Résumé du Mémoire : LA COMPOSANTE PSYCHOPATHOLOGIQUE CHEZ LES PATIENTS SOUFFRANT DU SIDA: QUELLE FIGURE CLINIQUE DOMINANTE ?

Directeur : Dr Naasson MUNYANDAMUTSA Psychiatre Psychothérapeute La maladie du SIDA provoque chez la personne qui la porte des modifications profondes à plusieurs égards : somatique, psychologique et relationnel. Plus le stade de la maladie avance plus la détérioration générale s’aggrave. Le poids de la souffrance psychologique complique et complexifie la prise en charge du patient souffrant du SIDA. Cette dimension de la souffrance est la conséquence du poids de la maladie elle-même, de l’éloignement des amis et de la famille, du regard du monde sur le patient et de toute une complexité relative à la péjoration de l’image de soi. Ainsi, à travers notre étude, nous avons été frappés par la souffrance psychologique qui pèse lourd sur le poids de la souffrance globale qu’endurent les patients soufrant du SIDA. En effet dans notre recherche nous avons constaté que les patients souffrants du sida, qui se trouvent dans le stade quatre suggèrent que la souffrance dépressive reste itérative. Il nous faut reconnaître qu’après les résultats trouvés, la souffrance dépressive ne devrait en aucun cas être considérée comme une réponse normale à l’infection au VIH/SIDA, mais comme une complication nécessitant une prise en charge spécifique et appropriée. La question de la prise en charge psychologique a significativement retenu notre attention au cours de divers entretiens que nous avons eus tant avec les professionnels que les patients eux-mêmes à l’aide d’un guide d’entretien que nous avons élaboré. Si les prestataires de soin sont bien à l’aise dans l’administration des gestes médicaux, il n’en est pas de même vis-à-vis des stratégies visant à mettre en place un setting psychothérapeutique adapté. La rencontre avec le patient souffrant du SIDA nous confronte au réel de la mort et cet état de chose déclenche toute une batterie défensive consécutive à la peur de la mort. De ce fait alors Il est important que le soignant s’appui sur un dispositif psychothérapeutique pour aider le patient à mieux faire face à sa situation d’isolent et de dégoût à la vie. La prise en charge holistique doit ainsi intégrer la prise en charge psychologique dans le dispositif global de soins apportés aux patients souffrant du SIDA. De la figure clinique dominante et de la dimension de prise en charge nous aboutissons à l’influence significative qu’a l’environnement socio-familial sur l’évolution clinique des patients souffrant du SIDA, comme notre troisième hypothèse. Cependant, nos patients ne livrent pas cette souffrance à n’importe qui voire leurs enfants car ils disent que le peu qu’ils ont, risque de partir et même le fait d’être père ou mère et tout ce qui va avec, risque de ne pas avoir de sens. De ceci on voit que les familles se trouvent alors dans un paradoxe affectif au sens ou un deuil ne peut se vivre dans la honte. Le processus normal du deuil est bloqué, la mort incorporée dans le moi du

survivant endeuillée, exprime sa honte d’avoir fait défaut au sujet. Enfin, la prise en charge du patient soufrant du SIDA, pour être efficace, doit intégrer la logique biopsychosociale. Aristide RUTAYISIRE KIBAKI

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