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CLI M A T

MADERE

LE M E I L L E U R C L I M A T
DU M O N D E
S T A T I O N F I X E ET L A P L U S
BELLE D'HIVER
-

EDITION DE LA JUNTA GERAL


AUTÓNOMA DO FUNCHAL
MADÈRE
DERE
~BAUCHE GTUDE
D'UNE
COMPARATIVE
Pago

C H A P I T R E PREMIER- Conslddrations g6n6rales sur Ia climatologie e t en particular sui Ias prin-


cipaux BI6ments rn6tioro~ogiques ... . . . . .. . . ... . . . . . . . . . . . . . . . .
CHAPITRE I 1 - RBsumB des Btudes mBtBorologiques accomplies sur Madère, e t der opinions di-
verses surtout par rapport à d'autres stafions climatiques ..... . ..... ... .. ..
C H A P I T R E I11 - Ébauche d'une dtude mdtdorologique d e Funchal sou, I9aspect climatique . . .

CHAPITRE [V - Encore quelques comparaisons avec des climats consid6r6s comme trbs bons . . . .

CHAPITRE V - Madire, hors d e Funchal, comme station climatique, et conditions d e habitalitd . . .

CHAPITRE VI - Quelques renseignements complimentaires g e o - t ~ p o g r a p h i ~ u eest statistiques sur


. . . . ... .- . . . .. . . . .... . . .. . . . . ..
I a population e t l e r maladies . .
CHAPITRE VII - RBrurnd der conclusions et do ce d o n t il faut encore t e n i r cornpte. .. .. .
Introduction

Passámos a grande ilha da Madeira


Que do muito arvoredo assim se chama;
Das que nbs povodtmos a primeir%
Mais célebre por nome que por fama;
Mas nem por ser do mundo a derradeira,
Se Ilie avantajam quantas Vénus ama:
Antes, sendo esta sua, se esquecera
De Cipro, Gnido, Pafos e Citera.

(Lusíadas, CauiBo V, Estância 5.a).

J e me souviens encore, et très bien, de mon arrivée à Madère,


en plein hiver, a l'occasion de mun premier voyage comme en-
seigne de vaisseau, vers 1'Afrique. Émotion inoubliable!
Après avoir doublé la pointe de S. Lourenço, à l'est de l'ile,
le bateau est entré dans une mer tranquille mmme un lac, d'où,
Ia vue émerveillée pouvait s'allonger sur la verdoyante mon-
tagne émaillée de petites maisons blanchâtres, à toits rouges, et
presque juqu'aux #nuagescouronnant ses sommets. Ensuite le
suprenant spectacle d e la ville de Funchal se présenta a mes
yeux comme la plus belle scène au lever d'un rideau. À la nuit,
d'une température tiède, d'un souffle léger et embaumé, lIes
lumières de la ville et de ses environs, jusqu'en haut, faisaient
un si beau pendant avec les brillantes ktoiles sur le ciel d'un
limpide et transparant azur! Que je suis demeuré, ravi, a Ia con-
lempla tion d'un si rnerveilleux tableau !
Je commencais alors voyager et bien que depuis j'ai par-
zouru le monde entier je dois avouer que jamais encore je n'ai
pu éprouver une semblable émotion!
Depuis lors je suis revenu ici, plusieurs fois, heureux de
faire de belles promenades, me sentant, comme la première fois,
enchanté de ce charmant paradis de I'Océari.

Je me trouve à Madère depuis l'automne de 1934, fuyant les


froids hivers continentaux, ayant auparavant fait une brèvè
étude educlimat de Funchal qui, alors, m'avait semblé avoir des
supériorités sur celui de Mont' Estoril prés de Lisbonne; et j 'ai
pu consulter ici plusieurs ouvrages, sur Madère en général et sur
le climat de Funchal en particulier, qui appartiennent a la Biblio-
thèque Municipale, ayant remarqué, sur tou t, des imperf ections
concernant ces comparaisons avec d'autres stations Méditerra-
néennes réputies. Alors j'ai conçu l'idée de faire une étude com-
yarative plus complète de ce genre, en chercliant à obtenir les
6Iément.s météorologiques nécessaires, tous selon un même plan
et des nêmes )dernières années, au moins dix, ce qui, facilitant
beaucoup ma tâche, pourrait donner une autorité et une valeur
scientifique plus grandes aux co~iclusions ; mais, une f ois encore,
le mieux a été l ' e n n e i ~ ~
dui bien, la facilité aeii vue s'est convertie
en impossibilité et j'ai été forcé de mettre cette idde de côté.

I1 y a quelques mois, Mr. le Docteur João Francisco de Al-


mada, médecin trés dístingué, Directeur Madkre de l'hospice
.Prin&esa D. Maria Améliaw, pour les tuberculeux, m'a fait voir
qu'il serait convenable de prksenter aux membres du procliaiii
Congrès sur la tuberculose, qui doit avoir lieu au mois de
Septembre, Lisbonne, une étude moderne et plus oomplète sur
Ia climatologie de Funchal, d'autant plus que quelques uns de
ces docteurs pensent venir ici en excursion, et m'a demande de
le faire; je n'ai pu m'y refuser, ayant en considération que je ne
suis pas un profane sur le sujet, que je dois beaucoup au climat
de Funchal, et même par esprit d'humanité.
LE CLIMAT DE MADÈRE 7

Voilà la raison qui me porte à écrire, e11 m'adressant d'abord


aiis médeciris, corifiant dans leur bieiiveillance, dans l'espoir de
poiivoir coritribuer au choix de Madère, cn particulier poiir les
riialades, affaiblis ou convalescents, auxquels est conseillé un
chaiigernent de cliri~at;et comme j'ai considéré qu'il était avan-
tagcus, aussi, de cherclier à intéresser le plus possible, en géné-
rril, je suis descendu ii quelques questions élémentaires.
Le but priricipal n'est pas de dérnontrer ce qui est déjà bien
connu sur l'excellcrice du climat de Madère et ses bonnes con-
di tions d'liabitabilité, quoique l'on ne puisse jamais trop les ré-
péter ni prétendre les xiiettre en relief, iilais de considérer encore,
si possiblc, lc sujet des comparaisoris, et aussi de dire quelque
cliose sur les avantages pouvant reridre le séjour à Madère dc
plus en plus profitable surtout pour les malades.
Coinme niarin, je puis dire: til me semble que c'est l'heure
de faire le point sur lu questio~zclimatique, à Madère, en gé-
néral».
Et je vois que mon insuffisance, mon manque presque
absolu de teinps et l'absence des éléments les plus nécessaires ne
m'ont pas permis de faire plus qu'ébaucher ce qu'il importait de
faire; mais j'espère que les quelques renseignements profitables
que j'aurai pu donner, contribueront à la publication ultérieure
d'une étude plus complète et plus digne de Madère.

Mes remerciments sont dus A Mr. lc Dr. João de Almada, h


Mr. Adolfo Noronha savant Directeur de la Bibliothèque Muni-
cipale, à Mr. le Comrnandant José J. de Barros observateur en
chef h l'observatoire Central Météorologique à Lisbonne, à
Mr. le Commaxidant Teixeira Diniz capitaine du port de Fun-
chal, h Mr. Professeur Lopo de Carvalho, Président de 1'Assis-
tance Nationale aux tuberculeux, à Mr. l'ingénieur Leon Douillé
ct enfin tous ceux qui par leur aide ou leurs bons conseils ont
facilité ma tache.
L'AUTEUR
Considérstions générales sur le climatologie et en particuler
sur les principsux élérnents météorologiques

Pendant longtemps la signification du tclimat)) s'est bornée


prespue exclusivement aux conditions météorologiques d'ordre
physique; mais h présent, dans le but d'arriver B une définition
plus parfaite, elle s'ktend h d'autres phénomènes d'ordre chimi-
que e t h d'autres conditions telluriques, radiations diverses, et
particulières d'ionisation; mais la météorologic continue B être
la principale branche de la climatologie.
Ce qu'on appelle climat peut varier sans que les conditions
m8tbrologiques changent; un exemple suffit parmi plusieurs:
La ville de Lourenço Marques, maintenant capitale de Moçarn-
bique, a 6th considérée comme une des plus malsaines du littoral
africain portugais, mais i1 a suffi de faire le drainage des marais,
diminuant la mauvaise action des moustiques, et ainsi d'en
effectuer l'assainissement pour la rendre une des plus adapta-
bles h la vie de l'européen.
L'énumBration qui suit, des élbments B considérer dans
1'8tude d'un climat, donne l'idée de la grande complexité des
notibns dont i1 faut tenir compte pour la plus parfaite définition:
LE C L I M A T DE MAD&RE

Phgsiquement,

-Température de l'air 1i l'ombre et au soleil,


- Huiiiidité relative, tension de la vapeur d'eau, et évaipo-
ration,
- Pluie eIi quantité et durée; de même pour la neige, Ia
grêle et la rosée,
- Kébulosi té, luminosité, transparence de l'air -Radiation :
globale, rouge, infra-rouge et ultra-violette,
- Vent en vitesse et direction,
- Champ électrique et courant vertical électrique, éclairs et
coups de tonnerre; nombre d'ions positifs et négatifs,
- Pression atmosphérique;

Chimiquement,

- Composition de l'air, proportion des gaz. dosage de


l'ozone, quantité d'émanations salines, iodées ;
- Quantité et qualité des poussières inorganiques, fumée,
particules orgauiques vivantes (microbes) ou non, répan-
dues dans l'air;

Telluriquement,

-La nature du sol, qui intéresse aussi la qualité de I'eau


potable,
- La radioactivité du sol.

Et enfin les conditions d'alimentation, pour le séjour, ne sau-


raient non plus être oubliées, etc. -
Par les effets eonjoints de les facteurs divers, un climat peut
recevoir, physiologiquement, la classif ication f ondamen tale de :
sédatif, inerte, stimulant ou excitant.
Mais i1 faut d'abord remarquer à ce propos, ce que le
10 LE CLIMAT D E MADCRE

Dr. Sarre a dit <Dans l'état présent de nos connaissances,


(I)

lorsque rious vouloris définir médicaleinent un cliiliat, nous trou-


vons que notre vocabulaire technique a juste la même richesse
et la même précisiori que celui dJHippocrnte», mais i1 ajoute ce-
pendant que enous avons gagné de mieux voir le sens des recher-
ches, et cela est un progrès appréciable~.

Si notre globe terrestre avait eu son axe perpendiculaire nu


plan de sa translation annuellc autour du Soleil, et si l'orbite
&t été bien circulaire, les mers et Ia partie solide emergée au-
raient été disposées en zones parallèles a I'kquateur et bien homo-
gènes, de même hauteur et revêtement, on pourrait alors consi-
dbrer au cours de miiliers d'années toujours les mêines éléments
m8ttiorologiques, B chnque lieu, sans tenir compte des varia-
tions de l'action du Soleil et peut-être de la Lune. Mais ce n'est
pas le cas, et ainsi la constance peut seulement être envisagée
par rapport aux valeurs moyeniies de plusieurs années, au moins
833 englobant ainsi les harinoniques principales des variations
d'activité solaire, et qui prennent le noin de normules pour
chaque lieu; la variété des climats est extrême, non seuleinent h
cause de Ia latitude, mais en raison d'autres circonstances; fon-
damentalement les climats sont tropicaux, subtropicaux, tempé-
rCs, polaires; puis vient toute la ganlme de maritimes, côtiers,
continentaux, de plaines, de plateaux, de montagnes, de vallées,
de lacs, de champs revêtus de végétation ou noii, déserts, ur-
bains, etc.. Nous arrivons ainsi, aux microclimats, aux considé-
rations jhsqu'a I'exposition de la maison au solei1...

(') 'L plus grande partise des renseignen~ents .ici an~noltés sont
extraits de l'excellent Traité de Climatologie Biologique et Médicale (1934)
publih sous Ia direction de M. Piéry.
I1 faut aussi considerer que les mêmes actions ne produisent
pas les mêmes effets physiologiques, surtout sur les malades; et
les effets généraux de quelques éléments climatiques ne sont
pas eiicore bien connus, ce qui augmente parfois la difficulté de
la tâche du médecin quand i1 s'agit de prescrire un change-
ment ci'air.
Pour ce motif et en raison de l'iniportance du climat powr
le bien-être de chacun, et parce que l'air est aussi un grand
agent thérapeutique i1 est à propos de repéter ici l'opinion du
Dr. Piéry, disant que les météorologistes doivent diriger leurs
rccherches spécialement, non plus seulement en vue de l'aviation
et de l'agriculture, mais aussi du développrnent de la plante
liuniaine et encore que pareillement i1 faut que les médecins se
préoccupent de météorologie, de climats, les faisant entrer dans
leurs préoccupations journaliéres, «sJhabituent, en un rnot, à
penser climatologiquement».
I1 est incontestable que nous vivons plus de l'air que de l'ali-
ment; notre çorps est toujours plongé dans l'air, comme le pois-
sons dans l'eau; nous respirons normalement seize fois par mi-
nute, les poumons présentant à l'air une surface alvéolaire, à
peu près dix fois celle de la peau.
Le Dr. Piéry dit que d e s climats peuvent désormais pré-
tendre non seulement au titre d'adjuvants, mais d'actifs et pri-
mordiaux agents thérapeutiques». Vérité qu'on a pressenti de-
puis longtemps.
-Voyons donc dans cet esprit, mais simplenient et rapide-
ment, les influences physiologiques des principaux élémenls mé-
t éorologiques.
Tempérafures-Puisque la température est a la base des
pliénornènes météorologiques, i1 importe de considérer aussi son
plus important effet physiologique. Quoique l'homme puisse
supporter une grande différence de température a l'ombre,
+
- 72", en Sibérie et 57" dans l'Arabie, soit une différence de
129" C., i1 est sensible à de petites variations, saisonnières, men-
suelles, journalières. Une température moyenne entre 16" et 204
12 LE C L I M A T D E M A D È R E

svec de petits écarts, doit être la plus propre à la vie humaine;


les transitions brusques de Ia chaleur au froid sont les moins
supportables et deviennent dangereuses nu-dela d'une quaran-
taine de degrés environ, zone dans laquelle se produisent les cas
de chocs. Et l'influence de la température se mêle beaucoup a
celle de l'humidité: le chaud et le froid humides sont moins
supportables; le maximum de bien-être dans l'atmosphère sèche
est 370, par 25 % d'humidité A 323 par 50 % a 2@, par 75 % a
20" et à la saturation a 140.
On peut dire que ce sont les petites variations thermiques,
entre certaines limites de température moyenne, et aussi un
pourcentage moyen d'humidité, qui caractérisent la supériorité
#un climat; la meilleure température moyenne avec un degré
d'humiditk plus favorable peut être inf érieure, physiologique-
ment, h une autre avec de plus petites variations graduelles, prin-
eipalement journalières.
L'urganisme est non seulement un enregistreur de tempé-
ratnre mais aussi un intégrateur qui peut souffrir avec les va-
riatiuns de cet élément métborologique.

L'effet ghéral de la ternpdratttuire sur luorganisrnepeut être représentk


pw ta formule

t=degré thermométrique,
d =durée de Ia terncpdrAre
c =coefficient (constante)
Si f se rbfère au jour, en considérant inírariable Ia température i chaque
hure, celle-ici p u t être l,a rnoyentne d e s templeraturesi des 24 heures,
et ainsi E représente l'effet moyen du jour; et de même pour les mois
.
@tpour l'acna ée

rapport entre la température de la peau et celte de l'ambiant t a


ét6 considere dans l'expression

3755 -t = 1,27
temp.' de !a peau -t
ce qui montre que ia température de la pcau peut être supérieure A celle
de l'anibiant jusqu'i un degré assez eleve.
La température chaude diminuant la quantitd de l'oxigène,
par raréfaction, augmente les mouvements respiratoires. L'effet
du froid est de produire une moindre résistance aux invasions
microbiennes; i1 est cause des maladies dites a frigore. Au froid
est attribué la responsabilité, en hiver, de la recrudescence du
coryza, de la pleurésie et pneumonie, de la néphrite, de quel-
ques rliuniatismes, algies etc.; les arthritiques sont très sujets
aux troubles du froid. Le froid extrême et prolongé va jusqu'h
produire l'anesthésie et la ,mort. Mais i1 a aussi des actions
salutaires: i1 augmente la résistance B la fatigue, donne de la
tonicité au cmur, diminue les pulsations, i1 est vaso-constricteur,
et active les fonctions nutritives.
Si le froid peut être indiqué comme concourant aux cures
d'altitude et même comme nécessaire ii certain degré, i1 doit être
considéré comme nocif en des cas pathohgiques, spécialement
quand i1 est joint à l'humidité et dans les plaines. Les effets du
froid sont en somme très complexes.
La température directe des rayons, plus forte qu'à l'ornbre,
quand elle est très élevée, peut être cause de coups de soleil;
leur valeur en calories est un indice de la plus grande impor-
tance pour l'agriculture.
Humidité relative et absolue, tension de la vapeur d'eau et
éuaporalion. -L'humiditk relative signifie le puurcentage de Ia
vapeur d'eau contenue dans l'air, par rapport a sa quantité, au
point de saturation et la .meme température, le O représentant
l'air tout-h-fait sec, et 100 aJo la saturation.
L'humidité absolue est représentée par le nombre de gram-
mes de vapeur d'eau contenue dans un l m V ' a i r et cette indi-
cation est d'ordre médical.
Au dessous de 55 % d'humidité relative on peut considérer
le degré comme sec, entre 55 % et 75 % c'est le mogennement
sec, entre 75 % et 90 % c'est l'humide et au-dessus le fr&s
humide.
L'humidité est le grand régulateur thermique, qui protège le
jour contre les plus grands échauffements et la nuit coritre lcs
plus grands refroidissements; en empêchant les rayons solaircs
d'arriver au sol, elle rend plus supportable la chaleur.
Le tissu conjonctif est, surtout très hygrométriquc, de mêine
que les cicatrices récen tes et les callosi tés ; celles-ci parviennent
à annoncer les changernents de temps.
L'état hygrométrique de l'air a une action générale sur la
peau et affecte particulièrement les muqueuses du pliarynx, des
bronches et des poumons, en modifiant son évaporation. Dans
un air calme et moyennement sec, la sueur commerice à être
eliminee dans une température plus basse qu'h l'air sec, et pen-
dtint le travail la fatigue est plus grande; l'exercice musculairc
devient plus pénible dans une température supérieure à 20"
qaand l'air est hurnide et plus encore pour l'homme gras. Mais
I'humidité lubrifie la muqueuse bronchique, la calme et facilite
l'expectoration; cependant pour les catarrhes chroniqiies, coryza,
traaeo-laryngite, dilatations bronchiques, l'air sec est f avorable.
L'hdmatose est incomplète dans une atmosplière chaude et hu-
mide; la díurèse est incomplète, aussi, quand I'atmosplière con-
tient plus de 13 a 14 grammes de vapeur d'eau par 1"".Dans un
&r sec et froid la consommation d'oxygène est plus grande.
L'air chaud et humide favorise l e développement des micro-
bes transmetteurs de maladies. L'huinidité renforce les états
pathologiques des rhumatisrnes et de la goutte. On a observe la
coincidente entre les hémoptysies et l'nugmentation de l'humi-
dith absolue; celle-ci a une influente sur les tuberculeux, et son
augmentation brusque est suivie, chez certains malades, d'élé-
vatim de température.
La tension de la vapeur est en étroite relation avec l'humi-
dith, celle-ci étant le rapport entre la tension de la vapeur d'eau
rnesurke et tension de la mênie vapeur au point de saturation.
31 Ia même température. Le nombre qui exprime la tension en
millil-nètres est, avec une suffisante approximation, la mesure
de l'humidité absolue dont I'influence est importante, du point
dc vuc pliysilogiquc. La diffcrcnce: tension h la saturation-ten-
sioii x~ies~irée, cst ce qu'on appelle le déficit de saturation.
L'évaporation de l'eau dépciid aussi de l'état hygron18-
trique de l'air et de mêrne, de la température, et pratiquement
du vent.-Uii Iiomxiie adulte evapore, en moyenne, par jour
400 grnniirics d'cnu par les pournons, et 900 par la pcnu; B Ia
niêrnc tciiipérature et dans iine atmosphère très humide, i1 éva-
porc 3 & .I fois moins, environ, que daiis un air très S ~ C .
V r n f et culnzc. - Le vent, bieii qu'étant une conséquence mé-
téorologiquc dcs différences de pression barométrique, pourrn
êtrc considéré coiuxiie principal éléinent climatérique, parce qu'il
peilt a p p r t e r ia çhaleur ou le froid, l'humidité ou la sécheressc,
et aussi la ritnovation de l'air vicie dans les grandes agglomé-
ratiuns. Les vents prédoill~inants,c'est-h-dire, les plus fréquents,
peuvent ainsi être h la base de la classification d'un climat; i1
se peut, par exemple, que dans une saison ou mêm,e pendant
toute tine année, un lieu qui par sa proximité de Ia mer pourrait
sembler avoir un climat côtier, doive être plutôt considéré
cornme ayant iin climat continental en raison la prédominance
des vents de terre.
En outre, un vent, pour être favorable, devra non seulement
vcnir d'une certaine direction, mais encore i1 ne devra pas être
fort; la vitesse du vent varie, peu près, entre 2 kilomètres a
l ' h e u ~ e(Oa,5 par seconde, à peine sensible) et 144 (40" par se-
colide, ouragaii); c'est la brise et même le vent faible, qui cons-
tituent le mouveinent d'air le plus favorable du point de vue
çlinia tique.
C'est par les vents très forts que l'organisme offre le moins
de résistance et qu'arrive la fatigue; ils peuvent être cause de
refroidissenients nuisibles, sans campter les extrêmes violences
si préjudiciables. D'une manière générale le vent fort est contre
iiidiqué pour ceux qni sont excitables, trks mauvais pour les
atteints d'angine de poitrine et pour tous les artérioscléreux, et i1
est aussi iiuisible en ce qu'il soulève les poussières; les vents
secs et très chauds peuvent ktre cause de la niort par leur actiori
deshydratante.
Les vents des quadrants sud, dans l'hé~nisplièrenord, sont
les plus favorables, quand ils viennent de la iner, par leur pureté,
car l'humidité rafraichit leur températurc en été ct stimule les
fonctions vasculaires périphériques, et cn hiver adoucit les ri-
gueurs du froid. Les vents secs, en général du nord dans cct hé-
rnisphère, peuvent avoir de l'influence sur les héinoptysics.
Les vents calmes, par opposition aux vents forts, s'ils peuvent
être favorables, particulièrement avec le froid, ne sont pas bons
rwec la chaleur humide, en ce sens qu'ils annihilent l'évaporation
et peuvent être aussi cause de coups de soleil. 11s ont, en certains
cas, l'inconvénient de ne point permettre la rénovation de
l'air vicié.
NCbulosit&, luminosifé et trunsparence ufmosphérique.-
Nébulosité et luminosité sont des circonstances météorologiques
très opposhes, et la luminosité est proportionnelle a la transpa-
rente de l'air.
Les nuages sont non-seulement nécessaires 5 la pluie, mais
peuvent avoir l'avantage d'amoindrir la force excessive des
rayons solaires, en été; par contre leur moindre quantité en
hiver est favorable en ceci qu'elle adoucit le froid. D'une ma-
n i h e générale, les jours nuageux sont aiissi déprimants que les
jours ensoleillés sont créateur d'énergies.
Les nuages, donc, sont des éléments météorologiques très
importants dans la définition d'un climat.
Et la luminosité ne dépend pas seulemcnt de la portion
déoouverte ,de ciel et du degré de transparcrice de l'air, mais
aussi de I'obliquité des rayons solaires, variable à la inême heure
du jour, avec les saisons, et au cours du jour pour les diverses
heures. Elle dépend encore d e la topographie locale et du genre
et de la quantité de réflexions, notamment a proximité de la mer
et plus encore s u r la mer.
-Les photographes doivent bien considerer toutes les par-
ticularités de ces actions actinométriques, psur bien réuasir, et
nous avons quelque chose d u cliché pliotographique ... -Mais i1
faut aussi se rnppeler que, si la luiiiière est indispensable à la
majorité des végétaux, elle ii'est pas si absolument nécessaire B
l'honime; cependarit la lumière est justcment considérée comme
un rnoyeri tliérapcutique important, de l'ordre chimique, et les
actions solaires sont aussi à considérer dans leur role microbicide
accru de l'actiori de l'oxygène de l'air.
Lcs cffets dc la liimière solaire sur l'organisme humain, dfis
à toute Ia garnmc de vibrations du spectre, sont particulièrement
h noter pour lcs rayons ultra-violets (U. V.) et pour les infra-
rouges (I. R.).

Quelques autres renseignements h particulariser.


li'n faisceau cyliridrique horizontal dc rayons lumineux I, traversant
une épaisseur d'air d e n kilomètres, souffre une réduction R = I x (1-pn).
p étant le coefficient de transparence, mesurable, variant de O (transpa-
rente parfaite) A I (transparence nulle).
Dans l'ensemble de la radiation i1 importe de considérer:
La radiation directe solaire .......................................... S
La radiation diffuse de I'atmosphère .............................. D
La radiation solaire et diffuse réfléchie p a r la terre ......... R
Le rayonnemeiit thermique ........................................... A
Le rayonnement terrestre .............................................. T
Pendant le jour ensoleillé on a pour la radiation effective sur la terre.

Si le solei1 est couvert S est nulle;

A la nuit N=T-A
Ce qu'on apelle Ia radiation globale sur une snrfacc horizontale

est G=S+D
Des nppareils divers effectuent les mesures partielles.
La constante solaire, i l'extérieur de l'atmosplière, A la distaiice
nioyenne de la Terre, a une valeur.

1,=1,94 cal. gr, (em2. min., à l'incidence normale)

Avec les rayons U.V. la peau s'échauffe peu mais les couches
sous-jacentes s'échauffent davantage; avec les I. R. c'est l e con-
traire. La pigmentation de la peau est l'effet le plus évident
des U. V.
Parmi les influences des insolations on peut considérer les
suivantes: la diminution de I'hypocalcémie par l'irradiation deu
U. V., en modifiant le rachitisme (accroissement de tous les méta-
bolismes), I'action analgésique des I. R. sur quelques maladies
douloureuses, l'action sédative de la lumière bleue, la réparation
des plaies irradi6es et de certaines maladies de la peau par les
U. V. attribuées B I'appel des leucocitaires et B l'accroissement
phagocitaire, de mêmc que Ia destruction des microbes et to-
xines.
Ces influences permettent de classifier les actions climati-
ques en héliophiles (pour les mois d'hiver et de printemps) et
hdliophobes ~(pourIes mois d'été et d'automne) selon le rythme
des saisons et de la vie microbienne.
Sur l'action de la lumière sur l'homme, i1 y a encore beau-
coup h savoir, vu la grande complexité d'action à tenir en
cornpte; mais i1 est hors de doute par exemple que les nourris-
sons et les jeunes enfants se portent mieux, deviennerit plus résis-
tants à certaines maladies par I'exposition appropriée aux rayons
solaires. Les auteurs sont aussi d'accord pour ce qui concerne
les salutaires effets locaux d e la lumière et aussi l'héliothérapie
est devenue une branche importante de 1a thérapeutique très
riche d'espoirs.
Électricité, ionisation d e Z'air ct radioactiviié atmosphérique
-LPélectricité considéréc, tantôt cornnie cause, tantôt comme
effet des phénomènes météorologiqucs, manifeste son açtion la
plus apparente sur l'organisme humairi par lo foudre, qui cst si
redoutable; amais cette manifestation électriquc de lJatrriosphère,
qui peut être un fléau, apporte la purificatiori dc l'air, par Ia
formation de I'ozone qui est un grand microbicidc.
On admet à présent qu'à un champ élcçtriquc corrcspondent
des effets physiologiques; on attribuc à l'électricité une action
biologique, peut-être supérieure B cellc des autrcs 61érnents m6-
léorologiques. La différence d e potentiel électrique entre le tissu
viva~rict ccliii de l'atmosphère a été appellée I'indice de nutri-
iio~z;ei aiiisi, lc corps humain étant au même potentiel 4lectri-
qiic qiic le sol, Ia variation de ce potentiel arrive être prise pour
cc xiiêriie indice et les localités ont été classifiées en localités h
grunrl <rir, de plei~zair, neutres et négatives, les deux premières
ayant u11 potentiel positif respectivement d'au moins 100 volts
par niètrc (plateaux B vents constants) et entre 100 et 30
v01ts (loiii dcs vallhcs profondes et dans le voisinage de localités
boisécs, à vcnts rarcs); les lieux considérés comme neutres
sont ceiis qui O I I ~ moiiis de 30 volts (vallées ensoleillées ou
tcrraiiis boisés) et finalement les champs négatifs sont ceux situés
daiis l e voisinage de cours d'eau rapides, ii l'intérieur des grot-
tes, ctc..
Bicn qu'il nous reste beaucoup h apprendre a ce sujet, les
indications concernant les applications de l'électricité, sont déjà
nombreuses, h la portée des médecins. L'application des couranta
de 11au te tension aux artérioscléreux est bien connue; l'action
thérapeutique sur la sciatique rhumatismale est remarquable.
L'influence de l'électricité atmosphérique sur quelques per-
sonncs est 11ieri évidente; certains hoinmes sentent une dépression
quand sa valeur est nulle et d'autres sont sensibles aux forts
gradients positifs. Quelques personnes commencent h sentir un
iiialaise h l'approche de l'orage chargé d'électricité quand les
baromètres y sont presque inserisibles.
-LJionisatiIon de l'air, dfie à la présence des particules
noliimées ions, est la conséquence des rayons U. V., des rayons X,
de la radioactivité du sol ,et de la pulvérisation de l'eau, etc.. Le
Le nombre d'ions varie selon les saisons et les heures d u jour,
iliais en dépendant toutefois de facteurs métèorologiques et géo-
grapliiques. I1 y a de gros et de petits ions avec signification dif-
férente. C'cst une étude qui commence, mais o n connait déjh les
cffets d e l'air ionisé chez les tuberculeux, ainsi qu'en général sur
les voies respiratoires et dans quelques inaladies du sang.
La co~iductibilitéélectriquc et l'ionisation de l'air forment
aiijourd'liui une importante branche de la climatologie médicale.
-La présence de substanccs rndioitctivrs daiis l'air aiiiI~i:~iii
a été aperçue depuis quelqiie teiiips; dcs rrclicrclies oiit deiiion-
tré l'existence d'émanations du R:idiiiiii (lladoi~),dii Tliorium
(Toron) et de leur produits de désiritégratioii, ri1 tlivcrses qu:riiti-
tés, selon Ia nature du sol, lc voisiiiagc tle 1:i mrr, l'atitiide ct les
conditions du vent. L'atmosphère nii-dcssus (lc Ia nier contient
peu de Toron, mais a une teneiir sciisiblc de R:idoit.
Les teneurs quant au sol oiit 4té 6t iitliécs, sp&ciulrriiriitccllcs
du Radon; le basalte, par exciiiplr, (GroriidI:iii<l), ii cii R:idon
la basse teneur de 0,3 x 10-'?gr. par graiiiiiic de roilic, iiifí.ricure
d'un dixieme a celle du granit.
On attribue au Radon unc iriflriciicc séd:itivc sur ]c systi.mc
neuro-végétatif. Les anérniks trouvcn t 1:i r6gbii6rnt ion dti s;iiig
dans les climats ou Ia tcrieur eii Riitloii cst l n pliis & l ~ v i coniine
.~,
h la plage.
Pfuie, brouillards, neige, grêle, rosth. Forrilcs d ivcracs dc
transformation de Ia vapeur d'euii de l'ii!nios;~lit!rc iiivisible,
dont les effets physiologiqucs sorit, ii l'ordiri:iire, cl'ordrr iridirect.
La pluie diminue le froid dc I'liivcr et riifrniçliit cii 616, tliais
augmente l'huniiditb par 1'i.v~por:itioiiqiii cii ri.siilti!; 1:i iii:irclic
sous la pluie n'a pas d'iiicoiiv4riiciit si oii ~ ) i . e ~ iIrs< l ~>ri.c:iiitioiis
habituelles. La pluie purific uussi l'iiir, cii Ir tli.buriiss~iit íics
poussières, des fumhes et dcs ;)articulcu cirgariique'i (.li siis;>rn-
sion, mais le sol en pourrii 6lre rliargi: t.1 tlii restei. rorilaiiiiii6.
Les brouillards, produi t s qiic~lqiicfois c l ' i i i i srtn
~ i-cori<iciisa-
tion de Ia vapeur d'cau, d'aiitrt~sfois par tie ~ i ~ iiiiiiycs, i s soiit
l'expression d'un plus grziiid étiit d'liuii~i tli ct soii t ;>lus frd-
quents dans les calnies, nu graiid riiatiii, siir Ics <.fites de lii mer.
dans les vallées et daiis 1i:s liciix ou les ~~oiissii*rc.s ct f i1iii6rs fu-
vorisent cet 4tnt particulicr. D;iiis lcs criitrrs iituiiiifii~*liiricrs lcs
brouillards peuvent Ctre toxiques.
L'action du brouillard se cojifond i i \ ~ c rcllc
. de Ia ii6l)ulosité.
plus prononcée, quand i1 apportc Ia sciiii-ol>sctiiit6; le brouillard
froid est particuliéremcnt inaiiviiis, c11 ce qic'il relârhe les tissus,
est dhbilitant, et peut êtrc nocif pour Ics iiffcction <lu tiiorux.
La neige, plus que la pluie, amoindrit la température froide,
mais, au contrairc, rcfroidit l'air eii fondant; i1 en est de mbme
pour la grêle. L3 r o s k ~ ~ L I ' Oobserve
I~ au graud matin est l'indice
du caline et d'un ciel découvert, qui en favorisant l'irradiation
terrestre est la cause du pliénomène.
Pressiorl atmosphérique. -L a pression atmosphérique au ni.
veau d e la iiier est en nioyenne de 761 mm., un peu moindre B
1'éqii:itcur et un pcu supérieurc jusqu'8 des latitudes voisines
de 1a zorle glaciale; mais elle souffie une diminution 8 raison
de 1"'"par 10 " envirori de liauteur, jusqu'a 1.000", et est encore
sujettc ii des variations qui peuvent &tre grandes par les forma-
tions de c a r a ~ t è r ~cyclonique
e et anticyclonique, c'est-8-dire de
basses et hautes pressions, qui se déplacent; 8 Paris, par exem-
ple, les écarts diis a ces dernières causes peuvent ateindre 68"".
entre 719"" et 787"".

La formule des gaz parfaits sPapp:iquédans ce cas


nT
P=RXV
P étant la pression, R une constante applicable aux gaz, n le nombre de molécules
gramrnes. T Ia température absolue (- 2700), V le volume; ce qui montre que pour
V et T constantes P est directement proportionelle à n.

Les pressioiis extrêmes à la surface de la terre ont varié de


793'"" à 686"", soit une différence de 107"".
L'abaissenient de la pression atmosphérique accékère le
rytlime des battements du cceur, en augmentant l'amplitude des
oscillatioiis; donc elle a une tendance à élever la tension arté-
rielle, et au contraire pour les pressions très grandes; la diminu-
tion dc Ia pression avec l'altitude cause l'accélhration de la respi-
ration par la rnréfaction de l'oxygéne, ce qui a 6th considéré
comiiie un grand avantage dans quelques cas de tuberculose pul-
inonaire.
011attribue aux malades et aux veillards une sensibilité par-
ticulière aux abaissemcnts de pression; 1à n'est peut-être pas ia
véritable cause, si l'on considere, l'ensemble des phénomènes
~ ntéorologiques.
é
L'homme peut supporter la pression de l'air jusqu'8 5 atmos-
phères, mais i1 importe de tenir compte alors, de l'adaptation et
des conditions organiques.
Indépendamment de l'influence qu'on subit aux altitudes, on
peut dire que la pression barométrique est uii des élénieiits mé-
téorologiques qui, par lui même, a une iiioiridre action pliysio-
logique.

Comme i1 a été dit, en climatologie i1 f i ~ u encore


t considérer
d'autres eonditions; parmi celles-ci je nie liiniterai seulement h
la composition chimique d e l'air. Sans tenir compte d e la vapeur
d'eau, l'air a partout la même constitution cliiinique. I1 est com-
posé de 4 parties environ d'azote, 1 d'oxygéne, d'anhydride
carbonique, une très petite quantité d'liydrogène et de traces d'ar-
gon, néon, hélium, krypton xenon (inertes). Mais d'au tres corps
gazeux peuven t localemen t ou acciden telleiiieri ts s'y mêler :acides
nitrique et nitreux, ammoniaque, coniposés sulfurés, oxyde de
carbone, composés carbonés divers, chlorés et iodés. E t cela ne
peut pas être indifférent, non plus, daris I'étudc coinplète, clima-
tique, d'un lieu.
*

On peut voir, par ce bref exposé, ln yraiide iiiflucnce phy-


siologique des éléinents météorologiyucs, suitoui q~ilindon ~011-
sidère tout l'ensemble de circonstaiices cliiiiuticliies dont i1 faut
tenir compte. Pour bien definir l'actioii de chaqiie klérnent, i1
faudrait examiner en particulier, cliaque Bléliiciit conliiic varia-
hle et pour cliaque condition orgaiiiquc, pour cliiique catbgorie
de saias et de malades, de jeunes ct de vicillurds, de races, etc-
Une analyse harmonique, matliériiutique pour cela, serait
tout-h-f ait impossible ! La traiisccnda~lc~niuthbniatiquc est ici
enc01-e ~ l u grande
s que dans Ia complexc in&téorologie...
Mais nous n'avons, somme toute, considérer que la clima-
tologic, dcvenue uric brariclie scientifique, est dèjá avancée; elle
pcrriiet ericore les pliis grandes espérances, non seulement sous
I'aspeçt général de l'liygiène et de la prophylaxie, dont la prati-
que est déjh très répaiidue, niais principalement au point de vue
tliérnpeutique, si l'on considère le grand progrès des connais-
sances dans ces derriicrs ternps et le dévouement et la science des
iilédeci~is.
Résumé des études météorologiques accomplies sur Ma-
dère, et des opinions diverses surtout par rapport a d'autres
sta tions clima tiques

Tout c e qu'on a écrit h propos de Madère, en particiilier de


la rnétéorologie de Funchal, est fort intéressant. Dans ce qui suit
i1 ne faut voir qu'une brève relation, c'est-à-dire une notice biblio-
graphique quelquefois un peu plus détaillée qu'à l'ordinaire.
On a suivi l'ordre clironologique d e quelques publications.

- Observation on the ncit~iralhistory, climate a n d disenses


of Madeira durir~ga period of eigltteen years -by William
Gourlay M. D., Londres, 1811.
Parmi les plus anciens ouvrages sur Madère, i1 faudrait peut-
être considércr celui-ci, comme le principal.
Les observations météorologiques qui s'y trouvent, embras-
sent une large période, d e 1793 1802, et sont présentées
une forme sp6ciale. L'auteur a cependant considere avcc une par-
ticulièrc atteiition ln population, les produits et la salubritk de
cellc ilc. Ai1 poirit ctc vue niédical, on doit remarquer le chapitre
relatif a u s iiialadies eridé~niquesct epidémiques, qui est digne
d'ètrc rioté dans une étude dont le but serait particulièrement
niédical.
- A treaty o12 fhe climate und meteorologg of Madeira -
by Dr. Mason arid J. Driver - 1850.
Les observations météorologiques ici présentées, ont eu lieu
du 1" Mars 1834 au 28 Février 1835; des observations de Charles
Mc Eue11 (1848) et de Yaung (1849) y sont aussi rapportées. C'est
une étude très intércssante, spécialement au point de vue hygro-
rnétrique; l'auteur en arrive à considérer (très a tort), Madhre
comrne trop liumide, se qui lui a valu quelques critiques, quand
on s'est apercu que les observations avaient été faites hors d e
Funchal, ti Levada de S.t' Luzia, et dans uli lieu humide, très
proclie d'uii réservoir d'eau.
A propos, du vent Leste, sec et chaud, qui souffle rarement
à Madère, i1 faut mentionner son opinion que l'on cite parfois:
- Ceux qui en arrivant à ilíadère, se portent bien par vent Leste,
feront mieux de s'en aller, et au contraire ceux qui en souf-
frent peuvent rester parce qu'ils devront en retirer un béné-
fice permarient.
Mais d'une f a ~ o r igériérale on rend justice a u bon climat
de Funchal.
- The climate of the Isla~idof Madeira -b y James Macken-
zie Bloxam Esq. - London, 1855 (Second edition).
Ici i'on critique les observations du Dr. Mason, particulière-
mexit celles sur I'humidité, a cause d e la mauvaise position de
l'hygromètre; on f ait aussi remarquer, très judicieusement, que
les observations daris un lieu ne peuvent pas s'étendre à l'ile tout
en tière.
Dans cet ouvragc on examine encore quelques conclusions
de Burgcss, moins favorables à Madère, disant quc celles-ci ont
été déduites a la légère des colonines d'observations anciennes,
faites dans dcs lieux impropres, avec des appareils non contrblés
et mal installés.
L'équilibrc thermique est ici considéré comme la plus im-
portante conditioli niétéorologique de Madère.
-Nofíciu s0bre o clima do Funchal e sua influência no tra-
tamento da tísica pulmonar - pelo Dr. F. A. Barral, 1854 (yubli-
cation de 1'Académie Royale des Sciences, Lisborine).
L'objet de cet ouvrage notablc, claireinent indique dans sori
titre, a conduit l'auteur à faire une étude circonstanciée des con-
ditions de Funclial, les considérant cornine très propres au trai-
tement de la phtysie pulmonaire, en des cas déterriiinés.
Des référeiices y sont faites h des étudcs météoroloçiques du
Dr. Heberden et aussi à un livre de Dr. Pitta (Account of Madeira),
à des comparaisons avec des clirriats de France, par le Dr. Vaz, et
encore a un autre ouvrage de Robert Wliite (Madeira, its climats
and Scenery). I1 a fait aussi des observations. Dans le but de
montrer la concordance des températures moyennes par saisons,
trouvées par divers auteurs, le cadre suivant est établi en degrds
Fahrenheit.

DiffBronce
Anteori Hirer Printempe &te Automns entre 1'6th
e t lPhirsr

.......
Heberden 640,46 650,18 720,64 720,83 80,18
Kirwan........ 64 ,33 65 $4 72,73 72 ,68 8 ,40
....... .
Gourlay 60,48 60 $2 69 ,53 69 ,20 9 ,O5
... . . . .
Heineken 59 ,$3 62 ,43 68 ,73 66 ,I3 8 ,90
Dove ......... 63 $0 64 ,46 71,60 70 ,88 8 ,I0
Mason....,.... 61,87 65,59 71,30 69,30 9 ,43

Cet ouvrage h été traduit en français avec quelques addi


tions acceptées par le Dr. Barral, sous le titre qui suit.
-Le clima! de Madère -par le Dr. Garnier, 1858.
On y peut puiser, en résumé,, les renseigiiemcnts météoro-
logiques suivants :
A la température moyenne de l'année a été assignée la va-
leur de 19",8; 1a plus grande différence trouvée entre la maxima
et Ia riiinima fut 19",3 ce qui peut être remarque, en quelques
lieiix, dans un seul mois ou même dans un seul jour; la cons-
tance tlierrnique est Ia principale excellence de ce climat.
Par riipport à l'liumidité, on observe qu'on n'avait commen-
cé que tnrdivement les observations, et que, selon celles du
Dr. Barral, le tlegré d'humidité avait été trouvé moindre que
les cliiffres signalés an térieurement.
Entre autres choses, une description bien circonstanciée des
Iiuages et des vents modérés y est transmite; on y a joute que
l'iinprcssion causée par le climat de M ~ d è r eest si douce, si
agrénble, que les personnes, même d'une constitution délicate,
peiivent vivre au grand air, et qu'il est difficile de se rendre
comptc àquelle époque Madère est plus utile aux malades, en
3iiver ou en été, si l'on considère la possibilité du séjour aux alti-
tudes. On y dit aussi que tout cela donne l'idée d'un climat ex-
ceptioiinel, trhs conseillé dans le traitement des maladies chro-
niques ou des constitutions délicates. L'homme du nord fuyant
en hiver les climats rigoureux trouve à Madère une température
idéale, une végétation variée en pleine vigueur aii figurent les
plus belles plantes de tous les elimats, ce qui donne l'illusion des
paradis décrits par les poètes!
Opinion très juste!
Dans cet ouvrage se trouvent beaucoup d'opinions de mé-
deci~is,tous favorables à Madère.
Anais do Observatório Central de Meteorologia (Infante
D. Luiz) h Lisbonne, qui contieiit des éléments tirés d e la Station
Clirnatologique de Funchal.
Cette station a été établie dès 1865; on y fait des observa-
iions trois fois par jour, selon le règlement, comme on pourra
le voir au chapitre de l'étude spéciale du climat d e Funchal.
-Article du Dicionário Universal Português Ilustrado, re-
latif a Madère - 1874 - (ouvrage innchevé).
Daiis cet iinportani nrticle, d'ordre général, on considérc
dcux périodes distitictes, eii ce yui concerne l a mètéorologie:
28 LE C L I M A T D E ~ ~ A D I ~ R F ,

Ja première commence en 1747 par lcs travaux du Dr. Hebcrdcu


et se termine e11 1865 avec l'établissernent de la station clin~a-
tique de Funclial, et la secoiide est postérieure a cctte date. Dans
Ia prernière, les observations dues B une initiativc particiilière,
dtoivent être jugées incomplètes, irrégulières et imparf uites, et
dans la seconde c'est tout le contraire. Les premières sont con-
densées dans l'ouvrage du Dr. Barral.
Pour ce qui regarde les donnécs niétéorologiques, i1 est donné
un extrait d'un autre livre (Ilha da nladeiru) du Dr. Acurcio, rela-
tif a des observations de 1a statioil cliniatiquc dc Funchal, de
1865 h 1874; voici, en résumé, ce qu'il faut en rctenir:
Les températures moyennes des années indiquées ont été
successivement - 18",98 - 18",86 - 19",10 - 19",12 - 18",76 -
18",86 - 18",49- 18",78 - 18",14 - 18",38; en moycrine 1S0,70.
Les moyennes mensuelles d e températures ont èté, de Janvier
B Décembre - 15*,73- 15",83 - 15",80 - 16",99 - 18",07- 19",91
- 21v,76- S2",57 - 22",23 - 20",52 - 18",35 - 16",26.
Le max. observC . .. 320,4 (16 Juillet 1865)
Le min. n . .... . 7 ,9 (25 Janvier 1871)

On considère Madère comme baignée par Ia branclie descen-


dante du Gulf-Stream.
E n ce qui concerne la pression atmosphérique on a trouvé
la valeur 763"",08; la différence étant de 2"In,28 entre les pres-
sions moyennes du printemps et de l'hiver, et 1a différence entre
les valeurs extrêmes observées de 37"",50.
On a determiné une valeur moyenne annuelle de 68,2470 pour
l'huinidité, avec des écarts nioyens mensuels, d'une valeur ma-
xima= 6,1 %. En ce qui touche cet élénient, on coiisidère que
I'uniformité du climat de Madère est diie a la vapeur dJeau ré-
pandue dans I'air, ce qui rend les étés frais, le solei1 supportable
a midi, diminue l'irradiation terrestre, et par sui te évite les
refroidissements la nuit.
L'étude se termine p a r des i~idicatioiissur les vents, no-
tamment l e Leste, sur la pluie, etc.
Dnns ce trnvail o11 cite aussi comme référance la publica-
tion d'un article de Rfr. Lima e Cunha dans la <Onda%,publi-
cation didactique SOLIS le litre de eQuelpiics considérations sur
le cliinat de Madère~,ou l'on explique la formation des nuages
en 111 011 t agn e.
--Madère étudiée comme staiioxz d'hiver, par le Docteur
J. Goldscliniidt -Paris, 1880 - (opuscule en 2 O édition, 1884).
Les tableaux et graphiques qui y sont prèsentés sont
rèsultat des données météorologiqucs de la station climatolo-
çique dc Funclial, de 1865 a 1881, embrassant ainsi celles de
l'article antérieur. Les valeurs trouvées pour les éléments mé-
téorologiques s'accordent avec celles-lá.
On remarque ici la possibilité, pour l'été, d e changer d'alti-
tude en allant résider en niontgne, ce qui donne à l'ile l'im-
portance dont elle jouit comme station d'hiver.
A l'égard de l'humidité, étant donné son degré de séche-
resse, on observe cependant une augmentation au coucher du
soleil, se qui fait qu'on recommande des précautions. Considé-
rant l'atmosphère d e Madèie toujours chargée de vapeurs d'eau,
tiéde jusqu'a 300" d'altitude, on y voit une circonstance bienfai-
sante, en observant que c'est une erreur de classifier ce climat
coiilnie humide.
La recommandatioii d'un séjour de 18 mois, est faite a tous
ceux qui s'y trouvent bien en hiver.
- Curabilité et iraitement de la phtysie pulmonaire, par
J. Jaccoud, 1881.
Dans cet ouvrage, d'un caractère climatologique aecentu6, les
climats sont considérés, en général, selon les altitudes, comme:
fortifiants, entre 1900" et 1500'" d'altitude, pouvant descendre
jusqu'h 500" dans les régioiis septentrionales, et débilitants ou
déprimanfs dans une altitude de lmoins de 400", exception faite
cependaiit pour Madère, h cause de la possibilité de résidence à
tine plus grande altitude. D'après cet auteur réput6 ou doit consi-
dérer le climat de hladère comme sédatif par excellence, car i1
réalise, dans l'héinisphkre nord, au mnximum, lcs coiiditions cli-
rnatiques nécessaires. On peut égalcmcrit recornniander une per-
rnanence prolongée h cause des faiblcs varintions tlicrniiques de
l'été h l'hiver.
-Madeira spectroscopic -by C . Piazzi Sniytli -1882.
Cet auteur a choisi cette ile pour cies observations du spectre
solairte, en raison de sa transparente at~nosphérique.
Sont but a été 1a localisation de certtiiries raies et la détermi-
nation de leur signification chiniique exacte. La concordancc de
ses observations avec celles de la Royal Society's Pliilosophical
Transactions est remarquable, et ses observations ont pu donner
les résultats désirés, en peu de tcmps, comparntivement avec
d'autres éminents physiciens; i1 a pu ici pkiiétrer de plus en plus
profondénient dans les régions spectralcs cachées à la vue.
-Madeira meieorologic - b y C. Piazzi Sn~yili- 1882.
C'est dans ce travail que cct aiiteur a apporté sa meillcure
contribution h I'étude des questioils proprement météorologiques
en faisant surtout des comparaisons favorables h Madère, et qui
peuvent être vues plus loin. Ou y conlredit, une fois de plus
l'opinion d e Mason en ce qui conccriie I'liumidité, en faisant ce-
pendant remarquer que s'il y a des cas OU I'air sec est néeessaire
dans l a phtisie, dans d'aulrcs l'air huiiiidc peut être indique.
-Hand book for Madeira -b y James Yate Johson, Loii-
don, 1885.
C'est une traiiscription mise 5 jour pour l'bpoquc et augmcii-
tée, du livre de Mr. Robcrt White (1851), ouvrnge tr&s cornplet
sur Madère oomprenant un chapitre sur la météorologie base s u l
les données de la station cli~natoloçiquede Punçlial, de 1865
a 1883.
Dans eette période de teinps l a temphatnre inoycnne a été
19",87 avec un min. absolu de 7",6 et un man. de 32",5. -La nEbu-
lositb a 4th en rnoyenne 5,O environ; on fait observer que le
brouillard est rare ici. -Les indications sur le vcnt sont pnrti-
culièrement intéressantes spécialemeiit ce qui se rnpporte au
Leste, en affirinarit pr'il n e fait pcrs mal aux malndes; le vent est
rarement asscz fort pour einpêclicr les valétudinaires d e faire
une prlomenade à quelque moinent de la journée. En ce qui tou-
che l'humidité, inalgré les valeurs mopennes données, entre
66,9 % et 71,5 O/o, le climat y est toutefois à tort, qualifié
d'humide.
- Illudkre stutioii métlicale fixe; clirnat des plairies, climat
des altitudes - par lc Dr. C. A. Rlourão Pitta, Paris, 1859.
Dans cet oiivragc, on a fnit unc descripton, très circonstan-
ciée, des bonnes conditions naturelles d e Madère, ainsi que de
tout se qui y avait Ctè réalisé jusqu'alors au point de vue des
attractions et des comrnodités.
Un cliapitre spécial y esf consacré a la météorologie, l'étude
en étant basée sur les doiiiiécs de Ia station cliiilatologique de
Funchal, de 1865 à 1884 (les niênies dont le Dr. Goldschmidt
e' est servi).
La température :iiiiiiielle (considérant la température jour-
nalièie seulei~i~erit coiiiiiic la iiioyeiiiie dcs lnaximas et des mini-
mas) a 6th 18",67, avcc i i r i nitisi~niinide 1g0,45 (1878) et un mini-
mum de 18",08 (1882).
Les iiioyciiiics i~iiiisiicllrsoiit Ctb succssivenicnt, d e Janvier
à Dé~embre:
1G0,07, 15",63, 15",7!), 1G0,98, 18",28, 10",83, 21°,60, 22,44, 22",03,
20",30, 18",69, 1T0,42.
Qiiant h l'li~iiiiidi~í: présciite pas dc chiffres, mais des
011 ~ i c

considératioris <I'oi.drc gCiiCriil oii t Cté fai tcs sur leurs variations,
et l'on finit p a r dirc qiic alr cliiiiat dc Ftriiclial n'est iii trop sec
ni trop hoiiiidc rt cliic l':it ii~osi>likrc sciiiblc pliitôt huiiiide que
seclie, taiiclis q t i c Ir sol e s l foiiri6rcnicrit s c o .
On lui nltril~ucTI) joiii-s de pliiic p a r ali, en nioyeniie avec
une quantité d c (i38"',5, bgulcriicrit iiioyciiiie.
Des coiisictÇrzitic-111s:iiissi soiit faitcs siir sérériité de l'air, état
nuagcux et siir <I'aijtrcs i)liC~ioiiièiies inétéorogiques, ainsi
que sur l'ozoiie, p:ir clcs observalioiis de 20 sns; on y dit que
l'influciice de cc dcriiicr Clc~iiclitsiir lcs épid6iiiies n'a pu êtrc
observée parce que pendant ziri séjour d e 15 ciris ti Mciclère aiictcrzc
ne s'est présenfée.
Cet auteur s'efforce de justificr la raisori du titrc dc son
livre -Madere station médicale fixe - par lcs possibilités d'un
séjour prolongé dans. cet te ile.
Les maladies chroniques des voies 'respiratoires y guérissent
d'ordinaire, et de même pour certaiiis degrés de tuberculose pul-
rnonaire.
Cet ouvrage conticnt encore une importante série d'opi-
nions de médeeins, favorables à Rladère, plusicurs encorr non
mentionnés ici: Dr. Jules Fournct, M. F. M. Hughes, Dr. Icacrn-
pfer, Dr. J. F. Francis, Dr. H. Lebcrt, Dr. Willoughby,
Dr. Edward Smith, Dr. Hervey Ancell, M. Gaston Lemay, Dr. Em-
bleton, Dr. Ferrand, Dr. Gigot-Suard, M. Ch. Beneden, Dr. Spen-
cer Wells, Dr. Mittermayer, Dr. Hermarin Wcder, Dr. Charles
Omnés, Dr. Coupland Taylor, Dr. Danet. - D'accord aussi avec
tous ces écrivains, le Dr. Pitta dit que aaucun autre pays a u
monde, en effet, ne présente des conditions climatériques aussi
bonnes que celles rencontrées dans cette perle des iles, située au
milieu de lJOcéan Atlantique~.
-Boletim da Direccão de Agricultura - Rapport du vétéri-
naire de Funçhal, 6 8 m h n n é e n."
, 11, 1897.
- O clima da Madeira - Separata de la publication de la
S. G . de Lisbonne, par le Dr. João Martins.
Dans cette separata des données climatériques de illr. Tclles
de Menezes sont rapportées. Cet auteur considère Madère comme
la tsynthése épurée de tous les bons climats du niondeo.
-Relafório da Comissão dada ao Dr. Atzfónio !Maria de Len-
castre para ir c l Madeira estudar o local que a empresa Hohenlohe
escolheu para edificar um Sanafório -1930.
Les données météorologiques qiii y sont contenues se rap-
portent aux saisons, et l'on considere comme remplissant les con.
ditions, formulées par Marfan pour le traitement de la tuber-
culose, *de faibles oscillations thermiques; l'air y est pur, sans
I)roi:ill:trds, le sol sec, la température idéale, la lumière du solei1
d'unc irifeiisitc et durée adniirable, ce qui est corifirmt'! p a r Ia
flore iiicrvcilleuse; l c pourcentaçe d'ozone, l'existerice d e sapi-
nièrcs, 12s brises fréquentes, l'liumidité inodérée, sont des con-
tlitions encore a bien considérer.
On y dit ce qui suit:
Nous seiitons les pliéinon~ènes,d'ordre sédatif, traduits par
le calnic de 1a circiilatioli çénérale, par le repos du systènie ner-
veux ceiitral, par le moindre effort inspiratoire, ce qui provoqiie
chez les rnalades la cessation d e toute excitation, le retour au
soi~iincil,la diminutioii de la toux, une satisfation plus cornplètc
du bcsoin de respirer et l'action de l'ordre tonique par l'augmen-
tation des cornbustions intraorganiques, p a r l'acélératio~i drs
fonctions digcstives, dJoù, comme compensation naturclle, une
ineilleure nutritrion et l'augmentation du poids.
La mission qui est venue faire le choix des lieux poiir l'em-
placement des sanatoria a été, pour la partie médicale, constiiuée
par le Dr. Frankel d e la Faculte de Berlin et p a r le Dr. Pannwitz,
secretaire général d u Bureau International d e la Tuberculose.
Cette iiiission a choisi, pour l'établissement d'un Sanatorium un
lieu tout proctie de Friiiclial, a l'altitude de près de 500". La cons-
truction de cc Saiiatoriuni fut commencée sur l'emplacement où
fut bâti par 1a suite l'fropital des Murmeleiros, d e Ia Mishricorde.
- Portos n-rcerítin-rosde Portugal - 1907.
Dans cct ouvrage très renommé, sont faites a ~ s s iclcs rbf6-
rcnces très favorables h Madère, notammeiit à sa tcinpératurc
I,oii~icet trbs pcu variable et aux bonnes conditions du vent et
tie la Iner.
-El~rcidário Madeircxzse - par P . V e r n a n d o Augusto da
Silva ct Carlos Azevedo de Meneses - 1921-1922.
Dans cet Educidário, ou lJon peut trouver sur Madkre des rcii-
scignements plus complcts, des considérations particulières sonf
faitcs sur le climat, d'nprks les élémerits de la Station Climatolo-
fique de Fuiichal, de 1 0 1 à 1909, d'ou peuvent être extraits les
~ a l e u r srn oyennes mensuelles suivantes:
-- -
" i "
;___-
TempCra- 1

relative ~ 62 ,2 62 ,7 57 ,5
Pluie m/m . ii 8 ,S 79 ,8 58,s
I

TempCrature maxima absolue. ... 970,3 (avec le Lest)


minima » ...
. 4,5
))

» . ..
moyenne annuelle
IIumidité relative max. absolue. .
17 ,97
683
u i~ min. »... 55,6
)) )) moyenne annuelle 62,9

- Ulic discription dcs vents y cst faite, compte tenu aussi de


ccl~iiqiii soiiffle a Poirite S. Lo~irencod e caractère général; une
loiigue listc d'auteurs qiii ont été favorables au climat de Fun-
clial, accornpagne aussi cet article.
- O clitna du Madrira - article inséré dans la publication
«Quinto Ccnterlário da Descoberta da Madeira> - 1922.
C'est une aiitre apologie d u climat de cette ile, prenant
considération l'enseinble des conditions météorologiques. Mad6re
a Iin climat tlifrapeutique, Funclial est uii exemple des lieux
a clirnat doux, eri été et en hiver; ri'est point de ceux qui peu-
velit être appelés à climat durs.
- Profilcixia da tubercnlose em Portugal - par les médecins
Pachcco de Miranda, Simõcs Ferreira et Cassiano Neves (rappor-
teur), rapport présenté a la Sociedade de Ciencias de L ~ s -
boa - 1924.
C'est une étude de caractère général qui se réfère particuliè-
reiiient au Dnneiiiark, pays d e froid et d'humidité, dans la lutte
rnenée avec tant de succès contre la tuberculose. En racontant ce
clui a été fait, au Portugal, on nientionne que la preniière tenta-
tive d e construction de sanatoria a été à Madère.
- A trlberculose - Coriféi*ericcdorinée dans le Patronato de
S . Pedro de Fuiiclial - 1931 - par le Dr. João d e Almada.
Dans ce tte conférence, particulièrement objective, tout en
disaiit qiic hladiirc est iin sanatorium naturel, digne de l'étuù:,
tlcs savnrits natiorinus ct étrangers, le conférencier remarque ie
fait qiie JIadère a été clioisie pour l'établissement des meilleurs
srcnclforicc dcrrzs lc meilleur climcrt.
- Lc climctt de Mcrdère et ses effefs thérapeufiques, par l e
Dr. Armando N:irciso, professeur a lJInstitut dJHidrologie A Lis-
bonne; cornmunication présentée au XIV Congrès International
d'Ilidrologie et de Cliinatologie Médicale à Toulouse - 1933. Pré-
scn t:int des donées météorologiques générales, i1 y est dit que
la thermalité y est d'une douceur et régularité surprenantes. Ce
distingiié profcsseur ii'est pas d'accord avec l'opinion que tous
lcs cliniats ockaniques sont semblables dans leurs effets théra-
peiitiques et considere ainsi le climat de Madère comme faible-
nient stiniulant ct encore plus tonique que stimulant; le malade
y sent la joie de vivre qu'il avait perdue, i1 se nourrit mieux et
ses forces renaissent.
I1 rappelle que ce furent les anglais les premiers, qui profi-
tèreiit d e Madère pour les surmenés, les épuisés, les débilités.
Madère a été considérée comme Ia grande station pour les poitri-
naires; mais quand les climats d'altitude eurent récupéré leur
iniportance, commença l'off ensive contre les climats maritimes
et Madère est maintenant considérée comme station d e repos
pour nialades et sains. Beaucoup d e monde, surtout des anglais,
continue a venir passer les hivers h Madère.
Les éléments nuisibles aux poitrinaires tels que, changement
de température, humidité, et violence du vent n'existent pas B
Madère. -Pour ce Professeur, le climat spécial de Madère, con-
tre-indiqué dans les cas de phtisic avancée, est avantageux pour
les nialades encore vigoureux et dont le cceur et l e tube digestif
sont en bon état. Pour les malades d e capacite respiratoire peu
diminuée et pour ceux qui sont sujets aux refroidissements, le
climat d c Madère est supérieur à celui de la montagne.
-Separata de tA Medieiria Contemporanea>>,par Dr. Au-
gusto da Silva Carvalho - 1934.
On fait remarquer ici que les vertus du climat de Madère ont
èté célébrées par Francisco de Assis et Sousa Vaz, dans la thhe
à Paris «De l'irifluence salutaire du climat de Madère dans ie
traitement de la Phtysie pulmonaire et *dela supériorité de cette
influencc sur celle des climats du sud de la France et de l'Italie*.
L'histoire des avantages du clirnat de Madère est mainte-
nant ébauchée par des notes, au sujet des études, accomplies par
des médecins anglais, ou l'on aura encore quelque chose B
cueillir.
-Dicionário Corográfico do Arquipélago da Madeira, pay
le P." Feriiando Auçusto da Silva - 1931.
Les valeurs mété~~ologiques que lJon y offre sont les rnêrnes
qui figurent dans 1'Elucidario déjà mentionné, accompagnéesi
d'une table de valeurs moyennes relatives à 1930, extraite d a
Annales de 1'Observatoire Central de Météorologie (Lisbonne).
Funchal est ici réputé comme le refuge le glus abrité pour les
rigueurs des saisons hivernales des pays froids et une protection
douce et enchantée contre les saisons chaudes de la plus grande-
partie des villes européennes.
-Les climccts de Portugal - par Armando Narciso (article
Irès importnnt du Sraité de Climatologie biologique et mhdicale
(tome 111) - 1934.
Dans cet article i1 y a aussi de breves références au climat d e
Madkre.
Dans la dcscription géograpiiique et topograpliique de Fun-
cliiil, par laquelle cornineiice lJarticle, on dit que acette r b i o n
du bord de la mer est une des plus calines, des moins humides
et moins pluvieuses qui existent~.
Les valeui-s météorologiques, devroiit, iiaturellement, être lea
mêiiies qui ont servi aux conclusions de sa comunication dbja
citée, dont lcs moyerines aiiriuellcs obtenues sont : tempkrature
1@,G- Iiumidité relative 67 % -vitesse du vent 6 ki1.-heure -
nombre dc jocirs de pluie 70 - quantité de pluie 680"" -le nom-
ùre de jours dc cicl couvert iie dépassant pas 50 et ceux de vent
fort 5.
Après avoir rcndu compte de ce qui se rapporte aux étiidés
11x6téorologiqties zccomplies, sur Funchal, ainsi que des opiiiions,
siirtout de celles de niédecins réputés, i1 importe de puiser, dans
ces trnvaux, quclques comparaisons avec d'autres stations.
-Avant le Dr. Barral les comparaisons qu'on y peut rentiun-
'
trei, ne ~~réseiitent pas grand intérêt.
D'une manièrc générale on peut dire que leur but n'a pas
été d'établir des coniparaisons avec d'autres stations clima-
tiques.
- Dr. Barral présente le tabieau suivant de Dove, en d e g r b
Fahrenheit :

Funchal . . . . . . . .
..
St.' Cruz de Tenerife *
Pau. . . . . . . . . . .
Nice * . . . . . . . . .
Palerme . . . . . . . .
Lisbonne + . . . . . . .
Cairo * . . . . . .
Ile de Wight . . . . . .

I1 est à remarquer que c'est 21 Funchal que l'on note la Bif-


férence la plus petite entre l'hiver et 1'6th; elle mrrespond 9
4" C. environ.
En hiver a Funchal i1 y a une ternpérature beaucoup supe-
rieur a celles de Nice, Lisùonne et du Caire; et en été on peut
observer presque la même température qu'aux deux premieres
villes et une tempéraiure moindre qu'au Caire.
N. B. - Les statioiis avec * présentent un plus grand int&r&t
dans l'étude particulière faite dans le chapitre IV.
-Mr. Teles d e Menezes nyant fnit des comparaisons enbe
des stations d'altitude et d'autres du bord de la mer, a consid-
entre celles-ci, Las Palmas (Gran-Canaria) et assigné les valeum
suivantes en hiver:

Lar Palmar Funahrf

Pression atmosphCrigue (moyenne) .......,. 760m,6 76m,0


* (variation moyenne) ............ O ,51 0 fi
Tempbrature moyenne. . . . . . . . . . . . . . . 180,4 17e,a
B variation moyenne . . . . . . . . . . 5 91 fi $4
r max.' absolue . . . . . . . . . . . . 35 O
, 29 P
I) min. r . . . . . . . . . . . . 10,s 9 96
JB variation max.' . . . . . . . . . . . . 24,2 199
Humidité relative moyenne. . . . . . . . . . . . . 71 68 @/o
r r max.' moyenne . . . . . . . . . 74,3 74,O
min.' ......... 66,5 62,O
I) u P
max.' absolue . . . . . . . . . . - 90,o
a
a
u
D min.. ........... - -
Oxone moyenne. . . . . . . . . . . . . . . . . . - 5,2
................
1

Vents prédominants N W-N-NE NESW


colme
ou faibfe

Ce qui donne quelques avantages à Funchal, quant à l'hu-


midité et aux variations thérmiques.
-Dr. Jaccoud, faisant des comparaisons, considhre le climat
de Madère, quant ii la pression, cornme égal li celui des Cana-
ries, du Maroc, de l'Algérie, de 1'Bgypte; étant donné les condi-
!ions qui peuvent classifier une station comme fixe, i1 dit que
Pise avec les Apennins à côté, Pau avec les Pyrénées dans le
voisinage, la Riviera avec les localités alpestres peu éIcrignées,
seules pourront être virtuellement des stations pour un séjour
prolongé.
Catane, avec une température moyenne 14",12 et Corfou
avec 10",5, ont encore des variations thermiques supérieures à
celles de Funchal. Au Caire, ou la température moyenne atteint
16*,9, oh les pluies, tr4s rares, même en hiver, rendent le elimat
d'une sécheresse débilitante i1 y a aussi des poussières et des
variations thermiques nocives.
Madère et Alger sont considérées comme types de stations
cliniatiques; les comparaisons sont défavorables h la Riviera
par rapport à Funchal; ii Ténérife avee sa vallée d'orotava,
nonobstant des conditions météorologiques semblables B celtles
de Madère, les variations de température sont plus grandes, les
poussières y sont à considérer et les aonditions d'habitabilit*
étaient inférieures.
Pour le traitement de la tuberculose i1 a recommandé M a -
dère, Alger, puis la Sicile et exceptionnellement l'figypte, pour
les periodes de cette maladie nJexigeant pas lJaltitude; tous les
autres lieux n'étant que secondaires à ce point de vue.
-P. Smith, fait des comparaisons de Funchal avec
l'Ecosse, Jerusalem, et Lisbonne, et présente les chifres sui-
vants :

Bcouo Jernralem Llrbonor, nuwãrt


-
TempCratures mo y e n n e s
en hiver ..... . . 4@
,' 9096 1PS8

(FunchaI ayant Ies pIus pctítcs varíatons)


..... .
1
Ciei découvert
Pluie quantitC .... ..
nombre de jours ..
6JI0
975mm
179
'/i0
400 mm
50
4liO
779
142
Silo
745 m1
79

Ce qui donne, pour les valeurs indiquées ici, des avantages


à Funchal, excepté les 6/10 de ciel découvert B lJÉcosse et peut-
-être les 50 jours de pluie h Jerusalem.
Malte et Ponta Delgada (Açores) ont des différences de tem-
pérature supérieures à celles de Madère.
Quant à la spectrocospie, la valeur a été en Ecosse deux fois
celle de Lisbonne et uxi peu plus que celle de Madère; la région
basse du spectre a été presque égale dans ces localités.
- Dans le très impor tan t article du &Dicionário Ilustrad~a,
dèjá cité, on peut voir quelques comparaisons d e température,
de prcssion, d'huniidité, de vents, etc., notamment avec Lisbonne,
Rome, Venise et les Agores, toutes plus ou moins favorables B
Funchal. I1 faut noter l'affirmation que les climats d'Italie n'mit
pas d'avaiitages sur celui de Funchal; l'article ajoute que lea
avantages de 1'Italie sont seulement dus aux souvenirs histeria
ques ct 5i ses monunients; dans l'air iodé de Venise i1 faut plutBt
voir l'air des marais de ses canaux.
- Jarnes Yate dans son livre (1885) cité, observe que la dif-
férence thermique entre le mois le plus froid et le plus chaud
est, à Funchal de la moitié de ce qu'elle est à Malte et à Pa-
lerme. Et en comparaison avec les climats de plus hautes lati-
tudes i1 note pour Funchal l'avaiitage de la température la plus
élevée en hiver, ainsi que de la température modérée en 6th;
enfin de la plus grande égalité tliermique de toutes les statims
clima tériques.
-Dr. C. A. Mourão Pita présente la table suivante de tem-
pératures:

Températures moyenncs de diversa stations


Viller Annk Hirer Priitenpe 816 Antemie Dim*naW
rxtr b e m
------
Funchal . . . . 190,78 17q9 180,03 224 SI76 1 @,I
Alger. . . . . . . . . 20,63 15,37 18,12 26 ,18 22,79 10,81
St.' Cruz (Tenerife) . . . 22 ,i55 18,29 20,48 24 $2 23,424 6,53
Pau . . . . . . . . . . 13,43 5,84 12,29 21,14 14,06 159
Nice . . . . . . . . . . 14,5 7,99 14,9 22,12 16,s 14,13
.Naples. . . . . . . . 15,7 8,69 14,2 23,54 16,4 14,435
Rome . . . . . . . . . 15 $2 7 ,O7 13,98 23,46 17 ,L3 16,39
Palerme . . . . . . . . 17 $6 11,35 13,36 23,56 19 ,O8 12 $1
Caire . . . . . . . . . . 22 ,31 14,73 23 ,I 29,5 21,93 14,77
--

Pour Furichal ainsi, l'un a Ia plus yetite diffbrence entre


l'liiver et l'été, la plus liriute tenipérature (excepté Santa Cruz)
en hiver, et en été la rnoindre (excepté Pau) surtout par rapport
B Alger et au Caire.
Le Dr. Pita demande: aN'est-on pas autorisé, apès les ren-
scigncnicrits qui précèdent, a dire, plus que jamais que, lorsqu'il
sJagit de trouver une texnpbrature qui ne soit ni froide en hiver
iii trop chaudc en été, F~inchalet ses alentours sont les lieux du
monde qui remplissent le niieux cette condition?,
011 cite égalenient ici les nombres de jours de pluie seloii
le prof esseur Fonssagrives :

2i Alger ......... 87 jours à Nice ......... 70 jours


u Cannes ........ 60 .U uRome ........ 114 r
.U Hybres ........ 62 u ~Orotava ....... 15 r
n Menton ........ 78 .U

I1 rencontre des parités entre les cliniats de Funehal et


d'Alger; du reste le professeur Jaccoud avait fait ressortir cette
parité, mais en donnant la préférence B Madére h cause de
l'absence de poussières dans eette ile et plus eneore a Funchal.
-Le Dr. António Maria de Lencastre présente, cfans son
rapport mentionné, les données comparatives suivantes; on veut
dire iei que aFunclia1, ayant la moindre humiditè relative, ce
qui favorise l'exercice des fonctions d e lJhomme, i1 a encore un

Moyennes mensuelle des températures des climats atlantlques


propres a cure de Ia tuberculose

Moie Brest Vannes La Coarbe Areschon Funch.1 Différences entre ies tem-
- p é r a t u r e s mensueIics,
I 60,74 16325 et min'
50,32 50,78 50,97
I1 6 4,55 4,24 5,21 15,75 Brest . . . . . 11°,81
I11 6,22 5 ,O7 4,94 6,40 15,83 Vannes . . . . . 12,82
IV 8 7,04 7 ,O9 9 ,42 15,80 La Courbe ... 14,63
V 10,64 10,45 10,95 12,71 16,09 Arcachon .... 15,44
VI 1334 13,25 14,01 15,74 18 ,O7 Funchal . .-. . . 6,82
VI1 16,45 17 ,O9 17 $6 19,56 19 ,91
VI11 17,23 1737 18 ,&7 20,65 21,76 La moindre à Fuachal
IX 17,81 17 ,I8 18,72 21 ,O7 22 $7
X 16,80 16,29 17 ,i2 19 ,34 22,23
XI 12,27 11 ,%?O 12,25 13,94 20,52
XII 9 $7 8 ,57 9,25 9 ,94 18 ,35
Dans ccs climats I1 faut aussi comparer lts valcurs annuclles moytn-
ncs suhrantcs t
H~MIDIT~ En quoi l'on peut voir:
ralative un moindre degré d'humi-
O/@ . 85,7 dite ;
PLUtE
Quantité 853mm,4 un moindre nombre ab-
No m bre solu et relatif de jours
de jours 178 de pluie ;
Quantité
de
vapeur
d'eau par nne quantité supérieure de
lms. .. 8%,9 vapeur d'eau.

maximum d'humidité absolue, ce qui représente le maximum,


d e protection par son équilibre thermique et la stabilité de ses
caractères météorologiques~.
- Dr. Armando Narciso, enfin, attribue au climat de Ma-
dère des caractéristiques mediterranéennes bien qu'il soit situè
dans latlantique car i1 cprésente Ia particularité qu'en hiver
l'atmosphère est tempérée et lumineuse,; ce a quoi l'on peut
ajouter que l'humidité est un peu moindre à cause de Ia deshy-
dratation de l'air au passage dans les montagnes.

D'après ce qui a été présenté avant ces comparaisons, on a


pu voir, d'une rnanière absolue, la valeur du climat de Fun-
chal; par celles-ci on peut maintenant envisager Ia valeur rela-
tive. Mais i1 faut encore s'efforcer de mieux spécifier ce qui con-
cerne le climat de Funchal et d'en rendre autant que possible
plus evidente la valeur relative, par de plus minucieuses com-
paraisons, ce qui doit faire le sujet des deux chapitres suivants
Èbauche d'une éiude météorologique de Funchsl
sous I'aspect climatique

L'aperçu météorologique suivant est basé sur les observa-


tions météorologiques de la Station Cliniatologique de Funchal.
Cette station a été établie en 1865 dans une petite tour bhtie
à l'intérieur de l'antique forteresse de S. Lourenço, très proche
de la plage et en soii milieu, suffisamment dégagée des maisons
environnantes, à une trentaine de métres de hauteur au dessus
du niveau de la mer.
Les observations directes, pour la climatologie, y sont faites
cornme i1 a été dit trois fois par jour, vers les 9, 15 et 21 heures
locales; des appareils enregistreurs sont aussi employés don-
narit les indications complémentaires; les résultats des observa-
tions et les feuilles de registre, sont envoyés a lJObservatoire
Central (Lisbonne) qui fait ses réductions et publie celles-ci en
des résumés divers ( I ) .

( i ) Les publications de cet observatoire qui ont pu être consultées sont les sui-
vantes :
Estações météorologicas, Vo1.s LXI, Parte 11, 1923 a 1930 ; LXII ; Fasciciulo I de
1931 ; LXIII Fascículo II de 1932; Observações das Estações meteorologicas, Vol. LXI,
Parte 11, suplemento I de 1923, dito I1 de 1924 ; Vol. LXIV, suplemento I de 1923 e
suplemento I1 de 1924 ; Voi. LXV, Fasc.0 I de 1933 ; Vol. LXV, Fasciculo I de 1933;
Vol. LXV, Fasc.0 1934, etc.
Pour les conclusions qui suivent, dcs tablenux divers ont
616 dressés: valeurs nnnuellcs (moyciines, estreiiies OU totales)
de 1923 à 1034; valcurs mensiiellcs (i-iioyeli~ics,estrêines ou to-
tales) de 1923 a 1927 et de 1028 a 1932; valeurs mensuellcs
(moyennes par licures d'observation), eii ce qui toucbe les annécs
1933 et 1934; et, par exemple dcs variatioris jourlialièrcs dcs
divers éléments niétéorologiclucs, uii tablenu relatif a 1935.
Après avoir tcrminé l'étudc avcc ccs éléinexits, j'ai recu
de i1Observatoirc Central (Lisbonne) lcs valcil:i riioyeniies et
absolues des principaux 6lémcnts mél&orologi(lues de Funclial,
relatifs aux vingt années, de 1916 jusqu'k 1933, nux qiiellcs des
réf hrences seron t aussi f aites.
L'étude n'a pas pu être plus étendue, en général, faute de
donnCes cornmc je Ics avais cnvisagées et un mnnquc prcsque
&&lu de temps.
Tout en tenant compte de la juste critique sur I'abus des
riioyennes, en metéorologie, je pense qu'en ce qui concerne la
efimatologie, cette critique n'est pas aassi justifiée, parce que,
. pour les effets physiologiques, l'organisme, en étant aussi un
iiitégrateur, les valeurs moyennes n'importent moins que les
diverses variations. I1 y a aussi 5 tenir compte qu': Funchal les
faibles variations des principaux éléments niétéorologiques
donnent une particulikre irnportance aux moyeiines.
De eette façon, on a autant que possible et vu le tenips dont
on disposait, pris, pour ces éléments, les valeurs (moyennes,
, absolues et extrêmes) annuelles, saisonnières, mensuelles, jour-

nalières, et quelquefois aussi horaires poiir les trois Iieures


d'observatioiis indiquées, coinm e suit.

Les thermomètres employés soiit du constructeur Negretti


bi Zambra et le thern~ograpliedu systènic Ricliard, gradues en
degrés centigrades. Ces instruments soiit niis dans un abri me-
teorologique. -La tempkratiire moyenne diurne est determinée
par les observntions des 9 et 21 et par les maxima et rninimas des

tbErrnogramrnes (+
9 21 max. min. + + )
ce qui dome une grande
4
approximation.

I TabIe des tempbratures (à l'ombre)

[oyennes 180 93
iax. abso-
I > I
Iue. . 36,O
[in. abso-
lue. . .
9,7

Valeurs mcnsuelles

-v
I I1 111 1V v VI1 VI11 1s x X1 XU
- - - - -
moyrnrr8. 16O,29 t60,87 16T19 16q9l í80,32 iEP,95 21547 820,48 2P,20 210,33 180,89 17@,17

I --7--
-
-
-
L

Hiver = lG,! 2 Printemps = 18,39 EtC = 22,05


- v
Automne = 19,13

différen ces
dilférenae8
entre tes
moia. .

moy. 7,49 6,89 6,98 8,07 6 $9 6 $1 6.97 6,24 6,90 7,311 6 , s 6,26
-----------
mix 18,s 84 8 , 3 13,O 8 , 9 9,3 7,5 8,O 9,7 10,1 9,4 9,8
4 , 4,4 5,l ,,'i 4 , 9 3, 4,l 4,9 5,3 4 , 4 , $98
Quelques conclusions et remarques :
Moyennes et valeurs extrèmes annuelles.
1)-La températurc moyenne de l'année a éte 18",85 (pour
12 années);
Note -La valeur qui doif êfre le plus approchée est 18",64
(pour les vingt années).
2)-Les valeurs extrêmes ont été 19",44(1928) et 18",05(1934);
3) -Les moyennes de max. et des min. absolues ont été
respectivement 30°,06 et 9",92;

Mo~ennessaisonnières.
4) -La saison la plus froide, a eu une température de 16",12
avec faibles écarts, et Ia plus chaude 2Z0,05, aussi avec faibics
écarts, ce qui donne Ia différence de 5",93 entre l'hiver et l'été;
5) -En été et en hiver la température moyenne reste pres-
que stationnaire; au Printemps et en Automne la température
monte ou descend graduellement, en règle générale moins de
2 degrés chaque mois;
Note -D'après les observations 1916-1935, les résultafs sont
presque les mêmes.

Moyennes et valeurs extrêmes mensuelles.


6) -Les ternpératures moyennes mensuelles ont varié entre
1537 (Février) et 22",48 (Aofit), c'est-h-dire d'une différence
de 6",61;
7)-Les différences entre les moyennes des max. et des
inin. absolus ont varié entre lOa,98 (Mars) et 8",50 (Octobre), et
ceci joint aiix différences correspondan tes des valeurs extrêmes,
montre aussi I'unifornlité des variations mensuelles;
Note - Lcs différerices de ce genre rapportdes aux années
de 19íG a 1035, si elles so~ztmoindres, clevront êfre le résultat de
toutes les valerrrs nzaximas e f riori seulernent des valeurs abso-
lues.

Valeurs moyennes journalières :

8) - Les teinpératures estrêrnes diurnes ont varie entre des


maximas d e 26",6 et 3@,0 (cette dernière avec le vent Leste, et
les mininias de 12*,0 et 4",4 (cette dernière avec de l a neige dans
la montagne); elles ont seulement deux fois dépassé 30" et
une fois 8O, respectivernent.
Note - P o ~ r rles dolzrrées de 1916 a 1935 la max. absolue
obseruée a été 38",4 (Aodt 1919) e f Zu rninima est la même citée
antérieuremerzt de 4",4 (Février 1934) ;
O) - P a r l'esemple considéré (1935) les oscillations journa-
lières orit eu une valeur nioycnne d e 6",7 cnviron, étant plus
grandes en hiver, avec un max. de 8",07.
10)-Au cours de cette arinée, 322 fois la variation de la
leiripérature, d'un jour au suivant, a été inférieure à 1°,40 fois
ciitre 1" e 2': seuleinent 2 fois entre 2" et 5';
11)- P a r les données de 1933-1934 on peut voir qu'en
règlc gériérnle les tenipératures vcrs les 15"sont plus élevkes par
rapport a cellcs des 21 h., d'à peu près 1°,5 au printemps et de
2",5 en Iiiver.
*
* *
Quelques remarques encore :
Ces conclusions, plus spécifiées ici, entièrement confirmées
par tout ce qrii a été dit sur les températures de Funchal, mon-
trcnt, une fois, de plus, les extraoidinaires conditions therrni-
ques de cette villc, et surtout que les trois quarts de l'aniiéc soiit
un continue1 printemps.
On attribue cette stabilité tlicrl~iic~ueà la circoiistaiice que
I'eau de ia mer apporte des rzstcs de clialcur du courant du
Golfe; peut être en est-i1 ainsi rnalgré toutes lcs observotions-
modernes sur les limites d'action de ce courant; Ia température
de I'eau est ici plus élevée qu'à Lisbonnc, conime ou pourra le
voir plus loin. Mais lcs conditioiis gèograpliiques, niaritinies en
général et topoçraphiq~~es, pcuvcnt être suffisaiitcs pour expli-
quer cette bénigriité du climat.
E n été surtout, a cause dii veiit de Leste très accidentel, Ia
température peut s'élcver ariornlalerrient, mais pour peu de
temps et elle reste hors doute moins étouffante qii'avec le siroco
méditerranéen.
Les madèrois se plaiçnent quelquefois de lassitude; en été,
mais on pourra voir, dans le chapitre suivant, qu'il n'y a pas
pour cela de raisons plus fortes qu'cri d'autres lieux d e climat
réputé et à Madère i1 y n la grande possibilité de s'en aller a 1a
mo~itagnetoute proche, en été.
11 ne doit pas y avoir de raisons pour prévoir des cliange-
mcnts météorologiques apiès un siéclc; peut-être pourrait-on
en tr30uverpar rapport à l'éiat primitif d e l'ile quand ellc était
encore entièrement boisée.
La température, eri hiver, le matiii, pcut descendre, qucl-
ques fois jiisqu'à SO,ce qui pour lcs iiialades n'cst pas bori, mais
le matin on est naturellement au lit, et dnris l'aprés midi, jusqu'h
15 ou 16 heures, la température inoyennc, supérieure h 17", in-
vite â la promenadc. Dans m a cha~iibrc,cxposéc à l'est, Ia fenê-
tie s'ouvrant tous les jnurs, j'ai rarerncrit obçervb de tcinpéra-
tures au-dessous de 16, cri Iiivei? les oscill:~tioi~sdiuriics étant,
en général inferieures à 1".Cela dit aussi tout ...

Humidité relative "1,


L'humidité relative est deterniiiiée a u moyen du psycro-
m4tre Negretti & Zambra et du psycrograplie Richard grand
LE CLIMAT DE MADI?RE 49

1.1-ioctélcct rotation de 21 heures, et avec l'aide des tables de Je-


liiick; les apparcils sont duinent abrités.

11-Table de I'humidité relatlve O/,.,

-- - --- -
I923 I924 1925 1926 1928 1929 I930 1931 1932 i933 i934
Moyennes in- --- -- - 1927 -
nurlles. .
6 2 , 5 67,3 59,4 67,2 65,l 64,G 68,6 W , 7 69,l 66,7 78,9 69,7

II I III iv v vt v ~ r vi11 nr
xrt x rt
r m oyennes --- ----- ----
mensublles 65,2 63,2 60,7 63,6 64,3 65,O 65,9 66,O
--- 61,5 65,l 63,7 . 65,4

-
0;1
tr5 moyennss
a -.
nieonniens Hiver - 65,O Printemps - 64,3 ÉtC 6.45 Automne - 64,7
li.74,9 661,6 74,2 68,s 70,5 7 2 , l 78,S 73,4 72,5 72,9 69,1 70,6
la1i58,O
-
58,3 56,9 57,O 56,s - 66,s 67,5 - 65,5 64,4 -
71,B 6 5 , l - 74,2
difiérences 16 ,9 8 ,3 17 , 3 11 ,5 13 ,7 5 ,3 11,O 1,6 7, 4 7 ,4 5 ,o 6,4
moyrnnis jour
nali8rsc
j min.
19S5 max'. 75 80 83 79 85 82 79 84 88 88 89

diltérencee .
.
-45 53
- 87 -52 62
-62 ----
55 50 55 32
53 56 29 33 20 17 29 38 33 57

69,5
30
68,l
I 27
68,6 67,6 71,6 74,O 74,7 74,l 70,2 71,4 62,8 43396

Quelques concIusions et remarques :

Moyennes annuelles.
1)-La moyenne de l'humidité relative a été 66,l %. dans
les annkes considérées, entre 57,S (1926) et 73,9 (1933), l a prc
mière valeur et Ia seconde très proches encore des limites, mais
comprises dans la classification d e climat moyennemenf sec.
Note -L'humidité relatioe ddterminée pour les années 1916-
-1935 a été de 66",97 valeur frès proche de celle ci-dessus.
Moyennes saisonnières.

2) -L'humidité relative, par saisons a présenté une stabi-


lité admirable, I'écart maxima étant de 0,7.

Moyennes mensuelles.
3)-Les valeurs moyennes mensuelles ne se sont écnrtées
que faiblement de la valeur moyenne annuelle, nvec un max.
en Mars et un min. en AoGt;
Note -Par les donnkes 1916-19335 oti pcut voir encore une
plus grande concordante entre les valcurs mensuelles; la difft-
rence est seulement de 2,2entro Ie max. ct le min.
4)-Les différences entre les valcurs max ct min. moyen-
nes ont été 995 entre 17",3 (Mais) et 1,6 (Aofit). Ces mois reprb-
sentent ainsi les mois de plus grand ct de moindre oscilation de
I'humidité relative.

5) -Bien que I'humidi té rela tive puisse présenter des va-


leurs très différentes, dans le mois, scs variations jour par jour
ont t!té en général petites; en 1935 Ics différcnces de ce gcnre,
supérieures B 10 se sont présent6es 30 fois, 13 fois entre 10 et 20,
et seulement une, très brusque, correspo~i(iaiitau vent de SSE.
6)-L'humiditt! relative est, en moyenne à peu prhs Bgale,
vers les 9 et 15 heures, et plus Elevée vcrs les 21 heures avec uii
accroisement moyen de 3 % environ.

Quelques remarques :

Les degrés d'humidité relntive q u i vicrinent d'btre indiqubs


conduisent (i classifier le clirnat de Funchat comme mwenne-
ment sec, avec des variations tout-a-fuit nsrrnales. Le faible
pourcentage de brouillards donne encore de la force h cette con-
clusion, cependant déja donnée par tant d'études antbrieures.
Du reste les indices de suffisante sécheresse sont ici bien
evidents: on y observe un séchage régulier des linges lavds, une
oxydation normale des métaux ainsi que la déliquescence de
certains sels; Ia moisissure n'y est pas frhquente. Et peut-8tre
même l'humidité moyenne déterminée en ajoutant B celles
du jour les dorinées nocturnes, serait-elle inférieure aux chif-
fres présentés, si l'on admet l'opinion du Dr. Pitta qu'8 Ia nuit
1' air s'y dekhydrate.

Tension de la vapeur d'eau.

La tension de la vapeur d'eau de I'atmosphère est calculbe


par les tables de Jelinek, avec les indications des thermornètres,
sec et mouillé, et les moyennes sont déduites des trois obser-
vations journalières.

111-TabIe de Ia tension de la vapnn d'cau


(en mllhnttrcs)

n n i r
-
moyrnnrr t a i
.
--
Hiver 9,24
-
Printemps
-
- 10,49

1)-La valeur moyenne annuelle de Ia tension de la va-


peur d'eau a été 11,25, avec des écarts normaux (pour les 20
années elle a été 11,15).
2) -La tension de Ia vapeur d'eau a varié entre 13,42 (fité)
et 9,24 (Hiver).
3)- Cet élément m~téorologique a eu comme valeur
moyenne max. 13,77 (Aofit) et comme valeur moyenne min.
8,72 (Février).
4-En consultant les statistiques de 1934 et 1935 on peut
voir que cette tension a eu ses plus grandes valeurs journaliè-
res vers les 15h, en concordance naturelle avec les max. en Bt&.

L'évaporation de la vapeur d'eau est évaliiée a u moycn de


I'évaporimktre Piche, sous l'abri des thermomètres; la détermi-
nation en millimètres est faite vers 9 heures pour les 24 l~eures
an térieures.

IV - TabIe de I'kvaporation

1923 1924 1925 1926 1927 1928


r l l l l p ~ ~Iu R - - - - - -
m~twm.ai. 1873 - - 1638 1372 1293

1 I1 111 lV v VI
msyennsa --- ----
noymnnsa
-
I

Quelques conclusions sur I'évaporation de l'eau.

1) -L'évaporation annuélle moyenne a ét6 de 138Zmm,sans


grands écarts ;
2) - Sa plus grande valeur a été d e 3951tirn,
eii été et la moin-
dre de 304"",7 en hiver.
3) -Les valeurs moyennes mensuelles ont varie régulière-
ment entre 10lmm,O(Février) et 134"",6 (Aofit).
4)-Les variations journalières ont éte très petites
Vent
Le vcnt est detcriiiiné, en direction et en vitesse au moyen
de l'nnê1iiomi3trc Negretti & Zanibra et de l'aiiémographs
èlectrique Ricliard avec çirouette de huit directions et rotation
en 24 lieurcs. La vitesse moyenne journalière est déduite du
nonibre tle kilomi3trcs parcourus de Oh jusqu'à 24het réduite au
~ionibrede kilomètrcs à l'heure.

V -- Table des vents

I VI VI1 v IX X XI XIX
-------
S W SW SW SW SW W N

Viteeee moyenne -
eaisonnihre .
--
vitosse moyenne FíkyS1 5',30

Hiver 6,40
-
--
5k,48 5',04

Printemps
4k,10 4:14 3ky83 P,13 4k,78 4k,85 !jL,14

- 4,87
-
Gté -4,87
--
Automne -4,92
-

2 Nombrs de jours
de o a l m e s
obstrvás . . 16 ,2 14 ,7 14 ,6 13 ,5 13,5 15 ,3 11 ,2 17 ,O 15 ,5 14,5 11,9 14 $3
N E S E - E S W / W S W S S W S S W S S W S S W S S W S S NW 1w/I
3 97 4 ,I 2 ,I 4 ,O 4 ,O 4,4 3,9 a $ 1,s 2,9 2 ,6 8 ;i
et riteuse( 15 ESE/SSW S s W $W/S!W s s s s w s w 5w;ssw s s w ssw m/uw
7,4 8,8 9,s 8,8 8 , l 8 , 8 7,7 6 , 6 7,7 6 , 0 6,3
a l n w iinwln w/rsw s s w - sw V -N N/IE N
3 ,8 2 ,9 3 ,O 1 ,2 0 ,9 192 -
1 , 4 3 ,I 3 ,7 3,2
8 . 3 5.8 15.5 7 , 3 7 , 4 6 ) 2 4 , 8 6 ~ 98 , s 9.5 15,2
l,S 1,s 1 , 5 1 , 4 2,O 2 , 1 2,6 2,O 1,3 2 , l 1,9

Note -Les données relatives a 1916-1935, ont manqué.

Quelques conclusions relatives aux vents

Circonstances annuelles :
1)- Les vents du quadrant SW doivent être considérés
comme prédominats (les plus fréquents) dans I'année;
2) - Les vents ont eu une vitesse moyenne de 4,9 kilornè-
trgs à l'hewre;
54 LE CLIMAT D E ~ ~ A D $ . . R E

3)-La vitesse moyenne en hiver est très peu supérieure b


celle de l'été.

Conditíons mensuelles :
4)-La vitesse moyenne a présenté un max. de 5,51 kilomè-
tres (Joinvier) et un min. de 3,85 kilomètres (Aoíit).
5)-Les vents prédominants mensuels ont montré une ten-
dance h tourner dans le, sens de l'aiguille d'une montre, c'est-
-8-dire Q droite, en partant du Nord (Décembre) et se fixant dans
le quad~antSW aux mois du Printemps et d'Été.

Conditions journalières :
6)-La vitesse diurne a été, en rnoyenne, moindre vers les
9 et encore moindre vers les 21 heures;
'7- Une rotation semblable à celle de I'alinea 5) pourra 6tre
constattse par les trois observations du jour;
8)-Quant aux calmes observés, leur nombre a été plus
41ev6 en juillet et moindre en novembre et plus fréquemment
au coucher du soleil, suivant ainsi la diminution du vent, en
général, vers les 21 heures.
9)- Çomme on peut le voir, les vents forts sont très rares
et plus encore ceux de tempête; le mauvais temps, en hiver, est
peu près de 6 jours en moyenne. La plus grande vitesse des
vents a atteint 43 kilomètres une seule fois.
11 faut dire aussi quelque chose du vent Leste déjh eité: ce
vent du côté E qui vient des déserts africains, sec et très ehaud,
souffle rarement, en été, e t pour peu de temps; depuis presque
deux ans que je réside h Madère je I'ai senti seulement une fois
et encore très bénin. Le ciel devient gris; l'atmosphère peut être
charg6e d'une poussihre très fine.
Le seu1 secours quand i1 fait très étouffant c'est de rester
21 la maison avec les fenêtrcs fermées. Plus rarement encore il
peut avoir des iriflueiices nocives sur la végétation et n'affecte,
pas les nlrilades. I1 souffle surtout sur les hauteurs.
D'uiie manière çcnérale o11 peut dire que le vent est aussi
h Funchal unc caractéristique de son bon climat, par sa dou-
ceur, par soii poiivoir rafraichissnnt, puisqu'il apporte de l'air
très pur et naturellemcnt iodé, ve~iant presque toujours de
la nier.
Cepcndant on nc doit pas voir dans cette circonstance um
cliri~atpropiement 11i;iritime; le vent qui souffle de la mer doit
être, pri~iciptileilieiltcri èté, celui des quadrants du nord, le plus
général de la région insiilaire, et qui doit faire a peu près le tour
de l'ile, peut être e11 coritournarit les parties plus hautes, a u cen-
tre. Cette particularité est connue depuis longtemps, car on la
trouve siçrialée dans Ics anciens routiers.
P a r une comparaison des vents, après midi quand ils souf-
flent plus fort, d e Pointe S. Lourenço et Funchal, qui put être
faite pour 1934 j'ai observé:
Pour la vitesse -Les vents généraux des quadrants d u Nord
(les plus fréyuerits) souffrirerit h Funchal une grande perte de
vitesse; les vents dcs quadrarits sud souffrirent aussi une dimi-
nution. Aus calnies correspondirent des calmes.
Pour la directiori-Les verits des quadrants Nord sont de-
venus, en général, des vents des quadrants Sud; à 116 observa-
tions de vent nord i la Pointe S. Lourenço ont correspondu à
Funchal 105 vents des quadrants sud.

N é bulosité.

La quaritité des nuíiges est évaluée p a r appréciation à


simplc vuc, ct enregistrée avec les cliiffres d e O a 10, O corres-
pondant a uri ciel tout-a-fait sans nuages (découvert) et 10 à un
ciel entièrenieiit nuageux (coiivert); et l'on note ainsi les jours
dans lesqiiels les trois observatiolis sont égales a O ou 10.
r iiioiiiinie~itti Goii.
Avciiiie .lri-iaga ai1 l'ii i i ( - I i ; i l , oii oii j)ciit ~ o i Ic
(;:i10 %:ir(-o(tlcc.oiivi.~~ii
i. cle Jl:itlèi.c), ;i gauc.lie 1'i.tlífic.e d e la .Jiiiitn
(;era1 ct aii foiid Ia toiii. tle 13 (L:;ilhCdi.alc

\'ti(. (lu q11:1iclc 1:1iiiclinl


.I[I forld Ia lloiil:~gtie((lths~iioiilsCIV 1)relliicr pIa11) o t i oii 1)ciit voii.,
:iii riiilieii, I I o i l1;)i-iiivleii-os v1 à o , 1'1 Iolrl I';ils(-c,
I'i<glistbtle S ~ t r1):iriic
- ~ t l i i ,\Ioiit V I Ic ,\loriiiiiieiit clc S o t r e I);i~iie
tle l n l1;ii\
VI -Table de la nébulosité

--
dif. (15-21) o ,35

Quelques conclusions et remarques :

1)-La nébu!osité nioycrine riririiielle a eu la valeur de


5,12, avec un mnx. 6,9 (1924) et un n2i1i. 4,S (1931):
2) - La ~iébulositésnisoiiliikre a eu les valeurs: 5,93 (Hi-
vcr), 3,82 (Été), et 5,ll en riioyennc au Printeliips et cii Au-
tomne;

Mo~ennesmensuelles.
3) - La nébulosité a préserité des variations graduelles com-
prises eiitre 3,61 (Juillet) et 533 (Jalivier).
4) -Les max. et les min. des nioyennes ont 6th 7,70 (Mars)
ct 2,45 (Juillet); lcs différences pour chaque mois ont eu une
valcur minima de 0,75 (Juixi).
5) -Lcs jours de ciel découvert se montrent cn plus grand
rionibrc dur:trit Ics mois d'été c t ceux d e cicl couvert cri hiver et
Au tomne.

Conditions journalières.
6) - La nébulosité diurne s'est montrée, en moyenne, plus
grande daris l'après rnidi que vers les gh et plus grande encore
q u e vers les 21h; les différences 15-21 ont étk 1,l en moyenne.
-Les nuits, notarnment en été, sont en règle générale clai-
res jusqu'au matin. Fréquernment les nuages comrnencent à se
former a u n ~ a t i n ,surtout par les coupures des rnontagnes; ils
grossissent h mesure que le solei1 monte, font route vers le sud et
s'évanouissent vers l'après midi. A la fin du Printemps se forme,
s u r la montagne, ce qu'on appelle l e Capacête et qui peut arriver
à couvrir Funchal; la plus petite valeur, 0,75, trouvée entre les
moyennes max. et mirl. est peut être le résultat de ce Capacêfe.

Pluie.
La pluie est mesurée au moyen d e l'udomètre Secretan et
d c l'udographe Negretti & Zambra; l'évaluation est faite en
millinlètres dc hauteur, vers les 9'' et on l'enregistre dans ce jour
pour les 24hntérieures.
Totaux des
aiinéa
i i
1923 1924
----- ---- -
i I i I
'925 19z6 1927

923mm,6 712mm,9 719nm,7 427mm,3 324mm.I


13301nm,9~

2
+

i --
tommi
sg.&-
%,sga
5 3 -'c
sPl8
/
8 , 6 1 7 , 9 10,7 6,8 1
4,3 2,9

Hiver - 79 ,37127 ,2 Ptinfemps-I9 ,49/14,0


1 1

QueIques conclusíons et remarques :

Valeurs annuelles.

1)-I1 est tombé cn moycrinc urie quantité de pluie de


54Pn,7 valeur coniprise entre un niaximun de 923"",6 (1924) et
un miriinium de 200mn',4(1929);
Note ... Les valeurs de 1916-1935 donnent une valeur de
601""",2qui doit êtrc considérée comme plus approchée.
Le tracé de la courbe d e ces valeurs montre des 6 minimas,
de trois en trois anriées, en moyenne, avec les maximas égale-
nicrit bieri prononcées; la lingne moyenne des max. et des min.
niontre une diniinutioii, generale et continuée, de la quantité de
pluie entre 1916 et 1935.
2) -Le noinbre de jours de pluie a 6th en moyénne 78, dont
27 de petite pluie.
Note ... D'après les doiiiiées de 1916-1935, ce nombre a 6th
de 54, mais 011 ~ i ' acertaineriient pas tenu compte des jours de
petite pluie que l'udométre n'accuse pas.
3) -Si l'on considère les saisons de l'année on voit que
l'été est tout à fait la moins pluvieuse;

Valeurs mensuelles.
4) - Le mois de Mars a été, en moyenne, le plus pluvieux et
le mois de Juillet celui de moindre précipitation, presque nulle.
I1 peut arriver ne pleuve pas au cours de certains mois, Avril
et Décernbre exceptés.
-De l'exame~i de la quantité horaire de pluie, dans les
statistiques, on peut voir que les averses sont très rares. Ou peut
aussi voir que la pluie tombe rarernent un jour entier sans
cesser.
L'inégalité des quantités de pluie tombée au cours des
années n'affecte pas dans la même proportion le nombre de
jours d e pluie.

Pression atmosphéríque

La pression atmospliérique est observée sur un baromètre


Adie, dont la cuvette est à l'altitude de 25", et au moyen d u baro-
graphe Richnrd, grand modèle et rotation d'une semaine.
VI -Table de Ia pression atmosphérique

Moyrnnrr in-
700 millimétres plus :

mayennrt
das erironr
---
Hiver
- -
765~1~,21Printemp - 7 6 4 ~ ~ , 3 3 I?td - 764m10,12
-.
--
! !
,-

Automne
-
63, 40 64,38 65,48
-
- 7Mmm,42

Quelques conclusions et remarques.

1)-La pression atrnosphérique rnoycnne a atteint la va-


leur d e 764"lm,33,comprise entre le masinlurli 765""",99 (1923) ct
le miriima 763"",32 (1933). Les niax. et les rilin. absolus orit été
777"",2 et 741m",2.
Note -La valeur moyerine pour les aiinees - 1916-1935 -
a été de 764""',55, certainement plus approçhée.
2) - Lu pression atmosphériclue saisonnihre a été plus
élévée en hiver, mais la différence pour l'été a été très petite,
seulernen t lmm.09.
3) -La pression atmospliérique mensuelle a accusé deux
max. de 767"",13 (Janvier) et 765,09 (Juin).
Note -Les chiffres des années 1916-1935 accusent aussi de
sembf ables oscillations.
-Après un examen général des valeur particulières on a
pu voir que les variations de la pression atmosphérique n e sont
pas brusques, même d'un jour a l'autre; la pression est normale-
ment moins élevée vers les 16 lieures, d'environ 1"". I1 faut obser-
ver que Madère est très éloignée du front polaire, les plus gran-
dcs perturbations ayant h ln base les variations d e la pression
atniospliériqiic; iiiais cc soiit les dépressions qui affectent le plus
lc Portugal continental qui font encore sentir leur influence h
Madère.

Actinométrie.

L'ohscrvntiori de l'ii-isolation a été faite seuleinent après Juiri


1834, nii nioycri d'iiii ii4liograplie Ncgretti & Zainbra, à boule,
en corijug:iison nvec u:-i thcrmomètre au solcil, du même fabri-
carit, d'où 1'011 dédiiit 1c.s heurcs dc soleil dílcoiivert et les tem-
péra turcs au soleil.

IX -Table de I'ínsolatíon (1 935)

XII

Quelques conclusions et remarques.

1)- L a plus grande durke d e soleil a élé 246h,55" (Septeiii-


bie) ct la moindre 134h, 50" (Décembre).
t en Décembre
2) -Les min. de température a u soleil o ~ i été
et les max. en Aofit.
I1 faut remarquer que 1935 a été une annéc moiiis tiungeuse
qu'h l'ordinaire.
I1 faut encore remarquer que le pourcentage de possibilite
d'insolatioii n'a pas été réellement en rclation avec le jour astro-
nomique, car i1 était affecté par les conditions orographiques; ee
qui a eu lieu notamment entre les équinoxes, demande des cor-
rections favorables.

Des autres météores - (1923-1934).


Rosée - 0 n n'y a pas observé de rosée ce qui peut Etre ex-
plique par les heures des observations (9, 15, 21);
Gréle - On en a enregistré cinq fois seulement;
Éclairs ... Un jour, seulement, montrent, les registres;
Coups de fonnerre ... Les registres accusent vingt jours;
L'arc-en-ciel- Celui-ci se montre plusieurs fois, surtout en
hiver, parfois très majestueux, dans son aspect double, dans
l'après midi ;
Neige -Pas une fois ii Funchal; seulement ou peut la noter
certaines années, en hiver, B la montagne;
Brouillards - 11s sont très peu fréquents et de courte durée;
la moyenne de jours a été d e 4 par an.
Quant aux circonstances de l'ordre chimique, particulière-
nient de I'ozone, des émanations iodées et encorc des particules
salines, i1 n'y a pas de données actuelles; cependant i1 est naturel
de leur attribuer de l'importance à cause du voisinage d e la mer.
I1 en est de même en ce qui concerne la grande pureté d e l'air.
Grafique général des moyennes et totaux annuelles

de principaux éléments météorologiques à Funchal

jows

-40
-30

250 ,
Nombres de cdrnes
LE CLIMAT D E M A D È R E

Grafiqucs des valeurs moyennes mensueIles météoro~ogiques


a Funchal de 1923-1932 et 1916-1935
LE CLIMAT DE MADÈRE 63

Température de l'eau de mer.


La tenipérature d e l'eau de mer, a la surface, a cornrnencé à
Etre observée depuis le niois de Juin de 1934, h l'extrémité dw
quai dcs passagers.

X -Tableau des températures de l'eau de mer ií Funchal


HIVER PRINTEMPB ETE AUTOMNE
Anda
Moy." Max. Min. MO^,^ Max, Min. Moy.* Mix, Min. M0y.O Max. Min.
- - - - ~ - - -
34. .. - - - - - - 210,l 2P75 210,5 200,3 220 170
!Ott, (ao.)
3 5 . . . 18073 200 160 1Y,3 210 170,9 22,6 24,1 22 21,5 26 18
(Jm.) (Fn.1 (Ir#.) (R.) ($8~.1 (8q.I (M.) (In.1
36 . . . 17 ,$ 18
(Ias. FIV-
17 17,5 18 17 - - - - - -
(h.
---
Hani -
Man) ----------
v * . . . l 8 , l 19,O 1 6 , s 18,4 1 9 , 5 / 17,4 21.8 23,3 21,7 20,9 W,O 17,5

Quelques conclusions et remarques.


I) -L7eau d e mer, a l a surface, a présenté une valeur
moyenne de 19O,8 comprise entre les extrêmes de 16'' (Février
1935) et 26" (Octobre 1935).
2) -En hiver l a température rnoyenne a été de 18O eet en été
22", environ.
L a température d e l'eau de mer si inférieure dans le voisi-
nage de Lisbonne, ne peut donc servir a démontrer que Madère
est baignée par l e courant du Golfe; i1 peut y avoir d'autres rai-
sons; du reste l'hypothèse que ce courant arrive B 1'Europe a
été réfutée. Mais d e toutes façons, i1 y a toutes les raisons d'ad-
mettre que la température de l'eau de m e r est un des facteurs
importants pour adoucir a ce point le climat de Madère, surtout
en hiver.
*
* *
E t alors on peut demander, ce qu'il y a d e nouveau en tout ce
qui précède?
66 LE C L I M A T D E M A D ~ R E

Rien, peut-on répondre sauf peut-être un plus grand nombre


de détails et pour moi la chance de pouvoir juger par moi-rnême
et de voir mes conclusions heureusement confirmées, au moins
d'une manière générale, par les études antérieures.
Qu'il me soit permis de répéter, une fois de plus, se qui a été
dit et redit sur les excellentes conditions du climat de Madère.
Ce ne sera pas trop.
A Madère on trouvera la température la plus adaptée à l'or-
ganisme, par son degré et par ses faibles variations, et ceci sur-
tout en hiver; un degré d'humidité qui permet de classifier ce
climat comme mogennement sec toute l'année; des vents aussi
modérés que possible, le calme de l'air troublé seulement par
6 jours, en moyenne, de mauvais temps et p a r l'apparition peu
fréquente du vent Leste, l'em bat e rafraichissant et purifiant
l'air; un nombre relativement petit de jours de pluie; une lu-
minosité remarquable avec une forte réverbération due a la
mer; une pression atmosphérique très constante. Enfim, un en-
semble de conditions météorologiques qu'on ne rencontrera fa-
cilement nulle part ailleurs; et tout cela joint a d'autres condi-
tions dont on rendra compte dans un autre chapitre.
Sur la valeur absolue du climat de Madère on ne peut avoir
de doutes; et on va voir, une fois de plus sa plus grande valeur
relative.
Encore quelques comparaisons avec des climsts
considérés comme Ires bons

Comme i1 a été iridiqué, dans 1'Iiltroduction de cette étude,


les comparaisons qui suivent n'ont pas pu avoir le degré de
rigueur scieiitifiyue que j'eusse voulu leur donner, ni être aussi
cornplètes qu'il l'eiit fallu, mais je crois que celles-ci pour-
ront constituer uii progi-ès siir ce qu'on a fait jusqu'ici a ce sujet.
-E11 ce qui touche la Cote d'Azur j'ai pu puiser quelques
renseignements dnns l'iiriportant Traité de Climatologie Biolo-
giquc et Aílédicule dCjà cité, de niême que pour l'actinométrie j'ai
consulté les publicatiuns ~ T h Illrarz
e Di~rationof Bright Srcnshine
along the M e d i f m u ~ i e a nCoafs (1935) ct Climat Solaire de lu
Cote d'Azur (1934), par Gorczyii'ski; et aussi j'ai pu disposer des
données de 1'Observatoire S. Fernando, 6 Cadiz.
Les comparaisons que j'ai pu faire se rapportent ê des villes
d e la Côte d'Azur, à Alger, tiiissi ê C:idix et à Lisbonne dont le
climat est presqiie égal à cclui d e MontJEstoril sur la cote atlanti-
que voisine d e cette ville.
Tous ces climats ont un aspcçt particulier: variations ther-
miques minimes e t ex trêmes très suppor tables, un degrb hygro-
metrique plus sec qu'huniidc et avec variations régulières, une
luminosité spécialc avec les rndiatio~isUV iiitesifiées et les IR
68 L E CLIRZAT D E M A D ~ R E

affaiblies, une ionisation pronoricée, l'air pur a I'ordinairc, ct


iodé; des climats sédatifs cn mcrne tenips que stirnulants. Le nli-
croclimat de Madère doit être considéré plutôt conime côtier,
avec des brises qui sont aussi la conséquence des vcnts généraiix
deshydratés en passant sur l'ile; climat proprcment insulaire,
mais jouissant de l'action des montaçnes, similaire à certains cli-
mats des régions méditerranéennes.
Pour plus de clarté les donnécs pour chaque station deve-
raien être disposées de tclle façon que les co~nparaisoris en
soient le plus faciles, mais i1 faut les prcsenter comme ils sont
ob tenues.

Côte d'Azur.

Dans ce qui se rapporte à la Côte d'Azur i1 faut considérer


des cas particuliers, faute de données générales ou de tous les
principaux éléments d'une même station climatique réputée;
mais ce qu'on y dit pour quelques lieux peut être, avec beaucoup
d'approximation, appliqué a la généralité. Ainsi on a considéré
des données particulières d'ensemble avec d'autres plus com-
munes à la région de cette cote, selon les sources où elles ont
pu être puisées.

Régime de Ia température
- - -
-

I HIVER (Janvier et FCvrier)

LIEUX 1 M~~~~~~ ~ i ~ M. ~
Ampli-
. de
~ tude
Moyenne M o ~ e n n e
Ia variati des min. des max.
diurne moy. moy. on diurne observkee observees
moy.

Cannes (promenade du port)

Monaco
......
Nice (Jardin Grinda)
...........
.. I
9,8
10 ,I
4074
1 1 1 /
:6 ::;i ::I 3;: 1::
130,9 90,6

Eté (Juillet et Aout)


00,7 19,7

Cannes . . . . . . . . . . . . 28 ,I 9,9 14,5 32 ,4


Nice . . . . . . . . . . . . . 27,3 8 15,4 32,5
Monaco (Après Vallot). . . . . 25 ,5 4,8 17 ,4 30 ,I
SAISONS
1-11
Froid Chaud

Moyenne génC-
rale. ....
Max. moy. ...
Min. moy. , ..
Max. - min. ...

Les plus grniids froids y sont considérés comme accidentels,


rpisodiques; en été la température s'élève, et peut devenir p8ni-
ble par temps marin. Si les variations diurnes n e sont pas trop
grandes, elles se produisent parfois brusquement pendant les
saisons de transition.
I1 est aussi intéressant de connaitre la température de l'eau
de la mer à

1.11 111-IV v-VI VII.VII1 IX-X XI-XII


------
Beaulieu ........ ... 120,O 140,O 190,5 240,3 200,4 140,2

avec la min. 11°,9 (Février) et la max. 24",4 (Aoíit)

Regime higrométrique

Littoral de la c8te occidental


rnediteiran6anns . . . . II
Littoral de la c8te d'Azur (Val-
lot) . . . . . . .
I
/ 1
69

70 66

Le coucher du solei1 détermine une augmentation de l'humi-


dité, au bord de la mer, dont i1 faut tenir compte; l'état higro-
métrique n'est cenendant pas sujet B des variations importantes
au cours d'une mênie journée. L'huinidité à la Riviera classe
cette dernière parmi le plus sec des climats humides, sel.on l'ex-
pression d'onimus; et .ce degré de sécheresse s'accentue en
hiver.

Régime du vent.
La Rivièra a le privilège de la rareté et la faiblesse du Mis-
fral qui souffle de l'ouest-nord-ouest, très froid. Ce vent décroit
de 1'Ouest en Est: a Cannes i1 est déjà atténué, à Nice i1 compte
ii peine, et plus à lJEst i1 ne compte pas. Moins rare que le Mistral
est le Gregal, de Nord-Est, plus pénible que le mistral, soufflant
avec ciel couvert et produisant des chutes de neige et des glaces.
Moins rares encore sont les vents marins, le Levant, qui est domi-
nant en hiver, et le vent sud-est de l'été. Le Sirocco très brulant,
du sud, n'atteint que rarement la Rivièra.
A Nice le Levant souffle 52 fois sur 100, le grega1 19 et le
mistral 5.
Les vents dans la régions sud-est qui comprend la Côte
d'Azur sont sur 1000 observations, à l'année:

Les vents maritimes sont donc les préd,ominants. Les calmes


a Nice ont le pourcentage de 28 % en hiver et plus en été.
Selon Vallot le nombre de kilomètres parcourus par le vent,
en 24 heures, en moyenne, est à Nice:

Hiver Printemps Ét6


-
(Jav. Fev.) (Mars - Avril) -
(Juil AoQt)
164 168 153

et de même sur le littoral de la Côte d'Azur selon les mois:

donc un peu plus forts que ceux du microclimat de Nice.


Régime de nébulosi~é
- -
Nombre de I I1 111 IV v VI VI1 VI11 IX X XI .i1
jotrrs de :----- ---------
Ciel s a n s
nuages . 8 ,3 1 0 , 3 7 ,7 8 ,3 5 ,7 13,7 17 13 ,7 11,7 9 ,7 8 ,I 9 ,7
C i e l nua-
geux . 13,6 10 17,3 1 5 , 3 21 14,3 1 3 , 3 16,3 1 6 , 3 13,6 1 6 , 3 14,6
C i e l cou-
vert . . 9,4 8 G G,3 4,3 2 O,7 1 2 7 ,7 5 ,7 6,7
-- - -

d'ou l'on peut voir qu'il y a un fort pourcentage de ciel décou-


vert, notamrnent a la fin du Printemps et en été.

Régime de pluie

1-11 111-IV V-VI VII-VI11 IX-X Xl-XII

Nombre de
jours (moy.) 7 7 6 2,5 7,5 9
Quantité en
millimhtres 50 69 46 27 27 101

respectivemen t avec les totaux annuelle 78 et 733.

Régime d'ínsolatíon
-

IV XI
I
-- 11 I11 V V1
---
VI1 VI11 IX X XII
-Annh

Nombre de
jours e n -
soleillb. 22 20 25 24 27 28 30 30 30 23 24 24 307
Nombre d e
heures d e
Soleil.. 139 166 187 223 240 327 372 326 253 179 156 157 2.725
Rapport
entre l'in-
salation
possib1e et
lavéelle. 0,50 0,56 0,52 0,55 0,53 0,72 0,80 0,76 0,69 0,53 0,59 0,57 461
Le climat solaire de Nice a été étudié par Vallot, avec l'acti-
nomètre, exprimant l'intensité des rayons en calories ce qui
doiine des indicatioxis plus precises si l'on tient compte des mo-
nients de l'état de pureté d e l'air et d u pouvoir absorbant de
l'a tmosphère.
Les noinbres de calories déterminées par jour d e chaque
rnois (Radiation totale) en 1915, ont été:
1

Gorczy'nski a trouvé les valeurs (1931-1933)

sistématiquement moindres que celles-là.


- Quant au regime électrique i1 parait qu'il n'a pas BtB
étudié sur la Côte d'Azur; l'opinion est cependant que la charefe
électrique est peu élevée, eii raison du voisinage des roches
avec arêtes, et ericore de l'influence des arbres et de l'agglu-
mératioxi.
*

I1 scrait intércssant, pour une étude plus complète, d'étu-


dier les divers microclimats de la Rivièra française: Menton,
Monaco, Beaulieu, Villefranche, Nice, Antibes, Cannes, mais
pour ne pas m'étendre trop, je me limiterai à deux môts sur le
microclimat de Meritori dont les circonstances topographiques
paraissent s'npprocher le plus de celles d e Madère. C'est la sta-
tion la plus orientale et peut-être celle dont le climat est le plus
réputé.
À Mentori le sol est perméable; i1 y a aussi une couche d e
galets. La température moyenrie varie de 7",74 (Benevent) ii 9",8
(Farina), çontre 15",4 au Printemps, 2398 en été, 17",3 en Autonne,
16",3 étant la moyenne générale. L'écart diurne est ici moindre
qu'a Nice et à Cariries. En 22 aiis la température n'est descendue
que trois fois au-dessous d e zéro; lcs étés sont relativement tem-
pérés, leurs vents sorit parfois chauds. La luminosité est grande.
On y signale 216 jours absolument sereins, par an, 24 jours
couverts sans solei1 ni pluie, 45 jours ensoleillés avec nuages, 80
jours de pluie avec éclairs; l'été y est la saison la plus sèche et
l'automne celle de plus d e précipitation, la moyenne pluviomé-
trique étarit d e 888""".L e climat est considéré m m m e sec, le degré
liigrométrique variarit entre 65 et 80 %; le brouillard et la neige
sont exceptionnels. Les vents sont rares, le rnistral est pratique-
ment inexistant, le vent d u nord passe par dessus sans atteindre
l a station, les vents de nord-est se font parfois sentir avec vio-
lente, mais ces bourrasques passagères sont rares.
Et l'on passe à l a comparaison avec Funchal. Comme nous
devons subordonner celle-ci aux donnés que ont pu être puisées,
nous négligeroris la siinultanéité d e la présentation de ces don-
nées, ce qui eíit été plus logique; et si les conclusions n'ont pas
ainsi, tout-à-fait le cachet scientifique, je crois qu'elles pourront
avoir quelque valeur pour des conclusions d'ordre pratique.

Température

I 1 I1 1 111-1V I v-VI I VII-VI11 I IX-X I XI-XII


Moyennes gCnCrales
. . .. . . 15793 16,231
Funchal
12 ,3 -
18 $3
18 ,3 -
21,78 21,53
22 ,7 - 18 ,3 -
17,74
11 $4
dtAzur- 9 ,3 -
Funchal-C8te d'Azur . . . . . . + 6 , 6 3 + 3 , 9 3 + 0 , 5 3 - 0 , 9 2 + 3 , 2 3 +6,34
Funchal . . . . . 18,38
I
Max. moyenne C8te d'Azur . . . 13,7 1 15,9 1 i:
18,84
-----
21,9 -
14,9 :a
1 2246 ,,O72 24 ,O5 20,49 1
I Funchal . .. . .
, 13 ,O3 13,46
14,4 -
18 ,8 -
16,22
14 ,'i-
19 ,I5 18,91 14,91
m"yenne COte d'Azur -
5 ,G -
8 ,6 - 7 ,9
F. - C. A. - + 7 ,43 + 4,86 + 1,82 + O ,35 + 4,21 + 7 ,O1
Par ce tableau on peut voir, d'une manière générale que la
température, qui h Funchal, en été, est un peu inférieure a celle
de Ia Cble d'Azur, y est, au contraire assez élevée en hiver. En
coiisé(~iieiicc,les variotions mensuelles sont plus grandes i la
Côtc d'Azur ct certainenient aussi les journalières, si l'on consi-
dere la situation contineritale et les variations du vent. Mais la
~~articularitt!qui donnc, de la manière la plus évidente, un avan-
tage absolu au cliniat de Madèrc, c'est le degrb plus élevé de la
teriipérature, 6O environ daiis les mois froids, en hiver.

Humidité relative moyenne


_____________________I_-_
.- - -.- - - - -- - - ---
1-11 111-1V V-VI VIL-VI11 IX-X XI-XII Amb
- - - _ _ _ I -

Funchal .......... 67 67 67 68 67 68 $f
C8te d'Azur. ........ 66 -- - p
69 p _ _
73 _ l _ _
72 _ l q
73 69 69
F.-C.A.- $ 1
-- - - - - - ---
-2 - 6 - 4 -6 -1 -9
--

D'.ou l'on peut voir que le degré dJhumidit6 h Funchal est


rnoindre qu'a la Côte d'Azur, 5" environ, en été et qu'il a presquc
la même valeur dans les mois d e Janvier et Février. C'est encore
le lieu de rappeler Ia recornmandation qui a été faite précédem-
ment, touchant la variatiori coiisidérable dc cet élérnent au cou-
cher du soleil, à la Cote d'Azur.
On peut coiiclure doiic, ici encore,B la supérioritt5 de Funchal.

Vent
- -----v ----v

--- v-VI
IX-X VII-VI11

. . . 131 -
I
Vitesse moy. Funchal 110 96 119
en kilomètres (1935)
par 24 heures C8te d'Azur . .-180
--191 170 -
- 175
IiiG -
-
F. C . A, - - 49 - - 60 - 70 - 56
Si l'on adniet pour Fuiictial que les valeurs doniibes consti-
tuent à peu près la iiioyeiiiie, on pourra dire que le vent h Fun-
chal soiiffle inoins foit qu'à lu Cote dJAzur, dnns Ia proportion
de 2 à 3,
On attribue 28 Jo de calmes, en hiver, à la Côte d'Azur et
11 <ro à Funchal, ce qui doit donner aussi une plus grande régu-
larité pour cette ville.
En outre, si lJon tient compte de tout ce qui a été dit au sujet
des vents, par coinparaison, on peut arriver à donner la préfé-
rence a Funchal, et de beaucoup.
Nébtilosité - Les chiffres qui ont été donnés n e permettent
yas une comparaison très claire avec ceux de Funchal; mais i1
se peut que l e nombre de jours de ciel découvert à la Côte dJAzur
soit plus grand qu'à Funchal. La comparaison la plus certaine
serait celle que l'on peut faire sur le degré dJinsolation; mais
par contre nous ne pouvons avoir que les données d'un an, a Fun-
chal, cornme il a été dit antérieurement. En faisant cependanl
cette comparaison nous avons:

Pourcentage â'insolation / --
1.11 I --/-
1 - 111-IV V-VI VII*VIIl/ x-X XI-XII

!:O I :0 I :O
D'après cet exemple la différence annuelle a ét6 inférieure a
0,2 , très petite; étant à considérer qu'en hiver l'insolation a été
un peu supérieure à Funclial, et qu'il faut tenir compte de Ia
correction topographique pour Funchal en été.
La méthode la plus recomniandée pour les comparaisons de
cet ordre, en clirnatologie biologique, est celle qui a pour base le
nombre de calories, ce qui dans le cas présent, est tout-à-fait
impossible, faute de données pour Funchal. On peut toutefois dire
que les conditions de particulière puretk de I'air et d e plus grande
durée de lJinsolation en hiver, en raison de la situation gkogra-
phique, permettraient probablement ençore d'attribuer l'avan-
tage à Funchal.
Sur ce tableau on peut noter une moindre quaniitè de préci-
pitation à Funchal, riotamment en été, en concordante avec un
7G LE CLIMAT DE M A D ~ R E

Pluie
_ _ _ -_
____-.--_
____- - - - - -
I I1 III.IV V*VI VII-VI11 I-XX XI XII Annbe
- -- - ----
Nombre de jours Funchal . .. . 6,8 6,2 2,O 0,3 4,7 7,2 54
de pluie { CBte d'Arur
. . 7 7 6 2,5 7,5 9 78
QuantitC en mili- Fnnchal . . . . 77,8 66,7 14,4 0,5 52,9 88,2 601
mètres moy. {CBted'Azur . . 50 69 46 2'7 77 101 740

rnoindre noiiibre de jours de pluie, ce qui ne peut constituer une


infériori té cliniatologiquc.
Pression atmosphérique - Selori Vallot la pression moyenne
sur Ia Côte d'Azur est de 763""",a peu près la même que celle de
Funchal; mais les variations de citt elément doivent être plus
grandes a la Côte d'Azur; i1 est possible qu'une très forte dé-
pression se produise ici par beau temps et i1 est fréquent aussi que
le mauvais temps se produise par forte pression. Bien qu'il n'y
ait pas lieu de tenir compte d e cet élément météorologique, au
moins directement, dans la climatologie des plaines et d e la mer,
les avantages, s'ils existent, doivent être pour Funchal. La Côte
d'Azur est au front polaire.
Température de l'eau de la mer.
On a vu que les températures de l'eau d e mer varient d'hiver
en été entre 16" (Fevrier) et 24" (Octobre), a Funchal, et entre 12"
(Février) et 24" (Aout), environ, à la Cote d'Azur. Donc une varia-
tion moindre a Funchal avec une température plus élevée en hi-
ver, ce qui donne .des avantages a cette ville.
Pour conclure, après tout c e qui a été rapporté, i1 ne sera pas
excessif d'attribuer a Funchal une superiorité climatique bien
évidente sur la Côte dJAzur: en ce qui touche les conditions ther-
miques, en liiver, Ia plus grande sérénité de l'atmosphère et l'uni-
formité hygrométrique plus accentuée bien que d'un degré infé-
rieur; la nébulosité qui peut être un peu supérieure a Funchal
doit avoir sa compensation dans la plus grande durée d u jour en
liiver (supérieure de plus d'une heure au solstice d'hiver), le solei1
étant aussi plus élevé a midi (en raison de la différence des
latitudcs), ct assi, peut-être, dans la transparccence de l'atmos-
phère en hiver.
Les graphiques qui suivcnt peuveiit donner une vue d'en-
semble plus claire.

Grafiques des éléments météorologiques de Funchal


et de Côte d'Azur

vent -
~luie
~ u a n t i t een milirnetres
Kilornet r ~ r c o ~ r u s et nombre &jours
e n moyenne par mais
K p a r mois
200 1

I nso kztlon
aappart entre 455 1 /\

Cette oomparaison faite dans la mesure du possible, avec la


partie côtière de la côte sud, méditerranéenne, de l'Europe, la
région la plus réputée de tout c e gran>dsecteur de l'h6misphère
nord, suffirait pour rehausser le climat de Madère; mais i1 n'est
pas sons iritérêt d'y ajouter encore une très brève comparaison
avec d'autres cliinats côtiers réputés, à commencer par Alger,
sur la cote sud de la Méditerranée.

Alger -Tcmpbaturc

MINIMA MOYENNE
I
--
MAXIMA MOYENNE I Amplltdo
de 18 ~*dit(..
diurna
Janrler Saison Satron SamJ Sairoo Jnlllet Baison Bdm
Ferrier frdde chaude froide chaude Aoat
ebid,
-- ---- frolde

974 Il0,l 180,2 180,S 260,s 29,7 777 @,6


--

I 111 v v11 IX =
I1 IV VI VI11 f = AnaC
- - - 7

30 42 45 473.
(3 Ndb*10sit6
obs.'"' par jours) I
ciel nuageux par mois (Valiot)
ciel beau u
Nombre d'heures de Solei1 par mois
r . .
..
. .
. .
43
24
152
25
195
43 34
40
284
54
324
37
208
22.4
148
.

-
Ciel couvert, par mois . . . .. . ..... 24 23 19 8 13 23 , á#f
............
Iinuriditémoyenne
Plaie ]
QuantitC (nillimetres) .. . .... .
63
90
64
63
63
26
67
4
66
52
64
111 -
Nombre de jours . . . . . . . . .. 15 12 12 3 9 15 18

D'où l'on peut conclure.


Température moyenne - A peu près égale h celle d e Fun-
chal, mais avec de plus grands écarts à l'année et en certains
niois et mêriie, encore dans le jour; la température en hiver plus
basse qu'h Funchal;
Humidité moyenne -La moyenne de l'année ne différant
yas de plus de 2,5 %, a presque la même valeur en &é;
Znsolation - Moindre qu'a la Côte dJAzur, devra laisser
l'avantage à Funchal ;
Pluie - C'est en quantité Ia moitié de celle de Funchal
mais répartie sur un plus grand nombre de jours ce qui, somme
toute, peut laisser encore quelque avantage.
Vent -Faute de quelques renseignements relatifs B Alger,
LE C L I M A T D E M A D È R E 79

i1 faut rappeler la relative fréquence du Sirocco, avec Ia pous-


sière qu'il apporte.
Alger est un des climats qui ont le plus d'analogie avec celui
de Funchal, mais la supériorité du climat de cette ville ne pourra
être toutefois mise en doute.

CADIX (Observatoire de S. Fernando)


Les valeurs normales mensuelles de température, humidith
et pression déduites de 65 années sont les suivantes:
--

I I1 111 IV v VI VI1 v1i1 IX X XI U1


---------.--.-
Tmllntan
de Sair
h l'om-
bre Il",7 12q3 130,B 150,6 180,3 2144 23q8 2446 22",5 180,9 140,9 IWI
E
8 UiimiditB
a(relative 77 76 75 73 70 67 66 66. 70 74 77 7 9

-i prittiin
atmos.
pheri-
que
750mm+ 4,7 3,5 1,O O ,3 O ,4 1,O O ,6 O ,2 O ,8 1,O 1,7 38
Températures moyennes (1925-1934) I'ombre
Maxima. . l7,9 19 ,O 20,H 24 ,O

NebulositC relative (1925-1934) moyenne


(Moy enne
de l'année
'4,ol) 4.61 <,'i'/ 5 . 2 4 . 5 4 0 1 3 . 6 1 . 6 1 2 p l 3 . 2 1 4 , 3 / 5 , 3 / 5.4
:Tension) . Tension de le vapeur d'cau (moyenne) en Janvier - en *ou< I4j6
Vent
Vitesre
horaire
moyen a e
cn kilomk.
trm . 13,3 15,3 17,5 17,2 16,6 15,4 16,7 16,3 1 4 9 14,5 1391 22 ~5
En faisant la comparaison nvcc les doiinées respcctives de
Funchal, que pour iie pas ni'eteiidre trop, je ne corifronterni os
directement, on peut conclure, principnlenient ce qui suit.
La température moyenne est h Funchul plus forte de 10;
plus élevée en hiver et moindre en 4th. Les différences entre les
températures max. et min. mensuclles, qui h S. Fernando nttei-
gnent 200, sont moindres, h peu près de 1n nioitié h Funchal. En
hiver Ia tcmpérature min. moyenne a Cadix est 3*, environ, et B
Madère llO. La température au solei1 est moins forte à Madhre;
Humidité -Excepté au mois de Jiiillet, oii clle est égale, l'hu-
midité ii Cadix est plus élevée qu'h Furicliul, ce qui conjugué avec
Ia température plus basse en hiver, doit doiiiier la supériorité ti
cette dernière ville ;
Pression atrnosphdrique - Presque égtile, elle est plus cone-
Oante B Funchal;
Mébulosité - Cet élément est inférieur b Cadix, mais étant
bien moindre en étè cela doit rendre la chaleur moins suppor-
tabie.
Vcnt -La vt!locité du vent a Funchal, en hiver, est h peu
p* la moiti4 de celle de Cadix et quatre fois moindre en 4td.
De tout cela, on peut conclure eri attribuant des nvantages
très prononcés à Funchal, notamment en hiver.

Cette ville, on le sait, n'est pas proprement cbtikre, mais en


raison de son voisinage de la mer, de sa situation au bord de
I'estuaire du Tage, et de la ressernblance de son climat avec celui
de Mont'Estoril - stntion climathrique trhs rbputbe -qui en est
bloignb d'une vingtaine de kilomètres et est dejh au bord de la
mer, on peut aussi la considerer dans cette &tude comparative.
Du reste Lisbonne est considerée comme une bonne station
d'&ver.
Les données choisies pour l'aperçu qui suit, sur lc climat de
b b n n e , sont das au Dr. Armando Narciso.
Sur cette partie de la côte, au sud-ouest de I'Europe, on p o u ~
rait considérer, de préférence Lagos, au sud du Portugal conti-
nental, dont le climat est encore meilleur que celui de Lishnne;
mais Lisbonne-MontJEstoril présente ici, certes, un intérêt
supérieur.

Les donntes sont cxtraites des publicatíons de I'Observatoirr MMoro-


logique Central de Lisbonne, etabli a 95" d'alatudc

I 11 I11 IV V Vi VI1 VI11 IX X


- - -
Temperature
moyenne 10,4
---
11,t

Hiver-I I ,3
--
12,3 14,3 16,7 19,1

~rintemps-l6,7 $t6-21,l
' -
ritom ma
Humidit6 relative 77
'
---
-c
74'5 66,9 62, 8 755
Vent - Vitesse
I 18,9 I 18,s i
17,6 i 18,3 l8,8 1 9 3 18,O t6,3 :15,6 1?,6
journaliere (rnoy.) 16,3 154 183

~luie - ~ u a n t i t 6 88,2
I
96'1 74,2 50,6 46,0 22,1 6.6 6,5 f O,?
I 78,1 20,6 lm,0 ? a 3

I NOMBRS DB JOURS PAR AN


*--

Nébulosité
moyenne .$ M
'"
8 91
-
E
I
i? 6 4-5 -
90 O 1 30 0,s
-- \

La comparaison avec les données respectives de Funchal con-


dui t aux conclusions suivant es.
Température - La température moyenne à Funchal est plus
forte d'environ 3, étant plus élevée de 5" en hiver est rnuins élevée
de 1" en été; mais la température estivale s'y prolonge jusquC&
Septembre. Les variations thermiques sont supérieures h Lis-
bonne; '
Humidifé - Cette donnée est bien moindre, B Funchal en
Iiiver, et presquc égale en été a celle d e Lisbonne;
Nébulosité - Cet élément météorologique est B Funchal un
pcii supérieur, e11 moyenne, à celui d e Lisbonne;
Vent - Le vent est a Funchal, en moyenne, trois fois moins
fort cri hiver et cinq fois, en été.
Pluie - Elle est moindre à Funchal, en quantité, et se r&-
pnrtit sur un nombre de jours inférieur de la moitié environ.
Urouiliurds - Ceux-ci sont beaucoup moins f r b u e n t s h
Furichal ;
Orages - Bien moins fréquents également h Funchal.

Graphiques Comparatifs des valeurs moyennes mcnsuelles,


entre Funchal et Lísbonne.

25 t Température et humidíté

20

I Vents et pluíe ;
A
'\\

Vents Lx.
Lisbonne préserite des avantages s u r la Côte dJAzur et p a r
ia sur d'autres statioris européennes, surtout en hiver; mais ces
avantages s o ~ i inféricurs
t à ceux qu'offre Funchal.
Lisborine rivalise aussi, eri été, avec d'autres stations clima-
tiques réyutécs si l'on tieiit conipte d e la possibilité d'un séjour
A Sintru, pctitc ville très rcrioinmée, mais Funchal a bien d'autres
Sintras dans son voisiriage, d'ou l'on peut voir aussi la mer...
Le grapliique ci-joirit perinet une vue d'ensemble des prin-
cipaux élériic~its iiiét6orologiq~1eset climatiques, de ces dcux
statio~is.
Madère, hors de Funchel, comme station climatique,
et conditions de habitalite

Jusqu'ici l'on a étudié seulement le microclimat c6tier h


Funchal. Mais a Madère i1 y a aussi des climats de moiitagne
jusqu'a des altitudes trks élevêes. On en trouve beaucoup, parmi
lesquels on peut choisir, notamment pour 1'élection d'une resi-
dente d'été,
C'est en raison de cette circonstance et h très juste titre que
l'on a considéré Madère comme station fixe, et très indiquéc
pour le séjour prolongé de ceur qui ont besoin d'uii bori climnt.
Je crois qu'il sera aussi trhs intéressant, au cours dc cette
étude, de dire quelques mots sur les climats de montagiie.
L'observation des effets des climnts d e montagne a Bté toute
empirique jusqu'au cours du XIX"iècle, Cpoque B luquelle on
a commencé ti suivre, pour l'étudo de cette qucstion, des regles
scientifiques très précieuses; au commencement du s i k l e octuel,
les expériences d'ordre scientifique ont donnk lcs plus brillants
résultats au Mont Blanc.
Les altitudes qui iritêresseiit le médecin voiit jusqu'h a 2000'".
en raison dc l'élémerit caractéristique - la pression atiiiouphbri-
que. Mais les élémeiits non caractéristiques, dont i1 fnut aussi
tenir compte, sont principulement ceux qui suivent.
La température, a cause de son abaissement de 0955 en
moyenne pour chaque 100" d'blbvation; mais i1 ne faut pna
perdre de vue ce qu'on apelle l'inversion de Ia ternpérature
quand elle est plus froide en bas qu'en haut; la variation diurne
s'affaiblit aussi avec l'altitude;
- La radiation solaire, à cause de son augmentation due Zi
la moindre absorption de I'atmosphère traversée; h Davos, par
exemple, cette augmentation augmente jusqu'à a 2000" et la dif-
férence pour la plaine est plus grande en hiver;
- L'intensité des rayons U. V. est augmentée par l'altitude
et les variations de celle-ci sont plus petites; les deux ordres de
lurilinosité, vertical et horizontal sont accrus;
- La nébulosité et la durée d'insolation sont respectivement
moindre et plus grande en haute montagne qu'en plaine;
- L'humidité absolue diminue avec l'altitude: à 2.000 Ia
tension de la vapeur d'eau n'est plus que la moitié environ de ce
qu'elle est au niveau de la mer; l'humidité relative est aussi en
général moindre à la montagne;
-L'électricité atmosphérique diminue en tension avec l'éle-
vation, mais le nombre d'ions augmente;
-Les vents sont plus forts,surtout ausommet des montagnes,
quand l'horizon est clair, activant ainsi l'action pernicieuse du
froid; la qualité des stations d'altitude dépend beaucoup du bon
choix de la position qui doit gtre le plus abritée possible;
- La précipitation, plus grande sur les hauteurs, cesse à par-
tir de 2000" à 3000m,selon les régions; la neige, toujours plus
abondante avec l'altitude, commence à des hauteurs inversement
proportionnelles h la latitude.
- En ce qui concerne la composition et Ia pureté de l'air, on
peut dire que le dosage des gaz qui le composent ne varie pas,
ct que la pureté y est parfois absolue; les bactéries n'existent
presque plus à 1.100'", ce qui ne veut pas dire que le sol soit
exempt de germes.
Sont considérés comme cliniats de grande élévation, en thé-
rapeutique, ceux situés entre 1200" et 2000"; à ces altitudes il
faut tenir conipte de lPadaptation.L'action stimulante consiste en
effets d'hyperactivité fonctionnelle très accentuée, convenant sur-
tout B certains états des tuberculeux pulmonaires, de ceux encore
jeunes, chez lesquels la tuberculose vient d'éclore et qui sont en
bon état fonctionnel, avec une bonne capacité respiratoire.
Les climats de moyenne altitude, entre 600" et 120O'", ont des
caractéristiques aussi déja moyennes; selon le Dr. M. Pierry et
le Dr. M. Millaud l'action physiologique y est moins stimulante
que dans la haute montagne; donc l'adaptation y est plus facile
et moindres les risques d'intolérance.
aC'est le climat de choix pour lcs tuberculeux pulmonaires
congestifs ou fébriles, éréthiques et qui par surcroit ont de l'em-
physèmea. L'action reste ici toutefois encore défavorable nux
maladies du cmur et des vaisseaux.
Dans les climats de faible altitude compris entre 600" et
3W, l'action de la montagne est en grande partie perdue.
L'action des elimats d'altitude est encore discutée, mais sans
aucun doute, la rarefaction de l'oxygène modifie la profondeur
de la respiration et le froid agit par une augmentation de
l'appétit.
*
* *
Sur les hauteurs qui s'élévent au nord de Funchal, OU elles
atteignent, h l'intérieur, leur plus grande altitude (Pico Ruivo,
18613, les nuages qui se forment ne descendent pas, habituelle-
ment, au dessous de 600m,en hiver et au Printemps, et de 1000"
en été, époque h laquelle ils sont plus rares; ils peuvent y rester
ou, plus habituellement, s'en aller par le cote du sud, parfois eii
s'amincissant ou se défaisant; i1 nest pas rare en observer diver-
ses directions.
Les sommets les plus élevés peuvent rester dégagés de nua-
ges, surtout en été.
Dans le choix d'une station climatique de grande altitude, B
Madère, i1 faudra peut-être, ou plutot, i1 faudra certainement
tenir compte, non seulement de l'abri nécessaire contre le vent,
mais aussi et surtout du brouillard produit par les nuages. E t je
iiie réfèrc ici sculcinent aux alentours d e Funchal, d u côté mé-
ridional de 1:i haiite niontagiie, car sur le versaiit nord les condi-
tions d'abri du vent devront être exclusives.

I1 sernit très i11téressan t d'avoir, pour quelques stations d'al-


titude, a Madèrc, dcs doniiées météorologiques aussi complètes et
rigoureuses que possible; mais i1 y en a très peu.
Les observations de Mason, déjà citées, qui doivent avoir été
faites a uiie altitiidc d'a peu près 3Wm, ont 6th trop critiquées
pour pouvoir êtrc prises au sérieux. Quelques autres, d'initiative
aussi particulièrr, ou ne sorit pas connues, ou ne peuvent mériter
une grande considération; les observations qui devraient avoir
précédé le commencement des travaux d u Sanatorium aux Mar-
meleiros demeurent aussi inconnues.
Sur un monticule de 150" d e altitude, a u nord de la ville dz
Funchal, dans l'antique forteresse du Pico (actuellement appelée
Pico Radio, d u service météorologique de prévision, dépendant
du Ministère dc la Maririe) sont faites des observations pour 1a
méteo, acconipagnées d'autres sur les vents et les états d e la mer
a Ponta do Purgo (a I'ouest) et à Ponta d e S . Louren!to (à l'est)
de Madkre; niais ces observations n'ont pas un intérêt particulier
pour la climatologie d'altitude.

Selon les indications du Dr. Rollier ont été acquis, par la


Junta Geral de Funchal, un solarigraphe et un atcinographe, qui
ont été installés dans la station Pico Radio, et aussi uri actino-
nnètre pour des obscrvations en quelques autres eiidroits: Hos-
pício Princesa D. Aniélia, Santa Clara, etc., mais cncore au
Furichal.
Les observations qui ont un ir-itérêt spécial sont celles d~
Mr. J. Teles d e Meneses en 1895, au Pico do Arieiro, h une alti-
tude d e 1700". Ce inonsieur a été 1à pour un traitemente de tuber-
culose pulmonairc, dont i1 a obtenu un bon résiiltnt; i1 s'cst i n s -
tallé 1à dans une maison d e bois co~istruitcsous sa directiori. L e s
observations qu'il a pu faire sont les suivan tcs:

Observatíons au Píco do Arieiro


J u h à. Octobre de 1895

Pression atmospbCrique . . . . . . . . . . . . . .
variation moyenne . . . . . . . . . . . . .
Température moyenne . . . . . . . . . . . . . . .
variation moyenne . . . . . . . . . . . . . .
max. absolue . . . . . . . . . . . . . . .
mine . . . . . . . . . . . . . . . .
variation extrême . . . . . . . . . . . . . .
HumiditC relative . . . . . . . . . . . . . . .
moyenne des rnax. . . . . . . . . .
D n rnin. . . . . . . . . . . . . . .
.
max. absolue. . . . . . . . . . . . . . .
min. u. . . . . . . . . . . . . . .
Ozone. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
Vent prbdominant : N N N E NW -
calme. . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . .
[
intensitC faible
fort . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .

i
limpide
atmosph6rique couvert . . . . . . . . . . . . .
brouillard . . . . . . . . . . . .
pluie ou neige. . . . . . . . . . .
(moyenne) . . . . . . . . . . .
Témpkrature au solei1 . . . . . . . . . . . . .
min. . . . . . . . . . . . .

Ces données, bien que sommaires, peuvcrit donner ceperi-


dant une idée très approchée du c l i ~ n a td c cc licu en été.
De la cornparaison dc ces chiffres avec ccux d e Serra d a
Estrêla (Portugal continental, station niètéoroloçiquc a l'altitude
d e 1386") i1 résulte pour Arieiro, et dans l'été:
- Une température un peu moindre, mais en accord avec l e s
différences d'altitude; le m a x et les min. absolus, cornme aussi l a
variation moyenne étant presque du m ê m e ordre d e graiideur;
- Une nébulosité moindre ;
-Le vent plus faible;
-L'huniidité très peu plus grande.
DJune facon générale, on peut admettre que les conditions
cliinatiques, non caractéristiques, sont du même ordre, au moins,
pour ces deux lieux, avec l'avantage caractéristique de la diffé-
rence d'altitudcs 1700-1386=314m qui est considérée comme
primordiale cn climatologie thérapeutique.
Le Dr. Mourão Pitta, dans son ouvraçe, ainsi que d'autres
auteurs, se référant aux conditions de l'ile comme station fixe,
et aussi à l'opinion du Dr. Jaccoud, est dJavis que aMadère pos-
sède les avan taçes des climats des plaines et de ceux des altitudes,
avantages qu' aucunc au tre station clirnaticlue ne peu t présenters.
Du reste, rnême sans buts groprement thérapeutiques, en ét6,
tous ceux qui peuvent s'en vont à la montagne, pour ne revenir
quJen Septembre ou Octobre, après avoir j oui de la fraicheur.

Parlons uii peu niaintenant des conditions générales d'habi-


tabilité de Madère.
I1 ne suffit pas pour asseoir la réputation d'une station, de
se trouver dans de bonnes conditions climatériques, i1 lui faut
encore présenter d'autres avantages, les uns naturels, les autres
das à la sollicitude et au travail de l'homme, pour satisfaire les
besoins si variés créés par la cívilisation. Ainsi i1 importe de tenir
encore en compte ce qui suit.
Les communications, particulièrernent avec lJEurope, 1'Amé-
rique et l'Afrique, du Sud, sont très fréquentes, et assurkes par
des bateaux des compagnies de navigation les plus renommbes;
une centaine de vapeurs y passe chaque mois soit pour le nord
soit pour le sud; et Madère sest h un jour et demi de distance de
Lisbonne, qu'on peut appeler le quai de lJEurope Occidentale.
-La vie à Madère est très bon marché, surtout pour les
étrangers; la différence pour certains pays peut atteindre 50 %.
Pour I'étranger qui vient rester ici pour quelque temps, i1
faut considérer, en premier lieu, les conditions du logement; ici
l'on peut dire qu'il y en a pour toutes les bourses; des hôtels de
diverses classes, jusqu'au plus luxueux, bien placés, à la ville et à
Ia montagne, des villas agréables a habiter, des pensions con-
fortables.
Les possibilités d'alimentation sont multiples: on y trouve
en abondance des produits horticoles et des fruits de toutes les
latitudes, du laitaçe d'excellente qualité et des mufs, viandes et
poissons d e toute sorte, 1a halle en étant toujours approvisionnée
aux heures du marché; l'eau potable y est abondante et très pure,
au double point de vue cliimique et bactériologique, on peut ce-
pendant lui reprocher sa très faible minéralisation ce qui, dano
quelques cas peut amener a conseiller la miiiéralisation artifi-
cielle ou l'usage, très facile, de l'eau de l'ile de Pôrto Santo, très
pure et bien minéralisée.
Les malades y rencontrent de très bons médecins, spécialistes
et opérateurs, de même que des pharmacies bien assorties. C'est
ici le lieu d e faire une menti011 spéciale du bon hôpital, des mai-
sons de Santé, des excellents services d e Ia Croix Rouge, et des
dispensaires que l'on trouve a Funchal. Enfin tout ce qui peut
intéresser l a réparation de cette machine qu'est le corps humairi.
Comme i1 a été dit, l'air, mênle dans les agglomérations et
même à Funchal est pur, sans poussières ni fumées, incommodes
où nuisibles.
Viennent ensuite toutes les possibilités de belles promenades,
en auto, en traineau a b e u f s , moyen de locomotion si original et
propre Funchal, dans ce grand jardin, toujours fleuri, tou-
jours verdoyant; et les sports sont ici également très à la mode.
On peut aussi s'adonner aux bains d e mer, celle-ci étant g é n b
ralement d'un calme remarquable; si les plages ne peuvent être
considkrées comme des meilleures à cause des galets qui tiennent
lieu de sable, i1 y h des piscines ai1 bord de la mer, oii les bains
sont possililes, iiiênic eii liiver, a cause de la température agréable
de l'eaii. I1 existe, en outre à Fuiichal, uii établissement de bains
chauds d'cau de iiier, qiii soiit très recoiiimandés pour certaines
maladies de la peau et rhumatismales. Les traitements par irri-
gations d'eau de iner tout-8-fait p i r e y rencon trent des facilites.
La mer invite 6galemerit a toiis les sports nautiques.
En ce qiii toiiche la saliibrité, élément de tout premier ordre,
surtout dans iinc statiori cliiiiatique, on y a attaclié l a plus grande
importante a Mndbre cii géiiéral et en particulier a Funchal dans
son urba~iisatioii;on peiit dire qu'il y a iln minimum de ce qui
peut être nuisible à Ia santé: les rues sont anciennes et étroites
mais lcs niaiso~is(te plus de deiix étages sont rares; les chaussées,
pavécsddc petits galcts roulbs de la plage, renderit facile le main-
tieri de 1a salirbrité; le tout-A-l'égofit avcc I ' a b o ~ i d u ~ ~d'eau
c e et
la déclivité du terrain est jci ctans les mcilleures conditions; pas
d'eau stagnante. Les plages sont aussi débarasskes de toutes
immondices et i1 n'y a presque pas d'i~isectesnuisibles. Pour tout
dire, on voit mCme des équipes de petits garcons qui sont chargés
de désinfecter et d e couvrir de sable les crachats dans la r u e !
On trouve encore à Funchal toiit ce qui se rapporte a ce
qu'on peut appeler la cliriiatopsycl-iologie, la climatosociologie,
l'estheticlimatologie, quant aux distractions de l'esprit, si néces-
t malades, poiir les convalescents et même pour
saires pour t a ~ i de
les personnes en bonne santé; outre le vulgaire Casino, i1 y a des
établissements de plaisir avec leurs bals, leur musique, leur vie
propre, et des cinemas, si eli vogue aujourd-hui; on y trouve des
bibliotlièques, des niuseums, des librairies, des journaux avec
leurs dépêches d'agericcs; les appareils de téléplionie fonction-
nent ici normalement.
Pour les geris studieux i1 y a bcaucoup a observer: on peut y
faire d'intéress:irites études cle m e u r s , étudier l e curieux fol-
klore local; pour l'artiste le magnifique spectacle d'une nature
tourmentée par de tcrribles convulsions géologiques, les plus
beaux paysages, invitent B 1a pratique de la photographie et d e
Ia peinture; certains touristes ne viennent même que pour cela.
Pour le croyant enfin, i1 a les temples, avec leurs cérémonies
d'une impressionante grandeur, et qui font la joie de ce peuple
si religieux.
Je m'étonne parfois, que de cette ile enchantée ne soit sorti
aucun poète plus notable! Partout des fleurs toute l'année, fleurs
qui sont Ia première offrande a l'étranger qui débarque ...
Et enfin, ce qui devrait être mentionné en tout premier lieu,
l'esprit hospitalier des madérois.
Un ensemble si complet de conditions, du climat, du sol,
du peuple ne sera facile h rencontrer nulle part ailleu~s.L'Art
naturel allié de la manière la plus agréable, avec toutes les satis-
fcitions que peut procurer la civilisation et surtout dans le meil-
leur des climats (I).

(1) Un Bureau officiel de Torisme donne aux etrangers tous 'es renseignements
concernant Funchal.
Quelques renseignernents complémentaires geo topogre- -
phiques et statistiques sur Ia population et les maladies.

La station cliniatique de Funclial est située par 320.38' d e


lat. S et 160.55'de longitude IVG. Funchal se trouve un yeu a l'est
du riiilieu d e la cote sud de Madère, laquelle s'etcnd eil direction
E-W entre Ics niéridieils de longitude 160.39' (à Ia Poirite de
S. Lourenço) et 1 7 O . 1 6 ' (a la Point du Pargo); la plus grande
largeur de l'ile, h proximité de Funciial, s'étend entre les paral-
Ièlcs d e latitude 32.52' et 32O.37'. La surface de hfadère, dont
l'étendue a été diversernent évaluée, est estin~éea 796 kiloinètres
carrés (Arinuaire statistique, 1930).
Une très hnute chuine de montaçnes la traversc, dans sa plus
grande diriierisioii, E-W, et s'inflécl-iit vers le nord-ouest dans sa
partie ouest.
La forii~atioiidc l'lle a été étudiée à diverses éyoques, et u n e
étiide plus cioiiipli/te peut être vue daris l'article d u Diciorzária
rlriiuursal porfugrres ilustrado, dkjh cité, par Mousinlio de Albu-
cILierque; la strilctuic cri est pyrogérlétique, avec des assises basal-
tiques dc diverses corisistances, niêlées de congloriiérats de l a
iiiênie qualité; lc sol arable pcut avoir une grande profoiideiir et
est très pcriiiéable. C'est sculenierit a u nord de l'ile et à la pointe
S. Lourciiço clu'oii peut rencoiitrer le calcaire mais en très petite
quaritité. - A Pôrto Santo, ile de l'archipel a u nord-est de Ma-
dère, p a r contre le calcaire aboride.
Madère jadis entièrement boisée quand elle fut découverte
par les portugais, est a préscnt dans sa majeure partie couverte
de plantations des climats ternpérés et tropicaux, selon les alti-
tudes; le bananier et 1a canne à sucre ont leur habitat dans Ia
partie basse, le chataignier et le sapin sur les hauteurs; les arbres
de tous les climats y peuvent croitre. Ses vins sont renommés.
La faune y cst la même que celle du sud de l'Europe, parti-
culièrement pour les animaux domestiques, avec une grande va-
riété d'oiseaux; i1 n'y a pas d'animaux venimeux: la faune mari-
time et même pélagique y est très variée et abondante.
Funchal est une ville ancienne, presque partout avec des rues
étroites, mais, très ensoleillée come on l'a dit; on y voit de beaux
magasins de tous genres, quelques uns irnportants; d'autres sont
remarquables par les produits de l'ile, parmi lesquels brillent
particulièrement des broderies, les articles de rotin, chapeaux de
paille, etc..
L'ile est parsemée de villages, quelques uns au bord de ia
mer; sur la cote sud ou peut voir, par exemple, à l'est de Fun-
chal, le port de Machico ou les premiers portugais s'installèrent,
et B l'ouest Câmara de Lobos et Ribeira Brava; et sur la cote
nord les ports de Mo~iiz,S. Vicente, de la Cruz, etc..
Le peuple est, en général, d'un tempérament bilieux sanguin
(Mourão Pita) avec un mélange, plus on moins accusé, tantôt de
lymphatipue, tantôt de nerveux. Le teint d'une grande partie,
principalement des campagnards, est brun. Le peuple jouit, e n
général, d'une bonne santé, est bien portant, robuste, dur a la
fatigue, notamment les gens du nord de l'ile.
LE CLIMAT DE MADGRE

Population de Madkre

Ans Population Intervalles Augmentation

1864 110.764
14 39.820
1878 130.584
12 3 456
1890 134.040
lu . 16.534
1900 150 574
11 18.209
1911 169.783
9 9.219
1920 179.002
10 32.599
1930 211,601

D'aprés le recenscement de 1930 Ia populatfon de fait


et par des âges, Madere, était

Peuple Ages Peuple Ages Peuple Ages


26 851 - O a 4 12.252 - 35 a 39 1.786- 73a1.9
26.476 - 5 B 10 8.133 - 45 49N 944- 80.84
22 120 - I1 a 14 8.385 - 50 * 54 527 - 83 rn 89
22.237 - 15 B 19 6.425 - 55 rn 59 135 - 90 r 94
19.780 - 20 r 24 6.327 - 60 64B 57 - 95 r 99
17.987 - 2 5 B 29 4 543 - 65 69 36 - 100 au ptus
- 70 - flge inconnue
B

13.435 - 30 B 34 3 077 B 74 369


-
Est encore à tenir en compte:

Naissances et décks au cours des années de 1921 B 1933

Naissances . . .16.36716.98016.833
DiffBrences posi-
tives. , ... /-I/-
2 6293 1772.974
LE CLIMAT DE MADERE

Les données statistique suivantes sont puisées


dans 1'Anuario Demosrafico de Portugal

Nombre par annés


Maladies

... ...
Fibvre typhoide . . . .
. . . . . . . .
Variole
Rou eole
.. .. .. ... ... .
. . . . . . . .
.. .. .. .. .. .. .. ..
&ar-fa tine. . ... ... ..
Coqueluche
DiphtCrie . .
Grippe ou influenza
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
..
Peste . . . . .
TtrBurculose de l'appareil respiratoire
. . .
. .. .. .. .. .. .. ..
Autxcz tuberculoses
Syphilir . .. .. ..
.
..
.
..
.
..
.
. . . . . . . .
..
.. .. .. .. .. .. .. ..
Paludbme
Autres maladies infectieuses et parasitaires
Concer et autres tumeurs malignes
Tumturr non malignes et de autres maladies des organes gC-
. . . .. .. . .. ..
nituux de la femme .
RBm-e chronique et goutte
. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
DMteS . .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
Autres rriiatadies gCnCrales et empoisonements chronique. .
e

Their dorsal et paralysie générale . . . . . . . .


Hemorrhagie cdrébral, embolie, trombiose cérCbrale . . .
Autrcs maladies du système nerveux des organs des sens .
Maladies du coeur . . . . . . ......
AutresmaladiesdeI'appareilcirculatoire . . . . . .
Bronchíte. . . . . . . . . . . . . . . .
Pnemonie . . . . . . . . . . . . . . .
Autrea maladies de I'appareil respiratoire (pas de tubercu-
h# . . . . . . . . . . . . . . . . .
Enthrite, diarrhCe, et maladies d'estomac (exception le can-
ter) . . . . . . . . . . . . . . . . .
Appendicite . . . . . . . . . . . . . . . .
Maladies du foie et des voies biliaires . . . . . . .
Des autrcs maladies de l'appareil digestif . . . . . .
NCphntes . . . . . . . . . . . . . . . .
Maladies de I'appareil génito-urinaire . . . . . . .
Septicexnie et infections puerpérales . . . . . . . .
Maiadies de la peau, du tissu cellulaire, des os et de les or-
anes de la locomotion . . . . . . . . . . .
D&ilit6 congbnitale . . . . . . . . . . . . .
Sénilité . . . . . . . . . . . . . . . .
Autrcs maladies . . . . . ........
Autrer maladies non spCcifiées . . . . . . . . .
Autrea causes accidentelles ou violentes .......
Totaux . . . .
Moyenne 3895
Eri ce qui concernc les maladies, on peut trouver des indica-
tions i11téressin tcs chcz quelques-uns des auteurs mentionnés,
mais polir n e pas nl'étendre outre mesure, je m e bornerai à
transcrire ce que le Dr. Mourão Pita a dit dans son ouvrage s u r
eMad6re statiori fixe» et que je juge avoir encore d e l'actualité.
«I1 n'y a pas de maladies endérniques dans l'ile. Les épidé-
mies sont très rares. E I 1856,
~ le clioléra nous a visité, et n'a point
reparu depiiis. L:i rougeole, la scarlatine et la coqueluche ne se
montrent pas à Madère, a nloins d'être iinportées *d'Europe.
~Piirrriiles irialadies aigües nous devons mentionner les fiè-
vres inflam*matoircs, plus fréquents en été et en automne, mais
n'ayant jamais un caractère pernicieux.
eMentionnoris aussi les embararras gastriques, des rhumes,
des fluxions d e poitiine, des maux de gorge, des inflammations
de la plèvre, des bronchites, plus frequentes pendant l'hivei.
aQuelquefois on rencontre des cas de fièvre typhoide, de pré-
férence chez les adultes d e 25 a 40 ans, mais i1 est rare que cet
état morbide se présente avec tout le tableau symptomatique
observé dans les autrcs contrées. C'est dire qu'a Madère, quand
on est soigné par des médecins d u pays on n'est presque tou-
jours guéri.
a11 y a peu d'exemples du croup. Jamais i1 n'a été signalé
aucun cas d'hydropliobie.
a11 y a des cas d'éléphantiasis dans deux ou trois paroisses,
mais ils n e sont plus si coiiiniuns qu'autrefois. Ce sont les parois-
ses de Paúl d o Mar, d e Ponta do Sol et de Câmara de Lobos qui
fournissent les éléphantiques. Cette maladie attaque seulement l a
classe pauvre des ciiltivateurs, mais elle reste bornée à quelques
individus seulenient. D'après les statistiques i1 y a a peine une
trentaine d'individus atteints de cette diathèse dans tout l'ile.
L'éléphantiasis revêt, le plus souvent, l a forme tuberculeuse bien
caractérisée, presque leonine, quelquefois celle de la lèpre, rare-
ment celle des Arabes. Elle est manifestenient héréditaire, mais
yas contagieuse.
G Lgoutte
~ est rare; les maladies organiques du cceur ne sont
pas trop cominunes; le nombre des fous est très restreint et la
monomanie du suicide est un Lvéneineiit extiaordinaire dans
toute l'ile.
aQuant aux affections cliroriiques des organes respiratoires,
et A la phtysie pulmonaire, nous dirons qu'elles sont assez répan-
dues dans l'ile et surtout dans le voisinage ,de Funchal; mais
i1 ne faut pas s'en prendre au bon climat de Madère. Les causes
en sont tout autres.
aNous avons déjà dit, ailleurs, que les madèrois de la classe
basse sont un peu indolents dans leur manière d'agir et de vivre,
voire même dans leur état nialadif. 11s riégligeiit trop 1:l santé et
travaillent constamment jusqu'a bout de ressources. C'est a1,ors
qu'ils ont recours aux médecins, quand ceux-ci ne peuvent plus
faire autre chose que donner des soulagements momentanés.
~L'excèsde travail, une nourriture a peine suffisante pour
vivre, préparent le terrain; une bronchite ou une pneumonie sur-
venant, abandonnée a elle même, passe a l'état chronique; dtl
1a viennent les maladies dont nous parlons ci-dessus. Ces faits
nous les avons mentionnes a plus d'une reprise, dans nos écrits.
aMais, malgré tout cela, on obtient quelques belles cures de
tuberculoses piilmonaires, soit sur les étrangers, soit parrni nos
concitogens, cures qui ont un grand retentissement en tous les
pays. Nous pourrions, statistiques en main, prouver notre asser-
tion, et si nous ne le faisons pas ici c'est que nous l'avons déja
fait ailleurs et plus d'une fois.,
Ce qui est souligné est de moi.
Et continuant, ce Docteur dit:
tTout dernièrement on a voulu insinuer qu9hMadèrei1 y avait
une maladie endémique, baptisée par quelques medecins étran-
gers du nom de Madeira fever. Quelques journaux anglais, peut-
-être payés pour le dire, s'en font l'écho, dans le but de dénigrer
notre station climatérique. Nous avons déja signalé aussi les ma-
ladies habituelles du pays; peut-être un de nos confrères a-t-i1
voulu trouver une maladie de Madère, 1a ou i1 n'y a que l'impru-
dence de nos visiteurs. Ceux-ci, souvent, en arrivant dans le pays,
mangcnt trop de fruits tropicaux, ou s'exposent aussi un peu trop
aux rayons solaires, de 1h les embarras gastriques ou fièvres céré-
brales amenant un état désagréable pour le malade; mais le tout,
soigné au début, n'a pas une grande irnportance, et ne doit
effrayer personne, surtout si le malade est sous une bonne
direction médicale.
eQuant à la longévité des madérois elle est assez connue; 11
y a beaucoup de personnes arrivant a l'âge d e quatre-vingt-dix
ans et plus. Des familles entières de notre connaissance ont
l'avantage de voir les leurs jouissant d'une bonne santé et âgés
de 80 à 92 ans.
Et ils boivent tous de l'eau de nos sources et n'ont jamais
eu de fièvre typlioides ni Madeira feuer.,
Les sta tistiques en arrière appellent quelques considéra-
tions :
P a r les chiffres ci-dessus, relatifs à la population on voit
d'abord que celle-ci a doublé en 66 ans et que cette augmentation
a atteint son maximum de 1920 a 1930, ce qu'on attribue aux
restrictions à l'éniigration depuis 1921.
Le tableau relatif h la population en 1930, établi par âges,
montre que l'âge le plus nombreux est entre 30 et 34 ans; pour
une populations alors de 200.000 environ i1 y avait 36 macrobes.
Supposons l'accroissement de la population égal a u dernier taux
constate c'est-a-dire 3.260 par an, on arrive maintenant à une po-
pulation actuelle de 231.161, et par la moyenne des excès de nais-
sances sur les déçès, dans les quatre ans de 1930 5 1933 on peut
!rouver un chiffre plus élévé, a peu près 238.000, d'o& un pro-
blème angoissant, peut-être maintenant le plus irnportant à Ma-
dère. O11 pense lc résoudre en retournant a l'émigration; mais
alors i1 ne faudrait pas la laisser s'orienter vers l'Amérique,
comme auparavant, mais plutôt la diriger vers les colonies por-
tugaises. I1 y a encore, à Madère même, beaucoup de terrain a
rendre plus produetif ou à valoriser à nouveau, c e qui pourrait
se faire par l'irrigation, si génkrale dans cette ile, sous le systême
de levadas. Pour concourir à la solution de ce problème d e la
mise en valeur du sol, i1 serait à désirer que les personnes qui ont
besoin d'un climat doux surtout en hiver, fassent plus fréquem-
ment usage de cette station: peut-être faudrait-i1 pour cela bâtir
de nouveaux hôtels, construire de nouvelles villas, montrer une
plus grande activité? Peut-être, par conséquent serait-i1 néces-
saire de songer à développer davan tage le tourisme? ...
Mais ce phénomène, d'une si grande augmentation de la
population, devra être considéré comme un indice du bon
climat de Madère surtout si l'on tient compte des causes de mor-
talité qui vont être signalées.
*

On ne pourra, certes, demander pourquoi avec un p a r ~ i l


climat, la mort est ici possible, parce qu'il faut mourir ..., mais on
p a t se demander pourquoi l'on nieurt dans une proportion de
2 %. et principalement pourquoi le pourcentage de la mortalité
des maladies des voies respiratoires, surtout à la tuberculose pul-
monaire, est si fort?
Aux rnédecins de répondre; et réponse a déjà été donnée par
le Dr. Mourão Pitta et par le Dr. João de Almada: parmi les cau-
ses générales de cette situation, i1 faut mentionner en première
ligne la misère, encore aggravée par la diminution des salaires des
femmes occupt5es à la broderie, lJindustrie manufacturière prin-
cipale de lJile, alors que ce genre de travail ne favorise déjà que
trop IJéclosion des dites maladies; vient ensuite le manque d'hy-
gi8ne des classes inférieures et l'ignorance des régles de la puéri-
culture; tout cela, joint a lJabus de lJalcool, forme un sombre
tableau, très en opposition avec celui, si lumineux, qui pu être
contemplé dans quelques pages précédentes. Peut-être me sera-t-i1
permis d'èmettre une opinion, tout injustifiée qu'elle puisse paraf-
tre, en raison de ma connaissance imparfaite des causes du fléau;
je pense que jadis la grande affluence de malades tuberculeux,
alors que le bacile de Koch n'était pas connu et que nos moyeils
de dkfense étaient si faibles pourrait avoir semé ici les germes de
L E CLIMAT DE MADERE 101

cette maladie, alors si répandue dans le monde; e'est dans !'are


rondissenierit de Funchal que la tuberculose a son plus forf in-
dice de mortalité et c'était ici que les tuberculeux venaient le plus
souvent habiter ...
If faut ajouter que depuis 1889, époque B laquelle a étd
publié l'ouvrage du Dr. Mouráo Pita, déjh cité, on a sigiialC Q
Madère plusieurs cas de peste bubonique en 1905, de cholèra en
1910, et de grippe pneurnonique en 1919, mais avec un nombre
réduit de décès.
Les cas de folie ont augmenté considérableme~it,en raison
de l'abus de l'alcool (eau-de-vie), au point que, dans les deux
asiles (Câmara Pestana et Trapiche), 195 fernmes et 172 hommes
sont actuellernent internes, presque tous aiix frais de la Junta
Geral de Funchal.
Mais je pense qu'a prèsent avec toute la diligence qu'on
apporte a combattre, la tuberculose ou pourra arriver h des
résultats, au nioins cornparables a ceux si remarquabla dct Da-
nemarck, pays des froids et de l'hurnidit6, ayant en considika-
tion aussi les bienfaits du climat. L'abus de l'alcool, si perni-
çieux, a été bien diminué par les restrictions d e sa fabricatíon,
malgré celle clandestine; on consommait auparavant deux mil-
lions de litres d'eau-de-vie, et a present la fabricatíon officielle
est inférieure aux cinq cent mille litres qui ont étk considhrés
comme liniite de cette fabrication.
Grace a la propagande et aux moyens de lutte mis en oeuyre
par 1'Assistance Natioliale aux Tuberculeux, cette malndie est en
décroissance notable.
Résumé des conclusions et de ce dont il faut encore
tenir compte

Arrivés à la fin de ce petit voyage, ayant contemplé surtout


le beau paysage du climat Madèrois, je pense qu'un coup d'oeil
rétrospectif ne sera pas sans quelque intérêt, afin d'avoir une
meilleure vue d'ensemble sur ce qu'il importe de faire pour
donner B Madère un maximum de possibilités d'utilisation dans
ce grand secteur du monde.

Naus avons pu voir que le climat de Funchal, par son excel-


lence, a mérité, d'une manière exceptionnelle, d'être pris en con-
sidération par un grand nombre de médecins et non médecins
qui lui ont été très favorables, soit d'une manière absolue soit par
comparaison avec quelques autres stations côtières renommées
pour leur climat; toutefois on a pu apercevoir quelques lacunes
dans les détails relatifs B Funchal et aux comparaisons établies.
Nous avons aussi pu voir, par une étude plus détaillée com-
bien les auteurs précédents ont eu raison de célebrer ce climat;
mais cette étude, faute de temps et d'éléments, n'a pas pu attein-
dre tout le degré scientifique qu'elle eGt dii avoir.
NOUSavons eneore pu voir, par des comparaisons, r n a i n t ~
nant faites, avec d'autres stations climatériques côtières que l'oa
doit juger Fu~iclialcomine la meilleure de celles-ci et peut-être
coiiinie ia nieilleure du mondre dans ce genre, mais la rigueur
scientif ique a encore souff ert quelque peu, f aute d'eléinents plus
spécifiés, pour les nlêines années, et peut-être d'autres encore.
Enfin nous avons pu voir ce q u i se rapporte a l'utilisation de
Madère, eri général, coinme station fixe, pour un séjour prol
longé et peut-Gtre aussi pour les traitements en grande altitude,
niais ceci deniande une étude plus approfondie; les conditions
d'habitabilité générale ayant été envisagées on a pu conclure
qu'elles vont déja beaucoup de pair avec la bonté du clirnat. De
toutes ces considérations on peut déduire ce qu'il reste encore
a faire en tenant compte:
1"- des études plus complètes sur le climat, de Funchal et
d'autres microclimats de Madère; 2."- de l'examen des causes
des principales maladies et de la prophilaxie correspondante;
3."- d e ce qu'il irriporte aussi de considérer dans l'ordre des com-
modités pour le bien général.

d'ordre climatique.
Sur les études c~m~lémentaires

Ces études se rapportent à Funchal et à d'autres lieux


d'altitude.
-Les études a Funchal s'étendent, d'une manière générale,
sur uri plus grande nombre d'années suivies, a u moins ii une
période d'activités solaires - soit 33 ans -, études le plus spéci-
fiées possible, détaillées, comme par exeniple i1 a été fait pour
Lisbonne a l'observatoire central. Madère le mérite bien, pour
clle-rnênle et comnie cliriiat modèle, climat type.
Dans cette étude i1 importe d e spécifier encore ce qui se rap-
porte aux vents - embutes - s'efforçant de déterminer leur par-
cours avant leur orrivée a Funchal, en partant des quadrants du
nord, peut &tre au moyen de ballonets et de cerf-volants, afin
d'obtenir précisioii nécessaire. Ce qu'on va faire au Pico Radio
est déjh dans ce plaii. I1 importe aussi de développer tout ce qui
concerne l'actinornbtrie qui, tout le fait voir, a ici une importance
particulière: la pigmentatioii se produit ici rapidement et, je
tiens de source sérieuse, que dans les cas d e tuberculose externe
surtout des os, ou l'on a expéri~nentéles U. V. solaires, ceux-c1
ont eu de bons résiiltats. Feu le Dr. Carlos Melo, étant venu à Ma-
dère 12 ans de suite, a fait une Conférence à Funchal, sur l'hélio-
therapie; citant un cas très typique de cure ici, i1 a considéré
Madère comme très propre à ce genre de traitement, en disarit
que ton y peut prendre les bains de soleil en h i v e r ~ .
A ce propos je m'excuse d e rappeler quelques recornmanda-
tions particulières au suj et de l'étude actinométrique si pleine
d'exigences: les appareils doiven t être bien cor2 trôlés (f au te de
quoi quelques observations n'ont pas eu toute la valeur spéciale-
ment comparative qu'elles eussent dii avoir); pour ce qui touche
Ia climatologie médicale I'observation de l'actinsmétrie globale
est suffisante; i1 faut corriger à chaque station, la durée du jour
de soleil astronomique, en fonction des conditions orographiques
qui en modifient ia durée; mais i1 faudrait pour une étude plus
approfondie que la personne chargée de ces observations en ait
pratiquk dans un observatoire. L'ktude au bord de la mer peut
être de particulier intérêt.
Les conditions d'électricité, de radioactivité et d'ionisation
de l'air seraient aussi interessantes étant donné leur importance
du point de vue climatique. I1 en est de même pour l'ozone.
-En ce qui concerne les études en dehors de Funchal je
crois qu'une série d'appareils enregistreurs, de rotation longue,
en abritant bien les tliermomètres, tout en dlespositions bien choi-
sies, suffira, sous le controle des étalons de la station climatique
de Funcha1.- Les lieux le plus a recommander sont, peut-être par
ordre: d'importance: Curral das Freiras (1.026") avec la protec-
tion du Pic de Santo António (1.73gm),ou le Dr. Lopo de Car-
valho pense installer un sanatorium; Pico do Arieiro (1.7963 où
des observations dont i1 a été fait mention ont été faites en été;
hopital des Marmeleiros, et l'ile de Pôrto Santo. Ces observations
auront l'avantage d'avoir au moins la durée d'un an ii chaque
eridroit. (')
Quant a I'enamen des causes des principales maladies, i1
ne rn'appartient pas d'en parler avec quelque détail, i1 me sem-
ble necessaire de laisser a qui de droit le soin de traiter avec la
compétence requise, ce côté, de la question.
E n ce qui touclie les installations pourvues du confort mo-
derne et propres a procurer le bien être général, je me bornerai
a quelques suggestions qui me viennent à l'esprit:
Tout d'abord, i1 ne faut pas décourager tout ce qui touche
au traitement des maladies par les hopitaux, sanatoria, pre-
ventoria et dispensaires, pas plus que les moyens propres B pro-
pager les bonnes règles d'hygiène, ou les soins de puériculture
et de prophylaxie.
Parmi les sports salwtaires on ne saurait trop recommander
ceux de la mer, dont la tranquillité ici s'étend sur les trois quarts
de l'année.
Ce genre de sport deviendra maintenante plus facile et plein
d'espoir grâce a la possibilité d'installations appropriées, main-
tenant que la protection dw port de Funchal va être plus effec-
tive, en raison des travaux maritimes en cours; et ces travaux

(1) Quelques postes thermo-udometriques seront installés cette année A diverses

altituces sur les versants nord et sul de 1'Ile et un dans Pile voisine de Porto Santo, par
Ia delegatiou de Ia ((Junta Nacioual de Exportação de Frutas» eu collaboration avec
la «Estasão Agraria da Madeira». Par la suite, et sur les indications de la ((Estação
Agfaria de Ia Lisboa., d'autres appareib seront aussi installés dans quelques-uns de
ces portes, ce qui presentera I'interet en climatologie physiologíque.
I1 faut aussi remarquer que les observations afectuées I'an dernier au moyen de
ballons-sondes à Pico Radio, rnontant jusqu'à Ia stratosfére, sous Ia direction du reno-
rné météorologiste Mr. Carnegieter, sont maintenant suivies et devront être accom-
pagnées journellernent du lancement de ballons-pilotes aux soins du Mlnistère de ia
Marine, n'interessent pas seulement le trafic aerien, mais aussi li la météorologie clima-
tique. Tout cela comble déjà, en partie, quelques des lacunes rapportées.
augmenteront encore les facilités de débarquement pour tous
ceux qui viennent a Madère.
- Une plus grande affluence d'étrangers, principalement de
ceux qui ont besoin de changement de climat, conduira, natu-
rellement, à une plus grande extension des constructions, en ce
qui concerne les hôtels, pensions et villas; la région dans le voi-
sinage de Marmeleiros parait être tout indiquée pour la cons-
truction de nouvelles, villas, l'érection de belvedères. . .
Et finalement, si l'on veut voir couronnés de succès les efforts
réalisés pour donner à tous, nationaux et étrangers, la possibilité
d'utiliser pleinement et dans les meilleures conditions, les avan-
tages de Madère, i1 faut une cjudicieuse et bonne propagandes; les
capitaux investis de la sorte, amènent, tout en multipliant les
bienf aits, une situation florissante.
Madère avec sa mer si tranquille presque toute l'année, avec
son climat si doux, avec ses paysages admirables, avec toutes les
commodités qu'elle peut offrir et avec son peuple si hospitalier
et charitable, est certainement le lieu le plus agréable au monde,
pour ceux qui sont en bonne santé comme pour les malades, pour
tous ceux qui sentent le besoin, soit du repos, soit d'un climat
sédatif et un peu stimulant, soit de fuir les rigueurs de froids con-
tinentaux, soit enfin pour les amoureux de la Nature!
Les Madérois peuvent se vanter de vivre dans le meilleur des
mondes; ils peuvent aussi s'enorgueillir de tout ce qu'ils ont pu
faire pour développer davantage ce coin privilégié par un tra-
vai1 incessant, et le Portugal entier peut être fier aussi de pos-
séder cette Perle d e I'Océan!
Dbjh en 1655, 1.e poète portugais Manuel Thomaz écrivait,
en parlant de Madère, les vers suivants que constituent une
excellente synthèse :

Do Ar o qu'd mais puro e regalado;


Do M a r o mais tranquilo e sem violência,
Do Fructo o que C melhor ...
Dor Bosques o mais verde e moia ameno.
LE CLIMAT DE MADERE 107

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Das Flores as fragâncias mais suaves;
Da vida e d a saúde as mais benignas;
As purezas das Fontes menos graves
Porque as nítidas águas cristalinas
Por claras, puras, frias e delgadas
São de toda a Europa as mais prezadas.

Puisse ce que j'ai écrit concourir, si peu que ce soit, h une


plus vaste utilisation de ce bon climat par ceux, malades, con-
valescents, affaiblis, valétudinaires, vieillards, qui ont besoin de
changement d'air, qui veulent prolonger la vie, enfin par tous
qui aiment les splendeurs de la Nature et jseme julgerai alors bien
récompensé de mon travail; et que tous eeux qui viennent ici
puissent se rendre compte que j'ai dit la vérit8 en Bprouvant les
bienfaits de leur séjour, ce sont 18 les vaeux les plus ardents de

Juillet, 1936.
Comporto I m p r e s s o nf

TlP.ADOLPH0 DE MENDONÇA
L I M I T A D A

46, Rua Bwnard!no Costa, 49


8 0 AI11 9 3 6