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Cours de miroéconomie I- version provisoire

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Cours de microéconomie I


Introduction

La microéconomie étudie le comportement des agents individuels dans des situations ne nécessitent pas des
choix sous des contraintes de rareté. Ces situations concernent plusieurs domaines. Par exemple : comment
répartir son revenu entre la consommation et l’épargne ? Quels biens de consommation acheter compte tenu
de leurs prix et du revenu ? Combien de travailleurs l’entreprise doit elle embaucher ? Après l’obtention du
bac, un étudiant doit-il poursuivre des études courtes ou longues ?

La microéconomie étudie principalement les comportements du consommateur (chapitre I) et du producteur
(chapitre II) pour dégager des lois qui permettent de comprendre des phénomènes économiques.

Les décisions des agents économiques s’expriment sur des marchés définis comme des lieux de rencontre
entre l’offre et de la demande. Ces marchés sont des lieux de coordination des décisions des agents
économiques où se déroulent des échanges marchands et où se fixent les prix.

En microéconomie, il s’agit d’étudier “le comportement humain comme une relation entre des fins et des
moyens rares qui ont des usages alternatifs”.(Robbins (1932) car la rareté des ressources ne permet pas de
satisfaire des besoins de nature illimités. Les individus sont donc confrontés à des choix : Quels biens
produire ? Comment les produire ? Pour qui les produire ? La compréhension des mécanismes du marché et
de la formation des prix est indispensable pour répondre à ces questions.

Chapitre Premier : Les fondements de la théorie du consommateur.


Le comportement du consommateur est représenté d’une manière très simple : Son problème se réduit aux
choix du nombre d’unités de chaque bien disponible qu’il veut acheter. Cette décision est prise de manière à
maximiser sa satisfaction en fonction de ses goûts et étant donné son niveau de revenu et les prix de ces
biens.

1. Calcul économique du consommateur

Le problème du consommateur est de déterminer le panier de biens qui lui permet de maximiser sa
satisfaction et ce sous contrainte de son revenu disponible. Afin de résoudre ce problème, nous allons nous
mettre dans un cadre d’analyse bien précis en émettant certaines hypothèses.

1.1 La rationalité des agents économiques

En microéconomie, nous supposons que l’agent économique est rationnel. Le principe de rationalité consiste
à rechercher la réalisation d’un objectif en utilisant au mieux les moyens dont on dispose. Dans le cas du
consommateur, il s’agit de choisir la quantité optimale de biens qui sert à maximiser sa satisfaction et ce, en
tenant compte de son revenu.

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1.2 La relation de préférence du consommateur

1.2.1 Les paniers de biens

Le consommateur décide des quantités de chaque bien qu’il veut acheter. Il va faire son choix dans l’ensemble
des options qui lui sont offertes. Ces options correspondent à toutes les combinaisons possibles de quantités
de biens de consommateurs. Il existe une infinité de paniers à la disposition des consommateurs.

Un panier de biens peut être écrit mathématiquement de la manière suivante :

P = (x
1
, x
2
, …, x
n
)

Où x
]
représente la quantité du bien j dans le panier P. Avec j allant de 1 jusqu’à n.
Exemple :

Soit les biens suivants : cahiers, livres, billets de cinéma, billets de stade, café, jus d’orange, de glace, cigarettes.

Le panier de biens choisi par le consommateur est le suivant : P = (2, 3, 1, 4, 9, 5, 0).

Il comprend 2 cahiers, 3 livres, 1 ticket de cinéma, 4 billets de stade, 9 cafés, 1 cornets de glace, et o paquets
de cigarettes.

La combinaison de biens dans le panier choisi par le consommateur peut beaucoup nous renseigner sur ses
goûts et ses préférences. Nous pouvons déduire dans le cas présent que le consommateur en question n’est
pas fumeur, aime le foot plus que le cinéma, a une préférence accentuée pour le café par rapport au jus
d’orange et qu’il lit plus qu’il n’écrit.

1.2.2 Définition de la relation des préférences du consommateur

Pour déterminer les quantités de biens qu’il va acheter, le consommateur doit classer tous les paniers des
biens par ordre de préférence. Formellement, ce classement est traduit par ce que nous appelons la relation
de préférence et d’indifférence. Afin que cette relation de préférence soit cohérente on émet quatre
axiomes de base.

1.2.2.1 L’axiome de la complétude
L’axiome de la complétude (ou de la totalité) énonce que le consommateur doit être capable de comparer tout
panier à tout autre panier de l’ensemble de consommation. Il n’y a pas de panier inclassable par un
consommateur. Si tel un panier existe, on admet qu’il est en dehors de l’ensemble de consommation.

Formellement, un consommateur qui considère deux paniers de biens A et B doit pouvoir affirmer que l’une
des deux situations suivantes est vérifiée :

A ¸ B ou A ¸ B ou A~B




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Exemple

Soient deux paniers de biens A et B. A est composé de 5 tablettes de chocolat et deux bouteilles de coca A
(5,2) et B est composé de 2 tablettes de chocolat et 3 bouteilles de coca B(2,3). Le consommateur doit être en
mesure d’exprimer une préférence pour A ou pour B ou les trouver équivalents.

1.2.2.2 L’axiome de la réflexivité
Tout panier est indifférent à lui-même.

A ¸ A

Cet axiome présente un intérêt purement mathématique.

1.2.2.3 L’axiome de la transitivié
L’axiome de la transitivité énonce que si un panier A est préféré ou indifférent à un panier B, lui-même
préféré ou indifférent à un panier C, alors le panier A est préféré ou indifférent au panier C.
A ¸ B ct B ¸ C Jonc A ¸ C

Exemple :
L’observation du comportement d’un consommateur envers les quantités de deux biens, pommes et bananes,
conduit aux préférences suivantes :
(4,10)>(6,9) (5,10)>(5,9) (6,9)>(3,11) ;
(4,10) – (3,11) ; (5,9)-(4,10)

Montrer que les préférences de ce consommateur ne vérifient pas l’axiome de transitivité.

1.2.2.4 L’hypothèse de la monotonicité ou de la non saturation

Cette hypothèse, traduit une idée simple le consommateur est supposé être insatiable. Aucune quantité
d’aucun bien ne peut assouvir son besoin. Toute quantité supplémentaire d’un bien présente pour le
consommateur une utilité supplémentaire positive. En conséquence, il ne peut jamais parvenir à une situation
de saturation.

Exemple
(5,9) – (4,10) ; (2,10)>(0,12)
(5,10) >(5,9) ; (4,10) >(3,11)
(3,11) > (4,9)
Par transitivité, trouver 5 relations de préférence vérifiant l’hypothèse de la la non saturation.

En résumé, ces axiomes et hypothèse fonctionnent comme critères de jugement du comportement de chaque
agent quant à sa rationalité : tout consommateur qui à travers son comportement transgresse au moins une
fois un de ces axiomes est déclaré “non rationnel”. Le consommateur rationnel est celui qui respecte
intégralement et sans défaillance tous les axiomes et qui cherche donc à maximiser son utilité.
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1.3 La notion d’utilité

L’utilité représente la valeur numérique associée à la satisfaction qu’un individu peut ressentir suite à la
consommation d’un panier de biens.

La fonction d’utilité est traduction formelle de cette satisfaction. Elle associe à chaque panier de biens une
valeur numérique qui indique la satisfaction du consommateur. La fonction d’utilité dépend des quantités de
biens intégrées dans le panier de consommation :

u = u(x
1
, x
2
, …, x
n
)

Cette fonction est censée refléter les préférences du consommateur qu’elle représente.

Exemple

La fonction d’utilité d’un consommateur est la suivante :

u(x
1
, x
2
) = 2x
1
+x
2


Parmi les ordres de préférence suivants, quel ordre de préférence traduit cette fonction ?

1) (4,1)<(3,5) ; (2,9)>(5,2), (7,6)-(6,8), (9,8)>(8,9), (4,1)-(3,3)

2) (2,7)-(3,5) ; (3,6)<(4,4), (4,5)>(3,4), (2,7)>(3,4), (6,3)-(5,5)

Après calcul des utilités générées par chaque panier de biens, nous remarquons que les deux peuvent traduire
la fonction d’utilité

1.3.1 Les deux approches de la notion d’utilité

1.3.1.1 L’approche cardinale de l’utilité

Les premiers économistes marginalistes (Jevons, Menger et Walras) avaient une vision cardinale de l’utilité
(un nombre cardinal est celui qui exprime la quantité et non l'ordre ). Selon cette approche, l’utilité
correspond à une mesure quantitative de la satisfaction retirée de la consommation de biens. Le
consommateur est donc capable de déterminer pour chaque panier de biens le niveau d’utilité correspondant.
Il peut ainsi comparer la satisfaction associée à a consommation de deux paniers différents et en déduire la
panier qu’il préfère. Si l’utilité du premier panier est le double de celle du second, il peut affirmer qu’il préfère
deux fois plus le premier panier au second.

Depuis les travaux de Pareto, Slutsky, Hicks et Samuelson, les auteurs modernes ont abandonné le concept de
l’utilité cardinale au profit de celui, moins restrictif, d’utilité ordinale, et cela pour au moins deux raisons :

1- Il paraît impossible qu’un consommateur soit capable de mesurer avec précision l’utilité que lui procure un
panier de biens.
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2- L’effort d’estimation de l’utilité est sans intérêt dans la mesure où ce qui est importe pour décrire les choix
du consommateur est de savoir quel panier de bien est préféré à tous les autres et non de mesurer d’une
manière précise les écarts d’utilité entre les paniers de biens.

1.3.1.2 L’approche ordinale de l’utilité
Cette approche constitue l’approche contemporaine de la théorie du consommateur. La fonction d’utilité d’un
consommateur est uniquement la traduction algébrique de sa relation de préférence.

A>B si et seulement si U(A)>U(B)
A-B si et seulement si U(A)= U(B)

Plusieurs fonctions d’utilité différentes peuvent représenter le même ordre de préférence. Il suffit que ces
fonctions classent de la même façon les différents paniers de biens.

Exemple

Prenons la même fonction d’utilité précédente :


u(x
1
, x
2
) = 2x
1
+x
2


u(4,1) = 2 × 4 + 1 = 9
u(S,S) = 2 × S + S = 11

Soit
I(x
1
, x
2
) = 2u(x
1
, x
2
)

I(4,1) = 2(2 × 4 + 1) = 18
I(S,S) = 2(2 × S + S) = 22

La fontion d’utilté V indique la même relation de préférence entre les deux paniers. Les fonctions d’utilité U
et V représentent le même ordre de préférence.

La fonction d’utilité est définie à une transformation monotone près. Soit f une transformation monotone
croissante, U une fonction d’utilité quelconque et deux paniers de biens A et B. On a par définition :

¡|u(A)] > ¡|u(B)] - u(A) > u(B)
Or on sait que :

u(A) > u(B) - A > B

Par conséquent, on peut vérifier que

¡|u(A)] > ¡|u(B)] - A > B

La fonction U et la composée f(U) représentent le même ordre de préférence.

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1.3.2 L’utilité marginale
1.3.2.1 Le principe de l’utilité marginale décroissante

C’est l’allemand Gossen qui énonce ce principe en 1854. Il établit que l’utilité marginale procurée par la
consommation d’une unité supplémentaire d’un bien par un individu décroît à mesure que l’individu
augmente la consommation de ce bien.
Exemple :

Un voyageur perdu dans le désert trouve subitement une source d’eau. A chaque verre d’eau consommé, on
associe un niveau d’utilité.

Verres d’eau Utilité totale Utilité marginale
0 0 0
1 10 10
2 18 8
3 24 6
4 27 3
5 28 1
6 28,5 0,5

Le premier verre d’eau procure une utilité de 10. Le deuxième verre d’eau procure une utilité supplémentaire
moindre bien qu’en encore importante (8). Le sixième verre ne lui apporte plus qu’une utilité supplémentaire
très faible. Au bout d’un certain nombre de verres (10
ème
verre par exemple) le supplément d’utilité peut
devenir négatif si le voyageur a dépassé le seuil de satiété (saturation). L’utilité de l’eau est décroissante et
selon Gossen, ce principe s’applique à tous les biens.

Comme nous l’avons vu, mathématiquement, l’utilité marginale d’un bien s’obtient en dérivant la fonction
d’utilité par rapport à sa variable représentative dans la fonction d’utilité.

1.3.2.2 Définition de l’utilité marginale


On appelle “Utilité marginale d’un bien” le supplément (l’accroissement) d’utilité procuré par la
consommation d’une unité supplémentaire de ce bien, toutes choses étant égales par ailleurs (les quantités
consommées des autres biens étant constants). Formellement l’utilité marginale :

um(x
ì
) =
∆u(x
1
, x
2
, …, x
n
)
∆x
ì
=
u(x
1
, x
2
, …, x
ì
+∆x
ì
, . . , x
n
) -u(x
1
, x
2
, …, x
n
)
∆x
ì


En raisonnant sur des quantité inifiniment petites, il est alors possible d’utiliser la calcul différentiel


um(x
ì
) =
ou(x
1
, x
2
, …, x
n
)
ox
ì


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1.3.3 La courbe d’indifférence
1.3.3.1 Définition de la courbe d’indifférence
Une courbe d’indifférence représente l’ensemble de tous les paniers (x
1
, x
2
) qui procurent au consommateur
un même niveau d’utilité. Le consommateur est donc indifférent entre tous les paniers de biens représentés
sur une même courbe d’indifférence.

1.3.3.2 Propriétés des courbes d’indifférence

1.3.3.2.1 Plus une courbe d’indifférence est éloignée de l’origine, plus le niveau d’utilité auquel elle
correspond est élevé.

Les paniers A (4,2) et B (2,3) appartiennent à la même courbe d’indifférence. Ils sont jugés équivalents. Le
consommateur est indifférent entre le panier (4,2) et (2,3).

Les paniers D et E ne sont pas situés sur la courbe d’indifférence.
Le panier D (1,5 ; 1.5) correspond à un niveau de satisfaction inférieur. Selon l’hypothèse de la non
saturation, les paniers qui sont sur la courbe d’indifférence lui sont strictement préférés. Symétriquement, le
Panier E (6,4) correspond à une satisfaction plus grande pour le consommateur.

Il existe une infinité de courbes d’indifférence puisque par tout panier passe la courbe d’indifférence qui relie
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Ces trois courbes d’indifférence correspondent à des niveaux de satisfaction croissants. D’après l’hypothèse
de non-saturation des préférences, la satisfaction du consommateur augmente donc au fur et à mesure que
l’on passe à des courbes d’indifférence situées plus haut.
1.3.3.2.2 Les courbes d’indifférence sont décroissantes.

L’hypothèse de non saturation fait que les courbes d’indifférence soient décroissantes.


Imaginons qu’une courbe d’indifférence comprenne une partie croissante. Selon l’hypothèse de non
saturation, le panier N est strictement préféré au panier M. Ces paniers ne peuvent donc pas être situés sur
une même courbe d’indifférence.
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1.3.3.2.3 Deux courbes d’indifférence ne se coupent pas

Imaginons que deux courbes d’indifférence se coupent au panier A. Par transitivité B~A – puisque A et B
sont sur la même courbe d’indifférence (1)- et A ~ C puisque A et C sont sur la même courbe d’indifférence
(2). B devrait être équivalent à C. Or B n’est évidemment pas équivalent C. Ceci montre que deux courbes
d’indifférence ne peuvent pas admettre de point d’intersection.


1.3.3.2.4 La courbe d’indifférence est convexe


En microéconomie, nous supposons que les préférences du consommateur sont convexes. Cela veut dire que
le consommateur aime la diversification. En d’autres termes, si on considère deux paniers A et B appartenant
à une même courbe d’indifférence, le consommateur préfère à ces paniers tous les paniers “intermédiaires”.
C'est-à-dire les paniers composés à partir d’une moyenne pondérée des deux paniers.





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Exemple

Soient les deux paniers A(2,10) et B(10,2). Le panier C (6,6) qui représente une combinaison linéaire formée à
partir de ces deux paniers est certainement préféré aux paniers A et B.

Graphiquement, cette hypothèse implique que les courbes d’indifférence soient convexes. Tous les paniers
situés sur le segment de droite reliant A et B sont situés sur une courbe d’indifférence supérieure et sont donc
préférés au panier A et au panier B.

1.3.4 Le taux marginal de substitution

Le TMS est défini comme le taux auquel le consommateur est disposé à échanger une quantité de bien contre
une quantité d’un autre bien tout en conservant la même satisfaction. Dans le cas de deux biens, le TMS
mesure le nombre d’unités supplémentaire de bien 1 qu’il faut donner au consommateur pour qu’il accepte de
renoncer à une unité de bien 2.
Formellement le TMS s’écrit de la manière suivante :

IHS = -
ox
2
ox
1








1.3.4.1Démonstration mathématique

En considérant des variations infinitésimales, nous pouvons avoir recours au calcul différentiel. Pour
conserver une utilité constante, on doit vérifier :


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Ju(x
1
, x
2
) =
ou(x
1
, x
2
)
ox
1
ox
1
+
ou(x
1
, x
2
)
ox
2
ox
2
= u

On obtient ainsi la relation entre les variations ox
1
et ox
2
qui laissent inchangée la satisfaction du
consommateur. Dans le repère (x
1
, x
2
) le TMS devient finalement :


IHS = -
ox
2
ox
1
=
ou(x
1
, x
2
)
ox
1
ou(x
1
, x
2
)
ox
2
=
um(x
1
)
um(x
2
)


1.3.4.2 Démonstration graphique

Graphiquement parlant, le TMS du bien 2 au bien 1 est égal à la pente de la courbe d’indifférence au point
considéré.



ginons une réduction de la consommation de bien 1 : ∆x
1
<0 compensée par une augmentation ∆x
2
<0 de la
consommation de bien 2, la satisfaction étant inchangée (passage de M et M’).

Le rapport -
∆x
2
∆x
1
représente la pente de la droite MM’, évaluée en valeur absolue. Lorsqu’on raisonne sur des
variations de consommations infiniment petites la droite MM’ tend à se confondre avec la tangente à la
courbe d’indifférence au panier M. -
ðx
2
ðx
1
est égale à la pente de la courbe d’indifférence au panier considéré.

De ce fait, Le TMS varie le long d’une courbe d’indifférence. Au fur et à mesure que la quantité x
2
diminue
dans le panier. Le consommateur devient de moins en moins disposé de renoncer à une unité du bien 2 en
contrepartie d’une unité du bien 1.

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1.3.4.3 Cas particuliers
1.3.4.3.1 Cas de biens parfaitement substituables
Dans ce cas les courbes d’indifférence sont linéaires et le TMS est constant.













1.3.4.3.1 Cas de biens parfaitement complémentaire

Dans ce cas les courbes d’indifférence sont en L et le TMS est indéfini.
















Le panier A apporte une utilité de U1. Si la quantité d’un seul des deux biens est augmentée par rapport aux
quantités du panier A comme pour le panier B, l’utilité ne s’accroît pas. Pour que l’utilité augmente, il faut
accroître simultanément les quantités des deux biens, comme dans le panier C.






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2. L’optimum du consommateur
2.1 La contrainte de revenu

Jusqu’à présent le fait que le consommateur ne dispose pas d’un revenu illimité n’a pas été pris en compte. En
microéconomie, nous supposons que le consommateur est contraint par son revenu (R). La valeur de R est
supposée exogène, c'est-à-dire une variable qui s’impose au consommateur indépendamment de son
comportement.

La dépense, D, du consommateur est la valeur des biens consommés. Dans le cas de deux bien ; elle s’écrit
formellement comme suit :

Ð = p
1
× x
1
+p
2
× x
2


Dans la mesure où le consommateur ne peut dépenser plus que son revenu le lui permet, l’inégalité suivante
doit être vérifiée :

R ¸ Ð =R ¸ p
1
× x
1
+p
2
× x
2


Les paniers (x
1
, x
2
) de l’ensemble de consommation qui respectent cette condition forment l’ensemble des
paniers accessibles au consommateur. Cependant, l’hypothèse de la non-saturation implique que le
consommateur va chercher à obtenir la quantité maximale de biens. Il va donc dépenser tout son revenu. On
dit que le consommateur sature sa contrainte de revenu et l’inégalité devient égalité.

R = p
1
× x
1
+p
2
× x
2

Pour pouvoir faire une représentation graphique, exprimons x2 en fonction de x1
x
2
= -
p
1
p
2
× x
1
+
R
p
2


















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Cette droite de budget a pour pente -
p
1
p
2
. Tous les paniers en dessous de la droite sont accessibles au
consommateur : il a les moyens de les acheter. En revanche, tous ceux qui sont au-dessus de la droite sont au-
dessus de ses moyens.
Compte tenu de la contrainte de revenu, le problème du consommateur consiste à choisir parmi l’ensemble
des paniers accessibles celui qui maximise sa satisfaction. Techniquement, ce problème se ramène à un
problème de maximisation sous contrainte.
2.1 Résolution du problème du consommateur
2.1.1 Résolution graphique

Pour résoudre le problème du consommateur de façon graphique, il suffit de représenter dans un même
repère (x
1
, x
2
), les courbes d’indifférence et la droite de budget comme suit
















On sait que les paniers au-dessus de la droite de budget ne sont pas accessibles au consommateur. On sait
aussi que le consommateur sature sa contrainte de revenu (du fait de l’hypothèse de non-saturation).

Par conséquent, le consommateur va choisir un panier qui se situe nécessairement sur la droite de budget. Les
paniers A et B appartiennent à cette droite. Mais ils ne procurent pas le niveau d’utilité le plus élevé. Le panier
qui procure le niveau d’utilité le plus important, tout en respectant la contrainte de revenu est le panier C. Il
correspond au point de tangence entre la courbe d’indifférence U2 et le droite de budget. Ce point
caractérise le panier de bien qui maximise l’utilité du consommateur.



Au point C, la courbe d’indifférence, la courbe d’indifférence U2 et la droite de budget ont la même pente. La
pente de la courbe d’indifférence est égale -
ðx
2
ðx
1
c'est-à-dire au taux marginal de substitution, c’est à dire au
rapport des utilités marginales des biens 1 et 2. Nous savons aussi que la pente de la droite de budget a une
pente égale au rapport des prix. La tangence de la courbe d’indifférence et de la droite de budget au point
optimal imlique donc l’égalité du taux marginal de substitution et du rapport des prix, c'est-à-dire :
IHS =
P
1
P
2


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IHS =
um(x
1
)
um(x
2
)
=
P
1
P
2

Ou encore
um(x
1
)
P
1
=
um(x
2
)
P
2


0m(x
1
)
P
1
signifie l’utilité marginale que procure la dépense d’une unité monétaire en l’achat d’une certaine
quantité de bien 1.
L’égalité montre que le consommateur atteint son équilibre au point où les utilités marginales procurées par
les dépenses d’une unité monétaires en bien 1 et en bien 2 sont égales. Dans ce cas, il y a autant de
satisfaction lorsqu’il dépense une unité monétaire pour acheter une quantité x
1
que pour acheter une certaine
quantité x
2
. Ceci implique qu’au point A, le consommateur ne peut pas changer de combinaison de biens.
Donc A est bien un panier optimal.

2.1.2 Résolution algébrique

Le consommateur rationnel cherche à maximiser son utilité sous la contrainte d’un budget limité afin de
déterminer les quantités x
1
de bien 1 et x
2
de bien 2 qu’il va demander. Mathématiquement ce problème
s’écrit :

_
Hox u(x
1
, x
2
)
s. c R = p
1
x
1
+p
2
x
2

La méthode de Lagrange permet de résoudre directement le programme de maximisation sous contrainte.
Première étape : Ecrire la fonction de Lagrange
I(x
1
, x
2
, z) = u(x
1
, x
2
) +z(R -p
1
x
1
+p
2
x
2
)
z représente le multiplicateur de Lagrange.

Deuxième étape : Ecriture des conditions de premier ordre :
Les conditions de premier ordre sont obtenues par annulation des dérivées partielles premières de la fonction
de Lagrange par rapport à ses trois variables :
`
1
1
1
1
1
1
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
1
=
ou(x
1
, x
2
)
ox
1
-zp
1
= u
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
2
=
ou(x
1
, x
2
)
ox
2
-zp
2
= u
oI(x
1
, x
2
, z)
oz
= R -p
1
x
1
+p
2
x
2
= u

`
1
1
1
1
1
1
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
1
= um(x
1
) - zp
1
= u (1)
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
2
= um(x
2
) -zp
2
= u
oI(x
1
, x
2
, z)
oz
= R -p
1
x
1
+p
2
x
2
= u (S)
(2)

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On obtient donc un système de trois équations à trois inconnues, x
1
, x
2
, ct z. Les deux premières conditions
permettent de retrouver la condition d’optimalité
(1)
(2)
=
um(x
1
)
um(x
2
)
=
p
1
p
2


Troisième étape : Résolution du système en remplaçant x
1
ou x
2
dans la contrainte budgétaire.
Exemple
Les préférences du consommateur sont représentées par la fonction d’utilité
u(x
1
, x
2
) = 6x
1
1¡4
x
2
3¡4

1. Soient p1 le prix du bien 1 et p2 le prix du bien 2 et R le revenu du consommateur. Résoudre le programme
du consommateur.
Première étape : Ecriture de la fonction de Lagrange
I(x
1
, x
2
, z) = 6x
1
1¡4
x
2
3¡4
+ z(R -p
1
x
1
+ p
2
x
2
)

Deuxième étape : Ecriture des conditions de premier ordre :
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
1
=
S
2
x
1
-3¡4
x
2
3¡4
-zp
1
= u
oI(x
1
, x
2
, z)
ox
2
=
9
2
x
1
1¡4
x
2
-1¡4
-zp
2
= u
oI(x
1
, x
2
, z)
oz
= R -p
1
x
1
+ p
2
x
2
= u


(1)
(2)
=
S
2
x
1
-3¡4
x
2
3¡4
9
2
x
1
1¡4
x
2
-1¡4
=
p
1
p
2


1x
2
Sx
1
=
p
1
p
2
=p
2
x
2
= Sp
1
x
1

Troisième étape : Remplacement dans la troisième condition du premier ordre
R -p
1
x
1
+ p
2
x
2
= u
R - 4p
1
x
1
= u
x
1
=
R
4p
1

ct x
2
=
SR
4p
2

Il s’agit des fonctions de demandes des biens 1 et 2. Si R=100, p1=5, p2 =10.
x
1
-
=
1uu
4 - S
= S
x
2
-
=
S - 1uu
4 - 1u
= 7.S
u(x
1
-
, x
2
-
) == 6 - S
1
4
7.S
3
4
= 4u,66
La courbe de la consommation-revenu a pour équation
x
1
=
S
2
x
2

Cours de miroéconomie I- version provisoire
17


3. La demande individuelle et la demande du marché

La demande du consommateur représente l'ensemble de ses intentions d'achats pour un bien. Elle indique la
quantité optimale du bien que le consommateur a l'intention d'acheter en fonction de son revenu et des prix.
Connaître comment les demandes sont fonction des prix, du revenu ou de la satisfaction est fondamental en
économie (et en marketing !) : c'est comprendre le comportement économique du consommateur sur les
marchés.

La demande d’un bien 1 s’écrit
x
1
= ¡(R, p
1
, p
2
)
3.1 Analyse de la fonction de la demande
3.1.1 La courbe de la demande
Il s’agit de la relation fonctionnelle qui indique la quantité maximale d’un bien que le consommateur est prêt à
acheter pour différentes valeurs possibles du prix de ce même bien.

x
1
=
R
4p
1

ct x
2
=
SR
4p
2

R=100

p
1
x
1

100 0.25
50 0.5
25 1
5 5
1 25



Cours de miroéconomie I- version provisoire
18

3.1.2 Le déplacement le long d’une courbe de la demande et déplacement de la courbe de la
demande

La demande d’un bien dépend du prix de ce même bien, du revenu et des prix des autres biens. On distingue
alors deux types de déplacement liés à la courbe de la demande :

a) Le déplacement dû à une variation du prix, toutes choses étant égales par ailleurs. C'est-à-dire que le
revenu et les prix des autres biens sont constants.



Le déplacement le long d’une courbe de demande se traduit par une variation de la quantité demandée
lorsque le prix varie et les autres paramètres restent constants.
b) Le déplacement de la courbe de la demande peut être dû à une variation du revenu du consommateur
(toutes choses étant égales par ailleurs).
Cours de miroéconomie I- version provisoire
19



Si le revenu du consommateur augmente alors la courbe de la demande se déplace de D0 à D1. En
contrepartie, si le revenu du consommateur diminue, la courbe de la demande se déplace vers la gauche de D0
à D2. C’est le cas d’un bien normal.

3.1.3 La demande d’un bien sur le marché
La demande globale d’un bien sur un marché est la somme des demande individuelles.
Ð
u
(p) = x
ì
(p)
n
ì=1

où x
ì
(p) est la demande du consommateur i, i=1,….n
Comme la demande individuelle, la demande globale est une fonction décroissante du prix. Pour déterminer
la fonction de la demande globale sur le marché, il faut passer par 3 étapes :
i) Considérer les intervalles d’existence de chaque fonction observée.
ii) Déterminer la demande globale par groupe de consommateurs.
iii) Déterminer la demande globale qui doit être valable pour tous les groupes de consommateurs
simultanément.
Exemple :
Les consommateurs sur le marché d’un bien X se répartissent en trois groupes. Le groupe A est composé de
10 individus, le groupe B de 20 et le groupe C de 5. Les fonctions de demande individuelles sont les
suivantes :
x
A
= 2u -p
x
B
= S -
1
2
p
x
C
= Su -
1
S
p



Cours de miroéconomie I- version provisoire
20

Première étape Détermination des intervalles d’existence pour chaque fonction de demande
Groupe A : La fonction de demande n’est pas définie que pour un p<20.
Si p¸20 , x
A
=0, X
A
= 1ux
A
= u
Si p<20 , x
A
=2u -p, X
A
= 1u(2u -p) = 2uu -1up
Groupe B : La fonction de demande n’est pas définie que pour un p<10.
Si p¸10 , x
B
=0, X
B
= 2ux
B
= u
Si p<10 , x
B
=S -
1
2
p, X
B
= 2u [S -
1
2
p¸ = 1uu -1up
Groupe C : La fonction de demande n’est pas définie que pour un p<10.
Si p¸15 , x
c
=0, X
C
= Sx
c
= u
Si p<15 , x
C
=Su -
1
4
p, X
C
= S [Su -
1
5
p¸ = 1Su -p
p<10 10<p<15 15<p<20 20<p
A
+ X
B
+X
C

A
+X
C
X
u
= X
A
X
u
= u
X
u
= 4Su -21p X
u
= SSu -11p X
u
= 2uu -1up



3.2 Analyse de la demande par rapport au revenu
3.2.1 Courbe d’Engel et courbe de la consommation revenu
Lorsque le problème de la relation entre une demande et le revenu, on parle demande par rapport au revenu
(Demande-revenu). L’expression graphique de cette demande est appelée courbe d’Engel.

L’évolution du panier demandé en fonction du revenu est appelée courbe de consommation-revenu. Cette
courbe décrit l’évolution du panier consommé en fonction de l’évolution du revenu. Dans le cas de deux
biens, les valeurs de revenu sont représentées par les droites de budget. Celles-ci sont parallèles car leur pente
est égale au rapport des prix qui reste inchangé. Les demandes de biens du panier sont les coordonnées des
paniers consommés. Cette courbe part de l’origine des axes puisqu’on suppose que le consommateur ne peut
rien acheter lorsque son revenu est nul.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
21


3.2.2 La notion de l’élasticité
Lorsqu’on veut mesurer l’effet d’une variation d’un phénomène sur un autre, on peut calculer la “sensibilité”
en faisant le rapport entre les deux variations. Cependant, cela a peu de sens lorsque les ordres de grandeur
des deux phénomènes sont très différents. Pour résoudre ce problème, il suffit de comparer non pas les
variations absolues comme le font les sensibilités mais les variations relatives, ce qui neutralise les différences
de grandeurs puisque chaque niveau de variation est rapporté à son niveau de grandeur. On appelle de telles
mesures les “élasticités”


3.2.2.1 L’élasticité revenu

Exemple
Existe-t-il une relation de cause à effet entre la variation du revenu et la demande de la viande ? Si oui cette
incidence est elle forte et dans quel sens joue-t-elle ?

v.R c]]ct
v.R cuusc
=
v.A c]]ct
c]]ct
v.A ccusc
ccusc
=
ò D dc lc ¡icndc
D
ò R
R
=
ð Ð
ð R
×
R
Ð



Cette élasticité est appelée l’élasticité de la demande au revenu. Elle est notée c
x¡R
. x est la demande du bien
X et R le revenu. Formellement l’élasticité revenu s’écrit de la manière suivante :
c
x¡R
=
o x
x
o R
R
=
o x
o R
×
R
x


L’analyse de cette élasticité s’effectue sur deux critères : le signe et la valeur.
Exemple :
x
1
=
R
4p
1
ct x
2
=
3R
4p
2


c
x
1
¡R
=
o x
1

o R
×
R
x
1
=
1
4p
1
×
R
R
4p
1
= +1
Lorsque l’élasticité de la demande-revenu est positive, la consommation du bien varie dans le même sens que
le revenu et le bien est dit normal. Les biens normaux représentent la très grande majorité des biens. x
1
est
donc un bien normal.
Interprétation : Lorsque le revenu augmente de 1% la demande du bien x
1
augmente de 1%.

Cours de miroéconomie I- version provisoire
22



3.2.2.2 Les courbes d’Engel

La courbe d’Engel est généralement croissante, mais sa représentation graphique dépend de la nature des
biens étudiés. Nous distinguons trois cas :
Cas 1 : La courbe d’Engel pour un bien normal nécessaire


La courbe croît à taux décroissant (de plus en plus faible). Plus le revenu augmente et plus la quantité
consommée du bien stagne relativement. L’accroissement du revenu est supérieur à celui de la
consommation.
u < c
x ¡R
< 1
Cas 2 : La courbe d’Engel pour un bien de luxe (parfum)


Cours de miroéconomie I- version provisoire
23


La courbe croît à un taux croissant (de plus en plus élevé). Lorsque le revenu augmente, les achats de biens de
première nécessité étant effectués, le consommateur consacre une partie importante de son revenu à l’achat
des biens de luxe.
c
x ¡R
> 1
Cas 3 : La courbe d’Engel pour un bien inférieur.
Les biens inférieurs sont peu nombreux comparés aux biens normaux ; ils connaissent le paradoxe d’une
variation de leurs quantités demandées en sens inverse de la variation du revenu. En effet, dès que le revenu
s’élève au dessus du nécessaire, le consommateur détourne sa consommation vers des biens plus chers qu’il
apprécie plus.


La courbe d’Engel pour un bien inférieur a une pente négative cal la relation entre la quantité consommée et
le revenu est une relation inverse. Plus le revenu augmente moins on consomme les tickets de bus.

3.2.2.3 Les courbes de consommation-revenu

Les courbes de consommation-revenu peuvent avoir trois allures différentes
Cas 1 : Les deux biens sont normaux



Cours de miroéconomie I- version provisoire
24

Lorsque le revenu augmente la consommation des deux biens augmente.

Cas 2 : Un bien normal et un bien inférieur

Le bien 2 est inférieur et le bien 1 est normal. Suite à une augmentation du revenu, la consommation du bien
1 augmente, celle du bien 2 diminue.
Question : quelle sera l’allure de la courbe dans le cas inverse où bien 1 inférieur et bien 2 normal?


3.3 Analyse de la demande par rapport au prix du bien

L’élasticité de la demande par rapport au prix de bien est notée c
x¡P
, x la demande du bien X et p le prix du
bien X. Elle s’écrit formellement comme suit :
c
x¡P
=
o x
x
o P
P
=
o x
o P
×
P
x

Lorsque l’élasticité de la demande au prix est négative (cela veut dire la demande et le prix varient en sens
opposés), le bien est dit typique et lorsqu’elle est positive (cela veut dire la demande et le prix varient dans un
même sens), le bien est dit atypique.

3.3.1 Les biens typiques

La quasi-totalité des biens sont atypiques. Le consommateur est toujours prêt à acheter moins cher un bien.
L’élasticité de la demande au prix est donc négative dans le cas de biens typiques.
Exemple : Calculer l’élasticité au prix de la demande x2 et déduire si X2 est un bien typique ?
Cours de miroéconomie I- version provisoire
25

c
x
2
¡p
2
=
o x
2

o p
2
×
p
2
x
2
= -
SR
4p
2
2
×
p
2
SR
4p
2
= -1 < u
x
2
est un bien typique. Lorsque, p
2
augmente de 1% la demande du bien 2 diminue de 1%.
La demande est dite dans ce cas isoélastique.



Dans le premier cas, lorsque le prix varie, la demande ne varie pas. La demande est dite inélastique.
Dans le deuxième cas, lorsque le prix varie, la demande varie mais faiblement. La demande est dite faible
élastique.
Dans le troisième cas, lorsque le prix varie, la demande varie d’une manière proportionnelle. La demande est
dite isoélastique.
Dans le quatrième cas, lorsque le prix varie, la demande varie d’une manière plus proportionnelle. La
demande est dite élastique.
Dans le cinquième cas, lorsque le prix varie, la demande varie très fortement d’une manière infinie. La
demande est dite infiniment élastique.

3.3.2 Les biens atypiques

Dans certains cas, la demande n’est pas fonction décroissante du prix ; prix et quantités varient dans le même
sens. Les biens sont dits atypiques (inférieurs ou de luxe)






Cours de miroéconomie I- version provisoire
26

4. Effets de revenu et de substitution
Nous avons vu jusqu’ici que la demande d’un bien est une fonction décroissante du prix toute chose égale par
ailleurs. Néanmoins, la variation du prix de X ne laisse pas les choses égales par ailleurs puisque le pouvoir
d’achat du consommateur est modifié. Il existe donc à la fois un effet prix (effet de substitution) et un effet de
revenu.

L’effet de substitution mesure la variation de la consommation d’un bien consécutive au changement de son
prix relatif pour un revenu constant. Cet effet est négatif.




Pour identifier graphiquement cet effet sur le graphique, partant du point d’équilibre E1, on se déplace le long
de la courbe d’indifférence. Le niveau de satisfaction reste inchangé. Le consommateur choisit le point ou la
pente est égale au rapport des nouveaux prix (le prix de X ayant diminué)

L’effet de substitution mesure la variation de la consommation d’un bien consécutive au changement de son
prix relatif pour un revenu constant. Cet effet est négatif. Pour identifier graphiquement cet effet sur le
graphique, partant du point d’équilibre E1, on se déplace le long de la courbe d’indifférence. Le niveau de
satisfaction reste inchangé. Le consommateur choisi le point ou la pente est égale au rapport des nouveaux
prix (le prix de X ayant diminué).

Le passage du point E1 à E’ représente l’effet de substitution. Ensuite, cette modification des prix libère du
budget. Le second effet est donc un effet de revenu. Le déplacement de la droite budgétaire se fait donc
parallèlement à la première. On mesure ici l’effet de l’augmentation de pouvoir d’achat provoqué par la
réduction du prix de X. On trace cette droite et on retrouve une courbe d’indifférence tangente. Le passage
de E’ à E1 représente l’effet de revenu.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
27



Exemple
Reprenons l’exemple de tout à l’heure. Supposons que le prix du bien 1 baisse de p1=5 à p1’=2. Le prix du
bien 2 et le revenu du consommateur restent inchangés.
A l’équilibre nous aurons,

x
1
-
=
1uu
4 - 2
= 12.S
x
2
-
=
S - 1uu
4 - 1u
= 7.S
u(x
1
-
, x
2
-
) == 6 - 12.S
1
4
7.S
3
4
= S1,12

4.1 Présentation des deux effets

Une modification d’un prix des deux biens modifie l’optimum du consommateur. Le changement de prix a
deux effets : un effet revenu qui modifie le pouvoir d’achat et un effet substitution qui modifie les prix
relatifs. Ainsi dans notre exemple, la baise du bien x1 augmente le pouvoir d’achat du consommateur ce qui
lui permet d’augmenter son utilité et de monter de courbe d’indifférence, mais elle modifie aussi les prix
relatifs
p
1
p
2
=
5
10
et
p
1
|
p
2
=
2
10
et par conséquent la combinaison de consommation. Normalement, le
consommateur va choisir une proportion plus forte que précédemment du bien x1 par rapport à x2 dont le
prix a relativement augmenté par rapport à x1.
Le passage de I
(situation initiale) à F (situation finale) est dû à deux effets : l’effet de revenu et l’effet de substitution. Pour
décomposer ces deux effets, on peut utiliser deux méthodes : la méthode de Hicks et la méthode de Slutsky.
4.2 La méthode de Hicks
L’objectif du consommateur est de rester sur la même courbe d’indifférence initiale. La variation du revenu
sera compensée si on reste au même niveau de satisfaction, c'est-à-dire que la courbe d’indifférence initiale.

Première étape : Détermination de R’ tel que U=40.66 et p1’ =2 avec un sentier d’expansion ayant
pour équation x
2
=
3
2
x
1

R' = p
1
i
x
1
+p
2
x
2

R
i
= 2 × x
1
+1u × x
2

R
i
= 2x
1
+
S
2
x
1
=
7
2
x
1

Cours de miroéconomie I- version provisoire
28

x
1
=
2
7
R
i

x
2
=
S
7
R
i

u = 6 × _
2
7
R
i
]
1
4
_
S
7
R
i
]
3
4


4u.66 =
2.S2
7
R
i
=R
i
=
7 × 4u.66
2.S2
= 122.68
Avec R
i
=122.68 le consommateur ressent toujours une satisfaction U*=40.66 et ce malgré la baisse du prix
du bien p1.

Deuxième étape : Détermination de la combinaison optimale théorique
On a
x
1
=
R
4p
1

ct x
2
=
SR
4p
2

Application numérique.
x
1
-
=
122.68
4 - 2
= 1S.SS

x
2
-
=
S - 122.68
4 - 1u
= 9.2
Troisième étape : Soient trois points I, H et F
I : x
1•
-
= S x
2•
-
= 7.S
H : x
1€
-
= 1S.SS x
2€
-
= 9.2
F : x
1•
-
= 12.S x
2•
-
= 7.S


Cours de miroéconomie I- version provisoire
29
















































Cours de miroéconomie I- version provisoire
30

Chapitre II : Les fondements de la théorie du producteur

L’analyse du producteur constitue le second pilier de la théorie microéconomique. Quand l’analyse du
comportement du consommateur définit la demande sur le marché, l’étude de celui des firmes permet
d’expliciter l’offre. La confrontation de l’offre et la demande permet de justifier la formation des prix sur un
marché.

Le rôle des entreprises dans l’économie est fondamental. Ce sont elles qui embauchent des travailleurs et
utilisent du capital afin de produire les biens et services qui seront consommés par les ménages. La
compréhension des entreprises permet donc d progresser dans celle du système économique.
Naturellement, le fonctionnement des entreprises est très complexe : il comporte de nombreux aspects et il
est impossible de vouloir tous les étudier. Des simplifications sont nécessaires et la théorie microéconomique
néoclassique ne considère qu’un aspect essentiel du comportement de l’entreprise, à savoir la production de
biens et services.

L’entreprise ne sera donc représentée que par sa seule fonction de production, et c’est à partir de cette
fonction de production qu’on peut décrire le comportement du producteur. Malgré les simplifications, le
modèle microéconomique de comportement du producteur permet de répondre à des questions telles que :

Comment l’entrepreneur décide-t-il de la quantité de biens qu’il va produire ?
Quelles quantités de travail, de matières premières ou de capital va-t-il employer ?
Combien cette production va-t-elle lui coûter ?

La méthodologie de présentation du producteur suit très largement celle retenue pour le consommateur : Le
consommateur est censé maximiser une fonction d’utilité sous contrainte de budget, le producteur va
maximiser sa production sous contrainte de coût. Dans les deux cas, le traitement du problème de l’agent
passe par une résolution d’un programme de maximisation sous contrainte. La fonction de production tient
alors pour le producteur le rôle de la fonction d’utilité du consommateur. De fait de cette analogie, un grand
nombre de concepts et de méthodes analytiques développés autour du consommateur seront repris dans le
cadre du producteur.


1. Définition et propriétés de la fonction de production

1.1 Les facteurs de production

Les facteurs de production ou les inputs sont les biens et services utilisés par le producteur dans l’objectif de
fabriquer le produit. Les quantités de facteurs vont donc être les déterminants de la quantité produite.

On sépare généralement ces facteurs en deux classes distinctes : les facteurs fixes et les facteurs variables.

Les facteurs fixes sont les facteurs dont le producteur ne peut modifier les quantités durant la période sur
laquelle est réalisée la production. Exemples : les bâtiments et équipements d’une entreprise, la terre pour un
exploitant agricole.

Cours de miroéconomie I- version provisoire
31

Les facteurs variables sont les facteurs dont le producteur peut modifier les quantités afin de changer son
niveau de production s’il pense que cela est nécessaire. Exemples : Les matières premières, l’énergie, la main
d’œuvre…

1.2 La fonction de production
La fonction de production décrit la relation qui existe entre les quantités utilisées des différents facteurs et la
quantité maximale du bien qui peut être produite. La fonction de production résume don l’ensemble des
contraintes techniques qui s’imposent à l’entreprise. Nous supposons que le producteur ne peut agir que sur
le travail (L) et le capital (K). La fonction de production (jamais décroissante) s’écrit formellement :
‚ = ‚(ƒ, I)

On peut donc voir la fonction de production comme une boîte noire qui permet de convertir une quantité de
facteurs en un volume de production.

Exemple :
Supposons qu’un bien est produit à partir de deux facteurs de production, du travail et du capital. A court
terme, on considère que l’entreprise qui fabrique ce bien n’a pas la possibilité de changer de stock de capital
K. La Production du bien varie alors en fonction de nombre d’unités de facteur travail, une unité de travail
correspond à une heure de travail. La production réalisée en fonction de la quantité de travail est donnée par
le tableau suivant :

Heures de travail (L) Production (Q)
0 0
1 5
2 14
3 24
4 32
5 35
6 36


La représentation de la fonction de production est simple lorsqu’elle ne dépend que d’un seul facteur. Sur le
court terme, le producteur ne peut ajuster la production qu’en employant des heures de travail
Cours de miroéconomie I- version provisoire
32

supplémentaires. Pour chaque heure de travail en plus, la production s’accroît. La fonction de production est
donc bien croissante.

A moyen terme, il est possible pour un producteur d’arbitrer entre une augmentation de la quantité de travail
utilisé et un accroissement du stock de capital. La fonction de production à deux facteurs de production est
représentée par ce qu’on appelle les isoquantes.

Les isoquantes sont à la fonction de production ce que les courbes d’indifférence sont à la fonction
d’utilité. Une isoquante représente l’ensemble des combinaisons productives (capital, travail) permettant
d’obtenir un niveau particulier de production. Plus la distance entre l’isoquante et l’origine est grande, plus elle
traduit une production importante.




1.2.1 Fonctions de production à facteurs substituables et à facteurs complémentaires.

Dans la fonction de production, les deux facteurs, capital et travail, peuvent être complémentaires ou
substituables. En d’autres termes, la production du bien peut réclamer l’utilisation d’une combinaison
particulière des deux facteurs complémentaires (camions / chauffeurs) ou au contraire l’utilisation de l’un ou
l’autre de deux facteurs en quantités variables (facteurs substituables (Tractopelle, hommes)).

En microéconomie, on utilise formes très répandues : La fonction Cobb-Douglass (Paul Douglass et Richard
Cobb) et la fonction de Leontieff (Wassily Leontief (5 août 1905-5 février 1999) économiste américain,
d'origine russe et lauréat du« prix Nobel » d'économie en 1973)

Fonction Cobb-Douglass (facteurs substituables)
‚(ƒ, I) = Aƒ

I




Cours de miroéconomie I- version provisoire
33

D’après cette figure, il est possible d’obtenir le même niveau de production avec la combinaison (ƒ
1
, I
1
) ou
avec la combinaison (ƒ
2
, I
2
), c'est-à-dire en utilisant moins de travail et plus de capital : capital et travail sont
des facteurs substituables.
Fonction Léontieff (facteurs complémentaires)

‚(ƒ, I) = H†n ‡
ƒ
o
,
I
ˆ




D’après cette figure, nous comprenons que pour obtenir le niveau de production ‚
1
, il faut mettre en œuvre
ƒ
1
unités de capital I
1
unités de travail. A partir de ce point, augmenter l’une ou l’autre de ces quantités
n’accroît pas le niveau de production. Ainsi, la combinaison productive (ƒ
1
, I
2
) conduit à la production ‚
1

également réalisable à partir de la combinaison(ƒ
1
, I
1
). Par conséquent, pour augmenter le niveau de la
production, il faut accroître simultanément et dans un rapport fixé les quantités de capital et de travail.

1.2.2 Le taux marginal de substitution

Si la fonction de production présente des facteurs complémentaires, il est impossible de substituer du capital à
du travail pour obtenir la même production. En revanche, une fonction à facteurs substituables autorise de
telles substitutions. Dans ce dernier cas, une question se pose alors : dans quelles proportions peut-on
substituer un facteur à l’autre ? C’est ce qui nous indique le taux marginal de substitution technique (TMST).
Dans un repère (capital, travail), le TMST(K, L) correspond à la quantité de travail supplémentaire nécessaire
pour maintenir le niveau de production lorsqu’une unité de capital en moins est utilisée.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
34

1.2.2.1 Interprétation graphique et mathématique

D’après la figure si la quantité de capital augmente de ƒ
1
à ƒ
2
, la quantité de travail doit diminuerde I
1
à I
2

pour conserver le même niveau de production ‚
1
. La forme mathématique du TMST s’écrit donc :
IHSI
(Š,‹)
= -
(‹
2
-‹
1
)

2

1
)
=-
Œ‹
Υ

En raisonnant sur des variations infiniment petites, le calcul marginal peut être utilisé et le IHSI
(Š,‹)
peut
être défini comme l’opposé de la dérivée en un point d’une isoquante, IHSI
(Š,‹)
=-
ð‹
Ž•
soit encore comme
l’opposé de la pente de la tangente de l’isoquante en ce point.
1.2.2.2 Démonstration

L’effet d’une variation simultanée de la quantité de capital de travail sur le niveau de production est donné par
la différentielle totale de la fonction de production :

J‚(ƒ, I) =
o‚(ƒ, I)

oƒ +
o‚(ƒ, I)
oI
oI
Lors du calcul du TMST, on s’intéresse à la variation de la quantité de travail nécessaire pour compenser une
variation infinitésimale de la quantité de capital, à niveau de production constant, par conséquent, la
différentielle totale de la fonction de production J‚(ƒ, I)doit être nulle :

J‚(ƒ, I) =
ð•(Š,‹)
ðŠ
oƒ +
ð•(Š,‹)
ð‹
oI=0
On en déduit aisément que le IHSI
(Š,‹)
=-
ð‹
Ž•
est égal au rapport des dérivées partielles de la fonction de
production :
IHSI
(Š,‹)
=-
ð‹
Ž•
=
ò•(‘,’)
ò‘
ò•(‘,’)
ò’



Cours de miroéconomie I- version provisoire
35

1.2.3 Productivité et rendements
1.2.3.1 Les mesures de productivité

La productivité d’un facteur indique l’influence de ce facteur sur la production quand les quantités des autres
facteurs restent à un niveau constant.

La productivité moyenne d’un facteur de production est la production par unité de ce facteur, toutes choses
étant égales par ailleurs. Il s’agit du rapport de la quantité produite à la quantité utilisée de ce facteur.

PHI =
‚(ƒ, I)
I

La productivité marginale d’un facteur indique, toutes choses égales par ailleurs, la quantité supplémentaire
de produit obtenue à partir d’une unité supplémentaire de ce facteur. Elle désigne l’accroissement de la
production qui résulte de l’utilisation d’une unité supplémentaire de ce facteur.

PmI =
o‚(ƒ, I)
oI


Productivité moyenne du travail Productivité marginale du travail
- -
5 5
7 9
8 10
8 8
7 3
6 1














L’élasticité factorielle d’un facteur mesure l’effet de la variation de la quantité de ce facteur sur la
production quand les variations de l’input ou de l’output exprimées en pourcentages. Formellement, elle
correspond au rapport de la variation relative de la quantité produite et de celle de la quantité de facteur.

Cours de miroéconomie I- version provisoire
36


•¡Š
=
o‚(ƒ, I)
‚(ƒ, I)

ƒ

Dans la mesure où les quantités de facteur travail n’est pas modifiée, l’élasticité factorielle peut également
s’écrire comme le rapport de la productivité marginale et de la productivité moyenne.

•¡–
=
—•(–, ˜)
•(–, ˜)
—–

=
—•(–, ˜)
—–
×

•(–, ˜)
=
™š˜
™›˜

1.2.3.2 Les mesures de rendement

Proche de la notion de productivité marginale, la notion de rendements factoriels étudie la modification de la
quantité produite résultant de la modification quantité utilisée d’un facteur. La différence réside en ce que l’on
s’intéresse non à l’effet d’une unité supplémentaire de facteur sur la production mais au rapport qui existe
entre l’accroissement de la production et celui de la quantité d’un facteur. En d’autres termes, on cherche à
savoir si multiplier la quantité d’un facteur par un nombre œ supérieur à 1 conduit à une multiplication de la
production par un facteur supérieur, inférieur ou égal à œ.

Formellement, la nature du rendement factoriel du capital dépend du signe de ka différence
•œ–, ˜- œ•–, ˜
Si cette différence est positive, le rendement factoriel du capital est croissant, si elle est nulle, le rendement
factoriel est constant et si elle est négative, le rendement factoriel est décroissant.
La notion de rendement d’échelle spécifie la façon dont va évoluer la production lorsque les quantités de tous
les facteurs sont augmentées dans les mêmes proportions. Ainsi, les rendements d’échelle sont dits
“croissants”, “constants” ou “décroissants” selon que la multiplication de toutes les quantités de facteurs par
un même nombre réel supérieur à 1 entraîne une production plus que proportionnelle, proportionnelle ou
moins proportionnelle. Mathématiquement, on traduit cette mesure en calculant le signe de l’écart :

‚Fƒ, FE- F‚ƒ, E
Si ‚Fƒ, FE- F‚ƒ, E>0, les rendements d’échelle sont croissants.
Si ‚Fƒ, FE- F‚ƒ, E=0, les rendements d’échelle sont constants.
Si ‚Fƒ, FE- F‚ƒ, E<0, les rendements d’échelle sont décroissants.

Exemple :

La fonction de production d’un entrepreneur est la suivante :

‚ƒ, E 2K
/
L
/N

1. Quelles sont les productivités moyennes des facteurs

PM


•Š,‹



6/5
¡
6/¢

=
¡
6/¢

6/5
2K
P/
L
/N


PM
¡

•Š,‹
¡


6/5
¡
6/¢
¡
=

6/5
¡
£/¢
2K
/
L
PO/N


Cours de miroéconomie I- version provisoire
37

2. Quelles sont les productivités marginales des facteurs

3.Les rendements d’échelle de cette entreprise sont-ils croissants, décroissants ouu constants?
‚(zƒ, zI) = 2(zK)
1
2(zL)
1
4
= z
3
4
2K
1¡2
L
1¡4


z
3
4
2K
1¡2
L
1¡4
-2K
1¡2
L
1¡4
< u

Les rendements d’échelle sont décroissants.

2. Le comportement du producteur
Nous essayons dans cette section d’expliquer le choix du nombre d’unités de produit qu’il va élaborer et par
conséquent les quantités de facteurs qu’il va employer.


2.1 Le coût de production

La fonction de production exprime l’utilisation des facteurs et le produit qui en résulte. Un autre élément
important dans la décision du producteur est le coût qu’il doit supporter pour pouvoir accomplir sa
production.

Pour pouvoir produire, l’entrepreneur va devoir payer les facteurs de production qu’il utilise. Il va donc subir
un coût. Le coût de production s’exprime mathématiquement comme la somme des rémunérations de chaque
facteur. Si le travail et le capital sont les deux seuls facteurs variables, le coût de la production s’écrit comme
suit:

C(ƒ, I) = wI +rƒ +¡
w : le salaire versé pour chaque unité de travail utilisée (wage)
r : le taux de rémunération du capital (rate)
f : la rémunération de l’ensemble des facteurs fixes de l’entreprise.


Le coût est représenté à l’aide des droites d’isocoût

C = wI +rƒ +¡ =I =
C - ¡
w
-
r
w
ƒ

La pente de la droite d’isocoût est donc égale à l’opposé du rapport des prix des facteurs soit -
¡
w
. Lorsque le
coût augmente, la position de la courbe d’isocoût est plus élevée

Cours de miroéconomie I- version provisoire
38



2.2 Les différents comportements du producteur

L’objectif du producteur est de maximiser le profit. Le profit est défini comme la différence entre le chiffre
d’affaires réalisé et les coûts :

n(ƒ, I) = p‚(ƒ, I) -wI -rƒ -¡
Où p représente le prix du bien.
Le prix qui apparaît pour la première fois dans notre analyse est une variable exogène, c'est-à-dire qu’il
s’impose au producteur qui n’a aucune influence possible sur le prix parce que la firme évolue dans un
environnement de concurrence pure et parfaite : les producteurs sont très nombreux et chaque producteur
pris séparément est trop “petit” par rapport à l’ensemble du marché pour pouvoir agir sur le prix. On peut
donc envisager le prix comme une contrainte imposée au producteur.

Le comportement du producteur peut alors être appréhendé de façons différentes selon qu’il rencontre ou
non une contrainte sur la quantité à produire ou sur le coût qu’il peut supporter.
2.2.1 Le producteur contraint par son budget
Dans cette configuration, le producteur connaît son budget maximal. Les coûts ne peuvent pas dépasser cette
somme. Le coût maximal de production est connu et la recherche du profit le plus élevé possible passe par la
maximisation de la recette. Le producteur va donc chercher la combinaison productive (capital, travail) qui
maximise le volume de production tout en en respectant la contrainte de coût.

Ce problème s’écrit formellement sous la forme d’un programme de maximisation de la production sous
contrainte d’un niveau de coût.


_
Hox ‚(ƒ, I)
s. c C

= wI +rƒ +¡

Cours de miroéconomie I- version provisoire
39


2.2.1.1 Résolution graphique














Le producteur contraint par le budget qu’il peut allouer à la production. Ce budget ne peut pas dépasser C

.
Pour ce budget, toutes les quantités inférieures à Q2 peuvent être produites. En revanche une production
supérieure à Q2 induit un coût qui dépasse le plafond C

.

Le producteur rationnel, celui qui désire maximiser sa recette cherche à obtenir la production la plus élevée
parmi toutes les productions réalisables pour le coûtC

. Il retient alors le niveau maximal Q2. Sa demande de
facteurs sera donc logiquement K
*
et L
*
.



2.2.1.1 Résolution mathématique

Première étape : Ecrire la fonction de Lagrange

I(ƒ, I, z) = ‚ + z(C

-wI +rƒ +¡)


Les conditions de premier ordre s’obtiennent en annulant les dérivées partielles premières de cette fonction :

`
1
1
1
1
oI(ƒ, I, z)

=
o‚(ƒ, I)

- zr = u (1)
oI(ƒ, I, z)
oI
=
o‚(ƒ, I)
oI
- zw = u (2)
oI(ƒ, I, z)
oz
= C

- wI + rƒ +¡ = u (S)

Les deux premières équations du système des conditions de premier ordre permettent de retrouver la
condition d’optimalité du producteur :

Cours de miroéconomie I- version provisoire
40

o‚(ƒ, I)

o‚(ƒ, I)
oI
=
r
w

Pm
Š
Pm

=
r
w


2.2.2 Le producteur contraint par son marché

Dans cette configuration, nous supposons que le producteur connaît le niveau maximal de production qu’il
peut écouler sur le marché. Il est donc contraint par les quantités et connaît à l’avance le montant de sa
recette p‚(ƒ, I). Dans ce cas, la maximisation du profit implique la minimisation des coûts. Le problème du
producteur se réduit à la recherche de l’utilisation optimale des facteurs de façon à minimiser le coût de
production.

Le problème s’exprime mathématiquement sous la forme suivante :


_
H†n C(ƒ, I) = wI + rƒ +¡
s. c Q(K, L) = ‚

La résolution de ce programme permet de définir la demande de facteurs (K et L) la plus économique pour le
producteur.
2.2.2.1 Résolution graphique














Pour produire ‚

, le coût minimal que le producteur subit est C1. Une production au coût C2 (au point A ou
B, ou à tout autre niveau de coût supérieur à C1 est possible, mais serait moins rentable. Produire cette
quantité à un coût inférieur à C1 est impossible.
La situation optimale est donc caractérisée par la tangence entre la droite d’isocoût et l’isoquante qui
correspond à la production recherchée. Au point de tangence, le coût minimal : il n’existe pas de niveau
inférieur à C1tel que la droite d’isocoût présente un point commun avec l’isoquante de la production ‚

. Par
conséquent, le producteur va produire la quantité ‚

, au coût C1 et utilise les quantités K
*
et L
*
.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
41


2.2.2.2 Résolution mathématique
Première étape : Ecrire la fonction de Lagrange

I(ƒ, I, z) = wI +rƒ +¡ +z(‚

-‚(ƒ, I)


Les conditions de premier ordre s’obtiennent en annulant les dérivées partielles premières de cette fonction :

`
1
1
1
1
oI(ƒ, I, z)

= r - z‚
Š
= u (1)
oI(ƒ, I, z)
oI
= w -z‚

= u (2)
oI(ƒ, I, z)
oz
= ‚

-‚(ƒ, I) = u(S)

Les deux premières équations du système des conditions de premier ordre permettent de retrouver la
condition d’optimalité du producteur :

o‚(ƒ, I)

o‚(ƒ, I)
oI
=
r
w

Pm
Š
Pm

=
r
w

Exemple :
La fonction de production d’un entrepreneur est la suivante :

‚(ƒ, I) = 2K
1¡2
L
1¡4


1) Supposons qu’elle dispose d’un budget de 1000 dinars, que le taux de salaire est de 20 dinars et le taux de
rémunération du capital 10 dinars. Quelle est dans ces conditions le niveau de production optimal ?

A l’équilibre TMST = r/w

PmK=K
-1/2
L
1/4
PmL= ½ K
1/2
L
-3/4

TMST = 2L/K

A l’équilibre on a 2L/K= 10/20
K=4L
1500 = 20 L + 10 K =20 L+10*(4L) =60 L
L* = 1500/60 = 2.23
K* = 4*25 = 100
Q*= 2K
1¡2
L
1¡4
=2*10*2.23=44,7
2) Supposons que le producteur ne peut écouler que 100 unités de bien.

2K
1¡2
L
1¡4
= 1uu
Cours de miroéconomie I- version provisoire
42

K
1/2
= 50/L
1¡4

K= 2500/L
1¡2

4L*L
1/2
=2500

L
3/2
=625
L=625
2/3
=73
K=4*73=292
Coût = 20*73+10*292 = 3066
2.2.3 Interprétation des conditions d’optimalité
La résolution des deux problèmes posés au producteur permet d’établir qu’au point optimal, le rapport des
prix des facteurs doit être égal au rapport des productivités marginales. Sous une autre forme, cette condition
d’optimalité s’écrit :
Pm
Š
r
=
Pm

w

En d’autres termes, les productivités marginales des facteurs rapportés aux prix des facteurs doivent être
égales.

Cette égalité s’explique simplement de la manière suivante : La productivité marginale d’un facteur rapportée
à son prix correspond à la production supplémentaire obtenue en consacrant une unité de compte (un dinar
par exemple) à l’achat de ce facteur. Par conséquent, si cette égalité n’était pas vérifiée, reporter la dépense de
cette unité de compte d’un facteur à l’autre permet de produire plus, ce qui signifie que la combinaison initiale
n’était pas optimale.

2.3 Le sentier d’expansion
Nous avons supposé jusqu’à maintenant que le producteur subissait une contrainte, soit par la quantité, soit
par les coûts. Il est aussi possible qu’il ne connaisse aucune contrainte et donc qu’il puisse choisir à la fois le
niveau des coûts et celui de la production. Dans ce cas, le producteur a théoriquement la possibilité de choisir
parmi une infinité de combinaisons (production-coût).

On peut remarquer que le choix des niveaux de coûts et de production ne sont pas indépendants. Pour un
niveau de coût donné, le producteur doit reconnaîte qu’il n’existe qu’une seule combinaison des facteurs qui
maximise le niveau de production. De même, s’il désire un niveau de production, la combinaison des facteurs
efficace doit minimiser le coût de production et celle-ci est unique. Or nous avons vu que quelque soit le
problème envisagé, sa solution optimale passe par la définition de la condition d’optimalité du producteur :

Pm
Š
Pm

=
r
w

Cette relation implicite entre le capital et le travail définit l’ensemble des combinaisons productives optimales
pour le producteur. On l’appelle « le sentier d’expansion ».








Cours de miroéconomie I- version provisoire
43



















Graphiquement, le sentier d’expansion réunit l’ensemble des combinaisons productives optimales. Il
relie donc l’ensemble des points de tangence entre les droites d’isocoût et les isoquantes. Il donne pour
chaque niveau de production (et par conséquent de coût) possible la structure optimale de la combinaison des
facteurs.

Lorsque le producteur ne rencontre aucune contrainte lors de sa prise de décision, il va choisir un point du
sentier d’expansion de façon à maximiser son profit.

2.4 La maximisation de profit

L’objectif du producteur lorsqu’aucune contrainte ne s’impose à lui est donc de choisir la combinaison
(capital, travail) qui rend son profit maximal. Le problème du producteur s’écrit formellement sous la forme
d’un programme de maximisation sans contrainte :

Hox n(ƒ, I) = p‚(ƒ, I) -wI -rƒ -¡
Le rôle du prix est fondamental : Il va permettre de déterminer la combinaison de facteurs qui maximise le
profit.

Conditions de premier ordre

`
1
1
1
1
on(ƒ, I)

= pPm
Š
-r = u (1)
on(ƒ, I)
oI
= pPm

-w = u (2)

(1)
(2)
=
Pm

Pm

=
¡
w

La solution optimale qui résulte de ce nouveau problème appartient donc au sentier d’expansion.

Cours de miroéconomie I- version provisoire
44


3. La fonction de coût total et ses propriétés
Pour tout niveau de production, il existe une combinaison optimale des facteurs et un niveau minimal du coût
de production. La fonction de coût total qui résume cette relation indique pour chaque niveau de production
le coût minimal supporté par l’entreprise. Formellement, ce coût s’écrit comme une fonction des quantités
produites Q :
CI = CI(‚)

3.1 La fonction de coût à court terme

Quand la période de production est courte, l’horizon temporel ne permet pas au producteur d’ajuster de
manière optimale les quantités de tous les facteurs. Certains facteurs – taille des usines, équipements lourd des
ateliers…- sont considérés comme fixes et leur rémunération apparaît comme constante. A ces facteurs fixes
correspond donc un coût fixe CF que le producteur doit payer indépendamment de la quantité produite.
Par opposition, le coût variable CV(Q) dépend du niveau de production, il correspond à la dépense entraînée
par l’utilisation des facteurs variables – capital et travail – c'est-à-dire les facteurs dont le priducteur peut au
cours de la période ajuster la quantité en fonction de la production.

Le coût total se définit comme la somme du coût fixe CF et du coût variable CV(Q) :
CI(‚) = CI(‚) +CF

3.3.1 Caractéristiques de la fonction de coût

La fonction de coût résulte des conditions de premier ordre du programme de minimisation du coût sous
contrainte de production (voir section 2.2.2.2). Pour le niveau de production ‚

, ces conditions sont les
suivantes :

_
r -zPm
Š
= u (1)
w -zPm

= u (2)

= ‚(ƒ, I)(S)


Les quantité optimales des facteurs (L*,K*) qui résultent des conditions de premier ordre sont des fonctions
de Q et des prix des facteurs, de sorte que l’on peut écrire :
ƒ
-
= ƒ
-
(w, r, ‚)
Et
I
-
= I
-
(w, r, ‚)
Il suffit ensuite de remplacer ƒ
-
et I
-
par leur expression de l’équation du coût pour obtenir la fonction de
coût total CT :
CT=C(K*,L*)= rk*+wL*+F =rƒ
-
(w, r, ‚)+wI
-
(w, r, ‚)+F =CT(Q,r,w)
Comme les prix des facteurs sont des variables qui s’imposent au producteur, le coût devient une fonction de
la seule variable Q : CT = CT(Q).


Remarque
Il est important de noter que la fonction de coût aurait pu être obtenue à partir des autres programmes du
producteur. En effet, l’équation du sentier d’expansion qui donne l’ensemble des combinaisons productives
Cours de miroéconomie I- version provisoire
45

optimales est la même quel que soit le programme considéré. On peut donc à partir de cette équation, de
l’expression du coût et de la fonction de la production déduire la même fonction de coût.
Exemple
Une entreprise utilise une technologie de production formalisée par la fonction de production suivante :

‚(ƒ, I) = 2ƒ
1¡4
I
1¡4

1) Déterminer l’équation du sentier d’expansion, sachant que r=1 et w =16 et que les coûts fixes = 10.
2) Déterminer la fonction de coût de cette entreprise.
Réponse
1) Le sentier d’expansion : K=16L
2) C(Q)=2Q²+10

3.3.2 La forme de la fonction de coût total

Le coût total est la somme du coût variable et du coût fixe. Quelque soit la quantité produite, le producteur
supporte le coût fixe CF constant égal à F. Sa représentation graphique prend la forme d’une droite parallèle à
l’axe des abscisses.
Le coût variable est croissant : Lorsque la production est nulle, le coût variable est égal à zéro et plus la
quantité que le producteur veut produire est importante, plus les quantités de facteurs à mettre en œuvre sont
importantes et plus le coût variable est grand.


De plus la forme de la fonction de production dépend de la forme de la fonction de production. Plus
précisément, il existe une relation entre la nature croissante ou décroissante de la productivité marginale.et la
forme du coût variable. En effet, si la productivité marginale est décroissante, il faut pour obtenir une unité
supplémentaire de production (output) mettre en œuvre des quantités de facteurs de plus en plus importantes.
Ceci induit un coût marginal croissant.
Nous pouvons remarquer à travers la figure 1 que pour des petites quantités produites, la productivité
marginale est croissante, mais qu’au-delà d’un certain seuil la productivité marginale devient décroissante. La
courbe de coût variable est donc croissante à taux décroissant dans un premier temps, puis croissante à taux
croissant dans un deuxième temps.
Enfin, la courbe de coût total est obtenue par simple addition des deux courbes.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
46

3.3.3La fonction du coût moyen

La fonction de coût moyen, CM (Q), indique le coût par unité produite, pour chaque niveau de production.
Mathématiquement, il correspond au coût total divisé par le nombre d’unités produites :
CH(‚) =
CI(‚)



Comme le coût total, le coût moyen se décompose en coût variable moyen CVM(Q) et en coût fixe moyen
CFM :
CH(‚) =
CI(‚)

=
CI(‚)

+
CF

= CIH(‚) +CFH

Les caractéristiques du coût fixe moyen s’obtiennent facilement. Pour une production unitaire, Q=1, le coût
fixe moyen est égal au coût fixe. Pour des quantités produites inférieures, plus la quantité se rapproche de 0,
Cours de miroéconomie I- version provisoire
47

plus le coût fixe moyen est élevé et tend vers l’infini. Pour des quantités produites supérieures à une unité, le
coût fixe moyen décroît et tend vers zéro lorsque les quantités produites tendent vers l’infini.
La forme du coût variable moyen dépend de celle du coût variable. Comme nous supposons que la
productivité marginale est croissante puis décroissante, on obtient une courbe en U comme le montre la
figure 2.
Le coût variable moyen est égal au coût variable pour Q=1. Par ailleurs, on sait par hypothèse que pour des
petites quantités produites (respectivement de grandes quantités) le coût variable augmente à un taux de plus
en plus faible (respectivement plus élevé). On peut conclure donc que le coût variable moyen est décroissant
puis croissant, son minimum correspondant au point d’inflexion (le point à partir duquel la productivité
marginale passe de croissante à décroissante).
Finalement, en additionnant les courbes de coût fixe moyen et de coût variable moyens, on obtient la courbe
de coût moyen. Comme le montre la figure 3, elle a une forme en U comme le coût variable moyen.

3.3.4 La fonction du coût marginal
La fonction de coût marginal indique pour chaque niveau de production le coût additionnel qu’il faut
supporter pour produire une unité supplémentaire de production. Mathématiquement, en considérant des
variations infinitésimales de la quantité produite, le coût marginal, Cm(Q), correspond à la dérivée du coût
total :
Cm(‚) =
oCI(‚)
o‚

Sous l’hypothèse d’une productivité croissante pour des petites quantités produites et décroissante pour des
grandes quantités produites, le coût marginal présente également une forme en U. En effet, sous cette
hypothèse, à mesure que les quantités produites augmentent, le coût total est tout d’abord croissant à taux
décroissant puis à taux croissant, ce qui signifie que le coût marginal est décroissant puis croissant tout en
restant toujours positif.
Il est intéressant de situer la courbe de coût marginal par rapport au coût moyen et au coût variable moyen.
Un calcul simple permet de montrer que la courbe de coût marginal coupe les courbes de coût moyen
et de coût variable moyen en leur minimum respectif. Les positions relatives du coût marginal, du coût
variable moyen et du coût moyen sont représentées sur la figure 4

Cours de miroéconomie I- version provisoire
48

.



Démonstration : intersections entre coût marginal et coûts moyens.
Le calcul de la dérivée du coût moyen permet de montrer pourquoi la courbe coût marginal coupe en coupe
les courbes de coût moyen et de coût variable moyen en leur minimum respectif :

JCH(‚)
J‚
=
J _
CI(‚)

_
J‚
=
‚Cm(‚) -CI(‚)
‚`

Au minimum du coût moyen, la dérivée s’annule et on vérifie :
JCI(‚)
J‚
= u - Cm(‚) = CH(‚)

Le coût marginal coût moyen en son minimum.
Pour les quantités de produit correspondant à la partie croissante du coût moyen (
dCM(•)
d•
> u, le coût
marginal est supérieur au coût moyen.
JCH(‚)
J‚
> u -
‚Cm(‚) - CI(‚)
‚`
> u - ‚Cm(‚) -CI(‚) > u

Cm(‚) >
CI(‚)

- Cm(‚) > CH(‚)

Pour un raisonnement symétrique, il est possible de montrer que le coût marginal est inférieur au coût moyen
pour toutes les quantités correspondant à la partie décroissante du coût moyen.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
49

On obtient les mêmes considérations en raisonnant par rapport au coût variable moyen. Il suffit de remarquer
que le coût marginal est non seulement la dérivée du coût total mais aussi celle du coût variable puisque la
seule différence réside dans l’existence du coût fixe, dont la dérivée est nulle. On a donc :
JCIH(‚)
J‚
=
J _
CI(‚)

_
J‚
=
‚Cm(‚) -CI(‚)
‚`
= u - Cm(‚) = CIH(‚)


3.2 La fonction de coût de long terme

A long terme, le producteur a la possibilité de modifier la quantité de tous les facteurs à sa disposition. Les
facteurs qui étaient fixes à court terme deviennent maintenant variables. Ainsi l’équipement de production,
fixe à court terme peut être modifié à long terme par le producteur s’il veut modifier le niveau de la
production.


Au minimum du coût moyen de long terme, le coût moyen est égal au coût marginal.


4. L’offre individuelle optimale en CPP
La définition de la fonction de coût permet de réexaminer le problème du producteur. Puisque la
combinaison optimale des facteurs a été définie pour chaque niveau de production, ce problème peut être
réduit au choix des quantités optimales à produire.
En régime de concurrence pure et parfaite, le producteur va chercher à définir son volume de production de
façon à maximiser son profit. Il est alors possible de définir l’offre optimale du producteur sur le marché, et
par confrontation avec la demande, on obtient les caractéristiques de l’équilibre en concurrence.

4.1 Prix et demande adressée à la firme
En situation de concurrence, le producteur individuel n’a aucune influence sur le prix de vente de son
produit.

Que l’analyse se passe à court ou à long terme, la courbe de demande qui s’adresse à une producteur apparaît
comme une droite horizontale d’équation :

P = constante quelque soit la quantité.v ‚.
Cours de miroéconomie I- version provisoire
50

Sous cette hypothèse, il est possible d’étudier les recettes de la firme en concuurence. La recette totale du
producteur RT(Q) s’écrit comme suit :

RI (‚) = p‚

La recette marginale, Rm (Q) correspond à l’accroissement de recette lié à la vente d’une unité supplémentaire
du bien. En supposant que les variations considérées sont infinitésimales, elle se calcule comme le rapport
entre l’accroissement de la recette et un accroissement infime des ventes, ce qui correspond
mathématiquement à la dérivée de la recette totale par rapport à Q :


Rm (‚) =
JRt(‚)
J‚
=
oRI(‚)
o‚
= p
La recette moyenne RM(Q) est la recette par unité vendue, soit :
RH (‚) =
RI(‚)

= p
En régime de concurrence, la recette moyenne est égale à la recette marginale et au prix :
RH (‚) = Rm(‚) = p

4.3 L’offre à court terme
4.3.1 L’optimum du producteur

En situation de concurrence pure et parfaite, le prix de marché p s’impose au producteur qui peut écouler
toute sa production à ce prix. S’il ne connaît aucune contrainte, le producteur maximise son profit π défini
comme la différence entre les recettes RT(Q) et les coûts CT(Q). Puisque dorénavant ces deux grandeurs sont
des fonctions de la production, le producteur peut maximiser son profit en choisissant directement le niveau
optimal de la production Q.

Le programme du producteur s’écrit

max

n = RI(‚) - CI(‚)

Il en résulte la condition de premier ordre :
n

i
(‚) = Rm(‚) -Cm(‚) = u
En régime de concurrence pure et parfaite, le prix et la recette marginale coïncident, le comportement optimal
du producteur consiste donc à choisir une production telle que le prix soit égal au coût marginal :
p = Cm(‚)
Interprétation
Tant que la production d’une unité supplémentaire induit un accroissement du chiffre d’affaire supérieur au
coût marginal, le producteur qui augmente sa production va enregistrer une hausse de son profit. Parce que le
coût marginal est croissant, l’augmentation de la production va alors progressivement élever le coût marginal.
Cm(Q) converge vers le niveau de prix p.

A l’égalité entre prix et coût marginal, le coût de production supplémentaire est exactement couvert par le
gain de supplémentaire. Augmenter la production générerait un coût supérieur au gain. A ce niveau, la
Cours de miroéconomie I- version provisoire
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production est donc optimale. L’optimum du producteur en concurrence pure et parfaite est représenté dans
la figure ci-dessous :
























Pour le niveau de prix p*, deux niveaux de production conduisent à un coût marginal égal au prix. On note
cependant que le premier niveau, défini au point A, correspond à une phase de coût marginal décroissant. Le
profit en ce point est alors à son minimum. Au point B, en revanche, l’égalité entre le prix et le coût marginal
est obtenue dans une situation de coût marginal croissant. La quantité Q* qui lui correspond maximise donc
le profit du producteur.

Ce graphique permet de donner une représentation du profit : il suffit pour cela de faire apparaître la
différence entre recette totale et le coût total. Le chiffre d’affaires est donné par le produit p*Q*, il correspond
donc à la surface 0-p*-B*-Q*. Le coût total est mesuré par le produit entre le coût moyen CM(Q*) et la
quantité optimale Q*, sa représentation graphique est donnée par la surface 0-CM(Q*)-C-Q*. La différence
entre les deux surfaces permet de mesurer le profit du producteur (surface CM(Q*)-p*- B- C)

On peut remarquer que si le prix était inférieur au coût moyen, le producteur subit une perte et non un
bénéfice. Ainsi, en suivant un raisonnment symétrique on voit sur le graphique que le prix p** conduit à la
perte donnée par la surface grisée.






Cours de miroéconomie I- version provisoire
52

4.3.2 L’offre du producteur
La fonction d’offre d’une entreprise indique la production de la firme en fonction du prix du marché. Or pour chaque
prix de marché, il existe un volume unique de production qui maximise le profit d’une firme. La relation entre le prix et
l’offre du producteur se déduit donc de la condition de premier ordre relative à la maximisation du profit p=Cm(Q).
Pour chaque niveau de prix, l’abscisse de la partie croissante de la courbe de coût marginal indique l’offre qui maximise
le profit du producteur et la fonction d’offre s’écrit formellement comme la fonction inverse de la fonction de coût
marginal.
‚(p) = Cm
-1
(p)
Cette condition n’est cependant valable que si le producteur ne produit pas à perte et il devient nécessaire d’étudier le
niveau du prix au-dessous duquel il sera préférable de ne pas produire. On note alors que la situation est différente
suivant que l’entreprise est déjà installée sur le marché ou si elle s’interroge sur une entrée potentielle.

Le seuil d’entrée
Si on considère une entreprise extérieure au marché. En cas d’entrée, elle doit payer un coût d’installation (le coût fixe)
plus le coût de production (le coût variable). L’entrée n’est rentable que si la firme perçoit une recette permettant de
couvrir l’ensemble de ces coûts. Ce sera le cas si la recette moyenne est supérieure au coût moyen. Comme tout prix
supérieur au minimum du coût moyen (CM
min
) entraîne une production optimale satisfaisant cette propriété, la firme
décidera d’entrer sous la condition suivante :
p ¸ CH
mìn

Elle refuse d’entrer sur le marché dans le cas inverse. Le prix p = CH
mìn
constitue le seuil d’entrée sur le
marché ou seuil de rentabilité ou encore le point mort. Si le prix d’équilibre est supérieur à ce seuil, p >
CH
mìn
, les firmes présentes sur le marché vont réaliser des profits.


Le seuil de fermeture
Si on considère une firme déjà engagée sur le marché, son implantation lui impose le paiement des coûts fixes CF
quelque soit son volume de production. Elle décide de produire si le profit qu’elle enregistre en réalisant sa production
positive est supérieur à la perte (CF) qu’elle subit en cas de production nulle (Formellement pQ-CF-CV(Q)>-CF).

Ce sera le cas si le prix est associé à une production dont le coût variable moyen st inférieur à la recette moyenne
(p>CVM(Q)). On vérifie graphiquement que cette condition impose un prix supérieur au minimum du coût variable
moyen CVM
min
(Voir figure 11)

Une firme ne restera sur le marché que si
p ¸ CIH
mìn

Dans le cas inverse, la rentabilité est insuffisante et la firme ne couvrant ni ses coûts fixes ni ses coûts variables doit
quitter le marché. Le prix p=CVM
min
constitue le seuil de la fermeture de la firme.

Nous pouvons noter que pour tout prix p compris entre le minimum du coût variable moyen et celui du coût moyen,
l’entreprise ne peut couvrir l’intégralité de ses coûts fixes. Elle réalise donc une perte globale. Pour une entreprise qui
est déjà sur le marché, il est cependant rentable de produire puisque les coûts fixes ont déjà été engagés. Une
production positive génère un surplus qui permet de financer une partie des coûts fixes et de limiter les pertes.
Toutefois cette situation ne peut être que temporaire : si elle perdure, l’entreprise est amenée à quitter le marché.

En définitive, la production n’est possible sur un marché que si le prix est supérieur au minimum du coût variable
moyen. L’offre est nulle pour des prix inférieurs à ce seuil. La fonction d’offre de l’entreprise i (S
i
) s’écrit
formellement :


S
ì
= S
ì
(p) = cm
-1
(p)pour p ¸ CIH
mìn

S
ì
= u pour p ¸ CIH
mìn