La filière livre dans le NordNord-Est parisien : Quelle spécificité, quelles actions ?

Compléments d’étude réalisée par Benoît Berthou Université Paris 13, LABSIC

en partenariat avec Fontaine O Livres

Avec le soutien de la DPVI - Mairie de Paris (Direction à la Politique de la Ville et à l’Intégration)

Avril 2013

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RÉSUMÉ

Cette étude fait apparaître le constat que le bassin d’emploi du Nord-Est Parisien s’est stabilisé.

Cette consolidation s’appuie sur de profondes mutations socio-culturelles du Nord-Est de Paris, illustrées par la résistance de l’implantation des librairies et une forte demande d’équipements culturels.

Cette filière reste cependant fragile : on constate la prédominance de TPE et le manque de gros employeurs de la filière sur le territoire. Ce caractère hétérogène va de pair avec un dynamisme dû à la jeunesse d’une majorité de ses acteurs économiques.

Depuis 2010, l’association Fontaine O Livres s’est recentrée sur l’accompagnement des acteurs économiques de ce territoire. Des préconisations concrètes pour renforcer son développement sont proposées.

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SOMMAIRE

Avant-propos..........................................................................................4 1. Un bassin d’emploi consolidé.............................................................5 1.1 Structuration du paysage sur la période récente.........................5 2.2 Aspects à creuser : échelle régionale, précarité de la filière ........8 2. Une forte demande culturelle............................................................9 2.1 Implantation des libraires : le Nord-Est résiste ..........................9 2.2. Une forte demande en terme d’équipement culturel ................11 3. Une filière livre dynamique mais fragile ........................................13 3.1 Une majorité de TPE ..................................................................14 3.2 Une filière livre hétérogène ........................................................17 4. Fontaine O Livres : un développement à renforcer ........................20 4.1. Evolutions de Fontaine O Livres depuis 2010 ..........................20 4.2. Fontaine O Livres : quels moyens pour quelles missions ?.......24
Annexe 1 : Recensement des structures en recherche de local pour 2013. .................................. 28 Annexe 2 : Bilan pépinière d’entreprises Fontaine O Livres 2007-2012...................................... 29

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Avant-propos

Comment renforcer la filière livre dans le Nord-Est parisien ? Telle fut la question qui nous fut posée en 2009 à l’initiative de la Direction à la Politique de la Ville et à l’Intégration de la Mairie de Paris. Possédant un intérêt tout à la fois économique et culturel, cette interrogation avait vocation à esquisser une structure susceptible de dynamiser les quartiers parisiens faisant l’objet d’actions et de moyens renforcés au titre de la politique de la ville. Elle aboutit ainsi à une étude intitulée : « Étude de faisabilité et de préfiguration d’un Système Productif Local sur le Nord-Est parisien » qui fut rendue publique en septembre 2010 : s’appuyant sur les spécificités d’un territoire, ce document dressait une feuille de route pour l’association Fontaine O Livres qui fut chargée d’œuvrer pour le développement d’un ensemble de métiers (en particulier l’édition et la librairie).

Le présent document constitue l’actualisation de cette première étude : fruit d’un partenariat fructueux entre Fontaine O Livres et le LABoratoire des Sciences de l’Information et de la Communication de l’université Paris 13, il a vocation à fournir aux différents services de la Ville de Paris, du département et de la région Île-de-France les moyens d’évaluer la pertinence de leur action. Il se propose pour ce faire d’actualiser des données datant maintenant de plus de trois ans grâce aux données récoltées via la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, ce afin de tenter de cerner plus finement ce qui constitue encore aujourd’hui la partie de la capitale la plus densément peuplée. Et il entend ensuite revenir sur les préconisations faites en 2010 afin de les préciser au regard d’un nouveau contexte économique et social.

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1. Un bassin d’emploi consolidé

L’actualisation de cette première étude nous permet de revenir sur certaines des hypothèses que nous avions formulées à l’époque et de dresser un constant rassurant : nous sommes loin de la situation catastrophique que nous avions alors redoutée. Nous basant sur les chiffres fournis par l’Observatoire de l’emploi en Île-de-France, nous avions en effet évalué à 595 les pertes d’emploi dans la filière livre du Nord-Est parisien entre 2008 et 2013 : seulement 1000 emplois auraient subsisté en 2013. Ces données se situaient dans la lignée de la conjoncture observée entre 2003 et 2008 durant laquelle cette même maind’œuvre avait décru de 26,34 % dans le territoire qui nous intéresse (contre une variation de -3,96 % en moyenne dans les 5e, 6e, 15e et 17e arrondissements que nous avons adoptés comme éléments de comparaison).

1.1 Structuration du paysage sur la période récente

Comme le montrent les données ci-dessous (cf. figure 1), on ne trouve en effet pas trace d’un effondrement de la main-d’œuvre salariée au sein de la filière livre (ici considérée à travers les deux métiers en constituant le « cœur », édition et librairie) dans le territoire qui nous intéresse (six arrondissements de Paris ainsi que le département de la Seine Saint-Denis) : à l’évolution fortement négative (une baisse de 29 % entre 2000 et 2008) qui justifiait nos craintes succède en effet une véritable stabilité et nous semblons ainsi être face à un bassin d’emploi consolidé. En atteste la comparaison avec les quatre arrondissements de Paris dans lesquels la filière livre est la mieux représentée : la baisse en terme de main-d’œuvre y est plus prononcée et cette tendance ne semble nullement évoluer (la baisse de 9 % de ces deux dernières années succédant à une baisse de 28,4 % pour les huit années précédentes).

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Figure 1 Emploi salarié de la filière livre (édition et librairie) : évolution

Données Données Données Variation 2000 9e, 10e, 11e, 18e, 19e, 20e et 93 2139 1519 1523 -28,99% 2008 2010

Variation

2000-2010 2008-2010

0,26%

5e, 6e, 15e et 17e

7 580

5 424

4 940

-28,44%

-8,92%

Mesure : équivalent temps plein Source : Observatoire de l’emploi en Île-de-France.

Nous sommes ainsi aux antipodes de la situation de décrochage que nous évoquions dans notre première étude : si l’évolution négative de la main-d’œuvre salariée était plus accentuée dans le Nord-Est parisien que dans des arrondissements mieux dotés entre 2000 et 2008, la situation semble avoir depuis largement évolué. On peut même dire qu’elle s’est inversée : les 5e, 6e, 15e et 17e arrondissements de Paris sont en situation de décrochage par rapport à un NordEst parisien qui maintient ses emplois (+0,26 % sur les deux dernières années). Se fait ainsi jour une cartographie qui va contre nombre d’idées reçues circulant dans la profession : la relative désertification du centre historique du monde du livre parisien est en effet à mettre en perspective face à l’émergence de nouveaux territoires.

Nous pouvons en effet constater un fait évident : cette stabilité concerne actuellement l’ensemble du Nord-Est parisien, du moins si l’on s’en tient à Paris intra-muros, et un contraste saisissant se fait jour lorsque l’on inscrit ces données dans le temps. Leur variation sur dix ans fait en effet apparaître une situation

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fort hétérogène puisque certains arrondissements présentent une hausse de plus d’un tiers de la main-d’œuvre salariée (tel le 20e) alors que d’autres enregistrent une très forte baisse (-72 % pour le 19e, chiffres à relativiser avec le départ en 2000 du groupe Elsevier Masson et ses 354 salariés pour Issy-les-Moulineaux). Par contre, leur variation sur deux ans livre de tout autres enseignements puisque la stabilité, voire la hausse, de la main-d’œuvre salariée est uniformément partagée : les situations de décrochage sont plus rares et il semble que nous soyons donc face à un paysage structuré.

Figure 2 Emploi salarié (édition et librairie) : Évolution par arrondissements et départements

Données 2010 20e 9e 10e 18e 19e 11e 93 105 275 227 213 163 344 196

Variation 2000-2010

Variation 2008-2010

3,80% -35,24% -29,60% -2,00% -73,83% 4,82% 3,27%

28,05% 21,68% 16,41% 8,67% 4,49% -1,15% -37,97%

Mesure : équivalent temps plein Source : Observatoire de l’emploi en Île-de-France.

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2.2 Aspects à creuser : échelle échelle régionale, précarité de la filière

Au-delà de ce constat de relative uniformité, nous pouvons tout au plus distinguer des arrondissements dans lesquels la main-d’œuvre salariée est en forte hausse (dans le cas des 9e, 10e et 20e dans lesquels 104 emplois équivalents temps plein furent créés entre 2008 et 2010), d’autres qui sont caractérisés par une réelle stabilité (le 11e et le 19e dans lesquels seulement 3 emplois furent créés) et d’autres enfin occupant une position intermédiaire (le 18e avec 17 emplois créés). Ces 124 emplois créés contrastent en tout cas fortement avec une autre partie du territoire considéré : une Seine Saint-Denis dans laquelle presque autant d’emplois furent perdus (120). Ce dynamisme du monde du livre francilien semble en effet s’arrêter au périphérique, même dans le cas de communes limitrophes (35 emplois furent perdus à Montreuil et 24 à Saint-Denis sur la période considérée) : le devenir de ces métiers gagnerait ainsi certainement à être envisagé à l’échelle régionale.

Il est enfin à noter que le réel bassin d’emploi est indéniablement supérieur à ces chiffres. Les données se fondant sur les bordereaux de déclaration annuels fournis par les différents employeurs aux services de Pôle Emploi, cellesci ne prennent pas en compte une précarité immanente au monde du livre dans lequel le contrat de travail advient souvent au terme d’un parcours professionnel déjà riche : n’est ainsi pas prise en compte une activité prenant place sous de multiples statuts (auto-entrepreneurs, contrats d’auteurs…). En tenant compte de ces considérations (malheureusement fort difficiles à quantifier exactement1), force est de constater que nous sommes face à un bassin d’emploi consolidé : nettement moins important en nombre d’emplois que celui des quatre autres arrondissements parisien que nous adoptons comme point de comparaison, il relève par contre d’un réel dynamisme tant en terme de création que de maintien

1

Voir Marie Gouyon et Frédérique Patureau, Le salariat dans le secteur culturel en 2009 : flexibilité et pluriactivité.

Département des Études, de la Prospective et des statistiques, collection « Culture chiffres », 2012-2.

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de l’emploi, qui s’explique bien plus par des raisons structurelles que conjoncturelles.

2. Une forte demande culturelle
Nul doute en effet que cette évolution s’appuie sur de profondes mutations socio-culturelles. On peut notamment penser qu’elle reflète parfaitement un rapport à la ville que de nombreux sociologues ont coutume de désigner par le vocable de « gentrification ». Comme le montre Sophie Corbillé2 à propos des quartiers du Nord-Est de Paris, des quartiers anciennement qualifiés de « populaires » sont désormais prisés des catégories socio-professionnelles moyennes et supérieures.

2.1 Implantation des libraires : le NordNord-Est résiste

Le cas de la librairie s’inscrit sans doute dans cette évolution et démontre, si besoin est, que la culture n’est plus l’apanage du centre de la capitale. Comme le montrent les données fournies par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris à partir de la base BDCOM, le Nord-Est de Paris constitue en effet l’espace dans lequel ces commerces du livre souffrent actuellement le moins (fig.3, p. 9).

Si l’avenir du métier fait à l’heure actuelle l’objet de nombreuses interrogations (et si au problème structurel de l’évolution de ces commerces vient s’ajouter une conjoncture des plus moroses), on constate que le territoire qui nous intéresse fait plus que résister. Alors que les quatre arrondissements que nous avons pris comme point de comparaison ont, entre 2002 et 2011, perdu 46 établissements (-11,53%), les six arrondissements qui nous intéressent n’ont enregistré que huit fermetures (-3,8%). Et ils constituent même les seules zones de
2

Sophie Corbillé « Tourisme, diversité enchantée et rapports symboliques dans les quartiers gentrifiés du nord-est de

Paris », Genèses 3/2009 (n° 76), p. 30-51. URL <www.cairn.info/revue-geneses-2009-3-page-30.htm> (page consultée le 17 décembre 2012).

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Figure 3 Librairie : évolution du nombre d’établissements

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notre échantillon dans lesquelles le solde création/disparition est positif puisque les 19e et 20e affichent une croissance des plus intéressante.

Le contraste est toutefois ici aussi évident avec une Seine Saint-Denis dans laquelle la situation semble tout bonnement dramatique. On y enregistre en effet dans le même temps 11 disparitions (sur 40 établissements, soit -27,5%) et nous semblons également être face à une problématique bien différente que celle que l’on observe dans Paris. Seule la « petite couronne » semble faire exception puisqu’elle présente un solde positif, mais dans le reste du département pointe ainsi un réel risque de désertification culturelle. Il ne subsiste en effet qu’un unique point de vente de livres dans nombre de communes (Epinay, Les Lilas, Le Raincy, Rosny-sous-Bois, Villepinte), alors que d’autres ne disposent plus d’aucun commerce de ce type (Bagnolet, Bobigny, Drancy, Pierrefite, Sevran,

Tremblay…). Nous sommes dans tous les cas face à une situation sur laquelle il y aurait tout lieu de se pencher plus avant.

2.2. 2.2. Une forte demande en terme d’équipement culturel

Si l’on se cantonne au périmètre de Paris intra-muros, cette relative résistance des commerces du livre nous semble pouvoir s’expliquer par une forte demande culturelle, comme en attestent les données concernant les bibliothèques livrées par la municipalité sur le portail ParisData. Si nous ne considérons que les établissements implantés sur le territoire qui nous intéresse (cf. figure 4), cellesci nous fournissent en effet des indications éloquentes puisque l’on constate une augmentation des prêts de documents (c’est-à-dire non seulement des livres, mais également des CD ou DVD) de près de 50 %. Entre 2007 et 2011, ceux-ci ont largement progressé pour atteindre 2,7 millions : force est de constater que l’intensité des pratiques culturelles progresse de concert avec la création de nouveaux équipements. Inaugurée en juin 2010 dans le 20e arrondissement, la médiathèque Marguerite Duras enregistre ainsi en 2011 plus de 939 000 prêts.

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Figure 4 : Librairies et bibliothèques du Nord-Est parisien : évolution de la main-d’œuvre salariée et des prêts

Librairie :

Bibliothèque :

Arrondissements évolution de la main-d’œuvre évolution des prêts salariée entre 2008 et 2010 9e 10e 11e 18e 19e 20e Total +21,6 % +16,4% -1,15% +8,7% +4,5% +28% +13 % entre 2007 et 2011 +24,38 % +14,15% -9,28% +21,23% +58,66% -5,77% +25,88 %

Sources : Observatoire de l’emploi en Île-de-France et Bureau des Bibliothèques de la Ville de Paris

Si la Mairie de Paris semble n’avoir de cesse de parfaire une bonne desserte en terme d’équipements culturels (à travers, par exemple, la préfiguration de la médiathèque Saint-Lazare et de la bibliothèque Vaclav Havel dans les 10e et 18e), la librairie participe donc de ce même effort puisqu’elle apporte également une réponse à cette demande. En atteste une cartographie des librairies dans les quartiers du Nord-Est de Paris (cf. figure 5) montrant que l’ensemble du territoire est effectivement desservi, à des degrés variables toutefois. Si certains quartiers semblent très bien lotis et renferment plus d’une dizaine des librairies (avec une forte concentration dans le quartier de la FolieMéricourt s’étendant de la Place de la République au Boulevard de Belleville), d’autres semblent bien équipés puisqu’ils comportent entre six et dix librairies alors que neuf sont en situation de sous-équipement (Chaussée d’Antin, Porte Saint-Denis, Porte Saint-Martin, Hôpital Saint-Louis, Goutte d’or, Auteuil,

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Necker, Saint-Fargeau, Charonne) vis-à-vis de la dense population qu’ils renferment. Il y a donc tout lieu de prêter attention à ces zones en situation d’autant plus délicate que l’appellation de « librairie » retenue par la CCIP englobe des situations très différentes.

Figure 5 Implantation des librairies dans le Nord-Est parisien

3. Une filière livre dynamique mais fragile
Il y a tout lieu de se réjouir de cette situation, mais nous ne pouvons pour autant nous en tenir à ces analyses. Celles-ci mettent en effet en évidence un fait justifiant l’intervention de la ville de Paris, de la DPVI et le travail de Fontaine O Livres et que nous pourrions résumer ainsi : nous sommes face à un tissu économique dynamique, mais encore fragile, comme en atteste une approche plus fine de l’ensemble des acteurs que nous venons d’évoquer. En effet, si nous

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regroupons encore une fois deux des métiers du livre (tout en gardant à l’esprit le fait qu’ils ne mobilisent pas les mêmes moyens humains et financiers), un constat s’impose : nous sommes dans l’immense majorité des cas face à de petites et très petites entreprises, et ce même à l’échelle du livre comme en attestent les données synthétiques que nous livrons ci-dessous.

3.1 Une majorité de TPE

Un peu moins de 80 % des entreprises implantées sur le territoire sont en effet dans une situation problématique : elles comptent seulement 1 à 2 salariés ou ne présentent quasiment aucun « effectif », l’éditeur ou le libraire opérant alors sous le statut de gérant non-salarié, ou en entreprise individuelle.

Figure 6 Établissements : répartition par effectifs et par métiers dans Paris (2011)

Établissements : Aucun effectifs Librairie 43,35 % Paris NE Librairie 5e, 6e, 15e, 17e Édition Paris NE Édition 5e, 6e, 15e, 17e 57,74 % 12,20 % 7,83% 4,01% 3,28% 6,38% 7,83% 38,78 % 30,27 % 8,16 % 5,78 % 5,44 % 3,40 % 8,16 % 68,97 % 12,89 % 5,26% 2,00% 1,27% 2,18% 7,44% 27,9 % 12 % 3,43 % 2,15 % 0,86 % 10,3 % 1-2 3-5 6-9 10-19 20+ Inconnu

Source : Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (base INSEE SIRENE)

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Cette proportion est en tout cas plus importante dans le Nord-Est parisien que dans les autres arrondissements pris pour point de comparaison, où 70 % des acteurs se rangent dans ces deux catégories citées ci-dessus. Sur ce point, les données récoltées s’inscrivent dans la droite ligne de nos observations de 2010 : notre territoire constitue clairement un lieu d’hospitalité pour les « petits » du secteur. Ce constat n’est pas sans intérêt : comme démontré dans notre précédente étude, nous sommes face à des acteurs en situation marginale, voire carrément d’exclusion, vis-à-vis du monde du livre. Elles ne disposent pas forcément des moyens de s’informer ni de mettre en perspective leur activité et on peut penser qu’elles connaissent également des conditions de travail fort difficiles.

La chose est d’autant plus vraie que l’évolution de ces divers acteurs semble inquiétante : on assiste ainsi à une forte hausse de la catégorie « Aucun effectif » (+15 % dans le Nord-Est de Paris) qui regroupe certainement les acteurs aux statuts les plus précaires, ou plus exactement les entreprises dont on peut penser qu’elles considèrent le salaire et statut du gérant comme variable d’ajustement. Plutôt que de rogner sur d’autres postes budgétaires, celui-ci choisit par exemple de « s’auto-licencier » afin de garantir la pérennité de son activité ; et ce procédé est bien souvent la dernière solution qui s’offre à des entreprises luttant pour leur survie.

Disposant de moyens plus importants en termes humains ou financiers, mieux intégrées à un environnement socio-économique, des entreprises de taille plus importante sont ainsi susceptibles d’apporter un concours précieux à tout projet collectif. Mais le Nord-Est de Paris ne constitue pas clairement une terre d’accueil pour des acteurs de ce type, comme le montrent de toute évidence ces mêmes données. La comparaison entre les six arrondissements qui nous intéressent et les quatre autres arrondissements déjà cités est éclairante : les plus gros employeurs (des entreprises regroupant de 6 à 9 salariés et jusqu’à plus de 20) sont clairement sous-représentés au sein du territoire qui nous intéresse,

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et ce dans des proportions très significatives (quatre fois moins d’entreprises regroupent 20 salariés et plus dans le Nord-Est de Paris).

Si les « gros » employeurs font défaut dans le Nord-Est de Paris, tel n’est par contre pas le cas d’autres catégories d’entreprises : celles que l’on pourrait dire « moyennes » à l’échelle du livre sont en effet sur-représentées par rapport à notre point de comparaison. Les tranches intermédiaires y présentent toujours des valeurs supérieures, et ce dans d’impressionnantes proportions : près de 40 % pour les éditeurs employant de six à neuf salariés et jusqu’au double pour les libraires regroupant de « 10-19 effectifs ». Ces valeurs sont par contre tout juste supérieures dans la tranche « 3 à 5 ».

Ces chiffres nous fournissent une indication claire : nous sommes face à une filière livre qui partage une spécificité du territoire sur lequel elle s’implante. En effet les chiffres que nous venons de présenter esquissent une structuration économique qui semble caractéristique du Nord-Est de Paris, ou du moins du 11e arrondissement de la capitale, comme en atteste un travail réalisé par la Direction du Développement Économique, de l’Emploi et de l’Enseignement Supérieur de la Mairie de Paris. Intitulé « Structure démographique et socioéconomique du 11e arrondissement » (Fig 7), celui-ci présente notamment les capitaux des entreprises implantées dans l’arrondissement et met clairement un fait en évidence : les tranches inférieures sont sur-représentées, ce qui constitue une singularité par rapport au reste de la capitale.

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Figure 7 : Répartition par capital des entreprises dans le 11e arrondissement

Source : Mairie de Paris - Direction du Développement Économique, de l’Emploi et de l’Enseignement Supérieur, Structure démographique et socio-économique du 11 arrondissement, 2010.
e

3.2 Une filière livre hétérogène

Nous sommes face à une filière livre plus variée qu’il n’y paraît et il est ici nécessaire d’affiner les positions que nous avions adoptées dans notre étude de 2010. Ayant pour mission d’évaluer l’action de Fontaine O Livres, celle-ci se focalisait sur le cas des petits éditeurs et libraires, et plus largement des acteurs les moins bien pourvus du territoire, mais force est de constater que cet ensemble d’acteurs économiques est caractérisé par une certaine hétérogénéité. En atteste une autre série de données fournies par la CCIP et proposant une analyse par chiffres d’affaires de l’activité d’édition (fig 8).

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Figure 8 Représentation du CA de la filière livre dans 10 arrondissements de Paris et le département de Seine Saint-Denis

Source : Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (base INSEE SIRENE)

Nous sommes ainsi à même d’opérer une répartition des établissements en fonction de leur activité économique, et nous retrouvons ici ce même constat : les tranches inférieures sont sur-représentées par rapport à nos arrondissements de référence, parfois de façon significative comme dans le cas de la tranche « 50 000100 000 € ».

Ces données mettent surtout un fait en évidence : les acteurs de notre territoire ne s’inscrivent pas dans une seule de ces tranches de chiffre d’affaires, mais se répartissent au sein de l’ensemble du spectre. Nous sommes ainsi face à une évidente hétérogénéité et l’on retrouve côte à côte différents types de structures : une multitude d’entreprises individuelles à la production que l’on

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imagine modeste et des éditeurs bien structurés présentant une production régulière partagent le même territoire. La répartition de ces mêmes

établissements par évolution de leur chiffre d’affaires est en effet éclairante : l’analyse du spectre et la comparaison montrent une évolution à peu près comparable au sein de nos deux groupes d’arrondissements, sauf en ce qui concerne 2 tranches.

Figure 9 Évolution du CA de la filière livre (2003-2011)

- 50 % et +

- 30 à 50 %

-10 à 30 %

+ 10 à 30 %

+ 30 à + 50% 50 % et +

Établissements NE Paris

13,04 % 10,87 % 19,57 % 13,04 % 2,17 % 41,30 %

Établissements 12,22 % 15,56 % 5e, 6e, 15e et 17e 22,2 % 13,33 % 12,22 % 22,2 %

Source : Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (base INSEE SIRENE)

Les entreprises présentant une forte baisse de chiffre d’affaires (de « -30 à -50 % ») sont moins représentées dans le Nord-Est parisien qu’ailleurs (globalement, les entreprises y résistent d’ailleurs mieux à la conjoncture économique). Mais un autre fait est évident : les entreprises présentant une forte hausse de ce même chiffre d’affaires sont beaucoup mieux représentées dans le Nord-Est de Paris qu’ailleurs, et ce dans des proportions spectaculaires. Une partie significative des entreprises y sont donc en forte croissance, ce qui semble assez logique au regard des analyses que nous avions mené en 2010 (nous avions alors identifié une concentration d’acteurs plus jeunes, en plein développement).

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4. Fontaine O Livres : un développement à renforcer
Fort des analyses précédentes, nous nous proposons donc de repenser la feuille de route que nous avions proposée à l’association Fontaine O Livres à l’issue de notre première étude.

4.1. Evolutions de Fontaine O Livres depuis 2010 Dans le cadre de ce premier travail, nous préconisions plusieurs réformes structurelles et force est de constater que nombre d’entre elles ont d’ores-et-déjà été menées à bien. Les missions de l’association ont ainsi été grandement clarifiées et ses efforts se sont recentrés sur la constitution et l’animation d’un véritable réseau de professionnels qui est aujourd’hui vivant et reconnu, permettant aux différents acteurs du territoire d’échanger sur leurs pratiques professionnelles et de renforcer leur expertise quant au secteur économique dans lequel ils opèrent.

De même, la réforme du mode de gouvernance de l’association Fontaine O Livre nous semble donner toute satisfaction : dotée d’un Conseil d’administration renouvelé avec la présence des professionnels, entretenant des contacts pérennes avec les différentes tutelles soutenant son action et développant la part d’autofinancement de ses différents programmes, celle-ci nous semble avoir d’efficaces moyens d’information et d’aide à la prise de décision. Nous n’avons d’autre part eu aucun mal à obtenir de façon rapide des données exhaustives qui nous semblent fiables : il y a donc tout lieu de penser que celles-ci répond aux nécessaires réquisits de tout pouvoir public en matière de contrôle et d’évaluation des financements qui lui sont attribuées.

L’association a mis en place récemment plusieurs actions afin d’augmenter ses ressources propres et de garantir son équilibre financier :

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-

La rationalisation de l’activité de pépinière d’entreprises : prix au m² harmonisé et accroissement de la surface utilisée en bureaux.

-

La création d’une activité de formation.

Ses résultats en 2012 sont les suivants : Augmentation des ressources propres : + 19 k€. Part d’autofinancement passée de 21% en 2011 à 32% en 2012.

Nous utiliserons ci-dessous les données de l’enquête annuelle de Fontaine O Livres (fin 2012) auprès de ses adhérents pour illustrer nos propos concernant les activités de l’association. La croissance du nombre d’adhérents nous semble être un témoin important de cette évolution. Ainsi en 2012, avec 65 adhérents, le réseau d’entreprises est en croissance de 30% soit 15 adhérents supplémentaires, comme l’année précédente. Son objectif pour 2013 est d’atteindre 80 adhérents et une centaine fin 2014.

Figure 9 : Évolution du nb d’adhérents au réseau Fontaine O Livres

Nb d'adhérents réseau Fontaine O Livres
110 100 90 80 70 60 50 40 30 2010 2011 2012 2013 2014

Source : Enquête annuelle Fontaine O Livres, fin 2012.

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Voici les données économiques du poids de ce réseau d’acteurs :

Chiffre d’Affaires Chiffre d’Affaires cumulé des entreprises du réseau : 7,4 M€. Chiffre d’Affaires Moyen : 158 k€.

Emploi 120 emplois directs Soit une moyenne de 1,85 emploi direct / structure. 200 emplois indirects dans la filière.

Ces données confirment les caractéristiques évoquées plus haut, un tissu de TPE du secteur associé à des activités indépendantes. Ces données sont à mettre en regard de la production éditoriale des 37 éditeurs adhérents, qui en chiffres cumulés, ont publié 250 nouveaux titres en 2012, soit plus de 400 000 exemplaires imprimés.

En ce qui concerne l’activité d’hébergement en pépinière, les chiffres cidessous illustrent son développement :

-

Nombre total d’emplois créés ou consolidés depuis 2008 : 28 Nombre total d’emplois en 2012 dans la pépinière : 12 Nombre d’emplois créés en 2012 : 2

La diversification des activités de Fontaine O Livres, et l’amplification de l’activité de mutualisation sont également des points importants de cette évolution. À cet égard on peut citer deux projets collaboratifs initiés en réponse aux besoins des acteurs :

a. Le service de sur-diffusion des éditeurs en bibliothèques : partant du constat de la méconnaissance des petits éditeurs des circuits d’achat en

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bibliothèques, et du besoin de veille spécialisée des bibliothécaires, ce service – devenu payant après l’embauche d’une salariée en contrat d’apprentissage

(plus de 20 adhérents) – fait le lien entre ces deux acteurs. Il semble répondre au besoin de lien interprofessionnel que nous avions mis en évidence dans notre étude de 2010.

b. L’agenda participatif des manifestation littéraires : partant du constat que la présence des éditeurs sur les salons est souvent un complément de chiffre d’affaires important à l’équilibre de leur activité, Fontaine O Livres a créé une application Web gratuite qui permet aux éditeurs d’anticiper leur participation aux événements littéraires. Aujourd’hui utilisée en version bêta au sein de son réseau de professionnels, ce projet a bénéficié d’une subvention du Centre National du Livre pour se développer au niveau national.

Force est donc de constater que Fontaine O Livres a rempli la « feuille de route » que nous avions dressé, sur la demande de la DPVI, en conclusion de notre étude de 2010 : renonçant à certaines actions (comme l’organisation d’un salon : le forum des métiers du livre), l’association s’est recentrée sur l’accompagnement des acteurs économiques du territoire et a mis en place des dispositifs permettant de créer du lien entre plusieurs métiers du livre (notamment édition et bibliothèque). Deux objectifs n’ont par contre pas été remplis :

- développer des liens forts avec des libraires qui, subissant de plein fouet l’actuelle crise économique, auraient pourtant bien besoin d’être mieux intégrés au tissu économique dans lequel ils opèrent.

- se projeter au-delà du périphérique parisien afin de recruter des entreprises installées dans des départements comme la Seine Saint-Denis. Il est à noter que de nombreuses tentatives d’approches se sont soldées par un échec qui mériterait clairement d’être analysé au niveau régional. Deux dynamiques inverses semblent être ici à l’œuvre : la volonté de construire des réseaux (comme

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dans les bibliothèques de Plaine Commune) ou des pôles (comme le « territoire de la culture et de la création ») peut-elle rencontrer la volonté affichée de la mairie de Paris de dépasser ses frontières géographiques et administratives ?

4.2. Fontaine O Livres : quels moyens pour quelles missions ? Au-delà de ce bilan intéressant, le cas de Fontaine O Livres pose un problème évident : le décalage existant entre ses missions et ses moyens. L’examen de son projet soumis à la ville de Paris pour l’année 2013 illustre parfaitement cet état de fait. Y sont en effet mentionnées un grand nombre de missions :

- Implantation des entreprises dans le « Nord-Est parisien » : animation d’une pépinière d’entreprises (hébergement de cinq jeunes structures,

accompagnement via un entretien-conseil trimestriel…), développement de pôles d’éditeurs (regroupement de structures actuellement hébergées en pépinière ou adhérentes du réseau : veille sur les locaux vacants, montage de solutions collectives, conseil sur le montage financier, négociation des conditions d’entrée….).

- Développement des entreprises et de l’emploi : conseil aux 65 entreprises adhérentes (recherche de prestataires, de lieu pour un événement, contrattype, financement…), veille professionnelle (participation aux événements professionnels), envoi mensuel des « Infos du réseau » (lettre d’information réservée aux adhérents de Fontaine O Livres), mise en relation (invitation de professionnels extérieurs au réseau, présentation de prestataires ou services innovants).

- Promotion de services collectifs : offre de prestations de service éditoriaux conçue en commun, sur-diffusion des éditeurs en bibliothèque, agenda collaboratif des manifestations littéraires, formation professionnelle pour optimiser et valoriser les compétences des adhérents.

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Toutes ces activités rentrent dans le cœur des missions de Fontaine O Livres : étoffer, animer et renforcer un réseau d’acteurs de la filière livre au sein du « Nord-Est parisien ». L’association nous semble les mener de concert en étalant dans le temps leurs développements : les actions de communication au sein du réseau sont montées en puissance à partir de 2010, l’activité de formation est réellement apparue en 2012 et l’activité de sur-diffusion est encore en développement.

Ce rapide état des lieux met en évidence un problème : les activités de Fontaine O Livres se sont étoffées à chaque fois que ses moyens ont augmenté, notamment en terme de personnel (embauche d’une chargée d’animation et de communication en 2010, signature d’un contrat d’apprentissage en 2012…). Même si elles ont permis la mise en place de nombreuses actions, les actuelles ressources humaines (2,5 ETP) ne lui permettent toutefois pas de faire face à l’ensemble de ses missions.

Certains projets ont ainsi dû être envisagés à plus longue échéance : la « place de marché » des éditeurs indépendants (qui a vocation à promouvoir leurs compétences à travers une offre de service présentée à sur un site Internet dédié) n’a pas encore vu le jour, même si une maquette et un travail préparatoire ont été effectué (benchmarking, référentiel de compétences).

La question est également sensible au niveau des locaux dont dispose Fontaine O Livres : l’actuelle pépinière située rue de la Fontaine-au-Roi ne dispose que de 150 m2 (répartis sur deux sites) et présente donc une capacité d’accueil maximale de 8 structures (15 emplois temps plein).

Bref : Fontaine O Livres est aujourd’hui victime de son succès et de son dynamisme. Le développement indéniable (et constaté par tous les financeurs) opéré depuis 2010 n’a pas été accompagné par une hausse équivalente de moyens humains ou financiers. Nous estimons qu’un effort doit être fait et que celui-ci doit prendre les formes suivantes :

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-

Aide à l’embauche d’un salarié supplémentaire sur des fonctions de soutien administratif et commercial sur la gestion de l’association. Celles-ci sont actuellement prises en charge par Yann Chapin, ce qui empêche le directeur de l’association de se consacrer à temps plein au développement de Fontaine O Livres. Nous estimons le besoin a minima en terme de personnel à un mi-temps, et cette embauche pourrait être éventuellement mutualisée avec une autre structure (Paris Mix, Boutiques de Gestion).

-

Développement des locaux de l’association : la capacité d’hébergement de la « pépinière » nous semble aujourd’hui insuffisante au vu du nombre de structures potentiellement intéressées (cf. Annexe 1). Étant donné les effets vertueux sur l’emploi de cette structure (cf. Annexe 2), cet état de fait nous semble devoir être corrigé. Doubler l’actuelle surface dont dispose Fontaine O Livres, soit arriver à un total d’au moins 300 m², nous semble être un objectif raisonnable. Au vu du développement de la part d’autofinancement de l’association, une telle surface ne la mettrait pas en danger financièrement.

-

Consolidation du budget de fonctionnement de l’association : l’actuelle dotation publique de Fontaine O Livres ne nous semble pas satisfaisante vis-à-vis des missions de l’association et de la politique menée à l’échelle municipale et régionale. Alors qu’un soutien fort aux industries culturelles et créatives est affiché (cf « Note rapide » de la dernière étude du Motif :

L’Île-de-France, territoire stratégique pour le livre), force est de constater
que son budget de 144 000 euros en 2012 ne constitue pas une somme suffisante pour soutenir efficacement l’emploi des 65 structures adhérentes à FOL. Nous semble donc devoir être envisagé :

Une consolidation de la dotation de la Mairie de Paris : d’un montant de 50 000 € en 2012 (45 000 € provenant de la DDEEES, 5 000 € provenant de la DPVI), celle-ci nous semble adaptée.

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Une augmentation de la dotation régionale : d’un montant global de 34 000 € en 2012, celle-ci nous semble sous-évaluée vis-à-vis de ce que produit Fontaine O Livres (120 emplois consolidés, 65 structures adhérentes) et de l’effort de la Mairie de Paris.

Une clarification de la place de Fontaine O Livres dans le schéma municipal et régional de soutien à la filière livre : si des contacts ont été pris avec le Labo de l’édition et le MOTIF, ceux-ci doivent déboucher sur de réels partenariats et des actions collectives en phase avec les stratégies de développement du territoire.

Cette dernière remarque nous invite à revenir sur l’une des préconisations de notre précédente étude de 2010. Nous avions alors recommandé la création d’une structure baptisée « Paris Livres » : celle-ci aurait vocation à fédérer l’ensemble des acteurs professionnels et interprofessionnels du territoire de Paris et de l’Île-de-France. Cette idée n’avait pas, faute de moyen, été mise en place mais il nous semble qu’elle pourrait aujourd’hui devenir un outil efficace permettant de rassembler les énergies. Fontaine O Livres dispose d’une expertise reconnue en terme d’emploi et d’animation de réseaux d’acteurs du livre, le Labo de l’édition s’est positionné sur l’innovation et le développement de nouveaux produits éditoriaux, le MOTIF a pour mission de cartographier et analyser le territoire d’Île-de-France.

Les efforts de ces trois structures d’encadrement et de développement des acteurs du secteur pourraient rencontrer ceux des regroupements de libraires parisiens et franciliens dans une véritable politique d’appui aux industries créatives au service de l’attractivité territoriale. Une telle structure, ou label, au service d’une filière à forte symbolique et dimension culturelle, pourrait notamment s’appuyer sur les récents dispositifs mis en place par la région Île-deFrance afin d’appuyer le développement de l’économie sociale et solidaire.

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Annexe 1 : Recensement des structures structures en en recherche de local pour 2013.

Activité Pollen Diffusion Immatériel Courtes et Longues édition L'Asiathèque Editions du Mécène Bruno Doucey Ed. Asphalte Ed. Bruit Blanc Aux Forges de Vulcain Le Passager clandestin Viatao Nobi Nobi Nomades Le bruit du temps Nouvelles Ed. Lignes Lisez moi Florence Boyer De vive voix Hart'pon Yafil Isabelle Mise à jour avril 2013 Flexedo Les dédicaces.com Editions Amsterdam Le bruit du temps Manuella editions Serge Safran Anne Clerc Isabelle Southgate Felipe Diffusion Distribution numérique Edition (jeunesse) Edition Edition Edition Edition Edition Edition Edition Edition Edition Editions Edition (Littérature) Edition Edition Graphisme Edition (sonore) Edition Editrice / Auteur Activité Numérique Numérique Edition Edition Edition Edition Services éditoriaux Services éditoriaux Festival

Nb emplois actuels 26 4 3 4 4 4 2 2 3 3 3 3 3 3 2 2 2 1 1 1 Nb de postes 1 ou 2 1à3 3à4 1 ou 2 1 ou 2 2à3 1 1 1

Source : Fontaine O Livres - Enquête décembre 2012 & actualisation avril 2013.

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Annexe 2 : Bilan pépinière d’entreprises Fontaine O Livres 2007 2007-2012*

Nom

Activité

Structure juridique EURL SARL Association Entreprise Individuelle EURL Entreprise Individuelle Association de 5 éditeurs SAS Structure juridique

Nb emplois en sortie 3 2 1 4

Arrivée dans la pépinière 2007 2007 janvier 2008 avril 2008

Le Passager Clandestin Nouvelles Éditions Lignes Le Grand Souffle Editions Lekti-Ecriture

Edition Edition Edition Diffusion en ligne Packaging Editorial Atelier d’écriture

Virginie Leroux

1

octobre 2008

Thibault Fayner

1

octobre 2008

Les éditeurs Associés Viatao

Edition Edition

1 3 Nb emplois actuels 4 2 1 2 3 28

avril 2009 février 2010 Arrivée dans la pépinière

Nom

Activité

Immateriel Bruno Doucey Ed. Florence Boyer Asphalte Editions Actualitté

Distribution numérique Edition Graphiste Edition Média

SARL SARL Maison des Artistes SARL SARL

avril 2010 octobre 2010 Novembre 2011 Janvier 2012 Mars 2012

Nombre total d’emplois créés ou consolidés (2007-2012)

*Nb : la pépinière a été opérationnelle courant 2008. Un bureau de 45 m² a été ajouté en 2012.

Source : Fontaine O Livres

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