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Un vrai James Dean Il a tout pour lui, ce Ryan Gosling, la belle gueule sensible.
samedi 6 avril 2013

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Le peintre cloué au lit Matisse, en fin de vie, a créé une technique qui niait sa paralysie.
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Ça bouge! Une exposition sur le mouvement, à la Villa Empain.

Vous souhaitez expliquer l’économie à votre fille ou à votre maman? Amenez-les à Paris.

© CITÉ DES SCIENCES ET DE L’INDUSTRIE

«Krach, boom, mue?» L’économie en trois mots
À Paris, la Cité des Sciences et de l’Industrie accueille, jusqu’en janvier 2014, une exposition qui vous offre les clés de compréhension de l’économie, dans un langage accessible et avec l’aide d’une scénographie interactive.
e taux de croissance du PIB est au cœur des débats d’actualité, il est le principal sujet de préoccupation des gouvernants et des peuples d’Europe. Mieux vaut savoir précisément ce que croissance et PIB veulent dire. L’exposition didactique «L’économie: krach, boom, mue?» inaugurée à la Cité des Sciences de la Villette à Paris, le 2 avril, propose jusqu’en janvier 2014, sur 1.000 m², un parcours faisant appel au jeu et à une scénographie colorée, pour visualiser des notions comme l’élasticité de la demande, le coût d’opportunité, les externalités négatives... Conçue pour être accessible à tous, et notamment à des jeunes de 1525 ans, avec ou sans leurs professeurs, l’exposition veut faire toucher du doigt l’idée que «l’économie, c’est nous», qu’elle n’est pas un ensemble «de courbes, de chiffres sur des écrans», mais qu’elle est incarnée par des hommes et des femmes, explique la commissaire Sophie Bougé. La démonstration, qui se veut très pédagogique, pourra sembler basique aux initiés.

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ISABELLE REPITON, À PARIS

Et elle s’appuie essentiellement sur des données françaises. Mais elle a le mérite de mettre l’économie et ses grandes notions à la portée de tous et de raffermir des connaissances intuitives. La première étape du parcours – «Qui fait l’économie?» – dresse le portrait des acteurs économiques: les ménages, les entreprises, les banques, l’État, le reste du monde, et décrit leurs échanges. Pour montrer la dépendance à la mondialisation, les clichés du photographe Matthieu Sartre montrent trois personnages dans leur environnement, puis dépouillés de tous les objets qui ne sont pas «Made in France». Le skieur, par exemple, se retrouve tout nu sur la neige avec ses seuls skis au pied… Après un bref rappel de l’histoire de la pensée économique depuis Aristote, le visiteur expérimente la notion de choix rationnel, que prêtent les économistes aux acteurs. Comment choisit-on son menu au restaurant? Selon que tout le monde partage l’addition ou que chacun paie ce qu’il mange? La réponse amène à réfléchir sur la notion de biens collectifs. Avec ce vocabulaire de base, le visiteur

passe à la deuxième partie de la visite: «Comment ça marche, l’économie?» La première étape est une leçon pour comprendre la fixation d’un prix, la loi de l’offre et de la demande, observer, par un dispositif expérimental, la variation de l’élasticité de la demande au prix selon le type de biens, expliquer le rôle de l’État et de la régulation. Et la concurrence? Elle n’est ni le moyen magique de faire baisser les prix et d’augmenter le bonheur, ni la guerre de tous contre tous au bénéfice de quelques-uns, explique un petit film de 3 minutes. Le visiteur est désormais armé pour affronter la vie économique dans une cité miniature, où il expérimente les différents mécanismes de l’échange marchand et non marchand. Dans une cuisine reconstituée, il peut compter, sur une calculette géante, ce que représente le travail domestique quotidien (lessive, vaisselle, courses...) , qui pèserait 33% du PIB, s’il était rémunéré au salaire minimum. Ce jeu est aussi décliné sur une application pour mobile, «Valorisez votre temps». À la mairie, il visualise la fiscalité et la dé-

«L’économie, c’est nous. Elle n’est pas un ensemble de courbes, de chiffres sur des écrans, mais elle est incarnée par des hommes et des femmes.»
Sophie Bougé Commissaire de l'exposition

pense publique. Au pôle emploi, un petit film lui explique le marché du travail. En allant aux Halles, il joue au fleuriste, qui dispose d’une certaine somme pour emporter des lots de fleurs en participant à des enchères à partir d’un pupitre. Et à la Bourse, il se met dans la peau d’un trader pour gérer un portefeuille de 100 actions de deux sociétés face à deux écrans qui inscrivent la cotation et l’actualité des entreprises et de leur secteur, pendant un mois. Enfin, le visiteur peut aborder la troisième partie, macroéconomique, intitulée «Quel est l’état du monde?». Il s’y familiarise avec les grands agrégats: PIB, croissance, inflation, valeur ajoutée, etc. Une sculpture géante représente l’évolution du PIB mondial par habitant de l’an 1 à 2000, selon les estimations d’ Angus Maddison, économiste et historien britannique. L’accélération foudroyante de la croissance, depuis le XIXe siècle, saute aux yeux. Cette séquence raconte aussi les crises, de la crise financière américaine de 1819 à celle des dettes souveraines de la zone euro ̈̈̈

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