8*“ année.

15 m ai 1945

N° 6

SPIRITUALITÉ
(revue mensuelle de culture humaine, fondée en 1936, sous le titre " Etre Libre '')

Science, Religion, Philosophie
Fondateur : Iwan KHOWSKY Directeur : JEA N PYCK, 11, rue Anoui, Ixelles-Brux. • Tél. : 12.93.8! Compte Chèques P. 3374.47 Rédacteur en chef : R. LINSSSN Correspondance et manuscrit» : Boîte Postale 827 Bruxelles • Centre

SOMMAIRE
Buchenwald et la Spiritualité....................... Han Ryner. L'Homme.............. ...................... La grâce ...................... . .............................. Solitude ........................................................... Spiritualité et Spontanéité............................ Charles Morgan (L'Art et l'Unité de l'Esprit] (suite) ...................................... ........ Prévisions astrologiques jusqu'au î 4-7- i 945 . Bibliographie ............................................ Nouvelles diverses ... ... .... Quelques p e n sé e s...................................... .... Ram Lins se a Hem Day Pierre d'Angkor Albert Toetanel Marg. Bangerter Serge Young Le Bélier Renée Bagage .. .. M oyî< Krishnamurti, Kanta Gupta, Ram iinssan

PRIX ;

15 fcrancs le numéro. 120 irancs l’abonnement annuel-

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Buchenwald et la spiritualité
par Ram. LINSSEN
Le monde frissonne d’épouvante devant toute l ’horreur des atrocités dont les tortionnaires nazis se sont rendus responsables. Buchenwald, Belsen et bien d’autres encore — peut-être pires, s ’il est possible detre pire — constituent autant de leçons tragiques d’où se dégagent une multitude d’enseignements très importants, mais encore obscurs. Il est cependant d’une impérieuse nécessité de les tirer au clair. La première question que se pose tout homme est celle de savoir comment non seulement, deux ou trois individus, mais bien des centaines ont pu en ce X X o siècle, en plein cœur de l'Europe, procéder à des tortures qui dépassent en raffinement et.e n cruauté ce que n’auraient jamais pu rêver les tyrans les plus sanguinaires du passé. Il est évident que le titre d’homme ne peut s ’appliquer aux auteurs d’actes semblables à ceux qui sont décrits dans toute la presse et que nous confirment les rescapés eux-mêmes. Pratiquer une politique spirituelle de l ’autruche à l ’égard des horreurs réailisées dans les camps de concentration allemands, serait tout à fait inadmissible. Un problème aussi douloureux soulève des questions poignantes. Une angoisse irrésistible nous étreint à l’idée que nous ne pourrions pas empê­ cher un jour le retour d’une telle vision de cauchemar. La réponse au problème est double. Il importe d’examiner le traite­ ment à infliger aux tortionnaires. Il faut ensuite étudier quels sont les éléments psychologiques, sociaux qui ont permis d’atteindre l'effarante déchéance morale dont le monde actuel est le témoin. A l ’égard des responsables de ces tortures une justice implacable doit être appliquée. Justice implacable mais parfaite. E t tout homme spirituel doit comprendre qu’il est possible de sanctionner sévèrement de tels actes, sans y mêler les remous traditionnels de haine et de ven­ geance. Buchenwald constitue un avertissement pour le monde. Buchenwald nous montre qu’en idépit de sa science, l’humanité est au seuil d’un abîme, et que si l’évolution morale de l’homme ne subit pas une ré-orientation complètement différente, la faillite sera certaine. Si les horreurs de Buchenwald ne sont pour le monde qu’un prétexte à faire déferler dans les coeurs plus de haine ajoutée à celle que les tortionnaires ont déjà assouvie, cette expérience n’aura servi à rien. A vrai dire, une somme de souffrance aussi monstrueuse mériterait mieux. Pour l’homme spirituel, la « froide » condamnation à mort des bourreaux ne fait pas l ’ombre d’un doute. Encore faut-il préciser que si elle était immédiate, elle changerait fort peu de chose -aux causes pro­ fondes des maux qui pèsent sur la conscience des accusés. Il faudrait précisément parvenir — si la chose est possible — à rappeler à ces derniers qu’ils ont une conscience. Avant l ’exécution de la sentence de mort, inexorable celle-ci, une ultime tentative de ré-éducation devrait être tentée, si l’on ne désire pas, que les énergies psychiques présidant à de

Les cas de lynchages d’adversaires politiques ou de criminels. dans une atmosphère d’intimidation. Ils nous répondirent avec le plus grand naturel du monde. cultivés. Il serait étrangement simpliste de supposer qu’un simple changement de régime politique ou social puisse amener un changement durable dans les causes premières de tels maux. L ’origine première de cette déviation du sens moral se trouve dans le cœur de l’homme. Le fascisme. « Nous n’en savons rien. versés en sciences diverses. La vie courante ne nous fournit-elle pas souvent d’éloquents exemples de l’amplitude de la cruauté que peuvent atteindre les foules des pays « soi-disant civilisés ». parce que frappés à la base de la plus totale inintelligence et de la plus complète absence de cœur. Il faut y voir l’aboutissement d’une déviation du sens moral dont les débuts sont imperceptibles. le sens de mesure. car il concerne autant les adultes que les enfants. Quant aux éléments psychologiques responsables de telles aberra­ tions. La conclusion qui s’impose à tout être spirituel est celle de l’urgente nécessité d’une réforme totale de l’éducation morale de 1 homme. accompli dans la pleine possession de la conscience de soi. ou encore. ne continuent ultérieurement leur travail destructeur. A des officiers supérieurs de l’armée allemande. Le programme est double. le Fuehrer pense à ces choses à notre place. Nous ne prétendons pas par cela nier l ’existence d’un héroïsme vrai. d’écrits. ICette rééducation totale doit se faire au moyen de conférences. en broyant les individus « en série ». sauf pour les incorrigibles satisfaits . certains d’entre nous ont posé la question de savoir ce qu’ils pensaient de la guerre. les bagarres sont typiques à cet égard. Les actes auxquels président les mouvements de masse sont presque toujours des actes irréfléchis. Encore faut-il qu’il se trouve une élite suffisamment capable et agis­ sante pour entreprendre la tâche colossale de cette reconstruction de >' . Il s’agit donc pour les premiers d’une véritable rééducation dont l’urgence ne fait plus aucun doute. intelligent. Les hommes en société. L ’expérience de Buchenwald nous force à dénon­ cer avec une véhémence exceptionnelle le danger des «mouvements de masse » tant prônés par les idéologies fascistes. lors­ qu’elles se laissent envoûter par une psychologie collective obnubilant complètement le jugement. par celle plus précieuse de la réalité divine qui la transcende. les opti­ mistes béats. radio. Tous les moyens de propagande modernes pourraient y être employés : presse. ils sont multiples. accomplissent souvent avec facilité des actes qu’ils réprouveraient s’ils les confrontaient calmement à la lumière de leur conscience.« - 131 - telles dégradations morales. qui trouvent encore que tout est bien. aboutit à la création de ces automates invraisembla­ bles capables d’actes extrêmes dans l’héroïsme ou la monstruosité. la sensibilité des individus qui composent ces foules. » Cette obéissance aveugle d ’une collectivité d’individus aux ordres d’une autorité extérieure constitue une faillite dont la gravité se trouve sanctionnée par l’acuité des souffrances qu’ont endurées les millions de victimes de cette guerre. théâtre. de chantage moral. de façon rigide. aimant les arts. Elle est un résultat de cette oblitération du jugement individuel à laquelle procèdent inévitablement tous les mouvements dits « de masse ». cinéma. suivant un modèle standard.

C ’est en cette réalité perpétuelle­ ment mouvante. La séection naturelle balayera ce qui physiquement. Il n’est pas d’être au monde qui ne pense ni aime. E t réciproquement. qu’ils soient de droite ou de gauche. Il faut doter les hommes de demain d’un dynamisme. Ce n’est que lorsque l ’homme est spirituellement pauvre que des mouvements de masse. L’homme peut réaliser la Vérité dans la mesuré où il parvient à exalter ses puissances . Il s'agit d’une présence de profondeur sur laquelle se profile le perpétuel va et vient de nos êtres séparés de surface. nos institutions sont basées sur l ’égoïsme dont elles constituent un encouragement tacite. nos religions. La vérité est toute simplicité. moraux. sociaux traditionnels n’est que trop éclatante. trouvent en lui. La faillite de tous les systèmes religieux. leur victime prédestinée. Trop lointaine cette réalisation ? Non. des imitateurs. le plus sérieux. Elle met l ’homme au seuil de cette délivrance de la « conscience de soi ». quels qu’ils soient. en con­ tribuant à en faire des êtres responsables qui pensent par eux-mêmes que l’on tiendra en échec les tentatives sournoises d’envoûtement des psychologies collectives. Dans la me­ sure où les hommes de demain s’alimenteront à la source profonde qui réside en l’intimité de leur conscience. à ce reniement complet de la dignité humaine auxquels procèdent tous les fascismes. sorte d’essence lumineuse commune. mille fois non. mais seules les termes la compliquent. Ce n’est qu’en orientant l’homme vers la découverte des richesses spirituelles que la nature a déposées en lui-. ils accéderont à l’intensité d’une vie nouvelle dont le seul prestige leur interdira à tout jamais de procéder à ce culte d’autrui. prennent vie et disparaissent. il nous faut un effort inouï pour accéder au « paradis perdu » de notre spontanéité et de notre simplicité premières. libération qui constitue la raison d’être de ses luttes. ce n’est qu’en aidant l’homme à prendre pleine­ ment possession de lui-même que l’on créera l'obstacle le plus durable. Ce n’est qu’en apprenant aux hommes à se connaître. Il faut faire table rase du passé. La lézarde envahit le temple. Toutes nos morales. Une civilisation nouvelle doit s’édifier sur des bases plus saines. L ’homme. doit tra­ vailler collectivement. L’essentiel de nos découvertes scientifiques nous montre qu’au delà des apparences limitées et statiques de l ’univers matériel existe une réalité extraordinairement vivante dynamique. d ’une virilité mentale qui leur interdira d’être des suiveurs. Ne replâtrons pas les fissures béantes de la vieille cité qui s’écroule. dépouillées de l’égoïsme tradition­ nel. à l’éclosion possible de tous les fascismes. est inadéquat aux exigences de ¡ ’époque. La perception de ce lien sous-jacent à la multiplicité des phénomènes. En cette réalisation réside la plus grande richesse qui soit.132 — l’homme. Allons de l’avant. moralement et spirituellement. Mais parce que nous sommes complexes. L'égoïsme humain est la cause fondamentale de la carence des valeurs spirituelles. comme le dit Krishnamurti. Elle est éminemment simple. dont chaque être porte l’empreinte au plus intime de sa conscience ouvre la porte vers l'ère de l’altruisme le plus fécond. des esclaves aveugles mettant les destinées du monde entre les mains d’aventuriers et d’exploiteurs. mais il doit penser individuellement. que les êtres et les choses se meuvent. d’une richesse spirituelle.

L ’acuité de la douleur qui s’empare de nous en pensant aux supplices. en vertu de leur maturité même.. de femmes et d’enfants. Que notre premier geste soit un retour sur nous-mêmes . le processus diabolique amorcé par les infâmies des tortionnaires eux-mêmes. Nous devons être justes. à nous dépouiller de toutes les lâchetés que nous sommes capables de commettre encore. et moins encore d’en démontrer le bien fondé en dépit de toutes les horreurs actuelles. à déjà tant de haine assouvie. il faut qu’il soit affranchi de tout sentiment de haine. Cette éducation basée sur les tendances de chaque individu. El le devra s’attacher à la création d'individus véritables ayant atteint cette maturité d’esprit et de cœur qui leur per­ mettra de se dépasser. puisse surgir en nous la ferme détermination d’accomplir sur nous-mêmes d'abord. parviendra à développer en chacun le maximum de dynamisme par l ’épanouissement des facultés originales et créatrices. de Lansberg. nous déterminer à nous arracher de notre égoïsme routinier. de Belsen. IJs devront être mis en état d’appréhender en eux cette sève spirituelle précieuse qui s ’alimente à la source la plus profonde de la V ie elle-même. et sur les autres ensuite. et dont l ’éclosion leur apprendra à se dépasser eux-mêmes. à tant de souffrance. impitoyables même. De tels êtres posséderont en eux une richesse de cœur les garantissant de façon définitive contre les déchéances horribles dont nous sommes les témoins actuellement. etc. Parallèlement à cette rééducation des adultes. E t parallèlement à cet élan de notre cœur. Il n’entre pas dans le cadre de ce manifeste spirituel de donner les détails qui peuvent faci­ liter cette ascension. nous continuons sans le savoir. Les enfants devront apprendre à se connaître. Mais cette tâche est bien trop immense pour pouvoir être réalisée dans sa totalité au cours d’une seule génération. il faut procéder à celle des générations futures.— 133 — d’aimer et de penser vers leurs plus hauts sommets. Une immense compassion doit s’élever de nos cœurs vers la somme de souffrance monstrueuse qu’ont endurée des millions d’hommes. nous pouvons l’être sans haine. les réformes dont nous sentons l'urgence. à l’image de ces graines mûres qui un jour. à se tenir debouts tout seuls dans la vie. E t pour qu’il soit positif. L’éducation de demain doit aboutir à l’épanouissement des facultés intuitives.à à nous réviser de fond en comble. ne doivent se traduire pour l ’homme spirituel que par un bilan positif. Soyons pratiques. et tout cela. A quoi bon ajouter de la haine. et demandons-nous : qu’avons-nous fait pendant ce temps ? que faisons-nous ? qu’allons-nous faire ? Puisse l ’acuité des souffrances horribles dont les révélations plânent sur le monde comme une ombre immense. aux massacres que nous connaissons doit nous arracher aux sphères . tel devra être le but fondamental de l ’éducation de demain. meurent à leur propre vie de graine pour accéder à la renaissance prodigieuse d’une vie nouvelle. Nous avons pour devoir de contribuer à faire de nos enfants des hommes accomplis. L'affranchissement progressif de la « conscience de soi ». pour le plus grand bien de tous. Si nous sommes submer­ gés par les courants de haine qui tentent d’envahir les collectivités. sévères. car seule l ’intuition permet à l’homme d’accéder à cette prise de conscience qui l'affranchit des limites de il’égoïsme. Les expériences de Buchenwald. de Dachau.

L ’ordre social réclame de la discipline. Sa mission reste toujours la même : là où se trouvent les pires ténèbres. quelques mots hâtivement lancés à la Radio entre deux com­ muniqués mensongers . Social par la mise au service spontanée de son acquis spirituel au profit de ses emblables. c’est ainsi que nous apprîmes que celui qui pour nous était îa sagesse vivante même. Une brève information de presse. Que tous ceux qui sentent la possibilité de faire quelque chose dans l’immense révolution qui s’im­ pose s’enrôlent dans la croisade de la renaissance spirituelle que les évé­ nements nous commandent d’accomplir. Pensons à l'attitude de Ramakrishna. La paix et l ’har­ monie régneront dans le monde lorsque celui-ci sera dirigé par des indi­ vidus asservis à lai discipline sévère qu’ils s’imposent eux-mêmes. était décédé en son modeste appar­ tement sur les bords de la Seine. lorsqu’il nous con­ viait à adorer Dieu dans le visage de nos semblables. Devant toute l’horreur de Buchenwald. introduire la plus éblouissante Lumière.d'attraction pure où sc complaisent trop souvent un grand nombre de mystiques. matérialiser à la surface. Han Ryner l'Homme Je le savais assez souffrant. E t comme dans les ultimes profondeurs de toutes les hommes demeure une seule et même présence. Quai des Célestins. à l’éternelle loi d’Amour. Mais une discipline différente de celle que nous imposent les dictateurs d’aujourd’hui. six lignes à peine. envers et contre tous. en restant fidèle. ce sont surtout mes yeux qui me gênent. de mieux le faire aimer par tous ceux qui ne l’ayant point . ce grand sage de l ’Inde. aucun homme spirituel n’a le droit d’être désemparé. Elle doit aussi nous guérir d'un certain snobisme spirituel qui envisage trop facilement ces problèmes du « bout des doigts ». il s’ex­ cusait dans une lettre de son long retard apporté à me répondre en s’exprimant ainsi : « Paresse chez moi signifie toujours mauvais état de santé. Individuel par la découverte et l’épanouis­ sement progressifs des richesses dont il est le dépositaire. la perfection divine des profondeurs qui doit surgir. » Han Ryner n’est plus. au 38. Nul ne peut rester insensible à la dou­ leur endurée par tant de millions d’hommes. à L E servir en soulageant les misères humaines. de la fidélité aux suggestions de cette dernière ne peut résulter qu’une harmonie durable. là où se trouvent les plus grandes dénégations du Divin.. Au début de décembre 1937. Le rôle de l’homme spirituel est à la fois individuel et social. ceux qui nous conseillent de mieux le faire connaître. à Paris.. Laissons là nos douleurs intérieures pour courir vers d’autres impé­ rieux désirs qui nous sollicitent. Depuis trois mois. Il m’avait trop appris à garder devant la mort cette sérénité magni­ fique qui animait toute la vie de sa pensée pour qu’une douleur angois­ sant vînt me tenailler à l’annonce de sa fin.

au contraire. sèches. que pour le cadet humilié du titre de « disciple ». à Montluçon (Allier). notre jeune écolier économise un sou sur les dix centimes qu’il reçoit de son père pour le déjeuner de midi. à des hauteurs diverses. son harmonie. Si je l’avais. exquises d’élégance maigre. Elie. Elles s’élèvent par gradins successifs. Le petit Ner. l’ayant à peine iu ou entendu. dans une préface qu'il écrivait pour mon Erasme. à vingtcinq centimes. mettant cependant les choses. plus on sent la beauté noble des grands espaces sans détail. Han Ryner . une partie de l'étang . Son père était employé des postes à Millas. qui ont fait. toute de bonté. qu’imiter quelqu’un est aussi injurieux pour l’aîné ridiculement affublé du titre de « maître ». Un canal et la petite rivière d’Arc lui apportent de l'eau. que répéter "est une vertu de perroquet. Henri. puis. plus l ’esprit s’accorde au rythme des chênes nains qui moutonnent sur l’éten­ due des rocs dans la lumière blanche. plus que des autres. Nous sommes d’accord. de petit pla­ teaux sur lesquels on se retourne pour un spectacle chaque fois plus vaste. en partie son éduca­ tion. Plus on s’éloigne du petit coin fertile. va en classe. éprouveront cet irrésistible besoin de mieux le connaître afin de s ’abreuver aux sources d’inspiration pleines d’un riche enseignement qu’il nous a offert dans une vie géné­ reuse. a un mois à peine. » » » » » » » » » Enfin. il se voit transplanté avec les siens1 à Tarbes (Hautes Pyrénées) jusqu’en 1870. Nous nous aimons d'être deux sincérités et de réaliser chacun. en une dédicace publique. des environs de Perpignan et non fils d’un père norwégien et d’une mère espagnole comme le veut. la légende entretenue par son pseudonyme. d’amour qu’agrémentait une rare sagesse. Henri Ner. à sept kilomètres de chez lui. Ner Jacques.135 — approché. Henri Ner commence ses études latines à . puis l ’étang tout entier et ses admirables courbes . quand sa mère est envoyé en France. Han Ryner. Ambroise est né à Nemours en Algérie le 7 décembre 1861. son caractère indépendants . son œuvre m'avait « aidé pour le débrouillement de l’original chaos intérieur ». que père et fils doivent avoir chacun sa vie. au delà même de l'étang. puis à Rognac (Bouches du Rhône). saine et banale. sa pensée. Sa famille y habitera jusqu’en 1865. salué comme mon père spiri­ tuel. Il lit sur la route les petits livres de la « Bibliothèque Nationale ». on ne sait trop pourquoi. c ’est qu'à maintes reprises. sur les bords de cet étang de Berr que plus tard il dépeignit si passionné­ ment dans ce roman : « La Fille manquée ». disait : ^« Qu’un naïf dogmatique n’aille pas s’imaginer que nous sommes d accord en tout. ensuite successivement. Il donne. M ais des collines l ’en­ serrent. Nous nous aimons dans nos libres différences. A ce sujet. peut-être. le spectacle de plus en plus généreux. offrent. sa mère originaire de Thuir. « Reber est une sorte d’oasis perdus dans un désert. rocheuses. A quelque temps de là. au point. me disait-il lui-même. l ’infini de « la grande mer ». sans se préoccuper de l’autre. Pour se les procurer. non de l’homme . » D e parents catalans. au cours de ma vie. s ’accorde au rythme des vagues qui font de la mer sans bornes une harmonie dans le soleil. permettent à la vallée une grossière beauté verte et grasse.

Han Ryner revient alors dans cette ville » et fonde un Comité de secours qui bientôt a raison du fléau. Il termine ensuite ses études au Lycée d’Aixen-Province. après avoir fait quelques reproches légitimes au sous-préfet » et au préfet. Henri Ner s ’est fait recaler à la licence de philoso­ phie. il est classé l«r. Cependant l ’année suivante. cette même ville. Sous le pseudonyme de Louis Aloisius. » L ’épidémie est vite en décroissance dans le petit village. est reçu boursier à la Faculté de. collège dirigé par l ’abbé Saurin. commençait d’écrire des romans empreints d’une observation aigüe et d’un jugement droit . C ’est vers cette époque que dans un villaige proche de Sisteron. Ryner. des articles très informés du nom gracieux de Louise Carlau. nous dit Banville d’Hostel : « Avant qu’il fut question de « Chair Vaincue ». ce qui est assez piquant lorsqu’il s’agit du futur pamphlétaire du « Massacre des Amazones ». tels furent : « Pauvre Petit Orgueilleux » et « Printemps fané ». au bout de deux ans il en remonte à son maître. Henri Ner s’y rendit pour suppléer à . désinfecter les habitations. il ne sache pas un mot de latin « à la fin de l’année. à Bourgoin. il obtient son baccalauréat et est dispensé ainsi d’être soldat. restés inédits. et me raconta sa fille. » A la rentrée des classes — car cette épidémie s’était déclarée » pendant les vacances — Han Ryner fut interpellé par le principal du . E n 1882. il est reçu et félicité par l’exa­ minateur qui était autre. M ais il n'écrivait pas que des romans. Henri N er travaille avec ardeur. Henri Ner décide un officier de santé à l ’accompagner et avec deux autres amis s'en allèrent soigner les malades.1a désertion des notables qui avaient préféré déguerpir. Henri Ner. pour avoir répondu à la même question dans un esprit semhlable. On demandait des volontaires à Amergues. M ais. Han Ryner se rend à Sisteron et à » Digne. Il se plut même à intriguer les Aixois en signant. dans le département de l’Isère. qui n’annonçaient pas encore Psychodore. Il nous a conté la chose dans son livre « Chair vaincue » non sans quelque talent. puis successivement son humeur inquiète le conduit à Sistéron.Forcalquier. pour enfin échouer à Nogent-Je-Rotrou. qui. dans les journaux de l’en­ droit. n'était pas un latiniste ». qui n’était alors que Henri Ner. M ais voici la chose racontée : « Mais il fallait des aliments. il donnait au « Radical des Alpes » une série de bou­ tades anticléricales. à Bray. bien que en arrivant. et. M ais entretemps. est nommé Professeur de seconde à Draguignan. le choléra se déclara. Jean Sahac ou Pierre Dapré que nous retrouverons dans son « Crime d'Obéir ». obtient finalement une charrette de denrées qu’il amène » à Amergues. tels : Léo Charade. mais elle » sévit avec fureur à Sisteron. Il signera entretemps d’autres articles sous les pseudonymes de cer­ tains des personnages de ses romans futurs. à vrai dire. enterrer les victimes.

» Henri Ner gagna donc les palmes académiques... « L’autorité de la morale.. Elle n’est plus que dans la conscience. écrit Jean Aicard. pour ceux qui ont une conscience!. En 1889. en effet.1 - 137 — » collège qui lui reprocha d'avoir agi de sa propre initiative. la conscience du monde est atteinte. et vouloir l ’action dans la vie. » Dieu. presque entièrement ignorée de beaucoup même parmi ceux qui l’ont étudié.. fit décorer » Han Ryner des palmes académiques ! C e fut sa seule décoration. au point de vue social. sans detna. la supériorité d’une morale usuelle. En Dieu. n'est. » . est-il.. Aussi la mort de Dieu est-elle l’événement le plus formidable de notre âge. mais fut préservé du choléra et reçut même une lettre d’éloges signée d’un « ministre décédé » peu de temps avant la naissance de l’épidémie. à peser ses scrupules.V o tre héros conclut deux vérités « impossible et nécessaire » et c'est lui qui a fait ma préface. La conscience se suffit-elle ? » Question effrayan te!. E t voilà un cercle vicieux. pour un consciencieux. Henri Ner verra cependant approcher sa retraite afin de pouvoir travailler. car si déjà il nous a donné « Chair Vaincue ». quel plaisir secret. sous son nom Henri Ner.. qui caractérise si on peut dire sa première étape. c ’est-à-dire du développement des civilisations. cette figure fausse d’une vérité absolue. concrétait l ’idée de conscience pour le regard des moins subtils. « L a Folie de M isère».» Mais le Recteur ¿ ’Académie. » L ’année 1895 l’amène à Paris.. Au (début de ma découverte avec sa pensée... était hier encore dans la sanction objective : en Dieu. Avec joie. soit surabondance d’idées. il est nommé professeur adjoint au Lycée Louis le Grand puis au Lycéie Charlemagne. ce je ne sais quel charme intérieur. c’est affirmer l’incon­ naissable. paraît «-Chair Vaincue » que préface Jean Aicard iqui déjà a entrevu en l’auteur un « inquiétant retourneur de mots et d'idées ». qu’un animal dépravé ! » Que de temps perdu. — car sa placer hardiment en face de l’Antinomie universelle.. du Fait et de l’Aspiration.... à chercher sa voie. un attrait suffisant vers le bien ? et que fera l ’homme libre dans ces cas où la loi sociale contrarie la loi purement vitale. c’est-è-dire l ’inconnu plus grand que l’incapacité de connaî­ tre. Chant du Divorce». « C e qui meurt». d’une discipline. Sans la mort. c ’était une conscience pour tous ! L’Idée de Dieu donnait une conscience à ceux qui n’en avaient pas. déjà on sent naître l'Han Ryner futur. à s’interroger.. pour tous les hommes. plus intelligent. mon cher ami. lui. soit insuffisance. comme je lui écrivais . Il parlera de tout cela comme de « rognures ».. contentement harmonieux. — c’est se réserver pour les dieux. — en dehors de laquelle l’homme qui médite.Je crois à la justice de la conscience. d’avoir agi ein conformité avec la direction des lois de l’univers. — et c ’est ici que je proclame volontiers. naturelle ? Nous voici au nœud de la question. » ..n» der l’avis de l'Administration.

il me répondait aimablement son embarras pour donner suite à ma lettre. Sublimant mon amour en une ardente flam m e Qui consume à jam ais l’âpre désir humain. intacte. vu que toute son œuvre antérieure à 1903 était épuisé. Et ce qui serait le moins éloigné d'offrir un vague intérêt serait si long à dire : petites persécutions ridicules dans l'Université parce que j ’écrivais des choses peu universitaires. » E t qu'elle ait été plus ou moins contrariée par . qu'im» porte ? S'il y a quelques fleurs. o doux archer divin. P ierre D 'A N G KO R . S a valeur. longue conspiration du silence dans toute la presse. D ’épines et d e fleurs. on s’en » nourrit . » Hem D A Y . Tu transmutas ma chair et tu la remplis d'âme. j'ai renié ma foi. V isages irrités que l’horreur faisait blêm es . U ne fo i en la lettre et que la raison nie . interprétés p ar T oi ! L es hom m es ont voulu me couvrir d'anathèmes. quelques fruits. dessous mes pas tremblants Tu jonchas sans répit. rajeunie. son esprit. on les respire . introuvable. \ La grâce ï l [ D e tes traits acérés. Sous tes coups insistants. » Terminant sa lettre en me remerciant d’avance pour tout ce que je proposais de faire en faveur de son œuvre qu'il croyait peut-être utile à quelques-uns. c’est son œuvre. il n’y a pas grand intérêt à savoir si l’arbre a subit plus ou » moins de vent et si des maladroits ou des malintentionnés ont cassé » quelques-unes de ses branches. puis me parlant de sa vie il m’apprenait : » » » » « Quant à ma vie rien qui vaille la peine d'être conté. o maître d e l’extase L e dur chemin qui monte aux sommets exaltants. f p . M ais T oi tu m'as com blé d e douceurs d e ta G râce. il concluait : « L’histoire d’un écrivain. Le résultat compte seul. M ais tu m e l’as rendue.les circonstances.- 138 ~ afin de m’informer de l’homme et de son œuvre écrite jusqu’à cette date.

Ce soir. silencieux..139 — Solitude Au fon d. E t je n'ai point bougé d'ici. M on cœur. Allument d es yeux d ’or qui clignotent. C e soir. E t tandis que ma chair sinistrement s'ennuie. Q ue d e ravages L e doute im pitoyable exerce-t-il en nous !. m es soucis M ‘accom pagnent partout com m e d es chiens fid èles . J'ai voulu la victoire. M 'ordonna ta déroute et la mélancolie... L es réverbères noirs. grand vagabond des sentiers interdits. les ailes ! J e suis seut dans la foute et c'est très bien ainsi. têtus.. íes maisons' R eferm en t leurs volets sur un bruit d ë chansons E t quelques toits pen chés paisiblem ent s ’enfument.. S'en va.. L es chem ins sont boueux et tristes. dont tes coups T om ben t aveuglém ent sur notre d o s qui plie.. le ciel est doux après la longue pluie. chercher des paradis !. la Solitude est la meilleure amie. A lbert T O E T E N E L . Je ne dem ande point d e pitié . les longs essors. tes élans fous. et te Sort. A dieu. s'entoure d ’une brume . le ciel est doux après la longue pluie.. E t risquent d es signaux aux derniers noctambules. ... sous leurs chapeau x pointus.... L a Ville. mon cœ u r est seul et te p assé recule L ’horizon fam ilier d es mornes souvenirs : A h ! j ’ai rêvé d e vivre et j'avais cru partir Vers d'autres continents aux accueillants rivages.. peu à peu. Ce soir.

une plasticité de plus en plus grande. Nous avons peur de mourir. simplifie par trop le problème. Il n’est plus — quand il a tout donné. sans guide. Péché ? Ainsi le pensons-nous pour tenter d'expliquer l’opposition du bien et du mal. une adhérence de plus en plus totale aux mouvements de la Vie. Tous les textes . peur de demain. gratuit. c’est-à-dire sans crainte comme sans es­ poir. peur de l’Amour. E t qu’est-ce que la main de Dieu sinon notre adhésion étroite à la V ie en laquelle nous avons l'être et le mouvement et dont nous nous exilons à force de sensations. Là gît le secret de l’ultime simplicité à laquelle nous exhortait Jésus quand il nous invitait à être comme des enfants. car c’est moins par amour que nous pratiquons la bonté et la justice que pour conjurer tout ce que nous craignons. de craintes. éperduement fondu en Lui. dont il faisait partie intégrante. C ’est bien a tort que nous faisons coïncider cette « mort » à nousmêmes avec la mort du corps physique. ni mal. libres. et ce sacrifice.Spiritualité et spontanéité par Marguerite Bangerler (E X T R A IT D U N E L E T T R E .) La spiritualité réside en une ductilité. Chacune de nos journées doit s’égrèner au rythme de la V ie elle-même avec le seul souci de meubler le présent d’un maximum de perfection. L ’acte pur. sans appui. Quand l’homme cesse de s’identifier avec l’individu isolé que cette conscience de soi a créé. impersonnelle. peur de tout.1a V ie totale. doit être posé en toute liberté. d’intelligence. sans croyance et sans dogmes. tout rendu — que . quand il s’affranchit des limites de son égo. d’idées. C ’est de suite qu’il faut mourir à la « conscience de soi ». Alors s'éclairera pour nous l ’histoire de la pomme et du péché originel.. mais entièrement dans la main de Dieu. indifféren­ ciée. en gage de quoi il devient vraiment original et créateur. quand il se dépouille " du vieil homme . peur de la joie. de croyances. Nous sommes mille fois trop encombrés de règles. divin. Et ces peurs nous transforment en un pâté d’esclaves exploitables par toutes les erreurs. pour ultime qu’il soit. spontané. peur d’avoir mal. peur d’avoir faim. Dans l’absolu il n'est ni bien. Ce mode de vie interdit toute préfiguration. peur de mal faire. fruit de l’arbre de la connaissance. cette connaissance de soi l ’isola du Tout. Quand s’inaugura dans l’animal qui nous servit d’ancêtre le règne de la conscience de soi. de limites. peur des larmes. pour se revêtir du nouveau qui se renouvelle en avançant dans la connaissance de Dieu — alors il retrouve la plénitude du paradis perdu et entre en pos­ session de l'héritage promis par les Ecritures. Le trépas met fin à nos possibilités d'expériences et d’évolutions. Elles nous rendent tout désintéressement impossible. peur de la misère. peur du péché. mais l’un et l’autre n’existent qu’à notre échelle. pour s’engager dans l’état christique ou bouddhique où se trouvent réalisés en une seule synthèse l’infinitude de l’Amour et de l’Intelligence.

peutêtre le temps de la voie purifiée et de la fenêtre ouverte à larges battants. Car l ’unité de l’esprit est à la contemplation ce que les cou­ leurs et la palette sont à l’artiste. Quelqu’un qui or­ donne silence au chaos de nos mille voix et qui dit à l’âme : « Toi seule est digne de te faire entendre ». et qui est l’unité de l ’esprit. n’échappe pas toujours à cette confusion. PA SC A L. direct. La perfection. Elle a écoulé le rebut et les immondices de son exis­ tence à . Elle a placé son affolement ridicule. qui est spontanéité. tout ce qui est « habitudes » et statique.- 141 — sacrés nous donnent pour cela mille recettes. car on ne peut ériger la spiritualité en règles. nous devons à chaque instant la devenir en l’inven­ tant. Garder les yeux fixés sur un modèle. c ’est renforcer la conscience de « soi » en s’appliquant à la calquer sur quelque chose qui nous est extérieur. Charles Morgan L'Art et l'Unité de l'Esprit par Serge YOUNG. s’excluant par définition de la vérité. Et qu’est-ce l’attention sinon l’amour ? Parce que l’amour est ce qui nous précipite hors de nous-même et que l’attention est le silence imposé au moi en faveur d'autre chose. O r cette erreur revient à identifier la fin et le moyen. Cela ne dépend pas d’autre chose que de notre qualité d’attention. dynamisme et perpétuelle création. la vie moderne semble avoir tout fait pour combattre l’unité de l’esprit. Notre procédé de libération. nous identifier à Lui. nous intronise au rang de « Fils de Dieu ». Nous devons considérer que leurs enseignements doivent être entendus comme conseils mais non comme préceptes. Demain. Ce processus statique. sans nous river à un modèle quel qu’il soit. Cette attention dont parle le monologueur de l ’Inquiétude. souple. notre « rachat » ne peut être qu’exclu­ sivement personnel. jusqu’à finalement nous incorporer. M O R G A N . Voilà bien l ’unité de l’esprit : une gar­ dienne de l’homme intérieur par l ’intermédiaire de laquelle la musique de J’âme s’élève dans la chair ! La vie actuelle. la roue éperdue de sa rapidité et de son néant devant cette fenêtre qui ouvrait sur la lumière. (suite) On a souvent confondu la contemplation et l’unité de l’esprit. Un moyen d’expression. de façon à épouser à chaque instant le maximum de nos possibilités. secret. consolide le vieil homme au lieu de l’anéantir. Ou plutôt non. fût-il parfait. mouvant. ce qui de plus en plus nous libère. nous affranchit. lui-même. fait d’imitation. Nous y reviendrons dans un instant. . Ce but doit devenir notre unique raison d’être.l’orée de ce pur tunnel. Mais cette heure a aussi sa fin. une possibilité offerte à l’esprit de s’exprimer.

comme nous l’avons assez dit. des médi­ tations de Guillaume de St T H IE R R Y . P IE R S . Rien ne pourrait mieux nous le montrer que « F O N T A IN E et SP A R K E N B R O K E » pour en revenir à eux qui ne sont pas seulement des œuvres nées de l ’unité de l’esprit. Voici les livres de la gratitude. Elles sont la louange de l’unité de l’esprit qui demeure en elles. A travers l’aventure de leurs personnages. cette affection que par son essence l’âme voue à l ’identité de toutes les autres. cet amour de l’attention et cette attention à l'amour. l’unité de l’esprit est la source et la matrice de tout art. L’on pourrait dire que l’Art est le récit d’un grand Amour. des lettres de St B E R N A R D . Quelques conditions primordiales doivent être satisfaites. C ar l’essence des choses ne se conçoit qu’à la lumière de son essence à lui.1 ’âme des choses. . C ’est en écoutant son âme qu’il entend tout le prisme de la symphonie. Grâce à quoi perçoit-on l’âme et son chant. à travers H A R W IT Z . M A R Y . dans l ’ordre surnaturel. c’est par son âme qu’il comprend . il a accès à tout. l’homme retrouve le secret de son âme. peindre ou évoquer ces choses pour faire œuvre d’art. les équivalents du C H EM IN de la P E R F E C T IO N de Ste T H E R E S E d’A V ILA . G E O R G E S . Rappe­ lons-nous qu’une création n’est durable et digne de l’humain que lors­ qu'elle dépasse la durée et les limites de l'humain. La force et l’apparence cède au temps et à l’accident. Mais s’emparer de l'essence des choses et s’en emparer si étroitement qu’il vous est loisible ensuite de les exprimer. se déroule le prodigieux poème. il enceint tout. A LISO N .d’une Nativité. Elle ne s’impose et ne survit que dans la mesure où elle parvient à rendre l’essence ultime des choses qu’elle contemple. Le travail créateur est essentiellement le récit. Il bondit hors de lui-même et ne se connaît plus de limites. Seule l ’essence est immobile et invariable au-dessus de la variété et du changement. l ’évoca­ tion d’une suite incalculable de choses extérieures à l’artiste. Grâce à l’unité de l’es­ prit. Par là même. Voici les journaux de l’exploration spirituelle. Autrement dit. Je1 dis que « SP A R K E N B R O K E » et « F O N T A IN E » sont dans l ’ordre naturel et limité par les lisières de cet ordre. semblerait-il abandonné : celui de l’art et de l’unité de l’esprit. — une des plus grandes figures de la littérature contemporaine — à travers JU L IE . Et c ’est encore la source et la matrice qui ont suscité la soif et le germe. C ’est la première étape.Par J’unité de l’esprit. mais encore le double aveu de cette dépendance. Par l’âme. E t par son âme il rejoint la continuité spirituelle qui triomphe sous l’apparente diversité matérielle. C'est par l'esprit qu’il approche la spiritualité projetée et incluse dans toutes les parties de la nature. est tâche difficile pour l’artiste. la peinture. L ’artiste est comme le commentateur d'une ineffable musique uni­ verselle. c’est le saisisse­ ment de la présence divine en ce qu’elle est solidaire d’une infinité de parties ! Reprenons maintenant ce problème que nous avons. Mais il ne suffit pas de réciter. L’art éternel est à proprement parler l’art de l'Eternel.

est supérieur à tout autre. il nous faut avouer que celui qui le réalise ici-bas. M. Admirable triomphe parce qu’à la non-accession du roman­ cier au plan supérieur à l’unité de l ’esprit. Triomphe à partir d’une défaite. Jacques M A R ITA IN dans « Action et Contemplation » définit très bien cette mystique qui appuyée sur l’instinct de base qui est un instinct transcendental. Citer le P O V E R E L L O d’Assise ou St JE A N D E LA C R O IX dépasse les cadres d’une reven­ dication idéologique car l ’expérience de tels hommes échappe aux limites d’une Eglise et profite à tous les hommes dans le sens de cette phrase d’Elisabeth L E S E U R qui disait : « Toute âme qui s’élève. c’est-à-dire avec Dieu. » Or. Il suffit d’un mystique com­ me B E R U L L E . C ’est pourquoi — en dehors de toutes considérations artistiques qui n’étaient point dans nos buts. — je dis que l ’œuvre de Charles M O R G A N est l’admirable triomphe à partir d’une défaite. dit-il. Je m’explique.- 143 Cette affirmation nous mène à notre dernier problème. mais limité en cela qu’il n’a accès qu’à la musique universelle et non à l'instrument qui en est la source.l ’audition de la musique universelle en tant qu’elle est saisissibale par le canal de l ’âme. c’est connaître la possibilité d’entendre la voix divine dans la mesure où toute chose. La véritable échelle des valeurs ne se doit pas établir sur un équilibre quantitatif mais bien qualitatif. Bien que cette communication soit réservée à de rares privilégiés. visitation indescriptible dont la souve­ nance est toute la joie et tout le désespoir des mystiques. Celui de la valeur de ces romans sur le plan absolument spirituel. la contemplation de type platonicien peutêtre appelée une mystique naturelle — mystique en un sens impropre et élargi. Accéder à la contemplation. est le contact avec la source musicale ellemême. nous ne pouvons abandonner une échelle de valeurs que nous serions tentés de méconnaître. nous devons les ouvrages d'un merveilleux poète. ce soir. ne fut-ce qu'un instant. La contemplation qui lui est infiniment supérieure. ces deux restrictions — celle de la grâce et celle de la mystique naturelle assimilée par le platonisme — sont bien celles qui s’appliquent . parce qu’elle est « donnée » comme l ’inspiration du poète et parce qu’elle répond à une aspiration mystique naturelle à la vision de l’absolu. Nous avons dit plus haut qu’il ne faut en aucune façon confondre l’unité de l’esprit avec la contemplation. J ’oserais dire qu’il est un mystique panthéiste parce qu’il trouve Dieu dans la mesure où celui-ci est présent en tant que marque du Créateur sous l'aspect des formes et des apparences. de peur d'identifier la fin avec son moyen. iPosséder l’unité de l’esprit. par son essence en est l ’écho. c ’est jouir de l ’ineffable présence de Dieu. décou­ vre Dieu et se borne au Dieu qu’il découvre dans l'univers créé : « Abstraction faite des interventions de la Grâce. L'unité de l’esprit est . S ’il est vrai que l’aventure de l’homme est un retour vers Dieu. comme JE A N N E D ’A RC pour définir la fusion avec Dieu comme le sommet et le plus haut stade de l’aventure spirituelle de l’âme dans l ’enveloppe de la chair. qui peuvent se produire et mener plus loin. élève le le Monde ». parce que ses écrits sont le récit de l’infructueuse tentative de posséder Dieu ! M O R G A N est un mystique.

il peut être comparable à PA SC A L. YO UN G. Son œuvre nous indique la voie. Qu’il est mystique mais sans elle. Ni trop près du ciel. . Ecarté le potentiel d’inquiétude qui lui est étranger. mais il ne peut les dépasser. celui qui n’est plus au niveau de la Création. S. René LA LO U se plaît à le faire remarquer dans sa préface à « F O N T A IN E » et comme l'auteur l'avoue lui-même à Frédéric L E F E V R E . mais la divinité. Son moi est à la porte qui demande aux visiteurs leur identité pour en prendre note et en faire des romans. mais ce n’est point l’Amour de Dieu qui brûle en . il n’est pas riche de l’Amour. Répétons qu’il lui manque la Grâce. elle. Il saisit les immuabilités sous la forme. l’envolée d’anima s’évadant d’animus selon la formule! claudélienne. qui l ’empêche de gravir le dernier échelon. est absente. Jacques M A R IT A IN écrit quelque part : « Comme il y a des ani­ maux domestiques de l’homme qui participent davantage aux choses de son existence. malgré que ce rapprochement peut avoir d’auda­ cieux. Je pense que ce n'est point diminuer Charles M O R G A N que de le joindre à ces hommes-Jà et que de faire de lui le compagnon de ces anges qu’il connaît depuis longtemps pour les avoir vus en grappes de lumières se suspendre aux agrès du navire qui un jour. il est dans le fleuve de notre siècle une des plus noble. A nous de l'entendre et de nous souvenir. apporta la Sainte Face. réservoir à symbole dans l ’expression du spirituel. une des plus pures lumières de la pensée humaine. C 'est l’art. Sa maison n’est pas ouverte toute entière et toute innocemment à Dieu.à ¡Charles M O R G A N . Si notre propre vie spirituelle en définitive ne peut dépendre ni de lui ni d’aucun autre. n’est pas à sa mesure. ils sont nombreux cependant qui lui doivent d'avoir découvert qu’elle existait. C 'est par l’art qu’il est prisonnier de l'univers. Il ignore la grâce et il est platonicien. Il brûle de l'amour de toute chose. C ’est P L A T O N qui l’empêche de voir JE S U S . on pourrait regarder les hommes qui atteignent un haut degré de la mystique naturelle comme des « esprits domestiques » des anges ». Et que s’il est riche de toute l ’expérience possible à travers les con­ traintes de la chair. comme M. La confusion de l'homme et de son Dieu. C e sont les mille visages. ni trop près de la terre. dans son besoin du temporel. C e chanteur ne peut refuser sa voix à l ’immensité qui l'entoure. à mi-chemin. à lLucques. transcen­ dant la seconde au sein du premier. Car son impuissance est celle dont Léon B L O Y s’écriait en parlant de l’auteur des « P R O V IN C IA L E S » qu’il n’en existait pas de plus poignant : « n’être pas un saint ». Charles M O R G A N est un grand poète dans la mesure même de cette incapacité. Sa gloire est de ne l ’être que par l’essence et non par l’apparence. les mille reflets de la divinité qui frappent à sa porte.lui. la communion intérieure. Il est pourvu des qualités et des impuissances néces­ saires à son chant.

— Soleil semi-carré Mars. prudence nécessaire. V endredi 8 juin. rien M ercredi 23 mai. — Soleil parallèle Saturne. — Mercure carré Pluton. — Soleil Trigone Neptune. V endredi 25 mai. Sans importance. Très favorable aux travaux intellectuels.Faiblement défa­ M ercredi 30 mai. ne commencer d’important. . le jugement peut être faussé. très favorable aux travaux de l'esprit. — Mercure sesqui-carré Neptune. V endredi 1 juin. Mercure semi-sextile Mars. — Vénus semi-carré Uranus. Saturne semi-sextile Pluton. Dangereux dans le domaine sentimental. Mauvaise journée. Lundi 4 juin. Jeudi 17 mai. Lundi 28 mai. — Mercure Trigone Jupiter : très bonne journée. journée dangereuse. — Grande prudence.Prévisions astrologiques Lundi 14 mai. — Mars Sextile Uranus : journée excellente pour les entreprisesnouvelles. récupération inattendue de bénéfices relatifs à d'anciens travaux. — Soleil conjonction Uranus. confu­ sion dans les idées. Journée légèrement bénéfique. active les élans créateurs. mai. — Soleil sextile Pluton. M ardi 29 vorable. V endredi 18 mai. — Mercure sextile Pluton. favorable pour des associations financières. Journée douteuse. — Mercure sextile Saturne. que parvient à rétablir faiblement un parallèle Mercure Vénus. Attention aux événe­ ments imprévus. M ercredi 6 juin. S am edi 2 juin. — Mercure semi-carré Saturne. Prudence dans toutes démarches commerciales. un des meilleurs jours du mois. M ardi 22 mai. Favorable aux opéra­ tions financières. Sam edi 9 juin. Journée très néfaste. accidents. ruptures imprévues. journée douteuse. — Soleil semi-carré Saturne.

Eviter les opérations chirurgicales. Eviter de commencer une procédure ou tout acte juridique important. M ercredi 27 juin. Journée douteuse. — Vénus Trigone Jupiter. Influences contribuant à la réparation d’injustices passées. — Vénus sesqui-carré Neptune. Evitez les discussions déli­ cates. M ercredi 13 juin. — Mars sesqui-carré Jupiter. Grande prudence en matière sentimentale. s’abstenir de décisions importantes dans tous les domaines. éviter la signature de contrats. Saturne parallèle Uranus. Saturne étant la planète du « Karma » se trouve dynamisée par Mars. Sam edi 16 juin. Tendance à se laisser duper et s’illusionner. Excellente journée pour conclure un mariage. — Mercure conjonction Saturne. Lundi 25 juin. L ’une des meilleures journées du mois pour les questions sentimentales. — Mercure carré Neptune. démarches commerciales et financières. S ’abstenir de déci­ sions importantes dans tous les domaines. M ardi 19 juin. V endredi 22 juin. M ardi 12 juin. — Soleil conjonction Mercure. — Vénus sextile Saturne. contrats financiers. — Mercure sextile Jupiter : l'une des journées les plus favorables pour les questions intellectuelles. — Mercure semi-carré Mars. — Soleil carré Neptune. Jeudi 28 juin. pour travaux intellectuels. V endredi 15 juin.— 146 — Lundi 11 juin. M ardi 26 juin. D im anche 17 juin. surtout sentimentalement et commercialement. — Mars carré Pluton. . L ’une des plus mau­ vaises journées du mois. Aspect défa­ vorable pour l ’esprit et les questions financières. — M ars sextile Saturne. danger de violence. Jeudi 21 juin. Jour défavorable. M ercredi 20 juin. Plutôt favorable aux relations sentimentales. D im anche 24 juin. Mercure parallèle Pluton. Journée très mauvaise. Journée très favorable. Journée favorable. — Soleil parallèle Mercure. V endredi 29 juin. — Vénus semi-sextile Uranus. — Mercure carré Jupiter. — Soleil semi carré Pluton.

disputes. — Soleil parallèle Saturne. N o te générale. L'une des plus mau­ vaises journées du mois. Il est bon de reviser ce jour le résultat des réflexions effectuées au cours des journées précé­ dentes. Lundi 2 juiltet. Influences dangereuses. Un manque de cohésion grandissant tendra à décevoir les belles espérances que chacun est en droit de formuler. Ils indiquent un « climat » collectif. Lundi 9 juillet. Jeu di 5 juillet. et l’agitation révolutionnaire ne peut qu’augmenter.Journée défavorable aux opérations financières. — Les influences en cours pendant les mois de mai. La prudence est recommandée. M ercredi 11 juillet. Idem. . — Mercure sextile Neptune. idées confuses. — Mercure parallèle Saturne. Fausse le jugement. stimule les plus beaux élans créateurs. L'avenir politique. Aspect douteux. Excellent pour les innovations. — Soleil parallèle Mercure. S am edi 14 juillet. tant mondiale. et Vénus Trigone Neptune donne la possibilité de hautes inspirations spirituelles. La situation poli­ tique. — Soleil semi-sextile Pluton. — Mercredi sextile Uranus. Mercure parallèle Vénus. — L ’une des meilleures journées de l’année. V endredi 6 juillet. S am edi 7 juillet. — Soleil conjoint Saturne. dans lequel doivent s’inscrire les influences de chaque individu en particulier. à la fondation de mouvements intellectuels d'avant garde. — Mercure semi carré Uranus. mais les élé­ ments en présence apportent avec eux des tendances absolument con­ tradictoires. M ardi 10 juillet. V endredi 13 juillet. — Ces pronostics sont généraux. — Mercure parallèle Mars. — . D im anche 1er juillet. Danger de violences. qu’européenne et belge se révélera très confuse.- 147 - S am edi 30 juin. Influences propices à la méditation. — Journée aux configurations contradictoires. juin et juillet 1945 nous montrent un ensemble d’efforts très louables en vue d’une réorganisation politique et sociale du monde. M ardi 3 juillet. (Jour favorable. Jeudi 12 juillet. manifestations houleuses. — L’influence précédente persiste.

Simultanément l'Egypte atteint un degré d’initia­ tion très élevé qui touche l'élite du pays (env. le nazisme parce que basé sur le matérialisme absolu et l’immolation de . RA M . Des efforts nombreux isont tentés. L’auteur la considère comme la neutralisation de la puissance de l’individualité . Voici ce qui se trouvait imprimé dans le n° 5 du 15 avril 1945. et préparer une déclaration d e paix.-C . il n’y a q u ’une seule V érité. Une science alliée à une profonde culture de l ’esprit collaborant avec une religion évolutionniste peuvent donner à l’humanité l’équilibre qui lui permettra d’atteindre la spiritualité. l'initiateur de la religion mono­ théiste. que l’Allemagne a transmis aux Américains et aux Anglais son offre de capitulation. Platon et l’école d’Alexandrie. De ces trois promoteurs. — Dans ce domaine également règne une grande confusion. Dans l’évolution apparaît K R ISH N A puis ÇAKIA M O U N I. La science limitée par le matérialisme et la religion enfermée dans ses dogmes ne peuvent faire des hommes complets. Pythagoré et son ordre social. L ’auteur fait ensuite un panorama de l’évolution des races et des cultes en passant par les druides. 5000 ans av.-C . Verviers La science positive actuelle veut régir la vie matérielle et morale de la société.L'avenir économ iqu e et financier. — (Nous attirons J’attention de nos lecteurs sur le fait que « Spiritualité » a été le seul périodique annonçant avec une précision remarquable l’offre de paix de l’Allemagne. apparaissent les Hébreux regroupés et affranchis par un Egyptien M O lS E . l'établissement de RA M et d’un groupe d’élite au cœur de l ’Asie. rue David. il montre le communisme. C ’est le 27 avril. B IB L IO G R A P H IE La Science* la Religion et la Société par Jacques Ben RUBEN Edition Vinche. J. Si la doctrine religieuse est incapable d’édifier un ordre social via­ ble. Pourtant les sciences de l'Esprit et les sciences de la nature ne sont pas deux ordres de Vérité. le fascisme et le nazisme comme des réactions contre cette conception : le fascisme échoue parce que bâti sur le monde ancien. com­ posé un mois avant : « Jeudi 26 avril : Peut se répercuter par d’impor­ tantes liquidations de « comptes » sur le plan mondial. V érification d e nos précédents pronostics. 10. La faillite du dogme est due à son incompatibilité avec l’évolution de la science matérialiste. mais échouent les uns après les autres. au cours d es journées suivantes «.l ’individu à la nation. J. . La philosophie matérialiste conçoit l’organisation sociale sous forme de D E M O C R A T IE . K R ISH N A et M O ÏS E devaient naître une série d'adaptations : la mythologie grecque. Douze siècles av. la faute en est à la rigidité du D O G M E . LE B E L IE R .).

....... Report de souscription précédente ....... Debecker (Bruxelles) .. Scaff (Mont-sur-Marchienne) .... Les G R A N D S -IN IT IE S ................ à Bruxelles........ LA V E R IT E E S T U N IQ U E .... de Schuré ......— 1 .... 11.................... et d’autres ouvrages de la collection des « Trois Lotus »...... 1.......... L’E V A N G IL E U N IV E R S E L . 250...... Les versements doivent s’effectuer au C. 150. rue Anoul..— Mlle Angelet (B r u x e lle s ).. ...47 de Jean Pyck...... de Romain Rolland .. C ’est auprès de ceux qui ont pris part à l’initiation religieuse de l'hu­ manité et dans la science expérimentale moderne que nous devons trouver la synthèse de l’ordre spirituel et social.. mais son ensei­ gnement dégénère après sa mort..000......... nous adressons à nos généreux donateurs un cordial merci..... 100........... 3374........... fr......Très touchés de l’accueil réservé à notre appel........ R.. rue Anoul......................................... .... P... C.. Nuyts (Anvers) . Renée BA G A G E .. 200...... (anonyme Bruxelles ............ Alors les hommes prendront conscience de leurs possibilités d’évolu­ tions...9 6 0 .— < Mme Delcourt (Bruxelles) .. Offres et demandes de livres On cherche d ’occasion : R A M A K R ISH N A ....... 60............—■ M........... 100. de Vivekananda ...........— M.— ........ La science doit évoluer vers le spirituel car elle touchera les limites du connu et de l’explicable.... M.... Fonds de soutien Nous adressons un pressant appel à tous nos lecteurs sympathisants afin de contribuer à la constitution d'un fonds de soutien de la revue « Spiritualité »........M O ÏS E institue le prophétisme...........................................— Mme G.................... Bruxelles.— Mme X ... Il faut que l’humanité réponde à la conscience divine pour que l’ordre social retrouve son équilibre............ l’indiscipline......... éditeur : 11..... Bruxelles (anonyme) ............ Jésus fils d'initié veut rappeler Israël à sa mission en l’initiant aux mystères de Jéhovah..................................... Adresser toute offre à Jean PYCK..... de la nécessité de dépasser le matérialisme.. 100........................ ......

reçoit au moment de mettre sous presse une lettre dans laquelle Krishnamurti exprime l'espoir de revenir parmi nous dès la guerre terminée. Ils expriment à tous leurs amis d'Europe leurs pensées les plus affectueuses. STUDIO DE COSMOBIOLOGIE Eiudes de ihèmes ious genres R en seign em en is ei co n d iiion s : 30. Notre rédacteur en chef. Krishnamurti et Rajagopal organisent actuellement des réunions à Hollywood. * # # Jean Herbert. délégué de la Ramakrishna Mission en France. auteur de différents ouvrages sur le Védanta. Des conférences ont été don­ nées à O jai pendant l ’été 1944. vient de s’embarquer à destination de l’Amérique. Krishnamurti est actuellement à O jai.- 150 - Nouvelles diverses L t penseur hindou J. sages et philosophes. Herbert nous a promis dès son retour plusieurs articles sur les grands penseurs de l’Inde. nous a égale­ ment écrit pour nous annoncer sa collaboration prochaine. avenue des Lucioles BOITSFORT . en Cali­ fornie. Ram Linssen. directeur de l'intéressante collection « Les Trois Lotus ». et profitera de son séjour dans cette région pour y donner plusieurs conférences sur l’Inde et ses grands penseurs. ★ * * Le s-wâmi Siddeshwarananda. Il est délégué du gouvernement français à la conférence de San Francisco. M.

et vous sentirez que vos chaînes tombent. K RISH N A M U R T I. essayez de regar­ der le ciel libre le plus souvent que vous pourrez. c’est le don de soi. En ne les accueillant pas. il sera plus facile pour l'âme de s’élever et de se libérer. Ram LINSSEN. non des désirs. vous ne perdez que peu de chose . * * * Ne fermez pas vos sens.- 151 « Quelques pensées Efforcez-vous toujours de rester en plein air et laissez votre corps aussi nu que possible. vous devrez bien abandonner ce corps. * * * Si une partie de vous est sans joie. le plus souvent ce n'est pas la jouissance du désir que vous perdez. cela veut dire qu’elle ne s'est pas donnée et veut se garder pour elle-même. Laissez-vous souvent attirer par l'appel des hautes montagnes et par celui de la mer. ★ ★ ★ Juger un autre. et quand vous y êtes*. mais des escarpements d ’une divine Volonté en vous. . Que votre corps reste léger et votre pensée le sera aussi. # * * Le secret de la joie. il vous sera très péni­ ble d’arracher ces oripeaux. ' * * * Le secret de l’amour. L’absence de désir apporte un souverain accom­ plissement. Dans l'armée des désirs que vous chérissez. vous l ’ornez et l ’enguirlandez plus que de raison. c’est la joie du don de soi. La pleine connaissance ne peut se réaliser que dans une âme libre et ouverte. * * * Un homme qui connaît son avenir n'est pas un créateur. Mais celui qui connaît le présent est le riche adorateur d’une simple journée. bien peu sont accom­ plis réellement . Gardezles largement ouverts. mais les habitudes entravent 1ame et la ligotent. ce n’est que dans un sens. Nolini K AN T A GUPTA. mais vers le Divin. Si ni le corps ni l ’esprit ne sont affublés de masques. mais le décevant plaisir d’anticipation. sans réticence. Ananda M O Y I. c'est nier la liberté. si terrestres qu'ils puissent être. K RISH N A M U R T I. ouverts toujours et partout. Si ce n'est pas possible. et même s’ils le sont. et lorsque vous repartirez. Si. dites ce que vous pensez. tout nu. pendant la brève durée de votre existence terrestre. Vous êtes arrivés au monde dans le véhicule qu'est le corps. dont vos désirs sont la négation. que votre âme s’ouvre.

. par R ... Vanderstlchelen........ M ad.. Ed..— B) L I B R A I R I E M U S I C A L E Antoine AUDA.. L I N S S E N ..... Frs 120... spécia- Frs lement de la musique m é d ié v a le . ....- 152 ■— EDITIONS PYCK 11. U n livre de vulgarisation philosophique...... L’Homme nevant ¡’Infini......... ...... ....— Qu’est-ce que la spiritualité ? par R .. M adam e LE B B E et \ R .... 13....— La Danse..NATURELLES La Reconstruction de l’Homme...... Bruxelles Extrait de Catalogue A) L I B R A m PU BLIC A TIO N DE L’INSTITUT SUPERIEUFf® E SCIENCES E T PHILOSQPHIES ..... ....... 60. ....... ........... L1NSSEN. .. r... par R ..20-48 . .. par R . p a r le prof.... LINSSEN ... poèmes par M ad G R O F F 1 E R ... .... A r t Créateur............. Bruxelle* — Tél....i— 200. B A N G E R T E R .— 40. A lire avant tout autre .. LIN SSEN .— Initiation.... . M ar.... Sur l’Histoire de la Musique........ 37......60..... EN V E N T E C H E Z T O U S LES L I B R A I R E S et chez l'éditeur... LINSSEN......... 100. Editeur responsable : Je a n PYCK...... 40.... GROFF IE R ............. .. ....... ... rue Anoul.. U ne synthèse de la Sagesse orientale et du savoir scientifique occidental.. Alfred-Gluysenaar..............— 7.... .... M. .............................. .... .... rue Anoul....... 11... Impr........ XL.. ..50 Antoine AUDA..... Les modes et lestons de la Musique.... L.... ..— La Divine Féerie. Esquisse d ’un essai p é d a g o g i q u e ........... DURY.. U n livre passionnant projetant des lumières nouvelles sur un m onde étrangement vivant que nous pensions connaître 40..a musique et les musiciens de l’ancien pays de L iè g e .

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