You are on page 1of 23

HISTOIRE DES ARTS

Massacre en Corée de Pablo Picasso

I - Présentation de l'oeuvre, de l'auteur et 
du contexte

A - Le tableau.
Technique et support : Peinture à l'huile sur un contreplaqué. 1,2 m de largeur sur 
2,1 m de hauteur 
(dimensions moyennes).

Dimensions :

B - Pablo Picasso (1881-1973)
Né en Espagne, Pablo Ruiz 
Picasso a passé l’essentiel de 
sa vie en France. A la fois 
peintre et sculpteur, il est 
considéré comme l'un des 
plus grands artistes du 
XXème siècle, à la fois pour 
ses innovations sur le plan 
artistique mais aussi pour ses 
engagements politiques.

Date : 1951

Sujet :

Une exécution de civils par des soldats (un 
crime de guerre) qui, d'après le titre, se déroule 
pendant la Guerre de Corée (1950-1953). Ce tableau est donc contemporain des 
évènements

Lieu de conservation actuel : Musée national Picasso à Paris.

Juan Gris, 1919, 92 × 65 cm, Bâle, Galerie Beyeler.

Avec Les Demoiselles 
d'Avignon (1907), Picasso 
s'affirme comme l'un des 
fondateurs d'un nouveau 
mouvement artistique : le 
cubisme.

Picasso est un artiste engagé politiquement.

Ville de Guernica 
après les 
bombardements 
Allemands en 1937 
au cours de la guerre 
civile espagnole 
(1936-1939)

Avec Guernica (1937), Picasso dénonce ce bombardement.

C - Le contexte historique.
(1945-1953) : les États-Unis défendent la Corée du Sud attaquée par la 
Corée du Nord (pays allié de l'Union soviétique).

Ce tableau a été peint pendant la 
guerre de Corée (1950-1953) qui est 
un exemple d'affrontement datant de 
l'époque de la guerre froide

II - Analyse du tableau.
La composition fait apparaître deux plans : - Au premier plan : une scène d'exécution avec à gauche les victimes 
(civils) et à droite les exécuteurs (soldats). Les deux groupes de 
personnages sont séparés par un fleuve (ce fleuve
peut évoquer la frontière entre les deux Corée)

- à l’arrière plan : un paysage en ruines. On peut penser à l'évocation de Hiroshima

le fleuve = la frontière entre les deux Corées, entre les civils victimes, et les bourreaux

La palette de couleur est réduite : un dégradé de gris pour les 
personnages (Comme Guernica), des dégradés de vert et de brun pour le 
paysage. Couleurs froides (gris, bleus, verts), reflets métalliques : hommes-machines ; bourreaux prêts à donner la mort Couleurs chaudes de la terre : terre brûlée, mise à feu et à sang. Les habitations sont en ruine, le territoire est ravagé.

Le groupe des victimes est représenté entièrement nu et avec 
des lignes courbes. Il est composé uniquement de femmes, dont 
l'une (à gauche) est visiblement enceinte, et d'enfants.

La nudité des victimes me semble 
être là pour accentuer la fragilité des 
futurs victimes. Cela contraste avec 
les soldats qui paraissent "en 
armure". Plus ils sont équipés moins 
ils sont humains.

Les visages déformés des femmes expriment la 
peur de mourir.

La jeune fille qui regarde le 
spectateur ne semble pas réaliser 
ce qui lui arrive.

Les soldats sont représentés avec des lignes droites. Ils sont 
également nus (reste d'humanité ?) mais sont équipés de fusils 
étranges et de casques métalliques : Une évolution chronologique est 
discernable aussi. Du bâton le plus à 
droite, on passe à l'épée du 
chevalier puis à l'extrême droite du 
tableau à un futur prévisible pour 
les soldats les plus à gauche. Les soldats possèdent des armes très grandes avec des trajectoires variables. Les carapaces symbolisent l’aveuglement idéologique. Le peintre montre la déshumanisation des guerriers et bourreaux. A droite, un personnage non masqué brandit un glaive pour donner le signal de l’exécution. Les fusils sont disproportionnés, à plusieurs canons : ce sont des armes d’anéantissement. Les soldats sont robotisés, sans visage et déshumanisés en peloton d’exécution et montrent de la violence.

Cette représentation 
n'est pas réaliste car ce 
n'est pas l'équipement 
des soldats pendant la 
guerre de Corée.

Le décideur ? Le personnage paraît le plus 
archaïque (il ressemble à un 
chevalier). Il semble décider sans vraiment 
s'impliquer car il tourne le dos à la 
scène (lâcheté des décideurs ?)

III L’œuvre dans son contexte politique 
et artistique.
A - Une œuvre engagée. Quand il peint Massacre en Corée, Picasso est membre du Parti 
Communiste Français et
soutien donc le camp de l'Union soviétique 
contre celui des États-Unis.

Ce tableau semble donc dénoncer un massacre de civils commis par 
l'armée américaine en Corée.

Des policiers de la République de Corée tirent sur des "suspects" (1951)

Mais cette vision n'est pas tout à fait objective car des 
massacres ont été commis par les deux camps et ce sont 
les Coréens du Nord (communistes) qui ont déclenché la 
guerre.

1901 – Huile sur toile, 73x54 cm – 
Collection The Dowager Lady Aberconway, 
Londres

De manière plus générale et plus objective, ce tableau exprime le 
pacifisme (engagement en faveur de la paix) de Picasso et la dénonciation de 
tous les crimes de guerre commis par des armées contre des civils 
désarmés.

B - Influences

Tres de Mayo de Goya (1814).

L'exécution de Maximilien, Manet (1868)

Même composition. Même contraste entre les civils 
et les soldats. Comme dans Tres de Mayo, les soldats sont déshumanisés. Ils sont vus de dos dans 
le premier tableau, dans
le deuxième Picasso va plus loin en allant au bout de la 
démarche et en les transformant en machines à tuer. Même

dénonciation des crimes.

Né au début du XXème siècle, 
l’expressionnisme est un 
mouvement artistique qui 
constitue une avant-garde, c'est-à-
dire qui innove et cherche à rompre avec les 
mouvements précédents. Massacre en Corée est (en partie) 
une peinture expressionniste car 
elle s’attache plus à l'intensité de 
l'expression (visages déformés) 
qu'à la représentation de la 
réalité

Le Cri (Skrik, Munch 1893)

Salvador Dalí, Persistance de la mémoire, 1931

Le surréalisme qui fait avant tout appel à l'imagination 
(équipement des soldats).

En conclusion ce tableau démontre que 
Picasso est un artiste:
Engagé

Avant-Gardiste Inspiré par ses prédécesseurs.