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L

e conseil d’orientation des retraites (COR) a tenu un groupe de travail le 20 mars dernier, consacré aux « perspectives du système de retraite par répartition, d’ici 2020, 2040, 2060 ». Il a procédé à des projections régime par régime. C’est dans ce cadre que la CGT a appris officiellement la volonté de la direction de la SNCF de faire disparaître 17 500 cheminots relevant du régime spécial de retraite d’ici à 6 ans. Le rapport sur les perspectives du régime de la Caisse de Prévoyance et de Retraite des personnels de la SNCF (CPRP SNCF), tout en faisant état que l’effectif de cotisants est identique selon les projections (indépendamment des éléments propres à la gestion de la SNCF), ajoute cependant que les effectifs cotisants devraient décroître en début de période, passant de 157 500 en 2011 à 140 000 en 2019. Ces chiffres confirment l’ambition du président de la SNCF de s’attaquer de front au statut des cheminots et d’en réduire considérablement le nombre au cadre permanent, avec les conséquences sur la qualité du service public et les conditions sociales des cheminots (retraites, sécurité de l’emploi, …) Au moment où la direction de la SNCF veut engager une négociation sur la protection sociale complémentaires des cheminots contractuels (PS25), il apparaît clairement que son objectif est la création d’un nouveau régime pour un recrutement massif de contractuels et ainsi affaiblir le régime de retraite et de prévoyance des cheminots au Cadre Permanent. Cette stratégie alimenterait le dumping social pour remettre en cause l’emploi statutaire et les droits sociaux qui s’y rattachent. La fédération CGT des cheminots, présente dans les premières discussions initiées par la direction, a, dans un cadre unitaire avec l’UNSA et SUD-Rail, réaffirmé que les embauches au cadre permanent demeurent la règle et que le recours à des contractuels devait rester l’exception. La CGT a rappelé que l’embauche de salariés contractuels est conditionnée à des règles précises et de nombreuses dérives ont été constatées dans la dernière période.  La fédération CGT des cheminots exige que tous les salariés de moins de 30 ans qui ont été recrutés en tant que contractuels, soient régularisés au cadre permanent dans les plus brefs délais.

 Elle demande que tous les jeunes qui ont été embauchés par l’EPIC -SNCF en CDD, en intérim, en alternance ou utilisés en tant que salariés de prestataires avant leurs 30 ans et recrutés ensuite, après leurs 30 ans, en tant que contractuels, soient régularisés au cadre permanent. La CGT conditionne la poursuite des discussions sur la protection sociale complémentaire des cheminots contractuels à un engagement ferme de la part de la direction de la SNCF dans cette voie. Elle entend que des modalités concrètes de régularisation des salariés concernés ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre de pilotage et de suivi soient arrêtés. Ce dispositif devra être conduit parallèlement et simultanément aux étapes de discussions de l’accord de protection sociale complémentaire. C’est pourquoi la fédération CGT des cheminots, dans l’unité avec l’UNSA et SUD-Rail, exige la mise en place dans les plus brefs délais d’un calendrier de rencontres avec la direction RH, tant au plan national que régional, afin de définir et de cadrer précisément cette double démarche et d’en articuler les calendriers. Cette condition est nécessaire pour permettre de s’engager avec la sérénité indispensable dans l’éventualité de la négociation d’un nouvel accord, en garantissant que le but est bien l’amélioration de la prise en charge des questions de protection sociale des salariés contractuels. Dans une période où une réforme du système ferroviaire est engagée, la CGT appelle les cheminots à se mobiliser dans tous les chantiers sur l’emploi pour obtenir des embauches au cadre permanent et la régularisation des contractuels, pour la défense du statut. La CGT, dans un cadre unitaire interprofessionnel, appelle les salariés actifs et retraités du privé et du public à une nouvelle journée de grèves et de manifestations LE MARDI 9 AVRIL 2013 pour l’emploi et les salaires, pour empêcher la transposition dans la loi du contenu de l’ANI du 11 janvier qui offre plus de flexibilité aux employeurs. Pour la Fédération des Cheminots, un changement de cap en matière de politique d’emploi, de salaires, de Fret SNCF, de service public, est une absolue nécessité.

La CGT appelle les cheminots à participer massivement à cette journée nationale d’action unitaire.

Montreuil, le 28 mars 2013