You are on page 1of 4

Nr.

45
novembredécembre 2008

Bulletin de la section moldave de l’Union Internationale de la Presse Francophone

Grande première à Genève:
Le premier Forum des hommes d’affaires moldaves et suisses a eu lieu le 3 décembre à l’hôtel de la Paix à Genève. Il s’agit d’une occasion pour les milieux d’affaires de Moldavie de s’ouvrir davantage, mais aussi pour les Suisses intéressés de mieux connaître l’économie moldave avec toutes les possibilités d’investissements qui seront présentées à cette occasion. Cet événement a été organisé par trois chambres de commerce et de l’industrie: la chambre moldo—suisse créée cette année à Genève et les chambres de commerce et de l’industrie de Genève et de Moldavie. Le Forum est organisé sous le patronage du Gouvernement moldave et avec la participation de Mme Mariana Durlesteanu, Ministre

un Forum des hommes d’affaires moldaves et suisses
moldave des Finances, ainsi que de l’Ambassadeur Monika Ruhl Burzi, Responsable du centre de prestations Relations économiques bilatérales au sein de la Direction des affaires économiques extérieures. Ces dernières années les échanges commerciaux entre la Confédération Suisse et la République de Moldavie ont surtout concerné les domaines de l’horlogerie, des équipements frigorifiques, des herbicides, des insecticides, des médicaments et des fruits secs notamment. La Moldavie compte actuellement un peu plus de 6300 entreprises étrangères, dont 50 suisses. Les relations entre les deux pays existent depuis 1992. Il n’existe pas d’ambassade de Suisse, ni de service consulaire en Moldavie, mais un bureau de la Direction pour le développement et la Coopération du Gouvernement suisse (DDC) est présent depuis 2000 avec des projets d’assistance humanitaire et d’aide au développement. La Confédération envisage d’adhérer au Centre commun de visas, qui a été ouvert à Chisinau il y a deux ans à l’initiative de l’Union européenne. Un accord de protection des investissements a été conclu entre la Suisse et la Moldavie en novembre 1996. Pas moins de dix traités bilatéraux ont en outre été signés entre les deux pays, dont cinq dans le secteur économique. Les Moldaves espèrent que ce Forum constituera une véritable plate-forme de lancement de

nouveaux projets de coopération commerciale et d’investissement dans divers domaines de l’économie du pays. Parmi les secteurs qui ont été représentés, on peut mentionner celui de la technologie de l’information et de la communication, le secteur viticole, ainsi que ceux du tourisme et de l’agriculture. La Moldavie étant un pays producteur, une dégustation de vins a été organisée à l’issue de la réunion pour le plus grand plaisir des hommes d’affaires, qui sont souvent des œnologues avertis. Margareta STROOT

Soirée «Ion Druţă» à Genève
Ion Druţă fête cette année un très bel anniversaire – 80 ans. C’est une occasion magnifique pour lire et relire son œuvre si proche et si profonde. La communauté moldave de Suisse a organisé le 1er novembre à Genève une soirée «Ion Druţă» qui a rassemblé des Moldaves établis en Suisse, des diplomates de la mission moldave auprès de l’Organisation des Nations Unies à Genève, ainsi que quelques étrangers intéressés et curieux. La fête a débuté par une courte présentation de la vie et de l’activité littéraire de l’écrivain, qui a été suivie d’une alternance de lecture de morceaux choisis dans diverses Qu’auraisje voulu demander Vladimir à Bukovski page 2 œuvres et de morceaux de musique moldave proposés par une très jeune compatriote, qui fait ses études en Suisse. Les quelques livres de Ion Druţă apportés ce soir-là, ont été pris d’assaut, surtout par des jeunes qui n’ont pas encore eu l’occasion de «goûter la douce parole» de Druţă. La Communauté moldave de Suisse a été créée en mars 2007. Réunissant une cinquantaine de personnes, elle a pour but de promouvoir l’image de notre pays en Suisse, mais aussi d’aider les Moldaves à mieux s’intégrer dans une autre société, qui n’est pas nécessairement ouverte et facile. Les derniers des Mohicans

Du nouveau au Patrimoine mondial de l’Unesco

page 3

page 3

é

Défense du français

page 4

Photo: Margareta Stroot

page 

novembre - décembre 008

Courrier de Moldavie

Qu’aurais-je voulu demander á
En 1985, le dissident russe Vladimir Bukovski planifiait la création de la Fondation Internationale Américaine pour la Résistance. L’institution eut l’intention de contribuer à la dissolution des régimes communistes dans le monde, en organisant des protestations dans les états communistes. La même année, Mihaïl Gorbaciov initiait la Perestroïka dans l’Union Soviétique. Toujours en 1985, je suis née dans la République Soviétique Socialiste de Moldova (RSSM). Au mois de septembre 2008, Vladimir Bukovski a entrepris une visite privée à Chişinău. Le dissident n’a pas voulu entretenir des débats avec le grand public. Des conférences, des tables rondes, des symposiums avec sa présence n’ont pas été organisés, il n’a pas reçu de distinctions et même pas de bouquets de fleurs. En échange, Bukovski a accepté de donner des interviews pour quelques institutions médiatiques de Moldova. Même si je connaissais très peu l’itinéraire dramatique de cette personnalité du mouvement de résistance anti-soviétique, j’ai été flattée à savoir que je représenterais le journal «Jurnal de Chişinău» à une de ces entrevues. Dès que Bukovski commença à parler, j’ai compris qu’il était un homme fort, qui connaissait le mécanisme de la manipulation politique, qui souhaitait démasquer les mensonges de l’histoire. Le début de la conversation s’est concentré sur la situation actuelle de République de Moldavie et sur ce qu’il ressentait en se trouvant dans un pays communiste. Voici sa réponse: «Le passé a laissé des traces trop profondes dans les pays ex-soviétiques. Les régimes communistes déforment la société, la transforme, en provoquant des changements presque irréparables. Au moins 10 pour cent de la population d’un pays mourait si les communistes passaient par là pour élargir leurs territoires. Les meilleurs représentants de toutes les couches sociales étaient détruits. C’était un véritable génocide. Dans l’Union Soviétique, trois générations ont été éduquées et modelées selon les règles du système. Maintenant, ces gens ne peuvent plus travailler, ils ne comprennent pas la responsabilité. C’est un processus tellement compliqué, quelques autres générations devront s’ensuivre pour qu’on échappe à la mentalité communiste.» J’ai remarqué le vaste volume d’information concernant les

Vladimir Bukovski
Photo: www.cato.org

Au moins 10 pour cent de la population d’un pays mourait si les communistes passaient par là pour élargir leurs territoires.

événements politiques de l’espace excommuniste que possède Bukovski. Même s’il habite en Grande Bretagne, il suit très attentivement tout ce qui se passe en Russie et semble inquiété par l’état de la démocratie là-bas. Quand il parle du gouvernement russe, Bukovski dit «eux», il sépare ainsi le peuple russe et les hommes politiques qui le dirigent: « Les choses sont beaucoup plus compliquées en Russie, où la nomenclature a ressuscité, le KGB est arrivé au pouvoir et essaye de rétablir le vieux système. Les représailles sont revenues, la liberté de la presse est attaquée: censure, violence. On promeut le chauvinisme et ça c’est très dangereux dans un pays où cohabitent les représentants de 140 nations. La xénophobie contribue encore au déclin, à la dégradation de la société. Même si une certaine stabilité économique existe, elle est relative. Maintenant ils veulent construire une armée, ils achètent des porte-avions, de l’équipement qui coûte des milliards de dollars. Pourquoi? Pour étaler leur pouvoir? C’est un jeu: «Nous sommes forts, tout le monde a peur de nous.» En parlant du conflit armé en Géorgie, Bukovski est sûr qu’il s’agit d’un défi russe et que l’armée géorgienne n’aurait pas dû tomber dans ce piège. «Mon opinion est que les Géorgiens n’ont pas dû entrer dans ces territoires. Bien sûr, ça aurait apporté des pertes humanitaires, des tragédies, mais ils n’auraient pas dû créer aucun prétexte pour que l’armée russe entre en Géorgie.» Il paraît que la sûreté avec laquelle parle Vladimir Bukovski de l’état actuel de la Russie et des intentions de ce pays ne peut pas être combattue, prenant en compte le fait qu’il utilise le plus précieux argument: l’histoire. En 1991, il a fait partie d’un conseil d’experts auprès de la Cour Constitutionnelle de la Russie. Il a eu accès aux documents des

archives secrètes du Comité Central, de la présidence et même du bureau politique soviétique. En profitant d’une imperfection du règlement d’usage de ces papiers qui interdisait leur multiplication, Bukovski les a scannés. A partir de cette époque là, il déchiffre les documents, en les rendant publiques par l’intermèdiaire de l’Internet (adresse électronique: http://www.bukovskyarchives.net/). Parmi les centaines de décisions, directives et ordres qu’il détient, nous pouvons trouver des informations sur la République de Moldavie: «Il existe, par exemple, un document où Brejnev, dans la fonction de premier secrétaire de la RSS Moldave après la guerre, écrit une note informative sur la nécessité des représsailles en Moldavie, le nombre de familles qui doivent être déportées, particulièrement des membres des cultes religieux. Cette demande a été accomplie.» J’aurais voulu apprendre plus sur Vladimir Bukovski, mais la demi-heure réservée pour notre conversation a été trop courte. Je n’ai pas réussi à demander s’il avait connu des Moldaves dans le Gulag, s’il est jamais revenu dans les camps de concentration où il avait été emprisonné, si la récupération de l’histoire est devenue une obsession pour lui. Je n’ai pas demandé s’il a réussi à refaire sa vie après avoir été dans plusieurs hospices d’aliénés seulement pour avoir essayé de manifester librement sa position anticommuniste dans une Moscou terrorisée. J’ai réussi, par contre, à apprendre qu’il ne regrette pas l’expérience vécue en Sibérie: «Le savoir de survivre dans des situations où ta liberté est supprimée t’aide à te connaître toi-même comme un instrument, à comprendre combien d’humiliations tu peux supporter. Mais sans te comprendre toi-même, tu ne pourras pas comprendre les autres.» Vladimir Bukovski m’a expliqué qu’il est impossible de comprendre ce qui se passe aujourd’hui sans connaître le passé. Il ne s’agit pas d’une obligation, mais d’une nécessité, dit-il. À un moment donné, nous comprendrons que nous ne pouvons pas aller plus loin sans faire lumière sur l’histoire. Enfin, je pense que la plus précieuse chose que m’a laissée Bukovski n’a pas été une réponse, mais une question: « Je suis née en 1985, en RSSM. Qui sont ceux qui ont vécu en Moldavie avant moi? Comment l’histoire a-t-elle joué avec eux?» Constanţa POPA

Courrier de Moldavie

novembre - décembre 008

page 

Sur les 6000 langues parlées sur la planète, près de la moitié ne survivront pas à ce siècle. D’après certains spécialistes, chaque mois une langue cesse d’être utilisée. Beaucoup de langues se trouvent sur la liste de celles qui peuvent disparaître parce que très peu ou très mal utilisées. Il dépend des peuples et de leur volonté de garder et de développer une langue ou de la laisser à l’abandon. La Suisse est un pays vraiment très étonnant. Au centre géographique de l’Union Européenne, elle n’en fait pas partie, alors qu’elle est l’exemple même d’un pays doté de traditions démocratiques qui permettent au peuple de participer directement à la prise de décisions. Les Suisses sont parmi les rares sinon les seuls à avoir voté leur adhésion à l’ONU. Chaque citoyen a ainsi pu s’exprimer sur le sujet après avoir débattu pendant des mois et des mois. Trois grandes communautés – francophone, germanophone et italophone – se partagent l’influence dans les décisions politiques et quatre langues sont sur la liste des langues nationales: le français, l’italien, l’allemand et le rhaetoromanche. Pour couronner le tout il ne faut pas oublier les trois capitales: Berne, la capitale administrative de la Suisse, Genève, qui en est la

Les derniers des Mohicans
capitale internationale et Zurich, la capitale financière. Tous ces détails sont importants pour mieux situer l’existence d’une des quatre langues nationales de la Confédération, le romanche. Dans les montagnes de la région des Grisons, connus plus pour la beauté exceptionnelle de sa nature et pour ses stations des sports d’hiver les plus élégantes du monde, vit la communauté romanche de Suisse. Moins de 60.000 Romanches parlent quotidiennement cinq dialectes qui font partie de cette langue d’origine latine. Le romanche est devenu langue nationale en 1938 et depuis quelques années il existe aussi une langue écrite, appelée à créer les standards écrits du romanche. Il s’agit d’un espoir pour la minorité de sauvegarder sa langue, mais aussi sa culture. Mis à part la langue écrite, les Romanches de toute la Suisse peuvent regarder leur propre télévision romanche, écouter leur radio en romanche et lire leurs journaux dans cette même langue. Pour les enfants, un enseignement bilingue romanche/allemand est assuré. Il y a aussi la musique, la littérature et le rap qui sont des gardiens de cette langue. En dépit de toutes ces mesures, le pessimisme demeure. Il est vrai que dans les restaurants de la région

le menu est toujours en allemand et très peu d’informations publiques dans les villes sont visibles en romanche. Il arrive souvent que deux Romanches se parlent en allemand ou en français… La rencontre avec le romanche constitue une expérience plus qu’historique: sublime, originale et très instructive. La passion avec laquelle les autochtones parlent de leur langue et de leur culture nous donne envie de croire et d’espérer que cette langue, comme d’autres dans la même situation, ne disparaîtra pas. La culture romanche doit s’imposer et la Suisse, à travers la survie de cette culture, doit continuer à donner l’exemple d’une société multiculturelle, tolérante et riche. Il n’y a pas beaucoup de domaines dans lesquels la Moldavie et la Suisse se ressemblent. Le seul qui nous rapproche vraiment est celui des minorités. Si la Suisse est fière de sa minorité romanche, que personne ne connaît en dehors de ses frontières, nous pouvons toujours et partout étonner avec nos Gagaouzes, encore moins connus que les Romanches. Dans le canton de Grisons, Margareta DONOS

Les années 2007 et 2008 sont des porteuses de bonnes nouvelles pour la Suisse. Après les terrasses viticoles de la région du Lavaux, voici que «les chemins de fer rhétiques de l’Albula et de la Bernina » ont aussi été inclus sur la Liste du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Avec 19 autres sites dans des pays tels que l’Allemagne, Cuba, Israël, la France, l’Italie ou la Croatie, la Suisse a réussi cet exploit deux années de suite. Cette année, le couvent de SaintGall, le couvent bénédictin SaintJean à Musther et la vieille ville de Berne font partie de la liste. Il y a huit ans les trois châteaux et les remparts de Bellinzone, structures défensives du Moyen Age, ont reçu le label patrimoine mondial, suivis par les sommets alpins suisses de la Jungfrau et d’Aletsch, source exceptionnelle d’enseignements sur la formation des glaciers. En 2003, le Monte San Giorgio et en 2007 le Lavaux, vignoble en terrasses, ont rejoint la liste. Avec les chemins de fer rhétiques qui serpentent dans les paysages de l’Albula et de la Bernina, la Suisse enregistre une nouvelle victoire dans sa lutte pour la protection de biens culturels et du paysage.

Du nouveau au Patrimoine mondial de l’Unesco
Il s’agit bien en l’occurrence de la combinaison harmonieuse d’un «chemin de fer» et de «paysages». Cette ligne de montagne longue de 128 km témoigne du génie et du savoir faire des pionniers du rail, dans un environnement inhabituel où le paysage a été préservé. Cette construction est une pure œuvre d’art, une merveille de l’harmonie entre le génie humain et le respect de la nature. C’est la plus haute voie ferroviaire des Alpes, qui relie le nord et le sud de l’Europe d’une manière féerique. La ligne complète a été construite entre 1889 et 1914. Elle serpente dans les montagnes sur une longueur de 385 km, avec 114 tunnels et 584 ponts et viaducs. Le point le plus élevé se situe à 2253 mètres d’altitude. Chaque année, huit millions de touristes font le voyage pour emprunter au moins une partie de cette ligne ferroviaire, dont 43% de Suisses, suivis par 26% d’Allemands, 5% d’Anglais, 4% d’Italiens et d’autres. Les propriétaires de la ligne sont à 51 % Canton des Grisons, à 43% la Confédération suisse et à 6% le secteur privé. Le meilleur hommage au travail titanesque des pionniers du chemin de fer a été rendu par l’écrivain suisse Iso Camartin qui écrivait:

«Celui qui fait le voyage avec le Chemin de fer rhétique, à travers la vallée de l’Albula pour rejoindre l’Engadine, puis passe par le col de la Bernina, pourrait facilement s’imaginer combien ce magnifique paysage naturel aurait été imparfait et pénalisé sans l’intelligence des ces hommes qui décidèrent un jour de faire passer une ligne de chemin de fer par ces pentes pour que la région n’en soit que plus belle en devenant parfaite».

Text et photo: Margareta STROOT

Bilan de notre activité en 2008
L’année qui vient de finir n’a pas été la plus aisée pour les membres de la section moldave de l’Union de la Presse Francophone (UPF) et pour le comité de rédaction de la publication «Courrier de Moldavie», le bulletin de notre organisation. A cause d’un budget modique et d’une certaine réticence de la plupart des institutions francophones de la République de Moldavie, l’UPF moldave n’a réussi qu’à faire survivre les activités qu’elle organise traditionnellement, en ajournant les projets et les nouvelles initiatives (la création du site internet, par exemple) pour des temps plus bienveillants. Le manque de ressources financières peut aussi justifier le fait que notre section n’a pas pu déléguer aucun représentant aux Assises de la Presse Francophone du Canada (16-18 octobre 2008). Quand même, l’audace et l’enthousiasme des membres du comité exécutif de l’UPF moldave nous a aidé à éviter la résignation et à nous mobiliser pour consolider les deux directions prioritaires de notre section, c’est-à-dire le concours pour les jeunes francophones de Moldavie, «Le Coing d’Or» et le bulletin «Courrier de Moldavie». Le concours «Le Coing d’Or» est organisé par la Section moldave de l’Union de la Presse Francophone et son bulletin «Courrier de Moldavie» et par l’Alliance Française de Moldavie en partenariat avec le Centre Indépendant du Journalisme et la Faculté du Journalisme et des Sciences de la Communication de l’Université d’Etat de Moldavie. Il s’agit d’une compétition avec deux compartiments : la section Essai journalistique et la section Photojournalisme, réservés aux lycéens et aux étudiants âgés de 16 à 25. En 2008, nous avons préparé la troisième édition du concours, en proposant un thème général d’une grande importance aujourd’hui: «Le changement de l’environnement – notre changement». Le sujet et le règlement du concours ont été annoncés au lancement du «Coing d’Or», le 20 mars 2008, dans la salle de lecture de la Bibliothèque municipale de Chişinău, «Bogdan Petriceicu Hasdeu». L’appel de participation et le dépôt des travaux se sont déroulés pendant trois mois et le 12 juillet 2008 la présentation des 10 essais finalistes devant le jury a eu lieu au siège de la Faculté de Journalisme. Dans leurs discours, certains participants ont expliqué ce que signifie le style écologiste de vie, ont raconté comment COURRIER DE MOLDAVIE Éditeur: Section moldave de l’UPF (Union Internationale de la Presse Francophone) Université d’État de Moldavie, 60, rue Al. Mateevici, Chişinău, MD 2009,

page 

novembre - décembre 008

Courrier de Moldavie

ils protègent l’environnement. D’autres ont apporté des témoignages écrits ou visuels (des images) sur les intrusions nocives des hommes dans la nature. La gagnante du premier prix à la section Essai, Natalia Severin, qui a suivi les cours de l’Ecole d’Etudes Avancés en Journalisme de Chişinău, a présenté une investigation journalistique sur l’état de l’environnement dans la localité Bubuieci, située près de la station d’épuration de Chişinău. Irina Paladi, étudiante à l’Académie d’Etudes Economiques de Moldavie et Marcela Cucereanu, élève, ont obtenu le deuxième prix. La troisième position a été partagée par Daniela Dermengi, Inga Burlacu et Alina Scrob. Les gagnants désignés à la Section Photojournalisme sont Natalia Mogâldea (premier prix) et Ludmila Corlăteanu (deuxième prix). L’appui de l’Alliance Française de Moldavie a joué un rôle déterminant pour le bon déroulement du concours «Le Coing d’Or». Sans le soutien matériel et la réceptivité de cette organisation, la compétition n’aurait pas, peut-être, même eu lieu. «Courrier de Moldavie» fait des progrès au niveau de la distribution En 2008, cinq numéros du «Courrier de Moldavie» ont paru, y compris une édition spéciale qui contient les travaux des finalistes du concours «Le Coing d’or». A cause des difficultés financières de la section, nous n’avons pas eu la possibilité de paraître chaque deux mois, comme prévu. Pour réduire les dommages, nous avons décidé d’être plus actifs au niveau de la distribution. Ainsi, au début du mois de mai, à l’occasion des Journées de la Liberté de la Presse, le «Courrier de Moldavie» a été présenté aux lecteurs de la région du nord du pays, dans les districts Drochia, Edineţ et Briceni. A l’occasion des Journées de la Francophonie, la section moldave de l’UPF a organisé le lancement d’une étude linguistique française («Le prédicat événementiel dans la langue française»), signée par la chercheuse Viorica Moloşniuc. En 2008, sept nouveaux membres ont été admis dans la Section. En 2009, nous devrons, peut-être, réfléchir et élaborer des stratégies pour garder nos collègues près de nous et pour attirer de nouveaux amis de la presse francophone. Le Comité executif de la Section

Défense du français

Bulletin edité par la Section Suisse de l’Union de la Presse Francophone

«Born again» De l’anglais “to be born” «naître», “to be born again” «renaître». Aux Etats-Unis, l’association pentecôtiste des Born Again Christians est forte d’environ quatre-vingts millions d’adhérents. Elle s’inspire des Evangiles: «Il faut que vous naissiez de nouveau» (Jean 3:7) et s’adresse aux «pécheurs» repentis et convertis (nés de nouveau). Elle exerce une influence considérable sur la vie religieuse et politique américaine, et plusieurs présidents des Etats-Unis se sont déclarés publiquement “born again”. En français: régénéré «qui a reçu une nouvelle vie spirituelle, une nouvelle naissance par le baptême». «Calvin soutenait qu’un fidèle régénéré ne pouvait perdre la grâce» (Bossuet). «Buzz» «Le buzz est tel autour de la championne que tout le monde s’en étonne.» Anglicisme signifiant «bourdonnement, vrombissement, brou-haha». Ce mot désigne une technique consistant à faire parler d’un nouveau produit ou d’une nouvelle offre commerciale. Utilisé en toute circonstance au sujet non plus seulement d’un produit, d’une marchandise, mais aussi d’une personne, d’un projet, d’une réalisation dont il faut absolument et abondamment parler. Un homme politique français a souhaité récemment «faire buzzer des réformes». On ose espérer que ce ministre n’appliquera pas ses «réformes» à la langue française. En français: publicité, réclame, propagande, bruit, rumeur, brou-haha, battage, tapage, etc. «Crop circle» Sujet abondamment débattu et commenté dans la presse romande, les “crop circles” (de l’anglais “crop” «récolte, culture») ont permis à la langue française de s’enrichir en récoltant un anglicisme supplémentaire. Il s’agit d’un cercle tracé dans les moissons. Le Robert & Collins (2006) traduit «cercle dans les blés». Comme quoi les crop circles s’avèrent aussi néfastes à la culture linguistique qu’aux cultures céréalières. Un germanisme: M. le conseiller Untel… On use et abuse dans la presse et la radio romandes de cette fausse politesse qui consiste à faire précéder un titre de «Monsieur le…», à l’allemande: Monsieur le conseiller fédéral Untel; Monsieur le conseiller national Untel; Monsieur le professeur Untel; Monsieur le pasteur Untel. Il y a deux formules correctes en français: Monsieur X, conseiller d’Etat; ou: le conseiller d’Etat X. On doit dire, de même: culte du pasteur X; exposé du professeur Z. L’anglicisme du jour Il n’y a pas de raison de dire: le standard de vie, quand on peut dire en français: le niveau de vie. (Défense du français, 2008)

République de Moldavie. Tél: 373 22 57 76 02 373 22 72 72 60 Télécopie: 373 22 22 65 81 373 22 57 76 00 s_grossu@yahoo.fr; upf_courrier@yahoo.com

Comité de rédaction: Silvia GROSSU, Cezaria VASILACHE, Constanţa POPA, Margareta STROOT, Aneta GONŢA Design et mise en page: Ion GROSU

Le bulletin est diffusé gratuitement aux étudiants de l’Université d’État et dans plusieurs bibliotheques et lycées de Moldavie.