20 Mars 2009

SOMMAIRE
Economie Humeur : La mode va-t-elle passer de la crise à la reprise ? Quid de l’économie cette semaine ? Sortie de crise aux Etats-Unis : slowly, slowly. La météo économique de la semaine écoulée. Les marchés : L’euro/dollar toujours au service de l’Oncle Sam. Les évènements à suivre du 23 au 27 mars : Toujours difficile, mais de moins en moins. Calendrier complet des statistiques et évènements économiques de la semaine. Chiffres de la semaine du 16 au 20 mars Synthèse sectorielle de la semaine Calendrier des publications et versements de dividendes Rappel de nos prévisions économiques et financières pour 2009 2 3 5 6 8 9 10 11 12 13

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Humeur : La mode va-t-elle passer de la crise à la reprise ?
Tout a commencé il y a une vingtaine de jours avec quelques déclarations de Barack Obama faisant état du proche redémarrage de l’économie américaine. Ainsi, après avoir noirci volontairement le tableau pour faire voter sans tarder son plan de relance par le Congrès, le nouveau Président des Etats-Unis a vite retrouvé son rôle de tribun de grand talent pour appeler à la reprise, conscient que cette dernière ne pourra se produire qu’en sortant de la crise de confiance qui s’est installée outre-Atlantique depuis la calamiteuse faillite de Lehman Brothers. Ensuite, il y a eu les premières questions de certains clients et journalistes qui, après n’avoir juré que par la crise et le « bear market », commencent à en avoir assez de ces funestes desseins et préfèrent nous demander « et la reprise c’est pour quand ? ». Nous devons avouer que, les premières fois, nous avons eu un choc et avons dû nous pincer pour vérifier que nous ne rêvions pas. Puis, ce fut au tour de Christine Lagarde de retrouver l’espoir, tout en annonçant néanmoins comme nous l’annoncions dans cette même rubrique il y a déjà trois mois une reprise en « tôle ondulée ». Mieux, en dépit de la révision baissière des prévisions de la BCE pour la croissance de la zone euro en 2009 (désormais comprises entre -2,2 % et -3,2 %, il s’agit donc plutôt d’une décroissance), Jean-Claude Trichet a osé annoncer « Nous disposons d’un certain nombre d’éléments qui laissent penser que nous approchons du moment où il y aura une reprise ». Si le phrasé est digne de Coluche et du fameux « on s’autorise à penser dans les milieux autorisés… », le ton est néanmoins donné : l’heure n’est plus au pessimisme mais à la reprise. Et ce, d’autant que, confirmant les dires de son collègue d’outre-Atlantique, Ben Bernanke, le Président de la Réserve fédérale américaine, a fait preuve d’un enthousiasme inconnu. Et pour cause, le « pauvre » Benny est arrivé à la tête de la Fed début 2006 c’est-à-dire au début du dégonflement de la bulle immobilière américaine. Ce fut ensuite l’éclatement de la crise des subprimes à l’été 2007, la panique boursière du début 2008, puis la quasi-faillite de Bear Stearns, la totale faillite de Lehman Brothers et enfin la récession. Autant dire que Ben Bernanke, qui n’est déjà pas d’un naturel très enjoué, n’a pas vraiment eu l’occasion de sourire. Dès lors, lorsque ce dernier retrouve l’optimisme avec une verve digne d’un Alan Greenspan en pleine forme, il y a de quoi sursauter. Enfin, au-delà de ces effets de manche et d’annonce, les investisseurs et les observateurs de la chose économicofinancière vont être marqués par trois évolutions majeures. La première réside dans l’arrestation de Bernard Madoff. Aussi, surprenant que cela puisse paraître, les aveux de ce dernier et son arrestation menottes aux poings ont agi comme un excipient. Ca y est, le bouc émissaire (qui dans le cas présent était évidemment loin d’être blanc comme neige) a été trouvé et mis hors d’état de nuire. On peut donc tourner la page... C’est triste à dire mais, comme nous Keynes aimait le souligner, les marchés sont mus par les « animal spirits » et ont besoin d’exemples ou encore de leçons pour réagir. La leçon que voulait donner Henri Paulson avec la faillite de la Lehman Brothers a été dévastatrice et restera comme l’une des plus graves erreurs de politique économique de ces trente dernières années. En revanche, l’exemple Madoff semble produire ses fruits en assouvissant la soif de vengeance des marchés. Bien plus concrète et constructive, la deuxième évolution rassurante des dernières semaines réside dans la réunion préparatoire du sommet du G20 du 2 avril. En effet, contre toute attente et bien loin des querelles de clochers traditionnelles dans ce type de réunion, les ministres de l’économie et des finances des 20 sont parvenus à une déclaration commune prometteuse. Au-delà de la confirmation du refus du protectionnisme, celle-ci stipule effectivement que les dirigeants politiques et monétaires du G20 agiront de concert, y compris avec des moyens non conventionnels pour relancer l’activité. A l’évidence, nous sommes très loin du repli sur soi et du manque de réactivité des années 30. Autrement dit, tout sera fait pour éviter un prolongement de cette crise et pour sortir de cette dernière par le haut, via un capitalisme moins débridé, plus transparent et mieux sécurisé. Pour ce faire, le fonctionnement des « hedge funds », des agences de notation, ainsi que les normes comptables du « mark to market » (valorisation aux prix de marchés) seront modifiés. Mieux, pour éviter de figurer dans une liste noire, de nombreux paradis fiscaux ont annoncé leur engagement vers plus de transparence et de coopération. De quoi couper l’herbe sous le pied aux extrémistes révolutionnaires : non seulement le capitalisme n’est pas mort mais il sortira grandi et assaini de cette crise. Last but not least, les dernières statistiques économiques publiées aux Etats-Unis ont confirmé que ces derniers étaient bien en train de sortir de l’ornière. Ainsi, après avoir progressé de 1,8 % en janvier, les ventes au détail n’ont reculé que de 0,1 % en février, Mieux, hors automobile, les ventes au détail affichent une augmentation de 2,3 % sur les deux premiers mois de l’année. Parallèlement, le déficit extérieur a continué de se réduire, atteignant 36,03 milliards de dollars en janvier 2009, un plus bas depuis octobre 2002 et une baisse d’environ 40 % par rapport aux sommets atteints entre 2005 et début 2008. Même si cette amélioration s’explique principalement par une baisse des importations plus forte que celle des exportations, les déficits extérieurs abyssaux ne constituent plus l’épée de Damoclès qui risquait de paralyser l’Oncle Sam. Enfin et surtout, confortant ces embellies statistiques, après trois ans de baisse quasi-continue, les mises en chantier et les permis de construire ont retrouvé le chemin de la hausse en février. Si un point ne fait évidemment pas une tendance, le plus dur semble bien avoir été touché sur le front de l’immobilier américain, ouvrant la porte à des lendemains bien meilleurs. Autrement dit, avant même que le plan de relance n’ait été lancé et de facto ne produise ses effets, l’économie américaine est déjà sur la voie du redressement. Bien entendu, celle-ci ne sera pas rectiligne. Des efforts devront encore être réalisés pour restaurer la confiance. Cette dernière est effectivement une alchimie extrêmement difficile à réaliser mais indispensable à la bonne marche de nos économies. Pour autant, au fur et à mesure des bonnes nouvelles, la mode pourrait bien changer et passer du noir absolu au rose pâle puis incandescent. De quoi rappeler que nous sommes tous des fashion victims… Marc Touati 2

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Quid de l’économie cette semaine ? Sortie de crise aux Etats-Unis : slowly, slowly.
Si ce n’est évidemment pas l’euphorie, l’économie américaine commence enfin à sortir du marasme dans lequel elle s’est enfoncée à partir du troisième trimestre 2008. N’oublions effectivement pas qu’après avoir augmenté de 2 % en 2007, le PIB américain a progressé de 0,9 % et de 2,8 % (en rythme annualisé) aux premier et deuxième trimestres 2008. Malheureusement, la faillite de Lehman Brothers et la panique financière qui en a suivi sont venues casser cette première reprise pour plonger l’économie américaine dans sa plus grave récession depuis le deuxième choc pétrolier. Pour autant, la reprise dispose aujourd’hui d’une seconde chance et les dernières statistiques publiées outre-Atlantique nous montrent que l’horizon commence enfin à se dégager, doucement. Certes, la production industrielle continue de reculer : - 1,3 % en février, après déjà - 5,4 % sur les trois mois précédents. Son glissement annuel atteint désormais - 11,2 %, un plus bas depuis juin 1975. Néanmoins, il faut se souvenir qu’en 1975, l’industrie manufacturière représentait environ 40 % du PIB américain, poids qui atteignait encore 34 % en 1990 et qui n’est plus désormais que de 13 %. Se focaliser sur le marasme industriel pour analyser la situation de l’économie américaine serait donc une erreur. Mais surtout, il est essentiel de souligner que, dans de nombreux cas, les mauvaises nouvelles des derniers mois ou des derniers trimestres sont en train de laisser la place à des évolutions favorables. Tout d’abord, même s’il reste encore élevé, le déficit extérieur continue de se réduire. Un déficit extérieur de plus en plus bas tant en valeur qu’en volume
0 -100 -200 -300 -400 -500 -600 -700 -800 -900 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 Déficit commercial (mds $, somme 12 mois, valeur) Déficit commercial (mds $, somme 12 mois, volume)

de 2000), il se rapproche de la barre des 500 milliards, un plus bas depuis la fin 2002. Mieux, l’amélioration s’observe également du côté de la demande intérieure, en particulier sur le front des dépenses des ménages. Les ventes au détail se redressent en douceur.
11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4 -5 -6 -7 -8 a/a, % a/a, % 6,0 5,5 5,0 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 -0,5 -1,0 -1,5 -2,0

Fev T4 08 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09

Ventes au détail hors automobile - G Consommation des ménages (comptes nationaux) - D -

Ainsi, après six mois de descente aux enfers, les ventes au détail ont repris le chemin de la hausse depuis janvier 2009, en particulier hors automobile. Même s’il reste encore négatif, leur glissement annuel a même augmenté pour le deuxième consécutif, ce qui ne s’était plus observé depuis octobre-novembre 2007. Comme le montre le graphique ci-dessus, le plus dur a été touché sur le front de la consommation, qui devrait donc désormais se reprendre progressivement. Et comme il n’y a jamais « deux » sans « trois », cette semaine statistique américaine a surtout été marquée par une troisième et véritable bonne surprise dans le secteur de la construction. Immobilier aux rédemption ?
milliers 2250 2150 2050 1950 1850 1750 1650 1550 1450 1350 1250 1150 1050 950 850 750 650 550 450 91 92

Etats-Unis :

l’heure

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Au-delà du fait qu’il ait atteint 36,03 milliards de dollars en janvier 2009, un plus bas depuis octobre 2002, le déficit commercial américain continue surtout de fondre sur douze mois. En valeur, il n’est plus que de 650 milliards de dollars, contre presque 800 milliards en 2008. Et en volume (c’est-à-dire aux prix

Mises en chantier de logements - G -

Investissement résidentiel - D -

En effet, alors que le consensus attendait un nouveau plongeon des mises en chantier en février et que pour notre part, nous anticipions une légère hausse, celles-ci ont finalement progressé de 22,2 % sur le seul mois de 3

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février 2009. Si cette progression n’est évidemment pas suffisante pour rattraper l’effondrement des derniers mois et a fortiori des dernières années, il s’agit néanmoins de la plus forte augmentation mensuelle depuis janvier 1990, c’est-à-dire quelques mois avant la sortie de la précédente crise immobilière américaine. Dans le même temps, les permis de construire ont également retrouvé le chemin de la hausse (certes plus modestement, via une augmentation de 8,1 %), indiquant que la reprise des mises en chantier ne devrait pas être un feu de paille. Le plus intéressant dans ces évolutions favorables réside dans le fait que, pour l’instant, à l’exception des baisses de taux décidées avant l’automne 2008, la politique de relance américaine n’a pas encore produit ses effets.

Autrement dit, si les prémices du rebond sont déjà là avant même les impacts de la relance, que ne sera-ce l’état effectif de la reprise américaine dans les prochains mois lorsque la relance et ses impacts seront à leur faîte ? Cela signifie donc que la croissance américaine devrait bien fortement redémarrer dès le deuxième trimestre et a fortiori en fin d’année et en 2010. Ce qui obligera donc la Fed à remonter ses taux directeurs à l’horizon du début 2010 au plus tard. Comme nous allons l’expliquer dans notre partie « marchés » ci-après, la Fed en a certainement fait un peu trop… Marc Touati

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La météo économique de la semaine écoulée :

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Les Marchés : L’euro/dollar toujours au service de l’Oncle Sam.
Décidément, la Réserve fédérale américaine ne veut laisser aucune chance à la déflation. En effet, non contente d’avoir abaissé son taux objectif des federal funds dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25 %, non contente d’avoir repris à son compte une partie conséquente des créances douteuses des banques américaines, non contente d’avoir financer directement les pertes de Freddie Mac et Fannie Mae, la Fed se lance désormais dans la planche à billet. Ainsi, elle vient d’annoncer qu’elle allait monétiser la dette publique américaine pour un montant 300 milliards de dollars. Ce sera donc la première fois depuis la guerre du Vietnam que la Fed va créer de la monnaie ex-nihilo, c’est-à-dire sans contrepartie de richesses créées. L’avantage de cette stratégie est triple. Primo, elle permet à l’Etat américain de pratiquer une relance historique sans souci de financement. Par là même et secundo, elle permet de contrecarrer l’augmentation des taux d’intérêt à long terme. En effet, en temps normal, lorsque le déficit public s’accroît, la demande de fonds prêtables de la part de l’Etat augmente, suscitant une tension notable sur les taux d’intérêt obligataires. Dès lors, l’investissement des entreprises privées se trouve réduit car évincé par les financements publics. C’est ce que l’on appelle l’effet d’éviction. Accompagner le déficit public par une politique monétaire expansionniste et a fortiori en actionnant la planche à billets permet alors d’empêcher l’augmentation des taux longs. Ainsi, depuis l’annonce du FOMC de mercredi dernier, le taux dix des obligations du Trésor américain est passé de 3 % à 2,55 % aujourd’hui. Bien différemment, le taux dix ans des obligations de l’Etat allemand a certes légèrement baissé mais reste stabilisé autour des 3 %. Le spread de taux atteint même 100 points de base avec la dette publique française, le taux de l’OAT 10 ans avoisinant les 3,6 %. Les taux longs restent plus bas aux Etats-Unis qu’en Allemagne.
7,0 6,5 6,0 5,5 5,0 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09

Tertio, dans la mesure où la politique monétaire américaine est beaucoup plus accommodante que celle de la zone euro et où, comme nous venons de l’expliquer les taux longs américains creusent l’écart avec leurs homologues eurolandais, le dollar/euro repart à la baisse, redorant par là même la compétitivité des exportations américaines et réduisant les importations redevenues trop chères. Après déjà six mois d’amélioration, le déficit extérieur américain devrait donc poursuivre sa réduction et contribuant par là même positivement à la croissance. La Fed en fait trop !
7 6 5 4 3 2 1 0 97 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 0,80 0,85 0,90 0,95 1,00 1,05 1,10 1,15 1,20 1,25 1,30 1,35 1,40 1,45 1,50 1,55 1,60

20 Mars

Taux objectif des fonds fédéraux - G Taux de change euro / dollar (échelle inversée) - D -

Malheureusement la stratégie de la Fed recèle deux effets pervers. Le premier réside dans le retour inévitable de l’inflation dans les prochains mois. Néanmoins, une fois le risque déflationniste complètement détruit, la Fed pourra ensuite augmenter ses taux directeurs, de manière à éviter l’avènement d’une inflation trop forte. Ne l’oublions pas : l’inflation s’apparente au feu qu’il est toujours possible d’éteindre en augmentant les taux d’intérêt. En revanche, la déflation ressemble à l’eau et il est impossible de contrôler une inondation, il faut attendre qu’elle produise ses dégâts. Le Japon en sait quelque chose, cela fait quinze ans qu’il subit une déflation contre laquelle il est devenu complètement impuissant. Autrement dit, ce premier désavantage est à la fois nécessaire pour éviter le pire (c’est-à-dire la déflation) et contrôlable à moyen terme. Tel n’est malheureusement pas le cas du deuxième effet pervers En effet, en faisant baisser le dollar et augmenter excessivement l’euro, la politique de la Fed, il est vrai non suivie par celle de la BCE, contribue à affaiblir encore plus une économie eurolandaise déjà très fragilisée. Or, comme l’a d’ailleurs rappelé dernièrement Barack Obama, les Etats-Unis ont aussi besoin d’une Europe en croissance pour se redresser durablement. Il n’est donc pas dans l’intérêt de l’Oncle Sam d’aller trop loin dans la baisse du dollar.

Taux d'intérêt à 10 ans
Etats-Unis Allemagne

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Voilà pourquoi, si nous pensons que les politiques monétaire, budgétaire et de change de la zone euro ne sont pas assez accommodantes, nous estimons que celles des Etats-Unis le sont trop, en particulier sur le volet monétaire. Nous retrouvons là le syndrome du « fauteur ». En effet, pour s’excuser d’avoir trop augmenté ses taux directeurs en 2006 et de ne pas les avoir baissé dès le début 2007, sans parler d’avoir laissé faire faillite Lehman Brothers sans avoir sécurisé le périmètre (certes sous les ordres d’Henry Paulson), Ben Bernanke va aujourd’hui trop loin dans le sens inverse. A quelques jours du G20, il faudrait donc vraiment que les dirigeants eurolandais et américains se mettent enfin d’accord sur un véritable policy mix. Ce dernier ne

consistera pas uniquement dans une union de la politique monétaire et budgétaire, mais aussi dans un mixe des dosages : un peu de BCE et peu de Fed permettra d’obtenir l’élixir optimal du « ni trop chaud, ni trop froid ». Dans ce cadre, après la nouvelle vague baissière qu’il est logiquement en train de connaître, le dollar pourra reprendre le chemin de la hausse et revenir d’ici l’automne 2009 vers un niveau optimal de 1,15 dollar pour un euro, qui, rappelons-le, est le niveau idéal pour consolider la croissance américaine sans pénaliser celle de la zone euro. Marc Touati

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Les évènements à suivre du 23 au 27 mars : Toujours difficile, mais de moins en moins
Aux Etats-Unis, on suivra les dépenses des ménages américains qui augmenteront alors que leurs revenus stagneront. Cette semaine nous fournira également les chiffres des commandes de biens durables de février qui continuent de baisser mais à un rythme moins soutenu que le mois précédent. Enfin, nous aurons la confirmation de la forte dégradation du PIB au quatrième trimestre 2008 en rythme annualisé. Dans la zone euro, on suivra l’indice PMI des directeurs d’achats qui restera faible mais stable à l’instar de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne. Enfin, en France les soldes sont terminées et les dépenses des consommateurs reprennent le chemin de la baisse. Mardi 24 mars, 08h45 (heure de Paris) : la consommation française retrouve le chemin de la baisse en février. Après un « coup de pompe » en décembre et malgré le pessimisme ambiant, les ménages français s’étaient particulièrement distingués en janvier en reprenant le chemin d’une consommation soutenue avec une hausse de 1,8% de leurs dépenses en produits manufacturés. En glissement annuel, la consommation des ménages était également repassée en territoire positif avec une croissance de 1,8%. Cependant cette « fièvre acheteuse » ne sera que de courte durée. En effet, la fin des soldes et la hausse des prix du mois de février (+ 0,4%) auront raison de la résistance des ménages français dont le consommation devrait baisser de 0,3% en février et afficher une croissance nulle en glissement annuel. En fait, la consommation devrait même connaître une traversée du désert jusqu'à l’été prochain sans pour autant s’écrouler, retrouvant la voie d’une hausse plus vigoureuse pour les soldes d’été. Mardi 24 mars, 10h : l’indice PMI des directeurs d’achat dans l’industrie manufacturière de la zone euro demeurera faible mais se stabilisera en mars. Après avoir reculé à un plus bas et atteint 33,5 en février, l’indice PMI des directeurs d’achat dans l’industrie manufacturière de la zone euro devrait se stabiliser au niveau de 34 en mars. Face à l’importante dégradation de l’environnement économique, cet indice semble avoir atteint un point bas, très nettement sous le niveau des 50, reflétant une contraction marquée de l’activité. Pour sa part, l’indicateur des directeurs d’achats dans les services augmentera très légèrement au niveau de 41. Mercredi 25 mars, 10h : l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne qui semble avoir touché le fond devrait se stabiliser en mars. Après atteint un plus bas historique depuis 1991 à 82,6 au mois de février, l’indice IFO de la confiance des entrepreneurs en Allemagne devrait se stabiliser au mois de mars. En effet, bien que l’Allemagne soit largement dépendante de ses exportations face à une demande mondiale atone pesant sur la confiance des entrepreneurs, cet indice qui semble avoir touché le fond devrait demeurer stable au niveau de 83. Mercredi 25 mars, 13h30 : les commandes de biens durables reculerons encore aux Etats-Unis en février. Après avoir atteint un plus bas depuis 2006 en octobre à - 8,5% et après avoir chuté de 5,2% au mois de janvier, les commandes de biens durables aux Etats-Unis ne reculeront que de 0,5% au mois de février. Les commandes hors transport qui ont baissé de 2,5% en janvier ne baisseront également que de 0,5% en février. Les commandes de biens durables aux Etats-Unis demeureront sur une tendance baissière du fait du ralentissement de la demande mondiale et de la crise du crédit mais devraient reprendre des couleurs à partir de cet été via les effets de la relance. Jeudi 26 mars, 13h30 : la forte chute du PIB américain se confirme. Le credit crunch, l’effondrement de l’immobilier et du secteur automobile affectent durablement l’économie américaine, pénalisant l’emploi, la consommation des ménages ainsi que l’investissement des entreprises. De fait, les principales composantes du PIB américain sont durement affectées et la chute de 6,2% du PIB américain au quatrième trimestre (rythme annualisé) se confirmera. Il faudra donc attendre le deuxième trimestre 2009 pour retrouver une variation positive du PIB américain. Vendredi 27 mars, 13h30 : les revenus des ménages américains stagnent mais leurs dépenses augmentent en février. Après avoir chuté de 0,2% en décembre et alors que l’on attendait une autre baisse, les revenus des ménages américains ont affiché une hausse de 0,4% en janvier. Toutefois, l’embellie n’aura été que de courte durée et les revenus des ménages américains n’augmenteront plus en février sans pour autant reculer puisqu’il afficheront une croissance nulle, principalement du fait des destructions d’emploi qui demeurent élevées (651 000 dans le secteur non agricole au mois de février). Parallèlement, les dépenses des ménages en hausse de 0,6% en janvier augmenteront encore de 0,4% en février, toujours sous l’effet de la hausse des prix (0,4 % en février après une hausse de 0,3% en janvier) et de la résistance des ventes au détail.

Jérôme Boué

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Calendrier complet des statistiques et évènements de la semaine :

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Chiffres de la semaine du 16 au 20 mars

Indices S&P 500 DJ 600 Eurostoxx 50 CAC 40 DAX (XETRA) FTSE 100 TOPIX NIKKEI BOVESPA - Brésil MICEX - Russie SENSEX - Inde SHANGAI Composite - Chine HANG SENG - Hong Kong

cours de clôture vendredi 13 mars 756,55 168,57 1 969,52 2 705,63 3 953,60 3 753,68 724,30 7 569,28 39 015,37 749,29 8 756,61 2 128,85 12 525,80 cours de clôture vendredi 13 mars 929,75 44,36 cours de clôture vendredi 13 mars 1,2928 126,65 0,924 1,532 97,95 1,4002

cours 12h00 vendredi 20 mars 784,04 170,91 2 025,93 2 757,35 4 039,51 3 795,81 764,77 7 945,96 40 453,43 780,19 8 966,68 2 281,09 12 833,51 cours 12h00 vendredi 20 mars 953,5 49,04 cours 12h00 vendredi 20 mars 1,356827 129,461 0,9389 1,5272 95,41 1,4451

% Chg semaine 3,63% 1,39% 2,86% 1,91% 2,17% 1,12% 5,59% 4,98% 3,69% 4,12% 2,40% 7,15% 2,46% % Chg semaine 2,55% 10,55% % Chg semaine 4,95% 2,22% 1,61% -0,31% -2,59% 3,21%

% Chg Ytd -13,20% -13,84% -17,23% -14,31% -16,02% -14,40% -11,00% -10,31% 7,73% 25,93% -7,06% 25,28% -10,80%

Matières premières Or $/oz Brent $/b

% Chg Ytd 8,10% 17,43%

Devises EUR/USD EUR/JPY EUR/GBP EUR/CHF USD/JPY GBP/USD

% Chg Ytd -2,89% -2,13% 1,70% -2,24% -5,00% -0,97%

Taux

cours de clôture vendredi 13 mars

cours 12h00 vendredi 20 mars

USA
Directeurs (US Fed Funds) JJ 3 mois 10 ans Directeurs (Refi) JJ 3 mois 10 ans (German Bund rate) Directeurs (Overnight) 3 mois 10 ans 0,24% 1,32% 0,70% 0,67% 3,06% 0,05% 0,19% 2,89% 0-0,25% 0,15% 0,19% 2,57% 1,50% 0,70% 0,62% 3,03% 0,10% 0,26% 1,27%
Source : Bloomberg

Zone euro

Japon

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Synthèse sectorielle de la semaine
DJ Stoxx 600 Performances sectorielles sur les 5 derniers jours (20/03/09)

15 13 11 Banks 9 7 5 3 1 -1 DJ STOXX 600 -3 Hea Care -5 Indus Gd Pr &Ho Gd Fd&Bvr Fin Svcs Insur

Util

Cns&Mat Media Trv&Lsr Bas Res Chem Tech Telecom Oil&Gas Aut&Prt

Retail

Source : Bloomberg

Performances sectorielles depuis le début d’année (20/03/09)
5 Bas Res 0 Retail Oil&Gas Tech -10 Media Chem Pr &Ho Gd Telecom Indus Gd Trv&Lsr DJ STOXX 600 Fin Svcs Fd&Bvr Aut&Prt Hea Care Cns&Mat Util -25 Insur

-5

-15

-20 Banks

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Source : Bloomberg

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Calendrier des publications et versements de dividendes
Résultats
lundi 23 mars

Dividendes
Synthes (CHF 1.10) /

Évènements

mardi 24 mars

Banco Popolare / Deutsche Bank / Metro AG / Swiss Life

Hochtief / TUI Travel / TUI AG / Inditex / Scottish & Southern Aviva (GBp 22,12222) / B Sky B DSM AGM / UK real estate Energy trading statement / (GBp 8,333333) / Intercontinental mercredi 25 mars conf at Merrill Lynch Sainsbury trading statement / Hotel Group (GBp 22,44444) Nizhnekamskneftekhim / A2a / Legal & General jeudi 26 mars Cimport cimentos / H&M / Kingfisher / Premier Oil / Salzgitter Geithner revamp testify of rules

vendredi 27 mars Wendel

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Rappel de nos prévisions macro-économiques et financières.

Croissance du PIB en volume 2006 Etats-Unis Japon Euroland Allemagne France Italie Espagne Royaume-Uni Monde 2,9 2,4 2,8 2,9 2,2 1,9 3,8 2,8 5,1 2007 2,0 2,1 2,7 2,5 1,9 1,7 3,8 3,1 5,0 2008 1,1 -0,7 0,7 1,0 0,7 -1,0 1,1 0,7 2,9 2009 -0,4 -1,5 -1,0 -0,9 -0,6 -1,1 -0,8 -0,5 1,4 2006 3,2 0,1 2,2 1,8 1,9 2,2 3,6 2,3

Inflation en moyenne annuelle 2007 2,9 0,5 2,1 2,1 1,6 2,2 3,2 2,3 2008 3,8 1,2 3,3 2,6 2,8 3,2 3,5 4,0 2009 0,5 -0,2 0,9 0,7 0,5 1,3 1,3 0,9 2006 4,6 4,1 7,9 10,8 8,8 6,8 8,6 5,5

Taux de chômage en moyenne annuelle 2007 4,6 3,9 7,4 9,0 8,0 6,2 8,3 5,4 2008 5,8 4,1 7,4 7,8 7,5 6,9 10,5 5,6 2009 8,0 4,8 8,7 8,8 8,6 8,5 14,0 7,5

Taux d'intérêt directeurs 20 Mars Etats-Unis Euroland Royaume-Uni Japon 0-0,25 1,50 0,50 0,10 à 3 mois à 6 mois 0-0,25 1,00 0,50 0,10 0,50 1,00 0,50 0,10 à 1 an 1,50 1,00 1,00 0,10

Taux d'intérêt des obligations d'Etat à 10 ans 20 Mars* Etats-Unis Euroland Royaume-Uni Japon 2,58 3,00 3,01 1,27 à 3 mois à 6 mois 2,90 3,50 3,90 1,40 3,20 3,90 4,00 1,50 à 1 an 3,90 4,10 4,10 1,70

Taux de change 20 Mars* EUR/USD USD/JPY EUR/JPY EUR/GBP 1,3615 95,4 129,9 0,94 à 3 mois à 6 mois 1,28 95 121,6 0,92 1,20 110 132,0 0,88 à 1 an 1,15 115 132,3 0,83 Dow Jones Nikkei Cac 40 Euro Stoxx 50

Bourses internationales 20 Mars* 7 457 7 945 2 748 2 047 à 3 mois à 6 mois 8 500 8 700 3 100 2 300 9 500 9 200 3 500 2 500 à 1 an 10 500 10 300 4 000 2 800

* Niveau à 15h10 (heure de Paris)

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23, rue Balzac– 75008 Paris - France Standard: + 33 (0) 1 444 333 00 – Fax : + 33 (0) 1 70 70 19 19

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Etudes économiques et financières
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