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Jean-François Bègue - Mare à boue, au dernier plan, le Piton des Neiges.

© Parc national de La Réunion - Hervé Douris, Isabelle de Lavergne, Jean-François Bègue

L’essentiel de la charte du parc national de La Réunion
Les Pitons, cirques et remparts au centre d’un projet de territoire
Projet arrêté par le conseil d’administration le 21 juin 2012

Sommaire

L’essentiel de la charte du parc national de La Réunion
Une étape essentielle pour le parc national de La Réunion ....................................................................................... page 3 Un parc national pour un territoire d’exception................. page 5 Le caractère du parc national............................................ page 7 Un projet de territoire équilibré....................................... page 11 Le territoire du parc national : état des lieux................... page 13 La carte des vocations.................................................... page 18
L’essentiel de la charte du Parc national de La Réunion Directrice de la publication : Marylène Hoarau Rédaction : Jean-François Bénard, Emmanuel Braun, Christine Duchemann, Ingrid Fontaine, Shandra Gombert, Isabelle Maillot. Conception : Isabelle de Lavergne, Bernard Grollier Mise en page : Sara Cerneaux Tirage : 10 000 ex. Impression Graphica Dépôt légal : 5466 - Novembre 2012

Un territoire, quatre enjeux majeurs................................ page 20 Une réglementation au service des objectifs.................... page 28 Faire vivre le projet de territoire...................................... page 30 Pour en savoir plus......................................................... page 32

L’essentiel de la charte du parc national - Les Pitons, cirques et remparts au centre d’un projet de territoire
Projet arrêté par le conseil d’administration le 21 juin 2012

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Crédit photo : © Parc national de La Réunion Hervé Douris (pages 6, 7, 8, 9, 10, 16) Jean-François Bénard (pages 5, 15, 27, 28, 29) Jean-François Bègue (pages 2, 8, 17,23) Stéphan Szymandera (pages 8, 26) Serge Billard (page 9) Lucien Tronc (pages 13, 14) Jean-Cyrille Notter (page 15) Club alpanonais (page 16) Meigneux/Cœur de nature/SIPA (page 19) Roger Lavergne (page 24) Sara Cerneaux (pages 15, 21, 22, 23, 24) Christelle Nicolas (page 29)

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Petit tamarin des hauts en fleur (Sophora denudata), Plaine des cafres.

Edito

Une étape essentielle pour le parc national de La Réunion
Un parc national, c’est à la fois un territoire, des hommes et un projet. La charte se situe à la croisée des ces trois composantes. Elle porte en effet un projet de territoire qui réunit les acteurs en place autour d’objectifs et d’orientations partagées, qui se concrétiseront par des actions et des mesures concertées. Pour l’île de La Réunion, cette démarche prolonge de nombreux efforts engagés depuis près de trois décennies en faveur d’un développement durable qui replace le patrimoine au cœur des enjeux de société. Il s’agit de la première charte écrite pour une durée de 10 ans. Elle porte une vraie ambition pour le territoire des Hauts, afin qu’ils contribuent réellement aux équilibres fragiles dans une île aux dimensions restreintes, mais exceptionnelle à divers points de vue. Exceptionnel par la majesté et la variété de ses paysages, exceptionnel par la richesse de sa biodiversité, ce territoire est un élément majeur de l’histoire et de la société réunionnaises. Le caractère du parc national, tel que développé dans la charte, constitue un socle de l’identité et de l’âme de La Réunion. L’île entière doit en tirer parti et rechercher le meilleur équilibre entre les usages et les activités humaines, d’une part, et la conservation du patrimoine, d’autre part.
La charte est aussi attendue par l’UNESCO comme le plan de gestion du Bien « Pitons, Cirques et remparts », inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 2010.

Elle ne peut être détaillée pour tous les sites d’un territoire présentant des visages très diversifiés. Elle affiche des grandes lignes qui seront ensuite déclinées à l’échelle plus locale par des conventions ou des contrats de partenariat. Elle précise également les modalités d’application de la réglementation existante en cœur de parc. Si les communes sont les premières concernées par la charte, les autres collectivités, l’Etat, mais aussi le monde professionnel, les associations, seront aussi des acteurs incontournables pour sa mise en œuvre. La charte n’est donc pas le projet du seul établissement Parc national, elle vous concerne tous, elle vous invite à devenir acteur du territoire des « Pitons cirques et remparts », solidaire des zones qui les entourent... Daniel Gonthier, Président du conseil d’administration du Parc national de La Réunion
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Parc national de La Réunion et Bien classé au Patrimoine Mondial

Cœur et Bien Bien hors cœur Aire d’adhésion Zone tampon et aire d’adhésion Limite de commune

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Sources : BDTopo © IGN 2009 et Parc national de La Réunion Réalisation : Parc national de La Réunion, octobre 2012 Fond cartographie : Estompage BDAlti © IGN

Un plan de gestion pour l’U
Les étapes de la création jusqu’en 2007

Un parc national pour un territoire d’exception
Créé en 2007, le parc national de La Réunion est né d’une prise de conscience : l’exceptionnelle nature de l’intérieur de l’île exige d’être protégée, pour offrir aux Réunionnais un cœur vert préservé et laisser aux générations futures un patrimoine unique, des ressources uniques et des ressources naturelles de qualité.

L

e 5 mars 2007 est la date de naissance officielle du parc national de La Réunion, neuvième parc national français. Pourquoi cette création ? Elle est l’aboutissement d’une volonté réunionnaise et d’une prise de conscience progressive. Les Hauts sont longtemps restés un horizon lointain, colonisés sur le tard et en dernier recours par des agriculteurs modestes ne trouvant plus de terres disponibles sur le littoral. Dans les années 1970, alors que le chômage augmente dans les agglomérations de la côte, les pouvoirs publics cherchent à freiner l’exode rural en créant les infrastructures qui manquaient dans les Hauts (route, réseaux d’eau et d’électricité). Au même moment, le botaniste Thérésien Cadet est le premier à révéler l’extraordinaire biodiversité de La Réunion, notamment dans ses zones d’altitude

encore préservées. Les premières zones protégées sont créées. La réflexion sur l’aménagement équilibré du territoire, qui se concrétise en 1995 avec l’adoption du premier Schéma d’Aménagement Régional, souligne la nécessité de préserver le cœur vert de l’île, mais aussi l’héritage culturel des Hauts. Une identité créole particulière s’y est en effet forgée, dès le début de leur peuplement et dans un rapport très étroit entre les hommes et la nature. En 2000, les collectivités demandent à l’Etat de créer un parc national, qui sera l’outil de cette protection. Une mission de création est mise en place et termine son travail préparatoire en 2007, au terme d’une large concertation, avec la naissance de l’établissement public du parc national de La Réunion.

Pitons, cirques et remparts : les raisons de l’inscription au Patrimoine mondial
L’inscription des «  Pitons, cirques et remparts  » au Patrimoine mondial, en 2010, a apporté une consécration internationale au jeune parc national de La Réunion. Le Bien reconnu par l’Unesco coïncide avec le cœur du parc, enrichi de quatre sites de grand intérêt (la Grande-Chaloupe, le Piton d’Anchain, le Piton de Sucre et la Chapelle dans le cirque de Cilaos, la forêt de Mare-Longue). La décision de l’Unesco a été prise sur la base de deux critères, les paysages et la biodiversité.

Critère (vii) : L’association du volcanisme, des glissements de terrain d’origine tectonique, et de l’érosion par les fortes pluies et les cours d’eau a donné un paysage accidenté et spectaculaire d’une beauté saisissante, dominé par deux volcans, le Piton des Neiges qui est endormi et le Piton de la Fournaise qui est extrêmement actif. Parmi les autres caractéristiques principales du paysage, il y a les « remparts » – des murailles rocheuses escarpées d’âge et de nature géologiques variables - et les «  cirques  » que l’on peut décrire comme des amphithéâtres naturels massifs dont la hauteur et la verticalité sont vertigineuses. On trouve, dans le bien, des gorges profondes, partiellement boisées et des escarpements, avec des forêts ombrophiles subtropicales, des forêts de brouillard et des landes, le tout formant une mosaïque d’écosystèmes et de caractéristiques paysagères remarquables et très esthétiques. Critère (x) : Le bien est un centre mondial de diversité des plantes avec un degré d’endémisme élevé. Il contient les derniers habitats naturels les plus importants pour la conservation de la biodiversité terrestre des Mascareignes, y compris une gamme de types forestiers rares. Compte tenu des impacts importants et partiellement irréversibles de l’homme sur l’environnement dans l’archipel des Mascareignes, le bien est le dernier refuge pour la survie d’un grand nombre d’espèces endémiques, menacées et en danger.

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Les étapes de la création jusqu’en 2007

Le cœur, un territoire unique au monde
Le cœur du parc national de La Réunion s’étend sur 105 400 hectares (42% de la superficie de l’île). Il couvre l’essentiel de l’intérieur montagneux, dont le cirque habité de Mafate  et constitue un territoire unique au monde. Ses paysages extraordinairement variés englobent la partie centrale des deux massifs volcaniques de l’île : celui du Piton des Neiges, le plus ancien, et le

massif du Piton de la Fournaise, dont le volcan est un des plus actifs et des plus grandioses de la planète. Autour du Piton des Neiges, trois amphithéâtres naturels confèrent au cœur de La Réunion une identité géographique très originale : les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie. Les hauteurs de l’île abritent également une biodiversité remarquable, marquée par un fort taux d’endémisme, dans des milieux forestiers comme peu d’îles tropicales ont su les conserver.

Secteur de la Petite Plaine à la Paine-des-Palmistes.

L’aire d’adhésion : pour un développement équilibré des Hauts
Le parc national de La Réunion comporte également une aire d’adhésion de 87 800 hectares, qui épouse les limites administratives des Hauts, élargies aux principales ravines. Ce périmètre correspond aux

Vue sur le cirque de Mafate depuis le point de vue du Maïdo.

zones habitées et cultivées de mialtitude, l’espace intermédiaire entre l’urbanisation littorale et le cœur naturel et montagneux de l’île. La réglementation répondant aux objectifs de protection du cœur du parc ne s’y applique pas. Il est en revanche proposé d’orienter les évolutions de ces territoires, aux paysages façonnés par l’homme, vers un développement équilibré, compatible à la fois avec la gestion du cœur et les besoins et attentes des populations des Hauts.

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Nature, paysage, identité

Le caractère du parc national
Le territoire de chaque parc national français a un caractère original, qui justifie sa protection et sa mise en valeur. Le caractère du parc national de La Réunion est lié à sa nature volcanique et à la biodiversité née de l’insularité, mais aussi à la place particulière des Hauts dans l’histoire et l’identité de l’île.

« On a vraiment l’impression que là - et nulle part ailleurs - la nature a dû se recueillir pour signifier sur un étroit espace sa majesté et sa variété. »
L’île de La Réunion - Barquisseau, Foucque - Jacob de Cordemoy, 1925

La Réunion est une Montagne-bouclier posée sur le plancher océanique, où deux massifs volcaniques accolés sont visibles  : l’un célèbre par ses trois cirques, amphithéâtres naturels à la hauteur et la verticalité vertigineuses, disposés en as de trèfle autour du Piton des Neiges, parsemés d’îlets, l’autre hébergeant l’un des volcans les plus actifs du monde.

Vue aérienne, Piton des Neiges, cirque de Cilaos, Piton de la Fournaise.

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Nature, paysage, identité

Mysotis de Bourbon (Cynoglossum borbonicum), sur le sentier de Foc-foc, massif de la Fournaise.

Une vingtaine d’habitats constitue une mosaïque exceptionnelle d’écosystèmes uniques au monde et peu perturbés, notamment forestiers. Avec le plus haut sommet du sud ouest de l’océan Indien, le cœur du parc national abrite les seuls écosystèmes de montagne des Mascareignes, derniers étages d’un gradient de végétation continu depuis le littoral.

Cirque de Cilaos depuis l’aval, les Makes, le Dimitile.

paysages naturels grandioses, façonnés par une
Des activité volcanique et par des processus érosifs vigoureux. Les deux massifs sont compartimentés par des remparts, murailles rocheuses escarpées d’âge et de nature géologique variables, qui composent des paysages remarquables.

Une nette différence de pluviométrie entre le versant est exposé aux vents et le versant ouest « sous le vent », combinée à l’étagement altitudinal et à la topographie, engendre une grande

variété de climats et de microclimats. Dans la forêt humide, une
strate épiphyte dense installée sur les troncs tortueux regorge de mousses encore sans nom... Dans la Plaine des Sables, c’est au contraire un paysage à dominante minérale où l’histoire de la colonisation par le vivant se dévoile.
En forêt, sentier botanique de Mare Longue, Saint-Philippe.

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Forêt d’altitude.

Nature, paysage, identité

Le Trou de Fer, Salazie.

Vue aérienne du Serré de Grand Coude, Saint-Joseph.

Fleur de mahot (Dombeya umbellata).

Dans ce carrefour de biodiversité, la nécessaire adaptation des espèces à des substrats d’âge et de composition différents, et à des topo-climats diversifiés, a engendré des taux d’endémisme records dans le règne végétal et animal. Dans ce laboratoire vivant, l’évolution se poursuit. Une forte proportion d’espèces indigènes présente une hétérophyllie marquée qui ajoute encore de la diversité aux formes et couleurs de la nature. Le cœur du parc est le dernier refuge pour un grand nombre d’espèces, menacées et en danger.

réseau hydrologique Le apparent laisse deviner la complexité de l’hydrogéologie réunionnaise et des interactions entre les structures géologiques du sous-sol, les eaux souterraines et les eaux de surface. Le cœur de l’île est un château d’eau qui alimente les Bas. Les gorges profondes, les torrents, bassins et cascades enrichissent une palette paysagère diversifiée et attractive.

A la singularité des reliefs de l’intérieur de l’île, s’oppose la régularité des pentes extérieures. Sur les planèzes, les champs de canne à sucre constituent les plus vastes cônes visuels encore épargnés par l’extension urbaine, « du battant des lames » jusqu’à plus de 800 mètres d’altitude. Les ravines, qui délimitent et entaillent ces planèzes et rythment les paysages, constituent les derniers liens continus entre mer et sommets, couloirs que les oiseaux empruntent préférentiellement.
Pétrel de Barau (Pterodroma baraui).

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Nature, paysage, identité
Héliportage à Grand-Place, cirque de Mafate.

Le Bonnet de Prêtre et l’ilet de Bras-sec vus depuis le Piton des Neiges.

Dans les bourgs des Hauts, plantations vivrières et jardins créoles colorés expriment à la fois un lien à la terre vivace et un riche métissage culturel. Le difficile accès à des « bouts du monde » préservés, la fraîcheur et la quiétude ambiantes s’allient pour offrir une alternative à la vie et à l’activité trépidantes des Bas.

Les îlets du cirque de Mafate, ainsi que l’îlet des Salazes (cirque de Cilaos) se distinguent par leur enclavement extrême, qui leur a valu d’être intégrés au cœur du parc national. La découverte par voie aérienne ou pédestre permet de percevoir toute l’originalité de leur organisation spatiale et d’une architecture à michemin entre traditions et modernité.

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Qu’est ce que la charte ?

Un projet de territoire équilibré
Après la mise en place de l’établissement du parc national de La Réunion, en 2007, a commencé l’élaboration de la charte. Ce document, porte un projet ambitieux pour le territoire des Hauts. La charte définit les objectifs de protection pour le cœur et les orientations de développement durable pour l’aire d’adhésion.

L

a charte du parc national de La Réunion définit un projet de territoire concerté pour le cœur du parc et son aire d’adhésion, pour les dix ans à venir. Ce projet est fondé sur la recherche d’un juste équilibre entre la nécessaire préservation des espaces remarquables et le développement des activités humaines au sein du parc national. Au-delà de la protection active des patrimoines du cœur, son ambition est de fédérer l’ensemble des acteurs locaux autour d’objectifs et d’orientations partagés pour les Hauts, alliant valorisation des espaces naturels et développement durable.

Créole y dit  : «  un main y lav’ lot  ». Le cœur du parc national et son aire optimale d’adhésion sont les deux mains qui ont besoin l’une de l’autre pour vivre en harmonie. Si les enjeux sont communs, ils s’y déclinent différemment. La charte est compatible avec le schéma d’aménagement régional (SAR) qu’elle vient préciser dans le cœur. Pour l’aire d’adhésion, elle n’introduit pas de réglementation nouvelle. Elle offre en revanche l’opportunité d’une mise en œuvre conventionnée des actions  : l’aire d’adhésion deviendra ainsi un territoire de partenariat.

Pour le cœur, la charte a une portée réglementaire. Elle définit des objectifs de protection des patrimoines, opposables aux documents de planification. Elle précise également les modalités d’application de la réglementation des usages et des activités, fixée par le décret de création du Parc en 2007. L’ambition de la charte est de donner une cohérence globale aux politiques locales de protection, d’aménagement et de développement durable. Le projet de charte a été approuvé le 21  juin 2012 par le conseil d’administration. Après avis des institutions consultées, puis au

terme d’une enquête publique, le texte de la charte est transmis aux instances nationales, pour validation par le Conseil d’Etat. Dès lors, les 24 communes auront la liberté de choisir d’adhérer à la charte : leur aire d’adhésion constituera, avec le cœur, le territoire labellisé « parc national » et pourra bénéficier de soutiens financiers dans la programmation de l’Etat, notamment dans le cadre des contrats de projets Etat-Région.

Septembre-Octobre
Consultation institutionnelle (collectivités territoriales, chambres consulaires, etc.)

Décembre-Janvier
Enquête publique

Mars

2012

Présentation du projet consolidé au conseil d’administration Transmission aux instances nationales

1er semestre

2ème semestre

2013
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Approbation après examen en Conseil d’Etat

Adhésion des communes

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Qu’est ce que la charte ?

Une mobilisation de tous les acteurs
La charte du parc national de La Réunion est le fruit de très nombreux Un plan de gestion échanges, réunions thématiques et ateliers territoriaux avec les partenaires locaux. Plus de 200 réunions ont permis de mûrir ce projet. Les acteurs du territoire ont ainsi contribué à ce que la charte prenne en compte et apporte des réponses aux particularités environnementales, culturelles et économiques locales. De même, la mise en œuvre de la charte nécessitera une implication soutenue des différents partenaires institutionnels, associatifs, économiques et sociaux autour de l’établissement public du parc national, qui en assure le pilotage et l’animation. Au sein de ce dispositif, les 24  communes de l’île jouent un rôle particulier  : elles ont toutes vocation à adhérer à la charte. Par cet acte volontaire, elles confirmeront leur engagement dans le projet commun et elles dessineront, au-delà du cœur, le périmètre du parc national.

Le rôle attendu des communes et de l’établissement public est détaillé dans la charte, pour chaque objectif dans le périmètre du cœur et chaque orientation dans l’aire d’adhésion. Pour faciliter la mise en œuvre du projet, ces rôles pourront être précisés pour l’Unesco et développés dans des conventions d’application. De même, des conventions pourront être signées avec les autres personnes de droit public, et des contrats de partenariat avec les personnes de droit privé. Plus généralement, le projet de territoire invite chaque partenaire (collectivités, État, associations, habitants, et autres acteurs locaux…) à contribuer à sa mise en œuvre en fonction de ses compétences, en s’appuyant sur des collaborations renforcées. L’établissement public du parc national aura une responsabilité particulière dans la mise en œuvre des actions. Il mobilisera son ingénierie technique et financière au service de tous les acteurs et notamment des communes. Son organisation territoriale, en quatre secteurs répartis sur l’ensemble du territoire, lui permet d’assurer une présence quotidienne de proximité.

Un plan de gestion pour l’Unesco
La charte constitue également le plan de gestion des « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion », inscrits par l’Unesco sur la Liste des biens naturels du patrimoine mondial. A ce titre, elle a pour ambition de mettre en place les conditions d’intégrité, de protection et de gestion qui garantiront à long terme la conservation et le renforcement de la valeur universelle exceptionnelle du Bien. Elle répond également aux attentes du Comité du patrimoine mondial quant au contrôle et à l’éradication des espèces exotiques envahissantes, et à la gestion des flux touristiques.

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Etat des lieux

Le territoire du parc national de la Réunion : état des lieux
La Réunion, une île française de l’hémisphère sud
Sur le plan administratif, La Réunion, région de l’Union européenne et département français, est découpée en 24 communes très étendues.

S

ituée dans l’océan Indien au niveau du 20ème parallèle sud, La Réunion constitue, avec les îles Maurice et Rodrigues, l’archipel des Mascareignes. Peuplée depuis seulement 1663, elle connaît un brassage ethnique unique. L’identité réunionnaise, qui s’exprime par une langue commune, le créole, est profondément ancrée dans une société qui se situe à la confluence d’une multitude de cultures. Avec 833 000 habitants en 2011, La Réunion est le plus peuplé des départements français d’outre-mer. Sa population est jeune (les moins de 20 ans représentent près de 40% de la population) et encore en forte croissance. Elle connaît également un taux de chômage élevé, proche de 30 %.

Des paysages grandioses
Les paysages de La Réunion sont uniques, extrêmement variés et contrastés, en constante mutation sous l’effet combiné du volcanisme et d’une érosion puissante. Ils sont l’un des éléments clefs de l’identité réunionnaise. Le cœur du parc national rassemble les paysages naturels les plus spectaculaires, structurés autour des «  Pitons, cirques et remparts  », désormais inscrits au Patrimoine mondial. Les paysages de l’aire d’adhésion sont variés, majoritairement ruraux et agricoles : ils constituent des espaces de transition entre le cœur de nature primaire et la ceinture urbaine littorale.

Un patrimoine naturel exceptionnel
La Réunion, haut lieu de l’endémisme, forme, avec Madagascar, les Comores, les Seychelles et les autres îles des Mascareignes, l’un des 34 «  points chauds  » (ou «  hot spots  ») de la biodiversité mondiale.

Les 105 000 ha du cœur naturel du Parc regroupent 94  % des habitats primaires préservés de l’île. L’aire d’adhésion abrite également des habitats et des espèces remarquables, certains n’étant présents qu’à l’état de reliques. Dans les deux cas, de nombreux domaines de connaissance restent encore à approfondir.

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Etat des lieux
Bois de piment (Geniostoma borbonicum)

La flore
1700

Les écosystèmes
La colonisation de l’île par les espèces végétales et animales, combinée à des conditions géographiques et climatiques très variées et évolutives depuis le début de la formation de La Réunion, est à l’origine d’une extraordinaire biodiversité. Cette biodiversité s’exprime dans une mosaïque d’une vingtaine d’habitats naturels contigus. Étagés en altitude, adaptés aux différents climats de l’île, ils diffèrent également entre le versant est, exposé au vent et le versant ouest, sous le vent.
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La Réunion a été progressivement colonisée par diverses espèces végétales amenées par les vents (notamment les cyclones) ou par les courants marins. Dès lors isolées, nombre de ces espèces se sont peu à peu différenciées de leurs populations d’origine pour s’adapter à la diversité des habitats naturels et des microclimats réunionnais. Ces espèces indigènes ont ainsi évolué en de nouvelles espèces, devenant endémiques. Sur 848 espèces végétales indigènes de la flore vasculaire aujourd’hui recensées, 390 sont endémiques des Mascareignes, dont 237 strictement endémiques de La Réunion. Leur origine et leur isolement les rend plus fragiles que leurs proches parentes continentales face aux espèces introduites. Actuellement, près du tiers des espèces endémiques de la flore de La Réunion est considéré comme menacé.

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Etat des lieux

La faune
Du fait de l’isolement de l’île, la faune indigène de La Réunion est relativement pauvre en vertébrés  : moins de 50 espèces, mais à l’originalité marquée. Certains groupes comme les invertébrés (dont les insectes : papillons, coléoptères...), les oiseaux, les reptiles, présentent un grand intérêt et un fort taux d’endémisme. On compte 10 taxons endémiques pour 18 espèces d’oiseaux terrestres et marins nicheurs, et 335 coléoptères endémiques sur les 900 espèces dénombrées. Les espèces aquatiques méritent également une attention particulière du fait de leur originalité.

Un patrimoine soumis à de multiples pressions
La prolifération de plantes exotiques envahissantes
L’installation de l’homme sur l’île s’est accompagnée de l’introduction, volontaire ou involontaire, de nombreuses espèces végétales et animales. Ce phénomène est aujourd’hui facilité et amplifié avec la multiplication des échanges. Certaines des espèces introduites se sont très bien

adaptées à leur nouvel environnement, au point de proliférer au détriment des espèces indigènes et de modifier la structure des écosystèmes. Si l’expansion de certaines espèces est désormais reconnue comme l’une des plus grandes menaces écologiques et économiques sur l’ensemble de la planète, elle est particulièrement aiguë sur les îles océaniques. A La Réunion, plusieurs centaines d’espèces sont ainsi devenues envahissantes (chat, rat, merle Maurice, raisin marron, liane papillon…), avec des impacts considérables sur les écosystèmes, sur les paysages, voire sur la santé des populations. Les actions de contrôle voire d’éradication de ces espèces doivent être poursuivies et amplifiées.

Des espaces très fréquentés
Le cœur du parc national est un espace ouvert au public, qui y pratique de nombreuses activités et loisirs de pleine nature. Certains sites sont déjà très fréquentés et le seront encore davantage dans le futur, du fait de la croissance démographique de l’île mais aussi des modes de vie de plus en plus urbains, qui s’accompagnent

d’une recherche accrue de naturalité. Si cette fréquentation est une source potentielle de développement économique, elle présente aussi des menaces pour les sites les plus fragiles. Il est donc essentiel de maîtriser les flux et de structurer une offre touristique respectueuse des patrimoines, du caractère du parc et des valeurs du Bien inscrit au Patrimoine mondial.

Une pression incendiaire croissante
Les risques d’incendie sont importants au sein du parc national, et notamment dans les territoires nord, ouest et sud. Cette fragilité s’explique par une combinaison de trois phénomènes  : la nature de la végétation (facilement inflammable), les conditions climatiques (sécheresse et vent) et l’accessibilité de nombreux sites. Le climat et le relief rendent ensuite la lutte souvent difficile.
52 courses de montagne ont été organisées en cœur de parc en 2012.

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Etat des lieux

« Les Hauts ne sont pas un espace de l’écrit, c’est celui de la parole et de la mémoire ».
L’art de vivre dans les Hauts, C.Barat et R.Robert, 2005

Le patrimoine culturel des Hauts, un « fonker » à transmettre
Les Hauts sont riches d’un petit patrimoine diversifié  : cases créoles intégrées à leur environnement, vestiges d’ouvrages hydrauliques, édifices religieux témoignant de la variété des cultes, anciens chemins pavés ou encore réseaux de « sentiers péï  » sillonnant la forêt. Les Hauts sont également dépositaires d’un riche patrimoine immatériel. La langue créole est intimement liée à l’identité réunionnaise  ; elle s’est enrichie au fil des siècles de mots d’origine malgache, indienne ou chinoise. La mémoire collective conserve encore de nombreux événements reflétant l’histoire ou la vie quotidienne d’autrefois, ainsi que des superstitions, des savoir-faire architecturaux, artisanaux, culinaires ou médicinaux... Solidarité, partage et convivialité sont des valeurs ancrées dans l’art de vivre de ces territoires, où l’homme a développé une relation étroite et particulière avec la nature.

Ville de Trois-Bassins, rue pentue et urbanisation derrière la mairie.

Plantation d’ananas et culture de canne à sucre à Montvert, dans les Hauts de Saint-Pierre.

Agriculture et tourisme : pivots de l’économie du territoire
Une agriculture structurante dans l’aire d’adhésion
L’agriculture est le principal pilier du développement économique des Hauts. Malgré un contexte difficile (pressions démographique et foncière, augmentation des coûts de production et concurrence extérieure, etc.) et

des évolutions structurelles, elle reste fortement implantée sur l’aire d’adhésion du parc national : plus de 25  000  ha cultivés (55% de la surface agricole utile de l’île) et 5 300 producteurs (56% des exploitations de l’île). Si la canne à sucre reste souvent le pivot, voire la seule culture de l’exploitation, elle est cependant, plus souvent que dans les Bas, complétée par d’autres productions. Les productions végétales vont du maraîchage et des cultures fruitières à l’horticulture et aux plantes à parfum ou aromatiques (vanille, géranium, épices).

Les productions animales sont diverses : bovins, porcins, caprins ou volailles. Les filières lait et viande se sont fortement développées depuis les années 1970  grâce à des politiques incitatives ; elles sont localisées quasi exclusivement sur le territoire des Hauts. Ainsi, les Hauts, par l’importance des surfaces cultivées et leur large gamme de productions, liée à la variété de conditions pédologiques et climatiques, jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement du marché local.

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L’essentiel de la charte du parc national - Les Pitons, cirques et remparts au centre d’un projet de territoire
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Etat des lieux
Canyon de Bras noir.

Une sylviculture limitée, dominée par deux essences
La production réunionnaise de bois concerne 3 500 ha de forêts, principalement dans l’aire d’adhésion. Deux essences dominent  : le Tamarin des Hauts, endémique de l’île et qui donne un excellent bois d’ébénisterie, et le Cryptomeria du Japon, essence à croissance rapide introduite à la fin du XIXème siècle puis développée de 1950 à 1990, qui assure souvent protection contre l’érosion et ombrage des aires de repos et d’accueil en forêt.

Un territoire à fort potentiel touristique et de loisirs
Le parc national est un espace majeur d’accueil et de découverte, tant pour les résidents que pour les visiteurs. Il constitue le socle de l’offre touristique et de loisirs de l’île, sur lequel se fondent son attractivité et sa renommée. Audelà des « grands sites » à la vocation touristique éminente (Volcan, Maïdo, cirque de Mafate...), l’ensemble des Hauts sont un espace privilégié pour la découverte de la nature, la pratique d’activités de loisirs diversifiées, le repos et la détente, mais aussi le traditionnel pique-nique, les échanges et les rencontres avec les résidents. Avec près de 1  000 kilomètres de sentiers ouverts, la randonnée pédestre est l’activité phare. Les Hauts concentrent également une bonne partie des itinéraires destinés à la randonnée équestre et à la pratique du vélo tout terrain (VTT), et ils bénéficient d’un fort potentiel pour d’autres loisirs de pleine nature aquatiques, aériens ou terrestres : canyoning, sports d’eauxvives, alpinisme tropical et escalade, vol libre ou encore spéléologie (pour l’exploration des tunnels de lave créés par les coulées récentes). Enfin, la chasse et la pêche sont des pratiques en bonne voie de structuration.

Les problématiques particulières du cœur habité
Le parc national de La Réunion présente la particularité d’inclure des territoires enclavés, habités par près de 800 résidents permanents  : les îlets du cirque de Mafate et l’îlet voisin des Salazes. Véritable île dans l’île, ce territoire d’exception est difficile d’accès et les actes de la vie quotidienne y font l’objet d’une organisation complexe. Depuis le marronnage, les résidents de ces îlets, par vagues successives liées à la mise en valeur agricole, façonnent des paysages anthropiques au sein d’un écrin naturel hostile mais grandiose, dans une relation particulière avec la nature. Les enjeux sur ce territoire sont nombreux : gestion des accès, de l’eau, de l’énergie, des déchets et des risques naturels, accès à l’enseignement, préservation des savoir-faire et du bâti traditionnels et développement d’une offre touristique respectueuse du caractère du territoire.

Forêt de Tamarin des Hauts (Acacia heterophylla), au pied du Gros Morne, cirque de Mafate.

Ilet des Lataniers, départ des écoliers vers l’îlet aux Orangers, cirque de Mafate.

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Un territoire, quatre enjeux majeurs

La carte des vocations
Vocations des espaces du cœur Le Brûlé
Espaces naturels à forte valeur patrimoniale Espaces agricoles et pastoraux Espaces sylvicoles Espaces du cœur habité

0 Kilomètres

10,00

Dos d’Âne

Petite-France

Piton Sainte-Rose Vocations des espaces de l’aire d’adhésion
Aires hors cœur par Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope Espaces de solidarité écologique et paysagère* Espaces agricoles Espaces sylvicoles Espaces urbains Portes du Parc national
*(espaces de continuité écologique et coupures d’urbanisation du SAR comprenant des espaces à usage agricole)

Le Tévelave Les Makes

Bourg-Murat

Grand Coude

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Sources : BDTopo © IGN 2009, cadastre, ONF, Région Réunion, CG 974, DEAL 974, Parc national de La Réunion Réalisation : Juin 2012 Parc national de La Réunion Fonds cartographqiues : Scan100 © IGN 2011 et estompage BDAlti © IGN

Enjeu 1

Enjeu 2

Enjeu 3

Enjeu 4

Préserver la diversité des paysages et accompagner leurs évolutions
Aire d’adhésion
 Améliorer

Inverser la tendance à la perte de la biodiversité

la qualité des paysages et accompagner leurs évolutions. l’appropriation des
Aire d’adhésion

Valoriser le patrimoine culturel des Hauts et assurer la transmission de ses valeurs
Aire d’adhésion
 Développer

Impulser une dynamique de développement économique pour les Hauts
 Définir

 Mieux

Aire d’adhésion

 Favoriser

connaître et conserver les espèces, les habitats et les fonctionnalités écologiques. contre les espèces envahissantes animales et végétales Favoriser l’appropriation de la biodiversité. les espèces, les habitats et les fonctionnalités écologiques. contre les espèces envahissantes animales et végétales. et partager la connaissance de la biodiversité.

paysages.
 Maîtriser

la connaissance du patrimoine culturel. du patrimoine culturel un enjeu sociétal et un atout de développement économique. l’histoire du peuplement du cœur et de son occupation.

une stratégie ambitieuse de développement et d’aménagement spécifique pour les Hauts. un aménagement harmonieux du territoire.

 Lutter

 Favoriser

 Faire

Ensemble du cœur du parc

l’impact paysager des travaux et activités. et partager une approche ambitieuse du territoire.

 Conforter

Ensemble du cœur du parc

une dynamique de développement économique et sociale porteur d’identité. Faire des Hauts un espace d’excellence pour l’accueil récréatif et touristique. une stratégie pour le cœur du parc national en tant qu’atout pour La Réunion. en oeuvre une dynamique de projet global, axée sur l’écotourisme. Maîtriser les flux touristiques et de loisirs dans le respect du caractère du parc national. les conditions de vie. et mettre en oeuvre une stratégie d’éco-territoire. une haute qualité environnementale du cœur cultivé.
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Ensemble du cœur du parc

 Construire

 Révéler

 Conserver

 Lutter

Cœur habité

 Connaître

et accompagner les évolutions du bâti du cœur habité, dans le respect des traditions et de l’esprit des lieux.

C. cultivé  C. habité Ensemble du cœur du parc

 Partager

la connaissance du patrimoine culturel et en faire un enjeu sociétal.

 Définir

 Améliorer

 Mettre

Cœur habité

Cœur cultivé 

 Maîtriser

et accompagner les évolutions des paysages liées aux activités agricoles, pastorales et sylvicoles.

 Intégrer

les enjeux de biodiversité dans l’action publique et privée.

 Améliorer

 Concevoir

 Promouvoir

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Un territoire, quatre enjeux majeurs

Un territoire, quatre enjeux majeurs
L’élaboration du projet de charte du parc national de La Réunion a permis de définir quatre enjeux majeurs, communs au territoire du cœur et de l’aire d’adhésion : préserver la diversité des paysages et accompagner leur évolution, valoriser le patrimoine culturel des Hauts et assurer la transmission de ses valeurs, inverser la tendance à la perte de la biodiversité, impulser une dynamique de développement économique pour les Hauts*.

Enjeu 1

Préserver la diversité des paysages et accompagner leur évolution
La charte propose une politique
 de préservation mais également de valorisation active du patrimoine paysager du parc national, ainsi qu’un accompagnement des projets des acteurs locaux pour permettre une véritable appropriation par la population de son cadre de vie.
Grandioses, spectaculaires, diversifiés  : les pitons, cirques et remparts du cœur montagneux de La Réunion constituent des paysages majeurs, internationalement reconnus. Ce patrimoine paysager constitue un héritage pour chaque Réunionnais, un élément dynamique de son cadre de vie, en même temps qu’un atout pour les visiteurs de l’île. Afin de le préserver et d’accompagner ses évolutions, il est nécessaire de maintenir les grands équilibres spatiaux, d’éviter la banalisation et d’en révéler les originalités. Sa mise en valeur constitue également un levier du développement local axé sur le tourisme, les activités sportives et les loisirs de pleine nature.

*La présente note de présentation propose un résumé des enjeux définis pour le territoire du Parc. Pour une présentation complète, se référer au texte intégral du projet de charte.

Protocole scientifique botanique, secteur Est.

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Un territoire, quatre enjeux majeurs

Ce que propose la charte :
Pour garantir l’intégrité d’un patrimoine paysager exceptionnel  • Atténuer l’impact des travaux et activités
Actions  : apporter un appui technique à la conception des projets pour leur meilleure intégration paysagère, élaborer des recommandations, informer, sensibiliser les maîtres d’ouvrage, développer des partenariats avec les professionnels et les pratiquants d’activités de loisirs de pleine nature.

Pour favoriser l’appropriation des paysages

• Mettre en œuvre une démarche d’interprétation
Actions  : poursuivre l’élaboration des Schémas d’interprétation et de valorisation éco-touristique (SIVE), aménager des sites pour mettre en scène le patrimoine, concevoir des animations et des médias, avec la participation de la population.

• Résorber les points noirs paysagers
Actions  : inventorier les points noirs, encourager ou piloter des opérations de nettoyage et de restauration des sites, surveiller et sensibiliser pour prévenir les atteintes.

• Développer sensibilisation et pédagogie, pour une approche partagée
Actions  : concevoir des outils pédagogiques, valoriser le patrimoine dans le cadre des grands rendez-vous nationaux, encourager l’élaboration de chartes paysagères.
Les paysages exceptionnels du parc national méritent d’être mieux connus et compris, aussi bien des visiteurs occasionnels de l’île que de la population réunionnaise, qui doit être la première garante de leur préservation et de leur valorisation. Le parc national porte ainsi l’ambition de montrer le paysage, d’expliquer sa construction et son évolution permanente, son rôle dans la biodiversité remarquable de l’île, et de mettre en avant les relations entre l’homme et cette nature grandiose. Au-delà de sa dimension pédagogique, cette ambition vise à faire prendre conscience de la portée de l’inscription du Bien sur la Liste du patrimoine mondial, des responsabilités qu’elle implique quant à la protection de ce patrimoine et du rôle que chacun peut et doit jouer en ce sens. La démarche d’interprétation et de valorisation éco-touristique sera l’outil privilégié pour la mise en découverte des territoires et la transmission des messages essentiels liés à l’inscription du Bien. De même, les interventions pédagogiques et de sensibilisation mettront en valeur les liens entre paysages, biodiversité et culture, l’aspect dynamique des paysages en lien avec les phénomènes naturels, ainsi que les menaces et enjeux qui pèsent sur les paysages et les milieux.

• Encourager les approches exemplaires
Actions : conduire des actions d’amélioration et de mise en valeur des paysages, engager ou poursuivre des démarches de labellisation.

Une partie importante du cœur a vocation à rester un espace de pleine nature.
A contrario, certains sites sont particulièrement attractifs. Les équipements destinés à gérer la fréquentation potentiellement importante qu’ils engendrent doivent être conçus et réalisés dans le respect du caractère du parc national et localisés, autant que possible, dans les zones déjà aménagées. Les aménagements nouveaux, soumis à autorisation préalable en application de la réglementation du cœur, doivent intégrer, dès leur conception, les modalités de retour du site à l’état naturel si l’aménagement doit être démonté.

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Enjeu 2

Ce que propose la charte
Pour conserver les espèces, les habitats et les fonctionnalités écologiques

Inverser la tendance à la perte de la biodiversité
La charte vise à préserver le patrimoine naturel des Hauts de La Réunion, véritable trésor de biodiversité, dans le but de le faire connaître aux générations actuelles et futures.
Bois de couleurs, forêt de tamarins, zoizo blanc, lézard vert des Hauts, merle peï... Autant de noms évocateurs de la biodiversité réunionnaise. Cette richesse naturelle, bien que fragilisée au cours des siècles, a constitué un des critères de classement des « Pitons, cirques et remparts » au Patrimoine mondial. La préservation de cet héritage vivant, unique et en constante évolution, est une responsabilité vis-à-vis des générations futures, en même temps qu’une source potentielle de découverte et d’innovations. Sa mise en valeur est essentielle pour favoriser la connaissance de la biodiversité et la partager avec l’ensemble des usagers. Un effort collectif s’avère indispensable pour lutter contre les causes de son recul, par des actions sur plusieurs fronts.

• Maîtriser l’impact des travaux et activités sur le patrimoine naturel
Actions : protéger les zones de nature encore préservée, prévenir et lutter contre le risque d’incendie, renforcer les populations d’espèces indigènes, prévenir et maîtriser les usages et pratiques dommageables au milieu.

• Protéger les espèces et habitats menacés
Actions  : restaurer certaines zones pour les remettre dans un état écologique satisfaisant, gérer les habitats exceptionnels, protéger la faune et la flore menacées, lutter contre la pollution lumineuse dangereuse pour les oiseaux marins.

La protection des écosystèmes a pour objectif de conserver leur fonctionnalité et leur potentiel adaptatif, d’assurer leur maintien dans un bon état de conservation et de troubler le moins possible les grands cycles naturels conduits par les successions écologiques et par un régime de perturbations naturelles. Sur certains secteurs du cœur de parc où les milieux sont déjà fortement dégradés (zones envahies par les espèces exotiques, zones incendiées, etc.),

Ajonc d’Europe (Ulex europaeus) au premier plan, envahissant une zone incendiée, sur le route du Maïdo.

La protection n’est pas suffisante et une politique interventionniste est nécessaire pour rétablir les écosystèmes.

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Un territoire, quatre enjeux majeurs

Pour lutter contre les espèces envahissantes animales et végétales

Pour améliorer et partager la connaissance sur la biodiversité

• Agir activement contre les espèces invasives
Actions : mettre en œuvre des programmes de détection précoce des invasions, puis des interventions rapides, engager des plans d’actions sur les zones prioritaires.

• Améliorer les connaissances scientifiques
Actions : augmenter, structurer et capitaliser les connaissances en biologie et écologie, favoriser une meilleure connaissance de la composition de la diversité des espèces, ainsi qu’une meilleure prise en compte des interactions entre les différents habitats.

• Intégrer la lutte contre les espèces exotiques aux autres activités
Actions  : stopper le développement des espèces exotiques lors des travaux, maîtriser les populations d’espèces chassables, sensibiliser et former les publics.

• Valorisant le patrimoine naturel dans l’offre pédagogique et de sensibilisation
Actions : valoriser les connaissances collectées auprès du milieu scientifique, sensibiliser pour mieux préserver le «  trésor vert de La Réunion  » et le faire connaître aux générations futures. Les nombreuses études menées sur le territoire du parc national ont permis de doter ses gestionnaires d’une bonne connaissance générale des écosystèmes, des espèces et du patrimoine génétique. Néanmoins, du fait de la richesse considérable de cette biodiversité, de nombreux domaines restent encore à approfondir. De plus, certaines parties du territoire sont moins bien connues, comme l’importante frange basse sous propriété privée, qui regroupe les principales reliques des habitats de moyenne et basse altitude. Il convient donc de poursuivre les études visant à combler les carences actuelles, de mettre en œuvre les protocoles

Les espèces envahissantes, animales et végétales, sont présentes dans toute l’île.
La déclaration de valeur universelle exceptionnelle des « Pitons, cirques et remparts » par l’Unesco souligne la menace qu’elles constituent pour l’intégrité du Bien, et demande explicitement à l’État partie de garantir la mise en œuvre d’un plan d’actions pour leur contrôle et leur éradication. Face à cette menace majeure, les partenaires institutionnels (État, Région, Département, ONF et Parc national) ont établi une stratégie de lutte contre les espèces invasives, qui propose un Programme opérationnel de lutte contre les invasives. Il revient à chaque acteur, selon son niveau de compétence, de prendre les mesures nécessaires pour réduire la prolifération de ces espèces envahissantes, en cohérence avec ce cadre global et dans un principe de solidarité écologique. La mise en œuvre de cette stratégie est une priorité sur le territoire du parc national.

de suivi des habitats et des espèces les plus sensibles, de capitaliser et de mutualiser
les données disponibles. Si ces connaissances sont indispensables à la gestion du parc national, elles doivent aussi être valorisées : leur diffusion auprès des différents publics et acteurs du territoire est un enjeu fort.

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Enjeu 3

Ce que propose la charte
Pour améliorer la connaissance du patrimoine culturel

Valoriser le patrimoine culturel des Hauts et assurer la transmission des valeurs
La charte du parc national propose une politique de valorisation vivante du territoire et
un accompagnement des projets des acteurs locaux, pour permettre une appropriation du patrimoine culturel des Hauts par la population.
Le patrimoine culturel du territoire du parc est le fruit d’une histoire marquée par les apports de populations en provenance de divers continents. Il s’est nourri du métissage, mais aussi d’une relation intime entre les hommes et la nature, faisant naître des pratiques originales, créatrices de savoir et de savoir-faire. Ce patrimoine est un héritage à protéger, un vecteur d’identité et un élément du cadre de vie, mais aussi une ressource qui peut être valorisée à des fins économiques. Une prise de conscience collective est nécessaire pour assurer sa préservation et sa transmission aux générations futures.

• Révéler l’histoire du peuplement du cœur du parc national et de son occupation
Actions  : conduire ou favoriser les travaux de recherche, d’inventaire, de fouilles archéologiques, de recueil de savoirs et savoir-faire comme la tisanerie, mettre en place des circuits pédagogiques ou touristiques.

• Mettre en valeur le patrimoine bâti, la toponymie, l’histoire des lieux
Actions  : appuyer la restauration de sites, la valorisation de lieux de vie disparus et chargés d’histoire (tels que les anciens thermes), la sauvegarde de lieux de mémoire tombant dans l’oubli (tels l’îlet à Guillaume ou Roche-Plate).

Un travail d’inventaire, de recherche, de collecte des mémoires, de recueil des savoirs et

des savoir-faire, de fouilles archéologiques et d’études toponymiques permettra d’accroître les connaissances. Le patrimoine culturel pourra faire l’objet de protocoles de collecte déployés par l’établissement public du parc national et ses partenaires. Parallèlement, il importe de soutenir les résidents dans leurs actions de connaissance et de promotion de leurs patrimoines.
Maloya au musée de Villèle, Saint-Paul.

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Un territoire, quatre enjeux majeurs
Cuite de géranium pour distillation d’essence.

Pour partager la connaissance du patrimoine culturel

Pour favoriser une appropriation collective,
il convient de diffuser les connaissances relatives au patrimoine culturel en adaptant les supports de communication et de diffusion aux attentes des publics :

• Favoriser la transmission des métiers et des savoirs
Actions  : encourager la mise en place de formations aux métiers traditionnels et aux pratiques artisanales.

• Valoriser le patrimoine culturel dans l’offre pédagogique et de sensibilisation
Actions  : valoriser le patrimoine culturel dans les grands rendez-vous nationaux, développer l’éducation au patrimoine auprès du public scolaire, par le développement des classes du patrimoine et des séjours de découverte.

• Faire du patrimoine culturel un enjeu de recherche et de coopération
Actions  : diffuser les connaissances à destination de la communauté scientifique, développer les programmes de coopération culturelle.

vulgarisations scientifiques, médias et nouvelles technologies, animations ludiques, mise en scène du patrimoine...
L’objectif étant de rendre la population actrice de la protection et de la valorisation de son patrimoine. La population du cœur habité a développé un mode de vie atypique dans un milieu naturel parfois hostile. Cette particularité retient l’attention tant à l’échelle locale qu’internationale. Des actions de coopération visant à valoriser ces hommes et les aider à répondre aux préoccupations du quotidien pourraient s’envisager avec des Parcs nationaux ou bassins de vie confrontés aux mêmes problématiques.

Pour faire du patrimoine culturel un facteur de production de richesses

• Développer le tourisme, notamment culturel
Actions  : organiser une offre touristique et de loisirs dans les Hauts, tirant parti des différents patrimoines (paysagers, naturels, culturels) tout en contribuant à leur préservation.

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Enjeu 4

Impulser une dynamique de développement économique pour les Hauts
Dans le cœur du parc, la charte doit entretenir une dynamique écotouristique, tout en accompagnant les évolutions du cirque de Mafate. Dans l’aire d’adhésion, elle vise à faire du label « Parc national » un levier de développement.
Près de 170 000 personnes habitent aujourd’hui dans les Hauts et participent à la vie économique, sociale et culturelle de l’île. Pourvoyeurs de productions agricoles, ces quartiers à forte coloration rurale contribuent également à l’équilibre de la société réunionnaise, en offrant accueil touristique au cœur de la nature, espaces de ressourcement et de loisirs. Ces territoires, qui occupent une place particulière dans l’histoire de l’île, bénéficient de politiques publiques spécifiques depuis plus de 30 ans. Même s’ils sont désormais reconnus pour leur caractère exceptionnel, les bases de leur développement restent toutefois fragiles. Le Parc national porte l’ambition de les renforcer, dans le cœur comme dans l’aire d’adhésion.

Ce que propose la charte pour le cœur
Pour promouvoir une haute qualité environnementale du cœur cultivé

• Adopter des pratiques agricoles respectueuses des milieux naturels et des sols
Actions  : accompagner et encourager les exploitants en place dans la mise en œuvre de ces pratiques, organiser la reconnaissance de la qualité des productions en créant une marque « Parc national ».

• Sauvegarder et valoriser les savoir-faire
Actions : sauvegarder et valoriser les pratiques faisant partie du patrimoine culturel du territoire du parc (exemple : la cuite du géranium).

Pour accompagner le développement du cœur habité

• Améliorer les conditions de vie, dans une stratégie commune et partagée avec les habitants
Actions  : organiser la gouvernance, mettre en œuvre les schémas d’aménagement et de développement des îlets, améliorer les accès, les conditions d’alimentation en eau et en énergie, la gestion des déchets.

• Elaborer une stratégie d’éco-territoire
Le projet d’Indication Géographique Protégé (IGP), pour la lentilles de Cilaos est en cours.

Actions : construire une offre touristique fondée sur l’identité des territoires, valoriser la relation Homme-Nature, accompagner les démarches innovantes en matière d’écotourisme, restaurer la place de l’agriculture.

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Un territoire, quatre enjeux majeurs

Pour une dynamique de projet global, axée sur l’écotourisme et le respect du caractère du parc national

Pour conforter une dynamique de développement économique et social porteur d’identité

• Veiller à la valorisation et la gestion exemplaire des sites phares du cœur
Actions : développer l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, adapter les structures à l’accueil des différents publics, gérer les déplacements.

• Conforter les activités agricoles
Actions  : préserver et valoriser les espaces de productions et les filières associées, consolider la production patrimoniale, valoriser les produits de terroir.

Ce que propose la charte pour l’aire d’adhésion
• S’inscrire dans la continuité des politiques de développement
et d’aménagement des Hauts, dans une volonté de gouvernance partagée, en adaptant la stratégie aux évolutions des besoins exprimés par ces territoires.

• Favoriser les initiatives et le développement des activités économiques
Actions : encourager les territoires à valoriser leurs atouts patrimoniaux et leurs spécificités, favoriser l’installation de petites entreprises et développer les activités de niches ou innovantes.

• Soutenir les initiatives culturelles et artistiques
Actions : valoriser les initiatives associatives ou locales, soutenir les projets fédérateurs autour de l’appartenance au parc national.

Pour favoriser un aménagement harmonieux du territoire

• Confirmer la place des Hauts dans l’équilibre global de l’aménagement de La Réunion
Actions : intégrer la gestion des risques naturels et la lutte contre l’érosion dans l’aménagement du territoire (le lien amont-aval appelle une solidarité des Hauts vers les Bas et les espaces littoraux).

Pour faire des Hauts un espace d’excellence en matière d’accueil récréatif et touristique

• Renforcer et structurer les sites, itinéraires et espaces d’accueil
Actions  : promouvoir le développement de l’offre touristique, en complémentarité avec les Bas, pérenniser et valoriser les infrastructures existantes, les faire progresser en qualité, favoriser la création d’aires d’accueil.

• Promouvoir l’identité rurale des bourgs des Hauts et la qualité urbaine des villes relais
Actions  : accompagner les évolutions dans le respect de l’esprit des lieux, développer des pratiques urbaines respectueuses de l’environnement et adaptées aux besoins, faire des Hauts un territoire d’innovations, réfléchir à la ville des Hauts de demain.

• Organiser un développement territorial coordonné autour d’espaces structurants
Actions : aménager et développer les « portes du Parc » et les itinéraires de découverte associés, vers les bourgs d’accueil et vers les sites phares du cœur, mettre en scène et révéler les patrimoines, structurer l’offre commerciale, touristique et culturelle.
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Une réglementation au service des objectifs

Une réglementation au service des objectifs
Le cœur du parc national de La Réunion est un espace naturel d’intérêt national et international qui nécessite d’être protégé. C’est également un espace de découverte de la nature, de ressourcement et de tranquillité pour les Réunionnais et les visiteurs.

L

a réglementation du cœur du parc national, fruit d’un important travail collectif et partenarial, est l’un des outils au service des objectifs définis par la charte. Elle vise : • à assurer un haut niveau de protection du cœur, • à assurer une gestion conservatoire des patrimoines du cœur, • à encadrer et à orienter les activités humaines dans le sens du respect des patrimoines paysager, naturel et culturel exceptionnels. Les règles fixées par la charte viennent préciser les conditions de mise en œuvre de la réglementation définie par le décret de création du parc national : ce sont les MARCœur (ou Modalités d’Application de la Réglementation dans le Cœur). Certaines règles

sont fixées précisément. Pour plus d’adaptation au territoire, d’autres suivant l’évolution des connaissances, des techniques ou du contexte pourront, pendant la durée de vie de la charte (10 ans), être précisées par le conseil d’administration ou le directeur. Les domaines réglementés concernent la protection du milieu naturel, les travaux et les activités. Quelles dispositions réglementaires seront applicables après l’approbation de la charte ? Voici quelques exemples.

le respect des patrimoines et des autres règles relatives au bruit, à la lumière, aux accès. Seuls les tournages mobilisant des équipes importantes (plus de 50 personnes) seront soumis à autorisation.

les lieux d’accueil du public. Il sera également possible d’utiliser des réchauds portatifs dans certains lieux et sous certaines conditions qui seront définies ultérieurement.

Pourra-t-on encore pique-niquer dans le cœur du parc national ?
Oui, bien sûr  ! Cette activité réunionnaise traditionnelle pourra continuer à s’exercer librement. Cependant, pour éviter les incendies et les dégradations du sol, de la faune et de la flore indigènes, le feu n’est autorisé que sur les places à feux spécialement aménagées, sur

Que faire de ses déchets ?
Les déchets, même biodégradables, peuvent avoir de graves conséquences. Outre la dégradation des paysages, il favorisent la prolifération des rats et des chats, qui menacent ensuite les espèces indigènes et peuvent être porteurs de maladies. L’abandon de déchets est donc interdit en dehors des sites désignés à cet effet. Mais dans tous les cas, le meilleur geste consiste à emporter ses déchets avec soi.

Pourra-t-on continuer à prendre librement des photos ?
La charte prévoit une liberté totale pour les prises de vue et de son professionnelles et amatrices, dès lors qu’elles sont réalisées dans

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Une réglementation au service des objectifs

Pourra-t-on prélever ce que l’on veut dans le cœur du parc national ?
Pour les minéraux, on pourra librement ramasser (sans bris de roche) un «  souvenir personnel  » d’une promenade en cœur de parc national, excepté sur certains sites particulièrement fragiles  : tunnels de lave, coulées paehoehoe et coulées lisses, anciennes réserves naturelles... Les animaux et végétaux indigènes en cœur de parc sont strictement protégés : il est interdit de leur porter atteinte, de les prélever, de les détenir ou de les transporter. Des autorisations dérogatoires sont néanmoins possibles pour certains usages : tisanerie, recherche scientifique, gestion conservatoire... A contrario, la collecte d’espèces non indigènes est tolérée, sous réserve de ne pas dégrader le milieu.

Les activités antérieures à la création du parc national peuvent perdurer dès lors qu’elles étaient exercées en toute légalité. De plus, l’installation de nouvelles activités reste possible, selon des conditions qui varient entre cœur naturel, cœur habité et cœur cultivé. Il s’agit de concilier développement économique et préservation des milieux naturels et des patrimoines du parc national : ce principe d’équilibre sous-tendra les autorisations qui seront données.

maîtrisées pour éviter les impacts négatifs sur les milieux indigènes.

Pourra-t-on continuer à admirer les paysages du parc national depuis le ciel ?
Oui ! Le survol motorisé est autorisé à une distance minimale de 300 mètres du sol ou des obstacles, sauf au franchissement des cols et sur certains sites particuliers (Trou de fer...). Dans certaines zones, une réglementation particulière pourra être édictée pour veiller à la préservation d’espèces fragiles.

certaines zones particulièrement sensibles. Des autorisations dérogatoires pourront être données dans le cadre de missions scientifiques, de manifestations ou d’activités de découverte touristique ou pédagogique.

La charte signe t-elle la fin de la chasse et de la pêche dans le cœur du parc national?
Non  ! La chasse et la pêche des espèces non indigènes demeurent autorisées. S’agissant en particulier du Cerf de Java, l’objectif est d’en contrôler strictement les effectifs car cette espèce est potentiellement envahissante. L’approche retenue pour la Roche Écrite tient compte de la composante socio-culturelle de la chasse sur ce secteur, en considérant cette activité comme un outil de régulation de la population de cerfs, sous réserve d’un prélèvement suffisant et de pratiques

Les chiens seront-ils autorisés ?
Oui, mais uniquement s’ils accompagnent leur maître lors d’une randonnée ou s’ils sont utilisés dans le cadre de la chasse, et en dehors de certains territoires particulièrement fragiles (ancienne réserve naturelle de Mare-Longue, territoires classés en arrêté de protection de biotope…). Sur l’ancienne réserve naturelle de la Roche Écrite, les chiens devront être tenus en laisse. A noter que les autres animaux de compagnie sont interdits en cœur de parc, sauf pour les résidents du cœur habité et les gestionnaires de gîtes de montagne.

Pourra-t-on bivouaquer dans le cœur du parc national ?
Le bivouac, pratique liée à la randonnée en cœur de parc, reste naturellement possible, mais il est encadré afin de préserver la quiétude et le caractère du parc. Ainsi le bivouac ne peut se pratiquer que sous tente légère, entre 18h00 et 7h00 et à proximité immédiate d’un itinéraire ou d’un gîte. De plus, le bivouac est interdit dans

Pourra-t-on continuer à exercer une activité commerciale, artisanale ou agricole dans le cœur du parc national ?

L’essentiel de la charte du parc national - Les Pitons, cirques et remparts au centre d’un projet de territoire
Projet arrêté par le conseil d’administration le 21 juin 2012

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Faire vivre le projet de territoire

Rencontre avec les éco-gardes au Maïdo.

2013-2023

Faire vivre un projet de territoire
La charte du parc national de La Réunion est établie pour 10 ans. Son projet de territoire constituera la feuille de route de l’établissement public du parc national, mais tous les partenaires (collectivités et Etat, associations et autres acteurs locaux) seront invités à contribuer à sa mise en œuvre.

D

ès son entrée en vigueur, se mettront en place des modes de fonctionnement fédérateurs et une organisation basée sur des partenariats entre les différents acteurs et l’établissement public du parc national. Le conseil d’administration du Parc, par la diversité de ses 88 membres et sous l’autorité de son président, en constituera le garant, par les communications régulières qui lui seront faites sur la mise en œuvre de la charte. Des conventions d’application de la charte seront signées entre l’établissement public du parc national et les collectivités territoriales. L’établissement public pourra également nouer des conventions

avec d’autres personnes morales de droit public intéressées. Par ailleurs, des contrats de partenariat s’inscrivant dans le cadre d’un projet concourant à la mise en œuvre de la charte peuvent être conclus entre le Parc national et des personnes morales de droit privé concernées. 90 % du foncier du cœur étant constitués de terrains publics, notamment de forêt départementalodomaniale), la charte pose en particulier les bases d’un partenariat renforcé entre le Parc national et l’Office national des forêts, acteur de référence sur cet espace en liaison avec l’Etat et le Conseil général. Ce partenariat vise notamment à fluidifier les procédures, en particulier

pour la réalisation et l’entretien des circuits de randonnées et les travaux de défense de la forêt contre l’incendie. De façon générale, la médiation associera les acteurs concernés. Ainsi, la commission agricole sera associée aux réflexions sur la régulation des usages portant sur des questions d’agriculture et d’élevage. De même, pour des usages affectant les propriétés d’une personne publique, celle-ci sera associée à la concertation et son accord sera recherché. La sensibilisation, la pédagogie et la médiation seront privilégiées avant tout recours aux sanctions administratives ou pénales.

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La charte ne s’impose pas dans

Faire vivre le projet de territoire

l’aire d’adhésion

Elle doit être compatible avec le SAR. Elle ne s’impose pas aux autres documents d’urbanisme et de planification dans l’aire d’adhésion. Dans cette zone, l’établissement public Parc national est consulté pour avis simple sur les documents d’urbanisme et sur des installations classées ou certains grands projets soumis à étude d’impact ou à la loi sur l’eau, et susceptibles d’affecter de façon notable le cœur du parc. Tel est le choix du conseil d’administration prononcé dans le cadre de l’article L. 331-15 du code de l’environnement.

Éducation et communication

L’évaluation de la charte
Le code de l’environnement prévoit une évaluation de l’efficacité, de la cohérence et de la pertinence de la charte dans sa dixième année, avant d’entreprendre sa mise en révision. En complément de cette évaluation finale, la charte propose la mise en place d’un processus d’évaluation continue avec notamment un suivi annuel des actions inscrites dans les conventions et une évaluation de la charte à mi parcours.

Le projet de territoire que propose la charte n’aura de sens que s’il est partagé. Les quatre enjeux retenus et leurs déclinaisons en orientations pour l’aire d’adhésion et en objectifs pour le cœur, doivent être connus et compris. Le cinquième enjeu transversal est donc celui du partage du contenu de la charte et de l’implication de tous les partenaires dans sa mise en œuvre. Il vise à l’appropriation par le plus grand nombre de la richesse des patrimoines du territoire du parc. Les habitants doivent avoir conscience de vivre sur un territoire d’exception, ce caractère exceptionnel doit être montré aux visiteurs. Démarche de sensibilisation et de médiation, supports de communication variés et adaptés aux différents publics et démarche d’interprétation originale serviront cet objectif. Des sites et des itinéraires emblématiques seront ciblés par les actions de la première charte 2013-2023 et nécessiteront l’intervention coordonnée de tous les partenaires.

Le conseil scientifique, pluridisciplinaire et opérationnel depuis 2007, joue un rôle primordial en matière d’évaluation et de veille stratégique sur les objectifs et les orientations liés à la préservation des patrimoines naturels, culturels et paysagers. Il porte une attention particulière aux objectifs de protection du cœur du parc national. Le conseil économique, social et culturel, à mettre en place, assiste le conseil d’administration et le directeur de l’établissement public, notamment en matière de politique contractuelle, de suivi, de mise en œuvre de la charte et d’animation de la vie locale. Il participe à l’évaluation de l’application de la charte et se prononce sur les orientations en matière de partenariats. De façon complémentaire, la charte propose que des commissions spécialisées, thématiques ou territoriales, soient mises en place sur des sujets   nécessitant une concertation accrue  : commission agricole, commission des équipements structurants, etc.

Le Parc pilote
La mise en œuvre de la charte sera pilotée par le conseil d’administration du Parc national, avec l’appui des équipes de l’établissement public, en se répartissant les rôles. Le conseil d’administration délibère sur les conventions d’application et les contrats de partenariat. Il valide le suivi et les évaluations de la charte comme il décide de sa mise en révision. Le conseil d’administration est assisté par le conseil économique, social et culturel et par le conseil scientifique.

Route des laves, Grand Brûlé, Sainte-Rose.

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Pour en savoir plus

Les Ressources en ligne
http://www.reunion-parcnational.fr/Le-projet-de-territoire.html

La charte du parc national de La Réunion,
les Pitons, cirques et remparts au centre d’un projet de territoire http://www.reunion-parcnational.fr/IMG/pdf/charte-V4.2-28-06-12-Basse-def.pdf

La carte des vocations au format A0
http://www.reunion-parcnational.fr/IMG/tif/charte_vocation_A0_CA_210612_v2i.tif

Le rapport d’évaluation environnementale
http://www.reunion-parcnational.fr/IMG/pdf/ESE_chartePNRun_juin2012.pdf

La lettre de la charte n°1 La lettre de la charte n°2

http://www.reunion-parcnational.fr/IMG/pdf/lettre1charte-web.pdf

http://www.reunion-parcnational.fr/IMG/pdf/Lettre2charte-web.pdf

2007-2012 : Le Parc national de La Réunion a 5 ans
http://www.reunion-parcnational.fr/5-mars-2012-le-Parc-national-de-La.html

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Parc national de La Réunion
(siège provisoire) 112 rue Sainte-Marie Immeuble le Kristal 97400 Saint-Denis Tél : 0262 90 11 35 - Fax : 0262 90 11 39

Antenne secteur nord
165 allée des Spinelles - Bellepierre 97400 Saint Denis Tél : 0262 90 99 20 - Fax : 0262 90 99 29

Antenne secteur ouest
8 rue François de Mahy 97426 Trois Bassins Tél : 0262 27 37 80 - Fax : 0262 34 63 41

Antenne secteur sud
Domaine de Manapany 96 rue Maxime Payet 97429 Petite-Ile Tél : 0262 58 02 61 - Fax : 0262 58 89 59

Antenne secteur est
Domaine des Tourelles 260 rue de la République 97431 La Plaine des Palmistes Tél : 0262 56 09 88 - Fax : 0262 56 15 25 www.reunion-parcnational.fr contact@reunion-parcnational.fr

« L’île se profile comme un bouclier posé sur l’océan. Sa ligne générale douce issue des planèzes aux pentes régulières laisse apparaître en son centre les dépressions profondes bordées de remparts abrupts isolant un sommet majeur. Ici et là des lignes vives symbolisent érosion et ravines. » Michel Sicre
Ingénieur signalétique et interprétation

Not parc, not patrimoine, not fierté