe? Il <mra!t t cMMae tëgHtme atteadre le fait accompli, puis remettre pt paisiblement tes toits Il d<misa!(tB sans brun, sans crier par-dessus ~'Hs'enaUaU. Cela eigniSe t-it qne rarmêe veut, désormais, manifester Be!teion opinion quand eUe le jugera bon ? Le gënérat m<re a-t-il dëairë donner un exemple? 1 Que les Françaif* ne comptent plus trop sur tes « balon. de JUac-Mahon Mttee du maréchal des pouvoirs du maréchal S!, d'un coté. ta prorogation constitue un eMnmencentent de tyrannie militaire (et ce «Mit la première fois que la Franco serait soumise à ce !a lettre du général BelletytMme sans attenuationa), des vfi. française xxre n'indiquo-t-eUe pas dans t'armeo MKs de pronunciamiento?

J?a'h*a~

du n" 45 da ~o~rnat

Groj~nMe

?~7~.

Toute ia preMe, en A!ïemagnc~ sans excepter les jourMux otSOeux, s'est 'réjoMïs t la nonve!!e de l'eftondre'*eat des eapétaccM Les Allemands tiennent M~Hmistes. t* !~ttre <~ EMOtie de Chootbcrd pour un document qat a~t <iB è tout essai de reahtMTtttioo. Cette tiesse des joMr~s<etj)ttBMttttt ~~t~~pM tont d'abord par ectie Misoa entrtttMH tôt ou fard WM fe!a<è)MtMnt deHmMtV do ptpe. tentative~ têtaNiaMmeat de pMnroirtempotct

MO

JOURNAL

C'MN~CMVA!~

Comme ia France monarchique guère se sous. ae saurait iiest traire à cetteoMigation, oertam qu'eUe se rctrm. en face de t'AUemagne~etceia infaiiiiMement avérait peut être avec joie. quels que d~Meat être les risques à courir. Mais tes Allemands dpno qu'une restau se Sgurent-~s de !a monarcbio absolue en France aurait eu ration Le comte de Chambord a'aa. quelques chances de durée? une rcette aMtorïM morate. En pte rait jamais possédé de temps son presHge a6ra!t dispatr~, ce presttgo si nëcts~ saire, en France, & tout ~ouvernemeot <t fort~.Beaucoup de ses parUsanaeux-mémeNBe 8e ~ont jamais ta!tdiih. sur soo 6oerg!e, toute de premier mouvement. Noe: sions tr~ répéterons ce que nous avons dit p!aahaut;itserait vite a'it montait s~r ïe trône, et sa coutt< renverse à ta France des résultats plus proSroyauté donnerait tirera de sa présente situation vrai. taNeaqM'eiîen'en ment chaotique. Après te départ de Henri V, e!!e aurait t aux affaires compter avec un parti de moins, eU'arrivëe des répubticains modérés deviendrait possib!~ encansQuelques journaux conservateursd'Aiiemagne, tatant la joie de la presse libérale devant des l'insuccès anectent de ne pas prendre tegitimistes, au sérieux tes motifs invoqués par les libéraux, qui se ÏéMeitpnt surtout n'entrera décidément pas dans la de voir que ia France de !a politique voie dangereuse u!trampn<aine. efe 7a Cro/a', nptammentt accuse fraachcLa <?cf7<'M~ tous !es libéraux do ï'univers d'être. Miidaires ment Dans la Mb!o du radicaHsme, dit-e!ie, les entreeux. disparaissent, et c'est pour cela que les nationaittés s'ouvre radicaux aiiemands soot ray~s.deJ'avenirqui devanties Une tei!e accusation, radicaux français. pour absolument crueiie n'est qu'eue ~oit. peut-être pas du sur la spiidart~é des radicaux injuste. La.remarque monde entier n'est Msdénuëe qui est de Y6nié,<~ aoit faite dans un pays curieux c'est que cette observation ou, précisément, à i'hpurë actueue, ies idées ultra-patrie' succès rem tiquea wonteB~i grande faveur, aprèa.ite~ nnrMaftnrta France, qMi ont <i<ve)<tpp~ t''wc~~rftt~~ la plus mesquine jusqu'à vanité, dans un pays où b à sentir te chauvinisme. commence science, eiie-méme,

JOU~NA~D'UNÉCMVAtN

M

les Est-il tout à fait exact que, dans cette Allemagne, idées cosmopolites aient déjà accès et que la doctrine se soit légèrement innitrée? francatse du communisme ta On s'est plu, dès te début de ce siècle, à représenter mais porté sur des Russie comme un colosse formidable, la Russie a'appuie sur pieds d'argile, alors qu'en réalité la plus saine et la plus forte, te sa classe de population plutôt appliquer l'image peuple. Mais ne pourrait-on fi-dessus au colosse germanique. tes élections viennent de En Prusse, pour .le Landtag les diuérents dans un état partis prendre un/laissant le gouvernement prusd'agitation extrême: Actuéllement tien protège de toutes ses forces le parti nationai-libéra~ abandonnant à leur de toutes nuancés, complètement et le troupeau sort la faction des Jûnkers catholique. Les et les nationaux libéraux ont eu le dessus aux élections, dé Berlin sur une forte gouvernants peuvent compter Le fait est que le parti dénommé majorité dans le Landtag. de tous ceux qu'ont méconclérical (composé en réalité lois visant l'Église) s'est allié assez tentés lëa nouvelles fortement avec la vieille bande des Junkers, battue cette fois à platè couture, soutenait si et que le gouvernement il y a quelques ouvertement années. Si l'on fait le compte des diCérentos forces alliées dans le présent Landtag, on verra que le parti clérical ne peut avoir qu'une minorité assez forte si l'on veut. Toutefois une opposition nullement méprtsable peut se former. Le Landtag a repris ses travaux le 6 novembre. On attend pour février les éiections au Réicbaiag, et les cléricaux espèrent remporter une grande victoire. Il est vrai, qu'en Prusse, le gouverde se laisser intimider npment n'a pas coutume par l'opitiM dissolvait position de ses Landtags. Naguère quant ils ne marcnà{ent droit et légiférait tout seul. saM pM avoir besoin des représën~ntsdu pays. en Après !ea immenses résultats qa'H vient d'obtenir sa tache, son prestige accomplisMnt imperturbablement n'a fait que grandir. Là PfasM veut surtout un gouver"tëmSH M!~ et !U ph!p!!<'t de~esax qei composent Masses Dirigeantes de son c6té. I! a pour lui se Mugeront !aV!ctoifet l'auréetë~

c

[

m

JOURNAL

D'UN

]ÊCMVA!M

notre nous disions rendu, précédent compte la ruine, en France, de tous les espoirs de res. qu'après tauration la majorité de droite, d'abord monarchique, accaMée par la, fameuse du comte de Chambord, lettre .avait réussi-pourtant à reprendre ses esprits et & ëiabo rer un projet portant prorogation, pour dix ans, des pou voirs du maréobat de Mao-Mahon. ~e projet était rédigé de ta façon la plus arrogante. H était pietn do cette inso. tence reprochée au '< parti de la tntte depuis sa victoire du 24 mai jusqu'à présent. La première idée qui germa,ao lendemain de ia désastreuse lettre, fat celle de proclamer l'un des princes d'Or iéana « lieutenant et de lui iran~ général du Royaume mettre le pouvoir exécutif la France, Ainsi, bien que se serait trouvée quand même en modépourvue de'roi, Barchio. Dans ce beau projet, ce' qu'il y avait do plus se faisaient de inepte, c'était l'opinion que ses partisans la France et des Français. Comment avec le pouvait-on, moindre soupçon d'intelligence politique, admettre qu'un tel expédient, qui ne résotvaitriea, pût établir dans te pays ta paix et la tranquillité En d'autres ? temps une pareille balourdise eût à jamais ruiné le crédit du parti, eût détaebé de lui tous les membres raisonnables de 1 Assemblée Mais la droite ne a'enondra pas pour cë!a, bien que le projet tomMt de tai~néme, parce que tes d'Orléans, gens ne voulurent de leur nom à une avisés, pas prêter l'appui absurdité. de tous les côtés, pareille Alors, se retournant la droite voulut offrir ce tihe de << du iieutënant générai de Mac-Mahon, ~yama&~amnaréchai qui refusa eotiton Mur en alléguant lui était impossible de jouer au q~it « lieutenant. générai d'un qui n'aV6<t pas de royaume ce moment Mi.Ce~utt au parti -de proqnlon s'arrêta roger tes pouvoirs du maréchal pour dix ans et de faire durer t'assëmMée au moins trois annéea encore. EB'tacircoaataBM. le brave marédtatqtu goût prenait au pouvoir mai, voMiut poser des oonditiona depuM le bien que dietéea par un- certain qui, bon sens, iaissaien: car< tjEaunent. 4 Mtn~rjMneatn~JuÈteimp~yoyMce; la Bn des fins, on traitait en fa& par trop la France rasa. Le marécba! pour tous tes demanda des garanties

Dans

~OUt~At<

D'UN

~CM!VA!N î

148

JI a!ia même jusqu'à se présenter. on qui peuvent en admettant qu'au bout de dix ans, une t~chmer,–* des urnes, – te droit pour lui sortit tMïorité radicale sans autre forme de assemblée la nouvelle (tedissoudre sans reprécontinuer à gouverner pMc~s. !i devait atora sans conle pouvoir executif stM<ants du pays, exercer Ïi fallait l'ordre comme il lui plairait. tt~ta et rétablir avoir une foi trop militaire, tMiniMt être par trop. dans la force des baïonnettes pour rêver superstitieuse ce projet Et pourtant un pareil .régime. cernent fut immédiatement militaire dictature agréé absurde vieux général Changarnier mr!a droite et porté par le de !a reprise de ses t'Assemblée Nationale, le jour ~nt t~WtX, te S novembre. aux i4 voix. la victoire AM~ le vote qui donna, par bien l'état un fait qui montra reyatiatea, il se passa invraisemblable. cette assemblée a'esprit on en vint à étire ia commission t novembre, Quand, il se obtenue de tMmte tutte par le parti monarchiste, nombre de membres trouva que tàg'attohe eut un plus grand Rémnsat, qui faisait par«as que la droite conservatrice. n'était et dont le républicanisme Ue du centre gauche de ia comprésident plus douteux pour po<MMo,futé!u outrait en même temps Léon Say, mission, dans laquelle .chef du- centre gauche. St bien que ta gaucho, qui craide cette commission spéciale et avait gnait la nomination fût renvoyée insisté pour que la proposition Changarnier constitutiondevant la commission des projets généraie remla droite prédominait nels (où d'ailleurs toujours), inattendue. <~ct a la droite, qui porta UM victoire elle indubitable, un succès, avait voulu s'assurer pow elle était battue par ses propres annea. an ce que peut signifier se demande Tout le monde est assez Pour moaa la répoose vote aussi extraordinaire. ne sait plus ou etie en est, et les simple. L'Assemblée à l'tveaglette. Apres le renveMemeBt partis manœuvrent coalition dM projets monarchistes, tes caefe de t'MeieMe et une portion leurs états-ttajofN MYatiate ont perdu tKIoers trwpeN. prap~t!M€aa!~etaiM pt~, teatembreaiMé. L'extteme droite te8~eq<u'Me~~M

t

–t-

~<

–«~

~–L

j~4

MCR~ALB~N~CMVAtN

te titre de lieutenant aitdëcïiné ~ac~tabon gënérat, if en dépit de son refus et que, siTon trouve te garde ua !e roi, ie'maréebài devra céder h moyen de prociamer ptae~au gouvernement nouveau maigre sa-p)rerogat)oa un ordre d'idees~oui deponvpira.Dans difMrent, iooeatre si bien d'ae~rd droit, jusqu'à présent avec tes iëgtU. ne soit mistes, exige, t fhenre qa'!t est, que'Mtc-Mabo); ptus un dict«te<)r nommé poj~r dix sna.maiaMen un pur la même de !a jMpuMiqne pour tt aimp!e prëeident de façon que èoo p~Mvoiir, p!ua étendu peut-être pértode. qae ne le aouhaiiëraient ïea rëpuM!eaiM, MU tufusamw ment dëUmitè au sona partementatre du mot Les se sont fract!6nn~ autres groupea de b droite consent & proroger les Chaque <ga!ement. sous.part! du marechat mais chacun a un de Mac-Mahon. pouvo!rs De dMsiona en 8ubd!visions, but diSërent. l'ax-majorit~ en est venue à ne plus être une majorité et a ne plus tiens~n!BerdinteUig!Me. On peut alors taci!etnent conjecturer que tel membre du centre droit, par exempte, se aeM fait un matin plaisir de voter pour un membre du centre gauche pour atteindre son but pariicutier. Puis i< est évident jtius sûrement dos trahisons. secrètes, qu'ii y a eu des défections Ainsi !e trait caractéristique actueUe de i'Assembtée e'<~st sa parfaite désunion~ car !a gauche, e!ie'm6me, maipse croit certaine de triompher, no serre tenant qu'etie du périi. plus !es rangs comme à l'heure et Léon Say, nouveUes, Rëmusat D'après tes dernières membres de !a commission sp<~a!e, entren t en pourparters Mac'Mahon. Sans doute la commis avec ie maréchai.de à ia tête du gouver6nira par maintenir ie maréchal siom Bernent, sinon pour dix, au moine pour cinq ans~ mais avec de ia République, te titre de préaident apr&s formeUe de ta République, ïi est clair qu'eiie exiprociamaiion immédiat deatois con8tftutionne)Ies a~ra aossi !'examen proposées du temps de !ThieM~ M se forme aussi un assez fort parti danst'assemMée M) proc~matiou rappel au p~u~ieet dé~dé~réciaB~er unïverseï ptrTe i~iers, sucrage lltierg, ptus plu~ '_n.Meid. R~p5BHq<<e p~~ ~n~âga un~verse~: féc'l. dM à aon entourage ~arawod<! que JMMHSde ta Victoire,

JOURNAL

~'UN

jSCMVAtN

M6

.< Exige? la

dissolution

de l'Assemblée

et l'appel

au

peuple. x idée do l'appel eu peuple attira vers la gauche la Cette dans l'assemblée qui comptent plupart des Bonapartistes, d'abord avaient Ces impérialistes M5qu'& 30 membres. somsi les royalistes t~so!u d'agir de la façon suivante avec les républiils voteraient blaient devoir l'emporter, l'air avaient les républicains ei, au contraire, eatps avec les royalistes. d'avoir plus de chances, ils voteraient Mais l'idée de l'appel au peuple dont ils ont été les predont Ua miers à jouer les a mis du côte des républicains, non sans prondre leurs précautions. se tapprochent, Mac-Mahon pousse Selon les plus récentes dépêches, la commission spéciale à en finir le plus vite possible Il semble avoir avec ce qui le concerne personnellement. dans ses eximoins entier baissé le ton et se montrer si le « brave homme » gences. Tout serait pour le mieux comédie des ne s'était rovéië, dans toute cette lamentable do leur suiveur un si piètre et si acharné monarchistes, En même de sa digrite. politique, et cela aux dépens té'uoi. le pays lui aurait peut-être d'autres circonstances le plus grande, et c'est une leçon pour gné une confiance < bravo soldat ». do le spectacle donne toujours En somme la France du pays no fait et le mécontentement divisions intestines, que croître de jour en jour.

13

JOURNAL

D'UN
187C

ÉCRIVAIN

JANVIER

1

LE

PETIT

MENDIANT

tr6aux approches de Noël, je passais année-là, quemment dans la rue devant un petit garçon de sept ans blotti dans le même coin. à peine, qui se tenait toujours Je le rencontrai encore la voiUe de la fête. Par un froid terrible, !I était vêtu comme en été et portait en guise de morceau de chiffon enroutë autour cache-nez un mauvais comme de son cou. Il mendiait, i! /<!tsa~ la main, Ils sont disent tes petits mendiants petorsbourgeois. ainsi enfants les pauvres nombreux, que l'on envoie la charité des passants, en geignant quelque implorer il parlait refrain Mais ce petit-là ne geignait paa; eppris. nalvement comme un gamin novice dans ta profession. ce 11 avait aussi quelque chose de franc dans le regard, dans la conviction que j'avais qui fit que je m'anermis i! répondit aNaire a un débutant. A mes questions, qu'il c'était avait une sœur malade qui ne pouyait travailler; vrai. Du reste, ce n'est qu'un peu plus tard que peut-être énorme d'eniants j'ai su lè nombre qu'on envoie ainsi S'ils ne mendier par les froids les plus épouvantables. recottent être surs qu'ils seront cruelrien, ils peuvent lement battus en rentrant quelques Quand il a obtenu et les mains s'en retourne, kopelts, le gamin rouges de marvers la cava où une bande d'espèces engourdies, chan~aaMt~ o~d'oarfiM'a~H~'M~ qui abandonnent la fabrique le mercredi le samedi pour n'y reparaître que ~a ~f. Cette

Ï60

JOURNAL D'UN ÉCMVA!!<

se soûtent avec conscience. suivant, Dans ces caves, tes femmes émaoiées et battues boivent de l'alcool aveu leurs tandis maris, do misérables que hurlent nourrissous. Eau-de-vie, misère, saleté, corruption, eau-de-vie encore et avant tout eau-do-vio Dès son retour, on envoie l'enfant au cabaret avec les et quand il rapporte i'aicooi, kopoks mendiés, on s'amuse à lui en entonner un verre qui lui coupe la respiration, lui monte à la tête et le fait rouler sur le sol à ia grande joie de f'assistance. sera un adolescent, Quand l'enfant on le casera le plus vite possible dans une fabrique; il devra rapporter tous ses gains à la maison, où ses parents les dépenseront en eau-de vie. Mais, ayant d'arriver à i'Age où i!s peuvent ces gamins travailler, deviennent d'étranges vagabonds. fis roulent par fa viite efaciBseai par savoir oa Hs peuveat ae glisser la nait sans reatrer tettex pour passer eux. Un de ces petits a dami quelque temps ehet un vaiet de chambre de i< Cour il avait fait son iit d'une et !e mattre de ia maison eorbeiiie, ne s'est aperçu de rien. Bien 'entendu, ils ne tardent Et le vol pas à'voier. devient une passion, enfants de huit parfois, chez des aas, qui nese saventguère !os doigts trop coupaMea~~voïr ag!!es. Laeaës des mauvais traitements de leurs ex~oiils s'échappent teurs, <t ne revieaNcnt plus dans les <;aves où on tes battait; ils aiment mieujc souOrir ja faim -et ie froid et se voir fttres de- vagabonder pour leur Ces petits sauvages, propre compte. souv<Bt,Be<!om. rien 1 rien iis ignorent prennent ia nation AiaqueHe ils appartiennent, ne savent où iis vivent, n'ont ornais entendu ni <te Dieu ni de l'Empereur parier Fr~quemment, un apprend sur eux des choses invraise'H~laMes, sont des faits. qui pourtant

cc =

= = r

° cc =

·

J&UM<At.

B'CM

ËomVAtN

161

H

LE

fBftT

PAUVRE

CHEZ

LE

CHRt9T,

LE

JOUR

DE

X6ËL.

<t 41 iaui toajwurs Je suia rcmancief, qtte j'écrive des de toutes voici une que j'ai composée c histoires Kn a da vrai'qH't~ loueurs pitres, Mai* je me ~ore 've~e de Ncët.dans Mtt MTiver'que~quepM~.ia quelque !tts grande ville et par un troid horrible. Moa tëros est MB enfant en bas age.nQjpeUt garçon do tit tes o~ de moins, trap jeuao encore, par conséquent, ii est très D'ici à deux Ms, toute<o:s, ~er aller mendier. tendre la oaain. pMbaMe ~)u'on l'enverra 11 se reveilte, un matin, dana une tave humide et froide. Son Uest haMHë d'une mince petite Mbe et tremble. Manche, et U Meit)BS<H-t de :sa bouche comme uneluméo il souHre la fumée sortir. Mais bientôt 9'm)use à regarder ia faim. Pfes <ie lui, sur un matelas mince comme une sa galette, un paquet sous ta tête en guise ~'oreiller,'gît Sans doute Comment se ~rauvc-t-~i!eici? m6retna!ade. et a elle est venue avec son enfant d'an village lointain sinistre da s'aii~er La propriétairedu presque en arrivant. depuis deux jours par la police. Les logement aéte arrêtée marchand d'haMtset aeuts.un locataires se sontdisperses: ans sont restés; io marchaBd une vieitie de quatre-vingts car nous sommes d'habits est étalé sur to sol, ivre-mort, une andans la période dea~tes. jLavleine,peut-ôtr€ donne bonne d'enfants, se meurt dans un coin. Comme n'ose pas approcher elle bougonne en geignant, :t'enfant .un peu d'eau à boire, mais il ce Ha trouve desoB grabat. peut découvrir le pata~et poùr la dixième fois. fe voici qui vient vers sa mère pour ~réveUler. et il n'y a Le ~oir arrive, ainsi. La journée repasse une ïmuKte. Le ~etits~approche persoanepoar apporter tâte «t figure dans t'omore eMopa da matelas-de sa e~re,

ÏM

JOUR~At

D'UN

ëCMVAiN

et s'étonne de la trouver aussi froide que le mur. Le corps semMeinerte. < C'est parce qu'il fait trop froid ici, murmure t-i). et il attend, oubliant sa main est posée sur l'épaule que la morte.Puis ii se re!&ve, soufre de dans ses doigts U fait queiquqa pa~ et l'idée de sortir pour les recbauBer. de la cave lui vient. ti gagne la porte à tâtons; dans l'es. aboie tous les jours ca!!er, il a peur d'un gros chien,qu! quelque part sur les marches; mais fe gros chien esta~ sent. Le petit continue !e voici dans Il son chetn!n,et rue. Dieu Quelle vïUe Jusqu'ici il n'a rien vu de semblable. Là-bas, dans lepays d'où U est venu, voici quelque temps, H n'y avait, de nuit, dans chaque rue enténébrée, qu'une Les maisonnettes do bo~. seule. lanterne d'aUumee. très basses, avaient, toutes, leurs votetscios. Dès qu'iHai. tous sait noir, il n'y avait plus personne sur la chaussée; les habitants chez eux; on ne rencontrait s'enfermaient de chiens, des centaines de chiens qui que des troupes hurlaient dans la nuit épaisse. Maiacomme it avait chau<) à manger là-bas Ah si l'on chez tut Et on lui donnait ici pouvait seulement manger, Mais quel bruit dans cette ville et quelle lumière Que de gens circulent dans cette ctartë; et tant de voitures et ce bruit tout Mais qu'etios .surtout, quel froid, que) froid! Et la faim qui le reprend. lui fait un L'onglée mal Un agent de police passe et détourne la tête pour ne pas voir ie petit vagabond. Voici une autre rue Oh t il va être qu'elle est large écrasé ici, bien sûr; ce mouvement l'affole, cette tumiëK l'éblouit Mais qu'y a-t-it !a, derrière cette grande vitre iiiuminée Il voit une beiie chambre.et dans ceUe chambre un arbre qui monte jusqu'au plafond.. C'est t'arbre de Nnë), tout piqué de petitsppints H y en a, là-dessus, do feu des papiers dorés et des pommes, et des joujoux, poupées, chevaux en, bois ou en carton pe tpus côtes, dans la grand&.piece. eoujcent des enfanta parea, pomponnés. Ils Voilà unejulle tient, iis jouent. Us boivent, iis mangent fille qui se met & danser avec un petit garçon: i petite

JOURNAL

D'UN

ÉCMVA!N

159

On entend de la musique au traquelle jolie petite CUe il s'étonne regarde, vers de la vitre. Le petit pauvre mais ses mains et ses pieds iul font tirait déjà presque, Leurs Comme elles sont rouges, ses mains trop mal L'entant souOre trop plus se plier. doigts ne peuvent fort qu'il peut. Mais pour rester en place; il court aussi volet une autre vitre plus flamboyante que la première. jL<cur!osit6 a raison da la douleur. Quelle belle chambre L'arbre Encore plus merveilleuse que l'autre H «perçoit Sur les tabies s'étaient Mt constellé comme un firmament des gâteaux de toute sorte, jaunes, rouges, multicolores se tiennent vêtues, quatre belles dames, luxueusement la porte à tout venant des gâteaux auprès et donnent Le entrent. df*s messieurs s'ouvre à chaque minute à pas de loup, prou te d'un moment petit garçon s'approche dans la pièce. et apparatt ob la porte est ontrebaiiiëe C'est une tempête Oh! il faut voir comme M est reçu sur vont jusqu'à lever la main certains d'invectives "du petit, lui glisse un kopek lui/Une dame s'approche Comme il a ou dehors. dans la main et le met doucement do ses petits doigts rouges peur Et le kopek s'échappe Et il court, il et gourds qu'il no peut plus refermer 11 voudrait tourt il NR sait plus où, lui-même. pleurer, Il court et souffle mais il ne peut plus, il a eu trop peur Sa peur augtout douloureux. dans ses pauvres doigts ville. mente. 11 sesent si seul. I! est bien perdu dans'la il s'arrête encore Dieu juste Mais soudain, qu'aperçoitest si beau qu'une foule staIl, cette fois ? Le spectacle la glac~ de la fenêtre, trois tionne pour i'admirer. Derrière se de vert et de rouge, habillés pantins merveilleux, L'un ressemblp à 'un vieillard vivants. meuvent, comme les deux autres jouent du violon en et joue du violoncelle; se !is semblent hochant leurs petites têtes en mesure. comme s'ils pariaient; lèvres remuent regarder, leurs la glace. Lepc~t rien à travers seulement on n'entend ce n'est qu'un garçon croit d'abord que les pantins vivent; que ce sont des jouets. 11 peu plus tard qu'il comprend il n'en Jamais lit de Satisfaction, pantins ~aeisb~ax vit de pareils mémo qu'il pat y jamais il ne soupçonna envie de il rit, et ii a presque en avoir de semblables.

t5<

MURKAJL D'UN ~CMtVAtN = C

ce serait pieurer;mais trop ridicule de pleurer à cause de pantins Tout a coup, il sent qu'on empoigne son et 'qu'au le secoue. Un grand garçon idt paMvro vêtement méchante le frappe au visage, lui prend sa physionomie et le maltraite de p~d. Le pauvre petit casquette coups tombe sur le pavé; il ootead qu'on crie, et se ae.relève met courir, a'courir. moment où ii apfTiioii jusqu'au ~ne oow sombre il !pom-ra se cacher 'dertiere 'une pHe de bois. ïi retombe dams sa oattette~ H ae :peut M~re, sa respiration; M BU.Qeq«e, suSeque. reprendre et, soudain, ~ae c'est i)itarfe ~K ae eent très bieï~, gnëride tout; jusqu'à ses petite* otMM-qui~eBscttt de.luij[a:yetMU Et il a cbaud c'eat ace cha~ieur <touoe qaii'envahit comme s~H trouvait 'prèa d'ue poeie. 11 s~eadort 'Qu N est doaï ~e aMMt le sommeil < Je vais rester ici u< qui le prend se dit-il, puis j'jfai petit matant, » revoir les pantins. Ma!9 eatend sa mère, – qui eetzamfte, paortant chanter de lui < Ait mamM), je dors auprès 'Comme c'est bon <te dormir ici* Viens chez moi 'voh- l'arbre, de Noai, murmure au~êessus -de t<M une ~oix suave. H croi~'ab.opdque~st tou}ourBsajn~maa;Nïai8n<m! oen'est e!!e ~~4oac!ui pas parie?'ii ateswttpas.JMais se penche ~ers lui et i'embrasao.L queiqn'uB et touH)à iMMiere! Quel arbre co~p.~eîie 1«1n'a deNoëi,aBNei;' ~atBais rcvë un te! «frÏM-e de NoëiX Tout briiie, touit Tesde petits garçons et de petites ptendH,<&t le voici entoure des de iumieM et lounoeint en ~ai semblent payo<maats ve~imart M~our de iai, qui rentrassent, d~etdÈvent.i'em ai aotte comme 'ies~atres portent a~M'eux; danBaa'ci~rtë, et sa~neM~st toutpr&s, qui ie regarde et MNrit;toyeueeaMBi. Aa" quec'estbeau – Mamah.maman ici Icriei'aMtfaat. Bt,decoaveau,iïembMMe vouaespetitscompagcucsBt drait ieur Tac<xter ~out de autte ce que faisaient des pan' ~BB ~!6ïT!et<M ~N vTfrè iïiumïa~o. MaE! uae <M'io8M6 le tiu' ..c'DrioSüé1e preud – ~tea.vMts, et petites Siies ? petits garçons –

0

JOUKNA~

B'UN

ÉCRIVAIN

t5a

les petits voir Nous sommes invites qui venons les enfants. Le Christ a répondent l'arbre du Christ, les enfants qui n'ont toujours, à Noël, un bel arbre pour arbre de Noël, à eux. pas leur ont été des petits Et il apprend que tous ces bébés gelés malheureux comme lui. Les uns ont été découverts à la tue~ les où' on les avait abandonnes, {tans des paniers cheB des nourcices unnoises; autres ont 6M asphyxiés Enfants & t'Hoapic& des trouvés; d~ntressontmort~ desséd'autres encore ont péri de faim près des mameiles la famine de Samara, et tous thees de leurs mères pendant devenue des anges, chez le Christ que Mot !& maintenant, eux et et les bénissant, voici au milieu d'eux,, souriant leurs mères, les pecheEesse&. Car elles: sont là. aussi,, les votent vers. eUes «t les embrassent,. mères, et fes enfanta «~uieat teMts !&rBMsde leurs petiteaL mains et leur disent & pceaent est. si heucpux, ne pas j~rer puiaqu'on ont. trouvé, derrière une des domestiquas Le matin, on a repi~dt) boia~ te cadavoe f~te d'un petit parcon trMfvé aussi. !e corps de sa mèEO, mocta dans le sous-sol. se sont rencontrés Tous deux, vous le savez maioienan.h, thMieBonBieu. cette histoire puérile qui fait PMtfquot ai-je. composé effet dans le carnet d'un 6o:i.vain sérieux ? un singulier dans ce cacnet que qai av&is promis de nj& raconter Mciveesdta.ohosesvraJLes. semble Mais; voilà!Urne que tout cela aurait pu. des~ deux la découverte avoir lieu en réalité. Surtopt deNoË),.– mon. Dieu.!– <a&vres'Quant& I.'arbce 'l t'Mt-Mt' pas un pou pouc inventËp que ja suis romancier

1M

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

mIII

LA

SOCtËTE

RUSSE

DE

PROTECTMN

ENVERS

ME8

ANIMAUX.–

UN COURRIER. –
RUPTMN. – PAR

L'ALCOOL. –LE
LE COMMENCEMENT

PRURtT DE LA COR
OU PAR LA FtK ?

J'ai lu dans le journal ? Golos le récit de la fête du de la Société russe 'de protecpremier jubilé décennal tion envers-les animaux. Voila une belle et noble société. dont la fondation honore l'espêcé L'idée qui a humaine. semble bien résumée guidé les fondateurs dans ce qu'a dit le Préaident, le prince A. Souvorov, en son discours < Le but de notre Société paraissait d'autant plus difBciie à atteindre ne voulait pas, en général, voir qu'on !es avantages moraux et matériels que l'homme, lui-méme, tirerait de la protection accordée aux animaux. C'est en s'habituant à traiter les bêtes avec douceur que les la réuoxion, en viendront hommes, à se traiter moins par durement entre eux; » Et, à dire vrai, la Société n'a pas seulement songé aux. aussi à i'homme. petits chiens et aux chevaux ;eUeapensë nécessaire auquei il est souvent de red~aner une âme humaine. à avoir pitié Quand le paysan aura appris, quelquefois. de ses bêtes, il aura sans doute l'idée que sa femme a besoin d'être moins rudoyée. Et voilà pourquoi, bien que j'aime beaucoup les bêtes. encore plus des' je me réjouis résultats de la Société au point do vue de l'adoucissement de la misère humaine du qu'à celui de l'amélioration sort des animaux. Il est de fait que nos enfants grandissent au milieu de scènes d'atroce brutalité. Le paysan, après avoir surChargé sa charrette, cingle sa malheureuse rosse qui s'embourbe dans les ornières et lui envoie des coups de manche de fouet sur les yeux. Il y a peu de temps, j'as-

JOURNAL

D'UN

ËCMVAtN

Ï67

d'un genre différent, mais non moins itata!s& un spectacle une dizaine qui menait à l'abattoir hideux. Un moujik, s'assit con dans une grande carriole, (te veaux entassés bêtes. !1 était insaur l'une de ces pauvres tortablement comme sur un siège remtallé à son aise là-dessus, Mais le veau, qui tirait sur de ressorts. bourré, garni a du de leurs orbites, son licol et dont les yeux sortaient à l'abattoir. Je suis bien mourir avant même d'arriver dans la rue, ne s'pst ému de ce persuadé que personne, dit, ils sont tableau < Qu'est-ce que ça fait 1 se sera-t-on ne croyez-vous Jt pour être tués, ces animaux 1 Mais soient dangereux pour ceux qui les pas que ces exemples qui devienont sous les yeux, surtout pour les enfants, nent cruels sans le savoir, par accoutumance. l'honorable Société. On a ri à On a beaucoup plaisanté cinq ans, un cocher se tordre parce que, voici environ des mauvais oité en justice par ladite Société, en raison s'est vu subir à ses chevaux, tMitemeata qu'il faisait Le tribunal avait condamner à quinze roubles d'amende. en effet. On ne savait plus qui l'on devait M maladroit, on a ou du cocher. des chevaux Aujourd'hui plaindre, J'ai encore à dix roubles. tbaissé le taux de l'amende ces protecteurs entendu tourner en ridicule jurés des anid'immensés pour faire maux, qui prenaient précautions des chiens vagabonds et mourir, à l'aide du chloroforme, les On objectait. nuisibles. que, chez nous, qu'alors de faim comme mouches dans les gouhommes meurent ces soins, la disette, vernements où l'on n'a pu conjurer étaient de na<Mp tendres pour des bêtes malfaisantes, de discuter des le public. Nous éviterons ture à offusquer de ce genre, tout en faisant remarquer que la critiques dans un but d'acSociété n'est pas fondée uniquement est juste et à sa formation hMlité. L'idée qui a présidé que l'on parviendra féconde; c'est ï.eu peu, lentement, à triompher de la brutalité humaine.. & un autre point Il est bien certain, qu'en se plaçant Société qui de vue, on aurait le droit de regretter qu'une bumaniindirectement des tendances se targue d'avoir & des calamiinsensible demeuMf taires paisse paraître nous ~â~J~MO fertCt" tés momentanées, soit, mais terribles; croyons à 14

M8

JfMJRNAt. D'tIN ëcBtVA!N

obtiendra moment toutétois-qu'elle de3f<sutta<ap!'&Hqu~ un jour ou l'autre. ne m'Mppttnè~e Peut-être pas avec toute ta. e!afte désirabte faite mieux- comprendre ma' pensée en j'espère racontant une histoire vraie, qui sera plus éloquente que toutes les dissertations. Cott& histoire se passa- devant moi, voici bien longà une époque, pour aiusidtre. temps. trop longtemps, en t'aa' i887, alors que ]e n'élis préhistorique, ag6 que db quinze aaa. Jo me renda!sde Mosecuà Petersbour~ aveemoB mon frère a!n6, qut devait, Mmme moi, père.et entrer- à i'Eca}~ aupérfeurf d6& Ingéniaurs~ Notre voita~ r!er ne Bouafai~K, avaNcer qa~au pas; presque toujours, nous nous arrëMoas peur de longues b«KMe'aaxrp)ais -de !a route, et je me aou~iMM! combien ce v~yw~e, qui dura près d'une semaine, nous pat'ut fastidieux à tangue. Nous aHioTtS, mon frère et moi, T$M uee vw nouvelle. Nous revfoaa de choses o'Mfmea et ihdënniea, da « tout ce qui est bon et de touCce qui est noble cea beaux nous UM saveup mots~!&'gardaient encore'po~r Mu~e.et nous les prononcions sans h'M~. Mus fwasions Quoique très au courant des matières exigées poup l'examen' ma. nous pasmo'nmibMgutïe thématique dbt'ecore,–NcmsBû la poea:~ et! i~~Mètes~ Mea ~6re eecivait des que pour – tous ie& jours trois, – et ~CM, moij«composa!a'conti. dans ma tête, un roman sur la, vie de Venise. nuellement, deux mole que Poasphkitïedtait H y avait aiûra environ notre voyage, noua avions convenu, mon mort ep. pendant trer&et mo4'd'atie! dès notre arrive'à vi. Pétersbourg, siter te !{ew du cuiel fatai ait grand écrivain: rasso, et de tàcner de pénétrer dans l'appartement où PouaouMne · avaitexpiré~ Un beau jour nous ftmes ha!t<B &~ un re!eia'dan6 ie gouvernement dt) Tver me soavieas je ne plus- du nom du nous parut'grand tout cas. Nous village, qui et~tMM~ avions une demi~heure ? y passeir et, en attendent te d~ part, je-regarder par lit- fenêtre, d'io~je vis la soèn~sui'. vant:e': Une trptka'ihacéëau grand ga!bp s'arr&tatbBus devant Un. eouï'nerde'caMnec.cn qnement ~au~gt!. sauta dtr!a' Toiture. grand niïHormB; C'ettt~uw grand

jtOBRNAL

D'UK

ÉCMVAtN

t5~

cramoisi. au visage robuste, qui ~utapd MtrememBOt se où, sans douto,il gagnaJbien vite la salle du restaurant vorred'eMt de-vie. Jeme rappelle que leeocher r~aiad!ua courrier de cabinet prend toujours nousawatt dttqu~ua au moins un verre de tord boyaux par relais, qu'autreUne nouveli& oent il ne résisterait pas à sa pression. i'aatrs, avec des chevaux tfa&a viat bientôt remplacer ia caurrier descendit les marcher (ftie. Jmmediatemomt. Le cocher prit et s'Installa dans le véhicule. de l'auberge -ne s'était pas encore mais t'équipaga les fôM~ea'main, se leva et, sans dire -un mot, thr~ë que ie jconrrier sur la nuque du cocher.un formidable td~inistra coup de son attelage, leva son iit partir poing. Le postillon fouaiUee. d~Mce épouvantable hMtt et <mgltt les chevaux Le tourrier ne fut pas désarme pour cela. Non qu'H fut à seul& une méthode qu'il employait et colère, mais c'était Encore et encore son fiasses. fin .d'obtenir de baiies ~Mrme poing se leva -et retomba sur la nuque du cocher; peh dura jusqu'ex jnotaent où je perdis de vue la troïka* Le cocher, auole paf les coups, tapait è tour <ie bras ~ur allait «a ~ttdage a'&cleesubaequBnte, qui, Btimate-ptria <1xtt tMt< d~ïar. N<t)TB v<itarier B<HM expMqutque adopla irecette~tait de cabinet. Us prenaient des courriers Mepar la plupart un bon verre, grimpaient dans Ja tro!ka ~t se hàtaient<d& r<66er le cocher sans autre JtomM do procès. I! était inucela coupable d& tile que l'automedon se rendit pour un système les coups t<Hnla moindra faute. C'était Ment comme an meeare .pendant le temps qu'on mettait «ne verete, tfraoeMr environ, reposait puis le ooturrier mo peu sen pedng. Le fcocher et l'attelage ettaeat ontra!mMsteriel nés. S'il s'enonyait pouvait trop. l'eavoyé en r<H~e. mais en toute .son petit exercice reprendre il <e -t'otnetdH awveaa Mais, eMarpaMe~ l'appfodte iait t ta besogne, cantondattte pour la nuque du~x~oher. C'est & œtte~ymnasttqae <teteBdaMiepour~esjMr~sqe'<l JM8 <eva~ aM belles :eatp<es a<t <!alop dans les viUages, excitaieni !'ad«fi)'atMB des 'MriT~ejo iotidroy&nteB qui 0paysans. Le eot~er, Le seul JbëBeSee Itîi, 'était )WMina adatiré.

ÏM

JOURNAL D'UN ËCMV~M

c'était qu'il tirât de ces agréables séandes, une douleur de cou qui le faisait souSrir pour plus d'un mois. Avec ses camarades-se cota, de lut, et il n'y avait moquaient rien d'impossible, à ce que fe rossé rossA! – au contraire,– sa femme qui avait peut'êire impitoyablement vu le trai. tement auquel on le soumettait. Sans doute le misérable cocher avait tort de brutaliser ses chevaux au'relais suivant qui arrivaient màlades de et & bout de soufOe. Mais quel est le membre de fatigue la < Société protectrice des animaux* qui aurait osé faire si atrocement passer on justice un malheureux malmena au préalable? Ce tableau hideux ne m'est jamais sorti de la mémoire. Jamais de cabinet. J'ai vu je n'ai pu oublier ce courrier on lui un symbole de towt ce qui reste de féroce et sauvage chez le peuple russe. J'en ai été comme hanté. ne rejaillissait-il Chaque coup donné à l'homme pas, en quelque sorte, sur de malheureuses et n'était-ce bêtes, en Sn de compte, une créature pas, la femme, humaine, tout le monde? qui payait pour Vers la fin des < années à l'époque où quarante bouillonnaient le plus fort en' moi les enthousiasmes réformateurs, n'ai.je pas été rêver que, ai je fondais jamais une société philanthropique, je ferais graver cette trolka comme emblème! Sans doute, le temps présent ne nous montrerait plus guère de faits semblables ceux se passaient il y a qui ans. Les courriers quarante ministériels ne battent plus les postillons; c'èst le peuple qui.se bat lui-même puislui a fourni qu'on des verges se fouetter en pour instituant les tribunaux11 ny a plus de populaires. courrier de cabinet, mais il reste l'alcool. Et'en quoi l'alcool ressembler à ces envoyés peut-il brutaux qui abêtissaient les gens du peuple par leurs mauvais traitements? En ce que l'alcool abrutit l'homme, le bestialise, le rend incapable de toute pensée élevée. Un ivrogne se de'la moque un peu un pitié que l'on doit aux bêtes; dehors sa femme et ses enfants, ivrogne jettera ou les w rouera de coups pour avoir de l'alcbo!. un mari ivre vint couver sa femme qui Dernièrement,

JOURNAL

D'UN

~CMVAHt

161

rien depuis plusieurs ne gagnait.plus mois, et iui réclama Comme elle ne pouvait lui en donner une de i'eau-de-vie. trasaule goutte, il la frappa cruellement, et la pauvre ~aiiieuse, qui ne savait plus comment faire vivre ses enfants, eut un accès de désespoir.empoigna un couteau et le planta dans le ventre da l'ivrogne. Oh ce n'est pas si vieux On va juger la femme ces jours-ci. cette aOreuse histoire ? Des Pourquoi ai-je été raconter malheurs semblables arrivent tous les .jours, et tout le monde en est informe. Voyez les journaux Mais la principale ressemblance entre et les l'alcool courriers ministériels consiste en ce que l'eau-de-v ie, comme ces fonctionnaires annihile tyranniques, complètement la volonté humaine. « Société do protection envers les aniL'honorable maux se compose de sept cent cinquante membres, que je tous influents. ne s'occuperait-eite suppose Pourquoi pas d'arracher tant d'hommes à l'alcool meurtrier, d'empêcher do toute une génération l'empoisonnement par le venin qui enivre ? Hélas la force nationale la source des ris'épuise, chesses de demain se tarit; la culture intellectuelle ne chiche pas assez vite! Quel sera l'état d'âme des enfants du peuple d'aujourd'hui élevés dans le spectacle de t'abrutissement de leurs pères ? Le feu a pris dans un village; de.maisons beaucoup sont atteintes bràle par les flammes, mais l'église surtout vite. Un cabaretier sort de chez lui et effroyablement crie' a. la foule que, si elle consent à laisser flamber l'église et à sauver son :abaret, il lui abandonnera un tonneau d'eaa-de vie. Tous les sauveteurs tournent le dos a l'edince qu'ils essayaient à la destrucd'arracher tion et accourent vers celui qui les tente. L'incendie a coaaumë mais !e cabaret n'a presque rien l'église, eu. Disons, si vous voMiez, que cet exemple est insignifiant si l'on pense aux innombrables horreurs à venir. Mais ne serait-ii pas bcn que l'honorable Société concourût un pCN & !a propagande anti-aieooiiqHt. ? S~ be!!e œuvre eo serait-elle vraiment détournée de son but ? Autrement, 14. 14.

M3

XMJBNAL

D'UN

ÉCRÏVAtN

que faire, si ioiat les maus jse ;igueat ensembte pour abolir en l'homme tout sentiment d'humanité? Et l'alcool n'est passent -la génération a empot~nner actuelle. !i me semble que nous se déclarer une voyons sorte de fetie, une sorte de prurit de c0rr<tption. Une dépMvatioa inouïe nattiez ie peuple avec le. materalisme. J'entends surtout la maMrie!të, la i)asse adoration du sae d'or. On dirait que tout bon sentiment, que toute tradition ont 4te anouiéa d~a respectable seul coup, dans nos classes de I< populaires, par la compréhension de l'or. Mais comment puissance ie peuple se détache ratt~t de ce aouTeau cuite ? du chemin Croyez'vous que'ia de fer catastrophe ce sinistre d'Odessa, accident où périrent tant de recrues pour l'armée da tzar, &it beaucoup à détourner contribua nos compatriotes de leur récent 4ieu Le peuple s'étonne de l'omaipoieace des Compagnies milliardaires qui ont le droit de laisser ua nombre si périr, par négligence, considérable de victimes, sans encourir de responsabi« Eiies font ce qu'elles lités veulent se dit le peuple, et il ne tarde pas ttoncevoir que la vraie force réside dans ta possession d'immenses richesses:~ Aie beaucoup et tout te sera permis; ~out sera d'argent, Nohge-t-i!, tien. Il n'y a pas de pensée plus dangereuse, plus corruptrice que celle-là, et elle s'infiltre partout, & présent. Le peuple n'en est défendu riaa. On ne fait rien pour par .des idées contraires. propager H y a aujourd'hui près de mille-verstes de chemins vingt doter en Russie, et le dernier des riches Compagnies employé qui les exploitent semble chargé de trompeter aux fouies la toute puissance de For. H vous considérera comme soumis a son pouvoir UiimMé, à lui, il a employé d'une Compagnie richissime; le droit .de disposer de votre sart. de celui de votre de votre honneur, faauite, presque du moment que vous vous trouvez sur'sa ligne. un chef de-gare n'a pas eraini Recemxaent, d'arracher du compartimeat uns dame qu'un qu'elle occupait, monsieur quekonque réclama!! comme sa femme, enfaie de cbe: lui <!epùia peu. CèR s'est passe Mms de sans pouv<Mp d'aucune ittbuoat, et ie chBf de sorte,

c;;

JOURNAL

D'UN

~CMVA!N

163

la limite de ses attribugare n't ~Maaia cru dépasser ttoas. tous cas enseignements Te:;s oeo exemples, parviend'une il ~a tire des conclusions MBt juequ~au peuple mais naturelle. logique un peu brutale, à M. Souvorine sa H « qtMique temps, je reprochais (xx~uite envers M. Goloubiov. Je trouvais que l'on n'avait un un homme d'infamie, pas le droit de couvrtir ainsi rien qu'en rec&ns~iiuant surtout, plus heimae innocent, une aérie d'états d'&me par lesquels ou moias habilement A présent, j'ai earait pu passer celui qu'on incriminait. ne soit M. Goloubiov que changé d'avis. Que m'importe pas coup~bte ? ~tettous qu'il soit pur comme une larme. Qui })MS oe caa-ta, c'~st Vorobiov qui fst le coupable. absolument Mt-ee Vorobiov ? Je l'ignore, je suis même mais c'est ce même tcaM de croire pas qu'il n'existe de les lignes sur toutes Vorobiov qui sévit partout, t<MB)ia6 de fer qui qui impose des taxes arbitraires, est cause des de leurs wagons, chasse les voyageurs qui accidents, des catastrophes, qui laisse, des mois entiers, il est l'indans les stations. ifs marchandises pourrir celui qu'on ne convaincra saisissable coupable, jamais Vorobiov est pour moi un symbole, de fia culpabilité. le symbole de i'&tr& corrupteur. sont dans et le scepticisme Je le répète, le matérialisme à adorer le gain illicite. l'eir. Voici que l'on commence le plaisir obtenu sans l'argent que l'on n'a pas gagné, au~si. du jour, l'assassinat travail. La fraude est l'ordre On tue pour voler un rouble. 11 y a deux ou trois semaines, à Pétersbourg, un jeune conduisait de nuit un vieilcocher, pas encore majeur, lard ot une vieille femme. Quand it s'aperçut que le vieillard était ivre, au point de ne plus savoir ce qui se passait auprès de lui, il tira soit canif et se mit à égorger la vieille. On le surprit Ses aveux dans cette occupation. tarent immédiats « Je ne sais pas' comment c'est arrivé. Le canif s'est trouvé tout à coup dans ma main. ` Parbteu! Non, il ne le savait pas! I! était pris comme tant d'autres du prurit de la corruption contemporaine.

c [

f

1M

JOURNAL ft'ON ~C«:VAtN

Comment un gain tacite, ne pas essayer de ae procurer même à l'aide d'un canif! « Non, par le temps qui court, il ne s'agit pas de les animaux Ce sont là fantaisies de riches protéger oisifs! » Je reproduis une phrase entendue, ma!a je proteste de toutes mes forces contre une pareille opinion. Je ne stjis des animaux, mais pas membre de la Société protectrice à la servir de tout mon cœur. Je sais je mesensprôtà entendre par où elle pèche je t'ai laissé plus haut, mais je suis profondément dévoue à ses idées, en ce ont d'humanitaire qu'elles par contre-coup. Je n'admettrai seulement des jamais qu'un dixième hommes à un développement puisse essayer-d'atteindre tandis que les neuf autres dixièmes iui sersupérieur, viront de marchepied et demeureront dans les plongés Je veux que les 90 millions de Russes devienténèbres. nent tous, dans un avenir vraiment prochain, instruits, humains et cultives. Je crois que l'instruction universelle no peut nuire en aucun pays, et en Russie encore J'ai mémo' la ferme conviction moins qu'ailleurs. qu'en le règne de la tumi&re ft de la bonté pourra se Russie, fonder plus tôt qu'en n'importe quel autre pays. N'estce pas chez nous que la classe aristocratique, stimule l'institution du servage? par la volonté du tzar, a détruit Et voi!à pourquoi encore un sa!ut cordiai à j'envoie la Société des animaux. Je voulais protectrice simple ment insinuer ao pas toujours comqu'il serait bonde mencer aussi par le par la fin, mais bien quelquefois commencement.

JOURNAL

n'UN

ËCNVAtN

t65

FÉVRIER

1 LE MOUJtK MARE!

Est-ce bien une une anecdote. Je vais vous raconter tnecdote ? C'est plutôt un souvenir. J'aimo mais non J'étais a~rs un enfant de neuf ans. à l'époque où j'étais un jeune homme mieux commencer de vingt ans. L'air était chaud, le ciel de Pâques. C'était !e lundi brillait haut dans le ciel, était bleu, le soleil éclatant des autour maie j'avais du noir dans l'âme. Je rôdais les pieux de casernes d'une maison de force ;je comptais ia prison. la solide palissade qui entourait était on fête, si .Depuis. deux jours la maison d'arrêt l'on pouvait ainsi dire. Les forçats n'étaient plus menés de détenus étaient ivres, des queau travail beaucoup des chanon hurlait de toutes parts relles s'élevaient quelques sons obscènes,on jouait aux cartes en se cachant; à demi morts étendus après avoir subi déportés étaient de mauvais de la part de leurs camarades. traitements Ceux qui avaient coups, on les reçu trop de mauvais de peau de mouton, et on les cachait sous des pelisses On avait même comme Us pouvaient. laissait se remettre Tout cela m'avait plus d'une fois dégainé les couteaux. les fêtes, dans une sorte de p!ong-é,depuis que duraient de la eu horreur J'avais désolation maladive. toujours et j'en socnrais pias débauche, de la soûlerie popuMrea là qu'en tout autre lieu. Pendant les fêtes, les autorités

JOURNAL D'UN ÉOMy~f de la prison no visitaient ne perqui. ptus les bâtiments, sitionnaient admetplus, ne confisquaient plus l'alcool, tant fa!iait bien laisser les pauvres diables de qu'U riboter au moins une fois dans l'année. raterions Mon se transformait dégoût pour ces malheureux réprouvés un peu A peu en une sourde colère, qualnd je rencontrai un certain Il me Polonais, détenu M.cki, politique. d'un air sombre ses yeux étaient pleins de rage, regarda ses lèvres tremblaient « Je hais ces brigands 1 groa da-t-il à demi-voix, en français il me quittai puis Je rentrai dans la caserne, et ce que j'aperçus tout six moujiks robustes d'abord, ce furent qui se jetaient tous ensemble sur un Tartare nommé Ga~jne, qu'ils se 1 à frapper mirent cruetiement. Cet homme était ivre, et ils le battaient un bœuf ou un chameau comme piètre MfMt <M <«4 par ~es e~apa pareils, maie on savait que cet hercule n'etMtpas (aei!e à tuer et t'on cognait dessas à oeMM'.joM. Ua %a9t«ttt t~r&s je vis GaMM ~Hongé sur un fit <t déjà iMBimé. M <u«si, couvert d'une H xiattt, peau de mouton, et tout le monde pasatdt en sHence aussi dosa coachB. On espérMt btee qu'il Ièin que pesstble à lui vers te maHB, mais, comme ~~Hsaient rev~end~a~t < Dame les coups <ta'iÏ avait qae!<pMS uns apree » repHa, it pouvait Nen crever de la ra~ée Je regagnai t'endr~it~ ou sa trouvait <tK!n tit, en îaoe sur d'<Hte ieaetre garn!e d'une grU!e de ier ~t Ta'étends le dos, les y~tx fermés. <~ ne viendrait pas me déran~ioradr. Je voa!<ts <Mbt;er. ma~s les ger si je paraissais et rer~s ne vedatent mon coeur <MtM<dt terriblement pas «Je tes paretee de M.ch! me resoanaieat a~x ~'ei!!eB '` aa!scesbrigands!~ Mttis pourquoi dëcrire Je les t~utee ces impressions? resseas encore eouvent en rë~e,'et ce sont mes sceges ies pi~s anreux. OBTemarqweTa~ue~Mtqu~ea~oaKt'Bai.~e~aipfesqoe Les~oNjtUBMBparMd~mos~mBeespaeBëeottabagao. MK&'<<<e ~e Jtfa«o/! <!e< 3f8~<que je p<<Mi<d T~M~Hinze pM~Meat <MM, taBtaattque }~ ~Mt~M ~f~B pefaoenege* les ~9MMt 'eomme rédigea pw ua oeMe russe, assassin & 'ce prepos, <;<M beaucoup de <!&sa fetMae. J'ajeatefai,

JQUHNAL

B'BN

ÉCRIVAIN

If?

braves

pour SiMrio. alors, dana comme je m égarais Voici; <tue- je m'ësarer, de hagne, années ces quatre Pendant mes penaëea. renaisCes souvenirs te<ey~& sans cesse mon passé. et ce m'est que rarement que j'ai pu saient d'eux-mêmes, d'un Cela partait de nouveau: à ma volonté. révoquer de mon histoire, parfois d'un éwénetaent point quetcanque à peu !o tableau secompMtait sans intpMtance.et~pou de et entière forte, profondeme- donnait l'imp'esgioQ marie. bien t<Mn en arrière, jusqu a Mata. }our-t& )? revias Je me revis à: neuf enfance. un moment de ma première oubHees. tt)%~ mMieude scènes que j'avais absolument le mois où je passais dans un village Je !)? retrouvai était la température d'Mù~ h.'a&- était o!ai<- et aeo.ma<a de son déctin te vent: soutuait. L'été approchait httche l'ennui allait à Moscou'; Mee<6t nous cetournerionB H me serait bien de français reveair avec les- leçons la campagne! 1 p<MMe' de quitter les meules Jem'ea Dis dertnere !<'enc!os, ou s~ëlevaient 4e Me; puia, après être allé jusqu'au ravin,. je monta; au ainsi oheï nous une sorte de brousse Losk. On: nommait entre le ra'vin et un petit bois. d'arbaste~quBeroissaieat non dans la broudsaille, Je m'enfonçais quand t'entendis ver~la de pas peut-être, loin de moi, a une'trentaine un champ. Je clairière, la voix d'un paysan qui labourait était travail rude, qu'il devinai facilement que sonque son cheval retournait un champ placé em pente, a autre, le cri. du De temps avançait péniblement.. Hue 1 Hue 1 jusqu'à moi paysan parvenait mais ne poutous- nos~ mouj~s. Je- coûnaiaB&is presque Cela., a présent. vais afcvoip quel' était celui- qui labourait mes dans foct. égal; m'ét~t plongé ji'étais ~rest~. une Il 8?agjssait< de me couper petites oempatioast. les' ~enouille~ pouc aller taquiner baguette de noisetier et lM httdinea de; noisetier étaient si belles. mais'stpeu de~ bousolides t Ge! n'était, paa comme les! bBanchetièa leau 1

gens se ? meurtre'

figurent da ma

eneor& aujourd'hui que c'est M femme qMe l'on. m.'envoya

168

JOURNAl.

D'UN

ÉCRIVAIN

Je trouva aussi de magnifiques scarabées et des haa. netons superbes j'en ramassai puis aussi des léxa~ tout petits et si agiles, rouges et jaunes. ornés de points rares,d'aii!eun. noira, mais j'avais peur des serpents.~Ius ce qui Il y avait peu de champignons, que les lézards. On en trouvait me dégoûta de la brousse. sous beaucoup aussi me décidai-je bien vite à partir pour les bouleaux des champi. le petit bois, où i! n'y avait pas seulement de gros insecte! gnons, mais encore des graines bizarres, on y voyait même des hérissons el et do petits oiseaux tant les parsous la fouillée dont j'aimais des écureuils En écrivant fums humides. ceci, je sens encore la frate~ bois de bouleaux odeur de notre agreste ccsimpr~restent sions-là pour la vie. de silence, j'entm. Tout à coup,après un long moment ce cri Au loup t Je fus pris de terreur. dis distinctement vers la clairière, un cri et courus moi-même poussai auprès du moujik qui labourait. pour me réfugier notre moujik Maret. Je ne sais pas si l'atn~C'était un tel nom, mais tout le monde appelait ce nach contiept un homme d'une Marel. C'était cinquantaine paysan d'années, grand et robuste, portant toute sa barbe Monde mais no lui fortement Je le connaissais, grisonnante. arrêta sa rosse en avais encore jamais parié. presque m'entendaT!t crier, et quand je fus près do lui, m'accroet de l'autre à sa manche. chant d'une main à sa charrue il vit que j'étais épouvanté. – Le loup 1 clamai-je, tout essoufOé. JI leva la tête. regarda de tous côtés –Où diable vois-tu un loup 2 ? bala crié Au loup 1 voici un instant, Quelqu'un butiai-je. la tête. 0() a-t-oo – Il n'y a pas de loup Tu perds coujamais vu des loups par ici ? fit-il pour me rendre de tout mon corps et m~ pendis rage. Mais je tremblais à sa manche. Je devais être trèspâ)e. plus lourdement car il me regarda, comme enrayé pour moi Aï a! M –.Peut-on se faire des peuM.Bareilles la tête. Va donc, mon peut il n'y a aucun hocha 1 danger.

JOURNAL

n'UK

ËCBtVAt~

169

la joue. Et il me caressa – Voyons, voyons,. fais le signe de la catme-toi croix 1 et los coins de ma Mata je ne pouvais y parvenir, et ou convulsivement, bouche tremblaient paratt-il, le plus ce qui l'avait m'a dit plus tard que c'était frappe. de terre son gros index barbouillé U tendit doucement mes lèvres tremblantes et toucha trës légèrement – Dana quoi état se met cet enfant 1 Et il sourit d'un sourire comme maternel. Je compris enfin qu'il n'y avait pas de loup en vue et ou une hallucination en croyant entendre que j'avais nerveuses alors à ces erreurs de crier. J'étais sujet i'oute. Cela m'a passé avec i'age. en io Eh bien. je puis m'en aller alors ? lui dis-je d'un œii encore humide. regardant interrogativement – Oui, va sur toi comme tu marcheras. je veiUorai et j'eus plus Je ne te donnerai pas au loup t ajouta-t i! un vrai était que jamais l'impression que son sourire eonrire de maman. Va t que le Christ soit avec toi t Il fit sur moi le, signe de la croix et se signa lui-même. tous les dix pas. Je partis, en me retournant/presque de l'ceii, et chaque Toujours je vis Mare! qui me suivait fois il me fit un signa do t&to amical. J'avoue que j'avais toutefois alors un peu honte de ma peur je craignais le ravin, encore vaguement le loup. Quand j'eus refranchi mon chien Voltsbrusquement disparut l'épouvante de je ne sais où, et avec chok bondit vers moi, venant Toutefois mon chien je me sentais plein de courage. je fois vers Mareî. Je ne pouvais me retournai une dernière les traits de son visage, et plus, do si loin, distinguer tendretoujours cependant je devinai qu'il me souriait uiout. Jo le vis hocher la tête. Je lui fis avec la main un et ce n'est qu'alors signe d'adieu auquel il répondit, qu'il avec son vieux cheval. repartit de loin son cri et ia rosse tira J'entendis Hue, hue do nouveau sur la charrue. Je me suis souvenu du tout cela, je ne sais. pourquoi. tous les détails avec une netteté admirable revoyant
15

Tt70

JOURNAL D'UN ~CKtVAtN

mais je ne ils, à l'époque, aucune a!!usion mon « acci. dent » en rentrant à la maison Je n'y pensai bientôt plus; même assez vite Mare! et le service qu'il m'avait j'oubliai rendu. Les rares Ma que je !s rencontrai, par la suite, non. seulement je ne !ui parlai, p!us du loup, mais encore avec lui aucune ja n'eus conversation, espèoa.de Et ans plus tard. au fond de la SiMne, brusquement vingt tout s'est reptésenté à moi, comme si je venais a- peine d'entëadra crier Au loup.. L'aventure s'était on quelque sorte dérobée à moi-même, pour reparattre q~and cela serait nécessaire. Tout m'est revenu & 1 espcH. le sourire tendre et. comme materne! du pauvre moujik serl, ses de tête amicaux, q~i, me signes de Moix, ses Sochemeata me protégeaient de loin.. Cette- phrase a -semblait-il, recbanté en moi « Dans qael état se met cet enfant » Et ce que j,'at.revur le mieux, c'est ce gpos index barbouiite -de terre avec lequel H toucha d'une façon si cr-essante ?<<! lèvres qui tpemb!a<eat. Certes~ n'importe qui eût Mohé de rassurer t~etaat mai& ici U y avait ëpoare autre chose. J'aaraia son propre été fils; qu'il ne m'eût avec un amouf plus prefond et plus apitoyé. pa~ regardé le forçait à m'aimée ? t! était notre Qui aeri' jp ne pou-vais être pour lui qu'un, jeune mattre; personm; ne voyait aa bonne action', et il était sar de n'~n être pas recomdoBO si tendFemea<!e& petits :pena6.. U aimait enfants! Quelle douce bonté presque cacbep dans Mm!nine'peutae te cœur d'un-rude, d'un bestiat moajth russe N'este de cela que parlait pas Conat~atin AhaattOT, quand il célébrait la < haute eu!ture de notre peuple ? Et quand je me levai de mon lit. quand je regardai aut<wtf de moi) dan~ ce bagne, j& sentis' que je- pouvais eonaideM!' hôte~d'ua tout autre (&i!ju'aupa ses~ pauvres ravant. Toute- haine et toute celef~ sot'tt''ettt de mon ecauB.. J'observai symp&thM;ue)Meat tous iee ~iMges. que rencontrai. Ce moujik déahoao! je que te rasoir du a fait glabre ce ïaoajiit: dont le visage porte les bagne du. vice, cet. ivMga& qut braille stigmates sa. chanson soûiard. c'est peut-ètr~Ut) -d'obscène More!. Puisse pêt)ëtNte j.)t<tqM~. sM <œM' ? iNea "A!oM' pouMMo: le jugerais-je ?

JOURNAL

D'UN

~CtHVA!?)

1H

1.

encore 'le Polonais M.cki. Le soir même, jc~enoontrai riche comme Intortuné M.<ki t H a'est pas, Évidemment, où des. gens 'Comme Mare! jouent un moi de souvenirs du bagne autre. tote. Il ne peut juger cëstfistesmoujika CffJe hais ces bri. quand il a ~it ment qui! Tte l'a fait souBert Polonais ont, SMS tloute, pauvres gands Ces bien plus -que nous 1

ïl
– LES

SUR

LES ET

AVOCATS

EN

GÉNÉRAL. SfR

.MES

MPRESSIONS JEN GÉNÉRAL

CjE.

NAÏF 1 ET EN

D'IGNORANT.

TALENTS

PARMCUUPR.

mais a mots sur les avocats, Je ~éstrerais d!re~Hetque8 de la as!vet6 peine ai-je pris'la piume, que je rougis ~6]à et propositions. de<Hes questions âe ma part 4e m'extaster ~nianUa H serait, peut-être. et agreaMe utile qu'est. sur MastitutMB Vaguement i! ae Un homme a -commis un e~me eeUedes avocats. d'avouer il est sur le point cocBa!t pas 9es }ois non seulement ruais paraît l'avocat, qui M démontre !1 mais encore qu'il -est un ~aint. qu'il a ea raison, tel arrêt de telle cour de cHe quelques lois, explique è'ï'aaair& qui donnent cassation, tel senatus-consulte, et nnit par tirer son un aspect absolument nouveau, On courrait C'est d6!ic!eux peut-être homme de prison. vous avez mats ennn, laisser ~tendre que c'est immorale de~nt vous un innocent qu'un trop habile réquisitoire un fordu proeureur gênerai Ta envoyer & )a .aort pour n'est paf très <lair fait perpétré par un autre. L'accusé <Je ne sais dans ses -réponses il se borne à grommeler irrite ;u~es rha ;~B B'~ r!cn fait! ee ~i, ~4<t taague, et jurés. MMa voici qu'entre en scène le digne avocatqu; des textes légaux~ s'extdauant~r BperdH scsch&vcuxen

z

17:}

JOURNAL D'UN ëCMVAtN

qui connatt toutes les lois et tous les arrêts, qui déconcerte et fait acquitter l'innocent. Oui, l'avcle procureur générât est utile: que deviendrait, sans lui, l'innocence? cat r Mais je ne dis rien de neuf. Tout cela est arohi-concu. Et c'est une bien excellente chose que d'avoir un avoM). J'ai eu moi-même ce bonheur, une foM que, par inadver. dans le journal que je diri tance, j'avais laissé imprimer obtenir l'augeais un article qui eût dû, avant de pssssr, torisation de M. le Ministre de la Cour. On m'annon~ même pas me défendre que j'étais iucuipé. Je ne voulais était évidente pour moi-même. tant ma < faute Mais la Cour me désigna, d'office, un détenseur, qui me rêve)!) tout à coup, non seulement que je n'étais pas coupable, bien fait. Comme mais encore que j'avais admirablement Le jour des débats, je de juste, je l'écoutai avec plaisir. ressentis une impression tout & fait neuve, en entendant mon avocat plaider. Me sachant dans mon complètement théories dudit avocat, tendant non seulement tort,les a me faire acquitter, mais encore à m'obtenir des félicitations. me parurent si amusantes, dire si attrayantes, oserai-je cette demi-heure au que je compte passée au tribunal nombre des meilleurs moments de ma vie. Jo tua condamné A vingt-cinq roubles d'amende et incarcéré deux pendant mon temps assez jours au corps do garde, où je passai et même d'une manière agréablement profitable, car je fis connaissance de quelques d'individus et de quelgenres do moi. Mats ques détails do vie absolument insoupçonnés voilà encore une forte digression revenons aux choses sérieuses. La profession d'avocat est morale et édifiante, quand le des malheureux. titulaire emploie son talent à~dëfendre L'avocat devient alors. un ami de i'ttumanitë. Mais on est très naturellement souvent porte a penser qu'il détend sciemment des coupables èt les fait acquitter, if est vrai et tout le monde me qu'il ne peut guère faire autrement, dira qu'on n'a pas le droit de priver un accusé de l'assistance d'un avocat. mais il me semble D'accord quuu du mai &éviter de mentir et de parler avocat aura bien contre sa conscience. Il vous est arriva d'entendre l'un d'entre eux déclarer a !a face du tribunal que ce n'est que

JOURNAL

D'U!<

ÉCMVAtN

US,

de l'accusé qu'il a consenti à se convaincu de l'innocence méchant ne s'estMais un soupçon charger de sa défense. « Combien lui a-t-on glissé en vous il pasimmédiatement Car on a vu, et pas très donné pour sa conviction? avec la plus belle ardeur défendus rarement, des prévenus parce que leur culpabilité qu'on était obligé de condamner sautait aux yeux. Je ne sais pas s'il y a chez nous des de s'évanouir on eateudaut avocats vraiment capables mais on en a prononcer un verdict qui frappe leur client, des larmes. connu qui versaient Quoi qu'il en soit, cette et ses vilains eûtes. Pour le a ses beaux profession « la conscience et l'appellalouée peuple, l'avocat c'est tion n'a rien dR natteur. cela. Je n'y entends pas grand'chose. Du reste; laissons du talent de ces avocats. J'aimerais mieux m'occuper Une question difficile se pose Est-ce le talent qui pos. semble sMe l'homme ou l'homme qui possède le talent?!! qu'un homme ait le plus grand mal à faire obéir son talent, son possestondis que le talent domine presque toujours où il veut. Gogol raconte seur on l'éntratnant quelque une hisveut un beau jour raconter part qu'un menteur 11 se peut qu'au début il dise la vérité, toire quelconque, à son imagi!i se présente mai9, à mesure qu'il parle, nation do si beaux détails qu'il raconte un tissu de men. nous présente anglais Thackeray songes. Le romancier et un type de mondain, ayant ses entrées chez des'lords du désir de laisser derrière lui, eu toujours préoccupé toujours partant, une traînée de rires. Aussi, réserve-t-il trait pour la fin. Il me semble, à moi, qu'il son meilleur alors qu'on ne pense est très difficile de rester véridique, C'est une hantise, le plus beau pour la fin qu'à garder du reste, si mesquine enlever doit, à la longue, qu'elle tout sentiment Avec cola, si l'on n'a sérieux à sa victime. pas fait une suffisante. provision de bons mots, il faut en un bon mot, et l'on a dit que pour improviser d'autres, ai pcro ni mère certains hommes n'épargneraient il devient Oa me répondra de telles sévérités qu'avec que j'aille un peu loin, mais impossible de vivre; mettons !oujf)ùrseatque, chez tes hommes de talent, tt y~n'tcihors du quefois une grande facilité a se laisser entrafner 16. 16.

~74 droit chemin

JOURNAL t)'UN ECRtVAtN et une sensibilité

exagérée qui les rend peu extrêmement ce genre de véridiques. Bielins'ky Méprisait 1' onanisme du talent ». C'était faiblesse, qu'il appelait des poètes que parlait mais il y a un peu de Bieiinsky, Un menuisier de taient a son poésie dans tous les talents. c&té poète. La poésie, c'est, pour ainsi d!re, te « feu it]térieur de tous les talents. Kt si un menuisier peut être un avocat. Je ne conteste pas poète, à plus forte raison une rigide honnêteté, un avocat ne une sévère, qu'avec arriver à réfréner sa sensibilité, mais des détails puisse si pathétiques na<tre de l'émotion du défenseur peuvent aller à leur faire un sort. Cette sensibiqu'il se laissera lité a parfois les oSets les plus graves dans la vie courante de chacun, dans la vôtre, dans la mienne. Observezvous bien vous-mêmes, et vous verrez comme elle vous mènera facilement au mensonge. Je suis sûr qu'ou n'a pas oublié chez nous Alphonse de Lamartine, qui fut, en quelque sorte, chef du gouvernement provisoire, en France, la révolution de 48. pendant au On dit que rien re lui plaisait plus que d'adresser venues de tous les coins du peuple et aux députations, interminables. C'était un poète d'un pays, des discours toute sa vie fut admirablement grand taient; probe; sa bien qu'un peu trop p~reii)e ngure était belle et imposante, aux illustrations des < Keepsakes ». Il écrivit, outre ses volumes de vers, une très belle j<f<s~<we des GtroHcfMs. qui le rendit pôpulaire. Or, un jour qu'il avait prononcé l'un de ses longs discours dont les phrases harmonieuses io grisaient un plaisant, le montrant la foule, lui-même, < Ce n'est pas un homme, c'est une lyre t s'écria C'était un éloge, mais il renfermait une malice. Je sais bien qu'il est très irrévérencieux de comparer ce poète, cet orateur-lyre à quelqu'un de nos diserts avocats finauds et un peu fripons de temps à autre, mais je voulais dire se débarrasser de leur lyre. qu'eux, non plus, ne peuvent L'homme est faible quand il ambitionne des louanges, · même s'il est un peu fripon. Certains défendent aussi naïveavocats leurlynsme de Moscou défendait son argent. ment que le marchand Le père de ce marchand lui avait ia~sé.un joli capital,

=

JOUHNAÏ.

D'W

ÉCRIVAIN

t7&
.3:_Jl&.t.I.

de son côté et mais sa mère était aussi dans le commerce tout ce qu'elle avait et plus. Elle s'adressa y mangeait Le cas était Sis pour qu'il la tirât d'affaire. une toisason pour elle, de la prison. Le marchand grave. Il y allait, ne pouvait se comaimait sa mère, mais cette ancction « Si je te prête de ses roubles. parer à celle qu'il portait'& or, mes l'argent, dit-il à sa mère, je diminue mon capital; do diminuer mon capital donc principes m'interdisent » Et sa mère dut se résigner je ne puis te prêter d'argent. avec la geôle. à faire connaissance Les avocats dont nous parlons simplement remplacent le mot talent et tiennent à peu près lele mot capital paf < Notre ne peut se discours suivant genre de talent à avoir du talent j, passer d'éclat; or nous voulons continuer à l'éclat. » donc noua ne pouvons renoncer tt y a des avocats très honnêtes gens qui ne sauraient mémo quand ils plaident modérer leur lyrique sensibilité, une cause qui répugne à leur conscience. toutefois, J'ai, bien longtemps entendu raconter il y a qu'en France, il y eut un avocat très consciencieux de cela, qui avait cru à tort à l'innocence de son client. Les débats modifièrent sa conviction, et quand il iut autorisé à prendre la devant la de se lever, de s'incliner parole, il se contenta Cour et de se rasseoir sans avoir dit un mot. Je crois que chez nous cela ne pourrait pas arriver. à me résignerais-je < Comment, se dit un des nôtres, nepas faire tout pour gagner ma cause avec le talent que mes honoraires futurs, 'ai? Non seulement j'aventurerais mais encore je compromettrais ma réputation. » De sorte qu'il n'y a pas que la question d'w~p~ qui soit ~'n~e pour 1 avocat. Il y a encore la question d'orgueil professionnel.

.I_

.#

_1

1_

t76

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

MARS

1

LA CENTENAIRE
« J'ai été en retard toute la matinée, me racontait une ces jours-ci. Je n'ai pu mettre te pied dehors que dame, vers midi, et, c'était comme un Jait exprès, j'avais des masses de choses à faire. Entre deux courses, à la d'où je. sortais, porte d'une maison une j'ai rencontré vieille femme qui me parut horriblement âgée; eiie était toute courbée et ae soutenait sur un bâton. Cependant je n'avais encore aucune idée de son ag& véritable. Elle s'installa sur un banc, près de la porto; je la vis bien, mais Dix minutes trop peu de temps. après, je sortis d'un bureau situé tout auprès et me dirigeai vers un magasin où j'avais anaire. Je retrouvai ma vieille femme assise è la porte de cotte nouvelle maison. E!!e me regarda je lui souris. Je vais faire une autre commission vers la perspective Nevsky. Je revois ma bonne femme assise à la porte d'une troisième maison. Cette fois je m'arrête devant elle, me demandant: s'asseoit-elle Pourquoi ainsi à la porte de toutes les maisons? 2 – Tu es fatiguée, ma bonne viëiUe? lui dis-je. me fatigue – J,e vite, petite mère. Il fait chaud le soleil est fort. Je vais dtner chez mes petits-enfants. – Alors tu vas dtner, grand'mère ? – Oui, ma chère diner. diner, – Mais tu n'arriveras jamais; a!nsi. – Oui, j'arriverai j& marche un peu je me repose. Je môiëlëve; Je marche encore un pea, et ainsi de suite. La bonne femme m'ioterMse. Je la regarde. C'est une

1 r =

JOURNAL D'UN ËCMVAtN

177

elle vêtue d'un costume suranné; petite vieille proprette, à la classe bourgeoise. Elle a un visage tfair d'appartenir et collée aux os ses lèvres pèle, jaune, la peau desséchée on dirait une momie. EUe reste assise, sont décolorées le soleil lui dore Ja figure. souriante – Tu dois être très vieille, grand'mère, lui dis-je en plaisantant. Cent quatre ans, ma chère, cent quatre ans, pas plus. à son tour. Elle plaisante Et toi, où vas-tu ? me demande t-eiie. Et eUe sourit Elle est contente de causer avec quelqu'un. encore. –Vois tu, grand'mère, j'ai été acheter des souliers pour ma SHette et je les porte chez moi. Ob 1 ils sont petits, les souliers. C'est une bien petite enfants? 2 fille. As-tu d'autres en souriant. Ses yeux sont Et toujours elle meregf.fdo un peu éteints chose y brille encore quelque cependant comme un rayon faible, mais chaud. tu t'achèteras cette monnaie – Grand'm6re, prends un petit pain. Quelle idée de me donner ça t Mais je te remercie je garderai ta piécette. – Excuse-moi, grand'mère. mais par politesse, Elle prend la pièce de monnaie, par môme est-elle bonté de cœur. Peut-être contente que non seulement on lui parle, mais encore qu'on s'occupe d'elle ancctueusement. Eh bien, adieu, dis-je, ma bonne vieille. Je souhaite bientôt chez les tiens. que tu arrives – Mais oui, j'arriverai, ma chère, j'arriverai. Et toi, va-t-en voir ta petite-nHe. Etie oubliait que j'ai une (Uie et non une petite-QUe. Il lui semblait que tout le monde avait des petites-BHes. « Je m'en suis allée et, en nie retournant, je l'ai vue qui se levait avec peine, 6'appuyait sur son bâton et se trainait arrêtée au moins dix par ia rue. Peut être se sera-t-ëue lois encore avant d'arriver chez ses petits-enfants où elle va diner*. Une étrange petite vieille! un Ûc Ces matins derniers, comme je te disais, C'est, d'une ce récit ou plutôt cette impression que j'ai entendu

t?8

JOURNAL

O'UK

ÉCRIVAIN

rencontre avec une centenaire. H est 'rare de voir des centenaires aussi pleins de vie. Aussi ai-je repensé à cette vieille, et ce'soir, très tard, après avoir nui de lire, je me suis amusé à me figurer la suite -de l'histoire;,je l'ai vue arrivantchexses petits enfantsou arr~re-p~its-enfants.C~ doit-être une famille de gens ranges, autre. convenables ment eUe n'irait pas dtner chez eux. Peut-etr& louent-ils une petite une boutique de coiBeur, boutique, par Évidemment ce ne sont pas des gens riches, mais exemple. enfin ils doivent avoir une petite vie organisée, ordonnée. elle sera arrivée chez eux vers deux heures. Voyous, f On ne l'attendait pas, mais on l'a reçue cordialement Ah 1 voici Maria Maximovna. Entre, entre, de grâce, servante de Dieu t La vieille est entrée en souriant Sa petitetoujours. niieest ta iemme de ce coiffeur que je vois ~a, un homme d'environ constellée ans, paré d'une redingote trente-cinq de taches de pommade. (Je n'ai jamais vu de barbiers d'un autre styie.) Trois petits enfants, un garçon et deux fillettes accourent Ordinairement ces vieilles, versiagrand'mere. extraordinairement très bien avec les vieilles, s'entendent moutards aux âmes den;eiies ont une âme semblable La vieiiie s'est assise. Il y a quelfaats, sinon pareUie. d'anqu un chez ie coiffeur, un homme d'une quarantaine de connaissance. H y a aussi un neveu nées, un visiteur du barbier, un garçon de dix-sept ans qui veut entref chez un imprimeur. La vieille fait le signe de croix, le visiteur s'assied, regarde – Oh 1 que )3 suis fatiguée Ou! est !a, chez vous ? –C'est moi, vous nf me reconnaissez pas, Maria Maximovna? iait ieA'isiteuren riant. Il y a deux ans; nous devions toujours aller chercher des champignons eMembie, dans la <oret. – A~ c'est, toi Je to reconnais, <ar<;eur. 8eu!eiNeut veux-tu croire que je ne me rappelle plus ton -nom? Pourtant je sets bien qui tu es. Mais c'est fatigue qui nie br<M<i!!p tes idées. Vous n'avez pas grand! depuis la dernière fois. plaisante ie visiteur.

JO~JRKAL D'UN ÉCMVA!N

17!)

se met et ia~rand'mèro – Veux tu te taire, polisson te fond.. dans è rire, très amusée un bon garçon. Maria Maximovna, –Tu sais. je suis avec de braves de causer Il est agréable toujours 2 le paletot fait faire Avez-vous Serioja ? pour gens. robuste et sain, le neveu. Celui-ci, E)le montre garçon Il porte un nouveau et s'approche. paletot sourit largement L'indinerence à exhiber. du a encore plaisir gris qu'il dans une semaine; mais, en attendant, viendra peut-être les pareà chaque instant à contempler il en est encore la glace avec son dans à se regarder les revers, ments, resun certain lui-même il ressent vêtement neui pour habillé. si bien pect en ae voyant Et toi, – Tourne-toi du barbier. t crie la femme donc hein ? Et qjui Un beau paletot, Maximovna. Maria regarde, Commander un article un kopek. comme roubles vauts<x Prokhoritch on nous a dit chez qu'il à mei!!<'ur marché, On s'en serait mordu ne pas même y penser valait mipax est inusable. tandis les doigts, que ce paletot-ci après, donc 1 Et la doublure! 1 tourne-toi ëtoue Mais Voyex cette tourne-toi donc c'est Mais Enun, C'est d'une solidité Maximovna Voila et file, Maria danse ainsi que !apgent 1 <tes toubles qui nous ont dit adieu mieux si chère Oh la vie est devenue que j.'aime de la peine ne pas y songer. remarque Ça me ferait ne peut encore et qui tout émotionnée Maria Meximovna baleine. reprendre allons ) il est Aiions, tu parais le barbier.. Mais movna' – Oui, petit père, je suis soleil de manger temps Maria très fatiguée, ereinMe en. route il fait chaud. observe Maxiet un

i

dame une petite rencontré Ob qui ~ai « Tu es .fatises enîant's des souliers avait acheté pour demandé. Prends vieille ? m'a-t-eile guée, ma bonne » Et moi, tu sais. un petit tett'e pièce pour acheter pain. j;'ai pris la pièce. d'abord. à Qu'as.tu repose-toi Mais, grand'mere, avec empressele coUÏeur «cutter comme cela ? demande oeat. Tout le monde la regarde. Elle est devenue toute pâle;

t80

~OUttNAL

D'UK

ËCMVAtN

Elle regarde aussi tous ceux qui seg tèvres sont blanches. d'un œil plus terne qu'à l'ordinal sont présenta/mais – Voilà du pain d'épico avec ce))' pour les entants, ia vieille. pièceMe reprend Mais elle est forcée de reprendre baleine. Tous ont cesst do parler pendant quelques secondesi – Qu'y a-t-il donc. grand'mère? 2 sur elle. Mais la grand'mère Le barbier se penche M 0 C répond pas. li y a un nouveau silence de quelques seconds dans la pièce. La vieille est devenue encore plus pâle et c'est comme si son visage avait maigri tout à coup. Ses yeux se le sourire se fige sur ses lèvres elle regard' c voilent droit devant elle, mais on devine qu'elle ne voit plus. le pope? demande vivemect Faut-il aller chercher le visiteur. le barbier. – Oui. mais n'est-il pas trop tard ? murmure 1 eh grand'mëre la femme – Grand'mère appe!!o eiïrayée.. mais bientôt sa Mit La grand'mère demeure immobile; se penche d'un côte dans sa main droite qui repose sut sa main la pièce; la table, eUe tient encore gaucbt de l'arrière-petit-fils est restée sur l'épaule Michha,~ ne bouge plus et contemp!' de six ans. Il est debout, i'aïeuto avec des yeux étonnes. Elle est morte 1 prononce tout bas le barbier en fai sant le signe de la croix. – Ah t j'ai vu qu'elle se penchait tout d'un côte fait le visiteur d'une voix très émue et entrecoupée. les assistants. Il en est tout saisi et regarde 2 – Ah t mon Dieu qu'aUons-nqua faire, Makaritch ? ah! dit le visiteur en – Cent quatre années, petites sur place, de plus en plus attendn. piétinant un peu h elle perdait années Oui, les dernières le barbier. Mais il faut que j'ai))' tête, observe tristement il met sa casquette et cherche son pardessus prévenir.et U n'y a qu'un moment elle riait, elle était gaie. Elle dans la main pour < acheter le pain a encore sa piécette e vie que !a nôtre! d'ëp!ce'!<~ùene fr – Eh bien Piotr interrompt Allons; Stepanitch, Ils sortent; barbier.

JOUBMAL,D\M~MAÏN

11

!8t

ans Ceci quatre pt%, b~en pnteodo! On ne p~ure des voisines, n'est-ce t<t9jL'hote)M6!& envoyé chercher distraites. nouveUe!ea a intéressées, nuiaccour<mt..I.a Les enfants, oa prépare ie samovar. Comme de'raison la grand' regardent curieusement tassés dans uo coin, qu'elle mère morte. Micba. tant quit vivra, se souviendra !i sera mort à quand est morte, la main sur son épauie; ne se rappellera plus la vieille qui a son tour, persoBM Des bon se la rappeler? vécu cent quatre ans. Et quoi vivent et meurent Que !e inaperçus. miU!ons.d'hommes mort des- humains simp)es Seigneur b~aieseia vie et !a et bons!

II

CONS!DÉRAT!ONS

SUR

L'EUROPE

En Europe et partout c'est la même chose. Les forces se sontsur iesquetlës nous comptions pour faire l'union, Partout la divicomme un vain mirage! elles évanouies Voilà une-question qu'un sion et !es petits groupements. d'ailleurs, quel est Russe ne peut s'empêcher de inéditer; le vrai Russe qui ne pense pas avant tout à l'Europe ? Oui, là-bas, tout semble aller encore plus-mal qué chez en Europe, les raisons qui ont créé Ics nous; toutefois, Mais qu'en Russie. petits groupements sont plus claires en C'est peut-être n'est-ce pas encore plus désespérant? ce fait que, chex nous, oh ne sait trop bien découvrir un peu encore la désunion o~ a commencé que réside a !a longue, que peut-être, d'espoir? Qn comprendra, causes arti6rëparpinementdenosforcesprovien'de ne se refera et q~i sait si l'accord ciettes, provoquées, PM? en Europe, aucun faisceau ne se reformera. Mais la'bàs, 'wùÎ::iTout s'ësTmMceïeenMcHonshon'somme~ et et précises. Là-bas, groupes pour des raia&nsciaires t

Ma

jOUMM.

O'VN

~CRÏVAtN

unités, vivent leurs derniers cas HssemblentpréMrer tout

jours et le savent la mort à Fabandon

bien ee de leurs

principes. A nous. parle de la paix. propos, tout le monde,cho< on croit entrevoir un On pronostique une paix durable; de paix reconnaître des signes horizon clair. On veut de la Républiqu&en France déanitif dans l'établissement qui aurait aidé en souset dans le rôle joué par Bismarck, de de ce régime. main à l'affermissement Beaucoup croient tout danger de guerre <)carM après i'enjournaux orientale, maigre tentedes grandes puissances de t'Earopg de l'Herzégovine. .les troubles cette ques(La clef détour à Berlin, daus la se trouve; peut-être, tion d'Herzégovine du prince de Bismarck.) cassette Avaci tout, on est ravi chez nous de l'établissement en France. Mais, & ce sujet, pourde la Republique au preoièr Europe planen quoi la France demeure-t-eHe Le moindre événement en dépit de la victoire de Berlin? et de sympathie excite en Europe plus d'intérêt français Sans Berlin. ~ue les faits les plus graves qui se passent a toujours doute parce que la France précédé les autres nations dans la marche en avant des idées. Tout le monde fera toujours, la première. croit, sans doute, que la France quoique pas décisif. a si nette l'individualisme Voilà pourquoi, peut-être, La paix ment triomphé dans ce pays d' avant-garde et demeurera impossible générale est, la bas. absolument la République impossible jusqu'à la nn. En acclamant en France, l'Europe semblait dire qu'avec ce régime tofte invrai devenait de revanche guerre avec.l'Allemagne Et pourtant ce n'est là qu'un semblable. mjrage. Car ia a justement été proclamée peur 'la guerre. République un mais avec un adversaire, non pas avec l'Allemagne~ le coannunisme et c'est sous ennemi de touto l'Europe la République que cet_eanemi pourra le plus facilement lui aurait fait des conTout autre gouvememeaï agir. le cessions et ainsi ajourné le dénouement; la République provoquera~aucombaJt.~u'Ma&.ïiem~donc~MMtttMrm~r c'est la paix t. Çueis sont ceux qui que < la république de la République, en France~ ae sont déclarés les partisans

JOVHNAL

O'UN

ëcRtVAt?!

t8~

Y a't-H et tes petits tong~. Les bourgeois propriétaires, si fervents? i sont des répuMicains temps que ceux-là la Répubtiqua? a redouter N'étaient-ita pas les premiers si dangereux avec le communisme, Ils la confondaient Révolution, pendant la première pour eux. La Convention, et enrichi toute ainsi a démembré la grande propriété les a si bien terriens, une légion do petits possesseurs de payer sans souroiller viennent une enrichis qu'ils Mais toat en de guerre de cinq milliards. indemnité cette me&ure a à un bien-être contribuant temporaire, les tendances démocratiques paralysé pour longtemps et l'armée des propriétaires en augmentant exagérément en livrant là France au pouvoir illimité de ia bourgeoisie, la pire ennemie du peuple. Sans cette mesure, la bour~ à ta tête du jamais pu se maintenir geoisie n'aurait les nobles, ses anciens mattres, pays, où elle remplaça Cette bourinconciliable. tandis que le peuple devenait et les a les idées démocratiques geoisie à fait dévier Si la France tient encore changées en désir de vengeance. bon, c'est sans doute grâce à cette loi de nature qui veut qu'une poignée d~ neige ne puisse fondre avant un cerse et les nafis de l'Europe tain temps. Les bourgeois croient, bien à tort, sauvés. Au fond, toute union a disdes n'a en vue que les intérêts paru. Une oligarchie ne se préoccupe que dss intérêts riches; la démocratie ne à l'intérêt uni verset, personne des pauvres. Quant s'en soucie, qu'un certain nombre de rêveurs socialistes des principes exaltent et de vagues qui positivistes destinés, eux, à rétablir l'éqnUibro.. scientifiques d'après soit en état Mais il est peu probable que la science Kst-elip de immédiatement. œuvre tette d'entreprendre et prescrire de nou~ force à modifier la nature humaine social ? (Je m'abstiendrai veitos lois à l'organisme pour lés forcée l'instant d'affirmer dépasse que ce problème Du reste, la science ne pourrait répondre, de l'humanité.) est dirigé on France, et il est clair -que le mouvement comme partout, qui sont nn peu des par des rêveurs jea ~~httecrs. C~éwtH~t 4M~<M leurrait du mouvement, car iisaoot de ta direction ~'emparant tes secte en France à se préoccuper de tous de l'union

t84

JOURNAL

D'UN

~CMVA!N

si bien que c'est à eux que doit passer la dans t'avenir, actuelle et ia connais. suprématie, malgré teur faiblesse sanco que tout le monde a de cette faiblesse. Matheureu. à côté de ces idées scientifiques, sement, une autre surse traduire git, qui peut par cette formule trop connue < Ole-toi de là que je m'y mette. c'est de piller Le premier d~atr de la masse du peuple, les propriétaires. Mais il no faut pas trop accuser les les hommes je l'oligarchie tes ont pauvres bourgeoise tenus dans les ténèbres, et à un tel point que ces mat heureux ne ae gênent pas pour crier qu'Us deviendront riches et que ce sera grâce au pillage. Toute t idée sociale cat ià pour eux. Néanmoins, ils vaincront certainement. et si les riches no cèdent pas. il pourra se passer des choses terribles. Mais personne ne cédera à temps aux mémo si oh leur donne tout, ils yeux des revendicateurs croiront toujours qu'on les trahit et qu'on les vole. Les Bonaparte se sont maintenus en leur faisantespercr une entente avec eux its ont même tenté des réformes peu enectives dans ce sens, mais tout cela n'était pas sincère. Les se mènent du peuple et le peupfo gens de t'ottgarchte ne croit plus en eux. Quant aux monarchistes légitiiis ne peuvent mistes. plus ourir à la démocratie qu'un seu! remède le catholicisme, que le peuple ne connalt plus ou ne veut 'plus connaître. On dit même que parmi tes tes idées hpirites se développent 'prolétaires oxtraorditout au moins a Paris. Si nous parlons des Mairement, de ta branche des orteanistes, .nous partisans cadette, verrons est devenu odieux à la bour que leur régime aient été long geoisie ellemême, bien que tes d'Orléans des naturets temps considères comme, les protecteurs propriétaires français. t.eurtncanacitë est devenue évidente pour toua. – I.M.prop~6ta,ire3 voutaieat pourtant un moyen trouver dp Katut:teuf a poussés & instinct les ta Rëpubtiquo. choisir H existe une ioî\Mlit!que et peut être naturelle qui forts et prcchea~ queite que soit exige que deux voisins teur mutuette amitiôaj dëbut.Snjssent toujours par on veitirTun d~Str d'extermination réciproque~ (Nous nous ausa~ tes Russes, penser & cette question devrions,

0

L

JOUMfAt,

D'UN

ÉCtUVAtN

t~&

Or do la République !o des puissants voisins.) rouge Et malgré !o communisme. est court jusqu'au chemin de plus opposé au communisme voisinage que qu'y a-t-it de 93? Les même la HepuMiquo la République, sanglante mettent la forme repubiicaino avant tout républicains la France. C'est ia torme qui est tout en Hëpumemeavant ioMac Mahonnat.Le biique,momesi!at<ëpuM!ques'appeiio bien do la forme répuMt' communisme, lui, sa moqua toute forme do gouvernement came. I! nie non seulement Les mats encore l'Etat et toute la société contemporaine. ans se sont bien rendu Français pondant quatre-vingts t'enncmi compte de cet antagonisme et ont lancé contre le plus acharne. La Mpubitquo est bien son adversaire on pourrait naturelle de l'esprit bourgeois; l'expression est t)Ue de ia même dire que la bourgeoisie française République. Peut être ne Et on dira encore que la guerre est loin conviendrait-il l'ajournement. pas d'en trop souhaiter si l'on tarde trop, it le aociaiisme'a roagô t'Europo! Déjà !o sait, mais it so démolira tout. Le prince de Bismarck Oc trop à i'Atiemagne, au fou et au sang. Mais à quoi tout à teu et à sang 1 parvient on ici-bas en mettant

m FUTURES

FORCES MORTES ET fORCES

En ce moment M n'y a aucune causo touttst clair, tout est au beauQxe.En d inquiétude eula grande )~, en Orient France,, te < Mac'Mahonnat teute d<Mtpuissances~ des budgota de guerre for partout midàMes: n'est ce pas Ja la Paix? Et 'le pepe ? Il va mourir ou demain, et aujoutdhui con remain a)or<t\qa&wa't.Ua~pM<MM' ? ~«~MMaîBe sentira-t il à mourir avec iu! pour lui tenir compagnie ? .ut D'ailleurs ~<«mcmB Jamais ij~ n'a autant désiré vivre qu à présent On noua dira
16.

tM

JOURNAL

D'UN

~CRtVAM

ws prophètes bien du pape 1 La quastion s'inquiètent papaie ne se pose même pas che~ nous. Elle n'existe pas. Et pourtant !o pape est une personnalité immense, qui ne renoncera nt son ni à ses rêves en i bon pouvoir, neur de ia paix du monde En faveur. do qui y renonce. rait-il ? Pour le bonheur de l'humanité ? Maia ii y a se croit .au-dessus de i humanité Juslongtemps qu'il des puissants de la terre et qu'à présent il était i'aiiie en eux jusqu'aux limites du possible. ecp~ra Mais ces limites sont atteintes roet l'on dit que le cathot;c!ame les poteatata main, délaissant terrestres qut l'ont trahi, va ao tourner d'un autre cote. Pourtant le cathoUpiame romain a traversé des crises plus gravés. En proclamant le christianisme ne peut se. maintenir dans ce monde que le pouvoir temporel du pape, H a prodatne sans un Christ nouveau bien diCeront de l'ancien, un Christ qui M laisse séduire la troisième tentation du démon !es par de la terre Oh j'ai entendu bien des objecroyaumes tions contre cette manière de voir. On m'a dit que la foi et l'image du Christ vivaient encore dans le cœur de maint sans altération aucune. Sana doute il catholique en est ainsi, mais chez bien d'autres la foi primitive s'est modifiée. Rome a bien récemment un non promulgue veau dogme, issu do la troisième au moment tentation, méme où l'Italie uninëe frappait déjà à la porte deRome On me fora encore remarquer que le catholicisme à, depuis des siècles, été batailleur et a toujours détendu le pouvoir temporel. c'était en secret; Soit, mais auparavant, le pape conservait son territoire mais il y minuscule, avait là surtout une allégorie. Aujourd'hui, cependant. le menace dans sa possession, le pape se levé tout & qu'on coup et dit la vérité au monde entier < Quoi vous avcx ~ru que je ,me contenterais des ~du titre de souverain Etatado être souverain i'Kgiise!Jeveux tomporei.et ettectii suis en eaet le Roi des rois; o'est.& moi qu'à? je la terre et le temps et les destinées des partiennent hommes.est eo queje déclare aujourd'hui par ce dogme )MMtafaiitibiiiM.it.. Ce .n'eat aucunement, ridicule jC'est la résurrection de t'ancienno idée romaine de domination sur le monde. C'est la Rome de Juiiea l'Apostat

JOURNAL B'UN ~CB!VA!N

187

mais victorieuse du Christ. pi parle, non plus vaincue, L'armée de Rome, je le répète, a une vision trop nette choses pour ne pas voir ou ae trouve ta vraie force, ~s il convient KHe sur laquelle de s'appuyer. Après avoir ses royaux aities, le catholicisme perdu va se rejeter aur sur le peuple. tMmos, H possède d'adroits négociateurs, htMies à scruter le cœur humain, de tins dialecticiens et – et le Masseurs, peuple a toujours ate simple et bon. on connatt Or, en France surtout, de i'Ëvanmai l'esprit les habiles psychologues romains apporteront gi!?,et aux un Christ nouveau Français à tout. un qui consentira au dernier.poncite Christproclamé < Oui, impie de nome mes amis, diront ces psychologues, toutes tes questions dent vous etea préoccupés sont traitées dans ce livre que tM meneurs vous ont volé et si, jusqu'à présent, nous ne vous avons pas révélé cette vérité, c'est que vous étiez un Il n'était pas temps do peu trop comme de petits entants. vous tout dévoiler; maisvotoU'heure:venuedo l'initiation «thM que le pape possède les clefs de saint Pierre et que tt foi en Dieu c'est la toi en le pape qui tient, en ce monde !< place de Dieu. n est Infaillible, un pouvoir divin lui est du temps et des destinées. «corde; it eat mattre Vous avez cru jusqu'à vertu chrétienne présent que la première était l'humilité, mais le pape a changé tout cola, aycnt tout pouvoir. Oui, vous êtes tous frères; le Christ luim<me l'a dit; si vos frères ne veulent pas vous admettre chez eux comme frères, prenez des bâtons, entrez de torce dans teurs maisons et oontraignex-ies a ta fraternité. Le Christ a attendu longtemps que vos frères atnes, les débauchés, (iasent ponitonco. et maintenant it vous autorise écrier: Fraternité ou ta mort St votre frère ne veut pas partager avec vous ses binns, prenez-lui tout, parcs que le Christ est las d'attendre son repentir et que te jour de la colèro et. de la vengeance est venu. Sachez encore vous n'êtes pas coupaMps que de vos péchés passés plus de vos fautes futures que toutes vos erreurs provenaient de votre pauvreté. Si vos chefs vous ont déjà tenu ce ian* ~go, i!a l'ont fait preuu'turëmont. Le pape seul a le droit de parïer a!ns!. La prenve, e'est' que vw ~bcfs .ne vaHs ont menés à rien de bon; ils'vous ont, du reste, trompes

tM

JOURNAL

tt't'N

~CRtVAtN

en a'appuyan t sur en mainte chose. Us se fottiBaient vous vendre !e plus cher possible à mais comptaient Le pape. lui, ne vous trahira ennemis. pas; il n'y ap<t de lui. Croyez non pas en Dieu, mais Il sonne au-dessus lui seul est maître do la terre, et toua eeuxqt ie pape lui doivent !r contre luttent périr. Rojouissex-vous:~ vous serez too sera vôtre de nouveau; paradis terrestre vous n'aurcitp~ riches, justes par conséquent, puisque toute cause de mal dts~ et qu'ainsi rien à désirer rattra. Il M cea propositions Le Dëmos acceptera agréables. à tout, hcureu! clamera le nouveau mettre, qui cousent!ra dt!au pouvoir pratiquo de meneurs d'être débarrasse On lui mettra ainsi !e levier et quels il ne croyait p!us. il n'y aura plus qu'à soulever. que k main Croyez-vous pas sur le levier? On lui rendra la peuple n'appuiera sentait du même coup. et il eat évident qu'ii croyance à demeurer sanf Dieu. un malaise, une angoisse ma presomptton.matsje suis s~rqut Qu'on mepardonne M dans rEuropo nécessairement tout cela s'accomplira du cote du poop'e. se tournera cidentale, Le catholicisme !ea grandade abandonnant ce monde, parce que ceux-d ne se serait pas abandonné. Bismarck l'ont. eux-mêmes, avis6 dé le pers6outer s'ii n'avait senti en lui un enuemi de demain, – et un ennemi terrible. Le prince de Bismarck est trop avisé pour perdre son un adversaire !epape peu dangereux: temps à attaquer est p!ua tort que iui. Je le répète, ie groupe catholique t'une des factions tes plus fonnida et papal est peut-être la paix du monde. Du reste. Nés de ceûcs qui menacent sapé, tout est posé pur une tout en Europe est comine qu'une ëtincéiié. qui n'attend jppudrière < Etquest-ceqoece!a nousfait?Toutce!asepassoM noo pas chez nous ? Cela nous taitquel'Europe Europe/et N'adressera & nous pour que nous la secourions quand sonheure de l' < otat de choses d'aujournera !a dernière ` *d hui. nows dira que nous lai. Eiie exigera notre aide.~Eite <tNt Ne c&oses ~~Jh~a~ms eons partie de t'Eurep~ exi!ste chez nous, 8OD~l.8rtje nous, pas en vain que uous 1 pas en vain ëlloses. que ce n'est que ce n'eat

JOURNAL

O'UK ËCtXVAtX

~))

t'avons imitée, ellê, l'Europe, depuis deux centa ans, jaloux de nous egater aux .Européens, et qu'en ta sauvant nous-mêmes. nous nous sauverons Et no sommes-nous à trancher pas bien mal préparés. No sommes-nous de pareitea questions? pas bien deshabi. sainement notre rôle vrai en Europe 1 tu~s d'apprécier seulement nous ne comprenons Non plus do telles ques. Si vrailions, mais nous ne les croyons ptus possibles. nous appelle à son secours, ment l'Europe c'est alors, combien nous lui ressemtout à coup, que nous verrons Mons peu malgré nos rêves doux fois séculaires et notre lurleux désir de nous européaniser. U se peut aussi que ne comprenions nous même pas ce que l'Europe exigera de nous, que nous ne sachions comment t'aider. Ironsnous alors écraser l'ennemi de l'Europe et do son « ordre de choses )t en nous servant dos procédés du prince do Bismarck, pàcinant c'est par le, fer ot par le sang? Ah le coup. après un tel exploit, que nous pourrons pour Mus teHcitcr d'Ôtrb (/euef<t<s de t't'HtS ~«t'op~Ms.' Mais tout cela, ce n'est tout cela que dans t'avenir, – c'est de l'imagination, car à prëaeut t'horixon ostciair, si clair:

])0

JOURNAL O'UX KCRtVAtN

AVBtL

ï
MOTS SUR OE8

QUELLES

QUESTtONS

POUTtQUES

Tout !e monde parle des questions du jour, politiques tout le monde s'y inMfesaa et peut-on s'en désintéresser ? Un homme tr&s sérieux par que j'ai- rencontré hasard m'a demanda io plus gravement du monde Eh bien Aurons noua la guerre? Ne l'aurons-nous pas? Je suis demeura un peu étonné. Bien que, comme tout te tes événements, monde, je auivo avec intérêt j'avoue que si !a guerre était Inévitable 0 jp ne ma suis jamais demandé ou non. H paraitrait tous les journaux que j'ai eu raison annoncent a Berlin, des trois chanl'entrevue prochaine, tôliers l'interminable auaire et, sans doute, d'Herx<!go-vine rec<:vra une solution satisfaisante pour !o sentiment tusse. Du reste, été troublé des paroles je n'ai guère du barom de Roditsch. Elles m'ont plutôt amuse quand tard on a fait fois. Plus je les ai lues pour Ja première de bruit à leur sujet. M me semble beaucoup pourtant ces paroles ont été dites sans intention d'offenser ;que aucune portée /)oM~"?. personne je ne leur ai attribué Je crois que ce baron a lout simplement un peu radoté Il a dû de ia Russie. quand il a parié de l'impuissance en lui-même < Si nous sommes plus forts que la ~ou~r n'est Rassie, cela veut dire que la Russie guère solide. Nous sommes pius forts qu'elle parce que Berlin no nous de iaHussic. Bet!in ~Ïà .discrétion ~5S6raT)ttu<tM admettra avec l'Empeut-être que nous nous mesurions

JOURNAL

O'fN

ECtttYAtN

!&<

des ressources des compte pire russe pour se rendre mais si notre nous serre antagoniste dtuxbettigérants, Hatta-ta On ne nous tat dira de trop près, Berlin ne s'avisera fera pas grand mal. et comme la Russie pas fois contre nous et contre marcher la de t'Attemagne, au contraire, nous finira sans tout Si, catastrophes. nous y gagnerons Peu de bottons la Russie, beaucoup. risques et des chances de faire un joli coup, o'eat oe que Berlin nous traite en amis {oppeiie de ta haute politique. atieet nous aime beaucoup parce que nos territoires !t nous tes prendra mands le font toucher. peut-être.; comme il a une énorme ttSeotion pour nous, il nous mais, en nous cnrant chose chez les dédommagera quelque Slaves de Turquie, Ce n'est par exemple. pas la Ruaaio qui mettra la main sur ces Slaves, mais bien nous qui les » Ces idées peuvent nottre non seulement tonexerona. de beaucoup en M. de Roditsch, mais encore dans l'esprit s'end'Autrichiens. Maia des complications peuvent Mivro. Ainsi, des qu'elle tiendra les Siaves.rAutriche ïoudra tes germaniser à outrance, même si elle a déjà de ses territoires allemands. Ce qui perdu la plupart est exact, c'est que l'Autriche n'est pas seule, on Europe, On veut t touioir croire de la Russie. à l'impuissance tues! généralement nourrisse aujourd'hui' que la Russie le dessein de eubjuger nombre do Slaves le plus grand posstMe. Or la Kuasio n'agira qu'à une époquo où peret c'est sonne en Europe no soupçonnera ses intentions alors qu'une nouvello 6ro s'ouvrira pour elle et pour ses voisins. On verra dès l'abord que la Russie est parfaiteen sera ment désintéressée, et l'état de toute l'Europe modiné. Mais jusqu'à la fin nos voisins nous regarderont de nos d'un (ai! hostile, se refusant à croire à la sincérité et a'en déclarations. n'a jamais aimé la Russie L'Europe est toujours méfiée. Elle ne nous a jamais voulu compter M nombre des siens; nous ne sommes, à son point de C'est pourquoi alarmants. rue, que des nouveaux-venus il lui est si agréaMe de temps à. autre que de M ngurër J<t Kuasie est jusqu'à présent impuissante. -que da° u'estpeut~tre un grand ~uhear.ponrc~ N'avoir pM eu le defMms lors de la guerre de Crimée:

jtM

jquH!<AL

B'UN

~CMtVAtN

nous jugeant trop torts, se serait coalisée toute l'Europe. contre'nous une iutte pour notre et aurait entrepris Divers gouvernements extermination auraient européens d'en Soir avec leurs diiMcu)te;i un moyen ainsi trouvé bien qu'une pareil guerre -leur eût été intérieures/si En France, Infiniment sous tous !ea rapporta. proHtabie se seraient tous les partis hostiles à l'Empire par exemple, dans ie but de réaliser réconciliés avec !e régime abhorre à vouloir jeter les < j'idée sacrée », – laquelle constate La guerre serait devenue na. Russes hors de rEurope. de ce cot6-ià. Mais !e Mort nous a protèges eB t!onate à !'Europe, tout en laissant intact donnant la victoire ai bien que !a défaite ne nous a notre honneur militaire, La victoire nous eût pas paru trop dure à supporter. coûte bien plus cber sauvés d'une tapon Déjà une fois le sort nous avait libérer i Europe analogue, & i'ëpaque où nous voulûmes et i Au nous donna la Prusse dujougdeNapoteon:i! Si ao"s avions vaincu seuis.IEu triche comme atiiees. & elle après la chute de Napoléon, rope, & peine revenue Prusse et i'Au. se serait jetée sur nous. Gr&ceà Dieu,-la tout se sont attribué triche, que nous avons délivrées, se vantent i honneur des victoires, à tel point qu'elles d avoir seules abattu le tyran, maigre t'oppo. aujourd'hui Russie. sitiondeia de vaincre en H nous serait toujours très dangereux notre triomphe sur du Caucase, Notre conquête Europe. tout ce!a on les Turcs, du temps du détunt empereur, aussi notre nous le « pardonne On t(ous a pardonné ait failli bien qu'une guerre générale action en Pologne, « pardonne encore nos On nous éclater à ce sujet. aient prodans l'Asie annexions centrale, quoiqu'eHes duit un enet détestable cela comme des on considère guerres < privées*. de l'Europe via-a-vis de la Néanmoins les sentiments de bientôt. Dans mon < carnet Russie devront changer et ii me semvues sur l'Europe, mars j'exposais quelques -Mai~certtua qu'tMHUt~peMJ~ RM<MH~fM'<4< 4<hph!9 forte de toutes les puissances Je n'ai pas changé européennes. d'avis. Toutes les autres grandes puissances disparaîtront

JOURNAL

O'UN

~CR!VA)N

M3

et la cause en est très simple elles seront épuisées par la lutte qu'eues auront soutenir contre tours protetaires. En Ruasie, ii.n'en sera pas de môme. Le bonhomme Demoa est content; M sera de plus en plus satisfait, de Un seut colosse demeurera sur le conp)usenp!usuni. tinent européen la Russie. Et cela peut arriver bien en Europe, plus tôt qu'on ne croit. L'avenir, appartient à la Russie. Mais une question fera alors la surgit Que Russie en Europe? rôle y jouera.t.elle? Eat-e!)e Quel t ce rôle? prête

H

II UN HOMME PARADOXAL

nous parlons de la guerre, il faut que je vous Puisque entretienne de quelques opinions de l'un de mes amis qui est un homme à paradoxes. Il est des moins connus, son caractère est étrange c'est un r~MMr. Plus tard j'entrerai dans plus de défaits à son sujet. Quant .a présent, je ne veux ma rappeler' avec qu'une conversation que j'eus lui, Il y a déjà quelques années il défendait la guerre, en gênera!, peut-être uniquement par amour du paradoxe. Notez que c'est un parfait « pékin l'homme du monde le plus pacifique, aux haines internale plus indHïërent tioaaiës ou simplement interpétersbourgeoises. – C'est s'exprimer en sauvage, dit-il entre autres la guerre est un fléau pour l'humachoses,qu'affirmer.que nité. Tout au contraire, c'est ce qui peut lui être le plus utiie. n'y a qu'une sorte de guerre vraiment déplorable, Elle décompose c'eatta guerre ci vite. dure toui'Etat, et abrutit jours trop longtemps ie peuple pour des siècles entiers. Mais la guerre internationale est excellente sous ions-iByr!!pports EHeBBttndiBpsmssMo. dans ce fait, que – Que voyez-vom d'indispensable se jettent i'un sur l'autre pour s'entre deuxpeap!es tuer?
Tt

17

tM

JOURNAL

D'UN

JÉCMVAtN

– To«t, aoaolument tout D'abord n'est pas vrai que )ea combattants se jettent les uns sur les autres pour s'entre-tuer ou da moins teile n'est pas leur première intention. Tout d'abord Ha font le sacrifice de leur propre vie, voiià co qu'il faut considérer avant tout, et rien n'est si beau que de donner sa vie pour défendre ses frères et la patrie ou tout simplement les intérêts do cette patrie. L'humanité ne peut vivre sans idées généreuses, et c'est pour cela qu'elle aime la guerre, – Vous croyez donc que l'humanité aime la guerre? – Bien certainement. Qui se désespère, qui se lamente une guerre? Personne. Chacun devient pendant plus cousont l'âme plus haute; on secoue l'apathie courageux, se on ne connaît plus l'ennui; tumière l'ennui, c'est bon en temps de paix. Quand la guerre est nnio, on aime a se la se fût-oiie achevée sur une défaite. Ne croyez rappeler, ceux qui, ia guerredeciaree, pas à la sincéritédé s'abordent en gémissant: maiheur! Ils Quel parlent par respect La joie, en réaiite, humain. règne dans toutes ies Ames, mais on n'ose pas l'avouer. On a peur de passer pour un la guerre. rétrograde. Personne n'ose louer, exaiter Mats vous me parliez des idées généreuses de l'huNe voyez-vous manité. en dehors pas d'idées généreuses de la guerre ? Il me semble qu'on peut en acquérir daen temps de paix.. vantage – Pas du tout. La générosité des amea Jors disparait des périodes de longue paix. On ne constate plus que indiBérence et ennui. On peut direqu'ane cynisme, longue rend les hommes C'est tou)oura ce qu'ii y a paix fëroces. de plus mauvais chez l'homme qui domine à ces époquesla richesse, ie capital, ià, tenez, par exemple. Après une on estime encore le désintéressement, guerre, i'amoar de mais que la paixdure, l'humanité et ces beaux sentiments disparaissent. Les riches, ies accapareurs sont iea maîtres. Il n'y a pius que t'hyppcrïeiederhonneaf, dudévouevertus que ie~cyniqueeouxCMat, de l'esprit desacrinee, memea sont contraints ad mo;ns en appadé respecter de rence, Une longue i~LatMMe j~tXDMd~tla~eule~ la corruption. pensée, Eii«atousse tous les beaux sentiménts. Les plaisirs piua grossioraaux deyienneat époques

l' s ?

Co

JOURNAL

P'UN

JSCMVAtN

105

On ne songe de la satisfactions pacifiques. plus qu'aux chair. La volupté produit la férocité. Et vous talubricité, ne poavM nier qu'après une paix trop durable, la richesse brutale oppriMetcut.. – Mais, se voyons, les acieBcea et les arts peuvent-ils au cours d'une guerre? Et ce sont, je le crois, développer les manifestations de pensées généreuses. – Voici où je voua arr&te. La science et l'art sont surtout florissants dans les premiers temps qui suivent une rafraiohit tout, donne de la guerre. La guerre rajeunit, force aux pensées. L'art tombe très bas après toujours une longue paix. S'il n'y avait pas de guerre, c'en serait fait de l'art. Les plus belles pensées d'art sont toujours inspira par des idées de lutte. Lisez lW<M'<tce de Cordu Belvédère terrassant le neitte; voyez l'Apollon monstre, – Et les madones ? Et le Christianisme? – Lo Christianisme tui-meme admet la guerre. H prone disparallra phétise que le glaive jamais de ce monde. Oh! sans doute, Unie ta guerre àun point de vue sublime, l'amour fraternel. Je me réjouirais tout te en exigeant si du fer des glaives on forgeait premier jamais dos charrues. Maia ta question se pose Quand cela pourrat-ii avoir tie~ ? L'état actuel du monde est pire gué toute la richesse, le besoin do jouir font nattre la paguerre; resse Pour retenir les esclaves qui crée l'esclavage. il faut leur refuser dans leur basse condition, toute inscar l'instruction le besoin de truction, développerait liberté. encore que la paix proclamée favorise J'ajouterai est la tacheté et la malhonnêteté. L'homme, par nature, la science si les tAche~t inaprohe. Et que ~viendra La savants sont pris de jalousie pour ce qui les entoure? basse et ignoble, mais elle peut jalousie.est une passion l'âme du savant lui-même. Et comparez au atteindre triomphe, de la -richesse ce que peut donner une découla découverte de la planète verte jscientinque quelconque, Restera-i-il de vrais Neptune, par exempte? beaucoup ~MM~d&ttavaUieurf) 'Mnint~esBcadMM! CM conditions* de veiMitea tisseront chariatMisme pris deglqu'e,to dans la scieNce. et avant tout l'utilitarisme, apparattra

196

JOUat<Aï.

O'UN

~M~AtN

en sera parce que chacun d'eux aura soif de richesses. de même en art on ne recherchera ptus que t'eHot. On en viendra a l'extrême raffinement qui n'est que l'exagération de ta grossièreté. est Voilà. pourquoi ta guerre chère à l'humanité, est un remède. La qui sont qu'elle mals elle développe de fraternité et unit guerre! t'esp'it les peuples – Comment voulez-vous qu'elle unisse les peuples ? – En les forçant t s'estimer La fratermutuellement. nité natt sur les champs de bataiite. La guerre pousse bien moinsa ta méchanceté que ta paix. Voyez jusqu'où va la perfidie des diplomates aux époques pacifiques Les du genre de celle que et sournoises querelles déloyales noua cherchait en 1863 font bien'plus de mat l'Europe Avons-nous haï tes Français qu'une lutte franche. et les ta guerre de Crimée ? Pas le moins du Anglais pendant monde. C'est alors qu'ils nous devinrent familiers. Nous étions préoccupes de leur opinion sur notre bravoure nous choyions ceux des leurs que nous faisions prisonnos soldats aux et nos otBciers se rencontraient niers avec leurs of(icters et leurs soldats, e) c'est avant-postes ~out juste si tes ennemis ne s'embrassaient on trinpas on fraternisait. On était ravi de Hre ces quaitensembte, choses dans les journaux, ce qui n empêchait pas ta Russie de se battre superbement. prit L esprit chevaleresque un magnifique essor. Et qu'on ne vienne pas nous parler d'une guerre. Tout !o des pertes matertettos qui résultent monde sait 'qu'après tes forces reune guerre toutes naissent. La puissance du pays dévient dix économique fois plus grandé, c'est comme si~une pluie d'orage avait une terre desséchée. en la rafraîchissant, Le pufertilisé, biic s'empresse de venir au secours des victimes d'une de paix. des provinces entières guerre, tandis qu'en.temps de faim avant peuvent mourir que nous ayons gratté le fond de nos poches pour donner trois roubtes. – Mais te peuple surtout ne souBre-tit pas pendant une guerre? les lui qui supporte toutes N'eajt-ce pas ruines, a!o)'STC[ce:h's ctaMes eepérieefe~ de ht seeiété n~ 1 s aperçoivent pas do grMtd'ehose ? – Ce a est que tempohurement~ H y gagne beaucoup

] 1

JOURNAL

B*t)N

)ÊCMVA!N

tu7

plus qu'il n'y perd. C'est pour le peuple que la guerre a ies meilleures La guerre conséquences. égalise tout pcaet !e maître en cette dant ie combat et unit le serviteur dola dignité humaine le sacrificd manifestation suprême de la vie pour i'ceuvra commune, pour tous,pourla patrie. des moujiks que la masse la plus obscure Croyez-vous no sente paalo besoin do manifester de /<!çof! ac~t'e des sentiments Comment prouvera-t-elle généreux? pendant !a paix sa magnanimité, ~i son dësir de dignité morale? un hommedu une belle action en temps peuple accomplit ou nous i'on raillons ou nous nous menons de ordiMire, une admiral'acte, eu bien encore nous en témoignons Mon ai étonnée que nos louanges ressemblent à des insuites. Noua avons i'air de trouver cela si extraordinaire Pondaat!a guerre tot'siesherotsmes sont égaux. Un gentilhomme terrien et un paysan, ils combattaient quand en IMi étaient plus pr~s l'un do l'autre que chox eux, dans leur village. La guerre à la masse do s'estipermet met eHc-meme voilà pourquoi le peuple aime la guerre. !i compose des chansons le combat et guerrières après les récits do batailles.. plus tard 11 écoute religieusement La guerre <; noire époque cstnécessairo sans la guerre )o monde tomberait dans la sanie. Je cessai de discuter. On no discute pas'avecdes~Muf<. Mais voici qu'on recommence à se préoccuperde résolus. Cela problèmes qui semblaient depuis longtemps signine quoique chose. Et le plus curieux c'est que cela a iieu partout en même temps.

0 =

<

198

JOUMM

0'UK

ËMCVAtM

MAI

.1

t.'AHFAtREKA!ROVA
EXTMtT D'UNE LETTRE

rien sur i'a6aireKa!rova. On me demande si je n'écrirai J'ai reçu nombre de lettres qui contiennent cette question. L'une d'elles m'a paru fort intéressante. EJtte n'était la mais je me perévidemment publicité, pas.destinée tout en dissimulant mettrai d'en citer quelques lignes de son auteur. la personnalité discrètement J'espère que ne m'en voudra pas mon honorable correspondant « C'est avec un profond sentiment de dégoût que nous Kaïrova. Cette atlaire avonsïui'aOairedota nous met La mère de rhero!no des plus bas Instincts. en présence à la boisson sa grossesse, s'adonna pendant principale son frère a bu au point de son père était un ivrogne, un de ses cousins a égorge sa femme; raison perdre.la d'où est la mère de son père était folle. Voilà le milieu iui-méme se demanda issue cette Katrova. L'accusateur si elle n'était pas foMe.Çueiques mddecins-experts d'autres admettaient la possibilité de la démence. niaient une nous revoie surtout, Mais c? procès non pas tant & iatimute extrême de la fqi!e qu'une femme arrivée Pour eiie. la famiiie de tout ce qui est saint. négation n'existe nulle femme, devant elle, n'a ies moindres pas que sa droits sut~son propre ~Mrij ne jpeut direvie lui appartient FodieUso ~ubric~é de ia Ka!rova doit primertont.

JOUttKAL
.£.

O'VN ËCtUVAtN
v.. -v.n..v.

t99
..Vi7

On Fa acquittée comme folle. Peut-être en faut-!] remercier Dieu, car U n'es), pas impossible soit qu'elle iBKttsee. < Ce qu U y a d'étonnant, c'est que dans le public, comaient pe~ f.refM~~M!CM~ de dames; des applaudissements Ktenti. M Des apptandissemonts, Pour pourquoi? l'acquitteaccordée au cynisme ment d'une folle ou pour l'impunité Mmtnins? tt aux débordements < Dca femmes, des mères, ont applaudi Ce n'est pas applaudir mais bien pleurer qu'il fallait, en présence d'un m outrage a çe qui devrait être l'idéal d'une femme. » (J'omets ici quelques lignes décidément trop violentes.) < Pouvez-vous » cela sous silence? passer

LA

VOIX

DE

PROVINCE

!t est peut-être bien tard pour revenir sur le détail do cette aCaire.de la Ka!rova du reste, tout le monde est au courant.. Je voudrais en dire quelques mots cependant, car rien ne finit, et il n'est donc jamais trop tard, en réalité, pour eMminer une affaire intéressante. Toute aventure de co et je vois que tout le genre a unesuite qui la rajeunit, les nompublic russe s'est passionné pour le procès; breuses lettres que je reçois en sont une prouve. Nos ont donné; comme l'ont depuis provinces, elles aussi, les journaux, eUes veulent vivre iongtemps remarqué de leur vie, propre et-un recueil do Kazan, intitulé le fMmt~rp<M< et dont nous aurions déjà du parler,a dit des choses d'une'extrême Voici que'de nouveites importance. voix se joignent au vieux chœur russe. Jusqu'à présent, et M<M)oou ont. mené la Russie, et ceta dePNersbMr~ 't<mt Ptërre !e~Srànd~t.e rôïe dé Péterabour~ cetuide semble modiCe à l'heure ht~tMMverte sur l'Europe, t

a00

JOURNAL

O'UN

~CRtVAtN.

f,uU est, non paa Qui, m&dtaé. Maintenant, H faut dire fonde en quelque sorte dans le but de que Pëtcrsbourg, diminuer t'inQuenco de l'ancienno capitale, a vu Moscou s'associer de plus en plus à ses idées. Tout ce qui nah sait et se développait à Pëtersbdurg naissait et se d6\e à Moscou. Il est bon d'ajoutée loppait que toutes ha villes de la Russie ont suivi cet exemple, a! bien qu'M toute ville russe OM trouve ~OH~ la ~HMfe. Nous n'!gno. rons pas que chaque coin de province avoir ses puisse un désaccord particularités, qu'il y ait m~no parfois momentané entre telle région et le centre gouvernet'avenir de la Russie mental; certainement, est insonmais entin H paraît beaucoup dable, plus clair que celui de la plupart des autres pays. est bon que la province de ne dire rien qui puisse parle, à la condition motmMr 1'unité de l'Empire. Du reste, je ne crois paa que la p:. role latale soit dite de sitôt ce centre de la Moscou, a donc encore un bel avenir Russie; grande devant lui. Moscou n'est pas encore la troisième Rome pourtant, ta prophétie doit s'accomplir, car it n'y aura do quapas trième Rome et l'Univers ne se passera pas aune Rome. Je dis Moscou, au.lieu de dire Petersbourg, qui vit do la même vie intellectuelle, parce que Moscou est une sorte de symbole. Tout cela est allégorique, rien do plus. et Kaxan ne ao f&chent donc point Cu'Astrahban que ces vittea continuent à publier des retueils littéraires avec grand piaisir. que nous lisons toujours !t paraîtrait un Second pas que nous ne nous en plaindrions point, au contraire.

LBTMBUNAt.

ET MADAME KAÏttOVA

de i'aBaire Katrova. J'p!a~i Cûaicat de votr~ac !'oa a trai'M de façon indulgente, bien que l'acquittement

Nous

voici-bien

loin

J'y

revipns. KatroTa m'ait paru

JOUHNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

201

parce qu'on excessif. Je ne suis pas homme à m'indigner à sa folie, je ne crois pas pourtant l'a mise en liberté. C'est mon sentiment des experts. malgré les opinions saine desprit, et je n'insiste pas. D'aitteurs, Mrsonne! dénie semble encore plus à plaindre ~matheureuso do indemne ce qu'elle taisait mente, « cite ne- savait souffert. Le meurtre femme a'beaucoup Mto ta misérable connu d'atroces Elle a certainement Mttouiourshorribte. les jours d'indécision qui ont précède moments, pendant la femme légitime chez son le crime, après ta rentrée do no comprend malheureuse amant, à elle, Ka!rova. (Et la heure !) Cotte dernière eUe qui outrageait Ma duo c'était le rasoir à la main, cette dernière sur l'escalier, ~o Elle a a du être épouvantable. hture avant t'assassinât on l'a a entenme épreuves, subi dix mois de douloureuses Et puis. tratm! chez les fous. et son procès a tralné, êtro d'une semble criminetto réellement cette femme do à certains points si inintelligente nature a! absurde, d'oUemémo. mattresse si futile, ai,peu vue, si vaine, n était quand on a su qu etto quo c'a été un soulagement qu'on nait !t est peuiement dommage CM condamnée. en quelque sans l'innocenter pas pu être miséricordieux, L'avocat Outino aurait dû so ~to par un acquittement. les un simple exposé des faits, sans chanter bofnerà est vrai que nous ne savons garder louanges du crime il en rien. démesure r. :.< nous avons trouvé la théorie de tJar\\tn. En Occident, sommes dont nous nous C'est une hypothèse géniale, L'idée que le crime MMs de faire une série d'axiomes. chez n'est souvent qu'une maladie a un sens profond, ont bien voulu parce qu'iis nos voisins d'Occident, sons, là même pensée n'a aucun (fftMMUer. Chez nous, nous ia rage de générahser.bt parce que nous avons H y a chez nous chose de libérai voyons en cela quelque et je ne parte pas pour eux, beaucoup d'hommes aérieax. Mais ii y a aussi ta en ce moment. à qui du libéralisme, badauds bornés et des trafiquants mesure queldu: moment qu'une tout est indiCérent. Ouhne. à i avocat Mbénie d'être Ouant ~nmMài'air il a fait i'apotogie du Crime, persuadé que, c~uttuûavM~,

°

NM

JOURNAL

O'UN

ÉCBtVAW

Et voiH comment autrement, dt< U ne pouvait parler nommes d'une à faux! vateurincontestaMe s'emballent Je woia que sHes jurés avaient pu s'en tirer autrement Me auraient tenté de protester qu'en acquittant, par leur verdict contre les exagérations de M. Outine, et l'avocat aurait ainsi nui à sa cliente. on tes a Daaa !a presse, ioueset on les a b!am<s. Moi, je crois qu~ les jurés n'ont pu faire différemment. Voici, en effet, ce que nous Usons dans un compte rendu do journat: A une question de t'accusat!on posée à la.requête « La Katrova l'acte de porter a-t'eUe pren!ed!te mainte coupa de rasoir au aou, à la tête et Ma poitrine le but de la tuer, ce dont d'Aiexaodra Wet~hanowa<fofM We!i!tanova e!!e même et son mari l'ont empêchée ? Il Les jurés ont répondu non. à une question ainsi posée? Que pouvait-on répondre Et qui voudrait de répondre aur sa conscienca prendre afarmativement? (Il est vrai que noua ne pourrions pas Mais nous ne de faon répondre davantage négative. de la réponse des jurëa, pariona que en tant que jur~s.) it faudrait avoir la science nniverseUo iaiuse pour r6 oui. pondra de bien être incapable ~a Kattova eite-metne pourrait <t Avait-elle ou de trappcr repondre: i'intent!ond'<'oor~e~ aa hasard? aux jurés, qut C'est ce!a qu'on demande doivent le savoir encore bien moins ~u'etie: Elle avait acheté le raschr, le résultat de ce soit. Maie savait-elie ferait avec J'irai m~me Jusqu'à dire qu'elle qu'e!Io a ou non. pendant cette der pu ignorer si eUe frapperait n!6re heure passée sur rescai!or, à !a main. le, rasoir son amant et sa couchés atûrs que, sur son lit, étaient ce rivale. Personne, au monde ne peut savoir personne qui t'est agité en elle. Je veux encore a!ier plus loin, a me trouve absurde Je prétends qui voudra. qu'elle très bien pu ce pas MVPirce au moment t qu'eHe faisait où e!ie frappait. Je no die pas qtt'eite était feUa et ignorait qu'èile estposfrappait; j'admets seMtementqw'it siMe qu'eite n'att eu aucun butdéûni, la mort de M rivàie w autre. Eiie pouva,i~ét!0)Hjsr..pMJttaine, par {a!de ce qu'eite TfBfeur, sans pM~eifaux conséquences

<OUKN*t.

D'UN

ÉCRIVAIN

90St

déaordonné de excessif, Mit. A en juger par le caractère certain cette matheNreuse, je suis presque qu'il en a été do la réponse que son sort dépendait ainsi, Remarquez ou négative des jurés. aurait voulu Qui tiSrmativë ? Ils ont répondu prendre un tôt fardeau sur sa conscience parce que, en un tel cas, ils no pouvaient activement faire une autre réponse. Vous me direz que le crime do la Ka!rova n'est pas un crime livresque, qu'il Inspiré par l'imagination, n'y a de femmes très simple, très brutale, )))qu'une <atîaire était couchée dans le lit de Kalrova. et que Welikanova s'arrêtant après avoir porté le Voyez-vous cette dernière, très bien pu premier co'jp et se sauvant ? t Cela aurait < Avatt-eHo i'inarriver. Et l'on vient vous demander et s~ prise teation d'égorger cofMpMtemcn~ ? Eh bien d'erreur, après avoir frappé une seule fois, elle s'était sa taee elle-méme! Si, au contraire, après avoir achevé sur le cadavre, lui coupant victime, elle s'était aoharnée le cou ? Si ce n'était avoir le nez, les ièvres, qu'après (Mcapite Welikanova, qu'elle eût compris ce qu'elle avait des maina cette tête coupée ? Mt, quand on lui eùtarracM Tout cela aurait pu arriver, être accompli par la mémo dans les mêmes h<nme, dans i< même disposition d'esprit, etrcohatances! alors on ne peut jamais porter un Mais, me dira-t-on, si le crimo n'a pas été suivi jugement sur un meurtre, du parfait réde la mort de la victime ou, au contraire, de cette victime? Je crois qu'il y a des cas tablissement mémo quand l'assassin où la volonté de tuer est évidente, n'est pas arrivé a ses fins. Je crois que la conscience des quelque chose à faire là et que la cerjaré!* a justement tout diiïérent. C'est pour l' titude leur dictera un verdict cela que je trouve excellente l'institution du jury. Somme Le jury sont rares. n'a tonte, je crois que lea erreurs ou de férocité. Il qa'à éviter les excès de mansuétude & pécher aurait plutôt tendance par mansuétude, par de s'en <emtimenta!ité. Oui. et il lui est bien, difficile est à ta portée de tout le défendre. La aeTttimBntatHe ~i« <Mt avantageuse, etta ~)tM~~j~~ ~Mpttthifpt~ est commode et ne conterions

SM

JOUMM.

D'UM

~CN"VA!N

LE

DÉFENSEUR

ET

KAÏMOVA

de M. Ontine. Je 1 Je n'analyserai pas la plaidoirie < style trouve dépourvue de tout talent. Co n'est pas de ni de < beaux sentiments éievé s, ni qu'elle manque, àiamode. Mais du genre < libérai d'humanitarisme sait qu'à présent les beaux sentioenb tout la monde tant de gea< Pourtant Il y a encore courent les rues. tout naïfs à Pêtersbourg! Ce <ont autant d~dmirateurs <t < à effets Ces avocats trouvés pour les avocats le loisir de s'occuper d'une a ont pas toujours effets de plus, il leur est arrivé si aaa!re, de t'approfondir; souvent de se servir de tous leurs moyens oratoires qu'ils s'its émotionnfn) ne s'impressionnent plus eux-Naemes, En fait de cœur, it ne leur reste plus encore les autres. que quotque chose de sec et de creux qui leur bat sous Ho ont fait, une fois pour toutes, ta mameUe gauche. de phrases de pensées, sensationnelles, d'opiprovision aux cirvoire même de gestes nions utiles, appropriés de ne pas être pris au dépourvu, constances. Alors, aurs dans la béatitude. its s'enfoncent d'avanK y EUt est rare que leurs précautions ainsi prises succès. ne leur assurent pas quelques à eSets Je ne prétends que je pas que < l'avocat i~ moins du monde a M. Outine. ressemble vous présente de talent, ï! s'est montré.en d'autresoccurrences,hommo en et j'admets que les sentiments qu'ii exprime soient, est-il que, cette fois-ci, très sincères. Toujours générai, aux phrases H s'est contenté do !acher sur nous l'éclusé de n<!g)ide l'accuser sonores. Ma!gr6 moi, j'ai été tente peur i'aHaireqn'ii vient de plaider. genee, d indiMérence ont de réputa-11faut re<!&nnattre que plus nos avocats ont tion, plus i!s sont occupés et queues pius recherchés -pttt de temp~devent ea'<c M M~ittiae~var~ ea un p*" prie cette aSaire plus à cœur; p!usde!oisir, it aurait

JOURNAL

D'UN

~CMYAtN

203

ses eOeta et de ménager H aurait été plus soigneux une intrigue n'aurait pas célébré en style dithyrambique U nous aurait assez peu digne d'admiratiun. épargne ses sur tes « lionnes frémisfaussement tragiques phrases on arrache leurs petits il no serait santes auxquelles sur la victime de pas tombé avec un têt acharnement Mme Wetihanova, – ne lui aurait pas fait !o t'attentât,– su se laisser égorger complètereprocheden'avoirpas et ne se dit en propres termes), ment (c'était prasque serait pas permis une sorte de jeu de mots sur tes pade l'Evangile. du Christ à la pécheresse roles les comptes Je n'étais mais, d'après pas au tribunal, rendus de journaux, j'ai cru comprendre que M. Outine en avait pris à son aise et avait même frisé le ridicule. à lire la plaidoirie, De< que j'ai commencé je suis de qui se moquait demeuré un peu ahurt, me demandant le procuM. Outine. Etait-ce par ironie qu'il remerciait déclarant reur de son réquisitoire contre la Kaïrova, que seulement était non ce morceau brittant, d'éloquence encore plus somb!ab!& plein de talent et d'bumanité.mais i une plaidoirie tes paroles ? Certes, qu'à un réquisitoire et humaines, libérales du procureur étaient éloquentes de it faut bien que ces messieurs M plus haut degr~.et des compliments la défense et de l'accusation échangent des jurés; mais cordiaux pour la plus grande édification M. Oupour sa j~aMo~e, «près avoir toué raccMMfeHr ttno ne voulut bout et se jusqu'au pas rester original C'est bien un peu Mme Kalrova. mettre, lui, à accuser cela eût été fort neuf; je doute pourtant que dommage ne s'étonnent cela eut étonné tes jurés: nos jurés plus de rien. Cette observation n'est qu'une plaisanterie de ma non seulement n'a pas accusé, mais il a part. M. Outine encore défendu avec une maladroite c'est exagération; une certaine de sa négligence justement là que- jovois dit, je m'en tirerai bien toujours part < Bab <se sera-t-i! à la dernière minute en employant toutes tes flamboyantes coasra suffisant ressour~sdu pour la <styteé!evé~; messieurs tes~avogalerie. C'est ainsi que se consolent ttt~ tfop eeetïpës qwand i!a<~t Me!ëht préparation~'cne ptaidoirie. te 18

:(?

JOURNAL

O'UN

ÉCRIVAIN

M. Outine s'est mis en frais de pathétique pour préet romanesque abus un jour idéal M«ter Mme Kaïrova sa cliente est moins antipathique sans c'«*Ït bien inutile M. Outine sur la M luxe d'ornements. 'Mais comptait elie, d'après sa harangue, mauvais go~~dea jurés. Touten torr!d&. M. Ouest sublime aM amour est lyrtquement t!ue idea!ise tou~ Si h Katrova.qut n'avait jamais débute dans Mn théâtre sur une scène, contraotB utt engagement & Orembourg, do- région – peu lointaine, quelque Elle a fait .M. Outine voit là tout un potOM d'abnégation. ça pour sa mère t (La vieille d6Mt< tfo~it besoin de queiquea 11 Je ne trouve pas la e~MO si extraordinaire. subsides.) n'est pas rare qu'une jeune fille b~tt. pleine de talent, dea condimais pauvre, s'en aille au loin, en ace~taet moins avantageuses tions beaucoup que celles qui étaient dans découvre offertes à Mmo Katrova. Mais ie défenseur la preuve d'une graa le seul fait d'avoir signé un contrat Kairova ne tarde pas & deur d'Ame absolument héroïque. entrer en relations avec Weiikanov, qui était l'impresario Katrova se étaient mauvaises. de la troupe. Les anaires son directeur. H paratt et tire d'aNaire remue, sollicite Je crois que n'importe quelle que c'est encore. héroïque. de cette vivo, de cette femme du caractère fougueuse < aoiiicite aurait Kaïrova impavidement pour l'homme sans conséaimé, dès qu ii y eût eu plus qu'amourette quence entre eux. commencèrent, Les scènes avec la femme de WeiitaMV et après avoir décrit l'une de ces scènes, M. Outine nous considérait Weiikanov affirme que, dès lors, sa cliente comme s<en, voyait en lui sa cr~ofton et son enfant chéri. chéri » est de à ce sujet, que ci'enfant On m'apprend, taiité en grenadier et orn6 très haute taiiie, robuste, sur la nuque. M. Outihe veut d'une forte toison qui irise de former < cet enfant". que Kaïrova ait eu l'intention de lui donner des idées nobles; sans doute l'avocat n'adsans A Weii&anov met pas que sa cMente put s'attacher chéri ne s'améliora concevoir ce but éiové. L' < enfant d'aucune façon; je crois qu'au contraire qu'il se dëtériefa chaque pMr daTantage. Voici venir l'ère des complications. Kaïrova et l'eM-

L

t

?

=

JOURNAL

D*UN

ÉCMVAÏN

207

i n~w~&~tt~M & t~~tarohnttfOf TMtIo l'enpuis t'att– tant chéri font une apparition Peterabourg fant chéri se rend seul à Moscou pour chercher une place. mais Ka!rova lui écrit des lettres tendres et passionnées, Dans ces ne montre aucun talent épistolaire. Weiiitanov lettres, ~bMrve M. Outine, on voit un petit nuage poindre tout le ciel un nuage qui plus tard envahit à l'horion, a horreur du style M. Outine la tempête. et décbalna à l'aide d'impressionnantes toujours simple et s'exprime et iui revient, et Mme Kairova images. Mais Weiikanov vivent~ s'entend). Pëtersbour<; (tnaritaiomont Nous arrivons à l'épisode le plus grave du roman. La femme de Weiikanov et, dit M. Outine, la Ka!réparait comme une lionne a qui l'on veut rova se sent tressaillir enlever ses petits. Car nous sommes en pleine période do do cette éloElle n'avait pas besoin grande éloquence. cette malheuquence pour nous sembler bien* a plaindre, reuse Kairova, qui ne sait quoi faire entra la femme et le tour à tour mari. Welikanov se révèle perfide. 11 trompe 11 est surtout sa femme et la Katrova. obligé à de grands envers cette dernière, qu'il calme pn lui fain~MRements sant accroirequesa femme vabientôtpartirpourl'~tranger. M. Outine nous présente l'amour do sa cliente comme une mais édifiante et pour passion non seulement sympathique ainsidirebautementmorale. Si morale queiaKa!rovaprend de lui céder son la résolution de proposer à Weiittanova Sinon mari «. Si vous vouiez vivre avec lui, prenez-le. s choisissez. ou moi je pars. Décidez-vous, disparaissez à sa rivale, ce langage Ka!rova eut l'intention de tenir mais je ne parviens pas à savoir si elle parla ou non. En à aucun parti, etKa!rova attendant on ne s'arrêta passa n'eût pas Eilo son temps à < bouillir désormais do rage eût M. Outine, si-elle été femme, nous tait remarquer d'elle, lutte. La jalousie cède Wëtihanovsana s'empara Comment a&éantit.aa l'émietta. volonté, pouvait-elle, Elle !anse passent dès !ors, se ma:triser ? Dix jours plus, no gniSBtt4t. La Bèvre la minait, eitle ne mangeait dormait de Petersbour~ plus, courait & Oranienbautn, et ce funeste lundi 7 juillet arriva. ce jour funcsic, Ka!fùv& se rend chez-elle, ~j toïïdi-it&, à la campagne. On lui dit que la femme de We!ihano<

S~

MVMMO'UK~catVAtN

est là. Eiies'approchedeiaehambreacoucher t'homme aime passionnément est i<<, étendu sur son lit qu'eue 'avec une autre femme! < Ah! messieurs les jurés 1 M. Outine, s'exclame demeurer pouvait-elle Impassible! H eût fallu, pour~ eeia qu'elle n'eût point de coaur Ses sentiments ressemblèrent à ces torrcata impétueux qui et brisent cite était renversent tout sur ieur passage, furieuse. tout te Elle fut portée, n'est-ce pas, à détruire à un torrent pour~M<f<n~Mro<jr ("). Si nous demandons quoi il commet des ravages, que nous rëpondra-t-ti ? de pnrases, Mais arrêtons-nous un mon Dieu! 1 Que instant à ces phrases. Elies sont détestables, détestables surtout dans le passage prinparce qu'eues se trouvent eipatdeiap!aidoir!edeM~Out!ne. Je tombe d'accord avec vous sur un point, monsieur )e défenseur KaîroTa ne pouvait rester impassible devant mais elle n'est ce que vous vehez de nous décrire, peutde ea!me que parce ~treineapaMe qu'ei!eestKa!rova, c'est à-dire une femme faible et violente, très bonne, b!en quo cesépithetes dévouée, je l'admets, sympathique, ne lui soient décernées mais ptaidoir!e, que dans votre d'une nature dérég!ee au de!t de tout ce qu'on peut imaune femme qui est malgtner. Je ne veux pas injurier heureuse et ne parle en ce moment que du dérèglement do son esprit. n'a aucun Mais c'est bien parce qu'elle empire sur e!!e-méme que Katrova ne voit qu'une façon d'en finir, dans la situation où elle s'est mise. Il ne faut dénuée de coeur eût pu pas dire que, seute. une personne trouver une autre solution plus généreuse. Traiteriez vous de créature sans cœur une femme qui eut jeté le rasoir qu!e!!etecatta!lama!n? J'ai peut-être été an peu Mo <n afBrmanLt que vous aviez fait i'apoiogie du crime je me suts Ïaissé entratner rien de yM. Pt~donnezpaFMne !nd!gnation~uia'avait de vos paroites; mais moi d'avoir exagéré l'importance des av&uez que l'on promoBcé parfois daea une plaidoirie bien imprudentes. phrases RëneeMMez qu'it y a des natures fémiBioespiuNaobj~oaeeeHa~ievotrej~ente Mme Ka! Btl~pEïns~MoeevMFotndeai ptua étevé.~i an dernier tova~ pt<M( <B'~aaoime, <v<m su comprendre

00

c

C

[

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

209

moment (ae vous recrlez pas, c est très possible, surtout au dernier souio moment), avait su comprendre qu'elle i' < offenseur abandonnant était efle », qu'en Wetikanov son esprit qu'en agissant pouvait faire plus pour ennoblir do toute autre manière, serait je crois qu'elle partie en comment elle avait pu tomber se demandant si bas. Et si eiie avait au se conduire avec une pareille générosité traitée de « femme sans cœur q l ? d &me,'auriez-vous « Vous exigez Ici j'entends des. voix qui me disent c'est inhumain Ce serait trop .de notre nature, trop en etïet, et du reste, je n'exige rien du tout. demander, lisant le passage où on la voit écoutant J'ai triasonnéen tout ce qu'elle a pu près du lit; j'ai su me représenter souffrir dt je suis heureux ait rendu la pauvre qu'on femme à la liberté. Toutefois, que celui qui rappelez-vous Allez et ne péchez plus a dit cette grande paroio ~n'a il a pardonné, mais ii pas craint d'appeler p6ch6 le péché n'a pas acquitté. M. Outine, lui, n'admet pas que la Ka!rova eût pu agir autrement n'a fait. Je prends la qu'elle liberté de faire remarquer que io mal est le mal, qu'il contiendrait de lui donner son nom, loin de l'exalter et de vouloir en exploit transformer un crime presque héroïque..

MONSIEUR LE DEFENSEUR ET MADAME ~VËUKANOVA

crois quenous Puisque nousparlons pitié ethumanité.je devrions aussi avoir pitié de Mme Welikanova. Qui plaint i'ooenseur ne plaint' pas assez l'offensé. Pourtant trop M. Oùtine semble refuser à Mme Wolikanova jusqu'à ta < vicde M voir considérée comme taaigf~ MttfttactMn time du crime ». H me semble, et je Mrais surpriaei je M: Ôutinë a eu, pendant toute sa metrompaiN.~–que MtMWeiiktneva. plttdahrM,.Mn grand d~ett d'attaqMar C'eût été an procédé vraiment et on- aurait trop simple pu dire, monsieur te défeMeur, que vous ne gardiez d in18.

N0

JOURNAL

O'ON

ÉCRIVAIN

dulgence que pour votre cliente, et que cette indulgence était purement proiessiennelle. Vous avez qualiCéde~saude Mme Weli~anova s'écriant vageset cruelles* lesparoles les mains .et les pieds de la personne baiserait qu'elle de son mari. Mme Ka!rova, présente. qui la débarrasserait « qu'elle le prenait et la femme de WeHtanov déclara t*Voue lui repondit < Eh bien! Prenez-le avez fait We!iremarquer que, des ce moment, Kaïrova a considéré < son et kanov comme sien, a vu en lui ~'sa création entant chéri Tout cela est très nait. D'abord qu'y a t.i) là de sauvage et de oruet ? Certea les parotett ne sont pas mais si vous pOMTez excuser Katrova de s'être tendres; armée d'un rasoir, comment ne pouvei-vous pas pardonnable une exclamation de. femme furieuse et oCensee? Vous reconnaissez vous-même est un que Welikanov être tellement de Katrova pour impossible que l'amour < les pieds lui est une preuve de folie. Pourquoi ~M <not< et les mains vous Un ~i ttMy<Neaï paraissent-ils homme s'attire <<eN t~rotes imposimpossible parfois et je ne vois I& qu'une phrase. si sibles, Franchement, Mme Kalrova s'était autorisée de cesjparolecpours'arroger de confisquer elle me ferait le.dfoit Je aiour Welikanov, 1~9et d'une simple farceuse. Nous ne savons la phrase est venue et pas comment faut-il se montrer si sévère pour quelques mots jetés par une femme exaspérée ? Dans bien des familles on échange des propos autrenient on juge plua graves, sur .lesquels charitable de ne pas revenir. Et ne trouvez-vous pas la ? t.a malréponse de Katrova beaucoup plus onensante tresse triomphe la femme son mari. d'enlever insinuez 3'est AJUears vous que Mme Welikanova un certificat afin médical de pure complaisance, procuré d'éviterdesepresènterdevantlaconr.Vousditesënsuite: < Qae pensez-vous, les jnréa. messiears de cette femme qui vieat chez son mari, qu'elle sait 1 amant d'une autre dans le domicile ~emme, de cette épouse qui pénètre do la maîtresse, – quLae décide à passer la nuit là et se conché sur le litjie la mtaitreeoe Cela mon dépasse '~eaieBdaineatf~r'' VoMt êtes dwet ~estë. Ignorez-vous queiretre tlientp

[

=

0

j

¡

JOUKNAt

D'UN

KCMVAtN

an

< beaucoup gagné&!anon-comparutiondeMmeWe!ikanova tribunal? C'est qu'on a dit beaucoup de mal Nantie 1 J'ignore mais. son caractère, d'etie t~ l'audience ;'aime PeMt'etro a'a't-eile mieux qu'eiie ne soit pas venue pas obéissant à un fier sentiment de tju!u se montrer, de peut être s'est elle abstenue pudeur do femme oftensée n'a Je droit de ~Mttre par pitié pour son mari. Personne elle n'est paa venue. En tout cas il est cerMTOir pourquoi tuin qu'elle n'est pas de celles qui aiment à étaler en public intimes. Et si elle était venue, qui vous leurs sentiments de la façon la plus p!au dit qu'elle n'aurait pas explique vous lui faites $iMe du monde cette visite &son maridont est un witne t Car ce n'est pas chez !a Ka!rova qu'elle e~trëe, mais bien chez son mari, qui i'a appelée, repentant. Et H n'est aucunement prouvé qu'elle ait su que Mme Ka!maison. EHe n'était pas forcée do reva payait ieioyerdoia tt~oir qui était la personne et qui était la per<hébergée Le mari i'a demandée: elle est venue chez tMme p<yonte. <Mtmari. !i lui aura explique que c'était son logement, a les deux lui. Vous savez bien qu'il no faisait que tromper lemmes. Quant à ce que vous dites au sujet du lit de la tout aussi facile d'en donner MitreMe, il est peut-être explication. En gênera!, est tombé sur je vois que tout le monde cette pauvre femme. Si Welikanova Ka!rov<t eût surpris à coups de dans la chambre de son mari et l'eût égorgée de fMoir, il est très possible qu'on se !ùt fait un devoir qualité de l'envoyer au bagne, étant dpnbée sa fâcbeuse

femmeégitime. l

Comment avex- vous pu dire, monsieur !e défenseur que Welikanova n'a pas souCert de tout ce drame, parce que, sur la scène d'un elië reparaissait pe« de jours après, tandis que Kaïrova tb~tre et jouait ensuite tout l'hiver, moins que mois chez les fous? Je plains-non pMsaitdix Mme WoiiTMtSYotre infortunée cliente, maisavquezque iitBovaadasounrir beaucoup, jeiie aussi. Même si nous de coté les chagrins dtvona laisser qu~elie a ëprouvés. io défenseur, M~me femme, souvenez-vous, monsieur Tous dMt la p!aidbirip révèle tact 4'humanité,~ qû'ëJ1e a; wtai~cment ressenti d'a~MMes angoisses ~uand eiiea

9M

JOURNAL

O'UN

ÉCRtVAtN

r

endure minutes quelques (trop de minutes) de peur mof armée et furieiise. Il est ~/e en présence de sa rivale vrai que ces sUuaHona-H ne sont comprises que de ceux qui ont vu'la mort de près. Mais songez à son réveil sous le rasoir de l'assaillante, qui lui sciait la gorge. Et ellea au*dessus d'elle le visage de Katrova. entrevu convulsé Elle s'est débattue, à la niarty. – et Kaïrova continuait riser certes elle- a dû se voir ~ëj& morte. Pensex-v ous t ce qu'a pu être cet abominable ce cauehonw cauchemar, d'une femme éveillée, et c'est là le plus horrible 1 Et quand on lui a ccuvertte monsieur le visage d'un sac Ah! considérez-vous ces tortures défenseur, comme des baga. un condamne ))< telles 1 Elle dû éprouver ce qu'éprouve 1 sur techafaud une marâtre a jeté d'un quatrième Récemment étage sa est retombée sur petite beHë-nUe âgée de 6 ans. L'entant ses petits pieds, saine et sauve. Mais croyM-vous qu'elle n'ait rien sonNert? Dëjè, ~volontairement, je songe à la On de l'avocat la marâtre. plaidoirie chargé de défendre affreuse d'une jeune femme de ia situation nous parlera la proie d'uuveui inhudevenue épousée par contrainte, main. On nous peindra sa vie pauvre, sa vie misérable, d'âme toute de labeurs. Elle, !a pauvrette, simple, de cceur pur, aura ëM eh quelque sorte subornée comme une enfant sans expérience. On lui aura vante les' joies du consiste ménage et ces joies auront en !inge sale à b!an chtr, en hideuses decuiaine.endébarbouiitagM besognea !M t <!t.ayer cette de Mioche malpropre enfant,messieurs ne Comment vouteï-voasqu'eiie jurés, y pensez-vouat décourait pas prise en haine (Et je parie que l'avocat ex<noirceurs yrira chez t'entant de 6 ans quelques Ators, prise de désespoir, crabies!) dans un moment d'inconsciente marâtre folle, la matheureuse empoigne la messieurs les jurés, petitenMe.Ah! qui de vous n'en e&t fait autant Lequel d'entre vous n'eût pas flanqué entant cette par !a tenéh~e ~J'exagère, je- caricature. dira, soit! Maiaceiui qui compo~~a cette p!a<doir!e Or, ie cas de croyez te bieO, ~u~tque chose d'approchant. mériterait une analyse et cette coupaMemeràtM avoir pour profonde, qui pourrait justement, peut-être,

JOURNAiL &'UN ËCR!VA!N

2Ï3

un peu d'indulgence résultat d'obtenir pour la criminelle. Et voilà pourquoi j'en veux à la banale nalvoté de vos les défenseurs. procédés, messieurs ne sont-ils D'un autre cote, nos tribunaux pas, à un certain point do vue une, ëco!e de morale pour notre voulez-vous que ce peuple peuple? Quel enseignement au cours des audiences ? tire des barangues prononcées Parfois on va jusqu'à lui servir de simples plaisanteries. ne s'est-il pas amusé' M. Outine, à la nn de son plaidoyer, < Ei<o a à appliquer a sa cliente ce verset de l'Evangile: beaucoup aimé. ii lui sera beaucoup pardonne ? C'est savait très bien délicieux, d'autant plus que le défenseur comme l'entend que ce n'est pas parce qu'elle avait aimé M. Outine à là pécherese. – que le Christ avait pardonné de citer on entier, à es proJe trouverais irrévérencieux Je passage do i'EvangHe. pos, ce sublime et attendrissant ici une observation personnelle, qui ne préfère consigner ni do près ni de loin. Dès l'époque où touche M. Outine t'étais élève de l'Ecole militaire, j'ai remarque que mes en général, à une sorte fermement, tondiscipiea croyaient du Christ pour cette attrayante faiblesse, d'indulgence la luxure. Jeme souviens de m'être souvent osé cettequeslion Pourquoi si enclins à s'expliles jeunes gens sentais querde ia~ortecopassagede t'Evengiie ? Ils semblent, pourtant comprendre assez bien les autres. J'ai conclu que leur Avec leur bonté Motresens avait une cause physiologique. Russes ne pouvaient trouver bien naturelle; déjeunes eeapabip, chez d'autres, une faiblesse qu'ils partageaient, dès qu'ils jetaient un regard du côté d'une jolie femme. Et, du reste;je sens que je viens de dire une sottise, mais je suis sûr que M. Outine sait fort bien comment ii convient le texte en question. d'interpréter

'H_d.'

:u~

-'v.

v

-O.

Mt

JOURNAL

D'UN

ËCMVAtN

II

AU

SUJET

D'UN

ËTABU98EMENT.

PENSEES

PARALLELES.

noûs guettent do tous côtés, et le mensonge La fausseté au point de nous faire sortie parfois de notre calme. se déroutait Au moment où le procès de Mme Katrova suis allé voir !a maison des Enfants devant le tribunal,je où je n'étais jamais entré, mais que je dësi. Abandonnes, Grâce & un médecin de rais cohnattre depuis longtemps. Plus tard je raconta ma connaissance, j'ai pu tout visiter. rai cette vieite en détaU. Je n'ai pris ni notes ni cuiNTM Des ï'abord, qu'on ne pouvait tout voir d'un j'ai cempris une autre fois. revenir seul coup et qu'il me faudrait de partir Aetaellement pour la campagne je me propose on confie les enfants. afin de voir les nourrices auxquels Je donnerai donc plus tard ma description; pour i int gianees dans tant, je ne veux parler que des impressions une première visite. J'at vu tc.munument de Betzky, une enfilade de salles où l'om a réparti les petits, les cuisines, les magoinques à la les géniBses qui serviront étables où sont iogéo: vaccination des pensionaaires.Ies réfectoires, partout une exquise propreté, ce quine g&te rien; des groupes de petits de cinq où six ans jouant des ailettes epfants attablés, a au cheval la division des jeunes filles de seize ans et élèves de ta maison/et qu'on forme au plus, anciennes Ces leur éducation. tout en leur faisant achever service dernières savent déjà quelque chose. Elles -ont -lu des façons devoir. livres de TourgueneC. petites ont leurs Mais ont causé avec nous très aimablement. très'nettes, elles sont les surveillantes m'ont plu encore davantage toutes jde physiQnQm~~a~enejtëusepasqu'e)ies aient pris cet air-la .rien qu'en l'honneur de notre visite), ont de bonnes et intelligentes. Quelques-unes paraissent

=

~OUBNÀt<

D'UN

)ÊCRtVA!N

<t8

Elles m'ont intéressé en m'apl'instruction. beaucoup la mortalité des enfants en bas Age était inprenant que moindre chez elies qu'au dehors, dans cotnparabiement dire la mémo malheureusement iesfamiHes.Onnepeut Enfin, chose au sujet des enfants envoyés à la campagne. où les mères apdu rex-de-ohaussée, j'ai vu la chambre nouveau-nés. J'ai examiné tout particuportent leurs lièrement les petits qu'on allaite et j'ai eu cette improsbien insolents. J'en sion absurde qa'i)s étaient vraiment ai ri, à part moi mais voilà un gamin né n'importe ou, qu'on apporte ici et qui crie, vocifère, nous prouve qu'il a des poumons solides et veut vivre, gigote, hurle mainteainsi H Mut, comme s'il avait le droit do nous assourdir s'il avait droit au sein et aux cherche le sein comme Mina comme les enfants qui sont dans leur famille. Oui, précipiter pour le il se figure, que tout le monde vase On a toujours envie de lui servir. L'insolent petit être demander s'il se prend pour un fils de prince. Et, après de si étonnant à ce qu'il fut fils de but, qu'y aurait-il U en tombe mémo des fcneprince ? Il en vient de partout. le caquet de ces gaillardstrès. Parlez-moi pour rabaisser ? de cette paysanne d'un qui, agacée des glapissements mioche laissé par la première femme ;do son mari, mit la main du petit sous le bec d'un samovar plein d'eau bouilOh l'enfant cessa avoir tourpé le robinet ttnte, après Mt ses hurlements !-Je ne sais pas comment les juges ont tmiM cette femme résolue, ni même s'ils ~'ont jugée. En tout cas,n'est-ello ? pas digne de la plus grande indulgence moutards vous donneraient des C'est que ces affreux Surtout à do ottaqucs de nerfs avec leurs piaiHsmonts do accablées de misères et de travaux pauvres femmes des oui, parfaitement, mères, Cër~inos Mancbissage! tours des enfants, trouvé, mères, on~ apaiser poot et Une demoisoiia intéressante moyens moins brutaux. entre dans un water-cioset, s'évanouit, sympathique – mais, sans qu'on sache te se souvient p!ua de rien, dans comment, on trouve plus tard un enfant noyé, Un enfant jeté !à, sans doute parce qu'il était quel liquide de noyer oa pius- humain "C'cp DTuy&at î N'iest-H-pas t ? petit être que de lui brûter la main à l'eau bouillante

s

JH6

WURWAh

~'<!M

ACMYÀtM

Cette mère-ta. it sera tmpoxs~ même de la juger. La fille trempée, apitoyante.~ SU'on.te met à penser pauvre de ~'<!H<! ~t Mtrouve p~rtois a ia Marguerite au nomhte de littérature), des ;ur<s des gens qui ont énormément même bond ou. comment ia~gerîM~ertL pourra-t-on & aon Mp~a~ <uts bien con. vriruBesoMecrtpMon trouY& M!~ <ï<BN la maison tieat teat qùe t<nt d'enfants que~!v!8!t<e! ces petits, il me venait det pensées peutEn regardant me demandato, vers quel par exempte, être îatUes.Ja compte de lenr poaition, eon). Age cea enfants M rendent comme MfMt9 les qM'Ha ne .sont pafdoa preMent ti est bien difB Mtrea~.Sansuue expertenee grande '<e9tt qM''h doivent, de tHe de le conjecturer, m~ i''t de quetqoe se douter bonne ht~re. ehOM.de et bonne t certaines MmMeriMroyaNe heure, que cela pourrait de la vie ne preMUMnnaieMtace gène. Ah si l'entint, pao a la protoadeur H n'arr~eMit que. par les, Hvres, On se che<!ut! d'entendement partout que ron.déMuvre il a acquis telles idées qui comment souvent. demande aémMent devoir iuti être inacceMiNee. anatait parMe.MrDieu, Un enfant de cinq ça ttt et vous en sur ie bien et le mat, des chottee surprenantes. la maigre vous, t woM dire que, certainement. viendrez, la v~ Nature a donné au<, petits des moyena d'apprendre les pedagogueo. parOh rite que n'ont pas découvert six ~na sur le bien bleu! Si vous interrogez un gamin de lui ot.le ma!, ii éclatera de rire. Maia ayez la patience de citer des faits, de voir ce que aapetitecerveiie en dedmt, etvousneserezpas~oug&Yoifqu'i! en: Mit peut être et c~ qui est Jtouabie ce piusiongque vous aur Dieu, piuN !ong que l'avocat qui est M&maMe. M en sàit:meme par iebe le plus retors, parce quecedernieMstaveagië soindefairevaMrees.argaments. rendu compte Oui. ces enfants dea asUetdotvents'etre entants~, et suis quTïs ne eont pas < comme !es.autrea oa les survei!certain que ce n'est pas par. les nourrieM vite, t'en suis tantes qu'ils !e savent. VoM decpu'vfpz s ce ~ap. qa's as wutprcïmcut quc~'opTde ehcMs M~t.'

j

=

=-

p h “

j

JOUBNAt. D'UN ËCMVA!N

MIT

(.nt droit à petits Aussi me disais-je que ces pauvres Il n'est que juste qu'après les avoir une compensation. on fasse tout pour do* recueillis dans ces établissements, et qu'on ne les laisse aborder vetopper leur instruction armés. Il faut que l'Etat regarde ces la vie que solidement me dire que On viendra comme ses enfants. abandonnés aux unions accordée aux irrégulieres, t'est une prime mauvaises mœurs. Mais croyez vous, vraiment, que toutes intéressantes et sympathiques dont je les demoiselles le pays d'enparlais plus haut vont se bâter do peupler dès fants illégitimes, qu'elles apprendront que leurs dans les universités? rejetons seront admis gratuitement Ne soyez pas absurdes si on les adopte, il faut les adopter Oui, ai-je pensé, l'envie de Je sais' bien que cela excitera complètement. « C'est et travailleurs beaucoup de bravos gens honnêtes toute ma vie; j'ai gémiront-ils j'ai peiné trop fort sans lutté pour faire bien élever mes enfants légitimes, d'études Me r6usslr à leur assurer l'avantage complètes. et mes enbientôt, Toit! vieux, malade, je vais mourir livrés aux dangers do la rue ou fants vont se disperser, Pendant ce temps-là les pettthves dans des fabriques. tits bâtarde vont conquérir leurs grades aux universités, et ce sera avec l'argent trouveront de bons emplois que en aura fait des mes contributions qu'on je paye pour personnages Je suis sûr que ce monologue sera débité, Et il est vrai bien mal. Ces plaintes sont, à la fois,. que tout s'arrange cruelles et légitimes. Comment s'y reconnaitre? à l'avenir des Mais je n'ai pu m'empêcher de songer enfants abandonnés. Parmi ceux qui ne sont pas secourus, à la soity en a d'âme supérieure, qui pardonneront d'elle », le plus souciété*, d'autres qui < se vengeront vent à leur propre détriments Mais donnez à ces déshérites un peu d'instruction et d'éducation, et je suis certain de cet que bon nombre do ceux qui sortiront < établit~ ment entreront dans la vie avec un gra~j par exemple, désir d'honorabilité, avec ia réelle ambition de fonder. seM' `. idéal, j'en BBefainilleestim~Me..Leur jurerais, d'élever eux memee leur* enfanta, sans compter sur la, <n

` SÏ~ JOUMtAL O'UN ÉCRtVAM t

de l'Etat. Sans qu'ils soient ge~érMiM viendra un juste besoin d'indépendance.

ingrats,

il

leur

!PtE lQôTe JUNEtDÉEACÛT~

Je viens de parier du légitime besoin d'indëpendancc. Aime-t on toujours Findcpendance, chez nous ? Et en quoi eensiste dans notre pays? Trouvera-t-on l'tndépendance, deux hommes qui la comprennent de la même façon ? Je medetMtndo même parfois si! y a, chez nous, une seule ideet La plupart d'entre !<MtueMeon croie sérieusement. ou' pauvres, très peu. ne songent nous, riches pensent qu'A jouir de la vie le plus possible, jusqu'à 6puiseM)pnt de iorces vitales. Ceux qui se figurent être un peu audessus de la moyenne se groupent en petites coteries qui font semblant de croire à quoique chose eu se trompant eux-mêmes. On trouve aussi une catégorie d individu < Plus nous qui ont érigé en principecetto petite phrase et agissent conformément mieux ça vaut! en prenons, & eet axiome. H y a encore do br&ves gens à paradoxes, mais pas toujours brillants. Ces bonnètes, genertttement assez derniers, quand iis sont de bonne foi, en viennent Mmventausuicido. Et les suicides ont tellement augmenté ehez houa, 'ces tempa derniers, que personne n'y fait plus la terre russe n'est plus a:ise/ attention. OàdiMit que M ne faut pas perdre de forte pour porter ses hommes. do vue, pourtant, qoe nous avons, chez nous,' beaucoup gens hoan&tes, hommes et femmes. Les femmes de valeur. ne sontpas rareset ce seront peut-être elles qui xortout, le pays. Je reviendrai M~deasus. Muteront Oui, il y a, en Ran$ie. bettnceupd'honnêtesgen~, et surtout de braves mais fap!apartd qu'hcMêies, entre jgoxpiutétboMencore ettàne ae font ancune idée exacte d~rhonneur.nooroient ~~Mf menue Mm nhM vJeiU«s et aux plus ciaires formules def honnêteté; Dieu seul sait oo B«os aifons.. Et je me aux suicides demande a peastr pourquoi ~0 mesuis'm!â

= = = = =

= =

=_ i =

= = = =

JOXttNAt.

D'UK

~CRtVAtN

j~tt

tous dans t'< établissement que j'ai visité, en regardant Voilà, me sembie-t-M, tous ces conveau-n4s. CMenfants, une idée qui ne rimait à rien, dans co milieu. de ces idées à côté qui nous Noua en avons beaucoup, à vivre Tels consentent tourmentent, qui nous accablent. et se tuent. parvenir MCaMës; tels autres n'y peuvent une une lettre fort caractéristique, J'ai lu, à ce sujet, longue lettre écrite par une jeune fille et qui a été publiée ~VoMt/cftu Temps. jtna Elle avait vingtCette jeune tiite se nommait Pissareva. à une famille do gentHshommes appartenait t!nqans;e!te ebangé, fUe terriens. jadis aisée; mais les temps ayant était Mtreo dans une école qui forme des sages-femmes. une et avait obtenu Elle avait bien passé ses examens oiie memequ'etie nemanquait phceauXonatavo. Eiieavoue ses besoins. Maia oiie <t de rien, que ses gains dépassaient « Où peutet a voulu sa reposer <t6 prise de « fatigue dit-oiio. Pouron se reposer mieux que dans la tombe? une ? Toute sa lettre exprime quoi une poreiiie < fatigue < No me tourmentM Elle semble dire tireuse lassitude. plus; j'en ai assez. do ma chemise c N'oubliez pas do me « depouiHer « J'ai du vieux neuve et de mes nouveaux bas », écrit-elle. Eiie me le motte. ma commode; qu'on linge dans on devina une elle écrit « depouiïïer -crit paa « ôter la demi-groaeièËiie va jusqu'à terrible. jMSperation fourré dans la tête que je m'ea reM. « Vous êtes-vous irais chex mes parents? Que diabte aurais-je été chercher < Pardonnox-moi, ainsi AHtoura elle s'exprime !it bas? de laquelle le logement Lipareva, et que Petrova (dans aussi. Je sais que ;e me pardonne .elle s'empoisonna) une cochonnerie. !<is une ignominie, ce qai ne l'empêche pas d'écrire Elle aime ses parents, « N'avisez pas de ma mort ia petite Lise, parce qu'ette hurler ici je ne ea parlerait à sa sœur, qui viendrait roux pas qu'on hurle à cause de moi, et tous tes parente, de leurs des cadavres hurlent Mns exception, auprès proches. Elle ne croit Petrova, qu'elle ni à t Moitié aime pourtant ae de Lipareva u! & < Ne perdez toutes deux

120

JOUt~AL

n'UN

~CtttVA!~

pas la tôté, ne croyez pas les soupirs nécessaires; lisez jusqu'au bout; faites cet effort. Vous verrez quoi décider. Mon capamais, au fait, eiio'est N'enrayez pas Petrova ble do ricaner. Mon passeport est dans !a valise. » cette pensée qu'on pourra ricaner en voyant son pue pauvre sa corps inanimé, que cette pensée ait traverse tête en un pareil moment, torfibie 1 c'est Elle se montre minutieuse dans ses étrangement Elle laisse uno petite somme arrangements pécuniaires, et ne veut p<nt que sa famille touche &cet argent. Il y a tant pour Petrwa. EUe doit aux Tchetchotkine vingt. lui ont avances pour un voyage. Qu'on cinq roubles, qu'ils leur rende leur dû. Cette importance extrême attachée à < Si tout l'argent !a montre fidèle à un préjugé répandu le monde avait l'existence serait assurée, l'humanité absolument heureuse et ne connattrait piusio crime.* il n'y a pas de crimes. Le brtme D'aiiteurs, ajoute-t-elle, n'est qu'un phénomène morbide qui provient de !a pauvrotë, do ia misère, de l'ambiance, etc. Telle est la doctrine de Pissareva,qùi est excédée do l'ennui de vivre, qui a perdu toute croyance en ia vérité, en la beauté d'un devoir quelconque à iemplir, tout idéal qui a délaissé supérieur. Et la pauvre fille est morte. Je ne hurle pas auprès do 'o!, enfant, malheureuse mais laisse-moi te plaindre de te souhaiter permets-moi une résurrection dans une vie nouveiie où rien ne t'excéun clair soieii de printemps dera ptus. Regarde, pourtant brille dans le cioij les arbres se couvrent et de verdure, tu es fatiguée avant d'avoir vécu! Est-il possible que des mères ne < hurtent pas auprès ~te celles qui font comme des mères qui ont veitiéaur'vous,'pour toi, les regards Un enfant, c'est de desquelles vous avez été une caresse t'espoir. Et je regarde d'icL Comme i)s ce~ petite abandonnés ont envie de vivre'.Toi aussi tu aB'-étéun tout petit enfant qui voulais vivre, et tu crots que ta mère peut sans douleur comparer t<HtVMHtg«d<mMwt~t ta petite ngure riante et joyeuse qu'eiip se rappelle ai bien On m'a montré tout à l'heure, dans cet établissement,

11-.a.

JOUHNAt.

C'UK

ëcnn'At~

221

une fillette qui est née avec un pied atrophié. Eile se porte merveilleusement bien et elle est extraordineirement belle. Tout le monde la caresse; ;elio* fait un signe de à chacun. tête sourit à chacun. Elle ne sait pas encore Faudra t-ii qu'elle est une estropiée. aussi que celle-là haissela vie 1 – Nous arrangerons tout cela si bien qu'elle ne s'en opercevra pas, dit le docteur. Dieu. veuille qu'il dise vrai Non, il ne faut pas ha!r la vie, ha!r nos semblables, une pense ) Quand aura passé notre mesquine génération, nouvelle plus lumineuse et plus noble guidera les hommen et i'on dira < La vie est belle C'est nous qui étions hideux. J'ai vu i'uno des nourrices embrasser tendrement l'un des petits Mfartfs. Je ne m'étais jamais figuré que tes nourrices ces pauvres payées embrassaient potits-ià. Elle a embrassé l'enfant sans savoir que je la regardais. Est-ce à cause de l'argent qu'on lui donne qu'elle l'aime? On loue ces nourrices allaitent les petits pour qu'elles abandonnés et non pas pour qu'elles los caressent. Je suis heureux d'avoir vu cela. Chez les paysannes ou esthoniennes, finnoises on dit que les enfants ne sont pas aussi bien soignés, mais quels'attachent si bien à leurs qucs unes de ces villageoises nourrissons ne les ramènent à l'établissement qu'elles et reviennent qu'on pleurant plus tard les voir, parfois de très loin, leur apportent un petit cadeau et -/«tr/enf sur eux. Non ce n'est pas l'argent Ces qui les pousse femmes-là ne sont pas seulement < seins loués des pour les seins il y a de la maternité maternels: remplacer dans leur auection. Il n'est pas vrai que la terre russe se refuse a porter ses enfants plus longtemps Voyez comme la source de vie jaillit ici, forte et belle. Certes, parmi ces enfants rtoueiilis.ii peut y en avoir mirent au monde d'intéressantes créatures beaucoup que qui, H.baa. chez elles, aiguisent un- rasoir à l'intention
~rafive!

=

°

Je dirai, en guise de Mnetusion, un instrument très ~fnpaf~ue

que le rasoir peut être dans son genre, mais .n Ï9.

t~

JOUBXAt.

0

U~

~CM!VA!N

qu 'il est f&cheux que le hasard m'ait amené ici au moment oo je suivais ie procès de iaKaïrova.J J'ignore en grande de t'acquittée; je ne sais donc pas partie ta biographie do retaNissasi son nom me vient propos en partant ment qui nous occupe, mais je suis certain que tout son raconté au tr!buna!, a perdu, pour moi, roman passionnel, beaucoup- de son intérêt lorsque j'ai vuMt~taMtssement. à cause d& et c'est peat-etre Je l'avoue en toute franchise, si peu sensible en cette visite, que je me suis montré de l'affaire de MtN~Katrova. vous entretenant

=

'fENOANCES

D~MpCMAttQUES

INC(M<TEaTABt<ES..

t.E9 FEMMES.

n conviendrait peut-etrede répondre encore a une lettre de l'un de êtes correspondants. Dans te dernier numéro du Ca~et, j'at écrit CM lignes qui ont pu )MTâitre entachées d'exagération. < Avant peu !a Russie sera ia plus forte de toutes les Les autres grandes puissances puissaucM européennes. la lutte qu'olles eHes seront épuisées dïsparatf~oBt. par En Russie, it h soutenir contre tours prolétaires. auront Dénaos est content ». c'en sera pas de même, Le bonhomme itsera de plus en plus satistait.de piu& on ptas uni., Un !a le continent sur seul colosse demeurera européen s 'H' Russia. un fait qui semblerait, Mon correspondant m'objecte que je veux prouver que Démos n'est pas aussi heureux bien .le dire. En supposait qu'il me Usa. ii comptMtdta a présent du fait en. question, que je ne puis. m'occuper prochainement. bien que. je ne désespère pas d'y reveni!' d'autant un mot sur. ÏMmos, Pour FiastaNt, veu~dir< je des doNtes sur m'expriaient phM que d'autres personnes Mn bonheur. Je leur ferai remarquer qu j'&i ta'ssë & de son union lui viendrait ~teadre que sa prospérité de plus en plus aoi. < .dt) plus ea plus satisMt,

]

JOURNAL

D'UN

ÉCMVA!N

99$

à la concorde n'existait En enet,s! cette disposition pa~ laissé passer mes appréciaauraient mes contradicteurs Cette dispostHon a !a concorde, à tions MM tes discuter. le bien de tous existe véricourtoise la discusaion puur Elle est incontestablement et tablement. démocratique Elle est universeUe.– Oui, nous en convedésintéressée. dana certaines d'insincérité déolanons, il y a. beaucoup de nos journaux, ratioas dëmoeratiquea beaucoup d'exaJa campagne contre tes adversaires de }a gération dâos démocratie, Jesqusis, disons ieea passant, ne sont pas nomNéanmoins, la loyauté dea seattoeata breux aujourd'hui. de la plus grande partie de la société russe démocratiques ne peut guère être mise on doute. A ce point de vue, nou< tout particulier en Europe, où un phénomène présentons la démocratie même à l'heure actuelle, ordinairement, ne trouve ses champions que dans les basses classes, où les vaincus en apparence, se défendent anciens dirigeants, Notre aristocratie, à nous, n'a pas toujours avec vigueur. c'est elle qui est venue aux idées démocraété vaincue; tiques. On ne peut le nier. S'iï en est ainsi. vottsavouerez En admettant avenir attend notre Mmos. qu'un brillant pas encore de la façon la plus i~ que tout ne se présente de conjecturer que les matheurx wr<b!e, !i est permis de Démos disparattront peu à peu sous î'inpassagers fluence de c& que je n'hésilerai pas à appeler tea /e~ancM et la coHeof<~e a~ao/<M de tout ~MOer<)f<çM<t< MMt~w/fes les Russes du plus grand au plus petit. C'<Kt en envistt* géant ainsi les choses que j'ai pu dire que Demos étaU Je ne vois content et qu'il serait de plus en plus satisfait. là rien d'incroyable.

f `

]

ici un atot sur la: iemme ntase. J'ai J'aimerais &router de nos. espërttafM beaucoup déjt dit qu'en cUe résidaient que la femfne cusae' a pour t'aLvenijr. M est h!<MntesU)Ma Manëea. Sttt Mt d& gtands pto~f&9t M~ v;B~t dtarnièM? sont deven)M&dept)M hontes~ icMteaptus aspirations EUe aousa imposé t'estime et aaidé jchpe~t courageuses. de notre !t ne faut pas tenir au développement pensée. On peut déjà apprécier compte de quelques défaillances.

JOUBNAt.

B'UN

)ÊC!)tVAtN

des résultats. La femme russe a bravement méprisé les obstacles et les raiiieries. Eiie a nettement son exprimé désir de participer à t'ceuvre commune; eUe a travaillé avec désintéressement et abnégation. Le Russe, homme, N'est, au cours do ces dix dernières terriblement années, adonné au libertinage, a été pris du prurit du gain, s'est fait gloire do son cynisme et de ses appétits La grossiers. femme est restée, beaucoup plus que lui, fidèlo au culte et au service de l'Idde. Dans sa soif d'acquérir une instruction elle a donné de 'toutes supérieure l'exemple les vaUiances. Le Carnel d'un B'erwa~t m'a donné l'occasion de comprendre mieux la femme russe. J'ai reçu des lettres de noms féminins. Je remarquables signées de ne pouvoir regrette répéter ici tout ce qu'on m'a écrit. Ce n'est pas que je sois avcugie pour quelques défauts de la femme contemporaine. Le plus grave est d'accepter et de suivre trop loin certaines sans contrôle jdées mascu!inea. En tout cas, ce défaut témoigne d'assez nobles de cœur. Les femmes apprécient qualités les sonsurtout timents !esbeHes généreux, paroles et p!ua que tout le reste ce qu'elles croient être de Ja sincérité. Elies sont souvent victimes des sincérités se laissent apparentes, entrainer Jes opinions spécieuses, par et c'est malheureux. L'instruction aider à supérieure pourra puiSMmment& ceta dans un avenir prochain. corriger avec En adoptant toutes ses conséquences et sans restrictions le principe de t'éducatioa supérieure accordée aux femmes, en y jotlés droits guant, !a Russie ferait qu'eHe doit procurer, un grand pas dans !a voie qui mènera à ta régénération dei'bumanité.Die)t veuiiie que fa femme russe se lasse moins souvent comme, par exempte, !a maiheuMuse Pissa. rêva tQu'eMe imite piuMt uneautre Russe, !a femme de et qu'eUe M réconforte Stèbapov. eux heures de découragement Mais rené eU'autrc pari'amourett'abnégation. eomt.egaiement~ douieuretM~ a iaou~ Mppe~ ~t inouMiaMes, 1 unewi nobtemeat et si mal rêcoménergique peMée,t'autredéso!ée, désespérée, vaincue.
~4:' .h4~ '7"

= = = = = =

= ? = C:

i

JOUBNAL D'UN ËCR)VA1?)

C25

JUÏN

1
LA MORT DE GEORGE SAKD

ce n'est qu'âpres avoir lu la nouvelle de Et pourtant, cette mort, que j'ai compris toute la place que ce nom avait tenu dans ma vie mentale, tout l'enthousiasme que avait excité en moi, toutes les t'ecrivain-poete jadis intellectuel dont je lui jouissances d'art, tout le bonheur étais redevable. J'écris chacun do ces mots de propos délibéré, parce que tout cela est de la vérité littérale. était uïto de nos contemporaines GeorgeSànd (quand dis nos, j'entends Men N nous), une vraie idéaliste des je Anitées frenfe ef quarante. Dans notre siëcle puissant, si malade, épris de l'idéalité la plus superbe et cependant des désirs ies plus irrëaiisaMes. c'est un nuageuse; travaillé de ces noms qui, venus do là-bas; du pays des « miracies saints*, ont iait nattre chez nous, dans notre Russie toutant de pensées, de révos, do jours < en mai de devenir forts, nobles saints enthousiasmes, tant de vitale activité psychique et de chères convictions Et nous n'avons en vénérant En glotifiant, de tels pas à cous en plaindre. de leur nomSt lés Russe~ ont servi et servent la logique surtout destinée. <.)a'Mt ne s~ét~nne pas de mes paroies, au sujet de-Gerge Sand, qui jusqu'à présent peut être totalement contestée, qui est; A moitié, sinon presque nuMi~ ohtMt Hetta. KH~ tait, an <«)!< tMnpa, ~<w~wHvr« dans notre pays. Qui donc s'associera & ses compatriotes pour dire un mot sur sa tombe, si ce n'est nous, nous,

~6

JOUHNAL O'UM ÉCR!VAtN

ennn. nous de tout te monde ~? -car les « compatriotes nous avons tout au moins deux patries autres, Russes, la Russie et. nous nous intttu1 Europe, même lorsque lons aiavophiles. (Qu'on ne m'en veuille pas !) II n'y. a pas à discuter. Cela est. Notre mission, – et les Russes comest grande entre tes granmencent à en avoir conscience, humaine. universellement des missions. Ello doit être non au service de l'humanité, Elle doit être consacrée du monde de la Russie, non pas seulement pas seulement de l'humanité mais au service slave, du panslavisme, entière 1 Réaéchissez et vous conviendrez que les Slavoi~ la même chose. Et voilà pourquoi pbiies ont reconnu des Russes plus netnous exhortent tous à nous montrer de russes, tement, plus conscients plus scrupuleusement car ils comprennent notre responsabilité de Russes que, détour intellectuels précisément, l'adoption des intérêts du Russe. Tout 1 humanité est la mission caractéristique ii encore bien des explications. ce!a, d'ailleurs, exigerait faut bien dire que se dévouer à une idée universellement humaine et vagabonder à l'aventure par toute l'Europe. par suite de quelaprès avoir quitté la patrie à la légère, oppocaprice, sont deux choses absolument que hautain les ait confondues Mais sées, quoiqu'on jusqu'à présent. et apporté beaucoup de ce que nous avons pris à l'Europe chez nous, nous ne l'avons copié pas tout uniquement les voudraient ainsi que le comme de serviles imitateurs, à Nous l'avons assimilé à notre organisme, Potouguines. de notre chair et à notre sang. Il nous est même arrivé morales wouSrir de maladies volontairement importées ~mme les peuples d'Occichez nous. tout en pâtissaient Les ces maux étaient endémiques. ~et, ~ezlesquele ne voudront croire cela à aucun prix. lis ne Européens nous connaissent pas, et jusqu'à présent c'est peut-êtr~ dont le résultat, tant mieux. L'enquête nécessaire, plus le monde, ne s'en fera que plus paisibletard, étonnera de Et jte résultat et sans secousse. nient, sans trouble clairement, eeUe enquête, <m peut dé~l'anirevoirjMaN: avec les littéranos relations au moins en partie/par leurs poètes, à elles, sont aussi tures des autres nations

0 = i

=

;¡:

~0~;R~)A~ O'UN ~CH)VA!~ familiers lecteurs

827

& ta plupart de nos gommes cultivés qu'aux et je répète J'atUrme occidentaux. que chaque est toujours ou philanthrope européen poète, penseur et plus plus complètement compris et accepté en Russie intimement que partout au monde, sinon dans son propre sont Walter Scott, Dickens Byron, pays. Shakespeare, des AiiemanUs, ptus connus des Russes que, par exempte, 11 ne se vende pas bien que, des œuvres de ces écrivains. J< dixième partie de ce qui sevcndenAHeniagne.pays des liseurs. par excellence un diplôme do de 93, on envoyant La Convention l'ami de l'Humanité, Schiller, citoyen au poète allemand et même proun bel acte, imposant a, certes, accompli môme pas qu'à l'autre mais elle ne soupçonnait phëtiquo t'ecuvre de ce dans la Russie barbare, bout do l'Europe, en naturalisée, même SchiUer a été bien plus répandue, non seulement à l'époque, qu'en France, queJque sorte, mais encore plus tard, au cours de tout ce siècle. Schiller, n'a été connu en et ami de l'Humanité, citoyen français et encore pas de littérature France que des professeurs Chez nous, il a profonde tous, – d'une élite seulement. et il avec joukovsM. h)Cue sur !ame russe, dement il a marqué de son influence; y a laissé des traces de notre développement uoe période dans les annales du Russe aux apports intellectuel.. Cette participation est un phénomène universelle quo d& la littérature chez les t~on M constate jamais au môme degré presque hommes des autres races, à quelque période que ce soit constitue et si cette aptitude du monde; de l'histoire russe, bien à nous, vraiment une particularité nationale, s'arrogera ombrageux,que! chauvinisme quel patriotisme et ne le droit de se rëvoiter contre ua parei! phénomène, pour voudra, su contraire, y voir la plus belle promesse nos destinées tuiares.. de des gens pour sourire il 6e trouvera Oh, certes, à faction de George Sand, l'importance que. j'attribue s'est Bien du temps auront tort. mais les moqueurs vieille, sepécoulée George Sand eUemem<6 est morte, & sa survécu iongtempx apteft àyoir peut-être tuagëcaire, tors des premiera gloire. Mais tout ce qui nous fit sentir,

-0

}}?

JOURNAL

D'UN

ËCKtVAiN

une parole débuts du poète, que retentissait nouveile, était universeHementhutout ce qui, dans son oeuvre, son écho chez nous, matn~tcut cela eut immëdiatement dans notre Russie. Nous en ressentimes une impression et qui intense ~t profonde, pas dissipée qui ne s'est toute tout novateur N~opëen, que tout poète, prouve devient fatapensée neuve et forte venue de l'Occident, lement une force russe. on article intention d'écrire D'ailleurs, je n'ai aucune Je veu~ seulement dire do critique sur George Sahd. paroles d'adieu sur sa tombe encore fralche. quelques

Sand coïncident avec de George Les débuts itinéraires les années de ma première jeunesse. Je suis, a présent, de cela, car heureux de penser qu'il y a déjà si longtemps ans se isont écoulés, on maintenant que plus de trente en toute franchise. JI convient de presque peut parler la plupart des gouvernements faire observer qu'alors ne toléraient chez eux rien de la littérature européens rien sinon les romans. Tout le reste, surtout étrangère, était sévèrement à la ce qui venait de France, consigné frontière. Qh, certes, bien souvent, on ne savait pas voir. ne savait pas plus voir que ses imiMetternich lui-même des < choses terribles »-ont pu Et voilà comment tateurs. a bien passé :). Mais, en revanche, passer (tout Bieiinsid on un peu plus tard, surtout vers ia nn de cette période, se mit, de peur de se tromper, prohiber a peu près trouvèrent tout. Les romans pourtant grâce a toute quand il s'agit de époque et dans ce pays ce lut surtout furent aveugles. romans de George Sand que nos gardiens ceavors: Rappeiox-vous 11 Mit par coeur tes vo!u'nes DoThiereetdeRabeau Et fougueux comme Mirabeau ïtg!oriaeta!ibertè. Ces vers sont d'autant plus précieux qu'ils furent écrits

JOURNAL

D

hN

ËCMVAtM

2M

Mais si Denis par Den!a Davidov, p~te et bon Russe. Davidov a çousidéré Thiers comme dangereux (sans doute de la /?~u(t~Moft) et a rapproché cause de son /~o<~ à dans le poêma cité, son nom do celui d'un certain Rabeau écrivain ainsi et que, du qui s'appelait (iiyavait aiora,un être sûrs que reste, je ne connais guère), nous pouvons bien peu d'œuvres l'on admettait officieHement d'auteurs Russie. Et voici ce qui en résulta étrangers alors'en l.es idées nouvelles chez qui firent à l'époque irruption nous sous forme do romans, n'étaient que plus dangesous leur vêtement do fantaisie, reuses car Rabeau n'aurait tandis queGeorge que pou d'amateurs, peut etrerencontre Sand en trouva des milliers. Il faut donc faire encore le siècle passe, et remarquer ici que, chez nous, depuis et les Liprandi, on a ce, en dépit de tous les MagnitzM de n'importe toujours ou très vite connaissance quel mouvement intellectuel de l'Europe. Et toute idée neuve était immédiatement transmise classes par nos hautes à ia niasse des hommes intellectuelles un tant soit peu doués de pensée et de cufiosité C'est ce philosophique. à la suite du mouvement d'idées des qui s'est produit années « Trente Des le début de cette période, les Russes ont été tout de suite au courant de l'immense Solution des littératures Des noms noueuropéennes. Maux d'orateurs, de tribuns, de professeurs, d'historiens, tarent promptement connus. Même nous savions plus ou moins bien ce que présageait ladite évolution qui boule. versa surtout le domaine de l'Art. Les romans en subirent une transformation toute particulière, que ceux de H est vrai George Sand accusèrent plus que les autres. et Bouigarinë le public en garde mettaient queSenkovski contre George Sand même avant l'apparition des traductions russes de ses romans. On s'eBorcait surtout d'épouvanter nos dames russes en leur révélant que George Sand « pôrtait des culottes » on tonnait contre son prétendu libertinage; on-tentait de là ridiculiser. Senkovski, Mnsdire & traduire ses romans dans qu'il s'apprêtait <a propre revue; !a JMMtO~<j~e d~ Zec/Hre, se mit à Mme < E~or ~'appeler, dans ses ccrits, Sand, et l'on assure qu'il était parfaitement ravi de ce trait 10A "jI" d'esprit. 20 M

°

=

2M

JOttRXAt.

!)'UN HCRtVAM

Plps tard, en !'année dans son Abeille 48, Bou!garine, du Nord imprima, sur le compte de GeorgeSand, qu'elle de Pierre se grisait tous les jours, en compagnie Leroux, dàns des caboutotsdo barrière, et qu'elle prenait part aux Mirées « athéniennes données de i'inte au ministère rieur par ce <: brigand »de Lëdru-RoMp. ~'a!tu ces choses en !8, moi-même et m'en souviens fort bien. Mais alors, George Sand était déjà connue de tout le pubtfc lettré, et n'a cru Bouigarine. Les premières oeuvres d'elle personne en russe parurent dans les ~~n~cs Trente. Je traduites de ne pas me rappeler que! tut !e premier de ses regrette romans dont une version tut donnée. dans notre langue; une impression en tout cas, quel qu'il fût, il dut produire énorme. Je crois que comme moi, qui étais encore un tout ie monde fut frappé par la belle et cbaate adolescent, de l'idéal pnrcté des types mis en scène, par la hauteur de l'écrivain, des récits. Et l'on voulait par la tenue femme < portât des culottes et se < ih r&t qu'une pareille au libertinage J'avais seize ans. je crois, quand je lus » une de ses oeuvres l'une do ses plus charde début. tMntes Jé m'en souviens ~en; j'en eus productions. !t) fièvre toute la nuit qui suivit ma lecture. Je ne crois en atnrmant pas me tromper que George Sand prit, pour nous. presque immédiatement, la première place dans les rangs des écrivains nouveaux dont la jeune gloire alors par toute t'Europe. retentit Dic6ens lui-même. qui chez nous presque en même temps, passait après parut éiïe dans l'admiration do notre public. Je ne parle pas de Baïi!ac,qui fut connu avant elle et qui publia dans les et Années Trente des œuvres comme jEu~nte~an~ ? 6ot'/6A de Bakac pour !eqûe! Bielinski fut si en méconnaissant injuste ta grande place qu'il tenait MMérafuro D'ailleurs, française, tfansia je ne prétends donner ici la moindre pas appréciatton je me critique de rappeler patente te goûtd.e~ masse d~s tecteurs «tMMdaïorset ï'impressionproduMesureux. Le point essentiel se est que ces' tecteurs pouvaient les iM~titr~r.daatte~ToatatMt4iMngerft,tve<; toutes » si idées nonveMes contre tesqueiies on Iës,< protégeait jalousement.

JOURNAL

O'UN

KCRtVAt~

S~t

est-il ta que vers les « anoeça quarante Toujours russe lui-même savait plus ou moins bien gros public des plus que George Sand est l'un des plus ëciatants. do !a nouvelle g6n6Cers, des plus probes représentants ration européenne de cette époque, de ceux qui ont ni6 « acquisitions ces fameuses le plus énergiquement pbsila sanglante Révolution nves par française lesquelles de ta tin du siècle passé a comeuropéenne) (ou plutôt I" – on p!et6 son oeuvre. Apres eHe – après Napoléon < tenté de révéler, par le livre, do nouvelles et aspirations ont vite tout un idéal nouveau. 1 es esprits d'avant-garde pas telle ou teUo modification compris que ce n'était qui pouvait se concilier apparanto d'un réel despotisme Mec lés besoins d'une ère neuve, que l'«< ûte-toi de là que des nouveaux no résolvait mattres rien. je m'y mette les récents du monde, les bourgeois, vainqueurs que étaient peut-être pires que les nobles, ces despotes de la » Fraternité teiiie, et qua~ !a devise « Liberté, Égalité, n'est composer Ce n'est pas tout, que de mots sonores. des doctrines Alors surgirent qui prouveront que ces ne concretaient vocables. éclatants que des impossiblbientôt lités. Les vainqueurs ne prononcèrent plus, ou mieux ne se rappei~rant plus les trois mots sacramentels La Science ciie mémo. dans la qu'avec une sorte d'ironie. de ses plus briiiants adeptes personne de queiques-uns des forsemblèrent alors apporter ()es économistes), qui de la raillerie et conmules inédites, vint au secours damna nettement les trois mots utopiques pour lesquels tant de sang avait été versé. Ainsi, à côté des vainqueurs de tristes exu!tont§, apparurent et mornes visages qui les triomphateurs. inqutëtêreot une parole C'est alors que tout & cût)p se fit entendre vraiment nouvene, naquirent. que des espoirs nouveaux Des hommes vinrent, que c'était à tort qui proclamèrent et injustement i'œuvre de que l'on avait interrompu abouti à rien par un changerénovation qu'on n'avait ment de figuration politique que t'ceùvre de rajeunisseB~at social devait e'aMaqtw aux rtM~nM mén)M <te~ société. Oh certes, on aUa parfois trop loin dans les Des théories et monstrueuses pernicieuses conclusions.

]

aaa

JOURNAt.

D'UK

KCn!VA!N

se tirent mais. ressentie! jour eat que, de nouveau, brilla l'espoir et que la croyance & germer. reconnnonca do ce mouvement Il dure encore L'histoire est. connue. et ne semble avoir aucune tendance à s'arreaujourd'hui ter. Je ne me propose nettement de parier ici pour ou contre tut. Jo tiens seulement à préciser îa part d'action ce mouvement. de George Nous la'trouverons Sanddans des les débuts de t'ëcrivain. Alors t'Eurbpe.en la lisant, disait que ses prédications avaient pour but do conquérir situation dans ta société et pour la femme une nouvelle les futurs drotta der< épouse tibre* » qu'elle prophétisait est de Sen!{pvaki); mais cela n'était (réxpressîon pas tout à tait exact, puisqu'elle no prêchait pas seulement en faveur de !a femme et n'imaginait aucune espace d* < épouse libre à tout mouGeorge Sand s'associait vemeht en avant et non pas à une campagne unique ment destinée à faire triompher les droits de la femme. 11 est évident que, femme eiie-meme, o!!o peignait. plus il est non moins des héroïnes volontiers que des héros; clair que les femmes de J'univers entier doivent à présent porter le deuil de George Saud, parce quo l'un 'des féminin du sexe est mort, plus nobles roprosentants et d'un parce qu'elle fut une femme d'une force d'esprit inouïs. Son nom, dès à présent, devient talent presque et c'est un nom que l'on n'a pas le droit d'où historique, eurodo ia mémoire Mier, qui no disparaîtra jamais a ses héroïnes, péenne. Quant je répète que je n'avais tout J'étais que seize ans quand je 8s leur connaissance. troublé par les jugements contradictoires que l'on portait sur leur créatrice. ces héroïnes ont Quelques-unes parmi un type d'une tèiib pureté incarné, morale qu'it est impossible de no pas se n~urbr que !e po~të tes a créées & au point do tTmage de son âme, une âme trës exigeante vue de la beauté mbrate.tino éprise de apte croyante, et devoir et de grandeur, consciente du Beau suprême innnimont capable de patience, de justice et de pitié. Il est~ vrai gu'& côté. de la p!ti~, de iajt~ti&uce~ do ia claire une chez l'écrivain inteHigence du devoir, on entrevoyait très haute Qerté, un besoin de' revendications, voire des Mais cette Nerté elie-meme était admirable, exigences.

JOURNAL

0'U:f

ÉCMVAtN

S33

dè principes car elle dérivait élevés sans lesquels i'huvivre en beauté. Cette ilorté n'était pas manité no saurait mémo du voisin auquel on dit le mépris quand jo suis tu ne me vaudras elle n'était meilleur que toi jamais; refus de pactiser et le avec le mensonge que le hautain rice, sans que, je le répète, ce refus signifiât le rejet de do pitié ou do pardon. CeUe fierté simtout sentiment Les hero~es devoirs. do George posait aussi d'immenses Sand avaient soit de sacrince, ne rêvaient que grandes et belles actions. Ce qui me plaisait surtout dans ses c'étaient de jeunes œuvres, premières quelques types filles de ses contes dits « vénitiens types dont le dernier spécimen figure dans ce génial roman intitulé la question bistoJeanne, qui résout de façon lumineuse d'Arc. Dans cotte œuvre, George Sand. riquo de Jeanne ressuscite dans la personne d'une nous, pour jeune la figure de i héroïne française et paysanne quelconque, rend en quelque sorte la vraisemblance de palpable tout un cycle historique admirable. C'était une tàche évocatrice, digno do la grande car, seule do tous les portes do son époque, elie porta dans son âme un type idéal aussi pur de jeune fille innocente, par puissante son innocence mémo. Tous ces types de jeunes fiiies se retrouvent pius pu moins modifiés dans des œuvres l'un des postérieurcs/est étudié dans la magnifique nouvelle plus remarquabies la 3/ar~H~e. Sand nous y présente le caractère George d'une jeune femme loyale et honnéte.mais inexpérimenMe. douée de cette chasteté fiëre qui no craint rien et ne de là corruption. au contact Elle peutsesouiiiërmôme va droit au sacrinco croit qu'on attend (qu'elle d'elle) avec une abnégation brave tous les périls. Ce qu'elle qui rencontre sur sa route ne t'intimide en rien, au çontraire. Sa bravoure s'en exalte. Ce n'est que dans le danger que son jeune cœur prend conscience de toutes ses forces. Son énergie s'eh exaspère ei!e découvre des chemins et des horizona à son âme, qui s'ignorait nouveaux encore, ~t ~n'HtOH<'<waftoitap<trdèft maia~t~it fr(~he~< concessions à !a vie. Avec cela, la forme du poème est. et charmante. Sand aimait tes irréprochable George M
20.

y ~1

g~t

jf)uns.\t<

n'ut<

~canAtx

te triomphe de i innocence, de la heureux, dénouements Etait-ce de la jeune et simple bravoure. i& ce franchise, ia société, faire naître de$ doutes qu) pouvait troubler i et des craintes? Bien au contraire, les përea et les m~res les plus rigides à leur tamiiie ia leoture do George Sand et pèrmettaient de tous de s'étonner de iav~oh dénigrée ne cessaient côtés. Mais alors eoiattrentdes protestations. Oo mettait femi. !e public en garde contre ces Sèrea revendications à la de pousser l'innocence ninca, contre cette témérité découvrir le mal. On pouvait là, disait-on, lutte contre <. Peut-être avaitles indices du poison du < féminisme de poison. Il y avait peut être là on raison en parlant un poison qui s'élaborait, mais on n'a jamais ~te d'accord sur les enets de ce poison. On nous at<inne-~p<t'co bien – réso'vrai ? ces questions sont à présent que toutes lues-

Il nous faut faire remarquer, à ce propos, qu'au cours de George Sand était si des années ta gloire quarante, si comhaute et la foi que Ton professait pour son ~uie nous etteodions plète, que nous tous, ses contempora~s, datxa un avenir d'elle qùetque chose d'immense, d'iaou!, prochain, voire des so!uH6n8d66aiHves. ne se réalisèrent pas. U semMe que, des. Ce~ espoirs vers ta un des années cette quaépoque, c'est-à-dire ce (ju'it était dans sa Sand avait dit tout rante, George sur sa tombe & poino mission do dire; 'et maintenant, doCnirefermée, de? paroles nous pouvons prononcer -tivés,; mMs elle est de Cieor~e Sand ù'est pas un penseur, dans ie tatur <tne humanité ces sibyUes qui ont discerné Et si, toute sa vie, e!!e pf~ctamo la poasip!ùs heureuse. & rïdeaï, c'CBt qu'eite. MHté, pouf rhumànïté, d'atte!ndr9 = même ët~it at-mee pour y atteiodre: Elle est morte déiste, croyant en Dieu et à fermement niuu~oHtMB. MMÎa'~e~ tfo~j~M Hîre~eat!tM~ écrivains de aoa temptt, t< cbr~Henne a: été, parmi les par

JOUHNAt. n'UK

ÉCMVAt~

!<?

~«))« .<< A t~ ~<A du ~'h~iot Christ. f~H~ Cette excellence, non qu'elle crut à la divnité du Christ Française n'eùt pas admis que la glorification le salut, concept e&ten so! assoit d'efOcacite pour conférer Mais la contradioqui est à la base de la foi orthodoxe. Mon est ici dans la terminologie plus que dans l'essence, Sand aura été une des et je maintiens que George du Christ. grandes sectatricos ses convictions, ses espoirs, elle les a Son 60cia!isme, morale de l'homme. fondés sur sa toi en la perfectibilité Elle avait, en euet, do la divinité une haute humaine, de livre en livre, et ainsi s'assoexaltait notion, qu'elle et par !o sentiment à l'une des cia!t'eiîe par -la pensée Je veux dire au idées fondamentales du christianisme. D'où sa et de responsabilité. principe de libre arbitre du devoir et de nos obligations mo nette conception raies. Peut-être, ou écrivains tranparmi les penseurs sis, ses contemporains, n'y en a tit pas un qui ait que < ce n'est paa do pain seulecompris aussi fortement ment que l'homme a besoin pour vivrez. Quant à sa Morte, à ses exigeantes revendications, je répète qu'elles n'exvoire une cluaient jamais la pitié, le pardon do t'ouense, sans bornes, qu'elle avait trouvée dans sa pitié pàtience Sand même pour t'oHenseu' a, maintes fois, George et a su. les incarner cêtebre ces vertus dans ses (euvres dans des types. On a écrit d'eUe que, mère excellente, elle a travaillé assidûment jours et jusqu'à ses derniers des paysans de son village, elle fut que, amie sincère aim~e d'eux avec ferveur. Elle satisfaction d'amourtirait para)t'i!, queique propre de son origine aristocratique (par sa mère oiio s~ à la maison de Saxe), mais, bien plus qu'à ces rattachait nalis prestiges, e!!e était sensiMo., ii faut le dire, à cette aristocratie vraie dont le seul apanage est la supériorité d'âme. Elle n'eut au. ne pas aimer ce qui était grand, mais était peu apte a pçr<CQvo:r les éléments d'intérêt que rec~enHes eboscs mesquinea. En. ceh, elle se montrait peut-~tre trop aërp. U est Meo vrai qu'ette aimait peu & ~ahT: $g]~cr d!nas ses remaBs des etrea iMBM! j'x'!<~ mais passifs, innocents <Mai~ maltraites, comme on en voi~

~6

JOUHNAL O'UN ÉCRtVAt?!

toutes les oeuvres de ce grand chrétien dans presque de Dickens. de M. Etie campait Loin ses héroïnes uëremeht en taisait presque et des reines. E!te aimait dette attitude et ii convient de ses porsohnagea de remarquer cette par. t!cu!arite.E!!e est caractéristique,

1I MOK MRADÛXE

menaces d'un choc avec l'Eude nouveau, pas encore !a guerre. On est, pour l'ins– ou plutôt disons que ta Russie dispose, à la guerre. C'est toujours cotte disposée d'Orient à l'horizon. sempiterneiio question qui revient Une fois de p!us l'Europe regarde la Russie avec menanco. Mais pourquoi de faire la chasse &!a essayerions-nous à queiie conHance, en Europe ? Quand époque – FEu à-t e!!o épargne les soupçons? souropè.nous Peut-eMe iemont ne pas douter de nous et penser à noua sans un hostile ? Certes son opinion sentiment un ~our changera ou t'aùtrè eUe on viendra & nous comprendre, et mon dësir est de causer bientôt de cela longuement, – mais, en attendant, une question à secondaire, une question cote surgit dans mon esprit, à hquetie – Une question Il est très possiNo je serais anx<eux de répondre. que personne ne soit dé mon avis, mais il me semble que j'ai raison, a~ moins jusqu'à pou)t, mi certain J'ai dit qu'on ne nous <~me pas en Europe, nous autres, !et Russes, et c'est M fait que persônnéne desireranier. On nous accuse surtout d'être des ~!ii)6ra~~terriNes et même des révolutionnaires. On a cru constater que BMLjsympatMes jaUaient ptutot aux < demoliMetu-s C'est pour cela qu'on q~'aa~ conserrateura ëtirop~ëhs. Bons cons!d6ro non aàns une ïa-bas plutôt ironiquement,

Nous voici, rope. Ce n'est tant. bien peu est bien peu

JOURNAL D'UN ëCMVA!N

897

peut comprendre que nous nous pointe do hà!ne. ne de t'état social de nos voisins. On posions en dëstruoteura ce qui le droit do désapprouver nousretuse positivement comme' se passe en Europe parce qu'on nous regarde à la civilisation~ européenne. Ce qu'on voit en étrangers nous, c'est une bande do barbares égarée en Europe, ton. chose à démantibuler jours heureuse quand il y quelque une horde de Huns toupour le plaisir de démantibuler, d'envahir la vieille Rome et d'en renverjours désireuse la gravité du dommage verser les temples sans concevoir cause. se révèlent I! est vrai que les Russes, depuis longtemps, c'est même assez étrange. d'intraitables Quellibéraux il en était ainsi ? qu'un s'est-il jamais demandé pourquoi des Russes.. Comment se fait-il que les neuf dixièmes aient toujours civiiiaés à l'européenne, soutenu, à i'étranqui semblent parfois nier tout ce ger, tes partis avancés, civilisation et comme culcomme que nous regardons ture. par exemp~e, regarde H y un abtme entre ce queThiers, et ce qu'en rejotcomme condamnable dans la civilisation ~os Russes martenttos partisans do la Commune de i~i. cheraient plutôt avec tes gens d' < o~trôme gauche t, bien On trouvera parmi nous beauqu'il y ait des exceptions. Notez que coup moins de thiéristes que de communards. ces roM~es ne sont pas tes premiers vcnu$; ce sont parfois des gens de haute culture, Mais les voire des ministres. eux no s'arrêtent européens pas à leur civilisation/pour et vous < grattez tq Russe, disent-ils, superficielle Tout cela peut être Ïo Cosaque, te Tartare tron~erez à l'esd~une~nnniojustesse.mais voie; ce qu; montent a une Est-ce en tant que Tartare prit: que le Russe est-ce en tant que saupréférence pour tes démagoguM, no t'pnt-oties vage destructeur ? D'autres pas raisons est a88M sérieuse. dëcMe ? Là question Notre rôie de est fini. Il va se passer fen&tre ouYerte sur t'Europe tout le ie monde autre. chMe dpnt a .conscience tuut Noas utuuttt môu<Ïp? du <eux qnc~qacMs. qn: pensent trouver t'Europe que nous attons, de'nouveau, prévoyons aura plus d'importance sur notre chemin,et la rencontre

~38

JOURNAL D'~N ËCMVAtK

= Est ce la question d'Orient qui nous vaudra que naguère. autre cela, ou. quelque question imprévue? Qui le aait? Voilà pourquoi tout genre de conjectures ou même de peut devenir intéressant paradoxes aujourd'hui, parce que = tirer une indication. nous en saurons N'est-)! peut-être pas curieux que ce soient ces Russes~ <iera d'être, chez des < Occidentaux nous, surnommas entagës de piai – durement les Slavopbiles, sauter a'auier qui semblent ies autres aux adversaires de la société plus vite que à ses démolisseurs, à F < Extre;ne P actuelle, gauche N'est-il pas surtout étonnant que cela ne surprenne personM en Russie et qu'il n'en ait mcrne jamais ëM question? 2 Ma réponse est prête. Je ne veux rien prouver j'exposemon opinion en ne développant rai sin)p!e!peat que ie fait seul. Il est impossible de rien prouver dans ces choses-ta. Voici ce que je pense. Ne voyex-vous pas dans ce iait x russes adhèrent que les « Occidentaux plus volontierft aux programmes de l'extrême gauche, une protestation de l'âme russe anti européenne à laquelle la culture étranété antipathique ies jours de gère a -toujours depuis Pierre !e Grand ?.Tei!e esf, du moins, ma façon de voir. n'a été qu'instinctive; cette antipathie mais Certainement russe cpqui est précieux à constater, c'est que le sentiment c'était inconsciemment demeurait vivace; que lame russe mais elle n'en réagissait Bien protestait, pas moins. on nous signifiera entendu, qu'il n'y a pas là de quoi se et l'on afih'merade les protesréjouir plus en jusque tataires sont des Huns, des barbares, des T~rtares qui ne regimbent au nom d'aucun élevé, mais tout principe deux siècies lis N'ont jamais su se qu'en bêtement parce rendre compte de la hauteur européenne. d'esprit Neveux ce qui précède tout en rejetant bien accepter de toutes mes Torces Tépithète de <:tartares~ appliquée à mes compatriotes. U n'y a pas un Russe qui essaye de lutter contre de Pierre-io rceuvra Grand, qui Marne la <: tenétre ouve. te sur l'Europe et r&ve avec regret à l'ancien Txarat moscovMe.. Ou reste la~uestion-n'est pasià. H de savoir si tout ce que nous avons vù-par la fameuse s'agit < fenêtre < était bon. Je crois que nous~vonsapercu tant

JOURMAt.

D'UN

ÉCMYAtN

23!)

et nuisibles russe de choses mauvaises que le sentiment Et ce n'est pas à un point do n'a cessé de s'en indigner. mais bien parce qu'il garvue tartare qu'il a'eat révolté, chose de supérieure ce dait sans doute en lui quelque mentionnée fenêtre. par la toujours qu'il a distingué clair que les Russes n'ont jamais protesté contre 11 est de l'Europe des dons beaux et nous avon~reçu tout: Mais, excellents, ingrats. qui ne nous ont pas laissés nous avions bien le droit de refuser au franchement, ofierts moins la moitié des présents tout cela, je le repète, s'est passé de la façon Cependant Ce sont précisément nos plus déterminés la plus curieuse. < occidentaux les plus entiches de réformes à i'euro" !e système social de l'Europe péenne qui ont condamné en af8chant des opinions nuance ls extrême-gauche. se sont révélés dès lors comme les Russes les pius ferde la Russie et de l'esprit les défenseurs vents, comme au nez, du reste, ou prendraient russe. Ils nous riraient !i est évident qu'ils peur si nous venions le leuraMrmor. Ponn'ont senti en eux aucune protestation consciente. ils se sont niés euxdant deux siècles, tout au contraire, ils ont même mêmes, se jugeant indignes de tout respect; mais en fin de compte &étonner ep cela réussi l'Europe ce sont eux qui se sont montrés ics vrais Russes. C'est ce mon paradoxe. point de vue tout personnel que j'appelle homme d'une nature par exemple, passionBielinsky, aémeat fut l'un des premiers Russes enthousiaste, qui aux idées des socialistes applaudirent européens, alors que ces derniers ne craignaient de renier déjà toute la pas de civilisation Cependant, européenne. quand il s'agissait de toutes ses forces contre les tonHtiérature~inuttàit (tances stavopbttes et persista dans cette lutte jusqu'au bout. Commet eùt~tésurprisalors.si lesSiaYophiieslui avaient dU que c'était lui le champion de la vérité russe, du tempérament-russe, russes Et si on des principes lui avatt prouvé que c'était lui le vrai conservateur quand, & un point-de Mciaiisïe et vue européen, il 6e faisait r&xotuttcnnaire ?.<. U en était bieu ainM, ppurtaat. être juste, qu'il y avait une grande erteur Ï)iseM~ pour des deux eûtes. Les Occidentaux russes confondaient

]

2M

JOURNAL

D'tJN

ÉCRtVAtN

un peu trop la Russie avec l'Europe en dénonpout'etre les institutions de l'une ils croyaient, sans doute, que çant sur l'autre. la Russie n'était Toutefois, le M&meejaillirait r et rien de portait l'uniforme pas l'Europe: européen toutdiSëplus. Sous l'uniforme adopté, il y avait unôtre rent. Les < Slavophilea ne disaientpas ijs autre chose démontrer voulaient rêvaient que les < Ocoi~eat~ux l'assimilation de deux éléments par trop dissemblables et à l'Europe n'avaient auque les conclusions applicables cune chance de s'adapter aux besoins de la Russie, surtout parce que les reformes demandées pour l'Europe en Russie, existaient au- moins en depuis longtemps non point aous un déguisement germe, < en puissance avaient révolutionnaire, été conçues mais telles qu'elles la doctrine du Christ. Ms nous invitaient à étud'après dier la Russie d'abord, à apprendre à ia connaître et à ne tirer des conclusions Mais qui pouvait alors qu'ensuite. savoir quelque chose de la Russie? U est certain que les » étaient, sur ce sujet, moins ignorants « SIavophiies que les < Occidentaux mais ils allaient un peu à tâtons. du reste extraordinaire. Ce guidés par leur seul instinct, n'est que depuis vingt ans que nous avons pu apprendre mais il faùt bien quelque chose de précis sur la Russie, dire que l'étude car dès que surne fait que commencer, n'est plus du même git une question générale personne
avis.

f

Et voici que la question d'Orientreparaiti Serons-nous d'une façon qui satisfasse tout le capables de la résoudre monde? Et c'est une grande. et grave question, notre Mais pourquoi nationale question irais-je chercher la d'Orient? un question Pourquoi aborder, pour l'instant, aussi graye? Considérons des problème tout simplement des miniers d'anaires intérieures d'intérêt centaines, jourindécises nous rencontrenalier, courant. Que d'opinions côtés rons, quelle ~ncompâtence~e.tous Voici que l'on prive la Russie, de ~es forets: propriétaires et moujiks les détruisent On ;avec acharnement. les vend pour le .dixième de leur valeur, sans craignant doute que les acheteurs.. se fassent.bient&trares. Nos enfants n'auront nos forêts pas aHeint l'&ge d'homme que

JOURXAL

D'UN

ËCMVAtN

241

des neuf dixièmes. auront diminué Qu'adviendra-t-iide la ruine. Et allez donc proposer cela ? Peùt-'étrè quoi que la dévastation des forêts ? ce soit pour tâcher d'arrêter Vous vous trouverez pris entre ceux qui invoqueront nécessité d'Etat et ceux qui se plaindront la qu'on veuille aux droits la propriété. H y aura là deux de attenter et l'on ne sait de quel côté pencheront camps opposés, tout résoudre. les libéraux, qui veulent N'y aura-t-il même pas plus de deux camps? Le débat risquera de à la fraction s'éterniser. libéQuelqu'un appartenant affirmé qu'il n'y rerale encore à la mode a plaisamment avait pas de mal sans bien et que si l'on détruit les forêts on y trouvera encore un avantage à savoir que les punitions corporelles le jour où les tribunaux disparaîtront ruraux ne sauront les moujiks et plus avec quoi fouetter les paysannes c'est une consolaEvidemnient, coupables. d'être encore bien rassuré. Le lion, mais il est difficile de branchottes jour où nous manquerons capables de faire oltico do verges, nous en importerons do l'étranger, A!ors?. Voici que les Juifs deviennent ruraux. propriétaires Immédiatement on clame et on écrit do tous côtes que les dits Juifs dévorent la glèbe de ia Russie et qu'après avoir des dépensé quelques capitaux pour se rendre acquéreurs ces terres d'un seul coup pour se terres, ils épuisent rémunérer. Je vous conseille de dire la moindre chose à ce sujet On criera aussitôt que vous violez le principe de liberté économique et d'égalité de droits civils. Mais de quelle égalité de droits ici? Il n'y a qu'une s'agit-il application du Blalus ln sfaM du Ta~mM~. La terre ne sera le paysan en verra de' dures, pas seule à être épuisée lui aussi, tombera dans un. esclavage bien pire que ie lui qui, délivré des propriétaires terriens précèdent, autrement russes, tombera sous !a coupe de possesseurs dangereux, lesquels se seront déjà mis en goût en suçant de pèrsonte sang du paysan de !a Russie occidentaie, nages qui ne se contentent plus d'acheter des biens et des mais commencent & vouloir pensionner travailleurs, l'opiniatt 4ih~o!e, n~n ftana succès. Comment se fait-U que. chez nous, il n'y ait pas un seul groupe d'accord ttcuum sur m sur la
2!

~t~ JM2

-~««. JOURNAL B'UN ÉCRtVAtK *<<, ~<

décision & prendre Selon mo~ cela ne provient pas de mais bien do notre des aîtaires, notre peu d'intettigence de la Russie, do son esprit, de son ignorance obstinée et des -essence, Mon que depuis tes dëmêtes de Bieimstty se soient ~couiées. t*ourtact vingt années ëlavophiies, l'étude de !a pussie a progressa en ces vingt ans, mais on le seatitnpnt quë~ dans ia même période, .nous apprend russe a perdu do sa force.J~ueito peut en être la causer a semblé triompher des Slavophiles Mais abrssi l'opinion rien que par la ~ëhëmencedojcur cette epoQuoiointaine tes a bien aidés en leur vicsenUment russe, Biëiinsky comme toire. Les Siavophiiespourraiontdonole considérer ami. Je répète qu~it y a eu un grand malen. léur meilleur tendu entre tesdoux partis. Ce ne sera donc pas pour rien lui qui avait parfois quelque Grigoriovauradit, qu'Apoiion il < Si BieMosty eût vécu p!us longtemps, perspicacité !i adhère au programme eut sûrement slavophile. ya ~t$N8 cette phrase une forte idée.

CO:<<:MS!6~CËMOMPA!)AOOXE

Vous vouiez donc nous faire croire que On me dira s'estMsimiieauxcômmunardsaunpoint ~haqaet~ussëqui de vue européen, par cëia même un conservadeviendra Vous allez trop Mn: cé servait une teur enËuMie?'~ Non! pareittes. exagération que de risquer de§ conciustons iairè tout que même si simpiëmeht observer )e voyais son acception !'on prenait ropinion <ïue !'6n me prêtèdans encore ùna parcelle de îa plus uttera~, ciie contienaràït ttne foi trop grande incobsciemmeni, irerito. J'ai peut-être, russe ininterrompu, en un sentiment en ta perpëtue)!e ~Moitié de l'âme russe. Je vëu~ Men que ce soit une exavoici ~l'aHan encore, âne aMte~m~p&r~4MtM C'est encore & conciuston que ~e désirais vous soùmêt~e'~ avons déjà d)! du /M Nous <ia ya~ et une conséquence

JMJRN~L

D'tJN

ÉCBtVAtK

2~

avec l'Europe, que les Russes, dès qu'Us entrent en contact Je a& d' < extrême gauche se montrent des radicaux eux agit" d'entre .veux paa &îhrtnor que les neuf dixièmes J'insiate Mnt ainsi. Ne chicanons pas sur les proportions. ruasoa sont beauseulement sur ce point que les libéraux Non quo je ni& coup pins nombreux que les non-libéraux. Certains de cea derniers. même sont devenus fMistence ne se manifestait tOebres et leur anti-libéralisme pas on la civilisation Bien, au contraire, européenne. tttaquant à perdr& Ua en étaient si fort entiches qu'ils en venaient leur propre personnaseotiménts russes, ieurs derniers au beso}a dé pxtrio et lité, leur idiome. Ha changeaient du moins s'ils ne prenaient pas une autre Mtionaiité, obstid'entre eux residaient-eiies plusieurs générations Ce qu'il y a de s&r, c'est qu'ils devenément en Europe. conet de terribles droite naient des hommes d'extrême servateurs tout à fait européanises. leur religion pour se faire abandonnaient Quelques-uns conservaN'était-ce pas !& le fait d'enragés ttthoiiqnes. en mais conservateurs droite? teurs d'extrême Oui, nier la Russie, à se transpas Europe, ils no tardaient former en ennemis de la Russie Ma conclusion, c'est qu'un Russe ne peut pas devenir ennemi de son saM se muer en véritable un vrai Européen ceux qui ont pays d'origine. e. Est-ce 0 cela qu'espéraient <percë !a fenêtre », est-ce cela qn'iis avaient en vue? l'EuroNous avons donc deux types d'occidentalisés péen Bieiinshy, lequel en fin de compte fut plutôt, malgré et se révéla suprêmement Russe, et lui, hostiie & l'Europe un prince de vieille race qui, lorsl'Européen Gagarine, non do devenir qu'ti s'occidentalisa, }ugea nécessaire mais encore jésuite seulement catholique, Lequel de ces ami de ia Russie ? s'est montré ie meilleur deux hommes resté Russe ? Cela ne conLequel des deux est. vraiment en eSet?<~ue firme t-it pas .mon paradoxe? Que disais-je, et communards eeux des nôtres eo~ qui sont socialistes et finiront rien d'européen Surope n'ont absolument par Russes et gu up JQUMparse montrer p)us tardd'exceiionts reeHement en Européen Russa ne peut se transformer La Russie est donp d'êtreRusse. !}u'en cessant absolument

a4<

JOURNAL

O'UN

~CRiVÀ!N

en rien & l'Europe, un pays qui ne ressemble qui a tort révolutionnaires des Russes. de se moquer des tendances se paësionne Comment voûtez-vous que la Russie' pour une civilisation n'a pas faite? qu'elle Elle no sera pas hostile a cette ~iïiiisàUon pour des à cause de sou désir de raisons de Huns et de Tartares, mais pour des motifs que peu d'entre nous corn. démoiir, et que ceux qui les comprennent prennent gardent pour eux. Nous sommes des révoiutionaairos peut-être par ainsi dire. (ionservantiame.si l'on pèut Mais j'ai parlé d'un état d'esprit voici que reparatt sur ta transitoire, et scène i'éterneHement insoiubie question d'Orient.

iii

LA

QUESTION

O'ORtENT

& cette question d'Orient, nous n'a lequel d'entre des sensations extraordi. pas connu, ce'! temps dertuers. naires? Quoi bruit elle a fait dans les journaux 1 Quelle contusion dans telles cervelles, dans telles quel cynisme frissons dans tels conversations, quels bons et honnêtes dans tels milieux juifs) cœurs, quel vacarme Une seule chose est vraie: il n'y a rien à craindre, bien que tant s'enorcentdenoùs on est m6me d'alarmistes épouvantera de voir tant de poltrons en Russie. Je crois que surpris mais beaucoup parmi eux sont des pûitfons dejoorMp~s, il est sûr qu'ils se sont trompes n'est même d'époque. pius temps de trembler pour eux. Les pius fougueux potet à quai moment s'arrêter tronacfepor~pr~ sauront Nous ne de la Russie. n'exigeront pas le déshonneur des ambassadeurs verrons que pas se renouveler l'histoire le Tzar ïvan le ~Terrible a Etienne Batory, avec ta envoya de tout faire pour obtenir consigne ia paix, même s'il s'est a'agistaît de rècevoit des û&ups~L'optnionpuMiquo nous ne sommes pas d'humeurànous laisser prononcée: battre.

Grâce

1 JOURMAL D'UN )~CMVA!N 84S

Nicolas de Milan de -Serbie et le prince Le prince et sûrs de en la Providence Monténégro, pleins d'espoir le Sultan et, quand il lira contre leur droit, ont marché ces lignes, il se peut bien que le public connaisse déjà la décivoire d'une bataille nouvelle d'un. grand combat, à présent. La vont se précipiter, sive. Les événements les sub des grandes lenteur, les hésitations puissances, refusant d'adhéde l'Angleterre terfuges diplomatiques de la Conférence de Berlin, la révolte rer aux conclusions du fanatisme l'explosion qui a éclaté à Constantinople, de soixante et enfin cet horrible massacre musulman femmes et enfants, mille Bulgares vieillards, paisibles, inévitable. Les Slaves sont pleins ont rendu la guerre ils disposent, toutes forces mises en ligne. d'espérance mille soldats, de troupes de près de cent cinquante réguc'est l'esprit lières pour les trois quarts. Mais ressentie!, sûrs de la vicdes belligérants tous vont de l'avant, il règne une grande toire. Chez les Turcs, au contraire, en panique confusion qui ne tarderait pas à se changer n'intervient aux premiers revers. Si l'Europe pas, les interOn prétend quoi'Europe Slaves vaincront sûrement. viendra mais la politique est, actuellement, européenne H semble Msez Cpttante et irrésolue. n'y avoir la qu'un et décisives. désir de retarder nécessaires les solutions On veut pourtant des trois grandes puisque l'alliance les entrevues sances orientales se maintienne personisonelles des trois empereurs continuent. L'Angleterre, les trouvera-t elle? C'est problé)?, cherche des atiiés ce ne sera pas en matique. En tout cas si elle en trouve, encore à la lutte des France. En un mot, l'Europeassiste Mainles. musulmans sans s'y mêler. chrétiens contre lors du partage tenant, il faudra voir ce qui se passera En de l'héritage. un héritage? Mais y aura t-i! seulement à ces cas de victoire des Slaves, l'Europe permettra-t-elle a bas de jeter < l'homme malade derniers carrément dé son lit? ï! est imprudent de le supposer. N'essayera. ton pas plutôt à une noule valétudinaire de soumettra ~He «!M P 11 a~ pourrait: Slaves ttiore que l'~fhM'td~ victorieux ne fut récompensé La qu'assez maigrement. Serbie est partie en guerre en se flant à sa propre force, ` 21. 21.

3~6

JOURNAL

D'un

ÉCRtVAtN

mais elle sait que son sort dennitif dépend entièrement de la Russie. Elle n'ignore pas que c'est la Russie qut d'aiïaire en cas d'échec ou t'aidera, tirera dans l'hypod'un triomphe, thèse à jouir des fruits de <a victoire. Ette le sait et compte sur ia Russie. mais ii ne peut lui avoir échappé que toute l'Europe la Russie avec regarde méfiance et que notre situation est asse~ dUticite. Comment la Russie agira-t-eiie? Pour un Russe la répouse ne peut faire l'ombre d'un doute ia Russie agira Aoon~. ~men~. ministre Que le premier anglais dénature tes tatts et déclare oïticietiement devant le Parlement que le massacre des soixante est i'œuvre, non pas des mine Buigares mais Bachi-BouMuhs turcs, hten d'autres Slaves que tout le Parlement c'est possible, accepte cette explication, màia rien de pareil ne peut se produire en Russie. On me dira La Russie ne peut aiier contre ses propres in. mais. où résident les intérêts terèts; de la Russie? La Russie aura toujours a se sacritior avantage que plutôt de trahir la ius~eo. La Russte ne peut pas s écarter de la grande idée qu'elle a toujours suivie jusqu'à présent cette idee.c'est sans dévier l'union universelle des Slaves sans violence, sans annexions/rien que pour le b~ea de Mais la Russie rhum~n~e. a-t-elle généralement servi ses intérêts véritables? travaitM souvent N'a-t-ejtcpas autrui avec un désintéressement pour qui aurait dû 6ton ner l'Europe ne croira pas a t'abn~? 'youtefois, l'Europe gatibn de ïa Russ~. On se ngurera qu& notre pays corn metunëmaiadressoou cache UD dësirdepechBfeneaG troubte. Mats i! n'y a pas & s'inquiéter de ce qu'on pensera en Europe. do ta Russie qu? C,'est dans t'abhôgation~ il pst seulefësidenttoutésa torce et to~t son avenir. ment fâcheux qu'on h'dirige. parfois s! mal;

JOtJRXAt.

U'UN

ÉOUYAtN

2<7

11 !Y

g

L'EXTEKÎtEMRNT

UTOPtQUE

t)E

L'tnST(MRR

Pierre le Grand, un siècle et demi, depuis Pondant avec toutes de communier fait qu'essayer nous n'ayons les c!vUtsations humaines, Nous nous sommes imprègnes de leur idéal. Nous nous sommes habide leur histoire, les Allemands, tous les peu les Français. tuëa aimer les autres np nous pies, comme s'ii se fût agi de frères: aimés et n'ont jamais eu le désir de nous ont jamais de Pierre le Grand, nous avons gagné aimer. A i'œuvro une !argeur chez aucua de vues que l'on ne retrouve La Russie d'avant Pierre était peuple ancien ou moderne. et elle cçmforte, bien qu'eUe se fut uniBêe lentement, en elle une chose précieuse et prenait qu'elle portait la gardienne de – qu'e!!o était l'orthodoxie, unique, la vérité du Christ, de l'image vrtHo du Christ qui s'ëCade tous les autres peuples. Cette vérité çait dans l'esprit semblait déiidont ia Pussie était la dépositaire, éternelle, civilisation. de touta autre vrer s~ conscience du souci On à Moscou, que tout contact avec i'Eur6p& croyait alors, à !'eaprit rusao en te perne pouvait que porter préjudice même l'idée fttsse et rorth(idoxi& vertissant et dénaturer morale. la Russie à sa ruine A~nsi au point de pousser sur eiie-memo.était ia Russie, en se-repliant sur le point entière. Elle semblait tort a l'humanité résotue de /aù-< son orthodoxie et à termer ses à garder pour eHe se~e comme ces Vteux-Croyants; portes à tout étéinent étranger qui ne mangeraient jamajis dans de !a vaisseMe qui aurait et considërent un autre être humain comme un servi de posséder devoir saint l'obligation chacun, sa taase et. sa cuiHer dont aucuneautrecréaturovivantenapeùtfa!r~ 1\1$((1. usage. Kt ma comMraisonëststrictem~ Des h rétorme de Pierre !e Grand, !ëg vues 8'éiargireNt

i ?

M8

JOURNAL

D'UN

~CMVAtN

w

de pierre. cet et c'est là. toute t'œuvre En quoi constate & < élargissement de vues ~? Je ne taia pas allusion il n'est pas question d'une renon davantage l'instruction moraux ciation aux principes partiouiiers qui font la force.du peuple russe. Je veux parler ~e pe~ amour franous portons ternel que, seuia au milieu des nations, aux autres races. Il y a chez Nous un besoin aujourd'hui même au préjud'être utiles à toute l'humanité, parfois = C'est depuis longtemps dice de nos intérêts que propres. réconciliés avec toutes les ci'iHsanous nous sommes tiens, que nous savons <.ccwr,ce qui,est i'idéa! propre de avec = même quand cet idéal est en contradiction chacune, le nôtre. Nous avons une faculté spéciale qui nous per= met de comprendre a !ond.chaqueindividuant6Dationa!e ce qui peut ~tre vrai dans sa et dé distinguer européenne des de voir particulière, en faisant abstraction manière cette .vêriM. C'est pour nous encore erreurs qui entachent avant tout justes et de.recherun vrai besoin que d'être I! y a peut être là une première cher partout ladite vérité de notre orthodoxie mise au service de l'bu application manité entière. L'idée russe moscovite a trouvé sa direction; c'est ainsi de notre importance mondiale, que nous avons conscience dè notre rôie dans notre espèce, et. nous ne pouvona pas ne pas reconnattre que ce rôle diSore de celui de toutes les autres races. AiUears, chaque individuaUtenationaie no vit que pour soi-même, tandis que nous voulons dove de l'universelle nir les serviteurs de tous dans l'oeuvre réconciliation humaine, Je .crois qu'il n'y. a la rien de Qui veut honteux, que c'est, asse?. grand, au. contraire. de Dieu saura être plus haut que tous dans.le royaume seïaireleserviteurdetous, rôle Pierre Je Grand,,Ie,prem!er.acte.de~notre Après abcutir naturei!ement devait à l'unton .de. ~tout. te monde devait fiance.ha. Russie, Cetjte, BlavesQus.l'aHodeÏa pas venir de la force, car notre but n'ëtait:aucuaement de détruire !es nersonna!it~s:nat;pnaies. s!ayes au proHt debout la RuasiCtmais bien de les remettre de pour ie et de t'humanité, en leur plus grand bien de l'Europe de prendre un peu de repos après leurs.soufpermettant

JOURNAL

D'UN

ËCMVAtN

249

i! fa!!ait de toutes faire un faisceau francea séculaires, obole àu trésor et apporter ainsi notre de ces forces < vieiHoe l'humanité. Oh! oo peut se moquer de toutes nos de la race russe, rêveries au sujet de la prédestination si les Russes n'ont pas toujours désiré la mais dites-moi do toutes les nationalités résurrection s'aves, et pas le d'accroître la puissance moins du monde dans l'intention de la Russie, comme l'Europe nous en souppolitique no s'excusent-elles çonne? Ces vieilles rêveries pas alors d'elles-mêmes ? C'est en vertu de la même idée que nous tût ou tard, doit être à afnrmons que Constantinople, nous. se dessinerait sur les lèvres auQuel sourire ironique trichiennes et anglaises si on nous entendait, après toutes un vœu aussi pratique! Ah! ce ne ces rêveries, exprimer une annexion Consserait donc pas.faire que s'adjoindre le premier et son port de la Corne-d'Or~ tantinople point du monde? stratégique et la Corne-d'Or seront à nous, Oui, Constantinople mais non pour la violence. L'événement arrivera de luiet l'heure en est proche, même, parce qu'il doit arriver; comme on peut s'en apercevoir déjà. On dirait que la le veut. Nature elle-même à un testament de. Pierre le On croit, en Europe, Ce n'est qu'un Grand papier apocryphe fabrique par des Polonais. Si Pierre, au lieu de fonder Pétersbourg, de Constantinople, avait eu réellement i'idéo de s'emparèr il n'aurait le Sultan. pas manqué de forces pour vaincre S'il ne tenta rien de ce côté, ce fut parce que l'entreprise était encore inopportune, même causer la ruine pouvait delà Russie. Si, dans le Pétersbourg finnois, nous n'avons pu échapvoisins utiles à i'iaauënce des Allemands, certes, perle développement mais qui paraiyaaiënt fortement russe, alors comment aurions-nous pu, dans Constantinople, résister à l'ascendant encore puissante par !a civilisation, avec nous que des Grecs, qui. avaient bien plus d'af6nitës les ÀHemands, lesquels ne nous ressemNentenrien?Ces auraient Grecs étaient flatteurs, insinuants, nombreux, su entourer et même le trône, seraient devenus instruits

~0

J~ppNAt.

D'U!<

]~!<!YA<N

bien avant les Russes e~t n'auraient savants pas manque été que par h~ur de charmer n'eût-ce Pierre !uji-meme, à !a marine, ce qui touphait connaissance Oui, de tout Pierre eût été sédu)t, comme sans doute, aussi, ses preLos Grecs eussent mterssuccesseurs. accapara pp)iUque ment la Russie, lis l'eussent choRoins fait dëvier~r~es d'Asie, vers des hor~Mms fermés, et la Russie! en eût souCert à tous ies points Grandde vue, Le puissant dans son Nord lugubre et fût demeure Russe abandonne de By~ane& et eut peut-être neigeux ani par se séparer la Russie Tout !e sud da e~t 6;é submergé régénérée. même aurait pu se scinder sous le flot grec. L'orthodoxie en deux. églises. Il y e&f eu deux mondes distincts et le vieux monde russe. t!n up revivinée Constantinop!e était au plus haut degré intempestive. mot, l'entreprise les circonstances sont tout autres, Maintenant, la Russie a été longtemps en contact avec Aujourd'hui, c'est qu'oHo Elle s'est instruite, et l'essentiel l'Europe. est consciente do sa force et Il compris, o~ cette force Eiio mit que Constantinopie doit être t nous, résidait. mais non p!us pour jouer !o rôle de capitale de ta Russie. H y a deux cents ans, s'i! en eût fait la conquête, Pierre Je siège de n'eût pu faire autrement que d'y transporter son empire, ce qui eû~ été désastreux, parce que Çonsn'est pas en Russie et ne peut pas se rupstper. tentinopie nôtre, pas pius Aujourd'hui, Constantinopie peut devenir de ia Russie, comme capitale mais comme qu'autrefois tant de gens !e rôvent. ainsi que capitale du Panslavisme, dans sa iutt~ 'Le Pansiavisme s'épuisera sans )a Russie contre tes Grecs, et Il est de toute impossiMiité que ie~ Grecs, & l'heure qu~ii est, héritent C:e de eonstanfinopie. de tout une acquisition hqra serait disproporttonnëe, Avec ia Russie à ethnique. rapport avec leur importance la tête du Panslavisme, tout change, mais ies résuitat& Ne serait-ce pas~ – seront-its bpns?Tei!e est la question. une conquête faite sur ies Slaves, poUtique dont nous n'avons besoin? Au npm de nuoi drott tpora! nuUemeht Au la Russie pourrait~eiio demander ~nRtantinop!e? ° nom de quel principe lui serait ii iotsiMe de supérieur de de l'Europe? Mais au nom de sa situation l'exiger

°

= C

c c J =

=

¿

JOURNAL

O'U~

ÉCR!VAtN

2~1

de l'orthodoxie! Voila le rôle auquel elle est gardienne rôle aymboliso prédestinée, par l'aigle eohstahtihopoiitaih !1 n'y tetea qui figure sur les armes do la Russie. à deux slaves dans a rien là qUi menace tea diuérents peuples en un rien qui inenaee iea Grecs; leur indépeudanco; est leur thot, aucune des h&Uons ortMt)do~6s. La ~uas!o natUreHe à toutes, ïhais non leur maîtresse. ~tote(:tr!co un jour !euf souveraine, ce ne serait que S! et!(t devenait encore, par lattf a6c!ato!ttitm et ces nations Conserveraient uMb certaine tout Ce qui a fait leur a~ëc indépendance, Si bien qu'à une te!ie aitianco pourraient. përscanatite. tous tes peuples Navels non orthodoxes plus tard, adhérer quel point leur liberté serait respectée qui verraient sous la tutelle russe, éviteraient ainsi les luttes intestines où ils s'épuiseraient sûrement au cas où ils s'anranchides Turcs ou des Européens raient autrement occidentaux, leurs mattres actuels. « Pourquoi enjouer sur les mots ? m'objectera-t-on tore. « Qu'est-ce que cette foi orthodoxe qui aurait seule d'unifier les peuples? Et n'entendex-vous Je privilège iormer qu'une confédération dans le genre de celle des États-Unis Non Ce ne sera. d'Amérique ? Je répondrai une union politique, et sou but ne sera pas seulement et de violence comme on se le pas un but dé conquête Bgate èn Europe. M ne s'agira pas non plus d'une sorte de christianisme officiel ne croit déjà personne auquel plus, en dehors des gens de la plus basse classe. Non ce christianisme sera une nouvelle de la Croix du élévation Christ et une résurrection de là vraie parole du Christ. Ce sera une leçon pour les puissants de ce monde, dont des velléités de l'ironie a toujours triomphé, dédaigneuse de comprendre r~cônciitàtion humaine, incapable que en la fraternité l'on puisse réeitement croire des hommes, en une union basée sur le principe tme I~àide de cha– én là rénovation et la cun est due à toute l'humanité, de tous les êtres de noire espèce revenus fégënératioa ~n6n & la vraie morale du Christ. Et si l'on veut voir ia <~aiMp!e eatopie ~'j~réc!àBM ma part des raU!er{e8 ét demande tout le premier à être traité d'utopiste. – de nouveau, une n'est-ce Mais, me dira-t-on pas déjà

962

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

à la se figurer que l'Europe permettra utopie que d'aller Rusbie de se mottre& la tête des Slaves pour entrer dans que ce ne soit qu'un rêve? Croyez-vous Constantinople? est forte (et peut-être Sans parler de ce fait que la-Russie elle-même), gavons. beaucoup plus qu'oile ne l'imagine d'une puisnous pas vu l'hégémonie européenne passer sauce à une autre dans ces dix dernières années/l'une transet l'autre cruellement de ces puissances éprouvée, S'il en a été ainsi, qui formée en un formidable empire? Comment peut prédire la solution de la question d'Orient? dès Slaves? désespérer après cela du réveil et de l'union les voies divines? Qui peut se vanter de connaître

V

EKCORE

AU

SUJET

DES

FEMMES

à des sont déjà revenus tous les journaux Presque sentiments de sympathie pour lea Serbes et les Monténé grins. Dans la société aussi bien que dans le peuple, on de leurs succès. Mais les à la nouvelle 's'enthousiasme On sait do façon de secours. Slaves ont encore besoin aident les et les Anglais assez sûre que les Autrichiens dé l'argent, On leur fournit Turcs en sous-main. des L'armée armes, des obus, voire des hommes. turque conLa puissante flotte 4 tient une fouie d'ofnciers étrangers. ne bouge pas des eaux do Constantinopie pour anglaise a déjà une armée imL'Autriche des raisons politiques. La presse mense toute prête, prête à toute éventualité. la et. contre les Serbes révoltes fulmine autrichienne est peu favorableI! est certain que si l'Europe Russie. mont disposée envers les Slaves, cela vient dé ce que les les journaux JHùssés. aussi, sont des Slaves. Autrement ne s'inquiéteraient autrichiens pas tant des Slaves, quan-

JOURNAL

O'UN

ECMVA<N

StSt

ne Ute negugeaote &uprea ce ~eurs !prces mtiuatrea.et aux PMmontais. les auraient pas comparas C'est pour cela que la. société russe do~t encore secouil faut de l'argent. Le général Tschernaïev rir les Slaves est a déjà fait savoir' à Pétersbourg que l'état sanitaire de plus, il y a pénurie de médiocre dans l'armée serbe; A Moscou le sont mat soignés. les Messes médecins; à la Russie et a Comité ~ave a fait un appel énergique celé* assiste au grand complet & !a cérémonie religieuse brée à I~égMse serbe pour prier le ciel d'accorder la vicA Pétersbourg toire aux armes serbes et montënégrines. recommencent ies manifestations en même publiques Le mouvement prend de temps que les souscriptions. bien que nous soyons en pleine morte-saison l'extension, d'été. avoir fini mon carnet Je croyais j'en corrigeais déjà une jeune fille sonna à ma porte. Etio les épreuves, quand un examen assez difCciio. Elle apparvenait de préparer n'a donc pas d'inquiétient à une famille plutôt riche, mais se préoccupe fort de son développetudes d'avenir, ment intellectuel. Elle venait chez moi pour me demander conseil. Que devait-elle lire? Sur quel point devait-elle elle demeurait diriger ses études? Quand elle me visitait, peu de temps, ne me parlait que de ce qui la concernait et confiance. H étatt imposavec modestie spécialement, en elle un caractère sible de ne pas deviner des plus et des plus décidés, et je n'ai pas été trompé énergiques apparente. par sa timidité et dit sans préambule: Cette fois e!!e<ntra <0n a en Serbie. J'ai pris la résolu'besoin de. garde-maiades tion d'aiter soigner, !a-bas,!es blessés. Qu'en pensexvous? Elle me regarda avec une sorte de confusion, mais était dana ses yeux que sa décision je ius clairement EUe n'avait besoin que do quelques prise et bien prise. Je ne suivrai pas notre causerie paroles rëccotoftcntcs. de mon interlocutrice dans tous ses détails l'anonymat trait particulier pourrait ainsi être trahi par quelque je 4~~tM~Ha t'MaentteI. Lui Je fus pris de piHé pour e!ie: elle est si jeune! des borreura de fa guerre, tt guerre, du eu faire peur en M parlant <
2~

1 ~Ct 'tM JOUMtAÏ. ,tUUttttM. D~JN ~CMVAtN eUKtVAtrt
M~tf

c'eût yo noyais pas à y soagef t~paaK aMtt ÏM Mp~taux. été jeter de i'auHe sur ïe ïcu. CH& ëtait eaNammëe dn aesir de ~e saerMer.d'accomp!!r une bonne oeuvre. J) aucune vade ~oi-mémo, n~y ttvait J& aucun enivrement voulait être ntté, Nte~e que < sonner ïes Messes, utile – Ma!s vous ne savez pas sonner des btossës. – Pardon, ~e me ~ms déjà Tenseïgnëe; j'aï ëte au Co. mité. On a deux semaines pour faire son apprentissage; eomBoo une autre. en arrivant t'apprendfai – Eettutezr iui dis-je, ~e ne veux pas vous enrayer, a mes paroles. mais reSëchissez Vous vous dissuader, n'avez pas et< ëievee dans tth miHeu qui vous préparât à vu que des ce que vous voulez accomplir. Voua n'avez où ils n'entreigens du monde et dans des circonstances tes lois du bon. ton ».' Mais ces mêmes gnaient jamais & !a guerre, hommes, entasses dans un jtetit espace, excisurmenés, deviennent tout ~dinerents. tés, tourmentes, auprès Supposez qu'a vous avez passe un& nuit entière Vous ne tenez.,plus debout, et voici que !e des malades. mais ëreinM lui-même, un mëdeetn, un'homme exceUent, Domme qui vient de couper des bras et des jambes, se cote et vous dit: < A quoi tourne tout & coup de voire ici? Vous ne Schex r!en~ Vous avez pris un tervM-vons etc. Ceîa ne vous Tempiir. engagement, iiïautïe Et pourtant; sera-t-H pas pénible & .supportert.. il faut Et je ne prends qu'on exemple msigniprévoir ïe cash; Enfin. cruellement inattendue. fiant. La rëaUtéestparMs un. si fermer que 'rouseoyez, pas d'être ne craignez-vous Et si vous vous inférieure & votre tacher jour ou l'antre devant ~e!ie mort norriMe, ~etie blessure, évanouissez Ce$~ccidenTs-i& sont mv~Iontaires. teî!e amputaïhtn? – Si un médecin me dit que je ne sera &rien. je sauil Tae suffira est irrité et fat)gne; rai compreadrBquTÏ d'être cer~!wqtM je Be~ispas~npaMeët que ï~tn fait tout~epossi'ble.. – Mats comment ~uvez-vo~s ae vous, j~pohdre ainsi ~tant sij~mMt? ~–P)our<tuoi vouiez-vous que jesptsjsiJBUteqne ans. Je ~e suis pius~ une gamme! <ix-hnit ~'àt <f~8 ça l

JOUBNAL

D Utt

ÉCMYAM

35&

Si je rabais vue MûEn un mot elle fut inébranlable. retuaé toute approbation~ temeot. aJUr~tée. je lui aurais – EhMen' lui dia-juà Dieu vous conduise. Iann~q,ue tout sera fini" de revenir au plus Mais promettez, quand vite' On ne le paa. monf.JMMeft~ Oh! naturellement t «M/MS/!OWH!0!/ avec un visage rayonnant et Elle est partie là-dessus, dans une semaine elle sera M-&<M/ écrit sur « George Sand Dans l'article j'ai déjà de jeunes nites qui me que!ques mots sur ces caractères si fort dans les romans du grand écrivain. passiMUtaient en celle dont je viens de parler la Eh bien je retrouve même nature droite, hoMnôto. inexpérimentée certes, mais année de cette fière chasteté que rien ne peut salir, pas même le contact avec le vice. li y a, chez elle, un vrai et la conviction besoin de sacrifice que le devoir de chatout de suite un peu de ce bien cun de nous est de réaliser Il est vrai que cette que l'on attend de tous les homme!. en général, malheureusement, conviction n'existe, que âme!, juvéniles très innocentes. L'essentiel dans des est, l'on ne trouverait en elle ni précomme je le répète, que accompli, mais uniquement somption ni fierté du sacrifice la passion de bien faire. que nous Après son départ, je songeai involontairement avons le devoir d'insister pour que la femme n~ait plus rien à désirer au point de vue de l'instruction supérieure. et mérite sa part dans car la femme aujourd'hui réclame i'œuvrc commune. Je pense que les pères et les mères s'iis devraient faire l'impossible pour obtenir ce résultat, aimaient vraiment leurs enfants. Seule, en efïet. ia science et de force pour a, en elle, assez de charme supérieure chez nos apaiser l'inquiétude qui se révèle maintenant femmes. La science aux questions peut souie répondre la raffermir leurs qui les troublent, prendre esprits, un peu vagabonde. direction de leur imagination cette jeune fille, non seulement je ne Quant à arrêter un tirerait peut-être l'ai pas pu, mais j'ai songé qu'elle fwn voyage. pr~t~d~ Ce n'eat pas au monde livresque c'est la vie vraie qui l'attend, qu'elle -va avoir affaire;

<M

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAM

de réelle expérience. Sa pensée et ses source Funique Elle aura plus tard un cher et vont a'oiargir. opinions Elle beau souvenir qu'eUe-metne. qui durera, autant à aimer la vie. Ce n'est pas elle qui se lassera apprendra <te t'exiatence sans avoir vécu, comme cette malheureuse Pissâreva dont j'ài parlé aiUews..

== = =

JOUMWL

D'UN

ÉCMVAtN

??

JUILLET-AOUT

1

LE

DÉPART

A

L'ÉTRANGER.

LES

RUSSES

EN

WAGON

avec mes Depuis deux mois je ne me suis pas entretenu lecteurs. Après la publication du numéro de juin, j'ai pris le chemin de fer p<)ur me rendre à Ems. Je n'y ai pas été mais bien pour faire ce que l'on fait à pour me reposer, Ems. Décidément tout ceci est trop personnel, mais il m'arrive d'écrire mon carnet non seulement pour mes C'est pourquoi, sans lecteurs, mais <ussi pour moi-même. tant de choses qui peuvent doute, on y peut trouver parattre incohérentes, tant de pensées à moi familières qui, de longues réuexions, me paraissent natuconçues après reiies et logiques, mais surprennent le lecteur, qui.ne leur voit de. liaison ni'avec ce qui précède ni avec ce qui suit. Mais comment ne parlerais-je pas de mon départ pour l'étranger? Certes, ai cela ne dépendait que de moi, je preféreraiF me rendre dans le sud de la Russie, où Avec .sa largesse coutumiëre, Le sol, pour un travail facile. Rend au centuplé, au laboureur, Ce qu'il a semé dans les champs

féconds.

Mais i! paratt que les choses ne se passent plus !à comme au temps où !e poète rêvait du pays. Ce n'est qu'après un très pénible récoite ce qu'il a travail que le laboureur vua -Mt~~tj~aMMMotmedOB&epiMt cent pour ~f8. un!
ta

=.

22.

~a

*XMWM.~<~)&CMWA!K

Afosdansia A Ce propos je viens de lire un article AoMMa Wiedomosti. it s'agissait de la Crimée et du dëpeuW~cdomosM ce pays. La Afo~oM&ta exprime plementde t ccIl. n'y a pas i!eu cette pensée que je ttMtwe iMt~ente les Tartares Qu'ils s'en ailqui s'expatrient. de p!aindre la Crimée à l'aide !ent et il sera bien mieux de coloniser de cette Je suis choqué do t'inso~nce de colons russes. comme un avance WMofndst! pensée. La' .Mo~oM~a leur ont démontré criméons fait avéré que. les Tartaros les et que tes Russes, comme cultivateurs incapacité une science Russes du sud, a'it vous ptatt. – montreront Usen donnent comme preuve e agronomiquebien supérieure. – En tout cas, si tes l'état actuel. des terres du SaucaM. les vacants, Russes ne viennent pas occuper les terrains en un rien Juifs se jetteront sur la Crimée et la ruineront de temps. BerK* est long. M dure près Le trajet de Peier6bCM~& Awssi ai-jfpfi&tvectBoi quelques deqaaranta haiitteures. causer en wagon, n'Mme pas et )eur<MW<.Je bteeburas –e<t Raseic,–c'est unef<ttbieM&<~<te ~'awoHe.A !'6traBgef n en va t<Htt autrement. CM avec vaut MO& «Mtveraatton S! MB Rame entame aur tM< t<Mf conMentie~aautoa~rs ~tagou, KdëbuteM lui uoe~Bance vous ~erM! at~tMRB e~.HMHS bientôt par quetque q<tBe tardera posàseoMtnMMtereovertemect M~ ~f09s<éretë.q<M!!e Mmet~ <au8t4q<teeuméœe pw i'~efucotTon de votre interlocuteur, !} n'existe pas que soit teUMMeà fepëter~~J&memoque prétqtM dfhcNM~~tMt d~ moi* et Il m'y < pas d'être au de ce que t'en pensera générale. monde qui tremble & ce point devant l'opinion envers soi-même d'un manqM Cela provient de respect tous les Russes, même retrouve chez presque quei'on et d'une vanité sans bornes. 8'i!s sont d'âne presomptïon un Russe en wagon ou à de rencontrer Il est pénible cammeH~ra ïa conveMttttca' tWa<t~rKt pMfiant t: Voaat êtes Raase qu~ plaisir aina4 to~~M pMt~e «~ Mais loin de ehez <e teneontrer an eetn~~riott TAN beèt~tH! ta~"t, "a'a~I~p~~ & certes ~Mt~ie.

1 JOURNAL n'~N ÉCMVAtK MS'

eacMe, BMis v&us aoMpçoan~ d~jt le c*Mp<tt)r*ote acurit do raiUerie me" d'eB ne sait quettes iateatiMM peut-être ritée. li »ra tout de suite btsein~ mentir pouz se relever Dès ses premières dans votre opuïïon. pbraats~maisaera tencaatré un tel tomber qu'H a fecemment: ttégHgemment de qxctq~te petSMtM~e haut ea ua tel; !t s'agira toujours tuase. Il -parlera de cette itiustïfttioB, coté <!e la société comme d'utt ami à iui, mata aussi camma M~atatemeat d'être d'un hontaM avec lequel vous ne pou~ex manquer eft retat}<Mta. Si vous dëeiarei! ne pa& cocnattreie phénix il voua intertocateMra'enoSeaserc; Mqaesti«t,~otre tMHaert en iHi-M)ém& d'avoir pensé ~qu tt se vantait en côtMMttre le personnage atentioané. La conprétendant se détournera veirsation s'arrêtera court, et le compatriote de vous. Au besoin, U se mattraa causer, non brusquement MM anectat!<Ht,avec le boulanger aitemand ptaeé wis-asur ies ooussias, tis de lui. La Huit, il s'étendra sespieda et au bout du trajet, il descendra touchant WM presque, ua signe de tête. sans vous avoir même adressé de wttgon de tous sonUoa généraux russes, Ils Le~phta ombrageux vous croyant avec eux aur ut peur, des l'abord, que, M pied d'égalité – vous parce que vous êtes &l'étranger,. n~oas avisiez de leur parler autrement qu'il a~coawient tveedes tauta gradés de leur importance. Aussi, dés leur dans une dignité mtrëe daas le wagon, se réfugient-ils et glaciale. Tant mieux, d'ailleurs: sevëre, marmoréenne En tout cas, le mieux ils we dérangeront ainsi persoane. centre ta est d'être armé d'un ih're ou d'une brochure des Russes. Vous avex l'air de loquacité de la plupart en paix. dire 4. Je lis taissex-moi

It

DU

CARACTEBRGUER&tEB

CES

ALLEMANDS

t.p*9<)t)t

tt<)<t~<&<txMK<<ttéf!:<m AMtèaagao,

tes <4x Ai!&

MO

JOURKAt.

D'UN

ÉCMVACt

à parler de la se mirent manda de notre compartiment Je lus intéressé par leur converguerre et do la Russie. des hautes classes aatioh. Ce n'étaient pas des Allemands ni même un ottibaron M n'y avait !&. Certes, ni un de ia Russie. Avec des forces militaires der. Ils parlaient Us décrétaient que jamais notre une hautaine tranquillité, au point de vue des armements. pays n'avait été plus faible déclara Pêt~rabourg Un solide Germain qui arrivait'do guère plus de du ton le plus capable que nous n'avions conMO.OOO fusils à tir rapide que le reste du matériel Il n'y avait de prépare, aistait en vieux uingots retapés. c'est à dire aeion lui, que soixante millions de cartouches, tirer plus de soixante coups que chaque soldat ne pourrait d'hommes. De plus, d'un million de feu, l'effectif étant étaient mai faites. Quelques mots que j'avais ïescartouches du train leur avait fait supéchangés avec le conducteur Mais l'allemand. poser que j'étais incapable do comprendre assex bien. si je parle très mal cette langue, je l'entends mondevoirpatrio. Auboutd'uncertain temps.jeerusdo< étaient de riposter que tous leurs renseignements tique même [ et m'aidèrent Ils m'écoutërent inexacts. poliment pas un mot. lis ne quand je ne trouvais à m'exprimer même avec indui me firent aucune .objection, sourirent se faire toujours qu'un Russe devait genco, convaincus et je suis sûr qu'ils ne changèrent pas illusions, quelques d'avis. Je vis le retour courtois. En i87<, iis n'étaient pas.aussi une On avait organisé à Dresde. saxonne ~e l'armée Il fallait voir ie déCte! entrée triomphale et des ovations. cette vanité qui rend si désaToute la vanité allemande, de premier ordre, se donna gréable une race d'ailleurs la Et depuis cette entrée trop triomphale, alors carrière. de la ville ne perdit aucune occasion de biesser population Russes qui se trouvaient par des propos les nombreux alors à Dresde. M6me dans les boutiques où ils venaient on ne iëur ménageait pas les préMrë leurs emplettes, < Voi!a que nous en avons fini avec dictions désagréables 1» A votre tour, maintenant les Française leur disait-on. subite animosité d'une inconcevable Nous fûmes victimes C<4« que je fusse paM~~tonMnt~Men etitBpfév~.

JOURNAL

D'UN

ËCMVA!!<

Ml

habitué entendre, & Moscou même, les Allemands répéter de champ qu'ils détestaient les Russes. atout bout Une dame russe, ta comtesse vivait alors à K.qui Dresde, s'était assise dans l'un des endroits au assignés à la rentrée des troupes. Derrière elle, pnbiic pour assister Allemands enthousiastes se mirent à injurier quelques la Russie < Je me retournai, furieusement me dit-elle, leur rendis la monnaie de leur pièce en employant et « peuple ». Les insuiteurs des mots des mots violents, se sont extrêmement turent. Les Allemands polis avec les dames, mais avec un homme, tes choses ne se fussent pas même manière. A la môme époque, des bandes passées de la ivres parcoururent d'Attemands les rues de Pétersboùrg cherchèrent tout cela par « pa. et querelle à nos soldats; tdotisme~. Les journaux allemands mènent actuellement une camla Russie pt)t!ne féroce contre qui veut, afnrment-iis, de t'Orient forte de son atHance avec tous et, s'emparer les Slaves, se jeter sur la civilisation européenne pour la dëtruire. Le Galos, dans l'un de ses articles, a fait remarfuribondes se produisent quer que ces provocations justemcnt au lendemain des entrevues amicales des trois et que c est âu moins Mxarre. empereurs,

!H

LE

DERNtEB

MOT

DE

ï~

C!Vn.t8ATM~

t

va assister à de graves événements. LaOui, l'Europe d'Orient envahit tout. croit, grossit, question déborde, Aucune volonté de sagesse, ne pourra tenir de prudence, bon contre le courant. Mais te qui est très grave encore. de l'Europe où. pour mieux dire, de c'est l'état d'esprit ses Toutes ces nations, principaux représentants. qui ont détruit i'esclavag'j, aboli la traite des noirs, abattu le les droits de l'humanité, chez elles, proclame despotisme .p,

MUMtAÏ.

~t

ÉCRtVAtM

aoaàmes ~~e~pF<~tèadehaoieitMa,etMgietM9be!ti le règne de la ~aehota <aM OBfeair pw TAFt, proMis de tatttea. ee~ naAioas reîusent Jh~MM et de la Vérité, que l'on ~;ai<iMsa« « <wt d~ nM~heweH~ ctu'6Heaa L<a géaMssements BMSMtt~ «mme des Mtea auiatMea. Quel l'Europe, <tM Mor~uné~ q~'<m ë~Mrg~~BMient en Orient! a~aurd'hui voya~a-Nous pour~aM, soectocte, frères tnou. 8<MS ie* yeux. de teats O~vi~Ae ~sœura qui devant les m~aa <e lance ea l'air des eataots ~ots o~ ruine des d& btn<Mnette& sur des petites ~tombent des Lea bordes. sauvages tmage&. on sac&aga des. egHge~. une des MtMtth'Mms.eMtMB!ia4RN<4re ciwHi~ai.t<Ht.opére)tt taoMs: H Bes'*g~paa d'ëpiaodea trMCthMt systématique. d'un MMtSt semmea en préaeoce de Itt mëUMdc gaerrièr& enunifofaM&agisgrand empire. Les coupes de brigands aeat d'après tes ordrea dea miBiat<es~det'ktat~~SaUan maschrëMeMte ot.eiwiHsée r~M'de ïtti-n~me. L'Europe avec impatience: et semMe dire les chrëiieM sacrer tio~cè9;n8eetes?~Par*Aufart onMentût&Md'ëcraaer ne ~ettt ptM voir et crie alors à fais eUe se détouroe, < Ne eMapcenez-vMtS pas et au mensetge. t'Mtg6ration se sont tués etn-memes mille BM~re~ aae ces 8o;M~e aux Tuircs! dirait-elle presque. pour créer des entras la faute de la Russie « Tout cela c'est Et eiie afarmo trop forte. Elle va Cette Hussie, à leurs yeux, deviendra de la Méditerde Constantinople; de l'Orient, s'emparer Après cela, elle tombera raBée. des ports, du commerce. la et détruira comme une horde barbare sur t'Europo – cette même civUisa'tion qui permet tant civilisation, et de i'AUeC'est le refrain de. l'Angleterre d'atrocités. à un seul mot de leur magne qui-, du reste, ne croient pas et instruit seul homme chanson. Car, enfin, y a-t-iiun la Russie va détruire se Sguireqae ~ensé.ea Europe,'qui pas à aot~e (Maintéresta <tVit!MttioB? Q~'Ha ne croient c'est miH& NMavaiaes iatentiens, Mment <t nowa pféteat Moua croient MatsjeB'ttdmetspas.qu'its cetepcaiMOsiMe. n'est coat~t. ha Russie pïus torts que toute l'Eute~ eHe déiend sott forte que <hez elle, q~nd NMaensémeot elle aérait quatre fois MMS. ai elle attaquait. territoire "ptt~MMe'qSBtes.a'ssaStiis.

JOURNAL &'CN ËCBtVAtN

SM

On le sait très Mon, mais on continue à égarer l'opià cause de ta méaance de quelques marNion, cupides Mais ceux-là, chands anglais. même, n'ignorent pas que de démolir la Russie est incapable leur industrie, de ruiner leur commerce, siècles pour ou qù'il faudra-des cela. Mais la moindre dans le commerce augmentation d'un autre pays, te moindre développement que prend une marine causent en Angleterre des paniques sans nom. aux Allemands, teur Quant pourquoi presse pousse' t-ettedeB cria de terreuf?AB~~rcequ's<Mtt justement derrière ~ux ta RuaMe;qut ie~ a empêches de prc&ter~e e!r<wnetances .favorables la France, pour acaever pour eme benne tais ce nom qui les empêche hure diaparathre encore de donoir < La Russie nous geM. t~nquiHes. dans ses vraiestimites.mais pensent-ils. Il fa~i'enfermer est toujours si la France vivante? comment y arriver,. – La Russie est coupabte4'~tra la Russie, tes Russes <*<)tre Ruseea, d'être Slaves elle a la haine de t'Europe. cette race de Slaves, d*e<c/<M~s. H y en a pas mal chez nous de ces esclaves ils pourraient se révolter ïMt-huit siècles <j[ect<fiHsaHoNdov!eaneBmueBiaisene. ces grandes L'herriMe, 'quand'en inquiète puissances. ~tpt~taHoM. c'est qe)e<*est ? le <fent~r mol <fe ?<!& venez pas nous dire qu'en Europe, ~neme en A'ngte~ du sort des chrëtiensd'Orient, terre, on s~est ému <ett& <~e 'sontdes cas t~ojës qu~i y a même eu des 'SMtscnptioBs. combien les rares gens bien intentionnés qui démontrent contre !es Etats. Un homme sont,.en Europe, .itapatseants de bonne foi qui voudrait comprendre -serait Men per< Où donc <st ïa v6r!te, ee dira!t-ï!. Est-H possible plexe donc cintra que te moade scit eBoore at itM!' <l!e!te?'~ana la haine? Quand donc tous les hommes n'auront-Ha qu'une V~ntt* sera-t-elle assez totte iteuiev<~hte?t<a jamais e'st~àfratermte K< sont-co bamaine? i~Mr va{Bcfe?'Oè là q~e~d&faïns mots d idêaïi~te,<e ~~n ~poètes? Est-ït ~J<e M< tègoe ~ettouvetxtwu, pocr. mieux ~iire, ~'it t)~t;am~is'ces6ë~!eTêgner?~ –

0:

:<

NM

~UMtA~P'UN~CMVMN

¡..

i

u

IV

t.E8

ALLEMANDS

ET

~E

TRAVAIL.

h'ESpmy

AU.EMAND

et Ma modo. On y vient Ems est une station brillante surtout les malades du monde entier. Ses sources attirent et beaucoup de étteiots d'aCections des voies respiratoires, satisfaisant. L'été, gens y font des cures avec un résultat visiteurs, presque ony peut rencontrer )ùsqu'aquinzemiUo ou ayant les tous évidemment largement gens ~riches il y a aussi des pauvres Touteïois, moyens de se soigner. quelquefois ap/ed. qui viennent iei chercher'!ajguor!son, On en compte environ une centaine; tous n'arrivent pas il y en a qui prennent le chemin de & pied, bien entendu fer. classe J'ai été très intéresse par les wagons de quatrième Pendant un arrêt.' construits pour les lignes attemandes. du traîn, j'ai prié te conducteur (presque tous les conducsont très aimables teurs allemands pour tes voyageurs), me faire voir un wagon de ~uatri~me classe. de I! m'a moindre rien que montré une voiture saMia b&nguettè; ïesparotsettepiancher: – Où a'assoient*iïs, vos voyageurs de quatrième classe 2 Sur le plancher? .~Naturellement, si ça. !eur fait plaisir: vos wagons? 2 ~CpmMendepiaces.conttennent –Vingt-cinq. dont pouvait disposer chacun des En calcuiant l'espar rester Vtngt-cinq j'ai conctu que tous devaient voyageurs, S'ils sont au debout, et encore, les ~pautes se ~chant.. complet; iïestévtdentqu'irs sont t~ de coaserver leur la main. Maintenant, sans doute, n'ont-ils bagagea que de petits paquets. J'airpart~ë mes it6Bexton8 au caBouctear, qui m'a mais le prix n'est que la moitié de celui Oui, répondu

JOURNAL

D'UN

ÉCMVA~

ZM

classe. C'est dej& un grand Mentait de !a troisième pour iMpauvres!* non seulement O~medit faire quotas pauvres peuvent mais qu'ils sont encore nourris leur cure, gratuitement et logés, je ne me rappelle plus par qui. à Ems. dans une chambre Des que vous êtes installé d'asd'hôtel, depuis deux~ou trois jours, deux messieurs vous. rendent de visite, porteurs pect doux et modeste L'un d'eux reçoit des ofpetite livres de souscriptions. Sur son livre figure frandes indigents. pour les malades des docteurs un ay~ tmprtmé a d'Ems, vous exhortant Vous donnez votre obole suivous ~Mtvenir des pauvres. et inscrivez votre nom sur le carnet. vant, vos moyens et j'ai été frappé J'ai parcouru les listes do souscripteurs de leur manque de prodigalité. Un demi-mark, un mark, marks. trois très rarement cinq marks. pas souvent – Combien rassembler la pouvez-vous d'argent.dans taieoo ? demandai-je. mille thalers, Mêla Herr. mais c'est encore jusqu'à de ce dont nous aurions besoin bien peu en comparaison comque nous entretenons pour cent personnes environ p)ete!)aent. c'est peu, mille thaters: EceCet, c'est trois miite marks. aux eaux, il est évident qu'il S'i! ~entiS.OOO visiteurs. le collecteur à la y en a qui no. donnent rien et mettent porte (comme je l'ai vu par ta suite). Cependant le public très brillant. Entrez dans te pavillon où l'on est briUant, de la cure, et regardez boit les eaux, l'heure cette <ou!e qui écoute l'orchestre. A ce propos; j'ai lu ces temps ci dans les journaux que les Russes avaient souscrit très peu d'argent pour les de ce que l'Europe eu comparaison Slaves révottes, avait surtout de i'Autricbe pftert.~On parlait qui, & elle seules avait versé plusieurs~!) miiitons~de gulden pour 1 entretien des ïamiUesdesinsurgês~desmiiliors de ceafamilies se sont réfugiées sur te tejrtMoire auMchien.) L'Angleet l'Italie.aeseraient t~rre et même la France montrées nous. Franchement, que beaucoup plus généreuses je ne jcroM~DM à.lant.diempreasement, la- part des na~ons de ~'Angleterre, européennes. Pour ce qui. est surtout; je <~t M

9M

JKMJMSM.B'VM

ËCMVAtM

ter.a!8 <c<M-MWX cMCfe vOdtaMc de connaMre do ses H parait que personne n'en ~a;t )rt<N. ~ant souscriptions. A f'Aatri<e,<qui, dea des hosm!Ms, a oaxMBewcemeot de ~'empofN' dewein de eeaptt.ie Boant~ (ce dont ça commence à parler dans te nmede ~d<p~o)[aat~que), elle a jtMMc~tatJMd~M~~reMefaM~en~uedeaea~tter~tifutur. jet son aNraade N'a ~M MtMetMBt Bat!~t< !na!t bien Du teste. ~nc!eMe. elle a soMerit, HM~t ~Hr~ pap!e< & eavotr qxe M t'<m MeeetUMa de <:e eût6. j'ornerais On Kittder f, c estquête aussi à Ems pe!tr jéa~ Mœd~ d!re les enfants idtota. H y a iet aB h&tMait pour eux. ces petits .~ataMUeBoeat ce n'est pas ETna~ai tourn~oas U aérait imoteux Nmt&eureux peur une si petite vitte <<c tont ~dietfL On dit <}<K! t'etaMMemeMi produire est mais <te îapMt ins~Msant~, Bi bienquit SMbveationaé, !aut receorir eux dMta parMeutieM. Un measiettr spiendideoMatt decoMtM<Ht une dame <qM!!eB<e recouvrent ici la «antë et laissent, est-ce bien par reooMaiMance.deux e*tMta <~ Urei* <M)rtt6 pour de pauvres pr!vës 4'<atcHiDe temp< t aaife, très MU~Mat, ~eMe. eHnoR)!esur )c J!vM 4e JMMtteripttona la jXMnme de dtx maftcs, Le quêteurmeditpouvoir recueillir jusqu'&<.NO&<ha!er6 .mison. <<MtiB<Mp<raTM~<H<H)t, moH ,par ierës~tatetaK teaf. ~B doaMit ptua UmMje ii<rre. une souscdption M'a Mute aux yemu tittq p!«M)ig6 '(un sou). Ce den est d'un nom quetcatxqae. précédé ce con<-Ma m'a fappeM <eM!er d'état rjuete '<tai .Maïi otert ~aq !topehs pour te <n)Mmea)Mtt de ~enmMUm' et signé son com sur ~s tiste. mon premier à Ems (H y a deux aas de Depuis séjour Les deux e~t~MCMOOtestancejtt~~t'MBNtehtintefMaé. MttMet )e6 ptwts ea wpte aett ia Kfaeachen et la Kesse!. hruBoe~Aa~deattmdfsaeMMesoBa'conatruitunemaij~ ¡. ~soa, iet !e pubU<; est tepate de cee .Murcea par une baius !a Imtuatrade~ Jfade< Deffiare qwBtquet ;eunet; eUesse Boarec; CHes soNt 4ro)tveat dehout, trois p~ea~e tnaq~ VI{)Í J, leur aij~tes.aveM)ttes~tgëttimeat!~Hte~ Pendant ~aeae)! wptre ~efre et e!ïe« y Mrsect:t!eM. deux ~ur€a,.<~)tqMeMati~t<)k8.tBUiteradematadead6S!ent J~M~ )batMtH<de, 'dhaena Awit deux, tro~, quatre t.a imétae ~erM«t'eau,teiqM~«t ~ui < 0)f~<M))ë<teJppëndfe.

MUKNM.

n'UN

ÉOttVAtN

M?

Moh~ e*est p«c que towt se ehose M repMtduM te aeir. en bon Mdr~MM que le «MtM~ MM«i)téthcdiquemon<, est que ces jettwes &Hes !e ptaa étOMant ,tt<nde ~<~ woè toétooirtt que je ne. pois Cfo!r& que s<<nM~essèdett <Jèho!~ Mr~~f tumUe. Vous leur tHfM te joutdewtrf tantd'eocejtêe Krt~ache*, pMf exemple, et toott de !M! a~ts de votre cure, elles ne se Apr6<teeta. pendant te~tte pas tM)tef~s. Eites veus te<:oNoa!tf<M)t parfaitetrompèrent votre dose en vcns ment dans la ~u!e et se MppeMerant Murent six ou sept Terres voyant. D~ p<us, eMes prendnmt à la M~ verMrontdedaas M a~u'H faut en un -quart de t 6aac<M) Ma r~c~pteMt 8am& acmtnuta et distribueront est ic itôtre, que teur. Biles se rappellent que ce Terpc~ vous ptenM <a~ d'onces d'eau, tant d'enees de lait et queJMaais une voMnAMttM-x dewx. ir<H6 oa a~nre verfee. Une bàbi Powr nM* c~a demeure un mystère. méprttc cmatractee dtt rentaote, tade de ce twait. peat-eHe seule a!'a~ P ? Noe M~otre sHr~e ptcawtrè ce quo j'appe~trat une AHemande. !.a aomme de travail qtM pem ïounur un RMse. Passez un mois a t de~uei.du teate, stopëSef tlKMe! (et ici chaque )X)aMbo est on MM), et vous admiMrex<!<M)aate<BMt'activiteinvMisemb!aMedesbu)tBes. il y a douze ott j'ai pris pension, Dana r<tab!is8en)€nt tous occupes, par des tatoitte~ quetqucs-mts ~me~ts, Pour servir tout ce monde, il n'y a qu'une entières. envoie encore, ans que la patronne jeune NHe de dix-neuf La bonnedes commissions. por-deNsus le marche, taire chez !aMan. à ia pharmacie doit passer poar celui-ci, courir chisseose ate!!ebout!quepourun pour eéiui'ta, les e<np!ette9 & iaire sans compter pour sa trtMêntc, eat une veuve. mère de trois mattresse. Cette dermêre conduire a i! faut babiller, survëUler, enfants, lesquels l'ecote.etc. Chaque samedi la bonne doit laver tous tes te~ changer parqaets de mMSon, faire les- chambres, et ? samedi, nettoyer draps des .!its et, sans at~hdre amtt mettre en. ordre les logements dottt ifs iocatairea .partis. Cette jeune n!!e se couche à onz~ henfBS, !e soir, et sonne pour qu'elle sa patronne le matin, à cinq heures, cela que la pauvre 9&!ève. Je n'exagère rien. Ajoutez exige qa'e!te Bne€sipaye<}<ruùefa<%a'~r!soi7cctqo'cc

MO

JOURNAL

O'UN

ËCtttVAtN

wAl:rw -L'b ~À'I" _1*to'.À~n-n., vêtue. Etoile n'~ aucunement l'air Elle est gaie, malheureux. Mon port~te.d'uBe placidité on ne iravaUle pas autant! & toute épreuve. Non,cheznous, une boqhe russe n'entrerait Jamais dans un pareil bagne Et,la domestique pour les gages que reço<t l'Allemande. do chez nous sera oublieuse, sale, càsser.a. aMmera, sera de mauvaise dira des grossièreté). humeur, Ici vraiment. tout !e mois. je n'ai eu & me plaindre aérien.pendant Faut-il louer, îaut-it blâmer ? J~ iauerai plutôt, bien que i&ela mérite plus de recelons. H est bon de dire qu'ici chacun prend son sort comme i! est. et s'en contente son travai! et ne presque toujours~ Chacuafctconnatt n'estt pats înuti!e coanattqueceta. d'ajouter que Jes mattressestravaiMent autant que leurs domestiques. Les tonctionnairesaUemands sont également laborieux, Prenez un no ~es empêche aimaNea. ce qui pas d'être receveur des postes avec le russe. Dans ~ses rapports ott tout tu moins bourru, irrité public, il sera toujours ~e mutedesagréaMe. Il est .fier comme Jupiter 0!ymsurtout pien, i'emptoye, subalterne, charge de l'employé donner des renseignements au public. Il y à fouie, vous arrivez enfin au attende~ votre tour/Vous longuement il vous tourne vous écoutera pas guichet. L'employé nera !e do$ pourCauser avec un collègue place derrière un lui. Il prendra un papier en teignant d'y chercher détail d'une extrême Vous voyez bien que Importance. tout cela est fait exprés. patiemment Mais vous attendez et se lève, quitte le. bureau; tout&coup votre employé l'heure sonne; c'est l'heure delà fermeture. Altez-vous russe est occupe CM, bon public Et notre fohct!onuairo bien moins de temps par jou~ que son cquîr~re aUeCe qui le caractérise avact tout, c'est son- ontmomand contre !e public. II tient <? àvo~s montrsr 'que vous de lui < Moi. semble-tlldire, dépendez je~ulsderjrtere le guichet/j'ai le droit de me comporter comme il me par plaira, et si vous vous it&chez. je vous ferai jeter'dehors un garçon do salie. Ici, à Ems. il n'ye guère.à la poste, que deux ou trois et juii-fet,. par Pendant le saison (en juin employés. milticrs de Toyagcars -exetppïe), 41 arrive-dés par jour.

nwil soit

www.w..wirtwr.w.· convenablement

= cc = '`

= 6

=

=

Õc

JOURNAL O'UN ~CMVAtM

269

On ne se figure pas ce qu'est alors ta correspondance, ce des postiers 1 Ils ont deux heures que devient te travail dans la journée pour les repas, le reste du temps, ils sont Des foutes de gens ont une lettre à toujours occupés. à demander. Pour chaque réclamer, un renseignement des piles énormes de réclamateur, compulsera l'employé lettres it écoutera tout le monde, fournira le renseigneson explication, tout ment voulu. expliquera, répétera cela patiemment, de la façon la plus aimable et poliment, la plus digne. Pendant à Ems. je jours après mon arrivée quelques vins tous les jours demander à la poste une lettre que et qui n'arrivait impatiemment pas. Or, un j'attendais lettre sur ma table, ta bienheureuse matin, je trouvai Elle venait d'arriver, et l'emdans ma chambre d'hôtel. mon nom sans savoir mon adresse ployé qui se rappelait s'était donné la peine de prendre des informations ei me Tout cela unil'avait oMtgeannnent fait porter à l'hôtel. ii avait remarqué mon quement parce que, la veille, extrême inquiétude. russe qui agirait ainsi ? Quel est le fonctionnaire il faut bien dire qu'i! des Allemands, Quant à l'esprit est diversement Les Français, apprécié. qui ont quelques raisons pour ne pas aimer les Germains, ont toujours désans vouloir insinuer qu'ils ,ciaré qu'tts étaient lourds,– sont obtus, cela s'entend, tts découvrent dans l'esprit hors du allemand une tendance à toujours vagabonder les choses les.pius chemin direct, à compliquer simples. Les Russes, de leur côté. ne tarissent sur l'épaisseur pas et la gaucherie quelle que soit, du reste, leur tudesques; de leurs voiscientifiques pour les aptitudes admiration ont sina. Pour mon compte, je trouve que les Allemands certains travers à se faire juger bizarres qui les exposent Certes, calomnieusement. j'ai bonne par des étrangers. que les Allemands proopinion d'eux, mais je comprends duisent quelquefois une impression ceux désagréablesur · quitesconnaisseutmaL Pendant te trajet de Berlin à Ems, notre train s'arrêta de nuit, à une station, minutes. J'étais quatre pendant fatt~t6 pour me dégourdir du wa~oa. ~a Ysutus descendre 83.

f

=

Õ

2~0

J<MJMMAt<

D'UN

ËCtttVAMt

t<n pee tes jambea, tout en tmawntumfeigarettesurie la sonnette du <Mpàrt se lit entejndre, je quai. Lorsque étourderie, m'aperçus que, grâce à mon éternelle j'avais oublié le numéro de mon wagon, dont j'avais ferme la en descendant du train. Je n'avais portière que quelques secondes devant moi et j'aHMS ~te me rendre auprès du conducteur Voilà mon quand je m'entendis appeler. Allemand aura toujours EneBct.un w~gon, pensai-je. t'idée de s'iaquiéter d'an compagnon de voyage. Je m'apsoucieux parutà ta portière: prochai et un visage allemand – Was sucbon aie ? (Que cherchez-voua ?} '– Je cherche mon wagon. Mais ce n'est pas celui-ci, je n'étais pas avec vous. Ou est-il, le votre ? Non, ce n'est pas votre wogen. – Je ne sais pas, je ie cherche. – Et moi je ne sais pas non plus où est votre wagon. Ce ne fut qu'au dernier moment que le conducteur parvint à retrouver le ï&cheux wagon. Je me demandai pourMais cet Allemand m'avait et interrogé. quoi appelé et.vous verrez que demeurez quelque temps en Allemagne tout Teuton agira,do même. Le lendemain de mon ans, j'étais à Dresde. Hya dix un peu au hasard vera ta Gâterie arrivée, je m'acheminai de tableaux. Je n'avais pas demandé mon chemin à !'MAllemand venu me l'indiquetel, pensant que le premier rait. Le Musée do Dresde est assez célèbre, me disais je. pour que tout habitant <)e !a viUc se tasse un plaisir de comment on s'y rend. m'expliquer et intelJ'avisai un AHemand de physionomie sérieuse !igente.. – Pourrais demander où est le Musée de pein je – votts iure?. – Le Musée de peinture ? répète mon Allemand. –-Oui,!aga!eriet!etabteaux. – La Galerie Royale d~ tabieauxynt-i! en appuyant tortementsurlemotjRo~~ –C'est ça même. ne sais pas ouest –Je cette gatcric-tt, – y a donc âne autre gâterie? –~u~y~u~~j~j'j~;r~

&'UNÉCMTAM JOURNAL

271

'V'
<.er!<sMOM~e/r«~c<!fs~

à toutes ces comme anx stations & ta mode à se soigner. tes Russes aiment beaucoup environsde Wunderfrau.quidenMureaux Çuette surtout foule de Russes

eaux Ems

allemandes, En généra! Même chez M'*° Munich et qui

dans son établissement, ie plus aucune source ae possède la eat russe. Ce sont, pour de malades ~roa contingent thez solides et vigoureux des gens qui viennent plupart, de Mtte dame. des personnages gradés qui lui envoient et de leurs médecins les bulletins s'y Pétersbourg dans son solliciter une place dès l'hiver, pour prennent, sevëre et querelleuse. C'est une femme établissement. A Kms, extraordinaire tangue gonnant les ce n'est Ce qui leur invention. m'étonne, pas que mais bien entre Russes M parlent qu'ils eux, pas russe instruits Les Busses qui français. parler s'imaginent classes ceux en deux se divisent croient français parler no se font que peu d'illusions, si mal qu'ils qui le parlent aussi mat.en le partent et ceux qui s6 figurant presque haute Toute notre des Parisiens. pour qu'on tes prendra çacas. Ceux de la première est dans ce dernier société un vieux Je me rappelle très drôles. te~orie sont parfois et une monsieur iamMte évidemment vieille très dame qui causaient pour d'affaires eux. tfs intëreesMttes. un frant'ais Kvrtsquo/en et avaient maladroit, Icurs.mots. se mit le voua cette rencontrez tout d'abord des Russes franco-russe jar-de

do s'ex-

dans primaient suranné, style .mat à trouver ~and absurde souMeront, que l'autre tMM ta aimaient

ue pens<:6 mieux Its risquer jamais. une autre prcttdre qu'employer êtaïtpotesqac.. tëurpftHj)6!tc!aHon

d'un phrases ie pt<M souvent si Fun devint A ta nu, Puis it! s'entresouffler. russe ne leurrât pattet de tMtgae ne se coatpas que te fraoça~.

a7X 3M

JOURNAL JOUMKAL.

O'UN Ut'M

a~Kt~tUt~ ~CfUYA!~

se distingue Mconde Le franco-russe catégorie de mais cette fois t'accent aussi d'abord par !a prononciation; et atrocement grasseyant est plus parisien que nature, pauvre d'une lieue. Ji est également sent sa contrefaçon et inexpressif. de vocabulaire,.impropre Jamais les gens ne se roodent compte de très mondains qui s en servent patois (je ne parie pas du fran jt'iasigniUaaced'Mnpareit font usase). ïta ne comçais, mais du diaiectedsatiis artifiune sorte de langue parlent pas qu'ils prennent 8{ étroites leurs. pensées, de tendre cieiie, incapable c'est comme volée; une jtangue soient. C'est qu'eUes a créer en français pourquoi jamais un Russe n'arrivera et fortes qui font image, vivantes une de ces expressions venu. coiScur parisien portée du premier cequiest&ia romans, qu'un dans !'un doses raconté, Tourgueniev Garçon, au caM de Paris, s'écria jeune Russe, entrant » Un autre Hupsp, plus un bifteck aux pommes de terre de la langue usuelle, demanda, une minute au courant no Le premier bifteck-pommes plus tard: < Garçon, archaïque. put se consoler d'avoir employé une expression du les garçons désormais et s'imagina que inélégante, le regardaient restaurant avec mépris, le langage d'un autre peu Il y a danger à s'approprier vieux je sais que cette opinion est < p!e que le sien veufausse que certains jeu », mais je-ne ia trouve pas si ient bien le dire.

La langue est évidemment ta forme, le corps et !e vêtede ma H s'ensuit que plus la forme ment de ~pensée. complus je serai pensée sers riche et variée d'aspect,Nous et pour ies autres. et pour jmoi-mame préhensiMe savons que la pensée est prompte, comme la -foudre, mais de souvent ëUë ~attarde, parceque nous avonBi'itabitude Si nous ne pensons penser dans une langue quetcpnque. nous ne pas tout & tait à l'aide des Mots de cette langue, ~ht iorcc élémenëuua ~f~s pas mo!tRpourGe!Tdc

JOURNAL

O'US

ÉCRtVAtN

879

de Fidiome taire eHonda)honta!e auquel nous sommes les du reste, apprenons-nous te plus habitues. Pourquoi, le français langues étrangères, par exemple ? D'abord tout simplement pour pouvoir lire en français, puis pour avec lès Français nous rencontrerons, mais que parier cuHemont ann de causer entre nous. La langue empruntée, !a'tangue pour dévoiapprise, ne sera pas suffisante ler loi protondeur intime de nos pensées, précisément parce étrangère malgré tout. qu'elle nous demeurera no Les Russes, du moins ceux des hautes cinssos, avec une langue à eux. naissent plus depuis longtemps Ils acquièrent d'abord une langue artificielle, et ce n'est un peu avec !e russe. qu'M'écote qu'ils se familiarisent Je sais bien qu'avec de l'assiduité à ils peuvent arriver ce que j'apposerais te russe « vivant apprendre J'ai connu un écrivain russe de quelquerêp~ation.qui, non seulément a appris plus tard le russe qu'il ignorait étant enfant, mais encore s'est familiarisé obsolumoHt, avec le moujik russe et a écrit dos romans sur les mœurs lui aussi, de son Notre grand PouschMhe, des paysans. propre aveu, dut. en quelque sorte, refaire son éducation à la langue avec sa bonne Arina Rodionqvna, qui l'initia et et à l'esprit du peuple (et chez nous les mots /aH<yM<* et quelle idée riche et profonde ~MMp~sont synonymes, se cache là-dessous enfant ait appris Mais on tae dira Qu'importe qu'un s'il le sait de cette façon que j'ap.le russe ou le français un ? Eh bien que, pour petie < vivante je prétends Russe, le russe sera toujours plus facile et qu'il faut, dès l'enfance, l'emprunter au peuple, aux bonnes,par exemple, comme-lé fit Pouschkine. 11 est absurde de craindre pour l'enfant le contact du peuple; contre lequel tant de pédaA l'école, ensuite, on garde les parents. gogues mettent il ne sera pas mauvais les légendes, les trad'apprendre ditions et même !e vieux slave d'église. Une fois que t'en saura sa langue maternelle d'une façon « vivante de penser dans cette langue, que l'en aura pris l'habitude il sera temps de mettre-à facilité profit cette prodigieuse les langues Ce qu'ont le3 Russes à apprendre étrangères. n'eM, bien p~n~tr~ de la an ~(îct~ qn'sprùs T!M!S 'être

,~<WM<~

C'UN

ÉCMVAM

avec tangue maternelle qu'H nous s'erwposaibhfd'teqwtrir Nous pOMfMWS alors an idiome dn <~oM,: perfection de ~uelquM' fwme~ enfiehir notre pewsëes esprtt concilier avec le~notres. et.les étrangères si existe un fait assez renjwrqtwbie notre~ngae. toutes rend sans difacuIM qu'elle paraisse. peu policée de la pensée étrangère les nuances les portes et les phi'a, fond en entière sa traduisent de l'Europe losophes écrites dans notre nombre d'oeuvres fusse. Au contraire, en un autre idiome< surtout sont intraduisibles langue en français. sans rire «ne traduction (& pré Je ne puis me rappeler M. Viardot. mari sent très rare) d'un livre de Gogol par russe ators débuUn écrivain cantatrice. de ia célèbre à cette version, célèbre, avait Miiaborë tant, maintenant du Gogol. Eh bien! co n'était pas ie moins du monde C'était un galimatias. Pourde même, est souvent intraduisible. Pousehkine, est possiMe que quoi cela ? Je suis ~ïésoté de dire qu'il ne soit pas aussi divers que le nôtre, l'esprit européen et plus étroitement particuiaqu'il soit moins complexe avec plus de prérisé. Les étrangers écrivent, peut-être, de notre plus langue est beaucoup citsion, mais l'esprit tout. Pourquoi il embrasse priver riche; i! est universel, Pour lea rendre malheureux, nos enfants d'un tel trésor? notre sans doute, car nous avons bien tort de mépriser rude et grossier. comme idiome, de le considérer nous Oui, nous, les gens des classes dites supérieures, naissons sans avoir une langue bien à nous. Et cependant. » redeviendra en honneur dès que le russe « vivant nous et le parmi nous, l'union se refera toute seule entre peuple. à une ces observations que je soumette Supposons de Elle se moquera mèredefamilledesnautesclasses. moi. Peu lui importe en quelle langue pensent ses enfants tant mieux Ce sera bien cuer!s. Si c'est en < parisien pour plus élégant 1 Mais, et elle né !e sait pas, il faudra le franvéritablement cela que ses enfants apprennent no parleront qa'unt a peu près de çais & fond; tant qu'ils « parisien qu'au degré où l'on cesse », ils. n'en seront

=

r s

c C

= =

= ° = '=

,<OMtNAt.

D'UN

ÉCMVAW

S7~

ne aavettt pas le mal qu'ils <OB< d'être Rasae. Lea pareott pour eux, dos rage dedeux à leurs entaints en engageant lls s'ignorent pas qu'il y a benne ëtrangèré. aas.uae chez que!qui commence une tarribie habitude physique dos t'&ge dedix M)s et qui, si on M que< pauvres enfants en faire des idiots, les surveille pas, peut les rendre à dire qu'une bonne franêtres Sétris. Je me risquerai seriné dès les premiers le français çaise (c'est-à-dire de vue au point est aussi dangereuse, balbutiements) au point de en question, habitude mental, que la terrible est bête! ii vivra si l'enfant Passe encore vue physique. rabâet pauvre, imparfait dès iors avec son français comme les courtes, monotones, chant de petites phrases il aura une cervelle de coif!eur et idées qu'H exprimera sans s'être aperçu mourra que, toute sa vie, il n'a été intellecMais, si l'homme a des facultés qu'un imbécile. souffrira. pas un ordre,'ii K'ayant tuelles d'un certain étendu pour rendre tout ce qu'il aura vo<!<b)dai<'easaex une dans M pensée, maniant pendant toute son existence dans Me et vo!6e. il languira anémique iangoe maiiagte, son d'ouvrir complètement enMt continuel, tincap~Me âme à personne. Mettons que, plus tard, il fasse !'euet d'un personnage administre avec succea. commande'qo'it bniiMt, qu'it surtout de M-meme, & être satisfait qu'H ea vienne à l'aide de pensées qua~td i! aura fait de longs discours & autrui, eh bien! il sera malheuet de mots empruntes un homme. LI reux quand même, s'il est-ce que 'j'appelle d'une faiblesse atteint dans !'ango!<ae, MMt toujours victimes ces -wieiMards prématurés, inMHttMe, comme d'uae funeste habitude. mère croira que lent de mai peut reMa<s- qaelte dans sa maison d'uae bonne française? suMer de l'entrée ma façon de voir, et Etie no Sera pas seule à blàmer -On exagération. pourtant i'aKMt ta vënt~ aans aacune la connaissance d'une -va me .dite que, tten tm coatraire, ai<np!ine !a vie, épiargne bien des diMlangue étrattgèce comment «tt<Ma. Comment vewtez-MUB, ajoutera-t-on; comme M jeune charmant, voutet~MM qu'Ji toNare, avec wgueH.Pourdisert, élégant ? Et !a mère sôun~

jH6

JOURNAt.

D'UN

ÉCBtVAtN

qu'un n'est tant, moi j'affirme que o& gandin déticieux sans sot sous sea pieds, sans racines de l'esprit, prolétaire flottant à et sans fond. un pauvre être sans consistance, Il pourra être adorapiement tous les vents de l'Europe, son esprit erà ta mode, mais farci de romans ganté, et- je crois que sa les ténèbres rera dans éternelles, maman seule sera très contente de tui.~ ''l.. "¡

V:
LES
EAUX OU LE BOKTON? 2 ` .r

Je ne décrirai pas. Ems. Ce travail, a été fait cinquante en parlent, russes par fois, des quantités d'ouvrages FfM el du docteur Hirschhorn exemple le petit livre On peut puiser dans ce .ses soMf'ces, publié à Pétersbourg. de toute sorte. volume des notions Il y. a de toutiasur médicaies: et des détails dcdaos, dea considérationa~ et un guide du prola vie d'hôtel, des régies hygiéniques et des aperçus sur !e public meneur, de la topographie et me conrien glaner d'Ems. Quant à mô! je n'ai pius dénié du Taunus le pittoresque tenterai do me rappeler dans ou Ems est située, ia fouie briHante et ma solitude fouie. & cette, foute. Maigre mon isolement j'aime cette ma manière. J'ai même rencontré dans ie Cot des promeun Russe d'humeur neurs une personne de connaissance, JI a, comme moi, bu .déjà pas Mal de verres paradoxale. à Ems. ~'est d'eau un homme d'environ quarantercinq ans. on aime la vous qui avez raison, m'a t~iidit~ – C'est on t'aime foule d'ici; sans s&voir pourquoi. EUneme parteuton aime !a foute~ j'entends ia~oMiefasb:oaab!p, le cotte de toute personne gratin. On peut ne fréquenter société, mais ii n'y en a pas de me!Heur& au moBde. .Vcy<)n~.vn}MHt< -<

JOMtKAL

D'UN

KCBtVAtK

277

flt-il bien vite. –Je ne cherche pas & vous contrarier, Çuaad ii y aura ~ur la terre une société & peu près rai& ceHe d'ausonMb! on ne voudra même pius penser ce a présent, par quoi remplaceriez-vous jourd'hui.Mais que Boasavons ? chose de, vraiment se figurer quelque – Ne peut-on Caneurs mieux que cette foule oisive, queces qui ne savent que faire de leur journée ? Je ne dis pas. qu'on ne rencontre gens dans ie tas, mais pas ici de braves ni même l'ensemble lie me parait digne ni d'admiration d'une attention particulière. Où prenez-vous -f Vous parlez en misanthrope. que ne sachent que faire de leur journée? tous ces promeneurs à lui pour laquelle Croyez bien que chacun a son œuvre des H a peut-être gâte sa vie. Et puis ce sont, en majorité, c'est leur Ce qui me platt, en ces martyrs, souffrants. w par genre. *– perient – Si vous étiez vraiment Ns rient par habitude. et alors vous vous réjouiriez main, vous les aimeriez, et s'amuser oublier un instant voir qu'ils peuvent

gaité.

hude de

mirages.. vouiez-vous diable. que je les aime tant Pourquoi que ce!a ? – Parce que l'humanité et comment nous le commande d'années ? une dizaine ne pas. aimer l'humanité depuis !i n'est plus possible de ne pas aimer l'humanité. H y a Je ne ici une dame russe q"i en raffole, do l'humanité! sur ce ris: pas du tout. Mais, pour ne pas m'éterniser en. vous disant que toute société thème, je veux concinre tashionaNe commeceiie-ci qualités posi. possède certaines t[ves,D'abordIa.8ociétëfashionab!od'aujonrd'huiretourne à la nature. Pourquoi voûtez-vous que ces gens-la vivent d'une façon plus artificielle par exempte ? que ies paysans, de t'armée, des Je ne parte pas du mondé des fabriques, tout ceia, c'est ie comble de l'artiécotes.et universités! des hommes nciet. €eux-ci sont ptua libres que te reste parcequ'iis'sont pius riches et peuvent vivre comme ils à. la nature, à la bonté. l'entendent. Et ceux-ci retournent L ~a M.perte t~e~ tta~~tréMe po!e, <t'e~-è-<H'w
M

«vec

a

~78

JOUBKAL

D'VN

~CMVA!~

de la iendttMe; tout le mo)tde veut ~tre l'e!tag~rat!oa aimable que tMt ïebonaeardece~rand et gai. On dirait & consiste qui perte une rosé à.sa boutonnière gaillard Ou'est-~ce qui égayer cette grosse dame de eiBquaRtetns. à s'empresser d'elle sans ceta~ Pour le pousserait auprès c'est que le bon toc iorceM'amabiMtë; moi, le principal c'est des plus impor~ati~~ Pourquoi déjà un résultat jaotro société a-t-elle rejeM t<Mts tes personnajges de Byron, les Côr&aires, les Cbitde Harolds, les Laras ? Parce qu'iis ~ta:ont impatients, et ne se de mau~ai9t<i)!<!)écbant8, romsouciaient Des atrcs que d'eux"n)eme8. pareils l'harmonie de b<Mt ton, qui veut ~ue Jt'en Jasse au praient moins semblant de VtVM tous ieautte pour les autres. Voici qu'on apporte des Ceurs, des .bouquets Begarde!: pour les dames, des CeuM) détachées pour lesJboutonnières dos messieurs. Sont-eUes beilts, cea rosés, ontelles été assez soignées. bien travaiUéës, sqnt-eHes àss~B assorties Jamais une fille des champs ne saura cueiUir aime. Ces rosés rien.de pareil p&ur io )eune gars qu'elte seront vendues cinq on dix pfennigs la pièce, parce que ~ous sommes encore dmts le-siècle de l'or- et du lucre. Mais y a-t il quelque chose de plus gracieux que d'àppor.ter des .Coursa des tna!adèe?Le~ fleurs, c'est l'espoir! Toute la poésie de la vie est en elles avec, tout le charme .delà nature. Cela ~M. vend aujourd'hui, cette idée charla bonté toute ueurir les aouCrants~quand maate.de ae couronnera naturelle sera.rev~nae aux hommes,~n mutuellement de fleurs, rien que par gratuitement, ,àmoar les uns pour les autres. Pour mon compte,]'aime mieux tirer mon pteonig dé ma pocha et être quitte. C'est En .universel. l'eMoar beaucoup ~ue dem.ander exiger attendant, nous avons le 6imuJt&ctedBi'ège4'orquin'est pas cotre siècle de l'or. Si Mus êtes un bomme d'imala société moderne gination vous devez être content.'Oui, aux dépens de la masse des doit Ctfeencoufagée.Mt'ce le ïaate et iè bott ton, que le reste ..hommes:: EUe produit <ë refusera décidément A nous prooarer .4ejt'jhumanité Mo taMeauexq<ns, .tct<Mtm'oCfe m'égaie, un :tab!ea~qni Ïa musi~eoutez et voyez 'e't la.gxt.M se pay~twqoufs. les JtemmM iont parles. les bommiM tient, <)<te feteatit

=

=

`

` i `

=

= =

JOUM<At,D'W<ËOMVAM

27&

d'une ces ~aux.je Mais, gf&ce participe Mxboobeura élite Après cela. ate~ quelle joie nous irons boiM aotM VoH& ce que j'appei!e les avanaffreux café aUemand tagea positifs de la bonne société. – Vous riex. Maia ce n'est pas neuf, tout cela. s'ameUor& ai~'vohre appétit –Je ris. Mais dites-moi depuis que vous prenez les eaux. et d'une façon extraordinaire. Naturellement, da bon ton sont telle– Ainsi les avantages positifs même sur votre estomac. ment forts qu'ils'agissent des eaux et non pas – Mais ce n'est que l'intluence ctHe du bon ton. incontestablement. – Et 'celle du bon ton, Monsieur, ce qui fait le plus d'eifet, les On ne sait pas au juste à hésitent eux-mêmes eaux ou !e bon ton. Let docteurs La médecine a fait un pas immense, quoi donner iapaime. elle donne jusqu'à des idées; ces temps-ci ~aujourd'hui que des droguea. Mtrefcia €i!e ne nous ofirait

VU

L'HOMME

CUMULÉ

DE

BIENFAITS

PAU

LA

FEMME

MODEBNE

<

toutes mes Natore!!ement, je ne vais pas reproduire Mais nous avec cet homme conversations paradoxal. sur les femmes, que je veux eûmes un jour un entretien les femmes I! me fit observer que je regardas rapporter. de trop près de si près, et Ce sont les Anglaises que je regarde avec intention. que j'ai emporté de Russie Figurez-vous l'une, c'est la Question deux broenurea pour la route: des femmes. Dans <FOMM~ par Granowsky.rautre.traite de fort belles pensées. ce dernier opuscule, j'ai trouve dans l'étonnement. m'a ptongé Une phrase, pourtant, ràùleur ectaaua dir6 gare

JMO

JOUMMÀtiD'UK

ËCNtVAtN

< Tout te monde aait ce que vaut une Anglaise c'est un type.tres d'âme fémihaut de ta beauté et des qualités y nines. Notre femme Russe est !oia de l'ëgater. Cen'estpasmbnavis.. – n se peut que l'auteur ne soit pas de j& brochure marié et n'ait pu encore prendre de toutes connaissance les vertus de la femme russe.. – vous avez Quoique vous !e disiez en vous raiUant, raison. Les Russes n'ont pas grenier leurs temmes. En à une autre? quoi notre' femme russe est-e!!e inférieure Je ne vous parlera pas du type idéal imaginé par Tourbien que ce type inéme soit une guénev où par Tolstoi, est réalisé dans une oeuvre grande preuve. Si cot idéal c'est qu'U correspond & quelque chose de déjà d'art, existant dans la nature, tt doit y avoir de telles femmes dans la réalité. Je ne parlerai des femmes pas davantage des Dëcembristes, ni d'autres plus ou moins exemptes célèbres. Mais moi qui ai vécu avec te peuple russe, je sans connaître à l'honneur de ne suis pas bien des traits la femme russe. Et dans quels milieux, dans quels antres dans de vice se cachait parhorribles, quels repaires fois là beauté morale! Je ne veux pas étaNirdecompa ni mettre à toute force !es femmes d~ notre pays raison, Je dirai seulement au-dessus de toutes celles de l'Europe. ceci :U me semble que les hommes de toute- nationalité devraient aimer par-dessus tôuHes femmes de chex eux. Si des hommes à préférer les femmes do commencent & ceUes de !ëur propre milieu, je crois que ieur !'étrahger et de sa Bn. pëupie n'est pas loin de sa décomposition Dans ces derniers cent ans; il s'est passé. chez nous, une chose analogue. La Russie cultivée à semMeron~re avec !e peuple. Mais j'en reviens aux femmes. Nous subissons facilement le charme des Polonaises, des. Françaises, !a voire des AUemandes. donne Voici un ëcrivainiqu) ne me rassurent t aux AngMsës. Ces symptômes palme avec aucunement, tiy a !& comme.unehouveUe'rupture notre na~ionaHtë ou tout au moins i'indice d'un goût d'amateur de séraiis. Il faut revemr à ta femme russe, japBreufu'e~.ia Men conMttre si naus ne la comprenons ptùs.

=

r

JpURNAt.

O'UK

~CR!VA!N

2~1

suis prêt à m'entendre avec voua sur tous les une que vous inventiez MenquejemeBgure ,points, avez-vous Mais pourquoi nouvelle loi ethnique. cru que sans douto-l'écrije voulais railler quand j'ai insinué que tes qualités vain ne s'était pas donner peine d'étudier Il ne peut y avoir là aucune malirusses? des femmes ma part, car je puis dire que j'ai été comblé de gnité.de bienfait~ par la femme russe. J'ai été moi-même le nancé était d'un Cette demoiselle dune de mes compatriotes. au mien. Elle était fort tnonde pour ainsi dire supérieur choisir et recherchée Elle pouvait par les épouseurs. e!!e. – Elle vous, a préféré. Et voilà l'affaire. – Elle m'a refusé. Pas du tout! j'étais plus heureux avant de me Cancer Franchement, avec elle. Je la voyais tous les jours et je crois que je ne Un beau jour lui faisais pas trop mauvaise impression. à nos paroles, nous échangeâmes je ne sais comment, entre nous; il n'y eut rien propos de rien. Cela demeura un peu, l'idée d'officiel. Mais quand je pus me reprendre aussi bril« la moitié d'une créature que je serais bientôt me disaiscomme un poids. Comment, lante » m'accabla j'alje, moi, leplusnul, le plus commun de sesadorateurs. lais devenir le maître d'un pareil trésor; je n'étais guère vousavouerai digne d'un pareil bonheur. Et entre nous je couche de vanité que je trouve qu'il faut avoir une rude à un être aussi oser se comparer pour se marier. Comment toute grâce et du mondes, exquis qu'une < demoiselle riche en éducation, en boucles de cheveux, <& perfection; en sentien opinions, toilettes de gaze, en innocence, ments.? Et je puts imaginer que toutes ces merveilles un apparinélégant, vont entrer dans mon appartement Vous en robe de chambre! ou je. me promène tement affreuse que celle que j'exriex, mais c'est une pensée qui me diront prime Àh! il y a des gens tranchants Mais non! je ne veux'pas alors prenez une Cendrillon. – Bref .quand, je m'alm'abaisser! plein de désespoir, aux ressorts longeai sur mon divan (un canapé exécrable du monde i il me vint l'idée I& plus frivole cassés) Tfila qac je vais me rnaner etje~M '~Ml soB~ea~e, –Je
M. n.

282

JOUHNAL D'U~

MCtUVAt\

verrai plus tratner ici que des chiffons et des patrons Je conviens était des plus vulgaires. que cette réflexion Elle fut pour moi abominable. Je me ia reprochai violemment. et je sentis que ma vie se passerait désormais à me faire des reproches violents à moi môme pour chacune do mes pensées, pour chacune de mes actions Pourtant elle m'expliqua, quand quelques jours après. la sourire aux tovres, avait plaisante et qu'oiie qu'elle attaii un fonctionnaire, si épouser je lis une grimace douloureusement me crut onroyabie qu'oiie prit peur, matade et courut me chercher un verre d'eau. Je reviens à mni. Mais cette petite scène me fut très – "Ht moi utiio. Ello vit comme je t'aimais qui pensais », tard, unefoismarieoavecson fonctionnaire. mcdit'ettoptus « qu'un homme sérieux et savant comme vous me me » sûrement priserait amie en ello et je répète Depuis lors j'ai une grande a été comhio do bienfaits que. si quoiqu'un par nno fennoe russe, c'est bien moi. Et je no l'oublierai jamais! – Uo sorte ()t)p vous ~tes devenu i'omi de cette dame. Ami au supr~m~ mais nous nous voyons degré; uno fois par an et pas toujours. rarement, D'abord je )? les ai presque du pas fréquentes, parce que ia position mari était par trop superiourea !a mienne a présent o)ie est. si malheureuse que cela me fait mal do !a voir. Son mari, un homme de soixante-deux ans, a été traduit devant les tribunaux, un an après io mm'io~e, et a du. uu déficit dans sa caisse, pour combler .abandonner toute sa fortune au nsc. H est devenu paralyse. presque et à présent, on io roule dans un fauteuil a Krcuxnach. où je les ai vus il y a dix jours. Elle marche à cote du tauteuil roulaut et doit écouter saus répit les reproches les plus féroces. J'ai eu tant do chagrin do la voir comme cela, que j'ai quitté Krcuxnach ici. Je suis pour venir heureux de ne pas vous avoir dit leur nom. Le pis c'est mes vues sur que je l'ai fâchée en lui disant franchement io bonheur et les devoirs de la femme russe. – Vous avox bien choisi vnt?e auditrice! – Ne vous moquez p<:a de moi. Il me semble que le est da savoir l'on est mat plus grand bonheur pourquoi 1

JOUHKAt.

tt'U~

~CMtVAtX

283

nous y sommes, iaissex-moi heureux. vous dire Puisque sur to bonheur et les devoirs d'une tout mon seatiment à Kreuznach, femme russe je n'ai pu achever.

Vti!

·

t.HS ENFAKT!` Mon ami est fort paradoxal, je vous t'ai dit. Cependant ses Quittions sur io bonitour et les devoirs de la femme russe ne brillent bien qu'il les pas par leur ori~inaiite. avec véhémence. Selon lui. pour être iu'ureuso et expose tous ses devoirs, la femme russe doit se marier accomplir et avoir le plus d'enfants « non pus deux ou possible. trois, mais six, dix, jusqu'à extinction des forct's » C'est alors seulement ia vie vraie, dans qu'eiio eonnxtt toutes ses manifestations possihles. – En no sortant de sa chambre a coucher' pas Je connais toutes vos objections la In cuituro comment les études d'esprit, etc.? Mais je mo demande do se marier et d'avoir des enfants. peuvent empêcher Kh mon !)ieu~ les études d'abord, ensuite le maria~f et les enfants. Ht puis rien de plus intoiii~ent que de faire des enfants Je sais bien que Tchatxky « <~uoi a dit colle qui n'a jamais eu ass''x d'esprit t est celui, quoiiocst pour faire des enfants ?~ Mais Tchatxhy n'avait aucune instruction. II no sut pas mémo écrire son testament, il laissé ses terres a une personne « f<sw< n/H/c inconnue, Sonitc)))<a ?. Maintenant,' Dieu soit iouo'ii y a aujourd'i'ui unmbro d'itommes instruits chez nous, et ils ont des enfants et savent lit l'allaire la plus du que c'est sérieuse '"onde. Malheureusement, ne aujourd hui en je dis pas chez nous, mais en Europe, ia femme cesse d'oufanter. – Comment, cesse d'enfanter '?

38~

JOURNAL O'UX ~Ct<tVA)r<

11 faut vous dire en passant que mon ami adore les les petits marmots surtout. ti court après eux. enfants, A Ems il était connu pour eo!a. Il aime à se promener où on en rencontre. fait leur connaissance, n'oussont-iis qu'un an, et i! est arrive à ce résultat que des tout petits le reconnaissent très bien et lui sourient. lui tendent leurs petites mains. C'est une passion chex !ui. – Tel que vous me voyex, j'ai acheté aujourd hn! deux sont grandscouxpetites uutes. pas pour desëcoiiors–iis là mais pour deux crapauds do doux et trois ans, doux frères. Ils s'extasiaient los joujoux. devant La marune rusée a bien compris do quoi il chande. allemande, retournait et leur a coulisse une nutoa chacun. J'en ai été pour mes deux marks. Les petits étaient ravis. iis ti y a une heure do cela, et ils trottinaient en Oûtaut. nutonnont encore. Je vous disais l'autre jour que ce qu'il au monde, c'était la société raffinée. y avait do meilleur Eh bien, je me trompais. Ce qu'il y a de meillour, c'est cette foule d'enfants que l'on voit à Ems. Ait! pourquoi Paris s'cst-ii arrête é ? – Comment arrête ?' · – A Paris, il y a une industrie admirable qui est eeih' fruits ctaux do«i'articic-PariS)'.C'{'8tcc)aqui.jointaux aux Allemands. vins, a aide le pays à payer miiiiards Malheureusement les Parisiens sont si occupés do cette industrie do procréer La des enfants: qu'ils en oublient France a suivi l'exemple do Paris. un année Chaque ministre deciarc aux Chambres reste que<t ia population stationnaire ». Les enfants no naissent plus, ou s'ils ils ne vivent pas. «Mais, ajoute io ministre avec naissent, bon Ah nos vieillards tiennent orgue! qu'iiscrevext donc les vieillards La Franco en farcit ses Chambres Y a-t-i! ia do quoi se rejouir?. ti y a un écrivain franun idéaliste do la nouveiio école, çais assez absurde, Alexandre Dumas fils. Absurde, soit, mais il a parfois de bons mouvements. H demande, par exemple, a la femme d'enfanter! !i a, aussi, devoiie un secret de ia française La bourgeoise aisée no veut que bourgeoisie parisienne. deux enfants, Elle s'arrange avec son pas un do plus. mari pour cela. Elle en a deux, et puis elle se met en

jom~At.

t/L~

MuuvAtx

ass

enfants ii reste plus do fortune que ~t'eve. Pour'deux pour six, et puis la femme se conserve plus longtemps. Hiio continue a vivre maritalement avec son mari, mais rien que pour icur piaisira tous deux. ~iaithus «'était pas ()c jour force Kn Franco, il y a beaucoup do propriétaires, et, grâce aux malins époux, les propriétés se fractionnent Les trouvailles do ces gens ingénieux se répandent peu. dans toute l'Europe. il ce Du reste, si Fms est en retard avance! Les mipoint de vue, Uoriin est terriblement se préoccupent nistresfrancaisno que du sort de ia ))our dont geoisie. ~tais il y a Je poupio, parfois non baptiat!. bien des couples vivent en « union libre x. Coux-ia do temps à autre, leurs nouveau-nës a ia rue. jettent, Les gamins et meurent; naissent ils no parisiens vivent pas ils résistent, si, par hasard, ils remplissent les hospices pour enfants trouves et ies prisons pour cri minels en bas âge. Dans Xoja, un réaliste comme nous une peinture très vraie (lisons, on trouve du mariage do la cohabitation dans français contemporain, conjugale son roman io VcH~'c </t' /s. ne sont Hemarquci! que les gavrocitea d'aujourd'hui Ht les ceux qui plus du tout de-. Français. autres, naissent ne sont pas plus des Français. La propriétaires, Franco cesse d'être la France. Je sais qu'ii y a dl's gens do voir les Français La qai se rejouiront disparattrc. race degcnorae et le moral est intiuencë s'attaiblit, par le physique. <:o sont les fruits du rôgnede la bourgeoisie. Soion moi, ia principale faute remonte au système de Je vais vous t'expliquer. propriété.

r

?

0;

IX

LA

THnm:

m'

t.ES

<;?.t-'Axrs

La terre est tout. continua mon hnmnx' "c sais pas dtstingucr la terre des enfants,

patad~xai.e c'cst iostiuc-

28H

JOURNAL n'UX

ÉCXn'AtN

tifehoxmoi. Jo no~dëvetoppera! rouepas cette idëo: chtasex et vous me comprendrez. Des millions de pauvres ne possèdent pas do terre. surtout en Franco. Ils mettent au monde leurs enfants dans des caves, et ce no sont pas môme dos enfants, ce sont des gavroches dont la moitié ne saurait dire les noms des pores qui l'ont ongondréo, dont l'autre moitié. peut-être ignore ses mères. Les enfants doivent naître sur la terre et non pas sur du pavé. Je no sais pas comment ioa choses s'arrangeront plus tard, maia les pauvres m' savent oit mettre au monde tours enpas, aujourd'hui, fants. J'admets on fabrique quo l'on travaille jo no vois rien de mai & ceia. Une fabrique s'élever aupeut souvent cultives. Mais alors, que chaque ouvrier près de champs ait il lui un jardin, ou plutôt qu'il y ait d'âne fabrique un jardin commun à tous. Le jardin ne nourrira pas tout le monde et l'ouvrier no pourra so passer de sa paye à la fabrique, mais qu'il ait au moins la joie do savoir croissent au bon air,.sous dos arbres, en que ses enfants Lui-mémo viendra se reposer dans son pleine nature. son travail, jardin après Qui sait si, plus tard. son jardin no le nourrira pas ? t! n'y a pas à avoir peur des fa ne les construirait-on briques. Pourquoi pas au milieu de jardins Je ne sais pas comment tout cela se fera. mais il faut que cela arrive. Il faut un jardin. Les enfants ont besoin de l'odeur do !a terre pour croître; io pavé n'aa rien de vivifiant, Il faut que les enfants en sortent, quoique sorte, do la terre comme de petits Adam, et il ne faut pas qu'a neuf ans, quand ils ont encore besoin de matsain se dévier ia jouer, on les envoie dans un atelier colonne vertébrale au dessus d'un métier et s'abrutir a adorer ia stupiae machine devant le bourlaquolle ;it ne faut pas (lue, dès cet âge. on geois se met & genoux les expose & ia corruption des fabriques, auprès des Sodome et Comorrhe étaient des tieux innoquelles cents. Si je vois quelque le germe d'un moiHcu) part c'est chez nous, en Hussie. avenir, Parce qu'il 1 Pourquoi? demeure intact dans le peuple, y a, on Hussie un principe & savoir que la terre est tout pour lui, qu'il tire tout de

jr

JOUHKAL

U'UX

~CRtYAt~

287

la terre. Toute l'humanité devrait cela. H comprendre ohose do sacré dans la terre, dans la glèbe. y a quelque si vous voulez faire de vrais hommes, les arracher à la donnoxleur de la terre et vous arriverox à vos bestialité, tins. Au moius. chcx nous, en Hussie, il y a abondance de terre il y a aussi do la commune. l'organisation do la terre et du modo Tout, dans chaque pays dépend do propriété Tout ie caractère prend qu'a revêtu la foncière. C'est grâce au <'OH.St'a/fMcn/ de la propriété terre ie servage. ai lu réque nous avons pu abolir les mémoires d'un gentilhomme cemment terrien russo, vers la moitié écrits du siècle. L'auteur, dès mii huit cent vingt et quelques, voulait Hboror ses paysans. U fonda une école où il fit apprendre aux enfants a chanter en choeur les chants voisin d'egiiso. Un propriétaire chanter afllrma qu'on donnerait un bon qui iea entendit On ne pensait prix de ce oh't'ur do petits paysans. guère et notre il l'émancipation, un phéétait gentilhomme nomène il parla alors. de liberté à ses mouQuand « Ht la terre' mot fut » ii leur réjiks, iour premier < La terreest a moi et vous iatravaiiiorex pondit on parLes moujiks se tageant ies bénéfices avec moi de moitié.* « Kh bien. non! » répondirent. i'oreiiio gratteront ils. Nous aimons mieux rester comme nous sommes nous vous appartenons, soit! mais la terre nous appartient. Le propriétaire fut abasourdi. Quel peuple de sauvages: Il refusait la liberté, do tous les biens, etc. !o premier « Nous sommes A vous. maisia Plus tard cette formule: terre est a nous », s'est l'cpanduo et n'a plus étonne personne. Le Russe a toujours confondu exceiioument ces deux idées celle de l'existence de la terre et t'cife do sa existence. Il n'acceptait sans la propre pas la liberté terre, qui est tout pour lui, la base do tout. Cest grâce a cette formule sa « commune ». qu'il a pu conserver

888

JtOUK~At. n'U\

~CtUYAt~

x L'K

~T)É k

Le iondomain « Tenex, j'ai dit à mon paradoxai ami vous qui avex la passion des enfants, do liro je viens chose qui vous intéressera. quelque C'est dans un journal russe que j'ai trouvé cela, et il s'agit de ce qui se passe en où l'on a massacré Huigario d'un seul coup la population d'un district entier Une vieille femme a échappe à i'hécatombe eiio erre, folle, sur les ruines de son viiia~e. On i interroge. lieu do parler comme tout le monde. Au oi!o se met à chanter, et à chanter des vers improvises qui disent qu'oiie avait une maison, une famille, un mari, six enfants, dont les plus âges avaient aussi des enfants, ses petits-enfants, à elle. Lcsbourroaux turcs sont venus, ont brute vit son mari, un vieillard, ont égorgé ses enfants. ont violé une do ses petites-filles, puis une autre encore fort boiie. ont évontro qui était les petits à coups de entin bruiô la maison et jeté ios cadavres dans les yatagan, nannnes. Elle a vu tout cela et entendu ics cris des enfants. – Moi aussi, j'ai lu i'art:c!e, l'homme réoondit paradoxat. C'est cnrayant.enrayant de cette Ktqueditcs.vous maiheurouso femme qui raconte ces atrocités en vers ? Ht notre critique russe qui, tout en louangeant tels ou tels croit surtout poètes, que ios vers sont des amusettes Voiia le poômo épique toi qu'il a pu être à son origine, ii y a ia toute une question qui intéresse l'art – Ne feignez Du reste, je sais que pas do plaisanter. n'aimez pas à parler des affaires d'Orient. vous et c'est assez. Non, j'ai souscrit !i y a surtout làdedans quoique chose que je n'aime guère. Quoi donc? 1 – Eh bien, cette exagération de notre amour pour les Slaves d'Orient.

c é

= v

` ` =

jorn?<).
dites'vous Oue I~c tinissexpas lit votro

n\~
.le suis phrase,

t':onvA)~
bien sur. je vous trouve do dis

2S!)

puisque

que

jnisouscritdesicdébut.Laqucstiond'Orientacteexpioitee ont p.u' les Siavophites. Ouei(jues-uos ()e faire leurs nttaires de ceeote-io, petites t':u riores, do faire jour réputation. Voycx p!) Herxë~oviue. es) eu ttiuxum' Je h)i-')))~)nf ne dis ono rieu

le moyen trouver des

ce qui s'est passe i'o\t'ës contre ceia txnison df vos~ dans nhnnu la

chose pxcuHcntc. t h' t)o)) loin, 11 y x <*)) du t xsst* Hn)tn, snos )'st chnse srnvp, unus voici tot'ct''))K'))t p))H"s i~ttt'. – Vous (hnxtp)' lors ni~ nvicx nos fn'rps? t't'u qxfjc suis. jot'ttvais 't'urcs sur le to'ntf'in' Tchct'naït'v Om'tqups-uos. cru avont c~H qm' ))"us p'tm't'it'ns

Oui, pëcht')))' de t'enttce dt's « A bas

:)fth)))fnt que c'est p) )tttpndc))t tout

faux. que Jfs Sprht's de Tt'hcmxïnv. aux tfnMoi, je o'uis des uns et des autres, t) y n t'u des cris dt's !!<-)t<ne)))t')tts r'cttt t'crtnin. Atnis imx~i)))' deux paroisses, je ou' suis )u~))tf refroidirait la Uussic. Il n't't) n qm' ('e d)''sat't'"rd 't'icn. Le pt'ujttô a porte russe en faveur do ses frères d'Orient s'est et il n'a été nMi que de x. et nos n'ont refuse ni teurs sous ni tenrs t~tes. eette jtomuquex « r<uvre ~'Dnuje orthodoxo < HHe <) son itnportom'e; '')!e seu)b)e pn vouioir devoir i'Hurop'' on~er de notre croire «venir. que On ne peut nous fuisons d'nunune question « !'u'uvrc ortftodoxn onnexion i) lie Husses

il !)<')~f))(tt'. sct'hc. un o il est vnti. nd~t'cnt )n Hussit'

j

p!)s une

ntt!U)'ed')u't'))p)n'e)uent Mois voici que nous )"))C: pour i'Kurop)\ tf'ntendus vont se

de territoires niions entrer )a Hussie est n)uiti))iier. est que

;e)ie.eiJc)H'e)q)))re)'))it. en t'otiision )net' i'i'j<"

))) terre pexpie. ne j'ourais ~)i a tmrie..te Oni, j'ni lu 0' jmnxis pense.– dont vous me pnrHex nu sujet de cette mniheureuse tnere ~h)is une autre mère s'est fait conuattre to i'utgarc. Mt-re Hussie de nouveaux enfnuts.i~t qui vient d'adopter 'tencx bien ceci il faut qu'eHc reste ia rien mère, t~tiUtitjXU
25

rrsconpiications v'-ritnbics toute frères, ))!ts it) cotnite s))tVopi)iie,

ies mn iuintetii~iitte: ie resuitotde tontes Hnnn. nous trouvons en Orient de mise)') part. c'est <:e n'est

rhétorique c'est if'

que

8W

JOURNAL D'UN KCRt~AtN 0 0

la mère, elle ne doit pas devenir le tyran. Elle doit eon tinuer à prodiguer ses biontaits à ses nouveaux enfants comme une more véritable, et no pas se dépiter si que) ont élevé la voix contre elle. Cet été omr ques-una quora dans notre histoire

POST-SCMPTUM

J'ai entendu « I.o peupiu fois, cotetë répéter plusieurs russe es' inintelligible, t'Hf<'H<s<M&/<t&/e Pour ceux qui ce jugement, ce qui s'est passé cet été est, o) portaio ». Mais, au fond, que s'cst-ii ellet, « invraisemblable ? Tout co qui s'est manifeste passé do si monstrueux n'ctait-ii au fond du cœur du peuptf pas depuis longtemps russe ? L'idée nationale a surgi, puis tout naturellement a'~st desintéresse élargie en amour do rnt p pour des frères malheureux et opprimes. Puis ça été cette formule « L'Œuvro orthodoxe. Ce qui est peut-être surprenant, c'est que le peuple n'ait pas oublié son « œuvre orthodoxe do servitude, pendant ses doux cents années morne et plus tard au milieu d'une d'ignorance corruption ignobie.sousi'innuenccdu des Juifset matérialisme, do !'oau-de-vio.0napu être surpris aussi de voirse joindre au mouvement toutes ces classes do la société russe dont lit rupture avec le peuple semblait un fait accompli. 11 est bon de faire ressortir un phenomt'Mtaussi, comme sans précédent, la presque unanimité do notre presse. Une pauvre vieille onro ses kopcks pour les Slaves et « Pour i'Œuvre orthodoxe. » Le mot est saisi au ajoute v; i par un journaliste dans sa fouiHc. qui l'accompagne, d'un commentaire Et tous enthousiaste. ont compris ce cette expression d'œuvre On a vu que signifiait orthodoxe. qu'il n'ctnitpas question de cuite extérieur ou defanatistutconcrétait l'idée do progn-s que l'expression religieux d'humanisation de l'homme tp!!c que l'admet humain, le -peuple rH< qui f<t!«<m< remonte!'au Christ; qui ne vnit son avenir que dans l'application delà doctrine du Christ.

JOURNAI.

D'UN

ëCtUYAtN

2:U

saproproexistencesansieCurist. t)t)inepoutpassengurer voire les vulgarisateurs tes sceptiques, L~s négateurs, so sont, tout a coup. montres lois sociales, (h's nouvelles (tu chauds patriotes russes; je parte du plus grand nombre. chez nous incomparablement renoontrf! Il s'est plus do beaucru jusqu'à Ytais liusses présent que no l'avaient de d'être qui se vantaient coup de nos compatriotes se sont iis Comment tous ces hommes Husses. vrais a C'est que l'idée slavo unis? soudainement u'ouvës cessé d'être une idée simplement s/«t'o~/«/< théorique non plus seulemont dans pHo s'est gravée profondément, mats dans le cmur de tous les Musses, li la le cerveau, d'Orient. Mais qu'est-ce événements suite des tragiques de l'idée « slaque nous distinguons que l'idée « slavo ses interprétations histo. ? C'est, avant toutes vophiie do sacrineo un besoin ou politiques, pour nos ri'mes du devoir voiontaire poussant lesplus frères, !c sentiment les plus faibles, la plus a aider forts des Slaves pour et la plus grande union future de toute grando puissance fe a venir, )a race slave; c'est i'iduo du < pansiavismo du Christ, c'est-à-dire la vérité (t~sir do répandre Famour do tous pour toute l'humanité, – at)n qu'il n'y dans ce monde. Kt cela et d'opprimés oit plus do faibles slaves ont évolue, Ips races ont prodoit être puisque Kous nous étonnions, soutTrance. la pins presse, dans dans ia serhxut. que le peuple russe n'eût pas perdu, ». Sans do son < Œuvre orthodoxe vitude, !o sentiment siavcs que de pouvoir doute, c'est une de ses quaiites et dans l'humidans ia soutïrance s'etover d'esprit, iiation. de la Croix, humble u'f~t'c.ct [cutnme un ('sc)ave, () t)')'re nah'h', le Hui du Cft'! ')" ttarcourue toute, en te t~niasnnt. Accnble sons le fardeau i.o peuple russe, lui aussi, a été accabie sous lu far. siècles. C'est pour')fau d'une croix pendant plusieurs ni ses orthodoxe ')uoi il n'a oublié, ni son « œuvre ses ciitNMes se ftt'res qui sbùnrcnt. 1 C'est pourquoi toutes Toute id'~e fraternel. sont unies dans un même sentiment

0

a:'a

JUUHK.U. D'UK KCKtYAtX

en

haute qui m''nea l'union est un bonheur immense pour une nation. Ce bonheur nous a visités. La société cultivée et le de môme leur devoir do Slaves. L'Eupeuple ont compris et etio suit avec inquiétude rope no s'y est pas méprise, notre mouvement. Une idée politique consciente venant de notre peuple est pour o!!o une surprise extraordinaire. Fifo pressent chose de nouveau avec quoi il fauquelque dra compter. Nous avons dans son estime. Les grandi racontars, accrédités longtemps en Europe, sur la décom et sociale de la Russie, devraient position politique être maintenant formellement démentis dans son jugement. Les officiers russes en grand nombre pour ta partent Serbie et savent se faire tuer quand ii le faut. L'afftuencc des officiers russes et des soldats russes dans t'armée t~ Tchornaïev est do plus en plus considérable. On dira ce sont des gens sans fou ni lieu qui n'avaient rien u faire dans leur pays, de ces hommes perdus que tes aventures attirent. n'a ouert à ces Mais, outre qu'on < aventuriers » aucune espèce d'avantages pécuniaires, certains eux ont nui à iëur avancement en donparmi nant leur démission, mémo tomprovisoire. Heaucoup bent sur les champs do bataille, mais ils continuent héroïquement ieur œ'tvro. La jeune armée d'insurgés stavt's créée par Tchernaîov commence & s'appuyer fermement sur eux. Ils rendent te nom russe eu Huropc. et glorieux leur sang versé nous unit ù nos frères slaves. Ce sans versé ne sera pas oublié. !i leur sera compté. Xon, ce ne sont pas des « aventuriers ». Ils ouvrent une ère nouv:'He. lis sont tes pionniers de l'idée russe devant t'Kurope. L'ne figure russe qui s est noblement c'est dessinée, celle du générât Tchernaïcv. Ses succès ont militaires été variables, mais il semble avoir eu te dessus partout. En partant les Serbes il a presque compour secourir sa carrière militaire suipromis jusque-ta glorieusement vie en Hussie. Au début, eu Serbie, il n'a voulu commander détachement ce n'est qmqu'uu peu important; a consenti le commandement depuis peu qu'il a prendre chef: L'armée qu'il a créée ~'est formée de miliciens de recrues et de citoyens paisibles qui n'avaient jamais

JQUMKAL

O'UN

~CRn'At~

2'M

et te de lour vie. Le risque était énorme Il a remporté une très brillante victoire suec''s devant des encctifs il a dû reculer et. si dernièrement, il no s'est trois fois plus forts replié qu'en que les siens, si son armée et en occupant une sauvant toute position Son n'ont forte que les « vainqueurs pas osé t'attaquer. beau est incontestable caracnotitairo talent par son des espoirs ses nobles il est à la hauteur idées, tère, par tenu un fusil douteux. russes, du but la Serbie, pour extraordinaire, être il peut déjà bliera pas et ne quo poursuit ii a acquis, il l'a méritée nor cessera do son la chex depuis, œuvro. Hnssie nous, Dès une sou départ popularité arrive, tjuoi qu'il La Russie ne l'ou-.

°

do l'aimer.

25.

~M

JOUHNAÏ.

b'UN

~catVAtK

OCTOBRE

1

U~E

AFFAIRE

StMPLE

MAIS

COMPUQUËE

de cette marâtre Le <5 octobre on a jugé i'auaire qui. en mai dernier, étage jeta par une fenêtre du quatrième sa petite belle-fille l'enâgée de six ans. Par miracle, fant ne fut pas tuée. Catherine Cette la paysanne Korniiova. belle-mère, un veuf qui, d'après ses âgée de vingt ans, a épousé lui interdisait de fréquenter ses dires, la querellait, continuellement en lui vantant. et l'assommait parents les mérites et vertus dans le but do l'humilier elle-même, femme. Ce fut donc sa faute si de sa défunte première elle cessa de i'aimer. Pour se venger de l'épouse fantôme la fillette elle résolut de jeter par la fenêtre issue du son dessoin. Si l'enfant n'apremier mariage et accomplit à la mort, l'histoire no serait que trop vait pas échappé Le tribunal l'a aussi jugée très et trop claire. simple du monde, a condamné claire et, le plus simplement à doux an~ et huit mois de travaux Catherine Kornilova en Sibérie à l'expiration do sa forcés et à la déportation peine. Et pourtant, malgré toute cette clarté et cette simp!) chose d'inexplicable cité. il reste quelque pour moi dans une femme d'un visage assex cette auairo. L'accusée, au tribunal dans un état ai avancé de agréable, parât fut admise dans la salle sage-femme grossesse qu'une nécesdes séances pour le cas où ses soins deviendraient t

JOURKAt.

D'UN

ëcmVAtN

!?&

avoir écrit dans mon « carnet 111 saires, Je me rappelle était si torrible do cotte marâtre-monstre une l'action à une analyse do la soumettre qu'il eût été nécessaire servi à adoucir le subtilo et profonde, qui eût peut-être snrt do la coupable. elle raconta avoue tout. Dès son arrestation i.'acousée do polico que la veiiio déjà au commissaire gans difficulté en finir avec sa petite bollo-lltlo qu'eiie oiio avait voulu de ce pxccrait en haino du père. son mari. Mais l'arrivée dt')s que Lo jour suivant, dernier l'avait empêohée d'agir. et la fenêtre eiio ouvrit travaiiior. le père fut parti et do regarder sur l'appui ordonna à la petite do monter avec piaixir. obéit, L'entant peut-être dans la rue. verrait ainsi, mais dès qu'f'iie curieuse do savoir coqu'eite la prit par les pieds et la jeta fut montée, la belle-mère ferma la tunôtre. dans le vide. Après quoi, la crimineiio fe et s'en fut au commissariat pour raconter s'hahiHa n'est-ce (ju'eiie avait fait. C'est bien simple, trop simple On il y a ia quoique chose de fantastique. pas ? Pourtant avec une facitité nos jurés d'acquitter accusé a souvent de ces de certains récitante. Je me suis mémo indiqué Cependant, quand j'ai lu la condamnation, acquittements. forcés, – j'ai pense doux ans et huit mois de travaux la maihourouse. fallu acquitter peut-être, qu'il aurait, l'état de grosmotif d'induigonco On avait un légitime sesse do l'accusée. !a grosfemme, sait qu'une pendant Tout le monde do son premier sesse, et surtout quand ello est enceinte bi/arros, sujette à des troubles enfant, est fréquemment terribles. souvent soumise des influences inexplicables, il même qu'il n'en soit ainsi que rarement, Hn admettant pour que doit être suffisant que le fait ~«tsfi? se produire l'état de santé do ia en considération les jut'es prennent femme crimineHe. a examiné la coupable, a déclaré Le docteur Mkitine.qui son crime commis avait lui, la Kornilova que, selon qu'clle fut exciII a bien voulu admettre consciemment. –– -–tpc et malade; H ici !o mot co/M<wmm<'M/ Mais que peut signifier si co est rare que l'homme n'agisse pas consciemment,

8!M!

JOUH~At. n'UN

KCH!YAt~

n'est en état de somnambulisme ou de délire. Les mpdcoins ne savent-ils pas qu'un fou, môme, peut comnu'tho une action sans en être tout a fait rescoHsc<emn!ef! do son acte. le discutera. ponsable ? Il se souviendra le défendra devant vous avec une logique qui vous mais je ne crois pas a son entière stupéfiera, responsabilité. Je ne suis pas médecin, moi, mais je me rappelle qu'il avait à Moscou une dame qui, à chacune de ses gros. y mais seulement sesses, était pour une courte période, d'un besoin irrésistible de voler n'importe prise quot. Elle volait dos objets et do l'argent chez les amis qu'eito fréquentait, dans les magasins, dans les plus petites bou. les tiques. Sa famille faisait reporter par los domestiques Cette dame était dans une belle situaobjets soustraits. bien éievéo. mondaine. Dès que ses aec~s tion. instruite, étaient passés, elle ne songeait Tout plus & rien dérober. le monde en conclut un phénomène que c'était passager do ia grossesse. Elle volait pourtant avec discernement elle était prise de sa manie, elle ne seulement, quand résister à l'entraînement. La médecine ne peut, pouvait de ces phénn je crois, rien dire sur le côté spirituel mènes. Des influences du même genre n'agissent que trop frë C'est assez pour que la conscience d'un juge quemment. s'en inquiète. On me dira la Korniiova n'a pas commis un critoo Elle s'est tout uniment inexplicable. vengée de son mari et de la premi're femme de ce dernier en tuant la fiiiettc. C'est compréhensible, soit, mais co n'est pas si simple que c'en a l'air. Avouez que, si elle n'avait pas été enceinte, elle n'aurait, sans doute, pas imaginé une vengeance de ce genre. Restée seule avec sa petite belle-fille. après avoir été battue par son mari, elle aurait peut-être « Toi t je te jetterais bien l'enfant pensé en regardant elle ne l'aurait par la fenôtre! Mais pas fait. En état do elle l'fi /u~. grossesse Si les jurés l'avaient ils auraient acquittée, pu, du moins, s'appuyer sur un argument sérieux. Leur pitié eût ctc admissible; un~ erreur? H vaut' Qu'eut importé

joun\AL

n'u~

~cntVA~

?7

en étant oneux se tromper trop indulgent que par trop de sévérité, surtout dans un cas aussi douteux. Certes la femme se croit coupable elle a avoué son crime aussitôt elle a renouvelé commis ses aveux &)x après l'avoir mois plus tard; eiie ira peut être en Sibérie on se croyant t mourra châtiée, sans doute en se repentant justement d'avoir essayé de commettre un meurtre. Elle ignorera n'a agi que poussée toujours probablement qu'elle par une surexcitation morbide occasionnée par la grossesse. encore une chose l'accouchement do la Homarquex Korniiova était imminent, la sagefemme était puisque dans la saUq des séances. En condamnant la coupable on a condamné aussi l'enfant qui n'était pas encore né. Voiia un enfant qui, avant sa naissance, est condamné a la avec sa mère. ii grandira déportation ià-bas, il saura tout sur cotte mèru et que deviendra-t-il? Et je vais trop loin: Regardons l'anairo teiie qu'ollc est ausimplement Voici veuf une Korniiov, jourd'hui. io mari. devenu seconde fois. H est iibro son mariage est cassé par ia mémo de sa femme on Sibérie. Mais ia femme déportation n'est pas partie. Elle accouchera lioravant son départ. viendra la voir, peut être nilov, sans doute, avec la miette victime de l'attentat. Qui sait s'iis no se réconci. lieront pas de la façon la plus sincère? On peut admettre qu'Us no se disent pas un mot do roproche, qu'ils lie s'en prennent qu'à leur sort. La )!!Iette jetée par ia fnuétre viendra faire des commissions pour son père voici des petits pains, voici du thé < Tenox, petite maman, et du sucre quo papa vous envoie demain il viendra iui-méme. » Ils iis su sangloteront, qui sait ? quand diront de fer emportera la adieu, le jour où io chemin Kornilova en Sibérie et la fillette victime do la marâtre aussi. Et le nourrisson sanglotera criera, que la femme i'emmëno avec elle ou qu'il reste chez le père. ? Voici un sujet vrai Qu'attendent iis. nos romanciers fnent réaliste, ou il n.'y a qu'a suivre la vérité pas à pas Est-il vraiment d'adoucir un peu !c verdit impossible le qui a frappé la Korniiova ? Ce verdict est une erreur. vois. troublement comme dans un songe, que c'est une _– frrcHr'

~S

JOt)KNAt< n'UN

ÉCM!VA!K

I

QUHt-QUM

APKKÇUS

SUR

LA

StMPJ.!CnÉ

RT

SUR

L\

S)))P!FtCvnQN

Je voudrais vous soumettre conmaintenant quelques Je tne sidérations sur co qui est simple, on générai. souviens d'une petite et étrange mésaventure qui m'ar. riva. U y a trente ans, pondant l'hiver, je passai, un soir, à la bibliothèque de la rue Miestchanskaïa. J'avais i'inten tion d'écrire un article do critique et j'avais besoin d'uu roman de Thackeray dont je voulais faire un résumé. te roman. Une demoiselle me reçut. Je lui demandai do l'air le plus sévère Elle me .regarda ici Ht-eUo Nous ne tenons pas do ces betises.ia d'une voix tranchante et en marquant, pour ma personne, un mepria que, vraiment, je no méritais pas. – Considorex-vous de Thackeray donc les romans comme des bêtises ? intorrogoai-je avec humilité. – Vous ne te saviez pas et vous'n'avez pas honte d'en convenir 2 ? ma demande mais je excusable, Aujourd'hui paraîtrait m'en tus, laissant la demoiselle de la leçon très satisfaite donnée. qu'elle m'avait Vous me 'direz que la demo!spUe était une petite dinde mais je fus frappé de ce jugement carré, rapide et ignare réellement par trop simple porté sur des livres qu'oHo n'avait pas lus. (Il n'y avait qu'à la regarder pour en être Mais nous sommes comme cela en Russie. Nous sûr.) à nous on rapporter sur parole à sommes trop prompts des jugements Il y a chez nous aussi simples et déoisifs. une invraisemblable manie de porter immédiatement des de prononcer des sentences, sans rien approjugements, tout immonde, un peu :-Actuei!emfnt, fondir. Regardez

JO~MNAL

O't'K

~CHtVAtK

29t

en du mouvement national en Russie, croit à la réalité des Slaves d'Orient. Mais j'ai peur que cette faveur ne sufnse plus et que l'on exige quelque chose croyance d'une commission Un membre de plus simple encore. des lettres pour moi qu'on lui écrivait devant racontait secouronsde ce genre h:i poser des questions Pourquoi ncus les Slaves en tant que Slaves ? Si les Scandinaves aussi devrions.nous dans la môme position, se trouvaient à tout une tendance courir à leur aide? H y a, en Russie, ~«&M/a t'~o. Qu'y a.t i!, simpiiner jusqu'à H~M. jusqu'à ea effet, de plus simple qu'un zéro ? la do gens auxquels un trouve chez nous beaucoup n'a pas plu. i!s volonté du peuple, nettement exprimée, ont très bien compris, trop bien môme, et se sont affectés. entendre Ators ils laissent qu'il ne faut pas trop se à craindre 1 Nous qu'il y a dos complications presser, avisés (il y a do do petits vieillards nombre possédons le mouvement réduire qui voudraient jeunes vieillards) de. simple, d'abstentionà quoique chose do raisonnable, niste. C'est, parfois, grâce à cette rage de simptincation Et et belle avorte oeuvre grande complètement. qu'une mêmes. aux simplificateurs cette simplicité peut nuire si bien que de l'analyse, est ennemie La simplification fantasfinissent certaines par devenir simples opinions Notre pays s'est depuis longtemps trop simplet;ques. combien n)Cf!? scinde en deux et l'on no saurait s'imaginer d'une partie de la ~Ms~e sur /'f<Ht7'c. simple est l'opinion du temps ("est la négation même. Et cela a commencé de Pierre le Grand.

JOURNAL O'UK KCRtVAtN

H!

PEUX

SUICIDFS

avez beau, me dit un ami, faire ressortir le de la vie dans une (puvro vous screx comique d'art, au-dessous de la réaiité. » toujours Jo savais déjà cela en l'an 1840 alors que je commençais à écrire, et c'était pour moi une cause de grande pcr' Et il ne s'agit pas que du comique plexité. Prenox un fait quelconque de la vie courante, un fait sans grande à première importance vue, et si vous savex voir, vous y trouverex une profondeur dont i'œuvre de Shakespeare -u.-méme no donne pas la moindre idée. Mais nous m' savons pas tous voir. Pour bien des gens les phénomènes de la vie sont ai insignifiants même qu'ils ne prennent la peine de les examiner. pas obserQuelques penseurs veront mieux ces phénomènes, mais seront impuissants & les mettre en valeur dans une œuvre. y en a que cette impuissance au suicide. pousse A ce propos, un de mes correspondants m'a écrit ait et inexplicable suicide dont j'ai désire sujet d'un étrange parier tous ces temps-ci. C'est une pure énigme. La suicidée, jeune fiiio do vingt trois ou vingt-quatre ans, était la tiiio d'un Husso passé a l'étranger, née <')! môme hors de Hussio, Husse de saug mais non d'éducation.Un eiic s'est donne in mort journal nous dit comment « Elle trempa de l'ouate dans du chloroforme, s'envele visage de cette ouate et se coucha sur son lit. loppa Avant son suicide, ctio avait écrit ce billet en français «Je m'en vais entreprendre un long voyage. Si cela. ne réussit pas, qu'on s'assemble pour fêter ma résurrection avec du <t Ciicquot Si cela réussit, je prie qu'on no me 'laisse enterrer que tout à fait morte, parce qu'il est très désagréable de se révciiipr dans un cercueil, so))s terre. Ce n'est pas chic »

< Vous

JOURKAL

O'UK

~CHtVAtX

M!

mot de chic, il y a, pour une grossier moi, do la colère, mais contre «? quoi ? protestation, les causes des suicides sont évidentes ou D'ordinaire, à trouver. de pareil. pn tout cas fbciles Ici rien Queiics se détruire? raisons cette fUie avait-elle Souf jeune pour du train-train h ait-eiie de la banalité de Finu' quotidien, comme tels S'indignait-eue, de la vie, do co qu'il do stupide ruutempteurs y avait la terre? dans do l'hommo sur Y avait-il, l'apparition de forces t-t)px elle, une horreur do la tyrannie aveugles elle ne pouvait se décider & se soumettre? On auxquelles deviner en elle une âme qui se révoltait contre pourrait de la vie, qui no pouvait ):) fataiitë le fardeau supporter de cette rir sans tout sorte ce )'H cru tâtonnait. fatalité. cause qu'elle sur parole. C'était Le plus horrible, de désespoir très avait entendu dire Sans doute, oh se passait c'est qu'otio a dû Elle a moucru à y _c i; précise. son depuis elle étouffait sa vie tiHté de son existence ?

Dans

ce

elle enfanco, en quoique vie même !ncon-

dans

io milieu

cette

trop simple, trop peu inattendu. de plus conpiique. sciemment elle exigeait choso quoique ~tais h y a environ un mois tous voici un autre suicide, h's journaux nnc note disant petersbourgcois publiaient couturière de son s'était fille, état. qu'une pauvre jeune « parce fenêtre d'un jetée d'une quatrième étage qu'eiie ajoutait qu'on « main «ne (~ t)))<t'/f s'tntff. dfrnier trait est extraordinaire ii s'agit d'un suiquand slir qu'ii eu ni revoitc, ride. Cette fois je suis ni n'y avait murmures. Il était simplement.devenu vivre. impossiitiodt' « !)ietf n'a » aura dit la pauvre elle se fiiie.et pas vo.u!u s~ra Ces tuée paraître comme un cauchemar poursuivent souffrir comme si elles avaient eu Hn lisant la mort de l'ouvrière, j'ai npres c))OSt's-i& avoir ont fait beau sa prière. eiies simples, nous arrivons lieu par notre vous à en faute. m' pouvait se l'avait retrouvée procurer fcnntt! aucun travail On i

dont jeune cosmopulite je pariais deux êtres ctaient et différents, se rpsspmhicnt de peu Laquelle dans ce monde? me demanderais-je davantage ~j_unepareii!e_qnG8tiQn n'était uu peu

à celle de lit repense tout a l'heure. Que ces leurs comme suicides ces deux âmes a pâti volontiers, 1.
3G

inipie

a0i!

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

IV

t.A SKKTE~CK

Voie! un raisonnement do « suicide par ennui », matériatistecommeda juste: « Quel droit avait la Nature do me mettre au monde en obéissant à ses prétendues lois etorneiies ? Je suis conscient. m'a-t-eiie créé sans mon cette Nature Pourquoi c'est-à-dire sounrant ? Mais consentement, moi consc«'Hf, A quoi cela servirait-il ? t.a je ne veux plus sonnrir. me déclare qu'il y a Nature, par la voix de ma conscience, dans l'univers une harmonie C'est là-dessus générale. que se basent les religions humaines. Et si je ne veux pas faire ma partie dans cette harmonie, faudra-t-il que je me soumette de ma conquand mémo aux déclarations en vue de science ? Faudra-t-ii la souffrance que j'accepte l'harmonie du tout? Si je pouvais choisir, je préférerais le court moment de mon existence; être heureux pondant je me soucie infiniment peu du foMF et de ce que ce tout deviendra quand j'aurai péri. Pour quelle raison devrais-je me soucier de sa conservation à une époque où j'aurai dis bien mieux vivre comme les animaux paru? J'aimerais Je trouve qui sont inconscients. que ma conscience, loin de coopérer a l'harmonie est une cause de générale, mo fait souffrir. cacophonie puisqu'elle Regardez quels sont les gens heureux dans ce monde, les gens qui co/tsentent à vivre ? Ce sont justement ceux qui ressemblent aux animaux, de la bête par le peu de qui se rapprochent ceux qui vivent d'une de leur conscience, développement à manger, à boire, à qui consiste uniquement vjie brutale dormir et à procréer des petits. Manger, boire et dormir, céta signifie, en langage humain, voler, piller et construire son nid ou sa bauge. On m'objectera que l'on peut construire son gtte d'une façon raisonnable, voire scicn

c

0 J

JOURNAL

!)'UN

ËCH!VA!N

!XM

Uuque. Mais à quoi bon ? A quoi bon se faire une piaco dans la société humaine d'une façon juste et sage Personne ne pourra à cela. répondre « Oui, si j'étais une fleur ou une vache, je pourrais être heureux. Mais je no puis éprouver de joie de rien. Mémo )o bonheur io plus haut qui soit, colui d'aimer ses semi'iabies, est vain, puisque demain tout sera détruit, puisque tout retournera au chaos. « Que j'admette un instant marche au que l'humanité les hommes à venir seront parfaitement bonheur, houque seule que, pour obtenir ce résultat, roux, la pensée la Nature ait eu besoin de martyriser tant d'êtres pendant des miiiiers me sera insupportable et odieuse. d'années, Sans compter la Nature s'empressera dn que ce bonheur, jf replonger dans le nëant. « Une question horriblement triste se pose parfois à )))oi Et si t'homme. me dis-je, n'était que le sujet d'une S'il ne s'agissait expérience? que do savoir s ii peut oui on non s'adapter à la vie terrestre? Mais uou. U n'y a donc pas. do coupable rien, pas d'expérimentateur, tout s'est fait selon' les aveugles lois de la rature, et non seulement la rature ne me reconnaît pas le droit do t'interroger et ne me répond no ~<'Hf ni pas. mais encore admettre quoi que ce soit, ni répondre.
« Attendu que, lorsque ma conscience me répond au nom

do la Nature, a ma con. je ne fais que prêter mes pensées science et & la Nature. « Attendu quo, dans ces circonstances, je suis à la lois défendeur ot demandeur, accusé et juge, que je trouve cotte comédie stupido et intoierabio et môme humiliante pour moi, En mes qualités incontestables de demandeur ot de de juge et d'accusé, défendeur, cette nature, je condamne qui m'a prorréé insolemment pour que je souffre, à disparattre avec moi. « Comme je ne puis pas exécuter toute ma sentence en détruisant la Nature en même temps que moi, je me supprime moi-même, ennuyé a ia lin do subir une tyrannie dont personueB'cat coupable.*

aot

jom~AL

n'u?< KcmvAt~

LES

))E!U.EURS

HOMMES

mots de ceux H conviendrait, de.direquctques peut-être, hommes ». Je veux parler les « meilleurs que j'appellerai vivre et = de ceux sans lesquels aucune société ne pourrait du reste, en doux catégories durer. Ils se partagent, hcula foule s'incline d'etie-meme, devant la première reuse de rendre hommage à des vertus réelles. La seconde de respect, mais on L catégorie reçoit aussi des marques ne se produisent dirait pas sans que ces manifestations de gens qui m' contrainte. Elle est composée quoique avec ceux sont « les meilleurs qu'on les comparant Cette dernière catégorie qui ne valent pas grand'chose. admi à des points de vue hautement est appréciée surtout uistratifs. Toute société, pour vivre et durer, a besoin d'admin'r ou quelque chose. ou tout au moins d'estimer quelqu'un catéhommes w do la première Comme les « meilleurs a corn sont souvent des gens un peu difficiles gorie = sont d'un idéai qui ies rend préoccupes qu'ils prendre, et très indifférents distraits, maniaques, parfois bicarrés, le public do leur extérieur, au plus ou moins do noblesse » se rabat sur les personnages qui ne sont « les meilleurs que relativement. = hommes », on les trouvait Ces « meilleurs jadis dans des princes c'étaient aussi dos boyards, des l'entourage < du haut clergé, et des marchands notables membres n'étaient admis qu'en petit nombre au mais ces derniers hommes Ces de figurer parmi les « meilleurs privilège créaient chez nous comme en Europe, pour dignitaires, leur usage une sorte de code de la vertu et de l'honneur, du pays. a l'idéal très conforme pas toujours peut-être sans se hommes » devaient, Par exemple, les « meilleurs attendre faire prier, mourir pour la patrie si l'on semblait ce sacrifice de leur part et y atiaient bon jeu, boo_argenL reculade ne les déshonorât, eux et leur craignant qu'une

JOUR~At.

D't~

KOUVAtK

M5

mieux à l'invalait que lo droit à un homme se cachor tamio d'aller au moment qui permet « Que <iu danger en grommelant tout périsso pourvu sauvo ma peau »Il faut aussi tjuo je 1 remarquer que souces « meilleurs vent hommes un idéal e re~<<</s eurent en qui ne dînerait « meilleurs hommes rien do celui meilleurs qu'invoquaient «&so/«H)CH~. It's autres fut Il n'ont

famille.

Evidemment

oela

mais on peut dire ainsi, pas toujours qu'il y eut, à une do sympathie entre les boyards et époque, beaucoup plus )f peuple les chevaliers et russe, qu entre vainqueurs de l'Rurope et leurs vaincus, les serts. tyranniqnes il s'opéra Soudainement un changement radical dans des « meilleurs Sur hommes de chcx nous. l'organisation un décret du Souverain, noblesse, quatorze degrés noms allemands. Bien entendu, envahies resta tirent avancée des jour. par les anciens vacantes, hommes places Des y de la il do clauses quatorze vertu de humaine, parés les quatorze classes furent eut

il « meilleurs hommes x. mais et des se mérites nouveaux d'une très culture instruitn. accedt'rent la noblesse et s'em-

pour

l'époque,

à coups de grades, do se métamorphoser en pressèrent, nobles Mais n'en l'aristocratie conserva pur-sang. pas moins tout son oit la fortune. et, au moment prestige la propriété sur l'Europe, la régnaient tyranniquement sur nous, l'emportait matériels. Ii n'y a pas encore avantages – et le fait est parfaitement authentique. noblesse, noble chez n'importe quels très longtemps. une dame

de Pëtersbourg. ne trouvant dans un pas de place chassa du fauteuil concert, publiquement qu'elle occupait. une marchande dix fois millionnaire, de plus, elle que, injuria. Les « meilleurs hommes il faut le dire, ils se m'eut et gardienne leurs idées surent gloire des con-

hauts server quelques principes une classe instruite par excellence de l'honneur. Malheureusement, dans il y le sens

d'être régies évoluèrent

si bien un moment donne européen, qu'à eut beaucoup d'honneur et peu d'honnêtes gens. eut lieu Tout à coup un bien boulevor&eplus grand meat Les serfs furent affranchis et toutes les condition:) lurent Il est vrai de vie du paya modifiées profondément. 26.

!?))

JOUBKAL

tt'UK

ÉCBtVA!ï<

olasses de noblesse demeurèrent ce que les quatorze mais les « moiiieurs hommes a perdirent qu'elles étaient, de leur inituenoe. ne les plaça plus L'opinion publique aussi haut qu'avant. On en vint à se demander où et comment on de nouveaux recruterait « meilleurs hommes », à présent étaient tombés dans que les anciens t'estime générale.

Sur

le même

sujet.

Les choses en vinrent au point que le pouvoir ne choisit plus, ou t6 moins possible, ses conseillers et ses fonctionnaires Ils perdirent dans les rangs des nobles. ainsi leur caractère ofnciei. Ceux d'entre eux qui voulurent demeurer à la tête des affaires du pays durent « meilleurs de la catégorie des positivement passer hommes » re/o~/s à celle dos hommes n&M/MHtent meilleurs que les autres, des meilleurs hommes que j'appellerai les M~uf'e~emen~ meilleurs. Une espérance charmante naquit. On s'imagina désormais que ce seraient les gens vraiment méritants toutes les qui occuperaient ces derniers ? Pour quelques-uns places. Mais où trouver ce fut une énigme. D'autres se dirent qu6 tout.s'arranHn~'eMetnen~ les forcément, gerait que si tes hommes M!<t/~M~ M remplissaient toutes les fonepas encore le lendemain, tions. ils les rempliraient infailliblement. Certains demeurèrent toutefois dans le doute penseurs Comment ces meilleurs hommes Hf<<s? s'appelaient-ils, Ou. d'abord, était l'homme univëfseiiement raconnu le mettteur ? Evidemment Ce nefutpas sous cettè forme que l'on paria de là question, mais toute notre société connut des heures de trouble. Des gehs ardents et enthousiastes crièrent aux sceptiques homme ëtait tout trouvé. que le meilleur l'homme de'science que c'était te plus instruit, <Mpouf'<w /rt<'M déctarereht tette p~tt ~pt. Beaufoup mbmme instruit n'étant Opinion inacceptable, pas forcé-

«

~OUttKAL D'UN

ÉCMVA!N

90?

ne prouvait rien car la science tnont nn homme honnête, da rechercher le de vue. ~'aucuns il t'o point parlèrent Mais le peuple, demandé dans les rangs du peuple. phénix ne s'était hâté do des serfs, pas l'émancipation après surtout remaréclatante sa vertu. On le disait tt'udre de l'eau-de-vie. amour sa corruption et son par quable les usuréelle Un lui protait de plus une vénération pour les « hommes Considérer comme semblait riers, qu'il vraiment iibo. une les meilleurs Entin opinion apparut son du moins dans essence. dans sa donnée, raie. sinon un idéal concevoir ne pouvait Xotro peuple pas encore i! avait besoin bien net du « meilleur homme possible; l'y aider. entra en détestable celle-là, influence, ». Certes la puissance la ploutocratie, le « sac d'or jeu chez » n'était inconnue du « sac d'or absolument pas était un tous. Le marchand miiUonnaire personnage. mais il n'occupait dans son genre, pas depuis longtemps, df se dégrossir, Une nouvelle de s'instruire; uneplace swiaie; il était. richissait. Moujik pire du moujik. aucune des qualités La oti deux classes. parvenus par it n'eh trop valait prépondérante pas mieux dans la cela pour il n'avait engraissé, On pouvait diviser hiérarchie il s'enplus pitta ces il fallait

à porcontinuait première de véritables ter la barbe elle se composait sauvages qui. leurs immenses et vivaient dans leurs richesses, malgré et physimaisons comme de 'cochons, belles simples nullement et moralement. dégrossis. Moujiks quement le peuple. ncHcment avec ils avaient rompu cependant Ovsiannikov, par Kaxan que les montrait Jamais, comme messieurs. millionnaires de ces classe De magnifiques rasés. par ses mentons ses .demeures. Ses péens encombraient La seconde h'ançais. étalaient du piano anglais, jouaient une décoration vaniteusement Les distinguait euromobiliers filles pères achetée parlaient parfois au prix se lorsqu'on et l6 menait récemment en Sibérie rejetait qu'il lançaientdans & quel point le peuple fabriques do & coups sa voiture cette n'a les kopcks pied comme aumône, définitive. est et ce asservi de genre

paysans bien du

reste, dans les

rupture été exploité à appartenant

?'8

JOURNAL

O'UK

~CKtVAM

do quelque Ces gens-la se montraient largesse. d'une inouie envers ceux qui dépendaient arrogance d'eux et sorviles envers les hauts dignitaires. platement Tout leur rêve était d'avoir un grand personnage à dîner ohex eux. On eut cru qu'ils ne vivaient fait que pour cela, n'avaient fortune que pour cela. lis étaient à genoux devant le mil. lion qu'ils avaient les avait tires de gagné. Le million leur avait donné une valeur sociale. l'anonymat, Dans l'âme corrompue de ces moujiks grossiers (car ils continuaient à être des moujiks leurs habits noirs), malgré aucune ponsëo autre leur dignitaire à que celle d'inviter diner ne pouvait se substituer à l'obsession du million comme un dieu. qu'ils adoraient les familles de ces marMalgré leur extérieur brillant, chands ne brillaient Et le million en pas par l'instruction. était cause. les fils à l'Université Pourquoi si, envoyer de tout savoir, ils pouvaient dépourvus arriver à tout? H faut dire que ces millionnaires trouvaient le quelquefois d'obtenir des titres de noblesse. Les jeunes gens, moyen corrompus, pervertis par les idées les plus subversives sur la patrie, l'honneur et le devoir, ne tiraient aucun moral de la fortune de leurs profit C'étaient de pères. Leur démoralisation jeunes fauves insolents. était horrible, car ils n'avaient à savoir qu'une seule conviction, on achetait qu'avec de l'argent tout, honneur et vertu. Il arrivait à ces marchands d'offrir des sommes parfois immenses à l'Etat le pays était en danger. Mais quand ces dons n'étaient faits qu'en vae des recompenses qu'ils obtenir. Aucun patriotisme pourraient aucun senvrai, timent de civisme n'existait dans ces cœurs. Et le marchand n'est plus seul, chez nous, à adorer la « sac d'or Autrefois, et on appréje le répète, on aimait ciait la richesse comme partout, mais jamais on n'avait considéré le « sac d'or comme la chose la plus belle, la plus noble, la plus sainte.. Maintenant, je crois que les adorateurs du million sont, chez nous, en majorité. Dans l'ancienne hiérarchie russe, le marchand le plus fabuleusement riche ne pouvait te prendre rang .avant fonctionnaire. La nouvelle hiérarchie aplanit tous obotaciM. devant les possesseurs des « sacs d'cr », devant les repré-

=

0

JOUHXAt.

O'U~i

HCtUVAtX

:!n:)

sentants h"mmes vains à iui tout luuangos. inspirer Mais

de ses

cette récemment

do aimable catégorie inventée. Le boursier les lui avocats chante est si des s'empressent

<.

moiiiours a des écriautour de ses à

d'or do la terreur. les

gages; le monde Le sac

de pleins hymmes commence puissant qu'il

de la ciasso ne représentants élevée, nous au culte do la nouvelle idole. pas gagner deux cents les nôtres des bienfaits ans. t~epuis jouissent de l'instruction. L'instruction doit être nous une pour de vaincre tumure le monstre. qui nous Uc!as: permettra notre do cent millions si corrompu peuple d'individus, et déjà entame le Juif, au monstre par qu'opposera-t-il du matérialisme en sac d or ? Sa misère, ses haii déguise nous, laissons tuns, les impôts it'au'de-vie.ies est à craindre s'écrie « 0 sac d'or, le bonheur ~'est-ce qu'il mauvais que tu-es ce sps paye, traitements soit lui qui. tu es ia devant privations, subis? avant tous vices, Combien i) les autres. ses

tout

Je me prosterne pas & craindre

la force, toi! »

tranquillité,

3M

JOUHNAL O'UN ËCRtVAt!<f

NOVEMBRE

LA nM!t)E

{COKTE FANTA8f!QUK)

PnHM!ËnEPAHT!H

~~et'/t'ssemcH/def/iMfeHy. Je demande pardon à mes lecteurs de leur donner cette fois un conte au lieu de mon « carnet sous sa rédigé forme habituelle. Mais ce conte m'a occupé près d'un mois. En tout cas, je so!!i''ito de mes lecl'indulgence teurs. Ce conte, je l'ai quaiïné do fantastique, bien que je ta considère comme réel, au plus haut degré. Mais a sou cote fantastique, surtout dans la forme, et je désiro à ce sujet. m'expliquer Il no s'agit ni d'une nouvelle, à proprement ni parler, de « mémoires un mari qui se trouve Figurez-vous devant une table, sur laquelle chez.lui, le corps repose de sa femme suicidée. Elle s'est jetée par la fenêtre heures auparavant. quelques Le mari est comme afïoie. H ne parvient pas à rassembler ses idées. li va et vient cherpar la chambre, chant à découvrir le sens de ce qui est arrive. De plus, c'est un hypocondriaque de ceux invétéré, causent avec eux-mêmes. Il parle donc à haute voix, qui se racontant le malheur, de se l'expliquer. 11 essayant lui arrive d'être en contradiction avec lui-même dans ses idées et dans ses sentiments. II s'innocente, il s'acs'embrouille dans sa plaidoirie cuse, et son réquisitoire. It a'adreMM parfois Peu à a dpf) auditeurs imaginaireft.

f,

JOURNAL D'UN ËCMVA!N

an

Toute une série de souvenirs pt-u, il finit par comprendre. à la vérité. quit évoque le conduit Voiià le thème. Le récit est plein d'interruptions et de Mais si un sténographe avait pu écrire a répétitions. mesure qu'il parlait, le texte serait encore plus fruste, < arrangé eucore moins que celui que je vous prë soute. J'ai tàché de suivre ce qui m'a paru être l'ordre C'est cette supposition d'un sténographe. psychologique. notant toutes les paroles du malheureux, qui me paratt i eiément fantastique du conte. L'art ne repousse pas ce Dans ce chef-d'œuvre, le T~wer genre de procèdes. ~m' d'Mn CondMfHH~, Victor Hugo s'est servi d'un moyen Il n'a pas introduit do sténographe dans son analogue. livre, mais il a admis quelque chose plus invraisemblable, en présumant à mort pouvait trouver qu'un condamné le loisir d'écrire de quoi remplir un volume, le dernier do sa vie, que dis-je, à la dernière à la heure, jour au !ernier moment. Mais s'il avait rejeté cette lottre, Fcauvre la plus réeiie. la plus ~f'ct<e de supposition, toutes celles qu'il a écrites, n'existerait pas.

1

QUI

KTAtS-JK

Et

QUI

ËTAtT-Et.LH?

Tant que je l'ai ici, tout n'est pas Hni. Je m'a? à chaque Mais instant. proche d'elle et je la regarde demain on l'emportera. tout seul ? Kite Comment ferai-je est en cet instant sur la table. on a dans te salon, mis l'une contre à jeu; demain lit l'autre deux tables bière sera là, toute blanche, en gros de Napics. Mais ce n'est pas cela Je marche, et je veux je marche Voila déjà six heures que je comprendre, m'expliquer. marche, cherche, et mes idées s'éparpiiient.Jo je marche et c'est tout. Voyons, comment est-ce ? Je veux procéder Mesait'ut's 'Vous -par-ordre (ah vbyex'" pm wdt c ')

St2

JQUHK.U.

n'U-S

KCRtVAtK

un homme do !ettres< mais je que je suis loin d'être raconterai comme je comprends. Tenez, elle venait au début chez moi, engager des cuets une annonce à elle pour payer dans le Golos. Telle institutrice consentirait à voyager et à donner dos leçons à domicile etc., etc. Les premiers temps, je ne la remar elle venait comme tant d'autres, voilà tout. quais pas Plus vue. Elle était tard, toute je l'ai mieux mince, bien grande elle avait blonde, des mouvements pas sans doute devant tous les étrangers; moi, gênes devant moi, n'est-ce avec t"ut le pas, j'étais avec elle comme monde, avec ceux qui me traitent comme un homme et non comme un préteur sur gages seulement. Quand je lui avais remis l'argont, elle taisait vite votte-fuce et se cela sans bruit. D'autres sauvait. Tout chicanent, imptose fcicteut obtenir rent, Htic pour plus. Ktio. jamais. ce qu'on lui donnait. Où en suis-je? prenait Oui, efto ou bijoux des d'étranges petits m'apportait objets boucles d'oreilles en argent doré, un méchant mcpetit des choses à 20 kopolcs. Elle savait daillon, que ça ne valait pas pius, mais je voyais a sa ligure que c'était pour elle. En effet, j'ai appris précieux plus tard qmc'était tout ce que papa et maman ini avaient laisse. Une seute.fois, voûtait j'ai ri de ce qu'elle engager: Jamais je no ris, en général, avec les clients. Un ton de des manières oui sévères, sévères, sévères gentleman, Mais ce jour-là, elle s'était avisée de m'apporter une vraie guenille, ce qui restait d'une pelisse en peaux de tievres. C'a été plus fort que moi, je t'ai plaisantée. Dieu comme elle a rougi et ~es yeux bleus, grands si doux à l'ordinaire, ont tancé des nammes. pensifs, Mais elle n'a pas dit un mot. Elle a rembaitë sa « guenitie » et s'en est allée. Ce n'est que ce jour-là que je la a' ~s /ja/<t;{</<cmc/ Je pensai d'elle quelque remarquai chose. oui quelque cnoso. Ah oui était torriqu'elle biement jeune, jeune comme une enfant de quatorze ans elle en avait seize en réalité. Du reste, non Ce n'est pas Le lendemain, elle revint. J'ai su plus tard qu'elle ça avait porté son reste de houppelande chex Dobronravov j et Mayer, mais ceux-là que~sur objets d'or et ne prêtent

JOURXAt. n'UN
ne

KCRtV.\t'<

31S

voulurent rien savoir. Une autre fois. je lui avais en nantissement un camée, une cochonnerie. et pn pris resté tout étais étonne do mot môme. Moi je ne prête que sur bijoux d'or ou d'argent. Et j'avais un camée accepte Cétait la seconde fois n elle, le que je pensais je me bien. Mais le lendemain de t'auairode la houprappelle elle voulut un en ambre pelande, engager portc-cigHro un objet mais sans valeur nous jaune, d'amateur, pour autres. Pour or ou argent, ou rien nous, Comme elle venait la ~t'o~e de la veille, la reçus très froiaprès je très dement, sévèrement. Faible, tout de je lui donnai 2 roubles, « Ce mais un dis, même je lui peu fâché u est vous voir si )tnsor Atlex ça. çM<)OM/-<OM)fquo je fais donnera un kopok d'un Ce pareil objet /<ot«' le soulignai f'oHf!, je particutiërement. J'étais plutôt irrité. H!)e rougit en entendant eo y)ow mais w«s. elle se tut, ne me jeta pas l'argent à la ngure. ie prit tr~s au contr.'ire. Ah! la pauvreté: bien, Ei)e rougit, mais rougit Je t'avais blesséo. elle fut ~uand partie, < Ça vaut-il me demandai 2 roubtcs la pt'tito saje tisfaction » Je me reposai d'avoir? la quesque je viens tion à deux « Ça vaut-il fois: Et ça? ça? Ça vaut-il tout on riant, dans le sens aftinnatiî.o je la résolus fus très amusé. Mais eu de mauvaise je n'avais pas intention. L'idée )))e de !'<fproM~cr la vint, parce que certains tète. C'était la troisième tout Après Je me projets fois tlue

passèront par très elle. je pensais ~«~tcH~'f'eotMf Eh bien C'est à ce moment que Bien suis entendu, je me renseigné. tendis qu'elle adressai un ton et j'ai facilement sa venue avec viendrait

a commencé. cela, j'at-

quelque impatience. prévoyais bientôt. elle lui Quand reparut, je la parole, en conversation avec j'entrai elle, sur d'intinie Je n'ai mal élevé politesse. pas été trop des manières Jtmn Je devinai quand je veux. qu'elle était se livrer, ceux-là. les annonces bonne savent Je ne fut du et douce. mal sus pas éfuder tout Les bous et les une question. elle alors. tout me

doux, sans trop Ils répondent, hien fu~t certainement. explique

sur

Ce no

tard. que plus que t~n/fx, etc. Ette continuait

27

!U4

JOURNAL

O'UK

~CRtVAtK

des annonces dans les journaux à l'aide de ses le ton de ces notes était ressources. D'abord, <f Institutrice, hautes consentirait références, conditions sous enveloppe au journal. voyager. Envoyer Un peu plus tard c'était à tout, Consent donnera dame de compagnie, wéleçons, servirade surveillera n'est ce pas nage, sait coudre, etc. Puis Arohi-connu, à la dernière elle nt insérer « Sans rémuextrémité, » Mais eUe ne trouva nération, pour table et logement. aucune place. Quand je la revis, je voulus donc l'éprouver. Je lui montrai une annonce du Golos ainsi conçue « Jeune fille orpheline cherche place gouvernante pour chez veuf âgé aider petits enfants préférerait pourrait au ménage. » lui dis-je, celle-ci, c'est la première Là, voyez-vous? fois qu'elle publie une annonce, et je parie qu'avant ce soir elle aura une place. C'est comme cela qu'on rédige une annonce! Elle rougit, et ses yeux s'enflammèrent de colère. Cela me plut. Elle me tourna le dos et sortit. Mais j'étais Il n'y avait pas un autre préteur capable bien tranquille. de lui avancer un demi-kopok sur ses brimborions et Et à présent, il n'y autres avait porte-cigares. plus 1 même deporte-cigares elle arriva Le surlendemain, toute pâle et agitée. Je en elle quelque chose de grave. compris qu'il se passait Je dirai quoi tout à l'heure, mais je ne veux que rappeler comment je m'arrangeai pour l'étonnor, pour me Elle m'apportait une icône (ah poser dans son estime. dû lui coûter cela avait !) et ce n'est qu'ici que tout car je m'embrouille. commence; je ne puis rassembler C'était une image de la Vierge avec l'enfant mes idées la garniture en argent doré Jésus, une image de foyer mon Dieu valait bien 6 roubles. valait bien. Je lui < Il serait préférable dis de me laisser la garniture et c'est uu d'emporter l'image, parce que, enfin. l'image. « Kst-cc Elle me demanda peu. que cela vous est mais c'est pour vous-même défendu ? – Non, – Eh bien enlevez-là! Non, je ne l'enlèverai pas. Savex uia mettre-dans vous Je vais ma niche a icônes. (Dès

à publier dernières hautain

i:

,c Cc

c ?

0 i

JOt:n?)At<

D'U?<

ËCR!

a!8

tous les matins j'allude ma caisse de prêts, t'ouverture et je vais une peUto lampe). tnais, dans cette niche, vous donner 40 roubles. – Oh Je n'ai pas besoin de <0 roubles. Donnez m'en bientôt l'image. cinq. Je vous rachèterai les vaut, Et vous n'en voulez pas dix~ L'image des éclairs. que ses yeux jetaient dis-je en observant Elle ne répondit pas. Je lui remis 5 roubles. – Il ne faut mépriser Si vous me personne, ils-je. c'est que je me suis trouvé voyez faire un pareil métier. J'ai bien bien critiques aussi dans des circonstances souuert avant do m'y décider. Et vous vous vengez sur la société, interrompit du .reste. elle. Elle avait un sourire amer, assez innocent, ton caractère. ah 1 pensai je, tu me révèles Ah et tu as de la littérature. dis-je tout haut, moi, je suis une partie Voyez-vous. de cette partie du tout qui veut faire du mal ot produit du Mon. Elle me regarda curieusement et avec quelque naïveté connais Je l'ai lue quelAttendez Je cotte phrase. pas la tôte. C'est une do celles que à Faust. prononce Mëphistopheies quand i! se présente lu Faust ? Avez-vous Distraitement. 11 C'est-à-dire que vous ne l'avez pas lu du tout. faut !e lire. Vous souriez ? Ne me croyez pas assez sot, sur gages, pour jouer demalgré mon métier de prêteur sur gages je suis, vant vous les M6phi8toph6i's. Prêteur préteur sur gages je reste. – Mais je ne voulais rien vous dire de pareil Elle avait été sur <o point de laisser échapper qu'elle no s'at. Mais elle tendait pas à pareille érudition do ma part. s'était retenue. – Voyez-vous, lui dis-je, trouvant un joint pour produire mon enot, dans n'importe on peut quelle carrière faire du bien. tout champ peut pro.–réponditoile, –Certainement, duire une moissoq. que part. Ne vous creusez

316

JOUH~AL D'UN J~CtUVA!~

Eiie me regarda d'un air pénétré. Elle était oontonttde ce qu'eue venait de dire, non. par vanité, mais parce la pensée 0 qu'elle respectait qu'elle venait d~exprimer. sincérité des jeunes C'est avec cela qu'ils remportent la victoire mes renseigneQuand oiio fut partie, j'allai compiëter ments.'Ah elle avait vu des jours si terribles que je ne sourire elle pouvait et s'intécomprends pas comment resser aux paroles de Méphistophéies Mais voilà, la c'est que je la regardais L'essentiel jeunesse. déjà comme mienne et ne doutais Vous pas de mon pouvoir sur elle. très doux, très voluptueux, savez, c'est un sentiment en s'apercevant dirais)o qu'on éprouve qu'on en presque, a uni avec les hésitations. Mais si je vais comme cela, je ne pourrai plus concentrer mes idées. Plus vite, plus vite, ce n'est pas de cela qu'il s'agit, ah mon Dieu non

Il

PHOPOSrnONS

DE

MAMtAGE

Voici ce que j'avais appris sur ei!e Son père et sa mère étaient morts depuis trois ans et elle avait demeuré chez des tantes d'un caractère Méchantes toutes impossible. doux d'abord. L'une affligée de six petits enfants. l'autre vieille ni!e. Son père avait été employé dans les bureaux d'un Ministère. H avait été annobii, mais personnellement, sans pouvoir sa noblesse à sa descendance. transmettre Tout me convenait. Je pouvais même leur apparaître comme au leur. ayant fait partie d'un monde supérieur J'étais un capitaine de race, démissionnaire, gentilhomme etc. Quant à ma caisse de. prêts sur gages. indépendant, les tantes ne devaient y penser qu'avec respect. Il y avait trois ans que ma jeune titie était en esclavage

JOURNAL

D'UN

ËCRtYAM

S17 7

chex ses tantes. Comment elle avait pu passer ses examens, accablée comme elle t'était de travaux manuels par ses c'était un mystère, mais elle les avait passés. parentes, Cela prouvait déjà ohex elle d'assez nobles tendances. donc voulus-je me marier '?. Mais laissons Pourquoi là ce qui me concerne nous y viendrons tout à l'heure. J'emmëte encore tout. Elle donnait des leçons aux entants de sa tanto elle cuusait du linge, et vers la fin, malgré sa faiblesse do poiOn la battf it même et on trine, *elle lavait les parquets, le pain qu'elle mangeait. nUait jusqu'à lui reprocher Entin, Je passe do la vendre. je sus encore que l'on projetait sur la fange des détails. Un gros boutiquier, un épicier. âgé d'une cinquantaine d'années, qui avait déjà enterré deux femmes, cherchait victime une troisième et s'était abouché avec toa tantes. D'abord la petite avait presque « à cause des orphelins consenti (ii faut dire que ie riche épicier avait des enfants de ses deux mariages); mais à la fin elle avait pris pour. C'est alors qu'elle avait commencé à venir chex moi, anp de se procurer do quoi insérer dos annonces dans le Go/os. Ses tantes voulaient la marier à l'épicier, et elle n'avait obtenu d'elles qu'un court délai pour s'y décider. On la persécutait on l'in« Nous n'avons sans que juriait pas déjà tant à manger tu bàtres chez nous 1 Ces derniers détails, je les conet ils me décidèrent. naissais, Le soir de ce jour-là, le marchand est venu la voir et lui a onert un sac de bonbons à cinquante kopeks la livre. Moi j'ai trouvé le moyen de parler à la bonne, Loukeria. la cuisine. Je t'ai priée de glisser tout bas à la jeune -tUe que je l'attendais à la porto et que j'avais quelque chose de grave à lui dire. Ce que j'étais content do moimôme 1- Je lui ai raconté ma petite affaire en présence do Loukeria « J'étais un homme droit, bien élevé, un pou original Rtait ce un péché? Je me connaispeut-être. sais et me jugeais. Dame je n'étais ni homme de talent, ni homme un peu malheureusement d'esprit j'étais Tout cela je le disais avec une certaine égoïste. nerté. déclarant tous mes défauts, mais pas asscx betc pourdis« Si j'ai tel travers,.p,. en échange simuler mes qualités 07 27.

at0

JOUttXAL O'UN ~CMtVAtK

La assez enrayée au j'ai ceci, j'ai oeia. petite semblait début mais j'allais de l'avant, tant pis si je me noircissais un peu de temps à autre; l'air plus franc j'avais et qu'est-ce ainsi; que ça faisait puisque je lui disais carrément eUe mangerait à sa faim qu'à la maison ça valait bien les toilettes, les visites, le 'théâtre. les bals tout à fait qui ne viendraient qu'après, quand j'aurais réussi dans mes affaires. Quant à ma caisse de prêts, je lui expliquai métier, c'était que, si j'avais pris un pareil vrai. j'avais un but. Toute que j'avais un but, at c'était ma vie, Messieurs, à haïr ma vilaine j'ai été ie premier mais n'etait-ii profession, pas certain qu'en eCet je mp « vengeais de la société comme elle l'avait dit en plaisantant !o matin mémo. En tout cas. j'étais sur que l'épicier devait lui répugner plus que moi, et je lui faisais fouet d'un libérateur à cette petite. Je comprenais ceia Oh do bassesses on comprend bien que particulièrement dans la vie Mais commettais je une bassesse ? Il ne faut t si. vite un homme D'ailleurs, est-ce que je pas juger n'aimais pas déjà la jeune fille? Attendez t. Non. je ne lui laissai pas entendre que je me considérais comme un bienfaiteur; bien au contraire. je lui dis que c'était moi qui lui devrais de la reconnaissance, et non pas elle à moi. Je dis peut-être cela bête. ment, car je vis comme un pii se dessiner sur son visage. Mais je gagnai ma cause Ah à propos, s'il faut remuer toute cette boue, je rappellerai encore une petite vilenie de ma part. Pour la décider, sur ce point que je j'insistai devais être bien mieux au physique que i'éptcier. Et. à part moi, je me disais Oui, tu n'es pas mal. Tu es grand. bien pris dans ta taille, tu as de bonnes manières. Et voulez-vous croire que là, près de la porte, etie hésita à me dire oui Put-elle mettre en balance la longtemps de l'épicier et la mienne ? Je n'y tins plus. Ce personne fut assez brusquement & l'ordre avec que je ia rappelai ua « Eh bien quoi ? Eiie a encore pas trop aimable. une minute. tergiversé rien encore Ça je n'y comprends elle se décida. la bonne, aujourd'hui Eann, Loukeria, rourut après -moi comme je m'en aHais et me-dit, tout essoufflée « Dieu vous revaudra vous cela, Monsieur

JOUBKAL

tt'UN

ëcHtVAtN

MO

êtes bien bon de sauver notre petite demoiselle, Seule. ment. ne le lui dites pas, elle est Hère Kh bien quoi ? fière 1 moi j'aime les petites qui sont fières Les neres sont partiouiiôrement belles quand. on ne peut plus douter de son pouvoir sur elles. Homme content! Mais U vit que t'étais! 1 mais comme j'étais m'était passé par la tête une drôle de pensée pendant hésitait de la porte encore, debout près Eh son qu'eite si pourtant elle en était & se dire à eUe-meme geais-je, De deux malheurs mieux vaut choisir le pire. J'aime mieux prendre le <?ros boutiquier. Il se saoule, tant mieux Dans une de ses ribotes, il me tuera Montât [ Hein ? `.' Croyez-vous qu'elle ait pu avoir une idée de ce genre ? A présent encore. Quel était le plus je me le demande mauvais parti pour elle Y moi ou le boutiquier? L'épicier où le préteur sur gages qui citait Gœthe Y Et c'est Une question 1 une question! La réponse est là, sur la table, Comment, et tu dis une question ? Et à propos, de qui s'agit-il de moi ou d'eite ? Eh t je crache sur moi actuellement, Je forais mieux de me coucher. La toto me fait mal 1

11l

LE

PLUS

NOBLE

DES

HOMMES.

MAIS

JK

KM

LH

CRO!S PAS MOt-MHMK.

comment dormir pas fermé l'œih'Et quand on a quelque chose qui vous bat dans la tête comme un marteau. L'envie me prend de faire un tas de toute cette boue que je remuf. 0 cette boue t Mais il n'y a pas à dire, c'est aussi de la boue que je l'ai tirée, la malheureuse ? Elle turait dû le comprendre et m'en avoir quoique reconnaissattM t.. H est vrai qu'il y avait autre chose pour ntoL de faire une bonne action. J'avais tà-dedaMH, que l'attrait

Je n'ai

320

JOUR~Af.

D'UN

ÉCRIVAIN

un

certain

et qu'eite pression Je voulus que à-dire qu'après

à penser plaisir n'en avait que très voluptueuse. notre

que seize.

j'avais Cela

quarante me causait

et un une

ans im-

:=

Cgur~ que nous la bonne, Louk3ria. et en route wagon, là-bas une affaire en semaines à l'hôtel.) à ses tantes.

mariage une très courte deux et deux nous pour train, Mais elle Je consentis

se nt « à l'anglaise cérémonie ou

&. C'estn'auraient l'un eût et6 CO = H

dont témoins, serions montés aussitôt en Moscou ) 1 (Justement j'avais et nous aurions deux passé s'y

refusa et je dus faire n<a visite = à ce qu'elle désirait et ne lui dis rien ne pas l'attrister dès le début. pour Je lis môme à ses fâcheuses tantes un cadeau de cent roubles & chacune et leur ne s'arrêtepromis que ma muni~cence ~= rait pas !&. Du coup l'une et l'autre devinrent souples. ? mais souples Nous eûmes une petite discussion au sujet du trousseau. Elle n'avait rien et no voulait rien. Je la forçai presque une corbeille de noces sans d'accepter moi qui lui aurait otïert chose Mais je ne veux quelque de pas m'occuper moi. Je crache sur moi Pour abréger, je lui inculquai de mes quelques-unes idées, je me montrai empressé d'elle, auprès peut-ôtre elle m'aitrop empressé. Enfin, mait Elle me racontait son enfance, beaucoup. me dépeimaison de son père gnait la et de sa mère. Mais bientôt d'eau je jetai froide quelques gouttes sur cet enthoumun idée. Ses épanchements siasme, j'avais me trouvaient silencieux, nous que Cela me peut-être 1 bêtise J'avais bienveillant, différions, plaibait n'est-ce un que beaucoup que pour mais j'étais. de lui cela froid. une Elle a vu bien pour vite elle. énigme une paraître que j'ai fait

Et énigme. toute cette

avec elle. Non, écoutex système On ne con damne un homme sans pa? l'entendre! Ëcoutex. Mais comment vous expliquer cela ? C'est très difficile.. vais-je Enfin. tenez, elle par détestait et méprisait exemple, la plupart des créatures l'argent comme Je.ne lui jeunes. parlais Elle ouvrait de grands qu'argent. écoutait yeux, tristement et ne disait rien~La plus jeunë~H est geuëreuse, mais elle n'est Si l'on va contre pas tolérante. ses

JOURNAL

t)'U~

KCH!VAtN

a3t 1

on s'attire sympathies eh bien. j'en ai beaucoup mis au rancart à cause femme,

cette gamine des détails très désagréables pans?) œtte maudite de prêts caisse Et histoire sur laquelle je me taisais, Je préférais que je suis. qu'elle d'autre voulais que qu'elle de moi. me Je n'en au <Fet'/n<M besoin

Ma caisse do prêts! mépris. vu repousse. souffert, je me suis d'elle et ne voilà-t-il pas que ma de seize ans, a appris chena(de quels mof au sujet de pour il y avait toute une puis comme un homme fier la sùt de quelqu'un ai rien dit jusqu'à hier. Je p/m~m<' et quel m'estimât. homme

son

i

ensuite Toutej'étais, qu'elle plaignit fois dès !o début, en quelque je voulus, sorte, l'y préJe lui expliquai très c'est beau la générosité parer. que de la jeunesse, mais Pourque cela ne vaut pas un sou. l'a en elle, alors n'a que la jeunesse qu'eUe encore encore sounert. EUe est à bon marvécu, pas pas – Ah une action ché, cette vraigenerositë-ta ) prenez ment magnanime à son auteur qui n'ait rapporté que des et des calomnies sans un grain de considération 1 peines Voiià ce que j'estime, moi Car il y a des cas où un brillant un homme de haute valeur est présenté au sujet, quoi monde nête Ah! fait, èntier qui ma comme soit Vous au vous un qu'être parbleu toute alors làche, monde 1 Tentez dërobox exploit pareil. 1 Eh bien moi jo n'ai d'une action mal poids comme elle discuta qu'il un est plus honParce

le vie, que porter D'abord elle discuta, interprétée. Puis elle se tut, mais elle ouvrait des yeux, des yeux immenses Et. subitement méje lui ai vu un sourire mauvais. C'est avec ce sourire-là fiant, presque que je l'introduisis chex moi. Hest vrai qu'elio n'avait piusoù aller

JV

TOUJOURS

MHS PXOJHt'S

Mt' nHS l'nOJKTS

Uuidet)0t)sdfux<'<m)nt<*nt'a'!e

n'en en ~rmc des le début elle

sais

rien.

Ceta encore

fut

sans

doute

n'était

322

JOURNAL

O'UK

KCMVAtK

que dans Elle mit Le

quand je la prévins des bureau, engagements ne dit rien alors. (Remarquez avec un certain môme à l'œuvre mon

ma

liancée

qu'elle s'occupe) ait, et des paiements. ceci.) xeie. Mariée, elle se

tout demeura dans l'ameublement, le logement, même état. I! y avait deux l'uno pièces, pour la.caisse, Mon ameublement l'autre où nous couchions. était misémême à celui tantes de ma femme. inférieur des rable. était dans la chambre Ma niche aux saintes de la images Dans celle où nous couchions il y avait caisse. mx' armoire gardais l'époque je que rouble où la traînaient un des lit, étions enets une encore et table cief), où nous quelques et des je tiivres chaises. lui avais (j'en !)<s dit

fiancés,

d'un dépenser, par jour, plus de Loukeria com(les repas Comme besoin do trente je le lui fis savoir, j'avais pris). mille roubles dans trois ans et no pouvais de pas mettre côté cet argent en me montrant Elle mextravagant. de moi-même souffla le mot, ci c'est que j'augmentai trente Aussi bien me monbudget quotidien.de kopeks, coulant sur la question théâtre dit qu'il j'avais trai-je Pourtant nous serait je l'y conduisis, impossible d'y aller. une fois à des places au parterre décentes, par mois, Nous en silence et rentrions nous dp même. y rendions Comment se fait- il que, si vite, nous devhnnes taciturnes? n'entendais pas la nourriture pour chose. Dès que quoique un mot, je la voyais je renfermais en- moi ce cela. Parfois ma elle, se montrait elle avait même des élans femme, expansive; vers mais comme ces élans me paraissaient moi hystéet comme voulais un bonheur sain et maladifs, riques, je que sans solide, je réservais combien tendresse, ~<on pas du respect parier à ces effusions raison manquait Une Le de sa part. que j'exigeais un accueil très froid. Et lendemain jamais attitude d'y de avoir insolente une prenait m'amusais suis ces une de jours dispute. sa :part. de H est vrai bien pour j'y étais me regarder. quêtant dit sans que j'aurais

j'avais il ne de

Oui, ce de plus rendre aussi p!us d'une

dispute. visage, naguère timide, en Je arrogante. plus odieux fois, je

expression alors à me sûr que,

que je pouvais/et je l'ai exaspérée. Pourtant,

voyons,'e}!p

JOURNAL

D'UN

MCtUV.U\

3g:)

n'avait notre houe

Je raison pas vie qui l'excitait,

savais mais

que c'était no l'avais-je

la

et non~point avare économe ? J'étais Je consontais même à de petites dénécessaires. frais le snpernn, !e linge, La par exemple. pour pour penses a la femme. Je me chex le mari. est agréable propreté, « Il fait se montre d'économie dnutais disait qu'elle a un fait l'homme but, pour qui pose systématique, )t (~o futeHe-mcme de la fermeté de son caractère. pitrade aux soirée~ de théâtre, maise!!e eut un souqui renonça rire de plus ip silence. Hi!c enfin vices {''ssion oaiité Est-ce cite m'en une mêmes peu les en plus moqueur; aussi de moi ma je m'enfermais caisse arrive do prêts. il excuser une dans Mais les

do pauvreté de la pas tirée les Je faisais

voulait de

femme

vraiment son mari,

aimante

p

décorative. femmes

à plus forte Mais ceiie-Ià souvent lit sur

raison

que Ht alors

manquent ce qui est c'estoriginal convaincu de son j'étais mon cou qu'eiie

manquait d'originalité latable! Oh! Ne

prod'origi r oh

amour.

a pas souvent m -nmait. ou enfin tjm'i ? Etais je un

? Si ciieie t'hen'htnt

faisait, a m'aimer.

se jetaitc'est qu'ciio Alors

si grand coupable parce que je prêtais stu' gages Prêteur sur gages sur gages Mais ? prêteur o'' pouvait-elle deviner des raisons qu'ii y avait pour d'une noblesse d'une haute qu un homme authentique, fut devenu sur 7 Les idées. noblesse, les prêteur gages messieurs, à l'aide l'exprime idées, ce'sera sieurs, tous des buses sais, vouloir Vous du reste assurer et ce que deviendra voyex de certains mots Ct' idiot no mon Pourquoi? tolérons pas avenir farce la vérité telle sera que idée si on =mesidiot, nous sommes

Sacrebleu

N'avais-je en ouvrant

Ust-cequc je droit de pas te cette caisse

ce sont les m'avcx'renié, hommes. vous, vous vous m'avez citasse d'amour quand j'étais plein pour vous A mon vous avez dévouement, répondu par une ma vie injure qui me déclasse pourtoute N'avais-je pas de mettre tard eatx' vous !droit, alors, <'t plus t'espace de me retirer 'i, avec trente mi))c rou quelque part. )')fS, oui. dansic achetée propriété Sud~pn avec <h'imé< ces trente "np~tr~' mH!f ou, rouhit's. dans loin une de

324
vous, mon du est à avec cœur bien très aux beau c'eut fièrement. un et

JOURNAL

D'UK ~CRtVAtX
une femme i'ame. si Uieu le voujait? moi aimée pr<s tle J'aurais fait Mais cela voyez,

idëai une paysans, comme été

dans famille,

cUo, taisais

de autour je le raconte, imbécile C'est

Aurait-oiio magnanimité EUe était

et si je le lui avais dit,1, cela que je nu' pour compris ? A seixe ans ? Avec des « belles âmes ? Ah

la cécité. ia fausse cotte belle âme! Je serais injuste Ah ia vie des

mon bourreau! tyran, moi-même si je ne le criais pour pas hommes est maudite La mienne plus

mon

que les autres Et qu'y avait-il de répréhensible dans mon plan Tout comme le ciel honorable, clair, net, sëver' y était pur fier, dédaigneux des consolations humaines, je sounrirais en silence. Je no mentirais verrait ma majamais. à moi, plus elle gnanimité, tard, quand comprendrait. Alors plan. pas' n'est rite elle tomberait J'oubliais à genoux chose. quelque devant Mais moi. non, là C'était là mou jone pouvais sois <icr!<:c pas la vé-

assez Assex, Courage, Et pas toi qui es coupable. ? C'< elle ~/M< est co«/)~&/c,

homme, dirais je ne c'esl elle

V

LA TtMt[)H

SE

n~VOt/rK

Les elle cette

cciatcrent. HIIc voulut disputes et surévalua les objets engagés. maudite veuve de capitaine. Elle un mcdaiiion, trente roubles. un

faire Ii y arriva

des prix eut surtout o))pour son époux.

.<

sur pruntRr J'en donnai lui conservât

qu'on pour ~iais sacristi oui nousio lui garl'objet. Hiie derions voulut, l'écbaDgct quelques jours après, contre ua bracelet bien huit roubles. Je refusai qui valait comme de juste; la gredinn voir net, dut Sana doute,

cadeau de feu Elle pleurnicha

JOURNAL

O'UN

ÉCR!VAtN

925

chose dans les yeux do ma femme, car elle quelque et ma femme lui rendit revint en mon absence, le me' daillon. ma proje t&cha! de raisonner Quand je sus l'affaire, bien Elle était, à co digue tout doucement, sagement. sur son lit sa petite moment, assise bottine battait le sur lequel elle tenait les yeux llxés; elle avait parquet sourire. encore son mauvais Comme elle ne voulait pas bien gentiment me répondre, je lui fis observer que l'arsur ses pieds, gent était a moi. Elle sauta brusquement tressaillit toute et se mit à trépigner. C'était comme une bête onrag6e.Messienrs.une b~te au paroxysme de la turio. J'en fus abruti do la même d'étonnement pourtant, voix tranquille, elle ne prenje signillai que dorénavant drait pius part à mes opérations. Elle me rit au nez et Il était, cependant, sortit de notre bien enlogement. tendu qu'elle ne quitterait sans moi jamais la maison l'un des articles de notre c'était Elle revint le pacte. soir, et je ne lui adressai pas un seul mot. Le lendemain, elle sortit de même; le surlendemain ma caisse, J'ai fermé et j'ai été trouver tes également. tantes. Je ne les voyais plus depuis le mariage. Chacun chex nous Ma femme n'était pas chez elles, et elles se Mais pour cent roubles, moquèrent de moi. Parfait! je sus de la cadette tout ce que je voulais savoir. HUo me le surlendemain: < Le but de la sortie- mp toit~au courant lieutenant dit-elle, c'est un certain un* caHnmovitch, à vous. marade de régiment Cet Enmovitch avait été mon ennemi acharné. Depuis quelque temps il allectait de venir engager différentes choses chez moi et de rire avec ma femme. Je n'attachais à cela aucune importance je l'avais seulement prié, une fois, d'aller engager ses bibelots ailleurs. Je ne voyais là que de l'insolence de sa Mais la tante me révéla avaient part. qu'ils déjà eu un rendez-vous et que tout cela était manigancé par une de ses connaissances, une nommée Julia Samsonovna, <- C'est donc phez cette Julia veuve d'un colonel. que votre femme va. » mes démarches me coûtèrent trois cents rouJ'abrège: bles, mais, grâce a !a tante, mauîcre jepus me ptâcet'de
00 28

=

82S

JOURNAL D'~N ~Ct<tYA!N

ce qui se dirait entre ma femme eti'oMcier à entendre an rendez-vous suivant. Mais j'oublie le jour où je devais être ëdiue. qu'avant une scène eut Heu chez nous. Ma femme rentra un soir et s'assit sur son lit. Elle avait une expression de figure qui me fit sou. venir que depuis doux mois elle n'avait plus- son caractère ordinaire. On eut dit qu'elle méditait une révolte et de passer que sa timidité seule {'empêchait de ~i'hostiiiM muette à la lutte ouverte. Hnfin elle paria -Est-ce vrai qu'on vous a chassé du régiment parce vous aviez ou peur de vous battre en dûei? demandaque t-elle sur un ton violent. Ses yeux étincelaient. – C'est vrai Les officiers m'ont le prié do quitter bien que j'eusse déjà .présenté ma démission régiment, écrite. – On vous a chassé. pour poltronnerie – On a eu, en effet, le tort de mettre ma conduite sur le compte de la poltronnerie. Mais si j'avais refusé un duel. ce n'était pas que je fusse tache, mais bien parce que à je ne sais ;quelle t j'étais trop fier pour me soumettre sentence à me battre alors que je no M)& qui m'obligeait considérais otïense. Je faisais d'un pas comme prouve bien plus grand courage on n'obéissant pas à un despotisme abusif sur io terrain avec n'importe qu'en aiiant qui. » là comme une espèce d'excuse: ce c'était ïi'y avait elle se mit à rire méchamment. qu'eito voulait Hst-!l vrai qu'ensuite vous ayez battu le pavé de trois ans comme un vagabond ? que Peterebourg pendant vous ayez mendié et couché la nuit sous des billards? – J ai aussi dormi dans i'ttsite de nuit de Viaxiemshy. J'ai connu de vilains jours de dégringoiade ma après sortie du régiment; j'ai su ce que c'était que ta misère. Et vous 'morale. mais j'ai toujours 'ignoré ta déchéance voyez que la chance a tearné. – Oh maintenant vous êtes une sorte de personnage! Un financier! C'ëtaMuoe tiHus~n à ma_<:aiMed6~r&ts, mais je sus me retenir. Je vis qu'élu ttVtiteoM de déMts hMmtiau~r

JOURNAL

n'UN

~CRtVAtN

MT

Un client pour moi et eus soin. de ne pas en donner, sonna fort à propos. Une heure plus tard. elle s'habilla pour sortir mais s'en aller, avant de elle s'atrëta devant moi et me dit: – Et vous ne m'aviez rien raconte de tout cela avant notre mariage Je ne répondis pas; et elle sortit. Le lendemain, derrière la porte de la pièce où j'étais eUo se trouvait avec Enmovitch. J'avais un revolver dans ma poche. Je. pus les voir. Elle était assise, tout habillée, faisait le paon près de la table, et Ëtunovitch devant ette.it n'arriva que ce que je prévoyais; je m hMe de le dire pour mon honneur. Ma femme avait, certes, médite de m'offenser de la façon la plus grave, mais, au dernier moment, elle ne pouvait se résigner à une pareille chute. EUo finit môme par se moquer du lieutenant, par t'accabler de sarcames. Le mauvais drôte, tout decontes'assit. Je répète, nauce, mon honneur, pour que je m'attendais à cette conduite de sa part; je n'étais allô If' do l'accusation bien que j'eusse que sûr de la fausseté mon revolver sur moi. Certes, je ne pus que trop savoir a quel point olle me haïssait, mais j'eus aussi la preuve de son absolue Je coupai court à la scëuo en pureté. ouvrant la porto. Efimovitch sursauta je pris ma femme a quitter la pièce avec moi. Hetroupar la main et t'invitai vant sa présence d'esprit, Etimovitoh se tordit de rire Oh fit-il. en s'osctanant, je ne proteste pas contre les droits sacrés de l'époux; ommonexta,! emmenez-la, Mais, et il se rapprocha do moi, un peu calmé, bien qu'un honnête homme ne doive pas se battre avec vous. je me mets à vos ordres, par pur respect' pour madame, si toutefois vous consentez à risquer votre peau. – Vous entendex ? à ma femme et. je la fis dis-je sortir. avec moi Elle ne m'opposa résistance. aucune Elle semblait terriblement Mais l'impression. frappée. chez elle, dura peu. En rentrant choi! nous. elle roprit.son sourire bien qu'elle fut encore pâle comme une irouiquet morte et qu'eIteeM la tuée,– ta conviction que j'allais – Mais.je tirai j'en jurerais! mon revolver de simplement ma poche--et là jetai sur là tablo~Ce rovôlvar, notpï-'lë

c

o~ I

n

!M

JOURNAL

D'UN

HCRIVAIN

bien, elle !e connaissait, elle le savait toujours chargé à cause do ma caisse. Parce que, chez moi. je no veux ni chiens de garde ni valets monstrueux, comme géants, ce~i de Moser. par exemple. C'est la cuisinière qui ouvre à mes clients. Toutefois, une personne de notre profession ne peut rester sans un moyen do défense quelconque. D'où le revolver. EUe io connatt, ce revolver, ma femme; retenez bien cela le mécanisme, je lui en ai expliqué je t'ai même fait une fois tirer avec à la cible. Elle demeurait très inquiète, je io voyais bien, debout, sans songer à se déshabiller. Au bout d'une heure, pourelle se coucha, tant, mais toute vôtue, sur un divan. C'était la première fois qu'elle ne partageait pas mon lit. Notez encore ce détail.

°

0

VI

UN

SOUVENIR

TERRIBLE

Je m'éveillai vers huit heures le lendemain matin. La chambre était très claire; je vis ma femme debout, près de la table, tenant à la main le revolver. Elle ne s'aperçut pas que j'étais éveillé et que je regardais. Tout à de moi, tenant le revolver. coup elle s'approcha toujours Je fermai vite les yeux et feignis de dormir protondément. Elle vint jusqu'au lit et s'arréta devant moi. Eito ne « j'entendais faisait aucun bruit, mais le silence.. J'ouvris encore les yeux, malgré moi, mais à peine. Ses yeux rencontrèrent mes yeux, que je refermai à vite, résolu ne plus bouger, Le canon du quoi qu'il dût m'advenir. revolver était sur ma tempe. Il arrive appuyé qu'un homme endormi ouvre les paupières secondes Quelques sans s'ôveitïer cela. Mais qu'un homme éveille re-" pour

JOURNAL

O'UN

~CmYA!N

SM

forme les yeux après ce que j'avais vu, c'est incroyable, n'est-ce pas? de quelque Elle put cependant, peut-être, s'apercevoir Oh le tourbillon de pensées chose. qui fit rage dans tôte Si elle a compris, me disais-je, ma malheureuse d'âme l'écrase de ma grandeur déjà. Que pense-t-eUo ainsi de recevoir la mort do sa mon courage ? Accepter de résistance, évidemment sans main sans une tentative C'est sa main qui va trembler La conscience enroi que vu tout peut arrêter son doigt déjà posé sur la gâj'ai chette. Lo silence continua je sentis io froid canon du sur ma tempe près de revolver plus fortement s'appuyer mes cheveux. Vous me demanderez si j'ai eu l'espoir d'une chance do comme devant Dieu que je satut je vous répondrai une chance d'échappera la mort contre voyais toutauplus cent chances de recevoir la coup fatal. Alors je me résiencore. Eh, vous gnais à mourir ? me demauderex-vous la vie du moment que c'était répondrai je. que valait l'être adoré qui voulait me tuer ? Si olle a devint que je ne dormais pas, eUe a compris duel qu'ii y avait l'étrange alors entre nous deux, entre elle et le « poltron chassé par ses camarades de régiment. rien do tout cela, peut-ôtre mémo Peut-être n'y avait-il mais alors corn* n'ai-je pas pensé tout cela sur l'instant, ment se ferait-il chose que je n'aie guère pensé 4 autre depuis? Vous me poserez encore une question no la Pourquoi sauvais-je pas de son crime ? Plus tard, je me suis interla rcmembrance me roge bien des fois à ce sujet, quand, à ce moment. stacant encore, je songeais ? Mais comment pouvais-jeia sauver, moi qui allais périr 7 Le voulais je, seulement senti alors ? ? Qui dira ce que j'ai Pourtant les moments le silence était mortel. passaient; KHo était toujours de moi et. debout auprès brusquement un espoir me fit tressaillir J'ouvris les yeux. Elle n'était plus dans la chambre! Je sautai droit sur mes 1 Elle était vaincue a jamais 1 pieds. J'étais vainqueur J'allai le thé. ttp m'assis en silence a !a table. prendre Tuuta coup, je ~à regardai. Hiie aussi, plus pâte encore 9H 28.

aso

jouMKAt<

o'uN

~catVAtN

me regwdait. iadeSniasabtf. Etio eoA un sourife qu'hier, « Sait'U oui ou< aon~? Je lus un doute dans ses yeux iA<b4t vu? ~J.'at dëtoMMë ïne& pega)r.~s;we<ma< a~ïeota tio~d'indiKëreaoe. m'en fus au baxar Aprèa te thé, je fermai ma caisse.e acheter un lit de fer et un paravent, Ja fis poser ce lit du paravent. C'était pour elle, dans le salon et l'entourai ce lit. Mais je ne lui on dis rien. Elle, en le voyant, corn prit que j'avais tout vu. Plus de doute sur la table La nuit suivante, je laissai mou revolver Elle se coucha en silence dans sou comme à l'ordinaire. lit, Le mariage' était rompu. Elle était « va!ccuc nouveau et non pardonnée EUe garda le lit six Cotte même nuit elle eut le-délire. semaines.

SECONDE

PARTIE

1 LE RÊVE DE L'ORGUE!

Loukeria m'a déclare. il y a un moment. qu'elle ne restera pas chez moi qu'elle s'en ira aussitôt après l'enterrement do Madame. J'ai essayé de prier, mais au lieu de prier j'ai pense, et toutes mes pensées sont malades. Il est étrange aussi que dormir. les grands il y a je ne puisse Après chagrins, On dit aussi que toujours commo une crise de sommeil. les condamnésà mort dorment d'un sommeil profond leur dernière nuit, C'est presque forcé. La nature le veut. Je mo suis jeté sur un divan et. je n'ai pas dormi.

Pendant les six semaines de la maladie de ma femme, nous l'avons et moi, avec l'aide d'une soignée, Louheria sœur do l'hôpital. Je n'ai pas épargné L'argent. Je voulais tout ce qu'il fallait et plus dépenser pour eiie. C'est Schreder et je lui ai payé médecin, que j'ai pris. pour tO roubles par visite. a. commencé à reprendre Lorsqu'eUe connaissance, je me suis plus. rarement, montré dans sa chambre. Pourtout ceia? <Juand otie a pu se quoi, d'ailleurs, raconte-je dans ma chambre, à une table )even, eUe s'est assise, table quo je lui ai achetée alors. Nous no scparoOj une patiioBS guôre, et Mon que des événements quotidiens. était voulue,. mais j'ai vu qu'elle non plus Maitacituroité –a.~vait K!io sont cncoco trop sa gucro envio de causer.

332

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

il faut qu'elle oublie et s'habitue à sa défaite, pensai-je, Nous nous taisions donc le plus sounouvelle situation. v,ent. ne saura jamais à quel point j'ai souffert de Personne mon chagrin sa maladie. J'ai gémi aucacher pendant sans que Loukeria eUe-meme dedans de moi-mémo pût se douter do mes angoisses. Quand ma femme a été mieux, s«<' j'ai résolu de me ~<we le plus longtemps possible no~'c <ttW! de tout laisser dans l'état pour l'instant. Ainsi s'est passé tout l'hiver. souffert aussi d'un chagrin Voyez-vous, j'ai toujours de toutes les heures, depuis que j'ai quitté le régiment d'homme d'honneur. On après avoir perdu ma réputation s'était conduit envers de la façon la plus moi, aussi, Il faut dire que mes camarades ne m'aimaient tyrannique. disait-on. difuciio. ridicule, pas, à cause de mon caractère Mais voila. Ce qui vous semble beau et étove en vous prête à rire, on ne sait pourquoi, à la foule de vos camarades, Du reste, il faut dire qu'on ne m'a jamais aimé nulle part, Loukeria elle-même ne peut pas plus à l'école qu'ailleurs. été rien sans pas me souffrir. Ce qui m'est arrivé n'aurait l'animadversion do mes camarades. Et il est assez triste de voir sa carrière brisée pour pour un homme intelligent une niaiserie. Voici le malheur dont j'ai été victime. Un soir, au théâtre, pendant l'entr'acte, j'entrai au buffet. Un officier do hussards. tit irruption dans la buvette et, à voix A. et d'autres haute, en présence de beaucoup d'officiers specse mit à causer avec deux de ses camarades de tateurs, de mon régiment, nommé Bexougrade d'un capitaine metsev. Il affirmait était ivre et avait que ce capitaine causé du scandale. Il y avait erreur. Le capitaine Bozoumetsev n'était pas ivre et n'avait rien fait de scandaleux. Les officiers se mirent à parler d'autre chose, et l'incil'histoire fut connue chez dent fut clos. Maisie lendemain aussitôt nous, et l'on colporta que j'étais le seul officier du régiment avait parlé insolemment présent quand A. de Bexoumetsev et que je l'avais laissé faire. Pourquoi avait ictes griefs contre intervenu ? Si A. serais-je Bezoumetsev, cela le regardait/et je n'avais pas & me"

JOURNAL

O'UN

ËCRtVAtN

333

Mais on s'avisa de trouver mêler de la querelle. que i'attouchait à l'honneur faire du régiment et que j'avais mal agi en ne prenant pas la défense de Bexoumetsev qu'on irait dire que notre renfermait des officiers régiment moins chatouilleux que les autres sur le point d'honneur à savoir que je n'avais qu'un moyen de me réhabiiiter réclamer une explication d'A.Je m'y refusai, et comme mon refus prit j'étais irrité par le ton de mes camarades, une forme assez hautaine. Je donnai aussitôt ma démission et m'en fus, hautain, mais le cœur brisé. Mon esprit fut très frappé; mon énergie Ce fut ce m'abandonna. nmment que choisit mon beau-frère de Moscou pour disMa part était siper le peu de fortune qui nous restait. minime, mais comme je n'avais plus que cela, je me trouvai sur le pavé, sans un sou. J'aurais pu trouver quoique place, mais je n'en cherchai pas. Après avoir porté un si brillant me résigner à me faire uniforme, je ne pouvais scribe dans quelque bureau de chemin de fer. Si c'est une honte pour moi, que ce soit une honte, tant pis c'est à Après cela, j'ai trois années d'affreux souvenirs; cette époque que je connus l'asile de Wiaxiemski. – II y a un an et demi ma marraine est morte à Moscou. C'était une vieille femme fort riche et, à ma grande surprise. elle me laissa trois mille roubles. J'ai réfléchi. et tout de suite mon sort a été )ixé. Je me suis décidé à ouvrir cette caisse de prêts sans m'inquiéter de ce que l'on en penseafin de pouvoir me retirer quelque rait gagner de l'argent tel fut mon plan. anciens, part, loin des souvenirs Ht pourtant mon triste de mon passé et la conscience déshonneur m'ont fait soufMr à chaque heure, à chaque minute. C'est alors que je me mariai. En amenant ma femme chez moi, je crus introduire une amie dans ma vie. J'avais tant besoin d'amitié t Mais j'ai vu qu'il faudrait préparer cette amie à la vérité qu'elle ne pourrait de comprendre but en blanc, à seize ans avec tant de préjugés Sans i'aide du hasard, sans cette scène du revolver, comment aurais-je pu lui prouver que je n'étais pas un iache? Knbravant ce revolver j'ai racheté tout mon passé. Cela uc s'est pas su au dehors, mais elle a SH. et cela m'a suffi

9M

JOURNAL

O'UN

KCR!VA<N

`

n'était-eUe a-t-elle pas tout pour moi ? – Ah pourquoi l'autre s'est-elle histoire, appris pourquoi jointe à mes ennemis ? – Pourtant, je ne pouvais plus passer pour un Jâohe à ses yeux. Ainsi s'écoula tout l'hiver. J'attendais chose qui ne venait- pas. J'aimais à toujours quelque en cachette, ma femme assise à sa petite table. 'regarder, Elle s'occupait d'un travail surtout ou lisait, de lingerie le soir. Elle n'allait nulle part, ne sortait presque pour :ainsi dire plus. Parfois, faire un tour vers la cependant, je lui faisais fin do la journée. Nous ne noub promenions plus on silence comme auparavant. Je tâohais de causer, sans aborder aucune explication, car je gardais taut ceta pour tout cet hiver, je ne vis jamais son plus tard. Pendant « C'est timidité, se fixer sur moi regard pensais-je. ~'est faiblesse laisae-Ia d'eiiofaire, et elle reviendra » même à toi. J'aimais fort à me flatter de cet espoir. Quelquefois en quelque à me rappeler pourtant, je m'amusais, sorte, mes griefs, à m'exciter contre elle. Mais jamais je ne à la haïr. Je sentais parvins que c'était comme en jouant mes rancunes. J'avais que j'attisais rompu le mariage en achetant le lit eMe paravent, mais je ne savais pas la en ennemie, en .criminelle. Je lui avais entièreregarder ment pardonné son crime, des le premier jour, même avant d'avoir acheté le lit. Bref, je m'étonnais moi-même. car je suis plutôt do nature sévère. Etait-ce parce que je la voyais si humiliée, si vaincue? Je la plaignais, bien me plût. que l'idée de son humiliation Pendant cet hiver,je ns ea:pr<*s quelques bonnes actions. Je tins quittes de leurs 'dettes deux débiteurs insolvables et j'avançai de l'argent à une pauvre femme sans lui demander de gage. Si ma femme le sut. ce ne fut pas par moi je ne désirais pas qu'elle l'apprit mais la pauvre malheureuse vint d'elle-même me remercier à presque Il m6 sembla que ma femme avait en-sa présence. genoux, mon procédé. apprécié Mais le printemps revint. Le soleii éclaira de nouveau notre logement méIancoHque._Et_ce fut alors que le voiip tomba de devant mes yeux. Je vis clair dans mon ân)f

= = 0

JOURNAL O'UN ~CttïVMN

335

ce que mon orgueil avait obscure et obtuse. Je compris Ce fut tout d'un coup que cela arriva, que do diabolique. avant le diner. cola arriva un soir, vers cinq heures,

11

LE

VOILE

TOMBE

SUBITEMENT

chez ma femme unemetanliy aun mo.j, je remarquai Ëlie travaiUait assise, coiie plus profonde qu'à l'ordinaire. la tête penchée sur une broderie, et ne vit pas que je là red'attention avec plus que je ne le gardais. Je l'examinai et de sa de sa maigreur faisais d'habitude et fus frappé bien depuis quelque temps qu'elle avait pâleur. J'entendais mais je n'y prenais une petite toux sèche, la nuit surtout, chex Schrëder Mais ce jour-là, je courus pas garde. pour le prier do venir tout de suite. H no put lui faire sa visite que le lendemain. de le voir Elle fut très étonnée –Mais je me porto très Mon. fit-eMe avec un sourire vague. de son état Schréder ne:sembla pas trop se préoccuper sont parfois d'une négligence qui frise le (ces médecins mépris), mais quand il se trouva seul avec moi dans une à ma femme de sa autre pièce, il me dit que cela restait de nous maladie, qu'il serait bon de partir au printemps, Urof. il au bord de la ~mer ou la installer campagne. fut ménager de ses paroles. 'Quand ii fut parti, ma femme me répéta Mais je vais tout &Mt Mec, tout à fait bien. et je no compris Ei!o rougit pas encore de quoi elle Elle avait honte que je fusse eHtwesoH H!ar/, rougissait. comme un ntar< ~f'~aM'. Mais, sur que;je la soignasse te'moment,jene8aisispas._ de clair soieii, j'étais par un soir 'Un'mois plus tard,

336

JOURKA~

O'tJ~

~CMA'AtK

mes comptes. ma caisse, faisant Tout à devant ma femme qui, dans sa chambre, chancoup, j'entendis tait tout bas. Cela me fit une impression foudroyante. les tout premiers Elle n avait plus jamais chanté depuis alors que nous pouvions de notre mariage, encore jours à nous amuser on tirant à la cible ou en nous distrayant A cette époque, sa voix était semblables. des niaiseries Mais assez forte, pas trop juste, mais fraîche et agréable. avec quelque cette voix était si faible, chose à présent, Elle toussa, do brisé, de feië' puis chanta de nouveau. mais encore plus bas. On va se moquer de mon agitation, Je n'avais pas, si je fus inquiet. je ne puis dire combien chez moi comme une vous voulez, pitié d'elle c'était Il y avait aussi dans mon et terrible. étrange perplexité sentiment < Comment, quelque chosede blessé, d'hostile elle chante? A-t-elle donc oublié ce qui c'est passé entre nous ? » Tout bouleversé, Loukeje pris mon chapeau et sortis. ria m'aida à passer mon pardessus lui dis-je involontairement. Elle chante sans comprendre. La bonne me regarda fois qu'elle chante ? repris-je. Est-ce la première – Non elle chante quelquefois quand vous n'êtes pas ia. l'escalier Je me rappelle tout. Je descendis sortis dans au hasard. J'arrivai la rue et marchai à l'angle de la rue, les passants. On me heurta, m'arrêtai et regardai mais je un cocher et lui dis de me J'appelai n'y pris pas garde. au Pont de la Police. Pourquoi? Puis je me reconduire donnai brusquement, vingt kopeks au cocher pour pris son dérangement et m'en fus vers la maison, comme en dans mon extase. La petite note fêlée de la voix sonnait Si elle chantait si près de moi, âme, Et le voile tomba. m'avait oublié. C'était terrible, mais cela c'est qu'elle Et j'avais passé tout l'hiver sans comprendre! m'extasiait. Je ne savais plus alors où était mon âme! Je remontai chez moi. J'entrai avec timidité. Elle précipitamment était toujours assise à son ouvrage, mais ne chantait comme_ plus. Elle me regarda, avec quelle ind!fïërence! venu qui entre! un regardé Je m'assis tout le premier assis

JOURNAL

D'UN

ËCMVAÏX

937

chose venue: de lui direla première près d'elle. J'essayai « Causons. balbutiai. Je lui pris la main. tu sais. je comme me Elle se rejeta en arrière terriSée, puis elle oui i) était s~e, &<; regarda avec un étonnement « Comment, Elle semblait me dire: tu son étonnement. de l'amour? Elle se taisait, oses encore me demander Je tombai à ses pieds. mais je comprenais son silence. Ah comme je comprenais Elle se leva, mais je ta retins. Mais j'éprouvais en même temps une bien mon désespoir! telle extase, que je crus mourir. Je pleural, je parlai sans de me savoir ce que je disais. Elle paraissait itontcuse elle revoir prosterné devant elle. Je baisai ses pieds; cula et je baisai la place que ses pieds avaient occupée sur Elle se mit à rire, à rire de honte, me le plancher, de honte Une crise nerveuse sembie-t-ii bien! Ah rire Je le voyais, cesser de mais je ne pouvais approchait. balbutier Donne-moi le bas de ton vêtement que je le baise 1 Je veux passer ma vie ainsi à tes pieds 1 Tout à coup ta crise vint. Ette se mit à sangloter, à tronbter de la tête aux pieds. Je la portai sur son lit. Quand elle se sentit un peu reouse, elle me prit tas mains et me pria de me calmer. Elle recommença à pteurer. De toute la soirée je no la aux bains de quittai pas. Je lui dis que je l'emmènerai dans deux semaines mer, à Boulogne, qu'elle avait une ma caisse petite voix si faible, si brisée que je vendrais de prêts à Dobronravov; qu'une vie nouvelle allait comà Boulogne! Elle écoutait, mais prit mencer, à Boulogne, un besoin fou d'embrasser peur de plus en plus. J'avais ses pieds --Je ne te demanderai plus rinn, plus rien répétais. me réponds ne fais pas attention u moi; perpas, ]e. I~e mets moi seulement de te regarder. Je veux être ta chose. ton petit chien 1 Elle pleurait. –Z?/n!<M~H!S<!<S que vous me /<tt8Set'<C?. (WdcH)' dit-elle sans le vouloir. Oh! ce {Ht !a parote la pius décisive, la plus fata!ù<!c la soirée, celle qui acheva de mo faire tout comprendre.
29

8~8

jouMM.

n'uN

~ca<VAM!

sans forces. Je ~a~uppUai do se Ver% la cuit elle était coucher. EHo s'endormit -matin profondément. Jusqu'au Je'me levais & 'ch~que'inatantpour je ne pusTeposer. venir la regarder sans bruit. Je me tordais tes mains en voyant ce pauvre être malade sur -ce pauvre petit lit de'fer quo -trois roubles. Je me 'mettais & ~genoux, mais j'avais payé je n'osais baiser ses pieds tandis quitte'dormait (sans sa se coucha permission 1). Louheriane pas. -Elle semblait sortait à chaque-moment de !a'cuisine. Je me surveiller, lui dis do se coucher, de se rassurer, que demain « une vie nouvelle commencerait~. Et je croyais à ce que je disais. J'y croyais follement et L'extase m'inondait Je n'attendais aveuglément. que l'aurore du jour Je ne croyais aucun malheur suivant! imminent « Demain elle se rems!gré ce que j'avais vu me disais-je, et je lui expliquerai veillera, tout; otiecomtout. » Et le projet de voyage à Boulogne m'enprendra le salut, le remède à tout; thousiasmait Bou)ogno c'était en Boulogne Comme le tout espoir résidait j'attendais matin

III

JE

NE

COMPRENDS

QUE

TROP

Ht il n'y a que cinq jours de tout 'ccta Le lendemain en souriant, elle m'écouta bien qu'elle fût encore enrayée; et pendant cinq jours elle ,fut tout le temps enrayée et comme honteuse. A certains moments etie montra même une très grande peur. Nous étions devenus si ëtFangers l'un à l'autre 1 Mais je ne m'arrêtai pas'a ses craiBtes. Le nouvel Je dois dire que quand elle espoir brillait s'éveilla (c'était le mercredi matin), je commis unegrande faute: je lui fis une confession trop'bfutaiement aincère. Je TteiaituB caché à'moipas ceque je m'étais jusque-ja méme.~Jè lui !dis que tout l'hiver à j'af«i~eucore 'ct'u

JOURNAL

Ï~UN

ËCt~tVA~

3B9

son amour que la caisse de prêts c'était une sorte d'exA h buvette du thé&tre. en piatioa que je m'imposa. et ftïet, j'avais eu peur,, mais. peur do ma propre. nature; un endroit mat me semblait puis le lieu où je me trouvais un endroit citoisi pour une provocation, &<e, et j'avais &<?/ed'un duel ne là, craint Don le duel, mais l'apparence dans une buvette. J'avais ensuite souffert mille tourments do cette histoire et ne l'avais peut-être épousée que pour me venger de mes propres tourments la tourmenter, pour Je parlais comme .dans la fièvre. Elle me sur quelqu'un. do cesser prenait les mains et me conjurait me disait-elle, vous vous faites du Vous exagérez, mai! Mais et me suppliait de tacher d'oublier. Elle pleurait a mon idée de Uuuje no m'arrêtais pas. J'en revenais d'un nouveau to~ne.L& notre destinée s'éclairerait rayon J'en radotais. de soleil Je cédât ma caisse de prêts à Dobronravov. Je proposai à ma femme de distribuer aux pauvres tout ce que de ac garder que les trois mille roubles de j'avais gagne Bouma marraine, avec lesquels nous partirions pour on Russie et entreiogne. Après cela nous reviendrions à ce de vivre de notre travail. Je m'arrôtai prendrions Kifo se dernier parti, parce qu'elle no disait rien contre. Je crois maintenant taisait et souriait. qu'elle ne sourit Je sentis que que pan délicatesse, pour no pas m'affliger. et ne sus pas me taire. Je lui parlais d'ello et je l'excédais do moi sans répit. je ne J'aiianneme jusqu'à lui raconter & ce sais quoi de Loukeria; mais j'en revenais toujours qui me tourmentait. Pendant ces cinq jours, elio-mémo s'anima une ou deux à de livres, se mit à rire en pensant f 's; elle me-paria la scène de Gii Bias avec l'archevêque de Grenade, qu'elle Son rire du avait tue. Quel rire enfantin elle avait! devant fiancée! Mais. he!as! temps où elie était encore mon extase, do l'amour, elle crut que je lui demandais 'uoi, le mari, quand elle n'avait pas caché qu'elle espérait <:&tre laissée & l'ooaut Oui, comme j'eus tort de la avec extase! Pas une fois pourtant regarder je tte_me J'étais ))osm en mari qui réclamait simpleses droits.

3t0

JOURNAL

D'U:<

~CRtVAtN

ment comme en prières devant eue. Mais je iui dis sot. tement me transportait, que sa conversation que je )a considérais comme bien plus instruite et intelligente que moi. Je fus assox fou pour exalter devant eiio mes senti. ments de joie et d'orgue! an moment où, caché derrière avec Efimovitcb, la porte, j'avais écouté sa conversation à oo duel de l'innocence contre ie vice.' où j'avais assisté Combien j'avais admire son esprit, goûté ses moqueries, ses fins sarcasmes Eiie me répliqua enque j'exagérais la figure de ses core, mais tout à coup elle se couvrit Je tombai de nouveau mains et se mit à sangloter. à ses de nerfs pieds, et tout finit par nne attaque qui la ter et le matin rassa. C'était hier soir, hier soir. Fou tout j}. aujourd'hui, que je suis, le matin c'était ce matin, un peu remise, elle se leva, ce matin. l'heure! Quand, elle était adminous primes le thé l'un à côté de l'autre; elle se leva, s'appro. rableinent calme, mais brusquement les mains et s'écria cha de moi, joignit qu'elle était une criminelle, qu'elle le savait, que son crime l'avait tourmentée tout l'hiver, encore, qu'ello qu'il la tourmentait ma générosité. était accablée par une femme fidèle à présent Je Oh je serai toujours et vous estimerai 1 vous aimerai Je lui sautai au cou, je l'embrassai,je baisai ses lèvres en safemme mari qui retrouve après une longue séparation. fut-ce alors que je la quittai Pourquoi pour deux d'aller nos passeports heures, ie temps prendre pour 1 si j'étais rentré seulement 0 Dieu! l'étranger? cinq minutes plus tôt! Oh! cette foule auprès de notre porte! Ces gens qui me dévisagaient 0 Dieu 1 Loukeria dit (maintenant de Louje no me séparerais keria pour rien au monde 1 Elle a tout vu, cet hiver, mon absence, peutLoukeria 1), elle dit donc que, pendant elle est entrée être vingt minutes avant mon retour, dans la chambre de ma femme pour lui demander quoine sais plus quoi, et que ma femme avait que chose, je la sainte image, l'icône dont j'ai déjà enlevé do l'armoire L'icône était devant elle, sur ia table. Ma femme parié. avait dû prter.Lpukena iui a demandé: donc, Madame? ~u'avex-Yous

JOURNAL

D'UN

ËCMVAt~

8<ï

a!!e! Loukeria. Rien, Loukeria, Attendex, Et elle l'a embrassée. Madame? Etes-vous heureuse, Oui, Loukeria. aurait du vous deIJ y a longtemps que Monsieur Tant mieux que vous soyez réconciliés! mander pardon. Dieu soit loué C'est bien, Loukeria, c'est bien Aiiex vous-en si EUe a souri, ma femme, mais souri étrangement, n'est restée étrangement que Loukeria que dix minutes est revenue hors de la chambre, inopinément pour voir ce qu'elle faisait. < Elle était debout, tout près de la fenêtre, et telleentrer. Elle s'est ment pensive qu'elle ne m'a pas entendue sans me voir; elle souriait encore. Je suis sortie. retournée de vue que j'ai entendu Mais à peine l'avais-je perdue ouvrir la fenêtre. Je suis rentrée pour lui dire qu'il faisait frais; qu'elle pourrait froid. Mais elle était prendre montée sur l'appui de la fenêtre elle était debout, toute droite, tenant à la main l'image sainte. Hpouvantëo, je l'ai Etie a fait un mouvement « Madame! Madame! appeiép comme pour se retourner vers moi; mais, au lieu de cela, e!)e a enjambé la barre d'appui, a pressé l'image contre sa poitrine et s'est jetée dans le vide! » Quand je suis entré, moi, elle était encore tiède, ii y avait là du monde qui me regardait. Tout à coup on m'a fait place. Je me suis approché d'elle. Elle était couchée tout de son long, son image sainte était sur eHo. Je l'ai Tout le monde m'a entouré, m'a parié. regardée longtemps. On me dit que j'ai parlé avec Loukoria. Mais je no me souviens que d'un petit bourgeois qui nie répétait sans cesse H lui est sorti du sang de la bouche, gros comme le poing 1 i! me montrait du sang dans la chambre et recommençait à dire Gros comme le poing gros comme le poing Je touchai du doigt le sang, je regardai ce doigt et i'autreinsistait~ –'Gros comme le poing! gros comme le poing!
2!).

SM

JOUMtAÏ.

D'UN

ÉCR!VA!N

IV

JS

N'ETAtS

EN

RETARD

QUE

DE

CINQ. MINUTES

Oh'! blable prends, Elle a

n'est-ce Pourquoi

pas impossible! cette femme

N'est-ce est-elle

pas morte?.

invraisemJe comi

est elle morte?. je comprends! Mats~pourquoi eu peur de mon se sera amour. Elle interrogée le puis-je ou non? Et cette « Puis-je soumettre, m'y l'aura a<Tolee. Elle aura question mourir. Je préfère sais H n'y avait sais, la tête! je pas là de quoi se casser Mais elle avait fait de promesses Elle se sera dit trop tenir. vaities est-elle « laissée morte ? Je l'aurais à pourquoi l'écart »,si elle y avait tenu. Mais non ce n'est pas cela! Elle a pensé faudrait m'aimer do bon, bonne qu'il pour tement, comme si elle avait le marchand pas épouse Elle ne voulait en ne me donnant pas me tromper qu'un demi amour, un quart d'amour Elle était trop honnête et voilà tout Et moi qui cherchais à lui inculquer une qu'elle Mais ne pou certaine largeur de idée ? me la pensée conscience! Vous rappelé/vous? Quelle étrange M'estimait-eUe tout cet hiver vait me mépriser!

contraire, jusqu'au tant d'étonnement. sévère C'est alors mépriser. prisât l'heure pourquoi

méprisait e!ie ? Dire que pendant ne m'est venue qu'eiie pas pouau plus haut point, du J'étais, persuadé moment où elle m'a avec regardé vous savez cet- étonnement bien, me que j'ai compris qu'elle pouvait

à ce qu'elle me méAh 1 comme je consentirais si seulement elle vivait Tout à l'éternité, pour elle parlait elle marchait, elle était! Mais encore, se

la fenêtre? Ah! jeter par je n'y pensais minutes 1 J'ai Loukeria. guère cinq auparavant appelé Pour rien au monde Loukeria a je ne laisserais partir, -nu_présent, pour rien au monde! Mais nous si bien l'habitude de pouvions reprendre

JOUBKA!<

D'UN

ëCMVAtN

343

entendre! nous aureaaement)

surmonté rions J'avais. nouvelle.

IL n'y déshabïtués cela. bon

Nous étions chose! avait qu'une auMais nous l'un de l'autre commencé une vie Nous aurions eUe En deux elle aussi. jours cœ~r, aveugle! minutes!

aurait tout compris 0 quel hasard barbare, été en retard que de cinq minutes maintenant qu'il voici Tout est. plus Et tût, dissipée voici seul!

de rien. Je n'ai H n'a pitié à lui! indifférent, Ait! cela Je marche, toujours! je marche plus personne! du hame ridicule de m'entendre vous parait plaindre Elle Mais rétiéchissex. minutes sard et do cinq de retard. « Qu'on un billet n'accuse n'a môme personne pas laissé de ma mort avait /ot~ », comme Loukoria? soupçonné l'avait le mon~e On pouvait personnes sainte en laisse. dire Et qu'elle si l'on était

encore lui est

Je n'ai minutes! Cinq Si j'étais arrivé cinq de suicide serait tentation Lanceuse à l'heure en elle. EUe aurait compris vides Ma mes chambres nouveau de bat! de la pendule bat, Le balancier

d'elle, auprès Il est vrai debout ont su

poussée qu'il. y a eu quatre sur sa fon&tre. son image s'était dans jetée qu'elle

no l'avait pas poussée. jetée, qu'on. étaient là. EL si co n'est qu'un que ces quatre personnes ne plus en croyant malentendu 1 Si oHe s'est trompée eu de t'anemi? vivre avec moi Peut-être pouvoir y a-t-il vidiminution de l'éners'c cérébrale dans son cas. une cet hiver, et voilà tout. Et moi tale. Elle se sera fatiguée qui arrive Comme nez petit Ht comme cassé, « gros minutes cinq elle est maigre, s'est en retard dans son sont cercueil comme des Comme son

l'ont vue qui ot qui à la main s'était le vide; qu'elle c'est Mais par hasard

elle rien d'écrasé comme on le

ettilé Ses cils est étrangement Elle pas a

tombée

Ah 1 si

poing ne pouvait

simplement Une lésion l'enterrer

aiguilles. Elle n'a rien de du sang rendu 1 interne Parce que. si on pas; l'emtout

on va l'enterre, c'est impossible porter (Je ne

on no l'emportera Non l'emporter. faut Mais bien si, qu'il je sais Me voici de nouveau suis pas fou.) Non,cequim'a)ïo!c,c'('st_dcppnscr_ hiver tout cet

les gages! ~eul~vec l'ai fait souffrir que je

Ml

JOUHXAL

H'UK

~CRtYA!N

à présent, vos lois 1 Que me tout Que m'importent, vos mœurs, vos habitudes, la Foi ? Que votre juge l'État, <ne condamne à votre tribunal, et je 1 Qu'on me traîne crierai que je ne reconnais aucun tribunal. Le juge hur« Taisez-vous lera Je lui répondrai « Quel droit as-tu do me faire taire, quand une atroce injustice m'a privé de tout ce que j'avais de cher 1 » Ah 1 que m'imvos lois On m'acquittera, et cela me sera bien portent égal. était aveugle Morte, tu ne m'entends Aveugle Elle tu ne sais pas dans quel paradis plus Mais je t'aurais fait vivre Tu ne m'aurais tu serais pas aimé? Soit Mais là 1 Tu ne m'aurais parlé que comme à un ami quelle – et nous aurions ri en nous regardant, les yeux joie dans les yeux. Nous aurions vécu ainsi. Tu aurais voulu en aimer un autre ? Je t'aurais dit Aime-le, et je t'aurais do loin, tout joyeux Car tu serais là Oh 1 regardée tout, tout, mais qu'elle ouvre les yeux une seule fois 1 Pour un instant, me regarde pour un seul Qu'elle comme tantôt, debout devant moi, quand elle me jurait d'être une femme fidèle Oh 1 elle aurait tout compris d'un seul regard 1 0 nature ô hasard Les hommes sont seuls sur la terre. Je crie comme le héros russe « Y a-t-il un homme vivant dans ce champ ? » Je le crie, moi qui ne suis pas un héros, et personne ne me répond. On dit que le soleil vivifie l'Univers. Le soleil se lèvera, et, regardez [ n'y a-t-il pas là un cadavre ? Tout est mort H n'y a que des cadavres Des hommes seuls, et autour voilà la terre 1 d'eux, le silence, « Hommes, aimez-vous les uns les autres » Qui a dit cela ? La pendule indifféremment, frappe les secondes odieusement Deux heures après minuit! Ses petites bottines sont là, près du lit, comme si elles l'attendaient. Non, franchement on l'emportera, demain, quand qu'est-ce que je deviendrai?

JOUHXAL

O'UN

ÉCMtVA!N

St.~

DÉCEMBRE

1

ENCORE

L'AFFAIRE

SIMPLE

MAtS

COMPLIQUEE

KorProkoHova Vous vous rappelez cette Catherine nilova, cotte marâtre par qui. au mois de mai dernier, beUedépit contre son mari, jeta par la fenêtre sa petite de cotte anairo, fille, âgée do six ans. On s'est souvenu surtout d'un quatrième e précipitée parce que la nUetto, et se trouve rien abtmé cassé, étage, ne s'est rien dans un état de santé excellent. aujourd'hui mon article Je ne vais pas recommencer peut-être Je mes lecteurs ne i'ont-Us complètement. pas oublié seulement répéterai que cette affaire m'avait paru extraà un selon moi, envisagée ordinaire et qu'on l'avait, point de vue un peu trop simple. et irritée par était enceinte La malheureuse criminelle les reproches de son mari. Mais son désir de vengeance du crime. Pour n'était peut-être pas la cause principale devait surtout être de la coupable morbide moi, l'état ces étranges Elle avait dû connattre pris en considération. ces crises crises dont soutirent les femmes enceintes, à des accès de folie et qui poussent, qui ressemblent Je dond'actes abominables. parfois, à la perpétration nais cet exemple d'une dame de Moscou qui, à une cersuccombait à taine époque de ses grossesses, toujours E!!e gardait de vo!er. do- folles tentations son discer-~ à sa manie. résister mais ne pouvait nement,

TtM

jrouMtM.

n'UN

~ca~~tN

ces choses, 11 y a deux mois, j'avais le Quand j'écrivis si oela était possible. plus grand désir de faire apporter, à la peine de la Kornilova, mais je quelque adoucissement Je no cachais pas qu'a mon ne croyais guère y parvenir. de crimes scandaleux tant d'acquittements avis, après on aurait bien pu conscients et abominables, prouvés, aussi la Kornilova. jours à peine (Quelques acquitter malade aux de cette malheureuse après la condamnation une à vie en Sibérie, travaux forcés et à la déportation était acquittée.) ia Kiriiova. meurtrière, femme. le cas de cette avoir exposé pauvre Après à la dernière période de h égée de vingt ans, et arrivée à ce qui pourrait grossesse, je me laissai aller à rêver vous rappelez lui arriver. Vous déjà, que je la voyais avec.son mari qui, maigre son droit réconciliée peut-être, sans absolu de se remarier visitait, quand il lui plairait, Je me figurais dans sa prison. doute, la coupable qu'ils du oublieuse pleuraient ensemble que la petite victime, en lui prodiguait ses caresses crime de sa belle-mère, la même été jusqu'à toute sincérité. J'avais imaginer de fer. dans la gare du chemin scène de la séparation, Selon moi, ils ne pouvaient point ne pas se pardonner non seulement mutueiiement. parce que le sentiment devait les y pousser, mais encore chrétien parce qu'un leur dire n't; obscur instinct que, peut-être, pouvait. involonacte a-tpas là crime du. ~ouf, rien qu'un taire, inexplicable, par Dieu pour le châtiment permis de leurs pèches. Sous l'impression. de ce que j'avais écrit, je fis tout avant son départ mon possible pour voir la Korniiova, à intérêt un grand de la prison. J'avoue qne j'attachais savoir si je ne m'étais pas trompé dans mes imaginations me permit Et justement, une circonstance de romancier. Je fus tout surpris de voir la Kocniiova. d'aller visiter conformes à la trouvés presque que mes rêves s'étaient visite dans sa réalité. Le mari vient Mon lui rendre l'un sur ils pleucent tout deux~ se lamentent prison.; La fillette serait se pardonnent l'autre, réciproquement. si- eiien'étaitr pasv~tMMtm'~ dit !<t.Korttiietvae!!e-iaéme, Je ne pourrais interne dans un pensionnat. pas raconter

JOURNAL O'UN ~CH!VAt'<

34?

tout ce que ~j 'ai appris sur cette mataeureuse îamiMe. – des volumes et des volumes. – Je me suis, oertcs. détails. !bien que paysan, Kornilov, trompé sur quelques s'habille à l'européenne est 'beaucoup plus jeune que ne croyais ii est employé dans 'une imprimerie de je i'Ëtat et reçoit des appointements relativement considérables, qui le font bien plus riche que je no supposais. elle était continue à Çuant à la femme. couturière, coudre dans sa prison et gagae.aussi pas mai d'argent. Us ne sont donc pas aussi préoccupés que je me le fi« thé et du sucre pour Je voyage ?. du gurais, Quand vu la liornitova la première olle venait j'ai fois. pour non pas d'un fils, mais bien d'une d'accoucher, tille, Somme toute, mes erreurs quelques -jours auparavant. ont été peu importantes le fond demeure vrai. LaKorniiova se trouvait, en raison -de ses couches elle avait une chambre récentes, dans une section spéciale ù part. Sur son lit, était l'enfant nouveau-né, qu'on avait baptisé la veille. J'ai gardé une impression très consolante de cette section des femmes. Les relations des surveinantes avec les prisonnières étaient bienempreintes d'une grande veillance. J'ai vu plusieurs où des criminelles cellules, allaitaient leurs enfants. J'ai été témoin des soins et des égards qui leur étaient prodigués. A ma 'première avec visite, j'ai -passé vingt minutes la Kornilova. C'est une jeune femme d'aspect très agréable, au -regard Au débMt. elle semblait un peu intelligent. étonnée de ma venue, puis elle comprit que je m'intéressais à elle et se montra tout a fait franche avec moi. Htte n'est pas très parieuse, mais ce qu'ofie dit. eiie ie dit fermement, on voit qu'elle est sincère; nettement; rien de doucereux, chex eiie. Elle parlait d'insidieux, avec moi, non comme avec un étranger, mais comme avec:l'un des siens. Elle-était de encore sous l'influence 8es couches récentes et des émotions du jugement. Elle était excitée et se mit à pleurer en -.pensant a un témoignage mensonger que l'on avait fait sur elle. L un des MmoiB8=tui prêtait, aussitôt oprCsiB crime, des paroles aiiirme n'avoir Elle était qu'elle jamais prononcées.

348 navrée s'écria

JOURNAL D'UN ~CMVA!K de la calomnie.

sans haino et mais s'expliquait » <t C'était mon destin simplement de sa petite fllle, nou. Quand je me mis à lui parler vellement née, elle sourit aussitôt nous l'avons – Hier, baptisée. – Et comment s'appelle-t-ello ? Catherine. aux travaux forcés Ce sourire de la mère condamnée son enfant, née dans la prison, peu de temps et regardant en même temps que après le verdict, qui la condamnait en moi une impression la coupable, ce sourire a produit et pénible. étrange Je l'ai questionnée sur son crime, et le ton de ses Hile.disait tout, claiplu par sa franchise. réponses.m'a Elle avoua sans ambages sans tergiverser. qu'elle rement, Ce qui me frappa était coupable de ce dont on l'accusait. aucunement son mari, bien au c'est qu'elle ne chargea mon Dieu 1 comment tout cela s'est-il contraire. Alors, de quelle façon elle avait accompli 1 Elle ma raconta « commis son crime Oui, j'ai voulu le mal, me ditcomme si ma volonté n'avait elle, mais c'était absolument de plus été à moi, comme si elle eût été la volonté d'autre. Elle s'était rendue au commissariat quelqu'un ne très sciemment; il lui semblait toutefois, qu'elle Elle ne voulait pas y aller, qu'on la forçait à s'y rendre. elle y arriva; sait pas comment mais. dès son entrée, elle elle-même. se dénonça La veille de cette visite, que fe défenj'avais appris en M. L. avait signé un pourvoi seur de la Kornilova, de sorte encore quelque cassation, espoir. qu'il restait bien iaible il est vrai. Mais moi, j'avais encore un autre mais que pas actuellement, espoir, dont je ne parlerai Elle de mon départ. au moment je dis à la condamnée, croire beaucoup au succès de ce m'écouta sans paraître faire faire, mais elle a cru de toute son que je désirais A et m'en a remercié. âme à l'intérêt que je lui portais si je pouvais la question que je lui posai, pour savoir elle répondit, devinant lui être immédiatement utile, ne lui tout de suite ce dont je parlais, que l'argent Klle ne se pas davantage. manquait pas, et le travail

JOURNAL

D'UK

ÉCMVAtK

montra sujet.

aucunement Deux autres

froissée

de

mon

interrogation

à ce

autres choses, fois, je fus la voir. Entre de la Kirilova, qui je lui parlai exprès de l'acquittement sa condamnation, à lut prononcé quelques jours après Elle ne montra aucune velléité de elle, la Kornilova. s'en indigner. elle se regardait elle-même Èvidemment, comme une très grande Kn l'observant avec coupable. au fond de ce caractère de attention, j'ai remarqué un curieux femme, une grande égalité d'humour, esprit – une cerd'ordre et, ce qui m'a surtout intéressé, il est ctair taine dose de gaité natureite. Néanmoins, que c'est avec une peine qu'elle souiïre de ses souvenirs, de n'avoir sincère et profonde qu'elle regrette pas aime son mari sa petite belle-illle, de l'avoir battue, quand de ne pas agir comme sa première lui avait reproché c'est que femme. Une pensée beaucoup, qui la trouble ce qui la rassure, c'est que son mari peut se remarier Korniiov lui a dit récemment qu'il no pouvait guère circonstances. Alors songer au mariage en de pareilles de cela, Elle c'est ellemèmo pensai-je. qui lui parle le verdict contre très bien, qu'après prononcé comprend est elle, son mari n'est plus son mari que le mariage Ils doivent dissous par le fait mémo de sa condamnation. me dis-je avoir des causeries bien tristement curieuses, encore. il m'arriva de parler de la Pendant ces visites, surveillantes et aussi avec Kornilova avec quelques de la prison. Je pus Mme A. P. B, la directrice adjointe à toutes ces était sympathique me rendre compte qu'elle dames. Mme A. P. B. me raconta qu'à son entrée dans la était une tout autre femme, grosmaison, la Kornilova Au bout de deux ou trois sière, mal embouchée, sauvage. telle que je la voyais. Cette semaines elle était devenue si m'eût paru très grave pour l'accusation, particularité le verdict n'eut été prononcé. Mais plus récemment des j'ai appris que le verdict sera jugée a nouveau jurés était cassé, que l'aiîairc par avec le-concours des jmés. une autre section du tribunal, la Korcomme auparavant. Si bien que voici de nouveau an 30

N30

JOURNAL

B'UN ÉCNÏYAtN

accusco et non nHova simplement plus condamnée. elle redevient la femme légitime de son n-ari. iorçate luit encore une fois pour elle. Dieu veuille que L'espoir ne soit pas déficotte jeune âme. qui déjà <Mt souSert. brisée par une nouvelle condamnation nitivemont !Un droitde ainsi une âme humaine. Ce bouleverser 'n'apasie serait aussi cruel que le fait do détacher un homme qui ôter le .attend d'être fusillé, de lui donner de,lui l'espoir, de noubandeau ses yeux, de lui montrer qui recouvre vtau le soleil, puis de le rattacher après eu cinq minutes face des fusils aucune atten. N'accordera-t-on rebraquës. tionà cette lors circonstance que l'accusée était enceinte de l'accomplissement de son crime ? L'accusation mettra en avant un argument très grave: La coupable, dira-t-elle, a agi avec discernement. Mais que vient faire le discernement ici ? La conscience être lucide mais incapouvait pable de lutter contre un désir fou.sauvagementimpuisi!, de commettre un acte violent. Si elle n'avait pas été elle aurait au moment enceinte de la coiero pensé « Méchante » tille 1 Je voudrais te jeter par la fenêtre! mais ne l'eut pas fait. Dans l'état de grossesse elle subit et iit ce à quoi elle pensait au moment où l'impulsion elle y.pensait elle no put résister à son envie morbide. son à aggraver Voyez, elle est la première A s'accuser, cas. La veiiio, oiio eût, dit-elle, jeté la petite par la si son mari ne l'eût pas retenue. H est arrive fenêtre, chose d'anormal. Elle Réfléchissez un peu. quelque le crime commis l'enfant s'est regarde par ~a fenêtre, -elle da croit Elle s'habille morte. et va se évanouie; Y avait-il dénoncer. des témoins Qui ou quoi l'y forçait? la voir au -moment où elle faisait tomber qui pouvaient l'enfant dans le vide? n'eût-elie Pourquoi pas dit que l'entant était tombée par accident du mari ? Au retour elle aurait raconté le malheur ne l'aurait personne elle se -serait avoir eu rien à accusée vengée sans craindre. Même si elle avait'pu ee rendre que compte .l'enfant n'était pas morte et l'accusoraitplus tard.de quoi 9e s&rait-'sHe imaccordé la moindre eurayëe ?'Qai'ëùt pectanec au 'Matoigna~fe tl'HMC'en<«t<t -de ~x <(tM rooontant q'uoa l'avait ~pfiBe par les .p!eds pour'la pfëcipiter

=

i r =

JOURNAL U'UK ÉCMVA!!<
du quatrième venu aurait pu s'imaginer, comme sées impression étage? dit Ma!a moment le de premier la chute, les choses qu'il

351
mëdecin.expert la petite avait s'étaient pasd'une s'agissait

qu'au sans raison, que elle le racontait la

nerveuse.

donc Pourquoi Ou nous répondra « en finir voulait

est-elle allée se dénoncer coupable ? était au qu'elle désespoir qu'elle d'une ou d'une autre ». Hn enc-t. façon il est impossible do trouver un& autre mais explication cela môme ne démontre.t-il le bouleversement de pas l'&mede cette malheureuse. CHce~t~e, disons-le encore une fors. Ses propres sont assez « Je paroles caractéristiques. ne voulais aller au commissariat et j'y suis pas arrivée je ne sais comment. C'est-a dire trop qu'elle agissait comme dans le délire, comme une volonté poussée par D'autre le témoignage étrangère. part, de Mme A. P. B. bien dos choses. On nous explique dit que la Kornitova à son arrivée en était, méchante, et prison, grossière, qu'au tout Parce bout dînèrent,' de trois semaines doux une se et révéla tranquille. en elle un être timide, terminée où '? Pourquoi ? de la gros-

que, sesse. la période la < folie sans

période la période malade, de folie l'état morbide se dissipa et qu'apun être inouensif et pacitique. parut nouveau, la condamne encore au bagne, Supposons qu'on qu'on encore cette femme si jeune, désespère pauvre qui commence à peine à vivre et se trouve et aftiigée prisonnière d'un nourrisson, s'ensuivra-t-il ? Son &me se corque deviendra rompra, féroce éternelle. le bagne a-t-il Quand amendé jamais comme il y a deux personne? Je le répète mois 11 vaut mieux se tromper par trop de clémence que de rigueur. par trop cette malheureuse et que Acquittez son âme ne se perde Elle a longtemps à vivre, cette pas. il y a de jeune bons femme; en elle, ne les germes étounex A présent, la leçon pas. terrible a reçue qu'elle la détourner a jamais du mal et développer peut ces bons germes. même son cœur soit Supposez mauvais et aride. què la cMmcnce peut lladoucir n'est ni aride ni mauvais. mais Je ne je vous suis pas assure le seul

certaine la volonté était

qu'il à en

3S8

JOURNAL

O'UN

ECMVA!N

Est-i! donc impossible témoigner. le risque de l'acquitter ?

de l'acquitter,de

courir

II LA MOHALE TARDtVE

numéro d'octobre mon m'a valu de Carnet soucis. II contenait un petit article, une espèce quelques de confession d'un suicide..Quelques amis, de ceux dont le plus l'opinion, m'ont loué de cet article, je respecte mais ont paru partager mes toutes à son sujet. Ils m'ont dit que j'avais, en effet, bien trouvé les arguments que sa justification un homme qui va pouvait employer pour se tuer. Mais Us ont éprouvé une sorte de malaise. Le but de cet article serait-il compréhensible pour tous ? Ces une tout autre lignes ne pouvaient-elles pas produire celle qu'elles voulaient faire nattro `.' ? impression que individus du désir du Quelques qui ont déjà souffert suicide ne s'afïermiraient-ils lues, pas, après les avoir dans leurs En un mot on m'a déplorables projets ? les doutes mêmes que j'avais senti surgir en moi exprimé avoir écrit cette pseudo-confession? Pour conaprès mon article et de clure, on me conseilla d'expliquer mes commentaires compléter par la morale qu'il convetirer. naitd'en très facilement. Mais je dois dire qu'au J'y consentis moment mémo où j'écrivais son but m'avait l'article, si clair eu honte une paru que j'avais d'y ajouter morale. Un écrivain a fait une remarque très juste. Autrefois on avait de parattre ne pas comprendre honte, dit-il, certaines choses. On semblait, convenir ainsi croyait-on, de son manque d'intelligence..Aujourd'hui, au contraire, la petite phrase « Jo no comprends est à l'ordre pas

Le

r

JOURNAL D'UN KCMVAtN

3M

du jour. On la prononce mémo avec une espèce do fierté, On se dresse une sorte do piédestat d'un ton d'importance. on ne à l'aide de cette petite phrase et, chose comique, de s'en être onert un à si bon compte. rougit aucunement < Je C'est un indice do protondeur que de dire à présent « J'ai lu toutes rien à Raphaël », ou bien ue comprends de Shakespeare et n'y ai rien trouvé do si les œuvres 1 » En parlant ainsi on a accompli une sorte étonnant et Raphaël ne sont peut-être d'exploit moral. Shakespeare pas les seuls à subir ce genre d'incompréhension. Cette observation, que j'ai reproduite quant au sons, me parait les termes, mais en en changeant peut-être devient la fierté des ignorants assez juste. En vérité chose démesurée. J'ai remarqué que môme en matière même dans l'appréciation des détails de la vie littéraire, de plus en plus. La compréhenprivée, on se spécialise n'est plus de mode. sion gënéraie Je vois. des gens discuter l'écume aux lèvres à propos < Ce avouent n'avoir lu d'un écrivain qu'ils jamais diront-iis n'entre littérateur, plus tard, pas dans mon ii n'écrit genre d'idées que des bêtises je no lis pas de 1 » Cette intolérance est bien de notre pareils bouquins Elle s'étale de ces vingt dernières années. temps, surtout On voit des hommes dune avec une bravoure impudente. à leur nex, instruction nulle se moquer de gens instruits, comme je le à leur barbe. Tout se simplifie exagérément, disais plus haut.. Par exemple le sentiment de i'aiiégorie, de la métaphore, On ne à se perdre, commence généraiement parlant. et la plaisanterie, l'humour, comprend plus davantage d'un écrivain ailececi, selon la très juste appréciation est un des plus forts indices de l'abaissement mand, nous assistons au mental d'une époque. De nos jours et obtus. Vous croyez que je ne règne des gens lugubres ? J'en dis autant parle que des jeunes et des libéraux et les conservateurs. Comme pour pour tes vieillards imiter les jeunes (qui ont, d'ailleurs, des cheveux gris), il y a vingt ans environ, des conservateurs apparurent, bicarrés et simplistes, vieillards fougueux et irrités qui~ ne voulaient rien comprendre à la génération nouvelle. 3))

3S4

JOUBNJM.

D'UN

~CMVAtN

leur siopMama~ en inintet. dépassaient Leur simplicité. des < hommes noutigenee les nobles incompréhensions veaurc. les plus obtua. DM reste, H payait que je me- suis le «tfnpMsme. singulièrement égaré en oondantnant A peine eus-je dont je parlais tout à publié l'arUcïe inondé de lettres rheure, o Que que je fus littéralement « Excusez-vous demandait-on. vûutez-vous dire ? me le suicide ? f Quelques-uns donc réellement paraissaient Et voici que, ces ravis de me voir, suivant eux, l'excuser. un écrivain, N. P., m'envoya un article jours derniers, de lui, paru dans une revue de Moscou, la DM~«c?!on. Comme je ne reçois pas ordinairement cette /)ts~racft0)!, Il conl'envoi de i'àrttde & t'aintaMe auteur. j'attribue damne ma prose et la raille. < J'ai du Gn~'ne? d'Kn reçu, écrit-il, le numéro d'octobre <'er<tM!tK. Je l'ai lu et suis demeuré pensif. Il y a d'exceldans ce fascicule lentes choses d'autres, beaucoup brièvesont ~'<M</es et nous en exprimerons d'autres, A quoi bon, par exemple, insérer ment notre etonnement le « raisonnement d'un suicide dans ce fascicule, par la raison do cette publiennui ? Je ne comprends pas si l'on peut appeler ainsi des cation. Ce t'atsonneo)on<, d'homme à moitié fou, est connu depuis paroles délirantes tt est un peu paraphrase, comme do juste. longtemps, < Sa réapparition, efc nos~OM~, dans le carnet d'un écrifait t'euet d'un anachronisme vain comme Dostoïevsky, Nous sommes dans un siècle aux idées un peu ridicule. de /e< aux opinions dans le siècle de <: la'vie à positives, il y a encore des suicides avec tout prix ». Bien entendu, mais on ne fait plus attention à ou sans raisonnement, H C'est vraiment ces *héro!smes mesquins trop bote ou le suicide, surtout le suicide « avec y eut un temps ses panégyristes mais ce temps raisonnement » avait pourri est loin de nous, et il n'y a pas lieu de le regretter. <)! Comment pleurer sur un suicidé qui meurt en raisonnant comme le Carnet do M. Dostoievsky ? C'est un égoïste l'un des membres tes plus nuisibles de la société grossier, humaine. Une peut donc memepasfairesastupide besogne sans sans ïaire~par!er_de_Iuj ? ayattto droit de mourir » aucun raisonnement.

JOURNAL.

1)'UN:

~CRtVAtN

355

Mon dësoié. Quand j'eus lu cette page, je demeurai de la do lecteurs Dieu:t faudra-t-ii que j'aie beaucoup que j'ai inventé mon suiforce de N. P., qui s'imagine par !ui ? Naturelcidé à seule fin. de te faire plaindre de N. P. n'a pas une importance capilement l'opinion. une catégorie N-. P. représente d'esprits, taie, mais comme lui il est le de Messieurs toute une collection dont il < opinions de fer type do ces hommes aux d'individus en fer Cette collection parie dans son article me fait peur. Je m'inquiète trop de tout cela. peut-être peut-être mais je dois dire franchement que je n'aurais do place, non par mépris, mais par manque pas répondu à mes propres doutes. C'est ai je n'avais tenté de répondre donc une morale à l'arà moi que je réponds. Ajoutons sera trancomme cela ma conscience ticie d'octobre quitte.

III

HES AFHHMATMNS SAX8 PREUVES

touche à. l'idée la plus haute sur la vie Mon article à de la croyance humaine, au besoin, à- l'indispensabilité l'immortalité de i'ame. J'a~ voulu dire que sans cette et insupdevient la vie humaine inintelligible croyance la forIl me semble que j'ai énoncé clairement portable. mule du- suicide logique. de i'âme. U ne croit pas à l'immortalité Mou suicidé Peu à peu, & ce sujet dès le début de l'article. s'explique n'a pas de but, pris de haine en pensant que l'existence ii arrive à de ce qui l'entoure, muette contre l'inertie II cette conviction que la vie .humaine est une absurdité. seuls. devient, pour lui, clair comme le jour que ceux-là consentir & vivre, qui sont peuvent, parmi les hommes, et satisfont des besoins -animaux purement pareils-aux

3C<:

JOURNAL D'UN ~CRtVAtN

bestiaux. Us s'arrangent, de vivre pour « manger, ceux-là, boire et dormir « pour construire », comme les brutes, i~r gtte et procréer Bâfrer, ronfler et faire des petits dés ordures, cela séduira encore l'homme et longtemps l'attachera à la terre, mais moi, l'homme du type supë. rieur, s'entend. Pourtant ce sont toujours des hommes de type supérieur qui ont régné sur la terre, et les choses ne s'en sont pas moins passées de la même façon. Mais il y a une parole-suprême, une pensée suprême, sans lesquelles l'humanité ne peut vivre. Souvent la parole est prononcée par un homme sans pauvre, influence, persécuté, môme. Mais la parole et la pensée prononcée ne meurent qu'elle et plus tard, exprime pas, malgré le des forces matérielles, la pensée vit et triomphe apparent fructifie. N. P. écrit d'une telle confession que l'apparition dans mon C~tc~ est un anachronisme ridicule, parce nous sommes, à présent, dans le siècle des que « opinions de fer », des idées positives, dans le siècle de « la vie à tout prix ». C'est sans doute pour cela que les suicides ont tant augmenté dans la classe et cultivée. intelligente J'affirme l'honorable P. et à tous ses semblables que ie fer des opinions se change en duvet quand l'heure est venue. Pour moi, l'une des choses qui m'inquiètent io plus quand je songe à notre avenir, c'est justement le progrès du manque de foi. L'incroyance en l'immortalité de i'ame s'enracine de plus en plu~, ou, pour mieux dire, il y a, de nos jours, une indifférence absolue pour cette idée suprême de l'existence humaine l'immortalité. Cette indiSérence devient comme une particularité de notre haute société russe. Elle est plus évidente chez nous que dans la plupart des pays de l'Europe. Et sans cette idée de l'immortalité de l'âme humaine, suprême ne peuvent exister ni un homme, ni une nation. Toutes les autres hautes idées dérivent de celle-là. Mon suicidé est un propagateur de son opipassionné nion la nécessité du suicide; mais il n'est ni un indHîërent, ni un « homme de fer U soutire vraiment; je crois l'avoir fait comprendre. Il n'est que trop-évident pour lui ne peut vivre; -qu'il i! ne sait -que trop qu'ii~raisou et

=

JOURNAL D'UN ÉCR!VA!N

3M

A quoi bon vivre, s'il a consqu'on ne peut le réfuter. de vivre d'une vie animale. cience qu'il est abominable M sa se rend bien compte qu'il y a une harmonie générale; le lui dit, mais il no peut s'y associer, ii ne conscience Où donc est le mai ? En quoi s'est-H comprend pas. trompe ? Le mal est dans la perte de la toi en l'immortalité de l'âme. cherché de toutes ses forces l'apaisement Il a pourtant avec ce qui l'entoure. 11 a voulu les et la réconciliation Mais cela encore trouver dans i'<t amour de l'humanité lui échappe. L'idée que la vie de l'humanité n'est qu'un à f<!t'o. tue en lui instant, que tout, plus tard, se réduira l'amour môme de l'humanité. On a vu dans des familles malheureuses et dénuées les parents prendre leurs enfants en horreur, soutiraient parce qu'ils trop de la faim, ces enfants aimés d'eux Z.o conscience de ne poucotr porfer aucun MCOMt's à <t«mon!M qui souffre peut changer l'amour vous oMer pour elle en Aotne <*OH~'e celle que AMman/M. Les Messieurs aux < opinions de fer » n'ajouteront pas foi à mes paroles, bien entendu. Pour eux l'amour et son bonheur, tout cela est à si bon pour l'humanité compte, si bien organisé, que ce n'est plus la peine d'y Et je désire les faire rire pour tout do bon. Je penser. déclare donc que l'amour de l'humanité est tout « /«tf de ~Hte sans une c~'of/ance /H!H!or/<t/!M tmposst~e ~HmoMe. Ceux qui veulent cette croyance remplacer par l'amour pour l'humanité dans l'âme de ceux qui déposent ont perdu la foi un germe de haine contre l'humanité. Que les sages ~ux « opinions de fer haussent les épaules en m'entendant un pareil avis. Mais cette pensée exprimer est plus profonde et un jour elle deque leur 'sagesse, viendra un axiome. J'affirme même que l'amour est en pour l'humanité néra! peu compréhensible, voire insaisissable pour l'âme humaine. Seul, le sentiment peut le justifier, et ce sentiment n'est possible en l'immortalité qu'avec la croyance de l'âme. (Et encore sans preuves.) En somme, il est clair que sans croyances le suicide devient logique et même inévitable pour l'homme qui s'est à peine élevé au-dessus des sensations de la bête. Au con-

3M

JOURNAL

D'UN

~CRtVAtN

traire, 1 idée de t'immortadité do famé, en promettant a vie éterneUe, attache l'homme à la- terre. plus fortement U semble qu'il y ait'ici une contradiction. Si, outre la vie en avons encore une céleste, pourquoi terrestre.nous faire un si grand cas do celle d'ici-bas? Mais ce n'est qu'avec la foi dans son immortalité s'initie au but que l'homme raisonnable de sa vie sur la terre. Sans la conviction en l'immortalité de l'âme, l'attachement de l'homme pour sa et la perte du sens suprême planète diminue, do la vie mène incontestablement au suicide. Et si la croyance eu l'immortalité est si nécessaire à la vie humaine, c'est estun état normal de l'humanité, qu'eiie et c'est une preuve l'immortalité existe. En un mot, cette croyance que est !a vie elle~môme et ta première source de vérité et de conscience récite pour l'humanité. Voilà quel était le but de mon article, la conclusion à désirais chacun arrivât laquelle je que quand je t'écrivis.

IV

AXECDOTE

SUR

LA

VIE

ENFAKT!KE

Je veux raconter ceci pour ne pas l'oublier Une mère demeure avec sa fille.agée de douxeans,.dans un faubourg de Pétersbourg, bien en. dehors de l'agglomération La. famille n'est pas riche, mais la principale. mère gagne sa vie en travaillant, et la fillette fréquente une écote de Pétersbourg. se rend à Chaque fois qu'etie tfëcole ou revient chez elle, elle prend- place dans- un om nibus qui va de Gostinoi Dvor jusqu'auprès de sa maison. Et voici qu'il y a deux mois, alors fit si que l'hiver son apparition, brusquement la more s'aperçut que sa fille Sacha n'étudiait à la plus ses leçons et le fit observer 1. petite: –'Oh! ne t'inquiète maman, cette derpas~ répondit

JOURNAL

D

UN

~CMYAtK

aaa

Bière, j'ai tout préparé déjà; je suis en avance d'au moins une semaine. Si c'est ainsi, c'est bien. Le lendemain, Sacha alla & locale, mais à six heures du soir, le'oonduoteur de -l'omnibus. apporta à la mère~n mot ainsi conçu « Ma .chère petite mère, j'ai été toute la semaine une très vilaine fille. J'ai eu trois zéros pouf mes leçons je t'ai trompée tout ce temps-là. J'ai honte de rentrer et ne reviendrai plus chex toi. Pardonne-moi, ma chère maman, Ta Sacha. » pardonne-moi. On peut imaginer i'afïreuse de ia mère. Elle inquiétude voulut abandonner ses occupa lions ~t courir à la recherche de Sacha. Mais où ? et comment? Une personne amie s'offrit d'elle-même à faire toutes les démarches nécess'en fut prendre des renseignements saires, à l'école, chez toutes les connaissances et courut toute la nuit. La · crainte que Sacha repentante revint chez elle et repartit en ne trouvant à rester pas 8a mère, décida cette dernière dans sa maison et à se ne~ au xple du bienveillant ami. Si Sacha n'était retrouvée le matin, on irait faire pas une déclaration à la police. Demeurée seule, la mère passa heures pénibles,que quelques l'on peut se figurer. la mère, vers dix heures du soir,.j'entendis Et, raconte sur la neige de la cour de petits pas bien connus; les mêmes pas montèrent l'escalier. La porte s'ouvrit et entra Sacha. Maman maman Comme je suis heureuse d'être ~hez toi l revenue Elle joignait ses petites mains, dont elle se couvrit Jta figure puis elle s'assit sur le'lit, mais dans quel ~tat de fatigue 1 exclamations de joie, la .mère ne ~prës les pTemi6res voulut pas faire tout de suite des reproches. – Ah maman la fillette, reprit quand je t'ai menti hierau suis déctdée tout do suite leçons, jeme aujetdes à ne plus aller a l'école et à.ne plus MvoBir ici t Puisque foMée de te tromper je n'irais plus à l'éeol&, )e'sénats taMS~esjeHraquaTtd~te'difais'y~ller!Mais que voûtais tu devenir ? '1

SM

JOURNAL

D'UN

ËORtVAtN

Je pensais. toute la journée par que je marcherais les rues. Mon vêtement fourré est chaud et si j avais trop froid, j'irais dans un passage couvert Au lieu de dtner, tous les jours, je me serais acheté uu petit pain. Pour ii y a de la neige, boire, je n'aurais pas été embarrassée maintenant. Un petit pain m'aurait suM pour un jour. J'ai quinze kopoks et un petit pain vaut trois kopoks. J'avais cinq jours d'assurés. Et après 2 ? Je ne sais pas. Je n'ai pas pensé à après, Et où aurais-tu ? passé la nuit 2 fait noir, j'aurais J'y avais songé. Quand il aurait été à la gare du chemin de fer, mais loin. sur la voie, ou ii ne passe plus personne. Il y a des quantités de wagons garés Je me serais qui ne partent pas tout de suite. cachée dans l'un de ces wagons et j'y aurais dormi jusAlors, ce soir, j'ai été là-bas, là-bas, sur la qu'au matin. voie, là où l'on ne rencontre plus de monde j'ai vu des de ceux qui sont pour les wagons garés tout différents J'en ai choisi un mais à voyageurs. j'y suis montée, sur te marchepied peine étais-je qu'un gardien est apparu et m'a crié 1 Où entres-tu.? Ce sont des wagons où on transporte des morts Dès que j'ai entendu cela, j'ai sauté à bas et me suis sauvée. Le gardien me poursuivait en hurlant < Qu'estce que tu cherches ici ? J'ai couru, couru 1 Je me par suis retrouvée dans une rue où j'ai aperçu une maison en construction. Elle n'avait pas encore de portes rien que des planches bouchaient les ouvertures. J'ai trouvé qui un endroit où l'on pouvait passer entre les pianches j'ai suivi un mur à tâtons un coin où il y avait j'ai trouvé par terre un tas de bois sec et lisse. Je me suis couchée dessus. Mais à peine étais-je étendue que j'ai 'entendu tout bas, très près de moi. Je me suis levée et parier d'autres voix ont parié et il m'a semblé que des yeux me dans la nuit, j'ai eu affreusement regardaient, peur et me :uis encore enfuie. Quand j'ai été dans la rue, des gens m'ont appelé de la maison en construction que je croyais t vide

s

= =

s

J

JOURKAL

D'UN

HCMVAtN

3S1

J'étais déjà fatiguée, si fatiguée J'ai suivi des rues des gens aUaient et venaient. Je ne savais pas quelle heure être. Tout à coup, je me suis trouvée il pouvait sur la Perspective et je me suis mise près du Gostinoï, Nevsky. « Ah t me disais-je, à pleurer si je rencontrais quelqu'un de bon, un «bon monsieur qui aurait pitié d'une pauvre fillette qui ne sait où se réfugier Je lui pour la nuit avouerais et je serais tout, peut-être recueillie pour ce soir Tout en pensant à cela, je marche et toujours, voici que j'aperçois notre omnibus qui partait pour son dernier voyage. Je le croyais bien loin depuis longtemps. – Ah 1 ai-je pensé f Je veux aller chez maman 1 Je suis montée dans l'omnibus et, comme je suis contente d'être chez toi 1 Jamais je ne te tromperai plus et j'apprendrai bien mes leçons. Ah 1 maman 1 ah 1 maman 1 Je l'ai questionnée, « Sacha, est-ce bien ajouta la mère toi qui as trouvé toute seule cette belie idée de ne plus aller à l'école et de vivre dans la rue 2 Vois-tu, il y a longtemps maman, que j'ai fait la connaissance d'une tiUe de mon âge, mais une qui va autre école. Croirais-tu qu'elle va presque n'y jamais ? Elle dit que l'école est très ennuyeuse et la rue très gaie. Moi, m'a-t-elle dès que je suis hors de la raconté, maison, Il y a quinze jours que je marche, je marche. n ai mis je le pied à l'école. Je regarde les vitrines des magasins; je me promène dans les passages jusqu'au soir, jusqu'à 1 heure où il me faut rentrer chez moi. Quand j'ai su Je voudrais cela, j'ai pensé bien en faire autant et j'ai été dégoûtée de l'école plus qu'avant. Mais je n'ai eu aucune intention précise jusqu'à hier soir, après t'avoir menti. Je me suis alors décidée à faire ce que j'ai fait. » Cette anecdote est authentique. la mère Naturellement, a pris des mesures. on m'a raconté Quand la chose, j'ai pensé qu'il ne serait aucunement inutile de la faire dans mon « carnet figurer On va me dire que c'est un cas unique et que, sans doute, il s'agit d'une gamine très Mais je sais que la fillette stupide. est loin d'être bête. Je sais aussi que dans ces Ames jeunes, après la première eniancc, mais à une époque-où tes moutards sont encore absolument il peutnattre inexpérimentés, un tas de rêve. RI 31

36-ï

JOURNAL

D'UN

HCMVA!N

Cet âge (douze ou treize ans) ries plus ou moins malsaines. encore plus che!! une fillette Intéressant, est extrêmement Mais, en fait de garçons. rappetexque che:; un garçon. d'il y a quatre vous cette nouvelle parue dans un journal s'dtaient sauvas du gymnase avec ans. Tr~a collégiens On ne tes avait rattrapés 1 intention d'aller en Amérique. de la ville l'un d'eux était distance qu'à une certaine Il y a une vingtaine ou une trend'un pistolet, porteur il passait aussi bien des rèves et d'étranges taine d'années, mais dans la cervelle des gamina et gamines, fantaisies et Leurs rénexions sont plus décidés. ceux d'aujourd'hui moins. Autrefois, tels petits gaillards leurs doutes durent de se sauver pour faire, par exemple, de cet âge méditaient la tête farcie grâce à un voyage à Venise, dont lis avaient gand. (J'ai eu et de Ceorg~ certains romans d'HoNmann Mais lis n'exécutaient de ce genre,) pas un condisciple le confier & un camarade de leur projet et se contentaient discret. d'être Ceux le serment après en avoir obtenu se bornaient à ce que les autres exécutent d'aujourd'hui 6e devoir, d'on!igacertains sentiments rêver. Autrefois, de puissance. avaient beaucoup tions envers la famille de sa force. tout cela a perdu beaucoup Aujourd'hui, c'est que ce ne sont pas là du tout des cas L'essentiel, et ce ne sont pas des enfants stupides qui se perisolés est très intéces escapades. Cet &ge, je le répète, mettent de ta part des éduet mériterait ressant plus d'attention cateurs. arriver à nos ende peuvent CombienChoses terribles du récit que je à ce passage seulement fants! Réuéchisse? où la fillette fatitout à l'heure, au moment reproduisais à un « bon à un passant, guée se propose de tout raconter St monsteur par exemple, qui aura p!Ue d'une pauvre pour la nuit. Pensez comlette qui ne sait où se réfugier son innocence enfantine, qui atteste bien cette intention, les rues, les Che~ nous, dans toutes est facile à réaliser. le lendeMais âpres, » fourmillent, « bons messieurs~ En admettant la nUetto ?. que main, que serait devenue fût d'une espèce trop répandue le « bHn monsieur ou la MOHFcef'apoMer. !a rivière aujourd'hu), e'étaH. d'avouer, Peu à }a honte e~t préféré qu'elle Supposons

L

JOfRMAL

D'UN

KCRtVAt~!

363

de cette hoate et qui au souvenir peu elle se fût habituée sait si, après avoir trop songé à ce qui lui était arrivé, une nouvelle de chercher elle n'aurait pas eu la fantaisie On devine du même genre?. aventure A douze ans! Et cette autre advenu par la suite tout ce qui serait fillette qui, au lieu d'aller à l'école, passe son temps aux et dans les passages, et donne à la vitrines des magasins première gamine l'idée d'un nouvel emploi de son temps? 9 de jeunes garçons qui J'ai déjà entendu parler auparavant et que le fa~/a&Of!trouvaient que l'école était fastidieuse dage avait beaucoup de charme et de ga!t6. 1 a propension en Russie; c'est est presque au vagabondage nationale, naturels encore un de ces penchants qui nous distinguent un penchant du reste des Européens, qui devient plus a été dont le premier tard une passion maladive, germe Je vois qu'il dès l'enfance. contracté y a maintenant certes bien innocemaussi des fillettes qui vagabondent, Mais fussent-eties ment au début. pures comme de petits évoluant dans un paradis elles êtres primitifs terrestre, du bien et du n'échapperont pas à la « connaissance La mal môme si elles ne pèchent qu'en imagination. vite rue est une école où l'on apprend L'essentiel, je le cet âge répète, c'est de songer à quel point est intéressant encore enfantine s'allie à une incroyable où l'innocence à une extraordià recevoir des impressions, aptitude naire faculté de s'assimiler toute espèce d'expérience. ce qui rend si dangereuse et si bonne ou mauvaise. C'est cotte période de la vie des adolescents. critique

JOURNAL

D'UN 1877

ECRIVAIN

81.

JOURNAL

D'UN

ËCR!YA!N

ii<!7

JANVIER

UN

RÊVE

DE

CONC!L!ATtOPt

EN

DEHORS

DE

LA

SCtENCE

Je fais commencer un principe par émettre qui peut donner Naissance &de nombreuses « Chaque controverses croit et doit Croire, s'il veut seulement ~rand peuple en lui que se trouve vivre, que c'est le~aiut de l'hunxmiM, qo'ii n'existe à la tête des que pour demeurer nations; tes unit dans le respect de sa gloire et les conduire. multitude pacifiée par Son génie, vers le but définitif prescrit à toutes les coiiectivitéa » d'hommes. J'afBrme les grandes que toiie a été la foi d6 toutes nations anciences et modernes, et que, seule, cette loi à & tour do rote. une décipu les mettre à même d'exercer, 3ive innuenco sur les destinées de t'humanité. Co fut la croyance de là Rome antique plus tard celle do la Homo lut devenue la grande puissance papale. Quand la France elle pensa de méme et, pendant deux siècles, catholique, dé crut à la tête des peuples, au moins moralement, parfois récents a~s! politiquement par!ant,jusqu'â l'ëpoquedeses roYérs. L'Aiiemagno, de son côte, Caressa un rêve iden' tique, et de fut pour cela qa'elie opposa à j'àùtorité catito. de Consoiencë et le libre examen. iique fa liberté Je le a toutes !e9 répéta, cela doit arriver plus ou moins au moment ott e!i6s sont à i'apogee graedes nations de itur puissance. OM me répondra que tout eeia esttnexact, -et roB t&cbera de me confc~fe ~n ttM<pFoavan~ FHhatttMitd dés savants et des penseurs de toute nationalité à

368

JOURXAL U'UX ~CRtVAtN

déclarer ont travail que toutes les nations européennes ensemble à l'établissement de la civilisation. Je me garderai bien de taxer de mauvaise foi l'affirmation de ces hommes illustres. Je dirai simplement que ces penseurs, sans vouloir tromper les autres, se sont abusés eux-mêmes et que, tout au fond de leur conscience, ils continuaient involontairement à croire, comme la masse des peuples, marché de que leur nation, à chacun d'eux, avait toujours l'avant tandis que les autres se contentaient de la suivre. La France, par exemple, a subi de grands revers, sa défaite l'a profondément atteinte. Pourtant elle continue à être et oiio seule – sera le salut du monde persuadée qu'elle a préconisée grâce è la forme do socialisme qu'on chez elle. Nous sommes convaincus est faux que ce socialisme et insensé, mais ce n'est pas de sa qualité qu'il s'agit, mais bien de l'influence montre une qu'il exerce. Cette doctrine ses partisans ne connaissent vitalité surprenante pas et le découragement existent chez leurs l'angoisse qui aux idées nouvelles. compatriotes opposés De l'autre côté du détroit, étudiez les Anglais, aristocrates ou plébéiens, lords ou travailleurs, savants ou Vous no tarderez ignorants. pas à constater que n'ima la prétention d'être Anglais avant porte quel Anglais tout, dans toutes les phases de sa vie privée .ou publique et s'imaginera amour pour l'humanité que, s'il a quelque en générai, c'est uniquement parce qu'il est Anglais. On me dira que, si l'on admet mon affirmation, une fatuité nationale est humiliante pareille pour les grands rétrécit leur action et les peuples que leur égoïsme transforme en grotesques hordes de chauvins. On ajoutera que des idées aussi absurdement vaniteuses devraient être extirpées les préjugés. par la raison qui détruit Supun instant vous ayez raison sous cette forme, posons que mais considérons la question à un autre point de vue, et vous verrez n'est nullement humique ce chauvinisme liant, mais bien plutôt tout le contraire. Qu'importe qu'un très jeune homme rêve de devenir tard un héros. plus Un semblable rêve peut être vaniteux, mais il sera plus éternel idéal de- prudence. viviaantqu'un -Que pensezvous d'un adolescent dès l'âge de quinze ans, préfère qui,

7'

= =

= = =

JOURNAL

D'UN

ËCRtVA!X

SG9

la vie du un bonheur à la gloire paisible? Croyez-moi, sera, même après jeune homme animé de nobles ambitions malheurs et des désillusions, de grands plus beUe que ami do la tranquillité, celle de son sage ami d'enfance, vécu comme un même si le prudent, l'avisé, a toujours en soi-même n'est aucunem ont coq en pâte. La confiance ce n'est pas toujours une vaine fatuité. immorale Tel peuple honnête, U en est de même pour les nations. de tout enthousiasme, tel sage et prévoyant, dépourvu et d'impassibles constructeurs de pays de marchands et sa méticuleuse célèbre vaisseaux, par ses richesses de la propreté, n'ira jamais bien loin dans le domaine Il fera peu pour la cause gloire et de l'inteitectualité. humaine. le monde, la foi en La croyance que l'on peut régénérer de son idéal, l'amour ardent de l'humanité la sainteté des gages de vie pour une nation, et seul seront toujours à une un pays fort de ces enthousiasmes peut aspirer noble et haute existence. Le chevalier des anciennes devant lui tous les légendes croyait que s'évanouiraient ne les fantômes, les monstres, obstacles, que la victoire si seule monde le déserterait jamais, qu'il conquerrait et de « justice, chasteté lement il observait son serment et ballades fuisere ». Vous direz que ce sont là chansons, Don Quichotte seul peut faire cas et romances desquelles que les lois de la vie réelle des nations ne s'accommodent Eh bien 1 messieurs, je vous arrête pas de telles fadaises. êtes, vous-mêmes, ta; je vais vous prouver que vous l'humado régénérer des Don Quichotte qui souhaitez nité. do l'espèce En effet, vous avez foi en l'universalité vous. Vous avez foi en l'effiet moi comme humaine, cacité de son eCort. Vous croyez qu'un jour viendra tous universelle, où, devant disparattront l'intelligence l'humanité de les obstacles et les préjugés, qui empêchent des vieilles devenir une, oublieuse des anciens égoismes, vit ront fraoù tous les peuples exigences de nationalité, harmonie. ternellement dans une parfaite Qu'y a-t-il de plus beau, de plus noble que cette croyance? ëh bien à un tel degré chez aucun vous no la trouverez développée

970

JOURNAL

O'UN

ÉCR!VA!N

Chez nos voisins l'individualisme peuple européen. est oeta môme, si quelquestrop accusé, trop tranche pour una d'entre eux confessent une foi semblable, ce ne pera jamais la plume à la main, dans leur cabi que net de travail. Chez vous, chez nous les Russes, cette foi no trouve aucun incrédule. Elle existe chex tous, du pri. et de la fortune au pauvre vilégié de l'intelligence et au Et pourtant vous vous êtes figurés simple d'esprits que tel parti, le vôtre, en avait le monopolo, les sla. que n'étaient rien de vophiles, par exemple, que slavophiles, plus. sont des partisans aussi arCroyez que les Siavophiies dents que vous pouvez t'être, de cette beUe idée, plus ardents même sans aucun doute. de leur doctrine ? Qu'ont dëoiaré lés fondateurs Ils professaient en termes oiairs et précis que la Russie, sur tout le monde slave, dirait à l'Univers la appuyée haute parole -plus qu'il puisse jamais entendre, que de cette parole naîtrait l'union hutnainë universelle. L'idéal des slavophiles, c'est la fusion de tous par l'amour vrai, désintéressé; Us veulent la Russie en donne l'exemple que sera suivi. Ce qu'H faut, c'est ne pas qui, aftirment-ils, nous disputer d'avance au sujet des moyens à employer notre idéal; ne pas nous chicaner bassement pour réaliser ou le nôtre qui l'empour savoir si c'est votre système 'Hâtons-nous de passer de l'étude à I'oeuvre. portera. Mais ici nous rencontrerons un obstacle Nous ne sommes f~Ms de <'EMro~e que des </«/)M. Comment avons~npus déjà essayé d'en Venir à l'éxecution de nos projets ? Nous avons commencé depuis longmais qu'avons-nous fait pour l'humanité univertMnps, de notre idée ? Nous sellci c'CMt-à-dire pour le triomphe nous sommes livrés à un vagabondage sans but sérieux, A travers avec un désir de nous assimiler aux l'Europe, tout au moins par l'aspect. Pendant Européens tout te dix-huitième nous nous sommes siècle, surtout efforcés do nous imposer des goûts Nous avons été européens. à manger toutes sortes d'horreurs, jusqu'à nous astreindre aans sourciller < Voyez que! Anglais je suis Je ne puis rien manger sang poivre de Cayënne o Vous croyez que

JQURKAL

D'UX

HCRtVAtN

97t

je plaisante ? Pas le moins du monde. Je ne sais que trop de commencer autrement. qu'il était impossible Avant même le règne de Pierre le Grand, sous les et les patriarches un jeune ixarg moscovites orthodoxes, s'avisa d'arborer l'habit à la gommeux du Moscou d'alors et de porter l'épée européenne au côté. H était iranpaise des choses de débuter en méprisant dans l'ordre ce qui était de chez nous; en tout cas nous demeurâmes deux siècles entiers à ce cran de civilisation. Plus tard, nous urnes une connaissance un peu plus intime avec nosvoi sins que nous ne diiïërenoiions guère les uns des autres. Nous avions surtout ce qui leur était commun remarqué à tous et il y avait pour nous un type générai le « type Cela'est assez caractéristique. Ensuite européen nous. nous sommes cramponnés à tout ce qui était civilisation Nous croyions occidentale. trouver là notre fameux « universel », ce qui doit relier l'humanité entière. et ce à une époque où les Européens à douter commençaient d'eux-mêmes. Kousavuus à l'apparition dp applaudi avec enthousiasme Rousseau et de Voltaire. Avec le Karamzino voyageur, nous nous sommes émus à la convocation des « Etats Généraux en 89, et quand les Européens d'avant-garde se lamentèrent de leurs rêves évanouis, leurs illusions de nous n'abandonnâmes et perdues, pas nos croyances t&châmes même de consoler les Européens. les Les conservateurs les plus exagérés, les « blancs en Russie, devenaient en Europe des plus immaculés, « rouges vers la moitié furibonds. De même, do ce selon siècle, nous fûmes fiers de nous affirmer socialistes la formule française. là un moyen Nous crûmes découvrir Nous primes de marcher vers notre but humanitaire. le système humaine le pour une doctrine d'émancipation le pius faux et le plus. le plus inhumain, plus égoïste, au point do vue économique, le plus atten" désordonné tatoire à la'liberté humaine. Mais osia ne nous troubla. les plus profonds nous vîmes guère. Quand penseurs et inquiets, traitâmes de attristés nous les européens désinvolccquina et d'imbêciies avec !a plus charmaute leurs. ture. vendaient Nos gentilshommes campagnards

S72

JOURNAL

D'UN

ECRtVAtN

des revues serfs, partaient pour Paris, où ils publiaient et nos Roudine mouraient sur les barricades. socialistes, contact avec l'élément Nous avions tellement perdu national vrai que nous ne comprenions plus à quel point la doctrine socialiste est étrangère à l'âme du peuple au Russe. Mais à ce moment nous ne russe, inapplicable « caractère au peuple. reconnaissions aucun Nous en avoir un. oubliâmes même de penser qu'il pouvait n'im. Nous nous figurions aveuglément qu'il accepterait théorie Mais il courait imposée par nous. porte quelle chez nous les anecdotes les plus ridicules sur toujours « l'humanité Nos hommes de universelle > les moujiks. demeurèrent des seigneurs serfs bien longpour leurs temps après l'émancipation.

Les.résultats de nos prouesses ne furent pas des plus heureux entière nous regarda avec une ironie l'Europe et prit en pitié nos plus éminents peu déguisée penseurs. Les Européens ne voulurent admettre pas plus qu'avant des leurs. < Grattex le Russe, disaient que nous fussions le Tartare. » Et cette ils, et vous trouverez opinion a encore force de loi un proNous leur avons fourni verbe. Plus nous avons, pour leur complaire, notre méprisé Xous eux-mêmes. nationalité, plus ils nous ont dédaignés nous humiliions devant eux, nous leur confessions timidement nos aspirations et eux, après nous européennes, aveir écoutés non sans hauteur, nous jetaient à la figure Ils s'étonnaient qut nous les avions « mal compris que des Tartares aussi accusés que nous ne pussent consentir à demeurer des Russes. Et nous, nous ne savions pas leur expliquer notre ambition était justement de que sortir du rôle de Russes quand nous aspirions à être des « hommes universels Et savez-vous ce qu'ils ont compris, à la fin, quand ils ont remarqué leurs idées alors que nous saisissions que les nôtres leur étaientfermees, que-nous parlionsles langues toutes quand lis ne parlaient que la leur, que

JOURNAL -au-

n'UX

KCHt\A!N

373

millions quatre-vingt d'hommes, pour eux eh bien, ils ont cru que notre but était de mystérieux, – détruire la civilisation voilà comment ils européenne ont travesti notre projet de devenir des « hommes universets Et pourtant nous ne pouvons à aucun prix répudier est pour nous la seconde l'Europe l'Europe patrie; nous l'aimons autant la Russie. Toute la presque que race de Japhet est là et nous voulons, d'abord, l'unification de toutes ses fractions nous irons plus loin et après, recueillerons la postérité de Sem et celle de Cham. Que faut-il faire? Avant tout devenir vraiment Russes. Si l'union humaine universelle est véritablement une idée russe, que chacun de nous se hâte de redevenir Russe, c'est-à-dire tui-môme. Redevenir c'est cesser de mépriser la nation Russe, d'où nous sommes sortis. Dès que l'Européen verra que nous à nous estimer recommençons il nous estinous-mêmes, mera aussi. Plus fort sera notre développement dans le sens rusfe, sera notre influence plus puissante sur t'ame européenne. En revenant à notre nature vraie, nous enfin l'apparence d'humains et ne ressembleprendrons rons plus à des singes On nous considérera imitateurs. alors com ne des hommes d'action et non plus capables comme de3 fainéants internationaux infatués d'Européanisme et de faux libéralisme. Nous parlerons aussi avec car nous retrouverons plus d'efficacité qu'à présent, dans le fonds patrimonial de notre des expressions peuple vives et justes qui, bientôt des Européens, comprises seront des révélations pour eux. Nous-mêmes, comprendrons que nous avons méprisé chez nous non pas les ténèbres, mais la lumière, et quand nous aurons saisi cette grande vérité, nous dirons à l'Europe des paroles qu'elle n'a certes pas encore entendues. Car c'est notre peuple qui porte en lui la parole c'est en lui qu'est née l'idée de l'union univer nouvelle, selle de l'humanité et l'amour par la liberté et non par les proscriptions et la guillotine. D'aiitcurs.aijcTraimcntvoutu n'ai je pas plutôt plaisanté?. convaincre quelqu'un, Mais l'homme le est faible et est faible
82

nous

étions

5

r

?

374 qui sait crot t. si l'un

JOURXAL D'UN KCRtVAtN des adolescents de la génération qui

U

L.4

S~ftRE

RUSSE,

« LES CHANSONS

TERRES M. -r.

VIERGES VtEUX

»,

« I~S

PERNtÈRES

SOUVENtRS.

Ce mois-ci je me suis occupé de littérature et j'ai beaulu. A ce propos je veux dire que coup réj'ai rencontré cemment une singulière opinion sur la satire française russe. J'en ai oublié le texte exact, mais en voici le sens <t La satire russe semble avoir peur de découvrir une bonne action à mettre à l'actif de la société russe. Si elle en trouve une, elle s'inquiète et ne reprend son calme que lorsqu'elle a su, en scrutant le possible et l'imlui reconnaître enfin un motif malhonnôte. possible, Elle s'écrie alors triomphalement Ce n'était pas le moins du monde une bonne action. 11 y avait là~dessous quelque chose de très malpropre. :t Est-elle juste, cette opinion ? Je ne le crois pas. Je sais seulement que le genre satirique a, chez nous. des brillants et n'est pas sans vogue. Le publie représentants aime beaucoup la satire, mais il me para!! qu'il aime en. core bien plus la beauté vraie, qu'il la veut et désire son Le comte Léon Tolstoï est certainement règne. l'écrivain le plus goûté du public russe de toutes nuances. Notre satire, si brillante qu'elle soit, a le tort de de. meurer un peu vague. Il est difnçiie, en ouet, de définir son gonrt d'utilité. de gens, même, affirment Beaucoup qu'elle no recèle aucuns « dessous Mais est-ce possible? nom de quoi, au nom de qui, accuse.t elle ? Nous rea. Au tons tous assez perplexes quand on soulève cette question. J'ai lu 7<~ ?'<WM VMf~~ d~Tourguenev et en attends la seconde partie.

JOURNAL

D'UN ~J_I_

~CtUVAtK

373

Voici trente ans que j'écris, et maintes fois, pendant ces six lustres, j'ai pu faire une observation assez cutous nos critiques, rieuse ceux d'hier et ceux d'aujourd'hui, plus ou moins solennels, plus ou moins badins, à chaque instant, avec amour, des phrases répètent dans de celles-ci le genre < Dans ce temps où la littérature russe est en pleine décadence, « dans ce temps de russe », stagnation pour Id littérature « notre temps « en explorant funeste à la littérature le désert de – etc. La même ia littérature russe est ex" pensée de mille façons. Or ces quarante dernières primée années ont vu éclore les dernières œuvres de Pouschkino. ont connu les débuts et la fin de Gogol; c'est dans cette période qu'ont écrit Lermontov. Ostrovsky, Tourguenev, et j'oublie une dizaine d'autres Gontchurov, littérateurs Jamais en un si court espace de temps, pleins de talent. dans l'histoite d'aucune n'ont tant littérature, surgi d'écrivains de valeur. – Et pourtant, ce mois~ci j'ai enlu des jérémiades core sur la stagnation de la littérature russe. Du reste, ce qui précède n'est qu'une simple re-~ sans aucune importance. marque personnelle Des Terres Vierges, naturellement, je ne dirai rien. le monde attend la seconde partie. Tp~t La qualité artisde Tourguenev est inconstestablement tique des œuvres haute. Je ne ferai qu'une observation. A la page 93 du roman publié dans le JMessa~ de /'Z?Ht'ope< il y a quinze on vingt lignes dans lesquellès me parait concentrée toute l'idée de i'ceuvre, en même temps que se fait jour sur son sujet. l'opinion de l'auteur cette opinion me semble Malheureusement, tout à fait erronée et je n'y souscris pas. Dans ce passage, dit quelques mots de Tourguenev Soiomine, l'un des personnages du roman, et c'est !& que je ne suis pas d'accord avec lui. J'a~ lu les Dernières Chansons de Nékrassov dans le numéro de janvier des ~Ma~es de la /~aMë. Des chansons passionnées et de l'inachevé comme chez toujours mais quels gémissements douloureux de maNékrassov, lade! No~repoëte est grevement atteint; ii me !'a dit il voit clairement son état. !i sounre !ui-meme atroce-

376

JOURNAL O'UN ËCMVA!N

ment d'un ulcère à l'intestin, mais j'espère qu'il n'est pas perdu comme il le dit, lui, un homme d'un tempé. rament si fort! Qu'il fasse au printemps prochain une saison d'eaux à l'ëtra'nger. dans un autre climat, et je suis bien persuadé qu'il guérira. Nous nous sommes vus rarement, Nékrassov et moi; nous avons eu ensemble des malentendus, mais il y a chose que je n'oublierai une c'est notre première jamais rencontre dans la vie. Dernièrement j'étais allé chez lui et, tout malade qu'il était, il m'en reparlait avec plaisir. C'est un de ces souvenirs frais, bons, vraiment jeunes, comme on en garde peu. Nous étions l'un et l'autre, alors, âgés d'un peu plus de vingt ans. Je demeurais à Pétersbourg il y avait un an que j'avais donné ma démission de mon poste d'ingènieur sans militaire, C'était trop savoir au pourquoi. mois de mai de d845. Au commencement de l'hiver, écrit les premières j'avais des Pauvres lignes Gens, mon premier roman. En mai, je l'avais fini et ne savais ni quoi en faire ni à qui le donner. Je n'avais aucune connaissance dans le monde littéraire, sauf D. V. Grigorovitch, écrit de sa vie qu'un petit qui n'a jamais article les Joueurs de Barbarie à jPë<e?'s&OMro, d'or~He une revue. Ce Grigorovitch paru dans était sur le de partir aller point pour l'été chez lui, à sa passer En attendant, il demeurait campagne. chez Nékrassov. Passant un jour chez moi, il me dit donc « Apportez votre manuscrit à Këkrassov; il a l'intention de publier un recueil l'année prochaine. Je portai donc mon manu. scrit au poète. Il me fit un accueil mais je me oharmant, sauvai bien vite, enrayé d'être entré chez lui avec une œuvre de moi. Je comptais très peu sur un succès; j'avais peur du parti des « Annales de la Pairie comme on dispit alors. Mon livre, écrit avec passion, je l'avais avec une émotion qui allait mais je jusqu'aux larmes, me méfiais quand même du résultat. Le soir qui suivit chez un ami. Nous lûmes j'allai ensemble les Ames moWes. On allait alors ainsi les uns chez les autrespour < lire du Gogo! on payait parfois la nuit à lire et relire le grand écrivain.

c

i

JOURNAL

O'UN

ÉCRIVAIN

37~

dans la jeunesse, le sentiépoque, « allait arriver ment qu'il quelque chose Je ne rentrai chez moi qu'à 4 heures du matin, par une nuit de printemps claire comme pétersbourgeois, le jour. Dans ma chambre, la croisée et m'assis j'ouvris Un coup de sonnette à mon près de la fenêtre. retentit, J'eus à peine ouvert que Grigorovitch grand étonnement. et Nékrassov m'embrassèrent comme des fous, en pleurant presque. Ils me dirent que le soir, chez eux, ils avaient lu les dix premières de mon roman pages Puis ils en avaient lu dix autres, encore < pour voir » dix autres, et en fin de compte avaient passé leur nuit à me lire à haute voix, se relayant l'un et l'autre. Nekrasme dit plus tard Grigororitch, sov, avait été pris d'un enthousiasme délirant. Quand il en avait été au passage où le père s'ëiance vers le cercueil, sa voix s'était entrecoupée et, ne se contenant plus, il avait frappé de la main lemanuscrit en s'écriant » Il parlait < Ah! le diable de moi. La lecture terminée (sept feuilles d'impridécidé de courir « Il merie), ils avaient vite chez moi dort? avait dit Nékrassov. » « Eh bien on le réveillera Plus au caractère de Nékrassov, tard, si songeant fermé, si peu.expansif, méfiant, presque je m'étonnais de cette minute de sa vie. 11 avait certainement obéi à un sentiment très profond. Les deux amis demeurèrent chez moi plus d'une demi' ce temps heure; uous causâmes. pendant Dieu sait combien nous comprenant à demi-mot, vite, parlant de la poésie vite, avec fièvre, et de la réalité, de la « situation littéraire d'alors », de Gogol dont nous citions le ~eMseur et les Ames mo~es, et surtout de Bie« Je lui porterai votre roman Nélinsky criait encore krassov, vous verrez quel homme, enthousiasmé, quel admirable homme c'est » Et Nékrassov me prenait les épaules et me secouait « A présent par dormez, nous partons dormez, et demain venez chez Dormez nous » Comme je pouvais bien dormir une visite après de ce genre Ce qui me causait le plus de joie, c'était -de medirc:< Beaucoup de gens ont du succès, énormément de succès mais leur est-il arrivé qu'on vint les
Nous avions, à cette 82.

378

JOURNAL

n'UK

ëCRtVAtK

à 4 heures du matin pour tes fëiicitef en pleurant? revettier Dieu Je me répétais cela et ne que je suis heureux pawai&-dotm!f. Néhrassov te MMtUscrit à BieUnsky porta !e même U vénéra}! et l'atma plus que tous ses jew. BieHnsky aatces amis pendant toute; sa vie. < <Jn nouvean s'écria Kékrassov Gogol nous est né en errant chez BieiiMky. le manuscrit des Pauvres 6et<s sous le bras. – < A présent, tes Gogots poussent c*)MM! des champignons sévèrement B!ecemarqua Toutefois it eonsentit à prendre îe manuscrit liM~y. et de le lire. pcomit Le Mir Nekrassôv trouva dans une agitation extra« Amenez-le otditaiM moi 1 amene~te moi ië pttM vite ctama BteUnaky. poattMt Le MCta&demaio je fm amené chez ht!. Je me soutiens d~ son extë. qu~au premier, co~p d'oeil je fus très sufpti~ de sa physionomie, rittM, tout antres. que je voyais H est vrai de dire q~'on l'avait <t Ce moi appeié devant terrible el aCfenx. cfïUque Il me reçut avec beaucoup de gravité et de réserve. Je sans doute, sotgMi que c'était mais un instant t'usage, plus tard, je vis tout sous un autre Sa granité jour. n'était pas cette raideur ~e commande ua criqu'aSecto recevoir un débutant de ving~deux tique pour ans. – N~n J'oserais dife qu'it parlait avec un presque et profond sétfi~ux pence qu'il avait gMBd sorte de respect poM les aentimetHs qu'il voulait m'exprimer. Peu ? peu iï a'écbaunN et en vint à parler avec véhémence. ie< yeux MamËoyaMts s Mais comprenez-vous vous-même ce (pto vous avez 1 Vou~ n'avez écrit pu éectre cela- que soux le coup de comïtte um artiste r;aspifa<io&, Mais svex que vousèt~: VO<M' ompfis ta vétite terrible de eu que vous nous avez e fait voir Ua jeuNe bomm&de' votre àgo ne peut pascomce!a Ma~ votre îonctionnaire pte~re est teUement fotMtionH~r~ m~me pas, par aomUiM. se qu ii n'ose c~t~e maineuTeux:~ H seBgweqwa t~moiadr~ plainte, de-swpaTtfSeraitutfcaoaace téniêifaH~M n~du~paa' q<t'acf être comme lui ait même <t<oi~ au. mathaar

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAtX

3T9

Mais c'est une tragédie Vouar avez d'un seul coup touché te fond des choses Nous autres, les critiques, nous ratiocinons sur tout, mais vous, l'artiste, d'une image, d'un nous montrez les dessous trait, vous de l'amf humaine. VoiM le mystère df l'art, la magie de !'artiato Ah vous avez le don T&chex de le garder et vous serez sûrement » on grand ëorivaia Tout cela il me dit et le répéta ensuite à d'autres, vivants et peuvent t'attester. qui sont encore Je sortis de chez lui comme ivre, Je m'arrêtai auprès d<! sa maison le ciel, le jour radieux, je regardai les hommes et je compris qui passaient, de que je venais vivre un moment solennel, une minute que je n'avais jamais espérée même dans mes rêves les plus fous. (J'étais alors un terrible rêveur !) « Est-ce que vraiment je suis grand ? me demanavec un dais-je avec une sorte de honte de moi-même, timide enthousiasme. Oh ne riez pas Jamais plus tard je ne pensai plus que je pouvais être grand. Mais alors étais-je à l'épreuve d'un bonheur de me rendre pareil ? Je me promettais de ces digne hommes! Je tâcherais de mériter louanges. Quels leur botMKf opinion et demeurerais fidèle à l'amitié que je !tUr vouais. Combien j'étais honteux d être ordinairement si !<ger. Oh st Bielinsky savait, me disais-je, ce qu'il y a de mauvais et de honteux en moi Et on disait partout les hommes de lettres étaient orgueilleux ({«e et jaloux En tout cas mes nouveaux amis étatent !cs premiers, les seuts hommes dig!M8 de ce nom. en Russie! lis étaient s6u)s détenteurs du Beau et du VraL Le Hea~ et le Vrai devaient (lair par vaincre le Mal et le Vice. toujours Mt triompherions Nous ensemble Je n'si jamais oublié ce moment-là ce tôt le meilleur, le Rfus exq~ moment de ma v!e. Quand je me le rappe'1~ au bagne, j'en étais tout fortifié, et c'est toujours M n'y a pa$ long~~6Bt~oU8ia8m6 que je m'en souviens. NekrassoT. Je no temps j'y ai rêvé au chevet du pauvre disais seulemen~çom-. rMenaisjjassur !<'sdëta!!af,j<fiui Ma)r j'avats jaui de ec. ptMnier bonheur et je littéraire, Se souvenait. voyais que, lui aussi. Oui, ii s'en souvenait.

MO

JOttRMM. Bt'UN ~COMAtM
l

Quand je rov!ns du bagne, !t ma montra dea vers dans uadeseativres: -–C'est sur vous que j'ai écrit cela, me d!t-!t. Ma n*ont pas Ont, les prophètes, leurs de rendre oracles. la fteu~ de i'Age, vicHniea Ils ont 6t6,à do la <t haine et do la tpaMaca. Leuts aux pôrtf~ta pendua « mura ma regardent avec ~M'oc~e. C'eat on mot pëniNo domeut~s ttd6!ea ? Que cha. qua f<!p~cAe /'Somtues-nou8 cun le d!so avec sa conscience. tes poèmes doutoureux .Maia Usex voMa-m~mes (!o et que votre poote (dm6 rev~nne t !<t sont~, NëkHtSMv, cepo6tepas8!oM06pourIe8SOu!!tanta..

1 L

JOVR8

R'ANN!VM8A!ME

et ~o~Mcence, du comte Rappetox-vous rJS*n/~nce L~n To!sto!. M y a !a un en~nt qu! est t& h~ros do tout te Mvrët ~ta!s n Brest pas simple comme tes autres enfants, comme eonïr&reVoïodia.pa~ exempte. H a tout au plus utte douMine d'anMëes, mais daas son ccour et daua sa Mtte Batss~t et dc& peaa<Se9 qut pattots des sentiments sont au-dessus de son ag&. !t 6& Kvre pas9!oha6mont a ses r&ves,mais sait déjà qu'il est preferaMc de !es garder pour lui. Une pudourï'empêchede~ea Il M!sserdev!ner. son irère, qu'il <;ro!t !Nnn!meMt: aùpërtonc à luijatouse te tpappottde do mêmc, neïat-cequeaous la boauM'et radtess~ ParMs, cependant, M& obscur 'pMssent!ment des deux, ~efti~qu'H pouvait btes, au coatrai)'o,6tfe~ le Nupërieur.MatsitcNaanoyKe cette pensée qu'Mconstd6re comme monstrueuse. M se regarde dans la Souvent glae~etd&Tlda qu~eat.lidd&usemeat laid. ~e.~ a~uca que personneaeroïme~qu'on~ méprise. En un mot, c'est uMgt~nasMxextraordiMife.

JQMRfWt

Q'VK

ËCRtVAtN

88t

Mais voie! que dans !a maison de sa famiito.a Moscou, hôtes se rasaembieot. C'est do la de nombreux iojour sa soeur Mte de avec iesgrandea arrivent dos peraonnes et Qiies.Hea enfants, garçons jeux et des danaoa CQmmencpnt. Notre hëroa veut eo distinguer par son esprit, Furieux do son ëohcc, ii se mais sans aucun succès. t~sout Maire un éclat, et devant toutes les ntiottes et ses MMarades plus as~s qui !o comptont pour r!on. il tire ta et tut donne un coup dp poing langue a son précepteur HMJtorcoa. Matntcnant toutto monde saura qui de tontes vo<r On !o tratne honteHSCtnont JI pat I! s'estjfa~ hors dans sa chambre. M se croit de la pièce et on l'enferme mais bientôt i! connnonco à rCvor perdu pour toujours selon son habitude. !t s'imagine qu'il s'est enfui de sa JI tue des quanmaison, qu'il a'eat engage dans t'armée. nMs de Turcs et tombe blesse. Mais les siens sont victorieux et le considoront commo leur sauveur. Le voici de retour à Moscou. Il se promené. !o bras en do Tvor. Il roncontre écharpe, sur le boulevard l'Empereur Mais tout & coup la pousde quo son précepteur M entrer, une vorgo a la main; dlsperso toutes ces boiios comme une vaine poussière. Comme !o obaImaginations rêves on lui. M ttmcat tarde, de nouveaux surgissent découvre pourquoi Mon np raimo. Ah c'est personne on lut cachera trouve; entant simple! 1 Il n'est qn'un triste vérité et voita tout 1 Mais il so voit mort. On entra dans sa, chambre on. tronvo Ma cadavre < Pauvre gar<et tout la fmonde !e p!aint.!< C'était un bon encon tant t, dit !o pero au précepteur. < C'est vous qui. t'avox 'h~ perdu. Eties!armo9otouMent!o!'eveur~ L'histoire unit par te rdcit de ia maladie que fait !'onfaht; après il détira. C'est ses <emotion~=H a ia.BëvM, doJa psychoicgiod'un toutc'une <Stude exceHente jeune .t.i. .iLptr~en.

~i: ;¡~ 'i~ .I:> J'ai, t dessoin, rappeM.ccttoêiudt! do recevoir une lettre do K.

c~ ,:n. yiMtt avec détaHs.Je me raconte !& oaï'on t

3M

JODBNAt. B'UK ~CMtVAtN s ;c: v

mort d'un enfantdo douze ans. Et il y t quelque reasem. Nance entre ia notion et. rhistoire vraie. B'aiiteurs, }o v<t!a citer dea passages do la icttra eana y changer un Mot< Le sujet t'ttt tntcrMaont. Le 8 novembre, au a«ir, on apprit danst !<t ville qu'un de douze 6 tteixe «n<t, 6!~c du Lycée, jeuM garçon a'ëtatt peudu. Et vo~t 16)! MBM!gMeH«a«t reeue!a à ça Le profMaeur du Ly<~e, co~atotant prapatt quo Jo entoHt qb! a'cet tu6 M MVttU pas 8& tepon, tat!heu!feux at!a en Mtenut) tusqu'A 8 hentM. L'<!&vs,<!o<net)r6 ~a4t détacha d'ano pottMe ans corde, q<n'it fixa un fort aeat, f!tea phtnM dans !e'murtet se pendit Un dkm)eatiqt)o<qui lavait la parquet et courut d'uno p!<~ vo!a!no, t'aperçut chez le directeur. Cetet' et <tMcurat<On d6pend!t l'enfant, nM)!)t H <taH trop tord. n était mort, pueUo peut Atro la cauae du au!tid& ? Ce jeune ~~coa n'était pa< do Oaroc' tore violent. C'êtwtt phtttt, no bon élève. H d'M'd!n<t)'e. de MMVoiMMt notow,et tout.. avo!teu r~conMent t'était OtX dit que c'êtxit.co Mte et la MtO da son p6fo joHf~.fM tMez «évtre avec le petit. Sans dottto !o qui M Montrait ce fêvaim t rttMMon qc'M Mcevtait t la mahcn, MUMht aux Mref!B<!X de son pèro, de 6a mûre. do ses jow'ïa, Mrct et scettrt! Et «H i!ea do cela M s'est trouve tout aent dans le collège vide, songeant & !a colère terrible do 11 HavaK qu'on M'n père, tn ch&tintWNt qui Fattendatt. de <o tempsp<t)t en finir aveo la vie (et quel fat routant sur la sort du et qui ne le sait pM ?). On se lamento on p!a!nt aMtat beaucoup îo directeur, paovM garcoM et un ptoÎMaeur <ifttt est un Hommo excotteet de moritc, da adoré do ses etevcs. Qu'ont d& penser les camarades petit suicide et les autres enfants quîoatapp~tftnou~eMM. CerttHnea coMmencent déjà Mne c&mpefsonnts pxf~e contre les <taM!8<Mmct<ts d'instruction publique. Na<Ke l'excessive do la d!ac!p!!ne, Ûa BeveriM etc. On peut, on euot, s'apitoyer sur le sort du pauvro mais je ne m'étendrai enfant, pas sur les causes prodo bables du suicide, ni surtout sur l'excessive sevërito la discipline dans lea coHeces~OnjStait toutauasi sëvero <Mttetof<dan& les <'o!Mg«!t.et aucun. enfant ae songeait M~soitMe.

= S ¿

'0

s c

c E 0

<(WM<A!.

O'VN

KCHtYAtS

M9

Je vous donne l'épisode pris dans r~n/~Hcee~ /tfo~es& causa d'une certaine analogie CMM, du comte Tolstoï, radidoux cas. Mais H y a aussi une différence entra les Totale! pouvait, avec un calo. Le petit héros du conte si on attendrissement morbide, songer a co qui arriverait il pouvait morne rêver au suicide, mais 10 trouvait mort seulement jamais passd du concept à y n6vBH. ïi n'aurait sont bien des événements l'aotion. Les suicides d'enfants d'aucune Et puis autre époque antérieure. d'aujourd'hui. de milieu. Nous sommes parfaitement !i y a une question de la moyenne do l'existence .aristocratie au courant est comme rhistoriographo dont !e comte To!sto! attitré. des autres couches Maia qui se fera t'Mstoriographo Mciales, si mal étudiées jusqu'à présent ? Il existe cortainement chez aous dos milieux où la famille va se decotnè cAté de cc!a H oat évident qu'il y a une vie poMnt.mais et qui M'M'ganieo sur des bases Mouvci!o)t. Qui oitscrvara et-les miiieux nouveaux noue !M Mtc& vie nouvelle Qui les lois qui prëdéterminer montrera ? Qui pourra at à cette réorganisation t!dent& cette dëcompositio)! ?.

884

JOUfUM

O'UN

!ECB<VA!N

FEVRIER

t

L'UNE M:3 PLUS tMPORTANTKS QUESTIONS MODRHKE9 lli y a plus d'un an déjà que je publie ce Corn~ d'<M mes lecteurs ont dû remarquer le Roin quojo JS<ua~A,ot couproMds de parler le moins possible des phénomènes ran<8d6!at!MëMtt)reTUBSC,s!con'catqHandjosu<satte!nt d'uneaorto d'enthougiasmo J'ai l'air do me dithyrambique. détacher des ohos69 !Htcrairos, mais ctnnh!oa monsongëre cotte attitude est Ecrivain, je m'intéresse plus que n'importe qui à tout M qui so puMio; mais, pr<So!s6mo)tt, et si j'ai le matheur une optje suis écrivain, d'exprimer nion médiocrement on attribuera ma façon louangeuse, 1 do voir à la jatouaic et a i'inMrôt personnel. de m'affranchir Pourtant, jo vais tacher, aujourd'hui, do mes scrupules. Je no parlerai 'tont & pas, d'aiiieura, fait en critique littéraire. Je viens de lire une chose tellement caractéristique, tellement tellement sérieuso, grave silence/Dans i'aauvro d un que je ne puis plus garder le écrivain artiste au suprême degré, du teMesM~Me par exccHenco, j'ai trouv.ë troi~ où quatre pages d'une véritable <tch<aM<f, d'une importance pour nos accapitale ou sociaie~ tueHes questions fusses, politiques parle de queiques d'Anna comte Léon pages ~h~M, du To!sM. De ce roman, pour commencer, je ne dirai qu'un <c~~ m~ a~ mit ~te~~ eM~ fort longtemps. y adej& Au début H m'à plu extrêmement; plus tard, quelques détails d'un grand intérêt continuaient C

JOURNAL

O'UN

~COtVAtN

885

do sorte que je ne pouvais me détacher a me captiver, do mah l'ensemble me plaisait moins. Il mosom' ma lecture, j'avals déjà lu tout cela, et sous une forme plus Mattque et r~<fofesccHCc et dans la Guerre fraîche. dana r~n/hnce et la jP<t~, dn même auteur. C'est bien que le toujours, l'histoire d'une famille sujet se soit modifié, bien entendu, et surtout russe do la noblesse. Les! personnages Vronsky eux que do chevaux. ne peuvent Comme reparler entre sont intéressants, d'une o!aas8, i)s mais deprésentants monotonea a la longue. Il me semblait, viennent par l'amour de cet « ctaion en uniforme exempte, que w, comme !'appoUe un do mes amis, aurait da etra présente soua la forme ironique. Dès que cola cessait aniquoment cela devenait d'être comique, foncièrement ennuyeux, surtout quand l'autour essayait do nous peindre sérieusedo son personnage. ment le cœur Mats, brusquement, sont tombées. toutes mes objections La scène on son boroïno est en danger do mort (eUo so remet parfaitement du reste, par !a suite), m'a fait comprendre l'un des buts do l'autour. Au milieu do !a vie niaise essentiels et mesces désœuvrés colato nne vdritô de la qoino quo mënont vie éternelle, et tout on est éclaire. Ces ôtrcs insignideviennent des <!aats, vains et menteurs, brusquement hommes, des vrais hommes, par io seul effet d'une loi na. et ils turelle, do la loi de la mort. Leurs yeux se dessillent la vëritë. Les derniors sont devenus volent les premiers et les premiers comprennent ots'hnmiiient; (Vron~y) ils deviennent une fois hamilios, Incomparablement nobles. Le lecteur sont que toutes nos meilleurs, plus les honteuses celles que émotions, les petites, comme noua considérons comme ne sont que des apsublimes, devant la. vérité parences monteuses qui s'évanouissent ?Ha!o. Nous voyons que c'est cola que le grand romancier a voulu nous démontrer son ouvre. en entreprenant. !1 n'était que trop nëcesaairo aux iecteura do rappeler russes cet axiome chez nous, comoterael; plusieurs, à l'oublier. En nous forçant a nous souvenir, mençaient -t'jHt~~a !a~<HM)jtOBB$ aetlûa, et dans ~acanpassage de son livre il ne s'est montre un plus grandiose et plus pKatigieuxMtiste. aa 93

986

JOUNKAt.

B'UN

~CHtYA!N

Pn!a le roman tra!nc encore; mais, & mon grand <Stondana la B!Ktema partie de FouvMgo nement. j'ai trouve une acene nu!!emem Nneeotnovta!n)ont<t aotuetto sortie aut!ementvou!ue, paras!ta!M. Mteexprea.Maia « fondarUeMque~. du fond même du roman, de son N<an moins, je répète quo je tus étonne car je M cro;a!a pas dût mener aos h~rca a~as! b!n dans tour que l'auteur U est ~ra! que le roMan eût ~t~ !ncowp!et évolution. eans ce!ct M o~t peint 'no cota da v!e, K'a!a eut omettant lesle plus grave. me lance dana la critique, Mntic), Mais je formeUo. Je ae vouhh ntatgr~ tMoo intention pourtant une 80&ne très Importaote cause des que vans moatraf deux per~OMnagea qui y jouent un rûte et du point de vue a~ place pour voir cca deux perNOBoagca. auquel t'auicur lis sont tous doux noblcs, noblea do vieUiaMuohe, terriens des sièoles, anciens propriétaires depuis posCMMure de serfs, car t'au<<*))r tes prend pprôa MaMuoila vie p<tioa. AprCe cetto 6tnaoc!pat!on que deviendra <oe!at«dea en panip, geaMtehomme~ruMea? L'Mtourtt, ~ootu la queoUon car les deux types qu'U«:tKt!8)saoat de deux caMgortea bien iraochcea de noMe~ fcpreooata!)ta ra~eB. L'~n deux, SHw un epionr{cn OMoa8ky,OBt & Moscou, un membre du Club Ang!a!s<te <goMe qui vit cette v!Htt. On c<nxideM !oa hommea <!e ganër<!cmeat cette «Mgwia comme d'innocente oi atmaNct vtvours qui ne goocat peMonae, co<ome des gonB d'esprit qui tavcttt vivre pour !eurp!ai8ir. ont parfots une –ïta foMi!!o nombreux et sont )thnab!es avec ïour foomeot loura enfanta. Maie ponBent irospeuaeux. ont«n goût très vit pour les femmes !eg&rc8,tcutau tnpinapour co!teB qut sontdecoMttvei!! et t ia modo. Hasont peu mais ioetruits. l'Art ot!e reste, et Mt beau~ atmontM~u! onU'haMUtdedeMusMdetoHt. Députe r<!n!a!!c!panond8BpayMn6,cenbb:oaioutdc autte<uoùilaitait:iIaBueMÏuer,Bupputer,et&coNo!u resterait qu'HIui toujours d'MMK'jfM'tMbrtbea d'opu!enee. Après le dë!uge!Du lui, aortdeta~tnmeetde j<M. eaïMte. ~'a cuce.-S~tee àj<ea dëbrîa.do Jorlune & eoa rotations, et htest !e «Mrt d'un 6par~n< céar Mats qu6 sa fortune d!sparà!s8eMmpïëtomeht, et il se

` = s

=

Co r == = = = = =

JOURNAt. B'UN ëCï«VAtN

38?

oettro la chaîne au cou. Autrefois, pour payer sea dettca soa maîtresses, do jeu ou rémunérer tl lui est artivô Mata de tels souveah'a na do vondre de s<~ payaone. soit un l'ont jamais g6n&. M a tout aublid. Quoiqn'it H ne compte ph<s aa ncMoase pour rien doayiatooMte, ica hommes M no connut Parmi puis i'ëmanoipation. ou to Innuont quo tt!uï dont il a besoin, te îoBcMoaMa!~ do ohomlns Le banquet et t$ consiruotour ploutocrate. des puissances de fer sont dowenas ot, tout do suite. il eat aU6 a eux. avec Mv!ne, son pareut ot son ami, M m~tuo Sa cacaeria tommeoo~pardeateptocheaducoderMier~cesHJet.Lôvine rm'<)! mata d'un type tout dttest aalsi <m propriétaire H vit sur ton dMmatne et !3 fait vabir iMi-m~nx!. KfeBt no fait que r!M do co <}u' coNs!d<-ro comme OMonsty a lieu à la ohassa dee dtwegotiona. JLa causerta par une Mtt~ entrëa pour se reposet Mdt d'ëM. Les ehtnaouft do paysans et aont ëtcJtdus sur de ia dans. uce srange à L<vtne qtff son m6croit d<montMr paille. Oblonsky Industriels, pour leurs intripda pour les sp~u!atoMfs dû sots pr< provient gues et tours gains trop rapides, sont des hommes eomma les jogda; que ces gens d'argent comme tout ta monde et mon* autres, qu'ils travaillent ttent la vraie voie a suivre. avec – Mais teurs benoHces sont hors do proportion t6ur dépense de travail, dit Lovino. – Et qui Bxora les proportions? répond Oblonsky. – Je reçois un traitement plus fort que !e chef do bureau que j'ai sous mes ordres, et il connalt mieux les travail aftaires quo mot.Et ce qne tu touchespourton as etnq ~Mt &)n exploitat!ot< agriMiaî–~andtM mi)!e MMMea de ~ain, le paysan aMt-H plus de ciaqaMtto daas ttuMes dana sa pcch~tTttte tMttveav!s-&-v{9(tcîni li mëm~ situation qus mfoî viw-a-viN* de mon dttef de bttrcM.Ï'~t~CëpiU~î~nnête? ~– PeMMts, saas bien que c'est )?eptiqa& Levhie, iBjMte~ <t)ai~. pas !<t pM. ~~t~; ta t~SeNS, <iKt~ tuHë Mr~ônBe-ras ptf<tt,Ïttterrompt8MpaMAr~die~Mt,taqM!MetL~it~. tre me de" – J~ o& ? <!oaMe pas parce que personne

j

388

JOUMAt.

D'UN

ÉCh~AM

mande

cota,

que

ai je voûtais

'reatituer

je' no saurais

&

quim'adressor. *– Donno-ia & ce payaan-i& ii ne raïusera "w pas. – Mais comment vais-<je m'y prendre? '–Jo'n'en sais rien, mais s!tM es MMa!nou quôtu 4 B'eapasdaastoïxdtbtt? – Vo!t& C'est quajo aoauia pasdu to~t 60~'aincu do co quo tu d<? jo 6a!s, au Mntrà!re, quô je n'ai paate drt)!t<!odoanM onveraia terre et que j'ai dea devoirs envers ma îamU!< tu Pormot8;ettacr<)i9qu'}l y a !a ~no~njust;cb, w dois agir conforo~Ment' & ta conscience. '– J'agis mais n~gaUvemont: Je lie cherche pas a encore ma part au détriment de !a sienne. augmenter – Tu os paradoxal. mon cher; de deux choses l'une ou tu reconnais sociale aotueMe eat que rotganisatioo juste et tu défends tes droits, ou tu avoues comme mo< que tu jouis d'un privilège et gMef« M~oa«!«Mc pf<~str. -<- S! c'était un privitoge injuste. je né sa«ra~ pas en jouir avec plaisir. ~'eMMMefpoM~mo~e'e~efenepos me$e/)Mt'~oH~a&t

.t.'ACTUAt.tTÉ'

TaUe est !eur'conversat!on; et voyez &:quei point e!!o est actuelle. Et combien~e et putraits caracMr!st!ques rcmenH'Msses t– D'abordce%6Dr~~e:pen)iees ëtàit tout et ans } SKin~Simen nouveau en Europe H y.à quarante Foupier ëtateatencoM nousit bien pou~'conaus;'che< n'y avait qu'une cinquantaine d'hommes~ qut fussent au courant de ces idées. Et voici que itout& coup des gontUshommës terriens causent !a nuit, de ee~questtons, dans une grange,cc~tM certaine contpëtence, pour en venir a condamner tout nouveau aociat. li est régime

JOWNAt.

D'UN

ËCMVAtN

889

1

de la très haute sovrai.que ce sont des gentilshommes au Club Anglais, c!etë, qui ont péroré qui Usent les M' vues. socialiste Mais ~o seul fait que i'utopio devient un sujet de conversation entre des hommes qui sontiotn d'être, des professoura et des entre un spécialistes, très curieux de Oblonsky et un Levino, eat un symptôme en Russie. Le second trait caracta' aotuel t'ëtat d'esprit celui des deux interlocuteurs qui datique est 10 suivant un certain vers les nouvelles inclinerait jusqu'à point semblerait s'intéresser au Idées, qui plus que l'autre est un homme qui no donnerait prolétaire, pas un sou ie sort du travailleur, qui, au contraire, pour améliorer io cas échéant. (MpouiUorait ce dernier, Remarquez que les Stiva, les Stppano Ar~adievitch sont toujours les à des concessions. Ceiuicia tout premiers à consentir l'ordre la famille, et cela déserté, a condamné chrétien, celui a rienco&M. ti ya encore une phrase remarquable on fM t'eeonnoft dans cet entretien < De<feM~ choses rune droits, gue~'o~NH~aMoh soc~~eo~tM~efht <f~*n~fes ou <Ma~OMM comme mot quo ht ~OM~s d'Mn p~MM~e eF~Me tu en jouis at/ecp~tr. Ce qui se passe ne regarde pas ses Stiva il reconnalt qu'il agit mal, mais il continuera 11 est tranquille petits errements parce pour son plaisir. Il n'en aura plus, il se a encore de l'argent qu'il quand fera valet de cœur. Ça c'est très russe. malheureusement Notre maxime à !a mode est Après moi io déluge 1 Ce qu'il y a de plus intéressant c'est qu'auia-dedans, nous trouvons un autre type de l'arisprès d'Oblonsky, tocratie russe tout aussi que le type Stiva. répandu forme do notre cynisme. Cdui-o! représente une certaine I.<9 représentants tout comme do.ce type vous diront meMnMt'coM. !ui:L'eMeMMef/)OMrmo/,<e~<!if<ne~MM leur conscience mais honnêtes, pa~c.Hs sont cyniques <vant tout. Du: reste, ça môme homme, plus tard, quand M aura deviendra et de l'injuste, pu décider du juste distribue sa ïorsemblable au < Vies do Nekrassovqui tune dans unecriseLd'attendrisscnMnt. Et B'en aMa rec~tMr.dea !trucHoadutompiedeÏ)ieu< aumônes pour achever aa S3. la coa-

<M~

jOtta~i,B'UH

~CMM~M

.!? t~e~w

!i.~ae

M

va:

pas'

MMMMSBt

dea tMao tt

ot!taDdex teartcctcht~meat M9ïoe

pour t~vea~ ca~aHx,

<~<oo~a~et6htempre,.tt dfànfAttpw; et'

Mtt<tW<te8e

~Jt<<t~<tad<teet<~<aM8(triefe~w~g!f6tfM~ Mttaawo~beMtBtde gtMdaDta!~ pxf~M'aSqae~tB BMwt)t<mx: à.t<Mtt<i)' Utouve: t~<tes' t~xm tonSUaMphUMet OOMediMM n'j[ PA~m««<f<. t qttt pr<<tMtt !n'M< ïb<)t4'<<BC n~MMU~ C~~M 'aMt w p<6' <t!tM Je <!Mz; aes~Mae~ ptnNt et Jte~ eb tes les ïttMeaa véptte. &.<Hre<)uf~ tBS'phtowex. <MM~ dep«i~ tOtMew, ncMMt et ÏM! vin)~ !~tpMr hM~Mmee j~t.bï~pta~ttH~da HtcsettLdtpto~pmptua aMh. t<monoa pretdMreat et tts eUM Ï!a

f~

aaasi

appartiennent of paptis): tea ectMs!aa. p<MVM~, aMeMea, pn

!)MM}fNBh! !)~o)t«ata,~ el

Ie)tBioh)N< vMHacds

tes

!<aO'M~da&iaMx. ~t«f }'<n<a~M der gent ïttntëa'tt eeyeadtat, <ett << RmMite:~ à JMtiaMats qM!H' est t'attawo.~ Ï'ate à SH~x~ <!<para)tHrt, !< cet de <acMM axa~, qu'en p~ent tMtrmbuti~t'Ra~e<tt !<wt~ot<wttantit Khomme rume~ quo qu~ toUemeat, iti eea ;que (~M ce Me~f~e exïsttnt NMtt ettx des à qu'it <~

peat-~tK* Mom dMdhret, tant

<hw MXtt

MtJ«x~4)) ï'a'w)r p<M< ieo've!<r rapprochant d<at!wS9

iM~naib~

d& t<~ <n<

Mpe<~ M~tne, ~H<<tMNr

? t)M<me tt~tttMbtMt))*

eymto)!~ c<waprhr

<atqte<t~~<<~M~M<MtRtMBie~e ~~ha<<u<;t~MtMtHMM FOpe.Mw~~wttï~tt~pe~~h~BoItct~e~ tiMMe<nis<r.te<rd~tMatw~<M~ ~«Mf «re< phts ~hit, .tot~hMtM !c

t<Mea~ wecS~tta

MhMMt qw* t'a te

ÏM~~pM~fswpfët~~e~v4<<~o~ pIOM <t't~< <p~!t & t'&~jMtt <6'a}ca~ tMen~tttneat tout i td~M q)Kt les <t i<r p~ym ttaî pauv~e~~<)ttnK~Mtar~M:M~.w Met.~ !ttu't,

Mwine)Moe<rdcu!bu. Ib <t*Mt'Meao~te q~ iedëcts~

tOxwetMOt

r<aaaAe:

pBt<MU)~:<<tu~penwe<'t-it OMe)Mt~~MH«t<<~ !te<M &~t<«\ ÏNtM~r bien Prèa ca~ t<tt<) travainer. !Md)B< entre

aws ~!)<MB~tMHgBMLa, KOM nf IttnrattiiNt~ <<MMM~ p<t<M~c~. jttoM~paM~r i~a~Noi «Mn

c~ta~att~As~daMjBt

dcLe~se~~r<M?&ttapsMVf&qtttht~d!t !~)tf t <t!T<~ Levine <~ ne se <?<? deOmer p~<, jte~Hem et' ?

~<! ëf

€est, <faHer

tr<tCtpé~

ptmrvredîfa

JOUMMtt

n*t)?< ëeatVAM~

39ï

!a vërïM, a! a<tua co~sMôMnat !? qtMatKm au poitH do v~ te pKw 6!ev& Moïs M N~t de. bien p<xae~ cette qa<t~ ttoa, <HMn tcHt tto Mfa que g~cM~ dMts ïtoa cefte!~ex !« vie et !a ptatique ont aaMu< M& russes. En Eurepe, H cet vrat, mai~ qui cetMMmcMHent de so!<tt!on, abautde n'Mt~;dtfB'M~a6~,p~a~d~~eo~)tash)~~e~tt~Bfe poMdc voe m<xral et le dmit histeriqwe. MHdfO oxt Je v~dfais la mo!)M p<fM<e e!Mova u~ pe<t p!u& e!a!re car employant de mots possiNo.

.m.

EN EUROPE

y & eu en Europe !a ModatiM et ta cheva!&r!e. Mata, se iorMua, !;vra ? pMtêMtt m<He ans~ !&&ouxMi<!o crut, !t(<h «M! bataille aux desMndaBt~ dea ot~aHers,te* !XtMitt<tes ct~aM~.A!M)t le dtctent: Ot~of tttompha – Mwi~apF&~ a''êtM aubsMtaëe' <fcM qu<6 je m'y mette &MMt<ftotMt!eyïa hwagcOM~tUMMement tTOMpt Thonona traiter en tr6f< cHea tTaMtoNtté d<tpeMp!eque,;Ioh<do t eaïbFpatt~pgôdoianouTt'ttNottc S'M~ fUtM~a~MoM~e'it a' tort it ce peextate &~Me sai~~qtt&paFceo~HytMWfe GM~artetpMair* L<8~vw <trangef n& <((!t; poa t<t cttosrM de la m~M HM- Mott daKf MM dcott et semMe' ptw~ tcgt~e* heott il. ~pft9 t!a pttffe AMmtMiSrI'Mstairs'aUttsoncowcy; v dWT)cM& parce ~B t'aTaïnca tttMMMpreNtd qtteïc~ap~; d8 itt I<ttt~ MtOM<Nc<y, & soa tOM~ n<gitgtxMe'& t'apaqae bien iJUe', stI. ~erJleupl6 &1JItadnr deS:for,ce¡t; 1t'S'8bit.'lIrè!J pfMtdf? des~OMt~ dMieot: «wpt~Mte H! ftwMt. tomme !tt;.<x<me tt !e d~MêttHr ?6? btew qfc~ s!) !ë: patptk ~4M89)M< !<~tbtf*atiec~ Mn'y <MOqtMt& p$~. <K6 a~ !t~ e!fe;<! H*ï~y'ct&' ~p *&~t~!Ki! t~st~pi<pt8~ Le! ~?~~?~ &) Mon dtw conMsaiOM gedis jM. jtM: pfMt ~it ett ~0) 6'arMwatw ttwe~ ~eMMH)! i!~ mêmffStttj'ê de ttftM~~

393

JO~RNAt.

D'UN ËCRtVA!N

ne veut pas par. Mata il a compris aussi que l'adversaire qu'il veut tout à son tour, que les concessions tager; M a résolu de no céder en auaibiissent et, sur le tard, à la bataille. maintenant rien. Il s'apprête mais il est dans la Sa position est peut être désospérée, croisse Mveo les chances humaine nature que le courage et il ne désespère do lutte pas. 11 met o'A œuvre tous avant la l'ennemi et fatigue ses moyens do résistance batailio. en Europe il ost vrai Voilà on en sont tes choses un état où la question présentait qu'il fut un temps et do dos oabetïs~cs moral. ït yj a eu des fouriéristes, les diuo* entre luttes féroces a coups. de brochures très bauts au sujet do quelques rentes écoles. On batailla ont des prolétaires Mats à présent les meneurs prtnc!pcs. montent la lutte matérielle, écarté tout cela. I!s voûtent et do ravitaillement dos caisses une armée, organisent le triomphe tout se disent sûrs de la victoire. «Apres s même s it y a eu des Bots de sang répandus. s'arrangera, au nom du certains des ~eatfefs prêchent Et pourtant Les chefs vrais du mouvement droit moral des pauvres. tolèrent ces idéologues pour lui pour parer rcouvre, Parmi les une. apparence de justice plus haute. donner du droit, on trouve dos intrileaders qui se réclament ne Ces derniers apôtres. gants, mais aussi de véritables no travaillent rien pour que veulent eux~.memcs;i!s les Mais !e bourgeois do l'humanité. pour le bonheur qu'on attend, campe sur une solide- position, et déclare fusil à devenir ne le forcera pas à coups de bâton ou de lui répondent le frère de qui que ce soit. Les adversaires soit capable de pas que le bourgeois qu'ils n'admettent l'excluent le frêro des gens du peuple, devenir qu'ils ne do la îraternite:ct entièrement que la bourgeoisie à tomber représente que cent millions de Mies destinées < Nous en finirions avec vous, disent-ils, pour le bonheur se de l'humanite.~D'autreS meneur~'atnrmcnt qu'ils est fraternité, que le christianisme moquent de toute des une pïaiaanterie et qnet'humanttë s'brgànt~seM le ba$esMieatiHques. Les bMMScientiaquea, réplique ne sont qu'une blague. On ~'amu60& vaste bourgeois,

JOURNAL

O'OitëCNYAtN

~M

l'humanité comme très dinorente de ce qu'elle représenter on n'abdiquera ses est.véritablement, pas si facilement la famille et la liberté ne désarmeront droits de propriété; pas; lenouveausystemosoralatyrannieaidëodei'espionhommes futurs- seront en réalité unis malgré Mgo;Ioa mettent en avant eux, par la force. –- Mais !cs meneurs la nécessite, affirment l'utilité, que les hommes, pour se sauver do !a destruction, seront prêts à tout accepter, On leur opposera encore les droits indivlî. joyeusement. de créer par la violence une société duels, l'impossibiiiM en Mn de compte on les déflora de prouver Mirmonieuse quel qu'il soit, et fa suprëms qn's aient un motHmo~ conclusion sera qu'on les attendra de pied ferme s'its attaquent. de la question sociale. Et voi!& la solution européenne Les deux forces ennemies sont dans l'erreur et périront dans l'erreur. Chez nous, .le plus. pénible c'est que les 1.6vine demeurent pensifs et irrésolus à côté des problèmes à résoudre. Et pourtant la sèulo solution possible est celle qui viendra c'est unide Russie; et. cette solution pas appropriée eito peut rëgier quement aux besoins de la cation russe; do toute t'humanite. les rapports Ai jo besoin de dire chrétienne? En Europe qu'eUe sera morale, c'est-à-dire on n'est bien qu'il soit celle-là, pas près de la trouver, évident que les nations occidentales devront l'adopter des Mots. do sang et fait tomber des Verso après avoir millions de têtes. On sera force d'y venir parce qu'eiia seuieestpraticaMe. Ij' 1 J: f' J j;' v jJ' 'j :.i, 1"

> 1 J ) 1: .¡.t j .:r. !A SO~MN..RU~SE,~E .tA ~UESTtO!<t 'J;>_I1,JI ~!t.: -il: I~ !i-.y, y Si vous avez'Sfnti qu'M~èt injuste que vous passiM votre temps à chasser, et, simanger~ boire et paresser

L{

9M

JOtNM*~

O'UK

ÉCMVAtN

<t JhMt tes pauwrwa <'<~<r p~i~tMat votM fo~woe <Mm~ew, <jMeMf!b'HM tow~.AUM:c<M)nne M~eMfà l~hWtNoo t~v~Mer~taw de t'acM ViMa,qa!!<tpoia~ i'oeu-vre paowcs~ dts~HuttetMe ïe< dM< tichea t'€te<aa, des

qwt

aoxtdM et*M~ M

maititNde&, trovtMtr torecdans SongM M~me toas pour son & fatM 0' aa*

c

de

Ptetf. t

ttieat, tMMnevooa, ï<~ ett~taf* <e qjM't!M& f)'<te<!«ptr <~poatt)f ttnm~ft, Mareet ~autte

Qtwnd biena du €'eet

tous

!a n)Mts0~cute9 MMnd~ ne seta!ent pourquoi humaine H fout

d'«M:

tMvcat ~Mfe tFw!tcefa!Mtw que t~ h'8 Haa !M aetcea. A!e<<' ïa ttdMaxe VMie pMF dMs rop et tes pa. )M!)t potx~ eattt qoh t~!tta de ruatot) Mats MeM MH~ f<<~u)Ks, qw! provteM hommes en cas dire q~M et de dis ta certttude eux et ett leurs teM$ sont malheur, aeraj: vwut à <am!He9.

Mtn~I~e.~es' d'être secourus N«<enM rtiXtMae! )t!d6rab!e paa

HM<jn)w<ujo*ps~ d'indtv!dus diaposëa

à aoMibteux tMp' peu MMobMMSC!! eoB* ag!r comaM waa, ot

y<w~<pM~6SMM.Awï<Mtd tfH~hHtdt~jfieëeasesqaUcapet'te, ctq~bctN~Mdon)~;<t'avaus€<M!tt!)MKtsde'M9UtHer &Ma)~M))t!tue!e;:a'MwMW tou~ p~r cowtez~y. rtreHr~, qu~mmteBt btrau~M~ tB tM<em() i~Mat trowaMiet

<~met<e

n~estpashdtaKnetau~ MfaqM tM~«M!er eomoM t'o~H um iMaa se~Mt~; aentiM savant, de laire co p<MMf !at <~ coase' < transde votre do un veut N'imite!! Un ici ta des cett~aa oa laf jo que

eBjoht~aner Mah ne St~ye!! pa< tout- de MtMe emp~ner rJe de na) <'<Mt HH ptaa être

tM~nw

vMW.ttM!cat<tMe !(tïM ~weiMMs~tëa.; qtt9v<M<S)M<!canat~r<TK MMectMtë, de~'at~~r famOMr w!hw.!e/. former mascarade. moùjihs, eomp!exite.Co <t<?!pH/<caMOM. teui au cam~~est xincêrement !à en simples Vous

M(eu)!!K. St rMïdweetM MrwteaBeomme H hNpftit ptwxaitr oc~emeH?

tthaptemem Mre utHcotettt! poorAt vous pour ne seroat pour

Tous êtes

vos

essais complexes

travaiHeurs trop

que devenir

cachez

plutôt sera Ne vous

d'eievwies mieux que décourage

moajihs~sqM'a tnutes les comédies paa; Pn seut ne dites ~as

patfBoMat. est déjà vérité

Bomme~qui fort.

terriblement

crî~at'Ma~a~~en ïaariio -paB~rt~BS~nTasèuî~qui d<Mei)r ue p~Heiete ttieM Mre. te~ nMtn8,.<eB pouKtM tKMwmad'wBHen.~tMtbMt~ anitè de~Mt v~iatMe

JOUMM. O'UN )ScatVA!N

aXt

tronveM tant 'd'ceuYfcs a entrepneadM qa'ii toujoMM et reusatra. Vous aérez ï~eompaosd f~iM par t'wmoHf ne vienne vous diM: Maintenant datous. que personne d'~t~e aime. tteu vous deve:! oeuvrer mefinc sans l'espoir défense, car, si voua no voMiiez que pour votre pMpra <m vous y Matfatndf~it par la force. Ce pt<6 travailler, ap sont pas tkt telloo oanvictioas q"e !'on doit faire tous a'6c~ent,aucont<ra(K)~ s en Huf)8!o. ~uo germer < Mon frère, je veux travailler pour toi et pour tous, selon mes faibles capacités, je ne le forai pas pour me trouver quitte envers toi ût envers les autres, mais parce de contribuer & ton Mon etrootatt que je suis heureux bien-être général, parce que je t'aimo et que je vous aime tous! » Si tous les hommes parlent réelainsi, iis deviendront mais par Mres non plus seulement iemant, par intérêt, a'aourvrai. Oo me dira que tout cela est de la fantaisie, quç cotte < solution russe » du problème est le < Règnedu Ciel et N0 pourra se catiser que dans le Ciel, si on travaille !ase mettraient dans une belle colère si !)<mt. LcsStivas Mais it y a le Règne du Ciel arrivait très sérieusement, dans cette solution que dans !a bien moins do fantaisie En Russie, avec les « Viass » et soiuMon européenne. l' « homme future ~autr~s, nous avons pu déjà entrevoir seulement on Eude chaz nous; ou i'a.t-on soupçonne une foi innnie en nos < hommes rope~ J'ai futurs~; ils sont torribiemont mais dissémines, -jusqu'à présent, !!s cherchent tous la vérité, et s'ils parvenaient à 18 voir leur vie. Vous clairement ils seraient prêts à lui sacrifier verrez que, des que l'un d'eux sera entré dans !o vrai et défricheront avec lui nos chemin, tous le suivront et tous iront ~M'~M MC~s. Qu'un seul donne l'exemple, doi'avant. ( t st utopique ? – Vous nous direz qua pu'y a.t'H ? do aoiueiiomont très nous sommes que nous pervertis, raiiioM de nous-mêmes. Mais il Mmmos veules et nous M a'aj~ pas doi!oas;-tc!s"qae aoas sommësMujdurdTîut, mais Mon du peuple. da demain. Lopeupie esipiuspur de casm* que l'on ne croit, il n'a que besoin d'iostructioa.

<?

KtUBKAt.

~UN

~CMVA~

Ma!s même parmi pous, tes ouMvôa, 11. y a des hommes = au coeur pur, qui veulent fonder sans violence une sa cMM nouvelle et tMoMteufa et qui tentent d'agir. Voilà = Un MBMH soutomant à ccax!& r!nd!M pr~ctenx! vainore \oHs. ° Soyot mattres de vous-m~nnes, aMbez~ous chemin non.. m&mea avant de faire le premier pas dana les vpau. Pr~ohoz d'eMMpta avant da voutotr convertir antres. C'eat alors que vous pourrez a!!or do l'avant,

MCMtAt.C'UNëOMVAMt

MARS

ï

ENCORE

UNE F<MS, CONSTAKDNOPLE A NOUS TÔT ou TARO.

DOn

ËTHE

L'année écrit que Conspassée, au mois do juin, ai ou tard, devait tôt être à nous. C'était alors tantinopie, une époque et d'hëroîstao. d'enthousiasme La Russie entière suivait de ses voeux son peuple, son armée, qui partait <;o/CHf<w<'fMeH<pour servir le Christ et la foi orthodoxe contre les inMeies.pour aiior au secours de nos Mres de sang et do religion, Bien que j'eusse lès Slaves. mon article en !o qualtilant d' « intor critiqué moi-memo de l'histoire 6 prétatiori utopiquo je croyais fermement ce que j'écrivais, et jo suis bien sûr que je n'eii changerais pas un mot aujourd'hui. Voici ce que j'ai dit alors sur ConstantiMopie < Oui, !à Corne d'Or et Constantihople, tout cola sera -> de soi-même. à nous. Cela viendra Et les temps sont proches. Tout t'indique. elleIl semble que la nature, même, en ait-décidé cinsi. Ëtsi le fait ne s'est pas accom' pli, c'est que la poiM n'était pas mure. alors ma pensée. Si Pierre J'expliquais lo-Grand, disaisie,auiieudo<ondor Potersbourgavaiteu t'idëe~'occapcr Constantinoplè, je crois qu'après quelques reBexiona.H aurait abandonne son projet. En tMreJthtaei<~4MMaj~~ poM~t~ ~t'if i'iB Cuence dos Allemands voisins Soit. J!Hais comment ousaions-hous l'ac~iondes Grecs &Constantipupàratyser

M

3M

v

JOMM~t.p't;?t)~)MVAM

Grecs cent Ma plus fins et avisés que de nopïo, décès na~ts AMemands, et miUc toia plus que ces derniers, doues d'aMNitea avec nous-mêmes, capables, au besoin, de s'instruire et de sa moderniser.bien avant les Pusses. Ces HeJH6uos eussent. envahi la Russie, et politiquement notra nationatitëaut arrêtée et4 dans son développement, ces gens toujours tournas vers tes routes do !'Aa!o. par Le Grand-IRusso serait demeure isolé dans son Nord neiaurait 8ud,!o Petit-Hussien, gaux, tandis qao son trëradu été absorbé même y oût-U par l'élément grec. Peut-être eu scission dans la monde orthodoxe, n'un cote Byxaneo de t'autro la Russie septentrionale. ~M un mot réunie toute entreprise de ce genre 6ta!t alors prématurée. A c'est aatre.chose. présent, Do nos jours, la Russie annexer ëcrh'ais.je, pourraH sans y transporter aa capitale, ce qu'on ConstanHuopIo éviter du temps de P!erM-!o<GTandetK~H!e des n'catpu annëRS après !ut. MointeMnt, Coaatant))nop!o deviendrait Ja oap!tatc de !a BMssie. iscantre du pe~t-atro, Mna atre comme que!ques-una P&nstavisMe, ter&vent. Les Grecs ne pouvant uu!!Mïtnt Mriter jseutsde Conatautinoplo on ~wreruo Ce nepeutleu!! port d'une telle ïntpartanee. serait hors de toute proportion &veo !eur vateur ethnique actuelle'. Mais de quel d<oit mort! Russie se prévauda Cenataot!nop!e?Aa drait-et!a nom de pour a'<mparer auratt-e!~ la faou!td d'Imposer supérieur quel principe do cette ville à f Europe ? son occupation Ce seraient les condit!ons prec!s6ment, <i-je écrit, de la religion d'existence orthodoxe qui exigeraient de la Russie. Le ro!o qua n&tro pays doit jouer terweatton ne«'Mtc!aitt)Meotr<SY6t6qu'apr&sPierr&-iie Grand, quand a c<nnpr!s que son devoir !a Ruaaie était de devenir ia TéeMo tutrice dp t'orUtodoxie. Att potot da vue religieux !esStave9<Mt!eaGrMS,c'€stto«tMa.L<tp!asgrandejMtioN MttMd<n:catcdM<~Ed&8eMr<tt~protectriCûdeiareu le Russe sera !e protecteur, If chef, mais g:on sr<cque non !enM)ttrodesj)oputationsqu!pa!'tef~t)tMBCMyances. Tcat-is-eee t!p~!<a nntAM tupoaAia pM-jBMidanaJ~'ar ticïo dejt~n Je a'tiarmais auqM~ je. fa!aa}s oHua~a. pas pat Tc<tM8~ jH~nt~tatement toat ce qut-):!H<ïique t'Mt

i

JOVRNAï. JO(HWAï.

0 UN O'UN

ËCKtVAtK ÉCtftVA~

?9

te temps se 'changera de me donner quais; mais, disais-je, de préciser to moment oh il raison. Il est encore difnci!e sera bon d'agir, mais on peut pressentir est assez qu'il proche. Depuis mon article, nouï mois se sont passes, des mois on compte, des mois troubles, qui! ne faut pas porter fa guerre, d'abord occupes par t'enthousiasme qu'excita par ios espérances qu'eiio Ht naître, puis par des décepnxor ancuao tions. On no peut encore date, et je n'ai ann de voulu qu'ajouter ici quelques paroles explicatives de Ryxanco. mes rêves de juin sur t'avenir commenter sera a nous tôt ou tard; arrive, Constantinopie Quoiqu'il je reviens ta dessus, mais à un autre point de vue J'admets qu ii y ait quelque gloire à posséder un port une iHustre ciM de ce monde qui a otô considérée eciëbpe, comme i'M<&~c<ts fwa*, mais ]o no m'arrête pas & cette ai Hatteuso pour nous dans un avenir proconsidération chain. Jo n'insisterai pas plus sur cotto vérité que !a énorme Russie est comme un géant qui a grand! dans sans communication close do tous eûtes, une chambre et qui a besoin do respirer i'air avec ïo reste do l'univers Jo me veux pas développer une apprélibre des Océans. bien que ciatioli, extrême, pour moi d'une importance a sa juste n'ait parti, jusqu'à i'ovaiuor prosent, personne iratour.

ÏI

LE

PEUPLE UNE SON

RUSSE

N'EST NETTE

eUE SUR !.A

TROP

MÛR

POUJH D'OMENr

AVOIR A

OPiNt.ON PROPRE

eUESTtON

POINT

DE

VUJS.

il peut sembler absurde ~'enteadre aMrmer que ies ~è<~ da dom~Mtiion des. Tmrc& dansjte sad-est ~M~ et ont lait hetueoup pour is dtdstiMtisme de ï'EttMpe. soit, -mais l'orthodoxie, '– <)M<g<'ëles Tares eux-rnsmea,

400

JOUttNAt.

D'UN

~CMVA!N

enfin, de la. manière la plus positive. com Bappotez-vous bien le jougr tartare contribua chez nous a asseoir et à fortiOor léglise !<a poputation orthodoxe. de l'Orient. et martyrisée, subjuguée a vu dans te Christ et dans la foi qu'ette avait en lui, sa seule consolation, dans t'egtiso sa dernière grecque, C'est ce qui nationale. particularité t'a empcchëe de se fondre avec les en oubliant vainqueurs sp race et son histoire ancienne. D'autre? peuples, oppri mes comme les Grecs, se serrèrent autour do la croix. D'un autre cote, toutes les nations chrétiennes d'Oriout prirent, l'habitude depuis'la conquête de Constontinopto, de jeter un regard d'espoir vers la Russie lointaine, près sentirent sa grandeur dès qu'elle eut chasse les future envahisseurs et virent en elle la t!Mr<ttrico detartares. signée. La Russie a accepte de succed.or en quelque sorte moralement à Byzance, en plaçant l'aigle à deux têtes au-dessus de ses armes nationates. byzantin Elle a ainsi assumé une immense des cbreresponsabilité vis-a-vis tiens d'Orien t. Le peuple russe a complètement ratifié les résolutions au sujet de la défense prises par ses Tsars E!!e a toujours appelé son Tsar dotouracorreiigionnaires. « Tsar orthodoxe et ~embte avoir reconnu te eo lui, oito tu! donna ce nom, l'unificateur quand du monda orthodoxe et plus tard j!e libérateur de fa. chretientë d'Orient, musuimane et l'hérésie prise cnjtre la barbarie d'Occident. Depuis .doux siècles ef surtout depuis Pierrete-Grand de l'Europe ~es espoirs des peuples du sud-est oMt commence a se rëatiser. la pussieapius L'cpee do d'une foia.tui sur th champ de bataille pour les défendre. H va de soi que tes ohr~iens d'Orient ne pouvaient pas ne pas voir leur Tsnf dans ceiui dont ils 'impio. fut~r raient la protection. Cependant, ta cuttu~e au cours .de ces deux. ai&ctea, s'est introduite en Orient. européenne L'idëo orthodoxe aiïaiNifi tout commo chez nous ~{rt'immease s'y est majoritdues hommes des classes instruites s'est déshabituée de croire, et ne sait plus voir io rote vrai do ia Russie. .i~tt~p~e~~sent c~B~~ & ne plus considérer t'iÊgtise que comme un conservatoire de formantes mortes, de rites, de cérémonies vaines. Des

c

0

0

iKWMM.

D'UN

ÉCMVAtN

401

d'un caraotëre ont été occidental aperçus économiques doctrines acceptés en m6n)o temps que de nôuveties poii une morale nouvelle. la science mal corn Enfin, tiques et n'a pu que rendre suspectes les vieilles croyances. prise Des idées nationalistes aussi, qui amenèrent apparurent orientaux à craindre les ohrétfens le joug russe après turque. Mais dans notre grand peuple simple l'oppression et religieux, dans notre peuple de tant tt tant do militons d'âmes, l'espoir ne mourut jamais de délivrer, en Orient, des Barbares. L'enthoul'église du Christ, prisonnière siasme qui a soulevé toute la population russe l'été dernier l'a bien démontre. Je le sais, on ne veut pas que notre peuple puisse comprendre ses destinées politiques, sociales et morales. On laisse entendre cette masse que de moujiks, encore serfs, aujourd'hui abrutis par les hier alcools, ignore tout do sa religion et se moque in peu de la libération do l'orthodoxie. un Qui dit cela ? Peut-ôtre paateuraiiemandquifaitdoia propagande sur iasc~foMH~, ou bien un voyageur d'un européen, correspondant ou bien encore un juif inCuent et instruit, de journal, ceux qui ne croient plus en Dieu et sont iegion chei! nous, CMenfin, un Russe résidant a t'etrangor et no se figurant d'une mégère ivre, plus la Russie que sous les traits tenant son verre d'eau-dc-vio à la main. Pas le moins du monde. Ce sont des mémbres do notre meilleure société russe qui ne soupçonnent pas que notre peuple, malgré ses vices, a mieux que tout autre peuple conserve en lui Ce peuple « corrompu l'essence du plus pur christianisme. sait encore que t'homme humilié, injustement etobscur persécuta, spraeieve plus haut que les forts et les puissants. Il aime aussi à raconter l'histoire de son grand, chaste et humble héros chrétien Mia Mourometx, defenseuE de ia vérité, des ïaibies et des pauvres, champion ignorant do toute van!M, Ûdëie et de cour pur. Vénérant et aimant ~n tel héros, comment notre peuple Be croiraitil pas au triomphe ot au relèvement des nations d'Orient actuellement humiMees ? C'est au mitteu de pauvres gens fois~nfcBdo narrer aaxcafsats qccj'atpaa? !a 'pTentioro !a vie des humMea ermites et des martyrs chrétiens. Chaque année, des rangs du peuple uo « Vlass quelM.

v "0.

408

JMBNAt.

B'tM ~CMV&ÏN

ses biens et s'en va vers qui distribue conque se détache, et la misère. ia vérité, ieiabaur Mais noua reparicMna du peuple rasée on Unira par io comprendre par savoir qu'il a une immense un~onr, trouva, aux miimportance, que la Russie Jt'a tanjours nâtes tragiques, prêt & se dévouer, qu'au ~'a' jamais pu sepassarda lui, que ia Russie n'est pa~t'Autriche. –par mMaects de aotro vie Mstogravea exempte, – qu'aux c'eat lui qui t parte par ia boudée dea Tsars. rique, Mois je me au!s détourné de mon bnf. Je reviens à CM)stantiuop!e.

m t.E8 tCÉES Ï.E8 PLUS COKJFONMESAUX TEMpaPRÉSESTS.

les d'Orient et ses ohejs ont v~cu, pendant L'ËgHs~ de leur MservissemeQijpar ~ea Turcs, en qaatM aieclea iNtune communion d'td&oa avec i< Russie. H ~'y eut nt ni grandes Mn<'s!es alors. Ce i'était grands tMubtcs pas le moment. En <? demier siac!e, et surtoat depuis ia gMOde ~ucrf& d'Orient H s'est .répandu d'it y aune ~im~taiNe d'athées. uneotdeur daNs.ï'Mtde t'Evrope pNttide,semMab]e&, Tm~o~e ~adavM en dëcompORition ceilo d'un ? L'At~ estjnoct«uva mouri! S'jiTtt encore ~àiMement, c'est ia les Russie A~eitement nous sommes qui l'achôvera. «:u!a eai ~retiens de l'Empire qui noms intercsstoas ne demaa~ .turc~ Lea pemptos ~s ~Uiropaens m~sux qae de .constater ta d~spàr~tioa aë ees ehretieNs iteita gênants. Mais, eea derniers semblent noua craindre !a !<? Tunca.< Sait, diaentiis, ~<JSttS§..abqminent JRassianous délivra des ~~ëmans~mïta~ !toas a&torber et!e ne iaiaaèM ~ntMt <Ms MtHonaiit~s ~e dévehpper en iibta~. C'ptt ~Mée SM qui empoi-

JOVa~.M< n'UN ~CMYAM

403

De plus voici que-des rivasonne toutes ieura espérances. La récente controverse les travaillent. titës nationales on réalité soi-disant religieuse, provenait grëoo~uigare, excommuuniverset.en do haine de races. L~ Patriarche et leur exarque arbitrairement <iu, ntant les Bulgares les Ma de l'Église au déolarait qu'on ne pouvait aaeriuer des natlonalités (~penpritMipe f nouveau et tuneste me semblait servir le dit principe dant, tu~meme, grec, des Bulgares les Grecs au détriment en iavorisant slaves. de la mort do i'Aomme On peut être s&r qu'au ïaamont entre les dheraes se teront violentes malade les querelles Et nos hauts de la presqu'Ho mt!ona!it6s bai<{an!que. veulent pourtant que Con8t&ntinoptodev}eMne, politiciens justetpr~s l'exode des Turcs, une ville internationale, est~ttnoitp ment pour evUer ces querelles. d'imaginer un point de vue plus faux. se du s!obe terrestre si un point quelconque D'abord, on voit immédiatrouve sans possesseurs bien -autorisés, do tement Nos amis apparattre nne flotte anglaise cette fois comme les autres; Grande Bretagne viendront ou tout Mue prétexte de garantir r < interaationaHtë ot simplement ce qu'on voudra, ils mettront purement i!s sont installés la main sur Constantinop!e et, quand Ce n'est est bien diMcHe de les déloger. quoique part,.tl musulLes Grecs, les. Slaves et les quelques pas tout d'cux-memea. )MM demeurés à Byzance les appetteront !!s se feront défendre contre la Russie, !eur < libératrices. On idit <qu& tes Anglais .souhaiteraient !e Mtour dcdësordrea du genre de ceux qui ont eu lieu cet été en Buide seuis mattres ~arM, afin que les Turcs demeurassent si-ta mais il est turque, la situation. Nous ne savons, en jeu, les choses changefocteëpeo deJta Russie eatrait serait raient vite de îace. L'idée de l' < internationalité heureMe tr~s~crtMnemeHt mise en avant par l'Europe. se natioMUtes de l'ex-Ëmpire do voir ~es diuërcntcs medéchirer sur le cadavre de 1' < homme si longtemps ~a~ ? n'y contre nous. les Turcs, c'est ? ~s d~~em~ea que,i'DaN'!aYen~ Si :aou8 ne voas avons pas aidés 'coatre & cause des Russes diraient tes Angittip,

4M

JOURNAt.

tt'PN

)~CB!YA!N

qui sauraient appuyer leurs dires, car leur intérêt est de voir les Chrétiens d'Orient hair la Russie. D'un autre Slaves baissent côte.ies les Grecs et ies Grecs méprisent les Slaves, et les deux races, uniraient par en venir aux i'anaire de l'Europe mains, co qui ferait tandis que !a Russie, de diviser qui n'aurait pas les mêmes raisons exercer une forte pour régner, pourrait surveillance et maintenir le caime. Si !a Russie a le tort do se désinte rosser de ça qui se passe dans la presqu'iio batto. l'union de toutes les nique, religieuse ohrepopulations tiennes qui habitènt la Turquie sera continuellement en péril, A ia mort de i'~ommc ma~c il sera presque impos. sible d'évité!' un concile qui aura pour tache d'aplanir les difficultés rencontrées renaissante. Pendant par l'Ëgtise d'Orientant quatre siec!os, les chefs religieux suivi les de la Russie, mais qu'ils soient libres du joug conseiis turc et inspires -et. its montreront de tout par l'Europe autres intentions à. notre Puis;, les Bulgares égard. demanderont l'installation d'un nouveau papeà peut-être Constaatinopie – et qui sait s'Hs n'auront pas raison ? avec tes GrecsJ U faudra que Jes Russes Nouvelle querelle soient là pour apaiser tes conCita.. Nous ne devrons faire aucune concession à aucuno nation européenne en cequi touche à la question d'Orient. ït y va de aotr~ vie ou dé notre mort €onstantinop!e tôt oa tard, doit être .& noua c& ne serait que qnand éviter des guerres religieuses. Ces guerres auraient pour une répercussion terrible en. Russie. C'est & ce point de vue surtout qu'i! convient de faire tous nos eCorts pour agir- efncacement dans !e eus d'une désagrégation de turc. l'Empire Cett~ grave questipu d'Orient recèle tout notre futur: Ou nous nous heurterons et te choc peut nous & l'Europe être fatà! – ou nous arriverons a,une union dënnitive avec e!!e. Oueiie que soit !a nn des négociations diplomatiques, Coasfon~op/e <~o~ ~M no~s Mf oa lard, ne fQtc~qQ~aiëciëptwuaht.Tôi~ atOrmer, mais je 6roia qH~ !tt questioa est d'une gravite >. earop~Mc.

=

f

C

0

L

JOURNAL

D'UN

ëCMVAtN

405

IV

LA

QUESTION

JUIVE

Oh n'allez la question pas croire que je veux traiter dans son entier. Je prends ce titre parce qu'il est juivecommode. Soulever une question alors que la pareille, Russie renferme trois millions de sujets juifs, – vous n'y pensez pas 1 Je ne suis pas de force Mais je puis, n'est-ce pas,avoir mon opinion à ce sujet et ii parait que Mrtains juifs commencent à s'intéresser à ma manière de voir. Je reçois depuis quelque temps de nombreuses lettres où l'on me reproche de « haïr le juif do < tomber sur le juif -»,de l'exécrer non comme être vicieux, non comme exploiteur, mais bien <: comme homme de race juive », parée que « Judas a vendu le Christ Xetez que ce sont des Israélites civilisés qui m'écrivent ces choses, do ceux qui, au nom do leur civilisation, se vantent d'avoir avec tous les préjuges rompu de leur leurs cérémonies race, do ne plus accomplir religieuses et même de ne plus croire en Dieu. Je dirai ici, entre avoir honte, ces Messieurs parenthèse, qu'ils devraient les Hauts Juifs leur nation et renient qui défendent leur Jéhovah de quarante siècles. Pour moi un juif sans Dieu est un être inimaginable. Mais ceci est un thème bien vaste et je le laisse de côté pour l'instant. Ce qui ni pourquoi savoir ni comment m'inirigue.c'estde ne j'ai pu en venir à être compté au nombre des ennemis qui les attaquent les Juifs en tant que nation..Messieurs me permettre Hauts Juifs semblent d'aboimplicitement 'Biner ie juit mais comme exploiteur ou comme vicieux, cé~'ëst car i est cfair qu'!t n'y a' que de la rhétorique, et.d'irritable personne de susceptible comme un juif instmit. Mais où ont-ils été chercher leur que je haïssais

403

JOO~NAL B'UN ECMtAtN

race en tant que race ? J'en appeUe aux Juifs qui sont en relations avec moi et qui connaissent la fausseté de cette accusation ~lont j'aimerais à no plus m'occuper. Mst ce parce que j'appelle pat Ma un hébreu un Juif ? Je ne vois rien d'injurieux dans ce nom. Je veux citer quetques passages d'une lettre que m'ëcr!t un Juif très instruit: « .Mais savoir je désirerais une chose que je ne puis aucunement Dot m'expliquer vous vient cette haine. contre le Juif qui se revoie presque ? Je serais heureux de & chaque page de votre <-Carnet vous en voulez tant au Juif et non comprendre pourquoi à l'exploiteur en généra. Certes, j'ai sounert des préjuge de m& nation – et péut-etne plus qu'un autre, –pouttant je n'admettrai jamais que notre race ait dans le saug oette fureur d'exploitation dont voua parlez. Ne sauriezvous vous élever jusqu'à cette conception sooiale que dans un Ëtat quelconque tous les citoyens, du mqmeBt où ils supportent dohcDt les charges do la communauté, 6tro appelés à jouir des mêmes droits, do tous ios droits et à subir les mêmes peines en cas d'infractions aux lois? a~rstous iesJuifsdevraient-iis être limités dMs Pourquoi leurs droits et se .trouver viotimes d'une ïegisiatioH 6D< <ia!e ? En quoi l'exploitation des étrangers, Allemands, Angtais, CK:cs, etc., eat-eUeplus agréaMo que l'exploitaaussi un tiondes JuiFa~ui sont sujets russes ? Pourquoi seraMsurier, un mercanti ou cabaretier russe orthodoxe t-iimeiiieur que son confrère jùit? (Et oe~rniBragit dans un c<arc!e lestreiot.)!" <(!ci mon honorable correspondant compare queiqus Msuciers russes avec d'autres vautours étrangers même acabit et conclut ne,. vaut gu~t que le yasse jnieux s'i! 31'est pas pire. Mais qu'est-ce que cela prouve Nous sommes d'avis que tous ces industriois JM va)mt ~iendutaut.) < Je panrmia de ce genre muitiptier ïes questions Mais quand vous partez du JuH, vous inciuoz dans celle masse miseraMe dss IsraëiHes:sM ..<tpp<fiiationiout6Ja 3.080.000 do Juifs 3.900.000 .mènent une ex;s russes, teoce horrible de privations et de dénuement Et ils son de bien meiiieures moeurs que votre peuple russe adoré <

JOUBNAt. D'tJN ~CMVA!N

407

parmi les cent mi!!e autres qui ont reçu de l'inatrucont rendu des serlion, beaucoup se sont fait remarquer, libérales dans toutes les carrières et vices considérables autres, par exempte. cite plusieurs noms je me borne (Mon correspondant sachant celui des Goldstein, que quoiquesà reproduire eux seront affectés en désagréablement uns d'entre voyant publier qu'ils sont d'origine juive.) < Ma!henreusementvous ignorex,je !e sens. t'b!ssiècles. Vous êtes quarante toire du peuple juif pendant vous portez insconsciom* honnôto et stncèr&et ~honuno de pauvres à nombre ~ens. Car. bien meut préjudice entendu, ce ne sont pas les !sru6titos riches qui craignent les grands de ce monde le presse, ceux qui reçoivent (tonsteuraaatons. de cette lettre. Vraiment Voilà les principaux passages il n'y a eu dans mon « Carnet dans tonte cette année mëtitant d'exciter iM genre de aucun article anti.jutf aussi que mon correspondant Remarqaex séseeptibilité. peupte. russe. !1 ~st vrai est bien sévère pour notortane été tendre pour ïaraët, n'a pas toujours <}Mce peuple une place propres, selon <)u'Ha ~conspué sans eh laisser cela excuse mon juif. Mais l'expression de CbtcMdrïne.et des Russes. es que les Israélites nous voyons pensent et plein Or, Fauteur de la lettre est un homme instruit do préjuges. alors de talent, sinon dépourvu Qu'attendre – et ceux-Mt sont légion ? Les Russes des Juifs ignares, ne sont donc pas seuls à blâmer. dans la iutte juivo' TOSS8. mots pour ma défense et Je dirai matntenant~ue~uea Je répète que je sur la question. ,exposerai mon opinion mais tout eatière, ne suis pas de ta!H& a l'embrassef en6n je ne suis pas non plus sans avoir mes idées & ce sujet.

Ma

JOURNAL

~UN~CMVAtN

..ra:

1.

¡

PROST;

CONTRA v

"< i'histotre U n'est pas faciia do connaître compMtctnent de quarante aiëoies, surtout quand it s'agit d'un peuple comme les juifs. Mais pouf commencer, jasais ceci: H M'y a pas au monde une nation qui se soit plainte à un tel doses sou! de ses humiliations, point et à chaque instant Oncroirait vraiment franoes. de son martyre. que ce ne de l'Europe, des Bourses, de la sont pas eux les maures Mais si affaires intérieures des Etats. poHtique.des nn<!uencojuiven'ëta!tpasB!ïorie,Hyatongtempsque au profit des Slaves et la question slave serait r~sotue Je suis sûr que tord non pas des Turcs. Boacons<io)d et qu'H dirige sa ~sraetites n'a pas oublié ses origines non seulement au point conserM~ce angtaiso politique mais aussi au point do vue juit. de vue conservateur en i'air, mais je ne Mettons que cela soit un propos que !es juiis soient ai martyrises que cc!a; puis croire sur leurs épaules russes portent je crois que les paysans un fardeau que les juifs ne porteraient pas.m'écrit une autre susdit dans Mon .correspondant iettre: <: Avant tout it est aux juifs M~spensaM? d'octroyer ils tous !6s .droits civi!s. (Pensez que jusqu'à présent, de celui de .sont privés du drûit te plus élémentaire leur Monsieur choisir librement Mais, résidence.) vous qui me -dites dàcs un autre mon correspondant; < vous aimez et de votre secondelettreque: passage plaignez iacomparab!emeDt pt~s la masse des travailleurs juive (Ce qui est beau russes que la classe laborieuse de la part d'un juif), pensez juif souffrait que lorsqu'un set résidence, 23.000.000 de ne pouvoir choisir librement ds Russes pânsMient~du~ plus plaints pas que les juifs les aient pénible. Je ne crois alors. A l'Ouest et au Sud de la Russie, on vous répondra ils poussaient.les qu'à cette époque, comme aujourd'hui,

=

]

JOURNAt.

D'UN

ëCHtVAtN

409

leur martyre < Donnauts cris en invoquant personnel et nous pourrons nez-nous plus de droite, clamaient-ils, les autochtones Le Libéfaire notre devoir envers le Russe autochtone. vint et délivra rateur Qui se jota de ses vices pour lui faire suer sur lui, qui abusa aux propriétaires un peu d'or ? Qui se substitua ruraux, leurs paysans, tâchaient do no pas ruiner qui, du moins, de posquand ce n'eat été que dans leur propre intérêt de toute considésesseurs du soi?–Le juif se moqua et s'en fut ration :H prit les bleus des paysans russes avec. Jo sais que les juif<) vont crier en lisant ces lignes calomniateur, je no connaîtrai pas je ne serai qu'un de misères subies par ces i'histoiro des ~Ha~f~e stëcfea plus purs que toutes les nations du monde angiMpura, en particulier. rusM a~o~ Soit! ot que moH peuple que iea juifSiSoient plus purs que le reste de l'humanité! i dans 7e ~fessa~er tf~ J'jEto'ope Je iis pourtant que, dans les juifs se sont du Sud do l'Union iesEtats américaine, de jetés comme sur une proie sur les quelques millions à leur manière en nègres libérés et les ont déjà asservis en mettant à ies prenant besoins d'argent, par leurs à peine et les vices d'une population pro8t l'inexpérience Et que vois-je dans la ~VoM~an ?~!jos? Y hors de tutelle. « Les juifs se sont .abattus sur le peuple littéralement do tout de Lithuanie; s'emparent grâce à l'eau-de-vio.iis du pays. Les prêtres seuls ce quo possèdent tes habitants en les sont venus au secours des malheureux ivrognes dei'eaferot en organisant t des menaçant souSrancos ~Et à la suite des parmi eux des sociétés de tempérance. se sont levés des économistes, qui commencent prêtres le peuple à monter des banques ruralespour sauver des menées desusuriers juifs. Ils instaifent,aussi des martravailleurs cMs; dans les villages pouf quêtes pauvres nécessité à des les objets de première puissent acheter et non a des prix juifs. prix raisonnables J'ai lu tuut cola et je sais qu'on va me crier que cela les juifs sont opprimes que ne se passe ainsi parce )t. et mÏserabies. pour l'existence quëcein'cstguoîa~IuHc Mais les Lithuaniens sont encore que les plus pauvres juifs qui les exploitent. Et je ne prends pas les articles du CK !6

~tM

JOURNAL. ))'UN

ÉCatVAtN

pou~ d'cf" du JVooMaH ~m~s. Messager. de 2'J?<u'opejet de bnu~versor.!e<noNde. troyaMesreveiationa capables Fhistoho de cette écrire serieuâanMnt Si Fon- voulait des feKssentMaMes & race, oatjrouverait par milliers ces deux journaux. 'ceux que racontent <~aqui est &r6mar. aumomeatd'uncpoMa~que, vousavox <)uor,<88tqu8si. sur le jnM, it est Mon inubesoin d'un renseignement Ke bougez pas de t!to d'allet fouiller les bibliothèques, votre sïëgat prenez teiourna! posé près de vous et, à la vous tcouseconde ou trc~Mmp page, ~manqHaNetneat, inutile de dire qu'il i:erM une petite- histoirf juive do ceux qui de hauts faits dM geoce s'Agira toujours ya me d'être '-NatureUement~on viennent rapportes. sont Meures par !a haine répondre que les jouma!te~ Mais alors, si tous menton <t qu'ils tncnteftt. par baiae, « elle doit sigaiHer chose, ):ettchaiasbntvorquoique comme a'êeria jadis Bieitnsky. seMe*. choisir libreà ce que ï& juif puisse Vous demandez libre Mwi~Mt RusseautochtoneesMts! taentMrcitMence. de qui datent ce suj~t t H y a !&-deasas des r~lemenif que Quant aux ~uifs, i! est certain servage. t'epoquodu s'eat bien. élargi vingt leur d'action depuis champ où on n~ les aujourd'hui -ans, car on les rencontra Et tes juifs do pMgaent .avatt jamais ~us autrefois. Je d'être victimes de lei httiiM et'de roppfession. toujours na connais pas tous les detaU& de ia v!e ju;ve, mais iL y a notre pcup!& n'a pas de une chose que je puis atnrmsr haine de parti pris contre .tes juHs.. Si voua ooteadeit <. Judas a -dans Jtt rN& dès gamins on djes ivrognes, dir~ ne hait pas le vendu le Christs. Ittimassedapeupte et injustement. ans que H y& cinquante tuMviMïMmeat J'aim&me vécu avec. lui dans ies je conB&is!& peuple. $ côté de lui, ecseM~ o& M loge, j'ai dorot grande~ BouH des juifs, auc tes mêmes ptaMbes. H y avaiitparmi ne les écartait. et personne ne les meptisttit, personne tes ju~s (et quand prient QMtnd iis éMient en prière it~ !'ey~tea~ Mt costume spéciai, ~toussent dee cria, etc.), c~a~Yaite leur f&6oi~d& Ïairo nul ne MixgeaU. à troMer onno!esd<ntNg<attpas,<MtnesetBoqaeitpa9d'eMX.On et'oa leur MUg!on !eop ocdonna de ptie~ ains! disait

c = c 0

JOURNAL

n'~N

~<:MVA!N

4tt

Les jfuifs, e~x, faisaient bande à part on !es approuvait. maintes occasions, do manger &veo !os Rnases refusaient de haut. (Ht ou cela, mon Dieu? Au et ies regardaient Ils ae cachaient bagne t.) par leur dégoût pour les – Dans l'armée ii Russes, pour io peuple autochtone. on était de môme. Du reste, renseignez-vous, demandez dans MNecaserae, oNonsë le juit en sï !'on a jamaïs, dans ses mœurs. Nulle tant que juM dans sa religion, dMS le peuple pas plus. molesté, part vous no !e verroz que If, juif !& qu'a!Ueura.hoa)me~a peuple remaf~uc de lui; se défend do son contact, mata s'écarte mëprise. Hdlt tranqutitoment C'est sa religion qui le veut cet argument au ainsi », 'et dovant suprême il pardonne ses offenses. Jo me suis romande souvent juif toutes ce qui se passerait s!, dans notre pays, it y avatt 3 milJe crois que lions de, Russes et 80 millions de juifs! ces dern!er6 no taisseraient guère les Musses tranquittes, ne leur pormettratent en paix, je crois pas do prier même qu'its les réduiraient en esclavage. Pis que cela: ii8 les ~eorcheraiont Et quand Us n'aucomptetement raient plus rien à leur prendre, il les oxter)n!neraient, ils massacraient les peuples vaincus au heau comme nationale. temps de leur histoire haine chez !e uno fois, d n'y a aucune N<M), encore Russe contra le juif..Peut iui atre eprouvo-i-it'contre une sorte d'antipathie, mais pas partout, dans certaines cette antipathie devient très Parfois, régions seulement. et je crois forte, mais H n'y entré aucune haine de race n'a pas tous ies torts quand ii se. que le peuple autochtone fâche.

1

STATU8

tN

STATU.

QUARANTE

SIÈCLES

D'MSTO!nE

les Russes de tes haïr d'une taia& Lca juifs accusent mille préjugés. Mais si nous ne parlons qu'exc!teNt qu&

4Ï8

JOUBNM.!)'tW~C!~VAW

de préjugea, que le juif en ait moins que le croyez-vous Russe l'attitude du Je vous ai montré pff MM exempte et mes Slaves étaient des gens du Slaye envers l'israélite, dont j'ai parlé proviennent peuple. Les lettres de Juifs et que do haine, dans ces lettres. contrala instruits popu!ation autochtone 1 Voyex-vous.pourexisterpendantquarantesieclos.c'esta dire pendant toute la période par nous connue presque do l'histoire de l'humanité, dans une teiie union, dans une telle bomogënëiM, après avoir perdu son territoire, et presque son indépendance potitiquo sa foi, poura'ôtro ldde 8imp!eretorde si souvent, toujours adëïoai'anc~M~ N!ent!nod!8ëeen apparence, un peuple si vh'aoo, si resistant qu'il soit, n'a pu tenir bon qu'a l'aide d un a<a~ et les statu toujours conservé ses dispersions pendant persécutions qu'il a subies. En quoi consiste ce e~hts <n sfa~M ? Ce serait-très !ong à exposer. Mais sans pénétrer fond de la question jusqu'au données sur elle. il est possible do fournir quelques c'est qu'iis La idée des israeiites, represenpremière ie monde la seuiepeMonna~M tontdans Ma~ona/e, – ie H n'en faut juif, – et que, si d'autrofi ont t'air d exister, pasîairacas. Elle sont comme Bi elles n'existaient Aie, au pas sache que milieu des peuples, une individualité distincte, les autres ou tu es le seul peK~c dé Dieu, extermine Crois en ta vicet exploite-les. fais-en des esclaves les- autres toire finale sur le monde entier. Méprise avec ouxt Même quand hommes et n'aie rien de commun meme.qoand ,tu seras privé de ta terra et dp ta ï!ationa!ité. tu verras ta race dispersée sur toute !a face du globe, un jour. crois que tout ce qui t'a été promis se réalisera sache mépriser avec les tie~as D'ici !& vis dansfanion et attendre. ~Voiiaj&croisi'eesenced~cé~a~ttM~afH; & prodestinées il y a sans doute des lois mystérieuses '< téger cette idée. –; ~y~t~. ~;t~t~~)-K. -jnt&t.ûivH!t)ës, que~li y a qui l'ont un vague sfahtSM a~afH, ce sont ïea persécutions ne et les antërieures etqu'it crée, ceiies du Moyen'Age S'il encore de la conservation. procède que de l'instinct

= = 0

Ó 0 c

= =

=

=

JOURNAL

R'UN~ÉCMVAÏN

419

on Ru&6t°, c'est que i'oa vous refuse un faiMeauet des vous droits, légitimes. Mais je crois quo quand mémo des droits, vous ne renonceriez obtiendriox l'égalité pas a ce qui fait votre force. Nul ontûtemant de l'instinct de suffi à vous maintenir conservation n'aurait homogënes les plus fortes quarante siecies. Les civ'tisations pondant do ce tompa; n'ont pu tenir la moitié les races qui les se sont fondues avec les autres avaieatfonddea races. H chose de profond et d'universel sur quoi y aïs quelque t'hum~RHe n'aat, sans doute, pas encora en droit de dire le derhiormot. soit dominant Que le carabterore religieux dans votro organisation, c'est incontestable votre proa fait serment de vous vidaaM. sous le nom de Jéhovah, conduire à la victoire, et c'est pour cela que je ne con cois pas un juif sans Dieu. Je no crois môme pas qu'il athées. y ait vraiment des juifs instruits Tout enfant, j'ai entendu raconter un<* iogonde qui veut la venue de que les juifs, aujourd'hui encore, attendent leur Messie, le plus que tous, le plus humble comme aussi bien que le rabbin !)autp!aoo,!o plus ignorant de itabbaiisto, croient que leur Messie les rassemblera un jour, à Jérusalem et fera tomber tous les nouveau, peuples à leurs pieds. On ajoutait que c'était pour cela choisissaient de préférence le métier de que les juifs marchands d'or, d'or plus facile que lè3 biens emporter en terre te jour où Le raycn prédit, brillera Où nous rentrerons dans notre vieille Aveclacymbato.ietympanon, et t'arche Nos trésors d'or et d'argent

patrie saintp.

de Jéru [sa!en)

Mats pour qu~une idée pfreU!s se conserve, ii est nëcestradition secrète La persécution Mirequ'uQe persiste. n'explique pas tout. Les Juifs dec!arent que ce n'est pas une -raison suffisante pour leur ref user des droits pos,~6sjpM.s~!$s.aMtM~jSMJetsrusMS. Voyez, <ïiMntse passe en France les droits sont égaux !!s, ce qui dire pour tous et. entendez-vous du que la crainte xfafM M <faifM ait jamais donné !'ideë de restreindre en
?.

4M

JOURNAL P'UN ÉCRtVAtN

les juifs quoi que ce soit les iiborMs dont jouissent MMunoiesautres? q Cela prouve simplement sont plus que tes i~raëiites là où le peupio est pou développé au point de dangereux vue dos idées économiques. loin d'eotaiEt, bien entendu, rer tes massas avec lesquelles ils se ttouvent on contact. les juifs, partout où iia a'ëtabiisaont, n~omt iMtqu'abaisser le niveau et les appauvri moral des populations matér!eUemMtt. Demandez ea ebaquo pays aux habitants ce qui leur paratt être ~caract6rîst!que aut<tehtO!ïM des on vo~sdira: juifs. La !'<!poBse sera UHantmo. PaUcut c'est !e manque de pit!6. Pendant des siècles Us ont presque MMrahimenttm notre Mn~. Toute leur aoUvttë se tournatt vers ce but asservtr la population la placer dans un autochtone, crueï état do d~pendrnco, tout observant la M~'e des lois <f« pa~. Ils savaient être en boas' termes toujours avec ceux qui ava!oBt entre leurs mains le sort dû peuple et ce n'est pas à eux.do se p!a!ndre du peu de droits qu'ils ont s'Us comparent tour sttuaMon & celle des populations autochtones. –Même en France, to s!ofus in sMM!)~ pas été !noîfeB8!f. Certea, là-bas, ce n'est paa par la faute soute des juMs que le chr!st!aoistni3 est tombe baa: les habttants ont !aur forte part de respoasaMMie; en tout la juiverie a remcas, dans ce pays comme dans d'autres, au mmeu par des placé beaucoup des idées naturollosidées juives. 1/homme, partout et toujours, a trop aime le matcrfaenclin à voir dans la Mbortë la. Hamo, a toujours 6tétrop facutto son existence à t'aHe d argent amassé d'assurer été par n'importe quots moyens, mais jamais h~boaen'a aussi Jiagranto notre, dix-neuvième que pendant siècle. < .Chacun pour soi voila !e principe de ~ous, ~e ne dis des mathonnetos incapas geas,. mais dos trayaiiiaurs voior ou de tuer personne. ÀuttoMs on était pablëade les mauvais tcstiaots étaient conégoïste et cupide/mais teMMpa~ïe~~isHanîam~e.A~jom~urM et !a cupidité au Tanjgde vertus. EhMen~ora. ce n'est sur les marché pas eh. va! que ïes.ÏBra6!i!esre~ncat du remuent les capitaux, soat ieamaitres naancieM,

~OURNAt. D'~N ~CRtVAtN

4ï&

ti est clair que crédit et de la poétique internationale. !eur règne complet approche. On va me rire au nez et dire qu'H faut qub les juifa aient une activité surbuainsi tMaino pour avoir monde. bouleverse te vieux Je veux M<!H,ea euet, que les juifa ao soient pas coupab!e& de taut,wa!a t'fmarqueK que la triomphe des tours a coine!d6avec l'adoplion Leur Influence des principes nouveux. a bton <~ peassef & la roue. ~os contradicteurs aff)rn)ent en que les juifs sont, oa Russie, tant que ma9M. pauvres et surtout partout ~'israemcs qu'i! n'y a qu'ace ctasse.privitêgiée qui pusles neuf tUxiômes do la race sont composes sëdp, que d'infortunés de pain. Mais~ qui iuttent pour un morceau cela n'iadique.t.i! chose d'irrépas qu'il y a !& quelque un vtce qui porte soa châtiment en guuor, d'anormal, lui-même? Le juif est un intermédiaire il fait trafic du iravaHd'autrui. Le capital, c'est du travail accumuteet – En tout ~8, les le juif aime à remue!' des capitaux. < hauts juifs commencent à régner iis sur l'humanité ont déjà modiS6 du monde. Les iaraoiitea rtspect pro& cor et à cri qu'il clament gens y a de bien bonnes lou James do Rothschild n'était parmi eux. Eh! parMou homme c'est entendu Mais nous ne pas un mauvais discutons pas sur le plus ou moins grand nombre de Nous partons de <'M~e ;h~e qui mené braves gens ici-bas. le mi a échoué; alor& que Je christianisme

MAMVIVELAPHA'fËHNtTÉL

l

tout«;!a?Suié-!e un ennem; des juifs? Poutquof dis-je Est-it vrai, comme me l'écrit une jenne nMe juive qui doit étta fort instruite et <i'àme très noble, si j'en juge ces "pSr sa iottrc; csti!~Mi~qtM}'««~M<t si teracement si fort? 9 paùvtes juifs? Est-H vrai que je les méprise PM !ë meiM du monde 'ï'out ee que je Demande, c'èst-a-

M6

JOURNAL

O'UN~C~y~,

et dire pius.d'humanité plus. de justice, joie demande aussi bien pour les juifs que pour tes autres. Et, maigre les objections suis prêt à réclamer souiovëes. que j'ai je tous iea .droits ils en ppufiea juits, bien que ~eut'etre aient pius que les autochtones ou.du moins qu'ils d~ de ~«s aient Maia ~t'an~s /~ct~~p6<<~fn.~t'o~<'r. voici CQ .qui p)e p~sse par la tête ~adt~ets que noire commune rurale tombe abs~uxnent au pouyp!r du juif ce sera Ba ttn. Tous les b!eMS, toute la force, que recrois demain au juif et ïe pauvre paysan sera plus passeront – mal iraMéqu'au temps du sacifage, que d~ je?– qu'à – Ma!~r€ les imaginet!oNs de jpugtartare! .t'ëpoquedu ce genre qui me traversent parfo!$ ja cervpHe, je rëp~te ce que je suis,tout d!8pas6ar~p!am9r pour Ïos juifs les autres et cela au nom d'un pdn qu'ont obtenu chreUon. Je mo contredis, a!ora? Aucu o!pe strictement nement.Du cate des Russes je Ms vois aucune espèce mais il y en a du cot~ des juifs. Si la, .quesd'obatactes; tion n'est pas encore réglée malgré le désir générât, o'fst bien plus par ta faute des juifs que par celle des Russes. Je vous ai déjà parie de ces israSiites qui fuyaient i'auen camarade, ni ne voûtaient ni le traiter 4ocbtone/qni manger avec lui. Le Russe ne. s'en fâchait pas, les excusait, au contraire, en invoquant ia religion du juif, soute coupable en l'occurrence. Un !sraëiite,encoret m'a écrit que !68 siens semaient de penser beaucoup que tes Russes, mais, s'aMigeaiënt ces pauvres de religion n'avaient gens ~as fêe!ie; qu'en no comprenait rien aux idées religieuses de tout cas, lui, notre peuple. A!ors un jmf !nstruit trouve Inintelligible notre Juifs illettrés? des religion? Quelie sera ropinion Mais c'est surtout t'arrpganco juive qui est .pénible autres Russes. Le Russe n'a pas do haine reli pournpua orio encore à gieuse contre !e juiï, bien que ce dernier éieyjela vpi~ en favenr ia persécution. le Russoasouyënt de risraeiito. Mais ,ie ju!~ ini, quand t! juge ai sévère ment Russe, en considération jamais que neprend notre peuple a ~6,ipn~ten~,sLp~ua~qu& bien.~i'autres. afarmer Peut-oa persecuM et,opprim6. qne le juif luimême ne sa soit pas ligué bien souvent avec leapersocN

JOURNAL

b'UN

ËCMVAtN

4Ï7

s'en semblé tears du moujik ? Le juif a-t-i! jamais o'esUu! qui se plaint que le peuple russe Mpontir?Et i'aimepeu! l, à mes correspondants C'est moi <tui demanderais juifs (t'être plus indulgents pour nous. ït serait à désirer que l'union se tit entre eux et nous, que nous portons tes uns contre les que les accusations autres unissent par 8'atMnuer. On peut se porter garant russe. U n& demandera ae!a bonne ~otonte dn pëupto p~t mieux que do vivre avec le juif sur un pied de frasûrs de la réciprocité <ern!t6 par~aHo. Mais sommes-nous nous montre un pou data part des juifs? (tue te juit ~esentimentîratornot pour nous encourager! un certain Je sais qu'i! y a parmi les Israélites nombre de gens qui ne demanderaient pas mieux que de mettre et ce n'est pas moi qui tairai cette Sa aux malentendus vMM. Mais jusqu'à quel point sont-ils capables de nous aldor dans une œuvre de rapprochement vraiment fraterNei?

UN, ENTERRED1RNT UN.ENTERREMENT

J'ai, vous le savex, reçu ces temps-ci pas mal dé lettres ». de Je n'ai pas !e temps M y en avait même d'anonymes. sous mais je no voudrais pader. de toutes, pas passer si!ence une lettre,–nullement ceiie-ia, que anonyme, m'a adrésaëe une jeune Siie juive dont j'ai fait la conde naissance & Potersbourg et qui m'écrit aujourd'hui M. Avec MHe L.je la n'ai presque jamais abordé du nombre des qttèstion juive. Mon quelle me paraisse Sa lettre se relie ires et do bonne foi. juives éclairées sur ses Dature!!emonttutchap!tre que je viens d'écrire Elle traite !a question à un autre point coreiÏgionhairM. de vue que moi, mais semNë apporter un commencement '"tte-sc!tttion."–-–– -– à M. de t'enterrèment, du docteur Hinden!i s'agit jhour~

.=

418

~OMttNAt.

t~UN

JÉCMVAM<

dit eïte, sous une impression toute « J'écris ced), a enterré ici !o docteur Hindenbourg, fratche.Cn mort~à Cctoma protestant, ans. ou .i'&ge de quatre-vingt-quatre, i'a porte d'abord au temple on i'à conduit au cimepuis tière~ Jamais je n'ai vu prodiguer a un ceroueii dep;t. de sympathie, reiiiea marques e)~ood)n des paroles de deuil aussi évidemment sorties d~~OBur~ Le docteur est mort si pauvre pas laisse de quui se faire qu'U n'avait enterrer. <! <! a pratiqua & M. ans et cinquante-huit pendant roQtte saura jamais t<mt.!e bien qu'i! a Mt pendant ce Si vous pouviez, Thoodor MiMtaiiovitca, temps-là. soup. hoîhme c'était H était taedeoin-actioucheur ponner quel au moins ici, & ia poset je crois que son nom passera, sur lui. Tout le peuple térité. U y a déjà des légendes et !e vénérait, son père, l'aimait mais ce n'tst l'appelait sa mort qu'on n pu réaliser tout ce qu'il valait. qu'après Pendant il n'y a eu per que ia bière était dans l'église, sur les restes sonne qui n'ait été pleurer qu'eue renfermontraient une vraie mait. Des juives pauvres, surtout, 1.. douleur. !i en avait tant secourues « Notre ancienne cuisinière, qui est une femme très est venue nous voir et nous a dit qu'à la naispauvre, comme le docteur sance de son dernier enfant, voyait il avait laissé vingt avait rien dans la maison, qu'il n'y mieux ii lui avait Des qu'e!ie s'était sentie kopecks, envoyé deux perdrix. égaiement < Appelé une autre fois chez we accouchée de c~entëie).ii s'était tt'ës.miséraMo (c'était son genre faute de ne pouvait ï'enfant envelopper aperçu qu'on et son foulard (car il Hngé. M avait retiré sa chemise de tète), et avait couverU'onfant. portait un mouchoir « Il avait guéri un pauvre hucherpn juif dont ta femme V~~&tombermaiade; puis ce fut.Ye! lour des.eniMts. deux fois par jour.. Quand tout ie morde !es visitait fut ~ur p!ed,it demanda aujuif:<Eh.Mencom]fneBt ~s:Ju métayer ? -–~Le pauvre homme injL. réppnojt vendre. c'avait plus rien qu'une qù'i! chèvre qu'il aiiait cette ch&vre quatre Hvendit routtes qu'il apporta an ce dernier lès remit a son domestique docteur plus douze

JOWNM.

D'UN

~MV~Ht

`

4t9

Et le domestique, sur son ordre, a!!a roubles qu'il ajouta. acheter une vache. Le bûcheron, congédié par ]o docteur, chez lui. Quel ne lut pas son étonnemènt était retourné une vache. Le domestique lui expliqua en voyant.arriver quo le docteur pensait que le lait de chèvre était nuisible à sa famille. « 1.'histoire de sa vie est pleine de traits de ce genre. on quarante de laisser trente roubles chez )i'!ui arrivait des pauvres. « On t'A enterré comme un saint. Tous les pauvres gens son cercueil. II ont hissei&teucouvraRe pour suivre des qui chantent y a chez les juifs de jeunes garçons Mais ils ne doivent les enterrements. pmumes pendant à l'inhumation d'un homme qui n'apparjMMis.chanter Israélite. Eh bien, aux obsèques du tient pas à ia religion leurs psaumes docteur; les jeunes juifs chantèrent comme l'un des leurs. s'i!s avaient accompagn6 < Dans toutes les synagogues on a prié pour son âme. toutes les églises sonnaient iMotocbeade les pendant militaire ÏMêMiUes.H et aussi un y eut un orchestre des juifs – avaient été OMheatre dont les musiciens, un honneur, aux fils du défunt, la perdem&nde~comme la cérémonie funèbre. Tous les mission de j(ouer pendant qui dix, qui cinq kopecks, les juifs ouvres ont donne, commandé une sp!endido et riches davantage, et t'pna de neura natdrelles qui a été -portée immense couronne. & i'enterretHent. Etie était ornée de rubans blancs et on avait imprimé en lettres d'or, les. noirs sur lesquels, de l'existence du docteur, Mt~ tes plus connus par la fondation d'un bopitai, etc. Je n'ai pas pu exemple mais peut-on énum~ror tous I)t&tout ce qui était imprima; ses mérites ? < Sur sa tombe is pasteur et le rabbin ont parlé de !a tous deux pieuraient. !:{on la plus émouvante !.ui, ffisait !& ~ans !a bière découverte~ vêtu de son vteit uhila tête enveïoppéa d'un vieux moucnofr. tM'me passe, -sa tet&do il paraissait dormir bcave hommOf–et s~* Mot ~ait

0 = )

e

420

MUMM

Ï)'UN

~çMVAtN

UNMsïsot.ê ,< -,4.' Un cas isole, me dira-t-on Eh quoi messieurs, je vais donc être encore une Ma coupable, parce que, dans de soluun cas isoM. jo vois comm& ua commencement tion de tootp la question, juive qui a ~e cette question de mon Cf~nef. déjà tenu tout un chapitre est une grande le docteur, Lavi!iedeM.ouviva!t d'un gouvernement ville, chet-!tou de l'pueat. H y à là une masse de juMs, des Russes et des Polonais, des Liont thuaniens et des AMemands. Toutes ces nationalités réclamé ce bravo homme comme étant ~c!H\ Lui était un AHemand protoatant, estposs:b!ede aussi AUemandqu'it la vache est pure t'être. Sa façon d'agir lofs do~'achatde D'abord n a c'est un trait allemand. ment germanique; me paierasComment inquiété le ju!! avec sa question sa chèvre, n'a (M tu? Et le pauvre diaMo, en vendant valut avoir qu'un seul regret, le regret que sa chèvre ne était Ce vieux médecin roubles. pauvre que quatre do tous les services aussi, et c'était bien peu le payer sous rendus à la famiiie }uivp. )Iais te bon docteur riait H dut Ah tu vas voir un de nos tours allemands cape en pensant être parfaitement heureux que ie juif allait avoir une vache au lieu de sa chèvre. Cette joie io rendit encore de peut-être pius dur à la fatigue, plus Satisfait se nuit suivante, quand ilse trouva au chevet dêvouer.ta de quoique peintre, pauvre juive eh Couches. Si j'étais à choisir, un moment comme, sujet dë tabieau. j'aimerais sujet {~ après une tetie jpurnëe..Le de cette nuit passée est riche pour un peintre d'abord la misère trop euroyaOn obtiendrait de la masure juive. Nemeqt pittoresque car ~.peut-~re~avec ceia.qs.e~ et) aime i'< humour.c'est sentiment profond l'espritdu Avec de !a nnesse et de l'esprit beaucoup cette dennition. où tirer un grand partî ie peintre du desordre pourrait

jdttBNAt.

D~UN

ÉCMVA!N

<81

de ménage s'étaleraient tant d'objets misérables, ustensiles le triste taudis; etce désordroafnMsanf etautres.dana nous toucherait tout de suiteie c<Bur. Je vois aussi un intéressant ouei~de lumière; la chandelle achève do se consumer et par fenêtre crasseuse mais parée do givre, voici que l'unique pointle jour nouveau qui sera dur aux pauvres gêna. Lais le petit vieillard fatigué s'ocsant la mère pour un instant, n'a pu l'a pris, mais faute deJanges cupe do'i'enfànt.Ïi ït ôté enlevé sa che' i'emmaiiioier. son vieil uniforme, Le petit juif nouveau-né mise et Fa déchirée en bandes. ïo prend dans ses bras et chrétien s'agite sur !e!it;ie l'enveloppe de la chemise qu'i! a enlevée de sur 'son propre !a solution de la question juive. Le corps. Voiià~Méssieurs, torse nu du docteur octogénaire, à l'humidité frissonnant du matin, peut figurer en belle place dans le tableau; aussi le visage de l'accouchée j'aperçois qui regarde son et ce qu'en fait le docteur. Muveati-hë Le Christ voit toutcoiado et ïo médecin le sait < Peut-être ia-haut que ce petit juif, un jour, donnera, à son tour, sa chemise à un chrétien, en 86Souvenant du récit qu'on lui aura faitde sa naissance, en lui-même ie vieux docteur, avec pense une noble naïveté. Cela se réalisera-t il ? Qui'sait ? Pourest de croire, comme ie fait !o docquoi pas ? Le mieux cela se réalisera, doit se réaliser. teur, que Un'cas Certes! Voici deux ans nous appreunique! nions que quelque part, dans ie sud de la Russie, un médecin qui sortait du bain et se hâtait de rentrer chez lui pour déjeuner, ses secours à un fut prié de donner homme qu'on venait de repêcher dans la rivière évanoui, – et en jugement s'y refusa. Il passa pour cela. C'était un homme intelligeni au courant des pourtant, peut-être, idéesnoùveiies, un progressiste qui exigeait tes mêmes · les cas isolés. drotts pour tous, – en négligeant vraiment Mais le vieux docteur qui voulait appartenir ce casifsoM. a eu toute la ville à ses funéraiiies. & tous, Les Russes, iesAiiemands et tes juifs pleuraient frater-!Mtt!<Mn«nt~M~Ka h!Ar~. ï.erahhin et tapageur ont p<M'!6,' animés du même esprit d'amour et dé bonté. A ce moment-là elle était presque résoiue, ia question juive! Qu'imdans ie train-train chacun porte qu'en rentrant quotidien, oa

4M

~wyA~

do !a car~mqn!e ~ott. rêvent!~ ses vieux des speotateura e~mentsfUaogbu~o~'ea~pa~crûus~ cont~ Ïe doht~ io~oïtt !a ~t~es< Nommes unïverseta <ioaqaôte ~u MOHde ~n!uï ap~t~t:ï'<u)iM. Ï.espfëJMgës cas <so' et SMiro~t par d~parattre.. ct;attHe pM!ront serait pas 8a<)a <M8<uoiM~t'o~n<eM~ve~6t~<! p~8~eMMre.Unbfave'h6mm6~past)eis<)!a<t'atten. Au~s! 6oaoe que fui ~re .~o toute !'tmmaaiM <îov!et)no comme te doûteur tfës peu gommes seront Htntteabaur~ dti&~orco & .s~yer te monde tant leur. excmpîb aura de ~utaaaoce. Ei8~<!t)e8taît!st,pour<~uo!a~pa9 e~pétor

=

JOURNAL

t)'UN

ÉCRtVAtN

AVRIL

ï LA GUER!)E. – NOUS .SOMMES J.ES PLUS FORTS

» s'écriait-onr est déclarée! <:La guerre 1 La guerre « Elle est déclarée, voila deux semaines chez nous, 1 », demandaient cersoit Mais quand commencera-t-elle taines gens, anxieux. Tous sentent qu'il va se passer quelque chose de dé do vieilles voir l'épilogue oisif, que nous allons peut-être vers histoires que nous Marchons qui ont trop tralné, de rompre avec le des événements qui nous permettront pas en avant. passé, que ia Russie va faire un grand ne peuvent croire que c& Quelques « sages ~.pourtant, leur dit que cela est, mais, Leur instinct soit possible. « La Russie mais persiste malgré tout. leur incrédulité ose-t-o!!e? Est-e!te prête, Comment comment peutello? mais intérieuau point de vue matériel, nojo seulement là't t Et qu'est-ce M y a l'Europe, que rement, moralement? elle t » la Russie C'est un bien grefnd pas pour Le peuple, lui, croit. !1/ est prêt. C'est le peuple luid'accord avec le Tzar. même qui a voulu !a guerre, te peuple se pressa. Dés que la parole du Tarent retenti, En ;isantip manitoute laRussie. dans les égHses,pM en tous les gens dn peuple se signaient feste imceriaï, A Pétersse /<?an~ enpn cette guerre, do voir venir, bour~jMn~e aUJLeMa.1 de l'argent, voutateot eux, oSraïent Les paysans,, leurs ChaTrues. Mais, tout à coup, ces milmême vot~re « A qu0!: s'écrièrent d'une voix unanime liers d'hommes
i-

4~

=

JOURNAt.

D'UN

ÉCRIVAIN

bon de l'argent A quoi bon vendre nos charrues Allons nous-mêmes faire la guerre!~ à Pëtorsbourg, on a souscrit de fortes itci, sommes Les donateurs s'insoripour les Messes et )es maiadea. vent comme très nombreux, anoHjt/mes.Cesfaitssont se produiraient mats ils par~izaines de miUe que personne n'en serait !!s montrent surpris. sottement que tout !e peuple s'est ieve au nom de la -justice et pour ia cause sainte, qu !i s'est !eve pour la guerre et veut marcher. Les « sages nieront coa faits comme i)s peut-être ont nié ceux de l'année dernière certains d'entre eux se Mais que aigninent leurs railleries ? moquerontpeut-.ôtro. De quoi rient-its ? Ah voilà !!s se regardent comme une de laquelle force, comme une élite sans le oonsontemeut on ne fait rien. leur torco ne durera &uere. Cependant Us tiendront un autre ianQuand its se verront débordés En tout cas, tous les vœux seront gage. pour le Tzar et pour son peuple. Nous avons besoin de cette guerre tout autant que < nos frères slaves » torturés Nous nous par les Turcs. levons aller au secours de ces frères, mais nous pour salut. La guerre va agissons aussi pour notre propre l'air que nous respirons et dans lequel nuus puriner étouffons. Les de nos sages crient que nous étouffons dësordres intérieurs, que nous no devons pas désirer .!& guerre, mais bien une paix durable aSn do « cesser d'être des animaux et dodevenir deshommes ~ann de noua haMtuer à i'ordrc. à i honnêteté, a l'honneur. Quand ~ous en serons a!!er nos !a, disent. lis, nous aider pourrons donc ta <: frères siavës~. Commentée reprosentent-iis procède à Paiàe duquel iis deviendront meiiteurs? Cornment se defendront-Us d'être en désaccord avec le sentiment de tout le pays ? Quoi qu'U en soit, 41~ croient touà leur force. < Ils vont faire une promenade jours mi! disent-its maintenant eu pàdant de nos so!dats. taire !t n'j~ aura pas de guerre. Toutau plus des « manœuvres coûteront de .campagne qui de plus cher, des centaines muMona'dë p!us que îë~ < g~aHdea MNaMuWes<.6r<ï!Hatres. Ah s U pouvait arriver que nous fussions battus, qu it nous faii&t bien accepter paix !a dans des conditions des

C

r

s I = =

c

jtOVRNAÏ.

D'UN

~CRtVAtN

485

ils htompheraient les « sages »! ccmme avantageuses, des humiliés et bafouas par eux pendant Et nous serions Grâce a eux surgirait un nouveau années. nihilisme, La jeu négateur comme la premier de la patrie russe. encore sur son drapeau et sur ses foyers. nosse cracherait ses familles, ânonnerait encore comme des déserterait des dithyrambes sur la grandeur euro ie~oas apprises ia bassesse russe. Ce serait, d'après elle, pëeane écrasant un devoir pour la Russie que de se faire aussi petite, H nous faut aussi insignifiante que possible. –Mais non Avec '!a victoire viendra la pala guerre et la victoire. role nouvelle: la vraie vie de notre pays commencera et nous ne serons pins endormis faussepar des radotages comme avant. ment raisonnables môme si nous supposons Mais i! faut être prêts à tout au début, !i ne fautpas nous que des revers nous attendent Le colosse russe n'en sera pas ébranlé et il décourager. finira par avoir son tour. Je n'exprime pas de vaines espérances je suis a&r de ce que je dis. Notre force. toute l'Europe c'est notre confiance dans le colosse russe craint que son vieil editice de tant do siècles ne 8'ëcrou! nous fier à notre colosse, à notre Nous/nous pouvons peuple. Le début do cette guerre ~opu?aM'c a montré quo rien chez nous n'est pourri, corrompu, comme le prétendont nos < sages qui ne songent peut-être qu'a euxun service re~i. mêmes. Ces < sages nous .ont rendu rassure au sujet de nos lisant l'Europe complètement forces. Ils répétaient & l'envi qu'en Russie il n'y avait national. que nous n'avions pas de sentiment pas de parier; que notre peuple et ses p~Hp/e à proprement idées n'existaient de prétendues que dans l'imagination rôvcura demoscovites; quelques que nos 80 millions indifn'étaient contribuables que de vagues paysans et abrutis aucune férents qu'il n'y avait par l'aicooi; soïMàrite entre ~e peuplé et le Tzar et que seuls les faisaient allusion à cette exemples des cahiers d'écriture était démoli mauvaise plaisanterie; que tout, en Russie cm~Hge paFl&MÏMlîsmë'; que nos soldats jetteraient leurs fusils et se fauveraient commes des troupeaux de et h'attenmoutons; que nous n'avions pas de vivres
M.

~28

JOUM<At.

C'UN

ÉOMVAtH

dions qu'un prétexte ~mur reculer que nous suppliions de nous fournir ce prétexte: même l'Europe Voila quelles Toute l'Europe les convictions étaient de nos < sagea < La Russieso meurt La Russie n'est plus rien, s'ëoria ne sera jamais plus rien. Les cœ~rs de nos ennemis et tressamh'en~d'~&e les cceurs tressamhont d'a!so; et de çhrctiensJHdaïsant~ de miUions de juifs europëens et p~us que tout autre tresaaMit d'aise !e cœur de BéaOaL!ut promettait ConsOeitd. que la Russie supportera!! s& L sans youtoir jamais tout, îes'avanïes, tes auronta, de penser détet miner &faire !& guerre. Tous se rejouirent Ils ne remaraucune importance. que !& Russie n'avait l'alliance du Tzar avec son quÈreat pas ie priacipat peupie. Ils n'on! .omis rien ~Mje ce~a A présent iï~ affirment sans rire quo !e patriotisme est du Tzar. Ils ne comprennpnt 06 chex nous du manifeste Ils ne saisissent rien a ~a Russie pas que même si nous tout nous vaincrons,maigre bata!ea, perdons quelques et a la conscience de l'esprit grâce a l'unité populaire nous ne sommes pas !a 'Franco, qui est tout& populaire dans Paris; nous ne sommes pas t'Europo qui dépend des bourses de sa bourgeoisie ent!6rstï!ent et de ia tranune heure au prix quiiiite de sesprpiétatres, acheteepour d'énormes iis eHort~ accomplis par ses gouvernements, et leurs miiiions hp savent pas que nUes juifs européens ai les multitudes de soldat~ de toutes les puissances coalisëes ne pourront nous obliger & faire ce que nous ne youforce comme la n&tr~ “ tons pas faire et qu'il n'y a pasune sur ce globe.. Le maiheur. c'est que ces~ paroies feront rire non seulemeht en Europe mais chez nous. Quelques-uns de nos et avisés e~ n'importe .compatriotes, Intelligents quelle autre mécdnnaisgentent~rementi'csprit circonstance, et la puissance !& tactique de leur pays. Et pourtant contre Bous.~Sajrnotroierrerusse, européenne T)apeutr!en !a tactique a dû tant du reste de l'Europe qui dift~re tout a~utre.et toutes ies d~s une direction progresser ~mëes de TËurope~se~ëut'terSreï~ faite GQntre notre sol i!iiforce insoupçonnée; cique mttë et l'union e'nttcrc du peuple rasse ? 11 est triste que

JOURNAL D'UN ëcMVAtN

~T

la véritable situation. tant de nos compatîtes ignorent nos Tzars et notre peuple !a connaissent. Heureusement, Man notre force quand U'disait Alexandre t~oqnnLaissatt sa~barbo et se retirerait dans nos repousser qu'il laisserait forêts avec son peuple, mais qu'il ne cederatt pas à NapoJamais contre notre résistance. !<on. !<Europesebr!serait et jamais elle ne saurait assez assez d'argent elle n'aurait divisée comme elle l'est, pour nous vaincre. s'organiser, sauront que nous sommes si Quand tous les Russes torts, 11 n'y aura plus besoin do guerres t'Kurope croira en nous; elle nous ~cou~a. comme )adisi'Amerique. nousMais it ~ut pour cela ,que nous Mus découvrions même avant tout et que nous n'ignorions plus que toute tMsunion chez nous est une folie, que nous devons notre peuple. toujours marcher.avec

]

H
FLÉAU

T.~

GUÈRRE MAtS

N'EST BfEN

PAS

TOUJOURS LE

UN SALUT

PARFOIS

Mais nos <! sages se sont cramponnas à l'autre côte de ils pleurent !a question~ rhumaniM Us prêchent i'amour, en songeant sur le sang que l'on va verser, Ms gémissent encore plus < bestiaux », que cette guerjce nous rendra !e 'dos à cette perfection que, partant, noHS tournons qu'i)s rêvaient pour nous tous. mais dans les Certes, }a guerre ~st une grande calamité, une grande de nos sages !i entre raisonoements part u'erreur~ Et puis nous en avons assez de tous ces sermons morale me Bgure qui! y a, plus de hauteuf bourgeois Je dans le fait de sacriBer sa vie pour ce que l'on croit une te caMchismc ~ur ~Us~ saYM~què dany~ut d& nouvelies Une guerre pour la possession richesses~ une guerre entreprise pour le plus grand bien des bour-

~8

Jp~~t,

i[)'~

i~CMVA~

= siers peuttnMuer.en bien, sur ie dpvpioppement d'une mais ignoble'dans, nation, son but prrmtcr, cite doit receler aussi en elie.des germ.es dp corruption et do mort. Si t'Angiqterre, par exempte, intérêts poussée par sa mettait du coM do la Turquie commerciaux, dans la iutta orientale aotueUe, oubMapt ~os g~m!ssp!Ments des crois qu'pt!eauifâit tevë etiemi'me fa!a8intartyr!8~, )o. tôt o!) tard sur aa propre tMe. i'~pf'e qui tomberait Au. contraire, qu'y a-t H do plus saint qu'une guerre comme colle que !a Russie commence aujourd'hui ? ûa vous dira que la HHS9i<? va ainsi acquérir des alliés futurs, donc de la for~e, et qu'eUe ne fera que ce que ferait en luttant i'AnRteterrc pour son 'développement; que je est un danger pour l'Europe, panslavisme qui a !o droit d'en arrêter instinct t'esso! que ce n est que ieternet animai la Russie on avant; ftut donc, qui jette quii humainement, i'euusion da prêcher !a paix et empêcher sang.. Adn,irables Mais quand la Russie aura libéra paro!ea les peuples qu'elle va secouriF, elle no se précipitera pas sur l'Europe comme ceMe-ci ne manquerait le taira pas. do sur la Russie, dans le cas o& o!!o pourrait s'unir toute coptre elle. Les puissaoceR européennes ont toujours agi ainsi, entre elles, quand eUcg trouvaient l'occasion de tomber à plusieurs sur une seule, ou qu'une seule était assez forte pour en accabler une autre. lâchement d'EuVoyez ia guerro,franco-pr.ussienne: une nation et la plus savante, rope, la plus civilisée a profité dune occasion pour fondre sur une voisine, civilisée et savante mais moins aussi, favorisée par J~s cironstancesdu moment. Elle l'a mordue comme une bote sauvage, l'a & blanc en lui prenant des miiiards saignée tt lui a ar' rachéunec&teenluienievant deux de ses plus belles provinces. Après ceia, je comprends que i'~Europo n'est ette se méprend sur les motifs guère coupable quand de lei Russie. u !es uaHons européennes, Comprehdront-eiies, Sëres.saNtt or~nt 4~9 ~MBiefea la v<mt6M,~Hi de teutes~que Russie ignorëe soit pT~!estinee&&tre!a terre et la race de salut, qu'eite seule pourra prononcer la parole qui = = =

= =

L ]

JOURNAL B'UN ËCMVAMt

439

dans un réel amour mutuel? Adunira toute t'humant mettront-eiles que nous ayons le désir de no nous em. dans la tranquilsimplement, ~rer de rien, do donnar et do iiM de notre force, le goat du désintéressement Cette union, nous. la voyons dans le taaion humaine. do toutes les tendances le plus libre ~vetoppemont mutuellement haMainoa, dans l'emprunt que se feront toutes tca races do leurs meilleures orgaparticu!ar!tes Oh que l'humanité comme HO arbre magnifique n!ques. heureuse! ombrage toute la-terre au soldat pourquoi 'Dëm~adez au peuple, demandex its Kt&vent iQterrogax dans cette -!cs sur eo qu'ils désirent comme un seul homme guerre ?Ï!s vous répondront le Christ et pour Hbeter marchent qu's pour servir Aucun d'eux ne pense à une leurs frères opprimés. MUMxion territoriale cette Oui, c'est dans possible, montrer nos desseins pour guerre que nous saurons l'avenir de la Russie et de l'Europe. Ce que nous voulons, c'est l'Union 1 en est ainsi, notre idée est sacrée ce n'est Puisqu'il bestial des nations plus du tout l'instinct accapareuses de faire !o premier mais bien l'espoir qui nous anime, à laquelle nous avons le bonpas vers la paix éternelle heur de croire, indissoluble et le bonheur vers l'union véritable de l'humanité. U né faut donc pas toujours préconiser la paix. Ce ii n'est pas dans la paix à tout prix que sera le salut dans la guerre 1 peut se trouver

? =

"ï LE SANG VERSÉ PEUT-IL SAUVER 2.

.4. <fMtus c'est toujours du .sang-et~~encore du sang et encore du sao~! !y~ .y~#Jt. des mots) Tous Tout cola c'est les sa~es. répètent 1

4M

JOURNAL

D'CN~CRïVÀ~

sur t'humamié font souvent ces'gens qui gémissent trano do cette même humanité. Sans ia guerre, on ver do sang. Croyez que, dans certains serait peut-être pins dans cas, peut-être tous (s'H ne s'agit g'~rrM pas'de la guerre avec M est un procès civiles), ~parieque!, minimum de sang versé, on peut arrivar à ia tranqu'UiM internationâte. H est o)a!f que c'est triste! Mais que~tre.si c'est 1 ainsi vaut tirer le glaive une fois que souari!'sacs Mieux Bn. La paix actuelle rend t'hommaphts féroce que la Ce genre de paix, on 1 acheté toujours eHe pro guerre. duit la stagnation intellectuelle. Ce no sont que les de i'humanité qui s'engraissent pendant expioitateurs une longue la paix. On répète produit que la paix Ceiie de la dixiëme partie des richesse; quelle richesse? hommes infectes de tous les vices morbides qu'enfante cette richesse. Cette minorité transmet ses germes de corruption aux neuf autres dixièmes de l'humanité, mais sans des capitaux L'accumulation entre les mains t'enfichir. d'un petit nombre d'individus développe onM les prividM sentiments. Chez ies piouto teg!es!a grossièreté s'accrottsons craies, iaseneu~itë cesse; JasensuaMM et fait-nattre la lâcheté et la férocité. L'âme malpropre basse d'un voluptueux est plus cruelle que toute autre.Tei qui s'évanouit & la vue du sang qui coule d'uB& sybarite blessure au doigt né pardonnera pas a un pauvre débiteur insolvable et lé fera jeter en prison pour une dett& Un ploutocrate, insignin&Ttte. par souci de sa sécurité est capable de orimeg. H ne connatt pécuniaire, plus des la solidarité humaine et promulgue sans honte < Chacun pour soi maximes dans ce genre On vous dira que les arts prospèrent toujours pendant les longues de paix. Mais si les arts prennent périodes du développement c'est uniaux ~ques pact9qu<es, ouement lett âme'! de teur somnoparce qu'ils réveiitcnt tence abetissante.~Une ~rop ionguot p&ix ïat~ naXrf te Lës~m <ie ia guerre et souyenf ce qm sortira d'une inaction protpng6e, ce no ser~ plus uaè~uito pour entreprise de nobles motifs, mais une campagne guerrière ayant

JOUBNAt.

D'UN

ëCMVAm

W

une camde nouvelles richesses, ponr but l'acquisition des boursiers, des exploiteurs. ~gno faite dans l'intérêt corruptrice, Une guerre de cette espèce est profondément taudis que la lutte tHe peut même perdre un peuple, la lutte désintéressée des opprimes, tentée pour délivrer et sainte l'air, guérit l'âme d'une nation, chasse purifie Une teHe guerre fortino et la mallessp. la poltronnerie du,sacri8oe, par l'union de les esprits par la conaoienee tout le peuple d'un pays. ils ils ont débute, nos humanitaires Voyex comment en refusant tout inhumaine ont fait preuve d'uneférocité à malheureux à des qui criaient tecours martyrisés Mdo. d'abord < Médecin, guéris-toi Leur thèse favorite était ils nous loi-marne « Dédaigneux de la volonté nationale, de vouloir sauver les autres alors que nousreprochaient même pas créer des écoles. Mais, ôhumêmes ne savions aliong lutter un peu aussi pour nous guémtnH&ires.nous Les écoles, eertps.sont utiles, mais ellps rir nous-mêmes. Eh Mon, c'est dans ont besoin avant tout d'une direction. de décision l'esprit tetto guerre que nous~ allons chercher avec la conscience Nous reviendrons qui nous manque. d'avoir servi UM œuvre désintéressée, 4'avoir accompli Notre sang, avec la légitime fierté l'humanité en versant le Nous allons communier.aveo '!a notre torcera~eun~ avec lui c'est en lui peuple, nous lier plus otroitament de notre la guérison maladie, seul que nous trouverons de deux siècles. Oui, ïa improductive de notre faiblesse elle est bienfaisante chose guerre est utile à quelque Cela paratt honteux elle fortiSe l'humanité. sU'on pense mais daM la pratique on peut constade façon arMiraire. arrive ter que la paix, si belle, si féconde qu'elle paraissa, a débiliter les nations. intéresEncore UB~ fois je: ne parte pas dos guerres ~s. Nas eutamts verront comment nuira l'ANcmTERRE.
'· -4.0; 1.

4M

JOURNAL B'!J!t ]6CB<VA!N

t.E

RÊVE n'UN DRÛLB tt'KOMME (aëaTiFANTA8f!Q~E)

ï

on me traite Je suis un. drûle d'homme. Maintenant, de fou. Ce serait d'avancement en pour moi une sorte à passer grade, si je ne continuais pour ausët < drôlo qu'auparavant. H faut dire qu'aujourd'hui Jo ao me Mcho plus des Je SMis plutôt amusé quand on rtt de moi. pMsanteriea. comme les autres si je ne Je rirais même franchement, ne connaissent que les moqueurs voyais avec tristesse moi. Et i! est Menpe* que je connais, pas la Vérité, la Vérité. Mais ? ne comnible d'être seul à connattre prendront paa; non 1 ils ne comprendront paat 1 de sembler th'<~ à Naguère, je souffrais beaucoup tout le monde. Je ne faisais pas que « semMer~ drôle, été drdle depuis et, dès ma naissance je i'~a/B. J'avais 7 ans, je savais que j'étais droto. Plus j'ai api'agede plus j'ai étudie a l'Université, plus }'at pris à i'ëcolo, Si bien que, toutes ies été convaincu drôie. que j'étais sciences pour but, et n'ont que j'ai. apprises B'ayaieat cette idée eupourréSKitat, que de me conurnterdans :v quej'otaisdrole. Il en jetait do même dans ta vie courante que dans mes études. de ma Chaque année, j'etoia plus conscient de ma bizarrerie à toua les points de vue. Tout dr6!erie, le monde se moquait de moi, mais personne ne se doutaitqa'iiyaTaitun homtoe qa! sayait.~ieuX que u'nn. homme c'étatt drAie, et quecet porte qui.. que j'étais moi. Ce fut par ma faute, du reste, qu'on ne le sut pas.

Mt!RNÀL

6'UN

~CRtVÂtN

439

à personne. J'étais trop ner pour faire mes confidences Cette Sorte s'accrut avec l'âge, et, s'il me fût arrivé par de confesser ce fat que je distraction devant qui que me trouvais drôle, je me serais cassé la tôto d'un coup Oh 1 comme je souSrais dans mon adolesde rovolver. !< cénce, à l'idéoqu'un jour, peut-être, j'en viendrais avouer ce que je pensais là. Mais, quand je fus un jeune ma homme, bien que, chaque année, je sentisse grandir sans savoir au juste bizarrerie, je devins plus calme, Peut-être parce que me vint une douleur plus pourquoi. à penser que tout au monde m'était indiSérent. grande mais tout & 11 y avait longtemps que je m'en doutais, Je dernière, coup, l'année je le sus à ne m'y tromper. bien égal que le monde existât ou “ sentis qu'il m'était je cessai qu'il n'y eût rien nulle part. Alors, subitement, les rieurs à de me fâcher contre je no fis plus attention éclatait dans les plus petites eux. Mon indifférence de ms promener dans choses, U m'arrivait, par èxemple, Je la rue en bousculant les gens sans m'en apercevoir. ne veux pas dire-que ce fût par distraction j'avais cessé de penser à quoi que ce fut. Tout, tout me devint indifMrent.. Je conçus la VéC'est alors que je conçus la Vérité. le 3 novembre, rite au mois do novembre passe, pour être plus exact. Depuis cette date, je me rappolle chaque minutede ma vie. Ce fut par une soirée sombre, on nén sombre comme voit pour ainsi dire jamais. Je rentrais chez moi et. songeais justement qu'ii était imc aussi fuligineuse. !i avait une soirée possibiedevoir été une piuie p!u toute là journée; c'avait froide, on l'eut dit noire et hostile à l'humanité. Puis, ia pluie cessa; dans l'air, li me il n'y eut plus qu'une tërribie humidité de la rue. de chaque Semblait que de chaque lierre montait. une vapeur froide pouce carré de !a chaussée, brusJ'eus t'impression que s! le gaz venait à s'éteindre car la lumière du gaz heureux, quement j'en serais de l'air plus évidentes. rendait I'hun)tdité~ot la~tristesso le Ce jour-la, presque pas diné, et depuis je n'avais chez un ingécommencement de la soirée j'étais resté de deux do mes camanieur, qui avait aussi là visite 87 87

4M

JOURNAL t~'UN ~CMVAtN

muet et je crois que mon siienc& rades. J'étals demeuré même les ennuyait, Ils parlaient sur un sujet intéresvenus à s'échauffer en apparence. sant, en étaient mais indiSéMMt. Us j'avais vu que cela leur était, en réalité, s'échauSaiont Je leur avais dit tout à pour la forme. coup « Messieurs, je vois que co'dpnt vous paricx vous froids. !ls ne s'étaient la.isse absolumeat pas lo moins du monde vexé~ de ma remarque; mais, comprenant que et ce qu'ils pensaient m'était ce que je disais profoniia s'étaient dément mis rire de moi. indifférent, où je pensais Dans la rue, au moment au gaz je renoir, et cependant gardai le oiel. U était affreusement des nuages, on faiblement entre lesquels des distinguait à des abîmes. espaces plus noirs ressemblaient au fond de i'un de ces abîmes. Soudain, MM étoile brilla. Je me mis a ta considérer attentivement, parce une idée, celle de me tuer cette nuitme donnait qu 'elle là. Déjà, deux mois auparavant, j'avais résolu d'en finir avect'existence et, malgré ma pauvreté, je m'étais rendu d'un beau revolver, que j'avais chargé acquéreur imméMais deux mois avaient diatement. passé et le revolver restait dans sa gaine, car je voulais choisir, pour me tuer, un moment où tout me serait un peu moins indifl'étoile férent. le Pourquoi? Mystère. m'inspira désir de mourir le soir même. Pourquoi? Autro mystère. Comme je regardais !o cie!, une fillette obstinément huit ans me prit par la manche. d'environ La rue était déserte; un cocher dormait sur son siège, très loin de sur la tête, sa robe nous La fillette avait un mouchoir et toute mouiiiée. était misérable mais je ne Ss vraiment déchirés et trempés. attention Tout & qu'$ ses souliers térriuée Maman t Maman f coup,a petite cria comme Je ia regardai, mais sans lui dir~ un mot. Je marchai plus à me tirailler vUe, mais elle continuait par la manche Je connais tout en criant d'une voix désespérée. ce genre de~~ia-la! Raia~que!ques_mots,en1trecoupés,,jei!~ me mère était mourante, dit que sa au qu'elle était s'jrtie hasard pour -appeler quelqu'un, n'importe qui, pour trouver quelque chose qui pût soulager sa maman. Je ne la

JOURNAL

B'UN

ÉCtUVAtN

485

i

la chasser. En y repas. Au contraire, je voulus un de lui dire d'aller chercher pensant, je me contentai ses petites mains et courut à gardien. Mais elle joignit Alors mon côté tout en pleurant; sans se laisser devancer. Je frappai du pied et la menaçai. Elle je m'impatientai. Mais elle me quitta, Monsieur cria encore: Monsieur la rue et s'attacha traversa aux pas d'un autre rapidement passant qui survenait. Je montai à mon cinquième étage. Je loue une charn" bre garnie, pauvrement meublée, une qui a pour fenêtre Jucarne. J'ai un canapé couvert de toile cirée, une table J'alet un vieux fauteuil. pour mes livres, deux chaises Dans la iumatune et me mis à penser. bougie, m'assis chambre do Ja mienne voisine, séparée par une simple c!oisph, en faisait la fête depuis trois jours. Un capitaine de réserve demeurait là, qui avait réuni dans son taudis de l'eau.une demi-douzaine de chenapans qui buvaient ii de-vie avec iui, en jouant aux cartes. La nuit d'avant, la patronne avait voulu se piainy avait eu une bataille; du capitaine. dro, mais cite avait une peur épouvantable Comme autres locataires, à notre cinquième, nous avions et mère de <mo petite da'me maigre, veuve d'un militaire ie plus jeune de ces trois petits enfants tous malades onfants avait eu si peur en entendantla rixe qu'il en avait de nerfs. Moi j'avais laisse crier pris une sorte d'attaque ia cloison. Cela m'était bien égal. derrière En rentrant, dans le ce soir-là, je pris mon revolver tiroir do la table et le posai à côté de moi. Quand je l'eus <: Est-ce bien vrai? » et je me atteint, je me demandai « C'est bien vrai! (Bien vrai que j'allais répondis me brûler la cervelle.) mais combien de J'étais décidé à me tuer cette nuit-là, à réuechir.a mon projet? Je n'en satemps mettrais-je vais rien. de la Et probablement que sacs la rencontre ~iiptte je me serais brûlé là cervelle. suivis +- -_o. +

s

j

i

43&

jOUHNAL

tt'UN ~atYAtN

M la dou. je craignais. Quoique tout me fut indifférent, Et puis je ressentait de la pitié pour leur physique. dans la r~e, tout à l'heure, et cette petite fille rencontrée do aider. Pourquoi n'étais-je pas venu à que j'aurais son secours ? Ah parce que je voulais que tout me fût et que j'avais honte de ma pitié pour l'enfaut. IndiNérent tuer 1 De la pitié, maintenant que je voulais.me de la petite Clic ne m'avait. diable la douleur Pourquoi Voila que en elle pas étéindiHérente?. C'était stupide à présent! souffrais Voyons! si je me tuais dans deux heures, que m'importait que cette petite fille fût'maiheu de pensée bientôt, reuse ou non? Je n'aurais.-plus je ne serais plus rien du tout. C'était pour cela que. j{! m'étais làchement fâché contre la petite. Je pouvais commettre des tachetés, deux heures pius tard, toat devait puisque, v N'éteindre que le. monde dépenpour moi. il me semblait dait do mol, qu'il était <ait pour moi. seul. Je N'avais qu'à ne serait me brû!er la cervelle et !e monde plus. Peutêtre vraiment, moi, il n'y aurait plus. rien, que qu'après ma au moment le monde dispara!!rait oùdispara!trait si l'univers et les mu~tudes conscience. Qui savant n'étaient pas en' moiseut? idée Puis il me vint une étrange Si, dans une exissur la' Lune ou sur la planète tence antérieure, passée et honMars, j'avais commis quelque action malhonnête d'avoir sur terre la conscience teuse, si j'avais conservé ma honte me serait elle indifété là-bas flétri, déshonoré, Mars ou !a férente quand, de la Terre, je regarderais, Lune~ nigaude. Le Et, au fait, cotte question étatt oiseuse, revolver était là devant mais la moi; je voulait tne t~r, Si furieux. me travaillait, et. j'étais maùditequestion sans avoir trouvé plus mourir après .ceia je ne. voulais une fepooae~tNMm absurde tBtM'r<~ga't.ion?..< ce fut elle qui Enfin, ce futIanHette qui me sauva; sur la gâchette du revolver. m'empêcha d'appuyer

JOURNAL

D~N

~CMVAtN

4S7

ao calmait Pendant que.je le 'vacarme m'apaisais, Les invectives ne furent bienchez te capitaine. grossières murmure. Les adversaires se tôt plus qu'un durent coucher, s'assoupir. C'est alors ce dans mon fauteuil, que je m'endormis qui'ne m'arrivait jamais. Je dormis et je rêvai. Drôle do monde, n'est-ce pas, que celui des songes? Quelquefois des tableaux se présentent à vous avec une minutie de Il arrive détails inoroyabte. au cours des rêves des choses mystérieusement incompréhensibles. Mon frère est mort depuis cinq ans, et bien des fois, tout en me rappelant mon sommeil, pendant parfaitement qu'il est mort, je no m'étonne du tout do le pas voir auprès do moi, de l'entendre de ce qui m'inparler de sa présence, on no peut plus certain MMSse, d'être une minute sans oublier qu'il est sous terre. Comment mon esprit s'accommode-t-il de ces deux notions contradictoires ? Mais laissons cela. Je reviens à mon rêve de cette nuit rêve. En tout cas là. Je suis lâché que ce n'ait été qu'un la Vérité. Quand on a c'est un rêve qui m'a fait connaître vu une fois la Vérité, on sait que c'est la Vérité 1 Il n'y en a pas deux et elle no change pas selon que vous veillez ou dormez. Je voulais quitter la vie par le suicide ? Eh bien mon rêve m'a prédit, m'a montré une nouvelle vie, une vie de régénéré. Ecoutez plutôt. belle et puissante,

j c

III

Je vous ai dit que je m'étais endormi à force de raiw sur ce qui me préoccupait. sonnements Tout à coup je.me vis en-songe, saisissant te revolver non sur la tempe, mais sur le cœur. et nie l'appliquant, dc'mc~rûicr la ccrvcttc en J'aTais poartaotticn rcsota sur ma tempe droite. Je deposant !a gueule: du pistolet meurai un instant Immobile, 16 bout du canon de t'arme n~ 87.

438

JOUHNAtL

p'UN

ÉCMVAiN

sur ma poitrine ia bougie, la table et le mur se appuyé Il mirentadanaer. Je tirai. Dans tes songes il vous arrive de tomber d'une haude vous voir égorgé ou tout au moins teur, maltraité sans éprouver la mordre douleur & moins physique, réel~u'en faiaaat un mouvement vous M vottS~ blessiez Jement dans votre lit, ce qui est rare. 11 n'en tut pas autrement dans ce rêve. Je ne souOris pas; toutefois il me aembla que tout tremblait en moi. Les ténébres se firont. Je me trouvai couche, la face tournée vers !e plafond de ma chambre. Je ne pouvais faire un seul mouvement, mais autour de moi on s'agitait. Le capitaine pariait do sa voix de basse-taiUc, !a patronne du logement poussait des cris aigus. et voii& que,-sans autre transition, on me mit dans un cercue~! que l'on referma. Je sentis que le cercueil était porté; réflexions je us quelques vagues Ace sujet, tout à coup, pour la première fois, me et frappa ridée que j'étais mort, que je no pouvais en douter, que je ne pouvais ni voir, ni bouger, ni parler, mais à sentir et à raisonner. Je m'habituai quejecoatiauais très promptement à cette idée, comme il arrive toujours .dans iessonges tout sans s'ëtonaer. o& l'on accepte Sans aucune cérémonie, on me mit en terra. Déjà tout 'le monde était pan-tL J'étais là, dans ma tombe, aban,donné, oublié. Auparavant, quand je pensais à mon enterbien loin dans le futur, je m'imaginais rement, toujours une sensation de froid et d'humidité, éprouver une fois enfermé dans mon caveau. Ce fut bien ce que je ressentis alors; mes pieds surtout étaient giacés. Je n'attendais facilement plus rien, admettant qu'un mort n'a plus rien à attendre. H se passa alors des heures, des jours, ou des mois. tomba sur mon œii gauche fermé Mais, subitement, d'eau qui avait traverse Ï6 couvercle du cerune goutte cueil puis une seconde, puis' une troisième. En même temps s'éveiiiàit en moi une douleur physiques < C'est ms-blessure. aensaia-je, .c'est Jte coup de, FeY6!ver;!abaHeest!a! d'eau tombait EtJa goutte de mitoujou!'s,peut-etrë nute en minute, et toujours sur mon œit. Je me mis,

,tUUttf<M< JOURNAL

f O'ON u~

c.t«tf'~ ëca!VA!N

439

a déOer, non par à prier, à implorer, comment dirais-je? de tout mon être, des paroles, mais par un élan intérieur iout ce qui veCelui qui permettait, qui avait ordonné nait d& se passer. un principe tu scia, ai tu existes, s'itextsto que –'Oui aie pitié do moi. Mais si tu te et raisonnable, conscient la mort en me donnant veuges de ce que ja t'a! onense que que nul des supplices je te préviens par !a suicide, la mépris que je resne vaincra m'infliger tu pourras et dos nntdes milliers pendant Mnthai immuablement de tortures. i!ers d'années au monta, se Une minute, mentalement. Ëtie me tus. me tomba sur i'œH une nouvelle passa encore; même il à ne pouvoir me tromgoutte d'eau, mais je savais déjà. instantanément. per, quo tout allait changer presque de inconnu Un'être s'empara Et ma tombe s'ouvrit. tous deux dans l'espace. moi et nous nous trouvàmès car !a nuit je pus voir, mais bien peu, Brusquement des nuits qu'aucune était plus profonde, plus ténébreuse de ma vie. Nous étions lancés en plein ciel, déjà loin de rien à celui qui m'emportait; la terre. Je ne demandais n'avais pas peur. J'ignore j'étais ner de la pensée que je ainsi dans !o vide. Tout combien de temps nous planâmes à se passer comme dans les songes où le temps continuait de et t'espace ne comptent pas. Tout à coup, au milieu « Est-ce Sirius~ »l'obscurité, je vis briller une étoile de ne rien demande ma résolution m'écriai je oublieux der. Chez < Non, c'est i'étoiie que tu as vue en rentrant me Je pouvais l'Etre qui m'emportait. me répondit toi humain. une sorte de visage rendre compte qu'il avait Je m'attendais Chose bizarre, j'avais cet Etre, on aversion. une balle dans le. cœur, et je me au non être en me tirant être qui, sans doute, ~'était voyais entre les mains d'un mais qui ~sMf. pas humain, une vie au de!& de la tombe » pen– <: Ators il y a subir la ~o!ont6 d~ nouveau; sai-je. < H me ïaudra <e ~Je me débarrasser! dont je ne pourrai de quelqu'un w a l'Etre m'adressa! à – Tu sais que j'ai peur de toi, et tu me méprises

4.0 4

JOURNAL

D'UN

~CMVAÏN

me rëpondtt cause-de cela. Sans qu'il je sentis qu'il n'avait pourmoiauoun de moi. mépris, qu'il ne riait pas ne me plaignait non p:aa. I! mo conduisait tout sim. pas à un but inconnu et mystérieux. La peur N)e plement une sorte de commugagaaitde plus en plus. Pourtant nication s'établissait entre muette, mais compréhensible, mon silencieux compagnon et moi. Depuis !ongtetnps j'avais cessé do voir les cunste!iat!ons Je savais qu'il y auxquelles mes yeux étaient habitues. avait des étoiles dont la iumiera mettait des siècles à atteindre la terre. Peut-être traversions-nous les espaces où se meuvent ces astres inconnus. J'étais dans t'angoisse – Subitement d'une attente indéterminée. un sentiment et combien familier entra en moi c'était la agréable notre soleil Pourtant vite que joie de revoir je compris ce ne pouvait être noire sbleil, celui qui a donné naissance à no~ Terre. Nous étions à des distances incomde notre système mais je fus mensurables planétaire, heureux de voir & quel pointoe soleil ressemblait à notre soleil. La lumière donn~ vitale, ceiie qui m'avait me ressuscita. Je sentis en moi une vie aussi i'exiatence, celle qui.m'avait « Mais anime avant la tombe iortequo c'est un soleil pareil au nôtre 11 doit y avoir une terre: Où est-elle? Mon compagnon une petite étoile qui brilme désigna lait au loin d'une lueur d'émeraudo. Nous volions droit vers elle. – « De pareilles existent donc dans l'Unirépétitions vers! ~ciamai-je: < Cette terre est-elle donc toute pala nôtre, misérable, mais aimée des plus ingrats reille de ses enfants, comme aimions notre à nous astre, nous ? – Et l'amour de la Terre à jamais abandoncëe en moi. violent et douloureux et je revis l'image repassa de la nllette envers laquelle j'avais si mal agi.. – < Tu reverras dont tout » répondit mon compagnon, la voix sonna triste, dans l'espace. NoMS approchions très vite de la planète. Elle croissait forme de ~~yne d'ceU..Je,recontMt8 &aa suptae~ l'0<<aa,là d'une nouvelle Europe, et un sentiment l'Europe, qui resaomMeadeiajai'jusiea'éwiitaenmoi.

t JO~!M<A~ O'MN ËCMVAtN 441

de notre monde? Je édition Pourquoi cette nouvelle les celle où demeurent Terre, ne puis aimer. que.ma pour traces de mon sang, celle que j'ai été assez ingrat la cervelle. Ah en, me brûlant jamais je n'ai quitter môme la nuit do la séparation, celle-là, cessô.do l'aimer, même, cette nuit-la, l'ai-je aimée plus douloupeut-être – Y a t-il de la souffrance sur reusement que jamais. il n'y a Terre, cette copie de notre monde? Sur notre d'êtres aimants que pour la souffrance et par la souffrance. à baiser le sol du cher astre aban0 combien j'aspirerais en pleurant! Je ne veux d'aucune donné, à l'embrasser existence sur un autre astre t » m'avait déjà laissé seul et, tout à Mais mon compagnon sur cette – sans savoir comment, je me trouvai coup, nouvelle terre, baigné do la lumière d'une journée parabien, sur J'avais pris pied, me semble-t-ii disiaque. grec ou sur une côte voisine. l'une des Iles do l'archipel était bien terrestre, mais comme toutbrillait Oh!que.tout d'une couleur d'une lumière do fête! Une mer caressante, baiser avec frôlait la plage, qu'elle semblait amaragdine, De grands arbres innomconscient. un. amour presque me feuilles brillantes, fleuris et parés de belles brables, tant leur frisfélicitaient,. j'en suis sûr, de mon arrivée, L'herbe était diaprée selis faisait une tendre musique. Dans l'air, des oiseaux volaient ppr de fleurs embaumées. la montrer sans eux. et beaucoup d'entre troupes, se poser sur mes mains, sur venaient moindre frayeur, des ailes. Bientôt les mes épaules on battant gentiment heureuse vinrent à moi, ils m'enhommes de cette terre ces Comme et m'enbrasaëront. tourèrent joyeusement beaux t. Sur mon ansoleil étaient onfaots. d'un autre C'est à introuvable. beauM était cienaoterro, -pareille. découenfants on pourrait peine ai chei! nos plus petits Les yeux de ces vrir un faible' re;flet do cette beauté. ~trea .beoreux brillaient d.'un,doux éclat. Leurs .visages une .conscience sereine, la sagesse. et.une exprimaient et joyeuses voix étaient pures gaite charmante.Leurs Des, le. premier, je regard, <!<~H~~Mv<ti~enfanta. ensur une terre qui, n'avait pas compris tout. J'étais vivait comme core été profanée par le péché; L'humanité

4M

MURNAt.

OUN ECMVAtP! 1

vécu nos {premiers la légende veut qu'aient fueétres, étaient -dans an paradis terrestre. Et cas hommes si vers leurs demeures, bons que; lorsqu'ils m'emmenèrent its s'eCorcaient, de chasser de mon par tous ios moyeaa, Ils né m'iaterM. être te plus léger soupçon de tristesse. savoic tout ce qui me geaient pas; mais !!s semMaient <MHMeraait, et leur piu~ grand souci ~ta~ de me voir re. vraiment heureux. 'devenir
<

ÏV

Bien que je n'aie ressenti ces choses que dans un songo, de i'aaeot'Jteuse sollicitude de ces hommes le souvenir innocents est reste en moi pour toujours. Je sens que .leur aSeotion me suit encore de là-bas. Pourtant je ne les comprenais pas en tout. Je no suis russe, un prosaïque pétorsbourgeois. qu'un progressiste tout ce ~t ii me paraissait invraisembiaMe que, sachant aucunement ils ne Mssent savaient, préoccupés qu'ils l'essence de nos sciences. Je dus admettre Mentôt.que <t6 leur savoir était diuérente de ceiie de notre instrucétaient tout autres tion et que leurs aspirations que les iis étaient Leurs désirs caimes; miennes~ par exemple. le sens de la ~o souhaitent pas, comme nous, connattre était plus remplie que la vie, parce que leur existence et plus .aatre. Leur savoir était, en rea!tte, plus haut Ils connaisprofond que celui dont nous nous targuons. des saiont tout sans science et sans fureur d'apprendre les choses; 'formules. Je compris concevaient commentiis Ils me comme eux. mais ne pus arriver Aies concevoir incaleurs beaux arbres, et je me sentais montraient qu'ils manifestaient pour eux. Je crois pable de ramour même ~u'Us aliaient jusqu'à parier avec les végétaux. fa langue de ce, que nous appelons Oui, ils connaissaient avec à communiquer Ja nature inanimée et parvenaient -~ie.Bi~~ntMd~ i~ avalent des rappo uffcctuoux attaavec les animaux; qui ne songeaient même pasMes aassi les étoitea et me disaient, quer. lis me montraient

` JOURNAt. D'UN ~CMVAtN 443~

de mon entendement; à leur sujet, des choses au-dessus avec en tout cas je fus convaincu qu'ils s'entretenaient de elles plus' matériellement que par une transmission ne s'impatientaient pas de mon pensée. Ces hommes tel que j'étais, mais je Ils m'aimaient incompréhension. non plus, ne me comprendraient sentais qu'eux, jamais, le moins possible de6t c'est pour cela que je leur parlais notre terre. Je me.demandais parfois comment des hommes si supérieurs à moi n'arrivaient pas à m'humilier par leur perà un mauvais être comme moi, ils fection, comment, aucune jalousie. Et pourquoi, me disais-je, n'inspiraient le verbeux et le vantard, l'idée de les moi, n'ai point mon genre de savoir, dont ils en leur révélant donner n'ont pas la moindre idée? vifs et gais comme des enfants. Ils se proIls étaient dans leurs doucesmenaient dans leurs belles. forêts, en chantant leurs belles et douces chansons; clairières, ne consistait )emr nourriture qu'en fruits do leurs arbres, amis le animaux. en miel des bois et en lait de leurs des alit)9 n'avaient que peu à faire pour se procurer Us connaissaient l'amour maments et des vêtements. chez eux,mais tériel, car des enfants naissaient jamais jede ce féroce désir de volupté ne les ai vus tourmentés les pauvres hommes de notre qui torture globe. et qu est la source de tous nos péchés. Ils étaient heureux devoir naitre des enfants qui seraient pour eux de nonleur félicité. véaux compagnons appelés à partager i!sne Hntre eux, jamais de disputes ni de jalousie; même pas ce que ce dernier mot voûtait comprenaient <Hre. Leurs enfants appartenaient à tous, car ils n'étaient tous qu'une seule et môme famille. de maladies Il n'y avait pour ainsi dire-pas chez eux, leurs connussent la mort; mais vieillards. bien qu'ils mouraient comme en s'endormant, entourés doucement, sans tristesse, avec ded'amis qui leur disaient adieu, au contraire. Douleur et larmes étaient doux sourires, On ne constatait iës termes de ` pM~ ignorés~ à de l'extase. romonr, de l'amour qui ressemblait lis s'entretenaient avecleurs défunts. Les~ certainement

c

414

JOURNAL

D'On

ËCMVAÏN

relations

aimés -n'étaient gens qui s'étaient pas la mort. Je remarqaai interrompues par qu'Us no comprenaient pas tresiclairément de quand je leur'pariais vie éterneiie. Peut-être si fermement y croyaient-ils que toute conversation ce sujet leur paraissait oiseuse et suppruuë. Ils- n'avaient mais ils étaient évidempas de religion, ment bien certains la joie terrestre serait que lorsque arrivée à son aummum, un changement surviendrait qui rendrait l'union dès hommes avec !e Grand plus complète Ils attendaient ce moment avec Tout, &me de l'Univers. joie, mais sans hâte; on eut dit qu'ils jouissaient dej& du pressentiment en portaient dans leurs cœurs. qu'ilsAux heures vespérales, avantd'aller dormir, iis aimaient à former des chœurs harmonieux. Ils chantaient alors tout ce qu'ils avaient ressenti dans la journée à laquelle ils.disaient adieu. Ils.louaient la nature, les iorôts. Ils aimaient à la terre, lamer, des chansons les uns sur !es autres; eiies composer étaient affectueuses et douces et allaient au toujours coeur. Ce n'était pas seulement en musique qu'iia exprimaient leur- tendresse mutuelle: toute leur vie était la preuve de l'amitié ies nnsaux autres. qu'ils se portaient Us avaient aussi d'autres chants majestueux~et splentes mots, je n'en saidides, mais tout en en comprenant sissais pas le sens. Toutefois, si mon esprit ne pouvait s'élever de leur mon jusqu'à l'intelligence beauté, cœur semblait se pénétrer de leur sptenprofondément denr suave. Souvent je leur disais que depuis longtemps j'avais leur état de ïéiicité, pressenti que lâchas, sur ia terre, !e contraste entre leur vie délicieuse devinée et ie sort qui était nôtre m'avait maintes fois rempli l'âme dé tristesse; que dans mon inimitié pour ies hommes dé mon globe il entrait aussi tant de -tristesse vouloir Quel supplice les bair et ne pouvoir s'empêcher de les aimer sans touteMs.Arnvera iéurpajcdomerj Us he pouvaient entrer dans un pareil sentiment, mais Je les'aimaissàns de qua m'importait leur demander mes rancœurs. partager entre

JOURNAL O'UN ÉCMVAtN

446

mes songes. ` Oit Hantent, c'est quand je leur racontai ils me titrent choses qu'on ne voyait pas de semblables en r&ve; que, sans le savoir, innocemment, j'avais inventé tout cela, que je m'abusais moi-même, que tous los détails de toutes pièces. je ;es <fvais, dans un délire, fabriqués en réalité, mon Quand je leur dis que c'était peut-être Us m'ont ri au nez Et comment Dieu comme ne puis-je cela était-il mille pas croire que tout cela était ? Peut-être lois mieux, plus joyeux que je !e raconte. Que cela soit un tout cela n'est peutrêve, mais je vous dirai un secret etra pas un rêve ? Car, ici, il est arrivé quelque chose vrai telle horreur le voir en rêve. jusqu'à qu'on ne pourrait Jugez vous-mêmes. Jusque présent je l'ai caché, mais maintenant le plus terrible,c'est cette vérité je raconterai qu'ils réfléchirent trop à tout cela, c'est moi qui, par mes 1 récits, les ai corrompus. Oui, hé!as je les ai corrompus · V

Oui, c'est moi qui fus la cause de leur chute je fus le ferment mauvais qui contamina d'êtres. Je une multitude fus pareil a une trichine à un germe, de peste. immonde, Je corrompis si heureuse avant mon cette terre innocente, arrivée. Les hommes de la belle terre de l'amour à apprirent mentir et se complurent dans ioura mensonges. Ils leur de la- beauté, Ils Introduisirent le mensonge trouvèrent dans l'amour, et bientôt, dans leurs cœurs, naquit la senla jalousie, qui fut mère de la férosualité, qui engendra cité. Oh! je ne me souviens- pas, quand au juste, mais très peu de temps après qu'ils eurent pris goût an mensonge, le premier versé coula. Ils s'étonsang criminellement et prirent nèrent, l'habitude de vivre à s'effrayèrent l'écaTtïesMns des aatrcs. De petits groupes d'ailiésse formerent.maispourmenacerd'autresgroupes.Leshainea éclatèrent. i 88

4<6

JOURNAL D'~N ëcMVAM

Vint au monde l'idée de l'honneur, et chaque groupe d'alliés arbora son étendard. Les hommes commencèrent à maltraiter les animaux, loin d'eux, qui se réfugieront dans les forets, et devinrent leurs ennemis. Des langues diSérentes Uae lutte terrible Ils naquirent. commença. la douleur, connurent ces hommes, en eurent um malen principe saine appétence et érigèrent que la vérité ne Alors apparut chez eux la se révèle que par la douleur. Science. ils commoncërfnt méchants, Quand ih furent devenus à parier de fraternité et de désintéressement et saisirent les idées représentées par ces mots. Quand ils devinrent la justice, rédigeront i!s inventèrent des codes, coupables, construisirent des machines à l'exécution des destinées condamnés à mort. Ils ne se rappelèrent ce qu'ils plus que vaguement avaient été, ce qu'ils avaient perdu et môme ils n'osèrent été reoiiement innocents et heu pas croire qu'ils eussent roux. Ils se moquèrent la même de ceux qui admettaient de ce bonheur passé, qu'ils aneotaiont possibilité d'appeler un rêve. Mais ce qui est le plus étrange, c'est qu'aprÈs avoir perdu toute foi en cette félicite disparue, lis eurent un désir si violent innocenta et heureux de redevenir ce désir, lui élevèrent qu'ils divinisèrent dos temples, lui adressèrent tout en le considérant oom)N& des prières, en mais en se prosternant devant irréalisable, lui,tout larmes.–II est sur, toutefois, que si on leur avait montre cette vie à présent revëe, ils n'en auraient plus voulu. leur en parlais, me répondaient: Quand je ils nous sommes menteurs et injustes « Oui, méchants, nous saMMs, et c'est pour <e!a que nous nefs châtions nous-mêmes plus durement que ne le fera plus tard le qui décidera de nos ~orts et dont nous Juge magnanime Par ne savons pas le nom. Mais nous avons la Science. eilë nous rëtrouveroNS la Vêf!t~,que Bous accepterons, du consciemment. Le savoir est au-dessus cette fois, la compréhension de la vie est plus précieuse sentiment, ~sagesse; !a ~ue" .Tie~-ta~cimoe nous dODnër~ les lois du bonheur. < sagesse noua~révélera Telles étalent leurs paroles, chacun d'eux et-pourtant

JOURMAL 0't)N ne cessa pas faire

ëCMVAtN

447

à l'humanité de se proférer sans entière, si jaloux de autrement. Chacun devint pouvoir de sa propre personnalité qu'il faisait tout l'importance des autres. Le la personnalité au monde pour diminuer même !o servage volontaire. Les faibles naquit, serval de. leur plein gré aux forts, à condition obéissaient que à en asservir de plus faibles ces derniers les aidassent en pleuDes justes vinrent apparurent, qui qu'eux. et leur leur trouver leurs frères rant reprochèrent On riait d'eux ou on les lapidait. Le sang déchéance. des -temples. En revanche, d'autres coulait aux portes un moyen d'amener hommes surgirent qui cherchèrent que leara congénères à vivre en paix tout en admettant de se préférer à tous ceux de son tbacau -avait le droit espèce. à proposdo cette idée, mais éclatèrent De vraies guerres était bien convaincu que la science, chaque combattant la sagesse et i'inatinct de la conservation forceraient bientôt tous les hommes à reprendre ieurs relations pails comet paternelles. Pour obtenir ce résultat, tiBques dans cette faibles d'esprit{et mencèrent par les tous les advernaturellement catégorie se rencontraient do la conservasaires de ieurs idées). Mais le sentiment et les tion perdit bientôt de sa force, et les orgueilleux tout ou rien. Naturellement, Us demandèrent voluptueux il à la violence en appelèrent pour triompher.'Battus, des leur resta la ressource du suicide. Alors naquirent Ce fut un le culte du Non-Être. qui célébraient religions la mort. pour gagner acte méritoire que de se donner l'éternel repos dans le Néant. la Douleur dans leurs poèmes. Les hommes chantèrent Je me lamentai sur leur sur eux. les sort, je pleurai aimant peut-être encore plus qu'& l'époque où la douleur sur leurs visages n'avait pas mis son empreinte qu'alors et beaux. innocents qu'ils étaient J'aimais encore plus leur terre, maintenant qu'elle était profanée par eux, que quand elle était un paradis. Je ten. êtres eu m'accusant, en SaisTnestrâs vers ces pauvres Je leur disais me maudissant d'avoir fait leur malheur. la seule cause; que ~ue j'étais la cause de tous leursmaux,

M8

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

j'avais et~, chez eux, te ferment- de vice et de menaonge. Jete88upp!iaisdomemem'o&mort,domecruci0er,et la croix. Je n'avais comment construire je leur montrais la force do me tMer mo!-nteme, mais J'avais pas, disais-je, de supplices soit de tourments, je voulais être torture t'àmo. )ïa!s. Us se conten. moment où je rendrais jusqu'au taiant de se moquer de moi et. a ta an,Us me prirent un idiot. Ils m'excusaient, afSrmaat que je. ne leur pour ce qui était avais apporté que ce qu'ils désiraient avoir ne pouvait pas ne pas être. maintenant un beau jour, agacés, t!sdec!arereat Pourtant, que je m'enfermer dans devenais et f}u'i!s allaient. dangereux a me taire. une maison de santé si je: ne consentais avec une telle force que je m'envahit Alors la dou!eur sentis que j'allais mourir. Et c'est à ce moment que je m'eveiMai.

=

j-=

cC

? r

Je nie retrouvai du matin. I! pouvait être 6 heures dans le fauteuil. Ma bougie s'était brûtëo jusqu'au bout. daus chez le capitaine, et le silence On dormait régnait Je sursautai sur mon siège. jamais tout l'appartement. avec des détails aussi clairs, je n'avais eu de rêve pareil, Tout à coup, j'aperçus mon.revotver aussi minutieux. de même je te jetai/loin ,tout chargé, mais à..l'instant moi. Ah, la vie 1la vie Je !evai les mains et implorai fou Un enthousiasme t'eterneitoYerite~j'en~pieuraist et me tout mbn être. soulevait Oui'je voulais vivre me dis'je, vouer à la prédication Certes, désormais, je ta Vérité, puisque je l'ai vue, vue d& partout prêcherai mes yeux, vue dans toute fia gloire 1 ce temps-là Depuis je ne vis que pour la prédication. tes do moi; je ïesa~e J'aime ceux qui rient ptusque autres. On dit que je perds ta raison parce que je ne sais comment convaincre mes auditeurs, parce que je cherche à les toucher et que je n'ai pas par tous les moyens bien encore trouvé ma voie. Sans doute je dois m'égarer soavcnt, mais qucMcs paroles dire ? OncMcs "actions donner en exemple? Et qui ne s'égare pas? Et pourtant des le sage jusqu'au dernier tous les hommes, depuis

=

C" 2

JOURKAt.

D'UN

ÉC!)!VA!N

449

tous veulent la, même chose, qu'ils cherchent brigands, divers. Et je ne puis m'égarer bien par des moyens :oin, puisque j'ai vu la Vérité, puisque je sais que tous être beaux et heureux sans cesser les hommes peuvent Je ne veux pas, je ne peux pas de vivre sur la terre. croire que le mat soit l'état normal de 1 homme. Comment croire une chose semblable? J'ai vu la Vérité pourrais-je et son image vivante. Je l'ai vue si belle et si simple que de la voir chez les pas qu'il soit impossible je n'admets hommes de notre terre. Ce que je sais me rend vaittant, J'irai de 1 avant, quand mémo ma fort, dispos, infatigable. mission devrait durer mille années. Si je m'égare encore, dans mon chemin. ta belle lumière du Vrai me remettra de l'autre Au début, j'avais voulu cacher aux habitants de corruption. Mais la Vérité me terre que j'étais l'agent tout bas que j'étais en faute, murmura que je mcn/tns, et la route droite. me montra la route à suivre, de réorganiser le paradis sur notre C'est bien difficile mon songe, j'ai oublié tous les terre. D'abord, depuis mes idées. Tant le mieux exprimer mots qui pouvaient sàns me lasser, car j'ai pis Je parlerai comme je pourrai, Mrsi je ne sais décrire. rire encore et dire comme ils Et les moqueurs peuvent « C'est un songe qu'il raconte et il ne sait t'ont déjà fait même pas le raconter » Soit, c'est un songe t Mais qu'estce qui n'est pas songe ? Mon réve ne se réalisera pas de Je prêcherai tout de même. mon vivant? Qu'importe en serait si simple 1 Ce serait i'auaire Et la réalisation d'un jour, d'HHe heure qu'il faut pour cela? Que chacun aime les Qu'est-ce autres comme soi-même. Apres cela, it n'y a plus rien a dire. C'est compréhensible pour tout le monde, et tout le de là. bonheur découlera Ah! voilà! C'est une trop vieille vérité répétée des Mine s'est enracinée lions de fois -et qui pourtant oulte part. encore. faut la répéter < La compréhension est même de la vie, dites-vous,science de ce plus intéresssnteqHeiavieeMe-mems.La est plus précieuse que la posqui peut donner le bonheur session du bonheur!~
38.

.1

~60

JOURNAL

&'UN~CRrVA!N

et je les combatVoila les erreurs qu'il faut combattre le bonheur, le bonheur trai Si tous voulaient sincèrement .serait, et immédiatement. Et la petite filte?–Je l'ai retrouvée.

V

L'ACQUtTTEMENT DE ï/tNCULPËE

KORNILOVA

Kordo l'inculpée Le 22 avril de cette année, l'anairo jaiiova est revenue devant un autre jury.. l'an Le verdict et l'arrêt par les tribunaux, prononcés de l'expertise ont été cassés, vu l'insuffisance passé, médicale. La plupart ~e mes lecteurs se rappellent proencore J)ablement cette aSaire. Une jeune marâtre (alors furieuse.. son mari, contre qui la mineure), enceinte, les mérites froissait en lui vantant de sa première femme, avec lui, jeta par la fenêtre une violente.querelle ~près d'un quatrième étage ta Mtie de son mari, agéedo six ans. aucun mal. Par miracle, l'enfant ne sent Cet acte sauvage de la jeune femme était si absurde, il était en telle contradiction avec tous ses autres actes, sa responsabilité qu'une question se posait d'ette-memo: entière? Ne pouvait-on cet acte à un était-elle imputer q état morbide dû à ia grossesse Le matin elle se leva, son mari partit à sa besogne, la elle laissa' dormir l'habilla, l'enfant, puis la réveilla, lui fit boire du café. Alors elle ouvrit la fenêtre chaussa, -et la tança dans le vide. Sans même regarder par la fela elle ferme l'enfant, nêtre pour voirie que devenait et s'en fut au commissariat de police. fenêtre, s'habilla, Elle répondit Là, elle raconta ce qui venait de se passer. ~qtt€9tioB&~uBeimtBièreétMngee~gM<Miére:~aaBd, était heures quelques après, on tui apprit <~ue l'enfant saine et sauve, ni joie ni dépit et proelle ne manifesta

JOURNAL

B'UN

ËCMVAM

451

« Elle a la vie dure. » nonca avec un grand saag'frbid un mois et demi, dans les deux Ensuite, pendant presque de rester elle continua prisons où elle fut incarcérée. morne, grossière, peu communicativo. toute. A partir des Et tout d'un coup, elle se changea avant le premier mois de sa grossesse, quatre derniers delà section des prisonla directrice jugement et après, un caractère nières n'a pas assez d'éloges égal, pour elle se manifeste. D'ailleurs, doux, tendre, j'ai déjà paisible, arrêt a été cassé parlé de tout cela. En un mot, le premier a été acquittée. et, le 22 avril, Kornilova et j'en ai emporté J'étais dans la salle des séances d'être dans l'imposJe regrette beaucoup d'impressions. Je dois me contenter de sibilité complète de les décrire. quelques mots. Même si je parle de cette affaire, c'est que mes lecteurs et que je entretenu j'en ai déjà beaucoup fin. faire connattre-la ne crois pas superflu de ieurpn Les seconds débats furent deux fois plus longs que les bien composé. Un premiers. Le jury était excessivement de la section des prisonnouveau la directrice témoin, sur les phases du nières, avait été cité. Sa déposition était extrêmement caractère de la Korniiova importante était 't du mari de la prévenue et favorable. La déposition Avec une loyauté parfaite il n'a aussi très. remarquable. de sa part. Il exrien caché des querelles et des injures Il parlait tusait aa femme. franchement, cordialement, il est vrai, un paysan Ce n'est qu'un paysan, loyalement. de roubles vêtu à l'européenne, qui lit et reçoit trente On salaire par mois. Ensuite il y avait une élite d'experts. tous célébrités et notabilités avait convoqué six savants, <!e)a médecine. eux ont donné leur avis. Cinq d'entre habituel Tous ont déclaré sans hésiter que l'état morbide, ohez une femme enceinte pouvait bien, en l'espèce, avoir Mscité le crime. a renoncé à soutenir l'accuL'avocat général lui-même sation de préméditation. a provoque l'enthousiasme du nombreux L'acquittement s~féiipMMie~PlaaieufapersoBBOssesignèreBt.D'autres citaient mutuellement. chez Le même soir, le mari de l'acquittée l'a ramenée

488

JOURNAt.

B'UN

~CB!VA<N

elle est rentrée de nouveau dans sa = iui. Tout heureuse, demeure, après une ann~e d'absence, emportant l'imprestoute sa vie et l'indice do = sion d'une dure tecon~ pour ea cette anaire: à corn l'immixtion de !a.Prov!dence de !a fillette. mencer par !e salut miraculeux

r JOURNAL O'U~! ~C!t!YA!M 03

MAÏ-JUÏN

ï

A

PROPOS

DES

LETTRES

ANONYMES

!NJUMEU8ES

Me voie! Cette année, je ne suis pas allé à l'étranger. de Koursk. dans le Gouvernement Mon médecin, ayant appris que .j'avais l'intention de et justement dans cette la campagne, passer Fêté – m'a prescrit de boire de l'eau d'Essentouk, région, aMrmant que cela me serait beaucoup plus favorable que habitué. disait-i!, i'eau d'Ems, & laquelle, j'étais déjà est de déclarer de Mon devoir que j'ai reçu beaucoup lettres de mes lecteurs, leurs condoléances m'apportant au sujet de ma maladie. été Depuis que je publie mon C<M'n<~ j'ai toujours comblé de lettres signées ou anonymes/généralement dans très aimables et qui m'ont soutenu et encouragé tna tâche. Jamais sur tant de* osé compter je n'aurais et môme je ne sens m'en pas toujours sympathies, dignes et je aa vois aucun ma) Ces ïettresme sont précieuses, et à t'avouer publiquement. do vantardise On m'accusera du reste de vanité qu'on en pense ce qu'on voudra, à ma reconnaissanc& moi, que témoigner ~ene veux, mes correspondants. Je ne suis plus assez jeune pour ne un cerpas comprendre que ma satisfaction exaspérera ~~Mmb!9évèt'<HM)~~<M<tift~&<e8t!MSSieur&)a, moi j'entai par-dessus !a tête. de lettres qui me sont parveSur plus d'une centaine

1 464 JOURNAL O'UN ~CMVAtN

`-

deux mois que dure ma publication, nuea depuis dix-huit une réeUe hostilité. révélaient -seulement pas 11 m'en est venu de personnes qui ne partageaient leurs objecma ïnanïeM de voir .et qui me présentaient de et polie sérieuse tions sous une forme je regrette toutes coiles-ia~ ravoir pu répondre écrites Mais les deux dont }e viens de parler étaient Leurs aubien moins pour discuter que pour injurier. dès messieurs que je vais énerver teurs sont au nombre .aujourd'hui. annonce ma maladie d'avoir L'une d'elles me reproche se fâche dans un journal. Mon correspondant anonyme le public Comment tout rouge ai-je osé, dit-il,entretenir même mou de ce §'ehra?H .d'un fait particulier parodie et la plus grosde la façon la plus indécente annonce le but principal de la en dehors siere. Mais, laissant d'uae je me suis préoccupe lettre, qui était de m'injurier, soulevait. secondaire Ai-je le droit, à qu'eue question me soigner, ~présent que je suis malade et forcé d'a!!or mon numéro do mai ne parattra ~'annoncer pas pourquoi avec celui de juin ? Jusqu'à à à temps, mais verra !o jour dans Cat'ne~, j'ai annonce ia date maintenant, chaque du numéro suivant et s'il y avait un retard, d'apparition sans autre explication ie pensais que me borner à dire, Lo numéro de tel mois sera mis en vente en même temps un procédé un peu que celui dè tel autre mois, était donc la raison du retard. Cette fois. cavalier. Je donnais Et Est-ce un crime de le dire? .la cause est la maladie. dans mon annonce, sur mon .ai-je tant que cela insisté, venait d'un homme sërieu état de santé ? Si l'observation comme nu sèment de ce qu'il considérerait formalisé 1h aux convenances iiHéraires, je la regardemanquement .rais <oma)o la preuve d'un zèïe excessif, mais respecdu cor. tai)!o. Mais les injures ont tout g&té ~'intention de me blesser. était purement et simplement :respondànt il un peu trop surunevétiiie.mais Je m'étends peut-être 'H~ _y avait <Mj&!<H~<Mapa que ~~éaifeiisdi~queïqaes mots sur les lettres anonymes injurieuses et je-suis heureux .d'en trouver l'occasion.. J'ai souvent pensé qu'à une époque comme la nôtre, où

JOURNAL

&'UN

~CMVAÏN

<S8.

si peu de gens se croient à la place qu'ils méritent, beau« Pourquoi disaient coup de mécontenta s'occupe-t-on » des autres et jamais de moi toujours Je comprenais que ce mécontentement pouvait devenir assez vif chez celui qui en souOrait à pour le pousser le feu n'importe mettre où, et j'étais tenté de l'excuser d'avance. Par bonheur la vocation ne peut d'incendiaire Battre que dans une nature excessive, du genre de celles Il y a d'autres méthodes que j'ai appelées byroniennes. moins féroces pour soulager un amour-propre souOrant. On peut mentir, inventer calomnier, de vilaines histoires ou envoyer une lettre anonyme C'est injurieuse. pour cela que je ne suis pas surpris que notre siècle soit, en même temps que celui des grandes réformes, le siècle des lettres Ces ëpitres peu flatdéplaisantes. anonymes teuses sont partie intégrante de la littérature russe contoutes ses manifestations. temporaine et accompagnent ou des éditeurs n'en reçoit pas ? J'aï Lequel des auteurs des plus récentes revues en appris que les rédacteurs un tel nombre, dès l'apparition de leur recueil. reçoivent bout et se conteritent de qu'ils ne les lisent plus jusqu'au L'un d'eux a voulu me donner une idée do les parcourir. de ces missives; quelques-unes mais, dès les premiers mots. le fou rire l'a pris et il n'a pu continuer. Ce qui prouve que plus ces écrits sont insultants et furibonds. et même amusants. Pour atteindre plus ils sont inoffensifs son but, qui est de tacher, une lettre anonyme doitgarder une certaine de ton. Mais nos mécontents en dignité sont encore à la période de l'enfance de l'art leurs mauvais sentiments sont encore spontanés, ils irréOeohis ont besoin de mûrir. ne sont pas de. la force de l'inconnu Nos insulteurs du drame de LermontoC, de ce personnage mystérieux vindicatif qui, ayant reçu un soufOet, se retira pendant trente ans. dans un désert pour méditer sa vengeance. et de bouillants Slaves qui se Non, ils sont d'étourdis lisseraient h&tentrd'injurier pour en a.voir_D!uat6~8m. tr6& disposés à se 'êconciiier peut-éire avebi'tnsulté aussitôt après l'avoir abreuvé de sottises. Tout cela est très vilain, avouons.le. jeune, frais, printanier, quoique

456

JOUR~AÏ. D'UN ÉCm~AtN

On dit toutefois n'écrit génération que la toute répente toutes les lettres que Du reste, pas de lettres anonymes. Us comprennent sont signées. je reçois de nos <t. jeunes en qu'une lettre de Marne ou de louange gagne beaucoup si elle porte une signature. importance L'insultéur but .que celui de se anonyme n'a d'autre réjouirdesaproprogrossiôreté.Usaitqu'itfaitunecanaii mais,il a besoin lerie, qu'il ôte toute portée à son factum; un état d'invectiver. Je crois que c'est malheureusement chez nous, actuellement. Qu'imd'esprit asse? généra! porto qu'en un an et demi je n'aie reçu que deux lettres de sottises ? Cela ne prouve que mon peu do notoriété et mon insignifiance, mais cela pourrait aussi vouloir dire comme lecteurs, que je n'ai, en grande majorité, que des 11 est certain, que d'autres travailleurs gens honnêtes. des lettres anonymes par centaines plus en vue reçoivent et non plus par paires. Somme toute je crois que les prorusse no l'ont pas rendue plus grès de notre humanité humaine au vrai sens du mot. Il est enrayant d'avoir & dire que tant de gens ont cette rage d'injurier impunécôté d'une porte ferment, en quoique sorte, de l'autre la lettre cette rage. Dame 1 on mée anonyme apaise ne peut pas battre et une lettre ne saurait, une lettre, rougir. on n'avait de notre AoHHew. Autrefois nulle notion Nos boyards entre eux sans et se battaient s'injuriaient un soutuet n'était Mais ils vergogne; pas déshonorant. avaient leur honneur à eux. S'il ne suivait pas !s mode européenne, il n'en était pas moins saint et moins sérieux le boyard sacrifiait pour cela. Pour cet honneur, parfois toute sa fortune, tout son crédit à la Cour, voire même la du Txar. Mais avec le changement de cosbienveillance tume et leport de l'épéo européenne, chez nous apparut l'honneur à l'européenne, qui depuis deux siècles n'a pu si encore s'acclimater complètement dans notre pays, n'a bien que le vieil honneur est oublié et que le nouveau ~M adopté que plus pujnotnsmachi~nale~ Pendant ces deux siècles de notre pariodo eMrop~eHfM, que nous nommerons « période de l'épée », c'est dans le de l'honneur s'est le mieux coapeuple que ia tradition

=

= =0 = ° = i = 0

i

= 0 = 0

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAtN

467

il~4---&" 1--# ,t.. :a servëe. Objectez-moi que le peuple est sale, ignorant, de mon affirmasans indulgence barbare, moquez-vous tion, raUlox autant mais, toute ma vie, qui! vous plaira que notre peuple est plus pur de j'ai ou la conviction eceur que nos classes élevées et qu'il n'a pas encore l'esprit assez confus pour chérir en même temps les idées les les plus plus bettes, les plus élevées et leurs antithèses le font nos intellectuels. Ces derniers viles, comme « richesse de développement et < bienfaits de appuient la civilisation » ce qu'il conviendrait de quaeuropéenne Ils meurent d'ennui et de lifier de désarroi montai. de ces « bienfaisantes mais richesses dégoût auprès le peuple, encore trouvent encore la force de plaisanter au sujet de sa naïveté et indemne de culture européenne, des exigences de sa bonne foi. Mais j'aborderais là un de dire que le plus sujet bien vaste. Je me contenterai grossier homme de notre peuple aurait honte de telles ou hommes de culture telles pensées de certains supérieure. Je sais bien sûr que l'homme du peuple ne comprendrait pas et ne comprendra pas de sitôt qu'il soit loisible de faire des vilenies ne vous regardé. quand personne < derrière la porte fermée parce qu'il n'y a pas de témoins. Notre classe intellectuelle n'a pas de ces scrudu peuple, ce qui est Dans l'opinion puies de conscience. vilain en compagnie la porte. Et nous est vilain derrière continuons à nous plaindre de la grossièreté du peuple. Au temps de ma jeunesse, le plus grand nombre des officiers étaient convaincus que le soldat- d'extraction popune se complaisait dire des ordures. Partant de laire, qu'a de commandants, à l'exercice cotte conviction, beaucoup ou aux maneuvres, à leurs hommes des invecadressaient en rougissaient tives si révoltantes que les soldats posiou s'en inditachaient d'oublier ces obscénités tivement, J'a< ~M fHOt'-fH~MC gnaient plus tard s'ils y repensaient. témoin de ces c~oseg. aux ils commandants, Quant étaient ravis de s'être si bien mis a la portée du soldat -– ."russc-l– dans sa « correspondance avec ses Gogol lui-même, amis ~.conseiilo à un camarade de se servir des plus gros mots quand ii aura à réprimander un paysan son, mém .an serf, même

39

46~

JOMMtAt.

D'UN

ëCRÏYAïN

devant témoins. La peuple russe fait, évidemment, usage bien motos de locutions souvent trèsgrossièrea~maia H emploiera les mots malpropres en qu'on ne croirait. mais n'y mettra pas l'iatea sorte machinalement, quelque tion qu'on se 8gure. Seuls des ivrognes, des vagabonds, des fainéants le peuple méprise, raffineront déclasses, que sur l'obscénité. La peuple, tout en se montrant parfois c'est une laide habitude mai embouche, M'ignore pas que cette habitude. et condamne que celle de parler salement C'est quand ii y eut desaccord entre nos inte!!ectue!s et se persuada les classes populaires que notre aristocratie se détecte de paroles Nos répugnantes. que le peuple intellectuels ignorent complètement le peuple. Les espérances fonde sur le peuple, je crois tout que je nouveUe. aussi bien pouvoir les fonder sur la génération ont de bien plus Lé peuple et la jeunesse intellectuelle de s'entendre chances qu'au temps aujourd'hui grandes où notre était jeune. Notre jeunesse est génération qu'elle fût mieux guidée. sérieuse, et il serait à souhaiter nous parlons do la jeunesse, je dirai qu'un très Puisque pas toutes mes façons de jeune homme qui ne partageait une lettre très vive, quoique voir m'a récemment adressé l'a signée en toutes lettres et a nullement impolie, accompagné son nom de son adresse. Je l'ai prié de passer il est venu et m'a agréablement chez moi; frappé par et i'ardent intérêt qu'il portait à la-question son sérieux Sur quelques points ii finit par me qa! nous divisait. donner raison et se retira fort pensif. àctueHe discute plus que 1~ jeune génération J'ajouterai gens courtoisement que nous ne faisions. CM jeunes du et laissent parler, parce que l'éclaircissement écoutent que la satispoint en litige a pour eux plus d'importance Mon visiteur, avant de faction de leur amour-propre: une ses regrets de m'avoir écrit témoigna partir,me et cela d'une façon lettre aussi vive, parfaitement Le seul malheur est que notre jeunesse manque de digne. gwdcs Comme el!e~ besoin d~direct6u:'s,eHe s'est soude sa vent ruée & la suite de personnages assez indignes toutefois. derniers, confiance; quelques uns de ces être le étaient sincères. puei devra être, quels devront

JOCRNAÏ.. D'UN ÉCRIVAIN

4&&

ou les guides question.

futurs

En viendra-t-il

même ? Telle

est la

II

LE

PLAN

D'UNE

NOUVELLE CONTEMPORAINE

SATtMQUE

DE

LA

VUS

Un anonyme. Mais je n'en ai pas fini avec mon insulteur homme pareil pourrait servir d'exçellent type littéraire dele considépour un roman ou une nouvelle. Ilestpermis rer à unpoint de vue général, humain aussi bien qu'en tant sont les causes de l'appaquelles que Russe, et d'étudier Si rition d'un type de ce genre, chez nous, en particulier. vous vous rendrez vous essayez do scruter ce caractère, vite compte qu'il est impossible que notre état social ne comporte pas nombre de gens de cet acabit. Grâces soient Ils ont rendues à Dieu qu'Us ne soient pas plus fréquents modernes aux liens relâches. nos familles dans grandi ils sont (ils de pères mécontents et sceptiques, quHeur ont transmis une grande indifférence pour les vérités primordiales en même temps qu'un grand désir de croire & quoique révélé encore, de « prochain chosedonon », de vaguement leur haine de l'époque dont s'accommodera fantastique actuelle. H n'en manque pas de ces familles où les parents argent provenant. de la cession de ont dissipé le. dernier leurs terres aux paysans, ne léguant à leurs enfants que & la et-des propensions la pauvreté, l'envie, le scepticisme plus lâche veulerie. d'une telle famille soit devenu Supposez qu'un rejeton fonctionnaire. 11 aura de l'esprit inné, – comme tant de et le perdans un milieu <u l'ironie gens,– mais/élevé détruit ~iaag6~ut:oat touto~oi.il.cro.ira pourtant en luimême et prendra son esprit pour du génie: Et comment ne serait-il sans bornes, pas affligé d'un amour-propre ayant vécu sans aucune espèce de frein moral?

~60

JOURNAL D'UN ~MVA!N

comme Dès le début, H est très ncr.de,Iui-meme;mais, il ne manque pas d'esprit, il devine –joie répète que rire do tout np mené à rien de positif. (Je rapidement un peu moins creux que la nn individu préfère prendre Si son père s'est complu daas son irrévérence moyenne.) n'était qu'une « vieille voulue, c'est que bien queiibërai.ce ëtouCë par lui, le fils, est un génie simplement perruque son âme il Au fond de se faire valoir. son inaptitude tes tachetés profitables. Mais bientôt H est prêt a toutes lâchetés ne découvre que !ea occasions de commettre,des sont pas aussi fréquentes qu'on se 16 figure. S'ii était à celui-ci ou moins génial, il lui serait permis de s'attacher à celui-là, de suivre sa fortune et d'accomplir rapidement homme de trop de carrière. une brillante Mais non; il est « Si les gens au valeur et puis H appartient &l'opposition me chercher pouvoir ont besoin de. moi, qu'ils viennent attend longtemps. et me prient de les aider. H les sbHilui a déjà ce temps un collègue mais pendant citations, un second, passe sur le corps, est devenu son supérieur en font autant oui, même ce troisième puis un troisième en ridicule sur les bancs de l'école spéqu'il tournait sur un surnom grotesque, il avait trouvé ciale, auquel déjà écrit une ëpigramme en vers. C'est lequel it avait ceini-la assax humiliant!. et pas lui-même? Pourquoi décidéNon so dit-il, sont prises. Et contes les places c'est ment mon avenir n'est pas ici. Etre fonctionnaire; bon pour des lourdauds pariez-mot do ,!a,littérature de ses carrièTe Et 11 bombarde les journaux comme ne lui d'abord oeuvres, signées.-On anonymes, puis tontes il persiste; bientôt, i! visite lui-môme repondpas; son les rédactions. quand on( lui renvoie Quelquefois, les il se console manuscrit,' en blaguant spiritucHement sots qui ne le comprennent pas. Mais cela no l'avance <.H y a encore ejncombrement par i"i ~soupireRuère et da voir partout souCro le plus, c'est tCèdent en bonne place des gens qui <f ne le valent pas ». toujours /U~bea~joM,.lontMture!leme))t, vient a Mdée d'enrédactions à l'anedes dont il eu jteptusàse plaindre voyer nno venimeuselettre répète ce petitexercice anonyme. le est bien trouvé c'est amusant,,Mais 'peu après, il s'en

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

461

monde demeure autour de lui sourd, muet, aveugle comme C'est devant. « Ça ne mène encore à rien 1 » bougonne-t-il. il choisit un personalors qu' essaye de « s'arranger mettons nagè, un patron dont il veut se faire le client Le hasard ici peut l'aider, à que ce soit son directeur. le chemin. ne lui aplanissent moins que ses talents attiré l'attenle héros de Gogol, a d'abord Popristchine, les plumes à tailler tion de ses chefs par son habileté où il est présenté d'oie. On l'a invité chez Son Excellence, à ia ûlle de la maison, pour laquelle il taille deux plumes le temps des Popristchine est passé, on doie. Mais il faut chercher emploie des plumes d'acier aujourd'hui, se figure bientôt que la 611e autre chose. Notre mécontent de son directeur'se morfond d'amour pour lui: « Voici les ma chance de succès se dit-il. « A quoi serviraient femmes si un homme d'esprit ne pouvait s'en servir pour le plus grand bien de sa carrière. Il n'y a rien de honteux a cela. Beaucoup de gens sont arrivés par les femmes. de Popristcbine. un fâcheux Mais, comme dans l'aventure Pofait manquer la combinaison. toute aide-de-camp devient fou et s'imagine priatchine qu'il est roi d'Esavec sa nature c'était la conclusion obligée. Mais pagne notre Popristchine ne perd pas la tête. contemporain ont du bon, ii se rappelle que les lettres anonymes une nouvelle qu'il en a déjà fait usage. Il va en fabriquer Il s'en. qu'il n'adressera pas à un bureau de rédaction. ne le voie, ferme chez lui, tremblant que son hôtesse il remplit quatre pages de calomson écriture, déguisant avec délices et l'expénies et d'injures, relit le factum *die à l'aidede camp. Comme on ne pourra reconnattresoa écriture, il ne craint rien. U compte les heures.a présent. fiancé la lit. Oh t Maintenant la lettre doit être arrivée le il va reprendre n'est pas donc Ce sa parole, comment Notre homme sait c'est un « chef-d'œuvre une'iettrë, parfaitement qu'il est un lâche, mais il n'en est que plus content.. q a tieu, mar!<tge La fèttreue produit pas !*cSct vouiu.ï.e mais notre mécontent a débuté dans ce qui sera désormais sa carrière. Il prend des M s'y jette avec ardeur. dont il n'a pas sur la vie d'un générai renseignements
39.

463

JOURNAt. D'UN

ÉCMVAÏN

blessé été très satisfait au ministëre et, son amour-propre des lettres anonymes de plus en plus aidant, il rédige en ridicule le générai et le tourne belles, où il ëreinte sans pitié. Queiie joie il éprouve en ~e livrant à cette besogne qui lui convient si bien H faut voir ses insinuations sur la femme du général, sur ta maîtresse dudit, sur le la façon stupide dont les affaires sont menées dans Pou à peu il se familiarise avec la satire ministère. poliet en vient à perpétrer une lettre adressée tique anonyme au ministre iui-mêmo. Dans cette épltre il propose de tout changer en Russie. Ii est impossible que le génie de sur cette lettre, qui son auteur n'attire pas i attention c'est-à-dire parviendra jusquà. jusqu'à un peut-être « Et quand on voudra découvrir le tel personnage que. nom du génial sans fausse modestie réformateur, je le » révélerai. ii se p&me d'aise en pensant au résultat de ses labeurs i de sa prose lumidéjà on doit avoir pris connaissance admiratif il s'imagine voir l'étonnement neuse qu'expri. ment les visages de ceux qui le lisent. Dans cette joyeuse d'esprit il se permet quelques aimables farces. disposition il favorise de ce H écrit à des grotesques pour s'amuser son vieux chef do bureau, qu'il genre de correspondance sa femme rend prèsque fou de rage en le persuadant que de une tendre liaison le commissaire entretient avec (le pis est~u'ii vagues y a quelques police de son quartier chances pour que ce soit vrai). Et il continue quelque Mais tout à coup une idée inatten temps ses hauts faits. H comprend l'illumine. due surgit en lui, le tourmente, subitement Popristchine plus iàche et qu'il n'est qu'un rédigés dans les coins-proptusvti; que tous ces pamphlets d'une manie absurde, viennent plus lamentable que la folie du vrai Popristchine, qui se croyait roi d'Espagne.Et <est un avertissement a ce moment reçoit qui juste qu'U soit homme d'esprit, il ne sait pas Bien qu'il l'épouvante. se tenir dans les limites de la prudence, et dans toujours avoir écrit sa~ettMaurmiaishe, son~eBihoHsia~me.~pr~a de ses epttres et à qu!? A sa iiaéte parler anonymes, 1 Certes il ne lui a pas tout dit elle ne logeuse allemande l'aurait il n'a laissé atier que quelques pas compris mots

JOUBNAt.

D'UN

ÉCMVAM

46~

de joie. Quelle n'est pas un jour que son cœur débordait son atroce surprise quand, un mois plus tard, un petit un homme méchant, employé d'une autre administration, lui jette à la figure, au cours d'une sournois, silencieux, a que lui, – te petit employé, querelle insignifiante, de moralité pour être incapable d'écrire des suffisamment « comme le font certains lettres anonymes. messieurs ». avec ce mince fonctionnaire, 11 se réconcilie tait même des bassesses en faveur de lui, le pour rentrer auprès confesse et croit pouvoir admettre qu'il ne sait presque rien. Mais s'il en sait plus long qu'il n'en avoue ? Vers la même époque un bruit court parmi les employés du ministère où notre héros est appointé. On assure que écrit des lettres injurieuses aux agents supéquelqu'un rieurs et que ce quelqu'un est un employé. Le malheureux épistolier ne dort plus la nuit, se ronge s'inquiète, On peut peindre très vivement d'anxiété. le supplice que lui fait endurer. Au bout de quelque son angoisse temps il est persuadé tout le monde sait que c'est lui qu'on que Ne se tait encore que pour une raison mystérieuse; qu'on lui réserve quelque châtiment épouvantable. 11 en devient « Les méchantes « Ils presque fou gens 1 pense-t-il. savent tout; c'est de cela qu'ils chuchotent quand je Ils connaissent la résolution contre passe~. déjà prise écrite et signée, la-bas, dans le cabinet du ministre. moi, Et ils affectent Ils veulent voir comment on va d'ignorer avec moi s'y prendre Et voici qu'il a, par hasard, un document à quelconque II entre, il met resporter dans le cabinet du ministre le papier sur le bureau;. le général est pectueitsement à lui notre épistolier va occupé et ne fait pas attention a la main sur la clef quand,-soudain, sans plus sortir, il savoir comment c'est venu que s'il avait roule d&aa un ouvert sous ses pas, il tombe aux précipice brusquement sans avoir eu, une seconde auparavant, pieds du général, la moindre intention de le faire. « Puisque je suis perdu; nnëùx vaut tuut avouer moi-même! s Et ~i parle & Et, les mains «Excellence! Je vais vous dire tout! il supplie le ministre, jointes, qui n'y comprend rien; il s'accuse'en et le ministre tremblant, ignorait tout J'

= F

j

4M

JOURNAL

B'UN

~CMVA:N

caractère. héros est môme ici 8dè!o~ son Mais notre est à son 'comble, it rêve encore Au moment où sa frayeur non moins qu'ébloui touché de sa sincérité que le générât, va !e relever et le serrer dans ses bras: pat' son génie, moi <tTuasfaitce!a,ma!heuroux jeune homme! C'est Je pas su -te remarquer qui suis coupable Je Savais C'est à cela toute la faute sur moi. 0 mon Dieu prends nos jeunes gens les plus brillamment qu'en viennent doues; grâce à notre sottise, à nos vieilles manies, à nos Mais. accepte viens sur mon cœur ineptes superstitions nous allons la moitié dè mes fonctions, et, à nous deux, 1 le ministère révolutionner aussi satisLes choses ne se passent pas d'une manière se faisante. Longtemps, après, notre épistolier longtemps le générai Et rappelle !e coup de botte dont l'a gratifié il maudit son c'est presque de bonce foi qu'à ce souvenir sort et rhumanité ouvert mes bras "< Une fois dans ma vie. j'ai largement et voilà ce que j'ai reçu pour ma récom& mes semblables pense t » et conforme à une fin très simple On peut imaginer du service, notre nos moeurs contemporaines. Chassé homme en vient à contracter, pour cent roubles, un mava de son cote, lui,s'en riage fictif et après la cëretnonie, tandis que la nouvelle epous<!e se rend chez « son marfois « gracieux et distingué », comme chand C'est la dans uue le dit le commissaire ~o police de Chtchédrine semblable. occasion ferait un En un mot, je crois que t'insuiteur anonyme Pour le bien mettre en assez joli type pour une nouvelle. lumière il faudrait un Gogol, mais je suis déjà content d'en d'avoir trouvé ce canevas. Peut-être essayerai-je faire quelque chose dans un roman.

:° 'F k =

JOURNAL

D'UN

ÉCMVAtN

465

ni

LES

PROPMÉfA!RES

D'A~TREFOtS. DEDEMAtN.

LES

DtPLOMATES

de mon point de départ. Mais je me suis bien éloigné J'ai commencé en disant que je me trouve à la campagne et que j'en suis heureux. I! y a déjà longtemps que à la campagne. Mais je n'ai vécu je vous parlerai des champs un peu plus tard. Je me bornerai, pour l'insà dire que je me réjouis d'être ici et de n'avoir pas tant, Au moins je ne verrai pas les Russes ate à l'étranger. faisant les badauds de l'autre côté de la frontière. Vraiment à notre époque de patriotisme, alors que.chez nous, russe que on a la préoccupation d'être plus foncièrement les de contempler nos émigrants, jamais, H est pénible se transformer en je ne sais quelle race sans intellectuels, Je ne parle pas et sans nationalité caractère appréciables. de cote, des pères laissons-les iis sont incorrigibles dont les aux malheureux enfants, mais je m'intéresse des êtres sans nom. Les perps parents font, à l'étranger, des mômes deviennent à la Sn, aux yeux ridicules, M.Bourenino, russes les plus enragés. ~Européens d'un correspondant qui a suiv~ la récente guerre comme dans l'une de ses lettres, l'amujournal, nous raconte, sante rencontre qu'il a faite de l'un de nos « Européens des années maintenant orné de vénérables quarante, boucles de cheveux blancs. à l'étranger, est Ce Russe fantaisiste, qui vit toujours venu « voir la lutte (sans doute d'une distance respecen wagon à propos de tout, il faisait de l'esprit table) dont s'amusaient déjà ces renouvelant ies plaisanteries ii y a quarante Messieurs "s, c'eat-&-d!ro qu'il cross~it etc. Il vit à l'étranger les Slavopbiles, russe, l'esprit i! n'y a rien faire en Russie pour un parce que, dit-il,

`

466

JOURNAL D'UN ÉCMYAHt

tuunrnJ"to ~# fl%T -U T~ n~'n 111'1.. °.-n,(Ynnh.. homme sérieux et honnête. (N.-B. Je cite de mémoire.) Un de ses mots les plus spirituels visait un prétendu projet de faire venir par train spécial le « spectre de Khod'assister au retour de nos miakov pour lui permettre rentrant de Bulgarie et à 1~ résurrection des troupes nations slaves. On pourrait faire observera ce Monsieur aux boucles Manches que lui même ressemble beaucoup au spectre d'un bavard « ocoidental-libéral sans doute très vénérable, mais peut-être assez bouffon. Ce sont surtout les propriétaires terriens qui ont ëmicontinue tous les ans. Dans gré jadis, et leur émigration le nombre de ceux qui abandonnent la Russie, il est certain qu'il y a d'autres éléments que la classe des propriésont en majorité. Ils haïssent la taires, mais ces derniers soit parce qu'il n'y a rien à y faire pour leur Russie, « sérieux et leur honnêteté soit tout naturellement, – pour ainsi dire physiquement, sans causes morales, abominant son c!imat, sa campagne, ses forêts, ses paysans – tout enfin. ils ont emporté l'arlibérés, sou. histoire, de beaucoup ,gent du rachat des serfs, mais dans l'opinion d'entre eux la libération du paysan était la mort de tout en Russie, de la campagne, de la propriété, de la noblesse. Il est vrai qu'après le travail rural l'émancipation, demeura C'est pour sans organisation. quelque temps cela que les propriétaires se mirent à vendre et & vendre, et qu'une eux s'exila à d'entre trop grande portion Mais quelque cherchent, l'étranger. qu'ils justification ils ne peuvent ni à leurs dissimuler ni à leurs concitoyen~ cause de leur emigration propres enfants que ia première a été l'attrait Dès leur exode, d'un égoïste « farniente la campagne à chaque russe changea de maîtres instant, perdit même son aspect, se oenuda en partie de ses forêts, et nul ne peut dire encore qui la possédera et quellesora sa physionomie définitive. Et c'est l'avenir de la terre rusae qui doit nous préoccuper le plus. Ceux à qui appartient le sol sont les mattres de la contrée à tous les points de vue. Ït en fut ainsi partoutot toujours. Mais. dira-t on, ce sont nous avons aujourd'hui des communes organisées, donc elles qui sont maîtresses de tout. Nous nous occuperons tout a l'heure Je veux de ce coté do la question.

r

JOURNAL

D'UN

ÉCRIVAIN

46~

d'abord alier jusqu'au bout de mon idée actuelle, tout en brièvement. Si le sol est possédé .m'expliquant par des les questions gens s~CM:c, tout ira bien dans le pays aussi bien que les sérieusement, réglées graves seront détails particuliers. On rit, chez nous, par exemple, des écoles populaires moi je crois qu'elles sérieuprendront sment racine dans le pays lorsque la culture et la prod'une manière priété seront organisées sérieuse; l'agriculture bien entendue donnera de bonnes écoles, et les conduites écoles judicieusement donneront une bonne !t en sera de môme de tout, parallèlement. Le agriculture. fonctionnement de l'organisme national ne sera pariait terrienne forteque quand la propriété sera, de nouveau, ment assise. Le régime de cette propriété aura aussi la influence. Sa façon d'être, son caractère plus grande seront ceux de la nation. nos propriétaires se promènent à Mais, pour l'instant, hantant les capitales et les villes d'eaux, faisant l'étranger, monter les prix des hôtels, traînant derrière eux des bonnes et des gouvernantes pour leurs enfants, qu'ils habillent selon les modes anglaises, la plus grande pour do l'Europe, et s'ébaubit. On les prend gatté qui regarde rentiers. Allez donc dire à l'Europe pour do richissimes sans rentes, leur que ce sont des rentiers qui mangent dernier capital L'Europe ne vous croira pas -les choses no se passent pas ainsi chez elle. Ces sybarites qui Canent allemands et sur le bord des lacs suisses, par les kursaals ces Lucullus de Paris qui se ruinent dans les restaurants savent très bien, et s'en affligent, qu'ils arriveront de leur rouleau et que leurs enfants, au bout ces chéruen petits seront forcés plus tard bins déguises anglais, do demander l'aumône ou do se transformer en ouvriers ou allemands. Ils s'en affligent, maïs tant pis 1 français Après eux, le déluge A qui la faute ? Eh parbleu ftoujours à nos moeurs et traditions russes, qui veulent qu'un il faut homme « comme ne lasse rien. Les plus libéraux d'cNtreeuxajouteBt~eut-etre intérieurement «Qu'imnos enfants n'aient de fortune ils seront porte que pas héritiers da hautes et saintes idées Elevés loin de la ni les popes, ni ce mot imbécile Russie, ils ne connaîtront

468

JOURNAL

O'UK

ëcm~A<N

"11- -t.& ~v. ,et' lis comprendront de « Patrie que ia patrie est un prémême de tous, ceux qui regnea~ jugé, le plus dangereux lis-deviendront de nobles esprits internaen ce-monde. inau. Ça sont des Russes humains. qui auront tionaux modernes. >t guré la série des vraia esprits < boucles il n'y a guère Que les'vieu~ Pourtant, certains, ainsi, et encore pas tous blanches qui parlent < boucles Manches se montrent en dépit do leurs dites des connaissances. de pensée moins noble et entrevoient disent » faire < Nous nous ruinons ici des « rotations des « rela. acquérir iis, « c'est vrai, mais nous arrivons'& être très utiles. tions » qui, plus tard, en Russie, pourront soit, mais Nous élevons nos enfants dan9 l'esprit libérai, Hs planeront ce n'en sont des gentlemen. pas moins seront, et qu'ils dans les sphères élevées,. tout libéraux extre chez les ~entiemon libérales profitent les opinions chez Il y a un « distinguo moment au conservatisme. à nous élevons nos enfants nous. Mon Dieu! 1 puisque cela veut dire que nous en ferons des diplol'étranger, de consuls, etc., d'ambassade, mates. Ces places d'attachés et parfaitement nombreuses charmantes, sont absolument Nos enfants seront ainsi dotés d'emplois bien rétribuées. C'est une carlucratifs. de tout repos et de traitements rière qui met les gens en- vue, un état propre, décent, sont fa Les travaux « genttemaniiko diplomatiques dans cette voie-là, à se faire des « relaciles on continue, des « relations », et nullement tions toujours parmi les Si des gens mal étevés demandent Russes do bas-étage. des déqui nécessite au consul une assistance gênante, le consul met les gens mal élevés 6 la porte rangements, « Ah ça Vous imaginez-vous après les avoir chapitrés toutes vos ici pour. écouter employés que nous soyons dans notre chère vous croyez toujours sornettas?Vous il est décent; est propre, M n'a pas Notre.office patrie. Vous vous figurez du désordre. été créé pour occasionner de ce tarabuster les hauts personnages que nous allons dans !a.ace..Voilà-t-il pas pays? Mais Mgai'dex-vous. nos enfants seront Oui, une jolie binette de réciamateur Pour cela, il nous faut des eux aussi. des personnages, Notre devoir pateret encore des relations. « relations

JiMRNAÎ.

B'UN

~CRtVA)N

460

nel est d'y pourvoir. Le reste viendra par surcroît. Si bien que tous ces émigrés ne sont pas aussi iudéde l'être. Ils sont toujours à qu'ils se targuent pendants Ne serait-il la chasse aux relations. pas bon de mettre les enfants un peu au courant de ce qui se passe on Russie, de la vie russe, de l'esprit russe. en ce temps de réformes, chacun chez Aujourd'hui, Le malheur est que nous veut vivre de ses idées propres. moins d'originalité. Je Pourquoi? jamais nous n'avonseu moi de résoudre cette mais ne prends question, pas-sur d'enfants une des causes qui feront que nos chérubins insuffisante de la langue seront des sots, c'est l'étude russe, comme je le disais déjà l'an passé. Grâce aux bonnes et aux gouvernantes d'enfants étrangères, jamais cette n'a été aussi fâcheuse. lacune dé l'éducation Quant aux élève de l'autre côté de la fronrusses chérubins qu'on seront diplomates s'inquiéter puisqu'ils tière, pourquoi est le français ? C'est bien et que la langue diplomatique assez de savoir le russe grammaticalement. si vrai que cela ? Je sais que cette question est Est-ce mais elle est banale, vieille au point d'en être devenue encore, dans la presse, loin d'être résolue. Dernièrement au sujet des œuvres françaises on y revint indirectement Ori affirmait de M. Tourguenev. que M. Tourguenev facilité en russe ou en'franpais. écrivait-avec une égale Certes je ne de mal à cela ? demandait-on. Que voyait-on vois là, en effet, rien de mal, surtout quand il s'agit d'un d'un homme qui possède aussi par aussi grand écrivain, do russe. la langue faitement Qu'il écrive en français Et je m'aperçois temps à autre, c'est son auaire. Mais. tous les recommencer à employer que.je vais me répéter, dont je me servais à cette même place l'an arguments dernier. Vous vous souvenez que mon discours peut-être Elle de famille russo-étrangère. à une mère s'adressait à la carrière seg enfants diplomamaintenant prépare de ressasser mes tique, et bien qu'il me soit désagréable je me "risquerata peut-êtr~ & recommence); ma~ Opinions, avec elle. controverse t s'écrioMais le français est la langue diplomatique ~n 40

f i

4!0

JOURNAt.

B'UN

~CMVA!N

rait!a BMMMUtqui sesetai~Mtto fois jhmgaompnt prépara à !a diseuaeioa et le prendrait ds haut avec moi. O~t, Madame, cepoMdtais-ïQ.et c'est un&de eea vérités sur iesqueHe~on ne. chicttna pas. Mais e& qa~te disai~du, russe peut a'appiique~ au trancaiatM'ea~eepaa? Pour le fond de sa pensée en français. tant être exprimer absolument mattEcdc cet idiome. Etb bien, itn'y a qu'une seule condition, qui permette de parier une parfaitemeot Bon Je torque langue. je vous impatieNte, que vous ai!oz me reprochée do récita mes. propres paro!e&. de mémoire je laisse. cela.. Ce n'est pas uo, thema pour ~HMes. Je veux: bien admettre qu'un Russe puisse s'approprier complètementmais ce sera langue îraBsaise. aussi & une. condith)~ U faudra qu'H soit oe en France, en Franqu'il y ait graad!; qu'il se soit métamorphose mais je vous assure çais. Vous souriez, que l'émigration et Ja bonne parisienne rien. !i n'est pas prouve n'y feront votre chérubin soit ua Tourgoenev, n'est-ce que pas? Les Tourguene~ sont caroa, jp voua tache? AUons, votre fils est un TourgHenev et mëmei trois Tourguenet tondus en un seu! individu, maiSt.. –.Mais, interromprait ïadamet. au fait, voyons, Est-il n6cessair& qu~ua. diplomate soit aussi ïort que cela Les relations'font plus que le génie. Mon mari. – VousavMraisoa. à mon Madame, interromprais-je relations le toupies peuvent mais, laissant beaucoulh, plus possible de côte~ votr& mari~ j'ajouterai qu'un peu tout au moins, joint aus ceiations, ne gâte rien. d'esprit, Toutefois, je voua. concéderai, qu'il y a des diplomates d'une bêtise remarquaMet des Les relations procurent mais âpres?; Votre chérubin fait ses études places, soit dans les grands restaurants d& auit, noce avec de jeunes cocottes; en compagne de'vicomtes et de comtes étrangers russes, maisapEes.?. n sa!H<tutes les iangacs et, par conséquent, aucuee. N'ayant pas d'idiomq propre,~ ne saisit des id~es, et< des. ~ntiMnenta de toutes que des mo~ceaox dan&)tn;abso!u.étatde tjea.naRooa.on esprit doi4.etM. M devient ainsi. g&cMs, si j'ose m'exprimer diplomate, bien î Mais, pqmr lui, i'hMtjOi!r~es,nat!pns est une plaisanterie I! ne soupçonne quelconque. pas de quoi vivent

Ç'

r = ? J

f

JOURNAL

~'iUN

ÉCRn'A~)

471

ii ignore si les !ea ~np!es, comment ita sont organises lois qui PégissenHes nationaux se diSMrents organismes une M gënërale, H ~era tout internationale. rapportent & tous des'ëvëaements-du monde prôt.aoxpMqïter par les tes pins futiles. raisons Telle Tcine. par exemple, aura irrité la favorite de tel roi, et il en sera résulté une Vous ne me permettez de raiguerre entre deux Etats. sonner qu'à votre point de vue/en ne m'occupant queues relations ?? Mais, pour acqu&rir des relations, il faut de t~mobitité, de la douceur, de la bonté; il faut aussi de la persévérance. Ua diplomate doit être un charmeur, n'est-ce n doit vaincre sans violence, pas? dirai-je Eh bien sans savoir sa propre presque. Croyez-moi. sans en être complètement on ne peut tangue; mattre, même pas former son caractère, même, ou plutôt surtout ai le 'chérubin a été généreusement doué par ia nature. L'heure viendra où il lui sera indispensable d'exprimer sa pensée d'âne façon tormeHe mais alors, n'ayant à sa aucune iOrmo appropriée à ses sentiments, ne disposition se trada~'e lui-même avec exactitude à t'aide courant idiome complètement A'ua ~aTn~{~er dès l'enfance, votre u!ssara inférieur & lui-m~me~ ii se lassera de toujours ses locutions toutes faites, il deviendra distrait, soucieux, aaxieax saMmotH apparent, puis grognon et insupportabie~'sa a~nte aMtérera i! est même capable do seg&ter à force da se faire de la bile! y songez-vous l'estomac 1 Mais vous éclatez 4o Tife. ~'est vous qui pourtant m'avez !0t)!ig6 à vous dire ce que je pense des 'diplomates :deceMesorte.Je <s'6is, du reste, que la gentidiptomatique <estd'aea pauvretétnentale extraordinaire. MeMons~u'elie soit oompesëo ~hommes Mais de queMe ~spëce ~'esprit. d'hommes Vous ngure~mus d'e~pï-it? qtte t'un d'eux, surtout a