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N°0- Mars 2009 - 3,5 €

Le mensuel de l’écologie et des solidarités en Nord-Pas-de-Calais

atelier

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l’association babelle, qui sommes-nous?

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N°0- Avril 2009 - 3,5 €

Le mensuel de l’écologie et des solidarités en Nord-Pas-de-Calais

Babelle est une association multimédia, créée pour promouvoir la défense de l’environnement, la solidarité, l’éducation populaire, la citoyenneté et l’accès à la culture en Nord-Pas-de-Calais. L’objectif de Babelle est de chercher ensemble localement des pistes d’action, pour préserver notre environnement, notre santé, notre alimentation, nos droits et ceux des plus démunis... Pour cela, Babelle vous propose : • un magazine mensuel papier,

Edité par l’association Babelle 10, place de la Nouvelle Aventure - 59000 Lille www.babelle.org 06 12 50 45 22 Directeur de publication : Onsaitpasencore onsaitpasencore@qqch.fr Rédaction : Zoé Busca zoe.busca@laposte.net Florent Dupuis metaflo@hotmail.com Stéphane Crocquey Mathilde Fassin Annette Borrmann Olivier Verstraete Responsable photographies : Léna Laurent-Perrin Lena_marie@hotmail.fr Conception site Internet, webmasters : Alban Duponcheel, Éric Clairiot Rémi Mélisson Conception couv’ et maquette : Yves Sécher Mise en page : Zoé Busca, Sophie Maitrejean Yves Sécher Impression :

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• l’émission de radio « Babelle », tous les mardis de 19h30 à 20h30, sur les ondes de RCV, 99 FM, • un site Internet, www.babelle.org (abonnements en ligne, archives en accès libre...)

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Le journal est imprimé sur du papier recyclé blanchi sans chlore, avec des encres semivégétales, par un imprimeur inscrit dans une démarche sociale (Scop) et environnementale, ayant reçu le label Imprim’vert.

• Babelle entend vivre d’abord et avant tout de ses lecteurs. Nous nous engageons donc à ne pas conditionner notre survie financière aux recettes publicitaires. Notre indépendance économique et notre liberté rédactionnelle ne peuvent ainsi être compromises. • Les annonceurs s’engagent quant à eux à respecter une charte éthique (consultable sur notre site Internet www.babelle.org). Cette charte garantit les bonnes pratiques sociales et environnementales de l’annonceur et le contenu de la publicité elle-même. Beaucoup des entreprises et associations que vous trouverez dans ces pages travaillent d’ailleurs dans le domaine de l’économie sociale et solidaire et contribuent à changer le monde…

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édito
Crise ! Oui, c’est la crise ! Difficile de passer à côté ! D’une part, les médias nous en rebattent les oreilles, d’autre part, chacun, à son petit niveau, en subit les effets : suppressions d’emplois, précarisation des salariés, surendettement, hausse des loyers… Car les dérives d’une économie mondiale dérégulée, où règnent le «  chacun pour soi » et l’immoralité, finissent toujours par se répercuter sur les populations… Quand la crise de la finance devient crise sociale… A cela s’ajoutent malheureusement deux autres phénomènes tout aussi inquiétants : une crise écologique au niveau mondial et, en France, une crise démocratique... La première s’illustre notamment par le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité, la dévastation des agricultures vivrières… Et la deuxième par la suppression juge d’instruction, la tentative de limiter le droit d’amendement des députés, la nomination du président de France Télévision par le Président etc. ET POURTANT... Les discours alarmistes ne doivent pas occulter pour autant les nombreuses solutions et initiatives qui permettent de faire face à ces différentes crises ! Celles-ci sont portées au quotidien par des individus, des associations, des collectivités, des entreprises, défendant une autre conception de la société et de l’économie, une conception qui remet l’Homme et son environnement au cœur du système. Ces initiatives, méconnues, souvent boudées des médias, sont pourtant exemplaires et porteuses d’espoir. Elles devraient ainsi trouver dans nos colonnes la place qu’elles méritent. Nous chercherons notamment, dans la mesure du possible, le pendant « positif » de chacun des thèmes graves abordés dans le journal. La tâche s’avère d’ailleurs aisée dans le Nord-Pas-de-Calais, région particulièrement riche de ses acteurs de la citoyenneté, du développement durable, de l’éducation populaire, de la culture et des solidarités. La région compte ainsi grand nombre d’associations de réinsertion, d’entreprises éco-responsables, de groupes d’entraide, de jardins partagés, d’agriculteurs bio etc. Par ces initiatives citoyennes, nous voulons montrer qu’une autre économie est possible, à la fois respectueuse de l’Homme et de l’environnement. Et que cette économie est créatrice d’emplois ! Le président des Etats-Unis, Barak Obama, par exemple, n’a-t-il pas annoncé qu’il ferait des énergies renouvelables l’un des moteurs de son plan de relance, permettant ainsi la création de 460  000 emplois ? (Le Monde, 28 janvier 2009) Quand les 55 000 habitants de la région dont le travail dépend de près ou de loin de l’industrie automobile tremblent pour leur avenir, ne faudrait-il pas MAINTENANT envisager d’autres activités pendant qu’il est encore temps d’y former ces salariés ? Les travailleurs - et la Nature ! - ne gagneraient-ils pas au développement du «  secteur cycliste  » (vélos électriques, vélos pliants…) ? De l’agriculture biologique (qui nécessite plus de main-d’œuvre que l’intensive) ? Des transports doux ? Des entreprises d’isolation des bâtiments (secteur qui manque encore de professionnels) ? D’autant qu’avec l’effondrement de nos modèles économiques, la fin du pétrole et les dérèglements du climat, d’autres chemins ne sont plus seulement « possibles », mais « inévitables » !

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Fin de la trêve hivernale, début des expulsions
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réquisitions au supermarché solidaires
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lancer son activité en couveuse... À Petits Pas
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un lifting pour les vieux meubles !
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Déchets : le conte à rebours c’est à vous
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atelier enfants : fabriquer un arbre à pub
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Cuisine : la fraicheur de l’endive
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agenda Courrier dossier

objet du mois
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transports en commun Ch’ti Vélo autopartage ter et intermodalité

Comment se passer de la voiture au quotidien ?
culture
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interview : le Ministère des affaires populaires
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livre : 186 marches vers les nuages de Joseph bialot

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Chaque année, aux alentours du 15 mars, associations et habitants manifestent pour défendre le droit au logement.
© Zoé Busca

Fin de la trêve hivernale, les expulsions reprennent
Le 15 mars a sonné la fin de la trêve hivernale. Les expulsions, interdites en hiver, repartent alors en toute légalité, mettant parfois des familles entières à la rue, sans solution de relogement. Comme si le printemps rendait leur situation moins dramatique...
arie-Noëlle Jodry s’en souvient comme si c’était hier. Le 19 mars 2008, à 6h du matin, des cars de policiers se sont rendus chez elle à Tourcoing. À coups de bélier, ils ont défoncé sa porte. Avec des bombes lacrymogènes, ils ont aveuglé ses trois enfants et sa mère, tandis que c’est sous les matraques qu’est sorti son mari, qui a ensuite passé quarante-huit heures en garde-à-vue. C’était le jour de la fin de la trêve hivernale. Tous les ans, du 1er  novembre au 15 mars environ, les propriétaires ont l’interdiction d’expulser leurs locataires, quelle que soit leur situation. C’est la trêve

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hivernale. « Il fut une époque où c’était des mois plus calmes pour les associations d’aide au logement » explique Monsieur Bizet de la DASI de Lille (Direction de l’action sociale et de l’insertion). « Mais les procédures sont tellement longues que maintenant les propriétaires envoient les commandements de quitter les lieux pendant les mois hivernaux pour qu’ils soient effectifs dès la fin de la trêve. » La préfecture signale alors à la DASI les assignations envoyées par les huissiers. Une assistante sociale prend ainsi contact avec les habitants concernés pour étudier ensemble une solution, soit de résorption des dettes, soit de relogement. Marie-Noëlle Jodry, elle, a été relogée dans un hébergement d’urgence grâce au PACT Métropole Nord, un réseau associatif qui lutte pour une offre de logement à loyer maîtrisé et

contre l’insalubrité. Le PACT lui a obtenu un studio de 26 m2, dans lequel ils ont vécu à cinq pendant des mois. Ce n’est qu’en janvier 2009 qu’ils se sont réinstallés dans une maison plus confortable, à Neuville-en-Ferrain. «  C’est un grand soulagement  : à deux jours près on me prenait mes gosses, je ne l’aurais pas supporté. Surtout qu’une fois qu’ils sont placés, c’est super dur de les récupérer.  » Marie-Noëlle Jodry est désormais bénévole au DAL, l’association pour le droit au logement. le Dal, association de revendications Le principe du DAL est de faire participer les personnes qui sont elles-mêmes dans les démarches. «  C’est important de donner de la voix à une personne qui n’en a plus  », raconte Philippe Deltombe, le président du DAL Nord-Pas-de-Calais. «  Les

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actualité
familles en difficulté doivent être mises sur le devant de la scène, visibles dans notre action. Elles participent à la mobilisation  ». Il ne s’agit pas seulement d’accompagnement comme la DASI ou OSLO (l’Organisme social du logement), mais de propositions et de revendications. 66 % de relogements au Dal Pour 2008, le DAL est parvenu à une solution de relogement pour 66  % des dossiers. Les 34  % restants ne sont pas des échecs, mais des procédures encore en cours. De nouveaux dossiers arrivent toutes les semaines. En janvier, il n’y en a eu que quelques-uns. Mais fin février, les nouveaux venus affluent. «  Dans 60  % des cas en gros, les gens ne viennent à nous qu’une fois qu’ils sont expulsés. Avant, ils pratiquent la politique de l’autruche. Si le facteur passe en leur absence, ils ne vont même pas chercher leur avis d’expulsion à la mairie », soupire Patrick Everaert, administrateur du DAL. « Ils ont trop peur d’affronter la réalité. » Pourtant, plus on s’y prend tôt, plus il est possible d’agir. La loi permet par exemple de résoudre ses dettes en vingtquatre mensualités ou bien de saisir le fonds d’aide au logement, qui peut rembourser le bailleur. Mais si on laisse se gangréner la situation, les possibilités s’amenuisent. Des chiffres qui explosent Il faut dire que les attributions de logement sont particulièrement difficiles et les délais anormalement longs dans l’agglomération lilloise. De plus, les chiffres augmentent chaque année. En 2008, le nombre d’expulsions sur le secteur de la communauté urbaine de Lille a augmenté de plus de 300  % par rapport à 2007, portant à près de 600 le nombre de personnes mises dehors. Cette année, plus de quarante expulsions sont prévues au 16 mars pour la sous-préfecture de Dunkerque, soit le double de l’an dernier. Au DAL de Lille, trentesix dossiers sont aujourd’hui en cours... «  Les personnes qui sont expulsées de chez elles sont ensuite marquées au fer rouge », explique Philippe Deltombe. «  Personne ne veut les reloger. Nous, nous sommes contre l’expulsion sans relogement. Mettre les gens à la rue ce n’est pas une solution. » Selon le président du DAL, des dizaines de milliers de logements sont pourtant vacants dans la région. L’association exige donc l’application de la loi de réquisition, qui permet en théorie aux pouvoirs publics de réquisitionner des bâtiments vides pour reloger des gens. «  Ce ne sont peut-être pas des situations pérennes, les gens veulent un chez eux. Mais ça permettrait de réduire dans l’urgence le nombre de demandes. » Pour illustrer leurs revendications, les membres du DAL ont ainsi récemment tenté d’occuper un immeuble vide près de la préfecture, avant d’en être délogés par les policiers...
Mathilde Fassin
DAL Nord-Pas-de-Calais Permanence le mercredi de 17h à 20h, 68, rue du Marché, 59 000 Lille 03 20 14 35 12 (d’autres permanences à Dunkerque, Oignies, Douai, Lens, Wingles, Méricourt) http://dalnpdc.org dalnpdc@neuf.fr

le logement en chiffres
• En France, plus de 3 millions de personnes sont sans logement ou très mal logées. • 81 476 demandeurs de logement social dans le Nord début septembre 2008. • 314 000 logements sociaux dans le Nord-Pas-de-Calais. • 4 068 décisions d’expulsion locative pour impayé de loyer prononcées dans le Nord en 2007. • Plus de 600 expulsions sur le secteur de la communauté urbaine de Lille en 2008, soit une hausse de 311 % par rapport à 2007.

Droit au logement opposable
Il y a eu plus de 600 expulsions sur la communauté urbaine de Lille en 2008.
© Babouse

Depuis le 1er janvier 2008, la loi DALO autorise toute personne relevant des publics dits prioritaires et ne pouvant accéder à un logement (ou s’y maintenir) par ses propres moyens à saisir la Commission départementale de Médiation. Après avis favorable de la Commission, si la personne n’obtient toujours pas de logement au bout de six mois, elle peut depuis le 1er décembre 2008 saisir le tribunal administratif. Fin août 2008, la Commission de Médiation du Nord avait reçu 1 273 dossiers DALO. En décembre, seuls 491 avaient été examinés : 148 décisions favorables ont été prononcées, ne donnant lieu qu’à 90 relogements effectifs... Il reste ainsi difficile de mettre en application la décision (les capacités d’accueil du contingent préfectoral étant limitées). Et ce, sans compter le manque d’information : en septembre 2008, seulement 40 000 personnes ont eu recours à la loi DALO en France, alors que 600 000 personnes pouvaient y prétendre.

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réquisitions au supermarché
Face à la précarité et à la cherté de la vie, On ne sortira pas sans les vivres. les opérations de réquisition se multiplient dans les supermarchés.L’un d’entre nous a participé ils ont plié comme ça en 68 ! à celle lancée par des précaires Pendant ce temps, les clients à Lille le 29 janvier. du magasin discutent avec nous,

L’opération de réquisition du 29 janvier a échouée, mais le message est passé auprès des clients du supermarché Match. © DR

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ous sommes une dizaine, ce jeudi-là, par groupes de deux ou trois dans le supermarché Match de la rue Solférino. Allant d’un rayon à l’autre, emplissant nos caddies® de denrées de première nécessité. D’abord un peu timides, les militants précaires osent peu à peu amonceler quantité et qualité.

« Face à la précarité et au chômage : Réquisition et Partage ! »

© DR

Consulter à ce sujet l’article « Monoprix encaisse mal les réquisitions . Politis n°1037 du 29 janvier – 4 février 2009.
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Prendre pour les pauvres La grande distribution exploite les producteurs et les travailleurs tout en maintenant des prix élevés. On allait donc se servir. Bloquer toutes les caisses du magasin avec des caddies® pleins et ne partir qu’avec eux, sans payer. Puis tout redistribuer, dans un Pôle emploi, sur un camp de Roms, dans la rue pour des SDF et des sans-papiers. En temps de crise, prendre aux riches pour donner aux pauvres. Ce type d’action avait fleuri dans diverses villes de France à l’occasion des fêtes de fin d’année(1). Alors pourquoi pas à Lille ? Tous les caddies® arrivent aux caisses tandis qu’une trentaine d’autres militants entrent dans le supermarché, brandissant des banderoles. Plus personne ne paie. Les gens peuvent sortir, pas les marchandises. L’agent de sécurité est dépassé. On réclame le directeur avec lequel plusieurs

militants discutent longuement. magasin, et la marchandise c’est sacré. Nous, nous ne sommes pas sacrés, alors les policiers font leur entrée, nous repoussant sans ménagement de l’autre côté des plus intéressés qu’agacés par le caisses et nous obligent à nous contretemps. «  Je dois retourner aligner contre un mur. « Tu crois au boulot. Bon, tant pis, je ferai qu’ils vont nous embarquer  ?  » mes courses ce soir.  » Une per- «  Il faudrait qu’ils appellent du sonne âgée nous soutient : « Vous renfort. Et puis on n’a rien fait avez bien raison  ! Nous c’est par d’illégal. » des actions comme ça qu’on les a Deux personnes en civil pasfait plier en 68 ! » sent devant nous avec une caméCertains, pressés, sortent du ra, filmant bien chacun de nos supermarché sans leurs achats. visages. Merveilleuse technoloD’autres, intéressés, restent pour gie au service du fichage. Cervoir ce qu’il va se passer. On dis- tains militants tirent la langue, tribue quelques tracts : « Face à d’autres se dissimulent derrière la précarité et au chômage  : Ré- écharpes et capuches, tous chanquisition et Partage ! », « Seule la tent les slogans. Les policiers lutte paye ! » nous pressent les uns contre C’est d’abord l’attente, meublée les autres, distribuant quelques par quelques chants et slogans : coups. Rien de bien grave, mais « Tout est à nous »; « Rien n’est à rien de bien nécessaire non plus. eux »; « Tout ce qu’ils ont, ils l’ont Juste de quoi nous montrer qui volé ! »; « Partage des richesses ! »; est le bras armé de la loi et de la Puis la police arrive. Un officier justice. vient nous voir : « Vous devriez sortir, ce que vous faites c’est du Police du capital... vol et le vol c’est puni par la loi. » Puis la décision est prise  : Nous annonçons notre intention tout le monde dehors. On nous de ne pas sortir sans les vivres pousse, on nous presse, on nous tout en rappelant qu’au lieu de bouscule jusqu’à l’extérieur. Les passer en force, ce qui aurait ef- policiers forment un cordon defectivement constitué un délit, vant l’entrée. Plus possible pour nous avons choisi la négociation. quiconque d’entrer. Nos caddies® Ça commence quand même à sont restés dedans. Quelques sentir mauvais pour nous. Les curieux s’approchent. Les miquelques familles ayant parti- litants ont un nouveau slogan : cipé à l’action sortent lorsque « Police nationale ! Police du cales clients et le personnel sont pital ! » La réquisition a échoué. évacués. On craint d’abord que On n’aura pas fait la redistribula police utilise des gaz lacry- tion. Et la force seule a répondu mogènes. Mais ça risquerait de aux revendications des précaires. détériorer les produits frais du F. D.

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en bref
29 janvier : rêve général

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quand l’extrême-droite se réunit à arras...
« Nous n’avions pas les moyens de refuser. Pour l’interdire, il faut qu’il y ait des troubles graves à l’ordre public », se justifiait dans la Voix du Nord Jean-Marie Vanlerenberghe, le maire d’Arras quant à la tenue dans sa ville de la convention du Front national pour le lancement de la campagne des européennes. Les 14 et 15 mars, Arras a ainsi vu défiler des représentants des extrêmes-droites d’Europe : du Vlaams Belang de Belgique à la Ligue du Nord d’Italie… Tous ces charmants gais-lurons se sont rassemblés au Casino, une salle louée par la mairie, apparemment sans débat préalable au conseil municipal. Outre une petite manifestation le vendredi et une le dimanche, près de 1 000 manifestants ont néanmoins protesté samedi 14 mars contre la présence de l’extrêmedroite à Arras, à l’appel notamment des syndicats, des Verts et du NPA. Parmi les manifestants, le même Jean-Marie Vanlerenberghe... sans doute venu ménager la chèvre et la rangers !

Le 29 janvier dernier, 2,5 millions de personnes manifestaient en France contre la politique sociale et économique du gouvernement. Ils étaient environ 30 000 à Lille et 25 000 dans les autres villes de la région : personnels des hôpitaux, ouvriers de la métallurgie, enseignants-chercheurs, étudiants et parents d’élèves, salariés associatifs, magistrats... Mais, tous ceux qui défilaient notamment contre la précarisation des travailleurs et la casse des services publics ont-ils vraiment

été entendus ? On en doute, quand la seule proposition de Nicolas Sarkozy qu’on aura retenue au cours de son intervention télévisée post-manifestation est celle de la suppression de la taxe professionnelle ! Mesure qui ne profitera encore qu’aux grands patrons et pénalisera toutes les communes françaises qui en dépendent financièrement... et par là-même tous les citoyens de ces communes ! Rendez-vous le 19 mars pour une nouvelle mobilisation !

Les salariés des hôpitaux protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail, phénomène qui compromet aussi la prise en charge des patients
© Zoé Busca

oGM : présumés innocents

Cadeau aux casseurs d’emplois
D’un côté, la crise financière avec des milliards qui disparaissent (Madoff et cie), de l’autre des plans de relance avec des milliards de fonds publics tirés du chapeau... Hier pour les banques, aujourd’hui pour l’industrie automobile ! Le Président de la République a ainsi annoncé un prêt de l’Etat de 6,5 milliards d’euros pour l’industrie automobile : 3 milliards pour Renault, 3 milliards pour PSA et 500 millions pour Renault Trucks. Ce que le Président n’a pas annoncé, c’est qu’en septembre dernier, Renault avait déjà prévu 5 000 suppressions de postes (dont 4 000 en France), alors que son bénéfice pour 2008 est quand même de 599 millions d’euros... Quant à PSA, le groupe s’attend à 11 000 départs volontaires et départs à la retraite pour 2009. Mais attention, dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pas de « licenciements », puisque le contrat de prêt avec l’Etat prescrit les licenciements ! On en rirait presque... jaune !

L’Agence française de sécurité des aliments (AFSA) vient de s’asseoir sur le principe de précaution en affirmant que s’il n’y a pas de preuves que le maïs transgénique Mon810 est dangereux, c’est qu’il n’est pas dangereux ! Sans doute qu’en 1985, les mêmes « scientifiques » auraient affirmé que la centrale de Tchernobyl n’était pas dangereuse puisqu’il n’y avait pas de preuves de la catastrophe de 1986...

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solidaires

Benoît Boulnois oriente et conseille les porteurs de projets
© Stéphane Crocquey

À P e t i t s PA S 16, Route de Caniers 62310 Ruisseauville 03 21 41 70 07 w w w. a p e t i t s p a s . n e t equipe@apetitspas. net

lancer son activité en couveuse avec À Petit Pas
Benoît Boulnois est le coordinateur de la couveuse d’activités À Petits PAS, son rôle est celui d’un passeur, il oriente et conseille les porteurs de projet sur le chemin parfois accidenté, souvent sinueux, de la création d’entreprise.
Depuis quand la couveuse d’À Petits PAS existe t-elle ? Nous avons créé la couveuse il y a un peu plus de trois ans, dans le courant de l’année 2005. Pourquoi et dans quel contexte a t-elle été créée ? Avec d’autres opérateurs ruraux, et notamment l’Afip Nord-Pas-de-Calais, nous avons pu bénéficier d’un programme d’échanges européen et national sur les espaces tests en milieu rural. Nous avons pu découvrir et analyser comment, sur d’autres territoires, des réponses étaient apportées aux besoins de se tester, de se lancer dans un contexte sécurisé… Ici des terres, des bâtiments étaient mis à disposition, là-bas, on créait une couveuse à vocation agricole, ailleurs une coopérative solidaire… Nous avons choisi de créer une couveuse d’activités adossée à un domaine où les porteurs ont à leur disposition des dynamiques de réseau, un parcours individualisé, des bâtiments, des terres en bio… Quelle est la particularité de cette couveuse ? La coopération plutôt que la concurrence, la recherche d’un impact le plus faible possible sur l’environnement… sont deux des particularités les plus fortes. La primauté de la personne sur le profit nous permet d’inventer avec chaque porteur, pour chaque projet des solutions innovantes et adaptées : financements solidaires, prises en compte des besoins d’investissement durant le test… Nous n’hésitons pas à prendre tout le temps nécessaire à la création : les installations progressives sont parfois plus pérennes que celles précipitées. Combien de créateurs a-t elle déjà accueillis ? Quarante porteurs ont été accueillis, hébergés et accompagnés. À ce jour, une quinzaine de porteurs ont créé leur entreprise avec des statuts aussi divers que l’entreprise individuelle, la société ou l’entrepreneur-salarié. Tous les secteurs d’activité peuvent-ils aboutir ? Notre a priori est de croire aux chances de chaque nouveau projet. Notre propre expérience nous invite à penser que les projets innovants, prenant en compte les dimensions environnementales peuvent être viables et vivables pour les créateurs.

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Comment a été pensé et conçu le programme d’accompagnement ? Il articule des appuis renforcés individualisés et des propositions d’ateliers collectifs où se croisent des porteurs en montage de projet, des porteurs en test et des créateurs. Concrètement que proposezvous aux porteurs que vous accompagnez ? Les ateliers portent sur des thèmes tels que  : la communication, l’étude de marché, la créativité, la gestion du temps, les relations clients, le business plan… Les appuis renforcés sont réalisés par une experte comptable, des consultants en développement des entreprises solidaires, en développement personnel, en communication… Quelles sont les principales difficultés auxquelles doivent faire face les jeunes créateurs ? Comment répondez vous à leurs difficultés ? Nous tentons d’être le plus disponibles possibles pour non pas résoudre nous-mêmes les difficultés mais donner au porteur les capacités de les résoudre. Les difficultés sont inhérentes à la vie d’une activité. Nous attachons autant de place aux difficultés économiques qu’aux questions humaines. Si vous aviez un conseil à donner à un porteur de projet qui a décidé de se lancer, quel
À Petits PAS c’est : Une couveuse d’activité La couveuse d’activités Chrysalide accompagne des personnes qui souhaitent créer et tester leur activité en milieu rural. Le porteur de projet bénéficie : • d’un accompagnement renforcé durant une période de test • d’un appui administratif, comptable et logistique • d’un travail en autonomie dans un cadre collectif • d’un cadre économique, juridique et social pour se lancer Des terres agricoles en bio Des parcelles de terre en bio sont mises à disposition pour des personnes souhaitant tester un projet agricole (maraîchage, petits fruits, petits élevages...). Une pépinière d’activités Des espaces où des porteurs de projets peuvent installer et développer leur activité durant une période de lancement ou pour une durée plus longue.

De l’énergie à revendre
Une femme qui se fait une place dans le monde du bâtiment, c’est le défi relevé par Isabelle Merlot, un défi relevé tant et si bien, qu’aujourd’hui, elle a créé sa propre société : ADEL, Agence de diagnostic écologis.
Quelle est votre activité ? Je fais des bilans thermiques avant des travaux de rénovation, mais aussi du conseil en écoconstruction, de l’expertise thermographique, des études thermiques de construction neuve basse consommation. Quand et comment est né votre projet ? Mon projet a démarré depuis très longtemps dans ma petite tête et a ensuite pris forme en entrant dans la couveuse À Petits PAS. En quoi intégrer la couveuse À Petits PAS vous a aidé ? Cela m’a aidé à structurer mon envie. J’ai alors rangé mes idées dans les bons tiroirs et j’ai commencé à réfléchir comme un chef d’entreprise. À Petits PAS est tourné vers le développement durable et l’économie sociale et solidaire. Ce sont des valeurs importantes pour vous  ? Oui bien sûr  ! D’ailleurs, faire des bilans thermiques et mettre en place des solutions plus économiques et plus confortables, c’est aller dans le sens des valeurs du développement durable. Si on veut faire appel à vos compétences où peuton vous joindre ? Vous pouvez me joindre au 06 87 61 46 80. Quel conseil donneriez-vous à un porteur de projet qui débute ? Il est important de prendre son temps, de savoir écouter les autres, d’être capable de prendre du recul et puis surtout, il ne faut pas baisser les bras !

serait-il ?

Faites-vous accompagner  ! Le Conseil régional a initié un programme ambitieux pour accompagner la création et la reprise d’entreprises. Les facteurs de réussite sont aussi là pour les créateurs  : savoir s’entourer, s’investir dans des réseaux.
Propos recueillis par stéphane Crocquey

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La récupération de vieux meubles participe d’une démarche environnementale
© Zoé Busca

l’art de la récup’, des vieux meubles relookés
Isabelle et son fils Alexis redonnent vie à des meubles et objets oubliés, abandonnés, méprisés... L’ouverture de leur atelier à Flines-lez-Raches a permis à Alexis de travailler avec son handicap, l’autisme.
un cadre de travail adapté à son handicap. « Il lui faut un lieu de travail sans bruits extérieurs, et puis il doit pouvoir avancer à son rythme. Or, notre activité ne demande pas une cadence de production infernale », explique Isabelle. « Alexis a besoin de rendre un travail parfait…  » Alors, depuis trois mois, mère et fils s’attèlent à la récupération d’objets et meubles anciens, qu’ils vont ensuite retaper, relooker, customiser… pour en faire des objets de décoration, en vente sur Internet et à leur atelier de Flineslez-Raches (1). Caverne d’ali baba «  Ne faites pas attention à la poussière !  » s’inquiète Isabelle en essuyant furtivement un grand buffet rouge vif. «  On l’a entièrement poncé avant de le repeindre  », précise-t-elle en suivant mon regard. « Et cette chaise, là, c’est Alexis qui l’a décorée.  » Ladite chaise, ornée de perles de verre bleues, trône dans le magasin, voisinant une table basse recouverte de carreaux de faïence et une belle armoire en bois nu. Sur autre un meuble, d’anciennes fleurs de tissus semblent retrouver une nouvelle jeunesse… «  Je récupère la plupart des objets aux encombrants, ici à Flines, mais aussi à Douai, Orchies… C’est fou ce que les gens jettent ! Plein de choses à peine abîmées… Il y a aussi pas mal de gens qui m’amènent des meubles dont ils veulent se débarrasser ou qu’ils aimeraient qu’on leur retape. » Pour Isabelle, cette méthode permet à la fois de se passer de

a
(1)

Village sur la nationale entre Orchies et Douais.

u fond de l’atelier, le bruit de la ponceuse s’interrompt. Isabelle, grande femme blonde, la quarantaine, traverse le local pour m’accueillir dans la partie boutique du «  Tiroir à ID  ». A ses côtés, voici son jeune fils Alexis, directeur artistique de la petite entreprise familiale. Alexis est atteint d’autisme. La création de cet atelierbrocante en novembre dernier a permis à Isabelle de lui aménager

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qu’est-ce que l’autisme ?
«  L’autisme est sans doute le pire des handicaps, parce qu’il ne se voit pas, ne se remarque pas, n’est pas compris. Aujoud’hui, l’autisme est considéré comme un trouble du développement affectant les fonctions cérébrales. L’autisme empêche la personne qui en est atteinte d’organiser et de comprendre l’information transmise par ses sens. L’autisme provoque un repli sur soi et peut affecter gravement les interactions sociales. Les principaux symptômes de l’autisme sont : des déficits dans les interactions sociales réciproques, des déficits dans la communication verbale et non verbale et dans l’imagination, des activités et intérêts limités. Aujourd’hui encore, en raison du manque de diagnostic adéquat et de services adaptés, de nombreuses personnes atteintes d’autisme ne bénéficient pas d’une prise en charge adaptée à leurs besoins. L’expérience a pourtant démontré que le meilleur traitement pour les personnes autistes est une éducation précoce et spécialisée qui vise à rendre l’environnement plus accessible à la personne autiste et à combler les déficits particuliers de chacun. »
isabelle Cairoli-Dupuis

Le Tiroir à I.D 44, rue Emile Glineur 59148 Flines-lez-Raches 03 27 90 16 95 06 15 15 44 14 www.letiroiraid.com Ouverture magasin : Matin : mercredi, jeudi, vendredi et samedi Après- midi : tous les jours (même le dimanch e ) Ateliers de customisation : « Relookez vos objets chez nous et/ou avec nous » (2h, 15 €)

fournisseurs et de défendre son intérêt pour le développement durable. Quand la société de consommation nous pousse à nous débarrasser des choses qui semblent désuètes, nos deux as de la récup’ prouvent qu’on peut leur donner une nouvelle vie ! Protéger l’environnement D’ailleurs, dans ce même esprit, Alexis et Isabelle décapent les meubles le plus possible à la main et à la ponceuse, plutôt qu’avec des produits toxiques… «  J’ai toujours été très sensible à l’environnement. Je viens de la campagne et chez mes parents, on vivait «  bio  » bien avant que ce soit la mode ! »,

rapporte Isabelle. «  Il faut vraiment faire attention. Moi, j’ai déjà eu un cancer de la thyroïde – merci Tchernobyl  ! Et l’autisme d’Alexis pourrait également être lié à l’environnement… » Pour l’instant, le Tiroir à ID peine encore à attirer les visiteurs à Flines-lez-Raches, même si la commune a beaucoup soutenu le projet. Alexis est stagiaire et Isabelle ne se rémunère pas encore. Mais, à terme, l’objectif est à la fois de se salarier et de salarier d’autres jeunes autistes… Alors, pour asseoir sa renommée, le Tiroir pratique notamment des prix incroyablement bas ! Avis aux amateurs… Zoé busca
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© Zoé Busca

le conte à rebours des déchets N
’en jetez plus ! La pouLe conteur belle est pleine  ! Vieux Jean-Christophe Guérin jouets, vieux objets, change le regard des enfants sur les matériaux de bouts d’tissus et bouts d’ficelles… récupération par le biais de son association : On ne sait plus qu’en faire. Mais, Les Allumeurs de Réverbères. Jean-Christophe Guérin et les membres de l’association «  Les Allumeurs de Réverbères  » ont trouvé la solution : ils en font des contes ! Créée en 2002, l’association propose ainsi des ateliers de création couplés à des ateliers d’écriture, à destination des enfants. Le tout sous la houlette de JeanChristophe, ancien instituteur devenu animateur et conteur à plein-temps. temps, on reprend les personnages pour jouer une petite scène de théâtre », poursuit-il. « Avec leurs sculptures, ils imaginent un univers qu’on retranscrit en contes et en chansons ». Pour les Allumeurs de Réverbères, la démarche est citoyenne. D’abord, elle interpelle les enfants quant au respect de l’environnement, par le biais notamment de l’épineux problème des déchets. Ensuite, elle stimule leurs capacités de création et d’imagination pour répondre à ces problématiques. Dans ce même esprit, l’association organise également des spectacles et pratique le jardinage bio sur une parcelle de terrain à Villeneuved’Ascq. Quant à Jean-Christophe, guitare sous le bras et clins d’œil malins, il sillonne les écoles, centres sociaux et structures périscolaires de la région lilloise, continuant d’allumer «  les réverbères des chemins qui mènent au pays des rêves »…
Les Allumeurs de réverbères Jean-Christophe 06 17 71 34 97 allumeurs-de-reverberes@live.fr http://allumeur-de-reverberes.overblog.com

travailler l’imaginaire Dans un premier temps, il s’agit de fabriquer des objets farfelus à partir de matériaux de récupération. Reste alors à inventer une histoire pour donner vie aux personnages et décors ainsi obtenus. « Le côté « arts plastiques » n’a rien de révolutionnaire  », confie Jean-Christophe, «  mais ce qui m’intéresse, c’est de changer le regard des enfants sur ces matériaux de récupération pour faire travailler l’imaginaire ». Un parapluie sans manche, affublé de tasses ébréchées ou d’une tête de poupée pourra alors se transformer en héros de légende… « Ensuite, quand on a un peu de

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c’est à vous
Fabriquer un arbre à pub
Cette année, les Allumeurs de Réverbères ont participé à l’élaboration d’un ouvrage pour le « Kit Chorale 21 » des éditions Tin-Tal, un opus de jeux, CD-Rom et guides pédagogiques sur le développement durable, destiné aux animateurs et professionnels de l’enfance. Intitulé « Main Noire et Main Blanche », ce guide présente 7 « sculptures durables », accompagnées chacune d’une histoire sur le tri des ordures, le commerce équitable ou la défense de l’environnement… L’atelier que nous vous proposons est tiré de cet ouvrage !

enfants
editions tin-tal
01 39 49 09 42 courrier@tin-tal.fr www.tin-tal.fr www.chorale21.fr

l’Histoire
Un jour, Main Blanche croisa un petit oiseau perdu. Elle lui proposa de l’aider à retrouver son nid mais l’oiseau lui raconta que des tronçonneuses étaient venues abattre tous les arbres de la forêt. Depuis, il ne savait plus où aller. Main Blanche envoya Main Noire dans la benne à papiers la priant d’en ramener le plus possible et de toutes les couleurs, ainsi que du carton. Après avoir découpé et trié par coloris les papiers et le carton, Main Noire et Main Blanche en firent un arbre, et puis deux et puis toute une forêt, tellement bariolée ! L’oiseau n’eut plus qu’à choisir son préféré pour y aller nicher.

rit ci-contre, de 2-3 branches de part et d’autre tronc pour lui donner du volume, de 2 renforts et d’une base ronde.

Gabarit de la silhouette

Feuillage
Morceaux de papier de ton vert, découpés dans les pubs, pliés en 2 dans le sens de la longueur avant d’être collés sur les branches. • Le volume du feuillage est obtenu en : - pliant les «  feuilles » de diverses manières, en accordéon, par exemple. - variant les positions de collage.
• Pour la tenue du collage durant le séchage, on peut utiliser des pinces à linges. • Le repérage et découpage des bandes de papier prenant du temps, on peut prévoir un stock complémentaire de bouts de papier verts et marron.

Matériaux et matériel
• Tracts, pubs, catalogues • Carton ondulé • Ciseaux, crayons, pinceau • Colle, ruban adhésif (large)

Habillage du tronc
Morceaux de papier de ton marron, découpés dans les pubs et collés sur la structure en carton. Encoller partiellement la structure au

structure du tronc
Structure en carton ondulé, composée d’une silhouette tracée à partir du gaba-

pinceau plutôt que les feuilles de papier.

Vous avez réalisé cet arbre à pub avec vos enfants ? Maintenant, proposez leur d’inventer une courte histoire à partir de cet objet et envoyez la aux allumeurs-dereverberes@live.fr ! Elle sera publiée sur leur site Internet...

assemblage du tronc

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cuisine
Pour trois personnes
Temps de préparation : 10 mn Budget : 3 euros par personne

c’est à vous
la fraîcheur de l’endive

ingrédients
• cinq endives • deux oranges • deux pommes • une cuillère de vinaigre balsamique ou vinaigre de framboise • une cuillère de sucre • une pincée de sel • une pincée de poivre • un morceau de gingembre frais
© Zoé Busca

Annette prépare un CAP cuisine à Hellemes. Une fois son diplôme en poche, elle souhaite animer des ateliers en milieu rural, pour enseigner l’art de la cuisine simple, économique et de saison. Petit aperçu...
Qui de nous ne rêve pas depuis des semaines de remplacer les éternels pot-au-feu, carbonnade, potée au choux, j’en passe et des meilleurs par un petit légume frêle, printanier, presque translucide après une petite cuisson vapeur - tout doux pour en préserver tout son aspect gorgé de vert tendre… - ? Mais soyons honnêtes, il ne faut pas se leurrer : ce n’est pas encore le moment ! Alors - les fesses entre deux chaises, ou plutôt entre le chou-rouge et les navets primeurs -, on va s’entraîner doucement à préparer des repas un peu plus légers qu’en hiver, mais avec ce que l’on a sous la main. Je vous propose, non une recette statique à appliquer le journal à la main, mais quelques idées à personnaliser.

les légumes du mois
Betteraves, cardons, carottes, céleris (branche ou rave), divers choux, courges, endives, mâche, navets, panais, poireaux, pommes de terre, topinambours...

Préparation
On va donc prendre des endives (1 ou 2 par personne ) que l’on ne va pas passer à la poêle pour la braiser sauvagement à la cassonnade, ni noyer sous une épaisse couche de béchamel, mais que l’on va couper. Juste le haut des feuilles, environ les 2/3.

Mélanger avec 1 ou 2 pommes épluchées et taillées en morceaux, accompagnées d’une orange pelée à vif et coupée en morceaux également. On peut alors imaginer toute sorte de « vinaigrettes » : • plein de vitamines : on mélange un jus d’orange, une cuillère de sucre ou de miel avec une cuillère de vinaigre balsamique et on poivre ! Oui, oui, enfin, essayez - moi, j’aime bien… • possibilité aussi de râper un petit bout de gingembre frais pour son goût un peu acidulé • on peut faire un mélange à base de vinaigre de framboises avec toujours un peu de sucre • un peu d’huile de noisette avec des noisettes concassées . Bref, chacun peut trouver quelque chose d’original à son goût, le contenu de son frigo ou de sa corbeille à fruits. Avec ça on ferait bien une petite escalope de poulet légèrement enduite d’une marinade au miel et à huile d’olive et passée doucement à la poêle... Maintenant - si la météo est clémente : lâchez-moi cette endive et jetez-vous sur tout ces petits légumes nouveaux et ces jeunes pousses qui vous sourient sur l’étal de votre maraîcher préféré ! annette borrmann
PS.: S’il fait toujours froid : les tronçons d’endives restants, cuits avec 1 carotte, 1 pomme de terre, une cuillère de sucre, une pincée de sel, une de poivre, couverts d’eau puis mixés feront un délicieux potage !

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c’est à vous
Courrier des lecteurs et petites annonces
Pour ce premier numéro de Babelle, pas de courrier des lecteurs, bien sûr... Mais n’hésitez pas pour le prochain à nous faire parvenir vos commentaires, coups de coeur et coups de gueule ! Et puis, si vous êtes prêts à jouer le jeu, nous envisageons une rubrique « Trucs et astuces : les lecteurs répondent aux lecteurs » ! Où sortir le week-end sans voiture ? Comment faire des économies d’énergie ? Où manger bio ? Comment se débarrasser des tâches naturellement ? etc. (Ceux qui le souhaitent peuvent nous laisser leurs coordonnées) Pas de petites annonces non plus ce mois-ci, mais la rubrique est ouverte ! (les 30 premiers mots gratuits puis 1 € par mot) Éc r i v e z - n o u s . . . Ba b e l l e , 10 , p l a c e d e l a N o u v e l l e A v e n t u r e 59 0 0 0 L i l l e

agenda
Du 13 mars au 17 avril Les Enchanteurs, festival de chansons en Nord-Pas-de-Calais 27 groupes : Marcel et son orchestre, Les Hurlements d’Léo, Idir, La Rue Kétanou, Aston Villa, les Fils de Teuhpu, Yves Jamait, La Casa Bancale, Le Maximum Kouette etc. 26 communes : Auchel, Auchy-les-Mines, Angres, Avion, Béthune, Bruay-la-Buissière, Courrières, Divion, Houdain, Lens... Renseignements : Droit de Cité 03 21 49 21 21 Du mercredi 1er avril 2009 au dimanche 5 avril 2009 Les 100 heures de l’astronomie Dans le cadre de l’année mondiale de l’astronomie, le CARL organise, simultanément à des centaines d’autres manifestations dans le monde entier, le site régional des 100h d’observation astronomique ouvertes au public. RV : de 9h à 24h - Ferme du Héron, chemin de la Ferme Lenglet à Villeneuve-d’Ascq Renseignements : 03 20 85 99 19 Samedi 11 avril 2009 Chantier nature à la Réserve naturelle du Vieux-Lille organisé par les Blongios Participez à une journée de chantier d’aménagement d’une berge pour la nidification du martin-pêcheur et d’un ancien blockhaus pour l’hibernation des chauves-souris sur le jardin écologique du Vieux-Lille. Repas pris en charge pour les participants. RV : Réserve du Vieux-Lille à Lille Durée : une journée Inscription : auprès des Blongios au 03 20 53 98 85 Samedi 18 avril 2009 « Ortie et Pissenlit » RDV au marais de La Bassée à Beaurainville à 14h30 L’un est « Horloge végétale », « or des prés », « pot au lait du diable » et s’insinue partout, de la couverture du dictionnaire à notre assiettex ! Il peut donner la main à l’autre qui, écrasée, piétinée, arrachée, reste « le trésor de l’humanité ». Vous les avez reconnus? Ortie et Pissenlit vous invitent à tirer parti de leur nouvelle naissance. Contact : GDEAM 03 21 06 57 66 Site web : http://GDEAM.com Dimanche 19 avril 2009 Nature et patrimoine, sur les traces de notre histoire marbrière Par l’URCPIE - CPIE Bocage de l’avesnois promenade verte Dans les villages carriers et marbriers de Gussignies et Bellignies, comprenons notre histoire géologique et l’exploitation de la pierre qui y a été réalisée. Observons également les premières plantes et découvrons quelques-unes de leurs utilisations RV : 15h00 - Kiosque de Gussignies (59) Durée : 2h Inscription : gratuit, Renseignements : 03 27 53 04 04 ou education@cpie-avesnois.org Mardi 21 avril 2009 Install party : aide à l’installation de logiciels libres ou de Linux de 18h30 à 20h30 à la MRES Avec la coopération de Chtinux, association d’utilisateurs de linux et de logiciels libres de la métropole. Contact : Christophe Goddon 03 20 52 12 02 - http://chtinux.org

l’objet du mois le cendrier de poche
Un mégot + un mégot + un mégot... Ça fait beaucoup de mégots jettés tous les jours dans la nature ou dans les rues ! De plus, depuis la loi de janvier 2008, les abords des bars, restaurants et boîtes de nuit ont tendance à se transformer en véritables cendriers... Il existe pourtant des cendriers de poche pratiques et inodores, tel le Megopack® ! Conçu sous forme de pochette souple et légère, celuici se glisse dans un sac ou dans une poche de jeans. Le cendrier de poche est réutilisable, il suffit de le vider dans une poubelle et de le laver à l’eau. On peut se procurer un de ces cendriers pour la somme de 2 € dans plusieurs boutiques de l’Union commerciale de la rue Gambetta à Lille : Altermundi, Salon Jackie, Mexicali... www.megopack.com

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nouvelle

Tous les mois, Babelle vous propose une nouvelle, un roman-photo ou encore une BD... Ce mois-ci, c’est Pierre Willi qui s’y colle pour une nouvelle d’anticipation...
L’arche électrique des néons avait repoussé la nuit hors des murs de la ville. Cent mille lucioles s’alignaient, s’empilaient, s’étageaient, en rangs serrés, en blocs, en colonnes, en tours disciplinées, sous les angles de béton brut. Derrière les milliers de vitres embuées on se serrait bien sagement sur les canapés devant l’aquarium cathodique aux images dansantes. Une silhouette orange escaladait la face nord de la tour B-123 de la cité 2824. La casquette à l’envers, l’homme ronchonnait dans ses moustaches : son propulseur étheronique s’était enrayé et il devait se hisser, main sur main, pied sur pied, tout le long de l’arrête de ciment, sa sacoche de cuir pesant lourdement à son épaule, jusqu’au quarante-troisième étage. Il se disait qu’il avait de la chance malgré tout, que l’appel aurait pu provenir du soixantième, ou du soixante-dixième. L’alpiniste des cités planta un piton automatique sur le rebord de ciment, y crocha son mousqueton. De sa pointe laser, il découpa un large cercle dans la fenêtre étanche (l’Office des Hauts Logements Multiples avait condamné les fenêtres à cause de l’air conditionné collectif). L’homme se faufila dans l’ouverture et boula sur la moquette d’une chambre. Il se redressa aussitôt et lança : — SOS 24/24, c’est moi ! Une femme portant tous les stigmates de l’accablement, aux portes de la détresse et du désespoir, se précipita sur l’envoyé de SOS 24/24. — Ah ! Enfin ! Entrez ! — Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis déjà entré, dit l’homme en réajustant sa sacoche. — Vite ! S’il vous plaît ! C’est urgent ! — C’est toujours urgent, marmonna l’homme dans sa moustache. Où est-elle ? — Par ici, suivez-moi ! Le silence pesant qui stagnait dans le couloir annonçait un drame. On percevait des chocs sourds ; c’était les enfants qui se cognaient la tête contre les murs insonorisés. Il est vraiment temps que j’arrive, pensa l’homme. La femme s’effaça pour le laisser entrer dans le salon. Un bataillon de mômes de six à quatorze ans se lamentait au chevet de la malade. Les plus jeunes se déchiraient à coups de griffes et de dents dans un agglomérat confus d’où s’échappaient de temps à autre une jambe, un bras, un pied. Leurs hurlements se perdaient dans l’épaisseur du capitonnage isolant. — Je vous en supplie, pleurnichait la femme, faites quelque chose. Je ne les tiens plus ! Les gamins se calmèrent instantanément en

sos 24/24
le voyant apparaître. C’est-à-dire que les plus grands cessèrent de s’insulter et les plus jeunes sortirent une tête étonnée de l’amas inextricable où ils s’étaient mélangés. L’homme traversa une haie de visages anxieux et silencieux. — Reculez-vous les enfants. Laissez le monsieur travailler. Ils reculèrent d’un pas, avancèrent de deux. L’homme de SOS 24/24 posa sa sacoche à terre, l’ouvrit, en tira un stéthoscope. La malade semblait bien malade. — Quand avez-vous perçu les premiers symptômes ? — Vers seize heures, répondit la femme en étreignant à la fois son mouchoir et son petit dernier. J’ai tout de suite appelé le numéro d’urgence. Il a fallu attendre. C’est long d’attendre… — Pouvais pas passer plus tôt, maugréa le secouriste. Je suis seul sur le secteur et je suis débordé. L’oreille attentive, la moustache perplexe, il auscultait les souffles, s’attardait sur les points sensibles. Il se concentrait, prenait un air très professionnel, toute la famille suspendue à ses mimiques, interprétant la moindre grimace, le moindre frémissement de la pupille ou de la moustache. — A-t-elle déjà été victime d’attaques de ce genre ? — C’est la première fois ! s’étrangla la femme comme si elle ne méritait pas un tel malheur. — Hum… Les soupirs se coincèrent subitement au fond des gorges. Tous guettaient avec angoisse les mots qui allaient filtrer de sous la moustache. — Monsieur, parlez-nous franchement. Est-ce grave ? Au terme d’une longue méditation, le verdict tomba, lourd et définitif : — Il faut l’opérer. Une longue plainte déchirante accueillit la sentence. Sans attendre, l’homme passa à l’action. — Ça ira vite, je vais l’ouvrir sur place. Les plus jeunes, horrifiés, s’étaient réfugiés dans leur chambre. Les plus grands assistaient à la scène, à la fois fascinés et épouvantés. L’homme retournait précautionneusement la malade sur la table du salon, déterminait aussitôt le champ opératoire. — Vous allez m’aider : vous me passerez les instruments. Il fit jouer ses doigts, s’assura de leur souplesse, enfila des gants chirurgicaux. Au grand effroi de son public, il plongea sans hésitation les avants-bras dans le ventre de la malade. — Donnez-moi le scalpel… Mmouais… Je vois ce que c’est. La femme lui tendait les outils en tournant la tête pour ne pas voir, de peur de défaillir. — Pinces ! La sueur perlait au front de l’homme. La femme l’épongeait avec des serviettes en papier. — Ciseaux ! À la grande frayeur de l’assistance, l’homme enfonça les extrémités pointues des ciseaux au cœur des entrailles. Il tirait la langue, fermait l’œil à demi, en artiste de la technique. — Pinces ! D’un coup sec, il arracha l’organe déficient, le brandit joyeusement au-dessus des spectateurs pétrifiés. — C’est votre jour de chance. Il se trouve que j’ai la pièce de rechange dans ma sacoche. Un tumulte de délivrance accueillit la bonne nouvelle. Les plus jeunes sortirent de leur chambre en courant et vinrent faire des pirouettes sur la moquette du salon. Il s’ensuivit un nouvel amalgame complexe de corps et de membres. Le sauveur sifflotait l’air de BunnyJohnny en greffant la nouvelle connexion. Les enfants dansaient de bonheur sur le canapé, renversaient les chaises ; leur mère préparait un café dans la cuisine en chantonnant. — Et voilà, conclut l’homme en refermant sa sacoche avant de la jeter sur son dos. Toute la famille s’étageait de nouveau devant l’écran du poste de télévision, gobant l’orgie de sons et d’images, les oreilles en éventail, l’œil exorbité, le cerveau béant. Un voyant rouge clignotait sur le boîtier noir que l’homme portait à sa ceinture. — Faut que j’y aille, on m’attend pour une intervention. Une autre famille en détresse à secourir. Le réparateur toucha du doigt la visière de sa casquette. — À votre service ! Inutile de me raccompagner, je connais le chemin. Il se glissa par le trou circulaire de la vitre, prit appui sur le rebord en ciment. Il se redressa et s’élança dans le vide. Poussant son cri victorieux, il disparut dans la nuit lumineuse.

la série noire de Gallimard.

Pierre Willi est un auteur de polar arrageois. Il a notamment publié deux romans dans la série « Polar en Nord », Braquage à Fives et Le Monstre d’Arras, ainsi que Putain de dimanche dans

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la chronique de Florent
retrouvez la chronique de Florent dans l’émission « babelle » le mardi à 19h30 sur rCV 99 FM
C’était la journée de la femme dimanche 8 mars. J’ai donc voulu faire ma chronique sur ce sujet. Et j’ai vraiment eu du mal. Car il faut dire que les protagonistes, et notamment les associations de défense des droits de la femme n’y ont pas mis du leur. Avec les Chiennes de Garde qui ont remis à Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des Evêques de France, le prix du macho de l’année 2008. Avec la Confédération Syndicale Internationale d’après lequel l’écart salarial entre hommes et femmes s’élèverait à 22  %, alors que les statistiques officielles des gouvernements, sur lesquelles la CSI s’était basée en mars  2008, le situaient à 16,5 %. Avec l’ONG Médecins du Monde qui nous parle des prostituées chinoises de Paris et des violences quotidiennes subies par les filles des rues de la République démocratique du Congo. Non, vraiment, rien de joyeux, rien de glamour, rien qui puisse rivaliser avec un week-end au Mexique. J’ai donc finalement décidé de parler d’une personnalité politique particulièrement glamour. Je parle bien sûr de Christine Boutin, notre chère ministre du Logement. Boutin, voilà une vraie féministe  ! Voilà quelqu’un qui apporte de la joie et de l’optimisme dans ce monde de violence et de décadence. Pour la situer un peu, au cas où vous ne la connaîtriez pas bien, Christine Boutin a fondé l’Alliance pour les Droits de la Vie (ADV), qu’il ne faut pas confondre avec l’ADAV qui est l’association du Droit au Vélo. Alors que l’ADAV milite pour faciliter et promouvoir l’utilisation du vélo en particulier et des transports doux en général, l’ADV milite pour le droit des femmes à ne pas avoir le choix d’avorter, pour le droit des vieux et des malades à ne pas avoir le choix de mourir ainsi que pour le droit des homosexuels à ne pas se marier et à ne pas adopter d’enfants. Voilà une cause progressiste ! Voilà une femme qui sait défendre le féminisme au sein même de notre gouvernement ! C’est le progrès, c’est la dignité, c’est l’humanité. D’ailleurs, lorsqu’elle parle de l’avortement, elle le qualifie de geste « eugéniste et inhumain  », l’IVG étant pour elle « rarement libre et volontaire ». Et elle a raison, Christine Boutin, blog pour vous rapporter cette parole inspirée de Dieu : «  Aujourd’hui, nous sommes le 8 mars. C’est la Journée internationale de la Femme qui est désormais célébrée à travers le monde. Je voudrais en profiter pour rendre un hommage au rôle éminent des femmes et en vérité, à la femme tout court [alors, là j’avoue que je n’ai pas bien compris ce que c’était que la femme tout court], considérée dans les quatre conditions de sa vie : comme fille, femme, amante et mère. La caractère de la femme a toujours été porté pour moi vers ce qu’il y a de meilleur et de plus beau dans la vie. Parce que l’histoire des femmes, c’est celle de la mère qui enfante et nourrit l’enfant  ; celle aussi de la femme civilisatrice maîtrisant la force brutale de l’homme, polissant les mœurs et cultivant les esprits ; c’est également celle de l’épouse, de l’amante passionnée et de l’inspiration féconde de tant d’hommes ; c’est celle de l’enfant fidèle jusqu’au bout et si prompte à venir au chevet de ses vieux parents ; c’est celle enfin d’un attachement à la paix et à la liberté qui a enfanter [sic] des prodiges de courage, de dévouement et de générosité. »

Portrait d’une féministe

on ne dénoncera jamais assez les dangers des nazis anarcho-avorteur qui écument le pays pour empêcher les femmes de concevoir. Et puis, ChristineBoutin le dit, elle défend le droit pour chaque enfant à avoir un père et une mère. Alors, en attendant d’obtenir l’interdiction du divorce, elle s’attaque à toutes les tenA-t-on jamais ententatives d’autorisation de du plus belle éloge de la Par l’homoparentalité. C’est femme  ? Il y a dans ces dans le cadre de cette propos une telle moderFlorent nité. On y voit la femme grande cause progressiste qu’elle a déclaré, le 3  notour à tour enfantant des Dupuis hommes, soutenant des vembre 1998 lors du débat sur le PACS à l’Assemblée hommes, obéissant à des nationale : « Qu’est-ce que hommes, inspirant des l’homosexualité, sinon l’impossibi- hommes. Et il en est encore pour lité d’un être à pouvoir atteindre dire que Christine Boutin a une l’autre dans sa différence sexuelle ? vision rétrograde de la femme […] Toutes ces acrobaties biolo- cantonnée à la vie familiale et à giques et sociales pour justifier la soumission. Mais ils n’ont pas l’accession d’un couple homosexuel compris que c’est dans cette souà la paternité ou la maternité me mission qu’est la vraie liberté ! Car semblent relever d’un fantasme Christine n’en doute pas, la femme narcissique d’auto-engendre- doit être libre ! Libre d’obéir à ses ment. » Et Boutin de brandir alors parents, libre d’aimer son mari, la Bible, ce qui lui avait valu un libre de s’occuper de sa descenjoli coup de publicité. dance. Fille, femme, amante et mère. Telle sont les quatre condiBon, je suis sûr qu’après ces pe- tions de la femme, telle est sa place tits rappels concernant Christine pour Christine Boutin. Boutin, vous vous dites tous qu’elle Non, vraiment, les femmes peua forcément déclaré quelque chose vent se rassurer, elles ont avec pour la Journée de la Femme. Et Christine Boutin une ardente vous avez de la chance. Parce que combattante de leur cause au gouj’ai pris sur moi d’aller sur son vernement...

dossier

comment se passer de la voiture au quotidien ?
Les modes doux de déplacements suscitent un engouement nouveau. Mais il n’est pas toujours évident d’abandonner le réflexe « auto »... L’heure est à des politiques ambitieuses en matière de transports.
artout en France, le nombre d’usagers des transports collectifs explose. C’est ce qu’affirme l’Union des Transports publics (UTP), qui fédère 170 opérateurs (1). Les comportements changent. Ainsi, qu’ils soient influencés par leur porte-monnaie ou par souci d’écologie, les citoyens adoptent de plus en plus des modes de déplacements autres que la voiture individuelle. En 2005, les statistiques ont relevé pour la première fois une diminution de la circulation automobile en France (-1,4 %), diminution qui semble se prolonger aujourd’hui. Même si la place de la voiture particulière dans les transports reste très majoritaire -  elle assure 84 % des kms effectués par les personnes(2)  -, depuis la flambée du prix de l’essence cet été, on peut dire que l’utilisation des «  modes doux  » ne concerne plus seulement une poignée d’écologistes convaincus... Insuffisance des investissements « Cette tendance ne peut que s’accentuer avec l’accroissement des difficultés d’utilisation de la voiture (prix de l’essence, stationnement, bouchons), l’augmentation des dis-

Mobilité :

Les voitures particulières assurent encore 84 % des kilomètres effectués par les personnes, selon l’Ademe (Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie).
© Léna Laurent-Perrin

P

tances entre le domicile et le travail et la sensibilité environnementale de la population  », confie au Monde Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d’Usagers des Transports (FNAUT). Reste à savoir si les pouvoirs publics et les sociétés de transports sont prêts à satisfaire l’augmentation de la demande des usagers... «  Les exploitants des transports en commun sont conscients du problème mais, manifestement, les élus, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont un cran de retard et veulent essayer de faire tout à la fois, des autoroutes urbaines comme du ferroviaire  », poursuit Jean Sivardière. « Or, les incidents récents sur le réseau de la SNCF, avec notamment les problèmes de caténaires, montrent l’insuffisance des investissements alors qu’il faudrait mettre le paquet. » le train plutôt que l’a24 ! Concernant le Nord-Pas-de-Calais, nous nous sommes posé la question -  alors même que le député du Nord Christian Vanneste (UMP) remet le projet de l’A24 sur le tapis  - des modes de déplacements doux déjà existants et des projets en cours. Car, les transports représentant encore plus de 34 % des émissions de CO2 en France  (2), il est grand temps que les politiques publiques privilégient le cyclisme, le train et les autres transports collectifs au tout-bagnole !

(1) à lire : Le Monde du 17 septembre 2008 (2) Source : l’Ademe

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Les couloirs de bus réservé à la Liane accroissent sa vitesse de 20 à 30 % par rapport aux autres bus
© Zoé Busca

les projets de transports doux sur la métropole lilloise
Tout le réseau de transports en commun de la métropole lilloise dépend de la Communauté urbaine. Elle y consacrera 194 millions d’euros en 2009. Petit aperçu des projets en cours ou à venir, comme l’ouverture de nouvelles lignes Lianes, le futur Tram-Train, ou les vélos en libre-service.
es 85  communes faisant partie de LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine) lui confient leurs politiques de transports en commun, ce qui lui donne un rôle de premier plan dans ce domaine. Pour l’année 2009, elle y consacrera ainsi 194  millions d’euros. Les transports représentant 26 % des rejets de CO² de la région, toute volonté de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre passe nécessairement par une politique des transports en commun. Depuis 1996, les agglomérations françaises de plus de 100 000 habitants doivent se do-

l

ter d’un Plan de Déplacements Urbains (PDU) visant à promouvoir les modes de déplacement collectifs et propres. Celui de LMCU a été voté en 1999 et visait à multiplier par deux l’usage des transports collectifs à l’horizon 2015, objectif qui sera vraisemblablement atteint dès 2013. Cinq grands projets ont été ou vont être lancés par LMCU afin d’augmenter les capacités des transports en commun sur la métropole, dont certains ont été discutés lors du grand débat public du 16 janvier : Plus de bus Le réseau de bus de la métropole transporte plus d’usagers que l’ensemble des TER de la région. Pourtant, pour Julien Dubois, chargé de mission Transports et Plan Climat à LMCU, «  les bus ont longtemps été le parent pauvre de la politique de transport de la communauté urbaine. » Pour permettre 10  millions de

voyages supplémentaires par an (pour 30  millions jusqu’alors), le « Plan Bus 2006–2009 » a débouché sur l’ajout d’une centaine de véhicules et sur la création de deux nouveaux dépôts. L’utilisation de ce type de transport peut cependant encore être développée si l’on tient compte du faible nombre de bus sur la métropole (400) par rapport à d’autres communautés urbaines (800 pour Lyon par exemple). Nouvelles lianes C’est pour rendre le réseau de bus plus attractif qu’a été créée en janvier 2008 la première ligne de la Liane, la « Ligne de Bus à Haut Niveau de Service ». Plus confortable que les bus classiques, elle dispose par ailleurs de couloirs de circulation qui lui sont propres et lui permettent de « se jouer des embouteillages », d’après Julien Dubois, augmentant la vitesse de 20 à 30 % par rapport aux bus clas-

(1) Virage Energie NordPas de Calais, « Energies d’avenir en Nord-Pas de Calais », 2008.

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siques. 3-4  nouvelles lignes sont actuellement en projet. tram-train Le projet de Tram-Train, quant à lui, vise à fondre ensemble les trafics train et tramway sur l’espace de la métropole afin de permettre de limiter les ruptures de charge des usagers (changement de mode de transport lors d’un voyage) tout en réalisant des économies sur les infrastructures en faisant rouler des tramways sur les voies de train sous-utilisées et inversement. Ce projet sera mis en place en partenariat avec la Région et la SNCF. Vélos en libre-service Après plusieurs autres villes (Lyon, Paris, Marseille…), la métropole lilloise se verra dotée, à partir de 2010 de son système de vélos en libre-service. Cette offre sera vraisemblablement gérée par le même opérateur privé que celui en charge de Transpole, mettant au minimum 5  000 vélos au service des usagers, dont 2  000 sur la commune de Lille. Contrairement au Vélib’ (Paris) et au Vélo’v (Lyon), le marché des vélos en libre-service ne sera pas couplé à celui de la publicité. Prolongement du métro Enfin, sur le plus long terme, la ligne  1 du métro automatique devrait être prolongée au sud du CHR et ses rames doublées progressivement jusqu’en 2015. Tous ces projets ne peuvent toutefois porter leurs fruits que s’ils s’articulent avec des politiques d’urbanisme favorisant un habitat dense regroupant un plus grand nombre de personnes sur un espace équivalent. Ainsi, pour l’association Virage Énergie, «  la ville des « courtes distances » s’impose avec, à la clé, une moindre dépendance à l’automobile, des transports en commun plus efficaces et des modes doux (marche, vélo) prévus et facilités. » (1) Rendre les transports plus propres et plus efficaces c’est donc également repenser les villes et le mode d’habiter.
Florent Dupuis

Petit trajet, petit prix !
Si le ticket unitaire pour les transports en commun de la métropole lilloise est à 1,25 €, il est possible de faire 1 à 3 arrêts de bus ou métro pour seulement 60 cts avec les tickets ZAP !

la moitié des transports publics payés par l’employeur
Depuis le 1er janvier 2009, les employeurs doivent obligatoirement prendre en charge 50 % du coût des abonnements de transports publics de leurs salariés. Cette obligation comprend les cartes et abonnements émis par la SNCF, les régies ou entreprises de transport comme Transpole ainsi que les abonnements à un service public de location de vélos. La loi stipule que « l’employeur procède au remboursement des titres achetés par les salariés dans les meilleurs délais et, au plus tard, à la fin du mois suivant celui pour lequel ils ont été validés. » La prise en charge de la moitié des frais de carburant des véhicules personnels est également possible sur initiative des employeurs mais uniquement concernant certaines zones particulièrement peu pourvues en transports en commun ou si les horaires de travail ne permettent pas d’employer ceux-ci. Les employeurs peuvent déduire de leurs impôt cette prise en charge des transports de leurs salariés. La déduction liée à celle des frais de carburant étant cependant plafonnée à 200 €.

Gratuit pour les chômeurs
Les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RMI, de l’Allocation Parent Isolé etc. peuvent demander une Carte Iris pour voyager gratuitement sur tout le réseau Transpole.

témoignage : lille-arras à pied, en métro et en train...
Hugo habite à Lille. Il travaille à Arras. Il n’a pas de voiture. Alors, cinq jours par semaine, Hugo associe le métro, le train et la marche pour se rendre au turbin. Avec des tickets ZAP à 60 cts et un abonnement Fidéli’TER à 95 € 60, il estime le coût de ses trajets mensuels à une centaine d’euros. « Avec une Clio, par exemple, on fait 500 km avec un plein à 50 €. Il y a une soixantaine de kilomètres entre Lille et Arras, alors disons qu’en voiture, il me faudrait à peu près 5 pleins, soit quelque 250 € ! Sans compter l’amortissement du véhicule, l’assurance... ni l’achat de l’auto au départ ! » D’ailleurs, ce sont ces derniers points qui importent le plus à Hugo, puisque son employeur rembourse ses trajets à condition que ceux-ci se fassent en modes doux... et ce déjà avant l’instauration de la prime transport ! Question confort ? « Je mets 40 min en train pour faire Lille-Arras, ce serait à peu près l’équivalent en voiture, mais là, j’ai le temps de lire, de travailler ou de dormir... Et puis j’ai déjà fait le trajet avec la voiture du boulot et il m’est arrivé de faire une heure et demie de route en heure de pointe ! »

Le réseau de bus de la métropole lilloise transporte à lui seul plus de voyageurs que l’ensemble des TER de la région.
© ZB

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ter = un train d’avance sur l’in
Dans une région aussi dense en lignes TER que le NordPas-de-Calais, il serait dommage de ne pas profiter du train ! Surtout lorsque celui-ci peut se combiner à d’autres moyens de transports...
  Depuis 1998, la fréquentation des TER a augmenté de 60  %, grâce, notamment, à l’effort financier des régions auxquelles l’Etat a délégué cette compétence en 2002  », affirme Le Monde du 17/09/08. Dans ce succès croissant, le Nord-Pas-de-Calais n’est pas en reste puisque nous sommes aujourdhui la 3ème région TER de France (en nombre de clients et de trains), après L’Ile-de-France et Rhône-Alpes. engouement nouveau « Il y a de plus en plus de monde dans les trains aux heures de pointe  », remarque Christophe Drecq, le responsable Pôle Marketing Clientèle TER. «  Avec la forte augmentation du prix du pétrole l’an dernier, les usagers semblent avoir mis de côté leur voiture... Et on constate qu’ils ne nous ont pas forcément abandonnés maintenant que l’essence diminue ! » Cet engouement soudain pour le train peut s’expliquer par différents facteurs  : sensibilité croissante pour l’environnement,

«

gain de temps et de confort, économies... Reste pour le Conseil régional à fidéliser ces nouveau «  TERophiles  », dans leurs trajets « loisir » et « travail ». Chaque région pouvant se doter de sa propre tarification, la Région et la SNCF ont ainsi mis en place depuis septembre 2008 une nouvelle gamme de prix et abonnements (voir encadré) pour « rendre l’accès au train plus souple ». La collectivité et son prestataire travaillent également à développer «  l’intermodalité  », néologisme derrière lequel se cache la possibilité d’associer différents modes de transports pour ses déplacements  : train+vélo, train+métro... train+bus+métro+tram Le « Ticket + » par exemple permet ainsi d’emprunter tout aussi bien le train que les transports en commun sur l’agglomération lilloise ; il existe l’équivalent pour Boulogne, Valencienne... « Nous faisons en sorte que l’abonnement soit financièrement plus intéressant que deux abonnements séparés », précise Christophe Drecq. Parking-relais, fausse solution «  Jusqu’à présent, nous avons eu une politique ambitieuse en terme de parkings autour des

gares. Cela a bien marché, mais le souci c’est que ce n’est pas une solution en soi  : dès qu’on augmente le nombre de places d’un parking, il est tout de suite plein ! A Orchies, par exemple, on a fortement augmenté le nombre de place il y a deux ans, et le parking est déjà saturé aujourd’hui... L’idée c’est donc de développer plutôt des modes de rabattement type transports en commun que voiture individuelle. » et la bicyclette ? En principe, on ne peut refuser les vélos dans aucun TER  (1). Tous les nouveaux matériels sont d’ailleurs équipés de porte-vélos. «  Mais cela a vite ces limites  », confie Christophe Drecq, «  quand le train est bondé, on a vite 5-6 vélos et cela pose des problèmes de sécurité. Sans compter que le vélo prend la place de deux à trois passagers. » Alors, vélo et train ne feraient-ils pas bon ménage  ? «  Si, bien sûr, mais l’idée c’est de proposer des alternatives, comme la mise en place d’abris vélo sécurisés pour laisser son vélo à la gare ou de proposer des services de location. » Mais, rien n’empêche malgré tout d’imaginer que la multiplication des cyclistes dans les trains aura un jour pour conséquence la multiplication des

(1)

dans les TGV il faut une réservation spéciale.

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ticket unique train/bus
Le « Ticket + » permet de se déplacer librement sur le territoire de la communauté urbaine de Lille, de Tourcoing à Seclin, en passant par Ascq, Armentières ou La Bassée... et ce quel que soit le mode de transport, TER, bus, métro ou tramway. Pour acheter un Ticket +, (12,80 € la semaine ou 49,70 € le mois), il faut au préalable se présenter à un point accueil Transpole, muni d’une photo et d’une pièce d’identité pour acquérir une carte Rythmo (2 € l’année).
Le train, combiné à d’autres modes de transports doux, reste encore un des moyens de déplacements les plus écologiques.
© Direction régionale SNCF

solidari’ter pour les précaires
Demandeurs d’emplois, stagiaires, RMIstes, adultes handicapés... Renseignez-vous ! Vous avez sans doute droit à 75 % de réduction sur vos billets de TER, grâce au Pass Solidari’TER !

ntermodalité ?
espaces cyclistes dans les heures de pointe. L’outrains... verture récente de lignes «  TER-GV  » -  utilisation Déplacements avantageux d’un train à grande vitesse En résumé, même si de pour une desserte régionombreuses améliorations nale  - permet également peuvent toujours être ap- aujourd’hui de rallier Lille portées au réseau, le train au littoral en moins d’une comme mode de déplace- heure et d’éviter ainsi les ment professionnel s’avère embouteillages de l’A25... d’ores et déjà très avantageux Bien sûr, d’autres secteurs en terme de prix, de confort de la région, comme les enet d’écologie. virons d’Aire-sur-la-Lys ou Les habitants du bassin ceux d’Avesnes-sur-Helpe minier ou encore les tra- restent les parents pauvres vailleurs se rendant sur du TER. Mais, il faut savoir l’agglomération lilloise que la desserte dépend aussi en provenance de Douai, de la demande. La solution Valencienne, Dunkerque, pourrait ainsi venir de l’augHazebrouck, bénéficient mentation de la demande ! A notamment d’un trafic bon entendeur... Z. b. très dense de TER aux
Contact TER
0891 671 059 (0,23 €/min, du lundi au vendredi de 6h à 20h) www.ter-sncf.com

Pass régional Fidéli’ter
Depuis septembre 2008, tous les habitants du Nord-Pas-deCalais faisant des déplacements professionnels ou personnels très fréquents peuvent souscrire à un abonnement illimité sur un trajet défini (Dunkerque-Lille, LensDouai...). Tarifs à définir avec la SNCF.

Depuis 1998, la fréquentation des TER a augmenté de 60 %
© Direction régionale SNCF

abonnements étudiants

Les étudiants peuvent également souscrire un abonnement illimité pour un trajet défini, le Pass TER’étude. Cet abonnement est gratuit pour les étudiants boursiers.

Les titulaires du Pass grand’TER (7 € par an) peuvent obtenir des réductions intéressantes pour eux et jusqu’à quatre personnes accompagnantes, pour des trajets aller-retour à la journée.

Pass grand’ter

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etudiants en quel cycle ?
Ch’ti Vélo propose deux services avantageux pour les étudiants : • la location de vélo au mois : 10 € à l’année : 75 € (en cas de pépin, l’étudiant peut changer de vélo) • le prêt de vélo au semestre : 30 € à l’année : 45 € (en cas de pépin, l’association ne change pas le vélo, mais propose un atelier d’autoréparation à l’étudiant)

Vieux biclou pour pas un clou
Arnaud Delcourt, trésorier de l’association Ch’ti vélo, invité à l’émission « Babelle »
© Stéphane Crocquey

Chez Ch’ti Vélo, on peut trouver deux types de vélos d’occasion : • des vélos de facteurs entre 80 et 150 € • des vélos de ville plus classiques à partir de 50 €

un Ch’ti vélo dans la tête !
Arnaud Delcourt, le trésorier Ch’ti Vélo, se félicité de la futur mise en place de vélos en libre-service sur la métropole lilloise, projet largement soufflé par l’association aux élus. Ch’ti Vélo, quant à elle, diversifie ses services aux cyclistes !
Quelle est l’origine de Ch’ti Vélo ? Ch’ti Vélo a été créée en 1999 pour mettre en place à Lille un projet de libre-service vélo. Projet qui à l’époque ne résonnait pas encore dans l’esprit du public, ni dans celui des élus d’ailleurs, alors que maintenant tout le monde voit ce que c’est, avec le succès des Vélib’ à Paris et celui des Vélov’ à Lyon. Aujourd’hui un projet type Vélib’ est prévu sur Lille, mais vous n’avez pas été choisis pour le mettre en place...
Association Ch’ti Vélo 10, avenue Willy Brandt 59800 Lille 03 28 53 07 49 contact@chti-velo.fr www.chti-velo.fr
(1)

cément les finances. Aujourd’hui, la mairie de Lille souhaite mettre un terme à ce service-là, car, ce qui est envisagé à la Communauté urbaine, c’est quelque chose de beaucoup plus large. Pour l’instant, nous avons 30 à 40 places à la gare LilleFlandres, or le besoin c’est dix fois plus, 300 à 400 places, avec un coût de fonctionnement qui va croître aussi... La Ville et la Communauté ont donc décidé de reprendre ça en main. Vous n’êtes pas déçus ? Non, car ce que nous voulions avant tout, c’était promouvoir l’idée que le vélo n’est pas seulement une activité de loisir, mais aussi un mode de déplacement. Le deuxième objectif c’était de sensibiliser la population et les élus sur le fait que le libre-service était une bonne solution pour développer cette idée. Enfin, nous souhaitions mettre en place ce service. On peut donc dire que nous avons atteint nos deux premiers objectifs ! Et puis, en nous retirant notre mission de gardiennage, la Ville nous libère en fait de cette contrainte pour exercer nos autres activités, lesquelles ce sont aujourd’hui largement diversifées...

Des activités qui sont ? Déjà, nous faisons de la location de vélos pour les étudiants, nous proposons un atelier de réparation et nous développons surtout la vente de vélos d’occasion (1) car nous avons de plus en plus de demandes ! On vend en moyenne un vélo par jour depuis octobre. Ensuite, on s’oriente vers la prestation de service pour des collectivités ou des organisateurs d’évènements, avec du prêt de vélo, du gardiennage lors de concerts en plein air par exemple. L’association n’a-t-elle pas également acheté un bus récemment ? Oui, nous nous sommes dotés d’un ancien bus de transport en commun que nous avons vidé puis réaménagé  : la «  Vélo station mobile » ! Ce bus nous permet de nous déplacer dans la région. On peut s’installer sur la place de n’importe quelle petite commune et proposer un atelier de réparation ou un atelier de marquage... Propos receuillis au cours de l’émission « babelle » (le mardi à 19h30, rCV 99 FM)

service en partenariat avec l’association Agir information mucovicidose.

Notre projet initial a en effet suscité de l’intérêt, mais n’a jamais été mis en service. En fait, depuis 2004, on exerce une mission auprès de la mairie de Lille, qui consiste essentiellement à assumer une activité de gardiennage de vélos. Mais cette activité nécessite une large amplitude d’horaires d’ouverture pour être pertinente, ce pourquoi nous n’avons pas for-

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Pour un « Plan de Déplacement entreprise »
L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) soutient des démarches visant à réduire l’utilisation des véhicules routiers au profit d’autres modes de transports plus économes, plus propres et moins nocifs, en particulier par le biais des « Plan de déplacement entreprise »
e Plan de Déplacements Entreprise (PDE) est un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles en favorisant l’usage des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle. Les déplacements liés aux activités professionnelles concernent les trajets domicile/travail mais aussi les déplacements professionnels des collaborateurs, des clients et des partenaires. Parmi les mesures pouvant entrer dans un PDE figurent par exemple : • la promotion du vélo (mise en place d’un stationnement sécurisé, diffusion d’un «  kit vélo  », mise à disposition d’un local vélo) ; • l’amélioration de l’accès des bâtiments par les piétons ; • l’encouragement à l’utilisation des transports publics (adaptation -  en partenariat avec les opérateurs de transport  - de l’offre existante en termes de dessertes et de fréquences, participation financière aux abonnements, création d’une navette d’entreprise pour quelques destinations très fréquentées) ; • l’aménagement des horaires de travail (répartition des heures d’arrivée et de départ des salariés en fonction de leurs souhaits et des besoins de l’entreprise) ; • la garantie du retour à domicile pour les circonstances exceptionnelles (chèque-taxi, utilisation de voitures de services) ; • la mise en place d’un service d’autopartage, permettant de mieux gérer les déplacements professionnels et pouvant offrir un service de mobilité ponctuel complémentaire hors horaires de travail; • l’incitation au covoiturage (développement d’un service de mise en relation, instauration de places réservées aux « covoitureurs », création d’un service de dépannage en cas d’indisponibilité exceptionnelle d’un conducteur). De quels soutiens bénéficier ? Votre délégation régionale de l’ADEME vous propose son aide technique et financière pour monter votre projet, notamment pour réunir les partenaires nécessaires. Le « Conseil en Mobilité » de votre collectivité locale (autorité organisatrice des transports) aide la mise en place des PDE, en facilitant les aménagements et en améliorant l’offre de mobilité alternative. Enfin, votre chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) joue un rôle de conseil et d’animation et peut favoriser le regroupement pour des PDE inter-entreprises Dans le cadre du Programme national d’amélioration de l’efficacité énergétique, l’Etat français a décidé d’encourager la mise en oeuvre de plans de déplacements d’entreprise par des aides financières. Ces aides sont en cours d’approbation par la Commission européenne. Elles seront attribuées en priorité aux établissements de plus de 300 salariés. L’accompagnement financier prévu par l’ADEME comprend : • un soutien aux études d’aide à la décision, incluant éventuellement une assistance à maîtrise d’ouvrage (taux d’aide maximum de 50  % sur une assiette soumise à conditions et limitée à 75 000 euros). • un soutien aux opérations exemplaires, comprenant le management de projet (taux d’aide de 20 à 30  % sur une assiette plafonnée à 300 000 euros)
aDeMe

Ademe N.-P.-de-C. Centre tertiaire de l’Arsenal - 20, rue du Prieuré 59500 DOUAI 03 27 95 89 70 ademe.nord-pas-decalais@ademe.fr www.ademe.fr

l

l’autopartage : économique et écologique
Posséder son propre véhicule, d’abord ça coûte cher, et ensuite ça pollue : entre 4 000 et 12 000 € par an et 172g de CO2/km/voyageur ! Economique, un peu plus écologique, l’auto-partage a pourtant déjà fait ses preuves. En Suisse par exemple, on estime que ce type d’automobilistes effectuent cinq fois moins de kilomètres que les autres conducteurs. auto dispo 24/24 Le principe : l’entreprise ou l’association - à Lille, « Lilas Autopartage » - se dote d’une flotte de véhicules (petites autos, utilitaires etc.) qu’elle met ensuite à disposition de ses adhérents, 24h/24, 7j/7. A l’occasion de déplacements ponctuels, l’usager réserve à l’avance l’auto de son choix à retirer dans une des stations de la ville. Pour Lilas Autopartage, l’adhérent s’acquitte chaque mois d’un abonnement de 5 €. A l’année, le coût fixe de l’autopartage revient ainsi à 60 €, quand l’assurance seule d’une automobile coûte au minimum à 600  € annuels (tous risques). Une fois l’utilisateur en possession du véhicule, une facturation à l’heure et au kilomètre s’enclenche alors (3,5 € la prise en charge, puis 0,33 €/km et 3.5 €/h). Ces tarifs comprennent l’essence, l’assurance, l’entretien du véhicule et… le service lui-même ! utilisation ponctuelle «  Je n’ai jamais eu de voiture, et je n’ai pas l’intention d’en acheter ! Quand on a la chance d’habiter en ville, on a la possibilité de faire autrement », martèle la comédienne Emmanuelle Gryson. « Bien sûr, ce n’est pas toujours évident. J’ai déjà été contrainte de refuser certains boulots… » Début 2007, lorsqu’elle entend parler de la société Lilas Autopartage, cette habitante de la métropole lilloise décide alors d’accepter un travail qui l’amènera à des déplacements hors agglomération. « J’utilise la voiture de manière très ponctuelle. Trois fois par mois, je me rends dans une petite ville sans gare près de Valencienne. Dans mon travail, j’ai des horaires décalés ; là, je peux utiliser un véhicule en dehors des heures d’ouverture des boutiques de location classique. » Au mois, Emmanuelle Gryson estime son budget d’auto-partage à 150 €, soit 1 800 € à l’année. extrait de l’âge de faire, n°14
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Lilas Autopartage 55, bd de la Liberté 59000 Lille 03 20 740 740 www.lilas-autopartage. com

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musique

Nouvel album du Ministère des affaires Populaires
Après « Debout là-d’dans » en 2006, voici le nouvel album des rappeurs lillois de MAP : « Les Bronzés font du ch’ti ». Rencontre avec Saïd, chanteur d’un groupe toujours plus engagé...
Avec ce deuxième album, « Les Bronzés font du ch’ti », vous vous affirmez à nouveau comme un groupe nordiste... Alors, être «  un Lillo, un ch’ti, un chabert, un bourrin, un prolo  »(1), ça signifie quoi pour vous ? On vit dans une époque de réussite à tout prix, où il faut ressembler le plus possible aux dominants, cacher son identité prolétaire, avoir un costard… Alors la chanson « Lillo », c’était une sorte de revendication de classe… et pas un hymne au Nord de la France ! J’ai écrit cette chanson parce que je suis fier de mon histoire, de l’histoire de mes parents. Je ne suis pas fier d’être nordiste, mais je suis fier de faire partie de la classe prolétaire nordiste. Dans nos chansons, on parle de réalité régionale, pas de fierté régionale… D’ailleurs, pendant nos tournées, en Normandie, En fait, nos chansons ont d’abord en Bretagne, les gens se reconnais- été reprises en manif ’, puis elles sent aussi dans nos paroles. sont remontées aux syndicats, puis aux partis d’extrême-gauche. J’asDans vos chansons, vous dres- sume ce que je dis dans mes chansez un portrait sévère des socia- sons, alors je ne vais pas crier à la listes de la région. Etes-vous dé- récupération, même si je ne suis çus par la gauche locale ? carté nulle part. Quant au NouNous ne sommes pas seulement veau Parti Anticapitaliste, pour déçus par la gauche locale, mais l’instant, je dirais que l’embalaussi par la gauche au niveau na- lage est pas mal, mais j’attends de tional, voire européen  ! Nous, les voir. Car je trouve que l’extrêmetrentenaires, on a connu les pro- gauche manque encore un peu de messes de justice sociale du parti courage. En particulier, ils n’ont socialiste et finalement, ça n’a été toujours pas pris la lutte contre le qu’un leurre… Ils ont instrumen- racisme à bras-le-corps, alors que talisé les luttes antiracistes à des pour moi, le racisme et le sexisme fins électorales par exemple et en- sont les deux problèmes les plus suite ils ont expulsé presque autant importants à résoudre pour vivre que la droite ! Aujourd’hui, ils sont ensemble. tous pro-Obama parce qu’il est noir, mais eux n’ont jamais été des C’est pour ça que vous avez modèles de représentativité… écrit la chanson «  La chasse est ouverte » ? [sur le nouvel album] Vous sentez-vous plus proches Ce qui est flagrant dans la polidu Nouveau Parti Anticapita- tique de l’immigration en France, liste  ? Besancenot n’a-t-il pas c’est le traitement inhumain qu’on repris votre chanson «  Saluta- inflige à certaines populations. tions révolutionnaires  » comme Les sans-papiers sont criminahymne ? lisés, considérés comme des dé-

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n°19 - septembre 2009

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linquants, alors qu’ils ont fui leurs pays poussés par l’urgence, par les famines… Moi, ça me révolte de voir que beaucoup d’Africains meurent de faim, alors que les multinationales françaises font des bénéfices incroyables en pillant les richesses de l’Afrique  ! En fait, nos chansons servent à dénoncer les mécanismes d’une société encore colonialiste… Vous voyez des solutions à tous ces problèmes ? On fait de la musique, on ne propose pas un programme politique  ! Je raconte le quotidien des gens pour dénoncer l’injustice, pour déranger. Bien sûr, c’est aussi un exutoire ! Pour moi, la grosse dérive, c’est la course à la réussite, l’ultracapitalisme et je crois qu’on a atteint les limites du système. Quand on voit tout ces gens expulsés aux Etats-Unis avec la crise des subprimes, nous n’en sommes pas loin… Et l’environnement dans tout ça ? Tout est lié ! Une des principales victimes de la course aux bénéfices, c’est l’environnement... Même quelqu’un qui se fout de l’écologie est directement touché car cela a des répercussions sur la santé. Nous avons déjà fait des concerts de soutien pour les faucheurs volontaires, les anti-nucléaires… Mais ce n’est pas facile d’être cohérent au quotidien. On est bien obligés de faire avec notre société… Est-ce qu’il y a une association locale que vous soutenez tout particulièrement ? Sans hésiter : le CSP59(2)  ! C’est un espace unique d’un point de vue politique, militant et même culturel. Car la lutte des sans-papiers c’est un symbole de toutes les luttes  : contre les inégalités, les violences policières, le sexisme, le néo-colonialisme etc. Depuis 15 ans, le CSP réalise un sacré boulot d’accompagnement et de résistances. Qu’estce que ce serait si on ne les avait pas ?... Propos recueillis par Z. b.
« Les Bronzés font du ch’ti » Ministère des Affaires Populaires, Les médias les ont catalogués « rap musette » - « parce qu’ils ont besoin d’étiquettes » sourit Saïd -, mais les cinq musiciens de MAP se reconnaissent tout autant comme « chanson française »... Violon et accordéon sont toujours à l’honneur de ce deuxième album, mais les chansons sont dans l’ensemble « plus musicales » et les paroles « plus sombres, plus colériques ».

186 marches vers les nuages,
un roman de Joseph bialot éditions Métailié

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(1) « Lillo », album « Debout là-d’dans ». (2) Comité des SansPapiers 59 - http:// leblogducsp59.over-blog. com - 42, rue Bernos 59800 Lille - Manifestation tous les mercredis place de la République à Lille, 18 heures.

Et si Berlin m’était conté ? Aujourd’hui, le conteur vous dirait de la capitale historique allemande qu’elle est le centre culturel de l’Europe, un bastion du vieux continent et que sa porte de Brandebourg reste un lieu symbolique. Mais que dirait-il, que narrerait-il de Berlin au sortir de la Seconde Guerre Mondiale quand ruines et gravats côtoyaient la mort et les souvenirs morbides du sombre héritage qu’a laissé le 3ème Reich ? Ce conteur, c’est Joseph Bialot dans son dernier roman, 186 marches vers les nuages aux éditions Métailié. Bert Waldeck a connu les camps nazis. En près de 11 ans, il en a fait quelques uns. Pourtant, il n’est ni juif, ni tzigane, encore moins homosexuel. Non, Bert n’est juste pas d’accord avec la politique du 3ème Reich, son opinion trop marquée par la couleur rouge. A la fin du conflit, il est alpagué par Doug Mayen, un officier américain à la recherche d’Hans Steiner par ses services. Tel un policier enquêteur qu’il était dans la vie civile, Bert Waldeck mène l’enquête à Berlin dans les pas de ce bourreau qu’il a connu d’abord sur les bancs de l’école et ensuite dans la cour du camp de Mauthausen. Joseph Bialot connaît la vie de ces camps de la mort. Il a été emprisonné à Auschwitz avant d’être libéré par les russes en 45. Avec 186 marches vers les nuages, il continue son devoir de mémoire entamé avec son roman C’est en hiver que les ours rallongent. Mais ici, il prend le parti à faire raconter l’horreur à travers les yeux d’un allemand et met en lumière le sort des opposants au régime d’Hitler. Ce parti pris de l’auteur est renforcé par le regard que porte Bert Waldeck sur Berlin, sa ville natale et ce qu’il reste après la folie des hommes et de leurs idéaux nauséabonds. Cette recherche dans la ville est aussi une introspection dans sa mémoire, ses moments de vie difficiles à tutoyer, l’horreur incarnée à travers les traits de ce SS régnant sur le camp de Mauthausen et ses 186 marches, ascension mortelle vers l’enfer. Un bon roman noir qui tire son intérêt autant dans le cadre historique et l’épaisseur des personnages que dans l’intrigue. Joseph Bialot réussit ce voyage dans le temps que l’on aurait aimé ne pas faire.
olivier Verstraete

babelle

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Pierre Palero
Artiste peintre lillois, expert en art numérique et projets évènementiels d’ingénierie culturelle. Exposition permanente à l’Atelier22 (dans le Vieux Lille) 22, rue du Metz 59000 Lille 06 62 50 43 37 Entrée libre
pierre.palero@wanadoo.fr

www.pierrepalero.com à gauche : Aplesin (200 x 60) à droite : L’una (200 x 60)