Les textes normatif peuvent être de nature différente, leur nature étant liée à la position institutionnelle de leur auteur

. Tous ces textes n'ont pas la même valeur ; il existe une hiérachie dans la valeur normative des textes, hiérarchie qu'il importe de connaître dans le cadre d'un recours engagé devant une juridiction administrative. Qu'est-ce qu'une loi ? Au sens large, une «loi» est une disposition normative, c'est-à-dire une règle, d'application obligatoire. Au sens étroit, il s'agit d'une disposition normative votée par le Parlement. Dans le premier sens la loi est un terme générique désignant tous les actes, quels qu'ils soient dans la hiérarchie des normes (normes constitutionnelles, normes légales au sens étroit, normes réglementaires). Dans le second, la loi est une disposition normative prise par une délibération du Parlement par opposition au «"règlement» qui est émis par une des autorités administratives auxquelles les lois constitutionnelles ont conféré un pouvoir réglementaire. On distingue le «décret», acte pris par le président de la république et l'«arrêté» qui est pris par les ministres, les préfets, les sous-préfets et par les maires en fonction des attributions que leur confèrent la Constitution et les lois. La Constitution du 4 octobre 1958 dans son article 34 a réglé le partage entre le domaine réservé au pouvoir parlementaire et celui qui appartient au domaine réglementaire. L'application d'une loi au sens étroit peut être précisée par un texte pris par le pouvoir exécutif, tel qu'un décret d'application, lui-même éventuellement interprété par une circulaire ou une note de service, l'ensemble de ces textes étant éventuellement par la suite précisés par l'interprétation qui en sera faite par les tribunaux (jurisprudence). Le droit administratif est un droit fortement jurisprudentiel, c'est-à-dire que les juges administratifs ont dégagé au fil du temps de nombreuses règles et ils leur accordent une valeur supérieure aux actes réglementaires même émanant des autorités centrales. Il y a ainsi des notions et des règles juridiques qui ne sont pas écrites dans les lois et les règlements et qui ont cependant une très grande importance. On distingue d'une part, les lois constitutionnelles (non reconnue par le Conseil constitutionnel ; ce sont des révisions de la Constitution), les lois organiques (prises en application de la Constitution, cette denrière ordonnant des dispositions doivent être prises par voie législative ; contrôle de constitutionnalité obligatoire) et les lois ordinaires (contrôle de constitutionnalité non-obligatoire). Le respect de la constitutionnalité des lois est assuré par le Conseil Constitutionnel tandis que la légalité des règlements administratifs est contrôlé par les juridictions administratives. Le contrôle de constitutionnalité des lois se fait en France a priori (avant son entrée en vigueur). Ce contrôle est effectué par un organe spécialisé : le Conseil Constitutionnel. Cependant, toutes les lois ne sont pas soumises à un tel contrôle. En effet, le Conseil Constitutionnel doit être saisi, soit par le président de la république, soit par le premier ministre, soit par l'un des deux présidents des chambres du Parlement, soit par soixante députés ou sénateurs. Le Conseil Constitutionnel est alors appelé à se prononcer sur la constitutionnalité de la loi qui lui est soumise. L'avis qu'il rend alors lie le président de la république, qui ne pourra pas promulguer une loi contraire à la Constitution. Il arrive parfois qu'une loi inconstitutionnelle soit en vigueur. C'est la théorie de la loi-écran. Une loi qui n'a pas été soumise au controle du Conseil Constitutionnel peut être promulguée par le président de la république, même si elle est contraire à la Constitution. Le controle s'exerçant a priori, les juges ne peuvent juger de sa constitutionnalité au cours d'un litige. Les actes pris sur la base de cette loi seront donc eux aussi inconstitutionnels. Pourtant, le juge ne pourra les censurer. Il va regarder la conformité

Une controverse a existé pour savoir si le chef de l’État était obligé de les signer. par des décrets. la liste exhaustive des textes réglementaires pris pour leur application. le décret comporte d’abord des visas. quant à lui. Si le gouvernement est tenu de déposer un projet de loi de ratification. Ils peuvent être réglementaires. Le président François Mitterrand a. les décrets simples. soit elle n’est pas ratifiée et conserve une valeur simplement réglementaire (inférieure à la loi). avant leur édiction. et ensuite un dispositif. lorsqu’ils posent une règle générale. Qu'est-ce qu'une ordonnance ? Le Gouvernement peut demander au Parlement l’autorisation de prendre lui-même des mesures relevant normalement de la loi afin de mettre en oeuvre son programme (article 38 de la constitution). il n'est pas obligé de l'inscrire à l'ordre du jour du parlement. La base APLEG sur le site du Sénat permet de contrôler le caractère applicable des lois : elle fournit. L’autorisation lui est donnée par le vote d’une loi d’habilitation. enfin. et sont signés par le président de la république . Mais un projet de loi de ratification doit être déposé devant le Parlement. les décrets en Conseil d’État (du Premier ministre). divisé en plusieurs articles. Tous les actes qui découlent de la loi inconstitutionnelle seront jugés légaux. soit l’ordonnance est approuvée par le parlement et acquiert la valeur de loi. La portée des décrets est variable. obligatoirement soumis pour avis. Les décrets réglementaires sont hiérarchisés entre eux : les décrets délibérés en Conseil des ministres sont les plus importants. seuls les articles nécessitant des mesures d'application figurent dans la base. Si ce projet n’est pas déposé avant la date fixée par la loi d’habilitation. Qu'est-ce qu'un décret ? Un décret est un acte réglementaire pris par le président de la république ou le premier ministre dans l’exercice de leurs fonctions respectives. lorsqu’ils ne concernent qu’une ou plusieurs personnes déterminées (ex : décret de nomination d’un haut fonctionnaire). refusé d’en signer plusieurs pendant la première cohabitation (1986-1988). précisant le contenu du décret et ses conséquences juridiques. Les ordonnances entrent en vigueur dès leur publication. La loi fait écran entre l'acte et la Constitution. rappelant les textes sur le fondement desquels le décret est pris. les ordonnances deviennent caduques. La plupart des activités politiques et administratives de ces deux autorités se traduisent. Au final. Pour chaque loi. les Gouvernements ont souvent recouru à la procédure des ordonnances pour des sujets très techniques ou des réformes très délicates. traités et accords internationaux). sous les IIIe et IVe Républiques. et s’appliquent ainsi à un nombre indéterminé de personnes. sans apprécier sa conformité à la Constitution. Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres et doivent être signées par le président de la république. Elles ne sont pas inconnues de l’histoire constitutionnelle car elles existaient déjà. sous le nom de décrets-lois. au Conseil d’État . Sur le plan de la forme. Depuis le début de la Ve République. même si ils sont en réalité contraire à la Constitution. et qui constituent le mode le plus fréquent . On peut ainsi donner l’exemple des "ordonnances Juppé" de 1996 ayant conduit à une importante modification du système de sécurité sociale française. ensuite. eux aussi pris par le Premier ministre. Ces actes sont appelés des ordonnances. sur le plan juridique.de l'acte (administratif ou règlementaire) à la loi. ou individuels. pour chaque loi votée depuis juin 1981 (à l'exclusion des lois portant approbation de conventions.

parce qu’il est signé par le président de la république. la circulaire est prise à l’occasion de la parution d’un texte (loi. AInsi les décrets. la distinction entre circulaires interprétatives et réglementaires est abandonnée. Les administrés pouvaient alors attaquer ces circulaires devant le juge administratif. par exemple. sauf pour organiser leurs services. Il peut s’agir des ministres. des préfets. de faire passer l’information entre les différents services d’un ministère ou du ministère vers ses services déconcentrés sur le terrain. afin de le présenter aux agents qui vont devoir l’appliquer. décret. Plus leur auteur est élevé dans la hiérarchie administrative.. Qu'est-ce qu'un arrêté ? L’arrêté est un acte émanant d’une autorité administrative autre que le président de la république ou le premier ministre. Au sein de chaque catégorie. comme nouveau critère de recevabilité pour les recours contre les circulaires. Comme le décret. recourent rarement aux arrêtés. le caractère impératif. qui disposent de la possibilité d’édicter des décrets. Ainsi. Ces circulaires peuvent prendre d’autres noms. comme le décret. rappelant les textes qui le fondent. Il peut être réglementaire. Ce dispositif se présente en principe. Mme Duvignères. Le Conseil d’État distinguait traditionnellement : les "circulaires interprétatives". Qu'est-ce qu'une circulaire ou note de service ? La circulaire est un texte qui permet aux autorités administratives (ministre. par exemple "note de service" ou encore "instruction". la portée de l’arrêté peut être variable. pris par le président de la république ou le premier ministre. Depuis l’arrêt de section du Conseil d’État. et un dispositif précisant le contenu de l’acte et ses effets juridiques.) d’informer leurs services. qui se contentaient de rappeler ou de commenter le texte (loi. est supérieur . car l’autorité qui les avait rédigées pouvait commenter la loi ou le décret. les "circulaires réglementaires". Le principe est simple : la hiérarchie entre ces différents textes découle de la position institutionnelle de leur auteur.. Elles ne constituaient pas une décision. et ne peut rien ajouter au texte. Les décrets sont publiés au Journal Officiel. préfet. Il peut s’agir.. l’emportent par exemple toujours sur les arrêtés.). décret surtout). du 18 décembre 2002. le principe demeure le même. l’arrêté. recteur. On compte chaque année plus de 10 000 circulaires rédigées au sein des différents ministères.. Quelle hiérarchie ? Le système juridique est organisé selon la théorie de la hiérarchie des normes de Hans Kelsen. C’est pourquoi un décret délibéré en Conseil des ministres. en un ou plusieurs articles. des maires. les préfets et sous-préfets. mais ce n’est pas une obligation. Mais la circulaire doit se contenter de l’expliquer. Sur le plan de la forme. elles étaient annulées. des présidents de conseil général ou de conseil régional. plus leur valeur est grande. qui ajoutaient des éléments au texte qu’elles devraient seulement commenter et ainsi créaient des règles nouvelles. ou individuel (ex : nomination d’un fonctionnaire).). Très souvent. etc. mais n’était nullement compétente pour ajouter à ces textes. comporte à la fois des visas.d’exercice du pouvoir réglementaire. lorsqu’il pose une règle générale (ex : un arrêté municipal interdisant à toute personne circulant dans une rue d’y stationner). toute circulaire dotée de dispositions à caractère impératif est désormais attaquable. Le Conseil d’État a fixé. puisqu’elles ne créaient pas de règle nouvelle et les administrés ne pouvaient pas les attaquer devant le juge administratif . Le président de la république et le premier ministre. pris par les ministres. Le plus souvent.

les lois organiques font partie du bloc de supralégalité. en principe. .la Constitution. . . l’arrêté pris par un ministre l’emporte sur un arrêté signé par un préfet. Elle est la loi fondamentale d'un État. En France. De cette manière. le préambule de la Constitution de 1946 et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen sont considérés comme textes à valeur constitutionelle. le Parlement (c'est à dire l'assemblée nationale et le Sénat).les lois et les ordonnances ratifiées. Les normes inférieures doivent ainsi être en accord avec ce qui est édicté par la norme supérieure. depuis 1971 et la décision Liberté d'association du Conseil constitutionnel.les arrêtés. qui lui-même est supérieur à un arrêté municipal. Décrets et arrêtés sont adoptés quant à eux par le pouvoir exécutif. Ainsi.les circulaires et notes de service. La Charte de l'environnement de 2004 a été reconnue à valeur constitutionnelle dans la décision du 28 avril 2005. En France. . reconnus par le préambule de 1946. Si par hasard la même autorité prend deux décisions contraires. 21 de la constitution du 4 octobre 1958).les ordonnances non ratifiées et les décrets. il ne doit pas. et ont donc une valeur juridique supérieure aux lois ordinaires qui n'en font pas partie. le principe est que la dernière en date l’emporte. . à portée générale ou individuelle.les traités internationaux. De la même façon. sont aussi à valeur constitutionnelle. un décret est un acte exécutoire. pris par le Président de la République ou par le Premier ministre qui exerce le pouvoir réglementaire (art. Les différentes normes hiérarchisées sont : .aux décrets signés par le Premier ministre. Une loi est adoptée par le pouvoir législatif. . y avoir de contrariété de décisions puisque l’autorité supérieure l’emporte. Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la r épublique. relative à la création du registre international français en ce qui concerne l’immatriculation des navires.

municipal.). si tu préfères. etc.La circulaire Ou encore Circulaire<arrêté<décret<PGD<loi<droit international et communautaire<constitution . la hiérarchie des normes est la suivante: .La loi .Le droit international (traités) et le droit communautaire (directives/règlements) .Les principes Généraux du Droit . En fait. La loi a donc une valeur supérieure au décret.Le décret .l'arrêté . Préambule de 1946) .Tout en haut. on rencontre le bloc de constitutionnalité (la Constitution de 1958. qui luimême a une valeur supérieure à l'arrêté.L'arrêté est un décision exécutoire à portée générale ou individuelle émanant d’un ou plusieurs ministres (arrêté ministériel ou interministériel) ou d’autres autorités administratives (arrêté préfectoral.

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