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FABRICATION DE L'ALCOOL

PRODUCTION DU RHUM

FABRICATION DE L'ALCOOL
PRODUCTION DU RHUM
J.-Paul ROUX
REDACTEUR EN
CHEF DU JOUllNAL L.4 IlEVGB Ui1.1PERSELLE DL' LA D I S T l L L E i i l E

MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITION INTERNMIONALE I)E

1881
E.I.C., ETC.

PEMBRE DES CONGRES INTERN.1TIONAUX POUR L'ÉTUDE D E L'.\I,COOLISBE,

-Prix :

3 francs

-

G . MASSON, É I ) L T E U K
L I B R A I R E D E :L'ACAD$MIE D E nl&DECIKE

Dans le petit travail que nous présentons à l'industrie de la canne à sucre de tous les pays, nous nous sommes surtout préoccupé d'indiquer non pas une solution au problème de la sucrerie de cannes, mais un puissant moyen de lutte contre la concurrence, et peut-être yne transformation complète de cette industrie. A notre avis, pour retrouver son état florissant, l'industrie de la canne à sucre doit faire une évolution complète, évolution qui consiste à donner une plus grande importance à la fabrication des eaux-de-vie et de l'alcool. Le malheur des temps a voulu que la France fût privée ou à peu près de son plus beau fleuron commercial et vinicole, la production des eaux-de-vie de vin des Charentes ; c'est une place tout indiquée pour les eaux-devie de canne. Ce qui fait la puissance et le succès des industries agricoles européennes, c'est qu'elles sont dirigées dans un esprit de progrès scientifique, une grande largeur de vues pour les applications induslrielles des nouvelles inventions, enfin, , avec un sentiment mercantile très souple, très vif, très délié, qui fait que l'on s'attache peu à produire une marchandise peu demandée, mais que l'on se préoccupe toujours de fabriquer ce que l'on est sûr d'écouler. Comme exemples frappants du nouvel esprit qui doit

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PRBFACE

animer les industriels qui dirigent de grandes exploitations, nous citerons les progrès énormes faits en Allemagne par deux industries qui nous touchent de très prhs : l'industrie de l'alcool et celle du sucre. Ces deux industries, essentiellement agricoles, sont devenues, dans ce pays, par la précision des procédés, la correction commerciale, l'élasticilé cle la production, des industries ayant toutes les qualités dcs industries manufacturières. La solution générale que nous indiquons n'est pas riouvelle; elle s'impose par la loi du progrès, et à l'agriculture francaise même on lui indique, comme remède à ses souffrances, de faire de l'industrie, de se lrai~sformer. Le conseil est d'ordre général, et sans application directe et pratique bien souvent. Pour l'industrie coloniale, iloiis pouvons 6tre plus précis et, par suite, plus utile. Puis, joignant la pratique ii la théorie, en conseillant aux planteurs de fabriquer des eaux-de-vie el des alcools, nous leur indiquons comment ils peuvent les produire el à l'aide de quels appareils, ce qui leur épargnera des pertes de temps et des recherches laborieuses. Nous avons l'intime conviction de [rendre service à l'industrie du sucre de canne en lui cornniuniquant nos observations sur le mouvement général industriel et agricole, observations recueillies tant en France que dans de nombreux voyages à l'étranger, et q u i peuvent guider ceux qui, éloignés de plusieurs milliers de lieues, reslenl encore dans la voie des anciennes -raiiques.
J . -PAUL ROUX.

CHAPlTRE PREMIER
LA CANNE A SUCRE
ET SES PRODUITS

L'industrie coloniale sucrière, la fabrication de sucre de canne, qui a fail jaclis la prospérité des colonies, traverse aujourd'hui une crise des plus intenses, par suite de la coiicurrence de plus eii plus vive que lui fait le sucre de betterave. L'avilissement du sucre tle canne est tel que, dans certaines colonies, à Cuba par exemple, des champs entiers de canne à sucre sont abandonnés. Plusieurs remèdes à cette situation désastreuse, qui menace gravement l'avenir des colonies, ont été appliqués ou proposés. D'abord des mesures fiscales protectrices, puis la transformation du matéricl des usines, enfin la varikt6 (les cultures; l'fitat, les industriels et les planteurs ont été invités it taire leur part dans l'œuvre de salut colonial. La récenie loi sur les sucres, en accordant une faveur aux sucres des colonies, a déjà fait quelque chose; la part de l'fitat ne peut guère être plus grande. Les industriels, en transformant leur matériel qui est souvent plus perfectionné que Ir, matériel métropolitain, se sont mis à la hauteur des circonstances. Reste la variété des cultures; or ceci est le plus dificile; c'est un conseil facile à donner, mais qu'on ne peut mettre en pratique. Ui1 député des colonies, s'exprimait ainsi sur ce point à ln Cliambrc : « I,a Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, Mayolte, ne sont pas des pays où, coiilme cil France, on s'occupe de diverses cultures; on n'en fait qu'une, retenez bien ce fait, c'est la culture de In canne.

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LA CANNE A SUCRE ET SES PRODUITS

Quaiid 011 parcourt ces petits pays, on ne rencontre de toutes parts que des champs de cannes. Ils tirent de cette denrée toutes leurs ressources. C'est elle qui leur permet d'opérer tous leurs échanges, de payer tons leurs impôts, de faire face à toutes leurs obligations. » Si donc vous tarissez l'industrie sucrière de ces colonies, vous les ruinez litteralement. » Voilà l'importance de la culture de la canne à sucre aux colonies, qui alimente plus de 1,200 sucreries, ainsi réparties, , d'après M. Sicre de Fonbrune, ancien président de la Chambre d'agriculture de l'île de la Réunion : La Martinique compte 864 sucreries et 15 usines centrales; La Guadeloupe, 472 sucreries et 21 usines centrales; L a Réunion, HO sucreries; Mayotte et Nossi-Bé, 12 sucreries; Nouvelle-Calédonie, 2 sucreries; Guyane, 2 sucreries. La production totale en sucre est de près de 180 millions ds tonnes. D'autre part, on compte : A Cuba, 1,358 sucreries produisant 580,000 tonnes de sucre, moyenne des dix dernières années; A la Louisiane, 910 sucreries dont la production est de 120,000 ,tonnes de sucre. Au milieu de cette énorme prquction de sucre et de l'avilissement des prix, une solulion srndique d'elle-mAme, et nous sommes surpris que 16s représentants des colonies ne l'aient pas, indiquée plus tôt : C'est la fabrication des alcools de canne, c'est In transformation industrielle, qui a enrichi le nord de la France, qui doit aussi ramener la prospérité aux colonies. Il ne faut pas seulement demander du sucre à la canne, mais aussi de l'eau-de-vie, d u rhum. La disparition de3 eaux-de-vie de Cognac laisse le champ libre aux eaux-de-vie coloniàles .

I,A CAANC

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SGCRE E T SES I'IIODUIT3

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La fabrication du rhum, cle l'eau-de-vie de cailile s'iildiyuc tout naturellement, dans les colonies et dans les pays producteurs de canne, comme 16 seul moyen de faire équilibre au bas prix des sucres. Pour accomplir cette évolutioiî, les circonslaiices sont très favorables, car l'eau de-vie de canne viendrait combler le vide immense laissé par l'eau-de-vie (le vin,. qui n'est plus produite qu'en petite quantité depuis les progrès foudroyants di1 phylloxera.

Il y a là, nous le savons, une question de proportion entre le prix du sucre et le prix du rhum; mais il est certain aussi que
si la distillation de l'eau-de-vie, au lieu d'être un accessoire de la sucrerie, élail l'objet principal et unique de l'exploitation, la fabrioation se ferait dans des oonditions bien meilleures : le prix cle revient serait diminué, la qualité des rhums améliorée et les rendements augmentés, La part plus grancle à faire à la distillation el, éventuellement, la transformation des sucreries en distilleries, doivent appeler l'attention des pays producteurs de canne à sucre, dont l'avenii~ peu riant est ainsi décrit par la plume assombrie de $1. B. l)nreni~, directeur du .Jour.,lal des fabricants de suc;-e : Des centaines de petites sucreries coloniales doivent disparaître et clisparaitront fatalement, et le même phénomène sè produira à Cuba, A Porto-Rico, dans les Antilles anglaises, à la 1,ouisiane et ailleurs, jusqu'à ce que l'industrie exotique repose sur des bases économiques analogues à celles de l'iqdustrie europ6enne et que le progrès réalisé partiellement par les iisines centrales soit devenu la règle et non pas l'exception. D'ici la, la production exotique se sera abaissée dans une considerable proportion et il sera dificile aux planteurs sans capitaux, sans travailleurs, aux prises avec des difficultés d'ordre politique et social de toute sorte, de regagner le terrain perdu. Le domaine siti+ierpresque tout cntier, l'avenir de la consommatioii dans le monde, l'exportation dans tous les pays qui ne produisent pas de sucre, appartienent donc pour longtemps i la betterave européenne, prête à ce rôle important qu'elle remplit déjà. El1 hien! que les planleiirs, quc Jes colons ne s'obstinent plus

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L A C A N N E A SUCRE ET SES PRODUITS

à vouloir produire uniquement du sucre, et à faire dc celtc

fabrkation la base principale des exploitations oloniales. Qu'ils donnent plus d'attention à la fabrication des eaux-devie par l'utilisation des résidus; le sucre qui leur aura échappé dans la fabrication, ils doivent le retrouver par un bon traitement des bas produits au moyen d'une distillerie perfectionnée. En un mot, pour lutter avantageusement contre la concurrence, ils doivent déplacer la base de leur exploitation; le sucre, dc produit principal, doit devenir produit secondaire, et la fabrication des eaux-de-vie, rhum et tafia, être le pivot de l'industrie coloniale. Le déplacement de ses moyens d'action donnera à cette,industrie une force nosvelle, en ouvrant à ses produits un marché plus vaste et en les présentant dans de meilleures conditioiis. Le sucre, déchargé pour une bonne partie de tous les frais de fabrication qii'il doit supporler à lui tout seul aujourd'hui, luttera avantageusement contre la concurrence. En donnant une attention plus grande à la distillerie, en employant des appareils perfectionnés, les rendements en eaude-vie seront augmentés et la qualité des produits beaucoup améliorée, ce qui leur assurera. un débouché constant et à un prix très rémunérateur. L'exportation peut aussi ètre beaucoup favorisée par la diminution dri prix du fret, au moyen des appareils perfectionnés d u système Savalle produisant de forts degrés. Nous parlons, cl i i reste, plus loin de ces appareils sur lesquels nous appelons l'altention spéciale des fabricants. La disparition presque totale et Ies prix si élev6s clcs eaux-devie de vin laissent aux eaux-de-vie de canne, rhum et tafia une place immerise à remplir, des besoins très grands à satisfaire. Les qualités hygiéniques de ces produits, aussi bien que leur goût particulier et leur finesse d'origine, leur assurent dans la consommation du nioride entier la première place parmi les liqueurs et les eaux-de-vie.

CULTURE DE LA C A N N E A SUCRE
E N ESPAGNE

La culture de la canne et de la fabrication du sucre dans les provinces méridionales de l'Espagne, depuis Gibraltar jusqu'h Almeria, ont pris depuis quelque temps une certaine importance. Vingt-trois sucreries de cannes, dont quelques-unes trks puissantes, sont installées dans ces provinces. On lira, croyons-nous, avec beaucoup d'intérêt, une coninliinication faite par M. Grand i la Société des Ingénieurs civils sur la canne à sucre et l'industrie sucrière dans ces régions : Quoiqu'au premier abord il puisse paraître singulier de venir parler de culture de cannes à sucre sous le 370 degré de latitude nord, il est facile cependant de trouver l'explication de ce fait dans la situation orographique particulière de la contrée dont il s'agit et les conditions climatériques toutes spéciales qui en , sont Ia conséquence. La partie de la côte d'Andalousie propre à la culture de la canne, comprise entre le 36e et le 3 7 e degré de latitude nord, s'étend depuis le village d'hdra à l'Est jusqu'à l'embouchure du RioGundiaro à l'Ouest, à peu de distance de Gibraltar, mesurant entre ces deux points extrêmes une longueur de 220 à 230 liilomètres . Sur toute cetle longueur s'étend parallèlement à la mer, il une certaine distance du rivage, une chaîne de montagnes qui, partant de la Sierra-Nevada au-dessous de Grenade, se prolonge vers l'Est jusqu'aux hauteurs de la Serrania de Ronda, formant l'extrémité de la ligne de partage des eaux entre l'océan et la Méditerranée.

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L A CANNE A SUCRE

EN ESPAGNE

Cette chaîne, dont certains sommets atteignent la limite des neiges éternelles, forme un abri contre les vents du nord, et si llon remarque en outre que la direction de cette partie de la côte est sensiblement de O 30" S à E 300 N, on comprendra qu'elle se présente ainsi dans les meilleures conditions pour utiliser aussi complètement que possible la chaleur solaire. Grâce à ces conditions spéciales, cette partie de la côte andalouse jouit d'un climat tout à fait exceptionnel, qui y rend possible la culture de la plupart des plantes tropicales parallèlement à celle des végétaux moins délicats de nos contrées plus froides. Tous les sept ou huit ans seulement, une gelée de courte durée se fait sentir; mais par une récolte prématurée, on arrive la plupart du temps, sirion à annuler complètement, du moins à restreindre beaucoup son action si;r le rendement des plantations sucrières. Un climat chaud n'est pas la seule condition nécessaire à la culture de la canne ; il faut encore que le sol sur lequel on la cultive présente constamment un certain degré d'humidité. Ce résultat est atteinl pendant une grande partie de l'année par la fréquence dos pluies ; mais, à partir du mois de juin jusqu'au mois de septembre, il devient absolument nécessaire de cornbattre la sécheresse par des irrigations artificielles. Cette condition exige le voisinage d'un cours d'eau d'une certaine importance et restreint conséquemment l'étendue des plantations à un petit nombre de localités privilégiées. On remarque, en effet, que la chaîne de montagnes dont il a été question plus haut, loin de suivre les sinuosités de la côte, tantôt s'en approche de telle sorte que les derniers contreforts viennent plonger dans la mer, tantôt s'en éloigne en forrriant de grandes plaines arrosées par des cours d'eau qui déposent incessamment sur leurs rives des limons fertilisants. Chacune de ces plaines est devenue le centre d'une culture de cannes plus ou moins developpée, tandis que les parties montagneuses,. à peine recouvertes d'une mince couche de terre végétale, sont

LA CANNE A SUCRE EN ESPAGNE

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affectées à la culture de la vigne qui constitue également l'une des principales richesses du pays. Sans examiner si la culture de la canne i sucre sur la c<te d'Andalousie remonte réellement à l'époque de l'occupation romaine, il résulte de clocunients autl~eiitiquesqu'elle acquit un grand développement sous la domination arabe. L'expulsion des Maures et la découverte de l'Amérique, où cette culture atteignit promptement une extension considérable, firent décliner peu à peu l'industrie indigène depuis la fin du x v ~ siècle jusqu'au moment où, vers le milieu de notre siècle, l'attention fut dcrechei' attirée sur cette question, et où, grâce à une inlpulsion nouvelle, l'industrie sucrière en Espagne entra de nouveau clans une ère de prospérité. A cette époque, la culture de la canne n'occupait que la région orientale de la côte ; mais depuis quelques années elle a pris possession également de la partie située entre Malaga ct Gibraltar où elle tend aujourd'hui à se développer chaque jour davantage. Des trois variétés de cannes actuellement cultivées dans cette dernière région, la variété dite américaine est celle qui donne le meilleur rendement et qui tend à remplacer les deux autres dans toutes les plantations nouvelles. La durée industrielle de la canne est de 7 ou 8 ans en moyenne, La plantation se fait par boutures de 30 à 40 centimètres, coupées dans des cannes saines provenant de la récolte précédente et placées horizontalement boul à bout siir deux parallèles ;lu fond de larges sillons. Cette opération, pour laquelle on emploie environ 13 à 14,000 Jiilogrammes de cannes par hectare, se fait généralement au mois de mai. A la fin d'octobre, la canne, qui atteint lm50 à 2 mètres, commence à jaunir et finit par arriver a maturité complète au mois de février, époque à laquelle commence la récolte qui dure généralement trois mois (de fin fdvrier à fin mai). La quantité d'eau que l'on distribue par hectare de plantation est d'environ 800 à 1,000 mhtres cubes pour chaque irrigation. Le

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LA CANNE A SUCRE EX ESPAGNE

norrtbre de ces irrigations réparties sur les trois ou quatre mois de sécheresse étant de 10 à 12, cela représente une quantité annuelle de *10,000mètres cubes par hectare, et comme à la fin de6l'été, au moment où les irrigations sont le plus nécessaires,!~ débit des rivières se trouve sensiblement réduit, il est le plus souvent indispensable de faire au printemps des réserves d'eau, que l'on accumule dans des bassins de dépôt disposés à cet effet. L'emploi des engrais est de la plus haute importance dans la culture de la canne, qui ne tarderait pas sans cela à épuiser le sol. La difficulté de se procurer facilement des engrais artificiels n'a pas permis de faire ~usyu'icides expériences bien complètes sur leur application, et l'on se sert généralement du fumier de ferme employé seul ou mélangé à la bagasse de la récolte précé iite. La quantité de Suniier distribuée par hectare est estimée à 3 ou 40,000 kilogrammes. Lorsque l'on cultive par récoltes biennales, on emploie, la seconde année, le guano de préférence au fumier, par suite de la plus grande facilité qu'il présente pour sa distribution dans les plantations hautes et touffues. Suivant la qîiantité d'engrais employée et les soins apportés à la culture, le rendement moyen d'un hectare de plantation pourra varier de 35,000 à 37,000 kilogtammes. Dans les conditions ordinaires, on peut dire que le rendement d'une plantation par hectare est de 90,000 kilogrammes en récoltes annuelles, ct de 78 à 78,000 dans les cas de rbcoltes biennales. Dans ces conditions, le prix de revient de la canne coupée et prête à passer au moulin est de 4 8 à 20 franc's par 4,000 kilogrammes, non compris la location de la terre, qui, à raison de 380 à 400 francs par hectare, élève ce prix de revient à 30 francs en nîoyeilne. Le prix de vente est 45 frc(6cs les 4,000 kilogrammes. Les sucriers, ezl Espagne, donnent comme résultat de fabrioatioii sur un travail d'environ 10 millions de liilogranîmes de cannes : Un rendement eii sucre de 11 O, / , alcool de O, 7712.

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LA C A K K E A SUCRE Eh 1:ÇPAbAE

Soit par 1,000 liilogrammes dc caraiie: 110 kilogrammes de sucre? 7 litres 7.12 cl'alcool.

Ce qui, réduit eii rl~unla 601, doriiic 12 litres SS c l ciivirvn 13 litres de rhum i $00.

CULTU.RE D E L A C A N N E A SUCRE
E N ALGÉRIE

La production de la caiiiie à sucre peut tlevcnir unc iiiiportante source de richesse pour l'Algérie ; la culture du coton, uii moment florissante pendant la guerre cles fitats-Unis, n'a yu résister, malgré les encouragements du gouvernement et la facilité avec laquelle y pousse le cotonnier, à la coiicurrence des cotons amCricains; la canne à sucre remplacerait donc le cotonnier avec tlc grands avantages. En outre la fabrication des alcools étant complètement libre, i par suite de l'absence de tout ihpôt, la disti1latioyi.de la, canne i sucre y serait très fructueuse. La locatioii de la terre, qui est conime on l'a vu plus haut clc 380 à 400 fr. l'hectbr&&u Espagqe, serait eii dlgérie 'considé: fablement abaissée, et J I A ~ ~ annulée pour ainsi (lire. U ~ Les ,1,000 kilogrammes de canne qri.reviennent à 20 fr: eiiviroh, fournissent 100 litres de rhum à 60 degrés, soi1 au cours actuel une Valeur dkiiviron 80 francs. Il y a là un marge incl.ustrielle;énorme qui doit favoriser la culture de la canne e t sa distillation en Algérie. Voici l'?dée que suggère M. Désiré Savalle pour la culture de la canne k sÙcre eii Algérie. C'est unbidée excellente qui, 11iei1 .'4 appliquée, rendrait de grands services 2 la'colonie africaine, ei qui peut d'ailleurs Ctre suivie dans. tous les pays où la culture de la canne est possible. On pourrait &buter, dit M .Désir& Savalle, a'v.ec 80 hectares depannes qui, si elles,sont d'un& bcpne venue, prodliiront eaviron 3 niillions de hilogramme~ de cannes, soit l'alimentation d'une distillerie*p u r une campagne de cent jours' Ca'nnEe sui-

L A CANNE A SUCRE EN ALGÉRIE

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vante, on augmenterait les plantations pour arriver successivement à alimenter la distillerie pendant 150 jours, et l'on ferait ainsi iine excellente opération; car on obtiendrait de 75 hectares environ 3,500 hectolitres d'alcool qui, au prix de 80 francs, représentent 280,000 francs de recettes brutes, soit 3,733 francs par hectare. c Il y a dans la culture et la distillation de la canne, dit encore M. Désiré Savalle, une mine d'or à exploiter pour certaines contrées de l'Afrique. Ceux qui s'y adonneront ne feront, du reste, que répéter ce qui a réussi depuis bien des années en Égypte. » Les distilleries situées en Algérie se trouveront admirahlement placées pour alimenter d'alcool l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Turquie qui aujourd'hui tirent en majeure partie ce produit de l'Allemagne et de l'Autriche. »

CULTURE DE LA CANNE A SUCRE
et Fabrication du Rhum dans la République Argentine

Une intéressante notice de M. Pierre Andrieux, communiquée à la Société de Géographie commerciale de Paris, traite de l'importance de la fabrication du rhum dans la République Argentine. - Les rhums et les tafias consommés dans cette région sont demandés à la production locale et surtout à l'importation. Leur prix de revient aux lieux de production varie de 35 à 70 francs l'ktolitre, suivant la qualité et le degré d'alcool. J,# prix de vente sur la place de Buenos-Ayres n'est pas moindre de 75 à 110 francs. Cette grande différence eptre le prix de vente et le prix de revient est due à l'ensemble bes frais d'expédition et surtout aux droits élevés qui frappent à leur entrée dadb le pays les alcools étrqngers. On peut évaluer la consommation générale des alcools, dans la République Argentine, à un minimum de 133,000 hectolitres par an, chiffre qui ne peut qu'augmenter avec l'accroissement incessant de la population et le développement de la richesse publique. La production locale en rhums et tafias est estimée à 10,000 hectolitres; celle des alcools de maïs et de vin à 35,000 hectolitres, soit un total de 48,000 hectolitres qui, sur la consommation annuelle, présente un déficit de 90,000 hectolitres comblé par l'i$ rtation étrangère. Or, les droits de douanes qui frappent les cools importés sont aujourd'hui de $0 0/0 de la valeur, et I'e gouvernement vient de proposer de les porter à 75 0/0. sont ces droits protecteurs, c'est l'assurance d'avoir le de vente sur les lieux, puisque le pays consomme plus qu'il ne produit, c'est enfin la facilité de fabriquer sur place à un bas prix de revient le rhum et le tafia, qui doivent attirer l'atiention des industriels ; il convient de signaler cette fabrica-

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tion dans le pays comme une industrie excessivement rémun6ratrice. Le rhum est obtenu par le traitement direct des jtis de la de latitude et au canne à sucre. C'est à partir du 30"egré rd, que cette plante est cultivée; sur les bords de la rivière ra&kt, d'immenses étendues de terre soi~t éminemment propres à sa culture. La saison des pluies coïncide avec les graiides chaleurs, conditions essentiellement favorables pour la végétation deu@a~tesqui, comme la canne a sucre, réclament a la fois la chisur et l'humidité. Enfin le climat y est d'une salubrité tout à fait exceptionnelle, avantage très précieux, car tous les tfiiiux des champs y sont faits par des cultivateurs européens. la&en*même temps que la canne, il se fait dans cette région, q~$~pmxprend province du Corrientes et le Chaco austral, la la & i r e d'une plante à tige sucrCe qui, par les résultats qu'cllc a kurnis, est à signaler : c'est le sorgho sucré qui se t r o u ~ e daiis son véritable climat. Lej'sorgho sucré est cultivé aux fitats-unis de l'dnîérique du Nord, principalement dans le bassin cle Rllississipi, sur une vaste échelle. On y a obtenu de très belles et tres nombreuses variétés inconnues en Europe. Cette plante donne des produils idcnticjues à ceux de la canne à sucre, comme rhum ct comnlc sucre cristallis6. On produit, en ce momeiit, 49 millioiis dc liilogrnmmes de ce dernier. Ces sorghos, dont les qualités saccl~arinessont supérieures de beaucoup aux variétés cullikécs en Früiicc, dont la tige mûrit moins et est plus petite, se sèment daiîs !c nord de la République Argentine, depuis le 1"' septembre ,jrisc[u'ü la fin de février. La récolte pour la distillation commence dans les premiers jours de décembre ; la plante renferme alors 12 0/0 de sÛcr& Elle arrive à sa complète maturité dans la premibrc semai4e de janvier avec une proportion de 14 à 15 0/0 de soi1 poids. O n la coupe en deux fois: la première coupe donne 3,000 kilogrammes à l'hectare ; la seconde, 15,000 liilogrammcs. Un hectare produit donc une moyenne de 50,000 liilogrammes d e tiges, avec une moyenne de 13 0/0 de sucre. Les semis

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étant échelonnés pendant six mois, la récolte dure le même temps, de décembre à fin mai. Le jus sucré de ces varié& de sorgho ne diffère pas de celui de la canne à sucre. L'arome de ces plantes est absolument le même, soit dans le sirop, soit dans le sucre cristallisé. Iles rhums et tafias que l'on obtient sont identiques, qu'ils viennent de la cannc ou de ces sorghos. La canne à sucre diffère du sorgho en ce qu'elle est vivace. Elle ne se reproduit que par boutures. Le sucre s'y trouve en plus grande quantité dans les entre-nœuds les plus bas; c'est l'inverse qui a lieu pour le sorgho. Plantée en hiver, de juin à août, la canne à sucre se coupe à la même époque l'hiver suivaiutc Sa culture à la République Argentine rappelle beaucoup c&le de la Nouvelle-Orléans, où le climat et le sol s ~ ideatiques. d Les tiges sont moins hautes qu'aux Antilles, mais elles sont nombreuses pour chaque plante. Un hectare en produit environ 30,000 kilogrammes. La richesse en sucre est dg 13 p. c. en j ujn, de 14 à 13 p. c. en juillet et août; la moyenne pendantt ces trois mois est donc de 14 p. c. Cette plante donne des récoltes abondantes pendant les quatre premières années; les variétés que l'on cultive sont : la canne à rubans violets, la canne rouge, la blanche, la petite rouge du. Paraguay, la petite blanche de Corrientes. Les deux premières donnent les meilleurs résultats comme qualité et richesse en sucre. L'établissement de cultures de cannes et de sorgho dans la région indiquée n'exige pas de grandes dépenses dans 1'Amérique du Sud. Le sol est constitué par des prairies qui sont facilement défrichées à la charrue, e t la jouraée de labour ne revient qu'à S: francs; les bœufs de labour ne valent que 200 francs la paire. Quant au capital d'exploitation, il s'élève à 400 francs environ par hectare cultivé. Les bons ouvriers agriculteurs sont rares dans la République Argentine; aussi, après expérience, M. Pierre Andrieux considèret-il comme plus avantageux, lorsqu'on veut s'assurer d'une proiruction régulière, de faire cultiver le sol par des colons indépen-,

FABRICATION DU RHUM DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTIXE

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dants avec lesquels on passe des marchés pour la livraison, à l'usine, de la makièiae première dont on a besoin, plutôt que d'entreprendre soi-même cette culture. Losque l'on colinait à l'avance la moralité et les aptitudes des colons, et il y a dans ' * la République Argentille des cultivateurs francais répondant à ceswnditions, on peut leur faire des avances en nature et en matbriel, qu'ils remboursent ensuite par la livraison de leurs produits. En leur achetant les tiges sucrées, qu'ils vendent à -' 1 étêtées et effeuillées, au prix de 23 francs les 100 liilogrammes, on leur assure un bénéfice net de 330 francs par hectai.e, ce qui estplus que suffisant pour s'attacher tout le personnel .il(Ccessairb l'exploitation. a e feilne de cannes h sucre ou de sorgho, renfermant une *&de 93 p. c. de sucre, donne, en faisant une part très %rge.pour les pertes, un minimum de 94 litres de rhum à GO0. Ces 94 litres valent à l'usine, au prix minimum de 67 francs l'hectolitre, 63 fr, DiP cette somme il y a à d6duire : Pour l'achat d'une tonne de tiges. . . . . . . . . . 23 fr. Pour les frais de fabrication et frais généraux. . . . . 19
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Soit un total de

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Le traitement d'une tonne donne donc un bénofice de i l francs. Comme exemple de mise en pratique, BI. Andrieux prend unc Culture de 120 hectares comprenant la canne à sucre ct le sorgho ; il 7 a neuf mois de fabrication, dont six pour le sorglio el trois #hi la canne, pendant lesquels il est traité 5,800 tonnes de tiges. 6gps ces conditions, la production en rhum est de 5,000 hectolitres, et le capital engagé 29,000 francs; on voit donc que cc ;capital est productif d'un intérêt de 31 p . c. l'an, affaire lucrative, et qui mérite d'attirer dans cette contrée les coloiis et les industriels.

CHAPITRE II

DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE

Le procédé traditionnel pour la distillation .de la canne consiste à faire passer les tiges entre des cylindres afin d'en extraire le jus ou vesou. C'est aussi le procédé employé pour la fabrication du sucre. t Mais ce procédé d'extraction ne répond plus, dans sa simplicité primitive, aux exigences de l'industrie moderne. Beaucoup de sucre reste dans la bagasse, quelque puissants que soient les moulins, et cela exige en outre une force motrice colisidérable. On évalue qu'il faut environ la force d'un cheval pour extraire un hectolitre de vesou par heure. Pour la distillation directe de la canne, nous conseillons donc d'employer le système de diffusion préconis6 par M. Désiré Savalle, qui épuise complètement la canne de tout le sucre qu'elle contient, et donne une grande économie de force motrice, d e main-d'œuvre et de matériel. Toutefois, comme beaucoup de fabriques sont encore installées pour extraire le vesoii au moyen de moulins à canne, nous donnons la description d'une distillerie avec moulins, et ensuite nous parlerons de l'extraction du vesou par la diffusian de la canne.

§ 1. - Ensemble d'une Distillerie de Cannes

L'ensemble d'une distillerie pour un travail journalier de 30,000 kilogrammes de cannes, est représenté par les figures 1 et 2.

DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE

DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE

19

Voici la légende qui en fait comprendre les principales dispositions : A. - Moulin à cannes semblable à ceux employés dans les sucreries.
B. - Machine à vapeur et transmission pour le moulin à cannes. C. - Six cuves de fermentation, où le vesou, préparé, transforme son sucré en alcool. D. - Pompe à vesou, alimentant l'appareil distillatoire, et pompe à eau. E. - Machine à vapeur faisant mouvoir les pompes. F. - Réservoir à vesou fermenté alimentant l'appareil distillatoire. G. - Appareil distillatoire, o i ~ l'alcool est extrait d u vesou fermenté el se produit à l'état de tafia. H - Réservoir à tafia. 1. - Appareil de rectification, où les tafias sont débarrassés de leur goût et de leur odeur, et sont amenés à l'état d'alcool fin à 96 degrés centésimaux. J. - Magasin et réservoir, où on loge l'alcool bon goût, prêt être expédié. K. - Générateur de vapeur.

Le fonctionnement de l'usine est des plus simples. La canne amenée au moulin est écrasée, et le vesou extrait s'élève par un monte-jus L dans les cuves préparatoires Milil'; de là, il se rend à courant continu dans les cuves de fermentation C'CC", et lorsqu'une cuve de fermentation est pleine, on la divise en deux, en la partageant par moitié dans la cuve suivante. Le vesou des cuves MM' coule alors sur les deux cuves qui continuent à fermenter. La première est abandonnée à sa fermentation, jusqu'h ce qu'elle soit bonne à distiller; la seconde se partage encore en deux dans une cuve suivante, et la fermentation se continue ainsi desuite en utilisant la dernière emplie pour poursuivre l'opération, 1 en résulte ly travail très rapide et très complet de la trans1 formation de la matière sucrée en alcool. Les cuves dont la fermentation est achevée en 18 heures, sont- vidées par la pompe D dans le réservoir supérieur P qui alimente l'appareil distillatoiré G. Le produit alcoolique de ce premier travail se rassemble dans le réservoir couvert en tôle II, et sert toutes les vingtt q u d r e heures à charger l'appareil de rectification 1. Enfin parfaitement épuré et achevé, se rend au magasin à

DEVIS DE DISTILLERIE DE CANNES A SUCRE

5

II.

- Devis approximatif du matériel d'une distillerie
travaillant par. jour 30,000 kilog. de cannes.

La conduite d'une distillerie de cannes du systkme Savalle representé ci-contre, ne présente réellement aucune difficulté ; les ouvriers ordinaires des pays où on les établit se mettent promptement au courant du travail. Pour éviter d'ailleurs les écoles, MM. Savalle et Cie ont soin d'envoyer u n contremaître pour surveiller l'installation de toute usine nouvelle, pour assister au montage des appareils et à leur mise en marche. De cette manière, l'industrie de la distillation perfectionnée prend facilement racine. Voici le devis approximatif du matériel d'une distillerie pouvant travailler par jour 30,000 kilogrammes de cannes, et livrer ses produits au commerce, soit à l'état de rhum à 60°, soit à l'état d'alcool extra-fin rectifié et marquant 96 à 9'i0 centésimaux :
l0 Foree motrice t

Un générateur de vapeur de 50 chevaux.
R0 Moteur r

. . . . . . Fr.

-10.000 4.800 3.000

Une machine ii vapeur de 8 chevaux.
S0 Extraction du vesou t

..........

Un broyeur à cannes.
4 O

. . . . . . . . . . . . . . . ..

Pompels :

Trois pour les jus fermentés, pour l'eau froide et gour .l'alimentation du générateur . . . . . . . . . . . : . . . . . Transmission de mouvement, environ. . . . . . . . . . .
Go Distillation :

3.300 1.200

Une colonne distillatoire en cuivre no 4, avec régulateur de vapeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12.400'
6 O

Reetiflcation des alcools bruts r

Un rectificateur no 3 à chaudière en t6le

.........
A reporter.

..

DEVIS DE DISTILLERIE DE CANNES A SUCRE

21

Report.
V 0 Réservoirs en tôle t

..

43.400

Un pour les alcools bruts de 100 hect., un pour les alcools r&tifiés de 80 hect , un pour les jus faibles de 28 hect., un pour l'eau froidc de 25: hect., un pour l'eau chaude de 19 hectolitres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

.

2.300 2.400 4.300

Six cuves en bois contenant chacune 100 hect . . . . . . goTuyauterie et Robinetterie de l'usine, variant suivant la disposition des locaux. . . . . . . . . . . . . .
Total.

S0 Fermentation r

. . . . . . . . . . . . . . .32.600 -

DIFFUSION DE LA CANNE

S. III. - Diffusion de la Canne
Voici sur quelles observations s'est appuyé M. Savalle po r ktablir son système d'extraction, qui remplace parfaitement e moulin à cannes. Tous les instruments établis jusqu'ici pour préparer la carine à la diffusion ont eu pour but de la couper en rondelles d'une faible épaisseur pour la faire pénétrer par l'eau chaude et en extraire le sucre. Ces divers instruments diviseurs sont imparfaits, car . les rondelles de cannes jetées dans les diffuseurs se collent les unes sur les autres et efnpêchent le liquide de diffusion de les pénétrer. Dans ces derniers temps, M . Savalle s'est beaucoup occupé de la question, et ses expériences l'ont fait arriver à cette conclusion : que, pour bien diffuser la canne, il faut la réduire, Ilon en rondelles comme on cherche a le faire, mais en cube8 de petites dimensions et de formes différentes, qui ne puissent s'agglomérer entre eux lorsqu'on veut les diffuser. 1 est arrivé, la canne, ainsi réduite, à obtenir, par la diffusion, 1 tout le sucre qu'elle peut donner. Dans ses recherches: il a eu surtout en vue la diffusion de la canne pour la distillation des rhums, mais le résuitat de ses observations peut aussi trouver une excellente ibplication dans la . ,* 4 sucrerie coloniale. Les résultats fournis par les expériences ont été parfaits ; ce mode d'opérer sera préteré dans toutes !es petites distilleries, qui trouveront dans son emploi une écoaomie importante jointe à une grande "çimplicité.

4

CHAPITRE III

"DISTILLATION DES MÉLASSES DE CANNES

5 1. - Fermentation des M6lasses de Cannes
La préparation des mélasses pour la fermentation est d'une grande simplicité. On commence par délayer dans une cuve préparatoire C (voyez fig. 4) de la mélasse avec de l'eau, pour obtenir un mélange qui pèse 106 au densimètre et 33 de température. On y ajoute 4 kilog. d'acide sulfurique par chaque 100 kilog. de mélasses employées. Ce jus sucré, ainsi prPparé, coule par une rigole en bois, posée sur les cuves dans la première cuve de fermentation D. Là, on ajoute 2 liilog. de levure de bière par 100 kilog. de mélasses cmployées. Après deux ou trois heures de repos, la fermentation se produit. Elle s'annonce par un cercle de mousse blanchâtre se formant autour de la paroi de la cuve, puis le liquide se couvre (d'une couche de mousse jaunâtre avec un dégagement d'acide carbonique; on peut s'en assurer en approchant de la couche de liquide une lampe qui s'éteint au contact du gaz acide carbonique. A ce moment, l'on prépare une seconde cuve de jus C, à ia même densité que la première, mais à une température de 25 degrés seulement; les suivantes sont aussi préparées à cette température. Lorsque le jus qui se trouve en I) a perdu par la fermentation de 3 à 4 degrés, on y mélange petit à petit le contenu de la seconde cuve C, et cela de manière à ce que, en coulant du jus préparé à 106 degrés, l'on maintienne le jus en fermentation à une densité n'excédant pas 102 à 1030 à une température de 26 à 28". La figure 4 indique 3 cuves C, pour préparer la mélasse; à

la rigueur, deux suffiraient: une qui alimente les cuves de fermentation, et l'autre que l'on prépare dans les conditions de densité et de température indiquées, soit densité 106, et température 2s0. Lorsque la premiére cuve à fermenter D est pleine ou à peu près, on la partage avec la deuxième cuve, au moyen d'une conduite de communication munie de robinets, sans arrêter pour cela l'alimentation sur la première cuve D, et l'on ne commence à coiiler du jus préparé sur ia seconde cuve à fermentation Dr que lorsque celle-ci est emplie au 1/3 par la communication avec la première; à ce moment l'on a deux cuves D Dr, sur lesquelles on alimente à continu du jus préparé. Quand les deux cuves sont à peu près pleines, on ferme la communication de la première cuve avec la seconde et l'on ouvre celle de la deuxième cuve avec la troisième pour remettre dans cette dernière 1/3 de cuve environ. La première cuve D étant pleine, on arrête l'alimentation de celle-ci, et l'on commence à alimenter la troisième cuve D", et ainsi de suite, de -manière à avoir toujours deux cuves à alimenter avec du jus préparé. Les cuves de fermentation doivent être alimentées, de manière à toujours bien conserver la densité de 102 à 1030 et la temp,érature de 26 à 280. Les cuves où l'on a cessé l'alimentation, et qui sont pleines lorsque l'on coupe la suivante avec une cuve vide, doivent -être abandonnées pour achever la fermentation qui doit se terminer 20 à 25 heures après avoir cessé l'alimentation. La fermentation de ces cuves doit s'achever à une densité de 101 à 101 1/2 et à une température de 30 à 32 degrés. Il faut distiller les fermentations aussitôt achevées pour empêcher la fermentation acide qui se produit toujours au détriment de l'alcool. Au fur et à mesure que les fermentations se terminent, on les distille. Pour obtenir de bonnes fermentations, il faut suivre régulièrement les conditions de densité et de température; la tempéra-

FERDIENTATION DES MÉLASSES DE CANNES

25

ture se règle à plus ou moins haut degré, selon la chaleur du local où l'on fermente, et aussi suivant la contenance des .cuves. Ainsi, plus les cuves sont petites, plus il faut une température élevée, et, au contraire, plus elles sont grandes, moins il faut de degrés de température; car dans unc graiicle masse de 1iquMe en fermentation, la chaleur s'élève en fermentant, tandis .que dans une petite quantité le liquide se refroidit par le coiitact de l'air extérieur. .Pour les mélasses de cannes, il n'est pas inclispcnsable d'employer de la levure ; on peut préparer de la mélasse comme il est indiqué ci-dessus, avec la levure en moins, et la fermentation commence seule au bout d'un certain temps. Cependant, lorsque l'on peut se procurer facilement de In levure, il est préférable d'en mettre au moins 2 0/0 d u poids de mélasse employée, pour la premikre cuve de préparation qui sert de cuve-mère et de point de départ de fermentatioiz pour les suivantes. Les températures ci-dessus sont indiquées d'après le thcrmombtre centigrade.

26

DISTILLERIE DE MÉLASSES DE CANNES

5 II. - Distillerie de Mélasses de cannes annexée
à une Sucrerie

Les figures 3 et 4 donneront une idée d'une distillerie de mélasses de cannes annexée à une sucrerie. La figure 6 qui donne l'élévation indique en B le dépotoir pour mesurer la mélasse employée. C l'une des cuves de préparation de la mélasse. - C'est là qu'on y mélange l'eau et l'acide sulfurique, si on peut en disposer. D sont les cuves où la fermentation s'opère à continu. E est la petite machine à vapeur pour actionner les pompes. Et F est l'appareil distillatoire établi pour produire des rhums à forts degrés. Généralement la vapeur pour chauffer l'appareil se prend sur les générateurs de la sucrerie. Pour le cas où l'on désirerait un générateur séparé, il se trouve indiqué d a ~ la figure en plan : s Cette figure en plan indique aussi en G - le magasin où sont logés les rhums dans des cuves en bois de chêne de Riga; de là ils sont enfutés et expédiés.

DISTILLERIE DE M&LASSES DE CANNES

5 III.

- Petit

appareil à travail continu fonctionnant à feu direct.

L'installation complète d'une distillerie conslitunnt une dépense importante, on hésite longtemps avant de se décider à cnlrer dans la grande fabrication malgré lcs gros bénéfices en perspective. On ernploic un temps considéral~leen deniaiides de rei~seignements, établissement de devis, de comptes simulés, de pris de revient, en recherches théoriques enfin qui laissent toutjours un peu d'incertitude quant au résultat pratique. Pour faciliter aux persorlnes qui désirent commencer la distillation des mélasses et de la cannc sur une petite échellc les moyens d'effectuer cette fabrica Lion dans les meilleures conditions pratiques, MM. D. Savalle fils et Cle ont imaginé un petit appareil à travail continu fonctionnant à feu nu, facilement transportable et occupant peu de place. La figure 9 représente cet appareil d'une construction élégante et d'une conduite sinlple et facile. Jusqu'ici les appareils de distillation parfaits fonctionnaierit seulement par la vapeur, ce qui en restreignait considérablement l'emploi, vu l'installatiori obligée de générateurs. L'usage des petits appareils à feu direct s'in~posaitdonc dans beaucoup de cas, malgré ic produit inférieur c~u'ils fournissent et l'inconvénient, encore plus grave, c~u'ilsont tle perdre parfois juscp'au quart du volunlc d'eau-de-vie contenu dans les matihrea soumises à la distillation. Les personnes qui voulaient essayer de la distillation se bornaient d'abord à travailler avec ces petits appareils; puis, en présence des mauvais résultats obtenus, renonçaient à une fabrication qui eût été très avantageuse, effectuée dans de meilleures conditions.
IC

30

PETIT APPAREIL A TRAVAIL CONTINU

C'est pour remédier à ces graves inconvénients que MM. D. Savalle et Cie ont éludié la construction d'un petit appareil qui fournit par le feu nu les mêmes avantages que les appareils marchant par la vapeur, un 'produit aussi parfait comme goût, et un aussi grand rendement en évitant les pertes d'alcool dans les vinasse& Le petit appareil, représenté figure 9, est à travail continu et peut fournir par lieure 28 à 30 litres de rhum ou de tafia à 60 degrés ceniésimaux, soit 430 litres en 18 heures de travail. Le jusareste très peu de temps dans ce nouvel appareil; son passage rapide fait que le produit est de qualité bien supérieure à celle des produits de l'ancien système. Ce petit appareil est appelé à rendre de grands serïices dans les pays de culture de cariries, en familiarisant les planteurs avec la distillation des mélasses et de la canne, en les faisant profiter ainsi des avantages considérables que peut leur donner cette fabrication qui, selon nous, est appelée à régénérer les coloiiies si compromises par la crise sucrière. L'appareil dont nous ?-2zions de parler coûte emballage compris 8,000 francs.

Pig. 5.

- Petit appareil à travail co.itiiiu

ioacliuii~iûritÙ feii tliiect.

32

COLONNE DISTILLATOIRE

5 IV. - Colonne distillatoire fonctionnant à la vapeur.
La maison Savalle construit des distilleries de mélasses de toutes les dimensions. Pour atteindre ce but, elle a combiné l'appareil no O qui, joint à la modicité de son prix, a l'avantage d'être très simple, commode à installer, facilement transportable, et de pouvoir fonctionner aussitôt arrivé à destination. Il n'exige pas de bâtiment spécial. Sa puissance de production est de 600 litres de tafia à 60 degrés par dix heures de travail.. Son prix actuel, avec le générateur qui sert au chauffage, est de 10,500 francs. Pour employer l'appareil figure 6, on commence par emplir d'eau le générateur de vapeur; on allume le feu et on fait monter la pression à 3 ou 4 atmosphères. Pendant que la vapeur se produit, on alimente de jus fermentés le petit réservoir supérieur de l'appareil. En ouvrant le robinet à cadran, on introduit le liquide dans le chauffe-vin et dans toute la colonne. La première fois que l'appareil fonctionne, il faut examiner si le régulateur de vapeur est préparé au travail. Pour cela, il faut que la tige du flotteur soit bien fixée à ce dernier, que le levier ait son point d'appui solidement établi,el qu'enfin la soupape de vapeur soit ouverte de 4 à 5 millimètres seulement, au point de repos de l'appareil. Cet examen -préalable terminé, on introduit graduellement la
(1) Extrait du rapport fait aux actionnaires du la Sociité E. Le Dentu et C", usine de la B~sse-Terre (Guadeloupel 29 décembre 4876. a Salaires.

.

s

D

a

N

a
fi

La dépense des transports des cannes; a été de 4 fi.. 66 c. par tonne. Les salaire; de l d sucrerie sont tombés à 2 fr. 49 c. par tonne de cannes; ou 13fr. 82 C. par barrique de sucre. Quant à la distillerie, grice au foqtionnemerR automatique de l'appareil Savalle, qui fait qiie la main-d'œuvre se réduit à peu près au chargement des cuves, il a été dépensé 851 fi.. 36 c. pour faire 87,523 litres de tafias à 599, soit O fr. 97 c. par hectolitre (environ 1 centime par litre). u

34

C&ONN% DISTILLATOIRE

vapeur, e ~ é p a s s e par la soupape du régulateur et se rend dans le sou bassement, puis elle s'élkve pour chauffer graduellement Igs couches de liquide contenues dans les plateaux de la colonne, 6% entraîner vers le chairla-vin les vapeurs alcooliques. Là, ces vapeurs se condensent en cédant leur calorique au vin qui va être h t i l l é , et s'écoulent à l'état de tafia à 60 degrés à l'éprouvette: A ce monlent on ouvre partiellement le robinet d'alimentation du vin muni de son cadran gradué et l'on cherche petit à petit le point d'alimentation convenable, qui se détermine une fois pour toutes. Quand on ouvre trop le robinet cl$limentation, la production de ?&a s'arrête à l'éprouvette ; si on l'ouvre trop peu, le Idegré du produit est trop faible. C'est en évitant ces deus extrêmes clu'm qmive au point d'alimentation reqtiis, qui une fois déteruila6, @kt toujours. Capetit appareil rectangulaire ayant son régulateur automatique ile vape&, il n'y a pas à s'occuper de régler le chauffage; il suffit (le chauffer legénérateur, et le régulateur de vapeur fait le reste. Les vinasses épuisées sortent saris cesser par le siphon' de vaange si tué au bas de la colonne. Un injecteur Giffard sert à l'aliilîentation dans le générateur de l'eau enlevée par la vaporisation. !,'opération est continue et dure tant qu'on chauffe P générateur e et qu'on alimente de jus ou de vin à distiller par le réservoir supérieur. Il est essentiel de ne jamais laisser vider telui-ci pendant le travail. Quand on vmt arrêter l'opération, on ferme d'abord le robi,net à cadran servant à l'alimentation du vin ; q~ e l q u e minutes ap+&, s on ferme le robinet de vapeur. Les tafias obtenus par ce travail essentiellement régulier sont de qualité parfaite. Pour maintenir l'appareil en parfait état de propreté, il est utile : 1" De ne pas remuer le contenu des cuves de fermenlation en les vidant, de façon à ne pas amener dans la colonne la boue et la levure qui se trouvent au fond de ces cuves. 20 Quand on arrête le kavail pour plusieurs jours, il faut passer de l'eau dans l'appareil pour en faire sortir les vinasses acides qui rongeraient le métal.

APPAREIL RECTANGULAIRE

33

Fig. 7.

- Appareil rectangulairc

no 3. dl,iicnsion moyenne pour les sucreries

§ V. - Appareils produisant de forts degrés.

Autrefois les colonies étaient considérées comme une source de fret devant alimenter la marine marchande et les produits coloniaux étaient transportés bruts. C'était sur ce principe qu'avaient été échafaudés tout un sys tème de surtaxes de pavillon et le monopole de la raffinerie métro"p1itaine. + Aujourd'hui tout cela e$ changé, et la concurrence doit faire rechercher la diminution du prix des frets en ne transportant O e cpe des produits aussi purs que possible. Nous ne rechercherons pas pourquoi on ne raffine pas encore sucre aux colonies, car cela ne rentre pas dans notre cadre, mais nous indiquerons l'économie considérable que 1'011 peut réaliser en n'envoyant en Europe que des tafias à forts degrés. * Les fabricants de sucre distillateurs des colonies trouveront de grands avantages par l'emploi du nouvel appareil Savalle, qui leur permettra d'obtenir des tafias titrant de 90 à 93 degrés cèntésimaux, soit au pbse-alcool anglais Sikes de 58 à 63 over proo f. Considérons, par exemple, le tafia produit actuellement la Martinique .à 60 degrés. Ce poduit se trouve grevé : Pour logement par hectolitre. . . . . . . . . . . . Fr. 4s » Pour fret, jnsqu'au Havre . . . . . . . . . . . . . . . 5.35

+

a

Soit ensemble

. . . . . . . . Fr.

20.55

par hectolitre, d'un produit contenant 60 degrés ou 60 litres d'alcool pur à 100 degrés. Si, au lieu d'avoir dans cet hectolitre 60 degrés, on peut y mettre 90 id 93 degrés, ou gagne les fiais de logement et de fret sur 30 ù 33 litres d'alcool, ce qui constitue u n bénéfice de 40 ic 14 francs par hectolitre de tafia enaoyé en France.

APPAREILS PRODUISANT DE FORTS DEGRÉS

Fig. 8.

- Appareil

distillataire produisant, d u premier jet, des rhums à 90 et 93 degrés.

38

APPAREILS PRODUISANT DE FORTS DEGRÉS

Dans beaucoup de colonies on a compris cela et on emploie depuis cpelque temps déjà les nouveaux appareils Savalle, qui fournissent 90 degrés. Il est utile de bien remarquer que ce produit contient tout autant d'arome que le tafia à GO degrés, et qu'il est même supérieur en qualité parce qu'il contient moins d'huiles lourdes. Nous avons donné, figure 7, la disposition de l'appareil Savall e produisant des tafias à 60 degrés ; nous donnons ici, figure 8 ; la disposition du nouvel appareil produisant à volonté de 90 à 93 degrés.

DISTILLERIE DE

MBLASSES

DE CANNES

39

$ VI.

- Devis approximatif d'une distillerie de mélasses produisant 4,000 litres de tafias à 60 degrés p a r 12 heures de travail.

Générateur semi-tubulaire de 60 mhtres carrée 'de surface de chauffe (existant h la Sucrerie).
Distillatio~i :

Appareil distillatoire rectangulaire en cuivre no 8 .
3 O

.

19.000 3.000

))

iUoteur:

Une machine à vapeur de 6 chevaux.
4 O

.......

) )

Pompes:

Une pompe à jus fermentés en l~rorize . . . . . . Une pompe à eau froide. . . . . . . . . . . . . Deux pompes alimentaires. . . . . . ... Une pompe à chaînes à mélasses. . . . . . . . . . So Cuves en bois : Deux cuves préparatoires de 65 liectolitres . . . . . Dix cuves de fermentation contcnant chacune 250 hectolitres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Deux cuves en bois de chêne de chacune 100 Iiectolitres pour loger les tafias. . . . . . . . . . . . . . .
Go Réservoirs en tôle :

4.800

))

700 u t.300 10.000 2.000

) )

))

) )

Un pour jus fermentés de 1.300 litres Uii pour eau froide de 2.500 Un à eau chaude de 3.000 Un dépotoir à mélasses de 730 litres.
g o Tuyauferle et robinetterie :

...... ...... ......

1.fi00

JJ

Pour le gAnhrateur, l'appareil, la machine, les cuves, environ 1,000 kiIog. à 4 fr. 30 . . . . . . . . . . . . Environ 2,000 kilog. à 1 franc

4.300 2.000 48.800

J )

.......... Tohl approsimatit'. . . . Fr.

))

9

CHAPITRE IV

CONTROLE DES P E R T E S D'ALCOOL
6prouvées dans les dfstilleries.

La distillation continue, inventée par Cellier-Blumentlial et mise en pratique Ia première fois par M. Anland Savalie, réalise un grand progrès par la rapidité du travail et l'économie de combustible. Mais, à côté de ces avantages qui sont réels, cette opération a laissé une cléfectuosité qui, sans importance pour !es petites usines, en a une très grande pour celles qui opèrent en grand, et ce sont elles qui, aujourd'hui, sont les plus nombreuses. Les anciennes colonnes ont le grave défaut de faire perdre beaucoup d'alcool en le laissant dans les vinasses. Les distillateurs se servent souvent d'appareils défectueux qui leur font perdre dans les vinasses une proportion considérable de produits, qui devrait constituer la plus forte part de leur bénéfice. Une distillerie qui perd de l'alcool dans les vinasses se ruine. Nous sommes donc heureux de signaler aux fabricants un nouvel appareil d'essai des vinasses, par leqüel ils auront la preuve matérielle de la perte d'alcool qu'ils subissent par leurs colonnes défectueuses. On se servait autrefois, pour éprouver les vinasses, d'un serpentin d'épreuve, où se condensaient les vapeurs sortant des vinasses; ou encore, l'on prenait une petite quantité de vinasses, que l'on distillait dans un alambic. L'une et l'autre de ces expériences sont imparfaites. En effet, par le nouvel appareil d'essai, là ou l'on ne trouvait aucune trace d'alcool, l'appareil d'essai de Savalle a extrait des flegmes de 7 à 8 degrés centésimaux. Plusieurs distillateurs ont ainsi acquis la certitude qu'ils perdaient de 3 à & e t jusqu'à 10 pour cent d'alcool dans les résidus.

La figure 9 représente la disposition de cet appareil.
a. Fourneau contenant sa chaudière. b. Colonne pour enrichir ct analyser les vapeurs de la distillation. c. Analyseur A eau.

Fig. 9. Nouvel appareil pour déterminer la teneur alcoolique de la vinasse e t la perte d'alcool éprouvée par i'emploi des appareils distillatoires défectueux.

-

d. e. g. h.

Réfrigérant. fiprouvette graduée pour recevoir le produil. Manomètre. Conduite d'arrivée du gaz destiné au chauffage.

Voici la manière d'employer cet appareil : On introduit 10 litres de vinasse dans la chautiière a par uiie ouvertupe ménagée à cet effet sur le couvercle de la chaudière. On met de l'eau froide dans le manon~ètreg, dans l'analyseur c et dans le réfrigérant d. Puis on allume le gaz de chauffage. Le liquide contenu en a se met eri ébullition ; les vapeurs traversent la colonne b et viennent se condenser en e d'où elles retourilent à l'état liquide charger les dix plateaux de la colonne b. A mesure que ce6 plateaux se garnissent, la pression inonte au manomètre g , et cette pression varie de 20 h 23 centimètres pendant le cours de l'opération. Après quelques instants de distillation intérieure, I'eau se trouve chaude en c, et alors les vapeurs les plus riches en alcool passent à la distillation, en se condensant dins le réfrigérant d, et s'écoulent dans I'Gprouvekte graduée e. J.e volume du produit obtenu dépend de la teneur alcoolique du liquide soumis à l'épreuve. Si l'on opère sur des vinasscs, un produit de 100 centimètres cubes, par exemple, sera l'alcool contenu dans les 40 litrcs sur lesquels on opère. On peut ainsi retrouver f'acilement un cciitimèlre cube d'aicool dans dix mille centimètres cubes de vinasscs ; la précision de l'appareil est donc de l/lO,OOOmc. Plusieurs distilleries ont acquis pal. cette expérience la preuve qu'elles perdaient beaucoup d'alcool; aussi se sont-elles décidées à remplacer leurs appareils distillatoires anciens, dont le travail est plus ou moins défectueux, par l'appareil rectangulaire perfectionné dont nous avons déjà parlé. Ce nouvel appareil d'épreuve est très utile aussi pour se rendre compte de la richesse alcoolique des vins et des fermeiltations en général. On s'en sert encore pour opérer en petit sur une petite quantité de matière première, afin d'apprécier ainsi ce que celle-ci peut rendre d'alcool. Cet appareil (1)se distingue des autres appareils d'essai, qui ne
(1) II cohte emballe rendu en gare à Paris, 525 francs.

COATROLE DES PERTES D'ALCOOL

43

sont pour la plupart que des alambics primitifs de petite dimension, en ce que le produit alcoolique est très concentré et facile à peser exactement à l'aréomètre. Ainsi, lorsqu'on opère sur un vin riche de 8 0/0 d'alcool, les premiers produits obtenus titrent 93 et 94 degrés, et la moyenne est à 79 degrés. Si l'on opère sur une matibre contenant 2 0/0 d'alcool, la moyenne des produits est à 50 degrés. Nous engageons donc fortement les distillateurs à contrôler régulièrement leur travail au nîoyen de cet appareil ; ils s'éviteron t ainsi des pertes importantes.

CHAPITRE V
STATISTIQUE DES DISrrILLERIES DE MÉLASSES
PROVENANT D E SUCRE DE CANNES
Employant 122 appareils S A V A L L E
(4)

DES INDUSTRIELS

AFRIQUE
(Guinée méridionale.)
Manol de Paula Barboxa.. ... Benguella .............. l .fi00 Pinto et Braga.. ........... Joaos Fesseira Goncalrex. ....
LITRLS

LITRES

EMPIRE ANGLO-INDIEN
Imson Parry et Cie..

........ IMadras ........lIndoustiinI
RÉPUBLIQUE ARGENTINE

3. Augsburger ............. Canada de Gon~ez Santa-Pé . 2.000 Araoz Cornejo, Uriburn et Cie San-Pedro.. .... Salta.. .. 2.500 P. San Germes ............. Santiago Bel Eslero. .. Le même, 2e appareil ...... Claira et Cie ............. Simoca . . . . . . . Tiicurnaii 1.900
Somora et Cie.. ............ C. Bileret ................. Lules..

........

fuciiinan

750 1.500 2.000 4.800 1 .fi00

Fernaudez Hermanos. ....... Bellavista.. .............. Sta-Cordova del Tucuman. ... Prodencia ............... Padilla Hermanos. .......... Mercedes. ............... Vergues et Cl=.. ............ Santa-Barbara. ..........

S c h ~ f e ret Fiequena. ........ Santiago del Estero. ... Santo-Domingo 2 .O00 Gerardo-Constantini et Cle ... Santa-Lucia.. Tucuman 2.000

..

REPUBLIQUE DE BOLIVIE

L. Soux

...................

.. 45:

RENSEIGNEMEYTS
DES INDUSTRIELS

BRESIL
Report .........24.100 3.500 Compagnie anonyme agricole de Campos ...............Cao~pos ....... Rio ...... 2.500 Compagnie Engelo Central de ..... Rio ...... 2.500 Quissaman............... Q~iissaman La Companhia progressa agricola ....................Slâranhàs . . . . . . 5.030 F . Ferraro et fils ........... Bahia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.000 Foncesca et Morelli .......... !tu ............ 4.00C
Sucrerie de Lojuca .......... Lojuca ......... Ballia .... Munzer et Spaan ............ Rio-Janei ro ............. Juan Ollivela ............... ......... C . Schumann et Cie ........ ......... Sucrerie centrale de Quissaman .................... Quissanian ..... Rio ...... ......... José da Costa Bodrigues ..... FropriCtB d'blhûmlira
pris Paragnan

2.000 1.200 1.000 2.501) 1 O00 5.000

.

2.500
du nouveau

Félix Vandesmet et Cie ...... Pojuca ......... Bahia .... 2.000 .l .000 tiectilicateur Comolli et Cie . . . . . . . Pelulas .................. Santos, Cortico et .Freitas.... Rio.de.Janeir.0 ...........

CHILI
Julio Bernstein . . . . . . . . . . . . . ïinadel Mar,prés

alparaiso ............. 3.500 hrcel Deves ............... Lli u llu ......... Limachc-Valps

r~iso.... 1.000 1. 000 Ovalle (Le docteur) ......... Santiago ................ Le même, colonne rectangulaire ............................................ 1.000

bpezteguia frères ...........Cienfuegos ..... 3.000 Les mêmes, 2e appareil .............................. ' ~omas r e o k s ~ .............. Soledad ........ Guanianrmn .. 1.250 Comte de Casa More......... Sau(issima-Trinidud .........' . . . 4 .Y00 Le même ................. Indio .................. 4.500 Marquis de Monte10. . . . . . . . Ida Havane .............. 4.003 L Muela ................... Sicrra Morena . . . . . . .: ... 7 .500 a ............... 3 -000 De Montaldo ................ Cienf~iegos Beed Ruiz et Cie . . . . . . . . . . . . I..a 1:cclcncia .... P~icrio-Principe 1.230

CUBA

6.000 2 .000 4.500 4.50O

--

TOTAL ~ q o r t c.r. . . . . . . . 86.300 37.000 ù

RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS

ÉGYPTE
Report. ......... 84.300 37.000 Son Altesse leuhédive d'Egypte Samaloutli ..... tlaute-Égyp:e . lerappareil rectificateur.. ... .........

......... .........
- colorine rectüngulaire en cuivre.. ........ Ije appareil, colonne rectarig.

/ie

-

....... .........
ESPAGNE

7.000 7.000

J. Agrela.:. ............... Grenade ................. Le même, 2e appareil, colonne distillaloire. ............. ......... Agrela, frères.. ............ Motril .......... Grenade Les mêmes, colonne recta ngiilaire. ................. Aurioles, Ravassa y Moré.. ... Motril.. ........ Le même, colonne rectangulaire .................... Enrique Barbaua.. ......... Motril .......... Grenade .. Burgos Dominguez et Garcia.. Motril .......... Grenade .. La Chica Rodriguex et Aurioles Grenade ................ Les mêmes, 2" appareil, colonne distillatoire.. ...... ......... Compagnie sucrière de San Guillermo.. .............. Malaga .................. 2e appareil, colonne rectan......... gulaire ................. Duchesse de Santona ........ Motri1 .......... Grenade .. Garcia, Romero, Ortiz y Martinez.. .................. Ma1ag;i ......... hfalaça ... Les mêmes, colonne rec tanguiaire.. ................ ......... J. de la Gandara.. .......... San-Pedro-d'AlL~ rcclang,lcantara ...... JInlag,i ... laire. .................. ......... Héredia fils.. .............. Adra ........... Grcnndc .. Earios ct fils.. ............. Tore-del-Mar ............. Les nzêt~zes,Y :ippaieil.. .... 1.. .......

..

1 .O00

1.000 2.000 2.000 2.400 2 .O00 3 .O00 3.000

-

2.000 1.000 2 .O00

2.000

2.000 2.000 2.000

TOTAI, repo~te).. à ......... 122.800 79.S00

--

"3500 2.9011

RENSEIGNEMENTS DES INDUSTRIELS

Les mêmes, 4e aapparzil. ..... Les mêmes, Se appareil.. ....

.........

Sala Pou et Cie..

...........

.........

FabricaNuestraSenora delPilar Salobreiia ............... La même, 2e appareil. ...... ......... 1.20 José del Pulgar.. ........... Sucrerie de Mare Malaga.. . 73

GUATEMALA
J. Guardiola.. .............. Hacienda Chocola ......... '7.908 Brooks ....................lSucrcrie de Saleda. .../buanlinml .. 3.5001

1

1

LA GUADELOUPE

RÉPUBLIQUE D'HAIT1

ILE DE MADCRE
2e appareil, colonnc distillalre

ILE MAURICE
Hewetson ......................................... 5.000
2e appareil rcctificaiei.~r produisant les alcools filis a 96 degrés.. .....................................

LA MARTINIQUE
Le baron de Larenti.. . . . . . . . Fort de Frocce. Eugène Eustache. .......... Usirie de Griliori. A. de Heynard.. ............ IT.qinc de la Diloii

......... 3.500
TiiiiitQ.

. . 3.000
:i.001i

.........

-TOT\ L
Ù

~ ~ p o r t e . .. . . . . . . . 191 . iSO 09.000 r

RENÇEIGNEPIENTS
DES INDUSTRIELS

RIÉPUBLIQUE DE L'EQUATEUR

PEROU
Bauer frères.. .................................... 750 Félix Denegri.. ............ ~ i i n a .................. 6.000 Pe appareil, un rectificateur no 3 .................... .........
Pour leur propriété de Chacavento.

ILES PHILIPPINES
Francisco Puig et Hermano. San-Fernando . . La Pampanga.. 650 Ayala et Cie.. .............. Manila ......... Manila.. . 1.000 J. Gonzalez ................ Manila.. ....... Capiz .... 2.000 1.200 Le mênze.. ................ Le même ................. Rodriguez.. ................ Manila.. ................ 750

PORTO-RICO
Manlove, Alliott et Cie, constructeurs mécaniciens .... Ponce.. ................. 2.500 Les nzêmes, colonne rectangulaire. ................... ......... 2.800 Fantauzzi frères,colonne no 8. Usine Felicitas. . Patillas . 4,000

.

I L E D E LA

RBUNION

LA TRINIDAD
2e appareil, un rectificateur no 7 ....................

REPUBLIQUE DE VÉNÉZUELA
J. A. Mosquera hyo..

. . . . . . ./Caracas. ....... ( ......... 1
ILES D U CAP-VERT

1

1.O001

TABLE DES GRAVURES
Pages.

FIGURE 1.
2. 3. 4.
5. 6. 7.

8.
9.

en élévation d'une distillerie de cannes à sucre construite par MM.. D. Savalle et Cie. ................ - Vue en plan d'une distillerie d e cannes à sucre . . . . . . . . . . - Vue en élévation d'une distiilerie de mélasse d e cannes annexéeh une sucrerie.. - Vue en plan d'une distillerie de mélasse de cannes annexée B une sucrerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct. - Appareil transportable pour la production des tafias et des rhums . - Appareil rectangulaire no 3, dimension moyenne pour les sucreries . - Appareil distillatoire produisant d u premier jet des rhums à 90 et 93 degrés. - Nouvel apparei! pour déterminer la teneur alcoolique des vinasses et la perte d'alcool éprouvée par l'einploi des appareils distillatoires défectueux.

- Vue

. . .'.

17 18 27

..........................

.....

28 bl 33 36

...........................

38

..........................

42

Pages

PRBFACE CHAPITRE PREIIER . - La canne à sucre et ses produits . . . . . . . . . . . . . . 8 I - Culture de la canne A sucre en Espagne . . . . . . . . . . . . . . " $ II - Culture de la canne B sucre en Algérie 5 III Cultiire de la canneà sucre et fabrication du rhum dans la République Argentine CEAPITRG DEUXIEXE - Distillation de la canne B sucre § Ier - Ensemble d'une distillerie de cannes 5 II - Devis approximatif d'une distillerie travaillant par jour 30,000 kilogr. de cannes 3 III - Diffusion de la canne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . CHAPITRE TROISIEME - Distillation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . 5 1" - Fermentation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . . . . . g II - Distillerie de mélasse annexbe à une sucrerie'. . . . . . . . . . . . tj III - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct . . . . . . 5 IV - Colonne distillatoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . § V - Appareils produisant de forts degrés § VI Devis approximatif d'une distillerie de melasse produisant 4, 000 litres de tafias A 600 en 12 heures de travail CHAPITRE QUATRIEME Contrôle des pertes d'alcool éprouvées dans les distilleries CHAPITRE CINQUIEME . - Statistique des distilleries de mélasse provenant de sucre de cannes TABLE DES GRAVURES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

.

.............. ............................ . ............. ................ ............................ .

1 5

10
12 16 16

20 22 83
23 26

-

................

29 32
36

.-

.............. .

39 40

...........................

41 49

REVUE UNIVERSELLE DE LA DISTILLERIE
Journal hebdomadaire paraissa~it l c i r a r l z e liirci.
F O N D E EN

1873

J.-Paul ROUX
PROPRIETAIRE ET R ~ D ~ C T C UL Y CIlEP K

Le plus grand journal technique francais spCcial à la distillerie
Indispensuble à tous les distillateurs, rectifituteur~et fubrica~~ts.
BUREAUX

PARIS
53, rue Vivienne, 53

I

BRUXELLES 46,rue de l'Association, 46

FILANCEB E L G I Q U E ET

..

ABONNEMENTS

15 TR.\NCS 1 UXION POSTALE.

. . . . 18 I ~ ~ ~ A S C J

LA

FABRICATION DE L'ALCOOL

DISTILLATION DES GRAINS

PABRICATlOM DE L'ALCOOL
DISTILLATION DES GRAINS
PAR

J.-Paul ROUX
REDACTEUR
EN CHEF DU JOURNAL L A R E V U E U N I V E R S E L L E B E L A D I S T I L L E R I E MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITIO'I INTERNATIONALE DE 1881

MEMBRE DES CONGRÈS INTERNATIONAUX POUR L'ÉTUDÇ DE L'ALCOOLISMF, ETC., ETC.

PARTS
'@RIMERIE

ET LIBRAIRE CENTRALES DES CHEMINS DE FER
IMPRIMERIE CHAIX

S O C I ~ ~ ~ T B N Y M E AU CAPITAL DE ANO Riie Bergbre, 20

SIX nIILLIotis

4888

Le bon accueil fait à notre travail sur la Rectification des alcools et la Fabricatio~zdu Rhum nous a encouragé à presser la publication des autres parties de notre ouvrage sur la Fabrication de l'alcool. C'est ainsi que nous offrons aujoiird'hiii la Distillc~tion11cs grains, qui est la partie de l'ouvrage qui nous a paru avoir le plus d'opportunité par suite de l'extension prodigiecse prise par la fabrication des alcools de substances farineuses, et le rôle important reservé à cette industrie. Nous n'avons pas eu l'intention, nous devons le dire tout de suite de faire u n traité complet de la distillation des grains, un ouvrage didactiqiie sur cette belle industrie embrassant l'étude détaillée des matières premières, la description scientifique et critique de tous les procédés connus, l'exposition technique et raisonnée des nombreuses machines et appareils employés. Un tel ouvrage aurait certaiiîement une grande utilité, et nous le savons aussi bien que personile par les fréquentes et nombreuses demandes qui nous sont faites; mais le grave défaut de ces ouvrages compacts qui demandent beaucoup de temps et des recherches minutieuses c'est de vieillir aussi vite que des almanachs!

Aucune industrie, excep té peut-être, celle des applicatiocs de l'électricité n'a fait des progrès aussi rapides. Et ce proi grès s'affirme d'une manière officielle par l'augmentation des rendements, constalés anni~ellementdans les distilleries par les agents des contributions indirectes. En Amérique, par exemple, le rapport du commissaire des revenus intérieurs constate que le rendement par baisseau de maïs, augmente légèrement chaque année. En Belgique, en Auiriche les mêmes observations ont ét6 faites ; c'est dire quelle attention constante s'impose aux industriels qui ne veulent pas se'laisser devancer. La spécialité est la caractéristique du progrès. Au fur et à mesure de ses développements une industrie se: subdivise en branches spéciales dans lesqilelles l'étude des faits est de plus en plus serrée et approfondie. Au commencemeiit du siècle u n traité sur la fabrication de l'alcool comprenait tout au plus une centaine de pages, dont la -majeu-~e partie était occupée par la description des instruments servant à « peser » les eaux-de-vie! Aujourd'hui la fabrication est non seulement plus perfectionnée, mais l'alcool est extrait de diverses substances gui exigent chacune u n travail différent, enfin, comme si ce n'était pas assez d'avoir à lutter, d'avoir à conquérir la nature, les législations fiscales des différentes nations. ont encore compliqué le problème de la fabrication des alcools par les entraves qu'elles ont apportées au travail. De sorte que dans chaque État il faut suivre une méthode spéciale de fabrication conforme à la législation fiscale du pays. La France, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre, 1'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, la Russie ont des législations différentes qui exigent des procédés particuliers. Ce serait donc non seulement un travail gigantesque,

mais aussi éphéiuère que d'exposer avec tous ses ddtails, Ia fabrication dans chaque pays, car cette législation est sujette à des mouvements brusques dont la Belgique, l'Autriche et l'Allemagne nous ont donné des exemples. Ce n'est donc pas un traité complet que n0u.s avons voulu faire ; notre but est plus modeste, nous nous renfermerons dans les grandes lignes de la distillation des grains, en indiquant, les principes. sur iesquels est basée cette belle industrie, ses différentes branches et en donnant la description des principaux appareils employés. Notre but sera rempli si nous avons réussi à inspirer lc goût d'étudier plus profondément cette industrie qui est une des forces productives de l'agriculture. Les notions purement seientifi~~ues, détails exclusiveles ment techniques on les lroiivera ensuite dans des traités spéciaux plus volumineux.

J.-P.~JL ROUX.
P.-S. - Cette brochure était terminée, et prète a être remise à l'imprimeur, lorsque la mort est veilue siirprendre --M. Désiré Savalle, le' chef de la grande niaison de construction d'appareils de distillerie : D. Savalle fils et Cie,a Paris, qui nous a aidé de sa précieuse collaboration et de ses conseils pour la rédaction de cet ouvrage. On trouvera plus loin une notice biographique sur cette éminente personnalit6 de l'industrie francaise des alcools.

M. DÉSIRE SAVALLE

A 27 ans, hl. Désiré Savalie se trouvait, par la mort de

son père, fondateur de la maisou, à la lele des affaires qu'il n'a cessé de développer p& u n travail des plus assidus, tant par le côté scientifique que par le côté industriel. De l'étroite spécialité de la distillation des alcools, i l s'était fait un monde, et rien rie lui échappait, rien ne lui était indifférent de ce qui se rattachait à ses occupations favorites. La distillation de la betterave, de la mélasse, des vins, des grains, des caroubes, des jus de canne, du méthylène, a été tour à tour étudiée, dans toutes ses parties : saccharification, fermerktation, distillation des moûts, rectification des alcools, etc. La rectification des alcoois était - surtout la base des recherches de M . Désiré Savalle; il avait successivement étudié to.utes les faces du problkme, et en serrait de plus en plus la solution . E n 1873, il publia sûn livre : Progrès récents de la distillation qui fit connaître ses travaux; en 1876, l'édition étant épuisée, u n nouvel ouvrage parut sous le titre : Appareils et pro~éclés nouveau% de distillatior,, et, en 1881, u n autre volume, les L)istiller*ies,mettait à jour tous les progrès accomplis par la maison Sûvalle dans les diEérenles branches de l'industrie aes alcools. Ce que M. Désiré Savalle exposait dans ses livres i i le
II

justifiait par les faits; les nombreuses usines qu'il a construites en France et à l'étranger en font foi, ainsi que les récompenses et les distinctions obtenues aux exposi tions . E n 1867, à l'Exposition universelle de Paris, il obtient la médaille d'or; l'année suivante au Havrè, l e diplôme d'honneur; en 1873, à l'Exposition universelle de Vienne (Autriche), la médaille de progrès; et en 1878, à Paris, le grand prix. Nocs passons, bien entendu, les concours et expositions secondaires. En 1877, il faisait partie du jury d'acimission et d'installation de lYExposilion universelle. E n 1878, M. Savalle fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, juste récompense de travaux qui avaient contribué à agrandir le renom de l'industrie francaise. Pour donner h ses recherches sur la rectification plus d'ampleur et de sûreté, M. Savalle avait construit, près de Paris, u n magnifique établissement pour la restificalion des alcools, où sont ,appliqués tous les nouveaux procédks auxquels travaillait son esprit ingénieux et inventif. Au lieu d'un peiit laboratoire, chez lui, avenue du Bois-de-Boulogne, c'élait u n laboratoire siir une grande échelle qu'il avait construit à Puteaiix. M. Désiré Savalle est décédé le 10 octobre 1887 en son 116tel de l'avenue d u Bois-de-Boulogne à Paris. Cette mort a eu u n grand retentissement dans le monde de la distillerie, car le nom de M. Savalle est connu partout où on fabrique de l'alcool, c'est-à-dire dans le monde entier; la description de ses appareils est pour ainsi dire classique, et se trouve dans tous les ouvrages de distillerie de tous les pays et dans toutes les langues. C'est une perte considkrable pour l'industrie et la science.

M. Savallc est mort à 09 ans dans la plénitude de ses forces el de son activite infatigable. Son esprit ouvert à tous les progrès, comprenait vivement toute l'importaiice d'une nouvelle découverte ou d'un perfectionnement. Les funérailles eurent lieu le 13 octobre 4887, à l'église Saint-Honoré d'Eylau, place Victor-Hugo, trop petite pour la circonstance, au milieu d'un grand concours de monde, de notabilités de l'industrie, du commerce et de la scierice, Père d'une nombreuse famille, M. Savalic a laissé un fils digne de lui succéder.

CHAPITRE PREMIER
-

L'ALCOOL DE GRAlN

La fabrication de l'alcool par la distillation des grains est une des plus intéressantes industries qu'il soit possible d'exercer, celle qui offre le plus vaste chanip d'application, et aussi le plu? varié, à l'intelligence de l'homme, celle qui présente le plus de ressources dans ses moyens d'action. Cette industrie emprunte à la science la plus avancée b u s ses procédés, elle fait appel à la physiologie végétale et à la chimie organique pour la transformation des malières premières ; à la physique et à la mécanique pour l'établissement des appareils transformateurs ; enfin c'est l'agriculture qui fournit les d!verses matières premières et utilise les résidus. L'arriidon étant la véritable matière première de ce1te fabrication, tous les grains contenant plus ou moins d'amidon sont susceptibles d'être distillés, et suivant que des raisons commerciales en permettent l'emploi, on peut distiller tour à tour le blé, le maïs, le seigle, le riz, l'orge, le dari, l'avoine, etc., etc. La préférence à accorder à chaque grain est imposée par son rendement en alcool et son prix de revient ; il y a là une échelle de .proportion sur laquelle le distillateur doit toujours avoir I'ccil comme sur une boussole. L'instantanéité des communications permettant de connaître immédiatement les pris et les disponibilités en grains sur tous les marchés du monde; la rapidité et le bon marché des moyéns de transport permettant de réaliser dans le plus bref délai les combinaisons commerciales les plus
1

étendues, font que le diçtillateur peut toujours choisir à son gré le grain dont la distillation lui parait la plus avanlageuse. En certains pays, comme en Belgique, par exemple, les variations de la législation fiscale ont imposé tour à tour au distillateur le travail des grains les plus divers, et il n'y a peut-être pas de substances que les distillateurs belges ne se soient ingéniés à travailler et de ti-ansformation préliminaire qu'ils n'aient fait subir aux grains. Ils ont travaillé le seigle, l'orge, le bl;, le maïs, le dari ; puis ils ont applique la germination et travaillé le blé germé, le seigle .germe, le maïs germé, le malt, etc. ; puis ils ont bluté les farines. La distillerie belge dans ces dix dernières années a fait la preuve de l'infinie variété deressources que présente la distillation des grains. Dans d'autres pays, comme la Russie, l'Amérique du Nord, le grain, seigle et maïs, produit par le sol national s'impose à la distillation par son abondance et son bon marché. Il convient de dire ici un mot de la crise qui frappe l'agriculture, car d'après nous, elle se lie étroitement aux industries dont nous nous occupons. La solution de cette crise se trouve piirement et simplement dans le développement des industries agricoles et nulle part ailleurs; tous les autres moyens ne sont que des palliatifs. L'agriculture doit entrer franchement dans la voie industrielle, pour utiliser tructueusement tous ses produits. Ce sont les diverses industries agricoles, telles que la distillerie, la sucrerie,la brasserie, la minoterie, etc., qui, en donnant une plus haute valeur aux produits (le l'agriculture et en lui fournissant d'autre part des matières à bon marché, resultrit des transformations opérées par elles, ce sont ces industries agricoles qui mettront les agriculteurs . en mesure de lutter contre la concurrence des pays vierges. Une crise élant un défaut d'équilibre entre le prix de revient et le prix de vente, entre la production et la consommation, il. faut s'appliquer ii diminuer le prix de revient, ce qui augmentera la corisornmation par le bon marché.

Il faut ici appliquer un principe écoiiomique qui régit la production universelle. Pour abaisser le prix de revient, il faut faire de l'indiistrie. Tous les produits auxquels on applique des procédés précis, mathématiques, des procédés industriels sont fabriqués à meilleur marché ; et cette fabrication donne des bénéfices considérables. L'agriculture, qui n'est qu'une industrie spéciale, doit fatalement subir les lois qui gouvernent la production en gériéral, et elle doit comme les autres industries transformer ses procédés, sous peine de déchoir. Par ce qui va suivre on verra de quel secours puissant la distillation dei grains est pour l'agriculture, et quelle merveilleuse industrie est celle qui, dans une rotation de quelques mois, produit à la fois des eaux-de-vie et des alcools, des viandes succulentes, et de la levure excellente qui rend le pain meilleur. C'est l'alimentation de l'homme, assurée clans ce qu'elle a de plus complet. Chaque hectolitre d'alcool donne lieu à une production de 25 kilogrammes de viande. Nous croyons ne dire que l'exacte vérité en assurant que la construction d'une distillerie dans un pays est un nouveau gage de richesse et de bien-être. Les produits de la distillation des grains sont tou,jouur de l'alcool et des résidus ou vinasses, et quelquefois de la levure. De la judicieuse utilisation de ces divers produits dépend le succès d'une distillerie et, nous ajouterons, de toute la région agricole environnante. Ce n'est un secret pour personne que la riche agriculture des Flandres a eu pour premier instrument de fortune la distillerie agricole. La fertilisation des terrains stériles de l'Allemagne et du Nord et des régions Baltiques est due à la transformation puissante opérée par de nombreuses distilleries, qui nori seulement restituaient au sol les matières minéraIes enleçées par les grains, mais l'enrichissaient encore par d'autres éléments pour ne garder que les principes constituants de l'alcool qui sont, on le sait, des plus simples et n'épuisent pas la terre.

La distillation des grains, parzl'emploi si fructueux de la matière première et l'énorme influence qu'elle exerce sur l'élevage du bétail, est une industrie agricole de premier ordre. Dans lespays qui se distinguent par une agriculture avancée, on voit la distillerie des grains être une des bases de l'exploitation agricole. La manière d'utiliser les résidus, drêches ou vinasses a subi des transformations par suite de i'agrandissement des usines. -La distillerie a naturellement suivi l'évolution qui entraîne le travail moderne, l'industrie s'est centralisée et, au lieu (les modestes installations des premiers temps, annexes des fermes, les distilleries sont devenues de grandes usines travaillant des centaines de quintaux de grains par jour, soit par le malt, soit par les acides. A cette grande production de résidus il a fallu trouver un écoulement proportionne et spécial ; l'antique moyen de la consommation directe et sur place n'étant pas toujours praticable, on a des inventé des procédés qui permettent le desséch~ment drêches pour leur transport dans un grand rayoii de la distillerie. Les résidus de la distillation par les acides qui autrefois étaient un grand sujet d'embarras pour les distillateurs, sont aujourd'hui fructueusemcnt utilisés au moyen de procédés dont nous parlons plus loin. Chose singulière, la distillation des grains est si bien une industrie agricole dans toute l'acception du mot, reliée intimement à l'agriculture, que, suivant les pays de production, l'alcool est ou le produit principal oii le produit secondaire de la fabrication. Là est tout le secret de la puissance, comme production d'alcool à bon marché, des Etats-Unis, de la Russie et de l'Allemagne ; les premiers fabricants, ceux qui produisent les flegmes. distillent pour avoir journellement une nourriture substantielle toute préparée pour les bestiaux. Aux États-unis, au lieu de donner le maïs dircctement aux porcs, on le distille, et ces animaux sont engraissés avecles résidus, de sorte que le maïs se troixve à la fois produire du lard et de l'alcool.

Il convient de bien se pénétrer de la miiltiplicité et de la fertilité des moyens d'action d'une distillerie pour l'exercer avec les plus fructueux avantages, et se rendre compte dcs conditions de la concurrence intérieure et étrangère. Le choix des grains et l'ingéniosité dans I'iitilisation des résidus sont bien faits, au poinl de vue purcmer~tindustriel et technique, pour exciter l'étude intelligente du distillateur, mais un plus vaste horizon lui est encore ouvert par l'augmentation progressive du rendement en alcool qu'il peut obtenir. La distance qui sépare le rendement pratique du rendement théorique est encore très grande, niais elle dimillue tous les joiirs par les perfectionnements de la fabrication, inne connaissance plus parfaite des bonnes condi tioiis de la saccharification et cie la fermentation. L'augmentiltion dans le rendement est une sorte (le prime donnée aux recherches et aux travaux du dislillatei~r. C'est donc une considération qu'il nc faut pas perdre de vuc ; le disti1I8teur met en œuvre les matikres organiques les plus instables; les moindres changements eri plus ou en moins produisent des différences consiclérables dails le rendement cil alcool. L'amidon, avons-nous dit, est la vraie matière première de la distillation des grains, or toutes les propriétés tle cette précieuse substar~ces sont encore loin d'être coiinues. a Malgré l'intérêt qui s'atlac.he au rOle si important de l'amidon, dit M. Ed. Heckel, malgré le ilombre considérable des observateurs qui en ont fait le sujet de leurs études, l'hisloire (le la substance amylacée nous est encore bien imparfaitement coniiiie. Nombreux sont pour nous les points qui restent obscurs en ce qui concerne son origine, son développement et son utilisation. » Le marché de l'alcool clevient de plus en plus un marclié universel; tous les pays producteurs, toutes les places commerc:iales sont étroitement reliés les uns aux autres, la concurreiices'accélère de jour en jour, et les bénéfices se rcstreignent de plus en plus, phénomène écoliomique qui se produit toujours dans les industries bien exercées et en voie cle progrEs. Les profits se limitent quand l'imprévu est diminué par la précision du travail. La distillalion des grains est entrée à grands pas dans la voie

du progrès indushiel ; sortie d u domaine des procédés empiriques, elle applique aujourd'hui et, pour ainsi dire, au jour le jour toutes les découv~~ates la science; dans certains pays, elle a ses de laboratoires, ses chimistes, ses chaires et ses professeurs. Elle a Ses constructeurs spéciaux, les ingénieurs les plus savants et les plus habiles s'appliquent à approfondir de plus en plus le problème constamment posé dont les termes sont : diminuiion du prix de revient, augmentation du rendement et de la qualité, utilisation de tous les produits. Dans les chapitres qui suivent nous nous appliquons à donner les indicatioris nécessaires pour l'étude et la solution d'un problème aussi compliqué.

CHAPITRE

DEUXIEME

TRAVAIL DES GRAINS

Les grains destinés à la distillation sont traités par différcntcs méthodes, suivant Ic but quc l'on clésire atteindre, cl Ics espèces de grains que l'on a à travailler. Nous indiquerons successivement les différentes méthodes; ct, comme nous n'écrivons pas un ouvrage purement didactique, nous en tracerons seulement les grandes lignes.

fj

1. - Saccharification par le malt.

L'opération de la saccharifiealion des grains par le malt varie suivant la législation des pays, suivant le matériel de saccharification dont se servent les usines, et suivant que celles-ci opèrent sur des s grains réduits en farine au sur une partie de grains e n t i e ~ qu'elles réduisent par la cuisson. Dans le Nord, on emploie peu 1c procédé de la cuisson des grains, parce que l'on prétend que le 3/6 ainsi obtenu a tou,jours un léger goût de brûlé qu'il cst diEcile de lui enlever. Dans les distilleries produisant de la levure, le procédé de cuisson du maïs entier est écarté pour le même motif, la qualité de la levure s'en trouvant altérée. Voici comment l'on opère la saccharification cles maïs dans les usines qui font cette opération dans un seul macérateur. Une macération de 1,000 kilog. de grains composés de 700 liilog.

8

TRAVAIL DES G R h l S S

de maïs et de 300 kilog. d'orge malté y dure 3 heures 45 minutes, qui sa subdivisent de la manière suivante : 10 minutes pour introduire l'eau nécessaire à la cuisson du maïs, pour délayer la farine de maïs au moyen de l'agi10 tateur. pour introduire la vapeur dans le mélange de farine 45 hydratée et faire monter la température. On cuit ainsi le maïs de telle sorte qu'il ne contienne plus de parties dures, et qu'en l'étendant sur le thermomètre en cuivre, le tout soit en dextriiie, forme une masse lisse et n'ait plus la consistance d'un liquide dans lequel il y aurait des grains de sable. pour laisser reposer le tout pendant ce temps, 1.3 15 -pour faire fonctionner l'agitateur et introduire de l'eau dans la double enveloppe du macérateur pour refroidir la masse à 70 degrés. pour verser dans le macérateur la farine de malt 25 en contiiluant à agiter pendant ces "2 minutes. pour laisser reposer la macération pendant ce temps, 90 20 pour vider le contenu du macérateur et l'envoyer au réfrigérant des moûts. pour laver le macérateur. 05 -

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2% minutes.

L'onération a ainsi duré 3 h , 4.3 m. La loi française permet d'employer ce temps à la macération ; en Belgique, où la durée d u travail pour toutes les opérations est limitée à 24 heures ou à 48 heures au choix du distillateur, on opère bien plus vite, et l'on pare à l'insuffisance de la saccharification par d'énormes quantités de levure employées à la fermentation. Dans les usines bien organisées, la cuisson du maïs se fait dans un macérateur, et, pendant ce temps, la farine d'orge malt6 est hydratée dans un machratcur spécial plus petit muni d'un broyeur pour réduire le malt le plus possible, et quand la farine de maïs

TIttvhrI, »Es O R A T I s

n

a subi sa cuisson et qu'elle.est refroidie à la température voulue, on y déverse le lait de malt pour opérer la saccharifitaation. L'opération se fait à peu prhs de la mème manière dans les usines qui ne font pas moudre le maïs et qui le cuiselit entier ou simplement concassé. Le maïs est introduit dans un cuiscur en tôle avcc l'eau nécessaire à la cuisson. - Celle-ci se fait sans pression, et lorsqu'elle est achevée, on envoie lc contenu du cuiseur dans le macérateur. On profite alors de la haute température du grain cuit pour opérer une grande vaporisation au mojeii d'un courant d'air qu'on y fait passer, soit au moyen d'il11 ventilateur ou au moyen d'un appareil Giffard. Quand la masse est arrivée dans le macératsiir à la température requise à la saccharification, oii y introduit le malt, et l'opération se continue comme celle precédemment décrite.

§ I I . Saccharification des grains sans malt ou sans

acides par le procédé Bachet.

Ce procédé intéressera vivement lcs praticiens qui se demanderont pourquoi l'on a passé tant d'années sans lc diicouvrir. M. Bachet, chimiste d'Annecy, est venu trouver M. Savalle au mois d'août 1877 en proposant une association pour i'exploitation de son procédé. Après de nombreuses et coûteuses expériences faites avec M. Savalle et aux frais de ce dernier, M. Bachet a rdsumé son procédé dans ses brevets; nous en donnqns ici la copie belge qui le résume :
SACCHARIFICATION DES MATIGRES ARIY LACEES OU FfiCULENTES PAR L'EAU, CHALEUR ET LE GLUTES, LA par FRANÇOIS-MARIE BACHET, chiniiste à Paris.

La saccharification des matières amylacées ou féculerites, %est-A-dire leur transformation en dexlrine, puis en gliicose, pratiqnée orclinairernenl dansle but d'en obtenir ultérieurenient de l'alcool par la fermentation, se fait maintenant par deux procédés connus.

10

TR.iYAIL DES GRAISÇ

Le premier consiste dans l'action de certains acides minéraux, su~flirique, chlorhydrique, phosphorique, etc., dilués et avec l'aide de la chaletir. Le second, dans I'aclion de la diastase (ou du malt qui la contient), employée également en dilution et avec i'aide de la chaleur. J'en ai imaginé un troisième, pliis simple et plus économique. d'ai reconnu que les matières amylacées ou féculentes se transforment peu à peu et lentement en dextrine et en glucose, c'est-à-dire se saccharifient sous la seule influence de l'eau et d'une chaleur modérée. Que cette transformation est de beaucoup accélérée par la presence d'une certaine quantité de gluten. Elle devient alors assez rapide pour que dans une demi-heure à une heure elle soit achevée à ce point que le liquide obtenu, soumis à la fermentation, donne une qualité d'alcool chimiquement proportionnelle au poids de la matière amylacée employée. Le point de chaleur qui produit l'effet maximum est aux environs de soixante degrés centigrades. Il ne faut gilère laisser la température descendre au-dessous; mais il est essentiel surtout d'éviter de dApasser sen-siblement cette limite, sous peine de voir le gluten perdre progressivement et même totalement son action saccharifiante. Un brassage convenable du mélange favorise la ri-action. Lorsqu'on emploiera pour ce travail une farine de céréale naturellement riche en gluteii, comme par exemple celle du seigle, on se trouvera dans les meilleures conditions de réussite. Mais on peut, au contraire, avoir à opérer sur des matières que l'on a dû préalablement chauffer, soit pour les adoucir, soit dans tout autre but, et dans lesquelles on a par ce fait même détruit la vertu saccharifiante du gluten; ou bien sur des matières contenant peu de gluten, ou même n'en contenant pas du tout, comme dans la fiicule ou I'aiiiidon. Dans ces cas, il conviendra, pour obtenir un résultat suffisamment pronipt et avant de commencer le traitement de ces matières, d'y introduire une plus ou moins forte quantité de gluten ; ce que fera très Lien, par exemple, l'addition d'une proportion calculée de farine de seigle. Du reste, lorsque le but qu'on visera sera d'obtenir par la fermenlation de I'alcool ou des boissons alcooliques, il sera inutile de pousser la saccharification jusqu'à l'entière transformation de la matihre amylacée en glucose. Il suffira que cette matière soit convertie, portion en glucose et portion en dextrine. En effet, l'action saccharifiailte du gluten se continuera sur cette dextrine pendarit la durfie même de la fermenlation, et cela assez rapidement pour que, à la fin, on trouve dans la liqueur toute la quantité d'alcool correspondante au poids de la matière amylacée employée. En résumé, je constate comme un fait nouveau, découvert par moi,

que l'action de l'eau et d'une chaleur déterminée (soit environ soixante degrés centigrades) suffit pour transformer à la longue les matières amylacées ou féculentes en dcxtritie, puis en glucose; et que cette transformation acquiert toutes les conditions requises industriellement de rapidité et de totalité par l'adjonction nitlurelle ou factice aux susdites matières d'une quantité convenable de gluten. Je me réserve exclusivement l'emploi de ces moyens nouveaux de saccharification. Après cette exposition générale du procédé, j'ajouterai quelques détails pratiques et spéciaux pour la grande facilité de son emploi. Ces détails n'ont du reste aucun caractère de presrription absolue et peuvent varier suivant les circonstances, l'essentiel étant, pour obtenir les ineilleurs résultats, de s'écarter le moins possible des principes énoncés ddns l'exposition ci-dessus et, formant Id base du système.
Eau. - La proportion d'eau habituellement employée dans les saccl~arirications par le malt est également celle convenable dans mon procédé. C'est environ quatre fois le poids du grain, quand on ne travaille que du grain, ou plus génSralemcnt six ou sept rois le poids dc la niatière amylacée contenue dans les siibstanccs diverses que l'on peut avoir à traiter, en tenant compte natiirellement dc l'eau que ces substances peuvent déjà contenir par elles-mêmes.

Gluten. - Dans les céréales ccmme le seigle, l'orge, employées seules, la proportion de gluten relativernent à l'amidon est très forte, soit d'environ 20 0/0 ; aussi la saccharification de ces graines moulucs est-elle très rapide et ne demande-t-elle guère qu'une demi-heure. La farine de ces graines est trailbe crue, telle qu'elle sort du moulin. Les pomnies de terre, les amidons ou fécules qui oiit subi la dossiccation, la Sarine de maïs, etc., demandent au contraire à être préalablemeiit cuits àl'eau pour acquérir un degré convenable de ramollissûment et d'hydratation. Dans quelques-unes de ces substances le gluten n'existant pas, et dans Ies autres, celui qui s'y trouve ayant été porté à iin degré de chaleur qui a détruit ses propriktéi saccharifiantes, il y a lieu, quand on eut les traiter, de les additionner de la farine crue de seigle ou d'autres drhales dans une proportion telle que le poids de gluten amené par cette farine soit environ le dixième de celui de la matière amylacke ou fbculente contenue dans tout le mélange. Cette proportion d'environ 10 0/0 est suffisante pour amener une saccharification complète dans 30 à 60 minutes suivant les matiéres. Ainsi on peut faire les additions suivantes de farine de seigle crue, savoir : 100 de seigle sur 100 de maïs;

12

TRA\-AIL DES G K A I S S

34 de seigle sur 100 de pommes de terre; 167 de seigle sur 100 d'amidon ou de fécule, etc.
Chaleur. - L'observance stricte du degré de température indiqué est le point le plus esseniid pour une bonne réussite du procédé. L'action saccharifiante du gluten augincnle à mesure que, de la température ordinaire, on é18ve le mélange vers soisante degrés centigrades, point aux environs duquel elle atteint son maximum d'ictensité. Mais il ne faut dépasser que de fort peu ce point pour voir cetle action diminuer progressi\ement; une chaleur plus forte finit même par enlever entièrement et definitivement au gluten sa vertu de transformation, sans qu'alors il puisse la reprendre par un abaissenlent de température. En conséquence, quand on tr'iitera des farines de céréales, il conviendra que l'eau avec laquelle on les mélangera ne soit pas à une température de plus de soixante degrés. Quand on traitera d'autres matières qu'il aura fallu laire préalablement cuire à l'eau, il conviendra d'attendre que le mélange soit redescendu au moins à soixante degrés avant d'y faire les additions de farine crue de seigle indiquées plus haut. Dans l'un et l'autre cas, on réchauffera ensuite doucement la inasse de façon à la maintenir aussi régulièrement que possible à soixante degrés pendant toute la durée de l'opércition. Ce chauffage peut Btre fait par une arrivée directe de vapeur dans le mélange, ou par serpentin, ou mieux encore par le moyeu d'un bain-marie entretenu lui-même à soixante degrés.

Brassaye. - Un large brassage continu et aussi parfait que possible accélère et complèle la saccharification. Un agitateur horizontal à branches remplit parfaitement ce but.

iipplication. - Le procédé s'applique à diverses fabrications, savoir celle de la dextrine, celle de la glucose, celle de l'alcool, celle dc la bière et autres boissons fermentées, etc. Pour cette dernibre fabrication, celle de la bière, il y a une remarque importante à faire. Il est expliqué dans l'exposition ci-haut que le mode dc saccharification décrit n'opère pas une transformation coinplète de la matière amylacée ou féculente en glucose, mais seulement portion en glucose e t portion en dexlrine. II est expliqué en outre que le gluten contenu dans le mélange continue son aciion saccllarifiante sur cette dextrine pendant l'acte mêrrie de la fermentation, et cela assez rapidement pour que, à la fin, on retrouve dans le liquide une proportion d'alcool chimiquement correspondante Ti la totalité de la matière amylacke ou féculente employée. Or, en fabriquant de la bière par ce procédé avec de l'orge crue, si on Sait, comme quand on travaille au malt, bouillir le moût sucré avec du houblon, avant de Ic mettre en fermentation, il

arrivera que le gluten sera modifié par la chaleur et ne pourra transformer pendant la fernicntation la partie d'amidon passée seulement à I'état de dextrine. La portion seule passée à I'état de glucose se changera en alcool et l'on aura ainsi de la bit;re trop faibli.. 11 faudra, pour cbvier à cet inconvénient, après la cuisson du moût avec lc hoiibloii, J aj outer une petite quantité de farine d'orge cruc pour remettre un peu de gluten frais dans le liquide. On pourrait encore, ce qui serait plus simple, atteindre le même but en ne raisant qn'interverlir l'ordre dcs opérations. Ainsi, on commencerait fàire cuire le houblon avec de l'eau pure, puis on se servirait de cette décoction refroidie jusqu'i soixante degrés pour opkrer la saccharification de l'orge. Le gluten, en procédanl ainsi, ne serait pas altéré et agirait converiablement sur la dextrine pendant la fermentation.

Ava~ztcrges.- II est facile de ~ o i r conibien ce procédé de saccliarification présente d'avantages sur les anciens. Ces avantages sont : i0 ficonoinie des acides et du carbonate de chaux ~iéccssairepour les saturer. Suppression de toutes les manipulations qu'entraîne cet emploi des acides. Ou bien économie de tout le malt, qui se trouve remplacé par du grain ordinaire, non germé, simplement moiilu et donnant en alcool un rendcmeiit supérieur. 2" Economie cle combustible, puisque l'on n'emploie qu'une température de soixante degrés, pour u n temps trBs court ; 3" Economie de temps et par conséquent d'appareils, l'opération de saccharificntion ne demandant que 30 à BO ininutes, taudis que la même opération au malt réclame deux à trois heures, et à l'acidc douze heures et plus. 4 O Production de levure en proportion au n~oinsaussi forte que celle obtenue par lc procédB du malt ; fi0 Production de résidus, soit drClclies d'uilc pureté parfaite pour la nourriture du bétail.
26 avril 1878.

1 'r

TKAVAIL DES G R A I S S

S III. - Ensemble d'une distillerie de grains traitant
10,000 kilog. par vingt-quatre heures.

Nous donnons ici lc plan d'une usine spécialemenl installée en vue de la distillation des grains par le procédé Bachet ou à volonté par le mall.

Fig. 1. - Pue en c'lévation d'une distillerie de grains.

Pour le travail par le nîalt, il faudrait ajouter la malteric, germoirs et tourailles, pour lc cas où le distillateur trouverait plus avantageux de fabriquer son malt lui-meme au lieu de l'acheter aux malteurs (le profession.

TRAVAIL DE\

GRAIKS

13

Légende explicative des figures 1 et 2.

A . Généraburs a vapeur. B. Machine à vapeur ;iclionnant le moulin, lcs pompes, les inacératcurs et
les réfrigérants. C. Moulin i cinq paires de meules. il. Cylindres i cuire le iilaïs, et macératcurs. E. Réfrigérants, munis d'lin veiililateur. F. Cuves cri bois, pour les fermeiitalions. G. Pompes k eau, a matière fermenlée, etc. H. Colonne distillnloirc Btnblie spéciaiemcnt pour la distillation des moùls épais. 1. Rectificate~irpour raffiner l'alcool obtenu p u le premier appareil. J . Magasin coi~lenant réservoirs en tdle pour loger l'alcool. les K. Bureau. L. Cheminée des généraleiirs.

$ IV. - Devis approximatif du matériel d'une distillerie travaillant par jour 10,000 kilog. de grains par le procédé Bachet ou à volonté en opérant par le malt.

Deux générateurs senii-tubulaires formant ensemble une surface de chauffe de 200 in&tres carrés . . . . . . . . . . . . . . . Pr. 2 O Une machine à vapeur de 39 clievnux . . . % O U n moulin avec trois broycurs Ganz ct une hlu terie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 0 Une colonne disCillieîoiro en fonte de fer et cuivre no 9. . . . . . . . . . . . . . . . Supplément pour trous de bras . . . . . . . . sortie des vinasses . . . . . . &O Un reciificateur no 6 du nouveau système Savalle à chaudière en tôle . . . . . . . . . . 6 O Pompes : Une à jus fermenté en bronze. . . . . . . . . Deux en fonte de fer pour eau froide. . . . . Deux pompes alimentaires . . . . . . . . . . Une pompe à drêches . . . . . . . . . . . .
1 0

Fig. B.

- Vue en plan de l'ensemble'd'une diiiillerit:

de grains

7 O Dlacéi*ation :

Un cylindre pour cuirc le maïs . . . . . Un macérateur avec agitateur méca~iiquc .

. . . . . .

S0 K&frig&i*ant moûts de huit niétrcs de des
diamètre (tôle préparée à ètre rivée sur placc ct partie niécanique) . . . . . . . . . . . . . .
9 O

Feriiieiitntion : Dix cuves cn bois dc 220 hectolitrcs cliticuiie

. .
. .

1 0 0 Réservoirs en tble divers : t Environ 15,000 kilog. à 65 Ir. lcs 100 kilos.

I l o Triyauler*ieel i*obiiielteric des géricrateurs, des al)pareils, des ponipes, (le la cuveric. etc., etc., eiiviron . . . . . . . . . . . . . . 120 Tuyauter-ie eii fonte de fer . . . . . .
130Transmission do naioa~vcment: Enkiron Ci.000 hilog. à 'JO il.. les 100 hilog.

. .
-

T0,i.a~ approximatif

. . . .

Fr.

APPAREIL POUR LA DISTILLATION UES GRAINS

EN MOUS ÉPAIS

Pour qu'une industrie prenne tous les dévcloppemeiits dont elle est susceptible, il ne suffit pas qu'elle renferme en elle-mème tous les éléments d'une graiide prospérilé, que les circonstances favorisent l'augmentation cle production, qu'elle ait à sa tête des hommes douSs d'une grande science et de beaucoup de ténacité, il faut encore qu'elle ait à sa disposition un matériel perfectionné tenu au courant cleç progrès et des découvertes de la science. Or, plus nous alloris, plus l'outil règne eii maître dalis l'industrie, et c'est de la supériorilé de l'outillage que dépeiideilt tout à la fois la supériorilé du produil et l'abaissement du prix de revient ; ce qui conduit à dire que les constructeurs d'appareils ont un rhle prépondérant dans les progrès d'unc industrie, et la preuve frappante de ce fait est clonnée dans iin grand nombre d'industl;ies, telles que par exemple, la filature, le tissage, et surtout la fabrication du sucre. On peut même faire cette remarque, que les irrdustries qui sont le plus en relarad, qui pataugent dans la routine, sont celles qui n'ont pas de constructeurs spéciaux. La fabrication du sucre notaululent serait presque restée dans le laboratoire, si après les savants n'étaient venus des constructeurs d'élite pour faire passer dans le domaine industriel ce qui n'était encore qu'une intéressante expérielice de chimie ; d'autres

industries ile doivent la force de résister à la concurrence ét,raagèr*equ'au talent dc leur:, fabricants d e machines. La fabrication des alcools a dû le perfectionnement de ses produits et le développement qu'elle a prise aujourd'hui & des hommks do:& d'une énergie et d'une perbévérance de travail remarquables, ail premier rang desquels on cloit placer M. Désiré Savalle. Mais comme dans ce siècle de progrès constaiit, s'arrêter c'est &trograder, M. Savalle perfectionne sans cesse le matériel de la distillerie afin de meltre cette industrie, pour ainsi dire journellement, au niveau des découvertes modernes ! Quels immenses progrès a faits la distillerie industrielle depuis seulement trente ans ? En France, à cette époque, la distillation du vin était tout; !a distillation industrielle rien ou presque rien, elle élait pour ainsi dire considérée comme une curiosité de l'industrie, et les produits de mauvaise qualité étaient vendus à lrès bas prix relativement aux alcools de vin. Que devien t-elle maintenant ? Sout ou presque tout. C'est qu'aujourd'hui les rbles sont renversés ! La distillation du vin n'existe pour ainsi dire plus, car on lie livre à I'alambic que les vins médiocres et qui ne peuvent fournir qu'un produit disti llé très inférieur. La distillation des grains, des mélasses et des betteraves doit donc combler le vide produit par la non-distillation du vin ; or c w i d c on peut l'évaluer à plus de 800,000 Iîeclolilres d'alcool pour la France seulement! Autrefois la distiilation du vin a F meme produit un million et demi d'hectolitres d'alcool. Mais la distillerie industrielle n'est pas prise au dépourvu, et la science de sss fabricants jointe à l'habileté de ses construcleurs saura suffire aux demandes.

La colonne distillatoire rectangulaire dont nous donnons le
dessin ci-dessus est un des appareils les plus perfectioiinés pour la distillation des matières pâteuses fermentkes, composées soit d'orge, de seig1e.ou de maïs. Tous les distillateurs connaissent les avantages qu'il y a & traL

APPAREIL POUR LA DISTILLATIOU DES G R A I S S EN YOUT $PAIS

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vailler des moûls épais, mais ils saveril aussi la peiiie que coille la distillation. 11 est évident qu'au point (le vue fiscal, cjuand l'impôt porte sur la cuve de fermentation, il est (le l'intérht du distillateur de travailler (les moûts aussi concentrés que possible ; s u poiiit de vue technique cet intérêt ne parait pas aussi iricontestable à première vue ; cependant dans une fabrication h ~ e n concluite et bien soignée les moûls épais offrcliît des a ~ a n t a g e set ont des partisans convaincus. Quoi qu'il en soit, la distillatioii des matières épaisscs offre des difficultés que MI Savalle s'est appliqué à surmonter dans son appareil rectangulaire. On sait que la distillation des grains fermentés en matibre pâteuse présente surtout deux incon v6nien t s graves : l'obstructioii fréquente et l'usure rapide. Dans la colonne rectangulaire, dont nous parlons toutes les parties sont construites solitlemenl pour n'avoir pas a retlouter une trop prompte usure, la combinaison du système est telle que I'appareil reste constamment propre, nettoyéqu'il est par la vitesse d'écoulement de la matière en distillation lequel est de 4.0 centimètrespar secoiide; avec une marche aussi rapide toules les parties du liquide sont entrainécs et aucun dépôt ne se produit. Ce noiivel appareil a déjà reçu de nombreuses applications. Celui représenté par la figure 4 fonctionne dans la grande distillerie de grains de M. le baron Springer, à Maisons-Alfort; il opère u n travail journalier de 30,000 kilogrammes de grains délayés dans 2,000 hectolitres de liquide, et fournit ainsi 16.800 litres de flegmes de grains à 50 degrés. C'est u n des plus puissants appliqués à ce genre particulier d e travail, et, cependant, ce n'est pas le plus grand. La maison Savalle en a établi dont la puissance est double. A première vue, cet appareil semble trCs simple ; il est, il est vrai, bien simplifib, comme tout ce qui est réellement pratique, mais sa combinaison n'en est pas moins le résultat d'un travail sérieux et d'une longue expérience. Cet appareil fonctionne entièrement ù continu : il a fallu oblenir : I o L'épuisement complet de l'alcool colzfenu dans les fermentations et

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APPAREIL POUR LA DISTILLATTO'r DES GRA1R.S EX JIOI!T

OPAIS

ne pas en laisser perdre dans les vinasses qui sortent au bas de l'appareil. Ce résultat est atteint par la perfectioii dc tous les or-

ganes et par l'emploi d'un rdgi~lateurde vapeur q u i fait que le travail se maintient constamment le même, el dans la position In plus favorable à l'oh tei~tiondu meilleur résultat.

Fig. 3.

- Vile en plan de l'apparcil distillatoire appliqua

an travail dcs grain>.

La matière à distiller est d'abord reçue daiis Ic chauffe-vins très puissant C, qui lui communique la chaleur perdue des vapeurs d'alcool qui sortent de l'appareil. Cette matière, ainsi préparée et chauffé~,arrive à contiriii sur le plateau supérieur de la colonne A , où s'opère la distillation. Dans cette colonne, la matière s'étale en une couche mince très divisée, traversée de toutes parts par la vapeur destiiiée à opérer la séparalion cle i'alcool ; aussi cette séparation est-elle aussi parlaite que possible. Dlms la colonne de Maisons-Alfort, la course de la matière à distiller est de ,125 mètres de longueur, el les surfaces de barbotage pour la vapeur y ont 200 mètres. Chaqci~ litre de ~ ~ î a t i è r e 6 distiller y est donc. soumis h U I I P lume de wayeur représentant 200 mètres de long. On comprendra aisément toute l'énergie de ce travail et sa supériorité incontestable sur celui des anciens appareils. 90 Il a fallu ensuite obtenir que, malgré ce grand travail de

APPAREIL POUR L A DISTILLATTOX DES GRATXS EN MOGT

EP,\TS

%3

30,000 kilog. de grains, c'est-à-dire de matières obstruantes, par joiir, l'appareil ne subisse pus d'arrêt ponr cause $'obst~uction. Ce résultat a égalemen lété atteint. On distille, à Maisons-Alfort, huit mois, soit deux cent quarante jours, sans démonter pour le nettoyage. On y passe ainsi la quantité formidable cle 7,200,000 kilogr. de grains. L'appareil siibit ensuite un nettoyage qui se fait promptement et le met à nouveau à l'état de distiller, sans arrêt, la quantité de grains ci-dessus incliquée. Outre la grande pr6cision obtenue dans le travail, on riralise, par ce nouveau système, une économie de 20 à 25 0/0 sur le combustible. L'eau du réfrigérant n'emporte plus cette grande quanti té clc calorique, et l'on n'est plus obligé cl'élever ces imnienses quantités d'eau indispensables au fonctionnement des anciennes colonnes. En résumé, ce nouvel appareil se distingue par les perfectionnements suivants que nous énumérons simplement, sans y insistcr ; chacun en comprendra l'importance : Application à son chauffage d'un régulateur de vapeur perfectionné ; Mode de régulariser l'alimentation des liquides à distiller ; Chauffe-vins à grandes surfaces, qui utilise parfaitement le calorique des vapeurs d'alcool au profit du moût froid entrant dans l'appareil ; Brise-mousses qui procure des produits moins acides et exempts de mélanges de matikres résultant (le coups de feu ; Conduits trop-pleins, qui sont établis de tclle sorte qu'ils communiquent au dehors au moyen d'un rcgard : on peut ainsi les visiter sans démonter l'appareil ; Réfrigérant tubulaire dont la disposition intérieure nouvelle réduit de moitié la consommation d'eau nécessaire à la réfrigération ; Disposition sphciale des plateaux de colonne à grande surface de barbotage, où chaque litre de matière a distiller est soumis à une lame de vapeur représentant, dans les grands appareils, environ 200 mètres de longueur.

L'ensemble du système offre une perfection réelle d'où résulte une grande puissance de travazl et l'assurance d'épuiser complètement les vinasses de leur alcool. On évite ainsi les pertes que l'on subit par les anciens appareils. En appliquant, dans le Nord, l'appareil d'épreuve des vinasses, on a trouvé des colonnes à calottes perdant jusqu'à 4 0/0 d'alcool. Généralement, on constate une perte de .l à 2 0/0. Il est utile de faire remarquer que les colonnes rectabgulaires, tout en épuisant complètement les vinasses, produisent néanmoins des alcools bruts (flegmes) plus purs et plus faciles à rectifier que ceux obtenus par les anciennes colonnes. Si donc on met en ligne de compte le plus grand rendement en alcool, l'économie de combustible et la parfaite régularité de travail obtenus par le nouvel appareil on voit que les distillateurs ont un grand avantage à changer leurs anciennes colonnes. Un petit chiffre statistique assez curieux pour terminer. Le nombre d'appareils en fonction est de 172. Ces appareils peuvent distiller par vingt-quatre heures 24 millioils 138,300 litres de matière fermentée, soit plus d'un million de litres à l'heure. Le ruban pâteux formé par la matière, lorsqu7ell-ecourt dans ces divers appareils, a une longueur totale de 16 kilomètres : - la distance cle Paris à Versailles. Et les tubes employés dans la construction de tous ces appareils, placés bout à bout, formeraient un tuyau de 100 kilomètres. Voici la légende des figures 3 et 4, représentant l'appareil distillatoire employé à Maisons-Alfort :
A . Colonne distillatoire rectangulaire en cuivre, composée d'un soubassement en fonte de fer; de 25 troncons munis de regards et de la couverture, le toul maintenu au moyen de pinces de fer. B. Brise-mousses relournant i la colonne les mousses et les matières entrainées par le courant d e vapeur se rendant de la colonne au chauffe-vins. C. Chauffe-vins tubulaire. D. Réfrigérant tubulaire à compartiments intérieurs. E. ]iprouvette graduée p o u r ~ c o u l e m e n des flegmes. t F. Régulateur de chautyage de l'appareil. G. Tube de contre-pression pour sortie des vinasses.

Fig. 4.

- Appareil Savalle fonctionnant à

Alaisons-dlfort pour la distillation des fermentations épaisses d e grains.

H . Réservoir d'eau froide.
i. Tuyau conduisant les vapeclrs de chauffage de la soupape du régulateur

à i'a9pareil. j . Tnyau de pression de la colonne d u régulateur. k . 1. Tuyau conduisant les vapeurs alcooliques de la colonn!: au brisemousses et a u chauffc-vins. m. Tuyau de refoulement de la pompe à matière alimentant l'appareil. I L . Conduite d'eau au réfrigérant. o. Sortie des vinasses. , p. Conduite d'alcool vers l'épro~ivette. q. Conduites des malikres chaudes entrant dans la colonnc. 1.. Retour du brise-mousses. S . Tube d'air. 1. Soupape du régulateur de vapeur. 2. Robinet à cadran réglant l'alimentation des ~natiéres distiller. i 3 . Robinet d'eau froide au rbfrigérant. 4. Reniflard. fi. Niveau d'eau. 6, Purge de la base de la colonne.

CHAPITRE QUATRIÈME

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSfiE

La fabricalion de ln levure pressée, comme annexe de la distillation des grains par le malt, qui est une industrie nouvelle en France, est pratiquée de temps presque irnménîorial cn Ilollande, en Saxe et en Autriche. Dans d'aulres pays, comme l'Angleterre et la Belgique, la législation fiscale sur les distilleries empêche la fabrication fructueuse de la levure pressée, aussi ces deux pays importent des quantités colossales de levure qui leur sont fournies par la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Norvège, la Suède et la Russie. La fabrication de la levure pressée est une opération très sé(luisante, elle a toutes les apparences d'un béneifice net pour les distillateurs, puisqu'elle est une troisième marchandise après l'alcool et les drêches, dont le distillateur peut tirer profit. En outre des bénéfices que donne cette fabrication, l'alcool produit acquiert une plus-value considérable. L'alcool des fabriques de levure pressée est d'une qualité supérieure. La preuve officielle en est donnée par les cotes commerciales hongroises et autrichiennes; sur les marchés de Vienne et de Pesth, l'alcool provenant de la fabrication de la levure pressée est toujours d'un prix supérieur à l'alcool ordinaire. Cette qrialité de l'alcool s'explique parfaitement par les soins minutieux qu'exige la fabrication de la levure, dans le choix des grains de première qualité, la macération parfaite et une fermentation irréprochable.

Mais aussi tentante que soit la production de la levure, ct aussi fructueuse qu'elle puisse paraître, nous ne devons pas laisser ignorer que c'est une fabrication très difficile, très délicate, exigeant une attention soutenue et la science complète de ce travail spécial. La première difficulté n'est pas dans les moyens (le fabriquer de bonne levure, mais plutôt clans la possibilité de la fal~riquer économiquement; &est-à-dire que ce que l'on gagne en levure on ne le perde pas en alcool et réciprocluement. La deuxième difficulté est clans la vente de la levure. Ce produit ne peut pas s'emmagasiner comme l'alcool, ni on ne peut en forcer la consommation comme pour les drèciies, la clientèle est très divisée, n'a que de pelirs besoins, mais journaliers ct constants. Ces réserves faites, nous croyons I'i~idustriede la levure appelée à un grand avenir, l'emploi de ce précieux agent de fermentation augmentera tous les jours, son application deviendra pliis générale au fur et 3 mesure qu'il sera connu et apprécié. Au point de vue hygiénique, son emploi doit Cire fort reconimandé dans la boulangerie et la pâtisserie. . L'horrible pratique du vieux levain aigre, qui donne au pain un goût d'amertume si détestable. doit être proscrite. On a la preuve de cette différence sans la chercher, quand on mange du pain à Paris et dans les villes de province du Midi, où les boulangers ont conservé l'ancienne méthode. Le pain de Vienne, si délicat, si fin, doit cerlainement sa réputation à l'excellente levure avec laquelle il est fabriqué, autant qu'à la qualité de la farine et aux =&rites de la moulure hongroise. La facilité que l'on a, en Autriche, pour se procurer de la levure pressée d'excellente qualité a introduit l'usage habituel de la levure dans les préparations culinaires qui ont la farine pour base, cela a.rendu très populaires les plats ou plutôt les gâteaux appelés mehlspeisen , que les corclons bleus viennois savent si hien préparer. Si on considttre qu'en France, le pain blanc est la principale

base de l'alimentation, beaucoup plus qu'en Allemagne, eu Angleterre, en Belgique, pays où la pomme de lerre remplace, en partie, le pain, l'emploi de la lcvure dans la boulangerie fraiiçaise devrait être encowagé comme étant un progrés considérable dans l'alimentation, en vue de l'hygiène et de l'agrément. Beaucoup d'industries, telles que la distillerie, la papeterie, emploient des quantités assez considérables de levure, et il est à prévoir que d'autres industries en feront bientôt un usage avaiitageux. Les statistiques nous manquent pour établir, par chiffres, le développement progressif de l'emploi dc la levure dans l'industrie ; nous pouvons seiilement dire, qu'en France, il y a seize ans, il n S av,iit pas de fabrique de levure, et qu'actuellement il y en a dix, fabriquant ensemble en moyenne 25,000 liilogramnies de levure par jour. Toute cette levure n'entre pas dans la consommation française, une bonile partie est expédiée en Angleterre et en Belgique, ainsi que nous le disons plus haut. En Hollande, la fabrication de la levure n'a pas progressé comme elle aurait dû, pour les raisons qui sont indiquées au cliapi tre des Dsilre de Schieclnm. itleis En Allemagne, d'importantes fabriques ont été élevi.es, notamment à Hambourg, en Saxe, dans le Wurtemberg et sur les bords du Rhin. L'importation de la levure pressée en Angleterre a été, en 1883, de 260,610 quintaux ; elle s'était élevée, en 1882, à 21 7,708 quintaux ; c'est une augmentation considérable, et la progression suit ainsi son cours depuis plus de dix ans. Quand on sait que, d'autre part, en Angleterre, on applique des procédés pour purifier la levure de brasserie et la rendre ainsi propre aux applications que reçoit la levure de distillerie, on peut juger l'importance du développement de la consommation de ce produit dans le Royaume-Uni. Afin de donner ail lecteur des idées assez précises sur la fabricalion de la levure dans les prii1cil)aux pays de production, nous allons parler de la fabrication française, hollandaise, autrichienne el russe.

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSCE

1.

- Fabrique

de Levure française.

Parmi les distilleries avec fabrication de levure pressée, en activité en France, nous choisirons, pour en donner la description, la distillerie de MM. Springer et Cie, à Maisons-Alfort, qui est une des mieux installées. Nous donnons ci-après le rapport fait par 3 . Lamy, professeur 1 ' à l'École centrale, pour la Société d'encouragement, et à la suile duquel une médaille d'or fut décernée à M. le baron Max Springer. Ce rapport contient des détails très intéressants sur l'usine, les appareils et la fabrication.

Rapport fait par M . Lamy, au nom du comité des arts chimiques de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale sur la fabrique de M M . Springer et Co à Maisons-Alfort (Seine).

1)aiis la séance di1 12 novembre ,1875, vous avez renvoyé à votre comité de chimie une communicatiori faite par M. Barral, au nom dc $1. le baron Springer, sur une nouvelle fabrication de levure et d'alcool de grains établie récemment à Maisons-Alfort. Sur l'invitation de M . Springer, plusie'urs membres du comité, auxquels s'étaient joints deux membres du coinité d'agriculture, sont allés visiter l'usine, et c'est un compte rendu sommaire de cclte visite que nous venons vous présenter dans cc rapport.
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LES FABRIQUES DE LEVUBE PRESSÉE

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Depuis j8Ci0, M. le baron Springer fabriquait à Re~iidorf,1)rès de Vienne, en Ailtriche; de la levure dite viennoise, très recherchée pour la fabrication du pain et clc la pâtisserie. h 1'Expo~ition universelle de 1867, à Paris, la boulangerie autrichienile mit en relief la supériorité de cette levure, laquelle, examinée et essayée par les membres du Jury international de la classe 67, fut l'objct d'qn rapport des plus favorables. Après I'avoir expédiée pendant plusieurs années de Vienne en France, où elle était vendue en concurrence avec la levure similaire hollaildaise, RI. Springer s'est d6cidi: à venir la produire sur place, et, dans ce but, il a foi-~dé en 1874, à Maisons-Alfort, une grande distillerie de grains. La nouvelIe levure, qui a reçu le nom de levure française, l'alcool résultant de la fermentation, et le résidu solide dc la distillation, ou la drêche, tels sont les trois produits essentiels de l'industrie que M. le baron Spriilgcr a l'hoiiiieur cl'avoir introclunie le premier en Frailec, et doiit l'iinporta~icepeut justifier les détails dails lesquels nous allons entrer. » L'usine élevée à Maisons-Alfort, au milieu d'un vastc terrain de 18 hectares de superficie, et construite tout en fer, brique ou pierre, comprend trois grandes divisions : la malterie, la préparation de la levure et la distillerie. n Les étages supérieurs du bàtiment de la malterie renferment la matière première de la fabrication, savoir : orge, seigle et maïs, doiit ils peuvent emmagasiner 3,500,000 kil., et coiitiennent en outre toutes les machines les plus perfectionnées pour nettoyer, diviser les graiiis, les concasser, les élever ou les transporter horizoiitalemen t. Au premier étage, huit paires de meules avec blutoirs servent à les réduire en fine farine. » Dans le sous-sol sont les germoirs, vastes el belles caves voûtécs convenablement éclairées et aérées, dont le plancher, tout eri ciment de Portland, préscilte une double pente en aens contraire vers un canal médian, et oii la température peut conserver une coiîsiailce des plus favorables à la germination. N Au-dessus sont les cuves de mouillage cn ciment, avec cle larges trappes pour laisser tomber le grain coilvenablemen t goiiflé sur le sol du germoir.
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LES FABRIQUES DE LET'URE P R E S S ~ E

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» La touraille est une étuve à deux étages, avec une chambre inférieure pour le chauffagede l'air, dont la disposition, qui nous a paru nouvelle, mérite d'être signalée. D'un coin de cette chambre un large tuyau en tôle forte galvanisée s'élbve graduellement en hélice, et, aprés trois tours du spire, va déboucher dans une cheminée sur la paroi supérieure opposée. C'est par ce tuyau que passent la fumée et les gaz chauds du foyer du calorifère. Sa section, bizarre, est celle d'un demi-cercle surmont6 d'un cOne afin de permettre aux radicelles desséchées de l'orge (touraillons) de tomber jusque sur le plancher. Au-dessous de ce tuyau fortement échauffé, et à des distances égales assez rapprochées, débouchent des tuyaux verticaux, un peu coniques de bas en haut, ouverts aux deux bouts, qui vont puiser l'air pur par leur extrénîité inférieure dans une chambre de sous-sol voisine du massif du foycr. Cet air, appelé dans les tuyaux, vient se dégager contre la surface du conduit hélicoïdal de fuméc, et s'échauffer à son contact pour s'élever ensuite à travers le plafond perforé qui supporte l'orge h dessécher. 1 Les planchers à claire-voie de la touraille sont formés, non ) par des lames de(tô1e perforées, mais de toiles en fil de fer dont la surface présente une plus grande somme d'espaces vides par rapport aux espaces pleins. Enfin, au sommet du plafond voûté du deuxième étage, une large baie circulaire cst fermée au moyen d'une trappe mobile, à coiitrcpoids, yuc l'on peut maiiceuvrer aisément du plancher de la touraille, pour régler l'écoulement de l'air chaud plus ou moins chargé d'humidité. D L à préparation des moîtts ou jus sucrés se fait en saccharifiant exclusivenient par le malt un mélange en proportions à peu près égales de farine, d'orge, de seigle et de maïs. L'orge seule est maltée fournir la diastase nécessaire à la transformation en sucre de la fécule des trois espèces de grains. n L'opération elle-même a lieu dans des cuviers macérateurs à double fond, chauffés à ' l a vapeur à 730, et munis d'agitateurs mus mécaniquement. Elle dure à peine deux heures. Aussitôt que la saccharification est jugée complète, or1 écoule la bouillie pâteuse dans de grands rafraicliissoirs dont la dispo))

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sitiori et l'efficacité sont des plus reniarquables. Ce sont de grands bacs en tôle, cylindriques, à double fond, très larges (7 à 8 mètres de diamètre), mais d'une très faible profondeur (30 à 40 centimèlres). Le faux fond est rafraîchi par une nappe d'eau à 120, dont la circulation es1 rendue m6thodique par le mojen de diaphragmes convenablement placés. Au ceiitre, un arbre vertical mobile porte, à sa partie inférieure, deux grands bras horizontaux & palettes pendantes pour agiter constamment le liquide, et au dessus, en dehors du liquide, un double volant destiné à enlever la vapeur et renouveler l'air. Sous l'action de l'eau froide, qui circule entre les deux fonds du rafraichissoir, et du mouvement rapide de l'arbre qui remue le liquide et balaye énergiquement la vapeur et l'air à sa surface, la r6frigération est des plus promptes, par suite le moût mieux préservé des ferments de maladie, et la matière organique rendue moins facilement altérable. n Une fois refroidi à 120, le moût en bouillie pileuse est écoulé dans un atelier au rez-de-chausée, pour être distribué aux cuves de fermentation. n Cet atelier, dont la superficie n'est pas moins de 1,000 mètres carrés et la hauteur de 12 mètres, contient des cuves pour la fermentation de 6,500 hectolitres de moût. Le plancher est à clairevoie, comme celui de nos distilleries de bettraves ou de mélasses, mais au dessous est une vaste cave, clont l'air tonjours frais sert à ventiler l'atelier el à y eiltrelenir une température sensiblement constante en été comme en hiver : coildition précieuse pour la régularité de la fermentation et la qualité de produits qu'elle engendre. Les cuves de fermentation, de forme elliptique, ont one hauteur peu différente de leur petit diamètre. Peut-être serait-il plus avantageux, au point de vue ctu rendement en levure, de leur donner une moins grande hauteur, M. Pasteur a, eri effet, prouvé que la levure se développait en proportion d'autant plus grande que l'épaisseur du moût en fermentation était moindre, C'est, d'ailleurs, un fait qui aurait été constaté depuis longtemps par les distillateurs de grains en Hollande, le pays du monde oii
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l'on fabrique le plus de levure douce pour l'exportation (1); car, dans les nombreuses distilleries de ce piys, notamme~it aux environs de Schiedam, la fermentation sc fait en partie dans des bacs qui n'ont pas plus dc 30 à 40 centimètres de profondeur. B Quoi qu'il .en soit, les cuves étant i peu près rempiics dc moût, on les niet en train avec un levain de farines de malt et de seigle convenablement préparé. On a préalablement ajouté au moût une partie de vinasse épuisée, provenant d'une opéralion précédente, laquelle doit contribuer, par son acidité, ifavoriser la fermentalion. La température au départ est 180, et elle lie dépasse à aucun moment 280. La constance de ces limites de température, jointe tous les soins apportés à la préparation des grains, aux proportions du mélange, à la rapiditC des opératioils et à l'extrême propreté des appareils, concourt, sans nul doute, à donner au fer: ment une hiergie ,dedéveloppement et une vitalité consid6rahles. a A diverses reprises et jusqu'à ce que l'ébullitioii ou la fermentation touibe, on recueille la levure à la surface des cuves. u Cette levure est ensuite tamisCe, lavée h l'eau froide, puis comprimée et mise en sacs ou en paquets pour être expédiée aux boulangers et aux pitissiers. De 100 kilog. de grains, on obtient 9 kilog. de levure pressée. En Hollande, le rendement serait un peu plus grand. Mais il faut remarquer que le chiffre du rendement h c peut avoir, dans ce genre de fabrication; de significalion bien précise, parce qu'il c'existe pas d e caractères de pureté ou d'activité pour la levure assez bien définis qu'on puisse adopter facilement comme termes de comparaison. Un méme poids de levure, d'appareiice à peu près identique, peut agir trks inégalement dans la panification, selon que cette levure est composée de globules jeunes, vigoureux, bien vivants, ou d'un melange de ces globules avec d'autres moins jeunes, moins sains, en un mot, moins actifs. Dans tous les cas, le rendement industriel est encore bien loin de ce qu'il peut être, car, d'après les expériences de M. Pasteur, il peut s'élever jusqu'à plus de
(1) Les 400 distilleries hollandaises produisent pour 11 millions de fraui:s de leviire et les risidus de Iû distillation sualisent à I'engrûiseement de plus de 100.000 brpufs.

30 pour 100 du poids du sucre, ou plus du double de la quarititi. actiiellenient obtenue. n La levure française, préparée b Maisons-Alfort, préscnle ce caractbre eurieux qu'elle doit sans doute à la nature des matibres premiéres d'être d'une qualité incontestablemeilt supérieure à celle.qui est faite en Autriche par le même procédé ( ) 1. Y Elle est blanche, parfaite d'odeur et de goût, ne pouvant nltérer ni la nuance de la farine, ni le goût tlu pain ou des pitisseries qu'elle sert a produire. Elle a une force trbs grande, qui fait pousser réguiibrement l i pite et procure une Bconomie de pllis (le moitié sur la levure de bière; elle a, de lus, sur celle-ci, l'avnntage de ne pas communiquer au pain l'amertume ou l'odeur nromatique forte qui proviennent du houblon. A cause de sa pureté, elle ne s'altbre pas facilemeiitet peut 6tre conservée à l'état sain pendant plusieurs jours, même au niilieii des chalcurs (le l'étk. r Employée avec une addition de lait et de beurre, elle sert, avec le plus grand succès, à la fabricatioii dcs pains riches et da fantaisie, ainsi que dcs gitenux de toutes sortes. » Enfin, d'après les fabricants, elle ne dissoudrait pas le gluteil comme le font les autres levurcs, mais elle lui doiincrait, au contraire, toute l'extension et la régularité du gonflemerit dont il est susccptiblc. n Sous le rapport de la coniposition chimique, j'ai trouvé que cette levure press& perdait, - à, ,100 degrés, 72/5 010 d'eau, et que 100 parties de la substance sbclie abandonnaient à I'étlier 3/3 de matikre grasse, et laissaient à l'incinération 7 de cendres a demi vi~iifiées. n L'usine Springerïabrique journellement (2) 3,000 liilogrammes .de celte levure, qu'elle livre à la boulangerie parisienne et dont, elle exporte même une partie eii Belgique et en Angleterre. a La fabrication de la levure, par la fermentation du moût,
(1) Il faut attribuer la qualit6 e~ee~itianriello eatte levure de la perfectioii de l'ensemble du rnnlériel d~ l'"sine, et sur:out au travail régulicr c t rapiilc des ea:o::nes diaüilatoires Savalle. (2) Il ne fjut pas perdre de vue que cc Rapport s 6ti' f,iit il y a plus de doiirc ans. (.Vole de I'aulew.)

ayant transformé celui-ci en vindomprend nécessairement la distillation de ce vin pour cn retirer l'alcool. A Maisons-Alfort, on fait 70 hectolitres rl'alcool par jour; le rendement moyen de 100 I<ilogrammes de grains-est de 25 litres à 100 degrés ccnlésimaux. Cet alcool est. si remarquable, par sa pureté et sa fiilesse, qu'il est vendu, avec une prime de 12 à ,15 francs, sur le cours ordinaire des alcools indusiricls. Un tel résultat tient d'abordaux soins apportés dans le clioix des malieres premières et dans toutes les opérations de la fermentation qui fournissent un vin de qualité supérieure; ensuite à la perfection du travail dan; les appareils de distillatiori et de rectification employés. Ces appareils, au nombre de cinq : deux pour distiller et trois pour rectifier, sont ceux de MAI. D. Savalle et Cie, quc nous avons décrits dans un autrc rapport, et sur I'iniportance desquels, par conséquent, noiis n'avons pas à insister ici. n Enfin, le troisième produit de l'usine de Maïsons-Alfort est le liquide en bouillie pâlcuse, d'où l'on a extrait l'al~ool, ou le résidu de la distillation que l'on nomme drbche. Il en est fabriqué chaque jour plus de 4,000 liecrolitres, pouvant servir Q la nourriturc et à l'engraissement d'ur même nombre de vaches "laitiércs ou de I~oeufs,c'cst-à-dire rcpré~enter la production de 1,000 liilogrammes de viande par jour ou son équivalent en lait, Elle a sur la drbche des brasseurs i'avaiitage d'ètrc plus riche en matikres grasses, i cause du màïs qui entre dans sa fabrication. a ~alheurcusement,cette dréche contient beaucoup d'eau, environ onze fois son poids; elle est difficilement transportableet a l'inconvénient de s'altérer promptemcnt. Commc elle ne pouvait être entièrement consommée chaude à Maisons-Alfort, des presses ont été montées pour en expulser la plus grande partie de l'eau de et vendre la partie solide sous la f o r ~ e tourteaux, qui sont actuellemeiit rechercliés par -les nourrisseurs de Paris. D Rous compléterons les nombres que nous avons citCs sur l'importance de l'usine en ajoutant qu'elle possèdc 3 machines à vapeur de la hrce de l a 0 clicvaux, 4 poiupcs à eau dont le débit est de 1,.500 heclolitrcs par heure, une douzaine de pompes diverses pour l'alimentatiort des chaudières, des colonnes distilla-

toires ou reotificatrices, des appareils pour le nettoyage des grains, du malt, par la ventilation, e tc.; Ci presses pour la compression de la levure et de la drêche ; enfin 4 chaudières à vapeur de 350 Chevaux, consommant annuellement 9,000 tonnes de charbon. D En résumé, Messieurs, votre comité a été vivement intéressé par l'ensemble des opérations qu'il a vu pratiquer dans l'usine de Maisons-Alfort. II a stater la beauté et la pureté de la levure française, la finesse et la qualité de l'alcool obtenu, l'importance des résidus pour la nourriture et l'engraissement du bétail, enfin la perfection des soins apportés à l'installation de toute l'usine. » Cette triple fabrication fait le plus grand honneur à M. Springer et à son habile directeur, M. Berger; elle mérite d'être eucouragée, développée, conime intimement liée aux progrès de l'agriculture, de la production en général, et, en particulier, de la bonne fabrication du premier de nos aliments : le pain. En conséquence, Messieurs, nous vous proposons d'adresser des remerciements à M. Springer et d'ordonner l'insertion du présent rapport dans le Bzllletin de la Société.
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). )

»

Siqné : LAMY, rapporteur.

»

Approuvé en ségnce, le 28 avril 1876.

Ce rapport a été fait, il y a douze ans, depuis lors, le travail et, le matériel de la distillerie ont pris une extension consi46rable. Comme appareils distillatoires il y a : 3 colonnes Savalle pour la distillation des moûts épais; 3 colonnes - pour distiller les eaux de levure ; 3 rectificateurs Savalle de grande dimension. La malterie a une surface de germoirs de 2 hectares et 3 tourailles, dont 2 continues du système Nsback et Fritze de Prague. La vapeur pour tout l'établissement est fournie par 10 générateurs de 100 chevaux chacun. La force motrice est donnée par 2 machines à vapeur de 200 chevaux et 2 machines de 60 ; les machines étant en double, le travail ne subit pas d'arrêt.

§ II. - Fabriques de levure hollandaise.

LES DISTILLERIES

DE

SCHIEDAM.

Schiedam est une petite ville où la distillation des grains est l'industrie la plus importante de la ville, ou pour mieux dire la seule industrie. Il y a 300 distilleries à Schiedam. Par distillerie on entend une petite usine de 4 cuves seulement : 3 hommes suffisent pour le service d'une telle distillerie, qui est un tout complet. On n'agrandit pas une distillerie, on en construit une ou plusieurs autres ; voilà tout. Il y a des industriels qui ont 3, 6, 7, 8 distilleries; ce qui correspond à de grandes usines qui auraient 20, 24, 28, 32 cuves. Il g a toiis les jours une bourse à Schiedam, où sont cotés les flegmes (moutwyn), le genièvre et la drêche (spoeling). Pourconserver à la levure de Schiedam sa bonne renommée, les distillateurs ont formé une association et nommé des inspecteurs qui surveillent la bonne qualité des levures fournies par les distillateurs, afin qu'elles ne soient pas fraudées par les industriels de mauvaise foi, qui profiteraient de la bonne renommée de la ville pour vendre un bon prix et fournir de la mauvaise qualité ou une levure falsifiée. La d. k h e est achetée en bloc par une association de marchands de drèche qui a nom Schiedamsche spoeling vereeniging, littéralement cela veut dire Union de la Drêche de Schiedam. A la bourse on cote le prix de la drêche fait par cette Union et le prix fait par les distillateurs qui sont en dehors de l'Union. Ces cours sont donnés dans le journal de la localité. Schiedam est situé sur les bords de la Schie, rivière qui a donné son nom à la ville, comrne la Rotte a donné le sien à Rotterdam et l'Amstel à Amsterdam. Presque toutes les distilleries sont sur les bords de la rivière, et c'est par cette voie qu'elles reçoivent et expédient les mar-. chandises, les drêches surtout.

Le transport des drèches liquides se fait en vrac dans de petits bateaux spéciaux, et la Schiedumsche spoeling vereeniging a un emplacement avec de grandes citernes où elle,peut emmagasiner ses drêches. Voici comment les HoIlaiidais donnent la drêche aux bestiaux : les bêtes sont au pâturage dans de grandes prairies entourées de 3 canaux; 2 . 0 ~ bacs remplis de drêche sont à la disposition des animaux, et le transport des drêches aux bacs des prairies se fait -au moyen des bateaux dont,nous venons de parler, munis d'une pompe en bois. C'est simple et pratique. Cela diffère essentiellement des moyens de transport usités en France et en Belgique ; les Hollandais savent merveilleusement mettre à profit les iiistruments que leur fournit la nature. L'eau et le vent, qui font de la Hollande un séjour peu aimable pour les . étrangers, sont des instruments de fortune pour les Hollandais. Le vent est une force motrice utilisée par les iniiombrables moulins que l'on voit partout, et l'eau est un instrument de transport qiie des milliers de canaux utilisent. Beaiicoup de distillateurs hollandais ne désirent absolument rien innover dans leur fabrication; ne leur parlez pas des nouvelles inventions, des perfectionnements, etc., ils ne veulent rien entendre, ils prétendent qu'en s'écartant de leur mode de travail, ils compromettraient la bonne renommée de leurs produits ; que goût serait changé et que leur situation serait perdue. Il n'y apeut-être pas $autre exemple dans l'histoire de l'industrie où l'esprit d'immobilité ait été mis systématiquement en pratique .comme à Schiedam. Pour certains distillateurs hollandais le progrès est lettre morte. Naturellement, il y a des exceptions, et nous en connaissons quelques-uns qui n'ont pas tout à fait cet esprit-là. Pour la distillation, on emploie le sei& et le malt. Le malt est employé tel qu'il sort de la touraille sans être nettoyé ni dégermé. La macération et la fermentation étant la base de la production de la levure, voici comment se font ces opérations dans les distilleries de Schiedam.

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Le travail commence à Y heures du matin. On met dans les cuves 19 brocs d'eau chaude, et 7 1/2 d'eau froide, de manière à arriver à une température moyenne de 78 degrés centigrades. Le broc dtant de BO litres, on a ainsi environ 530 litres de liquide à 780. Dans cette eau, on mélange ,190 kilog. de farine, composée de moitié malt et moitié seigle. La mouture n'est pas très fine, il reste des grumeaux d'orge. La farine est dans cet état pour faciliter la précipitation des parties lourdes du grain pour la fabrication de la levure. Deux hommes brassent fortement, pour obtenir u n liquide homogène, au moyen de fourclies en fer. La préparation de six cuves dure environ trois quarts d'hure. La température du mélange d'eau et de farine, tombe à 63 degrés centigrades. On couvre ensuite les cuves pendant deux heures pour laisser s'opérer la saccharification. Puis on les découvre pour les laisser refroidir. Si la température du mélange était un peu inférieure à 63 degres, à 62" par exemple, on laisserait les cuves couvertes pendant une demi-heure de plus, soit deux heures et demie de saccharification. Vers onze heures du matin, on met de l'eau froide et des clairs dc vinasse refroidies, pour emplir ces cuves de 2,200 litres et en porter la température à 290 1/2 centigrades. A midi, on met par cuve, un kilo$. de levure de bière. Puis on laisse la cuve au repos jusqu'k deux heures de l'aprèsmidi, heure à laquelle on décante la partie supérieure des ciives qui est claire poula l'envoyer sur les bacs plats, oh se sépare la levure.

Cette décantation se fait au moyen d'un tube ainsi fait : Le bout A est niis dans la paroi de la cuve, et celui B se baisse pour servir de trop-plein au liquide à décanter. Le sût clair est élevé dans des bacs plats à levure, la hauteur d liquide est d'environ vingt centimètres. Les parois des bacs qui sont en sapin blanc, ont trente centimètres d'élévation, le moût qui vient d'être élevé dans ces bacs plats, subitpar cette opération un abaissement de température (au mois de mai) de 10 à 4.1 degrés, il est à 18 centigrades au moment ob le bac plat est plein. La fermentation s'y continue, et le lendemain matin à neuf heures; soit environ après dix-neuf heures de sé,jour dans ces bacs, od retourne le liquide dans les cuves à fermentation, la levure ;este dans les bacs plats. A ce moment cette fermentation claire des grains est à iine températube de 25 degres centigrades. meiitation a donc élevé en dix-neuf heures la tempérace liquide de '7" .1/2 de chaleur (la température du local

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a opéré sa fermentation dans les cuves qui.sont près qu'on y a de nouveau mélangé la partie liquide débarrassée de sa levure. On laisse séjourner les cuves jus~u'aulendemain matin (qui est le troisième jour) à neuf heures pour en opérer la distillation. On emploie par cuve de 22 hectolitres, environ 9 hectolitres de clairs de vinasse. Les rendements sont i En alcool à 100° de 27 4/10 litres par 100 kilog. de grains, rendement exigé par l'administration des accises (Régie) en levure de 10 à 12 et même 14 0/0 du poids des grains employés. En 1874, dans les distilleries de Schiedam, on se servait trks rarement des thermomètres, et le densimètre y était inconnu. On n'y a jamais titré le point d'acidité des cuves, le'travail y est généralement abandonné à un contremaître qui conduit le travail de routine.

La distillerie hollandaise a été jusqu'ici très florissante, grâce
à l'emploi si fructueux qu'elle fait des drêches, et à la renommée

de ses eaux-de-vie de grains (genièvres), mais ses moyens d'action ne sont plus de notre temps, le prix de revient est tropélevé, et il n'est pas difficile de prévoir une décadence très prochaine si cette industrie ne modifie pas radicalement ses procédés; car elle ne pourra plus lutter contre la concurrence des usines installées avec les appareils perfectionnés. Voici un exemple frappant de Ia différence entre l'ancien procédé et le nouveau. M. J.-J. Melchers Wz, distillateur à Schiedam, frappé de l'énorme dépense de combustible qu'exige l'ancien système de distillation à feu nu employé généralement à Schiedam, a installé son usine à la vapeur et opère la distillation de ses grains fermentés par .une des nouvelles colonnes distillatojres rectangulaires. Voici le ta%leau comparatif des résultats :
Frais de fabricatim dans les anciennes distilleries de Sehaedam Charbon.-60 hectolitres (420 mats), pour 1,800 litres de flegmes(Moutwyn) à 460 centésimaux, ou 420 kilog. de houille par hectolitre d'alcool à 1000 (non compris la mouture, qui se fait, d'après ia législation, en dehors de l'usine).-Ce charbon coûte 6 ri.. 80 c. La main-d'œuvre, qiioique à très bon compte en Hollande, y est encore, par hectolitre d'alcool à 1000, de 3 30 en écartant celle nécessitée par le maltage et la mouture.
1 0 fr. 18 c.

Réduction des frais de fabrication par un bon outillage En France, les distilleries de grains montées par les appareils perfectionnés dépensent, dans les mêmes conditions (c'est-à-dire sans mouture du grain), par hectolitre d'alcool pur 185kilog. de houille, qui reviendraient, à Schiedam a . . . . . . 3 fr. 03 c. En France, où nous payons nos hommes plus cher, cette main-d'œuvre est comp!ée . . . . . . . 2 35 5 fr. 38 c .

1

Les anciennes distilleries de Schiedam ont donc un bénéfice de 4 fr. 80 c. par hectolitre d'alcool à réaliser en adoptant les nouveaux appareils de distillation continue. Comme nous l'avons dit plus haut, à Schiedam, on emploie généralement de petites cuves de fermentation, parce qu'elles y

servent aussi à faire la saccharification; elles sont de 2,200 litres. On y charge 190 kilog. de grains, composék d'environ moitié seigle et moitié malt. Chaque cuve produit : 10 Environ 115 litres de flegmes à 4.60. 2 O 16 hectolitres de drêches pour la nourriture du bétail, qui se vendent suivant la saison 60 à 70 centimes l'hectolitre. 30 20 kilog. de levure qui se vendent à l'exportation environ 1 franc le kilog. Ce qui représente pour ,100 kilog. de grains un rendement : 40 En alcool pur 27 9/10 litres. 2 En levure 10 kiiog . 1/2. O 3 En résidus 7 fr. 60 c. O Ces .rendements ont fait, juqu'jci, la fortune des distilleries hollandaises, et ces résultats auraient pu se continuer longtemps encore si la concurrence n'était venue porler sur le marclié anglais des quantités considérables de levures produites dans les usines bien montées en Allemagne, en France et en Russie; La concurrence, qui abaisse le prix de la levure, obligera nécessairement les Hollandais à sortir de la routine et à perfectionner leur travail, sous peina de voir tomber chez eux une industrie agricole de la plus grande importance. L'exemple leur est donné, il est îacile à suivre : ils doivent, pour arriver à bien, concentrer le travail si éparpillé de leurs distilleries, opérer en grand, à la vapeur, et distiller les fermentations par une colonne continue qui leur fournisse d'une seule opération de l'alcool brut (moutwyn) à 400 au lieu de l'obtenir en trois opérations à feu nu comme cela se pratique aujourd'hui.
$jI I I .

- Fabriqv

de levure russe.

Sa consommation considérable et toujours croissante de la levure pressée en Russie, tant par ies boulangers et les pâtissiers
(1) Capitale du goiiverncrncnt de I'Esthonie, située au golfe de Finlande. 35,400 habitants.

46

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

que par les distilleries qui s'approvisionnaient presque salis exception à l'étranger, notamment à Vienne, était déjà dans le temps un encouragement pour les hommes entreprenants à canstruire des fabriques d e levure pressée dans le pays même. Cependant, la production de ces fabriques n'est pas considérable et, en outre, la qualité de leur produit laisse beaucoup à désirer, car les matières étrangères mélangées à la levure, telles que l'amidon, la fécule de pommes de terre, la levure de bière, etc., diminuent son efficacité, et pource motif l'importation est encore trks considérable malgré les droits d'entrée de 75 kopeks (1) par pound (2). La création d'une grande fabrique de levure preksée, travaillant d'après la méthode autrichienne, et fournissant un produit pur, peut donc être considérée non seulement comme une satisfaction donnée aux exige!ncqs de :a consommation, mais aussi comme un grand progrès au point de vue de l'industrie, %attendu que ni les fabriques russes, ni la plupart des fabriques 'étrangères ne fournissaient jusqu'à présent une levure non mélangée. La fabrique de Reval devait être la première à déroger à cette règle. Le fondateur de la Société est M. Charles Schedl, qui en est resté le directeur. M. Charles Scliedl est un ingénieur autrichien d u plus grand mérite et un des spécialistes les plus distingués d'Europe pour la fabricaiion de la levube pressée; il est ingénieur civil, chevalier de l'ordre de François-Joseph d'Autriche, depuis 1868, et consui d'Autriche-Hongrie à Reval. Ses connaissances approfondies, son ardent esprit d'initiative l'ont fait participer à la cr6atioii des première4 fabriques de levure dans deux pays bien différents, en France et en Russie. En Russie, il a cr6é de toutes .pièces l'usine de Reval d ~ i i t nous nous occupons dans ce chapitre, et en France, il a été le premier directeur de l'usine Springer de Maisons-Alfort. C'est le

(1) 100 kopeks = 1 rouble = 4 francs.

(2) 1 poud = 16 3/8 kilos.

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

4.7

ler

avril 1871 que M. Ch. Schedl a été chargé, par MM. Springer

et Ge, d'établir les plans de la fabrique, de diriger et de surveiller les travaux de construction, d'installation et d'exploitation de cet établissement, comme directeur et fondé de pouvoirs. A la suite d'incidents inutiles à rapporter ici, M. Schedl donna sa démission le 2 mars 1874, de directeur de la distillerie de MaisonsAlfort. La France était dot6e alors de la première fabrique de levure de grains. M. Schedl se tourna vers la Russie, et deux ans après, l'usine de Reval était fondée, et la Russie, à son tour, possédait la première fabrique de levure pressée. A la recherche de la meilleure localité en Russie pour y fonder cet établissement, il l'a trouvée à Reval. Quelques personnes, prévoyant la prospérité d'une entreprise de ce genre établie sur une base rationnelle, ont réuni les capitaux nécessaires à la réalisation de ce projet, et c'est de cette association qu'est sortie la Société par actions pour la fabrication de la levure pressée, à Reval. La société est composée de quatre actionnaires seulemeni, sous la présidence du comte Ewald Ungerer Sternberg. A la création cle cet établissement, il s'agissait de réunir les conditions suivan tes : 10Une eau pure, ni trop riche en chaux ni trop douce; elle a été trouvée en quantité suffisante dans le lac d'eau douce situé audessus de Reval; les bonnes qualités de cette eau ont été démontrées par les analyses du savant cliirniste, le docteur C. Schmidt, à ~orpat. 20 Un bon terrain ; il a été trouvé dans le faubourg Neue Slobode, une colline de sable fin et conlpact a été nivelée en partie et appropriée comme terrain de construction. Un grand égout a été construit pour l'évacuation des eaux dans un ruisseau qui coule a proximité et se jette un peu plus loin dans la mer. 30 Des matériaux à bon marché; à la montagne de Laks (Lakaberg) près Reval, on a trouvé la pierre calcaire fournissant des tranches de grandes dimensions ayant une épaisseur de 5 pouces, ainsi que de la chaux hydraulique; les bois ont été fournis en excellente qualité par l'Esthonie,

48

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

40 Des relations à bon marché pour le transport des machines, des appareils, des pièces en fer, etc., achetés la plupart à l'étranger ; le port et le bureau de douane à Reval étaient d'une grande utilité sous ce rapport. 50 Des c'ommunications directes et peu coûtcuses avec les contrées de production des matières premières. Reval, comme situation de chemin de fer et comme port de mer, offrait toutes les satisfactions sous ce rapport : le seigle et l'orge peuvent y ariver des gouvernements de la Baltique; le maïs, en partie d'Odessa et de Rostow-sur-Danube, par chemin de fer en transit avec application cles tarifs internationaux réduits, en partie du Banat hongrois par chemin de fer jusqu'à Stettin et de là par navire i~ Reval ; on peut J- amener sans grands frais, au départ de Xewcastle, le charbon Hartley, demi-gras, des usines de Buddles. 60 Des ouvriers stables; on les a rencontrés dans les indigènes de 1'Est.honie et les Allemands. 70 Etre aussi rapproché que possible des centres de consommation ; sous ce rapport, la situation géographique de Reval est assez avantageuse ; les contrées limilrophes ,à la mer, Helsingfors à une distance de 200 kilomètres, Saint-Pétersbourg à une distance de 400 kilomètres et Moscou, sont ses débouchés. Les communications par mer offraient tous lcs avantages pour l'exportation des alcools fins vers Lo'ndres et Bordeaux. Le bétail peu? être transporté de Reval à Saint-Pétersbourg sans arrêt pour son alimentation. La construction et l'installation de la fabrique ont été dirigées par M. Charles Schedl, directeur, en personne; un long et bel été a favorisé les travaux commencés en @n 1876 avec 500 ouvriers. En même temps que les fondations des bâtiments, ont été commencés aussi ceux de la cheminée ronde et massive ayant une hauteur de 45 mètres; elle a été construite en briques de Flensbourg par la maison Toisoul de Paris, en soixante-cinq jours et sans échafaudage. Tous les travaux ont été poussés avec une activité telle que les bâtiments étaient sous toit et munis de portes et de fenêtres,

LES FABRIQCES DE LETURE P I ~ C ~ S É E

4.9

le "2 octobre 1876. A fin mars 1877 on a commencé l'agencement des des grandslocaux et le placen~ent machines, et le 21 mars 1878 elle a été mise en aclivité. L'usine est donc eil exploitation depmiadix ans, et tout est encore en très bon état. La façade du bâtiment principal est séparée de la rue par une rangée de g r ~ n d arbres et une grille en fer. Ceiui-ci couvre avec s les deux pavillons et les maisons de derrière une superficie de 743 faden carrés (1,283 mètres carrés 40) ; la plupart des bâtiments sont à plusieurs étages et ils entourent une cour pavée d'une superficie de 1,320 faclen carrés (2,376 mètres carrés). L'établissement est des trois côtés séparé des voisins par (!es prBs et des jardins ayant ensemble une superficie de 10,027 faden carrés (1 hectare 80 ares 48 cent.). La fabrique renferme une mallerie complète, des greniers et des magasii~sà blé, un moulin à vapeur, la fabrique de levure pressée, la distillerie, les appareils à rectifier l'alcool, des caves à alcools, des manutentions pour l'expédition de la levure pressée, le bureau, les magasins, e tc. Tout ce que la pratique et la science peuvent offrir a été utilisé dans l'unique but de créer un établissement à la hauteur du progrès actuel et de le doter' de tous les moyens propres à assurer son succès. Toutes les fondations sont isolées au mogeii d'une couche d'asphalle; les magasins, où l'aération ne laisse rien à désirer, ont des planchers doubles et même triples en matières imperméables et partout où on emploie de l'eau, même aux htages, ils sont eouverls d'asph.lte; leur solidité est assurée ail moyen de poutrelles, de tràirerses et de colonnes en fer, toutes les pièces rivées eotre elles; les escaliers en fer, les conduites d'eau et de vapclur réduisent le danger en cas d'incendie. Le puits artésien a ,138 mètres de profondeur, Les chaudières, les nlachines à vapeur et autres, les pompes, les apparoeils de distillation et de rectification, les constructions en fer e,t tous les engins en général ont été fouriiis non pas par une seule fabrique, mais par plusieurs et chaque fois par celie qui Btait à même de fournir tout ce qu'il y avait cle plus perfectionné,
4

De cette manière, il était possible de créer dans cet établissement un ensemble digne d'éloges. La malterie se trouve dans un vaste bâtiment où lcs greniers à orge, les locaux pour la trempe, les germoirs et les tourailles sont disposés de la manière la plus pratique. Les chaudières, au nombre de deux, ayant chacune une force de 50 chevaux, s a i t semi-tubulaires du système Victoor et Fourcy, à Corbehem, près Douai; elles se composent d'une chaudière cylindrique à deux bouilleurs et d'une chaudière tubulaire horizontale réliées entre elles au bas par des tubes à eau, et en haut par des tubes à vapeur. Vu leur graride surface de chaufie, elles fournissent beaucoup de vapeur avec une régularité telle que le manque d'eau ou de vapeur, cause fréquente des interruptions de travail, y est impossible. La place pour une troisième chaudière est réservée dans le bâtimerit aux machines. Le moulin, qui est pourvu d'un appareil à broyer le maïs, a quatre paires de meules franqaises qui permettent de produire m e farine fine sans l'échauffer. Les gousses du maïs et du malt sont retirées au moyen de trieuses mécaniques et n'entrent par conséquent pas dans la cuve. Les grands niacérateurs cylinclriques en fer à double paroi sont pourvus chacun d'un agitateur à triple mouvement qui travaille les matières encuvées de la manière la plus complète et fournit sur le bac en fer un moût de 28-19 0/0 cle richesse saccharimétrique. Le local où le moût est transporté pour le refroidissement contient deus bacs ronds, et la ventilation est disposée de manière à rendre inutile l'emploi de la glace. Les locaux de fermentation du moût et de préparatioii de la levure sont d'une propreté admirable. Tous les récipients en bois ont PLé fabriqués à Eu2eine-Inférieure), en bois de sapin de Suèdc, ét ont été t; oures à Keval par des tonneliers français ; ils sont nioins chers que ceux en chêne et joints comme s'ils n'étaient qu'en unc seille pièce. Les essais faits dans la marine russe ont prouvd quc le bon sapin est plus durable que le chèiie et qu'il nc cède en rien en qualité au bois de teak.

LES PAURIQUE% U C LCVURE l > l \ ~ b b 6 ~

51

Toutes les pièces des grands appareils de dislillatioii et de rectification sont en cuivre et garnies de laiton. Ces appareils ont été construits d'après les systèmes les plus nouveaux, leur foi~ctionnemegt est très satisfaisant. L'appareil système Savalle, travaillant à la vapeur et sans filtre àecharboil, fournit des alcools fins complètement purs. L'alcool pur de 90 O/O Tr., payant l'accise (droit de régie), d'après L'a~pareil de contrôle de Siemens, est réduit à 40 0/0 et rectifié ensuite à 96-97 0/0: par conséquent, il n'a pas le goût fade propre à presque tous les alcools russes. L'alcool est conservé dans de grands récipients en fer qui peuvent être fermQs hermétiquement. Une machine à vapeur horizontale de 30 chevaux fournit la force motrice au moulin et aux n~acérateurs mécaniques; cinq pompes à vapeur de diverses coiistrilctions transporte111 l'eau, le moût et les vinasses. Un réservoir à vapeur directe dequatre à cinq atmosplières permet de la. diriger vers tous les locaux où elle est nécessaire; un autre réservoir ayant servi pourvoit au cl~auffagedes locaux. Une chauclière en fer fournit l'eau chaude pure à l'usage de la partie chimique de l'exploitation, tandis y ue l'eau venant des appareils de réfrigération alimente les cliauclières à vapeur. En outre, la fabrique est pourvue de lous les ustensiles les plus nouveaux tels que monte-charges, chariots transporteurs, trieuses mécaniques, elc. 11 n'est fait emploi d'aucun acide dans la fernientalion des moûts qui soiit préparés pour la fabrication de la levure pressée el ln distillalion ct'vérifiés à chaque phase à l'aide d'analyses. La mise en train a lieu au moyen de levure et l'eau y est remplacée par les vinasses filtrées. Les vinasses qui sont encore riches en matikres alimentaires, sont versées dans des citernes cimen tées et vcndues aux laitiers; toutefois, la Société a l'intenlion, dans le cas où la fabrication devrait être augmentée, de construire des étahles et d'engraisser clu bétail; les vinasses qui ne pourraient pas être utilisées dans
'

LES F A B R I R Ç E S DE LEVURE PRESSÉE

83

cetle partie, seraient décantées et comprimées afin de pouvoir être expédiées à l'état sec. consomme annuellement pour une vale~irde un milLa ~ u s s i e lion et demi de roubles (6 millions de francs) de levure pressée. Dans le pays même on en fabrique environ 39,000 pouds (966,500 k.) et environ 67,000 pouds (2,103,BOO ]\il .) sont importés d'AlleBlague et d'Autriche. L'importation de levure étrangère augmente continuellement; elle n'était en 1869 que de 32,444 pouds (331,BOO kil.).

(I IV. - Fabrique de levure autrichienne.

Si la Hollande a la priorité pour l'ancienneté et l'importance de la fabrication de la levure, c'est l'Autriche qui a créé l'industrie manufacturière de la levure pressée, et c'es1 la mdthocle autrichienne qui est généralement adopléc dans les pays OU s'érigent de nouvelles usines, comnie en France, en Russie, en Italie, etc. Il y a tout au plus quarante ans que Mauthrier, le fondateur de cette industrie, dont l'usine a pris des développements si considérables à Saint-Marx; près Vienne, commença à fabriquer la levure suivant une méthode no'uvelle. Ces procédés tenus longtemps secrets, comme on les tient encore aujourd'hui, hien que ce soit un secret de polichinelle que les journaux techniques et les brochiires ont (lepuis lorigtemj~s(levoilé, ces procédés ont reçu des perfectioiinements importants, et en reçoivent encore tous les jours, coninie on peut s'en convaincre en parcourant la liste des bresets ori en lisant les articles spéciaux des joilrnaux de la distillerie. En outre que chaque fabricant a la conviction d'avoir le meilleur procédé. de fabrication, il y a encore plusieurs méthodes qui ont Bté brevetées et publiées; notamment celles de M. Jacques Rainer, de M. de Hirsch, de M. W. PiIarquardt, etc. de En Autriche, !es fabriques de levure pressée sont au nombre de trente environ. Les plus importantes sont dans les environs

l?&

LFS FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

de Vienne, parmi lesquelles, Mauthner, J . Weiner el fils, baron Max Springer, etc. Le clébouché principal pour l'exportation, c'est Ia'Russie. Dans l'espoir qu'il intéressera nos lecteurs nous publions un projet d'installation de fabrique de 1evure;qui nous 1i été communiqué par un ingénieur autrichien.

D~TAII,S DE

L'INSTAT,LATION D'UNE

FABRIQUE DE LEVURE PRESSÉE ET
AVEC CiNE PRODUCTION

D'ALCOOL SUIVANT LE SYSTÈME AUTRICH JEN,

JOCRNALIÈRE DE
D'ALCOOI~

2,000 KILoGRÀMams

DE LEVURE ET

30

HECTOLITRES

ikchines a vapeur : Deux de 80 chevaux de force chacune; une de 20 chevaux. Chaudières : Surface de vaporisalion de 50 0/0 en plus pour la vapeur nécessaire à la cuisson et à la distillation du moût. Moulin : 5 bàtis h cylindres ; 3 meules françaises de 1 m. 40 c. de diamètre. Nettoyeurs et éléuateurs. Pompes :

2 pompes 24 heures; 2 pompes 2 2 2 -

à eau froide à effet double; 5,000 hectolitres par à moût 1,600 hectolitres ; à vinasses 2,000 h. ; à eau de levure 600 h . ;

d'alin~erita tion.

Appareils distillatoi~es: Pour 4,600 hectolitres de moût et G O Iiectolitres d'eau de U levure : fi cuves de saccharification avec agitateurs ; 2 bacs de refroidissement en fer, ronds avec ventilateurs et agitateurs ; 20 bacs en fer pour la. clarification des vinasses de 80 hectolitres chacun ; 2 ~éservoirs eau froide en fer, de 200 hectolitres chacun ; à 1 réservoir à eau chaude en fer de 200 hectolitres ; 4 réservoirs à vinasses de 200 hectolitres chacun; 82 cuves de fermentation de 70 hectolitres chacune, en sapin rouge de O m. 08 c. d'épaisseur; 25 cuves d'acidification de la levure, de 10 hectolitres chacune, en sapin rouge de O m. O3 c. d'épaisseur. 10 cuves de fermentation pour la levure, de la même soiate el de la même épaisseur; 2 cuves à levure de 40 hectolitres chacune, en bois idem ; 35 cuves en bois idenî pour laver la levure, de 30 hectolitres chacune ; 4 serpentin pour refroidir la levûre; 2 grands réfrigéran 1s Lawrence ; 4 presses à levure, avec les sacs nécessaires ; Tuyaux en cuivre pour le moût ; Tuyaux en fer pour l'eau.

Distillation conlinuelle de jour et de nuil., soit pendant 24 heures.
Céréales :

65 quintaux métriques de maïs;
64 G 6

-

-

de seigle: de mnlt.

C6 i

LE5 FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

Avec de petites variations, charbon : 280 quintaux métriques, de qualité moyenne.
Huile :

4 kilos d'huile de colza purifiée ; - américaine 8 (Mélange servant de matière lubrifiante.) 20 kilos de pétrole pour l'éclairage.

.

Ouvriers :

1 chef-meunier ;
3 meuniers; 2 distillateurs; 3 emballeurs de levure; 2 ouvriers pour la fabrication des caisses; 2 chefs-ouvriers pour le local de fermentation, 20 ouvriers pour le même; 2 chefs-ouvriers pour le local de la levure; 10 ouvriers pour le même; 2 chefs-ouvriers pour le local de saccharification; 2 ouvriers pour le même; 4 pour les vinasses ; 8 manœuvres pour les grains ; 4 chaiiffeurs ; 1 iietloyeur de chaudières ; 2 machinistes; 1 mécanicien ; 1 serrurier;

1 directeur technique ; I directeur commercial ; 4 comptable;
1 caissier ;

1 correspondant ;
1 commis auxiliaire ; 1 caissier pour les vinasses, et commis expéditeur; 2 magasinier.

III.

- MANIPULATION

Rendement de 100 kiiog. de malt : 11-12 kilog. de levure ; 2,600 litres p. c. d'alcool. En 24 heures : 43 moûts à 1,400 kil. = ,18,200 kil.

CHAPITRE CINQUIEME

APPAREIL D'UN NOUVEAU SYSTRME SERVANT A REPKENDRE L'ALCOOL ENTRAINEPAR LES EAUX DE LAVAGE DE LA LEVURE
L'eau qui > servi au lavage et nu traitement dc la l e ~ u r e em-porle avec elle une notable quatitité d'alcool qu'il est important de pouvoir reprendre avant d'envo~erl'eau à la rivière. Dans les grandes usines, et notamment h la tlislillerie de Maisons-Alfort, la perte eii alcool, de ce chef. peut s'élever do 3 à 4 hectolitres par jour. Evi~ercette perte est donc un bénéfice tout net pour !a distillerie. Mais cette eau de lavage, si peu riche en alcool, ne peut pas btre fructueusement distillée tlans les appareils qui épuisent le moût fermenté des grains ; car, distillée aiilsi, la dépense du combustible est considérable et ne fournit comme produit qu'une eau titrant 5: degrés d'alcool. couLe problème ainsi posé, MM. D4siré Savalle et C'"nt biné un appareil sl>écial, représenté par la figure 12, et qui permet d'obtenir à volonté de l'alcool à 90 degrés avec une dlpense de combustible très minime. Cette grande économie de conîbustible est obtenue par une combinaison qui fait reprendre, au profit de l'appareil, une grande partie des clialeurs perducs, tant des vapeurs alcooliques que de l'eau épuisée d'alcool qui sort de 1'apl)areil. On a observé que, pendant le fonctionnement, la dépense dc vapeur, sous une pression de 4 atmosplières 1/2, est celle qui s'écliappe par une section de 140 millimètres carrés.

60

.\PP.\REIL

$CS NOUVEAV SYSTÈME S E R V A N T ' A REPRENDRE L'ALCOOL

Iles résultats parfaits et mètne inespérés de ce i~ouveausystème, ont conduit l'invenleur à l'appliquer à ln distillerie des matières fermenlées; des matières épaisses provenant des grains et contenant environ 4 0/0 d'alcool ont fourni de l'alcool brut à 940. En présence des excellents résultats fournis par cet appareil, M. le Baron Springer en a fait installer successivement 4 pour la distillation des eaux de lavage de la levure; 3 fonctionnent à l'usine de Maisons-Altort,, près Paris, et un autre d'une grande. puissance à l'usine de Reintlorf, près Vienne. Ce dernier appareil est d'une puissance de travail de 1,200 Iiectolitres par 24 heures.

SACCHARIFICATION PAR TlES ACIDES

$ 1. - Quand faut-il préférer la saccharification par
les acides à la saccharification par le malt?

Par son extrênîe siulplicité et la rapidité du travail, la distillaLion (les grains par la saçcharitication au moyen des acides est souvent très avantageuse surlout lorsque dans la distillation on a seulement en vue la fabricalion exclusive de l'alcool. Le distillaleur SC trouve ainci débarrassé des complications qu'entraîne avec elle la méthode de saccharitication par le malt: construction de matériel spécial, germoirs et tourailles, conduite plus délicate du travail, etc. En outre, utitisation obligatoire des .+drêchespar l'alimentation des bestiaux ; cc mode d'utilisation domplique encore le travail de la. distillerie, suivant que l'on trouve ou que l'on ne trouve pas à vendre les drêches, jour par jour, aux éleveurs du voisinage, et dans la négative il faut étaMir des Btables nombreuses, alors le distillaleur doil s'improviser éleveur et commerçant de bestiaux. Au préalable, il a dû s'établir malteur pour fabriquer lui-même son malt, ce qui fait deux industries adjacentes à la distillerie. Quand la production journalière d'alcool doit être considérable, la parfaite organisation dc ces annexes cle la distillerie est parfois très difficile, sinon impossible. Les grandes distilleries, comme il en existe en France, cn Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, qui travaillant par le malt produisent des centaines d'lleclolitres

G4

S.\CClllRlFIChTIOX

~ 4 1 1LES A C I U E ~

d'alcool par jour, ont parfois mille bêtes tlaiis leurs élahles, et les cultivateurs des environs doivent se faire' inscrire pour obtenir de la drêche. Mais ces grandes distilleries, en outre qu'elles se trouvent généralement dans un centre agricole, ne soiit pas arrivées tout d'un coup à cette grande production et à ces.résultats. II faut du temps pour créer toutes ces artères de l'écoulement du produit de la distillerie, pour faire apprécier par les cultivaleurs les qualilés de la drèche; et si les résultats sont très beaux par la suite, ils ne sont obtenus qu'après beaucoup de peine, (le soins et de sacrifices. Daiis la plupart des cas tlonc, la saccharitication par les acides s'impose comme étant la plus simple et la plus manufacturière. Par les progrès qu'a faits ce genre de fabricatioiî, on est arrivé à utiliser aussi les résidus, et au moyen des appareils rectificateurs Savalle, on peut produire des alcools kgalaiil en finesse et en neulralité les meilleurs alcools résultant de la saccharification par le malt. Au m0yc.n de certains moulins, on peut opéier la moulure cles grains de manière à en séparer le son. Celui-ci ne produisant pas d'alcool est iiuisible dans le travail, et comme rosidu, i l est parfait, car étant a l'ktat sec il peut êlre transporté et emmagasiné; ce qui est souv~iitimpossible avec les résidus provenant de la dislillalion par le malt, qui doiveiit ètre consommés sur place et jour par jour. En résumé donc, ,quand il s'agit de traiter journellement de grandes quantités de maïs ou de riz, la saccharification par les acides cst la plris facile, et c'est par ce système qu'ont été installées les grandes distilleries de Croisset-Rouen et cle BordeauxBacalan. Nous allons donner la description des deux niodes de travail par les clc cl es : à air libre ct sous pression.

SACCHA!lIFICATION

PAR LES ACIDES

65

3 II. - DescrBtion du travail par l'ancienne méthode
à air libre.

La saccharification des grains par les acides est un travail assez simple, qui exige cependant certaines conditions essentielles pour arriver à un bon résultat : l o 11 faut d'abord employer des cuves de saccharification Btablies dans &s conditions de durée toutes particulières, et il faut que ces cpves soient solidement supportées par le fond. Sans cela, on s'expose à des accidents de rupture de ces cuves, et il eik résulte toujours des brùlures graves, souvent mortelles pour les personnes qui se trouvent là, dans le moment où le sirop bouillant s'en échappe ; 20 Il faut, ensuite, que le barboteur en plomb, qui amène la vapeur de chauffage, soit tourné en spirale sur le fond'de la cuve, de manière à ne laisser qu'une distance d'environ 20 à 23 centimètres seulement entre les spires, et 45: centimètres seulement entre la spire extérieure et la paroi de la cuve ; que ce barboteur soit percé de trois rangs de trous, dont la somme d'ouverture représente environ le triple de sa section; ces trous doivent être répartis en trois rangs, dont un sous le tube et les autres de chaque côté du tube; il va de soi que l'extrémité de ce barboteur est bouchée. Si l'on néglige ces précautions pour le barboteur, il en résulte que l'ébullition ne se fait pas d'une manière égale dans toute la quve, et qu'une partie des grains tombe sur le fond et s'y fixe sans se saccharifier. Quelques distilleries ont voulu parer à cet inconvénient en mettant dans la cuve un agitaleur mû par la machine; cette complication n'est pas utile, si le barboteur en plomb est posé dans la cuve, comme nous l'avons indiqué. 3 Il faut, avant de charger dans la cuve les maïs concassés. v 0 mettre l'eau et l'acide (ou du moins le 1/3 de la quantité totale de l'acide à employer, qui est d'environ 10 kilogr. d'acide muriatique ou Ci kilogr. d'acide sulfiirique par 100 kilogr. de grains) ; il

66

SACCHARIFICATIOI~' PAR LES ACIDES

faut porter ce mélange d'eau et d'acide à l'ébullition et maintenir celle-ci par une vapeur soutenue, pendant tout le temps- que dure le chargement de Ia cuve. Cette ébullition maintient le grain en suspension et empêche qu'il ne se précipite sur le fond de la cuve d'où on ne pourrait que difficilement le détacher. On vérifie quelquefois, pendant le chargement, au moyen d'un mouveron, pour s'assurer si rien ne se dépose dans la cuve ; si cela arrive, c'est quel'on a chargé les grains trop précipitamment ; on modère en ce cas, pendant quelques instants, l'alimentation des grains, jusqu'à ce que la partie précipitée se soit mélangée au liquide en ébullition. 4 On met environ une heure à opérer le chargement de la cuve ; 0 ensuite on ajoute le surplus de l'acide, on maintient encore une bonne ébullition pendant une heure pour réduire complètement le grain en dextrine ; puis on modkre la vapeur tout en maintenant toujours l'ébullition, jusyu'à l'achèvement de la saccharification, qui varie suivant la nature des grains soumis au travail de 8 à 14 heures. . Pour savoir quand celle-ci est terminée, il y a plusieurs procédés pour reconnai tre la quanti té de glucose (sucre incristallisable) produite. On fera bien, à cet effet, de se procurer et de suivre lesvinstructions données par deux peiites brochures, qui indiquent très succinctemenl les opéralions à faim ; ces brochures sont les suivantes : Celle de M. Charles Viollette ; elle a pour titre : Dosage dusucre au nzoyen des liyzteurs 'titrées. Elle se vend à Lille, chez M. ~ u a r r é , libraire, Grande-Place. L'autre est de M. fimile Cornmerson ; elle se vend, à Paris, 99, boulevard de Magenta, au bureau du Journal des Fabricants de sucre. Mais pour les personnes qui auraient des dificixltés pour se les procurer, nous indiquerons ici l'opération à l'alcool, qui peut aussi, dans certains cas, servirde guide. 50 Elle consiste à prendre de la cuve en ébullition une petite quantité de sirop ; à la filtrer sur du papier gris, et àla mélanger ensuite dans une éprouvette en verre, avec trois fois son volume d'aicool à fort degré.

SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

67

.Tant que dans l e mélange se forme un précipité blanc nuageux,
la iaccharification est incomplète ; c'est la dextrine, qui est insoluble dans l'alcool, qui se précipite. Aussitôt que le mélange reste homogène, l'opération est terminée. On arrête ,alors la vapeur qui chauffe la cuve, et on en vide par parties le contenu dans la cuve à saturer. 60 Cette opération de la saturation consiste à enlever au sirop la quantité d'acide qii'il contient en excès, au moyen de carbonate de chaux (appelé, dans le commerce, blanc de Meudon ou blanc d7~spa;ne). Ce blanc est préalablement broyé et passé au crible, pour être divisé et exempt de corps étrangers. On en met dans les sirops, de maniére, à laisser exister dans les fermentations environ six millièmes d'acide muriatique pour des jus riches de 4 à 5 degrés du densimètre. Si le blanc de Meudon est pur, bien lavé, il en faudra mettre à la satiiration environ 3 kilogr. 1/2 par 100 kilog. de mais saccharifiés. Dans le cas où l'on mélange les maïs saccharifiés avec des sirops de mélasses, l'opération de la saturation ne se fait plus, puisque l'excédent d'acide est employé par les m6lasses. Cet acide rernplit en ce cas un double but : d'abord il sert à saccharifier les maïs, puis il sert à faire fermenter les mélasses. Les sirops résultant de la saccharitication par l'acide sont, après leur saturation, refroidis ek mélangés d'eau pour être ramenés à 20 degrés centigrades et 4 1/2 à 5 degrés de densité; ils fermentent avec une grande facilité, parce qu'ils contiennent beaucoup de levure. Aussi emploie-t-on dans ce travail la fermentation continue, sans autre levure de bière que celle nécessilée par la mise en train de la première cuve.
i

$ III.

- Desoription du travail par la nouvelle méthode
rapide et économique sous pression

La premiére méthode de préparer les grains à la distillation que nous venons d'expliquer, est très simple ; mais la dépense est nécessitée par l'acide et par le combustil~le importante et devait

08

SACCHARIFICATIQ~V PAR LES A C ~ D E ~

nécessairement fixer l'attention des praticiens, et les pousser 41 chercher à obtenir un résultat plus économique. M. Colani, ancien professeur à l'Académie de Strasbourg, et M. Kruger sont les premiers arrivés à un perfectionnement réel et pratique de cette ancienne méthode 'de saccharification. Leur procédé consiste à opérer sous fiession, dans un cylindre en cuivre, et à déterminer d'une manière exacte le nonabre de calories nécessai~es ù la saccharification de chaque substance, en opérant à une pression de vapeura donnée et dans un laps de iernps tléterminé. Ils sont ainsi arrivés ù fixer le milieu de pression le plus favorable au traitement de chaque espèce différente de grains et d'autres matières. Lorsqu'on dépasse ce milieu de pression, et par conséquent de chaleur, on produit la transformation de la glucoJe en acide caramélique; si l'on opère à une pression inférieure à celle indiquée, on perd le béndfice du systéme, par la durée trop longue du travail et la dépense trop forle de combustible.. Ils ont tour à tour traité les mais, les orges, les seigles, les blés, puis le foin, la paille, le bois, etc.; ils ont ainsi obtenu des résultats très intéressants. Le foin, par exemple, leur a donné 12 1/2 pour cent d'alcool. Mais ils sont surtout appliqués au traitement industriel des maïs. Nous extrayons d'une brochure, qu'ils ont publiée, leur manière d'opérer pour les maïs ; c'est le travail qui nous intéresse le plus, parce qu'il sert aujourd'hui dans toutes les distilleries de mélasses, pour introduire économiquement dans le travail la levure et l'acide nécessaires à une-bonne fermentation.
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a Nous cuisons en vase clos. Ce vase est en cuivre; disons tout de suite pourquoi nous avons choisi ce métal. L'acide chlorliydrique ou muriatique, le seul dont iious nous servions, n'attaque guère le cuivre eii masse et ae l'attaque qu'au contact de l'air; par l'expulsion de l'air au moyen de la vapeur, iioüs mettons l'appareil saccharificateur B l'abri de toute action corrosive, ainsi qu'on peut s'en convaincre en visitant celui qui cst monté à notre usine; après 1,500 cuites, il est, P I'intdrieur, exactement dans le même état que le jour où le constructeur nous l'a expédié. . . . .

SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

69

) Pour chaque espèce de substances contenant de l'amidon, l'opéra) tion exigera une quantitd d'eau et d'acide, une pression et unv durée s quelque peu différentes. Au lieu d'entrer, à ce sujet, dans d'innomn brables détails, nous allons raconter exactement comment nous opé0 rons depuis plusieurs mois avec le maïs, qui est un des grains les D plus rebelles h une saccharification complète. u Nous versons d'abord dans notre saccharificateur, qui mesure une n capacité d'un mètre cube et demi, 600 litres d'eau coupés de 16 kilogr. u d'acide chlorhydrique, et en mème temps nous ouvrons le robinet de fi vapeur. Dès que les deux tiers de l'eau sont entrés, nous chargeons, u parle, trou d'homme supérieur, 360 kilogr. de maïs concassé. On ferme le trou d'homme ; on laisse sortir l'air par le robinet purgeur jusqu'd ce u qu'il ne passe plus que la vapeur. On ferme alors ce robinet, et le n manomètre ne tarde pas à monter. Lorsqu'il marque 3 atmosphères (pression normale pour le mals), on arrête l'introduction de la vapeur > de chauffage. Une ou deux fois peut-être pendant l'opération, le ma) nomètre redescend vers 2 4/2 ; il est bon, en cc cas, de rouvrir l'acc6s à la vapeur durant quelques secondes, ce qui sufit pour rétablir et maintenir la pression normale. Aprés cinquante minutes de chauffage B .(à partir de l'instant où l'on a fermé le trou d'homme), on ouvre le robinet de ddcharge, et l'appareil devenant un vrai monte-jus, toute la masse liquide s'élève par le tuyau vers la cuve de dépôt, qui est munie » d'un couvercle solidement cloué et d'une petite chcminAe en bois, pour permettre k la vapelir du liquide de s'écliapper librerrent sans produire O d'éclaboussures. Entre le point de départ et le point d'arrivée du tuyau r de decharge, il existe une différence de niveau de 6 mètres. On pourrait I) l'augmenter corisidérablement sans aucun inconvénient. - Rien ne u reste dans le saccharificateur. u La décharge dure quatre minutes, le chargement onze. Avec les cine quante minutes de cuisson, la durée totale de l'opération est donc de r soixante-cinq minutes, de sorte que nous faisons habituellement vingtn deux cuites en vingt-quatre heures. L'ouvrier attaché au saccharificateur n a tout le temps nécessaire pour conduire au moins deux appareils, » chargement compris. Il serait donc facile d'établir dans les grandes s 4isines tolite une batterie de saccharificateurs, et rien n'empêcherait, ) d'autre part, de donner au cylindre une dimension double, triple ou ) même quadruple.

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Suivant MM. Colani et Kruger, on arrive, par l'application de

70

SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

Ieur procédé, à diminuer la dépense de fabrication de 1,000 kilogr. de maïs de 38 fr. 50 c., qui résultent de :
16 francs les 100 kilogr . . . . . . . . . . . . . . . fr. 8 80 20 Différence en moins de dépenses de combustible, 900 kilogr. de houille à 30 francs. . . . . . . . . . . . . 29 70
10 Différence en moins sur l'acide employé, 55 kilogr.

Soit par 1,000 kilogr. de grains.

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. . Fr.

38 50

Et ce n'est là qii'une partie des avantages de ce procédé, puisqu'il augmente aussi le rendement eii. alcool. Le procédé de saccharification' de MM. Colani et Kruger a reçu de nombreuses applications dans ces dernières années, nous donnons ci-dessous la copie d'une lettre d'un grand industriel, fabricant de sucre et distillateur dans le Pas-de-Ca!ais - elle fixe bien le rendement obtenu du maïs jusqu'en 4881. - Mais depuis cette époque, des distillaleurs du Nord, MM. Bonzel, ont perfectionn6 le travail et sont parvenus à augmenter le rendement du maïs de 3 à 4 litres d'alcool par 100 kilogr. Déjà plusieurs usines ont acquis par licence de brevet le droit de se servir de ce nouveau procédé, do& ils tirent les meilleurs résultats. Les figures 42 et 13 représentent la vue de face et de profil, de l'appareil de MM. Colani et Kruger.
A . Cylindre en cuivre rouge, solidement construit, contenant son doirble fond perforé. b. Trou d'homme servant à charger les grains. c. Trou d'homme pour introduire le double fond. d. gprouvette servant à suivre le travail, par la prise d'échantillons du sirop à différentes phases de l'opération. e. Manomètre indiquant la pression jnlérieure de l'appareil. f. Horloge pour observer la durée de l'opération. G. Cuve en bois, munic d'une cheminée, servant à vider le contenu du saccharificateur, aussitôt la saccharification terminée. 1. Robinel d'arrivée d'eau acidulée. 2. Robinet d'arrivée de vapeur pour le chauffage. 3. Robinet pour purger l'air contenu dans le cylindre. 4. Robinet de vidange, communiquant à la cuve supérieure.

SACCHARIFICATION PAR LES .\CIDES

5 IV.

-

Lettre d'un distillateur.

Après avoir décrit le système Kruger, nous croyons devoir reproduire la lettre d'un distillateur adressée au Journal la Sucrerie utdigène et publiée le 9 février 1881 et dans laquelle se trouvent des chiffres qui ont beaucoup d'intérêt, en tenant compte toutefois des perfectionnements apportés depuis :

Puisque vous voulez bien ouvrir les colonnes de votre intéressant journal aux publications relatives à l'alcool, je demanderai à répondre quelques lignes à l'article paru dans votre dernier numéro sur la saccharification des grains par les acides, procédé Kruger. d'ai mont6 l'an dernier sept appareils système Kruger pour la distillation du maïs et je dois dire que tous ces appareils ont'fonctionné à mon entiére satisfaction. d'avais accepté la proposition de M. Savalle qui m'avait offert sou principal ingénieur pour me guider dans cette nouvelle installation et, sous cette habile direction, mon travail a été parfait du premier jour jusqu'au dernier. 1,'économie d'acide et de vapeur réalisée par les saccharificateurs Kruger est très importante. Le maïs est sufisamment cuit, sans jamais être brùlé. Cependant le rendement n'a jamais dépassé chez moi, 31 0/0, et il n'a guère été au-dessous de 30 0/0 en prenant la moyenne de tout l'été. On m'avait fait espérer 33 litres de bon alcool à 900 par 100 kilogs de maïs. de crois que- ce résultat est impossible à obtenir, et que les distillateurs qui ne veulent pas se faire d'illusion doivent compter sur un minimum de 330 kilogr. de maïs pour produire un hectolitre d'alcool à 90° et cela en travaillant trbs bien. Les maïs, surtout en été, ne sont pas toujours d'une qualité irréprochable, et on ne peut pas en retirer plus d'alcool qu'ils n'en contiennent. Agréez. etc;

74

SdCCHARIFICATION PAR LES ACIDES

§ V. - Devis approximatif du matériel d'une distillerie

travaillant par24 heures 7,000 kilos de riz ou de maïs par les acides.
Io Générateurs de vapeur :
Trois générateurs de vapeur de la force de 30 chevaux chacun : Tôle, 22,200 kilogr., h 65 francs. . . . . Fr. 14.430 Fonte, 7,5200 kilogr., à 45: francs . . . . . . 3.240 Accessoires, environ . . . . . . . . . . . 1.O00
Moteur :

1

18.670 n

Machine A vapeur de 8 chevaux . . . . . . . . . 3.600 3 Distillation : O Une colonne distillatoire en fonte, avec ses satellites en cuivre no 5 . . . . . . . . . . . . . . . . 10.300 do Rectification : Un rectificateur à chaudière cuivre no 4 . . . . . . . 12.000 5 Pompes r O Une pompe à jus fermenté en bronze, . . . . . . . 4.500 Deux pompes en fonte de fer pour eau froide. . . . Ueux pompes alimentaires. . . . . . . . . . . . . 60 Saocharification : Un concasseur. . . . . . . . . . . . . . . . . . Un appareil en cuivre systBme Colani et Kruger . . . Une cuve dc décharge. . . . . . . . . . . . . . . 'ioSaturation : Trois cuves de 35 hectolitres. . . . . . . . . . . . 8 Fermentation : O 8 cuves de 110 hectoiitres chacune. . . . . . . go Itéservoirrs en tôle : Deux pour les alcools bruts. . . . . . . . . . . Un pour les 3 6 bon goût . . . . . . . . . . . TTri à eau froide . . . . . . . . . . . . . . . . . Un à jus îermenté . . . . . . . . . . . . . . . . Un eau chaude, à 65 francs les 100 kilogr. . . . .
1

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2.200 5.500 s 800 u
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8PO 4.400
11

o0 Robinetterie, tuyauterie, transmiaeioiia et montages divers, environ. . . . . . . . . . .
Matériel : TOTAL approsimatif.

$1 1

3.500

1)

7.000 72.CilO

. . . . . . K.

*

SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

75

ag VI.

Devis approximatif du materiel d'une distillerie travaillant par 24 heures 60,000 kilog. de riz ou de maïs par les acides.

-

lo Qénérafeurs de vapeur :
Six générateurs semi-tubulaires représentant ensembIe 720 mètres carrés de surface de chauffe. . . . Fr. 105.000 n . Prise de vapeur en tôle reliant les générateurs. , . 1,800 ))

.

2 Moteur et pompes r O
Une machine à vapuur à haute pression de 40 chevaux. 18.000 Deux pompes à eau pouvant fournir enseinble 100 mètres cubes par heure . . . . . . . . . . . . . . . . 5.500 Deux pompes à jus fermentés en bronze pouvant fournir par heure 25 mètres cubes . . . . . . . . . . . 5.700 Deux pompes alimentaires. . . . . . . . . . . . 2.500
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3 Moulin : O
Six broyeurs système Gaüz Bluterie, élévateurs, etc. .

. . . . . . . . . . . 4.5.000

))

. . . . . . . . . . .

5.000

1)

ho Sacc1i;arifioationt
Huit appareils Kruger en cuivre no 3 . . . . . . . . 72.000 Deux cuves de décharge des Krugers contenant chacune 100 hectolitres . . . . . . . . . . . . . . 2.000 Six cuvesà saturer contenant chacune 150 hectolitres . 5.400
))

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1)

Seize cuves de fermentation contenant chacune 525 hectolitres en sapin rouge de 70 "'/" . . . . . 23.600

) ,

Deux appareils distillatoires en cuivre du système 90.000 Savalle (no 13 de la série) A 45.000 francs l'un .

.

))

A reporter.

. . . .

373.500

))

SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

Report.

. . . . 873.500

x

'io Rectification : Trois appareils de rectification no 10, h chaudière en tôle du systhme Savalle, établis du nouveau système avec colonn3 rectangulaire et disposds pour ufiliser les vapeurs d'échappement. . . . . . . . . . . . i 65.000 8 ~ Q s e r v a i r s tôie : O en Réservoir b flegmes de 1.O00 hectolitres ; P 4 moyens goûts de 100 ; à mauvais goûts de 250 ; » Dix réservoirs à alcool fin contenant ensemble 2.000 hectolitres ; Deux réservoirs à eau froide ; Deux réservoirs à jus fermentés; Un réservoir eau chaude ; pesant ensemble environ 60.000 kilogr. . . . . . 30.000
Divers :

b>

0

Tuyauterie et robinetterie, environ. Transmission de mouvement. . . . Dépotoir etc., etc. . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

35 .O00 6.000 3 .O00

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TOTAI, approximatif. Fr. 639.500

u

Des distilleries. de cette importance sont iiistüllées, l'uiiz a Croisset-Rouen, et l'autre
à Bordenux.

RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

Si l'alcool de grains est très apprécié par son moelleux et sa douceur, il n'en est pas moins vrai que lorsque la rectification est imparfaite, il conserve un goût sui generis, dont il est, par la suite, très difficile de lc débarrasser, et qui se dégage de toules les préparations dont cet alcool est la base. Lorsque l'alcool des grains doit être consommé comme eaude-vie, telles que les genièvres et les whiskies, ce goût sui generis, au lieu d'être un défaut, est précisément une qualité et en constitue lc bouquet. C'est ce goût particulier inhérent à la nature du produit qui fait rechercher les eaux-de-vie de Cognac, de rhum, de cerise (kirscli), etc. Mais si l'alcool des grains est employé comme base principale de certains produits, comme la fabrication des liqueiirs, le vinage des vins fins, la fabrication des eaux-de-vie de Cognac, etc.; ators cet alcool doit être complètement raffiné et dépouillé de toutes les impuretés qui seraient une cause de perturbation et d'infériorité dans les opérations de la fabrication. Les premières impuretés de l'alcool de grains sont assez faciles h enlever, c'est pourquoi, même avec des appareils imparfaits, on' peut produire des alcools appréciés et jouissant d'une prime ; mais pour fabriquer des alcools de grains absolument purs, il est nécessaire d'employer des appareils très perfectionnés et des procédés spéciaux. La rectification des alcools de grains est faite sur une très

78

RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

grande échelle à l'usine la Madone, à Puteaux, pr&s Paris. Nous donnons, en outre de la description de cette usine, celle d'une grande usine de rectification russe.

§ 1. - Usine la Madone
LA MADONE A PUTEAUX

(PRES PARIS)

La caractéristique de l'industrie moderne est la somme considérable de capitaux exigée pour arriver à une fabrication très perfectionnée. Dans toutes les branches de Sindustrie on remarque que pour se tenir au niveau du progrès moderne et satisfaire aux conditions économiques qui sont : un prix de revient très bas uni à la perfection du produit, il faut immobiliser des capilaux immenses k i t en achat de matières premiéres, soit dans un outillage très coûteux. La fabricatioii et le raffinage des alcools surtout exigent des installations très compliquées et d ' u n prix de revient très élevé, quand on veut toucher à cette industrie et produire des qualités au-dessus de l'ordinaire et remarquées cle suite par la clientèle. Car, autant il est difficile d'attirer l'attention sur un produit médiocre, autant un produit supérieur est demandé et recherclié. C'est que les avantages donnés par l'alcool supérieur sont si grands que les acheteurs n'hésitent jamais à lui accorder une prime importante. Jusqu'ici on réserve encore l'alcool très fin pour des emplois qui exigent un produit bien délicat, mais le temps n'est pas loin où on ne voudra plus employer que des alcools absolument neutres et purs, parce que leur puissance d'affinité moléculaire est plus grande et que les merveilleuses propriétés physiques et chimiques de l'alcool, son énorme pouvoir dissolvant ne sont pas diminuées ou dégradées par la présence d'huiles essentielles et d'acides que laisse toujours un travail imparfait.

RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

49

Quand on observe que les eaux-de-vie de Cognac, par exemple, ne doivent leurs hautes qualités qu'à la présence de principes qui n'exislent qu'à l'état de quantités infinitésimales, on ne doit pas être surpris que la présence de quantités mêmes très minimes d'huiles essentielles, qui sont des poisons très violerits, suffisent pour déprécier i'alc001 et le rendre improj~re un emploi rationnel. à Malgré les avantages considérables qu'il y a, à produire des alcools très fins, les fabricants hési tent toujours, pour des raisons que nous n'avons pas à examiner, à faire les dépenses nécessaires pour l'installation des appareils perfectionnés de raffinage des alcools. De là vient que laFrance est restée longtemps tributaire de l'Allemagne pour une grande quantité d'alcool qui pouvait parfaitement être fabriquée en France. En présence de ce t,é ta1 de choses, l'administration de l'usine la Madone, &+uteaux, n'a pas hésité à immobiliser une somme considérable, pour doter le pays d'une usine modèle fabricant des alcools d'une pureté exceptionnelle. Les alcools de la Madoiie rivalisent comme velouté et souplesse avec les meilleurs alcodls allemands, ils ne sont ni secs, ni durs, comme certains alcools t r h fins du commerce, leur force alcoolique et leur pureté ont atteint un degré inconnu jusqu'ici. L'installation de cebte usine a été faite par les soins de MM. D. Savalle et Cie, les ingénieurs-constructeurs de distillerie. Les appareils en activité à Puteaux sont du même système que ceux installds par MM. Savalle et CiQn Allemagne et en France, et qui produisent les alcools de marques jouissant d'une forte prime. Dans cette nouvelle installation MM. Savalle et C1e ont appliqué les derniers perfectionnements que leurs études constantes de la rectification leur ont fait trouver, et qui réalisent ainsi un progrès tout nouveau sur ce qui a été fait jiisqu'à ce jour. Par son outillage perfection~~é, l'usine cle la Madone est en mesure de fournir, à des prix très modérés, des alcools d'une qualité exceptionnelle. Cela permettra d'étendre l'usage de l'alcool fin

80

RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

à une infinité d'emplois, pour lesquels son prix élevé i'avait éloi-

gné jusqu'ici.

MARQUE DE FABRIQUE DE

«

LA MADONE

n

La marque de fabrique de la rafiiierie d'alcool, la Madone, re~résciiteun élégant flacon d'alcool bouché à l'émeri avec le nom et l'adresse de l'usine et les mots : alcool raffiné. Cetle marque a été déposée conformément à la loi du 23 juin 1857.

S. II. - Usine de rectifiçation

Cette usine construite à la fin de l'année 1885 a commencé à travalller au commencement de l'année suivante; elle est bâtie au centre même de la partie haule de la ville de Nijny-Novgorod,

RECTIFICATION D E S F12EGh1ES DE G K h l S S

8t

ville située au confluent du Volga et de l'Oka; c'est la première usine de rectification employant des appareils perfectionnés, construite dans la région orientale de la Russie; grâce Ct la qualit6 des produits qu'elle fabrique et à son excellente situation au point de vue des communications, elle a pris rapidement une grande importance et exporte ses produits dans toutes les villes de l'ouest depuis Perme jusqu'à Astrakhan et aussi en Sibérie; - comme l'usine « la Madone n, l'usine de M . Dolgoff ne rectifie que des alcools, flegmes de grains et de pommc cle terre achetés dans les diverses distilleries agricoles des gouvernenlents voisins ; tout l'alcool rectifié qu'elle produit est transformé clans l'usine même en Vodka, eau-de-vie blanche, dont l'usage est très répandu dans toutes les classes de la société russe, cette eau-de-vie qui n'est que de l'alcool à 40" G. L. sans addition aucune d'aromates ni d'essences, doit pour être buvable et non nuisible à la santé, étre fabriquée a r e c un alcool exempt de toute saveur âcre et piquantc et quine laisse percevoir au goû't que la saveur h la fois chaude et douce de l'alcool parfaitement pur. Le travail dans l'usine deM. Dolgoff s'opère dc la même façon que dans l'usine de K la Madone » ; l'alcool qui y arrive par grands convois, en hiver par traîneaux, en été par les rivières, est aussitôt versé dans de grands réservoirs en f e r situés sous sol et hermétiquement clos. Une fois l'alcool entré dans une usine dc rectification, en Russie, le plus grand soin du propriétaire doit être d'éviter les perles même minimes, car si l'alcool ne coûte qu'environ 22 francs l'hectolitre à 900, il acquitte à son entrkc dans les usines dc rectificution uil droit de 190 fr. par llectolitre à 900, et l'admiiiislration (le la régie ne tient compte d'aucun déchet par le travail, et, jusqu'h yroscnt, malgr6 Ics justes demandesdes industriels, ne dégrève pas Sc l'julpôt las liuiies essentidles et les mauvais gouls qui par cette cause s'écoulent très difficilement dans les industries qui pourraient les employer. Aussi est-il nécessaire pour tra~ailler avec profit de posséder un appareil rectificateur ne perdant point d'alcool et séparant les bons et les mauvais goûts avec perfcctioii. tout en réduisant ces derniers à leur moindre quantité.
6

82

RECTIFICATION D X S FLEGMES DE GRAINS

Le rectificateur nioiité chez M. Dolgoff est un numéro 8 du système Savalle, produisant 8,000 litres d'alcool bon goût par 24 heures. Avant de subir la rectification, l'alcool brut étendu d'eau (40 à 450) traverse une batterie de six filtres d e 10,000 litres de capacité chacun et remplis de cliarbon de bouleau parfaitement carbonisé, lourd et régulièrement concassé ; tous les réservoirs dans lesquels doit passer l'alcool sont complèlement fermés, n'ayant qu'un double clapet à leur partie supérieure pour la sortie et la rentrée de l'air nécessaire à leur remplissage et à leur \idange; ces réservoirs, qui sont au nombre de six, sont disposés de façon que la circulation de l'alcool se fasse alitant que possible par différence de niveau; il y a cependant une pompe mue par la machine à vapeur pour pomper l'alcool des citernes de réserve dans le réservoir mélangeur, et de ce réservoir dans celui de charge situé tout en haut de l'usine et d'où l'alcool s'écoule lentement et continuellement à travers les filtres; le mélange d'eau et d'alcool se fait dans un réservoir cylindrique complètement fermé, à l'intérieur duquel tourne un arbre à palettes actionné par la machine à rdp eur. L'édifice comprend cinq grandes salles distinctes : le magasin où l'oii vide les pipes d'alcool brut et où l'on emporle l'alcool rectifié; la salle des filtres occupée d'un côté seulement par la batterie des six filtres, l'au tre côté res taut libre dans le h t de pouvoir doubler ou tripler le travail sans modifier les blitiments ; la salle de l'appareil, d'une très grande élévation, peut aussi recevoir un scconcl appareil égal au plus fort; la salle du ghnérateur, où la piace d'un second est aussi réservée ; enfin la salle de la machine à vapeur, où se trouve une macliiiie de liuit clicvaux actionnant une pompe à eau, uiie pompe h alcool, uiic pompc d'alimentation, le mélangeur et deux macllines dynamo-électriques pour l'éclairage de l'usine, des bureaux, des magasins et de la maison d'habitation ; une autre petite machine à vapeur est destinée à actionner une des machines dynamo-électriques de réserve dans le cas tl'iiiie avarie survenant à la grande; c'est là que sont aussi groupés divers appareils automatiques qui reiiclen t compte au contremaître de tout ce qui se passe dans l'ubine, saris qu'il ait

Ri'
nm

besoin de se dkranger : un tableau à numéros nvcc sonnette électrique l'avertit quand un des réservoirs est sur le point d'Gtre pleiri ou vide ; deus petits il~anoil~Slres à ct à eau lui intliquent constaniment le coulage à l'heure de l'alcool h trakcrs les filtres et le coulage (le l'alcool à I'éprouvette du rcctificateur ; des robinets placés sous sa main lui permettent de modifier l'un et l'aulre coulage. Tous les bâliments soiit coilstruits en briques ; les poutres, escaliers, supports d'appareil sont en fer et en fonte; la toiture est en tôle de fer oiîdulée et affccle la forme d'uuc voûlc, ce qui lui donne une grande rbsislance au poids des neiges, bien qu'clle ne soit pas muiiic d'ui~carrnalure inlérieurc; h chaque étage J e chaque salle se trouvc un robiilct d'incendie, qui est al~rnciilc par la conduite d'eau de la ville sous une forte pression ; (lc PLIS, dans la salle dc la machine se trouve un jeu de valves étiquetées, au moyen desquelles Ic iiîacliinis te peut envoyer ln vapeur du générateur là où un conîmencenient d'incei~diese déclarcrait. Les sacrifices fails par BI. Dolgoff pour monler uiie usine fonetionnant avec profit, sans accideiits, el livranl des produils trés estimés dans les deux capitales, Aloscou el Saiiit-I'élersbourg, cl dans toute la partie orieiîtalc de la Russie, ont été couronnés de succès. Dans les deux expositions où ces produils ont figurb: en 28H6, à l'exposilion industrielle et agricole dcs rCgions du Volga à Kasan, il lui a éti: d6ceriié une médaille (l'or et la médaille (le la Société technique impériale de Russic ; et, en 1886, h l'exl~osition CIkaterinnbourg, il lui ii 6té tlécerii6 uiie sceoiiae médaille d'or. Aussi, n'est-il pas étoiinailt quc, clia(1ite année, à la grande foire di. Nijriy-Novgorod , ses relations conimcrcialcs s'dfenclciit toujours davantage.
a i 1 2

CHAPITRE

HUITIE~CIE

DES R ~ S I D U S LA DISTILLATION DES GRAINS DE

$ 1. - Drêches de la distillation par le malt.

Ainsi qu'on a pu l'observer dans les chapitres précédents, I'utilisation des résidus de la distillation des grains a une extreme importance pour le succès d'une distillerie, il ne suffit pas de fabriquer le meilleur alcool, d'obtenir les plus grands rendements, il faut encore tirer le meilleur parti possible des sous-produits de la distillation. Quand on travaille par le malt, l'emploi des drêches se trouve tout indiqué; elles sont données encore chaudes ou tièdes aux bestiaux; c'est le s ~ s l è m e le plus parfait. C'est celui qui cst employé clans la grande distillerie de hl. Louis RIeeus à Wyneghem (Belgique) où un système de tuyaux et dc conduilcs, am&ne la ~ drêche directement dans les mangeoires des dix étables t l FjO bûtes chacuné que possède la dislillerie. Quand le distillateur n'utilise pas lui-même sa drêche, les cultivateurs viennent la chercher dans des lonneaux, elle leur est livrée presque toujours chaude, car c'est encore une économie de combustil~lepour l'éleveur. Enfiii quand la \-ente immédiate de la drkche ii'est pas possible, il €aut la corri primer ou la dessécher au inoyen d'un système quelconque. A la distillerie de Maisons-Alfort, la drêche qui n'est pas vendue liquide, est comprimée dans des sacs au moyen d'une forte presse

86

DE? RÉSIDUS I)E:

LA DISTILLATIOX DES GRAINS

et veiirlue au poids (5 fr. 90 c.) les 100 kilogr., la drêche liquide est vendue 73 centimes l'hectolitre. Différents moyeiis ont été préconisés pour clessécher la drêche; parmi ces procédés nous parlerons du système breveté de MM. Louis RIeeus et Heiiizelmann; nous donnons plus loin la description du brevet. II va sans dire que le distillateur qui n'a pas I'cmploi de ses ilrêches ne doit pas travailler par le malt, car c'est le bon emploi de ce résidu qui peut seul le compenser largeaient des frais importants supplémeiitaires que nécessite ce mo-de de fabrication.

5

II.

- Composition et

valeur nutritive des drêches de la distillation par le malt.

M. Graiitleau, cxhiiniste à Nancy, a analysé, les drêclies dc la distillerie de fi1aisoils-Alfort, qui sont livrées aux nourrisseurs des environs de Paris, soit liquides, soit comprimées. . Les matières premières de la distillerie de MM. Springer et Cie, qui est, comme on le sait, une fabriclue de levure, se composeiit de seigle,-de maïs et d'orge. D'après les analyses publiées par $1. Grandeau dans le J o u ~ n a l d'Agriculture prsctique, l'hectolitre de cette drêche pèse 102 kil. fifi. Il contient 8 kil. 15 de substances sèches et 94 kil. 40 d'eau. La composilion d'un hectolitre de mélange est la suivante enpoids:
Matière azotée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . kil. Matière grasse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sucre de glucose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Matière extractive non azotée, amidon, dertrine, etc. . . . . Cellulose briite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Matières minérales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . TOTAL. .
1.340 630 2.110 2.340 2.230 310 94.400 102.330

. . . kil.

Débarrassée de l'eau, la substance solide, dont le poids total, par hectolitre, s'élève à 8 kil. 190, présente la composition centésimale suivanle :

DES RÉSIDUS DE L Z DISTlLL4TION DEI GR ZlXS

87

Matière azotée . ' . . . . . . . . . . . . . . . . . . Itil. 18.86 Matière grasse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ' .79 i Sucre de gli~cose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13. Y8 . Matière extractive non azot6e. . . . . . . . . . . . . . . 28.66 Cellulose brute. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27.28 Matières minéralcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3.77

Le rapport des matières azotées aux substailces iioii azotées

= 112.65. Ces résidus sont donc riches en malières iîulritives.
La fermentation s'obtient à Maisons-Alfort, sans addilion préalable (l'acides aux cuves. Voici, d'après MM. Dietrich et Iioiîig, la comparalsoii moyenne des divers déchets iiîdustriels les plus appropriés à la nourriture tiu b6tail: 10 hectolitres dc liquidc distillcric Springer corrcsporiclent srnsiblement, comme valeur nutritive en substniice azotée, A 180 kilclgrammes de foin de prairie. En effet, 10 heclolit~es de drêche con tiennent :
Matière azotée. . . . . . . . 13.43 kilogrammes. Matière non azotée. . . . . . 40.00 150 kilogrammes de foin de prairie contiennent : Matière azotée. . . . . . . . 15.20 kilogrammes. Matière rioil azotéc . . . . . . 60.00

-

Substdnces 100

P ~ R T I E SDE SUBST~SCES SÈCIIES CO\TIE\IE\T

pour 100

1. Germes de malterie . . . . 2. Drêches de brasserie . . . . 3. Vinasse de seigle . . . . . 4.Vinassedemais. . . . . . 5. Vinasse de blé. . . . . . . 6. Pulpes de betteraves . . . . 7. Pulpes de pommes de terre 8. Drêches de Maisons-Alforts

. .

* Sucre compris.

88

DES

RESIDUS

DE LA DISTILLATION DES GRAINS

On estime généralement que les résidus de la distillation de 200 kilogr. de seigle, d'orge ou de maïs, équivalent à 100 kilogr. de foin de première qualité; de là on peut facilement déduire la valeur absolue de ces résidus dans chaque localitb.

S

III. - Traitement de la vinasse sous haute pression. Brevet Louis Meeus et B. Heinzelmann, à Wyneghem (Belgique).

La vinasse, c'est-à-dire le mélange des résidus solides et liquides que l'on obtient des moûts de grains saccharifiés après leur fermentation et leur distillation contiennent 90 à 93 0/0 d'eau et les substances suivantes qui sont en partie dissoutes dans l'eau, mais, pour la plupart, en suspension dans cetle dernière : fibres ligneuses, graisse, amidon, sucre, dextrine, matières minérales et substances azotées; la plus grande partie de ces dernières matières appartient au groupe des corps albumineux. On a déjil fait de nombreux essais dans le but de séparer, au moyen de mdtliodes connues, cornnie l'emploi des filtres-presses, séparation au moyen de turbines, etc., les substances solides des vinasses des matiCres liquides, et de donner aux premières, par dessiccation, une forme sous laquelle elles soient plus faciles à transporter et à conserver. Ces essais n'ont, jusqu'à présent, donné aucun résultat satisfaisant et que l'on puisse utiliser manufacturièrement, car une certaine portion des albuminoïdes est en suspension dans le liquide sous forme de gluten et lui donne une consistance extrêmemeqt tenace et visqueuse, et finit par ohstruer les pores de la matière filtrante, ce qui rend extrêmement difficile sinon impossible le filtrage complet du liquide. Mais si l'on soumet au préalable la vinasse, pendant une courte période, à l'effet de la haute pression et à la température correspondante, dans un vase clos, on coagule ces matières glutineuses en suspension, et aussi une partie de celles qui sont dissoutes. Dans le liquide obtenu on peut alors opérer d'une façon complète et sans difficulté, par l'un des moyens mentionnés plris Iinut, la séparation des solides et des liquides.

DES RÉSIDUS DE LA DISTILLATIOX DES GRAINS

8!)

$j IV. - RAsidus de la distillation par les acides.

Pendant longtemps les résidus de la dislillation par les acides au lieu d'être une source de bénéfices pour le distillateur ne lui causaient au contraire qiie des embarras de toutes sortes et dcs . dépenses constantes. On s'estimait heureux quand oii pouvait les évacuer dans une rivière ou à la mer, ou les répandre dans les champs comme engrais. Le procédé inventé par MN. Porion et Mehay a faiC entrer le traitement des vinasses dans une voie trbs fructueuse. Ce procédé appliqué décjà dans de nonibreuses usines donne les résultats les plus sa tisîaisan ts.

S V . - Utilisation des drkches provenant de la distillation du maïs par les acides, procédé Porion et Méhay.

Parmi les principaux perfectioniicments apportés dans ces derniers temps au travail des grains par les acides, et notamment au travail des niaïs, figure incontestablenlent un procédé au moyen duquel MM. Porion et Méhay retirent de la vinasse autrefois inutilisée ou très mal utilisée, des produits accessoires importaiits et qui, déduction faite des frais, ne représeiiteiit pas moins de 2 fr. 30 c. à 2 fr. 50 c. par 100 kilogrammes de maïs travaillé, soit environ 7 francs par Eiectolitre d'alcool produit. Cc procédé qui consiste essentiellement à constituer au moyen des matières solides de la vinasse ou du moût des grains une nouvelle matière première d'liuilerie, ou sorte de graine oléagineuse artificielle pouvant être travaillée par les procédés ordinaires de l'huilerie, se compose des opérations suivantes :
Séparation des matières solides de la vinasse. - Cette première opération se fait au moyeii de filtres-presses mis en communication directe avec les colonnes de distillation et fonctioiinaiit par la simple pression de ces appareils.

90

DES

RBSIDUS

DE L A DISTILLATION DES GRAINS

Laijuge des matières des filtres-presses. - On commence par opérer le délayage des matières solides sortant des filtres-presses, ce qui peut être fait au moyen de tous appareils propres à délayer les employés matières farineuses telles que les différents n~acérateurs dans le travail de la distillation par ie malt. On charge les matières dans l'appareil avec 4 ou 9 fois leur poids d'eau et pendant l'opération on chauffe à l'ébullition en vue d'éviter les altérations et pour rendre plus facile la clcuxième filtration, opération qui se fait dans une seconcle série de filtres-presses par l'intermédiaire d'un monte-jus recevant les matières délayées et faisant pression dans ces appareils. Le lavage qui vient d'êtFe indiqué n'ayant pour but que de rendre les tourleaux propres à la nourriture du bétail, il conviendrait de supprimer cette opération si l'on se proposait simplement de produire des tourteaux d'engrais. Séchage et pulvérisatio~ades matières solides sortant des filtres-presses. - L'appareil employé à cette double opération soit pour les produits lavés de seconde pression, soit pour les produits non lavés de première pression présente sensiblement les mêmes dispositions qu'uii chauffoir d'huilerie fonctionnant par la vapeur. Il se compose d'un réservoir cylindrique dont le fond circulaire chauffé par la vapeur au moyen d'un double fond, se trouve constamment raclé par une ou plusieurs lames de couteau inclinées mises en mouvement par un arbre vertical. En opérant la dessiccation au moyen de cet appareil, que l'on conduit simplement comme lorsqu'il s'agit du chauffage des farines oléagineuses en travail d'huilerie, peu à peu, la matière, constamment remuée par les lames de l'appareil, se divise et tombe en poussière à cela près de quelques boules, qui apparaissent principalement sur la fin de l'opération et qui se réduisent du resle facilement en poudre en les froissant légèrement. Lorsque la matière en séchage ne renferme plus que 10 0/0 d'eau environ, l'on arrête l'opération ; on tanlise d'abord le fin, puis les boules après les avoir écrasées sur le tamis, et le produit se trouve alors préparé pour le travail de l'huilerie.

DES R ~ ~ S I D I JDE 1.A DlSTIL1,ATIOS S

DES GRAISS

91

Extractionde l'huile. - Ces matières ayant été préparées comme il vient d'être dit ci-dessus, l'extraction de l'huile peut se faire par tous les moyens industriels employés en huilerie et notamment par pression ou par le sulfure de carbone. Lorsqu'oii opère par pression, procédé qui est aujourd'hui le plus employé, l'on obtient comme résidus de l'opération, des tourteaux analogues, et à peu près aussi riclies en azote que ceux d'arachides, mais qui sont de beaucoup préférables comme nourriture du bétail. La composition de ces tourteaux est très régulière pour un même mode de travail, mais elle est un peu diff4rente selon que les résidus solides des filtres-presses ont été lavés et repressés ou qu'ils n'ont pas subi ces opérations. Nous donnerons ci-après des analyses moyennes de tourteaux obtenus dans ces deux conditions différentes. Tourteaux alimentaires de drêchcs de maïs (provenant de résidus lavés). Composition en centièmes : Azote . . . . . . . . . . 7.13 Acide phosphorique soluble 4 .16 Huile restant. . . . . . . 12.14 Matières organiques . . . 69.77 Cendres . . . . . . . . . 2.24 Eau. . . . . . . . . . . 7.35 Total. . . . 100.00 Tourteaux-engrais de drêches de maïs (provenant de résid us non lavés). Composition en centièmes : Azote . . . . . . . . . . 6.43 Acide phosphorique soluble 1 .19 Huile restant. . . . . . . 12.10 fiIatières organiques. . . . 69..61 Cendres . . . . . . . . . 3.35 Eau. . . . . . . . . . . 7.32 Total. . . . 100.00

L'huile de drêche de maïs obtenue par le procédé ci-dessus décrit est un peu plus colorée que celle qu'on extrait directement, dans quelques usines, des germes de ce grain séparés mécaniquement. Ellc convient cependant très bien à l'état brut pour plusieurs industries; iiotammcnt pour la fabrication des savons mous et celle des dégras. On la vend actuellement avec 3 ou 4 francs d'écart au-dessous du cours de l'huile de lin. Le rendement en huile peut changer avec la variété du maïs et avec sa provenance, mais en général il dépend surtout de sa bonne coiiservation, car, ainsi que l'a constaté hl. Ladureau dans son intéressante publication sur le rdle des corYs gras dans la gernin nation des graines, l'échauffement qui se produit toujours lorsqu'il y a altération du grain résulte principalement cl'une combustion plus ou nioins active dc l'huile qu'il renferme. Jusqil'à ce jour les quantités de produits obtenus par 100 kil. de maïs travaillé ont varié enlre les limites suivantes: Huile. . Tourteau

. . .
. . .

de 2 . 8 0 à 3 kil. de 10 » à Il -

En nous basant sur les premiers chiffres qui sont les moins favorables nous donnerons ci-après, approximal ivement , un compte de fabrication par jour, applicable au travail des résidus d'une fabrique employant 20,000 kilogr. de maïs par journéc de vingt-quatre hcures ct opcrant l'extraction de l'huileparles presses. Dans l'établissement de ce compte et de ceux qui vont suivre iious supposerons 300 jours de travail effectif par année.

Produit pur j o u ~:

800 kilogrammes d'huile au cours actuel de 35 francs les 100 liilograrnmes . . . . . . . . . . . . . . . . . Fr. 275 2,000 liilogrammcs clc tourteau h 44 francs les ,100 i~ilogramn~es . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
) ;

) )

A reporter.

. . Fr.

$55

3

DES RESIDUS DE LA DISTILLATIOX UES GRAINS

03

Heport
Frais

...

Fr.

553

))

16 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. Intérêt et amortissement à 20 0/0 sur un capital de 45,000 francs (1). . . . . 1 . . . Amortissement, en une seulc annbe, d'une prime de brevet montant pour toute sa durée à 20,000 francs (2) . . . . . . . . Toiles de filtres-presses, charbon et frais généraux. . . . . . . . . . . . . . . . .
Reste bénéfice par jour de travail.

68
30

) )

1 )

66 66
40
1 )

384 66

. . . . Fr.

370 34

pendant la première ailnée et 437 francs par jour pei~dant les années suivantes, la prime de brevet ayant éti! complètement amortie dès la première année d'ex~>loitation. Le mode d'extraction de l'huile par pression a élé le plus gériéralement appliqué jusqu'ici, beaucoup de distillateurs redoutant l'emploi (lu sulfure de carbone à cause du danger cl'incendie ; cependant il convient de dire, qu'avec ilne bonne installation et eu prenant certaines précautions, ces dangers nc sont pas, à beaucoup près, ce qu'on se l'imagine communémeilt. Quoi qu'il en soit, le procbdé d'extraction par le sulfure de carbone donne un rendement en huile plus grand que le procédé par pression, et, contrairement à ce que MM. Porion et IVIéhay avaient admis lout d'abord, ils ont reconiiu depuis, qu'en employant d a sulfure de carbone convenablement épuré, le résidu de l'extraction est non nioins bon comme nourriture du bétail. Voici d'ailleurs un compte établi pour ce dernier mode de travail, en considérailt toujours une fabrique opérant sur 20,000 kilogrammes de maïs par vingt-quatre Iicures.
(1)Voir ci-après les devis d'installatiori.

(2) La prime de brevet est fixée d'après l'importance de la fabricaiioii annuelle en alcool de grain ; celle de 20,000 I'rancs figurdnt dans ce compte s'applique une usine

produisant 20,000 hectolitres d'alcool par an.

Produit par jour :

650 kilogr. d'huile à 55 francs les 103 kilogr. . . F r . 1,850 kilogr. de tourteau à 16 francs les 100 kilogr. Fr.
Fieais :

357 59 296
693 50

16 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. Intérêt et amortissement a 20 0/0 sur un capital de 45,000 francs (1) . . . . . . . Amorlissenieiit eii une seule aiiriéc d'uilc . prime de brevet monlant pour loute sa durée à 20,000 francs . . . . . . . . . . Perte en sulfure de carbone : 25 kilogrammes à 60 francs les 100 kilogrammes . . . . . Charbon et frais généraux . . . . . . . . , Reste : bénéfice par jour de travail.

48

»

30

D

68 66 5 40
) )

))

199 66 453 84

...

Fr.

pendaut la première année et 820 fr. 50 c. par jour pendant les années suivantes, la prime de brevet agant été coniplètement amortie dès la première année d'exploitation. Anltirieureuîen t à MM. Porion et Méhay, l'on avait déjà fabriqué de l'huile de maïs en opérant sur les germes de ce grain préalablement séparés mécaniquement, mais il ne nous paraît pas qu'avant eux, l'huile clu riz et celle du dari aient ét6 extraites industriellcmeiit. Le nouveau procédé permet d'obtenir ce résultat et, pour le riz spécialement, malgré la très faible proportion d'huile que ce grain renferme; parce qu'il donne finalement, par suite de la coiicentration qui s'effectue dans le résidu, des matières qui, à l'étal- sec, ne renfermerit pas moiiis de 20 à 25 0/0 assez d'huile ou de subslances grasses et qui sont, par conséquei~t, riches .pour êlre traitées économiyuenicnt. Mais ces résidus, à l'état sec, sont beaucoup moins abondants que pour le aïs et
(1) Nous admettons ici le même cliiffre pour I'insiallation qu'avec i'extractiun lie l'huile par les presses, ce qui est à peu prks exact; toutefuis, pour le travail dont il s'agit, on - doit considérer ce chiffre comme un maximum sur lequel il pourrait p avoir quelque réduction à faire.

DES RÉSIDUS DE LA DISTILLATION DES GRAINS

95

ne représentent guère que de 7 à 9 0/0 du poids du grain empleyé. Quant au dari il donne à peu près la mème quantité de résidus secs que le maïs et ces résidus ont aussi à peu près la même richesse en huile et en azote pour les deux sortes de grains. Mais l'huile du dari et celle du riz SC séparent dificilcment par pression, en sorte qu'il convient toujours, pour les rdsidus de ces grains, de donner la préférence au modo d'extraction par le sulfure de carboiie. Le compte donné ci-dessus pour les résidus du maïs, avcc ektraction de l'huile par le sulfure de carbonc, p o u ~ a n ts'appliquer également à ceux du dari, nous nous borileroris à donner ci-après un compte de fabrication concernant le travail des résidus dc riz par cotte méthode, et, pour faciliter les comparaisons, nous prendrons encore pour exemple uiic tlistillcric opéralit sur 20,000 kilogrammes de grains par journée de vingt-quatre heures,
q-

I'roduit pctr jour :

300 kilogr. d'huile à 38 francs los 100 liilogr. 1,100 kilogr. de tourteau. . . . . . . . . .
Frais :

. . . .

465 154 Fr. 319
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N -

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12 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. Intérêt et amortissement à 20 0/0 sur un capital de 25,000 francs . . . . . . . . . . Amortissement en une seule aulléc CI'LII~C prime de brevet montant pour toute sa clur6c à 20,000 francs . . . . . . . . . . . . . . Perte en sulfure de carbone, 14 liilogr. à O Tr.60. Charbon et frais généraux . . . . . . . . Reste : bénéfice par jour de travail

36

16 66

66 66 8 40 22 40
190 12 1.68 88

. . . . . . Fr.

-

pendant la première année et 235 fr. 84 c. par jour pendant les années suivantes, la prime de brevet ayant été complèlement amortie dès la prpmière année de l'exploitation . Les coniptes ci-dessus font ressortir l'iuiportaiicc du procédé

96

DES

RESIDUS

DE LA UISTILLATIOK DES GRAINS

Porioii et Méhay, en ce qui touche son application aux rési8us provenant de la distillation des grains par les acides, et ils montrent que l'avantage de son emploi peut se traduire dans ce cas, pour le t!*avail du maïs, par une différence dc 6 à 8 francs sur le prix de revient de l'hectolitre d'alcool. Mais, outre cette application qui tend aujourd'hui à se généraliser, nous pensons que ce même procédé est appelé aussi à rendre de très grands services pour le traitement des résidus ou cirêches provenant de la distillation dei grains par le malt; car, s'il est certains établissements qui trouvent aisément le débouché de leur drêche liquide pour la nourriture du bétail, il en est aussi un grand nombre qui en sont fort gênés, surtout pendant l'été. Dans ce cas, le procédé Porion et Méhay leur permettra de les transformer en huile et en tourteau pouvant se conserver presque indéfiniment et ils n'auront plus ainsi à écouler que des liquides clairs, ce qui, en général, ne présente pas de difficulté. Lorsqu'on se propose de faire fermenter à moûts clairs, quel q?xe soit le grain eniployé et le mode de travail adopté, au lieu do faire la séparation des matières non dissoutes du grain, en opkrant sur la vinasse, or1 retient ces matières au moyen des filtres-presses, ou par tous autres moyens, immédiatement après la saccharification, et une fois cetle séparation effecluée, les opérulions restent exactement les mêmes que lorsqu'on opère sur la vinasse, après avoir disiillé directement les produits provenant de la fermeiilation à moûts troubles. DEVISD'INSTALLATION POUR LE TRAVAIL DEY RÉSIDUS PAR LE PROCODÉ PORION MÉHAY A ~ E CEXTRACTION DE L'IIUILE PAR PRESSION ET
SIOTEUR NON COMPRlS.
l o Devis approximatif relatif à uiie distillerie opérant sur 20,000 kilogr. de maïs par vingt-quatre heures : G filtres-presses, 29 plateaux dc 80 cul. à I,'i5O fi-ailes. ,10.800 /i délayeur dc 12 hectolitres . . . . . . . . . . . . 4 .O00 2 mon te-jus de 10 à 12 hectolitres. . . . . . . . . 650

d 7.eporter

. . . .

12.150

J 2.150 8.800 1.000 7.200 Buffet de pompes et compensateurs . . . . . . . . 3.600 Transmission. tuyautage. n1ontag.e et accessoires d'huilcric . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . G.OOO

Xeport .

. . . . .

8 sécheurs a 4;lOO francs . . . . . . . . . . . . . 4 clîauffoir yd'huiler.ic . . . . . . . . . . . . . . . 4 pr,esses à huile ii 1. 800 1i.aiic.s . . . . . . . . . .

r'

IOTAI~ . .

. . Fr . 38.790

. -

20 Devis approxinîalif relatif h une dislillerie opérant sur 10.000 kilogr . de maïs par vingt-quatre heures : 3 fil tres.presscs. 19 plaleaux dc 80 ciii . 5 4 750 francs . 5.250 1 délayc~rde 12 l-iectolit~.es.. . . . . . . . . . . 1.000 2 monte-jus dc 8 h 10 hectoli~res . . . . . . . . . 500 4 sécheurs à 2.100 frniics . . . . . . . . . . . . . 4.MO 1 cliauffoir d'huilerie . . . . . . . . . . . . . . . Ci00 2 presses à huile à 1, 800 francs . . . . . . . . . . 3.600 Pompc double et couîpens.iteur . . . . . . . . . . . 2.000 Transmission. luÿau tage. montage et itccessoires cl'liuileric . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4.000

.

r r o ~. . ~

Fr.

21.250

3" Devis approximatif relatif à une disLillerie opérant sur fi. 000 kilogr . de maïs par vingt-quatre heures : 4 filtrepresse. 19 plateaux de 80 cm . . . . . . FI.. 1.750
1 fdlre-presse plus pctit pour repression . . . . . . . 1 délayeur de 8 I-ie~tolil~es . . . . . . . . . . . 2 mon te-.jus de 8 à I O I~~cclolitres. . . . . . . . . 2 sécheurs à 1.100 francs . . . . . . . . . . . . . 1 chauffnir d'lîuileric . . . . . . . . . . . . . . . 1 presse à huilc . . . . . . . . . . . . . . . . . Pqmpe double et compensateur . . . . . . . . . . Transmission. tuyautage. montage et accessoires d'liui. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . leric .

1.000 800 fi00 2.200 500 1.800 5.000 3.000

. TOTAL

. . .

Fr . 43.550

98

DES RÉSIDUS UE LA DISTILLATION DES GRAINS

Quant à la hrce motrice nécessaire, on peut compter sur dix chevaux-vapeur pour le premier devis, sur cinq pour le second et sur deux et demi à trois pour le dernier. Pour l'installation du travail des résidus par le sulfure de carbone, on peut compter approximativement sur les mêmes chikres totaux que ci-dessus, mais, ainsi que nous l'avons fait observer précédemnient, il convierit cependant de les considérer, dans ce cas, conînie des maxima susceptibles de quelque rédiiclion.
VI.

- Engraissement du bétail

par la drêche des distilleries de grains.

Iles Belges ct les Hollandais ont les prcmiers pratiqué le système d'engraissement du b6tail par les résidus de la distillation cles grains, ils obtieiiiiient par ce moyen des résultats très grands tant soils le rapport de la beauté du bétail que sous celui de la qualité de ia viande. La race se rapproche cle celle de Normandie. Durant, Ic beau temps, le bétail reste sur des prairies grasses arrosées par de petits canaux, où il broute l'herbe verte et consomme en plein air la drèche à sn. disj~ositiondans les cuves. L'engraissement se fait en Autriche-Hongrie, avcc les mêmes procédés d'engraissement, mais au moyen d'un système de nourriture par la drêche autrement employée. Eiîgagé par des amis, à exposer scs propres expériences, sans entrer dails des explications scientifiques, M. Schedl 1'ii;génieur autrichien dont nous avons déjà parlé, donne ainsi qu'il suit un calcul moyen du rendement de cct engraissement par la drêchc, qui aura In même valeur pour les distilleries de grains en France: Ayant le fuinier nécessaire pour une culture en Moravie (Autriche j , j'avais dans les étables environ 260 boeufs et vaches, que je renouvelais ulie fois durant la campagne (le sept mois de cette distillerie (qui ne marchait pas en été), ce qui faisait fi20 bêtes à cornes par campagne, soit dans sept années 3,640 yièves de bétail ii engraisser. H La race était variable dans les différeiites années, les beurs
«

étaient de Morahie, (le Bohème, dc la Pologne et dc Horigrie; les vaches du Tyrol et de la Suisse. K Malgré la difl'brence de la race, ils ciigraissaieiit t o u ~ complètement et dans la ~ ê i n durée de 100 à 120 ,jours, en augmentant e eil inoyeiluc clc lin 1~ilogi.auinîe poids T i ~ a i i t jour. par 11 y avait seulcnieiît la diffcrence de grandeur et largeur cle corps, qui friisnil que de petitci pihces allaient seulemerit à 290 kilogr., poids mort, et les gr;~ndcsjusc~u'h :192lzilogr. poids mort. « Ce hétail, \endu géuéraleilieut au niarclié de Vienne, obtenait presque toiijours lcs premiers prix pour scs c~ualités,et méine plusieurs fois j'ai ventlu des h a u f s gras B des uiarc.liailds cle Hambourg pour lcs traiisporter eii Angleterre. « Dans une distillc~icb Pesth (Hongrie) j'avais pour utiliser unc p~tite parlie de la clrdclic prodiiile, ainsi qiic pour la \cilte aux nou.rrisscurs, constammenl un nombre clc 210 tktes (le b é ~ n i l daiir les btablcs : soit 630 letes par ai1n6e, et durant 13 aiinécs, 9,430 têtes dc racc hongroise ct suisse. « La, j'ai fait la rnème remarque d'augmeiitatioii d u poicls vivant de plus d'un liilograinuîc par jour et tele cri moyenne. « La hase de ces eilgraissenieiils était unc tlrCc1ic p ï o ~ ~ i i i ~ i i t de clistilleries qui emploient, coiiîme premiere matibrc, le inais e t le malt d'orge séché üyec uii peu cle seigle, mais pas d'acide sulfurique, et dans cette tlrêche licjuitle était cncore visihle une forte quantité (le farilie de ces trois grains. a Le bétail restait tout le teuîps cie ~ o i i eilgraissement ilnus l'étable, mais à cause de cette nourriture liquide et uii peu cliaudc, les étables contienilerit un air liumidc et deniaticlelit alors à ktre bien ventilées et nettoyées. « Le fumier est moins compact ct plus liquide que par la nourriture séche et le bétail procluil plus tl'uriiie. 011 ne clonlie pas de la paille de blé, orge ou avoine en i~ature, mais coupée dans la drêche Le calcul suivant est établi d'après mes expérieiices persoiinelles, ct appliqué à des prix moge~isen France, même à Paris sans octroi. « MalgrB que le bétail maigre n'a eu généralement hesoin que de

.

((

1 00

DES R É S I D U ~ DE LA DISTILLATION DES URAINS

cent jours pour faire et terminer son engraissement , et rarement cent vingt jours, je prcnds Ic cas plus long, et je ne m'occupe. pas de ce fait que le bétail demi.maigre engraisse proportionnellenient plus vite et cloiine plus de bénéfice que celui tout maigre.
Calcul du prix de revient de i'engraissement d'un bœuf durant une période de 120 jours.
DBPENSES

1. Achat d'un bœuf maigre en France, pesant en Inoÿcnilc vivant B 3 Silogr., au prix mojcii cle O fr. 70 c. . . . 355 » E0 I I . Notcrrittrre durant (20 jours (4 mois): Bonne drêche de grains, par jour en trois fois 1 hectolitre x 120 = 110 hcct. à O fr. 75 c., prix dc vente de la distillerie. . . . . . . . . . . . . . . . 90 » Foin de bonne qualité, par jour 1 kil.. x 420 = 120 kil. à O fr. 10 c. (100 bottes de 5 kil. pour fr. $0) . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 I J a ~ i n de maïs, seulement durant les derniers e 30 jours à 5 kil. = ,150 Bil., en moyenne 1 8 f r . 5 0 ~ .. . . . . . . . . . . . . . . . 27 75 - Sel gris, $0 gr. par jour X 120 = G kil. à Ofr.20c.. . . . . . . . . . . . . . . . . 1 2 0 Tourteaux de lin oz1 de colza, 200 gr. en farine par joar x 120 = 24 kilogr. à O fr. 30 c . . 7 20 Garçon d'étable. 1 Iiommepour le service de la nourriture et le nebto-age cle 20 bceufs recevant4 francs par jour, c'est par tête et par jour O fr. 20 c. X ,120 jours. 24 Surveillant (étant aussi. vétérinairej : 1 erriploy6 pour 300 heufs reçoit 409 francs par mois soit par pièce et jour 4.5 c. x 120 jour; 5 40 Usaqe des ztstensiles et r4parations des étables, par pièce et jour 4 fr. 67 c. = 120 . . . . . 2 169 35 1 1 Paille cle seigle pour fztmier, « mémoire 1. » n » »
))

))

))

) )

Dépenses

. . .

-554 55

DES SID DUS

DE

L A DISTILLATION DES GRAINS

RECETTES

IV. Vente d'un bu>z~f en France en moyenne gras
Augmentation du poids vivant au moins

I kil. par jour; le bœuf gras pèse en moyenne
vivant. . . . . . . . . . . . . . Ci70 ]<il. Moins 45 0/0 de ce poids pour la vie 300 Poids mort. 370 kil. au prix de 1 FI.. 40 à 1 fr. 80 en moyenne de 1 fr. 60. . . . . . . . . . . . . . . . Fr. 592 V . Fumier, (niémoire) . . . . . . . . . Bénéfice en quatre mois

D

. . . .

.37 43 -

Li92

B

Soit 112 fr. 35 c. pour une tète coustante durant l'année (3 fois changée).
Capital nécessaire por*r l'entreprise de 1'engraissei:ient. Achat d'un bœuf maigre en moyenne. . . . . . Fr. 385 » Dopense de nourriture durant 4 mois. . . , . . . . ,170 )) Coût de la construction dlélabIe par animal. . . . . 300 »

Total

. . . Fr..

-<

8 5 »

u Le bénéfice annuel de 462 fi.. 35 c. représente 43 01'0, et oila, en plue, d'excellent fumier pour rien, cela \eut dire seiilement pour le prix de la paille. u On peut donner beaucoup de paille Ir: matin et le soir parce que les excrements pâteux e t la grande quantité d'urinz mouillent. rapidement la litière. cc J'ni donné habituellement une botte de 5 kilogr. paille dl: seigle par jour (de 24 heures'), ce qui fait pdr bête, en 120 jours. G 0 kilogr. de paille à O fr. O c. (30 francs les 100 bottes de O 6 5 kilogr .), soit 36 francs, de dépenses pour la paille. cc La quantité tle fumier produit ainsi en 120 jours, après qu'il était pourri daiis la fosse durant cleux mois ou deux mois et demi, 6tait en moyenne de six petites voitures. On compte qu'une bête cornes produiten 20 jours avec 100 kilogr. de paille, une petite

voitu1.e de fumier pourri; laquelle quantité j'ai trouvée suffisante pou1 engraisser 190 mètres de champs, en rnoyeiliie, dc différentes terres et cultures. Cela faisnit que 3 bceufs, conslamment toute l'année (soit 9 bmufs chacun durant quatre mois) donnaient 84 petites voitures de fumier sufisant pour un hcctare de terrain en culture. (( Dans les grandes fosses de fumier, carrées, plate?, à 50 centimètres de profondeur et entoiirées de petits murs, le sol pavé avait une petite pente, pour faire couler le purin dans des réservoirs à part en maçonnerie. De là, par une petite pompe à main, le fumier était arrosé avec ce purin pour hâier sa slécomposition. Le fumier, venant d'une nourriture comme celle de la drêche de grains, contient beaucoup de matières minérales, organiques et animales qui font sa supério~itépour la grande culture sur lc fumier des étables de bétail, nourri à sec et avec plus de matières organiques. a Ce fumier vaut donc plus que 1c prix de la paille, chacun le compte, soit pour sa culture, soit pour la vente à d'autres cultitivateurs et jardiniers, comme bon lui semble. K Les distilleries agricoles en Autriche-Hongrie, qui travaillent le maïs avec le malt d'orge séché, produisent comme résidu une drêche qui engraisse le bétail complet et produit une viande de t première qualité, et apporte encore un bénéfice à p ~ r de 13 O/O du capital, et, en outre, qui produit un fumier excellent pour la culture des terres. u II e3 sera de même pour les distilleries de grains en France, si elles emploient la mème méthode d'engraissement pour le bétail aes races françaises.
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PRGPARATIONS DES CLAIRS DE VINASSES POUR LE TRAVAIL DES FERMENTATIONS DE GRAINS

Dans toute fermentation alcoolique qui s'est faite normalement, il y a une certaine quantité d'acide libre que l'on évalue à l'équivalent de 3 liilogrammes d'acide sulfurique par 1,000 litres de fermentation. Dans les moûts de mélasses, on met cet équivalent d'acide en ajoutant de l'acide sulfurique au jus que l'on prépare à la fermentation. Dans les moûts de grains, cet acidc est amené dans la fermentation par l'addition que l'on ÿ fait des clairs de vinasses des opérations précédentes. Si l'on omettait cette addition d'acide ou de vinasses claires, reconnue indispensable à un bon travail, on diminuerait le rendemenl en alcool d'environ deux pour cent, car, dans ce cas, la fermentation alcoolique se ferait dans des conditions moins favorables. Mais il ne faut pas perdre de vue que les vinasses à réemployer dans le travail des grains doivent être parfaitement saines e t , pour cela, bien préparées; sinon, on introduirait dans le travail des ferments nuisibles et l'on diminuerait le rendement alcoolique au lieu de l'augmenter. Voici les conditions dans lesquelles les clairs de vinasses doivent être préparés pour donner un bon résultat : 4 0 Les vinasses sortant de la colonne à distiller doivent subir l'ébullition; elles se rendent pour cela dans des cuves en bois munies d'uil barboteur de vapeur où elles sont niaintenues à l'ébullition

104

PREPARATIONS

DES CLAIRS DE VINASSES

pendant une heure et plus. Cette ébullition prolongée a pour résultat de détruire tous les ferments nuisibles, et de réduire la dextrine qui n'a pas été transformée par .le travail précédent. Cette ébullition étant bien faite, les vinasses cliangeiit d'aspect; de troubles qu'elles étaient au sortir de la colonne distillatoire, elles deviennent limpides et faciles à décanter. 20 La seconde opération à faire subir aux vinasses es1 la décantation de la partie claire, qui se désigne pour ce motif: clairs de vinasses. On laisse précipiter au fond dc la cuve la partie épaisse. Ce prdcipité a lieu par le repos et le refroidissement. (Dans certaines usines, on a une citerne spéciale où l'on vide les vinasses bouillies, et c'est dans cette citerne qu'elles se décantent et que sont enlevées les vinasses claires.) On peut se passer de cetle citerne, si l'on emploie un nombre de cuves suffisantes pour y permettre l'ébullition d'abord et, la décantation ensuite. 30 La troisikme et dernière opkration à faire subir à la vinasse claire, est sa réfriqération. Celle-ci s'obtient en élevant les vinasses claires dans des réservoirs offrant une grande surface et une faible profoiicleur. Ces réservoirs re~oiventuiie couche de vinasses qui varie de 20 à 30 centimèlres d'élévation. Pendant la réfrigération, un nouveau précipité se produit, et comme les réservoirs (plats I~acs)à vinasses se trouvent situés au-dessus des cuves de fermentation, il est facile de prélcver pour le travail des clairs de vinasses parfaitement limpides. Toute la partie de vinasse trouble ou:épaisse est envoyée dans la cilerne aux résidus destinés à l'alimentation clu bétail. La préparalion des clairs de vinasses, conime nous venons de le décrire, a été pratiquée, à notre connaissaiice, la première fois, il y a douze ans, par MM. D. Savalle fils et Cle dans la grande distillerie de grains qu'ils ont installée en 1873 à Schiedam pour le compte de M. J.-J. Melchers, Wz. En 1875, il a été installé, à Maisons-Alfort, chez M. le baron Springer. I)enil+nt cluelque temps, ce travail a été tenu secret par ceux qui le pratiquaient; mais à la suite d'indiscrétions, il a été reproduit dans diverses usines eri France e t aussi en Autriche.

CHAPITRE DIXIEME

FABRICATION DU LEVAIN POUR LA FERMENTATION DTJ MOUT

Toutes les phases de la distillation des grains ont égalemeiit leur importance, et méritent des soins particuliers: la macération et la saccharification, pour utiliser jusqu'aux dernières particules d'amidon et de sucre; la distillation pour l'épuisement complet des moûts; mais jusqu7à un cerlain poinl, la mécanique jouant le plus grand rôle dans ces opérations, de sorte qu'il est relativement facile de corriger cc qu'elles pourraient avoir de défectueux et d'incomplet, car les causes en apparaissent le plus souvent d'une manière tangible. Mais il n'en est pas de même de la fermentalion des moûts, cctte phase de la fabrication d'où dépend le rendemeiit en alcool, La fermentalion des moûts cst une opération chimiclue, ou plutôt 1)io-cliimique, qui est un terme plus exact et définit plus sincércment la naturc du phénomène qui transforme en alcool, le sucre en dissolution daris le moûl. Selon que la formation est plus ou moins régulikre, qu'elle rcste alcoolique et n'est pas envahie par les autres ferments parasites, comme les ferments acétique, lactique, bulyrique, la fermentation visqueuse putride, etc., le rendement est augmenté ori diminué. MalgrS les immenses travaux scientifiques de la plupart des grands'chimistes : Diimas, Pasteur, Béchamp, Berthelot, Scliützenberger, Liebig, Berzélitis, Dubrun fant, Swann, Hoffmann, qui se sont occupés de la fermentation, on n'est pas encore arrivé à une

106

F.iBRIC.iTION DIJ LEVAIN 'POUR LA .FERMEXTATION DU MOUT

connaissance exacte de ce phéiiomène bio-chimique; et si dans les laboratoires, avec l'aide de puissants microscopes, on est arrivé à une connaissance approximative de la fermentation e't des ph& nomènes qui s'y rattachent, dans tous les cas dans la pratique, on ne peut appliquer que fort peù de chose de toutes les indications théoriques révélées par nos grands savants. C'est même ce qui fait l'étonnement des hommes du métier, que cette distance énorme qui sépare les travaux du savant sur la fermentation et leur application pratique; et ce qui leur fait éprouver une immense déception lorsque, sur la foi des comptes rendusou des annonces d'ouvrages, ils espèrent trouver dans des travaux scientifiques célèbres des enseignements pour la pratique des usines. Aussi l'abîme profond qui sépare encore I E science pure de la fermentation, de l'application dans les fabriques, nous autorise à dire, que cette science n'en est encore qu'à ses débuts; ce sont quelques éclairs dans une nuit sombre, les travaux scientifiques si prônés n'ont fait qu'indiquer une route, une mélliode, mais le chemin reste à faire. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant si dans la pratique on s'obslirie dans certains procédés qui ont donné de bons résultats, et que ce n'est que discrktement que l'on modifie les opérations de la pratique courante. L'importance pour le distillateur d'avoir toujours des fermen= talions aussi complètes que possible, doit donc lui faire donner une attention spéciale au levain, à sa fabrication et à la mise en fermentation , Nous ne donnerons ici que quelques indications pratiques, car une étude même succincte d'un aussi vaste sujet nous entraînerait trop loin. Règle générale, il ne faut employer que des levures aussi bonnes que possible, aussi nous recommandons aux distillateurs de s'exercer à connaître la qualité des levures, et à les apprécier soit au moyen du microscope, soit par des essais sur une petite échelle. Quand c'est possible, il faut se servir de la levure de brasserie, et à son défaul de la levure pressée de diatilierie ; elles ont cha-

cune leur avantage, l'une par son prix réduit, l'autre par sa grande activité Mais il arrive parfois, et même souvent, que Ic distillateur peut avoir un a~antagc réel fabriquer lui-même le levain nécessaire pour ses fermentations et rendre ainsi indépendan te sa fabrication, des ferments d'autrui, ou bien qu'il soit dans cette obligation par l'éloignement des usines qui pourraient lui fournir de la levure. Quand on voudra fabriquer le levain dans la distillerie, on préparera dans de petites cuves séparées, un véritable moût de grain cru et de malt, que l'on commencera à mettre en fermentation au moyen d'une petite quantité de levure. Le ferment alcoolique se développera avec une extrême rapidité dans ce moût ainsi préparé, lequel deviendra lui-même un levain pouvant communiquer la fermentation alcoolique. Pour la mise en train des cuves à feruientation de la distillerie, on prendra une parlie du levain de ces petites cuves, et ce levain aura la même action que la levure dc bière. - Afin de perpétuer le ferment alcoolique dans ces petites cuves, et en avoir toujours de prêt pour le travail, il faudra simplement préparer chaque fois un moût particulier comme nous le disons plus haut, et ce moût sera mis en fermentation avec une petite partie du levain qui aura étB employé pour les grandes cuves. Le levain se renouvelle ainsi lui-même, et on est dispensé d'employer de la levure de bière ou de la levure pressée. Voilà le principe des levains artificiels, mais dans la pratique il y a différents procédés plus ou moins perfectionnés que nous allons indiquer. La méthode de fabriques de levain dans la distaillerie, en très grande pratique en Allemagne n'est pas suffisamment appliquée en France, où elle n'est employée que dans les fabriques de levure. Il est cependant très avantageux pour le distillateur de préparer lui-même son levain, dont il peut apprécier la force et la qualité ; nous devons toutefois faire remarquer que l'on reproche aux levains de ne pas donner une fermentation alcoolique aussi caractkrisée que celle donnée par la levure de brasserie et de distillerie.

108

FABRICATION DU LEV.2IN POL-R L.4 FERiiIENTATION DU MOUT

Ori doit préparer le moût de levain de distillerie avec des matières riches en gluten et en albumine, ainsi qu'en matière amylacée, mais en même temps ces matiéres doivent posséder la plus grande énergie diastasique. Le grain bien germé, le malt vert ou touraillé, possèdent à un très grand degré les qualités nécessaires pour la production d'un bon levain. a La matière première consiste donc, dit Stanîmer, dans le malt ver1 ou sec, le blé non mdté el parfois le moût de pommes de terre ; la première fermentation est provoquie par la levure de bière ou la levure sèche, les suivantes par la levure mère. D « L'essentiel, c'est de produire un moût trks riche en ferments et fermen tant lui-mème et d'empêcher la formation d'acide acétique qui provoquerait la fermentation acétique et de trop grandes quanlité d'acides tartrique et lactique qui diminueraient la décnmposition alcoolique dans les moûts. On arrive à ce but d'abord par une propreté minutieuse, quelquefois aussi en employant une infusion de houblon et par le choix judicieux des températures. Un excès d'acide peut du reste être neutralisé par l'addition de soude. Avec des soins attentifs, et certaines précautions or peut donrier à la fermentation des levains une marche réguliè' et régler la maturité du levain de manière à la faire coïncider avec le moment de l'emploi; on peut ainsi établir une marche périodique dans la production des levains; nous en donnons plus loin un exemple. Pour la fermentation du moût de grains, on peut emploger différents levains dont nous indiquons la préparation; mais il y toujours des phases principales qui doivent êlre suivies et qui 1 sont : 30 macération, 20 développement acide, y compris l'abaissement de la température ; 30 mise en levain ; 40 levée de la levure mère ; 50 rafraîchissement ; 60 emploi ralionel, au moment opportun, du levain. Voici, d'après M. Lacambre, quelques indications sur le levain :
) )

4

Levain naturel usiti en Allemagne. -Depuis des siècles, en Saxe, a en Bohême et è Ravière, bien des brasseurs et des distillateurs, pour fair$fermenter leurs moûis, se bornent à y ajouter une
t .

FABRICATIOX 1)IJ LEVAIS I>OLR L.\ FERMEXT,YiïON DIi MOCT

109

certaine quantité, un cinquième ou un dixième, du même liquide déjà en plcine fermentation. Cetle métliode que j'ai conseillée dans ma première édition pour la préparation du h o , et quc j'ai même fait pratiquer en grand clans quelques distilleries et brasseries, est aujourd'hui très usitée en France pour la mise eil fermenlatiou du jus de betterave.
Lecaifz artificiel usité erz Allemagne dans les distilleries de grains. Dans quelques provinces allemandes, un grand nonîbre cle distillateurs mettent leur moùt en fermentation au moyen d'uii levain préparé de la manière suivante : -4près avoir fait macércr les grains, 0n.y ajoute de l'eau et de la vinasse fraiclie, puis on y nlet de la levure ou du levain préparé à l'avance, et quand le mélange est bien Iiomogène, on laisse reposer une licure, après quoi on décante ou l'on sou tire dans une autre cuve une certaine quantité clu mélange, auquel on ajoute lin demi ou un t i m de vinasse fraîche. O11 mélange bien le tout, on couvre la cuve et on laisse fermen ter la matière pendant vingt-quatre à tren te-six heures, après quoi elle est employée pour mettre en fcrmciltat.ion de nouveau. Pour que ce levain soit fort, c'est-à-dire pour qu'il provoque 1ii fernîentation avec énergie, il doit avoir avant la fermentation une densité de 50 à 60 B . , et une température de 22 a 240 C. Mais il faut aussi avoir soin de le placer dans un lieu dont la température soit maintenue à 20".

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Autre levain usité dans les distille~.iesalletîzunrles. - Quelques distillateurs allemands, qui ne se servent poiiil de vinasses pour délayer leurs graiiis macérés, préparent une a u t r espèce de levain ~ assez- efficace; ils font macérer du malt scul ou mélangé avec un peu de seigle finement moulu, et le produit de la macération est versé sur un bac où oil le laisse refroidir pcndant dix à quinze Beures; puis on lc fait couler dans une petite cuve, en y ajoutant un peu d'eau tiède pour amener sa densitt: à G ou 70 B . et sa température à 28 ou 2 i 0 ; on y ajoute cnfin un peu de levure o u u n peu de rnoht en fermentation, et quaiid ce mélange a fermenté lentement pendant vingt-quatre et trente-six heures, il e b propre à servir comme levain.

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FABRICATION DU LEVAIS POUR CA FEHMENThT103 D U fiI01JT

g 1. - Procédé allemand
Voici, d'après M. Stammer la niarclie suivie tlaiis les meilleures distilleries de l'Allenîagne pour la préparation du levain :

l 0Levain de malt vert. -- Laprkparation de ce levain nécessite trois cuvcs, plus une cuvette pour la levure-mère pour chaque cuve de fermentation journellement. Que l'on siippose, par exemple, que la première mise en fermentation doit avoir lieu le lcr octobre, on procédera de la manière suivante : Lc 29 septcmbrc, à 6 heures du soir, on rail la première macéralioii du malt pour le levain. Pour chaque 30 hilogr. dc pommes de terre de moût principal, on prend 1 ltilogr. de bon malt vert, écrasé soigneuscment; on met dans la cuve à levain, dont la dimension est généralcineiit de 1/10 à 1/12 de la capacité de la cuve à Ièrmenlation 0.4 litre d'eau de 75 à 80" pour chaque kilogr. de malt vert, et quelques grarnmes dc Iioiiblon délayés dans de l'cau houillante. On introduit dans ccLte cau, pcu à peu, tout le malt en brassant et travaillant très Pncrgiquemcnt avec dcj fourquets, pour produire rapidement un mélange uniforme et cornplet; on continue de brasse? encore pendant cinq minutes, ct on aura alors ilne masse de 50" environ; on ajoute erisiiitc 0.7 litre d'criu de 90 à 940 par kilogr. de malt, et on reiiiiie bicn le mélangt.. A la fiil de cette. opér'iliori, le moût ainsi prSp3i.é doit prdsenter unc tcnip6rature de 63 à 65;";on essuie à la main les parois clc la cuve audessus dc la surface du inoùt, on 1c recouvre cl on l'abandonne à la saccliarification pendant une heurr. Si la tempér,i!ure vouluc n'6tait pas atteinte, il faudrait modifier un peu celle dc l'cau srloii le cas. AprBs le temps indiqué, on découvre la cuve, on brasse, on iietto:~ les parois à la main, ct 011 abandonne le moût jiisqu'au 30 scptcmbrc h 7 hcures di1 matin. Le goût auparavant sucré et àcrc du u ~ o û t est iiiainteriant sucré et acidulé à la Sois par suite de la formation d'acide tartrique. -4ce moment, uil rcfroidisseincnt rapide jusqu'h 21" doit êlro effectué, température qu'on doit avoir produite vers midi. Cct effet dans les établissements ordinaires est obtenu cn plaçant des réfrigérants en métal de formes diverses qu'on mct dans Ie moût et par lesqucls on fait passer un courant continu d'eau froide. Les réfrigérants sont formés par des -serpentins ou par des anneaux cylindriques de la hauteur du moût, munis

FABRICATION DU LEVAlN P O U R LA FERMENTATION D U MOUT

11 1

d'un tuyau avec entonnoir se posant sous le robinet à eau, et de l'autre cûté et un peu plus bas d'un tuyau recourbé, passant en dessus et hors de la paroi de la cure, pour l'écoulement de 17cau, après avoir traversé le réfrigérant. Dans les grandes dis~illcries, on se sert aussi dc rcfroiàisseurs semblables à ceux pour le rnoût principal. Seizc lieures avdnt l'emploi, on ajoute au moût de levain reîroidi 9 à 10 iitres de bonne levure de biibre par 50 kilogr. de malt ou la quantité équivalente de levure sèche de la meilleure qualité, en niêlant le tout avec le plus grand soin ; on essuie la paroi et I'on recouvre cri partie ; c'est de celle façon qu'on déteriniiie la fernientation RU cominencenlent du travail. Cctie addilion SC fait donc dans l'esemple clioisi le 30 Jeptembre, à 6 heures du soir. Le jour suivant, 1 ' octobrc, avant d'ajouter le levain, qui est alors " prêt A l'emploi. au moût refroidi sur le refroidisseur ou dans la cuve à fermentation, on prélè~e ;ine partie du levain afin de le garder comme 1evur.e m i ~ e pour l'opération suivante; il faut avoir pour le moût-levain provciiant de 50 Bilogr. de malt vert, 32 à 33 litres de cette levurd marc, qu'on precd pour les 2/3 de la porlion claire du levain. On perce la couche de drêclie ii la superficie et on prklève la quantitb déterminée du lirluide qui se trouve en dessous et qui est principalement chargé des globules de ferment, ensuite on ~nêlele tout et on en pi.él61.c le reste. Ces deus portions sont mises dans la cuvette pour la le\ure mère qui est ordinairement en cuivre et qui doit être mairitenue à un: tcmpér,iture aussi basse que possible, en la posant dans un bac travers6 par un courant perpétuel d'eau froide. La température normale dc la lcvurc m&redoit être de 10 k 120; en été cet abaissement doit être produit au besoin avec de la glace. Lc moût restant dans la cure est cnsuitc addilionil6 il'uiic quantité de moût de fermentation égale au volumc pré'evtl?de levore inùro prisc dans la cuve-matière et refroidie préalablement A 30-34". On peut aussi, si Ics circonslances le perinettciit, prendre sur le refroidisseur ce moût destiné h la fer~~zentatior~ prépal.atoire, 011 le mêle bien au moût-levure, et on laisse fermeilter pendant deux heures, après quoi on ajoute enfiri le levain fermentant au moût dans la cuve ou sur le refroidisseur, ainsi qu'il a bté indiqué déjà plusieurs fois. Les préparations ult6ricurcs de levain se font sans levure de bièrc cn place de Iaquèlle la levure mère de la cuve à levain précédeiite est eiiiployde. Voici comment on procède :

112

FABRICATION b u LEVAIN POUR LA FEKlIENTATION DU MOUT

Le 30 septembre, à 6 heures du soir, on fait la trempe dans la cuvelevain no 2, exactement comme pour le no 1 le jour précédent, on refroidit dc mêmc le Icr octobre, et on y mêlc le Ier octobre au soir la levure mère préle~réele malin au no 4 . La fermentation se déclare comme si l'on avait employé de !a levure proprcinent dite. Le 2 octobre, cctte cuve-levain est prêle pour scr\ir dc fermerit à la cuve 1i fermentation no 2, a p r h avoir subi la fermenlntion prkparaloire comme pour le no 4 . Le lcr 'oclobrc 1~: soir, à 6 heures, on fait la trempe d u malt dans la cuve levain no 3, on fait la snccliarificatiori et lo refroidissement, et on met en fermentation avec la levvre-nlère prélevée le 2 octobre le matin à la cuve-Icvain no 2, et on emploie ce lcvain en fermcntalion lc 3 octobre. Chaque jour o:i rccornrncnce la mirrnc rérie d'opérations. S'il y a plusieurs cuves à faire fermenter par jour, il faut naturellement employer le mêmc nombre de cuvcs-lcvain et de cuvettes à levure mère, avec lesquels le travail se fait simullanément, avec la seule différence quc les moûts pour les différentes cuves d'un jour n'arrivent pas au pointà la fois ; Ics levaiiis des cuves-levain do chaque jour devront plutôt elre gou\erriés de maniére à être mûrs consécutivement, et avec les interviilles correspondaiit à ceux entre les moûts des diMcenles cures principalcsh fermeiliation. L'expérience a prouvé l'excellence de ve levain à malt vcrt; il n'exige aucune addition dont on se dispensera donc absolument. En observant exactcment les prescriptions indiquées ainsi que la propreté la plus minutieuse dans tous les détails, on obtient tcujoiirs u n bon résultat. A cet égard, on ne saurait trop répéter quc les cuves-levain exigent une atteniion loiite particulière ; nous y reviendrons en ttrminant ce chapitre. Dans les prcmiers jours de travail, le levain ne possède plts encore toute sa force, qu'il n'acquiert que peu à peu, quand le développemeiit du nouveau fer~ncnts'est accru au point nécessaire ; cc qui arrive ci1 liuit-dix jours environ. Mais aprbs cet espace de temps, la propagation d'un jour à l'diitre, moyennant la lcvure mère, dure tout le temps cle In campagne, à moins d'ri.çcident oü de négligence. Cependant une addilioii pBriodique de boill;c lcvure pressée SB fait quelquerois (0.5 kilogr. de 1evui.e presséc, additionnke deux fois par mois à la lcvure mère :l'une cuve), pour niultiplier et renouveler les germes de levure; mais on risque par ccttc addition de gâtcr le levain, si la Icviire ajoutée n'est pas de la qualité absolumcnt nnrinale. 2 O Levain a mal1 sec et Ù seigle non mnlld. La préparalion de ce levai11 demande, comme le précédent, trois clives-levain et une ciiveltc à levure mère par cuve de fermentation.

-,

Pour fixer les idées, nous supposerons la capacité de cette cuve de 25: hectolitres, et la charge de pommes de terre de 1,800 kilogr., ou une quantité équivalente de grains. Le premier jour, à quatre lieures de l'après-midi, quararite à quarantedeux heures avant la mise en fermentation de la cuve principale correspondante, on verse dans la cuve-levain no 1, 42 litres d'eau bouillante qu'on fait relroidir à '73"et à laquelle on a'oute trente grammes de houblon prealablemeiit trempé d'eau ùouillan . A ce point, on ajoute lentement et en brassant soigneusement 40 kilog!.. de malt sec melé de 8 kilogr. de seigle non malté, le tout nîoulu, mais non pas trop finement. On coiitinue de brasser encore quelques minutes, pour produire u n mélange intinx et parfait, et on ajoute alors 22 litres d'eau à 20" pour saccliarification de 64 à 65:: arriver, après le^ mélange, à la tel~p6ralurede en cas de besoin, on corrige un peu les tenïp8ralures indiquées pour produire le résultat définitif avec toute sûreté. Ensuite on essuie à la main la paroi, on met le ccuvercle et on abandonne penddnt une lieure à la saccharification. Lie làjusqu'nu leiidemain à neuf heures du matin, on découvre la cuve et on brasse quelquefois jusqu'à sept heures, c'est-à-dire pendant une période de vingt-sept heures après la trempe ;on abandonne le moût tranquillement au refroidissement et à la fermentation de l'acide, la température à ce point doit être de 22" ou être ramenée à ce point par le brassage. Ensuite on introduit 7 litres de bonne lekurt: de bière fraîche ou 1280 grammes de levure pressée et l'on abandonne à la fermentation jüsqu'au moment de l'emploi. L'après-midi de ce second jour, on fait la trempe dans la cuve à levain no 2, absolument comme pour le no 1. Le troisik~cjour. le levain du no 1 es1 mûr, avant de l'ajouter au moat principal, on en prélève 98 litres comme levure mère qu'on traite comme il a éte décrit plus haut pour le levain no 2. De même, la fermcntation preparatoire ne diffkre pas pour les deux levains: elle ne devra pas durer plus de deux lieures. Le travail ultérieur est coritinué de même; seulement en mettant en ferment la cuve ri0 3 et suivantes, on n'emploie pas 'la levure ordinaire, mais la levure nibrc prélevée le matin dans la cuvelevain no 4 et suivantes. Pour ce levain comme pour le prkédent, il faut aussi trois cuves à levain et une cuvette pour chaque cuve de fermentation par jour. La fermentation de ce levain peut affecter deux apparences. avec QU salis chap~au;ellcs sont bonnes toutes 1, s deus, mais le chapcau empêche mieux la formation d'une trop grande quantité d'acidc. Or le cha-

k

8

peau se montre toiijours quand le malt n'est pas finement moulu, et on préférera donc employer les cylindres écrasoirs, plutôt que les moulins, même pour l'écrasement du malt sec. La levure-mère doit toujours montrer le chapeau compact. Si celui-ci se rompait et s'agaissait, ce serait un signe que la quantité d'acide acétique fût trop forte; il n'y aurait rien à raire que de un nouveau travail à levain au moyen de la levure de bière bien fraîche.

recommencer

3 Levain simple de malt sec. - Même nombre de cuves que pour le O levain 3. Pour les proportions adoptées dans l'exemple précédent, on commence quarante heures avant le moment d'application, en versant dans la cuve-levain 42 litres d'eau à 'iS0 avec 30 grammes de houblon trempé d'avance. Ensuite on ajoute, en brassant soigneusement, 24 kilogr. de malt d'orge sec, finement écrasé ou grossièrement moulu, et on continue de brasser quelque temps, après quoi on élève la température à 63 ou 660, moyennant l'addition de 20 à 25: litres d'eau à 90". On essuic les parois, on recouvre et l'on abandonne à la saccharification pendant une heure, puis, on d6couvre et on laisse le moût s'acidifier jusqu'au lendeniain; vers le soir, on brasse quelquefois pour produire une température de 220. Le même jour, à quatre heures de l'après-midi, on fait la trempe exactement de la même facon que dans la cuve no 2 et, à sept heures, on ajoute au no 1, à la telripérature de 7 litres de l e ~ u r ede bière ou 1250 grammes de levure pressée, et on l'abandonne à la fermentalion jusqu'au troisième jour. On voit que les opérations sont les mêmes que pour le levain 2 ; on préléve donc la levure mère et on fait la fermentation préparatoire de la même iaqon que dans l'exemple précédent. De même la levure de bière est remplacée dans la suite par la levure mère prélevée le matin du niênic jour. Nous conseillons d'ajouter un peu de levure de bière ou pressée pendant le première semaine de ce travail, pour renforcer l'action de la levure mibre pendant le temps où elle n'est pas encore arrivée à son état normal,

§ II

- Cuves à levain.

Les Cuves à levain sont habituellement e n bois ; cependant, l'extrême délicatesse cle l'opération, la grande importance qu'il y a a préparer uii levain aussi p u r que possible, exempt d e toule fermentation étrangère q u i serait communiquée aux grandes cuves,

FABRICATION UIJ LEVAIK llOIJR LA FER>lEIITATIOX DU ,\IOI:T

115

doivent faire adopter des cuvcs doublées en cuivre, afin que le nettoyage en soit rendu plus fhcile et s u e les plus petites bactéries soient expulsées aprbs chaque opération. La capacité des cuvcs h lcvain varie suivant les pays, car il y a des États dans lesquels la législation fiscale sur les distilleries regle elle-même la capacité clc ces .vaisseaux. Toutefois, comme indication approximative, nous pouvons dire que la capaciti. des cuves à levain cst le douzième de celle des cuves-guilloires, y uand on travaillera en levure simple <lemalt vert ou touraillé ; elle sera de uii dix-huitième, si or1 travaille en levure double.

$ III. - Caractères essentiels des bonnes levures,

Les caractères essentiels des bonsles levures sont ainsi définis par

M. Lacambre : Les distillateiirs emploient des levures parfois solides et shclies, mais plus ordinairement ils font usage de ceiles qui ont une consislance de pâte plus ou moins compacte. Dans le commerce, 011 ne trouve guère de levure qu'à ces deux derniers étals, parce qu'à l'état de fluidité, elles sont d'un transport plus coûteux et d'une conservation trop difficile. La levure fraîche à l'état cle bouillie est cependant préférable, toutes choses égales d'ailleurs; mais les distillateurs n'ont pas tou,jours le choix, et un grand nombre d'entre cux ont souvent du mal à s'en procurer de fraîche pendant l'été. Le levure sèche est celle qui a le moins d'éne~gie,parce que, quelque soin qu'on apporte à sa dessiccation, elle perd en grande partie la vertu qui fait tout son prix; aussi les distillateurs ne doiveni-ils en faire usage qu'à dCfaut d'autre; et ils doivent avoir soin, avant de l'employer, de la raviver, c'est-à-dire de la d6layer dans un peu de moîit vingt à vingt-quatre heures à l'avance, sans quoi 'elle ne. produirait que très len teinen t et tardivemen t l'effet désiré ; ce qui, dans ce cas, a fait dire à bien des distillateurs qu'elle avait perdu entièrement sa vertu comme ferment. Malgré sa revivitica lion, elle rie récupère jamais sa force primitive,

et l'on doit en employer de très fortes proporiions pour obtenir en grand de bons résultats pratiques. La levure sèche doit être d'un jaune pâle légèremen t grisâtre, jamais d'un jaune a$ encore moins d'un brun foncé, ce qui dénoterait une altération profonde ou une sophistication ; elle doit avoir une consistance de fromage sec, se Laissarit casser assez facilenient en morceaux, sans toutefois se réduire eii petits grumeaux et sans être dure, compacte el cornée, cqmme certaines pites d'Italie. Quand on en délaye une petite quantité dans de l'eau tiède, elle doit avoir une odeurfraîche qui ne soit point désagréahle et, si on y a,jout une forte proportion d'eau bouillante, elle doit prompiement se porter à la surface du liquide et surnager; si elle tombe au fond. cela est un indice qu'elle est plus ou moins altérée. Ce dernier caracthre est aussi applicable aux autres levures, mais il ne p3rmct point de porler u 11 jugement certain dans aucun cas.

STATISTIQUE DE LA FABRICATION DE L'ALCOOL DE GRAINS DANS LES GRANDS PAYS DE PRODUCTIOS

Année 1872. . - 1873. . - 1874. . - 1875. . - 1876. . - 1877. . - 1878. . - 1879. . - 1850. . - 4881. . - 1882. . - 1883. : - 1884. . - 1889. . - 1886. . ' 1887. .

. . . . . . . .
. . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

...... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . .

.. . . . . . . . .

PRODUCTION DE L'ALCOOL

DE GRAINS DANS LES

ILESBRITANNIQUES

Relevé officiel pour les deux dernières années fiscales : Angleterre et Pays de Galles 14.192.691 gallons 644.356 hectol. 4G6.424 @cosse. . . . . . . . . . 20.213.651 365.242 Irlande. . . . . . . . . . 8.044.970 Total 1883. . . . . . . 32.511.472 - 2.476.022 - 2882. . . . . . . 32.424.177' - 1.472.058 - j883. . . . . . . 32.312.047 - 1884. . . . . . . 33.019.841 - 4885. . . . . . . 32.907.4.43 - 1886. . . . . . . 32.592.404 -

D'après les relevés officiels de M. Jacquine, inspecteur des finances, la moyenne annuelle de la product;on de 1871 à 1875 a été de. . . . . . . . . . . . . . . 1.243.683 hectolitres. D'après les derniers relevés officiels, elle a été : Année fiscale 1881-82 104.149.077 gallons 3.942.043 hectol. - - 1882-83 72.235.178 - 2.734.101 - 1883-84 85.000.21 7 0.000.000 - - 1884-88 94.854.124 - 0.000.000 - - 1885-86 88.947.501 - 0.000..000 -

D'après les coiitenances imposables déclarées par les distillateurs, la production s'est élevée en : 1881 à. . . . 391.712 hectolitres. 1 8 8 2 à . . . . 391.051 1 8 8 3 à . . . . 397.017 1884à. . . . 401.254 1885 à. . . . 400.376 1 8 8 6 à . . . . 388.015 1 8 8 7 à . . . . 390.050 -

La production lotale de l'alcool de grains et de ponirnes ile terre, s'est élevée en :
1882-83 à. . . . 1883-84 à . . . . 4884-88 à. . . . 1885-86h. . . . 3.202.993 hectolitres. 3.115.427 3.347 .O10 3.280.417 -.

STATISTIQUE
Des distilleries de grains les plus importantes montées en France et à 1iktranger par la maison Savalle.
rB

NOMS DEMEURES
DES INDUSTRIELS

z

ii

PRODUCTION
JOURNALIÈRE
EN AI,COOL

-w a
Ci

E w 2 r,

RENSEIGNEMENTS

I
l

I

I

I
3.000
4.. 000

I

FRANCE
Bonze1 (Ad.) ................ Haubourdin.. Le même, 2e appareil.. ......

.. Nord. ... -

............. Roiien.. ....... Seine-Inf. .................. ...... ...... Cie d'Alcools et de Levures ... Amiens Montière Soinme .. La même, 2e appareil.. ...... LU même, 3e appareil.. ...... Delavigne.. .................Rouen.. ....... Seine-Inf. Dedrye aîné. ................ Dunkerque ..... Pas-de-Calais. Delizy e t Doisteau fils ....... Pantin.. ....... Seine.. .. 6. Boulet fils..
Le même.. Le mêm, 3e appareil.. Le mAnae,4e appareil..

8.000 10.OOO 10.000 10.000 7.000 5.000 7,000 4.500 2.000

RI. Boulet est l'un de nos

pnnclpaus importateiiis de grnim.
tème.

Rect~ficateiir nouv. sys-

Appareil appliqué d extraire l'dlcool pcrdu dans les eaux de la\age de levures.

Le d m e , 2e appareil..

....... Droulers-P~OUVOS~.. .......... Roubaix ....... Nord. ... A. Duboulay et Cie ........... Rouen.. ....... Seine-Inf. Colombet, Gibaud et ...... Avignon ....... Vauc1use.t Denis ...................... Sommaing- surEcaillon ..... Nord.. ... 2 e appareil ............... Hanicotte.. ................. Béthune. ...... Pas-de-Calais. Le même, 2e appareil.. ...... Hanon ...................... Nœux.. ........ Les mêmes, 2e appareil.
Cle.

1

2 .O00
6.000 6.000 6.000 3.600 2.500
4 .O00 Distillerie de geniètrc.
R~ctificateurs nouveau systme.La plusgrande de fabrique de i i q u ~ u r s Fiance. Rectificateur nouv. systerne.

1.O00

4.500 8.000

5.000 8.000

......

-A reporter.. ...
24.900 99.600

1%

STATISTIQUE DES UI\TII,I.EIiTR\

1)E GRAINS LES PLUS IVPORTANTES
m z P

NOMS DEMEURES
DES INDUSTRIELS

w

2
4
Ei

I

PRODUCTION J WRNALICRF,
EN ALCOOL

RENSEIGNEMENTS

n

W

Report. Distillerie de l'Hérault..

....

-BRIJT RECTlFlB

24.500 991600 7.000 2.000 4.000 4.000
1.O00
Exploitation agricole avec engraissement du bétail par les residus de la dislillation.

..... Agde.. ......... Hérault.. Paul Lamur. ................ CapestangLesaffre et Bonduelle. ........ Renescure.. .... Nord.. . - . 2e appareil, colonne distillatoire rectangulaire.. ... Lugan. ..................... Saint-Thibery .. Hérault. . Le même, 2e appareil ....... A. Mather et Cie ............. Toulouse.. ..... Haute-Gar
...a.
y

1 .O00 2.500 2.000 2.000 2.000 3.000
Rectificateur nour. sybtème.

3.000 Société Industrielle de Bordeaux. .................. Bordeaux.. ..... Gironde. . 40 .O00 10.000 La même.. ................. 12.400 Rectificatelirs uouv. sysLa même.. ................. 12.400 La même.. ................. 6.500 Fabricants de levure, d'alSpringer et Cie.. ........... Maisons-Alfort.. Seine.. .. 6.500 cool de grainset de r6siLes mêmes, 2e appareil.. ..... dus pour la nourriture 6.500 et l'engraissement du Les mêmes, 3e appareil.. ..... béta~l. . le baron Max M 6 .fi00 Springer a éte décore Les mê~nes, appareil.. ..... 4% officier de la Légion Les mêmes, seappareil, colonne d'honneur pour avoir rectangulaire pour la distilimporté cette nouvelle 6.000 lation des grains.. ....... industrie en France. Les mêmes, GP appareil, colonne 8.000 rectangulaire. ............ Appareil poùr la distil300 Les mêmes, 7e appareil ..... lation des eaux de la300 vage de levures Les mêmes, 8e appareil.. ... Idem. 600 Les mêmes, Se appareil ..... 6.500 Les mêmes, 20C appareil ..... 21 000 Les mêmes, 4 l e appareil.. ... 2.000 Seine-et-Oise. Thennevier et C l e . . .......... Ris-Orangis.. Peurthe-et-h. 2.000 Grande brasserie de TanTourte1 frkres.. .............Tantonville.. tonville.

............. Jules Pernod et Cie.. ......... Avignon ....... V~ucluse. Le même.. ................. Ancoisne.. ..... Nord.. ... Schotmans (Bmiie). ........... Le même, 2e appareil.. ...... - 3e appareil.. ...... Capellc.. .......
-

Les mêmes, 2eappareil, colonne distillatoire..

-

2.000

.

... ...

A reporter..

...

90.200 187.400

i

STATISTIQI'E DE5 DISTIT.LI.:KIE\ T)E GR \ INS I.ES l'LI'S I\IIIOHTANTES

12

m
H

PRO1)UCTION
TOUR\ ~ L I E R E ET ALCOOI.

NOMS DEMEURES
DES INDUSTRIELS

7

z
2 c
% 6

-4 4

*

n

Lemaire. ................... Bettignics ...... Nord. Le même, 2e appareil.. ......

...

JA

Vaine du Croisset..

mmême.. La mime.. La méme..

................. ................. .................

.......... Rouen ......... Seine-Inf.
--

-

................ Avignon. ...... I~aucluse. Nord. ... Dujardin.. .................. Le même: 2e appareil.. ...... Monchecouït ... King et
Cie..

1

4.000I 4.000

6.000Il{e;~:~~~teiirl l ~ .s i s no 8.004

1

1

1

Bertrand ................... Compagnie des Distilleries algénennes.. .................. Alger. ......... La mime, 24 appareil rectangnlaire .................. Fournier et Cie ............. Philippeville.. Le même, 2e appareil.. . . . . . . Tarbouriech .................

Alger.
-

...

1.000

-

5.000

.. Constantine ..
-

2.000

1.on0

ILES ACORES
Dr

Charles de Lima Mayer..

Empresa Angreuse de Distillicao Terceirc.. 3e appareil.. ...............

..lSaint-Michel.. ..I

I

......

-

I

I

4 000 Itectificateiir terne.
1.000 1.000 %.O00 Reetificateur
terne.

nour. sys

nouv. sys

ALLEMAGNE
Compagnie de Bank für S ~ r i t and producten Bandel.. .... Oschersle.. (ancienne maison Wrede frères)

....

124

STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

NOMS DEMEURES
DES INDUSTRIELS

c b E
A

"

PRODUCTION
JOURNALIÈRE E N ALCOOL

c w
'W

--a

2

RENSEIGNEMENTS

BRUT

RECTIFIE

Report. .... 162.200 270.800 Henri Helbing.. . . . . . . . . . . . Wansbeck, près Hambourg.. 6.000 Rectificateur

..

nouv. sys-

J.-B. Hoper Jeune.. ......... Hambourg ee appareil.. ............. 3e appareil. ..............

.....

terne.

5.000 16.000 i2.000

~ i v r é 1873. en

-

1875. (877.

A. Scheurer.. ............... Lo elbach, près tolmar ...... Alsace.. 2e appareil, cnlonne rectangulaire ................ Jules Wrede.. .............. Berlin.. ....... 2e appareil. .............. J.-A. Gilka.. ................ Berlin.. ....... 2e appareil ...............

.
1.000

1.000

20.000 7.000
La plus grande fabriquede Iiqueursdel'Allemagne ; elle en vend touslesans pour enlironquatre millions de francs ;sa fabrication la plus importante est celle du kümrnel . 17.000 Rectificaleur du nouveau systeine fonctionnant par l'air.

6.500 6'500

Potworowski et Cie, Hepner frères et Cle, successeurs.. . Posen

......... Car1 Zehe.. ................. Soraü.. ........ Nathan et .............. Hambourg. .... ............... D. Gotte et Zimmermann.. ... Halberstadt.. ... 2e appareil ...............
2e appareil
Cle.

3. 000

8.000 8.000 8.000 8.000 2.500 4.000 3.000 8.000 8.000 8.000 4.000 7.000

Kerkauw.

................ Nauen.. ....... Mampe .....................Stavgard ....... Galle ....................... Stettin.. ....... Friedeberg.. ............... Magdebourg .... Gerardelli Muzatti et Cle.. ... Breslau ........ 2e appare~l.. .............. Seidel et Cle.. ...............
Friedman.. ................. Posen..

........

A reporter.. ... 163.200 447.300

-

1

STATISTIQUE DES UISTILLERIES I)E GRAINS LES 1'1,US IYPOlXT.Ii

Related Interests

TES

125

EN ALCOOL

ENSEIGNEMENT

DES

INUUSrRIELS

-BRUT

RECTlllE

AUTRICHE
Kapelusz frères.. ........... Brody.. . . . . . . . Galicie.. . Pokorny frères et Hugo-Jelinek Pilsen.. ........ Bohême.. Adolf Popper.. .............. Pilsen.. ........ Bohêmc.. 2e appdrell.. ...... 3e appareil. ....... Actien Fabrikshof (Sociéte anonyme). .................. Temesvar.. .... Hongrie.. Max Springer .............. Reindorf . . . . . . pr. \ icnne 6.-H. lautner,. ............. Florisdorif'.. .... 2e appareil.. ............

ANGLETERRE

BAVIERE Ed. Engerer.. ............... 1 Ratisbonne. .... 1 Ilai iiire I

..

BELGIQUE
Carbonnelle Nerinckx. ........ rournai. ....... Hainaut. . 2e appareil. .............. J.-B. Cuvelier fils . . . . . . . . . . Rruxellcs ...... Brabant. . 2e appareil pour la production des genikvres.. ...... Jules et Octave Claes Fievet.. . Gand.. ......... Flandre. . Baron de Saint-Sgmphorien ... \l-Symphoricn . Hainaiil. . 2e appareil ............... Bal et Cle .................. Anvers.. ....... Anvers.. . 2e appareil ............... JOSSklin.. .................Licge .......... Licge ....
A reportel..

1.000 Rectificdl~on d dicool

On1 appliqiir. I c i iefri;
I

ants ?alalle a leur 3 ~)dielk ~ ~ I ~ I C V I C . CL

...

176.200 5-0.300

126

STATISTIQUE DES DISTILLERIES UE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

DES INDUSTRIELS

BRUT

RECTIFIE

dailles d'or à Paris en 1878. Chevdlier de 1'0rdre de Léopold en i 880.

laire.

....................
CHILI

Aninat et Collao frères. ...... Conceplion Les mêmes, 30 appareil.. ..... Marcel Devès..

.....

2.000

2.000

.............. Lliullu.. ....... Liinachi Bunster ................... Valparaiso.. . . . Valpzraiso
DANEMARK
Bruun..

....................liolskilde.. .....
........ Copenhüguc .... Sprittfabbrikker.. .. -

Brondums Efterfolger De Danske Hans Just..

.................
ESPAGNE

Narezo y Bustamante. ....... Valladdicl ...... Espagne.. Le yême, colonne recldngulaire. .................... Antonio Orùs Valles.. ....... Huesca Le même, colonne rectaiigulaire.. ...................

........ Huesca ..
A re210rter..... 188.000 562.800

--

STATISTIQUE DES DISTILLERIES D E GRAINS LES PLUS 1MPOIIT.iNTES

127

, n
C 7.

NOMS
DES INDUSTRIELS

DEMEIIRES

-

1 != -L<

c w

r

PRODUCTION .IOKJRNAI.I~RE RENSEIGNEMENTS Ex ALCOoI,

2

-7

Bertran y Rossel

........... Barcelone.. ....

lieport.. . . . 188.000 J(iS.800 2.000

Vicente Gutierer y Gasafont.. Saritander.. .... Garcia-Romero.. ............. Madrid..

.

-

4.000 2.400 2.000

.\ppareil a genikvre. Hi~ctificateur nouv. rystèiiie.

.......

Millcreek, Distilling et Ch'.

....lCincinnati.. ....I .....

ÉTATS-UNIS

l

1

12,500 lleclificalour

1

iiouv. sys-

tBnie

HOLLANDE
Blankenheim et Nollet.. ...... Rotterdam
8.000 2.500 12.000 3.000
5. 000
M. Kidi,iieii, ctievalier de l'orrlri: lle F'rBdéric de \'iirteiiioerg. Usiiie du Zederlandsrhe sli~iri, i ~ r a n d e r ye n 1)islilleerder\-, t~availlarit les grain?, riz et n~elasso ezotiqui>>, :~/üeslrüfiiii, iiiariluc ssu en o.

J.-H. Henkes . . . . . . . . . . . . . . . . Delfshaven.. ... 11011. mér.
E. Kiderlen.. ............... Delfsliaven.. Le même, 2 e appareil, colonne distillatoire pour les grains et mélasses.. ...... Le même, 3e appareil, colonne distillatoirerectangulairc en cuivre ...................

...

-

-

Le même, 2e appareil

Moltxer ('ancienne maison Erven Lucas Bols). ......... Ai~islerdanl . . . .

.......

-

1.()O0 Fahriiiuu

3.000 3.400 6.000 3.400 2.500 2.000 4.000 4.800 6.800 3. G 0 O

Mouton.. ..................

I,a Haye

.......

--

Theod. c. Melchers.. ......... Schiednrri.. Le &me, pour une seconde usine. ................... Romkes, Bakker c t Van Calcar. Süppemeer.

....

-

.... Crciiiiiyut. .. Vandenberg.. ............... Ida Haye.. ..... A. Van Berkel et fils.. ...... Delft.. ......... Van DuIken, Weiland et Cie.. . l2otLerdam.. ....
Van Meerten et fil..
Le même, 2e appareil..

d e liqueurs. Iteii«minée ciir.i)pcciine pour SPS aiiisettez. hrerlailic d'or e l medaille dargcilt en Isis. itei.tificateur iiouv. sk-stènie. i'remière distillerie d e Scliiadairi mo11ti.c à. la T ; I ~ ' . I I et rmr>lo~aiit ~ la coloiincdisiillatoire reclaiiyiilaire. Cetle usine rualise iiiie éconuiiiic d e s'i o/o do ci)~ul~iislil~le sur l'aiicieii syst?lue i ieu ,III enip!oyC à Schiedam.

......... Delll.. ......... ......
A reporter..

...

-210.400 ti29.000

I

l

rn

PIZOUUCTION
JOL'R~~LI~RE

NOMS. UEMEUIiES
DES INDUSTRIELS

w

Z

ü
Y

EN ALCOOL

a c

RENSEIGNE>MENT

'

Report..

a -a n

d

BRUT

.RECTIkIE

...

210.400 625.000 6.500 6.000 20.000 8.000

Van Marken.. ............... Delft.. ......... Le même, 2" appareil.. ...... Wittkamp.. ................. Schiedam.. .... Beukers ....................
-

LUXEMBOURG
E. -K. Ellis. ................. IHœhenhof..

....1

1
1.500

i

2.200i 1.500 6.000 6.000 2.000
1 .Se0 1 2 500 4 .500 4.500
a

Ch. Abeeg. .................Snvigliano.. Le même, 2e apparcil ........ Le même, 3e oppareil.. ...... Branca frère>. ..............Milan..
.

ITALIE

.... PiCinon!..

Rectiîïcaieur nouv. système.

........ Lomhrdie ...

Comte E. dSEmarèse ......... Bairo .......... Piémont.. 2.000 Carlo Sessa, deux appareils .. Milan.. ........ -Les mêmes, 3' appareil.. ..... 4" appareil.. ..... Ne appareil.. .....
Comle Faella.. ............. Imola..

Reclificateur nouv. syst8me. Rectlflcateur nouy. YSterne. Di~t~llerie mais la pius de importante d'~talic.

........

1.000
1 .500

................... Carvazere, par Rovigo. ...... Le même, 2e oppareil.. ...... 3e appareil. ....... cornle Car10 Morra.. ........ Turin.. . . . . . . . Métiche..
Colonne rectangulaire..

1.500 1.500 3.000 3.000 1.O00 3.050 4.000 1.000
p -

...

D~sL~ller~e mais par le de malt.

Vigni (professeur). .......... Florence.

...... Toscane..

Ch. Mayer.. ................Lisbonne ....... Le même.. ................. Aqores. ........ André Michon.. ............. Porto.. ........ 2e appareil. ..............

PORTUGAL
Rectificaleur nouv. systeme. saccliarificîtion a<ide.

r~ 1-000 D ~ s t ~ l l e de emais par I*

A reporter. .... -3'3.400
U

I

698.200

STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

129

V)

NOMS UEMEURES
Q

v 4 E sz w c
E;

PRODLCTION
JOURK~LI~RC

EN ALCOOL

RENSEIGNEMbNTS

DES INDUSTRIELS

4 a 'W

-Peters.. ................... Porto.. ........ Le mime, colonne rectang~ld1l.e Le même, 3e appareil. .......

n

RRbT

1lECTIlIh

__._-pu

Report.

....

230.400 698.400 1.500 1.500 2.000
2. G 0 O
\ppareil produisant des flegmes d forts degres. ~ e c l l a c a t e u rnouv. sys-

J.-H. Andresen ..............
Sylva Cunha.. ............. LI? même, 2e appareil . . . . . .

terne.

2e appareil. ..............

-

2.300

-

Y. 000
3.000

RUSSIE
Jean de Chrouschow ......... bt-Pétersbourg.. Le même, pour u n e 2. usine.. Cie industrielle et Commerciale dodessa.. ................ Odessa.. Amédée Armand
8.000 6.500 G .5OO 2.000 8.000 8.000 3.000 3.000 3.600 4.000 3.600
Directeur nl car1 Schedl.
DISLI~~~~IOIL du

Rectificateurs du nouveau syslemc.

......

............. St-Pétcrsbourg .

d I<ldnde.

lichen

Revaler Spiritus-Raffinerie (Société anonyme), .......... Revel.. ........ Esthonie. , 2e rectificatcur ........... 3e appareil. .............. Revaler Presshefe Fabrik

..... Revel.. ........

-

................ i\Ioscou ........ A . Wolfsmidt.. .............. Iliga.. ......... Baron Paul Wrede.. ......... Sitz.. .......... Esthonie.
A. Wolfmidt

ROUMANIE
Jonescu.

.................. Carra Coloi'eni..
...... ............ Galatz.. ........
A reporter.

2 ~ 0 0 2.000
2.500 3 .600

seciiflcateiir d u nouicau s~staixie. Kecl~flcaleurd u nouleau ùgsteinc.

Le même, 2e appareil..

Demetre, Morait..

........... Buchaiest.. ....

Philippe Vretto..

...

"1.600 765.500

i .O00

Ji

130

STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

Vi

c

PRODUCTION
JOURNALIÈRE

NOMS DEMEURES
DES INDUSTRIELS

Z

w z
W

EN ALCOOI,

RENSEIGNEMENTS

. w

d: a

n

-251.500 765.500 3.000 3.000

BRUC

RECTIFIÉ

Report..

....

Powel et Guirard ............ Ghidigeni ...... % appareil, colonne rectangulaire.. ...............

RÉPUBLIQUE ARGENTINE

. Enrique Guisty.. ............ Chivilcoy.. ..... Buenos-Ayres .
2 e appareil, colonne reclanplaire.. ...............
Cie.

2.000 2.000 5.000 8.001,

-

Laveirgne et

Meillet et Cle..

............ Buenos-Ayres.. . ..............
SAXE

Hermann Sand.. ............ ILeipzig ........

(

1
1

1
1
6.3001

12 .400

1

Usinemod&iemontéecomplètement par nous en
1873.

SUÈDE
Société Win et Spirituosa Aktie, Bolaget. .................. lslockholrn

..... ISukde.. ..

6.500

1
1Rect~ficateurdu nouveau syatéme.
Usine du Paudo montee par M. Edmond Castel.

TURQUIE
Misraki et Fernandez.. . . . . .\Salonique. .....

I

1

6.500

RÉPUBLIQUE DE L'URUGUAY
Meillet et Paysse.. .......... Montevideo.. ...

I

2.000

2.060

TOTAL ..... 265.000 800.900

--

litres d'alcool de grains.

pouvant être produits par jour par les appareils SAVALLE.

CONCLUSION

Nous avons indiqué à grands traits Ics différe~ilesphases de la distillation des grains, ses divers systèmes et expos6 brièvement les ressources niultiples que présente ce tle intéressante industrie. Dans cette légère esquisse d'un travail qui nécessiterait plusieurs gros volumes, nous n'avons voulu, commc nous le disons dans la préface, qu'indiquer les conditions fructueuses de la distillation des grains et les \.oies pour y arriver. Notre travail n'aura pas ét6 inutile s'il jette dans la circulation quelques idées claires sur uiie industrie dont on appr6c.i~ encore mal les services, et s'il contribue à fairc juger sainement les chances de succès d'une fabrique d'alcool. C'est pourquoi nous nous sommes attaché surtout à exposer les côtés pratiques et industriels de la question et à la clhbarrasser des théories et de la matière scieutifique qui souvent l'obscurcissent aux yeux des lecteurs peu familiaris6s avec le langage abstrait de la science. 11 est toujours facile, et mênie c'est la partie la plus agréablc pour l'écrivain, d'entasser beaucoup de matières tirées de la science pure; les matériaux ne manquent pas, el on rencontre .peu de conlradicteurs compétents. Tout autre affaire est de parler dcs choses usuolles de la pratique courante, pouvant étre contrôlées dans toutes les usines, et par les chefs et par les directeurs. Aussi modeste que puisse paraitre ce travail, nous avons dû compi;liser, pour le rédiger, une masse énorme de livres, dc journaux et de documents, tant cn francais, en anglais qu'en allemand, sur ia distillerie daris tous les pays.

132

CONCLUSION

Xous le disons à l'avance, nous savons parfaitement et mieux que personne, combien ce travail est incomplet, ct que de choses il y aurait à dire sur la distillation des grains en Angleterre, cn Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, en France, en Italie, en Russie, aux Gtats-Unis, etc. La fabrication est différente dans chacun de ces pays, non seulement à cause du climat et des matières travaillées, mais encore par suite de la législation fiscale. C'est pourquoi nous avons seulement indiqué quelques types principaux. Comme on a pu en juger, la distillation des grains constitue un instrument de progrès puissant pour l'agriculture ; on pourrbait même juger du progrès agricole d'un pays par le nombre des distilleries en exploitation. Cette industrie est, économiquement la plus productive de toutes, car elle n'a pas à proprement parler de déchets de fabricalion, tout est précieux, tout est également transformé en valeurs. Le grain est transformé en alcool et en drêche, la drêche en viaiide et en engrais, l'engrais en grain, et la rotation continue, d'une part, en fertilisant puissamment la terre, d'autre part, en apportant aux populations une somme considérable de bien-être par la production de la viaiide à bon marché, des boissons alcooliques nécessaires à l'entretien de l'énergie vitale chez l'homme, enfin le pain à bon marché est de bonne qualité par la fertilité des terres donnant de luxuriantes récoltes de froment. Une industrie qui a de si merveilleux moyens d'action, une influence économique qui tient du prestige, ne saurait être assez encouragée, étudiée et signalée. Nous nous sentirons grandement récompensé si, pour notre faible part, nous avons pu la faire apprécier et juger sainement. En certains pays on a eu autrefois des préventions contre la distillation des grains, on croyait que les grains distillés étaient soustraits à l'alimentation populaire et contribuaient ainsi à l'augmentation du prix du pain. C'est le contraire qui est vrai. Lc grain distillé est un pr&t fait à gros intérêt et dont la valeur est triplée ou quadruplre en

CONCLUSIOZI

.

133

moins-d'un an. La distillation du grain cst l'utilisation la plus perfectionnée des produits de la terre. Ce sont les prairies qui sont la force d'une exploitation agricole: or, combien d'hectares de prairies représente une distillerie qui travaille des milliers de quintaux de grains par jour! Pour certaines contrées agricoles c'est donc toute une révolution, et au point de vue purement industriel la fabrication des alcools de grains est une excellente affaire quaricl elle est comprise d'une manière rationnelle.

BIBLIOGRAPHIE
Librairie de 6. MASSON, 120, boulevarà Saint-Germain, à Paris
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LA

FABRICATION DE L'ALCOOL
Par J.-PAULROUX
RÉDACTEUR EN CHEF DU JOURNAL LA REVUE UNIVERSELLE DE LA DISTILLERIE HEMBRE DU COYITÉ D'ADBIISSION (CL. 73: BOISSOXS FERMENTEES)
A EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1881 MEMDRE DES CONGRSS INTERNATIONAC'X POUR L'ÉTUDE DE L'ALCOOLISME, ETC.

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1873

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Paris, 53, rue Vivienne

OUVRAGES M. J. -PAUL PAR ROUX Directeur-propriétaire des journaux la Revue univevselle de la Brasserie et de la Malterie et de la Revue universelle de la L)istillerie, journaux techniques hebdomadaires. Secrétairedes Congrès internationaux de brasseries de Paris en 1878 et de Bruxelles en 1880. Secrétaire-délégué de l'Union générale des brasseurs au Congrès de Munich en 1880 et de Berlin en 1884. Secrétaire du jury de 1'Exposit;on internationale de brasserie de Versaiiles en 1881, de l'Exposition internationale de Paris en 1885. Secrétaire-rédacteur de l'Association de garantie, membre du Comité de patronage, et auteur du Système de classification de l'Exposition naticnale de brasserie à Paris en 1887. Membre des Congrès internationaux pour l'étude de l'alcoolisme. Membre du Comité d'admission ij l'Exposition universelle de 1889, etc.
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TABLE DES GRAVURES
GRAVURES DANS LE TEXTE
FIGURE

-

. . ... . . . . . . .. 2 . - Vue en plan de l'ensemblé d'une distillerie de grains. . . . . . . . . 3. - Vue en plan de l'appareil distillatoire appliqué au travail des grains. .
1.

Pages.

- Vue en élévation d'une

distillerie de grains

14 16 22

4.
j.

- Appareil

Savalle fonctionnant à Içlaisons-Alfort pour la distillation des fermentations épaisses des grains . . . . . . . . . . . . . . . 25

- Vue de la distillerie Springer et Cie à Maisons-Alfort . . . . . . . . . - 6 . - Vue d'un magasin aux alcools. . . . . . . . . . . . . . . . . . . -7 . - Vue d'ensenible de la fabrique de levure de Reval . . . . . . . . . . - 8. - App~reild'un nouveau système servant à reprendre l'alcoolentraînépar les eaux de lavage de la levure . . . . . . . . . . . . . . . . . .9. - Vue de profil du faccharificateur Colani et Kruger . . . . . . . . . - 10. - Saccharificateur Colani el Kruger, vu de face . . . . . . . . . . . .
GRAVURES HORS TEXTE

.

32 36 52
61

71

72

-

1.
2.

- Vue du local conlenant les

colorines distillatoires rectangulaires et ,les rectificateurs Savalle à Maisons-Allort . . . . . . . . . . . . 34

- Batterie de chaudières à vapeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 3. - Machine de cent chevaux système Corlis. . . . . . . . . . . . . . . - 4 . - Vue de la Raffinerie d'alcool la Madone, à Puteaux près Paris. . . . - 5. - Vue de l'usine de r~ctificationde M. A. V. Dolgoff, à Nijny-Novgorod (Russie). . . . . . . . . . . . : . . . . . . . . . . . . . ,

.

.

38 40
78
82

Pages .

PREFACE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
DÉSIRÉ SAVALLE. .

1

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX CFIAPITRE PREMIER . L'alcool de grains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 CHAPITRE DEUXIEME. Traitement des grains . . . . . . . . . . . . . . . 7 5 Ior . Saccharifieation par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

5 II. Saccharification sans malt . Procédé Bnchet ct Savalle . . . . . . . 5 III. - Ensemble d'une distillerie de grains . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 IV. . approximatif du matbrie1 d'une distillerie travaillant par jour Devis
Appareil poiir la distillation des grains en moût épais

9 14

10,000 kilog . de grains, par le procédé Bacliet ou a volonté en opérant par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 CHAPITRE TROISIÈME.

...

19
27 30 40 45

CHAPITRE QUATRIEME . Les fabriques de levure pressée . . . . . . . . . . . . . 5 I'r . - Fabrique de levure francaise. La distillerie hpringer et Cie 5 II. - Fabrique de levure hollandaise . distilleries de Schiedam -Descrip. Les tion du travail des moûts de grains dans les distilleries de Schiedam t III j Fabrique de levure russe - Distillerie de Reval . . . . . . . . . . . Projet de distillerie . . . . . . 8 IV . - Fabrique de levure autrichienne

.

.

.....

.

.

.

53

CHAPITRE CINQUIÈME . . Appareil d'un nouveau systerne strvant à reprendre I'alcool entraîné par les eaux de lavage de la levure . . . . . . . 59 CHAPITRE I X I ~ M E Saccliarification par les acides . . . . . . . . . . . . . . . S 5 1 . faut-il préférer la saccharification par les acides à la saccliarifiQuand cation par le malt ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 II. Description du travail par 1aiiçieiine iiiethode à air libre . . . . . . . . 5 III . D~scriptiondu travail par la nouvelle méthodc rapide et économique . . . . . . . . . . . . . . sous pression . . . . . . . . 8 IV - Lettre d'un distillateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . $V . - Comp:e simulé des frais de fabrication dans une distillerie travaillant 7,000 kilog . de riz ou de niaïs par vingt-quatre heures . . . . . . . 5 VI . - Devis approxiniatif du matériel d'une distillerie travaillant par vingtquatre heures 60,000 kilog . de riz ou de maïs par les acides

.

.

63

. .

63 65
67 73
74

....

73

Pages

CHAPITRE SEPTIEBE Rectscation des flegmes de grains . $ 1 - Usine la Madone, à Puteaux (Seine). . . . II - Usine Do goff, Nijny-Novgorod (Russie). . . .

. .

.

. . . . . . . . . . . ...........
. . . . . . . . . . .

77 78 80

. Les résidus de la distillation des grains . . . . . . . . . . CHAPITRE HUITIÈME $ 1. Drêches de la distillation par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . $ II . . Composition et valeur nutritive des drêches de la distillation par'le malt . $ III - Traitement des vinasses sous haute pression - Procédé Louis Meeus et Heinzelmann. . . . . . . . . . . . . . . . . . . $ IV Résidus iie la distillation par les acides . . , . . . . . . . . . . . . $ V, - Utilisation des vinasses par le prockdé Porion et Méhay . . . . . . . . . . . . . YI - Engraissement du bétail par la drêche des distilleries de grains

. ..

.

85 85 86
8889 89 98

CHAPITRE NEUVIÈME.

Préparation des clairs de vinasses . . . . . . . . .

. 103

CHAPITRE DIXIÈME Fabrication du levain . . . . . . . . . . . . . . . . 105 $ 1 Procédé allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 § II Cuves à Tevain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 5 III Caractères essentiels d'une bo ..ne levùre . . . . . . . . . . . . . . . 115

. . .

.

CHAPITRE ONZIÈME . Statistique de la fabricaJion de i'alcool de grains dans les grands pays de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

.

CHAPITRED O U Z I ~ D I. . E Statistique des distilleries de grains (Installations Savalle) .

. 121

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CHAPITRE PREMIER.

Importance de la Distillation au point de vue agricole et de la prospérité générale.

La distillation est l'industrie agricole par excellence. Soit qu'elle se pratique dans la ferme ou qu'elle se fasse au dehors, elle fournit toiijours à l'agriculture la nourriture la plus économique et la plus apte à l'engraissement du bétail. Elle produit de la viande à bon marché, elle procure en outre à un prix peu élevé et sur une grande échelle le fumier indispensable à une culture bien entendue, et elle restitue à la terre tous les éléments nécessaires à la conservation de sa fertilité. La distillerie est l'auxiliaire le plus puissant de l'agriculture ; des contrées arides ont ét4 par elle rendues fécondes et florissantes. Les terres donnent, avec son aide, le maximum de m u c t i o n et de revenu. Quand la wuvaise saison arrive et que les travaux des champs cessent, la distillerie est là qui procure du travail aux ouvriers des campagnes. Les hivers sont dans certaines contrées durs et pénibles à traverser pour les pauvres gens sans occupation ; dans les pays ou la distillerie existe, l'ouvrier n'a pas à mendier son pain, il peut gagner honorablement sa vie, car il a du travail compe en été. Nos voisins d'outre-Rhin ont mieux con~pris quc nous l'importance des distilleries, ils en possedent aujourd'hui à peu prhs 16,000, tandis que la France en compte à peine '700. II nous restè donc beaucoup à accomplir dans cette voie. &st diib le but de faciliter l'étude et la création de ces établissements que nous écrivons cette notice. Nous avons aussi

-6 pour but de montrer aux distillateurs dont les appareils laissent aujourcl'hui à désirer, tous les perfectionnements créés depuis dix ans, et nous voulons leur indiquer les bénéfices qu'ils réaliseront en modifiant leur ancien matériel. En agriculture comme en industrie, il est prouvé désormais que l'argent, intelligemment appliqué, rend largement à celui qui a eu confiance et qui ne s'est pas laissé arrêter par un sentinient de mesquine économie. Le progrès nous entraîne aujourd'hui; il faut marcher avec lui, imiter l'exemple du voisin qui transforme son outillage pour obtenir une production supérieure en qualité et en quantité, ou bien il faut se résigner au triste spectacle de :voir les autres s'enrichir, tandis que soi-même on va à la ruine. Les industries annexées aux fermes mènent à l'abondance et à la fortune; elles élèvent la production de la viande, dont la consommation devient universelle; elles répandent autour d'elles le bienêlre et la prospérité et retiennent aux cliamps les bras dont i'agriculture ne peut se passer, malgré les admirables machines qui sont h sa disposition. L'avenir des distilleries rurûles est donc immense. En Allemagne et en Angleterre, les grands propriétaires ont déjà prévu les résultats si féconds qu'elles doivent donner; ils montent aujourd'hui des établissements dont les appareils sont empruntés à notre système français. Que nos agriculteurs ne se laissent pas devancer par la concurrence étrangère, et qu'ils se souviennent que la distillation est une industrie éminemment nationale et qu'elle peut arrêter l'immigration si désastreuse des ouvriers des campagiies dans les villes.

CHAPITRE II.
Liste des 126 appareils Savalle montés depuis 1867.
Depuis l'Exposition universelle d e 1867 jusqu'à la fin de mai 1870, il a été vendu cent vingt-neuf appareils Savalle, qui se répartissent comme suit :

L. Engel.

.... .... .. .

à Caracas

. . . . .. . ... .

1

5 EN ANOLETERRE :

A MM. Bernard et Cie. . . . ... Macadam. . . . .. Robert-Campbell . . . .. Le même (grands appareils pour tripler le travail de son usine)

... .

.

.

à Leitli (Écosse). . à Liverpool. à Buscot-Park (Berkshire)

.

. .... . . ..... . .. ... à Buscot-Park (Berkshire) . . .

1 1 3

2

14 EN AUTRICHE :

J. Latzel. . . . . . . à Pawlowitz. . . . . . . . C. Leidenfrost. . . . . . . à Gêne (Hongrie). . . . . . Ed. Siegl . . . . . . . à Szolcsan . . . . . . . Pokorny frères et Hugo-bel lineck . . . . . . . à Pilzen (Rohême) . . . . . .... . Paul Primavesi . . . . . . à Olmütz , . Karl-Kammel et Cie . . . . . . A Grusbach . . . à Falkus Dovoran . . . Schultz et Pollack. . . à Gattendorf. . . Camille de Laminct. . . . . La SociétB anonyme Action . . . à Tsmesvar . . . Fabriksliof . . .

.. ..

.. . . .
..

.

.

.

.

.

..

-

. . .. . ..

. .. . . .. .. . . . ... . . .. . . . .. . .. . .. .. . .

.

.

.

2

2
1 .

I
1 2

2 2
1

3 EN BELGIQUE:

Jules et Octave Clayes-Fiévet à Gand . . . FBlix Wittouck (son troisiéme à Leeuw-Saint-Pierre .. . appareil). ... . .. .. . .. Le baron de Saint-Sÿmphorien. à Mons.. . .. .. . . .. . .

.

.. . .. . ..

. .. ... ... 1 ........ 1 .. .. . .. . .. 1 A reporter. ... . 25

. fj..
Report
16 EN ESPAGNE :

.......... 23

Marichalar J F et C Barréda Ramon Jimenez José de Bertemati La Société sucrière phinsulaire R La C h i a Rodriguez y Aurioles Cecilio de Roda Joaquin de la Gandara (directeur du chemin de fer de Saragosse) Larios et fils ............... Coralez Péralta .............. Pedro de Domecq ...........

. . .

....................... 2 ................... à Grenade ..................... 2 .............. à Albumol ...................... 1
à Madrid

................... à Puerta-Santa Maria ........... 1 Id .................... t . ......... ............. Id .................... 1 ........... à Jerez de la Frontera .......... 2

.................. à Albacète ..................... à Malaga ..................... à Madrid ......................
à Jerez de la Frontera
I DANS LA CONFÉDÉRATION DU NORD :

1

2
4

..........

2

Jules Wrede à Berlin ...................... 1 J . . A Gilka (son deuxième appareil) à Berlin 1

...........*.... . ............

................

2 AU BRÉSIL :

Munzer et Spann Juan Ollivella

............... Robert de Massy et DBcle .....

............

Pour RioJaneiro Id

.....................

.................

Z
1

7 0 EN FRANCE :

Les mêmes ................. Les mêmes ................ Houvenagl~det ~ e r ~ r a s e a ..x u Durand Le m&me (son deuxihme appareil) P . Lejeune et Cie Deschanvre et Cie ........... Charles Droulers ............ Cliarles Legrand ............ Tilloy Delaune et Cie ........ Les mêmes ...............

.................... ................ .................. à Borne1 ........................ ........... à Argenteuil ..................
......................
à Courrières (Pas.de.Calais) Id

à Reauoourt (Saint.Quentin) ...... Un second rectificateur .......... Un troisième rectificateur .......... à Salomé ........................ à Ivry-le-Temple

1
I 1 1

1
4
9

à Denain ................A...,.. 2 à Roubaix 3 à Sassy, par Jort (Calvados) 2

....... 4 ................... 1
........
A reporter

...... &2

-9-

M .Lamarque ...............
Léon Crespel (son deuxième appareil) ................. G blarcliandise ............. Alfred Pennelier ............ Réné Collettt: et C'" ......... Gomaux et Ce Coefier .................... .Pasquesoon e-Tafrin et Cie . . . . Désiré Coisne et C'" .......... Christmann, Stuhlinger et Schultz Chatriot - Walet, ferme de Trémonvilliers ............ 1 Braconnier .............. Régis Bouvet frères ......... Lejeune ................... Lignières ................. E Vauvillé ................ Delavigne .................. A . blather et Cie ........... Victor Delgutte Charles Legrand. pour agrandissement d'usine ......... Bernard frère et Leurent .... P.Boulet.son "Lerectificriteur. Aug André ............... Brangier ................... A Collette ................. Colombet Gibaud et Cie ..... Dantu-Dambricourt et Durin Duriez et Droulers . . . . . . . . Pau1 Ernault ............... Fretin et Ghestem Gontard La Société de Ferrière-la-Grande Lefèbre ....................

Report 62 à duilles (Gers) .................. I
à Quesnoy-sur-Deule I à Frégicourt 2 à Laneuville-Roy (Oise)............ 2 aux Moëres-Françaises (Nord) ...... 2 1 à Tournes (Ardennes) . t à Mantes 2 à Gorgues (Nord) ................. 1 à Merville (Nord) 2

......

.

.....................

..............

.............

... ........ ........................
................

..................

à Colmar (Haut-Rhin)

.............

1

.

.

.............

près Saint-Just-en-Chaussée (Oise) 2 à Cliavagné (Deux-Sèvres) . . . . . . . à Paris (avenue de Choisy) . . . . . . . . . . 2 à La Brosse (prks Buzançais) ....... 2 à Villeneuve.les~Chanoines ......... 2 à Toutifaut (Indre) ................ I à Rouen (Seine-Inférieure) ......... 1 5 Toulouse ....................... 2 à Saint-Pierre4es-Calais ........... 2
à Scissy, près Jort (Calvados) ....... à Bordeaux

..

.

A Roueiî ...... .. .

......................
...............

1 I 1

.

.

........... ..................

à Brissay-Joigny (Aisne) .......... 2 aux Estrées p la Crêclie 1 à Seclin (Nord) 1 à Avignoii ...................... 1 4 à Steene. prks Bergues (Nord) à Bourbourg .................... 2 à Deiiizy ........................ 3 à Deulemont (Nord) 2 à Courthézon (Vaucluse) 2 à Ferrière près Maubeuge .......... 1 à Radinghem ................... 1

.

......... .................
.....

............. ...........

A reporter ..... 109

- 10 Mettavant .. . . . . . . . . . . . Nitot et Racine.. . . . . .. . . . Thiry frères.. .,.. . . . . . . Vouters . . . . . . . . .. . . Denis, agriculteur.. ... ... . Kiderlen.. . . . . .. . . . . . . . . I. et D. Twiss . . . , . . . ... . Les mêmes . . . . . ... ,-.

. . . .. . . ... . . . . .... .. . ..

à Xiroux .... .. à Meaux.. .. ... . à . . . . .. . . à Haluin.. . . . 3 Sommaing-sur-Ecaillon

. .. . ... . .... . .. . . . . .. . . . . .. ... . . . . . .. . . . .... . . . ... .. ....... ... ..... . ... . .....

..... . .. .

Report.. . 109
2 2 1 4 1

.

.. . . . . . . .. .. ... .....

4 EN HOLLANDE1

Rotterdam . . . . . . Id ..... Id ..

....... .... . .. . . . . .... ........... .... .... ...

.... . . ... ... ..

2 I
1

Sessa, Fuinagalli et Cie.. . à Milan.. .. . . . . . .. .. .. .. . . 1 2 à Carvazéré par Rovigo.. . . . . . Meticke.. . . ....... . .. Le même, un troisième apId. .................... 1 parei 1 . . . . . . . . . . . .. . . . . .

4 EN ITALIE:

.

.

... . . . ...
..

.

I A LA MARTlNlOUE :

A. de Meynard..
Fhlix Denegri.. Bell.. . .

. . . . . . . .. .

usine à sucre de la Dillou.
I AU

. . . .. . . . .

4

. ... . . . . ...

PIROU :

Hacienda de Chacavenlo..
I EN PORTUGAL :

..... ..... .

1

.. ... . . . , .. . . . . . . ...............
. ...... ..

à Buarcos..
I EN S U ~ D E :

... .. . . .. ... ... ... ....
. . . ..... .. .. .... .....

I
1

Tranchell..

à Laiidskrona
I EN VALACHIE :

Demètre, Moraït.. Heweston

à Bucharest..

......... . . ........ . .

1
1

... . ........ ....

I A L'ILE MAURICE :

Port-Louis..

................. ......

Ensemble. .

. . appttreils 229

Le nombre total des appareils Savalle montés à ce jour, s'élève à plus de 500. Le nom%re des appareils d'autres systèmes, mis à la réforme et détruits pour être remplacés par les appareils Savalle, s'élève à plus de 300.

CHAPITRE I I 1.
A p p a r e i l s Savalle, p o u r la distillation des V i n s , des Bett e r a v e s , des Mélasses, des Grains, des C a n n e s A S u c r e et la p r o d u c t i o n des 316 de G e n i è v r e s et d e s R h u m s . Les distillateurs ont généralement le tort de n'attacher qu'une importance secondaire au choix des colonnes distillatoires qu'ils se procurent; il n'est cepeiidaiit pas indifiérent de prendre l'un ou l'autre système. Une colonne peut dépenser beaucoup de combustible; la différence peut aller jusqu'à 33 pour cent, soit .1/3 de trop de charbon consommé, seulement pour la distillation. Certaines colonnes donnent des flegmes troubles et chargés d'acides ; ce produit est difficile 5 rectifier et laisse une proportion plus forte de 3/6 mauvais goût. D'autres colonnes, enfin (et c'est là le défaut le plus grave), perdent uns partie de l'alcool qu'on leur donne à distiller, soit parce qu'elles sont mal construites, ou, et cela plus généralement, parce qu'elles ne sont pas pourvues des organes indispensables pour régler le fonctionnement du travail continu. L'alimentation des matières à distiller s'y fait d'une manière défectueuse, trop abondante par moment, ou insuffisante dans d'autres. L'alimentation de la vapeur de chauffage est défectueuse, toutes les fois que l'on compte sur la main de l'homme pour la réaliser. En effet, l'attention la plus soutenue, la plus grande, n'obtient même pas la régularité de vapeur requise à un bon travail. Il résulte de l'irrégularité d'une distillation continue, toujours une perte, soit de charbon ou d'alcool. En effet, si la matière à distiller cascade, descend trop vite sur les plateaux de la colonneb cette matière n'est plus en rapport avec, la vapeur charg4e d'en extraire l'alcool, et cet alcool s'écoule, se perd dans les vinasses qui s'échappeiit à et continu. Si la vapeur n'est pas assezalimen-

tée, la même disproportion existe et la même perte d'alcool se produit. Ces diminutions dans le rendement alcoolique sont intt>rmitterites, aussi échappent-elles la plupart du temps à i'observation des distillateurs qui, en fin de compte, en rejettent la faute sur la défectuosité des fermentations, ou sur celle de la matière pre. mière employée; mais parfois aussi, nous avons vu dans le Nord des accidents terribles, produits par cet alcool perdu dans 12s vinasses ; témoin celui arrivé, il y a quelques années, à l'un des plus éminents praticiens du Nord, M . Hary, agriculteur à Oisy-lcVerger, où une cave traversée par lin conduit de vinasses se trouva remplie de vapeurs alcooliques, et la quantité de ces vapeurs et leur richesse étaient telles, qu'en descendant dans cette cave avec une bougie, une détonation s'y produisit et la personne fut brûlPc et mourut peu de jours après. 11 est donc intiispei~sable, pour obte~lirun bon rendement alcooliqtie de se servir de colonnes distillato~resbien construites, et dont l'alimcntatiori du liquide et celle de la vapeur soient réglée8 automatiquement, et comme nous le disions, les fabricants ont pour laplupart encore I~eaucoup améliorer cette partie de leurs distilleries. à Il est utile aussi, nous ajouterons même indispensable anx grandes distilleries, d'avoir deux colonnes distillatoires, afin de parer aux temps d'arrêts qui résultent du nettoyage de ces colonnes; car pour obtenir de boils alcools, il fjut un appareil majnt:iîu en parfait état de propreté. Les colonnes distillatoires que nous livrons obvient aux défauts capitaux que nous venons d'knumérer par la grande surfacu de leurs chauffe-viils et leur disposilion tubulaire. Ces colonnes dCpenseiit très-peu de combustible, ensuite leur brise-nlousse et leiir chauffage régulier procurent des flegmes au degré désirable et entièrement débarrassés de matières fermentées acides. Enfin, leur régulateur pour l'alinzentation des jus à distiller et notre ~*dgulntczrr a~ctomaf de vapeur donitent la garantie cle l'dpuisen~entcomnplet cles ique vinasses, avec l'assurance9 d'un travail parfait et constamment identique. Voici la description de ces colonnes que iîous établissons, soit

E.

F .

G. - Eprouvette indiquant le volume de flegmes produit, leur degré et température. H. - Machine à vapeur de la distillerie, envoyant à volonté ses vapeurs perdues pour chliuiïer l'appareil distillatoire. t. Encrée des vins dans l'appareil. j. Entrhe des vins chauds dans la colonne. i. k. Tuyaux à col de cygne pour les vapeurs d'alcool. m. Tuyau de sortie des flegmes ou alcools bruts produits. S. - Tuyau conduisant les flegmes dans un réservoir. Tuyau amenant la pression de l'appareil au régulateur. o. 1. - Robinet d'échappement libre des vapeurs de la machine. 2. Robinet de communication des vapeurs perdues de la machine dans la colonne. 3. Robinet soupape du régulateur de vapeur, pour la vapeur provenant directement du génkrateur. 4- - Reniflard pour empéclier l9Bcrasemeut de l'appareil par le vide. 5. - Trou-d'homme. 6. Indicateur de niveau de liquide. 7. Robinet de vidange des ina as ses.

- Régulateur de vapeur.

- Réfrigdrant.

-

-

-

-

-

Les matières à distiller sont élevées au moyen d'une pompe dans un réservoir situé au-dessus de l'appareil. Elles entrent en travail par un robinet de distribution qui vient s'adapter dans le montage en T. En passant dans le réfrigérant E, elles ont pour effet de refroidir les alcools bruts produits; plus loip, dans le chauffe-vin D, elles ont pour effet de condenser les vapeurs alcooliques, et en même temps qu'elles opèrent cette condensation, elles entraînent avec elles et rendent à la colonne toute la chaleur emportée de celle-ci par la vapeur d'alcool. Arrivées dans la colonne A, les inalières sont soumises à la distillation, et parcourent un systPme particulier de plateaux dont le nombre varie d'après le travail auquel on les applique. Dans ces plateaux qu'elles suivent en descendant, elles trouvent à leur rencontre partant du bas de la colonne, la vapeur d'eau d'abord, puis des vapeurs de plus en plus riches d'alcool, à mesure qu'elles s'élèvent et traversent les couches de matibres des plateaux supérieurs. Cette vapeur enlève tout l'alcool contenu dans la matière fermentée, et celle-ci sort de l'appareli par le robinet de vidange no 7, à l'état de vinasses.

- 15 Nous avons laissé les vapeurs alcooliques au haut de la colonne : elles sortent de celle-ci par le col de cygne i, pour aller dans le brise-mousse C se purger des parcelles de matières qu'elles entraînent parfois mécaniquement ; - purgées, elles se rendent dans le chauffe-vin D, où elles se condensent en rendant leur calorique à une autre quantité de jus à distiller. Puis cet alcool passe par 1 pour se rendre au réfrigérant et pour sortir finalement par l'éprouvette G. L'alimentation de la force, qui agit dans l'opération de la distillation par l'effet de la vapeur introduite dans la colonne, s'effectue avec une précision matliématique et proportionnelle aux besoins de l'opération ; notre régulateur maintient l'équilibre des forces et assure la régularité des fonctions. Aussi voit-on la distillation s'effectuer sans secousses, sans soubresauts, et fournir régulièrement un jet d'alcool continu, volumirieux, à un degré élevé et peu variable. La colonne Savalle répond aux diverses exigences de la distillation avec une régularité qui est la garantie d'un excellent travail.
Prix des Colonnes distillatoires, en cuivre rouge, munies d'un r6gulateur de vapeur
NUMÉROS
des
DIMENSIONS

PRODUCTION
VOLUME DE VIN DISTILLÉ par jour de U heures

-

PRIX
DES APPAREILS

10

4 5 6 7 8 9

2 3

1

13

12

11

15

14

300 hectolitres. 400 500 600 700 rn 800 900 1,000 » 1,100 3 1,200 1,600' 2,000 » 2,500 3,600 » 4,500
)) )) ))
))

I

) )

))

))

))

6,000 francs. 7,500 9,000 10,500 12,000 n 13,500 11 15,000 16,500 r 18,000 19,500 26,000 32,000 37,500 52,000 6,000 1)
))
))
) )

))

) )

))

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))

))

))

C.

- Chauffe-vin B chaufige direct par le contact des vapeurs avec la matibre

à distiller.

D. - Col de cygne allant vers le réfrigérant. E - Réfrigérant tubulaire. F. Sortie des alcools. G. - Eprouvette graduée, indiquant la puissance du coulage, le degré ct la température des alcools bruts. H. - Sortie des alcools bruts dans Ie reservoir. 1. - Régulateur de chauffage de la colonne. J. - Communication de pression au régulateur. K. - Réservoir des jus fermentés B distiller. L. Réservoir à eau froide. ?/I N. - Communication des vins du réfrigérant à la colonne.

.

-

-

Cette colonne, partiellement en fonte de fer, est meilleur marché que celle représentée figure 1, qui est entièrement en cuivre. Le montage et le démontage de la colonne rectangulaire s'exécutent facilement; elle s'applique aussi bien à la distillation des grains en matière pâteuse qu'à celle des betteraves. Ce dernier point est essenliel pour les distilleries agricoles, qui ne doiverit pas se contenter de travailler pendant cinq mois seulement, mais qui sont obligées de pratiquer la distillation des grains en été, pour avoir des drèches à donner au bBtail au moment où souvent les fourrages font défaut. Dans cette nouvelle colonne Savalle, le contact dela vapeur et du vin à distiller se fait par un système spécial obtenu par la superposition des tronçons de colonne, et dont aucune partie n'est sujette à s'obstruer. Le cliauffe-vin est formé par plusieurs couches de liquide en mouvement, don1 la surface supérieure est chauffée directement par les vapeurs alcooliques et dont la surface inférieure est chauffée au travers de surfaces métalliques. Outre sa grande simplicité et sa grande facilité de nettoyage, ce système offre l'avantage de coûter moins cher que ses devanciers. Nous établissons les prix de ces colonnes par numéros, au fur et à mesure que nous les exécutons, afin d'arriver à les livrer au prix le plus réduit possible.

CHAPITRE IV.
Régulateur automatique du chauffage des colonnes distillatoires et des rectificateurs Savalle.

Voici comment s'est exprimé un homme pratique, RI. J . Pezeyre, au sujet de notre régulateur automatique à vapeur, dans une de ses communications à la Chambre syndicale des distillateurs de Paris : « Le régulateur est une application des lois de l'hydraulique essentiellement nouvelle, introduite par h1. Savalle dans les appareils de distillation. Il a pour effet de régulariser l'emploi de toutes les forces et toutes les fondions, et de maintenir les phénomènes qui s'accomplissent dans tous les organes de l'appareil, dans des conditions de température et de pression constantes et indispensables à l'homogénéité, à la bonté du produit et à la vitesse de son écoulement. On évite ainsi de troubler l'opération par des coups de feu violents, dont on n'est jamais maître avec les appareils ordinaires. Un appareil de distillation privé de ~.égulateur, est comme zlrl navire sans boussole, exposé a toutes les chances d'erreurs
et d'accidents.
»

Ce régulateur, représenté par la figure 3, est le guide indispensable de nos appareils, en ce sens qu'il maintient efficacement la pression, la température et la vitesse de circulation des liquides dans les limites les plus favorables au dégagement de l'alcool et à l'élimination des éléments étrangers qui le soiiilleiit. Élément essentiel de nos appareils, il a pour organe principal 1111 flotteur C, qui a pour fonction d'ouvrir ou de fermer un i.,,l)iiiet de vapeur adapté sur la conduite du chauffage, et dont la puissance augmentée par l'intermédiaire du levier D, atteint 400 kilograniines, de sorte que ni la poussière, ni l'usure du robinet de vapeur ne puissent empêcher son action (les deux figures 4 et Ci représentent le robinet de vapeur avec, sa soupape). On verse de

ou ferme le robinet de distribution. Ajoutons que le robinet et la soupape 4 et 5, sont d'une construction toute spéciale; l'ensemble y est ménagé de telle sorte que la pression se fait équilibre à ellemême, dans une certaine proportion. Ainsi la soupape, qui a, dans les grands appareils, 6 centimètres de diamètre, ou une surface de 28 centimètres carrés, ne supporte en réalité que sur 2 centimètres carrés la pression de la vapeur, et peut être facilement soulevée par le flolteur. La pratique de chaque jour prouve que ce mécanisme très-simple règle la pression à un centimètre d'eau près (soit à une précision d'u12 millième d'atmosphère). Les appareils qui en sont munis, au nombre déjà de plus de 500, et qui fonctionnent avec une régularité parfaite, produisent un jet continu et abondant d'alcool, à

Fig. 4.

- Robinet de vapeiir
du régulateur.

Fig. 5. Soupape du robinet de vapeur.

-

uii titre toujours élevé et sensiblement constant; ils dispensent pour la conduile de nos appareils d'hommes spéciaux, toujours tlifficiles à rencoiitrer dans les campagnes, et soiit pour le rectificateur uii véritable bienfait. Comme pièces à l'appui, nous allons faire connaître où et coiiîment a pris naissance le régulateur qui nous occupe, avec les causes des transformations qu'il a subies.

- 21 Ce fut en 1846, à la suite d'un grave accident survenu dans l'importante distillerie que le f~ridateur de notre maison, M. A. Savalle père, possédait à La Haye, et qui a consacré toute son existence au perfectionnement de cette importante industrie, sentit la nécessité d'établir des appareils de sûreté pour empêcher le retour d'explosioi~s semblables à celle dont il venait d'être le témoin et dont il avait manqué, avec son jeune fils, M. D. Savalle, d'être la première victime. La cause de l'accident était l'imprudence d'un ouvrier distillateur qui, contrairement à la recommandation qui lui avait été faite, avait donné trop de vapeur à la chaudière qu'il nettoyait. Le couvercle de cette dernière, maintenu au moyen du joint à pinces, s'était enlevé, et la force d'explosion avait été si subite et si considérable, que le plancher d'un étage sup&rieur,quoique fortement chargé, s'était soulevé. Ayrhs cet accident. M. A. Savalle fit appliquer aux chaudières de tous ses rectificateurs des manomètres a air libre, pour indiquer la prpssion et servir de guide aux distillateurs. Ces manomètres servirent peiidant plusieurs aiinées à indiquer seulement la pression intérieure des chaudières. Lorsque M. Savalle père organisa sa distillerie à Saint-Denis (Seine), ces manomètres facilitèrent l'éducation à faire des ouvriers distillateurs; car la plupart de ceux qui se présentaient n'étaient au courant que de l'usage de l'appareil Cail, dont on ne se sert plus aujourd'hui. M. D. Savalle fils créa le régulateur automatique, et nous croyons que l'on nous saura gré d'une innovation qui rend d'une maniPre si complète des services qui jusqu'alors étaient inconnus. Ce régulateur a subi dbjà plusieurs transformations, et depuis quelques années, nous en avons fait un instrument véritablement pratique, à l'abri de tous arrêts par insufisance de soins ; aussi tous nos anciens clients s'empressent d'adopter ce dernier système.

CHAPITRE V.
Rectification des alcools par le système et les appareils Savalle. Le sucre brut, engagé dans sa mélasse, est u l'image de l'alcool emprisonné dans les flegmes n. Le sucre a besoin de raffinage pour acquérir la blancheur et la suavité de goût nécessaires. Les flegmes réclament aussi une épuration, une espèce de raffinage, connue sous le nom de rectz'fzcation. Le sucre de betteraves, bien raffiné, est identique avec le sucre de canne également bien raffiné ; de même, i'alcool d'industrie, bien rectifié, est identique avec l'esprit-de-vin . La rectification a pour but de séparer l'alcool de tous les corps qui lui sont intimement unis par les lois de l'affinité chimique, ou associés à titre de simple mélange. Par une rectification bien conduite, dans les appareils Savalle, on ambne les alcools d'industrie au degré de pureté qui les rend supérieurs à l'esprit-devin. La figure 6 représente cet appareil vu en élévation, et dont nous réservons les détails d'intérieur pour chacun de nos clients. En voici la légende explicative :
A. Une chaudikre, recevant les flegmes à rectifier; la capacit6 de la chaudibre varie selon son numéro. B. Colonne qui épure les alcools par la séparation des produits. C. Condenseur analyseur tubulaire, agissant avec puissance par sa disposition toute spbciale. D. Réfrigkrant qui raméne les vapeurs alcooliques à l'état liquide. E. Régulateur automatique d'une grande puissance, pour la conduite du chaiifige. F. - Nouvelle éprouvette. G. Récipient spécial pour la sdparation et I'Bliminatiou des huiles essentielles et des produits mauvais gobt ; ce rkcipient se trouve placé sur l'appareil du cbté non apercu du plan d'B16vation.

-

-

-

-

- Col de cygne des vapeurs alcooliqries. - RBtrograde des alcools faibles. i. - Passage des alcools forts vers le réfrigerant. j. - Commuiiication de pression an régulateur.
g. h.

k, 1.

- Alimentation des eaux froides de condensation. - Conduite des vapeurs de chauffage de l'appareil.
Trop-plein des eaux chaudes.

m.-

2. 2. 3. 4.

- Sortie des eaux de condensation de vapeur de chauffage. - Robinet double servant ii emplir et à vider la chaudiere. - Robinet regulateur polir admission de l'eau de condensation. 5. - Robinet d'6coulement des alcools secondaires.

- Robinet spécial au régiilateur de vapeur. -

6. Robinet d'écoulemerit des éthers. 7. - Robinet d'6coulement des alcools bon goût. S. - Reniflard pour empCcher l'écrasement de l'appareil par l e vide. 9. - Trou d'homme pour visiter le serpentin de chauffe de la cliaudiére. 10. - Niveau d'eau indiqiiant le volume de liquide contenu dans la cliaudiére.

La charpente en fer qui sert à maintenir les différentes piéces de cet appareil, est à la fois solide, gracieuse et élégante. Cette charpente s'établit à la demande des acquéreurs. Toute T tuyauterie et la robinetterie peuvent alors se remonter a en peu de temps; c'est un véritable profit pour les contrées éloignées: il n'est pas besoin, en ce cas, de faire venir de France des ouvriers spéciaux pour monter ces appareils. Les pièces principales sont ajustées, repérées, iiumérotées ; il sufit donc de les poser d'aplomb. Pour nos colonies françaises, cet appareil sera l'objet d'un succès réel lorsqu'on l'appliquera à la rectification des tafias, et qu'on diminuera ainsi de moitié le fret pour transporter ces 3/(3 sur le continent européen. Notre appareil a cela de particulier, c'est qu'il n'a aucune espèce d'analogie avec les anciens, c'est un type, et déjà l'Espagne, les EtatsUnis d'Amérique, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie,, l'orient, etc., etc., rivalisent entre eux à l'aide de notre nouvel appareil, et les aIcooIs qui sont obtenus font prime partoutepar la dernière expression de leur finesse.

CHAPITRE VI.
Avantages résultant de l'emploi de notre nouvel appareil de rectification sur ceux des autres systèmes.
Les avantages résultant de i'application de notre rectificateur perfectionné sont nombreux; ils expliquent la faveur que lui accordent les distillat,eurs bien renseignés. Notre systkme réduit à un seul appareil (car nous ne sommes pas limités pour la puissance à lui donner) l'outillage de rectification des distilleries, autrefois si compliqué et si dispendieux. Cette simplification facilite la surveillance du travail et évite de nombreuses causes d'usure, de réparations et d'incendie. Outre ces avantages d'installatien, il en est d'autres dans le travail qui sont plus importants encore.
Io AVANTAGE SUR LA MISE EN TRAIN.

En commençant les opkrations, l'appareil est vide et parfaitement propre, contrairement aux autres, qui ont tous les plateaux de leur colonne chargds d'eau sale et d'huiles essentielles. Cette différence, qui peut sembler peu importante à première vue, constitue un perfectionnement très-grand; car pour débarrasser d'impureté et d'eau une ancienne colonne, il faut, en commençant chaque opération, cinq heures de travail, cinq heures pendant lesquelles on depense en pure perte le charbon et la main-d'œuvre; de plus on renvoie par la condensation, pendant ces cinq heures, dans la chaudière du bas, des produits impurs, qui vont g%ter les alcools à rectifier.
2" AVANTAGE SUR LA CONDUITE DU CHAUFFAGE.

Le fonctionnement n'est plus laissé au bon v a o i r de l'homme charge de la surveillance des appareils; il s'opère automatiquement et avec une

exactitude mathématique, l'appareil étant réglé de telle sorte que la production ne varie pas d'un litre par heure. Cette régularité de production est le point le plus dificile, mais aussi le plus important à atteindre dans la rectification des alcools. En effet, lorsque i'on considère cette opération, elle consiste à produire trois unités de vapeurs alcooliques, pour les analyser dans un condenseur de manière à séparer une unité de vapeurs pures, en condensaiit les deux autres unités qui sont impures. Cette opération est si délicate qu'une irrégularité dans le fonctionnement de l'appareil, une alimentation trop intense de vapeur, par exemple, détermine dans le condenseur une entrée de vapeurs alcooliques, supérieure 3 trois unités; ce dernier ne peut condenser ce supplément de vapeurs impures, l'analyse est imparfaite, et les produits sont immédiatement chargés d'huiles essentielles. Admettons l'inverse, c'est-à-dire qu'on laisse l'appareil manquer de vapeur : il en résulte dans le coridenseur une adiiiission de vapeur trop minime, de deux unités par exemple; ces deux unités de vapeur se trouveront condensées, le travail de l'appareil sera interrompu pour un temps plus ou moins long, pendant lequel le combustible est dépensé en pure perte. Le régulateur est donc indispeusable, il 6conornise. d u combz~stibleet fait produire des alcools parfaits. (Xous en avons donnti la description à la page 18.)
3" QUALITESUPERIEURE DS PRODUITS. E

Par l'emploi de notre appareil, on produit des alcools plus fins et au titre élevP, de 96 à 97 degrés centésimaux, lorsque les autres colonnes ne produisent que des alcools ordinaires à 93 ou 94 degrés au plus. L'élévation du titre de l'alcool donne la garantie qu'il est pur et bien débarrassé des huiles essentielles. Cette qualité des produits fournis par nos appareils a été reconnue par les hoinnies de l'art, qui constatent aussi qu'ils sont plus hygiéniques et produisent un effet moins pernicieux sur ceux qui font abus de liqueurs fortes.
ri" AVANTAGE POUR LE FRACTIONNEMENT DES P O UT . R D IS

La fin des opdralions s'opère aussi d'une manibre toute différente : dans nos appareils, elle s'u~z,ioncelongtemps d'avance par un itatrz~tnnlt

- 27 deprêcisi& 8tabli à cet effet. L'homme qui surveille et sépare les produits est donc ainsi à l'abri du danger qu'offrent les autres rectificateurs, de gâter le travail de toute sa journ6e par un instant d'inattention, en laissant, à l'instant ou se termine l'opération, couler des 316 de mauvais goiit dans la masse d'alcool fin produite. Notre indicateur fixe, et longtemps A l'avance, à l'ouvrier distillateur, au contre-maître de l'usine ou au patron, lorsqu'il vient à passer près des appareils, que dans deux heures, dans une heure ou dans dix minutes, I'opération sera terminée, et qu'il faudra faire couler les produits dans un réservoir autre que celui destiné aux produits fins. On évite donc ainsi toute surprise; l'ouvrier n'a pas d'excuse à alléguer s'il n'est pas à son poste, et le fractionnement des produits devient jacile.

5. FIN DES OPERATIONSSIMPLIFIBS.
La fin d'une opération faite par une colonne de rectification ordinaire exige deux ou trois heures de travail pour en enlever l'alcool mauvais goût et une partie des huiles essentielles. Dans le fonctionnement de nos rectificateurs, ces trois lieures de travail et de dépense de combustible se rkduisent à deux minutes : le temps de fermer le robinet de vapeur et d'ouvrir le robinet pour vider le contenu de la colonne dans le réservoir aux huiles.

6" AVANTAGE SOUS LE RAPPORT DU RENDEIENT.
De la perfection du travail que nous venons d'énumérer, il résiilte encore une économie notable de combustible; mais l'avantage le plus signalé est celui obtenu par la diffkrence de rendement ; notre rectijicateur ne perd que de l A 2 0/0 d'alcool, comme l'atteste le tabIeau de travail ci-contre, qui nous est remis par un des plus grands distillateurs de France. Les anciens appareils, au contraire, perdent par la lenteur de leur travail et leur construction défectueuse, 5, 6 et jusqu'a 8 0/'0 d'nlcool : il en résulte une augmentation de rendement en faveur de notre appareil de 3 0/0 d'alcool au moins, soi1 2 francs par hectolitre de 3/6 fin.

RESUME DES OPERATIONS
FAITES AVEC L'APPAREIL RECTIFICATEUR SAVALLE PENDANT LE MOIS D'OCTOBRE

1868,
OMEP.

DANS L'USINE DE M. E. P O R I O N , A WARDRECQUES, PP.ÈS SAINT(PAS-DE-CALAIS). (TRAVAIL FAIT SUR DES ALCOOLS DE M~LASSES.)

Jour
di1

Char{emmnts
Alcool
à 100.
hect. lit. retra:ailler hect lit.

3/6

mois
1 3 5 7 . 9 11 13 16 17 19 21 23 25 27 29 3

Moyen goût
he-t lit

3/6

hiauvais
à retravailler hect. lit.

3/6

Extra-fins
hect lit

Perte

DurZe de
i'apér;tlûn

-hect. l i t

12981 10618 136 51 11354 125 02 123 81 152 21 150 91 112 67 99 63 134 62 143 b8 141 99 151 14 159 25 110 38

407 2(11 3 61 385 4 33 4 78 4 42 4 73 3 16 3 75 4 OC, 4 07 3 61 4 28 4 96 3 16 fi2 85

29 64 24 61 29 64 24 21 29 05 25 69 30 04 31 62 26 58 26 68 26 9.2 27 33 25 39 3063 29 39 27 81
445 22

89 07 74 98 96 71 79 56 87 85 88 04 109 95 108 61 78.72 65 28 96 46 106 77 107 58 41252 119-69 75 1 1 1496 70

2 22 2 72 3 53 2 92 2 05 3 34 5 93 2 93 206 1 66 3 60 4 51 4 35 253 2 40 2 57 49 31

4 85 1 86 3 02 2 80 174 1 96 1 87 302 2 35 2 26 3 8 1 22 1 06 118 2 71 1 73 37 21

h. niin 31 15 25 20 30 40 26 30 2835 98 20 33 40 3315 25 50 22 45 30 25 33 40 32 05 3355 34 35 25 35

Totaux

2091 58

476 25

8/6 3/6 3/6 3/6

mauvais goût à retravailler.. . 62 hect. moyens .................... 445 extras-fins.. ................ 1496 mauvais goût à retravailler.. . 49 PERTE.. .......... 31 -

MOYENNE ET RESUME DU T R A V A I L D'UN MOIS.

84 lit. 3 » 0/0 82 22 28 010 70 - 72 58 0/0 31 - 2 36 0/0 21 - 1 78 0/0'

-

Total.. ....... 2092 liect. 28 lit. 100 » 0/0 L'appareil a coulé au bon goût pendant 273 heures 15: minutes, soit 876 litres 1/2 A 95: degrés par heure de coulage au bon goût. En France on néglige dans le commerce de tenir compte de la variation de volume que la chaleur fait éprouver aux liquides spiritueux : en Holl ~ n d e dans plusieurs autres pays, on en tient compte, et cela avec et raison, car entre les extremes, c'est-à-dire de O degré de température à 30 degr&, cette variation de volume s'élève, d'après les expériences faites par Gay-Lussac, près de 3 0/0. Les constatations de rendement ci-dessus ont été faites sans avoir
(1) Dans les appareils anciens à calotte$, cette perle s'élève A 5, 6 et parfois 8 0/0.

- 99 égard à cette variation de volume, c'est pourquoi nos clients en Prusse et en Hollande trouvent des pertes d'alcool à la rectification, moins grandes que celles de 1,78 010, et cela se comprend. Les alcools bruts ou flegmés, qui viennent d'être fabriqués dans les distilleriesdont habituellement i des températures très-élevées qui va1000 litres de ces flegmes à rient de 20 & 30 degrés centigrades. 30 degrés alcooliques et à 30 de température, ne coristituent en réalité, à la température norriiale de 1 P degrés, que 989 litres. Si donc on ne prend pas en considération la variation de volume, on commet une erreur dans le chargement de l'appareil de 11 litres par mille. On se trompe aussi, mais l'erreur est moins sensible, si l'on ne constate pas la température des alcools produits par l'appareil pour en corriger le volume d'après cette température. Ces détails suffiront aux praticiens, pour leur démontrer l'importance qu'il y a pour eux à transformer leurs anciens rectificateura et à adopter un travail plus économique et plus rationnel.

-

'C 7" AVANTAGES SOUS LE RAPPORT DU PRIX DE L'APPAREIL. ~~rès"?ivoir expliqué tous les avantages que présentent nos rectificateurs, avantages confirmés chaque jour par la pratique, nous donnons ci-dessous le prix de ces appareils qui, pour une production donnée coûtent bien moins que ceux de tout autre système.
PRIX DES RECTIFICATEURS n ~ u ~D'UN is
RÉGULATEUR AUTOMATIQUE DE CHAUFFAGE

Contenance des chaudières.
litres.

Volume de 3/6 fin produit par 24 heures.
litres litres.

PRIX

francs

francs.

2.400 4. i)OO 7 . 300 10.000 13.000 18.000 92. Fi00 27. 300 38.000 43.000 60.000 73.000

300 Ci 330 1.200 1 .O00 2.100 2.000 3.300 3.000 4 000 3.600 3.000 4.300 7.000 6.500 8.000 8.500 10.000 11.O00 12.400 13 .O00 17 .O00 18.000 20.000 21.000

4.300 3 300 8.000 11.300 2 4.500 ?8.$00 20. $00

8.400 6.300 11.300 4 5.000 18.300 24. 300 27. fi00

8"qRENSEIGNEMENTS DIVERS. Pour installer un i3ectificateur, il est indispensable de savoir : 310 Ce qu'il emploiera de chevaux-vapeur pour son chauffage; 2" Ce qu'il lui faudra d'eau froide par heure pour la condensation et la réfrigération des vapeurs. Nos lecteurs trouveront ces renseignements dans le tableau suivant :

Puissance de chauffage et de réfrigération pour les rectificateurs.

La quantité de chevaux-vapeur ainsi que les volumes d'êau du tableau ci-dessus sont un peu forcés; mais il vaut toujours mieux avoir plus de puissance. La coiisommation de charbon par hectolitre d'alcool fin à 900 est, dans les usines installées par nous dans les environs de Paris, de 38 à 40 kilogrammes, y compris la force mécanique nécessaire pour élever l'eau froide, rectificateurs est de 45 litres par litre La dépense d'eau de 110s d'aleoof écoulé à l'éprouvette. Cette dépense est constante, si l'on cmploie l'eau d'un puits qui est toujours à la température de 42 degrés centigrades. Si au contraire on emploie de l'eau de rivière très-froide en Iiiver- et chaude en été, la dépense d'eau par litre d'alcool varie de 6 à 20 litres par litre de produit écoulé à l'éprouvette. Dans les localités élevées où l'eau est rare, nous employons

-

31

-

pour les rectificateurs coiistamment la même eau, en la laissant refroidir la nuit dans des bassins creusés dans le sol. Sur le littoral de la Méditerranée, en Espagne notammeill, nous a\ ons fait employer par nos clients l'eau de mer pour condenser et réfrigérer l'alcool ; ils s'en trouvent très-bien.

CHAPITRE V II.
Nouvelle é p r o u v e t t e jauge, systéme unique. Parmi nos récentes innovations, l'éprouvette jauge, dont nous allons entretenir le lecteur, est un des accessoires dont l'imporlance ne lui échappera pas ; nous l'appliquons non-seulement aux appareils de rectification, mais aussi aux colonnes distillatoires en cuivre que nous coiistruisons. fonte et @JI Par sa disposition, elle indique d'une manière exacte la quantité d'aIcooI que, par heure, peut produire l'appareil, si le travclil est fait avec régularité, avantage très-important pour les chefs d'usines qui, de cette manière, contrôlent facilement l'ouvrier chargé de cette opération. Le principe de sa construction est basé sur l'écouleinent différentiel des liquides par un orifice donné, soumis à des pressions différentes ; nous avons combiné depuis peu une nouvelle disposition pour cette éprouvette, et nous allons décrire ces modificat.ions qui ont leur importance ; car elles ajoutent à nos appareils déjà si dociles à conduire, un nouveau perfectionnement qui simplifie encore leur surveillance. La figure 7 représente cette éprouvette unique, dont voici la légende :

B.
C. D. E. F.

- Éprouvette en cristal, munie de son tube gradué. G. - e e r v o i r de distribution.
- Orifice d'écoulement des alcools.

- Tuyau des alcools arrivani du réfrigérant. - Tubulure en cuivre, munie d'un robinet de dégustation. - Kobinet de dbgustation.

H. - Robinet d'écoulement des alcools mauvais gobl, adapté ri la partie infërieure du réservoir G. 1. - Robinet des alcools secondaires. J. - Robinet des alcools de bon goût. L. - Plateau-réservoir supportant l'éprouvette, la garantissant et servant de réceptacle l'alcool, dans le cas où elle serait brisée.

Fig. 7 .

- Nouvelle éprouvette jauge, système Savalle.

Voici maintenant le fonctionnement de l'éprouvette. L'alcool, arrivant d u réfrigérant par le tube B, emplit d'abord la tubulure C , aiitour du tube gradué F, baigne le petit robinet de dégustation D et monte, pour se déverser graduellement, par l'orifice d'écoulement pratiqué en F sur le tube gradué. Cet orifice n'ayant qu'une section d'ouverture restreinte, le jet d'alcool, quoique arrivant sans cesse, ne peut y passer en entier. Le niveau du liquide s'élève alors dans l'éprouvette jusqu'au point où la pression qu'il opère sur l'orifice d'écoulement devient assez forte pour faire débiter à l'orifice le volume d'alcool qui arrive. La nappe du liquide dans l'éprouvette subit ainsi des

variations de niveau constatées par une graduation, dont chaque division correspond à un volume différent et indique la quantité de liquide écoulée par heure. Les alcools se rendent de l'éprouvette dans un réservoir de distribution G , muni de trois robinets. Le robinet H communique au réservoir qui doit contenir les alcols mauvais goût ; le robinet 1 sert d'écoulement au réservoir des alcools secondaires ; le robinet J donne accès aux alcools bon goût. L'on remarquera que la répartition de ces trois robinets est disposée de telle sorte que s'il s'échappait la plus petite quantité d'alcools mauvais goût, à la fin d'une opération, ils iraient tomber au fond de la boule G , pour se rendre de 1à par le robinet H au réservoir mauvais goût. Les perfectionnements que nous avons apportés dans la construction de cette éprouvette sont réels. Par la figure représentant cette éprouvette, l'on voit que l'alc,ool y arrive par la partie inférieure, sans secousses, uniformément, au lieu d'entrer par le couvercle; cela évite une ouverture qu'on devait y pratiquer, et cela permet désormais de clore hermétiquement l'éprouvette ; toute évaporation d'alcool n'est pas à craindre, et elle a en outrc le niérite d'être moins coûteuse que sa devancière, par suite de sa disposition nouvelle. Le robinet de dégustation, le plateau-réservoir protégeant l'éprouvette, la distribution des différentes qualités des produits, sont des modifications qui ne devront échapper à personne ; nous pouvons dire que notre éprouvette est arrivée à son point de perfectionnement, et elle rend de vérilables services dans les distilleries et usines de rectification récemment installées où elle est montée. Un seul point reste à indiquer aux distillateurs et rectificateurs, qui nous feront la demande de cette nouvelle éprouvette, pour éviter d'être obligés de leur envoyer un de nos employés pour la régler une première fois, - ce point est le mode de d6termination de l'ouverture qu'il faut donner à l'orifice d'écoulement F, pour chaque appareil différent recevant l'application de cette éprouvette,
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- 35 montera en débordant par le haut du tube F; dans le second, la nappe de liquide descendra de un ou plusieurs chiffres de la graduation. Pour régler l'éprouvelte, il faut tenir compte de deux conditions esa$entielles: la première, que le réservoir d'eau de condensation soit toujours plein, et son niveau maintenu constant par un tube trop-plein qui fonctionne sans interruption, et cela afin d'avoir une condensation toujours égale. La seconde condition exige que le distillateur ouvre le robinet d'eau de condensation exactement au point requis pour le bon fonctionnement de l'appareil. Nous observerons que les effets produits par l'abaissement de ,la bague ne sont pas in~mérliats,qu'il faut quelques minutes pour en observer le résultat. Par conséquent, il faut agir petit à petit, et rester au moins 20 minutes à chercher le point de régularité demandée, de manière à se' rendre compte des effets de chaque rétrécissement de l'ouverture d'écoulement; sans cela on dépasserait le point voulu, cas dans lequel on se verrait forcé de recommencer le travail en relevant à nouveau la bague A citée plus haut. L'observation indique que pour un débit de 100 litres à l'heure, l'ouverture de l'orifice d'écoulement représente 15 millimètres carrés ; on calculera facilement, d'après cette donnée, l'ouverture d'écoulement à fixer pour chacun des appareils auxquels on appliquera l'éprouvette. Cependant, cette proportion ne peut servir que d'approxiination, par la dificulté qui existe à établir avec précision des orifices d'une si faible dimension. La pratique du moyen que nous avons indiqué corrigera certainement les imperfections que nous signalons. Nous ferons encore remarquer que la moindre fluctuation qui aurait lieu dans l'alimentation d'eau de condensation, s'aperçoit immédiatement ; quand elle ne durerait qu'un instant, l'éprouvette l'indique et permet aussitôt de porter remède à ce mal passager. Les figures 8 et 9 représentent un ensemble tle ces dprouvettes,

- 36 dunt l'une A serl à l'écoulement des flegmes, et l'autre B à celui des alcools provenant du rectificateur. Nous akons fait construire depuis peu, par un habile fabricant d'instruments de précision, un nouvel alcoomètre, dont la tige restreinte s'adapte avec aisance à notre nouvelle éprouvette. Les d e r é s de son échelle commencent à 700, pour finir à 400, et ces degrés sont indiqués de manière à pouvoir les reconnaître trksfacilement. Ce nouvel alcoomètre est d'une longueur d'environ 14 centimètres, tient peu de place et est moins susceptible de se briser. Nous en ferons l'envoi aux personnes ddsireuses de s'en servir.

CHAPITRE VIII.
Saturation des flegmes dans la rectification.
Il a été fait tant de bruit au sujet de l'emploi de la potasse perlasse dans les flegmes, qu'il ne nous a pas été possible, à notre tour, de ne pas intervenir dans le débat. Chaque fois que nous verrons certains innovateurs se rendre la tâche facile, en prétendant mettre à jour un procédé pratiqué depuis longtemps, et pour la première fois par le digne et vénéré fondateur de iiotre maison, pour essayer de se l'approprier, nous considérerons (le notre devoir de ne rien laisser usurper de la mémoire d'un des meilleurs pionniers de l'industrie des alcools. Les innovateurs dont il s'agit ont été prendre dans les distilleries du Nord et des environs de Paris, le procédé de la saturation des alcools par la potasse perlasse ; ils n'ont aucun droit de prélever sur les distillateurs et les rectificateurs , une redevance quelconque pour ce procédé qui était mis en pratique en Hollande et à Saint-Denis, dans l'usine de M. A. Savalle, depuis de longues années. Nous avons entre les mains Ies nombreuses factures des fournisseurs de ce produit à l'usine de Saint-Denis (Seine), et de plus, de nombreuses attestations des fabricants d'alcool fin qui mettent depuis longtemps ce procédé en pratique. Voici l'une de ces attestations que nous donnons de préférence, parcc qu'elle émane d'un 'des plus grands rectificateurs des environs (In Paris.
u

Berny, le 29 octobre 1868.

a
n

Messieurs D. Savalle fils et Cie, 64, avenue de I'Impéralricc,

à Paris :

Je m'empresse de vous remettre sur votre demande l'att.estation suivante, relative au procédé de la saturation de flegmes que

- 38 j'emploie depuis que je me suis rendu acquéreur de l'usine de la Croix-de-Bernj , soit depuis ,1864, procédé que vous aviez antérieurement indiqué à mes prédécesseurs, B1à1. Bruguière et Aussière; car c'est le contre-maître de ces derniers qui a continué I'einploi de ce procédS quand j'ai pris l'usine. D J'ai toujours employé sur vos recommandations, pour saturer mes flegmes , la potasse perlasse dissoute dans de l'eau chaiitle et jetée dans 30 ccnlimètres d'eau mise au préalable en ébullition dans la chaudière du rectificnteur. » Je charge mes flegmes sur cette lessive de potasse trèsétendue et j'obtiens ainsi leur saturation complète. » Et à l'appui de cette attestation, j'ai, si vous le désirez, les factures des négociants en produits chimiques qui m'ont fourni les quantités de potasse perlasse nécessaires à mes besoins. Veuillez agréer, etc. n E. RAYON,
) )
>J

'Rectificateur

la Croix-de-Berny, par Antony (Seine).

))

Uh ne nous contestera donc 'pas l'anlériorité de l'emploi de la potasse perlasse, comme préparation des alcools bruts à la rectification. Cependant, ce procédé laissait une grande lacune quant au dosage, à la quantité de potasse perlasse à employer par hectolitre de flegmes mis en rectification. En employant de la potasse, de la soude, de la chaux, etc., on prétendait que les huiles essentielles spéciales aux grains, à la betterave et aux autres produits alcoolisables, s'unissaient aux bases alcalines en perdant en grande partie leur odeur et leur volatilité. On déterminait par tâtonnements dans les premières opérations, comme le dit un de nos grands chimistes (tome II, du Précis de Chimie industrielle de M . Payen, page 385), les proportions les plus convenables de potasse à employer pour obtenir un produit rectifié irréprochable.

On était complétement dans l'erreur quant au rôle que jouent les alcalins dans les flegmes avant la rectification, et on l'était pius encore quant aux tâtonnements qui devaient fixer la quantité de saturants à employer; car l'expérience iious a démontré : 4 0 que l'emploi de la potasse perlasse ou d'autres alcalins dans les flegmes, avant leur rectification, n'a d'autre but et d'autre effet que de saturer les acides contenus dans ces flegmes ; "2 que tous les flegmes ou alcools bruts contiennent, suivant leur provenance, des quantités d'acide différentes, et que non-seulement ces proportions d'acide diffèrent avec la provenance, mais encore que, dans une même uszne, ope'rant toyours sur le même produit et fermentant de la même manière, b s quantités d'acide contenues clans les flegmes diffèrent d'un jour id l'autre dans de grandes proportions. On ne peut donc agir par tâtonnement dans les prem~èlreaopérations de saturation, par le inotif que l'expérience ainsi acquise ne peut servir pour les opérations ultérieures, qui diffèrent toutes de la première. II faut donc, suivant nous, examiner le point d'acidité des flegmes, chaque fois qu'on en charge le rectificateur, et en opérer la saturatiun exacte; ce que dit M. Payen, page 386 de son Précis de chimie, est vrai. « Si l'on emploie un excès de ces Dases alcalines, on donne naissance à de nouveaux produits odorants qui infectent l'alcool. » Cela prouve que les acicies ou les alcalins, combinés à l'alcool sous l'action d'une certaine température, donnent l'un et l'autre naissance à des produits infects. Notre procédé nouveau consiste à opérer la rectification de flegmes neutres, et nous arrivons ainsi à d'excellents résultats, par une méthode particulière que rious enseignons à nos clients.

CHAPITRE IX.
Conduite de la rectification.
Cette opération très-délicate exigeait avec les anciens appareils, de la part de l'opérateur, une attention très-soutenue. Notre appareil a vaincu, par sa docilité, cette surveillance de chaque instant, qui ne laissait pas que de beaucoup fatiguer I'ouvrier chargé de ce travail ; effectivement, les anciens appareils non munis d'un régulateur, précieux guide, souvent mal construits, abandonn4s à eux-mêmes, ne peuvent fonctionner qu'imparfaitement. Notre appareil fonctionne de la manière suivante : On charge la chaudière A?dont la contenance varie, suivant les dimensions des @pareils, entre 40 et '700 hectolitres, de flegmes de 40 à 600, et i'on fait arriver la vapeur dans le serpentin. Le liquide s'échauffant peu à peu, les premières vapeurs montent, se condensent en chauffant la colonne B, puis finissent par arriver dans le condensateur tubulaire C ; à ce moment, on ouvre le robinet 4, afin d'établir l'alimentation d'eau froide ; les vapeurs sont alors en partie condensées et ratourilent dans la colonne par le tuyau H de rétrogradation, polir garnir successivement tous les plateaux. Dès que .eus les plateaux sont garnis d'alcool, on diminue l'arrivée de l'eau froide dans le condensateur C, de manière à ne plus condenser que les 2/3 de la vapeur arrivant dans le condensateur; l'autre tiers se rend dans le réfrigérant D, et de là dans l'éprouvette. Les premiers produits sont à '940 très-éthériques, d'une odeur âcre et forte ; on les envoie au réservoir à mauvais goût ; ensuite l'alcool s'épure graduellement, il est d'une qualité supérieure au premier et se mélange aux alcools bruts de l'opération du lendemain ; après commence, par le fractionnement, Ie 3/6 bon goût

qui se reconnaît par sa neutralité, sa douceur et sa limpidité ; il se continue presque jusqu'à la fin de l'opération. Eri admettant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que la chaudière soit chargée de flegmes à 500, l'opération commence des que le liquide atteint 8S0,et elle est terminée d8s que la température s'élève à 1020; c'est-à-dire qu'il ne reste plus d'alcool dans l'eau contenue dans la chaudière. Ces coilst,ations se font au moyen d'un instrument spécial construit pour les appareils Savalle. On ferme alors le robinet d'amenée de vapeur qui chauffait l'appareil, et comme il n'y a plus de pression dans la colonne B, les plateaux se vident successivement de haut en bas sur le plateau inférieur qui communique au réservoir à mauvais goût par un robinet à trois eaux ; à cette période de l'opération, les plateaux de la colonne ne coritiennent plus que des huiles essentielles et de l'alcool mauvais goût; on les envoie dans le réservoir où l'on a logé les produits éthérés au début de l'opération (1). Par notre système de déchargeqent des pla@~uxde colonne, . les huiles essentielles ne viennent jamais salir le condenseur ni le réfrigérant de l'appareil; elles restent dans les plateaux inférieurs de l'appareil, et ces derniers se trouvent nettoyés par le peu cl'alcool, à fort degré, qui tombe des plateaux supérieurs. Pendant que la colonne se vide, on ouvre le robinet no 3, vidange de la chaudière, puis on la remplit de nouveaux flegmes, et on recommence l'opération. Cet appareil produit des alcools ne pesant pas moins de 96 à 97 degrés. Le régulateur de vapeur, qui est une des ses parties essentielles, en rend la marche parfaitement régulière et facile à surveiller, et il contribue ainsi à la bonne qualité des produits. L'éprouvette (fig. 6, page 23), qui est munie d'un thermométre

(1) M. Payen, dans sa dernière édition (Précis de Chimie industrielle), parle de ce procédé; il appartient tout entier A notre regretté père, M. A. Savalle, qui en faisait usage B son usine de Saint-Denis (Seine). M. Payen, dont la bonne foi a été surprise, a cru devoir prêter B M. *** le mérite de cette invention. Nous tenions A relever ce fait.

-&-

et d'un ar5omètre, indique en même temps au distillateur la température, le degré, la vitesse d'écoulement de l'alcool rectifié, et elle le prévient du moment où il doit goûter, afin d'en opérer le fractionnement. Nos appareils sont très-bien construits, d'un nettoyage facile, d'une marche sûre et parfaitement régulière.

CHAPITRE X.
Frais pour rectifier un hectolitre d'alcool et devis du matériel des usines de rectification.

On nous demande souvent ce que dépensent les usines de rectification montées par notre maison, pour la rectification de leurs alcools. Voici ce renseignement : Les frais pour produire la rectification, par nos appareils, de cent litres de 3/6, sont évalués à 3 fr. 75 c. dans les petites usines et à 3 francs seulement dans les grandes. Dans une usine produisant par jour 2,000 litres de 3/6 fin, les frais se répartissent comme suit :
Par hectolitre d'alcool

brr.
I
n

Combustible 40 kilogr.. Perte de 2 litres d'alcool brut.

................... 2 Main-d'œuvre.. ................................. 1 Frais généraux, intbrkts et amortissement.. ........
))

.....................Fr.

20
»

Total .............. Fr. 3 73 Ces frais sont encore diminués quand, au lieu de consitlérer un établissement créé spécialement en vue de la rectification des alcools, on considère cette opération faite dans une distillerie agricole et comme complément du travail de celle-ci. Plusieurs grandes usines de rectification des environs de Paris nous ont communiqui! le chiffre moyen de la dépense de charbon pendant la campagne dernière. Cette dépense a été de 32 kilog. par hectolitre, pour les usines qui n'ont pas à élever l'eau de condensation : elles achètent l'eau de Seine toute élevée. Cette dépense moyenne a été de 38 kilogrammes, soit 6 kilogrammes en plus par hectolitre d'alcool, pour celles qui ont une machine à vapeur et qui pompent elles-mêmes l'eau nécessaire h la condensation.

-

53

- 44 Pour créer un établissement de rectification des alcools de betteraves, de pommes de terre, de maïs dans le nord, ou d'alcools de vins ou de marcs dans le midi de la France, il faut, suivant I'importance du travail, un matériel qui, très-complet, se compose des parties détaillées dans les devis suivaiits. Le local pour ce matériel peut être très-restreint, et nous utilisons souvent des bâtiments existants dont on nous remet les dimensions, et que nous approprions au travail qu'on se propose d'exécuter.

DEVIS APPROXIMATlF DU

MATORIEL COMPLET D'UNE
DES ALCOOLS

USINE DE RECTIFICATION

produisant, par 2.4 heures, de 2 000 à 2.400 litres de 3/6 fin, de

96

1 97 degr0s

Io Géiidraieur de vapeur

de douze chevaux, avec gar............................ Fr. niture en fo~te..

1 .ô50

R0 RIaclii~ie& vapeur :

Pompe à eau froide,. Pompe alimentaire du g8riérateur.. .................. Pompe à 3/6 brut.. ............................... Transmission.. ....................................
ZIO Appareil de rectification

............................

3.250

no 2, arec chaudière en tôle.. ........................................... (Augmentation daris le cas de cliaiidière en cuivre, 3.500 fr.)

8.000

40 Réservoirs :

Un Un Un Un

pour pour pour pour

100 hectolitres l'alcool brut, de 50 les 3/6 fins, de.. l'eau froide, de.. ............ 25 l'eau chaude, de.. ........... 15 -

............ ...........

1.650

6. Tuyauf erie et robinetferie des

environ

.........................................
Prix du matériel complet..

appareils de l'usine,

1.700 16.250
7

...... Fr.

DEVIS APPROXIMATlF DU M A T ~ R I E LCOMPLET D'UNE USINE DE RECTIFICATION DES ALCOOLS
produisant, par 2J heures, de 3.600 à 4.000 litres de 3/6 fin, de
95

à 97 degrés.

1 GldnCrateur de vapeur 0

de 20 chevaux..

..... Fr.

2.680

R0 Illlacliine a vapeur: Pompe à eau en fonte.. Pompe alimentaire du génkrateur.. Pompe à alcool brut en bronze.. Trarismission de force..
8 O

............................ ................. ................... ...........................

8.800

Appareil de rectification no 4, avec chaudière en

tûle. (Si l'on veut une chaudihe en cuivre rouge, l'augmenta tion est de 4.800 francs).
4 0

...........................................
....... ...............

14.000

Réservoirs.

200 hectolitres Çn pour les alcools bruts, d e . . Un pour les 3/6, d e . . LOO Un 1s 3/6 mauvais goût à retra; vailler, de 50 Un pour l'eau froide, de.. 40 Un pour l'eau chaude, de.. 18 J

......................

............ ...........

-

3.000

6 O

TuyauCerie et robiiiettcrie des appareils de l'usine,

environ

.........................................
Prix du maGriel complet..

2.320 28 .O00

...... Fr.

DEVIS APPHOXIMATJF DU M A T ~ R I E LCOMPLET D'UNE USINE DE RECT~F~CATION DES ALCOOLS
produisant, par jour de 24

heures, de 6.200

à 7.000 litres de 316 fin, de 95 à 97

degrés. 5.300

i" Qu'nérateurde vapeur de 30 chevaux..
S0 Macliine da vapeur :

...........

Pompe à eau en fonte.. Pompe alimentaire pour le générateur. .............. Pompe A alcool brut en bronze.. ................... Transmission de force.. ...........................
30Appareil de rectification ri0 S . .

.................... ..... .

..............

20.000

(Si l'on achète la chaudière en cuivre rouge, l'augmentation est de 7.500 francs).
4 O

Hbervoirir

.

Un pour les alcools b ~ i t s ,de.. 300 liectolitres Un pour les 3/6 fins, de.. ........... 200 Un pour les 3/6 mauvais goût à retravailler, de.. 73 Un pour l'eau froide, de.. ............ 60 Un pour l'eau chaude, de.. ......... 40 -

.......

.....................

TuyauCerie et robinetterie des appareils de l'usine,

environ..

....................................... 4.330 Prix du matériel complet.. ... Fr. 41 .O00

CHAPITRE XI.
Appareil de distillation et de rectification combinées pour la production des 3/6 de vins, de marcs, de pommes de terre, de grains, de figues, etc., et pour la fabrication des geniévres, des cognacs et eaux-de-vie de toutes les sortes.

Les appareils du système Derosne et les autres employés dans le midi de la France sont défectueux et ne peuvent rectifier les alcools, par le motif qfl'ils fonctionnent à continu. L'opération de la rectification des alcools comporte trois périodes bien distinctes. Le début de l'opération a lieu de 80 à 85 degrés de tempéra-. ture ; durant ce temps, l'appareil produit les alcools éthérés. Le milieu de l'opération a lieu de 86 à 100 degrés de température ; c'est la période pendant laquelle se forment les alcools bon goût. La fin du travail a lieu de 101 à 102 degrés. ceest alors qu'on expulse ;de l'appareil les alcools amyliques Les appareils du Midi, dont le travail est continu, fonctionnent toujours à la mème température, qui est supérieure à 860. Chaque fois qu'on les alimente d'une quantité nouvelle de matières à distiller, les alcools éthérés contenus dans ces matières passent à la distilladion et gâtent le produit. - Voilà pourquoi les alcools de vins du Midi ne peuvent pas servir au cinage; voilà pourquoi on leur pré/ère pour ce travail les alcools du Nord rectikés ; voilà encore pourquoi les 3/6 de marcs sont exécrables. Les alcools produits dans le Midi par les appareils anciens, sont donc chargés de tous les éthers ; ils sont aussi saturés de tout i'alcool amylique, parce que ce dernier ne se sépare complétement que par les appareils qui atteignent au moins une force alc* lique de 95 degrés centésimaux. Les 3/6 du Midi sont des alcools bruts, qui demandent 2G être ~ectif2éspour devenir de Calcool bon goût, de vins ou de marc.

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-

Par notre nouvel appareil, nous 'opérons la distillation et la rectification immédiate des produits, mais avec séparatiou des mauvais goûts. Voici la légende explicative de cet.apparei1, représenté par la figure 10, et de son fonctionnement:

Pig. 10.

- Appareil de distillation des marcs et des vins.

A. B. C. - Cylindres en tdle oii en cuivre, munis, intérieurement, de grilles entre lesquelles se placent les marcs B distiller. D. E. F. G . - Différentes parties qui constituent l'appareil de rectification. D. - Chaudiere oh se chargent les alcools secondaires de l'opérati0.n précbdente. E. Colonne de rectification. F. - Condenseiir analyseur. G. - Réfrigérant tubulaire. H. Régulateur de vapeur. Gprouvette graduée. R. Y. Col de cygne des vapeurs alcooliques. N. Retrogradation des alcools faibles.

-

-

P.
0.

- Tuyau reliant le condenseur au réfrigérant.

- Tuyau de réception pour l'kprouvette.

Les cylindres A. B. C. étant chargés de marcs, et la chaudière D étant chargée d'alcools secondaires, on met la vapeur d'eau d b générateur dans le cylindre A. La distillation des marcs commence ; elle passe par 1 pour mettre en ébullition le cylindre B et, de là par 1" le cylindre C. Les vapeurs alcooliques de ce dernier cylindre passent par l'", pour meltre en ébullition l'alcool contenu en D, et là la rectification des alcools s'opère par fractionnement à l'éprouvette R. -Comme nous l'avons déjà dit, les alcools éthérés arrivent en premier lieu; ils sont mis à part ; vient ensuite une partie d'alcool secondaire qu'on réserve pour la charge suivante, et, enfin, on obtient le 316 bon goût débarrassé d'empireume. Les alcools infects amyliqucs surviennent pour clore le travail. Les 3/6 fins de marcs ainsi obtenus sont excellents. Ils s'emploient dans le Midi à viner les vins, et bien souvent on les mélange à l'alcool de vin et on les vend comme tels; leur qualité justifie complétement ce mélange. Nous avons construit des appareils avec les trois cylindres pour les marcs. Nous en avons aussi établi plusieurs à deux cjlindres ; et quand les appareils sont plus particuIièrement destinés à la distillation des vins, nous les établissons, comme l'indiyue la figure . I I , à un seul cylindre ou chaudière qui reçoit en ce cas les vins à distille?,-dandis que les produits secondaires sont toujours rechar5és dans la chaudière B.

B. - ChaudiBre (de 75 hectolitres) en t61e où se chargent les alcools secondaires de l'opération précédente. C. - Colonne de rectification et d'épuration de i'alcool. D. - Condwseur-analyseur. E. - Réfrigérant. F. - Régulateur de vapeur. G. - Réservoir à eau froide muni de son trop-plein. B. - Réservoirs et cuve de vitesse où se prépare et se cliauffe à l'avance le cliargamerit de l'appareil. II.- Trous d'liomme en bronze pour entrer dans la cliaudière. 0. - Éprouvette graduée recevant les produits. P. Tube de shreté. R. - Conduit d'alinientation d'eau au réfrjgCran! et au condenseur. S. - Rétrogradation des alcools faibles du condenseur vers la colonne. T. - Entrée des rétrogradations sur le liaut de la colonne pour produire des alcools B forts degrés. U. Rétrogradation sur la colonne pour produire des eaux-de-vie. 1. - Robinet de vapeur cliauffant les vins en A. 2. Robinet dè vapeur pour la fin des opérations dans la chaudihre B. 3 et 4. Robinet de vidange et de cliarge. 5. Soupape dù régulateur de vapeur. 6. - Robinet à trois eaux pour diriger la rétrogradation du condeuaeur, soit au bas ou sur le haut de la colonne. 7 et 8. Niveaux d'eau. 9 et 10. Soupapes reniflards pour éviter le vide.

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Voici comment on opère la mise en train. On charge la ehaudière A de vins ou de marcs à distiller, puis on y introduit la vapeur de chauffage. La distillation conimence. Les vapeurs alcooliques passent dans la chaudière B, montent dans la colonne C et se rendent dans le condenseur D. Là une partie de ces vapeurs sont condensées; c'est-à-dire ramenées i l'état liquide et s'écoulent S par la rétrog~adatiori et le robinet no 6. Pour produire des alcools à 96 degrés, on renvoie le produit de celte rétrogradation par T sur les plateaux supérieurs de la colonne. Si, au contraire, on veut p&u#re eles eaux-de-vie à 98 ou à 73 degrés, on dirige cette fétrogradation par U sur le premier tiers des plateaux de la colonne; leo vapeurs non condensées en D passent a u réfrigérant E et vienne& à l'état liquide se déverser dans l'éprouvette O. Les premiers Goduits sont éthériques ; on les met à

part. Vient ensuite la production des alcools bon goût, et enfin arrivent les alcools amyliques et de inauvais goût, qui sont aussi éliminés. Pour l'opération suivante, on charge les alcools secondaires de la veille dans la chaudière B. La conduite du travail est très-sûre et très-facile, grâce à l'en~ploi du régulateur de chauffage F. Ce dernier appareil fournit d'un seul coup des eaux-de-vie excellentes, de Cognac, d'Armagnac, dc la Rochelle, dcs Charentrs ou du hlidi ; car au lieu cle lui faire produire du 96 degrés, il donne à volont6 50 à GO ou à 72 degrés centésimaux, et cela par une seule et unique opération. Nous appliquons ce nouvel appareil non-seulement aux distilleries des pays vinicoles, mais aussi aux distilleries agricoles de grains et de pommes de terre, et à celles qui fabriquent les 3/6 ordinaires et les genièvres ( ) Afin de profiter du caloriqiie perdu 1. de la distillation et de la rectifir:ation, nous joignons à ces appareils iiue cuve de vitesse R, dans laquelle la matière fermentée à distiller SC trouve chauffée avant d'eiîlrer dans l'appareil. L'appareil représenté par la figure 41 est de force à produire par jour 2,000 litres ile 316 rectifiés dc vins titrant 96 degrés, ou à volonté 4,000 litres d'eau-de-vie de Cognac ou autres. Son prix est de 45,000 francs. - Nous établissons des appareils plus petits ou plus grands, à la dernaiidc de nos clients ; le prix de css appareils varie avec leurs dimensions et suivant la quantité de travail qu'on veut obtenir par jour.

-

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(1) -iuxc~31>ii:e., nous 1'dppliq:ions à la fdli:cat:cin des i h ~ , n i s .

CHAPITRE XII.
Les distilleries agricoles de betteraves.
La distillerie agricole est indispensable à toute exploitation agricole bien montée, c'est la fabrique d'engrais à bon marché et, par conséquent, l'objet le plus essentiel et le plus indispensable en agriculture. Quoique la question d'engrais soit la première à considérer dans la création de ce genre d'établissement, il ne faut pas g perdre de vue la production économique et parfaite de l'alcool, qui doit venir payer les engrais et laisser, en outre, au cultivateur un bénéfice raisonnable, el pour cela, nous conseillerons aux agriculteurs, de multiplier le plus possible les distilleries bien installées, avec un matériel très-complet, laissant à la ferme tous les hénéfices, tous les produits à tirer de ce genre de travail. Car si les distilleries bien montées donnent de beaux résultats, celles qui le sont mal, ou inîparfaitement, n'en donnent que de négatifs à leurs propriétaires. 1 faut donc, pour clu'une distillerie agricole soit dans cle bonnes 1 conditions, que son travail soit d'tine certaine in-portance, de ,10,000, 45,000, 20,000 ou 30,000 kilog. de betteraves par vingt-quatre heures, afin que les frais de mairi-d'œuvre soient relativement réduits. Il faut que cette distillerie fonctionne par la vapeur, afin d'obtenir le fonctionnement régulier des appareils mécaniques et de distillation et rectification. Un générateur à bouilleurs coûte peu et les gens de la ferme apprennent bientôt à s'en servir. Les distilleries qui n'emploient pas la vapeur, ne fonctionnent toujours que très-imparfaitement et perdent de l'alcool, par leurs appareils distillatoires chauffés irrégulièrernent à feu nu. Il faut, enfin, qu'une distillerie agricole rectifie ses alcools bruts et livre directement au commerce des alcools rectifiés. Sans cela.

- 54 elle perd le bénéfice de la rectification, qui est considérable et, de plus, les frais de transport et de coulage sur l'alcool brut (ou flegme) qu'elle envoie souvent à de grandes distances pour les faire rectifier. Quand, au contraire, la rectification des alcools s'opère dans la ferme, il n'y a pas de frais de transports perdus, pas de frais de main-d'œuvre, d'éclairage, etc.; car l'ouvrier distillateur qui surveille l'appàreil à flegmes, surveille aussi le rectificateur ; la même lampe éclaire les deux appareils, et dans le magasin à alcool moins de main-d'œuvre encore ; car, au lieu d'expédier et cl'enfùter des flegmes à 50 degrés, c'est-à-dire contenant nioitid d'eau, on expédie des alcools fins à 97 degrés. C'est condamner à l'infériorité et même l'insuccès une distillerie agricole, que de la monter à feu nu ; car on l'empêche de rectifier ses alcools, et on la force ainsi à laisser la plus belle part de ses bénéfices dans les mains de distillateurs mieux outillés. On nous objectera que tous les fermiers ne pourront pas avoir une distillerie aussi complète, à cause du prix du matériel : nous renverrons ces personnes au travail de M. Michel Greff, sur les Distilleries communes, et nous leur conseillerons de monter* une distillerie par association pour arriver à l'avoir dans de bonnes conditions, ou se résigner à ne pas en avoir,. plutôt que de perdre du tcmps et de l'argent à en installer une imparfaitement.

Nous trouvons dans le Journal de I'Agricullure de M. J.-A. Barral, un article intitulé : les Distilleries communes, de M . Michel Greff. Nous le soumettons à nos lecteurs; car nous avons eu occasion de visiter et d'étudier en Allemagne ce genre de distillerie. qui procure à ses propriétaires de grands bénéfices.
« Les distilleries communes.
D Dans une courte causerie (Bulletin du ,11 janvier 1868), j'ai indiqué les avantages qui résulteraient, pour les habitants de la

campagne, de L'adoption de fours cornmuns. L'introduction dans les villages de distilleries communes réaliserait un autre progrès économique non moins important. On admet que les résidus de la distillation des pommes de terre sont, pour les bestiaux, aussi nourrissants et d'une assimilation plus facile que les tubercules non distillés. Jl'eau-de-vie retirée de ce végétal est donc un bénéfice à peu près nrt, puisqu'elle n9exig&iière plus de combustible que la cuisson et le réchauffement des pommes de terre livrées intactes aux animaux. Ce bénéfice est tel, que des fermiers de ma connaissance paient actuellement le loyer de leurs exploitations avec le produit supplémeiitaire fourni par la récolte des pommes de terre. Ceux qui savent compter un tantinet, comprendront quelle mine inexploitée les petits cultivateurs ont sous la main. Pourtant un bien petit nombre de ceux-ci profitent de cet avantage. Pourquoi cela? Sont-ils ignorants de leurs intérêts ou inditférents au gain, au point de dédaigner cette source d~ profits ? Hélas ! non, ils savent quel bénéfice on peut retirer des pommes de terre par la distillation, et ils gémissent de ne pouvoir le réaliser, eux qui ont tant besoin; mais pour distiller, il faut un matériel spécial, et le plus grand nombre n'en peut ,pas faire la dépense. Ceux mêmes qui ont pu se procurer ce matériel, doivent se conlenter d'un résultat fort incomplet, parce que leur outillage est nécessairement imparfait, primitif. Mais admettons, par impossible, que tous les petits cultivateurs d'une comnlune puissent faire les frais d'une distillerie rudimentaire : quelle dépense inutile pour de minces résultats ! En effet, cent de ces installations coûteraient 180,000 francs, tandis qu'une distillerie perfectionnée commune ne coûterait pas plus de 25,000 à 30,000 francs. D Ainsi, économie co~~sidérable dans l'établissement, réunissant à l'excellence du système l'économie et la supériorité dans la fabrication, telles sont les considérations qui recommandent les distilleries coinmuries. Elles permettraient, de plus, de mettre constamment à la disposition des associés des résidus frais. Ces résidus mélangés, selon le but qu'on se propose, de farines, de son, de balles (le trbfle ou de blé, de foin haché, dc menue paille ..., constituent une excellente nourriture pour le I)étail.

- fi6 Y Je ne m'arrête pas aux détails relatifs à 1'Qtablissement et à l'exploitation de la distillerie commiine. Il existe partout des distilleries particulières qui peuvent servir de modè!es. Ils ne manquent pas rion plus, les hommes capables de combiner le mécanisme à une pareille entreprise, et de le faire fonctionner à la satisfaction de tous les intéressés. Une seule chose, une cliose capitale nous manque, à nous autres Français : l'esprit d'initiative. On dirait que nous tenons absoliiment à convaincre les autres peuples que nous somnies et que nous voulons demeurer les dignes fils du charretier embourbé. Que ceux qiii trouvent ce rOle indigne d'eux protestent par la création d'industries agricoles communes, ducs à leur influence et à leur dévouement ! n - MICHELGREFF. Ce qui se fait en Prusse pour les distilleries de pommes de terre peut s'npplicluer plus avantageusement encore en France à l'érection des distilleries de betteraves. Dix cultivateurs mettant chacun 3,500 francs, créeront une distillerie modèle parfaitement installée, fonctionnant d la vapeur et livrant directement ic la consommation ses produits rectifiés, d l'état d'alcool fin.

Un tel établissement sera dans des conditions bien meilleures que la plupart des distilleries agricoles actuelles, dont l'installation est vicieuse et incomplete. En effet, ces distilleries marchent à feu nu et perdent ainsi parfois plus de 20 pour ,100 d'alcool ; elles nc travaillent que lentement, et laissent s'altérer une partie de leurs betteraves. Enfin, ccs distilleries ne produisent que des flegmes, et laissent au reclificatcur un bénéfice considérable que la distillerie agricole bien montée doit se réserver.

SfmpEiïcation de la main-d'envre*ëT'a6ea&~a.t?oli du travail de la macération.

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Afin de simplifier la&vail des distilleries agricoles et de réaliser une &conornie notable sur la main-d'ceuvre t~la macératioe

. --u

Plan du nouveau systéme de distribuliqn des cossettrs avec insti nouvdle des macérateura.

des betteraves, nous avons combiné un montage bien simple, par lequel la bekterave se rend mécaniquement dans le coupe-racines

s r >a-

--:

.-

+

- 58 et tombe de là, naturellement, dans chaque macérateur. Voici le plan de cette installation, dont nous nous sommes, du reste, réservé la propriété par un brevet. Légende explicatiue des pgu~*es12 et 13. - La betterave lavée est élevée au moyen d'une courroie en caoutchouc, dans une rigole qui communique à l'entonnoir du coupe-racines A ; réduite en eossettes, elle tombe naturellement dans la rigole de distribution B, et cette dernière, en tournant sur un pivot central et le rail posé sur les macérateurs, communique la cossette alterriativement dans chacun de ces derniers.

Fig. 12.-

Élévation du nouveau distributeur de pulpes et d'eau acidulée.

On ne pouvait remplacer par u n mécanisme plus simple le travail des hommes employés dans les distilleries à mettre la betterave dans le coupe-racines et à élever ensuite les cossettes pour les jeter à la pelle dans les macérateurs. Outre l'économie de main-d'œuvre, il y a perfection dans le travail, parce que les cqssettes restent moins de lemps exposées à l'action de l'air, et qu'elles sont déposées dans les macérateurs avec une légèreté et une régularité que l'ouvrier le plus habile ne saurait atteindre. On évite ,

par i'emploi de ce distributeur, les pelottes de cossettes compactes que la macération n'attaque pas" et qui sont perdues pour la distillerie. La distribution de l'acide étendu se fait du réservoir h p r un conduit en caoutchouc qui se rend directement dans la rigole de distribution des cossettes. Cette distribution est ainsi simplifiée, car dans l'ancienne distribution, il faut un tube et un robinet distributeur à chaque macérateur. En industrie, l'outillage le plus simple est le meilleur; cette installat.ion nouvelle du travail de la macération rendra et rend dé.jà de grands services, en diminuant les frais de f~hrication et en augmentant, par sa rapidité, le rendement alcoolique de la betterave.

CHAPITRE XIV.
Distillerie de betteraves de M. Camille de Laminet, à Gattendorf.
E n Autriche, nous avons monté plusieurs distilleries d e betteraves dans le local d'anciennes distilleries d e pommes d e terre ou d e mélasses. Celle d e M. Camille de Laminet, à Gattendorf par Vienne, est dans ces co~ditioils;elle est installée dans u n ancien bâtiment qu'il a mis à notre disposition, e t pour ce motif, I'espace enîployé est un peu grand; n ~ a i sla disposition d u niatériel est très-commodc, et ncus ayons fait exécuter le plan de cette distillerie pour le donner ici. La figure 1 i représente le plan dont voici la légende :

A. - Magasin i betteraves. b. - Laveur. c. - Monte-beltcraves. B. - Macération. d. - Coupc-racines; il sc charge mécaniquement de bcttetüves et se ddcharge naturellcn~entde ses cosseltes, qui, par la rigole à mouvement rayonnant, se rendent à voloiité dans chacun des macérateurs. e. - Série des macérateurs. C. - Quatre curcs de fermantûtion bien groupées, pour diininuer le coût des tuyaux de corninuriicationdes jus et de vidange vers la pompe. D. Emplacement des appareils de distillatioii et de rectification, et du réservoir à flegmes. Les réservoirs à jus fermentés et à eau froide sont portés sur le mur pour éviter un plancher et d'autres frais de suspension. E. - Magasin à 3/6 où il se garde, dans un grand réser~oircn tôle à l'abri de l'évaporation et du coulage, jusq'au moment de l'espédition .

-

F. Local du génhrateur et G, cehi de la machine à vapeur que surveille aussi le chauffeur. La figure 15 représente i'élévation du plan des diverses parties

-

de ce matériel. Nous appliquons cet. disposition aux petites et aussi aux distilleries de betteraves de grande dimension. Celle de M. Karl Kamniel et C; à àrusbach, près de Vieilne, est installée ainsi, pour un travail journalier, de 3.5 à 40,000 kilog. de betteraves.

CHAPITRE XV
Distillerie de betteraves de M. Robert Campbell à Buscot-Park (Angleterre).

Nous étudions depuis quelque temps un mouvement remar quable qu'il est intéressant de signaler. Après avdr fourni, durant une longue période d'années, à notre agriculture,ndionale et au monde entier, ces admirables instruments qui ont fait faire tant de progrès aux travaux des cliamps, les invcnteurs anglais et w é r i cains assistent aujourd'hui, chez eux, à un spectacle contraire. C'est nous qui ilon-seulemenl leur envoyons leurs engins avec l'adjonction d'utiles perfectionnements; mais c'est nous encore qui leur fournissons des appareils qu'ils appliquent avec succès à leur culture industrielle. C'est ainsi que nous venons de terminer le montage, en Angleterre, de la première distillerie de betteraves. Cct établissement est situé dans la belle propriété de M. *Robert Campbell, ancien membre du Parlement et très-habile agriculteur, qui a réalisé à Buscot-Park (comté de Berkshire) des travaux qui excitent la surprise autant que l'admiration. Nous- allons enlrer dans quelques détails au sujet de cette exploitation agricole, qui compte plus de 2,503 hectares, et pour laquelle il a fallu élever une distillerie très-iniportante, capable de produire des résidus sufisants rour l'engraissement de 20,000 moutons et de 5,500 bceufs. La betterave, contrairement aux pré-

jugés étaBfis, vient très-bien en Angleterre. M. Campbell a obtenu cette année, pour un premier essai, 43,000 kilogr. à ?'hectare, et c p racines titrent, d'après les résultats des analyses exécutées par M. Jacques Barral, chimiste à Londres, de 10 à 12 pour c w t de sucre. Les charrues à vapeur et les autres puissantes machines agricoles que I 1 . Robert Campbell emploie dans son exploitation, servent V admirablement bien la culture de la betterave, qui exige un l&o,ur prqfond et des terres parfaitement propres et préparées. Les qinq chidrrues à vapeur de Buscot-Park sont du système de John Fowler. Elles peuvent retourner le sol à un mètre de profondeur, Chacun de ces instrun~ents laboure, par vingt-quatre heures (car ils fonctionnent nuit et jour), dix hectares. M. Campbell estime le coût b u labour à vapeur à 5 francs l'hectare, tandis qu'exécuté avec des bœufs ou avec des chevaux, la même quantité revient à 23 francs environ. Pour peindre fidèlement Buscot-Park, un volume serait à peine suffisant. Il faudrait décrire la Tamise, qui borde cette grande exploitation et qui fournit les énormes forces motrices hydrauliques appliquées aux irrigatioi~sopérées sur une vaste échelle ; il faudrait faire connaître l'immense bassin central qui contient, avec les compartiments superposés, trois millions de mètres cubes d'eau destinés à rdpandre la fertilité dans les prairies. Nous laissons cette description à des hommes plus compétents que nous, à M. Barral, rédacteur en chef du Journal de l'Agriculture, par exemple, qui saura décrire avec son éloquence exacte et savante, les merveilles de l'agriculture anglaise, comme il nous a déjà initiés aux progrès accomplis dans nos célèbres cultures du nord de la France, et nous revenons spécialement à la clistillerie de BuscotPark. On a installé à cet établissement, pour mode d'extraction des jus de betteraves, les nouvelles presses continues du système d'un de nos compatriotes, de M . Collette, de Séclin (Nord). Neuf presses sont actuellement montées, et le local construit ud hoc est préparé pour en recevoir quarante. Les presses actuelles font en quinze heures l'extraction des jiis de cent cinquante mille kilogrammes de Ei

betteraves. Les cuves de fermentation ont été établiei 'à Paris ; elles sont de la contenance de 300 hectolitres chacune. Les pompes à vins et autres viennent de chez MM. Baudet et Boire, mécapiciens à Lille; ce sont aussi ces messieurs qui ont construit k s presses du système Colletk. Pénétrons maintenant dans le vaste local des appareils, déjà occupé cette année par deux énormes colonnes distillatoires et un rectificateur de notre syslème, et nous voyons encore une place laissée ligie pour tripler dans peu de temps ces appareils. 11) M: Robert Campbell a eu l'heureuse idée de joindre, comme a n k e aux bâtiments AIevés exprès pour donner asile h ces engins, un rnagssin destiné à loger tous les alcools produits dans une campagne. A cet effet, de vastes réservoirs en tôle ont été dressés pour contenir, à l'abri de tout coulage et de toute évaporalion, les 3/6 prêts à être livrés yuaiid les cours seront le plus rémunérateurs. If. Robert Campbell a su déployer u r e rare énergie et une persévérante activité à la réalisatiori de ses idées. Nous l'avons vu à l'œuvre, et nous pouvons dire hautement qu'avec des hommes semblables, l'Angleterre sera longtemps à la tête du progrès. L'importation de l'industrie de la distillation des betteraves dans le Royaume-Uni apportera un élément nouveau à la prospérité et à la grandeur d'une nation qui sait adopter chez elle, sans parti pris et avec intelligence, les meilleures inventions du moiide entier.

- -

-

(1) Monsieur Robert Campbell, après une première campagne, vient de nous commander les immenses appareils destinés à la réalisation de ce projet ; ces appareils fonctionneront a Buscot pour la campagne prochaine.

CHAPITR$ XVI.

Extraction des jus de betteraves par les presses continues de M. Collette.

Nos lecteurs qui ont déjà pratiqué la distillation, connaissent tous les inconvénients (le la macération ordinaire, dont le travail est lent et incomplet. 11. Auguste Collette, fabricant de sucre et distillateur à Seclin (Nord), a inventé une presse continue qui est très-ingénieuse et qui perrnet d'obtenir des résultats très-remarquables, en épuisant d'une f a ~ o n absolue la partie sucrée contenue dans la betterave, à l'aide d'une macération à la vinasse chaude entre deux pressions énergiques exercées par cette nouvelle machine. Par les procédés ordinaires, les cossettes de betteraves restent de six à huit heures à macérer; tandis que par la presse Collctte, 1'extracti;bn des jus prend à peine dix minules. Cette rapidité de travail procure des fermentations supérieures et un rei~dement alcoolique plus élevé. 011sait aussi que les pulpes de la macération usitée jusqu'ici, contiennent une énorme quantité d'eau, ce qui rend les transports très-coûteux. En outre, les pulpes de la macération s'altèrent promptement. Celles de la presse Collette peuvent se conserver intactes durant plusieurs années. Voici la manière d'opérer pour arriver à ces résultats : Les betteraves sont ripées; la pulpe tombant cle la râpe est aspirée, au fur et à mesure tle sa production, par une pompe foülante qui l'injecte sous une pression de une et demie à deux atmosphères dans les presses continues à l'action des cylindres per-

- 68 Illéables. Sous l'influeilce de ce double s ~ s t è m e , jus se sépare le de la pulpe en passalit à travers les cylindres, s'écoule dans un tamiseur circulaire inécaiiiquc: et, de là, est dirigé, dans un état d'épuratio~iparfaite, dans les quves de fermentation. La pulpe, souiiijse à deux laminages successifs dans la même presse, s'échappe des cylindres parfaitement pressée à raison de 20 à 23 0/0 du poids des betteraves, selon leur nature plus ou i~loiiis lig~îeuse,et tombe à l'une des extrémités du délaÿeurmacérateur, où elle se trouve immédiatement eii contact avec la vinasse chaude ~ e n a n dcs colonnes à distiller. t Cette pulpe, dans sa circulation d'uiie extrémité à l'autre du délayeur-~iîacirrateurà palettes, subit, par le mouvement et la divisioii des mol6cules, une macération tout a fait complète. Elle est alors aspirée de iiouveau par une dernière pompe qui la foule dans d'autres presses seniblables aux premières, où elle subit une prezsioii aussi énergique que la première fois, et de là est dirigée par uii coi~duit,dircctcment à l'extérieur des bâtiments, dans les wagons ou les magasins. Le jus faible yroveniint de cette deuxième pression, ailditionné alors de la quantité d'acide nécessaire, s'écoule dir&rneiît et en totalité sur la râpe, pour en faciliter les fonctions, en rcmplacemeiit de l'eau emplojée habituellement. De cette manière, la densité du dus de prerilière pression mis en fermentation, au lieu d'être affaiblie, se trouve au contraire augmentée et peut être amenée de 3 412 a 4 4/2, à la v$onté du distillateur et selon les lois qui régissent les matière?! à fermenter. La pulpe, clans son passage daqs le macérateur à la vinasse, absorbe en abondance les matières azotées qui ont été coagulées par la chaleur dans les coloilnes distillatoires et les conserve en grande partie après la pression; c'est ce qui explique sa qualité exceptioiiiielle et sa supériorité pour la nutrition des bestiaux, sur toutes les pulpes coiillues jusqu'à ce jour. Sa coiiservation est d'autant plus facile et de plus longue durée, qu'elle se prête mieux que toute autre au tassement dans les silos, où elle ne forme plus privé d'air. qu'un bloc sdide et entièrenîei~t ~L'extractioii du jus de la betterave par ce procédé, se fait pour ainsi dire ii la minute et d'une façon tellement rapide, qu'il ne peut

- 69

,-

y avoir nulle part aucune cause d'altêration. Aussi l e jus coiiservent-ils leur couleur primitive; ils son6 blancs ou roses, selon la nuante de la betterave râpée, et la pulpe est toujours d'me blancheur et d'une propreté remarquable, puisqii'elle ne peut, en aucun cas, contenir aucune impureté, même de la terre provenant du lavage incomplet des betteraves. C'est aussi à cette rapidité dans le travail d'extraction du jus, qu'il faut attribuer la beauté et la facilité des fermentations et par suiteqa qualité exceptionnelle des produits. On peut résumer ainsi les avantages obtenus par l'emploi de la presse de M. Collette, représentée par notre figure 16 :

Pig. 16. - Presse continue de 1 1 Collette, pour l'extraction des j u s de betteraves. 1. Io Extraction comyl&te de matihre sucrée;

20 Qualitéexceptionnelle de du jus ;

l'alcool, due à la rapidité du travail d'extraction

3. Pulpe d'excellente qualité et @une conservation facile, à cause de sa siceit6 et contenant les matières nutritives existant daiis la vinasse ;
40

ficonornie de combustible, t~ cause de la densité élevée du jus à disiller ; Fermentations toujours tris-bonnes, sans le secours de la levûre ;

5 0

60 Matériel simple à la portée de tous et d'un entretien presque nul ;
73 Exiguïté des bàtiments nécessaires pour l'extraction du jus ;

8 Facilité d'opéfer aussi bien sur de très-grandes que sur de petites 0 quantilfs.

Ajoutons que tous les établissements, soucieux de maintenir lerirs produits à la hauteur de leur renominée, ont adopté ce sustème, et que les distilleries Savalle ont été les premières à l'introduire auprès de leurs appareils.

CHAPITRE XVII,
Rendement alcoolique des betteraves et prix de revient d'un hectolitre d'alcool.

En Autriche, les moyennes de rendement des usines installées par not,re maison ont élé jusqu'ici tie 6 0/0 d'alcool fin à 90 degrés. En France, ce rendement a été cette année de 5 litres 1/2 à 90 degrés, par 100 kilog. de betteraves. Pour le rendement des betteraves en pulpe servant à la nourriiure d u bétail, ,100 kilog. de betteraves fournissent, en moyenne, 65 kilog. de pulpes cuites, dont la valeur nutritive est supérieure à celle de la betterave crue. $ i c i le prix de revient de cent litres d'alcool fin, d'après les lfvres d'une distillerie agricole, travaillant par jour 25,000 kilog. tle betteraves
10 Betteraves, 1,792 kilog. (soit 1,800), à ZS fr.. 20 Charbon, 120 liilog. à 30 fr. la tonne.. 8 0 Acide, 2 kilog. a 20 fr..

blain-d'œuvre.............................................. 3 3' Frais divers, intérkt, ainortissement,. ........................ 5
40

.................................

............. 32 fr. .................... 3
'

40 60 40

),
GO

Dont il faut déduire 1,170 kilog. de pulpes, à 10 fr. la tonne.. ...

Les cent litres de 3/6 fin reviennent à.. Le logernent en pipes en Iiois a coût6.. ........................ Prix net :

......................

Cette usine a produit l'alcool fin à 38 fr. les cent litres, à 90 degrés. Ce prix de revient varie suivant le rendement cle la betteravc ek.suivant le nombre des jours cle travail ; mais il prouve que 1ii dlktillerie agricolc, hieii iuoiitée, est et restera toi!joui+sune excelte opératioti.
I(1ri

CHAPITRE XVIII.
Devis approximatif de distilleries de betteraves.
Devis approximatif du matériel d'une distillerie travaillant par jour 25,000 kilog. (500 zenlnern) de betteraves, et livrant au conzmerce ses produits rectifiés à l'état de 3/6 fin à 96 et 97 degrés.
l0 #?ordemotrice:

Uii générateur ,de vapeur de 25 chevaiix..
voteur :

............

3.370 fr.

Urie machine à vapeur de 4 chevaux.. ................ 1,800 Une pompe à eau.. .............................. Une pompe à vins. ............................... 1 .O00 Une pompe à jus faibles.. ........................ Une pompe aliinentaii e. ............................. 200 Transmissions de mouvement.. ...................... 1.100

1

3" Disiillnlioni des viiia de betteraves :

Colonne distillatoire avec régulateur.
4 O

..................
30 liectolitres. 50 25 25 13 15

7 .O00
7.000

Reetifienlion des alcools bruts. Rectificateur à cliaudibre tôle.. S0 ~ & s e r r o i r s tole : eii

......................
j

Un pour les alcools bruts, de. ...... Un pour les alcools rectifiés, de.. .... Un pour les alcoc~ls mauvais goût à retravailler, de.. ................. Un pour les jus faibles, de Un pour l'eau froide, de.. ........... Un pour i'esu chaude, de.. .........

........

-

-

-

-

1 .C 0 O

(10

Macération :

Un laveur de betteraves.. Quatre macérateurs à établir en bois, sur place. Mémoire. Une cuve à vinasses.. ........................ id. Un coupe-racines.. ................................
S0

...........................

400

350

Fermentation :

Quatre cuves de 100 liectolitres en bois.

..... Mémoire.

Re Tuyauterie et robineCterie de l'usine, environ.

..

3.180

Matériel complet : Total. .............. 27.000fr.

Devis a p p r q i m a l i f du matériel d'une distillerie trauaillant par jmir 35,000 kilog. (soit 700 aentnem) de betteraves, et l i w a n t au cornmewe ses produits rectifiés d I'état de 3/6 fin à 96 et 97 degrés centésimazcx.
a0 Force niotriee : Un gé~érateurde vapeur de 30 chevaux..
S0 Moteur :

............

3.300 fr. 2.400

Machine à vapeur de 5 à 6 chevaux..
S0 Poinpes :

................

,Une polir les jus fermentés.. ...................... Une à eau froide.. .............................. Une d'alimentation du générateur.. ............... Une à jus faibles.. .............................. Transmission de mouverneiit, environ. ................

-0.O 1I)iritillatioii des vins : Vne colonne distillatoire avec r6gulateur de vapeur.,
S0 Beotilioatioii ales

....

alcools briits : Un rectificateur no 1, à chaudière en tôle. Rhserroirs en tole :

.............

6

O

Un Un Un Un Un

pour pour pour pour pour

les alcools bruts, de. .... 100 hectolitres. les alcools rectifiés, de. ... 50 les jus faibles, de.. ...... 25 l'eau froide, de.. ........ 23 l'eau chaude, de.. ...... 15 -

-

go RIae&ratioii : Un laveur à betteraves.. ........................... Six macérateurs en bois, à établir sur place.. . Mémoire. Une cuve à vinasses.. ....................... id. Un coupe-racine, grand modèle.. ....................
A0 Fermeiitatioii :

Six cuves en bois, de 100 hectolitres chacune. Mémoire.
S0I r a tuyauterie et robinetterie

suivant la disposition des locaux

................... Matériel complet : Total ............ 34.000 fr. -

de l'usine, variant

CHAPITRE XIX.
Distillation des .maïs, des seigles, des riz, etc., par 10 malt.
Nous donnons dans les figures 17,28 et 49, le plan d'une usine spécialement installée en vue de la distillation des grains par le malt. Nous modifions, du reste, la disposition d u matériel, suivant les locaux qui nous sont donnés pour l'dtablir.

Fig. 17.

- Vue en élévation d'une distillerie de grains.

Voici la légende explicative de la vue en élévation :
A. B.
Ç.

- Le grenier à farines.
- Toiiraillc

- Le grenier

à grains.

- Cave où se fait le malt.
pour séclier Ic iiialt.

Li.

Fig. 18.

- Local des appareils et de la machine

vapeur.

Fig. 19.

- Vue en plan d'une distillerie de grhins.

Dans la vue en plan, nous trouvons en

.

,

E. - Les deux paires de meules pour moudre les grains. P. - Le local de fermentation, contenant dix cuves en bois. G. - Les générateurs: ils sont ici tubulaires; mais e n g é ~ é r a l ,pour les moutages lointains, ils se montent d. bouilleurs, parce q u e c e système est trés-simple er peu sujet a réparation. H. Local des pompes et des appareils de distillation, de production, de genikvre et de rectification.

-

1. J. Ii.

L. - Bureau de la distillerie.

- Machine à vapeur. - Tonnellerie. - Magasin à alcool.

Les distilleries d e grains d u nord d e la France qui se servent d e nos appareils, obtiennent d'un mélange d e 80 kilog. d e seigle e t d e 20 liilog. d e malt, d e 30 à 32 litres d'alcool fin rectifié (base d e 90 degrés). Les distilleries d e riz obtiennent d e 100 kilog., suivant la qualité-du riz, 33, 35 et même 38 litres d'alcool fin.

Bzvis approximatif du matériel d'une distillerie opérant par le malt et travaillant par jour 6,000 kilogramînes de ~enaLs, de seigle, d'orge ou d'autres grains.
I o Force uiotriee :

Deux géiiératrurs de vapeur de la force de 83 clievaux chacun.. .......................................

10.000 Sr. 5.000 6.400 42.000 8.000

R0 ,Moteur : Machine à vapeur de la force de V chevaux.. l2
3 O

.......

Moulin :

Pour la mouture des grains..
4 O

.....................

Distill~tioii :

Une colonne distillatoire Savalle.. .................. Uii appareil de rectification des alcools. ..............
Ponipes:

5 O

Une-pompe f~ vin ou jus fermenté, en bronze.. Une pompe en fonte pour l'eau froide.. .......... Deux pompes alimentaires.. .....................
Go ~ a e é r a t i o i i :

....
3.500

Deux macérateurs mécaniques..
go Fernieiitntion :

.....................

6.500

Dix cuves en bois, contenant chacune 220 hectolitres (à construire sur place). .......................... A reporter..

))

»

...

51.400 fr.

Report.
S0 Rdservoirs en tôle :

....

81.400 fr.

Un Un Un Un Un

pour les alcOols bruts.. pour les alcools bon goût.. ............... à eau froide.. ............................ à jus fermenté ............................ à eau chaude.. ..........................

....................
2.000

S0 Robiiietterie

et tuyauterie, tuaiismissioii et iuoiitages divers.

...........................
Total approximatif..........

6.600 60.000 fr.

N. B. Si l'on n'opérait pas dans l'usine la mouture des grains, il y aurait à déduire de ce prix : les moulins, dix clievaux de force du 64nérateur et huit de macliine; soit, ensemble, environ 10.000 francs, ci .................................... 10.000 fr.
La distillation des grains offre de précieuses ressources à l'agriculture; elle forme le travail complémentaire des distilleries de betteraves. En effet, une campagne de betteraves ne dure guère plus de 420 jours; le matériel de la distillerie chaume plus des deux tiers du tenips. 011obvie à cet inconvénient, en continuant le travail par la distillation des grains. On se procure ainsi I'été des résidus excellents pour le bétail, et qui remplacent à bon compte les fourrages souvent chers et rares à cause de la sécheresse. Par la distillation des grains achetés au dehors, on apporte à la ferme : l 0 Le bénéfice résultant de la production de l'alcool ; 20 Des résidus excellents qui produisent de la viande et des laitages ; 30 T_be quantite considérable d'engrais empruntés a la terre qui a fourni le grain. C'est donc une très-productive opération agricole, qui déjà a et6 appréciée et qui est appliquée chez plusieurs distillateurs itgriculteurs, dont nous avons installé les usines,

CHAPITRE XX.
L a distillation d e s g r a i n s , des fécules, d e s résidus de féculeries et de m i n o t e r i e s , des c a r o u b e s , etc., etc., par la saccharification acide. La distillation des grains se trouve parfois entravée par l'impossibilité où l'on est d'utiliser les résidus ou de les vendre pour la nourriture du bétail. Le mieux, dans ce cas, est de les travailler par la saccharification acide, et de vendre les résidus comme engrais; c'est ce qui se pratique dans plusieurs usines du nord cle la France, -!la distillation des grains dans ces établissements est un accessoire de la distillation des mélasses - pour utiliser dans les fermentations de ces sirops, les principes de ferments contenus dans les grains et les acides employés à la saccharificationl, Certaines usines, à Rouen, travaillent spécialemeiit les riz et les maïs par les acides, quoique par cette méthode les résidus aient une valeur bien moindre que ceux provenailt du travail par le malt; mais il faut prendre en considération que l'opération est plus simple et exige bien moins de main- d'œuvre. En effet, les opérations de la trempe, du maltage, du touraillage se trouvent supprimées;bes grains, au lieu d'être parfaitement réduits en farine, peuvent n'être que concassés seulement. \ c e travail par les acides convient donc parfaitement dans certains cas, et nous le conseillons surtout quand il s'agit de saccharifier des matières dures, difficilement attaquables par le malt, telles que les riz, les maïs, les caroubes, les résidus de féuleries et ceux de minoteries.' Nous donnons ci-dessous le d ~ v i s d'un matériel pour produire, par ce procédé, 2,000 litres d'alcool par jour, et nous I'accompagnons d'un plan d'installation, pour que nos lecteurs puissent se rendre compte de l'emplacemcnt nécessaire à ce genre d'usine.

Devis approximatif du matériel d'une distillerie saccharifZant par l'acide tes grains , fécules ou résidus de féculerie. - Produit journalier. 2,000 litres d'dcool /in.
2 Foree motrice : 0 Trois générateurs de vapeur de la force de X chevaux, chaque. ................... .Fr. 12.500 I 2.000 2" Rioteur : Machine à vapeur de 5 chevaux..

-

n
))

-

.....

3 Distillation : - Une colonne distillatoire munie de 0 soli régulateiir de vapeur ............................... 10.000 Un appareil de rectification il0 2 , à chaudière en tdle. 8.000 (II y aurait, pour une chaudière en cuivre, augmentation de 3,800 francs.)

..

))
))

fermenté en bronze; Deux pompes en fonte de fer pour eau froide ; Deux pompcs alirnen taires.. ........... 4.000 3 Saccliarific~tian- Deux cuves de 180 liectolitres, : à 3 fr. l'hectolitre ........................ Fr. 1.O80 n 4" Pompes :
6" Saturation : - Trois cuves de 80 lieçtolitres, à 3 Fr. l'hectolitre.. ..................... 7" Fernientstioii : Six cuves de 130 liectolitres, Li 8 fr. l'hectolitre

- Urie pompe i jus

-

720 340

))

......................
Un Un Un Un

))

4.140

))

80 ~éaervoira tôle:- Deux pour les alcools bruts; en

pour les 3/6 bon goût; à eau froide; à jus fermenté; à eau chaude, environ..

1.700 6.600 48.940

))

go Robinetterie, tuyauterie, traiiaminsions et
nrontam divercr.

..................................
Total..

))

......... .Fr.

( (

Fi& 20- Vtre en 6léIévation et coupe la@,tudinale d'une aistiiierie i ou de r&i&us de léeulerie ou de minoterie,

voici l ~ i é g e n b explicative des @ n figures : i
A; A .'

- Cuves

> .

L

&Y
i

.. *.;
- :<

,

L

~,,

Te sacchari6cation, 6olIdement etahlies, oh le9 aiatiére

0. - Concasseurs pour les grains. Réservoir h 316 extra-fin. fin. mauvais goût. î. S . Cheminée des générateurs. T. - Grenier de charge des cuves à saccharifier. 1, 2, 3, 4, 1, 6, - Soupapes d'eirrplissage des cuves de fermentation. 7, 8, 9, 10, 11, 22. de vidange des jus fermentés d* la citerne.
p. q.

-

-

- -

-

M. A. Tilloy-Delaume, distillateur à Courrières (Nord), a
enrichi la distillation d'un nouveau procédé dont il s'est réservé la propriété par un brevet. Ce procédé consiste à recueiilir les matières azoté~s que renferment les vinasses de distillation de grains, par l'acide, en faisant couler ces vinasses dans des citernes et en les y laissant au repos pendant plusieurs jours. La majeure partie des substances azotées se précipite, et quand le liquide supérieur s'est éclairci, on le fait décanter. Le dépôt égouté à l'air d'abord, est désséché ensuite à l'aide dela chaleur. Il se présente sous forme d'une matière pulvérulente de couleur gris noirâtre, presque sèche et dont le transport est conséquemment très-facile. Plusieurs analyses de ce produit ont été faites par de bons chimistes. - Voici celle à laquelle nous attachons Ie plus d'importance, parce qu'elle a ~té-faitepar un chimiste industriel du Nord très-estimé, RI. B. Corenwinder, et qu'elle a été présentée par lui dans un rapport au Comice agricole de Lille. Eau.. ................................................. 8.50 Matières organiques.. .................. 69.54

.. -

....... Matikris minkrale.. ...................
Azote (moyenne, deux analyses).

4.26

73.80

73.80
17.70
i00.00

Azote dans 100 parts matière sèche 4.71.

De cette analyse, on peut conclure que l'engrais extrait du maïs a une valeur fertilisante, qui se rapproche de celle des tourteaux de sraines oiéagineuses qui contiennent souvent moins de Ci 010 d'awe. Cet engrais de maïs r'enferme en outre une proportion très-nota-

ble de phosphate et de sel de potasse, éléments qui concourent, avec les substances azotées, à la nutrition des plantes. L'usine de Courrières a vendu, celte année, plus d'un million de kilogrammes de ce nouveau résidu ; employé pour les betteraves, il a donné d'excellentes récoltes. Tout produit nouveau doit, pour se faire coppaitre, se vendre à bon marché ; l'usine de Courrières *& a bien c-ris cela, en ne vendant son nouvel engrais que 115 francs les 100 kilogrammes, quand sa valeur cornparde aux autres engrais est de 20 à "L francs. Les frais de fabrication s'élèvent à 3 francs les 400 kilogrammes. QI-obtient par 100 kilogrammes de maïs de 20 à 23 kilogrammes de ._& résidus. * *.._M. A Tilloy-Delaume nous a autorisés à céder, par licences, sdn procédé à nos clients qui montent des distilleries de grains par l'acide, ainsi qu'aux autres usines de ce genre déjà iristallées. Nous donnerons donc à cet égard tous les renseignements qu'on voudra bien nous demander. Les conclusions de ce chapitre se résument principalement en deux points : Fabrication d'alcools recherchés par leur haute qualité, et production d'engrais riches et abondants. Le devis que nous avons soumis à nos lecteurs n'atteint pas des chiffres tellement élevés, que les agriculteurs puissent craindre d'employer pareil capital dans la construction d'une distillerie annexe de leur ferme. Placé dans cette industrie, il rapportera des bénéfices plus considérables que jeté aux aventures de la Bourse et des affaires de banque. 11 profitera à toute la contrée, tout en enrichissant ses propriétaires, et il contribuera largement pour sa part à la prospérité générale du pays.
^_

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CHAPITRE XXI.
Distillation de mélasses seules ou mélangées de grains ou de betteraves. Dans cette notice, où nous parlons un peu de toutes les espbces de distilleries, nous ne pouvons omettre br parler des dist.il1eries

"demélasses, qui, à elles seules, fournissent environ un tiers de In production totqle. de l'algool. Nous $&nons le plan et Ic devis du matériel d'une deees distilleries pour un travail journalier de 10,000 kilogrammes $e mélasse, soit une production d'alcool d'environ 2,800 litres. Depuis l'emploi de l'acide sulfurique bien dosé dans les fermentations, certaines distilleries, convenablement outillée<&ont parvel)ueç à dever le rendcrnent de 100 kilogr de mélasses à 28 litres d'alcool iin à 90 degrés. Ces distilleries obtiennent en outre 10 liilog. de potasse. Un de nos grands industriels du Nord, M. Eugène Porion a fait faire un progrès rkel à cctte industrie, par l'invention d'un four à potasse très- remarquable. Dans Ce foiir, les vinasses à évaporer sont rCduites en poussiè:.e, en pluie fine, et celte pluie y est traversée par un courant d'air chaud, provenant presque complétement de la chaleur perdue de l'incinération de la potasse ellemême. Il résultè de cette heureuse disposition une économie d'environ 3û 0/0 de combustible. Voici ce que coûte, dans les usines produisant 3 pipes, d'alcool par jour, le travail de 400 kilogrammes de m6lasses.
Cliarbon ................. Levure.. ................... Ou\ricrs ................... Acide sulfuriqiie.. .......,... Pipes pour loger l'alcool. .... Fraii&

.+. .

1f . 3 2 ~ .(1) O 56 ' O 53 O 28 O 99 3 68

A ce compte, il faut ajouter les frais gknéraux, l'intérêt et I ' a ~ o r tissement du capital. Cles éléments sont variables; mais en moyenne, l'intérêt et l'amortissement peuvent être fixés à 63 centimes par 100 kilog. de mélasse, dans une usine prcduisant aii nioins G pipes cl'alcool. Quant aux haais généraux, ils s'élèvent, pour ce même travail journalier, à 84 cenlimes. Dans une usine, au contraire, produi-' sant par jour 15 pipes, la somme de 1 fr. '47, représentée-par les éléments réunis que nous venons d'examiner, se réduit aussitôt à 86 centimes. Il en est ainsi pour toutes'les grandes fabrications et les vastes usines qui_ seules peuvent -faire descendre aussi 6as que possible le prix de revient.
(l)~a

dépense de combuslible est diminuee de 30 0/Q par l'emploi du Four Porion.

Comme noue l'avons dit dans i;i$ chapitre précédent, on peut faire un travail mixte en saccharifiani des grains par l'acideCet parvenir ainsi à diminuer, pour le travail des mélasses, la dépense de Ievûre, et supprimer en tatalité la dépense relative à Yacide sulfurique. On peut encore, dans le cas où la siiyation d'une distillériede mélasses permet la vente de pulpes pour la, nourriture, du bétail, opérer le travail mixte: de mélakses et d e betteraves. tés La distillation des mélasses nécessite la dépense de &quanti considérables de 1evMe pour la fermentation et de combustible pour l'évaporation des vinasses; ces distilleries offrent, eii outre, le grave inconvénient de livrer au commerce, comme produits chialique6 tous Ies salins qui devraient retourner à: 13 terre comme engrais. * . Nous proposons, comme moyen d'obvier à ces inconvénients, cl'aqnexer aux distilleries de mélasses, la macération des betteraves par les vinasses de mélasses. NOUS obtenons par ce traval-l : 40 La suppression d'une partie de la dépense de levûre pour les fermentations: ces dernières s'opèrent par le ferment contenu clans les betteraves ; Po La suppression d'une part de 1; dépense du combustible : les sels contenus dans les vinasses se rendent dans les cossettes de betteraves po* y déplacer le sucre, et augmentent la valeur nutritive de ces cossettes ; 3e Enfin: nous rendons à l'agriculture des pulpes de betteraves excellenteç contenant tous les sels qui lui sont enlevés aujourd'hui. La dépense de matériel pour ce travail mixte est peii importante; elle se réduit à l'acquisition d'un laveur debetteravas, d'un coupe-racines et de quelques macérateurs, figurés page 5.5 de cette notice: aussi engageons-nous beaucoup messieurs les distillateurs de mélasses à appliquer ce nouveau système de fabrication. Si les distillateurs de mélasses n'étaient pas agriculteurs el s'ils tesaient àvendre, d'une part, les pulpes de betteraves, etd'autre part, 1 q sels de potasse contenus dans leurs mélasses, il faudrait qu'ils se sitrvissent, pour extraire le jus des betteraves: de la presse continue du système de M. Collette. Ils auront ainsi des pulpes excellentes et des jus de betteraves parfaits à introduire dans lems fermentations de mélasses.
'

Voici la légende explicative des figures 22 et 23 :
A. - Cuve à nrélange, où I'on met la mélasse au point req& pour une bonne fermentation. On la délaye à cet effet avec de l'eau, pour la porter h 5 1 2 degrés d u densimétre, et on porte la température du mélange de 24 à 1 2 6 centigrades. nécessaire à IqTerC'est aussi dans cette ciive que l'on met l'acide s~~lfuriqiie mentation; le dosage de cet acide différe suivant le degré d'alcalinité des mélasses. 11, B., B", etc. - Dix cuves dc cent quatre-vingts hectolitres chaque pour la fermentation. C. - Citerne située sous les cuves, oii ces dernières sont rEservées pour étre distillées. Réservoir à jus fermentés, .pour l'alimentaticn de la colonne distillatoire. D. E. néservoir d'eau froide. F. - Appareil distillatoire, systéme Savalle, muni de son régulateur de vapeur. G, 6'. - Réservoir à flegmes. II. - Appareil de rectification. 1 - Réservoir à 316 bon goût. . J. Machine à vapeur. IZ. Pompes. L, L. ' Deux générateurs semi-tubulaires, syst&me E. Victor Fourcy et C'es M. - Pour Porion, poix l'évaporation des vinasses et pour l'incinération des polasses. N. Cheminée du four Porion. 0. - Clieminke de l'usine.

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CI-IAPITRE XXII:
Bâtiments tubulaires appliqués & l'érection des distilleries.

Nous avons donné, dans les chapitres précédents, des renseignements nombreux et très-exacts qui suffiront à fixer nos clients sur la dépense nécessitée par l'acquisition du matéiiel des distilleries. Il nous reste à leur indiquer le choix des bâtiments qu'il faut élever pour loger ce matériel. Cette dépense varie, suivant i les matériaux employés et suivant les localités, de 35 à C0 francs par mètre carré de terrain construit ; mais le mieiix est de s'adresser en général à un bon architecte au courant des prix des entrepreneurs du pays même. Dans cerlains cas, cependant, et notamment pour les distilleries à monter dans les contrées où cette industrie est à implanter pour la première fois, il est préférable de s'en remettre à nous-mêmes ; car nous construisons depuis quelque temps des bâtiments en fonte de fer, dont nous donnons la disposition dans nos gravures 24, 23 et 26. Nous voulons, par ce nouveau système de construction, arriver aux progrès suivants : 4 0 Édifier plus promptement une usine ; 2 Obtenir cles bâtiments légers, solides et parfaitement approO priés aux bvsoins du travail; 30 Réaliser une économie notable dans la dépense nécessitée par la tuyauterie habituelle de l'usine; car les colonnes en fonte formant le bâtiment sont creuses et servent de conduits pour l'eau froide, l'eau chaude e t l e s matières à distiller. Nos dessins rendent une idée exacte cl'un bitiment construit de ce système. La figure24 représenle la vue extérieure du local des appareils. Cette construction est formée de colonnes d e fer en fonte, reliées entre elles par des fers à double T. - Les vides qui existent entre ces fers sont remplis par des briques creuses. Urie large fenêtre occupe toute la façade, et deux fenêtres plus petites prennent le jour par les côtés latéraux.

II;?;

Fig. 25.

- Coape tranwer&+m
4

MüyI

.*

BDfO~tubulairerpour les ùirulleiier

0'. Distributeur (le l'eau au réfrigérant et au condenseur du rectificatcur. 0'. Distribution dc l'eau froide au refrigérant de la colonne distiilatoire. P. - Colonne en fonte servant b l'ascension des jus fermentés dans le réservoir supérieur H et b l'alimentation du cliauffe-vin de la colonne. P - Colonne servant au trop-plein des jus fermentés du réservoir H. . Q - Colonne déversant l'eau chaude du refrigérant de l'appareil distillatoire. . Fi. - Colonne servant de trop-plein à Veau froide debordant du réservoir G. S. - Colonne servant de trop-plein des eaux chaudes du rectificateur. U. Colonnes servant de gouttiéres aux eaux pluviales.

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Toutes ces conduites en fonte sont d'un grand diamètre. Elles sont droites et permettent ainsi une vérification intérieure trèsfacile, une surveillance active et des nettoyages qu'on peut répéter souvent et sans peine. Ce geiii3e de construction est à la fois expéditif, élégant et trèssolide. II peut s'établir à bon marché, et la durée des matériaux est presqùe indéfinie.

CHAPITRE XXIII.
Cours moyen des alcools depuis 18 ans A Paris.

Nous avons réuni, dans !e tableau synopt.ique suivant, les prix moyens de l'esprit fin de première qualité à 90 degrés, à la Bourse de Paris, depuis dix-huit ans. Ce document est fort intéressant; car il inoritre les taux élevés auxquels peuvent atteindre les aIcooIs, et il prouve aussi que Ies bas prix ne sont que temporaires et qu'ils n'ont jarnais cessé d'être rémunérateurs pour le producteur. Ainsi donc, le travail d u distillateur bien monté est toujours productif, et bien souvent il donne des profits cons;dérables.
TABLEAU COHPARATIP DES COURS lOYENS DE CUAQUE lOIS DE L'ESPRIT FIN, ireQUALITE, 900 A LA BOURSE DE PARIS, DEPUIS 1 8 ANS

Le prix moyen des 18 années est de 89 fr. 22 c.

Il résulte de ce document que, durant dix-huit ans .(de 4882 ti 1869), Ie prix moyen de l'hectolitre d'alcool a Bté de 89 fr. 22 c.;

- 94 de 1 S 2 à 1857, les cours ont atteint des taux très-élevés, qui ont failli toucher en août 1854 à 200 francs. En 1858 et en 1889, les prix ont subitement ,baissé dans une proportion trks-forte ; ils se sont raffermis en 1860 et 1861, pour revenir dans les années suivantes à des chiffres moins élevés, mais toujours très-rémunérateurs pour le producteur et le fisc, dont l'impôt sur l'alcool forme une des branches les plus importantes. Depuis 1860, malgré la concurrence directe et presque protégée que nos 3/6 nationaux ont eu à subir par l'invasion sur nos marchés des 3/6 allemands, les prix ont d'abord descendu à des taux assez bas; mais bientôt ils ont remonté, et depuis trois ans, grâce aux progrès accomplis par nos distillateurs, qui s'étaient laissés devancer par les"_trangers dans le i.enouvellement de leur outillage, et grâce à leurs hautes qualités, nos 3/6 lutterit avec succès contre les produits étrangers. De toutes nos industries, celle des alcools est la plus florissante; car elle a toujours su résister aux désastres politiques ou économiques qui ont tant d'influence, malheureusement, sur la plupart de nos fabriques indigènes. De toutes les industries aussi, c'est elle qui peut le plus pour la prospérité agricole de la France. Elle n'épuise point les terres; car elle leur rend des engrais abondants, et sa générosité est extrême, puisqu'elle donne encore un produit dont l'industryte et la consommation humaine ne peuvent pas se passer.

CHAPITRE XXIV.
Renseignements divers. Distilleries o h Son peut se renseigner.

Nos lecteurs voudront bien nous permettre de leur faire quelques recommandations utiles. On ne saurait trop répéteF aux propriétaires, par exemple, d'6tre d'une sévdrité excessive pour défendre l'emploi des lumières portatives dans les locaux des appareils, ainsi que dans les magasins où l'on garde les alcools. Les accidents sont rares; mais quand un sinistre arrive, il est toujours affligeant de constater qu'il est survenu par imprudence ou incurie. Nous allons aussi indiquer une précaution bonne à prendre pour essayer les appareils tous les trois niois, afin de s'assurer de leur état parfait et remédier aux pertes de temps causées par les démontages partiels. Aujourd'hui une distillerie se monte. Elle a des appareils neufs, solides et étanches. Ils fonctionnent pendant un certain nombre d'années ; ils passeat même en différentes mains. Eh bien, il ,susvient un moment où le matériel s'use et où, réellement, il est dangereux de s'en servir. Extérieurement, aucune défectuositd n'apparaît; mais à l'intérieur, il n'en est pas de même; car les métaux sont rongés et n'offrent plus une résistance suffisante. Le moyen de vérifier le bon état d'un rectificateur est très-simple; pour le mettre à exécution, peu de chose suffit. Il &ut agir de Ia facon suivante : emplir d'eau froide la chaudière , mettre de l'eau dans la colonne jusqu'à deux ou trois mètres d'élévation. Les appareils sont ainsi soumis à une pression hydraulique supéried4k à celle qu'ils ont à supporter pendwt le travail. S'il existe chez

eux une partie faible, immédiatement elle apparaîtra, et sans accident, car de l'eau froide seule jaillira. Nous conseillons aux distillateurs, non-seulement de faire subir cette épreuve si sirnplc aux anciens appareils, mais encore de la répéter tous les trois mois dans les usines neuves. C'est i'affaire de quelques heures ; elle ii'entraine aucun frais et elle a l'avantage Bnorme de garantir une marche régulière et à i'abri de tout accident. Les personnes qui désirent avoir des renseignements sur les distilleries agricoles montées par notre maison, en trouveront de beaux spécimens, en France chez M. Alfred Pennelier, à Laneuville-Roy (Oise) ; chez M. Chatriot-Wallet , près Saint-Just-enChaussée (Seine-et-Oise) ; chez AI. Charles Legraiid, propriétaire, agriculteur à Sassy, par Venclœuvre-Jort (Calvados). Les alcools excellents de cette dernière maison se vendent sur les places de Caen et de Rouen avec prime de 4 et Ci francs en plus du coure a de L Bourse de Paris, et ils ont remporté la médaille d'or à l'Exposition internationale du Havre, en 1868. En Autriche, nos futurs clients pourront se renseigner sur le travail des usines, chez M. Karl Leideiifrost, qui nous a confié l'érection de sa première distillerie agricole à Gëne, en 1866, et de la seconde, plus puissante, qu'il a créée à Kalna en 1867. Les 3/6 de ces deus usines se livrent à Vienne, et sont recherchés à des prix de faveur. Messieurs les agriculteurs autrichiens pourront encore se renseigner auprès de RIM. Karl Kammel et C1e, fabricants J e sucre et distillateurs à Gruebach (Moravie) et de M. J. Latzel, fabricant de sucre, raffineur et distillateur à Bartzdorf, par Breslau et Otmachau. En Angleterre, les distillateurs seront très-bien reçus par 'M. Robert Campbell, ancieu membre du Parlement, agriculteur à Buscot-Park, par Faringdon (Berkshire). Cet établissement est une usine modèle, sur laquelle nos clients trouveront des ren4eignements exacts à l'office de notre maison, à Londres, 10, Basinghall-street City, en s'adressant à notre représentant, M. Jacqpes Barral.

Conclusions.
Nous devons ajouter à ces ienseignements, que pour les distilleries situées à l'étranger, et pour celles de Franc-t: qui nous en feraient la demande, nous procurons des hommes p~rfaitement au courant dz la mise en train de nos appareils; nous en procurons aussi pour la mise en train de toutes les distilleries de betteraves que nous montons; ces derniers connaissent à fond la macération et la fermentation. Nous nous chargeons de la fourniture du plan général de toutes les distilleries où l'on voudra employer nos appareils, soit' pour distiller les betteraves, les mélasses, les grains, lesvins, ou toutes autres matières; nous établirons ces plans appropriés aux locaux dont on pourrait disposer. Désireux de répondre aux besoins de l'agriculture et de l'industrie, et de faciliter l'acquisition d'un outillage devenu indispensable par les luttes de la concurrence, nous serons toujours disposés à accorder à nos clients toutes les facilités raisonnables. Nous pourrions mettre sous les yeux de nos lecteurs les nombreuses attestations que nous adressent nos clientsi pour nous exprimer leur satisfaction ; mais la lecture de ces documents précieux serait fatigante, et nous nous contentons d'en extraire les quatre suivants, qui 6manent d'hommes considérables, qui on# acquis une juste réputation dans les branches diverses de la distillation industrielle, de la distillatioil agricole et de la distillation vinicole. La première de ces lettres est écrite par M. Léon Cres pel, propriétaire d'une des plus fortes usines du Nord, qui travaille par campagne 25 millions de liilogrammes de betteraves. Cette usine possède deux i~ectificateursde notre systèine. 7

Quesnoy-sur-Deule,près Lille (Nord), le

16 novembre 1869.

MM. D. Savalle fiEs et Cie, Ù Paris.
L'appareil à re~t~ifier colonne de Im,03, que vous nous avez avec fourni cette anriée, marche admirableinent bien et iious eii sommes très-coiitents; il nous doriiie, ct au delà, les quaiitités aiinoncées dans notre marché. Une hcure aprts la mise en marche, nous obtenions, à la première opération, des alcools extra-fins, et depuis, iious airoiis toujoiirs fabriqué des alcools qui sont recherchés sur les places de Paris et Lille. Vous pourrez dire à toutes personnes désireuses de voir ~onctioiîiier votre appareil, cp'elles ont porte ouvertc chez nous, c[uand elles voudroiit, et clles pourroiit alors s'assurer clles-mêmes de la vorité, et se coiivaii~croiitque votre apparcil csl acliriirable, tant par la grande production^ que par ln qualité, et la régularité dans In marclie. Agréez, Biessieurs, nos saliitations ainicales. Léon CRESPELet Cie.

La seconcle attestation que nous voulons fairc connaître à

1 0 1 s

lectciirs nous a été écrite par A I . Durand, habile agricnlleur et rnaire de son pays : Bornel, le 3 novembre 1868.

d 2ClL+1.B. Savalle fils et Ci", avetzzte de l'I~npérntrice,ic Paris.

Jc Mc fais uii plaisir de TOUS iuformei~que les deux appareils à rectifier que vous avez montés chez moi, 12 prcniicr à Ivry-IcTemple, eii l 8 G ï ; Ic second à @orilel,cn 4868, foiictionnent parfaitenreiit et clu'ils ile lais~ent rien à déeii.er. Les 3/6 que nous eil obteiioils sont excellents. Le procédé de neutralisation cles acides que vous ilcus avez indiqué rgussit très-bien. Enfin, je suis trèssatisfait de votre distribsiteur de betteraves dans les macérateurs; il économise un lioninie, tout en faisant l'ouv~age infiniment mieux. Eii effd, la cossette est déposée avec une légèr'eté que la mairi

de l'ouvrier le plus habile ne saurait remplacer. Je vous aulorise
à faire tel emploi que vous jugerez convenable de cette attestation.

Veuillez agréer, etc. DURAND,
Cultivateur Borncl et A Ivry-le-Temple, par bf&u (Oise].

La troisième est l'extrait textuel (lu rapport fait à l'assemblée géndrale des actionnaires de la Société anonyme Aetien-Fabrikshof à Temeswar (IIongrie) . Zu diesem günstigeil Ergebnisse trug nicht wenig der von uns - in Ausführung eiiier diesfælligen Bestimmung der Statuteii in den letzten Tagen des Monates Juni in Betrieb gesetzte Spiritus-Rectificir-Apparat bei. Nacli geiiauer Erwaegung aller Um. stznde, welclre hier in Betraclit liomineii, liahcii wir uns dafür entschieden, den genannteii Apparat aus dcni berühmten Etablisseii~eiitD. S av al 1 c fils ct Co in Paris zu beziehen, und mit Befricdigung licennen wir lhneri mittheileii, dass uiiscre Erwartungen ln jeder Iiinsicht erfüllt wurden, inclem wir nicht nur eiilen hier unübertrofienen liochfcincii Spirit crzeugen, der sich bereits deil Beifall allcr Kenner erworbeii liat, sonderni es entspricht auch die Ausbeute den Anfoi*deruiigen, die b a n a11 eineii derartigen Apparat knüpfeil liann

.

La quatrième émane d'un grand propriétaire ct inclustriel (l'Espagne. Elle a été adressée à M. Saavedra, banquier à Paris, qui a bien voulu nous la communiquer, et nous en extrajoiis le passage suivant :
Albacete (Espagne), janvier 1869.

Savalle cl Cie que leur appareil est mervciljeux, et que tous les industrie!^ de notre pays sont en admiration devant les résultats qu'il donne. Je suis certain qu'ils en plac,eront beaucoup en Espagne; car de tous les côtés ola accourt pour le voir fonctionner. . Joaquin de 4 h GANDARA,
.

. . . Dites à MM.

..

Directeur du chemin de fer de Saragosse.

- 100 Ces attestatioris qui nous parviennent de pays différents, parlent assez haut en notre faveur, pour que nous n'ayons pas besoin d'ajouter de nouveaux commentaires à ces faits que nous enregistrons avec uiie vive satisfaction.

D. SAVALLE FILS ET
64, avenue de i'Irnpératrice,

CE,

? Paris. i

Pages

CHAPITRE - Importanc~de la distillalion au point de vue agricole et de la Ie'.

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.-

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prospérité générale II. - Liste des 129 appareils Savalle montés depuis 1867.. III. Appareils pour la distillation des vins, des betteraves des mélasses, des grains, des cannes à s w e et la production des 3/6, des genièvres et des rhums.. IV. Régulateur automatique des chauffages des colonnes distillatoires et des rectificatcurs Savalle.. Y. Rectification des alcools par le système et les appareils Savalle. VI. - Avantages résultant de l'emploi du nouvel appareil de rectification Savalle VII. Nouvelle eprouvette jauge.. VIII. Saturation des flegmes dans la rectification IX. Conduite de la rectification.. X. Frais pour rectifier un hectolitre d'alcool et devis du matériel complet d'me usine de rectification.. XI. Appareil de distillation et de rectification combinées pour la production des trois-six de vins, de marcs, de pommes de terre, de grains, de figues, etc., et pour la fabrication des genièvres, des cognacs et eaux-de-vie de toutes les sortes.. XII. Les distilleries agricoles de betteraves.. XIII. Simplification de la main-d'œuvre et accélération du travail de la macération.. XIV. La distillerie de betteraves de M. Camille de Larninet, A Gattendorf (Autriche).. XV. La distillerie de betteraves de RI. Robert Campbell, à BuscotPark (Angleterre) XVI. Extraction des jus de betteraves par les presses continues de fil. Auguste collette.. XVII. Rendement alcoolique des betteraves et prix de revient d'un hectolitre d'alcool.. XVI~I. Devis approximatifs de distilleries de betteraves.. XIX. Distillation des maïs, des seigles, des riz, etc., par le malt.. XX. La distillation des grains, des fécules, des résidus de féculeries et de minoteries, des caroubes, etc,, par la saccharification acide. L XXI. Distillation de melasses seules ou mélangées de grains ou de betteraves XXII. BItiments tubulaires appliqués à l'érection des distilleries. XXIII. Cours moyen des alcools depuis 18 ans à Paris XXIV. Renseignements divers Distilleries où l'on peut se renseigner.. s ' XXV. Conclusioris..

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TABLE DES GRAVURES
FIGURE 1.

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- Colonne distillatoire en cuivre avec chaudiére formant soubassement et cliauffée par les vap* perdues pal l'échappement de la machine ............................................
- Colonne

pogcs.

13

y

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distillatoire rectangulaire en fonte, avec chauffe-vin d'un nouveau système. 3. Régulateur automatique de chauffage.. 4. - Robinet de vapeur du régulateb Savallc.. 5. Soupape du robinet de vapeur du régulat&hr.. 6 . - Ensemble d'un rectificateur avec charpente en fer.. 7. - Eprouvette jauge.. 8. Elévation de la table A éprouvette.. 9. Vue et plan de la table à éprouvette.. 10. Appareil de distillation des marcs et des vins.. 11. - Appareils combinés pour la distillalion et la rectification des eaux-de-vie de toute sorte, des viiis et des genièvres.. 12. Plan du nouveau système de distribution des co~settesavec installation nouvelle des macérateurs.. 13. Élévation du nouveau distributeur de pulpes et d'eau acidulé 14.-%- Distillerie de betteraves de RI. Camille de Laminet, à Gattendor (Autriche) 15. - Plan de la distillerie de betteraves de M. Camille Laminet.. 16. - Presse continue de W. A. Collette, pour l'extraction des jus de betterares 17.Vue en élévalion d'une di,tillerie de grains.. 18. Local des appareils et de la machine à vapeur d'une distillerie de grains.. 19. Vue en plan d'une distillerie de grains.. 20. Vue en élévation et coupe longitudinale d'une distillerie de grains ou de résidus de féciilerie et mi~ioterie.. 22. Vue en plan d'une distillerie de grains ou de résidus de féculerie et de minolerie.. 22, Vue en élévation d'une distillerie de mélasse p ~ un travail ~ r quolidien de 10,000 hilog. avec produclioii de potasse, par le four de M. Eiig. Porion.. 23. Vue en plan de la distillerie de mélasse avec aiinexe d'un four à potasse de M. Eug. Porio~i.. 24. Vue extérieure d'un bitinieril à colonnes tubulaires pour le service d'une distillerie.. 23. Coupe transversale d'un bàlimeiit à colonnes tubulaires pour les distilleries.. 26, Vue en plan d'un ba'timent A colonnes tubulaires pour les distilleries..
2.

-

................................... ......................

-

.......... ......................................... ......................... ......................

................... ...............
..............

16 19 20 ' 20 23
32 34

3t
48

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..... .....................

50 57 58
61 62

................................................

9

...

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69 74
75 75

80 81

-

86

86

89

90

................................................

91

IMF. CENTRALE DE9 CHEXINJ DE FER. - A .

C I I ~ I X i:e, ET

nÿs GI~IG~IIB,

20, A

PARIS.

- 9c66 0.

Related Interests

alparaiso ............. 3.500 hrcel Deves ............... Lli u llu ......... Limachc-Valps

r~iso.... 1.000 1. 000 Ovalle (Le docteur) ......... Santiago ................ Le même, colonne rectangulaire ............................................ 1.000

bpezteguia frères ...........Cienfuegos ..... 3.000 Les mêmes, 2e appareil .............................. ' ~omas r e o k s ~ .............. Soledad ........ Guanianrmn .. 1.250 Comte de Casa More......... Sau(issima-Trinidud .........' . . . 4 .Y00 Le même ................. Indio .................. 4.500 Marquis de Monte10. . . . . . . . Ida Havane .............. 4.003 L Muela ................... Sicrra Morena . . . . . . .: ... 7 .500 a ............... 3 -000 De Montaldo ................ Cienf~iegos Beed Ruiz et Cie . . . . . . . . . . . . I..a 1:cclcncia .... P~icrio-Principe 1.230

CUBA

6.000 2 .000 4.500 4.50O

--

TOTAL ~ q o r t c.r. . . . . . . . 86.300 37.000 ù

RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS

ÉGYPTE
Report. ......... 84.300 37.000 Son Altesse leuhédive d'Egypte Samaloutli ..... tlaute-Égyp:e . lerappareil rectificateur.. ... .........

......... .........
- colorine rectüngulaire en cuivre.. ........ Ije appareil, colonne rectarig.

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-

....... .........
ESPAGNE

7.000 7.000

J. Agrela.:. ............... Grenade ................. Le même, 2e appareil, colonne distillaloire. ............. ......... Agrela, frères.. ............ Motril .......... Grenade Les mêmes, colonne recta ngiilaire. ................. Aurioles, Ravassa y Moré.. ... Motril.. ........ Le même, colonne rectangulaire .................... Enrique Barbaua.. ......... Motril .......... Grenade .. Burgos Dominguez et Garcia.. Motril .......... Grenade .. La Chica Rodriguex et Aurioles Grenade ................ Les mêmes, 2" appareil, colonne distillatoire.. ...... ......... Compagnie sucrière de San Guillermo.. .............. Malaga .................. 2e appareil, colonne rectan......... gulaire ................. Duchesse de Santona ........ Motri1 .......... Grenade .. Garcia, Romero, Ortiz y Martinez.. .................. Ma1ag;i ......... hfalaça ... Les mêmes, colonne rec tanguiaire.. ................ ......... J. de la Gandara.. .......... San-Pedro-d'AlL~ rcclang,lcantara ...... JInlag,i ... laire. .................. ......... Héredia fils.. .............. Adra ........... Grcnndc .. Earios ct fils.. ............. Tore-del-Mar ............. Les nzêt~zes,Y :ippaieil.. .... 1.. .......

..

1 .O00

1.000 2.000 2.000 2.400 2 .O00 3 .O00 3.000

-

2.000 1.000 2 .O00

2.000

2.000 2.000 2.000

TOTAI, repo~te).. à ......... 122.800 79.S00

--

"3500 2.9011

RENSEIGNEMENTS DES INDUSTRIELS

Les mêmes, 4e aapparzil. ..... Les mêmes, Se appareil.. ....

.........

Sala Pou et Cie..

...........

.........

FabricaNuestraSenora delPilar Salobreiia ............... La même, 2e appareil. ...... ......... 1.20 José del Pulgar.. ........... Sucrerie de Mare Malaga.. . 73

GUATEMALA
J. Guardiola.. .............. Hacienda Chocola ......... '7.908 Brooks ....................lSucrcrie de Saleda. .../buanlinml .. 3.5001

1

1

LA GUADELOUPE

RÉPUBLIQUE D'HAIT1

ILE DE MADCRE
2e appareil, colonnc distillalre

ILE MAURICE
Hewetson ......................................... 5.000
2e appareil rcctificaiei.~r produisant les alcools filis a 96 degrés.. .....................................

LA MARTINIQUE
Le baron de Larenti.. . . . . . . . Fort de Frocce. Eugène Eustache. .......... Usirie de Griliori. A. de Heynard.. ............ IT.qinc de la Diloii

......... 3.500
TiiiiitQ.

. . 3.000
:i.001i

.........

-TOT\ L
Ù

~ ~ p o r t e . .. . . . . . . . 191 . iSO 09.000 r

RENÇEIGNEPIENTS
DES INDUSTRIELS

RIÉPUBLIQUE DE L'EQUATEUR

PEROU
Bauer frères.. .................................... 750 Félix Denegri.. ............ ~ i i n a .................. 6.000 Pe appareil, un rectificateur no 3 .................... .........
Pour leur propriété de Chacavento.

ILES PHILIPPINES
Francisco Puig et Hermano. San-Fernando . . La Pampanga.. 650 Ayala et Cie.. .............. Manila ......... Manila.. . 1.000 J. Gonzalez ................ Manila.. ....... Capiz .... 2.000 1.200 Le mênze.. ................ Le même ................. Rodriguez.. ................ Manila.. ................ 750

PORTO-RICO
Manlove, Alliott et Cie, constructeurs mécaniciens .... Ponce.. ................. 2.500 Les nzêmes, colonne rectangulaire. ................... ......... 2.800 Fantauzzi frères,colonne no 8. Usine Felicitas. . Patillas . 4,000

.

I L E D E LA

RBUNION

LA TRINIDAD
2e appareil, un rectificateur no 7 ....................

REPUBLIQUE DE VÉNÉZUELA
J. A. Mosquera hyo..

. . . . . . ./Caracas. ....... ( ......... 1
ILES D U CAP-VERT

1

1.O001

TABLE DES GRAVURES
Pages.

FIGURE 1.
2. 3. 4.
5. 6. 7.

8.
9.

en élévation d'une distillerie de cannes à sucre construite par MM.. D. Savalle et Cie. ................ - Vue en plan d'une distillerie d e cannes à sucre . . . . . . . . . . - Vue en élévation d'une distiilerie de mélasse d e cannes annexéeh une sucrerie.. - Vue en plan d'une distillerie de mélasse de cannes annexée B une sucrerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct. - Appareil transportable pour la production des tafias et des rhums . - Appareil rectangulaire no 3, dimension moyenne pour les sucreries . - Appareil distillatoire produisant d u premier jet des rhums à 90 et 93 degrés. - Nouvel apparei! pour déterminer la teneur alcoolique des vinasses et la perte d'alcool éprouvée par l'einploi des appareils distillatoires défectueux.

- Vue

. . .'.

17 18 27

..........................

.....

28 bl 33 36

...........................

38

..........................

42

Pages

PRBFACE CHAPITRE PREIIER . - La canne à sucre et ses produits . . . . . . . . . . . . . . 8 I - Culture de la canne A sucre en Espagne . . . . . . . . . . . . . . " $ II - Culture de la canne B sucre en Algérie 5 III Cultiire de la canneà sucre et fabrication du rhum dans la République Argentine CEAPITRG DEUXIEXE - Distillation de la canne B sucre § Ier - Ensemble d'une distillerie de cannes 5 II - Devis approximatif d'une distillerie travaillant par jour 30,000 kilogr. de cannes 3 III - Diffusion de la canne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . CHAPITRE TROISIEME - Distillation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . 5 1" - Fermentation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . . . . . g II - Distillerie de mélasse annexbe à une sucrerie'. . . . . . . . . . . . tj III - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct . . . . . . 5 IV - Colonne distillatoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . § V - Appareils produisant de forts degrés § VI Devis approximatif d'une distillerie de melasse produisant 4, 000 litres de tafias A 600 en 12 heures de travail CHAPITRE QUATRIEME Contrôle des pertes d'alcool éprouvées dans les distilleries CHAPITRE CINQUIEME . - Statistique des distilleries de mélasse provenant de sucre de cannes TABLE DES GRAVURES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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.............. ............................ . ............. ................ ............................ .

1 5

10
12 16 16

20 22 83
23 26

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29 32
36

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.............. .

39 40

...........................

41 49

REVUE UNIVERSELLE DE LA DISTILLERIE
Journal hebdomadaire paraissa~it l c i r a r l z e liirci.
F O N D E EN

1873

J.-Paul ROUX
PROPRIETAIRE ET R ~ D ~ C T C UL Y CIlEP K

Le plus grand journal technique francais spCcial à la distillerie
Indispensuble à tous les distillateurs, rectifituteur~et fubrica~~ts.
BUREAUX

PARIS
53, rue Vivienne, 53

I

BRUXELLES 46,rue de l'Association, 46

FILANCEB E L G I Q U E ET

..

ABONNEMENTS

15 TR.\NCS 1 UXION POSTALE.

. . . . 18 I ~ ~ ~ A S C J

LA

FABRICATION DE L'ALCOOL

DISTILLATION DES GRAINS

PABRICATlOM DE L'ALCOOL
DISTILLATION DES GRAINS
PAR

J.-Paul ROUX
REDACTEUR
EN CHEF DU JOURNAL L A R E V U E U N I V E R S E L L E B E L A D I S T I L L E R I E MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITIO'I INTERNATIONALE DE 1881

MEMBRE DES CONGRÈS INTERNATIONAUX POUR L'ÉTUDÇ DE L'ALCOOLISMF, ETC., ETC.

PARTS
'@RIMERIE

ET LIBRAIRE CENTRALES DES CHEMINS DE FER
IMPRIMERIE CHAIX

S O C I ~ ~ ~ T B N Y M E AU CAPITAL DE ANO Riie Bergbre, 20

SIX nIILLIotis

4888

Le bon accueil fait à notre travail sur la Rectification des alcools et la Fabricatio~zdu Rhum nous a encouragé à presser la publication des autres parties de notre ouvrage sur la Fabrication de l'alcool. C'est ainsi que nous offrons aujoiird'hiii la Distillc~tion11cs grains, qui est la partie de l'ouvrage qui nous a paru avoir le plus d'opportunité par suite de l'extension prodigiecse prise par la fabrication des alcools de substances farineuses, et le rôle important reservé à cette industrie. Nous n'avons pas eu l'intention, nous devons le dire tout de suite de faire u n traité complet de la distillation des grains, un ouvrage didactiqiie sur cette belle industrie embrassant l'étude détaillée des matières premières, la description scientifique et critique de tous les procédés connus, l'exposition technique et raisonnée des nombreuses machines et appareils employés. Un tel ouvrage aurait certaiiîement une grande utilité, et nous le savons aussi bien que personile par les fréquentes et nombreuses demandes qui nous sont faites; mais le grave défaut de ces ouvrages compacts qui demandent beaucoup de temps et des recherches minutieuses c'est de vieillir aussi vite que des almanachs!

Aucune industrie, excep té peut-être, celle des applicatiocs de l'électricité n'a fait des progrès aussi rapides. Et ce proi grès s'affirme d'une manière officielle par l'augmentation des rendements, constalés anni~ellementdans les distilleries par les agents des contributions indirectes. En Amérique, par exemple, le rapport du commissaire des revenus intérieurs constate que le rendement par baisseau de maïs, augmente légèrement chaque année. En Belgique, en Auiriche les mêmes observations ont ét6 faites ; c'est dire quelle attention constante s'impose aux industriels qui ne veulent pas se'laisser devancer. La spécialité est la caractéristique du progrès. Au fur et à mesure de ses développements une industrie se: subdivise en branches spéciales dans lesqilelles l'étude des faits est de plus en plus serrée et approfondie. Au commencemeiit du siècle u n traité sur la fabrication de l'alcool comprenait tout au plus une centaine de pages, dont la -majeu-~e partie était occupée par la description des instruments servant à « peser » les eaux-de-vie! Aujourd'hui la fabrication est non seulement plus perfectionnée, mais l'alcool est extrait de diverses substances gui exigent chacune u n travail différent, enfin, comme si ce n'était pas assez d'avoir à lutter, d'avoir à conquérir la nature, les législations fiscales des différentes nations. ont encore compliqué le problème de la fabrication des alcools par les entraves qu'elles ont apportées au travail. De sorte que dans chaque État il faut suivre une méthode spéciale de fabrication conforme à la législation fiscale du pays. La France, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre, 1'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, la Russie ont des législations différentes qui exigent des procédés particuliers. Ce serait donc non seulement un travail gigantesque,

mais aussi éphéiuère que d'exposer avec tous ses ddtails, Ia fabrication dans chaque pays, car cette législation est sujette à des mouvements brusques dont la Belgique, l'Autriche et l'Allemagne nous ont donné des exemples. Ce n'est donc pas un traité complet que n0u.s avons voulu faire ; notre but est plus modeste, nous nous renfermerons dans les grandes lignes de la distillation des grains, en indiquant, les principes. sur iesquels est basée cette belle industrie, ses différentes branches et en donnant la description des principaux appareils employés. Notre but sera rempli si nous avons réussi à inspirer lc goût d'étudier plus profondément cette industrie qui est une des forces productives de l'agriculture. Les notions purement seientifi~~ues, détails exclusiveles ment techniques on les lroiivera ensuite dans des traités spéciaux plus volumineux.

J.-P.~JL ROUX.
P.-S. - Cette brochure était terminée, et prète a être remise à l'imprimeur, lorsque la mort est veilue siirprendre --M. Désiré Savalle, le' chef de la grande niaison de construction d'appareils de distillerie : D. Savalle fils et Cie,a Paris, qui nous a aidé de sa précieuse collaboration et de ses conseils pour la rédaction de cet ouvrage. On trouvera plus loin une notice biographique sur cette éminente personnalit6 de l'industrie francaise des alcools.

M. DÉSIRE SAVALLE

A 27 ans, hl. Désiré Savalie se trouvait, par la mort de

son père, fondateur de la maisou, à la lele des affaires qu'il n'a cessé de développer p& u n travail des plus assidus, tant par le côté scientifique que par le côté industriel. De l'étroite spécialité de la distillation des alcools, i l s'était fait un monde, et rien rie lui échappait, rien ne lui était indifférent de ce qui se rattachait à ses occupations favorites. La distillation de la betterave, de la mélasse, des vins, des grains, des caroubes, des jus de canne, du méthylène, a été tour à tour étudiée, dans toutes ses parties : saccharification, fermerktation, distillation des moûts, rectification des alcools, etc. La rectification des alcoois était - surtout la base des recherches de M . Désiré Savalle; il avait successivement étudié to.utes les faces du problkme, et en serrait de plus en plus la solution . E n 1873, il publia sûn livre : Progrès récents de la distillation qui fit connaître ses travaux; en 1876, l'édition étant épuisée, u n nouvel ouvrage parut sous le titre : Appareils et pro~éclés nouveau% de distillatior,, et, en 1881, u n autre volume, les L)istiller*ies,mettait à jour tous les progrès accomplis par la maison Sûvalle dans les diEérenles branches de l'industrie aes alcools. Ce que M. Désiré Savalle exposait dans ses livres i i le
II

justifiait par les faits; les nombreuses usines qu'il a construites en France et à l'étranger en font foi, ainsi que les récompenses et les distinctions obtenues aux exposi tions . E n 1867, à l'Exposition universelle de Paris, il obtient la médaille d'or; l'année suivante au Havrè, l e diplôme d'honneur; en 1873, à l'Exposition universelle de Vienne (Autriche), la médaille de progrès; et en 1878, à Paris, le grand prix. Nocs passons, bien entendu, les concours et expositions secondaires. En 1877, il faisait partie du jury d'acimission et d'installation de lYExposilion universelle. E n 1878, M. Savalle fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, juste récompense de travaux qui avaient contribué à agrandir le renom de l'industrie francaise. Pour donner h ses recherches sur la rectification plus d'ampleur et de sûreté, M. Savalle avait construit, près de Paris, u n magnifique établissement pour la restificalion des alcools, où sont ,appliqués tous les nouveaux procédks auxquels travaillait son esprit ingénieux et inventif. Au lieu d'un peiit laboratoire, chez lui, avenue du Bois-de-Boulogne, c'élait u n laboratoire siir une grande échelle qu'il avait construit à Puteaiix. M. Désiré Savalle est décédé le 10 octobre 1887 en son 116tel de l'avenue d u Bois-de-Boulogne à Paris. Cette mort a eu u n grand retentissement dans le monde de la distillerie, car le nom de M. Savalle est connu partout où on fabrique de l'alcool, c'est-à-dire dans le monde entier; la description de ses appareils est pour ainsi dire classique, et se trouve dans tous les ouvrages de distillerie de tous les pays et dans toutes les langues. C'est une perte considkrable pour l'industrie et la science.

M. Savallc est mort à 09 ans dans la plénitude de ses forces el de son activite infatigable. Son esprit ouvert à tous les progrès, comprenait vivement toute l'importaiice d'une nouvelle découverte ou d'un perfectionnement. Les funérailles eurent lieu le 13 octobre 4887, à l'église Saint-Honoré d'Eylau, place Victor-Hugo, trop petite pour la circonstance, au milieu d'un grand concours de monde, de notabilités de l'industrie, du commerce et de la scierice, Père d'une nombreuse famille, M. Savalic a laissé un fils digne de lui succéder.

CHAPITRE PREMIER
-

L'ALCOOL DE GRAlN

La fabrication de l'alcool par la distillation des grains est une des plus intéressantes industries qu'il soit possible d'exercer, celle qui offre le plus vaste chanip d'application, et aussi le plu? varié, à l'intelligence de l'homme, celle qui présente le plus de ressources dans ses moyens d'action. Cette industrie emprunte à la science la plus avancée b u s ses procédés, elle fait appel à la physiologie végétale et à la chimie organique pour la transformation des malières premières ; à la physique et à la mécanique pour l'établissement des appareils transformateurs ; enfin c'est l'agriculture qui fournit les d!verses matières premières et utilise les résidus. L'arriidon étant la véritable matière première de ce1te fabrication, tous les grains contenant plus ou moins d'amidon sont susceptibles d'être distillés, et suivant que des raisons commerciales en permettent l'emploi, on peut distiller tour à tour le blé, le maïs, le seigle, le riz, l'orge, le dari, l'avoine, etc., etc. La préférence à accorder à chaque grain est imposée par son rendement en alcool et son prix de revient ; il y a là une échelle de .proportion sur laquelle le distillateur doit toujours avoir I'ccil comme sur une boussole. L'instantanéité des communications permettant de connaître immédiatement les pris et les disponibilités en grains sur tous les marchés du monde; la rapidité et le bon marché des moyéns de transport permettant de réaliser dans le plus bref délai les combinaisons commerciales les plus
1

étendues, font que le diçtillateur peut toujours choisir à son gré le grain dont la distillation lui parait la plus avanlageuse. En certains pays, comme en Belgique, par exemple, les variations de la législation fiscale ont imposé tour à tour au distillateur le travail des grains les plus divers, et il n'y a peut-être pas de substances que les distillateurs belges ne se soient ingéniés à travailler et de ti-ansformation préliminaire qu'ils n'aient fait subir aux grains. Ils ont travaillé le seigle, l'orge, le bl;, le maïs, le dari ; puis ils ont applique la germination et travaillé le blé germé, le seigle .germe, le maïs germé, le malt, etc. ; puis ils ont bluté les farines. La distillerie belge dans ces dix dernières années a fait la preuve de l'infinie variété deressources que présente la distillation des grains. Dans d'autres pays, comme la Russie, l'Amérique du Nord, le grain, seigle et maïs, produit par le sol national s'impose à la distillation par son abondance et son bon marché. Il convient de dire ici un mot de la crise qui frappe l'agriculture, car d'après nous, elle se lie étroitement aux industries dont nous nous occupons. La solution de cette crise se trouve piirement et simplement dans le développement des industries agricoles et nulle part ailleurs; tous les autres moyens ne sont que des palliatifs. L'agriculture doit entrer franchement dans la voie industrielle, pour utiliser tructueusement tous ses produits. Ce sont les diverses industries agricoles, telles que la distillerie, la sucrerie,la brasserie, la minoterie, etc., qui, en donnant une plus haute valeur aux produits (le l'agriculture et en lui fournissant d'autre part des matières à bon marché, resultrit des transformations opérées par elles, ce sont ces industries agricoles qui mettront les agriculteurs . en mesure de lutter contre la concurrence des pays vierges. Une crise élant un défaut d'équilibre entre le prix de revient et le prix de vente, entre la production et la consommation, il. faut s'appliquer ii diminuer le prix de revient, ce qui augmentera la corisornmation par le bon marché.

Il faut ici appliquer un principe écoiiomique qui régit la production universelle. Pour abaisser le prix de revient, il faut faire de l'indiistrie. Tous les produits auxquels on applique des procédés précis, mathématiques, des procédés industriels sont fabriqués à meilleur marché ; et cette fabrication donne des bénéfices considérables. L'agriculture, qui n'est qu'une industrie spéciale, doit fatalement subir les lois qui gouvernent la production en gériéral, et elle doit comme les autres industries transformer ses procédés, sous peine de déchoir. Par ce qui va suivre on verra de quel secours puissant la distillation dei grains est pour l'agriculture, et quelle merveilleuse industrie est celle qui, dans une rotation de quelques mois, produit à la fois des eaux-de-vie et des alcools, des viandes succulentes, et de la levure excellente qui rend le pain meilleur. C'est l'alimentation de l'homme, assurée clans ce qu'elle a de plus complet. Chaque hectolitre d'alcool donne lieu à une production de 25 kilogrammes de viande. Nous croyons ne dire que l'exacte vérité en assurant que la construction d'une distillerie dans un pays est un nouveau gage de richesse et de bien-être. Les produits de la distillation des grains sont tou,jouur de l'alcool et des résidus ou vinasses, et quelquefois de la levure. De la judicieuse utilisation de ces divers produits dépend le succès d'une distillerie et, nous ajouterons, de toute la région agricole environnante. Ce n'est un secret pour personne que la riche agriculture des Flandres a eu pour premier instrument de fortune la distillerie agricole. La fertilisation des terrains stériles de l'Allemagne et du Nord et des régions Baltiques est due à la transformation puissante opérée par de nombreuses distilleries, qui nori seulement restituaient au sol les matières minéraIes enleçées par les grains, mais l'enrichissaient encore par d'autres éléments pour ne garder que les principes constituants de l'alcool qui sont, on le sait, des plus simples et n'épuisent pas la terre.

La distillation des grains, parzl'emploi si fructueux de la matière première et l'énorme influence qu'elle exerce sur l'élevage du bétail, est une industrie agricole de premier ordre. Dans lespays qui se distinguent par une agriculture avancée, on voit la distillerie des grains être une des bases de l'exploitation agricole. La manière d'utiliser les résidus, drêches ou vinasses a subi des transformations par suite de i'agrandissement des usines. -La distillerie a naturellement suivi l'évolution qui entraîne le travail moderne, l'industrie s'est centralisée et, au lieu (les modestes installations des premiers temps, annexes des fermes, les distilleries sont devenues de grandes usines travaillant des centaines de quintaux de grains par jour, soit par le malt, soit par les acides. A cette grande production de résidus il a fallu trouver un écoulement proportionne et spécial ; l'antique moyen de la consommation directe et sur place n'étant pas toujours praticable, on a des inventé des procédés qui permettent le desséch~ment drêches pour leur transport dans un grand rayoii de la distillerie. Les résidus de la distillation par les acides qui autrefois étaient un grand sujet d'embarras pour les distillateurs, sont aujourd'hui fructueusemcnt utilisés au moyen de procédés dont nous parlons plus loin. Chose singulière, la distillation des grains est si bien une industrie agricole dans toute l'acception du mot, reliée intimement à l'agriculture, que, suivant les pays de production, l'alcool est ou le produit principal oii le produit secondaire de la fabrication. Là est tout le secret de la puissance, comme production d'alcool à bon marché, des Etats-Unis, de la Russie et de l'Allemagne ; les premiers fabricants, ceux qui produisent les flegmes. distillent pour avoir journellement une nourriture substantielle toute préparée pour les bestiaux. Aux États-unis, au lieu de donner le maïs dircctement aux porcs, on le distille, et ces animaux sont engraissés avecles résidus, de sorte que le maïs se troixve à la fois produire du lard et de l'alcool.

Il convient de bien se pénétrer de la miiltiplicité et de la fertilité des moyens d'action d'une distillerie pour l'exercer avec les plus fructueux avantages, et se rendre compte dcs conditions de la concurrence intérieure et étrangère. Le choix des grains et l'ingéniosité dans I'iitilisation des résidus sont bien faits, au poinl de vue purcmer~tindustriel et technique, pour exciter l'étude intelligente du distillateur, mais un plus vaste horizon lui est encore ouvert par l'augmentation progressive du rendement en alcool qu'il peut obtenir. La distance qui sépare le rendement pratique du rendement théorique est encore très grande, niais elle dimillue tous les joiirs par les perfectionnements de la fabrication, inne connaissance plus parfaite des bonnes condi tioiis de la saccharification et cie la fermentation. L'augmentiltion dans le rendement est une sorte (le prime donnée aux recherches et aux travaux du dislillatei~r. C'est donc une considération qu'il nc faut pas perdre de vuc ; le disti1I8teur met en œuvre les matikres organiques les plus instables; les moindres changements eri plus ou en moins produisent des différences consiclérables dails le rendement cil alcool. L'amidon, avons-nous dit, est la vraie matière première de la distillation des grains, or toutes les propriétés tle cette précieuse substar~ces sont encore loin d'être coiinues. a Malgré l'intérêt qui s'atlac.he au rOle si important de l'amidon, dit M. Ed. Heckel, malgré le ilombre considérable des observateurs qui en ont fait le sujet de leurs études, l'hisloire (le la substance amylacée nous est encore bien imparfaitement coniiiie. Nombreux sont pour nous les points qui restent obscurs en ce qui concerne son origine, son développement et son utilisation. » Le marché de l'alcool clevient de plus en plus un marclié universel; tous les pays producteurs, toutes les places commerc:iales sont étroitement reliés les uns aux autres, la concurreiices'accélère de jour en jour, et les bénéfices se rcstreignent de plus en plus, phénomène écoliomique qui se produit toujours dans les industries bien exercées et en voie cle progrEs. Les profits se limitent quand l'imprévu est diminué par la précision du travail. La distillalion des grains est entrée à grands pas dans la voie

du progrès indushiel ; sortie d u domaine des procédés empiriques, elle applique aujourd'hui et, pour ainsi dire, au jour le jour toutes les découv~~ates la science; dans certains pays, elle a ses de laboratoires, ses chimistes, ses chaires et ses professeurs. Elle a Ses constructeurs spéciaux, les ingénieurs les plus savants et les plus habiles s'appliquent à approfondir de plus en plus le problème constamment posé dont les termes sont : diminuiion du prix de revient, augmentation du rendement et de la qualité, utilisation de tous les produits. Dans les chapitres qui suivent nous nous appliquons à donner les indicatioris nécessaires pour l'étude et la solution d'un problème aussi compliqué.

CHAPITRE

DEUXIEME

TRAVAIL DES GRAINS

Les grains destinés à la distillation sont traités par différcntcs méthodes, suivant Ic but quc l'on clésire atteindre, cl Ics espèces de grains que l'on a à travailler. Nous indiquerons successivement les différentes méthodes; ct, comme nous n'écrivons pas un ouvrage purement didactique, nous en tracerons seulement les grandes lignes.

fj

1. - Saccharification par le malt.

L'opération de la saccharifiealion des grains par le malt varie suivant la législation des pays, suivant le matériel de saccharification dont se servent les usines, et suivant que celles-ci opèrent sur des s grains réduits en farine au sur une partie de grains e n t i e ~ qu'elles réduisent par la cuisson. Dans le Nord, on emploie peu 1c procédé de la cuisson des grains, parce que l'on prétend que le 3/6 ainsi obtenu a tou,jours un léger goût de brûlé qu'il cst diEcile de lui enlever. Dans les distilleries produisant de la levure, le procédé de cuisson du maïs entier est écarté pour le même motif, la qualité de la levure s'en trouvant altérée. Voici comment l'on opère la saccharification cles maïs dans les usines qui font cette opération dans un seul macérateur. Une macération de 1,000 kilog. de grains composés de 700 liilog.

8

TRAVAIL DES G R h l S S

de maïs et de 300 kilog. d'orge malté y dure 3 heures 45 minutes, qui sa subdivisent de la manière suivante : 10 minutes pour introduire l'eau nécessaire à la cuisson du maïs, pour délayer la farine de maïs au moyen de l'agi10 tateur. pour introduire la vapeur dans le mélange de farine 45 hydratée et faire monter la température. On cuit ainsi le maïs de telle sorte qu'il ne contienne plus de parties dures, et qu'en l'étendant sur le thermomètre en cuivre, le tout soit en dextriiie, forme une masse lisse et n'ait plus la consistance d'un liquide dans lequel il y aurait des grains de sable. pour laisser reposer le tout pendant ce temps, 1.3 15 -pour faire fonctionner l'agitateur et introduire de l'eau dans la double enveloppe du macérateur pour refroidir la masse à 70 degrés. pour verser dans le macérateur la farine de malt 25 en contiiluant à agiter pendant ces "2 minutes. pour laisser reposer la macération pendant ce temps, 90 20 pour vider le contenu du macérateur et l'envoyer au réfrigérant des moûts. pour laver le macérateur. 05 -

---

2% minutes.

L'onération a ainsi duré 3 h , 4.3 m. La loi française permet d'employer ce temps à la macération ; en Belgique, où la durée d u travail pour toutes les opérations est limitée à 24 heures ou à 48 heures au choix du distillateur, on opère bien plus vite, et l'on pare à l'insuffisance de la saccharification par d'énormes quantités de levure employées à la fermentation. Dans les usines bien organisées, la cuisson du maïs se fait dans un macérateur, et, pendant ce temps, la farine d'orge malt6 est hydratée dans un machratcur spécial plus petit muni d'un broyeur pour réduire le malt le plus possible, et quand la farine de maïs

TIttvhrI, »Es O R A T I s

n

a subi sa cuisson et qu'elle.est refroidie à la température voulue, on y déverse le lait de malt pour opérer la saccharifitaation. L'opération se fait à peu prhs de la mème manière dans les usines qui ne font pas moudre le maïs et qui le cuiselit entier ou simplement concassé. Le maïs est introduit dans un cuiscur en tôle avcc l'eau nécessaire à la cuisson. - Celle-ci se fait sans pression, et lorsqu'elle est achevée, on envoie lc contenu du cuiseur dans le macérateur. On profite alors de la haute température du grain cuit pour opérer une grande vaporisation au mojeii d'un courant d'air qu'on y fait passer, soit au moyen d'il11 ventilateur ou au moyen d'un appareil Giffard. Quand la masse est arrivée dans le macératsiir à la température requise à la saccharification, oii y introduit le malt, et l'opération se continue comme celle precédemment décrite.

§ I I . Saccharification des grains sans malt ou sans

acides par le procédé Bachet.

Ce procédé intéressera vivement lcs praticiens qui se demanderont pourquoi l'on a passé tant d'années sans lc diicouvrir. M. Bachet, chimiste d'Annecy, est venu trouver M. Savalle au mois d'août 1877 en proposant une association pour i'exploitation de son procédé. Après de nombreuses et coûteuses expériences faites avec M. Savalle et aux frais de ce dernier, M. Bachet a rdsumé son procédé dans ses brevets; nous en donnqns ici la copie belge qui le résume :
SACCHARIFICATION DES MATIGRES ARIY LACEES OU FfiCULENTES PAR L'EAU, CHALEUR ET LE GLUTES, LA par FRANÇOIS-MARIE BACHET, chiniiste à Paris.

La saccharification des matières amylacées ou féculerites, %est-A-dire leur transformation en dexlrine, puis en gliicose, pratiqnée orclinairernenl dansle but d'en obtenir ultérieurenient de l'alcool par la fermentation, se fait maintenant par deux procédés connus.

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TR.iYAIL DES GRAISÇ

Le premier consiste dans l'action de certains acides minéraux, su~flirique, chlorhydrique, phosphorique, etc., dilués et avec l'aide de la chaletir. Le second, dans I'aclion de la diastase (ou du malt qui la contient), employée également en dilution et avec i'aide de la chaleur. J'en ai imaginé un troisième, pliis simple et plus économique. d'ai reconnu que les matières amylacées ou féculentes se transforment peu à peu et lentement en dextrine et en glucose, c'est-à-dire se saccharifient sous la seule influence de l'eau et d'une chaleur modérée. Que cette transformation est de beaucoup accélérée par la presence d'une certaine quantité de gluten. Elle devient alors assez rapide pour que dans une demi-heure à une heure elle soit achevée à ce point que le liquide obtenu, soumis à la fermentation, donne une qualité d'alcool chimiquement proportionnelle au poids de la matière amylacée employée. Le point de chaleur qui produit l'effet maximum est aux environs de soixante degrés centigrades. Il ne faut gilère laisser la température descendre au-dessous; mais il est essentiel surtout d'éviter de dApasser sen-siblement cette limite, sous peine de voir le gluten perdre progressivement et même totalement son action saccharifiante. Un brassage convenable du mélange favorise la ri-action. Lorsqu'on emploiera pour ce travail une farine de céréale naturellement riche en gluteii, comme par exemple celle du seigle, on se trouvera dans les meilleures conditions de réussite. Mais on peut, au contraire, avoir à opérer sur des matières que l'on a dû préalablement chauffer, soit pour les adoucir, soit dans tout autre but, et dans lesquelles on a par ce fait même détruit la vertu saccharifiante du gluten; ou bien sur des matières contenant peu de gluten, ou même n'en contenant pas du tout, comme dans la fiicule ou I'aiiiidon. Dans ces cas, il conviendra, pour obtenir un résultat suffisamment pronipt et avant de commencer le traitement de ces matières, d'y introduire une plus ou moins forte quantité de gluten ; ce que fera très Lien, par exemple, l'addition d'une proportion calculée de farine de seigle. Du reste, lorsque le but qu'on visera sera d'obtenir par la fermenlation de I'alcool ou des boissons alcooliques, il sera inutile de pousser la saccharification jusqu'à l'entière transformation de la matihre amylacée en glucose. Il suffira que cette matière soit convertie, portion en glucose et portion en dextrine. En effet, l'action saccharifiailte du gluten se continuera sur cette dextrine pendarit la durfie même de la fermenlation, et cela assez rapidement pour que, à la fin, on trouve dans la liqueur toute la quantité d'alcool correspondante au poids de la matière amylacée employée. En résumé, je constate comme un fait nouveau, découvert par moi,

que l'action de l'eau et d'une chaleur déterminée (soit environ soixante degrés centigrades) suffit pour transformer à la longue les matières amylacées ou féculentes en dcxtritie, puis en glucose; et que cette transformation acquiert toutes les conditions requises industriellement de rapidité et de totalité par l'adjonction nitlurelle ou factice aux susdites matières d'une quantité convenable de gluten. Je me réserve exclusivement l'emploi de ces moyens nouveaux de saccharification. Après cette exposition générale du procédé, j'ajouterai quelques détails pratiques et spéciaux pour la grande facilité de son emploi. Ces détails n'ont du reste aucun caractère de presrription absolue et peuvent varier suivant les circonstances, l'essentiel étant, pour obtenir les ineilleurs résultats, de s'écarter le moins possible des principes énoncés ddns l'exposition ci-dessus et, formant Id base du système.
Eau. - La proportion d'eau habituellement employée dans les saccl~arirications par le malt est également celle convenable dans mon procédé. C'est environ quatre fois le poids du grain, quand on ne travaille que du grain, ou plus génSralemcnt six ou sept rois le poids dc la niatière amylacée contenue dans les siibstanccs diverses que l'on peut avoir à traiter, en tenant compte natiirellement dc l'eau que ces substances peuvent déjà contenir par elles-mêmes.

Gluten. - Dans les céréales ccmme le seigle, l'orge, employées seules, la proportion de gluten relativernent à l'amidon est très forte, soit d'environ 20 0/0 ; aussi la saccharification de ces graines moulucs est-elle très rapide et ne demande-t-elle guère qu'une demi-heure. La farine de ces graines est trailbe crue, telle qu'elle sort du moulin. Les pomnies de terre, les amidons ou fécules qui oiit subi la dossiccation, la Sarine de maïs, etc., demandent au contraire à être préalablemeiit cuits àl'eau pour acquérir un degré convenable de ramollissûment et d'hydratation. Dans quelques-unes de ces substances le gluten n'existant pas, et dans Ies autres, celui qui s'y trouve ayant été porté à iin degré de chaleur qui a détruit ses propriktéi saccharifiantes, il y a lieu, quand on eut les traiter, de les additionner de la farine crue de seigle ou d'autres drhales dans une proportion telle que le poids de gluten amené par cette farine soit environ le dixième de celui de la matière amylacke ou fbculente contenue dans tout le mélange. Cette proportion d'environ 10 0/0 est suffisante pour amener une saccharification complète dans 30 à 60 minutes suivant les matiéres. Ainsi on peut faire les additions suivantes de farine de seigle crue, savoir : 100 de seigle sur 100 de maïs;

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TRA\-AIL DES G K A I S S

34 de seigle sur 100 de pommes de terre; 167 de seigle sur 100 d'amidon ou de fécule, etc.
Chaleur. - L'observance stricte du degré de température indiqué est le point le plus esseniid pour une bonne réussite du procédé. L'action saccharifiante du gluten augincnle à mesure que, de la température ordinaire, on é18ve le mélange vers soisante degrés centigrades, point aux environs duquel elle atteint son maximum d'ictensité. Mais il ne faut dépasser que de fort peu ce point pour voir cetle action diminuer progressi\ement; une chaleur plus forte finit même par enlever entièrement et definitivement au gluten sa vertu de transformation, sans qu'alors il puisse la reprendre par un abaissenlent de température. En conséquence, quand on tr'iitera des farines de céréales, il conviendra que l'eau avec laquelle on les mélangera ne soit pas à une température de plus de soixante degrés. Quand on traitera d'autres matières qu'il aura fallu laire préalablement cuire à l'eau, il conviendra d'attendre que le mélange soit redescendu au moins à soixante degrés avant d'y faire les additions de farine crue de seigle indiquées plus haut. Dans l'un et l'autre cas, on réchauffera ensuite doucement la inasse de façon à la maintenir aussi régulièrement que possible à soixante degrés pendant toute la durée de l'opércition. Ce chauffage peut Btre fait par une arrivée directe de vapeur dans le mélange, ou par serpentin, ou mieux encore par le moyeu d'un bain-marie entretenu lui-même à soixante degrés.

Brassaye. - Un large brassage continu et aussi parfait que possible accélère et complèle la saccharification. Un agitateur horizontal à branches remplit parfaitement ce but.

iipplication. - Le procédé s'applique à diverses fabrications, savoir celle de la dextrine, celle de la glucose, celle de l'alcool, celle dc la bière et autres boissons fermentées, etc. Pour cette dernibre fabrication, celle de la bière, il y a une remarque importante à faire. Il est expliqué dans l'exposition ci-haut que le mode dc saccharification décrit n'opère pas une transformation coinplète de la matière amylacée ou féculente en glucose, mais seulement portion en glucose e t portion en dexlrine. II est expliqué en outre que le gluten contenu dans le mélange continue son aciion saccllarifiante sur cette dextrine pendant l'acte mêrrie de la fermentation, et cela assez rapidement pour que, à la fin, on retrouve dans le liquide une proportion d'alcool chimiquement correspondante Ti la totalité de la matière amylacke ou féculente employée. Or, en fabriquant de la bière par ce procédé avec de l'orge crue, si on Sait, comme quand on travaille au malt, bouillir le moût sucré avec du houblon, avant de Ic mettre en fermentation, il

arrivera que le gluten sera modifié par la chaleur et ne pourra transformer pendant la fernicntation la partie d'amidon passée seulement à I'état de dextrine. La portion seule passée à I'état de glucose se changera en alcool et l'on aura ainsi de la bit;re trop faibli.. 11 faudra, pour cbvier à cet inconvénient, après la cuisson du moût avec lc hoiibloii, J aj outer une petite quantité de farine d'orge cruc pour remettre un peu de gluten frais dans le liquide. On pourrait encore, ce qui serait plus simple, atteindre le même but en ne raisant qn'interverlir l'ordre dcs opérations. Ainsi, on commencerait fàire cuire le houblon avec de l'eau pure, puis on se servirait de cette décoction refroidie jusqu'i soixante degrés pour opkrer la saccharification de l'orge. Le gluten, en procédanl ainsi, ne serait pas altéré et agirait converiablement sur la dextrine pendant la fermentation.

Ava~ztcrges.- II est facile de ~ o i r conibien ce procédé de saccliarification présente d'avantages sur les anciens. Ces avantages sont : i0 ficonoinie des acides et du carbonate de chaux ~iéccssairepour les saturer. Suppression de toutes les manipulations qu'entraîne cet emploi des acides. Ou bien économie de tout le malt, qui se trouve remplacé par du grain ordinaire, non germé, simplement moiilu et donnant en alcool un rendcmeiit supérieur. 2" Economie cle combustible, puisque l'on n'emploie qu'une température de soixante degrés, pour u n temps trBs court ; 3" Economie de temps et par conséquent d'appareils, l'opération de saccharificntion ne dema