Jugement sur la constitutionnalité de la mise en accusation de la Présidente de la Cour Suprême du Sri Lanka par Me Geoffrey Robertson Voici un bref

résumé d’un jugement rendu par Me Geoffrey Robertson (membre du Conseil de la Reine) sur la constitutionnalité de la mise en accusation de la présidente de la Cour suprême du Sri Lanka. Le jugement dans son intégralité en anglais peut être trouvé ici : https://www.barhumanrights.org.uk/sites/default/files/documents/news/legal_opinion.pdf Un rapport du Comité des droits de l’homme du Barreau de l’Angleterre et du Pays de Galles préparé par Me Geoffrey Robertson conclut que la présidente de la Cour suprême du Sri Lanka est non coupable des accusations de mauvaise conduite qui ont entraîné sa destitution le mois dernier. Le limogeage de la présidente est de ce fait survenu en représailles contre une décision « consciencieuse et juste » prise dans une affaire judiciaire où elle s’est prononcée contre le gouvernement. Le rapport a été préparé par Me Geoffrey Robertson, éminent avocat spécialiste des droits de l’homme, premier président du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, appuyé par l’ONU, et « juriste distingué » membre du Conseil de justice interne de l’ONU, lequel contrôle la conduite des juges dans le système onusien. Me Robertson conclut que Dr Shirani Bandaranayke, la première femme juge du Sri Lanka, a été destituée de son poste en raison de ses jugements « méticuleux et consciencieux » ayant déplu au gouvernement et à la famille du Président Rajapakse. Le rapport de Me Robertson analyse les accusations portées contre elle et affirme qu’elles ne sont pas basées sur des faits. Il ajoute que certaines des allégations portées contre Dr Bandaranayke, notamment l’utilisation de son titre dans ses relevés bancaires, ne pouvaient pas raisonnablement être considérées comme des fautes professionnelles. Il accuse le gouvernement de miner l’indépendance de la magistrature en encourageant ses partisans à manifester contre Dr Bandaranayke, et à utiliser des slogans injurieux ainsi qu'en finançant des feux d’artifice et d’autres célébrations en l'honneur de sa destitution. Me Robertson affirme que les droits les plus élémentaires de la défense n’ont pas été respectés par la « Chambre étoilée » formée de sept ministres du gouvernement, lequel a jugé Dr Bandaranayke dans le cadre d’un procès tenu secret. Ceux-ci étaient partiaux envers elle à cause d’un jugement qu’elle a rendu contre le gouvernement. Ils ont refusé l’entrée non seulement au public, mais également à des observateurs internationaux de renom. Ils ne lui ont pas donné le temps de préparer une défense et lui ont signifié qu’aucun témoin ne serait appelé sans l’accord du tribunal. Dès qu’elle s’est retirée, ils ont appelé seize témoins qu’elle n’a pas pu contre-interroger. Me Robertson a constaté qu’il était inconcevable que Dr Bandaranayke puisse être reconnue coupable d’inconduite pour 12 des 14 chefs d’accusations et que les preuves ne soutiennent pas le premier chef d’accusation (qu’elle ait rendu un jugement dans une affaire qui aurait avantagé sa sœur) et le quatrième (qu’elle ait des « avoirs », sous la forme d’un compte en banque vide, qui ne seraient pas déclarés). Les faits démontrent qu’elle a été limogée en représaille contre son jugement dans l’affaire Divineguma (qui a trait au transfert de pouvoir au frère du Président) et peut-être pour la position franche que sa Commission des services judiciaires a défendu ce qu’elle considérait, non déraisonnablement, commeune menace à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Me Robertson conclut que : « Les leaders politiques sri lankais ont traité la cheffe de leur système judiciaire comme si elle était l’ennemie publique numéro un, malmenant le processus démocratique en la jugeant dans le cadre d’un procès injuste afin de la punir d’avoir accompli son devoir constitutionnel et ensuite célébrant sa révocation injuste avec des fêtes et des feux d’artifice. » « Bien qu’il y ait un débat intellectuel intéressant au sujet des frontières constitutionnelles qui séparent les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, je ne considère pas ce débat comme étant lié à la question de savoir si la présidente de la Cour suprême a été destituée de façon adéquate. À cette question, la seule réponse est non. »

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