La légende d'Irénée et l'introduction du christianisme à Lyon / par Édouard Montet

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Montet, Édouard (1856-1934). La légende d'Irénée et l'introduction du christianisme à Lyon / par Édouard Montet. 1880.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

LA

LÉGENDE D'IRÉNÉE
M «»81 L'IKTRODUCTIOK A LYON
PAR

t

Edouard

MONTET

GEiNÈVE
IMPRIMERIE ' CHARLES 1880 SaiIUGHARDT

.

LA LÉGENDE D'IRÉNÉE "*'' ^ JiA Art A DUCHRISTIANISME LINTROBUCTION A LYON PAR '.* Edouard MONTET GENÈVE IMPRIMERIE CHARLES SOHUCÏ3ARDT '" 1880 ...

.

devons phiques leur rareté mettre les rend d'autant ligne en première chrétiens d'origine plus précieux. Les documents originaux de cette histoire sont peu nombreux. L'histoire étroitement dire. on la place. qu'il s'agisse d'inscriptions païennes ou d'inscriptions chrétiennes. de l'introduction du Christianisme que le second chef de l'église de Lugduuum . au . que nous verrons la légende confondre époques distinctes et ajouter lo nom du grand évêque a la liste dos fidèles martyrisés avec Pothin. Pothin. est d'une imporn'est tance capitale dans l'histoire des premiers développements de cette église.INTRODUCTION Documents originaux et sources diverses. Nous les monuments épigra- La ville de Lyon lyonnaise. A vrai qu'ébauchée. et l'oeuvre qu'il entreprise. compte au nombre des plus grands centres ôpigraphiques de notro pays. Eufin avait liée à la biographie de l'évêque Iréuée au point de vue chronologique. tence est antérieure h son arrivée a Lyon. a Lyon est Irénéo. n'a guère laissé de traces dans la mémoire des hommes. l'étroite union qui rattacho t\ la personne d'Irénée les premières années de l'église lyonnaise est un fait tellement deux évident. et qu'il n'avait on réalité c'est Irénée qui l'a faite et achevée. mais le rôle qu'il a dont l'exisjoué dans le développement do la communauté. a co point de vue. Le premier évoque de Lyon.

chrétiens anCes tiques. contient 790 numéros désignant en majorité des épitaphes de l'époque romaine. Sans doute l'épître parle avec une exagération. Depuis l'impression de ce catalogue. renseigneinscriptions tumulaires fournissent d'importants ments sur l'origine de l'église sur la nationalité des premiers lyonnaise chrétiens et en particulier de Lugduuum._ 4 — môme rang que Vienne. Le nombre des seuls monuments. épîtro qui raconte les persécutions qui eurent lieu t\ Lyon en l'an 177. oi l'on a pu avec raison attaquer l'intégrité de Polycarpe et montror qu'il fallait singudu Martyre lièrement rabattre de la confiance absolue accordée t\ cette de les objections dirigées contre l'authoùticitô l'épître des églises de Lyon et do Vienne ont été impuissantes ïi ébranler l'autorité do cet antique procès-verbal '. s'élève a environ quatre-vingts. Arles et Narbonne. qu'on aurait relation. London 1800. from Ihc death of the apostles lo the nicene cotmcil. . Bien plus précieux encoro sont les fragments qu'Eusôbo nous a conservés de l'épître adressée par les chrétiens de Lyon et de Vienne aux églises do Phrygio et d'Asie Mineure. Cette lettre et le récit du martyre de Polycarpu sont les deux plus anciens documents de la littérature mais ces deux documents n'ont pas la hagiographique3 mémo valeur. déjà ancien (il date de 1855). III. surtout dans les églises. 1 Ces objections ont été clairement exposées et réfutées dans l'ouvrage suivant do Donuldson : A criiical history of Christian litcrature ami doctrine. bien d'autres inscriptions ont été découvertes. Le cataluguo du Musée lapidaire de la ville. il ne fautpas non plus oublier un assez grand nombre de marbres disséminés à droite et a gauche dans la ville. trouvés a Lyon. vol.

des apostats. a cette Jusqu'en 814. et les Lyon et de Vienue a l'évoque do Rome tàleuthôro. ne écrits divers qu'a laissés Irénée. Yienno fait partio de la Narbonnaise. de Tattitudo de Sanctus après la seconde torture à laquelle il fut soumis. d'unoépltro fragment.-que los deux villes faisaient partie do deux provinces différentes \ il s'explique par la proximité des deux cites. il faut être indulgent a l'égard de l'écrivain qu> a et do l'humilité des confesseurs. Quant au fait que les chrétieus de Vienne furent jugés h Lyon. quand on sougo que la lettre fut écrite peu do temps après ces terribles persécutions. et le voisinage dos deux cités rend iuadmissiblo pothèse d'une double procédure.de nier. puisqu'un seul et môme évoque dirigeait les deux communautés. par la commune accusation lancée contre les chrétiens des deux églises et qui d'ailleurs do l'ôgliso de Lyon partit deLyou. soupçon d'iuauthenticitô Aux documents originaux nous devons ajouter un court des églises de consorvô parEusôbo. Les écrits d'Irônée fournissent malheureusement sur sa vie et sur sa carrière 1 que peu de renseignements nous y puiserons pastorale. Deux procès dans deux villes différentes pour jugor des accusés compromis cause. do la révélation tort d'Attale Mais ces exagérations paraissent bien naturelles. date. .alors . Le profond des fidèles cérité qu'on trouve dans l'épître viennois a leurs frères d'Asie Mineure so comprendraient mal dans une seule et môme l'hyaccent do sin- lyonnais et écarte du reste tout ou de fraude pieuse. été acteur et martyr. Vienne devient la capitale d'une nouvelle province qui porto son nom. et parla prépondérance sur celle de Vienne qui n'en était qu'une annoxe. .

Sulpicc à ce dernier écrivain. il y a tant de Contradicdans cette curieuse littérature. De flloria Acta avoir quelques et Deyloria erreurs. que nous venons d'énumais courts renseignede précieux En dehors des pièces originales mérer. Tours. de reconstituer le texte encore h tâtonner primitif dire que la tâche du critique Il faut non seulement renoncer h de Bède. nous trouverons ments sur les faits dans Jérôme. néiii'ïm'om que nous voulons étudier.— 6 — néanmoins nauté d'importantes données générales sur la commu- chrétienne de Lugdunum. et les aidés dans leurs pieux efibrts par ces deux grands sont parniveleurs. milieu mais on doit se des incertitudes au dont le plus grand nombre tous èes martyrologes ne remonte pas au delà du neuvième siècle. qu'on nomme le Temps et la Tradition. de purger et les additions des y sont si nombreuses de ses interpolations. Sévère et dans Grégoire de tout en reconnaissant deson Histoire sur ses traités dans lesaux la haute valeur et les mérites incontestables des Francs. venus a y souder avec tant d'habileté la légende et l'histoire. et bien qu'ils paraissent due dériver d'une source commune. copient les plus souvent les uns les autres. c'est peine perQuant h Jacques de vouloir retrouver . cette source. et aux Mais c'est surtout martyrologes que nous devrons Malheureusement tions et d'obscurités moiues. qu'on ne peut user des Actes des Saints qu'avec la plus Les martyrologes d'ailleurs se grande circonspection. réservés martyrum cônfessorum quels il y a dé nombreuses Sancioriim recours. est ici difficile l'espoir résigner qu'oftrent que l'historien C'est dans la plupart le texte cas se voit dans l'impossibilité et ingrate. Quant dans historiques.

l'autre surlrônée Gnosticisme {Reme des Deux Mondes 1865). deBoissieusur les Inscriptions antiques de cette cité. en terminant.d'importants seignements sur Lugdunum à la fin du second et au commencement du troisième siècle de notre ère. et de M. mais leur contenu légendaire qui tranche et qui contraste si visiblement avec le récit simple et yéridique de la lettre sur les martyrs de Lugdunum. Leur antiquité nous les rend vénérables. remplis de documents précieux. nous empêche de les avoir eii bien haute estime. des sources de l'histoire . LeBlant sur les aucun doute l'oeuvre magistrale duction du Christianisme Inscriptions chrétiennes de la Gaule. ciens et qu'on croit pouvoir faire dater du quatrième siècle. Citons ensuite les grands ouvrages. et le tyrs est inauthentique A cette énumération et sans valeur. Le plus remarquable de ces travaux est sans de M. nous aurons h étudier ceux d'Alexandre et d'Épipode. sur l'introdans cette ville et sur la biographie d'Irénée. sa Légende dorée dénote trop de compilation hâtive et trop d'amour des fables pour mériter quelque crédit. nous ajouterons.' — 7 — de Voragiue. Nous appliquons la môme critique défiante aux Àcta Parmi ceux qu'on regarde comme les plus anHiartyrum. conservée par Eusèbe. rencipaux ouvrages dans lesquels on trouve. Monfalcon sur l'histoire de la ville de Lyon. de M. l'une sur le Montanisme (Nouvelle revue de théologie 1858). L'homélie d'Eucher sur les mômes marque nous les titres des prinécrivons. Albert Ilôville. mais d'une critique bien insuffisante. Mentionnons enfin deux études approfondies de M.

.

Les religions offrent un frappant exemple des ténèbres qui peuvent s'accumuler autour des origines d'une grande institution. les lenteurs et les obstacles de tout genre à l'origine augmentent avec l'importance de l'oeuvre entreprise. n'est que le résultat dé longues évolutions dont le point de départ est perdu . De là l'obscurité profonde qui entoure le berceau des sociétés et des associations innombrables organisées dans le monde. qui veut s'enquérir des faits et des causes qui ont présidé à leur naissance. deviennent. obscurité dont on voit croître l'intensité il mesure qu'on s'éloigne de l'époque contemporaine pour remonter le cours des âges. à telle époque déterminée de leur histoire. parce que l'aspect sous lequel elles se présentent h nous. En vertu môme du rang élevé qu'elles occupent. les documents primitifs et authentiques .CHAPITRE I Premières traces du Christianisme t\ litigdtiiium. de plus en plus ardues et souvent môme de plus en plus infructueuses. Toutes les grandes institutions humaines ont des débuts lents et pénibles : la baguette de la fée n'intervient pas dans leurs premiers développements et les difficultés. en s'étentlant. les recherches de l'investigateur. et en raison directe de leur spiritualité.

— 10 ~ plus ou on en est réduit à des conjectures moins plausibles. défendue par les âmes qu'elle a conquises. Le Christianisme de poser. inaperçue jusqu'au jour où. bien qu'elles . elle ne doit qu'à faire pardonner et tolérer sa présence en vivant sans attirer une attention qu'elle ne peut que Cela nous redouter et qui ne saurait être que malveillante. abandonnant c'est-à-dire il. fidèles. oh. Au début. pour leurs origines. Paul. avenir dépend de la modestie propagande. donc chercher qui dérobe à notre vue les premiers explique l'obscurité travaux missionnaires qui ont fondé les églises d'Italie par exemple. elle peut faire sa déclaration d'établissement et réclamer ses droits à l'existence. aussi dans la seconde période de l'histoire la Palestine. Les ténèbres que nous signalons ne s'étendent pas seulement sur son berceau . avant l'arrivée de l'apôtre sinon organisée. Malgré dont il a été l'objet. n'écbappe les travaux pas à la loi que nous venons et nombreux remarquables bien il reste encore dans son histoire des points obscurs. existait une communauté chrétienne.: faisant défaut. L'histoire de leur fondation est tout aussi obscure. et celle de Rome en particulier. de sa première de ses premières allures et Il faut qu'elle passe presque et en Occident. religion nouvelle cherche à gagner des parLorsqu'une tisans sur un sol occupé déjà par d'autres son religions. dans la période oit.se répand en Asie Mineure inaugure l'ère de la fondation période qui des églises chrétiennes. à la règle que nous venons d'établir. on les rencontre de ses origines. quelques du moins commençant à grouper Les églises de la Gaule n'offrent pas d'exceptions.

et vous aurez.— 11 — remontent à une moins haute antiquité* Il est vrai de dire que les progrès de la foi chrétienne ont été moins rapides en deçà des Alpes qu'au delà. qui devait plus tard la fidèle servante de la papauté. ajoutez à ces personnages les trois disciples de Paul. ressuscité pour cette mission saiute. qui doit être attribuée à l'ignorance plus grande de3 populations galloromaines et à la persistance des superstitions locales. les principaux fondateurs des églises de Gaule. n'a servi qu'à faire oublier encore le peu de plus promptement de la religion qu'on avait sur l'introduction renseignements de Jésus dans la Gaule. Tropbime et Sergius Paulus. le Laboureur dans son travail sur « les masures de l'Ile» île de la Saône. Marthe et Marie ses soeurs. avec devenir et Syntique. mais oii tout le monde en réalité ce qui est de la Gaule. Crescent. Quant à Lyon. nos premiers apôtres auraient été Lazare. elle n'a pas hésité à remonter aux personnages du Nouveau Testament.. s'il faut ajouter foi à ce que rapporte le P. on conçoit aisément avec quelle facilité la légende a pu mettre des noms connus ou illustres. et Maximin l'un dessoixante-dix disciples envoyés par Jésus . la légende raconte que le solBarbe. A l'en croire. Cette lenteur du Christia- nisme dans la conquête de notre pays. Aucun à la création de ce» grand nom ne se rattachant églises j fondées par de petites gens dévoués dans leur humble position à la cause chrétienne. avait travaillé. Pour . située à une faible distance de Lyon et en amont de la ville. pour ne parier que des plua leurs servantes Marcelle illustres. cet honneur était bien dû à cette grande église. là ou personne n'avait agi en qualité de fondateur ou d'organisateur unique.

union par pas. et elle insistera sur le titre de bien-aimé que le quatrième l'étroite l'apôtre qu'un Tout l'histoire. érigea de l'Insula Christianisme 12 — qui perça le flanc de Jésus d'un coup de lance. Cette légende fut répandue. siècle. qui lui-même qui relate Le chroniqueur Lorigin cette et. de saint André se serait sur lé rocher nu Barbara. il serait venu dans lôs en virons de Lugune oeuvré missionnaire par un clerc apprise d'un l'avait lue dans un histoire a con- avec un seigueur gaulois ou bourguignon de même nom. 1829. de Lyon qui avait étudié à Milan. que nous fournit que le Christianisme et les témoignages sont nombreux évangile qui rattache excellence. l'origine or. oltil l'avait vieux moine ouvrage. fort peu connue pour porter notre attention de Lyon. fondu très instruit. qui fonda au cinquième siècle dans l'Ile-Barbe une église sous le vocable dé saint André H le soldat Si nous laissons d'ailleurs. Pothin et Irônée.— dat Longin. Lyon. disciples eux-mêmes de l'apôtre Jean. p. paraît-il. évoques de côté cette légende. Mémoire statistique sèment du Christianisme à Lyon. pour servir à l'histoire de l'établi*' etc. autres sont les renseignements d'abord en Gaule. de l'apôtre pour montrer de l'église de Lyon a à Jésus il n'y a Elle nous apprend n'a pénétré que tardivement qu'elle 1 avance à l'appui de cette affirmation Ozanam. pour expier son crime. la tradition que ces deux évoques sur les deux premiers à la fin qui vécurent pas de nous ne sont après tout que du second ne manquera faire observer des disciples dePolycarpe et dePapias. donne à cet apôtre. donc converti une église en l'honneur Lorigin accomplir dûnum. 11» .

'" — 13 — et probants. 39. ÎLfrane.. 3 IX. 2D) par le titré de disciple des sept mission* nairés-évêquéS qui évangélisèrent la Gaule sous Décius. franc. Il est vrai que îles auteurs avec ardeur l'antiquité la diffusion du qui vécut à la catholiques des églises qui soutiennent font gallo-romaines.. Grégoire dei Tours. vers l'an 250'. qui attribuent en Gaule à Martin de Tours Christianisme fin du quatrième siècle*. Grégoire de Tours semble. mort eu 585. qu'il désigne ailleurs {H. n'a été que tardivement rççu au delà des Alpes*. en fixant l'époque oit l'évangile fut annoncé dans le pays toulousain. fait remonter. Que'fautil entendre par ces disciples de3 apôtres qui rivent dans la seconde moitié du troisième siècle? Cet exemple montre qu'il ne faut par accorder aux ouvrages secondaires de Grégoire de Tour3 la même confiance qu'à sa grande histoire des Francs. Sonassertion repose d'ailleurs sur lesi Actes de saint Saturnin^ publiési dans les Acta sincera de Ruinart^ et. ajoutant que le culte de. Il parle dans cet ouvrage d'un certain Ursinus. Le texte du De yhria ou bien VWstoria francotum corrîge*t\ confessorwn ost-it ici fautif. 80). Sulpice Sévère. travaux les/ premiers . qui progrès du Christianisme mourut à Marseille vers Pan 410. franc. Grégoire de Tours. elle cette erreur? * Sacrât hist. 28. . 1 Hisl. gallord'organisation romaine à l'époque de l'empereur Dôcius. du moins obscurcir son affirmation dans le î)e yhria confessornm (c. sinon contredire.. ï. affirment d'une manière très précise la lenteur des en Gaule. confirmé par la célèbre épître renseignement précieux adressée à sainte Radegonde par sept évêqueS du second Dieu concile de Tours tenu en 567. I. et il déclaré que cet Ursinus fut ordonné par les disciples des apôtres.qui. place sous Marc-Aurèle la première persécution gauïoise.de l'église.t l. II.

si reculé qu'il fût. comme dans le fragment de TertulHen 1 relatif tYîa conversion des Gentils auxextrémités de l'Espagne. conformément'au texte du Sinaï. celles de l'Orient. Mais on ne peut évidemment voir dans ce passage. de la Gaule . pour prouver que le personnage nommé Crescens a été envoyé en Gaule par l'apôtre Paul. dé l'Espagne. au dixième chapitre de son premier livre contre les Gnostiques. 3). dans les diverses tribus des Gaulés et datis les contrées des Bretons. en dehors de tout autre document venant confirmer ce témoignage unique malgré la triple forme qu'il revêt. IV.(iv K«XT4<*). 67 (au pape Etienne) i . dans les églises de la Geiv comme dans manié. Combien plus faibles encore seront les déclarations d'Innocent î0'.. * 2Tim. Juâaos VII.. L'évôquè deliUgdunitm déclarej en effet. 10. qu'une de ces généralités oratoires qui ne savaient fournir de renseignement précis et que les besoins de la controverse n'engendrent que trop aisément. Quant à l'assertion de Cyprien 5.— 14 — appel à un passage d'Irénée tjui semble justifier leur thèse. affirmant. cd.\iX.eccl. Le fait qu'Eusèbe* et qtt'Épiphane* lisent.. 433. qui nous parle dans une 1 Aâo. de l'Egypte et de la Libye. Hoer. ' Adr. tU f«»î»y' dans le fragment d'une épttre d'authenticité fort controversée* nous paraît insuffisant. Épiphanc montré encore Luc annonçant l'Évangile en Gaule. qui n'eût reçu l'Évangile. que les églises do Gaulé ont été fondées par les seuls envoyés de l'apôtre Pierre I * Bist. en 416. 51. p. * Epist. Nous rangeons dans la même catégorie le passage de Lactance (de morte persecût.A. que la tradition estpartout la même.. déclarant qu'après Néron il n'y avait aucun coin de la terre. Pet.

89.épître de l'an — 15 — dans l'église d'Arles^et est impossible d'un épiscopat alors constitué en Gaule. que sont venus les premiers" çÉr&tïéns qui ont habité la Gaule. Concilia anliqita Qallioe. lorsque deux siècles plus tard les évoques delà province à Léon lé Grand que « toute la Gaule sait et qiie la sainte église romaine n'ignore pas qu'Arlesj la première ville des Gaules. p. C'est de l'Orient et spécialement de l'Asie Mineure. nous nous attacherons à faire resl'évidence de cette thèse surtout pour la cité qui 1709. esprits..* cette contrée religieuse par romaine. Nous chercherons plus loin à préciser une à Lugdunum. Parisils. Sirmond. excellence.1.. » c'est que la légende aura eu le temps de se former. Notre but étant de retracer Jes origines du Christianisme sortir 1 à Lyon.:. a mérité de recevoir de saint d'Arles écriront Pierre saint Trophime pour évêque* et que c'est de cette aux autres ville que le don de la Foi s'est communiqué provinces des Gaules 1... il date pour son introduction Auparavant nous est indispensable de savoir de quelle contrée ilest venu dans le Lyonnais. . l'indication de son point de départ devant nous être utile pour déterminer la date de son établissement dans cette région. en dépit des efforts des auteurs dévoués à la cause que la religion de Jésus a été directement transportée d'Orient dans notre pays. Les investigations historiques ont prouvé depimUongtemps. Le Christianisme rition de se répandre et de convaincre les 254:de dissensions n'a donc fait que tardivement son appaen Gaule.:il d'y voir Uiiepreuve de l'origine apostolique dé cette égiisoj et.

le gnosticisme qui menace la communauté. La célèbre et de Vienne épître des églises aux églises d'Asie Mineure et rela- lyonnaises est écrite en grec. Biblias. qui connaissait quand il fait de la controverse emploie la langue et qu'il réfute. est la langue grecque. puisque les fidèles parlent grec et qu'Iréle latin. vénération. éternels ! » Le peuple répondait : -* Amen! * M. Paul Lacroix (Bibliophile sur La vie militaire et reliyieuse au moyn âye et à l'époque de la lienaissarice. 2m« éd. de Lyon des martyrs de l'an Mineure. la métropole religieuse des Gaules. 1873. tiles renseignements. L'église ses deux de Lugdunum premiers sont précis : il est intéde les parcourir et d'y puiser d'uest orientale dans la personne d'Asie Mineure de . Paris. Attale était D'autres Alcibiade. au Fils et au Saint< Esprit.. qui étaient leurs noms sont grecs . dans son livre contre l'hérésie. Lacroix la Source où il a puisé cette antique liturgie. Le grec d'ailleurs était parlé à Lugdunum grecque dans un ou- tive aux persécutions 1 On lit dans Jacob) l'ouvrage de M. actions « de grâce. vrage destiné à ses paroissiens. maintenant et toujours et dans les siècles des siècles « infinis. née. qui écrivait au milieu du deuxième siècle.— 16 — devint preuves plus tard abondent. 177 étaient aussi originaires de Pergame. honneur et adoration au Père. des noms grecs : Epagathos. . leur langue Plusieurs d'Asie Phrygie. (p. Les les documents ressant de les énuraérer. mentionne aussi. de Alexandre. évêques. 218) . < Saint Irénée. à la consécration de l'hostie. une sorte de Gloria in excelsis qu'on chantait en grec dans les assemblées chrétiennes. comme les ouvrages d'Irénée. On peut en conclure que le culte se célébrait en grec 1. néglige d'indiquer mais nous pouvons affirmer que le passage en question n'existe pas dans les oeuvres d'Irénée. et dont voici la traduction : * A toi toute gloire. portent Êpipode.

AphrndMa. Epictetus. etc. Anastasius. Delà des voyages d'Asiatiques h Lyon et l'étad'un certain nombre d'entre eux dans cette du défunt -'est parfois indiquée dans ces épitaphes d'une manière plus ou moins vague. Ce fait est expliqué par les rapports. ZozimUs. Polyumus. Cylle. cond siècle. Arelhu^a. queGalien cite et estime. Synticene. On ne trouve que trois noms d'origine celtique dans les inscriptions de cette épnqun : llliomarus. 2 1 . Callipillie. Agathemeris. Nice.— 17 — témoin les par une partie considérable de la population. de Nkomêdie. DemeAntliis. Thulasia. Uxassonius. AriStodemus. Porthéiiope. Les inscriptions tumulaires de l'époque romaine conservées à Lyon. Elicion. tritts. Eutychetes. Lé médecin lyonnais Abascantus. Àsclepias. blissement ville. Iànth>s. Meleager. Hylaa. EutyChianus. Onesimus. Ilermcros. Aniceta. Euphrosinu*. Anicetus. et qui sont rédigées en latin. Zotïcus. Theseus. La nationalité Àlcides. Polychronus. sortes de joutes littéraires que Caracalla y institua et qui étaient soutenues en grec et en latin. Polycarpus. Hermès. Alcxandcr. Heraclida. Zotira. Eulychia. Le numéro 17 du catalogue du Musée lapidaire porte l'indication suivante Tertinia. écrit en grec au se- L'épigraphie ajoute de nombreux renseignements à ces preuves évidentes de l'origine grecque du christianisme lyonnais. Filethcrea. Ilôliodorus. Urtigenes. Cyrilla. Eusebes. Trophime. commerciaux suivis que Lugdunum entretenait avec Marseille et les villes de l'Asie Mineure. Helpis. Myron. Chârito. Athenu». présentent une foule de noms grecs ou d'origine grecque S. Calliniorphus. Nicomedes. : Grecque de nation. Gneoa. Tyches. Euphrosina. Ueliaé.

26 (éd. eccl. p. d'origine grecque (N. Schwegler). Il est un autre domaine dans lequel se révèle l'origine orientale et grecque du christianisme lyonnais : nous voulons parler de la liturgie de l'église de Lyon. V. que. en vertu d'une bulle de Pie IX. malgré l'opposition du clergé diocésain. 636). . cette vieille liturgie a son origiualité propre : elle diffère de la liturgie gallicane tout aussi bien que de la romaine. « La messe 163. qu'on retrouve dans de fort anciennes prières de l'Église grecque.». MetttUj Ionienne (8. Grecque de nation (N. Il suffit de consulter l'ouvrage de M. cette remarque s'applique principalement aux marbres delà Viennoise. elle paraît être scrupuleusement observée dans ces églises. » Eusèbe.Hist. lancée en janvier 1869 et confirmée par une décision archiépiscopale du 29mars de la même année. La vieille liturgie lyonnaise. Le Blant sur les Inscriptions chrétiennes de la Gaule pour constater pareils faits dans les épitaphes antiques du reste de la France. d'après ce document. 35).— 18 — Voici d'autres exemples d'épitaphesolt désignée : la nationalité est Marinia Demeirias. Ajoutons enfin que la défense tout orientale de manger le sang des animaux est mentionnée dans l'épître des églises de Lyon et de Vienne aux chrétiens d'Asie Mineure y et.mention du double espoir de la résurrection et de la vie éternelle. dont l'usage a été interdit. Laniria Galatia. se rencontre dans certaines épitaphes de la Gaule.]». 576). 'T. 1. Cet auteur* remarque en outre que la.

Ce chant a lieu par coeur. le chant est exécuté par tout le clergé officiant. qui suit le Pater. puis se retourne vers le peuple auquel il fait au mot vobiscum» Le Credo est chanté aux grandes messes par le choeur. Le prêtre commence à haute voix la lecture de l'Évangile par cesmots : In Mo tempore. 32-88. et a mérité les éloges de plusieurs saints archevêques. laïques ou non. un préservatif contre les nouveautés. fait partie de ses habitudes depuis un temps immémorial. il est un sujet d'édification. Histoire monumentale de la ville de Lyon. 1806. des sons joyeux pour les fêtes . 2m partie. Paris. quaesumus Domine. il faudrait remonter jusqu'à l'apôtre Monfalcon. il tient à la constitution môme de l'Église. le Salntaris hostia l'est pendant l'élévation par de jeunes enfants agenouillés devant l'autel. » Quant à l'origine de cette vénérable liturgie.. Quand il dit : Dominus vobisciim. et ajoute ceux-ci : Qui tecum vivii et régnât à plusieurs oraisons. Il n'y a aux grandes messes ni livres de chants ni chantres gagés. selon l'ancien esprit de l'Église.. à en croire d'antiques légendes. auquel peuvent s'associer les fidèles. le prêtre étend ses bras en croix . t. le Libéra nos.— 19 — commence autrement à Saint-Jean de Lyon et à SaintPierre du Vatican . il n'y a dans les sonneries ni monotonie ni uniformité 1. V. selon l'usage de l'Église primitive .. p. Dans la liturgie lyonnaise.. Il y a nombre d'autres particularités. les cloches ont des accents graves et tristes pour les enterrements. après l'élévation. au mot Dominas il s'incline devant l'autel. 1 une salutation . est prononcé à haute voix.

*i«l porte (é rv> 800. lui donnent pour auteurs Hilaire de Poitiers^ et Pévêque Sidoine. qui s'est conservée k Lyon et à Vienne Ce manuscrit. en dépit ilo !« haviîlesse^etde là sîft^^ïté d^^lhè'se^ ftw'jl 1/auteur chercive. en sa. Voici %:t\m\ \w* pos il A $tô composa îi|. La cou* testation fut longue èt> ^prfe» avoir fait sattr» un grartd ifàfobro da mémoires îîto^iriinés. Il a potuv titre . fonda 1©B«églises d? Vi^iue.—~ 20 — transmise àPolycarpe» de qui Pothin Jean.. Les auteurs catholiques qui comprennent que lès préoccupations liturgiques devaient être étrangères aux apôtres.' lant de l'église douxl il était le chef qUe « ses cérémonies et ses usager tienneat mêwie encore beaucoup des églises grecques. tte la. que toutes les églises dp Coulés yk fat' mèrent qu'une seule province ecclésiastique SQUSlà dityewdancè d« soutient. archevêque de Lyon depuis WU jusqu'en 1714. JiNl>evô(ftto de Hott^. ât promdVé^cj«é la prïmalie tîô Lyon s'étendit sur toutes les églis. de nombreuses ressemblances avec celle des églises grecques. qu'elle. » Parmi ces usager d'origino orientale signalons l'antique coutume. en éftet.jbùtil^U d*!0eJMrWiçtj0n ëeçlésiastiqjrë très étenduio^ voulut y so^ettre M* de Colbett. est un P'fpljo de 240 pages environ. de Sajint'Georgïe q^ y dê|»|ô|e w»o véritable érudition. ÎJSJmanuscrit papar un arrêt du Conseil d'État rait être l'oeuvre de M. quil^urait l'aurait reçue. §o termina en fav#. Musée de Marseille Cette liturgie a. et ils la cousidé* reut comme constituée au sixième siècle. etc. l'église do Lyon. et cela d'après et la décision des couciles.t' do rajjçhcyêquo é» Itoiion ùt* 1^ mai I70à.qualité ù> primat des Gaiilcs.Ç3 dés Gaules. Primatiede Lyon. que cette église fut cbv de fondation apostolique. dans un curieux manuscrit conservé dans la bibliothèque de cette ville '. Valence et de Uesançonj. de StGeorge.. 0 sSaint-tîeôrge qui. C'est ce qu'affirme en tout cas un homme fort compétent en ces matières* M. paratt-il. anuôo en laquelle il mourut.Il dit en par*. la discipline des piremicfcè siècloâ » .

les sept chandeliers des acolytes rappellent les sept obandeliors d'or au milieu desquels saint Jean vit paraître le fils de l'homme VEnfiu les mots In illo /emporo placés entête des Évangiles. * Morel de Voleine. Il faudrait être prêtre et avoir été nourri au séminaire du sue liturgique pour poursuivre cet examen minutieux et porter. comme on le sait. un jugement sur ces divergences souveut insignifiantes. les sept souS'diacres. selon la liturgie lyonnaise. . particularités de la liturgie de Lyon que nous avons signalées plus haut. les sept esprits de Dieu de l'Apocalypse . Lyon 1860. d'origine orientale. Deus qui a trait à l'hérésie des Ariens et qui termine certaines oraisons. qu'offrent entre elles des liturgies somme toute concordantes. les sept anges. Les sept prêtres. mais qui échappent à l'attention du laïque étrauger à cet ordre d'idées et de faits. en connaissance de cause. Recherches historiques sur la liturgie lyonmise. se sont également conservés dans l'église àV Milan qui est. les sept diacres. de célébrer la messe en commun 'dans les grandes solennités. p.—31 - jusqu'à la mise en interdit de la liturgie lyonnaise. Nous nous sentons sur un terrain plus solide et dans un 1 II y a célébration de la messe en commun. 81. la formule Qui tecum vivit et régnât. et qui sont fort anciennes. les sept étoiles. et le nom grec de Symmum (concélébrants) qu'on donne dans ces circonstances aux prêtres qui ont pris part au sacrifice de la messe. lorsque tous les prêtres qui assistent à la cérémonie communient sous les deux espèces. les sept acolytes de la messe pontificale. rappellent les sept églises. et le Libéra nos qui suit le Pater.

dé sa . de l'Asie Mineure^ de son culte tout aussi bien quel'histoire rattachent donc à l'Orient l'église de Lyon. né en Asie gloire de i'Immaculée-Conception. veut que Pothin. Le culte de la Vierge a révôtu et revêt encore à Lyou une.— domaine oti notre compétence peut plus sûrenient s*exércer. le premier évoque de la cité. c'est davautage. Quant à l'histoire. et la îêgendeï'qui n'est jamais en retard sur la réalité. a trouvé dé chauds défenseurs dans le" clergé lyonnais à une époque fort ancienne. L'histoire liturgie Do l'ensemble clés faits que nous venons do signaler et dont l'importance ne saurait échapper au lecteur attentif résulte cette assertion fondamentale de l'Orient et.': ~* 32 . splendeur inaccoutumée. et quiconque passe par cette viljë dans la soirée du nuit décembre peut voir quelles iHumiuàtions maguifiques servent à célébrer la . elle nous apprend qu'au douzième siècle le cuapUre de Lyon s'empara eonamore du dogme élaboré par Paschase Radbert au neuvième siècle. ce fait est le rble que joue la Vierge dans l'histoire du culte catholique à Lyon. Mineure. Cette légende uous paraît caractéristique. et qu'à lui revient l'honneur d'avoir fondéla fête del'lmmàculée-Couception. pour préciser In que la religion chrétienne a été portée à LugdùnûmrXle fait est confirmé par les résultats des recherches identiques et irréfutai)ie. lorsque nous considérons les traits généraux qui caractérisent l'église de Lyon dans l'histoire de son culte» C'est dans ces caractères généraux que nous relevons un fait important qui nous rappelle cette origine orientale que nous ayons déjà constatée de plusieurs manières . Ce culte. soit venu d'Asie Mineure à Lyon en portant précieusement avec lui uué image de la Vierge.

nous fournit un point de départ pyécieux dans nos recherches chronologiques.— 33 — dont les autres églises gauloises ont été l'objet. et on dépit des faibles ressources dont elle disposait. c'est que cette communauté. a été suscitéo contre la communauté chrétieune eu voie de formation et à poine organisée. resta profondément gravé dans la mémoire des hommes de cette époque. avait déjà néanmoins suffisamment fait connaître ses idées et ses croyauces et donné lieu à une propagaude assez active pour avoir attiré sur elle l'attention publique . Dire qu'une violente persécution a eu lieuen 177 à Lugdunum. uous voulons parler des persêcutious de Pau 177. une persécution n'a pu être décrétée que le jour oti la communauté naissante est sortie de son berceau. dans lesquelles périt l'évêque Pothin. témoin l'épître célèbre qui relate ce drame. malgré le peu d'étendue de son influence. et toujours hostile à toute institution nouvelle paraissant lui ravir. il fallait qu'elle eût ému l'opinion et qu'elle eût provoqué l'interveution d'une autorité toujours jalouse de maintenir ses droits. une partie de sou pouvoir et de sa prépondérance. c'est dire que le Christianisme y était acclimaté depuis le milieu du second siècle. résultats qui attestent l'origine orientale de ces églises. dont le souvenir. En d'autres termes. pour se faire connaître et pour se conquérir. que nous étudierons .grand jour. Cette affirva nous permettre de déterminer mation primordiale du Christianisme à Lyon* l'époque de l'introduction Un fait historique certaiu. peut-être même qu'il y était parvenu avant l'an 150. et où elle a abandphné là modestie et l'humilité forcées auxquelles elle étaitcoiidumnée.dans le chapitre suivant.une place au. . sous couleur religieuse. Si cette persécution.

l'intervalle d'un.31.^34— . puisqu'il subit le martyre à quatre-vingt-dix :nais y avait-il longtemps qu'il était arrivé à Lyon? Le peu de souvenirs qu'a laissés son ministère uous font croire qu'il était déjà assez ftgé quand il se rendit dans cette ville. ait eu lieu. l'historien fixerait avec plus de du Christianisme dans précision l'époque de l'introduction cette ville. = .-. à un âge ans. 28}X.il est vrai. Ces premiers travaux d'évangôlisation ont donc été accomplis vers Pan 150. que l'organisation d'une église gauloise. les appréciations diverses des hisCette date. et qui prouvent que la religion chrétienne n'a fait que tardivement son apparition en Gaule. comme la constitution d'une Église chrétienue à Lyon ne date pas de lui. I. jusqu'à la découverte peu probable de nouveaux documents plus exacts.-".siècle entre cette époque et l'arrivée des premiers missionnaires n'a rion que de très probable. avance.. que la tradition catholique lyonnaise trouve trop récente. comme l'affirme Grégoire de Tours \ vers l'an 250. c'est autour de cette date un peu vague que graviteront. . mées plus haut. S'il était possible d'assigner une date exacte à l'arrivée de Pothin à Lugdunum.. concorde exactement avec les données générales des écrivains ecclésiastiques que nous avons résutoriens. par exemple.e$ la direction de l'église de Borne. S?il est Yrai. il n'a été que le successeur et l'imitateur de ces missionnaii'es inconnus et de ces initiateurs ignorés qui répandirent les premiers la doctrine chrétienne dans la grande cité gallo-romaine. D'ailleurs. sous l'impulsion. Le pieux Asiatique mourut. . Puisque le Christianisme a été porté d'Asie Mineure en 1 HisU franc.

sont d'abord arrivés sur les côtes et ce n'est qu'ensuite qu'ils ont remonté la vallée du Rhône. date des persécutions lyonnaises. mais elle a été malheurënselnerit perdue. attirés par leurs affaires dans la région de Marseille. si l'on considère les dates diverses qu'on peut assignor aux marbres chrétiens découverts en Gaule. La priorité dans l'évangélisation appartient donc d'une manière générale aux villes de la Provence . que lé Christianisme a parcouru daus notre pays les étapes suivantes: Aubagrio et Marseille.V — 25 — Gaule. qui est de l'air 334. Arles. et. Les missionnaires d'occasion ou de profession. comme M. qui l'ont visitée. Le Blànt fait rémoiiteV'^second%iôclè et qui seraient contemporains dés persécutions de Màrt^ Aurèlè. il est évident que Lyon n'a pas éto*la première ville à le recevoir. en effet. Lyon..t9$Ât9'': que Lyon et Vienne ne possèdent pas d'épitâphésIcorijlpo- . Des colons grecs d'Asie Mineure. Arles en à qui sont antérieurs à Ç^stôni{âj. Vienne. Quant aux marbres non datfa Aubagnë^ét Marseille en possèdent que M. à été trouvée à Lyon. L'introduction du Christianisme en Gaule est en effet antérieure à l'an 177. Le Blant. Elle nous apprend. Or. cependant la solution de ce problème n'est pas aussi simple qu'il semble. ont été les premiers initiateurs de la foi chrétienne eu Gaule. Tôpigraphie confirme d'ailleurs cette assertion. les inscriptions çbrétiennésïfatëes lés plus antiques de la Gaule rie remontent pas au delà du quatrième siècle. la plus précieuse et la plus vénérable. que les inscriptions chrétiennes les plus anciennes ont été trouvées sur les côtes do la Provence. La priorité do Pévangélisation est donc assurée aux villes et aux campagnes de la Provence . on conclura.

Ces inscriptions.D. au milieu desquelles ont pu disparaître les premiers vestiges tumulairesde la foi chrétienne 1. commises par l'armée de Septime Sévère a Lugdunum en 197. Mais la présence de Vascia et dès Initiales D.-casées avant le quatrième siècle. OBR1ALWS CONIYX. ET SIBI SVB AS . PATER VIVO CVRAYIT CIA DED10AYIT PIA. Y. M. sont donc insuffisantes pour fixer l'époque de l'introduction du Christianisme en Gaule. Plusieurs causessecondaires peuvent d'ail* leurs expliquer l'infériorité des résultats des recherches faites à. „ PRO ÇA INPIA. ou jl existait avant l'an 177.t c'est l'ôpitbôte d'impie qui lui est donnée. La * Voici le texte \ d'une antique inscription la rédaction chrétienne : MERYLA ET singulière a pendant lyonnaise (n* 90) dont longtemps été considérée comme D *V M ET MEMORIAE AETERNAE SVTIAE . FVIIYFACTA ET ATOO. V1XIT M. ET ET PONENDVM Ce qui a fait prendro Antbis pour chrétienne. IX. au secoud siècle et dévastations énormes. persécutions subies par les deux églises voisines. BATIOLO :i} LISTIO.Lyon et à Vienne: marbrer encore ignorés. indiquent que nous avons aliairo à uue épltaphe . EST. extrême date indiquée par de races marbres. XXV QYAE . ANTHIDIS ANN1S. inscriptions perdues (elles sont nombreuses). QYE DVM NIMIA. surtout celles qui portent une date.

unies dans la persécution. Ajoutons que l'antique liturgie lyonnaise a pendant longtemps été en usage à Vienne. Pothin ayant probablement été leur commun évoque. les deux églises ayant été profondément uuies à l'origine: unies dans la direction. d'après Adon. Lyon a donc reçu le Christianisme d'Asie Minoure par des apôtres obscurs. Les mots pia et impia désignent toujours^dans les inscripenvers les parents. faut-il admettre que Vienne ait précédé Lyon dans la foi? Cela nous paratt peu probable. Toutefois il nous est difficile de croire à une grande différence d'époques pour ce qui est de l'introduction du Christianisme dans ces diverses cités. selon Tillemont. Cette inscription date de la fin du second ou du Commencement du troisième siècle. Marseille et Arles les ont reçus avant Lyon et Vienne. serait saint Vôre. etc. Nous faisons reposer notre doute sur l'importance de villes telles que Lugdunum et Vienne et sur les nombreux rapports commerciaux qu'elles avaient avec l'Asie Mineure par l'intermédiaire des villes de la Provence. qui. comme le montre l'épître des fidèles de ces deux églises aux chrétiens d!Asie Mineure. . la tions tumulaires la gratitude et l'ingratitude patrie. ce qui permet d'affirmer qu'en l'an 177 Yienne n'avait pas d'ôvêque particulier. vivait. vers Pan 314. Si les villes du Sud ont été les premières à recevoir le Christianisme. commerçants attirés dans ses murs par leurs affaires et qui ont fait peu à peu connattre à ses païenne. et que le quatrième ôvêque de cette église.priorité de l'évangèlisationdesYillesdelaProYehceestdone avant tout fondée sur le lieu d'origine des missionnaires venus en Gaule: s'il est vrai que l'Asie Mineure soit leur patrie.

:&& . et couronnées de succès bien modestes sans aucun doute.les enseignements de l'Évangile. mais la habitants persévérance de ceux qui les avaient entrepris parviendra à triompher des obstacles le jour ou la communauté nais* santé aura un chef pour la diriger et pour lui donner le baptême et la consécration du martyre. C'est dans le courant du second siècle que ces premiers essais d'évangélisation ont eu Heu. tentatives ignorées du monde.

il appartenait du moins à cette forte gôuération chrétieune. dans cette cité le fidèle soldat do Christ qui une communauté chrôtienue i'ardeur . déférant aux prières des chrétiens de la grande ville gallo-romaine. n'avait pas besoin. Hist. Ce fut vers le milieu du second siècle de notre ère que Pothin vint à Lugdunum. à Lugduuum. comme le dit la légende qui lui donne Page de quatorze ans à la mort du disciple bien-aimô. S'il n'était pas disciple del'àpôtré Jean. l'ait officiellement envoyé prêcher la foi dans les Gaules. de son zèle religieux devait seule soutenir son courage et faire triompher ses efforts. 27. de ces consécrations pompeuses dont les âges postérieurs se plaisent à entourer une vie de dévouemeut à une sainte cause. et que le pape Anicet ait solennellement confirmé cette mission. franc. quittant les rivages de l'Asie -Mineure'' pour la vallée du Rhône. L'humble apôtre. pour accomplir son oeuvre. I.ÇIJAPITRE II Los chrétien» de Laigihmum en Pau 177. Polycarpe. nourrie ' Grégoiro de Tours. Il existait lorsqu'arriva devait être le premier chef et le glorieux martyr de la nouvelle Église. La tradition veut que l'évoque de Smyrrie.

— selon toute proapostoliques. la joie qu'éprouvèrent dut le que leur conducteur que qu'ils désiraient. des son arrivée. . spirituel nous l'a fait connaître. son illustre et compatriote contemporain Poly* chrétienne de Lugdunum reçut carpe.w30 des souvenirs babilité. Photinusj Fotinus. il fallait enau milieu 1 iMxwi siguifie aimable. monies du culte et se réunir. on dehors sur les pentes de delà cité qui s'élevait majestueusement la colline de Fourviôres. désirable. Les manuscrits offrent les trois variantes suivantes de la transcription latiue de ce nom: Pothmiis.gloire le privilège d'être parcourue par les apôtres de Jésus* Les chrétiens de la métropole civile des Gaules depremiers vaient bientôt saluer en ce missionnaire obscur l'homme destiné qu'alors à mettre au grand jour cette foi tenue cachée juspar ses timides et c'est peut-êtreii les fidèles d'avoir enfin trouvé l'évoreprésentants. pour adorer Dieu. un sanctuaire dans une lie boisée qui reliaient dérober aux yeux de la foule les cérécore vivre à l'écart. et qui nom sous lequel l'histoire » nous le représente comme le chef désiré et aimé qu'on a et qu'on possède et Quelle fut l'oeuvre du premier évoque de Lugdunum son activité chrétienne? Les vers quels travaux dirigea-t-il attendu documents exactement authentiques nous font défaut pour déterminer cette activité et dans quel sens se développa ce besoin de propagande. venu d'une patrie qui était et chère à la plupart d'entre eux et qui avait eu'la. à des marécages entre eux le Rhône et la Saône. La communauté avec bonheur ce nouveau frère. Les récits trajusqu'oti s'étendit ditionnels montrent Pothin érigeant. et connaissait. C'est dans ce sanctuaire bfttî.

eccl Y. l'image de la Vierge qu'il avait apportée d'Orient. d'après la légende. qui occupait la partie méridionale du plateau deFourvières. 1 . L'empire était aloi*s entre les mains du stoïcien MarcAurôle. quand ces haines se soulevaient contre ces insensés qui se drapaient dans leur humilité affectée et qui se montraient joyeux d'affronter la mort pour l'amour du crucifié. Hist. dans sa sagesse hautaine. nous pouvons toutefois affirmer là grandeur de ses résultats. Les progrès dé là foi chrétienne à Lugdunum nous sont attestés en effet parla persécution qu'ils suscitèrent et qui nous a été retracée d'une manière si frappante dans l'épître célèbre ' qu'adressèrent à ce sujet les fidèles des deux églises voisines et soeurs de Lyon et de Vienne à leurs frères d'Asie Mineure et de Phrygie. p. les écrivains catholiques l'attribuent généralement & Iréhée._ 31 — : ce qu'on prétend. Professant uu profond mépris pour les martyrs chrétiens. Ce premier lieu de culte devenant insuffisant. et qu'où acruretrouver en 1625* en creusant les fondations du prieuré de St*Irénée. on se transporta plus tard dans une crypte située près du cimetière gallo-romain. il tolérait les persécutions qui avaient. un libre cours aux haines populaires. ce froid contemplateur des hommes et des choses donnait. le mérité d'abattre ces têtes rebelles au bon sens et incapables de comL'épître est d'un auteur inconnu . J. mais les preuves manquent à l'appui de cette thèse. Sans les'encouragerbuverteinént'. que PéYèque déposa. en l'an 152 sur l'emplacement du mat' tre-autel de l'église actuelle de St*Nizier. à ses yeux. Si nous ignorons dans ses détails là mission remplie par Tévêque Pothin. 47. » Eusèbe.

eccl. Vingt-deux ans plus tard. Procemium. 1. cot ouvrage est malheureusement perdu. Cette persécution. s'il faut en croire les martyrologes 1 Eusèbo avait trauscrit dans sa totalité l'épitre des églises do. d'après le témoignage de Sulpice Sévère. apologétique épiscopaux et presbytériens au dix-septième siècle. ' Hist. est. très importants d'ail• • leurs. Ces paroles enthousiastes pourraient servir d'épigraphe au fragmeut d'Eusôbe 1 qui contient le récit de la mort douloureuse des premiers coufesseurs de la chrétienté gallo-romaine. p. entro longuo controverso. Fâwta Dilata Lugdunum civitas tôt marlyrihus l saient à leur tour cette redoutable s'écrie la liturgie do Lyon. On trouve l'histoire de cette controverse dans l'ouvrage déjà cité de Donaldson (p. do cette lettro. et le vénérable Polycarpe avait été mis à mort en Pan 155 ou 156 à l'Age de quatre-vingt-six ans. Y. 251-266). eccl. 4) . Cette date a été l'objet d'une oit l'intérêt était en jeu. qu'Eusôbe place en Pan 177 *. . la première qui ait eu lieu dans la grande province romaine des Gaules. Déjà sous son règne le sang des martyrs avait coulé en Orient : l'église de Smyrne avait expérimenté que le disciple n'est pas audessus du maître. les chrétiens de Lyon subisépreuve de la persécution : l'Asie Mineure. Son histoire ecclésiastique ne contient que des fragments.. Lyon et do Vienne >dans sa Collection des anciens martyrs (Hist. Ce fut le deux juin qu'elle commença. Y._ 32 — preudre la véritable philosophie. qui leur avait trausmis l'Évangile leur avait aussi donné l'exemple du courage que peuvent eufanter les convictions religieuses.

on les lapidait. s'ils no préféraient pas un bain involontaire et obligatoire dans les eaux du Rhône. p. des baius et du forum ' : partout ou les traquait. etc. . d'Usuard. Mais cette proscription générale que le prélude de la sanglanto tragédie. d'autant plus aveugle dans ses haines qu'elle en comprend moins l'objet. La per* édition fut terrible. On se saisit alors des principaux d'entre eux. Y. Hisl. mais cette ère de malheurs n'atteignit probablement son apogée qu'au mois d'août. de leurs frères et de leur évoque? La persécution suivit une marche régulière et progressive. de se déclarer. La populace s'était jetée avec ardeur 1 Eusèbe. après tout. ot la foule. 1. au début de l'épître.. que . de Notker. se fit un devoir de les accabler d'injures et d'outrages de tout genre : on les frappait. mais rien ne pouvait les ébranler. de Bède. n'était dans la lutte. ceux qui. pour avoir échappé au supplice. eccl. à l'occasion des fêtes qu'on célébrait en Gaule à cette époque de l'année en l'honneur de Rome et d'Auguste. 5. n'en avaient pas moins été contraints d'assister à la mort cruelle et ignominieuse de leurs amis. on les emprisonnait." « 33 — d'Adou. incapables de décrire les péripéties du drame. On commença par interdire aux chrétiens l'entrée des maisons. quelque froid que soit le jugemeut qu'on porte sur la pieuse exaltation et lo ton saus aucun doute exagéré mais sincère de la lettre aux églises d'Asie et de Phrygie. C'est pendant ces fêtes qu'avaient lieu les combats littéraires institués par Caligula et dans lesquels les vaincus devaient effacer avec la langue leurs mauvais vers ou leur mauvaise prose. Avaient-ils tort.

Ménétrier. les victimes un interrogatoire public ment. de la tribu Galeria. Ménétrier était jésuite et vivait au dix*sep* tiëmé siècle. est Sextus Ligurius gouverneur Mariuus. et. dans une péet de révolution. puis on les mit au cachot. affirme. 1 Manuscrit . elle avait des meurtres. en attendant de les conduire auprès du gouverneur. de la rue. Mais il ne mises en avant par cet reste aucune trace des inscriptions historien. Le P. de Lyon. pour allumer d'effrayants des confesseurs ne fit qu'exciter les instincts masse : elle réclamait plices. pandu. Quel était le nom l'ignore : la liste des legati bien incomplète et les documents persécutions vrai que le P. en 177.^ 34 — quelque motif intolérant insignifiant futiles font naître riode d'agitation dé bas étage avait suscitée pour un On sait quelles circonstances peut-être. il suffit de la moindre La constance brutaux de la les conflits étincelle brasiers. leur foi chrétienne. elle voulait des sup- soif de sang et de sang cruellement rélui accorda les spectacles L'autorité romaine militaire de la fureur et par les à cor et à cri. que le de Lugdunum. et que le préfet du prétoire à la même époque s'appelle Litchis Priscus. qu'elle demandait Tratuées au forum par un tribun magistrats subirent de la cité. Il existe dans la 850 de la bibliothèque ntfme bibliothèque plusieurs autres ouvrages historiques manuscrits du môme auteur. de PÉglise On est des Il est de populaire hauteet professèrent qui nous occupe font totalement dans son histoire de prétendues inscriptions. en présence de la foule. d'après de ce gouverneur? de la province lyonnaise relatifs à la période défaut. Lyon '.

— . devant le gouverneur. et surtout cette si facilement en accusé qui transformait une impression Pavocat du moment précédent. 1. Ce était un chrétien du nom de Yettius Epad'impiété gathus \ Mais aux cris de la foule. qui était de la famille de Yettius Epagathus.-qui s'étaient dès longtemps préparés à la lutte et qui. p. que cette démonstration inattendue exaspère. . * Eusèbe. à Quand les accusés comparurent la vue des traitements indignes qu'ils subissaient.. franc. Ceux . à propos de Té^angélisation de Bourges. produisirent profonde sur les esprits de la communauté cbrétienne. l'un des premiers sénateurs des Gaules.: — 35. épreuves. une scission eut lieu. d'un certain Leoeadius. <Je dernier était de haute naissance. 11. savaient exactement tout ce que renfermait pareille déclaration. Quant à enthousiasme fébrile et qu'un zèle mal équilicompromis dans le procès inCes premières rapidité barbare et douloureuses imprudemment tenté à la vérité cbrétienne. le courageux Yettius est saisi à son tour et va rejoindre ceux qu'on condamnait sans les avoir entendus. se sentirent fortifiés par ces souffrances songèrent ceux qu'un bré avaient et c'est avec un courage plus héroïque qu'ils à la lente agonie qu'on leur réservait. un des assistants se leva pour prendre leur défense et pour les laver de l'accusation chaud défenseur qui pesait sur eux. 29). comme il fallait s'y attendre. et. llist. en se disant chrétiens. Grégoire de Tours parle [llisi. eccl V. hâtive rétractation -qu'une on ne pouvait attendre (Peux et qu'un ardent désir dese faire à n'importe quel prix C'est ce. 1.que dix * -d'entre les leur folie pardonner 'dans l'ordre religieux 1 et de rentrer officiel.

et qui avaient eu assez de sagesse pour ne pas encore prendre parti. soit par les plaisanteries grossières de la soldatesque qui les accusèrent leurs maîtres de se livrer à des resurveillait.—m — fidèles de Lugdunum n'hésitèrent pas à faire. L'histoire conservé les noms de ces obscurs athlètes. Restait à faire avouer aux confesseurs les crimes dont de haine qu'ils avaient su contenir au dépas de Thycste et de renouveler a on les chargeait : on leur appliqua la torture. il fallait des accusateurs. placés en face et poussés soit par les menaces amicales. cédèrent à une juste iudignation et donnèrent libre cours aux sentiments but de la lutte. au grand scandale de la communauté. forme extérieure. un diacre de Vienne. on avait besoin de témoins les esclaves des chrétiens. Ces l'effet qu'on en attenignobles dépositions produisirent dait. qu'on puis on s'en employa la barbare et criminelle procédure. justifiant par sa constance le nom qu'il portait. la législation impériale. Maturus. Attale Ce fut d'abord . servit pour arracher quelques aveux compromettants à un simple néophyte. à l'une des colonnes de l'église. Ceux qu'un esprit pondéré ou que les liens de la parenté avaient jusqu'alors fait hésiter. qui donnèrent à leurs frères l'exemple naissante d'une fermeté à la tombe contre rare. plongée dans la stupeur par ces désertions et tremblant à la pensée de voir les apostasies augmenter en approchant du terme fatal. faibles victimes sacrifiées à la furie populaire. de la torture : on en trouva parmi Ces malheureux. qui devait arracher l'Église qu'on était en train de lui creuser. Sanctus. Il fallait ne fût-ce que dans sa cependant respecter. les incestes cPOEdipe.

— 37 — de Pergame. à toutes les questions qui lui étaient dans cette touchante adressées au milieu des tortures. à une esclave. i Xlll) une allusion au martyre de Sanctus et de Blandiné. avait dans cette nature vigoureuse des ressorts qu'on ne pouvait pas briser. quand ce corps meurtri et brisé eut repris quelque vigueur. dans l'espoir de le voir enfin vaincu par la douleur. Blandiue'. la vie. fut assez plaies. et. dans cette Ame ardente un foyer qu'on 1 Nous trouvons dans un fragment suspect d'Irénée (éd. il était la source de sa constance dans lé martyre. on le soumit à la torture une seconde fois. et quelle attenQuelle importance tion pouvait-il attacher sur aux choses de ce monde. N'était-ce pas le chant de la victoire qui éclatait lambeaux profession de foi et dans cette défense aussi sincère que simple dans sou expression? Quant à Sanctus. défigurée et déformée par las s'en être séparée. il ne faisait Ce glorieux unique réponse : je suis chrétien. quelques jours après. mait à ses yeux ses espérances les plus chères et ses convictions les plus précieuses . « Je suis chrétienne. qui semblait forte cependant pour la ranimer. malgré les bourreaux qui délicate de sa santé. fatigua l'apparence se relevaient du matin jusqu'au soir pour la frapper et qui vaincus après avoir épuisé sur son corps en s'avouèrent tous les genres de supplice. qui. Cette attente fut tromIl y pée : le bourreau dut avouer encore son impuissance. » disait-elle cuteurs. quand on appliquait centes? Les rante son corps des lames d'airain incandesbourreaux avaient abandonné presque mouque cette titre résu- cette masse humaine. enfin. . Slieren. à ses perséil n'y a point de mal parmi nous.

avoir disparu. en présence du bûcher qu'on allume. des confesseurs et de leura Quel ne fut pas Pétonnement accusateurs quand ils virent les apostats eux-mêmes renier leur apostasie. et en songeant à l'éternelle est au-dessus des clameurs. brusques qu'elles ne semblent. droites presque subitement. du bûcher et du bourreau. maintenant. en public ne donnaient pas les résultats le courage des confesseurs ne faiblissait . et Biblias sortir comme d'une profonde léthargie au milieu de ses souffrances qui venaient de la faire blasphémer contre vaient lui arracher les saints. et et du qui ne saurait être à la fois du côté du persécuteur côté de la victime. les âmes étant dans un état d'hésitation perpétuelle en face de la foule qui vocifère. ces variations d'ailleurs sont moins. vérité qui prépare le glaive. Dans ces sombres journées les consciences peuvent être facilement dévoyées . qu'une qu'une héroïque défense de ses frères ? Ces changements subits d'opinion et de conduite ne sont pas chose rare dans et qui. devant le bourreau qui. Il semblait. comme le déclare le texte del'épître. les hommes qu'on avait devant soi étaient angélique. que cette seconde torture devenait un remède à la cette agonie Ou ne vivait plus première : on cria presque au miracle.— 38 — saus cesse cepas éteindre et qui réchauffait corps déjà glacé. dans ces muscles et dans ces nerfs unepuissance de vie qui ressuscita plus forte que jamais dene pouvait dans laquelle elle paraissait prématurée. à dans le monde de la réalité : las faits qui se déroulaient la vue tenaient du prodige. ne pouprofession de foi chrétienne et des héros à stature ces périodes lugubres . elles peuvent aussi se ressaisir et redevenir Les tortures qu'on espérait.

» Cette foule eu arrêt réplique dédaigneuse se. on l'accade la foule. on serra les pieds des détenus dans des entraves et des blocs de bois percés de trous. fièrement au magistrat qu'il répondit qui lui demandait quel était le Dieu des chrétiens : « Tu la sauras. et avec l'automort au grand jour. jour de la prison tuait les malheureux qu'on venait d'arrêter et d'y jeter. Plusieurs périrent dans leur prison. incommodes et malsains . mais qu'il est aisé après tout de comprendre. Chose étrange au premier asphyxiés le séabord. Le cachot respectait au contraire verts de plaies . cette Ame veillait. « On eut recours aux cachots obscurs. la torture ne les avait pas préparés à ce les corps courégime.' . que le dévouement fidèles avait sans doute caché jusqu'alors aux recherches des inquisiteurs. mais sous cette apparence de mort il y avait une âme trempée et remplie d'une vie intense. il réservait à ces débris humaius animés d'un dernier souttle l'honneur et d'une agonie publique d'une Celui que les chrétiens de Lugdunum avaient choisi pour leur évêque était alors un vieillard au corps débile. On crut venger time dû soustraire les dieux à en le .traduisit pour la de mort: on se saisit du vieillard.milieu sentiment des vociférations de la dignité rité que lui donnaient ses quatre-vingt-dix ans passas. elle se préparait h la lutte et au mardes tyre. ce fut avec le dont il était revêtu. fut traîné par les soldats devant le tribunal. si tu en es digne. bla de coups de pieds et de coups de poings. Vint le tour de Pothin. que son grand Age aurait ces infâmes traitements. tout devenait une arme entre les mains de ces forcenés contre cette vicinnocente. — 39 -~ ])as. au. Lorsque le digne vieillard.

qu'on tenait toujours enfermés pour mieux s'assurer de leur défection. La mort de l'évêque ne fit que redoubler l'exaltation des les cerveaux entraient dans cette sorte de déprisonniers. Les sceptiques criaient bien à la supercherie. En même temps l'opinion semblait revenir de ses premiers égarements. La férocité ' populaire se réveilla plus forte que jamais. » Ibid. Elle fit même dans une certaine mesure cause commune parlait d'un parfum avec le fanatisme des persécutés : on autour que répandaient mystérieux d'eux les confesseurs. mais d'une joie et d'un bonheur inconnus sur cette terre. 11ht. eccl. V. légende sur la colline de Fourvières. . le cachot le fait expirer. de la première heure 2. On agonisant montre en prison encore : il y mouà l'hospice de oit la l'Antiquaille.— 40 — lacérant. rut deux Pothiu jours fut porté après. 1. 35. mais pouvait-on croire à pareille puérilité la part d'hommes voués à la mort ? Les sentiments d'humanité mensongère de se faire jour qui paraissaient dans la masse s'éteignirent des supplices qui à l'approche allaient mettre le comble à cette horrible tragédie. traidont le bon seros n'est jamais tait de lâches et d'homicides complètement les apostats oblitéré. Maturus Eusèbe. qui lui donnaient le nom de parfum du Christ 3. 3 Ibid. lire maux extatique qu'ils qui enlève aux qui leur aussi belles que celles de l'épouse martyrs la conscience das fait prendre leurs chaînes souffrent. p. La foule. au jour pour des parures de ses noces ! et qui jette sur leur épouvantable sort une lueur de joie et de bonheur.

41. Le procès des chrétiens fut 1 Kusèbe. on les livra aux bêtes . Blandine fut attachée sur une croix.qui toumaient avaient eu devant les yeux le Maître crucifié victimes. dédaignèrent par d'autres on la détacha et on la reconduisit créature. en prison. on leur enleva leur proie et on soumit les victimes au supplice de la chaise de fer ardent. étrangers. Elle réclama vivement un prisonnier plus illustre. de spectacle à la foule sanguinaire qui réclamait et imposait ses tortures préférées. . p. tyrs. V.esclaves. . ceci. on jugea bon leur lente agonie en les égorgeant : les bour(l'abréger reaux avaient L'esclave ardentes besoin de repos. d'où ses le courage des autres marcomme cette s'ils faible la «. sur laquelle les corps se grillaient et d'oit s'échappait une odeur nauséabonde de chair brûne pouvant abattre leur courage ni arracher h leur bouche quelque parole de rétractation. mais l'espoir cruel d'un nouveau supplice Attale. mais avant que lés bêtes féroces eussent achevé leur oeuvre. on lui amena précédé d'un héraut qui entra dans l'amphithéâtre latine suivante : sur un tableau l'inscription qui portait Voici le chrétien Attale ! Un frémissement de joie féroce anima la foule. affranchis ou . réservant pour une autre occasion.— 41 — et . Rien avoir battus prières soutenaient vers elle leurs regards. dans l'amphithéâtre. Les bêtes. lée. Après les de verges. repuas la foule commençait à se lasser de Ces conCependant damnés vulgaires. 1. llist.Sanctus les premiers servirent pendant tout un jour. de peu de durée : le gouverneur venait d'apprendre 1 qu Attale était citoyen romain.

Dans destiné à l'amphithéâtre d'Alexandre. écrivit niers chrétiens damnations. 2. le répit qui venait de leur être accordé. le gouplir les formalités de Lugdunum. en et justicier. martyre des chrétiens de gladiateurs. Quelques des confesseurs. prier non seulement pour les frères dont apostats dans le sein de la communauté. instant attendit tant eut des remords de conscience.— 42 — avait été si rapidement instruit qu'on avait oublié de rem- les plus élémentaires de la loi . On commença par toyens romains furent le reste l'élite fut des confesseurs Le impérial. . Il fit ramener Attale à Marc-Aurèle au sujet des prisonet. rent les ordres mettre à mort de l'empereur les entêtés. cours de populations. V. les cicondamnés à avoir la tête tranchée. du mois d'août. On profita qui attiraient pour devait mais aussi pour les bourreaux •. même rentrèrent. faire et aux bêtes. la profession encourageait 1 on remarqua un Phrygien du nom qui exerçait en Gaule depuis plusieurs années et de médecin . Uisl. des persécutés ne se démentit pas un seul La constance pendant Ou les entendait la foi chancelait. interrogeait Kusèbe. par l'entremise Sur ces entrefaites arrivè: faire grâce aux apostats et telle était la substance de l'arrêt sans doute des brillantes à Lugdunum exécuter l'arrêt un grand fêtes con- de Marc-Aurèle. qu'administrateur dans son cachot. comme le tribun verneur Lysias devant Paul à la tour Antonia. cette fois éclipser les combats le triage des victimes. il se tenait près du tribunal par des signes les fidèles qu'on eccl. avant de procéder à de nouvelles conla réponse de l'empereur.

Le dernier jour des fêtes on vit paraître Blandine suivie d'un enfant de quinze ans. exposait si courageusement c'était lui qui était cause dé ce petit nombre de rétractations. V. quand elle s'attendait à voir grandir * le nombre des apostats. Le lendemain. Hisl. }>. » Comme ou lui demandait de rébien dire quel était pondre que Dieu ne portait pas de nom' comme les hommes. en le. disaient.le pour faire plaisir à la populace. exaspérée de voir les confesseurs succéder aux confesseurs.— 43 — et qui rendaient témoignage à Dieu et à Christ. sur sa réponse affirmative. disait qui avait parlé de repas de Thycste : « C'est ce que vous faites qu'on peut appeler manger des êtres humains . nous ne mangeons pas nos semblables et nous ne commettons rien de mal. Quclquoï mauvais plaisants. eccl. Alexandre parut compagnie d'Attale. 49. 1. Le mouvement populaire avait interrompu la séance . On avait eu la bar1 Eusèbc. qu'il était pris des douleurs de l'enfantement . sa colère et sa rage. champ à être livré aux bêtes. Ponticus. Un coup de glaive les acheva. voyant s'agi1 il ter ainsi. le magistrat qui présidait les débats saisit l'occasion qui lui était offerte pour demander à Alexandre s'il était chrétien . qui sa vie. ses voisins. tourna contre ce Phrygien. eu latin à cette multitude il le condamna sur-le- dans l'amphithéâtre en la loi gouverneur méconnaissait Alexandre torturé ne proféra ni sur le gril. quant à nous. plainte ni géinf sèment . y a toujours le mot pour rire dans les drames les plus tragiques. ironiquement qu'il le nom de Dieu. La foule. il se contenta voulût . Attale.

dernier Elle l'égorgeant. sur la chaise d'un exposée dans un filet à la on lui donna le coup de grâce en taureau. de verges. des martyrs furent encore des persécuteurs. on resta stupéfait en voyant le courage de cette femme et l'héroïsme de cet enfant. ses sept périr sous ses yeux. de cette chaîne qui unissait la communauté et qu'on enait de briser après les autres. ni l'âge. livrée aux bêtes. Quand leur tour fut venu._ barie de les faire assister 44 — les jours précédents au supplice de leurs amis. . adolescentulus {Liturgie lyonnaise). Des soldats veil- 1 Sic apti sunt victorire Scnex. Après avoir encouragé par ses paroles et son précédée dans les souffrances anneau elle succombait à son tour. voulu se persuader Ainsi sont propres à la victoire Le vieillard et le petit enfant ' ! Les cadavres outrages fidèles morts eu prison. placée fureur Blandine fut battue ardente. dans des tortures enfants. et qu'on avait réunis en tas. La vue de ces tristes restes excitait la rage des uns et les rail* et on les mit sous bonne garde nuit de les ensevelir. L'oeuvre des bourreaux pu fléchir était cette qu' terminée. pour empêcher laient également sur les débris informes laissés pur les ' bêtes et par les flammes. exemple ceux qui l'avaient et dans la tombe. et qui subit le martyre après qu'Antiochus affreuses. ni le elle sexe n'avaient avait foule au coeur de fer. On jeta à la voirie exposés aux les corps des et jour. cette mère dont à sou Sauveur rappelait il est parlé dans le second livre des Maccaeut fait bées.

» Ce fut là toute l'oraison funèbre des martyrs durent être tristes pour la communauté ces lugubres qui suivirent avec ses fidèles sa première chrétienne scènes qui ! de Lugdunum. le bilan qu'ils les reverraient d'eux à l'heure présente! brisés. de Lugduaux que de la situation num. qu'on leur adressait. de3 saints les honneurs de la sépulture Les soldats veillaient aux prières avec le plus grand soin. puis on les brûla et les cendres furent jetées dans le Rhône. incorruptibles. la désolation. .' de chef. Plus à qui elle devait Sans doute Dieu venait dans le sein du Père de les recevoir quel vide autour les liens de la communauté sentants tel était disparus. Les corps restèrent exposés sur la Voie publique pendant six jours . repré- ses plus fervents des chrétiens le découragement. nos mains.— 45 — leries/dès d'avoir qui rendaient grâces à leurs divinités su si bien se venger. La masse toutefois était prise autres de pitié et disait d'un ton sceptique : ou est leur Dieu et à quoi leur a servi leur religion à laquelle ils ont sacrifié leur vie? Quant rendre furent aux chrétiens. un jour-. tous le3 efforts qu'ils firent pour aux cadavres inutiles. Qu'ils de Lyon tas jours venaient de lui ravir rable évêque les plus zélés le vénéconstitution et c'est mais près de lui. et. la ruine. de et si leur Dieu pourra les arracher disait-on. ils étaient insensibles ce qui ast plus étonnant. La légende seule a rendu les honneurs cadavres jetés 1 De gloria à la voirie. après tas journées d'août 177. « Nous verrons bien maintenant s'ils vont ressusciter. Grégoire funèbres de Tours 1 affirme martyrnm XLIX.

vinrent les recueillir et les transportèrent dans la crypte oit Pothin avait exercé son ministère. Le texte d'Eusèbe parle d'un des martyrs a certainement amphithéâtre. qui était situé. l'église dédiée aux Saints Apôtres et que remplaça plus tard l'église dédiée à Saint Nizier. les premières de ces ruines au pied de la colline de Fourviôres. Quant à l'emplacement sur lequel les chrétiens subirent le martyre 1. qu'une vision divine avait avertis. comme le nom l'indique. L'interrogatoire eu lieu au forum. ils les déposèrent sur ta rivage et les fidèles. On a en effet retrouvé à Lyon tas traces d'un théâtre dans le clos des Minimes.— 4G — les martyrs apparurent à quelques chrétiens. qui fut établie en 1175. jusqu'au neuvième siècle tas cendres des marde nombreux miracles.es. On y conserva. mais abolie au quinzième siècle. Sur cette crypte fut bâtie.. et celles d'un amphithéâtre au jardin des Plantes. la tradition le croit situé près du magnifique temple de Rome 1 Tillemont dans ses Mémoires (t. les secondes au pied de la colline de la Croix-Rousse à peu de distance du Rhône. après avoir dégénéré en farce grotesque. C'est une erreur : il n'y avait qu'un théâtre dans cette partie de la ville. est impossible de déterminer exactement tas divers lieux oii se passèrent les événements rapportés dans la lettre des églises de Lyon et de Vienne. religieuse de la fête des Merveilles. III..) parle à ce propos d'un amphithéâtre à Fourviè. A tyrs qui y firent naturellement des martyrs aux fidèles de Lyon se rattache l'apparition assure-t-on. 25. sur la colline de Fourrières (Forum vêtus). l'institution Il . à ce qu'on prétend. Les-flots du Rhône respectèrent même les cendres saintes qu'on y avait jetées.p.

eux. et ce que dit cet historien sur le catalogue de ces martyrs. Athanoeum) a reçu diverses étymologies de valeur douteuse correspondant aux diverses orthographes du mot : àftx/art. qu'on trouve enghria martyrum XLIX. eccl. Il en est de même du texte qui a soin de dire qu'on jeta les cadavres des martyrs dans le Rhône qui coulait près de là 3.— 47 — " et d'Auguste. Le nombre des martyrs de l'an 177. 1 Tillemont. 62. sans parler des confesseurs qui échappèrent à la mort. core écrit Ainai et Esnay (en latin Athanacum. tas principaux Attale. Âthanatum. La lettre des églises de Lyon et de Vienne ne cite par leurs noms que dix d'entre : Pothin. 1. paraît avoir été considérable. L'église actuelle d'Ainay occupe cet emplacement et on peut voir le choeur de cette église soutenu par de l'ancien sanctuaire quatre colonnes provenant païen. eccl. III. Maturus. 1 Jtist. semble confirmer la tradition. p. 25. c'est-à-dire près du lieu oit ils avaient péri et oii on avait brûlé leurs cadavres. 4. * De Le nom d'Ainay. ne fait que confirmer cette supposition. Le nom d'Athanacenses que Grégoire de Tours' donne aux martyrs de 177. Sanctus. llist. allait en bateau baiser une relique qu'on appelait la pierre de Pothin 1. Mémoires. V. Athénée et Athènes par allusion à l'institution de Caligula. Les combats d'éloquence qu'avait institués Caïus Caligula avaient lieu aux abords de ce temple. jetés aux bêtes et morts en prison. U '*>*» en rappelant l'ancien temple païen. d'Eusôbe. p. qu'on démolit plus tard pour le remplacer oit pendant longtemps on par une chapelle chrétienne. d'après l'épître conservée par Eusèbe. t. 3 Eusèbe. V. qu'il classe en décapités. par allusion aux martyrs immortels. lui-même* .

Rhodaua. Alexauder. gata. Pompeia* Bomna. Grata. Ponticus. Gemînus. Julius. MacaContinus. Julia. Areseius. Ro- Philuminus. Comminius. Alcibiade. Biblis.Bïblias.La tradition les listes des martyrologes. Et sanche Martinoe. Zosimus.. October. Aemilia.... mais il ne donue pas leurs noms. QuarSanctus. Aemilia. 11 est impossible de dire si le Justa. Ponticus. Maturus. Jamuïea. rius. Alcibiades. Julia. * Édition de Rome 1745.. par exemple. dePéglise lyouuaise. Le chapitre XLIX du de gï&ria martyrum donne cette liste qui pressente tas divergences . Octuber. Grégoire de Tours déclare daus sou Histoire des Franc* qu*il y eut quarante-huit à Lugdunum. Trophima. des martyrs d® 177 ». Philomiuus. tia. Materna. Blandine. Potamia. Cette liste. que nous de Ruinart. Primus. mentionne deux perempruntons à l'édition sonnages du nom de Fotinus. Attalus. Ottobonien. . il ne s'élève qu'à quarante-six.suivantes avec le martyrs catalogue thumiaua.. Vitalis. Autouta. Le Kalendarium Yaticanuna qui précède le Sacrameqtaire Grégorien suivante : Romoe natalis sanctorum Màrporte au 2 juin l'erreur cellini et Pétri.. Blandtna. Zotimus. Zacharias presbyter. Ms. Pos- Elpeuipsa Stamas. Yoici tas noms de ces martyrs Adon': Photinus. Ausouia. catalogue d'Eusôbo portait les mêmes noms. cum aliis XLYII. Albina. Pompeia. Quarta.— 4S — Alexandre. Helpes qu® et Aiunas. Aristams. Ulpius. Mamilia. Gamuite. paru à Lyon en 162% 1 Ce nombre est différent dans certains daus le martyrologes. uelius. CorGemiTitus.étayéesur élève à quarante-huit le nombre d'après Epagatus. Apollonius. SUvius. Théophile Rayuaud dans son Indiculus Sanctorum lugdunensium.. Yettius Epaga- thus. nianus. d'Adon: Rodone. Tritiiaie. Zoticus.

1. le second martyr n'est autre que le personnage biblique du même nom dont il est parlé dans le texte d'Eusèbe'. i Raynaudu?. antiquité. Acta siiuecra. prétendu Sans attacher goire de Tours trop d'importance et d'Adon. cit. . Parisiis V. S'il notre faut en croire introduction uu document et auquel que nous avons cité dans on assigne une respectable» confesseur la persécution de Tau 177 se serait prolongée. dtfux martyrs dont nous reparlorons bientôt. Quant au de la liste d'Adon. daus l'église de Lugdunum. pour aboutir Actes à un dernier d'Alexandre épisode sanglant* relaté dans les et d'Épipode 3. plus ou moius ouvertement.. Quant au nom de Rhodnna. La légende qui raconte que Rhodaua donua sa maison pour recevoir les prisonuiers chrétieus confirme cette assertion: il y avait à Lugduuum une prison qui couserva pendant longtemps le nom de Rhodaua*. il qu'on ne s'applique pas à un personvïage réel.9-10. 11s'agit évidemment ici de et de cette mère avec ses sept enfants. p. pendant huit mois encore. 1GS9. ce prêtre Zacharie. de Yalérieu. nous croyons qu'il des martyrs de la région du faut y voir la personnification Hhôue. ' Ruiinart. dont il est question dans le second livre des Maccabées.- 49 — ajoute aux noms précédents ceux de Marcel. aux catalogues de Grénous remarquons toutefois que sont symboliques des uoms qui s'y trouvent plusieurs et prouvent que l'usage d'échanger au baptême le nom contre un nouveau nom. de Miniinie et d'Êléazar cet Éléazar avec ses huit enfants». rapavait porté jusqu'alors existait pelant la sainte vocation qu'où venait d'embrasser.eccl. p. Ce document fixe le 1 mt. op. 353.

à Alexandre trente-quatre autres confes* Le Martyrologium Gellonense réduit ce nombre à trente-trois . Orthographes latines diverses de ce nom . le premier paraît-il. Epepodus. au dire de Grégoire de Tours. de déUs s'étaient. Épigrâce à la trahison à fuir. Florus martyre et Adon joignent seurs. chez une veuve du nom de Lueia. perdit uue de ses sandales. le second Grec d'origine. ils professèrent jours après au tri- courageusement Ypîpodus. Ypipodius.et avaient échappé à toutes les recherches en se cachant nu bourg de Pierre-Scize ou PierreEncise. en cherchant dée précieusement par Lueia et qui. nos deux martyrs sont même absents de certains attribué catalogues. d'après Tillemont. Jetés en prison et conduits quelques du gouverneur. Andochius et Syraphorianus (Aules actes de ces trois derniers martyrs ne sont tun). . » et le récit de leur marQuant à Épipode Alexandre. Ephiphodius. près de la ville. bunal 1 opéra plusieurs miracles. qu'on de Yalerianus avait à Cabillonum seconde phase de la grande tradition norchium rattache castrum chassés de Lyon. robés à la persécution . sur les rives de la Saône. de Be^ à Augustodunum uignus. jeunes gens. finirent qui tenaient par décou- d'Un esclave. C'est à cette de l'an 177 que la persécution de Marcellus encore tas martyres à Tri(Tournus). feans doute vivement vrir leur retraité Les persécuteurs. pas assez anciens. Eppolidu». Alexandre aurait été mis à mort deux jours après. en fait deux amis intimes. à se saisir d'eux. tyre Lyon. à Bède en vers par exemple du martyrologe et qui date du IX"* siècle.mais (Chalon-sur-Saône). pour faire autorité.— 50 — de ces deux persounages à deux dates voisines : Êpipode aurait subi le premier le martyre le 22 avril 178. garpode.

en chansons. ce misérable crucifié. nous les servons joyeusement. et il s'écrie : a Vobis venter Deus est. Mais 1e gouverneur. . aux plaisir qu'offre la vie dans ses premières années. notre culte consiste en festius. voyant que ce barbare spectacle excitait la populace. On l'attache alors sur un chevalet et on lui laboure les flancs avec des ongles de fer. le plus jeune des deux prisonniers. Les dieux immortels que nous adorons sont l'objet de la vénération des peuples et des rois. cantionibus. que ton entêtement ne soit pas cause de ta mort. ludis. Deux jours après vint le 1 Louith. à sa jeunesse. et que le chrétien. qui ne se platt que dans les privations et les jeûnes. vous adorez un crucifié. jouis des plaisirs de ce monde : c'est de ton âge! » A ces paroles. lui disait-il paternellement. le gouverneur fit appel à ses seus. Épipode répoud que Jésus. qui soumet son corps à son âme. et c'est la bouche ensanglantée que le martyr rend témoignage à Dieu» entre les mains duquel il remet son àme. et qui u'a pas pu se sauver lui-même du supplice! Crois-moi. au contraire. ce qui amena sur les lèvres du magistrat romain cet aveu caractéristique. conviviis. et in m&rem pceudumf » A ces mots. le fit décapiter à l'instant. Faisant ensuite comparaître-seul Épipode. ennemi de la joie et des plaisirs.' — 51 . on lui brise les dents. peu digues d'un représentant de l'autorité. que devaient répéter tant d'inquisiteurs : « les supplices ont donc été inutiles?» On espéra vaincre les deux amis en les séparant et en les empêchant ainsi de s'exhorter mutuellement. en divertissements et eu plaisirs •. et lascivia. est ressuscité d'entre les morts. ne saurait renier sa religion pour un culte aussi charnel. Yous. qui demandait qu'on lui abandonnât le malheureux. «*Voyons.-r- " leur qualité do chrétiens.

La veuve Lueia passe pour avoir subi le martyre. L'orage pissé. qui les ensevelirent sur la colline de Fourrières. au \lm siècle. au bas du rocher de Pierre-Scizo. en tout cas. le sol xèualt aux premiers rayons du soleil et puise uue nouvelle force dans Peau bienfaisante qui Pa détrempé. « Tu es le dernier de tous ces chrétiens. Le souvenir d'Épipodese conserva daus quelques édifices religieux qui lui empruntèrent leur nom. Une crypte de Saiut-Épipoi existait aussi dans Pile-Barbe. l'église deviendra forte et elle étendra sans cesse sou empile sur les âmes. La commûuauté de Lugduuum. qu'on voulut faire abjurer en le battant de verges. sous la direction de son nouvel évêque. . profite de l'exemple des autres. il périt crucifié. dans un endroit désert et boisé. elle aussi. demeura inébranlable comme ses frères . uue récluserie de Saint-Épipode ou Saint^Épipoi. » Mais Alexandre. ou transporta leurs reliques dans la crypte de l'église dédiée à saint Jean l'apôtre. Ainsi finirent les persécutions de Pau 177. Les corps des deux confesseurs furent enlevés par quelques chrétiens. Les persécutions allaient maintenant porter leurs fruits. la légende entait remonter la construction à Pau 215. et. près de Lyon . H y eut au moyen âge. lut disait le magistrat.- 52 — tour d'Alexandre. elle dut être poursuivie pour avoir dérobé à la justice les deux coupables. A cette période de perturbations incessantes et de terreurs perpétuelles pour la commuuanté chrôtieuue de Lugdunum allaient succéder de longues années de calme et de paix. verra le sang et les cendres de ses'martyrs fertiliser la terre qui en fut couverte . l'héroïsme de ses confesseurs fera tomber les préjugés.

mais H est impossible d'affirmer que Smyrne soit sa patrie. ceci. qui plane sur le lieu de sa patrie s'étend aussi sur l'année de sa naissance. nom qu'un village des environs de Lyon a conservé. XXXV. qui régna de 180 à 193 . mais cette date n!a rien de précis. qu'il 1 II existe en français une histoire de saint Irénée do l'abbé Prat (Lyon 1843). Le nom qu'il porte et qui signifie « Pacifique » correspond assez exactement à la modération de caractère dont il fit toujours preuve . * Dans le Lyonnais. mais ce long et fastidieux ouvrage est sans valeur. » Catalogus script. Ce qui est certain c'est qu'il habitait l'Asie Mineure dans son enfance et dans sa jeunesse. Irénôe Y comme sous la direction son prédécesseur. . Nous savons par Jérôme 3 L'incertitude était dans la force de l'âge sous l'empereur Commode. Toutes nos citations d'Irénée sont faites d'après l'édition Stiereu. jusqu'à la fin du quinzième siècle. entre dans Une nouvelle phase L'église de Lugdunum de son secoud évoque. on est tenté d'y voir un de ces surnoms que l'histoire se plaît à donner aux grands hommes dont le souvenir est resté profondément gravé dans l'esprit des générations passées.CHAPITRE III Irénéo* «l'homme. était originaire d'Asie Mineure. on l'appelle Irigny.

L'ôvêque de Smyrne sud'une d'Irénée. Emyldopadiè 61-62. Que conclure. trpwtiy ipSn r}. et à celle de Zahu* qui propose comme date de nées vagues cette naissance Pour naissauce l'aunée fixer Pau 115. I. de la mort ans en 166. à celle de Grabe ' qui la place en Pau 108. Heft dans la Zeit- de Gebhardt die historische Théologie.~. Polycarpe 1 Dissertaliones in Jrenaum. Oxford 16S9. S. qui place la naissance d'Irénée l'assertion sous Trajau. en l'an 96.m<f). de Lipsius et d'Hilgenfeld paraissent Polycarpe en avait avoir établie l'an *. la date de la approximative il faut prendre comme poiut de départ manière de Polycarpe. 822. d'abit le martyre à l'âge de quatre-vingt-six . du mot ittti d'Irénée que l'Apo(Stierèn I. On a cherché d'Irénée. de ces mots X««*Tif«*ï i:j«7t4TrT« ii * StierenH. . etc. schrifijur * StierenI. Iréuée. qui avait entendu Poly(iraî. Carpe daUSSOU enfance gardé un souvenir lui-même d'une exactitude étonnante. 32. aùXç (St. comme il le raconte dans sou épître decette précision de souvenirs nous fait penser qu'Irénée était vait être alors âgé de quinze ans environ. 822). de l'affirmation calypse a été révélée presque de son temps. S. cette date de huit ans et fait nattre Iré- née en 132.? Plitt. 803). 3 von HerxogKnd Real. en 08. 1880. une date précise dans les écrits mais les passages invoqués n'offrent que des donet ne fournissent à qu'une base chancelante de Dodwell '. 135.433. hxf.uf.54~ L'opiuion Tillemont commune recule place sa naissance en Pau 140 environ. et qui assignent au martyre de 155 ou 156. à Floriuus . en effet. 1875. 855-895. Leipzig. mais nous préférons adopter la date que près la tradition nous les travaux deWaddingtou. (**<n>. Sn Ut. * article Voyez sur ce sujet l'excellent rf.

La tradition. les leçons qu'il en reçut demeurôreut profondément gravées daus sa mémoire. Le manuscrit de Polycarpe aux Philippieus et la récit de son mar--. et dont.. 157. _. A quiuze ans noirs le voyous auditeur assidu de Polycarpe . qui joue le rôle de yerre grossissant... nous trouvons qu'Iréuée.. tyre. Il naquit sans douta de pareuts chrétieus..— pa — à cette époque. V.. et.. 111. puisqu'il ans. .. toujours d'après le témoignage d'L'énée. » Par. * Voyez une étude sérieuse de cette théologie dans Donaldson : A critical history of Christian Uterahtre and doctrine.:.. cette affirmation remonte au récit du martyre 1 et de tant de l'ôvêque de Smyrne 3... London 1866. _ t . en fait le véritable élève et le fidèle disciple de Polycarpe . est uô environ en 135... autant que nous pouvons eu juger par les rares documents • qui font revivre à nos yeux la figure del'évêque de Smyrne. sur l'enpresque pas de renseignements fance ni sur la jeunesse d'Irénée. L'épître ... et daus la mesure oii nous pouvons reconstituer sa théologie 1. nous avons de frappants exemples dans la daus celles d'un Clément biographie d'un Justin martyr.. si fréNous n'avons du Christiaquentes dans les premiers siècles de l'histoire nisme.. En adoptant comme base de notre quatre-vingt-six calcul ces données un peu vagues. p. Iréuée demeura sou disciple. car nous ue trouvons daus ses ouvrages aucune trace d'une de ces conversions de l'âge mur.-.--... d'Alexandrie d'autres. .. XXII. ... etc. . qui a euteudu Polycarpe vers l'an 150.. PM§pivemeot vieux (*>™ yspo'fwX il devait doue avoir au est mort à l'âge de moins quatre-vingts ans.

27. je t'ai vu en Asie Mineure auprès de à la cour imPolycarpe. Irénée. sa démarche et franc.— 56 — raconte à ce propos la légende que voici . Jacques de Yoragiue oubliait ou ignorait que Polycarpe avait subi le martyre bien avant ces assertions traditionnelles siastique son collègue de Lyon. Je pourrais môme dire l'endroit ott le bienheureux Polycarpe 1 Hist. nous en donnons la traduction. I. et la £*'motive cet gende dorée. que uous avons déjà cité. . entendit. Eu réalité sage.se trouvant à Rome à l'époque du martyre de à Polycarpe. Toutes sont nées de l'intérêt eccléde Moscou de ce récit qu'il y avait à rattacher étroitement l'évêque de Lugdunum à Polycarpe. jetant quelque lumière sur a Lorsque j'étais encore enfant. poussant jusqu'à l'anachronisme. Le plus important se trouve dans ce pasl'épître à Floriuus . Irénée l'apôtre. la jeunesse d'Irénée. comme une trompette et qui criait : « Polycarpe a rendu * va témoignage ! » Grégoire de Tours jusqu'à affirmer que ce fut Polycarpe qui envoya Irôuée à Lugdunum. écrit-il à Floriuus. quand tu avais un poste brillant périale et que tu t'efforçais de gagner les faveurs de l'évêque* Je me souviens mieux des faits de cette époque que de ceux qui se passent à présent . était assis et oh il enseignait. car ce que nous apprenons dans l'eufauce croit avec l'âme et y pénètre profondément. à l'heure même oh s'accomplissait une voix retentissante Smyrne le douloureux sacrifice. envoi par la persécution de 177 et la mort de Pothin . qui passait pour disciple de Jean ne parle de Polycarpe que dans trois fragments de ses oeuvres.

appelle à l'autorité contre Florinus et contre les gnostiques '. tômoiguages j'étudiais avec soin et ce que je consignais non dans des livres. mais daus mou coeur. . du traité les Gnostiques. sur ses miracles et sur son enque Polycarpe avait recueillis de ceux-là mômes qui avaient vu la Parole de Vie. d'une nous caractérisent Si ces quelques renseignements ils ne laissent pas de manière bien insuffisante Polycarpe. nous montrer l'impression profonde qu'en reçut Irônée. et c'est toujours d'une manière exacte. Je pourrais réavee pect. il est encore question de Polycarpe nous et du voyage qu'il aurons l'occasion livre fit à Rome à l'époque d'Anicet . comme il le disait. puisqu'il en de Polycarpe contre Pévêque Victor. sou asà la foule. Voilà ce rapportait qu'à cette époque. les discours qu'il adressait péter les rapports qu'il avait eus. III. » Dans le fragment de Pépttre qu'Irénée adressait à l'évoque de Rome Victor. Jean et avec ceux qui avaient vu Je Seigneur. impression qui se manifeste dans toute sa vie.— 5T — ses mouvements quand il parlait. déclare avoir connu Polycarpe contre dans le troisième nous avons déjà vu qu'Irôuée dans sa jeunesse.4. 8. son genre de vie. de reparler de ce passage. par la grâce que Dieu m'accordait. Un fait digne VIrénée. de quelle manière il rappelait leurs paroles. il affirme à ce propos le glorieux martyre de PéYêque de Smyrne et mentionne son épltre aux Philippiens. Polycarpe tout cela conformément aux Écritures. |i. Enfin. seignement. ce qu'il avait appris de leur bouche sur le Seigneur. grâce à Dieu. que je rappelle ces souvenirs à mon esprit.

qu'il paratt avouai avec soin. H. sont étendues et variées. 22. 83. p. p. p. lorsqu'il traite de l'âge du Christ \ ïrénéosuitle quatrième évangile. Polycarpe a légué à son disciple l'amour de la règle traditionnelle. cités à plusieurs reprisespar notre auteur. contemporain teur de l'apôtre Jean. mais en môme temps il lui a laissé le vif désir de maintenir la paix dans l'Église. et dont nous retrouvons les traces nombreuses instruction dans ses ouvrages. . » Ir. p. 26. Tisias Stési' Ir. p. La tradition rattache encore Iréuée à Papias. 1 . il nous fait involontaire- Iréuée reçut uue brillante instruction. 6. 27. 9. Y. IV. 22. Son ne se borne pas aux livres sacrés qu'il connaît à foud. mais cela ne prouve pas qu'il faille le considérer comme disciple de ce chrétien crédule qu'Irénée ne cite qu'une fois et dout ment uu portrait peu flatteur. 53 ad Theodorum. 5. 4. c'est que dansja vie de Jésus. dont il serait le disciple d'après Jérôme 3. l'ecclésiastique profane. 2-5. 1. p.— 58 — de remarque. témoin le centon qu'il extrait de ses oeuvres *. Il cite souvent Homère. 1 . 32. et les connaissances qu'il acquit. M. Parmi les poètes grecs il cite encore Hésiode. sait la littérature et. 31. p. Iréuée a pu couuattre de Polycarpe et audiPévêque d'Hiérapolis. p. * V. qui se plait à se rattacher étroitement à leurs témoiguages ». p. Il. c'est la littérature classique de la Grèce qu'il a étudiée. 83. 3. On peut voir dans ce fait Pinttuence de Polycarpe ou des presbytres des temps apostoliques. • Epist. 3-4. comme il est grec.

1854.23. non seulement là procédure est faite en latin. 1. Empédocle.— 59 — chore S Pindare. p. les Cyniques et les Stoïciens. II. t. il possède à cet aux systèmes qui se rattachent très étendue. Anaximandre. l'auteur de VA^itr^ Autipbaues yWi. A ces connaissances ajouter qu'Irénée générales et spéciales et qu'il nous devons. Mais cette hypocar à l'époque d'Irénée on ue parlait que latin et grec dans la grande cité gallo-romaine. Pythagore. 1 »• 14>P. 18. . Aristote. * thèse est inadmissible. Uue obserà faire à propos de ces citations.. importante chez notre auteur une véritable consupposent naissance de ces écrivains. p. 6. 2. Loridôn. Stierena • . c'est Épieure. Quant à la Gnose. quelques reproches qu'où égard une érudition puisse adresser à son exposition. l'art » Gibbon * et plusieurs auteurs ont vu dan» de la parole. p. mais chaque fois que les accusés 1. le chien lâchant la proie pour Pombre*» Parmi les philosophes grecs il nomme Thaïes...' pas me demander. vation qu'elles Anaxagore. comprenait C'est ce qu'il déclare dans son introduction au premier livre du traité coutre les Gnostiques : n Tu ne Viendras. p. Platon. 11. * Thehislory ofthe décline and fail of ihe roman empire.l: * oublié ces deux noms dansson> II. ce langage barbare la langue celtique. le latm le parlait. • Index. à moi qui demeure parmi les Celtes et qui me sers le plus souvent de leur langue barbare. puisqu'il recherche dans leurs écrits les germes et les principes du Gnosticisme. 36. Démocrite. Dans le procès des martyrs de 177. (unns de veteribus commis 9} et Il cité le comique Ménandre la fable d'Ésope.

— 60 s'adressent à la foule, de barbare d'uuo c'est en latin qu'ils s'expriment. le Grec dans Iréuée, lorslatine. Quant à l'hébreu par exemple donne témoin

Nous reconnaissons qu'il traite

d'ailleurs

la langue

ilPignore les ridicules

manière

absolue',

étymologies prétendues hébratqu&j des noms de Dieu dans l'Ancien Testament *. Quel étendues, était nous l'homme dirons

qu'il

ces connaissances qui possédait môme volontiers cette érudition/

Quel était le genre de son esprit? Quelles étaient ses capacités intellectuelles, quels talents étaient les siens? Quel Il nous paratt nécescaractère animait cette personnalité? saire de répondre en quelques mots à ces questions, avant des faits que l'histoire d'entrer dans la narration uous a

de la vie d'Irénée, événements dont l'exposé que uous voulons tracer de notre complétera le portrait héros, Nous serons bref, nous ne signalerons que les lignes conservés de cette figure, cette étude ne rentrant pns direcmais formant plutôt uu chapitement dans uotre travail, tre important d'une exposition générale de la théologie d'Irénée. saillantes en deux mots la physionomie peut caractériser d'Irénée : le premier renferme un blâme, le second ne rien que de très élogieux. lrénée, et nous résusa vie et ses écrits, mons dans ces mots par anticipation est un esprit étroit mais doué d'un grand bon sens. L'étroitesse d'esprit se manifeste cbez lui par l'incapa1 Et dire des ouvrages que Semler, pour combattre l'authenticité d'Irénée, affirme qu'il avait une certaine connaissance de la langue hébraïque! * II, 35, p. 3. Yoy. aussi I, 21, p. 3; II, 24, p. 2.

Ou

contient

— 61 — cité daus laquelle il de comprendre il les connaît, ces systèmes accumule arguments sur il se trouve le Gnostignostiques arguments, dans un !

cisme, Et pourtant contre qu'il lesquels combat

au moyen des armes les plus variées, de la

loug ouvrage, fruit de ses recherches Il n'a cependant pas saisi l'esprit ments de vérité religieuse qu'elle

et de ses méditations Gnose, passent les éléinaper-

contient

la conception çus de son regard investigateur, de l'immanence divine, qui est au fond de tous mes gnostiques, qu'élucubratious qu'arbitraire ridicules qui lisme l'Église, produit lui échappe. plus absurdes les unes

grandiose

les systèIl ne voit dans le Gnosticisme que les autres, d'idées que le dua-

incompréhensible, n'ont-aucune Irénée qu'il

qu'enchevêtrement d'être; pas mieux d'autres que l'univers

raison

il ne voit

cela et rien autre. de Marciou eu disant

ne comprend comme admet

réfute',

pères de soit le

que, si l'on

de deux principes aucune raison qui obligea objection le dualisme porte sait

il n'y a opposés qui le dirigent, limiter le nombre des divinités. précisément fort bien à faux dans ce cas, pour quelle raison il

Or cette puisque croit

de deux, et non pas d'un nombre plus ou moius graud de principes divins. On peut encore se deet mander si Iréuée a saisi réellemeut la valeur interne à l'existence abstraite de la théorie du Logos; il s'est plutôt de cette assimilé théorie

les conséquences

pratiques

et extérieures

aussi que l'idée philosophique qui est à sa base. Entendez les jugements qu'il porte sur la philosophie grecque, sur ces hommes « qui ignorent Dieu et qu'on appelle philo?o-

'II.

1, p. 4.

— 62 — plies 1. » On reconnaît l'orthodoxe à l'étroit cerveau, quand Irénée déclare que, si les philosophes païens ont connu la on découvérité, la venue de Jésus-Christ a été inutile*; vre enfin le Conservateur religieux qui se laisse facilement effaroucher dans ces mots de Polycarpe, qu'il répète à Florinus : « Grand Dieu, dans quels temps l'hérétique permis de vivre! » Cette étroitesse d'esprit à pour première conséquence de le faire tomber dans de de fausser ses appréciations, m'as-tu grandes exagérations et de lui faire porter des jugements passionnés. Tous les hérétiques, selon lui, sont coupables envers Dieu qu'ils méprisent ;,ils refuseraient de ressusciter, le pouvoir du Dieu pour n'avoir pas à reconnaître qui leur rendrait la viea. Les gnostiques sont des insensés, des orgueilleux, qui se prétendent plus sages et plus grands que Dieu; ce sont des fous, des menteurs, d'admirables sophistes dont on doit avoir pitié; ce sont des blasphémades loups déguisés en brebis, des gens immoteurs, raux, etc. Il est inutile de citer ; les expressions de ce dans tas ouvrages d'Irénée. genre fourmillent d'esprit résultent des jugements sans valeur et des plaisanteries de mauvais goût, dont voici un exemple : si tout est sorti de Bythos, du néant qui n'est rien, Valentin et ses sectateurs ne sont rien eux-mêmes 1. De là des argumentations ridicules pour expliquer, par exemple, pourquoi il n'y a que quatre évangiles 4; de là
H, 14, p. 2, etc. VII, 14, p. 7. 3 I, 22, p. I. MI, 4, p. 1. * III, 11, p. 8. 1

De cette étroitesse

ment à l'autorité nous aurons l'occasion . p. non seulement jusqu'à accepter la légende de la Septante* et la fable de Papias sur la vigne aux dix mille sarmenls 5. etc. 0 V. p.— 63 — . 26-28. 1 III. 32. quand sa propre herméneutique n'est pas à l'abri de tout reproche . De là une grande timidité. 1. 4. 6-7. p. p. 10. 4. 21. 8 1. * II. et le sourire la lumière 10. 13. p. le vieil argument sans cesse répété de la nouveauté des hérésies 5.33. mais jusqu'à affirmer des mira^ clés contemporains. de là le désir d'écarter à prient certaines questions 8. * V. p. 5 III. 3. p. 21. même des résurrections. De là la façon réaliste dont il réfuté les poétiques légendes d'Achamoth.De là enfin son attacheet à la tradition. 3. * m. de revenir sur ce dernier point. De là encore le matérialisme qui caractérise plusieurs de ses conceptions : celle de l'ascension corporelle de Jésus 7. etc. MI. dont il n'a pas été témoin *. de là une crédulité étonnante qui va.9. une étrange assurance à déclarer audacieuse et téméraire l'exégèse qu'il repoussel. celle de la création de l'homme tiré du limon de la terre dans le sens le plus littéral». et celle de la résurrection corporelle 9. 3. 10. dont les larmes forment les fleuves de la terre. 1 I. 3. de là une aversion instinctive pour la spéculation d'autrui. 10 II. bien qu'il lui arrive plus d'une fois de tomber dans ce piège ou il prétend prendre ses adversaires . 1.

p. Il faudrait citer en entier le d'Homère oh il applique à l'interprétation paragraphe pour en l'exégèse à versets détachés des Valeutiniens'. 4. * I. h. Ailleurs il met fort bien en saillie le ridicule des prétentions du gnostique Marcus. Ce bon sens se manifeste à mainte reprise nous en donnerons dans son traité contre les gnostiques. 4. ce passage est vraiment à lire. A cette ombre correspond une On tracerait lumière.— 64 — un portrait faux d'Irénée si l'on se bornait à considérer la face de son esprit et de sa nature que nous venons de mettre à nu. p. 15. 33. après avoir déclaré inaccessibles à la pensée humaine les Éons suprêmes. en résumant les systèmes fondés Bythos dans cette formule : Bythos n'est rien et il est tout 1! Enfin. à cette étroitesse c'est à contrepoids. * II. qui dessein que nous employons ce mot de bon sens. quand il oppose à de la Métempsychose tiré delà l'hypothèse l'argument des raimémoire 5. mais qui nous paraît caractériser exactement cet esprit étranger aux grandes spéculations. superficiel si l'on veut. qui commande à ses disciples montrer de prophétiser. le peu de valeur. 1. quelques exemples frappants. remarquable. plus loin il remarque judicieusement que ce même Marcus.9. 13. donnant ainsi ses ordres au Saint-Esprit*. s'empresse aussitôt de les décrire exactement 3. Il fait preuve encore d'un bon sens. qu'on trouvera peut-être déplacé ou vulgaire. mais imperturbable. a I. d'esprit en est l'heureux remédie un bon sens sur la théorie du . p. p. ou bien lorsqu'il montre l'arbitraire 1 1. 3. 4 II.

etc. p. l'ironie qu'on trouve si souvent sous leurs sa plume et dont il abuse même Vdevait lui conquérir suffrages. Aussi. p. 18. 3. etc. et les précédents exemples le prouvent. 3-4. 4. * 1. c'est la popularité des procédés qu'il emploie. l. il comprend fort bien pour le moins ce qu'elles peuvent offrir d'intéressant aux masses. Ce qu'il y a de frappant et de remarquable dans l'argumentation et la réfutation d'Irénée.'— 65.15. disent: Medio tutissimus ibis! C'est pour cela qu'il déclare que l'homme doit savoir igno1 1. p.. p. * I. qualité maîtresse d'Irénée. 12. sonnements que les gnostiques étayent sur des chiffres et sur des lettres Vue prenant que ce qui leur plaît dans cet arsenal puéril et laissant de côté tout ce qui pourrait renverser leur fragile échafaudage. il. 11.4. p. 4. ses auditeurs et ses lecteurs devaient rire de bon coeur quand il leur montrait ces gnostiques parlant de la création des fions avec autant d'assurance que s'ils avaient rempli l'office de sage-femme 3. p. 6.—. On devait aimer sa controverse populaire et friande de plaisanteries*. A ce bon sens. etc. S'il ne saisit pas les questions par leur grand côté. se joint une de ceux qui 'il'est grande modération de caractère. en réfutant le Gnosticisme comme il le fait. Irénée dut certainement obtenir et acqué- rir un grand ascendant sur la foule. Irénée fait briller la sagesse et la sagacité de son esprit. . Il. a I.

les ouvrages évangélique quemment. et qu'il souligne Il y a un profond accent de conviction H. 28. du sujet qu'il traite. p. Mais nous verrons se manifester cette modération d'Irénée d'une manière bien autrement frappante dans l'esprit dans le cours de sa vie. 821. * 1. Irénée. On sait quel soin il prenait de ses ouvrages et comme il recommandait aux copistes de reproduire fidèlement ses écrits». * Stieren I. dépit delà qu'il talent modestie réclame d'écrivain. de projeter quelque lumière gnostiques et l'amoncellement des arguments qu'il leur oppose. 1. Cependant Irénée ses écrits un certain arrangement. * II. qu'il affecte de montrer et de d'Irénée On se plaît Puniversalisme enfin à signaler chrétien 3 et *. qu'on regrette de ne pas rencontrer plus jfrémais qui ne sont point absents des pages de l'indulgence un certain Gnosticisme inutiles. p. 1 IV.possède du Sans doute son exposition l'ordre est parfois confuse. 4. 22. 8 I. P.21. les gnostiques résume ce qu'il sur le fouillis il indique des systèmes son plan a dit et s'efforce dans son traité à plusieurs reprises. son anthropologie radicales du péché originel et de l'incapacité de l'homme à faire le bien.— 66 — est libérale *. Il faut enfin tenir compte d'ailleurs * de la difficulté lui-mêmeT. p. elle nie les doctrines rer V. 38. 2. » IV. souvent elle offre des répétitions y fait défaut et cherche à mettre dans contre il des longueurs. . etc. notre En auteur. languit. 22. l'intérêt de ses lecteurs*.

12. nous fait vivement apprécier le peu de texte original qui nous eh reste. et la détestable traduction latine. Quant au style. etc. . p. Il. remplie d'héllénismes. Épiphane. 4. 1. s'il laisse plus d'une fois à désirer dans le choix des expressions et des comparaisons \ il a du moins le mérite d'être clair. il serait oiseux de les énumérer: le panégyrique est trop manifeste. que nous possédons de son grand traité contre les hérésies gnostiques.67. il y a de la force et de la vie.— dans sa façou d'écrire." —. Jérôme. p. Les éloges abondent sur sa personne dans Tertullien. etc. « 1. les qualités et peut-être plus encore les défauts d'Irénée lui ont valu une place de premier ordre dans l'estime de ses successeurs. Les talents. .8. Théodoret.

.

I. En quelle année et à quelle occasion Irénée abandonnat-il sa patrie pour venir se fixer en Gaule? Autre point obscur. sans affirmer que l'ancien évêque de Lugdunum lui ait le premier confié la charge de presbytre. Légende dorée. . * Catalogua scriptorum eccl. franc. la tradition tantôt Jérôme' elle-même hésite. Ce qui est certain. c'est Polycarpe l'âge mûr. Les nombreuses avec la Gaule expliquer et spécialement le voyage d'Irénée suffisent à avec Lugdunum et le choix qu'il fit d'une 1 Grégoire de Tours. Hist. qu'on invoque pour établir ne donne aucune solution du problème. dans cette ville. de Pàthitn Fpiscopi par l'épithète presbyter plement qu'Irénée exerçait les fonctions du sacerdoce sous la direction de Pothin. XXXV. Elle lui fait conférer tantôt par Pothin.CHAPITKE IV Irénée s l'évêque* A quelle époque et dans quel lieu Irénée devint-il diacre et presbytre? Notre ignorance est absolue sur ce point. d'après c'est qu'il relations est à Lugdunum qui l'envoie de l'Asie Mineure à la tradition. ces dignités Le passage de cette dernière opinion Désigner signifie Irénée sim- par Polycarpe'. 27. etc.

sionnaire Que Pothin ait officiellement demandé un misdévoué à Polycarpe et que Polycarpe ait accédé à ses désirs en lui envoyant Irénée. 3 (Stieren I. soit qu'on fasse appel au récit légendaire de Moscou* du martyre de Polycarpe dans le manuscrit qui nous montre Irénée à Rome lors du sup- 1 ni. Enfin mais il n'existe aucun qui l'établisse. quelques asiatiques de Lugdunum. mais il est difficile la profonde connaissance qu'on que possède Irénée de la ecclésiastique de Rome '. et que ce soit de cette il est encore de le démontrer. ou simplement par avec leurs les relations épistolaires qu'ils entretenaient anciens compatriotes. cette hypothèse document Polycarpe ville qu'il supposer. . p. Frag. 824). qu'Irénée ait accompagné à Rome. qu'il avait appris à connaître et à réfuter en Orient. mais elle n'est pas prouvée. la chose est possible.— 70 — nouvelle à patrie. loisible soit de ta auprès d'Anicet ait gagné la Gaule. invoque tradition est encore admissible. pendant un de leurs voyages dans leur ancienne patrie. Qu'Irénée soit venu dans la Lyonnaise dans le but spécial d'y combattre le Gnosticisme. s'enquirent prêts à quitter le sol natal pour assumer au du ministère évangélique. * XXII. 3. connaissance qu'il a pu acquérir dans un autre voyage à Rome ou par suite de circonstances que nous ignorons. et obtinrent loin la responsabilité de leur évêque de cette façon un aide et un suffragant moribond. les ouvriers manquaient peut-être à la tâche. leur communauté bonne volonté exposèrent la situation précaire de de des hommes religieuse. Il y avait une oeuvre d'évangélisation accomplir à Lyon.

' tuitur.4. fut rédigée en prison (i+itqtàs ?**»**?• c'est-à-dire pendant la persécution. * Idem. 4. ob Christum martyrio coronato. V. Idem.p. dont on ne peut nier le caractère de pîausibilité. il semble dire qu'Irénée fut envoyé à Rome avant le martyre de Pothin 4. les la question. XXXV). que les martyrs adressèrent aux églises d'Asie et de Phrygie. Postea jam Pothino prope in locum ejus substi* nonagenario. Irénée exerça sans aucun doute pendant plusieurs années les fonctions de presbytre à Lugdunum. Mais le texte d'Eusèbe * montre que les fidèles de Lugdunum firent des additions à cette lettre. Il est vrai que l'épître polémique contre lé Montanisme. ne contredisent l'affirmation pas d'ailleurs générale qui relie la venue d'Irénée en Gaule aux fréquentes relations des habitants de Lugdunum avec l'Asie Mineure. . 1 Eusèbe. V. Quant à Jérôme. eccl. après le martyre des confesseurs qui l'avaient écrite. 3. V.— 71 — plice de Pévêque de Smyrne. il est égaleyv*iî*). ce qui prouverait qu'Irénée a quitté Lyon avant leur martyre. Toutes ces hypothèses. 5 ' ltomam mîssus. et dont Irénée dut porter une copie à l'évêque de Rome Êleuthère. * ldem. Hist. C'est revêtu de celte charge que nous le trouvons au début des persécutions de l'an durée 177'.V. eccl. honorifkas super nomine suo ad EleuIherium episcopum perfert Hueras. ' 8 4. ment vrai que dans cette épître Irénée est recommandé à Êleuthère 3 par les confesseurs eux-mêmes. 3. » (Catalogus script. Demeura-t-il à Lyon des persécutions? Il est permis textes sont d'ailleurs insuffisants à trancher pendant toute la d'en douter.

ou pour le moins lui il valait mieux se réserver ce futur restaurateur mettre. nous permettent de le supposer. sans portée prétendu lettre dans la phrase. par le Gnosticisme. car nous n'en trouvons de trace nulle part dans les documents originaux. à la fureur 178.. au retour éloges qui le recommandent confié cette mission à Éleuthère. la persécution? Quel rôle Irénée joua-t-il pendant s'acquitta chauds certainement en fidèle pasteur du pénible tère qui lui incombait fait de lui avoir laquelle dans ces circonstances minisles difficiles. Irénée déploya poste qu'il populaire. le seul de il fut proclamé évêque. C'est le propre de prendre part à toutes tas luttes 1 Feuardent {Slieren II. à la dignité infatigable d'évêque dans le Après son élection par le troupeau une activité occupait. renseignements mêlé aux débats grandes questions des hommes éminents par la controverse pascale et c'est dire qu'il s'occupa de toutes les agitées de son temps. porta par et que. chronologique. qu'Irénée Quelques les deux exemplaires conséquent. Peut-être dérobait-on aux recherches des persécuteurs celui à la successiou de désignaient défendait-on de se compro- que ses talents et ses vertus Pothin. à Rome. p. Hallobc. Les rares que nous avons sur sa vie nous le montrent suscités par le Montanisme. de la communauté écrasée par la persécution que de le sacrifier* en l'an nouveau lui aitssi.— 72 — niais la mention de la mort de cet évêque après le mot postea n'est en réalité. 27). Toutefois ce rôle fut modeste et effacé. '/.. parenthèse auteurs 1 enfin ont de cette sa patrie Il qu'une circulaire il revit cette même année . . c'est une hypothèse gratuite.

' issues, de leur vivant,

— 73 — du conflit

' des opinions de Rome, et des

croyances. Le voyage d'Irénée thère, pour but de faire

auprès de l'évêque auquel nous avons déjà fait allusion, cesser les divisions

Éleu-

eut précisément que le Montanisme et de Vienne. dé mettre au

avait créées au sein des églises de Lugdunum Les orientaux de ces églises jugèrent utile courant de ces dissensions leurs frères d'Asie, étaient atteintes

oit les églises bien

du même mal, dont elles souffraient

plus encore; on a même supposé que c'est sur la demande de ces églises que les fidèles de Lugdunum adressèrent aux communautés d'Asie et de Phrygie l'épître dont Eusèbe des fragments. Le résultat des démarches nous est inconnu, mais l'apaid'Irénée auprès d'Éleuthère sement désiré fut certainement obtenu. Nous reviendrons d'ailleurs vant. Quelques années plus tard, en Pan 190, Irénée prit part,.eu sa qualité d'évêque, aux débats soulevés par la fixation du jour dé la fête de Pâque. possédons sur cette période peu nombreux, mais ils nous donnent tion nette et caractéristique troverse. Sur cette célébrer que prit Les renseignements que nous de la vie d'Irénée sont encore un aperçu de la posiIrénée dans cette consur cet intéressant article dans le chapitre suinous a conservé

importante question du jour oit l'on devait la Pâque, la chrétienté était divisée en deux camps flétris du nom de de à la avec l'évêque Kisan,

les évoques d'Asie Mineure, étaient en désaccord quartodécimans, principaux; Rome, parce qu'ils manière juive, fêtaient tandis

la Pâque le quatorze

que Rome et les églises d'Occident

— 74 — fixaient mier la fêté au dimanche avait qui suivait cette date. Un preet l'évêque de Polycarpe

conflit

eu lieu entre

Rome Auicet, lutte d'éclater, se quittèrent

mais l'amour et Irénée amicalement,

de la paix avait empêché la nous raconte quêtas deux évêques conservant chacun leur opinion

Plus tard, vers 170, un nouveau conflit surgit personnelle. à Laodicée au sujet de la Pâque, et c'est à ce propos que Méliton de Sardes écrivit un traité en faveur des quartodécimans, tandis que Clément d'Alexandrie et Apolliuaire, évêque de Hiérapolis, prirent la plume pour défendre l'opinion contraire. années après, vers 180-190, Quelques l'usage écrivant ouvrage Jérôme quartodéciman contre Blastus fut introduit à Rome par Blastus. en « sur le Schisme. que le titre » Cet que C'est à ce moment-là se lance dans la lutte

qu'Irénée son traité

est perdu;

nous n'en connaissons Irénée joua

un rôta bien plus important dans la controverse, lorsque l'évêque Victor, en 190, à la tête voulut excommunier les évêques quartodécimans, desquels lettre traitant était dont Il écrivit à Victor une d'Éphèse, et dans laquelle, nous possédons un fragment Polycrate à égal, il rappelle au violent évêque romain de ses propres prédécesseurs, entre autres à l'égard de Polycarpe. La fermeté du ton des faits qu'il alléguait détermide Rome à retirer son excommunica-

nous a conservé.

d'égal

la modération celle d'Anicet d'Irénée nèrent tion. La conduite d'une num. manière Fidèle

et l'évidence son collègue

d'Irénée exacte au nom

dans cette controverse le caractère

nous dépeint de l'évêque de Lugdu-

maintenir

qu'il porte, c'est la paix qu'il veut en dedans l'Église, mais il veut la maintenir

—'75—, meurant dans l'orthodoxie

^

traditionnelle. De là les positions en apparence contradictoires qu'il prend successivement dans la controverse pascale. Dans le cours de ces débats, il ne juge pas la question en elle-même ; ce n'est pas à dire qu'il n'ait pris parti dans là discussion : il est de l'école de Rome, ne l'oublions pas. Mais il ne se prononce d'une catégorique et il ne tranche que sur la question ecclésiastique ; l'unité de l'Église, la paix et l'union nécessaires à son extension et au maintien de sou autorité, voilà ce qui le préoccupe. Il faut maintenir cette unité et cette paix, non pas au prix d'une intolérance absolue, c'est-à-dire en excluant même les dissidences insimais en tolérant les opinions particulières gnifiantes, quand ces opinions ne renversent pas l'édifice même de la foi, et à la condition qu'elles ne se manifestent pas dans une seule et même église. En d'autres termes, Irénée, esprit étroit, admet une différence d'opinion entre l'Orient sur le jour de la Pâque ; il ne tolère pas deux avis opposés à cet égard dans l'église dé Rome. Les allures pacifiques de son caractère lui font prendre le parti de la modération contre Victor, mais les aspirations cléricales et traditionalistes de son esprit ne lui permettent pas de jsouffrir à Rome la dissidence de Blastus. A cette antique époque de l'Église chrétienne, en face de la prépondérance que s'arroge déjà l'évêque de Rome, auquel on va soumettre la querelle montaniste de Lugdunum^ et dont l'opinion sur le jour de la Pâque fait loi en Occident, il est curieux d'entendre s'élever une voix d'évèque gallo-romain parlant d'un ton à la fois autoritaire et fraternel à son collègue et pair de Rome. Cependant ce et l'Occident manière

Ces coups d'assomsur la foule une impression moir. quelles qu'elles soient . L'étroitesse de son esprit. et affirpermettant mant que ta respect est dû aux opinions qu'on ne partage pas. non seulement lutte. c'est du moins ce qui a lieu . mais il a pu frapper comme un sourd sur ses adversaires. mais encore les qualités de ses défauts. cesseurs de tout beaucoup de condescendance pour l'évêque de Rome. contenue dans ces systèmes philosophiques.— ton autoritaire changements épiscopaux Irénée parle autorité. Irénée a singulièrement ses talents. grâce à elles il lui a été possible de ne pas rendre justice au Gnosticisme et de méconnaître ta part de vérité* si minime qu'on veuille la faire. ou que des critiques puissantes mais de faire des concessions équitables.— '76:. pour la philosophie lui ont permis de ne pas s'arrêter à ce qu'il aurait considéré comme les bagatelles de la porte. avec le Gnosticisme. même est un indice non équivoque des survenir dans les rapports . une qui vont bientôt entre Rome et les autres villes de l'Occident haut et ferme. On peut bien dire que. d'ailleurs. dans cette mis à profit. privant en vient aux crises alors sa voix de toute note fraternelle. produisent bien plus efficace que des attaques réellement fortes mais exemptes de passion. mais d'aller droit au coeur de la place. son peu d'aptitude à la haute son aversion instinctive spéculation. parce qu'il est lui-même Quand il sera mort. et cette condescendance ne sera que la transition qui doit fatalement conduire à la recherche de la protection épiscopale romaine et au servilisme des évêques sous la papauté. C'estavec le même accent d'autorité qu'Irénée. nous trouverons chez ses sucautres allures.

452. alors en Gaule y avoir puisque la Valentin.1.1. à supposer que le Synodiquequi relate ait été recueilli à cette époque. C'est à * traite de le P. on ne peut nier qu'il ait vu clair dans le débat. p.' lorsqu'il s'agit d'une population ignorante et d'un audi- toire grossier. En réalité Irénée ne se trompait pas en accablant coups le Gnosticisme qui avait envahi la vallée de ses du Rhône. son étroitesse d'esdans la discussion. d'uu prétendu à Lugdunum etc. de l'Église.— 77 — .1. . l'arisiis 1716. C'est à la lutte d'Irénée contre rattache qu'il la légende aurait réuni Marcion. On peut lui reprocher son intolérance. et qu'il ait dirigé la camparfois brutal. antiqua Gallioe. Hardoùin de ce dernier concile que propos 1 Concilia 1629. mais toujours habile fermement attaché à la tradition Irénée. guerre qu'il ait parfaitement compris le but de la à déclarer au Gnosticisme. son regarda con- et toute étude des Systèmes gnostiques le Gnosticisme firme la sûreté de ce jugement. Lutetitë Parîsiorûm * Conciliorum collecUo fegia maxhna. Sirmond ' ne mend'autant tionne que pour mémoire cette tradition plus incertaine qu'on se demande douze évêques comment et même il pouvait treize. on peut taxer de préprit* sa partialité avec lequel il aborde l'examen de la conçu le jugement philosophie valentinienne . Cette que se concile de douze évêques et qui aurait condamné ne remonte guère la qu'au neuvième siècle.1. et la ruine et et pagne eu général. fanatique de l'unité a vu dans le Gnosticisme le démembrement été pénétrant de cette Église . comme e'estici lé cas. infatigable. tradition légende imagine un autre concile tenu par Iréhée et douze de ses collègues au sujet de la controverse pascale.

Berlin 1371. Irénée parle en effet d'Éleuthère un long espace de temps à la de cet ouvrage. 27. A cette oeuvre capitale faible et que nous possédont dons à peu près entièrement. qui comme mourut en 189. ANATPOniIJ: BÏBAIA . plus loin il mentionne les successeurs de Polycarpe * . Der Bischofvon 3 III. Il fut achevé occupant alors le siège épiscopal romain 3.— 78 — lettre - adressa à Victor et dont synodale l'épître qu'Irénée Eusèbe nous a conservé un fragment. S. 1. aussi sommes-nous nir cette tradition.THÏ #EfÀGNïAl0r. p. Il a pour titre : EAETXOr KÀI. qu'une mais dans une traduc- eccl V. non dans le texte original portion. 3. 21. p. 4 1. il parle aussi de 5 Tatien et des Encratites en 172 .' TNGSEQS Notre auteur RENTE. p. Irénée écrivit Il ne peut être question à cette époque que de conseils presbytéraux présidés par haleittè contré les un ouvrage de longue hérésies gnostiques. 8. étaLa distinction blie par Eusèbe entre les évêques du Pont et les jtor&issés d'un con(««focxwv ?) dé la Gaule met à néant l'hypothèse étonné de voir Ziegler* maintecile. Lyon. p. . 4. • III. * Irenïeus. dut consacrer composition et à la rédaction très probablement à la fin de Pépiscopat d'Éleuthère. et à Lugdunum l'évêque. 3. 1. 4 III.28. il connaît qui parurent enfin la version de l'Ancien Testament composée par Théodotion* en 184. nous n'avons llist. 23.

l'activité littéraire de l'évêque assez féconde. un recueil de traités variés que Jérôme ne nomme point •. . à l'évêque de Rome. eecî.' -. . Plorinus du malj et un traité montrait que Dieu n'est pas l'auteur sur a l'Ogdoade.). prendre écrivaient Irénée les confesseurs sous ta protection. de Christ. qui dut être la longueur du seul de ses apostolique. enfin un livre sur « la Foi » (titre que nous a conservé Maxirnus). mais qui traitaient » dans laquelle Irénée désur la « Monarchie. V.. qui sont le riiême sujet : une épltre à perdus. liisl.•."' suivants. 4. deux ouvrages sur la Discipline. ''—. dont nous avons parlé plus haut...>tion latine. Blastus.'. divers qui était adressé à un diacre de Vienne. à de l'épître des fidèles de Lugdunum rappeler le fragment ' Éleuthère qui atteste d'une manière éloquente le dévoue: « Nous te ment d'Irénée dans son oeuvre missionnaire prions. à en juger par écrits que nous possédions dans sa presque totalité. un livre nus sur la prédication Rome Victor. » que Jérôme qualifia (Vjegregitmvçmnmentarium. a encore écrit un court les ouvrages les Païens.. l'absence de documents pour que nous précis laissé trop de latitude au panégyriste Contentons-nous de songions un seul instant à ia retracer. cit.79. il faut -:. * Eusèbe. un traité sur le « Schisme une épître à Martiaune lettre à l'évêque de » contre ouvrages signifiants fragments. d'après Zahn (art. Il nous reste Iréuée un fragment de chacun de ces traité contre deux ouvrages.'. Quant à son activité pastorale. de car c'est un frère plein S'il était nécessaire d'in- de zèle pour l'évangile 1 II s'agirait. De ces il ne nous est parvenu que d'assez inmais cette liste permet de constater de Lugdunum. d'un recueil de sermons ou homélies.— ajouter "'"".

» Mais le plus grand éloge qu'on puisse adresser au pasteur de Lugdunum est assurément d'avoir relevé l'église lyonnaise ruinée par les persécutions. et ses successeurs eurent longtemps à travailler pour la rétablir dans sa prospérité première. ne lui a guère survécu . mais la Lyonnaise entière ? Ces hypothèses séduisantes sont contredites d'une manière absolue par les textes que nous avons cités dans noire premier chapitre et qui nous montrent combien les progrès du Christianisme ont été lents dans notre patrie. la guerre civile qui exerça ses ravages dans Lugdunum. comme d'un coup de baguette magique. qui paraît avoir été assez étendue de son vivant. Les hommes qui ont été des personnalités marquantes à leur époque font en général peu d'élèves.^: disciples Hippolyte d'Eusèbe. car telle est sa qualité. porta une grave atteinte à l'oeuvre accomplie par Irénée. L'histoire rattache pourtant. non seulement Lugdunum. quelques ' et à Irénée. . Caïus*. L'influence d'L'énée. mais d'une manière bien vague. Faut-il s*étOnner ensuite que la légende ait composé lés plus brillantes variantes sur ce thème authentique? Doiton être surpris quand elle nous représente Irénée convertissant. de Payoir rétablie et reconstituée et d'avoir ainsi préparé le glorieux avenir qui lui était réservé. * D'après le Martyre de Polycarpe XXII. sont disciples d'Irénée surtout par leur ten1 D'après Photius. Vixùwcittià. nous té lé récommanderions comme presbytré de notre église. si toutefois le Caïus mentionné dans ce récit est le même personnage que celui dont parle Eusèbe.— ' voquer d'autres titres auprès de toi.—80.

mais s'ils ont suivi l'enseignement de l'évêque de Lugdunum. tendus On fête même le deux ou le trois avril la renconavec Andochius. sans doute le zèle apostolique d'Irénée ne fut pas arrêté par l'enceinte même des murailles de Lugdunum. Us ont peut-être pu connaître Irénée à Rome. : qu'ils Pont puisé .. s'il faut en croire la tradition. mis- . prémissionnaires d'Autun. Tous ces renseignements sont légendaires . dans cette ville chez leur tre d'Irénée hôte Félix. c'est surtout dans ses écrits n'implique maître. et à Besançon le prêtre Ferreolus et le diacre Femttio. la qualité de disciple pas chez eux de rapports personnels avec le Enfin.— ' dance et par la communauté de leur polémique. mais ce fut surtout dans cette ville qu'il déploya son activité sionnaire. —81. Irénée aurait envoyé à Valence le prêtre Félix etles diacres Fortunatus et Achileus. Thyrsus et Benignus.

.

En nous efforçant de donner la caractéristique de l'église de Lugdunum. sous Pépiscopat d'Irénée. il appartient de Lugdunum bien plus à l'évêque qu'à témoin les documents l'église qu'il dirigeait. nous n'avons pas non plus la prétention d'exposer soit la théologie d'Iréde l'épître des confesseurs de née.CHAPITRE V L'église de Liigdtinum) son tendance». les faits glorieux à relever missionnaire de l'église pas à signaler dans l'histoire telle qu'elle existait à la fin du second siè- quêtas auteurs catholiques se plaisent dans le cours de ses premières années : l'oeuvré en Gaule. Le but du présent chapitre est de donner un aperçu de Pétat gé- . nous ferons dans ce double domaine les incursions que notre sujet rend obligatoires. caractère et ses Nous n'avons de Lugdunum. cle. le rôle pacificaqu'elle entreprit teur qu'elle joua daiïsla chrétienté au sujet de la controverse pascale. que nous avons cités dans le précédent chapitre. mais il ne rentre pas dans le plan de ce travail de faire une étude spéciale de la dogmatique de ces diverses pièces originales. quant au second. Le premier de ces titres de gloire est trop légendaire pour attirer notre attention . soit la théologie l'an 177 .

extérieures et de son état intérieur les principaux de l'église que. perdus On comprend dès loin sans doute les apologistes dans la grande extérieur. à rechercher un appui au dehors • l'église une défense et une protection se met en rapport avec l'évêque de Rome.— 84 — néral de l'église de Lugdunum de tracer sous l'administration un tableau succinct de de ses son grand destinées évêque. Jusqu'où s'étendit-elle en dehors des deux cités? Il est impossible de le dire. devait avoir lugduno-viennoise. il ne reste aucune trace certaine des travaux missionnaires qui ont pu être entrepris loin de la métropole. et de mettre en saillie stituent son originalité. après la prise de Lugdunum par Septiine Sévère en 197. Le calme plat et la période vide de faits qui succèdent. Elle est perdue en pays païen. l'histoire de l'église de Lyon péndaut le'IIIfsiècle. cité gallo-romaine. ce fait. à l'époque agitée de Pépiscopat par la traainsi que les profondes ténèbres qui régnent sur dition. elle a peu d'influence. naissante aisément si florissante de l'influence soin qui pousse ces quelques centaines de chrétiens. qu'exagèrent du beromaine. Était- . les assez nombreuses pour paralyser de la propagande au dehors. A l'extérieur. confinée qu'elle est daps les deux villes voisines être des centres isolés de Christianisme en qui paraissent Gaule. On avait d'ailleurs bien assez affaire d'implanter difficultés les efforts la religion locales étaient chrétienne dans la cité même. encore une situation modeste et difficile. déd'Irénée. représentée montrent péremptoirement que la communauté chrétienoé à la fin du second siècle. la situation à cette épotraits qui cont lyonnaise est assez précaire.

préface. qui n'eût Le moment et pour prévenir une transformation et sa mine ab- de l'église solues. quand on y voit Une reconet de la prééminence de naissance officielle de l'autorité l'église romaine. à son collègue. . mais un homme était là qui veillait : l'évêque défendait son troupeau. 4. 18. Victor. de grands tienne obstacles à renverser pour maintenir la foi chrédans sa pureté. Comment cette nous voulons l'évêque d'ailleurs dire la leçon donnée par Irénée être forte à l'extérieur. Il y avait donc de grandes luttes à soutenir. 1 27. été que sa dislocation n'était pas encore venu de s'éloigner de la métropole pour se répandre au dehors. de Rome.— 85 — thère. » I. pouvait-elle est étrangement église que de grands dangers menaçaient à l'intérieur? Quelles difficultés ne devait-elle pas rencontrer dahs sa lutte contre le paganisme. p. etc. Il y avait péril en la demeure. C'est dans cette influence Gnosticisme pernicieuse et envahissante du qu'il faut chercher du traditîona- l'explication 1. fait à l'occasion du M^^ ." exagéré. quand le schisme était sur le point de la déchirer? Le Gnosticisme chrétienne l'envahissait et plasi critiçait la communauté dans une situation que. qu'Irénée consacra un long ouvrage à réfuter les erreurs de cette doctrine. Il affirme lui-même à plusieurs reprises danger! d'une manière très catégorique la grandeur étaient même du les . parce qu'il ne faut pas en oublier la contre-partie. l'immoralité et la débauché conséquences tas plus évidentes de la propagande de Marcus *.

où il affirme la succession apostolique Rome. 20. cieuse dont il à besoin. etc. III.— lisme ' à son traditionalisme qu'il a transmis d'Irénée. d'abord dans certains faits que comme nous avons déjà signalés. 26. ne la désagrège pas : elle se suffit à elle-même 3. 4. contre les attaques gnostiqui ne s'étaient pas rallude Lugdunum pouà une le salut *. 24.4. Irénée la trouvé dans la Tradition V la régula fidei des apôqui est au-dessus de l'Ecriture*. V. la diversité des langages né la rompt pas. aux variations L'arme préfixité et l'invariabilité de la foi chrétienne. Fragment II (Stieren I. 822). la communauté dans une paix relative à son développement intime . *I. manifester ses tendances. IV. 3. qui église qui s'en est profondément à sa façon les textes sacrés. tres est la base indestructible du Christianisme et de l'Église de Jésus. 10. . en Vivant et en se développant. 1 Il y avait à Lugdunum. il fallait librement interprétait opposer une règle immuable fixant le sens dés livres bibliil fallait opposer la du Gnosticisme ques . 1. 4III. p. elle pouvait vivre de sa vie propre. etc. p.p. imbue^ A l'hérésie. p. C'est cette tradition qui donne naissance Phomme entre Église intermédiaire indispensable et Dieu * et dans lé sein de laquelle seule réside ruine donc le Gnosticisme. III.9. 2 (obéissance due aux preshy- tres). p. Cette tradition est une et universelle . 33.-' —86. à l'abri mées depuis vait travailler Pan 177. et. Cette tradition Protégée si vigoureusement des persécutions ques. mettre à nu son caractère Cette originalité et montrer paraît son originalité. 6 IV. 7. des évêques de H.

ati les criants abUs. pénétra profondéde la vallée du Rhône.. animaux. Hisl. V. 2. et le dogme des peines éternelles y est clairement Mais le enseigné*.. HisL ceci. Eusèbe. 26. point saillant de cette eschatologie est la double croyance à la résurrection et à la vie éternelle. d'oriLin trait plus gine tout orientale. 86. p. Eusèbe. 23. comme Pépitaphe suivante trouvée à Die et qui date du Vwe ou du yi"* siècle : HIC I8TI TUS CR DALMATA MO&TEïtËDEM IN PA QWI8CËT CE ET J)IEM FUTURI * * M.. des persécutions codifiée de l'indulgence sait quelles quels elle donna lieu. 27 (deux fois). auxpar Eusèbe est le Un de cette doctrine. de la doctrine promptement des martyrs suscitèrent l'épître pour les lapsi*...—. * eccl. oppositions conservée qui fasse mention de l'eschatologie scène dans le récit de l'église de Lugdunum est l'importance dans sa foi : Satan est sans cesse mis en des persécutions de 177 3. ta prouve mangeaient le témoignage dexBiblias^. professée par Irénée 4ui était mi lléuairc. 14. témoin les inscriptionsantiques qui font allusion à ce iouble espoir. 5 Id. V. 1. 42 (deux fois). 6. 1. 16. V. 2ô. 57.— . 87.. des chrétiens pas le sangdes qui ne ces scrupules. p. l. V. . 63. V. spécial à l'église Sont rares en Occident. 1. ''* îd. 6. au sein de l'an 177. p.p.p.. V... premier document autre caractère de Lugdunum est ta naissance. p..2. ment les communautés chrétiennes témoin la lettre des: martyrs *.4Ô. 26. cette doctrine.V. l.

l'église dirigéepar Iréuée n'est pas tombée dans Phérésie de Montauus. la haine du monde. ~ du Christianisme Quels étaient les traits caractéristiques de MoUtanus? Le pivot sur lequel tourne lé système dé Montanùs disciples visions. . l'épître adressée à Éleuthère par les chrétiens lyonnais démentirait cette exagération. et qui donne à cette église un rang à part dans les communautés chrétiennes d'Occident à cette époque. par la modération même qu'elle dut inspirer à l'évêque de Rome. des sciences et des arts. Mais. quelque intéressants que puissent être les faits sur l'attention du lecteur. ils lesquels nous venons d'attirer sont totalement éclipsés par le caractère général que présente l'église de Lugdunum. nous voulons parler de la tendance montaniste que manifestent les fidèles de Lyon et de Vienne. maiscetté même épître prouve. étaient autant de moyens efficaces dont Répétition fautive. Le Saint-Esprit. A ce principe n'est autre que le Saint-Esprit^ qui inspirait aux de la secte des prophéties mêlées d'extases et de théologie et à sa conséquence directe du et extatique se rattachait un ascévoilà ta centre de la prophétisme visionnaire tisme rigoureux. montaniste.^'exaltation • du martyre. la proscription des secondés de aérophagies.— 88 — INTERCEDE JUDICII NTEBU8 SANCTIS L « LETUS SPECTIT. noces. Sans doute. les jeûnes prolongés connus sous le nom lé célibat. que l'Opinion religieuse chrétienne à Lugdunum et à Vietine avait une secrète inclination pour les doctrines montanistès.

plus effacée sur certains points. nous les rechez les fidèles de Lugdunum et daus la personne sans doute. 34. 1. n'occupe pas. Voici la tra- eccl. mais même en vivant de la vie que la sagesse chrétienne considère communément comme l'existence normale. fondamentaux caracté- du salut. p. M. une place éminente dans l'épître des martyrs 1. dans le symbole de foi chrétienne qu'il a inséré dans son traité contre les Gnostiques 4. 1 renferme. mettre l'accent sur le Saint-Esprit. V. moins apparente. de Phrygie. venus d'Asie Mineure et miers chrétiens de la Lyonnaise. par l'approche de la fin du monde et du règne du Millenium. à l'Église pure. pivot de cette régula Jidei et ciment des divers dogmes qu'elle duction de ce symbole : Voyez cependant : Eusèbe. l'imminence de la catastrophe finale en faisait la condition indispensable et inéluctable impérieusement Telles sont en quelques mots les lignes de la doctrine de Montanus. 9-10. qui est au centre de la doctrine de Montanus. 10. I. ristiques Ces traits trouvons du Montanisme. la trace en est plus ou de l'évêque Irénée. Cet ascétisme était d'ailleurs imposé aux fidèles par la proximité de la parousie. rieux de voir Irénée. tlisl. mais toujours réelle et facile des preC'est un signe qui trahit l'origine à retrouver.— 89 — il fallait user pour demeurer attaché à la véritable Église. Le Saint-Esprit ou Paraclet. p. . c'e^c dans la théoIl est culogie d'Irénée qu'il joue un rôle très important. dont on perdait les précieux privilèges non seulement en se laissant aller au péché. à vrai dire. plus profonde à d'autres égards. la patrie du Montanisme.

sa des morts.20. p. que la Sagesse do l'AnC'est le Saint-Esprit qui s'est incarné et n'est autre pour ainsi dire en Jésus \ C'est lui qui est l'or- 1. 1. a reçu des apôtres et de leurs disciples la foi eu un seul Dieu. C'est d'eux qu'elle tient la foi en Jésusfils de Dieu. incarné pour notre salut. selon la volonté du Père invisible. mais toute l'oeuvre Jésus est mise en quelque sorte sous la dépendance cotte action du Saint-Esprit.?iw7^0?« résurrection Ta n«vT«) et la résurrection de toute chair humaine. notre Sauveur et notre Roi. sa parousio quand il descendra du ciel avec la gloire du Père pour le jugement universel 0*» ™ «<5<x?fa»). 24. J). la mer et toutes les choses qui y sont contenues. Seigneur. la terre. IV. sou ascension corporelle aux cieux. afin que toute langue le confesse et qu'il » justes jugomonts sur tous les hommes Dans annonce cette seulement exerce ses est non profession de foi. p. p. 00 — bien que dispersée dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre.1V. I. Si nous considérons la théologie d'Irénée. p. la venue de Jésus-Christ. ses souffrances.1V. afin que tout genou dans le ciel. matérialisé 1 Le Paraclet cien Testament*. qui a fait le ciel. nous y voyons le Saint-Esprit jouer le rôle du Logos : c'est par lui que Dieu procède à la création du monde'. fléchisse devant Jésus-Christ notre Seigneur.-^ « L'Église. 7. p. sa naissance do la Vierge. le Saint-Esprit un intermédiaire entre l'homme et Dieu. 2. notre Dieu. 1. . » V. » 111. 2. 20. Père tout-puissant. et la foi Christ. dont il do de les plans miséricordieux. sur la terre ot daus les enfers.22. dans leSainkEspril qui par les prophètes a annoncé les notre bien-aimé plans do Dieu.

2. conserva une tendance montaniste. qui se vantait pourtant do son orthodoxiei. 4. 1. 88. V. « IV. p. 8. prouve-t-ii qu'Irénée mais il montre que la doctriue de Moutauus. Ce dernier persistait en prison à jeftuer Nous retrouvons d'une façon rigoureuse. l'église do Lugdunum. 6 Id. puisque. 10. p. avait attiré son attention sur le point dont Montanus avait fait le principe religieux essentiel. 88. *V. eccl. De ce contact avec l'hérésie. p.. et dans lequel l'évêque parle de prophéties. * Eusôbo.80. IV. condamnant les excès d'Alcibiado. il annonce le salut * et Popèro eu partie*. 33. à Lyon les prophéties et les visions extatiques du Montanisme. V. Ce simple fait prouve qu'il y avait à Lugdunum des chrétiens visionuaires et des ascètes. etc. 7. Ilist. l'épître des martyrs uous raconte la vision d'Attale au sujet de l'ascétisme excessif d'Alcibiado 9. que nous avons déjà cité. 1. plusieurs faits nous permettent de la constater. après sa première exposition dans l'amphithéâtre. 2. 21. » . III. p. si par Jésus on arrive à Dieu. p. p. eut une révélation de Dieu. V. de guôrisons IV.— 91 -~ * gane de la révélation divine et le principe de la vie éteiv nelle * . vivant seulement de pain et d'eau. 12. 1. Attale. p. Il est confirmé d'ailleurs par un passage d'Irénée. 4. p. 8. qu'Irénée avait étudiée. c'est par le Saint-Esprit qu'on arrive à Jésus. Ce fait do mettre en saillie le rôle du Saint-Esprit fut montaniste? Assurément non. » I.

eccl. chassent les démons. A supposer que ces faux prophètes soient des le blâme d'Irénée n'en dévoile pas moins le moutanistes. 9. p. chrétiens qui repoussent martyrs et celui d'Irôuée \ la foi dans l'apparition produ martyre dans l'épîchaine de l'Antéchrist '% l'exaltation tre des confesseurs de 177*. dit-il. évidente : l'église de Lugdunum. c'est le prophétisme vauiteux et salarié 3. 1. * Y. d'autres guérissent par l'im» Il va même jusqu'à parler de morts ressuscites « qui ont vécu avec nous pendant de longues années. Ce n'est pas le prophétisme qui peut se manifester dans la communauté. 26. 82. que coudamue Iréuée. l'avenir. 1 Id. » IV. 83. nous arrià rinfluence montal'époque d'Irénée. V. p. .. secret penchaut qu'il avait pour la doctrine de Montanus. l. Il est dit que Pothin désire subir lo martyre (20). u. si nous rappelons enfin que l'Église est nommée dans cette même épître fir. 32-35. les autres prédisent position des mains. p. Préface 4. « Les uns. 32-30. p. ' m.— 92 et d'exorcismes '. ce qu'il anathématiso. V. ivcçOfo. ce qui implique vons à cette conclusion un éloge de la virgiuité. p. 4. Eusèbe. a subi profondément niste et elle a gardé un réel attachement pour cette thôo» II. Si nous ajoutons à ces faits le chiliasmo de l'épître des parmi ses paroissiens. 2. 5. id. p. p. 45. V. » Ces miracles avaient lieu dans l'église d'Irénée. 1. G. le don de l'Esprit-Saint et qui redans la crainte des faux touto grâce prophétique jettent prophètes. Irénée condamne les Ailleurs*. 4 IV. V..T«j»T. 0 Eusèbe. Hist.

les fidèles de Lugdunum cherchèrent à exciter l'indulgence de l'évêque de Home à l'égard d'une dissidence qui leur était sympathique. .— 93 — logie. On pourrait en conclure qu'en écrivant à Êleuthère. et pour laquelle ils avaient un profond respect.

.

. les fidèles d'Égypto persécutions dans lesquelles périrent entro autres Lôonidas. le Les massacres n'aupôro d'Origône. on refusant de s'associer à ces réjouissances publiques. raient pas été conflues. Cotte persécution aurait fêtes du dixième anniversaire du. rompant les liens de reconnaissance à l'esclave chrétien qui l'attachaient Proculus qu'alors contre et oubliant pour le respect qu'il ordonna avait professé juslo Christianisme. temps que colle dos quinquennales Les chrétiens. et motivé son arrêt do l'empeSuivons lo de co martyre dans ses détails et ses variantes. en Orient. des persécutions et du Nord do l'Afrique.CHAPITRE VI h\\ légfondio du martyr» rt'Ivénéo* de son En quelle année Irénée fut-il enlovô à l'amour répond troupeau et quolle mort fut la sienne? La tradition à cette double question qu'Irénée fut martyrisé eu l'an 202 pendant les massacres ordonnés à Lyon par l'empereur avec les l'emSeptimo Sévère. parait-il. Perpétua et Félicitas. au retour que la célébration do son expédition do ses décennales coïncidé de Sévère. On sait qu'en l'an 202 Septime Sévère. dans lo continent africain .règne pereur. reur récit auraient excité lo mécontentement intolérant et cruel. aurait avait décrété lieu en môme de son fils Caracalla.

te contemple avec joie . auquel tu parviendras par la voie du martyre. Il avait avec lui de féroces satellites choisis avecsoiu. un ange du Seigneur vint avertir l'évêque du sort qui lui était réservé. » Avant que le massacre commençât. dont tu as fait retentir les enseignements dans cette villo. sur lesquels il pouvait compter quand il leur disait: « Fermez les portes do la ville. le choeur des apôtres. l'empereur en persouuo aurait présidé au massacre. après tes grands travaux. l'armôo dos martyrs solliçito pour toi et pour tes compagnons la gràco de vous voir dans ses rangs. et lui parla en ces termes: « Irénée. lo Seigneur Jésus te convie avec ton peuple au royaume des cieux. eurent rarement réalisation plus absolue et plus sanguinaire: dix-neuf mille chrétiens subirent le martyre avec leur évoque Irénée. cet empereur (Jacques de Voragiuo se sépare ici de la tradition eommune pour commettre un anachronisme) était Marc-Aurèle. outrez dans les maisons et égorgez tous ceux qui refuseront de sacrifier aux dieux de l'empire. des places brillantes vous sont . » L'ange ajouta: « La'.— 96 — la persécution s'exerça au delà de la mer et sévit d'une manière bien plus atroce encore en Gaule. légende se présente C'estdansJacquosdoVoraginequoln sous sa forme la plus brillante et la plus riche. les anges se tiennent devant lo tribunal du Sauveur en proclamant ta constance. Los paroles de Jésus. que le disciplo n'est pas au-dessus du maître et que l'esclave est traité comme sou seigneur. D'après lui. à Lugdunum. Les patriarches et tas prophètes t'attendent avec tes compagnons.bienheurouso Mario te rend grâce ainsi que les saintes vierges dont tu célèbres la pureté dans tes exhortations.

lumière êtoruollo et splendeur de justice. afin qu'ils puissent te remplacer après ta mort comme tu as remplacé Pothin. ils méritent d'obtenir tas couronnes éternelles. Donne. Seigneur Jésus. et ne redoute pas celui qui peut tuer le corps. s'écria dans une ardente prière: « Je te rends grâce. L'empereur aurait fait dressor sur l'une. de la coustance à ce peuple.l'honneur que Dieu lui réservait. je te rends grâce de ce que tu as daigné m'envoyer uu do tes anges pour me combler de joie. et pour qu'ils recueillent ton corps.— 97 — réservées. D'autres complètent lo récit de Jacques do Voragiuo. que tous sans exception s'encouragoaiont mutuellement à souffrir le martyre. des collines qui dominent Lyon uuo croix gigantesquo et sur uno autre émineuce en face do la première uuo statuo do Jupiter. mais qui n'a aucun pouvoir sur Pâme. Anime donc le courage de tes frères. et les deux diacres dans des endroits oh ils puissent échapper à la rage des persécuteurs. » Après avoir achevé sa prière. fils du Dieu vivant. fortifiés par ta présence. l'empereur lui dit de sacrifier aux dieux nationaux et il lui promettait qu'à cette condition il lui laisserait la vie à lui ot à son peuple. Seigneur. et ton prédécesseur saint Pothin t'attend. » Fais cacher Zacharie' Irénée. On ne fit grâce ni à Page. ayant 1 Ce Zachario est lo personnage biblique dont parle l'épltro des églises do Lyon et do Vienno ot que la tradition a transforma en ' prètro lyonnais. ni au sexe. fortifié par les paroles de l'ange et saintement fier de. afin que tous te confessent sans crainte'et que. ' > •• ": \ 1 traditions . source de toute piété. Quand lo tour d'Irénée fut venu. il se mit à exhorter les fidèles et il leur communiqua à tel peint son saint enthousiasme.

— 98 — ensuite établi sou tribunal dans la vallée qui sépare les

deux massits de Fourrières montré à l'évêque

et de la Croix-Pousse,

il aurait

de Lyon les deux symboles religieux dressés par ses ordres eu lui disant : « Choisis pour toi et pour les tiens! » L'évoque héroïque coulaient refusa de sacrifier aun idoles, et l'exemple do sa résolution inébranlable empocha touto aposdes ruisseaux de sang au témoignage obscurs rattachent do Gréà cet

tasie, Le carnage

fut épouvantable,

sur les places publiques, goire de Tours, Quelques auteurs

ëYénomeutl'étymologiedesmotsGourguillou'Oluasigurges sanguiuis) et Saône; l'Arar rougie par ta sang des martyrs aurait nom été depuis actuel. ce jour périt appelée il expira Sagona, d'oh vient son tortures Le perIrénée au milieu d'affreuses

qu'on no saurait

décrire;

on louant Dieu.

sonnage mythiquo qui porto le nom de Zachnrid l'ensevelit dans un souterrain ignoré, mais le septième jour après la mort il apparut, au dire de Jacques de Voragine, avec uue foulo de martyrs au bienheureux Polycarpe, qui par conséquent no devait pas encore ôtro mort 1, ot lui dit : « Père lo fils que tu as envoyé, Nous avons accompli la promesse qui nous avait été faite de la part du Soigneur, qui est roi du ciel et de la terre, et dont ta nom ! » est béni éternellement vénérable, Nous avons déjà signalé impossibilités
1 C'est

reconnais

dans le cours du récit .plusieurs que comporte la légende. Il ost d'autres diftiruelle

do Lyon, situtfo sur lo flanc do la colline de Fourvièrcs, et dont la ponte est très rapide. * On voit do quelles erreurs grossières sont tissées les légendos do Jacques do Voragine.

lo nom d'nno

. cultes et d'autres tradition,

— 99 — qu'il est bon de signaler, La

variantes

par exemple, varie sur la date du martyre d'Irénée, Eu laissant do côté la date erronée de Jacques de Voen 175', nous voyons quota ragiuoqui place co martyre majorité des auteurs se prononce dans l'église lit la date officielle notre saint d'Irénée distique pour ta 28 juin 202 ; c'est latine. L'église grecque fête qu'il fut décapité; et Synamria : c'est le Menwa

le 23 août et affirme dans quelques

qu'on suivant

cité par les Bollaudistes

Quelques auteurs ont reculé le martyre d'Irénée jusqu'en Sévère passa par Lyon 208, époque à laquelle l'empereur pour aller martyre faire la guerro en Bretagne, Baronius proposent de Septimo en 205; de lUibys.Pnradin,etc., date do la prise do Lyou par l'armée d'autres les recommande l'historien. Cette incortitudo d'Irénée tyro. do la tradition sur la date du martyro dos doutes sur le fait môme du mard'une manière place ce l'an 197, Sévère ; de

dates ont encore été mises en avant, spéciale

sans que rien

à l'attention

devait susciter

A la fin du dix-soptième siôclo Dodwoll fut lo premier qui osa nior lo martyre do l'évôquo de Lugdunum ; mais ses in Irenwum Dissertationes imprimées à Oxford en 1089, ne firent quo provoquor une levéo générale do boucliers. QuelMasques années plus tard,
1 Cette page 80),

en 1712, ta célèbre bénédictin

dato

est nccoptéo

par Sixto do Sieune, otc, (Stioren

II,

™ 100 — suet caractérisait en ces mots la tentative de Dodwell Ï « Mais voici qu'un récent auteur, Dodwell, vient s'insurger contre cette vénérable tradition transmise par tant do témoius, et voici qu'il s'ettbrco d'arracher do la tête d'Irénée la couronne du martyre, » A vrai dire, en examinant avec soin la tradition, on fit ce qu'on pourrait appeler la part du feu ; on traita volontiers, avec lo jésuite Colonia S de « pieuse fiction » la légende des dix-neuf mille martyrs et celle des deux collines surmontées des symboles païen et chrétien, mais ou repoussa les négations do Dodwell, Parmi les écrivains actuels, nous no connaissons que M. Révillo et M, Zahn qui aient adopté les conclusions du critique anglais*. Les derniers travaux parus sur la question en général la donnée traditionnelle 3, Sur quels fondements cette tradition ropose-t-olle? Quels sont les documents antiques qui attestent ta martyre d'Irémaintiennent née? Il faut bien l'avouer, tas documents les plus ancieus ignorent ce martyre. Peut-être suffirait-il, pour rejeter la tradition, d'invoquer le fameux texte de Sulpice Sévère que nous avons cité daus notre premier chapitre et qui ne nomme, parmi tas nombreux martyrs de la persécution' décrétée par Soptime Sévère, que Léonidas, le père d'Oriun martyr illustre comme gène. Comment oublierait-il l'évoque do Lugdunum, s'il lo connaissait? Tertullien (t 220), qui nous paraît raconter en homme bien informé

1 Histoire littéraire de la ville de Lyon. Lyou, 1728,1, p. 00. * Réville, Hernie des Deux*Mondes, 15 février 1865. Zalm (article cité). 8 Ziegler, Iremeus, der Bischof von Lyon, Borlin, 1871; Knyser, article Irénée, Encyclopédie des sciencesreligieuses, Puris, 1870,

29. 84. ad Theodorura . et dont l'inauthenticitô est reconnue de tous les historiens. Il est vrai qu'Irénée est deux fois désigné comme martyr dans les oeuvres qui portent le nom de Jérôme : une première fois dans lo martyrologe qui lui est faussement attribué. et pourtant ta notice qu'il cousacro à l'évoque de Lyon résume exactement sa vie et son activité littéraire. 1738. ni par Hilaire. mais. * Acta sincera. t. -Grégoire le Grand (f 604) déclare dans son ôpttre XLII à l'évoque de Lyon Aetherius qu'il n'a pas trouvé les Actes d'Irénée que celui-ci lui demandait. S'il est vrai qu'Irénée soit mort martyr. ni par Augustin. Jérôme (f 420) ignore également ta martyre d'Irénée. Partout ailleurs ' Jérôme cite Irénée sans signaler son titre de martyr. II. Parfaite. une seconde daus son commentaire sur le chapitre 64 d'Èsato. p. ni par Basile. p. Ep. 60 et 708. • Annales eccl. ni par Théodoret. oh la mention du martyre d'Irénée est une interpolation évidente. 1689. Cotte lettre est datée du dix juillet 601. ni par Cyrille d'Aloxandrie. ad Magnum. ne mentionne ni le martyre d'Irénée. . Baronius * affirme bien avoir retrouvé quelques fragments de ces Actes. les dévastations qui furent la conséquence immédiate de cette guerre civile.— 101 — les luttes que Septime Sévère eut à soutenir en Gaule. 410. il est très étonnant de ne retrouver aucune trace <le ce martyre dans les antiques documents que nous ve1 Ep. il n'en parle que dans son Catalogue des auteurs ecclésiastiques. Lucro. ni la persécution gauloise de l'an 202. ils sont sans valeur. auteurs' qui sont unanimes à couvrir martyr d'éloges l'évoque do Lyon. ni par Épiphane. comme le romarque Ruinart '. Irénée n'est cité comme ni par Eusèbe.

20-27. Comme il est facile do le constater. Il y eut alors tant do chrétiens égorgés qu'il n'a pu savoir ni le nombre ni les noms do ceux qui périront. c'est un témoin sans valeur. C'est au sein do cette foule do confesseurs qu'Irénée rendit témoignage à Christ et qiïaprès mémo sort. et oit ils n'avaient garde de les oublier dans leurs écrits. Puisqu'il en est ainsi. Le seul témoignage important que nous possédions sur 10 martyre d'Irénée est celui de Grégoire do Tours (t 595). » Cette couvre anouyme date environ du cinquième siècle. il ne connaît que la persécution de l'an 177. 1 1. le récit do Grégoire de Tours no renférmo qu'une tradition bien confuse oncoro sur la persécution dans laquelle aurait péri Irénée. et qui a pour titre « Questions et réponses aux orthodoxes. .~ 102 — nous de signaler et qui mentionnent si souvent le nom de Pôvéquo de Lugdunum. Vettius lui quarante-huit fidèles subirent lo Epagathus fut le premier do cette sainte phalaugo à mourir pour sa foi. 11raconte dans sou histoire des Francs ' la persécution de l'an 177. Notre historien ignoro les massacres ordonnés par Soptime Sévère en Gaule ot que la légende place eu l'an 202. Le premier document qui fasse mention du martyre d'Irénée est l'ouvrage faussement attribué à Justin martyr. mais aussi Irénée. qui eut lieu sous le règne do Marc-Aurèle. et range daus les martyrs de cette époque non seulement Pothin et ses compagnons. c'est que la tradition du martyre d'Irénée n'est pas encore formée à cette époque ou les chrétiens étaient si jaloux do leurs confesseurs.

à quolloautro finit l'interpolation. bien qu'il mentionne des confesseurs étrangers à Rome. Nous retrouverons encore les mômesdéficits. est donc remplie de contradictions et d'obscurités. ot oU l'on so demande sans cesse à quelle ligne commenço le toxto authentique. que le mômesavaut croit . lia tradition du martyre d'Irénée. de Çarthage. Le de gloria martyrum no fait que répéter l'histoire des Francs .. une interversion dans le texte de l'histoire des Francs et ou a voulu rejeter le nom d'Irénée après la mention de Kpagathus. d'Irénée*. il y est parlé pourtant de miracles opérés sur la tombe de révoque. p. telle que nous la trouvons dans Grégoire de Tours. par exemple. Mais cette hypothèse est contredite par l'affirmation de Grégoire de Tours qu'Irénée convertit très rapidement au Christianisme la cité gallo-romaiuo .. Le ' fait remonter au Kdlendarium romanum. cit. 602.— 103 — . que Ruinart milieu du quatrième siôclo. il est vrai.. Le Kalendarium 1 Op. no cite pas Irénéo commo martyr. cette célérité dans les résultats do l'évaugélisation rendait Vettius seule possible le martyre d'Irénée sous l'administration do Marc-Aurèle. les mômes incertitudes sur la tradition du martyre d'Irénée. rend absolument invraisemblable le . Perpétua et Félicitas.martyre. daus cette curieuse littérature hagiographique des martyrologes et des calendriers ecclésiastiques ou l'on hésite à chaque instant en parcourant tas longues listes des noms do saints. c'est dire que nous assistons à la naissance de la légende qui va de plus en plus se préciser. cartilagineuse. On a supposé. La chronologie do Grégoirede Tours.

une forme moins indécise. comme on le verra dans notre dernier chapitre. Le martyrologe d'Usuard (f 897). A la date du28 juin(D. Le martyrologe d'Adon (f 874) semble fixer la légende. C'est la notice d'Adon qui est dès tara reproduite.— 104 — avoir été composé au cinquième siècle. et qu'elle a pris un aspect plus vénérable. quoiqu'il cite également des confesseurs étrangers à l'église de Carthage. ignore aussi le martyre d'Irénée. rédigé sur l'ordre de Charles 1e Chauve et achevé en 876. IV Kalendas Julii) nous y lisons qu'Irénée fut martyrisé sous Septime Sévère en môme temps que la presque totalité du peuple de Lyon. bieà antérieure à l'église de Saint-Jean-Baptiste dont l'origine ne remonte pas au delà du dixième siècle. Le martyrologe qui porte le nom de Bède reproduit le passage d'Adon avec l'erreur commise sur l'église de Saint-JeanBaptiste. Le . évidemment interpolé. transcrit ta texte d'Adon. et qu'il fut enterré par le prêtre Zacharie dans la crypte de Le texte d'Adon est ici l'église de Saint-Jean-Baptiste. avec de nombreuses variantes et de grandes incertitudes orthographiques. dans des martyrologes postérieurs. Il faut descendre jusqu'au huitième et au neuvième siècle pour trouver dans les martyrologes la mention du martyre d'Irénée et pour constater que la légende a vieilli. Hippolyte par exemple. Le passage du martyrologe d'Adon n'a donc pu être écrit qu'à une époque oit il était possible de confondre tas deux églises quasi homonymes. et mentionne six autres martyrs lyonnais. le corps d'Irénée passe pour avoir été enseveli dans la crypte de l'église de Saint-Jean l'apôtre.

dont les manuscrits Irénée aux martyrs Herenei episcopi Potaminoe. dans de manuscrits. MS. pas. c. Homilarium. et de calendriers et dans beaucoup de martyrologes n'en parlent ecclésiastiques Quant à l'Église de Lyon. Plutarci. Leonidis. (Raynaudus. est encore cité dans le martyrologe un martyrologe mais un certain de Fulda. Marcellai) martyr qu'on de cette rédaction a imaginé pour (Lugduno.— martyrologe remontent d'Alexandrie inauthentique au huitième : Lugduno 105 — de Jérôme. mais on a si siècle. S. Des rense trouvent. celli. eccles. Trente!. Mar804 environ. Gnllirc. accolle natalis Sereni. Prol. in notis. d'après les unique daterait du neuvième ou du dixième siècle. elle appuie sa double tradition du martyre d'Irénée et des dix-neuf mille fidèles compagnons de l'évêque dans les souffrances du supplice. de l'an place Irénée après les martyrs d'Alexandrie. sur un ancien document manuscrit qu'on trouve désigné par les des Bollandivers noms suivants dans tas Acta Sanctorum distes: MS. 12 '). IV. apud Sévertium (Ilalloixlus. cum aliis sex. codex ecclea. Le Martyrologium GellonetiSe. nombre Le martyre d'Irénée de Notker (+912). lierez la circonstance un du nom d'Irénée à Alexandrie. d'après lés mêmes au- analogues 1 Le jésuite Halloix a écrit sur la vie d'Irénée. Lugdun. * Nous avons cité plus haut l'ouvrage de Renaud sanctofum lugâunensium). Indieuli*). (Inâkulm . bien senti l'incertitude nei. seignements tout au plus. Ce manuscrit Bollandistes.

lV.700 martyrs comme l'inscription de cette église.p. d'Alexandre et d'Épipode).! inscriptions. nous voyons les deux partis invoquer à l'appui do leur thèse. et qui porte le nombre des martyrs à dix-neuf mille. l'Église de Lyon possédait au siècle dernier les Actes d'Irénée. de pures compilations des légendes ' 11 (Paris. n'a pas une origine plus antique. d'après les Bollaudistes. Ces divers manuscrits ont disparu. mais celle des dix-neuf mille martyrs n'est que dans le dernier. » l'un d'eux a paru en 1493 à Nuremberg. . citée par les Bollaudistes. Ces deux ouvrages sont sur les « sex aîtates mundi. date de 1287. invoquée par lui dans la controverse de 1413.— 106 — teur3. La chronique de l'église de Saint-Just. L'homélie lue par le chapitre de Saint-Irénée à la fête du patron de l'église.plusieurs. et quant aux manuscrits. 1728). c'étaient sans aucun doute de simples chroniques sacerdotales. T. tous deux racontent la légende des deux collines. ils étaient récents à cette époque. qui donne le chiffre de 19. l'autre en 1475 àLubeck . mais la perte en est peu regrettable. D'après les auteurs du Gallia christiann. Mais ces inscriptions ne remontaient pas à une date plus ancienne que le douzième ou le treizième siècle. actes que ces savants jugent n'avoir aucune valeur V Dans la controverse qui eut lieu au quinzième siècle entre les chapitres des deux églises de SainkJust et de Saint-Irénée au des reliques que ces églises possésujet de l'authenticité daient (chacune d'elles prétendait avoir les véritables corps d'Irénée. manuscrits et diverse. dans deux ouvrages de la fin du quinzième siècle.

C'est à cette époque qu'Aïbinus DéCésar par Sévère. si l'on accorde quelque valeur au témoignage anonyme de l'auteur des « Questions et réponses aux orthodoxes. composées dans un but apologétique évident. si l'on de Grégoire de Tours.— 107 — locales. Albinus passe . voré de l'ambition de supplanter son maître. qui avait été gouverneur lyonnaise vers 18(5et qui y avait laissé de bons souvenirs par son intégrité et sa sévérité contre tas criminels. reâte maintenant à en découvrir tas origines et à en rechercher s'en tient aux récits Dans ce but. qui date du sixième siècle. liturgie lyonnaise. il était alors en Grande-Bretagne. les causes. » ou du sixième siècle. de la Gaule Sévère. la légende. La tradition relative aux dix-neuf mille martyrs ne remonte qu'au douzième siècle environ. était proSeptime clamé empereur d'Occident en 193. Dé ces incertitudes laconclusion il faut avouer que ce silence est nous tirons d'ailleurs et de ces contradictions suivante rpuisque les traces les plus anciennes de la légende du martyre d'Irénée ne peuvent pas être suivies au delà du cinquième Siècle. ne parle pas des dix-neuf reproduisent mille martyrs de Lyon. à expliquer Voilà les faits. mais on en a des copies. elles ne La que le résumé des manuscrits. très important.' c'est que la légende a mis deux ou trois siècles à se former. et destinées à un usage liturgique. Les inscriptions originales ont également disparu. à ce que prétendent les auteurs catholiques. tandis que Niger Pétait fut nommé en Orient. rappelons d'abord en quelques mots les circonstances politiques de l'époque à laquelle aurait eu Heu ta martyre 'd'Irénée'.

la ville fut pillée et ravagée*. qu'il avait en Gaule furent battues à plusieurs reprises par celles d'Albinus. Albinus donné la mort . ou les années du Rhin et la population semblent se déclarer en sa faveur et prendre fait et cause pour lui . La victoire demeura Trévoux. près de D'après Dion '. ses amis et les grands de Gaule et d'Espagne qui avaient soutenu son rival*. L'empereur surprit Albinus en plein hiver. Là bataille qui décida du sort des deux rivaux et qui termina la guerre civile fut livrée le 19 février 197 dans les environs de Lyon. la fortune fut contraire à l'empereur. longtemps douteuse. mais après une lutte acharnée Sévère était maître du champ de bataille. Sévère fit passer son cheval sur ta cadavre •qu'il laissa pourrir à la voirie. ses parents. et l'ennemi en déroute se réfugia à Lyon.— 108 — en 196 en Gaule. 7. trois cent mille hommes étaient en présence dans tas deux armées. dès lors la guerre est déclarée entre l'empereur ot son rival. Sévère résolut alors de se rendre luimême dans ce pays pour y défendre sa courontte. Severus XXI. et la lutte commence. * Herodiani histotiarum 111. . Les vainqueurs y pénétrèrent à la suite des vaincus. il fit égorger la femme et les enfants d'Albinus. de nombreux incendies furent allumés et il n'y eut guère que le temple de Borne et d'Auguste s'était qui fut respecté. Au début de la campaet les troupes gne. "-* Aelii Sparliani Severus imperator XIÏ. Implacable dans sa haine. On a retrouvé à Lyon quelques traces de cette guerre civile : des médailles et des monuments ^pigraphiques portant le nom de Sévère et surtout une in- 1 Historia romanoeliber LXXV.

. SVSCEPTA PRÔVINCÏÀ est fait allusion & trois Augustes. HIBITA. Nous avons trouvé notre opinion confirmée par un mémoire de M. DVCI. . chez un ignorance. RED ET.2i. II jY.tion célèbre* qui rappelle V les chrétiens l'heureuse issue de la lutte entre Sévère et Albinus Que devinrent pendant cette guerre civile et lors du sac de la cité ? Leur rôle fut effacé . Ad Scapulam 2. Mongoz. 8 II existe (Albinus). la communauté chrétienne se tint à l'écart et resta du côté de l'emde l'autorité civile ot pereur. Caracalla due est la Gaule lyonnaise après la défaite d'Albin. h province renAugustes sont Septime Sévère. FORTUNAE. et il recommandait • les fidèles suivirent exactesance aux pouvoirs publics . Nous pensons que ces trois et Gela . près de Lyon un village du nom d'Albigny Bur la rive droite de la Saône. * Apologeticus 35.— 109 — scrip. d'Irénée et de ses ignore en outre le martyre il est impossible de comprendre pareilta compagnons. et sur le plateau bressan un autre village du nom de CivricUx (Severiacum). I C'est l'inscription (N° 304) qui commence par ces mots : MENTI. ment cette règle. Cette inscription a été composée entre les département . Irénée soutenait la légitimité aux chrétiens l'obéisson droit divin. si Irénée a été réellement martyrisé. chrétien l'horreur Tertullien parmi Il affirme en eftét qu'il n'y avait aucun les partisans d'Albinus les fauteurs que lui inspirent et il ne cache pas de guerres civiles*. années 208 et 211. Nous eu avons pour garant le témoignage de Tertullien. lu à l'institut et publié dans les Archives historiques et statistiques du du Rhône. ACRE BONAE.

— 110 — auteur qui se passèrent alors en Gaule et à Lyon. 15 février 1865. A supposer qu'Irénée eût été massacré par la soldatesque en furie. elle ignore celui de la Gaule. . que sa cause fût politique ou accidentelle. de la légende du martyre OU donc trouver l'origine d'Irénée et de ses dix-neuf mille compagnons? Il n'y a pas de solution du problème dans une de ces ingénieuses explicattaits dont la légende des onze mille vierges de Cologne 1 Saint Irénée et lc3 Gnostiques de son temps. n'en eût pas moins passé pour un martyre véritable et Tertullien aurait-il la connaîtrait. il comptait les chrétiens parmi les do l'empire. peut-être étaitil exaspéré de l'éloignement dans lequel se systématique tenaient honneur. comment restèrent étrangers pu affirmer que les chrétiens au soulèvement d'Albinus? si bien au courant des événements Septime Sévère était un de ces hommes qui sont prêts à tout sacrifier à ce qu'ils considèrent devoir être le repos public. Revue des Deux" Mondes. C'est du moins ce qu'il montra . jusles chrétiens. S'il en eût été ainsi. par malheur. ce meurtre.perturbateurs en 202.usé. Ces deux faits nous paraissent contredire l'hypothèse de M. Réville ' qui trouve l'origine de la légende du martyre d'Irénée dans le seul incident dit sac de Lyon eu 197. lorsqu'il ordonna des perséqu'alors'envers cutions nistes. Peut-être redoutait-il les excès montale refus que les soldats chrétiens opposaient aux ordres de participer aux sacrifices publics . renonçant à la modération dont il avait . l'histoire ne mentionne d'édit de proscription qu'en Orient. sac pendant lequel Irénée aurait péri. en Orient. tas chrétiens à l'égard des fêtes célébrées eu son Kn tout cas.

On a persécution identifié les massacres religieux du règne de Marc-Aurèle avec les massacres du règne de Septime Sévère. Mais plusieurs de ces nombres ne sont quedes inventions fabuleuses. qui ignorait le témoignage politiques rôle des chrétiens lyonnais tyrs de 177. Aucun lyondocu- permet desupposer ''quelque. et qui durèrent trente-cinq ans. Parmi ces traditions. il s'agit évidemment de la mémo tradition. . sous Schapur II.— 111 nous présente naise n'offre mentne un frappant aucune exemple . Quant de l'an 177 et ta sac de Lyon en 197. en 343. réels. Nos recherches ne doivent pelant l'Undecimilla donc pas sortir du cadre historique de la légende* A vrai dire. à la légende du martyre d'Irénée et de ses comdans tas confusions. les égorgés de la guerre civile ont été rangés par quelque de Tertullien sur le écrivain. erreur de numérationcommise il n'y a pas lieu par un copiste inintelligent. il en est qui répondent à des faits les épouvantables massacres de chrétiens en Perse. Il est certain à cette époque. le chiffre de dix-neuf mille martyrs n'a rien d'insolite sanctorum martyrs dans offrent le domaine toute des martyrologes. non plus d'imaginer rapquelque étymologie fantaisiàté de Cologne. Les Acta une série de nombres colossaux de d'Arménie au 22 juin. au 22 avril : des dix mille mille confesseurs les quinze de Perse d'Egypte au P'janvier. etc. parmi tas marque Grégoire de Tours commet 1 On trouve au 17 juillet le même nombre de martyrs persans. pagnons. témoin •. la mythologie ^ ressource égard. il faut en chercher l'origine nées plus tard dans les traditions entre la ecclésiastiques. les seize mille les dix mille de Rome ati2ô mai.

martyr. talents. de plus en plus : Irénée est mort martyr ! La grandeur du nom d'Irénée n'est pas attachée pastorale suffisent à cette couronne d'iml'activité son caractère de l'évêque. la douleur s'est éteint après uue vie fort remplie et bien à la catastrophe de l'an 197 et il eut il survécut de contempler les ruines do sa ville d'adoption le sol pendant longtemps. fidèles avaient péri en 177. Quant à mettre Irénée au nombre des sup de de de Le il n'y avait pas à attendre la moindro hésitation si un nombre considérable la part de la tradition. la postérité ratifia avec dont l'erreur se propagea empressement cette affirmation. norable dans le souvenir des hommes. Irénée remplie. pliciés. C'est dans ce désordre qui de Lyon au III* 8 siècle qu'Irénée disinaugure l'histoire parut à son tour. ses à lui assurer une place ho- mortelles. ses écrits. ne pouvait mourir que de la main du bourreau. L'état qui en jonchèrent précaire de la communauté de Lugdunum ne dut qu'empirer au seiu de ces dévastations. comme l'affirmait Grégoire Tours.— 112 — la confusion. Des confusions historiques nées au moyen âge sortit la légende de son martyre . évêque d'une église de confeslui-même seurs. l'évêque successeur d'un Irénée devait être de ce nombre-là. .

. .CM reliques et le culte d'Irénée. Yreneum Procerum sociant bis mlllia dena. On lisait autrefois dans l'église de Saint-Just l'inscription suivante. composée en l'an 1293. On lit encore dans l'église de Saint-Irénée cette autre inscription. et Ypipodiu8 hic requiescunt. . gravée sut* le frontispice du monument et reproduite dans la crypte : ' C'est un évêque de Lyon f vers 390. Deux églises rivales ont pendant longtemps prétendu à la possession des reliques de saint Irénée : ce sont les églises de Lyon qui sont placées sous tas vocables de Saint-Irénée et de Saint-Just*. que nous empruntons aux Bollandistes : Yreneus pulchro jacet hic testante sepiilcro. Sed tria centena désuni. Sanctus Alexander. . . Alque Polycarpus. Jîartyril florcm pàssl fudere cruorcm. . 8 .CHAPITRE VII L. . Cette inscription fut enlevée à la suite de l'enquête qui condamna le Chapitre de Saint-Just. quorum semper bona crescUnt. . deinde sancto Juste » Ces Maccabées sont les martyrs de 177. Cette église est dédiée < Machabàeis primo.

qui semblent avoir une commune origine dans de Saint-Jean. cette inscription était encore de son vivant enchâssée dans une antique mosaïque. nous a laissé une pompeuse description. Quos tulit atra tria nus. celles que nous avons nommées au début de ce chapitre. Le Corps d'Irénée a-t-il été enseveli dans le voisinage de l'une ou l'autre de ces églises.. Quos per martyrium traduxit ad alta polorum. il la compare à une mosaïque de l'église d'Ainay qui reproduit des vers léonins sur le pape Pascal II et qui date de l'an 1112. Millia dona novemque fuerunt sub duce fanto : ïlinc mulieres et pueri simul excipiuntur. Istdrum ntimerum. qui fut plus tard détruite. D'après le P. Il existe actuellement sur le (au sud du plateau de Fourvières) plateau de Saint-Just deux églises. lacrymas hic cum preco funde. p. nunc Christi luce fruuntur. qui écrivait au cinquième siècle._ 114 — Ingredi'éns loca tam sacra. la crypte construisit vers480une . C'est sur le prétendu emplacement de cette crypte que l'évêque Patient églisedédiéeà l'apôtre Jeanetdont Sidoine Apollinaire. Colonia '. Les tes? 11 est Impossible historiens qui lés ont abordées commettent de perpétuelles confusions dont voici la cause. Pnesulis hic Irenaei turma jacet sociorum. tibi pando. si nosso cupis. cit. Sur quel sol ce temple > Op. l'osco gemens reniant. 106*107. ott le corps d'/renée légendaire passe pour avoir été déposé au sixième siècle. et a-t-on construit jamais un autel sur l'emplacement ou avaient dû reposer ses resde répondre à ces questions. jam rea pectora tunde. qui vivait au commencement du siècle dernier.

Les historiens commettent encore dé nouvelles confusions au sujet de l'antique église érigée par Patient et dédiée à P apôtre Jean.— 115 — fut-il érigé? Est-ce sur le sol occupépar l!église actuelle de Saint-Irénée./..>-. qui fut détruit par les gens de guerre au huitième ou au neuvièmesiècle. dont la plus ancienne est du quatrième supposées siècle. ou bien sur l'emplacement de l'église de Saint-Just? On ne saurait trancher la difficulté : le temple construit par Patient fut détruit en 732 par les Sar.rasinSi-. et la cathédrale aetuelle n'a été commencéequ'à la fin du douzièmesiècle. Une église portant le nom de Saint-Ëtîenne et qu'avait bâtie l'évêque Albin ou Alpin. Comment déterminer. on a conservédans cette crypte douzeépitaphes chrétiennesou telles. . qui est de construction récente..-. au pied de la colline de Fourrières. d'après ces traditions incertaines sur la topographie ecclésiastiquelyonnaise. Il existait au cinquième siècle. l'emplacement du tombeau d'Irénée? L'église actuelle de Saint-ïrénée. sesorigines ne rcmotttent pas au delà du dixième siècle.-. Le musée de Lyon possèdevingt-six autres monuparlé d'un antique baptistère dé ce nom qu'aurait élevé l'évêque Alpin. 1 Monfalcon . consacréà Jean-Baptiste '. Quant à l'église de Saint-Jean-Bàptiste. et de la cathédrale de Lyon placée sous le vocable de saint Jèan-Baptisté. possèdeune crypte qui paraît ancienne. cet édifice ayant été destiné à d'autres Usages.:^.l'archevêque Arige (f 611) fit construire près de là l'église Sainte-Croix et y ajouta un baptistère.

— 116 — mente épigrâphiques provenant des fouilles faites sur l'emplacement ou dans le voisinage de l'église de Saint-Irénée^ Il est évident qu'il existait un cimetière gallo-romain dans cette partie de l'ancienne ville. En 1413. il donna raison aux chanoines de Saint-Irénée. 1 . lorsque les calvinistes se furent emparés de Lyon en 1Ô62. miracle qui produisit sur les assistants une profonde impression. le légat du pape. dans la nuit du 30 avril au l" mai. Aucun des deux Chapitres ne voulant céder à l'autre son titre de propriété. On peut lire dans les Acta Sanctorum lés pièces du curieux procès issu en 1410 de ces prétentions rivales. ce fut en l'an 908 qu'on retrouva les corps d'Irénée. puisqu'au les retrouva-t-on? quinzième siècle les Chapitres de Saint-Irénée et de SaintJust prétendent posséder les trois reliques dans chacune de leurs églises. après avoir ouvert dans la crypte decette église les tombeaux des trois saints et constaté (nous ignorons Le par quels moyens) l'identité des illustres martyrs. 0 mores! Qui Gnosticos represscrat. D'après les Bollandistes. le cardinal de Thurey. Ou La question est insoluble. Stieren II. fut chargé de faire une enquête et de terminer le différend. page 31. d'Alexandre et d'Épipode. ejus reli«Otempusl quioe Hu-Gnosticorum cruentatas jam pridem sanguine bonorum ac barbaras manus effugere non potuerunt l » Feuardènt. ils prirent les ossements des martyrs' lyonnais et les mélangèrent avec des os d'animaux '. Les saintes reliques devaient traverser encore de mauvais jours. procès-verbal de cette cérémonie ajoute que le crâne d'Alexandre était encore couvert de ses cheveux. On fit plus tard le triage scientifique de ces débris.

. La d'étonnant. gouverneur de Lyon en 1562. p. « dans les premier tems. Paris 1Ô7D. en exécutant des travaux de réparation en 1863. II.— 117 L'église de Saint-Irénée eut à souffrir des violences des calvinistes. un tombeau qui renfermait. » Le comte de Sault. Tout autre est le langage de Calvin écrivant le 13 mai 1562 à ses frères de Lyon : « Desjà il y a du zèle inconsidéré à faire ces ravages qu'on a faits aux temples. Statistique générale des basiliques de Lyon. le long de la voie 1 France protestante. Un manuscrit de la Bibliothèque de Lyon (de Tristïbus Gallioe) parle d'églises que le baron des Adrets aurait fait sauter avec la poudre. L'église de Saint-Irénée fut rebâtie au commencement de notre siècle . on a mis au jour. de renverser les autels et de briser les images '. Un historien catholiquea déclare enfin que les dévastations des calvinistes ne furent rien quand on les qui détruisirent compare à celles des révolutionnaires. les nouveaux maîtres de Lyon firent paraître de la modération et de la douceur.t. mais bientôt le soldat se licencia jusqu'au point de forcer et profaner les églises. quand on sait qu'il existait un cimetière gallo-romain dans le voisinage de l'église do'Saint-Irénée. découverte de tous ces tombeaux n'a rien . * Bard. témoin l'enquête ordonnée par Charles IXen 1563 pour constater les dégâts^ Mais on a beaucoup exagéré tas dommages causés par tas réformés en 1562. 95*96. à ce qu'on a prétendu. » S'il faut en croire de Thou. les restes du légendaire Zacharie. l'église de Saint-Irénée lors du siège de Lyon. écrivait au roi de France que les calvinistes avaient commis peu de dégâts. 2W«édition..

. .Vu::. mais on rentra plus tard en possession de la tête. uue co)\frèrie des martyrs. dont Irénée est le principal objet de culte. TA Doyen. BONET-MAURY. attribué à Irénée disparut. . Plusieurs fêtes ont été instituées en l'honneur d'Irénée.notre saint. Enfiu n'oublions pas que.-.. à cet en* d'Aquitaiue. D'autres reliques d'Irénée sont conservées en Calabre. cette solenuité date du procès de 1413. IJCHTENBERGER. saint Irénée est ta patron du diocèse de Lyon. . Ou célèbre la Révélation de ses reliques le troisième dimanche après Pâques . le squelette. On organisa une procession solennelle le jour de sa fête. dont le point de départ se trouvait droit de la ville. Yu et approuvé : Le Président de la soutenance. . Vu et permis d'imprimer GRÉARD. Après l'an 1562.~ 118 —" ". depuis longtemps déjà. Il existe encore. et dans laquelle iudulgence pléniôro est accordée à tout nouveau membre le jour de sa réception. Le Vice'JRecteur de V Académie de Paris. qui fut transportée dans l'église de . F. depuis Pôpiscopat de Camille de Neuville. G. : .

...X J&. - d^rénée...-. ....... .. 83 CIHPJTHB IIL Cii*P4TRB CHAma» 1Y. La légende du martyre CaA?iTag YI..... .....' r*f»i IHTBOOÇPTIO» . — Ii'église de lugdunum ..\.~~ Irénée ....v.... ... .... Y.. .<ç... t ... ..... ....* v....^v. .. ~ ~ l*w Cbrét|ens de Lugdanuïoeu Irénée ? l'hotnrae. 3 CUAVITRK K - Préniières traces du Cbristlànjsme à t^* îft dunun3. «oo cwMtèree* ses tendances..^r V.... .. J3 1^ jEu /.. ... l*év^ue...-....-...V.. Ptn 177y.... f . 8é 53 09 . — Les reliques et ta culte d'Irénée.... ^...i'•" CBAMT8R II....>. 05? lis CH*?ITB» VII... .'.....'.>ii'.. .-.v. .

.

.

.

Premières traces du Christianisme à Lugdunum CHAPITRE II.L'église de Lugdunum. .Irénée: l'évêque CHAPITRE V. son caractère et ses tendances CHAPITRE VI.Irénée: l'homme CHAPITRE IV. . .TABLE INTRODUCTION CHAPITRE Ier.Les Chrétiens de Lugdunum en l'an 177 CHAPITRE III.Les reliques et le culte d'Irénée . . .La légende du martyre d'Irénée CHAPITRE VII. . .

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful