PRI~CIS

DE

CHTMIE INDUSTRIEI
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64.

- Ii\!PRIMl%RIE GBNERALEDE CH. LAHURE
Rue dc Fleurus,
9, B

Paris

CHIMIE INDUSTRIELLE
1" DES

BCOLES D'ARTS ET hIANUFACTüRES ET D'ARTS ET 2" DES BCOLES PR~PARATOIRES AUX PRUPESSIONS JNDQS!lRImfl
3" DES FABRIChNTS ET DES AGRICULTBUi#g

PAR A. PAYEN
&lembre de 1'Institut (Académic des sciences) Professeur au Conservatoire des Arls et Rlétiers ct 2 i'Ecole c e n t d m des Arts et Manufactures

les derniers peifectionnements apportbs aux applications de Ia cliimie et plusie~irscliapitres sur les industries nouvelles

TOME DEUXIBME

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PARIS
LIBRAIRIE DE L. I-IACI-IETTB ET Cie
ROULEVARD SAINT-GERMhIN

-

, Na

77

1867

NDUSTRIELLE.
CHIMIE ORGBNIQUE.
COMPOSITION DES PLANTES
1.

r).

COMPOSITION fiLI?bIENTAIRE DES TISSUS NIISSANTS ; COMPOSITION DE LA TRAME DES CELLULES; !lPIDERhIE; SUBSTARCE LIGNEUSE; SURSTAKCES D'ORIGINE MINfiRALE. 2. CONPOSITION I N N ~ ~ D I A T DES JEUNES ORGANES DES PLANTES ET DES E V ~ G ~ T A U RUDINENTAIRES. X 3. LOIS G ~ N ~ R A L EDE L h COMPOSITION ~ ~ L ~ M E A S TAIRE E T DE LA NUTRITION DES Y ~ G É T A U X .

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1. Composition elómeiitairc des tíssus naissrnts; composition clc I trnmc des cellnles ; ópiileriiie ; snbstrnce lignense: a substances d'ndgine minérrile.

Dans la premibre partie de cet ouvrage nous avons décrit les industries qui s'exercent sur les matièresminérales en yrkunissailt le caoiitcliouc et la gutta-percha : i1 nous reste traiter cles in(*) Les lois relntives B la composition chimiqu e dcs végCtnitx suivant les évolutions siiccessives de leiirs orgaues; ; la striictlire, a la composition i et aux transformations natiirelles rle Ia substaiice amylacée; ali rble, h la composiiion, aux divers &tu de Ia cellulose et de l'amidoi~;B Ia coqlposition immédiate cles bois, des concrétions et incrustations minérales d m s les feuilles et différents orgnriismes des Inntes ; au développement des stomates ; aux cliangemcuts y ' i l s éprouieiit anos les feuilles penistnntes automales, décr6pitantes, B Ia c écouvertc de Ia diastase, ont été le sr!jet de pltisieurs m h o i r e s que j'ai présentés h l'dcacléniie des sciences en 1834, 1837, 1840, et qui ont été insér.4~dans le Recueil des snuants &trnngers 811r les coiiclusions dcs r~lp-3 porteurs, MM. Brongniart, Chevreul, Becquerel , Dumas et de Mirbel : POY. vol. VI1 et IX cles Bfémoirespl.é$entéspai- divers sa~ants Gdfcndhie des science~ de

e

COUPOSITION DES PLANTES.

dustries relatives aux substances organiques. Nous exposerons d'abord quelques-uns des principes géiléraux de la constitutioi~ des végétaux. Dans les jeunes organes oii se concentre la force vitale des plantes, c'est-à-dire dans l'emlryon naissant, la radicule et la gemmule des grairies, 1es spongioles des radicelleç et les parties centrales des bourgeons ilon dkveloppés, comme dans tous les tissus naissants, on trouve ren&rmées dans des cellules à minces parois et plus abondamnient que dans les autres parties des vkgktaux, outre les composés minkraux, des substances organeutres, offrant une composition quaternaire analogne B s mati&res animales; ces organismes des plantes renferour i q d e 19 i 66 de matières azotées, représentant 3 zote. troiive mCme ces matières organiques azotées granuleu1t toute structiire discernable, daris le crcrnõinnz (*) : ce es qui sdcrètent la cellulose, s'en eiiveloppent e1 formeilt leç utricules ou cellules priiriitives. Les parties des végétaux qui commencent i se développer affectent la structure cellulaire. Les formes et l'arrangement de ces cellules peuveiit vnrier ; M. de Mirhel a démoutré que les utricules allongées, disposées bout i bout, forinent des tubes par leur soudure et Ia résorption de Ia double mcml~ia~le les séqui parait les unes cles autres : une partic se transforme, dans lcs plantes vasculaires, en tubcs Siversement épaissis et perforés; mais je suis parvenu à constater que la composition de leur trame est constante dans tous les végétaux. La substance qiii cornpose cette trame a recu le noin de cellzllose; elle contient 44,44 pour 100 de carbone et 55,56 d'hydrogène et d'oxyghne : ces deux derniers offrant entre eux le rapport exact de la coinrfc .lc71nstitiitde Prarrce; voyez aussi les mérnoires que j'ai présentés à 1'Instit u t avec M. de Mirbel, t . XX et X X I I de5 3~ér1roiresde l'Acadén~ic; enfin les Cotnpfes ~.crzrlris 2>.4cadénziedcs scienccs, 1842 à 1867; les Bullctins c/c Iri Sode ciéfd d'ag>.icoltrire,et les Anrzales OILÇons~rvaloire,1862 h 1867. C Ldlf.nntlirin, dont 011 n'iimit nutrefois qu'une idde bien imparf:tite, que ) l'oii cc? idérait comme un niucilnge semlilahle à Ia gomme, cloit btre coiisicl4r6 com' e le inélniige cles deus séves coiitenaiit ies mntifres nxot6es clouies d e liinej& vitnle, une ou pinsieurs s~1I~:inces con>lCn&resde i n celliilose : goiiiiiie, siicre, clextrine, et les miitières minérales indispensaliles h ln vie des plaiitcs. J'oy. les mbmoires et notes de MM. Mirliel et Payen dniis Ics recueils cle 1'Acndémie cles scieiires, 1842 à 1846, et le résilmé de ces travitrix daiis l'6log.e liistorique de M. Mirliel : lfén~oircsde Ia Sociètè imnI~L~-ial<z~entrnlc et ~l'og~ici~ltcire 1858. porir

CO3IPOSITION DES I'TJhBTES.

3

positioiz d e l'eau. La composition cle la cellulose est représeiitée p a r Ia formule générale Ci2 HLO OiO, L'e'piderme des plaiiles, en gén6ral, çes parties externes ou Ia cuticule épiderinique qui 1e recouvre souvent, soilt formés de cellulose agrégée fortement et iajectée de composks calcaires, de silice, de substances grasses et cle inatière azotée (vai)'., p. 6 , leur compositioii immérliate). Lorscjue l'épiderme se détaclie oii se trouve accidentellcnicut enlevé, les parois des cellules sous-jacentes, en contact avec I'air, s'injectent de substances azotkes et calcaires, de silice,.de inatihre grasse, et acquièrent Ia résistance et plusieu~scaracthres des couches kpidermiques. La cellulose constit~ie également Ia trame des celliiles, plus ou moins allongées, minces, dans le coton (poils cle Ia graine du Cotonnier), ou épaissies, par coiiches concentriques dans les filires textiles d u Chanvre, duLin, du Phornziunz tenaz, cle 1'AgaveAnzericana, de 1 Urticn rziuan, dii Banaiiier, etc., forinées de cell~iles ' cyliridro'icles soudèes hout à bout comrni~iiiquantentre elles pai1 1 canal qui les traverse dans toute leur longiieur(*), ou enfin 11 bpaissies et i~~crustées, comme dans lcs fibres Iigiieiises cles tissus dn bois. Daos ces deriiiers tissus la cellulose, qui épaissit les parois de l'utricule primitive par des incrusta~ioiis internes clc ecs fil~res, est sensiblement spongieiise , ct pénétrée de matièws ligileuses et dc priiicipes colorables oii colorés ; quelc~uefois , conime daos les Algues et les Lichens, la cellulose est injeciée d'inuline, les membranes oii les cellules vkg&tales sont souvent agglutinées par Ia pectose, Ia pectine oii l'acide pectique libre ou formant plusieurs conibinaisons, pectates de clinux, de magii(;sie, de potasse et de soude, riotamincnt dans touie l'épaisseiir clu tissu epidermique des Cactées, clnns les fuisceaiix de íibres tex~ilescorticales clu chailvre, dn lin, duns les tissus cellulaires des racines tuberciileuscs et des rliizomes feculents (Caroctes, Panais, Betteraves, Pommes dc terre) de certains fruits (Bananes, Po~irons) aussi peut-on disloquer leors tissus en isolant les ; celltiles, faciles h observer alors sous le microscope : i1 sufit clr:
(*) Pormant ainsi de loiigs tulies qiii oifreiit eii nlipareiice une tcxture Iiomoghne, mais que je suis parvenii h di~loc~iier forme de gloMles rnppesoas Innt snns doutc les celliiles primiti~cssouclées Iiout A bout, Il sufíit d'imprégiier d'iorle ces fibres textiles, puis cl'njoiitcr uiic ou clenx gouttes d'acicle sulfiiriclue h 60 oii 62O pour voir les filires se goiifler, l~leiiir, puis sc fi.agmcnter en tronlons glo1)uleiix : c'esl uue jolie viie microsoopiquc.

4

COMPOSlTION DES PLANTES.

faire réagir à froid, pendant 12 à 15 jours, sur des tranches rrèsminces, l'acide clllorllydrique étendu de 10 volumes rl'eaii q u i s'empare des bases; puis, après lavage à l'eau, I'ammoni?que affaiblie qui dissout à son tour l'acide pectiq~ieen s'y combinam. Les fihres ligneuses qui constitueilt Ia masse du c e u r et de l'aubier des arbres ne sont pas agglutiilées entre elles par des composés pectiques. La substclnce lig-rzenst! qui, dans lebois, injecte Ia cellulose et que j'ai désignéesoas le nom de nzclli2r.e incrustnnte, est une matière dure;amorplie, cassante, de nature complexe, plusriche en cnrbone que la cellulose et renfermant un excès cl'hydrog8ne de 3 &6 milli9ines sur les proportions qui constituent l'eau; elle se ~reiicontreaussi dans les concrétions dures cles écorces , dii liége et du périsperine de certaius fruits, dans les enveloppes dures cles noyaux ; elle forme en grande partie, avec la cellulose, les concrétions piel.rezises des poires. Sa proportion varie claiis les différentes essences de bois, qui doivent h sa presence et U ses proportious leur plus grande clureté, leur poitls plus considérable, lenr fragilité, la dose plus forte et varialile de carl~one ainsi que le léger excès d'liydrogène qu'ils contiei~rieiit. La matière incrustante, déposée successivement par couches concentriques, mêlée de cellulose spongieuse, sur les parois internes des membraiies de cellulose résistante, est accompagnée, dans les fibres du bois, cle principes colorailts, d'une partie des substances nzotées c~uis'y trouvaient lors de la formatio11 dcs fibres. Plus le bois est jeune, n3oins i1 renferme de nialidre incrusiante, plus i1 contient de cellulosc et de malière azotée, altérable : cause principale de Ia grande altérabilité des parties jenaes dii bois : de l'aubier, par exemple. Chacune des fibres ligneuses épaissies est partiellement recou.. verte dans les méats intercellulaires d'une pcllicule adliérente et très-persistante ,injectée de siibstance azotée, analogue à Ia cuticule épiderini~~ue, qui comme elle imprégnée d'une soluet tio11 aqueuse d'iocle résiste à l'action de l'acide sulfurique à 60 ou 62 degrés qui désagrige Ia cellulose pure. Les çubstances d'origine minérale ne sont pas elles-mêmes distribuées au llasard dans les plaiites; elles sont sécrétées h part et reiifermées soit daiis l'epaisseur des meinbranes, soit dans cles cellules ou des cavités spéciales. C'est ainsi que l'on reinarque les noinbreuses concrétions calcaircs dans lcs'fe~iillesdes plantes appartenant i la classe des

COi\IPOSITION DES lJLANTEY.

5

Urticées, coinprenant a~ijourd'l~uici~iqfainilles distinctes (*), dans I'epaisseur des parois de cellulose spol7gieuse des iioyaux des différentes espkces c2e Celtis (**), clans certaines espèces d e Cliarackes e t daiis les tissus incrust6s cles Coralliaées (dont les articulatioiis flexibles sont exemptes de ces inci.ustatioils calcaires). 0 1troiive les concretioiis cristallines cl'oxalate de clinux iinive1.1 sellement repondues claiis ies plantes pban6rogaines, et siirtout daas les feuilles, autour clcs faisceaiix vasculaires tles nervures; elles occupent une situation seinhla1)le tlans les tiges et se reilciontrenl en al~ondancc croissanle sous les coaclies épiclermiques et dails les tissiis cellulaires dcs divers Caclus. l'lusieurs d e ces concretions sont reprt:sent6es (pl. XVIII) par des coupes vues sous lc inicroscope i l'aicle d'iin g~ossissenient de 300 í i 5 0 0 diamètres : fig. 1. Concrétion calcaire contenlic dans iin tissu spécial très-léger : A, pédicelle rle inatibre orgailique (cellulosc) qui iiiaintient suspeiidus sous Ia ciiticule épiderrniquc lc: tissu ct la coiicr6tion A'd'unc feuille de fiçuier cus einstica); - fiç. 2 . B , prklicelle disagrCgé par l':icicle siilfiiricIue c t 1)leui par l'iode; B', tissu IEgcr privi dri carbonate rlc cliaiix par l'acide clilorhyclriq~zeCtenclu , puis désagrégé pa13 . l'acitle sulfuriqiie cone-entri: et l~leuipar l'iode. O n voit rlans cettc figure toules les pnrois tles cellules atttiq~iées par l'acide sulf~iricluc, hlcriir par l'iorle, prciiant ainsi uii cles caracthrcs cles p~a~iciiles amyIac&cs. Daiis Ia rnême figure, Ia c ~ i ~ i c u l c épicleriaique bbb rle ln feiiille, en raisoii dc $ri coliCsion plus forte et des nmti;ires azotbes, grnsses, saliiies, e t de la silicc qu'clle renSerme, sc iiiontre Ileaucoup pliis résistantc à I'action de l'acidc ~ulr~iricliie; cllc esL coloi*éc c11 jnurie orangé par I'actiou que I'iode exei9cc 5ur Ics inatihrcs azot(es e t grasscs. Lti figiire 3 iii<lic[iiciiiie co~icr~tioii d'oxalatc dc cliaux enveC' loplx:c tl'iiii tissu spi.cial C d a i ~ tine Feiiillc tle uoyei. ( J z I ~ I cI'B- ~ z s s ~
Ulinnc6rs : Ulnli~s,P l n ~ ~ c v n . Celtic1i.c~: Cellis, 01..Occ. ror-rlnln Torri.~ir forstii, AuriiLer'/inr2n. 2. (;niiiinliiii6c~ : C n n ~ o h i s snlirm, IIi~n211ltra 11t~~11ltrs. 3. Artncalpécs : Ficirs cnricn, clrrs~icn,br~~~ghnlcirsis, atc. 4 . iilorées : I I ~ n ~ ~ s s o ~ pn/~lrbifirn(iiihricrs). ictin 5 . Urticací.es: Hoheiizer.ia, Urticn nii~mnrtrois,Pnr,ietniin. (*') D:11is ces iioyniix ~inrticiiliers,les iiicriistntioiis forniées clc cnrhonnte de clinux ct tlc iiin;iiésie ~ciiildnceritlcs incr~içiaiioris d e sii1)sinnce orgaiiique iiijectées tlniis ln cellolose spoiigieuse d'liii gi-aiicl iionil~re noyniix de clivers de nlitres Cr~iits;de mdme que tlaio les fibres ligneuses de coliir r t d'nul>icr, ce soiit les iii:itl$res iiicrustniites orgnriiqoes q ~ i doiinclit ulie dure16 et uiie frai giliié l d a s OLI nioins graiides niis Iiois.

6

COMPOSITION DES PLABTES.

gic~). La figure 4 moiltre une concrétion D d'oxalate de chaux sous l'epiderme du Cactus glancesce~as; D la même coilcrétioil ' détriiite par l'acide sulfurique, laissant voir une partie cles membranes q~iienveloppaient ses cristaux. On remarque les épaisses parois des celloles bleuies par Ia solution d'iode; Ia ciiticule épidermiqtie cldcl résistantc est colorée en jaiine orangé par le même réactif. La figiire 5 rep~sésenteune concrétion mamelonnée E dans une feuille du figuier commun (Ficus carica). -La figiire 6 offre la m6me concretion casske E', offraiit iin aspect pierreux et iiiie structure celluleuse interne. - h figure 7 est 1a coupe F d'une tige de Cl2m.u hispicln incrustée de .carhonate calcaire autour de to~ites cellules. les La figure S montre un des cristaux nomhreux G d'oxalate de cliaux qu'oil trouve dans leç feuilles cles oratigers. La figiire 9, G', oflre les La vestiges cle l'enveloppe organique de ce cristal dissons. figure 11 (pl. XVII) préseiite la coupe Zune feuilla d'oranger : 72717~, cnticiile épidermiqiie; on voit en N une coilcrétion cris-. talline Coxalate de cllaux. - Les figures F, G (pl. XXI, case 4) représentent des cristaux inadiés d'oxalate de cliaux, nomlreux dans les Cactus (").

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(,) Fourcroy et Vauqiieliii (A~irtnlc.~ illrrsénm, t. XtII,p. 1) et Bertliier (filérln moires dc [a Sociéféirrcyériale et cerztralc rl'ngiicnlt~~rel~orii avaient expriiiié 1854) l'opinion que le carhonnte de cliaux iie préexistait pos daiis les végçtaiix, que to~ijoiirs etait le résnitat de i'iiicinération des sels calcaires i ncidcs végétaiix. i1 BIes reclicrclies espérimentales, publiées eii 1845 dans lc Ilec[~cil snvnnts dcs éirntrgeis, t. VIIt et IX, et les comptes reliclus le 6 février 1854, oiit clémoiitré avec la plus grande évidence In forrnatioii d u cnrbonate onlcnirc rlans iin grand iiombre de végétaux pliaiiérognmes et cryptogames, mbnie dans cles celliiles distinctes et des orgniiisines environnés de tissus remplis cle sucs ii réaction ocicle. La démoiistration est facile dans une expérience de coiirs : i1 suffit cle mettre dans uii tiihe 10 h 12 noyaux des fruits de Celtis, de verser clessus uii volume doul)ie cl'acide clilorliydriqiie étendu cle 9 fois son poicls d'eau, puiu cle fermer avec un Iioucliori assonpli : on voit aussitbt uiie effervescence sc manifester, et, ali hout de quelqiies instants, la tensioii clu gaz acide carhonique fait sauter le I~ouclion. Parnii les tlétermiiiations pondérales que j'ni faites, j'en citeríii qiintre ~leii se rnpporient aiix Feuilles de mhrier l>laiic et nux iioyaux de Celtis : MUrier bluric, feriilles dessécliées, 100= 1,64 i 1,80 cle carbonate calcaire.
1 Tissri
iO Noynux 0

Celtis Orientnlis,

I liI).Il

ícellulose e t mtitihe aaotée). . . . . . . .. . 23.D . ,c"rl>c~ni~te cli;~~ix de (traces de ~iliospliiitesde 40 cli~iixet de miign6sie). , . Silice . . . . . 4,4 Tissu ~~r~inicliie.. .. 1 0 , 3 Hciile fluido. . .. . . 44 2 Sul>st;ince rnio8r;;lc.. . 1,2
~

.. . . .. . .... . ... .. . . . ... . . .. . . .... .. ... ... ... . . . . . . .. . ... .. . ;. ... . ... . .. ..... ............ .... . .... ......... .. 1 llU,0

COLIPOSITION DES PLABTES.

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Les plantes iie puisent pas indistinctement dans le sol tous les sels ; elles s'appraoprient de préférence ou en pliis fortes proportions ceiix qui, simplement dissous ou transformés, conviennent le niieux Ci leur d6veloppemeiit (et clu'il imp6rte de mettre i leur portée au moyeii cl'eiigrais convenables).
2. Composition immécliate (Ics jouiies orgriics dcs plantes ct tles végétrux riidimentnires.

Les graines, les spores, les Champignons, les jeunes organes des ~laiites, bourgeons étiolés contiennetit, oiitre la cellulose, les et quelques-uns de ses coilgénères (amidon, dextrine, inuline, çomme, Sucre, glucose, inaiinite), des sul~stancesazotées, cles matibres grasses, des pllosphates, cles sels alcaliiis, de la silice, clu soufre et de I'eau. I1 li'en saurait etre autrement, car ces organeç rep~*oclucteurs, plantes rudinieiitaires et les jeunes ces boui.geoiis doivent conteilir en proportions convenables les h substances i n d i ~ ~ e n s a b l e sleurs premiers développements, les ageiits propres i toute végétatioil. On voit de même, en examinant la compositioii de l'oeuf des animaux ou du lait qui doit subvenir h leur première alimentation, que les substances riulritives s'y trouvent accuniulées, et, chose remarquable, les nlinzents &s qnat~-e classes : lo nzotés, 2" sucrés ou fkczdents, 30 grns, et 40 nzinérnzix, se trouvent ainsi présents i llorigiiie de l'évolutioli des dtres, animaux et v&gc?'taux. Voici quelques exemples de la composition immkdiate de ces orgaiiismes végétaux dessécliés (*) :
(*) A l'état frais ou noriiinl, ils contennient les proportioiis cl'eau suivnntes : moriíles, 90 ; c~i;inipignoi~s couclies , 91,Ol; trciffes rioires, cle 72,Ol; levhre, 90; clioux-fleurs, 90,7. O1 récolte enltnlie, aiix eiivirons de 1 Tnrin, cles truffes blancl~llresqai ii l'é,oqtie cle leur rrlutilriti exlialent un parfw1 iout syécid roppelait l'odeur i e l'ail.
~ O U P 100

8

COMPOSITION DEJ PLANTES.

Miitières ;izotées traces' da soufre. Substsnces grwsses. Mannite, dextrine, cellu-, lose, etc.. Phaspliates de magnésio et de clinux, cblorures nlcalins, silice..

+ ...........
.....

144,0
6,6

CIliiml>ignons Triiifcs decouclies. noires(*).

l-l-l-

Leviirc'

Cliouxfle~i~~(**

SZ,O
4,4
38,4

31,30
2

02,7

fG,O
4,5

24 ,

...........

38dJ

69,15

20,4

4R,3
4 1 ,?.

........

4 3,0
i 00,O

Z,Z

100,O

6,s --400,O
7,30

100,OO

400,O

La matière orgaiziclue incrustante, les substa~icesazotées, les matikres grasses, les liuiles esseutielles ei les resiizes augmentea t dans les organismes vigétaux les proportioizs du carbone qui forme en general 0,48 a 0,54 du poids d'iiil végétal cluelcoiique rlesséclié, pris dnns son enseiiible ; taiidis cjiie Ia cell~ilose,constitiiant la trame cle toutes les nlembranes végétales, ne renferme clueo,444 de carboue. Les mCmes substances soizt en outre plus liydrogén6es que la cellulose, aussi augmentent-elles la proportion de l'liydrogène : ce corps s'y trouve, en effet, toujours en exchs daiis les platites ei~tièresrelativement i Ia proyortioii qni, avec l'oxygèlie coiilenu dans les in21nes plantes, représen~erait exactement la composition de l'eaii. Nous verroiis, en traitant de la fabrication de la lière et de l'alcool, clu'il importe beaucoup de tenir coriipte: des qriatre classes d'aliments inclispensables i la reproduccion de Ia leviire, soit en vue de méiiager les conclitions favorahles à c e m reprocluction de ~régétaux microscopiqiies glol~uliforrnes, pour exsoit yliquer Ia perte de ce í'ermeut dans cles coi-iditioaç coiitraires, c'est-i-dire lorsque ce ferment orgailisé oii végèLal glol~ulirorme microscopique agit daiis une solntion de sucre piir qui ne pouvant founzir les matibres azotées, salines, etc., indispensalles i son développemeizt, le laissc pronzptemeiit depérir. Cerlains phéuoinL:izcs iiztéressaizt l'iiidustrie solit dus à des v4g6taiix riirliineiitaires qui se composci~tcliacnn d'uiie seule iitriciile ren(*) Ces truffes (Tr~liercilariunz), I~lancliâtresd'nliord, ncquièreiit leur coloratioii, eii m6me tenips que leur rlélicieux arume, Iorsque, vers 1'c;poque de Ia maturité, eii iiotoiiiiie, leiir tiss~icelliilaire se remplit tlc spores bruiies. (f*) Soniniiti-s de6 l>oiirgeoiis uvortCs qiii, avec leurs teiiclres rnmificatioiis, constitueiit Ia iilasse blnnclie comestil~ledévelol>l~ée l'abri de lii lumière, h offrant i':ipperence grossikre cl'une sorte ~L'inllorcuceiice.

COkIPOSITION DES PLANTES.

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fermant dans sa cnvité les quatre classes de çubçtaiices ; ceç gbtauu microscopiques peuvent par leur nurnljre iinmei-ise manifester en certaiiis cas lour prdsence ou leur aciion rl'iii~einanikrc remarqualde. C e s l ainsi que des algues globnleuses ayant A peiile un centième de mi1liini:trc de clinmètra, coinme l',?i'r~gle~~a sa7zgzli1zen, ont pu colorer les eaux pluviales e t faire croire autrefois h clee pliiies de sang occasionilaut ainsi ce qii'oli a nominr4 jadis une des plaies d'Égyl)tq de nos joiirs, colorer la irier Rouge et de vastes superficies dc I'ocCnn Atlailtique (le Protococcus At~mzticusayant & de inillimètre, i1 faut 40 000 inclivirlns pour , couvrir la surfacc d'un inilliin6tre carré; or telle est Ia prodigieuse activité de reproductioii de cet être iiifime que l'on a vu jusqu'8 8 1ciloini.tres des eaux de lu mer sul~erficieliemenl. teintes par ses inno~1ibrablesglobulesj; eilfiii le Protococcus nivnlis peut produire, par deux colorations successives, les neiges OeJ*teset t*oz~ges, déterminer sur les i~lnrbres Ldancs statuaires e11 Italie des taclies rouges, qni ont fait supposer une grave défectuosité du marbre; i1 pcut annoilcer 1';ipproclie de Ia saturatioii tlcs eaux daos les salincs clu hlicli, alors que la deiisiti; du liquide lcs force h surnager (l-'rotococc~~s SU/~ILLL~). ~ e ~ ~ plus loiiis NOUS r ~ u (1°C les végétaux niicrosc~pic~ties clia~iipi~iions mucédinèes ou jouent uii role in~portautclnns les iermcntations cles boissoiis iisuellcs, le levage rle Ia pAte i faire le pairi, Ia p r o d ~ i c ~ i orlu ii çout que l'on rcclierche dans Ic fromage de R o q u c f o r ~ ;qu'ils ont IJU occasionner de gravcs alt6ratioris sur l e ~ a i n niunirle tion; les sucres, les ckréales, ln vigne, lc lioahloii, les rosiei.5, les pommes d e terre, et cIuYil &ai1 fort utilc d'é~uclierleurs propriétés et lcur compositioa pour appreiidre soit 8 les iilultiplier, lorscliie leur iiiIluence est iitile, soit h ciltraver leurs dCvelopperneiits. Parmi lesalçuc~soífiant dcs tissus l)li~s'oumoins dkveloppés, i1 e11 est dc trCs-remarc~unblespar leiirs çi.andes dirnensions c t d'aiitres par leurs applicationç agricoles C L i~lclusirielles. 0 1 1 peut citer à cet 6çnrd le J l n c ~ . o c ~ s r i s ~ i r i /cip i *peut acqoérir ~ ~c juscl~l1& 500 i11Ctrcs de longueiir, le Sargassuw iznt(cns (raisin des tropiclues) clont 1a végétation l~crsistalite active forme daus ct le graiid Oc6an c t llAtlaiilir[ue d'immenscs l~raii.ies flottautes, observées c t travcrsées par Christoplie Colomh, et couvrant une snperficie G 8 7 fois pliis grande qoe celle de l'iillemagne. Les i~l algues coinestibles : Ulun lacizic~,I l a i w z e ~ ~eclitlis; S'lhzrococcus cl.ispus, Chol~drinpi~z~talifirlc~, alaue n~kdi<:iilale une estiinèe, c~phz~90coccr~s he/nzi~ltl~ocol.tor~; alglies mariiles dites les

10

CORIPOSI'L'ION DES PLANTES.

Fucus ou Ynrechs qui sécrètent abondamment les sels de soudc, de potasse, de magnésie, de cllaux, les clilorures, brômures, iodures, bien que cges deux derniers composés aient souvent Ccliappk a l'analyse de l'eau de Ia mer (uoy. dans le ZePvolume les I~idustriesdes soildes de varechs, cle l'iode et dz~ bl.ónze, e t A la fin de ce volume les Engrnis). Plusieurs algiies de mer : les P l o c ~ ~ r iliche~zoi'dcs,GeZidiunz cor~zeunz Grnteloupin PZia , ci~zn, fournisseat des gelées prépiirées eil Cliine, exportées à l'état sec en Europe et en Amérique (uoy. plus loiii le cliayitre GELOSE, CUBILOSE, DIALOSB) . Enfiii ou designe iinpropreinem sous la ddnomination d'algue ou fucus la Zostera nznrilztr. (cwmrp', Nban) monocotylée acpatique einplopée pour les emballages, la confection des sommiers, la fahrication du papier, etc.

On rencontre dans l'analyse élémeiitaire des plantesle carboile, l'liydrogène et I'oxygpne, ces deux derniers réunis suivanl les rapports qui constitueiit l'eau, plus un excès d'hydrogbnc d'un demi a UII centikme C ~ L Ipoids total d e Ia plante desséchée; l'azote, le soufre, le pliosphore, le clilore, le fliior, accompagiiés parfois du brôme et de-l'iode; le silicium, le potassiurn, le sodium(*), le magnesium, le calcinm, le fer, le manganèse, quelclucfois le ccesium et le r~ibidiuni,notammeiit dans les hetteraves(**).
(*) Les oxyrles cle ces deux dei*niersmétaux peuvent btre, daiis une certaine l'uri mesure, sulistit~1.4~ B l'autre dans l'orgaiiisme végélal, comme l n clinux i la magiiesie; cepenclant o11 a constaté que Ia potnsse et Ia uiagnésie s'liccuinulent dnns les giaines en plus fortes proportions que de préfhrence ?I 1:i soude et la oliaus. notions siir Ia compositioil orgnnirple quaternaire et sur Ia composition minérale des orgnnismes vivnnts des plantes ne remonteiit pas ai1 delh c111preniim tiers de notre sibcle. Voici comrnent s'expriinait h leur égnrd nolre grancl nataraliste : K Le tissu cles végetaux est d'iino simplieit6 qcii ue se retrouve que clans les auimaox les nioiiis parf:iits Ln compositíon cfiíniique est aussi plus siml>le que celle eles aiiimaiix; leurs é16inents procliniiis iie se rbduiseiit gubre q~l'eii oxyg8ne et en deux sol>staiicescorul>ustibles, le cai*l>oiieet l'lipdrog8iie; l'azote y est rare et le phosliliore encore plus. a Crlles (les substances) rles animaux contieunent toujoiirs de l'nzote et irBs-souvent dii l~llospliore c'est l'azote q ~ i fait qu'elles fournisseiit cle l'nin: i rnoniiiqcie par ln clistillation ?I feu riu, tandis qu'il ii'y a qu'lin petit iioiiihre de v6gétaux qui cii donnc. a (1812, Dictio7~1rnb.edes sçiollces ~nédícnlcs,voI. 1 , 1 par Ciivier, ariicle ANIAI~~L.) En 1832, Decandoile considérait Ia gomme comme le priiicipe iuim~cliat

r*)Ces

....

COMPOSITION DES PLANTES.

II

Puisc~cie tous ces corps peuvciit concourir L la nutrition cles plantes selo11 les aptitudes de cliacune d'elles, on coinprend Ia iiécessité de leiir présence 3ans les différents sols fertiles oii 1'011 a gé~ikralement grand intérêt h varier les cul~iires. Lorsque l'un ou plusieurs foi-it défaut, ou se trouveiit eii proportions insnffisariteç, le role des cngrais est rl'y subveilir. 0 1 1 a très-gknkralement coiistaté que les phosphates et les substaiices azotées assimilables ne se reinontrent pas assez al>onclarnn~ent pour f o ~ i r ~ ai1idbveloppeinent des plantes daiis les cilltuyes in~i tensives, et le but principal de la falricatio~zdes eq,. 0 7. L ~ conunerC S ciczzlx cst dc les Iivrer aux agriculteurs (uoy. 5 ln fin du volume cette industrie) . Cepeilrlaii t, d'aprcs les recl-ierches réce~ites de M. Correilwindur, certains sols cles environçde Lille, cleyuis tri.5longteinps fumes avec les déjections cles homines, renfermeiit cles yroportiolis telles de pliospliates que l'ndditioil de ceç eoinposés n'y procluie pli~s aucun eiret, taiidis que les substances azot6es facilement assimilnbles y inailifestent eilcore leiir iilile infliience.
rsseiltiellenient iliitritif des lilniites (Çotrr*s de Gotrrniqltc , p/~ysio/ogic r~d~rétflle, t . I, Bécliet, lib.) 0 1lit, p. 168 : n D'nprès ceu clivers critPrcs, je Iie connnis 1 ~ L I Ia n~atière C gommeuse q u i puisse eire coiisidérbe comme le suc iioiirricier tles végi.tnux. u Oncoiiiiaissait depiiislongtcrnps nlors le glnteii dli 1~11.Vnirc~uelin ~roiivé avait de l'nll>unii~~e d'autres subst;inceu tinotées dans divers produits des végéet 1:iiix; Einliof, cn 1805, et Gay-Lussac depiiis , oxii coiistnti. la priaeiice d e I'azote tlnns plusieiirs graines deu légnriiiiieiises; niais i1 y avnit loin cle I i b Ia loi géiiérnlc que j'niformulée rtvérititepnr iiii très-grniid noiiibre d'ancilyses, de 1834 118S0, d6nioritraiit que les corps n z o ~ & ,soiit rbpind~is daiis tous Ics yí.gétaux et eii propoi.tioiis cl'auiarit pliis fortes cpe les orgtiiiismes soiit pliis jvui~esct cloiiCs cl'iine plus giaiiile Ci~crgie vil:ile..'L'( V111 ct TX du Rccitl*il rles sníurt/s éir.ait~.ei~s, avcc M. de hlirliel, t. XX e t XXII cles ~ ~ L : I I L O ~ ~ ~ S et, de /'dctidér1~icdcs scicilccs.)

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PRTNCIPES TMMÉDIATS DES V ~ G ~ ~ T A U X .

1 . nisti.ibution ùes l~riiicipesimiiicidiats dans lcs plantes.

Les principes immédiats de nnture organique, libres oii combinés, se reucontrent genèralement en proportions diflérentes dans les organes des plantes, o u daiis des tissus spéoiaux que 1'011 peut souvent distinguer : aiilsi, les matières azotkes neutres, accompagnées de matières organiq~ieslion azotées et de substances niinérnles, s o i i ~ al~oi~clantes parlout oii Ia vie v9gétale est tres-active; Ia cclliilose, pure ou plus ou rnoins injcctée, forme Ia trame, les enveloppes ou les conrl~iits dans tous les tissus clont les parois soiit d'nutaut plus miaces que les organisines soiit plus jeunes et doués d'une plus grande energie vitalc. L e Sucre, dails Ia betterave e t dans Ia caniie, se rencontre en solutioii remplissant des utricules daiis un tissu cellulaire spéciiil autour des faisceaux vasculaires (131. XXII et XXV). La fécule amylacée remplit les celliiles d'un tissu disposé d e r n h i e , autour des vaisseaux dans la racine d'lgnamc, dans Ies t~ibcrculesd'Orchis ; ceux-ci prèsentent eii outre la disposition remarquable d'un tissu foriné de petites cellules pleines d'amidoli refoulees par de grandes cellules reinplies clles-mêmcs de Ia suùstance mucilngiaeuse totite spéciale qui caractèrise le salep(*) J'ai observe la dialose dans u a tissu spècial dii p6riçperme d'iiil Dialium ( C o / ~ y t em z d n s cle 1 Accidénzie cles sciences, 1566). s ' La inatiere incrustnnte injecte 1es &yaiçses parois cle cellulose spo~igienseen couclies concentricpes dans l'utricule primitivement formke rles fibrcs ligiieuses. Diverses Iiuiles esseutielles et résines sont sécrétées dans des glaiides ou des vaisseaux propres. L'oxalate dc soucle ou de potasse en solution i réac~ion alcaline remplit les nombreuses g;lanrJes périplièriq~iesdes feuilles

.

(*) Cette sul)stniice, dissoute dnns 50 pnrties d'enii i 100°, doiiiie un lii cluitle susceptil~lccle se preildre eii gelCc, eri qiielqiieç Iieures, par I'ndclition d'iiii cciiti?nie de inngi:<:sie décnrl~oiiatée.

et tiges de Ia Glacinle(Mcsenz6rin1~fl~e1121111z cristallinunz) et doiine pikr l'incinération de la plante Ia plus grande partie du carbonate alcalin contenn dans la soude de Ténériffe. Une ou deux rangees de cellules soiis-6pidermiques se molitreiit reniplies d'liuile ou de matière azotée dans tous les périsperrnes des Graminées; le cotylédon, daris Ics m h e s fruits, prbsen tc uii çrancl nombre de cellules rernplies d'liuile également clisséniiilée clans des sul~stancesazotkes. Les priiicipes azotbset gras se reirouveiit aboiidatninent réunis dans les cellules rles cotyléclons de toutes les grsiines dites oléngineuses. Aucune graine s'est dépourvue des matières gi-asses et azot6es qui sont au contraire plus abondaiites, en géiléi'al, dnns ces organes , s'y rencontrent toujonrs accomptignkes des acides ct bases indispensables aiix premiers rléveloppemen ts d e Ia graine et de Ia plnil~e (acide pliospliorique, potasse, soude, magnésie, cliaux). Les nrts, cjui puiseiit leurs niatibres premières dans les règnes organiques, ont e11 gbnkral pour but l'cxtraction de certains prii~cipcs immécliats (fibres textiles, ainicloii, feciiles nmylacées, Sucre, glucose, indigotiiie, liniles, matières grasses, essences, alcalis, acides vég&taiix, etc.), o ~ i Ieur traiisformation en dc iiouveaux produits (dextriile , glucose vins , bières , cidres, alcools, vinaigre, etc.).

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S. Classifioation (20s priiicipes iininóùiats cii trois groiil~cs.
0 1 1 peut ranger en trois groupes les clivcrs princ:ipes immédiats eii se hiidant sur leur compositioil. 11s yeuveiit, en erefet, être composcs : l o de carbone et tl'oxygCiie, ou de carbone, cl'liydrogbiie et .cl'oxygCiie, ce clerliier c t a n ~en plus forte proI ~ o r ~ i o u ne çerait iiécessaii~e pour produire de l'eau avec qu'il l'liydrogène; 2Qde ces trois corps siinples,lcs deux derniers étant cxacten~ent eiitre eiix dans lc rnpport de la coml~osi~ion l'eau ; de 3 dc telle sorte eilfin cl~i'ilsaclinettent dans leur constitutioii inO lime un excits cl'hydrogitne (et parfois de l'azote). Voici uii tablcau des l)rincipiiux principes iininbdiacs cles végCtanx raiigés suivant cet ardi-e :

Pectirre, rrpiirre, pectoso, gdloso. Pi.incilios imrn8di;lta coiiteAcides : licctiqrtc, oxitli~rie,trrr.triqsc, ~~~~~~~~lr*iqiie, niiiit l'oxygène cri cxobs. citriqcie, trialiqnc, t u ~ t i q i ~(tiinins) gnlliqrtc, i~técoe r~íqrio,Jbr~r~riq~~e, fit~trar.iqt$e,a c u r z ~ f i q ~chélidot~iqile, ~e,

I

,

14

PRINCTPES IKI~IIÉDIATS DES VEGIS,TAUX.

Principes dnns lesrlucls l'liySuhstnnces neutres : ceZlwlise, aiiridoir, dextrzrie, ~e, drog&nc et I'oxygbne se rcn- iniali~ie,g o t ~ ~ n sacre, glircose, sol-Line, synnptuse. Acides : lactiqire (*), acdtiqrre, qiriniqire. contrent i Bquivalents égaux. IvEitières ligneuses I ( cellirlose lignose, lignone, ligni~r,lig~~iréose azote). Snlistances azotées neutres (nllirnaiile, cnséine, glii-

/

+

+

lilie, Jilrirre, l$gro~~iine, rrnro~rrline,crspnrflgiire, pipérine ). 11Intières grosses, c b ~ s résiize, Inioiites, ve~~nis , nntirrels, hiciles esse~tticlles, crror~tclioirc, gatla-perchrc. cnrn~lrres, cires, niaiurite, snponirre, phlori~lziiie, srzlici~re, Xatibres contenant l'liydro- ~icrotoxine, olivile, colrarizbi~re, coiriirai~i~re,r ~ n ~ g c l ( ~ l i n e , ~ gène en excks (et dont quel- ,'glycy~r.kiri~re, cnnthrrrirline, ritdnispernrirre, rlirrstnsc. Acidc Lelhzoique. ciues-unes ne renferment que dn cnrbone et de l'hydrogène). Bases : ci~~cho~rii~e, ci~tclco~~idi~~e ciirchovatiite, qroinine, yiriiro&Liiie, qniiridiiie, aricine, l>erLii.irie,sabadillitie,,lcrsi~re,vb.irtr.int., solnnine, rlt.ll,hitte, strycrrrrirre, corlérne, Grircine, ~~zorplrine, nui~ciirre,nnr.cogé~rUie, !Oiurni~re, pirprivir.irre, nnrcoti~ie,at~.opiire,sol«nirre, nreotine, chelirln~miire,é~iiétine cu~ycl/rlirie,coriicirre, Irr~r, rir[rlLre, Iinririine, p+éri~re, pni*nnréirisl>w~r2irre, rr/i,opMre, tlrdokon~i~re, cifiine (ou tlréirre). , Matières colorarites diverses.

!

I
'

,

'I'outes les plantes renfermeiit des n~atières inorganiqiies : SOUfre, silice, oxyde de fer, sels de cl~aux,de magnésie, de potasse, rle soiide, chlorures, sulfates, pliospliates, etc,; les végbtaux de la classe des Urticéeç divisée en cinq familles contienneiit dii carbouate de chaux sécrété daris des orgailismes spéciaux. Naus avons vu plus haut que tout végétal pris daas son ensemble, et nous liouvons ajouter tout organisme en btat de végbter, a d n ~ e t l'azote au ilombre de ses éléments et o G e & l'analyse I'hydrogène en excès siir lcs proportions qui, nvec l'oxggène, constitueraient l'eau dans Ia compnsition du même orgaoisnie; c'est l i une de ces 10;s que j'ai cru pouvoir form~iler, génerales et saus exception , de la composition des végétaux.

(*) L'acide Iaclique qii'on trouve daiis l'orçnnisation végétale est pcut-Atre toujours le produit cl'une aIt6ratíon on cl'uoe fermentation spécialc; i1 en est probablement de mbme de l'acide ga11' ique.

CELLULOSE.

5

CELLULOSE.
1

.

P R B ET AGRI~QATIONS~ I F F ~ R E N T E S . 2. C M O I I N P R O P R I ~ T ~ S EXTRACOMS O P STO , , TION ET CARACTPRES D~STINCTIFS L A CELLULOSE. DE 3. CELLULOSE ANIIIALE. li. C M O I I N C O M P A R ~ I D S E V L P E D S A I A X ET D S V~GETAUX O P STO E N ZOPS E NN U E E DE I>lVEnSESPARTIES D S P A T S S U LE R P O T DE L'AZOTE. T E L NE OS AP R 5. ESSAIS DQS FPIS BT TISSUS D'ORIGINE VI~GBTALZET ANIMALE. 6. ASSAINISSEPENT DU R US A E DU LN E D U CIIANVRB. O IS G I T

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La trame du lissu solide dans les vEgétaux est formée de lose, malière ainsi appelée parce que, généralemeiit, au début tle soii orgailisation elle affecte Ia fornic cellliles. La cellulose présente des propri6tés pliysiques qui varient en raisoii de 1'ét.a~d'agregation des particules. Dans le liclieii cl'lslande, une partie dcs cellules sont coiistitiiées avec une agrégation lkghre, nKaiblie encore par l'interposition de l'iniiline, ea sorte que sons l'iaflueiice de l'eaii bouillaiite, elles se gonflent, se désagrégent n se r6solvent eii uii liquide qui forme, eii se refroidissant, une L gelhe colorable eil violet par l'iocle Le m&mephénomène de coloratioli se procliiit avec le tissu de cpelqoes cliainpignons, et les ccllules h parois épaisses cles feuilles de quelques Auraiitiacécs, tanclis que les membraiies épaisses des cellules des périspermcs da Dakier e ~ r l u l)hytéli.,pliasprésentent la cellulose dans nii &nL cl'agi3éçalion tel, e1 forinaiitde si épaisses parois, que ces tissus sonl durs i tailler. Les friiits assez voliimineux du Phyté16plias peuvcri~ servir à coilfectionner cles objets de tabletterie irnitrint l'ivoire. Les figures 2 et 3 (pl. XVIII) montrent une coiipe du périspernie de PliycCl6phas vu sous le microscope. On remarclucra claiis ces coupes les parois B, B' et C, c', c' des cellules adliérenieç dans les ligiies ú' h' et b" h" (fig. 2), tellement

r).

(*)

Ces enriictl.rcs d e Ia cclliilose

pcii ngrégée

oiit faii croire

~Yuri principc imm6di:ii linriiculier d a r ~ s liclien qni se résoudrait en une lc

sorte ile nintii.re gon~morrsc l'éhullition l>rolo~igée. n'est pas une gomme, par Ce car elle n e Cournit ps d'ncide miicique par I'ncide arotique. A ce titre, 011 sea i-ait ccincluit i ; i d n i c t ~ r eauiniit de p r i n c i ~ e simmédiats qu'il se préseiite de modificntions d a i s l'dtnt de coliésion de In cellulose piire ou injectée cle diverses su1)stnrices orgaiiiques ou miiiérales.

,

i l'existence

16

CELLULOSE.

épaisses que les par~iessolides sont plus larges que les cavites

M,M. L'intérieur dc ces cavités ou cellules ~ ~ l i n d r o i d e s renferine des corpuscules de substances azotées qu'oii retrouve dans toutes les cellules vkgétales en proportioils variables et d'autaiit plus grandes que Ia. vitalité y est plus énergique. Les parties bleuies de ces deux figures indicjuent les effets successifs de l'acide sulfurique clésagrégeaiitla celliilose, et de la solution cl'io.de colorant en hleu ces parties désaçrégées. - La figure 4 est Ia coupe sous-épidermique rlu nièrne périspenne oii l'on voit des gouttelettes de matii're grasse dbgagees pai. l'acidesulfurique qui a dissous le tissu azoté dans leque1 cette inatière était enfermée (*). La moelle de YAl*alia popyrifira ou pentnplylla de Cliine (A~.nlincées,plante récoltée principalcment clans l'ile de Formose), découpée en spirale, formant des feuilles a p p e l k e s ~ a ~ i e r ~ cle offre un exemple de Ia cellulose qui constitue les parois trhs-minces cles cellules de ce tissu lég.er. Po. (pl. XVIII, 'y fig.. 1) une coupe possie 500 fois : A, A, A, cellules nornlales tapissées iaterieureinent de corpuscules azotees; A' A' A', cellules attaquées par l'acide sulfurique et teiiites par l'iode (R*). Les tubes plus ou moins épais ou très-minces des fibres textiles sont encore cle Ia celliilose presque pure ("*). La figure 6 représente, vue sous le microscope, une fibre de lin D, une autre
(*) Les figures 9 et 10 iriontrent les tissus cles deux graines oléagiiieuses de liii et de colza : les c~lliilcsa, 6tnt riormal; 6, tissu azoté interne coloré. par l'iode ; 6, le ni8me lissii dbsngrégé por l'acide sulfurique laissaiit l'liuile sortie en libertb. Les parois des cellulea sont bleiiies sous la cloubl@influeiice cle l'ncide et de I'iode. s, e (**) Uans le tissu cle la moelle #~i.alia, la cellulose est injectée cle sul>stnnce cnlcnire, les cellules sont agglutinées par des peotates cle cliaux et de magiiésie; on pnrvient h dislnq~ierce tissu et isoler les cellules h l'aide de l'acitle c l i l ~ r l i ~ d r i q uétenclu de 10 pnrties cl'eaii maintenii en contnet pene daiil 15 joiirs i 1 mais, ou en quelques joiirs, B une températurc de 50"; on peiit liâter la riaciion dniis le vide qui fait sortir l'air e t facilite le coiitact; lavant ensuitc par un excbs cl'enu qui élimine les clilorures lormks, 1:uis troitant par l'eau ari~moniacnlt., on fornie clii pectaie d'amriioiiiaque qiii se clissoill; agiiaiit nlors, oii voit les cellules se sépnrer Irs iices des nutres; et, par uii clerriier lavage i grande eau, la cellulose ainsi épiirée se dissout int6gralenient cliins le réactif cle Srliwcitz~r (rqoy. p. 19). (**+) Ces tohrs sont ei1tourí.s eii pnrtie de cell~iloseinjcctée cle substancc azotét., et coiitieniicnt, daiis lciir cavitti c~linclro'ide,cles corpuscules nsotés, des iiiati8res gresses, etc.; et iIs sont cl'ailleiirs form6s de cellules alloiigkes soudbes 11out h bout par cle Ia cellulost! rnoiiis fortemeiit agrégée que les parois cles oellulcs elles-mhes ;les fibrcs texiiles des tiges cleclianvre, delin, etc., sont en outre agglutinées pnt3dts pectaies cle cliaiix r t clc magiií.sie.
u

-

+

CEELULOSE

.

17

de chanvre E, ct uiie troisièmc cle coton F (poil rle Ia graiiie d11 cotounier) (*). Le tissii ligiieux du bois est composí: en pnrtie dc cellulose, ,qui, suivaizt l'âge et l'espbce de l'arbre, se trouve imprégnéc dc matière incrustalite graduellement plus abo~idaii .C'est ce qu'iiltc diqiie lafigui-e 7 représenlant ln voe aiilpliliée rl'une coupc du cceur d'iiii cli&ne (I-I, canaux sévenx), et la figure 6 orrant iinc coupe de l'aubier plus jeune, dontles fibres à parois iiloi~is Cpaisses sont en oiitre moins incriistées (G, laiges caaaux çCveux). lTig. R : a, a , cuticules des cellules; b , h, dkbris n p r h Ia réaction 1" c l ~ l'iode, et 2" cle l'acide sulfurique.
6. Compositioii, proprietés, cxtraction e l cara~ctbrcs d i s t l i i c t i h (Ia ln c u l l ~ ~ l o s u .

La ccllulose épurée, que1 que soit le végètnl ou Ia parlie cle Ia plante d'où 011 l'ait extraite, oEre to~ijoursla coinpositioii sui-

Com~ositioilisomériqnc avec celle de: l'ninidon, dc lu dcxtriilc e1 de I'iiinlinc. La celliilose~pure blanclie, diaphaue, insol~iblc est clails l'enu, I'alcool, l'élhcr et les liiiiles fixes et volntilcs. Les solutioiiç alcaliiies í'nibles sont sails nctioiz sur celtl: sul)stailce lorsqn'elle c s ~ forteiliei~t agrCçEe. I1 ri1 est de mbmc, a froid, des acides niiri1;rnux Ctenclus. Les ncides sulfiirique et phosplioriquc coiicen~rds
(*) Celle-ci, en raison dc In fnil>le dpnisseiir de ses linrois, ~'affi~issc ~111' elle-riil'me, prenrl une nppnreiice ruhnnlc ; oii S recoiiiirii~ n fiicilcmeiit b ce ciiinctbre, sous le microsco~ic;lors inrlri>cqiic le cotori est emplogé cii llls, tissiis ou papi(,r, on p c u ~cnctirr le clistiiiguer cles lil~resde cliaiivrc, lin, 11nn:tiiici., vtc., qui resterit c-yliiiili.iqrics oii ~~i*ismniicjiies rt,rigitlcs, orfr,iiit des pwois élmi~ses.L prorfiictioii oi-iiiurlle dii cotoii anx Rtrlts-Uriis n~tcint n de 700 millioris d 1 i~iillinrddc Irilogr.; iivnnt Ia guerre d'AmCriilue, Ic prix iior~nal u aotoii Jfrr/d/;frg Arrir' 01.lenris btnit clc 1 fr. 80 c, Ic 1riiog.r.; i1 s'cfit d élevd n 7 fr. cn 1864, et mnintcrintit est rcc~csceiidii B 3 TI.. 40 c., c'est-hdire 1 fr. rlr pluç eiivircin c~uc cotoii cle Iioiiiie qunlité cle I'lnde; i1 scrnil b Ic rl6sirer qur leq cotons l r i 1 r . g ~ sorc pi~ssci~r ~ prospcrer c11 Algbric. L'Iiiifc, Ia Criinée, I'Egyptc, lc Urhsil oiiL foui~iii ooloii dursiit Scs quatre iiniides pcnle tlaiit lest~iicllesIcs ports dcs fitrits-~iiis dtaictnt Çcrini.s. cill111li. I N D T I S ~ H . rr-l

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CELLULOSE .

attaqueilt la cellulose et la transforment en matière amylacée, puis cn rlextrine, enfiii en glucose. L'acirle acétiqiie esl sans action sensible sur Ia cellulose. L'acide azotiqne concentré forme avec elle un coinposé (pyroxyle) insoluble dans l'eau, analogue au pyroxaiii, obtenu de l'aniicion : produits dont i1 sera questioii plus loin. La combustion de Ia cellulose pcut s'opérer au nlilieu de l'eau, eu présence d'agents très-oxyclants, tels que le clilore ou l'liypoclilorite de cliaiix. Si, daiis uri balloii cle verre coiiteilaiit une sclution saturée d'liypoclilorite tle cliaux, ou délaye de Ia pâte t i papier : en élevant la teiiip&ratiii-e, une réaction ~rbs-vive se nianifeste, et peut se coiltiiluer B l'aide de la clinleur proveiiant de l'action elle-mêrne; i1 se produit un dégagenient cl'ncirle carboiiiqiie, la cellulose se dbsagr(:ge, ljrfile et disparait. 0 1voit 1 par cette réac~ioiiavec qiiel mhnagciiicnt , dans les proportions c1 Ia teiiipérntnre, i1 faut user d'agents aussi énergiqucs que le clilorc ou les liypocl~lorites,dans le blancliiinent clcs fils, des tissus et cles p5tes à papier. Une réaclioii spéciale q~i'indiciueiltles figures 1,2, 3, 4, 5 C L 12 de 1:i planclie XVIII, ainsi que lcs figures 2 et 4 de Ia planclie XIX dhcrites plus l-iaut, peiit fairc coiiiiaitre la cellulose pure dans les observations inicroscopiques. Si l'on verse qnelcjues gouctes de solutioii acpense d'iode sur Ia cellnlose (co~on lin, , clianvre, nioelle, tissii du pbrispermc clu Pliy lêléplias cn dcs raclicelles de diverscs plantes, etc.), et clu'oi-i mo~iille eilsuite la substence avec de I'acide sulf~irique 60°, o11 voit pauaitre une bclle B coloratioii ble~iindigo, semblable i celle que produiruil l'iode sur l'amidon hyrlraté (fig. 13, 14, 1 5 , 131. XVIII) ; aiilsi clonc, avant cle sc transformer cn dextrine, la celliilose, c11 sc clEsagrCgeant, passe par 1311 btat intermécliairc, analognc aux groiipes des par'liculcs amylacées. Ce caractkre'rlistinctii' iie sufrirait pas pour clkiiionlrer la présence cle Ia cellulose, car d'autrcs substances produisent de seml)lal~les phénoinhilcs. (Yoy. plus loiii de notivelles ol~serva~ioi~sIa c l ~ i t i ~ l e . ) sur Z'~purationde la cellulose varie avcc les siibçtailces cl'où elle c s cxti-aite. l'arrili celles cjui donnent f~~cilemcnt Ia cellulose ~ de yui*e, o11peiit cilei. le coton, les papiers fiiis nori collés, le vieux linge. Pour ol)teiiir la celliilose de ces sul~stances, lcs soumet on h des lavag(~s successifs h. cliaud par une solutioii de soudc o u de ~ ~ o t a s s c c ~ a i i ~ tl)i~is~ eSroicl par l'aeide cl~lorliydriqiic ic~t h , Ctenclu. e1 l'amrno~~iac~uc ayant lc soin, a1)i.C~ l'emploi de cliac[iie (c11

CELLULOSE.

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ageiit, de faire un lavage complet a l'eau pure), enfin par l'alcool e t l'étl~er.I est souveiit utile de répéter une ou deux fois ces 1 opératioiis. Qiiancl o11 veut extraire Ia cellulose du bois, on est forcé ploycr cles lavages au chlore et au cl~lorure chaux faihle, après de la riactiori de la potasse yu'il faut faire agir eii 1% concentraiit ,jiisqiila siccité; 0 1 cloit niême répéter deux ou trois fois cette 1 doiible rdactioa, afin cl'extraire toutes les matières ilicrusfantes ? nuotées et coIoraiites, enfermêes dans l'èpaisseur des parois, et d'obtenir blanclle et 1)ui.e la partie la plrisrésistante ou la cellulose (uoy pliis loin la l~c~bricntion pclles h pnpiei.) . cles Otl peut se procurer par les mêmes moyens l n cellulose des feuilles et des liges cles p l a n t s herbncees, et plus facilement en ~ ~ - e n a ces substances dahs les excréments des herbivores, Ia nt digcstioi~ayaiit dissons ou désuili les principes adliér~entsi la ccllulose sans détruire les portions Eortement agrégées de celle-ci (notainment l'épidcrine, Ics ce3lules for~ementagrégkes et les faisceaux vasculaires les plus rcsistants). Dissolntioi~ de Ia cellzllose. - M . Scliweitzer a dkcouvert Ia singulikrc propriktc que presente l'oxyde dc cuivre amnioniacal de dissoudre la cellulose. Voici comment sc prépare, J'aprAs le procédé indiqué par M. lJéligol, l'agenl de cette clissolution : Bn remplit une allonge eil verre avec de la tourilure de cuivre ordinaire, ou, mieux en core, oxydke eil la cliaufhilt au rolige, pitis rkvivifiée par l'liyclrogBnc scc; h l'aide d'nn flacoii ii robinet, on f a i ~ í?coiiler sur c c ~ t sorte dc filtile, çoutte à goiitte, de l'aninioiiiaque ordinaire c h 20 ou 21° Cartier. Sous l'inllueuce de l'oxygkiie de l'air et de l'rirninoniacliic, lc cuivre s'oxyde, se diçso~iteil produisant uii liquide coloré (i11 violct intcilse et s'dcoule claas u n flacon placé au-dcssaiis clc l'allonge. 011 réidre trois fois la filtratioli du inême licpide snr ln toiirnure de cuivre cl~ii,continuarit a s70xyder, enricliit Ia sol~ition ammoniacsile. On ol~tientune solution pl~is c<nergiqiieet l'on évite la production cle l'azotile de cuivre eti fniçant passer de l'air prive cl'ncide carbooicliic daris 1111 flacon plein cle tourilure de c~iivre et clemi rernpli d'd~linoiiiiique.M. Frbmy la prépare eii diçsolvnnt l'liyclrate. d'oxyde de cuivre dans I'nmmoniaqiie. C'est dans ce liquide que l'on peut facilemeiit faire dissoiidre la cclliilose kpurèe telle clu7cllese rencontre dans 1es fins papiers i iillre et dans le popiei. de ,soie; i1 sufit de l~lncerles feuilles de

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2O

CELLULOSE.

ces papisrs dsins Ia solution cuivriclue pour qtie Ia désagrégatioil et la dissoliition s'opèreiit aussitôt et s'accoml~lissenteiitièremeiit eli quelclues heures. Le liquicle qui eii coutient trois ou quatre centiknies de son poids offre une consistance sirupeuse qui s'opposerait à sa filtration; comme d'ailleurs i1 n'est pas saluré de cellulose, i1 attaquerait le filtre. 0ii peut le filtrei sur l'amiante ou l'éteodre de deiix volumes d'eau et le verser alors sur uil filtre ordinaire. La solution limpide de celliilose, saturée par uii excès d'acicle clilorliydrique, forme du chlorliydi.ate cl'ammol~ia~ue clu et chlorure de cuivre, qui restent en dissolution, tanclis que la cclliilose se précipite en flocons dél~arrassés cornposé cuivrique du et incolores. On aclikve leur épuration A l'aicle de lavages 21 l'ea~i distillée. I,a cel1ulose en cet Btat ogre, sous le microscope, l'apparence de flocoils granuleux sans formes déterminables. J'ai rcconiiii clile, inalgré Ia t6iluité de ses particiiles, sa division n'arrive pns au terme où elle sc rapprocherait des particules amylacées, cnr l'iode ne Ia hleiiit pas, et, pour prodiiire ce pliènomine, i1 faul, après l'avoir Iiumectée avec une solutioii aqueuse légèi.ement alcoolisCe criode, toucher cette cellulose granuleuse avec l'acide sulf~ir.ique 1 oii 2 équivalents cl'cau : aussitôt le phéiiomène i caractéristique de coloration violette plus ou moins intense apparait. I,e nouveau rbactif appliqué par M. Cramcr à l'btiide sous le microscope des tissus végétaux, a niontré quc la celliile primordiale ainsi que le nncleus est dissous, tandis que l'épiderine, la cuticule épirlerinique et les fibres ligrieuscs du cli&nerésisteiit dc mcme que plusieurs autres fibres ligneuses. J'ai constaiê que Ia résistailce ii'est que pnrtielle, et, de plus, qu'après uiie épuration complite, Ia celliilose extraite de l'organisine vkgiitnl ainsi que Ia cellulose animale complétement épiirée, subit Ia réaction spdciale. On voit par l i que, d'iiiie part, les scibstniices grasses, azotées et n~inérales sont iiijecqui tCes clanç llépidei.ine ct la ciiticule, d'un nutre côié les matièrcç o~gaiiiques incrustantes des fibres ligneuses, sont cause de la r6sislai~ce aussi bien dans ce cas que lorscju'oi~ f a i ~ réagir l'acide sulliirique sur la cuticule épiderrnique et les épiderines iiijectbs (*).
(*) J'ai constnté, en outre, qu'il suflit
c1'11i1

gr;incl cxcbs cl'enu pour cléler-

L'aiialyse quc j'ai faile avec M. Billequin de la ccllulose granuleose précipitée par l'acide chlorliydrique, lavke et clessécl-iée, y dén~ontre coniposition clii yriiicipe immédiat pur que rcpréIa sente la formiile C g 2 R'' 0". 0[1voit que la r8actioil no~ivelle 0fli.e uri moycn de dissoudre et rl'épurcr Ia celliilose 11011 injectée et de disceriler, sous le microscope, les partics des tissus ~ e g é l taux doiiks de ces caract6res. Nous verroiis d'autres applications d u même agent h l'étude des fécules ainylacées et des tubercules f~culents Voici lcs effets comparés de la solution ammoniaco-cuivrique siir Ia cell~iloseet quelques aiitres substaiices : Cellr~lnse pr1r.e des fibres lextiles : se clissout ct se précipilc en lotalité par la satura tion du liquide animoninciil avec un litger excès cl'acide. ildncilage cle coilzg (isoméric~iieavec Ia cellulose) : cst clissous et ]~rècipilé claus les mêines conditioi-is. Glz~tirze fiúl'i~zedu 1 1 : disso~ites totalité. et 16 en FiLrine du sang désagrégie, puis compléteinent clissoute cil 36 lieui7cs; o11 n'cil precipite que les 0,93 en satnraiit l e liquiclc Alh~rrt~ilze aniinale coagulbe : désagrég6c, puis prcsque totalenient dissoute c11 3 jo~1i.s;la saturatioil prkcipitc 0,528. Gékltilze gooilee : dissoute eil 12 lieures (dnns l'ammooiaque pure elle est gonflèr, mais iion dissoutc); l a saturation n'en précipile rien. Laillc goiiflPe , clésagrégée , partielleinciit dissou te (0,s) en 6 jours ;Ia sa~uralioii prdciliitc 0,157. eii Cltsoauz : scnsiblerncnt lcs iiiêliics rbsol~ats. C~.ilr,s portioil ~01i1111c , 9 4 ; precipitéc 0,3i33. : O Cotsne dissoute tot:ilenicii~; O,l6 prBcil~ilCs par sa~uratioii. Aiasi Ia plupnrt dc ces su1)staiices dissoutes sont yr6cipitees eii l'nrtie seulerneil~, par la satul'atiori du liquide a l'aide d'uii 16ger excbs ti'ncidc acdtique. M. Sclilossbcrger a cons~até le cotoli dissous par l'oxyclc de qlio ciiivre aminoiiiacal , traité par ulic solu~ionconcentrée de se1 inariii, p ~ ~ubaildonnk quclclcie leinps à lui-mbme, devielit iiisois

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iiiiiicr ~ C L 1 >c11~ i i iiroi11)le dnrrs le liciiiicle :irnrno~liacalcuivriquc coiiteiiant i T I n ce~iii\ose bissouti, puis In ~irécipiiuiioii i ~ e csllc-ci cui flocoiu; q11c, anos éieiiclrc autniil Ia soluliori, oii déleriiiiiie In précipitntion de Ia ceii~iioseeii sntiiraiit uiic ~ a r t i isculemeiit clc l'excbs d'ainrnoiiiaquc; qiic, dali$ ces cleux . c:is, Ia cc!liilose lnvéc rctieiit clc ltoxyde ile cuivre.

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CELLULOSE.

luble (*) : lavé, séclié, i1 se colore en violet par la teiniure diode. La cellulose amorplie est lieaucoup plus facilemeiit trniisformée en dextrine et glucose par l'acide sulfurique que le coton en fibres textiles. Ce sont de nouveaux et curieux exempl~sdes nom1)reuses modifications qii'éproiive la cellulose par de simples effets de désagr6gatiori ou d'agrégation plus forte. D'après M. Sclilossberger, l'oxyde de nickel ammoniacal dissolvant la soie et ne dissolvant pas la cellulose pourrait servir à distinguer la premiere des 61s de lin, cliaiivre ou coton. M. Persoz fil~ coristaté que le clilorure de zinc à 60°,neiitre ou cona tenant un léger excès d'oxyde, dissout abondamment Ia soie et n'attaque pas sensiblement la cellulose ni Ia laine. D'aiitres procédés, indiqués page 27, sont plus siniples encore. Applications. - La cellulose, faiblement agrégée dans le parenchyme des jeunes feuilles, les licliens, les périspermes de cer~ains fruits, peut servir d'aiiment comme ia matière amylace'e. Sous Ia forme de tubes loiigs, plus ou moins épais et fortement agrégés, elle constitue les filamcnts des diverses plantes textiles : du Lin, du Clianvre, du Cotonnier, de 1'Agave Anzericarza, du Phornzinrn tenas, du Bananier, du Bohenzeria utilis, de l'U1.ticn izivea, qui servent i la fabricatioti des fils, des cordes, des tissus, des papiers, du carton, etc. Pelouze a reconau que l'on peut traiisforiner à cbaud, par l'acide clilorliydrique, Ia cellulose des fibres textiles en glocose. MM. Bachet et Machard, en sgissailt sur Ia portion facilement attaquable des inscrustations ligiieuses et ménageant la cellulose rbsistante priniitive, ont fondé une double industrie de fal~rication d'alcool et de papier : ils attaquenl le bois d6coupé en traiicl-ies ou rondelles de 1 centiinètre d'épaisseur par l'acide cl~lorhydrique étendu de 0,9 d'eau (**).
(*) Déjh le mEme auteur, ayant reconnu que les solutions coiiceiitrées de sels alcalins, le miel, la gomme, Ia dcxtriiie, précipitent le coton de sn dissolution dans l'oxyde de cuivre nrnmoniacal, eii avait conclu que ces subsiaiices cloivent s'opposer i l'action clissolvante du réactif de Scliweitzer. (**) On fait réagir, B Ia temyiératiire de 100°, l'acide clilorliyclrique íi 0,l chauffé directemrnt par Ia vapeur cl'eau (iiitroduite claiis nn cuvier h douves Ipaisses par un tuhe en bois) durant 12 heures ; la solution obtenue, saturée nux 0,99 par la craie, est niise en fermeiitation avec de la lev8re (voy. p l u ~ loiii Ia Fabi.icntion rle l'alcool). Le résidu ligneiix, trait6 par le clilori?, des solutioiis alcalines et par l'hypoclilorite cle cliaux, doniie les membranes primitives cles iibres ligneuses tlébarrassées cles matières iiicrustnntes et propres à Ia prkparatioii cles pdtes à papier (voy. Ia Fnbricntion du pnpier). C'est surtout Ia cellulose spoiigieuse, interposéc clans ces iricriisiations li-

A ineskire que 1'011 tlescend dans 1'4c:liellc des êtres orgaiiisds, e t q ~ i ccles aniniaiix nyaiit utle orgailisatioii elev6e oii passe h l'exarneii des Ctres cyui se rnpprocheiit du règile vkgétal, les caractkres distinctifs devienilent de iizoiiis e11 moiiis sensibles : lcs proprietás el la coinpositioti dc certaiues parlies rlcs tissiis (110t:lminctit de qtielqiics cnveloppes aiiimales) peiivciii. coa~ciiirrlc Ia celliilose eil fortes propor~ions. Telle est l'eiivclopp6 forinbe de libres souples cominc fciitrbes cyui ciltoiirc les touiciei.~.Celte cnvcloppe briiiie coiltieill dcs n~alikresnzotEes intcrposies cyue I'on peul Eliniiner au inoyeil de trois traitciiicnls par Ia soliition de P O L ~ S S Ccniistiqiie bouillante e1 des lavages, Alors la sul)stnnce est blniiche, elle présen~eIa. compositioii e1 les propriCtEs ile la ccllulose (*).
a ,

-1. Cnml>oaitinii eompax.ce dos ciivoloppcs 11cs a i i i m a i i s et d c s v8gbtniix e t do diverscs parties d c s p l n i ~ t e s suus l o

I'ciiii rlcs iiiiiininii'&rcs. 489 I a I<iiveli~l~pc divcis ;iiiiin;iiiz. de Cliitinc rlcs iiisei:tcs et ciiisl;ic~s(**) 'L'iiiiicicrs ~ l ~ i ~ ~ c ci: i i c r : ciiliaiilc vi.gí.~slc.. I , I ti, VCg6t;iiix riidiiricnt:~ircs,Iioiirgciii~s,slioiigiolcs.. Fetiillcs c t Ligcs 1ri.s-juiiiics. SCvc ;iscciid:iiiti:. (;i~iiirios ct friiits.. ~corcc viviinte.. Ti-niicd'iiii r!lidiic de 25 :iiis. ~ i > i s . . r\iil>icis Ccciir.

..... 20,o .... 7,& ..................... 2,0x ù 2,t 4,6 ............................ ..................... ú 40 .................................... ................. ............................1 3 ii. R , G +'. ............................................... I 9 r> ............... 4 ........ ............... . 1 .............. 44 , ;
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V

~lzolc paur 100.

1

9 7

l'our cloiiilci. une idtSc de la rkpai.~ii.ioii des ~>riticil~cs ihimcdials duns les ciiveloppes tles pla~lt~es, noiis +jouteroiis ici Ics r(:-

giicuscs, rpii i!pr3ouveIa siica~iiiiificaiioii,ciir la ])leu griiiide artie cles miitibi*cs irict*tistiiritcs pi70p~*cinc!iit cIitvs, soI111)Lcsclíiihs Ics s o l t ~ ~ i o i crc soiiclc et clc 1111is tiissc, sc 1:roiivciit cii l>ropoi.tioiis pliia foi.ies :il)rhs Iii rénalioii d e IY;icidc. (") C:cs h i t s iiiil)oi.i;iiits, aominiiiiiqiiés h I'liistitiit par MM. Lmwig et: I ~ c ~ l l i l c coiit Cid soiimis A ~iiio r, vbrilicatioii íiitcntivc, A l'íiiilc dc l'iiiialyse 416meiiiiiirci, ]);ir iiiic coitiiilissioii d c I'Aciic1i:iiiie corrilios~e clc MIM. Uurrins, Miliic ICd~vnrcls,ct 1'1i~.cii, i-iil)l~ortc~~i+'. Fxiríii~ciles c~iivclopl,es tlti 1ioiii:ird ~,i.i~i.cs c.;ii.l!oiintc de cliaiix tlc 11ru l iicitlc c l i l o i ~ l i g d i ~ i i ~ ~ ~ c , < l e i i ~l i i s piir uiic ~olittioii Iioiiillaiite Cpurdc ílc ]>oI""c.

(*'I

sultnts dc I'analyse d ce point de vue d'une cuticulc épiclermique eí d'un 6piderme.
Ciitieulo ilu Caclus Substances ozotécs contennnt dri soiir1.e. Mntièrcs gr;issos.. Silice Seis minérn~ix Celliilose

......... ........................... ...................................... ............................... ...................................

peruvinnus. i3
9,09

2,GO
6,137
68,58

40U,00

La peau des animaux supérieurs diff&re essentiellemenl , coinme on le voit, de l'épiderme et d e la cuticule des plantes. La ciiitine, e~iveloppe des crustacés et des insectes, praissait s'eii rapprocher ; cependant elle en di0lère beaucoup p ~ i ~ q ~ ' e l l c resiste à l'ebullition prolongée clans iirie lessive caustique, e1 clonne à la calcination des vapeiirs acides; elle coritient toutefois une forte proportion cl'nzote. Ce fait que j'avais fnit connaitre clans les èditions pr6cCclei~tes du Prc'cis de cl~inaieit~dustr~ielle, n'ayaa~ pas ét6, cn 1857, admis dans m ouvrage jiistement estime, oii l'oii attribiiai~ la h clii~ine une composition identique avec celle de la cellulose, j'ai repris cette dkterinination analytiqiie : les résultats auxquels je suis arrivé, eii coilfirrnant l a coinposition azotée, oiit nlis en évidence la propriété que présente Ia cliitiile épurée de se colorcr eii violet par l'iode, soit seule, soit plus forteinent avec le concouw de l'acide snlf~irique. Voici cominent oii op6r.e cette epuratiou : Les enveloppes de crustacés (liomarcls) sont ciéharirrassèe's de sels calcaires (*) et inati6res organiqucs rnolles par des solutions étendues cl'aciclc chlorhydrique7 puis de sourle ou de potasse caustique en sol~ilionrj l~ouillantrs, en effectuant des lavages intermédiaires a I'eau pure; 011 divise Ia substance eii menues bandelettes, puis on la traitc i 1:i ~ernpéraliiiecle l'ébullition par une solution de potasse causticlue a 45' Beaunid; la substnnce est ensuite Iavée, dessécliée e t broyée. Le même traitement, réitéré deux lois, cloniie la cbitine dosaat 7,4 cl'azote. Ainsi désagrégée, elle esl
(*) M. Clievreul a trou14 sur 100 rle tesis des homards :
IJliosl>li;itcdc cliiiiix 1. Til. de in~ignósie C;irhon;ite dc cliiiiix Sels de soutle.. M~itièreorg:iniqiic..

...................... ..................

............... 3,32 ............... .I ,20 .....,............ 47,4C
4,bO

44,7O

solnble dans l'aciclc clilorliydrique Cteiidu qiii paraft s'y combiner; cette soliitioii, prcsque sat~iréepar une évapoi-atioll & 100°, se prend cn masse par le refroiclis~emeiit. Lavèe par l'nIco018 88', éteiidue en couclie iniilce et sécliée, ellc doiiile directemieiit par I'iodc en solution lbgCrcilzellt alcoolisée uiie coiileur violette cliii ticvieiit plus intensc si, aprils avoii. égoutti! la solution cl'iodc, o11 touclie lc: résidii avec une gouttc d'acide sulf~iriqueconceiitrii. Ln coloration dails cc!s deux circoiistaiices paraii 6ti.e rluc, d ' ~ 1x4s les rechciclics pliis iécentcs (lc M. I?Cligot sur Ics tcgiiineiits clcs vcrs h suic, h Ia prbsence de la cellulosc e11 partic iiiterposCe sous f'orinc de lainbci~uxet p c u l - c ~ r eparticllemciit rnClaiiç.de intimemeiit avec ln su1~st:iiiccazotée (*). Eu saturant trks-cxncteiiicnt paiu l'anidc clilorlryclrirliie Ia soluiioii cle potasse à 45O qui a rÊagi sur le légurneiit dri liornai~d,011 obtieilt nii prbcipiti: qui, lavê, coiltient avec d e Ia silice, d e Ia sul~stailcc organique teiiitc dircctemenl; cil violet par Ia solution cl'iode. L'eiiveloppe des Lunicicrs, niiimaux clui semlileiit formcr uii cles aniicaux J e Ia chairie rcli~iiit deux çrauclcs classes d'b~res les orgaiiisi:~,coilticiil sciilenient le double d e l ' a z o t reiií'ermii daiis l'bliiclcrmc dcs plaii~es Irs siibsiances azoi(;cs y soiil d'ai1lcui.s ; interposiics entre eles íil~res trbs-souplcs, clbpoarvues d'azote, lorsqii'ellcs SOIIL comp~btcii-iciit épurbes pai8 tlcs solations tle potassc oii de sourle caiisliqiic : elles pcuvcii~nlors pucndrc, soiis ICS iilfliic~ncescoilil~iilbesele l'iode et de l'acidc siilfiiriqiic, Ia coloratioi~ violclte inicilse, indice tle la présciicc e~ (Ic la <lbsagrép l i o i i de la ccllulosc, cloiit elles pr6sciiteiil la coinposition. l i i r l'ari I V , 13oiiilloii-Lngrange, traii:iiit lc libgc p a r l'acicle azotique, ol)sci~va í'oriiiaiioii d'iiiic sii1)slaiioc çraisbeuse aiialoIa giie à iiiio rbsiiic, dc l'aciclc siibéricluc, ct Ia coinbinriisoii dc cet acide svec Ia potassc (Ar~rrn/~,schil~zic,1. XXILI, 13. 42). Ces rlc rbsultnts oiit pari1 tlouteux. M. Clicvrcui, d:iiis iiii tmvaii C~cridu c t 1)rCcis, a coiistatc': tlans Ic likgc les sii1)slanccs suiviiii~es:

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Péligot a recoiiiiii quc t l ~ s truitenieiits rCitéi.Cs pnr la patnesc diniiiiiicnt gnidrirlleniciit lcs propnrti~ns niatibrcs azotCes, inais sniis poiivoir de

(7M.

La subêi.ine blaiiche, compressible, iiiflammable, doilne des l~rodui~s buileux et amnioiiiacaux à Ia distillntiou, et se convertit partielleinent en acide subérique soiis l'influence de l'acide azotique (Alzlznles de chinzie, t . LXII, p. 323). M. Boussirigault a retiré clu liCge par l'étliei. une substance blancbe, résineiise, cristallisable, c o i i ~ ~ o s de C. 82,G; I-I. 11,2; 0. 6 , 2 . Le traitement cle ée Ia subkriile par la potasse lui a laissé uii résidu qii'il coiisidbre comme ligneux (celliilose). En étncliant moi-mkme les faits relatifs à la composition cliiniique des orçanismes végétaux, j'avais, dès 1839, aiialysé Ia matière grasse dii hdge (Rccueil des snr~a~tts étl-arrge~.s, t. IX, p. 32 et 112 L 122), reconnu Ia loi çtinérnle rle la présence cl'une matière azotée tr&s-r4sisia11tedans les membranes si~~erficiellcs, cuticule ou épiderme cle toutcs les parties tles plantes, p~iis cli:montr4 que des iiiatihres grasses s'y rencontrent constainrnei~taussi ; qii'enfin ces m:itières organiques, sous I'iiiflueiice dc Ia vic, s'insiiiueilt dans 1'6paisseur des mciizbrane~ cell~ilose,accidentellenient privées de Ia. cuticule cle oii clu tissu épidermiqiie (*). En 1850, Mitscllerlicli, portant ses proí'oiides investig.ations siir'le likge , l'épiderine de la ponime de terre et Ia cuticule ,de l'dtoa? lingun, en obtiiit, par Ia rèaction de l'acide azotique, une série d'acides dont les derniers terines fiireri~l'acide subérique et l'acide succinique. L'analyse élkment:iire lui dbmontra dans I'èpiclerme de Ia poiiime de terre, d6cluccioii faite de la cellulose, 2,93 d'azote pour 100, et daiis le périderme .1,50. Sur 100 cle liége , traité par l'acide azotique, 3Iitscherlich a obtenn 39,S7 d'uii acirle gras et 2,55 rle cellulose (**). 'routes ces reclierches expérimentales tencleilt à prouver que Ia ccompositioii iillimc des membraiies qui enveloppent les végétaux est fort coinplexe, bien qu'elle piiissc toujours se reprdsentcr, dans uue loi géiiérale que je crois avoir établie, par de la ccllulose injectee de substances azotkes, grasses et minérales. En étudiaiit pliis à fond la compositioil de la ciiticule, d'un fruit vo-

Ies kliminer complétemeiit, car oii enlkve aussi uiie pnrtie de IR celliiilose ou tles sul>stanoesiiori azotées. (*) J'nvais alors troiiv6 pour 100 ile matière organique, clnns 1'8pitlerinr il'une poinme de terre, 2,42 cl'azote; claiis I'épiderme d'iin jeuiie C~ictus, 2,059; dnns In ciiticiiie c2'un ~ a c t i po*nuio~~risdeiix niis, 2,75. ~s de (**) Jo~rtnnl /~l~nriizucie, XIX, fbvrier 1851. c/c t.

lumilieux (Czicu~-bitn pepo) (*), Li I'aide tle rlivers diçsolvai~tç (alcool, benziiie, étlier, sulfure tle carbone, acirle ac8tiqLle, aminoiiiaque, acide chlorhydric~ueétendu), j'y ai rcconiiu les çribatanccs suivantes : trois inatières grasses, dont une solide, fusihle t i SS0,soluble seulerneiit claiis le sulfiirc dc cerboiie ;uiie iiiatiL:re organique soliible dnns les acides, d ~ pectate et du phosphate de i cllaux et de inagiiésie, dc la cellulose, de ia silice ; une n~atière azotèe coritenue clai~s risidu insoliible e repr8sentEe par 2,12 le L d'azote pour 100, m6ine npròs 1:i réaction h froid de Ia potasse et des lavages à l'cau. (Co~ril~tes ~ l c l n s , AcadGmic cles scicrices, re 1859, p. 772 et 893,) O1 voii. que les envcloppes épi<lermiques cles v4çé~acixont 1 iine composition plus compliqriée que les enveloppes ailiinales ; clles correspoiidellt, sous ce rnpport, aux priilcipes iinmédiats formes par lcs plantes en I~eaiicoup plus grand nombre que cliez les ai~imaux, cliose hien rcinarq~iable, et, lorsque après avoir extrait de Ia meml~raiie épideriniqiic (cuticole oii kpiderine) Ia plus gi'ande partie des mntières grnsses (pnr les dissolvants spkciaux), dcs sels calcaires et de la cellulose (c'est-&-dire par l'acirle chlorliydriquc étendu ct le clissolvan~ Scliwcitzer), eufin des made tières azotées par une solutioii clc potasse caustique à froid, ce qui reste o f i e eiicore une mcmbrat~csouple contenai-i~ une matihre Iiytlrocarhurkc C L une proportion d'nzolc k p l e à 0,02, Teprksciitaiit 1 3 ceiitièmes cie soii poids d'iine ma~ière nzotée aeutre cle I'orginisme. Tout vieiit clonc conco~irir d k m o r i ~ r e ~ mih au lieu des yrincipcs iinmédiats iiombreiix, coristituant les cnvelop~ e vegdtales, suliércuses ou é1~ideriiiipiies,la loi geiléralc qui s réunit ces principes en quatre groiipes de substa~ices azo~dcs : grasses, miiiéralcs ct cellulosc.

,

G. Esssis clcs ri15 ct tissiis il'origiiio vcigctslo

ct niiiiiinlo.

Lcs substances filamen~ciiscs cl'origine animale diflèrent cles fibrcs végklales par leur composition quatcrnaire, ei. %Ia forte pro~ortioizqu'ellcs rcnferment du c~ua~ribme élémerit, l'azote.
(*) Cctte 1neriil)rniie épnisse, ofri-nnt cles ~rolongemciitsl:iniellc~~x insiri~1i.s elitrc ies oeil~ilcssoiis-j;iaeiiles, et tini, parfois, se rcjoigiicrit eiitre cux, inotitic ~iiic sortc cle ti-aiisitiori eillre i a cuticulc presqoc uiiie ct l'kpiderme furiné de cellules h mirices pnrois.

Elles soiit faciles á distiiiguei*les unes des autres : car, ~ a n d ique s la plupart des substances $origine animalc se dissolveiil Eacileiiieut dans une lessive alcaliile bouillante (contenliiit polir 100 d'eau, 5 i 10 cle soude ou de potasse caustic~ue), fibres d'oriles gine vêgétale i-ie sont, dans les mêmes cii.coiistances, que faiblenient attaquees, puisclue la ccllulose fortement agrégée qui les compose resiste i cet agent. Ainsi, pour rcconnnitikela prksence et les propo~tioiis fils cle liil, de clianvre ou de coton intercades lés dans la cliaiiie ou dans la trame d'un tissii de laine ou clesoie, ~ i comptera çous une loupe inontée le nombre de fils de cliaiiie i e t cle trame dans un carré de 5 millim&tres íle còlé; oii fera bouillir le tissu dans une solution contenaiit 10 pour 100 de soude ou de potasse caustiqlie : si Ia tolalite du tissu est ea laiile ou eii soie, sa dissolution sera complbte; si zirie par& des fils de la trame e t cle la cliaine sont en lin, chanvre ou cotoii, ces fils rksistei-ont seuls, et i1 suffira de les compter sous Ia loupe p011r appprécier lcur nombre e t leur proportioli dans iiiie surface doiiiiée. 0 1 poiirrait constaler leur proportion ponclérale 1 ea les tavailt, leç pesant dessCcliíis, et co~iiparantleur poids avec celui du tissn pesé avaat la réactioii de l'alcali. I1 est cl'nilleurs Eacile de distinguer les fils et les tissns de soie de ceux clui soiit en laine; ces derniers, conteiiailt clu soufre, prennent une coloratioii brune clnns une solu~ioii plombite de soude (*); iaildis de que les preiniers (de soie) ne se. colorent pas clans Ia nlêine solutio11 . f M ~ ~ í ? ? i ~distil~gue?~ filrrsses, fils et tisszls de c/~~lrto?.e p ~ r ~ l . les el de l i n , eles produits ~utnlogries prooetznizt dzi 1)lioriiiium teaax et tZrc jute (Co~.cho~.zis cn~xsul(il.is). Les substances organiques ncllierentes d Ia cellulose (matihres azotées, grasses, résinoldes, e ~ c . ) variables daris les esphces végétales, peuvent pnrfois , ktablir des carncthres spkciaux sous i'infiiieiice de certains rbnctifs. M. Vinceiit, pliarmacieii dc la marine, est parvenn t reconi

-

(*) On prépiire cette sol~~iioii faisnnt bouillir dans l'eau conteiiailt 0,l de e1 1 potnsse on de soucle c:iustir~ue,0,15 de litliarge. 1.e liquidc, refroicli et Gltré, dons leque1 ou iiiimerge les filninenis, Gls ou tissus Q cssa-yer, colorc eii l~riin objets eii Inine, comnie il tciiirlrnit lea les plumrs, les poils, clieueux, criiis, l'éI~iclerme,Ia peaii, les oi~gles, Glire riiusriilaire , all,~~miiie casbiiie, tandis qu'il laisse incolores Ia soie, les os, les , Iibres cles tciic2oiis, les envelop1:es des crusiacés et cles inseoies, l'ivoii:c, la gélatiiie, I'iclitlij ocolle; iliie douce température de 40 B 45O Iii2te ln rbaction.

iiaftre Ia prkseilce dcs fils de Pltor/nianz tenas par lcs lwoc&cl6s siiivants : 011 ploi~geali iilstaiit les fils o11 tissus à cssayor daizs l'acide azotique h 3G0 coiiteiinnt de l'ncide Iiypo:\zo~iqiic n~issi~òt; ; une coloratioii roogc sc prorioricc siir les p1~otliiit.sdii pliormium é c i ~ ~ s incoiiipldt.emcilt l~laiidiis,t~iiiclisqii'iii~c coloou raiion iiisensible oii trCs-1c:gùre a licu siir lrs fils tlc lin ct. clc cbanvre. Une réact.ioii]iIus maniScste se prorioilcc h I'nidc du ~ii.ocCd6 suivailt dii iiiCine niitciir. 0 1 ploizge Ics fils ou ~issastlaiis ui-ic 1 soliit.ioii saturEe de cIilore; si l'ori doutc qric ln cliaiiic cl Ia trame d'un, tissu soiciii í'o1,in6cs dc fils seml)liil)lcs, oii cillbve cjuelques fils de e1i:icjue cole de l'angle tl'uti pelil ciirpi! d u tissn, aGiz de inettre en s:iillie la traiiic sur u ~ 1)or.d O L i la cliatiie srir l'aui.1-c ljorcl; aprhs iinc ~niiiule d'iini~icrsioii dniis le clilore, oii retire lcs échail~illoi~s, Ics C~ei;icZ o11 srir. tine açsiett.e dc porcelnine ci 1'oii.vci.sc siir clincun d'ciix qiielques gouties d'arnii~onia~ueles colora~iaiis : sl~Cciiilcsse proiioiicciii. a I'iristani, oil voit les procliiils (li1 l~lioriniiirii (c1 ceiix (li1 , j z ~ t c )ddvclopper une couleur i'oiige ~ i v c qiii dcvieii i soiiil,i.c et bruili~ une mii~ui.e les prodiiiLs tlcs c1i:iiivi.c~oi liiis , siticii ; vnnt les rnotlcs de roriissagc, iie pilcniiciiL dniis <:c1 rsstii cliic tles ~eintes fnuvcs, briines oraiigCos qui iic lirirvciil sc coiifoiidre nvcc la coloration roilgc vive cluc ai1 f ' / l o l s i ) l i l u ) l tencr,c; on comprei~dque toutcs ccs librcs coiiil)li:tcaiezil bliiii.61;~ pai~lusie~irs lessivnges et. passagcs ai1 clilorc iir doiiiiri,iiicii~liliir; de colo~atioiipar lcs coritacls siicccssifs dii clilorc ci tlc 1':iiiiinoninciiic, de l'air, ccs agciits ii'nyaiit d'cil'c~ coloi'atil rliio sirr des corps 81rangci's i\ 1;i celliilosc!, c1 iioii sur I;\ ccll~ilosc purc. P I * ~ I ~ I , L deIIn Irrino, ( / ( Lcolotr (4([c sole. - &i', (? I~s 13ai>rc!,wil n fnil coniia*ltrc clcs i~ioycns iiii.Ci.cssaiils tle si:parci3o r i d i s ~ i n ~ i i r i . les ~ r o i siiBs~nuces: Ia laiiic clti co~íiii l'íicitle clilorIiy~Ii.iq~c s pai, boiiil1ar.i~ cpi, pour ííiiisi rlirc, c'nlierrr (*) 10 co~oiisaiis aLLacl1ic.i. s e i ~ s i l ~ l c i ~Iael:~i~ic stiffi~ i ~ ~ t . ; i1 (l'i11ic:igi~:itioii~1~111s o11 (I'IIII 1'($;i 11ritlagc ri sec lioui* Sliiiiiiici. cnsiiilc I(: colo~i:ritisi [~til~?~risia,
(') L'iioiclc c'liloi~li~clriqric ~criililn ~irocltiirc.(:(:i: cl'fi:~ oii clissolvniit Iii rni: poriioii riioiii!, ;igr~gdc 1;i cc!lluIo!;c: qrii i i i i i t , soiiiie, cix c[iiclqiic s«rt(!, ll(i!it ilc A Iiniit, Ics ccllulea ;illoii~c!cs tloiii: I':itiseiiilil:i~ciSorinc'lcs loiigiic?~lil~rcs
texiilcs, cliiirs Ic (!otoii coiiiiiic
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l i i i c,t

Ic ohiiii~rc,

3O

CELLULOSE.

Dans les essais des tissus mélaligks de soie et cle laine, on parvient i èliminer, et, jusqu'h un certaiil point, k doser, par difference, l a soie que peut rapiclcment clissoiidre ou clésagréger à froirl l'acide azotique ordinaire (Az Ob, GHO), tandis qii'il n'attaque pas sensiblenient la laine, en quelques minutes clu moins.

O. Assaiiiissemcnt ù i ~ rouissage d i i lin et d u clianvilc.

On pratique en Arri&riqueet l'on a clepuis plusieui~sannées introduit daus des exploitations agricoles en Irlande un mode cle rouissage exempt dcs inconvénieiits graves, pour la salubrité, clu rouissage. Ce l~rocédé,coiliiu sous le nom cle Sclienk, son auteur, a éti. iniporté avec quelques améliora~iansA Belfast, eii Irlaiide, par MM. Bernard et Coclr, ingénieurs f~~aiigaisde ; noiiveaux perfectionnemeilts y ont été apportés par MM. Scrive, man~ifactiiriersà Lille ; une moilification heureuse y f ~ intro~ t duite d'aprks une disposition imaginée pour une aiitre nlétliode par M. Watt ; enfin, i'association poiir'le progi.6~de Ia culture, cln rouissage et du travail du li11 en Irlande cst parvenue h diriger convenal~lementIa culture, Ia récolte , Ia conserva tioii, le rouissage, le teillage et le peigaage du lin. Voici les principal!~ précautions h preildre polir assiirer Ic succès de ces opérations. I,e lin, cultivé en lignes dans de bonnes terres l ~ i e fiiinées, et, i~ s'il y a lieu, assaiilies par le clrainage, doit ktre récolté lorsqiie les graines sont formées sans être mures : alors les tiges, de eoul leur jaunc près du sol, sont verdfitres eiicore dans leur ilioitic; sul~érieiire.On arrache les pieds et o11 les niaiiitient debout sur le sol ea appiiyant une rangée sur une autre iiiclinée en seas contraire. Dans cette position, la graiiie miiril aux dépens cles sucs restés depuis le miliea jiisqn'au somnlet dcs tigcs; les fibrcs elles-niêmes acquikrent plus de force peiidailt cette sorte de maturation de la plante, tandis r ~ i i ' Ia partie ii.ií'éi~ieureelles i se dessècl-ient et a e s'altèrent pas, mêine sous l'influence de pluies passaçkres. I,e lin inis ea bottes esi trailsporté à l'tisiilc, oii on le conserye à l'abri, soit en meules, soit sous des liangars. La prcmiiw opération qu'oii l u i faitsubir consisie dans l'égrenage, eu passant le liaut clcs liges, pai9poignées,eiltrc dcuxrori-

leaux (*) : les capsules friablcs, facilement Iwisées, tombeiit clans nne auge au-dessous et laissciit échapller la grninc, que I'on épore par une veiitilatioii directe. Les tiges soiit alors rangées, clebout et serrées, sur le faux-foilJ troui! de cuves spéciales. On place dessus u n grillage en bois : pour rnaiiltei~irle lin imn~crgé o11 fait arriver de l'eau cliauffée 21 36' ceritésiinaux, de i'acon ii I~aigner toutesles tiges et dEpasscr m h e le iiiveau clu grillege ; I~ieiitbt, sous l'influciicc cle la tempera cure d'envii-oii 25 o daiis toute la. massc , tine fernientation acicliilc se dkveloppe, cl6gageailt de l'nlcool, des gaz aciJes (uii acide gras volatil i odeur fhtidc, reconnu par i 1 Çbevreul) c t V. cles traces d'acide s~ilfllydri~iie. Alors on rcnouvclle l'eau par de petils filcts s'ii~~roduisant le fi~~ix-fond, milieu cle la sous an Iiauteur el iIa partie supbrieiirc de Ia c11ve.e~soreaiit: par uii trop-pleiii à la supei*ficie. Co coiirant d'cau tibde r6giilarise Ia teinpéra~ii~e toiites les pnrties de Ia inasse ; la portion que daiis 1'011 dirige p a ~ robinct, nu iiiveau du liqiiicle, cliasse vcrs le uii trop-plciii I ' é ~ u n i c l ~ r u i ~ e s u ~ ~ e r f i cAuhoii~ 72 i 9G lieures, i c l l c . de suivnnt cjii'on n cmployk de I'eau doucc ou de l'can s616iiitcusc, le roiiissage es1 coniplc~;on s'en assiire eii casstint cliiclqucs tiges ct coiistakiiil cliie les fibres cor~icaless'eo séparei11 llvisfaciieincr.~ loule la longiieur. sui. Lc liquide esL alors elitibrerneilt 6vacuÊ; le lin, enlevé par brassi!es, esl dircctcincnt passh cnlrc lcs quai.rc roiileaux cl'iliic sorte de lanlinoir coii~iniiellc~~leiit arrosi: p:ir de nombreux jeis cl'cau ~ o n i b a icri pliiie qui 6lirniiic lc liqiiide eiigagi: dans Ics i~ lissus, l'acitle l~ecticl~ie qiiclques a u ~ i ~ c s et inalicrcs 6trangL:ies e n cmiilsioii. Lc liii aitisi cssorC est dcssiiclib dans tili sCclioir i courauls rl'air ; la clcssicca~ioii csL ~ci)niiiiée 12 liciircs à cii I'Cl~ive. 011 passe lcs ~iges ailisi apliilies ct dessécliCes ei-ilrccinq paires dc rci~ilctitix caiincl6s qiii conclassc!nL ln cJd~ier~oltc parlie li-. oii gncusc. 0 1 laissc ciisuite pcutlnii~2 ou 3 mois eil riiagasiii re1 pr~lcdrc pcu d'liuniiclitó pour bviicr cluc les fibres ~ r u l shclies iin i soiciil cassaiites. 11 iic reste plus ciii'h eí'fectiit~r1111 teillagc iiikcailique ci, Ic pc~igiiage usiiel pour obteliir IU filasse du liri daiis dc 1)onucs coiitlitioiis.
Toiitcb oiit 16 h 20 cciilinii.ircs ; ila soiit disposés Ic roulciiu sul>i'i.iciir, cloiit I'nxc est 1il)rc Jiiiia dcs oii\ciiiri3eu:illoiig6(~s, ii';lgit ~ L I Clinr boi1 ltoids.

(') C:es

i.ciiilc;iiis

ci.cw.

(lii

coiiiiitc (I;iiis uii Iiiiiriiioii. ;

Ce prockdk previeilt les causes graves d'iiisalubrité ct les fièvres endkmiq~icsc~~i'occasioiine rouissage putride par imle ii~ersioli dails les mares, fossés ou autres eaux stagnan.tes ; Ia iibre est iliicux nlénagée et l'opki-atioii renclue plus facilc à réguIariser maiiu facturièremeiit

r).

(*) Un seu1 olisiacle p r a i t s'oliposer i l'exteiisioii. tle cette in6tliorle : il i tient niix nrrniitnges olitenus par les liabitniits cles cnmpngnes qui effeclueiit enx-mkmes le rouissage aux eiivirons de leiir demeiirc, cnr ils se prociireiit ainsi u n trnvnil utile, bien que fnililemerit rétribiié,poiir les temps d'liiver employés nii teillagc. Dans les roiitoirs alanchéibs clcs eiiviroiis ele Bologne oii l'cnu se renou" velie h uii 6tnt de {meti. et iiiie lempérature coiivenal)les, se trouveiit rélinies les coiirlitioiis fnvorables qiii permettcnt tl'ol~tciiir, en quelque sorte iinturellement, les cli:iiivres justciiient estini6s sous le noni dc ceile loc:ilité. M. A. Scrive, tle Lillc, gérant cl'uiie Sociéti.iiidnsti~ielle, foiirl6eii AlgCrie, a sur 8 4 1lect;ii.e~ terre, I:i cn1tui.e elii liii et uii étnhlissemciit destiné au triiiile teiiient cles prorluits. Eii 1863, 1;) SocielC ri.coltn presqiie autaiit de liii c~iieies 51 ~ilaiiteursét;iliIis I'aiiiiCc ~-irécí.deiilc, ilorit les cultiircs. sur 95 liectnrcs, ct eii 1862, cloiiiikrenl 231 876 Iiilogr.' rle iiges. Uans I'usiiie gar:iiitie de i'ardeur du. solei1 (ti-&-forte (liirant 8 mois) tout le travnil méc:inique s'effeciue nu iiroyeii d'urie rnncliiiie cle Ia force ele 25 clievaux. Qynnt nu rouissage, i1 a iieli rlans uiie petitc rivière nrtificielle oii les coiiditions d e tempérntiire moyeiiiie cle 20'3 et de rcrioiivellemciit d'c,au ci-tlessus iiicliquées soiit iiiéiiag6es en iitilistint à voloiité Ia chaleui, tle coiicleiisntioii ilniis le réserroir oii nrrive l'eaii cle source; les tiges de liii, d'aIiorcl ~oiimisesau hatteur-6grciieur, puis réuriies en gerlics, soiit ploiig6es verticaleriient tlaiis les compartiincnts cie ln rivihrc ct mnintciiues par eles trnvcrses sous une couelie cl'can dc 30 ceiitirn. 0 1laisse eii rcpos 1:i f(?rn~eii1 iatioii s'ttnlilir clurant 7 h 8 lieurcs; nlors oii ouvre les vaiiiieu d'eiitr6e et clc sortie de façon h ce que le cour:int se produisc vcrticalemeni. L'opéraiioii est clirighe d e fnçoii i mainieiiir daris le lic~oiileune réactioii noiíle. Lorsi c~u'elle est teriniiite (c'cst-ii-dire que 1c.s iilires teatilcs s'eiil6vent iiisi.nieiil), l'ouvrier évaciie 1'c:iii dn com~iartimeiit cii fermniit Ia vniine il'ciiirée et oiivraiit eii ciiiier In vniiiie cle sortie. Le lic~niclc se rí.p:ind alors dniis Ics p'nii ies h irriguer. Les l i g a de liii soiit retir6cs (111 coiiiynrtiineiit, 6teiiclucs è l'nii. 11nur Ctrc dess6cli6cs, liuis souriiises niix lirocédls nsuels de broyngr, teil1:igc et peignage mécaiiiclii~s. S i , cornme oii peiit I'es~i&rer,c1e sernl>laliles établissen~eiiis se Çondeiit c1 ]i'.os~i&rcnt eii iilgói.ie, iis apporteroiit U i l coilcours pr6cicux Ia coloiiis;iiioii cle ce vaste dil>ai~tcniciltfratiqziis ; et grite h iiotre ~irécloniiiiaiice maritime toiite iiatiirelle stir Ia Méditerr:inbe, nux grandes cninrnniiic:iíioiis ouvertes par l'istlime de Suez, eiiliii aprbs lcs omeliora~ioiisdes roiireu ílniis nos possessioiis nlgt.rieiiiies, oii verrn rennltrc rlaiis ces belles proviiices l'aiitique spleiitleur tlr In eloiiiiii:itioii rornaiiie. (Notice 1i;ir N. Scrive, 1867.)

1.

Sib~lLnEs COMPOS~~S PECTIQUES DANS LES PLANTES. 2. PPCTASE. 3 . COMPOSITION ET P R O P R I ~ T DICS MATIBRES PBCTIQUES. ~S 4. PBCTOSB. 5. PECTINE. 6. PAiiAPECTINE. 7. ACIDE PRCTOSiQUE. 8. ACIDE PBCTIQUE. O . ACIDE PARAPECTIQUB. 10. ACTION nE LA CHALBUR S U R LPS FRUITS A PàIIICAnpE CHAnNU. 11. MATURA'PION DES PRUITS. 12. G ~ ~ L O S E . 13. CUBILOSE (NIBS DE SAI.ANGANES). 14. DJALOSE. 15. APIINI,

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a . Sic'gc

dos compasés ~)cctiqiiCsdaits lcs pla~iics.

En divcrses circonstai~ceso11 coilstate Ia présence de comde la pcctose dans les Lissus vkgktaux, interpos4s entre les cellules q~i'ils agglutinenl les uncs aux autres (*), Pour ine~tre fait eii évirlence, i1 suflit, par cxemple, dc JIbcoi~per ce en roiiclclles tri:s-ininccs (de I 011 2 millirnètresj clcs tiil>ercules dc pomrnes clc terrc, des raciiles charnues de paiiais, de betteravcs, des tissus épidcrmiques sous la cli~iculc Cac~iis,etc. (**), des
P O S ~ Spec~iques ou

(*) Dniis ln sdnricc (lu 17 nvril 18213 de ln Sociktópl~ilornnti~uc, fnit conj'ni iiiiitre plusicurs l~riiicipcs imiii6dints coliteiius claiis lcs tissus sous-épiclermit ~ ~ i ile ln ríiciiic de I'Aylni~tlia~ es glaii~~irlosc, iiolariliiicnt cl'iiiie sul)s!niicc &éct lntiiicuse sc coinl~iiiaiit:ivec 1'amnioni:iqiie d'oii o n la sépnrc eii gclée par les ncides. Cc procéclé d'extraotioii ii Fr-oid est eiicorc uri dcs plus s i i ~ i ~ l quc es j';iic riiil)lo~ poiir rxcríiire Ia liectiiie et l':lcide licctiqiic clcs riiilpcs cle bcltei. ravcs 1nvfic.s. (Jorrr~inl c/iiri~i<~ r/<! r~lidicolo,t . 1; A~zrlnles dc rkiniir, t. XXVI, 1). 329 ;Biclio~o~oni~c d/vgrlr~, dc~s Clicvrilier e1 h. Riclinrd, I . 11,articlc Gsr.6~s.) i3r:icniiiiot a rxtrtiit l'nciclc prrtic[ue clc pliisicars6corces et dcspullics d e fruits ; il n rccoiiiiu.(.I~i~ic~lrschinlic, 1825, 11.96) qur les pcctnics sol~il~les déde sont conilios6s ct se I~rCcijii~erit gclée linr ~ilosicurs ter.rclix o u m4trilliqiirs , cii scls rric2iiic par Ic suiftitc de uliiiux en soiulioii snIiii.4~ en I ~ i ~ u i l r c ; ou qci'uil cxcks dYalcaIidaiis nn pectntc nlcalin aong~ilccclui-ci, qlii IIC reclcvicnt solul~lc cyue T>:W "11 Iiiviige sufiisiiii t ; ~ L I l'nciilc ~~cctiqiic gcléc sc liqiiéfic par q~i<.lques C cii gouttrs d'niii~noiiiaq~~r : cc~tc solutioii , évnporée h sicoité, laisse uil s~irpcctuic cl'i~iriirioiiiiiq~:~ se gonllc, se diesoot dniis l'cnu cii l'Êl~aississni~l qui et i.»ugit sciisililcrnc~iit loiiriicsol. I1 n ~lbcritpliisieu~aprocécICs cle prépainle tioii des gciécs nlimriil;iii,cs avec l'ncide pc~ctic~~io. Q~i'riifiii, Yncide pecti(1tic est trniieroi~mécii iicitlcs miicic[iic et oxnlicl~ic]):ir l'ncide neotiquc. (**) ?'ubeYciilcs, raoiiics, i.corces, rciiillcs, rrriits, iuniti riori d~ins cnrps lc ligiicux proprcrneiil dit ilcs arbreu ct nrhusteu, iii daiis lc tissu dii ~iérispernic ilcs fruits dii 1)1iyt6lépliiis; Ics su1)staiices liectiqiies n c se rcncoiitrcilt cloiic pas, j 1)e;iucuiip prbs, dniis to~isJes tissus cles plantes. C I I I ~ I I I ?I N U U ~ T I ~ . 113

34

SUBSTANCES PECTIQUES.

delaver ces tranclies jusqu'i èpuisement pai*l'eau distillFe,yuis de les teilir pendant 15 i 30 jours dans l'acide cl~lorliydrique etendn de 9 & 1 O voliiines d'eau, i Ia température cle -+ 15 i do0(*) ; si alors on clecante l'acicle (contenant du clilorure de calciiirn, si la sul>stance agglutinni~te était clu pectate de cllanx) pour souniettre les tranches i un comylet lavaçe par l'eau froide, tous ces tissus senihleront intacts , car leurs cellules resteront açglutin(ks entre elles conime avec les faisceaiix vasculaires et l'épiderme 0 1 Ia cuticule épidermique. Mais si l'oii ajoiitc i 1 l'ea~iclui lcs baigne 4 i 6 centièmes d'ailirnoniac~ue,cetle l~ase, bout de au quelqnes minutes, sesa comlsinke avec l'acide pecticjne et le pactate forrriè dissous, laissant la plupart des cellules saiis ndhèi,ence ; dès qii'on agitera le mélange, elles se sépareront les unes des nutres, airisi que de l'kpiderme ou de Ia culicule deineurks intacts. Ces cellules, faciles i observes sous le riiicroscope, restent reniplies de Icurs grailules nmylacks, loi~squ'clles appartienaent nux tulierciiles fèculeiits (voy. les chapitres F É c r i ~ uDE
POBIWE DE TERRE;

SUCRE DB

DETTERAVES).

2. Pcctasc.

Avarit de décrire les substances pectiq~iesiious signalerons uii principe actif iacristalliaable annlogue z i Ia diastase(**), c'eslB clire cjui exerce un niocle d'actioli du mbiilc geilre pour trniisformer Ia pectose en acide pectosique etpectiqiie. Ln peclase sc rencoiilre h l'état solable et insoluble (Fréiiiy). Les betteraves, les carotteç et d'aulres racines contieiliient de la pcctase dissoute, car leur suc peut transfor~nerIa pectine en ncirle pectique La peciase est i l'état insoluble dans les pulpcs cles pomiiies vertes, czr ces pulpes Invées ~niscçeii coiitaci avec la pectiile Ia font prcnclrc cii gelce en procliiisriilt les deux acidcs gélatiriiiorines : acide pecliq~ieet acide pectosiqiie.
(*) La péiií.~riilioiiinirnccllulaire est pliis prompte h celLe dcriiihrc températlire; oii peiit cl'ailleiirs laisser se proloiigcr le contael de l'ncide cliira~it six mois Ia tempérntui e orclinnire sans observer dc cliangeinents iiotal)les daiis les rCsiiltats d e ces expéric~ices,de merne que s'il s'ngit cles lames ile la moelle d'drcilio pnpyzifcrn, dite pnpicr de riz. (**) Del~uis dCcouverte de Ia diastase, qlii, skerktée prks clcs ~~i.~)81s Ia fheulents dniis les cé/é(rEes,plris d&veloppéelors delii germinatioli ; que i'on rencontre, aiissi, prks de4 I~oiirgeonscles pommes cle tcrre et tle plusieui~s nrlirea, qlii provoqiic la dissoluíion et lo trniisformatioii de l'arniclon ri] clcxtriiie e1 glticose, 01% R C O ~ I S I U ~ C Ilexi~teiice prineipes actifs suivanls : dnns les ainniides des

GI?J,OSIS, DIALOSE ET CUBILOSE.

35:

La pectase solnble devieiit itisoluble ai1 'contact de l'alcool Le'précipité Iavá peut coaguler Ia pec~iiie tandis que le liquide est inerte. La pectase, en solu~ioii dans l'eau, se décompose, est attac~uée desvégétatiolis cryplogamiques (nzoisissures):elle a par perdu alors sa propriitc de réagir siir Ia pectine; l'éhnllitioii proloagée de sa soliit~oiiaquciise paralyse égalemeut soii actioii .

.

Eii se basnnl sui les trnvaux antérieui.~ précités, M. Frémy a fait tine étude plus complèle de ceç siibs~aiices nous donne(*); rons ici les priiicipnux résultats de I'ensemblc de ces travaiix en y a j o u ~ a ~ a faits plus rbcenimeiit acquis h la science. cldes Ainsi qu'uii asscz gr:i~idnombre de principes irnmédiats cxtraits des 01-ganismes soit végdtaux, soit aiiirnaux (aini!oil, clcxtrine, cellulose, iiiuline, gomiiies, gélose, clialosc, cubilose, glutiiie, fibririe, albtamiiie, gflatine, choiidriiie, etc.), les ninlikres ~ectiquessoiit iilcristallisables; pliisieiirs soiit. susceptibles de preildrc une consis~aiice gelée (acides pectiqiie et pectosiclue) de ca reteiiant soiis cette foriiic jusqn'ti 100 fois et au deli I c u ~ poids d'eau : propriété reinarcinnblc il'où elles oiit tire clBs 1'01.igi.e leur rioiii, mais qui clcpuis a (5tC dkcouverle avec des proprielés diKéreiites cliez cl'aii~res principes iiilmédiiils (gélose, dialosc : v-. pliis loiii), ct qui il'esl pas sans arialogic avec I'élat gélatiiieux de cliiclqiies siibslances rnii~éralesaiicieiineinent coriiliies (aluiriiiic c1 silice eii gelke).

Cettc substniicc li's pu B~reisolde jusqa'h ce joili., soil oxisteiice se déduit de la production des aiitres composds pccnliibrcs, Ia s rinlitnsc ngissniit slir l'nmygclnliiic pour prodiiire tine esseiice spéciaic (cli~c i$;\;imandcs nnihrcs) ; iInlis Ic< sues d e i'csioniiiu (ol>oncliiinmeni 56crbtPs, aurtoul lors clc l'ingrslion ilcs alin~cnls), 1ti 11cpsinc ou gnslcrasc qoi dbsiigrége et clissoiii ~);irtiellcmeiitles iiss~isrnusciilnires, teiidiiiciix, ci l'alIiumine congu1i.e : ces principes nctifs 0111 éld isolés pliis oit moiiis purs à l'aicle de procSi1és niinlogues h ceiix q ~ i nous onl pcrriris d'cxtrairc ln dinsi tnse de l'orge germbe. Tontcs ces rbnclioiis biicrgirlucs, bicn qii'ellcs soient dus B der corps neutrcs, s'cffcctucnt sans ddgnpmciit gaz. (*) Reclierclics siir l'iici~lepcolic~iic,scs cli.riv6s e1 1:i ~naiui-atioii fruits. cles ( A ~ , n n l e sde cliiinie c1 do ~ I L T S ~C\ Z L B , de ahin~ie ~ Trfiité @rzh,alo, 1863.)
il(8

tiques : pecline, acirles pectosiqoe, pcctiqoe, etc,, a~ixqiiels 011 a d b supposar qu'elle doiiiie n.i'issance. , On a reiicontré ia pectose clans certaiiies racines (navets, carottes, etc.) et dans les pulpes dcs fruits verts; elle se trailsforine en pectine sous l'influence sirnultaiiée des acides et de la clialeur. M&me par l'acide chlorliydrique coiiceiitré froid et durailtplusieurs jours, Ies pnlpes de racines ii'oilt pas donné de pectioe, tandis qu'uoe ébullitioii dc quelques iilstaiits de ces pulpes avec l'eaulég&rement acide traiisforiiic eii pectine lapectosc qui n'avait froirl et coiiceiltré. C'cst pas été altéree par l'acidc clilorhydriq~ie la pectose clui rlonne aux friiits vcrts Icur dureté; ceux-ci s'amolisseni; lorscliie par Ia ninturatioii ou par ia cuissoii la peclosc dans ces fruits se cliailge e11 pectine.

Ce principc iminédiat, qui ne prbcxiste pns daiis les fruits verts, des se forme par la réactioi~ acides maliquc et citrirliie sur lapectose pendant la cuisson de ces fruits et l'El~ullitionj*) pulpes cles d e naveis ou de carotles avec de l'ea~i faiblemene acide; Ia prèpnration dc Ia pectine cst pl~isiiicile eii agissan~sur des fruits milrs : o11 soumet h une pressioii éilergiqiie la pulpe de poircs très-mures, oii filtrc le jus, on précipi~e cliaux par l'acide oxaIa licIuc; l'alliiimine est alors prkcil~itée par iirie forte solulioii dc tanin. Le liquide clair est traité par l'alcool cpi separe la pecliiic sous forme de filamcnts niucilagineux ; lavée par l'alcool , puis redissouts h froid daus l'eau, précipitée de ilouveau par l'alcool, cette opératioii est rip8tEe quatrc ou cinq h i s jusqii'i ce que les &accifs ne maniiestent plus la présence des maticres sucrées iii cles acides clans le liquide alcooliqiic. La pectiiie purc rcpréseilt6e par C'' H4O 066 8110, est iiicolore, iiicrisiallisable, solublc dans l'eau , précipitbc par l'alcool, cu. iilarnenls iiiucilagiiieux lorsyue sn solu~ioii conceiltrée et soiis est forme de gelke muqueuse si Ia solutioii est Ctend~ie;l'acétate de
(*) J'ai ccpeiiclant ohtenu Facilemeiit Ia pectine cle fruits e t de racines tulierc~ile~~scs eii pzilpe, épuisée pap l'eau et pressée, eil traitant cespcilri.duits pcs h la tcrnpCrature ordiiinire par l'acide cblorliydriq~ie6tciidu cle 10 pariies cl'cau. (saiis excédcr Ia qiianiité de ceite solution que 1)ciit nbsorber spontaiibiuciit Ia prillic.). ALI Iioiri cl'iiiic ou deux Iieures, ci, mieiix ericoi.e, de quelcpes ~OUI-S, le liqiiiclr ol)teiiii par ~>ressioii! passé ali travei's (I'iin filtre, doniic dirrc~emciit l'nlcool uii précipiié iiiiicilagiiieiix. par

G ~ L O S E ,DIALOSE ET CUBILOSE.

37

ploirib inonobasique ne la psécipite que si elle renf'erme cle Ia l)aral>ectine ; l'acétatc de plomb triliasique la précipite entièreiiieilt. Les ],ases alcalincs, Ia chaiix, la magiiksie la transforment en pectates qui dácomposés par un acidc doane une gelée d'acide pectiquc; Ia pectine il'excrce pas d'influence siir le plan de polarisation de la lumière polarisee; les acides Ia traiisformeiit en acide métapectique; Ia pcctase la cliange eii acides pectosique et pectique.

L pectine se transforme par l'ébullitioii ílans l'enu en para! pecline en perclant sol1 aspect gonimeux. La i~onvelle subst~nce est iiicristallisable, ilentre, prlcipitablc par l'alcool sons forme de gelée diaphnnc; clle se disting~iecle Ia pcctiilc en ce qu'elle est prbcipilée par l'acétatc cle ploinb monohasic~ue;elle pent se coiiibiiler avec 1 ou avec 2 ecíuivaleilts cl'oxyde de plomb. La parapectiile clessécliée ri 10CP a Ia nciêmc composition cjue Ia pectine, mais clle perd cle l'can h 140' et se rcprbseil~e alors par C6"116G 06', comme dans sn coml~i~iaison l'oxydc de ploinb. avec La I ~ w a p c c ~ i n c soumise a l'ébiilli~ioiz avec uii acicle Ctendu se chtinse en uri acide faible (ou acitlc parnpec~inique) )rEcipi~ablc '! par l'alcool forinant cles pccta~csavec lcs l~nses rilcali~ics,isomériqlie nvcc Ia pecliile C L Ia parapecline, mais prdcipité par le chlorure de baryuin qui ne pr6cipilc pas les deux autres sol~stances o r p niques.

Cct aciclc cst inso1ul)le eil préseilcc des acides e1 trds-peu soluble claiis l'eau purc d froicl ; i1 (lorina tl:ins l'ca~ià 10O0 une solu~ioii qui se preiid eil gclác par lc refroiclisseincnt. L'caix I~ouillantc le transforinc rnl?idciiici~t cn aciclc pccticlue, cle inème quc Ia pcclase à froid ct lcs bascs alcalines en excds. L'iiciclc pec~osic[iie pi*od~iil froitl par l'nclion dcs solutions sc i élenducs dc potassc de soude ca~istiquc ou carl,onat6es ct d'aniilioiiinc~ue sult Ia pcc~iiic; lcs pectosni.es gélalinciix aiilsi f o ~ n ~ ácl~corn~~osás uii acidc donilcnl dc l'aciclc pectosiqne ; s, par celiii-ci s'obticii~cncore par Ia l?i~emidrc 18L:actiori de Ia pectasc sui. Ia pectine en solu~iori.Ida composition de i'acidc pcctosique est repráseil~ée par Ca2H2' SEIO; 1cs 2 Bq~ivalcntscl'cau 03" pciivent ê ~ r rcii~placéspar 2 équivalents de hnse. c

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SUBSTANCES PECTIQUES

.

Cet acide existe, comme iious l'avoas vu plus haut, ii l'état cle pectate de cl~aux; agglutine les cellules de pliisieurs tissus végéi1 taux (par exemple, dans Ia moelle dal'Arnlinpn~rifern); i1 se forme en outre par la réaction de la pectase soluble ou insoluble sur Ia pectiiie, en solutioil aqueuse 5. la tempésature de t 30'. L'acide pectiqiie gélatii~iforme insoluble clans l'eau froicle est ii peiile solublc dans l'eau à + 100'; ~iiaissi 1'011 fait bouillir ce 1118lange assez Ioilgtemps, dails un hallon ou la vapcur d'eau condensée retoinhe, i1 se change en un acide non çélatincux, déliquescent (acide parapectique); Ics alcalis e11 excès et m&mc les casbonates de soucle et de potasse peuveiit clianger l'acicle pectique en acide rnétape<:tique très-soluble. Les pectates alcaliiis décomposés par un acide clonnent une gelée d'acitle pectiqiie, e1 par une solution de chloriirc de calcium produisent uiie masse gelatiaeuse de pectate de chaux. On peiit prCparer l'acidc pcctiqne en faisant bouillir ln puIpe de carottes avec une solution élendcie de carbonate rle soiide ou d e potasse : le pectate alcalin résultant clc Ia rdacfioil précipitée sur Ia pectose se trouve en solotion ou. le precipite par du cliloiiire de calciuni; i1 se procluit du pectate de cl-iaux clii'oii lave le rnieiix possible, puis que l'on décompose par l'aciclc clilorhyclriq u e afiii de mcttre l'acicle pectique cn libertc; cet iicide cloit êlre eiisuite bien lavé pour élimincr toiit Ir clilorure cle calcium, mais parfois i1 arrive clii'uiie ékulli~ionavec u11 excds tlc carbonate alcalin transforme l'acicle pecticlue e11 acide iriéiapecliqiie soluble, e t dans ce cas oii iic pcut obtenir cl'acide pectiqne (*). La coniposition de l'acide pcciiclue est ainsi repsesentée :Ca2H"02821-I0, leç 2 équivaleilts d'eaii pouvant Ctrc rcmplacés par 2 éqiiivalents de base.
(") On pcut 01)iciiir clircctement l'ncicle pectiqiie à froid en traitnnt par I'acicle chloi.liydrique étendu cle 9 dixi&mesd'eau I'épiclerme lnvé dcs tiges rlti cacius; a u hout de qi~elqoes jours, les pcctales lerreilx qni nggIoii18rciit entre ellea les oellules sous Ia cuticiile ópidermicluc sorit décoinposés, les clilonires :ilcaliiis formbs sc clissolvent laissaiit I'ncitle pectiqtie t lctir place; le lavnge i est alors trbs-facilc I'enii froicle, s m s nucune clislocatioii cles tissiis; i1 sufiil ciisoiie d'ajouter h l'c.aii 2 ou. 3 centi8nirs c17ammoniaq~icpolir foriner dii pectate d'nnirii~ninc~iic se clissout h l'instaiit; oii jettc sur uii filtre qiii qui reticiit les cellriles clisloquées 't In ciiticulc &piclcrniique, Le pectnlc d'nminoniaqne liltrk est décoinposí. pnr uii iicicle et lnisse précil~itet.(~ii ge1l.c. (Yoy. le Jiecrrcil des savnnts Eti.rt~tgec.sde lc'Acn(ler,~ie c/es scie~tces,t. IX, p. 151 ii 154.)

L'acide pecrique yeiit se dissouclre dans beaucoup de sels alcaliils e t formes des sels doubles à séaction acide;, dissous par l'kb~illitioii dnns l'eau, ils peiivent se prenche eii gelée par le refroidisseinen~.

Cet ncide est sol~ible,incristallisable, i1 se forme par ia rCactioii prolongée de l'can Isouillante sur l'acicle pectiquc. Les pectates solnblcs et iiisolubles se transformeiit égalcmcizt en pasapectatcs i l'aide cl'une ébiillition prolougée dnns l'eau. L'acide parapeccicl~ie prèsente uiie réac~ion fsancliement ncide, les bases alcalines b r m e n t avec lui cles sels solubles, un excbs de baryte le précipite de sa soliitioii aqueuse ; sa composition ast, aii-isi représeiitée : C2"H6 0'' 91-10; les 2 6qiiivaleiits d'eau penveiit être reinplacés par 2 équivaleilts de base. J c i d e lenzétnl~ectiqrle. 11 est solublc, incristallisal~le ses coni; poséé" avec les bascs sont Cgalenieiit solubles, cependaat i1 est précipité par l'acétate de plomb tribasique. Uii excès de base colore scs scls en jauiie; les métapectntes doilnent avec l'nzotate d'argent un precipite blaiic qui se colore en briiii foiicb par l161~ullition. T,'aoide mklapcc~iquese produit en cliverses circonstances : 1" dans tiiie solutioiz de pectiiie qiii, abaiidonnke h ellc-m&me, ou mieux eilcore au coiitact cle Ia pectnse, clevieot nu 1)out dc quelqucsjoiirs acide et iz'est plus prkcipitable par l'alcool; 2 " p a r l'action clcs acicics Cnergiques ou d e i'aclcle clilouliyclriq~ie éreridii, eil quclqiies iriinutes, B 1 temy8ra~iir.cde 100' ; 3' par uii cx: c& cle potassc ou de soiide qiii forme alors des rnE~npcctntes; 4" I'acide rec~iclue clans l'eaii se dissout eii 2 ou 3 mois en se clinngcani, c11 aciclc mktapcctique ; 5" l'acide pai-apec~iqiie en solutioii aclueusc Éprouve rapiclemciil une seinblable trailsfo1,rna~ i o n 6" eizfiii l'acicle m6lapectiqiir: se produit par I'action de la ; c1i;iux sur Ia yectose qiie contieliiient Ics matiki,cs aggltitiliaates des cellulcs (lu tissti dcs fsiii~set cles rnciiies tubera~ileuscs. d a T cornposilion de l'aoicle inktapcclique est repi-CseiitCe par Ia forinulc C"-T6 O7 2I-10, dniis Inqiielle 2 &quivalcii~s 1)ase peude verit &se sul~sti~iiés 2 éc~~iivalents aux d'cau.

-

SUBSTANCES PECTIQUES.
1 0 Action de Ia cfialenp sar i e s fruits 1.

l)fricnl*pe

chrrnu.

La pectime abonaante dans le suc des fruits miirs peut résulter de l'action des acides eontenus dans les tissus sur Ia pectose; car si l'on elimine par des lavages les aeides de Ia pulpe d'un froit vert, cette pulpe dans l'eau en ébullition pliis ou moins prolongée n e produit pliis de pectine, mais celle-ci apparait si 17011 rijoute un acide. Le siic d e plusieurs fruits abandonné aprAs l a coction se prend en gelée : cela peut &iredit 1' ? Ia réaction de Ia pectose stir la I pectine forrnaut des acides pectosiques ou pectiqiies, 2 9 I:{ dissolution de l'acide pectique d a n ~les sels organiques contenus dans les fruits I*); parfois i1 arrive que le siic de groseille se prend e n gelée lorsqu'on le mélançe avec clu snc de fi-ailiboise : c'est q u e celui-ci contient en aboiitlance de la pectose qui transforme la pectine en acide pectosique çélatiniforme. Un fi-riit a l'état normal (poirc, pomme, prune, avant la maturité ultime) éprouve par la teiripérature graduellement élevée plusieurs changements : les acides (malique et citrique ordiilairement) transforment ia pectase en pectine miicíla,' uineuse, une eil portion de celle-ci est cl~angée acicle (pectosique ou pectique) par l a pectase; cette dernière ne pourrnit réaçir, si Ia température rapidement èlevée à l'èbullition l'avait coagulée et rendue inerte. Duran t ces pliénomènes Ia cellulose constit~iai~t parois les résistantes des cellules demeure intacte.
11. iUaluration fies fruits.

Voici les principaux plibnomknes qui se succ&dentdurant Ia niaturatinn, d'après Ies recliercl~escxpéi.iinentales de Mhl. Decaisne e t Premy. Ln proportio-n d'enu norn1aIe variant dans les péricarpes de fruits clifférents de 0,75 A O,QO, reste constante pour quelqnes-uns d'entre eux pendant la maturation, Dai~s Ia 1" période le friiit agit sur les gaz atn~osphériclues Ia manihre à des feuilles, et les principes iminédiats solubles (tanin, acides, sucre, pectine, gonlnie(**)se forment et leiirs proportions aug(') Peut-etre aussi ila dOcompositiori cles pectates par l'acide lilne. Et sans doute pour pli~sicnrs,Ics poires, les pommes, lesliananes, etc., e t l a sécrétion amylacée qui, duiant In maturation, se trn~isforme sucre o11 en glucose durant Ia oe ~ériocle Ia maturation. de

(*"I

menterit. Dans ln 2' pbriode le fsuit n'agit plus sur l'air atmosphérique commc h l'eta t vert : i1 forme avec l'oxyghne de l'acide c a r b o ~ i i ~ u e , priiicipes iminédiats soiit successivemeiit brfilés, les le Sucre disparait eii rlernier lieu.

Dans les premicrs jours dc l'aniiée 1866, u ~ vuyagetir, M.de i Motitravel, rcriiettnit an gCnéral Moriri une substance coininercinlc dite ntozlsse tle C?L~?LE, forliic c1e long~ies trks-minces sous et lanicrcs blnnchcs r&uiiics c11 petites bottes par cletix ligatlires, employ8e clans la prc<paralion des gelées alimen~aises,qii'oil lui avai~ dite cxtraite d'un liclien altacbè auir nrbres dans Ie sad de Ia Cliiiie, tres-abondatit surtout aux iles iiiEridionales de I'arcbipel clcs Philippiiics. Je recoiliius dans ceue mntihre, dkpourvue de striicture o r p nique,pltisicnrs principcs itniilérlin~ssolubles dans l'cau 0,0607, et une faible rluailtiti? 0,007, clans l'alcool; Ia plus grande partir iiisoliilile i l'caii Sroiclc s'y gonIlait l~enocoup, preiiailt alors leç formes de prisnies rectaiigulaires L ~ L Iparaissaienl obtenus p a r ~ tine sorle d c iiloiilege (*). Gctle substaace pouvaii. Btre dissoutc par l'acide aciiiquc B 8" ti cliaiid, laissnnt iasolubles 2 a 3 ccntidiiies dc corpuscii~cs:izoL&s. Mais la pi'opri6tí: Ia plus reniarci~inblede la portion iiisoluble dans I'cau froide était : 1' de sc dissoutlre clans 1'e:iti liouillailte laissaiit iritaçts Ics cospuscules .zotes e t cles trnccs d'autres corps éti'aiig('rs; 2" de dciiiler uiie solulion qui se preiiait eii gelée iiicolorc c1 c1iaj)liaiie par lc refroitlissemcnt, solidiliant aiasi envir 1 500 Sois s o ~ p ~ i d d'eílt~purc ou formant, h poids égal, dix 01 i s fois l>liis d c gd(:c qu(: n'cn pouvait fotirnir la meil1eui.e gélatine ariimcile. Cc pvod uit gblii ~iiiiforinc desséclii reprCscn tait un principe imméclial, par~iculier, iiisoliible dans des soltilions failles d e soude,
(*) Sriiv:iri~ nliscrvn~iorisr+cciites iciitcs cii Cliirie pnr BI. Cliampio~i, des ~wi!]~we l~riiitlclcttrs, ccs il&sigiií.c~s iiussi seus le iioiii impropre cle isbzglass

01 1

~ciitii~ou~lle), c11 co&ii~t li1 sohtio~~ bo~iilla~~tcIn matihre gelatinigbne de iiiis u n vnsi: plíii, 01 loisclii'cllc est l~riac cii gelFc ori Ia décotipe i Ia rhgle en prismcsr~iii,~~reiin~~t de retrait piir ln rlcssiccntioii, formeiit lesminces l~enc~coiip Jniiibrcs cri rIuestioii. llil í.cii;iii~iIIoii rnpporii: piir le ni6rnc voyngerir, de L mntibrc preinikc, 61.t. d61cirniiiépar M. Uecnisrle : c'est iiiie Algue (Gralr lort/~inPlicinu) qiii coiitieiit cii eifct de Ia gblose.

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SUBSThNCES PECTIQUES.

d e potasse, d'ammoniaque, comme dans l'eau, l'alcool, l'dther, l'rinz~~zol~illr~e de ccuivre et les acicles 6teildus. Un de ses carrtctères disrinctifs consiste i se clissoudre dans une trks-petite quantité d'acide sulfuriclue et cliloi;liyclric~ue coilcentrés, d e se colorer eii brun sous l e ~ i irifl~ience, r puis d e former avec l'iin et l'aiitre de ces acides uii compose qili peu à pcu se ~ r e n d inasse, et résiste alors aux lavages claiis l'eau froide et eil cliaucle, mêrne clans les solutions d'alcalis caiistiques. On ne pouvait coilfoadre le iiouveau priilci~c imi-riédiat avcc les niatièses pecticlues n i avec aucuilc: autre substaiice, et je lui ai donné le nom de gélose. Son analysc éloilientaire a prbsei~tk !es rbsiiltats suivants, moyenile de cleux ailalyses:

1 il'a pas enwre kté possil)le de l'engnçer daiis uiie combi1 naison dkfinie d'oU I'on piit dbdiiirc soii poids bquivalerit OLI sa forniule rationnelle, seulement on remarquera cp'il doit être rangé yarmi les principes inimédiats offraiit uii excks d'oxygène relativement aux proportions iiécessaires pour former de l'eau avec l'liyclrogkiie clu'ils renferment. Quant A l'intcrêt qiie pourrait ofl'rir ce priilcipe immédiat, au poiiit de vue tkonomique, i1 est evident, car pour procliiire des gelkes cl'urie Egale coiisistailce , i1 suffirait d'eo einployer Ia clixième partie de ce qiii est iikcessaire lorsqii'on fait usage cle la colle de poisson (iclitliyocolle). La gélose esl peu allkralile et exempte de toute odeiir de poisson ou de colle forte cpi souvenc se reinarque dans les gilatines comiilerciales. I1 restnit i découvrir l'oisigiiie tle cette substaiice; auciiil des lichens soumis aux expérieilces qiii auruicnt pu l'cxtrairc n'en a donné d e traces , mais je l'ai rencoii~i~ie tleux plaiitcs iii:idalis rines, I'Algue de Jc~un, Gelidiun~ le cal-~~ennz, L., et Ia PZoccl;r-ia lic/~er~olclcs, algue de l'fle de Maurice. Voici le procédé d'extraction í'ondk sur nies obscrvalions précGdeiites, qui m'a séussi pour obteiiir le nouveaii l~riiicipe immédiat ei; reconnaitre qu'il se tYo~ive couteiiii dans les cellules sans friire lui-mkme partic clu tissu. Ce procede pourra servir j re. cherclier la gélose daas d'autres plantes; je 1';ii dcijk retroiivke darls plusieui.s de nos algues, mais en faiblc proportioii. Le Gelidiunz co)-~zezo~l trai14 siicccssivcment à froicl par I'acitle

chlorhydriquc h 0,02, ou l'aeitle acéliquc kteiiclii, l'eau, l'ainmoliiaque faible (0,031 et J'al~onclants,lavages, a laissb dissoiidre 6 3 cei~tiòmcs soil poicls de carlionate cle cliaux, sels et iilade tières organiqtieç étraiigères h lii gélosc; ce principe inliiiédiat étail conteilu clanu le tissii résislarit clans ia propor~ioiide 53 pour 100; o11l'eii a extrait h I'aidc de l'dliullitioil daiis l'cau et sans auciine dislocnlion cles tissus : le licjuirle clbcaiit6 I~ouillatit s'est pris en geléc c1iaPliaiic par Ic refi*oidissemeiit, oii a pu de iiouveau ct à plusieurs reprises le liqnbfier par IR tei11pErat~ire de l'ébullition, et l e laisser prendre de iiouveriii eii gclec par le refroidissemeilt. Apri1s avoir sonmis i la clessiccation cclte substance gélatiiliforme, i1 a Bté Ccile do constaler sol1 icleiitité avcc le principe immédiat extrai1 d11 produit commercial vcnu de Cliiile. Des reclierclies ultérieui~cçpoiirront appreiidre si 1'011 troiiverai1 pailini les algucs de nos còtes Ia mati&repreini8i.e d e ln gélosc, susceptible d'cn être économiqneincnt; cxtraile, et dc reinplacer dans 1)lusieurs de scs applicntioils 10 fois son poids d'icl~tliyocolie, dont lc prix s'élhve souvent f 3 4 fr. le Itilogr. j y o y . L , in6inoire sur l a Gélose et les Nids tle ~ a l n ~ t g n ~ ~ c s , I, Conptes I*EIL(/IIS I ' A c ~ ~ ~ l d l~~ Ci scie~zces,17 o c ~ o l r e d~ l e S 1859, 11. 521 .)
43. Ciibilnsu (iiiàe dc i p n l ~ n ~ a i i c s )

r).

A1& avoir d6crit lc principc irnn~kdint noiiveau extrait dii Gclidinnz corlzercrrl je ne yuis gubre me dispeiiscr dc clirc un mot dcs iiicls de salang.nnes. Pliisicurs auleurs, cii c f i t , o111 attribui: a cerlaiiis fiicus, au Gelitlirin~col.~~errnt l)artic~ilicr,Ia substaiicc comes~iblc ces cri dc ~ i i d (**) ; tlcs upiuioiis cliffbi.ciilcs ou laiitcs conlraircs at~ril~uai~l; s Ia iiii.iiic siibstaiicc à clc ccr~;iiiics~iroduclioilsaiiim:ileç Ia compamiciil h C \ L ~ iniicus ou dii inucilage enLour:iiiL le Trai de poissoii, h uii car~ilagc,d lii gklaliiie, iiix sixc gas~rir~uc,~ c(***). c .
(*) Eii iii~gliiis,I>iiv/~' rtrsls; Iiollíiiid;iis, iirtlic(irisch~, ~ o ~ c l r t c s / ~ ' c s ; nidi ~ itnlicii, (/i tittirlriito; csl)iigiiol, ?tidos ( / c /o Cltitin.
(*') Dorititis cii 1656 ; ciiiq~iiiii~c! 1)luu trird, Ruinliliius, ~ u i Vnlcnlin st iiiis s Poivrc cii 1751. I~~tiii«~iroou, 33iiflui1, (:~ivicbr, Lessoii, lCtili1, Mcycri, Po~icliel, Giiillcmiii, Geriiiaiii do Sniiit-Picxrrc. ("*) Idc i.Ivi.rciic1 1loo;l.iiinricii 1781 ; lhenirrl IIotne, ~llulcler,Dccliereiiiei., Prciirs(, Viroy, WM. Iti~is,Yelciiciciiric.~,Gcc)lTroy Saiiil-IIilairc e1 MoquiiiTeiiiloii 0111 tlBci~iiIciir sti.iiriiire.

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SUBSTANCBS PECTIQUES.

Le docteui. Montagne e?i 1847 constatait par l'observ~t'11 r 1 0 directe que la substailce agglutinative de ces nicls est dépourvue cle toute organisatioil celluleuse. M. Trécnl y retrouvant ce caractbre en 1355, montra que l'action de l'eau cllaude n'y peut indiquer leç propriétés de Ia gélatine, que Ia calcination y décèie les caractères des inatikres aniinales et la distingue des f~i-+ cus en la rapprocliant du mucus animal. Cependant, plus rècemtnent. encore, en I SSG, .M. Simonet clc Maisonileuve, qui conimandait une frbgate dans les rners de Chine, envoyait comine le prociuit epure des nids cle salanganes une substancc blancI.iiitrc en longues bandelettes, dans lacluelle M. J. Cloquet constatait la proprikté de foriner une gelée IGghre, ct cjui sous cc rapport pouvait la rapprocher cl'une matière provenant de certaines algues. Ainend ainsi i iotervcnir dans cc long d&bat,j'ajouterai quelqiies raits liouveaux, de uature, je le crois, t dissiper tous lcs i doutes. On vient de voir quelles çont les propriétés cnractdristiques et la cornposition èl6nlentaiiue de Ia gélose extraite du Gelidiliun~ cor~teuoz;clles diffèrent non moim qiie la plante elle-mkine des propriétés csseiltielles de la inatière des nids dans leur plus grand état de pureté telle que j'avaiç pii ine Ia prociirer sous Ia forme de petits nids blailchhtres, trailslucidcs, dans le clé~artemeiitanglais des possessions de 1'Inde A 1'Exposieion internationale de 1851 (**). Eneffet, cette substance est peu soluble (1~11s l'eau froicle et graduelleineilt soluble clans l'caii bouillaiite qui Ia goníie beaucoup plus que l'eau froide; elle ile saurait donner une gelée par le refroic\issemerrt du liquide; elle est au contraire cliçsoute B cliaud e1 B froitl par les solntioils nlcalines inCme iiil>lesde potasse et de soude q u i pcrmetteilt d'y démolitrer la prèseilce du soufre. La réactioii cle l'iode Ia colore fortcment en jaune ornngé; elle o f i e plusieurs autres caractbrcs des pyiiicipes ueutres azotés, doiine i l'analyse 14,12 de ceadres (chlorures, pliosphates, sulfates, carlionates). A l'état de dessiccatioii complete, sa matibre

r),

(*) Ces nicls iie coiltenaiit p r f o i s cliie drs ciuantités tr&s-faililes de Ia suhstnnce :iiiiorplie qiii seml~lenvoir maiiqut aux oiseciux, et n'nvoir pu dniiç cc ces servir qu'h réutiir ou nggl~itiiicr clcs pl~iineset d'niitres matériaiix, b moins qii'ils ri';iient été construits p;ir d'niitrcs liiroiidelles cl'espèccs voisincs. (") Trlle ciicorc y~i'oiiIa voit nujourd'liui dans le segment cliiiiois ct jnpoiiais b 1'Exposition universelle de 1867.

GELOSE,DIALOSE E . CUBILOSE.

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organique purc conticnt 0,034 d'azote. Sa dissolutioii (dntiç l'eaii bouillantc iiltrée et rcfltoidie) oKre irae Iégêre reactioil alcaliile, donne par I'agitatioii uilc mousse pcrsistlii~ce, se pntrkfie paç iic aisémeiit, n'est prbcipitee ili par ~ C S acides clilorliydrique, sulfurique, azotique, ni par le l~iclilorurede mercurc, ni par I'acctate dc plomb iieiiti*e,est prbcipitde par l'acdtate de plomb tribasique et par une fuil)lc?dose d'acide acÊtique : l'exclh cle cet acidc ln redissout ct alors l'alcool la l)rócipite. La sol~i~ioiz ilorniale cloniie par l'alcool iin pr6cipitÊ solul>ledaiis l'eau rnbme alcoolisde ; Ia sol~ition fnite i froid (clc la pnrtie soliihle e insolublc dnns I'eau) L daris l n potasse CSL prdcipitée par l'alcool. Elle prdscnte les caractcrcs d'uii iilucus particulier qui provieii~ d'uiie s6crétion spécinle cliez certaiiles hiroiidelles -riu teiiips cles amours , comiile ~)lusicurs ailteurs I'oni avaiicé. Ses proprihtés carac~éristi~ues j~is~ificilt nom dc cuúilose, qtii rappelle son origine (de crcbile, Ic nid, p e ~ i tli^). Sous Ia dbaomination de iiid d'liirondelles, cette substance chcz les Cliiiiois et parini plusie~lrspeuplcs de 1'Oiieni; est L'objct CYLIII coinnlcrce cI'une cer~aii-ie importante ; depnis longtenips ils Ia consid&rcntcoinme clouPc dc si pr~cieuscs vertus n~rtri~ivcs ct aplirodisiaqucs qu'elle constitue polir eux iin aliincil~de luxe, d'un prix trhs-élcvé (*).

Un principe imm8diat gblatiniforine difirent, dcs substailces ~ectiques dc Ia gelose, s'cst renconvk cn iinc sécr6~ioa et spbciale du pErisperine blaiichb~re coi-ni! de cleux graines de 1Cgumi-. ncuses. M. Paul Chainpion, nu rclour dc son voyaw eil Ckiine et ? aii Japon, m'avait rcn~is pnriiii divcrs uutrcs produits nsuels daas ces con~rÊesquclqiies fr~ritsd'iine légamineusc? (al~pwtenantà iin Ilialiiiiri, suivant la clbtei~ii~inntion par M. Dccaisilc). Ces fnite
(*) On bvaiuc A 242 400 livises I~oiclr, niiglais 1;i cluaritili: dc nids niiiiiiclleiiic~:tc:xl~orti.stlii griiiicl nrcliili~l Iridicii, ct cloiit Ia vtilcur e.;t il'ciiviroii 300 fi. Ic liilog~s.ln 1 , c[u;ili~C; 200 fr. lii 28, ct 1110 li.. 1;i 30. La rkpi~iise 1' pour 1% récol~c claii4 les c:ivei31ies, le séclinge c1 I'ciiil>allnge, iie s'6li.ve pas b 11 cciitibiiies d ~prix dr vciitc. Les iiids tl'liiroii~lcllescl'iiiic qu:ilité excel~tioiiiielleineiit i l~ellesoiit veiiduq h Ptiris nii prix ilc S O Si.. le Irilogr. : 6 fc. 40 o. le iiid, peO sniil ciiviroii 8 gr:iiiiiueu. D'nl~rhsiiI. C. J,ccoriiic, lii ~ P ilutilil& iisuelle revietiU clraili 311 1'1.. le lcilogr. 1 iiid 3 esl, diiiis i ~ i poiagc, 13 rnliori c ~ u i i e i persoiinc. (Voy. 1ti D~s0r'i)~tiori I'ni.c/ril>cLI~rrlicri,p.ir RI. Cr;iisford ; I'ouvcngc iiili~ul6 dc : Corti) d'mil strr. Pile c/c foi,n, piir Ir coriile clc Ilogeiiclorl); v t le Dicfio~inai~e clr~corrznrcrco, d e Giiillnumiii, aiticle N r ~ n'orss~ux,piir Mnc-Ciillocli.) s

SUBSTANCES PECTIQU ES.

gousses tirées de Shangal sont employées dans pliisieurs provinces d ~ Céleste-Empire pour 1e savonnage. I1 paratt in6me que l dans ces localités on ne se sert pas d'autre agent détersif et que nos savons n'y sont pas encore conniis. Voici comment on fait usage des gousses de Dialium. On enlève au couteau, en une lamelle aiissi mince que possible, la pliis grande partic de l'bpicarpe, piiis avec les gousses ainsi dénudées o11 frotte le linge préalablenient mouillé, un simple rin~age suffit ensuite pour achever le blancliissage. Les fruits clu Dialiuin , d'aprhs nies récentes observations , offrent plusieiirs caracl&resintéressants : l0 le p4ricarpe qui est scc dans la pluparl des légumirieuses de nos contrées est ici cllarnu ou muni d'un sarcocarpe (*). Son épaisseur varie clc 2 5 3 millimètrcs , i1 reilferine plusieurs principes iinmédiats trèsdistincts : cellulose, formant le tissu, pectatcs e1 pectinc interliosés entre les cellules, gr~inulescl'amidoil, substances azotêes, arasses ct miiidrales, plus de Ia saponinc ou un principc immédiat fort analogue (donnant i l'eau la proprièté clc former une mousse persistanle, soluble a I'eau et daas l'alcool d'autant plus qu'il est plus étendu i chaud qu'à froid, précipitalde par l'alcool anhydre de sa solution aqueuse peii étendue). La s a ~ o n i n e et 1es fins granules aniylacds avec le concours d e l'eau étant susceptil~lesde s'insiniier entre les librcs textiles des tissus, de les lulirificr, dc détruirc lcs acll~krencesciitre ellcs et divers corps Etrangers, peuvent l~rocluire économiqucme~it une pwtie des cffets utiles du savon ordiuaire Sans doiite le savon, con~posk cn proportions definies de bases alcalincs et d'acides gras, est prdféra1,le pour unc foiilc d'applications delicates, et sol1 usage se propagera dans ces contiées nvec le conlinerce intcruatioi~nlet l'ii~cliist~ie niaiiiifactiiribre.

r*).

(*) L:\ long~icur ccs gousses variait de 6 i 9 centiinktres, leur largear cle de ti 3 cciitiiii8tres; ilç renfermaieiit 2 , 3, 4 ou 5 graiiies l)r~iiies,glol>u~CL~SCS, pesíiiit C I ~ ~ C Ljusqu'i prks cle 2 gramnies, attacliée~ IIIP alternntiverneiit sur cliriqcic~cGté de Ia iieiviire clorslile par de forts péclicclles appnrteiiniit, :lu noml~recle 1, 2 ou 3, h l'uiie cles valvcu, et de 1 i 2 1 l'aiitrc valve; iiiie tl15 ces grniiies eiitikres dolina eii inoyenilc, siir trois, les poids suivaiirs :

2,5

("*) rrol 1:i cI6liiii~ioiic~uc M. Clie\reiil :L cloiiiiéc dr ceux-ci claiis lo n~iiriérocl'aocit 1866 dti B~llletir~ [n Socid~éii)t/x!~irilcc t cor)ti.nle d1n8t*ir k cit1lni.e r Ii'i*nr>cc. h

.

GBI~OSE, UIALOSE ET CUBILOSE.

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2 Les graiiies de Dialium veaues de Cliine renferment àla fois O de Ia cellulose, de l'hiiile, cle l'amidon, des substances azotées et salines. 3" Autour de l'embryon se trouve uii périsperme compacte, juxtaposé i la face interne (lu tégiiment brun et très-dur d e la graiile. Ce périsperme cst r ~ m a ~ q u a b A e plus d'un titre : l i1 difCere des autres périspermes décrits par sa structurc et sa compositio~i(*). J'avais fait voir précédemmeilt (voy. plus haut, p. 15) que ~ a r mles périspermee cornés celni clu Phylelepl~ns i (dit ivoire v&@tnl)est fornié d'un tissii résistant de cellules A parois très-épaisses en cellulose, renfermant dans leurs cavités cylindr'oldes et dans les caiialicules qui se correspondent d'une ce'ilule A l'aiitrc, cles corps azolés colorables en orançé-jaune par Ia solution aquense d'iodc, prenant ensuite uiic coloration plus iutense et se colorant davantage au contact de l'acide sulfurique à 2 équivalents d'eau eil iilêine tenips que la cellulose désngrégée se colore eil bleu, puis disparaft en se dissolvant et ne laissaiit que la trace des corps azotés. Les périspermes des fruits du datticr ofrent clans leiir structure et 1eur con~1~0sition caracdes teres analog~ies le pkrisperine clii cafb formé d'un tissu cellulaire : à parois èpaisses de cellulose injectée de plusieurs substances reiiferlne en outre, dans ses cavités irrkgulikrcs comn~uniquant entre elles, rles inat.i&respasses plus ou inoins aboiidantes, des esscnces, uil priiicipe aromatique soluble dans l'eau, de Ia casbine, des substances colorables, azotées , salioes et plusieurs immédiats (ooy. plus loin 1es niitres principes, cliapitre Cn1.78); quani, aux divers périspermes farineiix, oléagineux oii charnus, ils diflbent bieii plus encore du pbrisperme de la graine du Dialiiiin; celiii-ci, d'un blaiic grishtrc, sc p c ~ i tdiviser en deux lames bpaisses appliquées sur les cotylédoiis jauaâtres ou jauiie verdâtrc. La partie pé~ipliériquede ce périsperme présente sous l'épispcrine uii tissu coinposé de 2 i 4 rangécs de celliiles irrégulièrcnient arroiidies, sur lesquelles soilt fixécs cl'autres cellules allongées, &troitcs,ramifiées oii annstornosées, comprenant entre elles de plus graiids espaces à inesure qii'elles pénètreiit ~ l u s avant daiis l'ép~isseur périsperine. Toutes ces cellules i miilces du parois douCes cles propriétés caractkristiques dc la celli~lose rcnfermeilt de5 corps nzotés colorables en jaune ornnge par l'iode, p r c i ~ a n te n s ~ i i t e u n ecoloration plus iritcnse et se contractant par un coatact de l'acide sulf~ric~iie60"qui peut faire colorer i
(*) V ~ J - . .41~nnles~lcsscinnccs nntrrl-ellcs, 1867. les

simultanément en bleu les cellules dii tissu e u nlême tccnps que, siir divers 1)oi11ts, des goiittelettes d'huile sortent des substaiices azotées ou elles étaient clisséminées ct impercep.ti111~s.Daris ce tissu périspermiyue enveloppaiit les cotylCdoiis se trouve une sécrétion 1)lanclie ainorplie douéc de propridtc~scaractéristicjues. Elle réside dans le tissu s o u ~ l'épisperme jusque dans toiites les mailles graduellement élargies que foi.ment entre elles les celluleç étroitcs raineuses anastomosées : c'est une skcrétioii particiilière remplissaiit tous les intervalies entre, les iitroites cellules et veaant s'appliquer sur Ia face exierne de cliacun des cotylédons. Cctte sécrètion peut absorbcr i [roicl. trksçraduellcment envirori 30 lois son poids d'eau, produisant alors une volumii~euscgeléc iiicolore et tliapliane. Si I'on placc dans un flacoli à lnrge ouvcrtuive u s e inoitié de périspernie de Dialium, la cavité en dcssus, piiisque l'on ajoute unc quantité d'eau rcprbsentaut 35 h 40 fois sou. poids, o11 verra saiis l~eiilc au Lout d'unc heure la substance gélatiaifornie appwaitrc sur les bord's en inamelons lentement goilllbs; au lioiit rle 24 lieures la masse de gcléc traiispareiile, cl4borclan~ de toules parts, enveloppera tout lc t.issu sEcr8~cur liyclrath, celui-ci demeurant scnsiblement o ~ ue eii raison de sa densitÊ plus a 1 q. grande qiie celle d u liquide clui le pÊi~fiti*e. Al&s cctte sirnple et curieuse expdrience voici comment o n pourra c o n s ~ a t c ~ naturc epkciale de la sbcrktion ghlalincusc : Ia s oii 10 l)~risper~nes débarrassbs clcs tkçumcnts et. cles embryoiis sei orit piacds avcc eliviroii 40 fois lerir poids cl'eaii dans li11 flacon assez large poui, fiicilitcr les dbvcloppements : on verra Ia geléc diapliane les entoiircr l ~ c uh 11cu ct les faire adliérer cntrc eux aiilsi qu'avec les parois du vase cL+:lugiiientcrcontiauelI c m e n ~ volumc cn absorbant l'cau en quaiitité de plus en pllis dc grande ; l'eau suriiageante devient sensiblenient acidc , plusieurs fois renowelée en 5 ou G jours elle eiitrainc avec la portion solul)lc uiie partic de la sulistaiice gdlatiiliforme cl&sagrL:g& ct dcvieiit rriucilagincuse, pr4cipitable par l'alcool cn filaincnts aiial«gucs i ccux qiic l~rodnit Ia pectiae dont clle dilI'6rc par Plusicur.s I)ropridths essentielles. La gcl(;e ainsi kpur6e (incoiliplCtemcrit en raison de l'extrême len~eur la péii6tration de cle l'cau) p c u ~ cldbarrassée cles ~issus Clro périspcrmiqiics en doublai~t IR tlosc tl'cair, tifiilaot fortcmcnl le iilkiaiige et Ie soi.imcltan1, d:iiis uiic toilc cl;~irc liumectde, h uiie 6ncrgiquc pressioti qui Cdit tr~inssudcr liqiiitlc tr:insp;ircnt, iiiuci1:iginciix. le

GELOSE, DIALOSE

ET CUBILOSE.

49

Celiii-ci ral~l~roclié sec dans une soucoiipe de porcelaine se i rédoit eii une lamelle iilcolore e t diaphane qui se sotilève spontanbinel~t, se gonflc subitemeiit nu contact dc l'eau, est clissòute par l1ilcic1c sulfurique B 60' saris se colorcr ni accluérir, cornine Ia cellulose, Ia p r o ~ r i b t é bleuir par I'iocle. de Lc licluide mucilagineux ne cliaage pas de consistance sensiblemcnt aprhs l'kbullition, ni par l'addiiion rlc qnclques ceiitikmes cie potasse, de so~ide d'amnioiiiaque; la cliastase ne lui ou f'ait &prouver aucuii changemeii~ apprécialle. Les solutions d u se1 marin des sulfates de cbaiix, de cuivre, d e zii~c,de fer, d'alnmine ec potasse, rle taniri, n'y occasioilneii~ pas d e précipité; l'eau salurée de baryte ou d'acétate tribasiquc clc plomb C L l'alcool i la dose d e 10 centi&nics et au delà y produiseilt un coagulrim graduelleinenl contractb. Ces proprié~és11c pcrmettent pas do confondre la dialose avec les substanccs pectiques (pectose, pectine, acides pectosique, pectique, titc., etc.). La dialose s'cst reiicon trhe clans un p6risperme sembla1,le dont ,j'ni constaté la prbseiice dans une autre Ibgumiiiciise (Gleditschia); les friiits, kgalement rapportés de Cliitic par M, Cliampion, coiiipares avec ceux clu Dialium; ont un pbricarpe beaiicoop pliis mince iie renferman~ d'amirlon; les cotyl(:doris pas n'en coiitieiinent pas no11 plus, de sorte qii'ils doonent par ia calcination des vnpeurs alcalines, landis que les cotylédons ílo Dialium produisen t dcs vnpeurs acides ; lps gousses, beaucoup P~US longues ( I 5 i 29 cent.), plus étroites (2 h 2 , s ceiil.), t,eilCermeiit une pulpe conteiiant 1111 ~ r i n c i p eanalogue i Ia Saponine; lcs gr'aiiies, ali nombre d e 12 A 16, ile sont pas attachées 1)arcle forts pi?diccllcs : elles se clbtaclient spontanbment i la maturité et ballotteiil daiis la gousse; cepeiiclant ccs graines (de coulenr roiisse) contienneiit uii pét*isl~crine semblal~le celui à des graines d e Dialium, scmblable aussi nux pbrisperraes dii Gbditscltin fet3ox des cultores clu Musbum. Les graines du Cnssin t o m , d u Ccrntoizin siliqz~n (caroubes) et du Styph?zoloõiuni jcipoiticrin7 (Sopliora japonica) dcs cultiires d u meme éiablissement onl priisenti: une structure analognc quaiit i leiir périsperme et à ses tissus spéciaux, mnis ceux-ci ne contieilnent pas d c dialose(*). Le l~érispermedu S~yplinolobitim

,

(*) Voy. les Coniptcs ,~ertditsde l'AcnilÉlllie rlcs s c i c ~ ~ c o1, septern1~i.e s 1866, p. 465, et les Annalcs des sciozces nnlici.c/lcs, 1867.

? Oi

SUBSTANCES PECTIQUES.

a donné une sul~stancemucilagineuse précipitable par l'alcool, mais on n'a pu en extraire de Jialose gélatineuse.
4 5 . Xpifne

(du nom Apiunz petroselinrrni , persil).

Bi*aconnota donné ce nem à un ~rincipe immédiat gélntineux que l'on extrait du persil par le procédé suivant : On fait bouillir un mélmge ~l'enu de i~ersil; solutionfiltrée et la bouillante laisse deposée par ]e refroidissement I'apiine en geke diaphane verdâtre; aprks l'avoir lav6e à I'eau froide, on la dessèche, puis on aciieve son épuration par I'alcool et l'kther qui enlèvent les matières coIorées. Elle est alorsbIanche, sans odeur, se fond à +- 1 80°, se décompose de 200 à 21O' ; peu soluble a froid ellese dissout clans ]'pau à í O o O , l'alcool Ia dissolit A cl~aud, elle est insoluble dans l'éther. Soumise A une longue éhullition dans I'eau elle perd la propriété de se prendre en gelée par le refroidissernent. La solution aqueuse d'apiine est colorée en rouge de sang par le protosulfate cle fer. Dissoute dans l'alcool, ellc prend, au contact d e la solution alcoolique d'acétate de plonib, une belle teinte jaune, et ne ni le cl~lorurede l~aryum ni l'azotate d'argent. L'apiine se dissout, sans Btre altérée, dans les solutions alcnlines, et se precipite en gelée lorsque I'on sature I'alcali par u n acide; sa composition élémentaire est représeiltée par CZ4 OLa, Hal

BOIS.

Si

(,) Yoy. 1'él~i;ie cien tissos ligiie~ix,t . IX, p. 50 1 75 <lu Rcciieil cles savnnts dtrnugers de l'/lcatl&mic cles sciotcc.~,et C o ~ y t c s rendic~.rle l'Acarlei1lie (/P.F tcicrzces, jiiin 1867. (*") La deiisitb réelle des différents Bois iie varie giikre, siiivant Ruinfort,

52

BOIS.

tilles de prendre uil poli plus brillant.' Si les bois sont employés comme com~ustil~les, matikre incrustante y est iitile en raisoii Ia de son excks d'hydrogène, qui, pour se b r t ~ l e r former de l'caii, et exige, 6 poids kgal, trois fois aulant d'oxygt:ne que le car1)one ~ I O U Sformer de l'acide carboniclue, et qui, i l'état d e combinaisori ou i1 se trouve dans Ia matiire ljgi~euse,développe au inoinr trois fois autant de clialeur que le carbone i*). Si I'on considère les bois comme matikre preinière d e l'acide acétique, i1 est boi1 de savoir aussi qu'i poids Egal, la quantité d'acide produit augmente avec Ia qunntité de matière incrustnizte e t des matières grasses et azotées contenues dans les substances végetales. Eu efTet, j'ai obtenu eu opérant autant que possible dans les m ~ m e s conditioils :

4 80 de l~iiis i:onten;int 25 Iioiir 100 d'edu enviruu, Iieiisenr doiiner 28 cliorljoii, 33 eiiiiL iicides, 3 0 giiz = 400 - I'ncicle sci.tiq~ic oiitenu CJ H'f O f rcpréscntc nu ii~axiniuiii 5 11unr 400. Eu grniid, on eii lieut reciieillir 3 pour 100 du bois eiiililoyé, i1 en reste toiijouis 11e;iiicoiip dons les guiidtous.

Le tableau ci-contre clonne la composition élkmcntaire de pliisieurs l ~ o i set de Ia cellulose : dans Ia .IC coloniie 011 a sigiialk l'excès c1'hgdrogL:ne sur la quantité qiii avec l'oxggène de la sul,stance représentent Ies proportions de i'eau (H O). La dernière colonne indicIue l'équivalent, en cliarbon, clc chaque sulis~aiicc
qu'eiitre 1462 rt 1534 ; tniitlis que Ia dciisitb appircnte, c'est-1-dire le I~oiils cl'iiii déciiiiètre cuhe ile bois clesséclié clifíère beaiicoup suivant les espèces d'arhres, Ia natiire du terraiii, les climats pliis o u moiiis humides. Voioi qtielrlucs exemples cle ces différenceu remnrquables :

,

IauO i 1330 C;;I~X, >i,i.ne, biiis.. 1 4 70 CliGnc ( 0 0 iins, cmur). Koj-ei. (4:mur). 4000 l'iilissiindre.. 800 Clicne j Çmti-.. 850 i 800 700 à 040 Q. perliinciil:it;i. 1 qiibirr. 700 Aiiliier 000 des l%des. 'IEiir

.................. ...

..... ......... .................

1

.. .......... .........

Acacin (Ilol>iniii). HStre, iiié:&~e. Cli;ii.rne.. I'in mtiritime.. Sal>iil. Sniilc rougc.. Peuplicrs.. 1';iuloxsni;i irnperinlis.

................720 h 750 ........... 800 i O50 ................. (i00 i 4 9 5 .................. 402 ................400 550 ............ 3iiU
ii

......... 500 1 720 ........... 760 & 800

(*) ,TO,,.. l e r voliiine, 1). 107, les potivoirs calorifiques comliarés du carIc bone a I'Stiil solide, d e l'liyilrogèiie 1 l'etat gnzeux, etc. (X") Lc cotoii cLt l'amidon coiitieii~ie~it cies traces ilc niatii.ies orgniiiqiies (rrntées, snliiics, ctc.) i.iiiingères i Ia s~il~stniire ainylncée oii B ln celluloçe, iiinis iie i:ciiiei.iiieiit pas de niatière iigiieuse ou incrustalite.

asses,

cousidérée comme combustible, daiisl'liypu~lièseqiie l'liydrog&ne, ii'etant pas i l'étar; libre clans le bois, prodriirait, h poicls kgal, sculeincnt irois fois autant cle clialeur que le carbone. En viie d e corilparei. Ics é1émeat.s de Ia iialure organique oo a clkduit les ceiiclres qui pour les bois écorcks represeiitent moins d'iiii centiènie, généralement dc 0,5 i 0 , 9 pour 100; plus abondan~es i claiis les menus brancliages et daiis les (korces, surtout, qui cri rlonilent 2,5 B 3 poiir 100; I'azote Egalenieiit dbdiiil ne cl4passc gubrc les proportions de 0,s h 1 poiir 100.

J'avais dès longtemps Etabli que les membranes végétales de5 cellules, vaisseaux, filires ligjieuses, epidernlc, résistenl d'autant plu3 i l'actioii cles acides conceiitrks, de l'acide sulf~ii.iquc no~aiiiincnit,qu'clles çoilt rlouCes dc plus de cohCsion et reiií'ertiient c11 proportioiis plus grandes dcs iii:iti&rcsazotées, cles subsiaiices passes, etc., daiis i'kpaisseiir de lciirs parois; que c'est 15 Iin desbons nloyens d'analyse sous le ri?icroçcope ct de séparation entre les orçanes fortement oii faiblemeilt injcctés de ccs substaiices 6traiigL:res A 1a cellulose; tnais qii'en tout cas cellc-ci, exlraitc piire de toiis ccs orgaiiisnics de compositioii complexe, ~résentetoujours mênic coinpositioil 6l(ínwntnireet Ies mêiiies ia prolxibtés cliilniques, sauf, parfois, cle 1c;gCres dimrences rlont unc colibsioii variable pcut reiiclre compte. Cest ailisi, par exemple, qu'cirre siinple division inécniiique sulG1 pour rciiclre les dilferenls bois a~laquables cles dissolpni, vaiits iiierlcs cn apparence sur Ia Iiiasse ligneusc ; Lute d'elfectucr cettc division au point conveuable, o11 aurait pil croire à une cxception dans l'action dis~olvante r6:ici;if de Scliweitzer, snr du la ccllulose des tissus ligi~eux;i1 s'eii est ricii cependaiit, et je me suis assiire que Ia plus grande partie tle Ia celliilose des tissus lignciix se dissout a fioid (Iaos l'/ln2tl2ot~iu~~ecuirwe h Ia seiile de coiidi~ioiid'ui~e division soifisnnte, tcllepai. exemple qii'on 1'01>-

34

BOIS.

tient sans peine au moyen d'une lime fine (qu'on fait agir perpendiculairement nux Cibres) ct d'iin tamisage; la p o d r e liglieuse traitée directement e1 $uisde par ce réactif donne cles solutions qui laissent précipiter la cellrilose par une saturation avec un léger excès d'ncide clilorhydrique. Voici les résultats nurnériques de ces rkactions à froid sur le micocoiilier (Cellis Ausírali.~), I'aubier et le cccur de cl-iAile :

~IATI~<RB
INUISSOUTE.

CE1,LULOSR

DIRSOUTE.

-,/_ .-., -

--.
4 ;j :J. 5 43,60

l
Micocoiilier i~~~I>i~i.. CliCrie. ~ l , , l l....... i.

.......... ..... .1

,

39 ,I)
36

30,611

4

27,26

(*) Ce Z C triiitenivnt par lc rbiictif riiiviiqne oiit lieii iiprès iivoir cnlcvé d11 ri.si<iii insoliil~lcune piirtic dcs inati&resincriistiiiites p;iu In l>ok~ssc.

Ríisultats conformes avec les notions positives que nous possedons snr Ia structure et 1a composition de ces tissus plus injectés de matikres incrustantes et etraiigiires dans le cEur du bois cle clikne que dans l'aubier clu m&me bois et que dans le tissu plus flrxible cl~imicocoiilier. Uieii que ces tissus Iigneux aient laissé dissoudrc ct précipiler ensuite Ia plus grande partie de Icur cellulosc, 011 peut voir qu'une notable proportion cle Ia substance totale; aprhs le ler traiternent, est restíic en clissolution : 27,75 pour le cceur de chkne, 11,20 poiir l'aubier, 23,75 pour le micocoulier, en teiian t compte de l'eau l~ygroscopic~ue : 9,85 pour le I"', 9,80 pour le 2', e1 10,5 polir le 5 7 c'cst, #une part, cpie ]e bois offre à 1'état ilormal une composition fort complexe ; que, d'un autre c6té, le rknc~ií' Sçhweitzer peut dissoudre divers priacipes immédiats de étrangers à la cell~ilose, plupart i~oli Ia susceptil~les se précide pitei- avec elle. Le tableau ci-coulre (13. 5 5 ) olTre h cc double l~oint vue des donnkes iiouvelles : de Afin cle reconnaitre Ia préseilce des substances qui eiltrent daiis la con~positiondes bois , on a díiterminé la proportion d'eau clu'ils coiitiennent, puis les quantités cle matibres dilCéiaeiltescluc pcuveiit clissoudre successivement l'eau et divers réaclifs que 1'011 a í'ait agir aprbs épuiseiiient par les rkaclií's prece-

BOIS.

55

dents, lavages, dessiccation et pesage du résidu ; voici les résultats ilumériques de ces expériences (*) :
TABLEAU DICS

QUANTITBS D'EAU

ET 1)ES SUBSTANCES BXTIlhITBS

DE DIPPI~BBNTSDOIS.

Etiu éliminée par dossicciittcin h í OOO.

. ..

OS ,7
10,130

8,72

M;itii.i.e inclissoiite. ................ S~iI~stiillco~ l>rbcil>it6cs l~ertes.. non ct Piii<lstot;il..

......................100

7,34 .-

23, i 6

On voit que successivemenl l'eau, l'acide cl~lodiyclrique étendu, l'ammoniaque faible, l'amrnoniaque en solution saturée (20 Sois plus forte), l'éther hydrique, le sulfure de carl,oile, l'acide acCtique cristallisable et l'anirnoniure de cuivre ont pu extraire cles tissus ligneux des substances distinctes parmi lesquclles se trouvcnt les matikres grasçes, plus une parlic des inatihres azotées, incriis~ailtcs, inin6rales et de Ia cellulose. i 1 ~ c s ~ a dans Ia portion non dissoute, cle la ccllulose, des it principcs imin6diat.s incriistants e1 d'autres indklcrminés, SOlubleb dans Ia potasse â chaud , qui par leur prksencc ct leurs proportions pouvaient coiicourir d expliqucr les variatioils de coniposilion entre les tissns ligneux, parrni lesquels Ia celluIose forme un principe immddiat de compositioii constante(**).
(*) Yoy. nussi plus Iiaol, 1). 54, les quantités rlc différentes siibstanoes que le rbactif de Schweitzcr peut (lissoudrc. (**) De Cuiiclolle, qtii ne coiiiinissnit pas la ccllulose, coiisidérnit comme rrn priucipe imméclint le tissu ligiieiix lavé i 1ii tempérnture cle l'ébullitioii? par i l'nlcool , l'enu , I'ncide clilorli~clri~ue éteiidii , e t I'eau une cleuxi&rnefdis; i1 lui doriiiait le iioin de lig~z.,iinc admcttaiit cl'aprbs plusieurs savnilts cliimistes : rle cette kpoque (Gay-Lussac, Tliéiiai~d,Protist) iiiie composition syiéciale qiii

U6

BOIS.

I1 est eii tout cas bieii evideiit que les fibres ligneuses, loin d'6tr.e formées, comiiie oii ~ o u v a ile supposer en 1832 (et avaiit t les rapports faits i1'AcadQmie de scieiices de 1834 i 13-40),d'iine s~bstailce homogcne grntlue~le~iient Cpaissie, ont pour base ln cellulose parfaitemeiit définie ('), contenaat 0,444 de c a i , l ~ o ~ ~ e , injectée de substances incrustantes qui, suivaiit leur ilature et l e u r s proportions, lioiiteiit à 4 8 , 50, 5 2 , e t même ~ a r f o i s delà, au l a dose de carbone, en iiitroduisant uii exccs d'liydrog&nedont j'ai coiistat& ia présence clans tous les tissus li,rriieux B l'état n o r m a l et l'absence ilans ia cellulose piirc. E n analysant Ia substance iricrustante de difl'érents bois, on 1113 lu; trouve pas Ia niême cornposition, ce c~ui prouve qu'elle est un prodiiit complexe. Elle cornprend en eKet qiiutre pri~lcipesiminCdiats, au nioins, que j'ai cl&sigtl&s les iionis de ligtzose, par /ig/lone, l i g ~ z i ~ l /ib/tirt>lo~e. et Plusieurs propri&t&s ces S U ~ de stances isolées et de In cellulose sont iiidiquées dans le tableau siiivant :
INSOLUBLES
DAXS i.ES tIQlIIDES

SOWDLES
LT IIEGLIID.
D\NS

-Lir;nose. I.ignonc Liguiu..

---.
41cool. gtlicr. dlcool. Etliei Ltliei.

INDIQUES

I.ES SUI<LTIOIIS OU LIQUIDIS INDIQWÉS rn nxG.inn.
Síiiide

/ -- / - ' -

..

E.iii. E.iu. Em. E.in.

..
.. .

Brnrno- Piit.i5se, ~ii~iquc. 1'ot.isse..

Ligniréose

Cellulose.

.

E.Iu. ALCOIII b tlier.

-4inino-) ni,ique.

., . P i i ~ i i s e, . Potassc . . p)

Suiide Aininoiii.iqiio Soude ,LcluY- A l r o d . iiidqiie. Sniide. Aininoni,ií~ue, (*)

-'--r
I%L' ':

I

(.) L I cellulose est insoliil~lctl.ins !es soliitions, rn41nc Li~uillsntes, de soiide ct rle pot~isse,exrelité lotsqu'elle est f,iiblemeiit ,igrfgce.

D e ces cinq principes inimédiats Ia cellulose s e d e a étk obtenue p u r e dans des états Jivers d'agregation qui modifieut quelquesvnrinit puur les bois cles Dicotylés entre 49,80 et 55 de cnrhorie ; pour les t i g e s tlcs hIonocotylés entre 51,56 et 52, le sui~pliisrelirévnté par les 616m e i i l s de l'enu. (Pl,I-sio/ogi~i*ig:ge'fiile, 1832, 2 O pnrtie, p. 194 et 195.) (*) D e p i i i s quelques niiii6es I'ext~nctioneii grnnd ile Ia cell~iloseformnnt In mernbrarie priniiti~.erésistniite cles frhres ligneiises p i i r In Fal~ricntiondu papier est veiiiie (loiiiier iilie imposante coiisécin~ioiih ce fnit clésormais iiicoii:estnlile que j'avnis iiitro(1u.t diiiis 1,i science. Toy.l>lusloiri le cliapitre PAPIPIL,

BOIS.

57

unes d e ses proprihtés ou plutôl ses caractères pbysiciues (f)oy. plus haut le chnpitrc iiltitiili: CELLULOSE). Tous les bois reiiferinent en oiitre à l'état normal dr: I'eau liygroscopique, des inatières nzotées grasses, colorantes, dcs siibstances minki.nles; plusieurs conticliiient clu taiiin, des essences, des résincs; cilfin un granel iioinbre renfernient, surtoiit, dnns lcs celliilcs et jusqiie dans Ics ribrcs ligaeiises de leur aubicr, des granules d'amidoii (uoy. pius 10ili ie chapitre intit~iléARIIDON FIjcur,~naryOU LACÉII). En établissaat par le calci~l compositioii ininiédiate du bois Ia de bktre lavé, d'nprks I'arialyse klémentairc de Ia celliilose et dcs quatrc substances incrusiantes cliic l'on :L pu eii extrairc (e11 propor~ioiisgraduellement décroissantes), oii est arrivé aux résul. tatç suivnnts (*) :

C;I~IIOIIO. . . '1yrlriigi.rie. Oxygi'iie.. ..

. .. . . . .. . ..

fio
O,í O
43,8 1

11 y aurait évidcmment un p a n d iiitkrbt scientifiqrie e1 iiid~istriel à obtenir k 1'CLnc por e t ne~temcntdritermilié 1cs tlilré~cnts ~xiiicil~cs iiiiniEdiats c~iiii n c r u s ~ e n ~ parois des celliilcs e t des les fil~resIigueuscs, C L cctix qiii sont c o i ~ t c i ~ dans lrs cavilbs des ~is tiss~is cle diirércntes essc7ices forestihres. Aussi siir le rappori tl'uiie commissioii spéciale (**) la SociktC iinpériale eL ceutralc tl'agriciil~ure de l7r:ince a-L-ellc proposb un prix rlc 2000 fr. poiir Ia solution dc ce problèrrie eii ]c liinitant i 4 esselices ré(*) Sana doute i1 existe pnrmi les iricrustniioiis iiitcrl>os6cs c~aiisIR C C ~ ~ U ~ O S G spongleuse piiisieiirs matibrrs ( ~ v ~ n tcolor:lntrs, etc.1 c~uc í'~~, I'oii ii'n 1 1 isolcr 11 et dont i1 !l':i pns bt.1. ~iossiblc ienir compte ici. 0 1 a sculei~ieiitrcCOliIlL1 Cjiie de 1 ces siil>stniiccs soiit vnriíihlcs dniis 10s diffc:r*e~itçI,ois, c~it'ii s'y joi1,t dnns certnincs cspbcc< C ~ L I tniiin ai1 tles i+siiirs, clcs essences, etc. (**) Corn~iasí.ecde 1ii srctioii rles sciciiccs cliiinico-pliysiqi~cs ngricolcs : RJ'IRil. Clievreul, pr6sic!eiit, Bnri;il, Dccclueiel, Doiissi~igíí~ilt~ niiinas, ct I'nxeil, ; ppiiciir. n

?i$

BOIS.

cen~mentabattues : chene de 40 ans (Q. roúur OU Q.[~edi~ncuInta;, fi4rie (finxinus excalsior) de 25 ans, pin (Pirills s~lvestl'is ou I'. niaritintn), et peiiplier jPopuIus aZbn ort P. trennuln) de 20 aiis. La Sociéte a deniandè eii outre l'anal~se imnlédiate comparée des essences venues daiis le m8me terrain, mais Agkes seuIcmeiit de 5 ans. D'ailleurs on a adriiis que la composition des bois varie suivan~ stibstanccs qui accompagricnt la cellulose ; les eii effet, si dans leur ensemble ils rlonnent i l'analyse 49 5 53 eenli4mes de carbone (Gay-Lrissac et Thènard ont trouvé pour les bois de corrno~(i de fèr 53,44, de ehêne 52,53,de 55, Mtre 51,45 de carl)one), tandis que la celliilose ne contient que 44.44 de carbone pour 100; i1 faut bien que cl'autres sol~stnnces oigariiques, plus riches en carlione, s'y rcncontreri t aussi (*) 01 1 petit, en effet, extraire de Ia cellulose pure du bois réduit en po~rdre I'attnquant à deux ou trois repises par unesolulion cii n O , 1 de potnsse que I'on concentre e11 contnct avec lui jusqu'd siccitt;, puis bliminant cliarque fois par des lnvages les niatiilres iiicrustantes rlissoutes (Rrcueil des srrvants Etrn~~gers, VIII I. et 1s. On y parvient bgalement h l'aicle d'uue m6tliode contraire ( p i wcdiarifie par I'acide clil~rliydri~iie éteiidu, la cellulose s/,orlgieu.sí~interposke dans Ies rriatières incrustantcs, et méilage 13 celliilose mem1)raneuse plus resistalite (uoy. plus loin Ia Fa6riccrtiotz du prryin.).

.

L. Applicstions des bois.

G s applicntions varient avec les qunlités spéciales dss différents bois que l'on peut ranger dans les 5 classes siiivantes : bois blnncs ou lkgers, bois drirs ou bois ZonrcZs, bois cZc3 ttl.ar)c~i!, bois colornnts, bois rksitieux et orlorallts. Le peuplier, l'iiti rles
(" Si 1'c.iisenilile des matières incr~istantes d'un I~oisdoniiéreiiferme 0 , 5 4 5 Jt. carbone ct que 100 de ce bois contieniieni 60 cle ces iiiatibies, pliis 40 clo rellultrsr, i1 est Cviilent que le bois coiitieiidrn, polir 100 pwties, 50,46 ile carbaric.; <>n aiira eii effci :
h1ntii.r~ orgdoiques incrustantcs..

Glkl~..

...... ... ....... ...

00 X 0 , 6 4 6
4 0 X 0,444

=32,70 de ci~rlioiic.

= 17,713

4 UO niiissc lignettse= 6 0 , 4 6 de ciirlicine.

-

>r

TeBe ~ s appro~irn~ivement com csition nioycnne de pliisieiirs dcs boir t la
dur. ~iousls. Tous ces faits s'aeaoricut avec les résiiltair d'un rapporr d e 3IM. Duoins, Peloiize, Brongniart (rapporteiir) sur le Mémoire de hI. Paynn. (P~Y. Cun$oles rerrdt~srle 1'.4cadinzie rk2s sciclices, 22 jiliii 1840.) les

BOIS.

59

plus l(:gcrs parrni les bois blancs, scié eii planches ou découpé en miiices feuillets, s'ernploie poiir coafectionner des caisses, des tolineaux légers, les diveiss einballages clont oii a intérêt a dimiiiuer le poids, les voliges des couvertures eil ardoises. On en coilfectionne des l~olteslégères recouvertes cle papiers, colorés pour renfermer les allumettes I frottenient et divers imeiius 011i jets. Les roildelles de bois de ~ e u p l i e ~ râpées avec une meule eii grbs dur (300 tours par rninute) doiiiient Line sorte de pulpe fihreusc que i'oi~mélange sans Ia blancliir avec de pâte de cliiffons pour fabriquer da p p i e r coininiin (uoy. plus loin Ia I;ubi.icntion du paj3ier). C'est iin des plus mativais combustil->les: à voluine égal il dorme moins de clialeur quc Ics autres bois, Le bouleau, aucluel on le mélange souvent, est 11ien préférable sous ce rapport : soii tissu est plus serré; dans les coiiclies épidcrmiqucs de son dcorce, i1 renferrne une matière résinoide blanclie (bétuliiie) clui coiiserve l'ecorce, protege le bois, et présente, comme les résines, uii poiivoir calorificjiie trGs-gratid. Cette sorte d'épiderrne iiiiiltiple ou feiiillet6 sert a confectionner clivcrs objets, tels quc Loites, tabatieres, etc., qui résistcnt beaucoup rnieux ali frotteiiicilt et à l'liiimidité que les carloiliiag.es. Daas le Canada on construit de grandes b a q u e s eii bcorce ou Bpideriile de boiiIcaii. Cet épiclerme cloiiiie h la distillation uiie matibre goudronneuse qui, m&léei des jaunes d'ceufs, e t appliqiiée aux cuirs par le corroyage, leiir communique l'odenr et les qunlités dii cuir de Russie : i1 suffit d'alluiner 1111 iiistaiit, puis dl&teindre l'écorce de bouleau poiir cpe la vapcilr pyrogéiiée cléveloppe dans l'air cette odeur balsamique particulikre. Le bois des peupliers (,!J(y~nlus nlLa, dit 11lanc de [Iollaade, P. grisen, dit grisartl, I-'. tt~cnzidn,trcmble) est ii~ile Iiour formei, les extr6mités clcs traiils et assurer sur les rivihres le Iloltage des bois lourds (cliêile, liêtre, clinriilc, etc.). 0 1 emploie aussi les 1 bois légers (peu131iers, aunes, bourclnine, tilleuls, fuseiil, saules) et même, eii Espagiie, les tiges écorcées de cliaiivrr: (chè~zeuottes) pour préparer les allumettes et cles charboiis trhs-comliiistil)ics qui peuveiit entrer nvantageusement dans Ia compositioii de la poudre à tirer. Les bois légers (pupliers, sapin, etc.) clébi tés eii trancbes miiices perpendiculaires nux fibres sont appliqubs deruis peu dc teiiips à Ia fah-icntio~zde le'nlcool et d u pnpiei- (v-. plus loiii ces deux iiiclustries).

6O

BOIS.

Les bois durs appliqués soit au c1~airffag.e soit à divers (*), ouvrages, sont nornbreiix ;les bois iildigèiies qo'oii utilise le plus communément soiit ceirx de cliêne , cle hêtre, de charine , d'orme, cle frêiie, de corniier, cle noyer, de clii~taigaier(**) et cl'acacia. Ce (leriiier est aiijoiircl'liiii l'un des plus cstiniés parmi les bois resistaiits ; i1 doit sa dureté à Ia grande proportio11 et i la cohésion d e l a cellulose, peii injectée cle matiiire iilcruslante, qu'il reiiferme. Sa rapide croissarice 13ermet d e l'obtenir à un prix moiiis élevé que la plupnrt cles hois durs. Son aziliet', peii Bpais, laisse doniirier beaucoiip la mnsse du ca.ur plus dure et plus resistnnte. I1 est Bcoiioiniquement employé poiir les objets c p i doiveili; résister au frottenient, tels que les n l l n c h o a s et ICS de~ztscles r o u e s d ' c ~ z g ~ . c n n g e ;ponr ceux qui cloiveut preseiiter beaucoup de résistaiice et être peii accessibles à Ia pourriture, tels cpe les bobi/lc.s clcs tilntures de liti, les chertillcs, lcs goirr/rrrO/(,s (sortes d e chevilles ,de iinvirc), les ~ ~ n i c s roncs, Ees dcs coins clcs rails de chemins cle fer, les échnln,~des vigrres, lcs
(') L e stbre cle bnis clur iisuel (alibi~e,lidtrc, cliiirme, ctc.), scié ct reiilré, esc payé cette nniiée p a r lc Coiiservatoire impérinl dcs aris e1 métiers 17 fr. 69 c , , ei- pèse en moyeiiiic 400 Irilogr. ; 1kilogr:fo~irnit, 1i;ir In comliiistioii, 3000 uiiilés ele clinlciir; on :i cloilc 1100 X 3000 = 1 200 000 uirit6s dc c1i:ilcur pour 17 fr. 69 c., oii 1 iiiillioii d'uiiit6s de cliiileur liour 14 fr. 75 c. L a l~ouillegnilletie de Moiis ou de (:liiirlcioi, ieiiduc ct rcntri.c, cst piiybc, liar IC mCme ~talilissciiiciit, 5 fi'. 20 c. lcs 100 Bilogr., diiiiii;iiit cii;icori 2000 uiiitbs de clinlcur. 0 1n clonc 100 x 2000 =200 000 uiiités dc c1i:ileur pour 5 h. 20 e., »o 1 1 iiiillioii d'iiiiités tlc clinleiir ~ioiii.6 fr. 50 c. IJes prix d'iiiie merrie qoiiiilit6 ile cli;~lciir, foiiriiic 1i:ir le I~oisnii par Ia liouille, soiit doiic ciitre cus rlaris Ics r:ililiorts de 14 fr. 75 c. h 6 h*. 50 c., oii de 2 fr. 27 c. I 1 fr. 60 c. (Notca de M. le gbii6ral Moriii, clr l'liisliliil, pii11lit.c claiis lc Blrl/i?tili lu Socidtd d'crgricu1tiri.c cii 1866-67.) r/(! (*') L e clidiie coiiimiiii(Qrrr~~cu~ Q. srssi/loru ixt 0. I)r~~~lrrac~rlrrin), r.obiri., doiii le ccciiis esl Iieaiicoiip 11111s rbsi;t;iiil que I';iul)icr, cst iiii dcs liois Ics. 11111sgei116i.nleiiieiit iisités pa~iil les cuiisti~iictioris, Iii iiieiiiiiscric!, la toiiiic!llcric:, In roiifectioii clcs éclinlns, les par~ics soliiles (\c clivri~siiiculilcs. Lcs Sriiits (gliiiids) oiit une v~rilalilciiii~~ortniicc: Iioiir In iioiii-riiurc tlcvi lioi9cstltiiis los fordis (lc l'i\iiií.ric~iic. Cert:iiiies es11l:ces foiiriiisseiit tlcs ~irodiiils sp6ciiiux : Ics uiics, iiii Iiois coloriiiit (Q. tir~ctori!r), tioiit l'écoroe, dite g~ictr.citi.o~~, doiiiie uirc Lciiitiirc ,jnulic; tl':iiiires, Ixir lciir éi:orcc, lc toli; tl'tiirtre~s ciieore, 11:~'ICUP iiesii soiis-épirlrrmiqiie (Q. srrb(v-) (~ií.riilcrrnc), Ic licige; ])>ni3 c~xcroiss:iiiccsv& divi g6t:ilcs que! ~n.ovnqiicIa ~)ii~LIrc ~ ~ B C C I C S , Q. i~lfBcto~'i(r, ilc?~ 1c OIILZIIC leiride6 tiiricrs, Iti noir rle g~nlle,le Q. /Egflo/>s, diiiit les cnpsulcs ~)roh~iitles c~iivc!Iol>11~111 tiew rlii ~irodiiit(lu gl;iii[l, Ctiuiiiissciit i i i i tniiiii lioui- 1:i tciiitiiyci ri] LIII noir. IJc ciidiic 7.ei.t (Q. cfir.i!n.r) est iiii tlcs bois lcs plus csiirn6s iiiix Tit;itslJiiis pciiir cciiisiruirc Ies 1i:irtics leu ~ I L I S 1~í1si~tniites v~iissciiux; oii iii(les tercnlc lc i.c't1i.e ioiigr ~ioiii'tlirniiiiirr Ic ~ioids. L c Ii<?lrcci le r~linriricsoiil ~i;irticiilibrciiiriil (~iiililoyc~s (1;iiis li\ niciiiiiseric! ct i1:tiis 1:i coiifc~oiiciiiilos iiii:iililcs ~ ~ ~ I I ~ I I I I(I~stiii6s (311.1: rc~coii~~erts 1111 IIIS ii 11iir

tzlterirs des p k p i ~ i i & rICS ,C I L C O ~ ~ Z Z L ~ ~ ~ S ~~ rles caisses dlorangers, les traval-ses cles chemiiis de ler ct les paohs en bois. L'acacia est .employi: avantageusemeilt dans le Iioisnge des inines oii sa durke est d o u b l e ou triple de cellc dii cliêiie, et de 4 h G

fois plus considéraljle que cellc des airtres bois. Ses tiçcs &corcées sont appliquées avcc succ8s pour confcctioni~ei~ podes teaux destinis ò supporter Ics lignes tklégraphiques eii fils dc fcr ziiigué suspeiidues i 3 ou 4 inibires aii-dessus du sol. Les bois clurs usuels doal-ient des I~rancliaçes exploités pour Ia fabricatioti du cl-iarboil e t parfois de I'acitle py~-oligt~eux cloilt 01-1 exlrait l'acide acbtiqne pur. Les feuilles (lu 13almier naiil (Chanza.~.~~o,s 7~za1~ilis) Algérie soilt utilisées pour Ia prkparatioil dti crin eii végital. En Alleinaçne on a cmployk les feuiIles cluPin maritime pour prÊparer l a lains dite dcs forc'ts (*). Le cormier (Sorbus clonzesticn) est iin cles ii~eilleurs bois poiir former les pièces frottai~tes,notamment dents e t alluchorisdes les ei~grensges, rabots, varlopes cles inenuisiers, toniieliers, etc. les
~-

1)lncnge; le Iii.tre lieiit servir, par ses noinl~reuxcniinux sé\~eux, ln Gltriitioii h rlii iiierciire qu'oii estr:iit tles ainnlgariies claiis cles proc6dGs inétalluigiqiies spjlci:ii~x.L'orme s'eniploie dnns le cIinrroiiiiiige, notaniriieiit pour lcs nio-jeus clcs roiies et les vis des pressoirs. Le cliiieigiiier sert i Ia plupiirt ilcs iisnges dii cliêiie ; i1 est préféré pour les soimiiiiers (éci-ous) des pressoirs, les 6chnl;is dcs vigiies et cles pépinibres; Jn rí.sist:iiice et 1ii loiigiie cllirhe nttriliui:~~i ni liois de cli$tnigiiier tlniis cerinincs clinrpeiites dvs Ggliscs liarriisscnt dcr»ir &tre reportées nu clii2ne lilanc que i'oii n coiifoiidii soiivent nvec le chfitaignier (Cnsfn~iarr~jctl~trris). Celui-ci s'emliloie rjlcluit eii copenrix pour prépnrci,, par clécoetioti, In solutiori de tniiiii iisitCe dniis In teirirure cii itoir de In soic. Le lisi.liesert nux iiibmes usnges que Ie 1iL.tre et le cliarrne; i1 cst plus flexilile, et oii i'rmploic iiotnrnmeiit polir confectioiiiier, eri le courbnrit ai1 foui., les liraiiciirtls cles voitirres Iégcres. Les braiiclies des Iiois cliirs serveiit ilirecteiiieiit ;i11 cli~tiiffiigeet poiir Ciibiiiliier (lu clinrlioii ; lcs iiicii~is Iirniiclioges S'~IIIploieiit conimc coi~il>iistiI)le Iiour cliauffer les Foiirs h c iiire les pierrcs ciilcnii~es et gypseuses,,l~our f;iliricliiw ln clinux ct 1~plitre, I)our cuirc les bric~tics,ctc. 01i peiit aisénieiit clistiiigiicr le cliitaigiiicr dii c11P1ic: sur uiie coupe perpeiiiliculriire iius iibres (ou h l'axe ile Ia tige) 1111 grnird iiciinlire cle rayoiis niGdiillnires, disposés eii irrniliatioiis (lu cci~tre, nlipnraisseiit sur leu eoupes de toutcs les vnrié~és clibiie, tniidis que les r;iyoiis médulliiires plus norribreux de ct plus iiiiiices [lu cliitnignier i ~ c soiit pas visil~les I'mil iiii; I'ricncia (Robih nin ~ I S C C ucocia), si dií'féreiir d'ailleurs tle ce deriiicr liois, iie lnisue 6g:ile" ~ ~ meiit n~wrccvoirqix'i l'niilc cl'iirie louyie ses rnyans n~éilullnires;le liois du Glr~litscl~in ti-incl~nrrtos, n l>eaucoril> qlii d'niinlogic nvec l'acacin, Inisse voir i fla?il nu ses ~.ayoiis rriédullnires ti.&-rins et trbs-scrrés. (*) Plusieurs Iiois, comiiie le iioycr, einplogés pour In coiifcction des meuI~lcs, cyiielques olijcis d'd~éiiisterie,ctc., soiit interiiiédiaires eiitre les plus tle loui-(1s et Icsplus légcrs; ce soiit noiniiirneiil : le mcrisiei., qiiel'on colore pour imiter l'acnjou ; le plntniie, reniiirqi:iil>lcpar ses rcflcts l~rilloiits,iorsqu'ii esl vcriii; le innrroniiieis et le spom0i.e (&i.;ibIe),uti1isí.s daiis 1;i fabricntioii des iiistruments de niiisiqire (violoiin, bnsscs, etc.) ; le tilleul, Iiois trbs-tendre,

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BOIS.

Un des bois les plus estimés pour la marine en raison de sa dureté et de sa rksistauce est le T e c t o n a g r n ~ t d i s , bois de teack
cles Indes. Plusieurs bois de Ia Guyane sont estimés pour les mêmes usages : le ckdre noir (Ceclrzrs L i b a n i ) , le courbaril (H'zenmn cou7.bm.il) e t quelques autres nommés angélique, Coupi, Wiicapoa, Balata, Taoub j a u n e , Saint-Martiii, dont on n'a pas encore Ia détermination botanique. Le micocoulier d i t p e r p i g r t a n ( C e l t i s A u s t r a l i s ) , cultivé en Pro' vence, e n Espagne, sur les cotes d Afrique, ollre un bois fibreux, résistant, blanchâtre et remarquable par sa souplesse ct sa force ; oii en forme des l~rancnrds, iles fourches (faconnkes au four), des ~iianchesd e fotiets, des cercles de cuves et de tonrieaux; ~lusieors autres esphces de Celtis sont rl&signéespar les clunlifications d'occicleiztcdis, rl'ot.ie~zt:~lis, de Toru.ncsortii, etc. Les bois des iles cle I;i,clnce e t d ' A l g é r i e , clits d'éhknisterie, ont, en général, uii tissu injecti! de matières colorantes et iilcr~istantes, présentant beaucoi~p cohGsion ; aussi peut-on ICS diviser de eii lames trks-minces, susceptibles d'un beau poli, applicables surtout clans l'ebènisteric coinme bois de placage : tels soiit l'acgou, S u l i e t e n i a (Ce~ll-elées), palissaildre, l'ébénier, le ciidre le (C~cjrus Lióani), le genévrier (Jz~tlQ~el.zis i r g i a t z a ) , le platune y (en raison des brillants refletç dus i ses rayons rnédullaires). Les Antilles, Ic Brbsil, le Japoii, les Indcs orientales nous fouri~issei.it bois fortenient injectés de inatihres colora1)les et des colorantes, crnployés en teinture aprks avoir ete r6duits en copeaux, parfois même en p u d r e : ou peiit citer le bois de B?Y;s i 2 e t de Pe~.lzanzbouc (plusieurs espèces du genre Casnll~i~tn), le

q u i sert A sculpter des petites Ggures, dkcouper dcs fcuilles trhs-miiic<.s, des bniiclelettes cle sparterie, et dont I1écorce, avec le liber, est fort iisitée polir confectioniier les cordes ti piiits. Le Iiêtre, I'auiie, le liouleaii et le noyer s'eniploient clniis la coiifectioii rles saliots. Les diffkreiits bois de trnvnil et cle construciiori peuvent &tre prkservés pendarit de longties nnuées des altérntioiis naturelles qu'occasioiiiieiit, n\ec le concours de l'liiiiniclité: les ferriients, les végétations cryptognmiq~ieu,cloiit quelques-unes ntticquciit m&meles arbres très-résineux (le mClbze, Lm-ia h'uioprea, est attaqué par le Xylostro~na, dor11le myccliiim skcrkle 8,65 rle résiiie pour 100 cleson poicls), les iiisectes, ~iotammeiit termites, iiriportds des Tiidcs, les q ~ r détruiseiit lcs clinrpeiites de plusieurs villes (Rochefort, la Roclicllc, eu:.); i les tarcts, inolliisques qui exercent cle graiids rnvages clans leç bnssiirs dc Iii marine et clniis les eaox J e Ia mer Noire, eii les injectnnt clc <liverses siilislances airliseptiques et véiiéi-ieuses. (Voy., page siiivarite, les procédés de ooiiservntioil des bois.)

BOIS.

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cnnye'clle (Henzcttosylon canzpechinnuin), le santril r.oi~ge(Pte7.0cnrpus stz~ttolinus), bois ~ I ~ Z L I (Mnrr~s le ZC tilzctoria), un arbrisseau d e nos coiitrées mkridionales, le fustct, le quercitro~b(Quei.ciis tirzctai-ia) de 1'Ainérique septentrionale. Quelques arbres recèlent dans leur tissti ligneux des huiles essentiellcs en assez grandes proportions pour exlialer très-longiemps une odeur agréable : tels sont le Csc/reln oí/oi*nta, le bois cle rose (Conuolvz~lris scopnr,ic~),1'8r1lyris balsanlifira. Ces bois odorailts s'emploient dans l'ébdnisterie, pour la confection des crayons, de divers petits meubles, garnitures et objets de luxe. Quelques 130is d'uiie grande diireté sont plus particulieremeiit reservés pour les menus objets de tour : cc soiit Iiotainment le gnyac (Guniíicnlrz o/j£ciiznle), le snirzte-lucie (Ceiwsris ~znlinbb), l'ébèizc (cceur clu Diospyros ebcnrlnz) et le 6uis (Buxus senzyeroirens), dont on fabrique une foule d'objets usuels : des galets, des bobincs, cles canelles ou robinets, dcs moules a soufre, etc. Les bois résineux, tels que le pin et lc sapin, le rnélhe, le obdre, etc., r6sistent loiig~enips aux agenls atmosphL'11 ues, en .'q waison de la résine doilt ils sont impikgnés. Cettc composition explique comment, a p i d s i?gal, ils donnent lilus de chaleur que les bois blancs (voy. p. 25). Ils résislenl bien surtout dans les coristruc~ionsali-dessus clu sol et dans les maconneries h la chaux ; on doit même les enrluire de chaiix lorsqu'oii les pose sur les assises de pise qn'ils servent d iriainteiiir, retenus euxmêmes et rendus solidaires par cles ferrures qui les relieiii. entre eux a leurs extr'émités. La sciure dessécliée des bois s'cmploie pour 113ter la dessiccatiou de diverses pibces mdtalliqucs d6capées et lavhcs pour Ia filtration dcs huiles, les rnilíiiiges avec les r(:sitliis gras A trailer parle srdfhre rle cn~vboize (ooy. dails S 1'"'volumc ces indiisiries), e pour absorber Ics solutioils métalliques destin6es à I'épuration du gas d'éc/nirage (~0.y. fim de ce voluinc); on est parvenu i litiliser la sciure de cliE(4ren~s hois comine combustible dans les ; grandes scicries inécai~iyiles Ia sciure du bois de palissaiidre sere h la fi~bricaliolzd71 bois CZUI'C~ (voy. plus loin cette iiidustrie remarc~ual~le). On a essayé avcc siiccAs d'crnployer la sciure dc bois moulue e n po~ldre fiiie e1 ~amiséc,au lieu du l>oussier de charbon, pour saupo~iclrer moules des fot:oiidcurs en broilze. Nous doiine~ons Ics plus loin, en pnrlan~ des spplicatioils cle la fécule, que1qiie.i

CONSERVATION DliS BOIS.

détails sur ceite inilovation utile, surtout au point de vue rle IU santk des oiivriers rnouleurs. Le bois de cliarrne a paru préféral~le aux autres esseilces pour cette application ; ln fécule, en raison de la forme arrondie de ses gl-anules, esL bien prkfCralile eiicore. Les écorces de plusieurs arbses offrent une g r a ~ ~ d c iitilit&, notainment cellcs du chêne qui fournit lc tan pour la préparation des ciiirs, d e plusieurs espkces de Cirzchonn qiii doiineni lec qzli~zqz~i~~czs gris et rouge. jaune,
3 Coescrvation cles bois. .

Le problème cle Ia conservation des bois est I'uii des plus importants que puisse avoir A réso~zdre cliimie industsielle ;eli Ia effet, par suite des dèveloppements de l'iriduslrie et de l'établisseinent des cliemins de fer, Ia colisommatiori des bois est toujours croissante, tnndis que plusieurs causes, parmi Iesquelles il faut d'ahorcl conipter les défrichenlents des forets, teiidenl i eil diminuer la production Un jour Colbert a dit : La I;i.arzcep&rir.nfaute de bois. 11 ne ~ o u v a i pressen~ir t alors deiix causes agissaiit cn sem inverse : ni

r).

(*) L a sui=fncr dc nos forLlts nppartenniit aux particulirrs, à l'ktiit ct eiih roiiiiiiuiies 6t;iit de 9 509 000 lieciares cri 1791; elle se troiivaít rétluitc a 8 860 000 Iiectares cn 1851, snvoir :
6 7 6 0 000 ~il>li!irlcn!liit dcç ~l:lrticiiiiers, à 1 876 000 iiiix ci>riiniiiiics piiiiitiitions ~~iil~lic]iics, ct 1 226 000 composnnt ies ior&tsdc 1'Élsl. R RUO 000

La diminutioii ét@t de 649 000 lieciares en 60 aiis. Lrs ierkts cle 1'Etat ne compreiinient quc 134500 Iicctaies cn esscrrcc8 (/o cliêi~e,e surplus sc composriit de 320 000 liectnres lilantés en Iiois hlaiics ct l 771 500 hectares de pius, sapins et essences clivcrses. Daiis uii aveiiir lieu é.loigiié, les rel>oiseriicxits,et irotniiiiiiciit ceux ile 1;i Yologrie et cles Loiides, ino<liGeroiit fnvoriiblcriieiit cc.t 6tnt (le clioses. Leu Laiidcs de Gnscogtie, eomprises entre les vallCes de la G;iroiiiie, ile 1'Adour ct 1;1 iner, oiit une étciirlue cle 8000 Iriloniktres cni5rCs,,presqiie eliií&renientineulies i1 y a 15 niis. Deliuis quelques aiiiiées, I'assniiiissemeiit et lii iiiise cii vnlriir de cette vaste éteiidue s'exéciiierit avec une tclle activitB par MM. Jnvtil, Pereirc, Clinmbrelciit, etc., que I~ientdtces terrnins iiisaliibres scrunt coiivertis cii dc inagiiiliques forkts de piiis maritinies ct de clib~iesqui fuuniiroiit ;ilionrlaiiiiner~liles Iiois de coiistriictioii a Ia I'raiice ct iiux coiltrbcs voisiiies, I'Aiigleterre c t 17Espagiie. L'emploi cles ciigrais a déjh pei-iiiis cl'introdiiirc (1:iiis ces locnlités Ia riiliure dcs ~ilniites alimentaires et iles fourrngcs iiCcess:iircs atix lioninies et aux :iiiiinaiix eiiiplogés claiis ces grandes exliloiiaiioiis.

COR'SERVATION DES BOIS.

G5

I'étal~lissementdes voies ferrhes qui semblait liâter lc fatal irvenement, ni l'inverition des procidés de conserva~ioildes bois qui semble, au contraire, devoir aliéantir les motifs de sa piédiction. La construction et l'entretien cles chemiils de fer (') ont considérablement augrnenté la coasommation des bois, et si l'on tielit compte de cette circonstaace qu'a l'état naturel le c a u r de chêne serait seu1 applicable avec quelque garantie de durde, on aclmettra l'utilite et l'iinportance des procedés qui permettent d'einployer d'autres essences dans l'é~ablissement de ces voies nonvelles graduellement adoptèes par tous les peiiples. Avant de dfcrire les moyens appliqués à la conservation des bois, noixs indiquerons les principales circonstances qui determinent leurs altérations. Ctlz~sespri?zc@ipnles nltérrrtions clzc bois. - La préseilce de de$ la inatiere azotée, bien p ' e n fai61e proportioil, dans le bois, y provoque l'altératioii désignée sous le nom d e pou7~itzdre: celle-ci rbsulte des fermentations successives produites par le conconrs dc l'oxygène de l'air, de l'hiimidité et des ferments cluc dévcloppent les mati6res azotées, grasses e t salines. Ces fermen ts transforment en acidc carbonique , -alcool, acides acétique, lactique, ctc., Jes substances siicrées et leurs congénères, pnis déterinineiit la piitréfaction des matikres azotées, etc. C'est encore la substance azotí-e qiii, seívarit de nourriture j divers injectes, les scolytes, cossus, saperdes, le peritelus, les termites, et 31 certains mollusques, les tarets, eic., porte ces esphces destructives i envaliir les arbres, les bois abattus, qu'elles d&t&riorentrapidement, et les bois des navires, m8me dans les bassins cle constructioa C'est eocore en grande partie aux dkpeas de ces matières azotees, analogues aux matières anima]es, que se développent à la surface et se propagent jusque dans ]e ceiitre d ~ bois les moisissures, les cliampignoi~s,ec diverses i végétatioris cryptogamiques La cause principale de l'altératioii dos bois resulte donc, comme: 0 1 le voit, de Ia présenue des matikrcs azotécs. dussi les bois 1 ç0ilt-ils plus a1 térables lorsque les arbres abattus apriis l'liiver,

r*).
.

(*) Ou nclmet par lrilom&trc de cllerniii de fer l'emploi cle 2500 travcrses o u 270 rnktres cubes eii y comprenant les cl~angements c voies, stations, d @i-es, ctc. Uii ~aisseau lignc tout ncuf, le jrtinni, s'est hcroulé dans Ies cliandc tierç ilc Bomhay, e~ivaliipar dcs myriades iiiaperyes cle termites (fourmis blariclies) qui waieni piilvérisé toule Ia mnssc intei%ne piEces de bois. dcs

r*)

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CONSERVATION DES BOIS.

en mars ou avril, contienneat la sève asceildants en plus fortes proportiolis, taildis qu'A l'époqiie plns convenable de I'abatage, en aovembre et janvier, ils offrent les meilleures coiiditioas de soliclité et de durée. O11 peut en conclure que les agents proyres à Ia conservation des bois doivent être ceux qui assureiit Ia conservation des matières animales elles-mêmes (*). La difficult6 de résoudre le piol~lSmec p i nous occupe consiste a faire peiiétrer l'agent antiseptiqiie claiis l'intèrieur des cellules, des frbres, Jes vaisseaux et dans les iilterstices qui les séparent. P~.oc&clés tl'injection deles bois. - Champy, eil 1813, voulanl essayer cle rpndre in~putresciblcsles bois destines à des scelleineilts daiis des muss hiimicles d'un inagasiii à pon~lre qu'il s'agissait de doribler en l~loinb,I( les a fait bouiliir daiis uii l>aili de suif, chauffé de 120 i 130'; ils y oiit 616 irnmergés pendant 4 lieures, I'eau qu'ilfi conteiiaient a dtbrécluite e11 vapeur, le soif n p1.i~ place, et les a lknétrés de part eii parl :ils eri sa ont absoiGé à peu pshs lc ciiicluikme de leur poids (**). Lcs bois aii-isiinjectes se coiiservenl parfaiteineilt. I'liisieurs liquicles, doilt le point S'ebiillitioii est plus devb qiie cclui de l'eau, peuvent pénétrer daiis lcs bois & I'aide de ce moycn : ainsi, les liuiles, les résines, les gondrons, agents efficaces de conserva(C

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(") Voici, eii cffet, lcs ngrnts nntisrptiqiies qiii piéserveiit ilcs iiltbrntions iintiirelles les suhsta~icesorgitiiisées provciiaiit cles nniiriaiix (ir ilcs v6gétaux : tniiin, sucre cii exchs, Iiitiles iixes et volntiles, goudroiis, résiiies, ri.tiosotc, nrides orsí.riieiix et ljyroligiie~ix, cliaux, se1 iiiariii, sulfzitc~s ciiivic, <lc ziiio, de d e fcr, pyi-oligiiite de fer (ncétntc gourlroii~iciix),I~icliloriiic~ merciiic. do Les elfets préservateurs Iiien coiiiiiis dii taiiníigc des cuirs et des iil(!ts ile cliunvre; cles Iiiiilrs c-t rbsiiics ilaiis les em~~nuniciiieiits les ciiduils des I ~ u i s ; ct d e In créoscite qui g;ii.niitii: Ics viniiiles ct les rissiis végótiiux: du se1 iiioiiii cln~is les salnisoiis, et cjiii conserve iiitacts leslioisagrs cles niíiicsil'IIallciii (Salx1)ourg) exploitées aiitérieurcn!ent B 1'Bi-e cliréiicniie; c111 I~icliiorurcde niercui,c cir solutioii alcocilisée qiii próservc Ics cndnvi.cs iiiiisi qiie Ics 1)liiiiic.s tles Iierhiers, pie., nioiitreiit I)ic11 que les mntibres orgniiiqucs :ii.oiécs, coiigciibrcs daiis res detix règries cle ln iiature, peuveiit dtre prbservérs tlc li\ putr6fnctioii liar les inr!iiies ilgriits. 0 1:I roiist;iti., eii outic, claiis les c a ~ i t l s 1 de's cniiniix s<ivciix, dcs fi1)i.c~ei: des cellules clii iissii ligiieux normal, plusirurs sulisiniices a7.ori.c~grnsses, siicrécs et snliiics, parfois m&iiie rlrs grniiulrs nniylecGcs; ces siili.siniiccs occn. sioiineiit divrrses nltérntioiis 3u I-ois, pnrcc qn'cllcs coiistitue~i~ :iliiiieiits des aplvol)riés h Ia nourriiiire c1r.s irisecics ct des molluscliics dits ;I:~/UII/I~I~I!S cominc a u s rlévclolipeniriiis des ~bgéiationsci.~]itajininirjiicsct clrs hisniciits, L,es i-nntières azotées soiit d'nutniit plus nlioiidaiitcs que les tissus ligiicii; solit ~iliis ji~iiiies(i~o,~.17). 1). (*") X.~/~éi.ier>cct; de nouilcnnu rnri,onsi~~sp o a h e , 1813; l~ililioilihc~uc siil* à clii Conservnioirt. inipb~inlclrs ayis et inbtiers.

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tion, pénhtrent Ics bois Iégers, tels que les pins, sapins, peui pliers et même le 11ouleau et le liêlre. En faisant subir cette pré~ a r a t i o n bois et 6levant la température & 150°, j'ai pu leur aux donner une imputrescihilité c~uiperrnit de les enlployer dans les constructions oh domine une huniidité Iiabituelle, oh les bois durs même ne résistent pas, aiiisi que dans les fabriques de produils cliimiques , où des vapeurs acidcs attaquent les bois pliis rapidenieat que l'liuiniclité seule. Le poids de la résine absorbée dans une de ces expériences (vériíié en Ia dissolvaiit sur des raclnres par l'alcool) élant RPl aux 0,6 riu poids total, si l'on ticnl compte des densités réelles de Ia résine et du bois, on voii; que dans l'ensemble dii volunie Ia rdsine occupe les O,7 et le tissu ligneux 0,3, ce qui s'accorde avec la densité apparente dil bois de peuplier employe qui est égale i 0,450, l'eau pesant 1,000. Le petit cube de 10' de cote étail alors devenu plus lourd que l'eau. consiste A inimerger sin~plement le Le procédé par imbil~ition 11ois claiis un liquide antiselitique en l'y laissant. I~aigner pendant iiii temps a s s a long ; mais les gaz que renferment les bois s'opposent h Ia p6nEtration du liquide au dela de quelques millimbtrcs I<yan a fait l'essai de la simple immersion, pour imprégner d'une solutioii contenaiit 0,01 de l~iclilorure mercure les bois de dcstinéç à Ia constructioii des scrres du cluc de Devonsliire : i1 a dimiilué l'inconvéiiieiit que aous venons de sigiialer, en divisant le bois en planclies, p ' i l fit assenibler avec des boulons pour en former des poutrelles après une iunmersion de quinze jours. Rréant fit coristriiire u l i apl~areilh l'aide duque1 i1 soiimit tine ~resçioiide 10 atmosphères les bois immcrgés : rédiiisaiit :iiiisi le voluriie dcs gaz, i1 fit pciiktrer les soliitions dans presque to~itee oavitks. Son procédé rlevinl plus efficacc eacorc lorsqii'il les effectua d'al~orcl le vida pour faire dégager les gaz renfeilrii6s daris Ie tissu ligneux, opérant ensuite une l~ressionde 10 atmosplières pour forcer le liquide a pbiiétrer dans les cavilés du - . bois. Betllel imagina un appareil qui réalise iiidustriellement I'idée

r).

(*) A moiiis qii'oii iie les immcrgc debout eii laiusaiit i'exlréinité supérieure du tronc liors du liquide : rlnns ce cas, Ia. force cnpillnire iiitrocluit le liquide (chnuffé s'il est trup visqiiecix) par lc bas, et, h iiicsore qii'il s'élbve, i clia.se 1 l'nir e t les gaz, cpi sorteiii lilir*merit linr Ia seotion (lu liaut.

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pirnitive de Bréant. C'est un grand cylindre eii tble, de ln',65 de diamètre et de iO 6 20 mètres de loiigueur, fermé cl'un bout par une calotte hemispherique, comme uil gdnérateur ordinaire; l'autre bout s'ouvre et se ferme B volonté par une calotte mo1)ile i bride munie d'agrafes articulées, & boulons. Ce grand cyliiidre, soliden~entmaintenu eii cliantier , couchk liorizoi~talement, reqoit les pièces de bois chargées sur deux, trois ou quatre chariots qu'on introduit successivement à l'aide 'de rails eii fer extérieurs, correspondant avec de semblables rails fixés dans l'intérieur du cylindre : lorsque le cylindre est cbargé de deux, trois, qiiatre ou mbnie six chariots (suivant I lona gueur c u cylindre et des pikces de.bois), on ferme l'extrkmité E ouverte, en présentant, à l'aicle d'iine grue tournante, la calotte inobile, et serrant les bricles par les boulons des agralees; un tube ainène alors de Ia vapeur qui cliasse l'air conteiiu dans le cylindre ; on ferme le robinet de dégagemen~ l'air, ct ciisuite cle ,Je rolinet qui introduisait !a vapeur ; un arrosage d'eau sur la superficie du cylindre opère la condensation ; ouvrant alors lc robinet d'uii tiibe qui plonge dans le liqiiide c i injecter , le cyliiidre se remplit aux 3/4 enviroii ; on achève cle le remplir A l'aide d'une pompe qui foule le liquide jusqu'à Ia pression de 10 atrnosph8res ; au bout de G i 1 2 lie~ires,suivant le bois employé, la penktration est effectuée, souvent jusque dans le coeur ; oii vide le cyliiidre en ouvrant un robiaet, et l'on peut décharger les bois o u pratiquer une deuxicme iajection (*). Le liqui~le auquel Betliel a donné Ia préfkrence est un mélange des liydrocarbures volatils dont on ol~tient enviroii 25 pour 100 du goudroii de houille cles usiiies B gaz, soumis ti une ílistillation mknagbe. Ce mélange, appelé improprement créosotc, peut assiirer une longue conservntion aux traverser; dcs cliemiiis dc fer ; dans d'autres applications l'odeur forte des bydrocarl~ures e t l'iuflammal~ilitédu bois ainsi préparé offriraient de sérieux inconvénients ; d'ailleurs ICS nombreux emplois des Ilydroclirl ~ u r c les plris légers ile laisseroiit plus bientot clisponi1,le Ia mas tière pren~ière ces iiijections, dans l'ktat lc plus convennl~lc de ni r?n qumtites suffisaiiles. Mo11 exposait le bois dans une cbamhi*c dose où i1 ii~jectait d e la vapeur qiii, raréfimt l'air, forpai1 Ies gaz conleniis dans Ic
(") On ir!jcctc h
lii

603 travcrscs a p n t cliacunc 26 30 cenl.

b i s dans le ~ g l i n c l ~loiig dc 10 ou 20 riil.ircs, 300 oii e, sur 13 i 15, c1 21",50 dc loligucrii'.

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bois à s'écliapper. I1 introduisait ensuite dela vapeur de créosoie, qui, se coildensant , péi~étraitdaiis les bois et les protégeait eontre Ia pourriture ct les insectes. M. Boucherie employa d'abord l'n~~~i~.atio?z pour faire uitnle pénétrer dans les arbres, debout ou récemmeiit abattus, le licluirle prbservateur. Cet ingénieux procédb pourrait Btre utilisé daus des circonstaiices particnlières. L'aubicr des arbres ktant plus poreux que le cmur et conteilant des vaisseanx ou conduits plus larges , le liqiiide y pénbtre plus facilement, tandis qu'il n'arrive pas en gdnéral vers le centre. Certaines irrégularites dans la pénktration des bois par ce inoyen ont prodiiit, d l'aide de sciages appropriés, des veines ou marbrnres d'un aspect; agréable. Ces bois pouvaieiit trouver des applications dans 1'ebBnislerie; mais leur consoinmation, assujettie aux caprices de Ia. mode, n'a pris aucune irnpor~ance. L'application de ce procédé est simple: en effet, l'arbre étalit sur pied, i1 suffit de faire i Ia base deux incisions laissant entre elles iiii inlervalle de cliielques centimètrcs, et de disposer autour de la scction une bande de toile enduite cle caolitcl~ouc recevant d'un petit tonneau le liquide qui doit &treaspiré par l'arbie. On emploie ce procédé inodifiC qui agit par cléplncenleizt. I1 consiste & placer l'arbre, r6cemment abattu, dans une position presque horizoatale, A entourer le tronc, près de son extréiniti: large, d'un sac de cuir ou tissu imperméa1;l,leque l'on maintieut sur un boiirrelet de glaise, par une forte ligatiire; oii fait arriver le liquide préservateur dans ce sac, j I'aide d'uii tube partant . d'un toniiea~iplacé i proxiinité : Ia séve esL cliassEc par le licluide qui s'introduit par des coildui~souvcrls. Relativerhen~i certaiaes essenceç, i1 sufit ile q~iclcl~~es miilutes pour que Ia séve d'aborcl, puisle liquide iiijecté arrivent h I'aut~'e110ut dc I'arhi-c: cela tient h ce que les canaux du bois sont trhs-irréguliers ílans cer~niuesespkces et que le passagc sc hit plus fncilemerit dans les canaux d'un plus grand cliamktro. C'est ce qui ai-rive pour le chêiie, dont lcs cenaux à large section dans l'aubier sont trCsrétrdcis dans le cmur; lcs canaux séveux du lliltre sont plus rbgiiliers; les pins et les sapins laissent infil~rer hien plus r6gulièrcment encore le liquide préservatcur et déplacer Ia séve. M. Bouclierie a rendu simple et; facilc I'exécotion de ce procédé : on prencl, par exemple, une pibce ou bille de bois ayant

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deux fois Ia longueur d'une traverse de chemin de fer, o11 donne au inilieu un trait de scie qiii pénètre jusqu'b 3 ou 4 centim8ti1cs du côté opposé ; soulevant alors au milieu Ia pièce de bois audessous de la portiou ménagée, la fcnte s'ouvre, on garnit ses bords d'une corde en étouye gondronnée, puis, Btant la cale de clessous, le poids cle la gèce fait serrer forterncii~la corcle clans la fente; i1 suffit alors de prntiqiier u11 trou de taribre entre la s~~perficie l a pièce et l'espace vide eiiti3eles deux pnr~ies de pour insérer le bout d'un tube et faire arriver 1111 liquide qui s'illsinue dans les fibres et cariaux et se rercl peu a peu vers les dcux extrbmités. Le procédé Boucl~erieest en iisage atijourd'htii pour Ia prkparation, au sulfatc dc cuivre, des bois destinés aux Iraverses des cliemins de fer, poteaux des ligues télégraphiqiics, elc., provenanl d'arbres almttiis depuis peu de temps; il p~~bsente gades ~alities sérieuses de succès, d'aprhs cles expkricnces d'une longue clurée : aussi avoiis-nons pensii devoir le décrire tlaas ioiis ses rlktails avec des dessiiis à l'appui. IJa ~lanclie XX rnontre Ia disposilion géiiérale de l'apparcil ii-istalló sous un hangar, parfois même en plciii air, et les principaux ustensiles employés polir appliquer aiix bil?es (troncs d'arbres) Ia solution saline qiii doit s'iilfiltrer dans les cailaux séveux et entre lcs fibres ligneuses. Lcs figures I et 2 représeiiteiit l'eiisemble de l'appareil : lcs cuves A contenant la solutioii de su1f:ite dc cuivre, souteiiues à 10 ou 15 mitreç au-dessus du sol par un bâti en cliarpente lbgère formant à sa partie superieure une eslrade avec r:iinpc autour cles deux clives, afiii de faciliter le service de celles-ci; ces cuves sont entretenues pleines ele Ia solarion de sulfate dc cuivre à 0,01 ou contcnant 1 lcilogr. rle sulfatc pour 100 litres du liquide; on dirige à volorite la solii~ioiidans i i ~ ti u l ver1;cal ~ eil cuivre i i, en ouvrant le robiiiet de l'iinc ou I'auirc tlcs ciives qui la concluit clans lc tube liorizoiltal i i . Ccloi-ci csl muni d'ajiitages sur lescjuels soilt adaptés autaiit de 1iil)c.s cii caout' cbouc qu'il se trouve de billcs cloiibles ou simples na a" a" cii cliantier . Les figures 3 et 4 inontrent, par uiie coupe e1 iiiie 61bvaticin siir tine plus grande écliellc, les dispositions par~iciilièrcs h l'aide ~Lesqiiellesla conduitc? horixontale llassanl au rnilicn et nu-dessous dc Ia double rangée de billes, fait arriver la solutioii. cuivrique aux billes : celles-ci ayant 25 à 40 ccil~im. diamhtre de

CONSERVATION D E S BOIS.

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e t clincuile 5,20 i 5,30 de loi~gueus correspoiiclant 8 Ia longneiir d e 2 traverses. Voici coinmeizt o u les prépare i recevoir ia filtratioli clu liyuicle : plncatit uii supl~ort cale en bois ai1 inilicu d e on Ia billc (fig. 3 cii coiipe), on pratique ait n~ilieu,c'cst-A-dire à 2 n-iètres GO centiiiiètros o u 2 mhtrcs 65 ceirtiinbtses rle cl~aque bout, u11 trnit de scie eu travers oii pei.peiidiculairc111e1lt 8 I'axe. 0 - arrête cette seclion clis cju'il ne reste pliis iiitact nu-clessoiis 11 d'elle clansla subseance ligneuse c p e ,'o environ dii diamb~re 112 (3 à 4 centiinètres); 011 pr:itique prbs du dessiis cle Ia I~illc lateou ralement, i l'aide d'une tarihre (fig. 10 indiqo6e s~iivantu n e plus grande échelle) et ii 8 ou 1 0 centimctrcs cle Ia sec~ioii, iin troii oblique qui va rejoindre, h 10 ccntimhlrcs de la surface tle ln bille, la sectioii transvcrsnle; eagageant alors entre l e support ct Ia bille ua double coiil, oii sotilève celle-ci jusq~i'i ce que lc trait; Jc çcie s'enir'ouvre de 1 cei-i~imb~repeu pi.;s. Cliacuii des h bouts d e Ia bille restc appuyé par son poids sur le planclier qrii l'élkve un peii au-dcssus du canivenu h , clans leque1 doiveiit s'écouler cl'abord la skve dCplacCe, puis la solutioii de sulfate d c cuivre clui s'y inêle graduellernent eii ylus rortes propoi.iions; o a iietloie le joint tles d6bris tle sciure et toLiriiui3e ligiieuses nvec les oti~ils tlits hzttes h rlecrasser le trnait (fig. 6 et 7), puis 011 iiitrodiiit alors clans le joiiit eiitr'ouvert (fig. 3 et 4) une corde cl'étoupes d c clianvre amincie ;iux deux bouls (indiquce fg. 5 par un detail graildi) que 1'011 eiigagc seulement d e son épaisseur autour d u tissu ligueux coupé. Dès que cette sorte de calfatage est ol~brbe l'niclc des matoirs a (fig. :G c1 17), on d e s s e ~ r e peri , pen les coins, puiç oii retire lc I snpport : de sorte que Ia bille, dons toute sa loiiguciir, iie repose plus (lue par scs d e ~ i x exlréinités sur les rleux chailtiers, comme le rcprésente ia figure (I. Dans cettc posi~ioii,lc poitls de ln I~illeexerqint une assez forte prcssioii sur ln coide d18toupe, pciit iroduirc Ia fermeture hermtiticlue du joint toiit en laissaiit entre lcs deiix faces coup(4es uii ilitervalle lil>i.e de ~il~isieiirs inillirriàtres ; lcs clioses aiiisi disposFes, oii introcluit daiis le trou de la tnrière rin petit njutrige clouble en biiis (fig. 11) sur l'ex~rémitécluqucl oii adaple le hout du tube eil cao~itcliouc d'availce siii, cliaque ajutage du tubc Gxi eil ciiivre i (fig, 4 , 2 c t 18) nmenaiit h volonti. Ia soliilion cuivricIue (lu t ~ i l ~ e liorizontal ii (fig. 1 ct 2). 'I'ous les tubes en caou~cliotic, Lixbs au tnlw corilm1uii eil ciiivro L'i, resteiit clos lorsque 1'011 vciit aireter l'ecoulemerit ou ititer-

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cepter le passage du liquide à l'aide d'un ustensile I~icn peu dispendieux, composé de deux petites lames en bois (fia. 12, 13 et 1 3 bis) ol&ant à chaque bout un trou dans lequel passe une petite broche à vis; le tube, entre les deux lames écartées, est ouvert, comme le monli,e Ia figure 12 ;i1 suffit, polir le fermer, de tourner, en les serram, les deiix vis; on comprime ainsi le tube flexible, dont les parois intérieiires se touclient e t se compriment , ainsi que l'incliquent les figures 13 et 13 bis, produisant dhs lors une fermeture herrnétic~ue. On peut facilement laisser kchapper l'air confiné dans Ia section en soulevant un instant I'aju~age bois jusqu'a ce que le en liquide s'en échappe; on ferine alors le passage en appuyant sur l'ajntage superieur ; le sulfate ele cuivre arrivant en solution sur les deux faces d e l a section mécliane cle la bille avec une pression cle 10 A 15 mètres du liquide, commence immédiatenieiit a s'iilfiltrer en seiis con~raire cltins lcs deux moitiés cle Ia bille, poussant devant lui Ia séve, qui aussitôt s'eooule par les deux buuts dans les caniveaux k(fig. 2, 3 , 4 ) , loilgeant le scntier et ramenant par une pente sufisailte vers u n récipient commun sous le sol le liquide séveux gracluellement mêlé de plus fortes proportions de la solution cuivrique. Deux pompes en bois f puisent ce liquicle et le remontent Q volonte par les canivenux h dans celui des deux réservoirs stipérieurs qui se trouve vide et pendailt que l'autre alimente Ia conclnite ir i de Ia solution a 0,01 de sulfate dc cuivre. Le !;qiride aiusi remouté se troi~ve filtre prialableinent dans lc récipfeii~iiiferieur par une couclie de charboii en graiils ou de sable qui retirnt quelques corps étrangers en suspensioii. 011 doit d'ailleurs le maiutenir au degré voulu oii i 0,01 de sulrate de cuivre en y ajoutant, suspendiie dans tine corbeille, ln quantitk nècessaire cles cristaux de ce sel. 0 1 laisse continuer Ia filtration 1 au travers cles tissus ligneiix pendaiit 36 ou 48 heures, suivaiit qu'il s'écoiile pliis ou moins vite, ou jiiscp'h ce q u e l e volun~e filtr6 représente trois fois le volume, et, mieiix eiicore, juscíu'à ce que le mélange de séve et de solutioil qui sort au bout de chacpie bille contienne au inoins par litre 6,GG grammes de sulfate, c'est-A-dire les $ d'nn ceiitikme ou de la quantití: qiic coilienait Ia solution eri arrivant du réservoir supérieur. Dans uii atelier de 50 mòtres de long, oti peul rnetlre eii cl~anticrh la fois 50 doul~lesbilles qui, devant ctre rcfeildues e n deux, reprbseiitent 200 traverses injecties en 48 lieures ou

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100 traverses Dar jour. L2 quantité rle sulfate de cuivre engagée dans les i.issos ligoeux éd~iivautà 5 ou G Irilour. de ce se1 cristallisé par mètre cube ou 500 à 600 çrammcs dans chaque traverse. On n'a pas toujoiirs cles billes doiibles en nombre sufisant, soit qn'on nianque cle bois de cctte longne ir, que l'on veuille utiliser des boi1 q OU que l'on ait d injecter cles tiges longues pour faire clcs po:eaux de ligi~estélégrapbiqucs c11 charpente; dans ces occasio,~~,laut í'a;i.e arriver Ie liquide siir une seule i( section à l'un des bouts. 0 1 y parvient i I'aide d'un ustensilc 1 fort simple : c'est uii plateau en bois épais, polygonal, solidement barré, te1 que le monti~cntles figi~res8, aa, perforé au centrc d'un trou b claris lequel s'engage uil boulon b' en bronze (et fig. 9) fileté d'un pas de vis à bois; ayant d'avance pratique dans l'axe de Ia bille, A l'aide d'uiie tarière (fig. IO), iin trou de diamètre uii peu moindre que la vis, mais plus profond, on y engage le boulon eii le faisant toiirner jusqu'i ce que, entre Ic plateau et la section, i1 ne reste qii'un intervalle de 1 cenlimktre. Dnns cet intervalle, o11 iiltrodtiit toute l'(~paisscurZune corde d'étoupe (Gg. 4) ilnnt les bouis se croisei-it, puis on serre le boiilorr au point de'reodre Etanclie Ir joint circulaire. 11 ne reste l~lusqa'a pratiquer dans le plateau un trou obliquc daiis lequel on adapte l'ajutage double en bois (fig. 1 1 ) pour faire arriver la solution de sulfate de cuivre entre le plateau et la sectioil de la bille : telle est Ia clisposition qu'indiquent sur la figure 2 Ies lettres b" et h"'. Une seinblable disposition permet d'injccler par le gros bout les longues tiges, perclies ou billcs laissées entières. Une disposition spéciale du plateau permet d'injec~erles 1,ois sans lcs pcrforer au centre; i1 suffit, comme l'indiq~ie figure 16, de faire clkpasser Ia 1)arre transversale et de la pratiquer i cliacun des bouts un trou clans lcqucl on engage llextrémitC filetde a vis cyuiie chnine A crocliet (fig. 4) ; cliaque crocliel étant alors fixe par iin coup cle martcau dans Ia ~ a r t i e extbrieure de la bille, on pose l'kcrou quc l'on serre avec une clef jusqu'd ce que l'intervallc entre le plateau et ln section soit réduit à 1 centiindtre, puis on place la corde rl'étonpe, on pousse le serrage au point convenable, et l'on acliève l'opération comme nous venons de Ie dire. La durée du passage dc la sol~itioiiau travers des piBces de bois varie suivant la texture ylns ou inoins serrke du tissn ligneux, les différentes esscnces, les proportions de Ia séve res-

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tante, la loogueur et le clianiftre des billes ou tiges des arbrcs. Le cllêiie n e se laisse g u h e pénktrer que daiis son aul~ier, portion d'aille~~rs plris altârable et dont les canaux séveux la sont plus larges que ceux du cwiir ; les arhres lc plus ghéralement employés, en raisoii dc leur valeur moindre et de leur plus coinplète pénktmtion, soiit surtout le helre, le cliarnie, le bouleau, le plataiie, l'ornie, Ies pins maritime et s~lvestre destines h former de5 travcrses , des cliarpentes, des cliangements cle voie, des poteaux de soutien des lignes tblbgrapliiqiies. Le tremble et les auties peupliers se pénetrent I h n , sauf une portion peu voluinineuse autour de I'axe. Lorsqu'il s'agit tL'en laire deu pie~ix, élimine cette ~ o r t i o n refendailt en quatre Ia tige on eii préparée, puis enlevant à Ia serpc oii i Ia scie circulaire la portion anguleuse non iiijcctce (IL' cllaqi~eq~larticr. Relativement ti toiites ler cssences , I'injcction est d'autaiit plus hcile, plus proinpte e1 pliis complcte que lcs arl)res ont kté plus recemment abattus. On doit eil t o u ~ retarder autant que cas possible la cléperdi~ioliele la séve aussitBt apres I'al)alage en ebrancliant et étronconnant la tige. Lorsque ces opérations ont 6th faites en hiver, de janvier h mars, avaut la pousse eles feuilles, les arbres abattus sont asses pourvoç de s4ve deux inois après ou jusqu'a la fin de inai : i1 suffit i cette 6pocfiic d'cxciscr h cliaque bout une rondelle de 10 centimbtres d'4paisscus pour eiilever les portioas trop clesséclii.es. Qiiant aux arl~res a1)altus eq etè, dn 15 nvril nu Ir' septemhrc, si o11 ne les iigecte inimkcliatemciit i1 n e faut guL:rc altcridre plus ele 8 h i 2 jouss aprhs I'al~atage. Les billes et tiges soilt d'ailleurs injeclhes d'nutant plus promptenient qu'elles ont nioiils de longueur e1 que la solutioii y p6nètre sous une plus forte pressioli. Les tiges de pin ayanl 7 ii 8 mbtres tle longueur et 20 a 25 centimhtres cle diaruic~re exigent 5 R 7 jouis potir êtrc soffisammcnt iiljectêes. Le diametre a une grande influente sur lcs efyets de l'injection : tanctis que les biiies peu voluli~iueusesayanl de 20 i 40 cenlimètres de cliamdtre et une longueur de 2 mètres 50 ceniimèlres, soiit p$iiétr&es en 24 A 36 hcnres, toutes ci~cons~aiices Egalcs, 100 lieures et au delà sonl nécessaiies pour l'injectioii clcs grosses hilles ayailt 60 centimetres !de diam&trc, et i1 aura fallu faire passer une quantilé cle solution égale à six ou sept fois le voliime de ces l~illes, encorc sera-t-oli obligh, pour acliever Ia

CONSERVATION DES BOIS.

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pénktration claiis les parties ceritrales , cle charger isolérnent ensuite ces parties A l'aide cle plateaux d'un cliamètre plus petit, correspondant a Ia sectioii du tissu ligneux le plus serré. Quelquefois, en oiitre, on devra retouriier ccs pihces aili1 de faire entrer. la solu~ionpar le 1,oiit opposk à celui qrri llavait recue d'aborcl. En lont cas i1 importe beaucoup que le sulfate de cuivre en usage pour ce procédé (ainsi que pour un autrc système de péiiétration indiqué plus loin) soit aussi pur et aussi neutre que possible; i1 faut surtoul éviter qu'il retieil~ie q~iantités des appréciables de sulfate de fer, car ce dernier sel, d réaction toujoiirs acide, réagit en se peroxyclant siir les fibres ligneuses et Ies clésagregc. 0 1reconnatt la puseté suffisante du sulfate rle cuivre à sa 1 neutralité, à sa propriétb de doniier par I'ammoaiaque uii précipité qui se redissout intégralement dans uil excès de réactif en développant une conleur hleue violette intense. C'est afiii de conserves Ia solutioii de sulfate cle cuivre exempte cle sulfale de fer, et en mSme ~enipsponr éviter que 1es ustensiles soieiit attaqués, que tons doivent être en hois, e n caoutcliouc ou en cuivre, bronze ou laitoii (a l'exception des tarières on autils i couper le bois), car les ol>jets en fer qui seraieilt mis en contact avcc Ia solution cuivrique précipiteritient le mital en introduisnnt ilu sulfate de fer dans Ia sol ution. : MM. NorBs et Cie, qui exploiteut le procédé Boucherie, calculent de la manière suivante les avantages de ce procédé appliqué aux cliemins de fer. Adincttaot, dlaprbs une pratique de vingt aniiécs, que Ia diirée des bois est triplée, l'économio scra :
Dciix tr;iverscs, sur triiis, B G fr. 5 0 . . Ap~wovisionnerncnts,ri-;iiç dc cliiingcmciit, posc, iiit6idts.

..................... .....

13

r..

21

A dbdiiiro Ia v;ilciir dc rleux vieillcs tr;ivcrses..

ficonomic iicttc.. Ou piir kilotnbtrc rcpréscntiint 2óOU ti~nvcrses.

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..............

34
3

.............. 77600 fr.

8I

Quant au prix cofitailt de l'injection, en calculant par mbtre cube G Irilogr. de sulfate de cuivre valailt ai1 pliis Ci Sr., les frais de main-d'ceuvre, transports, intérets, etc., 10 ri.. le mktre cube . ou le sttSre reviendrait j 15 fr. ou 1 fr. 60 polir une traverse, ce qui équivaiidrait à Ia difirence de prix entre le bois cle cli6ne et lc bois de hêtre.

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CONSERVATION DES BOIS.

Le sulfate de ciiivre conserve le JIois cn se fixant sur la cellulose, la matihre ligneuse et diverçes sLlbçtances azotées. 11 offre une propriété toxique suFfisante pour einp&clier les insectes il'attaquer le tissu ligneux ; d'ailleurs, en dépla$ant la séve, sn solution expulse une grande partie des su]lstances les pliis altbrables qui se précipitent dans ces liquides par le repos ou se sépnrent sur le filtre (*). M. Perrin a obtenu l.iajection du bois par une dispositioli analogue : il adapte au bout cl'iin tronc, coupé i 2 ou 4 mktres d e longueur, un vase e n fonte, dans leclueL i1 fait le vide en un instant par Ia combustion Zune ètoupe imprégni:e d'esprit-de bois. L'autre extrémité de la pi&e de ]jois mise debout btant dans toute sa section e n conlact avec un liqiiicIe mnintenu par un reliord de tissu imperméable, on conjoit que la pressioil atmospliériquc pousse l e liquide et lui fasse, en une, deux 011 trois opérations, traverser tout le corps clu trouc de l'arl~re. Mais ce qui caraetérisait le procédé lienard Perrin, c'etait l'emploi d e solutions colorées semJ~lal>les cdles dont on fait j usage dans la teinture de divers tissiiç ou étoíí'es. 0 1 ponvait 1 préparer aiilsi des nuances veinées, jaunâtres, violacées, rougeâtres, brunes, se rapprochant de celles des plus beaux bois exotiques (**). MM. Legé et Fleury-Pironiiet ont applic~uéavec succòs récemn~entle procedi: d'injectioil de Breaiit, rnodifid par l3cllieI, en le modifiant eux-mêmes par I'emploi du sulfate de cuivrc C L de cliaiidi&res, cliariots, clialnes e t rails en cuivre au lieu des usteilsiles e n fer qui auraient, clans ce cas, partiellemeilt décomposé le sulfate de cuivre et introduit des quantilhs plus ou moine
(*) 0 1 ni.ait cri1 ponvuir faciliter l'eniploi de ce proe8db cii ciiililoyiiiit Ia 1 séire écoalée pour former Ies solutions cle sulfate de cuivrc, irinis M. Pciitjcn~i, iiigí.nieur, a cléinoritré qiie ceite praticlue étsit vicieuse; lcs sulistniiccs o1.piiiílues (socrées , goinmeuses , a~otées grasses , snlines) 1 uc la súvc coiilic3iil, <lissoiit- o u eu suspension, ofieiit UII alirnent aux v i g h t i o i i s cryl>togiirniques; de sorte qiie li1 solntioii c~iivric[ue,clinrgóe de sdve, clevieii~ uiie aaiisc d'altí.rniiori (lu tissu ligiieiix ai1 lieu de servir h le coiiser~~er. est tloiic irnporI1 tant tl'éliiniiier le pliis l)ossibIe lii sére mbnie ciilrainaiit uii peu de s~i'liiie d e c~iivrr,et d e liréparer avec de I'eiiu pure ou iiaturelle 1es solutioiis B iiijccicr. (**) D6jA l'ii~rlusti~ie plaquagr, pour varicr les reriiarqunlilcs cfl'cis clii'cllo (lu sait ~irodiiire dniis les ameulilemeiits de Iii\e, nvait ndoptC Ics I>»is clc ]VI. R. Perriii (Iidtre, plntniic, bouleau, merisier, fr$iie, etc.), lorsqiie dcs difficultés ciitrc les iiiveiitcurs, ilolit les b r e ~ c l s soiil nctiicllemeiit exl~irbs, oiit arnc.116 in:illicureuseiiiciii In ferineture cle In grniide iisiiic spCci:ilc o i ~ 011 1' iiijectait ces Iiois.

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grandes de sulfate cle fer dont nous avons Ugnalé ci-dessus les graves inconvéiiients. La méthode de MM. Legé ct Iileury-Pironnet est d'ailleurs netternent caractérisée pai plusieurs dispositions noiivelles. Le cylindre dans lecluel l'ii~jectioi~ s7eflectiie est tout entier cotrst~-uitEIZ kpaisses feuillcs de cuivre innttciqz~cibl~s par le liqzlide et C ~ ~ C I ~ C/(! C~*I'Ei~tel- ~ I ~ C S S ~ D I Z I S à u12e it~iLlt-ictri'e 12 i1 de 15 c ~ t ~ ~ z o s ~ ~n ~iè r(2'3.enzl~loyer~ i n ~ o l u t i o de cuiore au lieu l f ~ ze s , e t~ cles liquides (liydrocarl~ures,siilfate dc fer e1 clilorure de baryuiil, clilorure de ziiic) qui seuls jusque-li avaient servi A pré~ ~ a rlesr bois en vases clos; Ia vapeur qti'on y injecte, au lieu de e servir uniquenxnt h faire le vicle, rloitprolo/~gerdrrln~~tct G O 20 ou nzênze 1 20 millutes son cictio~z,crk~zt17éleoer /a tenyérntnre eles pièces cZe bois, de ledilnter leurs pores et c1élélr.uii3e Ies p/*~?zerzts. effets iitiles sont coniplétés en iiitroduisant dans le Ces cylindre Ia solution de sulfite cle cuivre p~.énlub/enzentéchaz~fde EL +- 70' eizviro7z. L'en~ploieles solutions chnudes procluit cel cxcellent rksultat d7évilerla condensation de Ia vapeur conteilue (laiis le cylindre ct ençagbe dans la masse ligiicuse, et par suite d e prevenir le resserrement des pores dii bois et de maintenir la perinénbilité qiie l'on avait obteniie par l'action prolongér; de la vapcur. L'excès de i n vapezir, n11ri.s ovoir- dtk cip/~/iquie rZcz7zs le cylindi,e 21 I'&clrazlffe~~zent pièccs de Õois, s u l ' à kchnrrfer eles ce /ir_/ziirle cir-clrla~~t zirz serpentill; l'eau de coiiderisatioil en (lalzs est dirigée avec le reste de vapeur dans Ia solution cuivriclue ou dans l'eaii d'alirncntation (lu génL:rateur, Le oide rlalzs le cyli~zcZre esterectuk h L'aide ~2'1112conde~zsate~a.sr)~n~~& danslequel s'clfectue Ia liquéfactioii de la vapeur; celle-ci se trouve aiiisi presqiie totaleincnt eillevíte 3u cyliildre avec 17airet les gaz no11 condensables et sans occasiorincr un refroidissenient notablc, sans condenser Ia vapcur dans Ie bois lui-meine, qui d8s lors conscrve sa tcmpéralure ei. sa perméabilité. Lc viclc se trouvc maintenu par I'aetioil des pompes i air, qiii cnlòvcnt continuelleincnt Ics caux ele condcnsation e t maintieniient nu degrévoula le vicle rlans Ic cyliiidrc comrne dans les cmaux séveux c t les interstices clu I~ois,azt p o i z ~ t d e fai1.e clesce~zcli~e 10 ou nzinle h 5 centinzètres /(r colo~tne à m n ~ ~ o n ~ e ' de ~nzercure, t ~ ~ i ~ i ~ e lorrt en ng:rissantszrr les gaz inté7,ieur.s cdilatés LI($& par zuze tenq~ératnrede +- 70' e?ivii.o,l; ensn, /a ~wession succédant au vicle est pousséepa~~ lespor/pes(l'injcctio~l clrr liyuide cr~z~ise/~ti~zre 12 011 15 L"Z"LOS~IIL~I.CS, j11s~u~2i suivant 1~ voluine et la structure cln rissu des 1)ois. Uii rnit norivenii r8siiltr,

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CONSERVATION DES BOIS.

cl'ailleurs, de toutes ces conditions spéciales au syseilme, c'est qu'azc liezl cle prntiquer sezrlenzent cleux ou trois ol~érntionserl 24 /ieuraes,072 e?t pezlt effectz1~7' i x et nzênze c~ozize. d Description de I'~l,pureil.- Les détails dans lesquels noiis allons eiiwer, en décrivaiit i'appareil construit avec les nouveaux perfectionnements pour la cornpapie du cheiniil de fer de Paris A Lyon et à la Méditerranée, feront aisément comprendre les moyens d'obtenir les bons résultats quc i~ous venons de signalei. L'appareil entier comprend : 1 Deux cylindres en cuivre rouge destines à recevoir alter' nativeinent les bois que l'on veut injecter; cbacun de ces cylindres est termine d'un boiit par une calotte solidemcnt rivée, et vers l'autre extrémité par une calotte semblable niobile. 2"es iistensiles annexes indispensablcs, tels que soupapes de si'1ret8, manomCtre indicateur des pressions s~ipérieures l'atmoi sphhre et du vide leelatif, niveau d'eau, tuhes et robiiiets de communication pour les liquides et les gaz. 3" Six cliariots, dont quatre à introduiw dans Ics deux cyliridres et dont les bitis sont en bois, les armatures et roi~lettes en bronze, outre les cinq ou six truclrs roulant sur les rails M'M', fixés sur 1e sol MM (fig. 175j, sur lesquels ces cliariots sont transportés, chargés des bois amenés du cliantier ou conduits aux magasiiis aprCs l'injection 4 9 e u x pompes à double effet, pompes air, ponipes d'iajection, conclenseur à vide, transrnissions de inouvements. 5" Locomobile et son gériérateur d'une force de 12 clievaiix. Enfin, cuves en bois doublécs de cuivre, serpentiii de chaufhge et hhclia d eau condensée. ~ 3 ~ / i ~ z ~011 rvasas clos injecter /e bois. Z es Cliacun des cylindres A dans lesquels s'effectue 1a penétration des pidces en Lois est foriiie de six manclions en cuivre rouge de 24 milliinètres d18paisseur, rdunis à I'aidc d'un recouvrement sur uue largeur de 12 centiniGtres, par une double clouure de rivets en cuivrc ayant un diamètre de '24 millim6tres rivés à froid; toute la superficie de cct asçemblage est étainée; la longueur totale, non compris le bombement dcs deux fonds E, E', est de G mblres, e t le diainktre intéricur est de lm,GO, A la p a r ~ i einfdrieure est fixéc une voie de rails en bronze présentaiit de cliaque côté une bande de G ceiltimètres do large h I mCtre rl'écartrinent cl'axe en axe, dcstinée à recevoir les

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CONSEBVATION DES 13015.

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chariots i roule~tes c.lia13gés de5 bois que l'on veut soumettre a l'injection p:ir la soliition clu s~ill'ate cuivre. de

A l'uile dcs extrkmités du cyli~iclre,le foncl boml~é est fixe E k rleineure. A l'autrc cxiréii.iit6, le Soncl E' est mobile autour de l'axe d'un arbre liorizontal en fer formant avcc I'armatilre de ce foiid une forte cliarniire; les bords de ce fonii sont ter~ninés par uile large bridc circulaire e11Iworize portanl iine snillic ou langneite vcvue de fonlc et qiii s'adaplc dans une rninure Cgalement annulaire pratiqiiée dans Ia bride scmlilable en bronze terniiiiaii~ 1,ord tlil cyliriclre et forinant soil cmboucliure. Ic Lcs oreillons en I~roiize, venus tle f o n ~ e , sont traversés par l'arbre en Ser qu'ils supportent, et doi11 o11 pcut opérer le déplacement, 5 l'aide clc vis tle rappcl, s'il se inanifestait qrielque clérangemciil crilrc lcs brities iqni doivent exactenlent coi'ncicler l'une a w c l'autre. Deux leviers h coiitre-poids 17, éq11ilil)rant cette sorte cl'ohtii-

8O CONSER~TATIONDES BOIS. rateur ou couvercle articulé, facilitent tellement Ia mailceuvre, cp'un seu1 bomme p c ~ aisérnent ouvrir et fermer le cylindre. t Aíin d'ob enir une fermeture é~ariclie, on introduit. dans la rainure ou gorge circulaire de la bride dii cylindre une torsade en bourre de cl~anvre que l'on comprime par la languette circulaire en serrant le couvercle, et que l'on dou ble par une deuxièine torsade semblable, égale nen, comprim8e ensuite. L e serrage cles deiix brides, tlu cylindre et du couvercle s'effectue au moyen d'une rangee de houlons articiilés adaptes tout autour de Ia bricle du cylindie, se yahaitant dans cles créneaux ou écl~ancrures,en sorce qu'on puisse, dès qu'ils sont ainsi rabattus, serrer les boulons dans leurs ecrous aciéres par cémentation. Les figures ci-dessous, 176, 177, 178, portaflt Les,il!êmes lettres, ii~tlir~uent, par une por.tioil du cylindre en coupe, 1" 2 " p a r le détail d'uii boulon ar~icole,3 O p3r une vue de face, les mêmes dispositions sur une plus grande echells.
Fig. 176.

I'ig. 178.

Usterzsiles, robinets et tubes rrlznexés anx cyli~zd?,es. Outre les ustensiles indicateurs d LI nivenu du liquide, cle Ia pression, d u vide, et Ia soupape de siireté, cbacun des cylindres esc muni de robinets isolés, correspondant aux diarn2t,res intérieurs des diffkrents tubes en bronze q ~ i i troiivent ad:ipt(:s, çnvoir : s'y

COKSERVATION DES BOIS.

8.1

Robinet x de 60 millimètres, pour le cléaa ement de I'air. ?g H servant a ~ntroduire lavapeur. IcI. - Id. I' destine aii refoulcment de la solution. Id. pour donner issue à Ia vapeur. ld. correspondant & l'aspiratiun L de la rompe dails Ia cuve. Id. 100 I qni étnblit Ia con~munication nvec le condenseur de Ia pornpe à air. Td. 150 I< poui introcluire Ia solution lorsyue le uide est fait, au pour évacuer le liquide après que l'injection est accomplie. Le serpcntin en cuivre rouge H' correspondant au robinet d'évaci~ation de Ia vapeur, contourné en hélice autour des parois du rbservoir, Lransmet Ia clialeur ele l'ean ele condensation qui cloit élever i 70 degres la température de la solution clu sulfata de cuivre. L'excès rle la vapcur est dirige ave<:l'eau condensee vers iine 118che destinke d l'alinieatation du générateiir, ou I~ietl passe de l'extrémite inférieure du serpeiltin par un tube vcr~ical recourhe I-I" 'qui ramhne dans le bain du snlfate de cuivre l'eau et Ia vapeur, contribuant ainsi h elevcr la température dc ce bain. Chm-io2ic. Chaque cy1indi.e peut recevoir successivemeiit ct contenir h Ia fois deux chariots chargés de travcrses (ou d'autres p i h s en bois i préparer), pendant que deux antres chariots sont en voie de chargement au chantier. Ainsi rlonc, liuit cl~ariots se lrouvent sirnultanémeat en fonction pour les deux cyliilclres; on comprend Ia nécessité de deiix autres cbariots prCts a servir c 1 cns de réparatioils; ce sont donc en totalité dix cliariots 1 c~uidoivent Gtre dispo~iibles,afin d'assurer le service des deux cylindres sans avoir à crainclre 3'interriiptioi~. Chacun de ces chariots est forme de deux longrines en bois cle cli&ize,d'orme ou d'acacia, réunies i l'aide ele deux entretoises en 1)ronze se prolorigeant des deux côtés en arc de cercle jusqu'au niveau de Ia moitié cle la hauieur de Ia ligne cliamétrale Jii cyliildre. Deux portions dc cercle, égalemcnt en bronze, sont adaptées à charnière aux deux bouts arqués dc chaque entrctoise, de fapon i compléler un cercle concciitriqirc ai1 cyliildre et qui puisse se fermer par une clavette; les traverses, siiccessiven~ent empilees, se trouvent ainsi maintenues sur cliacun des cl~ariots par les deux cercles en bronze.

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< : I ~ I H I BINDUSTR.

11-6

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COI'TSERVATION DES BOIS.

Le chariot roule sur quatre galets eri bronze à une joue dkbordant le rail à l'intérieur. Ces galets sont inontks cliacnii sur un arbre horizontal tournant dans des boites encastrbes dnns les mortaises spéciales des longriries. Toutes les ~ i è c e métalliques s (galets, arbres, boulons, boites) sont en bronze. Ponzpes. Toute Ia macliinerie des pompes liorizontales repose sur un bâti trks-solide; les pistoes ont une course de O", 105 donnant 50 coups doubles par minute. Unc courroie principale, enroulée sur le taml~our la ]OCOde mobile, meut alternativement trois poulies fixées cliacuae à un 1 arbre indépendant ayant pour objet de mettre les pompes e 1 mouvement ou d'interrompre complétenient leur marche sniis arrêter lc inoteur. La poulie centrale est montke sur un arbrc eil fer tournant dans deux autres arbres creux en fonte munis de bagues en bronze. Chacun cle ces arbres creux porte liii-mhnc une poiilie, un volant régulateur et un pignon dente' c o m i ~ i a n d n ~ i ~ une roue garnie d'alluchons et &&e sur iin arbre inférieiir i inanivelle. Une bielle à fourche s'articule B la tige Zune dcs pompes ai1 moyen d'uil T forrnant galet et g.uidé da& des glissihrcs. Loconzobile. -Le inoteur se compose d'uile locomobile de Ia force de 12 cl~evaux-vapeur, sans roues ni essieiix, portéc: pai u n chhssis de wagon ordinaire. Les cylindres d injecter lc bois et touí le niécanisrrie cles pompes sont installhs chaciin sur nn cli8ssis roulanl, afin qu'oii puisse les transporler facilemeilt aux divers points OU lc besoin l'exige sur toiite la ligne du chemin de fer. ,9fode ~d'opk~-el*. Les opérations sont ainsi dirighcs : Deux cliariots cliargés de traverses ou d'au~res pi&cescle bois, I ~ u t e s taillécs, sont successivement amenés sur des triicics ou garnis de deux rails traiisversalement fixes, vis-à-vis dc l'smIioucliure d e l'un des cylindres; on pose entre le triiclc et le cylindre, pour combler I'intervalle, deux bouts clc rails mobiles qui élablissent Ia continuité entrc lcs rails du truck et ocux (lu cyliiidre, et perinettent d'introduire, en les faisant rouler, 10s rleux cliariots daiis ce vase. O11 abaisse alors l'obturn~eiir, oscillaii~ sans dilliculté autour de l'axe supérieur et é~~uilibrc', lcs par deux coiitre-poids à leviers, les lioulons ar~iculéssont rabat~us c fortcincnt scrrés. C'est à ce moment que l'opbralion proprcL rneilt dite comrnencc : la cl~audière Ia locorriol~ilc,cliaiilT(h de

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CONSERVATlON DES BOIS.

83

d'avance, est mise en con~inuilication le tube H avec f'intépar rieur du cylindre charg.6 de bois ; ceiui-ci se trouve aussitôt traversé par un courailt de vapeur chassant l'air par le robinet spécial et passant en excès par le robiiiet inièrieur cpii la dirige dans les circorivolution~du serpentin, où elle se condense en Cchauffant la solution du s~ilfate cuivre; l'excès se dirige, soit vers de la biclie d'eau d'alimentation, soit dans la solution, par le bout recourbé clu tul~e. 011 laisse circiiler aiasi le courant de vapcur pendant I 5 m i nutes, queiqiiehis o11 le prolouge 30 et mkme 60 minutes, suivant le voluine et l'essence clcs piòces de bois renfermées clans le cyliiidre, le 11ut qu'on se proposc k~aiit d'élever la tempéi%ature de toute la masse ligiieuse an point convenable (de 65 i 70 degr8s) pour cliasscr les gaz engagés dans les tissus e t rendre plus perméables tous les coiiduits. Lorsque ces eflets se sont produits, o11 ferme leu robinels e1 1'011 ouvre la con~municatioii entre le cylindre et le condenseur, dans leque1 arrive aussilbt une injection d'eau froide que 1'011 kvacue, ainsi quc les gaz, A l'aide des powpes à air placécs sur la locomobile ; oii conlinue à faire le vide jusqu'i rEcluire la liautcur de la coloniie cle mcrcurc h G ceutimbtres, duralit 15 ;L I 8 iniliiilcs (ct mêine 25 minutes pour lcs csseilces diacileinent perméables , tellcs quc le cli8ne venu en terrain sec). A ce moinenl, on ouvre le gros robiiiet I<, qui e t a b l i ~ comla m~inicntion eiltrc le cylinclre el le réservoir contenant la salution, à 0'02 rlc sulfate dc cuivre, chaulf%cA 70 degrés par Ia vapeur percliic. Cette s o l ~ ~ t i o n , Ia prcssion extérieure rle l'utmopar splihre, sc prkipite dans Ic cglindi~cqii'elle remplit aiix iieuf clixiiimes eizviron. On coml~l&te remplissage t l'aide cle Ia le i poinpe foiilnnlc, qni in~rorluit nouvelle cliiaiititi: de soliition une ciiivric~iie cliaurle l~uisbc dans le mkme réservoir. Le reroiilcineilt (lc ce licIuidc a poui. l ~ u d'clevcr Ia pression dans lc cylinclrc t jusqn'h L a~mospliòrcset de I'Ymainlenir ~ e n t l a n t ininutes 2 20 h unc dcini-lieiire. Ou coiriprcnil que le pc tit vol~iinecles gaz q u i restenl cncore enpgés daiis lcs tissiis ligneux se trouve réduit, par l'efleret de c e m pression, iles onze douuiL:mcs environ; le liquide, en prcnanl l a place qii'ils occupaient, s'introduil cl'autan~plus avntii ct sc met n:iturellcment cn contact avcc les surfaces des cavilés devrnues lilwcs. En cllèl, lorsqu'oii coupc eii deux par uil trait cle scie iinc tra-

8k

CORTSERVATION DES BOIS.

verse qui vient d'être injectée, on peut observer le bouillonilement des gaz q~ii dilatent et sortent d2s qn'ils se trouvent se ainsi délivrés d e la pression considérable qui les avait refoul6s. Lorsque la pression de 12 atmosphères a été, comme noiis venons de dire, rnaintenue pendant 20 à 30 minutes dans le cylindre, on ouvre le gros robinet de vidange, qui laisse retourner clans le réservoir à sulfate la solution non absorbée. 11 n e reste :tutrc cllose à faire alors que Zouvrir le eyliiidre, retirer les cliariots, les replacer siir le truclc qui les transporte vers l e niagasin aux bois préparés, tandis qu'un autre truck amène deux autres cllariots cliarg.6~de pièces i injecter et que l'on introduit à leur tour pour recommencer une up6ratioil seinblable. Cliacun des cylindres renferinaiit deux cl~triots cliargés ensomble de 64 traverscs, et leç opéi.ations pouvant être r&pétécs 8 fois en 1 2 heures, i1 esl facile de préparer enune jourrike 1024 traverses dans les rletix cylinclres, ou lenr éqnivalent en pièces rle toutc nutre forme occupant le mêmevolume; si les commnndcs Ctaient urgenles, on pourrait doubler cettc quantité et prèparcr 2048 traverses e11 travaillaiit 24 heures. Qua~ttitds sztlfclte de cziiore injectée~. de --Levolumc de Ia solulion qui pénktre ai1 milieii des tissus ligneux varie suivant la texture plus ou moiiis serree dcs bois venus sur des terrains plus ou moins secs et cles essences forestihres plus ou inoiils tendi'cs ou dures. E n tout cas, si l'on propor~ionilenu uolurne de ln solution i11jecti.c Ia dose du sulfate cuivriqne contenu dans cette solutioo rlepnis 0 , 0 1 5 au moins jusqu'h 0 , 0 2 0 , en tcnant coinpie de la quaiilité d'eau fournie par la condensation particlle dc la vapeur , i1 est facile de coinpléter clans les tissus ligneux la cluantité de Iík,tí i G kilogr. par mètre cube, reconniie siifíisanle dans la pratique poiir assurer une longiie conscrvatio11 (*). Qzinntité de solutio~zirzjcctke &ns les difi!1*~1zte~ CSSC12CCS (/r bois. T,es essais d c M. cle I-Iennezel, iiigénieur dcs miiics, ei d e N.VCtillnrd, cliimiste maniifacturier, oiit inoiitré qii'unc so-

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(*) q ~ . los rapportsilc M. Cli. Riclioux, iiigbnietii, cles cliriniiis dc fc>istlo ~iiitlitle 1:) Pr:iiioe et clu iioril dc 1'Esp:igne; tlc M. rle I-Icriric~eel, iiigéliieur eii clirf dcs iniiies ; tle nZ. T'ésigiiid, iiigi~iiiturtle Ia rnni.iiie au 1 1 o i ~ ~ C;licrtlc I>oiiig; (ir fil. Soclirt, clirccteor cles coiisiruciioi~siinvalcs h Clierliouig ; i l ( s M. Ricoiii., iiigí'iiieiir cles ~ioiiiçet cliaussécs, sur Ics exl~ériclicrstl'u~ic coriimissjoii clc, In SticiCié clti iiiatéi~iol ;igricole de la Sarllic, c t lcs iioliccu dr M. JCiiiile 13nvi111It,~ I I ~ I ; I I ~ P L I I civil.

CONSERVATION DES BOIS,

85

lution primitivement faite dans les proportioiis de 2 ceiztièmes de sulfate de ciiivre n'en renfermait plus, lorsqu'cllc cut rempli le cglindre, que 1,728 ou 17"',28 par licre, ce q u i d'ailleurs, comme on peiit le voir par le tableau suivant, avait largement s u a pour atteindre les proportious de sulfate utiles i une boniie conservation.
I?,'P~\T

NATUIIE BT

DDIIS IIOIS.
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11?1~n~. l'risii~cs, P ~ & C C S i'q~iar~ies, trnvcrscs i'qii;irrics, tniverses derni-rondes, rn;idriers (*) ; rniiyennos , . , . I'IN ~ I A I I I T ~ ~ I I I .T ~ ~ ~ I V Cdemi-l3ondes, ~.SCII ii~iissiiiil, 0 ~ n i ~dc coiilie (no9BD 62). is i Cir,\~nle. midricr i!c~uii~ii, cmur (1ii Iiois, 8 à 40 iiiis dc ciiiilie, G ans de sciiige.. ~'EUPLIBR. T~I~VPPSCS, (Icrrii-~nridi~is, 110is silin, 6 mois dc coiijic (no' 64 1 5 8 ) .

-

-

. . . . . .. .;.

74.7IL.
580

430k.
40 1
G10

8 1 ~ ~ ~ ~ 0
O 42

-

, 2

.. .. .

737
680

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GDO

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ur Ics 7 11iSccs inises cii cxl>fricncc, les (lii:inlités de lirliiide ;il>snrtiCcs oiit !ISt;ir~t lilili iiiries que Ic tciii11~iciiiiil ile~iiiis i'nlirtiige iiiit pIu1 (:i~nsid&I-iilllo; clles iirit viirié (11: 3 8 0 b 508 kili~g~'. mbtrc culic polir dcs liièccs ;iyiiiit 1"". ilc 4 rni~ish 5 iins tle ciiupe.
&i!

*

O 1 peut remarquer dnns ces résultats l'inlliience qri'exerceile 1 1%texture, ln densitk apparciite et l'esseizce eles bois sur leur poiivoir t1'absorptioi.i daris dcs coizditions se*ililables. D:~nsle coiirs cle ses expérienccs, M. de IIeilnezel n pu reconnai~re qu'ati mornen~ passagc de la vapciir et clu vidc eiiectué, clu les pi6ces dc bois s'étaiei~tgoi~flées: sur l'unc cl'ellcs la srirface de 1;i seclion trarisversnlc avait augine~itéde 17,640 millimbtres h 18,400 n~iilimM~res : : 100 : 104, sans que la longuenr se fiit ou accriic scnsil)Icruieii~; poicls s'était élevè, pour G pièces pesant lc ciiscrnl~lc24 7 l<ilogr., 255 lrilogr., ce qui correspond à 0,02 d u poicls primi~ii;l'ab~o~ptioiz d'un peu de vapeur colideilsée su@t i l'exlilicatiori dc cc f a i ~ . EII essayaiit siir Ia surf'ace des coiipcs traiisversales l'action cl'iin rí:actifi*) qiii d6cAlc Ia préseizce dcs sels de cuivre et doiinc cics indica~ions npproximatives sur Ics rfiiiiiitités de sulfate d e

(*) L;i sololioii arIiieiisr cri iisnge p o u r les essnis dcs iraverses coiitient pnr litre 90 g i ~ a i i ~ m c ~ s opiioliirrtii.e tlc l > o t n s 6 ~ i ~ et , doiiiie ati contnct LI tle i~ bois irii~>ri.~iiú ln soltiliuii c l i i stilfnte clc cuivre un précipité b r ~ i i irouge cle plus o11 iiioiiis intciisc, suivant lcs cjuniitilús d e ce suIfate absorbircs.

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COESERVATION DES 1301s.

cuivre injecté, M. deHennezel a reconnu que les portions des bois (soumises à Ia préparation dans I'appareil) reprèsentant I'aubier et celles qui ont i.prouvé uii peu d'dchariflknzerzt se trouvent iiljectées en plus fortes proportions que les parties constitunnt le cceur ou les nceiids, surtout parmi les pios çaines; mais que toutes, notamment ali bout de c~yelques jours, contiennent des doses suifisantes de l'agent préservateur, et qu'eiifin les parties les pIus altérables sont prècisément celles qui fixent le plus de sulfate et sont le mieux dèfenclues; qu'i cet égard, ainsi qii'au point de vue de Ia prk~aration facile, rapide, règulière, économique des bois les plus répandus dans le commerce spécial, tirés tle Fraiice et de I'étranger, le procédé Legé et Fleleury-Pirontiet est celui qui semble offrir le plus de garanties. Dans un grand travail cornprenant des essais variés sur les effets de ctiacun des mopens successivement niis en actioii dans ce systèrne, &I.Vksignié, ingbnieur de Ia marine, a montré comment les trois opérations sur lesquelles repose l'inven~ioii, utiles dans tous les cas pour facilites la pénétration, sont esseiltielles Iorsque quelques circonstances particulières augmenteiit la résistance des bois il'injection; ses conclusions relatives à l'application aux bois de la marine ont requ l'approbation corriplitc de & . directeiir des constriictions navales. Sochet, I Comparant ce prockdé avec les nutres procèdès de preparation des bois au point de vue de leiir coriservation èconomique, Prí. Vésigniè est coi~duit penser q~i'iloffrc plosieurs avantages à considérables. Prix cozitn~~t nzètre czibe des bois injecte's. - M. Vèsignié, du voulant ktablir ses calculs sur l'emploi d'appareils de dirnensions convenables, les applique i nn cylindre de i 2 mhtreç (1ongueur génkralement suffisante pour les poteaux télégrapliiques) et de 1 ,GO tle diambtre ; avec les ustensiles accessoires, llensemble rn couterait 60 000 fr., savoir :
Cyliudre en cuivre, cumpris rnils int6'ieui.s et rol>inets.. liiiit eliariots.. Pt~nipes6 8ir et B ref~iulernentdu liquide.. Reservoirs, scrpentins ct tuI)iilures.. Mncliuie i ralieur locumulile do .I2 clierii~ix. Voies de cliantier, 1iang;irs.. Total..
108 .................................. 30 774 fr. 4 .......... 4 068 ............... 4 ......... 4 ....................... 1 5 000 000

...

R0 000 Sr.

Supposant que les espaces iitilisès représcnteilt les 0,50 de la capacité du cylinclre, Ia cliarge de bois sera de 12 mètres cubes; cliacune des opkrations devant durer 2 lieures, 12 liomnles se-

CONSERVATION DES BOIS.

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ront nécessaires pour le moiivement cles bois et la manmuvre des wagons. E n une journée de 10 beures, la dépense correspondante íi 5 opérations fournissant 60 mètres cubes de bois injectés sera :
I'oiir 42 oiiuricrs i 3 frn~lcs.. 30 fr. 4 c1i:iuifeur.. 6 4 clief de cliiintier.. 0 Cliiiuffdge ct entrctien de li1 macliiiie,. 25 Stilf:itc dc cuivrc, 300 bil. ((1 kil. par mètrt: ctibe), i ri.. 2 0 c. 432 4 Amortissement du cnpitul de 80 000 francs eu I O ttns. 23

-

.................................. ............................ ................... .....
Tot;il..

..........................

... 627 h.

oii p i r rn&trcc u l , c E =8 fr. 7 1 c., soit, en nornbres roiids, O 11-tiiics.
Lo l

MM. Legé et Fleiiry-Pironne~,en portant leprix d e l'appareil et des accessoires & 61 000 fr,, aclmettaiit l'ernploi de 385 lrilogrammes de sulfate h O fr, 90 c., i raison de Sk,5 par mitre cube, supposant enfin qu'on injecte par joiir 70 mètres cubes ou 700 traverses, dvaluent pour tous fmis d'injection le prix dc revient íi 6 fr. 20 c. par rnktre cube, ce qui co~respond 6 opéd rations par jour donilailt cl~acunc11 mètrcs c~ilies66 pour uri cyliiidre d'uile capacite de 24 niètres ciibes. La dépeiise de 7 fr. pour l'injection d'uii iiiètre cube de bois est à peine Bquivalcate h la dixiènie partie de Ia valeur dii bois normal dont Ia durke cepeiidailt peut êtrc triplée sous l'iiifluence cle l'agent antiseptique introduit, par ce procédé, daiis le tissu liçneux. Applicutio7z,s d8s bois pr,éparé~. M. de I-Iennezel reconlmande leur eniploi, non-sculeineil~ pour les traverscs et lcs chançeinents de voie des cliemins de fcr, nzais eiicore poui. les cl-iarpentes cle toutc esphce, lcu boisagcs des mines, certailis bois de rnenuiserie, les pieux, poteanx t&l6grapliic~ues, bclialas, triiiglcs des treillnges. Dails le rapport de M. Vbsignid, Ics applicatioiis aux conslructioris navalcs soilt plus l)ar~iculii:remeiit rnises eli relief. . Le hêtre, l'orme et le pin Iiii ont paru oirrir les plus grands avaiitages h cct égard : [e hêtre, dont I'injection en genéral est complkte; l'orme, qiii, saur quelclues veines, CSL p61i8trê convenal~lement, et le pin, qiii pouryait ê ~ r e employi: avec son aubier dans les baux eli sap, et si ce ii'est dans les mâts d'unc seule piece, au moins daiis les mits d'assemblage. M. le dirccteur des coastructions navales Socliet ajoutait d ces considératioils, qiie pour les quilles et les eponlilles on em-

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88

CONSERVA'ITON DES BOIS.

ploierait d e grosses pièces cle hêtre injectées avec soin, q e : même ]e peuplier acquerrait une immense iitilité, si on pouvait, en l'irnprégnant, lui conserver son extrbme lègèreté spécifique(*). Cette essence serait plus particulièremeiit réservèc pour Ia confeotion des racleaux, cles coffres de rade, des petites canonnières OU afftlts flottants, des bateaux de sauvetage, etc. Parmi les cultures spéciales, c'est surtout pour la viticulture que la conservation des bois oEae une importante éconoinie, facile à ktahlir. Nous essayerons d'en donner une idée en pyenant p o u r base de nos calculs Ia conson~mationdes èclialas dans l e dé~artementde la Gironde. Les vignoblcs y oceiipent u n e srirface de 103 513 hectares répartis dans 6 arrondissements (**). Les écliaIas(*") genéralement usités pour les vignes diiBordelais sont forniés de tiges des jeuries pins maritimes extraits par les kclaircies des semis ricents. Leiir longueur est d e 2"',30 i i 2"',75, e t leur diamhtre cl'environ 3C,5. Les ceps étant espacés de l m , 5 0 dans les sols fertiles et à 2 mètres clnns les terraiils secs, on évalue à 3600 le noinhre moyen des ceps: par consèquent, eii iiomhres ronds, les 100 000 liectares de la Gironde porteraieiit habitnellement 350 000 000 d'éclialas. Pendant le cours d e chaque année, le bout enterré se troiivc détérioré (au nivenii de Ia superficie du sol particnli6rement). 0 1 1 retranche cette portioil. La longueur priu~ilivepermet de: iépéter trois fois encore ce retrancliemeilt. AprBs yuatre années, ce qui reste des brins est trop court pour servir à un cincluième éclialassement. 1000 éclialas de 2m,75, ayant 3 ii 4 cent. de cliamètre, représentent un volume de 3*sC. En adrriettant une diirée de 4 ans, 011 voit que la consomrilation annuelle serait de 87 500 000 éclialas, équivalant A un volume de 260 000 mCti,es

350*010*00".

(+) La clensité iie sernit cffectiveineiit nccrue que cl'environ 6 Icil. par m8tre cube représentnnt après la dessiccatiori, le coml>osé cuivrique resté dnns le bois. (*") Bordeaux, Uazas, Blaye, Lesparre, ~ i h o u r n eet la Réole, produisaiit année rnoyeiine 25 000 000 d'hectolitres de vins de différentes qiialités. 01 1 remplace daris le 3Iécloc les éclialas par de longues perclies ou l a ~ t e s fixées avec de i'osier h des pieux iiommés currassons : ces sortcs d'espnliers sont étaldis h une Iiaiiteur de 40 ceiitim$tres; ils exigent seiisi1,lerneilt tine quailtité d e bois égale B celle qiie iiécessiterait l'dchalassemeiit usiiel.

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c**)

CONSERVATION DES BOIS.

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cubes de bois; v ~ i c comineat o11 peut se rendre comptc de 1'6i conoinie réalisable :

L'cx~érience ayant prouvé que les Cchalas sullisainment péiiètrés de snlfatc de cuivre oilt une dnrbe de plus cle 10 ans saiis (III'OKI m i l obligb de rctranclierle boiit eiifoncé daas Icsol, on peut récluire leur longoeiir ?L 1"1,36, ct alors les 3 inètres cubes, iie cofitent plus que Ia inoiti6cle la Jépcnse totale, béoéfice coliipris, oii 45 fr. au lieu de 90 fr., ce p i x 1113 dépasse pas le cours orclinaire des éclialas écorcés, rendlis clrcz les viticultcurs; or coinine oii ~ o u r r a compter sur iiiic durée double, l'ècoiion~ieréelle i~ serail dc moiti6 aii moins. Daiis Pl~isieiirs localités, les prorlui~s kclairries siir les jeudes iies plan~ationsrle piiis pourraieiit, comme h 13ordenux, foiirnir 1es bclialns dc vigrie, les poteaux ct les t~iteurs pepiiiières et des jarclins; nilleurs o11 u~iliseraitriux mêincs iisagcs les lreml~les et clivers autres -peuplicrs, les saules, auncs, l~ouleaux, etc. Si ea y coinprenaiit ces arplications l'eiiscmùle des vigriobles Se France, couvranl cnviron 2 000 000 d'hcctares , représcritriit iinc conson~iiiation d'éclialas coinparable à cel1edr:Borcleaux proportionilcllcnieat 21 la siiperficie, la consomiilatioil rcpreseiiterait 7 500 000 ini:tres cubes de bois B impri~gner,cloi~to n aurait h ibenoiiveicr0 , l ou 750 000 riiiltres cubes par a n , toul e n éconoinisaii~Ia valcur clc 375 000 i1iè~i.c~ ciil~esoii clc 125 000 000 cl'tlclialns, coiitant, eii tiçcs i:corcécs de jeciiics piiis, environ 5 625 008 fr. E n définitive, lcs prociclés Cliatirpy, Bréant , 13ethel , Payii, Lcgé eL Fleury-Piroiiiict, Bo~iclicric L'crrin ec Moli semblei~t pouvoir riuiiir des coiidi~ions sufisanles de l~éné~ration $ 6 ~ 0 et nomie your êlrc praticalil,les eii grnncl. P~.lnc$nrlít. clg.e~~ls Z c»r~se~.uution Aois. de a du Le tn~zin @sL u n des ngenls eficaces de conservatioil : i1 agit sur ICS suhstanccs azotécs coiilenues clans les bois, cl'uue manikre analogiie I l'action qu'il cxcrcc siir la matiire animale dans le tannege tles peaiix. 011 lui altribiie la longue dlirée du chêtie

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CORISERVATION DES BOIS.

immelgé dans l'eau, ainsi que celle des filets que les p6cheiirs ont soin de plonger de temps A autre dans une solution cle tanin. Lc grand usage que lo fait du goudrwc depuis si loilgtemps 'n daiis la niariile déinontre les propriétés préserva~ricesde cet agent. Les goudrons cles fabriques où l'on carhonise les Liois en vases distillatoires contiennent de la créosote qiie l'on peut dissoudre par l'eau aiguisée de quelques ceiitièines d'acide pyroligiienx; on oùtient ainsi une solution antiseptique cloilt le prix de revient est très-niodique. Les Ituiles, les suifs et les risines conservent les matières organiques et le bois, en particulier, eil les garantissant de l'liiimidite ainsi que 3u coiitacl de l'air. Le se2 rrzwin, enlploye si généralement pour conserver lcs vinncles, les poissoas, les peaux, etc., est aussi i111 très-boi1 agent de conservation dcs bois, Les Américains l'emploient poiir coriscrver Ics liordnges de leurs navires. Les bois iinprkgiiés de se1 se coiiserveiit daiis les eiidroits iln peli liumidcs; mais uii exchs d'eaii pourrail dissoudre le se1 ei le iaire sortir du tissu ligiieux. Dans les lieux alteriiativcmeiit liumiclcs et trks-secs, le se1 inariii poiirrait venir i l'exthiciir eii eíIiorescences eil éciwtant lcs fibres ligneuses, Les szdfates 620 fir sol11 des agents cle coiiservation; niais, inlrocluits seuls dans Ics bois, ils les dbsagrégcnt eli agissant par leur acide rendi1 libre, A incsure que l'oxyclation s'avance (ou qn'il cst inis h iiu par la combiiiaisoii des osydcs nvec Ics substances organiq~ies),sur la ccllulose. Les snlfates de cnivre C L de zinc, obtenus neutres, ii'ont pas les mcmes iiiconvériieilt.~ que les sulfatcs de fel-, toujoiirs aoides. Br6anl est parvenuA prévenir cettc allération en friisant. pénétrer clc l'liuile de liii daiis les bois irijectés de sels~n&talliclues. Lel~y?,nlipcilc /;?I- a 616 de employé par M. Bouclierie. C'esi 1111 dcs plus puissai~tsantisertiques : i\ contient eii cflet, outre le se1 lerrugineux, de la cr6osote et divcrs autres produits clu goudron. M. Wattceu emploie avec succès l'ii~~jectioii le procédd par Payn de dkux ngcntç aiitiseptiqries : d'abord iiiic solnlion de B de sulfure de Ijaryuin (voy. ~ l u loin, Snmc 120s ndlnases) dans s 100 d'cnu; ce liquiilc Etniit rctiré clu cylindre, on lc rempl;ice 1" UU"C solii~ioriconlennnt B de sulftite de fer poiir 100 d'eaii, ) et pendant 6 heures cl~aquefois, sous la pressioil dc 10 atinosplières. Uiie rloiible dècomposition a lieii ilaiis les pores et vaisseaiix du tissii ligneux ; i1 cii rbsulle dcux coinposés inso-

CONSERVATION DES BOIS.

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lul~les, sulfure d e fer et clu sulfate de baryte, et i1 reste un du exc&s de sulfure de 1)aryum clui s'oppose loi~gtempsaux attaques des insectes, a l'aclioii des ferments et au dévcloppemelit des moisissures. L'cicétate ~leplo~tzb tribasiqne, dont l'oxyde forme, avec un grand nombre de matidrcs organiques, des compoç& ilisolubles et in~~~utrescibles,un ageiit qui pénètre aisément et conserve est le bois. Lc bichlo~~ure Inercure, employb avec succ6s pour la coiide scrvalion des pièces anntomiqiles et rles herbiers, s'appliqiie aussi i l a coiiscrvation des bois. 0 1a essayé l'rtcicle arsLniezis 1 cri Auglelerre, mais o11 a reconiiu qu'il clevient clariçereux pour lcs ouvricrs cliargés de iilettrc en ceiivre les bois qui sont imprdgnés. Le chlorzi~ecle z i ~ z c~zeritl-e, clissous clans 1 O0 iois soil poids d'eaii ii~jectéclnns le I~ois le procédé de Payn, est employé par en Angleterre, ou I'Aniirarité liii donne la i~référencesur les auIres ngciits de conservation. Le clilol*urerle cnlcizi~lz agit coiiinie le se1 marin; i1 oflre quelques availtagcs dnns cerlaines applications, par exernple pour leç cercles eii bois employés dans lcs lie~ixsecs; cnr sa facul~éhygroscopique , en préservant d'altération les bois, conserve eil outre leur souplcsse. Uri ndlange de ccire et de suib en injection, est applicable aux l~ois dans cei~taines incl~islries i1 empbclie les planclies gravées : de se gaiicliir, de se gercer, etc. Soil prix est eleve, mais l'augiiientatioii de Ia dépeilse est peu importante dans ce cns, si on Ia cornlmre avec la valeur des ohjets conscrvés. I1 f a u ~ employcr, pour pknCtrer lcs bois, uii exc;ss cle Ia sul~stnnceliqriirle OLI Soncliic; i1 pcut P I ~rcsler engagé dans le tissii liçilenx depnis 15 jusqu'à G O pour 100 du vol~iinecles piPces iinprégnées , snivant que le tissu est plus ou nioins serré et que Ia pCndtration est plus ou moiiis availcée ou coinpllite. MM. Kciiard-13erriii les premiers oiit introduit dails les bois touics lcs teinturcs c1 1'alun:ige appliqiiés clepuis 1ongtemps aux 6ioifcs: 1c rocou, la garaace, 1'01-seille, le bois de campêclie, de brésil doililen~les nuances diverses de i70uge e t de violet; Ie tourilesol, l'indigo ou le cnmpSclie l~lus l'azotete de cuivre foiirnisseill dcs coloratioiis 13leiics; le vert est ohtenu nu nloyen de l'ncétate de cuivre; l'aclion successive de Ia noix de gnlle et du sl~lfate fer produit le noir ; ci~fin, de polir coinpléter Tassorti .*

9E

CONSERVATION DES BOIS.

ment de ces bois veinés, propres í i l'ébénisterie, ces n~essieurs ont imaginé de décolorer rles bois, en faisant infiltrer, par exemple, dans l e tissu du cliarme, d'abord une dissoliilion d e sonde à $ cle degré, puis de l'enu, puis une solution de chloriire de cliaux (hgpocliloiite), ensuite cle l'eaii acidulée par I'acide chlorliydrique, enfin de l'eau plire. Le bois, blailclii de cette faqoii, sert aux imitations de I'ivoire clans des iocriistations d'ébénisterie. Ces ingénieux procédés ont mérité h leurs auteurs une médaiile d'argeiit dans l e grand concours d e l'lndustrie nationalc (e11 1549). Le meilleur agent de conservatiori des traverses cles cliernins de fer serait probablement le mélange J e s carbures d'liydrogkne que l'on obtient en ijisant passer à la clistillation 25 centihmes du goudron de Iioiiille : ce liquide, in,jectk d I'aide de l'apparei1 Bréant, modifie par Payn e t Bethel. -Mallieureusemci~t011 ile peiit s'en procurer des íluantités sufrisantes, et. cl'ailleiirs l'odeur forte que les bois exlialent lorsq~i'ils ont élé iililnégri4s d'liuiles de go~idron, en restreiiit l'applicatioii aiix chemins de fer, taiidis que les bois injectés de sulfato d e cuivre sont exempts d'ocleur et peuveiit servir daris toutes les colistructions. Le cliarine, le hêtre, les peuplicrs, le platane, le bouleaii, les pins et les sapins sont les bois les pliis fnciles i ii~jecterpay les divers procedés que iious veiions de décrire. La í s s i c c a t i o l ~ uil moyeii génèralement usitd, clui, sans est préserver incléliiiime~itles bois, retarde Irieaucotip leur altération en diminuant les quatitités e t les erets de l'cau Iiygroscopiclue. Les bois, desséchés lentement et graduelleineiit clans unc éiiive à courant cl'ni~. Iirlile' (inêlé avec la fiirnCc du coii7bustiI~le),sont moius suje~s, lorsq~lilssoiil travaillés, a subir des varintions cle volume, parce que cette opératiol-i a rendu le tissil pliis serr6, inoins penne'able, nioins liygros~opic~ue nioins altéral>le. et 0 i parvient à éviter le fendillemei~t bois, duralit sa clessici du cation, en l'humectant d'nbord d'une mniiière uiiiforme ? I'aide I de I'eau ou de Ia vapeur : on doit, en tout cas, le desséhcr dans un courant d'air clont on graclue trks-leiitcinent la température ai1 fiir et A mesiire que Ia dessiccatioii s'opbre (*).

C ) I1 s e h t hoii clYinipr4gnerles bois cle peinture 1 l'liiiile ni~ssiibtq r è s leur dessiccntiori. On iroiivera claiis lcs ~ i r n n l e sC[IL ~ O I I S ~ I ~ I J ~POIII* I1865, ~ O ~ ' C p. 366 h 369, cles ddtails srrr le procéd6 de coiiservaiion des cliarpeiites de la

ÇONSERVATION DES BOIS.

M. Cliemallé rend trks-diirables les pikces qu'il importe le plus de conserver : les chevilles des charpentes et lcs coins des railways, en soumettant les objets h des injections successivcs de vapeur qui fait le virle et dc rksinc liqnéfiée à chaud dans l'huile ou cle goudron de lionille; ces injections ont lien clans un apparei1 ailalogue à celui de Bréant; les pièces sont ensuite fortemeilt cornprimées, de facon à rCduire de O,% le volume, dans des moules en foiile, sortes dc filières eil eiltonaoir au nombre cle 10 dans lesquelles uil nonibre 4gal de clievillcs soiit introduites et forcèes par des têtes de cylinclres pleiils en Ter; u ~ mouvei metit eii sens contraire, produit 5 l'instnnt par lleDet d'un exceiitrique, introrlnit daris le bout opposé des filiGres autant de tiges qtii repoossent les chevilles cornprimées : celles-ci tombent e L fon t place h d'autres. On concoit que ces mouvernents de va-et-vient , effectubs par la force mkcaniquc de Ia vapeur, puissent comprimer ec dégager 10 fortes chevilles en 2 seconclcs, c'est-h-dire préparer, comme chez MM. Ransoine et May, à Ipswicli, 1800 clievilles par heure, I 8 000 par jour de 10 licurcs (*).
4 . Assainisec~nentùc I a cale ites vnisseaiix ct coiisc'vation (lcs bois pai, Ia. carboliisrtioii sulierficicllc.

Parmi les caiises diverses cl'insalribrit& qui compromct~cnt la santé des éqi1ipages et cles passaçers durant Ics voyages de long cours sur mer et qui s'accumulent dans les cales(**)on a reconnu
iuariiie par voie de dessiccntioii h ln f~imfe,imngiiii: ei rnis eii pratique avec .ucc&s par M. Cuihert. (*) M. Poiiillct, ingénieur, entrepreiieur de clinrpcnte, n iro~ivé unc autre solutioii dii prolllkme de Ia coiiservntioii rlcs triiverscs c11 y carisacrarit excliisivemcnt le cmur < I i i clidne et reilclaiit cette niéthode éconoinique par Ia dimiriutiori de moitié clu tolunie; ciir i1 tnille les traverses suivaiir les climeiisioiis cxactes qu'ellcs rloiveiit conscrver : loiigueur, 2 mhtres 50 ceiit.; Inrgeur, 16 ceiit. ; é[>nisscur, 8 ceiit., ali lieii rie 2 iiic'tres 70, 22 cenr. et 18 cent. : compen\niit d'ailleurs cette diminiition cle force par l'iiddi~ioii d'uii plateau dc 50 ceiit. de long, 30 ilc lnrgc et 4 cl'Gpaisseiir suiv chnr~iiehoiit de Ia trnverse soiis les coussiiiets, l i où i1 est le 1)lus titilc cle pi~Bseiiter f'orte stal~ilitd une 1x11- lnrge siirface et le plus de résisiaiice. I garnntit Ia siiperiicie des pihces une 1 aiiisi tnill6es eri les iinprégnani, par immersioii h cliaucl, avec uri liquide composé de gourlroii 1, résiiie 1 , et toufre 1. De nomlireux et importants travaux oiit dté entrepris eii vue de eomlinttre ces causes d'insnlnhritb par le renoiivellemeii~coiitinuel, daiis les cales cles navires et les entreputs, de l'air atmospliériquc qui, suivaiit l'élat OU i1 se troiive, p e ~ i t devenir 10 cnuse d'une foule d e malndies signalécs i I'attentioii

r*)

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Ia fâcheuse influence des matières organiques pntrescil~les absorbées par l e bois des navires ou maintenues R leur superficie. Ces matikres deviennent le siége de fermentations diverses, dil developpement des sérninules de végétations cryptogamiques plus ou moins insalubres transportées par l'atmosphère, et des animalcules dont les réactions exercent sur nos organes une fâclieuse influence. Les remarquables recherclies de M. Pasteur ont dénlontrb de la f a ~ o na plus coinplkte que les sèminules répandues dans l'air l qui se déposent surles liqiiides contenant les alirnents organiques e t minéraux coi~~enables, dheloppent dans ccs liquides une foule d'êtreç microscopiques, les micropliytes et les niicrozoaires qiii détesrninent les fermenta~ionsalcooliqiie, acide, putride, et propagent d e nouveaux germes dans l'atmospli6re. Lorsqu'au retour des voyages oii effectuc le clécliargemeilt et Ia clésinfection des grandes cavites cles navires, les travaux sont très-péniblos, dangereux mime : les agents antiscptiqiies del'hypoviennent parfois iiisufisants ; l'iin des plus énergiq~~es, cl~lorite e cliaux, en soliitions plus ou moiiis fortes peut arreter d rnomentanément les progrès de la putrèfaction et le dkveloppement des êtres microscopiques, animalcules ou cryptogames. Mais bicntbt l'hypochlorite transforme en alilorure de calcium, se1 t&s-bygroscopique, contribue à entretenir sur les parois qui avaient requ ccs aspersions ainsi que dans les tissus ligneux, une humidité permanente; entratné ensnite par les lavages, soii eflicacité disparatt enfiu, et l'odeur nauséabonde tonte l~artic~~libre de la cale devient de nouveau dominante. Les liquides piitrescibles, dont les tissus ligiieux, ainsi que Ia rouille qui recoiivre les armatures en fer se trouvent impregnes, entretienuentpar leuss fcrnientations iiltêrieures des binanations iiaiiséabondes et insalubres. Les antisep.tiqties usucls (fitnrigotinns de clilore ou aspersions de chlorure de cliaux) eiriployÊs

g6riérnle par ITil->liocrnte.Divers syst&mesde veiltilntioii polir les miiies, les vaisseniix, Ies salies d'assernh1i.e et les 11al)it:itions oiit 616 grolios4s Iinr Agricola eii 1521, Glauber cri 1669, le cnrdinal Polignac cii 1715, Desnguilliers cii 1718 ct 1736, Siitton cn 1739, IInles, Dulinmel, Dumoiiceaii eii 1748, Darcet duraiit les premihrcs aiinées de notre sibole. On troiivcrn des notioas préoises sulq les ineilleui,es mêtliocles de cliauifagc snlnbre e1 de ~ciitilatioii tlniis l'ouvrage spCoial clu ghnérnl Morin e1 dniii, les rapports de cc s:nlniit ;i11 comitb cons~iltntif cl'liygièrie et du service iiiédicnl des Iibpita~ix(dntinler <lu Cofiscri~aloirt dcs niutset n t d t i o ~ s juillet 1865, p. 17). ,

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surtout en vue de clétruire ces nziasnzes ii'avaient eu que des succbs épliémères, lorsque M. de Lapparent, ingénieur en cl~ef, directcur des constructions navales, imagina un procédé d'iine cflicacith certaine, pour opérer Ia d6sinfection raclicale cles parois internes, ligneiises, et même des armatures rccoirvertes d'une coucl~e ocreuse plus ou iiioins épaisse, Ce l x ~ c é d éconsiste à flaml~ertoute la superficie (préalablement lavik e1 épongée) a l'aide dii clard d'un cl~alumeauh gaz. 'rrois effets principaux se poduisent dans ce cas : 1" les surfaces encore très-liiinzicles sont promptement desshchCes par suitc ele l'évaporation de l'eau l~ygroscopi~ue superficielle ; 2" les inatières organiques putresoibles aussi hien que les êtres microscopiques éprouveat une torréfaction e1 même une combustion partielle qui clétruit toiite vitalité comme toute tendance i la fermeiiiation ; 3" le tissii ligneux lui-même, A cctte temphmture élevbe jusqu'ti 0'"",2 ti 0""" de profondeur, est partielle,3 ment distillé : i1 dégage les produits ordinaires de Ia distillatioii Jes bois, iiolamment l'acide acé~ique, créosote, tlivers carl_iiila res d'hydrogùne, en un xnot, les matiùres go~idronneuses douêes dcs propribtCs antisepliry~iesles plus énergiques. Le mode d'opérer est facile. Des cylindres h gaz portatif, ~ e l s qu'on les conslruit dans l'usinc . de Cliaronne (dirigêe par M. I-Iilgon), reinplis de gaz cl'éclairage sous l a pression de 11 almosplières et munis de régnlnteurs, dkbitent environ 9 volumes 112 dc çaz sous la pressiori Ikgbre de 3 à 4 centimètras d'euu, qai suffit à dégager le gaz cnflammé, taildis que l'air cl'une macliiile sourilatite, lancé par iiii tubc concentrique clans l'axc dn cl-ialnrneriu, procluit l'eíl'et d'nne flamme que 1'011 clevelopl)e et qii'on modere ti volontê au moyein cles robinets à air et à gnz sous Ia maiii de I'ouvricr. D'nilleurs l'air c1 le çaz k t a n ~ arneiibs par dcs liibcs flexiblcs en caoiitcliouc, comme clans l'apparei1 à soudure aiitogi:ilc de Desbassayns de Ricliemoi~d(rioy. lC'voliiine, 1). 290), l'onvrier l~roiizèi~e la moindi-e cli~culté sans Ic dard du elialumeau siirtoules lcs surfrices i cai.l,oniser ali point vouln. AGii d'óviter quelques chances cl'accidcnts, i1 convient de ilisposer lcs récipienls du gaz comprime h I'air libre sur 1c pont des naviites. Loutes Ics opbratioi-is, ainsi que M. de Lapparent le fait rcmarcluer, étant confiées aux liommes C~LIbord, Ia clépense se horne ai1 prix du gaz consumé. Deux liommcs, sur le vaiçrnge Zune cale et B l'aicle d'iiile seule soiifflerie, carboi~iseiit10 mhtres carrés par heure en con-

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SOi~mant 200 litres par mctre superficiel ; dnrant une journée de 1 0 heures, l a dépeose de gaz s'klevera donc 20 mètres cu'ies pour çaxboniser 100 mt.tres carrés. Si les récipieilts cylindirques en %file, termines par fies ~ a l ~ t t e s I-iémispliériqiies, ont 60 cent. de dismètre et 2 mctres de l ~ n g u e u r , leur capacité étant de u n demi-mfitre cube jqui contient Ie gaz refoulé 5 11 titmosphéres), leur contcnance effective represente, simple pression atmosph&riqiie, 5 mètres cubes 112 ; quatre de ces récipients, pesant c6aciin 90 k 100 kilogr., d'une manceuvre facile, suffiront pour une journée de travaik. L'effet produit par le flaml~age leç ferrares de la cale n'est sur pas moins satisfaisant, car I'exyde de fer irnprégne de matières organiques s'&chauffe assez ati contact du dard de flamme p o ~ l r déterminer la carbonjsation et par conséquent Ia désinfection d e ces matières. Souverit nicme l'axyde, si sa couche est épaisse, clilnté par ia clialeur, se détaclie de la ~ o r t i o nniétallique et tombe en plaques. Q u a n t aux navires eri fer, la conductibilité du métal, bien pliis grande que celle du bois, exige que, pour obtenir asscz rapidement la températirre utiie, à la superficie, on effectue le ilambage avec d e s cl-ialumeaux ou lances, d'une plus grande puissance, e n consommant 1 mètre cube de gaz pour flamber 4 mètres carrés de surface. Dans ces conditions, une expérience faite l'annéc dernière I'arsenal de Wolwicli, en Angleterre, prouve ~ U ' L I I I honlme seu1 peut flaiiiber jusqii'à 12 mètres carrés de srirface : on consomme daus ce cas 250 litreç de gaz par mètre carré. Cette opération ddterminant une dessiccation prompte de Ia superiicie et rendtint friable la couclie rl'oxycle calcinée, permet d'enlevei l'oxyde par un simple grattage et d'appliquer une nouvelle couche de peinture siir le fer mis à nu. Çonservation de Z coque en bois des nnvii*es. - Ce procede a se rattacbe au inode de désinfection que nous venons de decrire; i1 s'applique ii la conservatioil cles'bois d'une mauikre très-gkilérale, et, soiis ce rapport, tire son origine des pratiques traditioni~elles d e Ia viticnllure. Sa base fondamentale est eflectivement l'action clu feu ct de Ia fumée qui carbonise superficiellement la masEe ligneuse de tlivers objets ouvrés. 0 1 1 Ia tronve exposée, en ce qui toiiche Ies écbalas et les pieux des vignobles, dans le livre I1 des G é o r g i p e s de Visgile :
Et siispensa focis exploret roborn funius.

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Ce rnoyen offre donc la garantie d'un siicc~sque plusicurs siècles ont consacré, car elle s'est propagèe dans tous les pays. A ceux qui seraieiit tentés de mettre en doute l'eficacité de Ia carbonisation ~u~erficielle, ~ o u r r a i trappeler les pratiqucç on usuelles pour colorer, clurcir et conserver les sabots coinmuns, les pelles , les montures en bois des souíllecs, les attelles oii sortes cle clrievilles qui retiennent les traits des chevaux e t voitiires, et une foule d'ustensiles en bois exposés aux intempéries des 57'isons. En Allemagme, on expose dans des clieinin6eç pendant ui-i mois environ la filrnke du bois, des rameaux de sapin qui clcviennent tellement durs qu'on les peut ensuite tarauder dnns une filikre, et que l'on emploie ces sortes de vis, h peu près imputrescibles, ponr assemblei. ct maintenir les joues eil planclies des roues hydrauliques. M. de Lapparent a veri6C de plusienrs facoils l'action préçervatrice de la carbonisation siiperficielle : des piquets enfoncés en terre linmide, retirés après 18 ans , se sont trouvès en si bon Gtat, qiie Ia pointe (4'un couteau y pénétrait dilficilemcnt. Une graiide bpreuve de ce genre avait ètE faite i1 y a prbs de 100 ans, alors qu'on voulut introduire le systbmc de carbonisation superficiclle daiis les arsenaux de Ia marine anglaise : le Royal Willial7zs I'ut en partie préparé de cette manière, et l'on a constaté que ce fut u n des vaisseaux de la marine britannique qui eut Ia plus longue durée. Toiitefois Ia pratique de la carbonisation des navires ne s'est alors ni génkraliske ili maintenue, car les moyens employés pour l'appliqner étaient trop disl>endieux et exposaient à de trop grands dangers d'inccndie. Voici comment 011 opère actuellement : Au moyen de pompes s~éciales, dont tous les ports de Ia marinc Sranqaise sont miiilis, 011 comprime sous la tension de 11 atmospliòres lc gaz des usines dans des cylindres cn tble d'unc capacite d e O , Y 5 dr! mètre cubc. Ces cylindres, posés sur un cliariot, soilt transporte's i pied d'ceuvre et mis en communication nvec un rCgii1atenr gui maintient le gaz sorlant, à Ia pression de 3 4 centim. d'eaii, Ces dispositions permettent de carboiliser mêiile la superficie d'un bâtiment a flot. I1 suffit, dans cc cas, de placer le cylindre rempli cle gaz comprimk sur iin 1.0s ou dans iiae embarcatiou. En tout cas, l a carbonisation i flot pour Ir! bordé des vaisseaux cuirassés devient indispensalde ; cnr on ne pose la cuirasse qu'après Ia mise à l'eau, et les-faces dii Lolvlc' ne sont pccw'cs e1
CIIIilIIB INDUSTR.

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CONSERVATION DES BOIS. rabotées qu'au mornent de Ia pose des plaques de l'armure. Lossque les bois ont été employés dans l'état ordinaire de des.. siccation, leur carbonisation n'exige pas plus de 200 litres de gaz par mktre carré de surface. Le procédé d e carbonisation superficielle par le chaliin~eauh ga.~ comprimé est actuellement niis en pratiquc dans tous les arsenaux rie l'empire ; jusq~~lk joiir i1 a été appliqué à 24 bhlice ments dela marine impériale. Le même système de carbonisation est, en outre, avantageusement employé aux refo~ztes pour sécher et durcir les bois qu'on laisse en place, afin d'ailleurs de détruire tous les gcrmes des ê tres microscopiques, ferinents , sporules et aninialciiles cliie l'air y depose et que le temps accumule i leur surface. d,IJ,pliCcZtio~s nzl.l,r trarwses , potertzls tklégrrtphiques , ztstensiles cle I'ogricultzcre, etc. - On compreiid sans peine que les moyens de renclrc éconoiniqiienient les hois plus durs el moins altérables doivent s'appliquer avec avantage aux cliarpentes comme à une foule d'aueres pièces en bois exposées aux réactions que favorise l'air plus ou moins liumide e1 chaud. Aussi M. dc Lapparent s'est-il préoccupé de rendre le flambage des bÓis plus économique qu'en y employant le gaz de l'éclnirage. Le prolil8me a élé résolu h l'aide cle deux procbdés distincts, foildés, i'iin sur l'emploi dc l'l~nile lolirde des goudrons rectifiés, l'autre sitr Ia production d'une longue flamme en brillanl dans des conditions spbciales des houilles sèclies ou meme dn colre qui, d'ordinaire , ne cléveloppent guère que de Ia clialeiiy iayonnante. PlanzLage çi i'huile Zo~il*cZc. -0n sait que 1000 lrilogr. de goiidron liquide de hoiiille proveiiant cles usines à gaz, excmpt d'eaii ammoniacale, produisent en inoyenne, a l'aide d'une distillation ménagée, 30 de belzziite, qui trouve des déhoiicliés faciles dans Ia l~réparation de I'aailine et des magnifiques coiileiirs qui eil çot~t déi.iv&es,1 GO kilogr. cl'buile lourde incomplétement utilisée polir l'extraction de la qltilzine, l'bclairage dcs ateliers, etc. Le résirlu de Ia dis~illation, désigné soiis le nom de brni ~ I ~ C C S , s'em.. ploie dans la fabricntlon du charbon de Paris et polir rcconstituer avec les menus lavés des liouilles flambantes, de Cliarleroi notamnient, un excellent combustible aggloméré, dont Ia densitd s'élhve de 1100 à 1250. Dans cette opérniioii, on bproiive une déperdition, coirime on le voit, de 60 kilogr. Parmi les produi~s etr4sidus reciieillis de cette distillation fractionnée, i1 n'y a doric
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que l'liuile lourde qui se troiive en excès sur les quantités consonlmées : aussi peut-011 l'obtenir a Loli marché : 10 4 12 ceiitimes Ie Irilogr. A ce prix, la luinière OLL la chaleur que l'on en obtient par la comb~istioncoutc à peine le quarl du prix résultant de l'emploi du gaz usiiel de l'éclairage. Mais i1 est dificile de briiler cette liuile, qui, dans la plupart cles lainpes oreliliaires de diMerents systitmes, dévcloppe une flamme fuligineuse. Sur les indications de sonpère, M. de Lapparent fils est parvenu à vaincre cette difficulté en construisant une lampe analogue i celle des émailleurs, mais dans laquelle une inècl~e tressée, cylindrique, liorizontaleinent ou verticalemeilt soutenue par un tube métallique, se trouve constainment alimentde cl'huile ; Ia flamnie fuligineuse qu'elle conlmence A répandre dits qu'elle est allumee, est bientôt compléten~ent brhlée à l'aide c1 courant 11 d'air forcé qu'amène 1 1 tube coi~ceizt~iqae tube cyliildrique 11 au supportant Ia mèche (*). 011obtient de cette manière iin darcl de clialumeau qu'on règle h voloiite et que l'on dirige siir les pihccs ele bois i torréfier. Celles-ci, 10~sq~i'elles voluinineuses et yesaiites, peusont vcnt facileinent Gtre i~iaintenuessur cles supports , cliriçées et retourilées devailt le jet ele flamme, de inanière h torréfier régiilièremeilt leiir siiperficie; souvent on se contente, notainnlent polir les poteaux pieux, tuteurs , kclialas , etc., cle traiter ailisi toute la portion qtli doit être ficli6e ou sccllée cn terrc, et, en outre, uiie Iiaiiteur de 15 h 25 centimètres ali-dessus, afin de garantir également cette par& oii l'humidité se propage par voic de capillarite. La combustion cle l'huile lourde dans la lampe iloovelle est pliis facile CL plus régulière loi.squ'oii l'n mélangée avec nn va lume égal de l'huilc dite ele pétroleum proveilant de Ia rectificatioii clii prodnit brut de Pensylvailie, dégag6e des 1iycli.ocarburcs trop Iégcrs et trop inflainmablcs Le procédé du ílambage, appliquC aux l~ois menuiserie et dc de charroilaage, taillés et Eac;oilnés, ne s'opposc niillcment i Ia

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(*) Les lampes des cleux moclèles, airisi clisposdcs, se trouvent actuellemer~t ilans les gnleries clu Coiiservaloire império1 dts arts et iiiétiers, ainsi que fourneau et l'appnreil clestinés ai1 flamlmge clcs bois, L'liiiile, nirisi rectifiéc, a oiie tleusití. ile 1000 h l l O O O ; ellc peut dlre essayée en Ia vcrsaiit cliiiis nile soiicoii1)e et en y ploiigcaiit une nll~imette CIIflnmmée : celle-ci cloit alors s'étciridrc s;iils mettre le feu b l'liuile de 114troleum.

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