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PROPOSITION DE LOI visant à lutter contre l'obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits

Présentée par M. Jean-Vincent Placé Sénateur de l'Essonne Président du groupe écologiste du Sénat Jeudi 21 mars 2013

Dossier de Presse

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Sommaire

CONTENU
L'obsolescence programmée, c'est quoi ? .......................................................................................................................... 3 Communiqué de presse ...................................................................................................................................................... 4 La loi, en bref ...................................................................................................................................................................... 5 Les enjeux pour le consommateur ..................................................................................................................................... 6 Les enjeux pour l’environnement ....................................................................................................................................... 7 Biographie de Jean-Vincent Placé ....................................................................................................................................... 8 Le texte de la proposition de loi ......................................................................................................................................... 9

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L'OBSOLESCENCE PROGRAMMEE, C'EST QUOI ? L’obsolescence programmée (aussi appelée « désuétude planifiée ») regroupe l'ensemble des techniques visant à réduire délibérément la durée de vie ou d'utilisation d'un produit afin d'en augmenter le taux de remplacement. Ce phénomène permet l’écoulement des stocks et le renouvellement illimité des biens.  L’obsolescence technologique : c’est l’innovation qui rend les objets rapidement obsolètes car il existe un objet plus performant, plus sophistiqué, incompatible avec l’ancien matériel. C’est contre cette forme d’obsolescence que nous voulons lutter dans la proposition de loi.  L’obsolescence psychologique, ou esthétique : les phénomènes de mode. Le design, le marketing et la publicité y jouent une grande place.  L’obsolescence technique : c’est le fait de concevoir un produit en anticipant sa fin de vie. Les fabricants rendent aussi les produits irréparables : soit par ce qu’on ne peut pas le désassembler, soit parce qu’il n’existe plus de pièces détachées ou qu’elles s’avèrent trop coûteuses. L’histoire démarre en 1924. Alors que les ampoules électriques sont conçues pour tenir au minimum 2500 heures, les fabricants confrontés à la chute des ventes se mettent d’accord pour limiter leur durée à 1000 heures. Cet accord resté sous le nom de « Cartel de Phoebus » est sûrement un des exemples les plus parlants d’obsolescence programmée. Dans les années 1940, la même chose aura lieu avec le bas-nylon et, plus récemment, une puce a été installée pour bloquer certaines imprimantes après un nombre délimité de copies. Ces exemples, tirés du documentaire « Prêt à jeter », illustrent parfaitement la notion d’obsolescence programmée. En écourtant volontairement la durée de vie des produits, l’obsolescence programmée a pour objectif de créer le besoin d’acheter. Le phénomène qualifié d « ’obsolescence programmée » des produits, théorisé par Bernard London1, a donné lieu à une prise de conscience générale des médias, des économistes, des consommateurs, des associations environnementales, des think tanks et des États, comme la Belgique qui a adopté une résolution au Sénat le 2 février 2012 en vue de lutter contre ces pratiques. Lorsqu’il était candidat à la présidentielle, François Hollande avait répondu à un questionnaire du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) à tous les candidats, dans un courrier daté du 6 avril 2012 ; il prenait les engagements suivants : « Il nous faudra enfin agir sur la durée de vie des produits. Tout en soutenant des modes de consommation responsable, c’est sur cette donnée intrinsèque que nous devons travailler. Plusieurs pistes existent, qui devront être étudiées au regard de leur intérêt environnemental mais également – pour certaines – en prenant garde à leurs éventuelles répercussions sur le pouvoir d’achat : (…) la lutte contre l’ob solescence programmée des produits par l’instauration progressive d’une garantie longue de 5 ans, puis de 10 ans pour les biens de consommation durables et la modulation de l’écotaxe selon la durée de vie garantie du produit ».

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Bernard London, Ending the Depression through Planned Obsolescence, 1932.

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COMMUNIQUE DE PRESSE Jean-Vincent Placé Président du Groupe écologiste, Sénateur de l'Essonne Une loi contre l’obsolescence programmée Pour en finir avec la « technologie fragile » Batterie d’Iphone irremplaçable, imprimante subitement en panne le lendemain de la garantie légale, chauffe-eau indémontable, cartouches d’encre in-rechargeable… autant d’exemples du quotidien qui démontrent l’impuissance du consommateur vis-à-vis des stratagèmes utilisés par certains industriels pour écourter la durée de vie de nos produits. L’obsolescence programmée vise à accélérer artificiellement la fin de vie des produits contraignant les consommateurs à renouveler l’achat pour gonfler les ventes. Ce système impacte le pouvoir d’achat, autant qu’il creuse les inégalités de richesses entre les ménages. Cette logique, autour d'une technologie conçue pour ne plus durer, représente un scandale écologique. Multipliant l’achat de nouveaux biens, elle conduit à augmenter de façon exponentielle les déchets. De manière globale, la surproduction des produits est incompatible avec la raréfaction des matières premières. La France consomme actuellement 50% de ressources naturelles de plus qu’il y a 30 ans. L’obsolescence programmée symbolise un modèle économique linéaire en crise, de façon structurelle. Ces pratiques sont à rebours du sens de l’histoire : le progrès au service d’un développement soutenable. Pour Jean-Vincent Placé : « l’obsolescence programmée, c’est une aberration écologique et sociale. Il faut stopper cette arnaque du tout-jetable. Le droit d’utiliser des produits fiables, réparables et durables doit être garanti. » Pour en finir avec la technologie fragile, Jean-Vincent Placé propose des mesures dans le cadre de sa proposition de loi, parue le jeudi 21 mars 2013, suite à une série d’auditions. Le texte prévoit d’étendre la durée légale de conformité à cinq ans contre deux actuellement, pour encourager les entreprises à créer des produits plus fiables et de qualité, puisque le coût de la réparation leurs incomberait. Elle impose également de mettre à disposition les pièces détachées essentielles au fonctionnement des produits dans un délai d’un mois, pendant une période de dix ans. L’éco contribution sera également modulable selon la durée de vie du produit. Enfin, la proposition de loi demande un rapport au Gouvernement sur le développement et les perspectives de l’économie de fonctionnalité en France, qui pourrait constituer une alternative économique, complémentaire à l’économie circulaire.

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LA LOI, EN BREF  Les dispositions prévues par la loi  Définition du délit d’obsolescence programmée pour permettre des actions en justice, notamment grâce aux « actions de groupes ».  Extension de la durée légale de garantie de 2 à 5 ans (de façon progressive) : La garantie sur les produits progressivement étendue à cinq, conduirait les industriels à concevoir des produits durables et de qualité, afin de ne pas subir les coûts de la réparation.  Prolongation le délai de 6 mois à 2 ans pour faire jouer la garantie sans besoin de prouver le défaut de conformité pour le consommateur : c’est garantir le pouvoir d’achat et favoriser l’allongement de la durée de vie et la fiabilité des produits.  Accès aux pièces détachées pendant une période de 10 ans (dans un délai court, 1 mois) pour faciliter la réparation. La meilleure qualité des produits permettrait une réindustrialisation locale et des créations d’emplois non délocalisables pour l’entretien et la réparation.  Bonus/malus de l’éco-contribution, dans le but de valoriser l’allongement de la durée de vie du produit, notamment par l’amélioration de sa réparabilité.  Demande d’un rapport sur les perspectives de l’économie de fonctionnalité en France, c’est-à-dire la vente de l’usage et non celle du bien, qui pourrait constituer une alternative économique pour un modèle de développement soutenable, complémentaire à l’économie circulaire.  Information du consommateur, soit mise à disposition des notices de réparation, ainsi que des information sur le recyclage, le réemploi et toutes formes de valorisation des déchets de produits électriques et électroniques.

 Auditions réalisées dans le cadre de l’élaboration de la loi Cabinets ministériels : B. Hamon ; A. Montebourg ; D. Batho ; P. Moscovici Universitaires et institutions : Philippe Moati, Ademe Associations : Le CNIID, Les amis de la terre, UFC Que Choisir, FNE Fabricants et distributeurs : Simavelec, SFIB, SECIMAVI, FICIME, GIFAM, FIEEC, FCD, Panasonic, Darty

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LES ENJEUX POUR LE CONSOMMATEUR  L'impact de l'obsolescence programmée sur la confiance et le budget des consommateurs L’accélération artificielle de la fin de vie des produits contraint les consommateurs à racheter, impactant leur pouvoir d’achat, dans une période économique et sociale particulièrement difficile. Pour les ménages, c’est la double peine : un produit de qualité médiocre et qu’il faut renouveler précocement malgré un budget serré. L’obsolescence programmée alimente un système inégalitaire entre les plus aisés et les plus précaires. Ces achats répétés sont sans aucun bénéfice, esthétique ou technologique, pour le consommateur qui est contraint de renouveler des produits défaillants, alors que les avancées techniques et technologique permettraient de produire des biens dont la durée de vie est beaucoup plus longue. Il est nécessaire de légiférer en la matière pour interdire les stratégies malhonnêtes de certaines firmes et permettre au consommateur de trouver sur le marché des biens de qualité.  Les avancées permises grâce à la loi : le droit d’utiliser des produits fiables, réparables et durables La définition du délit d’obsolescence programmée pour permettre des actions en justice, notamment grâce aux « actions de groupes ». Cette loi a deux buts essentiels : allonger la durée de vie des produits et permettre leur réparation. Afin d'atteindre le premier, la loi prévoit de faire passer la durée légale de garantie de 2 à 5 ans. Cette mesure incite les fabricants à concevoir des produits plus fiables, afin de ne pas subir des coûts de réparation ou de remplacement. La réparation est facilitée grâce à l'obligation de mettre à disposition les pièces essentielles au bon fonctionnement du produit, permettant ainsi de réparer facilement son produit. Ces mesures renforcent la fiabilité et la durabilité de produits et épargne le budget des ménages qui ne seront plus obligés de racheter incessamment.

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LES ENJEUX POUR L’ ENVIRONNEMENT  L'obsolescence programmée, face à la finitude des ressources naturelles La surproduction des produits est incompatible avec la raréfaction des matières premières. La France consomme actuellement 50% de ressources naturelles de plus qu’il y a 30 ans. L’obsolescence programmée symbolise un modèle économique linéaire en crise, de façon structurelle. La France consomme actuellement 50% de ressources naturelles de plus qu’il y a 30 ans, et les ressources en énergies non renouvelables sont sur le point d'être épuisées. Produire des biens peu durables implique donc de produire toujours davantage. La consommation de masse et le renouvellement de plus en plus fréquent des produits obligent à intensifier la production : au final l’avantage écologique gagné au moment de l’utilisation du produit est perdu plus que proportionnellement, en aval, à cause de la surproduction. L'obsolescence programmée est le symbole d’une société de gaspillage, elle dilapide les ressources naturelles et énergétiques sans apporter aucun bénéfice, ni même esthétique ou technologique, aux consommateurs.  Une production de déchets exponentielle La production de déchets n’a jamais été aussi élevée qu'aujourd'hui en France. Au total, c’est plus de 500 kg de déchets qui sont jetés par personne et par an , sans compter les déchets indirects, issus du processus de production. Cette croissance des déchets posent de sérieuses questions en termes de gestion des déchets, de coût pour la collectivité et de recyclage dans les pays du Nord. C’est également un enjeu de santé environnementale pour les populations des pays du Sud (Afrique et Asie surtout), devenus de véritables pays « décharges », soumises à de graves problèmes sanitaires à cause de la toxicité des déchets qui arrivent à leurs frontières par containers entiers en provenance des pays développés. Non seulement les produits sont rapidement hors service, mais au lieu de privilégier la réparation, le remplacement est encore trop souvent la norme. Une étude réalisée en 2011 par TNS SOFRES et GIFAM observe que dans 40 à 50% des cas, des appareils sont remplacés alors qu’ils sont encore en état de fonctionner ou qu’ils seraient techniquement réparables.  Les impacts environnementaux positifs prévus par la loi. En instaurant une durée légale de garantie de 5 ans, les fabricants sont incités à allonger la durée de vie des produits. La mise à disposition des pièces détachées facilite la réparation plutôt que le renouvellement du bien. Enfin, un bonus/malus de l’éco-contribution permettra de valoriser l’allongement de la durée de vie du produit, notamment par l’amélioration de sa réparabilité. La loi demande d’un rapport sur les perspectives de l’économie de fonctionnalité en France, qui pourrait constituer une alternative économique pour un modèle de développement soutenable, complémentaire à l’économie circulaire. Encouragée dans les conclusions du Grenelle de l'environnement, l'« économie de fonctionnalité », (également baptisée « de l’usage »), consiste à vendre l’usage d’un bien plutôt que le bien lui-même. Michelin, par exemple, ne vend pas ses pneus, mais propose un service d’usage et de maintenance chez ses clients au kilomètre, puis les récupère en fin de vie. En utilisant un vélo en libre-service en ville, nous le pratiquons sans le savoir.
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BIOGRAPHIE DE JEAN-VINCENT PLACE Jean-Vincent Placé est né le 12 mars 1968. Membre d’Europe Écologie les Verts, il est élu sénateur de l’Essonne en 2011. Il est Président du premier groupe écologiste du Sénat (depuis janvier 2012) et membre de la commission des Finances. Il est, par ailleurs, membre du Comité des Régions. Après avoir débuté sa carrière professionnelle comme auditeur financier, Jean-Vincent Placé a été assistant parlementaire auprès de Michel Crépeau, député-maire de la Rochelle, puis Directeur du Cédis, centre de formation pour élus locaux. Élu Conseiller régional d’Île de France en 2004, il a présidé le groupe des Verts jusqu’en 2010 et a fondé Natureparif en 2007. Lors des dernières élections régionales, il a dirigé la campagne de Cécile Duflot et s’est vu confier la vice-présidence du Conseil régional d’Île-de-France déléguée aux transports et aux mobilités. Il a quitté ce poste lorsqu’il a été élu Sénateur.

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LE TEXTE DE LA PROPOSITION DE LOI PROPOSITION DE LOI visant à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des
produits PRÉSENTÉE Par M. Jean-Vincent PLACÉ et les membres du groupe écologiste,

Exposé des motifs La nécessité de prendre des mesures fortes face à l'urgence écologique s’impose plus que jamais dans nos politiques publiques. La France consomme actuellement 50% de ressources naturelles de plus qu’il y a 30 ans et la production de déchets n’a jamais été aussi élevée. C’est plus de 500 kg de déchets qui sont jetés par personne et par an, sans compter les déchets indirects, issus du processus de production. Le phénomène qualifié « d’obsolescence programmée » des produits, théorisé par Bernard London ou encore Brooks Stevens, a donné lieu à une prise de conscience générale des médias, des économistes, des consommateurs, des associations environnementales et des États, comme la Belgique qui a adopté une résolution au Sénat le 2 février 2012 en vue de lutter contre l'obsolescence programmée des produits. Bien que la plupart des entreprises cherche à proposer des produits de plus en plus fiables et innovants, différentes stratégies sont parfois mises en place pour accélérer artificiellement l’obsolescence des produits, afin de favoriser leur renouvellement. Cela peut passer par une innovation technologique ou esthétique, mais également par des procédés techniques visant à concevoir un produit en raccourcissant délibérément sa durée de vie potentielle. C’est sur ce dernier point que porte la présente loi. Selon la définition de l’ADEME, « la notion d’obsolescence programmée dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Ces techniques peuvent notamment inclure l'introduction volontaire d'une défectuosité, d'une fragilité, d'un arrêt programmé, d'une limitation technique, d'une impossibilité de réparer ou d’une non-compatibilité logicielle. Le renouvellement accéléré des biens contribue fortement à la surexploitation des ressources non renouvelables et nous mène à une impasse écologique, sociale et économique. L’abondance de déchets, notamment ceux d’équipements électriques et électroniques, se caractérise par des impacts environnementaux dramatiques. Les populations des pays du Sud (Afrique et Asie surtout), devenus de véritables pays « décharges », sont soumises à de graves problèmes sanitaires en raison de la toxicité des déchets qui arrivent à leurs frontières par containers entiers en provenance des pays industrialisés. Les consommateurs, quant à eux, contraints de renouveler l’achat d’un bien sans aucun bénéfice pour eux (esthétique ou technologique) subissent une diminution de leur pouvoir d’achat. Par ailleurs, la concurrence internationale et les délocalisations invalident les arguments économiques justifiant les stratégies d’obsolescence programmée. L’augmentation de la durée de vie des produits peut même constituer un avantage concurrentiel pour les entreprises exemplaires mais également favoriser la création d’emplois dans le domaine de la réparation en France. La

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finitude des ressources et les défis énergétiques auxquels nous sommes confrontés, nous imposent de repenser notre modèle économique et nos modes de consommation. L’objectif de cette loi est de rendre accessible au plus grand nombre les produits ayant une plus longue durée de vie, conformément à l’objectif du Grenelle de l’environnement et à une vision plus globale de développement soutenable. Elle vise à définir un cadre juridique afin de sanctionner ces pratiques et d’offrir un recours aux consommateurs lésés (article 1). L’article 2 étend la durée légale de conformité à cinq ans au lieu de deux ans. L’objectif serait à terme d’aller jusqu’à une durée de dix ans. Le fabricant aura ainsi intérêt à produire des biens plus durables, tandis que le consommateur n’aura pas intérêt à renouveler l’achat avant la date d’expiration de la garantie. La plupart des produits sont fiables pendant au moins cinq ans, les fabricants ne devraient donc pas être particulièrement pénalisés par cette mesure. L'allongement de la durée de garantie peut même constituer un avantage concurrentiel. Conscient des impacts sur le modèle économique des entreprises d’une telle mesure, la loi prévoit une extension de la garantie progressive dans le temps. L’article 3 permet une meilleure lisibilité de la garantie légale de conformité et une meilleure protection du consommateur, ainsi qu’un allongement de la durée de vie des produits. Actuellement, les défauts de conformité qui apparaissent dans un délai de six mois à partir de la délivrance du bien sont présumés exister au moment de la délivrance, sauf preuve contraire. Le vendeur peut combattre cette présomption si celle-ci n'est pas compatible avec la nature du bien ou le défaut de conformité invoqué. En allongeant cette période de six mois à deux ans, le consommateur bénéficie d'un véritable système de garantie encadré par la loi et le fabricant a intérêt à produire des biens plus fiables puisque la charge de la preuve du défaut de conformité lui appartient. L’augmentation de la durée de vie des produits passe également par la réparation, source d’emplois non délocalisables. Ce secteur est encouragé dans l’article 4, par la mise à disposition de pièces détachées, essentielles au fonctionnement des produits, dans un délai d’un mois, pendant une période de dix ans. L’utilisation de pièces détachées d’occasion sera naturellement possible pour tous réparateurs et tous produits. De manière générale, il est important que les utilisateurs de produits d’équipements électriques et électroniques soient mieux informés, dans la notice d’utilisation par exemple, quant au réemploi, au recyclage et toutes autres form es de valorisation de ces produits. Les éco-organismes doivent être, par ailleurs, incités à prélever des pièces détachées sur les équipements usagés collectés lorsque la réparation n'est pas possible, en vue de la réparation d’autres produits de même type. Ceci permettrait de constituer des stocks de pièces détachées d'occasion. L’article 5 propose de moduler l’éco-contribution en fonction de critères permettant un allongement de la durée de vie du produit. L’article 6 vise à renforcer l’obligation d’information du consommateur d’équipements électriques et électroniques quant au réemploi, au recyclage et les autres formes de valorisation de ces déchets. Ces dispositions relevant du domaine réglementaire, elles seront définies et précisées par décret. Enfin, la proposition de loi demande à l’article 7 un rapport au Gouvernement sur le développement et les perspectives de l’économie de fonctionnalité en France. En remplaçant la vente du bien par la vente de l’usage de celui-ci, les entreprises sont incitées à concevoir des produits ayant une plus longue durée de vie, sous peine de subir des frais de réparation importants.
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Dans le même temps, les coûts de production diminuent grâce à une économie dans l’utilisation des matières premières (entre 30 et 50% selon les prévisions). Les entreprises peuvent ainsi profiter de cette baisse pour créer des emplois, baisser les prix et gagner en compétitivité. Par ailleurs, afin de rendre accessible au plus grand nombre les produits ayant une plus longue durée de vie, il est essentiel que les directives européennes soient appliquées, notamment la transposition de la directive 2006/66/CE, en ce qui concerne la facilité d'extraction des piles et accumulateurs, par l'article R543-176 du code de l'environnement. Le chargeur universel pour téléphone portable, à l’instar de la normalisation européenne CEN-CENELEC et ETSI dont il a fait l’objet, mérite également d’être généralisé.

Article 1er I. Après la section II du chapitre III du titre I du livre deuxième du code de la consommation, il est introduit une section II bis ainsi rédigée : « Section II bis : obsolescence programmée Art. L. 213-4-1 – I. L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques par lesquelles un fabricant ou un importateur de biens vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d'utilisation potentielle de ce produit afin d'en augmenter le taux de remplacement. II. Les faits mentionnés au I sont punis d’une amende de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 37 500 euros ou de l’une de ces deux peines.» II. Au deuxième alinéa de l’article L. 213-5 du code de la consommation, après l’article « L.213-4, » il est inséré l’article « L. 213-4-1, ». Article 2 L’article L. 211-12 du code de la consommation est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ce délai est porté à trois ans à compter du 1er janvier 2014, quatre ans à compter du 1er janvier 2015 et cinq ans à compter du 1er janvier 2016. » Article 3 Le premier alinéa de l’article L. 211-7 du code de la consommation est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ce délai est porté à deux ans à compter du 1er janvier 2014. » Article 4 I. Au II. de l’article L. 111-1 du code de la consommation, après les mots « sur le marché », il est ajouté les mots «, qui ne peut être inférieure à dix ans à compter de la date de vente du bien. ». II. Après la section VI du chapitre Ier du titre Ier du livre II du code de la consommation, il est inséré une section VII ainsi rédigée : « Section VII : remplacement des pièces essentielles « Art. L211-23 – « dans une période de dix ans à compter de la date de vente du bien, les pièces indispensables à son utilisation sont disponibles sur le marché dans un délai d’un mois ».
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« Art. L211-24 – « Les fabricants rendent disponibles les notices de réparation des produits. Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application du présent article. » Article 5 Le IX de l’article L.541-10 du code de l’environnement est complété par les mots « ou de critères permettant un allongement de la durée de vie du produit, notamment par l’amélioration de sa réparabilité ». Article 6 Après l’article L541-39 du code de l’environnement, il est ajouté un article L541-39-1 ainsi rédigé : « Un décret en conseil d’État précise les modalités d’information des utilisateurs de produits d’équipements électriques et électroniques afin de valoriser le réemploi, le recyclage ou d’autres formes de valorisation de ces déchets » Article 7 Avant le 1er juin 2014, le gouvernement remet au Parlement un rapport sur le développement et les perspectives de l’économie de fonctionnalité en France.

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