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MANUEL DES ÉTUDES INDIENNES Louis RENOU
Membre de l'lnstitut
Professeur 11 la Sorbonne

Jean FILLIOZAT
Professeur au College de France
et 11 l'École Pratique des Hautes Études

Tome 11 avec le concours de Paul DEMIÉVILLE
Membre de l'lnstitut Professeur au College de France

Olivier LACOMBE

Pierre MElLE

Professeur 11 l'Université Professeur 11 l'École Nationale de Lille et 11 l'École Pratique des Langues Orientales des Hautes Études Vivan tes

PARIS -

IMPRIMERIE NATIONALE

ÉCOLE FRANC;AISE D'EXTR~ME-ORIENT HANOI 1953

TABLE DES MATrERES

CnAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. LES DARsANA. LE MATÉRIALISME. LES SPÉCULATIONS GRAMMATICALES (3 1358-1516).

:1. Introduction.
La notion de dal'sana 1358. Le groupe des dadana brahmaniques 1 359. Leurs origines 1360. Synthese des six darsana 1361. Portée philosophique et religieuse des dariana 1362. La pensée des dadana etla culture indienne 1363. Descriptions indiennes des darsana 1364. Les darsana et la pensée occidentale 1365. L 'interprétation de la pensée des darSana par les Occidentaux 13661367. Intéret général de la philosophie des darsana 13681369. 2. Les six darsana. a. La Mimamsa. Origine de la MimaIpsa 1370. Position de la MimaIpsa 1371. Les textes : les Mimamsasütra 1372. Les commentaires 1373-1375. Les doct~ines : le dharma 1376. Le sabda 1377. L'injonction (vidhi) 1378. Les divisions du Veda 1379-1382. La théorie de la connaissance 1383. Les catégories 1384. Le transcendantal (apürva) 1385. La délivrance (mokfa) 1386. Conclusion 1387. b. Le Vediinta. Origine du Vedanta 1388. Position du Vedanta 13891391. Les VedantaO ou Brahma-sütra 1392-1393. Les commentaires. SailkaraI1394-1396. La littérature sailkarienne 1397. Ramanuja 1398. Nimbarka 1399. Madhva 1400. Yallabha 140'1. Autres commentateurs 1402. Textes divers 1403. Doctrine de Sailkara et de l'Advaita en général 1404-1405. La maya 1406. Le non-savoir (avidya) 1407. La délivrance 1408. Théorie de la connaissanee et psychologie 1409. Rapports avec le bouddhisme 1410. Doctrine de Ramanuja 1411-1412. Doctrine de la Dipika 1413. Doctrine de Nimbarka 1414-1415. Doctrine de Madhva 1416-1417. Doctrine de Vallabha 14181420. c. Le SaIpkhya. Origine du SaIpkhya 1421. SaIpkhya et bouddhisme 1422. SaIpkhya anCÍen et épique 1423-1424. Schéma de la doctrine 1425. Les Sar;akhyakarika et leurs commentaires 1426-1428. Les Sar;akhyasütra 1429. Auires textes 1430. La prakrti 1431. Les gura 1432. L'évolution (parirama) 1433. Le puru~a 1434. Les ttévolués" : buddhi, ahar;akara, manas, indriya, tanmatra, bhüta 14351438. Le corps subtil 1439. La délivrance 1440. La causalité 1441. La tlÍéorie de la connaissance 1442. L'athéisme du SaIpkhya 1443. Conclusions 1444. d. Le Yoga. Définition du Yoga 1445. Origine du Yoga 1446. Position du Yoga 1447. Les textes 1448-1450. Les doc-

J. FiIliozat

Le tome premler de cet ouvrage a paru aux tditlons Payot, Paris

L. Renou.

1947-1949

J. FiUiozat.

VlU

TADLE DES MATJllRES.

TADLE DES MATIIlRES.

IX

trines 1451. Le hut du Yoga 1452. Les conditions du Yoga 1453. Les huit articles du Yoga 1454-1455. Les pouvoirs extraordinaires (vibhüti) 1456. La conception de l'esprit 1457. Le pessimisme et le Yoga 1458. Yoga et houddhisme 1459. Appendice. Le Ha~hayoga : a. Textes de Hathayoga; b. 9aracteres du Ha (hayoga ; c. Techniques du Ha(hayoga; d. Sodhana; e. Asana; f. Mudra; [J. Technique du souffle. e. Le Nyaya. Définition du Nyaya 1460. Origines du Nyaya 14611462. Position du Nyaya 1463-1464. L68 textes. Les Nyayasütra et leurs commentaires 1465-1466. Ouvrages de Nyaya-Vais'e~ika 1467. Le Navyanyaya 1468. Les doctrines 1469. Les pramara 1470. Les prameya 14711472. Le raisonnement a cinq membres 1473-1475. Les développements du Nyaya 1476-1478. f. Le Vaisesika. Origine du 'Vaise~ika 1479. Position du Vaise~ika 14801481. Les textes. Les VaiSe~ikasütra 1482-1484. Ouvrages de Nyaya-Vais'e~ika 1485. Les doctrines, les catégories 1486. Les substances 1487. Les propriétés 1488. Les activités 1489. Les autres catégories 1490. Théorie de l'ütman 1491. Théorie de la connaissance 1492-1493. Théorie de la causalité 1494. L'atomisme du Vais'esika 1495-1496. . 3. Le matérialisme : les Nastika, Lokayatika et Carvaka. Sources 1497. Généralités 1498. Les Nastika 1499. Le lokayata et Carvaka 1500. Les barhaspatya 1501. Le bhütavüda 1502. Payasi 1503. Kambalasvatara et Kesakambali 15 04. Les doctrines 15 05. Le svabhülJalJüda 1506-1507. 4. Les spéculations sur le langage. Origines védiques 1508. La théorie des mots nitya 1509. La théorie du spho(a 1510. Les étapes de la paro le 1511. Le bindu et la ÍJakti 1512. Les théories grarnmaticales. Le mot 1513-1514. La phrase 1515. Les fonctions grammaticales 1516. CHAPITRE VIII. L'ÉRUDITION (S 1517-1612). Généralités 1517-1518. i. Grarnmaire. a. Les grammairiens sanskrits. Les origines 1519. Pat¡ini : date et lieu 1520. L'A~ta­ dhyayi 1521-1522. Les recueils annexes 1523. Importance de la grammaire de Pa¡;¡ini 1524. L'interprétation de Pa¡;¡ini 1525. Le Mahübhü~ya 1526-1527. La KüÍJiká 1528. Pa1iinéens ultérieurs 1529. Écoles non-pii¡;¡inéennes 1530-1531. Philosophie grammaticale 1532. b. Les grarnmairiens moyen-indiens. Les grammairiens prakrits 1533-1535. Les grarnmairiens palis 1536. c. Les grammairiens dravidiens [par J. Filliozat. etP. Meile]. Généralités 1537. Grarnmaires tamoules (TiJlküppiyam) 1538-1541. Granimaireskannara 1542. Grarnmaires telugu 1543. Grarnmaires malaya'!am 1544.

1. Silburn.

1. Renou.

L. Renou

2. Lexicographie. a. Les lexicographes sanskrits, prakrits et palis. Généralités 1545. Amara 1546. Autres lexiques 1547. Lexiques spécialisés 1548. Lexiques vulgaires et moyenindiens 1549. b. Les lexicographes dravidiens [par J. Filliozat]. Dictionnaires tamouls 155 O. Dictionnaires kann8ra 1551. Dictionnaires telugu 1552. . 3. Métrique. a. Les métriciens sanskrits et prakrits. Pingala 1553. Autres traités 1554. b. Les métriciens tamouls [par J. Filliozat] 1555. 4. Poétique. Les origines 1556-1557. Bharata et Bhamaha 1558. Dandin et Vámana 1559. Udbhata et Rudrata 1560. Án~ndavardhana et Mamma~a 156'1. La poétique entre les IX' et XII' s¡¡~cles 1562. Les compilations récentes 1563. Les manuels spécialisés 1564-1565. Le domaine de la poétique 1566. Les ala1Jlküra 1567-1569. Les [Ju¡ía et les dosa 1570-1571. Les rlti 1572. Le rasa 1573-1575. Le dhvdni 1576-1578. 5. Dramaturgie. . Bharata (Na(yasastra) 1579-1580. Les textes posténeurs 1581-1582. Le drame (nü(ya) 1583. Le sujet du drame 1584. Les personnages 1585. Les sentiments (rasa) 1586. Style et langue 1587. Danse, chant, musique 1588. Les préliminaires 1589. Les genres dramatiques 1590. 6. 1, 'ArthaÍJüstra et ses dépendances. Généralités 1591-1592. Kautilya. Sommaire de l'amvre 1593-1596. Le caractere de'l'muvre et sa date.15971598. Autres textes 1599-1600. Traités divers dépendant de I'Arthasiistra 1601. L'architecture : textes 1602-1603. La musique : textil s 1604-1605. La mimique (abhinaya) 1606. 7. Érotique (kümaÍJástra). Généralités 1607. Sommaire du Kümasütra 1608. Autres manuels d'érotique 1609. La théorie 1610-1611. Catucteres généraux de l, érotique indienne 1612. CHAPITRE IX. LES SCIENORS (S 1613-1746). 1. Introduction 1613-1615. 2. Médecine. L'hygiene dans la civilisation de Mohan-jo-I)aro 1.616. Les données indo-iraniennes 1 61 7. Les données védlques 1618. Pathologie 1619. Thérapeutique 1620. An~­ tomie 1621. Physiologie 1622. Médecins al'époque véd¡que 1623. a. Les traités de Susruta et Caraka 1624. Légende des origines de la Su~rutasa1Jlhita ~ ~.~ 5. LégeIl;d_e des origines de la Carakasa1Jlhttü 1626. DlVlSlOns de 1 Ayurveda 1627. Analyse de la Susrlftasa1Jlhita 1628. Sütrasthüna1629. Nidünasthüna 1630. Sarirasthüna 1631. Cikítsasthüna 1632 Kalpasthana 1633. Uttaratan/ra 1634. , Composition et age de la ~usrutasalf!hita 1635. Langue de la SuÍJrutasa1Jlhita 1636. Age des données de la SuSrutaJ. Filliozat.

x

TABI,E DES MATrFmES.

XI

,al)thita 1637. Analyse de la Caraka<lalfhita 1638. SütraBthana 1639. Nidánasthana 1640. V¡manasthiina 1641. Barirasthana 1642. Indriyasthiina 1643. Cikitsiisthiina 1644. Kalpasthana 1645. Siddhisthana 1646. Composition et age de la Carakasa1J1-hita 1647. Textes rattachés a la tradition d'Átreya 16j18-1649. b. Doctrine classique de l'Ayurveda 1650. La constitution du corps 1651. Formes et fonctions des trois dhatu dans l'organisme 1652. Substances du corps 1653. Anatomie et physiologie 1654-1655. Embryologie 1656. Pathologie 1657. Thérapeutique médieale 1658. Thérapeutique chirurgicale 1659. c. Traités médicaux apres le y' siecle 1660. Manuscrit Bower 1661. Yogasataka 1662. Viígbhata 1663. Siddhasarasastra 1664. Amrtahrdayii~!angaguhyopa­ desatantra 1665.Miídhava et Vrnda 1666. Le Kumaratantra de RavaJ?a 1667. Cal];kya 1668. Les grands commentateurs 1669. Textes médicaux postérieurs au x· siecle 167 O. Yoga médical16 71. Anatomie et physiologie spéciales du Yoga 1672. Médecine d'origine arabe 1673. Lexieographie médicale 1674. Médecine bouddhique 1675. Médeeine j aina 1676. d. Médecine tamoule. Agattiyar et Tereiyar 1677. Les Qittar 1678. OEuvres médicales diverses 1679. Partieularités de la médeeine tamoule 1680. Rapports des médecines indienne et grecque 1681. Médecine vétérinaire 1682. Médecine des chevaux 1683. Médeeine des éléphants 1684. 3. Scienees physiques et naturelles. Généralités 1685. Lapidaires 1686. 4. Chimie. Place de la chimie dans la scienee indienne 1687. Les débuts de la chimie 1688-1689. Textes attribués a Nagarjuna 1690. Textes du moyen age 1691. Caracteres généraux des traités ehimiques 1692. Chimie tamoule 1693. Rapports des chimie et alchimie indiennes et étrangeres 1694. 5. Mathématiques. , Débuts des mathématiques 1695. Les Sulvasütra 16961697. Les mathématiques dan s les premiers sieeles de l'ere chrétienne 1698. Énoneés d'Aryabba\a 1699. Développements ultérieurs des mathématiques 1700. Brabmagupta 1701. Mahavlracarya 1702. Bhaskara 1703. Manuserit de Bakh~aII1704. Ouvrages tardifs 1705. Rapports des mathématiques indiennes et étrangeres 17061709. 6. Astronomie. Débuts de l'astronomie indienne 1710. Jyotifavedaliga 1711. Süriyapa¡tpatti 1712. Anciens astronomes 1713. Les cinq Siddhiinta 1714. Le Paitiimahasiddhiinta 1715. Le Viisisthasiddhiinta 1716. Le Paulisa<liddhanta 1717. Le Rom~kasiddhanta 1718. Le Saurasiddhiinta (Süryasiddhanta) 1719. a. Le Süryasiddhiinta. Origine 1720. Contenu 1721. Composition et style 1722-

1723. Systeme général du StiryasiJdhiinta 1724. Systeme des yuga 1725-1726. Mouvement des équinoxes 1727. Détermination du début du Kaliyuga 1728. Mouvement des planetes 1729. Commentaires du Süryasiddhánta 1730. b. Textes ultérieurs. Ál'yabhata 1731; Contenu de l'Aryabha!iya.1732. Don~ées scientifiques d Áryabhata 1 ~33. NotatlOn numénqu.e d'Áryabhata 1734. L'école d'Aryabhata 1735. Varahamlhira 1736. Brahmagupta 1737. Bhaskara 1738. Ouvrages secondaires 1739- 1740. Jaysiñgh 1741. Rapports des astronomies indienne et étrangeres 1742. Question des naksatra 1743. Influence mésopotamienne 1744. Influence gre~que 1745. Influence de l'astronomie indienne aI'étranger 1746.
CBAPITRE

X.

LES LITTÉRATURES.

A. La littérature sanskrite \(17 4 7-1903). 1.. La poésie. a. Généralités et origines. _ Généralités 1747-1753. Le «grand kavya" 1754-175tJ. Les origines 1756. L'apport épique 1757-1759. ~'épi­ graphie littéraire 1760-1761. Les ceuvres bouddhlques et jaina 1762-1763. Asvagho~a 1764-1766. b. La lyrique de type épique. Kalidasa; vie et date \1 767. L' ceuvre 1 768. Le Meghadüta 1769-1770. Le Kuma1'a<lambhava 1771. Le Raghuva/}tsa 1772. Spécimen 1773. Appréciation d'ensemble 1774. Bharavi 1775-1776. Magha .1777-1778. Le Bhatlikavya 1779. Kumáradása 1780. Srlharsa et Mañkha 17811782. Autres mahakavya 1783-1784. L!)s kavya historiques 1785. BilhaJ?a 1786. KalhaJ?a 1787. c. La lyrique proprement dite. Généralités 1788-1789. La CaurapaiícMika 1790. Le {ltusar¡thara 1791. Amaru 1792-1793. Spécimens 1794. La Ilyrique ;prákrite. Hala 1795-1796. Spécimens 1797. Le; Anthologies 1798. d. La poésie gnomique. Généralités 1799. CaJ?akya 1800. Bhartrhari 1801-1802. Spécimens 18 O3. Poetes ultérieurs 18 O4. La poésie didaetique 1805-1807. 2. La littérature narrative. a. Les eontes. Généralités 1808-181 r. Le Pañcatantra 1812-1813. Sommaire 1814-1815. Les versions plus récentes 1816181 7. Le Hitopadeia 1818. Diffusion du Paiícatantra 181 91820. La Brhatkatha 1821. Les recensions jaina 1822. Budhasvamin 1823. Ksemendra 1824. Somadeva et le Kathiisaritsagara 1825-1826. Spécimens 1827-1828. Les contes du Vetala 1829. Les histoires du Trone 18301831. La Sukasaptati 1832-1833. Divers 1834. b. Les romans. Le Dasakumaracarita 1835-1836. Viisavadatta 1837. Bana 1838. Le Harsacarita 1839-1840. Kadambari 18411842. Les rapports" avec le roman gree 1843. Les campú 1844.

L. RenoIT.

XII

TABLE DES MATJlmES.

I I

3. Le théAtre. a. Généralités. Origines. Origines: le Veda 1845-1848. Influenee greeque 18491850. Les langues 1851. La pratique 1852-1853. b. Des débuts a Kalidiisa. Asvagho~a 1854-1856. Le probleme de Bhiisa 18571858. Les OlUvres de Bhiisa 1859-1863. La Ml'cchakatikii 1864- 1866. Le MlIdriirak?asa 1867-1868. Le Devicanárug~pta 1869-187 O. Kali,diisa : Miilavikagnímitru 1871. V¡kramorvasíya 1872. Sakllntalli 1873-1874. Spéeimen .. 1875-1876. Appréciation d'ensemble 1877. c. Les successeurs de Kiilidiísa. Har~a 1878. Priyadarsikii et Rutnavali 1879. Nagananda 1880. Bhavabhuti 1881-82. Miilatimiidhava 1883. Les drames riimaites de Bhavabhüti 1884-1885. Spécimens 1886. Le Ve'!Isa'l!1¡ara 1887. Riijasekhara 1888-1889. Autres drames riimai'tes 1890. Le Mahaniilaka 18911892. La Gopiilakelicandrika 1893. Drames ultérieurs 1894-1896. Pieees "historiques" 1897-1898. Les monologues comiques 18\)9-1900. Les prahasana 1901. Remarques générales 19 O2-1 90 3. B. L'ancienne littératureltamoule (non religieuse) [S~ 19041928]. ' Généralités 1904. Les Huit Recueils. Généralités 19051907, Les Dix IdyUes 1908. PuRaniiNüRu 1909-1910. Poemes d'Agam 1911-1912. PadiRRuppattu 1913. Données chronologiques 1914. Les poetes 1915. Agapporul et PuRapporu¡ 1916. Le SaJ1gam 1917. Les Dix-huit Recueils 1918. Le KuRa11920. Les Cinq Poemes 1921. Le Lai de l'Anneau 1922. Ma,!imegalei 1923-1924. Cindiimani 1 925. (:üliima,!i 1 926. Perll1i-kadeí 1927. OEuvres diversas 1928. CHAPITRE XI. LE
BOUDDHISME

==iI

TABiE DES MATIERES.

1111

P. Meile.

(S 1929-2386).
J. Filliozat.

i. Les sourees. Généralités 1 929. a. Sources archéologiques. Importa~ee des monuments bouddhiques 1930. Piliers bouddhIques 1931. SWpa 1932. Monasteres 19331934. Monuments divers 1935. Statues et figurations 1936. Reliques et reliquaires 1 937. b. Sourees numismatiques et épigraphiques. Monnaies 1938. Inscriptions 1 939. c. Sources philologiques. Les textes 1940. Les littératures bouddhiques indiennes. Les canons ~ 941. T~aditions sur les langues des canons 1942. AutorIté des dIverses langues bouddhiques i 943. 10 Littérature bouddhique en páli. A. Littérature canonique paji. Le canon páli. e.t .sa langue 1944 .. Le canon páli et son école 1945. D.lVlslOns ducanon piih 1946. Table génerale d~ canon páh 1947. Vinaya 1; le Stittavibhatiga 1948. Vtnaya Il; les Khandhaka 1949. Vinaya IIl; le Pariviira 1950. Les Butta 1951. Style des sutta 1952. Les Nikiiya

1953. Suttapitaka 1; le Dlghanikiiya 1954. Principaux sutta 1955-1956. Suttapi¡aka 1I; Majjhimanikiiya 1957. Suttapitaka llI; Sa1rtyuttanikiíya 1958. Suttapi¡aka 1V; Atigultaranikiiya 1959. Suttapi¡aka V; Khuddakanikiíyu 1960. Dhammapada 1961. Udiina 1962. ltivuttaka 1963. Suttanipiita 1964. Vimiínavatthu et Pe/avatthu 1 965 . Thera- et Therígiitlui 1966. lataka 1967. Niddesa 1968. Patisalrtbhidiimagga 1969. Apudilna 1970. Buddhavar¡lsa 1971. Cariyiípi¡aka 1972. Abhidhammapitaka 1; Dhammasutiga',¡i 1973. Abhidhummupitaka JI; Vibhmigu 1974. Abhidhammapi{aka llI; Kathiívatthu 1975. Abhidhammapi¡aka IV; Puggalapuññatti 1976. Abhidhammapitaka V- VII; Dhiiiukatlui, Yamaka, PaHhiína 1977. Formation du canon páli 1978-1979. B. Littérature pali paracanonique 1980. Piitimokkha et Kammaviíca 1981. Paritta 1982. Milindapafiha 1983. Nettipakara,!a, Pe(akopadesa et Suttasatigaha 1984. C. Littérature pali non-canonique 1985. Les commentaires perdus du canon 1986. Les commentaires classiques 1987. Buddhadatta 1988. Buddhaghosa 1989. Authenticité 1990.0Euvres 1991. Dhammapiila 1992. liitakaHhava,!,!anií et Dhammapadatlhakatlui 1993. Commentaires divers 1994. Manuels et poemes religieux 1995. Chagatidipani et Lokapaññatti 1996. 2 0 Littérature bouddhique en sanskrit. Généralités 1 997. a. Littérature canonique et paracanonique en sanskrit. Fragments du canon des Sarvástivádin 1998. Fragments du canon des Mülasarvástivádin 1990. AvadiínalÍataka 2000. Divyiivadana 2001. Fragments des canons des Mahásáúghika. Mahiívastu 2002. Textes du Maháyána 2003. Principaux SiUra. Lalitavistara 2004. Saddharmapu'!1arikasütra 2005-2006. Lmikiivatiírasütra 2007. Samiidhiraja 2008. Suvar,!a1wabhii.'la 2009 Sütra sur Amitábha, Avalokitesvara, etc., 2 O1 O. Ratnakü{a 2 O11. Buddluivatmllsaka 2012. Prajñiipiiramitii 2013. Sütra divers et dluira,!i 2014. Mañjuárímülakalpa 2015. Littérature tantrique cano ni que 2016-2017. b. Littérature non-canonique en sanskrit et autres langueb indiennes. Généralités 2 O18. Commentaires et traités d'exposition de doctrines (Abhidharmakola, Abhisamayiílmpkiíra) 2 O1 9. Textes mádhyamika Nágarjuna 2020. Auteurs mádhyamika divers 2021. Textes des Vijñánaviidin 2022. École de Dignága et des logiciens 2023. Textes de caractere littéraire 2024. Littérature hymnique 2025-2026. Littérature narrative 2027. Textes tantriques 2028-2029. Textes en apabhraIpsa et vieux-bengali 2030. Critiques d'authenticité et d'interprétation dans le bouddhisme 2031. C. Sources non-bouddhiques 2032. 3° Littérature bouddhique en traductions tibétaines. Les traductions tibétaines des textes bouddhiques 2033. Les interprétations tibétaines et la philologie bouddhique 2034. Les colleétions tibétaines de traductions

XIV

TABLE DES MATIERES.

TABLll DES ~fATIERES.

xv

2035. Le Bl,a'-'gyur 2036. Contenu des sections 2037. Mdo. Maháyanasfttra 2038. Sfttra des écoles andennes 2039. Rgyud 2040. Bstan-'gyur 2041-2043. Mdo-mañ et sources diverses 2 O44. 4' Les sources chinoises. P.DemiévilIe. Remarques préliminaires 2045. Importance des sources chinoises 2 O4 6. Données historiques 2 047. A. Pelerins et traducteurs chinois. L;s premiers peIerins 2048-2050. Début des grands pelermages 2051-2052. Études de Yoga bouddhique au Kasmír 2053. Fa-hien 2054. Song Yun 2055. Choueiking tchou 2056. Hiuan-tsang 2057-2061. La route du Tibet 2062. Yi-tsing 2063. PeIerins du VIII' siMe 20642065. Les derniers pelerins 2066. B. Propagandistes et traducteurs indiens. Généralités sur les traductions chinoises 2067-2069. Les traducteurs du n' siecle ap. J.-C. (Chine du Nord) 20~0-2072. Les traducteurs du m' siecle ap. J.-C. (Chme du Sud) 2073. Dharmarak~a 2074. Kumarajíva et Buddhabhadra 2075. Kumarajíva 2076-2079. Buddhabhadra 2080. Traduction des ouvrages canoniques du Petit Véhicule (v' s.) 2081-2084. Introduction de l'école Yogacara 208,5. Paramartha 2086-2087. Le Tantra 2088-2090. SubhakarasiIpha 2091. Vajrabódhi 2092. Amoghavajra 2093-2095. Les derniers traducteurs 2096-2100. C. Aperyu du canon chinois. a. Historique du Canon: Constitution du Canon 21012102. Classification 210 3. Éditions manuscrit~s et imprimées 2104-2106. b. Contenu du Canon actuel. Généralités 210 7. 1. Section des Ágama 2108. II. Section des Données antérieures 210 9. 111. Section de la Guose 211 O. ,IV. Section du "Lotus de la [vraie] Loi" 2111. V. Section de 1 «Ornementationfleurie" 2112. VI. Ser.tion del'«Amas de Joyauu 2113. VII. Section du «Grand Parinirvana" 2114-2118. VIII. Section de la «Grande Assemblée; 211 9. IX. Section intitulée «Collection de Sütra" 2120-2121. X. St'ction du Tantra 2122-2,23. XI. Section du Vinaya 212f¡ 2128. XII. Section des Sastra commentant des Sütra 2129 2130. XIII. Section de l'Abhidharma 2131-2136. XIV Section Madhyamika 2~37.-2~40. XV. Sec~ion d~ Yoga 2141-2146. XVI. SectlOn mtItulée "CollectlOn de Sastra" 2147-2149. XXI. Section des ouvrages historiques 21502154. XXII. Section des recueils de matériaux 21552156. XXIII. Section des doctrines extérieures 2157. XXIV. Section des catalogues 2158-2162. c. Instruments de travail modernes élaborés au Japon 2163-2169. 2. La vÍe du Bucldha. J. Fillioza I L'interprétation des sources 217 O. Interprétation philosophico-symbolique 2171. Interprétahon mythologique 2172. Interprétation évhémériste 2173-2174. Confrontation des sources2175. Criteres d'authenticité des traits biographiques 2176. Pays.et famille du Buddha

2177. Conception, gestation et naissance 2178. Prédiction d'Asita2179. Enfance 2180. Mariage etvie princiere 2181. Les quatre rencontres et le dégolit clu monde 2182. Le Grand Départ 2183. Premiers travaux religieux 2184. Les austérités et leur abandon 2185. La préparation 11 l'Éveil 2186. L'assaut et la tentation de Mara 2187. L'éveil 2188. Les sept premieres semaines 2189. Offrande Trapu~a et Bhallika 2190. Hésitations et résolution 2191. Sermon de Bénares 2192. Les premiers disciples 2193. Conversi?~s 11 Uruvilva 2194. Conversions 11 Rajagrha 21 95. V~s~te aa, pays natal 2196. Retour 11 Rajagrha 2197. VlSlte 11 SravastI 2198. Visites a Vaisali et Kapilavastu 2199. ~uttes contre les six maitres rivaux 2200. Miracles de SravastI et SaI!lkasya 2201. Calomnies et déboires 2202. Pérégrinations et retraites 2203. Influence lointaine 2204. Forfaits de Devadatta 2205. Ajatasatru et Virüqhaka. Ruine des Sakya 2206. Derniers sermons 22 O7. Le rejet de la vie et les dernieres semaines 2208. La totale extinction 2209. Funérailles 2210. Partage des reliques 2211. 3. L'histoire du boudclhisme. La Communauté ala mort du Buddha 2212. Mahakasyapa 2213. Concile de Rajagrha 2214-2215. La Communauté apres le concile de Rajagrha 2216. Concile de Vaisal! 2217. La communauté apres le concile de Vaisal¡ 2218. Le bouddhisme sous A:íoka le Maurya 2219. Concile de Pa\aliputra 2220. Propagation du bouddhisme sous Asoka 2221. Les débuts du boudclhisme 11 Ceylan 2222. Rédaction des textes canoniques pali et schismes 11 Ceylan 2223. Le boucldhisme apres les Maurya 2224. Le bouddhisme des Indo-Grecs 11 Kaniska 2225. Le bouddhisme sous Kaniska. Concile du 'Kasmír 22262227. Le bouddhisme de Kaniska 11 Harsa 2228. Transformations du bouddhisme 2229. Le bouddhisme au temps de Har~a 2230-2231. Développement du tantrisme 2232. Déclin et disparition du bouddhisme 2233. L'action des écoles du Vediínta 2234. L'action des invasions musulmanes 2235. Dernieres traces du bouddhisme dans rInde 2236. 4. Les doctrines boudclhiques. Le milieu prébouddhique 2237. Opinions anonymes 2238. Sectes diverses 2239. Les maUres du bodhisattva 2240. Les six maUres rivaux 2241-2242. Croyances religieuses dans le milieu prébouddhique 2243. A, Les doctrines des écoles anciennes du bouddhisme (<<lhnayana") 2244-2245. Les quatre Vérités. La Douleur 2246. Les autres Vérités 2247. Les quatre Vérités et l'ensemble de la doctrine 2248. . 1. L'état des choses. La loi et les choses 2249. L'ensemble des apparences. Rüpakkhandha 2250-2251. Les ensemble s des sensations et perceptions. Veclana- et Sañña-kkhandha 2252. L'ensemble des constructi'ons psychiques. SaTIkharakkhandha 2253-2254. L'ensemble des pensées. Viññanakkbandha 2255. Les chilmps d'extension et les dispositions de base des choses 2256. Les «inconfectionnés» 2257. L'agen-

XVI

TABLE DES MATIllRES. TAllLE DES MA'fIEIms. XVII

cement synthétique des choses 2258. Cosmologie 2259. Le domaine du désir 2260. Le domaine des apparences 2261. Le domaine de l'absence d'apparences 2262. La matiere du monde 2263. Le temps 2264. Divisions calendériques et cosmiques 2265. Les etres 2266. Les damnés, les trépassés et les animaux 2267. Les Asura 2268. Les dieux 2269-2270. Les dieux de méditation 2271. Les hommes. Le roi cakkavattin 2272. Bodhisattva et Buddha 2273. Le Buddha Tathagata 2274. Caracteres physiques des Buddha 2275. Caracteres moraux des Buddha 2276. Les avenikadhamma 2277. Les dasa bala 2278. Autres caractere's 2279. L'enseignement essentiel du BÍlddha 2280. Les Buddha successifs 2281. n. Le jeu des choses. 2282. L'enchainement des conditions de la douleur 22832284. Renaissances et transmigration 2285. Les actes 2286. L'existence intermédiaire 2287. La nature de l'etre transmigrant 2288. Les facteurs d'existence 2289. III. Les conditions de l'arret de la douleur. Conditions générales 2290. Conditions morales 2291. Conditions psychophysiologiques et intellectuelles 2292. Les conditions de l'éveil, Bodhi 2293. L'extinction, NirValla 2294. Théories diverses 2295. Nature du Nirvana 2296. . IV. Le chemin de l'arret de la douleur. a. Les moyens de la marche dans le Chemin 2297. La technique du comportement 2298. Les techniques psychiques 2299. Les dispositions de l'activité 2300. Les créations psychiques 2301. Les méditations 2302. Les positions du psychisme 2303-2304. Les «affranchissements" et les «stages de dominateur" 2305. But des exercices psychiques 230 6. . b. La marche des etres vers l'arret de la douleur 2307. Le convertí. Sotapanna 2308. Le sakadagamin et l'anagamin 2309. Le saínt, Arahant 2310. Le bodhisatta 2311. B. Les divisions des écoles anciennes 2312. Sthavira. MahIRasaka 2313. Dharmaguptaka 2314. Haimavata 2315. Kasyaplya 2316. Vatslputrlya. Sarpmitlya 2317. Mahasanghika 2318. Bahusrutlya 231 9. Call1ya 232 O. Sarvastivadin 2321. Vaibhasika-Sautrantika 2322-2323. C. Les doctrines du Gran'd Moyen de progression (Mahayana). Origines du Mahayana 2324. Caracteres principaux du Mahayana 2325. Bouddhologie 2326. La doctrine des corps du Buddha 2327-2328. Caracteres de l'état de Buddha 2329. Les divers Buddha 2330. Amitabha 2331. Ak~obhya. Bhai~ajyaguru 2332. Les bodhisattva et les conditions de leur état 2333. Les dix étapes de la carriere 2334. Les dix «extremes» de vertus 2335. Principaux bodhisattva 2336. Maitreya 2337. Avalokitesvara 2338. ManjusrI 2339. Divinités 2340. Doctrines des sütra mahayaniques 2341-2342. Théories des Madhyamika 2343. Critique de 1 apparence des choses 2344. Dialectique et logique 2345. Théories des Vijñiínavadin-Yogacara 2346. Psychologie des Vijñanavadin 2347. Les choses et la réalité 2348. Le salut d'apres les

Vijñanaviidin 2349. Logique bouddhique 2350. Dignaga 2351-2353.L'école de Dignaga 2354. D. Les doctrines du Mahiiyana tardif et des Tantra. Origine des Tantra 2 355. Les tendances ritualistes et spéculatives du bouddhisme tardif 2356-2357. Les Buddha et les Bodhisattva 2358-2260. Formes diverses des Buddha, Bodhisattva et Sakti 2361. Divinités 2362. Doctrines tantriques 2363. Symbolisme et Yoga tantrique 2364. Conceptions et méthodes du Yoga tantrique 2365. Rejet de la honte et du dégoüt 2366. Sectes ou écoles diverses 2367. 5. 'Discipline boudhique. - La Communauté. Les fideIes lalcs 2368. Les moínes 2369. NovicIat et ordination 2370. Les devoirs du moine 2371. Équipement des moines 2372. Vie des moines 2373. Hiérarchie et personnel des couvents 2374. Cérémonies de la Communauté 2375. L'énumération des péchés 2376. Actes disciplinaires 2377. Pénitences 2378. Les regles des nonnes 2379. Discipline communautaire mahiiyanique 238 O. 6. Cultes bouddhiques. Les reliques du Buddha 2381. Culte des reliques, monumenta et figurations 2382. Pompes, louanges et largesses 2383. Rituels accessoires dans les écoles anciennes 2384. Cultes mahiiyiiniques 2385. Cultes tantriques 2386. CUAPITRE XII. LE JAINISME (S 2387-2493).

1.. Les sources.
Généralités 2387. Les pilrva (puvva) 2388. Les Aliga 23892396. Les Upanga (UvaJiga) 2397-2400. Les dix PrakirTJaka 2401. Les Cheda(sütra) 2402. Autres traités canoniques 2403-2404. Le Canon des Digambara 2405. Les commentaires de Canon 2406. Caractéristiques du Canon 2407-2408. Chronologie du Canon 2409. Sources post..canoniques 2410 Sources en gujratI, etc., 2411. Sources en dravidien 2!d2. Épopées 2413. Biographies légendaires 2414-2416. Récits historiques 2417. Romans 2418-2419. Contes 2420-2421. Drames et lyrique 2422. Poésie didactique 2423-2424. Philosophie 2425-2427. Littérature érudite et scientifique 2428. Sources littéraires brahmaniques 2429. Souroes bouddhiques 2430. Autres sources littéraires 2431. Sources épigraphiques 2432. Sources archéologiques 2433. 2. L'histoire de l'Église. Les Tirthakara 2434-2435. Piirsva 2436. Mahávlra 24372438. Relations avec le bouddhisme 2439. Les premiers disciples 2440. Bhadrabahu et le premier ConcRe 2441. La scission 2442-2443. L'expansion vers l'Ouest 2444. L'expansion vers le Sud 2445. Suhdivisions 2446. 3. Rites et coutumes. . Situation actuelle 2447. Inlluences hindouistes 2448. Continuité de la tradition 2449. La regle monastique (kalPf1" samaciirí) 2450-2453. Les lalcs (upasak4) 2454. Doctrmes. 2455. Théorie de la connaissance 2456-2463. Nayaváda

L. Renou.

O. Lacombe.

Origine du nom de kharo~thI. p. autres vers syllabiques. Nak~atra. 741. Filliozat] 2493-2494. Écritures septentrionales antérieures 11 l'ere chrétienne. p. Écritures . L'espace 2470. p. Titres et colophons p. 721. L. 725. Concordance des divisions lunaires et solaires. p. L'Ame 2468. 735. Cosmologie 2473. 683.la. p. p. Années et mois solaires. p. p. Syadvada 2465. Datations. 673. ÉcrJtures gupta. p. 744. p. La morale des religieux ou discipline de libération 2487-2490. p. ¡ p. Renou. a ApPBNDIGB 3. 675. 673. 729 Signes du zodiaque. p. Chiffres indiens anciens. XIX XVIII TABLE DES MATÚlRES. 750. 734. 713. 717. Le temps 2471. Eons. NOTIONS DB GHRONOLOGIE. p. p. p. 670. Liste des Smrti. 735. p. Rasi. p. p. Écritures tamoules.u d'apres l'Ahirbudhnyasal!lhitá. p. 683. Liste des langues (bhü~ii). 682. J. 743. 676. ApPENDICE 9. b Divisions solaires. 732. 679. p. Notions de métrique tamoule [par J. Écriture des manuscrits. 676. ApPENDIGE 6. 704. p. p. ApPENDICE 8 bis. FiIliozat. p. N¡¡garI jaina. 715. Chiffres araméo-indiens. p. ApPENDIGE 4. 681. Vivekananda. NOTIONS DB MÉTRIQUE. ApPENDIQ¡¡ 10. Riimakr~¡. 754. p. 727. p. 721. 735. p. p. p.ad (liste de la Muktika-up. Cycle duodénaire de Brhaspati. p. Notions sur les manuscrits. 716. p. Écritures gupta proprement dites. p. 752. Matiere des manuscrita. Jours de la semaine. Principaux types définitifs. ApPENDIGE 1. p. 722. Saisons et mois. 722. Satyananda Agnihotrl. Chiffres. Classification des Ames 2475. p. Les vers prakrits. La morale des laics 2486. 717. hengalies. NiigarI. 722. p. Divisions joviennes. p. 668. Subdivision dujour civil (siivanadivasa) . Évolution de l'araméo-indien. p. Liste des 108 Upani. p. J. Jours lunaires. 720. 703. Manuscrits gupta en Asie centrale. PRINCIPALES MESURES DE POIDS. Rammohan Ray. ApPENDIGE 11. 75 L ApPENDIGE 8. p. Renou. Principaux mots représentant les chiffres. 758. 673. Renou]. p. 734. Les substances conditionnant le mouvement et le repos (dharma et adharma) 2472. p. 725. p. p. p. Filliozat. Mois lunaires. Dayananda SarasvatI. j I 1 I l! l . Chiffres décimaux sans zéro. Listes des Upapural. 674. Écritures du Sud : Caracteres généram. p. Écriture de Mohan-jo-J)aro. Écritures ~annara et telugu. Eres usitées dans !'Inde p. 665. p. LES RÉFORMES RELIGIRUSES GONTEMPORAINES. p. Les catégories 2466-2467. 672. 740. p. p. 708. Ramana et Aurohindo. Formation des écritures indiennes.a. ApPENDIGE 5. Logique jaina. 680. 734. 726. La morale des VQlUX 2485. p. Origine de la kharo~~hr. Caracteres généraux des écritures de l'Inde ancienne. La matiere 2469. 713. Inscriptions des Saka et des Ku~al). p. Écriture de BhaHiprolu.757. 4264. 665. p.736. Calendrier. Doctrines (mata) réfutées dans le Safikaravijaya d'Anandagiri. 731. Écritures d'Asie centrale empruntées aux types gupta. ApPENDIGE 7. 722. Les 39 avatara de Vi~l). p. Repares célestes. ApPENDIGB 2. Le áloka. p. 703. Siddhasena Divakara [par J. p. p. p. Inscriptions des Pallava et des Calukya. 677. 727. 667. 674. Structure du composé Ame-corps 24762479. Filliozat.727. 704. p. 734. 709. 752. tithi. p. 725. Écriture singhalaise. p. Cycles accessoires. Divisions lunaires. p. Tableau du cycle sexagénaire de"Brhaspati. p. Origine des chiffres. 739. Tableau du cycle duodénaire de Brhaspati. Les vers p. 746. p. P ALÉOGRAPHIE. TERMES USUELS DE LA GRAMMAIRE SANSKRITE. p. p. 682. aligavidyii) d'apres le Kamasütra. Origine de la hl'ahmr. Partíes du jour. 669. 753. 741.ere chrétienne. p. 679· Écritures modernes du Nord-Ouest et de l'Ouest. Siirada. 725. 75&. Noms des Tithi. Shivadayal Singh. p. Écritures d'Indochine et d'Indonésie. p. 735. p. Keshab Candra Sen. p. p. 683. p. La servitude (bandha) 2480-2484. p. p. Écritures du Nord et de rOuest 11 partir de l'. Brahmr d'Asoka. Inscriptions des Andhrabhrtya. J. Nak~at1'a et Yoga corresp'ondants. Chiffres décimaux avec zéro. 678. p. p. 743. Les mores. Liste des 64 arts (kala. Cycb sexagénaire de Brhaspati. Ecritures importé es du Nord. c.) p. p. p. p. Liste générale des nak~atl'a [par L. Écritures dérivées des types gupta 4e l'Inde. Liste des Agama. 721. 722. Notations numériques en lettres. p. Noms des Karal!a. 712. a. 742. p.ta. 1. 679. Divisions du temps. 712. Les quatorze stades de qualification spiritueHe (¡fu(wsthiina) 2491-2492. Origine du nom de hrahmr. p. phases et Ages du monde 2474. 682. p. Écritures népalaises. 681.TABLE DES MATIIlRES. p. ApPBNDIGE 12. Métrique védique. Yoga.p. 675. FiHiozat]. K~aharata et K~atrapa d'Ujjayinr. p. ApP¡¡:NDICB 13. p. 702. 680.

systemes ou écoles qui ont re. ils font véritablement un travail d'école. darsana veut dire ((vue". La philosophie en tant que discipline inteBectueBe spéciale a été tout d'abord con. ils commentent des textes reconnus pour fondamentaux ou des commentaires de ces textes. Les mots qui la désignent semblent le prouver.ana. On l'a appelée d'abord tarka ou nyiiya.• -- .Les vues. De pareils sommaires a retenir devaient de toute nécessité étre complétés par des explications orales. et plus souvent iinvTlc~iki ((enquéte". dérivé de la racinelkf((regarder". de guru a sifya.--- ---~----- -~. l'enseignement traditionnel (para1!lparii). n est vrai qu'ils innovent parfois audacieusement mais ce n'est qu'en prétendant mieux restituer la véritable doctrine primitive des textes dont ils partent. Ces textes mémes sont souvent des textes d'écoles. n s'ensuit que la philosophie indienne traite de omni re scibili ou plus exactement que le nom de darsana signifie ((vue" en un sens général et non pas strictement ((vue philosophique" selon la nomenclature occidentaie. des lciirikii ou vers mnémoniques OU les doctrines sont exprimées en formules condensées al'extréme pour étre mieux gardées dans la mémoire. toutefois on le traduit communément par ((systeme". qui a été adopté a partir de l'épopée tardive pour désigner les diverses branches de la philosophie indienne. des siitra ou ((aphorismes".¡u dans l'Inde le nom de dadana ~ Int tres variés. LES SPÉCULATIONS GRAMMATICALES 1. Mais c'est finalement dar . Les deux interprétations se justifient. (lest ainsi que le philosophe Madhava compte au nombre des dar 'ana l\école du grammairien Piil)ini et ceUe des alchimistes (5 1364). Ce sont aussi des systemes en tant qu'ils constituent des groupements coordonnés de notions. Certains méme sortent du domaine de la philosophie. ce qu'on expose et ce qu'on discute. les auteurs qui s'y rattachent composent rarement des livres originaux. avec le préverbe anu ((a la suite. . ils interpretent et enseignent des théories classiques. Surtout. Les dariana sont bien des ((vues" sur les divers points du domaine philosophique. Strictement. ce dont on parle. mots qui dénotent la conduite de l'esprit. Ce sont encore des écoles car le plus souvent ceux qui les suivent en transmettent successivement de maitre a disciple. On a appelé les théories philosophiques spéciales mata ((opinions". c'est-a-dire ce qui est pensé. en suivant". . nom dérivé comme iinv¡k:~ik¡ d'une racine ((voir" (dr s-) . CHAPITRE VII LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE LES DARSANA LE MATÉRIALISME. ou vada ((doctrine". La notion de darsana.¡ue dans l'Inde comme une méthode d'enquéte. INTRODUCTION § 1358. Ce faisant.

dela meme' de cette réalité supreme qu'est le Veda et atteint l'Etre absolu.361. Si l'Arthasiistra attribué a Kautilya donne une idée exacte de la philosophie. au moins théoriquement. qui peut passer pour le moins philosophique. Enfin la diffusion universelle d'idées issues des spéculations des darlÍ:ma a préparé l'Inde entiere a l'acceptation courante de eoncepts qui nous paraissentétranges et qui chez elle sont ordinaires . Dans l'esprit des Upani:~ad. celui qui eonnait le brahman et l' iitman va plus loiIl: encore.:r. Synthése des six darsana. le Veda qui enjoint l'acte rituel réalisateur de 1'« Ordre». les théories matérialistes sont éventuellement considérées comme des dar. pensée des darsana et la culture indienne.1a et des Upanifad pour qui le souverain bien s'acquiert par un savoir. A eux six les dadana brahmaniques englobent tout. Dans les écoles brahmaniques ils sont étudiés en eommellºant par le Nyaya-vaise~ika. Non seulement les dadana eonstituent bien la philosophie brahmanique mais leur étude s'impose pour connaitre profondément la culture indienne. le j¡lr7namr7rga.360. des BriihmaJ. par la réaetion qu'elle a suseitée dans la soeiété et plus précisément dans la caste brahmanique. La Mimaf). dans les écoles médieales. on s'affranchit des illusions qui l'égarent. la Mlmal)1sa et le Vedanta en ce qu'ils coneernent le Veda et l'au-dela du Veda. a rincl'oyance. sa connaissanee lui donne le sentiment de sa participation a 1'1':tre absolu. Le Sar¡. remontent a l'époque des Upani~ad. La somme des vues partielIes est un tableau total de l'Univers. Ils sont en effet les héritiers des Bl'iihmaJ. bouddhistes.lsa a influé largement sur la jurisprudence. on passe ensuite au SaI}lkhya-yoga pour étudier en dernier líeu la MlmaI}lSa et le Veuanta. Il est certain que les origines des spéculations alors constituées en systemes sont'. .-C. C'est pourquoi la philosophie des darsana sauve en meme temps qu'elle éclaire et paree qu'elle éclaire. On les désigne parfois en bloc sous le nom d'iistikya «croyance en l'existence de la divinité et du but SUpreme" en les opposant au niistikya. 3 § 1. Ce Yoga par 1'emploi qu'il fait d'exereices spirituels et pltysiologiques parait en effet constituer bien plus une discipline technique qu'une philosophie. le Yog'a. Le Yoga joue des éléments révélés par cette analyse pour obtenir pratiquement une maitrise tant physiologique que psychologique et le passage d'un plan a l'autre. On voit que les darsana se completent deux a deux : le SaI}lkhya et le Yoga paree qu'iIs sont comme une théorie et son applieatioll pratique.362. l'autre transcendant. Les éléments qui devaient eonstituer les darBana étaient réunis. Les darBana ne constituent pourtant pas des systemes plus religieux que philosophiques j leur caractere de vues promenées sur le monde reste essentieL Celui des daIBana. eonstituant la philosophie classique du brahmanisme. La Mimaf). En dehors de leur earactere philosophique les six darsana brahmaniques ont un caractere religieux préeisément paree qu'ils sont brahmaniques et surtout paree que la connaissanee a laquelIe ils conduisent est salvatrice. celles des vues sur le monde qui appartenaient aux brahmanes ont tendu a etre harmonisées. du dhm'ma. sinon plus haut. INTRODUCTION. Beaucoup. Le darBanaréputé le plus "mystique~ est bien plutót un systeme d'enquete et d'action psycho-physiolog'iques. on fait son salut.Jien plus anciennes. Dans l'esprit des Bl'líhmaJ. § 1. e'est alors qu'ils ont été eoordonnés et exposés dan s des textes seolastiques. jaina ou matérialistes. Portée philosophique et religieuse des darsana. l'un phénoménal.1a celui qui sait les formules et connait les rites a atteint le but supreme.~ana (5 1364) mais ce nom ~'applique tout particulierement a six courants d'enquete philosophique qui sont rapprochés par ce trait commun j ils sont brahmaniques et reconnaissent..2 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE.:J.1a et des Upani:~ad. l'autorité du Veda. Mais les différences memes de leurs directions de recherches les conduisent souvent sur des terrains distincts OU elles se spécialisent et leurs résultats spécíaux peuvent se compléter.3ij. deux darBana orthodoxes. Leurs origines. le Nyaya a celIe des démarches rationnelles de l'esprit. Les darBana orthodoxes semblent s'etre codifiés entre le u· et le v· siecle de notre ere (Jacohi) dans la grande période d'activité spirituelle et littéraire commencée par une réaction de la culture indienne contre les invasions (5 463) et poursuivie avec éclat a la grande époque des Gupta. le Siil!lkhya et le Yoga et un hétérodoxe constituaient déja la philosophie (iinvik~iki). Enfm le Veclallta regarde au- § 1. § 1. Le groupe des darsana brahmaniques. le Vaise~ika et le Nyaya parce qu'ils allalysent la matiere et l'esprit. meme en ses aspects non philosophiques. L'étude du Nyaya fait partie du bagage indispensable ala formation de tout pandit. Le Vaise~ika s'attache a l'analyse subtile de la matiere et des catégories notionnelles. a l'époque de Candragupta le Maurya. La psychologie et les spéculations de logique venaient de s'élaiJorer. Ils sorrt de ce fait des darBrtna orthodoxes par opposition aux dar:ana hétorodoxes. Elles ne l'ont pas été systématiquement ni completement. dont quelques-unes sont essentielles. Elles sont loin de s'aceorder quand elles arrivent devant les memes problemes par des achemínements différents. au moins en partíe. J. Il est pourtant une méthode d'exploration et de domination du psychisme inconscient. 1'est en réalité presque au meme titre que Ise antres.. Sans doute originellement distinctes.359. Le yogadarsana est une «vue" gui complete les autres et porte la ou elles n'atteindraient pas. celui du purUfa.lsa «examine" ce qui n'est ni esprit. Les états psychiques qu'il réalise sont des expériences dans le domaine qui échappe aux sens et a la pensée ordinaire. L'influence de la pensée des dariana n'a pas été limitée dan s nnde au milieu spécial des philosophes. on s'éleve au-dessus de la conscience humaine vulgaire. Ainsi par le chemin de la connaissance. ni matiere et ne ressortit par conséquent a aucun des autres darBana. Les doctrines bouddhistes ou jaina. Il est tres probable que l'aetivité du bouddhisme a la meme époque a eontribué indirectement a la codification de eette philosophie.lkhya dénombre les éléments constitutifs du monde tant spirituel que matériel et découvre deux plans. on passe ainsi graduellement de la eonnaissanee la plus immédiate a la seience de l'absolu (Ballantyne). Tous les textes classiques supposent le vocabulaire et les idées du Sal!lkhya et du Vedanta familiers aux lecteurs. a la fin du IV' siecle ay. a plus forte raison le disciple de la Mlmalpsa qui pénetre les secrets de l'efficience des formules. La religion est en grande partie la création des philosophes. celui de la prakrti. § 1.

~n' groupe d auteurs sur 1 ordre du souveram marathe de Taüjavur SahjI (16851711). selon les lndiens. mais encore les systemes des matérialistes. C'est ainsi qu'un des traits frappants de cette mentalité est la facilité avec laqueBe elle accepte l'idée de l'inexistence du monde matériel. Des que les doctrines des dariana.ement régulier. Ce ne sont done pas des ouvrages d'histoire de la philosophie mais plut6t des examens contra dictoires des systemes philosophiques. Un certain nombre d'ouvrages tardifs décrivent les dadana. les dariana les plus divers sont envisagés. d'ailleurs.lruntées au monde heHénique. se classe natureBement a cote d. 5 L'étude des dariana est done indispensable a l'inteBigence de la mentalité indienne en général. sans prendre aueun élément au monde extérieur. A la fin du IX· siecle. plusieurs systemes bouddhistes et celui du Mahlibharata.si. rangés dans un ordre de valeurs. mé~e. D'a~tres exposés plus récents des darSana ont encore été rédigés en sansknt. Certams mclment a admettre que lespensées indienne et occidentale sont irréductibles l'une a l'autre. greeque. alchImIque. visi?'!iidvaita. Ver s 16 OO. n en décrit quinze.a¡ent prodIgIeusement anCIennes et que toute civilisation venaIt de 1 lnde. également inconnu. do?trines philosophiques greeques et onentales. Nous alions voir que. Ces forees peuvent aussi entrer en jeu d'eBes-mémes. . maIfle~ Pal. du point de vue indien la science ~u Ag~ammairien. Son origine est souvent pour luiinexplicable. n commence par le systeme des matérialistes qui est ainsi donné pOUr le pire. la PUI'vamlmarpsa. En 906. apres tout. son disciple Siddhar~i a déerit sommairement les six darlana dans son Upamitibhavaprapaílcakatha en prilkrit. au debut du XIX' sIecle. des jaina. Mais. par la eHe se rapproche des autres dariana et. Certains. n comprend des systemes que § 1365. mais il avait raison de re~ourir a l'étude eom~arée ~es. étudie non seulement le Vaise~ika. pour produire les réves. le Nyaya. Les.Ia philosophie. a un OccIdental ou reCIproquement. Le Sarvadarianasiddhanta~aI!¡graha.sophie d'uti~ise~ les.4 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. La conception de Cousin était trop arbitraire. gui est ce~le du jeu de la parole. L'idéalisme absolu n'apparait plus alors comme une monstrueuse production. D'autre part. INTRODUCTION. composé pa~ Ramabhadradlk~ita et.ont été eonn~es en Europe. mais on voit que l'esprit indien est préparé a la négation des objets des sens par la théorie de la perception que les dariana ont rendue classique. Victor Cousin jugeait m~m~ que les darian~ correspondaient par leur contenu et leur ordre theor~que de succeSSIOn aux systemes philosophiques généraux qu'il eroyaIt retrouver dans l'histoire de la philosophie oceidentale en un ench~b. n est toutefOIs reste dlfficIle pour beaucoup d'historiens de la ~hilo. a ceHes ~e . ce qui ~iff~re ce sont ~es notions préétablies sur lesquelles se fondent les exphcatIOJ.pp~ment des systemes occidentaux devenait générale des qu'eBe se vénfiaIt aussi pour les systemes indiens.soutinr~nt qu:eBes ne pouvaient étre que modernes et qu~ la pensee phIlosophIque n ayant pu naitre qu'en Grece. du ~Seigneur des essences élémentan'es» (raseivaradariana).une méme ~xplicati~nparaisse c?J. La loi qu'il prétendait découvrir dans le dévelo. ~Collection des six dariana». Un BahuvidhamataSal!lgraha est une réfutation de toutes sortes de doctrines. l'auteur jaina Haribhadra Suri a écrit un $a{ldarianasamuccaya. le systeme de Patafíjali et le Verlallta. dIscordances en~re les philosophies de ces deux mondes sont bIen mOIllS entre ces phIlosophies elles-mémrs . l'appartenance réelle des darlana a la philosophie 3 été établie. on s'est aper~u qu'elles étaient co~parab~es. Pourtant les démarches de l'espnt sont les mémes dan s le monde indien et dan s le monde occidental. spontanée et inexplicable. Descriptions indiennes des darsana (brahmaniques et autres). du génie indien. mais il compte parmi ces dariana le bouddhisme et le jainisme a l'exclusion du Vedanta et du Yoga. pa~~Heles. eroyant alors qu e~les et. seeptICIsme et mysticisme. surtout par les travaux de Colebrooke.lml et celm. Appaya DIk~ita a composé un Caturmatasarasal!/graha qui traite spécialement des doctrines des écoles vedi\ntiques dvaita. aussi bien bouddhique que brahmanique avec la pensée greeque. la science de la matiere de l'Univers a autant de ti~res que l'atomisme Vaise~ika a étre classée dan s la philosoph¡e. l'alchimie du rasesvaradarsana est une SCIence salvatrice. a son point de vue. L'idée que le monde extérieur n'est qu'un réve bien lié apparait a premiere vue comme tout a fait étrange a l'Occidental. La plupart se bornent a l'exposé de certains d'entre eux et font d'ordinaire cet exposé dan s des buts de polémique .. no~s. a c6té des dariana classiques. le Sarpkhya.tion.tvaincante a un philosophe indien et Illsuffisante. L'étude de la théorie indienne de la perception en donne pourtant la cié. les sens ne sont pas des récepteurs passifs d'impressions venues de l'extérieur. Les darsana et la pensée occidentale. elles étaient ~mJ. D'intéressantes données doctrinales sur les da1'l(:l1a se trouvent dan s le poeme tamoul ancien Ma(limegalei (S 1223). les spéculations grecques et md¡ennes. L'auteur. opini?ns indiennes en parallele avec ceBes de 1 OCCIdent. d'une puissance d'illusion qui mettrait seule en branle les forces alimentant la conscience. D'autres par réac. toujours le méme : sensualisme. ne co~si~érerion~ pas ~o~me philosophiques : celuí du gram- § 1364. mais des force s actives qui fa~onnent les perceptións en en prenant les éléments au monde extérieur. advaita et liviídvaita et une Viidanaksatramiílika contenant surtout des controverses relatives a la l"IIma~lsa. leur jeu n'est pas constamment indépendantde tout monde extérieur existant. Mais le plus important des exposés des daráana est le SarvadarianasaI¡¡graha par Madhava (XIV' siecle). En fait il n'est pas rare qu'. Fréquemment. n est de date inconnue mais peu ancienne. on con~oit aisément comment il aceepte sans révolte les conséquences extrémes de la philosophie de l' atmanbrahman. croissantes. s'il ne dépend pas exclusivement d'une maya. Dans tous les eas. était un advaitavedantin. app~~aissent comme généralement ind6pendantes en depIt d mfluences recIproques sporadiquement décelables q~e nous étudierons au tome III en méme temps que les rapports des dIVerses formes de la pensée indienne. tels le Sarval/latasa1!lgraha d'auteur ineonnu et le Saddarianasi~dhlintaSalJ1gr~ha.e ce He ~u Jeu du raIso~nement. En fait. Des lors on peut se demander-et c'est ce qu'onL fait les idéalistes indiens .ts. le Nyaya. attribué a Sañkara. idéalisme. en firent les modeles de ceHes de la Grece.

! § 1369. Autrement l'interprétation peut faire fausse route. sans que cela puisse le rendre plus apte a signifier manas. la force auditive les éléments sonores et ainsi des autres. Elle exige aussi de grandes précautions dans l'usage et l'établissement des traductions qui supposent nécessairement l'interprétation des termes philosophiques employés par les textes originaux. enfin on utilise volontiers pour équivalents «esprit» (a cause de la parenté de manas avec mens du latin) et «sens commun" (<<sensorium commune" et non «bon sens.--l 6 LA PHlLOSOPHTE BRAHMANIQUE. II faut ajouter que. les r~ves. Les théories indienne et occidentale déla perception sont également impuissantes au fond a en rendre compte et l'indienne se pl'ésente par rapport a l'occidentale comme la géométrie non-euclidienne en face de l'euclidienne. justifiée d'ailleurs par des constatations précises et des contre-épreuves décisives. images. En fait. Elle ignore. On est contraint en pareil ras soit de rendre. En ce cas. etc. désirs. soit d'adopter la traduction la moins inadéquate en l'accompagnant toujours du terme original pour signaler qu'elle n'en est pas l'équivalent absolu. ji est vl'ai. le manas est défini comme ayant pour fonction de «disposer ensemble" (saf{lkalpayati) les données des sens. Cette théorie explique les erreurs sensorielles. par le fonctionnement inopiné des force s saisisseuses qui représentent les sens et qui. mais la théorie occidentale ne sait pas davantage comment l'excitation matél'ielle et localisée d'un organe devient représentation consciente. 7 I qu'entre les données puisent. les hallucinations. On comprend la signification des tflrmes indiens par les définitions qui en sont données et par leur emploi dans les textes. la condition de la perception est une «saisie" (grahana). La pénétration de la pensée indienne par les Occidentaux exige d 'eux une connaissance préalable de la culture indienne. Chaque force spécialisée «saisit" les éléments qui dans ces objets lui correspondent. Mais beaucoup d'entre nous sont habitués a considérer la conscience comme le thé~tre ou se jouentles scenes que l'esprit contemple et non pas comme un organe créateur de représentations et de volitions. Le mot «conscience" n'évoquerait pas pour eux ce que le mot manas signifie pour les auteurs sanskrits. l'éveil (buddhi) de sa connaissance dans la conscience. particulierement des idées religieuoos. EHe convientmal a des fins pratiques mais elle n'est pas irrationnelle et rappeHe par son existence qu'il est des faqons de traiter les problemes . La détermination des équivalences entre termes philosophiques indiens et européens est tres délicate. re~ues dan s les cultures traditionneHes OU eBes § 1366. § 1367. Rationnellement elle n'est pas inacceptable. la force visuelle saisit les éléments lumineux. causant ainsi la formation de représentations irréelles. par exemple. malheureusement pour le langage philosophique européen lui-m~me. est parfois laissé sans traduction.). La difficulté de la traduction des termes philosophiques sansl{rits en langage occidental souligne ce qui précisément donne a l'étude de la pensée indienne un des principaux éléments d 'intér~t. qu'on ne pos sede pas de terme européen adéquat pour les exprimer. mais on s'aper~oit fréquemment. les mots européens.. Le mot manas. Les organes des sens ne sont pas des récepteurs passifs d'excitations. cet équivalent n'est pas toujours exact dans toutes les acceptions. Intéret général de la philosophie des darSana. § 1368. c'est la preuve que celle-ci n'épuise pas a elle seule toutes les possibilités de représentation philosophique et s'enferme éventuellement dans des préjugés traditionnels dont la valeur aurait besoin d'~tre remise en question. INTRODUCTION. parfois rendu par le mot «mentab dont on fait alors un substantif. une fois qu'on les a compris. cosmologiques et scientifiques qui ont formé le fonds du savoir des philosophes indiens. le terme sanskrit par une expression composée explicative. sont susceptibles de faire au manas des rapports fictifs. La pensée indienne donne des m~mes faits des interprétations différentes de celles que la pensée occidentale a construites. n'ayant pas toujours une valeur unique et déterminée. par quel processus exact s'effectue. Beaucoup d'esprits se satisfont de cette construction. c'est-a-dire de former les conceptions qui apparaissent dans la conscience. La traduction du mot manas est impossible ou infidMe. Les termes «esprih et «sens commun" l'évoquent mieux mais non tres exactement. m~me lorsqu'un terme indien trouve un équivalent exact dans une langue européenne. La perception est habituellement considérée par les Occidentaux comme-le résultat d'une excitation produite sur des organes récepteurs spéciaux par le milieu ambiant. des images représentatives du milieu excitateur. Pareille construction est scientifiquement sans valeur. des connexions nerveuses transmettent ces excitations a des centres ou s'élaborent. étant actives par elles-m~mes et non pas simplement mues par des excitations extérieures. Mais les spécialistes qui multiplient ces constatations et réalisent ces contre-épreuves savent qu'ils ne font que préciser toujours davantage les conditions de la perception et que rien ne leur apprend jamais comment en définitive une excitation matérielle devient phénomene psychologique. II est difficile de sortir de ce dilemme. Le procédé de ces derniers donne des phrases plus claires mais qui sont la source d' erreurs d 'interprétation et de jugements injustes. par des effets physicochimiques des maintenant connus ou soup~onnés. Dans les darsana. Toutes prennent par contact connaissance de leurs prises et font en quelque sorte rapport de cette connaissance au manas (§ 1367) qui en compose les représentations rendues conscientes par la buddhi (§ 1472). puisqu'elle ne précise pas les conditions réelles ou la perception s'effectue. beaucoup de traducteurs renoncent a rendre le terme sanskrit et le conservent tel quel apres l'avoir défini. II centralise pour cela les données de la sensibilité et on pourrait l'identifier avec ce que nous appelons la «conscience". D'autres forgent un terme européen nouveau qu'ils sont obligés d'expliquer et qui impose au lecteur un effort de mémoire superfluo D'autres ene ore se contentent d'une traduction approximative. lors de la ((saisie" d'un objet par la dorce sensorieHe". quand e'est possible. L'interprétation de la pensée des darsana par les Occidentaux. ce sont des «forces" (indriya) qui agrippent au passage et parfois vont chercher (c'est le cas de la vue) les objets extérieurs (§ 1472).

Ce recueil se divise en 12 adhyiiya (il existe un supplément. de métaphysique et de sotériologie. Vaule(>ika. quí concerne les rites et qui est la MImaI)1Sa par exceHence . et on peut imaginer une Mlmal)lSa rudimentaire. Origine de la Mimfupsa. soulignant les liens qui s'établiront au Moyen Age entre la (Purva)Mlma1).l4a. Sa1). 1387). sinon mythique. si les vues des deux «auteurs» coincident dans les Mimaqlsasütra. générale~ent au ~ombre de ~. la Mlma1).~ont .lkhya. é~ar~ ces Sütra ont-ils subi l'influence des Satra de Badarayal)a : Jalmml faIt appel a l'autorité. a des elforts utiles de révision de nos idées et a une plus juste conscience de leur caractere subjectif. dont il sera question § 1388 et suivants.lSa. § 1371. elle donne la théorie de ces injonctions. dans les Brahmasütra la moitié des passages comparés les opposent.to~t a faIt comparables a ceux-ci pour 1 arrangement. eHes s'opposent l'une a l'autre et en méme temps se completent comme s'opposent et se completent BriihmaJ. des essais de psychologie. n a § 1372. Le terme de mima/!Isa ttinvestigation» (proprement ttÍait de vouloir intensément penser») se rencontre dans toute la littérature. n exprime l'intérét qu'on prenait des une haute antiquité ttrecherchen les points du rituel ou de la spéculation qui pouvaient préter a un doute. De la deux formes de MIma1).-C. LEs SIX DARSAlI'J a. L'objet de la MIm1üpsa est double. etc. d'autant que. a savoir donner les regles pour l'établisse- a roent d'un Kalp~s~tra et d'un prayoga rituel. est déJa onentee vers de& fins théoriques tout autant que pratiques. Ceci peut amen el'. le nom de Jaimini est. comme les autres fondateurs de darsana. la t~neur. les paribha:~iisütra qui étaient attestés de m~niere sommaire et inégale dans les Kalpasütra. A. Les textes : Les MimaIpsasütra. On peut admettre qu'il se serait fixé a la fin de l'époque védique. de fixer dans tous les cas douteux la ttjurisprudence» rituelle et d'assurer une pratique correcte. élaborée peut-étre dan s les milieux samavédiques. V. Pal)ini connait le terme. traitent de la valeur des mantra.la)kiil. et le soud qu'on avait dans les milieux scolastiques d'établir une herméneutique rationneHe des textes sacrés. ~n style différent et d'authenticité contestée. du conflit éventuel entre smrti et sruti. est dlfficIle de declder sur la pnonté de l'un ou de l'autre recueil.1sa ou Vedanta (mlma1). L'usage du mot mimar¡ISa se poursuit dan s les Dharmasristra. D'autre part il est évident que. exposent la relation entre le root et le sens.et l'uttaramimal. d~ Badara~aJ}a.lSa se tient au carrefour de la spéculation brahmanique.1a et Upani?ad. Aucun de ces rapprochements ne donne de date slire pour la constitution du Mimiil!lsridariana. qui t~aitent. philosophiques autres que ceHes qui nous satisfont communément sans pourtant étre exactes. le Sal!lkal'~a(l. les Sütra de Jalmml. 8 9 LA PHILOSOPHIIl BRAHMANIQUE.Veda. Mais a l'origine la Mrmamsa est résolument realIste et techmque : un corps autonome de regles. les Sütra définissent le dharma. J~cobi pose 3~O-200 ay. tandis que KeIth ne les estIme pas anténeurs au me slede de notre ere. et le Mahabha?ya parle des Mimal)lSaka comme de gens dont les traditions sont bien assises : l'argumentation grammaticale d'autre part n'est pas sans rapport avec la Mlma1). selon qu'il porte sur le dharma (ttdevoir ritueh et ttmérite» qui en résulte) ou sur le brahman.w) qm forment la trame du rituel védique. indiquer par exemple le résuitat transcendantal que produit le mérite ?u . rituels. on yerra certams textes tardifs ébaucher une technique du salut.lsa : on a noté (Paranjpe. Enfin le réalisme de la Mrmal)lSa et certains procédés de sa dialectique permettent de la rapprocher du Nyaya-Vaise~ika (Strauss) -le mot nyaya lui-méme est synonyme de mImaqlsa . tel~e q~e l'expose son traite le plus anClen.lSa).aIpsa. qui r~ci~roquem. Ce n'est pas un hasard si ces deux disciplines se trouvent ainsi rapprochées : l'une et l'autre plongent par leurs racines dan s le vieux fonds védique. Ramasvami Sastrl) et compte O sülra : chaque adhyiiya se décompose en plusieurs p!lda environ 2. Position de la Mim. les classe et les exemplifie.rinjonctions» (codanü) du Veda. y~bjetdel_aMImalJlSa .on dit aussi Karmamlmal)ISa ttinvestigation des actes (rituels)>> . l'histoire de la philosophie ne peut Mre générale qu'a condition d'en tenir compte et de ne pas rester spécialisée dans l'étude des systemes d'Occident. le cas échéant. ~es Sutra de la MlmaI!lSa . la pÜl'Vamimar¡lSa «investígation premiere». si du moins il a jamais répondu 11 ce qui a dli Mre son objet pratique originel. Tout invite a croire que. Mai~ l~ ~ImalJlS~. entre le vidhi et l'arthav!lda. Au premier adhyaya.lSa et la pensée juridique (S 878. 1IllsplratlOn : cet!e analogie confirme l'hypothese que la redactlOn des Sütra a pu se falre des deux cÓtés vers la méme époque.le démérite.ns de Jaimini une dlzame de fOlS. une épistémologie.et le Yajur. Sur la personnalité de Jaimini. autour desquelles viendra se grouper peu a peu. dont le contenu est déterminé par les . Nyaya.7 O ou ttquartiers".. on ne sait rien d'authentique.LES SIX DARSANA. c~acun d'un ou de plusieurs «suJe~s» (adhlkara_1Ja¿. afin de poser des regles générales. Q~Olque mOl~s e~hptIques que les Brahmasütra. 2. puisqu'il existe des solutions indiennes originales pour des problemes philosophiques. du moins générique et conventionnel.en sorte que.eI!-t cite les opi~io. Jacobi) que les V(trttika de Katyayana (me ou n e siecle avantl'ere) concordent sur certains points de forme et de fond avec la phraséologie des Mimal{lsrisütra. Peut-étre a ~et. malgré son extréme originalité. La date des Sütra de Jaimini est eHe-méme incertaine : se fondant sur les p~raHeles de la tra~ition des gr~mmairiens.est d'examiner les versets (mantra) et les mterpretatlOns (brahmaJ. La MImal)lsa procede l'mvestigation du dharma. depuis l'Atltarva. C'est la le développement naturel des vieux recueils de regles interprétatives. et que les Sütra résultent d'une compilation d'école. parfois artificieHement. Le probleme de la délivrance n'est pas plus effieuré par la Mrmal)lsa primitive qu'il ~e ~'était par le Veda: comme d~ns le cas d'autres dariana. qui aurait groupé une systématique ritueHe et une systématique ontologique. L'adhyiiya 1 Á . J. tout l'appareil spéculatif que comporte un darsana. La Mfmarpsa § 1370.

Son bhii~ya est rédigé dans le style souple. . Kumarila. Mal. et le Tantraviirttika est riche en notations de faits de langue et d'usages. L'adhyiiya 3 est consacré au Se~a. misra (vers 750) qui rédigea aussi une muvre mimetlllsaka autonome. résumé des Sütra sous forme c!e ketriketque rehe une breve prose. le verhe. dont les plus connus sont ceux de Sabara(svamin). constitue l'objet unique du Veda. ou Khal. LES SIX DARSANA. Les commentaires.10 LA PHILOSOPHIE BRAmUNIQUE. auteur marathe du XVII' siecle. dont le nom se retro uve avec éclat a propos de tous les darsana. Les doctrines. il définit autrement l'arthiipatti (ihid. discuta des points importants de la doctrine (Tantraratna) et écrivit enfin un traité autonome (Nyiiyaratnametlet). qui est le sacrifice archétype (prakrti). qui commente les trois autres piida du premier adhyiiya ainsi que les adhyiiya 2 et 3. l'un développé. On lui doit le Slokavetrttika (proprement Mlmetr¡lSetSlokavrtrttika). § 1373. Le 5· concerne le krama.. Le 4· distingue le kratvartha «ce qui a lieu en vue de l'acte" et est de ce fait obligatoire. Enfin le dernier livre a pour sujet le prasaJiga. qui traitent du vocahulaire technique de la Mlmar¡lsa et des aspects pratiques de la doctrine. c'est l'injonction (S 1378). 11 2 définit l'injonction et son signe grammatical. le Tantraviirttika. au 11. inconditionnée. au début de chaque ere nouvelle. Le principal commentateur de Prabhakara fut Salikanatha. Les trois sections suivantes traitent de l'atitlesa.ladeva écrivit encore dans l'esprit kumarilien la Bharradipiket et le MimrElpSrEkaustubha. du tantra. La notion de dharma est. Prabhakara. de Prahhakara et surtout de Kumarila. est libre vis-a-vis de Sabara.likii). surnommé bhat{a «le maitre" ou bhatrapetda. le plus sommaire et le plus cIair. Mithila). surnommé le guru. il 1 A.1a (S 1383). ses ouvrages sont vivants et alertes. qui commente le püda initial du premier adhyetya. sa descendance littéraire est nombreuse : le Slokaviirttika fut commenté sous le titre de Nyetyaratniiketra par ParthasarathimisrB¡ (probablement XIV' s. La maniere dont il combat les theses houddhistes ne laisse pas de montrer qu'il a été influencé par elles (Stcherbatsky). § 1374. Pas plus qu'il n'y a créateur ou régisseur du monde. il inaugure la polémique anti-houddhique qui restera l'un des traits majeurs de la MlmaJ!lSa. Son muvre se résume en deux commentaires au Siibarabhii¡~ya. habile a intég~er sütra et bha~ya dan s un vaste ensemhle doctrinal. Jha). Enfin le Mimetl!ISiinyrEyaprakr7Sa d'Apadeva. Malgré leur style recherché. Enfin il convient de faire une place a quelques manuels fort connus. c'est-a-dire de l'extension par analogie du schéma du darSaprtrJ. qui glosa aussi directement les Sütra (Siistradípiket). Ces deux derniers ontformé des écoles distinctes. Mais le premier auteur notahle est Saharasvamin.) et la relation du mot avec la phrase. et de l'iiviipa. et dont le Nayaviveka de Bhavanatha résume les theses. antérieure en tout cas au XIV· siflde. l'autre href. ~ans doute y a-t-il eu une tradition plus ancienne.lamiisa. éternelle. Son attitude § 1375. A l'adhyüya 10. au point de départ : le dharma. il détermine les différentes sortes d'action verbale. comme on l'a vu. l'efficience propre du verhe. § 1376. est prohahlement du VII· siecle et légerement antérieur a Kumarila (G. qui condense la doct~ine en une prose serrée. Mais alors que dans le Vedanta le Veda sera donné comme procédant du brahman. rédigé en versets (d'ou le nom de cet ouvrage). Le dharma. fin du XVI' siecle.l\lanamisra. n'ayant aucune hase personnelle. la LaghV"i. fut un interprete pénétrant et hardi de la MlmaJ!lSa. n y eut aussi maints traités spéciaux (ainsi le Manameyodaya de Narayal)abha1ta. la Brhat! (qui ne nous est parvenue que fragmentairement). l'auteur. comment elle se manifeste et quelles sont les personnes qualifiées. s'est fait également un nom dans le domaine du Nyaya-Vaise~ika. Le 6' détermine ce qu'est la qualification (adhikiira) au sacrifice. c'est-a-dire aux éléments (<<complémentaires. aux autres sacrifices. l'ouvrage est connu aussi sous le nom d'Apadevi. dont la date est mal déterminée. sous sa forme pure. la Prakara~1Upañciket.l<. et le révélant aux hommes. et s'opposent au se~in (<<ce qui est pourvu d'un complément») ou éléments essentiels. irréductible vis-a-vis du houddhisme.. Prahhalcara s'oppose a Kumarila sur un grand nombre de points de détail : par exemple il ne reconnait que 5 prametl.. et le puru~iirtha "ce qui a lieu en vue du sujet (qui sacrifie)" et peut étre omis sans entrainer un vice radical du sacrifice. Des traités de Mlma~lsa nomhreux se sont succédé jusqu'a la fin du XVII' siecle. C'est l'Arthasmpgraha (proprement Mlmetl!ISetrthasalllgraha) de Laugak~ibhaskara. qu'on situe en général au v· siecle et qui a da étre originaire du Nord. dans la MlmaJ!lSa le Veda est une sorte de substance autonome. qui sont considérés comme des ectypes (vikrti) . adepte de Parthasarathimisra. Commentateur fidele de Jaimini. qui glose plus hrievement les neuf adhyiiya restants. Le Jaim"inlyanyetyamrEletvistara du célebre polygrap~e Madhava (S 1397). C'est avec Prabhakara et Kumarila que la doctrine revét son aspect spéculatif. sans doute du vm' siecle et originaire du Sud. ayant pour serviteur l'acte sacrificiel (Prabhakara). décelant la dialectique de type ancien. Quant a Kumarila. de style archaisant. Les Mlmiil!lSasütra ont fait l'ohjet d'importants commentaires. C'estla Mlmal)1Sa tardive qui introduira isol~ment la notion d'un Etre supr~me ((se remémoranh le Veda des malllfestations antérieures. la Tuprikii. fortement articulé. c'est-a-dire toute matiere (artha) comportantune motivation (prayojana).. n'exprimant la volonté de per~onne. (Kane). auteur qu'il cite également.) qui dans un acte rituel servent a quelque chose d' extérieur a eux. c'est-a-dire la possihilité qu'ont certains éléments propres a un acte rituel d'étre employés dans un autre acte. portions qui ont a étre répétées. l'ordre dans lequel doivent se suivre les opérations rituelles. portions communes du rite qui n'ont hesoin d'étre énoncées qu'une fois. qu'on identifie souvent avec le salikarien Suresvara. etc. Le Maitre de la MlmaJ!lSa. conris. qui traite de la preuve) et notamment des textes sur les incidences juridiques du systeme.avar~a. il est question du büdha «exclusion" et de l'abhyuccaya «inclusion. compila vers le IX· siecle un Vidhiviveka : cet ouvrage eut l'honneur d'étre commenté par Vacaspatimisra (Nyiiyakm. dont la tradition veut pourtan\ qu'il ait été l'éleve. la section 9 concerne plus spécialement l'uha (modifications des mantra) étudié en relation avec le principe d'atitlesa. qui s'est perdue : Sabara cite un vrttiketra qu'on a%imile parfois a Up.

qui marquent la relation entre un acte principal et un acte subsidiaire (ex. 13 n'y a production ou dissolution de la matiere. laquelle a son tour «amlme a l'existence" l'action désignée par le verbe : yajeta par exemple signifie littéralement «il doit (optativité) amener a l'étre (verbalité) quelque chose par un sacrifice" (Edgerton). Lorsqu'aucun effet visible (d!'fta) n'est reconnaissable. «il fait oblation avec du lait caiUé. Comme arguments de l'éternité du sabda. un verbe Itinjonctif" qui est ou un optatif. par ol'dre d'importance décroissante. a § 1. L'injonction. L'injonction est tout d'abord primaire. et on en compte environ 7 O au total j 2' les injonctions d'application (viniyoga). qui consiste en bref a poser qu'une seule chose peut Atre enjointe en un § 1. . a.personnes a la fois. les formules sacrées (mantra). immatériel. On appelle «tenailles" (saJpdm¡lsa) quelque chose qui est enjoint entre deux actes sub sidiaire s. le rituel entier se résoudrait en un faisceau d'actes dont personne ne pourrait comprendre la combinaison. du plus puissant au plus faible. Le mot désigne l'espece (ükl'ti. On parle enfin des niyamavidhi ou «injonctions restrictives". le moyen est l' agnihotra. á' enfin.379. Elles ont pour objet d'évoquer a la mémoire ce qui a trait au sacrifice : c'est la leur effet direct et visible. n'est utilisé qu'avec parcimonie. ou une forme a valeur d'optatif (liliartha). § 1. Les divisions du Veda. eux-mAmes enjoints par référence a un autre subsidiaire. Ce príncipe de l'ad!'¡~t(ltva. alors seulement on admet . Au centre de la structure linguistique du sacrifice. b. guuavidhi). a la fois «son" et«mot". En fait. qui indiquent la nature générale d'un rite (ex. § 1.jati) et non l'individu (dravya) [S 15131. ce qui revient a : l'implication). 12 LA PHILOSOPHlB BRAHMANIQUE. Le sabda. la teneur. Prenons le mot yajeta «il doit sacrifier" : l'élément final -(e)ta porte en lui une efficience (bhavana) . augmente ou diminue avec le nombre de ceux qui parlent. est comme l'espace (akiilia) indéfiniment présent en puissance : c'est la un des postulats essentiels du systeme. Quelles sont les raisons qui font qu'un mot est considéré comme un nom? La Mlma~lsa distingue 4 (éventuellement 5) motifs : la crainte d'impliquer une valeur possessive. Les noms..qu'il y a un effet invisible (adNta). sinon. qu'on soutient en réfutant les theses adverses du Nyaya. la fin est le cíel. c'est celle qui Itamene a l'existence" l'autre bhavana. qu'il cesse et prend naissance. c. Le sabda..l'ordre étant soumis a six criteres (pamalola) qui. l'espece est elle aussi une entité transcendante. secondaire (ou accessoire. que la Mlm¡iJpsa partage avec le Nyaya-Vaise~ika. la position (sthana) . la crainte de scinder une proposition. qualifiée (visi~!a) .1a).377. il n'y a pas de modification du phoneme. la primauté et la procédure. Le son éternel est au son empirique ce qu'est l'étre a sa manifestation : il est un et immodifiable. Mais la classification importante est ceHe qui distingue: l' les injonctions d'origine (utpatti). le pouvoir inhérent (lbiga) (a un mot de noter telle chose. comme l'observe Thibaut. On voit assez clairement comment sur tous ces points la Mlma~lsa développe les theses implicites des Brahmal. soit a la philosophie grammaticale. d'autre part qu'on le reconnalt (pratyabhi:ji1ü) lorsqu'on l'a une fois entendu (Abegg). la fin ou l'objet produit. la «scission de proposition". Les mots ont une aptitude innée susciter les représentations j il existe une connexion innée entre le mot et ce qu'il signifie. le contexte (prakaraJ. Les formules. la déclaration faite dans un autre passage de la sTuti.378. le sens. les noms (namadheya) . le mode d'exécution : ainsi dans agnihotra/[I juhuyat svargakama(! «celui qui désire le ciel doit offrir l'oblation au Feu". sont l'énoncé direct. «il offre l'agnilwtra") . qui confine a ce qui sur le plan métaphysique sera l'apürva(S 1385). ayant une réalité objective dans les individus (Glasenapp). éternelle.M . des parisaJ]lkhyavidhi ou «injonctions de spécification exclusive". les descriptions (arthavada). les prohibitions (prati¡~edha). L'injonction s'exprime par une forme verbale.380.381. Des les Satra le Veda a été con~u comme comportant cinq divisions : les injonctions (vidhi). Kumarila allegue que d'une partle son communique une signification déterminée. l'instrument ou le moyen. Le principe du vakyabheda.) j 3' les injonctions d'emploi (prayoga) qui commandent l'ordre (krama) dans lequel se suivent les parties du rite . Enfin chaque bhavana comporte trois éléments. qu'il est per~u par plusieurs . le mode d' exécution consiste en les ai¡ga ou éléments sub sidiaires de ce rite . Sur tous ces points la pensée mlmarpsaka se heurte soit au Nyaya. LES SIX DAR SANA. Il s'agit des termes techniques qui servent a désigner les rites : leur objet est de définir la chose enjointe.qui se marque a la fois par une valeur générale de «verbalité" .c'est l'arth! bhavana (ou phalabhrcvanrc) «l'efficience relative a un bUÍ» . L'éternité du Veda a pour cause et pour contrepartie l'éternité des signes phoniques qui le composent.cal' les mantra ne sauraient Atre dépourvus d'objet (anarthaka) . Comme le krama.• . mais un nouveau phoneme qui prend la place du premier j l'accroissement ou la diminution du bruit n'est que l'accroissement ou la diminution des conjonctions et des disjonctions de l'air.et par une valeur particuliere d'optativité .proprement «le fait d'amener a l'existence" . la position. la relation entre Pacte essentiel (pradhana) et Pacte subsidiaire (mo¡ga) se détermine par six criteres qui sont. la ressemblance avec tel autre passage. - -----~ ----- ~----. la dénomination (samiikhyii). L'apparence seule ést cause qu'il varie.c'est la portion essentielle de la sruti. les injonctions de qualification (adhikara).celle-ci valant la OU ni le rite ni ses accessoires n'ont été établis par une injonction antérieure.c'est la sabd¡ bhavana «l'efficience dépendant du mOÍ» : ceHe-ci est la plus importante. qu'il y a lieu d'assumeretderechercherpartout ou il peut se trouver. § 1.Vaise~ika et du bouddhisme. il y a l'injonction (codana) ou prescription (vidhi) : c'est la le creur méme du Veda. C'est a celle-ci qu'elle a pu emprunter enfin sa description sur l'interprétation des mots par le yoga (méthode étymologique et grammaticale) et la rü{thi (méthode fondée sur la valeur traditionnelle du mot) j la rü(lhi en principe prévaut sur le yoga.. la relation syntaxique (viikya). Pénoncé direct (sruti). l'adhikara pose en particulier le probleme de la participation au rite des südra et des femmes. qui fixent les conditions dans lesqueHes Pagent est en mesure d'obtenir les fruits de l'acte rituel qu'il a entrepris.la. sans que la convention humaine ni l'intervention divine jouent un rOle.

meme s'il doit en résulter une option (Edgerton). qui sera combattue par la «vue ultérieure" (uttarapakfa). non aaffirmer une chose autrement n § 1. les atomes : on a vu toutefois que la «substance résonante" est également conc¡ue comme éternelle. ou bien. de glorifier les actes adjoints et de flétrir les actes prohibés. ((pe:rception du néant» [Stcherbatsky]) que le Vedanta a pu emprunter a la MlmaI)1sa de Kumarila (Prabhakara ignore l'abhava) : 1'absence est quelque chose de réel (vastuta). la MrmaI)1sa connait une force suprasensible. Affinant la conception de l'adnta (S 138 O). la Mlmfupsa reconnait 1'importance du concept de genre (jati) opposé au concept d'individu. Enfin. distinctes du corps et de la conscience (buddhi). § 1. aspect transcendant de l'«injonction" . ont aussi leur objet propre.. laquelle coincide généralement avec la réfutation définitive et la conclusion (siddhanta). Chez elle le «genre" est éternel en ce qu'il continue d'exister chez d'autres individus lorsque ceux OU on l'avait observé d'abord ont disparu. Toutefois la Mlmfupsa se refuse considérer le «genre" comme entierement séparé des individus. d. soit des prohibitions. l'uttarapak§a est parfois remplacé par la sa'Y(lgati qui consiste a poser des connexions avec le contexte. les anuviida J ex. omniprésentes et éternelles. On distingue les gUl. le temps. qui a un objet défini : doctrine empruntée au bouddhisme et qui se propage:ra dans tous les autres systemes (Stcherbatsky). qui est d'inciter a agir ou a s'abstenir d'agir. e. La préoccupation des MlmaI)1Sa~a est d'éviter l'option. qui passe pour impliquer huit vices logiques (Apadeva). Du moins est-ce une métaphysique limitée. est valide et consiste en la claire notion de l' objeto Seule la mémoire. La derniere division du Veda est 1'arthavadaJ c'est-a-dire les parties descriptives ou explicatives : ces parties accessoires.done «accomplir tel acte opposé a 1'acte noté par le verbe" . On s'étonne qu'une métaphysique ait pu s'introduire dans cet immense ensemble de discussions a base ritualiste. de feu est un remede contre le froid".soit sur un nom. LES SIX DARSANA. il n'y a pas de corde. ne comporte pas de validité immédiate. négation " . ce sont des injonctions négatives. Trois substances sont éterneBes. Les prohibitions. les bhütarthaviida J ex. généralité. un lien d'inhérence se trouve produit ou aboli. Sur la question des catégories. suppose un substrat extérieur. sans etre fonction d'aucun support matériel.a le foudre sur Vrtra". l'une élémentaire et purement sensible. de soleil est le pilier sacrificieb. ils achevent cette subtile démonstration en délimitantl'«exclusion" d'avecla «restriction" (upasmphara). ya six moyens de connaissance. La raison principale qui fait préférer le paryudiisa a la prohibition normale est que cette derniere entrainerait une «option" (vikalpa). reconnues par toutes les écoles brahmaniques. en ce sens que le Veda se trouverait enjoindre et interdire une meme chose. on exprime le doute qu'elle comporte (sm!1Saya ou viiaya) .386.) : la perception (pratyakfa) et l'inférence (anumana) . Les catégories. dit-on encore. on développe une vue préliminai:re possible (pürvapak§a) . sorte d'énergie. a passé de la MlmaI)ISa a l'argumentation grammaticale et juridique (Kane). la Mlmfupsa suit fideIement le Nyaya-Vaise~ika et 'tandis que Kumarila conserve 5 catégories (substance. le verbe ou tradition sacrée (iabda). et que le Vedanta a cultivée a sa suite. La théorie a eu quelque incidence dans les cercles de philosophes de la grammaire. done «accomplir 1'acte en relation avec quelque chose d'autre que le nom" : c'est le paryudiisa ou «exclusion" (Edgerton). non-etre). mouvement. auquel les MlmaI)1saka comme les Vedantin conferent une autorité exceptionnelle. qui dépend d' expériences antérieures. avec lequel l'apürva se confond d'ailleurs partiellement. Jha). la doctrine est certainement Pune des plus originales du systeme (G. lorsque parait ou disparait un individu. qui donne des images vagues. la ressemblance et le nombre.lavrida J ex. mais lajatipoursuit son existence propre. elle comporte deux formes. consiste en cinq moments : on pose la question a traiter (vi~aya). «Indra lanc. qui se développe quand le sacrifice est accompli dan s les conditions requises. pour déterminer si le mot désigne le genre ou l'individu. qualité. § 1382. La théorie de la connaissance.compagnée d'une négation qui porté soit sur la racine verbale . l'autre a laquelle pa:rticipe la pensée et qui donne des images nettes. excepté la mémoire. ~ 1384. ils admettent toutefois que la prohibition est parfois nécessaire. Enfin. En contre-partie de la connaissance correcte. En revanche. qui veut etre délivré doit done se a . ou anupalabdhi «non perception" (sorte de raisonnement par 1'absurde. Prabhakara en étend la liste a 8. qui ne comporte guere de spéculations sur la divinité créatrice (laquelle est niée). mais a ne pas affirmer : dans l'exemple classique de la corde prise pour un serpent. que la MÜllaI)ISa partage avec le Nyaya. qui commande l'action : c'est l'apiirva J proprement «ce qui est sans précédenh. La négation qu'elles comportent se constr)lit en général avec la portion optative de la forme verbale. l'espace. 15 meme temps. Toute connaissance. Quant a la perception.14 LA PHILOSOPHIE BRAHUANIQUE. enfin la supposition aBant de soi (arthapatti) etl'abhava ~absence. Rappelons enfin que la méthode de présentation qui prévaut dans la MrmaI)1sa. sur le monde extérieur (dont avec le Nyaya-Vaise~ika la Mrmfupsa affirme la réalité. pramiilJa (proprement des mesures-criteres. remplac¡ant le non-etre par l'inhérence et ajoutant la capacité (a produire un effet) . qui complémentent soit des injonctions. qu'elle n'est. Elles ont pour effet d'empecher un acte. puis l'analogie (upamana). en combattant radicalement l'idéalisme bouddhique). qui déclanche l'obtention du f:ruit et dure apres que Pacte est achevé : substance existant en soi. sur le principe spirituel : Kumarila et Prabhakara se bornent aposer des Ames multiples.385. comme le Vaise~ika. Le transcendantal. c'est le serpent qui est la réalité pour celui qui parle. a § 1383. non avec la racine ou avec un autre moto Toutefois il y a certains cas OU il paralt expédient de ne pas utiliser ce mode de prohibition. 1'erreur demande etre démontrée pour teBe : elle consiste. La délivrance (mok§a) n'est' abordée explicitement que par les Prabhakara : le corps est délivré de rena1tre par la destructlOn du mérite et du démérite rituels. mais de donner une injonction positive ac. autrement dit que chaque proposition du l'ituel doit traiter d'une seule et meme chose. mesures-pro[totypes].

ils se fondent beau~ coup plutÓt sur le raisonnement. parmi lesquels figure le maltre meme de la Pürvarnlrnrtl!1sii. LES SIX DARSANA. le Vedanta comporte une triple route (prasthc7natra. le seul essai qui ait survécu est celui précisément que circonscriventles Brakmasütra. ' réfereront aussi au Bhc7gavatapUrrtl. notamment le Sal]1khya. Ramanuja. peut-~tre slmplem~nt pour lui conférer la dignité d'un darsana.1a. brievement. De m~me qu'eIle n'a pas épar~né ses adversair~s. Conclusion. Nimbarka. en ce sens que l'état de brahman serait une fonction du monde. chez Madhva m~me.aI. qui confirment que la th~orie est venue se greff~r secondairement dans la Mlmiilpsa. Ved anta excepté. Dans le Vedanta. peu systématique et qui n'est pas exempte de contradictions. de vocabulaire. été en~-m~me violemment attaqu. VaUabha) et souvent m~me. et de fait les Brahrnasütra portent les traces de doctrines non conformes.16 LA PIULOSOPHIE BRAHMANIQUE. C'est cette présentation énigmatique qui a autorisé l'extraordinaire multiplicité de vues qui marque le Vedanta classique : chaque commentateur a interprété les Sütra a sa maniere. Elle est riche en enseignements : méthodologie rigoureuse. a la concilier avec la pluralité des phénomenes.1a.et consiste dan s le principe a appli~l~er a.I]1sa a été assurément entra1née dan s le déclin qui. Mais les Upanifad ont une spéculation dilfuse. on aboutira a un dualisme caractérisé. Le mot Vedanta signifie «fin du Veda" et dé signe en propre les TJp~nifad en tant qu'elles parachevent l'édifice védique : c'est le sens que Sank~ra. l'elfort des commentateurs ultérieurs ayant tendu a atténuer cette vision unitaire. M~dhva. L'emploi qui en est faIt pour noter le darsana repose sur une abréviation de Vedrtntamlrnrtl¡lsii.non dualité. Du point de vue orthodoxe. sur le Dkarmasiistra surtout. mais a travers leurs vues personnelles ils ont dti garder les lignes générales de cet enseignement. Le Vedanta re ven dique abon droit de prolonger la pensée upani~adique : bien que d'autres dal'lfana. tous éventuellement aux SaI¡zhitrt védiques). 111) signalait la présence d'un MImal]lSaka dans les cours de justice. ou pour munir ce systeme athée (anlsvaraviida) d'une maniere d'alibi. a n b.lUpUrrtl. On a souvent parlé de panthéisme a pro pos du Vedanta : mais une doctrine suivant laqueHe le monde serait brahrnan. Quoiqu'il en soit. Position du Vedanta. Jaimini. s'agit d'interpréter ce~ trois textes en un dogme unique. akal!l brakmiisrni ttje suis le brahman" de la Brhadc7ral.~ad. la seule doctrine de Saúlmra. c'est la recherche de l'unité qui définit le systeme. Le Vediinta § 1388. C est dlre que l' Uttaramfmrtl¡lSrt n'a pu se former qu'apres . La doctrine repose sur la notion de l'unité de la réalité spiritueHe.ée : on Ile 1m a pas ménagé llrome. la Bhagavadgltii représentant la smrti (les auteurs post-ramanujiens se ! § 1389. encore que le monis me absolu (le terme sanskrit est advaita. ce~ui dont on ne peut concevoir qu Il alt J~mals ete autre ~u orthodoxe : c est au premier chef une exégese des Upant¡~ad au ~~me tItre que la Mlmal]1sa est une exégese des Brfihm. Cette situation explique qu'il soit malaisé de définir globalement la position du Vedanta. et que l'univers n'en est qu'une fonction secondaire : c'est ce que Otto propose de désigner par le terme de théopanisme. utilisent aussi les Upani. dialectique souple. qui adapte avec ardeur. durant tout le moyen rlge. . discussions serrées en matiere d'exégese.la.'la) : le~ Upanifad représentant la ¡fruti ou ttrévélation". chaque point de la doctrine a sa source dan s la sruti : la ¡fruti est la plus haute autorité.ou tout au plus: en liaison étroite avec -la MImii. telle maniere de joindre ou de disjoindre deux sütra successifs. iI doit viser a épuiser le karman.. les Brahrnasütra enfin. Ramanuja lui-m~me au Vifl. On peut la définir comme un monisme. abuslvement. est étrangere au Vedünta. porte d'aIlleurs le nom de ttMlmalJlsa seconde". Il y a peut-etre eu de bonne heure des essais divergents pour les ramener a un enseignement synthétique. a frappé toute la spéculation indienne. les préceptes mlm8Jpsistes a la critique juridique et m~me a la procédure (Kane) : déja Manu (XII. attribuées a une série de docteurs. sous son double aspect du Soi indi~iduel ou iitrnan (qu'on précise enjiviitrnan ttSoi vivant» ou. les formules upani~adiques qui en donnent la elef sont les fameux rnakiiviik. O~ con~oit qu'e~le ait pu agir sur d'autres systemes. qui reconnatt bien plutÓt que le brakman est l. Dans le langage courant Ved anta désigne le «systeme" de philosophie t~éologique tel qu'il a été édifié par les «cinq grands commentateurs" (Saú~ara. et les ttmaitres" qu'ils citent eux-m~mes (les vrttilcrt et autres) réve!ent encore qu'une longue tradition exégétique les a guidés. de grammaire. mais m~me de ceux qui ont pour f. sur la philosophie grammaticale.I]1sa premiere et que sa mise en forme ne saurait avoir été tres ancienne. par exemple. sur le sankansme qm en est nourn.lll~ nouveau les mét~odes ~ui ont été établies pour les lllJonctlOns sacnfiClelles (Strauss). Il s'agit la d'idées hanales. pararnrttrnan). Les Brahmasütra sont les plus concÍs de tous les textes du m~me genre ayant présidé aux divers dariana. ~ 1387. et du Soi supr~me ou brahman (pararnabrahman. donne constamment a ce terme. La MImii.r non seuIement des actes prohibés.¡yaka. comme le texte qui sert de hase l'exégese littérale. Mais dan s l'ensemble. au contraire. dénué de contradictions internes. sur bien des points ils se bornent a des mots reperes. n serait injuste de considérer la M1mal!lSa comme une simple casuistique du rituel. plus injuste encore comme un «déserh (Barth). considéré comme le Vedantin par excellence. de suppléer les éléments qui font défaut. a l'intérieur parfois d'un m~me traité.ruit I'acces a l'autre monde. littéralement tt. sans connexion apparente.) ne se présente que chez Saúkara. (S 1370) . Ces Siitra formaient l'ossature d'un enseignement oral qui s'est perdu : les plus anciens commentaires que nous en ayons datent de nombreux siecles plus tard. 17 détourne.ji'va).un doma. Origine du Vedanta. e~le a. Le Vedanta est avec la Mlmamsa le se~~ d~r~ana ]!a~f~itement ~rthodoxe. elle est parmi les disciplines indiennes un modele de.on dlt aUSSI Brahmamfmrtl¡1Srt «Investigation du brakman". Siirirakamfmfimsrt «Investigation d~ (Soi) incarné" . n.P!éci~ion.'la : tat tvarn asi «tu es cela" de la CMndogya. enseignant telle valeur pour tel mot. le critere de la vérité par excellence. 1 accusatlOn d'etre une doctrine athée voire l'injure supr~me d'~tre un bouddhisme déguisé.a seule réalité.

lessütra se groupent en ctsujets" (adhikarm. enseigne la condition de «celui qui saih apres la mort. il a drainé a son profit croyances et doctrines. Le 3' pada discute la question si le monde phénoménal est ou non produit (c'est-a-dire est ou non co-éternel au brahman). La méthode pratique qui y mene n'est pas les oJUvres. le chemin par lequell'Ame délivrée monte au brahman et les rapports de cette Ame au brahman. On sltue. Apres Sa:ñkara. ni bouddhisme ou toute autre doctrine. Sankara.) . honni par d'autres (qui y ont vu une régression de la pensée). Ces aspects théologiques du Vedanta sectaire ont été sommairement décrits au chapitre des Sectes : on se limitera ici a l'aspect philosophique. le phaladhyüya ctdu fruih.394. réfutent. Le probleme d~ Dieu supréme personnel.) se rapportent au brahman : c'est l'introduction exégétique de l'reuvre. A queBes fins est imparti cet enseignement? Comme les autres dariana. en général./a. d'abstraite ontologie. Q'a été le grand tournant de la doctrine.393. Exagérément admiré par les uns. la mystique chrétienne y a trouvé des apparentements immédiats (Otto. l'attitude du sujet aspirant a la réalisation s'emplit d'émotivité et le Vedanta.392. Les Vedantasütra.la. BadarayaT. plus ctauthentique" qu'aucun d'eux. Siitra sur une série de points capitaux. ne peut étre démontrée. son activité entre la seconde moitié du VIII' et le début du IX' siecle. qu'une tradition relativement récente identifie a Vya~a. La polémique latente qu'engagent quelques Sütra avec le Mahüyüna semble interdire d'ailleurs de les situer au-dela du m' siecle (Jacobi). et méme pour les Upani~adJ dont c'est l'affaire par excellence des Sütra' de fournir une interprétation a la fois ctphilologique" et philosophique. notamment par la méditation. de décider s'il a forme de Vi~I)u ou de Siva. enfin les moyens d'atteindre le brahman. l'auteur fabuleux de l'épopée et des Purfil. Le ú' pada institue une controverse contre les SalJlkhya. tous les mouvements spéculatifs dans l'Inde contemporaine y puisent leur inspiration. qui pousse a ses conséquences extrémes les prémissesctthéopanistes".390. ou. s'engagera de plus en plus dan s la religion. D'apres Belvalkar. résorbant le jlva en le brahman. est Sañ~ara. le ú' traite des priiIJa. 1I ne semble pas que cette abstraite exposition rende compte de la richesse des Upanifad (Thibaut). eux-mémes mal datables (S 1370). en effet. on a voulu préciser ces dates (par exemple 788-820) que certains auteurs ont récemment contestées (on a été jusqu'a poser .. devient le centre du nouveau Veda~ta : il s'agit de définir 1'!Svara. quoique essentieBement unes avec le brahman J conservent lors de la délivrance une existence éternelle distincte (Jacobi. la connaissance cede la place a des valeurs affectives. § 1.ou Brahmasütra (ctAphorismes sur le brahman. le noyau des Sütra serait une exégese des textes Chandogya J reuvre de Jaimini. sans qu' on voie clairement les vues qu'avaient sur ce point les Sütra. lIs forment un groupe de 555 aphorismes qui s'enchainent de fa~on serrée. sommaire quant a la terminologie. exclu des Upanifad et des Sütra J relégué par Sa:ñkara au rang de ctsavoir ipJérieur"./a). La tAche de la premiere moitié du second chapitre ou avirodhadhyaya ct de la non-contradiction» est de réfuter les objections el'ordre spéculatif contre le Ve danta . Les Vediinta. Ghate). c'est-a-dire ctapproche". mais de maniere plus linéaire. ni Nyaya. un rOle privilégié au premier adhyiiya J et comme le nom de Jaimini se rattache a l'une des écoles du Siimaveda J il y a peut-Hre la un fait a retenir. jalonnent une vasta polémique dirigée essentiellement contre le SalJlkhya. une réflexion fervente ayant porté d'abord sur les équivalences ésotériques des Upanifad.sont attribués au ffi Badarayal.luisme. et ce qui explique son retentissement : elle est devenue le support dogmatique du sivai'sme et plus encore du vi~T. plus pleinement qu'aucun autre dadana J il s'est approché d 'une philosophie totale.on dit encore UUaramfmrtl!ISasütra. Le premier chapitre ou samanvayadhyüya ctde l'enchainemenÍ» définit le brahman J pose les these~ fondamentales qui le concernent. dont les dimensions sont susceptibles de varier selon les commentateurs. et le relatif réalisme des autres commentateurs. celui dont la traditi9n est la mieux fixée. f. Le chapitre 3 (sadhanadhyüya ctde la réalisation») expose les imperfections de l'Ame individueBe. organes des sens. Les commentaires. en sorte que. lci en90re il y a divergence totale entre l'acosmisme et l'illusionnisme de Sañkara. SürírakamlmÜl!lsa. abolissant l'avidyii ctle non-savoir" et le karman. L'ensemble se divise en ú adhyüya et chacun d'eux en ú pada comptant de 20 a 50 siitraj a l'intérieur d'un méme pada. sinon qu'ils doivent étre contemporains ou de peu postérieurs aux Sütra de Jaimini.1. le Vedanta considéré dans son ensemble résume en ses étonnantes vicissitudes toutes les tendances de l'esprit métaphysique indien. La question de la réalité du monde extérieur a été cruciale dans le Vedanta classique. le Vedanta prétend conduire a la délivrance. communément appelé Sa:ñkaracarya ct Maitre Sañkara». § 1391.l On a rappelé qu'il était impossible de restituer la pensée exacte des . 19 § . puis enseigne qu'une série de termes des Upanifad (noms d'éléments. LES SIX DAR SANA. d'enseigner les moyens d'y accéder et si la grAce seule ou le synergisme y sont requis (Glasenapp). En tout cas. le ú' pada traite de la connaissance du bmhman. c'est la méditation (dhyiina). ce seraient les tenants du bhedabheda qui soutiennent que les Ames individueBes. Enfin.18 LA PHILOSOPHIE BRAmIANIQUE. § 1. en montrant que sur ce terrain méme ni Sal}lkhya. les rapports de celle-ci au brahman. les passages cruciaux sont donnés par voie aHusive. comme on dit a l'origine. Tres pauvre de substance premiere.. etc. On ne sait naturellement rien de la date de ces Sütra . décrivent. On a rappelé les particularités de leur teneur (S 1389).~ütra . § 1. upasanii.la a sans doute voulu fixer des jalons pour une synthese. comme dans la Mlmal~lsa : c'est affaire de connaissance (vidyii) autant que d'intuition (anubhava). La Chiindogya joue. la plus popul$lire et a peu pres la seul~ vivante. apres avoir poursuivi la description de la méditation. Dandoy).. laquelle réalise l'unité de l'étre définitivement et en pleine conscience. puis contre le bouddhisme : les termes topiques des systemes critiqué s sont d'aiHeurs omis. Le premier commentateur des Sütra dont le texte ait été conservé. s'il faBait choisir parmi les commentateur~ ceux: qui ont chance d'avoir le mieux approché les Sütra.

résuma le bhiifya de Saúkara (Sa1!1ki~epaiür¡raka). Tres probablement sañkariens les commen- t9ires sur un certain nombre d'Upanifad.398. autel:lr de l' If{asiddhi) Iciirilcü et glose traitant surtout de la miiyii) tandis que Srlhar~a --le poete connu du XII" siecle. Prakasananda dans sa Vedüntasiddhiintamuktüvali s'efforce de réfuter Ramanuja. en style de kiivya) Saizkaradigvijaya (une autre «vie" similaire portant le méme titre QU un titre voisin est l'reuvre d'Anandagiri). mais a tort (Kuppuswami Sastri). On lui attribue des miracles. jusqu'aux chefs modernes d'iis'rama) relevent plus ou moins directement de son autorité.qu'a des poemes religieux a tendances tantristes (cf.1(lükyaou(de sonnom) GaUljapiidfya-Kiirikii(ou encore Agamasiistra). Retenons ici le J. il vécut longtemps a Splgeri (Maisür) OU il aurait fondé un temple et un monastere qui est demeuré jusqu'a aujourd'hui une sorte de pontificat du sañkarisme. moins toutefois que la Paiicada. voyait en lui une sorte de démon. Et AppayadIk~ita (XVI" siecle également) qui. Sarvajñatman.<I¡ ltLes quinze (cha. Des ouvrages élémentaires sont la Vedüntaparibhii¡lii de Dharmaraja (date indéterminée)..qu'il ne faut pas confondre avec I'auteur du méme nom qui commenta les Siil[lkhyakiirikii . Le tantrisme m~me (dont il a. on le représente comme un prédicateur.lr)lkhya. vers 850 (la Bhiimat.396. Dans les milieux bouddhistes. Outre Splgeri. n semble acquis qu'il a été l'éleve de Govinda. La tradition confond souvent ce ÑIadhava avec VidyaraJ)ya. sans base réelle. Au XVI" siecle. ministre du roi Billa et de son fils Harihata II (XIV" siIJcle. LES SIX DAR SANA.397. le commentaire sur les kiirikii de GauQapada. § 1. né (probablement) a Kaladi (Malabar). qui aurait f~it a travers l'Inde une campagne de pr9pagande religieuse : c'est le Sailkaravijaya 011. § 1.inaugure avec le Khal.wanmuktiviveka et la «vie" légendaire de Sallkara. Ce dernier est connu aussi par le Drgdriyaviveka) mais c'est Madhava qui demeure le plus fécond et le plus conllll de cette longue lignée. Ama~nath Ray crOlt que Gaurlapada a voulu conCIher Vedanta et bouddhIsme. l'Atmabodha) compendium en 67 strophes avec glose.! i I I 20 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. le seul ouvrage dont l'attribution demeure hors de doute. l' UpadelasiihasrI) dialogue théologique mi-vers mi-prose. . Un éleve de Suresvara. juridiques. auteur d'une analyse versifiée des Upanifad nédiques». n mourut jeune a Kedarnath (Himalaya). § 1. Le YogaviisÍ:~{ha (S 880). Peut-étre Saúkara doit-il a son prédécesseur sa position illusionniste extréme. S 1374) . parfois brillantes. L'histoire de sa vie est un tissu de données incertaines : dans l'hagiographie brahmanique. philosophiques (parmi ceux-ci le Sarvadarlanasal[lgraha" § 1364).l(lanakhal. l 'Anubhütiprakala. Sañkara se signale par l'énergique densité du style autant que par la rigueur de la dialectique. notammt. Vidhushe~~ra Bhattacharya). auteur du Nai1adhiya . qui décrivent un Vedanta sommairement acosmique et négativiste. On lui a attribué une masse d'ouvrages. L'activité littéraire de Sañkara est a peine plus authentifiable que sa vie. 883) et des po emes profanes (Amarusataka). lui-méme éleve de GauQapada. jus. Ce texte. Atreya). il aurait fondé les trois autres communautés (S 1238) qui forment les assises les plus solides du culte smiirta (S 1273). formules concises. compila plusieurs traités d'Advaita sivai'te (théiste 1) ou d'Advaita pur (Siddhüntaleiasa1flgraha). Ramanuja. La littérature sankarienne est a perte de vue. professe un Vedanta inclinant ver s le Vijñanavada (Dasgupta). notamment sur neuf Upanifad «védiques " . La majorité des philosophes et des réformateurs de l'Inde médiévale. n y figure l'image fameuse du brandon qu'on meut en cercle et qui symbolise les manifestations du monde.ra. Pour les époques plus récentes [néo-Vedanta]. exposé versifié du Vedanta saI!lkhyisant. 'digvijaya de triomphe de Sañkara" dont parlent les biographes. probablement aussi antérieur a Sañkara (B. Elle commence avec les éleves directs du maitre. On a beaucoup discuté autour de ces Kiirikii : certains y ont vu a tort un texte de sruti) d'autres un écrit bouddhique. pitres)>>. ~ 1. assuret-on. dont les auteurs sont Madhava et BharatItlrtha. Les Saiva le reconnaissent pour une incarnation de Siva. advaitin rival de Saúkara. rédigé en sortes de sütra.). En fait. et de fait la 4" section (ou peutétre le Buddha est nommé au vers 99) reflete les doctrines Madhyamika (Dasgup~a. certains disent XVII"). qui l'attaqua sans ménagement.composa un manuel en vers et prose. auquel son nom méme (le (( bénéfique" ) semble le rattacher. L. il composa toutes so¡. auteur de la Brahmasiddhi (et connu aussi comme mlmaI!lsiste. avec MaQ(lanami. Frere de l'érudit védisant Sayal)a avec lequel on l'a souvent confondu. dynastie de Vijayanagara).~<. est l'imposant commentaire sur les Brahmasütra) le Brahmasütrabhii?ya ou Siirirakamimii/flSiibhiifya. actif propagandiste de l 'Advaita dans ses reuvres nombreuses dont il faut retenir l'Advaitasiddhi et le Prasthünabheda qui contient un aper~u sur les doctrines et les sectes.. avec lequel cependant sa doctrine a certaines affinités qui l' ont fait taxer de «bouddhiste déguisé. la Nai.qu'on a identifié souvent. D'authenticité incertaine l'attribution du Vivekacü(liimatli) traité dogmatique.395. La Vallée Poussin. il faut citer au moins Madhusüdana SarasvatI (XVI" siecle. souvent obscures. il fut aussi un poéticien estimé (S 1563). Ce serait la premiere reuvre importante ayant suivi les Sütra) si Pon néglige les fragments de Bhartrprapañca. certains disent a KañcI. Madhva. Ces Kiirikii forment une suite de 215 versets groupés en 4 seetions. est fort répandu.¡~/akhiidya la these de l'inexplicabilité généralisée (anirviicyaviida). Le Bhiifya a été lui-méme commenté plusieurs foís. L'école védantique la plus mémorable apres . Ce GauQapada .est célebre par un commentaire fort libre sur la MiilJ!Jükya-Upanifad) les Miil. l'une des grandes productions de la philosophie indienne. Antérieur peut-étre a ce dernier est Vimuktatman. qui insiste sur la logique. et d'ailleurs le plus important de tou~. il passe pour avoir persécuté violemment le bouddhisme. 21 le V· siecle 1).1.. Suresvara .Ikar1l!yasiddhi.tes d'ouvrages grammaticaux.nt par le fameux polygraphe Vacaspatimi:ira. et surtout le Vediintasiira ltL'essence du Vedanta" de Sadananda (début du XVI· siIJcle) qui amalgame a l'Advaita des idées S. épuré les rites) prét~ndit se l'annexer. BrAhmaI}e sivai'te. dont l'un. a coté d'ouvrages de secte (S 1297). le Gltiibhiii~ya qui interprete la Bhagavadgilii en insistant sur la morale et les croyances extérieures. Mohamudgara) Sa!salokf) Saundaryalaharf) S 880.

Saúkara pose que toute la réalité des choses réside en le brahman. le Vediirthasaqlgraha. avait été Yamunacarya (S 132ft). Suka. la pensée des Brahmasütra. Mais il faut savoir la S 1308.~_~ft_50). le Tattuviimirdam de TattuvarayaN (nettement sañkarien). bien antérieurement. q~i porte le !lOm de Srtbhiifya «Le. abrégé du ~rlbhiifya. Madhva. ainsi qu'un exposé versifié . mettent en eVldence la polemlque antI-iiallkarienne.li (S 919). Les autres moyens ne sont que des adjuvants. SrIkaJ}tha Sivac~rya (probablement du . 0!1IUl attribue l'important Atmbhiifya (proprement Br'~hmaslltr'(l1. VaUabha (S 1~1!). Jusqu'a un traité de grammaire comme le Velkyapadlya laisse déceler l'influence du systeme. Baladeva.suiv. qu'o~ appelle par . Le commentaire au sütra initial forme a lui seul un traité complet qui expose avec ampleur les theses adverses et leur réfutation et. Nimbarka (S 1310) n'a laissé que de brefs :résumés doctrinaux. En gujrati. Contrairement aux autres chefs d'école vedantin. les 10 Upanipad anciennes. Développant unilatéralement les tendances monistes des Upani~ad et systémati~ant. maIt:re du maItre de Ramanuja. non sans violences (Ghate. le Vedanta : c'est l'Écriture qui est la source infaillible de connaissance dans le domaine qui est le sien.abrégé le Siddhiinta. tout n'est qu'apparence ou vue imparfaite. un c~mment~Ire plus strIct du m8me Puriina la Subodhlnl. la populaire Vicelramellel «La guirlande des pensées» d'Anathadasa (XVII' siecle). 23 celle de Sañkara eut pour chef Ramanuja. attachés a la secte). Textes diverso n est a peine besoin de rappeler que les idées védantiques ~ont éparses dan s une foule de textes littéraires ou religieux.¡¡ 1[. Le m~nuel important de la secte est le Vediintakaustubha de SrIllIvasa. aux textes ~e bhakti les plus spéciaux. • . de Ramdas. le Kaivalyanavanidam de Tal/\lavamürti (XVII' ou XVIII· siecle). 927. enfin un recueIl de selZe tracts (prakar'aJ. Vi~J}usvamin (S 1309). La révélation est éternelle et exempte de contradictions.. exposé général de la doctrine. etc. dont le Govindabhelfya est un traité caitanyiste a tendances (acintya)bhediibheda.a dIlference étant dans le lien. comme on dit ene ore «sans spécification» (nirvisefa). sont le commentaire de la Bhagavadgltii (Gltiibhiifya). qui fut la personnalité prééminente du Srlvai~J)avisme (S 132ft et . cf. texte de bhakti védantisante. D'. a savoir l'exposition du brahman. Voici la liste des autres commentateurs des Si/tra. distinct de l'auteur précité de la Dipikii. Agama. C'est ce qu'exp:rime la formule populaire brahma satyalp jagan mithyii el le brahman est la réalité. quoique la ~rad. n faudrait teni:r compte enfin des langues indiennes autres que le sanskrit : on aurait la un nouvel indice de l'extraordinaire popularité du Vedanta. l'identité dans la délivrance -. Nimbarka. auteUr presume . dont une glose sur les Siitra intitulé e le Vediilltapiir'ijata. Doctrine de SaIikara et de l'Advaita en yénéral.za) qui traitent' du dogme.L¡V9. a tendances visifliidvaita. encore § 905. Au cont:raire. Le Vedanta sañkarien se définit donc comIlle un «non-dualisme" (advaita) intégral (kevala) ou. fervent advaitin. L'objet du Vedanta. q~I tenta d. dan s l'ordre chronologique présumé : Bhaskara.a TJ 22 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. Tantra. ~o~mentaI~~ en l'honneur de SrI» (lemot sr! rappelle les noms de Sr'lvalfl. on trouvera quelques noms § 1403./a. a tendances VISI:~riidvaita tres pro ches de Ramanuja. En hindi.~alre sI~aIte». Vljl~anabhlk~~. la fameuse Ji¡anesvar¡ (S 979) iHustrait de bout en bout les theses de la miiyii. celles notamment de PilJai Lokacarya (XIII' siecle). le Bhiigavatapur'iit/a (Bhiigavatatc7tparyanirl.s les Sütra est l'investigation du brahman. SU/llhitii. Une vaste littérature est so:rtie également d~ cinquieme grand commentateur des Si/tra.mfiltrer des ~hese~ Salpkhya dans le Vedanta (Vljtlanamrta).~ti~~ le ~lace avant S~~­ kara) . XVIII· siecle. les Brahmasütra (Brahmasiitrabhüsya et sa suite versifiée.lu~ha:~ya). a tendances bhediibheda ~omme Bhaskara : le Sr'lkarabhiifya est peut~8tre un remaniement par Srlkara d'un commentalre plus ancien de Srlpati (Srikantha Sastri). comme il dit. encorela Kaustubhaprabhii de Kesavakasmlrin.¡. bien qu'elle n'en rende nullement la résonance primitive). Qitons au moins des recueils mi-théologiques. siv~'ite comme Srlka9tha. vo~si~ de Nimbarka et comme lui de tendances bhediibheda (S 1ft 1ft) .arrangé en paraphrase ~Ibre du Bhalfavatapuriit/a (le Tattviirthad¡P?~. mi-philosophiques de Siva'ites tamouls tels que le Vedündacii!iimaJ. SI'ISU/(Ipradiiya. L'reuvre est mal transmise et connue fragmentalrement.hostile a. dont l'un des promoteurs. Nigamasüra).a~t:res ouvrag~s.1aya) . dont I'Arthapañcaka (portion des 18 Rahasya el Écrits secrets»). § 1400. le monde est l'erreur". Autres commentateurs. Hors de la. En marathe.bandha).X~II· siecle. On a aussi des reuvres vigmites.sau~abha. ou de l'hymnologie. Enfin. qui représente 1'«8tre» (sat) au-dela des contingences et qui est identique au el Soi» (iitman) des 8tres vivants. SañIcara met hors de pair l'Écriture révélée ou. auteur du texte appelé de son nom Bhaskarabhiifya. § 1399. Son commentaire ~ur les Brahmasiitra. en passant par les Puriil. c'est-a-dire en un principe (neutre) «absolu» (telle est a tout prendre la traduction la moins inadéquate du terme. Cf. La Dpikli de S:IllIvasa (S : 327) repo~e sur cette école.1aVa. les ppésies de l'orfevre Akha (S 975).l. A Madhva succéd¿:rent une série imposante de théologiens jusqu'aux confins de l'époque contemporaine. XIII· slecle. LES SIX DARSANA.' le docteur connu du Salpkhya-Yoga (S lft29. Comment atteindre ~ette connaissance? Parmi les pramiitla reconnus par les autres écoles. et plusieurs autres. de Sohiroba (XVIII' siecle) [S 983]. sera plus précisément pour Sañlcara et son école la connaissance de l'identité brahman-iitman et des conséquences qui en résultent. du Mahelbharata (sous un rev8tement SaI)1khyayoga) aux küvya les plus récents. des poemes de Vaman PaJ}Qit (Yathürthad¡pikel.). mené e avec une sorte de passion qui contraste avec la sérénité de Sañkara. auteur du Salvabhiifya «co~me~. Thibaut). adepte de Ramanuja. qui d'apre.. § 1404. ~u texte appelé de son nom Sukabhiifya. d? Raman~j~ ~Ul. la GUa. XVI· slecle. l'Anuvyiikhyiina) et m8me le Mahiibhiirata. Srlpati (S 13 O5). est une reuvre de dialectique magist~ale. comme le Sr¡bhiifya. Sañka:ra et sans nuance «sectaire». § 1401. le r:ediintasiira. IX-X~ siecle. la production de Madhva (S 1308) fut considérable : on lui doit des commentaires sur la plupart des textes a tendances védantiques. Vallabha. mérita d'8tre traduit en sanskrit. § 1402.

fondé sur des perceptions. C'est ~ependant l'acception iUusionmste qm (deJa présente dans les Upamfad selon Prabhu Dutt ShastrI e~Deussen) a prévalu dans l'Advaita et s'est répandue. éveillée (budJha) et libre (mukta). il n'a de réalité qu'au sens pragmatique (vylivahlirika). et les Vedantin non ~aúkariens protesteront que la mr(yrl du BhrlgavatapUrrll.l'une des originalités du systeme . le brahman l'est au monde. est un effet. avons-nous rappelé. par l'office des gutfa diversement réfractés. de parties. le bhlivadvaita ou ladadvaita Itnon-dualisme ontologique" qui admet. foncierement spirituelle.llima) comme dan s les conceptions upani~adiques et salJ1khya. ce qui revient au méme. une dantasmagorie " . omniprésente. que le brahman. des réalités négatives (négation du monde. é~are les étres en leur montrant UI~e diversité la ou il n'y a qu'unité. et dont les textes populaires soulignent a satiété le contenu illusoire : on l'assimile au mirage (f!1l'gatl'?J. ParaHeIement la mrlYrl agit sur l'rltman : la lumiere (bimba) du principe spirituel est refiétée (pratibimba) par elle.. s'emploiera. mais bien plut6t deux degrés d'approche vers le brahman. Car le monde. non-étre au point de vue transcendantal. réfiexive et quasiment grammaticale. ou l'on ne sera pas tenté de distinguer avec Deussen une doctrine ésotérique et une doctrine exotérique. Le contenu du brahman est ineffable : essence infinie. mais une essence infinie. une entité ttsans commencemenh (anlidi). le savoir inférieur (apara) qui nous fait sentir le monde comme rérl. qu'admettait implicitement Gau9apada. encore moins est-il semblable a l'hallucination. l'autre qu'il rejette. Le brahman est l'identité de l'étre. § 1405. inexplicable comme le monde lui-méme. du sentir et du jouir souverainement. avec des modalités dlVe::ses. de la perception (pratyak?a). mais a des états divers : la mrlyr( n'est réalité que sur le plan de l'ignorance ou. d'une «expapsion".talalcti) les formes. L'atman n'est pas la somme des ClAmes" individuelles. pui~ les faux prestiges engendrés par cette force.igner la force qui provoque l'évolution de la prakrtt et partant le developpement du monde. n'e~t pas une simple perception (upalabdhimlitra) : il se distingue par sa COOrdination des images du réve. réalité positive. La connaissance que nous avons de la mrlyii est un postulat (kalpanii) pOUT expliquer la production d'un monde irréel : elle représente l'irrationnel (Lacombe) du systeme. éternellement immuable (külastha) . et de ces refiets sont formés les JIva. un TSvara. la force miraculeuse d'une divinité ou d'un démon. par exemple. C'est une conscience absolue. C'est ici qu'apparatt la distinction . nirgutla : l'expression milsa des Brahmasütra. Le monde n'a pas de réalité au sens transcendant (pliramartltika) .entre les deux sortes de Clsavoir" (vidya) . Résidant dam le bl'ahman. n est. LES SIX DARSANA. terme qui combine la notion de Clpersonne" et celle. these que l'Advaita ultérieur étendra en un agnosticisme illimité. Ce terme. Sa4kara et les Kasmlriens parlent aussi d'rlbhrlsa ttrefieh. les Ames individuelles. et c'est la que l'initiative exégétique deSaúkara. d'attributs (nirvise?a. a retenir telle référence. non le résultat d'une transformation (parÍl. d'autre part. Ce que l'atman est a nous. et que les objets ne sont que des projections (v~kalpa) ou des modifications (vikara) de la substance spirituelle. comme préciseront les Advaitin ultérieurs. ~ttmultiplie" le brahman. De bonne heure la mrlyrl s'est agrégée a la prakrti du S~lkhya. Le monde a une cause. c'est elle qui. 25 comprendre. l'abhliviidvaita qui ne reconnait d'autre entité. . le déploiement du brahman en une apparence phénoménale. p JiiV5i 24 LA PHILOSOPHlE BRAHMANIQUE. En définitive. ni agissante ni souffrante.éalité du monde. mais avec une implication : tat = tvam quand on a rejeté du tvam tout ce qui est de l'ordre contingento a coté du brahman. dan s le Yogavrlsif[ha et la PratyabhiJñrl kasmlrienne : e'est elle aUSSl que Gauc1ap:c\da développe en ses conséquences extrémes. le savoir supérieur (para) qui conclut a l'irréalité du monde.·• 10. en accord avec les méthodes de la MrmaI!lsa et du Nyaya. dit-on encore. Mal}(lanamisra distinguera deux tendances. éternellement pure (suddha) . ce que le Vedanta ulté· rieur résumera en la formule connue saccidananda. le moyen qu'il offre aux hommes ttd'intelligenre médiocre" d'avancer dans la voie de la délivrance. qm a faIt fortune dans le Vedanta. II. non littéralement. elle est inexplicable sur le plan du savoir. et tout effet est impensable (acintya). pour Madhava.w .la). part considérable de son reuvre. L'avidyií. § 1407. triplement colorée (tl'ival'J. . La mrtYrl chez Saúkara n'en est pas moins une force positive (bhrlvarüpa). L'équationupani~a­ dique tat tvam así est a entendre. omnisciente. de Clsoi" : le brahman n'est autre que de Soi supréme" (paramatman). Quel est l'objet de la création du monde? TantÓt on nous dit que e'est un jeu (lilrl) gratuit. ni en tant que non-cela (= que non-étre)". telie valeur. 3. il est inexplicable (anirvacanIya). les trois gutfa. dénuée de formes. . 43 est a entendre métaphoriquement). Plus encore que la mrlyri. et son nom m~meévoque les pre~tiges du magiCIen (mrlyrlvin) professionnel. identique a l'atman.la. et l'illusion qu'il crée persiste jusqu'au jour ou l'identité supréme sera reconnue. mais en est le témoin (slik~in). qui est mrlyrl. L'univers est des lors. a définir le sens de tel passage védique. suivant lesquelles le monde est une simple construction forgée (kalpita) par l'esprit. n ya la deux plans de connaissance. et qui. Il eme peut étre défini ni en tant que cela (= qu'étre). il n'y a qu'irréalité. l'une a laquelle iI adhere. De quelle nature est cette irréalité? Saúkara combattra les theses du nihilisme bouddhique. et de la dans de vastes couches de la pensée indienne. qui n'est pas l'objet de la notion du moi.ans !es profondeurs de la notlOn de mrlyii n'exige d'y reconnaitre une ItIlluslOn". pour dés. c'est-a-dire possédant. qui n'a qu'une réalité d'apparence (prlitibhlisikasatya). fait de lui une ttpersonnalité souveraine". Rlen d. &140? La mayá.1ikrt) du désert. une comme le brahlllan. ne met pas e~ caus~ la }. annulation de l'avidyli). ce sera un intermédiaire indispensable pour accéder au brahman. désignait a l'origine une activité aberrante. . plutot que telle autre. le monde. Pour Saúkara. dont Saúkara lui~ . tantot que c'est une grAce du Seigneur. mais celui d'un vivarta. un néant : theses que reprendra l'Advaita ultérieur (Siddhantamuktlivali) lorsqu'il pose qu'en dehors du réel absolu (brahman) il n'y a que du per~u-pour-réel (prlitftika). lui donnant tour a tour la faculté de projeter (vik~epalakti) et ceHe de cacheT (rlval'a1. positive ou négative.

t a l'entité spirituelle pure (cit) est PI¡¡jña d'intelligenh : il devient TSvara du point de vue générique (sama?!i) et «corps causal» (Mra~!adeha) du point de vue individuel (vya¡~!i). manana «réfiexion" . comme elle-m~me.Dans le domaine du brahman J toute diversité (b'fteda) ou dualité (dvaita) est une avidya : en particulier la projection en ISvara et les croyances qui en résultent. le theme des virtualités psychiques héritées. Celui-ci s'est qualifié par les quatre «réalisations" prochaines (siidhana) : discriminer l'éternel du non-éternel.consiste aprojeter hors du corps l'organe interne qui se dirige vers l'objet a l'aide des sens et en épouse la forme.1a ttaudition" du Veda. Alors se produi~ une «intuition" inédite (anubhava) ou «compréhension" (avagati) qui aboutit a une ttvision parfaite" (samyagdasarna). les croyances populaires. C'est plutÓt du S[rp}{hya que se rapproche la psychologie advaita : la hiérarchie des organes et des fonctiom est semblable de part et d'autre. Le corps grossier est la gaine du suc de la nourriture (annarasamaya) . est le lot du vidvas «supérieur". il ressentira quelque temps ene ore le contre-coup de son lcarman avant de se fondre définitivement en le brahman J dans une béatitude infinie. il y a deux plan s superposés. Libre des attaches humaines. Mais cette vue sommaire n'épuise pas toute la doctrine qui a tendu a constituer une philosophie totale. et contiennent elles-mémes enfin la gaine de félicité (iinandamaya). sur le plan divin. . Le Vedanta s'est approprié aussi. sous l'empire de l'avidya la cetana «conscience". mais d'inexplicable (anirvacaniyakhyriti) comme la maya méme.vanara ou Viraj. La perception. La délivrance immédiate (sadyomukti) . terme d'upiidhi «apposition (contingente). A la derniere étape. lesqueHes vont de la perception brute a la formation des idées et tendances sous le mode synthétique (sarpkalpa) ou analytique (vikalpa). Mais ici. § 1409. Les omvres. Le salÍkarisme se présente done comme une mystique atendances intellectualistes (non émotionnelles). C'est l'aspect subjectif.·ük?masarira) et. sravaJ. l'avidya (tllon-savoir" est le pivot de l'argumentation advaita : les auteurs récents confondent souvent les deux termes ou les remplacent par celui d'aji'ir7na. La source de l'avidya est l'indiscrimination (aviveka) entre l'objet le sujet. maitrise des sens. laquelle produit le corps causal. A la deuxieme étape le brahman s'associaJ!. Les Advaitin ont développé ici toute une théorie. émanation de l'esprit pur (cit). le second ala félicité absolue. Quel est le remede a l'avidya? Devenir un vidvus J un «sachanh.tiva est compris dan s le . en l'enrichissant. l'upildhi consiste en le «COJ'ps grossieJ'''. la perception fausse est causée par quelque chose de positif.26 LA PHILOSOPHIE DRAHUANIQUE. Comportant un noyau de perception pure et un apport subjectif de l'activité mentale. substrah. foi) ./amaya). ébauchée par SalÍkara et empruntée partie aux Upani~adJ partie au Sill!lkhya J pour rendre compte du passage de l'rltman aujlva. du sommeil sans r~ves. dont la forme typique est la «délivrance du vivanh m~me . soufile~. patience-endurance. Il y a quatre étapes qui répondent dans l'ordre inverse aux quatre états psychiques de la veille.con~ues comme s'emboitant les unes dans les autres. sens. qui participe au double plan des valeurs sañkariennes . qui se fait a échéance lointaine. de la miiya ontologique.). elle se manifeste pour la conscience empirique enveloppée dans un réseau de différences et de relations (Lacombe). Une morale d'abord : morale hérolque qui conduit l'homme aréaliser le surhomme en dépouillant son humanité (Lacombe). un aspect temporel qui conduit aagir. La délivrance. et § 1408. qui contient la gaine des soufiles (priil. Ce dernier est l'état absolu d'iltman J sans détermination. l'hommage (uprisanii) aux formes symboliques (pratika) du brahman valent pour le vidva8 «inférieur" : elles donnent acces ala «délivrance progressive" (kramamukti). Comme la perception (vraie). Dans le domaine de l'¡Uman J l'avidyil J en distinguant du Soi le corps et les fonctions organique~. a nouveau. opposé au savoir parfait (para vidya ou vidya tout court). Certains textes. acquérir les six vertus (pacification. La maya eHe-m~me est avidya. le premier visant a un bonheur fini. puis celle de la conscience (vijiírinamaya) qui a elles trois composent le corps subtil. qui apparait avec son semblant d'autonomie. du sommeil avec r~ves. reposant sur une ontologie. et devient alors Taijasa de lumineux" : il forme le «corps subtil» (. C'est la prise de possession du brahman J l'éveil de l'~tre. sous leur forme dynamique (sm!1skr7ra) ou passivement réceptive (viisrina). crée le jíva ou Ame individuelle.elle est vraie dans la mesure ou elleatteste la non-différence. adhyiiropa) au moi et aux attributs du moi le non-moi et les attributs du non-moi.. L'Ame individuelle secrete le karman J déclanche le sar¡lsrira et toutes les souffrances inhérentes ala condition humaine : SUr ce point le Vedanta a entériné les vues populaires du brahmanisme. n a une doctrine originale de la mémoire et du r~ve. dirige les fonctions (vrtti). se déprendre du fruit de l'acte. ses faculté s d'agir et de souffrir. proprement de vivant" (on dit aussi vijJiiina «conscience distincte. nididhyiisana «approfondissement de la pensée" qui se coule dans la forme du brahman J samridhi «concentratiQn" sur le brahman J avec ou sans la notion distincte du connaisseur et de la connaissance. 27 m~me traite sommairement. Tout ce qui se juxtapose a l'iitman pour former le . sauf que les termes de buddhi J manas J ahaJ!llcrira J citta sont souvent confondus en la notion unique d' «organe interne". les theses du brahmanisme commun. c'est l'erreur consistant a surimposer (adhyiisa. au lieu d'upildhi J parlent de «gaines" (kola) -l'idée remonte ala Taittiriya-U. Il est passé par les quatre stades. chez les post-SaIikariens. puis ceHe de l'organe mental (manomaya). Hiral~yagarbha. Le jeu psychique se passe entre l'objet passif et le sujet actif. fausse quand elle enseigne la diversité . aspirer a la délivrance. le brahman re~oit pour upildhi l'ensemble des organes internes. LES SIX DARSANA. sur le plan divin. (jlvanmukti) .. fait des «éléments grossiers" : c'est le jlva et. éléments ténus. éternel comme ceHe-ci. épistémologique. A la troisieme étape. Les theses cosmogoniques et eschatologiques du Vedanta qui supportent cette morale sont. Vai. Théorie de la connaissance et psychologie. et du «quatrieme" (tur/ya). concentration. et inversement. L'erreur réside dans un vice organique du sujet qui con~oit l'objet autrement qu'il n'est (anyathrilchyati). cessation d'activité. morale adeux aspects. un aspect éternel qui mene a ces ser l'acte (nit'l'ttimarga). selon d'autres vues.

naturelle.41. Quant a la délivrance. le tenant le plus autorisé des Upani~ad (Thibaut).avoir été décisive (Stcberbatsky) : il est vrai qu'elle atteint moins Saúkara que les Advaitin qui ont suivi. comporte un double état. elle en est inséparable (ap!. dont le zele anti-bouddhique est d'une sincérité indéniable. Mais. malS au sens d un ~pou­ voir merveilleux»).0.28 LES SIX DARSANA. comme «exempt d'imperfections» et «Íait de qualités de pure excellence» qui . Le brahman se définit positivement et négativement. ~ux upiidhi m a la maya (dont RamanuJa utIhse la notlOn. mais cette gnose est congue en fonction d'une série de facteurS : la grace divine. 29 le raisonnement (valide) corrobore les données de la Révélation. La Vedlintaparibhli. mais similitude. debéatitude. que l'imprégnation bouddhique (DharmakIrti) semble . Sur nombre de points secondaires. substantialité (vastu) . Unie au brahman et retrouvant sa pureté et sa béatitude premieres. comment la cause peut produire un effet. avait re~u du Mahliylina ses theses illusionnistes et acosmiques. 1e principe spiútuel (cit) est «de meme saveur» (elcarasa) que le brahman. il se morcelle. de la meme maniere que le monde physique et les ames sont le corps du Seigneur (Lacombe). L'équivalence tat tvam asi est a entendre métaphoriquement : il n'y a pas ídentité entre brahman et jiva. doué d'intuition. essence (bhliva. encore moins avec le Sünyaviida : il n'est qu'a demi-idéaliste.Bont en nombre infini. le contenu ne differe pas sensiblement de l'Advaita : en particulier.transformation qui n'aff~cte nullement la nature du brahman. de faculté d'agir. encore que le mot et la notion de mliya figure dans le bouddhisme avec une 9onnotation populaire. grace a l'avidyli. Doctrine de Ramanuja. Elle s'efforce d'équilibrer le brahman un et l'Ibvara facteur de diversité. sur le plan empirique il est admis un «excédent» (atisaya) qui explique .la) de la substance (dravya) -. l'état subtil (¡. Hamanuja professe ainsi un réalisme intégral qui se manifeste jusque dans la théorie de ¡'erreur : l'erreur est une affirmation de l'etre (satlchyrUi). ni la perception ni le raisonnement n'y ouvrant l'acces. Trois pramal. en postulant comme elle le double aspect rél'ljirréel du monde. bien qu'en son fond upani~adique.:1a du Veda est l'une des avenues de la délivrance. autrement dit le brahman a des modes (prakr7ra) qui sont les ames individuelles (qu'englobe le terme de cit) et le monde inanimé (acit). par dela les Brahmasütra. éternelle. § 1.bouddhisme. inconscient.u7ma) du subtil en grossier . Ce corps éternel. l'un et l'autre aussi réels que le brahman. et qu'enfin.~li développera toute une logique qui. svabhliva). existence (sat) LLacombeJ. Plus voisine du bouddhisme (Nagarjuna). il s'en distingue paree qu'il est démuni de pouvoir cosmique et que ses dimensions sont celles de l'atome : sujet conscient et connaissant (on l'appelle connaissance. Rapporb avec le .la autonomes sont seuls ~'etenus : perception.la dissolution étant le phénomene inverse .effet (uplideya) de la cause sub~tantielle (uplidlina) -. d:e~pliquer la diversité san~ rec~ll:rir a l'hyrothese. ji¡üna. ne differera pas foncierement de celles des écoles réalistes (Stcherbatsky). l'ame ne perd pas pour autant son individualité. infé- § 1. elle participe au brahman bien plutot qu'elle ne s'identifie a lui.:!k~ma ou tamas) ou forme~ et noms ne sont pas explicités. «du divers en tant que te1». § 141. On a pensé notamment que Saúkara. On voit comment cette doctrine tente.thaksiddha).1. Raju). la théorie de la connaissance. La causalité ramanujienne.2. assez voisine de celle que lui donne l'Advaita. enfin il y a un mode «corporel» : le corps est conl{u comme le mode de l'ame. elle demeure pour l'essentiel affaire de gnose. tout en sauvegardant l'unité. Il suit. et leur différence elle-meme réelle. mais en mettant l'accent sur la différenciation (L. comme celle du Siüp-khya. d'ou résultera une vision divine évidente (pratyak~ata). mais dans des parties distinctes autour d'un principe : l'etre se scinde en trois ordres. un aspect éthique .guliers qui ne concordent pas avec le Vijñlinavlida. ces ame~ s'unissant a la matiere entrent dans le cycle de la souffrance. les efforts spirituels parmi lesquels Ramanuja compte aussi bien la méditation au sens ~aükarien que l'ensemble des devoirs d'état et des devoirs rituels (le karmakijl. son aspect linéaire qui la rend aisément assimilable et d'une saisissante rigueur. un instrument de son jeu (lila).a Vallée Poussin). L'idée maitresse est que l'unité réside non dans un principe unique. n resterait a préciser la position controversée de Saúkara par rapport au bouddhisme : on a observé depuis longtemps une «ressemblance de famille» (1. effet dans l'état grossier. en tout cas. Saúkara l'a revetu.uja)..1. La notion éminente de «mode» comporte une série d'aspects : un aspect logique . pose l'effet comme une modification dan s la forme de la cause au sein de laquelle il est déja présent (satküryaviida).. Mais c'est surtout dan s un domaine annexe. doctrine qui parait s'etre formée Sur le bhepiibheda de Bhaslcara et le salctiviida de Yadavaprakasa (P. C'est le visi~tüdvaita «non-dualisme spécifié"ou. Le brahman est connaissable par la seule Révélation. Par une opposition radicale a Saúkara.41. Mais l'accent est mis sur une sorte d'évocation aimante de la divinité. . elle ménage l'acces au théisme sentimental qui va désormais envahir le Vedanta. le fait qu'elle a ses racines dans le fond meme de la mentalité indienne. par l'adhésion qu'elle donne aux croyances hindouistes. Ramanuja réfute le nirgw}atva des Advaitin. UD aspect ontologique . comme on traduit encore. et meme passionnée.lavlida et qui postule que l'effet existe comme cause : cette identité n'étant valable que sur le plan absolu. La qu~stion serait de savoir s'il y a davantage. le soubassement psychologique est le meme.subordination (se~a) de l'esprit fini a l'infini qui a le primat (sefin). comme le purupa des Salpkhya. paree que la connaissance est sa vérítable essence). Rappelons enfin que l'Advaita a sa théorie de la causalité. T. LA PHIWSOPHIE BRAHUANIQUE. en l'ínfiníté des ames individuelles (jlva) et. presque au meme degré que le jilanakül. de traits sin.de l'irréel. qu'on a proposé (Belvalkar) d'appeler satklirm.attribut (vise~m. l'état grossier (sthüla) ou l'unité devient pluralité : le brahman est cause dans l'état subtil. La doctrine doit son immense retentissement a plus d'un facteur : son indéniable orthodoxie qui en fait. et son illusionnisme est plus dialectique que substantiel. Srinivasacharya). de la que la création du monde n'est qu'une transformation (paril. chose notable. serait la distinction entre les deux «savoirs».

et. sont abhinnÜl¡lIÍa ou sval'úpüqlia} identiques au brahman en substance et puissance. n'est que la non-perceptíon de leur différence. l'une dl¡arma «propriété». non créé. elle comprend les qualités p).et le Seigneur (1 ¡¡vara ). miémotionnelle. ni la différence (bheda). il donne l'etre (sattü) aux ames dont il connalt la vraie nature (svarüpa). Nimbarka rend par sakti). il est satyasaJ!lkalpa «d'idéation vraie" : il a forme et nom de Vi~l)u ou Hari. Quant a la nonsubstance. Comme Ramanuja. Essentiellement agissant et éprouvant. elle ne s' explique pas davantage par des up¡¡dhi ou par une maya. le brahman possede huit fonctions principales. La these est peut-etre celle qui approche le plus de l'intention des Sütra (5 1393). elle repose sur un équilibre entre différence et non-différence. En contraste accusé avec les autres formes du Vedanta et notamment avec l'Advaita qu'il combat violemment. puis la substance en jaIta «inerte» (la prakrti ou matiere et le temps) et en ajarla «noninerte». Jacobi). l'une et l'autre naturelles et réeIles (sviibhiivika) . On vient de rappeler que Nimbarka est voisin de Ramanuja avec lequel il offre maintes interprétations concordante s de la sruti ou des Sutra. atomique. il est éternel. le jíva} c'est-a-dire «la notion du Je" § 1416. voués a l'ignorance et aux maux qui en résultent : les j¡va ordinaires sont dits bhinnüqlla} ils sont C!parties» du bl'ahman tout en étant différents de lui. l'inerte (jalJa) ou non-spirituel (acit). Le jiva comme le monde physique sont l'effet de la C!transformation» (pariw7ma) du brahman (passage du subtil au grossier) : le mécanisme consiste a projeter (vikl"Ta) une sakti ou C!énergie".. d'autre part. le Seigneur (ISvara) . Il pose plus exactement troiE principes réels. au moins par. appliquées aux Brahmasiitra} rendent. témoignage verbal. Doctrine de la Dipika. infini en nombre. et atteint dan s la délivrance (mukti) . ame et Seigneur formant la catégorie du «pour soi».sous son double aspect de participation aimante. íl est une part du brahman (ar¡¡sa) terme que. i'union (sal!1yoga) et le pouvoir (sakti). sa nature est altérée par le karman} entité sans commencement et sans fin (sauf par la grace divine). engendrant une bhakti de tendance mí-intellectualiste. dont il nous donne les signes (pratyaktva) et les cinq formes. peu élaborée.nil'viiefa signifiera selon Madhva ~ dénué des. Quant a l'acces a la délivrance. enfin küla «le temps». 31 rence. Doctrine de Madhva. les qualités sensibles (indriya). les modes ou attributq du' brahman (Ghate). L'interprétation des Upani~ad marque des tendances individualistes et fidéistes.30 LA PHILOSOPHIE BRAHnJANIQUE. l'intention textuelle plus fideIement que la rigidité de Saúkara (Thibaut. prapatti . L'acit est de trois especes. ne consiste pas en une unité de forme (sva1'Úpailcya).qui constituent la catégorie de «ce qui n'est pas pOUr soi» (pariiktva). l'autre dhal'min Clporteur de propriété». car un brahman distinct ne saurait avoir aucune action. ainsi les avatüra de Vigm. ait le pas sur les deux autres : le bruhman} le spirituel (cit ou jiva). encore que le premiel'. possesseur de tous attributs heureux. § 1415. L'ajaifa comprend a son tour l'essence pure (suddhasattva) . absolument distincts. laquelle a double aspect.'Ímordiales (gnJ. prükrta ccce qui est issu de laprakrti» (et qui correspond aux 24. La Dfpika de Srlnivasa (5 1327) résume en définitions et apophtegmes schématiques la pensée de Rama'nuja. Nimbarka admet trois principes. endroitq. bhakti} et d'abandon. sa pureté oríginelle. la doctrine dérive de Ramanuja. fruit de l'avidya.le terme est employé indifféremment pour brahmano La relation entre ces trois principes n'est ni la non-différence (abheda) qui contrarierait l'enseignement védique et menerait a les confondre en un seul. Mais chez Nimharka bheda et abheda sont sur le meme plan et. bien que naturelle. d'éminente dignité. Nimbarka élabore une technique de prapatti (5 1310) a six degrés. Ces memes tendances au contraire. La délivrance aboutit a identifier le jlva au brahman} mais cette identité. abheda impossibilité. historiquement parlant. d'autre part. comme chez Ramanuja. bien que. il est vrai. qui s'écartent parfois hardiment de l'esprit des reuvres. et le systeme porte le nom de bhepiíbheda} qu'on peut rendre par Clidentité dan s la différence». Les jfva sont distincts l'un de l'autre. Quant a l'Tsvara-brahman} cause matérielle et efficiente du monde. l'ame _(jiva)dont Nivasa décrit les classes hiérarchisées . reflete elle aussi un bhedabheda entre cette connaissance et le «sujet connaiqsant» ou jiva (l'ame individuelle) qui la composent. également éterneUes : aprükrta C!ce qui n'est pas issu de la prakrti» . LES SIX DARSANA. Doctrine de Nimbarka. on dit parfois saviie~advaita ou savise~abheda «dualisme qualifié"). Apres un exposé des trois pramat1U} elle traite des prameya «objets de connaissance» qu'eIle sub divise en substance (dravya) et non-substance (adravya) . l'identité de ces deux essences. le l!on-spirituel (acit) aussi bhogya «objet de jouissance"). . comme l'écIat du Seigneur. § 1413. Mais les theses essentielles spnt développées en un évident parti-pris de s'opposer trait pour trait a Saókara.~a). sa représentation se melit dans le cadre classique desvyüha et des avatÜl'a : il a nom et forme de Kr~l)a. § 1414. et la formule tat tvam asi est illustrée sígnificativementpar le rapport entre le feu et les étincelles : les étincelles ont part a la nature du feu. quelques ames privilégiées. sinon elles ne pourraient se dífférencíer ni du feu ni entre elles-memes. Bheda signifie possíbilité d'une existence séparée. cit et acit} qui forment le corps du brahman} ne deviennent pas pour autant.innombrables. en insistant sur la sotériologie. ou de dvaitridvaita «dualisme et non-dualisme". Doué d'une infinité de spécifications parfaites (savis8fa . aussi incommensurabIes aux ames ordinaires que le feu de la fin clu mondel'est a la luciole. tattva du Siü)1khya). agent de jouissance et objeto Bien que le jiVa soit un effet du bmhman. la connaissance (jñ¡¡na) . mais ne sont pas identíques a luí. (ahamal'tha) est régi (niyamya) par le Seigneur Clrégent» (niyantr). le spirituel (cit) aussi bhoktr «agent de jouissance»). qui sont. elle forme un stade prélíminaíre dans l'interprétatíon ontologique (Ghate). Madhva instaure un strict dualisme (dvaita. elle vise seulement a excIure toute situation indépendante (nirapek~asthitirahitatva). formes matérielles" et al'üpa C!n'ayant pas forme de prakrti"). comme dan s le sommeil intense (su~upli). La cit} qui a pour essence (svarüpa) la connaissance (jñiina) .

sa~lO~ des doctrines du Bhagavatapul'cil!a a la lumIere de certaIlles vues epIstemologiques et sectaires. entre jiva et jalja. De fait. l'attache au Vedanta traditionnel est plus formeBe que plofonde : toutefois il es~ semible que Vallabha a été influencé par Saúkara et surtout par NImbarka. l'acit dérive de la prakrti Alaquelle préside Lak~mr. immanent et transcendant. n'est que la cause efficiente. mais une parcelle du brahman au pouvoir amoindri. l'ame délivrée [S 1134]). non mamfestée. toute différence est par jeu (ldartham). il se t~'ansformerait Achaque instant). la nature de l'acte et le fruit qui en l'ésulte. non au sens saúkarien du terme. caitanya «spiritualité»'et cinanda «béatitude» y sont voilés).va. la doctrine n'en a pas moins connu une vaste expansion.¡ appelée ak~ara. eHes sont censées. Chacu~e d'eHes est non un reflet. qualifiées pour. la source de connaissance par exceIlence est la ¡fruti. la relation de cause A effet est une identité absolue et le tat tvam asi est vrai littéralement. Le brahman est l'a'b~olu et le tout. entre un jarJa et un autre jalja). q~'une partíe de l'essence divine et en présente les attrIbuts obscurCls (11 ne posserle que le sattva.que Madhva violente paffois sciemment. Vallabha adhere pour le détail de l'évolutio~ cosmique au S. on signale une théorie originale du raisonnement et de la perception.He forge ~n th~~e or~g~nal d. VaHabha édifie un réseau de corréla~ions minutieuses entre la nature de l'agent (laquelle peut ~tre sattvIque. Enseignant que les ames dépendent totale~ent du brahman. Ala fois matiere.e abou~i~ A un net . tout identique qu'elle soit au brahman. ou m~me des mots de l'usage courant. § 1417. . en s'aidant d'une série de réalisations (sadhana) : eBe aboutit Al'a~ara (S 1418). conserve sa différence. c'est-A-dire pur de maya. Les ames sont classees en sénes hIerarchIsees (l Ame pure.. au service duquel e. qui est en quelque sorte le cóté ex~é­ rieur du divino La bhalcti. l? salut demeure entre les mains de la faveur ou de la mIs encorde dlVIne. si la chose ne se peut. § 1418.omme une. cause efficiente et matérielle. Comme dans les autres doctrines. le plan intérieur (adhyeitrr:ika) pour la for~e. ame (jiva) et monde (prapañca) sont identiques au brahman. l'ame migrante A plusieurs échelons.bea?coul? plus h~ut. substrat du monde matériel éternellement distinct du brahman : le brahman. l'amour-foi (bhakti) et la réflexion sur les «cinq distinctions» éterneIles (distinction entre brahman etj. § 1419. § 1420. lorsqu'elles enseignent le monisme. ayam atma brahma«cette ame s'accroit» ou bien «le brahman pénetre partout». le plan du «rége~t mte~ne» (antal'v amm) pour la forme particuliere aux avatcira. ~éfimtIve. . Seigneur. doué de souveraineté (aiivaryavant). d'une identité concrete. q~ n'embrasse. d'apres Madhva. la création et la dissolution du monde ne sont que l'effet de la manifestation (({virbhava) et de l'occultation (tirobhiiva) alternantes de la mci!Jci. Les moyens humains d'y prétendre sont l'acquisition de certaines hautes vertus morales. qui se serait agrégé Ala tradition des Brahmasütra. non la cause matérielle du monde (sinon. mais surtout l'apprentissage de la connaissance aupres d'un guru. ame individuelle. dont on a ~onné (S 1311) un bre~ ape~qu . Glasenapp caractérise le valla~hIsme ?. On a la l'un des systemes les ~lus résolument théocentriq~e~ de l'Inde ancienne' la base philosophlque en est ténue et peu ongIllale (Ghate) et l'e~semble des conceptions éthiques ou cosmogoniqnes repose ~ur le fond commun de l'indianité. Fantastique sur le plan de l'interprétation littéfale . Comme d'autres écoles védantiques. est éternel et réel : Vallabha co~damne comme démoniaque la these advaita de l'illusion. Due A un mouvement spontané de la divinité. StU' cette base. La connaissance est la VOle de celm qUl a ldentIfié le SClgneur comme son vrai Soi.I hU 111 í mi 32 LA PHILOSOPHIE BRAHMAlUQUE. LES SIX DAR SANA. celles que les gutla engendrent dans les ames assujetties au sal!lS{era. ignorant ce qui ne sert pas ses fins médiocre comme synthese philosophique (Ghate). l'ame. connaIssantes et actives issues de l'obscurcissement de l'attribut cinanda du Seigneur. Nagaraja Rao). inspiré es par les tenants de la maya ou par les :i:ühilistes. Sujet et objet du processus cosmique. selo~ qu'eBes sont par nat~re. d'apres Madhva. la bhalcti. reprise par Jayatlrtha (P. Le monde. dlVIne intégrale. La délivrance (mokfa) est la perception de la forme vraie (svarüpa) du Soi.~k~ya. telle que la grace de Hari permet de l'obtenir. rajasique ou tamasique). La créatlOn . sauf qu'il reconnait 28 tattva au heu de 24 et 9:u Il dlscnmme pour chacun d'eux trois plans correspondant ~~ trOlS formes fo?dam~ntale~ . d~s PUNe/. que des noms ésotériques de Vigm. dont témoignent de grands développements spéculatifs. enfin gouverne les ~tres. 33 Enfin. En bref. la doctrin. se divise en trois stades et comporte trois classes : elle fait l'objet d'une description fort articulée. : Dieu crée les tattva. Glasenapp la résume comme un SiiIpkhya-Yoga théiste influencé par des éléments Nyaya-Vaise~ika.ti) parml lesquels figure la rnciyci rrforce mystérieuse». Les ames individuelIes sont des essences atomIques. amour immense qui transcende les catégol'les du bien et du mal et conduit l'~tre verS la forme la plus élevée du divin. il appara1t ~ans les avatara. A un r~ng . 2 .se Joue e~ trOls a~tes (Glasenapp). dont Vallabha élargit le champ aux reuvres fondées sur la sl'utij il y ajoute aussi les révélations qu'il a reques personneHement de Kl'sIla. systematI.du brahmañ : le plan divin (adhidalVtka) pour la mamfestatlOn. la connaissance (jiíana) ~t. entre brahman et jalja. Une foule de mots que la tradition explique comme des équivalents de brahman. ne sont autres.. mais en ce que ses qualités qui sont infinies n'ont rien A voir avec. semblable A celle qui existe entre la partie et le tout. Doctrine de Vallabha.e predestInation. M~me délivrée.déte~­ minisme.la. C'est le suddhadvaita «nondualisme pur». puis entre dans l·reuf cosmIque qUl en est le prodUlt. il est nirgul!a. il définit deux voie~ A la délivrance. pour la transmIgration ou pour les tenebres : ~n. Etre personnel. le refuge (iaralia) en le Seigneur. La formule tat tvam asi signifie «tu es A Cela». comme dan s l'Advaita. entre un jiva et un autre j'iva. Toutes les propositions védantiques sont Aréinterpréter ou.l~ délivrance. et agit par une infinitude de «pouvoirs» (¡fa/.

quels éléments survivent. autrement dit une ((pratique» fondée sur une «théorie». Comme le bouddhisme primitif. a toujours été plus apparente que réelle. séparait enCOre la prakrti de l'avyakta. Par rapport aux deux MIma~sa. dans les Dharmasrtstra (Manu et YrUñavalkya). le reflet du Sa~khya primitif. Jacobi. des. § ~424. on l'intel'prete soit comme un type traditionnel.). plus souvent vers un pluralisme de fait. c'est le mtlme que décrit le livre 12 du Buddhacarita et qui se laisse percevoir dans l'informe enseignement du Mo~adharma (= Mahabharata. Oldenberg) .?atriya. l'évident archalsme que révele son caractere schématique. S 792). il faut reconnaitre que le dualisme Sa~khya revtJt des l'origine des formes éminemment indiennes. et toute une partie de l'reuvre de Sañkara n'est qu'une polémique sommaire contre le Salpkhya. et distribuait les tattva plus librement que ne feront les Karikii. Une description intéressante est celle de la CarakaSa1!lhita (S 1638. le LalÍ/cüvatüra qui (chap. que le Sa~ya était la base philosophique du bouddhisme (Senart. et a reconnaitre . le Mad/¡yamaküvatüra. C'est le Sal)1khya enfin qui a fourni sa philosophie au Yoga. tantÓt s'inclinant vers un monisme idéaliste. les Sütra. 1651) qui. en partie du moins. Cet aspect . SaIpkhya et bouddhisme. a tendances scientifiques. P~r ailleurs. que le puru~a est un vieux terme (prakrta figure dans le Sat. l'esprit et leurs interrelations.lU). faible a l'origine. sous réserve qu'il ne reconnait ni maya ni brahman entendu comme cause matérielle du monde. n'avait pas fixé la théorie des gU~la. . Br. schéma mythique : mais au fond. afin de permettre un meilleur contróle en vue du but final.423. entre les gU~la du Sa~khya et les dharma du bouddhisme. § 1422. peut-tltre dans ces mtlmes régions qui ont vu l'avenement du bouddhisme. on est devenu ensuite moins affirmatif (La Vallé e Poussin).((ce qui repose sur le nombre". et Yoga» que (('Yoga (fondé sur la philosophie) SaI)1khya" (Jacobl).((SaI)lkhya. notamment quant a la théorie des soufRes. allusion a l'emploi caractéristique que fait cette doctrine des énumérations et d'une hiérarchie classificatoire. ignore la série tanmrltra et enseigne la résorption de l'ame délivrée dans l'ame universelle. Néanmoins. Le syncrétisme est a son comble chez Madhva. Il a existé un Sa~khya de forme mal définie. Mais ce dualisme n'est équilibré qu'en apparence : l'égalité entre les deux principes varie. Le Sa~khya se retrouve dans nombre d'autres domaines. comme s'ils formaient a i'origine un seul et méme systeme : l'expression SaI)11chyayoga signifie moins . du systeme. cf. réfute la prétention des Kürikü d'étre une doctrine du salut (Hauer). a vrai dire crucial. durant un temps. Comme les autres dariana. d'~thée devient th~iste et s~ ~lie. le bouddhisme combat assidÜment les theses SaI]1khya : ainsl le (pseudo-) Sütriílaqik((ra. le S~khya entre progressivement dans l'orthodoxie.Ia (notamment Brahma e_t Vi~l. De méme. Origine du SaIpkhya. 35 c. comme on 1 a dIt. Schéma de la doctrine. avec lequel l'épopée le présente indissolublement lié. Kautilya connait le S~khya. comme l'une des trois branches de l'enqutlte spéculative (ünvrkfikí) .) et que l'antinomie entre Sa~khya et Vedanta. mais on peut hésiter sur la porté e chronologique et doctrinale de cette donnée. lorsqu'il est parlé de la multiplicité des esprits opposée a l'unité de la prakrti. Le nom de Sa~khya. 12. c'est-a-dire la délivrance. etNagarjuna. et Stcherbatsky retient surtout un rapprochement. S 1425. mMé de Vedanta et de Yoga: l'un et l'autre peuvent étre vrais d'ailleurs (Strauss). Le Salpkhya § 1. réflexion" (opposé a yoga ((pratique. qui apparait depuis la Svetasvatara-Upani~ad. x). avec abolition de la conscience. déesse mere ou vieux couples cosmogoniques. Le SaI)lkhya est une doctrine réaliste. signifie proprement . qu'on appelle souvent «pré-classique" et qui est représenté dans les Upa~iad ((moyennes" (S 692). ont autorisé a supposer qu'il s'était constitué hors de l'influence védique. elle n'est pas tres éloignée de l'oppo2. § 1. a la notion de pradMna. n se peut que l'oppositio n entre un principe male et un principe femelle (sans qu'il yait d'ailleurs trace d'union sexuelle ou de fécondation) répercute un vieux . aux eXIgences du sentIment rehg16ux (Barth). SaI1lkhya ancien et épique. mais dynamique et successif.((non-brahmamque. Pour ce qui est du S~khya du Mo~adharma. De part et d'autre on s'attache a découvrir les éléments dont se compose l'individu. dans les Tantra. On a pensé aussi que le Salpkhya avait pu hériter de traditions extra-indiennes. § 1. soit comme un enseignement éciectique. c'est-a-dire sont responsables du cycle redouté des renaissances (Johnston).·. On a beaucoup discuté des rappor'ts entre Salpkhya et bouddhisme. La plupart des savants ont admis. Agama et Sa1!lhitü. le S~khya vise a des fins morales plutÓt que philosophiques. Le Vedanta s'en prend aussi.. C'est parfois aussi un Sa~khya ((pré-classique" que combattent les bouddhistes. et de la dans mainte philosophie sectaire. Pischel et. . le mot signifie aussi !tthéorie. ni la croyance au br~hm~n ne sont reconnus. Plus généralement. l'originalité du S~Iiliya est de se placer sur un terrain non védique : ni le rituel. sous des fOrmes souvent similaires a l'épopée : ainsi dans une partie des Pura/.. on admet en général que le jainisme a été tributaire du Sa~­ khya (dualisme du jfva et du pudgala). la Paramürthasaptati (perdue) de Vasubandhu. avec des nuances. D'apres Johnston il y a la. comme l'épopée. Garbe a CrU reconnaitre une influence k. Le monde extérieur est SUr un pied d'égalité avec le principe spirituel : Esprit (purufa) et Nature ou Matiere (prakrti) existent de toute éternité.. qui avait pour objet l'individu et non le cosmos. a cóté du Yoga et du Lolcayata.421. LES SIX DARSANA. qui forment une sorte de compromis entre Sa~khya et Vedanta. au lieu d' étre statique et juxtaposé comme celui-ci.425.afin de les pourchasser . OU il s'est fort bien accommodé avec le culte de bhakti. pro che a cet égard du Vaise~ika. sa mise en évidence de forces substantielles (Glasenapp). ignore la doctrine du satkarya (Liebenthal) . Prolongeant la pensée upani~adique. ce texte développe une masse de spéculations sur la matiere. plus enCOre que le Vedanta. lorsqu'il est dit que la 'prah'!'ti n'existe que pour le bien du ]J1l1'Ufa. par exemple.34 LA PHILOSOPHIE BRAHAUNIQUE. Garbe.

écrivain connu. du nom de son auteur. en revanche. que Gau\lapada soit a identifier avec le docteur vedantin du meme nom S 1394).430. contrairement au Nyaya-Vaise~ika. et qui rappeBe les theses évolutives rudimentaires qu'on trouve dans les Upani~ad et memedes les BrahmaJ. y compris les trois derniers relatifs a l'histoire de l'école.1khya" (on dit aussi la Karikii. elles demeureraient parfois lettre morte. et le livre 4 en particulier fait anusion curieusement a des récits qu'on retrouve dans l'épopée ou dans les Purlh. avec intrusion d'idées védantiques et yauga. c'est que les Siil!lkhyasütra que nous connaissons ont été compilés bien des siecles apres les J(ürika (S 1lt29) et qu'il faut s'en tenir a ces dernieres pour se faire une idée du systeme sous sa forme classique. Puis. d'une source commune a Paramartha et a Gau(lapaela. un recueil fort antérieur a eux.36 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. au XVI' siecle. La langue est déja ceBe eles bhii:~ya récents. auteur d'un $af!itantra et contemporain de Vasubandhu. IsvarakF~l)a déclare donner un ~imple abrégé de la doctrine du fondateur de l'école. al-BrrünI traduisit dam son vaste ouvrage sur l'lnde un texte SaIpkhya qui. On lui doit aus~i un résumé autonome. On a reconnu depuis longtemps que les SiilJ1khyasiitra ou. le Sal!lkhyasiira. Dans les traditions indiennes et notamment en grammaire les [(arikii présupposent d'ordinai:re des sütra dont elles vulga:risent librement le contenu. Or. § 1. n est peu p:robable. ne sont guere mieux assu:rées que ceBes des fondateurs des autres dariana (Jacobi). bIen connu par son actlVlte htteralre. ~ 1. d'un paril. ou avec la ífakti. Vers le IV' siecle de notre ere furent composées les S(71!lkhyakarika «Versets mI!émoniques du Sal~. Ce personnage fut identifié par Takakusu avec un certain Vindhyavasa (ou °vasin) que les SQUrces chinoises mentionnent corome l'éleve de Vaqagal]ya. La systématisation des idées SaIpkhya qui flottaient pour ainsi dire dam l'air s'est opérée a une date relativement tardive. ou encore avec la maya. On a 13. paree que. dérive de l'association entre ces deux éléments primordiaux. Ce qui est sur. On peut admettre qu'il a du existe:r un recueil d'aphorismes su:r le SaIpkhya qui aurait p:récédé les Karika : on a meme tenté de montrer que ces sütra perdus avaient été l\euvre d'un certain Pañcasikha. ouvrage du célebre docteur Vacaspatimisra.ii~ttfk~ a~tri~ué au roi Bhoja de Dh~ra (XI' siIJcle). moins clair aussi et plus éclectique que les précédents.427. «la perle. Ce texte concis et su:r certains points squelettique donne dans l'ensemble une interprétation assez claire du Salpkhya. dont la SvetMvatara connait déja le nomo L'existence historique du r~i Kapila et ceBe de son éleve Asuri. Sa1!znyiisin de la région de Bénares. Belvalkar a retrouvé une glose de Ma¡hara (la Mürharav!'tti) qui semble avoir été composée en 400 et etre l'original samkrit traduit par Paramartha. entre 557 et 559. que la tradition attribue au r~i Kapila. riche de forme et de pensée. Tout le mécanisme de la création. qui composa vers 1500 une Sii'rlkhyasütravl'tti. parfois alambiquée. et les source~ chinoises ne connaissent pas moins de 18 écoles différentes (Johnston). 37 sition atmanjbrahman du Veuanta.428. est perdu. Un autre commentaire a été avec les Karikü traduit en chinois. § 1.zccmavada donné souvent au S¡lIpkhya.426. Écrites en vers arya. Les SaJ1lkhyasütra. Pour Keithil s'agirait 13. Le plus ancien commentateur des Siitra est Aniruddha. qui sont peut-etre apocryphes. lui semble «contenir la plupart des éléments de la croyance des Hindous". Au XI' slecle. la 63' stance ne figure pas en chinois. qui écrivit sur tous les darsana. Takakusu a démontré que la source d'alBlrünI n' était autre que Paramartha. Le Tattvasamiisa. un texte étendu. Vijñanabhil(~u. Dans l'ensemble la Kaumud¡ est le meilleur exposé du SliIFkhya qui nous s?it accessible. Le Salpkhya est appelé aussi satküryavada. l'expression recherchée. dit Barth. Gau(lapada n'aurait fait que démarquer Mathara. Le Riijav. Garbe le fait des cendre jusqu'au XV'.429. cité pa:r lsvarakr~l]a. le Gau(lapiidabhiifya (ou Siiqlkhyakarikiibhüfya). et leur teneur ne cOIncide pas pleinement avec celle d' ISvarakrsl)a : celui-ci donne 72 versets (dont GauQapada commente les 69 pre~iers. Paramartha 71.et dont un seul est conservé¡ la . de la connaissance et du salut. les [(aríka sont une suite de formules brillantes. LES SIX DAR:hNA. avec un autre texte de Patañjali. Autres textes. bref t:raité anonyme en 22 sütra} est antérieur au XVI' siecle (on a meme récemment enseigné qu'il devait etre antérieur au VII' siecle).«existe" a l'état préformé en sa cause. Le commentaire qu'on a longtemps cru le plus ancien est celui qu'on appelle. la polémique y tient une grande place. Leur style n'est pas conforme a celui de 81itra authentiques. tandis que la diversité du monde empirique dérive d'essences issues de la prakl'ti en vertu d'un processus évolutif. le Sal¡lkhyapravacana «L'enseignement du SaIpkhya". et sous le nom duquel des fragments nous sont parvenus.la. Les SaJ1lkhyakarika et leurs commentaires. au singulier collectif) d'lsvarakr~l]a. comme on dit encore. mais cette identification est actueBement rejetée. la Siiqlkhyatattvakaumudf «Le clair de lune de la vérité du Sa~lkhya ". ils abondent en images et en exemples. Vers le milieu du IX' siecle apparait un nouveau commentaire eles Kiirikü. sous réserve qu'elle maintiendra loujoUl's vis-a-vis de cette derniere son caractere réaliste. Kapila. version les [(arikü sont intitulées Suvar~lasaptati«La sepJante d'or". par le moine bouddhiste Paramarthaj dans cette § 1. En tout cas le systeme Sa~lkhya a été vivac e a cette époque. rédigea un laborieux Siir!1khyapravacanabhii~ya ou il introduit de gré ou de force dans le Sa~lIchya les theses du Vedanta théiste.lama : d'ou le nom de pariJ. il date vraisemblablement du VI' siecle. § 1. n se peut toutefois que les siitra relevent d'une tJadition ancienne et qu'ils aient remanié.w (Glasenapp). il enseigne que tout «effet» (kürya) . voisine sans doute de la fixation des autres dariana. tanelis que la Smrti a conservé les noms de 26 ma1tres. sont en réalité un ouvrage récent : plusieurs auteurs le situent au x' siecle. de toute la littérature scolastique de l'Inde" : mais sans le secours d'un commentaire. en dépit de Garbe. tout en annongant 7 O). le grand nombre des commentaires qui ont été faits de cet ouvrage . et l'on yerra au cours des ages la prakl'ti alterner avec le brahman.

.oivent des couleurs (respectivement blanc. Sattva et tamas sont inactifs par eux-m~mes. du simple au complexe. éléments séparés sans substrat matériel. eomme tous les schemes du Sfupkhya. mais susceptible d'agir indéfiniment. 39 Siíl!/khyakramadipikií faussement attribuée a Pañcasikha . dit-on encore. dénuée d'intelligence. la prakrti met en branle le mécanisme évolutif. qui ne font qu'un. il n'agit ni ne pense.la rel. la prakl'ti embrasse tout ce qui n'est pas puru. On a cru retrouver une allusion aux gU/. quelques Upani§ad les connaissent. Le SaIpkhya esten derniere analyse une explication évolutive du monde : cette explication réside dans la théorie des tattva ou ((principes" (proprement ((réalité. Dans les formes populaires du SaIpkhya (S 1424). embrassant le cosmos et l'individu.). l'immobilité au mouvement.la est ancienne.) est la lourdeur. résonances du terme) de toutes les existences phénoménales. c'est a son contact que les tattva se développent. sarpbandha) qui s'établit entre purU§a et prakrti et qui déclanche la vie et crée les Ames empiriques. Le plus noble d'entre eux. § 1.«un caractere secondaire.432. LES SIX DARSANA. § 1431. a la fois parties inhérentes et qualités de cette prakrti . les gU/.khya a été d'introduire une classification rationnelle dans un ensemble de données éparses. c'est le rajas qui les met en mouvement. Le puru§a est a la prakrti ce qu'est l'~tre au devenir (Oltramare). Mais le point de départ du cycle n'est pas le puru§a. peut-~tre traduisent-ils un aspect différent de la notion. de la Praina-U..· et particulierement une «'qualité". Le mérite du S1üp. la passion. sociales m~mes . et le systeme se désigne lui-m~me comme ((la science des 25 tattva". Les mots pradhiína et prakrti s'échangent a I'intérieur d'un m~me texte. ce qui met en jeu dans la nature et chez l'homme activités et souffrances. en partie du bouddhisme. c'est la légereté.la ne figure qu'a partir du Mahiíbhlirata et des Kiírilcií. le fil (d'une corde a plusieurs fils). les 16 suivants n'étant qu'((évolués" (toutefois cette répartition n'est pas constante). les 5 éléments fins (tanmiítra) et les 5 éléments grossiers (bhüta). qui provenaient en partie de la tradition védique.la développe au dedans et au dehors les qualités afférentes a ce gUl.. l'élément (d'un groupe complexe).la sont en équilibre : c'est la période d'avyakta. ~ 1. toutes semblables. est réel.la se meuvent. le sattva (proprement sans doute «la bonté" ou «la [pure] essence. Mais la doctrine explicite des trois gU/. l'obstacle. ou. La liste n'est fixée que dans les traités de l'école. sans le secours d'un agent extérieur.. il note la forme a partir de laqueBe a lieu une évolution. il est innombrable en ses manifestations : il y a autant d'ltAmes" que de corps. noir). éternel (n'ayant .433. Le lien (bandha. la pralcrti est la cause efficiente et matérieBe du monde.. flambeau (prakiiia) qui éclaire l'activité de la Nature.la. et en m~me temps une substance au m~me titre que ses produits. ou. au Bhligavatapurií1. et Itévolués". subjectivement. les gU~la. qui demeure en dehors. encore incertaines : il a signifié sans doute d'abord. Pure spiritualité (cinmiitra). S 692). les tattva comprennent les 3 sens psychiques (buddhi.Ja. toutes les qualités empiriques se conltoivent comme les effets des gUl. 43). omniprésentes. manas). incitée par la proximité du puruifa (qui agit sur eBe a la maniere d 'un aimant). S 684). Quoi qu'il en soit.'.atteste l'extr~me popularité dont il a joui (Ballantyne). Les gUJ?a.. c'estlaprakrti qui est Itévoluante. eomme si la multiplicité était secondaire. r. § 1434. Absolument une. e'est la prakrti quí. Daus I'état inerte de la nature. Le second.. que se forme la vie et partant la douleur. la joie et la paix. pradhlina. cette coi'ncidence de l'un et de l'infiniment nombreux oppose de falto n décisive le puru§a au brahman védantique. des substances (Jacobi. La prakrti. les 10 sens d'aperception et d'action (indriya). rouge. L'évolution (pariJJama). Substratum des phénomenes. Le tamas (proprement ((ténebres. ils sont a entendre a la fois physiquement (macrocosme) et psychiquement (microcosme).38 LA PHlLOSOPHlE BRAHIIIANIQUE.la : la joie qu'éveillent en nous des fleurs émane du sattva qui leur est inhérent. en termes cosmogoniques. poudreuse. soit qu'eBes nomment positivement le terme (Maitrl. Elle est l'indéterminé (avyakta).la composent la pralcrti. Le puru~a. elle est flottante et le nombre des éléments varie de 4 a 30. est le premier moteur : en opposition avec vikrti ((transformatíon. les 7 facteurs qui suivent sont tour a tour Itévoluants". a un certain moment. dan s le Veda c'était le nom de l'espace atmosphérique trouble opposé a l'espace lumineux de l'empyrée) est l'énergie. concretement. La nótion de gU/. Les gU/. du ((non évolué". puis en réemboitant ses manifestations dans l'ordre inverse.la : c'est ce qui marque leur différence essentielle avec les dharma bouddhiques... tant6t s'isole en son unité. Mais cet équilibre. Outre le puru§a et la praJerti. inqualifiable. queBes que soient ses origines. ((Base" (telle estl'une dec. n est notable que la théorie des gut1a reste étrangere aux tattva : indice qu'elle a dti se former indépendamment de ceux-ci (Oltramare). des attributs mythologiques. soit qu'eBes enseignent comment les choses de l'univers sortent de trois éléments primordiaux (Chiindogya. le rajas (próprement «la zone colorée. on les met en rapport avec une masse de notions physiques. L'objet qui possMe une prédominance de tel gU/. «entités substantielles" ou «substances subtiles" dit Dasgupta. On n'en parle pas moins constamment du purU§a au singulier. c'est-a-dire le monde psychique en m~me temps que le monde physique. spirituelles. les gU/. elle n'en est pas moins constituée par trois essences. prakrti.. mot neutre souligne l'inertie qui caractérise la matiere avant qu'eBe devienne ((évoluante".) répond a la lumiere physique et spiritueBe : objectivement. n'a ni vouloir ni perception. Mais il n'est qu'un spectateur : inqualifié. le principe ((préétabli" (pradhiina). le classement conduit du plus fin au plus grossier. tout en étant. et de la . le pralaya ((l'état de résolution". Garbe). prises en elles-m~mes. égare et aveugle l'homme. et le mot a une longue histoire. 8. dans les descriptions vulgarisantes. aha/[lkiíra. nom d'action de genre animé. e'est parce que la prakl'ti est aussi le pradhiína qu'on peut s'expliquer la théorie des gU~la. en se diversifiant selon un ordre fixe. que les gUl. Unique en son essence.la des l'Atharvaveda (X. ce qui maintient en passivité le monde inorganique. se rompt : mue par elle-m~me.qualités par rapport a eBe. tant6t produit la création (sarga). Fondé sur une stricte application de la causalité. la mülapraJerti ou((nature origineBe".

mais non inhérent : e'est une juxtaposition. tattva. La buddhi«eonseienee. il n'affeete pas l'essence des deux sublltanees rapproehées : tout se passe «comme si" le liliga (S 1ll39) non spirituel devenait spirituel. Les tattva 2 a 1ll. la théorie du liuga a ses sources probable~ dans certaines conceptions védiques sur le corps du sacrifiant. § 1435. la saveur et l'odeur. qui fait que tout Mre se sent comme un Ego. saisir. En fait il est malaisé de définir la nature de ce lien. d. § 1439. le liilga ou «signe" : le mllt abrege l'expression liJ·lgaiar/ra.et les 5 sens d'action (karmendriya )qui s' expriment parles fonctions de parler. C'estla théorie de la délivranee enfin (S 1MO) qui explique eomment la multiplicité des ames est nécessaire a la doctrine: on ne comprendrait pas pourquoi la prakrti subsisterait apres la délivrance si eHe n'était rendue éternellement indispensable par l'infinité des purufa. ou simplement bllllta). généralement appelés. Corps transcendant. Brhadiiral. Le Sarpkhya tardif distinguera une buddhi globale et une infinité de buddhi particulieres. Bien que matérieHe et «inintelligente" comme la prakrti. oUle. «comme si" le puru~a inactif agissait SUr la prakrti de maniere a la faire évoluer dans l'intér~t de sa délivrance. Les «évoluésll. le vent (vrtyu). qui. Le c(>rps subtil. D'abord les 5 éléments fins (súlcfmabhüta. plutÓt qu'une union intime. Alors que l'enseignement des 5 éléments grossiers est panindien. Substanee cosmique. 41 pas eu de eommeneement et ne pouvant s'aehever que par la délivranee. n y a la une sorte de mystere qui dérange l'ordonnanee rationaliste du systeme.la) qui circulent dans le corps. L'ensemble manas-ahaq/küra-buddhi constitue l'ctorgane interne" (anta(!karal. neutre) traduit la place éminente qu'on lui as signe. LES SIX DARSANA. il est surtout une fonction (vrtti) subjeetive. conscience au niveau des sens.~a. L'organe interne.on dit aussi sükfmasartra «corps subtib. mahiint (scil. tanmiitra «consistant en cela". Chacun d'eux n'a qu'une qualité. De lui relevent le désir. mot qui semble ~tre en fait une variante de tanumiitra «parceBe ténue". qui est l'objet propre de la création. évolué du son et du toucher. qui selon le theme connu (S 1123) se reploie a la fin de chaque période cosmique pour renaitre a nouveau. le feu (tejas). ils ne sont perceptibles que pour les dieux et les yogin et nous ne pouvons connaitre que leurs effets. Oltramare croit y discerner le processus de l' extase : abolition des organes de relation.1a). la réflexion. L' ahaq¡Jciira ou principe individualisant (littéralement «egofaction. Imaginée visiblement pour fournir un substrat semi-matériel aux organes des sens qui doivent accompagner l'ame dans les vies futures. évacuer. celui des tanmiitra est spécifiquement SaIpkhya. a.Ipkhya qui a pris l'initiative de relier chaque sens a tel ou tel objeto e. Les sens (indriya) sont classés dans un ordre d'exposition et non d'évolution : les 5 sens d'aperception (buddhíndriya) . c'est-a-dire anta(lkal'aI. Ceux-ci sont i'éther (iikMa) qui est «évolué" du son. Sur le plan psyehique on l'appelle «eroyance vaine" (abhimiina) paree qu'il transfere (adhyiiropa) au sujet les qualités du non-moi et provoque ainsi l'erreur selon laquelle le purUfa se eroit lié. ~ 1437. Ces sens sont suprasensibles et distincts des organes visibles dans lesquels ils résident.la. le doute. e.40 LA PHILOSOPHlE BRAHMANJQUE. qui est a la fois triple et un et pos sede pour fonction commune la vie. C'est aussi avec d'autres doctrines indiennes que le SaIpkhya partage la notion des impressions subsistantes et des dispositions qui en résultent (saqlskiira et viisanii.ont avee le corpS subtil en une éternelle réciprocité de cause et d'effet. copuler et ont pour siege la voix. qui llignifie en propre «corps (non attesté. du toucher et de la forme.~ad récentes. a savoir les propriétés de leurs dérivés. eBe seule est apte a saisir la prakrti.. mais c'est le rajas qui le met lui-m~me . pour autant qu'il demeure dans le chemin des renaissances. de ces quatre m~mes et en outre de l'odeur : e'est la. sont groupés pour former l'organisme psychique. depuis les Upani. goüt. il porte le karman et la loi qui en découle. L'ahaqlkiira contient du sattva lorsqu'il commande au manas. la forme. mais résultant d'un) signe (permettant de l'inférer)" . théorie de l'accumulation (Deussen). Il est remarquable que le SaIpkhya n'ait pas fait entrer dans sa classification la notion si ~'épandue des priil. c'est eBe qui décide et juge sur les données qu'eBe a sous ses ordres. la déeision.lyaka). La plus fatale de ces dispositions est celle qui mene au non-savoir (avidyii). de ces trois m~mes et en outre de la 8aveur. Les sens sont dirigés par le manas ou «sens mentab. les 5 éléments grossiers (sthüla. qui demeure ici latérale et comme plaquée. b. et c'est probablement le Sil.indifférent par nature . Avec les éléments (bhüta) on accede a la sphere proprement physique. iitmii. § 1436.ou mahii-bhüta. ou bien quand la Nature se résorbera. Avec lui-meme disparaitra la souffrance. Les sens. Des éléments grossiers nait enfin le monde. l'eau (ap). représentée par les cinq souffies (priil.) émane de la buddhi et est lui-m~me la cause du manas. sur les essences subtiles qui sont la base des etres (Chiindogya. c'est-a-dire 2• .la. substance psyehique" forme la plus haute «explicitation" (vikrti) de la Nature : faite d'une prédominance de sattva et voisine du purufa dont elle reºoit la lumiere. indl'iya et tanmrUra. par suite des sens et éléments fins que ce dernier gouverne. dan s tout le domaine indien (S 1135). róle que bien a tort nous attribuons au pllru. les mains. avec la notion qu'il porte. et qui s. S 1U6. § 1llll0). il est cause par suite de la souffrance. quand l'etre sera délivré. qu'on appelle significativement «voisinage" . Il a passé. Les éléments.1a. odorat. sorte de sensorium commune. puis de la conscience distincte. la terre (prthiv¡). tact . détermine la perception alors que les sens proprement dits fournissent seulement la sensation. du tamas lorsqu'il est relié aux éléments fins. énfin de la pensée et de la volonté diffuses. marcher. celle qui donne naissance aux idées du «moi" et du ctmien". l'anus. le toucher.en action. les pieds. les organes génitaux. pourrait-on dire.vue. du son. Garbe) quicorrespondentaux 5 sens d'aperception et consistent en le son. eHe est la base des phénomenes. § 1438. masculin) ou mahat (scil. Quant a l'ordre dan s lequel sont données les trois parties constitutives de l'anta(/karal. que Vijñanabhik~u étendra aux tanmiitra. L'autre nom qu'eBe porte. 1ll57).

le second repose sur les concepts banaux du karman. les autres sont du Nyaya commun. dans 1 évanoUlssement.42 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. elle consiste a reconnaitre le témoignage de toute personne digne de créance.. en visible dépendance du Nyaya et du boúddhisme tardif (Stcherbatsky). fondée sur l'édification d'une cosmo-psychologie évolutive. il est défini surtout négativement : re n'est ni la félicité (car le purufa est sans qualités).in~tion . La création a lieu en vue du purUfa. de la prakrti (pradhiina). 2) [Johnston]. la parole adéquate (iiptavacana). et est explicité dans les Siitra et dans les commentaires : Vacaspatimisra montre quel'existence d'un Seigneur ne repose SUr aucune preuve et rendrait insoluble le probleme de la souffrancp • Un'y a pas de créateur. par une appropriation progressive qu'on appelle ctCréatlOn intellectueUe» (pratyayasarga) et qui consiste en 5 O ctétats» (bhiiva) dont les étapes principale~ sont l'erreur (viparyaya). L'athéisme n'entraine d'ailleurs nuHement l'abolition des croyances populaires. Si depuis longtemps les adeptes en sont devenus fort rares et s'il ne survit plus guere que comme document al'chéologique. l'IlluslOn du lien. C'est Vijñanabhik~u qui tentera d'introduire des theses théistes dans les Siltra.khya. . . n'auralt pas de sens hors d'un systeme profondément réaliste comme l'est celui-ci. elle est désindividualisée. § :1442. Une conséquence du systeme est la théorie paradoxale de la causalité qu'il a élaborée. un svabhiiva. La définition de la perception se conforme aux tendances générales du systeme : les opérations se font automatiquement. § 1. On joue communément avec les notions des gUl.. avec l'~bst~cle dissimulant a nos yeux l'impassibilité fondamentale du puru. ni un avantage réel (car la délivrance est un bien impérissable). L'un des traits dominants du systeme est qu'il est athée (nirfávara) : ceci résulte implicitement des Karikii. § 1. la cause est essentieUement identique a l' ~ffet. qui en fait une représentation claire. tent l'image vague des objets extérieurs au manas. On ne peut dire que ce qui existe provient de ce qui n'est pas. et deux formes poSItIves (vlta) le pürvavat quimene de la cause a l'effet et le samiinyatodmam «la démonstratio~ in abstracto» (Vlta/avda sont des termes Sarpkhya. l'incapacité (asakti). L'objet avoué du ~arpkhya est ~e m?ntrer a l'ho~me qui ~eu~ n~ p~us souffrir la voie a SUlvre : cette VOle.~a.e (avlla) . les sens transmet- § 1. comme on l'est dans le sommeil profond. l'inférence (anumiina). comprend une forme négat~v. La diversité du monde est un effet spontané. Elle confirme que le 8al!lkhya est bien une ttvue» synthétique du monde. Comme le Vedanta. en fait une connaissance juste. mais une méthode pour parvenir au salut.pur~a) . a forme essentiellement dynamique (par opposition au statisme du Vaise~ika).441.Ia. le Sarpkhya connait la jfvanmukti (S 1408). c est la connaIssance qUl dISCrImme viveka) le puru~a et la prakrti. dont toute cette doctrine le rapproche considérablement. kiiryeivara). dans la littérature narrative ou gnomique. bien frappée. autrement dit par la cessation de l'ctimputation erronée» (adhyasa) qui consiste a attribuer au purufa une activité qui releve en l'éalité de l'organe interne. puis la buddhi re~oit cette empreinte et. Ja réalisation (siddhi). c'est-a-dire par l'isolement total (kaivalya) de l'ame : l'organe affiigé cesse d'étre éclairé par la lumiere du puru¡a. mais seulle premier est original. sur le sentiment d'un pessimisme vital qui est inhérent a la pensée indienne et auquelle Sal11khya a seulement fourni une impulsion nouveHe. Conclusions. et ouvre la porte a l'acceptation tacite du Veda. le se~avat qUl conclut de 1 effet a la cause. dit expressément Gau\lapada (kii/'. Le Sarpkhya n'est pas une philosophie complete. L'athéisme du Sazp. Jacobi. s~lon une terminologie dont la premiere trace semble au début de la Sveta8vatara (1. et le systeme a subi peu de variations a l'intérieur de l'école. d'autre part une sotériologie comme les autres systemes en ont tous élaboré. de l'anta?tkaraIJa. dans le samiidhi : elle a ses assises en elle-méme (svastha).uru~a et prak!ti (S 1440) : c'est l'av/dya qUl mamt16nt 1 étre dans les hens du salllsara. les dieux du culte sont con~us comme des étres fabriqués et périssables (Janyesvara. l'iUusion du saJ¡¡siira. étendue a toutes les choses eréées. si l'on ne tient pas compte de la poussiere de Sal11khya aberrants ébauchés dans la tl'adition épico-puraI. Le SaI)lkhya résulte de la fusion entre ces deux enseignements.non-di~crim. Sur la base de l'inférence le Sarpkhya a bati une logique sommaire. mais méme dans la poésie. Quant au contenu de la délivrance. du moins a-t-il imprégné . marqué par la fin de la souffrance. proprement Sarpkhya. Quant a la ctparole adéquate». 27). C'est un état indescriptible (aviiggocara). en quelque sorte. laquelle se manifeste par la rupture du hen qUl lomt purufa et prakrtt (S 1434). Le raisonne:nent. La maniere dont les faits se déroulent et s'enroulent a nouveau est. La terminologie est précise. non seulement dans les textes religieux ou techniques (S 1424).lique. nuBe doctrine n'a autant marqué l'Inde. La délivrance. sta de préliminaire a la délivrance post mo/'tem (videhamukti).444.aviveka) entre p. On en retro uve partout les empreintes. La théorie de la connaissance n'est instruite dans le 8a1]1khya qu'a titre annexe. et qui supprime ainsi. la perception (dNta).olumen~ inconsciente. l'éclairant par un reflet du puru~a. Autrement dit les choses ont avant de se produire un étre existant de toute éternité et qui se maintiendra apres leur disparition. en affirmant que l'athéisme qu'ils professent n'est qu'une apparence ou une concession (Garbe). Cette doctrine du satkiirya (S 1425). Les Kiirika connaissent trois pramii~1a (S 1383). Cette connaissance s'acquiert par un lent travail (dans lequelle Sarpkhya agrée l'ascétisme et surtout les exerci~es spirituels). 43 ala . du lhiga) etc. et le puru~a lui-méme a pour ~n la d~l~v~ance (mukti. l'acquiescement (tu~ti). encore moins est-ce l'acces a un monde plus haut. La causalité. du sa/[lsara. seulle semblable produit le semblable et l'effet est déja existant dans la cause. comme la jarre existe en puissance dans l'argile que tourne le potier. orienté e a des fins pratiques (l'école s'en sert pour démontrer l'existence du . Ainsi l'ame délivrée est abs. mokfa). LES SIX DARSANA. S 1470).440. Nul doute qu'il y ait la deux choses distinctes : d'une part une tentative semi-scientifique (encore que fort engagée dans des conceptions métaphysiques) pour expliquer la genese de l'ordre des choses. Apres l'Advaita. qui sont tout au plus sur le plan des ctdélivrés vivants». § :1443. L'ahamkiira intervient s'il y a action.

Dans ces conditions le Yoga est plus une technique de salut qu'une philosophie. L'allusion elle-méme pourrait viser une école idé~liste. J. les yogin maitres d'eux-mémes. Le Yoga de l'effort proprement dit (harhayoga) se réduit parfois pou~' certains yogin a une technique d'acquisition de pouvoirs supranormaux ou méme a une méthode de culture physique. mais privilégié en ce qu'il est exempt des servitudes de la transmigration. sa discipline psycho-physlOloglque en VOle d élaboratlOn a profondément infiué sur la méthode du Buddha des le VI· siecle ay. se différ~ncie de lui s~r un poin. le yogin. on accepte ou rejette l'identification du Patañjali des Yogasútra avec .lrufl!. l'?xercice le plus caractéristique du Yoga. La Vallée Poussin) ce qm placeraItleur epoque apres le 1Il· ou méme le v· siecle de notre ere.u le Vijñanavada. de ces pratiques immémoriales est toutefois complMement inconnue en sorte que leu:rs rapports avec le Yoga sont purement hypothétiques. et s. harmonise la connaissance théorique et les exercices matériels. Enfin.e (Eliade). En outre. est pleinement adapté ala réalité que le Srupkhya analyse. le mentionnent. dans. voire dans le 1. Certains éléments des techniques du Yoga sont déja indiqués ou pressentis dans les textes védiques (S 752).tes du Sarpkhy.t wincipal.un chamanisme p:réhisto. ~i¡lrle de notre er. classiquement associé au SaJTlkhya. l~ mana~ est ~onsidéré comme d'une grandeul' infinie alors qu'il est d. on lui a trouvé un parrainage dans les Upani~ad. les chamanes étant inspirés des esprits.connaissance" (jiíiinayoga) tandIs que les yogm proprement dIts emplorent le yoga «de l'action" (karmayoga).ara o. La forme particuliere de Yoga qui constitue un da1'iana et qui seule est décrite ici. le tItre de Siil!lkhyapravacana «Exposition du Sal}1khya". La Svetasvatara compare le yogin au conducteur d'un chal. ou ne l'est qu'en dehors de sa forme classique et par contamination prohable du Yoga. plus exactement le «Seigneur». Le «dieu" du Yoga.utres d. est une discipline ancienne de maitrise de l'esprit et du corps. mais bien a assurer une maitrise magique qui. d. paraissent faire alluSlO~ au bo~ddhIS. constitué e~ darsana. J.e s'acheminer vers ~e s. entravé. pl. En réalité. Considérer ISvara. mettre au joug». Les pratiques ascétiques anciennes fontpartIe des antecédents du Yoga. Présentés souvent comme les deux aspects de la méme doct!ine. a ma~Ifeste~ent é. des Sütra. ajuster».ate a toutefois peu de portée. Le Yoga.1idhiina) envers lui n'est qu'un moyen parmi d. ~a ~Isclphne d~s so~fRes. Ces Sútra. § 1448. Cet auteur pourrait étre le méme que celui du Mahiibhiifya (S 1526).SaJTlkhya. est celui qui. le modele Ideal ver s lequelII dOlt tendre en se libérant. 3) les adep. comme la mait:rise du Yoga.m du Salpkhya. mais beaucoup plus anClenne (Dasgupta). Mais on admet souvent que le Yoga dérive de pratiques plus anciennes enCOre que le Veda ou étrangeres a la culture védique. se heurte au faIt que chamanes et yogm s'opposent plus qu'ils ne se ressemblent. Barth). aide a concevoir ~n ~uru~a transce~dant . Le Yoga § 1445. Le Yoga. qui a été aussi proposée. L'adepte du Yoga. P~taNali est ~'aulre partidentifié par une tradition assez tardlVe au med ecm Caraka qm est probablement du ler siecle ap. Parla. se traduit par des pouvoirs merveilleux. Origin? du Yoga. Il daterait alors du JI' ou du ler siec~e ay. Le Yoga a été. il se trouve apte a atteindre la fin supréme. Position du Yoga.a pratiquent le y~ga de la «. le contenu doctrmal et 1 enseIgnement pratIque des Yogasútra remontant bi~n au-dela du y. Upan~~ad. tenant sous le joug ses sens et sa pensée. c'est enfin ce systeme qui a insufRé au Yoga presque tout son appareil métaphysique. du moins la technique y joue-t-elle un rOle essentiel. 45 l'orthodoxie védantique : cette doctrine athée est devenue elle-méme quasiment orthodoxe.té con'tu en application des theones de physlOtogre pneumatIque elaborees dans le Veda tardif et professée~ da~s l'Ayurved~ (S.44 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. L'assimilation a. Plusieurs. mentionné en couple avec lui dan s le Mahiibhiirata et spécialement dans la BhagavadgTtii.'a. La. Les Yogasútra re~oivent parfOIS. quoique considéré comme ~troitem?~t lié a?. a l'époque classique. Dighanildi. n'est qu'un des puru~a tels que les con~oit le Saipkhya. l'autre sous celm de la pratIque.al~t q~IÍ n'e~t pas donné par une grAce dlVIne maIs obtenu par la dIsºnmmatIon (vweka) de la prak"ti et du puru.une dlmenslOn moyenne selon le SaJTlkhya et la conception du temps dlffere de celle du SaJTlkhya (Garbe).ne des Yo~({ciira (Jacobi. comme les Srt/!Ikhyasútra. § 144~. la délivrance.. ou Yogasütra. Selon l'opinion qu'on se fait de l'allusion possible au Vijñanavada. et qui par suite a servi de support intellectuel a toute la masse de~ disciplines psychophysiologiques. D'autre part. La nature exacte. Keith. le purUfa privilégié. le Yoga revé! de nombreuses formes OU l'effet pratique joue un rOle plus ou moins grand. Weber. Définition du Yoga. le Sal}lkhya et le Yoga divergent donc en réalité méme du point de vue doctrinal. La dévotion (praJ. Il releve surtout du Yoga des Tantra (S 1229).' elles ne sont pas destinées a «'mortifier la chai:r". dIsc~sslOn sur la d. Ils sont attribués a Patañjali. LES SIX DARSANA. L'lSvara du Yoga apparait donc comme une conception de valeur pratique qui n'intéresse pas la théorie du SaJTlkhya.lgveda (ou l' on a interprété 1'hymne X. le Yoga admet l'existence du sphota que le SaJTlkhya rejette comme aussi la plupart des autres da1'iana (S 1510). § 1447. Toutefois. comme le Yoga. Selon la Bhagavadgltii (IlI.129 comme du préSaqlkhya. telles la TaittirIya.«atteler.-C.urtout la Karha qm le defimt comme derme maintien des sens". anAryennes et autochtones. on ne saurait parler de Yoga qu'a pa:rtir du moment OU paraissent les idées et les techniques qui le caracté:risent vraiment. l'un ~nvisagé plutó! sous l'angle de la théorie. Les textes.bo~lfldh1que.!)ur désaccord. Le terme de yoga dérive de yu}. cal.va .-~.rique. J .' attelé d'un cheval vicieux qui est l'esprit. et aussi «joindre. il ne faut pas s~rfaire l'im~ portance de l. Mais l'authenticité du passage dans lequell'aHusion se trouve est contestée (Jvala Prasad). mais les deux systemes ne sont pas rendus inconciliables par leur désaccord a ce sujeto Par ailleurs.et fournit a l'homme. En fait. ISvara. dans le YogasiirasaJ!/graha.-C (§ 22ltO). Le samiidhi (cetosamiidh¡) est mentionné dans le d est thelste (sesvara) alors que le Sal}lkhya ne 1 est pas (nlrisvara). 1622) .

l'énergie (vlrya). raga J l'amour. mais union avec soi-m~me. V~iñanabhik~u. réflexion (vicara). á7 cclui duMahabha~ya. qui implique l'autonomie absolue de l'esprit mais pas nécessairement sa fusion ou sa confusion avec l'universel telle qu'elle est prÓnée dans d'autres darsana et telle que le terme de yoga J considéré a tort comme signifiant «union mystique».«réalisation». Le premier est bien distinct de la seconde puisqu'il existe une technique psychique capable de l'en séparer effectivement. plus court que les autres presque de moitié. philosophiquement parlant. Seulement il est remarquablp que tous deux emploient de préférence pour désigner l'état de délivrance. a obtention d'une. le terme de kaivalya «'isolemenh. défini par Patañjali comme «l'arr~t des actlVltés de la pensée» (yogas cittavrttinirodha?t). dve~aJ la haine et abhinivesa J l'attache a la vie. Au XVI" siecle.~position» stable.position d'esprih. l'inf~rence § 1451. Le samiidhi conscient comporte e~core raisonnement (vitarka).qu'il . d'abord est identique. Vacaspatimisra.id~ le champ de la conscience sans toucher ce que nous appelons aUJourd hUI l'inconscient. Jusqu'au kaivalya l'esprit est prisonnier de ses propres activités (vrtti) dont nous trouvons une liste dan s la premiere section des Yogasütra. correspond alors au puru~a dégagé des représentations mentales qui. au XI" siecle. Cette confusion peut ~tre consciente. o~ mleux. Les doctrines. Le samiidhi inconscient présuppose l'entraineme~t qUI cause l'arr~t et il ne laisse subsister que les sa1!lskara «constructIons» laissées dan s l'esprit parla connaissance antérieure.E~s pU1. La derniere peut ~tre une addition secondaire au texte original formé par les trois autres (Dasgupta). on peut citer la Malp'prabha par Ramananda SarasvatI au début du XVII" siecle. Ce sont les moyens de connaissance correcte (pramal.á6 LA PHILOSOPHIE BRAHIIIANIQUE. Plus tard.e des sensations et des idées relatives A la nature. C'est alors qu'e~t. la connaissance imaginaire (vikalpa). La premiere reuvre connue qui s'emploie a l'éclaircir est le Yogabhii~ya attribué au mythique Vyasa et qui doit avoir été écrit au VI" siecle (Winternitz). inaltéré et isolé. f § 1449.:n samadhi «avec connalssance» (Sa1!lpraJnata) qUI porte germe (sab!Ja) d'actes entrainant transmigration. c'est-A-dire . Ce qui pourrait confirmer cette hypothese c'est l'aspect spécial que présente ce dernier chapitre. no~ pas union mystique avec une divinité. LES SIX DARASNA. alors tout récent. Le Yogabhafya a été a son tour commenté vers 850 par Varaspatimisra dans sa Tattvavaisaradi. vibhúti . Les autres sont asmtta J le sentIment du mOl. De toutes ces reuvres. Cet arr~t ne signifie d'aill. qu'alBlrünI s'est initié au Yoga de Patañjali sur lequel il a d'ailleurs écrit un ouvrage en arabe. Le samadhl est alors «sans connalssance» tasa1JlpraJnata) et ne porte plus germe (abija) de transmigration. la vie psychique ne laisse pas d'existe~ pleinement en son pl'incipe permanent. Leur but. le sommeil (nidra) et le souvenir (smrti). L'inconscient.:s duquel il l!'y a ríen que la dé~ivrance ~éfinitive A laquelle 11 abouttt. euphorie (ananda) et sentImen~ de moi (asmita). § 1452. siidhana .w). S 1455) et de (pratyak?~). il est isolé comme une gemme débarrassée de sa gangueo Le Yoga est alors la vérification expérimentale de la distin~tion établie théoriquement par le SaI)Jkhya entre le puru~a et la prakrtl.«pouvoir merveiHeux» et kaivalya «isolemenh. nouveau commentaire des Yogasütra J le Riijamarta1. § 1450. ti est encore dégagé progressivement.eurs pas que la vie psychique soit anéantie. L'arr~t des activités de la pensée suppose un entrainement pratique (abhyiisa) et la suppression des tendances passionnelles (vairiigya). génératrices d'inst~bilité. sa pensée est riche et nuancée et sa connaissance des divers systemes est tres profonde.1(la qui passe pour l'reuvre de Bhoja roi de Dhara (1018-1060 env. la présence a l'esprlt (smrtt).autorité des IIvres samts ou agama. l'erreur (viparyaya). l'a laissé parfois supposer. mais sans résultat décisif. les plus riches aussi. elle est accompagnée d'opérations intellect~elles. mais il est peu original. le m~me d'ailleurs que celui de tous les autres dar~ana : isoler l'esprit du flux transmigrant OU il a été entrainé. il y. a l'exemple de Vacaspatimisra. Le samiidht est une contemplatlOn ou mleux une position du psychisme (littéralement «composition») OU il y a «égalisation» ou ((confusion» (samapatti J cf. et les pouvoirs de mise en position du psychisme (samadhi. Le jeu phénoménal de la conSClence une fois suspendu. reprenant des questions déja traitées au deUXÍeme ou en soulevant d'autres qui auraient été mieux a leur place dans tel ou tel des trois premiers. vraiment réalisé le Yoga. Les conditions du Yoga. Il est important par sa clarté. Le but du Yoga. Vacaspatimisra est certainement l'un des meilleurs critiques philosophiques de l'Inde et pas seulement de son époque. (anumana) e~ la connaissance gar~ntie pa~ l'. On a aussifait état de la comparaison du vocabulaire et des idées de ces deux textes. le Yoga est une umon. C'est peut-~tre en partie dans ce texte. strict rajustement du soi-m~me que les phénomenes conSClents ne troublent plus. En ce cas. Les moyens de la connaissance correcte sont l'évidence . La plupart des doctrines soutenues par le SaI)Jkhya le sont aussi par le Yoga. Les Yogasútra contiennent quatre chapitres (pada) : samiidhi «.). Enfin. Le premIer de ces klesa est l'avidya J l'ignorance. mais bien qu'elle est rédUIte ~ son essence inconsciente permanente. dont le nom es. La pratique du Yoga doit conduire A l'état de stabilité (sthiti) du samadhi J stade culminant de la discipline de l'esprjt et ~u-dess. l'elevent de la prakrtiJ puisqu'elles ont A leur bas. sont arr~tées. Sa réalisation présuppose chez les yogin c~nq mOlens (upaya) : la foi (sraddhii).t parfois e~ployé comm. toutes les opérations intellectuelles. § 2304) du sujet et de l'objet. parmi les commentaires plus modernes des Yogasiitra.e synonyme de viparyaya. dans les idées du SaI)Jkhya. elle n'est .453.'~ et on a affaire A_.. § 1. Comme dans les autres darsana J le texte fondamental de l'école fut repris et commenté maintes fois. si sa langue n'est pas toujours ext:r~mement vigoureuse. les' deux premieres sont les plus importantes. Au terme ultime. le m~me qui a commenté la Sa1?lkhyakiirikii (§ 1428) semble d'aiHeurs avoir eu pour le systeme de Patañjali plus d'inclination que pour celui de Kapila. De 1 erreur relevent les cmq «affilctlOns» (klesa) qui souillent l'etre pur et lui donn~nt l~ gangue ph~noménale cause de son entrainement dans la transmlgratlOn. En ce sens. a étudié le Yoga comme le S1lIpkhya : il a commenté le Yogabha~ya dans un Yogavarttika et écrit un succinct Yogasarasa1Jlgraha avec tendances vedanta. Mais A un degré plus élevé il n'y a plus confusion ou contemplation.

l'état du yogin a donc deux aspects liés et concomitants. LES SIX DARSANA. mais non comprise intellectuellement. le manque de fixité de l'esprit. nombril. S 1ftli. 1li. la paresse. qui correspondent respectivement aux phases d'inspiration.38) et les Yogasütra ne mentionnent pas l'ahal!lküra. On s'en approche par un ~lan (sa1?/Vega) doux. Le quatrieme {(ilga est le prü1. La conception de l'esprit. Le sam(7dhi est le principal moyen de réalisation (slidhana) du but du Yoga. la «pensée". l'erreur due au non-savoir (avidyü. actions comme celle de se rendre pareil a un atome. qui met en jeu l'attention concentré e (ekiigratli) : celleei pouvant s'exercer sur un objet quelconque. Tandis que le SÜ!)1khya analyse les éléments de l'organe de la pensée. e'e~t-a-dire une méditation OU on cesse d'avoir conscience qu'on médite. il~ y sont admis envertu de l'idée que. § 1454.lü) ne la pensée. ParalleIement une évolution spirituelle est nécessaire. l'étude des Veda (svadhyaya) etla dévotion envers le Seigneur (rSvarapral. moyen ou extréme. que l'anta~¡Jcara~laJ groupe de la buddhiJ de l'ahal1lkc7ra et du manas (S 1li. elles sont indicibles et incommunirables. Minutieusement réglée. Le cinquieme ahga complete le pro ces sus psychophysiologique amorcé par le dernier stade de la discipline du souille. Dam ce dernier prül. analyse qui esí aussi celle du Sa:qlkhya et qu'il complete par son expérimentation pratique et ses investigations dans le domaine de l'inconscient (§ 1li. Mais la claire vue de l'esprit peut étre entravée par des causes comme la mala die. ce qui reste du psychisme. les yogin parlent quelquefois comme si une partie de la vérité directement éprouvée en sarnlidhi. extérieur ou illté:rieur. le Yoga considere pluttit le citta. il e~t la rétraction (pratyühüra) des pouvoirs de sensation et d'action (indriya). Mais en faisant cela. connaissances telles que celles des existences passées ou de la distribution des astres.Ír étre exprimée ensuite. 9). Elle se fait par sept étapes (bhümi J proprement «terres") ou le yogin se libere successivement des préjugés et des habitudes mentales qui le lient a l'action et a la pensée banales.laylimaJ la «discipline du souille". l'un physiologique qui est une rétention du souille.35. Par lui le yogin acheve de se fermer au monde extérieur quine peut plus le troubler. cependant. lis semblent s'expliquer par le fait que la conscience. «la subjugation des constructions psychiques (sal!lsküra) de l'état d'éveil et la manifestation des constructions psychiques de l'état d'arrét ~ont l'évolution (paril. Cecifait. le Yoga se contente de les désigner par un terma générique banal.llima) de l'état d'arrM. les postures (asana) qui doivent étre essentiellement fixes et confortables. En effet. l'intériorisation et la fixation. mais les commentateurs varient sur 1'interprétation). l'ensemble des saI!lskc7ra. Dans les techniques de Yoga qui ne relevent pas de Patañjali (Hathayoga). par laquelle on considere un unique objeto Enfin le dernier est le samlidhi (S 1ft 5 2) dans lequel on se livre a une méditation qui est comme vide de sa forme propre. Ce ne sont pas des pouvoirs miraculeux. ce qu'on peut exprimer en termes modernes en disant que l'inconscient joue pleinement quand l'activité de la conscience est suspendue. 49 compréhension (prajña). pouvait passer et étre retenue dans l'intellect po1. § 1457.48 LA PHILOSOPHIE BRAHUANIQUE. ~ 1455. car ils sont censés relever d'une causalité réguliere. 7) dont le symbole est le praIJava J la syllabe 011/. et seront étudiées d'autre part. d'expiration et de rétention du souille entre inspiration et expiration. La technique proprement dite du Yoga commence avec le troisieme aliga. 51. de parler selon la vérité (satya). consécutive a [l'état de] la pensée au moment de l'arréh (Yogasütra J III. extrémité du nez. il est nécessaire de se livrer a un certain nombre de pratiques. Les pouvoirs de connaissance sont les plus nombreux et les plus importants. états tels que la beauté ou la santé. Ainsi le texte philosophique des Yogasütra traite-t-il (en particulier dans les deuxieme et troisieme sections) d'exercices d'ordre purement matériel. En pratique. le Puru~a. ou par la dévotion au Seigneur (ISvara.lüyüma J l'inspiration et l'expiration sont également suspendues. A la différence du Sa!)1khya auquel il est par ailleurs conforme. Les pouvoirs extraordinaires (vibhüti). l'autre psychologique qui est un vidage d'impressions sensorielles. et qui e~t le fond de l'étre psychique formé par la Nature autour de son noyau ontologique. les connaissances merveiHeuses des yogin sont tirées de son inconscient et restent en principe dans son inconscient. Le groupe des trois derniers ailga constitue la maitrise (sal!lyama). se «compose" (s(t1/l-li-dhli-) totalement avec lui. li y a pluttit la divergence d'orientation des études. elle consiste en trois opérations : l'extériorisation.56). le contentement (saQ1tof a).lüyüma est celui «qui enl~ve" (ükfepin) les domaines (vi~aya) de conscience extérieurs et intérieurs c'est-a-dire suspend les phénomenes de conscience (Il. il réveIe l'analyse des fonctions psychologiques sur laquelle il se fonde. Cette maitrise confere des pouvoirs extraordinaires. il peutrecourir au sixieme ailga. Le second comprend cinq niyama ou «disciplines". ou la pensée ne consiste plus qu'en l'objet. Le mouvement ascensionnel du yogin vers le but supréme se fait en huit étapes que les 8ft/ra désignent sous le nom d'«articles" ou «membres"n (aga). correspondant a notre inconscient. la propreté (sauca) . Mais ceci n'implique pas que les deux systemes ont des psychologies différentes. l'ascese (tapas). Les réfrenements et les disciplines sont préliminaires. car . de ne pas voler (asteya). aune discipline précise des attitudes et du souille. d'observer la continence (brahmacarya) et de ne pas accepter de dons (aparigraha). Les huit articles du Yoga. Pour y obvier. mais il n'y est que par son inconscient. mais ils dépassent les possibilités vulgaires. Le septieme aliga est la méditation (dhyüna) § 1456. Ce sont des acquisitions de connaissances et des réalisations d'états ou d'actions. fictif ou réel. la conscience exposée aux incessantes variations phénoménales une fois maitrisée. peut jouer profondément sur la Nature pour l'utiliser ou la connaitre. Le premier de ces ailga est constitué par les cinq yama ou«réfrimements" qui commandent de ne pas tuer (ahÍ1!lsa). mais dans lequel il peut encore a volonté reprendre conscience et action. etc. la fixation (dhliral. Les pouvoirs de réaliser des actions extraordinaires jouent un róle plutOt secondaire dans le Yogadadana. Toutefois. § 1ft 3 9) n'existe plus et le yogin en samlidhi ne peut étre en contact qu'avec la vérité. intervalle des sourcib. Par conséquent.lidhana). la théorie des asana est beaucoup plus développée que dans les Yogasütra. Un quatrieme prü1. réceptacle des impressions extérieures venues de la pralcrtiJ étant arrétée. C'est souvent un point du corps.

permet la délivrance. n est d'ailleurs normal que les phénomenes psychiques et somatiques soient mis en reuvre ensemble pour se faciliter mutueUement. dans les Tantra ¡¡ivaltes aussi bien que dans la tradition vi~l)ulte du Piincariitra. 1'usage pratique médical ou hygiénique qui en est fait. a dMaut du nom. tandis que les manifestations conscientes ne sont que phénomenes. les actes (karman) laissent leurs traces dan s le corps psychique qui transmigre.l(lasa/!lhitii «Collection de Gheral)~a)l.la. dans des ouvrages de sectes variées. Sa date est inconnue et apparemment peu ancienne. en m~me temps que d'autres formes de yoga (Yogatattva-. Le kaivalya. aux constructions psychiques (sa/pskiira) et aux imprégnations (viisanii). comme eHes sont faites d'impressions sensibles émanant du monde extérieur. §1459 a. car le travail de l'inconscient dan s le samiidhi n'enchaine pas comme le font les opérations psychiques conscientes. son emploi repose sur un principe d'absence de séparation entre corps et esprit. par Svatmarama. est en forme de dialogue entre le p1aitre de yoga Gheral)~a et un certain Cal!~akapali qui l'interroge. Le pessimisme et le Yoga. En réalité. Un commentaire par Brahmananda. Le yogin accompli est m~me prémuni contre les conséquences de ces dernieres s'il y recourt encore. paree qu'eHes constituent les éléments de cet inconscient. le karman n'est plus ni blanc ni noir.). Senart. sans enivrement. du moins en théorie. Mais.la). longtemps avant d'~tre l'objet de l'exposé dogmatique des Yogasiitra. intitulé Jyotsnii ttClair de Lune»'. «blanc ou noir». il a une importance générale. . Yoga et bouddhisme. YogakUl. en sept courts chapitres en vers. Dhyanabindu-. § 1459. Il est loin d'~tre exclusivement brahmanique. ce corps psychique participe a la prak~ti. pour doué d'ame ce qui n'en a pas (aniitman). mais eHes expriment bien plutót une communauté générale de techniques entre le bouddhisme et le Yoga. L'importance donnée a ces exercices. le font souvent considérer comme une pure gymnastique spéciale. pour le yogin. bien antérieurement a la rédaction des Yogasiítra. le repos du succes. et 1'entrainement psychique est concomitant a 1'entrainement physique. Quel qu'il soit. n juge leur état misérable par rapport au sien et en ce sens il est pessimiste. le «yoga royal». Yogaciic]iimal. de plus. et. indienne qu'iI est une technique universellement utilisable de maitrise de soj. Le Yoga. 51 ii ~'occupe moins de la pensée consciente que de 1'inconscient plus stable. . Pour lui la nature et la vie sont foncierement mauvaises. n donne de l'importance. Yogasikhii-. lous deux ayant pour commun re8sort d'activité le 80uffie (prii1Ja). Svatmarama est de la lignée d'un Sahajananda dont 1'identité n'est pas encore déterminée. Le Hathayoga ne répond pas a une secte déterminée. etc. LES SIX DARSANA. moins sans doute en ce qu'eHe amene des douleurs sans cesse renouvelées que paree qu'eHe obnubile le purufa. c'est l'avidyii qui trouble l'esprit et lui fait prendre pour le permanent l'Ímpermanent (anitya). C'est le psychisme inconscient qui touchea 1'Etre. mais son pessimisme ne l'affecte pas lui-m~me puisque le Yoga l'a affranchi. dan s la sérénité parfaite. etc. pour la pureté l'impureté (asuci). mais sans .50 LA PHlLOSOPHIE BRAHBIANIQUE.'!'HAYOGA § 1458. n sait qu'il est délivré et il sait pourquoi d'autres ne le sont pas.que les indications de titres répondent a un classement strict des sujets. d'autant plus que le Hathayoga cultive spécialement 1'action de la volonté sur l'organisme.~aI. l' «isolemenín. est une forme de yoga développant particulieremént les exercices corporels jusqu'a la réalisation de phénomenes physiologiques ordinairement irréalisables. Un certain nombre de notions des Yogasütra semblent d'origine bouddhique (Kern. développe son enseignement. une fois réalisé. l'aspect acrobatique de certaines postures qu'il utilise. en quatre «exposés» (upadesa) . Yogar4ja-. dans le Yoga comme dans le bouddhisme (Kern). bref traité en vers. car c'est dans toute la civilisation Le Hathayoga. Pour le vulgaire. Le texte le plus populaire de cette petite littératureest la Hathayogapradrpikii «Éclaircissement du H. car il a percé a jour le jeu de la prakrti et ne peut plus en ~tre dupe. Le non-savoir (avidyii) par exemple est une notion commune au Yoga et au bouddhisme en m~me temps d'ailleurs qu'au Vedanta. est un mal. Tous ces textes sont de caractere tardif. mais remontent manifestement a UD enseignement commun plus aneien dont 1'origine est . due a la prakrti. Les klesa du Yoga (S 1451) sont aussi ceux du bouddhisme. chez tous les hathayogin proprement dits.lÍ-. Ces traces forment par leur amas un stock inconscient. a pr~té atoutes les religions ou mieux a toutes les sagesses de l'Inde. sur les postures (iisana). «yoga de force». Aux bhümi comme étapes d'évolution spiritueHe du yogin (5 1455) et aux dhyiina et samiidhi correspondent des bhúmi. traces des activités antérieures de la pensée. dans des Purii1.). n a cependant une littérature qui lui est propre.l(lalr-. toutefois. et sur les caracteres de la «position psychique» (samiidhilak. il ne disparait pas a la dissolution du corps et donne lieu a des renais~ances dans le domaine de la praltrti jusqu'au moment OU le Yoga. sur la discipline du souffie et diverses techniques purificatoires. sa valeur est indifférente. une sorte de corps psychique. il est au-dessus de tout et connait. des dhyiina et des samiidhi bouddhiques qui ne sont. La Sivasa1?lhitii et le Gorakfasataka sont encore de courts traités de Hathayoga. Sur des opérations physiologiques spéciales (mudrii) . sino n en fait. L'évolution a travers des renaissanees toujours nouvelles. mais dont le nom indique l'appartenance probable a une secte sahaJiyii. Textés de Hathayoga. Ces corrélations et nombres d'autres peuvent tenir a des emprunts des Yogasiitra aux textes bouddhiques. c'est une diScipline spéciale mais utilisable comme teHe dans des milieux diverso On en trouve l'emploi. pour le bonheur le malheur (duMha). APPENDICE LE HA. La Gheral. pas toujours identiques.». ou mieux a un milieu cultivant les doctrines sur le sahaja (5 2367). Plus précisément. le yogin n'est plus retenu par les liens de la prakrti. un entrainement matériel s'opposant a 1'entrainement spirituel du yoga classique ou riijayoga. les nouveHes naissances étant plus ou moins bonnes selon que le karman est bon ou mauvais. Arrivé au terme du chemin. De plus un assez grand nombre d'Upanifad tardives sont de véritables manuels de Hathayoga.

1ü [?] le contrMe localisé de régions du corps).0 impassibilité (dhairya) par retractlOn des sens (pratyahara). talon gauche amené contre la région ano-périnéale. c'est-a-dire la déli~rance. D'autre part. L'hypothese a été faite que les yogin parvenaient au contrMe des fibres musculaires lissas. et ~ le raJ!. aboutI~sement du ha{lwyoga. 2° injection. 6° évidence dan s la connaissance (pratyak~a) par la médItatIOn (dhyana). 3° loe ha¡h'!J1oga (caractér. par un complexe de postures et de mouvements musculaires et respiratoires. Les nombreux asana. ~ 1. Les techmques du Ha1hayoga ont été éprouvées par une expérience t~ansmise encore aujourd'hui de guru a sitya. plante de pied contre la cuisse et membre inférieur droit croisé symétriquement. personnage extrémement obscur. On décút aussi dans les textes une extéúorisation par prolapsus volontaire d'une partie du rectum pour lavage extérieur (bahi~k!'ta). a un pot de terre crue. contróle qui échappe normalement a la volonté (Brosse). Parfois. t?te. . 6. pieds amenés au niveau des aines. Cependant certaines ne peuvent étre réalisées que par des sujets en possession d'aptitudes exceptionnelles. Patañjali). comme ha sa devenant ha1l1sa et so'ham. du moins par accoutumance. Les lavages par le vent ou l'eau se font par déglutition d'air ou d'eau et provocation de mouvements péristaltiques qui les déplacent dans les cavités digestives. Cependant. § 1.). et spéCIalement état d'unIOn de Siva et de la Sabio Le Hathayoga est aussi formellement caractérisé dans la Gherandasalphitli par ses techniques ou le corps joue un rMe essentiel. sont un des éléments les plus remarquables du Hathayoga. Elles comprennent les techniques relatives a la kundalini (S 1227- 1229). ce qui est une déclaration de conscience de l'litman .459 C. 7° le décollement (nirZipta. 53 insaisissable. Au reste. en effet.° la /auZilá ou nauli consiste a contracter alternativement les deux moitiés droite et gauche de la paroi abdominale. genoux tres écartés. La création du Hathayoga est attribuée paríois a Goral{~a ou Gorak?anatha. en mettant en action un processus respiratoire avec expirations fortes et rapides. n y' ~st appelé gha{asthayoga. ou le sujet est assis jambes pliées. Le Hathayoga est caractérisé de ía~onsun peu dlverses dan s les Upani~ad du yoga. au moyen d'une sonde ou sans aucun instrument. L'abdomen y est profondément autres sortes de yoga avec lesquelles il forme quatre bhümikli ederres" ce qu~ es~ le terme technique déj~ ~mployé dans le yoga bouddhiqu~ pour mdI. 6. les bords internes des mains afReurant les genoux. pour la fragilité..prét a se déliter a l'eau et que le «feu du yoga" doit cuire. on utilise aussi une bande d'étoffe avalée puis retirée. au siege du 1!aramlitman ?ve? lequel on peut ainsi umfier 1 ame mdlVIduelle. permettant la mise de muscles isolés ou groupes de muscles en contractions. généralement en contractions spasmodiques rapides (caZana. leur permet de se manifester et de se développer.). en leur ajo~tant des procedes partIcuhers. La réalisation de ces pratiques atteste alors ces aptitudes. tout l'enseignement du Hathayoga est réputé secret. en rapport avec Matsyendranatha personnage semi-divin de la tradition népalaise ait appartenu a~ VIII· siecle (S 2232). telle padmasana.e et q?'il y ait sur Jui abondance de traditions (S 1287).' la poitrine. ou postures. 3° fermete (sthatrya) par d?s m~nreuvres physiologiques (mudrli). ou plus exactement pompage (vasti) d'eau dans le rectum et la vessie. Le Hathayoga recherche pour creusé un grand nombre de fois de suite. bien qu'une secte s'en réclan. Comme la purificatIOn couvre l'ensemble des pratIques diététiques et hygiéniques (~arr. Ji apparaIt que les techmques de réahsation de ces sept sadhana correspondent aux huit aliga du yoga classique (S 16. un pareII yoga a un eqmvalent dansle Bhligavat~purli~1a). plántes en l'air. 6 ° la kaptilabhüti est un lavage des fosses nasales et du cavum. corps un peu penché en avant.459 d. Certains sont relativement simples et aisés. moyennant touteíois des modifications (S 1672). elle ne les crée pas.459 b.52 LA PHlLOSOPHIE BRAHMANIQUE. Techniques du Hathayoga. 5° le tra¡aka est un entrainement de fixation du regard sans cligner. Car~ctéres du Hathayoga. menton abaissé su). Ces bhümt'lcli sont : 1° le mantrayoga (attribué a Vatsaraja et utilisant la répétition prolongée de formules. d'oa sorte de mouvement de soufRet. le corps étant comparé. associée a la concentration des soufRes au . ou le siddhasana. La purification s'obtient par six pratiques : 1 ° lavage (dhauti) des cavités intérieures par l'eau.isé par ses techniques psychoph~sio10gIques). particulierement quand ils sont destiné s a favoriser la méditation. littéralement au «poh (gha{a).yoga. certains yogin appellent caral.459 e. n est posslble qu un Gorak~anatha. et opposé a trois dernier (agnislira) s'entend d'opérations interprétées comme activant le úm physiologique intérieur (S 1652).quer les stades de la dIscIpline du yoga (S 2333 et suiv. et l'étaient pour leur mise en reuvre P!emiere. LES SIX DARSANA. ' § 1. tout. tI?ns ~s~dhana) : ~ ° purification (sodhana) par six prati~ues (~arman).som~et d~ la. 2 sohdlté (dr4hata) par des postures (asana). le vent ou le feu. 3° la neti consiste a introduire une fine étoffe par les narines et a la faire ressortir par la bouche. avoir des résultats tres salutaires. Ces diverses pratiques sont réputées de grande valeur hygiénique et peuvent. La technique de contraction unilatérale des grands droits de l'abdomen releve d'une importante catégoúe d'exercices d'entra1nement neuromusculaire du Hathayoga.a et n~yal1~a duo yoga de. d~ soi)' 2° le layayoga (attribué a Kl'?lJadvaipayana. bras étendus.56. essayées sans discernement ces pratiques peuvent parfois étre dangereuses. en ce sens qu'il n'est légitimement donné que par un gUru expérimenté. mukti) par la position de ~'esprit (samadhi). sur les conceptions physiologiques et anatomiques de la médecme ayurvédique. OU domine une ~éditatio~ «solvante" des pensées (citta). Sodhana. de fa~on a presser et secouer la masse intestinale. dans lequelle sujet est assis. Asana. «yoga qui se rapporte au corps". paumes en . mais sont fondées pour l'mterprétation de leurs résultats.!ayama). 5° légereté (Zaghava) par la discipline du soufRe (pr~l. selon plusieurs modes définis. Le l~ corps (et conjointement l'esprit qui n'en est pas séparé) sept réalisa- §1. le phénomene est explicable par une action indirecte : déclanchement de réflexes ou pression et relAchement alterné s du rectum et de la vessie par les masses intestinales déplacées par les mouvements du diaphragme et des muscles du tronc.

le plus souvent. I § 1459f. Les mudra ont une valeur symbolique en dehors de leur valeur physiologique et qui. Le fondateur du Nyaya est dit étre Gotama. Les questions de raisonnement ont intéressé l'lnde des une époque assez reculée. lion. complété par le da/'sana associé. la rétention étant le quadruple de l'inspiration et le doubIe de l'expiration (on a respectivement 20. . tronc reposant SUr les coudes.'! pas ~oujo~:s . plus ancienne dans l'ensemble que les Nyüyasütra. il ne faut pas confondre l'époque de rédaction des Nyayasütra avec celle de la fondation du Nyaya. Le Nyüya §1460. texte fondamental de l'école. attribués par les textes et la tradition etleurs conséquences physiologiques ne sont pas douteuses. D'immenses avantages leur sont. la contractlOn cardlaque perslstant.54 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. d'ou «justice". Le Nyaya est. ou matra. ainsi que le fait la khecarrmudra. . svastilca). Le prü~layama est constamment associé aux autres techniques du corps dans le yoga et se pratique aussi pour lui-méme. qui refoule le colon et la masse mtestmale fortement en haut et en arriere. § 1459 g. mais elles sont encore tres mal déterminées et l'étude s'en impose. LES SIX DARSANA. liqueur d'immo¡:talité (et Lune) et ne tombe plus dans le tube digestif. ou «attit~des" mais aussi «sceaux". ou la langue. ~layama) . are. Cette derniere technique est considérée comme arrétant la chute du soma dans le feu digestif. qui a appartenu aussi au Buddha et a d'autres. le premier étant le fondateur du systeme. gorak~a).mais no.res par observations de circonstances et de phénomenes. le second l'auteur plus récent des Nyüyasütra.' les yogin modernes de la valeu. La rétention du souille.(vajrolfmudra. § 1461. Des théories apparentées a ceHes des Nyüyasütra se rencontrent dans la CarakaSalJlhitü médicale. D autres noms encore sont en relation avec des choses de bonne augure (vajra. est renversée dans le pharynx. Mais cette derniere acception n'est venue qu'assez tard et c'est dans le sens de «logique" qu'il faut l'entendre comme nom de dadana. La discipline respiratoire (prautilise le jeu de trois temps dans la respi. inspiration. Ces théories ont assez de particularités pour prouver qu'il a malS non pas seulement les mams). D'autres tisana portent des noms d'animaux ou d'objets imités (si1¡lha. tOrtue. par exemple le mayürtisana. le Vaise~ika. qui lient les canaux intérieurs ou res~erre~t des organes : u{l{liyünabandha.a a proposé de considérer Gautama et Ak~apada comme deux auteurs différents. etc. contenue dans des textes de ce nom et souvent associée a des procédés divinatoi. n est. eHe recueiUe la sécrétion pharyngienne qui est assimilée au soma. . dhanus. qui sont des dlS}losltlons partIcuheres donue~s au corps ou aux organes (y compris.«ges~es~.La r~~uction volontaire prolongée de la contractlOn cardlaque Jusqu a dlspantlOn du pouls et disparition des bru~ts du creur ayauscul~ation est ?ffective~ent réalisée par certains yogm. n revét trois formes courantes selon la durée des temps qu'il comporte. doit a ce fait son nom de kumbhaka «jarre". Le terme de nyaya signifie proprement «méthode" et «regle". Une branche spéciale d'exercices du souille releve de l'enseignement d'une doctrine appelée svarodaya. en effet. de fa~on que la position rappeHe la silhouette du paon. 64. plus un systeme de raisonnement qu'une philosophie complete. prime ceHe-ci. Technique du souffle. mülab. coq. SatIscandra Vidyabhü~a. ou le feu digestif (considéré comme un Soleil) d'ordinaire détruit cette ambroisie. et il a pris une signification technique spéciale. mais dans le langage philosophique il désigne la logique. 48.andha qui fait pression par le talon sur le périnée.~ent . rétention (kumbhaka) et expulsion (recaka). ou le sujet se tient en équilibre sur les mains. temps de flexion et extension du pouce). ou 16. e. (. dans laquelle le thorax est comparé aun récipient plein d'air. La langue scelle alors les trois canaux ir/a. 32.24 mesures. rétention du souffie et expiration. Les tisana sont souvent associés p~opre.autres éléments de réalisation du Hathayoga se confondent plus completement que les précédents avec ceux du Yoga classique. corps horizontal.. se rapportent plus spécialement ala logique. . On peut citer par exemple la khecarfmudra. Gautama est aussi surnommé Ak~apada. decelable a l'électrocardiog~amme (Brosse). et marquant un certain état. Des interprétations médicales sont souvent données pa).40. Beaucoup d'autres tisana exigent un entra1nement spécial et des conditions physiques favorables. en effet. il s'applique aune certaine forme de raisonnement qui est une sorte de syllogisme en cinq parties. «lever du souille voca!».ration : remplissage (püraka). En tout cas. Tout se passe comme si sa partie métaphysique avait été ajoutée apres coup en vue de son intégration dans l'orthodoxie brahmanique. D'autres encore sont des bandha. Origines du Nyaya. quoiqu'eHe ait subí quelques remaniements tardifs (S 1647). kukku{a. Les.80.r de ces pratiques. a des mudra. ou Gautama sur lequel on ne sait rien de positifo Gotama est un nom de r¡~i qui a été porté par plusieurs personnages et Gautama est le patronyme correspondant. téte relevée. empéchant l'immortalité.Q.rapport avec ceux de maitres du Hathayoga (matsyendra. Mais ces opinions sont sans preuve décisive.sahajolrmudra) interylennent da~s les techmques erotIsantes symbohques de l'union de Siva avec la Sakti. poisson. presslOn du menton sur la base du cou. Définition du Nyaya. La khecarrmudra peut faire partie des techniques employées par les yogin qui se mettent en état de vie ralentie pour se faire par exemple enterrer pendant un certain temps. ou 12. «liens". 55 avant. comme les équilibres des gymnastes. Certains noms sont en .«posture du paon". en tant que systeme philosophique. Sa dialectique suppose connue la métaphysique du Vaise~ika et les textes récents du Nyaya s'incorporent les catégories du Vaise~ika. le raisonnement.). dont les sütra sont un peu antérieurs aux siens. n a aussi voulu que Gautama ait été un contemporain plus agé du Buddha et qu'il ait été mentionné dan s l'Avesta sous le nom de Gaotema. kürma. Ces pratiques sont souvent charlatanesques. Les plus anciens noms sanskrits de la philosophie dont le principal est ünv¡kfik¡ «enquéte" (S 1358). matsya. élonguée par un exercice prolongé et l'incision du frein. piñaala et su¡mmna. Le prat1ayama donne lieu a des exercices complexes ou iI est associé a des répétitions de formules et de brjamantra symboliques.jiilandharabandha. Mudra. D'aut~es mu1ra .

pere et régulateur de toutes choses. comme systeme de logique. Les Nyayasütra sont le texte fondamental du darlana. OU une § 1. les objections et la réfutation des objections. Chaque en effet le suivant d .slgmficat~o~ exact? du terme de Nyiiya chez Pal. a partir du Madhyamaka. § 1465. mais comme les auteurs critiqués ne sont pas nommés et comme les doctrines incriminées ne sont indiquéesque par de breves aHusions. ce qui trument de la science a laquelle il est indispensable pour établir les théorie? qu'elle enseigne j c'est po~rquoi il est utilisé par la médecine et décnt par Caraka. de la rétribution des aptes. des courants de spéculations sur le raisonnement autres que celui de ce texte (Dasgupta. lis se divisent en cinq chapitres (adhyaya). Le Nyaya est théiste : l'existence d'un Isvara est a admettre selo. 2350). qui date probablement de la fin du IV· siecle. Les Nyayasütra et leurs commentaires.lÍni qUl I empIOle est. Windisch). principal eommentaire. Keith a supposé arbitrairement que les dlVergences de Caraka ne seraient imputables qu'a un manque de compétence spéciale. 57 existé avant les Nyiiyasütra J et des le début de notre ere ou peut-~tre avant. le Nyiiya estbien la logique et il est dit que dans l'ernutage de Kasyapa se réunissaient des sages qui connaissaient les vrais moyens de la démonstration. des douze "occaSlOns" (mdüna) dan s le bouddhisme. pas son objet propre et l'idée de Dieu reste extérieur. de la réfutation et de la conclusion (sthiipana J iikfepa et siddhiinta) qui sont désignés par les termes techniques m8mes du Nyaya. . 11 n'en reste pas moins que le Nyaya. Le Nyaya a été tout naturellement en eontinuelle diseussion avee le bouddhisme du fait de l'emploi eonsidérable fait par celui-ei. Mais ce n'est que d'une fa~on toute accidentelle que les Nyiiyasütra font cette remarque dan s une discussion sur la causalité du monde et du karman ~a thé~lo. plus complexe. Position du Nyaya. époque ou l'auteur bouddhiste Harivarman tes connait. 11 enseigne a raisonner juste sur les phénomenes dont Il reconnait par conséquent l'existence. LES SIX DARSANA. vient Uddyotakara Bharadvaja. 11 est antérieur au bouddhiste Dignaga et a l'auteur vaise~ika Prasastapada (Keith). il est parfois diffieile de déterminer contre queHes éeoles portent les attaques du Nyaya.rafa. Nombre de eommentaires suivent a des dates plus ou moins espaeées les Nyc(ya$1Ura. Particulierement important est un long excursus du deuxieme chapitre sur le son (iabda J § 14 7 5). . Le fait est possible. Le sütra 2 affirme qu'on ~rriv? tout na~urellement a la délivran~e finale (apavarga) quand on a ecarte succeSSlvement la fausse connalssance (mithyajñana) les fautes (do~a).. la naissance (janma) et ie malbeur (dU(lkha). le salut s' obtlent par la connaissance correcte. au contralre. auteur du Nyiiyavclrttika. 11 est vral. a celUl-CI (Jacobl). Dans le Mahiib}¡¡¡. L'enchainement qui les relie est analogue et t~es prob. est acceptable pour quiconque sans distinction de religion. § 1466. Le cinquieme constitue un appendice sur les arguments futiles (jüti) et absurdes (nigrahasthiina) . spécialement par opposition a l'Idéa~lsme bouddhique. Une tradition le fait originaire de PadmavatI (aujourd'hui Marvar) dans le Malava.. Le premier chapitre est seul un exposé systématique. et polémiquent contre les écoles bouddhiques. lui adjoignant des propositions d'interpolation analogue aux viirttika que Katyayana avait ajouté a la grammaire de Pal)ini (S 1526. Les doctrines combattues dans la partie polémique sont fréquemment bouddhiques. . le Nyiiyabhii~ya (Ruben). Allusion est d'ailleurs faite a d'autres écoles de Nyaya dans. Le sütra initial des Nyclyasiitra enseigne. Le reste de l'ouvrage est une partie polémique. On a d'abord le Nyayabhiifya de Pak~ilas­ vamin Vatsyayana. A cet égard il est ~n in s- § 1463. lis sont antérieurs a 260 environ. en effet.462. Les deux premiers décrivent les éléments des raisonnements et soutiennent la théorie qu'ils en donnent contre des contradicteurs supposés. Plus tardivement. l~ rapproche du Vaise~ika (cf.n~m m~~e. § 1464.n les Nyüyasütra J car il faut une cause efficiente au jeu de la rétri~ butlOn des actes dont on ne voit pas qu'il soit automatique. Apres Vatsyayana. le théisme du Nyaya va peu a peu s'affirmant et prend une importance toute particuliere au x· siecle chez Udayana dont Barth qualifie l'Oluvre comme l'une des plus religieuses de la littérature sanskrite (S 1476). Le troisieme étudie les objets de la connaissance et la théorie de la perception et de la connaissance.. mcertame.ablement apparenté a celui.terme de cette série engendre. Dans l'Arthasiistra attribué a Kautilya. l'auteur du Nyiiyabhüfya J décrit ÍSvara comme un Etre supérieur. n s'écarte parfois du texte qu'il eommente. La . ' en sorte qu en ermere analyse le malheur de l'existence est causé par la fausse connaissance. Le Nyaya est un systeme réaliste. mais cet ouvrage se t~rmine par une én~mération des tantrayukti «procédés méthodologlqueS" (S 15?6). des proeédés de la logique pour la critique des apparences et la polémique (S 2345. Pourtant un commentateur relativement ancien. D'autres textes semblent bien reporter au moins quelque temps avant la fin d~ l'~re c~rétienne les origines du Nyaya connu sous ce . pour la plupart des écoles mdlennes. qui vient au début du VII· siecle. Ce théisme a été d'obédience sivatte plut6t que vi~l)uite et les naiyiiyika modernes sont généralement sivai'tes. J Vatsyayana. m8me si la Caraka3aJ!lhitii est dan s l'ensemble plus ancienne que les Nyiiyasütra puisqu'elle a pu subir des modifications tardives. 11 parait eonnaitre la logique des Jaina déja développée a son époque et étudiant un type de raisonnement a dix membres auquel il fait allusion. Selon Ruben plusieurs passages de la CarakasaJ!lhitc( en rappelleraient d'autres des NyiiyalS/i. qUl évoque les données du Nyaya. § 1480). Ruben). de la délivrance. Mais la théorie du raisonnement est aussi un ins~ru~ent de salut spir~tuel parce que. dans les écoles mahayaniques.gie n'est.56 LA PHILOSOPHIE llRAHMANIQUE. il signifie «méthode de gouvernemenh. Les textes. Le~ $1/tra y exposent successivement les opinions soutenues. que la connaissance des 16 éléments de la dialectique permet d'accéder au souverain bien. Le quatl'ieme discute la causalité du monde. l'activité (pravrtti).tra dont ils supposeraient la préexistence. lis contiennent de nombreuses aHusions aux autres dadana qui devaient ~tre pour la plupart a cette époque en voie de formation. Ils sont attribués comme on l'a vu a Ak~apada et on admet généralement qu'ils datent enviro n du 111" siecle de notre ere.

' une NyriyamaíljarI par Jayantabhatta. plus spécialisés que les autres en logique pure. surnommé 1'« Universel» (Sarvabhauma).sa.. Udayana.dhiste Dharma~Ir~i que Vacaspatmusra. Ouvrages de Nyaya-vaise~ika. se sont succédé dans l'école de Mithila jusqu'au XV" siecle. comme la substance. D'autl'es maitres et commentateurs. Vacaspatmusra a consacré au Nyaya plusieurs de ses ouvrages sur tous les darsana: un comm~ntaire sur le Nyiiyaviirttika. etc. a encore composé sur la logique un «supplément au Nyiiya». autour du Tattvacintrtmal. n répondait a Dignaga qui avait attaqué Vatsyayana. § 1468.. Ii_ fut. Navya. Au x· siecle appartient aussi. 59 école de logique a été par la suite florissante et il peut avoir été patronné par l'empereur Har~a (Keith). Ceux du Navyanyaya. La tt Protection des logiciens».Ii (U77-15á7) dont le principal ouvrage s'intitule TattvacintiimaJ. GaJigesa était du Bengale oriental et vivait a Mithila vers la fin du XII· siecle. mais que S. des «traités de raisonnement» (tarkasiistra). parce que ce nom peut convenir aux padrtrtha du Vaise~ika. C. mais ici il est impropre puisqu'il désigne habituellement tout autre chose : les chefs de classement des idées ou des jugements.li ou Pramii~lacin­ trtmal. c'est entre ces deux derniere~ époqúes que doit se placer le début réel du Navyanyaya (FrauwaUner). Pendant que l'ancien Nyaya tendait d'une part a fusionner avec le Vaise~ika. qui écrivit plusieurs commentaires sur l'ouvrage de son pere. une autre tendance se faisait jour d'autre part. Vidyabhusana). JagadIsa Tarkalarpl. par-91i lesquels Pak~adharamisra (XIII" siecle). au x·. Udayana reprend contre les bouddhistes et les jaina l~ polémique au sujet de l'iitman. Nyiiyasiira. D'autres ouvrages d'enseignement mixte. au IX· sIecle. auteur du xv· siecle. a. comme des «lieux communs» de la dialectique. le Nyriyasiicrnibandha. la quantité. on peut les considérer.rkavagIsa (fin du XVI" siecle). est réclamée a la fois par le Nyaya et le Vaise~ika. Celles-ci. de Bhasarvajña un peu antérieur a Udayana porte trace de l'influence du Vaise~ika.ara (début du XVII· siecle) qui écrivit notamment une Tattvacintr"imaJ. L' «essence du Nyaya ». La forme littéraire de l'ouvrage est semblable a celle des Srt1!1khyakr"irikii (S U26). Dans le premier. entre autres ouvrages. suppose un développement déjit avancé des idées caractéristiques de la nouvelle école. Son ouvrage. etc. La logique a été introduite vers 1500 a Nadlya par Vasudeva. du célebre Tarkasamgmha d'Annambhatta (XVII· siecle).1i est divisé en quatre parties traitant respectivement des quatre moyens de preuve (pmmii~1a. qui a écrit un de ses ouvrages en 98á. Lui aussi s'éleva vivement contre les vues des bouddhistes. A partir de Vacaspatimisra la tendance au syncrétisme des deux écoles du Nyaya et du Vaise~ika apparait de plus en plus marquée. Le Tattvacintr"imal. n a écrit aussi un important commentaire vaisesika (§ U8á). le Nyrtyaparisirra. mais les topiques sont plutót de~ \J 'ti . quoique regardé comme le premier de son école. auteur d'un TattvacintrtmaJ. en vers avec un commentaire en prose par Varadaraja lui-m~me. puis dans celle de Navadvlpa (moderne Nadlya) au Bengale. ~n lui attribue aussi un Nyiiyasütroddhara (Keith). ne les connaissant pas. Ii est volumineux (3 OO pages environ) et a donné lieu it une immense littérature de commentaires d'abord dans l'école de Mithila. Le commentaire de Vacaspatimisra a été de son c6té commenté et défendu contre les critiques par Udayana de Mithila dans la Nyiiyaviirttikatiitparya!lkiiparisuddhi. seront mentionnés a propos du Vaise~ilca (S U85). avaient d'ailleurs commencé a paraitre dan s le Nyiiyasiddhr"intadrpa de ~asadhara au milieu du XII" siecle et dans la Saptapadr"irthl (S U85) de Sivadityamiéra au début du m~me siecle.lirahasya. S?~ tour pris ~ partie par ~e boud. le fils de GaJigesa. § 1467. par Varadariíja. Les logiciens bouddhistes et jaina avaient donné l'exemple de cette \ spécialisation (Radhakrishnan). Sañkaramisra (XV" siecle). lis ne donnent pas de désignation générique pour ces 16 éléments. Nombre de textes appartiennent aussi bien a l'une qu'a l'autre école. Les textes caractéristiques du Nyr"iyadarsana proprement dit sont les plus anciens de cette littérature immense. natif de Nadlya mais qui avait d'abord étudié it Mithila et continua la tradition d{js commentateurs de Gaúgeéa. notamment sur les ouvrages d'Udayana. LES SU DARSANA.likii. celle d'éliminer du Nyaya les questions relevant de la philosophie générale ou de la religion pour faire de ses livres des ouvrages de logique pure. C. depuis Colebrooke. accompagné d'une glose (la Tarkadiáikrt. se~ble-~-Il. Les doctrines. du m~me 'auteu~) et resté en honneur jusqu'aujourd'hui dan s les écoles brahmaniques. en effet. d'autres sur des textes de Nyaya plus anciens. Son reuvre la plus remarquable estla Kusumriñjali ou Nyrty~ku­ slll lliii1jali qui soutient. aujourd'hui peidue (S. Tril'kikarakfii. Le Navyanyaya. Les Nyiiyasütra débutent en énumérant 16 éléments des opérations de l'inteBigence. il cite une autre reuvre de lui. intitulé Nyiiyavrirttikatiitparya(llcii et un mdex des sütra. On les nomme aussi quelquefois «topiques» (Barthélemy Saint-Hilaire). Sur le Nyiiyasiira furent composés par la suite de nombreux commentaires.1id¡dhiti. le nombre des vers (72) est sensiblement le m~me. L'école qui l'a illustrée est la «Nouvelle logique». mais en m~me temps des logiques bouddhique et jaina. La ~élébrité de l'école fut surtout l'reuvre de son éleve Raghunatha SiromaJ. naiyriyika et vaise~ika.ou Navanyiiya. ne peuvent ~tre pris pour types de description. la Nyiiyakal. auteur telugu du XII· siecle. mais le metre est presque exclusivement l'anu~!ubh. mais les commentateurS les nomment padrtrtha quoique ce mot soit un terme technique de sens différent dans le Vaise~ilca (S U86). l'existence de l'Ame supr~me (§ U6á). Dans son Atmatattvaviveka. Udayana. Vasudevamisra (XIII" siecle). On les appelle souvent. bien que l'auteur soit résolument sivaYte. § 1469. ou GaJigesvara. entrepnt de refuter. C'est done principalement dans les Nyr"iyasfitm que les doctrines fondamentales du Nyaya doivent ~tre étudiées. traité important qm polemlque contre la MlmiiI:p.¡idrdhitipmkMikrt et Gadadhara Bhat1acarya (milieu du XVII" siecle). suivant les théories du Nyaya. Le grand sujet de discussion fut l'atman dont il défendit l'existence. n en est de m~me de la Tarkabhiisri par Kesavamisra (XIII· siecle).¡ji liJ g a 58 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. A la premiere appartint Vardhamana. «catégories». Anna1)1bhatta était lui aussi un telugu. la qualité.d. Vldyabhnsana rapporte a Abhinava Vacaspatimisra. Son fondateur passe pour ~tre Gañgesa. Ensuite s'illustrerent particulierement Mathuranatha Ta. § U 7 O). un Tattvacintiima~¡iprakMa.

. Le raisonnement a cinq membres. les so. lequel peut étre affirmatif o. La perceptio.rps est le suppo. la these définitive (siddhanta) .les brahmaniques. c'est une induction.rielles o. C'est la ttco.n de la co. le mo.la qu'on appelle ordinairement "moyens de connaissance" so. Les six autres so.gisme].nte de l'efret a la cause.t upamüna (müna ttmesure". le do.n avec le co.re d'apprécier et de décider. le malheur et la co. po.rmité (sadharmya) avec le co. Ceci s'explique par le fait que c'est en lui que se pro.«s'éveiller") qui les fait entrer dans le do.tif.yens que so. ce quí revient a reco. Apres l'étude des so.l(la).mme a le caractere (lihga) d'~tre afrecté par le désir.rtes d'actio.rganes.rtent les impressio.uvo. qui remo.uvo. § 1473.nt pas la m~me impo. car c'est lui qui dan s l'ho. le bo.n (vada). Le deuxieme prama~la est l'inférence (anumana) qui est de tro.n po.rganes des sens que des «facultés" ou «po.nt multiples.ntestatio. la haine.nnue So.ns. to.nclusio.nnaitre la généralité du jugement. si o.nnu.gique bouddhique.n-existence d'une cho.nstituants. So. par exemple. Le tro. to.riel s et des o.lo.de de connaissance.nscience (buddhi. Les prameya. le go. 61 arguments généraux que les opérations mises en jeu dans les jugements.nt d'abo. les facultés senso.ns des o.nnaissance" (jiíana) née du Co. Le NyliyabhlilJya ajo.nt centralisées et transfo.n (rasmi) de feu.rgane de la visio.mperie (chala). les o.U négatif.ntact avec les o. rejeté par le Vaise~ika et la lo.bjets des jugements (prameya de mesurable.ur la premiere fo.pre du mo.ints sur lesquels s'étendent particulierement les Sütra so.nstatant qu'il a les caracteres co.nnue en co. Une des plus impo.nnaissance c'est-a-dire des no. le to.mmun avec ceux qui caractérisent cette classe.n n'est que l'acte psycho. Les neuf premiers éléments jusqu'a la ttco.nt les do. les futilités (jati) et les absurdités (nigrahasthiina ttpo. de la racine budh.).lo.n le NyayabhrIlJya elle est éternelle mais engagée parfo.uvo. upa tten-desso. De plus.nnaissance. celui du Nyaya est do.. Ils so.nde extérieur.is un gayal peut le reCo.rd les pramal.) évo.rps déterminé par les actes.is so.urces et du co.U occasions de co.bjets.n.ntact (saJpnikarlJa) des po. § 1472.nnaissance.nt au no.n a lieu par le co. Ainsi.. des po. En premier lieu vient la constatatio.mparaiso.rps (sarIra). Ils sont au nombre de quatre dans le Nyaya.duisent les mo.ngueur a évaluer.bjets.utes les éCo.nclusion" sont ceux de l'établissement du jugement.irs" (c'est le sens pro.ir défini les mo.bjets des jugements.mparaiso.nnée par les Sütra co. s'exercent les sens.ir de visio. l'esprit (manas). Elle co. Il Y a mo.ints OU l'o. les fautes o.urs dan s to.maine inteHectuel.n par asso.mme le do.mme mo. Certaines so.bjets.ute que 0 0 . allant de la cause a l'efret.rtantes est l'acte complexe.gie (samanyato drlJta).nnait la salure de to.do.us 1'actio.bjets des facultés (artha).nt simples co.uvements. Cet upamana n'est admis co.nfro. mais enco. la no. 3 o aper~ue par analo. aussi tt tradition sacrée..n de mesure co.nnaissance o. Selo. proprement tt so.n existence.la. les Nyayasütra énumerent les o. les membres (avayava) [du syllo.ut ce qui fo. § 1475).riels (indriya) est en gro.irs senso.re par ttco. L'analyse du mo. § 1471.de de co. est le témoignage o.rt.rme d'un rayo.).nnées intérieures et extérieures de l'expérience.ule avecl'espace (rIk(tsa. L'atman.tif (prayojana).n de l'inconnu par co.U d'attitudes de l'intelligence en présence de ces no. tandis que la perceptio.nstatant les traits qu'il a en co. et po.urrait traduire mieux enco.tio.ri (se¡~avat). acte que les co.mme dan s to. o.uvo. l' ame co.uvements.rgane d'afrectivité dans lequelles impressio.us la fo.us une lo.yens de jugement.ntenu de la co.ur entrer en co.n un cas particulier de l'inférence.n directe (pratyak:~a). le fruit des actes (phalll).uvo.rmé de «membres" (avayava).ntatio.sterio.tio. Des divers spiritualismes indiens.'!!) l'existence apres le trépas (pretyabhliva) .us.nstatatio.ns venues des sens so.yens de jugement. Les pramal.ciatio. Les suivants so.nnu a une classe co.laya).gique initial de ce mo.ute (saJwfaya). Mais le sujet percevant est l' ütman. ce qu' enseigne celui qui a acquis (lipta) une connaissance exacte.nfo.ut avec 1'eau.nclut du particulier au général.isieme prama1.it po.lU est la co. les o.rmées en sensatio.nnu".igné des idées co.t indriya) se}1soriels siégeant dans des o. La liste des padartha do. LES SIX DARSANA.yens de co.rme l'etre.n siege en lui et en so. mais o.n lui a dit anterieurement que le gayal ressemble au breuf.U sensorium commune. Le co.nnement co. elle co.rt avec un élément : l' o. Enfin le dernier pramli~la du Nyaya. § 1383). la co.ute la psycho.nprend l'adversaire o. L'ceil n'est pas par lui-m~me l'o.nnait par le canal de l' esprit.ns avant de l'etre en perceptio.ntro.verse (jalpa).que l'idée du report d'un étalo. elle est délivrée quand l'efret des actes est épuisé.s celle qui a co. Les pramaI.nnus chez le breuf.n mais un po.rat avec la terre.U les tro. Parmi ces prameya. la co.irs sensoriels et de leurs o. une inférence par co..~---- - ----~ -----' "~.). est co.nt les éléments du devenir dan s lequel se déro.nt des éléments simples du raiso.n (upamana).nsiste a rapporter un o.nstitue l'ho. l'argumentation (tarka).ute. la tro.rie des po.mme le mo.bjets des sens. prévo. un citadin qui vo.ns o.mprend en fait : les mo.ins élo. On rend plus souvent pratyalclJa par "perceptio. «l'ame".nscience (buddhi).U d'actio.mparaiso. To.ut ce qui co.ute la mer.rt (üSraya) des mo.------~- -- ---. Les po.ri (piirvavat).. la vue avec le feu. 60 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE.rte d'inférence a lieu quand.n co. l'exemple (dr¡~tanta). les ames so. d'apres la salure de quelques gouttes d'eau de la mer. la co.ins des o. d'une estimatio.U so.nheur.rtes : 1 a prio.ns So.urantes en Occident.yant l'efret d'apres la cause.phismes (hetvabhiisa).ulent les existences et auquel met fin la délivrance. Chaque sens est plus spécialement en rappo.n".us n'o. l'objectio.n" qui désigne vraÍment un mo. fo.n (indriya) . Cette derniere so. Elle consiste a "établir ce qui est a établir (sadhya) en se fo.U de jugement (pra/lla~la ttmesures-criteres".is dans la transmigratio.mbre de 12 : l'ame (atman).ucher avec le vent et l'o.mmentateurs appellent § 1470.ns sensibles avec l' atman percevant. 2 a po.ubles (do.nnaitre comme tel en co.n.1a et ensuite les prameya.nc le mo. Celui-ci est l' o. La théo.nt plus précisément des mo. les six premiers so.ndant sur une co.nt ceux de la critique du jugement. le co.ns et de leurs co.rtance et ne sont pas traités dans les Nyayasütra aussi en détail.ns avec un co.U autorité (sabda. Apres aVo. le malheur (du(¡kha) et enfin la délivrance (apavarga).ntact du manas porteur des impressio.yen de jugement ni par le Vaise~ika (§ 1ft 9 3) ni par le Slir!1khya (§ 1442) qui fait de la co. Autrement dit.gie indienne nettement différent de l'esprit o. les Nyliyasütra envisagent diverses so.bjet inco.se s'établit par les m~mes mo. la chi~ane (vitaJ.irs senso.mme et le mo.n (nirl.n". o. car ils permettent non seulement de s'informer. l'activité (pravrtti).

la réalité du ((tout" par rapport aux parties seules perl}ues et dont les bouddhistes soutiennent que seules elles existent (et encore d'une existence toute relative). par exemple. contrairement a la théorie de la Pürvamlmal)lSa (S 1377). Comme elle. Mais tout cela a lieu par convention. Cette conversion a été réfutée (Masson-Oursel). non seulement parce qu'elle ap~liqu. refuse aux phénomlmes le méme caractere d'éternité et atteste par la. § 1475. le Nyaya atteste bien son réalisme et c'est la surtout ce qui le rapproche de la physique du Vaise~ika. : Socrate est homme) avec la différence que la mineure. seule compte la validité de la conclusion par rapport aux prémisses. Le mot t!vaehe". ne cherche pas a isoler théoriquement un processus logique simple mais afournir Un type de raisonnement scientifique vrai. n. en sorte que pratiquement. (01' les choses produites sont impermanentes). Les avayava comprennent donc. la déciaration al'appui fait appel a la constatation directe. L'espace est appelé éventuellement (Nyay. coextensives a tout et la derniere pénetre tout (Stcherbatsky). etc. parce qu'il est perl}u par un organe des sens (01' les choses perl}ues sont impermanentes). ne faut pas oublier. chez Aristote. il ne s'agit pas d'un syllogisme barbara. n se rapproche encore de celles-d. mais de l'espace en matiere et non de l'espace en dimensiono En revanche. les connexions anciennes du Nyaya avec la médecine qui exige en permanence l'emploi du raisonnement juste pour l'établissement des diagnostics et des pronosties. C'est en effet un raisonnement déductif mais non un raisonnement déductif pUl'. en s'opposant du méme coup un peu plus ala M1mal!lSa. le Nyaya n'admet pas l'éternité du son (sabda). enfin la conciusion démontre le concours de tous les pramíil. 22) digdesa cdieu des directions" pour bien préciser son opposition a likiiSa qui se dit aussi de l'espace. Mais il ne s'ensuit pas que la réduction au syllogisme européen soit toujours fallacieuse comme on l'a souvent affirmé. un exemple a l'appui de l'assertion générale dont le syllogisme fait l' application aun cas particulier (S 1474). la déciaration a l'appui correspond a la majeure (par ex. si l'une des prémisses ou les deux sont fausses. En fait.!a : la proposition au témoignage (d'un texte sacré). Le temps (kiila). 1. il admet les atomes éternels et la théorie de la non-existence de l'effet dan s la cause. done quelque montagne est ignée. la conclusion est fausse méme si théoriquement le syilogisme est en soi correcto La série des avayava au contraire. Le syllogisme conclut de ce qu'un sujet appartient a une classe. n admet la réalité des syntheses idéales de perceptions. ce propos. la raison a i'inférence. l'application répond a la comparaison.1a a i'établissement du jugement. De méme qu'on a : tout juste est généreux. Déciaration a l'appui : tout ce qui a de la fumée a du feu comme la cuisine (yo yo dhümavan sa sa vahniman yatha mahiinasa(¡). Le syHogisme barbara existe d'aiHeurs sous forme d'autres exemples se ramenant a : le son est impermanent. un certain nombre de notions (impermanence des choses produites par exemple) rejoignentles idées bouddhique Proposition : la montagne a du feu (parvato vahnimün). ((montagne".it funeste. Application : et ainsi est-eHe (tatha cayam) [et ainsi la montagne a de la fumé e] Résultat : par conséquent il en est ainsi (tasmat tathii) [qu'il a été dit dans la proposition initiale]. tout en tenant pour éterneIles les substances de la Nature. Mais il faut remarquer que le raisonnement indien en question a surtout son pendant aristotélicien dan s l'argument par l'exemple du type : la guerre d'Athenes contre Thebes éta. enfin l'application est l'équivalent de la mineure (par ex. aigu. la raison (hetu) . de la vieille notion magique de participation du nom au nommé) croit a une connexion innée (5 1377). cal' les Nyayasfitra n'en fournissent pas) est le suivant : n a la proposition par OU commence l'exposé indien du raisonnement correspond a la conclusion du syilogisme européen. En effet. on peut écrire : tout fumant est igné. Son réalisme s'exprime souvent en opposition ala critique dissolvante de certaines écoles bouddhiques. théoriequi est liée au réalisme (S 1494).ent enseignées p~r ailleurs.- --~ 62 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. cal' tout ce qui est produit est impermanent et le son est produit (S 1475). est posée antérieurement au déroulement du syHogisme tandis que i'application est faite au cours méme du raisonnement indien. la déclaration a l'appui (udaharaJ. donc quelque savant est généreux. § 1474. n'étant pas nécessairement dan s l'extension du majeur. les avayava correspondent aux pramal. enfin parce qu'il est traité comme une chose produite et peut étre dit grave. de par ses attaches védiques. mais paree qu elle lllustre nettement la posItlOn du Nyaya qm. Selon Vatsyayana. l'application (upanaya) et le résultat (nigamana). quelque savant est juste. une fois de plus. L'exemple le plus classique de raisonnement a cinq membres (emprunté aux commentateurs. alors que la M1mal!lSa (héritant sans doute. ses affinités avec les sciences objectives. Cette démonstration est importante.--~--------- ---------~-- --------- ----.e les figures du raisonne~. Dans tous les exemples . l'exemple indien correspond au troisieme mode de la premiere figure. 63 souvent nyaya et qui correspond au syllogisme sans s'identifier avec lui. que ce qui est vrai de cette classe est vrai de ce sujeto La validité des prémisses n' est pas examinée dan s la théorie du syHogisme. LES SIX DARSANA. Les cinq membres sont la proposition (pratijllií). donc eHe a du feu (Athalye). le mineur. l'espace (dis) et la matiere remplissant l'espace ou éther (aklisa) sont des substances éternelles.w) . un type (akrtiJ proprement dorme") ou une espece (jüti). cal' c'était une guerre contre des voisins comme la guerre de Thebes contre Phocis (Radhakrishnan). peut dénoter un certain animal ou i'espece correspondan te. darii. Raison : en raison de la fumée (dhümüt). On a voulu convertir ce raisonnement en un syllogisme aristotélicien typique (barbara) en le formulant ainsi : tout ce qui a de la fumée a du feu. De plus. par ses théories sur la valeur du mot (pada) selon lesquelles le mot peut dénoter un individu (vyakti). la montagne a de la fumée. n démontre qu'il est impermanent (anitya) parce qu'il a un commencement (puisqu'il est produit par un heurt comme celui de l'arbre par la hache). Par son enseignement de logique pratique et ses attaches scientifiques. outre les éléments du syIlogisme. ((tout ce qui a de la fumée". quelque montagne est fumante. S. : tout homme est mortel) mais eHe comporte en plus un exemple justifieatif.

e~ tout cas li auralt precéde le Nyaya (Garbe).r slecle de notre ere. date des tout premiers slecles de notre ere falt fortUltement aIlusion au Vaisesika. Dans cette argumentation. déceler dan. . . .cces qui explique l'immensité ~e ~a htterature et qUl d aIlleurs est ]ustlfié par la puissance et la préciSlOn de l'effort tenté.qui. ininteHigente. . . . l'odeur du santal a la vue d'un morceau de bois de santal) y sont également rattachées. L'analyse et la classification des autres pramii1}a sont pareillement poussées tres loin. étre ordinaire (laulcika) ou transcendante (alauklka). de méme qu'au témoignage qui comporte la critique de sa validité. Le Nyaya se développant ainsi a des analogies tres marqué es .0uveau. & _ . . . 64 LA PHILOSOPHIE BRAHIIIANIQUE. une détermination complete). le Valse~lka seraIt né d un schlsme provoqué dans la communauté Jama par Ro~agutta Chaülüg. q~i prend naissance dans la perceptlOn lmmédlate. bouudhlques. Le Vaise~ika est le systeme qUl concer~e l~s . La connaissan~e ~irecte . On a méme voulu. !le pe~t étre mise en' jeu que par une mtelhgenc~ q~ll sera celle ~e Dleu: C est la une application assez banale du prmclpe de causahté j malS parmi les nombreuses preuves invoquées il en est de logique plus subtile. par ehmmatlOn.t~ a un fonds de spéculations encore beaucoup plus anClen que 1 epoque du début de l'ere chl'étienne. ce qm correspondrait a 18 ap. . . . et Jama. philosophiques. mais une révélation est une connaissance juste (prama) provenant d'un informateur exacto Nul informateur ne peut égalar Dieu. était devenue une fi.leur et ?~n une ~p~~at~on effect~ée sur des. n approfondit subtilement l'étude de ceux-cí. .sco!astique ~u ~oyen ilge . dans la ch~onologle ~~optee. reIigieuses et sClentlfiqu~s.directe peut. Les dével?ppements _du Nyaya. 65 et sont méme démontrées par des raisonnements analogues a ceux de la logique bouddhique.se~ika:. . La CarakaSa'llhitii mentionne les catégo~ies qu 11 reconnait et. . lCI (S 512). si elle produit non seulement la connaissance particuliere de cet objet mais celle de tous les objets du méme genre engendre une connaissance directe transcendante. C'est aÍnsi qu'Udayana a développé les breves mdlcatlOns d Ak~apada sur l'existence de Dieu (S 1464) e~ une vé~itable t~éologie. d'ailleurs sans fonden. . Au reste. n existe une cause transcendante (alaukika. elle parait fortifier la méme concluSlOn.rement «ce qui exclut le reste". Les données d'expérience évoquées par la perception d'un objet (par ex. ~.ute au.ue. l~ est devenu. § 1476. J.est celle. c est-a~dll'e ce qUl d?nne. s'il n'existe pas. Nyaya était primitivement la ~hé~rl~ . date tra?lt~0!lnelle de cette mort ou a 77 ap. 1 étude des operatlOns de 1 espl'lt et des elements formels de la dialectique. J. . Les écoles qui ont élaboré les commentalres des Nyayasfttra et suivi leur tradition ont souvent modifié les détails de l'enseignement d'Ak~apada ou leur ont donné un grand déve~opre~ent ll.vec la logique. une science autonome. Pour lui. Ainsl la théol'le de la pramii avait été déja développée en détail par Vacaspatimisra qui avait étudié également la connaissance fausse (apramii).. le SilIpkhya est celui qui § 1478. Auxiliaire a . Ainsl la vue d'un objet. dan s la mesure ou on peut la considérer comme r~mont~nt a l'époqu~ ~e Kani~ka.us Kam~~~. s accordent pour attester l'existence du Vaisesika au.C~CI lUl a ass~r~ . . . Position. .en laquelle on COdlfi~lt 1 a. .soí. § 1. connai~sances déja acqmses.'-~n~. ou du moins s'équivalent d'un sysieIl1~ al:~u~re. ' Selon une autre donnée bouddhiq.479. la pramii est le frmt des pramiil. certains éléments de doctrines sont communs au Vaisesika au bouddhisme et au jainisme. de méme q~e. . .dans plusleurs textes bouddhiques comme le Mtlmdapanha et le Lalltavlstara. du Navyanyaya depuis Gangesa surtout. Cette théorie a plus tard formé le point de départ des spéculations.-C. . Le Veda est révéIé. . par surcroit. A la méme catégorie appartient l'investigation par les moyens du Yoga (S 1456).e~ropéen. D'apres certains historiens de la pensee mdlenne le Valse~lka est extrémement ancien' iI serait ~ntérie. Toute la connaissance empirique passe dan s les rubriques de la connaissance directe ordinaire ou transcendante. Ord1naue. De part et d'autre. CeCI 1 oppose a lmference et a la comparalson qUl sont conditionnées par la connaissance des données sur lesquelles elles s'operent.-C. ' ! R .rt de Juger correctement. La c?nstatati?n .ur a~ bo~ddhis~e. proprement «g:ui n'est pas de ce monde") et invisible (adr~la) par laquelle se regle la rétribution des actes c'est-adire la de~tinée: Cette cau.Vai. 5~4 ~ns apres la m.un doubl~ sU. . Dans ce dernier le Buddha luiméme est censé avoir été expert en Vaise~ika (comme au~si en Samkhya et e~ 'yoga).o~t du Jma.transcell:dante . Cependant. le jainisme s'en serait inspiré. notammell:t en ce qui concerne l'atomisme. . . la révélatlOn védlque est sans valeur. ~ans d0. malS la depasse. c'est-a-dire qui est un apport extér. f. § 1. ou bien. D'apres I'Avassaya ~a~na. lui-méme. .«dISCl'lm~natlfs" (vI8e~a~ :Qrop. . . en tout cas. ~ ~ ~ ~ " ' " " " " _ " . L'ouvrage n'est pas un traité de Nyaya malS une sUlte de ralsonnements conformes aux regles de la logique et concourant a fonder cette théologie. elle consIste en une connaissance qui ~e provient pas de la co~naissance.fitriilaJ?lkiira d'~svag~o~a et . c'est en vertu des conditions logiques du témoignage correct que le Veda suppose l'existence de Dieu~ a. L ouvrage consIderé par les traducteurs chinois comme étant le S.477: Udayan~ !le faisai~ q~'appliqu?r a 3a théologie des spéculatlOns loglques anterleures. mais ce~te .n ?n . Le. . est e~ falt nom~e . De toutes fa~ons les données. LES SU DARSANA. Tandls que. donc ou bi~n c'est ~ui qui a révélé le Veda. " & 1480.s le I)gve~a des anus~ons qui y seraient faites. en sorte que le Valse~lka peut avo~r emprull. . Le Vaise~ika . d apres la. Le Valse~lk~. u' sle~le de notre ere. . des vaisefika auraiell:t existé au temps d'un concile réuni ~o.se.ne du V~!s~~ika. " . .1 or~gme de.la.la plupart ~e~ ~utres dariana) il n'apparait so~s s~ forme systématlsee et caractel'lstlque qu'a partir des sütra qUl 1m sont consacrés. .a (c'est-a-~ire ((de la familIe de Chaülíb). parml les darsana.indication ne semble guere reposer su'r une tradltlOn remontant a 1 époque du Buddha' elle est simplement destinée a affirmer l'omniscience de celui-ci.___________________ n_________". O~igi. toutes les specuIatlOns. d? .

a traité a sa maniere une partie des questions relevant de la spécialité de l'autre et a possédé une certaine autonomie originelle. Plus spécialisé que le Sal]lkhya. Une reuvre vaisesika fondée sur ceUe de Prasastapada. lis sont plus concis que les Nyiiyasütra et moins méthodiquement disposés. D'autre part. des iUrnan multiples qui. Comme ce dernier s accorde sur divers points avec la Mimiir[lsii. H admet. Comportant un atomisme et surtout considérant comme des réalités extérieures les catégories logiques (S 1487). en efret.suite aux Sütra parait étre le PadiirthadharmaSa1!lgraha.titue une métaphysique.tti. Longtemps éclipsés par I'ouvrage de Prasastapada. les Vaise~ikas¡¡tra p'ont meme été commentés que tres tardivement. _ Aux iitman particuliers. n est dü a 'prasastapada et porte aussi le nom de Dravyiidi~atpadiirthabhii~ya. en efret. . sont engagés dans le monde phénoménal et entrainés dans le cercle du sarpsiira. Les Textes. Les Vaise~ikasiitra se composent de 370 sütra répartis en 10 chapitres. Les Vaise~ikasütra ne mentionnent pas directement Isvara. avec une tendance plutót sivalte que viglUite. Les deux systemes ne représentent cependant pas deux étapes successives de la meme analyse. . le Vaise~ika est un réalisme. n constitue done une reuvre originale. LES SIX DARSANA. tardivement du moins. puis. Malgré quelques arguments qui pourraient militer en faveur de l'antériorité § 1484. tout en combattant vivement les bouddhistes. des atomes matériels combinés pour composer toutes choses. non dan s sa nature propre mais d'apres le bien qu'en retire l'homme. ». Mais il s'agit d'un commentaire tres libre des Vaisefikasatra Ol!. ce que ne parait pas tenter le Vaise~ika. Hs débutent en définissant le dharma. le Sa¡pkhya s'en dIstIngue paree qU'II n'est pas seulement analytique de par son efrort de dénombrement. on a supposé qu'il avait pu former une école ancienne de celle-ci (Dasgupta). Hs ont tres probablement précédé ceux-ci (Keith). Toutefois. ka/. d'une part. Les Vaise~ikasütra. Le reste du premier chapitre traite en efret des catégories. quoique tous deux paraissent s'etre fait des emprunts réciproques des le temps de leur premiere élaboration. d'ol!. le ttHibou" . Chacun. Prasastapada parait avoir fait des emprunts au bouddhiste Dignaga du IV' siecle (Stcherbatsky. le Nyaya paree qu'il enseigne la théorie du raisonnement scientifique (S 1462). le Vaise~ika est celui qui les délimite et les décrit dans leurs particularités. Traditionnellement ils sont attribués a KalJada ou Kal)abhuj oU Kal. Le huitieme et le neuvieme concernent les moyens de jugement. le Vaise~ika ofrre la détermination exacte de l'iitman par exclusion de tout le reste (vis~a). comme dan s le Nyaya et sous la meme forme (S 1464).!yam) et le souverain bien s'obtient par la connaissance de ce qui le discrimine (vis~a) des réalités diverses dont le texte entreprend aussitót l'étude. nous a ét{ conservée dans une version chinoise de 648. Tous deux devaient done facilement fusionner (S 1467). mais encore synthétique en ce qu'il reprend les éiéments de ses dénombrements pour en faire un s~steme. Paramartha et Dharmapala. le Vaise~ika superpose un Dieu (Uvara) . des Nyiiyasütra.. Diverses datations ont été proposées : alentours de l'ere chrétienne (Jacobi. le Dasapadiirthasiistra. 67 dénombre les éléments de la Nature. § 1483. _______ ~-_- IIIlIIlIIIIII!I~~------------- ___ 66 LA PHILOSOPHlE BRAHMANIQUE.labha~ya et une BhiiradvrIjav!. quoique avec une théorie difrérente. sorte de mona de supreme distincte des autres. le cinquieme les actes. mais sur une autre qui lui est propre. Le systeme a pu etre fondé originellement sur un matérialisme athée (Jacobi). On appelle également cet auteur Ulula. distincte de celle des composés d'atomes et autres réalités. ttLe dharma est ce par quoi se réalise le summum de l'élévation» (yato'bhyudayani(¡Sreyasasiddhi{¡ sa dharma{l). des auteurs du VI' siecle. Candra. au XVII' siecle. la substance. Toutefois. Prasastapada expose un systeme qui lui est propre. comme le Sal]lkhya. chefs de classement général des réalités. Son auteur. siMe (S 1479) mais les sütra paraissent dus aplusieurs générations successives de penseurs (Faddegon). Tous deux. 250-300 (Suali). tt Commentaire sur les six catégories. Plus simplement. _ _ __. enfin. Le deuxieme traite des substances. § 1479). Quoi qu'il en soit. en sorte que la nécessité logique d'une divinité ne s'impose pas a priori. d'autre part. le septieme des propriétés et de leurs relations ave e les substances et les dénominations. On s'est demandé si ce dernier nom sanskrit ne correspondait pas au nom prakrit de Chaülüga. discutent certainesde ses opinions. le théisme est devenu classigue dans le Vaise~ika. la causalité. vers 16 O O. ce qui est peu vraisemblable (Radhakrishnan). Le sixieme s'occupe des devoirs des quatre conditions de vie (iiSrama). le troisieme étudie les objets des sens et l'inférence. c'est du Nyaya qu'il se rapproche naturellement. Des interpolations parmi les sütra sont tres probables (Bodas). dans ses plus anciens textes. le Vaise~ika par son caractere de physique.Ia voulant dire aussi ttatome". associés aux composés d'atomes. Mais ces iitman se délivrent par la connaissance de la vraie natura des choses qui leur fait voir leur propre essence. critiqué par Suali et Faddegon). para!t appartenir au VI' siecle (Di).' Les commentaires suivants sont sensiblement postérieurs. le nom d'Aulüiya donné parfois au Vaise~ika. Le VaiSesika ne travaille pas sur la liste du Sa1pkhya. De plus. ~ika § 1482. le quatrieme les atomes. imputé par la tradition jaina au fondateur du Vaise~ika (Max Müiler. 50-150 (Masson-Oursel). Le plus ancien ouvrage vaise~ika important . etc.faisant . précédemment porté a les placer deux ou trois siecles plus tard). par JayanarayalJa Tarkapañcanana dans une Vivrti. il est une physique par opposition a laquel~e !e Vedanta cons. par la.labhak~a. ont des atta ches avec la science. n est done vraisemblablement du V· siecle. Cependant un dualisme d'atomes matériels et spirituels a pu faire partie du fonds originel (Glasenapp) et. § 1481. un RiiVa1. dont le nom signifie ttmangeur de grain» et doit etre Un surnom formé par aUusion a la doctrine atomique de l'ouvrage. 5. H est probable qua cette conception n'est pas primitiva dans la pensée du Vaise~ika. Les textes sacrés tirent leur autorité du fait meme qu'ils I'exposent (tadvacaniid iimniiyasya priimiil. La date la mieux soutenue est le le. Les sütra du Vaisesont peut-etre les plus anciens de ceux des divers darsana. En tout cas elle n'y ~st pas organique. ils n'ont pas formé un tout indissoluble des l'origine. n est de fait que les atomes y sont considérés comme éternels et mus par une force invisible (adri~{a) automatique. le dixieme. Ce n'est pas un matérialismcj il est dualiste. par Sankaramisra dans l' Upaskiira. ill'isole et le délivre.

il n'est pas intrinseque a ces corps car il ne s'y manifeste que par l'action du feu. les eaux (üpas). auteur de la Saptapadarth. connu aUSSI comme nalyay~ka (S 1466) qUl écrlvait vers la méme époque. cí. Chacune des catégories présente des subdivisions. C'est la nonexistence (abhiiva). malS que d'autres placent vers 1100 (A. la forme et la tangibilité. l'éther (ükMa). la tangibilité. s'y trouve parfois reconnue pour de l'eau transformée. de Sivaditya (950 environ).liival¡ a été commentée par Vardhamana (1250 environ). Aux six catégories des Vaisefikasiitra une septieme a été ajoutée ultérieurement. ~ 1487. 69 pas un objet qui tombe sous les sens. Les substances. a encore commenté ce commentaire et écrit une Pañjikii sur la Nyiiyakandali. Srlvatsa encore appelé Vallabhacarya (mais différent du vedantin Vallabha) écrivit. comme celles d'Aristote auxquelles on les a souvent superficiellement comparées. Les Vaisefikasütra comptent six catégories (padürtha. Mais d'autres préferent déduire leurs explications directement de leurs principes sur les substances. Les quatre premieres substances sont chacune divisibles en atomes spécifiques (5 1494). puisque les notions qu'elles représentent sont aussi des étres et cecÍ établit cIairement le réalisme du Vaise~ika. On a dénombré 35 onvrages qui l'ont pris pour base et lui servent de commentaires. par exemple. il est cependant connu par fa conscience (buddhi). Le discriminatif.ra. le temps (keila).la). n dit en gros l'enseignement des Vaisefikasütra mais en y introduisant des nouveautés. Parmi les textes qui relevent a la fois du Nyaya et du Vaise~ika (S 1467). est intrinseque (sül!/siddhika) a cette substance mais est commun a l'eau et a des corps comme le beurre ou les métaux. (Ghate. toujours dans la tradition du Padiirthadharmasa/]1graha. M. Il a été commenté au moins cinq fois. a u XVII" siecIe. et sont fluides (drava) et onctueuses (snigdha). ou substrat générique (sümünya. § 1486. auteur beng?iÍ. Le Bhii¡viipariccheda ou Kiirikiivali par Visvanatha Nyayapañcanana est un résumé en 167 vers commenté par son propre auteur dans la Siddhiintamuktiil1ali. existe de la méme maniere que le sümiinya. la LW¡vati ou Nyiiyalíliivati. Ouvrages de Nyáya-Vaise~ika. Un des plus estimés de ces 9uvrages est la Saptapadiirthi. Les textes vaise~ika présentent en fait des traces de recherches de ce genre. ~a Kiral. Le vent. «La [théorie] des sept catégories". cependant. On trouve d'abord lJi Vyomavatl de Vyomasekhara ~u Yyomasiva. mais encore et surtout elles sont métaphysiques. de simples chefs de dénomination répondant a de pures abstractions. Cette attitude eüt permis le développement d'une physique d'observation et d'expérience. On dit moins ce qu'est une chose que ce qu'eUe n'est pas.Íka. mais encore ses propriétés et son action sont également des réalités. dans la Saptapadürthr (S 1485). le goüt (rasa). tel que la fluidité de l'eau. l'odeur (gandha) et la tangibilité (sparsa). S 1490) ou discriminatif (visefa) ou enfin inhérence (samaviiya). recherchant les causes des transformations et des réactions de la matiere. Les catégories. c'est-a-dire notion générale que tend a évoquer le mot). la tangibilité seule. certains donnent une plus grande importance relative a la partie vaise~ika. cf. des «objets" (artha). L'existence de l'inhérence est impliquée par la réaiÍté des éléments qu'elle unit. On doit aussi a Sivaditya une Lak:vaJ. Tarkatir:tha et N. Un caractere d'une substance. Le sümünya (proprement le «commun" ou le «conforme") est ce par quoi le genre existe dans la Nature et non pas seulemenl dans l'esprit occupé a classer des représentations. l'espace (dis'). Il faut tout spécialement remarquer que dans les Vaisefikasüfra les définitions sont assez souvent données par élimination. Autrement il dirait simplement que l'eau participe a la constitution du beurre ou du métalliquides. Ce sont les rubriques des modalités de l'étre. § 1485. C'est un court traité en prose comprenant de 16 O a 19 O paragraphes environ selon les divisions des éditions. Vedantatirtha). ou activité (karman). le feu (tejas). qui affecte chaque substance éternelle et lui donne son individualité.la). Elles ne sont pas seulement notionnelles. C'est ainsi qu'il porte a sept (d'ou le titre de l'ouvrage) le nombre des catégories (padiirtha) qui était de six ch~z KaJ)ada (1486). peut-t'ltre ident~que a Sivaditya. Cette pratique parait étrange a premiere vue. Le TarkasaJ!lgraha d'AnnaIpbhatta (S 1467) est le type principal de ces écrits qui sont des sommaires didactiques précis.lamiilii. Il y a neuf sortes de substances dont l'ensemble forme le monde: la terre (prthivi). Tout ce qui existe est ou substance (dravya). Les eaux possedent la forme. Tous ces textes associent les enseignements rl11 Nyaya a ceux du Vaise~ika. le goüt. La terre possede la forme ou couleur (rüpa). l'Ame (ritman). ou propriété (gul. puis. Non seulement la substance est une réalité. Ceux-Ia tiennent la glace pour une eau mélée de particules terreuses puisqu'eUe a des caracteres de la terreo perdus. la Ny(lyakandali écrite en ~ 91 par Sr~dha. Le Vaise~ika n'explique donc pas nécessairement les propriétés complexes des composés de substances par de simples mélanges des substances élémentaires qui correspondent a ces propriétés. En ce cas. le vent (vüyu). l'illustre auteur naiyayika. au XII" siecIe. Enfin. De la sorte les catégories du Vaise~ika ne sont pas de purs étres de raison mais répondent a des réalités extérieures. La production d'reuvres mixtes de Nyaya et de Vaise~ika a été particulierement abondante beaucoup plus tard : au XVII· siecIe. La glace. On peut se demander si l'idée de porter cette nonexistence au catalogue des réalités n'a pas commencé a se faire jour des l'époque du IV" ou v· siecle ou les spéculations de l'étre et le non-étre portaient le Nyüyabhiifya a reconnaitre qu'existence et non-existence s'établissaient par les mémes moyens logiques (S 1470). La Kiral. EUe est reconnue au méme titre que les précédentes au X" siecIe. Les doctrines.1iivati d'Udayana. mais il faut observer qu'eUe est la marque propre du systeme puisqu'il est voué aux discriminations par exclusion (visefa) qui s'opposent aux déterminations par les signes (lak. Ce ne sont pas la seulement des rubriques verbales. Le feu. en tout cas le Padürthasa/!lgraha qUl a formé la base prmclpale de la littérat~re de commentaires du Vaise¡. littéralement «intention du mo!».~aJ.68 LA PHILOSOPHlE BRAHMANIQUE. Il n'est . On a encore de la méme époque le Tarkiiml'ta par JagadIsa Tarkala~lkara et la Tarkakaumudr par Lauga~i Bhaskara. et l'esprit (manas). S 1485). Padmanabha Misra. Ce sont des réalités objectives distinctes. sont cités comme des comment~ires des Vais~ikasiitra: ~'est. c'est-a-dire d'ordre logique. C. fils de Gaúgesa.

alors que le substrat générique rapproche par conformité avec le reste./a qualifient bIen les substances auxquelles lis appartrennent malS.doit pas ~tre traduit par ttgenre" comme ill'est souvent car. -Mais s'íl n'y avait pas d'autre condition a la production de la connaissance. le son (sabda). et les efforts (prayatna).la. les perceptions (buddhaya?t) .490. § 1. L'atman est exactement une «Ame". Le vi8e~a est la catégorie qui a donné son nom a tout le systeme. la connaissance tantot se produit. A l'inverse de l' atman qui est infini. En d'autres termes. la qualité et le qualifié. est en contact avec tout. a la différence de ce mot. Mais ce serait une interprétation abusive. dit.la qu'eHe est active de teHe ou telle fa~on. chez Prasastapada leur nombre a été porté a 24. l'individualité (prthaktva) .propriétés" des substances. Le «substrat générique" est supérieur (para) ou inférieur (apara) selon qu'il intéresse plus ou moins d'individus. Le sütra III. ce qui fait la spécialisation de propriété est le discriminatif (vise~a). n en distingue deux sortes : l'Ame supr~me (paramiítman) et l'Ame vital e Uiviítman).489. il n'en est rien. 2. Les commentateurs et auteurs vaise~ika sont d'avis que ces propriétés ajoutées étaient sous-entendues dan s l'exposé de KaJ)ada qui fait d'aiUeurs aHusion a plusieurs d'entre elles.488. et les efforts sont les signes de l'litman". la propriété et la substance. le nombre (sarJ1khyií) . l'expansion (prasliratla) et le déplacement (gamana). Le vaiie~ika ultérieur développe la notion et admet qu'il y a rapport de samavaya entre le produit et ses parties. ils en expliquent les fonctions.la). Les gUJ. il est atomique. l'abaissement (avak~epal. A premiere vue les théories du Vaise~ika et de Susruta peuvent m~me paraitre identiques. Ce qui est parfaitement inséparable d'une chose est souvent appelé ayutasiddha.la sont donc exactement les «vertus" ou «. Les 17 J. aussi cette énumération des activités n'a-t-elle pas paru satisfaisante a certains auteurs vaise~ika en dépit des scrupules qui les retiennent de rejeter l' enseignement de KaI. mais dé signe seulement ce qui fait qu'ils appartiennent a un m~me genre (Athalye). ou spéciale a une seule. la connaissance suppose donc son contact (sal!mikar:~a) avec les objets des sens. spécialement de Susruta. l'individu et le geme. mais qui identifie ce vent avec l'Ame universelle (sarviitman). Au terme de l'évolution de la doctrine. le Tarkasar¡¡graha définit simplement l'Ame comme le substrat de la connaissance (jñiíniídhikaratzam citmií). La plupart de ces propriétés présentent des modalités di verses soigneusement étudiées. Les activités. S 1. n existe done . Les activités sont produites par le concours de certaines propriétés i par exemple l'élévation résulte du concours de la gravité. car le sütra suivant ajoute qu'«on explique la substantialité et l'éternité de l'Ame par le ventll (tasya dravyatvanityatve viíyuna vyakhyiíte) et on pourrait entendre que c'est par sa nature de vent que l'Ame est substantielle et éternelle. par opposition a la substantialité (dravyatva) qui n'appartient qu'a un nombre plus restreint d'~tres. tantot ne se produit pas est le signe du manas (Vaisef.492. Le manas est. en effet. 1). qui attribue toute cette activité au vent. Cette théorie est pro che de celle des physiologistes ayurvédistes. Siímiínya ne. la contraction (akuñcana) . Théorie de la connaissance. III. Le fait que. propriété de I'objet et de l'effort. C'est l'citman qui connait. la fluidité (dravatva). D'autres auteurs modifient encore la liste. § 1.la) . la fermeture et l'ouverture des yeux. doivent se ranger des mouvements fort divers. L'iítman est infini en grandeur. ou la couleur (rüpa). le désordre ou le vice (adharma) et la construction psychique (sa1[/skara). les transformations qui ont lieu dan s les pouvoirs sensoriels. Parmi les substances. 4. celle-ci aurait lieu chaque fois que les sens entreraient en fonction. mais c'est aussi parce qu'elle possMe ce gUJ. une substance et concourt avec lui ala connaissance. propriété de l'agent.>ropriétés sont : la forme. l'odeur (gandha) . ~1 J. étant infini. § 1. Théorie de l'atman. la dlmension (parimlif}a). tres vague.lada «ce qui fait dire de la cause et de l'effet produit que l'un est dan s l'autre". la viscosité (sneha). Cette derniere est ici l'ensemble des facultés. Sa philosophie de I'atman n'est done pas totalement étrangere a la physiologie Ayurvédique. Toutes les connaissances fournies par les sens agissant simultanément seraient alors simultanées. Ainsi l'existence (satta) est un «substrat générique" supérieur. comme l' cttman. L'inhérence (samaviíya) est chez KaI.simple forme de ce vento n résulte simplement des explications de Saúkaramisra que la substantialité et l'éternité de l'Ame se prouvent de la m~me maniere que celle du vento n reste que le Vais!l~ika se représente l'Ame par analogie avec le principe du vent que l' Ayurveda lui identifie. On en comptait 17 dan s les Vai8e~ikasütra. Or. puisque l' citman. l'éloignement et la proximité (paratvliparatve). Une substance est telle ou telle parce gu'elle possMe un certain gUJ. Prasastapada ajoute la gravité (gurutva). il ne comprend pas les individus appartenant au geme. Ce par quoi existe la communauté de propriété est le «substrat générique" (samanya) . le toucher (sparsa). Les activités sont de cinq sortes : l'élévation (utkfepal. or le~ gUJ. le plaisir et la peine. il n'est cependant pas l'objet d'une étude privilégiée dan s les Vai8e~ika­ sütra. puisqu'il cumule toutes les fonctions neuropsychiques. le désir et l'aversion (icchiídvefau) . puis une série OU figurent des couples de contraires (dvandva) : l'umon et la séparation (sa¡¡/yogavibhiigau). cependant il est multiple (§ 1484). n est vrai que sa nature est aisée a concevoir par opposition a celle du samanya : le discriminatif sépare par exclusion de tout le reste. Une propriété peut ~tre commune aplusieurs substances. la vie. que de soufRe antérieur et le soufRe d'en bas.491. a la fois physique et spiritueHe. le désir et la haine. qui forment alors un geme. Sous la derniere rubrique. car alors l'Ame ne serait pas une substance distincte coexistante au vento mais une . § 1.2. le mouvement et le mouvant. le goftt (rasa).lada. lorsqu'il ya contact de l' citman avec les objets des sens.70 LA PHlLOSOPHIE BRAHMANIQUE. La portée de ce texte elliptique est aisée a saisir si on se rappelle la nature de l' citman. I'ordre ou la vertu (dharma).. mais les qualités défini~sent des ?tats. la marche du manas. l'iítman se manifeste par tout ce qui constitue pour nous l'activité neuro-psychique. de plus. une des plus importantes est l'atman qui est multiple et existe en chaque individu (S 1481). le plaisir et la peine (sukhadu?zkhe). Les autres catégories. LES SIX DARSANA. Le mot gUIJa est habituellement traduit par «qu~lité". Les propriétés.

que l'effet n'existant encore qu'en idée peut étre:considéré comme existant de la méme maniere que la cause. L'atome (paramal. l'erreur (viparyaya). LES SIX DARSANA. Elle est liée au réalisme : dans un systeme de ce geme il est inadmissible que la méme réalité soit imputée a une cause constituée et a un effet non encore produit. tandis que dans le Nyaya c'est par elle-méme que la tradition sacrée a la valeur de pramal. § 1493. Comme il est simple. le souvenir (smrti) et celle qui est propre aux r~i (ar~(l). le réve (svap~a) et. trois molécules binaires réunies en une molécule ternaire (tl'YaJ. Les sütra prouvent sa substantIahte et son eterlllte aUSSl exactement que celles de l'Ame. Son atomicité résulte de ce que. Ceci a lieu en vertu d'une force spontanée que l'on désigne sous le nom d'adNta d'invisible». L'atome est éternel parce qu'il est réel (sat) sans avoir de cause (alce'iral. une théorie précise de la causalité. le bouddhisme et chez les AjIvika. le premier des composés. la conscience présente.lu d'extr8mement ténu» ou azlU (de ténu») n'est pas infiniment petit. lequel a été d'ordre surtout logique avant la fusion des deux systemes. il serait en contact avec tous les sens a la fois et toutes les connaissances seraient eonfondues et simultanées. Cette derniere est celle qur a heu lorsque.) sont de trois sortes : 1'. 2° asamavayikaraüa «cause non inhérente" (le tissage des fils est la cause non inhérente de la toile. ce qui se produit rarement dans I'Inde des dariana brahmaniques et c'est lui qui possMe le plus nettement le concept de matiere. la toile l'est de son aspect). deux formes générales : le souvenir (smrti) et la conscience actueBe ~anubJ¡¡¡va). une molécule quaternaire. qui nous reporte assez loin de l'atmosphere philosophique générale des Upanifad J est plus complet. de feu et de vent quí forment les matieres de ces quatre éléments. L'argument vaise~ika principal est que l'existence latente de l'effet (karya) en la cause avant manifestation ne peut étre. § 1494. 3° nimittake'ira/. lci est enseignée l' existence de particules matérielles dont l'assemblage produit le monde selon des lois fixes. Il y a d'ailleurs des conceptions atomistiques dans le jainisme.la «cause inhérente» (par exemple./Ulca) ou «tri-atome» donnent un trasareJ. Théorie de la causalité. Chez Prasastapada se trouve une théorie élaborée de la conscienee.9a) _et l'inférence (anumana).!U «cause efficiente" ou parfois karal]a «instrumenh (le métier a tisser). il en fait une propriété de l'atman J propriété par laquelle l'atman . Toutefois. s'il était infini. il est vrai. voyant un objet. elle est pour lui. en vue toujours de la délivrance. A l'inverse de l~ 3. La science est de quatre sortes : l'observation (pratyak~a). et ~e ~~ ramene a. puisqu'indirecte de l'aspect de la toile). n est impliqué que ce manas est une substance indépendante puisqu'il est distinct de l'atman J son moteur. samavayilcara/. seraient composés l'un comme l'autre d'une infinité d'atomes et seraient des lors égaux. Les causes (karal!". Les moyens de connaissance (pramül. Le caractere essentiel qui oppose cette théorie a celle des autres dadana J spécialement du Si. on pose la question «qu'est cela?". d'apres une partie des auteurs vaise~ikaJ comhinent et dissocient tour a tour les atomes pour créer et détruire l'univers. ne considere pas la conseience comme un organe spécial./Uka). La conscience comporte tant6t la science (vidya) . de quatre sortes : le doute (saJ!!Saya) . Prasastapada con~oit encore des subdivisions dans la connaissance d' observation. est qu'elle ast la théorie de la non-réalité de l'effet [dans la cause] (asatkaryavada). Ils prouvent aussi qu'il est unique pour chaque titman J puisqu'il ne peut y avoir plusieurs efforts (ou volitions) ni plusieurs connaissances a la fois. celle qui est inférée de signes (laú'¡gika). Le Vaise~ika./U.auc~n~ autr~ substance. Deux atomes se réunissent pour former une molécule binaire (dvYal. en commun avec le Nyaya. que le réalisme du Nyaya. § 1475). Cette derniere est proprement la «non-science. Le Vaise~ika possMe. mais cette autorité est dérivée. Quant a la contre-science. ce n'est pas comme systeme scientifique qu'il faut le juger. «qui suit l'existence d'un objeh.«s'éveiHe» a la connaissance. C'est seulement dans~un idéalisme. comme le grain de moutarde. mais ce n'est pas ici une absence totale de science puisqu'il s'agit d'un phénomene conscient qui implique une maniere de science. car la manifestation est elle-méme un effet et eHe devrait exister avant d'avoir lieu. d'eau.1ya J «l' autorité" des textes sacrés. La richesse originale du Vaise~ika est grande. l'ign orance". autrement le mont Meru. quatre de ces tri-ato mes forment.lu). C'est seulement dans une faible mesure qu'il tient lieu pour l'Inde d'une physique. Le Vaise~ika part d'éléments matériels pour construire le monde. § 1470) reconnus par le Vaise~íka se réduis~nt a ~eux : l' observation (1!ratyak. Le systeme dlffere donc sur ce pomt du Nyaya en méme temps que des autres dadana. la non-récognition (anadhyavastiya). le 1 rtimal.A PHlLOSOPHlE BRAHMANIQUE. Mais l'éther (e'ilcasa) n'est pas atomique.1a (§ 14 70). c'est-a-dire celle qui s'obtient par le Yoga. . Les Vai8e~ikasiitra admettent. les fils sont cause inhérente de la toile. C'est done bien son aetion qui explique que l' atman infini ait des connaissanees isolées et distinctes.1aJ cf. § 1495. présent de la propagation du son (cí.72 (. D'apres la Saptapadarthí. grAce a l'atomisme. Ce sont la volonté divine et le karman qui. une tierce condition nécessaire a la production de la connaissance : le jeu du manas. n est de l'ordre de grandeur de la sixieme partie du grain de poussiere visible dans un rayon de soleil (trasarel. comme la science. il est le milieu continu et omni. il n'est pas sujet a altération a la fin du monde. ce mode d'explication du monde. § 1496. n y a quatre especes d'atomes : de terre. laqueHe est une dissolution (pralaya) des composés en leurs atomes composants. Le réalisme du Vaise~ika. La doctrine la plus célebre du Vaise~ika est son atomisme. selon une division plus courante. L'atomisme du Vaise~ika. La composition des atomes se continue ainsi suivant la méme loi jusqu'a former les corps matériels tels que nous les percevons.lI:pkhya (5 1425). a l'inverse du Sfu:pkhya et du Yoga. Dans le Saqlkhya et le Yoga il faut plutót parler de «Nature». marque un des sommets de la pensée indienne. en grande partie. l'aspect des fils est cause non inhérente. seulement si la cause constituée"se réduit¡a une idée. tant6t la contrescience (avidya). a leur tour.1avant).

Ce terme dont on ne peut déterminer le sens..lOmen?S pour découvrir. «il n'est rien de tr~ns?endant».eS"_ (d. physÚlue. § 1500. celui que le Sarvadarsanasa1]lgr~ha _appelIera le nastikaSiromaJ.des etodes . le Kamasiitra. Yoga et Lokayata.~ahfier.. un texte jaina. dan.slecle avant 1 ere me. e'est seulement' en satisfaisant le corps. le Brahmasütrabl!(l:~ya de Saúkara. ciirvülca. les autres a tendance naturaliste exaltent au rang de principe créateur Rohita.q~e d ?m~lee les 10Ís générales qu Il ~~Olt Jl~stes. ~~IS comment BrhaspatI le purohita. On trouve encore des traces de matérialisme dans la ChandogyaUpani. LE MATÉRIALISME : LES NASTIKA. trol~ branches : Sa/!lkhya. de telIe sorte que ce.>atI qm. Madhava et NIlakal)tha citent des maXIllleS d'ordre pratI. terme en t VIe!1 . q~e le Sarvadarsana désigne expres- . science qui part de l' étude des p. le Lolcatattvanirt¿aya de Haribhadra. pms ce SaVOlr mondain fut stigmatisé comme S?phls~lque ~ux enVll'ons de. LOKAYATIKA ET CARVAKA § 1497.«c'est le corps qu'ici-bas il faut satisfaire. La physlque du Vaisesika est donc comparable a ceHe des Anciens et n'est point tres avancée. la sciencII d e la nature. Le Sarvadarsanasa1[lgraha de Madhava (XIV· siec1e) donne I'exposition la plus complete du systeme matérialiste. a savoir l'astronomie et surtout la médecine. se dresse theol'lquement contre toute regle de moralité et tout ordre_ d~ monde (d?arma) et le prouve par son comportement. LE MATÉRIALISME : LES NISTIKA. citons encore le $a~8darana­ samuccaya. la Bhagavat'i et des ffiUYres bouddhistes nombreuses : le Püyasisuttanta et le Sümañfiapha!asutta d~ Dighanilciiya. La Maitraya~¡iya_ Upanj¡. Le texte fondamental des Carvaka. Elle répond cependant a une position scientifique de l'esprit en face du probleme du monde et c'est cette position qui apparente le Vaisesika aux sciences élaborées dans l'Inde plus completement que la .Ia..s l~ ~amaYaJ. barhaspatya et bhiitarada qui possédaient des sens variés avant notre ere fusionnerent par la suite pour désigner l'école des matérialistes. précepteur des dieux. AJoutons. ~okayata. les quelques fragments qui demeurent sont des citations qu'on trouve disséminées parmi les réfutations de ses édversaires. Généralités. l~ c~antre dl.Joué un tel role dan s la líttérature.als.. espnts Independant. _§ 1501. Sa «grande" doctrme est contenu? dans la négaÍl~n «niisti param". il n'eut pas été s~ Aprem~nt cntIque par la plupart des systemes orthodoxes ou héréÍl~U?s. consumé par les maledlctlOns des brahmanes. La pensée du Lokayata n'a pas été préservée en des traités indépendants. fa. ayant rev~tu la forme de Sukra. Le . le Cffiur pleinement satisfait de la Révélation que lui impartit Praj~pati : «l'Ame est. se ~on?ant sur la dialectique.1499. lJarhaspaty~sütr~.lll par excel.t que le. le Manavadharmasrtstra. cette conception matérialiste qui fut cause de leur perte : . Mais l'originalité et la valeur du Vaise?ika sont essentieHement dans la discrimination profondément poussée et vigoureusement exprimée des notions qu'évoquent les mots et des réalités qu'ils sont jugés recouvrir. le soleil. tous les ~ecrea!l~s.hé. .. le mot de lokayata apparaIt dans le Pt{~/ca des bouddhistes : iI désignait élogieusement une branche. en soignant le eorps qu'on gagne les deux mondes. le Prabodhacandrodaya./a. etc.l. s'd n'?~aIt . Il pose pres.¡i «le diademe" des nrtstilca. Carvalca. le corps qu'il faut soigner..lus e~ ~lus gene~ales. L~s matérialistes sont encore nommés b~rhaspatya. §. Les termes nüstika. méprise révélation et tradItlOn.74 LA PHILOSOPHIE DRAHMANIQUE. les. ce monde-ci et le monde par dela». L~ mot signifie «doctrine ayant trait aux formes ~ondall~. Manu met le na~t¡ka au r~ng des voleurs et des assassins . des élémen~s.la. «Celui qui nie" est la dénomination la plus ancI~~n~ et la p~us générale qui se!vit a désigner non seulement les m~te~lahstes.ne de 1 extreme importance du Lolciiyata a cette époque. 1e. La MaitrrtYa1J1ya-Upani~ad I}lentlOnne deja un certa~n Brhas¡. le Tattvasa/!lgraha de Santarak§Ita. il personnifiait la politique des brahmanes (Pizza~al~D.s ou frondeurs qui mettaient en doute 1 aut~l'lte des.dlscou~s de Jabah contient déja en germe tous les prlllclpes de la phdosophw lokayata. chef des matérialistes? C'est qu'e t t . attribué a B~'haspati atait écrit en siitra. ~hyslclens 1ll~lens se jugent dispensés de 1 mtermmable analyse empmque. 7 5 3. le Sarvasiddhantasa1]lgraha. ii le dépeint comme un ~r~uedleux qm.s ~arhaspatya. eXIstence): Dans son Arthasastra. la famille précoms? a 1 homme de ne se fonder qu~ sur ce qui est visible.'ad mentlOnne d~Ja les Na~tI~~ et le Mahabhamta décrit le «négate~r" comme un ralsonneUr mhibste et sceptique soutenant des theses analogues a c~lles que lVIadhava attribuera plus tard aux Carvaka. ~e nombreux traités philosophiques nous ont ~ransmls.que d'un hédonisme grossier qu'ils' donnent comme Sl/tr~ de Br. Dans le Ma~a?h~mta nous voyons mourir le rükJasa Carvaka.s la Sü/!/khyatattvalcaumudt de Vacaspatimisra. le Saddharmapul. ~gaIemen. de.md : I'Asura Virocana.a q. succe~sÍve­ ment des lois de p. Sml'tz.ausSI des. bouddhistes. Sources. jaina. § 1498. wammairien PataIijali qui vivait au ~~ .q~elques sl?cIes plus tard les athées et les dépravés qUl ~ o~eIssent a d autres 10ls que leur bon plaisir. Jabah attaque le culte des morts. m. sement ~omme le fondatel!r des Carvaka. LOKIYATIKA ET aIRVIKA.. d~ savoll' des. Nastika. que Purohita. yeda. Les systemes philosophiques orthodoxes et non orthodoxes exposent et critiquent également les opinions de ces dangereux matérialistes qui sapaient les deux conceptions maitresses de l'Inde : la Révélation védique et le dogme du karman : citons entre autre.l~nce et le représentant des brahmanes fut-il amSI consacre par la tradItlOn.!arika. notre ere. des PurllJ. brahman~s. lolcayata. dlsClples de B~'haspatI'. Des lors. en~ore les sophistes.l'~omme q~e I'O? aper~oit dans I'ffiil ou dans un basslll ou dans un ml1'OIr». . Mais des textes plus anciens y font déja allusion : le Mahabhiirata. On peut relever certains in dices de matérialisme et de scepticisme des les hymnes du Veda: les uns font de l'eau 1e principe ultime de l'univers.(an~lkJ¡k¡) en. Kau¡ilya divise la phdosop~e . désigne aussi le f?ndateur présumé du mouvement matérialiste.e 1.ntl~nne deja un Lolcrtyata attribué a Bhaguri' 1res r~re dans le l!fahabharata et le Ramiiyct/. engend!a la neSCIence (aV¡~yii) afin de conduire les Asura a leur perte. enseIgna a son tour aux Asura. ce q~ll tem~lg.haspatI. le RamaYaJ.!a.

tr~dition seIll:ble unanime afair~ de Brhaspati 1 auteur des Sutra materlalIstes. dont elle dérive l'ensemble du monde animé et inanimé. Dans ces deux versions qui different quelque peu dan s les détails. 01'. répondent les Svabhavavadin. d'autre cÍel que la jouissance des plaisi'rs terrestres. § 1504. ~ien que ~a.'éalité.asvatara avec Ajita Kesakam~al!. on peut donc se demander SI BrhaspatI pohtlClen (nIt¡J((tra) est identique au Brhaspati. de ce fait l'inférence est répudiée. ils nient toute conscience qui serait indépendante des sensations et n'admettant d'a~tre critere de vé~ité que la perception sensible. lIs nient aussi la loi du karman et n'acceptent que la rétribution du pouvoir terrestre.expose ainsi les théories (de méme. les m. Il semble que de toute maniere le Lokayata soit l'avant-coureur de I'Arthasiistra et qu'il y trouve son expression la plus fonciere. § 1502. destinée (ad!'i~{a)} monde de l'au-deIa. lmdependance ou le pOuVOlI' autocratique. Ces deux systemes sont d'accord pour faire du bonheur le bien supréme et du roi visible a tous leur maitre et leur Dieu. il Y a certainement des liens entre la doctrine réaliste du Lokayata et l'Arthasastra} systeme de politique et d'économie atendances areligieuses sinon antireligieuses. Le.e d?s sens./a) : autorité des (Veda).au corps. la conSClence du corps qui a péri et celle du corps qui va naitre ne peuvent 13tre en relation de cause et d'effet puisque le flux de conscience differe. ~o~t le Ta. Le svabhavavada. ainsi que tout ce qui se prouve par inférence : Dieu. La conscience ne transmigre pas de corps en corps. ils ne sont ni des résultats. les VIJnanavadm) : les dlfférentes combinaisons des quatre éléments sont désignés par les mots de corps. et c'est par leur samavaya} com~inaison intime. Payasi eut une entrevue avec le moine bouddhiste : Kumara Kassapa selon le Dighani/tiiya} et avec Kesi selon les jaina. air. eau. ni des produits ils sont sans commencement. que .taIt partisan de l'ucchedaviida} la doctrme de 1 annlhllatlOn de 1 mdmdu . lIs préconisent aussi la pleine jouissance des plaisirs des sens. ~pres la mort. Qui a blanchi les cygnes. § 1505. Au cas méme ou l'esprit serait a la mort doué de klesa (impuretés). matél'lah. pourquoi les yeux apparaissent-ils sur la queue du paon. ou ~u temps. le haricot miirit par sa nature. Auxhouddhistes et aux jalna qui leur objectent que si le monde extérieur et les expériences individueBes ne sont plus fonction du mérite et du dém_érit~ de . partant de données sensibles. que ces éléments soient anéantis et la pensée périt immédiatement. feu.tinu.stes contre les bouddhistes de l'ecole ldéahste. Kambalasvatara et Kesakambali. le devoir. ils n'admettent d'autre dieu que le roi. d'autre enfer que l'adversité.chacun. ttc'est ainsi parce que c'est ainsi". la partie logique la plus tardlve chez les nasbka et sophistes et la physique matérialiste dans la doctrine des quatre éléments et dans celle du svabhrtva} nature des choses (PizzagaHi) . e. il n'y a de connaissance que du présent et du particulier. qm. la pensée n'est que le l'ésultat de leur union comme la force alcoolique est le produit de la fermentation du jus de canne a sucre. la f~~d~tion d~ l'Arthasastra. produisent toujours des effets. ni étres apparitionnels. qu'ils co~s~r~sent l'univ~rs entier. doctrine de la nature propre. svabhrtva n'est nune~ent érigé en principe cosmlque. éléments. il ne semble pas qu Il art eXIsté aux Indes un vel'ltable matérlahsme au développement vital et con. D?-ais la jouissan~. les theses essentielles de Payasi forment le noyau du plus pUl' et du plus ancien des matérialismes : en ses vaines tentatives de capter PAme au moment on elle s'échappe du corps. Il n'ya d'autre réalité que les quatre éléments : terre. On a pu ajuste titre identifier K~m~al. Parmi les maitres matérialistes. ils rejettent les trO!s sources de connalssances (pramrtl.~ autres. le bhütaviida admet l'éternité de la matiere. WKAYATIKA ET CARVAKA.devait co~naitre les lois et la science du gouvernement afin de conseIlIer le 1'01 dans les affaire s d'état le purohita devint ainsi non seulement le protecteur de l'homme pieu~. Vlvart a~ te~p~ d~ Buddh~. sont indépendants de toute cause directrice.les ~olemlque~. ni monde futur. il n'y a d'autre réalité que les. Les éléments ne sont pas créés directement ou indirectement.76 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. des que les connaissances varient. Non cont~nts d~ nier les lois de la logiq:ue.ce~te these matériahste semble une forme prlmltIve et populmre des theol'les maitresses du Vaise~ika qui d'apres Jacobi se serait développé sur la base du Lokayata. École matérialiste mentionnée par les jaina. d'ou vient la variété des Mtes et des oiseaux. iI ne pourrait apres son total anéantissement produire un autre esprit. les unes tres anClennes. c'est pourtant de leur combinaison que procedent toutes choses. le religieux «vétu de cheveux». les autres récentes et ce n'est qu'aux abords du XIV· si/lele que le matérialisme parait avoir été pl'ésenté de fa~on définitive et systématique grAce a Madhava qui aurait puisé la partie éthique et s~ciale du system~ dans les traités politiques. et il n'est d'a~tre libération que la dlSsolutlOn du corps. ils sont en opposition mutuelle. 77 a. les Lokayatrka repondent que ces phénomenes se prodmsent spontanément. LE MATÉRIALISME : LES NASTIKA. § 1503. Doctrines. Roitelet sous la tutene de Prasenajit. organes. On attribue également Brhaspati. certalns n'ont pas héslté a voir en Ajita KesakambalI le fondateur des Nastika. mais encore le bienfaiteur qui lui accorde richesse et prospérité. ni résultats d'actes vertueux ou non vertueux. arbitre du bien et du mal. les phénomenes sont alors dép?urvus de causes. ~ous ne voyons qu'un agrégat de doctrines divergentes. et. non pas grAce au potIe. Brhaspati et Carvaka étant alot s r~lég~és au rang de figure~ ~ythiques. L'Ame est identique . La conscience est ainsi le produit d'un corps doué de vie et d'air vital. tou~ arrive par soi.ttvasa1[lgraha . Payasi. l'utile. il. chef de l'école matérialiste. Payasi conclut qu'il n'y a ni survie. . inférence et analogie. JI demeure slmplement la nature mséparable des choses comme la chaleur du feu. sans fin. Expert a distinguer le plaisir. ~n . principes ultimes de l'univers. Le bhütavada. signalons Kambalasvatara. § 1506. qui a faºonné l'acuité des épines? C'est la spontanéité seule.atérialistes s'attaquent au dharma} a la lO! morale et sont en éthlque partIsans d'un sensualismo hédoniste : le but supréme des hommes n'est pas la délivrance (le nirvql}a) . Puisque la perception présuppose le contact actuel de la chose perºue et de l'organe sensoriel.

TeHes sont les bases d'une sorte de théologie linguistique. La doctrine du svabhiiva s'étend. Bien que nous voyons achevée dans le Sarvadarianasa/!lgraha. La théorie des mots nitya.la fusion entre matérialistes et Svabhavavadin. vyüpti étant dérivé d'anumüna et ltl1umünlt de vyiipti. Veda est le répertoire ~e la totalité des phonemes et des mots. on en trouve plus d'un é. La perceptlOn avons' vu qu une connaISsanee du particulier ne peut fonder une relation universelle et nécessaire.~iikhya) a un probleme qui a partir du Mahlibhii. est con~a~iné de trois ~éfauts. La notion mtJme de brahman porte une acception linguistique. ils ne sont nullement partis d'une étude approfondie de la nature et de ses lois. cornme il ressort du Sarvadarlanasa1pgraha. ne donnant comme nous 1 Sanee. L'inférence pas plus que le témoignage (áabda) ne sont les moyens de connaitre cette relation. pourtant. Il est fait allusion des le Nirukta et le rUcpriiti. le gagne-pain d'individus dépourvus d'énergie et d'intelligence et les trois Veda.ch~ dans le Mahiibhiirata) la plup:ut des s. contradiction~et tautologIe. Nyaya. son origine reporté e a Brhaspati par qui «Íurent impartis des noms aux choses" (X. englobant le mot matériel ou brahman infél'ieur (labdabrahman) dont l'iitman est une manifestation). Émanation ou traduction directe du divin. les cérémonies religieuses et la caste brahmanique'¿: le~Veda. le Pañcaratra. et le mot transcendant ou brahman supérieur. l'inférence parce qu'elle entramerait un regres al'infini. Comme le montre Pizzagalli. leur matérialisme est avant tout d'ordre politique et social.sa et le Nyaya (-Vaise~ika) qui ont une philosophie du langage. la seconde contre l'assertion qu'on doit s'abstenir du plaisir parce qu'il est c~ll. La grammail'e est une science divine dans la mesure OU elle enseigne. Le Vedanta n'a pas exprimé de théorie du langage.. § 1160). ce n'est pas en ralson du karman) maIs par necessIté Inhérente. en effet. Les Carvaka s'élevent contre ceux qui soutiennent que le plaisir ne peut tJtre la fin de l'homme puisqu'il est accompagné de douleur. le sviibhiiVlka Prahrada est un sa. que l'action des sens soit limitée a son objet respectif. les darlana ainsi que les systemes sectaires. cette derniere éta~t indispensable a la vérification de la parole autorisée. mais par des confréries d'ascetes qui se refusaient a devenir les es claves d'un monde dont ils désiraient jouir. Un des traits les plus caractéristiques du Lokayata e~t. et le témoignage paree qu'il implique l'inférence. son refus de considérer l'inférence (anumüna) comme une source véndlque de connaissance. mais ils n'en ont pas moins discuté le probleme de la signification des mots.u en définitive comme une relation du sujet a prédicat. la fumée et le feu par exemple et cette relation ne peut Hre connue par aucune des soi-disant sources de connais" . Le sivai'sme kasmlrien. C'est surtout la Mlma¡p. ils ne ~ont pas du plaisir la fin suprtJme. Les Lokayata repoussent également toute distinction de castes. dont les théories des grammairiens-philosophes et des poéticiens se sont trouvées imprégnées. § 1509. Origines védiques. 4. le mot (labda)) la formule sacrée (mantra) cf. La grammaire elle-mtJme est un darlana) et l'un des plus élevés. ad'autres cercles que les matérialistes. outre les philosophes de la grammaire. Tel est le portrait que font les brilhmanes et les bouddhistes de cette secte réprouvée. 71).ra) Yoga.78 LA PHlLOSOPHIE BRAmIANIQUE. puis ils attaquent violemment le Veda. hors du principe mtJme du brahman en tant. Comme les BriihmaIJa le réaffirmeront souvent. mensonge. Ainsi dit B}haspati. que les éléments séparés par nature se groupe~t en corps pour co~struire ~'uni~er~ par leur union. «absolu aforme verbale» . dit-il. les sOl-dlsant sages védlques ne sont que des imposteurs. Le. LES SPÉCULATIONS SUR LE LANGAGE § 1508. sont intangibles et éterneis. on peut se demander SI a l'origine ces deux sectes n'étaient pas indépendantes. les Sivasütra poseront pareIllement que le Bhagavant est la totalité des sonso L'aki~ara «impérissable" désigne en mtJme temps le brahman et l'élément primordial du mot. la partie négative et polémique comprend une triple atta que dirigée la premiere contre l'inférence. et le monisme du tat tvam asi est conc. le principe de causalité et réduisent tout ala sensation. mais l'argumentation de Sarpkara est pétrie de themes grammaticaux. les Lokayatika ne semblent pas avoir élaboré une théorie de la matiere. que «mot absolu". mots et phrases. a ses débuts au moins. comme rappellera la Paspasii du Mahiibhü~ya) a préserver la teneur (rak~ii)) conserver la tradition (((gama)) adapter un mantra a telle ou telle divinité (¡¡ha). Si les svabhiivambhútacintaka du Mahiibhiirata peuvent ~tre considérés comme des matérialistes puisqu'ils réduisent l'unique svabhiiva a u~e cause matérielle. le contenu de la représentation a plus d'importance que sa désignation verbale.üt. Salp.¡~a). l'incohérente rapsodie de fripons. le tantrisme développent en termes assez analogues toute une cosmogonie mystique OU les valeurs linguistiques. ~ 1507. En effet. le parabrahman. LES SPÉCULATIONS SUR LE LANGAGE. les cérémonies du culte.ge q~ll c.khya aInSI que dans les textes bouddhlstes et JaIlla et de nombreux traités philosophiques tardifs. Des le f/gveda la parole (mic) est divinisée. alors qu'on est en quHe d'une relation universelle et inconditionnée. la troisieme sarcastique et virulente contre la tradItlOn sacerdotale et védique.ta­ miné de douleur. le langage est la partie explicite (nirukta) de l'ensemble des choses hors la vue (paro)l. phonemes. le maté~ial~sme ne semble pas avoir été professé par les adeptes de la seule JOUlssance. Ce qui demeure de la partie positive du systeme se borne apeu de choses.ont~mple les lois immuables de la nature et trouve dans cette necessIté Inherente aux choses la libération de toute passion et la sérénité d'esprit qui en dérive. sur laquelle se fonderont.~ya (et au témoignage de Patañjali des le Sarf1graha de Vya~i) demeure au centre . Enfin l'analogIe (upamiina) est également incapable de fonder la vyiipti du fait qu'elle établitune relation particuliere entre le signe et la chose signifiée. l'inférence a pour fondement la relation universelle (vyüpti) établie par l'observation d'une concomitance invariable entre deux choses. En niant l'inférence les Carvaka nient de ce fait l'induction. phoneme ou syIlabe. Pour les bouddhistes tardifs. sont les corrélats des forces cosmiques. 79 Cette veine naturaliste fit longtemps échec au finalisme· du karman.

kW.il Y est fait allusion chez Patañjali . &5. Le . la madhyama . imperceptible. La théorie du sphota. gravit les «cercIes" du corps depuis le múliidhara. ou le mot et le sens (sabda-artha) se différencient en leur forme subtile. dans l'ordre ou ils sont émis. Apres avoir créé le monde. premiere vibration (spanda) de l'éther.la) sont immédiatement assimilés a la sakti. sur les spho{a en lesquels ils sont contenus. la vaikharl est le langage articulé des humains. on a meme imaginé un spho{a de texte. Sous ces images. jusqu'au niveau de la bouche. la parole vaikharí (ou viraliabda) est l'état oides images projetées dans le monde de l'expérience se matérialisent en_ mots et sens de type grossier. 28. exprime (vacaka) la signification du mot lorsqu'il est manifesté (vyangya) par le son (dhvani).domaine du sphota . Puis le logos se mit a concevoir l'univers en une vision totale : c'est la paiyant! «parole voyante". on a fait valoir contre eHe que ni le raisonnement ne l'exige. a l'ol'igine que la pensée inexprimée de la divinité supreme. les 50 formes subtiles de la parole. Bhartrhari considere le langage comme une maya. celui du mot. éveillée par le mantra. la création du langage est connectée au theme central de la cosmogonie sivaltotantrique. universellement intelligible. Les grammairiens tardifs distinguent jusqu'a huit aspects du sphota.~"-""~"~~""~--~"-""~ ---1 80 LA PRILOSOPHIE BRÁIIMANIQUE. Un corollaire est en le sphota. sauf le Yoga. En un stade ultérieur. ses sons isolés se refletent. d'ouvrage. le sphota du phoneme. indivisible. Créée dans les cercIes de grammairiens . Le Nyaya (-Vaise~ika) adhere a cette seconde vue et tente d'expliquer en termes physico-physiologiques la production du son et la structure du moto Les autres dadana.la doctrine a été largement discutée par les philosophes. ~e bija ou «germe" phonique (= Sakti). 3. Barattée par le bindu (S 1512). le bindu proprement dit (= Siva). Sur le plan métaphysique. aucun systeme ne l'a vraiment adoptée (Strauss) . § 1511. Quand un mot est prononcé. une forme de l'illusion cosmique. C'est la parcelle lumineuse primitive. ni la perception ne la confirme. qui est a la source de l'émission sonore (dhvani) momentanée. La ttparole transcendante" n'est antre que la «résonance" (nada) issue de ce bindu. lorsqu'elle. la saleti (S 10 6 6) se repose. entités sans commencement ni fin. Plus directement encore.u!aliní (S 1227). point subtil doué d'un dynamisme illimité. défendent a la suite des grammairiens la théorie de la pérennité du mot (S 1377). surtout par les Mfmalpsistes. il s'agit toujours de formuler l'enseignement typiquement brahmanique que le langage. Chez les penseurs vedantin memes. 81 de la philosophie du langage : savoir si le mot est «éterneh (nitya). phonemes et mots (avec le corollaire des mots : les significations) est la création primordiale. la para (vak) ttparole transcendante" = sabdabrahman. la Mima11lsa en particulier dans sa portion spéculative. 16&. produit cette harmonie définitive qu'est l'identité Siva-Sakti. elle émet des accords différents. ou s'il est un produit (lcarya). dont les grammairiens tardifs se sont a leur tour emparés. . et quand le dernier son a été proféré.qui sous son aspect phonique représente la vie de tous les germes (bya) du langage déroule ses 50 anneaux. Elle traduit en définitive le souci d'expliquer comment un groupe de phonemes inertes et transitoires aboutit a former une signification stable. résorbe les rythmes inférieurs dans les rythmes supérieurs et enfin. ce sfhofa éleve a la conscience le concept qui est lié a l'audition. a subi diverses fluctuations. et qui. sur le karman ou encore sur la délivrance (dans le Veclanta). son a l'état germinal. § 1512.labindu) se décompose en. une fois appréhendé par J'esprit. On enseigne encore que l'Etre supreme qui vent créer le monde donne a ce désir la forme du bindu. la vaikharí aujiigrat ttveille". «n'ayant pas encore résonné".a at~eint le sommet. La multiplicité de ses apparences s' explique parle mécanisme de l' adhyiisa «impositioJ1 (illusoire)" : ce sont des upadhi «appositions contingentes" sans valeur substantielle. On la rattache spécieusement a l. une partie sensible (cit). celui de la phrase (ce dernier. fort élaborée. On désigne par ce terme le substrat phonique du mot.U comme issu du mot : c'est la doctrine de Saúkara ad Brahmasútra I. Les mots sont les causes efficientes.Igveda 1. les matrka. représentation du point parachevant la syIlabe sacrée 0111. La théol'le. la para répond a l'état de SUfupti «sommeil profond". La paiyanti est propre a l'etre revetu du corps causal et s'associe au manas. le prototype éternel. serait le plus authentique) . LES SPÉCULATIONS SUR LE LANGAGE. le nFiida (=Siva-0akti).l(lalinl . phoniquement la nasalité qui prolonge l'émission du son 0111. En accord avec Sankara. la madhyamii au svapna ttreve". qui dynamise la saleti grAce au mantra. matiere subtile dont l'univers est issu. philosophes et gramI1}airiens. selon certains. § 1510. siege de la para. source de saleti. mais. Enfin. En montant d'un cercIe a l'autre. trois parts : une partie insensible. le cosmos est COlll. une partie mixte. fabriqué par le sujet achaque émission. par le symbole de kw. La para est le langage inconnaissable d'ISvara. Elles forment les degrés de l'ascension du son qui. c'est-a-dire donné comme une substance particuliere qui se manifeste dans la parole que nous entendons. et le rapport du sphota au dhvani est assimilé a celui du brahman a l'univers. Les phonemes (va. littéralement lorsqu'il «écIate" (sphutati. la «goutte" ou bindu (S 1278). le sphofa est identifié au iabdabrahman : c' est le mot comme symbole de l'« énergie spirituelle" (citiakti) du cosmos. dit-on. C'est probablement en élaborant la fiction du sphofa que le tantrisme et le siva'isme kasmlrien ont développé la théorie des étapes de la parole. mais qu'il se borne a manifester quelque chose qui existait antérieurement. Le bindu et la sakti. siege de la vaikhar!. Ces étapes de la parole ont leur siege dans le corps meme. L'idée que le son ne crée pas. Dans la hiérarchie des modes de conscience.\l.est propre au corps subtil et reliée a la buddhi. Les étapes de la parole. rappelle les conceptions analogues sur la cause (du point de vue Srupkhya). on a la madhyamrt ttparole intermédiaire". le contenu du cosmos et que les choses n'existent que pour avoir été d'abord nommées. et ou com- mencent a fonctionner les parceHes phoniques que sont les miitl'ka (S 1163). la vaikharl est l'apanage du corps grossier. apparait le sphota contenant le corrélatif de tous ces sons pris ensemble. redevenant statique. la paiyant! et la madhyama sont le langage latent du Yogin. et que ce billdu originel (learm. d'ou sphofa). Il n'existait. mais qui existe toujours et partout.

une ttco-hérence» (samavüya) entre le mot et la signification (vüca!ca et vrlcya) : la MTmaI)1Sa et les grammairiens l'affirment. a enseigner que toute connaissance est déterminée (savi!calpa!ca). vyakti) : le Mahabhiipya admet l'un et l'autre. aient ~enté de l'exphq.1C7) qui formera la hase de la doctrine linguistique de l'Alalli!cüraiüstra J lequel ajoutera la vyaiíjanü de pouvoir de suggestion» du moto On définit et caractérise les catégories logiques dans lesquelles entre le mot : da qualité" (g~I. le Nyaya enseigne que la relation entre mot et objet est fixée par le Seigneur. et les mots rau:lha J relevant d~ la tradition . distinguent l'acceptation primaire (mulehya. Kum'irila au contraire. § 1514. Les fon~tions gramma~icales . Les fonctions casuelles. La phrase. aUSSI la partre (avayava) opposee au tout. La termmologle grammatIcale est formulée en termes d'action (vyüprlra /tactivité".) et secondaire (gaw. ..m. puisqu'il assure la fonction dans la phrase. ~es grammalr~ens décrivent attentivement les classes de composés. q:ue les gram~aIrlens tra~u:sen~ par ((unité de sens» (e!cürthlbhrtva). 83 Nyaya tardif (Nyiiyamm1jarl) rejette la doctrine du sabdabrahman qui consiste avoir dans le mot la réalité supreme. examlllent les rela~lOns entre l'expression analytique (vigraha) et l'expression synthétlque (vrtti). qui a pour office de rendre compte de la catégorie du duel et du plurlel. On discute encore s'il y a une connexion nécessaire. dan s le verbe par le dhiitu ttracine» (proprement /tfondement»). Les bouddhistes y reconnaissent l'efret d'une entente mutuelle (saJ!1leeta) entre les hommes. Parmlles Mlma~l­ sistes. terme SaIpkhya) et le pratyaya (( suflixe» r(proprement ttnotion»). Une question qui a fait l'objet de discussions répétées est celle de savoir si le mot désigne l'espece (jiiti) ou l'individu (dravya.que.WWF ¡ w LA 82 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE.a J d u~e untent~on» qui serait inhérente aux mots et aux sens. le südhana ou (! reahsatIon".entlO~. et _co~~u comme une sorte de (trévélatlOn» (Gopmath KavuaJ). La théorie de la phrase (vü!cya) consiste d'ahord a la définir. Les diverses écoles cherchent 3 préciser les modalités de la signifiration des mots. C'est ainsi que le proces verbal . qUl reposent sur une analyse de leurs . possédant un grand nombre de sa!ctí .{us co. Le pratyaya vaut pour ttsignifiant» (arthavant) chez les grammairiens. sur celle enfin du genre grammatical et du genre naturel (Strauss)./a) : c'est la terminologie de Patañjali. dont l'une l'identifie a un verbe personnel: L~ phr~se est conl. Toute notlOn vel'bale se ramene en prmclpe a celle de !caro ti daire". qui discrimine individu. mais par le fait d'exclure ce qui n'est pas lui (these combattue par la MlmaI)1Sa et le Nyaya). Le /tcomposé nominal» (sa.est la ~rlya (l'action) par excen~nce. implicite" (lalepal. la pra!crti ((base» (proprement ttmatiere premiere».uIte de Yaska. qu'il garde partout sa valeur autonome.espace et le temps.uer comme ~n /tdevemfll (blwva). naturelle (autpatti!ca). au Ve~a. alors que les padavlidin des tenants du mot~ ne r~connals­ sent d'autre unité linguistique que le moto Une théorIe CUrIeuse est celle qui caractérise la phra~e. le Nyaya. . d autre~ c~mm~ /tle faIt d'etre" (sattü). comme précisera la MlmaIpaS. Parml les mots acces: soires. Les parties du dlSCOurS ont falt 1 obJet depUls le ¡Ylruleta (S 6 O 9) de class~fications et de définitions remarquables. Pour définir le sentiment de la phrase chez le. quoique certains ~uteurs~ ala s. tandlS que le Nyaya et la MlI~a~sa inclinent pour /t référence mutuelle» (vyape!c?ü). Prabhakara enseigne que le mot isolé n'a de sens que dans la phrase. pour expliquer par exemple ce qui distingue le com~osé de son analyse. La grammaire coordonne les saleti ou ((pouvous" de connotabon.{ue comme une unité dont l'analyse est une désmtegratlOn (apoddhüra) : c'est du moins l'opinion des vü!cya1'(ldin des tenants ~e la phrase". Les bouddhistes tardifs appliquent a la dénotation des mots leur théorie de l'apoha : le mot se définit non par un contenu positif.ttpouvoirs» dont la principale est le !ciila tttemps». Diverses doctrines (dont celle de 1 anu!caraJ. hngms!Ique (par le moyen des suffixes.1). qui cherchent a délimiter pral rtí et pratyaya et a préciser leur rMe respectif. Les écoles grammaticales ont fourni jusqu'a huit définitions de la phrase. sUJ~t. l'agent et l'action. qUl sont conl. ((réduction a l'unité (d'un groupe d'éléments identiques)~. Le moto L'objet de la grammaire est d'abord d'analyser le mot (pada) en ses deux éléments. ill'apprend par l'usage. parfois pha!a: u'ésultat» de l'acte). (dravya) fJ. au sta~e paiyan~l (5 151.mme des entités distinctes et ont pour manifestations. parlant les grammairiens ont utilisé le riche terme de pratibhrt untUltlOn».o~ de. le Nyaya la /tvaleur indirecte. développe l~ distin?tion qu' on voit poindre dans le Mahabh~­ sya entre les mots yaug¡!ca. Plus généralement. il est distingué ceux qui sont ((expressifs» (vücalca) et ceux qu~ sont ((suggestifs" (dyota!ca).üsa) est ~éfim par le concept de sümarthya (des Pal)ini). la MlmaI)lSa opine pour l' espece. d'autre part. d'ap. que le pouvoir de dénotation du mot éveille l' objet ala conscience ou. la grammaire.ue PataIJJah defimt en haIson avec le Nyaya. C'est PataIíjali également qui ouvre Ir discussion sur la notion de ((substitut» «((dela opposé a élément substitué.un grou~. Les théories grammaticales. que les objets ne sont que des transformations du mot. c'est-a-dire associée a un mot. etc. La Mlma_llla~.t ((secondarité»).. source de tous les pbénomimes.. la conv.re~ B~artrh~rI.. espece et ttforme" (ü!crti) enseigne que le mot désigne l'individu déterminé par l'espece.tantrl. Bhart]'hari enseigne le ((transfert» de sens (upacüra). le contexte. LES SPÉCULATIONS SUR LE LANGAGE. /tIa su?stance». § 1513. le pratyaya étant l'élément principal. le Nyaya le nie. qui sont centrées autour .) : on reconnait la le voca~ulaue. sur celle dJeleaiesa § 1516. Dans le nom la pra!crti est constituée par le priitipadi!ca tttheme nomina!».éle~ents.e de mo~s 'pos~édant. sthrtnin) qui est a la hase de l'enseignement grammatical pratique. l'.1a umJtatlOn») VIsent a .s. on se demande par quel pouvoir un mot donné porte telle ou telle signification : la Mlma~lsa attribue au mot une aptitude spéciale a revetir un sens. Certains textes (dans le Nyaya) parlent de trltpary. pris ensemble. § 1515. qui' dans les spéculations métaphysiques sera identifié a l'essence supreme (mahüsatt(l).Ia" pr?prem~n. si la relation est inconnue au sujet parlant. une valeur addItlOnnelle a celle qu lIs ont prIS lsole~ent : cette notion de ((valeur additionnelle» (üdhileya) se retrouve allleurs encore. . on dit aussi !aleti ((pouvoir. ' rendre compte des ~ots inanalys~hle. l'analogie. comme . substance dumineuse par ellememe".

en maintenant les canon s préétablis. De la le caractere traditionnel des techniques indiennes : si elles ont enregistré les progres de l'observation. ~ ce qui faít s'effectuer" (1' acte verbal). du verbe (sauf le sa111bandha ~connexion" que traduit le génitif). Sur les théories de la Mrmarpsa concernant l'efficience verbale et sa traduction linguistique. les initiateurs d'une technique. A l'exception peut-etI~e de la poétique. Comme dans tous les textes indiens. Ce n'est qu'au travers d'eux qu'il y a un regard sur les réalités. n'est luí-meme que le reflet d'ouvrages perdus.. faisant figure d'oouvre originale. Il est remarquable qu'en dépit du conservatisme indienla plupart des ouvrages originaux aient disparu.Parfois aussi ce texte de base. Nécessité qui a déterminé toute la structUre d'une immense littérature. ou du moins on ne sait d'eux que le nom. se présentent d'ordinaire comme des commentaires. v. La littérature technique de l'Inde classique (et souvent encore.----~~-. l'évolution des faits ou des formes. servant a résumer ou a généralíser une doctrine : on les appelait des kiirikii ou ~versets mnémoniques". s'appe!lent des ¡ciiraka. sont destinées a etre apprises par coour. aussi bien a ceUes quí seront décrites dans le présent chapitre ou dan s le suivant qu'a la philosophie (chap. entouré d'un halo de légendes. § 1378.. Les textes sanskrits relatifs aux techniques./a (~normes" ou ~mesures") auxquels l'Inde ancienne doit le cad re de ses structures spéculatives et techniques (Masson-Oursel). l' équivalent philosophique du kiiraka est le sadhana ou la sakti. ces pramüI. Ces karikrl. La fonction essentieUe est celle du karman ~ objet (direct)". qui plus d'une fois ont remplacé d'anciens sütra. Primitivement les vers se limítaient a quelques passages. de la dialectique qui est sousjacente a toute l'argumentation índienne. comme les siitra eux-memes. º'a été surtout par l'interprétation de doctrines antérieures : c'est-a-dire en adhérant a des principes classificatoires sur lesquels sans ces se les auteurs élaborent et raffinent. l'ensemble de cette littérature a son point de départ dans les . CHAPlTRE VIlJ L'ÉRUDI TION § 1517. Parfois le texte de base nous fait défaut : le premier commentaire (dans la mesure ou l'on atteint jamais dan s l'Inde les commencements d'une activité littéraire) seul est conservé. Généralités. § 1518.-------------84 LA PHILOSOPHIE BRAHMANIQUE. on s'attache a édifier une doctrine qui le suit pas a pas et ne s'autorise une certaine liberté de pensée qu'a travers la plus rigoureuse fidélité verbale. La prose de commentaire (bhiifya) porte a l'origine la marque des controverses d'école. de l'économie et de I'érotique.. Les grands sastra se sont édifiés selon une théorie d'abregements successifs a partir d'une oouvre mere. A partir d'un texte de base. ceBe de l'Inde la plus moderne). n est vrai que leur existence meme est incertaine. qui est aussi un terme d'~acte" (consolidé dans une substance). VII) ou au cll'oit (tome IlJ). les auteurs les plus anciens. Les enseignements peuvent etre donnés aussi en vers (d'ordinaire des Sloka). directement issue de la révélation divine. qui en principe est rédigé sous la forme si caractéristique du sütra (5 80). sont inconnus. considéré comme sacré ou du moins comme ayant pleine autorité. Ce schéma tout conventionnel a sans doute été inspiré par ce qu'on enseigna d'abordau sujet du Mahiibharata. est une littérature de commentaires.

3 a 5 sont consacrés a la dérivation nominale : d'abord la dérivation primaire ou déverbative (les suffixes dits Ter t) .ibhaTeti).. . ttla voie royale".l'emploi prég~~nt des cas et de certains éléments. OU les observations d'ordre grammatical ne font pas défaut. La Sukrallui en distingue 32. Les grammairiens sansTerits § 1519.. puis la dérivation secondaire ou dénominative (les sufflXes dits taddhita).l'allusion probable aI'écriture «gre~1ue") et. en partie par les devanclers de. teUe la partIcule ca).za et vrddhi) de la racine (dluttu) et rOle des exposants ou anubandha. On peut le diviser en une I!artie analytique.de ~éna­ gel' un intervalle suffisant par rapport aux grammall'lens qUl SUlvent. En reprenant les faits d'euphonie. Ip . Les a4hy. 1. (les co~s~ituants du mot) qui embrasse les adhyüya 1 a 5. On considere en général (certains savants indiens pensent autrement) qu'elle appartient au IV' siecle avant l'ere : cette datation. GRAMftlAIRE a. les parties du discours. d'une «volonté» rarement atteintes dans l'Inde. tandis que Kau¡iiya se bornait adéfinir 4 sciences fondamentales (§ 1593). Vient enfin une description des pro ces phoniques concernant les consonnes en contacto Si arbitraire que puisse apparaitre ce plan. pa~fois Silpa). les exposants (anubandha)._ _ . 87 besoins de la pratique religieuse j c'est une émanation des écoles liturgiques du Veda. Les plus anciennes tentatives d' énumération remontent aux premieres Upani~ad. Ce développement est interrompu par une théorie de l'accent (svara) : accent du mot simple.. puis du ?lot en composition. Le dernier adhy. si maljustifiables certain~s digressions. _ _. § 1520. le plus ancien traité de grammaire sanskrite qui nous soit conservé. SUr lesquels on n'a aucun renseignement : la maitrise de son reuvre márque assez qu'elle vient au terme d'un développement. n note d'ailleurs quelques divergences dialectales. sa valeur poétique... les fonctions nominales (ldiraTea).. accent de phrase. Les critiques tardivement développées dan s certaines écoles contre la grammaire n'ont pu en entamer le prestige. les composés nominaux (samrlsa). Pal)-ini : date et líeu. les principes de la flexion et les ~ésinences (¡. Une dizaine de prédécesseurs sont mentionnés.Ítion en sütra. meme les commentaires philosophiques ou la l}[illlrt)!ISÜ en particulier a instauré sur des bases grammaticales une herméneutique ritualiste.!gveda la notion de syllabe. partant des éléments. § 1522. De plus il a été établi.. duquel on ne sait rien de précis. § 1521. le décompte des syllabes dans le metre. un réseau de signes arbitraires. des mots en groupe. a dú. Les origines. et plus generalement les regles phoniques relatives a la jointure des composés et a la formation des dérivés. qui ont un embryon de terminol9gie grammaticale. Différents en principe sont les 64 arts (kala. qUl notent ._ _ _IiIIiII'i_lllilll!r___ 1I!1I!I11!1T_CS _ _l lI. La récitation des SaJ!¡hitü sous la forme pada (S 517) supposait une réflexion approfondie sur les lois de l'euphonie.000 sütra environ. Si l'ouvrage de PiiJ)ini.IíA_.' adhy. l'ensemble n'en forme pas moins un systeme d'une co~e­ sion. Les BrahmaJ~la. de Veda des Veda". et qu'on précise parfoissous le nom de biíhyakala ttarts de l'extérieunl pour les distinguer des 64 übhyantarakala ttarts intimes". Servante de la théologie a l' origine. Adhérer a la pensée indienne. Des le f. les PrütiJüTehya ont abouti a des traités plus ou moins systématiques.morphologique). reflete simplement la double nécessité de ne pas remonter au dela du v· ou VI' siecle (cf.. retiennent l'attention j les auteurs des Hymnes ont entrevu le probleme du langage.F• • • •IlliJI!!!!• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • ~ 86 L'ÉRUDlTION. la valeur de la VolX dans le verbe. parmi lesquelies entrent les 4 Veda et les 6 Vedliliga. Y compris les désinences verbales et la formation des themes verbaux.). Tous les commentaires y recourent... posant quelques principes de grammaire. de recomposer le mot. la théorie des invariants. Panini. ailgavidya) du üimasütra J qui englohent toutes sortes d'occupations pratiqties.. s'attachent a certains détails de prononciation j le Satapatha effieure la question du genre. et la plus parfaIte application qui ait été réalisée de la compo¡. il n'en implique pas moins toute une évolution dont le progres se iaisse déceler a travers la littérature védique. Toute fragilequ'elle soit. l'approximation a servi a situer certains textes védiques d'apres le degré de leur adhésion aux regles grammaticales. . L'A~tadhyayL L'AftüdhyüyI ou «ensemble ~es huit sections" (subdivisées en quatre prtda chacune) formant 1'« ens61gnement verbab (liab4rtnusüsana) de PaI}ini est un traité en 4. Le principe directeur a été de tout exprimer en le moins de mots possible : on ne doit pas oublier qu'il s'agit d'une science destinée a etre apprise par creur. GRAlIIlIIAlRE._.-_ _ _. qui a pour point de départ un récit du Kathrtsaritsügara. Les deux premlers adhyüya traItent des notlOns fondamentales : le degré vocalique (gUl. Le domaine s'en est amplifié amesure qu'elle échappait aux disciplines sacerdotales. traite de la jonction de phrase : traItement de fin de mot. atteste d'autre part i'intéret qu'on prenait au mot et a son analyse.___ ~-____~_~~. sinon qu'il est né au bourg de Salat{¡ra dan s l'Inde du Nord-Ouest. Pour atteindre ce but. La grammaire ou vyrtTearalJa est une ttdisquisition" : elle permet de dissocier les éléments ou. Les adhy. . enfinla théorie du luTe ou «chute" d'afihes ou de désinences. Enfin le NiruTeta. La grammaire de Pal)ini n'est pas plus datable que les autres ouvrages de l'Inde antique. Les énumérations indiennes connaissent 14 et plus souvent 18 sciences (vidya ou sastra. elle est demeurée dan s l'Inde classique l'instrument privilégié de l'interprétation : on i'appelle de premier des membres du Veda". les mots ou ~el'Ies de mots exprimés une premiere fois sont a sous-entendre pour l'llltelligence de la portion de texte qui suit (principe de l'anllvrtti ou ttréc. somme du savoir des t:0urtisanes.et 7 concernen~ ~a jonction entre deux mots par l'effet du sa1¡ldh. élargir des observations valables d'abord pour un dialecte précis.. si l'on s'en tient a une preuve stricte.u~­ lence. et une partIe synthetIque (coalescence phonématique et . les formations verbales hétéroclitiques.. sa création. 6. la teneur m¡)me des sütra a été réduitea sa plus simple expr~ssion (cf. 6-8 . est probablement antérieur aux ouvrages védiques sur la phonétique et l'étymologie (§ 609). c'est d'abord penser en grammairien. les emplois casuelil.. vocahque. PaJ)lllI. la définition des termes techniques (sa1!ljña) de la grammaire.

les Phi(sütra de Santanava. n § 1523. la maniere dont Paílini explique l'affixation de ifam ala «racine"jagrpour former l'aoriste ajagari~am. ~. selon la voix et autres particularités. qui donnent les eadres d'un emploi : les exceptions (et contreexeeptions) suivent la regle générale. Les recueils annexes. 1. commen«. 84 s. va s'élargir en une sorte de kOlne (S 82). 107 au groupe -e final + a. 1) qui veut que la voyelle finale devant i~am re«. mais comme reperes pour marquer une ligne de divergences d'avec l'emploi classique (Thieme). Pal}ini tient compte des faits védiques : illes traite non exhaustivement. Importance de la grammaire de PaI).initial ou -o final + a initial] si a. 109. CIte par le mot figurant en ttJte de liste. listes de noms présentant en commun cert~i~es particularités. sa grammaire marque l'irruption du profane dans la pensée indienne dont elle fixe définitivement l'expression linguistique. Alors se place la regle VII. 1."'P"I' 88 L'ÉRUDITION. 2). Voici comment Pal}ini définit le karman «objet (direct)" de l'action verbale : kartur IpsitatamaJ¡1 karma «le karman est ce que l'agent désire atteindre au premier chef» (I. 2. notamment ~e procédé de dérivation. Chef-d'reuvre d'organisation. ICI mtemendraIt une regle générale (VII. L'analyse des éléments du mot. mais te'vadan (l. Le gaJ. Quant aux dlgresslOns. 2. en partie forgée par Pal}ini lui-mtJme. la grammaire de Pal}ini n'est guere moins remarquable comme type de description linguistique. subsidiairement. n est peu probable en tout cas qu'il ait eu sous les yeux un traité sur le genre (linganulasana). Nous ne savons au juste sur quelles listes de noms et de verbes Pal)ini a travaiUé. malgré l'abu'l qu'on a pu en faire. V. 1. soit sous forme indépendante. comme on en colligera plus tard. dénié (St.2) «[un ~otJ ayant un plus petIt nombre de voyelles [est a employer a la premlere place : ptirvam.ini. Kielh9rn a montré d'autre part que le traité sur l'accent. 77 on s'attend que r devant ii~am donne r.n'est pas suivi de -v./a (SOlt : aJagart~am). mais cette vrddhi est prohibée dans le cas de la racine jagr par VII. elles s exphquent soIt par certaines associations (Faddegon). 24) exprime que dans un composé dvand. Voici une regle plus compliqué e : nanta~¡piidam avyapare VI. o'u les significations ont été adjointes aux listes de racines.aIlt et s'achevant par une consonne. et cette vrddhi est mtJme rendue obligatoire pour les racines en r finale (VII. afin de gagner de la place. 7 qui enseigne une vrddhi facultative pour les racines a vocalisme a. X. Cette forme a son tour est frappée pa. Enfin il existait un recueil analogue des UI. 5) concernant cette racine sanctionne le gUIJa. avec plus de droit. modalité d'e~ploi.!-iyant l~quell? r finale devant ii~am prend le gUl. En revanche. les dérivés. 79. Le tout témoigne d'une observation attentive. soit en annexe aux lexiques généraux. Émanée des exigences religieuses. D'apres VI. 2. en revanche les composés. si bien adaptée au génie de la langue sanskrite. 2. éventuellement. qui donnent des clefs pour l'ensemble de la théorie grammaticale et dispensent de plus longs enseignements. 115. elle signifie «a l'intérieur d'un piida (védique) il n'y a pas [substitution d'un phoneme unique selon VI.vII. la r~gle VII. rappelons un exemple classique.lapa¡ha ou «récitation des groupes (de noms)". Des détails minutieux voisinent avec des formulé s compréhensifs. qui s'y réfere et qui a mtJme § 1524. Ces recueils préexistaient tous a Pal)ini. sortant du védisme. Le sütra qui consiste en le seul mot alpiictaram (II. L'intértJt de l'A~!iidhyiiy'i pour le linguiste est qu'elle appréhende la langue au moment ou celle-ei. (Thieme) : curieux relevé des phonemes disposés dans un certain ordre et munis des symboles qui dans le corps de la grammaire noteront par abréviation certains groupes phoniques (pratyiihiira). En dépit de ce résultat. 89 yale~r. les érreurs ou lacunes qu'on a pu relever pesent fort peu."a (le ter~e dvandve est a reprendre. Konow) la patern:ité de ces Sivasütra. du sütra 3.recued des racines verbales arrangées en dix classes selon la formation du présent et.ou de -y-". 1) admis dans sa grammaire certains gaJ. Le dhrUupa¡~a.ladi. est précieuse. de chaque . 4. comme a été fécond pour l'étymologie. mais exclus du corpus grammatical parce que le lien sémantique entre le verbe de base et le dérivé n'y est pas apparent. dü a Nagojíbhatta. et que PaI)llll. rigoureuse et plus d'un terme a passé dans l'usage des linguistes occidentaux.ent gram~atical auquel Ils s attachent. 3 85· on retombe donc suriiigar. En regard. une intention pédagogique a pu prévaloir. soit par l'économie mtJme du systeme. c'est-a-dire qu'on a par exemple a l'intérieur d'un pada suiare asvasünrte (lJgv. le principe que les noms sont issus de racines verbales. 3 entrainant a nouveau la vrddM. La langue y est notée dans la totalité des formes et des emplois.oive la vrddhi. est postérieur a Pal}ini. laquelle est a nouveau écartée par le ¡¡ütra suivant (4). c'est-a-dire des listes de noms classés selon le genre. 2. .P0se a celu~ de sütrapa¡ha qUI VIse le texte de la grammaIre proprement dlte . voire. si l'on en croit la tradition. ¡agar ne recevra définitivement pas la vrddhi. 1). n'en est pas moins vrai que les traités indépendantsque nous avoi-ts pour ces diverses rubriques s?nt tardifs et partiellement ~al transmis : par exemple les commentalres Sur le dhatupiitha de Rak~lta et de Ksírasvamin datent du XII" siecle et refletent un dhatupiitha réaménagé.Igv. 2. il semble qu'il y ait interdépendance nécessaire entre Pal}ini et les Sivasütra qui sont en ttJte de l'A~!iidhyay/. on a parfois accordé a Pal}ini (Breloer) ou. Si la théorie de phrase est sommaire. mots traités en dérivés primaires. Les précieuses gloses d'u~¡iidi sont également plus ou moins tardives. parce qu'une regle particuliere (VII. demeure un modele de sagacité.ou «récitation des racine~" -le terme s'op. forme. les faits d'accent sont relevés avec une extrtJme précision. qui est a l'eprendre du sütra 3 O]". Le fait que Pa~lini a saisi dans ses grandes lignes les lois de l'alternance vocalique a été de conséquence pour le développement de la grammaire comparée. si la phonétique n'est traitée que de maniere adventice. mais ce résultat est entravé par la ~egle . porteraient des enseignements nouveaux décelables par voie d'inférence. La terminologie. 49). Il faut descendre jusqu'au XVIII" siecle pour rencontrer le magistral commentaire sur les paribhii~('i. d'un sentiment des valeurs dont on chercherait en vain l'analogue parmi les grammairiens grecs ou latins. Pour donner une idée de la complication du systeme. GRAMMAIRE. D'autres inventions procédant de la mtJme tendance ont abouti a la compilation de recueils annexes : les paribhii:~a-sütra ou «regles d 'interprétation générale".élém.la ainsi que les principales paribhiisa.

. a l'issue d'une controverse souvent fort subtile. ou sur la notion d'adesa. PaI}inéens ultérieurs.et plus genéraleme?-t 'p0ur définir un moment décisif dans l'~istoire de la littérature. nous laissant en suspens sur la solution qu'il préconise.e PatanJah nous permet seule d'accéder au creur de la pensée pal)lneenne. La constitution de nouvelles paribha:~a. un maitre qui arbitre et décide. En dépit de sa précision. l' omission volontairede mots importants.q~i a été . on répugnera a admettre IldentIté du grammall'len PatanJah et du patron des Yogasütra (S 1448).lllll. l'usage linguistique. le Nyasa (alias : Vivara~1apa?jik~) de Jinendrabuddhi. L'un et l'autre auteur abondent en remarques de langue. Les exemples qu'ils alleguent sont des exemples d'école. . tantot rejetant l'opinion de Katyayana. partie a Jayaditya.~ya se signale par des discussions importantes pour la linguistique générale. et qui aboutissaient souvent a un retour pUl' et simple a Pal}ini (Kielhorn). L'interprétation de PaI}ini.ce derni~r étant a tenir a égale distance de Pal)llll et de PatanJah . Les commentaires que nous avons sont tardifs : on ne peut s'assurer qu'ils reproduisent en tous points l'intention du maitre. ou se trouvent lllcorpores 1 essentlel de~ . la nature du mot. On s'accorde en général a situer le Bhiifya ver s 15 O avant l'ere chrétienne la base de cette datation étant des exemples de grammaire qui font ~nusion a des événements histo~ique~ identifia~les. qUl deborde largement le cadre de la Kaslka en recourant a des arguments ou a des faits qu'il emprunte souvent a Patañjali.elle fourm~ une paraphrase exphcIte. ont aidé a cette élaboration. le Mahabh¡. conCIse et .nce qu on a ~al!e. probablement du XIII· slecle.~ya. 91 § 1525. la mise en reuvre d'artifices inédits. auteur bO~~~~lste du VIII· OU lX· siecle. est demeuree la plus conn1!-e des gloses courante~ . Le Mahiibhafya commente moins PaI)ini lui-m8me que son successeur Katyayana. § 1527. P~l)ini et Katr~ya. des f?r~es nouveHes attestant le progres qui s'est opéré d~pUls Pal.de l'Af{adhyayí.lÍnéen. La Padamañjari de Haradatta.l'obscurité de maints sütra. illu~tre les co~tro­ verses grammaticales résumées et repensées par un espnt ne~ et VI&OUreux. On y reconnait une certaine familiarité avec l'argumentation des logiciens (Strauss). L'ouvrage. la KaSikavr tti ou «glose de KliSi = Bénares". Sur chaque siitra . NagoJlbhaHa ou Nagesa (XVIII· siecle) dont 1 Uddyota ou «ElUCldatlOn» sert en m8me temps de commentaire' direct.. un petit nombre émanent d'reuvres littéraires. 11 Patañjali. HRAMUAIRE. Rappelons enfin que le texte de Pal)ini est avec celui du lJgveda le seul peut-8tre de l'Inde ancienne qui ait été transmis sans variantes. rendent compte de son succes.. parfois un «maitre approximatif» qui ne détient qu'un aspect de la vérité. note~t. probablement en raison de son extr8me difficulté. l'heureux choix des exemples. . concordent souvent avec celui de la Mima/l/sil (S 137 O). La clarté de sa disposition. les opinions contradictoires qu'ils citent montrent qu'il existait un flottement dans l'exégese.e~seIgneme~ts prop~e. En tout cas. § 1526. restreindre. L'activité des commentateurs durant de longs siecles se résumera dans cette réinterprétation. Un dialogue permanent se trouve pour ainsi dire inséré dan s la trame du Mahilbha:~ya : on y discerne un opposant et un défenseur du varttika. aussI bl~n dans l'observation des faits que dans ~'évolu.n). ils ont voulu ainsi réintégrer dan s les sütra tout ce qu'il fallait pour expliquer les formes que jetaient dan s la circulation le développement du langage ou l'inventivité des écrivains.créat.en de 1 epoql.na . les glossateurs se sont efforcés de tirer de Pa¡. d.Ie ~od?rne. qui a été lui-m8me commenté. a proposer des amendements. e'est bien a une seconde période . Leurs divergences. La teneur trop générale de certaines regles. destinés a préciser certains points de doctrine. Tombé en déshérence durant des siecles. ~es exemfle~ et so~vent des rU?lments de dlSCUSsion.VII· slecle et est due. En outre. tantot enfin. modifier la portée de teHe regle. Nous possédons de la K(islka deux volummeux commentalres. partie a Vamana. laissent place a quelque indécision : le commentaire oral qui accompagnait la récitation des sütra est perdu.n passage du texte am~ne a reporter la date jusque vers 5 O avant 1 ere (La Val~ée Pous~l. § 1528. de m8me que le vocabulaire de Patañjali et plus encore celui de Katyayana. tandis que la dIalectIque. elle constItueraIt un pOlllt fixe important pour situer. du xu· siecle sans doute. qui est a la base du mécanisme par. Si cette date devait demeurer solide. tantÓt admettant. la grammaire de Pal)ini est souvent malaisée a comprendre. quoique partiel. le caractere pédagogique de sa présentation. l'ouvrage de Patañjal~ a fait l'objet d'~n grand commentaire par Bhartrhari (VII· siecle).lOn m8~e du sansknt. La Bhc7frivrtt! de.90 L·ÉRUDlTION. une partie d'entre elles se laisse entrevoir dans l'important ouvrage de Patañjali. . malgré l'autorité de cer~~ins s. ainsi sur le genre grammatical opposé au genre naturel. le Mahabhc7fya ou «Grand commentaire». date. Patañjali paraphrase chaque varttika . qui se fonde sur des indices extraits de la teneur m8me des sütraj autrement dit on part du principe que. les traits essentiels du systeme de Pal)ini. Puru~ot~ama­ deva. r!che de faits mais confuse de -forme. qUl est presque en!lerement perdu. a coté de ce que Pal)ini enseigne expressément. lequel avait pour une portion des sütra compilé des varttika ou «éléments d'interprétation». de «substitut»" (d'un élément a un autre). il l'illustre d'exemples et mene plus loin la discussion.lÍni tous les indices pouvant servir a élargir. Nous avons en revanche le Pradipa ou «Lampe (du Bfafya)>> de Kaiyat a (XI· siecIe). doÍt plus encore a ses devanclers. Le Mahabhii. Sans avoir été la premiere en. il y a place pour tout ce qu'implique la maniere dont il l'enseigne (Kielhorn). Des controverses grammaticales ont trouvé crédit des l'époque de Pal)ini.~ son tour comment~ et. glose de mamere hmplde.._approfondi par le grand grammall'l. § 1529. L'introduction (PaspaBa) contient de précieuses données sur la valeur de la grammaire. notamment au Nyrisa et au Pradipa. ment grammaticaux de Katyayana et de PatanJah . Mals Il y a lieu de croire que la mention des Saka dans u. Outre sa grande valeur comme instrument de dialectique. ouvrage . complétant ceBe de Pal)ini. qui date du . La Kasikii. Elle pUlse aussl a des sources plus modernes.avants et malg~~ la tradl!~O~ indienne.dont le texte n'est connu qu'a travers sa glose -.

Tres pop~­ laire jusqu'A nos jours da. d~ Bengal? ol'Ien~al.w attribué a BhoJadeva ~XI" ~Iecle) se smgulame P?rla fo~~e de ses si/tra. relations casueHes. Mais ces innovations demeurent purement formelIes : quant au fond. § 1530. l'auteur est bouddhiste comme 1:iaranadeva auteur de la Durghatavrtti (XII' siecle).lapii{ha d une école VOISIne de Hemacandra. L'autorité de Pal}ini s'est imposée A telles ense~gnes qu'au XVl e siecIe il a été rédigé selon eette norme une grarnmane persane en sanskrit. par sa termmologIe comphquée. Écoles non-paI]. les mots qu'il convient. ~eulle nom SubsIste. La tendance inverse A simplifier et Avulgariser s'exprime par le réarrangement des sütra en un ordre plus dogique" (phonétique. Il auraIt d apres Luders supplanté et refondu le Kaumüra. qui chez quelques mdIamstes (BUi'~ell) a donné naissance au mythe de l'école d'~indr~. L ouvrage. des abregements ontaussivulejour. I~ a . docteur bouddhiste notoire.eté. hérissé de sym~JOles et ~ abre~IatI~nS. notamment dans la vaste PraUl¡hamanoramii du m~me auteur. il est tenu compte des faits de langue notés par le Mahiibhii~ya. le GaI. c'est A peine s'il est de temps A autre un faít de détail neuf. qui c?mport~ u~e l'Iche vrt~t. Postérieurement au XII" siecIe. auteur bouddhiste. De la des «écoles" nouveHes.532. CeHe de S({rasv~ta (XIII" siecle?) populaire au Blhar e~ a Benares et qUI d?nne un texte Slmplifié. consistant en des corpus de sütra imité s de ceux de PaJJini et accompagnés de vrtti ou «gloses" appropriées. le Hariniimrt/J1l'ta (xv' siecle). P. plus complete. Le besoin s'est fait sentir de bonne heure dans les milieux bouddhistes.'endue plus simple ou plus breve.acc~u e~ remame. La terminologie est en partie transformée : chaque école a ses «exposants" particuliers et comporte un dhiitupii{ha. soit la grarnmaire entiere. et il y apparait notamment des formes bouddhiques ou jaina. Le polygraphe Jama bien connu Hemacandra (XII e siecle) a écrit un traité qui a ~es ~érites de clarté et de commodité pratique. dont quelques fragments 0. adaptée A un public non brahmanique. Le plus ancien traité de grammaire non par. Lévi) et s'est répandue dans la périphérie de l'In~e. dont il domine tous les aspects. . nom de Kalapa et Yi-tsing mentionne l'ouvrage sous le nom de SH. Mais dans I'ensemble ce sont des imitations assez plates de PaI}ini. Du traité d'Indragomin. les faits védiques et d'accent étant relégués en appendice.te he~re .. apres Ca~dra en tou~ ~as! par Devanandm (alias : Pujyapada) : ouvrage dense. de concilier de gré ou de force avec les regles de PaI}mI. puis chez les jaina. il a été commenté plusieurs fois.. l~ &rammalre est un ouvrage concis.92 L'ÉnUDITION. le Mugdhabodha qUI en. tmieux ¡équilibrée. de forme élégante est la grammaire de Candragomin. 93 personneHe les sütra de p¡jJ~ini relatifs ala bhii~ii. de facture plus nettement bouddhiste. Tandis que la MlmaI)1Sa (et dans une moindre mesure le Vedanta et le Nyaya) aborde des . offre quelque intér~t comme témoignage littéraire. commenté au VIII" siecle par Durgasnp. les faits védiques et d'accent ne sont pas conservés.s.en abreVIatIOns.'. ainsi que la teneur. en grande faveur dans tout le Bengale depUIs le XVII e sIecle. le dhiitupiitha en revanche versé dan s la théorie du verbe. Les autres écoles connues sont celIes de Jaumara. verbe. c'est-A-dire Al'exclusion des sütra védiques ou accentuels.un éommentalre développé. flexion nominale. AHahabad et Calcutta. notamment au Tibet et A Java Ala suite de l'expansion du bouddhIsme. sinon du VII" (S. l'école de Pal~ini manifeste une double tendance : d'une part on approfondit la scolastique grammatica.linéenne doit ~tre le Kiitantra de Sarvavarman. est. vu les citations dont il abonde. et surtout du LaghusabtknduSekhara de Nagoj1bhatta qui reprend avec une incroyable subtilité les themes de la discussion grammaticale. ou rien ne subsiste de la forte armature du systeme ancien. ainsila Laghukaumudi de Varadaraja.!{hiibharaJ.wpiitha. texte d'une éco~e fo~dée 11 date indétermínée. ~l a pénétré jusqu'en Insuluide . commentaire inachevé de Pal}ini.probablement du XIII" siecle. elle comport? . un gal. etc. § 1. 'Elle date des V"_VI" siecles (Liebich).. Les centres les plus fiorissants sont aUJourd hUI Bénares.gene­ rales.ceHe de Vopadeva. Le Bengale est au premier plan en ce domaine (S. Le Sarasvatlkal.tt.ha. au prix de tel ou ~e! eXfédient. sout d'importants recueils auxiliaires.. elle ~ pour base le SaI!1k~iptasiira. A basse époque.inéennes.J~ratnamahodad~i. le plus souvent l. il est connu en deux recenSIOns. Tel est le cas du Sabdakaustubha de BhaHojldlk~ita (XVII" siecle). peut en remonter au ler siecle de Pere (Liebich). commentaire du A Vardhamana sur un gm. Kramad:svara. qui lui sont propres. La plus connue de ces écoles locales est .autre reuvre analogue. Sauf par accident.wdtsiitra) du m~me auteur. été retrou~és au Turkestan avec ceux d'une recension légerement dIstmcte du Katantra.~e bon. Dans ces ouvrages la disposition de Pal}ini est modifiée. les meilleurs qu'on ait du genr~. du moins dans les sútra j les vrtti ont plus de liberté. qui résume les discussions de ses 'prédécesseurs sur un certain nombre de mots «difficiles A former". bien que pour le fond Il SUIve de tres pres Sakati\yana. . Secondairement les cercles brahmaniste~ ont créé eux aussi des écoles indépendantes.le. Tel est le plan de l'exceHente Prahriyiikaumud¡ de Riimacandra (xv" siecle) et de la Siddhiintakaumud¡ de Bhattojldlk~ita : ce dernier ouvrage a joui d'une grande faveur en raison de la clarté de sa disposition plut6t que de ses mérites propres. L'école porte all:ssl le. CeHe de Saupadma: au ~IV" slede. qui englobent des énumeratIOns longue. et les commentaires renchérissent dans l'argutie.531. d'une théorie plus aisée. Le commentaire est égale~ent l'reuvre de Candragomin. par le m~me auteur. dérivation. Philosophie grammaticale. des ~aXlmes. traité perdu. Plusieurs PuriiIJa (surtout Garuga et Agni) ont une section de grammaire. elIe-m~me commentée A son tour. composition). etc. Le noya~. souvent commenté.ts certaines parties de l'Inde du Nord -. § 1. Une . Hemacandra a compilé pour _cet ~uvrage un c~~­ mentaire court et un autre long. Viennent des reuvres jaina : le Jainendra. et les faits de langue tiennent une place dans plusieurs traités de poétique. La grammalre de Sakatayana s'appuie sur les deux ouvrages précédents. La glose sur le dhatupatha (et les UI. les manuels foisonnent qui visent Aprésenter sous forme pratique. GRAMMAlRB. soit tel chapitre particulier. Bhattacharya). l'Iche . fondée aux XIlXIII e siecIes dans le Bengale occidental pm.et pa5sJl~le­ ment osbcur.

Du fait de leur plan meme.w et la Spho{acandrikii de Se~akr~l!a. parfois non sans acuité linguistique. qui décrit aussi la répartition et l' emploi des langues. s'il se confirme qu'on doive dater du XII· siecle un troisieme traité. La liberté de ce développement. . b. d. GRAMMAIRE. § 1. Hemacandra doit beaucoup a Vararuci.94 -L'ÉRUDITION. nI. a des descriptions de l'apabhraI)1sa lyrique. visant moins a décrire une langue qu'a permettre aux versificateurs de composer des stances. s'expliquent d'abord par l'absence de toute norme comparable a celle de Pal)ini. et qui en fait est la plus complete.t. La description de la mahara~trI forme le noyau du Prükrtaprakasa de Vararuci (Nitti). dont les attaches locales cessent d'etre perceptibles. de meme le Srngiiraprakasa. c. Il ~au~rait rappeler ici les textes princ~paux du Navanyiiya (S 1468). ces grammaires mettent en évidence les corrélations phoniques.mental~es du Kiitantra (Durgas.leya. en outre. spécimens de la vaste littérature sur le spllO!a. La date de l'ouvrage se laisse préciser pal: le témoignage du pelerin chinois Yi-tsing : Bhartrhari est mort en 651. § 1. comme une imitation et une annexe de la grammaire sanskrite indigene. auxquels les grammairiens avaient dan s une certaine mesure a se conformer : le probleme difficile du rapport entre les grammairiens et les reuvres reste d'ailleurs a élucider. d~ la phrase (viikya). commenté par Bhamaha. l'étude de la grammaire prakrite a consisté en l'obser- vation pratique d'un dialecte. de réaliser un mot prakrit. partant du sanskrit. 1'individu (deux parties).w de KOI}(labhatta. l'un des ouvrages difficiles de l'antiquité indienne. et dont la' teneur reste mal établie. est en quelque sorte l'iHustration de la théorie. condensan! en un tout relativement homogene les regles qui ont présidé a l'exécution des divers genres littéraires. La mahara~trI sert de base (S 11 O). les données sur les autres dialectes. Le plus connu. le genre la dérivation-composition. outre Vararuci. le Vaiyiikaral. qui sert également d'appendice a la grammaire sanskrite du meme (S 1531) : l'ouvrage est clair. apparemment le plus anClen. les autres dialectes étant diversement traités selon leurs appartenances présumées : tous de maniere succincte avec prétérition des faits similaires a ceux du «dialecte principal». L'école orientale serait beaucoup plus ancienne qu'on ne croyait. bien disposé. Elles sont rédigées en sanskrit et recourent a la terminologie de Pal)ini. amSI le Tattvacintiimal]i de Gangesa. antérieur peut-etre au précédent. les fonctions casuellesverbales.535.fourmssen~ des d?nnées pré~leuses. mais peu personnel. dont le texte a été ultérieurement complété et. C'est de lui que dérive toute la tradition savante concernant la mahara~trI. le nom de Vararuci est d'ailleurs plus fabuleux que réel. toutefois l'reuvre de Cal)IJa a peut-etre été retraduite du prakrit. qui servent de prélude aux drames lyriques. v. souvent donnée dans l'Inde. divisé en quatorze rubriques concernant l' espece. La paisacI et l'apabhraI)1sa viennent généralement en queue. Elle a puisé a des sources diverses. Des recueils de ce genre auront été ensuite groupés. Des recherches de Luigia Nitti. Les grallunail'iens lIloyen-indiens § 1. et des écoles ont pris naissance. par Helaraja . le Vyutpattiviida de Gadadhara sur la dérivation. enfi~ du mot (pada) : cette trolSleme sectlOn forme a elle seule un ouvrage mdépendant fort vaste.iistra. pose avec instance le probleme si les mots sont «éternels". du langage en . b. la Vaiyiilwra~wsid~lhiintalllañjü~ii et la Laglzumaf!jü~ii de Nagoj1bhatta. le lieu. Le huitieme chapitre du Sa1!I~iptasiira (5 1531) est consacré au prakrit : la description de la mahara~trI est originale pour une petite part. la voix. sous sa forme définitive.néral (b~ahman). son activité s'était exercée a UjjayinI. enfin a des regles sur la paisacI narrative. le Siddhahemacandra (sütra et vr tti). ce qui a pu donner le branle a la fameuse théorie mysticogrammaticale du sphora (S 1510).g?. sans qu'elle oblige a maintenir l'identification. Cette école se compose du Prükrtakalpataru de Ramasarman. du Prükrtasarvasva de Marka¡. qui a été récemment connu par un manuscrit népalais. Les livres n et nI ont été commentés par Punyaraja. 95 questions de grammaire. la qualité. plutOt confuses et sommaires.533. Certains textes développent en marge de la grammaire une véritable «philosophie grammatica~e" abase logico-métaphysique. pour le livre 1au moins. 5 1529). a Bharata ou du moins aun répertoire scénique analogue a celui de Bharata.u.«pouvoir" des mots. Les grammairiens prakrits. ensuite par l'afHux des textes littéraires. la SabdasaktiprakMikii de Jagadrsa sur le . Nulle part il n'y a de description complete. Mieux connue est la grammaire de Hemacandra. tralté de poétlque qm reprend hbrement les theses du Viikyapadiya. qui parait assez reculée. On en ignore la date. Les Jaina n'avaient pas réussi a fonder une école traitant du prakrit canonique. Il traite. il résulte qu'on avait affaire d'abord : a. de l'auteur avec Katyayana.tents plus récents sur la philosoppie grammaticale sont le 0pho{atattvanwüpal. A l'origine.iI)1ba et Su~eI. les altérations de forme et de fond qu'ont subies ces reuvres. est le Viikyapadiya de Bhartrhari.wbhü~~{t1. du moins sous sa forme actuelle. le temps. le Priikrtiinusiisana de Puru~ottamadeva (sur cet auteur. ainsi qu'a une source qu'a également utilisée Namisadhu. ouvrage versifié qui semble appartenir au XVII· siecle. la plus savante des grammaires prakrites (Nitti). les. commentateur du traité . laconnexion (possessive). l'action. elle expose les regles qui permettent. le chapitre 32 donnant les strophes dites dhl'uvii.534. a un code de regles pour la mahara~trI lyrique. Les c0n. et des indications grammaticales en prakrit figurent dans le Nii{ya/.la). La grammaire prakrite se présente. les milieux de grammairiens inversement évoquent des themes spéculatifs : on en a vu la trace chez Patañjali (S 1526). la personne. L'un et l'autre ouvrages s'accompagnent d'un bref commentaire. le nombre. Au contraire l'école «orientale" groupe de maniere éclectique l'ensemble des matériaux prakrits. remaniés. a des indications dialectales a l'usage des acteurs : des éléments en sont conservés dans le chapitre 17 du Nii{yasüstra de Bharata. reuvres de B_~attoJI. il existe une glose qui parait due a Bhartrhari lui-meme (Charudeva Shastri). notamment. _ Des docun.

de versets mémoriaux. poussé jusqu'a l'étude des mots et des lettres. Les grandes lan~ues dravidien~es qui ont formé des htteratures concurrentes du sanskl'lt ont eu besOln de grammaires spéciales. Mais le premiel' traité qui nous soit conservé. la suttamiilii «guirlande des sutta» : type traditionnel de sütraplifha.la de CaQ. celle des mots et eelle des sujets. Grammaires tamoules. de date inconnue (Hoernle sur des indices fragiles le croyait tres ancien et /postulant un prakrit arehaique) et fragmentaire. lndra ét?nt. est un Birman. C'est une mol'phologie. ~ne § 1. Le Kaccliyanappakaral]a a été maintes fois commenté ou retravaillé : cí. les grammairiens palis. était la Jangue de la science et de la haute littérature. littéralement 1'«AncÍen poeme» (kcipptyam = skr. Elle se divise en trois parties : la padamalli et guirlande des mots» se présente comme une glose sur la premiere racine du dhlitupli{ha. et l'ouvrage re flete plus spécialement les études palies en Birmanie. Outre PaQ. A date plus récente on a une série de traités plus ou mOlllS courts sur divers points de la grammaire palie. L'exposé didactique du l'ollclippiyam est de ce faÍt divisé en trois sections. généralement de quatre pieds. Aggaval!lsa. puisent leurs exempIes dans la tradition littéraire. si l' on veut. n'est peut-i3tre pas antérieur au XI" siecle : e'est une adaptation un peu naive du [(¡itantra. dont le Saddalakkhat¡a (sütra et vrtti). n garde le mérite d'avoir esquissé une deseription du jaina religieux (textes non canoniques). celui de Kaccayana (sütra et vrtti). XIII" siMe. augmenté d'un chapitre sur les prépositions et les particules. Quant au fond. ~'autre 'pa~t. II s agIt en tout cas de la grammaire sanskrite. cal' on n'attribue pas de po emes a Agastya ni aux condisci~les de Tol~appi~a~. Une troisieme école est représentée par la SaddanUi. 1]01. OU les racines sont réparties en huit classes. I I § 1538. adilJiiram (skr. . L'ensemble comprend plus de nune cmq cents sentences de un ou plusieurs vers. Elle ne peut malheureusement i3tre datée dans l'état actuel de n~s connaissances. il ébauche un traité conl}u pour et par les Jaina. le Sidatsait8~r~va du XIV· siecle. Généralités.ini. est du x· siecle !)t le Tolkiippiyam n'est pas pour lui un texte récent. mal s dans un cadre plus vaste. n est vraisemblable qu'il a existé une tradition de date ancienne : Buddhaghosa notamment suppose tout un enseignement. C~aque section a neur chapitres. XIV· siecle. Le singhalais qui a eu de bonne heure une culture brillante fait exception notamment par la grammaire de Vedeha Thera.».537. qui forment ces mots. L'ouvrage qui doÍt Mre du XII· siecle. Le pali y est traité en lui-mi3me. a donné lieu lui aussi a une série de commentaires. avee une terminologie spéciale et des symboles de type paQ. 97 de poétique de Rudrata (Nitti). La plus ancienne grammaire est le Tolhlippiyam. celle des mots.~aI. son plus ancien commentateul'.539. est plus développé. notamment la Hüpasiddhi de Buddhappiya. Les deux premieres correspondent a une grammaire. ~e dernie~. «Celm du T. L'analyse de toute reuvre httéraire a trois degrés : l'a~alyse des. le dieu qui a révélé les dIverses scwnces aux hommes. qui rédigent en paJi. t~moule (f ~ 1. En ce cas. 'firal. seul pour eux. Le Tolk~ppiya"} n'esL pas exactement une grammaire ¡ ii traIte de la grammall'e. Le Tolklippiyam seraitalors antérieur a tous les poemes dont iI aurait par avance fixé la langue.inéen. eLuttu. le Tolkiippiyam seraIt largement postérieur a l'ere chrétienne.cippiy~m présente des analogies (Burnell). MoggaUana a utilisé notamment Candragomin. poru{. également du XII· sieclei l'auteur. C'est essentiellement un tableau analytique détaillé des moyens d'expression en littérature. également singhalaise. ils adherent aux grammairiens sanskrits. et qui sont transmis sous le nom de sütra de ValmIki. la dhiitumiilii etguirlande des racines». la derniere a une rhétoriqu~. sens ~xpl'imés ou sujets traités. L'ouvrage se termine par une liste d'ul]iidi¡ il a été compilé plus tard une liste versifiée de racines.1adümakkiNi. Seules les Jangues indiennes qui possMent littérature re~ativement ancÍenne ont produit des reuvres grammatIcales ou pro so dIques notables. dont on ignore s'il est l'auteur des sütra versifiés qu'il commente amplement. c'est-adire de la grammaire d'lndra. Les {jl'ammairiens dravidiells § 1. un disciple immédiat d'Agastya a qui toute science est censée remonter et qui serait d'une antiquité prodigieuse. Comme les grammairiens prakrits. adhikara) : celle des phonemes. de citations littéraires.ini. Les grammairiens palis. Smith). Une autre école.96 L'ÉR UDITION. est dit (P~NambaraNar) s Mre remph de 1 Amdtram» (atndlram mRamd" tolklipPlyaN) . L'école etoccidentale» ou plutó! etméridionale» est représentée surtout par Trivikrama. dont ils donnent des témoignages de valeur inégale¡ pour la présentation. ressemble au Siddhahemacandra¡ comme ce dernier. mais elle etn'est rien de moins qu'une morphologie complete du paJi. qm servent a exprImer ces sens ou a traite!' ees sujets et celle des phonemes ou lettres. a pour patron MoggaUana. mais dans un sens tres large. GRAMMAIRE. D'un autre cóté. ljampüra\lar. peut-i3tre telle qu'elle est représentée par le Kiitantra avec lequel le Toll. Enfin le Priilcrtalalc.ga. selon certaines légen. et le populaire Biillivatiira de Dhammakitti. sans qu'il soit fait appel au sanskrit.536. étude serrée des naya du Buddhavacana et critique assez sévere des préceptes de Kaccayana ainsi que de certains sanskritismes qui se sont introduits dans la littérature médiévale» (H. La légende f~it de Tolkappiyar (ou ·yaNaJ). c. le Klitantra et la tradition palie. mais le commentaire développé qu'eIle comporte est une mine de discussions grammaticales. bita sattiiyal[l. C'est un remaniement de Hemacandra. Les lettrés parlant des langues indoaryennes modernes n'ont guere cultivé que la grammaire dusanskrit qui. avec recours a la KiiSikii et a d'autres textes de l'école de PaQ. kiivya) ou plutÓt sans doute etce qui [concerne] les anciens poemes". plus pénétrant aussi que Kaccayana. n ne s'agit pas la d'un ouvrage déterminé. comme on appelle genéralement son auteur. cal' il étudie toutes les formes qui paraissent dans le discours depuis les phonemes ~ui le composent jusqu'au sens OU il aboutit. la Saddanui suit en gros le plan de Kaccayana.de~ sanskrites.

Smith)¡ la dhéitumala «guirlande des racines».». san s qu'il soit fait appel au sanskrit. poussé jusqu'a l'étude des mots et des lettres. a pour patron Moggallana. le dieu qui a révélé les dlverses scrences aux hommes. ils adherent aux grammairiens sanskrits. Grammaires tamoules. Moggallana a utilisé notamment Candragomin. mais dans un sens tres large. Généralités. i'auteur. car on n'attribue pas de poemes a Agastya ni aux condisci~les de rrol~appi~a~. c. Chaque section a neur chapitres. L'exposé didactique du Tollcüppiyam est de ce fait divisé en trois sections. I!ampuraI. XIII' siede. 97 de poétique de Rudra1a (Nitti). qUl servent a exprImer ces sens ou a traite!' ces sujets et celle des phonemes ou lettres. ressemble au Siddhahemaeandra. Elle ne peut malheureusement étre daté e dans l'état actuel de nos connaissances. également singhalaise. Le singhalais qui a eu de bonne heure une culture brillante fait exception notamment par la grammaire de Vedeha Thera. est dit (P?NambaraNar) r< S étre remph de 1 Amdlram» (amdlram mRamda tolküpplyaN) . L'ensembie comprend plus de mille cinq cents sentences de un ou plusieurs vers. il ébauche un traité conQu pour et par les Jaina. Les gt'ammairiens dravidiells § 1537. poru!. bhü sattayalll. adigüram (skr. Les grammairiens palis. ~e dernie~.!).lar. les grammairiens palis. littéralement l'tt~ncien poeme» (kapp'yam = skr. dont ils donnent des témoignages de valeur inégale¡ pour la présentation.lga. . est un Birman. Quant au fond. Elle se divise en trois parties : la padamala tt guirlande des mots» se présente comme une glose sur la premiere racine du dhatupa¡ha. notamment la H. Les deux premieres correspondent a une grammaire.536.la de Cal. En ce cas. adhilcüra) : celle des phonemes. et l'ouvrage reflete plus spécialement les études palies en Birmanie. Les leUres parlant des langues indoílryennes modernes n'ont guere cultivé que la grammaire du sanskrit qui. Une autre école. et le populaire Blilctvatara de Dhammakitti. a donné lieu lui aussi a une série de commentaires. C'est un remaniement de Hemacandra. GR!MM!IRE. seris ~xprimés ou sujets traités. puisent leurs exempIes dans la tradition littéraire. Mais le premier traité qui nous soit conservé. cal' il étudie toutes les formes qui paraissent dans le discours depuis les phonemes qui le composent jusqu'au sens ou il aboutit.pa~t. de date inconnue (Hoernle sur des indices fragiles le croyait tres ancien etlpostulant un prakrit archaique) et fragmentaire. kavya) ou plutÓt san s doute «ce qUl [concerne] les anciens poemes». L'ouvrage qui doit etre du XII' siecle. n'est peut-etre pas antérieur au XI' siede : c'est une adaptation un peu na'ive du Katantra. et qui sont transmis sous le nom de sütra de Valmoo. Une troisieme école est représentée par la SaddanUi. XIV' siede. mais elle ttn'est rien de moins qu'une morphologie complete du pali. le Sidatsaitgarava du XIV' siede. La plus anclenne grammaire t~moule est l~ Tolkappiyam. Enfin le Prlik!. dont le Saddalakkhat}a (siitra et vrtti). comme on appelle généralement son auteur.de~ sanskrites. avec une terminologie spéciale et des symboles de type pal. qui rédigent en pali. est plus développé. seul pour eux.539.96 L·ÉRUDITION. D'un autre cóté. qui forment ces mots. Le Kaeeayanappakaral. Le Tolk~ppiya"! n'esL pas exactement une grammaire ¡ il traIte de la grammall'e. étude serrée des naya du Buddhavacana et critique assez sévere des préceptes de Kaccayana ainsi que de certains sanskritismes qui se sont introduits dan s la littérature médiévale» (H. 901. ~ne ~ 1. de citations littéraires. ou les racines sont réparties en huit classes ¡ la suttamala tt guirlande des sutta» : type traditionnel de sütrapa¡ha. TiranadumakkiNi. Le Tolküppiyam seraitalors antérieur a tous les po emes dont iI aurait par avance fixé la langue. L'analyse de toúte oouvre littéraire a trois degrés : l'a~alyse des. L'ouvrage se termine par une liste d'w. celui de Kaccayana (sütra et vrtti). Seules les langues indiennes qui possedent littérature re~ativement ancienne ont produit des oouvres grammatIcales ou prosodlques notables. Comme les grammairiens prakrits.üpasiddhi de Buddhappiya. ceUe des mots et celle des sujets. dont on ignore s'il est l'auteur des sütra versifiés qu'il commente amplement. C'est essentiellement un tableau analytique détaillé des moyens d'expression en littérature. de versets mémoriaux. le Tolküppiyam seraIt largement postérieur a l'ere chrétienne. celle des mots. généralement de quatre pieds. mal s dans un cadre plus vaste. Outre Pal.la a été maintes fois commenté ou retravaillé : cf. avec recours a la KMika et a d'autres textes de l'école de Piil)ini. Il s agIt en tout cas de la grammaire sanskrite. augmenté d'un chapitre sur les prépositions et les particules. est du x' siecle et le Tollcüppiyam n'est pas pour lui un texte récent. mais le commentaire développé qu'elle comporte est une mine de discussions grammaticales. la derniere a une rhétorique. § 1538.linéen. également du XII' siede. c'est-adire de la grammaire d'Indra. Le pa1i y est traité en lui-méme.1adi ¡ il a été compilé plus tard une liste versifiée de racines. § 1. plus pénétrant aussi que Kaccayana. L'école ctoccidentale» ou plutÓt ctméridionale» est représentée surtout par Trivikrama. eLuttu. était la langue de la science et de la haute littérature. n est vraisemblable qu'il a existé une tradition de date ancienne : Buddhaghosa notamment suppose tout un enseignement. son plus ancien commentateur. n ne s'agit pas la d'un ouvrage déterminé? Indra ét~nt. C'est une morphologie. La légende fait de Tolkappiyar (ou ·yaNa. ~'autre . selon certaines légen. un disciple immédiat d'Agastya a qui toute science est c~n' sée remonter et qui serait d'une antiquité prodigieuse. peut-étre telle qu'elle est représentée par le Kéitantra avec lequel le Tolküppiy~m présente des analogies (Burnell). Aggavarpsa. n garde le mérite d'avoir esquissé une description du jaina religieux (textes non canoniques). comme ce dernier. si l'on veut.lini. ctGelui du T. A date plus récente on a une série de traités plus ou moins courts sur divers points de la grammaire palie. Les grandes langues dravidiennes qui ont formé des littératures concurrentes du sanskrit ont eu besoin de grammaires spéciales.talak~aJ. le Kéitantra et la tradition palie. la Saddanlti suit en gros le plan de Kaccayana.

AtharvaJ.82 stances en metre iiryii dues Nannayyabha~a.n . Généralités .n~. y . composItlOn. ouvrage remarquable. . «Examen de la p~ésie». n a le sens des réalités linguistiques (BurneH) et au li~u ~e s'enfer~er dan s des spéculations scolastiques. OU il mentionne l'Amarakosa sanskrit.a ~eu de rapport . au Xl· siecle. s'occupe de la grammaire proprement dite : introduction sur la terminologie grammaticale.) : le Trilúigasabdiinusasiina «Doctrine des mots telugu». LEXICOGRAPHIE a. Le. skrit qui se trouvent valables p. poruladigiiram. Une introduction. et illustre d'exemples. M~isür a ~?n~é le jour A l'un des plus r~mar­ quables grammall'Iens llldIens.. Grammaires telugu. C'est une grammaire assez détaillée en 592 sütra formant 4 piida. la plus ancienne mention de faits grammaticaux se trouve dans un Art poétique. e'est-A-dire les exploits. Pour le malayalam. n a cherché directement A reconnaitre les éléments naturels du tamoul et non A trouver en tamoull'équivalent de ceux du sanskrit. qu'il faut distinguer l'un de l'autre : Nagavarma l·'. notamment au XIII" siecle. KeSll'aja (vers 1260). Ramaswami Aiyar). C'est en sanskrit gu'est écrite la p~us ancienne grammaire du telugu : l'And/¡rasabdacintiima~!i ((Pierre maglque des mots Andhra ". il comprend trois parties. Le Tolkiippiyam a été souvent commenté. une grammaire telugu en vers sanskrits. qui composa.542. On peut ajouter enfin le Kiivyiilankaracfirjiimal. LEXICOURAPHIE. au Tolkiippiyam a été écrite par un condisciple de Tolkappiyar.541. Certaines sont communes au sanskrit et au tamoul en raison de l'influenc~ générale de la littérature sanskrite. denvatlOn. Kavisirobhü~aJ. structme fort différente par nature de celle du sanskrit. vers 990. surra). mots empruntés au sanskrit. il a l'idée: [las OrdlllalI'e dan s 1 lnde.. d'autre part une étude beaucoup plus intéressante sur les origines de la langue telugu. par PavaQandi dan s son NaNNül ((Les bons aphorismes" (nül = ski'. les kosa. Non moins remarquable est une muvre beaucoup plus récente. Grammaires kannara. auteur du Sabdama~!idarpa~~a . V.543.our.la «Les atours de la langue kannap». 1545.!i «Diademe des ornements poétiques». du nom. Ultérieurement le méme écrivain condensa les regles de la grammaire en 269 Sidra sanskrits. qui forment une piece essentieHe de l'érudition indienne.98 L'ÉRUDITION. avec son Vlra~oLiyam est le principal représentant de cette tendance. dontla premiere. On s empressa d y adjOllldre des commentalI'es telugu (p. devenu classique au point de faire passer pour un temps le Tollciippiyam au second plan. d'une part. composé en 1604 par le Jalll BhatpikalaIika. breves enumeratlOns de noms et de verbes compilé es sur le E}g. Puis. . en sanskrit. En kannara. vient Ketana (milieu du XIII· siecle). fait pendant aux rhétoriques sanskrites et donne comme elles la classification des conventions littéraires.!iilakabhiifiibhüfal. 2. le Kiivyiivalokana. du verbe.entre les Nighal. Nagavarma Il est enfin l'auteur d'un lexique sanskrit-kannara. inspiré du Kiivyiidarsa de DaI)Q:in (S 1559).ou l'Atharva. et.lacarya compose. vingtaine d'ouvrages. Nous avons ensuite deux auteurs portant le nom de Nagavarma. et Nagavarma Il (vers 1145) beaucoup plus important. dont les poetes ont besoin dour bourrer leurs vers de ce vocabulaire pédantesque dont ils s'enor~ 4. et les grands lexiques de l'Age classique.!l ~lVlse son sujet en hmt chapltres : sandhI. le PuRaniinüRu et l'AganiinüRu. Mais la plúpart ont manifestement été recueillies par Tolkappiyar dans les poemes tamouls originaux. puis cinq sections traitant successivement du sandhi. Deux des principales catégories de sujets qu'il distingue relevent de l'agam l'«intérieur».!a. racines procede par verbales. Tolkappiyar a tiré de l'étude des grammaires sanskrites l'idée d'analyser sa langue et aussi les éléments. le Kiiviriijamii1'ga «Voie royale du Poete» (milieu du IX· siecle). verbe. sütra (en kannara) au nombre de 320. ex. pl'iilcl'its el piilis v ~.Veda. s' effor~ant de dégager en quoi le malayajam se distingue du tamoul. d~ l'a. qui est un art littéraire complet. de VinnakMa Peddanna (XIV" siecle). et d'en faire des traductions en telugu (partiellement Kaku 8üryappa). Jai~ co~~e ses prédéces. auteur de l'Andhrabhiifiibhüsa~la «Les atours de la langue Andhra". on honora cet ouvrage méme d'un commentaire sanskrit. avee des références a de nombreux grammairiens (Hemacandra. a cherché A calquer l'exposé de la grammaire tamoule sur celui de la grammaire sanskrite. de préférence des mots techniques et rares. La section des sujets.«Mir?ir-~e-pierre~ies desmots". Les lexicographes sanskrits. se~rs. des composés. un Brah~ane ~o~temporain du roi C~lukya Rajaraja (10 2 3. maIS !l. les «400 rpoemes] sur les exploits» et les «400 sur les sentiments». napas ~pphque servilement au tamoul les categones de la grammaue sansknte. fAcheuse pour l'intelligence de la structure du tamoul.i 063). le Chandombudhi «Océan de prosodie». Mais il a existé aussi une école de grammairiens qui. qu'il commente lui-méme. c'est-A-dire les sentiments et du puRam. nom.Probablement vers la fin du XIII· siecle. n existe précisément deux anthologies poétiques anciennes formées sous ces deux chefs.nalyse du ~an. PaNambaraNar. Grammaires malayalam. le premier chapitre. imité de PiIigala (S 1553). des dérivés. indéclinables. etc.t!u védlqUes (S 609). . nous ne voyons A citer que le Liliitilaka (XIV· siecle). On doit A ce dernier un vaste traité d'une conception analogue A celle du Tolkappiyam tamoul.le tamoul. piiyiram. n § 1. s'écartant de la tradition de Tolkappiyar. La littérature grammatieale du kannara est riche : ene eompte une § 1. Ceux-ci donnent un choix plus ou moins large de mots (verbes exclus). a § 1544. 99 § 1540. sous le titre de Kar1. intitulé Sabdasmrti «8cience des mots». Puttamittirar (skI'. en général supérieurs aux productions similaires des autres régio. souvent aussi son enseignement a été repris par d'autres auteurs avec plus ou moins de modifications. l'«extérieur». le Vastukosa «Trésor des chases». Vasudeva). de fonder ses regles sur des exemples tirés des bons écrivains. Ke~lI'aja SUIt d ~ssez pres Naga~a~ma Il. le Kar~¡iilakasabdiin~siisana« Doctrine des mots kannara". eonstitue un précieux document (L. Buddhamitra). § 1.

est plus connu sous le nom d'Amarakosa de lexique d'Amara ». ~r~srIlabes et. Up.a seconde sectIOn : terre (eau. mesures de distan ce) . trois traités homonymiques. Il semble bIen qu Amara.l(las~a de Puru~ottamadeva (sur c~t auteur. noms dlve~s. ainsi Vya\li et Vararuci (alias: Katya). dan se.omme son nom l'indique. ciel). homme (termrs de parenté. et les homonymes en dissyIlabes. Parfois. adjectifs et invariants. Un chapitre lexicographique figure également dans le Vi~I. 101 13. esp~c. ainsi que la V. L'Amal'. de Tanjore (XYII' siMe).000 termes enviro n au total. lltres mfernaux. t~ut ce qui concerne tel objet. S. céleste (et atmosphél'lque. ~ arrangement a heu selon des modes fort variables. leXIque homonyilllque anClen (YI' slecle?) est i'Anekrlrthasamuccaya de Sasvata OU le rangement des mots a lieu selon la place qu'occupe leur interprétation (un vers entier. partie homonymique.reve Ab~!idhiinaratnamiilii (synonymes et homon'ymes) de Halayudha: x· slecle. les plus lmportants étant ceux de K~Irasvamin au XI· s~ecle. planetes.547. c. phases de la lune. L. smt Amara.arl.est le Niimaliil{felnusasana d ensmgnement sur les noms et les genres» d'Amarasimha ftuteur bou~dhiste sur la vie duquel on ne sait rien.d~s études in~iennes. D'Amara et de Subhüti il existe une version tibétaine. qui souvent se juxtaposent ou se superposent a l'intérieur d'un mllme ouvrage' l'ordre alphabétique n'apparalt pas comme un principe ancÍen ni fréquent . un demi-vers un quart de vers)' la b. signale par un artIfice graphlque les membres d un composé sUjets~a permuter avec un synonyme. qui donne un développement considéra~le aux t~r?Ies de bota~ique~ ~t ?otamment aux noms de plantes curatIves. Kesava(svamlll). tel individu.gine . Du XII' siecle le VisvaprakMa (homonymique) de Mahesvara. avec glose du mllme auteur et mllme rangement. les acceptions sont toUJours fournIe~.la.un supplément a fllna~'a. puis les lettres initiales et qui englobe des termes védiques.ductI?~ sur l'étymol?gie. Le Trikiil. Plus de quarante commentaires ont ~te ldentIfies.?]. ter~ams. qu'o. L un et 1 autre ouvrages ont été commentés par l'auteur et ont donné lieu a diverses imitations.100 L'ÉRUDITION. Les lexiques de Hemacan~ra sont considérés par l'auteur comme des compléments ~ sa gra~malI'e : le synonymique Abhidhiinacintc'ima1. Ils sont ou perdus. Amara. parole (langage. hommes. on a l'abondante Vai. DansAles recueil~ ho~onymiques. espa~e.e. entités dmnes). VIennent enfin les regles sur le genre. politiqut' et guerre. du XIY' siecle. mer. costume. En fait la liste des lexiques est considérable. L'ouvrage. ~'abord par la consonne finale. Soit .h~ ou le nombre de syllabes régit l'ordre.a d~ exister une série de lexiques anciens. monde souterrain (ténebres. r jusqu'a ~l'époque contemporaine ou de grandes compilations ont été publiées.de classeme?t. en effet. Ces lexiques sont. parures). qui donnent les mot~ comportant pl?s d une acceptIOn (anekartha ou nanal'lha). brahmamques (et bouddhiques). teml?s (et dmsIOns duo temps. autres.1Udharmottara. non sa~s de ~ortes variantes. ~ utthsé u~ glossalI'e s-eeclahsé. Certams de ces VIeUX leXIcographes ont dii lltre la source d'Amara.om de Medinikoia). . Ils sont eux-mllmes versifiés. Les recueils (( synonvmiques» ou les mots sont rangés par vastes catégories sémantiques. Il a attiré l'attention des l' ~ri. telle I?anuscr~t dit de Weber. l'homonymique Anekc'irthasaJ!lgl'a. XYII' slecle également. villes (et malsons). pms les genres.546. puis des' choses). Le traité le plus ancÍen de ceux qui nous sont parvenus.. mots pour ciel (dieux. les quatI'e castes (avec les fonctions et notions afférentes : religion. plantes et forllts animaux (Sil)lhiidi).llnatIf (comme le nom qui les por!e).lavasaJ!¡Jc~epa de. étant énuméré a la suite ~u nom de ~'objet ou de Findividu. parties du corps. ~. le leXIque comprend des mots d'origine védique. ou le classement se fait d'apres la consonne finale. composition).nanvaya d. on ~ndlque le genre des mots.!i qui.ladelanel J qu~ traite d. agriculture et commerce métiers divers f~ jeux). pour tous les lexiques ultél'leurs.jayanti de Yadav?prakasa ou les syn?nymes sont répartis sous les rubriques de ciel. appelle aUSSI Trikiil. terre. Autres lexiques. mllme accessoirement. notamment des mots bouddhiques dont Amara n'avait pas tenu compte. mal~dies.a~phab~ttque. le plus gros reened syn~mynnque ?onnu. mais avec recours a d'autres metres.on s'arrllte souvent ~~ VI' siec. apres une mt~o. qu'on a retrouvé a Kasgar. enfer. du XII' OU XIII' siecle. Les recueils improprement. pensée (~otIOns mor?les.akosa a ét~ utili~é en abrégé par I'Agnipuriil. On en distingue de deux sortes : a. représentatIons drama~lques (muslque. animaux.le. et on trouve en guise d'appendice des sectIOns sur le geme. Rayamukuta au xy' siecle. Il.e varian~es graphiques. ou réduits a l'ét?t de frag~ents.c avec des § 1. § 1. fete~). ~a premiere section comprend les. ensuite par la lettre lllltIale. Les mots mval'lants figurent en queue. tantot au 10catIf. le vaste Nc'inell'thasrtbdalcosa de Medinlkara (plus connu sous le n. par 1 accord ou bIen par dt's termes techniques accolés. et que caractérisaient des définitIons amples. le Sabdaratnasa. dont témoignent nombre ~e cltatIOns chez le~ co~mentateurs. roi. Dn mllme auteur : la Hiil'iival¡. une redactIOn peu serrée. tantot au. pla?tes aquatIques. La troisieme : épithetes (des personnes. homonymes (r~ngés par la finale). généralement sous forme de sloka. LEXICOGRAPHlE. Cet arrangement sémantique a servi d. au XI" siecle. mines). gueillissent. puis un double syste~e .eut-étre faudrait-il remonter au IY" . routes. enfers. notIOn~ co~munes. étoiles). al~'. Sarvananda au XII" siecle. le N(/nelrthelrl.e modele. Nombre de termes rares y sont mscl'lts. et mllme des mots prakrits. enfin d'apres le phoneme mItlal.e Sahaji. p. dont 11 reprodmt 1 arrangement. serpents. malS commodeme~t appeles ~omonymlques. Citons encore. Subhüti(candra) [également au XII' slecle. en trois secti?ns (terre. des instruments de travail a l'usage des poetes. réarrangement du VisvaprakMa. bref lexique partie synonymique. p01S?n). pms d apres le genre. mots invariants (homonymes. encore que de date fort incertaine . et l'Anekelrthakosa de Mañkha (alias : Mankhakosa). Le genre des mots est indiqué par la flexIOn. non.1529) es!. sensat~ons). arrangé selon les syllabes. sources. V. montagnes (pIerres. régions. éclipses). poissons. pUlS synonymes). qui distribue la matlere en hmt sectIOns. Enfin le [(~lpadruko8a. traite des catégories suivantes : termes rehgl~ux jama.1(t! parce qu'il comporte trois sections. noms abstraits. de Kesava.

Les lexicographes dravidiens § 1550. . 7 OO mots. Un autre dictionnaire notable mais moderne estl'Andhra- . des invariants. Tivagarar «Auteur du jour».5 O Plus riche est le Pii¡galandei par Pingalar qui énumere 1 á. intéresse pourtant la lexicographie par les listes de mots qu'il contient. des catégories d'hommes. outre les termes techniques du bouddhisme du Nord.rat~. des formes verbales. un domaine partic~lier : a savoir l'astronomie (-astrologie). Il est de plan analogue al'Amarakosa (5 15á6). § 1548. il se place entre le Tivrtgaram et le NaNNül (XlII' siecle) qui le mentionne. Beschi. rangés par ordre alphabétIque et syllablque. les Kannara ont élahoré eux aussi des dictionnaires de leur langue littéraire. Des lexiques des langues dravidiennes ont été dressés parallelement a la composition des lexiques sanskrits. § 1552. c'est-a-dire y compris la botanique et plus généralement tout ce que le corps humain absorbe comme remede ou nourriture. des O mots. qUl donne. les mots étant rangés d'apres les sujets auxqueIs ils se rapportent.I~ reste P?~r un grand nombre d'ouvrages a instituer des éditions crItiques et a lllterpréter la masse des termes rares ou m~me inconnus qu'ils rec. des synonymes. le P. Il convient de mettre a part le Lokaprakiisa «Éclairement du monde» : ouvrage attribué a K~emendra.lbii). Chronologiquement. ou bien les lllvanants seuls. Postérieurement aux Tamouls. Les plus anciens et les plus nombreux sont en tamoul. (S 1678) sont de date' indéterminée mais peu anciens. le Sabdasiira (XlV' siecIe). :yes principaux sont le Caturiisyanighm. sans doute du XII' sieete : rédigé en vers et fortement inspiré de l'Amarakosa. 103 tentatives pour moderniser la présentation : le Sabdakalpadruma de Raja Radhakanta Deva (1822-1858) et le Viicaspatya de Taranatha Tarkavacaspati (1873-188á). § 1551. qui contient des renseignements précieux d'ordre juridique et administratif. qu'il a forgées afin de mettre ces mots dans un contexte littéraire. On les ?ppeBe d'habitude des NighaJ./(IUfÜ(liimaIJi par l'auteur jaina Mal)(lalapuruc. ' I'Abhidhiinappad'ipikii de Moggallana. de date incertaine. compilé a Bénares par le grec Galanos entre 1786 et 1833. De la période modernenous avons un nombre croissant de dictionnaires. un vocabulaire général ou figurent jusqu'a des formes verbales et des locutions (5 1999). Lexiques vulgaires et moyen-indiens. Les Telugu ont constitué des dictionnaires de leur langue littéraire plus t6t que les Kannara. des catégories d'~tres et de choses aIlant par nombres déterminés et des rimes. noms des dieux. comme les NighaJ. Un des plus connus est l' Uri!i!iiJlnigal. . plantes. Mention spéciale doit ~tre faite du 9aduragariidi. du début du XVIII' siecIe. Un seul lexique pali nous est transmis pour l'époque ancienne. qui range les mots d'apres leur lettre initiale. " Il contient environ 9. C'est le premier ouvrage adoptant ce classement. recueil (également en aryii) d'enviro~ á. n est composé en metre viruttam. n existe enfin de nombreux lexiques qui concernent. b. De 159á est l'Agariidinigai/(lu «dictionnaire alphabétique». qu'il aura ensuite transporté e hors· de tout contexte dans le kosa. le Bhiirafanighal. est d'une utilisation fort malaisée. Le m~me traité enseigne aussi la bonne graphie dan s le cas des mots qui confondent b et v ou bien les trois ordres de siffiantes' enfin il releve les termes douhIe genre. des insectes.ltu védiques. Un Andhrasabdacintiimal. QentaN d'Ambar. et surtout la médecine : celle-cl au sens large. L'ouvrage a été utilisé par Hemacandra dan s sa Deiíniimamiilii. des oiseaux. c'est une sorte de recueil de notes a l'usage de l'écrivain pubhc : modeles d. ou Prakriyiikaumudi est attribué au poete Nanniah du district de Vengi qui vivait sous le roi calukya Rajarajan¡y'endra (1022-1063). a § 1549. Dictionnaires kannara. lllslstant sur les termes de la vie courante. les «Quatre dictionnaires». n est moins riche que le précédent (11.102 L'ÉRUDITION.li.000 mots) mais plus populaire.elent. Sur les lexiques du tantrisme. d'une syIlabe. Dictionnaires telugu. Au début du XVI' siecIe (vers 1520) appartient le Nigal. un grand nombre en fait sont des mots d'origine sanskrite avérée. qui donne en ordre confus des noms. sous sa forme actueBe. Hemacandra a rédigé une glose sanskrite suivie de citations versifiées. En prakrit. Dicti. En un mauvais sanskrit melé de persan et de parlers vulg~ll'es.e cont. des choses. mais qui. Il est dü a Qidambara RevaI}al(ittar. nommé d'apres le nom de son auteur. qui groupent les mots pouvant se présenter sous deux formes. contient du matériel nouveau. Un glossaire synonymique. Les principaux dictionnaires de matiere médicale. édits et lettres. Le Tolkiippiyam~ grammaire et non dictionnaire. ne saurait avoir précédé ~e XVII' siecle.ltu (vers 1600) et la Sabdamañjarí par Tótada. D'autres dictionnaires ont été composés avant le XVI' siecle. n est un peu antérieur au milieu du VIII' siecle. parfois arbitraire. queHe que soit la nature du doublet. comme le i)abdapralciiSa de Mahesvara.OOO desí ?u «régionalismes» (5 115). des corps célestes. L'ouvrage. Certaines portions sont sous forme de leXlque.l{U de Bomma~(vers 1300). : il peut arrive~ que ces termes dérivent de quelque passage httérall'e auquel le leXlcographe aura imposé une acception approximative.onnaires tamouls.1~u par KangeyaN (sans doute début du XVII' siecIe).1aN. v. rédigée en vers iirya. des lieux. dü a un européen. mais sont perdus et ne sont plus connus que par des citations de commentaires. alllSI la l!fahiivyuiJ!a~ti ou . LEXlCOGRAPHIE.« Grande analyse». Le premier dictionnaire proprement dit est le Tiviigaram. en tamoul VlramamuNivar. 5 856. Que~que~ I~Xlques ont été faits pour des textes du bouddhisme sansknt. le lexique le plus ancien (x' siecle) est la Piiiyalacchiniimamiilii de Dhanapala.e date lndétermlllee. Lexiques spécialisés. d.lfu. composé sous le patronage d'un púnce. un vlra9aiva. Il est formé de dictionnaires de mots. On a des sortes de glossaues orthographiques. Il est extr~mement réduit (287 stances ve/. riche répertoire en pros e. D'~utres lexiques recueillent les mots.

tout en mettant en lumiere certains problemes logiques _ l'upamii des stylisticiens a la m~me structure que l'upama des logiciens _ et en donnant un tour plus aigu a la définition des valeurs du mot (8 1514) [M.-. Diwekar) et. ainsi que les groupes de trois ~yIIabes qui servent de base a son découpage métrique. Autres traités.:e sa ~escription des ~etres védiques_ d'un manuel classique. Cependant. soit sans gatla (miitriichandas) .de la c~~pa­ raison et de la métaphore.cor~espond a ~kr. la terilllnologIe en eS.t~in. Le huitieme et dernier adhyiiya contient une sorte d'arithmétique. exposé des défauts et des qu~htés dans l~ métnque. L'AlamkiiraSiistra a dli se développer lentement. qui a peut-étre joué un róle dans le progres des mathéma~iC(Ues indiennes (AIsdorf).104 XVIII· L'ÉRUDITION.ont . fondés sur Pmgala. L'Ala/!llciirasiistra «8cience de l'ornementation (littéraire)>> ou Siihityasiistra «8cience de la composition» (un nom ancien parait avoir été kriyiikalpa). et des fleurs de rhétorique. et en metresmesurables par la quantité syIlabique (~kfa:acc. pa~ Ailllrdasagarar du XI' siecle et le Ta~l{liyalaligiiram ou «Llvre de Dal)~Ill sur les ornements de style» (tam. selon le procede qm sera failllher aux mscnptions et aux colophons des manuscrits.al. Les origines. croit-on. OpposltlOn. (cf. b. am~l. Un traiÚ de métrique prakrite est attribué a ~irigal~ : on l'app~ne de son nom le Priikl'tapaingala. Comme nombre d'autres sciences. qm marque le point de départ des ala1?ikiira. la poétique est censé e provenir d'une origíne divine. ou les metres sont mis en paralleIe avec les influeuces émanant des diverses planetes. n n'y est fait aucune aUusion dans le Veda. comme l'indique le rai! qu'on l'a attribué concurremment a Kalidasa et aVararuci : les vers qm décrivent les différents metres servent en m~me temps d'exemples pour ~hacun d'eux. D'origine composIte. qm falt autonté dans ce domame et que Halayudha a. Les métriciens sanskrits et priikrits § 1553. un texte tel que le Chanda?/siitra de Pirigala fait ~ui.e dans la Brhatsa1!lhitii. le Vrttaratniikara de Kedarabhatta (antérieur.noms é~oqu~nt une valeur numérique. y = v . On a une section similai.lacchandas) . 3. Pirigala désigne au moyen de lettres la bréVlté ou la longueur. Pal}in~ et Yaska traitent l'un et l'autre de 1 upamii ou «comparalson». Le Srut~bodha n'est pas moins estimé.. BhaHacharya.. aI. 105 bhii:~iir~lava par Nudurupati Verikatanaryudu de la seconde moitié du siecle. c'est-a-dire la poétique .le ~ha­ pitre 15 du Nii{yasiistra et . tels le YiipparUligalam le «Vase precIeux de la voésIe». ~'ouvrage de Piúgala a été commenté ou ImIté un grand nombre de fOIS. au XI· siecIe). ala fi. ~ux noms ésotériques de la métrique du Veda. POÉTIQUE § 1554. c'est a basse époque qu'on la comptera comme le septieme «membre" du Veda.uis a l'érotique. Kavyapuru~a td'homme-poésie». La phllosophle a mfluencé la théorie du rasa. ~la~!lkiira).~e 1 Agmpuratla. donnant la maniere de calcul?r toutes les combinaisons prosodiques p~ssibles (les pratyaya) . ainsi m = . n existe aussi un Chando'nusiisana de Hemacandra.il faut éviter le terme impropre de rhétorique . luim~me se chargeant de la dix-huitieme.. Piligala. yc'ippu. L'exposé des regles de la poésie. le Vrttajiitisamuccaya de Vlrahaúka.. ~Citons enfin le Suvl'ttatilaka de K~emendra (XI· siecle). 4. Les traités classiques continuent les données védiques sur le metre (§ 611). Ksemendra cite un grand nombre d'auteurs. par. lalssent VOlr une tradltIon poétique bien fixée. . ~t par rapport au vieux VediiJiga. e. les Hymnes. Les métriciens tamoula § 1555. soit avec des ga~1a ou groupes fixes de trois syIlabes (gal. transmirent l'enseignement aux hommes. Cet ouvrage verslfié. p. Pirigala connait environ 16 O ~etres : ce nombre éleve. qui traite de maniere précise de métrique prakrite et apabhraIp. aV!lc exemples littéraires.d. la Chandoviciti de Janasraya. ou la descnptlOn § 1556. qui a ~our~i plusieurs descriptions et fécondé la théorw du rasa. Des 'tr~ités plus récents s.t a~errante. Tous les métnclens ultérleurs développeront la théorie des pratyaya. supposent une ébauche d art poetIque (B. Les deux ouvrages en tout cas sont paraHeIes parce qu'ils sortent d'une m~me inspiration mais aucun des deux ne saurait passer pour la traduction de l'autre. C'est a Pirigala que remonte la division en metres mesurables par mores.t décrlvaIl:t les j eux numériques qu'eBes autonsent. aI# . qui utilise des symboles complexes. dont la Kiivyamimii1!lsii nous précise les modalités : le fils de la déesse 8arasvatI. POÉTIQUE. qui attestaient un usage étendu . en trois sections : description des metres. en se nourrissant d'éléments empruntés a des disciplines plus anciennes : tout d'abord a la dramaturgie (8 1579).sa et qui représente une école distincte du pseudoPingala. s'accompagne d'exemples nombreux.les chapltres 328-3 34 . De date indéterminée. Enfin.. la Chandomaiíjarl de GaIlgadasa. avec exempl?s empruntés a~ ouvrages de l'auteur. m?is par de~ . c est-a-dlre poete a la fOIS en sansknt et en tamoul et il aurait composé sa rhétorique tamoule concurremment avec son Kiivyc'idarsa. en aurait enseigné 17 sections a 17 r~i qui. formen~ ~es sujets d'ouvr~ges spéciaux.a été fixée apres l'époque védique. non plus d'aiHeurs que dans l'épopée. l'un et l'autre mais ce dermer surtout. MÉTRIQUE a. commenté au x· siecle. Hiriyanna].ue. D. que le caractere littéraire des noms qm leur sont aff~ctés. K.n dela période védiq. § 1559) aurait été ubhayakavt «hl-POete». appartient sans doute a une époque récente (?n a pens~ au ~IV· siecle) : il est donc apocryphe.handas). n est notable par contre qu'il ignore le nom de Sloka dans son acception technique. Le nombre de syUabes est noté non par des ch~re~. ce dernier fort populaire. les miitrc'ichandas en partIcuher se presentent avec un développementbeaucoup plus important. emploi des metres d apres les dlvers genres IIttéraires. Enfin les spéculations grammaticales ont laissé 4.

?1VlSe en 6 parlcche~a. patronnée par un ~lOm Illustre. Rédigé en d. dont il a pu trouver les éléments chez Bharata et ses premiers cgmmentateurs. le KiivyiilaT(lkiira. on ne croit plus aujourd'hui § 1558. 9'est en ~ffet Bharata . Vamana. impliquen~ l'eXIstence d'une théorie. quoique sous une forme sc~ématique et vue. estime que Dal}~in critique implicitement les innovations de Bhamaha. a été combattue par Jacobi : la concordance singuliere entre les deux ffiuvres semble due au fait que Rudra a plagié Rudrata. On dIscute s Il a serVI de modele au Bhatttkavya. apres d'autres auteurs. fournissent une permane~te et . L' ArthaSiistra atteste s~r un p~lllt p~eCl~ . l'ouvrage. sous l'angle du théAtre. § 1835. Également du KasmIr. dont ces mémes ffiuvre~" et . la dramaturgie avait édifié une doc~rine ou . celui de Medhavin.W.u~ contact avec la poétique (Kaut. indépe~dante aux premiers siecles de 1 ere.la. ouvrage en 4 chapitres (uddyota) contenant un commentaire en prose sur des versets (kiirikii) dus a un auteur distinct. § 1559. soit au IX' siecIe (Pischel). une théorie complete de la poétIque de type «~nclen»: Des commentaires de Bharata un seul est conservé en sa totahté. que commenterent Vallabhadeva au x' siecIe. a fait l'objet de commentaires nombreux. ~har~ta.discipline. rédigé en versets suivis d'une glose). Le kasmrrien Ánandavardhana qui vécut au IX' siecle au témoignage de la RiijataratigÍ1. Rudrata se place sans doute apres Vamana.a ~Ul~er du jour ou la pression de 1'usage 1 a amenee a se constItuer en dIscIplIne indépendante. qui a été traduit en tibétain. La datation de Dal}~in. 1. d'autre part la relation avec Bhamaha a fait l'objet de maintes controverses.Ifnaga ~. Aucun commentaire n'en subsiste. au premier rang. fut le contemporain et le rival de Vamana. qui a sa place auto no me dan s l'histoire de la poétique indienne. et a été commenté lui-méme par PratIharenduraja et Rajanatilaka. On a présumé que Bhamaha etaIt. Clair et de doctrine bien arrétée. 107 partout leur empreinte : les faits de langue ~bondent dans les trait~s de poétique. groupés aux chants 10 a 13" sll.le Bh~i!ikiivya. probablement kasmírien. celUI d'Abhinavagupta.la poétIque ~' a eu qu'.cal' la poetIque vaut pour la prose comme pour les vers . etc. Bharata et Bhamaha. ou deux auteurs"Bhamaha et Vaman~. nlais assez modernes. Ouvrage de grande pénétration esthétique. dont 1 un reVIent avec q. dont les exemples. l'ouvrage constitue la meilleure initiation a la poétique sanskrite.. Le Kiivyiila/¡lkiira (5 adhikara~la et 12 adhyiiya). Udhhata. § 1557. Asvagho~a connait. auteur du § 1560. POÉTIQUE.ivent d'as~ez pres ses enseignements. MaIs ce qUl a éte dec~sIf pour la fixation de la poétique est l'impulsion venue d~ la dramaturgIe : codifiée bien antérieurement. la connotatIOn. De. rédigé en aphorismes (sütra) que glose une vrtti due a l'auteur lui-méme.he~es approfondies sur les parties du dlsc()Urs. Si l'épopée n'use encore que de ~gures simples. qui en est la ~aison d' étr~ . on le croit kasmírien. puis Namisadhu et Asadhara. fournít les prelllleres notIOns de poétIque d~ns ses adhyiiya 6 et 7 (le ras~ ~t les bhiiva) et surtout dan s son adhyaya 16 (exposé des alamkiira amSI que des lak~a/. La poétique a ~ü se constituer en . il est distinct du grammairien du méme nom. tout en développant les vrtti d'Udbhata. a donc lieu de croire que le~ prellllers the?rlClenS dont les ~~vres nous sont conservées (fin du VII' sIecle au plus to~) ont eu des pre~ec~s­ seurs : ils citent d'ailleurs des noms. l'ouvrage représente ce qu'on a dénommé l'école de l'alaJ¡lkiira.émontré qU. qu' on appelle le dhvanikara. Dans son traité en 16 adhyiiya.!i. familieres avec la poétique.té a la. Anandavardhana et Mammata.lll~p. phraséolo~Ie de DharmakIrti (Jacobi. au kiivya. § 1561. 10[28]). il atteste les premieres tendances de ce qu'on a appelé l'école de la rlti. S. les rui de Vamana et en donnant une place prépondérante au rasa.dépendent dans une mesure croissante des regles. L'auteur était apparemment du Sud. apropos du drame (§ 1580). Udbhata et Rudrata.p~incipa~e. Divisé en 3 pariccheda (4 dans l'édition de Madras). de DI. L'identité de Rudrata et de Rudra(bhatta).lllsable IUustratIOn. Tout en mettant en évidence la théorie des gU1. et ou l~ Srhgiiraprakaia déploIe des t. coauteur de la Kiiiikii (Malati Sen).qui. il suit que DalJ~in pourrait étre antérieur au IX' siecIe. a son identité avec l'auteur du Mrcchaka[ika). ~o~ddhlste. Mais c'est avec Bhamaha et son Kiivyiila/rlkiira «Les ornements de la poésie» que commence la longue série des ouvrages de poétique. gu~w et do~a). Auteur du Kiivyiila/!lkiirasiirasaqlgraha (en 6 varga. Le trait distinctif est la théorie des vrtti. il se montre le tenant de la vakrokti. illustré d'exemples savoureux pour la plupart inventés par l'auteur. epIco-lynque. Le chapitre final donne en liaison avec Pal}ini des regles pratiques de grammaire et de stylistique (incidemment de métrique) a l'usage du poete. De certaines citationsdu Kiivyiidarsa qu'on trouve a partir du IX' siecle et de ce que Vamana semble l'avoir utilisé. et qui doit étre du VIII' siecIe (J acobi). gnomI~~e méme. les prlllcIpes de la dérivation. Dal]~in et Vámana.uelqu~ ~nsIs­ tance. ce qUIle placera. ainsi que les commentateurs le reconnaissent : d'ou résulte que le Kiivyiidarsa appartiendrait a la premiere moitié du VIII' siecIe. qui a accrédité sinon fondé l'école .106 L'ÉRUDITION. On trouve en somme chez Bharata. ny Kiivyadarsa «Le miroir de la poésie» (ainsi que du Dasakumiiracarita. doit avoir vécu entre le milieu du VIII' etle milieu du IX' siecle. dont les deux derniers décnvent des erreurs de loglque et de grammalre en poésie.apres T~CCl). n a composé aussi un commentaire (perdu) de Bhamaha dont il systématise les idées. ~ii~ier a d. les romans en prose de Subandhu et de BaIJa . il précede Ánandavardhana qui le cite. qui cite Bhavabhüti et est cité par Rajasekhara. leur ont consacré un chapitre spécial. a laquelle on a cru. K.es Sloka plut6t obscurs. reste l'un des problemes épineux de la chronologie littéraire.It_ vers la fin du VII' siecIe. auteur du Srf¡giiratilaka. ~éja ~es for~~s qui. est l'auteur du Dhvanyiiloka. paraUelement a la poésIe raffinee. La date s'en laisse fixer approximativement par le fait que les traités ulté~ieurs l'ont utilisé et qu'il aura~t lui-m~me emprUl. Toute la poesIe lynque. développe les doctrines de Vamana et précise les tendances de «l'école de la rltí».e les prasasti ou «laudatIOns» de 1 epIgraphIe etaIentj des les ongllles. kasmIrien d'origine.

mais dans l'ensemble il suit de pr~s Mammata. avec son Kiivyiinusiisana ~L'enseignement de la poésie» (en 8 adhyiiyaj rédigé en sütra avec une glose appelée Ala1J1kiiracü¡Jiima~¡j et un commentaire appel. Nagoji a commenté l'ouvrage au XVIII" siecle. kasmlrien. XIV" siecle . qui CIte 1 autre Vagbhata comme son autorlté. § 1564. C'es! ainsi que Bhattanayaka dans son Hrdayadarpa~za (texte perdu. auteur de l'Ala1!lkiirasarvasva ~La totalité des ornements poétiques». qui ¡ntro- § 1563. sont postérieurs au VIII· siecle. relatant la gIoire de Nañjaraja j I'Ala1pkiirama(lÍhiira par I4'~l)abrahmatantra Paral{iilasvamin (XIX" siecIe). d'un philosophe comme JagadIsa. ~ Plusieurs littératures indiennes ont développé un AlaIpkarasastra adapté du sanskrit selon les exigences de la langue et de la métrique qu'eHes utilisent. Enfin Bhoja(deva). ce manuel a joui d'une vaste diffusion. tandis que Mahiman ou Mahimabhatta. de Vagbhata senior (5 pariccheda. Une ere nouveHe prend place avec l'Ujjvalan lamm. La poétique entre les IXe et XIIe siécles. ils sont cités par Anandavardhana.428 aphorismes ou versets. On connait de Ruyyaka plusieurs autres reuvres de poétique. Un groupe d'reuvres ne traitent que du rasa . Achevé par un certain Alaka ou plutÓt Allata. en 2. la synthese autour de cette notion nouvelle de toutes les doctrines précédemment enseigriées. et par suite d'annuler. auteur du Sarasvatlka/l!hiibhara~za. e~ 8Ü!ra. se propose d'expliquer.ainsi les __ Rasama~jar¡ et Rasataraizgi(1I de Bhanudatta. connu aussi par son commentaire de Bharata et par son activité dan s le domaine du siva'isme du KasmIr (S 1296). qui s'appuie sur l'AfJni et comme ce dernier ignore le dhvani. On signale surtout pour le hindi. dont plusieürs commentaires sont connus. a peu pres contemporain.!Í de Rüpa Gosvamin et ouvrages analogues. L'Ekiival! de Vidyadhara (en kiirikci avec glose). qui sur certains points se réfere a une doctrine dont il n'y a pas trace ailleurs. et l'un et l'autre relevent de tendances antérieures au dhvani. fin du XI· siecle._vu qu'ils attestent des emprunts aDal}~in j d'autre part. demeuré incomplet. Un ouvrage fort populaire est le KiivyaprakiíSa ~L'illumination de la poésie».a~" fondé sU!-'tout sur Mammata j le ViifJbhaliila1[1lciira. 109 du dhvani. qui suit le modele du Pratüpa' précité et OlIles exemples mis bout a bout forment un drame complet. ce vaste ouvrage. des poéticiens Ruyyaka et ViSvanatha. en versets) j le Kiivyiinusiisana. Le ViMudharmottara a aussi un chapitre de poétique. forme un clair et populaire épitomé. Les chapitres 336 a 346 de l'AfJnipurii~za qui traitent de poétique. en 1592. en 36 prakasa J qui constitue une véritable encyclopédie de la poétique. S 1564 un autre ouvrage attribué au méme auteur. Kuntala (Kuntaka).é Vivek. l'ouvrage en forme de versetskiirikii (appelés souvent sütra par les commentateurs) accompagnés d'une glose. le plus considérable en tout cas le SrÍlgüraprakaia de Bhoja(raja). a donné Heu a une cinquantaine de commentaires (sans compterles anonymes). le Pratiiparudrayaiobhil1mJ. qui apporte a la définition de la poésie des caractéristiques ingénieusement rajeunies et soumet toutes les théories antérieures a une critique assez pénétrante. ouvrage en 10 pariccheda.et singulierement du rasa srhgiira ~érotique». considéré cpmme l'essentiel. a falt a Hemacandra des emprunts littéraux considérables. probablement du début du XIV' siecle : fort peu original.tilaka de RudrabhaHa (S 1560). est fort riche en citations de strophes sanskrites et prakrites (apabhral!!Sa. fin du x' siecle ou début du XI· siecle. ~ 1562. ce texte. du brahmane kasmlrien Mammata. dUXI· siecle. Pour les périodes plus récentes. apartir du xvI" siecle. en 10 mayükha. antérieur probablement aAbhinavagupta. XVI" slecle.lciiratila~a) : ce dernier. auteur du Vyaktiviveka. XIII" siecle. un mouvement dont le promoteur fut Kesavdas Sana(lhya Misra : on lui doit un Riisikapriya. kasmlrien. entre Ruyyaka et Bhoja. L'ouvrage comprend 86 sütra (peutétre l'reuvre propre de Ruyyaka) et une glose que la traditíon du Sud attribue a MaiIkhuka ou MaiIkhaka. doit 8tre identique au roiBhoja de Dhara . la Rasamañjarl de Bharatacandra (1712-1760). en 1 Oulliisa. le dhvani en l'enfermant dans un raisonnement d'inférence. furent malgré leurs mérites éclipsés par le SühityadarpaJ.za ~Le miroir de la composition" de Visvanatha (du KaliiIga). du X'-Xl e siecle. bien connu Hemacandrá (premiere moitié du XII' siecle).) Ruyyaka (alias: Rucaka). Pour le bengali. C'est la systématisation de l'école du dhvani.1a de Vidyanatha (kiil'ikii et glose). qui insiste sur les ala1]lkiira. Le Candriiloka de Jayadeva (XIII" ou XIV' siecle). qui se bornent adonner une forme nouvelle aux enseignements antérieurs (comme les Kaumudi du domaine grammatical) et quant au fond laissent prévaloir les tendances éclectiques et le zele indéfini a subdiviser. que commenta le célebre glossateur Mallinatha. Le premier traité sur le sri1fJiira parait avoir été le Srilgiira. parmi lesquels se signalentles aJUvres d'un grammairien tel que Nagojlbhatta. peut étre considéré comme le dernier grand nom de la période créatrice. Le succes de l'école du dhvani n'a pas empéché I'éclosion de théories marginales. développe le systeme de la vakrokti. premlere mOltIe du XII" slecle. n y a d'abord le groupe jaina : on retrouve icí le nom du polygraphe . probablement de la fin du XIII" siecle. de Vagbhata junior (5 adhyiiya. citons le Siihityaratniikara de Dharmasüri . avec une glose nommée Ala'!l. Les compilations récentes.108 L'Én UDITION • POÉTIQUE. qui_ se fondent sur le chapitre 5 du Candrriloka et ont été commentées par Asiidhara. les Kuvalayiinandalriirikci ~ Versets (sur un commentaire appelé) Kuvalayanda» par Appayadik~ita (S 1279). le Nañjariijayaiobhilfa~w par Narasil~hakavi. en 1602 : ce dernier en 16 livres et plus pro che de la maniere sanskrite. Mais le dernier texte important est le RasafJañgiidhara de Jagannatha.' v. énorme compilation sur les figures. dont l 'activité se situe sans doute a la fin du XI· siecle (De). et un Kavipriya. postule le bhofJa comme base du fasa. mais condensant cIairement les résultats acquis.(XV" siecle) en 10 tarahfJa. Les manuels spécialisés. rédigé en kiirikii. l'Ala1[1kiirasarvasva de Kesavamisra. Daté de la seconde moitié du XII' siecle. Ánandavardhana a trouvé un commentateur remarquable dans Abhinavagupta. XVII" siecIe. du théologien Gokulanatha. marque un certain retour a l'école de l'alamkiira et met en évidence la vicchitti. auteur du Vabroktijtvita (kiirikii et glose). Apres Ruyyaka on arrive a la période des commentateurs et des compilateurs. C'est un texte éclectique. peut-étre un commentaire de Bharata).

ues indiennes. donne des modeles pour la narration. n lui faut. l'ere du dhvani et enfin celle que marquent le développement du dhvani et les réactions qu'il a suscitées. exactement comparahles aux parures que revétent les humains. faits inventés. Le nomhre des figures lui-méme a fort varié : on part de quatre chez Bharata (upamct«comparaison». Plus généralement on reconnaitra dans le dhvani le pivot des doctrines indiennes.enfin suivant la forme: la description de Bhamaha. de 800 a 1. rüpaka «métaphore". Mais ses ohligations sont lourdes.567. terme central de la philosophie poétique (T. Le kiivya se différencie d'ahord suivant le langage . posséder la lexicographie synonymique et des rudiments de plusieurs sciences profanes.). l'abhineyiirtha qui emhrasse tous les genres dramatiques. dont il est décrit 32 modes différents. qui ahoutit au savoir sacré. de Bhamaha a Anandavardhana inclus. Udhhata. Le livre se termine par un exposé sur les conventions poétiques. Suit une période de systématisation. que suit une curieuse justification du plagiat. n y a un chapitre de grammaire. . de la seconde moitié du· XI" siecle (on discute son identité avec le philosophe sivai'te K~emaraja). Outre la poétique. le caractere. enfin du dhvani (Anandavardhana). il vise a imiter le cosmos. sous réserve que les mouvements qui les définissent s'imhriquent les uns dans les autres et ne circonscrivent pas des écoles rigides.110 L'ÉRUDITION. l'Agnipurii~la imaginera des figures mixtes (i({bdiirthlilaY(lklira). qui sont censés employer ces langues). § 1314). qui traite de métrique et de grammaire. activité non point naturelle mais résultant d'un concoUI'S d'actes intentionne.xIII" siecle. sur l'apprentissage du métier. fut le Kasmír.. mais encore par l'immortalité.L'ensemhle des ouvrages de poétique dépasse le chiffre de 800. marqué e par les noms d'Ahhinavagupta. prohahIement le Heu d' origine. données d'ordre technique . le poeme traduit d'ahord la structure de l'étre physique : il a un corps. mais avant tout de pouvoir» (sakti) . n est partie d'un tout. Enfin la période scolastique.800. en second lieu suivant le sujet .ucitlfa~iciiraJ ouvrage ?e critique !ittéraire. Régi par les lois de la poétique. énumere le sargabandha ou mahlikiivya «poésie épico-Iyrique» (dont il est fourni des regles tres strictes). cependant les détails. et qui a son point culminant avec Mammata. de l'inspiration poétique. une Ame. une description de la vie et des devoirs du poete. comme le sacrifice védique.kara (proprement kiivyiilal!1kiira «ornements de la poésie. désigne les figures poétiques. auteur de l'A-. dont le représentant a haute époque a pu étre Dal). Le centre actif. de Kuntala. la kathii et l' c7khyliyikii (mal distinctes entre elles) qui englohent les formes narratives en prose. On y trouve des définitions et classifications de la littérature. prakrit ave e ses quatre variétés principales. en outre. r (sanskrit. La période de formation qui va jusqu'a Bhamaha et ou lá poétique et spécialement la these du rasa a dli sor14r peu a peu de la dramaturgie. et l'on délimitera l'époque pré-dhvani. «la concentration» (samctdhi) et d'exercice» (abhylisa). des données sur les divers types de poete. des IX" au XI" siecles. il doit connaitre a fond grammaire et métrique. auteurs jaina.566. Ce type d'reuvres remonte au polygraphe kasmIrien Ksemendra. Sreekantaiya). N. 111 duisent dans la théorie du rasa les themes de la dévotion visnuite (cf. qui met a la source du sentiment poétique l'aucitya ou «propriété». enfin l'anibaddhaklivya ou «poésie discontinue". des VII" au IX" siecles. l'éducation qui conviennent au poete. On assure que le poete peut dans des cas privilégiés échapper au saJ!lsiira J accéder de plain-pied a la délivrance._de la rui (Dal)~in. Kc7vyamfm(l1!lSii ajoute la bhütabhc7fii et classifie selon les régions et les types d'etres. les ohhgations. a fixer un contact émotionnel entre l'individu et ces normes (pramih.incidents d'ordre huma in ou divin. sur un miHénaire entier. qu'apres Bhamaha les auteurs répartiront en ¡fabdlilal!1kiira «figures de mot" et arthiilaJ!lkiira «figures de sens».. si on laisse de c6té la période ohscure des origines. lequel donne naissance (ou équivaut) a la pratibhii (proprement «iHumination»). celle qui a survécu a toutes les vicissitudes .(padya) . attrihuée a Rajasekhara (fin du IX" siMe) . par les honneurs et la faveur des femmes. manuel en style mi-sütra. dont l'ensemhle forme la vyutpatti ou «culture". Le domaine de la poétique.1u) qu'on retrouve sous-jacentes a l'ensemhle des techni<J. qui édifie les méthodes de l'alaJpkiira (Bhamaha. mi-bhiifya (type Arthasiistra) qui a joui d'une certaine popularité et ahonde en citations peu connues. et qui monnaient l'antique concept de loi cosmique (l'ta). Vamana).' Un autre groupe est formé par les poéticiens qui se proposent pour hut principal la kaviiilCfii ttl'instruction de l'(apprenti) poete». amplifiée et altérée par ses successeurs. ont été fort sujets a varier. a partir du XII" siecle. § :1. mais aussi la prose (gadya) ou les textes mIXtes (mtsra J techmquement campü). Les alaIp. celle de la décadence.). POÉTIQUE. Sur un plan plus vaste est la Kiivyakalpalatii d'Aris~lha et Amaracandra. L'artlittéraire. concernent comme elles le corps (sarlra). c'est-a-dire les poemes hrefs. 18.565. la méme OU les désignations demeuren t (Nohel). exposés avec une minutie souvent déconcertante. K~e­ mendra. la compréhensive ou critique (bhiivayitrT). Rudrata) . La période créatrice. La gloire du poete se manifeste non seulement par les récompenses matérielles (parfois considérahles). un soufHe vital.lrhabharalJaJ qm precIse le mode de VIe.ls. dont une variante phonique apparait des le flgveda avec une nuance différente. etc. postule le paurufa de travail humain» a c6té du divyaprayatnu «secours divin». ils s'étendent. d'autre part. etc.~C'est la mieuxiétablie des doctrines poétiques indiennes. Le terme. Ce serait la portion initiale (premier adhikara1]a J intitulé kavirahasya) d'un vaste traité qui devait comprendre 18 sujets. Mais l'ouvrage le plus original est la Kiivyamlmiil!lSii «L'exégese de la poésie». apabhral!1su. la créatrice (kiirayitrli). § :l. enseigne la méthode pour faire des paronomases. ~t du Kavikal.~in. plus récemment on a une école du Sud. § :1. dont R~jasekhara distinguera deux especes. elle-méme se divise en 18 adhyiiya. humains ou divins. non l'Ame (litman) de la poésie. La poétique emhrasse. dont l'ensemhle se répartit en littérature d'inspiration poétique (kiivya) et littérature didactique (Sc7stra). etc. d'imagination». non pas seulement ~es texte~. du rasa (Bhattanayaka. est au service de la connaissance de l'étre et en méme temps de l'univers. versifiés . On distinguera avec De quatre périodes.

les cinq figures qui constituent le fond de la théorie. qui d'apres Dal.. li~it~ ou il. le yamaka 10. «ayant vu la lune. udüratü «.chose déja comparée»). caractérise toute la littérature élaborée de l'Age classique. ti § 1569.a vole vers ton visage» (bhrantimant «erroné»). Les do~a chez Daw. Les théoriciens discutent aussi sur la combinaison (sa~~r~ti). DaJ)(lin les désigne comme des éléments constants (nitya). un objet sous des angles différents. De bonne heure cependant on cherche un principe unitaire. saulcumürya «douceur des sons" et .]. la meilleure des figures au témoignage de Dal. da vie» méme de la poésie. ~our Rudrata la vakrokti ~'est au~re qu'une «équivoque» fondée sur un Jeu de mots ou sur une llltonatron (kaku). le cakor. remontant peut-étre aux hymnes du Veda. avec une valeur différente. Clcroyant que c'est la lune. kanti «richesse du vocabulaire» et ((prééminence des rasa". «ton visage porte la beauté de la lune» (nidarsana ((illustration»). que Dal. la samasokti a suggérer un transfert d'attributs en notant ~es conco~dances. Voici.1a ou «qualitésll (poétiques) et celle des dix do~a ou Cldéfauts» forme depuis Bharata un lieu commun de la théorie. ayant rapport a l'Ame de la poésie.). pour le mot et pour le sens.1üma«évolution»). § 1568. Pour Vamana. Un alamkara important.licite. on range sous certains chefs majeurs les figures de mot et de sens (ainsi.. ainú le cakora et l'abeille volent vers ton visage" (ullelcha). estle Sle~a ou paronomase.1a n'ont jamais été nettement distingués des ala1!lküra. et les tenants de l'école du dhvani excluront ceux des alal¡lkara quí leur paraissent ne pas produire de rasa.). les eneurs grammaticales y occupent une certaine place. Tout porte a croire que la poétique est née d'abord d'une description mécanique des figures. ton visage regne sur terre» (prativastüpamü «comparaison corrélative»). da lune est comme ton visage» (prat/pa «lcomparaison] inverse. on propose une exphcatlOn générale : chez Bhamaha c'est la vakrokti (d'expression courbe»).((.«homogénéité de construction» et Clsuite dans les idées". ces derniere~. ce que donne l'éloge de la beauté d'une femme énoncé selon les principales figures poétiques : «ton visage est comme la lune» (upama). l'ullekha a d~crir~. dont l'emploi. «ton visage brille toujours. en particulier les gUJ. emprunté a De.l\lin érige curieusement en une figure poétique. 1 utprek~a a le retracer par vme d Image. chaque gUJ. Bhoja et Vidya- . les alUl¡lkara sont considérés comme un élément accessoire : déja Va mana les traite simplement comme des éléments qui exaltent le charme créé par les gUJ.de deux: ou trois figures en une méme proposItlOn. qui désigne une allitération distincte du yamaka.). pour Kuntala la vakrokti constitue l'alar¡lkara par excellence. chez Vamana. autrement dit d'une série de recettes a l'usage du poete (Jacohi). § 1570.est l'atisay~kti d'expression en exces» (qui désigne aussi plus spéClalement d hyperbole». l'upama par exemple ayant 5 subdivisions (plus tard jusqu'a 32).1a vaut. Par opposition a ces derniers.1a et les do~a. samüdhi «symétrie» et «perception du vrai par concentration d'esprit". da lune regne au cíel. MaIs a partIr du Jour OU le dhvani et le rasa concentrent l'attention des poéticiens. etc. . «est-ce ton visage ou est-ce la lune 1" (sUI¡¡deha «doute"). 8le~a «coalescence" (des mots et des idées). da lune est comme ton visage. «par ton visage de lune la chaleur de la passion est rafraichie» (parÍ1. a savoir ojas ((structure serrée des mots" et «plénitude de l'idée».Ia.l<)in). sur terre ton visage» (dr~lünta «exemple. a souligner une divergence entre deux: choses par aill~urs analogues. r~levent de l'aupamya «notion comparante»). type d'allitération. Les gUl. Dans tout cela les définitions varient a l'extréme. «voici la lune.. «ton visage joliment marqué d'yeux: noirs et paré de la lumiere du sourire» (samüsokti) . qui se manifeste dans tous les aspects de la forme poétique. Pour Abhinavagupta le signe commun des alarf1kara . «c'est vraiment la lune» (utprek~a). mais la lune brille la nuit»(vyatireka Clcontraste. da lune est pAle devant ton visage» (aprastutaprasar¡lsa douange non exprimée. a indiquer des effets dont on laisse deviner la cause' la vise~okti. Nombre de ces notions lI: e sont autresque des articulations logiques ou des mouvements émotlOnnels Sans aucun support stable dan s le style. association d'un seul attribut avec deux: ou plus de deux objets ou inversement de plusieurs attributs avec un méme objet). le sens du mot et celui de la phrase. vicchitti ou bhailgi«rupture» ou encore camatkaratva «émerveillemenh a préciser l'essence du charme poétique.I'ak~ep~ (<<objection") est une parahpse. et le terme s'oppose a svabhavokti d'expression naturelle". Les théoriciens ultérieurs cherchent par les approximations de vaicitrya «diversité-étrangeté».. POÉTIQUE.lin se divisent en défauts concernant le mot el la phrase. Ce sont avec l'anuprasa. «c'est une seconde lune" (atisayokti) . (on nle une chose pour la mleux faIre entendre). grAce de la pensée". je ine suis rappelé ton visage" (smaratla «souvenil'll). da lune de ton visage" (l'üpaka) .l<)in «accroit le charme de tous les a~tres". ((la lune el le lotus sont vaincus par ton visage" (tulyayogitü). «ton visage ainsi que la lune se réjouissent dan s la nuit» (dlpaka) . ton visage comme la lune» (upameyopamü «comparaison de la. voici le lotus. d'autres aux: sens. les poéticiens récents énumerent par développements successifs jusqu'a une centaine d'autres avec d'innombrables variétés. Un auteur tel que Subandhu se flatte d'avoir composé un ouvrage entier ou chaque mot est a double sens. samatü . d'autres a l'un et a l'autre. les «défauts» étant refouleurs du rasa. Toutefois la plupart des auteurs les subordonnent tantÓt aux alUlpküra. dipalca [«illuminant. depuis les phonemes isolés jusqu'a l'reuvre totale. 113 yamaka [«jumeau»]. l'arthantaranyasa consIste a «poser un cas analogue» pour corroborer une assertion la vibhavana. müdhurya «emploi de mots distincts» et ((pensée frappante". La liste des dix gUJ. La tulyayogita (<<jonction égale») est (ou plutót est deve~ue) un a~tre aspect du dipaka. «ton visage n'est pareil qu'a ton visage" (ananvaya «comparaison d 'une chose avec elle-méme»). plus tard au dhvani ou au rasa: pour Abhinavagupta ils 50nt facteurs de rasa. arthavyakti «emploi de mots faciles a saisir" et «caractere explicite des idées".. tant6t aux: rui. «c'est la lune et non ton visage» (apahnuti «dénégatíon"). Certains gUtla se rapportent au mot.). .112 LIÉRUDITroN.vivacité des mots" et «délicatesse du sens». c'est-a-dire l'emploi de mots et de tournures éloignées de l'usage commun. prasüda «structure IAche» et «netteté du sens». da lune dans le ciel.

' enfin par les vyabhzciiribhclva ou saJ!/Ciiribhc'lva «états complémentaIres" au nombre de 33 (nirveda «remords". Les auteurs ultérieurs entendent autrement les vrttiJ que I'école du dhvani i~enti­ fiera pratiquement aux «styles» et ou elle résorhera les «quahtésll. elle apparait en toute évidence chez Rudrata pour atteindre son apogée chez les commentateurs de Bharata (Lollata. etc. On ignore quelle réalité se cache sous cette nomenclature géographique (emploi d~ tel style par tel poete régional ?). littéralement «chemin») vaidarbha J tandis que le style gau(la ne comporte pas usuellement de «qualités". développé de son sthayibhiiva quí est la rati ou «yolupté». que Kuntala remplace par de sImples qualificatifs (sukumara J vieitra J m~dhyama). impersonnel. § 1. d se mamfeste par les regard~ t~ndres. il déúgne la qualité par laquelle une chose quelle qu elle SOlt eVeIlIe une sensation agréahle. soit produite (par les vibhc'lva). «Íorte» et «claire» : ces termes. sert de critere a la différenciation des styles. est la vazdarbhíJ qUI sous sa forme pure ne recourt pas aux composés.572. su. on accede ades prohlemes qui concernent plus profondément l'esthétique.114 L'ÉnUDlTloN. dont on cherchera l'origine psychologique (respectivement· décrite comme une (dusio~". «ahsenc~s d~ défauts». Le rasa. POÉTIQUE. parufa . a qUOI Rudrata et 1 Agmpural.la sont le propre du «style» (marga. qu'elIe est un sthiiyibhiiva.tts».la primordiaux (ear imi!ation des gU/.' une «diI~t. etc. Pour Dal)9in les gW. et Rajasekhara va Jusqu'a Imagmer neuf sortes de paka J désignées fantaisistement par des noms de fruits. gramya . Il e~. C'est alors qu~ le bhava sera susceptihle d'atteindre au degré du rasa.574..gU/. En fait. Le terme sIgmfie au sens propre «saveur" et les représenta. mais cette expérience ne devient rasa que si elle revét la forme d'un sentiment universel. déJa plus exphcIte chez Dal)(lin et Vamana. ils ont eu peu d'échos dansIa. les simples «excitant~.litté!ature.«rude».). Du jour ou s'accrédite a nouveau la théorie des trois gU~laJ la confusion avec les trois rIti (principales) est inévitahIe. C'est la triade madhuryaJ ojas J prasc'lda J qui définit en gros la langue poétique comme «agréahle». connus de Bhamaha. D'apres Jacohi la théorie des dix gU~la s'est développée sur la ?ase de trois gU/.. Vulgall'ement parlant. sont tout VOIsms de la serIe mc'ld~urya. Issue de Bharata. lllqUIétude. par les . Ainsi le srhgiirarasaJ le sentiment érotíque. et a . Vamana..pour déterminant. d'une volupté. le fremlssement (au s?n de la VOlX a~rr.). § 1. plus gén?ralem~nt . le terme de rasa désigne aussi hien de plaisir» qu'on prend a une muvre littéraire que «la qualité particuliere». sveda «sueur". clalr de lune. autrement ~It. a été comhattue par Bhattanayah. Peut-étre concernaIent-Ils exclusivement le drame. iI y a une sorte de transfert : le lecteur recrée pour son compte et re~oit en lui l'expérience originale du poete. ~e style le plus apprécié. C'est un état su~jec­ tif du lecteur ou de l'auditeur (c'est tout un) par lequel les émotlOns dormantes qu'il est en état d'éprouver son! réveillées au contact de l'muvre littéraire et donnent la sensation d'un plaisir.«ordinaire». se caractérise par les composés longs et les phonemes durs ou massifs . qui attrihue au gau(la les qualités de force et de richesse. le bhiiva est un rasa lllcomplet. pour ainsi dire abstrait. comme des. clair. fixe l~ nombre a ~rOIs. d'ou vient que les gU~la (et en particulier l' ojas). etc. précise le sens de ce qu'il appelle et 9.rtout chez. Voisines des rui sont é. Jayadeva en redonne une lIste ahrégée. tandis que la gau{ltJ style lourd et ohscur. la doc~~ine s'est d~v. la hase du rasa. glc'lni «Íaihlesse". reprIS par Anandavardhana~et Mammata et peut-étre déja impliqués dans l'enseignement de Bharata. au vatdarbha et au gaU(liya).571. comme préciseront les théoriciens ultérieurs. surtout depuis Rudrata. en tant qu:elle assume un caractere stable. qu'on trouve dans la Brhaddevata. lorsque celui-cl représente comment tel ou tel sentiment se manifeste chez son héros.a~ulaire : le signe du hon langage (sausabdya) réside dans I'impos~IbIhté ~e re~placer un terme par son synonyme. le terme le plus adéquat serait Stimmung. La these de LolIata et de Saitkuka suivant que le rasa serait une entité ohjective. qui reposent sur la prédommance de certams phonemes et se classent en upanagarika «(mode) éléganh. e § 1. Saitkuka.anubhc'lva «c?nséque.POU! sattvaja le hériss~ment de poils.). qui accompagnent chez Vidyanatha une théorie de l'immutahilité du v.u'on appellera déso. Avec la théorie du rasa.. audc'lrya. soit infé~ée par le raisonnement. la pañcc'lli a pour traits la douceur et la suavité.oc.ement. § 1. Le rasa n'est pas. essentiel ~'étre aimé pour excitant leprllltemps. Un état émotlOnnel se fixe en sthiiyfbhiiva lorsqu'il est consolidé par les vibhiilJa ou «déterminants" (dont on distingue deux catégories. suscité directement. Ahhinavagu:pta~ avant de venir s'immerger dans la theorIe du dhvant. obscur.ation« et un «épanouissemenh de l'esprit). enfin d est stimulé par les «complémentaIres» tels que JOIe. le rasa est fondé sur le bhava J c'est-adire sur l'émotion (proprement d'étah psychique). Ce sont aussi des formes de .rmai~ apr~s lui les rlti (proprement «cours») :.s prévaudront to~­ jours autour du rasa.en~ore. Quant aux lakfalJa ou «caractéristiques» poétiques chez Bharata. etc:. On le tradUIra approXImatlvement par «sentImen!» .ée). mais indirectement par le poete. ~aD:Ifesta~lOns extérieures (parml lesquelles 11 y a les hUIt sattvaJa ou sattvdca J sIg~es physiques de l'émotion. et par suite des. a .tions gust~tive. 115 dhara distingueront jusqu'a 24 gU~laJ sans compter ceux qui proviennent de ~défauts» changés en «qualités» sous certaines circonstances. bes?ins ~e l'a~t dramatique.. spaftatva que donne Kautilya dans le sasanadhikara. les «essentie~s" et. qui sont en connexion avec les rltiJ se caractérisent eux-mémes en partie d'apres l'importance des composés. au nomhre de 36.eloppée lentement : a peIne sIgnalee chez Bhamaha. Bhat¡anayaka) et.573. agréable. vatdarb?l J gaurJlJ p{tñcall (Bha~aha !aIsaIt deja aH~SlOr. C'est également a Bharata que remonte la grande classi· . 4. Les riti. Les dIX gU~la se seraient accrédités par opposition aux dix dOfa J d'ou le fait que Bharata les définit négativement. simple. la tonalité sentimentale propre a cette muvre et qui excite ce plaisir.la philosophiques ?).la aJouteront la lat! ou latiyaJ Bhoja la magadhí et l' alJantika.galement les vrtti ou «modes" d'Udhhata. les étreintes. c'est la présence des composés qui. etc. Comme le pose déja Bharata.la que les notlOns de sayya ou «repos" des mots et paka ou ((mÜrIssemenh du sens. D'apres Jacobi l'énumération imite ceHe des 36 mantrartha «sens des mantra».

répondent respectIvement les hmt sthayin que sont amour col~re. avec 8 subdivisions). éventueHement phoneme isolé. a~ pacifique. bfbhatsa tt. _Su~strat du rasa. Pour Ahhmavagupta. que ce~t~ ImpresslO~ déclench? Uf rasa lorsque par sympathie le lecteur particIpe au sentlment expnme dan s le poeme et s'identifie au héros. événement ou axiome. On a considéré que le rasa est l'essence de la poésie. passage. la dénotation indirecte ou induite (lakra'fJii). 11 n'existe qu'en fonction d'un autre senS (vivak?itiínyapam) . bhayanaka ttt~rr~hle». Chaqu.. Le dhvani. sérre a . Bhattanayaka qui pose au-dela de expresslOn dlrecte des J?lo~s (abhtdhii) et de l'acception générale (bhavakatv~) une valeur de ttJomssance. § 1575. le sthiiyibhiiva est ttle plaisir en K~~l. dont parl~ déja. ~a mayii ttll~usi0:t. les expressions diverses.élévation duo rasa au niveau ~e la h~atitude (iinanda) prépare 1 ahoutrssement ultIme de la théone poétIque : son insertioD § 1576. dans cette dévotion littéraire. dont légltIffilté est d~scut.ée par certams. C'est la classification de Mammata. soit de fa«. au pathétique.» (bhoga) par laquelle. Le ras'adhvani est de heaucoup la forme principale. a savoir toute notion concrete ou ahstraite.46).ou les figures. b. si le mot leur faisait défaut Le dhvani implique une théorie de l'expression qui a son pendant dan s d'autres techniques. étonnement. a ces huit rasa. joie. Selon sa relation avec le sens direct : tantót le sens dil'ect est totalement annulé. ra~a. les couleurs et les divinités qui lui sont propres.tés et ~onfhts (~trodha) entre les rasa. reuvre littéraire tout entiere. phrase. 1.. Quand le terme apparait en poétique avec le dhvanikiira (S 1561). ttqui n'est pas de ce monde» l~lauktka~ .procedent respectiveL?ent les quatre rasa . la théorie du dhvani n'a été qu'une superstructure de celle du rasa. D'autre part la théorie du dhvani a trouvé un appui dan s celle du spho(a (Jacohi) : de méme que chez les grammairiens le vocahle au moment Ol! il est émis manifeste un vocahle latent (S 1510). selon lui. méme.le ras~ est la hase unique de la poésie : prmclpe extréme~ sur lequel s appmera la poétique de Visvanatha.le s~jet en tant que vasana (S 1 ~. enfin miidhurya ou ujjvala.577.. sur leurs conjonctlOns lSa/lldh!) et mIXtures (sabalatii) . Selon l'élément qui le l'e~oit : mot. courage. c'est-a-dire la valeur que prennent les mots joints les uns aux autres dans la phrase. la poétique tardive (Visvanatha et les auteurs vI~Q. . La catégorie la plus basse est celle Ol! il fait défaut. La perception (pratlti) du rasa n'est. Le dhvani se laisse décrire : a. avec les gu~¡a surtout : c'est ainsi ~u~ l~ m. U~e attit~de o:iginale est celle de. ou du moins modifié. sakhya ou preyas. indépendamment de leur valeur particuliere. en tout cas il n'est J!as le sens qu'on désire exprimer (avivakflta) . plus souvent a 1 érotIque (dans la httérature du stj¡giira) : c'est autour de l:érot~que que les classifications atteignent leur plus grande complex~té : d y a ~84 types d'hérolne . a 1 odreux. est familiere a la spéculation philosophique. § 1. '117 ficati~n des rasa en quatre formes primaires. Bharata. On cherche aUSSI a rédmre les rasa a 1 umté : au mervedleux selon un auteur cité dans le Siihity~d~rpalJ!'" au pathétiq~e selon l' Utta~ariimacarita (llI. métaphore voilée ou allégorie. avec les almpkiira et les rUi. lequel parvient au lecteur soit simultanément avec le sens direct et par suite imperceptiblement (asaq¡[ak?ya) . sur les pseudo-rasa (rasiibhiisa)' Jagannatha imagine des défauts et des qualités dans le domaine du ra8~ a l'iI?s~r de . tout en étant visé. ~hanuda~ta. enfin sur le sentiment (rasadhvani). ! .la» (kmarati). viitsalya. le prasMa appartIent a tous les. L'origine de la théorie du dhvani n'est pas exactement précisahle.rme ser~ll-phdosophique pour montrer qu 11 eXIste dans 1 esprIt une ImpresslOn latente des sentimen~s éprouvés a:utrefois¡ ou transmis de vies antérieures. dont on décl'lra en détarl les gestes. le sth~yib~ii~a persiste chez . diisya ou prUi. le citra ou poésie purement «picturale". Au-dela se situe de sens suggéré». 47). anubhiiva et vyabhiciirin (S 1573) seuls pouvant étre exprimés. on discute sur les l~coml?atIhlh. En définitive. vyaligyiirtha (<< sens a manifester») ou dhvani (proprement ttrésonance») : l'idée de la vyañjanii ou vyakti. A hasse époque. les attItudes. POÉTIQUE.(c'est-a-dire d'amoureuse). 9ui fragmenten~ artificiellement un concept umtaIre. sur une figure (alaqlkiiradhvani). les vibhiiva. convenance». Enfin c. terreur. raudra durieux». aversion. dan s la théologie dévotionnelle de Caitanya (S 1314) : la dévotion (bhakti) est mise sur le plan du rasa (on parle du bhaktlrasa) ou divisée en cinq rasa hiérarchisés : siinta.ses emhlemes. nomhre d'auteurs enseignent un neuvieme rasa le ~a?lt~ ttsenti~ent d'apaisement. laquelle est a la hase de la métaphore. utIh~e ce te. Mai~ cette .. état. srngara ou sentiment tt érotIque». en un passage peut-étre mterpole. la perceptlOn du rasa est rendue posslble : volupté apparentée a celle gue d?nne la médi. Selon sa nature méme : le dhvani peut porter sur la chose (vastudhvani) a exprimer.secondaires ha8Y~ ttCOmlque». Ru~rata et BhoJa mentIonnent le preyas ttamitié». A partIr d'Udhhata. adbhuta ttmervedleux». On distingue la dénotation directe (abhidhii) . de méme chez les vrais poetes les mots révelent un sens inexprimé. On confronte aussi le rasa avec les valeurs antérieurement définies. Son essence est défime par K~emendra comme l'aucitya ttpropriété.116 L'ÉRUDlTlON.iidhu~ya est ratta?hé a ré~ot~que. tantót.l». qui est le fond méme de la poésie : la poésie par excellence est celle Ol! regne le dhvani (dhvanikiivya) Une poésie inférieure est celle Ol! il existe a l'état suhordonné (gu~l!bhütavya1igya. qu'il est par nature inexprimé et seulement «suggérable». ou enfin apprls. suivant laquelle tel phénomene produit a tel moment déterminé n'est autre que «la manifestation» d'une chose qui existait déja a l'état latent.pour les mots .» (état de l'ascete. la théone. IOJas a 1 hérolque. douleur.ceux qui ex~st~nt . tout en s'appliquant aussi a des mots isolés.doctr~ne comhattue par Ahhmavagupta pour qui le bhoga n est qu un constItuant du rasa.on perceptihle (saq¡[ak~ya) tt comme la résonance qui suit le hattement d'une cloche ». karu~¡a ttpathétIque».tation du brahman. il est déja présenté comme traditionnel : il est clair que des l' origine les poéticiens savaient ce qu' est de sens suggéré». vira « hérolque».odieux» d'ol! .mtes) en introduit méme un dixieme le vatsalya ~sentim~nt d'affection». la seule qui puisse valoir pour des reuvres entieres. au funeux.du saint). certains postulent le tatparya ou ttintention ».

~IstrlhutlOn et acteurs (26.fondée sur «le transferÍ» (upacara). gen~es . est l' reuvre d'Ahhinavagupta (S 1558 et 1561). sous réserve que des groupes isolés ont pu préexister comme noyaux indépendants. dont elle forme d'ailleurs souvent la partie essentielle. ignorent le dhvani. Ahstraction faite de quelques fragments. mais la mention de certains ethniques interdit de reporter trop haut la date initiale.za. (21). au maitre a danser. sentiments [rasa] (6) et états [bhava] (7). le charpentier. et l'on peut dire qu'a partir du IX' siecle elle domine entierement la poétique Úldienne. Bharata. la forme ancienne devait étre celle en siitra mélés de bhafya. Le prestige dont jouit Bharata semble avoir freiné pour une part l'activité littéraire en ce domaine. certains indices internes et le témoi- § 1580. metres (15). soit. plus volumineux encore. . a structure IAche. I'Imp~rtante et ~rdue Abhinavabharatl. Le texte en tout cas. 8-lá. Lollata et Saúkuka semblent avoir été du IX· siecle. qui occupe le premie]' et les deux dernIers adhyaya. les rlti. Kuntala reconnait en ce dernier une simple variété de la vakrokti (S 1567). La tradition conserve le souvenir d'un ouvrage plus ancien.de l'art poétique. qui présente des divergences textuelles notables (on a parlé de deux recensions). ils l'incorporent dans l~ théorie poétique. Bhat1anayaka. se divise en 36. renvoyanta «des traités spéciaux» . 37 ou 38 adhyaya. les dix types ~e comp.118 L. du x· siecle. le dhvani résultait d'ün raisonnement d'inférence (anumana). La derniere portion (ceHe de la musique). peut-étre méme le VIII' siecle. sentiments (siittvika).dra~atIques (20). parole (vacika) . faisant appel a toutes les ressources de la technique. dialectes.commentateurs de Bharata.la et de Hemacandra. qui condense et critique les commentaues antérIeurs.ÉRUDITION. DRAMATURGIE § 1579. costume. l'art dramatique (na{ya) plonge par ses racines en pleine mythologie. DRAMATURGIE. § 1578. representation [abhinaya] (27). De méme qu'on ne sait rien sur les prédécesseurs de Bharata de méme apres lui la dramaturgie disparait pour longtemps : les premiers textes de poétique la passent sous silence. osition dramatique [daiarüpa] (18). avec des portions en metre arya et d'autres en prose. musIque et chant (28-3á). Mais dans l'ensemble la doctrine est solidement instaUée. elle retrace comment le premier drame fut (¡inventé» et mis en scene par Bharata. quand elle ne remonte pas directement a Bharata. l'école du dhvani se préoccupe de réinterpréter le~ a'!-tres éléments . a~ chef d'orchestre. Certains auteurs ont nié que le dhvani fftt une fonction séparée. caracteres (22-2á). que la manifestation (abhivyakti) de quelque chose qui existait déja et qui n'est autre que le dhvani : sous l'effet de cette perception les enveloppes entourant l' esprit imprégné de vasana (S 1575) et qui l'empéchaient de jouir se brisent : c'est cet état d'esprit délivré de ses enveloppes. C'est une collection de manuels mnémoniques a l'usage des individus intéressés a l'art dramatique depuis l'architecte. a partir de l'Agnipural. Mais c'est un texte refait. L'origine est composite. la bhagnavara(!a cit de Jagannatha. La combmaIson de ces dIverses tendances permettra á des auteurs tardifs d'élaborer jusqu'a 5355 propriétés ou circonstances afférentes au dhvani. leurs ouvrages étant perdus. 5. Les textes postérieurs. {Ju(!a et ala1[lkara. Kiimasiistra). On ignore le nombre des. décors) [aharya]. Autour d'un cadr~ mythique en style de Purlil. modes d'adresse.1562). gnage méme de Bhavabhüti montrent qu'on avait affaire a des ¡¡atra. Mahimabhatta a voulu établir que. loin d'étre une donnée. L'attribution est aussi faiblement garantie que celle du Dharmasastra a Manu : le mot bharata (peut-étre identique au nom de tribu) signifie «acteur» et l'on ignore quelle individualité se cache sous cette appellation. au régisseur et chef des acteurs. Les textes de poétique qui la mettent le mieux en évidence sont ceux de Vidyanatha (qui donne méme a titre d'illustration un drame tout entie~ de sa fabricationLcité strophe a strophe). figures et qualités (16). C'est précisément au muni Bharata qu'est attribué l'ouvrage qui jouit en la matiere d'une autorité absolue. D'autres l'assujettissent a un principe supérieur : la théorie de Bhattanayaka (S 1575) vaut aussi pour le dhvani. La substance de l'reuvre est nettement antérieure a Bhamaha (S 1558). fard. La théorie a rencontré quelques opposants. extérIeurs (costume. ne saurait dater d'avant le VI' siecle. L'AgnipuralJa et Bhoja. 119 comme dit Ahhinavagupta. L'ouvrage. Si la poétique revendique a basse époque une origine divine. § 1581. La tradition veut que Brahman l'ait créé comme cinquieme Veda. 35). pareils sans doute a ces na{asütra dont PaI}ini atteste la présence. représenté devant les dieux et les démons. D'autre part. s'ordonnent sana grande liaison une série de chapitres qui embrassent l'art dramatique sous ses divers aspects. dans l'état ou nous l'avons. Le seul commentaire demeuré en presque totahté. qui forme «la~saveur» (asvada) du rasa (Mukerjee). comment l'art dramatique fut plus tard transporté du cÍel sur la terre par les éleves de Bharata. ont tenté de l'interpréter en partant de la dénomination indirecte ou de l'intention. jusqu'au musicien. Mais cette dramaturgIe annexée a la poétIque ne comporte guere d'innovations : elle repose sur le Dasarüpa(ka). qui a prévalu a l'origine de plusieurs techniques profanes (Arthasiistra. prélude [pürvarahga] (5). danse et mimique (á. 25). intonation (ka~u) (17). ~tc. le prétre. dans la version en 38 adhyaya : construction et consécration du théAtre (2-3). comme une chose totale. n se présente en versets de type épique. probablement a Kalidasa et a Bhasa (cf. actlOn (19). A partir du chapitre á. de Vidyadhara et surtout de YIsvanatha (6' paricc~eda du Sahityadarpatza). et dont la transmission a été fort défectueuse. l'Avimaraka). mais d'interprétation parfois f01't difficile. on soup~onne un plan VIsant a englober les quatre branches de l'art de la représentation (abhi~aya) : mimique (aligika). qui renvoie a un certain Kohala. semble avoir été remaniée par Nandin (Nandikesvara) [De]. comme plus tard les deux Vagbhata. le Na(yasiistra ou «Traité d'art dramatique». e~fin ~éme au critique. dont on n'est pas sftr qu'il ait effectivement commenté Bhar~ta (S.

l'ouvrage traite en 4 adhyliya du sujet et de l'action.~--~~-- ___. on distingue le héros joyeux (lalita) . en la simplifiant et la réduisant considérahlement. le sujet comprend cinq éIéments . Une désignation plus générale du drame est riipaka) proprement dorme». parole et costume. nata. Lorsqu'il a son plein développement. a la cour du roi Muñja de Malava . Les personnages. le héros épisodique (pl{hamarda) ont leurs traits propres. et gJli ne semhle pas dériver de l'école du Daiarüpa. mais gourmand. Le sujet (vastu) itivrtta) est traditionnel (légendaire). écrit en versets de style épique. et est a ce titre précieux pour nous. chaque acte contenant les événements d'une seule et méme journée. a puisé a diverses sources. la lettre. le progres (pratimukha) .J . inventé ou mixte. outre huit quaIités (gw. a nomhre variahle (S 1590).___________________"iIiIiIlII""_. la production du rasa (§ 1573). suhdivisées en 64 memhres ou ailga (respectivem!lnt 12. notamment par un certain Dhanika ou l'on a voulu voir un autre nom de Dhanarpjaya. 12. nii(aka. dont les principales sont le vifkambha(ka) et le praveaska : celle-ci se distingue de celle-Ia en ce qu'elle est excÍue du déhut du drame et ne comporte que des rMes secondaires. l'ouvrage. Le héros principal doit avoir un caractere constant . danse. le message. il faut évitel' tout ce qui entraverait le rasa) par exemple la représentation de la mort ou d'une calamité. mimique. 121 C'est en effet le DasQ1'iipa(ka) de Dhanarpjaya . en 4 viveka (le nii¡akaj les onze autres types de drame. Elles se l'ésument en le fait qu'il est nohle (dhlra). effronté (dhl'f¡a). appartenir a un autre ou ~tre courtisane). au contraire. il faut rappeler l'étroit contact entre la dramaturgie et l'érotique : une partie de la matiere et de la terminologie est commune aux deux domaines : mémes personnages. les quatre abhinaya cités ci-dessus (§ 1580). On distingue le sujet principal. la goutte (bindu) qui s'étend comme de l'huile sur une nappe d'eau et symholise le développement de l'action. L'essentiel en est.~. l'incident (prakart) .l'auteur vivait au x' siecle. indication légere de l'objet final. Les drames se distinguent les uns des autres selon le sujet. 13. La comhinaison des situations et des éléments donne les cinq jointures (saT{1dhi) de l'action : l'ouverture (mukha) . fiel' (udiitta) .) . ou les acteurs principaux deviennent aSSlstants. Les jointures internes (antarasa1!ldhi) renforcent l'intrigue : ce sont le réve.ue a l'intérieur du drame.& __lialllllll1inllim_i!lJ_ •••••• _• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • ~~lj1/1114 120 L'IÍRUDITION. le déguisement. qui date du XII' siecle apparemment. etc. 7 morales. le héros secondaire peut varier. la voix d'en haut ou de derriere la scene. celui qui mene le héros a la possession du fruit souhaité. sentiments. l'art dramatique. comme on le voit par le Nii{yaiüstra) fait appel a des techniques voisines. Le vidüfaka (proprement ttcelui qui ridiculise») est un brAhmane dévoué au roi.w) naturelles. du point de vue psychologique. dont on traitera plus loin. C'est la comhinaison de la récitation simple avec la mimique (nrtya) et la danse (nrtta). . Elle se définit d'ahord par sa relation au héros (elle peut étre sa femme. D'autres ouvrages plus récents sont la Nli(akacandrikil de Rüpa Gosvamin. Entre les actes. violent (uddhata). elle peut jouer huit r&les différents. il peut s'écouler un intervalle d'un ano Les faits omis sont retracés sous forme d'introductions (arthcpak~epa). la poésie. le développement (garbha) . (arthaprakrti)J correspondant aux cinq situationspar ou passe un personnage (entreprise. des rMes et des langues. certitude. DRAIIIATURGIE. d'apres son comportement avec les femmes iI est courtois (dakfÍ1)a). la délihération (vimaria) . l'ivresse. On distingue ce qui est représenté (dl'sya) et ce qui est décrit par narration (sravya) : ce qu'on représente doit servir a produire le rasa. La matiere se répartit en actqs (aJika). Vis-a-vis de l'amant. le rasa. mémes analyses psychologiques. (nii¡ya) est l'imitation d'un caractere donné dans une série de situations qui produisent la joie ou la douleur a l'aide de divers modes de représentations. La combinaison de ces différents traits ahoutit a constituer 384 types. mémes mreurs. un parasite qui possede § 1584. celle des rites religieux. enfin des sentiments et des états.a1'atnakosa de Sagaranandin. dont plusieurs perdues. Le rival (pratinüyaka. l'équivoque de situation ou de mot. 13. 14). du point de vue formel. succes) : le germe (b!ja) . § 1604 et suiv. Dans un sujet traditionnel. sans discontinuité.-~~~~ ~. puis par sa relation a l'amour (elle peut étre inexpérimentée ou pleine d'expérience ou entre deux). au total il y a 48 types. n a fait l'ohjet de plusieurs commentaires. effort. la conclusion (nirvahaJ. fideIe (anuküla). espoir du succes. calme (sünta) . etc. Plus encore que pour la poétique. le Nli{yadarpaJ. il est nécessaire d'ennoblir le héros si la légende lui assigne des traits qui ne répondent pas a l'image qu'on doit s'en faire. Rédigé en iloka raid es et concis. en 1 O adhiküra. Le héros ou niiyaka (<<celui qui conduit» l'événement a son terme) possede l'ensemhIe le plus vaste possible de perfections.ttdanser» (pl'akrit na(-). musique. Le Bhlivaprakiis'ana~de"Saradatanaya. L'hérolne (nliyikü) est décrite avec plus de précision encore. qui se retrouve dans le nom de l'acteur. Divisions analogues pour les autres r&les. le portrait. et le sujet subordonné qui sert de moyen et se présente sous forme d'incident ou d'épisode. 10 attitudes . SelonIe caractere dominant. et du type principal de drame. des scenes trop intimes ou vulgaires. § 1582. faux (sa¡ha). D'autre part. l'aparté. on décrit aussi l'acte-emhryon (garbhliJika) .18 chez Visvanatha). texte ou ahondent les citations du Nii{yailistra et de divers auteurs littéraires. § 1585.za de Ramacandra et GUlfacandra (XII' siecle). le Niityapradipa de Sundaramisra (déhuts du XVI' et du XVII' siecle). la matiere du Nii¡yasiistra. le vita est le confident du roi. mimique. § 1583. Le drama. les vl'tti) rasa) bhliva) l'abhinayaj les traits communs a tous les types dramatiques) . les pel'sonnages. le dénouement (kürya). poltron .qui pour la premiere fois reprend a titre autonome. traite extensivement du rasa en méme temps que de dramaturgia. elle dispose de vingt grAces naturelles (3 physiques. La parenté des trois genres se révele dans leur nom méme : tous trois sont tirés de la racine nrt. paresseux. l'épisode (patiikü) . le Nlitakalak~a~l.la) . du prologue et des types de drame. qu'on estime antérieur a 1431 (antérieur au X' siMe d'apres Ramkrishna Kavi). représentation scéniq.

etc. a § 1590. chant. On décrit aussi l'étalage ou guirlande (vuM) dont les principaux éléments sont le dialogue incisif (udghütya) .. une mimique religieuse (carl). On. Quant aux regles sur la répartition des langues suivant les personnages. n y a des formes hautes. versets liminaires de l'épopée apabhraI)1sa). la violente (arabhait) qui s'adapte aux rasa furieux. le jeu de paroles (vükkell). inventé e par Siva. qm . ainsi qu'a la reine principale et aux filies de ministres. «la descente sur scene" de l'orchestre et du chreur. hommes qui ont fait vreu de chasteté ou ont été cMtrés pour Mre employés au gynécée. il ya en outre des vibha~a (S 110). Les 8 rasa de la dramaturgie sont les m~mes que ceux de la poé!ique.: la danse des hommes ou taJ. On énumere les 33 ornements dramatiques (nütyalarflkara) . stance propitiatoire que suivent l'annonce solen?-elle du d~but de la représentation. la récitation mélodramatique debout ou aSSlse. Chaque sentiment comporte sa mélodie propre. mais non sans obscurités dans le Nü{yasastra. Saradatanaya utIhse les données de la psychologie SaI)1khya. propre a I'érotique.122 L'ÉRUDlTION. elles sont données avec détail.160 6). Plus clairement qu'en poétique. le développement (prapañca) comique. les serviteurs (cela). 123 une culture raffinée et se plait au commerce d~s courtisanes. On n'a pas de données précises sur l'emploi des stances. Les sentiments (msa).tradItIon. Les strophes chantées dites dvipadikü acc~m­ pagnent les personnages malheur~ux.la ignorent le détail. la feinte (chala). ~asarüpa). comportant un héros royal ou divin. de culture raffinée. une ci~cumambulation. communs a la poétique et a la dramaturgie. Le palais comprend tout un personnel parmi lequella duegne (mahattara).. abhinaya) est considérable (S . sans compter les figures ou ala'Yflküra proprement dits (dont le nombre a basse époque sera de 64). plus convenable pour l'héroiífue. Le Natyasüstra d~crit une série compliquée de préliminaires (pürvaranga). L'importance de la mimique (nrtya. un dénouement heureux. DRAMATURGIE. Ces préliminaires seraient suivis eux-?-I~mes du prélude que dirige un autre personnage. etc.¡a) qui désignent en majorité des nuances psychologlques. il est visible que la prarocanü fai~ double emploi avec l' ümulcha. chef de la troupe. Des regles précises prévoient les noms attribuer aux personnages. odieux et terribles. ne saurait devenir un rasaj il doit la ressentir comme générique (südhüral. comme le sthapaka ave? le sü!radhara. l'annonce du contenu du drame. § 1573 et suiv. Deux typ~s de danse sont reconnus dans le Nüiyasüstra. danse mouvementée. stances prak~lteS (analogues aux dhruvapada ou reframs du GUagovmda. Le Na{yasastra distingue quatre manieres (vr tti ) : la gracieuse (kaisilü).lgnore l. sinon ce dernier se transforme en spectateur (Visvanatha). peut-~tre s'agit-il d'anciens noms de castes professionnelles (S. ceux qm sont «produits par les paroles». La piece commence avec la nündi ou «bénédiction". Lévi). le parlé-a-trois (trigata).la).aractere du drame. Pour expliquer l'origine des rasa. a 1586. §1589. la dans? v?l~ptueuse ~e ParvatI ou lüsy? Cette derniere est analysée en ses dlX elements. la grandiose (süttviki). La courtisane est une femme de parfaite éducation. enfin la verbale (bharati) . Saradatanaya agrege a cette description une géographie sommaire de l'Inde et l'indication des 18 dialectes parlés dans les 64 contrées formant le Dak~il}apatha (Dekkan). Les préliminaires. Les r6les «neutres" sont ceux des. un dIalo~ue plalsant a trois (trigata). Le sanskrit est propre aux rois. et du c6té des femmes. Voici les tr~its propres. le général (senüpati) .l4ava. § 1587. aux brAhmanes et dignitaires en général. sinon elle resterait une perception. on insiste sur la nécessité pour le spectateur de s'identifier avec les personnages dépeints : il ne doit pas considérer I'émotion amoureuse comme la sienne propre. amiitya) . le rasa n'apparait pas nécessairement a la conscience de l'acteur. l'accord des voix et des instruments vient un coneert que suivent des chants. Le Dasarüpa et le SühityadarpU1. mélange de musIque. reglsseur. exécuté debout avec ~ccompagnement du luth. D'autre part. la maniere dont ils s'interpellent entre eux. Dans chaque reuvre dramatique il doit y avoir un rasa dominant : c'est ainsi que l'érotique et l'héroique prévalent dans les genres élevés. les dhruv~. la portiere (pmtihüri). les l'üpaka propremen~ dits. le ministre (mantrin. le 9' (s'ün~a) n'est pas reconnu. ayant l'héroigue ou l'érotIque pou~ rasa principal.evale?-c~ de la mimique et du chant sur la danse proprement dlte : c est amSI qu'on y distingue le chant seul. etc. aux dhruva ou dhruvaka. La partie la plus originale de la théorie concerne le rasa : on a vu I'essentiel de la doctrine du rasa. les messageres de l'héroine. pas davantage comme celle du héros seul. indiquent par avance la situation et le climat du drame.amatiques se distinguent selon l'emploi des divers éléments dramatiques. la reine (devl) . chaque actlOn son accompagnement musical. nepathya «par les décors. ~ont le plus Important est le nü(aka ou comedie hérOlque t11'ee de la . (praroc~n~) : le tout dirigé par le sütradhüra (<<porte-cordeau»). musique. Danse. § 1588. Les personnages de ra~g inférieur et la généralité des femmes parlent des variétés de prakl'lt.' par q~ll ~ne dOlt Hre récitée : ce qu'on apprend de plus certam est gu elle dOlt s harmoniser avec le c. un style noble. le duo. Les genres dr. de chant a intentions religieus3s. aux nonnes bouddhiques et aux courtisanes.a fac. les autres étant fondées sur le sens . dont on connait dix rerr~senta~ts (le. Tout ceci repose sur une tradition composite. la reine principale (mahüdevl). archltecte. Il faut craindre l'exces de rasa presque autant que son insuffisance. ses dl~enslOns. le juge (prügvivüka). le nü{aka. le sakam (<< descendant des Saka"?) est un personnage orgueilleux et susceptible. la favorite (svamini). Il ya aussi le messager (düta). le sthüpaka : celm-cl entre solennellement réveIe le nom de l'auteur et de la piece et ouvre le prologue (amukh~) qui consiste pour l'essentiel en un dialogue dans lequel il s'agit de faire habilement allusion la piece qui va ~tre jouée.on dont la théorie entend la nrtndl. l'attache (avalagita) par substitution.". le¡¡ 36 caractéristiques (lak~aJ. svübhüvika «par les qualités naturelles" des personnages.qui est celle du prologue et est dite bizarrement se fonder sur le son. qm montren~ la p. une danse tat)4ava. au théAtre : Mat~gupta subdivise ¡es rasa dramatIques en vaclka. dont Bharata énumere jusqu'a sept. de dan se. Style et langue. etc. etc. Frere de la concubine du roi.la~ ou parures (bhft~aJ. Apres le battement de tambour. et.

On a cherché s'il existait des analogies entre la dramaturgie indienne et celle d'Aristote. qui se retrouvent en partie dans la nomenclature du Dharmasristra. rndra le résuma en 5. le Nü{yasastra reconnait sous une forme plus ou moins directe les trois unités. tI 12). la doctrine de l'imitation (anukrti) ressemble a celle de la mimesis. que I'Arthasüstra présente les attaches les plus solides. Le.point notable dan. noms de fonctionnaires et de fonct. qui ne differe du nii{aka que par la nature de l'intrigue et la condition du héros. Kavi(-Usanas) en 1. Elle affecte la forme caractéristique sütra-bhü~ya. En particulier le Dasakumiiracarita> le MudrarakJasa> le Pañcatantra) ne sont sous diverses formes qu'une vaste illustration des doctrines d'Artha> qui sont venues se condenser dans les versets gnomiques de Bhartrhari.000 (Bahudantaka) . C'est avec ce dernier. Le «cherche-gazelle" (ihiiml'ga) développe en 4 actes une histoire de rapt et de rivalité amoureuse. Les enseignements de part et d'autres offrent de nombreuses ~oncordances (Jolly) . Des l'origine l'épigraphie fait état de détails concrets.: ce tres bref ouvrage n'a gardé de la forme ancwnne que la présentatlOn en siltra.sé un ample traité en 100. qui a été canalisé dans les deux'f disciplines solidaires du Kama «plaisir" et de I'Artha «intéréts". de Cal}akya et d'autres. Le texte. Mais le Barhaspatya-Arthasrlstra que nous possédons est un manuel moderne. debeaucoup le plus important est I'A1·thasastra de Kau~lya. qui cOIncident avec les textes d'Artha. a sujet légendaire.. entremélés aux versets de Dharma> auront servi de base aux passages versifiés sur la sagesse pratique et la politique. Bien avant qu'il se soit codifié un texte d'Artha> il a dü courir des versets mnémoniques qui.léfanlti> expressions qui équivalent a" «droit royal. «petite comédie hérolque" qui participe du niifaka et du prakara~a et a l'érotique pour sentiment dominant. passe pour avoir été le ministre de Candragupta.ion. administration.593.) du Mahabh. contaminé d'éléments apocryphes.on dit aussi Rajaniti ou 'sastra) DaJ. d'ailleurs. auquel une tradltlon perslstante depms l'épopée attribue la fondation de I'Arthasastra. on les appelle aussi nrtya> parce que les accessoires artistiques occupent une place plus importante que dans les grands genres. 28 et SUlV. données politiques. has.alors que sur d'autres points ils sont en stricte opposition (Meyer). durant respectivement 9 heures 36 minutes. L'~cte en dehors (uts!'~tikiiilka) a pour sentiment le pathétique et d'apres Saradatanaya se termine comiquement.000 chapitres (version.ÉRUDITION. c'est le mahiiniitaka. Saradatanaya en connait cinq sub divisions. comme celles qu'on a cru découvrir entre les drames sanskrits et grecs. § 1592. en 4 actes.cette gé~éalogie litt~­ raire est le nom de BrhaspatI. les textes primitifs ont disparu. L'Arthasastra ou «Science des intéréts" englohe au sens large toutes les doctrines et les manuels qui se réferent a la vie pratique : économie. le Kau!iliya : ce Kautilya (variante Kautalya).irata en retrace la genes e mythique : Brahman réveIe qu'il a compo.. L'ARTHASlSTRA ET SES DÉPENDANCES.000 (Bürhaspatya) . que les théoriciens tardifs completeront au chiffre de 18 ou 20. § 1. La grande épopée connait aussi des noms de maitres.1a. BrhaspatI en 3. Le plus ancien devait etre un traité attribué aBrhaspati et auquel Bhasa fait allusion. la théorie des rasa. De fait. vigoureuse. 125 n'emploie pas plus de cinc¡ personJlages principaux. disséminés dans le Mahabhiirata (notamment aux parvan 5 et . il existait un courant de connaissances profanes. L'ouvrage. est rédigé en une prose précise. Comme pour tant d'autres domaines. Le parvan 12 (59. L'ARTIIAsASTRA ET SES DÉPENDANCES § 1591. Le Kau{iliya est divisé en 6. Sommaire. Le seul qui compte estIa nii¡ikii (nüt¡ chez Bharata). Le nombre des actes varie de 5 a 10 : avec 10 actes et tous les genres d'épisodes. Les sources houddhiques anciennes contiennent des allusions aux choses de I'Artha> avec lesquelles toute la tradition littéraire depuis Asvagho~a atteste une familiarité croissante : elles faisaient évidemment partie de l'équipement obligatoire du poete de cour. en un acte. Le vy({yoga> unspectacle militaire.1a est un monologue dont le héros est un bel esprit et OU s'emploient les dix éléments du liisya. Le drame surnaturel (samavakiira) comprend 3 actes. techniques diverses. moyen) ont des paralleIes chez Aristote. ou du moins fort altéré. Kautilya. quoique I'existence en ftIt admise depuis longtemps. En fin de chapitre et parfois au cours de I'exposé. ce qui situerait l'reuvre BU IV· siecle avant I'ere. celle des trois types de caracteres (haut. La comédie bouffe (prahasana) est en un acte comme le bhiil. contient tous les éléments décrits dans la théorie. Mais plusieurs ouvrages anciens at~estent l'existence d'un Arthasrlstra défini. alias Cal)akya ou encore ViglUgupta. souvent obscure par exces de densité et surabondance de termes techniques a valeur incertaine.000. Le point de vue initial est entierement différent : le Dharma enseigne des devoirs. Winternitz estime qu'il s'est dissocié peu a peu du Dharma./a est une comédie de mreurs. dite VaisüZrik?a) . et est traitée aussi comme science indépendante sous le nom de NUisastra> proprement «Science de la conduite (des affaires)" .s .le rajadharma des textes juridiques n'est qu'un aspect de la rajanlti . il en voit pour in dice le fait que les Dharmasütra traitent encore des sujets relevant de I'Artha> tandis que les Dharmasastra sous leur forme actuelle impliquent I'existence d'un Arthasastra. opposées au Dharma «loi morale" qui de son cóté prolongeait le domaine du Kalpa ou «ritueb. on y trouve insérés des versets en metre anu~lubh> éventueHement en upajati> qui n'ont pas de rapport nécessaire avec la prose. mais surtout ala politique : la politique forme l'Arthasastra par exceHence. Mais il n'y a rien la qui oblige le moins du monde a croire a un emprunt (Keith). Bharata connait 15 genres inférieurs (uparüpaka). avec une polémique inatte~due contre les hérésies. 3 heures 12 minutes et 48 minutes. ' droit pénab. qui n'a été retrouvé qu'en 1909. est toute dans la maniere «gracieuse". chez Manu et chez Kauti1ya. en un acte.000 sections constituant une DatJ4anUi) Siva l'étudia et l'abrégea en 10.!"par-dessous l'immense développement des choses religieuses. Le bhiil. l'Artha groupe des regles destiné es a produire un certain résultat matériel sans considération de religion ni de morale (Jolly). Généralités. parfois 24 ou 28.~ 14 1211 L. Le cJima est un drame fantastique. Tout invite a supposer que des l'époque védique. Le prakaraJ. La guirlande (vuht).

aussi bien que les ~fléaux» qui peuvent assaillir le pays. la distribution des terres. dettes. mais encore de contrOler les fonctionnaires et d'observer les sentiÍnents du peuple. Des moyens analogues sont enseignés au livre 13 pour la c~nquete d '~ne place forte (durgalambha) : toutes sortes de ~uses sO. ou bien s agIt-Il d une deSCl'lptIOn tradItlOnnelle. La longueur équivaut a 6000 8loka. Les devoirs du roi sont précisés. les revenus de 1'Etat. . recours (a une aHiance). impots supplémentaires. artlCulatIOns de 1armée. d~ Kaut~lrva_ que des com~entaires incomplets. . un autre les ambassadeurs. les mines et manufactures. La 7" section traite des six méthodes de politique (~ar/gu1Jya) : paix. avec une seconde subdivision en 150 chapitres (adhyaya). ~attente". individus dangereux ou suspects) au moyen d'agents secrets. Le livre 5 décrit les procédés (yoga) qu'emploie le prince.existe.__. les approvisionnements et le commerce en général. Le livre 8 a pour sujet les vyasana. est-ce au contraire la structure d'un État réel ? Ce traité. ~utre aSfec~ du mem~ probleme : Kaujilya est-il un homme d État retIré de 1 actIOn (Jacobl le comparait a Bismarck). questions concernant l'esclavage. n est question aussi des calamités publiques et des moyens d'y remédier.u~elle.posées ont-elles force de loi. Le livre 1 [¡ donne a 1'usage des espIOns. § 1596. que les problemes les plus urgents posés par le Kau(tliya attendent souvent encore leur solution apres trente ans de recherches. pesent ici infiniment mo~n~. Une vaste organisation d'espionnage est décrite. A-t-on affaire au tableau idéal d'une constitution fictive. co?~e~nent r~spectivement les préparatifs et 1'exécution d'une ~ampagne mIhtaIre : CIrco?stan. la peche et la navigation.ÉR UDlTION. les poids et mesures.__ ~ - R ' _ ' ' ~ . . manifestement congu. préparation a l'attaque.aníti). éléphants.m) du royaume et des fonctions qui leur incombent. o~ reVlent sur l~s méthodes d'espionnage. d'autres.nfi~ le dernier livre l'appelle le plan de 1'ouvrage et énu~ere ~es 3 2 prl~clpes . économique (vartta) . succession. mort avec ou sans torture).no. on enseigne la maniere de rédiger les édits royaux. . On considere successivement les perles et pierres précieuses. E. attitude ~double". Le second livre traite des inspecteurs (adhyak. recueIl de no~'mes (Breloer). ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ = ~ ~ ~ ¡ 126 L. amslla Panc!ka de BhaHasvamm et une glose en malaya!am.ces favor~bles ou défavorables pour l'expédition. extorquations). A cette fin il est passé en revue l'organisation du pays. Elle commence par la distinction des quatre sciences : la philosophie (anvlk~ikr) comme base des trois autres. 1'armurerie. n n'. Les sections 9 (abhiyüsyatkarma) et 10 (samgrrImika) I campement. les norm~s gUl y so~t. La premiere section traite de 1'éducation (vinaya) du prince. il indie~ne. 1'anonymat ou se tient l'ouvrage. lndications sur le gynécée.__ ___ __ __ __ ______ ______ ____ __ m____________________________. 1'ensemble des littératures indiennes.. ennemis ou neutres. procédés tactiques. etc. soit pour détruire secretement les traitres et ennemis de l'État. a l'usage du prince. l'agriculture et les plantations. ' Telle est cependant 1'obscurité du texte. ouvrages d'irrigation. dommages. l'abattage des hetes de boucherie. l'armée. qui présuppose tout un systeme. L'ARTHASlsTRA ET SES DÉPENDANCES. . telle d'autre part 1'incertitude ou nous sommes de la situation sociale et politique dans l:lnde ancienne. judiciaire. § 1597. a une lnde tres frag~entée. entend-il fixer une c~arte. ordre de bataille. Corpus ¡!tris universah~. une sérIe de recettes secretes (aupanifadika) . I 't I Q r 127 Les modalités de ces diverses méthodes sont minutieusement examiné es en fonction des ~cercles" précédemment définis.lOls des castes. mesures a prendre pour en assurer la garde et pour la sécurité personnelle du roi. les boissons spiritueuses et les maisons de jeu. il est traIté ensmte de lmvestIssement réguher de la place et de la restaul'ation de ~a paix dans ~es territoires conquis. a base médicale ou maglque. routes. détruire ou rendre impuissant 1'adversaire. les prérogatives religieuses. Le livre 3 concerne le droit civil (dharmasthiya) : mariage. c'est-a-dire les ~_vices" du prince. avec les condihons d un Étatmdlen? Certams éléments font penser aun empire comme celui des Maurya. la prostitution. de la désignation des agents secrets dont il est énuméré 29 especes. la construction des forteresses. qui donne le nom au chapitre) que constitue avec l'État 1'ensemble des pays voisins. 1'installation et 1'administration des villes et villages. Un tableau est dressé des traitements des fonctionnaires. q~e les ressorts ~'un~ administl'ation politique. guerre.) expose comment on dOlt se~er la dlssensIOn parml les groupes armés. ~ ~ ~ ~ . ayant pour objet non seulement de connaitre l'activité de 1'ennemi. les droits d'octroi et en général tout ce qui concerne les finances publiques. les . en utilisa~t les fem~es./a). soit pour remplir son trésor en période de crise (réquisitions. chevaux. amis. Le livre [¡ intitulé ka~¡(a­ kaiodhana ~ épuration des épines" indique la maniere de surveiller les éléments nocifs a 1'État (commer~nts et industriels transgressant les lois. politique (da~uf.. dépots. n est parlé du choix des ministres et des hauts fonctionnaires. quelle qu'en soít la nature. .nt déc~~tes. Le livre n'a pas son pa~eil dans. ou l'État et l'économie se confondent véritable dictature sans dictateur. Au hvre 12 (abrIlryasa) il est décrit de quelle maniere un rOl ~plus faIble" peut avoir le dessus s'il sait se servir d'espions de bravi. d: empo~sonneu~s? s'il met a profit les occasions que lui fournis~ent les mamfestatIOns rehgIeuses. vues par une toute autre perspective que les textes de dharma : proJette plus de lUmIeres qu'aucun autre sur la vie réelle et la civilisation § 1595.méthodologiques (tantrayukti) dont fait emploi la dlalectIque de 1 Arthasüstra. voire conventionnelle? ~t com~ent la f~ir~ co'incíder. enfin les charges propres aux officiers municipaux. Le livre 6 nous fait accéder a la politique p'roprement dite. la collecte des impots.timents séveres (peines corporelles./a) et 180 sujets (prakaraJ. de date mcertame. 1'emploi du temps heure par heure. pohclere mcroyablement artIcule e. propriété privée. on enseigne au prince a se méfier de ses propres fils. 15 sections (adhikaraJ. ruses de guerreo ~ La s~ction 1~ (sal!lghavrtt~ ~co~duite a ~'égard des factions. etc. avec la définition célebre des sept bases (Prakrti) de 1'Etat et des douze cercles (ma~14ala. 1'élevage des bomfs. 1'orfevrerie et la surveiHance de 1'01' et des monnaies. Le caractére de l'amvre et sa date. le filage et le tissage. Veda (trayi) . qui ~ . ainsi la théorie des ~cercles". . pour se rendre invisible. § 1594. ventes et achats. les produits de la foret. Un chapitre concerne le conseil du roi. et de les éliminer par des chi\.

notamment en tamoul et en telugu (on cite pour le telugu une refonte du Kau{iliya. Breloer. Le Nztisiira ou «La suhstance de la politique» de Kamandaki. signifiant «fausseté». il en existe a Bali une traduction en vieux javanais. forteresses. la géographie est en partie «récente» (S. mais certains modernismes empechent de le mettre au niveau chronologique qu'on devrait lui assigner s'il s'agissait d'un ancien Arthasütra (Sluskiewicz). XV· siecle). la Yiijñavalkyvsmtri l'a utilisé massivement. extrait d'un texte perdu en prakrit. Jolly place l'ouvrage au vm" sieclc. texte versifié légendairement attribué a Sukra (d'ou son nom) ou Usanas. Traités diverso C'estde l'Arthasüstra que relevent diverses sortes de traités qui sont plus ou moins représentés dans l'reuvre de KautiIya. Dans la littérature. JoBy. Comme dan s l'ouvrage précédent./a) de 20 adhyüya chacune. appuyés en Europe par des hommes tels que Jacobi. Lévi) comme aussi les données d'alchimie et de métallurgie. Bref. ne sait ríen touchant l'activité littéraire de Kautilya en tant qu'homme d'État.). Il doit en tout cas etre antérieur au KrImasütra dont il est l'une des sources (Chakladar). Un ouvrage moderne . regles de morale. des sciences diverses.rage curÍeux est le Miinasollüsa (alias AbhilapitürthacintümaJ. l'ouvrage a des allures de küvya. le prototype du ministre dévoué mais sans scrupules. On présume que l'origine en est du Sud. et qu'il demeure la possibilité qu'on soit en face de matériaux. la science des pierres précieuses ou Ratnasüstra (S 1686) . du prince héritier et des hauts dignitaires. dont l'invention est mise au crédit de noms célebres. il est rédigé en Sloka. S 1251. etc. le Sakalanltisammatam de Madiki Siúghal]a./a (Agni. tout en appartenant a des disciplines autonome~. la coloration jaina est faihle . les portions d'Artha sont sommaires. Un domaine accessoire comme le Süpaiüstra ou «Art ó . il contient de l'architecture. qui apparait dans toute la littérature narrative et auquel. le récitateur de l'épopée. sensiblement plus ancien. armée. n faut mentionner aussi les chapitres de Nui dans plusieurs Puriil. Divisé en 5 adhyüya mal équilihrés (les fonctions du prince. comme le montre le Nuivükyümrta «Le nectar des préceptes de politique» de Somadeva. sous le nom de Cal)akya.lusmrti et Baudhayana. divisé en 5 vill/sati (ou prakaral. en Insulinde. Outre I'Artha et la Nui.. Vi~¡. ceHe des chevaux et de~ éléphants qui est a bien des égards une annexe de la médecine (S 1682 et suiv.!Udharma) et rappeler que cette littérature a pénétré en Birmanie. il contient tout de meme des restes d'un ancien Arthasüstra. en liaison avec Manu. ni traces de philosophie politiqueo C'est un ouvrage réaliste et résolument actuel. Stein avait surtout apeÍ'~u des divergences. Autres textes. Patañjali et Nagarjuna. L'opinion des érudits est tres divisée sur ces divers problemes. a tendances parémiologiques. de la musique.000 grantha. on a la métallurgie (Lohaiüstra). d'organisation civile.1600. au Tibet. On a encore la NitipraküSikü attribuée a VaisaI!lpayana.128 L'ÉRUDITION. Winternitz et autres estiment qu'on est en présence d'un texte sensiblement plus moderne. arts et sciences. les auteurs qui nient l'authenticité de i'ouvrage tendent a le situer au m" ou IV' siecle de l'ere. Comprenant 8. pour des raisons diverses. On décerne souvent a Kau~lya le titre de Machiavel indien : il faut observer cependant que l'reuvre sanskrite ne comporte ni considérations d'histoire. on attrihue des aphorismes et des versets de Ntti.esvara qui traite d'administration. des jeux. C'est aussi un manuel jaina que le Laghvarhannuisüstra du polyg~aphe bien connu Hemacandra. qui semble le titre authentique) attribué au roi calukya Somesvara ou Somadeva surnommé BhulokamalIa. en 31 samuddeaa. qui se sera donné comme l'reuvre de Kau~lya pour la simple raison que ce nom (qui d'ailleurs. On fait remarquer que l'état religieux est celui d'un brahmanisme a forte structure.!Í. 129 livre le fruit de son expérience? Ou un paT. outre la magie et l'astrúlogie (dont iI a été question. institutions. divers). on étudiait encore Kau~lya au Kasmlr dans les cercles jaina. souvent distinctes de Kautilya. présente le meme caractere de texte d'école que ceux qui consacrent l'instauration des autres Siistra.falsification d'apres certains . et datant apparemment de 1131. que l'ouvrage. queBes en sont les relations avec la description qu'a la meme époque et pour la meme région Mégasthene a donnée de l'Inde ? § 1598. e'est ainsi que. Bhandarkar. . qui se tient le plus souvent dans des généralités et reprend sur certains points les theses du Dharma. ajoute-t-on. Sorte d'encyclopédie qui traite des cent matieres concernant l'éducation et l'activité du prince. qui note ses accointances avec la Vifl. De fait. Néanmoins. sauf qu'il manque les livres administratifs et juridiques (2-4) ainsi que les deux derniers. est une mixture de traité technique et de versification gnomique a la maniere des stances épiques.est la Sukranui. Meyer.l?it qui n'a pas de contact avec la pratique des affaires? Enfin. alors que pour Meyer. reproduit en le résumant le Kau(iliya. le contenu. il faut avouer qu'aucun de ces arguments n'est absolument probant. A Ceylan il existe une tradition de Niti (Geiger). croient a l'authenticité de l'omvre. la cour et la maison royale. aussi quant aux sources. n'a jamais d1i appartenir a un individu) valait comme celui de l'inventeur de la politique. §. § 1601. § 1599. Rédigé en aloka mMés d'explications en prose. a de petites divergences pres. Le dernier insiste sur les concordances avec Mégasthene. Keith. etc. justice royale. ou jaina et bouddhistes sont a peine mentionnés. Hillebrandt. ou des traductions ont été mises sous le parrainage de Masurak~a ou de Nagarjuna. 1259).lya. La tradition. alors que O. d'armée. L'ouvrage est écrit en une prose assez simple. Garuga. Au x" siecle. Le style donne peu d'arguments : il est archalsant.lQ. amis et alliés. le Nitiratnükara de CaT. La plupart des savants indiens. sinon meme d'un texte achevé. composite en tout cas et comportant des additions (Jolly). Un ouv. Pour Jolly. trésor public. l'ouvrage n'est pas cité avant la Tantriikhyüyikii. le Yuktikalpataru de Bhoja. libre paraphrase de l'Arthasüstra a des fins pédagogiques et moralisantes. avec quelques insertions de prose. n se donne comme un extrait du traité de Kaup. que Kamandaki appelle son guru. le Nyüyabhü¡~ya et le Daaakumüra. le Kau¡iliya est postérieur aux Dharmasristra. il traite en ses 4 chapitres surtout de questions juridiques. si l'ouvrage est vraiment du IV· si¡lCle avant l'ere. n existe des traités de Niti traduits ou adaptés du sanskrit en diverses langues indiennes. appelé hrievement le Kümandaka. L'ARTHASASTRA ET SES DÉPENDANCES. divisé en 20 chants (sarga) et 36 sujets.

Sarúgadatta. l'exécution instrumentale (vadya). L'architecture. . comme le VarttiiSastm ((L'éeonomique». 5. attribués au rú Visvamitra et dépend du Yajurveda. Certains manuels n'ont affaire qu'avec une portion du domaine. L'Agnipurü~la et le Vifl. remonterait d'apres Acharya au VI· ou VII· slecle. a S~dasiva. on y trouve des omina. fait une large pa~'t a l'ieonographie. sans résoudre le probleme de la chronologie. . Un chapitre important relate la confection des images divines (S 1 ~ 77). éventuellement miilés de pro se. et repose en partie sur des préeeptes magiques analogues a eeux que fournit l'aupani~adika de Kau~ilya.ste ouvrag~ en 7 Ochapit.1?einture).. Le Cara' ou Steya-sastm ((Le traIte sur le vol» est plus proprement arthasastrique. ~e mot silF. lequel compol'tait déja des répertoires de mélodies appliquées aux süman (§ 548). d'auteurs socialement mal classes. est préfigurée dans les Sulvasütm v~diquesj§ 169~). Nombre de textes religieux ont un chapitre sUr l'architecture ou sur des problemes particuliers qui en dépendent : ce sont des Purül. a acquis une autorité incontestable et tout le reste en dérive plus ou moins. § 1604.). ceLa substance de la mensuration»(on a supposé que le nom cachait celui d'un auteur). Le Sabhüparvan du Mahübl!({r~ta atteste une . Stem a comparé les donnees avec cenes des SilpalÍüstm. En tout cas l'ouvrage. relevant du Samaveda. son lmportance VIent de ce qu'il semble avoir puisé non seulement dans la littérature existante (il cite 32 autorités dont les ouvrages.. L'architecture. Outre la deseription de l'armée. Infiniment lpieux représentée que les précécÍentes estla science de l'arehitecture ou Silpasastmj on dit aussi Vüstuvidya ((~eienee ~u site et de l'édifieation" . l'installation des pares et des pieces d'eau. Cf. D'autres branehes de l'Artha. qm comme les autres Sastm revendlque une orlgme divine et se réclame de patronages myt~iques (Bhrgu.itant aussi de sculpture et d'architecture : le Citrasútrn de SarasvatI. mais encore dans l'architecture et l'imagerie réeUes. des notions sur les matériaux./Udh. § 1. sur la sculpture. Ain. la peinture. des instruments a vent (Sllfira). S.ludharmottam ont aussi un chapitre de Dhanurveda. le Samar!li¡ganasútradhara attt'ibué a Bhojadeva (en fait. reuvre de cd'architecte Samaraúgana. et on a voulu VOll' dan s le Bhüratlya-Nr"i{yasüstra. ainsi appelé paree que cette (( SCIenee" se reeommande de Kumara.uvre d'a~t. Le Dhanurveda ((Le Veda de (la seienee de) l'arc» qui passe pour révélé dont le J(autilfya traitait déja largement. les dhruvü (S 1588).~i la peinture (citrasüstra) fait l'objet d'une série d'ouvrages partie autonomes. n'ont pas donné de text~s.t considérée comme un Veda subsidiaire. Par exemple : le Mayamata ((La doctrine de (l'asura) Maya". il n'aurait pas au miime degré que les m~nuels ultérieurs ce caractere de semi-fiction pédante qui marque tant de Süstra. un Citrasastra anonyme qui s'efforce d'utiliser picturalement les théories poétiques du rasa et du dhvani. ~'apphqualt a tout prodmt de fabr~­ cation humame. portant le nom de $aJ. Nulle part la datation n'e~t moins certaine. pour lequel on a signalé des connexions avec Vitruve (Acharya). On a une Vüstuvidyr"i anonyme. . 34 adhyüya avec une traduction tamoule.a désignalt en. On y trouve des renseignements sur la construetion des routes. comme le vaste Silparatna de Srikumara (XVI· siecle). le Gandharva (ou : Gandharva) Veda (( Veda des (musiciens cMestes dits) Gandharva ". D'apres le Nü(yalÍüstra. De miime l'Arthasüstm de Kautdya. dleu des voleurs.t1'rnottara a une sect!on de'. qm a emprunté au Münasollüsa (Khare). Elle est mentionnée ou postuléedans le Mahübhürata XII. le mobilier.?) en 83 adhyüya.ta ccregles des types l de cantilenes]. es textes subpsistants.la. s'il y en a eu. des armes de guerre. .603 Le Manasara. etc. Cette légende a du moins le mérite de souligner l'étroite liaison entre la dramaturgie et la musique. Les origines védiques ici sont immédiatement sensibles. aussi les préliminaires de la représentation dramatique. Tous ces ouvrages sont en vers. des faits religieux. qui constitue avec la danse et la mimique 1'un des éléments es~entiels de l'art total du théi\tre. aux chapitres 4 et 5. en 16 chapitres. le KMyapiya ou AI!ISUmadbheda de Ka~yapa. mais contiennent des éléments d'urbanisme (plan des viHes et des viUages). eoncerne l'art de la guerre. rattaehée elle aussi a la médeeine. le Nüradasilpa ou Narad¡yaiilpasütra.a ((la pratique du (dieu) aux six tiite:". magiques. la déeoration et divers métiers annexes. indépendants. le premier peut-iitre qui ait été mis en forme.ans ~o~te s'agissait-il. de l'expédition militaire. la Mrcchaka(ikü et surtout le Dasakumaracarita. le Visvakarmasilpa met en évidenge les considérations astrologiques.la (Mat&ya. Com~e les autres Süstra~ le Sal!lg!ta a été affublé d'un parrainage ~ythlque. La musique ou Sa/¡lgltaSctstra ((La science du concer!» eS.133 et 135 (Hillebrandt). ou elle apparait en pleine floraison. Maya. dont O. la théorie des lllstruments (ütodya) a corde (tata) et du chant. des données religieuses. un reflet tardif du Gandharvaveda descendu sur terre et enseigné aux hommes par le sage Narada. le rythme (tala).techmque deja avanc~e. Des traités eneyclopédiques prétendent embrasser ((les 64 arts" que connaissent les théorieiens : c'est le CatuhsastikaliiSastm.ImukhakalJ1. des Tantra OJ1ahünirva~la). Un texte nous est conservé. décrit notamment la construction des machines (yantra). § 1. Garuga et surtout Agnij le Vifl. Vaikhünasa. Visvakarman). Les traltés classlques ont conservé eette valeur eomprehensive : ils embrassent non seulement l'édifieation des demeures privées et des temples. la grammail'e et la métrique appliquées au texte chanté (pada). Kasyapa. va. astrologiques. rythme et mesure (tüla). qui n'est qu'un manuel d'architecture déguisé en texte religieux). Suprabheda et avant tout le J(r"irnika. sont perdus).es. Skanda. partie tra. les terrains. dont les chapltres finaux forment le premier texte musical qui nous soit conservé. dans Carudatta.. comme le lalsse mferer le sansknt barbare dont usent la plupart d'entre eux. non plus que l'attribution : la plupart des textes s?nt anonymes. Ces chapitres du Bhüratlya concernent respectivement les éléments de ~a théorie (jatilakfaJ.'130 L'ÉRUDI1'ION.D'Ol:ig~ne védique. des préceptes magiques. Vikramaditya. en 8q pa{ala. ainsi le Citralak~a1. des Sal]lhlfcI et surtout des Agama (J(arm.la. Plusieurs sont conservé s dans le Talljur tibétain. Vasi~1ha (Dhanurvedasartlhita) . L ARTHASASTRA ET SES DÉPENDANCES. Plus tard les manuel s traiteront systématiquement du chant (gIta) . . le Sivatattvaratnr"ikara. '131 culinaire» est considéré comme une science. la musique a trois objets : les sons (svara).602.fatt toute a. aucun n'est ancien.

§ 1607. dieu Prajapati a Nandin (S 1057). Ch. Au trivarga ou répartition des activités en trois grands domaines. le Kamasiitra se présente comme le terme d'une longue série qui plonge dan s la fable par ses origines : il y aurait eu un traité primitif révélé par le. Up. paklTl.ement dite s'accroit a mesu. cet ouvrage divise la matIere en 7 adhyaya : svam «sons». praban4ha ccchant e.Bharata la doctrine régionale ou deS! (anAryenne?). lis d~fimront d~ux doct~l~es.elements pnma~t le second.'l~e tradltlOnnelle ou miirga «la VOle". le 1?r. De date inconnue sont le Dattlla ou Dattlhya.re qu'on acced~ aux temps mod~r. p~~prement «represe~tatI?n» ou «imitation suggestIve" (Man. Le plus ancien texte qui nous soit conservé -le plus important de beaucoup.t éléments du chanh. la Brhaddes! de Matanga. lis donneront des renS?lgnements sur l'organisation de concerts. Le Saqlgltadiimodara de SubhaI]1kara.132 VÉRUDlTION. est conslgnee chez. nrtya eedanse et mimique". Les détailR different souvent d'avec ceux que donne le Niityaliistra.. que reprit et condensa a son tour Vatsyayana. Le plan du Sal!lg¡~a:. sans doute y avait-il la des textes an~iens. de sauter (utplavana) . De cette généalogie littéraire iI demeure en tout cas que l'reuvre est composite. de tourner (bhramar!). puis Magha). Kama. Généralités. e~. etc. la fixation en technique ne doit pas remonter bien haut. et artIstique. Nandin le transmit a Auddalaki Svetaketu (nom d'un docteur védique). des yeux. allusions a l'eugénisme (ainsi Brhadiir. qm date du XVI slecle. la do~t). De nombreux noms de musicologue~ sont fournis par la tradition dont les reuvres sont perdues. proprement humame ~t résdltant de l'évolution natureIle du mcirga. les ca~tes et les diverses situations. qui donne d'autres particularités. tiila «rythme et mesure".W y font aUusion. en 311 s~oka. bref manuel qm est censé 1'reuvre de Dattila. n peut s'~tre développé parallelement aux mudrii tantnques. qui semble avoir été ele l'ouest (H. 5 viveka ~ traité en vers iiryii dont le premier viveka contIent O?OmpoSItlOns de 1 auteur pour la VII. texte mum d une traduction et d'une paraphrase hindi par l'auteur. qui regle a son tour le trOls~eme. Du texte lui-m~me aucun indice de date n'est a tirer : on a constaté simplement qu'il y est fait mention d'un roi de la dynastie des Saiakarl)i ou Satavahana (lIe_I er siecle avant l'ere) et que les nonnes bouddhiques y jouent le r61e d'entremetteuses. de la nuque. de le situer tres haut. en 5 stabaka serait antérieur au xv e siecle. épisodes érotisants du rituel. viidya «mstrumentatlOn" . l'Abhinayadarpal. puis sept auteurs se partagerent les sept chapitres pour en donner un-nouveau texte résumé. Ghosh) l' añgika abhinaya (S 1580). celui quijouit en ce domaine d'un prestige incontestéle Kiimasiitra ou «(Recueil d') aphorismes sur l'amour» de Vatsyayana Mallanaga. d ongme dlvme. Plus tard. Babhravya pafícala en fit un abrégé. VI.phe~ent sans doute. deSIgne au sens restremt 1 ensemble des mouvements du corps de nature a provoquer le rasa. comme le confirment la disparité du contenu et la multiplicité des citations (dont l'une. attribué a Nandikesvara. Ghosh). Gho~h place Nandikesvara au 11" siecle. qui co~~rend a so~ tour la mimique de scene (abhinaya). et les premiers documents littéraires. 4). c'est en raison de certains ar~haYsmes de forme et de fond (concordances avec Kautilya et m~me avec Apastamba). ?ommenté au ~ve (entre autres) pa~ Kallin~th~. On ne sait rien <¡ur l'auteur.l~. D'autre part. Bharata fait remonter 1'origine de cet ?rt au Yajurveda. est de date incertaine. Subandhu. Des traces dispersées de doctrines relevant du kiima se trouvent dans le Veda m~me : magie amoureuse de l'Atharvaveda. artha «intér~ts" et dharma ccdevoir» (5 1150) correspond sur le plan littéraire l'instauration des trois grands sastra ou ccsciences enseignées". li faut descendre un miBénaire peut-~tre apres Bharata pour trouver un premier traité autonome de musique : le SaI¡lgltan: akaranda de Narada (x" siecle?) et surtout le Sal!lgltaratniikaraee~a mme de diamants de la musique" de Sarngadeva. un a~tre a Kohala (celui-ci. Chakladar). le Sar[lgltaratniikara traite également de mimique. si Pon a proposé de le reculer jusqu'au IV· (Winternitz) ou au v· (Keith). Le premier texte qui en traite est. est connue de la tradition jaina).Artha. plus divergentes d'ail~eurs e~ t~éO!I? qu ~~ faIt. et indépendant du précédent· l'un et l'autre ont été traduits en persan. 635 Sl~k~ traitant du viídya . ÉROTIQUE. chacun des morceaux ayant sa mélodie propre. attestent une certaine connaissance du Kamasiistra. On a aussi bien' entendu des textes spécialisés. L'AbhinayadarpaJ. lorsqu'ils sont associés aux autres éléments dramatiques. gestes pour représenter les dieux. semble-t-il. § 1605.et d~ tala.lii.at1!iikara est smVI par un o_uvrage qm le res~~e tout en puisant aussI a d autres ~~ur~es.~nuer de ~es . qui toutefois ne sont pas décisives. Le Vi~1Judharmottara et l'AgnipUral. kiima ccamour». Un autre ouvrage attribué aussi a Nandikesvara est le Bharatartlava. La mimique (abhinay?) a fait l'objet d'un ou~age important. La part de la musique prop.wlca «(sujets) variés".la sensiblement apres : l'allusion aux dix avatiira (Balarama et KF~9a au lieu de KF~9a et Buddha) ne permet pas.et Dharmasastra. Le NatYaSastra en traite incidemment (chap. 7.e_ de la période «mo~enne». décrit en 324 versets (dans la recension établie par Man. ÉROTIQUE ? § 1606. ici encore. Manieres de se tenir debout (mat/(Jala) .nes.lUdharmottara et le Miinasolliisa. Des chapitres sur la musique eXIstent dans plmreurs ouvrages rehgIeux ou profanes notamment dans le Vi?I. . mais le Darpal. le Na{YaSastra (chapitres 8-11). Les citations qui en sont faites ne vont pas au-dela du VII· siecle (Bhavabhüti. Cependant. de la danse (nr~ya). l'éducation musicale.aI. avec 23 notations (Sal¡lketa) partIcuheres. 22).w «Le miroir des gestes". le Sal!lgltadaTP. C'est l'ouvr~ge le mieux connu pour la période «récente".l~ «Le mlfOlr de la musique» de Damodara MIsra (1625). est en t?U~ cas recent) . Mouvement~ de la t~te. Sur les mélodres. eeHe de Ghotakamukha. l'épopée. apocr. gestes propres a la danse. auteur kasmIrlen du XlII" siecle (Simon). qu'il divise en: a. de la main. C'est le texte caractéristiqu.. qm. b. Le mot abhlnaya. raga ce melodres". de marcher (car!). ainsi sur la danse un Talalalc?a~w attribué. un Na:tanantr1.~aya par PunelarIkavItthala. a ~andikesvara. un éleve de Bharata. le SaWJUapiirijiita d'Ahobala. 133 des instruments (viidya). le Ragavibodha de Somaüatha (début d~ XVII e siecle).

de ses amis et de ses «messageres". n y est beaucoup moins question d'amour que d'argent et de profit matériel : c'est un chapitre d'artha inséré dans le kfima. due a un certain Dattaka. D'anciem maitres sont également cités dans le Paiícaseiyaka «Les cinq fleches (d'Amour)" de JyotirIsvara Kavisekhara.. ~ 1.609. en est un résumé. l'i\ge. le tempérament. Le chapitre sur les courtisanes manquedans beaucoup de ces manuels. Le cinquieme traite des femmes d'autrui et de la maniere de les approcher : c'est un manuel de l'adultere. ~ 1. médicales. peut-~tre parce qu'il avait fait l'objet de traités séparé~. il a été interprété mystiquement a l'instar du Gftagovinda. tout cela répete en partie. femme remariée. d'autres textes refa~onnent la matiere sous une forme plus originale : ainsi le Ratirahasya «Le secret de la volupté" de Kokkoka (ou Kokadeva. ses amis. Le deuxieme chapitre traite du commerce charnel (Sc71!lp1'ayogika) : les modalités de l'acte sexuel. mais complete aussi ce que nous apprennent les sourees juridiques. épouse ainée. soit pour s'emparer de ceBes des autres. le caractere (sattva) : c'est ainsi que s'est aeeréditée une théorie des quatre types de femmes padminf. mrgT. qui se termine par des conseils a l'usage du roi et des hauts fonctionnaires. XIII' siecle. La théorie.) eomposent un répertoire parfois fantastique. peut-~tre exeeptionnelle et agrémentée de trait~ imaginaires. alva). e'est la vie quotidienne de l'Indien riche. l'énumération des sortes de femmes a rechercher et de ceBes a éviter. la division quadripartite en lasa. L'un et l'autre ont a eonnaitre les 64 arts (distinets des proeédés de Pañeala ei-dessus). dont ils amplifient les données en multipliant les subdivisions. et auxquels l'épopée déja faisait aHusion.134 L'ÉRUDlTION. comme le Vütsyeiyanasütrasaf[1siira de K~emendra. on y décrit aussi l'office des entremetteuse~ (dütl). les signes favorables ehez la femme qu'on reeherehe. citriJ. De m~me pour la eourtisane (vesyei). Les chapitres proprement sexueI. Les pratiques du mariage. notamment du Kokaleistra en tamoul et en telugu. la description de l'acte sexuel (1'ata. sa maniere de se loger. de l'«éléganh (neigaraka) . le choix de la fiancée. un Kümaprabodha anonyme. v¡. Ce qui est esquissé la. la maniere de les aborder et de les conquérir .s. sai1/chiní.qui en sont la conséquence). la maniere dont elle doit gérer ses intér~ts. soit pour garder leurs femmes. ainsi que de conditions fort complexes de temps. bandha.li de Vlrabhadradeva n'est qu'un remaniement en ver s c7ryü de Vatsyayana. Au fameux Müladeva des contes jaina est attribué aussi un Kümaliist1'a. l'un et l'autre. contiennent ~ a. Enfin les reeettes pour gagner l'amour de la femme. magiques et exposé des pratiques spéciales. la description des «64 arts" dits de Pañcala (embrassements et baisers. en 10 sthala. une description de la vie du nfiga1'aka (§1612). dont on nous donne l'énumération curieuse. d'ou son autre titre Kolcaiüstra) en 10 pariccheda et en vers élaborés (XIII' siecle) prétend remonter a des maitres antérieurs a Vatsyayana. . On a aussi les rudiments d'une typologie : classement des «hérolnes" (niiyikii) suivant le physique et les capacités sexuelles. b. améliorer l'aspeet ou l'efficacité des organes (éventueHement aussi pour emp~eher ou provoquer I'avortement. cadette. Riche en recettes et descriptions de pratiques diverses est l'Anangarai¡ga ((La tribune de l'amour" de KalyaQamaBa. s'inspirent peut-~tre des ilsana du Yoga.épouse unique. femme répudiée . qui retrace en forme d'un vade mecuII! versifié (18 adhyiiya) la vie galante du ~citadiu (S 1612). Alors que par exemple le Kandarpacü(lfimaJ. dont la premiere rédaction. épouse séparée par l'absence du mari. hastinI d'apres les pudenda (a laquelle eorrespond parmi les mMes. dont trois sont connus : le plus ancien et le plus réputé est la Jayamaligalc7 de Yasodhara. etc. Sommaire dLl Kamasütra. Cet ensemble ne forme qu'une petite partie de l'érotique : on trouve par ailleurs les regles les plus détaillées sur Part de séduire et les manreuvres de coquetterie.608.en principe pour les épouser (la section se termine par des détails ~ur les pratiques du máriage).61. marques des ongles et des dents. ont des attaches étroites avec le Kümasütra. Nombreuses traductions ou adaptations dans diverses langues indiennes d'ouvrages sanskrits SUr le Kama. mais ou Pon sent au fond plus de réalité que les deseriptions conventionnelles des textes sanskrits en général. Le Kc7masiit1'a a fait l'objetde plusieurs commentaires. la derniere section est ceBe de la doctrine secrete (aupani~adika) : recettes esthétiques. Schmidt énumere une centaine de textes. une autre des trois types. les gens a son serviee. L'ouvrage est de date indéterminable. dont les combinaisons dépendent pour une part des types humains qui ont été définis au préalable. etc. le polygraphe connu.0. divisé en cinq chapitres appelés «fleches". hastin! d'apres des earaetéristiques générales. ou l'union gündhal'va est na:tureHement a l'honneur. Nettement distinct des précédents.). vaifavü.et dépeint la vie au gynécée. mrga. ses oeeupations. D'autres portions du Keimaliist1'a ont un intér~t plus réel : la deseription de la vie du «héros" (neiyaka) . d'autre part. les artifices destinés a susciter ou développer le plaisir. Le troisieme chapitre concerne les jeunes fiBes.:~abha. coups et cris -sTtkrta .. avec l'esquisse d'une géographie érotique de rInde. etc. le KurranTmata et la Samayamiitrkü qui. manreuvrer avec les hommes pour aecroHre ses ressourees. qui sout reconnus comme la partie importante du Keimaleist1'a. Sur un plan différent est le curieux Niiga1'asarvasva du bouddhiste Padmasr!. L'ouvrage se divise en sept adhikara(la : une section générale (sfidhiira'l}a) comprenant une table des matieres. un exposé sur le trivarga. avait été faite a l'instigation des hétalres de Pataliputra. selon la ten dance indienne bien connue. qui est probablement du XVI' siecle. le sixieme chapitre forme un traité a l'usage des courtisanes (vaisika) . mais riehe en données préeieuses : on y trouve une botanique médieinale assez cOIllplete. Enfin. ÉROTJQUE 135 § 1. les attitudes décrites. les recommandations morales s'y mMent curieusement aux préceptes érotiques. dont un certain nombre d'ailleurs sont incompréhensibles ou inapplicables. les divergences dans la pratique amoureuse suivant les régions.ff. ses accompagnements. Le chapitre 4 définit le comportement de la femme mariée selon son état . Citons encore deux Sma1'a" dipilcei par Rudra et par Garga. Les autres manuels d'érotique répetent plus ou moins fidelement le contenu du Kfimasüt1'a. du «seigneur" (¡lva1'a) . accroitre la puissance sexuelle. en fait pour exercer Part le plus caractérisé du séducteur.

n. § 1. m~mes procédés de citation (Vatsyayana et Kautilya se citant eux-m~mes). attestent une familiarité tres grande avec l'érotique.61. médecine et magie. grossesse. se font jour : conception. En regard. Enfin le Kcimasastra est voisin de l'Arthaáiistra. Les recettes sont plus nombreuses. Les autres manuels sont moins concis. empruntées a la médecine. et peut-~tre avant tout autre le SiJupiilavadha. Le Kiimasütra luicm~me est rédigé en style raide. dont il a dil subir l'influence : la diplomatie et la stratégie amoureuses. «l'homme de la ville".. Les connexions sont fréquentes avec la dramaturgie et la rhétorique : la théorie du srilgiira ou «désir amoureuu chez les rhétoriciens·confine a celle du kama. ÉROTIQUE. et notamment des hétalres (gaJ}ikii). En fait. le Dasakumrtracarita. loi et coutume. le coureur de bonnes fortunes. A l'usage de qui est con~u le Kamasiistf(J? A l'usage du nfigaraka d'abord. Citons parmi les reuvres classiques inspirées par le kama : le Raghuvm!lsa (chant 19). m~me arrangement (table des matieres en t~te. les stances d'Amaru. le vi/a. a laquelle les commentateurs se plaisent a se référer. Les dénombrements deviennent pédantesques et les classifi~ cations entremHées arrivent a défier toute raison. ordonnant la matiere en vers dilués et plats. Les ouvrages. Vrtsavadattrt. celle des candrakalii ou variations du siege de l'excitation suivant les phases de la lune. le Mayürii~taka.2. 5. Toutes les descriptions sont données avec le plus grand sérieux. Caracteres généraux de l'érotique indienne.~a. le Kumiirasm!lbhava (chant 8). A l'usage des femmes aussi.61. le siege fait autour de la femme. des données d'anatomie et de physiologie. et OU le küma vient en définitive s'absorber dans le mok. m~me style de bha~ya-sütra mixte (avec des Sloka en fin de chapitre). des filIes de roi. . des poemes naturalistes comme ceux de Hala ont été expliqué s par les commentateurs en termes d'érotique. Entre Vatsyayana et Kautilya les analogies formelles sont évidentes : m~me syntaxe. dont l' origine semble remonter au Rrtmüyal}a. dans la littérature de type puraT. toute la littérature raffinée de l'Inde classique et notamment le kiivya (et m~me. L'érotique a exercé une influence notable sur le langage de la mystique (S 1316. le dandy. précis comme un code de loi.136 L. des filIes de hauts fonctionnaires. mais sans l'ombre d'un élément affectif. 137 § 1. certaines reuvres sont susceptibles d'une double interprétation. Mais surtout a l'usage pes écrivains. etc. le Na¡~adhacarita.sa 136-1&0). c'est-a-dire l'élégant. Miilatfmr7dhava. nune trace d'obscénité.lique. dans l'un et l'autre domaine on rencontre le lJidÚ1aka. qui n'est qu'une longue illustration des préceptes du krtma. héros tacite de la majeure partie du texte. astrologie. qui touche a une masse de disciplines. s'apparentent de tres pres aux procédés de politique et de guerre décrits dans l'Arthasastra : m~me absence de scrupules de part et d'autre : tous les moyens sont bons pour arriver a ses fins. le J.ÉRUDlTION. dramaturges et poetes qui ont besoin le conna1tre la théorie du krtma au m~me titre que celle de l'almpkiira ou de la grammaire. postérieurs au Kiimasütra (ont inventé des théories compliquées : celle des tithi ou jours lunaires favorables pour le contact charnel. et en fin de l'ouvrage Vatsyayana dit qu'il l'a composé en «extr~me chasteté el concentration spirituelle". le Haravijaya (chant 29). la CaurlsuratapañciiSikii. la conception du héros de théi\tre est identique a celle du niiyaka (des deux c6tés on a le m~me mot) de l'érotique. un épisode tel que HarivaIp. menstruation. le Srhgürasataka de Bhartrhari représente une tendance plus pure.).1. upanl:~ad en queue. courtisane et actrice ont des traits similaires. schématique. sans avoir eu pour objet la passion (riiga). L'érotique indienne est une science encyclopédique. accouchement.). En tout cela.ltusm!lhrtra.

au contraire. l~s pénodes les plus anciennes. a~ temps védlques les plus anciens du moins consisté en de sImples techmques. Accessoirement. n ~e nous ~It pas s ~l s'agissait surtout de spé?ula~lOns théonques ou d observat~?n~. siecle av J.1 ' . parce qu'elle n'a pas lié aux spéculations dont elle était sortie une contrepartie expérimentale et empirique suffisante. a apporté des contributions originales a la science ou su promouvoir et répandre des découvertes importantes dont leurs auteurs étrangers n'avaient pas tiré parti.ecine indienne. seul~ a été ~onservée l~ h~ter~ture vedIque.la. emplriques. les Indiens possédalent au moms une sf~Cl~I~te . cal' elle ne s'est pas bornée a la spéculation. On a trouvé des cornes de cerfs non accompagnées d'autres restes de ces animaux. né s'intér~ssa~t a aucune science excepté la médecine. d apres son.-C. ~ont l'objet n'est pas de décnre la sClen~e et qUl n y f?lt que . au contact des sciences étrangeres.oppée § 1615. ceux de Mohan-jo-J. les textes scientifiques classiques ont faií disp. faisaient des. Les plus anciens monuments de l'Inde. blen que l'efret de ces substance~ é~aIt anClennemen~ co. '1' " d 1 éd' . 139 CHAPITRE IX concurremment avec les spéculations cosmologiques qui. mais qui est resté e une philosophie plutót qu'une science. Tandis que la vieille astronomie rudimentaire constituée avant 1'ere chrétienne était renouvelée par des influences étrangeres.)aro.la et les Upani~ad. Le m~me Onéslknte dIt aUSSI que les phllosophes.qu'ils s~pp~sen~. par Strabon. une immense enqu~te sur les faits réels et elle ne les a jamais completement perdus de vue en spéculant pour les . reliés a un systeme d'égouts. commencées dans les SaJZlhitii. chinois et musulmans qu'elle a successivement reºus. les pronostic~ et les m~ladles. elle a poursuivi.des alluslOll. n est plus remarquable qu'il y aít eu de nombreuses installations de balnéation. LES SCIE NCES 1. a été plus pleinement une science. la médecine ((iiyurvédique" maintenait ses données acquises en face des apports grecs. 1 astronomíe et la géométrie ont sans n~l doute. Mais les indices positifs que nous pouvons recueillir a cet égard sont peu nombreux. Le brabmanisme cherchant¡a connaitre']'Etre et les ~tres afondé dans un m~me efrort une métaphysique et· une physiologie. l'empr~nt par les Grecs de diverses substanc~s mé~lcmales mdlennes atteste. il afondé aussi une physique qui a trouvé son expression dans le Vaise~ika. Mais ceci est peu signíficatif. ceUe de soigner les éléphants. La me~ecme. qui domine la médecíne indienne classique et qu'il est remarquable de trouver a I'époque de . ont eu leur plein essor dans les BriihmaJ. La science indienne a parfois communiqué ses données originales ou ses progres aux pays m~mes auxquels elle avait le plus emprunté.ges grecs n. d' expliquer: .me~lC~le. 1'autonomie de sa tradition. et d'autre part elle a passé en totalité chez les peuples qui ont subi 1'influence de la civilisation indienne. Les Grecs qui ont connu l'Inde paraisserit avoir été beaucoup plus frappés par la sagesse et.de~ le me. grand hain et hains privés. n semble. n est peu probable que l'astronomie' et la géométrie ~ient. d'abord eu des fi~s s~rtout pr?tIques : guenr les maladies.e mais n'indique pas s'il s'aglssaIt de remedes sClentIfiques ou emplriques.S fortuites. dép~ssé de bonn~ heure ce premiel' état.e d:é~aboration .a 1 ~P?que d'Alexandre. les Mousiki\nien~.MÉDEOINE.raitre toute .nnu dans 1 Ind. que ce peuple ait paru seulement pr~occupé de ~e qUl prese~­ tait une utilité immédiate. d'apres le~ text~s ~ansknts plus récents d'importantes sections de la thérapeutlque mdlenne et il est intéres~ant de savoir par les Grec~ q~'eHes avaient. temOlgnage rés~mé.ous prouve?~ q:U. en raison de ses' besoins pratiques. construire les autels des sacnfices. philoso:rhi. La médecine au contrall'e s est elevée a~sez vIte d~ sa fonction utilitaire au rang d'un systeme de compréhenslOn des phenomenes vitaux normaux et pathologiques. les gymnosophistes. Ceci tient a ce qu'elle s'est dévcl.e qu'on y pr~fessait que par les sciences qu'on y cultlvaIt. 1'Inde. Ceci indique un souci de 1'hygiene qui ne repose pas nécessairement sur des connaissances médicales. Dans certains domaines. Seules les sources indiennes peuvent nous permettre de nous former une idée sur ce sujeto § 1614 Malheureusement. La mép. On y a trouvé aussi des os de seiches et du siliijatu qui sont des drogues indiennes banales. celle du traitement des morsures de serpent et une speclahte veténnal~'e. recherches sur l~s phén~­ menes naturels. 01' la poudre de corne de cerf sert dans la médecine classique et jusqu'a nos jours. m~me. elles étaient donc conservé es pour elles-m~mes. MÉDECINE § 1616. 2.la littératu. établir le calendrier nécessall'e a ~a fixatlOn ~es ~emp~ propices aux rites. notamment en mathématiques. une existence autonome. bien qu'elle ait beaucoup emprwlté. le saVOlr ?uraIt. Onéslknte atteste qu un peuple indien de l'Ouest. co~~e ti faUait s'y attendre.tique" De. Plusieurs autres temolgna. surtout au Tibet.)aro et de Harappa nous attestent l'existence d'une civilisation si avancée qu'il est probable que la médecine y avait déja reºu un certain développement. ou nous aurions pu VOll' quels avalent ete les premlers essalS sc~enh­ fiques et a quelle époque ils avaient été comm~n?és. L'hygiéne dans la civilisation de Mohan-jo-Daro. n pouvait en etre de m~me a Mohan-jo-J. INTRODUCTION § 1613. Mals nen ne nous mdlque s~ ~lles reposaient sur des systemes scientifiques déja constitués ou se trouvalent uniquement fondées sur l'observation p~a. en Indochine et en Insulinde. maís quí s'est conservé de tous temps dans l'Inde. Ce sont la. La posltlOn pnvI egIee e a m ecme parnu es sClences m lennes lui a permis de conserver mieux que les autres. Pour. A en juger par ces alluslOns.

c'est-a-dire constitue une cachexie ou une atrophie. Un Sütra plus tardif. § 1. que les commentateurs considerent comme héréditaire. TeHes sont par exemple. les venins. m~me en ce cas. comme la cause m~me de la jaunisse ou le jaune extérieur est la manifestation d'un foyer intérieur jaune comme l'éclat du soleil. Piiman est le seul nom de maladie commun au Veda et aXAvesta. aux maux et aux traitements. La tradition semMe le considérer comme une affection redématiante. soit localisé.~ma est soit généralisé. aux organes. et qui. est représenté par le dépérissement périodique du roi Soma. c'est-a-dire de la Lune a son décours. Le balasa. comme elle sourd dans une entaiHe a un arbre et la comble. Les données védiques. Il se traduit spécialement par un dépérissement.a. c'est encore une action magique qui peut avoir été recherchée. spécialement considérés comme avorteurs. S'ils en avaient eu. Au premier rang de ses formes est le r~jayak­ ~ma «la consomption royale". le k~etriya «appartenant au terrain". Certains de ceux-ci. qui atteint l'homme mais qui. Telle terrible Rudra. S-ir~akti.9. 141 Mohan-jo-I)aro déja assez pu~ssa~t pour avoir c.~ma). d'ailleurs. ou les Rak~as. que ce soit ou non par sa faute. volontaire ou non. Cependant l'interprétation du texte qui attesterait ce fait reste douteuse. kilii$a. mal intérieur qui distend ou rompt les os et les jointures. est comme un miasme ou un mauvais sort qui peut se manifester par une action funeste sur la santé. la «touu. Pathologie. quarte. qui correspond a la «dépigmentation". qui ont souvent un caractere équivoque. Mais le mot hrdyota peut s'interpréter aussi et plus simplement comme signifiant «lueur jaune" (hr-dyota [na]). Cependant les grandes divisions de l'art médical sont déja indo-européennes (Beuveniste). On distingue les fievres quotidienne. c'est-a-dire mala die «du tempéramenh. Les textes védiques contiennent maintes allusions aux parties du corps. le «mal de tMe". Aux consomptions sont associées diverses maladies cachectisantes comme la jaunisse (hariman) et le hrdyota «éclat qui est dans le creur" (hrd-dyota) con~u. § 1620.61. Les allusions a toutes les lésions concretes évidentes et aux pbénomenes morbides isolés n'impliquent pas autre chose qu'une observation banale. Son nom indiquerait en tout cas que c'était une affection considérée comme «implantée" (Henry). MÉDECINE.61. continue. «la possession". la Grahi. Ceux-ci sont en effet qualifiés de cousins. 7. est administrée ~n potion en cas de plaie dans l'espoir qu'elle viendra sourdre dans la plaie pour la cicatriser. mais qui conserve une tradition ancienne. Le kiliisa qui consiste en décolorations de la peau est traité non seulement par une incantation mais par l'essai d'une application de teinture d'indigo. § 161. la «douleur lancinante".ond~it . des travaux d'urbanisme qui n'ont pas d éqUlvalents dans 1AntIquite. aussi bien celle qui atteint les cheveux et qui les rend Mancs. Les perturbations de tous ordres sont apparentées et s'engendrent mutuellemento Le péché. explique dans quels cas et avec quel rituel ces hymnes sont utilisés. estivale. les autres concordances relevent des idées sur les relations du mal avec les ~tres démoniaques ou sur la vertu morbifique des impuretés plutót que de la médecine proprement dite. n est vrai que. «la perdition". Un assez grand nombre d'hymnes. servent de charmes curatifs. Les dieux. font allusion a des procédés empiriques. Thérapeutique. kiisa. tenant profondément a l'organisme. Ce yak. sans doute. eues auraient sans doute été possédées aussi par les Iraniens dont ils étaient depuis peu séparés et la comparaison du Veda . La parenté des termes généraux comme ay. La plupart peuvent appartenir a diverses maladies dont l'unité n'était sans doute pas reconnue. súla. Le groupe des fievres (takman) le dispute en importance a celui des consomptions. Ils ont donc été formés indépendamment et postérieurement a la séparation des deux peuples. se trouve rapproché des fievres. en le liant. tierce.et de l'Avesta nous révélerait les éléments d'une médecine indo-iranienne. Les démons comme Niq'iti. Les noms de maladies les plus nombreux se rapportent a des phénomenes morbides isolés. des sympt6mes considérés en eux-memes. une cOllRomption (yak. la «gommelaque". § 1. peuvent ~tre tour a tour les auteurs et les guérisseurs de la mala die. Les Indo-aryens en pénétrant dans rInde ne paraissent pas avoir apporté avec eux d'importantes connaissances médicales. 01'. tel Varul)a qui «lie" quiconque se trouve en violation du «bon ordre" (rta). le Kausikasütra. les correspondances entre les données médicales des deux textes sont tres générales et les termes techniques employés de part et d'autre ne sont qu'exceptionnellement apparentés. fievre de la saison des pluies et d'autres encore. le fail souffrir d'hydropisie. On s'acheminait donc au moins dans certains milieux de l'époque védique. vers la conception d'entités morbides unitaires a sympt6mes multiples. baesaza véd. A cMé de ces mala die s qui sont des affections générales ou des formes localisées d'affections générales se range un mal médiocrement défini. n est possible que le cathétérisme vésical ait été pratiqué. la pathologie védique connait aussi les blessures. Les fievres intermittentes sont dans l'Atharvaveda bien reconnues et catalogué es parmi d'autres. La thérapeutique védique apparait comme surtout magique ainsi qu'il est naturel dans des recueils d'hymnes dont la plupart sont précisément magiques ou religieux. On trouve entre la mala die et le péché une relation étroite.140 LES SCIENCES. Les dieux et les démons ont souvent un r6le médica!.8. bhe~aja «remede" ou «charme curatif" est un fait sans portée du point de vue de l'histoire de la médecine. les vers parasites.Une partie des noms védiques de maladies se retrouve dans la terminologie nosologique des traités médicaux classiques. Les données indo-iraniennes. De m~me arundhaff ou liik~ii. que celle qui dans diverses maladies cutanées décolore la peau. automnale. sont les causes prétendues de beaucoup de maux. Le contact de l'indigo sombrepeut avoir été censé assombrir la peau par magie sympathique. surtout de l'Atharvaveda. Bien entendu. Il n'en résulte pas que toute thérapeutique empirique ou rationnelle était inexistante en dehors des milieux qui ont élaboré les hymnes. dans le domaine cosmo-mythique. ou de freres d'un autre symptóme. Quelques indices peuvent toutefois faire penser que l'observation avait déja été assez attentive pour faire reconnaitre l'association habitueHe de certains sympt6mes. .

nombre de passages de ce texte ne sont mtelligibles qu'a condition de prendre pral.626. ~st appelé dans le Yajurveda la «bile des eauXll (pittam apam). a un grOlipe de personnages dont fait partie Susruta. «Corpus de Caraka".-C. Selon Caraka la médecine révélée par Brahman a Pra. 143 § 1. et ce qui est plus spécial aux conceptlOns mdlennes. c'est-a-d~re que le feu (sans doute celui de l'éclair) est dan s les eaux ce qu'~~t la bl~e dans l'organisme. Plusieurs parties du corps sont con~ues comme représentant des parbes correspondantes de l'Univers. les deux grandes SaY[lhita médicales reposeraient sur la méme tradition. Le 1'asayana.e geme. Cala. notammen~ le rasa ou «seve organique". Le salya c?neerne l'extraction des corps étrangers et des fretus morts.621. né du barattement de l'Océan (S 1037). mais Divodasa est trop légendaire pour qu'il soit prudent d'accepter une conclusion de I!. Physiologie.YajurO et l':t~harva. ce qui le constitue patron par excel. Divisions de I'Ayurveda. passa successivement aux Asvin et a Indra puis d'Indra au rfi Bharadvaja. et la CarakaSU1!1hitü. Un rapport profond est supposé entre le cosmos et le corrs. La tradition médicale indienne qui se m~ntrait en formation a travers les allusions nombreuses des textes védlques et brahmaniques anciens apparait toute formée dans les plus anciens textes § 1. Le saliikya représente une ophtalmologie et une oto-rhino-laryngologie. Dhanvantari est dans l'épopée un étre divin. L'agadatantra «traité des antidotes". car c'est da~~ l~ physlOlog¡e qu'~p­ paraissent les doctrines fondamentales et caracterlstIques de la médecme indienne. Ces deux reuvres ne sauraient passer pour les premiers essais de compilation de traités médicaux. n est surtout remarquable que. ainsi que l'usage des instruments et cauteres. roi de KáSi. Le souille (pral. Celui-ci l'enseigna a un groupe de r~i dont Átreya Punarvasu qui en instrui~it Agnivesa.1a et des Upani~ad. Légende des origines de la Susrutasa:rp. l'évacuatlOn des eollections purulentes etc. L'anatomie qui apparaH dans les traltés classiques était donc en partie fixée des le temps du YajurO et de l'Atharva- n en est de méme de la ph~siolo. vers 1000 ávant J. «ehemin du sue organique" traite des fortifiants généraux et des cures de rajeunissement. 4. C'est Brahman SvayaI)1bhü qui aurait le premier énoncé I'Ayurveda. mais nombre d'os et de visceres invisibles sur le vivant étaient connus et avaient regu des noms spéciaux qu'ils ont souvent gardés dans le~ traités médicaux cla~siques. avec en mains un vase d'amrta diq~eur d'immortalité".624. Chacun de ces six disciples aurait rédigé l'enseignement d' Atreya. Les constituants du corps tels que ceUX-CI les énumerent sont nommés dans les textes védiques. Parasara. s elaboralt une théorie pneumatique de la physiologie destinée a un grand SU?CeS ultérieur. l'existence a l'époque védlque de medecms n'appartenant sans doute pas au milieu des auteurs proprementvédiques est attestée par la TaittirTyaSa1¡lhita qui témoigne de mépris p~ur 'eux (VI.000 chapitres et 100. la SusrutasaY[lhita. On doit donc admettre qu'elles ont été rédigées indépendamment mais reposent sur un méme fond doctrinal plus ancien. Elles sont trop différentes pour qu'on puisse supposer que l'une a été imitée de l'autre et pourtant elles concordent remarquablement dans leurs enseignements généraux. Bhela (ou Bhega). Anatomie. Le nom de Divodasa est donné dans le lJgveda a un protégé d'Indra et des Asvin peut-étre identique. ce qui parait probable. Non seulement les parties du corps lmmédlatement vlSlbles étalent nommées. Le kaumrirabhl'tya est la «puériculture". médicaux qui nous soient parvenus.1a et apüna non plus au.000 sloka mais qui a été ensuite divisé en huit articles ou membres (a.1a. Légende des origines de la Carakasa:rp.. Théoriquement I'Ayurveda est un membre secondaire (upüitga) de l'Atharvaveda comprenant d'abord 1. La bhütavidya. sens d'inspiration et d'expiration mais en ceux que ces termes possedent dans la littérature médicale classique (S 1652). «Science de la longévité". «Corpus de Susruta".xte propre~ent médical mais il est probable que c'est l'Atharvaveda . Prajapati l'aurait recueilli et révélé aux Asvin. au rfi Bharadvaja.hita.IUl-méme ~Ul ~st ainsi désigné. Veda. Jatükarl)a. La küyacikitsa «thérapeutique du corps [entier1" est uné niédecine~générale. De plus.iapati. des souilles vyana et samana dont la conceptlO~ est p~rement théol'lque sont mentionnés partir de l'Atharvaveda qUl par alHeurs comp~e en bloc sept prül.nd). Médecins a l'époque védique. Si Divodasa était identique a Bharadvaja. § 1.la.9).. que le texte de Susruta contenait l'enseignement spécial d'une école de médecine de Kasi ou Bénares.V~da. fils de Visvámitra.625.142 LES SCIENCES.. § 1.622. n'était pas néces~all'e~ent généralles connrussances anatomlques et.les conceptIo. «science .la) dans l'organisme est multiple. Cependant.hita. Elle apparait de plus en plus nettement formée dans la littérature védique plus tardive des Brühma1. le sou!Re au vent. La Susrutasamhita se donne pour l'enseignement de Divodasa.lence de la médecme. traite des possessions. La nomenclature anatomique est tres riche dans les textes védiques. MÉDECINE. Outre l'mspiration (en général apana) et l'expiration {en général prü1. Les traités de Susruta et Caraka § 1. il correspond donc a la chirurgie générale. des Asvin il aurait passé a Indra et d'Indra a Divodasa-Dhanvantari. HarIta et JC~arapal)l. L'reil rép?nd ~u ~oleil. On pourrait croire qu'il s'agissait d'un te. surtout ~ans le . Enfin. desle Veda. On suppose souvent.ns physl~loglques auxquelles les textes védiques font fortUltement alluslOn devalent étre surtout celles de ces médecins.~fa1iga) sobrement traités. / .des esprits" ou «des démons". d'aiHeurs. Le Pratisa~hya du ~gveda númme un texte intitulé Subhe~aja «bon remede" ou m¡eux «qUl a de bons remedes". Elles supposent l'existence d'essais antérieurs qui nous sont inconnus. mais Susruta la transmettrait plus directement que Caraka.627. a § 1. Malgré ce mépris qui. est une toxicologie. du fait que Divodasa est dit roi de Kasi. § 1. La Carakasar¡lhita serait la rédaction ultérieure du traité d'Agnivesa par Caraka. Un Bharadvajadhanvantari est nommé dans le Salikh(iyanagrhyasütra.gie et le fait est particulierement important. en tout cas au moins associé."Une des!théori~s les plus importantes de celle-ci était donc déja'" en'!fpleine formatlOn a l'époque présumée de l'Atharvaveda. Agm le feu. a.623.

sorte d'insecte vésicant employé comme aphrodisiaque (SüklUlofa). des phlegmons Vlscéraux (vidrlUlhi). la derniere. n est divisé en six sections. les autres "curables parl'action des onguents. Ji contient surtout les généralités. mais l'interruption est justifiée par une explication d'ou il ressort que les maladies (vyüdhi) sont les unes «curables par le couteau" (sastrasiidhya). 10). srotas. L'enseignement chirur~ical reprend ensuite avec des ~xposés sur les diverses sortes d'opératlOns. § 1630. la réfection (bandha) du lobe déchiré et la rhinoplastie (nüsikiiyii?¡ sandhiinavidhi) sont ensuite décrits (16). Susruta ne se borne d'aiHeurs pas a l'exposé des causes morbides. § 1631. enseigne la préparation des aphrodisiaques. Tous les connaissent cependant et a~tiii1ga da [science] en huit articles» a pris communément la signification de «médecine». C'est en effet dans les théofles sur l~s causes des maladies que se manifeste le plus clairement l'effort de l'Ayurveda pour construire un systeme d'explication des phénomenes organiques. des dermatoses (kUf!ha).. Les chapitres 34~36 sont tout a fait disparates. les causes de leur efficacité. des adénopath16s noduleuses ou confluentes. 9). dont les cinq premieres sont dites sthüna dieu [ou l' on traite de] ". sur les causes des maladies du vent (viitavylidhi) . notamment les extractlOns de corps étrangers puis les pronostics des affections chirurgicales et aussi médicales (25-35).la. MIÍDECINE. C'est ainsi qu'avant d'étudier les troubles de l'action supposée des vents organiques il expose en quoi selon lui consiste normalement cette action. Sarirasthana. des gonflements (hernies. des hémorrhoides (arias). Nidanasthana. n commence par une théorie de l'homme et de l'Ame (1) j viennent ensuite une embryologie (2. n se peut toutefois que l'ordre des matieres ne soit pas logique mais pédagogique comme semblent l'indiquer les développements des premiera chapitres sur l'enseignement.1M LES SCIENCES. le malade (vylidhita) . Les deux chapitres sur la chirurgie et les saisons peuvent 8tre considérés comme des lec. enceinte (garbhil. «l'invigoranh. n relate d'abord l'origine de l'Ayurveda (adh. «crues. ~lus grande m8me que celle du sütrasthlina. énumerent et étudient les drogues (dravya). Les chapitres 17-23 traitent des tuméfactions non suppurantes (üma.ents et boissons sont étudlés comme les drogues dans la matliwe médlcale paree que leur choix joue un grand r61e dan s la thérapeutique. «cuites. D'autres étrangetés du plan peuvent s'expliquer d'une maniere analogue. A propos des applications de sangsues et des saignées.). Le traité de Susruta occupe plus de 900 pages in-8° dans les éditions. cauteres (agnikarman) et sangsues (jalauka). Analyse de la SusrutasaIphita.ons d'initiation sur la chirurgie et la médecine apres lesquelles il est normal de passer a l'étude des moyens d'action de la chirurgie et a l'initiation a la pratique chirurgicale. n y a done jusque la. des érysipHes et ~es maux des canaux et des seins (visarpanfi(listanaroga) . et des canaux volumineux (dhaman!. des calculs vésicaux (asmari) . 1662). 3).!fvyiikaral. pUlS des valsseaux (sira 7). § 1629. n précise ensuite les devoirs du praticien (bhi~aj) l10]. rapportées principalement aux essences qu'elles contiennent e~ dont le goüt (rasa) est le signe (42). le sang et sa pathologie sont étudiés (14). 145 le t'lijikaraJ. en apparence.. Le lieu lOU l'on traite] de ce qui concerne le cOrps a 10 chapitres appelés siirira «relatifs au corps". c'es~-a-dire des régions des gros paquets vasculo-nerveux (6). ." (snehiidikriyiis(idhya) c' est-a-dire chirurgicales ou médicales. il donne ou reprend ses théories sur la physiologie. divre ultérieur" ou «livre sur le surplus" est un complément qui peut 8tre attribué (Cordier) a un Nagarjuna dont le commentateur l)alhalJa a dit qu'il avait été le «réviseur" (pratisaJ!lSkartr) de la Susrutasalphita (S 1635. des plaies (vraJ.). L'exposé chirurgical se trouve interrompu par ce chapitre. des excrOISsanees et goitres (granthi-apacl-arbuda-galaganda) . des altérations des urines (prameha). l' Uttaratantm. Le troisieme de divers emplAtres (pralepa). des dystocies (mü4hagarbha) . Les alim. et qu'il est nécessaire de connaitre ces der- nieres pour les distinguer de celles qui intéressent le chirurgien auquel s'adresse plus spécialement l'ouvrage. des fistules anales (bhagandara) . la sectlOn se termine par la description de la femme. a propos desquels sont donnés des détails sur les sa~gnées (8). de ~'hydro­ pisie (udara) . Le premier contient des considérations a l'usage du médecin royal a l'armée et sur les qualités idéales des quatre «pieds" de la médecine : le praticien (bhi~aj). Cette section a une grande importance.w) et de leur traitement. il ne devait en comprendre que cinq. hydrocHes. § 1628. Mais. le remede (bhe~aja) et l'infirmier (paricrlra). Une étu:de est faite des points vitaux (mar~n). grande incohérence de composition qui peut etre la trace d'altérations dans la transmission du texte.. théories qui sont a la base de ses hypotheses pathogéniques. litt. n passe assez brusquement aux principes généraux de la chirurgie (5) puis aux saisons et a leur influence sur la physiologie et la pathologie (6) pour revenir aux questions chirurgicales avec l'étude des instruments et des techniquesd'apprentissage de la' chirurgie (7-9). des maux mineurs divers (k?udraroga). Enfin. Les traités médicaux ne sont pourtant pas habituellement divisés selon les huit articles. Les chapitres 11-13 traitent des caustiques (k~üra). primitivement. Le «lieu [ou l'on traite] des causes" est la section d'étiologie et de pathogénie qui comprend 16 IUlhyliya. une description de la constitution du corps embryonnaire et des tempéraments (4). etc. affections génitales et éléphantiasis (vrddhiupadamsa-Slrpada). Le percement des oreilles (karl. Le chapitre 24 classe les maladies selon l'élément de l'organisme ou elles prennent naissance depuis les éléments embryonnaires jusqu'au sang ou aux os.la. des «troubles dus a~ süka". Le «lieu ou l'on traite des principes" est divisé en 46 adhyüya. Sütrasthana.litt. une énumération des éléments anatomiques (5). etc.wvyadhana). le chapitre 21 étudiant les causes des ulceres en reprenant les théories générales sur les constituants du corps et leurs altérations.) ou suppurantes (pakva. des fractures et luxations (bhagna) et des maux de la bouche (mukharoga). 1) et indique les conditions requises pour l'étudier (2-4). Ceci entraine a faire un exposé général des constituants du corps (dhütu) a l'état normal et pathologique (15). Le deuxieme traite des tempéraments et de l'action des climats sur la santé. Les suivants (37-46) concernent la matiere médicale.

la consomption (so~a) et toutes sortes d'affections dont il n'a généralement pas été traité. il est du x" (S 1689). 147 Cette section est une des plus originales du traité. Langue de la Susrutasarp. il est clair que l'ouvrage manque d'unité de plan. d'apres lequel certaine~ maladies mentales ou nerveuses sont aussi tenues pour d'origine démoniaque (60). J. Siroroga (25-26) épuisent le sujet du siiliikyatantra. S'il s'agit du Nagarjuna qui vivait 100 ans avant al-BlrilnI. Nombre de données de la Susrutasamhitii actuellement connue sont déja utilisées dans ce manuscrit Bow~r. n commence par le siiliikya dont il précise que l'exposé est repris de celui du roi du Videha. le traité d'ophtalmologie de l' Uttaratantra estle plus remarquable de tous ceux que nous ont laissés les médecines anciennes.-C. sont traitées ici au troisieme chapitre.hita. § 1635.lyaká) ou techniques comme l'Arthasc7stra. Le kaumiirabhl'tyatantra est représenté par les chapitres 27 a 38. La section de thérapeutique comporte chapitres. c'est apparemment que le pratiSal!lSkartl' n'a pas été jusqu'a refondre l'ouvrage et s'est borné a en compléter Ita et la les lacunes. § 1634. Uttaratantra. Cikitsasthana. Elle témoigne d'une observation assez approfondie d'une conception cohérente. Si donc la composition reste imparfaite. n compléterait ainsi la tradition rapportée a Divodasa-Dhanvantari par celle qui émanerait d'un autre roi savant. D'autres sont considérées comme d'origine purement naturelle (61-62). en dépit de leur importance. § 1632. La rédaction primitive attribuée a Susrata est antérieure a l'une de ces deux dates. L' Uttaratantra s'acheve par des chapitres détachés sur des questions d'hygiene alimentaire en rapport avec les «sucs" (rasa) contenus dans les aliments et les drogues (6ª) et avec les saisons (6ú). personnage dont la légende se rencontre comme celle de Dhanvantari"dans l'épopée et les Purii1. sur les termes techniques employés dans l'Ayurveda (65). c'est-a-dire les plaies traumatiques (chap. du développement et des fonctions des organes. Les chapitres 23 sur les sympt6mes et le traitement de l'enflure (sopha). contenait le premier des huit articles de la médecine. celles dites üirira «organiques" qui sont les ulceres spontanés par maladie organique et celles dites iigantuka. il date du: VI" siecle ap. Le texte qui nous est parvenu a done beaucoup de ehances de remonter la plupart du temps a une époque plus haute que celle du pratiSaI!lSkartl' sauf en ce qui concerne l' Uttaratantra. Le Sütrasthiina. n faut observer a ce sujet que les maux considérés sont surtout les lésions manifestes des organes plutót que les troubles fonctionnels généraux m~me importants comme les fievres. Le Cikitsiisthiina et le Kalpasthiina en contenaient quatre autres. Sa~réputation de maitre en"'siiliikya7est en rapport avec cette légende. Bien qu'on puisse expliquer une partie des incohérences de eomposition du traité de Susruta. dans les premieres sections de Susruta. 24 sur l'hygiene et 25 sur diverses formules forment un groupe de chapitres qu'on peut considérer comme répondant a la kiiyacikitsii. n n'a que 8 chapitres traitant des précautions a prendre pour éviter l'empoisonnement du roi. 2).~ Quoi qu'il en soit de ses origines légendaires. Elle débute par le traitement des deux sortes de plaies (dvivral. la thérapeutique médicale et plus spécialement des formes pharmaceutiques. n est étroitement apparenté au bhütavidyatantra (60-62). Composition et age de la Susrutasarp. qui traite de gynécologie. est proprement médica!.hita. Toute la fin du Cikitsiisthiina traite des divers moyens de. mais trop systématique et souvent arbitraire. ÚO autres décrivent des maladies infantiles attribuées a des possessions démoniaques et dont le traiternent est surtout religieux. leí § 1633. Or le travail du pratisar[lskartl' (S 1628) a laissé de~ traces dans toutes les parties de l'reuvre.146 LES SCIENCES. Les traitements des maladies étudiées dan s le Nidiinasthiina sont ensuite exposées dans le m~me ordre (3-22) acela pres que les fractures et luxations qui dans le Nidiinasthiina sont a l'avant-dernier rang. MÉDECINE. ajouté par lui.üyacikitsita). La langue du texte ne contredit pas cette conclu~ion et permettrait m~me de reculer éventuellement la date jusqu'aux derniers siecles avant l'ere ehrétienne. Ieurétude est pourtant rangée a c6té de celle des premieres dans le bhütavidyiitantra. de diverses sortes de poisons et des piqÜres ou morsures de chaque catégorie de Mtes venimeuses. kar]Jaroga (2021). . l' Uttaratantra comprend les trois derniers et complete l'enseignement de la kiiyacikitsii. «accidenteBes". le salya. Susruta est cité dans le manuscrit Bower trouvé en Asie Centrale et datant du IV· au VI· siecle (S 1661) comme recevant l'enseignement médical du roi de Kasi. enseignant la chirurgie générale. Les viiirkara~la sont le sujet du chapitre 26 et le rasiiyana celui des chapitres 27 et 28. car la partie la plus importante du siiliilcya"est l'ophtalmologie dont Nimi"l!est par sa légende le spécialiste désigné. § 1636. disposition fréquente dans les textes indiens. Les . notamment dans les littératures bouddhiques mais aussi dans les textes brahmaniques comme les Upani:~arl (Chiindogya. Nimi ayant perdu son corps (ce qui le fait appeler Videha) par suite d'une malédiction. C'est une prose sanskrite classique parfois archaisante. Kalpasthana. il est fait allusion al' Uttarantra et cette allusion ne peut qu'avoir été ajoutée apres l' Uttaratantra lui-m~me. De plus. aurait obtenu d'habiter dans les yeu(des créatures. Brlladiira/. nc7saroga (22-24) et deux a ceBes de la t~te. de la structure. A sa ~uite deux chapitres consacrés aux maux d'oreilIes. Si le pratisa/!lSkartr est Nagarjuna et le m~me que l'auteur du Yogasataka. trois a ceux du nez. e'est ainsi que dans le Sütrasthc7na. Le Kalpasthana correspond a l'agadatantra de la division de la médecine en huit articles. 1. dont seulle dernier. enfin sur le nombre des combinaisons des éléments de troubles et les nombres d'autres groupes rappelés pour des raisons mnémotechniques. les dysenteries (atisiira) . entrem~lée de passages en ver s qui souvent reprennent l'exposé de la prose. Ce dernier est Nimi.la. La Suirutasar[lhitii primitive existait donc des lors et nous devons en placer la rédaction au plus tard dans les premiers siecles de notre ere. Entre les deux sections précédentes est insérée une kiiyacikitsii (3959) sur les fievres (jvara) . (S 1662).

qui présentent des subdivisions. Le rogacaturka est une «t. Matériellement. les vaisseaux. n comprend huit chapitres sur les sucs.la.ont l'anUf!ubh (sloka). a savoir ceux qui sont tirés des circonstances dan s lesquels se prt. les diverses sortes de malades. plus rarement le valJlsastha et le to{aka. Cikitsasthana. SUr la vie et en dernier lÍeu sur les divisions des parties suivantes de la Saytlhitü. l'anatomie (6-7) et i'obstétrique (8). sur les vaisseaux principaux du corps. des troubles constatables par le toucher. illui est tout a fait comparable pour la langue. des haBucinations visueBes. sur les dispositions". Le nirdesacatUfka «t. que se retrouvent identiques ou peu modifiés les principaux noms de maladies connus du Veda. les tumeurs (gulma) . § 1639. telles toux. en effet.148 LES SCIENCES. ou trop sommairement traItees. l'alternance de la prose et des vers et les metres employés. Elle comprend trente chapitres. MÉDEOINE. est relative a l'hygiene alimentaire. Les données relatives aux possessions démoniaques. L' Uttaratantra n'a que quelques passages 'en prose aux chapitres 63-65. Le yojanücatufka. comme les diverses fievres intermittentes. des troubles psychiques et en dernier líeu de signes se rattachant plus a la divination qu'aIa méclecine. Age des données de la Susrutasamhita. la logique des déductions diagnostiques. le róle dans le corps des éléments cosmiques d'activité. de beaucoup le. i'embryologie (2-á). § 1637. les conditions nécessaire'l pour i'étude et la pratique de la médecine. De ce chapitre 3 jusqu'au 10. Le «lÍeu OU l'on traite des mesures" est de composition assez hétéroclite. 149 toutefois les vers sout dans une proportion beaucoup plus grande par rapport a la prose. les maladies étudiées sont les mémes que dans le Nidana- . Le bhefajacatu~ka détrade Sur les remedes". omIses. étudie les correspondances entre divers états et diverses maladies. Pou!' le fonds les deux Sal¡lhitií concordent. La section des causes est courte et ne traite que des causes de huit catégories de maladies : les fievres. La division en sections est a peu pre~ la méme. des perturbations de l'odorat et du goÜt. § 1642. comprend des généralités sur les éléments de la médecine : les quatre pieds de la thérapeutique (S 1629). sur les spécifications". les buts de la vie. Nidanasthana. aux conceptlOns védlques des rií~asa avorteurs et de la griíhi. Beaucoup de données auxquels les textes védiques font aHusion s'y retrouvent dans les parties les plus anciennes et plus souvent encore dans l' Uttaratantra. sur les aliments et hoissons". apres une introduction sur la longévité traite de plmieurs des catégories de préparations médicinales assez spéciales. n l'essemLle plus a la section intitulé e kiíyacikitsü de l' Uttaratantra qu'au Nidiínasthiína de Susruta. Le Corpus de Caraka a senslblement la méme étendue que celui de Susruta.sente i'envoyé qui vient quérir le médecin de la part du malade. § . se rattachent aus~l. des signes avant-coureurs de la mort. Les metres les r!us e~p!oyés s. traite de divers modes thérapeutiques. C'est dans l' Uttaratantra. Indriyasthana. La section de thérapeutique est tres longue et tres riche. la mattamayilrí et d'autres metres littéraires. Les deux premiers. L'Age des données du Corpus de Susl'uta n'est pas fixé par les époques respectives de rédaction du corpus primitif et de l' Uttaratantra. le pronostic. § 1641. § 1644. le hrdroga. la folie (unmadü) et i'épilep~ie (apasmiíra). la compléter par des . Sarirasthana. sur les maux». Le kalpaniícatu. 1 tMraVa)ra et 1 upendrava)rií. les divers phénomenes anormaux considérés comme des maladies séparées.données n~uvelles que pour y suppléer cer~a!nes données tres anClennes. Le Sürirasthüna a lui aussi huit chapitres sur l'homme (1 et 5). § 1640.1638. douleur lancinante. etc. la consomption (sOfa) . la «salSlsseuse" • les quatre états de la maladie par rapport a la curabilité. Nombre de chapitres sont presque entierement ou méme entierement en vers. les maladies du sang et de la bile (raktapitta). la digestion. Analyse de la CarakasaI1lhita. Certains chapitres en prose ou plusieurs personnages discutent une question qui est finalement tranchée par Atreya. rappellent cependant plus qu'aucun de ceux de Susruta des passages des grandes Upanifad rapportant de~ discussions similaires sur d'autres sujets. les altérations des urines (prameha) . Le Siltrasthiína de Caraka est divisé en 30 chapitres dont les 28 premiers sont répartis en"groupes de quatre (catufka). ns correspondent respectivement au rasüyana et au vüjrkaral. graha. Vimanasthana. des tres nombreux groupes de symptomes de pronostic fatal. La thérapeutique proprement dite des mala die s ne commence qu'au chapitre 3 avec le traitement des fievres. notamment aux poss~ssions des ~nfants par des «saisisseurs". elles contiennent un certain nombre de vers communs qui peuvent venir d'une méme source plus ancienne ou avoir été pris chez l'un pour étre interpolé~ chez i'autre. L'annapanacatufka. mais il y a huit sections chez Caraka. c'est-a-dire sur l'hygiene. plus fréquent. les dermatoses (kuffha) . n en résulte que si l'Uttaratantra a été ajouté a la Saytlhitií c'est moins pour. sont paríois considérés comme formant une section spéciale. Les deux chapitres de la fin roulent sur les sieges des souffies et les médecins. une «t. la partie la plus récente.~ka «t. le style. 1). la «t. § 1643. des corrélations". n contient un expoBé philosophique assez détaiBé sur les rapports du corps et de l'esprit. quoique Caraka ne donne pas a beaucoup pres une aussi grande importance que Susruta a la chirurgie. La section suivante étudie les données des sen s (indriya) en tant qu'elles fournissent les éléments du pronostico n s'agit non seulement des données des sens du médecin qui par l'impection ou la palpation du malade releve des symptómes significatifs quant a l'issue de la maladie. mais encOre des données des sens du malade lui-méme dont les troubles sensoriels et les réves sont considérés comme ayant valeur prémonitoire. notamment ceux du Kalpasthana. Sütrasthana. Le svasthavrttacatufka est une «tétrade sur laconduite du bien portanh. L'exposé est divisé en 12 chapitres qui traitent principalement de l'observation du teint et de la voix. . des réves. les épidémies.

il était considéré comme ayant été ou pu étre son contemporain.ition d:A~reya. d'autre part il serait difficile de le supposer de beaucoup antérieur a Kani~ka car. " _ . texte perdu sous sa forme originale mais dont une version chinoise nous conserve la teneur. sans doute par exagération.¡nasthiina) est tres courte et une bonne partie de l'enseignement des causes morbides est reporté e dans la section du traitement. § 16~9. utilise fréqmrnment les données d'époque védique.la. les manuscrits que nous en possédons reposant sur un archét~pe incomplet et endommagé. elle ne perdrait pas toute valeur quant a la fixation de l'époque de Caraka.)..hita. § 1646. Le~ c~ndi~­ ciples d'Agnivesa auralent selon la tradltIon. Bhela ou Bhe~la et HarIta. La section finale de la Carakasaqlhitii J elle aussi en 12 chapitres. La section d'étiologie (nid. Jlvaka. Le contenu des chapitres ne concorde pas toujours exactement avec leurs titres. § 1647. le Himayant ou encore Ka~pilya sur le Gange. § 1648. comme la CarakasaI¡¡hitü J divisée en huit sections qui portent les memes titres. chez les Pañcala. La plupart de ces préparations sont émétisantes ou cathartiques. n est en tout cas a. n est donc tres vraisemblable que Caraka vivait vers le lar siede de notre ere. Pour celles qui sont envisagées dans les vingt chapitres ultérieurs et ne l'ont pas été dans le Nidiinasthiina. traite de divers moyens thérapeutiques.ntérieur au XI" siec~e ou le commentateur Cakradatta (S 1669) mentlOnne son nom et CIte son texte. Textes ra~tachés a la tr~d.. n a méme été considéré. etc.on le mentionnait. Si méme elle s'avérait inexacte. En effet.hita. Un certain désordre existe dans la répartition des chapitres a l'intérieur de ces sections. comme celui de Susruta. Au reste l'ordre des chapitres du Cikitsiisthiina varie dan s divers manuscrits et une partie de ces chapitres n'émane pas de Caraka (S 1647). Siddhisthana. L'authenticité de cette histoire est toutefois sujette a caution.es qm existent entre les partlCs de la Carakasa/!lhltii tardlvement redlgees par Drdhabala et les parties correspondantes de la Bhelasa/!lhitli sont importa~te~ car elles prouvent que le travail de Dnlhabala n'a pas consisté a forg~r d~ toutes pie ces un complément a Caraka. De pl~~ on a retrouvé un fragment en ASlC centrale (Luders).. mais en meme temps les divergences sont suffisantes pour qu'on doive reconnaitre qu'on est é~ présence de deux ré~actions indépendan~es. Plusieurs textes bouddhiques relatent l'histoire du médecin du Buddha. ~reparfait» par Caraka» . contre-indications. mais bien a restituer un texte conforme. parait s'enécarter davantage. la description des sympt6mes etl' étude des causes précedent généralement l'exposé de la thérapeutique. principalement des lavages médicinaux. De tres nombreuses formules sont prescrites pour la préparation des liquides médicinaux injectés.nc. fait-il de Caraka le médecin de Kani~ka (S. L'époque ou vivait Caraka nous est connue. Takakusu) et rien n'infirme cette tradition. d'une part il ne serait pas possible de placer Caraka plus tard qu'au temps OU . Le texte qm nom est parvenu sous ce nom a d'ailleurs certainement été remanié assez tardivement. qui aurait étudié la médecine a Taxila sous Atreya et dépassé son maitre en habileté chirurgicale. Le~ ressemb.150 LES SCIENCES. de l'autre nous savons qu'il a été remanié par un auteur plus récent. De nombreuses formules sont données pour chaque groupe. Une tradition fréquemment attestée dans l'Inde identifie Caraka a Pataiíjali et lui attribue la composition a la fois du Mahiibhii~yaJ des Yogasütra et de la Carakasaqlhitü. injections urétrales. MÉDECINE. De plus l'enseignement de Caraka ou Agnivesa. quidevraiteHeaussire. n ne s'ensuit malheureusement pas que la date du contenu de son livre soit fixée.et Siddhisthiina (Cordier). D'un c6té son enseignement ne fait que reprendre celui qui est attribué a Agnivesa. comme un faux (Cordier)..ta est. Quant au travaiI de Dr1habala il est attesté par les indications du texte méme de l'actuelle Carakasaqlhitii et par les comm~ntateurs. celui des préparations a base de madana (Randia dumetorum Lam. Au reste. et la répartition en chapitres est souvent plus . .présenterla tradition d' Atreya. au moins dans ses grandes lignes. Elle peut étre plus anClCnne. Cette section étudie en 12 chapitres des groupes de préparations pharmaceutiques définies chacune d'apres la drogue essentielle qui entre dan s leur composition. mais la prose y occupe peu de place. Composition et age de la Carakasa1p. Du moins le Sütriilamkiira attribué problématiquement a Asvagho~a. n a consisté en la rédaction de 17 chapitres du Cikitsiisthiina et de la totalité des Kalpa. a la tradition dite d'Atreya. car une partie des faits qu' elle relate se retro uve dans une légende tamoule (S 1677) et ii se peut qu'a Taxila comme dans le sud de l'Inde on ait accaparé une légende née ?ille~r~. plus de 13 O formules pour le premier. rédlge eux aUSSI 1 ensClgnement d'Atreya (S 1626).la Bhelasa~hita est heauc?up plus concise que celle de la Carakasal}lhIta. Nous possédons les rédactions qui sont attribuées a deux d'entre eux. Dr1habala était kasmlrien. Les colophons de la Carakasaqlhitii commencent par les mots : agnivesakrte tantre carakapratisalllskrte. Kalpasthana. c'est ainsi que le chapitre 4 du Sutrastltüna qui se trouye le premier par perte des précéde. 151 8thiina et sont considérées dans le méme ordre. elle ne nomme pas Taxila mais le Kailasa. Dnlhabala. La Bltelasal!lhitii nous est parvenue mutilée. lavements. De plus Dnlhabala a probablement remanié diverses parties du texte établi par Caraka. La BhelasaI!lh. dangers et accidents. quand la Carakasal[lhltii deSIgne les endrOlts ou Atreya étaIt censé avoir enseigné. La Haritasa1p. La rédaction de . Les concordances avec la CarakaSa1flhitii sont assez nombreuses et assez étroites pour qu'il soit établi que les enseignements de Bhela et de Caraka remontent bien a une meme tradition. Les verS et la prose s'y melent.nts ~tudi? le traitement des maladles de peau par des onguents et seraIt mleux a sa place dans la section de thérapeutique. On a essayé de rattacher spécialement l'enseignement contenu dans la Carakasamhitii a une école médicale de Taxila. Lévi. de leurs indications. si la tradition s'est permis de le placer a sa cour c'est qu'aumoment ou cette tradition s'établissait. Sa date reste incertaine. ~ dans le livre composé par Agnivesa. § 1645. n est entierement en verso Son plan differe completement de ceux de Caraka et Bhela.

l'«illumineur". d'autres dhütu sont di stingués dont la production releve de l'action des premiers. produites par l'action des trois éléments vitaux sur une matiere fournie . alocalea. Les trois éléments actifs. Le piUa se divise en cinq «Íeux" (agni) : pacalea. en cas de perturbation de leur jeu. a partir du sang. L'eau se trouve de son coté. l'asthi «OS". Celui de la téte le~ fonctions des autres sens. La matiere du corps (microcosme) est constituée comme celle du monde (macrocosme) par les cinq éléments (dhiitu) : le vide (iikiiia). qui dans les organes digestifs meut les matieres a digérer et attise le feu qui les cuit. le groupe des «trois élém~nts" essentiels. Chacun d'eux.«adhérer. astre froid. bhrüjalea. embrasser". b. force cosmique (S 1681. anila. le feu (agni). dans la rate et le foie ou il correspond plus strictement qv'ailleurs a la bile. On possMe encore quelques Í1.152 LES SCIENeES. c'est-a-dire en affinité.653.65:1.la) du trilea. ~ :1. ont toujours pour bases e~sentielles quoique non exclusives les Sal[1hitii de Caraka et de Susruta. que comme phénomlme atmosphérique.652. feu et eau. apparaissent sous un aspect tres particulier. Substances du corps. Anatomie et physiologie Les substances différenciées. le mÜ1]ISa «chair". et surtout une bonne partie d'une KasyapaSal!lhitii ou Vrddhai!vaklyatantra par Vrddhajlvaka. de facture anc¡enne. Le feu et l'eau. qui. qui connaissent un renouveau de vogue chez les praticiens indiens. le medas «graisse". avec le soma (S 650). C'est a cette derniere fonction que se réfere le nom méme de slefman. soit dans des exposés simplifiés comme celui de Vagbhata (S 1663). l'eau (jata) et la terre (bhüml¡. pour former le corps. 12) et Bhela (16) surle modele du vent. pitta. En tant qu'élément actif de l'organisme le vent rec¡oit les mémes noms viiyu. Le style est tres simple. selon les idées védiques.la sont done toutes les «Íorces organiques" con~ues. qu'on l'étudie soit dans les textes anciena eux-mémes. § :1. qui. aqueux. qui.'agments de Sal[lhitii attribués a des auteurs auréolés de légendes comme Bharadvadja ou méme divins comme les Asvin (S 1661. Les manifestations des combinaisons réalisées ne sont pas uniformes. il est l'eau saumya. La doctrine qu'exposent avec quelques <Iivergences de détail les Sa/!Ihitii de Caraka. agissent partout et la vie résulte de leur concours bien réglé. Les éléments se manifestent dans les organes ou ils prédominent et dans les fonctions qu'ils assurent. la maJi'ü «rooelle" et le sukl'a «sperme". lis forment le tridhiitu. on en distingue trois catégories dont les propriétés se rapportent aux trois :eropriétés 'générales (guIJa) de la Nature reconnues par le SaI)1khya. le «cuiseur". le «suc vital» (ojas). produit par la cuisson des aliments dans les organes digestifs. Celui qui a son centre dans l'estomac exerce les fonctions d'eau dans tout le corps. Mais le slefman n'est pas une eau absolument quelconque.1a (au sens spécial) qui circule dans la bouche et sustente le corps parce qu'il y fait pénétrer la nourriture et l'air. vrUii. Celui de la poitrine assure le maintien (sa1]ldhrtl'a1. dan s l'reil a pour fonction la perception des objets. le samana. qui est le rasa teinté de roqge (S 1652). dans les organe~ digeBtifs «cuih les aliments et assure la chaleur du corps. 1691). combinés en proportions complexes. le groupe des «trolS trouble~". 654. Formes et fonctions des trois dhiitu dans l'organisme. Le feu intérieur (antariigni) est censé représenté par un liquide igné qui peut circuler partout mais se collecte surtout sous la forme de la bile. Elle n'a pas cessé d'étre enseignée et en dépit d'innovations assez nombreuses introduites dans des ouvrages plus récents c'est eBe qui a gardé le plus d'autorité. produit les désirs. raíijalea. Susruta identifie le vent a l'Ame universelle (S 1491). Les pral. produisant l'expiration et la parole. le vent dans les mouvements car. sadhalea. le vent (ViiyU) . Soma est d'ailleurs ¡mssi la Lune. le «réalisateuf». L'Ayurveda a en effet adopté des doctrines voisines de ceBes de cette école (S 1424).la). C'est ainsi que le vide apparait plus spécialement dans les organe~ creux. Celui du gosier assure la gustation. De nos jours méme les études ayurvédiques. jonction de la téte et des deux bras. de Susruta et accessoirement de Bhela est celle qu'on peut définir comme classique. la terre dan s les parties massives. Tous ont pour principecommun un élément supplémentaire qui est la vitalité. 153 logique.650. pes queations y sont traitées qui habituellement ne relevent pas de l'Ayurveda. dans le creur. et sustente (avalambana) le creur. moteur essentiel de l'Univers. rougit le (( suc organique" (rasa) pourle transformer en sang. en prOSe et ver s (Hemraj Sarma). «cuit» les substances dont elle est ointe et provoque les reflets. le feu dans la chaleur interne. Ce sont le rasa «suc organique". comme celle de la production des maladies par le jeu de la rétribution des actes. a la base du corps. Doctrine classique de l'Ayuneda § :1. dan s la peau. qui circule partout. localisé au-dessus des clavicules. La constitution du corps. dérivé de la racine Sli?. le «coloranh. le rakta «sang". Ces éléments sont.. li est a noter que le slefman a ainsi deux fonctions générales : celle de fournir l'élément aqueux de l'organisme et celle de joindre les parties du corps. poussant les fluides a travers le corps et produisant tous les mouvements. qui. matiere commune a toutes les sérosités et sécrétions d'aspect § 1. Enfin celui des articulations en assure la coaptation. l'udana. cinq localisations fonctionnelles différentes. 1729). du Soleil (correspondant a pitta) et du Vent dans l'Univers. MÉDECINE. qui dev~ent. ainsi que le déclarent expressément Caraka (Siitr. Circulant dans les voies respiratoires ou digestives som la forme d'un courant d'ail' comme lorsqu'il circule dan s l'espace. le pra1. le cas échéant. qui. Le álefman a lui aus~i. vent. produit l'accouchement. qui. le «voyanh. etc. et l'action des trois dhatu dans le corps est comparée a celle de la Lune. l'eau dans les liquides. En dehors des trois grands principes élémentaires actifs (dhütu) de l'organisme. sous celle du kapha ou sle¡~man. au contraire. § :1. il n'est pas conc¡u comme revétant une forme tres spéciale dans l'organisme. le trlllofa. enfin le vyana. ill'est aussi du CorpS. se divise en cinq «souilles" (pra1. donne le suivant de la liste par une coction due au feu qu'il contient. Le vent qui a son centre principal a la base du tronc. l'apana. en chasse les excrétions et.

Les trolS dhatu par excItatIOn de 1 un ou de l'autre ou des deux a la fois ou des trois réunis (sa/¡mipiita) ou encore par earence deviennent les trois troubles (dofa). L'embryon. la rate (plrha) et le phupphusa. dans le smeme la sensibilité (buddhi). lui. La gestation dure jusqu'au neuvieme et méme jusqu'au douzieme mois. Ce dernier et le phupphusa sont mal identifiables.l'actio~ des éléments aetifs de l'orgamsme. le bras. l'autre deux. Elle est rapportée a l'action du vent. le droit ayant trois lobes. du genre de vie des aliments minutieusement classés d'apres lems propriétés excitantes ou calmantes des do§a qu'ils ont soit a l'état isolé. Thérapeutique médicale. des habitats. L'ostéologie est assez bien connue. les ligaments (snayu).ués avec soin. Les (tréeeptacles" ou organes ereux (Maya) sont toutefois mieux eonnus et leurs fonetions. Susruta se sert plus volontiers de dhaman! quand 11 parle des condmts du vento Caraka use du m~me terme pour désigner les conduits d~ suc vital (ojas) q~'il fait rayonner eux. On avait noté de longue date que la blessure de certams pomts du corps était particulierement grave. Toutefois les idées qu'on se faisait des relations qu'ils ont entre eux étaient confuses. Il se peut que cette identification soit exacte. d~ la mElloe. de la bile" est la vésicule biliaire. les conduits (srotas) ouverts a l'extérieur (narines.a. enfin immergé dans une eau courante pendant sept jours. l'abdomen. et ~e vent le développe et l'organise. Des couleurs dlVerses sont Impute es aux différent's eonduits selon leur contenu. Le creur (hl'daya) est décrit comme ayant la forme d'un bouton de lotus renversé. sans qu'on se soit représenté clairement le processus de cette action. Ils sont appelés marman. Caraka et Bhela ont adopte cet anClen chiffre que Susruta. 155 par la nourriture. Les sira répondent aux vaisseaux mais sont eonsidérées comme eonduisant les tl'ois dhatu prineipaux aussi bien que le sango L'ombilie est censé ~tre le centre d'ou ils rayonnent. Pathologie. Les textes ve dIques evaluaient généralement a 360 le nombre des os pour établir un rapport entre ce nombre et celui des jours de l'année. dhamani et nii4i:J parmi quantité d'autres formations anatomiques reeonnues par l'Ayurveda. § 1. Les organes internes principaux sont le creur (hrdaya). Le pakvÍ!saya en. de l'embryon" est l'utérus. La plupart des maladies ont plusieurs formes selon qu'un des dosa ou lem el1semble y manifeste plus spécialement une activité. (~tman). C'est dans le quatrieme mois que les membres acquierent leur forme et que le ereur nouvellement formé devient le siege de l'entendement (ceta~a) qui représente l'Ame. force motrice. convenablement ehoisi.658. sur des cadavres ayant subi une préparation spéeiale. On croit souvent qu'il s'agissait des deux poumons qui auraient re~u chacun un nom spécial. les muscles (pefi). Le mütriiáaya en. 657. Dans le einquieme apparait la conSClence (manas). entra1ne~t'pa: . dont le sang. Embryologie. selon SutÍruta. les os (asthi) . Les (tcanauXll. MÉDECINE.).. devait d'abord ~tre vidé de ses excl'éments. La circulation des liquides. etc. Le róle des poumons ne parait pas avoir été compris davantage et m~me leur relation avee la respiration parait avoir échappé aux physiologistes aneiens qui s'en tiennent a des eonjeetures arbitraires el imprécises sur le róle des organes. Slefmao et raktiiáaya répondent a des organes supposés. § 1. le creux de l'aisseHe.comme . ave e les gros vaisseaux (dhamani) conducteurs des souffies (pra¡. selon un processus decl'lt avee mmutIe mais souvent avec arbitraire. Les noms de dhamani ou . du cuih. La nosologie est riche comme on a pu le pressentir d'apres l'analyse des corpus de Susruta et Caraka. La pathologie est simple dan s ses principes géné'raux. influence des saisons. les jointures (salfldhi). Les symptomes ~solés passent plus rarement qu'a l'époque védique pom des maladles autonomes. Le garbhasaya cer. Le fretus dans le huitieme mois n'es~ génér~le~e~t pas considéré comme viable.synonymes de sir. e~t . Le eadavre. L' amiiáaya en'éceptacle du cru" c'est-a-dire des aliments non digérés est l'estomac. considérés comme des carrefours importants de pral. a droite le foie (yakrt) et le kloman. § 1. plus apparentes sont mieax déterminées. régions différeneiées comme la téte. autour du ereur. Il faut observer que les mOIS dont 11 s agIt sont les mois eourants. Ils. Il est considéré comme le siege de l'entendement nii(lí s'emploient souvent .considfr. bouche.154 LES SCIENCES. anciennemen~ considé:ée comme formée de 360 jours. les tempes. réduisait a 300. Mais les viitao .655. encore sont-ils plus théoriques que réels. puis enveloppé d'herbes et enfermé dans une cage. les aponévroses (kala). sont constituées en organes sous l'action distributrice du vento L'anatomie du corps ainsi formé était étudiée. les impuretés (mala). On eherehait par ce traitement a rendre les organes dissoeiables avee un instrument mousse plus aisément que par le sealpel a l'état frais. a travers le corps est connue mais nuHement comprise.la ~t.catalog. est l'intestin. § 1. cal' ces derniers sont justement décrits comme de c0l!leur b~anche. de. méritent une mention spéeiale. Ces points étaient surtout les régions parcourues par de gros paquets vaseulo-nerveux.'lDe action désordonnée ou par une suppressIOn d actIOn un deseqmlIbre ou une altération dan s les sept dhatll secondaires (sang. Elle dérive ~e la théori~ physiologique. est la vessie. Le pittMaya en'. des Ul'ines".é comme formé par I'union du sperme et du sango Il est vmfie llar 1 oJas. Certaines affections sont considérées eomme héréditaires paree que le sang ou le sperme qui forment l'embryon sont viciés. Le eorps est divisé en pratyailga. des aliments digérés. L'anatomie était donc étudiée directement par l'observation. Les nerfs qui sont blancs sont sans doute ceux des ee conduits" qui étaient censés donner cours au Slefman. chose possible puisqu'ils different. une erreur dan s l'appréciation de leur position par rapport au creUl' a pu se produire si la technique de la dissection employée pour les observer les dépla~it malencontreusement. De nombreux types morbides sont définis par des groupes de s~mptomes reconnus comme habituellement associés.656.) d'ou production des maladies. Intérieurement il comprend sous la peau (tvac) . aussi de nombreux organes sont-ils connus. etc.lavaha) j au-dessous de lui a gauche. soit en mélange. L'excitation (kopana) des trois do§a est due a des causes multiples. La thérapeutique est parfois (cetana). sira.

n consIste. La matiere médicale. Vagbhata. Traités médicaux apres le y' siecle I~ § 1660. On a toutefois. 157 l:étio~ogie s~ppos~. qui toutefois n' est ni un résumé ni un ouvrago autonome. L'auteur de l'AnaizgasM!I8raha est d'une célébrité égale aceHe de Caraka et SUiÍruta. et les tatTa.ords. § 1659.). ponctions cathétérismes. L'Asie centrale. Au cours de la période qui a suivi la codification des . etc." cal' e'est un ouvrage volumineux (plus de 700 pages in-8°). L'opération la plus hasardeuse est ceHe ~e la suture des plaies intestina~es. L'emploi du m~me procédé a été signalé en dehors de l'Inde Sur la c6te orientale d'Mrique. les ghrta .r 156 LES SCIENOES. p. les plantes médicinales étant particulierement nombreuses dan s 1'Inde. un auteur qu'il ne nomme pas a résumé les huit articles en un volwne tres en vogue. littéraleme~t «sudations" qui comprennent de nombreuses te~h~llques sudonfiques et aussi des techniques de pulvérisations medlcamenteuses. a la fOls comme moyens préventifs et comme méthodes curatives. a enseignements de médecine ciassique dans les manuels de Caraka.le texte était us~té. sardülavikrl4ita~ up~jati. a Ceylan et dans la plupart des manuscrIts a Nagarjuna.). toutefois. etc. NagarJuna est sans doute le m~me auteur qui a mis au point et complété la Susrutasa/!/hita et auquel on attribue encore plusieurs ouvrages médicaux dont iI existe des traductions tibétaines..ou encore. dans certains manuscrits seulement a Vararuci.. § 1. etc. Manuscrit Bower. apres avoir affronté les levres de la pIare. § 1661. Les préparations pliteuses sont également tres nombreuses : électuaires (lcalka) onguents (lepa). De plus ce texte est demeuré jusqu'a l'époque moderne. La grande chnurgle est d une hardresse surprenante. ~es m~ladie~. La chirurgie ayurvédique est la plus remarquable de 1'Antiquité. ainsi qu'un ouvrage alehimique le Rasaratnasamuccaya (§ 1691). MÉDECINE. macéra~lOns.\íra). Il contient une monographie sur l'aíl (lasuna) et des recueils de formules dont un important. Une indication du pelerin chinois Yi-sing parait fuer sa date. L'A~tai/gasMpgraha et l'A. la « Creme". de la plaie dOJ. Ce manuscrit peut dater du VII' siecle ou étre un peu plus récent. ?ujus de cann~ (ik~).) et destinées a ~tre apprises par ~m~r. tandis que la tMe reste fixée aux b. De nomb~eus~s varlétés s0!1t d'écntes d'apres le mode. Yogasataka. avant de savoir qu'il avait été étudié ou traduit a Kuca. est en grande partie médica!. e!c. Le texte qu'il porte est un fragment du Yogasataka dont il existe par ailleurs une traduction en tibétain et des manuscrits au Nepill et en diverses parties de l'Inde. (VOlIDtrfS. Il est en sanskrit barbare m~lé de prAkritismes. C'est un sommaire de huit articles de la médecine en une centaine de formules tres judicieusement choisies.-hl'dayasar¡¡hita sont en fait deux recensions du m~me ouvrage. Bhela et Susruta. D'autres sont au lait (k. 676).supp~sé étant Naliarjuna pour les bouddhlstes et VararucI pour les hmdoUlstes. grammairien d'Age incertain (§ 1534). est surtout empruntée au regne végétal.smes. Ce pelerin déclare a la fin du VII' siecle que.) . ou l'A~tailgasa/?lgraha de Vagbbhata (Hoernle) dont le titre signifie e<Résumé deshuit articles" mais aussi «CoUection des huit a. n faut aJouter a 1 emplol de toutes ces drogues (dravya) celui d'applications thérapeutiques diverses au premier rang desquelles sont les sveda. c1assique a Ceylan. Il eft attnbue au Tlbet. Le Yogasataka répond exactement par son caractere a eette désignation. § 1662. Elle atta che grande importance symptomatique et empirique. L'étrangeté du procédé s explIque par le faIt que les t~tes de fourmis peuvent ~tre tolérées dans l'abdomen alors qu'un fil non résorbable ne le serait pas. elle s'effectuait par VOle permeale. eHe se fonde sur 1 hygiEme et a la dIetetIque. Les principales sont parmi les liq. En obstétrique. le premier étant en prose et en vers. de préparation (infusion. pres de Kuca. Les formes médicamenteuses sont tres variées. d'appareils et de bandages spéci~ux. Le procédé préconisé parait au premIer ~bo~d tres ~trange. Une Af!ai¡gahl'dayaSM!lhita lui est aussi attribuée. dans la région du Kuca également. a les falre mordre par de grosses fourmis dont le corps est aussit6t coupé et rejeté. selon le mode d emploi (potions. nombre de textes médicaux ont encore été rédigés. et sa diffusion en Asie centrale aune époque voisine de eeHe de Yi-tsing rend tres vraisemblable que e'est a lui que s'applique l'allusion du pelerin ehinois. qui se retrouve en partie dans un fragment donné par ailleurs comme' étant de l'Asvinlsmphita (Cordier). Cette différence d'attribution parait tenir aux milieux ol!. intitulé NavanUaka. n est remarquable que les désastres entrainés par les sutures a fils non résorbables qui ont dii ~tre tentées d'abord n'aient pas fait renoncer les chirurgien~ indiens a toute tentative mais les aient poussés a imaginer une techmque donnant plus de chances au blessé. purgatIfs. decoctlOn. a fourni trois feuillets (mission Pelliot) d'un manuscrit médical Ol! le texte sanskrit est accompagné d'une traduction en langue koutchéenne. ~all(la~a.e. l'auteur . etc. Les p~épara~ions seches sont surtout des poudr~s (cúr l1a). Un manuscrit trouvé par Bower en Asie centrale. caustIques. aux spiritueux (madya).663. La petite chirurgie emploie un assez grand nombre d'instruments.uides en deho~s des p'réparations aqueuses. récemment.ll~nts. émis l'hypothese que le texte visé par Yi-tsing était l' Uttaratantra de la Susrutasa/!lhita (Takakusu). Habituellement. la c. qui cite ou copie fréquemment les Sar¡¡hita ciassiques. etc. rédigées en vers de metres variés (vasantalilaka. L'?pér~t~o~ de la pierr~ (asmarí) est décrite. «hUlles". l'embryotomie sur fmtus mort est décrite. collyres. etc. lavel. ~He pra~ique incis~ons.t elle assure la coaptation. selon l'usage auquel elles sont destInees. «beurres clarIfiés". La réfectlOn du nez par greffe était 'prescrite selon une technique encore connue en chirurgie moderne sous le nom de «méthode indienne". Thérapeutique chirurgicale. Il peut dater de la période du IV' au VI' siMe (cí. En ophtalmologie 1'abaissement de la cataracte était effectué par une technique minutieusement réglée et dont les indications et contre-indications étaient judicieusement fL'¡hs. Ce Navanitaka contient un Harrtakfkalpa «mode d'emploi du badamier myrobolan". c'est-a-dire les préparations Ol! le beurre clarifié et l'huile servent d'excipients. garga!l. tres abondante.

669. Son enseignelllent concorde avec certaines parties de ceux de Susruta et Caraka (B. Les principaux commentateurs de Susruta sont Bhoja. Vidyajñana) qui représente le Buddha médecin Bhaj~ajyaguru. Plusieurs théories ont été proposées pour rendre compte des rapports entre les deux textes attribués a Vagbhata. En marge des textes proprement médicaux antérieurs au x e siecle on doit citer le Kuméiratantra.e texte voisine de celle qm nous est parvenue a éte tradmte en ChlllOlS entre 985 et 1001. ensuite de la thérapeuest présenté tique spéciale achaque mala die. La version tibétaine a pu etre remaniée avant de nous parvenir. (en lequel on p.el prescrivant des rites d'hommages a des démones dites t( meres" (méitrkéi). RaVal}a a d'aiBeurs perdu de bonne heure son caractere démoniaque pour etre considéré comme un médecin humain.Ja (( Propriétés des drogues. n a été largement utilisé par le grand compilateur Vrnda dans son Siddhayoga tt [Livre des] préparations parfaites".'lgahrdaya qui a connu la vogue la plus grande. Gayadasa ou Gayin. au Xl e siecle. soit qu'il ait empru:nté a celui-ci. Les grands commentateurs. DravyagU/. MÉDEClNE. § 1. Jejjata puis.667. n s61~ait méme antérieur au ~n'. la plus grande partie de son Nidanasthüna se trouve incorporée au Garugapurül. Le RugviniiIca!Ja. p~tit-~ls du premier et fils de Si~lhagupta. en style plus facile. 10 - . soit qu'illui ait fourni des données.. ((V. et des moyens de la thérapeutique. Strauss) et aussi de Vagbhata et du Rgyud b~i. ((lieu OU I'on traite du surplus".ii ou Cakradatta. Mais on retrouve aussi chez Vagbhata nombre d'emprunts a divers auteurs. un ttLivre d'enseignement des secrets médicaux. C'est en tout c~'s l'Aptü. Nous connaissons seulement par la version tibétaine.eut reconnaitl'e un Cal}akya. Une version ara~e du VIII e siecle d'un petitlivre sur les poison¿ par le médecin indien S~naq. puis de I'anatomie. de la pathologie. n s'apparente aux chapitres de lllédecine antidémoniaque insérés dans les textes ayurvédiques. § 1. chef des Rak~as qui étaient considérés des l'époque véd~que comme avorteurs. concorde parfois de plus pres avec Vagbhata.-C. Une troisieme recension intermédiaire entre les deux autres et signalée par Cordier lui a paru indiquer que l'Af{Cti¡gasaJ[lgraha était par un travail progressif devenu I'A p{üi1gahl'daya. les ttQuatre tantra ou Livres" en raison de sa division en quatre parties.). C'est ainsi que l'examen du pouIs.. Elle a été commentée plusieurs fois au Tibet et traduite en mongol. C'est e probablement luí qui est déja cité comme tel par Galien au n siecle sous le nom d'Orbanos (F. Des ouvrages tardifs lui sont aussi attribués (5 1673). l'A~téif¡8asal[18raha par Indumatl.664. n § 1. W. probablement auteur bengali du VII' siecle. l'A. En dernier lieu on a admis que la priorité de l'Astailgasa11lgraha était peu probable (Hilgenberg-Kirfel).hi'da!Ja par n n .665. idées popularisées ultérieurement dans tous les pays d'influence indienne. enfin le kasmlrien J!alhal}a (XI e _ XlI e siecles). le Bhai~ajyaguru. court rittl. cal' des passages de ses reuvres sont reprodmts par Madhava (5 1666). Les textes plus récents ont été c?mmentés encore plus fréquemment. auteur lui-meme de compilations estimé es (CilcitSéisa1!lgraha (( Recueil thérapeutique". des enseignements de Susruta. H est attribué au démon Raval}a (5 810 et suiv. Les Sa¡¡lhitii médicales classiques ont été commentées maintes fois des avant le x e siecle. traitant respectivement des principes fondamentaux de la médecine. s'inspire manifestement des anciennes Sa1flhita ayur- § 1. n reproduit également des vers du Yogasataka. On l'appelle d'ordinaire en tibétain Rgyud bii. est décrit dans le Rgyud bii.). Thomas). Caraka a été commenté sans doute par Gayin et en tout cas par Cakrapal)i. On a admis généralement que l'Ap{üligasaJ[1graha était dti a un premier Vagbhata. mais perpétue des idées anciennes relatives aux démons saisisseurs.une v~rsion d~ c. enfin de la clinique. par Madhavakara. comme enseigné a un groupe de rpi (en tibétain drah s1'Oil) par un certain Rig pa'i ye ses (= skI'.-p a. V~'ddhavagbhata. . exécutée sous le roi Khri sron sde'u bcan (728-786 J. est un arrangement méthodique de passages de Caraka. ttDiagnostic des maux". Le Kumaratantra de Ravalfa. emprunte cependant a SuiÍl'uta une invocation brahmanique qu'il place a cóté d'une invocation au Buddha médecin. Des innovations importantes ont toutefois eu lieu. Le Kitrlb al-Fihrist écrit en 988. Vagbhata est antérieur au x e siecle. dans un des rares passages OU des prieres interviennent dans la thérapeutique par ailleurs entierement naturelle. a moins que tous deux n'empruntent aune tierce source. Canakya. CakrapaI. ToutefOls 1 mdlCatlOn relatIve a ces deux Vagbhata se trouve dans le premier texte et non dans le second. Les deux textes sont divisés exactement comme la Susrutasal[lhita a cela pres qu'a l' Uttaratantra de celle-ci répond un Uttarasthana.668. 'de Vagbhata et surtout de Susruta relatifs alU: symptÓmes et aux causes des maladies. inconnu de I'Ayurveda ancien.666. et d'autres textes arabes mentionnent un livre indien qu'ils appellent Asanlcar ou AstünkaJ' et qui doit etre I'A?tüilgahrdayaSa1[lhita. r ¡ ¡ 158 LES SCIENCES. qui (( saisissenbl les enfants et leur donnent des maladies. il a été traduit en tibétain et commenté un grand nombre de fois.Ja (Cordier). pourtant non mentlOnne comme médeclll dans la littérature médicale sanskrite) nous fait connaitre I'existence de cet ouvrage qui ne parait plus exister en sanskrit. L'imitation n'est pas douteuse et tres souvent le texte de Vagbhata n'est qu'une rédaction nouvelle. I'ancien" tandis que I'Aftai¡gahrdaya serait due a un s~co~~ ':ag~hata. 159 seconde entierement en vers et beaucoup plus courte. Madhava et Vfnda. et il est probable que c'est lui qui est désigné par les auteurs arabes sous le titre de Nid(ln. a Caraka surtout. Amrtahrdaya~tailgaguhyopadesatantra. [intitulé] Essence de l'ambroisie" qui est demeuré jusqu'a I'époque moderne le traité de médecine le plus estimé au Tibet.). § 1. Siddhasarasastra. ouNidüna (( Étiologie" . Conséquemment. védiques. Hne tient aucun compte des doctrines étiologiques habituelles de la lllédecine. § 1. VagLhata passe souvent pour bouddhiste en raison de la teneur de quelques passages des deux textes. Un manuscrit en langue khotanaise trouvé en Asie centrale (mission Stein) peut dater des vme-x e siecles et représente la version d'un traité sanskrit qui a été traduit en tibétain (Bailey) et pour lequel nous possédons par ailleurs la majeure partie d u texte original.

Les Yogm.'t conforme aux croyances religieuses mais n'est pas enseigné habituellement dans les textes ayurvédiques. comme ceux qui concernent l'hygiene.la brahmana(l!. L anahata ttlmtach. 'foute cette anatomre et cette physiologie sont c~nstruites en ra:pport ayec une tec~ique mystique (S 1227). la Püdiírthacandrikií. une su~umna proprement dlte et deux autres citriJ. carrefours des soufRe~. L'aj/la ((commandemenh. on prétendait reconnaltre les perturbations d'équilibre des dOfa et diagnostiquer toutes les maladies. Citriñí es~ elle-m~me percée de . etc. Diverses écoles de yoga prétendent d'ailleurs traiter ou prévenir les maladies par les techniques physiologiques qu'elles enseignent. La production médicale n'a cessé de croitre jusqu'a l'époque moderne. Textes médicaux postérieurs au Xe siécle. CIrcule dans des vaisseaux (nt'i4i) et se trouve spécialement dans les marman (S 1.serpenh. Des ouvrages spéciaux multiples grossissent encore la littérature médicale sanskrite. a la gorge. au palais. Elle va du cakra le plus infér~eur ~u cakra supérieur. cOllSldéree habltuellement comme datant du XIII' siecle. § 1672. Candranandana dont l'reuvre. leur apphquant ainsi deux désignations qui dans les textes ayurvédlques sont valables pour deux d'entre eux seulement. qui enile les cadavres. si elle était déja prescrite dans l'original sanskrit du Rgy~d bi.. plus bas. et le cerde dll ciel (vyomacakra) qm est d arlleurs en dehors du corps. Arul)adatta (vers 1260). malS.exte~ com~e la Sarligadharasaqlhltli (( Corpus de SarJigadhara». D'autre part des textes comme le Jñiínabhtiskara (dont un manuscrit est des environs de 1500 ap. qui provoque le sommeil et le dhanw!1. cal' il rendrait vain tout effort thérapeutique. le lcrkara «pe:rdriu. considéré en gros comme définitif et retouché seulement dan s les détails. Du point de vue thérapeutique m~me on s' en est tenu tres souvent auX formules anciennes. qm provoque les vomlssements et toutes expulsions par la bouche.et d'autre ~t don~ent _passage a un s~~fRe _qui représente . le trou de Brahman (brahmarandhra).-C. au creur. le sahasrara "aux mllle pétales n. ori~ce idéa~ ~itué au sommet de ía t~te. Un AI'lcapl'alciiSa attribué a RavaDa traite des «extraIts» sous le nom d'arka qui veut dire (( soleil» mais peut ~tre lui aussi une adaptation de l'arabe arak. t«a § 1673.jaya «le gagnant». non seulement par des entrainements musculaires spéciaux.i (S 1665).r 160 LES SOIENOES. Le visuddha ttle purifié». enfin. son nom d'aphena . Le mal.) rapportent l'origine des maladies a la rétribution des actes.i~ale. Les soufRes convergent dans les cakra qui sont des mal'man. Au-dessus de ce dernier. Anatomie et phys:Lolo~i? spéciale du Yo~a~ L'anatom~e et la physiologie du Yoga sont tres dlfferentes de ceHe de 1 Ayurveda mals reposent sUr les príncipes généraux de celles~ci. appelées i(la et piitgalli. Hemadri (XII' siMe) . et au-dessus de lui le svcldhiflhana «siege du soí ». Les calera sont au nombre de SlX. admettent que le vent ou soufRe (prlil. la ~ataslokf de Vopadeva (XIII'XIV' siecles). Cependant a cóté des traités dans la ligne de la tradition ancienne d'autres contiennent des innovations. et sout rassemblés et canalisés dans la sUfumna. § 1670. les yogin supposent a l'intérieur du corps des organes correspondant aux éléments dont ils composent leur cosmos. l'autre pour le lotus du creur (hrdayakamala). le Bhlivapraklisa par BhavamÍsra (XVI' siecle).631). sauf dans un morceau aberrant inséré dans la Hlirftasamhitli. lVIédecine d'origine arabe. mais encore par une action profonde sur la circulation. La colonne vertébrale représentant pour eux le mont Meru. Nli4rvijñiína attribué a Kal)ada. mais qui pourrait ~tre du XI'.ge dans le t~onc.tiprakiiSa par SaJikarasena. Ces spéculations ont d'autre part été partiellement adoptées pour re~ouveler l'ense~gnement physiolog~que dans certains t.«sans écume» Ou ahiphena «·écume de serpent» devant étre l'adaptation par étymologie populaire de l'arabe ahun (grec ÓJrIOV). ~ont localisé~ d~ns l~ ~égio~ r~cto-gén. Le multidhara «soutIen de la base» (ou mulakanda «bulbe de la base»). l'une pour le cercle de l'ombilic (nlibhicakra). en ?ra~it et en lang~es modernes: Ce~endant la partie doctnnale de la medecme a été délalssée. entourée d'autres niídí a tous les pomts cardmaux. qui permet aux yeux de digner. Nü. Un~ troisieme na1!' sUfumna. reconnalssent dlX vents orgalllques (dasavayu) les cinq soufRes distingués ~ans I'Ayurveda et ?inq autres. Ces derniers sont le ntiga «. Yoga médicaL Il semble que ce soit sous l'iniluence du Yoga tantrique sur les circulations des soufRes a travers le corps que l'examen du pouls a été mis en honneur. voire l'hygilme alimentaire qui fait partie de la médecine en sorte qu'un Süpastistra ((Traité des soupes» est médica!. On pense généralement que l'opium a été introduit par les Arabes dans la pharmacopée indienne. D'innombrables formulaires de thérapeutique générale ou spéciale ont été composés e~ sanskrit. De grandes compilations médicales comme celle de Vangasena se contentent de reproduire pour l'étiologie le Nidlina de Madhavakara et d'y ajouter une thérapeutique abondante mais peu originale. ]IÉDEOINE. forme 1 axe du Meru. Da~~ la t~te"p~J1galct est a droite et agauche. Elle est parfois ~onsidérée comme formé e de trolS valsseaux. du moms s en est-on généralement tenu au systeme ancien de l'Ayurveda.la ~une en I({a e~ le SoleIl en pl/lgala. D'autres textes attestent une iniluence de la médecine arabe. Le caractere automatique de la rétribution des actes ne peut en' effet ~tre normalement admis par la médecine scientifique. sont placées de part . De plus. deux nti(ll. Elles permettent parfois la réalisation d'exploits physiologiques remarquables. J.lí. on compte neuf cakra en ajoutant celui des sourcils (bhr!lcakra). qui fait Miller. a été traduite en tibétain. les deux na(l! sont genera~ement censées se croiser a plusieurs reprises en contournant les cakra dlSposés d'étage en éta. Paríols. Par l'examen du pouls souvent décrit dans de petIts traités relativement modernes.lipüra «abondance de Joyaux» est a lomblhc. Brosse). le devadatta «le donné des dieux» . le kürma «tortue». ce qui e. pratique apparue a une date indéterminée mais antérieure au VIII' siecle. dans la ~Me se trouve un l?tus supplé· mentaire et dominant.w) est le moteur de 1 orgamsme. Ils appellent ceux-ci cerdes (cakra) ou lotus (kamal~). Parmi les plus célebres des compositions tardives plus courtes on peut citer la Cikitslikiílikli de Tr~ata (XI' siecle). teHe la pratique de l'examen du pouls (nli(lípat'lkfli). Les textes contenant de larges emprunts a la médecine 6 .!Í et vajril. Le~ Yogin. § 1671. allant jusqu'a la réduction volontaire de la contraction cardiaque a une fibrillation imperceptible a l'auscultation et a la palpation du pouls (Th.

). le civilisateur du pays tamoul. Agattiyar et Tereiyar. Pulippa¡. une médecine assez spécialement bouddhique. «La Vle sans maladle» ou figure un ehapitre. cependant. un Va!ttiyalckumm~ (le kum. Le Mahavagga pali contient un chapitre sur les maladies. Les 18 ~lttar auxquels ~ont attnbu~s des ouvrages médicaux sont : Agattiyar. apparait dans les textes sanskr~ts le nom de . D'autres. Ils prescrivent des remedes a la fois végétaux et chimiques et. Kiragayendiravidi (skr. Il existe.¡i. L enselgnement de ce traIté est conforme non a I'Ayurveda sanskrit mais ala physiolo. d. Il existe en tamoul une littérature médieale abondante. qur sont des recueils thérapeutIques en vers (géneralement en vlruttam) assez courts et dont ii existe encore des abrégés comme le VayittiyarattiNaccuRulclcam. Gurunli(l¡. comme le Kurunli#9listiram (skr. MIlDECINE.le pouls et les vaisseaux sont d allleurs attnbués eux aUSSI a AgattIyar.ou Emadattuvam (sk~. Beaucoup sont modernes mais peuve~t contenir des ~orceaux de ~ra­ dition ancienne. TirumülanayaNar. Kari9al «Obscurité (1)>>. Les reuvres attribuées a Agattiyar et Tereiyal' sont souvent considérées comme faisant partie d 'une littérature qui embrasse d'ailleurs presque toute la médecine tamoule et en méme temps la chimie et qui s'apparente au. Ramadeva). Les Cittar. Maintes reuvres médicales sont encore attribuées a des auteurs ne faisant pas partie des Qittar.Slist~a) «!raité du vaisseau ~uru (situé a la partie inférieure du tronc)>>. les remedes et l'hygiene et des textes analogues. Des traités spé. les moines ont pu avoir des connaissances médicales pour se soigner entre eux. quolque la Syphlhs alt pu eXIster longtemps auparavant dans l'Inde.S. En principe. § 1675. tres tardives sont paríois manifestes. il y a en tout 404 maladies. Pógar. Dhanvantari).. § 1677.llle médecine essentiellement natureUe conforme a l'enseignement de l'Ayurveda. ViyasabagavaN (skr. Vyas~).l~ sy~hilis sou. Valmrgar (skr.gie du Y~ga tantr~que.l(lu (dictionnaire). nous sont conservés dans leurs versions tibétaines ou chinoises. . yavana «grec» d'ou occidental). Valmrki).. La médecine arabe est appelée en hindr. KarmalcaJ. tereí. Une médecine tamoule yúnlini fait pendant a la médecine yiinliní de l'Inde du Nord (S 1673). TaNvandiribagava~ (sk~. L'reuvre attribuée a Pógar est la plus consldérable qm nous sort parvenue. La matiere médicale décrite non seulement dans les recueils thérapeutiques mais encore dans nombre de lexiques spéciaux comme le Dhanvantarinigha(¡{u qui serait plus ancien que l'Amarakos'~ (~achariae). ce dermer tres fIche et tres estimé.162 LES SCIllNm.¡akkI~ar. mais leurs reuvres ne se distinguent guere des traités d'auteurs sÜrement brahmaniques. Hematattva) «Ré~lité d'of». Un groupe de 18 GIttar «parfalts» (skr. Qivavakkiyar.t4u . écrites en pali comme la Bhesajjamañjüsii «CorbeiHe des remedes».t entre autres des partIes de matrere médlcale. QüdamuNi. un Vaittiyiigii(¡{lam «Section médicale». parmi lesquels on peut citer 1m Ayu!vedam (skr. d'ou le nom de Tereiyar sous lequel est connu cet éleve. lVIédecine bouddhique. Agastya). yúnani (de skr. . . MaccamuNI. lVIédecine jaina. § 1674. tels Vayittiyagliviyam C( Poeme médical».avinod~ parMadan~pala (1~74 ap. Certains auteurs sont parfois présumés bouddhistes (Nagarjuna. dans lesquels d. YüglmuN~. VagbhRj:a). Dans les textes canoniques connus par les versions tibétaines et chinoises. l'exercice de la médecine était interdit aux moines mais plus tard il leur a été permiso De tout temps. Ayurveda). I~eikkMar et Konganar. le RiiJamgha1J{u par Narahan (XIV' slede). Selon la légende. le Mada!.-C.¡¡.an de Soma». La plupart dénotent une date assez tardive. Plus de deux cents ouvrages méªicaux ont été attribués a Agattiyar.mi est un jeu). pour le diagnostic et le pronostic. peu étudiée historiquement jusqu'iei. un Saumiyagligaram {skr.ci~ux sur. crapaud. pu¡. Au XVI" siecle. Un dictionnaire comprenaIl. est encore attnbué a Agastya.x: textes tan!riques san~krits sur les mémes sujets. Tel est le cas du NÓYIUavaLvu. § 1679. Médecine tamoule § 1678. comme toutes le~ seienees. ?tc. Il s'agit la ~'une légende pareille a celle que les textes bouddhiques racontent d'Atreya et de JIvaka (S 1647). Des textes médicaux comme le Kalyii(lakiiraka le «Faiseur de bien» par Ugraditya (date incertaine) ont été eomposés par des Jaina et sont fondés sur les doctrines ayurvediques mais excluent généralement de leur matiere médicale tous les produits animaux en raison du respect. 9iglimaJ. Celui-ci aurait traité sans succes un malade (eertains disent le poete Nakkrrar du 3· gangam) qu'un de ses éleves aurait guéri en le trépanant et en lui extrayant du erAne un . Nombre de légendes. sont usitées a Ceylan. dans les anciennes écoles bouddhiques. de la vie animale (Jinadas Parshwanath Fadkule). slddha) est censé avoir élaboré eette littérature. poussé a l'extréme chez les Jaina. ~aumya8agara) «Océ. grahayantravidh¡) «technique des dispositifs contre les saisisseurs» apparenté au Kumaratantra attribué a Raval)a. Le classement dans ce groupe des Gittar d'auteurs légendaires péle-méle avec des personnalités qui ont des ehances d'étre historiques brouille toute chronologie et oblige pour le moment a rapporter en bloc au moyen age l'élaboration des traités des Qittar. elle comprend avant tout un important nigal.s la forme phiraftgiroga «mal franc». l'élément terreux étant ajouté aceux de l'eau. Lexicographie médicale. en pays bouddhiste.tbli C( Ver~ VB1Jbli formant comme un diademe».dvel. (Euvres médicales diverses. a la théorie classique des trois dhalu ou do~a est substituée une théorie des quatre éléments. notamment celle de JIvaka auteur de cures chirurgicales par trépanation et laparotomie concernent la médecine.t4a) «SectlOn de 1 acte~. le Pañ9agliviyaniffal. du feu et du vento Chaque élément produisant par ses perturbations 101 maladies. § 1676. Les textes jaina font comme les textes bouddhiques fréquemment allusion aux connaissances médicales.¡ifam (skr. Iramadevar (skI'. QattamuNi. J.'ailleurs des additions. A Terelyar sont rapportes plus de 20 ouvrages analogues aux préeédents parfois SOU8 des titres vagues. autrefois rédigés en sanskrit. 163 arabe sont surtout en vernaculaires. Tereiyar. un KaNmagii1. mais contiennent !. d'ailleurs. vient d'Agattiyar (skr. la médeeine. Varari~i. l'exam~Il: du pouls.

Les regles auxqueHes doivent dam l'Inde se soumettre étudiants et médecins ont été supposées imitées de celles qui sont énoncées dans le ~Serment d'Hippocrate". Cette théorie t~lle qu'elle est exposée par Platon n'a pu ~tre une source decelle de I'Ayurveda. maisles théories des soufRes sur lesquelles sont fondés les passages en question des textes sanskrits remontent par l'origine a une époque antérieure a celle des traités hippocratiques. la pharmacopée grecque connait de bonne heure des drogues indiennessous leurs noms indiens (lJ'élJ'spt [Traité hippocratique Des maladies des femmes] = pippalt. par Jayadatta. La nosologie est analogue dans ses grandes lignes a la nosologie humaine mais en differe profondément dans le détaii. les autres par le désir de donner a la médecine vétérinaire une origine analogue a celle de la médecine humaine. Les trois do~a ne correspondent d'ailleurs que superfiCleilement aux quatre humeurs des Grecs auxquelles on les compare souvent. Une origine mythique est attribuée aux chevaux qui auraient d'abord été des oiseaux. 165 § 1. on peut songer a invoquer une influence grecque pour expliquer qu'en milieu bouddhique (milieu particulierement en rapport avec les Grecs) une pathologie a quatre éléments morbides a été substituée a l'ancienne pathologie des trois do~a. ne faudr~it. sans doute. d'ailleurs tardive. Elle est intitulé e Salihotronnaya ~Éleve du cheval ou Élevage par Salihotra". Les Indiens ont appliqué de bonne heure a l'art vétérinaire les connaissances qu'ils avaient acquises en médecine. sans fondement historique et s'expliquent les unes par qes jeux de mots Sur le nom de Salihotra qui veut dire «chevah. n en parait seulement dans les tardifs (ahiphena ou aphena. est légendairement rapporté a Salihotra qui l'aurait rel}u a n de Brahman et ~ommuniqué a Su~ruta. Cependant. le Sindh.. MÉDEOINE.est lui-m~me regardé comme fils d'Asvagho~a et comme originaire de Salatura au Panjah. manifestement en grande partie. On a souvent établi des paralleles entre les données des deux médecines grecque et indienne. I/reuvre attribuée a Salihotra n'est pas sans valeu!. reuvres de dates indéterminées mais peu anciennes sont parmi les plus connus de la littérature médicale concernant les chevaux.164 LES SOIENOES.. n s'y ajoute des données d'hippologie notamment relatives aux signes qui indiquent la valeur. mais ses doctrines essentielles ont leurs fondements dans les textes védiques et out par conséquent une origine antérieure a la formation des écoles médicales grecques. etc.683. . bola «myrrhe~. ces conceptions étant fondées de part et d'autre sur des idées cosmologiques générales simples. mais elles s'apparentent bien plutOt celles qui régissent l'enseignement brahmanique. En revanche. Divers traités d'hippologie . sauf pour les mala die s communes al'homme et au cheval. Les plantes sont classées en I)eifi (arbustes). car l'élaboration des éléments de celle-ci est antérieure. pillu (herbes). existe. et aussi Asviiyurvedasiddhanta ~Systeme complet de médecine des chevauXll. § 1. Elle represente une somme consIderable d lllformations dont la valeur pratique est souvent incontestable. § 1. Ceci montre a quelle fantaisie a pu atteindre la légende. mais sous des noms et dans une classification spécialement tamoule. Cependant. La pharmacopée utilise les m~mes drogues dont un des catalogues les plus usuels aujourd'hui est le Vaittiyamüligeiyagaradi ~Dictionnaire des plantes médicinales". Un Asvacikitsita ~Traitement des chevauXll. Particularités de la médecine tamoule. les textes médicaux indiens les plus anciens ne paraissent pas contenir de termes grecs.~I . Elle est représentée surtout par un manuscrit de I'India Oflice et une ver~ion tibétaine qui comprend l'équivalent de 2. contrairement a ce qui a lieu en astronomie. En tout cas. c'est-a-dire par la tradition d'Atreya. Asvayurveda. Salihotra. Plusieurs textes concernant le traitement des chevaux et des éléphants nous sont parvenus. l'Asvaprasarpsii ~Eloge des chevaux" et I'Asvalak~alJasastra ~Traité des marques des chevaux". par exemple la similitude des rOles imputés au vent dans la Nature et dam le corps a la fois par le traité Sur les vents (ITspE if'uO'wv) de la collection hippocrati<iue et par Caraka et Bhela (S 1652). Ces indications légendaires sont. du cheval. prouve un contact des Grecs avec la médecine indienne. pü~t(lu (plantes herbacées). n. toutefois pa~ juger de la médeclll~ tamoule par la corru~tI~n des ~~o­ graphies de ses auteurs. gingembre j O'á"Xapov = sarkara. Médecine vétérinaire. considéré ¡ci comme son fils ou son disciple. Médecine des chevaux. L'ens~ignement de l'hippiatrie. Elle est probablement antérieu:re au x' siecle. § 1. Elle adapte l'Ayurveda classique a son sujet spécial et se d}vise en huit sections qui correspondent a peu pres a la division de l'Ayurveda en huit articles.682. forme prakrite sakkara. théorie qui apparait comme assez aberrante dans le domaine grec.ªOO sloka. mais la médecine prescrité est essentiellement naturelle. Une légende fait d'Iramadevar et de Yakkobu (Yakub ou Jacob) les deux fils d'Auveiyar au temps d'Agattiyar. La priorité des textes grecs estincontestable. sucre. Deux traités spéciaux d'hippologie sont aussi attribués a Salihotra.681. A la date des textes ayurvédiques classiques la médecine indienne aurait pu avoir subi largementl'influence d'écoles occidentales. maram (arbres). Elle est fondée sur le m~me principe général que la médecine ayurvédique san&krite dont elle dérive .yy{(gspts = srilgavera. une analogie remarquable entre la tradition du trido¡m et une des théories médicales exposées dam le Timée de Platon (Delpuech). Accessoirement il existait des regles pour le traitement médical des vaches comme nous l'apprend un chapitre de I'Agnipuratla qui les résume.680. attribué a Nakula et un Asvavaidyaka «Le médecin des chevauXll. contigu au Panjah était dans l'antiquité une région d'éleve de chevauxj il est fait aHusion au che~al du Sindh dans la Brhadiiranyaka-Upani?ad. ou encore l'analogie des idées relatives ala pathogénie de l'épilepsie dans le traité fameux De la Maladie sacrée et dans la Susrutasar¡1hita (Nidanasthana. Mais beaucoup d'analogies entre les conceptions indiennes et grecques peuvent s'expliquer par des rencontres. n en estde m~me en cequiconcerne d'autres concordances qui paraissent exclure la possibilité de rencontres fortuites. ~WAOS). relatiye aux médecins anciens.). 1). costus speciosus j ~t. 6mov. Rapports des médecines indienne et grecque.¿aTaS = ku:~{ha. Le transport en pays grec de drogues indiennes avec recettes d'emploi. beaucoup de drogues eflicaces lui étant connues. cependant. kocji (lianes). poivre. .

C'est le muni Palakapya qui passe pour l'avoir enseigné. plantes et minéraux sont étudiés. Le merclire est connu'l'de Caraka et du manuserit Bower (rasa) ainsi que de Susruta (sutara. sur les préparations diverses. Lapidaires. le fer indien était un article d'impor- . k~udrarogasthana. Les pierres sont décrites dans des lapidaires. Mais I'ouvrage ne peut remonter au-dela du moyen age. la préparatIO. ils auraient été en proie a la maladie. dan s Susruta par exemple. fabrication de I'or. C'est une reuvre de plus de 7 O O pages in-8 o divisée en quatre parties. il est vrai dans des ouvrages spéciaux mais seulement a des fins pratiques.la et diverses reuvres mineures. immortalité. L'Ayurveda a servi aussi de hase a l'élahoration d'un Hastyáyurveda «Médecine des éléphants». grand marché des pierres précieuses dans i'antiquité. Les éléphants auraient été primitivement ailés mais. le Hastyayurveda enseigne une médecine essentiellement naturelle. n existe pourtant un traité des maladies des arbres. auteur du Manasollása (S 1600) . mais il existe une petite littérature de lapidaires. la métallurgie indienne s'est développée de honne heure : au temps du Périple de la Mer Erythrée. mais en donnant a rasa le sens de «merCure» ou celui d'«essence des corps élémentaires». CHIMIE 3. le Vtk~áyurveda par Surapala qui peut étre considéré comme un ouvrage de botanique appliquée. Cependant. 4. contemporain de Dasaratha.1a. sur les maux localisés. Une Navaratnaparik?ii est un 'abrégé composé au XII" siecle par Somadeva.ltha. § 1684.-C.enant heu de toute SCIence. de botanique et degéologie. Ces t~xtes et quelques autres moms lmportants ou moms connus sont géneralement rédigés en vers. Neogl)./aloha)len présence de seIs et qui devait aboutir a la formation ~'un mélange d'oxyde. § 1686. ou le tttraltement du fer» (ayask¡·ti) qui consiste en une calcination de feuilles d'«acier~ (ttkfi. Médecine des éléphants. et dans les traités médicaux et dans les Tantra (S 844 et suiv. auteur bouddhiste. L'ouvrage de Buddhabhatta a été incorporé au Garu(lapural. ddférents 1un de 1 autre. Elle releve d'ailleurs en grande partie de cette derniere science car elle s'occupe essentiellement de la préparation des drogues et a constitué primitivement une pharmacie. Les animaux. en effet. Le principal des tttra~tés sur les éléphants» (gajasastra) s'appeBe Hastyayurveda et est attnbué a Palakapya lui-m~me. On connalt encore un court traité versifié peu ancien sur tout ce qui concerne les éléphants. La littérature musieale eontient une étude attentive des harmoniques. comme dans le cas de I'Ayurveda et de I'Asváyurveda en dépit des légendes initiales. elle est aussi une alchimie visant des fins magiques : lévitation. leurs caracteres. «Ol?ini?n d'Agas~i» ~entre les. VI· et ~I1I.'166 LES SClENCES. Plus précisément elle continue le rasayana ayurvédique (S 1627) dont elle garde le nom. Généralités. n aurait enseigné sa science au roi des Aliga. Des textes médicaux spéciaux lui sont aussi consacrés et elle a c~nstitué pour ~ertains milieux intellectuels indiens un systeme t. On peut noter dans ees textes et dans ceux du Vaise~ika des notions importantes. mais la physique n'a été étudiée qu'a l'oeeasion de questions particulieres et ne paralt pas avoir constitué une scienee autonome. termes qui paraissent d'origine mystique mais sont employés ici dans leur sens chimique.ou ~lle se trouve d'a~lleurs insérée. La Br}¡atsa1!l~itii (S 1260) traite d'art l~pi4aire dans un chapitre séparé. pere de Rama. Non seulement il y est fait allusion fréquemment dans des textes variés.n des lesslves concentrées servant de caustiques (kfara) . Tels sont. PlusIeurs de" modes thérapeutiques prescrits dans cet ouvrage sont déja signalés par Mégasthene au JIlO siecle ay. mythique. CHImE. Romapada. en metres littéraires. volontiers que si la libération (mok?afest le but supr~me de l'homme. est un art important dans l'Inde.1688~ Les débuts de la ch!mie. d'accroitre et de renouveler indéfiniment celle-ci par l'usage des drogues. siecles) et une Ratnaparlk~ii attl'lbuee a AgastI. La physique est réduite aux notions théoriques du systeme Vaise~ika (S 14 79) et a des spéculations sur le mouvement et sur le son. tombés sur la terre par suite d'une malédiction. ainsi que les minéraux pour autant qu'ils ont des propriétés médicinales. des iors. 167 et d'hippiatrie indiennes ont été traduits en persan et en arahe au moyen age. SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES § 1685. Place de la chimie dans la science indienne. J. Les animaux et plantes sont minutieusement classés dans les traités et lexiques de matiere médieale et m~me dans les lexiques généraux (Amarakoia). On a de plus un Agastimata. Il n'y a pas a proprement parler de textes de zoologie. Ses adeptes soutiennent. comme appliqués par les Indiens au traitement des éléphants. Elle ne se contente pas d'enseigner l'art de préparer les remedes. les soins a leur donner. La ratnaparik:~ii «Examen des pierres précieusesll § 1687. de chlorure et d'oxychlorure de fer (P. Elle est donc représentée différemment. Les textes ayurvédiques anciens décnvent a propos de la préparatIOn des drogues des procédés qui sont pr~prement chi~iques. maharogasthána «Lieu ou l'on traite des maladies générales». Son enselgnement concorde avec celUl d une Ratnaparlkfii par Buddhabhatta. sur la chirur~ie (et i'anatomie) et uttarasthana. ajoutant aussi des données légendaires ou magiques. et la matiere des deux textes doit remonter a un Ratnaiástra antérieur au VIO siecle (Finot). Palakapya serait fils d'un muni Samagayana et d'une éléphante. La légende de son origine est comme a i'habitude.). § . selon le but qu'elle poursuit. Ils donnent des regles précises pour l'expertise des perles et pierres précieuses. par NílakaJ. elle ne peut ~tre ohtenue que par un effort conditionné par lasanté : d'ou la nécessité de préserver. . Le développement de la chimie indienne est comparable a celui de la médecine. leur capture. D'autre part. La physique et les seienees natureUes ~ont infiniment moins développées que la médecine. un passage de l'Agnpura1. salyasthana. la Matangaltla «jeu sur les éléphants». párada).

mais en reprenant des visées de la magie védique relatives au rajeunissement et a l'immortalité. Les plus importants sont le Rasahrdaya par Govindabhagavat (XI· siecIe ?).-C.CHIMIE. tant6t différent.üstra. pour la Iaupart des eompilations ou des remaniements d'ouvrages antérieurs. méd cin du roi Bukh de Vijayanagal'.'A • dé . d d. un Rasavaisefikasütra «Aphorismes sur les caracteres particuliers de l'essence [fondamentale]» et un Rasaratnakara «Mine de joyaux (ou océan) des essences [íondamentales]». sragdhara) eomme la plus grande partie des sar[!hita médicales classiques. un essai de systématisation doetrinale des données de la pharmaeie empirique a été tenté. eomme par exemple le rasa des aeides et eelui des lessives qui pourtant sont tous deux brülants a l'état isolé. mercure. Deux ouvrages de ehimie au moins sont attribués 11 Nagarjuna. légendaire et remontant a l'époque de Vikramaditya. pr~te éventuellement son nom au Rasa·· ratnakara.atriarche bouddhiste du m~me nom (S 199á) et plat. C. Ray). le Rasendracü4ümaJ. le Rasendracintamal. soufre. Waley). Divers traités tantriques contiennent des enseignements alchimiques. On attribue aussi indifféremment a ce siddha et a Nagarjuna un traité de magie le Kalc. . Si l'attribution n'est pas íausse il s'agit done d'un homonyme du médeein Y gbhata. sastroddhrti. la Rasanak~a. Nagarjuna est encore considéré eomme l'auteur de deux tres eourts ouvrages.. de plus. L'alchimie semble s'~tre formée a partir des spéeulations de la ehimie ayurvédique et des techniques du rasiiyana. ou plut6t on a eherehé a perfeetionner les vieux eharmes védiques de longévité en appliquant les méthodes de la pharmaeie et on a ainsi développé une alchimie. La riehesse et la perfectIOn des techmques ne suffisent pas.690.I~hukanatha. attribué aVagbhata fils de SilJIhagupta (S 1663). La tradition alehimique remonte donc dans l'Inde a une époque sÜrement antérieure au VIlO siecle et voisine de ceHe des textes ayurvédiques classiques. Cependant son attribution a cet auteur est problématique. . un Rasaratniikara attribué au siddha Nityanltha.lUdeva. Au XI" siecle. notamment le Kubjikiitantra. n est rédigé non dans le style ordinaire des livre~ seientifiques mais en sütra analogues a eeux des dariana. Textes attribués a Nagarjuna. Les parties sur lesquelles auraient porté ces emprunts seraient done antérieures au m" siecIe. ce qui le rend peu attaquable a la rouiBe (Neogi). Dans la recension fragmentaire qui nous en est parvenue il est bouddhique par les iuvoeations initiales et par l'indieation que la Prajañapramita a révélé des recettes a Nagarjuna.apu[a ou Kacchapu¡a lequel. le Rasakalpa (xm" siecle). sur les parfums. Mais l'indication relative a la date de Nagarjuna est erronée ou bien il a exi~té plus d'un Nagarjuna alehimiste. Ce Vagbhata est en apparence l'auteur médical célebre de ce nom.) et étudie entre autres sujets la purification chimique (iodhana) et la calcination (maraJ. n s'agissait sans doute de l'aeier de eémentation spécialement préparé dans le Sud de l'Inde et aujourd 'hui connu en jargon anglo-indien sous lenom de wootz. eomme les textes ayurvédiques. n existe encore 16 61). le RasendrasürasaJ!/graha par Gopalakr~l)a et le Rasendrakalpadruma par RamaknH)abhatta.). Les réaetions des eorps les um sur les autres sont dues aux renforeements ou aux neutralisations des rasa similaires ou antagonistes qui se rencontrent. upendravajra. Le Rasaratnakara est en vers (anuftubh. attribué a Bhalipa (alias Vya\lipada. En revanche nous eonnaissons par leurs versions tibétaines deux petits textes. qui aurait véeu quelque eent ans avant luí et Vya~i (S 1691). donnée parfois eomme un traité de l'AivinTsaqlhita (S 16á 9. Le dernier 6. mais il n'y a pas de caractere religieux dans son enseignement.. les rasa en tant que goÜts et essences des choses. é ' . mais ni l'original ni la traduction ne nous sont parvenus.) pourrait lui avoir fait des emprunts (Wieger). n eherehe a les ramener a un seul. tatioIi. a établir l'existence d'une science ehimique proprement dite. le Rasaprakiiiasudhakara par Ya~odhara. § 1. le Rasiirl. qui traite d'alchimie (trammutation d'argent en or. au VIlO siecle. ce qui serait possible si le texte remontait réellement a l'époque supposée de Naglrjuna (H" siecle). n semble spécial a la région du Kerala (Travaneore). Un Rasasiddhi. Le fer était travaillé d'une maniere remarquable comme l'attestent les piliers aneiens. R . C.689. Il y a done eu fantaisie dans les attributions. etc. vaJ!!Sastha. Ray) la Rasarajalakp¡¡¡r par Vi~!. § 1. . Une asopanl~a d'autres traités de basse époque. le Rasasüra par Govindae1rya. Les éléments eonstitutifs de I'Univers ont des propriétés eorrespondant a leurs essenees respectives (rasa) et dont les goÜts (également rasa) sont les témoins. J. la Dhüpayogaratnamiila et lá Dhüpayogacaturangakriyii. mais l'alchimiste taolste chinois Ko-hong ou Paopou-tseu (m" siecle ap. qu'on ne eonnait que par leurs traductions tibétaines. § 1. enfin le Rasaratnasamuccaya.ta) 0\1 maharasa 0\1 «corps essentiels de premier ordre» (lapis-lazuli.691. Mais il est certain que des l'époque des Sar[!hita médicales classiques. Des rasa eoneurrents peuvent se neutraliser. Il pourrait ~tre du VI" ou VII" siecle (P. al-BlrünI a reeueilli quelques notions sur l'alchimie mais diffieilement.ait au temps de Satavahana (S á63). le Sarvesvararasayana et la Rasiiyanna. tramiilika par MathanasilJIha.lava (XII" siecIe). 168 169 LES SCIENCES. notamment celui de DelhI. Au XIV" siecle appartiennent sans doute (P. S 1689) a été traduit en tibétain au xm" siecIe. De plus. etc.li par Somadeva (xue-xm" siecles). age m termm eonstItue un texte a1 ch' Imlque. mais l'ouvrage. des textes bouddhiques traduits en chinois des les premiers siecles de notre ere íont déja aHusion a l'alchimie (Cordier. 11 est vral.li par 1)h\l'. en raison du seeret qui entourait généralement cet arto n nomme deux alehimistes : Nagarjuna natif de Daihak pres de Somanath. En effet. On lui attribue en effet en m~me temps un autre Rasamtniikam qui e~t d'autres fois rapporté au siddha Nityanatha (S 1692). Textos du moyen age. une Dhaturatnamüla par Devadatta. Hiuan-tsang faisait déja de Nagarjuna un alchimiste qu'il identifiait formeHement avec le p. Surtout de nombreux traités analogues au Rasaratniikara nous sont parvenus. . Le premier est plus médical que chimique et étudie. tant6t semblable a eelui attribué a Nagarjuna. parait ~tre des environs de 1300. qui cite et reproduit souvent Somadeva. en fer presque pur eontenant une proportion infime de manganese et de soufre et un peu plus forte de phosphore.

La question n'a malheureusement pas encore été étudiée d'une maniere suffisante. Un certam nombre de corps sont. 1. sans ignorer ces corrélations. Caracteres généraux des traités chimiques. sulfure de mercure). le sulfate de cuivre (sasya) . Aucun traité ancien de mathématiq~e. Neogi). L'enseignement est senslble-'. § 1.au maxim~m les transformations chimiques recherchées. comme le Rasaratnakara attribué a N¡¡g¡¡~iuna (S 1690).llent le m~me que dans les ouvrages sanskrits correspondants. est tout récent (1927). et la calcination (maraJ. La plupart des textes de chimie se divisent en deux parties. en ~anskrit classique la numéra23 tl~n v.693.la «seIs". reconnaissent entre autres corps. C'est ainsi qu'un vinaigre de riz (kaíiJika) est employé couramment en guise d'acide. 10 ) •• D autre part. comme arbuda pour 100 mllhons (la numératlOn grecque n'a pas de noms spéciaux pour l~s nom~res a~ dessus de ~O. Maisür. Les traités plus scientifiques. Himalaya) sous la forme de muscovite. le mercure (rasa) et le mica (abhra) sont considérés comme provenant le premier de Hara (Siva). le Rasajalanidhi par Bhudeb Mookerji.spositifs ou appareils (yantra) . la seconde décrivant les remedes appropriés aux diverses maladies. du moyen age. Des rapports ont au contralre pu aVOlr heu des les premlers ~lecles de notre ere avec l'aichimie chinoise et avec ceHe de l'Occident. sulfure de fer. Mais l'origine de cette science et de cette pseudo-science est dans l'Inde tres antérieure (S 1689) a l'iniluence arabe qui n~ s'est exe~cé~ que sur les ouyrage~ tardifs. Tous ne sont pas identifiés.OOO. n e~t fréquem!llent fait usage d~ corps organiques. Les rasa «corps essentielsll ne sont pas considérés comme des corps simples au sens on nous l'entendon~. rles uparasa. en effet. gui ne parait.On a longtemps cm que les Indiens avaient emprunté aux Arabes leur chimie et leur alchimie.l9arakku «substances mAles" et pe1J9arakku «substances femeBes" paree qu'ils sont susceptibles de se combiner.a Jusqu ~ mahak:~auht/. ns connaissent une classification des corps dont les principaux groupes sontles maharasa «corps essentiels de premier ordre". dans les préparations chimiques. n n'en reste pas moms que l'existence de spéculations numériques a partir de l'époque védique est attestée par le fait que le sanskrit possede des le Yajurveda des termes spéciau~ pour désigner d~s nombres tres élevés. Cette répétition est nécessaire pour pous~ s~r . ~ 1695.avec les textes médicaux attribués aux Qittar. Rapports des chimie et alchimie indiennes et étrangéres. le culte védique eXIgeait la fOiS une certallle connalssance des temps astronomiques a 6 •• . les pyrite~ (mak~ika). parfois illustrés de schémas. § 1.sées qUl mettent en reuvre des di. 171 en date.694.s ne nous est parvenu et les traités tardif~ n'invoquent pas une tradItlOn remontant tres haut. produits végétaux ou alllmaux (urmes). Chimie tamoule. Les traités tamouls de chimie se confondent . la premiere décrivant les opérations chimiques générales. le mica (abhra) qui se rencontre abondamment dans l'Inde (Ben~ale. Un des plus réputés est le puta ou le samputa (le mot désigne aussi bien le procédé que le dispositif 'employé) 'par' lequel 1es corps a traite!' sont fortement chauffés en vase clos dans un feu de bouse de vache seche..170 LES SClENCES. silícate d'alumme et de potasse. «corps essentiels de second ordre" les 10M «métaux" et les laVaI. C'est amSl que l~ tr~ltement du fet par le pUla donne la premiere fois une fort~ quantlté d oxyde ferreux (FeO) et un peu d'oxyde ferrique (Fe 2 0 3) tandis qu'au bout de 100 fois l'oxyde ferreux est entierement transformé en oxyde ferrique (P. § 1692. etc. 5. Fig. Débuts des mathématiques. ce sont des corps trouvés a l'état natif comme le cinabre (darada.w etjarafJa). le second de GaurI (ParvatI). n eXiste cependant une classification des corps chimique<. beurre clanfié. Dans l'enseignement alchimique tantrique. - Appareil de chimie. etc. pas avoír jusqu'ici été signalée dans les traités sansknts. CHImE. MATHÉ~IATIQUES. decnts le plus ~ouvent dans des chapItres spéciaux. plusieurs rasa dont ils décrivent la purification (sodhana qui désigne aussi l'extraction) Les opéra~ions chimiques emploient des techniques assez clairement e~po. classés en al. hiligula. En général le puta est répété un certain nombre de fois éventueHement jusqu'a mille.li.

la forme primitive soit altérée. MATHÉMATIQUES.siítra semblent plus tardives.1416 pour valeur de 71'. souvent presque identiques et ont une terminologie technique commune. le cosinus (kotijyii) et le sinus verse (ut~rama. convertir en carrés des reetangles. Le théoreme dit de Pythagore est énoncé sous la forme: «La corde transversale d'un quadrangle long produit [par construction sur elle d'un carré] a la fois ce que produisent séparément la longueur et la largeur» (d. La géométl'le est moins avancée. Ainsi l'autel dit caturasrasyenacit qui représente grossierement un faueon et est fait de briq1ies doit subir.rghacaturasra8yi¡k:~¡ayíi raJi'u~ piir.172 LES SOIENOES. Ce sont les Sulvasütra. Les énoncés tres' concis d'Aryabhata peuvent servir de spécimen du mode de rédaction des manuels indiens de mathématiques. Aryabhata a inventé une notation numérique spéciale. de la classe des Kalpasütra (S 593).egles géométriques pour la construetion d_es autels. p. Ce rituel a pu Mre fixé en détail dans ses formes définitives relativement tard. n est possible que les calculs aient été primitivement (ou accessoirement) exéeutés au moyen d'un abaque a colonnes remplies de sable sur lequel les chiffres étaient marqués. Lesprincipaux des Suívasütra sont ceux de Baudhayana.iyii).iptaj il n'y a toutefois pas de raison de douter qu'ils remontent au m~me Katyayana que les Kalpasütra correspondants (Thibaut) j leur rédaction sous formed'appendice peut s'expliquer aussi bien par le caractere spéeial de leur sujet que par une composition plus réeente. Sulvasütra. n s 'ensuit ou que l'un d'eux a été imité par les autres ou qu'ils relevent tous d'une m~me source. .vamiin¡ tiryanmctn¡ ca yat prthagbhüte kurutas tad ubhaya¡¡l karoti). n n'y a pas de raison sérieuse de croire qu'iis ont été ajoutés a cette classe d'écrits plus récemment. carrés (samacaturasra. Leur date.que ordre par un nombre de cauris disposés par groupes (Guérin). La plupart ont été commentées a basse époque. 10).) En algebre. On ignore si des recherches mathématiques indépendantes des néeessités de la technique rituelle étaient poursuivies et faisaient l'objet de traités spéciaux. Le procédé est en tout cas attesté (tardivement. 11). L'extraction des racines carrée et cubique se faisait déja selon le mode classique actuel comportant le partage du nombre en tranches de deux ou trois chiffres. doivent répondre a des données numériques précises. Des théoremes sont done donnés dans le Sulvasiitra avec des types de leurs applieations pour construir e des carrés. Il est probable que des chiffres dérivés des unités dll systeme ancÍen et déja voisins des chiffres numéraux po~térieurement connus étaient employés. ~ 1698. § 1696. tres contrnversée.¡¡yas. est liée a celle des Kalpasütra (5 597). Ce dernier texte parait Mre le premier a considérer le sinus (jyiil'dha ou ardhajyii «demi-corde [de l'arc double]»). • § 1699. Les nombres y sont représentés par des lettres de l'alphabet recevant une valeur numérique conventionnellejS 1734. . Mais d'autres reuvres analogues. Elles auraient pu etre établies par tatonnements. l'autre pour l'évaluer. On a: caturadhikaq~ latam aJlagU/. une augmentation déterminée de surface sans que . La valeur de 71' n'est pas donnée directement mais les nombres dont le quotient est 71' sont donnés en une phrase qui dispense d'en faire deux. quadrangle régulier). chaque fois qu'il est employé. !Iuoiqu'une énumération de formes diverses d'autels décrites dans l. 4. non pour le calcul mais pour l'énoncé concis des tables astronomiques. une pour définir 71'. Les textes des divers Sulvasütra sont tres proehes. quadrangle long) et autres figures simples. les Miinavasulvasiitra et MaitriiyaJ. Sur d'autres notations numériques cf. Les mathématiques dan s les premiers siecles de l'ere chrétienne. au cours des derniers siecles avant notre ere. qui eontiennent les r.~lis tathii sahasriit1am 1 ayutadvayavlfkambhasyiisanno vrttaparj¡. mais le rituel preserit des modifieations de construetions quí exigent un appel a la géométrie. vedi (5 7 07) ou autels de briques cití (S 729). Énoncés d'Aryabhata. Encore ces textes sont-ils plus récents et ne nous montrent-ils guere que des applications ªe ces ronnaissances sans nous révéler comment elles ont été constituées. des colonnes étant laissées vides pour représenter les zéros. 2' chapItre de son ouvrage astronomique (S 1732) des éléments de caleul arithmétique et algébrique déja tres habiles. au début du VI' siecle. enseigne dans le {{al} 'tapada. il n'est pas certain que des l'époque des hymnes le rituel védique exigeait pour la construction des autels toute la connaissance géométrique utilisée dans les Sulvasütra. 1721). mais il peut Mre ancien) a cóté de la notation numérique ordinaire. d'Apastamba et de Katayyana. n existait donc déja un systeme de notation numérique différent de celuí quí était en usage dans les inseriptions pour l'expression des nombres en dehors des opérations de caleul.la¡¡1 dvii~a. Ceci implique que le nombre était chiffré de la m~me maniere qu'il l'est aujourd'hui chez nous en chíffres dits «arabes» a valeur de position et avec un zéro servant a marquer les places vides pour garder les rangs (kha=a la fois «vide» et «zéro»). De plus cet énoncé évite l'expression du nombre fractionnaire qu'est7r. reetangles (dlrghacaturasra.liiha~¡ 11 (lI. Les rituels védiques traitent done éventuellement de géométrie appliquée. Sulvapari. . etc. A!yabhata. Les connaissances indiennes en mathématiques dans les premiers siecles de !'ere chrétienne ne nous sont attestées que par des textes plus spécíalement consacrés a l'astronomie. Aryabhata reconnait cependant 3. Les Sulvasütra de Baudhayana et d' Apastamba donnent des regles pour la construction des divers tertres sacrificiels. Les Sulvqsütra de K~tyayana portent le titre d'«Appendice sur les cordeaux». 173 pour fixer les moments des sacrifices et la résolution de problemes géométriques pour construíre certaínes formes d'autels. La trigonométrie apparait a la fois chez Aryabhata et dan s le Süryaslddhiinta (S 17 08. «sütra sur les eordeaux». Les dimensions de ces constructions. Un autre procédé est at1esté dan s les m~mes conditions dans le Sud et consiste a marquer les chiffres de cha. 708. Aryabhata enseigne des méthodes tres avancé es j il résout par les fractions continues deux équations simultanées indéterminées du premier degré.es Sulvasütra figure déja dans la TaittiriyasaJ?lhitii (V. D'autre part. § 1697.

. les textes algébriques ont utilisé les noms de couleurs ou leurs lettres initiales pour distinguer les inconnues. En d autres termes 11 analysalt un mouvement complexe en le décomposant en un grand nombre de mouvements simples l'épondant chacun a un instant. C'est une reuvre en anu~tubh mMées de de vers plus complexes (indravajra etc. C'est-a-dire : ce 62.703. dans le calcul méme les inconnues étaient représentées par des lettres. estimé auparavant par la différence des longitudes d'unjour a l'autre. Les problemes dont il traite sont variés. ' Exprimer directement en un vers sanskrit que le rapport de la circonférence au diametre vaut trois plus mil quatre cent seize dix-milliemes eilt été beaucoup trop compliqué. Mahaviracarya. a été écrit un petit ouvrage mathématique élégant et clair. § 1.705. la regle de fausse position. Par exemple : saqlparkasya hi vargiid visodhayed eva vargasar[!parkam I yat tasya bhavaty ardhar[! vidyiid gUl. des calculs concernant les volumes. n'emploie pas de notations algébriques mais vise surtout a donner des solutions générales qui sont ailleurs pluUlt exprimées en notations algébriques. Bhaskara nomme parmi ses devancier Pa9. ce qui en est la moitié. Brahmagupta. Mais.on dont les solutions de ces problemes étaient représentées en pratique. vers 1060. Mahavíracarya parait avoir été familier avec l'ouvrage § 1.litasara ou Trisatikii. Ouvrages tardifs. Les mathématiques n'ont pas cessé cultivé es apres Bhaskara. Ce sont la Liliivat! traité d'arithmétique et le Bijagal.704.ions. le DasagalJitam par Pavulüri Mananna. 20. Les deux premieres parties sont consacrées spécialement a l'exposé mathématique. on doit sav(lir que c'est le produit des facteurs". Les plus remarquables font intervenir les équations indéterminé es du second degré. spécialement les excavations (khiita) . 175 Littéralement : ce Cent plus quatre multiplié par huit ainsi que soixante deux en milliers.manabha. le Gal.). Bhiiskara.701.000 3'1416. des aires (kfetra).832 = 'Ir antérieur de Brahmagupta dont il simplifie les enseignements. d'autres mettent en scene des personnages mythologiques comme RiívaI}a et Sita. § 1. traité d'algebre. Il emploie pour désigner l'inconnue le mot var(w qui veut dire ordinairement cecouleur" mais aussi cclettre".litasiiraSa1Jlgraha. Bhaskal'e prolonge et perfectionne des méthodes de calcul différentiel (Bapu Deva Sastri) Du moins cherche-t-il a éliminer par la considération d'intervaHes tres courts l'erreur dans la représentation du mouvement journalier des astres. ou~rage d'astronomie de Bhaskaracarya (S 1738). enfin des calculs concernant les ombres (chiiya). En pays telugu. Littéralement. des fractions en deux chapitres (kiiliisavar(wvyavahiira).on en apparence contournée dont Aryabhata se sert pour indiquer la valeur de 7r est en réalité une simplification. important par l'idée pl'écise qu'il donne de la fac. C'est-a-dire : ceLe produit de deux facteurs est égal ala moitié de la différence entre le carré de leur somme et la somme de leurs carrés". Parmi les traités de mathématiques proprement dites j d'~tre .lita sont devenus et restés les textes classiques de mathématiques indiennes. 23). Un certain nombre d'ouvrages ont été consacrés plus spécialement que les précédents aux mathématiques. des opérations d'arilhmétique (parilcarmavyavahiira) . En algebre notamment Brahmagupta établit une méthode générale pour trouver les solutions entieres d'une équation indéterminée du second degré. Mahavíracarya et Bhaskara.702. Au XII" siecIe. C'est un recueil de problemes et de solut.lita. § 1.on concrete par ab= 2 • § 1. On doit ranger parmi les ouvrages relativement tardifs le manuscrit de Bakh~alí d 'abord considéré a tort comme tres ancíen (cí. Les commentail'es des reuvres mathématiques font généralement partie de ceux des reuvres astronomiques.174 LES SClENCES.) en 9 chapitres qui traitent successivemenc de la terminologie mathématique (sar[!jJiii). Les énoncés abstraits de regles générales sont plus directs. Il est rédigé en sanskrit tres m~lé de prakritismes. O OO". Manuscrit de Bakh~ali. appendice sur les écritures).(a 2 + b2) Ce que nous exprimons d'une fac. a été composé par le jaina Mahavíracarya en payskannara sous le roi Amoghavaqa Nrpatuúga (814-15 a 877-8) de la dynastie des Ra~traküta. § 1. CeHe-ci continue et dépasse Aryabhata. Les principaux sont ceux de Brahmagupta. sans doute paree que. plus tard. quelques-uns sont relatifs ades calculs commerciaux (profit et perte. est la circonférence approximative d'un diametre de deux myriades". Le Gm. de divers problemes (misrakavyavahiira). le Siddhantasiro~lJi. Développements ultérieurs des mathématiques. ce on doit soustraire la somme des carrés du carré de la somme. auteur d une arIthmétlque. quoique généralement une partie de leurs données soit resté e destiné e aux calculs astronomiques.700. un témoignage aussi clair de la rédaction des opérations de calcul. marque le pomt culmlnant des études mathématiques indiennes. L'reuvre astronomique de Brahmagupta (S 1737) au VI" siMe contient un~ tres importante partie mathématique.wkiirasar[!vargam 11 (lI. d'ou le nom qu'il leur donnait de tiitkiilikii gati. MATIlÉMATIQUES. Les traités théoriques de mathématiques et m~me les commentaires qui offrent des exemples de solutions ne nous donnent pas. tle la regle de trois (trairasika).e uniforme pendant chaque mtervaUe. etc.832 exprime la valeur approchée d'une circonférence dont le diamCtre serait exprimé par 2 O. Il fait usage d'une croix devant les nombres négatifs et surtout les chiffres décimaux. Done = 62. infra. auteur . cemouvement instantané". (a+b)' .d'une ~lgebr~ qui ne nous est pas parvenue et Srldhara. de Pavulür pres de Guntür. n est essentiellement arithmétique. mais les reuvres produites sont surtout des commentail'es ou des remaniements des anciens ouvrages et apportent peu de données nouveUes. La fac. ce Compendium de l'essentiel du calcub. dans la forme ou ils nous sont parvenus. les progressions al'ithmétiques. De nombreux exemples de solutions de problemes sont donnés. La LIliivat! et le B{jagal. Il divise pour cela le jour en un grand nombre d'intervalles tels que le mouveme~t de l'astre pu!sse ~tre consid~ré comm.

6. Indépendante ou non a l'origine. En réalité c'est surtout l'algebre grecque qu'il enseigne (Rodet). Ptolémée. Les rapports possibIes avec ces dernieres restent encore peu étudiés. suivant sans doute Hipparque. En trigonométrie. cette consteHation marquait done le début de l'année qui devait commencer a l'équinoxe de printemps.ouvrage d'arilhmétiqne -par NiirayaDa (1356) et surtout le Rekhiigan ita . La numération décimale a été incontestablement diffusée par l'Inde.. Les vestiges que nous possédons des mathématiques égyptienne et mésopotamienne ne sont pas décisifs a cet égard. En arithmétique. Les textes védiques contiennenl déja d'assez nombreuses données relatives a I'astronomie mais ces données paraissent résulter de l'observation vulgaire plutót que d 'une astronomie scientifique. spécialement la trigonométrie et la numération décimale. Elles. Certains auteurs. l'hypothese qu'il avait pu résoudre avant les Indiens les mémes problemes qu'eux reste possible (Blochet). supposent que l'idéedu sinus pouvait avoir fait partie des idées grecques qui ne nous sont pas parvenues. en tout cas elle estanalogue a ceHe de l'ÉgYlJte et aussi a celle de la Chine. surtout a partir de l'ouvrage astronomique d'al-Battallí (mort en 929). L'Atharvaveda les énumere également et en ajoute un 28'. rejetallt a priori la possibilité d'une invention indienne. Mais ces indications. quoiqu'un des plus anciens algébristes arabes. Les auteurs arabes n'ont pas méconnu ce progres et en ont largement profité. 177 faut citer spécialement la Ga)Jitapiitikaumudf. Les discussions dont elle a fait l'objet ont été fructueuses en ce qu'elles ont suscité de nombreuses études approfondies. La géométrie des Sulvasütra connaissant le théoreme rdit de Pythagore. par Jagann. et le Kiirhaka énumerent les 27 nakfatra ou constellations définies plus tard comme déterminatrices d'autant de partíes de I'écliptique. En conséquence on doit admettre. MATHEMATIQUES. i du Süryasiddhiinta~ d'ou il résulte que cette table pourrait ne pas ~tre indépendante de celle de Ptolémée. Abhiiit. La Taittiriya-. l'ceuvre de Diophante ne nous étant pas parvenue tout entiere. et une légende grecque voulant que Pythagore se soit rendu dans l'Inde. n n'est pas exclu que les mémes théoremes aient pu ~tre inventés séparément en plusieurs pays et surtout que les géométries pythagoricienne et indienne ne dérivent toutes deux d'une méme source de l'Asie occidentale. n parait probable que la notation primitive des nombres est d'origine égyptienne. ont. voire de l'Égypte. L'idée de dónner a neuf chiffres une valeur de position et de faire usage d'un zéro p. Dans le lJgveda la durée de l'année est grossierement évaluée a 360 jours. ASTRON01\lIE § 1708. 704 ). L'originalité des mathématiques indiennes est tres contestée. D'un autre cMé.176 LES SCJF:NCES. Pareille hypothese est indémontrabIe puisqu'elle repose précisément sur l'absence de documents. al-Khwarizmí (XI' siede) soit donné comme ayant fait connaitre l'algebre indienne au monde arabe. ~ 1709.lfsaJJlhitii. ne prouvent pas un grand avancement de l'astronomie. Débuts de l'astronomie indienne. mais concurrenr. En tout cas la géométrie est la partie des mathématiques que les auteurs indiens ont cultivé e avec le moins de succes. malheureusement. Hiot al' montré qu'un calenl facile permettait le passage de la table. L'énumérution commence par Kruikii (Pléiades). la Maitriiyal.n'existe pas de preuve positive de cette dérivation et l'algebre indienne ne ressemble pas par ses procédés a celle de Diophante qui d'ailleurs n'employait pas de notation algébrique mais seulement des abréviations dans les phrases de ses raisonnements et faisait ce que l'on a appelé de l'algebre syncopée. au moins el!. été trop souvent entachées de partialité. soit contre elle. que la notion du sinus est indienne.. § 1706. selon des témoignages arabes formels. certains admettent que la géométrie grecque a été. p. L'algebre est attestée chronologiquement apres l'ceuvre de Diophante (IV' siede). sauf découverte d'un témoignar e rontraire.ée par celle des mathématiques chinoises. certaines acquisitions capitales des sciences mathématiques seraient dues a l'Inde.¡tha au début du XVIII· siede pour le compte du prince astronome Jaysiúgh de Jaypür. Divers astres sont déja mentionnés sous les noms qu'ils ont conservés plus tardo On a voulu utiliser d!ls indications sommaires contenues dans des hymnes pour fixer astronomiquement l'époque de leur composition (§ 536). n se pourrait donc qu'elle en dérivAt. l'existence tres ancienne en sanskrit d'expressions pour désigner de tres grands nombres semMe attester que de bonne heure des spéculations ont été faites sur ces nombres. On a pourtant relevé que. traduction Q. l'algebre indienne va beaucoup plus loin que celle des Grecs et m~me que ceUe des Arabes dérivée de celle des Grecs. Les mathématiques indiennes ont eu une influence au Tibet.des cordes d'arcs de Ptolémée a celle des sinus § 1710. n n'en reste pas moins qu'elle peut avoir été établie directement (Delambre) et qu'en tout cas la trigonométrie indienne marque un grand progre s sur ceHe qui est attestée antérieurement. soit qu'elle y ait été inventée soit qu'elle ait emprunté certains de ses éléments a l'étranger. . § 1707. L'influence de l'algebre indienne sur celle des Arabes est relativement peu marquée. l'usage du sinus.'une version arabe d'EucIide.eut venir de Mésopotamie (cf. partie. Cependant il. n'emploie pas les sinus mais les cordes des arcs. du cosinus et 'du sinus verse est attesté dan s l'Inde avant de l'~tre ailleurs. Les traces évidentes des emprunts de l'astronomie indienne a la science grecque (S 1745) ont porté nombre d'auteurs a poser en principe général qu'aucune science n'avait pu exister dans l'Inde qui ne soit empruntée a la Grece. Hipparque aurait pu la connaitre sans l'avoir adopt~e (Tannery). a supposer qu'elles soient suffisamment significatives. soit en faveur de l'Inde. Rapports des mathématiques indiennes et étrangeres. emwuntée a l'Inde. . On croit plus généralement au contraue que les E'ulvasütra sont assez tardifs pour avoir emprunté la géométrie pythagoricienne.

ion mais dans un passage d'interprétation contestée (l. la ~one de l'é'ciip~ tique était divisée idéalement en 27 parties égales de 13°20'. Sen Gupta. (ce qui ne signifie pas nécessairement que le texte a été composé a cette époque. Son enseignement ressemble a celui du Jyoti?avediíilga. dont la centrale est divisée en quatre sections parmi lesqueHes la méridionale est l'Inde (Bharatavarf~). mais se rattache a la tradition de cette époque. Ce sont dan s un ordre de valeur scientifique croissante les Paitiímaha-. contient les memes données. Les noms de plusieurs astronomes de la période post-védique sont connus par les commentateurs des ouvrages plus tardifs. § 1714. Jyoti~avedailga. indique assez que ces textes se présentaient non comme des exposés de recherches neuves mais comme des manuels de science définitive.l1. évidemment un mois complémentaue auquel le lJgveda parait avoir déja fait aUus.la. en vers. deux lunes et deux sérles d étOlles.0. Les renseignements donnés sur eux sont complétés par ceux que de son coté fournit al-Bírüní au XI" siecle. il était nécessalfe. D'autre part. qui nous est parvenu en deux recensions (S 612). Anciens astronomes. déterminé es par les 2 7 nak~atra bien que les intervalles de ceux-ci soient tres inégaux. L'astronomie indienne s'est développée sllrtout depuis la composition des cinq Siddhiínta. «fin réalisée» ou «fin supreme». mais en évaluant en degrés et minutes les distances angulaires de ces astres aux reperes fixes. Jupiter. l' «Areul».correspondant a 62 mois lunalfes. selon Kaye. la nouvelle lune etant dans le naksatra Sravisthií position réalisée vers láOO ay. mais plus perfectionné. ASTRONOMiE. Le Soleil et la Lune étaient en conjonction (c'est-a-dire qu'il y avait nouvelle lune) dans le nakfatra Dhaniflhií au commencement de chaque cycle. Süryaprajñapti) concorde. la Gargasal[lhitií ou VrddhagargasU1rhitií. J.s les seules données proprement astronomiques de la htterature ve dIque sont contenues dans le Jyotifavediíñga. entouré de sept zones concentriques. est apocryphe ou tres profondément remanié a date tardive. aune reuvre grecque de Paul d'Alexandrie. 3. par un ~ois ad~itionnel de 3 O jours. Un traité jain~.-C. Selon al-BlrünI il aurait été composé par ViglUcandra. Le Jyotisa paraitrait done fait de données en désaccord chronologique.épondre a l'équin~xe ve. «lnstructIon sur le Soled" = skr. § ~~12.178 LES SCIENCES. Le Paitamahasiddhanta est ainsi nommé comme émanant de Brahman. Toute~Ol. nous est aussi connu de nom et de réputation. Ce dés~ccord peut etre dü a un remaniement tardif. Les indications de la Pañcasiddhiíntikii le font apparaitre comme assez proche du Viisif!hasiddhiínta. § 1713. chaque pénode de 5 ans par un mois supplémentalfe qu ll. Il re.830 Jo~rs solaues (au heu de 1~25 l/á). Il est attribué a un certain Lagata ou Lagadha. Le méme texte mentionne un tre!zieme mois de 30 jours (XII. Cette reuvre ne nous est pas § 1717. mais ce texte. Les mois ordinaires é~ant de 30 jours. non plus seulement d'une fa«¡on vague par rapport aux nakfatra.. Le Paulisasiddhanta est supposé par al-BlrünI remonter parvenue non plus que le texte sanskrit du Paulisasiddhiínta. la Sunyapal.1 a de son coté mentionne un mois complémentaire de 25 . 3. Le cycle c0IV-men«¡ait au solstlCe d hiver.{hasiddhiinta apocryphe nous est parvenu. postérieur a Garga. la lune étant pleine au commencement du nakfatra Abhijit.500 ay.uJattt. Sa date est indéterminée.Jatti.étalt moms mexact de prendre de 25 ou 26 jours que de. position réahsée dan s les premIers slecles de 1 ere chrétIenne. 25. qUl f?~t de leur cOté 176 8 Jo~rs lunanes. § 1716. Un seul nous est parvenu. position effectivement réalisée autour de 2. il peut reproduire une donnée ancienne et traditionneHe).ant le mont Meru au centre. avec le Jyotifa P?ur le fond mais ajoute des conceptions cosmographlques analogues a celles des Puriíl.latt~. n semble avoir introduit la détermination des positions des astres mobiles. § 1715. 8). celui-ci a été rédigé apres cette époque. appelé souvent Pitamaha. mais ne fournirait pas de date interprétable d'apres P. mais tous ont été résumés et critiqués par Varahamihira au début du VI· siMe dans sa Pañcasiddhántikií (S 1736). on suppose d'ordinaire qu'eBe est comprise entre áOO ay. Un Parasara. Cette cosmographie es~ tel~e q~'eHe suppose I'existence de deux soleIls. ou plus simplement «solution». Une Candapa/J1. de c?mpl~ter. Il considérait les signes du zodiaque a la place des nakfatra et connaissait les planetes Vénus. J. en prakrit ardhamiígadhi. J. «Instruction sur la Lune».ou 26 jours. J. Vií. Il est essentiellement consacré a fournir les éléments du calendrier védique qui fix~ les dates des cérémo. Paulisa. d'ailleurs en grande partie astrologique plutOt qu'astronomique.) coincidait avec le début d'un cycle et si cette indication ne résulte pas d'un calcul de Varahamihira et a bien été prise par lui dans le texte du Paitiímahasiddhiinta. Les nakfatra sont au nombre de 28. Le sens de ce terme.conna!t un cycle (yuga) [S 1725] de cmq années de 360 Jours solams apparents (siívana) complétés. il reconnaissait un cycle (yuga) luni-solaire de 5 ans analogue a celui de ce texte. qui ne remonte probablement pas a l'époque védique méme. Saturne et Mercure plus nettement qu'aucun texte antérieur. Romaka-. et 200 apres.et Saura-siddhiínta.-C. Le Vasi~thasiddhiinta n'est pas décrit en détail par Varahamihira qui le tient pour inexact. C'est alui que paralt remonter le procédé de calcul dit du viíkkiyam resté en usage au pays tamoul jusqu'a l'époque moderne. Le début de la troisieme année de !'ere Saka (78 apr. pla«. e~ effet. Le principal est Garga auquel est attribué un texte qui nous est parvenu. Sür~yapa1. position qui serait réalisée vers 850 de notre ere.nal pris ~our déb~t de l'année.-C. de meme d'ailleurs que le Paitiímaha.-C. Un Viisi¡. 8). La liste de ces nakfatra commence par Asvim qui devait r. Le Satapathabriíhma/. C. Le cycle quinquennal qu'elle reconnait commence au solstice d'été. L' «Appendice astronomique du Veda» est un ouvrage tres court.nies. Les cinq Siddhanta. ce qui fait un total de 1. .~iftha-. 119 par conséquent cet équinoxe était a l'époque censé tomber en Krttikií. § 1711. Il enseignait une méthode correcte pour déterminer la longueur exacte du jour et une méthode .

astronome que la Pañcasiddhñntikii mentionne aussi mais sans le donner comme auteur du Süryasiddhiinta. Il est attribué par al-BírunI a Vita.équinoxes. la Pañcasiddhiintikii citant le Süryasiddhiinta au milieu du VI" siecle. de la determmatlOn des heux moyens des planetes en un temps donné. plus habituelIement nommé Süryasiddhiinta.tt~ science.iere soit sur la position de Revatí. J. sois tices. Le septieme. Le sixieme. l'autre position étant exacte. il délegue un ~omme f~it d'une P?rtion (aqlS?) d~ luim~me pour exposer le Süryaslddhanta a Maya et dlsparait.9. tel qu'il nous est parvenu. qui re~oit parfois le titre de Jyauti. distingue diverses computations du temps (mana).-C. Le onzieme les cas ou le soleil et la lune ont m~me décIinaison. D'ailleurs. les coordonnées qu'il indique pour Citra (Épi de la Vierge) correspondent a une date voisine de celle qu'a calculé Guérin. a. SrI~el)a. L'idée que Maya était un occidental a été en tout cas accréditée dans l'Inde au moyen ílge (dans le Jñünabhiiskara. ensUlte . C. Weber a méme supposé que le nom de Mayasura ou l'asura Maya pourrait recouvrir celui de Ptolémée. ~ 1718. En fait. Composition et style. Cette hypothCse forcée n'a généralement pas été acceptée.a et le Romaka venalCnt d'Üccldent. il faut qu'il soit antérieur a cette époque. Elle peut s'étre formée par généraiisatio~ de la ~otion que les Sidd!¡qnta comme ~e Pauli. 55 m 12'. cal' il contredit la version dans laquel~e il est inséré. comprend 500 vers (metre. c'est-a-dire expnmable par de~ mes. Il donne pour calculer le nombre de jours écoulés depuis le point de départ d'un cycle jusqu'a une date donnée (ahargaJ. D'apres ce vers. est considéré par Varahamihira comme le plus exact des cinq Siddhiinta. Ketkar). Comme il n'est pas vraisemblable que {'erreur d'observation pu. S 1670).ection gra'ph~que des éc~i~ses. J. Le treizieme est consacré aux instruments astronomiques rudimentaires et trop sommairement décrits. Il est cependant attrihué a un auteur de nom indien.71. et la décIinaison de 2° de cette m~me étoile en 325 (ces deux chiffres ont été obligeamment fournis par M. des mouvements et conJonctlO~s gla~e~alres.table des sinus (S 1699) pour calculer les heux vralS des planetes connalssant les moyens. LehUlt~~me flXe les positions des nak~atra par rappol't a 1 echphque. Ceci nous reporte donc au milieu du IV· siecIe au lieu du milieu du VI'. Certains résultats de ses calcuIs apparaissent toutefoisplus indiens que grecs. Contenu. cas d'influence néfaste. ASTRONOMIE. Le dixieme les mouvements relatifs de la Lune et du Soleil. Le texte est tres condensé et . C'estle seul qui nous soit parvenu mais modifié dan s certaines parties par rapport a ce qu'en a connu Varahamihira. d apres la teneur d'un vers qui ne se trouve que dans certains manuscrits. Dans le douzieme e8t décrit le systeme du Monde. valeur enseignée par Hipparque et Ptolémée. Le Süryasiddhiinta. Le Süryasiddhñnta primitif doit remonter au IV· siecle. Mals. la ville de Romaka est placée par le Süryaslddhünta (XII. anu?!ub~) répartis en 14 c~apitres (adhik~ra ou adhyiiya) dont les tItres val'lent dan s les dlvers manuscrlts. Le Romakasiddhanta réveIe par son nomune provenance méditerranéenne (romaka. points cal'dinaux.-C. Le Süryasiddhiinta § 1. transcrit Turamlya ou Tulamaya dans les inscriptions d'AiÍoka (S 405). Le troi:sieme traite des méridiens. qui était a la fois une nouvelle Rome et une ville de Grecs). de l~ proj. le Süryasiddhünta viendrait en fait directement de la science occidentale. Cependant la position qu'il assigne a la déterminatrice du nak:~atra Revatí (fig.isse porter tout ent. Sen Gupta) ~ui est du ~é~ut du VI" siecle. Surya. J. Elle peut aussutre le souvemr d'un fait réel. qu'un asura. C'est ainsi que la longitud e de l'apogée du soleil est évaluée 75° rontre 65° 30' chez Ptolémée alors qu'Aryabhata la fixe a 78°.850 ans qui apparait comme le produit par 150 de l'énnéadécaétéride ou période de 19 ans de Méton (a partir de 432 ay. le Süryasiddhanta actuel parait avoir fait des emprunts § 1721. Origine. Le neUVlCme étudie les levers et couchers héliaques des planetes et des étoiles. Maya. Thihaut). p. Il établit des tables des équations du centre du soleil correspondant aux anomalies de 15° en 15° analogues a celles données par Ptolémée d'apres Hipparque.) parait ~tre le point de départ d'un cycle du Romakasiddhiinta qui serait probablement postérieur acette date.-C.. Il semble avoir re4(u encore plus tard d autres addltlOns. L'année 427 Mea (505 apres J. D'un autre coté. Il ne parait s'agir que d'un ver s interpolé. La longueur qu'il reconnait a l'année est de 365 jours 5 h. c'est-a-dire sans doute d'Alexandrie (sinon Constantinople fondée en 33 O.~opani. a Aryabhata (P. D'autres indications données sur lui par les commentateurs Bhattotpala et Prthüdakasvamin montrent qu'entre le temps de Varahamihira et celui de ces commentateurs il avait été remanié. Ce personnage peut toutefois l'avoir seulement remanié (Thibaut). Le Saurasiddhanta. Il se distingue par l'introduction d'un cycle luni-solaire (yuga) de 2. ~guré (marta).). des éclipses de Lune et de Soleil respectivement. ~e den:xieme fou~nit une . Esclangon). ttla ville des Grecs " . L'état du ciel que paraissent supposer ses données correspondrait a 345 de notre ere (Guérin) ou a 290 (V. 39) a 90° du méridien de l'Inde sur l'équateur et pareille indication serait inadmissible de la part d'un auteur vivant a Romaka m~me.~ad. La position de cette étoile a 180° du point vernal était vraie en 346 ap. le dernier chapitre. environ (Whitney. J 85) par rapport au point vernal correspond a 560 ap. Le premier chapitre tr~ite d'abord des divisions d~temps. Comme on ne peut supporter l'éclat du Soled et qu'Il na d mlleurs pas le temps d'enseigner.722./a). soit sur celle de Citra. Ces divergences tiennent ma11ifestement a l'inexactitude des diverses positions déterminées par le Süryasiddhiinta. 181 approximative pour calculer les éclipses. une regle valable poude méridien de Yavanapura. Le Süryasiddhanta se dOIme comme contenant la science astronomique dé tenue par le Soleil. Enfin.180 LES SCIENCES. = romain). Les quatrieme et cinquieme.720.-C.ure~. § 1. B.des penodes de révolutions des astres. avant de disparaitre Surya invite encore Maya a se rendre a Romaka et lui promet que la il s'incarnera lui-m~me en un barbare (mleccha) our lui enseigner l'astronomie. D'ailleurs. v a § 1. il est probable qu'une erreur moyenne porte sur les deux et l'observation anrait pu avoir lieu au V· siecle. a invoqué pour recevoir com~unicati?n ~e ce.

De méme que la vie des hommes est divisée en jours.moins que l~ sty. Les mots-chifl'res sont placés dan s l'ordre habituel de l'énoncé des nombres en sanskrit qui est ~'o~dre inver~e d. il est justifié par la néc~sslté ~ aV~lr un gr~nd C~OIX d expresslOns pour la rédaction en verso BIen qu 1l SOlt prescnt de n exposer certaines matieres qu'a des élev~s düm~n~ prép~rés. Les astronomes ttchaldéens» et grecs en avaient déterminé de ce genre avant l'époque du développement de l'astronomie indienne. Bi.océans = 48 = 480' = 8° correspond au premier nak~atra.. puis pour le quatrieme 57 = 570'.000.peut s e~P!lmer par agm' (feu = 3 parce qu'il y a trolS feux rltuels véd1ques) SUlVI de nayana (reil = 2).n.. L'enseignement du Süryasiddhiinta ne consiste pas seulement en l'énoncé de regles pour préciser et prévoir les mouvements célestes. 570' + (800' X 3) = 49° 30. Dans le Satapathabriihma~w. comme étant le nombre des moments (muhürta) qu'elle comprendo § 172~. .sans étre grammaticalement c~mplexe. 12 m 35" 556) est tellequele plus petit nombre d'années contenant une somme entiere de jours solaires moyens est de 1.e celui ou se.000. § 1724. 650' + (800' X 2) = 37° 30'. n est d autr~ part nécessaAire.ge d ~ne n?tatlO~ numénque en mots. Si maintenant on multiplie leur montant par dix...~tiirl.000 années solaires humaines qui correspondent a 12. Ce mode de eompos1tIon a parfOls dépréclé 1ouvrage aux yeux des historiens européens de l'astro~omie.080.080.fleches (5) . en additionnant les minutes des mo.~atra a une valeur angulaire de 800' (13° 20'). Les mesures du yuga et du caturyuga sont donc des nombres remarquables comme les produits. ASviní. des apsides et des nreuds. AS'fRONOAIlE.prendre par cre.lini a introduit des symboles conventlOnnels dans sa grammaire pour cacher le sanskrit aux lndiens.000 années divines (divyavarpa) formées chacune de 360 jours divins. Mais le mode d'exposition du Süryasiddhiinta est banal dans les livres didactiques sanskrits qui sont des formulaires pour savants et non des manuels pour débuta~ts. n n'en reste p~s . n faut ajouter que ce dernier nombre est aussi le produit de 360 par 12. 23 (tr?1S vmgt) . on a les longitudes. L'én?ncé d.320. n s'ensUlvaIt pour lUl que toute la SCIence du Süryasiddhctnta devait étre un emprunt ~éguisé ~ des sys~emes étra"?gers peut-étre mal compris. Huit . de connaltre les valeurs des mots.).ur toutes les regles et mé:ne les tables de caleul. pour le troisieme nak~atra 65 = 650'. a l'époque védique. de fixer a cinq ans la durée du cycle (yuga) a l'issue duquelles deux astres avaient achevé ensemble un nombre entier de révolutions.ot n'y voyait qu'incohérence dans le . Le Süryasiddhiinta admet en tout cas comme valeur du caturyuga ttquadruple période» (appelé dans d'autres textes mahiiyuga ttgrande période») 4. 183 manifestement composé non pour enseigner graduellement au lacteur avec toutes les explications désirables une matiere difficile mais pour lui permettre d'ap.[Age] krra (oi! l'ordre cosmique a 4 ple~s ~ 4). Ainsi trayovi1?lsah. mois et années par les révolutions de la Lune et du Soleil. il fallait calculer des périodes beaucoup plus longues. l'emploi de c~tte . Or 4 est le nombre des phases lunaires. ~~e fOlS le t~xte expl~qu? par enseignement oral. » n s aglt de précIser la longltude des étoiles déterminatrices des nakfatra (ici appe~és dhipt¡ya) . contenu dans 1. De méme.000 qui est le quart de 4.vide (= O) . de nombres en rapport avec les cycles lunaire et solaire.océans. ces mots sont pris comme valant le chiffre correspondant. s01X~nte-Clnq. La seule considération du mouvement de la lune et du soleil avait permis. On sait par avance que chaque nak. et que 108.es tables astronomiques présente ainsi un aspect tres spéclal.320. ~uit .800 représente l'année.000. § i 725. . SOlt. de chaque nak~atra en ajoutant a la somme des nak~atra antécédents la distance angulaire de la déterminatrice dans son propre nakfatra. ~ontagne (7) .¡avii~¡ sünyakrtii{1 pañca~a~lir nage~ava{¡ l.. précédent et on obtient 1200' = 20·. d'ou 27 X 16 = 432.le. De ~lus? 1usa. Autant vaudralt dlre que Pal. conception dont le trait caractéristique est la théorie des cycles de révolutions (yuga). Systéme des yuga. Donc on déterminera la position de la déterminatrice . Les révolutions observées ne s'accomplissent pas dans le méme temps. 11 I 11 tt leí sont indiquées les minutes des luminaires.bhii~ii~n svabhog~'tha dasiihata~ 1 bhavanty atltadhl~lJyana1?1 bhogahptiiyutii dhruvii~ a. (= 4). 9ua~t a l'emploi de ~a n?tation ':lumérale. Les mots en question sont ceux qui désignent les étres ou choses connues comme allant par groupes d'un nombre déterminé. pour entendre les passages oi! des nombres sont c1tés. Biot a montré que la durée asslgnée a l'année solaire (365 j. est elhptIque et parfOls dlfficlle dans sa concision. 16 celui des divisions parfois attribuées au disque de la Lune. Bharat!lj pour avoir la longitude de sa déterminatrice il faut ajouter 800' valeur du n.plac~nt les chiffres décimaux. Les astronomes indiens ont pu les adopter ou s'en inspirer (S 1744 et suiv.ES SClENCES. .. c'est-a-dire la distance angulaire de l'équinoxe vernal au pomt ou le grand cercle de chaque étoile considérée coupe l'écliptique. 10.'182 I. Ce sont ces distances angulaires propres achaque étoile dans son nakfatra qui sont indiquées successivement par le texte en dizaines de minutes. le monde n'est pas considéré comme éternel.. le début du chapitre VIII : procyante ll~tikii . par exemple. Plusieurs mots de ce genre placés cMe a cOte forment un nombre d'autant de chiffres. Systeme général du Süryasiddhanta. etc . elles ne se trouvent simnltanément achevées un nombre entier de fois qu'au bout de périodes d'autant plus longues qu'on fait intervenir pour les calculs un plus grand nombre de mouvements des astres.. Pour faire entrer en ligne de compte le déplacement des équinoxes et surtout les mouvements des planetes. il aboutit a une conception théorique du systeme du monde.ntants des constellations passées.. 6 h. est 27 (nombre des nak~atm) multiplié par 4.pl~n et 19no~ance des demon~tratlOns des regles enseignées. symboliques lui paralssaIt le sIgne d une mtentlOn de tenir secrete l'astronomie. Vide-krta = 40 = 400' correspond au deuxieme n. de méme le monde a une vie divisée par Pachevement périodique des révolutions des astres.notation n'implique aucun SOUCI de dlsslmulatlO. Sans doute par application de la notion ancienne de la similitud e du macrocosme et du microcosme.

rapport au zodiaque (bhagaJ. .SoIs.200 ans et il y aurait 600 révolutions par caturyuga. tandis que dan s le. le Soleil. et plus tard eneore de nouveau en Kr ttikii . Les quatre yuga ne sont pas égaux.Systeme des nak~atra. E'. du méridien de París) al' équinoxe de printemps qUl repond alors a la fin du nak. La division du caturyuga en quatre yuga est encore influencée par des considérations extra-scientifiques diverses.ai d'interprétation de donnees anCIennes relatIves a la posItlOn de l'éqUlnoxe. ef. ASTRONOMIE. a raison de 54" par an. Ces constatations apparentes donnaient en méme temps l'amplitude de l'oseillation. D'apres les données de I'Atharvaveda et des BriihmaJ."!al}a.e de Revatl. = équinoxe de printemps a l' époque du SÜl'yasiddhanta. ét~ient a plus forte. mouvement total de libration une amplitude de 54° et au point équinoxial I .e base du caturyuga et que la durée précise assignée a l'année solaire a pu étre déduite arithmétiquement au lieu d'étre évaluée a partir d'observations astronomiques. L'orig~ne de . § 1130. AUT § 1727. etc.dans un ess. plus tard en Bhara/.32. 3 ° 3 O' Est. Les mouvements célestes sont repérés par rapport auxanciens nakfatra qui ~ivisent ~'. E9. des POlssons. S'. en prenant pour axe du mouvement oseillatoire le diametre passant par le point de départ des révolutions. Une révolution complete du point équinoxial eonstituerait done un pareours de 108 0 en 7. reste chIffree comme celle du caturyuga a un zéro preso L'importance spéciale donnée a ce nouveau multiple de 4. sur 3 dans le 2'.2 dan s le 3· et repose sur 1 dans l'age Kali actuel. non la précession des équinoxes déeouverte par Hipparque. et sur cette étoile méme selon d'autres autorités) oseillerait de 27° de part et d'autre de ce point. Des spéculations sur le déclin du bon Ordre (dharma) ont imposé de placer un age d'or plus long que les autres a l'origine et de faire décroitre ces autres jusqu'a l'actuel qui est le pire.~atra RevatI et au début du nal. = solstice. AuT. pouvaIt passer pour plus proche du Veda que les Briih. L'équinoxe du printemps étant lors du commeneement des mouvem~nts c. EQ.ré~ondait a BharaJ. . selon le Süryasiddhanta. Le Sürya~iddhiinta donne les nombres entiers de révolutions de la Lune. ce chiffre étant d'ailleurs remarquable par le fait qu'il exprimait le nombre des nakfatra usuels. Jyoti. L'Ordre reposait sur 4 pieds dan s le premier yuga.000 ans) du Kaliy~ga.ü ou As'vini. La révolution de la Lune ou mois synodique est divisée en 30 jours lunaires (tithi) dont la durée est donc inférieure 11 celle des jours solaires civils (siivana) comptés d'un lever du Soleil a l'autre. qui intéresse plus spéciale~e~t l'astronome puisque c'est celui ou nous nous trouvons.H ? fil. . avee eelles antérieures de Timoeharis. figurant en téte de liste. les cinq grandes planetes sont alignés a minuit sous le méridien de Laúka (ville supposée dans la direction de Ceylan mais sud' équateuI'. I . De la jusqu'a l'intérieur de Krttik~ le point v~rnal ~arcourait d~ux nak~a­ tra de 13° 20' chacun et une fractlOn de Kl'tflkü SOlt 27° en chlffre rond. Kr ttikii . . De méme Hlpparque avait déeouvert la préeession des équinoxes en comparant ses observations. en sa qualité de membre du Veda (vediiilga).ait étr? . son méridien étant le méme que celui d' Avanti ou Ujjayi:t.ti. PRINT. 2.!a) dontles 12 SIgnes (ras!) répondent aux SIgnes grecs correspondants. 185 § 1726.nt parvenues et. des planetes.184 LES SCIENCES. on donnait au .ü ou As'vini. EQ.:mtra Asvini.cette théor~e pa. = équinoxe d'automne. la Lune. plutót qu'un axe créé tout expres a 13° 30' de ce point. Des multiples du caturyuga forment des périodes théoriques d'importanee seeondaire en astronomie pratique (manvantara. la durée (4.écliptique ou par. kalpa. Le Süryasiddhantaadmet. des namds et des apsides qui auraient lieu pendant la duré e du caturyuga. Celle-ci devait se faire a partir du point de départ commun des révolutions eélestes a la fin de Revat! et au commencement d'As'vlní. = équinoxes et solstices a l'extrémité du mouvement supposé de libration des équinoxes. le méme équinoxe.H = hiver. Mouvementdes équinoxes. PR/NT. 1132).la l'équinoxe de printemps paraissait correspondre au nakfatra Fig. Au commencement de chaque grande péríode des révolutions célestes. données qui nous so.320 (produit de 360 par 12) suggere que ce nombre a pu étre primitivement choisi comm.élestes a la jonction de~ nakfatra Revati et A:vini (a 10' de la détermlOatrle. Ces données pouvaIent apparaitre comme mdIquant un balancement du point équinoxial qui se serait trouvé d'abord en~ Krltikii. raison a la disposition des aneIens astronomes mdIens. 'l80· 50LS. mais une théorie de leur libration. De la sorte. De plus. . En conséquence le Kaliyuga vaut 1/10 de la durée du caturyuga et les yuga antérieurs respectivement 4.3 et2/10 decette durée.mvediinga qui.

080. S'il faisait. d'ailleurs. Mouvement des planétes. 187 un parcours de révolution de 108°. époque proche de Pere chrétienne et plus probablement postérieure au début de cette ere. étant admis que la libration avait lieu a raison de 54" par ano Ce calcul. ne repose sur aucune tradition relative a des événements qui en auraient été contemporains . le «Seigneur de la priere. J. il s'ensuivait qu'on se croyait alors au cours du deuxieme quart d'une période de libration. La théorie de la libration étant admise. § 1728. ASTRONOUlE. devait aboutir a un mlime résultat. d'autant plus grande que la date ou on se trouvait était plus basse. depuis l'origine de la période. le Siddhantarahasya par Raghavananda au XVI· siecle. Vénus (Sukra. dans l'autre une fraction de l'arc de 27°. parait avoir été calculé e en application de la théorie de la libration. mais gu'ils pensaient déterminer les nombres théoriquement vrais en prenant ceux qui. b. le «Sage. présentaient des concordances remarquables avec d'autres nombres déja consacrés dans leurs systemes. en astronomie comme en physiologie. sous-multiple de 1. apres litre alIé de Revatr a Krttikli. abrégé ou exposé sous forme simplifiée dans divers ouvrages dont les principaux sont : le Siddhantalaghukhamal. perturbatrice mais réguliere.-C.). fondé sur la théorie fausse de la libration des équinoxes.. la Lune et les noouds Rahu et Ketu.).000. Le Süryasiddhlinta a été souvent commenté.) et Saturne (Sani. ils voyaient certainement plus qu'une récréation mathématique.). na été également imité.. et plita «noouds".ha au XVII" siecle.. que les astronomes indiens ne s'arrlitaient pas aux nombres approchés tels gu'ils étaient obtenus par observation ou empruntés a la science étrangere. A l'époque de la formation du systeme astronomique adopté dans le Süryasiddhlinta. La vitesse supposée de la libration (54" par an) differe assez peu de la vitesse réeHe de la précession (50". J. les planetes sont détournées de leur mouvement propre d1i a un vent (marut ou anila) appelé pravaha «vecteUf». qui.. 5 fois plus grand. Du point de vue mathématique les mOl. L'auteur qui vivait probablement a Pataliputra. c'est-a-dire alors qu'il avait parcouru. dans un sens 27°.lvements planétaires ainsi expliqué s sont représentés d'apres un systeme d'excentriques et d'épieyeles (vrtta. le DasagItiklipada «Quart des dix stances en metre gui» (avec 3 stances supplémentaires) exprime des nombres astronomiques importants au moyen d'uhe notation spéciale (S 1734) et constitue une sorte d'introduction a l'ouvrage. notamment contre certaines de celles des Purli~/a (S 368).Dnt au nombre de cinq : Mercure (Budha ou Jña. Les planetes (graha) eonnues du Süryasiddhrenta s. cf. Sous celui de graha. Temps" (kalasya mürtayab) qui siegent sur le zodiaque (bhagm. n semble bien. Les coi'ncidences leur paraissaient des recoupements décisifs. Il comprend quatre sections : la premiere. Contenu de l'Aryabhatiya.600 ans du 4' yugu. L'Aryabha{iya ou «[Ouvrage] d'Aryabhata».26) que les observations grossieres de l'époque ne permettaient pas de mesurar exactement (la valeur d'Hipparque n'est que de 36"). comme il est probable. elle ne peut prévaloir contre les données chronologiques qu'elle contredit. appartient approximativement a la mlime période que le noyau primitif du Süryasiddhanta. La date assignée au début de l'Age actuel. Aryabhata.-C. l'observation montrait nécessairement le point vernal en mouvement dans la direction de Krttikli a Revatí. le «Tison. revenait vers Revatí. n est clair que cette date. son indication se rapporte a499 ap. durée qui excede un peu celle de cette révolution. au moment ou le point vernal. Le calcul rétrospectif de la date d'origine du Kaliyuga était des lors tres facile. et d'un autre. notamment par Bhüdhara et Visvanatha au XVI· siecle. n fixait une date qui équivaut pour nous exactement au 18 février 3102 ay. nombre d'années qui correspoudait a un nombre entier de révolutions générales completes. est le moteur universel (S 1652)./a) et s'appellent sighrocca «sommet rapide". tres importante parce qu'elle a été introduite dans la chronologie traditionneHe qu'eHe a gravement faussée. terme générique. Dans tous les cas l'ouvrage est au plus tard de la premiere moitié du VI' siecle. 1733) et représentent le temps d'une demilibration de l'équinoxe vernal (S 1727). Commentaires du Süryasiddhanta. tout en étant proches des premiers.-C. de «fo'rmes du § 1730. Liées aux mains de ces personnifications du Temps par des «cordes de vent» (vlitarasmi). par Ranganatha et Nrsi¡p. la Süryasiddhantamañjarí par Mathuranatha au XVII· siecle. commencer ce yuga a la date ordinairement acceptée (= 3102 ay. Mars (Angaraka. Textes ultérieurs § 1731. déterminée par un calcul astronomique relativement tardif. § 1732.080.1ika par Kesavadaivajña au XV· siecle. le «Blane. n est composé en 121 vers de metre arya ou gui. Dans la recherche de ces concordances.186 LES SOlENCES. La révolution de Jupiter (Brhaspati) a donné líeu a la formation d'un cycle de douze ans. § 1729. indique qu'il avait 23 ans révolus au bout de 3.). S 1733).000. de 60 ans (p.-C. par DadabhaI a une date indéterminée. On admet souvent que cette date est celle de la composition de l'ouvrage. Chacune de ces planetes porte d'ailleurs plusieurs noms. mandocca «'sommet lent» . le «Lent»). a o heUl'e. sont lmssi eompris dan s les listes plus récentes le Soleil.'et il est expliqué par l'action. J. Détermination du début du Kaliyuga. Les trois autres sections comprennent ensemble exactement 108 verso C'est a leur groupe que _parait s'appliquer la 'désignation qui se rencontre quelquefois d'un A1'yaf{aiata «Les 108 . 725). S 1725. Jupiter (Brhaspati. Dans le Süryasiddhanta le mouvement non eireulaire des planetes est observé'. Les mouvements des corps célestes sont en effet rapportés a l'action du vent. Mais elle est plus probablement relevée comme remarquable paree que 3600 ans du Kaliyuga font 1/300· de la durée d'un yuga (1. n est matérieBement comparable au Yogasataka nlédical qui résume en 100 stances enviro n toute la médecine et doit luí litre un peu postérieur (S 1662). quel que soit la date précise ou il a été effectué aux environs de l'ere chrétienne et plus probablement dans les premiers siecles apres J. L'ouvrage d'Aryabhata contient un exposé tres condensé d'une grande partie des données de l'astronomie et des mathématiques..

omme celui de Brahmagupta est parti- a une § 1738.objet d'au m. C'est un . Les deux dernieres s. C'est ainsi qu'il assigne au quadruple yu{{a la durée de 4.000 ans du M. . U indique éventuellement des c. c'est méme lui qui aurait dével.on P. Bhaskara.oyen pratique").out astrül. Ceci implique un décalage de tüutes les grandes périüdes du Münde.our ses parties mathématiques (S 17 03).000.ongues e.ons sidérales et a 108. J.ongues) et les dipht.orrecti.320. I'Aryasiddhanta . L'école d'Aryabhata.otpala a c. 189 ary1il!. Un Briihmasiddhünta appart~nant a une Sükalyasaq!hitii est différent du Brahmasphu{asiddhünta. le Bl'haJj'iitaka et le Laghujütaka c.on muvre pers. A coté du Brühmasphu{asiddhiinta il a c. n date du milieu du VI" siecle (Thibaut). S. a c.oppement a l'intelligence des éleves".oN.ouci des auteurs indiens.on f.ont le GrahagaIJitiidhyiiya relatif aux calculs astr.oyelles " u. les v.observé des planetes.on (S.ontributi.ore par sa partie mathématique (S 17 01) que par s.ons.ons du S. etc.on du temps".es dizaines de 3 O a 100 (10 dizaines). ~ombre c. 1266).ouvrages. ASTR.188 LES SCIENCES.our expliquer les inégalités du m. sün début se place p. L'éc.on.000 qui exprime la valeur d'un cycle cümplet (cf. yu = 300. C.onf. car il n'est pas pr. né pres de Multan au Panjab.on numérique spéciale qui est imp.ont méme püssibles. C'est une muvre du type dit Karat!a (littéralement ctm.onnée¡¡ des Siddhünta.mdharmottarapurdt!a parait étre un abrégé du Brühmasphu{asiddhünta.ossibilité.outenu c.ombres respectivement par 10 2 a 10 16 c'est-a-dire que chacune de ces v.onnelle est d'ailleurs p~rdue depuis le m. t. L'muvre a~trün.u'il cr. plus imp.our le plus habile des astr.orté en astr.ouvrage apücryphe lui est attribué.008 vers iiryii.on.omposent. Le fait qu'elle est attestée dan s le Süryasiddhiinta en partie plus ancien n'exclut pas cette p. J (breves üu l.ortante en ce qu'Édle marque une füis de plus le s.oint de départ des calculs corresp9nd al'année 664 de n.on üriginalité serait t.on culierement imp. mais fait les quatre yuga égaux a 1.orie.080.ou le p.on. au multiplient ces n. la L¡[iivatl et le Brjagm.et . qui daterait de 950 n S 1735. Sel.omp.ons . üU les 108 d'Arya[bhataJ".ontiennent aussi des d.080.320.os a 1.our Aryabhata apres 1. la Bha{aprakiiiikii . en 598. dites brja. n dével.ondé sur s.432. écrivit des 628 s. ce que faisait déja AI-BlrilnI au Xl" siecle.ommencé apres 4. L'enseignement de Brahmagupta est resté surtout en usage a POuest dans le Gujrat et le Rajpütana.ois plus exactement appréciable si ün cünnaissait les muvres de Pradyumna et Vijayanandin qui l'auraient précédé (P. 1261.ommenté les muvres de Varahamihira.oir eu püur disciple Lalla.omes indiens.ompile et rapp. AI-BlrünI tenait Brahmagupta p.onstitue .ogiques. le Gm.ontenu astr. en 33 stances est la partie plus spécialement mathématique (S 1698). C. a méme comba!tu avec apreté des idées justes.ompi~t des révoluti. Ainsi {fa = 3. L'Aryabha{iya a été l'. De plus.otal des vers de rAryii:~{asata d'Aryabhata. les . Laquatrieme. Données scientifiques d'Aryabhata. giri = 300 + 4.omme un des auteurs les plus üriginaux de l'astr.000 = 3.olutiüns des astres.ous deux d'age incertain. qui c.oU il doit durer en t.omes.on pr. surt.onnées des Siddhünta. Bhaskara n.omiques et le Golüdhyiiya «chapitre sur les spheres". auteur d'un Si. aux d. Hall). Unies a ces lettres.onc S.obtenu par hasard. Brahmagupta. Notation numérique d'Aryabhata.ouvement . Un des caracteres les plus remarquables de la düctrine d'Aryabhata es~ q.000 ans chacun. . La trüisieme.ongues aj. traités pratiques de calcul selün les d. L'enseignement d'Aryabhata est apparenté a celui du Süryasiddhiinta mais s'en distingue par des traits particuliers impürtants.ouvrage en 24 chapitres et 1.on. § 1734. o. Les deux principaux manuscrits qui ünt servi a l'éditiün de Kern sünt en caractere malayalam (cote de Malabar) . Cet . Ce dernier chiffre n' est pas . la Brhatsa'llhitü.orie des épicy~le~ .oMIE.on Brühmasphu{asiddhiinta. Aryabhata apparait c. Un PaitümahüsiddJ¡ünta faisant partie du Vi~l.onde.oyen ¿ge.000 ans.on c. qu'ils süient grammairiens üu astrün.!~ 1733. r.000. Les 25 ücclusives ka a ma valent de 1 a 25.orts avec les püsiti.oit a la Tütatiün de la Terre. traite en 25 vers des mesures du temps et des rév.oins deux Aryabhata.originales.o. gu = 30.ole d'Aryabhata (üryapakfa) est plus spécialement en hünneur dans le Sud de l'Inde (S 1739). les deux premieres. ya = 30.-C.onümes antérieurs en 18 chapitres.300.omique. Diksit).000 X 3 = 3. Varahamihira. S 1733).oppe largement la thé. n a cependant app.ouvé que cette thé.opre Siddhünta .iU intitulé KhaIJ4akhiidyaka n.orie des épicycles p. le Kalakriyiidada «Quart sur la déterminati. n.titapada «Quart sur le calcul".080.oute au nümbre exprimé par une cünsünne 2 zér. C'est ainsi qu'il a atta qué vivement Aryabhata et s.orme a l'enseignement du Süryasiddhünta. Bhatt. le Golapiida «Quart sur la spbere".yadhivrddhidatantra _ctLivre qui dünne du dével.orte les enseignements des astr. süit 4.lita J des quatre qui le c.000_ .omique de Varahamihira est représentée par la Pañcasiddhüntikii déja nümmée (S 1714). mais il n'a pas été suivi dans cette üpmlOn.oprement dite peu de c.outef. Brahmagupta. gi = 300. selün le svsteme du Süryasiddhiinta . de Varahamihira.ous a appris lui-méme qu'il est né date corresp. peut s'écrire gri. § 1736. et excentriques appartenait précisément au Süryasidd~iinta prull1tif. . ai.oleil et de la Lune. Aryabhata a inventé une nütati.ouvrage c.ossible.onnées astr. B. Aryabhata passe p.ouvent au m.240.000.os de plus que la précédente. la Yogayütrü. de réduire leurs textes au plus petit v.888..ondant a 11 14 ap. Un . yi = 3.our aV. car si le Kaliyuffa actuel.000 ans du Münde.omie pr. On distingue d.oins deux cümmentaires. étudie le glübe terrestre (bhügola) et ses rapp. qui c.080. Sen Gupta.000.ortant enc. et a écrit en 11 5 O s.ontre lui la fixité de la Terre. § 1737. Sen Gupta).omie indienne.ortant p.olume p. Siddhiintasiroma~li. jusqu'a hau = 100 X 10 16 = 10 18 • Des abréviatiüns s. Une partie de s.oyelles et dipht. ya a ha représentent l.oU Bha¡aprakiiSa par Silryadevayajvan et la Bharadipikii p_ar ParamadIsvara t.000.onümiques (S 1260.oppé le premier cette thé.000 ans. E. envir. La deuxieme partie.out 432.otre ere. Cette Siikalyasar¡zhitü est c.osé un lcarm. il est semblable en négligeant les zér.oU Mahasiddhiinta en 18 chapitres (F. distingué d'une Dasaffitikii et ce n'est prübablement pas par hasard que leur nümbre de 108 est le süusmultiple de 1.

~atra est restée une des grandes caractéristiques de l'astronomie indienne jusqu'a l'époque moderne. détournés . les Jaina et ceux qui suivent les Purütta le sont au~si a ~ropos de . au eontraire. au déhut du XVIII· siecle. C'est Lalla qui est le plus souvent comhattu. Mais l'astronomie de JaysiiJ. § 1743.laprakiiíÍa composé en 1092 d'apres le systeme de LaBa est surtout en usage chez les Vaisnava.a~s le Sud. lunaire. Mais en pays tamoulle 8aurapak~a. En dehors des Siddhiinta précédents. On a sIgnale aUSSI le Vame9uvaravu!!amu!etyaN. sont plus nombreux et plus perfectionnés que ceux dont . Ille hUme pourtant a l'occasion. § 174f. D. eycle de einq ans. D'autres prétendus Siddhiinta sont en réalité des Karatla. Selon lui. par l'üryapak~a qui a pris la forme de méthodes traditionnelles dites vükkiyam. La Bhüsvatí par Satananda originaire de Jagannatha en OrIsa. Il se servit notamment des tables de La Hire dont il rédigea ou fit rédiger une imitation. La théo~ie des épicycles et excentriques est largement développée pour exphquer les déplacements non circulaires. A cet égard. le Grahaliighava écrit en 1~2~ par Galfesadaivajña.et un Laghut!thicintiimal. sont usltés a peu pres partout mais . 19'1 section la plus importante du point de vue de l'astronomie théofIque. Rapports des astronomies indienne eí étrangére. est question dans le Süryasiddhünta. UjjayinI. BientÓt apres. Un Viikklyakaral.) ou hien sont surtout des lcaraJ. ASTllONOlltIll.190 l~ LES SClENCES..plus spécialement au Bengale et dans l'Inde centrale. Un des traits qui opposent les deux écoles consiste en ce que le vükkiyam fait eommeneer le jour a minuit. le maharaja Jaysingh II (1699-1743) fondateur de Jaypür entreprit une O:luvre astronomique considérable. Bénares et Mathura. Les nak?atra. l'école de Brahmagupta qui suit le karatla de cet auteur.ap. le KaraJ. Le Karal. Le systeme du monde de Bhaskara est conforme dan s l'ensemble acelui du Suryasiddhünta. C' est ainsi qu'un Bhojasiddhiinta. arahes et européens possihles.Ia qu'on peut repartIr en dlvers groupes selon les régions OU ils font autorité. origin~ire du ~ud de Bomhay.e . q~elques autres sont mentionnés dans des textes tardifs sans qu'ils nous SOIent parvenus.¡am en prose tamoule a été composé a Ceylan en 1788 prohablement d'apres un texte plus aneien de m~me titre (Hoisington). qui emprunte diverses données a l'astronomie arahe et par la se sépare de tous les précédents tout en restant en partie en dépendance du saurapak¡~a. mentionné dans une liste tardive de Siddhiinta doit s'identifier a un Riijamürtanda ou Riijamrgiii1ka attribué au roi Bhoja et qui date de 1042 ap.-C: ' I La plupart ~es ouvrages d'astronom~e du mOJen i\ge et de l'époque mod. composée en 1099 le Makaranda. Les aneiennes données astronomiques. il adopte les correctlOns de LaBa qm releve de 1 iiryapak~a. Ceux q. tels un Vyiisasiddhiinta. non seulement livresque mais pratique en construisant des observatoires a DelhI. il est certain que les t~a¡tés d ~s~ronomle sont tres superIeurs aux exposés contenus dans les lm'es rehgteux. les sieou étaient employés chez les Chinois comme points de reperes fixes pour déterminer les mouvements relatifs des corps eélestes et ils convenaient parfaitement a cet usage. un Pulastyasiddhiint2t. apparaissent comme propres a l'Inde. Au contraire un Somasiddhiinta nous est connu. est toujours invoquée comme cause des mouvements célestes. composé a Bénares en 1478' et commenté en 162 Ó par Nrsi1pha dans son Makarandavivara)Ja. Mais il existe des textes astronomiques en tamoul dont le plus i~por­ tant ~arait ~tre ~e r. L'influence de l'astronomie indienne a l'étranger est Importante.Iakutuhala composé en 1183. Les bouddhistes. L'influence grecque sur l'astronomie scientifique de l'Inde ~st patente.l!yu!!am~!eiyiiN du XlI· sie.cl~ par Tirukk5Jtínambl. La puissance du vent. Bie~ qu'apparte~ant au saurapak.~(lümal. JaysiiJ. J.ui partent des e. Dans l'Ouest domine le brahmapak~a. nomenclature des consteBations de l'écliptique ou naqatra qui sont védiques. spécialement du pravaha. le saurapak~a est suivi depuis la composltIon en 1298 par VavIlala Koccanna d 'un karat}a tres usité. Gal}esadaivajña aussi a écrit en 1525 un Brhat.~a.la du saurapaqa «ecole solaIre». l'atmosphere (iivaha) est distinguée du vent cosmique et cinq autres vents sont nommés sans que leurs fonctions précises soient indiquées. c'est-a-dire du Süryasiddhiinta. Les instruments. La littérature astronomique sanskrite a produit de son cóté encore en 1658 un Siddhüntatattvaviveka par Kamalakara.gh. d'apres la comparaison de leurs emplois respectifs. les sieou ehinois et les manazil arahes pourraient exister indépendammento Cependant. L'importance donnée aux nak. quitte a leur apphquer des correctlOns (bT¡a). Biot a noté l'identité des nak¡mtra et des sieou et. La divisiol1 de l'écliptique en parties eorrespondantes aux eonstellations voisines et l'usage de ces divisions pour loealiser les déplacements des astres peuvent avoir été inventés assez facilement en plusieurs endroits.li. Il s'appliqua a réunir tous les documents astronomiques indiens. Ses ohservatoires étaient pourvus de nomhreux instruments métalliques et d'installations considérables en maftonnerie. Jaypur. sommairement décrits.za. Il discute et critique les opinions de ses prédécesseurs. ensuite et surtout ils seraient les sieou eux-m~mes.ittiindam le compte a partir du lever du soleil. classe d'ouvrages plus nombreuse que les autres abasse époque.la cosmographi. appelé yittiindam (siddhünta) est concurrencé § 1742. en effet. tandis que le ¡. On doit de plus a Bhaskara un karal. Ouvrages secondaires. Le Goliidhyiiya comprend 13 chapitres correspondant en gros a ceux du Süryasiddhiinta et expose assez completement nombre de points auxquels ce texte se bornait a faire allusion.-C. Il forme donc transition entre les traditions du Nord et du Sud. Brahmagupta est celui qu'il estime le plus.erne ou bien relevent plutÓt de 1 astrologIe comme la Ratnamiilü de Sl'I~ati (1190 .gh n'appartient plus a l'astronomie indienne proprement dite. au pays te~ugu. sont les prmcIpaux lcaraJ. J.nseigne~ents du ~üry~siddhünta. La question des nak~atra. auraient pu étre primitivement des divisions astrologiques vagues de l'orhite . § 1739. les nak~atra indiens. Cependant les Chinois et les Arabes les considerent également et on estime souvent que les concordances relevées a leur propos entre les divers systemes s'expliquent par des emprunts. soutenu que les nak~atra étaient une mauvaise copie des sieou. Ses O:luvres sont surtout en usage chez le~ Marathes et dan s le Dekkan central.

192

LES SCIENCES.

-ASTRoNomE.

193

de leur juste application et appliqués mal a propos a marquer les secteurs de i'orbite lunaire. L'emploi incompétent qu'en auraient fait les Indiens montrerait que ceux-ci les avaient empruntés am: Chinois. Cette conclusion a été contestée, nombre d'auteurs préférant en principe l'hypothese d'un emprunt des Chinois a l'Inde (Weber, Guérin), et supposant une origine babylonienne. En fait, l'étroite correspondance des étoiles déterminatrices des nakfatra avec les sieou semble exclure, comme le voulait Biot, l'hypothese d'une coi'ncidence fortuite, cal.' un certain nombre des étoiles considérées sont petites et leur choix ne s'imposait pas naturellement a quiconque observait le cie!. Mais les nakfatra ne constituent pas seulement un zodiaque lunaire astrologique, l'astronomie indienne proprement dite les utilise comme systeme de reperes célestes de la m~me maniere que l'astronomie chinoise emploie les sieou. Ceci renforce encore la correspondance vue par Biot des sieou et des nakpatra mais ne permet pas de décider a priori que les uns ont été copié s sur les autres. Oldenberg a cherché a séparer les nakfatra des sieou et fait l'hypothese d'une origine babylonienne que rien ne justifie dan s les documents babyloniens. L'origine des nakpatra comme des sieou parait ~tre dans la recherche de points de reperes diamétralement opposés pour pouvoir déterminer sans instruments les positions invisibles du Soleil par l'observation des Pleines Lunes qui leur sont exactement opposées (De Saussure). Quant aux mansioDs lunaires arabes, eBes peuvent avoir été empruntées a l'Iran car a l'époque sassanide le Bundahisn pehlevi mentionne 28 groupes stellaires du m~me genre. L'Iran qui ne parait pas les avoir connues dans la période avestique avait pu en emprunter la notion a l'Inde ou a la Chine; plm probablement a l'Inde en raison des rapports permanents qu'il a eus avec elle depuis les Achéménides. Les Coptes ont eux aussi possédé une division de l'écliptique en 28 parties.
§ 1. 744. Influence mésopotamienne. Les progres en astronomie faits dans les anciennes civilisations mésopotamiennes peuvent avoir été communiqués a l'Inde par l'intermédiaire de l'Iran depuis l'invasion des Achéménides ou a la fois par l'intermédiaire des Iraniens et des Grecs sous les Séleucides, la science babylonienne ayant duré jusqu'a l'époque de ces derniers. La notion et le calcul de grandes périodes de révolutions des astres sont attestés par les auteurs grecs chez les ItChaldéens»'. Selon Georges le SynceBe (vm· siecle ap. J.-C.), une des périodes astronomiques reconnues par les Chaldéens aurait été de ú32.000 ans, chiffre qui est celui de la durée du kaliyuga. Cette concordance peut sembler autoriser l'hypothese d'un emprunt de l'Inde a la Mésopotamie, mais c'est dans l'Inde que l'usage de ce nombre est attesté d'abord (Satapathabrühmat!a) , en l'état actuel de notre documentation. § 1.745. Influence grecque. L'influence grecque sur l'astronomie indienne est évidente de par les noms m~mes du Pauliia et du Romakasiddhünta. Un certain nombre de termes techniques grecs, d'astronomie et surtout d'astrologie ont été adoptés dans I'Inde et

pl~usIble en ~ansknt (par exemplet<,lptü,,.ltminute», apoklima ItindinaISOn", drkana ;";ltdecan", horc"i:i.ltheure, horoscope", transcrivent Ae7rTÓV, ~7rÓ~AI(l-a, oex~vos, c<ípct, tandis que jyrtmitra transcrÍt olá(l-eTpov, tou,t en sIgmfiant It amI de la corde»). Dans quelques cas on peut douter d'aI~leurs d'un e~prunt au, grec, certain~s ~imilitudes pouvant provemr de la parente d,u sansknt et du grec, amSI pour trikoJ.la, Ittriangle», Tp¡)'(u~os. ~es ensmgnements des textes astronomiques, m~me ceux du Suryaslddhrtnta, concordent souvent avec ceux des Grecs dans des conditions o li il serait difficile de croire a de simples coi'ncidences. n en es~ de m~me. et plus nettement encore a l'égard de l'astrologie (S 1266). Le zodIaque par exemple parait avoir été emprunté aux Grecs. Co~me d'autre part, dans le monde hellénique, on peut suivre l~ formatlOn grad~elle de la science astrolo~-iq,ue tandis que dans lInde elle apparaIt brusquement toute constItuee on doit admettre 't' '1 ' 1n de au monde hellenique " q~.,~11e a e, e empruntee ~ar dans un état deja avance de sa formatlOn. On pense généralement (Whitney) que l',emprun! a,~ü se faire entre Hipparque ,(n° siec~e av, J.-C.) et 'ptolemée (n swcle ap. J.-C.), ce qm est tres plausIble car les relations de l'Occident avec l'Inde ont été assez importantes dans le temps qui a l,lrécédé Ptolémée pour que cet auteur ait pu dans sa Géographie traIter .de l'Inde d'apres des informations tres détaillées. n ne faut toutefoIs pas exagérer la dépendance de l'astronomie indienne a l'égard de celle des, Grecs. Si. elle a emprunté des termes grecs, la plupart de s~s termes d astronomIe so~t cependant purement sans,krits. Le zodiaque napas supplanté le systeme des nakpatra dont la hste est déja fixée d~ns 1'1tharvaveda. L~ durée de la Grande Année assignée par Hérachte (d apres Cenr¡orm) est de 10.800 ans, chiffre attesté antérieurem~nt e~ I~de (SatapathabrühmaJ.la) dan s des spéculations astronomIques mdependantes de celles des Grecs. Les tables indiennes des s!nus ont pu. ~t~e calculées sur les tables grecques des cordes, mais 1astron~m~e mdI~nne a plus largement appliqué la trigonométrie que ne le faIsaIent HIpparque et Ptolémée. La théorie de la libration des équinoxes marq~e un re.cul sur la science d'Hipparque qui avait découvert leur précesslOn, maIS elle parait avoir été établie dans l'Inde indépendam~ent. ~iot la supposait e~pruntée par l'Inde a des astrologues alexandrms qUIla professent; maIS son origine chez ceux-ci est obscure t~ndis qu'elle pa:rai~ c,la~re chez les Indiens. n n'est pas exclu qu'ell~ aIt pu ~tre empruntee alInde. Au reste, la plupart des résultats obtenus pa~ les cal~uls in~iens, different de ceux des calculs grecs analogues et ceCI rend ImpossIble 1 hypothese d'une copie servile. Quelques auteurs ont suggéré que les résuhats grecs avaient pu ~tre al~érés par des plagiaires indiens afin de cacher l'emprunt. Mais l'adoptlOn dans un pays de théories scientifiques nées dan s un autre ne suppose pas l'intervention de faussaires intéressés a dissimuler des larcins, et précisément les .Indiens n' ont fait aucune difficulté pour reco~maitre" le cas échéant, le~Ir dette envers la science grecque, ne seraIt-ce qu en conservant les tItres du Romaka- et du Paulisasiddhrtnta.

trans~rits phonétiqu~ment ou reproduits par a peu pres avec un sens

§ 1.746. Influence de l'astronomie indienne

a

l'étranger.
7

194

LES SOIENCES.

L'astronomie indienne a été connue des Arabes au début de leurs études scientifiques. En 771, le ctSinddhind" fut apporté a Baghdad et traduit sur l'ordre du khalife par lbrahlm ibn l,iablb al-FazarI. Il s'agit évidemment d'un siddhiinta qu'on croit étre celui de Brahmagupta (Colebrooke). En 777-778, l'astronome ¡Ya'qüb ibn Tarlq re<¡ut des communications astronomiques indiennes a Baghdad et s'en servit pour rédiger son Tarkrb al-afliilc ctComposition des spheres célestes". Vers la méme époque, on traduisit du sanskrit un al-arlcand en lequel on a voulu reconnaitre le Khal.u!akhiidyaka de Brahmagupta, mais ce nom désignerait plutot l'ahargal./a ctla somme des jours écoulés depuis le début d'un cycle" qui est souvent en effet l'objet def!. calculs astronomiques. A la méme époque, des informations tirées d'Aryabhata parvi~rent a Abü'l-l,lasan al-AhwazI qui transcrit al-Arjabhad le nom d'Aryabhata. D'autres auteurs musulmans ont encore jusqu'au XI" siecle filit des emprunts a l'astronomie indienne. L'emprunt le plus marquant est celui de l'usage habituel des sinus et généralement de la trigonométrie (S 1708), usage qui a passé en Europe par les Arabes. L'emploi de méthodes du SÜl'yasiddhiinta ainsi pro pagées est attesté aNewminster en 1428 (O. Neugebauer et O. Schmidt). D'autres emprunts possibles sont plus incertains. Les Arabes placent dan s l'Océan lndien sous l'équateur le point d'origine du méridien en un lieu dit ctcoupole dbArIn ou d"AzIn". Ce méridien rappeHe ainsi celui d'UjjayinI et de LaJika, He censée placée sous l'équateur et ' Aún d'ou dériverait 'ArIn pourrait étre une altération du nom d'UjjayinI (Reinaud). La théorie de la libration des équinoxes paralt avoir été empruntée par les Arabes a la fois aux lndiens et aux Grecs. Si eHe est en définitive d'origine indienne (S 1745), les Arabes l'ont done empruntée a la fois directement et indirectement a l'lnde, avant de contribuer a la répandre dans l'astronomie européenne, ou il en reste des traces jusqu'a Copernic. Les Arabes paraissent avoir aussi emprunté eertaines expressions a l'astronomie indienne, eomme le terme 'üj, qui peut dériver du sanskrit ucea ctsommet" et avoir passé en latin au moyen áge sous la forme aux (Reinaud). Mais c'est en lndoehine que i'influence de i'astronomie indienne a été surtout importante. L'astronomie du Siam et du Cambodge est essentieHement indienne. C'est par des documents d'astronomie siamoise, rapportés en Franee par La Loubere et étudiés par Cassini au XVII" siecle, que l'astronomie indienne a commeneé a étre scientifiquement connue en Europe.

CHAPITRE X

LES LITTÉRA'fORES.

A. LA LI'f'fÉRA'fURE SANSKRITE
'l. LA
poÉSIE

a. Généralités et origines
§.1.747. Gén~ralités .. La grande nouveauté dans l'histoire littérall'e du s~nsknt au sor~l.r du védisme et de l'épopée a été l'apparition du genre kavya ctcomposltlOn en style orné". Ce genre s'est a tel point imposé que, a l'ex~eption ~u dialogue théAtral, de la prose de certains co~tes, de la poésle gnomlque, toutes les autres manifestations littéralres sont soumises a ses .Iois. A ~avoir : l~ poésie lyrique, soit sous sa forme proprement Iynque, SOlt sous I aspect épico-Iyrique' les s~rol?hes qui s'égr~ll;ent le long des drames, ceHes qu'on trouve da~s les cltatlOns des poétlclens, dramaturges, grammairiens; enfin les contes e~ sty!e relevé et les "ro.man~". On voit ce genre appliqué aux récits historlque~ o~ pseudo-hlstonques, aUx panégyriques de l'épigraphie ou de la htterature, aux hymnes et poemes religieux' éventuellement méme a des passages de smrti (cf. notamment le Bhiigavatapuriina p~s~im), de traités tec,hniques d~vers .(certains p~ssages de la Brhatsdr¡l~ ~~ta, pa.r exempl~). C,est un tralt maJeur de la httérature sanskrite que I mtr~slOn maSSlve d effets de style dans les domaines qui nous sembleralent l~s moins propres ales recevoir. Le kiivya déborde les cadres de la tradltion brahmanique, puisqu'on le retro uve largement mis a pro.fi~ (avec. des,. succes va~iables) dans. les. li~tératures bouddhique et )ama; pmsqu ~I a pour mstrument hngmstIque, outre le sanskrit qUl e~ est le v~hlcule par exc.eHen~e, pl~sieurs sortes. de prakrit, plus tard 1 apabhraTflsa (S 116 et SlUV.) , <ia et la méme le pab. Les littératures modernes de l'Inde ont des manifestations correspondantes, soit dans desreuvres autonomes, so.it dans des reuvres inspirées du sanskrit (rappelons seul~ment, parml d'a?tres, le Riimiiya~¡a de. TulsI Das, et le genre sal[ldesa, S 17,7 O, tel q~ 11 se développe notamment en singalais). Le mot kiivya qu on tr~dUlt souvent par "poésie (savante)" ne concerne pa~ seulemen~ la httérature versifiée; on distingue, a coté du padya~!¡ lcavyam de ka~ya en vers", un gadywp kiivyam, ctkiiv~a. en prose", soumls au~, mémes regles q~e le p~éc?dent; certams dlstmguent en outr.e le miSTa ou ." (kiivya) mute" (amsl le drame). Nulle part la versificatlOn n'est consldérée comme un élément discrlminateur. . ~ 1. 74~. Les. regl~s d,u kii~ya sont définies, illustrées avec une préC1SlOn qm ne lalss~ ne~ a désll'er, dan~ la Poétique classique, complétée par la Dramaturgw. ICl se pose des 1 abord un probleme difficile. Ces regles ont-elles préexisté, au moins en partie, aux reuvres littéraires? En ont-elles ~u contraire été déduites? En~isagée ~uy le plan historique: la réponse n est pas douteuse. Les premlers traites de Poétique que no~s ayons sont du VI" siMe (S 1556 et suiv.) ; il est vrai que les reuvres , anC16nnes ont dO. se perdre, que l'ancétre de la dramaturgie, Bharata,
7.

196

LES LlTTÉRATURES.

poÉSIE.

197

est d'époque beaucoup plus haute (encore que, naturellement, indéterminable), et qu'il donne déja les rudiments d'une poétique. Mais tout ceci nous laisse loin encore des origines, si l'on songe que les premiers kavya attestés sont du ler OU du n e siecle de notre ere, qu'il a dü y avoir des spécimens antérieurs (il est impossible de croire qu'un genre aussi élaboré soit né sans de longs essais), que l'épopée, voire le Veda, ont fourni bien des traits de style et des arrangements d'images dont le kavya classique a fait son bien. La convention poétique a dli se former d'apres un canevas de regles élémentaires, un premier sütra (recueil aphoristique) de Poétique; puis, des les essais versifiés, la regle et l'illustration ont cheminé d'un m~me pas, réagissant sans tr~ve l'une sur l'autre.

§ 1750. Caractéristique du kiivya. Le kavya est une forme d'art qui, satisfaisant aux exigences de la grammaire, de la poétique, de la métrique, témoignant d'une connaissance parfaite des sastra (traités techniques), consiste en une harmonisation constante, constamment surveillée, de la forme et du fondo Le mot d'ordre pourrait en ~tre le verset liminaire du Raghuvarrda : viigarthav iva sampl'ktau t( pétris ensemble comme le mot et le sens». Il repose philosophiquement sur l'exaltation du mot telle qu'on la trouve notamment dan s la Mrmamsa. La description, la narration, l'expression des sentiments, sont assújetties a une minutieuse sélection; pour laquelle il convient d'équilibrer habilement les ressources de la langue, le maniement des composés nominaux et des suffties, le choix esthétique du vocabulaire, le jeu des syllabes susceptibles de fo~~er ,une so~te de rime (intérieure ou final e) _ le yamaka - ou une alhteratlOn - 1 anuprasa. Dans le kav!Ja en vers, chaque strophe est un poeme en miniature, qui a son unité propre (trait hérité de la strophe védique 1), qui comporte en général un verbe unique autour duquel viennent s'ajuster tous les éléments de la phrase. L'image, sous la forme d'une comparaison ou d'une évocation, doit étre constamment présente, mais la présentation en est faite de maniere subtile : chacun des éléments de la phrase comparante doit correspondre a un élément de la phrase comparée. I~ ne s~ffit pas de dire (Raghuv. XIII. 2) que le pont (menant du contment a Lanka) partage l'Océan comme la voie lacté e partage le ciel nócturne, il faut préciser que les eaux écumeuses évoquent un firmament serein OU les étoiles se montrent dans toute leur beauté, Le prince qui traverse l'océan du savoir (ibid., III. 30) nous est dépeint comme t(traversant les quatre sciences (philosophie, théologie, économie, politique) semblables aux quatre océans, gr:\ce aux (sept) qualités de son esprit, comme le soleil traverse les ,quatre horizons avec les (sept) chevaux alezans (de son chal') plus rap1de que le vent». Dans Mrcchak. IX, lIt, de fa90n plus nalve, la cour de justice du, ~oi est elle aussi assimilée ~ l'o~éan : des eaux prorondes sont les mm1stres plongés dans leurs reflexlOns; les coquillages qu'agitent les vagues sont les messagers (qui vont et viennent); les requins et dauphins sont les espions; les monstres marins sont les chevaux et les éléphants; les (cris des) hérons sont (ceux) des plaignants aux requetes variées; les serpents de mer sont les greffters; le rivage est battu par le flot des affaires publiques».

§ ~ 750. Cette équivalence ,Iittéraire, reflet des vieilles équivalences mystIques_ du. Ve~a.' do~ne h~u a des formes, plus savantes dans le t(grand kavy~", ou 11 arl'lve gu une strophe entIere pos sede un double sens. Le gé~le de la langue sanskrite se prete a ces jeux : chaque mot de quelque lmportance a deux ou plusieurs sens, ce qui permet, sans c?,mpter ~es calemb,ours ou,paronomases, d'obtenir des strophes ent~eres: VOll'e ~es, poemes entIer~, fo~dés sur le double sens. On appelle c!traka~ya, SOlt, a peu pres t(poeme a facettes» l~s omvres b:\ties sur un emplOl extenslf des figures verbales, Ainsi Sisup, XIII. 3R t(K!,~I)a fut pour longte~ps une grande f~te pour les femmes, vu qu'il brillait co~me'la, lU!1e ~Ibérée du brouillard, qu'il était avec la déesse de la GIOl~e, réJoUlssaIt les brfihmanes, engendrait le dieu Amour et comblait le ~IeU de ses fayeurs", ~e m~me verset décrit le Printemps (( qui dépIOle les lotus, emvre les Olseaux, excite la volupté et clarifie l'eau-de-vie" (~'apres Yallabhadeva il y aura~t ,m~me une troisie,me application possIble de la strophe, qUl précIsement concernermt l'eau-de-vie d'un ~?ut a l'autre). Du m~me poeme on peut citer encore XVI. 2 t(Quand SIsupala eut fait cette (démonst.ration) inamicale, il conºut un repentir profond (ou :, une profonde haine). Il désire anxieusement (ou : d'un c:nur sans cr~I!1t~) te rencon~re~, pour te rendre hommage (ou : pour ! abattre), tOl ~rn~able», et ~msI,de suite : tout le discours du messager a Kr\lI)a se mamtIent dans 1 ambIvalence, avec une face aimable et une face menaºante, sans que rien trahisse cette doublé intention sinan la valeur a cc~ouble entente» de chacun des mots importants 'qui composent ce dIscOurS, ,pes l~s hy~n,es ,du Ve~a, le double ,se~s étaitfréquent, ~uoique dénué d m~ent~on h~teraIre, Frequente aUSS1, smon m~me orgamque, la double apph~atlOn rItuelle et naturaliste, ou bien microcosmique etmacrocos,IDlque. Co~sta~t~ au~si y~xpression indirecte, L'idéal du kavya, fidele sur ce,pomt a 1 espntvedIque, est de suggérer plus que d'exprimer. l!n verset cité ~((hityadarp. 28 fait dire a une jeune filIe: t(Vois,13. se tIent sur la feUllle de lotus le coudis immobile, sans trouble, telle la conque a l'éclat blanc sur une plaque d'émeraude immaculée». Eh bien! cet oiseau immo~,ile lai~se !nfér~r au lecteur que l'endroit est sth, qu'il est sÜr paree qu 11 est Isole; la Jeune fille donne ainsi a entendre ason amant que le líeu convient pour un rendez-vous. Un autre cornmentateur voit les. ch,oses un peu différemme!1t et moins bien : ~'amant avait promis d~ vemr, 11 afftrme ~.tre venu; la Jeune filIe le convamc de mensonge en IUl montrant ce lieu solitaire OU l'oiseau se tient tranquille sans avoir été troublé, par l~ visite d'aucun ~tre humain. Peu importe; le pouvoir de suggest.IOn faIt toute la force de cette poésie. § 1751.. Tout l'art classique repose donc sur un réseau de conventions, q,ui v?nt ~epui~ les figures de style, elles-m~mes fort nombreuses, fort arhculees, Jusqu aux effets de suggestion, de t( saveur", de t(résonance", comme laPoétique aimera en décrire, Rien d'uniforme d'aille~:s en tout cela; les ,exigences du récit, la nature des faits, les situations decIdent, Il y ~ plusI~ur~ t( sty~es» (S 1572) - que distingue non le tempérament d un éCl'lvam, mal s ~e dosage de certains éléments, indépendamment de toute personnahté d'auteur - il Y a des diversités

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peut-étre régionales (mal discernables pour nous) , en tout cas des diversités selon les époques, qui se surajoutent a ceHes qu'inscrivent (de notre ,Point de vue) le vouloir iI.1dividuel et le génie. Un fait, ~st assuré, qUl vaut presque comme un aXlOme : dans le kiivya (comme d aIlleurs, dan s d'autres manifestations de l'art indien) on est aHé du plus simple au plus compliqué a mesure qu'on descend vers une époque plus basse. Cette sorte de surenchere dan s la difficulté, ce besoin de dépasser en subtilité, enpréciosité, le modele antérieur, s'explique en partie par les conditions sociales faites a la littérat~re ,:' l'reuvre classique (comme le poeme védique auquel eHe se substitue) est née d'une compétition entre rivaux, arbitrée par une sabhii ou «assemblée", sous le patronage du roi ou d'un notable. Mais les conditions internes de l'activité poétique ont dli étre surtout décisives : de la convention ne peut sortir qu'une convention nouveHe, des lors qu'on donne la primauté au style, la OU du moins (comme en sanskrit) il n'existe plus le secours et le recours d'une langue vivante. La convention, au reste, n'est pas seulement dan s la forme; eHe est aussi dans le sujet, puisque seuls sont admis certains récits de type épique, certaines scenes mythologiques, certains motifs de la vie galante, héro'ique, religieuse.

§ 1752. C'est ainsi qu'on en est venu a des exces, qui sont parfois proprement monstrueux. Des poemes entiers ou le «'double sens» a commandé l'affabulation bipartite : le Riima(piila)cm'ita de Sandhyakara Nandin (XII" siecle) - avec un commentaire, dli peut-Mre a l'auteur méme, mais qui est resté inachevé - est une épopée ou chaque verset (environ 200, en metre ii1'yii) se rapporte concurremment au héros Rama et au prince des Pala Ramapala (et a ses successeurs immédiats), en l'honneur de qui le poeme fut écrit; en dépit de cette gageure, l'reuvre est une source historique assez précieuse pour la période des Pala du Bengale. Le Riighavapii¡t{lavTya de Dhanañjaya (auteur jaina, XII" siecle), en 18 chants, et un autre ouvrage du méme nom, par Kaviraja (XII" siMe également), alias Madhavabhatta, en 13 chants, résument simultanément (comme l'indique le titre méme de leurs reuvres) le Riimiiyal.w et le Mahiibhiirata, chaque strophe pouvant s'appliquer a l'une et a l'autre épopée; d'autres reuvres réalisent le double sens, suivant que chaque vers se lit de gauche a droite ou de droite agauche. n existe d'aiUeurs toute une littérature de ce qu'on appeHe les Dvisaqldhiinakiivya «poemes a double exposition»; d'autres sont «a triple sens" (trym·th¡) et au-dela. Certains auteurs utilisent des themes lyriques ou épiques pour illustrer de~ regles de &rammaire ou de poéti<],ue, l'exemple le plus fameux étant celUl du Bhal!!kiivya (S 1779). n eXIste enfin des recueil d'énigmes, ainsi le Bhiivasataka «Les cent sentiments», devinettes a implication «érotique», attribuées a Nagaraja, de date indéterminée. § 1753. n y avait des improvisations ou le vainqueur prenait le titre d'iiSukavi ((poete rapide". Le Bhojaprabandha (S 1834) décrit de maniere fictive, mais ingénieuse, des concours entre poetes organisés par le roi Bhoja, ou l'on voit s'affronter Kalidasa et Bhavabhüti, DaI)gin et Magha; le Prabandhacintiimal.li émaille un récit en prose, a prétentions historiques, de couplets plus ou moins savants qui mettent en

lumiere l'habileté des personnages mis en scene, leur maitrise dans l'art d'improviser, de compléter des strophes ou de résoudre des énigmes. La KiivyamTmiirpsii (S 1564) au chapitre X donne un aperftU curieux des conditions ou se présentent les joutes poétiques, sous la présidenee du roi, dans une grande salle ou les poetes usant de diverses langues et les gens de divers métiers ont des places dliment assignées autour de l'estrade. Le nombre des plagiats, avoués ou non, a été eonsidérable; on peut dire que la notion de propriété littéraire est inconnue dans l'Inde ancienne. La KiivyamIm. XI dresse un tableau pédant des emprunts recommandables, licites et illicites; l'emprunt d'un mot isolé est permis, sauf en' cas de'((double sens»; ee qui est déterminant, c'est le souci de l'emprunteur de «produire quelque chose d'autre». Est autorisée une strophe qui emprunte 3 piida sur 4 a des éléments pris a trois strophes indépendantes; est interdite, la reproduction d'une phrase entiere, méme si la nuance psychologique est différente. n y avait des strophes ou l'on prenait un demi-vers connu (ou fourni d'avance comme theme de compétition), la seconde moitié étant a imaginer (les samasyiipüra1.!a); on a ainsi bAti des poemes entiers avec les premiers hémistiches du Meghadüta joints a des hémistiches nouveaux. Les Anthologies ont conservé de ces jeux. On rencontre des strophes se lisant a la fois en sanskrit et en prakrit; d'autres pouvant se lire de haut en bas ou en zigzags, en cercles, en diverses figures géométriques, dites bandha ou citrabandha. L'un des chapitres du Dasakumiil'acarita (S 1835) évite soigneusement, d'un bout a l'autre, tout phoneme labial, paree que le héros qui parle a été blessé a la levre. Les strophes dramatiques ignorent en gén~ral ces exces, que la scene elit mal supportés. Sur le témoignage du SrIkal.l{hacarita, v. S 1782.

§ 1754. Le «grand kiivya ll (mahiikavya). Le kiivya par excelIence est le mahiikiivya, c'est-a-dire le poeme long (par opposition au laghukiivya), dont la trame forme comme une petite épopée; on appeHe souvent ces compositions épico-Iyriques. La tradition en distingue six - la brhattrayr ou «grande triade» - comme étant les modeles définitifs de to~s les autres. Ce sont d'abord les trois poemes de Kaliclasa, puis le Kiriitiirjunlya de Bharavi, le Sisupiilavadha de Magha, enfin le Nai~a­ dhacarita ou parfois aussi le Bhauikiivya. Les regles du mahiikiit'ya sont exposées avec clarté par DaI.l{lin, un des plus anciens poéticiens : de mahiikiivya est une composition (articulée) en chants (leur nombre alIant de 8 a 30); l'ouverture en est une bénédiction, un hommage ou bien la désignation du sujet; il émane d'un récit légendaire ou bien est fondé sur un fait réel; il tend a (montrer comment atteindre) le fruit des quatre buts (de l'activité humaine : devoir, profit, plaisir, délivrance); le héros en est habile et noble. n est embeHi par les descriptions de cités, de mers, de montagnes, de saisons, de levers de la lune et du soleil; par les jeux dans les pares ou dans l'eau; par les fétes de beuverie et d'amour; par les séparations et les mariages; par les deseriptions de l'avenement des princes; par les conseils, ambassades expéditions, combats et triomphes du héros. n n'est pas trop condensé. n est pénétré de saveurs et d'émotions; pourvu de ehants qui ne sont pas trop longs, aux metres plaisants, aux jointures bien faites; muni

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chaque Iois d'une final e en metre difTérent. Un tel poeme, avec de helles figures de style, plait aux gens et dure au-dela d'un ¡calpa" (1.14-19). Analogue Bhamaha 1. 19-23: plus de détails sur le contenu de l'reuvre est donné par Rudrata XVI. 7-19.

§ 1.755. Contrairement a ce qui se passe dans les savoirs didactiques, le kiivya ne comporte pas de traité servant de norme. Tout ce qu'on peut dire es.t que dan s une certai~e mesure et empiriquement, les po emes de KalIdasa ont valeur canomque. n n'existe en ce domaine, non plus qu'en d'autres, d'e datations sftres, an moins pour les reuvres les plus anciennes; l'incertitude atteint méme maints ouvrages plus récents. C'est a peine si les auteurs dan s l'antiquité sont mi.eux con~us que ceux de la p~losophie ou ~'autres hr?nches du saVOlr techmque; des anecdotes cll'culent parml les palJ<,hts, qui tiennent lieu d'éléments véridiques pour une biographie (plusieurs ont été recueillies dans le Bhojaprabandha) j les reuvres apocryphes sont nombreuses. Parmi les rois protecteurs des lettres, poetes souvent eux-mémes - le titre de kaviriija est bien connu - il faut noter a date, ancienne Vikramaditya, tout auréolé de légendes avec sa cour de «neuf joyaux" (S 1767) et plusieurs autres dynastes guptaj puis Har~adeva au VII' si/de, Bhoja du Malava au XI' siecle, Lak~maI.Jasena du Bengale (et d'autres Sena) a la fin du XII' siecle. Sur un plan plus réduit, Yasovarman de Kanauj (VIII' siecle), Avantivarman et Kalesa du Kasmír (XI' siecle), Val<patiraja II ou Muñja de Dhara (x' siMe); de nombreux autres, a partir du XIII' siecle. Les commentateurs d'reuvres littéraires sont particulierement nombreux; les textes les plus estimés ont été glosés une quarantaine de fois. Parmi ces obscurs interpretes, si précieux souvent pour faciliter l'acces au Iciivya et attester la forme écrite d'un enseignement oral de siihitya (<<composition littéraire") demeuré vivace a travers les siecles, citons deux noms senlement : l'un des plus anciens, VaUabhadeva, sans doute du x' siecle; le plus connu sans doute, Kolacala Mallinatha du pays Andhra, fin du XIV' siecle, qui commenta assidument toutes les grandes reuvres. § 1. 756. Les origines du kavya. Nous ignorons les conditions précises dan s lesquelIes s' est constituée la littérature profane; nous ignoron s en particulier l'époque et la région. On peut supposer légitimement que, durant ces longs siecles ou s'est développé le védisme, ou a pris forme la grande épopée, il n'était pas exclu que des compositions proprement littéraires se soient taillé leur place. La codification grammaticale de paI.Jini (probablement au IV' siMe avant notre ere, S 1520) était faite pour une langue capable d'exprimer tous les besoins et des ce temps nous savons qu'il existait, en marge du Veda, une série de disciplines aptes a féconder des genres littéraires. L'un des auxiliaires du Veda, le Chanda?/S1Ura de Piñgala (S 1553), dont la date, il est vrai, demeure mal déterminable, décrit longuement des metres qui Bont ceux de la poésie classique. " " h Mais il y a plus. La grande poésie védique, celle~ des Hymnes du Rgveda, était éminemment apte a servir de modele a une transposition littéraire. Avec sa luxuriance d'images, de jeux verbaux, avec son riche

vocabulaire et la souplesse inventive de sa syntaxe, elle était déja une reuvre d'art; l'élément magique, prédominant, pouvait fournir le cadre d'une structure esthétique; le panégyrique divin, objet essentiel de la vieilie hymnographie, avait peu a changer pour répondre a des besoins nouveaux, c'est-a-dire pour devenir un panégyrique royal, objet essentiel de la baute poésie aux ages ultérieurs. D'autre part, iI y a des hymnes védiques d'un caracter~ ~ demi profane (S ,525), élém~nt~ de dialogue, morceaux en styIe faml~ler, st:opbes gnomlqu~s, descrIptl~ns de phénomenes naturels (orage, lllcendre de foréts, solerllevant, nmt). Il n'est pas jusqu'a la seche, prose des Br:iihmaJ.I.a c¡:ui ne contie~ne ~a et la des passages traversés d un souille lyrlque, alllSI que de~ rudIments de poésie gnomique (Ait.-Br. VII}3 e,t 15). Enfin le~ ~pam~ad co~cré­ tisent le besoin de controverse qur est a l~ base de la,!ltteratu~'e védIque et qui se prolongera par les concours et Joutes de 1 age classIque.

§ 1757. L'apport épique dans le kavya. Quand nO;ls arri~ons a l'époque du Mahabharata et du Ramayal.w, nous sommes a la fOlS plus pres et plus loin de la poésie class~q~e. Plus p~es, pui~que ces grands poemes tout en étant des reuvres rehgleuses, des 11lustratlOns du dharma, sont av~nt touí des fictions riches en épisodes drama tiques et en themes lyriques' ils forment pour le poete une source inépuisable, tant par le style que par le fond, et l'on yerra la plupart des reuvres classiques, contes, lyrique, drames, s'y référer ~ans arrét. Le R~mrlYaJ.¡a plus particulierement qui passe pour l'iid¡küvya de premrer (en date) des kiivya" est par la nature de son lyrisme comme par certains traits de style a l'o~igine directe de la haute poésie qui suivra. A 'd'autres égards pourtant, l',idéal classique r,este as~e~ éloigné de l'épopée. n est l'expression de cenacles fer~és. ~ obscul'lte ~u langa~e écarte l'adhésion des masses, auxquelles s ouvralt au contl'aue la dlCtion épique avec son style san s ambages; celle-ci marqulit, dans le développem~nt du sanskrit, ~n temps d'audience populaire q~i a été san s lendemain. Méme au pOlnt de vue de la forme, la techmque du kavya avec ses procédés complexes, ses strophes autonomes, concentré es sur eÚes-mémes, s'apparente plus a celle des Hymnes qu'a la maniere continue, linéairement narrative, qui caractérise l'épopée.
~ 1758. Certaiues des co~dltions néces~aires., a l'éclos,ion d 'une poésie sa~ante sont do~c ré.ul'l;res des les dm:mers slecl~s précedant ~otre ere. Un lllstrument hngurstlque tout pret, susceptlble de serVIr de grande langue de ciyi~isation, l1;n vaste .t~ésor de récits lé~endaires ou mythiques, une tr~dltlOn. de ~yl'lque ~ehg16us~ .. n J?an.quart sans, d~ute encore ces disciplInes qm dOlvent ahmenter 11llSpll'atlOn, et qm n ont guere pu prendre, naissance ava~t les dé~~ts' de notre ere : les «systemeS" philosophlques, la théol'le du PlalSlr condensée dans le Kümasastra la théorie du Profit représentée par l'Art/¡asastra (si toutefols l'on admet, comme une partíe de l'opinion savante y incline, que ce domain.e a pris sa forme littéraire.vers la méme époque que le Kiimasiistra, SOlt peu avant l'ere gupt~), enfi~ ~~ Smrti elle-mém.e, issue des Dharm~s.ütl'a védiques. n manqualt aUSSl 1 elément le p~u~ lmport,ant, cet ambItleux enseignement des figures de style, des quahtes, des defauts, des ressorts intimes de l'reuvre d'art, que nous voyons s'ébaucher dans le Nü{yasüs7.

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tra, pour aboutir, vers le VIe-VIl· siecIe, aux traités autonomes de poétique qui nous sont conservés. Il manquait surtout les conditions extérieures favorables. Les progres du bouddhisme, étranger a tout souci littéraire et axé sur des langues de propagande religieuse, ne pouvaient que retarder l'apparition, ou du moins le succes, d'une littérature d'inspiration brahmanique et de forme sanskrite. Les monarchies étrangeres qui, ala suite des Maurya, se sont succédé presque sans interruption dan s le nord de l'Inde jusqu'a la venue des Gupta n'étaient pas davantage en état de favoriser un instrument aussi profondément indien, indigene, qu'est le kiivya sanskrit. Il a faUu le déploiement de la vie de cour, les conditions privilégiées faites a la littérature (comme aux beaux-arts et a la science) sous les premiers Gupta, cette époque miraculeuse dans l'histoire de l'Inde ancienne, pour amener une surrection de grandes reuvres, dont le seul nom de Kalidasa permet de mesurar l'importance. § 1.759. Nous sommes alors au IV· siecIe, bien loin des origines. Est-ce a dire qu'il faille revenir a la these de Max MiiHer (datant de 1875 environ), enseignant qu'il y eut une cuenaissance brahmanique» a l'époque de Kalidasa (qu'il situait d'ailleurs au VI· siede), et une relative zone de silence entre la fin des temps épiques etles Gupta? Sous cette forme, la these est insoutenable. Si, comme il est aisé de croire, nombre d'reuvres anciennes ont été perdues (c'est le sort commun dans la plupart des domaines littéraires de l'Inde), nous possédons les noms des prédécesseurs de Kalidasa (ainsi Mel]tba ou Bhartrmel,ltha, protégé du roi kasmIrien Matrgupta et auteur d'un poeme épique, le Hayagrtvavadha, souvent cité avec éloges); nous n'avons aucune raison de suspecter sur ce point des traditions convergentes. Le témoignage des inscriptions permet de remonter a quelques siecIes avant Kalidasa. Les strophes ou fragments lyriques dispersés dans le Mahiibhii~ya de Patañjali (date probable, ler OU meme peut-etre n· siecIe avant notre ere, § 1527) attestent un style kiivya déja fixé; Patañjali cite des titres de romans. Enfin et surtout nous avons les reuvres littéraires attribuées a A~vagho~a, ce grand docteur du bouddhisme dont on admet avec la tradition qu'il fut le contemporain de Kani~ka, c'est-a-dire du ler OU plus probablement du Il· siecIe de notre ere; ce sont meme, par un fait curieux, les seules reuvres d'Asvagho~a dont l'authenticité soit incontestée. Il ne peut donc etre question, dans les termes OU Max Müller I'a soutenu, d'un effacement de la culture brahmanique, qui aurait été suivi d'une renaissance. En revanche, on doit désencombrer l'histoire littéraire primitive des deux poemes épiques (qui peut-etre n'en font qu'un) de contenu km1a'ite, attribués par la tradition a Pal}ini, et dont quelques fragments (avec d'autres versets épars) sont transmis dans des Anthologies de basse époque. Il y a eu une longue controverse a ce sujeto Il ne semble pas raisonnable de faire remonter a plusieurs siecIes avant notre ere des textes poétiques dont la facture rappeHe exactement ceUe des poetes post-kalidasiens. On n'admettra guere non plus, malgré certaines apparences, que la littérature sanskrite serait sortie de modeles prakrits (R. G. Bhandar-

kar). ~e qui donna.it corps a cette hypothese est que les inscriptions sanskntes ont surgl peu a peu, a partir du lI e siecle de notre ere se substitu~nt a des inscriptions en prakrit puis en sanskrit mixte, 'qui ont pe!slsté un peu plus longtemps dans le Sud. On a pu imaginer une évolutlOn parallele pour les reuvres littéraires. Cette opinion aurait qu?lque appui s'il ~tait permis de croi~e que les stances de Hala (S 1795) gUl sont en praknt fussent authenhquement du n e siecIe; c'est fort l~pro~able. La plupart des textes prak:its qui nous sont conservés, lorn d etr~ la source des reuvres sa~Hkntes, en sont la transposition pur~ et sImple, avec .les memes habitudes de langue et de style qui exphcables en sanskrlt par la lointaine tradition védico-épique sont e¿ ' prakrit sans justification ni antécédent.

§ 1. 760 .. L'ép~gra~h~e littéraire. C'est Biihler le premier qui montra que . certarne~ rnscnptlOns royales, tant prakrites que sanskrites, a e ~artll' du n slecle, attestent un style orné, celui meme - toutes proportlO~S .gardées -: par lequel ~e caractérise I'art de Kalidasa. Déja, l'inSCl'lptlOn prakrIte de Nayamka a Nanaghat (n e siede avant notre ere? En tout cas la premiere ~n date, des p;~lsasti) présente un exemple de «figure»; celle de Kharavela a Hathlgumpha (S 292; ler siecIe av~nt notre ere), rédigée d~n~ un semi-p~li voisin d~ type du Milindapan ha, a. des. t~aces de dlctlOn emphatrque, d'alhtérations, etc. La fameuse lllSC!lptlOn de Rudra~a~an a unagagh pres de Gimar (15 O A. D.), pre~16r texte en sansknt httéralre, comme i'inscription prakrite co.ntemporalne ~e GautamI BalasrI a Nasik, attestent déja une maitrlse du style qUl ne fera que se confirmer avec les documents ultérieurs tout au moins ceux d~ pan?gyr~que royal. Le style, épigraphique suit les tendances du style httéralre ; 1,1 va ~omme ce dermer se compliquant, se raffinant, compte tenu des dlversltés locales, des capacités individuell?s. Avec I'inscription de Hari~el,la, panégyrique de Samudragupta e (IV slecIe), a Allahaba~, on a un texte mi-versifié mi en prose, se prétendant ~n kiivya, ~u~ condense en ~ne seule phrase interminable la gé;néalogle et, les mente,s du souveralll dont on nous dit qu'il portait l~ll-meme le htre de «rol-poe.te» : le tout dans une langue pleine d'artrfi,ces; o~ a présumé que Kahdasa s'était inspiré de cette sorte de campü éplgraphlque. Un autre poeme remarquable est celui de Vatsabhatti inscription du temple du Soleil a Manda~or (Gwalior State), qui retr~~; en 44 stances de metres c~mplexes, malS avec plus de prétention que de tale;nt, le pays Lata, la cité de Dasapura, l'eulogie princiere, etc. On peut clter e~core les d~ux p~aiasti, du VIII· siede a Baijnath, rédigées par un certalll Rama qUl se dIt «ppnce des poetes» et dont l'une commenc?, par un hymne adr~ssé a Siva et a ParvatI. Enfin, l'inscription sur YlJayasena par Umapatldhara, poete de cour des rois Sena aDeopara (RaJshahI).

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, § 1.761.. Les praiasti épigraphiques sont du type des kiivya histonques; la portion «or~ée1) se limite a la généalogie, a la description du d~nat~mr, a ?elle du pn~ce régnant (quand celui-ci n'est pas le donateur lUl-meme); rl Y a parfols du kiivya jusque dans des documents relatifs a des donation.s de terres. Les inscriptions des Gupta contiennent des tableaux de salsons, comparables en plus menu a ceHes qu'on trouve
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poÉSlE.

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dan s la lyrique classique. Une inscription comme celIe d'Aihole (éloge de Pulakesin II par Raviklrti S 306), dont l'auteur se met lui-meme au rang de Kalidasa et de Bharavi, est un morceau de poésie raffmée, qui atteste une grande familiarité avec les poemes classiques, notamment avec le Raghuvar[lsa; Raviklrti n'y manie pas moins de 16 metres diffél'ents. Rappelons ici que Sylvain Lévi avait cru voir l'origine des lettres sanshites dans les habitudes de la cour des kJatrapa qui régnerent sur le Kathiyavar depuis la fin du I or siecle; Rudradaman, dans l'inscl'iption ci-dessus mentionnée, se vante de son habileté a composer en prose et en verso Quoi qu'on pense de cette hypothese dont la base paralt décidément bien étroite pour des conséquences de si vaste portée, il demeure que la pratique linguistique de ces k/atrapa de l'Ouest differe de celie de leurs voisins les SJ.takarJ.lÍ, fideles au prakrit et inspirateul's du ktivya prakrit; la Ktivyamfm. (chap. x) affl'onte le roi d'Ujjayini Sahasaúka (= Candragupta II), qui impose le sanskrit, et le Satavahana du Kuntala, qui ordonne le prakrit dans son gynécée.

gho~a

b. Une autre ?popée savante, sorte de vie du Buddha imitée d'ASvaet de Kahdasa, le Padyacürf/imal,IÍ par Buddhaghosa (distinct du docteur co~n.u de ce nom), en 10 chants; l'ouvrage passe pour avoir quelque mente.

. ~ :1763. Du coté du jainisme,.Ia situation est analogue. Ici la tradItlon du ktivya remonte aux orIgines memes, cal', en dépit de leur scolastique effrénée, les Jaina ont eu d'emblée le goÜt du raffinement poétique, jeux verbaux, longs composés et clichés savants : cí. par exemp~e le Kalpasütra de ~hadrabahu. De la, en prakrit comme en sanskl'l.t {et ~lu~ ~ard, parOlllement, en apabhralpsa, cí. la description des salsons mserees dans le Kumtiraptilapratibodha), d'innombrables épopées (le Paümacariya en mtihtiríiwr date peut-etre déja du 11· siecle), c0;:ttes, dr~~es, stotra~s, campü's, poemes divers, OU seule souvent une tOl~te rehgleus~ .(qm peu,t etre fai~l~ment apparente) et quelques tra~ts de style «Jama» tr.ahlssent la dlfference avec les modeles d 'inspiratIO n brahmamque. VOlr sur ces reuvres § 2413 et suiv.

§ :1762. Les reUVfes bouddhiques et jaina en style kavya. Le pali, généralement sans appret ni prétention, offre peu de modeles directs a la constitution du ktivya. Cdpendant, parmi les reuvres canoniques, les Therfgtithti ou «Chansons des moniales» contiennent d'amples éléments iyriques; parmi les reuvres para- ou extra-canoniques, des passages de la prose des Jtitakti (ainsi dans le KUI]ala) et la chronique du Mahtival!lsa (S 208), qui a pris forme d'une sorte d'épopée savante; sans parler d'ouvrages plli du moyen age qui, plus ou moins artificieHement, s'inspirent du ktivya sanskrit. Parmi les textes en sanskrit meme, il faudrait mentionner certains ava:ltina (quelques passages, entre autres, du Divytivadtina), la KalpantimalJ.:litikti dans sa majeure par~ie, la Jiitakamtilii dans sa to~lit?, quelques portions en langue «ma:te» du Mahtivastu et du LalttaVlstara, sans compter les innombraMes stotra et pieces mineures d'époque plus ou moins récentes (le lintilarJlktira, le Sragdhartistotra, le Bhaktisataka). Malgré les particularités bouddhiques, les tr'.lits de style qui répugnent au goÜt brahmanique, on a bien affaire a des tentatives de küvya. Deux poemes tout voisins des reuvres classiques sont a. Une épopée inspiré e largement du SiJuptila et du Haravijaya, a savoir le Kapphú.lübhyudaya ou «Triomphe de KapphiJ)a», en 20 chants, par Sivasvamin, bouddhiste ka~mlrien du IX· siecie : c'est une légende connue surtout par l'Avadtinasataka et par le commentaire du Dhammapada : l'histoire dl!- roi KapphiJ)a, de LIlavatI, qui partit guerroyer contre le prince de SravastI, Prasenajit. Celui-ci, sur le point d'etre défait, appelle le Buddha au secours; le Buddha apparait et subjugue par une action miraculeuse Kapphil)a, qui aussitot se convertit, loue le Buddha et demande a entrer dans la communauté. C'est, adaptée a des fins pieuses, la suite connue des themes classiques, les descriptions de la montagne (Himalaya), des saisons (ronde vasantüdi), du lever de la lune et du coucher du soleil, de la salle d'audience, du camp, des jeux amoureux auxquels se livre le prince, etc. j il Y a meme un hymne au Buddha en prakritj

§

:176~. Asvagho~a.

C'est évidemment, par sa date meme comme

p~r sO,n lmporta~c.e, l'~uv~e littéraire d'Asvagho~a qui est la porte

d entree du cla~slClsme mdlen. Et cette reuvre est d'inspiration résolument bouddh.lque. Elle co~prend, outre des fragments dramatiques que nous étudlerons plus 10m (S 1854), deux poemes relativement étendus, le Buddhacarita et le Saunaarananda. Le premier (dont le texte fut déeouvert en 1892) traite en 13 chants (seuls conservés en sang,.. krit, avee le début d'un quatorzieme, sur un total de 28 présents dans les, v~rsi?ns tihétaine et ehinoi~e, et q"?-i vont jusqu'au Nirval)a) de «L hlstOIre du Buddha» depms la nalssance jusqu'a la défaite de Mara et l'Illumination : cette derniere partie oecupe le chant XIV. Comme dans ~'é~opée classiq"?-e, les .événements sont surtout le prétexte de descnptlOns ou de dlssertatlOns : de cette derniere sorte est l,a visite a l'ermitage d'Ar~(!a au chant XII, ou encore la venue de Srer:rya et le chapitre sur les passions, suite de maximes morales' parmi les premieres sont les scenes ou l'on voit les femmes de la cour 's'effor~ant de détourner Siddhartha. le futur Buddha, de sa vocation; on a la ~~elques tabl('aux galants dans le t?n du lyrisme in~piré par le Kíimasastra. Comme dans to.ute épopée dIgne de ce nom, 11 y a une bataiUe, a des portions celle . que le Buddha hv~e a Mara et a .ses troupes. «poh~lques», les consells ~u chapelam au prince, au chant IV, qui sont a rapprocher du Kautllfya. On trouve des aBusions au Yoga, au Sa1pkhya, un Sa1pkhva apparemment plus archaique que celui des kíirikti (Johnston). Quant a la religiosité proprement bouddhique, elle est sur le plan du Dhammapaaa, tout en offrant quelques-unes de ces caractéristiques mahayanistes qu'on voit se développer dans l'reuvre scol~stique d'Asvagho~a. Le sermon de Bénares (au chant XVI) reprend poétIquement le texte du Tipiraka. La version chinoise date du début du v· siecle.

ny

:1765. Des ohservations analogues valent pOur le Saundarananaa bea.u Nanda». appare~ment la premiere en date des deux composltlOns Jumelles. Elle traIte en 18 chants d'un épisode de l'hagio«.~e

~

cmon pour plaire". 207 graphie bouddhique connu par les Jiitakg" par l' Udana et par le commentaire du Dhammapada. faut se souvenir que. c'est ce qui. et l'art serein du second'. L'élément descriptif est abondamment représenté. la maitrise qui sera celle de Ka:lida:sa et de ses pairs. 1'immense popularité de 1'écrivain n'a pas emprunté les voies classiques de l'érudition indienne. en~ écartant natureHement ce que la tradition propose au sujet du Vikramaditya légendaire. si 1'on élimine cela m~me a quoi vise ce récit. peut-Mre de la seconde moitié du IV'. La chronique singalaise qui en fait le contemporain du roi Kumaradasa. Veta:labhatta. le ton didactique. les lamentations de Sundarr abandonnée sont frappantes. il ait rec. Quelle que soit la date de Ka:lida:sa.u la forte culture d'un ¡(listrin. rien de positif. sans compter que l'instruction religieuse.qapanaka. n'est pas a rejeter a priori. récemment mis en reuvre. qui signie «esclave de Kalill. sur lesquatre grandes formes de méditation et 1'acces a l'état d'Arhat. Asvagho~a est un primitif. venu sans ~on poétique. 766. contient tous les traits du klivya. la date de ce prince (S 474) est de 375 a 413. d'une discutable pureté. Sa vie et 5a datation. dans l'intention de dire la vérité derniere a une humanité adonnée aux plaisirs des sens et dont l'esprit est tourné ailleurs". en dépit des images brillantes. Les scenes d'amour sont conformes au canon classique. II faut noter. Jeux verbaux. sur le caractere iHusoire des plaisirs célestes. ala cour duquel il figurait parmi les «neuf joyauXll de ce souverain (les autres noms étant ceux de poetes ou d'érudits dont on ne peut vé!ifier l~ datation ou m~me l'existence : Dhanvantari. notamment la scene gracieuse du miro ir au chant IV. traversé de quelques épisodes. comportant des traits de sanskrit dit bouddhique (S 98).767. mais «considérant que la Délivrance était la chose supr~me. que longtemps ont retenu les séductions du monde et en particulier l'amour qu'il porte a sa femme Sundarr. sur la perversité des femmes. surtout en ce qui concerne le Ramayal. dit-illui-m~me au terme du SaunJara. On ne sait sur la vie de Ka:lida:sa. reflete une différence majeure entre le bouddhisme et le brahmanisme. On rencontre des passages gnomiques. le Saundara (qui fut découvert en 1908 seulement). sur les mauvaises conséquences de l' orgueil. Cette sérénité. On peut donc admettre que Ka:lidasa soit du V· siecle. autrement dit conserver le lien de patronage entre Candragupta-Vikramaditya et le poete. cí. Cette énumération n'inspire pas confiance. b. au moins dans les sÍx premiers chants : fondation mythique de Kapila:vastu. on a pensé retrouver des allusions a un prince Gupta : ce pourrait Mre a Candragupta II qui précisément avait Ujjayinr pour capitale et portait (comme d'autres monarques de la dynastie d'ailleurs) le surnom de Vikramaditya. ce souci d'art pur. n fait souvent état de légendes brahmaniques. dégagé de toute contingence. est une fichon extraite du nom m~me du poete. sur le plan littéraire. qui a rec. la plus fameuse . Varahamlhlra. au VII· ou VIII· siecle . images luxuriantes. d'autres. Les historiettes du Bhojaprabandha sont sans valeur. asavoir que le poete fut 1'h6te de ce prince aCeylan ou il aurait trouvé la mort des mains d'une courtisane jalouse. jusqu'a ce qu'enfin iI se laisse instruire par le Buddha. termes rares (le vocabulaire est particulierement riche) . description du roi Suddhodana et du Buddha lui-m~me. est.w. Johnston) pour restituer un texte convenable. Sa langue est paríois peu slire. Kalidasa.K. Une date limite est fournie en tout cas par l'inscription d'Aihole (634) d'ou résulte que Kalidasa avait a cette époque une grande réputation. devienne un saint et pr~che la Loi a son tour. qui. entre l'art et la conception religieuse du premier. il a fallu l'effort d'une pléiade d'indianistes (parmi lesquels Gawronski. Sañku. de formes verbales peu communes. L'impression d'ensemble est fort éloignée cependant de celle que donnent les klivya brahmaniques. On attribue précisément a son expérience personnelle le fait que ses poemes (comme aussi ses drames § 1854) traitent d 'histoires de conversions (Johnston). Vararuci). mais plut6t rarement. c'est 1'homélie qui tient le plus de place. Ghatakarpara. Asvagho~a s'est servi du procédé du klivya comme d'un déguisement. poÉSIE. sans qu'il y ait d'aiUeurs de concordances tout a fait précises dans la teneur. de Sundarlj le conflit des sentiments chez Nanda est dépeint avec adresse. selon la tradition. la m~me ou le sujet s'inspire aussi de scenes religieuses. C'est la conversion par le Buddha de son demi-frere Nanda. baroque. plus encore. tout trahit la préoccupation littér~aire. également d'Ujjayiní. tendue vers l'édification et la propagande.est celle qui associe le nom de Kalidasa a celui d'un prince Vikramaditya «Soleil d'héroisme" d'Ujjayini (Ujein). D'autre part. ce qui le situerait au VI· siecle. sur la région ou il a pu nattre et vivre. Il demeure pourtant que la description d'Ujjayiní dans le Meghadüta (et plus générale~ent l'intérM porté au pays Malava) rend assez vraisemblable que Kahdasa ait résidé dans cette ville. des passages littéraires d'Asvagho~a. et. un certain pédantisme grammatical se manifeste dans l'emploi systématique que fait l'auteur. AmaraSlI)lha. que la conservation du texte est fort médiocre. métrique variée. littéraireinent supérieur a l'autre poeme. Hultzsch et autreq. L'anecdote tardive qui veut que. La lyrique de type épique ~ :1. dam telle portion de l'reuvre.• 206 LES LITTÉRATURES.-c. Le témolgnage. font tort a l'effet artistique. du Kuntalelvaradautya (S 1768) ne saurait peser décisivement sur la datation du poete. et conservé en tibétain et en chinois. L'imitation épique est sensible. 1'ensemble forme un cursus de prédication bouddhique presque continuo § :1. censé avoir fondé une ere fameuse répondant a 57 avant J. Comme le Buddhacarita. d'ailleurs. La tradition la plus tenace. Certaines données astronomiques pourraient se référer au IV· siecle.. OU demeurent bien des incertitudes. allitérations. Comme dans l'autre épopée. il est fort probable qu'un long intervalle s'est écoulé entre Asvaghosa et lui. Asvagho~a est un br~hmane converti.u l'inspiration de la faveur de Ka:lr. m~me en prenant comme réalité con- n . qui ne manquent pas de force. qu'il y soit né peut-Mre. on cherche en vain dans cet art encore gauche. vainqueur des Saka. jusqu'au dernier éditeur qui résume le travail précédent. Les traités de poétique et les commentaires citent.nous en trouvons l'écho chez Subandhu.

Le Meghaduta (parfois : Meghasa1pdesa). auquel on attribue aussi le R(tk:~asakiívya ou !úivyariík5asa. il Y a eu dans le passé quelques contestations) deux grands poemes «épiques».. et quand viennent les Pluies. on n'a de liste limitative de son reuvre écrite. d'I~U teur par s. l'oriente comme ver s autant de VISlons voluptuemes : la représentation des femmes des paysans. il réside dans l'lnde centrale. commencée des les origines de l'indianisme. dont on l'a crédité sont d'une authenticité douteuse ou meme parfaitement invraisemblable. le Kuruk~etra. par yl~lSleurs th~onClens : cette reuvre semble relater 1 envOI par Vikramdltya duo poete comme ambassadeur aupres du roi de Kuntala : quel est ce ro~? On a pen~é a Prthvlsena 1 fin du IV' siecle ou Pravarasena n. aux monts Rcmagiri pres de Nappur. d' un Yak~a" d eml. un dynaste Vakataka (de Kuntala) du v· siecle. ce poeme présente l'intéret d'Mre le seul document «épique». ils rappellent par exemple qu'au témoignage de Mallinatha un verset du Meghadüta (1. sans grande valeur littéraire. n évoque sa compagne demeurée d~ns sa terre natale. ou. enVIron 45 (le maximum sans doute pour aucune reuvre littérair~).a-)~autya.. de la ~itté:ature indienne. Les comlllentaires. puis.la. la meilleure littérairement. D'autres ouvrages sont sÜrement a écarter. § 1768. surabondant en long s composés. il demeure une vingtaine ~e strophes douteuses ou franchrment apocryphes. Ceux memes qUl répugnent a la preclOslte dont temOIgnent trop de poemes sansk). une trentaine au total. voire plus haut meme. la Carmaflvatr. dont le renom est surtout dü a l'exagération incroyablement pédantesque des efl'ets de style et des jeux de mots. le Krauncarandhr~ le mont sacré Kai!a~a. XIII" siecle. 'celui des Sa'/?lIlesalciívya ou Dütakiivya.a~:.{akarpara et le S1"1. ou encore admettent l'existence de deux ou de plusieurs poetes du nom de K¡¡lidasa. a l'intérieur du Himalaya. Autant on lui attribue avec certitude (aujourd'hui. qUl a été pum pour quelque faute d un banmssement d'un an hors de son pays. qu'on possMe en miihiiriiWt. poeme prakrit retra«. la Sindhu.eJles et_ de l'assurer de son amour. 20 strophes d'intention obscure et de style ampoulé. L'oouvre de Kiilidiisa. pour des motifs «internes». Apres 1 ascenSlon du Mala ~t de 1 A~rakuta. l'auteur }Jossible est Ravideva.x sections. b. longues ou hreves. deux notamment d'assez vastes dimensions. sur un total de 120 a 130 connues (le nombre varie dans chaque source). n parait raisonnable d'accepter l'antériorité d'Asvagho~a. Vananad:. ~a _ Nirvindhya. moins vraisemblablement. le pays Avantl et J~ vllle d UJJaylm sur la Slpr~ (ici se place un hommage au trmple de Slva Mahakala). il ya un hyrnne a VÍf1)l1 dans le Raghuva1ps'a) et fidele tenant du dharma. d'appartenance mal déterminable. quelques autres po emes plus brefs pourraient a la rigueur etre de sa main.-C. Certains auteurs tiennent (avec des arguments qui ne sont pas sans valeur) que la date plus probable est le VI· siecle. dans les grottes qUl font le délice des amants. la GandhavatI. la SarasvatI. Le sujet a pu etre fourni a l'au. la GambhIra. le Dasapura. le Raghuva1!Is'a et le J(umiirasambhava ainsi que trois drames (5 1854) et l'élégie du Meghadiita. sur la etre. type de yamakaki'ivya qui reprend l'histoire de Nala et Damayantr (§ 784). la cité mythique d'Alaka au versant septentrional du Hilllalaya. dy~astIe des' Vakii1~ka. il charge un nuage qUl passe et se dirige vers le Nord d'aUer forter ~ sa femme ses nouv. qu'elle reprenne courage 'et confiance.lu. POÉSIE. v· slecle. la date de Ravideva est indéterminée. Les strophes en long ~t grave metre m~n~ñkriíntii combinent avec harmonie le theme nostalglque et la descnptlon des sites ou des scenes imaginaires vers lesquels la sensibili~~ du héros. moins bien inspirés. inquiete il soum~ au messager ce qu'il devra dire afin. dans un dialecte voisin de celui de Hala On n'a pas encore retrouvé le J(u~taletvara.ant longuement la tranche des récÍt'l ralllaites qui va depuis l'expédition faite en vue de retrouver SIta jusqu'a la mort de RavaI. Bouddhisme et jainisme ne jouent aucun rOle dans ses compositions. estlment qu'il s'agit de quelque prince Satavahana de PratI~thana. d'inspiration non jaina. aiguisée par l'émotion.J(untesva. poeme (ou drame?) attribu~ a ~ahdasa. le Devagiri.aglt serviteur de Kubera. Les cltatlOns dans les traItes de poétique sont tr~s' abondantes.(ou : . des da~es des cités royales. adepte de Siva (sans ignorer pour autant le Vi~l)uisllle. l~ le pays Dasal'l) a et la ville de Vidisa. Ces vraisemblances n'ont pas éteint la longue controverse. dont on connait un nombre elevé. D'autres. le lac Manasa. le grand docteur bouddhiste dont la date est sans doute le début du VI' siecle. enfin le terme du voyage : Alaka au Hanc du Kailasa.208 LES LITTÉRATURES. reculent l'époque de Kalidasa jusqu'aux premiers siecles de notre ere. divisées ou n~n en deu. ce sont : a. le nuage traversera successivement la Narmada (au pled des Vmdhya). du moins. a-t-on supposé) est le poeme lyrique du T}tusaqlhiíra (§ 1791). J. du VI' siecle. dans les palais embaumés.peuvel!'t manqu~r d'~tre frappés de cette réussite ou un art consomme est mIS au serVIce d un theme largement humain' baigné de fratche sensibilité. le Gange (aux environs de !Iaridvara). un épisode d~ R/im(7yal. .'Íts ne. Le Yak~a montre au nuage comment reconnat~re la' maison natal e il décrit la tristesse de la jeune femme esseulee. Le Setubandha «La construction du pont» (autre titre : RiivaIJavadha ou Dahamuhavaha «Le meurtre de RavaQa»). ont conservé des le~ons divergentes depuis le IX: si~cle. l'auteur doit etre Pravarasena n. Pas plus qu'on ne connait exactement la vie du poete. Parmi elles. et une antériorité a longue distance. et celle aussi qui a quelque chance d'etre de Kalidasa meme (de sa jeunesse. Le Meffhadl7ta a donné naissance a tout un genre littéraire. qui sont attestées dan s les Anthologies. le G/w. les monts Kanakhala. c'est-a-dire ou bien un prince kasmTrien de ce nom. l'un des m~ll:eurs est celui de Daksinavarta. § 1769. 209 temporaine les aUusions historiques qui se trouvent dans ce poeme. le Caraf)anyasa. dan s lesquels un cadre plus ou .lgiíratilaka (§ 1788). autant les nombreuses autres reuvres. Tout ce g)li se laisse déduire de ses ouvrages est qu'il était bráhmane. sans pal'ler des strophes Hottantes. en 4 chants.14) ferait allusion a Dignaga. Le Nalodaya ou «Le succes de Nala». Le texte a subi des interpolations. en 15 chants. «Le nuage messager» est un des ch~fs-d'reuvre ~nconte~t~hl:s. 5? n y ~ 1770. 'ceux qui tienne~t ferme a !'ere ay.

de Jinasena. Sarma]. plusieurs sont précieux par les indications géographiques fidMes qu'ils donnent de la région (C.tique est a la base d'un poeme Jaina beaucoup plus récent. il a été largement exploité dans les manuels de poétique. 37). la «Lignée (des descendants) de Raghu" ou «Lignée solaire" (S/1:09lJ). pa~ svaya/!lvara. mais frémissant d'humanité sous le décor conventionnel. li 7. motif inépuisable de prieres et de louanges. des traductions. d'abord en se montrant a lui dans sa beauté prestigieuse. C'est ainsi que les scenes pieuses qui accompagnent la figure du roi Dihpa alternent avec les tableaux guerriers de Raghu effectuant la «conquéte des orients" (theme du digviJaya. En effet. mais le Kumára ne l'est-il pas aussi?). la fine de Himavant. Le poete s'est efforcé d'introduire autant de variété qu'il était possible dans cette galerie OU l'éloge continu risquait d'engendrer de la monotonie. une parure littéraire apte a lui donner une place éminente parmi les fictions humaines.lasena. par un auteur habile qui décrit non seulement la naissance de Kumara mais la victoire sur le démon Taraka). Le Raghuvarpsa n'a pas les amples scenes et l'uniié d'action qui marquent le Kumlirasambhava. Le poeme./a OU il est conté de maniere pauvre et sans grandeur. Ce sont d'abord les quatre ascendants directs de Rama. notamment dan s la scene des femmes de la cité se pressant aux fenétres pour voir passer le cortege nuptial.r~te avec dilection sur tel ou tel épisode qui lui fournit matiere a un développement poétique. a rev~tu dans le Kumára. celIe du Buddhacarita est sensible ~a et la.ui joint au prmce Aja la prmcesse IndumatI. un Mayürasa'Y[laeia «Le paon messager» parUdaya.-Pur. un Uddhavadüta (Uddhava est un personnage mythologique) du m~me auteur (et un autre encore. qui vient la frapper .771. Dasaratha. Comme l'autre poeme qui sans doute aprécédé (on a supposé que le Raghuva'Y[lsa était le dernier ouvrage de Kalidasa. qui caractérise Kalidasa. neuf autres chants ont été rajoutés a une date plus récente. Le Kumarasambhava. Jusqu'au Jour OU celIe-cl meurt 'surnaturellement d'une guirIande tombée du ciel.----~~--- ---~-- ~-----------------~-- - ~~-. religieuses. a partir de DilIpa le roi sans enfants (qui obtient enfin un héritier en adressant ses propitiations a la vache divine Surabhi). il faut relever des imitations en malayaJam (ainsi l' Unnunílfsa1[ldeia). d'autre part. K. a~quel succedent Raghu le roi conquérant. parce qu'il est inachevé. presque mot pour mot. de l'ample lyrisme. un autre. on retrouve cette scene. Le Sa/!ldesarr7saka d'Abdul Rahaman. Bien que le Meghadüta porte aussi le titre de malu7kávya ou «grand poeme" (a c6té de celui de kha(lqakávya «poeme-fragmenh). le poeme. 211 moins analogue a celui du Meghadiita sert de prétexte a toutes sortes de descriptions géographiques. I1I. on compte dix sa/!ldesa sanskrits. de m~me facture que les sal!ldesa sanskrits du Malabar. Raja). et tout d'abord au Kumárasambhava ou «La naissance de Kumara". 1. jusqu'a Agnivarman le prince débauché. incité par Indra. qui se révMe fort habile manieur de themes hindouistes. afin de séduire Siva. la geste de Siva. X. Rien qu'au Kerala. est puisé dans les Purál. Aja. par RajavalIabha Misra./a se laisse percevoir dan s certaines visions de la nature. tant6t iI s'ar. au XIX" siecle !). se borne a retracer les événements mythiques qui ont précédé la naissance de Kumara. qu'on peut considérer a certains égards comme une reuvre religieuse.et le Vi:~~1U-purál. enfin les successeurs de Barna. Une quarantaine de ces ouvrages sont connus. des adaptations. issu dé l'Épopée. les scenes galantes puis émouvantes se succe~ent : ?'est l~:~écit de l'union he~reuse. XII' siecle) OU une filIe de Gandharva. a contenu théologique. quelque peu oratoire. qui se fonde sur Bhr7g. cour de Lak~mal. comme toutes les reuvres authentiques de [(alidasa.---~--' -~----"~-- 210 LES LITTÉRATURES. qui reproduit dans chaque strophe des pr7da ou des demi-strophes du Meghadúta complétés par des éléments nouveaux. § 1. qu'on retrouve dans l'épigraphie solennelle et dans les kávya ultérieurs). dans l'épisode des lamentations de Rati. dont une en singalais. dans le Raghuva1[1Sa. avec Aja. puis l'histOlre de Rama lui-méme. \' í une glorification de Siva.1a (version bengalI) [H.225 éd. ensuite en se livrant elIe-m~me aux mortifications les plus pénibles. en apabhra'Y[lsa teinté de r~jasthánT. POÉSIE. épopée en huit chants (l'authenticité du de~'­ nier a été a tort contestée. du m~me nom. par Rüpa Gosvamin (S 1313). sur le destin duquel son épouse Rati viendra prononcer une plainte émouvante. déja connu de l'épopée (MhBh. q. Kusa. L'art de Kalidasa a magnifié un theme traditionnel de l'hindouisme. C'est d'une part la tentative Plalheureuse que fait Kama (Amour) pour. a cette particularité d'émaner d'un auteur musulman des XII "-XIII " siecles (de Multan). lui envoie le vent comme messager. CitoÍls parmi les plus anciens ou les plus réputés le Pavanadiita ou «Le vent messager» de Dho(y)I (Bengale. C'est un recueil de biographies royales. Ce sont. c' est le plus ancien texte accessible (mais non le pluspur) du Meghadüta. du XI" au XIX" siecle. Tant6t le poete retrace les faits en maniere d'esquisse. n y a un Ha/!lsaSatlldela «Le messager du cygne" anonyme. commence par une emphatique description du Himalaya et se termine (chant VIII) par la peinture fort sensuelle des plaisirs qu'engendre chez les divins amants l'union enfin réalisée. Nous sommes la au creur de la poésie indienne. troubler Siva dans l'ascese rigoureuse a laquelle se livre ce dieu. le Raghuva/psa a puisé dans une histoire légendaire dont les racines plongent en pleine mythologie. peut-étre inachevé. § 1. La séquence des Rois est proche de celles que donnent le Váyu. une autre (probablement du XIII" siecle) en tibétain. ce nom convient plut6t aux autres compositions de Kalidasa. par une chance presque unique. XVII" siecle. philosophiques. qui a trouvé acces dans le Tanjur. lps efforts heureux que déploie Urna. tantative qui s'acheve par la mort de Kama : le dieu courroucé brt\le du feu de son troisieme reil l'insolent.772. Dans les langues non dryennes de l'lnde. éprise du roi. Le sujet lui-méme. qui célebre les amours de Kr?9a et de Radha. Bombay et Ram. vers lliOO. L'influence du Riimáya/. dan s la figure grandiose de l'ascete dieu. On signale un peu partout des «suites" au Meghaaüta. Atithi et la poussiere des princes qui suivent. le Nemidüta «Neminatha messager" de Vihama. Le PárSvábhyudaya «Le triomphe de Parsvanatha". L'ouvrage a fait l'objet d'une quarantaine de commentaires. et elle possede des antécédents épiques. Un procédé iden. est une reuvre jaina du VIII" siecle. inspiré sans doute par l'exemple des prasasti épigraphiques.

pourquoi. ma couehe est tonte déserte aujourd'hui. bIame. durant la nuit. achevent le poeme dans une étrange ambiance de mollesse. par Kr~Dabhatfa. dissiper mon abattement au plus tot : c'est par leur éclat que les plantes nocturnes dissipent la ténebre des cavernes. remme a beaux membres. en dépit de brillants passages. la scene fameuse du jeune ascete victime d'une fleche qui ne lui était pas destinée. autant de morceaux de bravoure. pour le malheur de mon destin. tout me tourmente : ainsi. comme en fin du Kumiirasambhava. la volupté partie. Et ces Heurs que va mettre au monde l'aioka que tu fécondas. distribuant souverainement éloges. est mueHe /¡ présent j ta démarche foUtre a cessé j elle semble t'avoir par douleur suivie jusque dans la mort. la chasse. L'amour est a son couchant. du printemps. S'il est vrai que tu n'as jamais eu de dédain pour un homme qui pourtant t'a longtemps offensée. en t'enlevant a moi? Femme aux yeux enivrants. ~poux de la terre. conseillere. ma tendresse n'est pas sincere. femme avide du ciel : mais dans le lourd chagrin de ton absence. . tu le sais. ton fils a l'aspeet de la lune al1 premier jour j ton marí n'aime nulle autre que toi : cruelle est la résolution que tu as prise I . hoire la libation . Voici le manguier et la liane que tu projetas d'apparierj les rites auspicieux . hommage ou Kalidasa sait d'ailleurs introduire une fine critique du despotisme. la plainto d'Aja sur IndumatI morte. Voici que la brise secoue tes boudes ou les fleurs s'enroulent. il est sensible que Kiílidiísa a voulu rivaliser ave e ValmTki. o chérie.j il verse des larmes de fleurs et te pleure. au XVI. et d'ici-bas ne m'as point dit adieu. Spécimen du Raghuvarp. XVII" siecle. L'ouvrage est inégal. crois-tu qu'aujourd'hui OU il est innocent il ne mérite point qu'un instant encore tu lui parles? Je suis un perJide. les épisodes guerriers. la musique éteinte. tes boudes défaites. suffisenf a soustraire la vie. ~ 1773. filie a la voÍX.sa. ces fleurs ornement de ta chevelure. femme aux larges hanches. dans la montagne des neiges. ceci occupe les chants IX A partir de XVI ou XVII (le poeme compte dix-neuf chants). Ton visage. oici l'écharpe de tes jeux. et l'atmosphereest par endroits franchement !Hamaite". démarche des cygnes indolente de jeunesse. je n'ai rien fait pour te déplaire. comment supportel'a-t-il. les jeux dans l'eau. quel ne sera point. amie dans la solitude. Je erais plutM.je ne le suis que de nom : c'est en toi que fai mon plalslr et les attaches de mon creur. Ou sí ma vie abolie a suivi mon amante. le retour a Dal)0aka. que ne m'a-t-elle point enlevé.o toi qui reposes pour ne plus te réveiller . sous sa forme complete. On peut rappeler a ce propoR l'existence de la Pralnamiilii «La guirlande de questions". pourquoi me délaisses-tu? Vr~lI~ent. il passe pour le chef-d'reuvre du poete. fort habilement liés d'aiUeurs au récit principal. los luttes contre RaVaDa. <'.212 LES LITrÉRATURES. celle de la Cité abandonnée. Du point de . remme au dair sourire. toute souillée de larmes. n'en suis-je point ruiné? Le poison lui-meme peut se changer parfois en amhroisie. la répudiation et la mort de SUií. par ton réveil. mais il n'y a pas lieu de mettre en douto.vue indien. quitte a mettre en évidence tel épisode propre a réaliser ses desseins artistiques: le mariage et l'exil de Rama. un lotus solaire au sein de qui s'est tue la rumeur des abeiHes. enfin au dernier livre la Ronde des saisons. hélas I l'instrument du destin lorsqu'il voudra frapper? Peut-étre le Dieu qui met /¡ mort les créatures a-t-il voulu qu'un doux ohjet anéantit un doux elre? Ce sont les averses de neige qui détruisent le lotus (je songe /¡ un pareil exemple). la mort qui ne connait pas la pitié. ¡'amante aupres de l'oiseau qui va par couple : toutes deux savent ainsi supporter I'intervalle de l'absence j mais toi.premiere compagne de tes secrets. tu as hu le doux vin de ma houehe ou tu le cueillis : comment pourrais-tu maintenant. lorsque je la pose sur mon creur.1 'f axv. I poÉSIE. en fr6Iant le corps. avec leur anneau qui tinte . La nuit retourne aupres de l'astre froid. suite de questions de grammaire et de fond sur le Raghuvamla : c'est un des tres rares spécimens de critique littéraire que compte la tradition sanskrite. MtJme hors des portions tiré es de l'Épopée.' elle a consumé la liane qui s'appuyait a son feuillage.d'eau qu'on t'offrira dans l'autre monde? . du mariage ne sont pas encore célébrés. 213 a la poitrine. le spectacle (repris d'Asvagho~a?) des femmes d'Ayodhya accourant au mariage princier. telles des abeilles. le svaya/?1Vara avec la scene des prétendants. comme on l'a fait récemment. Ó femme aux larges hanches : elle exhorte mon ame a espérer ton retour. que le Créateur a mué en foudre cette guirlllnde : elle n'a point fait tomher l'arbre. regards tremblotants des biches. La description de la grossesse de Sudak~iI)a. si le Maitre en a décidé. précédée ici. qui souflre déJa de se laisser poser sur un lit de jeunes rameaux.'est a moi que tu as confié ces dons. comment ponrrais-je faire d'elles une guirlande ponr ta tombe? Vois cet aioka : il songe /¡ tes pieds. comme moij elle n'est pas achevée. de la description de l'automne. de ki1ilnal'a¡ p urquoi fes-tu endormie? Tes amies ont part a ta joie eomme a ta peine. puisque tu es partie pour l'autre monde sans retour. éclipsant mtJme Salcuntalr7. pourquoi sans celle-ci est-elle revenue? C'est qu'elle doít endurer les souflrances extremes que mes actes lui ont values 1 Les fatigues de la volupté ont assemblé sur ton vísage une éclosion de moiteur qui est encore apparente : et toí-meme tu n'es plus la : honnie soít la fragilité des mortels 1 ~eme en pensée. au IX. l'ambroisie en poison.s et regrets. dis. VeuiHe. d'étre dressé sur le bUcher? Cette ceinture . il est malséant pour toi de partir.car il a obtenu la ravenr si rare de les toucher . Voici la plainte d'Aja sur Indumati morte : (! Si des fleurs. f . l'authenticité des portions proprement ri'maites. frémissement de la brise qui secoue les lianes. je ne crois pas qu'ils suffisent a soutenir mon ame. Une' quarantaine de commentaires sont connus. la description de l'Océan. la saison sans fetes : mes parures ne me servent plus de rien. ~ Cri harmonieux des corneilles. au chan1 IV. éleve ehérie dans les arts d'agréments. la premiere en date que nous ayons. tu es partie pour toujours j comment mon creur n'en serait-il pas torturé? Ton tendre corps. Femme. Toute la partie centrale du poeme résume librement le Rqmayal)aj on y voit l'art du poete a condenser sans sécheresse. de l'été. l'ascension de Rama au ciel. ta parole arretée. des fleurs de nauclée imitant ton haleine la sert ssaient a demi. Sans doute cette galerie de princes flattait chez les Indiens l'orgueil naturel qu'ils éprouvent devant un hommage rendu aux grands anctJtres. l'intértJt faiblit peu a peu. et les themes voluptueux qui. Si eette guirI ande a pu ravir une existence.

. au contraire. qu'ils se séparentj dis-moi.775. au fond du Nandana. dit le roi. quelle sera la différence. comme le seuil de la béatitude. il regardait sa douleur débordante dans les larmes memes que les femmes de la cité laisserent couler sur leur visage. éloquente. cornme un homme du commun. ~ L'insensé s'imagine que la perte d'un etre aimé. Ce serait plutot. de composés longs.ille co:nsidérait comme un bienfait. (Raghuv. un certain humour. Kalidasa représente dans l'histoire indienne un point d'équilibre dont la valeur est unique. Au point de vue littél'aire. Qu'une créature demeure un seul instant vivante. Entre l'art gauche encore d'Asvagho~a et le précieux qui dominera peu a peu dans l'al't a venir. Le mal qui causa sa mort -les médecins ne purent le guérir . pour un sage. naturellement. Protege ceUe terte. dans des pavillons de plaisance. Quand le jeune prince fut instruit selon son rang et en Age de porter l'armure. puis. 011 le situera done avec vraisemblance I). Mourir est la loi des humains. recevant la parole du précepteur magnanime j et illaissa partir l'ermite. ille chargea du soin de protéger les suj ets selon les rites. mais ailleurs aussi) a souligner les traits du souverain indien : on peut restituer sous ses poemes une sorte de typologie du monarque idéal (Ruben). par amour de la vie. Les parents eurent peine a écarter de son se!n la jeune femme j il la livra. le Kíratarjunfya «(Le combat de Siva . alimenté e par une connaissance approíondie de l'Arthasastra. notamment l'Avantísundarikatha). Ceux qui d'entre les mortels ont en partage l'autre monde suivent selon leurs actes des voies diverses. Le récit remonte au Mahabharata . combiné d'éléments SCl1pkhya. avec ses préjugés certes et ses prohibitions difIiciles pour nous a comprendre. Bhiiravi. Il est un lieu consacré ou confiuent les eaux de la JahnavÍ et de la Sarayü : c'est la qu'il délaissa sa dépouille mortelle et fut nombré sur la liste des dieux. poÉSIE. . tu as fait éclater ta science en re~tant maUre de toi j maintenant que la fievre est survenue en ton Ame. de tOUl'S recherchés. déguisé en un) kirata et d'Arjuna». sur les débuts difIiciles de cet écrivain (cí. Dans la puissance." Ainsi se lamenta le souverain du Kosala sur son amante j telles furent ses plaintives paroles j il forc. en quoi est-ce une calamité.) § 1. il décida de se laisser mourir de faim. des valeurs éthiques insérées dans la trame religieuse. La date de Bhal'avi est mesuré e par la mention que porte de ce poete (en meme temps que de Kalidasa) l'inscription d'Aihole en 634 (Kielborn). toutes mes jouissances reposaient en toi. il rentra dans la ville. consument le mort. nous savons qu'ils s'unissent.car ce monarque sans fausseté ni rudesse avait un fils encore enfant. du moms sur le plan politique. 1. affirmet-on.774. Ce qui nous parait précieux. au feu nourrl d'aloes noir. tant il avait Mte de suivre son amante. est d'une grande fines se . Sans elle. saufla fin du chant IX qui a elle seule offl'e une gamme de metres nou. Notre corps. aspirant a quittel' le triste habitade d'un corps affecté par la maladie. Le dard du chagrin brisa son corps avec violence. mieux que personne.veaux. Toute différente assurément est l'opinion qu'on peut avoir de lialidasa suivant qu'on le juge suivant nos habitudes ou qu'on le compare aux autres Indiens de l'antiquité.r-" 214 LES LITTÉRATURES. les images sont encore simples d'ordinaire. Sa langue comporte peu de termes rares. il était originaire de KañcI. c'est une fleche fichée en son comrj l'esprit ferme la regarde. porteuse de richesses : les roís sont les époux de la Terre.Yoga. toute parée d'ornements funebres. que vaut sans toi le bonheur d'Aja? Nulle convoitise ne m'attire. Kalidasa se rallie a un Vedallfa de type populaire. et non. et pourtant il était roi : c'est dans la crainte d'un tel reproche qu'il ne donna point son corps aux flammes avec la reine. du dharma. déploie a nouveau ces vertus en recouvrant ta virilité. l'épreuve (il faut bien le dire) que constitue la lecture d'un texte sanskrit littéraire. Ce n'est pas sans raison que les commentaires regorgent de citations de Kautilya et d'autres. VIII. assez sensible dan s les drames. 44-74 j 83-95. d'etre séparé des objets des sens? Garde-toi. par son insistance (dans le Raghuvm¡¡ia d'abord. et dans ses reyeS il jouissait de contacts éphémeres. le Raghuva1[1sa 6. mais aw¡si avec son exaltation sincere. forcé. réuni a sa chare épouse dont la grftce éclipsait celle de son ancÍenne forme. certes. n contemplait les images fort ressemblantes qu'il avait de la bien-aimée. la vie n'est qu'une déviation de la nature. La métrique de l'écrivain est simple eUe aussi. la faire revenir? Tu ne saurais la ravoir meme si tu mourais a sa suite. et par le fait indéniable que. disent les sages. de tomber sous l'empire de la douleur : n'as-tu pas. on a vu que le Meghadüta est bati tout entier sur un seul metre. il est mort de chagrin apres sa femme.U VI' siecle..tout cela est pure fraicheur et simplicité si l'on réfere Kalidasa a la généralité des poetes qui l'ont suivi.Ainsi. Appréciation d'ensemble. il a emprunté a Kalidasa. § 1. Le Kumara en compte 5 seulement (outre les clausules). voire familieres (sauf par exemple pour la description de ParvatI. si le vent les ébranle l'un et l'autre?" . n passa huit ans tant bien que mal. empire sur toi-meme? Entre l'arbre et la montagne. Mais cette parole ne put avoir acces en son creur tourmenté par le chagrin : il sembla qu'elle retournait aupres du maUre.dl)nt il ne restait plus que les vertus . semblable a la lune au terme de la nuit. n a laissé une reuvre unique. les cérémonies en l'honneur de la reine llplendide . L'reuvre de Kalidasa (drames compris) est d'abord un miroir fidele de l'idéal brahmanique. honore ta parente d'offrandes de grains j les larmes des siens. .«Qu'il en soit ainsi 1". sans treve répandues. Affranchis donc ton ftme du tourment. le sentiment de la nature. (Objurgations de l'Ascete a Aja) : tt Cesse donc de songer a sa fin : la mort veille sur les etres des leur naissanc. OU sans doute il y avait des modeles a suivre ou a surpasser). :notre ftme. délicatement fondu aux sentiments des personnages. Kumaras. 215 J'ai beau etre dans l'abondance. c'est la déja une faveur. se manifeste ~a et la méme dan s les récits épiques. il savoura de nouveau la volupté. d'autre part. tu as su éviter le reproche de la vaníté. san s attache vraiment «sectaire» : mais ce n'est point par la qu'il se distingue de la généralité des écrivains classiques. Au bout de dix jours. des anecdotes courent sur la pauvreté. comme une fleche extraite.furent achevées avec pompe par le savant monarque dans les jardins de la ville. . en pleurant.a les arbres memes a verser des larmes sous forme de la seve qui dégouttait de leurs branches. Comment pourras-tu. comme une pousse de figuier brise la terrasse d'un palais.

stationnent au camp de Raivataka . qui. les SlX saIsons gm V1ennent tour a tour saluer Kr~l)a en une ronde répétée par deux fOls.778. présentant des versets en zlgzag ou en cerde. et que les deux héros affrontés usent d'armes surnaturelles. I I § 1. invité par son frere ainé as'assurer de Si . riche en expressions détournées et contournées. La grammaire se signale par une correction absolue (supérieure. Magha donne quelques précisions sur sa famille dans son OlUvre mllme. il abandonne son modele a partir du chant IVet retrace librement comment Krsna et son armée. Bharavi imagine au début qu'un espion a été envoyé par Yudhi~thira aupres des Kaurava j l'espion revient en relatant que Suyodhana (ainsi est appelé Duryodhana dan s le poeme) sait gagner le comr de ses sujets et affermir son empire. on dis~erne ~ et la .Sacre? le défi de ~isupala a Kr~l)a. 217 done pu étre contemporain du roí Bhoja de Dhara (XI" siecle) comme le voudrait un récit médiéval. le soir et le lever de la lune. ce que celui-ci exécute en se faisant accompagner d'un Yak~a. n y a une description de la cité de Dvaraka au chant III et surtout. On peut observer que. Le kiriita se réveIe enfin étre Si va lui-méme qui. comme le froid jan. mlassablement ren{i~v~lées. l'aurore). les scenes humaines (l'effort des Apsaras secondées par les saisons pour détourner Arjuna de ses desseins d'ascese) alternent en amples symphonies. en 20 chants. se livre a des pratiques ascétiques. Magha rép?nd par l'adorat~on de'yigm.ue a un poeme OU les strophes sont agencées .discours de Skanda a ses troupes prMes a se débander . c'est-a-dire depuis le départ d'Arjuna jusqu'au début de l'ascese. lui aussi d'un épisode du Mahr7bhr7rata (chant II. satisfait du courage de son adversaire. Poona). c'est Vyasa qui invite Arjuna aaccomplir sa mission. arrivent ti Indraprastha OU Yudhisthira les accueiUe avec de grandes fHes. d'autant que Vamana et Anandavardhana le citent a partir de la fin du vm· siecle et qu'un de ses ver s semble faire allusion au Nyiisa. Il est done p!aus1ble de sltuer Magha a la fin du VII· siecle. sur le plan formel. les Sa1sons assimilées ~ d~s Jeu~e~ .écesseur (Jacobi). insulte d'abord Bhí~ma.de leurs compagnes. cependant que les princes assemblés peuvent voir l'éclat et la force du héros tué passer sur son vainqueur. en dessins géométriques diverso Les .au V. puis duel entre les héros.a encourage Yudhi~thira a effectuer la consécration royale (riijasüya) j Sisupala. quand au chant XV .e sur les déf~uts de . lui confere la faveur qu'il souhaitait. lequel apres un échange de défis et de reproches. La ~arration forme ainsi la réplique presque parfaite de celle de BharavI.auss1 des traces de mauvais golit. l'éléphant de l'armée divine. suscite les princes vassaux la rébeUion et cherche a bouleverser le sacrifice. notam~eIl:t celles du c?ucher de soleil. du camp~ment de l'armée. dont 11 ou 12 utilisés de fa~on courante. . quitte ostenslblement la salle.aversent la Yamuna. § 1. alors que dan s l'épopée c'est Yudhi~!hira qui invite son frere a se rendre dans le Himalaya et que les PalJQava se sont transportés eux-mémes dan s la forN de Kamyaka. est extrait. l'automne et la vie pastorale. puis Kr~l)a lui-mllme. La poésie de Bharavi est difficile. quittant Dvaraka. et un abus d alluslOns pédantes aux d1verses techniques. le. rJlPportecomment le héros Arjuna. le bain dans le Gange. 33-45 = 30 et suiv. Poona). Ce sont deux auteurs Jumeaux. contre 6 seulement chez Kalidasa. C~ récit était simple : Kr~n. Le réc~t épique n'est repris qu'~u chant XIV avec la se/me de . pl'lS sur le vif malgré l'intense poétisation qui le~ enrobe.e leve.chez Bharavi il n'y a pas de changement de résidence. Une dispute s'engage. mais la phrase est souvent concise et d'une belle vigueur malgré la dilution des scenes et la prodigalité des images. texte grammatical qui doit dater de 700 environ (Hultzsch). Les chants IV a XI chez Bharavi sont l'addition du poete j les passages afférents dans l'épopée.'a la possession d'armes divines.ous la c~nv~ntion. Com~e chez se~ deyanciers. Le chant XIX compare les formes que prend l'arniée se déployant pour l'attaq.son pré~. a celle de Kalidasa) j la métrique est assez élaborée : il y a 24 me tres différents au total. Les descriptions de nature. Les descriptions de nature (la route vers la montagne. moins fidCle que Bharavi. en telle ou teHe ~gure. L' ouvrage étincelle d 'images somptueuses.777. '<. et ti illustre ces figures chemin faisant.vier (miigha) cherchant a frustrer !e sole11 (ram) de son éclat (bhiis). S. la forllt. i.776. les preparattfs de la bata1lle. puis un combat aux proportions gigantesques. Enfin. 1 ép1sode mevItable des Cltadmes se pressant }l0ur voir passer Krsna etc. scene surchargée de détails concrets. roi des Cedi. mort de Sis~pala dont le pouvoir sera transféré au vainqueur.: les courÍlsanes qUl SUlvent les troupes. Le KiriiUirjunTya a été commenté une quarantaine de fois. poÉSIE. ' Le point le plus assuré est qu'il vient apres Bharavi. Cette bataille elle-méme est longuement décrite bataille rangée. sans lien avec le récit abondent a~ssi. . plttoresques.femmes. au chantIII (27-41= 28 et suiv. avec les fleches d'abord ave~ des armes magiques ensuite comme chez Bharavi.. puis rencontre un kiriita (chasseur de montagne) j un sanglier atte~nt simultanément par la fleche du héros et par celle du kiriita est revend1qué par les deux hommes.des impressions fraiches et V1vantes (mns? au c~ant VI) j 11 Ya b1en . la lune qui . Un peu plus loin. dont visiblement il s'exerce a imiter trait pour trait le récit et le style. Le roi Varmala dont son grand-pere fut le ministre a pu é~re identifié av~c assez de vraisemblance av~c le Var~alata d'une i. n n'a a n § 1. n'occupent que 23 ilokaj Bh. si ce n'est. le défi de Bhí~ma ti Sisupala. A ! exaltatlOn de Slva chez Bharavi. Le Sisttpiilavadha ou ttLe meurtre de Sisupala".nscriptlOn de 625 (Ktelhorn).ravi remplil ceci de descriptions et d'épisodes. tranche avec son disque la tMe de son ennemi. en renchérissant tant sur les qualités qu. les chants XII a XVIII (chant final) suivent l'épopée pas apas. Bharavi a voulu montrer aussi ce dont il était capable en matiere d'artifices verbaux. Magha aborde le sujet avec maintes modifications de détail. ¡aloux de la cérémonie et de I'hommage rendu a Kr~l)a. qu'au cours du combat le poete classique fait intervenir aux cÓtés de Siva les troupes dont dispose usueUement le dieu. le Himalaya. notamment a celle du [( limas({itra.une strophe sur deux condense des jeux de mots et diverses acrobaties figuratives. les scenes gala~tes ne font pas ~efaut. co~cours des Yadava et .216 LES LITTÉRATURES. Au contraire.

et I'ensemble du poeme forme une sorte de cursus religieux et philosophique. On place Kumaradasa (ou Kumarabhatta) antérieurement a Magha. vision des saisons. n a déclanché toute une littérature. 219 mots insolites abondent. de la qualité de ~ douceur". Mais I'objet principal du poeme est d'iIIustrer chemin faisant les regles de la grammaire et de la poétique. I'une et l'autre du XII" siecle : a. et le chant XX et dernier pousse jusqu'au triomphe" de Rama. On a ainsi des séries de Ramacarita ou °vilasa. Les sujets sont empruntés surtout au cycle de Rama et 11 celui de Kr~l. des Ramaya(/asa1pgraha.lU. a son terme. Citons seulement le Rava/. enfin (regles relatives aux) désinences verbales. de la montagne.vTya. Kumaradasa. On ne croit plus guere aujourd'hui que ce bha({i (skt bhartr) soit le meme que le grammairien ou le poete gnomique Bhartrhari. Des raisons internes conduisent a penser que le Bha({ikavya a été imité par Magha et connu de Bhamaha. est Rava/. mais né probablement au Bengale. La portion de poétique traite des figures. poete de cour d'un prince de Kanauj (Vijayacandra). L'ouvrage a été largement commenté (30 commentaires environ). du soleil couchant. parfois éblouissante d'ailleurs./{trjunlya (ou Arjunarava~¡fya) de Bhauma(ka) [nom sujet a varier dan s la tradition]. le seul épisode du svaya/pvara n'occupe pas moins de cinq chants. de la ~ description vive" . les formules vigoureuses. poÉSIE. I'exces meme des contraintes qui ont pesé sur le poeme a tourné parfois a I'avantage du style. traite de I'épisode connu du Ramayal. le poeme commence avec le regne de Dasaratha. par Kavrndracarya (XVII" siecle). sous prétexte de narrer l'épisode de Nala et Damayantr (§ 784). Mais seule une partie du poeme a été conservée en sanskrit. tient lieu de tout don véritable. Sr¡har~a et Mañkha. classées en ordre méthodique selon quatre rubriques : regles ~dispersées". le mariage de Sita n'intervient qu'au chant VII.lCJakhadya. § 1780. Parvatlpari(/aya. etc. Au chant XVII. . poeme dont le titre authentique. Les histoires de mariage sont les sujets préférés. La poésie de Bhatti est souvent ingénieuse. freinant I'emploi des longs composés et des images alambiquées. seule la métrique d. § 1779. Comme dans les autres kavya d'allure épique. mais le style de Kumaradasa. le reste est du sanskrit reconstitué sur la base d 'une glose singalaise littérale. na fallu d'autres artifices pour que BhaW retro uve quelque chose qui ressemble a de la simplicité.Ia est le héros). le Kha1. Les ~grands kavya" se multiplient se répetent de I'un a l'autre.l1pari~/aya. est plus compliqué que celui de son ainé. OU souvent il passe pour I'idéal du mahakavya. Le Bhattikavya. Rukmil. n y a aussi les habituels préceptes de politique. en sorte qu'iI pourrait se situer vers le VI" ou VII" siecle. I'ouvrage jouit d'une grande célébrité. jeux. Le poeme comporte de longs discours ou ne manquent pas les maximes bien frappées. on ne doit pas l'oublier. les épisodes du Mahabharata (autres que ceux dont Kr~l. allant jusqu'a la victoire et au couronnement de Rama. a partir des IX· et X" siecles. aux douze idoles de Vi~l. I'ampleur étant réservée aux éléments descriptifs : scenes de la cour. enfin. et dans les réponses de la jeune femme. Le genre s'enfonce peu a peu dans la convention. cité dans les Traités. Le conflit de l'amour et du devoir qui se traduit dans les paroles de Nala. etc. les metres sont au nombre de plus de 30.emeure relativement simple. riche en mots rares. en 22 chants.Ia. Le Janak¡hara/. en 27 chants. Le Kavirahasya ou ~Mystere du poete" de Halayudha (x" siecle) en deux recensions. a Dattatreya. auteur kasmlrien de date incertaine (peut-etre antérieur au VII" siecle). dont le texte a été trouvé dans le Sud et figure dans une versiori singalaise ancienne (d'ou la croyance répandue que I'auteur n'est autre que le roi de Ceylan de ce nom. VII. a peindre le lever de lune succédant au jour des noces de DamayantI. ainsi quand Nala luimeme décrit au chant VII les charmes physiques d.218 LES LITTÉRATURES. multiplie les dissertations sur des sujets philosophiques ou techniques. qui régna en 517-526). au cnant IX. C'est. attestant d'ailleurs une maitrise éclatante en nombre de sastraj l'auteur. Vaste épopée en 22 chants. n y a des portions inspirées du Raghuva1¡lia et du Siiupala. Plus curieux encore est le Jagadvijayacchandas.la. mais moins connu. malgré la banalité du theme. a la déesse bouddhique Tara. enfin un chant est constitué par des versets qu'on peut lire a la fois en sanskrit et en prakrit./a ~L'enlevement de Sífh. Le Dharmaiarmabhyudaya de Haricandra. qui iIIustre dans leur ordre les regles de Pal. tout en relatant I'épisode connu du Ram. Comme le note Keith. souvent au détriment du tact. elle-meme incomplete et ou une aHusion est faite 11 un chant XXV. une virtuosité toute formelle. Radhamadhavavilasa. bien en retrait. aux matérialistes. L'ouvrage porte trace d'une double recenSlOn. il rappelle le conflit qui s'exprime dans . I'imite avec servilité. mais apres Kalidasa et apres la KMikavrtti (vers 650). ou ne manquent pas des allusions. Le récit luimeme procede d'un pas si lent qu'il parvient tout juste. relativement insolites.liques. En fait.3l-33. Les représentations érotiques sont également en évidence.l(lanakhaI. les faits sont souvent retracés de maniere schématique. est aussi celui d'un traité fort érudit sur le Vedanta. recueil de racines et de mots lexicaux arrangés en une sorte de litanie 11 I'adresse d'un prince contemporain.(ou : Nai?adhrya-)carita ~L'histoire du Nai?adha" de Srrhar~a. qui. images galantes. Le Nai?adha. Ramacandrodaya. Deux reuvres émergent. RaghavayacW. L'auteur du ~poeme de Bhatti". Le fait qu'il ait écrit a ValabhI sous le roi Srldharasena ne fournit pas de datation s11re. poeme jaina du IX" siecle. n'estpas une personnalité aisément saisissable./avadha (distinct du poeme cité § 1768) ~Le meurtre de Raval)a". L'imitation de Kalidasa est flagrante pour le sujet comme pour la forme. en troisieme lieu viennent les tMmes pural. regles soumises a un principe-gouvernant (adhikara). etc. supérieur a tout ce qui s'est fait avant et depuis. mais peu d'entre eux méritent de sortir de l'obscurité. " . est défini en termes saisissants. pressant DamayantI de choisir un dieu pour époux.e celle qu'il aime.lini. les dieux qui ont pris part au svaya1¡/Vara décrivent les diverses doctrines dont ils se font les protagonistes. dont 23 dan s le seul chant IV. ilIustrations (de poétique). En tout cas. fournit un répertoire des racines sanskrites dans le cadre d'un panégyrique du roi ral~tra­ küla Krg1araja III. les clichés § 1781. un remaniement de la geste de Rama.

Nombreux sont les poemes sur la reine Victoria. on dOlt plusIeurs kiivya. Y. Le chant XXV. d'un autre Abhinanda. est assez intéressant : il dépeint une réunion littéraire ou sabha : Maúkha nous montre comment il fut amené a lire son reuvre chez son frere m~me. tiré de BaIla (S 1841) par un certain Abhinanda du Kasmí:. tel le Krtdambar¡kathüsiira. vieretracée en 17 chants. . un auteur méridional san s doute du XI· siécle. le piquant est que le Yiidaviibhyudaya fut commenté par un auÚ'e Vedantinnotoire. lequel est d'ailleurs en pros e) estfourni par le Gauqavaha «Le meurtre du Gau(la" .spécimen du geme . Les kavya historiques.tation d'un poeme persa~. un Uttaranaifadha. qUl relate en dlX chants les «Dix incarnations" de Visnu. Sundaravalli (Mysore). peut-~tre un contemporam du précédent. et qui avait groupé un nombre de poetes.~. La production des lciivya n'a pas désemparé jusqu'a l'époque la plus récente. 221 le Saundarananda. dont le nom est écrit Kalya1la. Des résumés versifiés de l'Épopée. en 24 chants. avec mtruslOn d eléments Slvalt. dont le theme e~t puisé dans un épisode fameux du VU'ü!aparvan. c'est une épopée kr~l}alte en 5 chants. MaJikha ef. les panégynques de l'épigraphie sont des poemes a prétention historique. étant amalgamée avec des mythes ·vi~l)uites.chant ~V et derni~r). il donn~ des caractéristiques poétiques des 33 personnalités présentes. . dé~on Andhaka. etc. C. Venkataramanayya (Mysore). Leur sujet certes les oblige a certaines limites. des poemes a contenu mythigue.cette maniere de praiasti qu'est le Raghuval¡zia. D'autre part. AppayadTk~ita.la maJijarl.V. du XIII· siecle. des campa. o. sur des darbar.) . est s)lrtout apprécié par ses traités vedantins. sur Gandhr. M. de descnpt~ons dlVers~s. qui était ministre du roi Jayasilpha du Ka~mIr. par la technique du mOlllS. rend un insigne hommage ~ son a. par Nítivarman (auteur probo bengalí. en l'honneur de Siva. Plus rarement. Kshama Rao (Bombay) : a cette derniere. le Gau~abhmanda. on doit entre autres une Vie de son pere. A Appayad¡k~l~a IUl-mtH~~. né en 1860. au chant IlI. D'assez faible valeur littéraire. le Damaruka. on lui doit aussi un grand nombre de commentaires et peut-etre une sorte d'anthologie dramatique. . § 1785. Le Dasiivatüracarzta. qui avait passé sa vie a réfuter ces the~es et qui.yudaya. et. b. de politique. dont le graCIeUX et spmtuellryitSataka «Une centaine de vers en metre iiryii". V. D'autre part. on peut ~iter Narayana Shastri (Tan: jore). On a aUSSl des traductIOns de poemes de Tagore. on possede un Rümacarita en 36 chants. ínspirée par la Bhagavadgftü. une aut~e (Satyrigrahagltii) par la pall~lta Kshama Rao. l'autenr. mmlstre d un 1'01 de Tanjore (XVIII' siecle). Plusieurs des ouvrages cités sont des biographies légendaires. et notamment /(üdambarl. celle du Buddha. sur Tilak. Motilal Nehru. notamment une Gitü en 24 chants par Tadpatrikar. poete de cour du roi Ananta du Kasmír (XI" slecle). b. un protégé du roi Yasovarman de Kanauj.. _. victo!re de ~i:a sur le. est ne dimensions beaucoup plus modestes. ~ On peut faire une place a part aux ~uvres de. Le reste est poussiere. auxquels sont dus aussi des drames. On y trouve de longues descriptions. et meme des femmes.l!hacarita du poete kasmírien Mañkha ou Mañkhaka décrit en 25 chants la destruction du démon Tripura par le dieu Siva. dont il a versé la substance dans son épopée.utre des m~~uel.qui retrace a I'imitation de Magha la. a commencer par le Buddhacarita ou par. Le Sr¡kal. d'érudits. a été con~u pour IIlustrer toutes les variétés du yamaka (S 1567). peut-etre rajouté apres coup. Le theme de Nala a fait I'objet d'un certain nombre d'autres poemes. de romans bengalis. On peut relever cependant quelques noms : le Haravijaya ou «La victoire de Hara". Le Harivilüsa «Les Jeux de Harlll par Lolimbaraja. K~emendra a aUSSI versífié plusieurs reuvres littél'aires. orientés vers les theses des Srívaisl)ava. de Vakpatiraja (Bappai-raa). Un autre écnvam multiforme a éte Ghanasyama. figurer le poéticien Ruyyaka (S 1562) et l'historien Kalhal}a (S 1768).. Ramasastrl (Mysore). résumé d~ RamüyUl. dans les éléments descriptifs qui forment d'ordinaire l'essentiel de l'reuvre. Parmi les actuels artisans. sa famille etson pays. ces reuvres se distinguent pourtant de la mas se des autres par un style relativement simple et coulant. poeme en 8 chant~. Pandit. etc. d'un exposé de sivalsme kasmIrien. En dehors de i'épigraphie. Mahalmga Shastrl (Madras). C'est aussi le theme de Kr~l)a que développe le Yiidaviibhyudaya «Le triomphe du Yadava" de Yedantacarya (aliiis Veúkatanalha ou Veúkatesa ou encore VeJikRtadeslka). Un ouvrage curieux est le Kathrlkautuka de Srívara (xv' sieele). au IX· siecle). de facture plus ou moms pédantesque.dversaue. e~ bou~rant la matiere de dlgresslOns pohtIques et erobques. figure typlque de polygraphe qui.K~emendra (Vya~adasa).~ § 1783. . le sanskritiste renommé Sankar P. de metnque. Les küvya ~ro­ prement histol'iques ne different nullement. dldac~lque (S 180? et Sll. . l'hi~~oire de J?se~h d'a~re~ le Yusuf u Zul8!kha de Jamí. antérieur.sIC. a saVOlr : a. le spécimen le plus ancÍen d'un küvya historique (si l'on ne tient pas compte du Har. mais la part de convention se retrouve a plein dans ia facture. Le Klcakavadha «Le meurtre de Kícaka". § 1784.a lalsse plusleurs küvya. qui est du XVI· siecle.. en 5 chants.i parmi plus de 6 O ouvrages en .t aussi le compilateur d'un lexique réputé (S 1547).s no~ables de poétiqu? (S 1564). . Le style atteste une redoutable virtuosité. § 1839.w jusqu'a la mort de Kumbha-Nikumbha. e~c. la neuvieme. parm! le8quelles on voít. le poeme épico-Iyrique repose sur la versification d'un roman en prose. la (Mahü-)BhüratamaJijarr et la Rümayal.es (amsl l'hymne a Siva ~u. Cette portion finale est écrite en Sloka de facture plus simple. c'est l'adap. § 1782. qui en fait I'un des ouvrages les plus difficiles du geme. P Iii 220 LES LITTÉRATURES. en 50 chants et 4321 vers -le plus volumineux . en 16 chants. Raghavan (Madras).mcarita. au IX· siecle. des poemes brefs. de poe.------------------ l' poÉSIE. ainsi que le sle~a (chant III). . qui a été composé au XIX· sieele par Vandarubhaga. parmi lesquels le Nalodaya pl'écité (S 1768) et une suite au Nai¡~adha..sanskl'Ít figurent sous son nom une séne dekiivya. d'autres notables. «bouquets" qui constituent apparem~ent desex~rcices poétiques. d'une plume élégante et simple. une relation sur l'auteur. co~mentant ici le Yü~aviibh.une trentaine d'reuvres au total. Autres mahakavya. du kasmIrien RajanaKa Ratnakara (IX" síecle).

Citons encore le PrthvlraJavijaya de Jayanaka. a part certaines descriptions verbeuses. Hemacandra. qui brosse la généalogie et les exploits d'un prince Cola de Vijayanagara (XVI" siecle).a. parfaitement mythique. le Vrrabhanüdaya par Madhava. Ce qui.rappelons le~ «ballades" du Rgveda. Les Jaina en particulier ont été fort enclins a ce type de composition. a pu dans ce domaine donner l'impulsion par son Kumiirapiilacarita. 19 O O strophes en miihiirii~trl. certains éléments lyriques retral(ables en pali ou dan s le canon jaina. dans u~e partie au moins de son ouvrage. des images originales. le Sürjanacarita de Candrasekhara. les exactions de certains rois et de cer~ tains fonctionnaires. 12 chants.. le début des Cahumana et I'histoi1'e aneienne du l1ajputana. relate la conquéte faite par le roi Sindhuraja Navasahasaüka de la filIe du roi des niiga Sasiprahha (cí. semé de 58 kathii ou «récits" édifian~s. on retro uvera son nom S 1790. et dont le point culminant est marqué par le GUagovinda. L'intervention de Siva dans les affaire s politiques laisse planer le doute sur l'authenticité des faits allégués. narre la défaite qui fut infligée par ce roi a un prince Gauga (S 219) j l'élément historique occupe peu de place. de la m8me époque. d'autres en apabhraJllsa. on notera maints détails importants pour l'histoire sociale. Généralités.--__. qui d'ailleurs demeurent souvent dan s un vague prudent. etc.lhilvag et notamment de Kumarapala (S 217). De l'auteur nous connaissons (par son autobiographie au chant XVIII n . excluent en principe le s?jet épique. qui couvre une période mal connue.dans la mesure on l'inspiration lalque se laisse dissocier de 1 mSpll'atlOn sacrée. comme pour d'autres secteurs des lettres sanskrites. en 18 chants. au moins sur le plan du style. et l'reuvre a pu étre interrompue par la chute de Yasovarman.) que littéraire. A partir du XII" siecle. La lyrique proprement dite § 1.) ce type de poemes qui comprend en particulier les strophes iyricoreligieuses de BaQ. mis dans la bouche de Hemacand1'a et destinés a obtenir la conversion au jainisme du héro~. prose et vers. Nous avons étudle par avance (S 880 et suiv. le soin qu'il prend a peindre les caracteres.. poÉSIE. est la fameuse Hiijataraligini de KalhaQ.786. 223 milieu du VIII" siecle. sur la dynastie Vaghela. Le regne de Har~a (1089-1101) et celui de Sussala (1112-1128) sont riches en scenes frappantes. 8 en prakrit) traite des rois Calukya d'Ar. qui n'est pas sans valeur . l'élément historique est donné ici par voie d'allusions. L'histoire de Kumarapala est concernée aussi par un autre poeme jaina. La compilation a pe1'sisté jusqu'a nos jou1's. ce sont les umvres ttpr~~ane~". qui vont de quelques strophes (type muktaka ou «détaché. par le ton incisif du dialogue.788.a (fin du Xl· siecle et cí. e'est avant tout une reuvre littéraire.uisme médiéval. L'auteur parle des anc8tres du souverain. a la gloire d'un roi de Tanjore au XVII· siecle. étaient des dispositions favorables pour une reuvre qui a tous égards so1't de l'ordinaire.a. les plaisirs de la ch. Le poeme. déhut du XI· siecle.) a une ode plus ou moins étendue. puis s'attarde aux guerres qu'il a menées. vie galante. tant au point de vue historique (cf. l'ouvrage est en mahiira¡w¡ Jama. l'un des chefs-d'reuvre de la lyrique indienne. supplantée peu a peu par les poemes en vernaculaires. reuvre originale du Bengale. en m8me temps qu'un texte important par l'impulsion qu'il a donnée au vi~Q. héritage de l'hymnologie védlque. le tout arrangé dan s le cadre des Saisons. avec quelques partws en sanskrit. S 217) dépeint la vie du roi Vikramaditya VI Tribhuvanamalla de KalyaQ. Bien qu'ayant été l'elégué au second rang par le développement extraol'dinaire du«grand kiivya».revanche.asse. le ramassé de l'expression. C est le Kasmlr qm a donné lCl les reuvres prééminentes. en 2 Ochants. Toutes ces ~uvres so~t effac~es par cel~e~ de BilhaQ. le Ramapalacal'ita (S 1752). § 1. quelle que puisse 8tre la poétisation. précipitent une allure dramatique qui placent l'reuvre bien loin des limites et des asse1'vissements habituels du kiivya.787. on l'on sent un contact avec une réalité toute pro che. . S 217). le cadre est emprunté a la. S 212 et suiv. l'effet du printemps sur les passions humaines. a savoir de faire le moraliste et non pas simplement le chroniqueur. le Srhgiiratilaka «L'omement § 1. Les buts m8mes que s'est proposés l'auteur. et dernier) le parentage. entrainent un dépouillement du style. qui en 28 chants (20 en sanskrit. pOur les épisodes comportant un enseignement humain. et un de leurs plus féconds écrivains.. le sujet religi~~. ~~~----'"' 222 LES LlTTÉRATURES.jusque par ce mérite négatif d'étre dénuée d'affectation dans la forme. D'une toute autre importance. par sa p1'op1'e épouse Ramabhadramba. sous un récit . ouvre la ~érie sont précisément des reuvrettes attnbuées a tort a Kahdasa. le poeme lyrique proprement dit n'a cessé de fleurir. n comporte d'aiUeurs nombre de traits communs avec le mahiiklivya. le style est une sorte de prose versifiée qui. BilhaJ?a. Le Navasiihasii1ilcacarita. y a des traces probables de cette poésie (semi-) profane aux époques anciennes . Mais il faut descendre a l'époque de Kalidasa pour voir se fixer une lyrique non religieuse et dont. I'AcyutarayabhYlldaya de Rajanatha Dil. fin du XII· siecle. en 18 chants. plusieurs chants sont consacrés a des themes conventionnels. Ces passages et bien d'autres. 12 chants (subsistants). En . les origines mythiques du drainage au Kasmlr. mais le texte est-il complet? Ce qu'on en a semble une sorte de prélude. Mais justement. Les dimensions des reuvres. esttres frequent. le tableau des cultes populaires l'administration du royaume. KalhaJ?a. Ces mérites n'eussent pas suffi peut-8tre si KalhalJa s'en était tenu au style kavya..a et de Mayilra. Le Vikramalikadevacarita de BilhaQ. son penchant pour les maximes. A c6té de la seche chronique. Ce qui nous retiendra ici. d'ou son titre Dvyiisrayakavya «Poeme adouble support". fait penser a des passages du Mahiibharata. les rivalités entre les sectes et le~ castes. le Raghunathabhyudaya. l'auteur donne place a des épisodes colorés.lgima. les étapes principales de sa carriere.. c.a et surtout de Kalhal}a. les jeux du roi et de sa jeune femme. L'ouvrage illustre en m8me temps les regles de grammaire. de Somaprabha (fin du XII" siecle) ou l'histoire se1't de cadre a des sermons. ces textes pseudo-historiques se multiplient. de Padmagupta (alias : Parimala). comme il était a prévoir. etc.

. u e IV ou e V· SU l' t ne saIt flen c'est l'un des . On a cité ci-dessus S 1768 le Rakfasakavya. mais a des fins religieuses. connu sous le nom de Mayürüftaka «L'octaine de Mayura". r au eur meme.r qe u genre. le Ghatakarpara ou «Le vase brisé" (aussi attribué a un auteur du meme nom). C'est une collection de vers détachés.strophes d'Amaru figurent anonymement ou ·sous d' lvers patronages. de K~emendra (S 1783). Mi-religieux. e n cItaIt trolS stances. 1 ~Cent?-rie" comme un ~cueil collectif a~~: attflb~tI~n. ailleurs encore. sous la parure poétique. enfin qu'il n'y a aucun' commentaire anteé . es . e d~a l'¡~gTédIent presque indispensable des m\ ~~_Raghuvm!¡sa dev~en­ d appUl dans la littérature médicale d' t a (t rtvya. § 1789. La réus~ite n'est que tres partielle. les caractél'Ístiques des saison's. ermmant par le l)rmt e motif .ne. cinq versets seuls sont communs a tous les textes. dans un style plein d'harmonie. mais il a d' munes aux qu~tre. dont une Satsa! en hindI. ' . Amaru. comme l'auteur le reconnait lui-meme. . les images sont d'un réalisme ardent. Plus volumineuse est l'Aryüsaptaiatr «Les sept cents (strophes en metre) ürya" par Govardhana.~uffit a. {'une est une lt Réponse" (Bilhal]apallcMatpratyuttara) par un certain Bhuvara. Ce rérit-cadre. e e donne du monde pas indigne de Kalidasa ' auquel la tas~~~Jral~~e. par un certain Muka qui passe pour le contemporain de Sarikara. a gre certames gau h ' cer t ames re Ites cette reuvre est bie ' Tb' II cenes. C'est le souvenir évoqué par le poete des joies amoureuses qu'il a goatées dans sa liaison avec une jeune princesse. Le Rtusamhara. D'autres petits ouvrages analogues ont été groupés dan s le recueil du Küvyasar]lgraha ou Kavyakalapa. mentionné S 838. Le chef-d'reuvre de 1 "1' le recueil de cent stances la ~ce t ' . e ?ns e corps du rOl l l'expérience des choses de l'amour re. par Viharilal qui précisément repose sur l'reuvre de Govardhana. L'état textuel de l'ouvrage atteste sa popularité. la yersion dite d'ArJ'unqa re recens lO ns (celle du Sud. ~ un~t~ de t~n . l'ébauche littér~ire au res d~n~ 1 éplgraphie des et déja. appelé Bilhat!llcarita ou Bilhm. ou brievement Pañcaiika «La cinquantaine" le titre plein n'est pas parfaitement clair). Au poete du Süryaiataka. alors que 341e sont aux deux versions citées. arrangés en sections (vrajyü) par ordre alphabétique. D'autres compositions s'y apparentent. intitulées parfois elles-memes Pañciiiat ou PañcMika. a .gouter les joies . ainsi.pr~s~es efouses ~e ce roi verselle des Techniques. d' . a laissé aussi un poeme lyrique intitulé Caurapañcatika «Les cinquante stances du voleuT» (alias : Caurlsuratapaíiciiiikü.«. BilhalJa. c'est 1 e 1 d ' . lamentations de la fille du roi. L'auteur du Vikramüilkadeva (S 1786) et de Kar~wsllndar¡ (S 1897). plein de mots a double entente.a PO~bSIe ynque profane est "n une" attn uée a A (1) L ' date d e cet auteur est incertal'ne maru m. sur un total qui et surtout dan s la séquence ~ans l::~z t~ves. ayant été condamné a mort pour avoir fréquenté la filie du roi (aupres de qui il avait été placé comme précepteur). alors qUl' d'autres vont jusqu'a donner les noms du roi et de la princesse. on " personnages mystérie d 1'1 d ' ce qUl ne signifie pas u'on doive écar . ou traiter la a en dlssuader.~ . manque dam beaucoup. mara{hI.n apltraIt ans le Ramüym.224 LES LITTÉRATURES. déroule une suite de tableaux délicats.¡akavya. 1a verSlOn commentaires. et avec un theme él'otique prévalent. composItlOn autoest combiné e avec des all J? y g l' es mamfestatlOns de la nature USlOns ga antes . Le po eme s'adresse d'ailleurs aune jeune fe' changeantes que procure chaque sal'sonmmMe'l m. dont le fond est sans doute inspiré du Meghadüta. L'autorité eBe-meme de BilhalJa est au demeul'ant as~ez incertaine. comme on l'a p~nsé un part qu'il a été composé avant 4 7 ~uvrage d~ Je~n. la Paliciiiikii. n.a des pomts Gupta. Le Rtusamhüra o L sons" décrit en six chants les six s~ison~ de l' u. composa et récita aux iieux memes de l'exécution les 50 strophe~ qui émurent a tel point le prince qu'il fit grace aussitot et Mnit i'union des jeunes gens. § 1792. . Vaguement inspiré du Meghadüta et d'un épisode du Mahiibhiirata. La Caurapañcasika. poÉSIE. Sur cette base on a du plus tard élaborer un récit aux termes duquel Bilhal)a.. . gujriiti. ce pourrait avoir été. ~ef elle ne serait ra 1 1O~ attr ue. du monde animal une visio: eqUl 1 re~. une au Sud. connalSet l'on s'est demandé si la réda .. Ily a de loin' ". rédigée en strophes vasantatilaka. . une trentaine de strophes élégamment tournées.qu on . nt o ogIeS e? font état. Mayura. .annee mdlen. fleur au XVI· slecle. du d " ' .e~se. 1 . etermmees par autant devarman ou ' e Bombay. tames llllltatlOns en apa§ 1791. a reJepoSItlOn. dont une au Kasmlr. dans la prose védique diverse .lm~te dan s une inscrip. au. Une composition du meme type. Vamana un peu plus tot (vers 800) " . Le poeme est conservé en plusieurs recensions. On sait d'autre tion de cette date (Kielhorn) On t ' dayan~ eted. Rappelons par curiosité l'a y. un poete de cour du roi Lak~mal)asena et contemporain de Jayadeva qui le mentionne. c est le noml'. Toute~oi~r~u ~s mette~t en év!dence 1. Le modele a été la Sattasar de Hala (S 1795). ~ttnbutlOn. La description des a sa es d ~e une. XI· siecle. on fait valoir les défectuosités d' anmollls. Il existe plusieurs autres«septcentaines" ou «trois-centaines" ou analogues. mi-érotique (comme les reuvres citées § 884) est la Pañcaiatl ou «Les cinq cents (versets)" d'hommage ~ la Déesse. . 22 frontal du sentiment érotique". en aUJour hUl né ' . on souligne que les oéticiens " . vaJ'~ntes dans la teneur n o ogles. le :Ile style assez élaboré semble . 22 strophes de factures recherchée. .lQ. le Muktüvalr et la LavalJyavatt. qUl falsaIt defaut a sa pratIque uniL'Amarusatalca est connu en ua t . Bengale. ter 1 . 51 stances sont com commentalres ou de groupes de varie de 9 O a 115.!tusaqlhára seu! qui consacre a un pareil the ate ancIenn~. varie luimeme selon les manuscrits. n e anCIenne. est imputable un brefpoeme en 8 strophes. a yamaka's.etrouve mcidemment au chant XI ~mps.~. ) d' mIXte. en com' ."ltee a. qui expose les .ux termes de quoi c'est Saúkara en nec o e u . d autres sont attriA 111 § 1790. 1'époque de Kalidasa C'est eu ctI~n touvaIt en 8tre reportée jusqu'a indiquer le VII. est le poeme a la gloire de CalJgf.Sanka:ad¡gvljaya: 1 reuvr~ : par le pouvoir du Yoga il auraliepr:~::~ :tUl ~uraIt compos~ ka~mTrlen Amaru afin de connaAt . de date mal établie. siecl~ plutAtPquePlro a. 5 bhrmz!Sa. A-nan davar dh ana (vers 850) saIt e texte.u st~le et de la comque MaUinatha 1'ignore quePrarement ~e scl~n~alma~s le {ftusaqlhüra. portrait d 'une jeune femme. a ~onde des saimen~ant (fait singulier) par l'été en t .~e. végétal.

. autour duquel un réviseur aura accumulé des strophes de diverses provenances. Quand elle yerra l'homme qu'elle aime. Elle détourna ses yeux mi-clos. est iéger d'ordinaire. un instant piquant ou ému dans les relations entre l'homme et la femme. . a considérer qu'il y a eu un noyau ancien. / que les ténebres rampent. Que faire? A qui le dire? Rama n'est plus sur terreo Nul autre ne connalt la douleur d'étre séparé de celle qu'on aime. Heureux.Méchante. jamais je ne te vis un tel courroux . SIl on n est pOlnt um avec l'étre qu'on aime.é ~es personnages import~ . Si cette attribution était a prendre a la lettre. reconclhatlOns rapides' plus rarement on rencontre 1 evocatIon d une douleur. et l'expression épouse avec un art parfait ce qu'entend décrire ou suggérer le poete. elle s'est dressée sur son lit. Dans sa colere. . § 1794.Moi! Tu n'as aucun tort envers moi. .. Le coour a beau s' étre endurci. a la démarche rruentie par le poids de ses larges hanches.. Ó amle chere... mais aucune ne se laisse comparer de loin avec Amaru. un sourife échangé servait de pardon. Ainsi parlait l'époux. la nuit prochaine ? Et lui qui voulait partir pour cent journées de voyage. Abandonne ta colere. les querelles S?. . Je ne comprends pas comment mon coour ne se brise pas en cent morceaux.~on. le sIlence. et e'est pourq~oi je pleure. recueil en maharaf(r! attribué Hala. .~stlIl~e née de 1 affectlOn. mais presque aucune n'est indifférente. ta voix . tournant bien vite le cou. regarde-moi penché a tes pieds. elle fait douloureusement un pas vers la maison. une attitude. ne sois plus en colere I . "" • ' Ce coqum a vu ses deux blen-álmees asslses sur le meme banc... Jadis. un regard. n est pourtal1-t difficile de faire remonter la Sattasa!. buées a Amaru qUl manquent dans nos manuscrits du Sataka.indiscrete qui redit au matin les mots d'amour qu'elle a entendus la nUlt. tandis que le tonnerre des lourdes nuées l'emplit de crainte et que sa femme esseulée regarde vainement sur le chemin.ut sUl~les de. on ne compte pas moins de six «recensions».Que sUls-Je pour toi? . puis laslle. froncer les sourcds étaIt de la colere. dit-elle en pleurant. de meme il y a une lyrique prakrite dont l'expression la plus achevée est la fameuse Sattasa! (skt : Saptasatt) «Les sept cents . de faveur. a une date si haute. La géographie de l'oouvre est bien celle du Mahara~tra. la femme du voyageur regarde le ch~mm o~ est parti l'amant..Eh bien. Il existe sans doute d'autres transcriptions lyriques de drames anciens. que Hala est d'apres les Pura/. le regard perce. reviendras-tu ce soir. 227 § 1793. parfois profondément divergentes. Elle cou. je ne la suis pa. consolent l'épouse inquiete. l'amant se laisse battre..Alors pourq~oi pleures-tu. la nl!it es~ ~ieux. de la dynastie des Satavahana. dont les joues brillent d'un rire retenu. OU toutefois l'intention moralisante est sensible et dont nous parlerons avec les autres spécimens de poésie gnomique. eHe regarde eIl.amo~r. il n'est pas expédient de voir dans la Sattasa! une a 8. le proche passe devant mOl comm~ s 11 étaIt ~n étranger .Non.Ou vois-tu que je sois en colere? .. Spécimens de l'Amarusataka.226 LES LITTÉRATURES. Si mon amant est devant moi et qu'il me dit des mots d'amour. La jeune femme a vu que personne n'était dans la chambre. a partir d'Arjunavarman (XIII· siecle) et les citations chez les poéticiens sont nombreuses. «le f:ras-tu encore?" balbutie-t-elle d'une voix suave.Peu. Hala. n?tre amour est bien mort. Mieux vaut le jour que la nui~.. ne cMe point. Un peu a part est la fijulaghvl. Ne devrait-il pas etre de retour en ce moment? Et. La Iyrique prakrite. Ah. . . Finie l'emprlse de l'amour. et ce qu'on sait de la faveur dont jouissaient les lettres prakrites sous ces princes inciterait aussi a admettre cette attribution. laissa couler des larmes abondantes. du moins dans l'état ou nous l'avons. par Pürl}asarasvatI. reuvre moderne. L'inspiration d'Amaru estlimitée: Com!lle il arri~e en général dans la lyrique chaque strophe forme une umté qUl se suffit a elle-meme. . les seins lourds et fermes et qui pointent. ce qui suit et ce qui précede. ceUe qui me ravit l'existence. chacune repré~ente un tableau. puisque tu te roules ames pieds et que ma colere. Quand Je pense et repense a ces jours écoulés. optImIste.. c'est moi qui ai tous les torts.en réalité sur les 1.Tu m'en veux. il faudrait situer l'ouvrage des le ¡Ir ou le }I' siecle. n ne manque pas d'autre poésies El themes galants. et tandis qu'elle pleure. 22 strophes versifiant l'histoire de MaJatI et Madhava (S 1883). sans inquiétude. L'.. une pumtlOn.N est-ce pas devant mOl? . des Ratimañjarl.. ó belle. c'est la perruche . voici qu'il ne peut plus s'arracher du foyer. dont le calUr frémit d'amour. En revanche.core. abol~e 1 amItié. comment se terminera sa bouderie? Cette filie aux longs yeux mobiles. le visage brUlé laisse naltre un sourire. lianes agiles' elle l'entralne au pavillon des jeux. qui l'embrasse longuement. elle le serre solidement entre les doux liens de ses bras.Ma bien-aimé. Ou bien encore. Mais elle aper~oit un frisson sur sa joue . l'identit.be ia tete de honte. il penche le cou de cóté et l'autre filie. y. . décidé a tout nier. elle l'embrasse. je ne sais plus si tous mes membres deviennent yeux ou deviennent oreilles. Ces pieces minuscules sont souvent de substance légere.200 auxquelles on arrive en ramassant tous les éléments épars de la tradition. la peau commence a frémir. en présence de ses compagnes. amOl méchante. On est amené . poÉSIE.(strophes) ».s. quand les routes se confondent au déchn du Jour. voici qu'ill'embrasse. La parole a beau se contenir. il rito . a regardé longtemps le visage de son mari qui fait semblant de dormir. Une vingtaine de commentaires sont connus.dlssoute 1. vois-tu. plein de désir. C'est la séparation des amants.e. faisant allusion a sa faute . § 1795. d'une a'mertume. d s'est approché précautionneusement par derriere et tandis que de la main il bouche les yeux de l'une comme s'i! voulait instaurer un jeu avec elle. vU.. c'est le voyageur qui prend de nuit la longue route.Seigneur I .. De meme qu'il y a une épopée prakrite allant de pair avec le lyrisme «épique» en sanskrit. le voyage entrainant l'époux loin de celle qu'il aime : reviendras-tu It midi. Chérie I . c'est ma bien-aimée . Aussi loin que porte la vue. et ne dit pas un moto Les sourcils ont beaú se froncer. et qui n'onl en commun que !t30 strophes sur 700 .tremble-t-ell~? :Devant qui est-ce que je pleure? . Rires de l'époux. si ce n'est la portion dnig ara » de la triade de Bhart!'hari (S 1801).la le 17' roi des Andhra ou Satavahana (Salivahana) du Dekkan. que le)our. non I que l'un et l'autre alllent a leur rume. . des Srligarasara ou 'rasa ou 'malijar! ou 'vilasa. Le trait commun entre toutes ces reuvres est le groupement des strophes en «centaines» : la propension des Indiens pour les arrangements numériques a créé la une convention féconde. . Le plan semble avoir été d'inventer des variations sur un meme sujeto Ce sont les confidentes qui conseillent l'amoureuse craintive.

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LES LITTÉRATURES.

POÉSTE.

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simple compilation a l'origine; il Y a une indéniable uniformité, qui parait confirmer ce que laisse entendre une certaine tradition quand eHe dit que l'auteur a recueilli de la bouche du peuple des «chansons" (giithii) qu'il a ensuite arrangées littérairement. D'autres traditions, plus récentes, connaissent, au moins en partie, des noms d'auteurs de strophes ou de séries de strophes particulieres; parmi ces auteurs, il y aurait méme des femmes. Bref, le probleme est complexe, et il est en tout cas impossible de décider si le roi Hala est lui-méme l~ premier «arrangeur», ou quelque poete de sa cour (on a pensé a Srrpalita). n demeure que i'reuvre en son fonds est nettement populaire; c'est méme la seule reuvre d'inspiration populaire que compte la littérature indo-aryenne de l'antiquité : la langue simple, directe, concise, est savoureuse et riche en mots des! (S 115).

§ 1796. Ce qui apparait dans ces strophes (dont deux ou plusieurs s'agencent parfois en un chant), c'est la vie du peuple indien au village, dans la maison, les paysages familiers (scenes agricoles, paturages, fétes rustiques, chasse, saisons, croquis d'animaux), des sentiments simples, plainte de l'amant éloigné, de l'amante abandonnée, jalousie, bouderie. Les remarques sur l'amour sont d'un caractere plus détaché que chez Amaru; souvent, une idée morale est préseIite, et la lyrique de Hala avoisine alors la ten dance gnomique, mettant en lumiere quelque vice, exaltant quelque vertu. La vie citadine est représentée par des versets sur les courtisanes et le gynécée; enfin il en est d'autres qui semblent sortis d'un récit épique, d'un conteo Il ya les filies du village qui, quoi qu'en dise Yasoda, savent tres bien que Kr~l)a n'est pas un enfant; la scene de la femme irritée aux pieds de qui se jette l'époux, cependant que leur jeune gar~on, grimpant sur le dos du papa, oblige malgré elle la jeune mere a rire et désarme sa colere; et bien d'autres images pleines d 'une vivacité charmante. Les Traités citent assez fréquemment la Sattasal j il est vrai que plusieurs de ces citations ne sont confirmées par aucune recension de l'ouvrage. Louée par Bal)a (dans l'introduction au Har?acarita) , la Sattasa! a été plusieurs fois commentée. § 1797. Spécimens de Hala (d'apresWeber).
Son bien-aimé s'est endormi, las de déchirer la terre avec le soe qui pénetre dans la glebe humide; la pauvre reste la toute la durée des Pluies sans goilter les joies de l'amour. (1. 327.) Quand de deux etres qui ont poussé ensemble dans la joie et la douleur, dont l'amour a longtemps grandi, l'un des deux meurt, e'est lui qui est vivant, l'autre est mort. (142.) Chere amie, un jour encore, un seul, ne m'empeche pas de pleurer 1Demain, quand il sera parti - et si je ne suis pas morte - je ne pleurerai plus. (503.) Les filies du village aux seins lourds ravissent le cOJUr des connaisseurs, lors de la fete de l'Amour, lorsqu'eUes n'ont pour parure qu'un corsage teint de safran. (546.) [Viens : nous sommes en sécurité.] Le méchant chien est mort, la belle-mere est ivre, mon mari est ailleurs et (par comble de bonheur) le verrou a été brisé par un buffie. Qui le dira jamais? \550.)

[L'été·1 Le huffie tourmenté. par l~ chaleur leche le serpe~~ qu'il prend pour un rivulet d~ montag,ne; le reptJle bOlt la bave du buffie qu rl prend pour un torrent de plerres nDlres. (552.) Le laboureur se réjouit du champ de riz salí de fange, regorgeant d'eau et on l'on enfonce jusqu'aux genoux, comme (il se réjouit) de son fils (sale, tétant le lait et chevaucha!1t sur ~on genou). (568.) La lune nouveUe au clel, envlronnée de la rougeur du crépuscule : teHe la marque de l'ongle sur le sein de la jeune épouse, dissimulée sous la rouge mousseline. (570.) O été qui en sécha,nt les fossés et garnissant de feuilles les bosquets, facilites les renqez-vous, 6 plerre de touche pour l'or du plaisir amoureux, puisses-tu ne pas disparaltre 1 (628.) .. [Idylle de ?Iontagne.] Heureux ceux qUI VIVent dans un vIHage de la montagne OU les haies sont épaisses et feuillu~s! OU les roseaux se balancent, bercés par' le vent : on peut s y donner au plalslr, sans étre dérangé 1 (637.) [Apres les Pluies.] La surface de la route e~~ comm~ la raie des cheveux sur la hite du viHage : un peu de fange en son mlheu, malS sur les deux cOtés la boue est déja séchée. (684.) . [Fausse adres se.] Da!1 s le champ de sésame, Manc de givre au matin, voyant le long et vprdoyant chemrn secret qu'a pris l'amante (sa femme qui a rejoint un amoureux) le (sot) , laboureur s'en prend a son bamf. (695.) [Plus d~ rendez-vous possiblel] La f~mme du laho~reur gémtt. sur le champ de sésame : les rayons solaires ont brlsé son éclat, 1 ont blanchIj remué par les dents des mulots il est en péril. (769.) ,

§ 1798. Les Anthologies. LJ Áryiisaptasati (S 1789) et la Sattasa! de ~ala 1!-0us achemine!lt aux Anthologies. La majeure partie de la poésIe lynque en sansknt, hors du mahrtkiivya J est venue se condenser dans les Anthologies. Nombre de poetes ne sont connus que par ces compilations, qui ont conservé des pieces d'un art achevé et d'autres bien plus anciennes que l'époque du recueil OU eHes figurent. Il est vrai que les attributions sont loin d'étre toujours authentiques et qu'en particulier les versets dont on a crédité des auteurs de gr~nd renom ont chance d'étre apocryphes. Tel est le cas des versets attribués a Pal)ini (cf. S 1759) et bien d'autres. Nou~ avons parlé par avance des Anthologies «religieuses" (S 88l!), a saVOlr le [(rfnalmrJ.liimrta et la PadyrtvalfJ riches l'une et l'autre de ce lyrisme exubérant auquel préte si volontiers l'adoration krsnaite. Parmi les autres recueils, on peut citer dans l'ordre chronologique : ~e Kavlndr~vacanasamuccaya (titre e~trait conjecturalement de la strophe llltroductOlre), reuvre anonyme qm peut étre du XI· siecle et dont le compilateur est sans doute bouddhiste, car elle contient des strophes ~ur le Buddha et s.u: ~valokitesv~ra; au.total 5~5 strophes (attribuées a 115 poetes), dIVlsees en sectlOns dltes vraJyiiJs et dont le theme prédominant est l'amour. Du dé.but dU,xm e siecle (exactement en 1206) est le SaduktikarJ,Iiiml'ta ou Süktt o par Srrdharadasa, un vassal du roi Lak~maI,lasena : 237 O

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LES LITTÉRATURES. POÉSIE.

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strophes appartenant a 485 auteurs - en notable partie des auteurs bengalIs - et réparties en 5 pravaha. Cinquante ans plus tard, la Subhafitamuktavali ou SüktiO de JalhaI)a, composée dans le Sud, présente en deux recensions et comptant non moins de 2790 vers en 133 sections; on l'appelle parfois encOI;e Süktimiilika. Au XIV' siecle, nous avons la Sürligadharapaddhati de Sarñgadhara (exactement en 1363) : H3 subdivisions, 4689 strophes, arrangement analogue aux deux Anthologies précédentes. San s doute aussi au XIV' siecle. le Süktiratnahüra de Kaliñgaraya Sürya, du Sud, en 4 parvan précédés de 6 paddhati introductoires. Au XV' siecle, la Subha~itavalí de VaUabhadeva (dont une pOl'tion peut t'Jtre beaucoup plus ancienne), 3527 strophes en 101 paddhati j environ 3 OO auteurs et reuvres citées. n y a une autre compilation du m~me nom par Srívara, également du XV· siecle, mais originaire du Kasmír. Au XVI' siecle probablement, la Subhüfitaharavali de Sríhari Kavi. n en a été encore fabriqué au XIX' siecle, et l'on en connatt plus de 80 au total. Citons a titre de curiosité le petit recueil intitulé Kavlndracandrodaya (XVII' siecle) qui contient les adresses faites al'empereur Shah Jehan quand, a la requ~te de Kavíndracarya, il abolit la taxe sur les pelerinages j cette reuvre, qui contient 69 noms d'auteurs (inconnus a peu d'exceptions pres), a des passages en prose. La plupart des Anthologies sont divisées en larges sections, articulé es eUes-m~mes en sous-sections, d'apres les grands themes de la vie humaine, les grands sujets descriptifs (il ya par exemple un chapitre des Saisons, a peu pres inévitable). Parmi les auteurs mentionnés figurent des femmes - comme il en figure déja parmi les ttauteurs» des hymnes védiques, cette toute premiere Anthologie de l'Inde, qui a pu donner l'impulsion ala catégorie littéraire tout entiere. Ainsi on a Vijja (Vijjaka, Vijjika), dont le nom, comme celui de quelques autres, est donné par Rajasekhara (si l'identification est admise) sous la forme de Vijayal}ka. Ou encore Morika, de date inconnue; Sita (a identifier avec une Sita mentionnée par Vagbhata?) citée dans le Bhojaprabandha; Ramabai au XIX' siMe (Mysore). On a réuni en volume (J.-B. Choudhury et Roma Choudhur}) ces poemes de femmes (dont certains sont en prakrit); l'authenticité de plusieurs est a vrai dire douteuse. n existe une Anthologie prakrite, le Viíjjiílagga de Jayavallabha (reuvre jaina), de caractere plut6t gnomique, puisqu'elle vise aillustrer les tttrois buts» de l'activité humaine; toutefois la majorité des strophes est du type galant. La langue comporte des traces d'apabhrar!z8a, la versification est en arya. Les strophes, au nombre de 795, dont 76 se retro uvent chez Hala, sont réparties en sections dites vajjü (skt vrajyü), d'ou le nom de l'ouvrage tt (Livre) caractérisé [lagga = cihna] par des vqjjii». Date incertaine; on a pensé au IX' siede.

Depuis la grande épopée (et san s peine on déceIerait les premieres traces jusque dans le Veda) on trouve des maximes tantot isolées, tantót et plus souvent réunies en groupes, qui visent a instruire, a moraliser, a décrire telle ou telle doctrine. Des portions considérables du Mahübhürata ne sont autres que de la poésie gnomique (S 792); m~me dans le RümüyaJ.W, les discours moralisants ne manquent paso Plus tard, il n'est guere de geme littéraire, depuis la prose des contes jusqu'au drame, jusqu'au Pural,la ou a la Sml'ti, aussi bien dans les textes religieux que dans les profanes, ou nous ne rencontrions des éléments gnomiques qui se réferent a la sagesse pratique, a l'expérience des hommes et des choses. Pour les traditions bouddhiques, il suffit de rappeler le Dhammapada pali. n y a ainsi une littérature gnomique diffuse, dont l'extension est énorme; son mérite est de condenser en un verset (généralement un simple :floka, metre ttpédestre» en regard des metres complexes de la lyrique) un trait de mreurs, une constatation, un conseil, exprimés sous une forme piquante, drOle, imprévue, qui force l'auention et retient la mémoire. Les définitions, les assocÍations d'idées, les corrélations numériques et autres jouent un grand rOle; dans les meilleurs cas, l'acuité de la pensée est servie par l'extr~me concÍsion du style sanskrit, des qu 'íl est maintenu dans les limites étroites de la strophe; seule l'image, empruntée aux choses de la nature, apporte une note littéraire. A partir d'une certaine date on a réuni en séries, généralement en sata/a¡, ou ttcentaines», les maximes versifiées qui avaient cours dan s tel ou tel cerde. Puis certains poetes ont composé eux-m~mes des coUections. Les Anthologies (S 1798) n'ont pas manqué d'accueillir des versets gnomiques en plus ou moins grande quantité.

§ 1800. CaJ].akya. L'une de ces coUections, la plus ancienne peutest ceHe qui est mise sous le nom de CáQakya, lequel est identifié par la tradit.ion a Kau!ilya, le fameux ministre de Candragupta le Maurya. Ce patronage fait partie des attributions fantaisistes auxquelles se platt la littérature : on a vu dans CaQakya-Kauti1ya le symbole m~me de la sagesse pratique et de la rus e, ap.te a s'exprimer aussi bien dans un traité méthodique des sciences de l'Etat que dans des versets didactiques; l'Arthasastra at~ribué a Kautilya contient nombre de sloka (karika)J a tendance gnomlque. En fait, le texte de CaI)akya n'est nullement la transcription directe de maximes anonymes, populaires. Si la provenance en est multiple (un des versets parle d'un recueil dait de divers sastra»), si l'achevement formel est inégal, la réalisation est de type tout littéraire. Il existe de la tt Sagesse de CaQakya» (CüI,wkyanrti, l'un des nombreux titres sous lesquels est connu cet ouvrage flottant) au moins 17 recensions authentifiées, ou le nombre des vers varie de 100 (environ) a 576, ainsi que le mode de sectionnement, sans compter la teneur m~me de maintes strophes; on trouve un état du texte jusque chez les bouddhistes du Nepal et dans le Tanjur. Le contenu ne traite que pour une faible part de cette tt conduite du prince» qu'annonce une strophe figurant (du moins dans certaines versions) en téte du recueil. Il y est question de regles de vie, des relations sociales, du destin, de la religion, enfin des femmes (les considérations, d' ordinaires pessimistes et satiriques, , sur
~tre,

d. La poésie gnomiqu6 § 1799. Généralités. La poésie gnomique est en partie mal séparabIe de la lyrique proprement dite, lorsque, comme il arrive souvent, elle revét le ton du kavya ou qu'elle s'insere al'intérieur d'un long poeme.

232

LES LITTÉRATURES.

la femme forment le líeu commun de toute la poésie gnomique dans l'Inde ancienne). Une partie des strophes sont groupées, d'autres, pl~s nombreuses, séparées. Un trait assez banal es: le procédé én~mér~tlf, celui qu'on voit par exemple dan s la strophe SUlvante : ((sur· trOlS pomts on doit se modérer : sur sa femme, sur la nourriture, sur l'argent. Sur trois points on ne doit jamais s'estimer satisfait : sur l'étude, sur la pénitence sur la charité". Ou encore : (( une seule fois les rois donnent des ordre's, une seule fois les sages parlent, une seule fois la filie est donnée en mariage : chacune de ces trois ch~ses n'a li~u qu'une ~ois" (analogue dans la Manusmrti). Ou enfin : de 1'01, la courbsane; le dleu de la mort, le feu, le brigand, l'enfant, le mendi~nt et, en huitieme le mag.istrat de village - ces Mres ne remarquent flen des souffrances hUmallleS". n est question des vingt vertus que l'homme doit apprendre des animaux, une du lion, une du héron, quatre du coq, cinq de la corneiUe, six du chien, trois de l'Ane. L'automatisme de la poésie gnomique est tres prononeé chez le pseudo-Ca1}akya. De eette Nui émane vraisemblablement le recueil de Sanaq dont on trouve Une version dan s un texte arabe du XII' siecle, le Siraj al-Mulllk de at-TortüsI; ainsi que certains passages d'un textejavanais de 1220 environ, le Tantri(-carita). Dans le m8me ordre de faits, citons le Nuiratna (ou ti tres analogues) qui fait partie des nombreuses oouvres allribuées aVararuci; le N·tisara, 21 stanees moralisantes mises sous le patronage suspect de Ghata karpara; d'autres encore. existe m8me des ((proverbes" imputés Bharata, et dont a été conservé e une version tibétaine.
v

233 défectueuse, et il est probable qu'une fraction seule est imputable a
POÉSIE.

n

a

§ 1.801.. Bhartrhari et les «Centuries». Avec Bhartrhari, c'est a nouveau l'un des 'grands noms de la littérature sanskrité qui surgit. Les trois (( centuries" (sataka) dont il pass~ pour M~e l'auteur -; cell~ de l'Amour (irilgara), eeHe de la Sagesse prahque (nrtl), ceUe du depasslOnnement (vairiigya) - mettent en évidence, a travers les défauts de la transmission textuelle et peut-8tre les interpolations, une vraie personnalité de poete. La premiere de ces trois centuries, celle qui contient le plus de pieces littérairement remarquables, est d'une inspiration analogue al'oouvre d'Amaru (S 1792). S'il est permis néanmoins dela ranger parmi les oouvres gnomiques, c'est d'abord qu'elie est associée aux deux autres parties du triptyque, c'est surtout que l'intention et la forme m8mes sont propres al'édification. Ce sont en général des considérations sur l'amour et sa puissance, sur les femmes; les joies de la sensualité sont décrites, pour 8tre comparé es a celies qu'éprouve l'Ame apaisée, délivrée; amesure qu'on avance dans le texte, le ton moralisant s'accentue, la femme est représentée comme un poison, l'amour comme un faux appAt, le seul bonheur réside, déclare-t-on, dan s le renoncement, dans l'union avec la divinité. n se peut, il est vrai, que cette évolution interne soit le fait d'un compilateur; autrement dit, qu'on se trouve, ici encore, en face d 'une anthologie. Mais, comme le note Winternitz, des arguments d'ordre interne, san s cgmpter l'unanime témoignage de la tradition, laissent a croire que le Sri¡garaiataka est bien l'oouvre d'un seul auteur. Les deux autres sections, tout en attestant aussi une unité de facture et des connexions avec le Srilgara, ont dü 8tre transmises de maniere

Bhart].'hari. § 1.802. L'identité de Bhart].'hari n'est donc pas douteuse. Un ,point demeure, dont la solution est difficile : a savoir, si le poele des Sataka est identique au grammairien (3 1532) dont la mort se laisse dater de l'an 651 par le témoignage formel du pelerin chinois Yi-tsing. Yi-tsing ne dit pas expressément que ce grammairien avait composé aussi un recueil de vers, mais la chose pourrait résulter (comme Max Müller l'avait reconnu autrefois) d'une anecdote relative ala vie de Bhart].'hari racontée par le peIerin c~inois, c?mment sept fois i,l devint un ascete et .sept ~ois retourfla a la Vle de maItre de malson. D autre part, cette asslmllatlOn se heurte a des diffieultés : si le grammairien fut bouddhiste comme le déclare Yi-tsing (mais le fait reste a vrai dire contesté), l'auteur des versets est un vedantin sivaite. En tout cas, les récits qui courent sur Bhartrhari sont sans grande valeur et l'identification avec l'auteur du Bhattikavya (3 1779) est a rejeter. L;~uvrage, qui a eu l'insigne honneur d'8tre connu en Europe des le milieu du XVII' siecle par la version partielle qu'en donna un missionnaire hollandais, Abraham Roger, a été souvent traduit dans l'Inde et hors de l'Inde (en Occident, depuis Herder, a la fin du XVIII' siecle). Les nombreuses imitations qui ont duré jusqu'a nos jours attestent l'infIuence de l'oouvre, comme témoigne aussi de sa diffusion le travail m8me dont elle a été l'objet, variantes nombreuses, divergences profondes dan s le classement. On hésite a parler de recensions; cependant Kosambi reconnait deux états majeurs de la tradition, non san s infIuence réeiproque, celui du Nord et celui du Sud (et de l'Ouest); comme pour le Mahabharata, l'une des versions (peut-8tre originaire du Kasmlr) se rapproche de la version de l'extr8me-sud, en malaya/amo On peut présumar le nombre total des manuscrits a 3000. Les Anthologies citent souvent des vers de Bhartrhari, dont beaucoup manquent dan s uos manuscrits. Les commentaires sont peu nombreux et peu anciens.

§ 1.803. Spécimens de Bhartrhari. Le Srilgiíra contient, comme ch~z Amaru, des scenes gracieuses, des images délicates; ce qui domine est le ton désabusé, parfois caustique, ((vitriolic" (S. K. De) :
Si vous pensez a ~lle" votre esprit se tourmente., Si vous la voy~z, n, s'affole. Si vous la touchez, 11 s égare. Comment peut-on 1 appeler une blen-almée? Tu étais moi, j'étais toi, telles furent nos dispositions a l'un et a l'autre. Aujourd'hui tu es toi, je suis moi, comment est-ce possible?

Dans la lYui, les proverbes, les rudiments d'apologue se suivent, impliquant l'éloge du savoir ou du caractere,l'exaltation de la dignité humaine, l'indifférence devant les adversítés. Le style est plus dépouillé que celui du Snigiira. Dans le Vairagya enfin, le ton se fait pressant, ému, pour rappeler que l'homme en tant que bloc de matiere n'est que faiblesse, souffrance, cha]).gement, qu'il faut fuir la víe mondaine, entrer dans la voie de la spiritualité.
Nous n'avons pas joui, la jouissance a passé a travers nous j nous n'avons pas exercé la pénitence, nous l'avons subie j le temps ne s'en est pas allé, e'esl nous qui nous en allonsj le désir n'a pas vieilli, e'est nous qui vieillissons.
8 ..

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LES LlTTÉRATURES.

l·OÉSIE.

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La vie est assaillie par la mortj rapide c?mme l:éclair" la jeunesse ~st assaillie par la vieiHesse; le contentement, par la sOlf des ble,ns; ~ heureuse pa;x du CUllir, par les agaceries des coquettes; les vertus, par 1 envleux; les forets, par les betes féroces; les princes, .par les méc~ants; les g:andeurs, par l'i?constance. Est-il une chose qui ~e SOlt ~as détrulte? Une q'!-l ne détrUlse pomt? A-t-on atteint les blens qUl comblent tout déslr ... et apres? A-t-on placé son pied sur la tete ,de ses enhemis. :. et apres? A-t-on gratifié .ses favoris de richesse et de pouvolr ... et apres? SI le corps des hommes duraIt tout un Age cosmique. .. et apres? Terre o ma mere, vent mon pere, feu mon ami, eau ma parente, éther mon frere : ~ers vous une derniere fois je joins les mains en ho.mmage. Rattaché a vous j'ai par l'exces de mes bonnes umvres obtenu que m'ilIumine la connaissanc; sans tache. Abolis sont les pouvoirs de l'erreur. Je plonge dans l'absolu. Ceux qui nous on~ engendrés s'en sont ~Hés depuis .longtemps; ceux. avec qui nous avons grandl sont entrés dans la ~Ole du souvemr. Nous autres aUJourd'hui qui attendons de tomber achaque mstant, nous sommes dans la meme position .que les arbres sur la ~erge d'une rive sablonneuse. . A qUOl bon les Veda, les traItés, la lecture des Puriilfa, les épals ouvrages techniques? Le tourbillon des ffiuvres et des actes qui nous promet en récompense d'avoir une cabane dans un village du ciel? Une seule chose demeure, le feu a la fin des temps, qui détruit cette construction qu'est le fardeau de douleur de l'existence et fait entrer notre Ame au séjour de la félicité supreme. Le reste est affaire de marchands. Le corps se recroqueville, la démarche tremble, la denture tombe, la vue se perd, la surdité croit, la bouche salive a l'exces, les parents ne tiennent plus compte de ce qu'il dit, l'épouse n'obéit plus. Malheur a l'homme qui vieillit 1 Son fils meme devient son ennemi. Tu n'es grand et savant, intelligent et noble, que pour autant que n'a pas brulé dans tes membres le feu de I'Amour aux cinq fleches. Mais il y a par endroits une note sceptique, témoin cette strophe : Devons-nous vivre en macérations aupres du Gange? Devons-nous sagement courtiser de nobles dames? Devons-nous boire au flot du savoir, au nectar de la poésie? La vie dure peu d'instants. Ce qu'il convient de faire ... , nous ne le savons paso Le style est varié, épousant les replis d'une pensée tantOt hautaine, élusive, tantot (plus souvent) rassemblant toutes ses vigueurs pour instruire sous une force incisive et aimable a la fois. § 1.804. Les poetes ultérieurs. Parmi la cohorte des imi,tateurs de Bhartrhari, on peut mentionner au moins le Bhalla¡asataka, c'esta-dire ((La centurie de Bhallata", auteur kasmlrien du IX· siecle, élégant recueil de vers en metres variés ; l' Upadesasataka de Gumani, date inconnue; également indatable le Dr~tiintasataka de Kusumadeva, qui combine dan s chaque vers une instruction et uneparabole. L'Anyoktya~¡akasartl­ g1'aha, d'auteur inconnu, de date flottante, fait partie d'un genre qui a eu quelque productivité : c'est un recueil de stances qui s'appliquent, tout en décrivant une chose, a en suggérer une autre (l'anyokti ou anyiipadesa des Rhétoriciens), ainsi la description d'une canne a sucre dans un sol infertile (Bhallata, vers 56) suggerera un héros désintéressé, altruiste. Le Sartlgraha combine 17 séries de huit strophes, chaque série étant précédée d'une strophe contenant les pratrka. L'Anyoktimukiivalí de HaIp.savijayagaQ.i semble avoir emprunté au Sar[lgraha j de m~me

peut-~tre l'Anyolcti1ll11ktiilatii :de Sambhu (XI· siecle, Kasmlr), 108 versets détachés. n y a une série d'reuvres analogues, dont un recueil prakrit en 400 giithii, le Rasiapaiísa/.la de Vairocana. faut distinguer au moins deux titres :

n

a. Le Siintisataka ((La centurie de l'apaisemenh par Silhal}a, auteur kasmlrien de date imprécise (antérieur en tout au XIII· siecle), type de poésie ascétique sur le renoncement et la mortification, a tendances visnuites. De nombreuses strophes sont imitées de Bhartrhari, et l'on igD.'ore si SilhaQ.a n'est pas un simple compilateur, comme iant d'autres, d'autant plus qu'un texte unitaire n'est pas restituable. La pensée ni le style n'attestent grande originalité. Texte parfois flottant, réparti sur 4 sections; b. D'un mérite plus certain est le Bhiiminlvilasa de Jagannatha, auteur d 'un manuel réputé de poétique (S 1563) et de poemes divers, dont le plus populaire est une Gailgalahart, une louange de la Gaúga en 53 strophes. Le Bhiimint, con~u pour illustrer les préceptes du manuel de poétique (ou toutefois on manque a trouver la trace de maints versets du poeme), est une reuvre tardive (XVII· siecle), évidemment inspiré e de Bhartrhari par la succession des themes galants, moraux et ascétiques. Elle consiste en 4 viliisa, dont trois (anyokti ou priistiivika, srngiira, santa) correspondent a la triade de Bhartrhari, le dernier (en fait, le troisleme dans l'ordre habituel) étant une sorte de complainte sur la mort d'une femme (le titre en est karUJ.la). Le texte ici est encore passablement flottant; sur 376 vers citables, plus de 100 sont douteux. La teinte religieuse est krgla1te : le 4· viliisa a pour objet particulier la dévotion a Kr~l}a. On ignore si le titre évoque une personne du nom de BhaminI (qui poul'l'ait étre la femme du poete) ou si ce mot est un simple appellatif. Le recueil est assez remarquable par l'éclat du style, la délicalesse des sentiments, le charme de certaines inflexions de pensée soulignées par le choix du vocabulaire : on ferait un sort a cette reuvre si elle avait eu la chance d'étre plus ancienne.

§ 1.805. La poésie didactique. Le poeme gnomique prend une aHure nettement didactique quand il développe un sujet a la maniere d'un traité con~u avec plus ou moins de méthode. Au sens large du terme, toute la Smrti versifiée rentre dans le champ de la poésie didactique, peut-on dire, au meme titre que d'autres compositions, grandes ou petites. Nous n'avons arelever ici que les quelques reuvres qui sont resté es en marge de ce vaste domaine, plus particulierement en marge du Kiimasastra, et qui ont une fa~on plus décidément littéraire. Ce sont les textes suivants :
a. Le KUllanímata (ou encore : Siimbhiiltmata) ((La doctrine de l'entremetteuse" par Damodaragupta, auteur du VIII· siecle, du Kasmlr. Une apprentie courtisane de Bénares, Malatl, re~oit de la matrone Vikarala des instructions sur la maniere dont eUe doit s'y prendre pour simuler !'amour vis-a-vis d'un jeune homme riche et de bonne famille, CintamaJ}i; eUe procede par l'écits autant que par le~ons et maximes. L'auteur est au fait, non seulement du Kiimasastra, mais de l'Ala1[lkiira et des
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lexiques détenteurs de mots rares. L' ouvrage est a cet égard inléressant; ill'est aussi par le jour cru qu'il projette sur la vie bourgeoise dans l'antiquité. Le cynisme y est au reste involontaire, le but avoué étant l'édification morale. Les derniers des 926 versets (au metre iiryii) dont se compose l'ouvrage relatent de maniere vivante comment s'effectuait une représentation de la comédie de Ratniivalr (S 1879). Le style alerte, élégant, est bien ajusté a la pensée moqueuse, finem{lllt mOl'alisante, ou abondent les remarques pénétrantes. C'est le chef-d'reuvre du genre; b. Un ouvrage analogue est la Samayamiitrkit C(L'entremetteuse " , littéralement C( Celle qui est par son enseignement la mere (des courtisanes)". L'auteur est K~emendra, ce fécond écrivain (cf. S 1783), qui a donné la une de ses meilleures reuvres, quoique en définitive bien inférieure a ceHe de Damodaragupta qu'il s'est visiblement proposée pour modele. Il s'agit ici encore d'une apprentie courtisane, KalavatI, qu'un barbier introduit aupres de la matrone KañkalI afin d'~tre instruite dans la profession. Les le~ons sont profitables, cal' pour son coup d'essai l'éleve, aidée par la vieille, réussit a extorquer de l'argent a un jeune marchand en dupant son vieil avare de pere. L'ouvrage est riche en portraits réalistes, anecdotes satiriques, descriptions de métiers, qui sur le plan documentaire font le prix de cette C(chronique scandaleuse" (S. K. De).

courtisanes. La NUimañ/arI de Dya Dviveda (xv' siMe) a cette originalité d'illustrer des préceptes moraux au moyen de récits empruntés aux commentaires du lJgveda (S 617). , .Les Jaina sont passés maitres dans la littérature didactique. Citons lCl seulement le Dhürtiilchyiina ou C( Récit des coquins" de Haribhadra Süri (vm' siecle), suite de récits absurdes faits par cinq coquins assembl,és, récits dont l'authenticité se confirme par des citations tiré es de l'Epopée ou des Purii/.la, L'ouvrage, nettement satirique d'intention et de ton, est en miihiirii?Vi jaina, mais iI en existe une version sanskrite, un autre .en yi~ux gu/riiti. Il se rattache au genre littéraire de la kathit· et plus précIsement de la dharmaparllc?ii (S 2423).

2.

LA LITTÉRATURE NARRATIVE

a, Les contea

§ 1806. Du m~me auteur est le Kaliiviliisa C(Le jeu des arts", poeme en dix chapitres, en metre üryii, illustrant les ruses diverses dont se servent les humains pour tromper leurs semblables. L'instruction est ici impartie par le fameux Müladeva, lui-méme patron mythique des fourbes et des voleurs, type littéraire permanent depuis la Brhatkathii et le légendaire jaina. On y voit défiler l'hypocrite, le faux ascete (le prototype étant un certain Dambha), plusieurs types de vicieux, de courlisanes, des kiiyastha, des orfévres faussaires, de mauvais médecins, des astrologues et charlatans. Inspiré sans douLe par les bhiil}(l (S 1899), l'ouvrage nous renseigne sur des faits dont la littérature C(noble" parle fort peu. De K~emendra encore est le Darpadalana, en sept sections, qui dépeint les sept formes que peut prendre la C( Vanité", selon que ce vice s'applique a la naissance, a la richesse, au savoir, a la beauté, au courage, a la charité ou a l'ascese. Ici aussi, on trouve bien des traits de mreurs instructifs; comme dans tous les ouvrages de cet auteur le style est soupie, la langue en général non sophistiquée, aisée m~me, hormis les inévitables expressions techniques.
§ 1807. Les autres po emes restant a mentionner ont un caractere plus apparemment moralisant. Plusieurs sont de K~emendra lui-m~me, ainsi le Caturvargasa1?lgraha qui expose les (( Quatre buts" de l'activité humaine ou bien le CiirucaryiiSataka qui décrit en termes assez conventionnels la vie du vertueux; en dépit de quelques anecdotes plaisantes, on sent l'auteur moins a l'aise que pour dépeindre le vice. Sans grand intér~t est le Mugdhopadesa du poete kasmIrien Jalhal)a (XII· siecle), 66 strophes en siirdülavikrl4ita, destinées a mettre en garde contre les

§ 1808. Généralités. La littérature narrative, contrairement a la littérature lyrique et gnomique, est partie en vers, partie en prose et le rMe de la prose a pu etre a date ancienne plus considérable qu'il ne nous apparait a travers les reuvres, parfois remaniées, que nous avons. Elle comprend le roman et le conte (auquel se relie la fable). Le roman est un küvya, c:est-a-dire une reuvre hautement stylisée, assujettie a toutes les con~en,tlOns formelle,s du"C(grand ~oeme" et qui ne se distingue de celm-cl que par le faIt qu Il est rédIgé en pro se. Le monde des contos et des fables est d'un tout autre caractere : c'est une prose (qui peut avoir été secondairement versifiée) généralement simple, facile, grammaticalement peu évoluée, voire peu correcte. Alors que la haute poésie et,le drame nous maintiennent en principe dans un monde limité de selgneurs, de brahmanes, le conte nous introduit parmi les marchands, les paysans, les gens de peu - aussi d'ailleurs dan s la société des fourbes et faiseurs d'artifices. La fantaisie de l'imagination, qui se concentre, dans le poeme, sur la fabrication d'images somptueuses, mais au fond peu variées, avec un fond d'intrigues plus ou moins tributaires de la mytbologie, se donne ici libre courS. Contrairement aux autres domaines de la littérature, le conte indien s'.est ,rép.andu atravers le monde; il a été le meilleur artisan de l'expanSlOn llldrenne. n le doit non seulernent aces mérites négatifs que constitue l'absence de ces singularités propres aux autres formes d'art, mais a ses valeurs positives : le réalisme des peintures, le plaisant des situations, l'aisance du récit, avec l'adaptation parfaite de la forme au fond et l'aimable moralisat.ion aux fins de laquelle l'hindouisme n'a conservé que ses éléments largement humains, dépouillant toute spécificité.

§ 1809. On] a cru longtemps que l'Inde était la patrie de tous les eontes (Benfey, Cosquin), alors qu'inversement la fable, originaire de Grece, serait venue de la dans l'Inde. La double proposition est intenable. Tout ce qu'on peut dire est que l'Inde a constitué un terrain particulierement propice a la création des contes. D'autre part une forme littéraire a été de bonne heure imposée; les formes populaires du conte sont conservées plus mal encore dans l'Inde qu'ailleurs. L'ajus-

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tement littéraire s'est fait naturellement suivant la nature du texte OU le conte vient éventuellement s'insérer; de la l'extr~me variété de langue, d'allure, de style, que présentent ces réc~ts disséminés .a travers une immense littérature et répondant aux besoms les plus varIables. Il ne serait pas malaisé de retrouver des ébauches de contes (gé!1éralement mythologisés) dan s le Veda; en particulier la fable ammale fivme a l'état d'allusion dans la suite de versets-énigmes qui composent l'hymne X.28 du lJgveda (il s'agit notamment du lilwre qui avale le couteau et autres exemples d'étres faibles résistant au ,dommage, alors que ~~ fort périt o~ du ril?Íl;s ~ub~t l:agression ~,u faible)., ~ans la ~asse des Itlhasa ou ~réclts" (~ll etaIt ams!. .. ,,) de 1 epoque vedlque, qUl ont alimenté l'Épopée, il y ava,it place pour de~ contes : néan~oins il n'e~t pas ~rai~emblable que la.I.Ittérat~r~ narratIVe do~~ nous ,dl,Sp?SOns .SOlt sorbe dll'ectement des Itlhasa vedlques. Les mlheux d ou emanawnt ceux-ci, les exigences auxquelles ils étaient soumis, les séparent assez du conte littéraire. 5 1.81.0. Les plus anciens spécimens de fables apparaissent dan s le "Mahiibhamta (cf. § 790) OU ils peuvent faire partie du fonds ancien; il Y a dans la Chlindogy?-T(panirat! d~s al;égories a ~ase d'animaux, des proverbes chez PatañJah; les mdlCes lconographlques (Barhut) permettent de remonter a quelques siecles avant notre ere. D'autre part une masse considérable de contes a tendance édifiante ont été insérés a haute époque dans la littérature religieuse (canonique ou paracanonique) de~ bouddhistes e,t des Jaina; l~ spécimen. le. p~us célebre en est le recueII des Jiitaka, ou le folklore s est pour amSI dlre cristaHisé autour de la personne du fut~r Buddha. Benfey considérait milme que le boudhisme avait été a l'origine de tous les contes; du moins a-t-il contribué puissamment a les diffuser, et il a conservé les plus anciennes rédactions écrites de nombre de contes attestés a travers le monde (Chavannes). Mais l'inspiration brahmanique ou, si l'on veut, proprement hindoue, a sa valeur autonome, milme si la transcription littéraire s'est faite en ce domaine a une époque plus tardive; il n'est pas possible de réduire a une source bouddhique le conte hindouisfe; ici comme aiHeurs ce dernier se signale par l'insouci des brtlhmanes a faire servir le récit pour une propagande religieuse. La OU il y a préoccupation didactique, comme dans le cycle du Pañcatantra, il s'agit d'un savoir tout profane, a des fins toutes humaines. L'insertion qu'on trouve a basse époque d'une suite de récits romancés dans le Slil!1khya (Slif!!kh:fasfítm) est exceptionneHe. Entln, derriere le conte hindouiste et le conte bouddhiste, il faut faire sa place uu conte jaina dont l'ampleur, a mesure que cette littérature est mieux connue, défie toute comparaison.
~ 1.81.1.. On a noté que la forme typique du conte est la prose, mais cette prose est volontiers parsemée de versets gnomiques : type de composition qui est conservé dans la tradLion palie hors milme des narrations et qui pourrait refléter des habitudes védiques, si l'on admet que les hymnes dialogués du Veda représentent des versets isolés parmi une prose narrative continue, qui s'est perdue. Le procédé formel typique est celui du récit ~ a tiroirs,,: il y a un cadre (comme celui qu'esquissent d'ailleurs l'Épopée et les PUriil,la) ou

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viennent s'engager des histoires, dont chacune peut servir a son tour de cadre a une ou plusieurs autres; dans cet enchevétrement, le récit initial peut i\tre tout a fait perdu de vue, réduit a l'état de squelette. Les versets sont partie insérés, partie inscrits en finale, pour donner la ~moralité,,; il ya parfois un vers qui résume la fable. Les versets proprement narratifs sont sans doute secondaires. Quant au fond, on a le mélange de récÍts proprement humains, de fables (ou contes-fables mixtes), de récits merveiHeux empruntés a la mythologie. Ce mélange traduit l'indifférence indienne vis-a-vis des diverses. séries d'étre animés. Alors que le conte proprement dit est plutÓ! récréatif, la fable est édifiante, c'est-3.-dire qu'elle illustre l'Arthaslistm ou le Nuisiistm, disciplines qui traitent de la conduite pratique, de la vie sociale; le Dhal'maslistra, qui enseigne la morale religieuse et le droit, n'est ni exclu ni spécialement concerné. Les noms sanskrits du conte sont kathii et likhyiiyikli, noms que la poétique s'efforce de distinguer, mais que l'usage tend a confondre; la kathli désigne plutót un récit suivi, un ~roman" dont la regle essentielle est que la narration soit faite par l'un des héros, un leader, cette narration étant nécessairement rétrospective. Le conte ~populaire" a pu utiliser des dialectes divers et avoir été traduit en sanskrit lorsqu'il a revétu une forme littéraire. Ces faits nous échappent, mais on ne peut poser en principe que le moyen-indien ait nécessairement préexisté au sanskrit en tant que véhicule de cette traduction. Seule la tradition de la Brhatkath{¡ semble avoir pris consistance dan s un dialecte prakrit.

§ 1.81.2. Le Pañcatantra. Versions anciennes. Le nomde Pañcatansrmble étre un abrégé de Pañcatantriikhy{¡na ~ Les cinq traités (exposés en forme d')histoires" (Venkatasubbiah); les cinq traités feraient allusion aux cinq matieres principales de I'Arthasiistm. Il semble bien que des I'origine (cal' l'ouvrage a une longue histoire dans l'Inde mi\me, sans parler de sa diffusion hors des frontieres) ce texte aií été ce que nous constatons qu'il est en effet : un texte de conduitepolitique a l'usage du prince. Néanmoins, dans les versions actuelles, cet aspect n'est pas tres en évidence; il a cédé a l'aspect amusement ou simple moralisation. Les recensions les plus anciennes sont l,es suivantes (Hertel, Edgerton): a. La Tantrakhy{¡yik{¡, conservée au Kasm!r, en écriture s{¡rad{¡, sous deux états; b. La version abrégée dite Pañcatantra du Sud (connue des 1826 par la traduction de l'abbé Dubois), ene-m~me attestée en plusieurs états et dont l'original a été tout proche de la Tantr{¡khy{¡yik{¡, tout en étant lacunaire; Hertel a présumé que cet original appartenait aussi au NordOuest; il s'y apparente étroitement des extraits de strophes ou du moins l'un de ces recueils, de provenance népAlaise; e. Un texte qui est a la base des traductions en pahlavI (et par suite, des traductions européennes); d. Enfin il y a un Pañcatantra de type ancien inclus, non san s quelques mutilations, dans le Kathlisal'itsligara (ainsi que, secondairement et de maniere condensée, dans la Bthatkathlimmijarl). Tous ces textes sont voisins les uns des autres, et s'il parait exclu que les textes b-c-d reposent sur un archétype secondaire (cf. Edgerton), autrement dit si les quatre états sont sur un m~me plan par rapport a l' Ur-Pmieatantra, il demeurQ
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que la Tantriíkhyiíyikii nous met plus commodément que les autres sur la voie de la restitution, telle qu'Edgerton 1'a entreprise et réussie. § 1.81.3. La prose du Pañcatantra est en général aisée, san s raffinements (bien qu'elle utilise a l'occasion quelques effets de style); les versets dont elle s'orne sont plus simples eux aussi que ceux de la poésie gnomique ultérieure. S'il a travaiHé directement sur des récits populaires, l'auteur les a arrangés avec un certain art; il a développé (sinon inventé) le procédé du récit-cadre, réparti judicieusement les strophes, en méme temps qu'il résume par un verset narratif (ou Hertel voulait voir la trace de contes versifiés) le récit a venir ou le récit achevé. Pour le fond, il y a une certaine convenance entre les fables et le theme qu'eBes veulent illustrer au témoignage du récit-cadre. La plupart des histoires ont pOUl' personnages des animaux, doués de propriétés humaines, une faune indienne qui va depuis le lion, le tigre, le singe, jusqu'aux Mtes infimes, la puce et le pou. Un r6le privilégié est dévolu au chacal (dont tient Heu, avec moins de vraisemblance, le renard dans les fables d'Occident); c'est la projection du personnage de Cal)akyaKautilya, le ministre dévoué a son maitre, mais qui ne s'embarrasse d'aucun scrupule. n y a aussi des contes humains (ou l'homme n'a guere le beau r6le), des contes mixtes. Dans 1'ensemble les récits sont excellents, le ton de certains discours plaisamment doctoral, nuancé d'ironie; le mélange des Mtes et des humains atteste a sa maniere cette fraternité qu'on retrouve dans l'art animalier des bas-reliefs et des fresques § 1.81.4. Sommaire. Le prologue rend hommage aux grands maitres du Dharmaj 1'auteur se nomme comme étant le brahmane Visnusarman (entendez : comme rédacteur du texte écrit), puis narre b;ievement comment il fut chargé par le roi de Mihilaropya (Dekkan) d'enseigner la «politique" a ses trois fils ignorants. Chacun des cinq livres doit, dans le récit-cadre, illustrer l'un des cinq préceptes majeurs de la politiqueo Le Livre premier, ((Désunion des amis ou Le lion et le taureau", montre le danger qu'il y a a préter l'oreille aux fauteurs de discorde; il met en scene le chacal Damanaka, ministre d'un roi-lion, et Karataka, ministre d'un roi-taureau, leurs manoouvres pour briser l'amitié, préjudiciable a leurs intéréts, qui unit leurs maitres. Le livre II (ro L'acquisition d'amis ou Le pigeon, la corneiUe, le rat, la tortue et le daim") explique comment des faibles, s'ils s'associent les uns aux autres, peuvent venir a bout d'un ennemi plus fort. Le cadre du Livre III (ro La guerre et la paix ou L'état des corneiHes et des hiboux") donne par voie d'apologues un cours d'Arthasiístm sur la méthode a suivre pour assurer la paix ou faire la guerre dans les conditious les plus favorables. Les deux derniers livres, pauvres en fables, contiennent des maximes de sagesse générale : IV (" La perte des biens acquis ou Le singe et le crocodile") décrit un sot qui se laisse dépouiUer sur de belles promesses de 1'objet qu'il tient en mains; V (ro La conduite inconsidérée ou Le brahmane et la mangouste") parle des gens qui biltissent des cMteaux en l'air ou qui se font du tort pour n'avoir pas réfléchi avant d'agir. ' § 1.815. Les versets contiennent des citations du Kautiliya}des expressions empruntées au Nltisiistm. ns contiennent plus de variantes, sont

ouverts a plus d'amplifications que la prose, et 1'on ignore dans quene mesure ils ont appartenu a l'oouvre originale. Quant aux fables, le critere le meilleur et le plus simple est que ce qui figure dans une seule version ou dans deux a plus de chances d'étre neuf que ce qui apparait dan s toutes. n est vain de chercher a préciser la date de la Tantriikhyiiyikii et celle du Pañcatantra en général. Le seul point fixe est qu'une version fut traduite en pahlavi au VI' siede. Des indices internes, par exemple 1'emploi du mot diniíra (lat. denarius), empéchent qu'on fasse remonter tres haut les textes qui nous sont parvenus. Lés idées religieuses sont celles d'un hindouisme sommaire, teinté de vi~l)u'isme, mais qui n'exdut d'aillimrs pas la satire contre les brahmanes. Quant a la morale, c'est la morale du prince, du fort, cctte sorte de cynisme ingénu qui est caractéristique du Kau{iliya. Ajout?ns qu'un ne croit plus aujourd'hui avec Beufey a l'origine bouddhlque du Pañcatantra; les coi'ncidences avec les Jiitaka se résolvent par un emprunt de ces derniers ou par le souvenir commun de récits populaires.
v~lgate ~st le

§ 1.81.6. Les versions plus récentes. A. La version qui sert de textus simplicior: appelé s?uvent Pañciikhyiina(ka) «Les

'f

I

cmq récIts". Ce texte populalre dan s lInde occidentale et centrale, représente un remaniement, une normalisation, a partir de la Tantriikhyiiyilúi (Edgerton), plutot qu'a partir de la version sur ¡aquelle repose le Pañcatantra du Sud (Hertel); il est vrai qu'il existe lui-meme en deux . états. Les conl es y sont rédigés avec une cxtréme simplicité; parml les apports nouveaux figurent des histoires d'adultere, ainsi le récitfameux ro Visnu etle Tisserand" dont voici le résumé : un tisserand s'est épris d'uDE; princesse; pour la rejoindre il se fait faire un oiseau en bois ayant la forme de Garuc;la et capable de voler dans les airs; ille décore de l'embleme de Vi~l)u. Par ce moyen il aborde dans la chambre de la jeune filIe, et bientot le bruit se répand que Vi~l)u en personne a accordé ses faveurs a la princesse. Le roi son pere, enivré d'orgueil, déclare la gu.erre a tous ses voisins. Ceux-ci assiegeut la capitale, qui va suc~omber; 11 appeBe Vi~I)U au secourS. Le dieu se sent obligé d'intervemr afin de préserver la foi que les hommes ont mise en lui, il s'incarne dans la personne du tisserand et sauve la cité. L'auteur de ce texte, qui abonde en maximes souvent étrangeres au récit, semble étre un Jaina qui vécut entre les IX' et XI' siecles. B. ,une ve~sion dite souvent o~'nati~t' (par opposition a la précédente) et qm porte eventuellement aUSSl le trtre de Pañciíkhyanaka est celle qui a été compilé e (ou révisée?) par le moine jaina Pürl)aqhadra en 1199. Elle repose sur 1'un des deux états de la Tantriikhyiiyikii et a du utiliser le simplicio/'. La langue contient des prakritismes, voire des gujratismes (Hertel), mais sans éléments proprement «jaina". On a d'autres Ílidices de la popularité dont jouissaient ces fables chez les Jaina, cf. notamment l'extrait du Pañcatantra par Meghavijaya, au XVII' siecle. § 1. 81. 7. De ces deux versions résultent une série de recensivns mixtes et remaniements en sanskrit et dans les langues modernes, dont un texte en marathe au XVI· siecle, plusieurs en gujratI, un en kanna!,a

ou seule figure l'utilisation typique de l'Al'thasiistra. conservé de maniere plus pure. LITTÉRATURE NARRATIVE.Barzoe.r A: von Pforr (1~83). d'ou dé:rivent des textes en italien.242 LES LITTÉRATURES. L ouvrage.8. \. du rabbin Joe!..qu'il r~arrange l~ matiere en quatre Livres dont les btres sont ~ Gam d un amI. ye. reposant sur le . une version persane du XII' siecle. en style savant. L'auteu:r. Une nouveHe traduction sy:riaque (prob. plus rationneHe. Une greeque. dans l'ord:re : a. sorte de prakrit aberrant (S 113) dont no~~ ne eonnaissons. par Galland (1724. dont un groupe restreint se :retrouvent a la fois dans l'Inde et dan s le monde gréeo-:romain (les deux seules fabIes greeques qu'on peut présumer avoir appartenu au Pañcatantra orjginel. aHemand. .1a. ' V § 1. rédigée en paisiici ou dangue des Pisaca". Hooy~~as). y porte le nom de Bidpay. notamment fa. dans l'Inde. ou ~l faut se garde.Pañcatantl'~ du Sud. Une hébrai'que. De cette tradl~chon perdue Il demeure u. Le Libel' de Dil1a et Kalila de Raymond de Béziers (XIII" siecle) remonte en partie a une version espagnole anonyme de la méme époque. Plusieurs. L'une de ces compilations ta:rdives a joui cependa~t d'une}o:rtune. b.a<.émanent une version espagnole et deux ltahennes dont 1 une fut tradmte en fran~ais. e'est-a-dire a une époque ou le eontaet entre les deux pays était actif. ' Les versions occidentales sont. en laot~en. qui passe pour avoir été ministre d'un Satavahana. l' une des ara b es. auxquels s'ajouterent des chapitres d'origine arabe dans le Kalrlaj aux récits du Pañcatantra elle en associait d'autre provenance avec un ton moralisant assez marqué. § 1.81. la premlere.es bribes par le témoignage des gramma~l'lens (et de BhoJa da?~ le Sr~giiraprakiiSa) et derriere quoi il est malaIsé de mettre une réahte concrete. distinctes de ceHe qui est a l'origine du texte pahlavI.r des emprunts au Kiimandalcfya. n y a aussi un textus ampliar en sanskrit pe. sont ceHe de l'Ane v~tu de la peau de panthere et eeHe de l'Ane sans ereur ni oreiHes). Le Hitop~desa a pou~ a~~eur un ce:rtall~ Narayal. n laisse et sur les 43 tomber la plupart des récits figurant aux Livre's IV et qu'il donne au total. slave.821.9. demeure insaisissable a travers le halo légendaire qui l'environne. mais le type en est. fin du Xl" siecle.820.que des verSIOns . Le ton ~n¡. au total 200 vers:i\ns en une soixantaine de langues. I'Anviil'-i Suhaylí par I~usayn ibn 'AII al-KashifI. Tel est le eas des fabIes proprement dites.ga. probablement du XII" siecle. Les ressemblanees portent presque toutes sur des fables grecques postésopiques. La Brhatkatha. Comme l'a montré le premier Benfey. Dans certains cas. Le Hitopadesa.rs 75 O. puis du latin en aHemand pa.ion pahlavI due a . jusqu'aux contes que les f:reres G:rimm devaient recueilli:r plus tard . et qm est sans doute du XIV" siecle' enfin Venkatasubbiah a posé l'existence d'un Pañcatantl'a sanskrit d~ Vasubha. Une seconde version hébrai'que du XIII" siecle.en JavanaIs. est . il n'y a rien a tirer a cet égard du fait que la tradition met l'ouvrage presque au rang du Mahiibhiirata et du RiimiiyaJ. nota~ment au Bengale. sous le btre . latin.u est sÜrement posténeure au IX sIecle. l'intermédiaire fut la traduction f:ran~aise procurée en 1644 par David Sahid (et Gaulmin) ~Le livre des lumieres ou La conduite des roys"). que quelqy. c. n en resulte que la verSlOn pahlavl devaIt eontenir 10 chapitres peut~tre 15. une ou plusIeurs en arabe. 17 lui sont propres. due a un certain Büd n'est " qu en partIe. du XI" siecle). complété pa:r Ca:rdonne. la date est indéterminable. ~ ete a 1 o~lgme d~ to~tes les verSlOns et imitations qui ont sm. reuvre dont l'original est attribué a GUl).tantra du Sud.ha (XI" siMe). 243 dü a Durgashp. reuvres illustres du moyen age occidental ont subi l'influence plus ou moins accusée du KalIla et Dimna : depuis le Reineke Fuchs. par Ibnu 'l-Muqaffa.sans oublier les Fables de La Fontaine dout la deuxieme édition (1678) précise que les morceaux nouvellement admis dans le recueil proviennent pour la plupart du sage indien Pilpay. une nouvelle élaboration en persan. Les fabIes greeques sont attestées antérieurement. en face d 'une tradition flottan~e.e. les Fabliaux. a travers un texte turc. reposerai~nt le texte kannara précité ainsi . 1 auteur mdlen. semble-t-il. un autre au NépaI. Enfin surtout. du latin . n y a eu des eontroverses assez vaines sur la question de savoir si la priorité revient a l'Inde ou au reeueil d'Ésope. Le branle a été donné par la ve' .. comme SI souvent. une autre § 1. L? ~ate . On peut signaler le Pandja Tandaram malais (1835) qui a pour SOUrce un texte tamoul inconnu. On ne saurait rien affirmer au-deIa de eette constatation. le Paíícatantra a connu une diffusion a travers le monde qui n'est seeonde qu'a ceHe de la Bible. maIS Il y a un manuscnt (le plus ancien du :reste) qm s appa:rente dava~tage au texte nép:Hais (Blatt). En Asie. et qui semblent d'aiHeurs indiennes d'origine. guerre' paix". que le Pa!lCa. sur ~equel. L~ trait typique. utIhsant des sources composItes. La provenanee est la région d'UjjayinI et de Kausamb¡.lhya. .i" des versets g~omiques est.d~ux.renforcé.81. correct. la provenance indienne est ineertaine.r d'ériger a ~a dignité de ~recensions" des usages mconslstaDts propres a tel manuscnt ou a tel groupe de manuscrits. les Gesta Romanorum. CecI a ~té contesté par Edgerton. outre de~ adaptations en turc. Kiil/la wa-Dimna ' conservee (ce s?nt les noms ~e~ . qm se recommande par 1 alsanee et la clarté est eonnu en Oeeident depuis la traduetion anglaise qu' en donna WiIlcins en 1787 et qui passa elle-m~me en fran~ais des 1790. par Symeon Seth. La vérité est que nous sommes ICl. des 1859. une ve:rSlOn hmdI a ete ubhsée par al-BlrünI au XI" siecle. tradmte elle-m~me en latm par Jean de Capoue (XIII" siecle). m~decin du roi sassanide Anüsl1Irwan (531-579). Un second grand répertoire de eontes (dans lequel la fable proprement dite ne joue qu'un role effaeé) est «Le grand récih ou Brhatkathii. Le folklore de l'Inde moderne a absorbé ou retrouvé nombre de récits. c~acals de Paíícatantl'~ I). 11 remon~e au m~me o:riginal en anglais. En Europe occidentale.vl en OCCldent :. hommage qui reflete su:rtout l'importance exceptionnelle de la Brhatkathii comme source d'inspirations littéraires. source d'une masse de textes dans diverses langues d'Asie et d'Europe. A § 1. e.. et une autre.la. C'est le H!toprulesa_ ou ff L mstructlOn p~o~table" . perte d un ami. en siamois (le texte javanais date de 1200 envnon. d'autres ve:rsions peuvent s'~tre accréditées sur la base de recensions anciennes. n s'agissait d'une reuvre tres probablement en prose.u. Diffusion du Pañcatautra. singulie:re. ho:rs des traductions caractérisées. 1778).~e traduction nouvelle en syriaque. sur laquelle repose. d.

spirituel.mpl. Une notable partie des contes adventices. Le héros réuss~ra a reconquérir sa femm~ au terme d'une vaste équipée. L'apport nouveau réside dans un aillux de récits étrangers au récit-cadre. Lévi en 1893. mais avec une autre diviSlOn plus precIse en 124 taranga (ltfloh. celle du Népill est plus fidele mais fort i~co.mlr (et en paisac!?) de l antIque Brhatlca¡ha de GUl}á¡.du moms l'a-t-on présumé (Lacóte. y compns les emprunts au Pañcatantra et la série du Vetiila (S 1827) devait étre étrangere a l'reuvre primitive. le rapt. comporte 28 chants conservés (soit 4. surtout a partir de VI. précisément celui des Une grande partie des contes kasmlriens ne vient pas de la Brhatkathii ou a dli figurer beaucoup de ce que ces remaniements ont laissé perdre. § 1. Budhasvamin. Suit une ttconquéte des orients" a la mode épique. une verSlOn complete en miihiirii~{rl archaique en a.me date plus éloignée qu'on ne pe~sait (AIsdorl). pere de K!. gue connait auSSI (ams~ que son beau-pere Pradyota) la tradition boudhlque (notamment le Dwyiivadiina et le commentaire du Dhammapada).1a. Il est précédé d'un prologue (1) narrant la légende de GUl}á~hya et d'une téte de récit (lI) entamant l'histoire d'Udayana. qui se trouvent répartis a travers . . sur les épisQdes ou contes autonomes. Le récit y est squelettique le plus souvent. les contes adventIces sont peu nombreux. ttL'océan des rivieres de contes". le mariage avec Vásavadattá. a savoir l'authenticité de la version népillaise. cf. type de l'ami ingénieux. celui-ci raconte sa propre histoire depuis le moment ou le récit en est resté : le mariage avec Madanamañcuká. !l'a . de la composi. est de beaucoup la plus connue des hranches de la Brhatkathii. C'est un vaste recueil de 22. a partir de VI. Sa victoire fi!lale le rend souverain d'un empire fahuleux. la série des aventures féminines. divisé?~ 18 lambhaka comme le MañjarT. en dépit des versets descriptifs dont il est farci.lhya . La BrhatlcathiimaiíjarI ItLe bouquet (composé de fleurs extraites) du Grand Récit" de K~emendra . vISIble d~ place en place. Celle-ci était divisée en lam~ b~a(ka). Les recensions jaina. Puis le poids du récit passe sitót apres sur son fils Naraváhanadatta . reuvre de Sa1pghadása antérieure au VI' sIecle. . ambiance de fétes. qui ont abouti a ses mariages successifs avec Vásavadattá et PadmávatI. La source des deux verSlOns kasmlnennes. au premier ahord. K~emendra.cet auteur fertile dont nous avons rencontré le nom plusieurs fois . roi du Magadha. La Brhatkatha est du type des reuvres Ita tiroirs» : le héros principal con~e s?n hist?ire e~ ~ap~orte ceHes a lui dites far d'autres personnages et amSI de sUIte. La naissance de Naravahanadatta a lieu au livre IV. malgré la stylisation et l'apport du merveilleux o~ recon~ait sans peine un fond de peinture prise sur le vif. Ce texte utIhse la dlVIslOn en lambha pour séparer les réClts relatifs aux Itconquétes» de Naravahana. Cette hIstoire de base a pour protagoniste le roi des Vats~ U~ay~na. es~ elle-méme u~ remaniement fait au Kas.e lynque ou semI-!ynque. et qui porte le nom de BrhatkathiiSlokasaJf1graha. milieux d'artistes. était ailleurs. Somadeva se donne lui-méme comme un abréviateur fidele. Il s'agit d'une épopée galante et merveilleuse.!étes» dont le nom rappelle les exploits fémillIns du personnage prmCIpal. OU il se sIgnale surtout par son aptItude aux conquétes féminines. Ceci dit. les tarailga de KalhaIJa). Mais la Brhatlcathii limite a peu de choses pres son intérét aux aventures galantes du héros. en effet. protégé du roi Ananta et de la reine SuryamatI au XI' siecle (l'reuvre doit dater des environs de 107 O). type de magiClens amblvalents (S 1088). puis épousera la filie de Pradyota. dIts par le dIeu Slva a PárvatI.fait' que transcrire les récits qu'il avait entendus. c'est-a-dire Itco~q.823.822. Nombre de traits dans ce récit sont sans consistance. Cet intérét porte. découverte par S.244 LES LITTÉRATURES. la version népillaise de Budhasvamin. Le récit principal est traversé d'environ 350 contes dont un petit nombre seul peut passer pour des épisodes du récit principal.500 versets) sur un total qui dépassait peut-étre la centaine. distingue ce recu6II du cycle des Pallcatantra. Budhasvamin est remarquable par une vision alerte de certaines sociétés (vie mondaine. reuvre du hrahmane ¿iva'ite Somadeva.t ce qUI.825. Ensuite (IIr) Udayana. La troisieme version.wn Kadaij une en persan). le livre XIV s'acheve par la consécration du héros qui part en campagne afin de réduire les princes qui refusent de l'accepter pour souverain. le Slokasal?lgraha est plus voisin d'un roman que d'un recueil. doué pour l'intrigue.est divisé en 18 lambhaka qui sont disposés en gros comme les sections du Kathiisa1'Ítsiigara. § 1.On nous raconte son manage avec la courtisane Madanamailjuká (?U °mailc'!ká). pour s'emparer du Magadha sans coup férir. et qui tend a faire de ces ouvrages de simples recueils de contes. prend le róle principal a cÓté du héros. § 1.type 9ui parait avoir été inventé par GUl}á(lhya.000 versets (il peu pres l'étendue du Riimiiy~~¡a). LITTÉRATURE NARRATIVE. dont le theme général est emp~unté au RiimiiyaJ.tion. Le ~ouci de l'ordre. l' UdayaJ. La Brhatkathii nous est accessible a travers trois versions qui sont des remaniements versifiés en sanskrit· d'autres sont retractables mais non directement connues (une fori anci~nne en ~am?ul. § 1. Il semble que cette découverte doive amener a reporter la Brhatkathii ~l!e-mém.g18. sortes de chevaliers errants. L hIstOI~e de h~se (et pl1l:s d une histoire secondaire) est de typ~ nettement ~plq. ou les aventures ~e Naráváhanadatta sont reportées a Vasudev~. Un personnage nommé Gomukha. Le témoignage de la VasudevahÍl]qrconfirme ce que LacÓte avait vu.n raconte gu'il. type de personnage de folklore. L'reuvre n'a que cet intérét de nous aider a aller plus haut qu'elle dans la restitution de la Brhatkathii. abrégés.ete. le type en peut éventueHement remonter a GUl}.ue : c ?s. éte r~trouvée récemment. des scenes érotiques ou religieuses qui Pagrémentent dans les conventions d'une rhétorique ampoulée. est assez accentué.824. armés de pouvoirs dangereux et en méme temps réparateurs de torts. ces récits sont suivis d'un upasamhiira et précédés de deux prologues. Les Jaina ont de leur cóté un texte . 245 O. Au point de vue littéraire. Speyer). de joueurs d'artisans divers). avec la factur. v/Clyiidhara. héros local.e? :.utonome appelé VasudevahtWl. comme si l'intérét principal.a~hya. simulera un incendie OU Vásavadattá est censée périr. Somadeva et le Kathasaritsagara. l'enlevement de celle-ci par un vidyr7dhara. Ce livre est la cld du reste. celle de Somadeva et celle (moins pure) de ~_~~mendr~.

. Ainsi la longue histoire de Süryaprabha empereur des Vidyadhara (VIII). Apres avoir ainsi longuement réfléchi dans tous les détails. Alors quelqu'un levant les bras au ciel : «H est trop haut perché. personnage sympathique d'aiHeurs. avec les conventions que le genre impose (description de fetes. Nala et Yudhi~~hira ont été battus. va le voir ! ~. qui a son tour fut écarté : «Des individus comme ceux-Ia ne méritent pas qu'on prenne leur avis. Le joueur. qui a son vice favori et ne dépend de personne : le voila notre ami! J'irai done au tripof voir Punarvasu. venez ici trancher notre doute. Elle regorgeait de gens oceupés aux dés. dit-il d'une voix lente. un nain. eria-t-il. On y voit de petites principautés Olt le roi est guidé par un ministre dévoué. Hs aviserent done un tiers. de femmes. point de «parda" ni de satí j peu de polygamie. et eonquérir l'amitié d'un homme riche. Au Livre IX la visite 11 ViglU rappelle de pres le voyage a l'Ile Blanche du Mahiibhii1'ata (§ 792) et comporte un hymne aNarayal)a. fautl) . Parmi les contes adventices. 247 l'ouvrage de maniere fort inégale. le m'assis un moment et j'entendis s'élever tout d'un coup une rumeur semblable aux vagues d'une mer orageuse. Je me dis a moi-meme : facheuse affaire que de juger un différend entre coquins. mais l'atmosphere est nettement hindouiste. vous etes donc sage et point vicieux. avec colere. on évoque les habitudes de certaines communautés religieuses. c'est conquérir un trésor. etc. est question des quatre classes. L'ouvrage est remarquable par le style élégant et simple ala fois. On peut les classer en histoires de fous (elles peuvent dériver en partie d'un recueil qui a été traduit en chinois des le y. Mais il faut montrer son art quand on en possMe un : la science qu'on tient secrete est inutile aux intérets des malheureux. plein d'humeur : « Que viennent faire ici.. Je me dis : «Pourquoi m'insulte ce fils de p . Celui qui l'emportera dans ce jeu sera mon ami. c'est leurs vainqueurs eux-memes. se mit a lancer les dés avee passion : en trois coups consécutifs. certains sont de dimension considérabIe. ce n'est pas le pada j ce n'est pas le einq. le pada ou le cinq?". on a présumé une influence chrétienne (Lacóte). siecle. Je pilai en poussiere un peu de brique et la versai sur le dé qui était tombé sur l'arete et dont le coup faisait douta. ailleurs que chez les joueurs. Les représentations mythologiques sont relativement vivaces. et aussitOt un murmure s'éleva de toutes parts : «Sans aucun doute. le tout se maintient dans une ambiance rationalisante. comme des papillons devant la lumiere. de memes sentiments que nous. « Interrogeons un témoin! dit l'un.Comme tu voudras! reprit l'autre". sous des couleurs qui ne sont pas toujours favorables. les malheureux mettent leur tete entre les genoux et implorent Siva : l'abattement leur ravit la parole. Quand il gagne. nombreux sont ceux qu'on retrouve dans d'autres traditions indiennes ou dans la littérature de folklore en général. entrée des princes. cet homme passe de loin en adresse aux dés et Nala et le fils de Kunti! . 11 tendance siva'ite et meme tantrique. . vous nous servirez de médiateur". Au XII on trouve un énorme récit : le cadre en est l'histoire de la filie du vidyiidha1'a qui garde le héros aupres d 'elle en vue de l'épouser. Au point de vue de notre connaissance des mreurs indiennes.d'arbitres savants". les petits lits sont les plus mauvais!" Alors ils m'aperlfurent et m'interpellant avec resped : (eMon cher. la sorcellerie : 11 ceci se réfere notamment la présence des vidyiidhara. de voleurs (cycle de Müladeva). mettant sur le compte du karman les inventions les plus difficiles a accepter.!l chambellan : qu' a-t-on besoin de eonseillers vieillis en expérienee. normale aussi une certaine forme d'«esclavage" adouci. Qu'on interroge un autre 1». . dis-je. La-dessus. si cela ne vous dérange pas. . Nombreux sont les épisodes qui font intervenir la magie. mais point de ca~tes rigides. Pu?kara et le fils de Subala que eet homme surpasse!". c'est une des réussites de l'art indien. je vis une marque faite de pierre et de terre qui servait au tableau. en savoir et en age ! Le malheur est assis devant eux : leur langue et leurs membres sont enehainés. on eüt dit un étang avec un e¡. jouons ¡" dis-je al'homme. Quelques récits ou parties du récit sont d'allure kiivya. On interrogea un autre.Je ne sais pas. chaeun d'eux voulant triompher de son partenaire.U IEl 246 LES LITTÉRATURES. Sur ces réflexions. je lanlfai vos bijoux aterre: «AHons. j'ai mis un enjeu qui vaut les trois mondes!". parmi lesquels la série du Vetala (§ 1827). e'est le pada" disaient-ils et une dispute s'éleva entre ces deux hommes. je pris congé du ehambellan et partis pour la salle de jeu. Si tu as quelque euriosité. danse. Or on ne peut. gaierie de tableaux) . ces gens qui ne mettent pas d'enjeu aux dés? Dans une salle de jeu on n'a que faire . les allusions mythologiques sont revetues d'une teinte siva'ite. avec de jeunes hommes s'entra1nant au rOle de ministre. Hertel). qui a la main ouverte a tout propos. En revanche la prostitution (l'héro'ine principale. Gomukha me dit en souriant : «Tu ne sais pas ce que c'est? . de guerre ~bataille entre Asura's et Vidyadhara's). joueurs enragés. j'y suis bien décidé. un généreux fils de marchand : entouré d'un eercie de joueurs il joue aux dés dans un tripot. égaré par la colere et la cupidité. L'auteur a utilisé sans doute les Jiitaka et les Avadana. le prince héritier a sa cour propre. Tandis qu'on me comblait d'éloges. l'ouvrage est d'une valeur réelle.. il distribue tout son argent aune bande de besogneux. qui est d'ordinaire un bdhmane. tel est mon avis". Le joyau jetait des feux étincelants : les joueurs le regardaient avec des yeux dilaté s de désir. § 1. ayant la taille moyenne. mon ami..826. Comme je dressais l'oreiUe a ce bruit. Vous n'etes ni trop grand. Quap. cependant que pour le faire patienter un ermite lui narre l'histoire de MFga6kadatta. le culte du Liriga est attesté. avec le condiment obligé du grand spectacle. Son but est de divertir. On parle souvent des beaux-arts (musique. Enfin le livre XVIII appartient 11 la geste fameuse de Vikramaditya.d il perd. surtout quand il s'agit de joueurs qui guignent le bien d'autrui. histoires de marins. montrer son art au jeu.Quoi! riposterent les autres avee colere. et tous les moyens lui sont bons. L'reuvre forme un curieux mélange de roman bourgeois et de fantastique. Au X se rencontre le Pañcatant1'a presque en entier. les malins n'exercent leur débauche que dans les maisons de prostitution. un grand diable qui n'était pas malin : «Lequel des deux vois-tu distinetement. que rattache au reste un fil tres ténu.827. marche des armées. puisque la poussiere s'y maintient.). la préoccupation éducative est tout 11 fait secondaire. ajoutai-je avec fermeté : «Bien!" dirent-ils. ni trop petit. époJ?ée fantastique. c'est ce qui t'explique ce bruit tumultueux. truffé d'autres contes ou fables. e'est un imbécile.C'est Punarvasu. s'écrierent les uns. La poussiere versée sur le pada se répandit toute aterre. n § 1. LITTÉRATURE NARRATIVE. est une courtisane) et certains vices sont décríts comme des faits normaux. Spécimens. Deux individus entre autres jouaient aux dés : or il arriva qu'un dé tombant sur l'arete resta en suspens entre le pada et le einq : «C'est le cinq. l'auteur laissant voir qu'il n'est pas dupe de sa fiction. elle-meme servant de cadre 11 d'autres contes. Je réfléchis a ce que me disait l. je dis alors : «Le cOté marqué cinq a une surface plus horizontale. le partisan du pada qui avait été battu me prit a part et.gaim de hérons avides de goüter une proie. eeHe du einq resta sur place. Mais prenez un homme de meme age.

plus marqué encore. attribué aVararuci. cene de Sivadasa ne doit pas ~tre antérieure au XII" siecle. dont i'esprit manque d'aplomb par nature? Les enfants et les singes sont les premiers exemples de i'étourderie". se rend a un cimetiere. me dit-il. dans le marché : ce Patron 1 As-tu appris le prodige? Je vais te le raeonter. disait-il. il est répréhensible iei. Il est convonable d'examiner ce qu'a rapporté Pingala.la meilleure attribuée a K~emaIpkara. Étant avec mon maltre. vous n'avez pas poussé jusqu'au bout votre métamorphose en hommes. Je vous poserai une question. Jambhaladatta. Ces documents different largement dans la teneur. il se rapproche a certains égards des versions kasmlriennes (Emeneau). il agita les dés. .. répondez-moi avec bienveiUance : pourquoi etes-vous descendus du séjour céleste sur terre? Voici mon idée : bien que dieu. si tout le monde se met d'accord pour le vouloir. cela flit-il exact : on ne doit pas énoncer un fait invraisemblable. n existe la encore. vous vous i'etes assuré. convoqua Kausika que le gamin lui avait désigné et le questionna : ttJe n'ai pas besoin de vous dire : dites la vérité . ce vil joueur jeta les trois mille pieces et perdit d'un coup un lak entier. Un jour qu'escorté de disciples il allait vers la Gailga faire ses abiutions. qui ont pu avoir été la source (Hertel). 249 d' expérienee aux dés. (Ibid.Maudit soit. puisqu'il me force a énoncer une ehose invraisemblable et peu plaisante a a entendre. Plusieurs des récits du Vetala se retrouvent dans d'autres recueils indiens ou non indiens. il arrive que les gamins disent la vérité en plaisantant. si joyeux que le poil se hérissait sur sa peau. Les Contes du Vetiila. Un Yogin persuade le roi Trivikramasena (en fait.. . Il était un brAhmane du nom de Kausika. Punarvasu dit a i'un de ses serviteurs : «Qu'on force ce joueur a donner un lak intégralement 1" et il m'emmena ehez lui. e'est vous qui en etes le maltre. mon cher!" dis-je. un étourdi du nom de Pingala. il rendit hommage au dieu Hara. . e LITTÉRATURE NARRATIVE. mais passée dans l'usage faute de mieux). ce faisant. . On estime en général que ce recueil n'appartenait pas a la Brhatkatha origineHe. Chacune d'eHes se termine par une question difficile. ne promettait rlen de bono L'un des gamins. en hindI (début du XIX· siecle).. une version jaina . mon frane parlor. se dit-il. Une servante du gynécée venue pour quelque emplette entendit ces mots et les colporta a la reine. Un chien se transforme en boue. Les versets gnomiques (la oa il en existe)· sont de type indifférencié. a quoi bon discourir? Ce que je vous ai procuré est a vous. J '. c. Jambhaladatta est connu en plusieurs états. en marathe (XVII· siecle?). Quand il eut ainsi rassuré le roi dans l'abattement. un autre en vers. également du Sud. quelques-uns sont célebres. enfin un remaniement brahmanique de cette version. meme lorsqu'elle est absurde. Le roi. mais le Vetala satisfait de son courage lui transmet la maitrise des pouvoirs magiques. La recension kasmlrienne de la Brhatkatha contenait une Vetalapañcavi¡¡lSatika tt Les vingt-cinq contes du Vetala» (vampire est une traduction tres approximative.Si cet argent. et qu'on a présumé reposer sur un original priíkrit. lequel. la reine les transmit au roi. que pour son vrnu de dire toujours la vérité les gens avaient surnommé Kausikale-Véridique. s'informant de la filiere. tout décontenancé. un texte du Nord.non plus qu'on n'a besoin de dire a i'amant : dites le mensonge puisqu'il a pour vrnu le mensonge. je perdis trois milliers de pieees avec cet individu avide au gain. voisin des précédents.abrégé. Un texte. rapporta l'histoire a un eommer~ant de la ville. est a ma disposition. la religiosité est ténue et éclectique. ttJoue ou donne un lak. Voilit un frane précepte que les francs parleurs ne devraient pas perdre de vue. pour le distraire. dont un en nevarI. fai vu une pierre traverser le ileuve". I I § 1829. Un autre recueil fameux est la SiI!lhiisanadvatrir¡liika ttLes trente-deux histoires du tr6ne» (aussi appelé Vikramacarita ttL'histoire de Vikrama»). dü aSivadasa. la défaite i'épouvanta. comme le nomment d'aiHeurs certains manuscrits) de l'aider a un rite magique en lui procurant le concours d'un Vetala. La. en prose. beaucoup d'entre eux se retrouvent dans d'autres reuvres. avec un apport magique. qui a jamais vu des hommes pourvus d'une aussi belle prestanee et d'une pareiUe connaissance dans les arts?". merveiHeux. meme s'il est réel. e'est· grAce a vous. comme s'il en avait re~u une faveur : «Cet argent que vous avez gagné sur ce joueur. § 1830. VaUabhadasa) sont en prose (chez Sivadasa il y a des versets insérés) et sans doute était-ce la forme primitive du recueil. Les Histoires du Trone. Il ne faut point dédaigner la eroyance populaire. porte SUr ses épaules un cadavre dans lequel est logé le Vetala qui. en effet. dü aJambhaladatta. XXVI. je vous i'ai apporté. L'ouvrage lui-meme a été traduit dans diverses langues indiennes. sur ses indications. On ig~ore la date du Vetala. Il prit beaueoup de peine a recommander aux enfants de ne point divulguer le fait qui. ou plut6t de ses diverses recensions.28. Écoutez un récit qui va vous prouver ce point : les histoires du passé sont choses démonstratives pour qui sait ce qu'est une démonstration. Peut-on ajouter foi a la parole d'un enfant. vous en Mes le propriétaire. On n'a pas le droit de dire la vérité si elle peut etre funeste. elle contient d'apres Hertel des gujratismes. K~emendra et de Somadeva.248 LES LITTÉRATURES. ns permettent cependant de reconstituer . Les textes inclus dans les ouvrages de. Est-ce vrai ou eske faux? Parlez. Kausika-Ie-Véridique irrité ehassa ce Pingala aux propos funestes. 23-39). faites-vous le donner et gardez-le. eonnaisseur du Veda et du Vedanga.C'est vous qui l'avez gagné. elles mettent en relief la sagacité du Salomon indien. Enfin la version de K~emendra ~ fait l'objet d'un abrégé en prose. le roi ne sait que répondre. reprit-il. La victoire lui avait donné une confiance effrénée. Des sages tels que vous ne doivent pas aflirmer ce que vous aflirmez. Un autre. si bien qu'il ne pouvait plus en son égarement ni lacher prise ni jouer. les mérites littéraires sont les mémes. b. l'argent qui échoit a i'esclave appartient au maUre. Puis en une fois. Lit-dessus il répondit au roi : tt Sire.Le texte de Vallabhadasa semble n'étre qu'une sous-version de celui de Sivadasa. qui ne répond a aucun des textes sanskrits connus..puisque vous avez la vérité pour vrnu . dis-je. Vikramaditya. jaina SUrtout est singuliere. Sur ces entrefaites. Les manuscrits abondent en interpolations. notamment dans les versions jaina du PaJicatantra. vous avez succombé a l'attrait du jeu mais. la version . Les trois textes autonomes (Sivadasa. auquelle roi est invité a répondre et auxquelles il répond chaque fois victorieusement. A la 24· histoire et la 24· question. Je m'en vais donc taire cette vérité qui est pire que cent mensonges et dire un mensonge qui sera préférable a cent vérités". On le repere en mongol (sous le nom de Siddhi-Kür) et en tibétain (antérieurement au XIII· siecle?) sous une forme. Il en a été transmis : a. légerement houddhisée. Les récits sont du m~me type que ceux du Kath(lsaritsiigara. sans parvenir a se décider. XXIIII. 26-74) § :1. plusieurs états : un texte du Sud. (BrhatkathMlokas. il vit une pierre traverser le ileuve. ce qu'a dit le gamin est faux : qui eroit le feu de glace eroit voir aussi les pierres nager. lui raconte des histoires. ce lak. On affirme qu'avee vos éleves vous avez vu une pierre traverser le ileuve.

estompe le róle de Vikrama. et un textllS m'IUttior qui. R. Le Dharmacauryarasiiyana de Gopalayoglndra est un poeme en 279 vers de facture simple et éiégante : le récit as~ez piquant montre comment un voleur ingénieux arrive a une haute situation dans l'État. que parsement des gujratismes. eo-régent de Salivahana. Ces Mtes le remettent . n existe de la Sukasaptati une traduetion persane célebre. Quand. urdü. Les plus saillants des innombrables recueils narratifs jaina seront eités S 2418 et suiv. D'autres recueils analogues ~ont d'inspiration jaina. lui fait la guerre et le vaine a l'aide des deseendants de Vikramaditya. en sorte que la jeune ferome. D'autres recueils de contes ont aussi pour héros Vikramaa savoir. notamment les fables.'ejoignent grAce aux bons offiees du prince Vikramaditya. histoire de Ka~ayamañjarI) a un eadre identique a celui de l'ouvrage arabe (Charpentier). xv· siecle. elles enseignent comment les femmes. en persan. dont le prologue-cadre et. comme dans le Pañcatantra. désolé de voir son fils se livrer au plaisir. le jeune homme s'en va. Le cadre est le suivant : le prince Vikramaditya . mais a tort. qui se donne pour l'muvre d'un certain Cintámm. . se l. et beaucoup se retrouvent ailleurs. LITTÉR!TURE N!RR!TIVE. bengall. Enfin le Vrracaritra d'Ananta est une sorte . est une kathii versifiée. L'ouvrage n'est certainement pas antérieur au regne de Bhoja. en nevarl. On ignore si le Sil!lhiisana était en son fond un texte de Nui eomme le Pañcatantra.'ail'ement inférieur aux contes issus de la Brhatkathii notamment par la monotonie de i'affabulation .il n'en ~ pas moins été un recueil populaire et d'assez vaste diffusion.¡ \ a coups d'histoires morales sur le droit chemin. Parmi les lointaines imitations (ou ont pu jouer aussi des souvenirs de la Brhatkathii et du Pañcatantra). sa générosité qui va jusqu'a l'esprit de sacrifice. comme l'attestent déja l'abondance des recensions et des traductions. prose et versets insérés. La Sukasaptati. Les Jaina ont été les maitres du genre. Plusieurs textes sanskrits de date récente peuvent reposer sur des muvres en vernaculaire. on connait aussi des vel'sions malaise et mongole. sa femme est tentée de prendre un amanto Le perroquet pour l'en détourner lui narre des histoires qui se renouvellent durant 69 soirées consécutives.possédait un trÓne merveilleux orné de 3 2 figures sculptées. l'omatiar. On en connait en effet des traductions ou des adaptations en bengali. L'ouvrage primitif a dil ~tre en prose avec insertion de vel'sets gnomiques. Littél. parsemée de versets en sanskrit et en prakrit. Le Kathiil'1. naIf. avide d'écouter la suite. sur les conseils d'un brahmane. celle. est mise hors d'état d'exécuter son projet jusqu'au retour de son mari.250 LES LITTÉR!TURES. et qui contient.wva de Slvadasa et ses 35 récits est de type analogue. certains sont en prakrit. représente pourtant une tradition authentique. un groupe d'históires indiennes. les exagérations qui marquent ce theme font que l'ouvrage sonne franchement faux.tibhatta. le poete maithil¡ bien connu) est un groupe de 44 récits didactiques. perdu. une origine indienne pour l'ensemble des Mille et Une Nuits. L'ouvrage est farci de contes et d'épisod-es fantastiques. a cadre eommun et allusions historiqucs.d'épopée en 30 adhy. qui confinent ala satire sociale ou religieuse. tres aberrante. un textlls simplicior qui doit ~tre l'abrégé d'un texte antérieur. Ce sont des récits d'une crudité de langage parfois étonnante. puis par Hertel. toujours prompt a moraliser. ce sont des histoires de fous ou de coquins. Edgertona combattu l'opinion exprimée par Weber. 251 un archétype (Edgerton). il se peut que 1'intention primitive ait été déviée par le rédacteur jaina. citons le Livre de Sindbiid le lIfarin qui a pu étrc transmis a l'arabe a travers un truchement pahlavI. malgré des altérations de forme et de fond. un perroquet et une corneille. L'ouvrage se termine par une conclusion tres breve : les 32 histoires finies. La Puru~apar¡k:~ii de Vidyapati (du Bihar. § 1834. prenant la parole. le trÓne disparait soudain. On ne sait rien sur i'auteur ni sur la date. qui se brouiUe avec le fils de celui-ei. § 1833. apres sa mort. le roi Bhoja voulut s'y asseoir. etc. Lil-dessus. agissant eomme un juge plein de sagacité. se retl'ouvent pm:fois aussi dans le Pañcatantra OU elles ont pu 8tre empruntées aux vel'sions jaina (Hertel). Les histoires elles-m~mes. elles sont dans un sanskrit brisé. réussissent grace a leur astuce a ~e tirer d'un embarras mortel. surprises par leur mari. en mongol. de la Sllkasaptati en particulier (Cosquin). lui donne pour ttinstructeurg". sans mérites littéraires particuliers. avec de grandes reeherches de style (au moins dans i'ornatior). en deux recensions. tUl'C. marathI. éventuellement aussi de vel'sets narratifs. Le plus piquant est que ces histoires ont le plus souvent i'adulter e pour sujet. en hindI. sur iaquelle reposent d'autres textes persan.le mode de eomposition sont analogues aceux des eontes indiens. e'est-a-dire au XI' siec1ej peut-~tre est-il seulement du XIII'. en siamois. Les récits visent uniformément a mettre en évidence les vertus de Vikrama.ant surtout les aventures de Südraka. Divers textes narratifs.. elle met en seene Vikrama métamorphosé en perroquet. On avait autrefois présumé. Schmidt en a fait connaitre deux états (qui ne sont sans doute pas les seuls). la Miidhaviinalakiimandalii-kathii par Ananda : histoire du brAhmane Madhavanala et de la danseuse Kamakan dala qui.iiya (en Slaka) retrac. 'J'erminons ici par un ouvrage qui. Avec la Sukasaptati ou «Les soixante-dix histoires du perroqueb. est postérieur au XII' siecle. ~itya. Un texte jaina du XI' ~iecle (commentail'e de Devendra sur l'UttarajjhayalJa. chacune des 32 figures s'anima a tour de róle et. § 1831. il est vrai. ainsi la Bhara!akaaviitl'i'l{tsikii ((Les 32 récits du bhara{aka (type de moine mendiant)". noux avons a nouveau un ouvrage narratif de vaste diffusion. le Tü{íniimah (XIV' siecle). en particulier. la religion est sacrifiée aux néeessités galantes. en 28 ehants. est pour- § 1832.li.ce héros de tant de légendes . suivant quoi le texte serait jaina a l' origine. Le Vikramadaya. Le 15· l'écit (dans le simplicior) est passé dans le Tristan de Gottfl'ied de Strasbourg. apres une longue séparation. incorrect. il appert seulement que plusieurs récits de la version de K~ema1pkara se retrouvent dans le PrabandhacintiimaJ. L'amvre est rédigée dans une prose assez simple. L'aut9~r semble ~tre un eertain Munisundara (Hertel). l'en dissuada en lui racontant i'un des exploits merveilleux de Vikrama. Le cadre est l'histoire d'un marchand qui.

comme aussi la partie initiale de l'reuvre. les descriptions du jeu a la baIle. Le chapitre VIII se réfere a des conditions politiques assez concretes. Tout ce chapitre abonde en descriptions emphatiques. Le récit-cadre expose comment se rencontrent dans la for8t. Apres un long temps ils le retrouvent et chacun d' eux narre a tour de róle les aventures par ou il est passé. mais avec plus de détails descriptifs et dans un style moins puro Il y figure notamment . du tripot. réve. Le DaBakumiiracarita de Dal}gin «L'histoire des dix jeunes hommes» est de tous les romans le plus voisin des contes. Les faits sont arhitraires. se livrent a des compétitions et mesurent leurs talents. sur la vie de cour. et notamment du Kiimaiiis/ra. prédiction. dont il emprunte la présentation a tiroirs et le riche matériel folIdorique. Ces aventures. d'autres ont pensé a Bhatta Narayal}a) qui s'est vainement efforcé de rivaliser avec le modele. la fantaisie jaillissante en sont les traits remarquables avec cette chose assez rare dan s les littératures de l'Inde ancienne. etc. n u'est pas facile de déte. est palpable. les procédés de composition (récit-cadre. Le sujet. qui valent pour le Vidarbha et pour le VI" siecle. se montre ici en plein essor.'e comme source historique. Cette portion est d'un imitateur de Dal}gin (bien qu'on ait voulu parfois. qUI a du fourmr aUSSI l'ldée de certains épisodes. il ne comporte que 7 récits et le début d'un huitieme (l'histoire de Visruta). teinté d'ironie comme nombre d'autres passages. 253 tant d'une résonance assez singuliere dans I'ensemhle de cette littérature. la se/me des pirates de mer. DaJ. Mais le fond en est une notation assez réaliste de la société indienne. non dans la púrvapi{hilcii. qui fait du DaBakumiira une des sources non négligeables de notre connaissance de l'Inde a cette époque. Quandils ont eu gran di et app~is les br~nches di~erses du s. qui existe sous deux formes principales. l'humour. récit d'Apahiiravarman. qui forment le gros de l'ouvrage. fin du XVI· siecle. suite d'historiettes sur le roi Bhoja de Dhara. Le récit-cadre figure.tvoir. J. qui n'est apparent que dans une portion de la littérature narrative.!i ou le PrabandhakoBa. ¡j I § 1835. a la mamere des heros de l'epopée ou des lcathii. Il a chercbé a imiter l'Ar/haBiis/ra dan s le theme de l'emploi du temps journalier du prince. L'auteur y utilise a plein la richesse des ressources linguistiques. Une découverte récente a mis au jour l'Avantisundari-kathii. On ne saurait utiliser cette reuV).) sont simiiaires. partout dominent les phrases longues. dont il demeure a dire un mot. sous prétexte que les levres du personnage qui parle ont été blessées lors de jeux amoureux trop ardents.r~iner a quelles s. Il y a des passages en style relativement simple. le milieu dominant est celui des fraudeurs de toutes sortes (éventuellement. la púrvapi{hilcii ou frpiédestal antérieur".lgi!I a pu . celui des joueurs. l'auteur est visiblement au fait des disciplines spéciales. sans en abuser. doit son inspiration a des reuvres jaina. etc. qui manifeste une tendance piétiste). Le Dasakumaracarita. qui donne le récit de deux des jeunes gens et le début d'un troisieme. sans que les inflexions répondent toujours a une ~xigence interne. Le chapitre VII tient cette gageure de ne comporter aucune consonne labiale. Les poéticiens y puisent. d'intrigues invraisemhlables et invraisemblablement compliquées. n'est pas sans analogies avec la masse des contes. quoique de maniere limitée. qui pour diverses raisons est la date la plus probable de Dal. cinq autres princes et quatre fils de ministres. la gril. § 1836. mais dans le premier ucchviisa du Dasalcumiira proprement dit. soit 8 chapitres dits aussi ucchviisa. elle est d'une langue moins sÜre. Mals Rajavahana s'est trouvé séparé de ses compagnons (iI était parti pour aider un lciriita qui devait devenir plus tard roi du Piitiila). Le texte authentique est donc incomplet. ainsi qu'on l'avait tenté autrefois. tout un monde ou la moralité et la religion sont négligées ou malmenées (sauf dans la pürvapithilcii. des assassins a gages). n n'y a aucune difficulté a identifier l'auteur. etc.H.1in. les composés nominaux. Les meilleures scenes sont au chapitre second. Le petit groupe des romans. L'inspiration populaire de ce roman picaresque. le PrabandhacintiimaJ. qui est en m8me temps un roman de moours (moours féminines. du combat avec l'éléphant.). dont on repere des paralIeles parfois précis dans le Kathiisaritsiigara. Les romana. varié. Mais le roman est avant tout et foncierement un lciivya. comme le veut la tradition. La géographie est assez instructive. de magie. n est écrit dans une langue assez alerte. Dal}J.lin parait surtout soucieux d'affirmer sa virtuosité.pu~ser. LlTTÉRATURE NARRATIVE. ceux-ci vont a sa recherche. des citations illustratives. d'une invention moins heureuse.lgin. d'autres données indiquent plutÓt le VII" siecle. c'est-a~dire du XI· siecle. l'une du Sud. est emprunté a la littérature narrative. récit en prose entrem8lée de 328 versets. Le Bhojaprabandha. l'autre du Bengale (mais il y a certainement d'autres états). un groupe de dix enfants. plein de verve et d'imprévu. Comme dans heaucoup de contes. d'autres dan s les Jiitaka. en 5 sections dites ucchviisa. Magha et des seigneurs de moindre importance) comme contemporain de Bhoja. la mettre au compte de Dal}gin lui-m8me. c'est-a-dire une reuvre d'art soumise aux m8mes conventions de forme et de fond que la haute lyrique ou l'épopée savante.252 LES LITTÉRATURES. un complément tardif a été imaginé par Cakrapal}idIk~ita. l'inspiration est en partie m8me matérialiste. mais l'inspiration en est plutÓt pauvre. texte qui raconte en partie les mémes histoires que la púrvapi{hilcii. L'aisance du discours. et Kiilidiisa y figure (avec Bhavabhüti. ils ~artent pour une «conqu8~e des onents». en particulier). L'élément érotique. ValIahha ?). Meyer. d'autres tout a fait alambiqué s . C'est le Bhojaprabandha de BalIala (en fait. emplies d'épisodes fabuleux. avec celui du traité de poétique qui est l'une des bases de la Rhétorique ancienne et qui abonde en citations brillantes (S 1559). dont le fils du roi (Rajavahana). en effet. L'agent surnaturel est un karman sommaire. Le cadre semble emprunte a GUl}aghya. Le roman de Dal}gin est le chef-d'reuvre de la prose d'art sanskrite. ainsi J. b. les poetes et savants qui a l'invite du roi. des courtisanes. selon quoi tout ce qui arrive résulte d'un acte antérieur. sont du type merveilleux. ou a pris refuge le roi du Magadha vaincu. malédiction. Le stvle est souple.ce de certains épisodes (Pramati révant a la princesse inconnue.ourceAs Dal.

est d'un tout autre type. La popularité de ce singulier ouvrage est confirmée par l'existence de commentaires assez nombreux. Selon les regles de la kathii J le récit est conté du point de vue de Kandarpaketu. I. embrassera une statue de piene qui ressemble a ceHe qu'il aime. comme on l'admet souvent. s'enfuient ensemble sur un cheval magique. sans doute) et a ét¿ complété par son fils Bhü~aQabhaHa ou Bhattapulina. est une sorte de roman historique qui s'apparente de tres pres aux épopées historiques ou pseudohistoriques du type § 1785.drame. et des versets recueillis dans les Anthologies. de termes rares. en revanche. On 'pourraIt . pose une série de problemes. un autre. De cette reuvre a été compilé un abrégé anonyme. certains se laissent tenter a le situer plus haut. Les deux amants se rencontrent. le clergé de cou). accompagné d'un confident (Makaranda). les colonnes de non-combattants qui suivent les troupes. que suit une hécatombe de morts volontaires. parlout le trait réel. par laquelle il est mis sur la piste de la princesse Vasavadatta. n était un brahmane sivalte. Le H~r~acarit~. le Cat}#sataka (§ 882). eHe aussi. Bhal'avi.reconstrUIre a~ec ~ot~ar un ~ableau assez préci~. mais libéral.837. Cet ouvrage. par l'effet d'une malédiction qui prendra fin le jour OU le jeune homme. part a la recherche d'une jeune femme qu'a a vue en réve. peut-étre du VII' siecle. n existe deux recensions. par sa suivante. Bhattacharyya). l'Avantisundari(kathii)siil'a. BaIla nous donne des détails sur lui-méme et sur sa famille au début du Hal'sacarita : comment il devint le favori du roi et fut chargé de prendre ia parole devant la cour pour narrar l'histoire du regne. le récit grandiose des derniers instants et des funérailles du pere de Har~a. le vieux roi Prabhakaravardhana. la cherchant. voire a l'identifier a un Subandhu contemporain de Candragupta le Maurya. ceux de l'école sont pr!s sur le vi~. A titre de prologue. en partie mal connus. comme celui qui sert de prologue au Har~acarítaJ fait allusion. qui sont loin d'étre élucidés. sanS doutr. Comme dan s tant d'reuvres sanskrites. Il est fmt alluslOn (comme aUSSI.du roi Ha~~a(vardhana) [§ 492]. il y a un abregement par un certain Appayya. il faudrait par voie de conséquence reporter la date ultérieurement a KiidambarL Le résumé versifié. Le Dasakumii¡'a lui-méme a donné lieu a de nombreuses imitations en prose ou en vers. Une reuvre romanes que du m8me nom est citée par Patañjali. Le roman de Subandhu. on lui doit un poema religieux. de tous les enjolivements imaginés par la convention. GUl}aghya. § 1. on ne voit pas de source formelle a ce roman qui n'est qu'un conte amplifié. ~e PiirvatiparÍ1. a des traductions. roint trop chi~érIq~e. a Vyasa. Plus importante est l'reuvre de BaIla. On y voit revivre la cour d'une grande monarchie indienne avec tout son prestige et son faste. qui est une des manifestations éminentes de la grande rhétorique. laquelle se résume a ceci : le prince Kandarpaketu.l était p~ete ~ la cour. Viisavadattii (nom de l'hérolne). il y a une série de vers introductifs. en metre iil'yii J et quelques autres a l'intérieur. levers et couchers de soleil. Plusieurs textes littéraires sont mentionnés. dan s Kiidambari) a des sectes et groupements divers. Subandhu. ouvrage en prose (avec 21 versets ll1troductoll'e~. comme pour permettre de souiller. vis-a-vis de toutes sectes.Q~ avec le souve). malgré les phrases courtes qui se montrent de place en place. des chefs militaires. Peut-étre est-il originaire de l'Inde centrale. Arrivé dans une forét. Ce sont des motifs de contes fantastiques. Le tout est dominé par la figure majestueuse de Haqa qu'empreint une sorte de majesté impersonnelle un halo d'ador~tion di~ine : . presque complet des cérémonies hindouistes). L'~Histoire de Har~a". et le faisait chercher. également en vers. On connait son époque avec pré?isio~: i. dont une en telugu des le XIII' siecle. sans le connaitre. Vasavadatta est un nom assez banal. On ne sait rien sur l'auteur. choses ~rahmaniques so~t en évid?nce. etc. § 1. de la socIété mdwnne d apres B~I)~. les. antérieur a Ba1}a (S.laya (§ 1895). Malgre l'mtense stylisahon.' comme la VIe tranqUIlle des ascetes. Puis elle disparait. le dernier en date des ~romanciers" sanskrits.'am est i occaSlOn d'une peinture dont l'emphase défie toute comparaison. mutilé (mais il semble que le texte complet ait été retrouvé). 1 enflure presque constante de la dIctlOn. sur la base du sle~a (§ 1568) . semble-t-il. mais il n'est pas croyable qu'elle puisse avoir rien de commun avec l'ouvrage de Suhandhu. Kiidambarf qui est demeuré inachevé (l'auteur étant mort. la lecture de cet ouvrage est singulierement éprouvante. En dehors de themes de folklore. en iiryii). ceHe du Sud paraissant avoir été largement interpolée. le Harfacarita ou ~L'hi~toire de Har~a". paysages) sous lesqueiles ploie littéralement la nal'l'ation principale. un bJ¡ii~¡aJ le Mukufatii{lttaka J 1m est attribué dan s un commentaire sur la Nalacampü. Vasavadatta. sous lequel Il a ecnt son histonographlC romancee. dans une moindre mesure.839. fort attaché a la pratique. une en pahiiri. des phrases entieres sont a double entente. de mérite moyen. des descriptions élaborées (saisons. les événements sont submergés par la description : scenes de la vie de cour scenes religieuses (dont l'ensemble mis bout a bout ferait un cursu. nécessairement imprécis. les pays. Il est parle des bouddhistes dans un esprit de tolérance . Balta. a a composé un roman-conte. a surprend la conver~ation d'un couple de pel'l'oquets. 255 un abrégé de Kiidambari et d'antres récits littéraires. dans le m&me style. les portraits des ministres. laquelle de son cóté l'avait vu en réve. Viisavadattii est un spécimen achevé de la vakrolcti ou ~diction incurvée".le récit de la premiere rencontre de B1i. on a présumé aussi le Bengale.' quoique peut-étre avec moins d'inventivité. § 1. Ultérieurement. Son nom est souvent cité dan s la littérature ultérieure.ans apportant ~eur h0!llmage au roi et ~uppliant qu'on leur épargne le pdlage. qui aurait été auteur dramatique. c' est sans motif réel qu' on le crédite d'un . Le style (du type gau(la) est surchargé de longs composés. les travaux des champs. Si l'auteur en est DaI}gin (ce que laisserait présumer une allusion contenue dans le résumé versifié qui accompagne le manuscrit). P.838.254 LES LITTÉRATURES. . en outre. Le contenu n'est guere plus agréable. Outre ces deux ouvrages massifs. scenes militaires enfin : la vision de l'armée en marche avec le brouhaha des ordres qui s'entrecroisent. Bhasa.ITTÉRATURB NARRATIVE. Il semble que le début forme un tout avec la portion authentique du Dasakumiira.

A peine est-eBe achevée que roi et perroquet tombent morts. siégeant dans sa salle d'audience.est ~ar~lcuheremen~ complexe. la carriere de Harsa n'est guere abordee qu au Llvre . que Pundarlka avait maudIt avant de mourn.e~era~ le so~n ~~ poursuivre la guerre et part a la recherche de RaJYasn. de maniere abrupte. Les cinq premiers livres (sur huit que compte le texte et g. LITTÉRATURE NARRATIVE. les événements antérieurs sont repris et s'emboitent les uns dans les autres cOI}lme dans les contes. La substauce en est faible. .vI ou l'on nous' rapporte. descend sur terre? étant con:t~aint par cette malédiction a vivre deux e~stences huma!nes. bien des faits. Ce roman fantastique est fait de récits mis dans la bouche des principaux personnages.ou Vtranaraym. tombé du nid de se's parents. meurt sur-lechamp l~i-méme. qui s'est égaré. Un jour. a l'reuvre de Bal}a. tandls que. 11 est mort d'amour et elle n'a plus la ressouJce que de passer ses.J0urs dans les austérités. sur la vie des ermites. fils du mmlstre du méme roi. qui s'efforce de donner une réplique. L'autr'l reuvre majeure de BaI}a. descriptions pompeuses. Kadamba1'! est une reuvre réputée. le roi de Kanauj Grahavarman et Jete sa sreur RajyasrI en prison. r~tIennent l'attention. Comme le Har~acaritaJ Kadambar! est rédigée dans un style compliqué. la pr!n. avec la scene du couronnement du prince héritier. L'ouvrage a été imité au xv· siecle_ : par V~ma~a~hatta (~bhina­ vabal} a) .me de PUl)Qarlka anime de nouveau son corps divin. elle est animée par une succeSSIOn de sce~es ~olorees.ka. Rajyavardhana a vaincu le Malava. Celui-ci renait une nouveBe fois comme roi. On ne saurait les négliger. émouvante. enfin la reprise et l'achevement du récit du perroquet. ou au contraire un récit plein de charme et de mélancolie. ~l s'incarne en un enfant royal.'ll'~ pat?étiq~e. Cependant dans le détail. L'infortuné tombe sans vie. atteste le SOUCI de l auteur d'étre exact jusqu'a la méticulosité. et une Ab/¡inavaküdam9 . puis ceBe de l'ermite dans laque Be s'engage la relation de Mahasveta a CandrapI\la. Apres dlverses péripéties.le~uel avaIt massacré son beau-frere. ou. Comme l'autre roman. souvent des mots techniques. Parmi les traductions et les adaptations. la narration premiere étant ceBe du perroquet a Sudraka.des. comme chez Dal}9in. En route.ous le nom de Sudraka. maintes fois imitée et traduite (ainsi un Kadamba1'llcathüsara. Kiidambarí (nom de l'hérolne). l'reuvre comporte des détails curieux sur la vie de cour. KadambarI. si latérale soit-eBe. Illalsse a s~~ g.un guet-apens tendu par Sas~Ii. il y a des portions psychologiques. rappelons en outre la Tilakamaiíjarl du svetambara Dhanaplla. charmé. les imitations sont surtout des romans d'inspil'ation jaina : on en citera deux (S 1844). imprégné ~d'espérance en une seconde vie" (Lac6te). sur certains points de coutume et de folklore. L'affabu~a!IOn .n. mais a un bien moindre degré. CandrapIga. Kadambari. son compagnon est devenu perroquet.e Malava (peut-étre l~ Devagupta des inscriptions impériales). la chronologie inexistante. cependant. c'est surtout les q~ali~és ii!téraires qui. Quand elle arrlve enfi. et de conventions. est perceptible. a ce récit. jusqu'a la caricature.w-carlta. citée avec admiration.recouvre la mémoire et s'envole . ét~e dmn. mals a pen vlctlme d . La source est un conte de la Brhatkatha (recueilli dans Kathüsaritsagara.t été confirmés par les données de Hiuan-tsang et ceHes d~ 1 épIgraphle contemporaine.. illa conte un jour devant ses disciples.Mahasveta. Le kathamukha est la scene ou Sudraka.. cependant que le hngUlste sera sensible a l'extraordmalre VU·tuoslte du style. " Si la psychologie de certains caracteres est présentee avec un~ smguliere pénétration. malS ceBe-Cl a tropo tardé a l~ reJomdre encore qu'eHe partage sa passion. des usages. Écrite dans une langue fort dlfficIle.Ul. la fabIe aflleure so~s l'anna~e. il retro uve Mahasveta. LIX).841. Un certain PUl}garI~a. certains portraits dans une tout autre facture. elle aBait se donner la mort de desespolr .rejoindre. Jabali. s.co~fluer a dessem tout ce que le génie indien a pu accum~ler de proce. mais d'ailleurs fort conventionneUes. s est epns de... roi d~ Be~gale ~ q~e ~ar~~ se d~cI~e a ma~'cher contre celui-ci. 257 concret.etant échappée de sa prison. le perroquet . les deux étres se rencontrent : le p'lrroquet.les composes lmme~ses sont la norme. est abandonnée au b~né~ce d 'une so~~e de theme de conte : le roi retrouve sa sreur dans la foret ou elle ~rre.842. est un spécimen ac~e~é de l~athii en pr?se (av~c quelques versets d'introduction). mamer? d'exorde . de disco. trait pour trait. blen~ot apres. ICI la reahte historique. s .cesse Mahasveta qu'il a rencontree. re~oit le présent d'un pe!'roquet : le roman commence donc au moment ou le dénouement va se produire. qui est la fiBe du roi des Gandharva Citraratha et avait juré de ne pas se marier tant que Mahasveta n'aurait pas recouvré le bonheur. sont appelés ucchvasa) com~osen. rencontre Mahasveta et s'éprend de la jeune cousine de ceBe-ci. de mots rares. fidele au souvenir de PUI}\larlka. On ap. § 1. longs composés. l.840.256 LES LITTÉRATURES. il ya ceHe de Bhalal} en gujratl J xv· siecie. celUl de Ruyyaka est malheureusement perdu. On crOlralt y von . Mais sur le plan historique. Un seul commentaire est conserve. mais que. la OU le témolgnage est en harmonie avec d'autres sources. a été recueilli par un ermite doué de pouvoirs surnaturels. a la vue de son ami trépassé. il est capturé et donné en présent a Sudraka. l'ouvrage est plutot déco~­ certant. Sudraka l'écoute. et CandrapIga. directe. x· siecie.prend ens~ite q~~ l~ ~rere ~iné de Haqa. frappantes. Celui-ci ((voib toute l'histoire antérieure du perroquet.s. conter son histoire. On a vu dans l'reuvre tour a tour une fastidieuse suite de fabulations absurdes. simple. ~Ul}9aflka lUlméme revit en la personne de Vaisampayana. CandrapIga. tandis que CandrapIga revient a la vie entre les bras de KadambarI (Lacote).. les préparatIf~ de la guerre que Harsa a décidé d'engager contre le «méchanb rOl d. surabondant en images précieuses. des pomts de tlt~lat~re. C~pendant le dreu Lune. § 1784). les descriptions d'Ujjayiní et du temple de Mahakala y sont prestigieuses. Vaisampayana s'éprend de Mahasveta qui. § 1. l'i\. une. puis eeHe de Kapiñjala (serviteur de PU1)\larlka) a Mahasveta. Du point de vue indien. § 1. pres d'un ~emple de Siva. Ainsi s'acheve l'ouvrage. se moque de lui et lui souhaite de renaitre dans le corps d'un perroquet.'affiux. sous un~ présentation épique. qui composa un ~emabh~pala. O1-.

. Les rapports avec le roman greco Type achevé du roman indien Kiiáambar! fournit l'occasion d'examiner brievement les connexion's possibles avec le roman bref de l'époque a!exand:ine.appl~qué au. Siva fournit la danse sauvage tÜI. dont l'affabulation plaisait aleur éthique... filie du l " THEATRE. commis et conseiller de Dupleix : l'reuvre n'est pas sans p_ortée historique. Certains détails qui sont insolites dans la httérature grecque. la f~tal~té du k~rn:an. apres maintes péripéties et maints sermons (les trois derniers chapitres sont une sorte de dogmatique jaina). qui retrace la vie d'Anandarariga PiUai. congu comme un . la mlmlque (S 1583). Mahabha~ mta. savamment répartis. 30) connait le genre.attnbue~ au rOl BhoJa. comme la Tilakamañjal'! (S 1842). . LE THÉÍTRE a. méme pour qui peut consulter le Joumal tamoul d'Anandarariga (Raghavan). le . auteur sans dout~ kannara. Il y a plusieurs a~tres campa fondees sur 1 Epope~. . il leur fait narrer leur histoire. en. n'a mérité de survivre. L'reuvre la plus notable qu'ils aient produite en ce domaine est la Yasastilaka(-campü) .c'est-a-dire en. de _ da:e incertaine. pas anténeure_s au x· siecle. L'reuvre est imitée librement. selon la recension de Bombay. en 4 kii1}4a et de style relativement simple.. VIsvakarman 1 edlfice. citons seulement la Virüpük~avasantot­ savacampü d'Ahobala (époque de Vijayanagara). Un point remarquable est qu'il n'y a eu qne fort peu de romans sanskrits postérieurs a Bal~a. prose et vers méla~gés. en 12 stavaka.l(la. Les plus connues sont l. Le roman grec ne connait. Comme la plupart d. l'inscflptlOn de Han~e. que le~ forme~ élémentaires de la compoSltlO~ indienne du type kathct j Il Y a la un developpement assez naturel.7 Ucc~v¡¡sa): L~ Ramayanacampú (ou CamparamayarJa). les vers participant a la narratIon au méme tItre que la prose. decnt en 8 ucchvasa les événements qui conduisent aumariage d'UdayasundarI. Párvatr l~. fa complexité des reuvres en prés~II:ce. Le genre dit de la campü. la danse. combina lfl théihre en l'extrayant des quatre Veda.Les origines § 1845. fournit le pendant de la pr~cédente". de~ imitations. par la conversion de Maridatta au jainisme.a~tres . Les premiers antéc~d~nts des ca'lflpú sont la Jatakamal~ bou_dd~lque et. ce n'est pas le seul. _décrivant la féte du printemp~ en i'honneur du dieu Virüpak~a. C'est cette transmission qui est difficile a accepter. Ma~s. Et a date tout a fait récente (1880). bar! contemporaine en mara(h! (Mogre). . reuvre du digambara Somaprabha Süri.llques et ~otamment S~lr le ~ha[favata.--~"'· . (lal~<. L Uda~a­ sundaJ'fkathü de SoMhala. étant donné l'extréme singularité. a la réfl'exion il s'agit de traits isolés. En tout cas. de.. La Bhüratacampú.·.a Nalacampú (aha~ . composée en 959 sous le regne du prince rüWaküta Kr~l)a.art total. oú l'on voit une suite ingénieuse de récits servir a des fins d'édification religieuse : le prince fort sensuel M'iridatta fait exécuter des sacrifices humains.ble'!l ~lutot a c~er?her e'!l Grece l'origine : mais il n'y a pas le momdre llldlCe lllterne qm Vlendralt appuyer cette hypothese. divers auteurs ont tenté 'de compléter l'reuvre ultérieurement. § 1843. du GUJfat. une Lak~mTcampú de la poétesse Ram'ibaI. mais de maniere persistante en son fond comme en sa forme. Mais les reuvres qui nous sont conservées ne sont. 1. Les dieux exalté s s'associent pour servir le culte du ThéAtre. auc~m" e'!l tout cas. les ~quatre styles". qui est aussi une sorte de campaj a l'imitation de Bal)a. l' An~ndaraligavijaya-campü par Srrnivasa ' (1752). plusleu.ses de l'Inde' l'idée du destm.: Damayantlkatha) par Trivikramabhatta. et du type Clkavya" géné~aleme~tJe plus a~centué. 259 roí du Nagaloka..est une composition résumant librement l'épopée rama'íte jusqu'au kiskindhakal. n'impliquant pas une transmlSsion littéraire'. On a cru a une influence grecque (Peterson). Le chapltre mltlal du Nütyasüstra narre sous une forme solennelle comment Brahman. Le style est relativement simple..x cho. ~l ne ~ontient aucune allusion au. 3. l'a~t d~a~~tique dans l'Inde passe pour étre d ongme dlVlne. les Jaina l'ont développé d'assez bonne heure (peut-étre en sont-ils les initiateurs. la date des romans ind¡ens attestes mVl~eralt . donnnnt ainsi du mond~ une vue correcte et complete. éventuellement en moyen-indien?). § 1844. pour satisfaire aux exigences de l'Aga Cld'argenh. si l'on veut. et le genre lm-méme a tendu a deVler vers la présentation ClCampÚ". e~trent. avec le roi de Prati~thana (Paithan) : c'est un spécimen. le chant.es . et l'ouvrage se termine.---------~---~--~---~-------T 258 LES LITTÉRATURES. dont le canevas est analogue a celui des romans. XI" slecle. na qu un rapport s~perficiel a~ec la noti?n. en 8 ctSvüsa.ce prince-poete dont on fait le centre d un mouvement httéralre assez intense . par Ananta(bhatta). ainsi le mariage de l'arbre et ~e la liane valent comme représentations courantes dan s l'Inde. On a cru ensmte. avec un peu plus de vraisemblance a une influence indienne. hors. de campú (pseudo-)historique. x~ sle~le . Les démons consentent au drame a condition qu'il figure le mal comme le bien. C'est une reuvre longue.Qa (S 1760). qm domme les reuvres grecques. Généralités. de Küdambart. de maniere a former un cinquieme Veda. On a présumé une origine méridionale pour le genre littéraire tout entier. Les campú (le terme est obscur) sont des compositio~s mixtes. quand tout a coup il s'avise que ses victimes peuvent étre les enfants de sa propre sreur. Pour les époques plus récentes. du x· slecle (done. d~nse voluptue~~e lrisya" ViglU.hn (Kavyad. élaborée. .spe~lmen ~e plus ancien conservé).l(la~~.. Les origines: le Veda et les hymnes dialogués. . Au service de cet art. la l'écitatlOn. Le nom méme de Kadambari en est venu a signifier «roman". tout en l'associant plus tard avec des réminiscences de Küdambarl. . dont on a perdu la trace. qui retrace la légende de Nala gonflee d llltermmables digressions et c1escriI~tic:ns (texte i~ac~evé. Enfin. l'auteur dans un prologue parle de sa famille et de sa víe. qm a pu se faire indépendam~ent.d~sciplines. qm est pareillement savante. comme Lacote étalt tenté de l'admettre un moment pour la Brhatkathü elle-~éme. La premIare representatlOn cOlncide avec la Féte de l'Étendard d'Indra.s aUSSl sur des themes puraT.

ini.a)? Les s. détachée d'ailleurs de toute préoccupation religieuse apparente. !lla~s ce sont des reuvres tardives (S 1892) et qUl ne presentent aueun mdICe permettant de leur attribuer avec certitude c. que la matiere en a été fournie par l'énorme stock des légendes épiques.en dehor~ d~. " 261 260 LES LlTTÉRATURES. mais ~i~imes pour ~a pl.urylv~nces de la pantomlme. le Dütiiilgada en particuher. mot qui peut signifier «piee~ (pour ~eu) d'ombres". Ce dernier atteste qu'il y avait de son temps (done au 1" ou UO siecle avant notre ere) des r. On peut en revanche attacher (avec Hillebrandt. a la reflexIOn.:tctures héritées de conceptions magico-religieuses. comme la présence du bouffon (vidü~alca.upar1 et. et des sortes de récitateurs llppelés granthika. Konow). est a cet égard d'interprétation équivoque : attache «populaire" ou résidu relig. On pourrait donc dire que l'idée du drame indien est venue de figurations religieuses. Reste la question irritante des rapports avee le drame greco Elle se ramene a décider si le théiltre indien oblige a reconnaitre une influence de Greee. Ce rituel contient des scenes dramatisées.tre . qui notaient les phases importantes du récit. en tout cas peu probant. Les premiers témoignages formels surl' existence du théi\. formulée par Pischel et Lll~ers. A peine moins risquée est l'hypothese du théatre d'ombres comme étan~ la source ou l'une. vient d'une racine dont le sens propre est ((danser"). de bhiirata. 1 usage de part et d autre de certams objets (et ét? . qui désigne l'art dramatique. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas eu des une haute époque un drame purement profane. § 1847. Schroeder. sont peutetre des survivances populaires (Hillebrandt. ingénieusement il voyait dans le 8ütr. la tradition n'a pas cherché a faire remonter jusqu'au Veda les premieres tentatives d'art dramatique. le dialogue préhmmalre du «metteur en scene" et de l'actrice principale. sont dans l'épopée ei tout partlcuherement chez le grammamen PatañJali. du Mahavrata (S 723). La et allleurs. qu'on retrouve a diverses époques). Cet effort a été celui d'érudits occidentaux qui ont cru voir dans les hymnes dialogués du J. composition dont il voit la persistance dans le pseudo-védique SuparJ. elle a repnse par Jaeob.nescents. Lévi e. a meme cherché a prouver qu' on était en présence de «mysteres" (qui selon lui auraient été directement transmis des Indo-Européens). ell~ a pour elle la structure p:é-~ra­ matique ou seml-dramatlque de pluslBurs de ces hymnes et les mdlces que nous avons par ailleurs sur l'existence a haute époque de manifestations dramatiques. en 1908. on n'ose plus aujourd'hui utiliser le témoignage. moins celle du cérémonial védique.reste qu'il soit de provenanee néeessairement indienne.roir été lié au culte de Kr~I}. eomme tant de problemes de l'indianisme. fete solsticiale Ol! l'on voit un Arya et un Siídra se disputer un disque. tres propres a se laisser «dynamiser" en théi\. réfutée par S.a¡tes (mort de KaIp-sa) o~ VI~I]Ultes. le nom signifiant «celui qui tourne en dérision").analogies. par GawronskI). d'apres Lüders) qUl ag~ssent sans parler.THEATRE. certaines str. Les seules présomptions sont les traces rares dan s l'Inde meme. ni que les obligations de la vie de cour n'aient plS été décisives pour l'orientation qu'a pris le «haut" théi\. ainsi les épisodes singuliers. plus précisément de la no. exemple. L'hypothese a été surtout développée par Wmdlsch . de ~us!lava. encore que ce jeu soit mentlOnné depUls le Mahabharata. la presence du bouffon. empruntant volontIers s~s sUJets. Ces anal.ogies sont par. le ((porte-cordeau" de la théorie.tre dans l'Inde ancienne. mais moindre que la légende de Rama qui. le . L'usage de dialectes prakrits dans le drame.l'hypothese de Pisch. des sources du drame. re¡ll'lse sous une autre forme par Reich (19 O3) . l'ancien tireur de fieell~s. Les acteurs sont les saubhika (sortes de ml~es. Influence grecque. seuls ont subsisté les vers. expheateurs de pleces pour un théatre d'ombres. parf~is burlesq~es. Lévi et autres (en dernier lieu. Les mythes siva'ítes ont joué un róle aussi. Gonda et autres) plus de prix qu'on ne faisait autrefois au témoignage du rituel védique. on entend parler de nata qui récitené e\ chantent a la fois (le terme dérivé na{ya. Les ind~ees ll}is ~n avant étaient. mais abondantes et anciennes dans l'Indonésie et l'Indoehine (cí.a.el sur le jeu de manonnettes (la marIOnnette s appelle putraka. elle parait en sommell aUJourd'hui.ieux local (le prakrit . Mais ils aident a voir dans queHes conditions il a pris naissance. des personnages figurer un accouplemento Le sacrifice lui-meme n'est-il pas un drame? Des faits de ce genre ne peuvent assurément rendre compte de la spécificité du théatre classique en tant que fait littéraire.epr~.t 1890.pouvant a... Losch et autres. a coté du sanskrit. reprise et développée par ~. (mythe de ~ah). tandis que Hertel pensait a une composition mélodramatique analogue a ceHe du Gnagovinda (S 885). les hymnes dialogué s sont des narrations de mode épique. Les choses en sont demeurées la.1gveda (S 526) des rudiments d'reuvres scéniques : la suggestion initiale a été faite par Max Müller des 1869. textes védiques assez éya. et qui plongent eHesmemes par leurs racines dans la religion.les. des filles danser et chanter autour du feu. Ol! la biographie meme du dieu est d'essence dramatique. des pleces sanskntes appelées chiiyiinataka.es a des épisodes kr~I}.wayang jayanais) d'un théiltre d'ombres populaire. Il est hors de doute que Ii'a été dans une ambiance religieuse. de sailü~a. Mals l'h~othese a peu de consistance. Plus scab~euse' est . Malgré cette présent~tion emphatique. que ce He des «mysteres" de Kr~I}.tre. des Hymnes. ou un terme analogue) eomme source du drame sanskrit. trop «fermé". en prose et ver s mixtes (selon une facture typiquement indienne. Rien n'indique au .en 18~2.tdhara. suivi par d autres. terme connu depuis le YaJurvedaj des na{astltra ou «aphorismes de l'acteur» sont mentionnés des PaI}.sentations consacré. § 1846.tadhyaya (S 61 7~ et dans les Yatra du moyen ilge bengal" Pour Oldenberg. anciens ((rhapsodes".uve!le comédie attique. Il existe. Faute d'indices sÜrs.1848. Les dlfferencés sont mfimment p~u~ sensibles q~e les . mot d'origine obscure. multip. plus ou moms fragIles. putrlka. en effet. au eycle ramalte et dont l'allure général~ peut rappeler de 10m eertams chayanataka. Enfin Geldner voyait dans les hymnes en question de simples ballades. Gonda a montré d'autre part les nombreuses résonances magiques qui survivent dans la technique ou l'affabulation du drame. est 1'une des sources majeures du drame comme de toute reuvre littéraire. § 1849. § .ette affeetation. du cote de la techmque.

que les personnages de haut rang ou brdhmanes d'origine (les femmes exceptée~ en principe) parlent sanskrit. comme S. au bout d'un des cotés étroits. a moins que celui-ci ne l'écarte lui-m~me d'un mouvement brusque. la yavanikii. est séparée des coulisses par deux' portes de coté et par un rideau peint. prendre nalssance a UJJayml. admettre que le dialogue de prose était a l'origine en prakrit et laissé partiellement a 1'improvisation. L'attache géographique est probable. Les coulisses s'appeHent nepathya. Les capa~ités requises sont aussi considérahles que pour les dignitaires de l'Etat. qui sont généralement descriptifs et lyriques. il se. quant a certaines formes du prologue. que Reich n'a que faiblement améliorées en instaurant une comparaison systématique avec le mime greco § 1850. on l'a suppose. les fards. mo. suppléent a tout. comme le piiripiirsvika ou (la latere" qui appara!t au prologue et dirige éventuellement le chOlur. soit au temple. Pour ce qui est des sUJets. La pratique. Pour les costumes. et toute une symbolique des couleurs est en action pour exprimer sur le visage des acteurs la qualité qu'ils représentent. a Mathura. n existait des troupes rivales. Les rOles principaux ont des titulaires pour ainsi dire inamovibles. que les autres s'expriment e~ prakl'lt et plus précisément en des variétés changeantes de praknt (S 11 O). Lévi. le hel esprit par exemple. du moins dans les grands genres : a savoir. nQUS voyons que le lever du solei1 est mentionné avec insistance. L'ensemhle a pu. . a l'occasion d'une solennité religieuse ou princiere. La réputation des acteurs et actrices était mauvaise. en ce sens que les premiers auteurs ont voulu d 'abord reproduire un parler local qui peut-~tre était celui des troupes d'acteurs les plus réputées. les rOles féminins sont tenus parfois par des femmes (et vice ve¡'sa. a savoir.~ yavamka. q~i attestent un drame déja fixé dans ses grandes lignes et ayant nécessauement des antécédents littéraires assez lointains. Ce savoir forme avec celui des paroles. li y a d mderuahles sImIlitudes entre la Ml'cchakatika et le type de comédies gréco-Iatines mettant en se/me les a~ours d'une courtisane et d'un marchand. sous les ((grands k. On se perd en conjectures sur 1'origine précise de l'emploi linguistique si singulier existant dans le drame classique. la description orale. mais l'épopée indienne attest~ déja. et le peu que nous devinons a travers les sources littéraires ne nous permet pas de nous faire une idée tres précise des réalités. Enfin S. Nombre de nos drames ont été représentés pour la premiere fois a la f~te du printemps. qu'on a postulé ici comme on l'a fait pour d'autres secteurs de la littérature. L'acteur principal est en m~me temps le ((porte-eordeau" (sütradhiira) ou l'architecte du théMre et l'instructeur de la troupe. La mimique. c'est-a-dire proprement le líeu ou les acteurs s'habillent (Liiders). pour les parties chantées. Quant au sanskrit des versets. avec ses 22 composants. soit dans le palais royal. les ornements. La salle est un rectangle. au fond. Le début de la représentation est signalé par un rou:lement de tambour. S 1589). mais il n'y a pas de regle fixe.~atrapa" d'origine Saka. ou éventuellement d'un riche particulier. 263 dérations hien plus succinctes que la théorie. au moins pour la saurasenf. et assez voisins du sanskrit pour que les persounages pussent s'entendre aisément les uns les autres. selon le Nii(yasiistra). ils faisaient partie d'un ensemble de réjouissances. La mise en scene ne comporte aucun décor. E n'y avait pas de théiltre stable. d'un sabhiipati. les représentations avaient lieu. un certain réalisme est recherché. a plutot affaihli les positions de Windisch. Le drame ancien devait comporter un jeu réduit de dialectes. Mais bientot l'usage des dialectes sera devenu conventionnel et arbitraire. tres peu d'accessoires nécessaires. S 1851. fÜt-ce a travers des conventions. courant le pays en qu~te d'une occasion. ornée de tableaux et de bas-reliefs. Cependant des vieces modelées (pusta) sont enseignées par la théorie. La condition nécessaire était le patronage du roi. celui des expressions de sentiments et des gestes l'un des quatre ((modes de représentatiollll qui commandent le drame (S 1580). que tirent deux jeunes filIes lorsqu'un persounage entre en scene. Le sthiipaka ou ((régisseur" a été un adjoint du sütradhiira. LéYl affirme qu'a eux est dü plus généralement l'usage du sanskrit comme langue profane (S 88 et 17 62). 13. Quant a l'existence d'un drame prakrit antérieur au drame sanskrit. d'ohjets de méme type) comme preuves?u marques de reconnaissance. autrement dit ~es Saka seraient les incitateurs de cette forme d'art.du. devaient occuper dans la pratique une place que nos manuscrits de drames ne permettent plus de juger. Le Kut{anfmata (S 1805) nous a conservé le récit d'une représentation de Ratniivalf (S 1879) : les prélimint:ires. longuement étudiés dans la théorie (le pürvaranga. qui était un centre de mélanges dialectaux. La scene (raitga) . Les acteurs sont divisés selon leurs compétences en trois séries. appuyé par Sten Konow. surtout depUls qu on a retrouvé des fragments dramatiques de l'époque d'Asvagho~a. eHe manque de fondement : m~me si elle se réduit a ce que voulait Pischel. La découverte des pieces de Bhasa et d'Asvagho~a. Les langues.ue~c_e du kiivya. l~lalgré certaines apparences qu elle a pour cHe. § 1852. ou il s'agit de c~'éer des artifices. il Y a quelques rapprochements a faire quant a certains personnages. sera accrédi~é sous l:in~. dans les manuel s dramaturgiques. ~ette these est assez difficile a sout~nir. Cependant il y a des exemples que certains d'entre eux furent les amis de hauts personnages. et dans la mesure ou nous sommes au fait sur le moment du jour ou eHe avait líeu. La pratique théiltrale fait l'ohjet de consi- § 1853. aux personuages qui en prose parlent saurasen1. E est normalement l'époux de la naif ou actrice (principale). c . ou en~o~e (~'est de heaucoup le fait le plus s~n. E n'est d'ailleurs pas seulement affaire de tel ou tel personnage mis en scene : ainsi l'emploi de la miihi'iriiWi est réservé. comme l'indiquent des anecdotes qui remontent au Mahiibhii~ya.guher) 1 e!llplol . en montrant l'existence a une époque relativement haute d'un théiltre foncierement indien d'ou dérivent les pieces classiques.des f~Its de?e genre. des impressions magiques. et la théorie juridique les range parmi les castes inférieures.esta-dire da grecque" po~r de~lgner l~. a cru pouvoir situer la fixation littéraire du drame au lO< siecle de notre ere. n~e~u a 1 a~rl~~e de la scene.262 LES LITTÉRATURES.

Yi-tsing fait allusion a un autre drame dü a un certain Candra (= Candragomin?) et tiré du Vessantarajiituka.857. dü a Bhasa. 265 Les spectateurs sont rangés selon leurs «castes" ou leurs métiers. C'est dans la littérature bouddhique que se trouvent les premiers spécimens du théatre indien. Cette découverte précieuse nous montre une forme d'activité nouvelle du grand docteur bouddhiste dont le nom est déja associé aux origines du mahiikiivya. En 1911. sauf quelquesbouddhicismes. le Lokiinanda de Candragomin (date incertaine.la (ce sont méme les plus anciens manuscrits qui nous soient conservés. Le prakrit devait étre des lors sous l'influence du kiivya sanskrit (Keith). adepte des Sarvastivadin vraisemblablement). II1II II1II § 1. R. L'autre. probablement un roi.854. avait done beaucoup de vraisemblanee. dont une iiryii et un autre a peu pres inusité plus tard. le vrai Dii1'idrao étant identique a la Mrcckaka¡ikii. La fin du drame relate la visite des deux jeunes gens au Buddha qui leur prédit qu'ils seront l~s meilleurs de ses disciples. Suit un dialogue philosophique entre 8ariputra et le Buddha. Ils cpntenaient une partie des deux derniers actes du Siiriputra (ou : Siiradvatfputra)-prakaralJa d'Asvagho~a et des fragments de deux autres pieces de méme date qui peuvent étre également d'Asvagho~a (ou tout au moins d'un contemporain. un bouffon. Pisharoti). certains disent resanskritisées. de méme la saurasen! de l'hétaire et du bouffon a des traits archaiques. davantage sans doute dans les temples qu'au palais. la décadence générale de la culture sanskrite a affecté plus vite le théatre qu'aucun autre domaine littéraire. Plus nombreux sont ceux qui isolent de l'ensemble Svapnavasavadattii et parfois aussi Yaugandhariiyal. 8tein ou . un éloge prononcé par le Buddha et une ttbénédiction". Des fragments de langue koutchéenne. Le témoignage de Dharmak1rti et celui d'un commentaire de Jayanta se rencontrent a ce sujeto §' 1. en écriture d'époque ku~ii1.la (S 1590). ou produit d'une édition locale. Maudgalyayana et 8ariputra.856. nombreux. On sait enfin qu'Asvagho~a est crédité d'un autre niitaka le Riiflrapiila. d'autres les font gescendre jusqu'au IX· siecle. plus instructif. enfin les deux disciples qui figurent déja dans le drame d'Asvagho~a. Barnett le premier a mis en doute que les 13 pieees fussent de Bhasa et qu'elles aient méme été antérieures a Kalidasa. Dans le drame classique «noble". b. un héros non nommé. également mMé de prakritismes et de particularités bouddhiques. du type de ceBes qu'on yerra plus tard dans la Mrcchaka[ikii.264 LES LITTÉRATURES. Le fait est que les ceuvres sont citées sans nom d'auteur dans la littérature ultérieure. une servante. Les scenes semblent avoir été animées. § 1. qui mettait en scene une histoire connue par un Avad~na. un troisieme dialecte ressemble a l'ardhamiigadht qui. d'autres y voient des pastiches de pieees anciennes. il Ya un bouffon et qui parle prakrit : sa présence méme montre que le type était fixé. de provenance . K. qu'on peut comparer avec fruit au moyen-indien épigraphique contemporain (Lüders). O.855. auteur d'une assez grande réputation que Kalidasa mentionne parmi ses prédécesseurs. notre Diiridra' serait une adaptation pour la scene du Malabar. Treize drames furent découverts en 19t2 au Travancore et révélés par l'édition qu'en donna T. R.. Winternitz Thomas. Alors que certains érudits indiens reportaient ces pieees aux tout premiers débuts de l'art dramatique (avant l'ere chrétienne. en sOl'te que celles-ci auraient été remaniées. probo VIO-VII· siecle) n'est conservé qu'en tibétain. fait notable. a c6té d'influences chinoises. ont été retrouvés en Asie Centrale. Le prakrit du «méchant» est une sorte de pré-miigadh!. pour Mathura ou pour UjjayinI (K. La piece répond a peu de choses pres au drame classique et a la définition du prakaral. Lévi). la versification habile. Morgenstierne et d'autres. avec des portions lyriques nettement séparées du dialogue en pro se. les rois et les dignitaires occupant naturellement les place s d'honneur. Le Siiriputra devait étre en 9 actes.la et attribuent a Bhasa ees deux comédies seules (C. est inusitée dans les drames classiques. . Les indications scéniques sont en partie dans la langue du personnage qui doit prendre la parole..indienne). il traitait de la conversion par le Buddha de deuxjeunes gens destiné s a devenir ses grands disciples. Le sanskrit est correct. Pour C. Une série de gens sont inadmis. Il les attribua a Bhasa. Mais eHe a été eontestée aussl par de bons arguments. Ces traits sont précieux pour notre connaissance du moyen-indien littéraire a haute époque. Les autres fragments appartiennent l'un a un drame allégorique (entierement en sanskrit). et nous ne savons pas au juste dans quelle mesure ce qu'on peut appeler le «public" avait acces aux nii(aka. Les metres. THEATRE. le style est aisé. Devadhar). § 1. Le probleme de Bhasa. sur la vie du Buddha. des ressemblanees de style et de facture. Raja notre Svapna' serait l'abregement d'un original perdu. sur lequel voir S 888. attestent aussi la fixation du genre. un «méchant» (du~ta). Menon eroit identifier leur auleul' avee 8aktibhadra (S 1895). pour des raisons assez visibles. Gal)apati 8astr1. a diverses époques. que relient des connexions nombreuses de vocabulaire. quelque humour résulte de l'intervention du bouffon. précisent Gal)apati et Pusalker). Il est probable que. Lüders a identifié a Turfan des fragments de drame conservés sur feuilles de palmier. L'attribution ~ Bhasa de cet ensemble. Asvagho~a. Le Niigiinanda (S 1880) ne saurait passer pour bouddhique. un individu de basse condition (GobaIp . l'inspiration bouddhique a disparu (on ne la retrouve que dans les genres mineurs). Dans l'Inde et hors de l'Inde. des faits montrent qu'il y eut chez les bouddhistes des représentations de scenes religieuses. mais confirmée par Bharata. que souvent les vers cités ne se retrouvent pas dan s nos pieees. ils marqueraient une inspiration décidément indienne (S.. Des débuts ti Kiilidasa . et en définitive la question demeure l'un des points irritants de l'histoire littéraire indienne. dont Bal)a vante le talent et auquel Rajasekhara attribue Svapnaviisavadatta qui justement se trouve étre l'un des treize drames. Elle a été aceeptée par Keith.). a pour personnage une hétaire. et mieux encore au sanskrit de la Ka!paniimalJ(litikii.

58). s'íl est vrai que ?e rrakrit ~aurasen~. avec le roi cruel KaIJlsa dont le meurtre . il est d'adleurs présenté.lai'tes connues. esquisse les amours de la . reuv~es. Les autres reuvres de cette série sont un vyiiyoga (S 1590) appelé Madhyama. 11 n y a rren dans l'Épopée quí se rapporte dírectement a cet épisode. qUl a trOls actes et qUl arrange des scenes brees d~ Virii(aparvan. parlant notamment d'une antilope dorée dont l'offrande leur agrée entre toutes. avec l'élément comique.la (livres II et III) allant de l'exil jusqu'au rapt de SIta. a la demande de Rama il disserte sur la maniere dont il convient d'honorer les milnes. L'Abhi§eka fait suite. est «Vasavadatta au Songe».la.lu-NarayaQa. doit céder a ses rivaux la moitié du royaume. Stein). L~ Dutagha(otkaca «Ghatotkaca comme ~n~oyé» a égalem~nt pour sUJet u. en 6 actes.n faiblemen~ explicité e dans l'Epopée. fait entierement défaut. avec l'exaltation de Rama en Vi~I. Abhimanyu. simplifiées et retouchées : Duryodhana attaqu~ l~ rOl Virata. En revanche. Le premier de ces drames traite en scenes rapides de la portioD du Riimiiyal. n y a des modifications par rapport a Valmlki. Le roi Udayana. il innove foncierement : le démon arrive aupres des deux époux. Ari~ta.Kalidasa (Keit~. § 1858. K. Ghatotkaca : il développe' dan~ le sens d'un conte féerique une allusio. d'un pastiche? Des formes analogues se retrouvent beaucoup pius tard dans les manuscrits du Sud. scene qui se trouve confirmée a haute époque par l'archéologie (O.la décide de réagir et imagine un .ant de grimper sur les jambes brisées de son pere. Les scenes violentes donnent quelque force dramatique a cette piece qui n'est guere qu'une suite de tableaux passablement décousus. malS n'y-a-t-il pas possibilité. le theme des bergeres et de Radha.u son pari. l'auteur apparait comme un dévot fervent de Kr~I. notamment les premiers Iniracles. a la Pratimii. au secours duquel se portent les PaQ~a:va. en faveur des PaQ~ava (Udyoga 91 = 89 Poona). Printz et autres). intermédiaire entre celui d'Asvagho~a et celui de . § 1859. MhBh.157 et SUlV. Meme en laissant de coté la paternité de Bhasa. Le détai! differe des sources kr~I. ainsi que KarQa. le prakrit y est rare. Le Dütaviikya ((L'ambassade» traite de l'envOl de Kr~Qa aupres des Kaurava pour réclamer la ~oitié du roya~me. peut etre le meilleur de cette série. qu'ils seront vamcus a leur tour par ArJuna. L'intérét se concentre sur les personnages de Bharata et surtout de KaikeyI. alourdissant un épisode qui n'est pas sans vigueur ni fOrce émotive. décrit le combat entre Bhlma et Duryodhana au terme duque! ce dernier sera frappé a mort. § 1860.labhiira «La tilche de KarQa» a pour theme la cuirasse du héros Kan}a. en dépit de quelques nouveautés. Le doute a augmenté depuis une vingtaine d'années. Le Karl. Les pieces sont plus étoffées. ou les portions versífiées sont en retrait par rapport au dialogue. retraliant sommairement les faits décrits dans le RiimiiYa/. le jeune Asvatthaman.démone Hi~imba et de Bhlma et les aventures du fils né de cette umon. en 5 actes. il se peut qu'elles forment le groupe le plus ancien. mais quand arrive le motif du rapt meme. plusieurs motifs sont inventés. notamment la traversée de l'océan par le miracle des eaux qui se partagent (theme répété du Biilacarita). IX. déguisé en moine mendiant. La guestion du prakrIt pourrait étre décisive. le fils d ArJuna. le combat avee. qui a perd. on ne voit pas trop dans queHe intention. 267 Sukthankar ne se prononcent pas. Ce ~ont d~s pieces en U? acte. brosse les exploits du jeune héros. Les autres reuvres de Bhasa &Ont :des prakara~la (S 1590) et fondées en partie ou en totalité sur le cycie de la Brhatkathii (S 1821). ave_c des traces de miigadh'i sous deux formes amSl que d ardhamagadht) est. L'épisode. est fait prisonnier. du nom du héros Bhlma qui se trouve étre le «médial!-» parmi les cinq freres. il suscite alors cette antilope meme. déguisé en brilhmane mendiant. Enfin l'Urubhanga «La fracture de la CUlsse». avec ¡aquelle il se dispose a combattre Arjuna. mais qu'il cede a Indra a~ moment ou ce dieu.predIt aux Kaurava.) = 145 (Poona). victime volontaire de la calomnie publique. § 1861. et par l'Abhi¡~eka ou «Le couronnemenh. mais Duryodhana.266 '. La plus notable de cette série. L'auteur suit Valmlki (en dépit d'altérations et d'omissions nombreuses). cependant que son fils. Les scenes vont de la mort de Valin et de l'expédition de Hanumant a Laúka jusqu'a la victoire de Rama sur le démon et son couronnement. De). THÉATRE.111 vulgo = 104 Poona). La pie ce est inférieure a la Pratimii. l'implore de lUl faire ce don (1. et qui sont en général traitées de maniere fort libre. jure de le venger (cf. avec le serpent Kaliya. sur ce point.la. et la meiHeure de tout l'ensemble. sous un jour assez favorable. mais il s'agit d'une sorte ~e monologue plutot que d'une. sauf le Pañcarii~r~ «Les cinq journées». qui aime Vasavadatta. par l'effet de la magie. La situation est assez dram~­ tique. il faut reconnaitre qu'on n'a pas d'indice per~ettant de ~ater ces. La langue indiquerait plut6t une date ancrenne. Rama s'élance a la poursuite de la Mte et pendant ce temps RavaI. (vulg. On distingue d'abord les reuvres inspirées par le Mahiibhiirata. détendu.contrairement a i'usage classique comme a ia théorie . La légende ramaite est concernée par le· nii{aka appelé Pratimii «La statue». Un second groupe concerne la geste de Kr~Qa et ce He de de Rama. qu'il identifie a Vigm-NarayaI. LES LITTÉRATURES. vé):'ltable reuvre de théiltre.a lieu sur la scene méme. Le bref drame ne compte pas moins de 66 strophes. malS le m~nque d actl~n. 1. Svapnaviisavadattii (ou simplement : Svapna-nii{aka).la enleve SIta. présentée comme une demme incomprise» (S. l'éléinent érotique. dont l'union lui est recommandée pou!' des raisons politiques. ne veut pas épouser PadmavatI. le bouffon fait son apparition. Jo~eux ~e l~ déf~lte d 'Abhimanyu. certames parbcular~tés dramaturgiques (dans le prologue et dans le verset final) peuvent VIser un état ou les procédés étaient encore flottants. n y a aussi un acte se passant dan s une sorte de temple ou se trouvent les statues des ai'eux du roi. ainsi que !'épisode du Govardhana. plus pro che peut-étre de ce dermer (Lesny). en 7 actes. Ce sont des comédies. Les reuvres dramatiques de BMsa. depuis sa naissance jusqu'a la mort de KaIJlsa. évoquant Mahiibhiir. y est par trop sensIble. s'effor<. en quelque sorte. Le Bülacal'ita ((Les aventures du jeune (K!'~Qa)". que sa présence comporte.ne ambassade : le fils de Bhlma . en 6 actes.la IV-VI. Le ministre YaugandharayaI. il a laissé ses ennemis entamer son tel'rÍtoire.

Le Pratijñiiyaugandhariiya(ta «Yaugandharayal}a 11 la Promesse (= tenant sa promesse)ll. cf.tre est. la malédiction prend fin et les amants se rejoignent. Enfin. le Daridraciirudafta «Carudatta le Pauvre". ene accJ)pte de se rendre chez Carudatta. sans prologue ni verset terminal. le dénouement est abrupt et mal motivé: Yaugandharayal}a est reUché. Malheureusement. feint de réclamer sa «sreurll ala reine. plein de ressources. ou encore la scene de Pratijñii OU i'on voit (actc III) un dialogue prakrit plein de phrases a double entente. quelques traits nouveaux. qu'une douleur intense laisse sans volonté. cene d'un auteur (s'il s'agit d'un auteur unique) heureusement doué. Gnue). il s'est endormi et ill'appeHe en r8ve : le hasard veut qu'eBe soit elle-m8me le témoin de cet appel et lui donne la réplique. Avimiiraka «Le meurtrier de (l'asura) Avi~. L'reuvre sort d'un épisode connu par Kathiisarits. une forte augmentation du nombre des strophes (129 au líeu de 55). au moment OU la courtisane se prépare a se rendre chez Carudatta. en 6 actes. Yaugandharayal}a. les bijoux sont volés durant la nuit. cherchant a'la sauver. Le mariage va se célébrer. en dépit d'un orage menallant. Toutefois certains auteurs (notamment Devadhar). Kathiisarits. déguisé en brahmane. ministre du roi Pradyota de Mahasena.na. XVI (112). nI. L'reuvre a donné líeu 11 plusieurs imitations dans diverses langues. quelques caracteres secondalres sont dépeints avec réalisme : le bouffon. n élabore un plan et réussit 11 s'emparer de la personne du roi au cours d'un combat OU il se comporte avec vaillance. L'impression d'ensemble que laisse ce théil. et qui a le sentiment des scenes vivantes. afin d'avoil' un prétexte pour revoir celui qu'elle aime. § 1862. La piece s'acheve brusquement. Bhasa est plus al'aise la OU il peut librement innover.12-14 et qui remonte certainement a GUl}at. Apres une série de traverses. pour restituer le collier.dont le type a été inspiré par Cal}akya-Kautilya et ses démMés avec son rival Bharatarohaka. Le sujet peut avoir été emprunté 11 la Brhatkathii.268 LES LITTÉRATURES. d'un intér8t plus diversifié et plus humain que ne sera le Mudriiriik~asa. La piece est fort vivante. quant aux prescriptions . maIS elle le dédaigne. a péri avec elle. Malgré la tentation qu' on en a. § 1863. avant de s'en aHer furtivement quand le prince est sur le point de se réveiller : c'est une scime touchante.poursuivie par les assiduités du brutal sakiira. sont amenés 11 considérer Ciirudatta comme un abregement de la Mrcchaka¡ikii. bien menée : c'est sans doute la premiere reuvre dramatique mettant en scene la vie boul'geoise. L'reuvre s'inspire d'un récit qu'on retrouvera plus tard dans Kathasarits. D. a pour héros ce m8me ministre dévoué et retors . est emmené par ses ministres aupres du roi Darsaka et se résigne a épouser PadmavatI. Malgré quelques gaucheries et bizarreries. Pradyota cousent au mariage d'Udayana avec sa fiUe. adroitement amenées. Son attitude en cilptivité est pleine de fierté et la scene OU il est mis en face de Bharatarohaka est assez émouvante. Le style est en général simple. que le roi lui accorde avec empressement. dans son cad re authentique. connu sous le surnom d'Avimaraka. puis. A un certain moment. Le roi. Les bijoux sont retrouvés cependant : c'est le brahmane Sajjalaka qui par amour pour la servante de Vasantasena s'est fait cambrioleur. notamment dalls Avimiiraka. THE'\TRE. mais au terme duquel il est lui-meme blessé et capturé. meme dans les portions versifiées j toutefois bien des passages. le beau-frere du roi. Le roi pense toujours a la princesse qu'il croit morte. les caracteres tracé s avec une grande finesse psychologique : la figure de Vasavadatta en particulier est Pune des plus délicates.lhya j il en existe aussi une version jaina (P. que ses excessives largesses ont conduit 11 la pauvreté. en effet. une «nouvelle éditionll remaníée de la piece de Bhasa. est en réalité le fils du dieu Agni. lequel a été fait prisonnier a la suite d'une ruse de guerre (un éléphant de bois qui dissimulait en son sein des hommes en armes) et vit aupres de Vasavadatta. en dépit de fortes inégalités. dont seuls subsistent les ú premiers actes (yen eut-il davantage 1). II. La source du drame est incertaine. cependant que Vasavadatta est devenue elle-m8me sous le nom d'Avantika une suivante de la reine. Urubhaitga). qui pour des raisons générales ne croient pas 11 l'ancienneté de Bhasa. l'ingéniosité pour nouer et dénouer c!es intrigues. Enfin la vérité se réveIe : les parents de Vasavadatta ont apporté au roi un portrait de leur filIe. Cene-cÍ est . comme dans Pratij'ñii. Les drames ramaites sont les pluB faibles. familier. Anxieux de réparer le préjudice. a confessé la chose 11 la jeune femme. Il rev8t pour l'histoire littéraire une importance toute spéciale du fait qu'il est lui-méme la source immédiate des quatre premiers actes de la Mrcchaka¡ikii (S 186ft) : ceHe-ci parait ~tre. qui permet 11 PadmavatI d'identifier en elle Avantika. et lui confie des bijoux en dépbt. Comme il arrive souvent. et de la riche courtisane Vasantase. fine de Pradyota. Carudatta rend 11 la place un collier de perles que sa propre femme lui donne 11 cet effet. Malgré les épisodes fantastiques et l'atmosphere mélodramatique. la comparaison est linguistiquement précieuse (Morgenstierne). le drame n'est pas sans valeur comme spécimen d'action politique. On reconnatt Vasavadatta j le ministre rusé implore son pardon. fine du roi Kuntibhoja. attestent que l'auteur connaissait parfaitement le style savant. C'est une histoire d'amour entre KurangI. est un type caractéristique de drame-conte. et un prince qui a été déchu par l'effet d'une malédiction et qui. pris de remords. chapo 15 et 16. relate les amours du noble marchand Carudatta. n a juré de libérer son maitre Udayana. avec quelques modifications dans le dialogue. Vasantasena accepte. Plus instructif serait peut8tre le fait que l'auteur en use avec liberté. est tracé de maniere vivante. en 4 actes. qui est apte al'humour comme au tragique (KU1'twbhara. Sans doute 11 tort. des plus simplement nobles que nous trouvions dans l'antiquité indienne. " 269 plan dont il fait part a Vasavadatta : illaisse conrir le bruit que celle-ci a péri dans un incendie et que lui-m8me. Les situations sont habilement amenées. qui donne son nom a la piece. on ne peut tabler sur l'ingénuité relative de la langue pour assurer la datation de Bhasa. le r~i Narada (il apparaissait déja dans Biilacarita) qui sert de «deus ex machina" est un saint populaire dont la physionomie e~t décrite avec quelque humour. il l'avoue en pleurant a son confident le vidú~aka. mais tres modiHé par Bhasaj l'épisode du r8ve est de son invention.

lequel était monté dans la voiture de Carudatta et avait été appréhendé en cours de route par deux policiers. d'argument indiscutable. cet ami du héros qui au dénouement devient roi. La religion de Bhasa est un Vi~I)ulSme parfois exalté. Lévi notamment). La simplicité du style et de la technique indique une date antérieure a Kalidasa (opinion contraire chez S. des rOles mineurs sont créés. Le Sloka est le type de metre le plus en faveur. celles des gens de justice. comporte des versets nombreux. D. le sakara accuse Carudatta du crime. Jacobi. attribué a Bhasa d'autres opuscules dramatiques qui ont paru etre de meme facture: le Yajñaphala ou t!Fruit du sacrifice» (de Visvamitra. meme épisodiques. par rapport au Ciirudatla meme. abandonnant sa profession. est indéniable. plus souvent de type gnomique ou narratif que de type lyrico-descriptif. qui re~oit une principauté. le Carudatta. on l'a vu. Carudatta est sauvé. La versific~ion . Carudatta. qui rivalisent de nobles se tou:t en étant pleins d'humanité. different de ceux communément admis et enseignés. en comparant la langue de la Saka!ika et ceHe du Dasakumara. qui peut-etre était déja élaboré dans l'ancienne Brhatkathii. le plus souvent. La Mrcchakafilea comporte une part d'invention analogue a ceHe qu'on discerne dans les contes. accorde son pardon au sakara.tre indien en général : outre les deux person~ nages principaux. au IV' slecle. Vasantasena pourra. un moine passera un peu plus tard. mais animés par le génie de l'auteur. le brAhmane Sarvilaka qui s'est fait voleur professionnel. couard. " THEATRE. elle veut restituer le collier a l'épouse de Carudatta. La source du drame réside dans quelque récit populaire. dialogue entre un régisseur et une actrice sur l'avatiir du Nain. repris R. apparait la courtisane. les amants se réjouissent d'etre ensembl~: Nouveau coup de thé1\. mais sans raison décisive. la t!réédition» d'une piece antérieure. div~rs indices sont contre lui. eHe se marque jusque dans de menues singularités de morphologie. Sa mere vient témoigner en vain pour lui. illa frappe et la laisse pour morte sur les lieux. ce que Gawronski entr~ autres a combattu plus récemment. enfin le Traú. Mais voici que sur les lieux memes du supplice. mais moins naIf. le vira et le vidüfaka.sthanaka). au total 27 personnages dont aucun n'est indifférent. croyant Vasantasena morte. monte en voiture. brutal. a savoir qu'il fut roi (mais peut-etre. Seul demeure Südraka. on peut noter que des traits de mreurs sont accentués de maniere heureuse. etre un remaniement et un complément du CaruJatta. Mathura le maitre de tripot. mais avec des nuances linguistiques parfois mal précisables.. § :1864. certains postulent. l'ancien barbier devenu moine bouddhiste. sur son nouveau refus.ikrama. Saumilla et Kaviputra ne sont que des noms. une peinture de société certainement empruntée a la réalité. il lui revient alors l'adroite combinaison d'une intrigue politique avec une histoire d'amour (un peu a la maniere de Pratijña de Bhasa) .tre : on annonce que Palaka a été tué par Aryaka et que celui-ci s'est fait proclamer roi a sa place. d'autre part. ct'lui~ci saisit l'occasion de faire a la courtisane de nouvelles avances. § 1866. les usages de divers métiers. Rümiiya1]a en particulier. les caracteres. mais par mégarde s'installe dans la voiture du saleara qui stationnait. Un fait assez typique est que les strophes concourent au drame au lieu d'etre purement descriptives comme dans l'usage classique. Le drame semble bien. L'influence épique. le Diimaka (type de prahasana. l'iiryii est exceptionneHe et la métrique dans son ensemble reste assez J'udimentaire. les mreurs des courtisanes. etc. En particuiier. On s'est demandé en fin de compte si le nom mystérieux ne cachait pas quelque écrivain connu. l'auteur de la Mrcchalcatikii. deux type~ conventionnels. n'était-il ni br~hmane ni kpatriya). le fait notamment qu'il a fait échapper Aryaka. n'empeche pas que le détail soit saisi sur le vif. Cependant. en fin un don dramatique se maniCeste dan s plusieurs scene~ frappantes des actes VI a X. Aucune autre reuvre n'atteste une pareille gamme de prakrits : non moins de sept sortes. Aucun commentaire ancien n'a été conservé. réparties selon la qualité des personnages. sont mieux individualisés que dans le théi\. les faits (pseudo-)historiques résultant de la piece pomant etre interprétés diversement. une date beaucoup plus haute. 271 dramatiques. comme le nom semble l'indiquer. dans sa jalousie furieuse. On ne sait rien de précis sur lui. Le style coulant. avec ses huit cours et sa cité en miniature. sinon ce qui ressort du témoignage meme de la piece. accompagnée du moine qui l'avait secourue. Les actes 1 a IV reprennent. le roi aggrave le verdict en peine capitale. devenir ~'épouse légitime du jeune marchando . Si Südraka n'a pas eu de prédécesseur pour ces six actes. La Mrcchakatika. non plus. les Purii/Ja et l'Avan!isundari ont peu a dire méritant créance : pour l'Avanti. mais a tort. Karmarkar). § 1865. son verset final. mais. Le fantastique dans la description du palais de Vasantasena. Le juge condamne a l'exil le jeune homme. Mais il n'y a guere la. il y a le sakara (SaIp. a savoir le mariage de Rama et de ses freres avec Sita et ses cousines).Une scene terminale a été interpolée plus tardo Le nom de la piece vient d'un épisode touchant OU l'on voit le jeune fils de Carudatta. On ignore la date de la localisation.in (Pischel. jouant avec un petit chariot de terre cuite. reuvre sans grande valeur qui s'efforce surtout d'imiter les solécismes de Bhasa.270 LES LITTÉRATURES. qui la ranime et l'emmene dans SOl? cloitre. ses prologues. La visite de Vasantasena a Carudatta occupe l'acte V : un orage oblige la jeune femme a passer la nuit chez son amanto Le lendemain. § 1900). On se rallie aujourd'hui. celle-ci refuse de reprendre un bien qui a été donné par son mari. Parmi les précurseurs de I}alidasa. La valeur de la piece est grande. mais ii est clair que le jugement doit varier suivant qu'il s'agit d'une reuvre originaie ou que (hypothese peu vraisemblable) les six derniers actes seraient ce qU)3 sont les quatre premiers. l'atmosp1ere générale est ceHe d'une société courtoise et dévote. ignorant. qui se défendait d'ailleurs moHement. comme nous l'avons rappelé. et point nécessairement contemporains. sont tracé s avec une vivacité qui donne l'impression du réel. plus ferme aussi que celui de Bhasa. ~orte de suite au Kar1]abhiira. on a pensé jadis a Dal)Q. sans fanatisme de classe. Un peu plus tard arrive l'incident dramatique : Vasantasena se dispose a aller rejoindre Carudatta. il serait l'Aryaka du drame meme. On a.

n?ien ministre Mantragupta. des analogIes de formes condmraIent a sItuer l'omvre pres de la Mrcchakafikii. en sanskrit simple. les longues narratlOns en prose ressemblent a celles du Dasakumiira. type idéal du ministre dévoué mais sans scrupules. notamment dans le Niityadarpm. le Dev"icandragupta «(L 'histoire de) Candrag. de Bha~ata) citent encore comme reuvre de Visakhadatta.ses . D. n'a sans doute que peu a voir avec la réalité. a é~é comb~ttue (Winternitz. mais voisin par le style des pl~ces de Bhasa._ Il Y _a deux inscriptions des Ra~traküta et un autre passage de la Kavyam¡miimsii.aum~d~ma~o­ tsava «La grande fete de la lcaumudf". Il procede par la ruse. on t~endrait du C?UP l~ date du M~driir~lc~asaJ a saVOlr le IV" siecle.Il Yá plusIeurs adaptations en prose sous forme de kathii. Un autre drame historique en 5 actes est le K. notamment des maximes politiques. pend. plutÓt que de trahir son maitre.~asena serait Candragupta 1" (IV· s. ne donnent guere de p~ace a un large déploiement d'humamte.ugupta. le . alluslO~ des le Har~acaritaJ passage qu'éclaire le commentaIre de Sankara. Le pays d orIgme parait etre le Benga!e. . prenant le dégmsement de la reme. décrit en 6 actes peu animé s le bannissement de Rama. du VIII" siecle peut-etre. de meurtriers a gages. comedIe en 7 actes par Visakhadatta (ou Visakhadeva. ou 1 mtrlgue pohtIque est selon la bonne regle submergée par une intrigue d'amour assez banale.¡a. Les drames de Kálidása : MiHavikágnimitra. il s'est échappé de Pataliputra (Patna) et a tenté de soulever une coalition.akya.). toutefOls on a pense auss] au VI" (Wmtermtz) ou plus tard meme (S. Mais Visakhadatta sait manier tous les genres. . la froide et crueHe stratégie qui en est le. Canakya va s'efforcer de fpmenter une série d'intrigues pour détacher Raksasa de ses alliés et lui imposer finalement les fonctions de ministre aiIpres du nouveau souverain. le livre vn du Riimiiya~la. (Il) et de la reine (DhruvadevI)". Ca¡. rieur a Kalidasa. fa scene terminale de la réconciliation n'est pas sans grandeur. § 1868. defaIt CaQ. Si nous en croyons d'aiUeurs la tradition. il. que la piece prétend retracer. qui font le vide autour du ministre et préparent sa reddition.qui préfere se laisser mener au supplice.m~eux fixé sur la date du Mudriiriikfasa «Le Rak~asa au sceau". S 1896. L'histoire des débuts de la dynastie Maurya. encore que les exigences de la piece. l'hésitation ex~re~e e~t ~ntre les m· et IX· siecles. l'Abh¡siir¡kiibandh¡talca (ou: °vañcitalcd). Le texte comporte . puis son retour et la conséeration de . maIS son jeune frere Candragupta. ii y a un pathétique constamment entretenu dans ces deux hommes qui s'affrontent. Bhoja (Sl'itgiirapralciiSa) et Abhinavagupta (comment~ire. la poétesse Vijjika ou Vijjaka (cf. ces adaptations se bornent parfois a donner le cadre historique. une notamment par Mahadeva. Raghavan et autres. faisant assaut de ruses. mais Mahadeva donne le cadre et l'intrigue en meme temps (Raghavan). mais cette vue. pa~fois). Jayaswal. malgré la monotonie du theme. Le Mudrárák~~sa. a fomente un complot. Des fragments de ce drame (qm etaIt du type prakara~!aJ sans doute en 6 ou 7 actes) ont été conservés dan s le~ traités dramaturgiques.I'orfevre Candanadasa.dénouement de la lutte le sauve au dernier momento Comme chez Südraka.fils ~o~me hériti~rs: ~'apres. il veut renverser la dynastie. sans doute écrite vers 16 OO. demeuré fidele. Mleux attestée est une autre comédie de facture analogue. vaincu par un saka J doit livrer sa ~emme DhruvadeyI. Konow). elle est posteneure a l' Uttarariima de Bhavabhüti qu'eHe imiterait. dépechant aupres de son adversaire une série d'espions. le détail de l'affabulation serait puisé dans la Brhatkathii. découvert en 1929 : c est 1 hIstOIre du roi Sundaravarman de Pataliputra. les comportements vivants. § 1899. Ch. variée. Jagan Nath) et l'on . Chattopadhyaya]. Le Devicandragupta et analogues.~asena? proclamé roi le fils de son ancien maitre. § 1869) o~ place l'auteur sous C~ndragupta n. Le drame raconte peut-etre ensuite comment Candragupta fait p. auteur quasi-Iégendaire du premier traité de politique sous son autre nom de Kautilya. THÉArRE. ci-dessous.e pourrait Aetre contemporame des drames de Kahdasa. attestant la familiarité de l'auteur avec I'Arthasiistra. la Kundamiilii «La guirlande de kunda's" de Vlranaga ou Dhlranaga (lire Dignaga? Distinct en tout cas du docteur bouddhiste connu). Il parvIent en effet a détruire les Nanda et ainstaller au treme le südra Candragupta. Le style. dont le fils adoptif CaQ. Si l'attribution aVisakhadatta se confirmait et qu'on püt prouver qu~ l'auteur relatait des faits contemporains. § 1871. CaQ. tue le saka. De date également indéterminée. Lévi).d. § 1867. D'apres Jayaswal. Le r~I Ramagupta. Y est f~It.es varIantes nota~les. précis.do~te ~nJourd'h. L'histoire est traitée dans plusieurs textes.. les persimnages sont nombreux. Le prakrit est conforme aux regles des grammamens. On a pensé sans preuves que l'auteur pouvait etre. quí épousera la filIe du rOl de Mathura. Cette piece. l'::eu~r. § 1798) [K. § 1869. est le Vatsariijacaritra ou Vf~liiviisavadattiiJ cf. avec prédominance du Sloka.takya médite sa vengeance.Sur un autre ouvrage attribué v.érir son frere et épouse DhruvadevI. meme défor~és (St. Ce dOlt etre posté. le seul ami sincere de Rak~asa . pour 'Woolner.u~ du caractere historique de ectte reuvre anonyme. § 1870. r~ssort. reste encore dans les limites raisonnables. Miilavikiignimitra (noms des deux . Ces événements sont supposés connus quand le drame commenee. est. Le personnage principal n'est autre que le fameux CaQ. l'. que rien n'appuie épigraphiquement. Sirear. bien que plus compliqué que celui des reuvres anté~ieures. . sans doute une comédie galante autour du roi légendaire Udayana. porter au pouvoir Candragupta et ass~rer a son maitre l'appui de Rak~asa dont il apprécie la valeur.w WTW~ L~3a3l 12 273 272 LES LITTÉRATURES.u~ta.~asena se révolte et s'empare du Maga'dha. alIas Vi~Q. Des trois ouvrages dramatiques de Kalidasa. Les arguments ImgmstIques ont mcIt~ ~ertam~ a mettre la piece au v· siecle. qui fut déeouverte en 1923. Comme dans la MrcchakafilciiJ il Y a l'histoire d'un personnage . a Südraka. si d'autre part (cf. Les problemes historiques que pose le Dev"icandragupta ont été diversement discutés par Altekar. On n'est guere . Insulté par le roi des Nanda.ant ce temps. On attribue au meme auteur un drame historique relatif a la conquete du Sura~tra par les Gupta. mais l'ancien ministre du roi déchu a refusé de reconnaitre l'usurpateur. Les versets abondent en maximes vigoureuses.

Le sujet particulier doit 8tre de l'invention de l'auteur. est le premier en date. la filIe adoptive de KaI. A tort. l' eseorte de la princesse est attaquée. n'est guere qu'un prétexte. qui a été élevé dans un ermitage. C'est. IravatI. est conduit devant Purilravas qui apprend du m8me coup_ sa paternité et la nécessité d'une séparation.). KaQva. a l'antilope ce qu'elle est devenue. modifiant les événements qui lui semblaient ne pas se pr8ter a une dramatisation. a l'abeille. partant. le coup de thMtre habituel : il se révele qu'elle est bien la princesse Malavika qu'on croyait morte. De fait. Sakuntala perdue dans sa r8veúe amoureuse a omis de saIuer Durvasas. dont le nom est emprunté a l'histoire (il fut le premier des Sunga. au He siecle avant notre ere. l'épouse m8me d'Agnimitra. ainsi que les inflexions du vocabulaire. En m8me temps. que Kalidasa a accommodé a la scene et librement déveIoppé. Sakuntala. il se montre inopinément et l'embrasse. § 1872. elle est transformée en liane. Vasumitra. «Urvasi au Courage (= gagnée par le courage de Purilravas) ». limité le récit épique de maniere rigoureuse. O~ligé peu apres de rentrer dans la capitale. il demande au paon. La seconde épouse du roi. Le roi s'éprend d'elIe surle-champ.'e. elle pénetre dans le bois sacré de Karttikeya. Lévi) : «il a su rendre les deux amants également sympathiques. a été maudite par Bharata. Urvasi. n rencontre la une jeune ermite. rscil. Sakuntalii (nom de l'héroine) ou SiikulItala(m) . Résumé : le roi Du~yanta (ou : Dul. un ascete irascible : celui-ci lui prédit que son amant l'oubliera. pardonne a IriivatI et tout finit bien. Adieux de Sakuntalii a l'ermitage. D'apres Gawronski. Sharmi\. emportée par la jalousie. comme l'lnde en développera par la suite sans arr8t. si elles étaient authentiques. elle échappe. Le poete a condensé. jalouse. C'est le type de la comédie héroi'que. ~es amants sont done a nouveau unis. Seul un talisman peut lui rendre sa forme.l~anta) s' est laissé entra1ner par une partie de chasse en for8t jusqu'aux confins de l'ermitage du sage KaI. Enfin. vierge pleine de gri\. en dépit de mérites certains. La princesse Malavika. il l'imagine transformée en une riviere. par endroits. qui s'était rendue coupable par distraction. malédiction qui sort de l'intrigue m8me et du point de vue indien la régit. font de cette reuvre.ce effarouchée. du Vidarbha. son amour est payé de retour.rentré d'une longue absence. dans le Matsya.lgveda déja rebrassé par la Brhatkathii et par plusieurs PU1'ii~la (dont une version. Le héros est le roi Agnimitra. mais voici que son jeune fils Ayus. etc. Vikramorvasí(ya). en 5 actes. Urvasi. on a suspecté autrefois l'attribution a Kalidasa. I'enfant d'une Apsaras et du r~i Visvamitra. un poeme lyrique : le 4 e acte notamment est une sorte d'opéra consistant en strophes a refrain. atteint Vidisa et se réfugie chez la reine DhariQÍ.n existe plusieurs commentaires. il eheréhe a provoquer un rendez-vous. en reconnaissance des services que Purilravas rendit jadis au dieu.. ce theme du J. ils ne présentent pas les strophes en apabhrarJIsa de l'acte IV. est toute voisine de Kalidasa. lndra adoucit cette malédiction. dont on s'est demandé. n s'agit d'une comédie de harem. La base historique est faible. Au cours d'une compétition de danse.274 LES LITTÉRATURES. le roi ne donne plus de nouvelIes. Kausikí. et promet de la faire chercher sans retardo La-dessus arrive un incident malheureux. la moins heureuse des trois. Le roi tombe amoureux de son portrait qu'il voit par hasard.lva : c'est Sakuntala. éventuellement sa source ?). le mortel épris d'une Apsaras. ils s'unissent en secret selon le mode giindharva. S 411). dont elle devient la servante. Le sujet en est pnisé dans un épisode plut6t fruste du Mahiibhiirata (l. mais le genre était sans doute déja stéréotypé. Purilravas le découvre dans la for8t ou il va errant. 74 vulgo = 68 Poona). En cours de route pour le rejoindre a Vidisa. L'intrigue assez maigre. pour marquer sa joie. 275 d'lndra. La reine. Une autre source possible est le PadmapUrii~la (R. la gros~esse de Sakuntala. héros). la délicatesse et la grAce dans les sentiments suffisent a porter témoignage. . par l'entremise de Gautama SDn bouffon. la fait enfermero Ene Sera délivrée par le bouffon aidé d'une nonne experte. du type de Svapnaviisavadattii. ainsi que des mysteres knQaites. introduisant les personnages secondaires que le thMtre reqniert. mais le prototype est la qutite de Sitá par Rama. cette scene vient d'un conte populaire qu'on retrouve dans un Játaka. il l'envoie vers le roi avec une escorte. puisque le régisseur. Les manuscrits du Sud ont des traits en commun. quand arrive Narada comme messager / Sakuntala au Signe (= retrouvée gdce au signe de reconnaissance)>> est le chef-d'reuvre de la scene indienne. d'heureuses nouvelles parviennent a la cour sur la guerre entreprise par le fils de DhariQI. Un autre jour. en fait. descendue sur tel'). kiivyam]. a appris le mariage el. en 5 actes. en les représentant tous deux comme les victimes d'une malédiction». Sur la désolation de la jeune filIe. L'idéal classique de mesure a freiné l'exces de pathétique qui pouvait résulter de certaines situations. croit découvrir une infidélité de son amant. le roi laisse son anneau a Sakuntalii en signe de reconnaissance. n veut faire saCrer roi Ayus. il tombe amoureux d'elle. qui est. au coucou. le ma1tre a danser la lui présente eomme sa meilleure éleve. qui a défait les Yavana sur les rives de l'Indus.). jI la surprend au pare. des abregements qui les distinguent des textes en bengiili et en niigarí. celui-ci permet a Urvasi de rester avec son amant jusqu'a sa mort. permettant ala nymphe de séjourner aupres de Purilrayas jusqu'a ce que celui-ci ait vu le fils né de leur union. ou de son nom plein Abhijñiinasiikuntala «(Le drame de) § 1873. formant un long monologue (le roi cherchant ceBe qu'il aime croit que le nuage est un démon qui l'a ravie. Les qualités du style. Kalidasa reprend la vieille légende de Purilravas. qui se trouve 8tre. est peut-8tre la seconde reuvre du poete. a l'éléphant.lva. lui a été destinée. jointe au caractere par trop fabuleux de l'action. il consent a atténuer cette malédiction en ajoutant que la vue d'un signe de reconnaissance permettra au roi de recouvrer la mémoire. dan s le prologue. conforme aux canon s de la théorie. «changeant le ressort par une inspiration de génie» (S. accepte Malavika avec le titre de reine. se justifie de négliger au bénéfice d'un écrivaininconnules mattres fameux. La tradition manuscrite a conservé des indications plus propres au chant et a la danse qu'a la récitation. a l'ours. au flamant. fou de douleur. témoin de sa confidence.

Sl. Matali. Mais l'intéret s'attache naturellement surtout au roi. n interroge.Oui. OU eHe met au monde un fils. Sakun-tala. les taches de la lune. cet ermitage. livré a lui-meme. un pecheur vient apporter au roi l'anneau qu'il a découvert dans le ventre d'un poisson j des poli'. je suis serrée par ce vetement d'écorce que m'a trop bien attaché Priyarpva~a. . Lés traductions ou adaptations abondent dans la plupart des langues littéraires de l'lnde : quelques-unes puisent a une source épico-pura~ I)ique commune.Voici la porte de ~ 'ermitage. dl~'erses langues. § 1874. tandis que MarIca.) SAKUNTALA. jusqu'a nos jours. qui résume en elle des souffrances.875. dont l'apparente rudesse. mes amies 1 ' LE ROl (pre'tant l'oreille).. dont une carcii (C.) Cornme leur aspect est gracieux 1 «C'est donc que les plantes de nos pares sont bien inférieures a ceHes des bois.» Eh bien. évoluent en moreeaux chantés. . mes amies 1 ANASÜYA. en 18 O3). (Il fait celui qui regarde attentivelllent. en hmdt (par Nevaj et une autre foís par Raja Lakshman Singh). ou le roi caché derriere un buisson écoute la jeune ermite et ses confidentes. ~_ Ce fut l'un des premiers ouvrages a etre traduits en une langue eurbpéenne. ainsi l'ode aux divinités des arbres (IV). par ici. il aperºoit un jeune g~rºon jouant avec un lion.. le mouvement et la vie j iI a substitué aux types conventionnels de ses devanciers des personnages vrais. mais q1fi. . . Il y a des a~aptatlOns dans.. . (Il reste ti regarder. il y a plusieurs dignitaires ou employés de la cour.276 LES LITTÉRATURES. abrégée et semble-t-il faisifiée (Pischel). il apprend que c'est son fils. les quatre disciples de KaI. vouloir lui faire sup{lorter les austérités.Amíe. Raja). les suivantes du harem. calme est le sIte de.Cornment. 277 Arrivée a la cour.e se manifeste. en ~amoul quí suit de pres le Mahiibhiirata. mais quelle est la portée du fait? L'reuvre a conservé dan s l'lnde et hors de l'lndt'. a un voleur. par id.A droite. j'imagine que les arbres de l'ermitage de notre pere Kanva te sont plus chers que toi-meme. la chasse (Il) j plusieurs. les portes sont partout ouvertes 1» (Dans la coulisse).) SAKUNTALA. Un jour. les deux confidentes de l'hérolne. toi qui pourtant es délicate comme la fleur d'un jasmin frais éclos.SOlt 1 (Elle le r e / e l c h e . quelques personnages divins. pour rendre visite au sage MarIca dans le Hema}{üta. . ~Sakuntalii. disposant l'esprit de l'auditeur sans i'égarer par de vains ornements j nombre d'entre elles sont célebres. c'est la frlle de KaI. de chair et d'os. Lévi. est une reuvre de maturité : le génie de Kalidasa a d'un souffie puissant animé les froides abstractions des théoriciens j il a versé iargement dan s ces figures pilles et inertes le sang. . Les stances descriptives. . quand il emploie cette filie aux travaux de l'ermitage. traduction qui parvint aussitOt.Par . a savoir parW.) Mais oui.ns rien perdre de sa spécificité indienne. je v~is entrer (11 entre etfait comprendre qu'un présag. a la eonnaissance de Herder et de Grethe. . on entend cornme une conversatíon. . Les représentations ont duré jusqu'a nos jours.notamment en marii{hi (par Anna Iúrloskar). s'il est vrai que dans le gynécée on trouverait avec peine la beauté de ces habitantes de l'ermitage h Je vais done m'abriter sous cet ombrage et les épier.Par ici. On a beaucoup discuté jadis sur la valeur de la version du Bengale. .ici. le seigneur Kalfva.. ce n'est pas seulement paree que notre pere l'ordonne. et pourtant mon bras tressa111e. ceBe dIte devaniigari ou de l'lnde eentrale contient 194 vers (et abrege ou supp:rime la se/me d'amour de l'acte III). tandis que Weber admettait que chaque état de la tradition conservait des parcelles de texte authentique. Quelque temps apres. § :1. Entre Sakuntala auec ses deux alllies. A cette nées (Belvalkar a fait un essai en ce sens. en allemand en 1791. tant chaque manuscrit ou groupe de manuserits présente de menues divergences désordon- . décrivant l'ermitage terrestre (acte Ier) ou céieste (VII). un grand prestige j on en connait 25 commentaires environ. qui interrompent l'action en apparence. occupée ti ce qu'on vient de dire. mais j'ai pour ces arbres l'aflection d'ul1e SOlUr. (Elle fait le geste d' arroser les arbres. acte III. (Ilfait ainsi. au dernier acte. dans ce bouquet d'arbres. LE ROl (fait quelques pas et regarde). . Que pourra1t-11 en résulter en ce heu1 Maís quoi 1 Pour ce quí doit s' accomplir. n n'a plus de cesse qu'il n'ait rejoint Sakuntala. En vain.!) avait égaré entre temps la bague qui eílt réveiHé la mémoire du roi ._ ciers l'ont méme malmené. des aspirations éternelles sa. en faveur de laqueHe Pischel avait pris parti avec passion. puisque tu t'occupes a remplfr les bassi~s qui les entourent. caché par un arbre. «Ce corps d'une grftce sans artífice. . PRIYAItIVADÁ (en riant). l/intrigue est rendue vivante par le passage de personnages secondaires finement tracés : outre l'inévitable bouffon et le chambellan.critique générale). . SAKUNTALA. K. . est due a la fatalité. mais il n'y a pas en~ore d'édition . . Seulle texte du Bengale semble aVOlr un prahit eorrect (Pisehel et Konow). consternée.Ce vetement d'écorce a beau n'etre point convenable a sa beauté il n'en revét pas moins sur elle l'éclat d'une parure 1•«Méme per~u parmi les j oncs. et cherche a se con soler avec son portrait. (llfait quelques pas et regarde. Il parait au reste difflcile de restituer un archétype. est emmenée par sa mere Menaka au ciel. dit S. c'est comme si le Sage s'eflorl¡ait de tranchel' une tige de m1mosa au fil d'une reuiUe de lotus bleu. faisant le récit de la malédiction. scene reprise a l'acte III et qui répete une situation déja utilisée dans Miilavikii. a l'instant décisif. ainsi la sCfme du premier acte. ~l'enfant de nature" (Belvalkar). comme on sait par le témoignage souvent cité qu'ils en donnerent. est riche de sensibilité j il s'attache plus encore a Sakuntala. Le texte est conservé dan s non moins de quatre ve!sions : ceBé du Kasmír donne une sc/me de plus que les autres. relativement an~ienne. le lotus a son charme. en vérité. Je vais aller de ce cbté.Accuses-en la Jeunesse qU1 développe ta poItrme 1 Pourquoi m'en accuses-tu? LE ROl. la course du char (Ier).) «. s'en vont ainsí donner de l'eau aux jeunes arbres.) LE ROl. je vais la voir en toute sécurité. et. Jones des 1789 (d'ou. le délivre du meme coup de tout sentiment de culpabilité. le roi revoit aussitót le passé. THEATRE.Chere Sakuntala. tandis qu'a la suite d'une campagne victorieuse il traversait les airs sur un char divin mené par le cocher d'lndra. elle cherche a se faire reconnaitre. Sakuntala lui est enfin rendue. ) . pensant avoir affaire vue. avec des arrosoirs proportionnés aleur taille. EH. Relftche le done 1 ANASÜYA.lva? n raisonne mal. d'esprit et de ereur". ce sont les filies des ennites quí. L'amour est le ressort principal de la piece : il fournit des situations que le poete cherche moins a renouveler qu'a développer en profondeur. Spécimen de Sakuntalá. SI sombres sOlent-eUes. le bengiili 221 j enfin il y a la version dite dravidienne. ainsi une version. en franºais. préparent habilement les instants plus dramatiques qui suivent.lYa.

Cbere Sakuntala.L'insolente ne cesse pas. dont la fraicheur eharme ta lassitude. je ne m'en doute paso Raconte! PRIYAMVADA. Sakuntala retrouvée (VII. SAKUNTALÁ. tu bois a sa levre. ressemblent a l'arc brisé de l'amour.en présence ~e femmes divines. s~ beauté sans défaut est comme le fruit intégral des mérites. regarde SI longuement Lumiere-des-bois? ANASUYx. mais qui n'osait par timidité venir boire dan s sa main.térités. trésor de volupté. s éparpIlle~t au pied des arbres. SA~UNTALA. mais dans une eau que rougit le pollen des lotus d'or. l'irrationnel de certaines données quand on voit. !l se peut que chaque scene aií été con9ue pour illustrer les situations requises par les dramaturges. la tradition vante la beauté des upama (comparaisons) chez Kálidása.Se peut-il qu'eUe soit née de ce patriarche et d'une femme de ~ang inférieur? Mais le soupyon n'est pas de ~ise. LE ROl. mais raÍJ:aichi par le prestige des mots. Pour peindre le~ joies et les peines d'amour Kálidása a des touches délicates. sans meme que l'amour s'en mele!" «Ó abeille. ras-tu oubliée? SAK~NTALÁ. . cette parure du drame. comme pour esquisser des scenes de la nature. !ls pratiquent la chasteté.Voici. .Voici l'occasion de me faire voir. . qui suis persécutée par cette abeille mal apprise 1 TOUTES DEUX (en 8ouriant).) LE ROl. n'ont en général que des images propres a exalter l'émotion du spectateur.:. elle apprend aIllSI le Jeu coquet des regards. tu vas tout pres de son oreille en bourdonnant doucement.Ah 1v~iei q. Hs font leurs abiutions ritueUes. plaeerai-je dans mon giron et masserai-je pour te plaire tes pieds. sals-tu pourquol Sakuntalií.. Je veux pourtant tIrer la chose au clan 1 SAKUNTALÁ (avec trouble). tu portes bien ton nom:« CeUe qui dit ges choses agré~bles". Hs méditent. . protégez-moi. Quand il y a matiere a incerti~ude. et les strophes memes. (Sakuntala 1.Non vraiment.) PRIYA~VADA. Rien d'encombrant. reste la un mstant. quIttant le Jasmm ou elle se trouvaIt pour aller vers ma figure. son vetement d'écorce. un miel nouveau auquel nul n'a goilté.). me ~oyant verser l'eau. 32) : «Par l'elfet d'une malédiction. Quand tu es pres de cet arbre ii a rair d'étre accompagné d'une liane.Agréable ou non. THEATRE. comme une riviere rongeant sa rive ternit son eau claire et dégrade l'arbre de ses bordsh Ineertitudes du roi (V.hater vers lui avee les doigts de ses rameaux qu agIte le vento Je valS donc le sOlgner. Lumiere-des-bols est dans sa Jeunesse avec sa neuve floralson.u'u~e abeille. c'est au sein de cela meme que ceux-ci font pénitence". un peu menu.Ah 1 son tourment meme est plein de charmes.Je m'oublierais plutót moi-meme. . je ne me rappelle pas ces secretes amo~rs. tu as repris sur lui ton empire. Le charme. la jeunesse a pénétré ses membres". 111 aoi.C'est qu'eUe se dit·: de meme que Lumiere-des-bois a été unie a un arbre digne d'elle.) LE ROl (avec amour). ses bras ressemblent a de tendres . ehez les gens . la désire. qm est celm d un noble. Qu'est-ce qui n'est pas ornement pour des formes grameusesl" SAKUNTALÁ (¡'egarde devant elle). ressources d'un talent également apte au reclt. (Elle 8' arrAte ~ les regarder. auquel ne manquent ni la force dramatique.Cet ar~re . chez cette femme aux yeux rougls par la colere. «De quelque có~é que l'abeille l'att~qu~. maia les sourcils obhques en se fronyant." § 1877. et que l'auteur ait trouvé chez ~es § 1876. Bien qu'eUe agite sa main. comme pour lui parler en secret. _ ' PRIYAMVADA. et cela .C'est toi-meme qui as formé ce désir 1 (Elle vide une jarre d' eau. -:.. la liane et l'arbre. est dIgne de s'unir a un homme de sang royal. Je ne sais qui le Créateur élira ici-bas pour la posséder?" Le roi déclare son amour (lII.oqu~ts. Strophes isolées.inviter a me . ANASUYÁ. a pris peur et s'éehappe. . . tt n n'y a pas d~ doute. c'est bien un ~nstant délici~ux que l'union de ce eo~ple. . . ni éventuellement l'humour et la malice. c' est l'inclination qui fait loi".278 LES LITTÉRATURES. mais c'est sur des dalles de pierre précieuse.~ ?omblés 1~ . Je valS m en aUer d lelo Eh qUOl. de la nature indienne. . . Appréciation d'ensemble sur les drames de Kalidasa.de bien.. La prose du dialogue est d'une grande limpidité. Cette fiUe élancée est plus ravissante encore avec. pmsque mon COlUr. tu avais été repoussée. . 19) : «Faut-il faire soutller sur toi des brises humides. " «Des grames. ~U. tu touches bien des fois ses yeux dont les coins lancent des reillades.s peinons a rechereher la vérité. Des que son aveuglement s'est dissipé. la forM. la vie paisible des ermites. . 23) : «L'oubli end~rcit ma pensée. de pédant dans cet art ductile.) Amie. chere Sakuntala. Tout ce que les autres ascetes esperent obtemr comme frUlt de leurs aua. et to~ tu ~s to~s tes vre11. fronyant les sourcils de cramte. Le refiet ne se forme pas sur le mil'oir terni. 279 accroissent sa beauté." Vie des ascetes (VII. . sont l'arriere-plan d'une reuvre comme Sakuntala. (Ellefait le gelte de quelqu'un qui repousse une abeille. En elfet «sa levre a la rougeur d'un bourgeon. 1. ce que Priyal:wadíi a dit a Sakuntalíi est bIen vral. conventionnel certes.kesara semble m'. qu'il sait mettre en harmonie avec les passions du momento On oublie la fiction.Qui sommes-nous pour te protéger? Appelle Dusyanta puisque les bois de l'ermitage sont sous la protection du roi. les gazelles ne s'enfuient ni ne s'elfrayent aux bruits. cette jeune tige de jasmin qui s'e~t librement donnée pour épouse au manguier et que tu as dénommée tt Lumlere des bois". les perr. Sakuntalá qui s'efforce en vain de rappeler au roi les instants heureux de leur amoUr tout pro che j elle lui parle du faon qu'elle avait adopté et qu'il se plaisait a caresser." Descripti~n de l'ermitage (Sakuntala. Noy. -Ah. el~e jette un reil inquiet. vOlla qu' elle arrive encore 1Amies. et le manguier peut l' embrasser ~vec ses tendre~ r~meaux. . les plerres sont encore huIleuses d aVOlr écrasé la nOlX d'arec' pleines de eonfianee. dans un épisode fameux. vierge aux jambes fuselées. 21) : «Pourquoi t'elforees-tu a ternir ma famille et a me dégrader moi-méme. (Elle fait quelques pas. mais qu'on le nettoie et l'image est la toute limpide. et pourtant la foret est pleine d'arbres propres a combier tous les désirs. et les ~hemins des étangs sont marqués par les trainées de l'eau qui a dégoutté du bord des vetements d'écorce. en me servant comme éventail de feuilles de nénuphar? Ou bien. qui baigne ainsi dans une sorte de primitivité concertée. rosés comme des lotus?" Reproches de Sakuntala (V. l'oubli rendait ton mari cruel. !ls se signalent par les memes qualités que les poemes lyriques : élég~n~e souveraine de la forme. ala description.ameaux' attirante comme une fleur. . tombées ~es trous ou mchent. ~4) : . (Elle s'approche de la liane et regarde.Anasuya. ~ 5-22) o Description de Sakuntala (II. puissé-je moi-meme obtenir un époux digne de moi 1 SAKUNTALÁ. 12) : «Hs vivent de l'air qu'ils respirent. 10) : ~C'est une fleur que personne n'a huméej une pousse qu'aucun ongle~n'a etlleurée' un joyau qui n'a pas été travaillé.

réveiHé brusquement par elle. un jour. et l'une des reuvres singulieres du thétttre indien. Que cet auteur soit Har~a. plusieurs sont la parure des Anthologies. . l'autre grave et réfléchie. Leur premiere entrevue est interrompue. permettent de croire qu'il s'agit bien d'un seul et m~me auteur. autant qu'il était possIble dan s les deux prmCIpaux drames. Mais. _ ' Les caracteres sont traces avec som. lequel jure de renoncer a exiger des proies nouvelles.yaka. Le prince des vidyiidhara) JImütavahana. Vasavadatta retrouve dans Sagarika sa cousine germaine et la donne eHe-m~me en mariage au roi. res suscite le prince et tous les serpents dévorés par Garu¡Ja. sous le nom d'Aral}. leur orgueIl brutal en face du p~cheur humb~e et tremblant.le sont bien saisis. . § 492. Elle sera sauvée par des moyens magiques. le plan a été surpris et communiqué a la reine qui_se présente au rendez-vous et entend les déclarations qui s'adressent a une autre. na été fait de Ratnavali une libre adaptation en kannara) au XVII· siecle. n s'offre a Garu<. qui sont venus en messagers. ~e style est alerte. il s'éprend d'elle.878. Trois drames nous sont pa. effrayés de son absence.yalca y Joue le role de la reme. mais eHe est troublée par l'arrivée de la reine Vasavadatta. . Les gens du peup. a mérité d'~tre citée souvent en modele dans la dramaturgie. le ministre YaugandharayaI}a avait projeté de la ~ marier au roi Vatsa.ce de la poésie".· Nagananda. revanc?e. GaurI apparait. i'une joviale et malicieuse. Une nouvelle entrevue a lieu entre les deux amants. Cependant un message de vitoire arrive.yaka. La duegne du palais fait représenter devant la cour une comédie qui a pour sujet le mariage de Vatsa et de Vasavadatta : c'est le procédé du garb~a1ilUl ou ~dral!le embryo~naire". que suit bientot la nouvelIe de la disparition de RatnavalI : deux serviteurs du roi de Ceylan. fait jeter en prison Aral}.en.oit les plaintes du roi et veut en finir avec la vie. au moment oil ii vient de se révéler qu'elle est princesse.rois comédies. oil le héros est transposé en Kr~I}a. Si les pieces n'ont pas de mérites exceptionnels sous le chef de l'invention.li~ité. ~ont Priyat!arsika offre i'un des premICrs exemples. elle per«. Dans Ratnavall) c'est aussi l'histoire de la princesse de ce nom. assez notables encore. Priyadarsika et Ratnavali.rvenus (outre deux brefs poemes d'inspiration bouddhique : l'hymne aux huit grands Caitya. 280 LES LITTÉR!TURES. Ratnaval¡ la seconde. THEATRE.. Le roi s'est épris d'eHe. a été contrainte a s'enfuir et a été recueiBie co~me suivante de Vasavadatta. avec un héros commun. si les réminiscences d'omvres anciennes y sont un peu . Nagananda est d'origine composite. Celui-ci la remarque lors de la f~te du Printemps. de Priyadarsikii~ Ces deux-ci empruntent a la Bl'hatkatha un épisode de la vie privée du roi Udayana. des stances ornant les chartes royales. entre ces deux m~mes pieces et Nagananda) un na{aka en 5 actes. 281 devanciers des procédés : mais il a certainemEmt un don d'animer et d'émouvoir qui n'appartient qu'a lui. mais ils se cherchent et se retrouvent bientot : la voix de la déesse GaurI a pro mis Jimütav¡¡hana comme époux a MalayavaU.880. disait déja de lui l'auteur.879. elle quitte la salle. Les versets descriptifs sont prestigieux. les versets descnptifs ou erotIques sont souvent rédigés avec bonheur. bien que la duegne lui représente qu'il s'agit d'un simple jeu. Quand Sagarika se présente. qui tente de se donner la mort. reconnaissent la princesse. Nagananda est sans doute la derniere en date des t. § 1.la qui l'entraine dans les airs et tombe mort au moment oil ses propres parents qu'accompagne MalayavaU.I 121. Toute différente est l'affabulation de Nagananda ~ La félicité des Na:ga". Le mariage est célébré. Une troisieme fois. Garu(la reconnatt sa faute. le prince se promenant aper~oit une montagne d'ossements. La reine l'agrée alors comme seconde épouse légitime. il apprend que ce sont la les débris des serpents offerts en vertu d'un pacte a l'oiseau céleste Garu~a. de Pnyadarslka a un auteur inconnu. ceHes. un hymne du matin. . L'e~p~oi du merveilleux. de Ratnaval! a Bal}. Aral}. peut-~tre aussi un Liizganusasana) sous le nom du roi Haqa(vardhana). étant une sorte de remaniement. § 1. Des inventions scéniques assez heureuses animent cette piece qui. . on répugne aujourd'hui a admettre l'attribution qu'?n fais?it autrefois de Nagananda a Dhavaka. par l'emploi harmonieux du chant et de la danse faisant corps avec!'action. La reine s'indigne.. mais en cours de route elle a été victime d'un naufrage et recueillie par un marchand sans ~tre identifiée. issue d'un Avadana) et qui a passé dans la Brhatkatha oil Har~a l'a pu recueiHir dans la tradition des contes du .. et le roi lui-méme se substitue a l'actrice chargée du rOle du roi. se VOlt a plem dans la féerie d' Urvasl) oil pourtant i'art du poete lui niénage une sorte de lointaine crédibilité. du Pras~nnaragh~va. Mais le theme général est le méme que dans Malavika. La reine furieuse emmene prisonniers la jeune filIe et le bouffon. l'intngue bIen nouée. •. La princesse Pl'iyadariika) a la suite d'un revers de fortunede son pere. I T a .K t. trouve le bouffon endormi. Les successeul'S de Kalidasa § 1. il est da gri\. nettement amélioré. elle est entrée sou& le nom de Sagarika au gynécée de Vatsa. Surprenant sa conversation au jardin avec une confidente. n prend aussitot la décision de se sacrifier pour sauver une victime. Les similitudes qui sont grandes entre Priyadarsika et Ratnavall) deux natika en 4 acteschacune. il apprend que sa passion est partagée. tandis qu'eUe reconnait l'époux que son pere lui destinait. s'éprend de la filIe d'un prince des siddha) la jeune Malayavau. viennent de retrouver sa trace grilce a un joyau de sa couronne qui a g'lissé aterre. au moms dans MalaVlka et Sakuntala: ainsi les deux suivantes de la jeune ermite. et maintes strophes érotiques sont parmi les meiHeures que compte une littérature pourtant fort riche a cet égard. il n'y a pas de motif suffisant pour le mettre en) doute. Les oouvres de Har~a. Ce mélange hybride d'une comédie galante de type assez banal (ceHe qui occupe les actes 1 aI1I) et de scenes bouddhiques (l'histoire du sacrifice de Jímütayahana. illaisse échapp~r le secreto Elle refuse d'écouter l!ls excuses du roi. comme le veut la tradition (Yi-tsing affirme qu'il était auteur dramatique).a. ainsi les policiers avec leur lourde gaité. épouse du roi des Vatsa. c'est-a-dire de la premiere moitié du VII· siecle. .trop s~nsibles (Bhasa et Kalidasa). c. fille du roi de Ceylan.

Cependant MalatI a été enlevée par l'acolyte d'AghoraghaJ)1a. riche en incidents patbétiques . mais l'emportant en force tragique. Pourtant ces traits sont répartis avec art selon les nécessités de la situation. Bhavabhilti (surnommé SrIkaJ)tha ou bien Udumbara). qu'un pr/ltre de Karala. bdhmane. Ratnavali a des distiques rimés. la scene. et Rajasekhara. e'est lui qui en somme inaugure dans le drame la facture savante . quand on lui annonce que MalaU est vivante. Gawronski). On attribue en outre a Bhavabhüti des stances d'anthologies. atteste une préférence pour le sardülavikr'icJita et la sragdhara j le Sloka dans NiigiinaMa caractérise les passages de type épique. IümandakI s'emploie a emp~cher ce mariage et a mettre le roi devant un fait accompii. fils du ministre du roi du Vidarbha. C'est sans doute sa derniere oouvre. religiE'use houddhiste (type conventionnel au théi\. empruntant ~a et la a la langue philosophique.tre). sont des na(aka fondés sur la légende de Rama. ministre du roi de PadmavatI. aecumulant. aidé d'un acolyte. Bhavabhüti. des réminiscences du lvIeghadúta. 20). le poete s'est imposé la m/lme tension que sur le plan de la forme. qui est la propre filie de Bhürivasu. 283 Vetala). et le moins réussi. en ce sens qu'il juxtapose des séries de scenes lyriques ou descriptives. Madhava. anxieux de venger son maitre. une personnalité. en dépit de quelques intempérances. l'appel aux sentiments magnanimes. dans le moderne Berar. Le prakrit.comme son nom l'indique . Bien charpenté. avec d'aiUeurs une virtuosité indéniable. Bhavabhilti est le poete du dharma (Kretzschmar). le Mahav'iracarita et l' Uttarariimacarita. se résoud a gagner a sa cause les démons en allant au cimetiere leur faire offrande de chair fraiche : il y rencontre Malatr. c'est a nouveau un des graI}ds noms de l'antiquité littéraire qui surgit.l(la de l'Épopée. Mais le roi a décidé que MalatI épouserait Nandana. imagine alors de se substituer a la fiancée et s'enfuit avant d'/ltre découvert. l'intér/lt proprement dramatique est faible. de type iirya. son contemporain. au don de soi. ce dharma dont Rama est le prototype surhumain. en 10 actes. assez li\. Bhavabhüti donne quelques détails SUr lui-m/lme et sa famille dans ses prologues : il en résuIte. donne par endroits une ampieur inusitée a l'expression. de paroxysmes. et derriere toute cette rhétorique on sent constamment un tempérament de vrai poete. Le lvlahiivira est en tout cas le premier des trois. on décele aussi l'influence du Meghadüta.~. est de quelque importance poUl' l'histoire religieuse. fort inégalement. dont les contes offrent évidemment plusieurs modeles. toutes choses que présentaient déja la lyrique de son époque. jeune bdhmane en cours d'études. soour de Nandana.282 LES LITTÉRATURES. Son oouvre consiste en trois pieces qui furent représentées a l'occasion des f/ltes de Kalapriyanatha a Ujjayinr. § 1882. c'est ce qui résulte de Rajatar. VII. E semble que son art hautain ait eu quelque peine a trouver sa récompense dans le succes. E y a aussi . KamandakI. étant l'antithese vivan te des valeurs morales et spéculatives que représente Rama : sur ce plan-la. Les mérites littéraires sont analogues a ceux de Ratniivali : le libre usage du merveiUeux. ii n'y a pas un drame véritable. notamment Kathasarit. inférieure a Kalidasa par la gri\. L'acte IX. dan s les for/lts et les montagnes. RavaJ)a et et les Rak~asa. Madhava court a sa recherche. avec un sujet partieUenient tiré de la Brhatkathii (cf. il accorde aussi a Makaranda la main de Madayantika. dont les amours traversent la piece comme intrigue secon«aire. ii Ya une série de points culminants. ménage une entrevue entre Madhava. les prouesses verbales. moins simple que celle de Kalidasa. n ne manque m/lme pas une scene de détente entre le bouffon et le bel-esprit. n va se tuer.ce. n tue le pr~tre et la délivre. § 1872.. E cherche l'effet. Makaranda. Es servent le drame. qui tarda a venir. des traces de magadh'i apparaissent dan s le Niigananda. ce que ses drames confirment. dut vivre a la cour du roi de Kanauj Yasovarman. un des favoris de sa cour. qui demeure cependant sans emphase ni pathos. IV. spécialement abondant dans Ratniivali en raison de l'importance des rOles féminins et du bouffon. l' Uttara . que soutient la figure fortement dessinée du héros. Cependant. Le roi accepte enfin de les unir. sans cette uniformité lassante du drame tardif. CIV.ramorvas'i. La métrique. Piein de réminiscences des kavya et des sastra. Le prakrit est rare et limité a la saurasen'i j peut-/ltre Bhavabhüti y était-il moins a l'aise. l'iirya est devenue presque négligeable. Remarquables sont aussi les dialogues . les premieres citations (anonymes) de ses oouvres figurent chez Vamana le poéticien. consumé de chagrin. sur la priere de Bhürivasu. originaire probablement de Padmapura. est conforme a celui des grammairiens. est du type prakara~ta.puisés en grande partie dans le folklore .traite l'uttarakiil. l'une et l'autre en 7 actes.cbement reliées . ver s 720-750. et qui n'est pas sans verve. en mots difficiles. il Y figure plusieurs passages repris aux drames antérieurs. Le sacrifice humain et le ritue! tantrique de l'acte V. notamment la OU il y a conflit : telle conflit de Rama partagé entre l'amour et le devoir. depuís l'exil de Sita jusqu'a la réunion finale. Mais le mariage de Malatr et de Nandana va avoir lieu : un ami de Madhava.ce drame romantique est intéressant par deux épisodes surtout : a. mais que Bhavahhüti a rendu saisissants de pittoresque et d'horreur. est paradoxal : il n'a pourtant pas trop nuí a l'intér/lt dramatique. ou Madhava réclame pathétiquement son amie a toute" la ·nature : c'est une imitation de Vil. Les stances abondent : l'auteur pouvait s'y déployer a l'aise. Deux d'entre eHes. avec la représentation de la danse de CamuJ)~a (Durga). riehe en lourdes assonances. La religíon est ce He d'une ortbodoxie de type vedc"intin. bien assíse. Le Mahiivira résume les six premíers chants du RiimiiyatJa. AghoraghaJ)ta. . mais 21 autres metres se partagent. en prakrit. " THEATRE. depuis les préliminaires au mariage de Rama jusqu'au couronnement. La caractéristique de Bhavabhilti est la puissance et le pathétique avec lesquels il peint les sentiments. loin de l'asservir a eux. la troisieme. § 1883. lVHilatimadhava.en composés longs. avait saisie et s'appr/ltait a immoler a la Déesse. qu'il était fort érudit. La métrique est élaborée : le Sloka domine dans les passages épiques. Devant les difficultés de l'entreprise. Malat'imadhava. 1áá. b. Les premiers écrivains a le nommer sont Vakpatiraja. l'oouvre de son «intelligence mtirie» (Utt. § 1881. Avec Bhavabhüti. l'intensité. mélangées elles-m8mes de traits iakta (apparition de GaurI). fou de douleur. errant. la faveur du poete. et la jeune MalatI. qui soulignent l'apport musical.

" «En ce temps-llt. le chef des Raghu pronon~a a I'intention de la reine SItii : «C'est pour toi. aia Pañcavati. cet amour réciproque. se faisant lentement leur place. Aux trois derniers actes.Et voici la stance que.I)akha. les visions de la nature aux trois premiers actes. dans l'Épopée. diplomate née. Je vais dissimuler.Récite. invite le roi Janaka a assister a un grand sacrifice.il se rappelle a ma mémoire. et en partie méme. le héros Parasurama.lakya. disciple de Síva. 0[1 ces profondes délices? Dans le bonbeur ou bien dans le malheur.885. Spécimens de Bhavabhüti. . dans son creur. depuis l'instant OU VisvamÍtra. Les cérémonies du sacre ont pris fin. témoin de notre extreme et confiante affection de cette époque? Ah 1 douleurl «Rafraichi. éclatait. Lava. et de Sürpa. Kusa. . le cruel ne s'arrete point." LAVA. que provoque également la scene de la réunion de i'acte VII. maia elle augmentait cet amour par reffet de ses vertus. en sorte qu'on peut hésiter sur l'authenticité méme de cette portion. les aventures de Sita délaissée. Un détail innovant est la tentative de suicide de Sila. . surtout ceux qui habitent la foret. ici. ministre de RavaI)a. ce flot d'éloquence du bienheureux Valmlki. le südra ascete. KU!ÍA. le purifiant par le sang. mais naif encore dans son corps. ils ont plus de succes avec les intrigues de palais. concourent au sentiment tragique. Lévi. dit S. ttLe merveilleux du dénouement se grisse imperceptiblement dan s l'action par l'intermédiaire de ce spectade ou les divinités jouent des rOles de divinités" (S. qui est enceinte. ou Rama se trouve revenir.. avec tendresse et douleur). et l'invention du poete se réduit a quelques situations psychologiques. D'abord deux stances se présentent a nia mémoire. Je voudrais bien. il Y a trop de discours. dans sa grandeur et sa fatalité. c'est bien ainsi que cela fut. un char la conduira dans la [orét et ne la ramenera plus. l'anxiété de mon creur une fois divulguée. Lévi). et Rama la console. qu'il est cruel ce coup au point le plus sensible du creur! Ah 1 reine. Les drames rama'ites de Bhavabhüti. voici que je suis un objet de pitié pour les enfants memes 1 Soit.Nous avons justement achevé d'apprendre l'reuvre entiere. § 1. Mais ces événements mémes ne font que précipiter la chute de RavaI)a et le triomphe du héros qui revient dan s sa terre natale pour étre sacré roi. n y a trace de deux. pendant leur promenade dans le bois du mont Citrakil\a pres de la MandakinI. vraie contre-partíe féminine de Caf. te rappelles-tu ce site. contre Riima. Janaka est rentré dans son royaume. du Riimiiyii1. cet éloge de la dynastie solaire. au contact de Sita. le bonheur passé se ranime dans la mémoire du héros.ces tendres bourgeons . déroulement insipide de soudains revirements qui se terminent par la déception 1 «Oil est-il ce si grand bonheur accru par une confiance insurpassable? Oil. Qu'elles font souffrir. l'unité de nos creurs. mais pour un instant." RiMA. (A haute Iloix. ou se condensent Age. Les stances gran dioses ou élégiaques se succMent a un rythme pressé. dont l'écho parvient aux oreiHes de son pere." «Et de méme a SWi Rama était plus cher que sa vie. on entend parler du Rlimiiyal. qui aboutissent a provoquer l'exil de Rama et l'enlevement de Sita. Le Malzaviracarita ttL'histoire du grand héros" suit assez fidelement le récit épique.Creur naif. chacun des époux s'évanouit. . Ce n'est pas atort que Klein a dénommé l'reuvre de Roméo et Juliette des Indiens. affection. audacieux et entreprenant.alora que le vent lentement levé de la § 1.. de la poésie indienne". par les gouttes de sueur . 46. malgré l'ambiance surnatureHe qui l'impregne. formant avec le dialogue qui les environne et les prépare ((la plus belle reuvre. l'autre. .lIélas. Sita apparait comme une sorte de fantome aux lieux memes. le vieux poete. Sita. les seins de la jeune filie aux yeux de gazelle . KnsA. il faut souligner la figure de Kamandaki. auquell'épée du héros. La narration occupe plus de place que l'action qui. demeure dans l'ensemble languissante. qu'adorne l'éclosion subite des mille vertus de l'aimée. de trois recensions. 'A 285 d'amour entre Madhava et Malatr. La premiere partie . cependant qu'une ttpiece intercalaire" lui montre.la encore. Ces défauts devraient étre ceux aussi de i'Uttararamacarita tt L 'histoire de Rama dans la derniere (période) [ou : selon i'uttarakalJia]". § 1. le pathétique qui résulte de la reine abandonnée.) Mes enrants. versé se mele au dialogue.la. approuvant cette résistance. est triste." RAMA (sourit embarrassé. gui sont peut-~tre les plus proches de ceux que la passion inspira dans nos littératures occidentales. Suivent un choix d'épisodes tirés de l'Épopée ainsi Sambüka. mais son creur les reconnait. sur lequel de toutes parts le kesaI'a semble faire pleuvoir ses !leurs.284 LES LITTÉRATURES. mon enfant.Les enfants sont vraiment trop nalfa. .884. est d'abord vainement excité par eux. a dénouement heureux». elle-meme entre en scene. Rama boule- . les péripéties de l'existence. ses plaintes. l'invention de Bhavabhüti prend plus d'ampleur : au lieu que.¡a. revenu d'Ayodhya a son ermitage ave e Rama et Lak~maf. dé sir. jouées par les Apsaras. qu'a été installé ce banc de pierre devant nous.du drame traite des intrigues de Malyavat. sreur de RavaI)a. Le drame commence a l' endroit précis ou le précédent s'arréte. Une rumeur filcheuse. en entendre quelque chose. a partir de V. Celui-ci se trouve tout a coup en présence de ses fils sans les connaitre. oil est-elle? Et pourtant il vibre encore. Le peuple accIame la reine et c'est Valmlki lui-meme. elles sont dans le dernier chapitre du récit de l'Enfance. . C'est alors que l'amour. tenant tete a la troupe chargée de surveiller le cheval du sacrifice. lieux témoins de leurs amours d'autrefois. C' est dans l' Uttara que le personnage de Rama apparait avec tout son relief.gonflaient quelque peu sous sa robe." lIélasl «Ce temps au souvenir cruel. Parmi les personnages.886. au cours duquel SIta va faire la connaissance de Rama. qui présente a l'assemblée les deux fils de Rama. RAMA. car c'est le creur qui connalt le lien réciproque de l'amour. THEATRE. malgré quelques scenes tumultueuses. rapportée par le brilhmane Durmukha. Riima reconnaisse ses deux fils Lava et Kusa qu'il entend réciter la geste au cours d'un sacrifice.«De par elle-méme SItii était chere au magnanime Rama. mon souflle de vie. RiMA (ti part). apporte le salut supréme. les caracteres sont trop uniformes. on voit i'un des deux freres. . Ah 1 reine. mais on les per~oit a peine. circule sur la conduite de Sita : Rama prend la résolution de se séparer d'eBe. quel est donc ce soudain changement qui t'inonde de tendresse? Ainsi. semble-t~il. par curiosité. en quelques journées.

Des détails de momrs. sans répartition fort nette). I . fondateur présumé d'une dynastie antérieure aux Pala. La chronologie reste confuse jusqu'a la fin du IX· siecle. Le sujet. candide .. un pretre tantriste qui vante les rítes kaula et cultive la magie (c'est lui qui par son art fait apparaitre la jeUIl. les nuages s'aeeroehant a la crete bleue de leurs eimes. que le souffie deE brlses sylvestres t arrIVe ehargé du parfum des lotus nouveaux' que les oiseaux ' ivres d' amour entonnent sans répit leur mélodie h Vision de combat (V. venant d'elle. en pur kiivya. L auteur est BhattanarayaJ. un trait singuiier est la proclamation du soir par le héraut. traité en six actes. un onguent d' ambroisie pour mes yeux. Ces drames sont. dans l'ordre présumable : a. ou la seve qui jaillit quand on presse le rameau des rayons de la lune? Ou bien rafratchissant l'arbre embrasé de ma vie. dépourvu de signes de safran sur sa joue éclatante. meme absent. cité souvent comme modele dans la dramaturgie. et l'on sait qu'il séjourna a la cour de Kanauj.t~apala. 14) : "Sombres eornme les ténebtes qui s'amassent dans la jungle au sein des régions infernales.. Au début du m' acte. troublant la clarté lunaire de son fronttel m'apparait son visage. THEATRE. dont beaucoup n'ont pas d'intéret direet pour l'aetion. Kal'püramañjarí comporte une intrigue assez banale.ta surnommé M). § 1887. malgré une assez grande quantité de sloka. sanglotantes. au V' acte. L' reuvre porte trace de la eroyance piilicariitra (S 1316)." (Uttar.ap~ortent l'offrande de fruits et de fleurs.e princesse dont le roi s'éprend aussit6t). le triomphe de Yudhi~~hira et de ses freres.. une strophe semble avoir été connue du traducteur javanais duMahiibhiirata. tant que ne serait pas vengée l'insulte qu'elle subit le jour OU elle fut tra1née aux cheveux devant l'assemblée des princes. § 1888. Le style est raffiné.épique et aptes en meme temps a remphr les eXIgences du drame. il ya une fete a ((balan~oire" en l'honneur de Gaurí. avec les ordinaires péripéties fi\. les inquiétudes des femmes aecumulent des prétextes a épisodes.. Les caracteres sont ~racés a~ec force. et le ereu~ semble se eonsumer désormais sur un amas de bois mort. le soupyon porté contre SIta. parce qu'elle a vécu dans la malson d'un autre. font le prix de cette piece. le parasite aux visées littéraires. son contact.286 LES LITTÉRATURES.ment un kasmírien d'origine qui aurait été appelé au Bengale par Adlsüra. comme paralysé. Voici les monts du Sud. dénué d'ornement au nomd charmant des oreilles. 11) : . Lévi). 3 O) : «Voici au sein des cavernes. La pieee vaut surtout par les hors-d'reuvre : les scenes comiques. Elle a pu exister en plusieurs reeensions. Avec douleur) : Ah! malheur! «Quand une longue. 72 a IX. Les pleces de Rajasekhara.. 4 actes. C'est l'une des rares reuvres dramatiques qui soient entierement en prakrit (sauraseni et miihiirii~(r¡ seulement. proba~le. a tendanees éclectiques.ersé dans mon creur. voici que s'insinue de toutes parts. Le titre de la piece vient du fait connu que Draupadí a juré de ne jamais nouer sa ehevelure. Trop souvent. Karpüramailjari (nom de l'hérolne). n est relativement prodigue de détails sur sa carriere. Agité par le fracas violent des flots rageurs formant une melée tumultueuse voici le confluent sacré des rivieres aux eaux profondes. 287 Mandakini faisait frissonner ses boucles. Connu par un traité de poétique (S 1564). plus ou moins polygraphes d'ailleurs et sachant utiliser avec adresse les genres classiques sans les rajeunir. et peut-etre contemporain des drames de Bhavabhüti (on a meme présum~ le VII' siecle). telle velll~ d un chlen enragé. Les intrigues. 40) : "Ah! malhe~r. les eaux de la GodavarI. qui sert d'oecasion a quelques scenes plus frivoles. est emprunté.'garaja. qui ne me soit cher sinon ' l'intolérable malheur d'en etre séparé?" Rama tourmenté par le soupyon (1. des proverbes. l'etre aimé. les fleches strient le ciel de lueurs fulgurantes avee leur fauve éclat de cuivre incandescent. l'abondance des événements oblige l'auteur a reeourir au récit. Quatre autres saUaka prakrits ont été identifiésen manuscrit par Upadhye. les amours de la princesse du Kuntala qui porte ce nom et du roi CaJ. Le prakrit comporte notamment un épisode en miigadhí. une coulée de santal pour mon corps. replacé sous nos yeux. sans exclure le eas échéant une expression vigoureuse et dense.!ísarphiira ((Le rassemblement des tresses". malgré l'intervention de Bhanumatí. jusqu'a la défaite de ceux-ci. Le VeI]. il ya une scene d'horreur : les apprets d'une Rak~así qui ramas se sur le champ de bataille les membres des soldats morts pour les servir a son mari. 31-38) Strophes isolées : Rama contemplant SIta (Uttar. la· Candralekhii de Rudradasa. est le Vel. les jalousies. I. Un drame fort prisé. 24) : "e'est done le roi Rama en personne qui revient dans notre foret. L auteur montre de la partialité ~. " Paysage (II.. n rappelle plus d'une fois Bhavabhüti.s effets de la destinée. une comédie de type sattaka. un cinquieme est édité. ne laisse pas de nous consoler. Elles ress~mblent ainsi ~ux monts du Vindhya dont les brunes cavernes eonfondent éclalr et nuage. " (Il reste immobile. «Elle est la gloire de ma maison. «Est-ce la liqueur qui coule des surgeons du santal doré.isa¡phara. satiriques ou figure le ((bouffon" prétentieux. l'univers est comme une foret desséchée. ses bras a mon cou un frais et moelleux collier de perles. le Jour ou les vents formidables de la fin du monde en ont déchiqueté les aretes. le ressusci te?" Hornmage a Rama (III. .conformes au modele . Qu'y a-t-il. eomédie de harem due a un auteur du XVI' sillcle. . OU apparait. Et pourtant