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org/details/jeanrichepinOOroge .Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa http://www.archive.

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L. 1 3 M DCCC LXXXVII . ÉDITEUR 1 3 . ROGER-MILÈS VTWÎSKXQSÏMZ/TXftSfctt Les Poètes Français contemporains «COOIMKMÏW^ÎSÎ^BW»»» Jean Richepin (Extrait du Monde Poétique) 4w£ PARIS MAURICE DREYFOUS. RUE DU FAUBOURG-MONTMARTRE.

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ROGER-MILÈS A9SeO3e>90»9OO»9aM>O9 Les Poètes Français contemporains «M«e««â'0M>3O»9»9»S0 Jean Richepin (Extrait du Monde Poétique) PARIS MAURICE DREYFOUS. ÉDITEUR 13.L. 13 Af DCCC LXXXVII . RUE DU FAUBOURG-MONTMARTRE.

Aug. avec des compositions originales. Lanier. A. éditeur.) (1887). Deschamps. éditeur. Homo. Lanier. (Épuisé. DEVANT LE CHEVALET. : En préparation LES GÉANTS DE L'AIR.) éditeur..IHIIIINIIIMIlIlllllMllllllllllllMIIINIIIIIhftlIMIIIIIlINMllllllliriHmllIMIIIIIIIIIiniltl IIIIIIMIIIIIIIMIthlUtll Illllll IIIMIUII I itll IIHII 1 1 llllltf Ilfltl I III M HNIlflMI DU MÊME AUTEUR ÉBAUCHES. J. Thirion. etc. Lanier. A. avec eaux-fortes de Paul Destez. — Poésies.) En souscription . Taxile Doat. LE SALON DE PARIS LE SALON DE PARIS (1886). avec un portrait à l'eau-forte par Léopold Flameng. (Épuisé. ?4 im . Alex. J. (Épuisé. A. Deux volumes. EUGÈNE MANUEL. A. Eug. — Étude critique. — Ode. Lanier. Benner. Bourdelle. Léon Comerre. : — Poésies. — Notes et impressions d'art. PARIS. Geoffroy. J. gravées à l'eau-forte. Lemerre. éditeur. Pointelin. etc. éditeur. A. Em. Henner. de MM. Louis — Poésies nouvelles. LES VEILLÉES NOIRES.

lorsqu'un poète n'enveloppe la pas de forme rythmique du vers les le récit d'une épopée. dont ne pas le but est peut-être aussi de reposer fatiguer par une trop longue suite sans in- terruption. au contraire. qu'un titre Ces poésies n'ont entre et.JEAN RICHEPIN e^rSxs^/SfS^e/ LE TOÈTE I *\algré ï soi. part La plu- du temps. Cela tient au procédé de l'écrivain dans sa façon dégrouper les vers qu'il publie. se coordonnent. a avant tout préoccupation . on ne peut poète du romancier. livre se contente de réunir en des poésies éparses dans son portefeuille. ne saurait faire un pareil recueil. il compose des livres en vers. IQ^gLD Gof elles d'autre lien général. se complètent. Jean Richepin. Toutes les pièces qu'il 11 y enferme se tienla nent. ou mieux on le retrouve toujours romancier dans le poète. ou il dialogues d'un drame. et de d'inspiration a le donné naissance qu'un sous-titre. lorsque l'on feuillette l'œuvre poétique de Jean séparer le Richepin. le ^Wiè commune lecteur. lorsqu'une source à plusieurs pièces.

parce qu'elle a su fait une chose bien en faire une chose venant d'elle. où a mis contribution non seulement son inspiration. Nous trou- verons au cours de cette étude l'occasion de développer ce point très particulier à l'œuvre de Richepin. qui nous révèle l'homme sous le poète et nous le livre indiscrètement: ce sont les Caresses et la Mer. oeuvres de sentiment. poème présente tout l'intérêt du roman. laisser parler son inspiration. les poèmes détachés s'unis- un seul poème. Deux œuvres cependant nous fourniront cette note particulière. et ce le livre se revêt d'une désolante monotonie. la sorte est il homogène Quand celui qui vie procède de un médiocre. Ici nous avons une œuvre d'émotion passionnelle. où l'auteur s'écoute lui-même. c'est que l'apparition de la comme l'apparition des livres du même auteur qui ^i) Chanson des Gueux. éditeur. la il nous des faut pro- céder par ordre. la vie qui peut être sollicitée par toutes les manifestations de rieure. volumes trouver la différents d'esprit de tendances. avant de à la . mais dans l'un et l'autre cas. voile d'idéal qui doit dérober à nu. de vraie note il du poète. et nous commencerons par Chanson Gueux II Un fait à constater. exté- mais surtout son propre tempérament. là une œuvre d'émotion esthétique. qui les a reçues et qui en a à elle. Il y a loin des Caresses Mer les distances entre les sujets sont énormes. Pour le moment. tut mar- Maurice Dreyfous. que le il veut que rien dans son livre ne soit disparate. suivront. le s'il mais que lecteur sait deviner et mettre a tant soit peu dans ses lectures l'habitude d'analyser à fond texte qu'il a sous les yeux. quand sent en Il s'appelle Richepin. est donc assez difficile si dans les quatre volumes qu'a déjà publiés et Jean Richepin. et tableau entier soit animé d'une que tout concorde à ne former qu'un tableau.LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS de la bonne harmonie d'ensemble. à la fiction la réalité. si facile le aux poètes. c'est bien la même âme qui les a ressenties toutes deux. de découvrir à celui où il s'est traduit lui-même. est vrai. . il sa nature le elle-même empruntant.

c'est que nous avons l'intime conviction que les durent leur rapide succès. Quel est l'auteur. Le poète d'artistes plume. des la foule peu indulgente de médiocre. faut bien l'avouer. une voie nous gêné ceux qui les pontifes n'a pas seulement étonné le public ordinaire. De quel droit justice se croit-elle mission d'intervenir dans la la littéra- ture. malgré la sa crudité de langage. tenant en main. gueux du pavé. et jusqu'à quelles limites peut-on reculer l'art? moralité dans l'art? la Qu'est-ce que l'immoralité dans sentation de la Est-ce il la nudité dans repré- vie réelle? Non. a se croient la mission de guider l'opinion et s'intitulent du goût en le littérature. nul n'a pensé à rendre responsable de ce qu'on voit tous les jours dans la rue. en se frayant il non pas à ce scandale. artiste d'être peintre et ou sculpteur qui ne souhaite pas pas tous les si ardemment remarqué ne tente moyens si qu'il a entre les vrai. n'est rien lui faire Or il de plus ridicule qu'un pareil reproche. de la liberté dans l'art. dant. considérables. poète. — CepenChanson nous répond-on. une œuvre de combat. On était donc fondé de en vouloir de son livre. musicien. écrivain. et à châtier en lui les fautes de ses personnages. mais à leur valeur propre. un album de croquis. Richepin a écrit lui-même en : tête de sa Gueux cette phrase caractéristique Ce livre est non seulement un mauvais lui livre. D'aucuns.JEAN RICHEPIN quée par un certain scandale. gueux de la terre. niais encore une mauvaise action. Si nous rappelons livres cela. crudité parfois inutile. elle. la Pour notre à se part. ont reproché de vouloir se et non des moins remarquer. le et pourtant nul n'a songé à poursuivre l'artiste. Aussi que d'accusations n'ont-ils pas dirigées contre la jeune audacieux qui se permettait d'élever ainsi il voix et se présentait pour son coup d'essai. que l'auteur ne sait mains pour y parvenir? Cela est pas doubler ce petit promontoire de la le traite renommée. Richepin. n'excite nullement à a fait avec sa débauche ou au crime. où la voit défiler toute la population des gueux. gueux de pensée. ce que nombre il ont fait avec leur crayon. nous trouvons que ceux qui ont poussé ont eu le Justice mêler de cette affaire plus grand tort. car faudrait alors voiler le plus . Le livre. celle Et ici se place la une grave question.

qui a le droit sont toutes auxquelles quiconque apparaît bien debout. art. avec son vaste éclat de rire épanoui. Et pourtant. il ne s'était pas contenté d'une observation physiques. des licences qui nous semblent. puisqu'ils ont entendu dire par l'École passé normale. Pour nous. à enté des lèpres lèpres morales. qui nous met la vérité sous les veux. au contraire. ne leur demandait pas des thèmes mélodrames. mais il se figurant avoir posé des objections auxquelles est impossible de répondre. — il n'est pas inutiles.LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS faudrait retourner contre la grand nombre des œuvres delà statuaire. beaucoup voulait allumer notre pitié à leur égard. une telle aberration?- - Et ils ferment le livre. brûler Baudelaire. nous n'approuvons pas aveuglément tout son nous trouvons parfois dans ses pages des rythmes qui ne nous agréent pas. chanter sous son pinceau génial il chanson des chairs bien vivantes et des gorges plantureuses. n'osant pas taxer qu'il était Richepin d'ignorance. les il superficielle. brûler tous ceux qui ont puisé leur idéal dans l'existence vraie. le il mur toutes les peintures flamandes où Rubens. reprennent les mécontents. il affirme. comme . avec fait fantasmala gorie des couleurs. ce puissant. livre. parce qu'il avait vus de près. Richepin n'a être jamais prétendu un mystère pour ceux qui le lisaient. avait il étudie. l'œuvre nous loin. Quand les prenait à comme objet de son il livre. sa façon de voir avec une étonnante crânerie. et malgré ces quelques personnelles. ce brutal. de ne pas souscrire. il faudrait brûler Flaubert. La pitié. des combinaisons de mètres qui nous choquent. et et nous irons plus sa généreuse dans ses tendances dans forme. faudrait jeter au bûcher purificateur Rabelais. Il brutale. Nous nous expli- quons : Richepin a lait parler à ses les gueux leur langue imagée. et divergences d'opinions. pourquoi cette langue argotique? Pourquoi ces vers d'un métré bizarre Pourquoi tout ce bagage et dîme prosodie très lâche ? inaccoutumé que nous ne trouvons chez tel aucun de nos poètes contemporains? D'où vient un parti pris. d'excessive hardiesse en petites — mais non trop hardies. très bien vivante. rapide. Mais.

Cette pitié-là est mauvaise. rare ou donnée comme fidèle regret. danser leur démente farandole sur sa gaie chevelure d'or. mais la patience qui se prolonge sans lassitude. et un artiste. la n'est qu'une vertu hypocrite. très incapable d'un généreux élan. ces gueux-là. plus près de Pégoïsme que de bonté. le Un homme. non la charité. c'est le rayon qui déchire l'ombre. car la c'est la c'est compagne la de ceux qui souffrent discrète courbent dit de fatigue. je de dérober à ceux qui n'ont rien. leur profit misère des champs ou de C'est de la rue. c'est le moyen facile de faire vibrer et une sensibilité bourgeoise. un reproche spéculaient l'adresse de ceux de la qui. ce leurs ne sais quoi qui attendrit sur haillons et rend plus doux leur bonheur à ceux qui possèdent. c'est en les faisant se eux-mêmes.\M R1CHEPIN d'artistes nous l'ont montrée. c'est la voix qui descend d'en haut et vient éclore en notre âme. et mêle à sa lente évolution racontant raconter d'avoir comme une suprême les et fière ironie. car celle-ci n'est que passagère. mais comme à à des esprits timorés l'ont voulu croire. en nous montrant toutes poussières de la pensée. Voilà pourquoi nous approuvons Kichepin livre conçu son défi. comme la fait vivre Jean Kichepin. les et nous distrait. ces simples couplets. que voir. aux gueux en un mot. dans cette (orme nouvelle. tous leurs appétits satisfaits. par exemple. pitié. il ne nous les pas la main tendue vers une mais chantant. Citerons-nous. c'est l'art le chemin le plus court pour atteindre sans eflortà et de secouer son indifférence. et se aumône chanson. s'admirant d'éprouver ainsi une émotion sentimentale aux récits de malheurs qui ne la touchent pas directement. plaint et d'espérer. bien les malheureux. qui connaît la peintre RafTaëlli. qui contenait non pas un non pas une menace. où le mendiant .]i. refuse absolument de reconnaître Mais la comme un sentiment esthétique. par le triste spectacle de tant de misère toujours inachevée. Ce n'est pas en nous pauvres qu'on nous émeut. à le poète prend d'abord la défense. confidente qui console. en fait effet. voila la grande vertu qui enfante.

Et qu'il pleut mûrir pas le Hé. et Pour nourrir de terre s'abreuver d'azur. les le poète quitte hommes. Lui remplir jusqu'en haut. eh! tant pis! M'a Je ne suis pas méchante. et avec qui magnifique colloque LA PLAINTE DU BOIS Dans Et Il l'âtre flamboyant le feu siffle et détone. les gisant sous le lierre qui la il ronge. la goutte qui chante dit ce chant perlé : Crève. dit qu'il était né se pour vivre dans V air pur. Ce que chaule ma Le paysan avare dit : Ma Et goutte an chant perlé. bêtes et plantes lui veulent confier leurs peines. le poète anime dont le roseau. abattue dans un coin de parc. est Je ne suis pas méchante. alors bois les pierres. Que son ciel est de rouille. car les bêtes aussi sont en proie aux tristesses mortelles. Xe Le paysan bonasse sois triste mine Dit à sa J'en veux à la famine. le •et Dans ces pages. dont pâtre fait une flûte. sur la les et longue route où il suit ces mendiants. plaintes lui : semblent vaines.10 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS transi par : les froides averses se chante à lui-même la rési- gnation CE QUE DIT LA PLUIE M'a dit la pluie : Ecoute goutte. Je fais Mais quand avril se brouille. perle. Et Te le blé sans épis. . femme : il faut Lui remplir sa besace. a ce le bois. car choses aussi ont leurs douleurs. Si tu tiens à ta chair. Bénis l'eau qui t'ennuie Et qui glace la chair. Que Jx pain pas cher. le vieux bois gémit d'une voix monotone. Ce que chaule ma Ma goutte ciel au chaut toujours superbe Et la goutte qui chaule : Serait la soif à l'herbe M'a rare dit ce chant perlé Et la mort aux la épis. Car c'est le grâce à la pluie n'est M'a dit la pluie : Ecoute goutte. comme il faut. Je jais Quand moisson mûrir le blé. la vieille statue. et arrête son regard surpris sur choses. Parfois.

leurs chevaux. le fende et le te Car tu rampes encor. comme il fut bon pour l'homme bien souvent. lit la pourpre eu ijue automne. dans veut mille chansons joyeuses. deux différents! les horizons nouveaux! Que de biens inconnus tu vas enfin connaître! souffle Quel d'aventure étrange te pénètre! Mais Et tout cela n'est rien. ses robes merveilleuses. oubliant notre amour. au même endroit. les les voilà libre! tes fleurs. te Ah! tu vis maintenant. sa couronnée. tu nés pas sage en te et lu te plains à tort.JEAN RICHEPIN II Pour grandir lentement Plus Ihiid. prenne l'essor ! Qu'on le brûle. vêtir tour à tour Sou manteau de printemps de pus bourgeons couvert. car l'arbre est un être vivant. El nous berçait la nuit aux chants El qu'ingrats. voyant des rives bateliers. sans mouvement. voilà flottant sur l'eau. conjoint à la terre inséparablement. Captif en ton écorce ainsi qu'eu un réseau. et qu'il feu furieux dévore la fibre. le Qu'il nous couvrait jour de ses frais parasols des rossignols. Enchaîné. . Nous te t'avons délivré du sol où tu le rives. et Il dit l'homme dur. tu vis. tu demeurais planté comme un marbre. bois. Nos mains Tu Et végétais coupant ne sont pas assassines. avare et sans entrailles. Avec leurs les leurs maisons. Pour Pour Pour abriter jeter les unis le et les oiseaux si/Jieurs. notre enfance. subissant l'entrave des racines. et Qu'à nos jeunes amours Il nos baisers sans nombre a prêté l'alcôve obscure de son ombre. Pour parfumer avril de ses grappes de fleurs. est et l'hermine en hiver. et Toi qui veux être libre qui proclames l'arbre là Vivant. Plus haut que Plus haut que parfums printanier s de chansons de les oiseaux siffleurs. entailles D'avoir à coups de hache par d'âpres Tué Il dit l'arbre . Et Et tu ne devinais l'essor que par l'oiseau. Et dans l'âtre en brasier le bois geint et se tord. Nous coupons sans pitié le géant sans défense. toujours et pousser chaque année tête plus haut.

Enfin. BOUC AUX ENFANTS le dans bouc pré vert don! il a brouté l'herbe. voici complainte de deux vieux papillons.12 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Plus haut que tes soupirs. moule toujours. soyeux a Noir tout le . sur les grains de vigne à la glu. te Tu perds ton être. blanc au ventre. font voir que ce bouc est très vieux. De ses cornes eu pointe. Voici une ode triom- phale à la gloire d'un modeste scarabée. à flots gris les Couvre sans El les cacher les et deux lianes amaigris. mais au toucher plus rude. Fers ce mystérieux et sublime lointain le Où Où viendra s'éveiller demain luiront celte frais matin. Aucun toi œil à présent ne peut reconnaître l'air qui regrettais le grand ciel et pur. fuis. fond. s'en va. Que Et Et se ton dernier flocon aminci. Le poil. Moule. mais la trop tard. lu deviens un morceau de fa^ur. plus haut que mes paroles. . . aussi. en d'admirables vers. se dissout. Richepin comme La Fontaine donne des croche-pieds charmants à l'histoire naturelle. détachons de ce chapitre un bas-relict conte : qui semble illustrer certain de la statuaire antique LE Sous bols. La base es! forte et large et les bouts sont usés Car le combat jadis était sou habitude. évanouis-toi. dont c'est la petite voix s'enlle sur la de bien bêtes. et Un grand es/ couché. déroule Moule. tes spirales. Fers ce firmament bleu dont la gloire allumée Absorbe avec amour ton aine de fumée. vieux bols. nu il les splendeurs sidérales. aux nœuds superposés. et L^a croupe eu feule abrupte et l'échiné pointue. La barbe El le raide et blanche les grands cils des yeux ne. Puis les bêtes ont leur tour : voici le merle qui se lamente. et là.long. pacifique superbe. long du dos. l'œil. genoux calleux la jambe tortue. disparais! Voici flotte seul. lui joli si grandes choses. puis un chant sur tristesse des pleine de cette mélancolie vague que Leconte de Lisle alixée. infini tu t'envoles! le soleil Dans Fers la nue et F espace ces roses vapeurs où du soir S'éteint coin me une braise au fond d'un encensoir.

Se dresse lentement sur lit les ses jarrets rit noueux. s'éveille.JEAN RICHEFIN 13 Aussi. quand vont passer sous une branche. les rires Les voix. et les se trouvent chefs . Lui. pourquoi sont-ils nés? Car n'apportent pas avec eux. ils argentins . c'est misère avare insatiable. Puis. Et la mort fauche dans toute cette végétation fils humaine : les pères tombent. raient tant besoin à leur première heure. Les enfants naissent cependant. de plus en plus lointains. connaissant bien que la vieillesse est douce. Ils lui tirent la barbe en riant. et 1:1 se aux de leurs jambes nues Font sonner les talons sur ses cotes velues. quand tout petits les regardent ils avec leurs yeux innocents! Et ceux-ci. peureux. celle de l'amour. c'est le poète. Puis. les mères s'éloignent. tête et la tête du bouc leur qui se penche. c'est que dans l'horrible détresse. ils et la mousse. c'est le foyer sans pain ni feu. Taudis que sous leurs coups sans presser sou pas Lui va tout doucement pour qu'ils ne tombent pas. moulent tous tiennent les deux à cheval sur sou poils. il a quitté la grand'route. bientôt enhardis certains qu'il sommeille. et sion . regarde rire. tous ces malheureux n'ont qu'une égalité. le bien-être dont ils au- Le sein qui les berce n'est pas toujours gonflé de lait. dos. Là. semble ne pus le voir. les chers fardeaux. non contents. tête De Us lit feuilles de /leurs ornant sa blanche. chassent devant eux à grands coups de rameau Le vénérable chef des chèvres du hameau. sur l'œil dos. lui mettent un mors taillé dans une branche. malgré Ils pointes de ses os. Et Pou Vers voit. et et presque avec eux. les angoisses sans fin en ont souvent tari la source. Mais suivons bourg. ils s'aiment alors avec pas- ils acceptent les charges nouvelles et savent cacher leurs pâleurs les faméliques sous un sourire sincère. Avec les sarments verts d'une vigne sauvage Ils ajustent au mors des rênes de les feuillage. la il ' est arrivé au et la pauvreté sans relâche. les Du Il dormeur qui. cornes doucement touchent boni noir. quand ce n'est pas la famille sans foyer. Deux petits mendiants s'approchent. et les femmes sont fécondes. le Ou entend dans les cris bois.

les pauvres Le père est mort depuis quatre mois.14 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS de famille. Mais comme la famine les torture. On En Et se retrouvera pour la saison suivante. Quand on aura gagné quelque argent cet été. Car le long des chemins voici qu'ils sont en marche. A l'époque où monde heureux se rajeunit. car c'est lui le plus vieux. d'un air grave. A sortir du pour courir dans le thym. mottes. Les petits prennent leur baluchon sur l'épaule mettent leurs sabots au bout garni de la mère. Les petits mendiants doivent quitter leur nid. chacun s'en va de son côté. et enfance devient vermine. Ils parlent. Ils sortent de la hutte où. Et quand dans la voix. comme le l'étape est interminable. avec des sanglots tôle. A baisé le dernier une dernière fois. à l'âge où d'ordinaire de l'école. attendant. Qu'ils vont gagner leur pain. terrier le les matin. La maison et Est trop chère à louer. ils devraient s'asseoir sur les bancs : Écoutons ce premier départ PREMIER DÉPART Quand Quand Quand s'entrouvrent le les yeux des marguerites blanches. Quand les premiers oiseaux chantant leurs chansonnettes le ciel le Fout dans plus pur vibrer leur voix plus nettes. lapins frileux commencent. El l'enfant de dou~e ans devient un patriarche. se tenant par la main. : L'aîné siffle un refretin pour paraître plus brave Mais il sent de gros pleurs lui rouler dans les yeux. ces C'est à vendre blancs hochets aux verts losanges petits anges. pour cette raison La mère che^ autrui va devenir servante. besoin prépare moisson du . toute cette vice. comme des marmottes. bourgeon tremblant palpite au bout des branches. comme la partout ces malheureux se voient repousser. Il ne pleurera pas. Ils ont dormi l'hiver auprès d'un feu de Cependant que la mère attisait le brasier El tressait en chantant des corbi lions d'osier. sans le repos nécessaire au corps et à l'âme que souffrance la irrite.

c'est la neige dans la nuit. et ce n'est qu'au la moment où nous nous trouvons transportés hors vant le grand'ville que le poète se retrouve. côté le voyage là Au pays des Largouji. Contours enveloppés. le Quatre Saisons. couvre la vie atroce et sacrilège. LA NEIGE EST BELLE La Et neige est belle. Salut! dans ton manteau. tel y a dans tout cela un accent de vérité! les Nous aimons moins semble plus étroite. et il qui ne saurait être pris au sérieux. où l'inspiration nous poète se laisse aller à plus de fantaisie. Il neige. parfois talité la écrite avec une peinture affecte des tons d'une bruIl voulue. Tout ce roman du vagal'a bond. Tombe. Et Venfant de douce ans devient un chef de bande. Et cet enfant grandira jusqu'au crime. le senfait timent n'arrive pas naturel. ô calme vierge est Salut! Ton char de glace les traîné par des ours. mais nous ne savons pas lui en vouloir. Dans ton jupon flottant de ouate et de velours Oui s'étale à grands plis immaculés et lourds. Richepin entraînante conviction.doublé de blanche serge. Le monde a disparu. toute cette épopée du misérable. sont des vauriens.JEAN RICHHPIN I ) /. deux assombris tendent sur ton parcours et Un dais de satin jaune gris couleur de cierge. on le sent toute son habileté à faire vers. mais le cœur se repose. Rien de vivant n'émerge. la neige Silencieuse. o froide. ce n'est qu'un jeu n'y faut . t'effeuilles O lis mystérieux qui sans bruit! Nous laisserons entièrement de voir rien de plus. du coup. c'est la neige endormeuse. on devine que tout ce chapitre a été pour compléter le recueil. Tout s'efface et se tait sous cet épais tapis. i h i s innocents. pâle. les Ils ne pleureront pas. tapages assoupis. de- séduisant aspect de la neige immaculée. car V orgueil commande.

ceux qui voient sans jalousie surgir un talent. mais de la le sujet a défrayé le poésie et depuis que monde est rajeunir thème ancien donner une expression qui s'accordât avec l'intrusion livre sur les idées actuelles. c'est-à-dire la dernière partie du livre. taire s'agissait la donc d'en ici non pas de le œuvre nouvelle. ses longs hivers. le taines gens y ont cherché ils un aliment à leurs dispositions ont commis une faute. l'Amour. tandis que l'âme jeune. on se sent encore troublé par quelques échos perdus vagues. Par ce premier livre. i ) Maurice Dreyfous. ou mieux elle s'éloigne. et d'ailleurs ce n'était pas pour eux que livre était écrit. ceux qui savent gré aux hardis des ont compris de suite à qui le efforts qu'ils font pour ils créer. où poète chante cette vieille chose. intitulée la : Xous autres les gueux de les pensée. généreuse. Or du naturalisme dans vie contemporaine exigeait qu'un l'amour eut d'autres tendances. bien qu'à l'heure actuelle lui y ait encore nombre de gens pour contester ce titre. dans l'étroite mansarde. les premiers. et c'est à peine. poète sait conter. les gueux de l'amour. les autres ils avaient affaire. . sans amertume le et sans regrets. il et c'est jus- tement qu'ils l'ont sacré poète.l6 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Enfin nous voici à Gueux. ont eu le mérite d'encourager. Les autres. Richepin a forcé l'attention du public. les gueux des rimes. dans le strophes pleines d'affectueux souvenirs. III Après la Chanson le des Gueux. voici les Caresses^. si fécond en surprises délicieuses! la s'est effeuillé ce printemps. nouveau venu. Chanson des Gueux la suivre. si s'arrête. un livre d'ardente il passion. du moins apparentes. débordant de rêves. corps s'habituait à souffrir. monde. et l'on ne peut plus Les derniers après la refrains se perdent dans le lointain. éditeur. jeuet nesse envolée. vivait ce beau printemps de Et lorsqu'il la vingtième année. cermalsaines. où.

un curieux essai qui date de 1857. récit a voulu mettre un peu d'idéal dans son de l'amour. en ne donnant pas à son vers. a poème le langage rythmique du pensé faire un coup d'audace et satisfaire le goût art. ma main dans ta main Feydeau. de Richepin est un roman en les vers. Les Quatre Saisons forment une étude psychologique. ils étaient libres. pas l'amour chaste platonique. au début de son « « « « ils livre. qui semblait déjà peut-être vouloir se faire jour en habillant son livre Richepin. jeunes encore. Et frappe à coups durs Vend unie des tempes. ni cœurs trahis. jourd'hui oublient trop. comment n'eussent-ils pas été libres? » à la Richepin au contraire grave ces vers L'amour que Ce n'est première page : je sens. le délire de la pensée. Prenons comme terme de comparaison les Feydeau. s'il devait aimer l'autre. l'autre s'en tient au délire des Feydeau. ne pouvait redouter l'âpre colère des Si larmes brûlantes des veux jaloux. écrit ces lignes : « L'un et l'autre n'avaient rien que de pur. C'est l'amour vivant. l'amour qui et nie cuit. Ce n'est le pas l'amour des blondins pâlots rêve /Jolie Dont C'est au rit ciel des estampes. L'un nous peint sens. et c'est /'amour humain. Ils étaient vierges. et enlever à son des manifestations physiques œuvre ce que le roman humain mêle . en du précieux vêtement des strophes. ct Q ue ^ es jeunes d'aule livre Ce livre est un poème en prose. les Vamour qui parmi sanglots. réaliste.JEAN RICHEPIN 17 que celles qui se trouvent marquées dans les œuvres d'une époque Quatre Saisons d'Ernest lointaine. Caresses nous racontent un drame physiologique. ni les Aucun d'eux. Mon cœur sur ton cœur. Je serai sincère tu seras folle. a voulu faire une il concession à ceux qui trouveraient son sujet trop prosaïque.

Avril résonne la comme et les cordes sensibles d'une harpe. où les pelouses sont baignées trilles si. Les choses Il qu'autant qu'elles lui parlent de l'objet chéri. les les papillons rôdeurs. il étudie l'amour naissant nonaupointdc vue des rêves chastes qu'il lait éclore. quelle lui ose baiser les le bout des doigts abandonne. Quand votre Majesté. Semble un iris axant pour fleur un arc-eu-ciel. être vivant. mais au point de vue des désirs passionnels ne l'attirent le qu'il éveille. n'ose deux êtres innocents marchent embarrassés. d'une tiède lumière. qu'un rayon de timide dore aux bords. Mon cœur est un jardin plein a" œillets et de roses. n y a plus dans monde qu'un elle. les fleurs. .l8 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS de convention et de prétentieux mensonges il à tout ce qu'il ciels anime. les c'est à peine si après une lente promenade. Le jet d'eau. Au jardin de madame. est satisfaite. Tout est joyeux. et toute la nature se résume en comme en témoignent les distiques suivants : AU JARDIN DE MON CŒUR Quand vos yeux amoureux ne me sont point moroses. les linols. bleus. pinsons. Dans Floréal. où dans foins naissants. pour qu'il y boive gouttes de sang qu'une branche hérissée d'épines y fait perler. les odeurs. Richepin laisse de côté toutes ces peintures. Les abeilles vibrant. fait chanter le vent languissant dans branches que miroitent qui verdissent les jeunes bourgeons. côte de secrètes inquiétudes et rompre un silence rempli de tendres aspirations. les couleurs. la bien-aimée. mon cœur tout le monde est en fêle. où rose s'étonne de fleurir s'observe radieuse. les me'sa. et ni l'un Dans les sentiers étroits ni l'autre des à côte. Les moineaux. songe aux soleil les doux pommelés de nuages il gris. les flaques d'eau. c'est a ////' peine causer voluptueusement leurs regards.: Tous les oiseaux grisés chantent comme des anges. et Lorsque Feydeau parle du Printemps. où les oiseaux réveillés essayent leurs délicieux et les fatigué de faire battements de leurs ailes blondes. qui gazouille aussi doux que du miel.

Tandis que Feydeau veut élever à la splendeur de tendresse idéale de ses il amoureux. . h- jet d'eau rauque je n'ai est et lourd sanglote dans sa vasque. Mésanges. au milieu de moutons enrubannés de bleu champêtre. les œillets. pour dire à son aimée en la prenant dans ses bras Ne sois pas jalouse. à Rome. tout est charmant dans l'infini. étalaient sur le gra- dins du cirque leurs languissantes beautés. Voilà qui est galant. . C'est loi. n'est-ce pas d'orgueil à là la préférence sur de quoi donner autant d'amour que une belle! D'ailleurs. il se souvient épris. aucun papillon n'y et voltige. celles que Praxitèle les immortalisait par marbre. va !. les bergères poudrées que Wattcau fait fleurie. les fleurs et les oiseaux! Adieu printemps! fanent sur leur lige. dans de longs corsages. Tant que pas vu vos regards adoucis. et obtenir de telles rivales. linots. S'en vont loin de chc~ moi pour chanter leurs chansons. leur jouent de galantes ritournelles sur là qu'artifices : de langage. le que il la beauté a toujours eu des autels. Richepin donne un contour à ce qui est immatériel.. Olanl son arc-en-ciel ainsi qu'on aie un masque. Les roses. et dans les belles son âme d'être évoque mortes. et attendent toujours qu'elles chantent preux chevalier aux accords aigus du rébec. JEAN RICIIEPIN 19 Mais quand Adieu vos yeux se font cruels et mécontents. la flûte vêtus de satin rose. Parfois pourtant le poète se souvient qu'à toutes les époques on a aimé. et pinsons. on en conviendra. la Floréal. danser sur l'herbe à jamais tendre. tout est gai. qui pâlissent sur le trame usée des tapisseries anciennes. celles qui. Mais ce ne sont tandis que de beaux pâtres. se Aucune abeille. et moineaux. tout Mon cœur un jardin planté de soucis. Celle que mou cœur rêva. ce n'est pas une autre. sous lutteurs samnites la taille regard inquiet des châtelaines à la ou des chanteurs syriens. les belles raide.

Cette disposition lui inspire alors de fous badinages. Je serai cuirassé de velours. Débarbouillé de rosée. Ou voit qu'il n'est pas de ceux Oui vont travailler Met El le uei et la croisée. se frottant les Viens voir lever Dans Alors. redormir peut-être. où l'or fin nous servira d'arène. comme : LE SOLEIL RICHE Pour le laver du sommeil tes Déjà là-bas l'Océan. D'un nuage qui Lentement Il veut il rougeoie cligne œil. Mais la Nuit. fainéant. yeux. roule. s'il C'est à peine même admet l'unisson. Aux chevaux pomponnés je lâcherai le Et notre dais d'azur sera firmament. Vous sere^eu dentelle et salin. pelotes.20 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS applique un anthropomorphisme jovial à toutes les choses de là-haut ou d'ici-bas. Il allons. . Nous aurons pour parents notre vieille marraine Oui nous donne legrand soleil. poète lance follement dans la l'air ce sonnet qui rappelle. de Hugo : LA NOCE FÉERIQUE La Sur noce sera belle la et riche galamment. pour un vivre. Oui défait ses papillotes. C'est Monseigneur Soleil faut sortir de la plume. F autre vermeil. 11 quitte cependant à un certain moment cette chambre qui pour lui est toute la terre. le soleil grand miroir. Un vol Comme L'un de flocons neiger des papiers de soie. Regarde le paresseux Le donneur aux beaux cheveux Comme il bâille! il a l'air ivre. est Crie en ouvrant la pénètre blanc. la veuve eu deuil. et se portant d'un large coup d'aile au royaume le de l'enchanteresse fantaisie. et il ne souffre pas que Ton soit au-dessus de son amour. par certaines idées. moi l' amant. l'on voit. le : Tous sont roulés eu — Allons. Votre Oui sur yeux pèse encore. son alcôve d'aurore. s'allume. Victor Chanson de bviradnus. vous la reine. la rêne. son diamant. dans Pair léger.

loi. et il avec une exactitude maladive. Tu seras l'ouragan je serai la feuille. tout ce en est l'es- est le heureux de que : la tendresse lui suggère. ! Tout ! rien ! n'importe quoi! n'importe où Je suis fou. Ils seront oiseaux. Porte-moi n importe oit. Je ne suis plus un homme. . un moi. Le poète qu'une seule le désir. n'a plus c'est la chair seule qui résonne. je ne sais plus vouloir et et je suis fou. les fleurs. cet esclavage. deux à deux.JT. je ton caprice. Pour moi. les Tous viendront. Je suis ta chose.PIN 21 El tous les amoureux viendront à la la soirée Où chantera Nui! dans sa robe moirée. ! dis-moi n'importe quoi et Quel que soit le pays. nous nous émerveillons ait pris l'Idéal pour beau-père. les papillons. Et plus loin. : et salueront par paire En me De voir qu'un homme disant — Seigneur. IV Mais déjà Floréal est passé. Je veux boire jusqu'à F ivresse. il note en des vers d'une ardeur terrestre Mes désirs ne sont point lassés tes baisers.AN RICIIF. il s'écrie dans un transport de jalousie amoureuse : Dis-moi n'importe quoi! porte-moi n'importe où Tout me plaira pourvu que ton désir le veuille. voilà la Thermidor qui paraît. qu'une seule parole les folies : le baiser. il en observe toutes clave. : Donne-moi maîtresse! Je n'en aurai jamais assez. Son ivresse est insatiable. Je ne verrai que n'entendrai que Le monde est un théâtre où toi seule es T actrice. l'instant toi. Nous nous chanson loi il : éloignons de plus en plus de de la chanson du cœur. Dis-moi n'importe quoi ! porte-moi n'importe où! Je ferai sans remords tes volontés sans cause.

c'est l'inconnu. nous trouvons autant de mais moins trouvons de furie . filtre ses paillettes verla meilles à travers les feuilles que nul souffle ne balance. Nous y cette même l'extase des gens heureux de s'aimer. celle des cigales qui source dont les eaux écument sur les murmurent. chez se fait harmonie. mais celle qui la s'échappe des nids. dont l'alcôve discrètement fermée d'épais plantes. Tu m'as d'amour plein ma timbale. la clarté ne vient plus d'une veilleuse vacillante. bercée par cette monotone symphonie. par une large baie. de thé. retentit. d'Ernest Feydeau. : et déjà au cœur de l'amant se creuse une profonde blessure Ah! l'automne vient aux amours comme aux années! On se souvient encore des heures écoulées. promet de jouissances bru- Dans YÉté. ci mangé du tambour bu de la cymbale. la respire comme une fleur. maîtrisant son souffle.22 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Mon cœur n'a plus de vœu. autant d'ardeur. la et lui. de vanille. Comme J'ai l'initié du mystère ancien. « regarde dormir narines ouvertes. penché sur et. Le paradis n'est plus est une étroite chambre. sa les « face ravissante. ce n'est pas celle chanson qui des lèvres qui se choquent. relit au livre du passé les feuillets qu'on a croyant ne les jamais tourner. d'ambre. » Le langage de l'amour chez Richcpin Feydeau. mais . et non soif inapaisée des gens qui souffrent en s'aimant. mais plus de chasteté. Oui. celle de roches. passion. voici l'Automne. L'aimée alors s'est endor« mie. Ton versé le vin désir est le sien. mais du soleil qui. de miel. avec tout ce qu'il tales. on écrits. il s'appelle l'éloquence. ce qu'il leur faut à ces deux êtres asservis aux fureurs de leur sens. c'est un boudoir orné de hautes de repos une molle atmosphère d'odeurs capiteuses. V Mais suivons : voici Brumaire. qui versent sur le lit rideaux.

J'ai laissé des baisers chauds sur ta gorge fraîche. mensonge est monté jusqu'à leurs lèvres. Le feu vivant qui ? En veux-tu faire des clous il Pétillant. et de loin comme de prés ces deux êtres sont unis étroic'est ce tement et ne peuvent s'affranchir de leur lourde chaîne. Comme un bélier laissant de sa laine. Le forge pour n'en rien faire. De part et d'autre. . l'on est Il en proie à d'irritantes songeries. le souvenir devient une obsession. forges. Le cœur dans s'est brisé il l'apaisement des désirs. ma pensée habile sous ton toit. Cherche au centre. éblouissant. Elire un bijou délicat? Quand. LA FORGE Dans Tu la forge qui s 'ni hune Veux-tu l'arrondir en sphère? C'est le chantonnes eu forgeant mouler sur ton sein. et l'amour devient persécution. Ses étincelles de sang. JF. En veux-tu pour ta poitrine tu ris comme une folle. Ton image purpurine. Lors faudrait que tu prisses tes Semant d'étoiles la forge. après a eu comme une révolte jalouse. Quand je Car toute suis loin. lassé On veut l'oublier. le chagrin qui en naît vous rap- proche. piqua sous ton marteau vainqueur. le doute le cœur des amants. bien mes soupçons ialoux. cognes. s'est éveillé le y comme la chanterelle d'un violon. c'est en L'amour vous sépare. et l'on se torture sans but. . je suis cependant près de toi. Avec un marteau d'argent Mais ton désir assassin Et mon cœur est sur l'enclume. pâli se mêle à ce sentiment comme une amertume nous dit le poète. Que la lame en soit trempée Pour Sur Et voir mon cœur que tu rognes Avec mes larmes pour eau ton enclume s'user. où se Du bloc rouge de mon cœur s'envole. sans cause. lin veux-tu pour le bourreau Tu Et ne veux que t' amuser. Faire une tranchante épêe? tu frappes. cruelle.AN RICHliPIN 23 tout cela ne rend pas le bonheur perdu. Pour modèles caprices Vient éteindre sur ta gorge Ou Et vain. à la crèche.. le que murmure poète dans ces distiques : .

bien-aimée envolée. ta chair. Mes désirs caressants traînent clans tes chiffons. Le soir. Où vivre? Étouffer Dans quelle ombre mou ennui ? plus sombre la nuit Ma peine est plus profonde la Que mer. Mon amour a muré ton corps dans une geôle. quand ton sang bout comme un damné d'enfer. trêves. Ma tristesse est Que Où fuir ? De quelle est sorte Égorger mou remord? On mourir? Sous quelle onde Ma douleur plus forte mort. Mon souvenir te tient comme dans un gluau. quand ton pouls bat C'est que la charge de la fièvre te mon souvenir vient mordre à la lèvre. quand ton sommeil est un combat sans tes rêves. et cœur. si je veux. une certaine dou- . le est et l'amour la s'est engourdi sous s'est les neiges de l'hiver qui glace les hirondelles. C'est en vain que l'absence à mes mains te dérobe. Le jour. 24 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS J'ai beau ne point t'avoir près de moi.. à de violentes engoisses. Mon souffle peut d'ici chanter dans tes cheveux. Je suis sûr que tu sens mes mains froisser ta robe. comme l'amant demeure grelottant parmi tant de froidure. C'est que mon souvenir vient violer VI Mais Nivôse venu. C'est que mon souvenir vient allumer La nuit. Noyer mon deuil amer? Que la Les sentiments du poète sont complexes à cette période. Tu dois me voir passer dans tes miroirs profonds. Mon souvenir jaloux t'a marquée à l'épaule. il se mêle à de grondeuses colères. Cette chemise en soufre est collée à ta peau. Où vivre? s'écrie-t-il.

qui descend de la montagne et déborde. ne la fait pas éternelle. même dit une certaine bonhomie : Après avoir fait « Les vrais crucifiés ce : sont les amoureux ». l'autre la termine comme un drame. et tu m'aimais vraiment. Fey- deau. Lui. et : fait cette promesse à celle qui l'a quitté T'ayant profondément aimée. Les deux amants. vont être entraînés par un torrent en furie. le poète cet aveu à la fugitive Malgré tout tu fus bonne. l'être l'amante est oublieuse qui s'est livré. dictée par l'esprit de justice. Et toute ma vie à venir En Et c'est il demeurera parfumée ! sur cette note calme que Richepin termine son livre. La passion. qui avait commencé son étude comme une et pastorale. aimant. et leurs corps. insulte-t-on son hôte? S'il ne fut pas aussi constant qu'on ? le rêva. mauvais cœur. bah! si Point ne faut chercher et a l'amant est ingrat. brûlant de juvénile ardeur. et une philosophie dans son malheur juge les choses méritoire. de Thermidor.JEAN RICHEPIN 25 ccur due à l'apaisement du souvenir. avec une logique impeccable et un sang-froid vraiment quand il A quoi bon insulter V amour il s'en va ! Quand quitte le seuil. et sa lèvre n'essaie s'est fait même pas d'un reproche. côte à côte. Eh est bien! des deux voies suivies par les écrivains. L'autre peut vous donner . A-t-il écarté de lui tout sujet d'ennui? Lui assez d'accueil? A-t-il obéi assez servilement à ses si moindres désirs? Mais. meurent dans un sentier tout blanc de neige. tout de tendresse. Le pauvre amour. la seule vraie indiquée par le poète des Caresses. seul le souvenir subsiste. fleuri il l'être ne veut se souvenir si que de Floréal. Il Il n'ose pas la retenir. N'est-ce pas notre faute Et il s'accuse lui-même. Je garderai ton souvenir. comment a-t-il fait l'a— t— il hébergé. l'un rongés d'une sourde haine.

veut vivre d'une vie réelle. a prouvé que l'amour la est et la faux qui prétend se soustraire aux lois de nature physique. VII Quittons pour un instant le Richepin des Caresses. Dans nous avons trouvé plus d'élan n'est plus et plus de virilité. autrement le sentiet ment platonique déguisé. lui ne se dissimule nullement la lutte qu'il faudra soutenir. Mais laissons parole à Richepin lui-même Malgré leur tolérance. mais combien et lorsqu'elle elle est stérile en émotion. Il a écrit plu- sieurs pièces en vers de neuf pieds. les nombre de gens qu'il chères. à commencer sait par la libres-penseurs : panthésistes. Le métré existe. examinons froidement paradoxes qu'il le livre. il est mais et en quoi peut-il de satisfaire l'oreille. qui si nous semble être le vrai. arrêtons-nous aux Blasphèmes. conclu- sions désespérantes elle nous entraîne. contre le lequel vinrent s'échouer tant de colères! Maintenant que scandale est les tombé.26 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS l'illusion d'une existence idéale. écoutons attentivement dit plus renferme. et ému dans quelques pages de ce livre Mer. c'est le pages même. une œuvre de combat. de métier au point de vue de technique du vers. il Mais là encore poète est dans le vrai. à quelles les Caresses. car est énorme et les le atteindre dans leurs convictions les plus les religieux. à certaines parle. l'union deux vers donne une coupe trop longue pour que l'auditeur y trouve quelque harmonie. nous ferons une observation la à l'homme vrai. nous l'avons haut. n'est qu'un désir inconsciemment entretenu mal Avant de fermer le livre. celui que nous retrouverons si puissant dans certaines la scènes de Nana-Sahib. La mesure est boiteuse. ce l'homme qui le mâle inassouvi qui brame. C'est et l'auteur il là. que les unions d'âmes ne peuvent exister qu'autant qu'elles sont fatale conséquence d'une possession corporelle . les sceptiques s'irriteront de mes affirmations .

Us matérialistes criminel et eux-mêmes. une discussion sur des questions des Blasphèmes que suite qu'il s'il de philosophie de métaphysique ne serait nullement à sa place dans notre revue. se laisse aller dans le sonnets amers il mordantes et brutales satires. dans la Prière de l'Athée. Droit. à la défense de conventions dont je ne reconnais point l'absolu. les Dernières Idoles. la tourbe des sots et des hypocrites croira de son le de sauver et. Mais nous ne suivrons pas sur ce qu'il où nous n'arriverions pas convaincus. ces la Famille. tivistes. dans l'épilogue au Christ futur. dans Chanson du Sang. Pour m'achever devoir enfin. ces et je par les posi- ramasseurs de bouts défaits. sous le Nous ne considérerons la le livre rapport de poésie. Les hommes de science ne consentiront jamais à mépriser des découvertes qui font leur gloire et les formules à les considérer comme une pure pavanent logomachie.. saigneront des coups que je porte à la suffisance humaine. ni malheureux de couper toutes les fleurs de leurs rêves. sous prétexte d'honorer la Raison. etc. j'entendrai clabauder toutes ces oies du Capitule. si. pas plus nous a d'ailleurs. Voilà qui est net intention terrain : tout le monde est à refaire. s'élève au . de remplacer par des hasards et ces lois par des habitudes. qui jongle avec rimes qui a d'une façon à rendre jaloux des trouvailles les M. — apôtre d'un désolant nihilisme. mais qu'il la la foi n'ébranle pas. Nous écrivons amusé. à le convaincre. mais qui se impérialement dans leur qualité d'homme et qui se donnent de l'encensoir à travers la figure. affuble d'un de vêtement grotesque des légendes sur lesquelles s'appuient quarante siècles. Il y a certes l'auteur là une ne généreuse. la Société. me trouveront dangereux. ces aimables dèifi- cateurs d'eux-mêmes. dans Carnaval. il dans dans \q Juif. encensoir. ou du moins ceux qui se disent tels et qui sont assez inconséquents pour parler des causes ces causes et des lois.Errant. et nous avouons de nous a beaucoup amusé. la Morale. de Banville lui-même. et se révolteront en me voyant cracher dans leur stupide Les heureux ne les me pardonneront pas de constater le néant des choses. parce que est conçu par un apôtre. S'il de rythmes à de vraiment heureuses.JEAN RICHEPIN serai accusé d'impertinente métaphysique 27 audacieuses. et et. les et — il est écrit par un virtuose. la Propriété. Les bonnes gens sans prétention philosophique. dans les Vieux Astres.

ses ateliers. là. . Cinq mille ans Je suis repassé il s'écoula là. Ses murs. voyageur curieux. C'est ma patrie.28 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS ton de l'épopée. écrits ces couplets de et Chanson du Sang. — Un homme répondit. Cinq mille ans Je suis repassé il s'écoula. par Murs. tout avait disparu. grave et l'orgueil aux yeux : Elle a de tout temps existé. que l'univers. Depuis quand florissait la superbe cité. un vieux berger dans ses grossiers habits bis. une rude harmonie qui convient lourde fatigue de l'éternel passant. temples. ces flots verts : — Depuis quand donc — Ces plus chênes sont au chasseur perdu dans voit-on une forêt céans? vieux. lianes pendaient sous des porches béants Des Comme un tas Et. que de grands mâts. Se dressait sur la plaine en mangeant son pain Or je Dans voulus savoir depuis quels temps ce très courts pré tout nouveau l'on paissait des brebis. tout à fait à la LE Quand sur BOHÉMIEN mon chariot pour la première fois Encourant F univers j'arrivai dans ces lieux. ses palais et ses Dieux. fit-il. Une ville y grouillait. en rimes masculines. tels de serpents tordus noués entre eux . sur ces noirs océans De feuilles Et je dis s'élançaient des troncs d'arbres géants. nous la ncn voulons qu'un exemple. empruntant à cette recherche de sonorités pleines. par La plaine était changée en un bois ténébreux. palais. soleil et Rien! plus rien! Le allumait des rubis Aux javelots Et seul mouillés verts d'unga~on dru. Et quand je demandai. Dieux. avec ses vieilles lois. dit Le berger d'un air moqueur : — Depuis toujours.

.

JEAN RICHEPIN

29

Cinq mille ans
Je suis repassé

il

s' croula

par

là.

La mer,

la

vaste mer, sous son
cl

glauque linceul

Avait enseveli lianes

forets.
petit et tout seul,

Un

bateau de pêcheur, tout

A
Et

la brise
je dis

du

soir balançait ses agrès.
:

au pêcheur
la

Est-ce que tu saurais
la terre ainsi?
il

Depuis quand


marée a pris


:

Tu

plaisantes? dit-il... Puis
depuis que la mer
est

reprit après
elle est ici.

Car

mer,

Cinq mille ans
Je suis repassé

il

s'écoula.
là.

par

A

la place des flots

au panache d'argent

Se déroulaient sans fin des flots à crête a" or, Le désert! Aucun arbre au lointain n'émergeant.

Du

sable là,

du

sable

ici,

du sable
ce
ses

encor.

Et quand f interrogeai sur Le marchand qui chargeait

nouveau décor

— Depuis
On

chameaux à genoux
l'être

:

le

jour, dit-il, où

a pris
nous.

l'essor,

connaît ce désert, étemel

comme

Cinq mille ans

il

s'écoula.

Je suis repassé par là.

Et

voici derechef
ses lois, ses

une

cité debout, ses

Avec

murs,

palais

et ses

Dieux,

Et son peuple grouillant
Alors j'ai dit
très

ainsi qu'une eau qui bout.
ce tas d'orgueilleux
:

haut à


Et

sont donc

les (lots verts,

la cité

du temps jadis?
ville est, sera,

— Et

les flots d'or,

les flots bleus,

l'un cria

:


Et

Notre

fut toujours dans

ces lieux.

j'éclatai de rire

au ne% de l'Arya.

Coulera

ce

qui coula

!.

.

Je repasserai

par

là.

Richepin annonce, dans sa lettre-préface, que
sont que
la

les

Blasphèmes ne

première partie de sa Bible de l'Athéisme.

Nous ne savons

30

LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS

encore quelle sera

la

suite

de l'œuvre, mais ce que nous retenons,
la Prière de l'Athée
:

c'est cette déclaration

qui se trouve dans

Ce

n'est

pas vrai qu'on puisse

vivre,

Sans jamais regarder là-haut.

Peut-être pouvons-nous arguer de ces deux vers pris au hasard,

pour affirmer que

le livre

des Blasphèmes est un livre de conviction.

Le poète y reconnaît implicitement que, s'il est entraîné par un irrésistible besoin de comprendre, qui est l'objet de toutes les philosophies,
il

ne peut se

soustraire

à

la

nécessité

de croire, qui est

la

raison d'être de toutes les religions.

VIII

Et puis, avant

d'être le sectaire, et l'athée,
titre,

Richepin
folie,

n'est-il

pas

un

poète; ce dernier

qui est un signe de
les

pour nombre de
et

personnes bien pensantes, excuse toutes
tous
les

opinions paradoxales

changements d'opinion,

car dans l'une des premières pages
la

de

la

Mer, nous relevons ce terset des Litanies de
Et chantant de mon mieux

Mer

:

eu syllabes bénies

Ta grâce

et

tes fiertés,

ta force et tes douceurs,

J'ai répandu

mon cœur

d'athée en litanies.

C'est

que ce

livre

de

la

Mer, estime œuvre de

foi et

de sentiment,
à

comme nous
prendre
les

le

disions plus haut;
il

Richepin ne cherche pas
il

comil

causes;

regarde, et

il

note;

contemple,

et

il

chante;

donne
écrit

à

l'immense étendue d'eau
culte, et lui, l'athée, le

la

personnalité surnaturelle, à qui
le

il

vouera un

blasphémateur,

démolisseur,
c'est

il

comme un
la

bréviaire de contemplations mystiques;
et

même
lui fait

à la

phraséologie catholique

romaine

qu'il

emprunte

ses vocables,

pour invoquer
ressentir,

mer,

et

peindre les impressions que sa vue

dans un long chapelet des

litanies. C'est ainsi qu'il écrit:

JEAN RICHEPIN

3 I

Mi
*

i

,

église

où la nuit vient allumer

les cierges ,

le soir s 'évapore le

en nuages d'encens,

chrétien

te voit,

Sainte Vierge des Vierges,

Dans le magnificat des Chérubins dansants Oui te font un grand dais de Vombre de leurs
Cependant que ton
fils sourit

ailes

à leurs accents.

Là, Richepin est plus qu'un admirateur; c'est
allions mettre
celle

un croyant;

— nous
comme

un

chrétien. D'ailleurs sa dévotion s'explique

de tous

les

hommes

qui vivent un temps au moins, entre ces
et le ciel

deux

infinis, l'océan
et l'air

grondeur

muet;

l'eau avec ses frissons
le

humides;

avec ses caresses invisibles;
et l'espace
il

gouffre obscur aux

profondeurs inexplorées
rables!
lui

clair,

aux profondeurs inexplo-

Dans

cet

isolement où
qu'il
il

se trouve,

l'homme

sent s'éveiller en

des

sentiments
d'intensité;
et

ignorait,

ou

qu'il

connaissait à un degré
le

moindre
si

concentre toute son attention sur
si

panorama
plus
il

uniforme,

cependant

varié au milieu duquel
il

il

flotte, et

se trouve petit

dans cette immensité, plus

se plaît à

évoquer une
imaginaire
le

puissance purement métaphysique dont
soutient, et
le

l'aide

même

défend des terreurs mauvaises. Et

c'est

avec

le

soulivre

venir de cette émotion qu'il a vécue, que Richepin
sur
la

compose son
lui

Mer. Dés l'abord,
refaire

il

lui

vient

un scrupule; ne
Mais non,

reprochera-

t-on pas de

en vers

les

pages admirables laissées par Michelet?
le

Ce

serait

une

tentative bien vaine.

sujet à vrai dire

n'appartient à personne, et la

mer

est

une maîtresse assez attachante,
de l'océan. Le
effets, et s'il

pour inspirer

à ses fervents des

chants qui ne se ressemblent pas.
celle

Aussi quelle face toujours renouvelée, que
poète dans
les

Marines

s'est

amusé

à en noter

quelques

s'agissait d'illustrer cet

album de

piécettes

finement

ciselées,

nous

voyons pour chacune

à

qui l'on devrait s'adresser. Voici d'abord pour

un

éventail, des papillons tout petits volant sur la
les

mer grande;

voilà

pour des panneaux de Duez,
Leur
vol qui zigzague

hirondelles de mer.

Fuit, capricieux,

Du Au

ras de la vague

plus haut des deux,

pleine fait de flots. Willette qu'en se chargerait évidemment de cette Pantomime.32 Et par LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS lignes droites Au bleu de l'espace vert des il Où vont s'allongeant ailes étroites. des marine des méduses. ces mangeurs de morts. Brume de midi fournirait à le Stevens une de ces aquarelles vagues. son doux et son amer. Pour le Jardin vivant. où on en mousse J'ai connu les paquets. ses talus arrachés. notées avec l'émotion du pen- seur sur le carnet de voyage. où viennent vigoureux de la gravure à l'eau-forte. Cassandrc et la poète habille un le soir les rochers en rire mer en Colombine. fait écumer au fond de son tableau et Les corbeaux. des explanaires. la des nullipores. : Et ce sinistre cri Pare! un homme à la mer! J'ai connu naviguer. de rocs. son obsession de comédie italienne. qui seul aurait su traduire astéries. la barre debarrec. pour être portraiturés. de vent. eût fallu la féerie la fantaisie de Gustave Doré. appelle la rudesse et le ton énorme. La Falaise. songer à cette grande vague sombre qu'Eugène Thirion l'Épave. . auraient besoin. et des gorgones qui dans l'eau glauque profondeur de promènent nonchalamment leurs transparences vitreuses et la délicatesse de leurs festons bariolés. qui suivent l'orage guettent ses victimes. des méandrines. avec sa muraille éventrée. de l'art macabre du quinzième et satisfaire siècle. de décombres. sa brèche se briser les vagues. promenade où voir. IX Mais non voyage d'agrément. Richepin fait vivre ses marines. et qu'il a l'on a peu le temps de : qu'interrompent les longues stations aux casinos stupides le traitait ce connu : c'est le voyage abord des caboteurs. où pinceau semble raconter il comme une toute indécise mélancolie. de remous. Enfin pour donner aussi le la note gaie. sous la grand silencieux de Pierrot qui grimace au cadran de Lune. Et c'est ainsi poète. La Bataille de nuit. y Comme au eaux Leurs Donner quand passe Semble en plongeant Des coups de ciseaux.

il accompagnait la manœuvre au rythme de une certaine fierté Et : ses chansons matelotes qu'il transcrit avec c'est au souvenir des heures en allées Avec eux. non pas gaies tris- comme on misme rien. eux qui ne possèdent de superbes ironies. C'est en l'honneur des vieux compagnons de hasard sans art. Chantons la terre! fait taire . mais empreintes d'une tesse assez poignante. écrite en peuple. Elle a du bon. en charme.JEAN RICHEPIN 33 La Et C'était caresse les et les coups des brises dans les toiles. grands quarts de nuit tout seul sous les étoiles. son feu Nos chers petits. Voici quelques couplets de cette dernière Chantons aussi la vieille terre! Chantons aussi C'est la la vieille terre! Elle a du bon. La mère au pain. et Nos Auprès de chers petits l'dtre La mère au Elle a ses chêne et au sapin. En chœur. une belle et dramatique leçon de générosité. des vertus d'apôtres. C'est la maison. et bien comprise par regrets : lui. Y découvraient matière ou de rire ou de larme. elles sont curieuses le ces chansons. y sont blettis.. où chantent des simplement contés. Chantons la terre! Chantons la terre! Chantons aussi la vieille terre. Rappellerons-nous à l'appui de notre assertion. et plein de cœur reprenaient le et refrain.. Trouvaient qu'elles étaient grand'largue Et de fait. Chantons la terre ! Quand ils pleurent. si et Un coup Terrienne. cet opti- désolant de ceux qui sont lassés de souffrir. parce qu'on y devine la résignation. que je tiens à ces rimes salées . le Mauvais hôte. des charités inépuisables. eux. ces marins. Chantons aussi la vieille terre ! La mère au pain. On repose en propriétaire. et pourrait supposer à bord. vrai marin. maison De son ventre noir en charbon le Où las du lointain horizon Sort cidre qui désaltère. savouraient le Que je recueille ces cantilènes Car ils les aimaient. Ils ont. voix son mystère. pour lui l'époque. pour être la langage du d'riquiqui. ces mystiques qui se font philosophes le devant péril. où bercé par le roulis.

34 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Chaulons aussi la vieille terre ! Chantons aussi C'est le la vieille terre! lit Elle a des fleurs. leur labeur héroïque. mais. le poète comme ils il est descendu au fond de leur conscience. malgré rice et leur leur amour pour la mer. Lui font de longs adieux. comme il sent bien ce qu'ils aiment. Comme il les a bien compris. Elle a des fleurs. l'eu us. comme le dit le chansonnier à la fin d'un sonnet: Pardon. Et ceux qui vont sur nier eu reviennent salés. sous le tertre fleuri. mais. les gas ne peuvent s'empêcher d'envier ceux qui en songeant aux barques sans dorment heureux. Elle a de gais oiseaux si/fleurs grand Où . nies qu'est-ce c'est que vous voulez? connue les bonnes gens. avirons. lit. auquel ils satisfaction peu et remplissant comme un devoir sont fièrement attachés. . vivant leur existence de la misère honnête. excuse. ce qu'ils espèrent. mettant toute leur ambition dans exigeante de leurs pauvres besoins. sinon l'héroïsme habituel de leur laborieuse mission. la terre! grand Chantons la terre! Il en est d'autres dont nous ne pouvons parler à cause de leur sujet. tour à tour leur nour- tombe. ce dont meurent. Il les a vus. mort. Est mis Dans l'herbe et dans les chants. Son corps près amis Tons ceux qu'il a connus. Oui pas solitaire. dort là n'est C'est le Oui font joyeux Chantons Je plus austère. ce qu'ils souffrent. personnes. Les mots. on vous ensevelit. aux ciels lourds qui s'écroulent en trombe ! Mais laissons la parole au poète : AU CIMETIÈRE Heureux qui meurt Ainsi ici Il dort d'un bon sommeil Vermeil Que les oiseaux des champs! des Sons le ciel radieux. aux chavirements d'où l'on ne revient pas. Néanmoins. X Ah! ceux qui vont sur mer! des gueux. tout naturel.

qui le lourd chalut tout rempli de poissons. au : refrain monotone scandé comme par des gémissements La oula Hardi! ouli oula oula tchalez les haleurs. Alors que les haleurs. . Qu'il faut l'entendre. ce péril tou- jours renouvelé. en décembre. Ont les qui pour seuls Sont doucement mouillés. La murmurent. Peut voir S'il était jeune ou non. le refrain se traîne en sanglotant. comme un gémissement Mélancoliquement ça roule en plainte sourde. Mais ceux-là encore ce sont le les heureux. et sans les voir longtemps on les entend. De pleurs Ah ! pauvres. du pain pour vieux. halez ! Ah! c'est la nuit surtout. Et pourtant c'est de grand cœur qu'ils l'affrontent. gagner mince la vie empêche de retourner trop attrait comme pouvait avoir encore quelque et pour ces haleurs. épuisant un reste de vie à vite à la terre. surtout quand il s'agit de remonter ça. Que Combien plus malchanceux Sont ceux les oiseaux des champs ! Son corps près des amis Est mis Qui meurent à la mé. Dans l'herbe et dans les chants. entrevus vaguement lassés. la femme marmailles. la lugubre cantilcne. dans l'ombre lourde Ils vont. et Car C'est du chalut charge les distend et les les mailles. S'en vont Loin du pays aimé ! Et ses os. yeux grands ouverts.. . Rauque et lent. ! oh! les haleurs. toujours chantant. les Tout nu. Linceuls goémons verts Chacun sur le bois noir Où Et l'on roule inconnu. JEAN RICHEPIN 3) A sa croix les parents Et sous le flot profond Pleurants Restent agenouillés. Toujours tirant. il y a sur la jetée ou dans le si port toute une salaire qui lie grouillante. et ce n'est pas leur travail qu'ils marchandent. ici Et peut avec de vrais Regrets Heureux qui meurt Ainsi L'appeler par son nom. nuit pleine. sous les fleurs.

voilà ce que Richepin a traduit dans sa belle langue riche. rien n'empêche que les gens de tout la mer auront ils même vie humble mêmes aspirations. mais bien une œuvre vécue. Oui pour l'éternité pleurent La oula Hardi! ouli oula oula tchalez les haleurs. minable. on des naufragés.36 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Tout là-bas. est là. que ce de Richepin n'est pas comme on le lui a reproché. l'océan a pour ainsi dire gravé toute 1 immensi toute profondeur de ses horizons. où entend pousser et les gaietés le cri côté du bruit de la mer. peuple de sanglots. dont il nous parle dans son sonnet des Songeants . une âme sité. tout là-bas. Une autre bande douloureuse. ça meurt. du fond du L'ombre de l'horizon se port. Pauvres damnés à la besogne interminable! Et de partout. ! oh! les haleurs. si féconde en mots heureux qu'il crée ou ressuscite. et dans leurs yeux. Et la nuit semble un champ plein de larves funèbres dans les ténèbres. habilire tués à dans la l'infini. du seuil des flots. dans le port. si sentie. C'est un nouveau. ça s'en va. remorqué. Il semble la qu'il ait lui aussi connu cette contemplation et cet : amour de mer. quand S'élève. les effrois les grands souffles delà tempête. bateau qui rentre. Mais non Nous avons suffisamment livre établi par le récit de ces poèmes. halez! Rappellerons-nous encore la complainte des Trois matelots de Groix. Et soudain. Voilà ce qu'un poète devait remarquer. le fragment de la vingt idylle de Théocrite. même il traduit dans l'une de ses pièces. ça s'enfonce. c'est et unième pour mieux montrer que le sujet qu'il a pris est le éternellement actuel et humain : la langue peut changer. pement de rhétorique. ! comme du rude métier de matelot. Regardez ces recèlent êtres à la peau brûlée de hâle: sous leur dure écorce. un dévelopmoderne. susceptible des plus délicates émotions. à climat peut différer. les mœurs peuvent et les être soumises la d'énormes par- transformations. voici qu'une réponse à l'autre bout du quai. où l'amour de l'élément se révèle plus intrépide parce qu'il s'y à mêle une sorte d'impassible ironie.

Mais chaque jour. toute l'admiration que éclater en son cerveau « l'éternelle les inassouvie ». l'infini Sans parler. Et cette âme. théâtre en vers. Et jusqu'au fond de l'être avaient l'air de jouir. pour théâtre. A force d'être ensemble eût dit ayant nu'ne pareille. avait perdu la vite. dans leur essence. abimés dans d'un rêve. On deux sarments. où résume en fait des strophes d'une éloquente inspiration. L'autre d'une comédie du répertoire traduite en langage du dix-neuviéme . tandis qu'entre elles causent et vagues. quart. bonnes gens. lui. pour peindre grand vol des albatros et des frégates. l'aveugle à l'ouïr. indigents.JEAN RICHEPIN Dans h pays on 37 les appelait les Songeants. en soulevant. c'est elle que le matelot évoquera quand la il sera de pour s'adresser à la lune. que le poète fera palpiter dans les Grandes Chanil qui terminent son livre. pour les répandre aussi bien des pleurs. secret des flots turbulents. et de la même treille. Ainsi de leurs vieux ans ils et achevaient la trame. l'oreille. Et tous deux à humer son âme dans leur âme. C'est elle encore sons. secs. que les le vent. Ils se trouvaient heureux et n'étaient exigeants . C'était un vieux marin sa Janine. Et demeuraient assis sur le bord de la grève. et le Car. nous reste encore à examiner le XI Les deux œuvres dont se compose le théâtre en vers de Jean Richepin ne peuvent nullement être rangées sous une même étiquette. cherche à surprendre. ces grandes chansons. Ils venaient. affecte l'allure Dans de la l'une il a habillé un drame moderne qui a l'Inde forme solennelle de l'alexandrin tragique. Le sourd à voir la mer. se tenant par la main. Tels sont. le géant invisible le et insaisissable. elle. quatre recueils de poésies publiés Il jusqu'à présent par Jean Richepin. à l'heure où flux appareille. le pour envoyer dans nuit des baisers aux étoiles.

38 LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS siècle. Nana-Sahib. et fut joué pendant plusieurs soirées par l'auteur lui-même. amou- reux de est Djemma. foret. mort. ce fils du peuple. 1 Les autres brusQuement ont sa rompe èi leur cou. nous devons là encore prendre chaque œuvre séparément. mais la jalousie de Çimrou. mais gran- deur et la vérité des trois personnages indiqués là. avec un très grand succès. attaqué par derrière.. le héros qui l'auteur fait évoluer aimé Autour d'eux beaucoup de gens. j'ouvrais une clairière. fait s'écrier nous lui désespoir qui au moment de la défaite : Lâches! Lâches! troupeau de lâches!. qui fut représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1883. . la qui ont leur part importante dans l'action dramatique. du col à la croupe Se secouant. contre Nana-Sahib. et plus loin Ah! que ne m' as-tu vu dans le le fort du carnage! Pareil au bûcheron. las de léopards. Peine à coups de cognée au cœur de la Moi. nous voyons fait politiques qui que ce qu'on appelle guerre l'autre rébellion. qu'il absorbe l'épopée en ou tout au moins la disons pas accessoire. s'appelle insolemment dans la mais ce qui nous attache surtout ce n'est ni bravoure de Nana- Sahib. dans l'un des camps. devant. front tout eu nage. qui. par dessous. renferme une épopée et un drame humain. ni la fermeté et le sang-froid de lord Whisley. Mais ce dernier lui. de toutes parts. entraînent tous les la bataille. la fille du radjah. atteint une telle intensité. ni l'âme servile de Tippoo-Raï. Reste seul Jl pousse au milieu d'un un cri terrible. d'en haut. et. Et les uns à ses pieds soûl écrasés d'un coup. d'elle.. Quand Par l'éléphant de chasse. dans leurs rangs dont Bûcheron de la la broussaille m'entourait. — Nous y voyons bien la relègue en un rang secondaire la — nous ne province indienne de Cawnpore se soulever contre bien la lutte d'intérêts domination anglaise. Nous écoutons bien le chef nous raconter suivons son beau mouvement de patriotisme et de autres. Il n'y a donc aucune comparaison et à établir entre Nana-Sahib et Monsieur Scapin. dans l'air éparpille leur troupe.

j'étranglais. ait Bien que ce drame de le son action en 1858. ce qui d'ailleurs sortirait du but que nous c'est simple-- nous proposons dans nos études. pleine d'images et de soleil. tout attaché à l'objet aimé comme à une plein d'abandon. qui enchante et effraie tour à tour. de tristesse véhémente et de joie. par puisces sance ou l'extrême douceur de l'expression. la lutte pour l'unité de territoire et la suprécette impression. proie vivante. Constatons seulement que . c'est matie de race. Natia-Sahib est une de œuvres qui se recommandent également par elles s'inspirent. Ainsi je massacrais. là c'est l'amour se manifestant sous des aspects divers. communion d'une mort avec une héroïque volupté. et remarquer comment ils se comportent la pièce. XII Monsieur Scapin est plus récent. et par le l'audace et l'élévation littéraire dramatiques dont mérite incon- testable qui s'en dégage. l'éléphant hindou. on ne peut s'empêcher goûter comme ces vieilles légendes livrent le où des hommes. Ce que nous devons. Nous ne perdrons pas notre temps à raconter la pièce. caractères. quanti à l'étabîe il rentre. puisque cette comédie a été montée cette année à la Comédie-Française. Mais ce que nous suivons à travers toutes la les scènes. Qui Moi. et acceptant la terrible. fait parler à ses person- nages une admirable langue. sont pendus à ses défenses par le ventre. la largement inspirée. c'est le déve- loppement de passion avec ses alternatives de colères jalouses et de tendresses calmes. ment examiner les au cours de chronique. généreuse. que l'hiset toire des temps ont grandi. de désespoirs irréfléchis et de confiante sérénité. après avoir enveloppé son œuvre d'un cadre riche de couleur et de proportions vraiment féeriques. élevant sa portée morale par delà ses satisfactions physiques. ces léopards anglais.JEAN RICHEPIN 39 El l'on en voit encor. Faire autrement serait rentrer dans le cadre d'une et tel n'est pas notre dessein. Ce qui contribue à augmenter que Richepin. plus encore que combat auguste des dogmes de la foi. ici tenace. j'écrasais.

jeunesse qui assurera le triomphe de l'amour. dont le souvenir le vient encore impor- tuner dans sa bonne renommée fille. la il personne du valet Tristan. après ses nombreuses campagnes. rôle de Scapin. Esplandias. le si les hommes de l'art en ont combattu structure même. heureux de vivre. que mettre à la personnage de Scapin. et il est tout prêt à s'écrier : comme : le chat de à la première tentative Il « C'est tour de vieille guerre. . de bon sens de Tristan. le d'ailleurs. ou ne m'y prendra pas! » comptait sans son hôte Suzette a découvert un certain musielle cien. avec il bonhomie tantôt raisonneuse. disciple fait une déclaration de guerre du plus c'est la Mais mieux encore que Tristan. dont veut faire son époux. d'oublier les jours d'autrefois. N'est-il pas temps D'ailleurs espiègle. il est déjà en âge de se marier. presque gentilhomme. aussi et lâche que poltron. charmante et est père de famille. séduisante dangereuse Rafa. et de verve gauloise. qui est dessiné de A sa côté du main de maître. le bons et les mauvais Géronte! Dés la poète prend soin de nous raconter son Scapin. bien connu la fable. La scène dans laquelle sa mère lui arrache son aveu. avec son caractère vieilli et calmé par conservant néanmoins de ses glorieuses fourberies une fatuité invulnérable et l'amène naturellement au point les qui le fait se croire où lui-même amenait première scène. d'aujourd'hui. tantôt brutale. est certainement une des plus fines et des meilleures de la pièce. Quelle idée essentiellement comique scène l'âge. adroitement inventé. Sa sa Suzette. et a préparé dés longtemps son union qu'il ait avec le fils du notaire Barnabe. gras et doux.40 l'on a LES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS si beaucoup discuté la cette comédie. et bourgeois. et y a celui de Dorinnc. plein de rondeur. il qu'il se repose enfin. du nom de Florizel. par son assiduité à en suivre les représentations. jadis de quoi il retournait avec eux. celui quelques autres qui appartiennent aux coulisses de la comédie italienne. et la comme ce faux bretteur. Mais Scapin a confiance en sa propre rouerie. public. D'ailleurs les deux amoureux et ont un aide puissant dans admirateur de Scapin à qui franc comique. n'a pas voulu ratifier les critiques qui pesaient sur elle.

sent. d'une souplesse de talent incroyable. la le notaire faussaire et joueur. après le couplet qui part en sifflant fouet. ne peut plus nier chez ni lui ni le poète.JEAN RICHEPIN 41 A vrai dire. et un rhétoricien. mais nous renvoyons duire. Jean Richepin eût-il pu éviter quelques scènes qui sont de la famille du mélodrame. Richepin possède à un haut degré l'habileté de pensée dans la ils prison des vers aux rimes dorées. Ah! ces revêtent! vers! quelle sonorité Comme elle abondant est riche la phrase du la poète! Comme son vocabulaire est et varié! Après scène violente. et un cœur r^Ef^P^r^&i . Néanmoins l'art même dans ces lon- charmant avec lequel l'auteur a rempli les vides empêche de languir. même: c'est un esprit qui voit. lecteur aux pages que nous aurions voulu repro- Et maintenant. ni le penseur. mieux. Richepin a fait preuve dans son œuvre en vers publié jusqu'à ce jour. sur le nous voici il arrivé au terme de notre travail poète. défaut pour citer bien des vers exquis. mais la bien un philosophe qui est un écrivain de bonne race. Ce n'est ni un jongleur de mots. Peut-être en ne donnant pas a son sujet ce long développe- ment de gueurs. voici le petit la comme un coup de duo d'amour qui enveloppe la délicieuse idylle de séduction des mots et de la musique délicate et tendre des hémisLa place nous le fait tiches. Richepin poète qui chante. l'intérêt sertir sa trois actes. et nous effet a semblé bien noir pour comédie. le personnage de Barnabe. la nous a fait le même Beau- pénible que certaine figure sinistre de Mère coupable de marchais. Comme On est aisé de le voir.

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iii|l. nous avons dû prendre séparément et cela.lf/. chacun de ses livres de poésies.iii.li'..v- r>V>>*^.' r.i. cause de certains y motifs exposés dans les pages qui précédent.i.flL .i.:Nr. . que Richepin retient l'attention du avant tout un poète et Car Richepin un psychologue.«l|l. Est-ce a dire que dans les romans de Jean Richepin.i L£ ROMANCIER '&â> H&ê)'^rd'&d |louR étudier le poète. Ainsi présentée.. l'étude de- . son imagination qui trouve facilement ce qui est bien la vie. qu'à seraient capables d'en créer une.'..li:I."" !iug IWJUIVJIlVNWIlUUMOte '5 .v.m ii. l . du roman.->„UIJ..fiilttnlnrriTTlfnindiiiMiifftHftiiHiiiiiiii... . Pour analyser l'œuvre du romancier. l 'l'! ' l l"l!l'Hi^')il. mouest vement. en absorbant tout l'intérêt du drame..>w**NA*»?..J.:f.-. et ne pas nous occuper spécialement de trame même nulle.n. ce n'est pas par la mais bien par la vitalité des êtres qu'il met en lecteur.t£W^^V%rf^^C^fk>»*w>>»*^^.u.l 'W 1 HllH'»IUI ^'L"J!l/rU!ll' l l !/l l '!" l l'"i«'"' " ..T.. de l'action soit ou seulement banale? Non.V. relation des faits.*>< ^^«AW^^ftWrfKW. cette division ne s'impose pas.'. "fiiiimïi i~...'. à ij^ij.. . Nous pourla rons passer en revue tous les personnages qu'il fait vivre dans la société qui est une.r. elles vigoureuse. si Les figures qui se si jouent dans l'action sont d'une touche défaut d'action indépendante. puissante.ilif'i.. En un mot. Richepin apporte au contraire dans ses livres en prose cette sûreté méthode qui assure la bonne composition d'une œuvre. c'est broderies dont il est couvert nous empêchent d'en remarquer la finesse et la solidité.-. Si donc nous laissons de côté que les le tissu même dont roman. et un art assez délicat pour amener d'une façon le vraisemblable. ce qu'il y a de hardi et d'imprévu dans développe- ment de son est fait le sujet..'U("«'i '.*t»..

la il attache à son accomla plissement résolution des problèmes les plus embarrassés. une pensée de consolante et généreuse pitié. à notre avis. en un mot que ce qui doit étonner. est le le auquel attribue avec raison une rare intensité de si caractère des mères. Richepin nous montre Je devoir. étroit le que ce mot revêt aujourd'hui. il a prêché la bonne parole pour tous. ce qui nuit à l'exemple. ni trop bas. le meilleur moyen de le bien connaître et de fouiller son œuvre de romancier. au sens d'être. Beaucoup de que dans la per- sonnes croient que Jean Richepin ne tion des choses bizarres . la mère n'occupe pas rôle . Richepin. conviction d'un apôtre. de la famille. laissant ainsi. suivant qu'on mérite. un excentrique. la est temps qu'on donne aux yeux du grand public prit place qu'il occupe déjà dans d'un nombre trop restreint de délicats. se plaît composique dans que le monde c'est qu'il traduit n'existe son imagination. d'être la ce rebelle à tout ce qui menace une contrainte. sans l'avoir lue. très épris de Eh bien. de les vertu. En plaçant les acteurs de sa la société. et s'arrêter aux différents types qu'il c'est. il place dans les situations les plus difficiles. il n'en est rien. met en scène. au contraire un éloquent plaidoyer en faveur la de l'honnêteté. moins peut-être que raison faussement conventionnelle d'harmonie sociale. à côté des tristesses qu'il dénonce dans l'existence. L'oeuvre de Richepin est donc essentielle- ment morale. Dans ses livres. I Un des caractères que Richepin a dessiné avec il le plus de soin et passion. loi innée de conscience. un long pané- gyrique du vice. ni grande pièce humaine dans degrés ordinaires de trop haut. il Et tout d'abord. toute la et comme il il l'a fait avec toute lui l'es- la sincérité. s'est convient de relever une erreur de jugement qui profondément glissée dans l'esprit du public.44 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS vient très simple. ce fantaisiste. ce qui crée les exceptions. et loin comme d'aucuns elle est prétendent. et plupart du temps son dénouement est dicté par le une loi juste qui punit ou récompense. le Ce devoir.

ce n'est que développement très logique. elle sait encore éclater de violence et livrer hardiment. p'tit Dans la Glu( \ nous voyons échos de la vieille Marie-des-Anges. n'entendant que l'âtre anciennes chauffé. le chansons de bord murmurées au coin de maigrement furie ou bien l'immense symphonie des vagues en avec une infinie douceur. fils. elle sait devenir sanguinaire. de la Glu! A mesure que l'amour de son à elle grandit grandit pour cette femme. toute la ténacité admià chanson qui : clôt le livre. demandant a tous les la grève son son pauv' gas. L cœur de ta mère pour mon chien. affolée. Et Et Ion Ion laire. quand son cœur est tout gonflé de colères justes et d'angoisses péniblement souffertes. et pardonner. D'ailleurs. et se taire. toute rable dans la la grandeur. EU' lui dit : Apport' -moi d'main. (i) Un volume in-18. qu'elle sait entre les bras de la Parifils sienne. la lutte contre son bien -aimé qui maudira. et enlever dans nelle et superbe ampleur. Maurice Dreyfous. son et lui amour pour ce fils ingrat. où sa tendresse de mère a subi l'échec reux. Elle a tout en elle. ne comprenant que les langage des gens de grande salée. toutes les délicatesses et toutes les audaces d'une âme le pauvre pêcheuse qui a la vieilli. écumant sur granit chancelant des falaises. Ion Ion la. de la Fernande. Elle sait dans ses prières s'humilier elle sait se dompter aussi. clic emplit elle néanmoins une grande l partie de l'action. Et tout cela. elle sait enfin. Ion la. fils le front haut. la le parler brutal. Richepin en a résumé tout l'abandon. très beau de l'amour maternel chez cette pauvresse. et que nous n'hésitons pas reproduire ici Y avait un' fois un pauv' gas. l'œil ardent. à l'heure le pathétique. . donne d'incroyables cultivée. la plus douloucrimila un geste de fend le hache qui retombe le et crâae de Glu. : Et Ion Y avait un fois un pauv' gas celf qui n EU' lui dit Apport' -moi demain Qu'aimait l'aimait pas. cette forces pour la lutte qu'il lui faudra livrer.liteur. son Marie -Pierre. é.JEAN RICHEPIN 1) principal. Et Ion Ion laire. quand sym- n'accapare pas à elle seule toute l'attention. sinon toutes les pathies.

Et loti Ion laire. mal. Et T Et pendant que Vcœur Et Ion Ion laire. sensuel. courait. Comme il courait. Il ne d'un fils. Lui prit Vcœur et s'encourut. Seulement les circonstances ont voulu qu'elle eût à remplir près de l'enfant. où cependant pas impossibles. Georgette. Comme Et par il tomba. La vieille ne sont grand' Vougne n'est pas la mère. des Braves Gens. Et Ion Ion la. mais nous ne pouvons nous empêcher d'admirer le fanatisme logique de la race qu'elle représente. il Ion Ion la. calme dans forte et courageuse quand malheur s'attache à elle. la fille à l'Ourse. il tomba. Et Ion Ion la ire. avec tant d'affectueux abandon. et l'unité de conduite dont le elle fait montre. hélas. et quand elle endort sur son sein sonGeorget. roulait Ion Ion la. Et Vcœur disait en pleurant. a tous les actes à son langage. Et Vcœur disait T'est-tu fait en pleurant : terre Vcœur roula. Ion Ion la. d'une passion née. mais d'une fille. mais la mère. la joie. de ces Romani si fiers de leurs traditions. Et pendant que Vcœur roulait. la bohémienne sen- pour détourner absolument de sa l'esprit mignonne Miarka d'un timent de tendresse purement humaine. Et comme de prend.4é LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS Va clh\sa mère et la tue. Cependant les le caractère de la Vougne est les grand parce faiblesses. le rôle de mère. mon enfant? Dans Miarka. Elle mêle vie. Entendit Vcœur qui parlait. un mysticisme aveugle qui aboutit non pas l'idée grandir chez Miarka de la pudeur et de l'honnêteté. son . à toutes les pensées qu'elle éveille chez à faire l'enfant. mais d'une elle s'y la passion qui pourrait naître. Et Et Ion Ion laire. cette courte minute à de vrai bonheur rend une sorte de chasteté trop brève. qu'il renferme toutes audaces combattues par toutes nous y blâmons les indélicatesses de l'individualité. venue au s'agit plus monde sur la route. très la faire vivre dans l'utopie d'une sorte de conte de mais aussi très entouré de mystère. et Et J a cbe~ sa mère la tue. nous nous trouvons en présence les assimilations d'une donnée bien différente. rachète les légèretés de sa vie par l'amour dont elle enveloppe son enfant. mais a fée.

Richepin nous anomalie de l'amour maternel dans des pages marquées les Débuts de César Borgia. C'est ainsi que nous voyons des préférences injustifiées amener dans montre pieuse cette les familles d'injustifiables injustices. bien. Mais de ces excès. dans son œuvre. L'écrivain. point de vénalité. nous aurons revenir sur ce point. troublé d'aspirations passionnelles. et qui est susceptible de causer un état psychique. maîtresse. Enfin Richepin a le place si cà large à la mère qu'il n'en est plus resté pour père. — comment Richepin nous parle-t-il de l'amour nous parlons ici d'un amour physique. en être n'admet pas qu'une mère puisse absolument mauvaise. chez la femme. au bon coin. où la M . c'est la banalité dans physiologiques des manifestations de l'amour. il fait preuve sur ce point d'un optimisme qui n'est malheureusement pas général. une manière de filles succomber qui rend intéressantes. Or. . nous verrons d'autre part effet. qui ne Eh la reconnaît d'autres lois que celles de ses désirs. mc de Kergouêt ne sait rien refuser aux exigentes études de son fils dans Sœur Doctrouvce surtout. où les sacrifices faits s'il pour le jeune Pierre de Villers-Doisnay deviendraient odieux. ce que Richepin a les effets voulu surtout éviter. la courtisane paraître et de même. La point de stupides. Dans dans Braves Gens. comment sait racheter leur indignité. II Nous général : voici arrivé à un point qui est le mobile du roman en l'amour. les ont./ JEAN RICHEPIN 47 tel alcôve flétrie! D'ailleurs le caractère des mères est qu'il doit nécessairement présenter toujours une exagération dans un sens ou dans l'autre. n'y avait pour en accepter toute à côté la rigueur sa sœur si chrétiennement résignée. L'amante. point de descriptions où l'auteur prenne vouées par des soin de mettre en plein jour. avec une prodigalité répréhensible de détails précis et écœurants. Richepin a nous présenté aussi quelques il mères coupables. qui portent presque leur essence en eux. toutes les chairs vivantes. et les cours d'assises nous donnent chaque année d'assez nombreux exemples fait la trop capables de le combattre.

il autre nous apparaît M me André de son titre : Celle-ci l'a admirable : : Elle est vrai. elle oubliée Mais à quelle passion immolé son les de mère ! Au De prix de quel dévouement en a-t-elle repoussé devoirs sacrés. Nature plus simple. Toute a. Elle s'attache. toute à l'ardeur de cette liaison mauvaise. n'est il n'est rien qu'elle ne fasse. ne veut nullement secouer un joug qui l'humilie et qu'elle adore. armées en véritables héroïnes. sans . il Il psychologue. trouve. de Braves Gens. elle se un sexe appelé faible. un impérieux besoin de se manifester. lorsqu'elle a rencontré Marie-Pierre. le pêcheur. Richepin étudie plus l'amour que les amoureuses. et la Glu. Elle mais sa première regrette peut-être de s'être laissé subjuguer aussi facilement. Georgette. éloigné sa fille a-t-elle toit. certaine gaîté à l'ascendant qu'exerce sur elle. qui n'a vrai. à ce rude gaillard qui sans une soumet non Elle. c'est un désir d'intimité à la satisfaction duquel elle sacrifie le reste. pour la fois. lui fait peur. cette nature primitive. Leur liaison ils pour la pauvre femme. n'a pas ses dangereux raffinements. Rareles jours qu'elle vit prés sont ensoleillés de cet égoïste. et se contente de con- quêtes d'autant plus faciles qu'elle les décourage moins. et les femmes dont s'occupe sortent de son imagination. Voyez une la Glu : cette Fernande qui a été épouse adultère et maî- tresse infidèle. affection qui lui tient réellement à cœur. Elle se en se défendant mal. nous l'avons dit. On pourrait se demander s'il n'y a pas dans sa folie amoureuse beaucoup moins d'entraînement que de raisonnement pervers et de satisfaction en face de tous les chagrins dont elle est l'agent initial. qu'un long calvaire. faiblesse lui plaît. nous répondons négativement. aucune qualité d'âme. le plus accessible à ce qui peut troubler dit qu'elle appartient à cœur d'une femme. c'est aime. mais elle elle se prend à aimer brutalement. comme chez la Glu. quelle tendresse elle entoure l'ingrat qui lui a arraché l'aveu de son amour ment coupable. Les sens n'ont pas. elle se livre avec une sorte d'insouciante naïveté. Ce est qu'elle éprouve. à notre avis. Pour Lucien Ferdolle.i 48 vices précoces LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS ou d'horribles hérédités au honteux est trafic des prosti- tutions tolérées ou clandestines.

même colères pas le lui reprocher. il y a bien une amante très pas- sionnée. l'héroïne la de cette histoire. ni fait l'Américaine légendaire que rien n'étonne et qui très tout et tout. palpite déjà le cœur d'une femme avec tout ce qu'il comporte . elle économise. perfection. ni des plantes incultes. belle. sachant faire face avec pas. dans ordinaire de la vie. généreuse. avec preuve détestée de l'ingratitude de l'indifférence plus pénible encore. Dans Une cela histoire de l'autre monde. la aux floraisons débordantes. et faussé. la dans un coin ignoré. Richepin nous montre des Parisiennes l'état naïves. fait M me André a compris ce qui mancompléter : quait à son amant. ce qu'on leur cachait. vierge de tout baiser. mièvre sait provinciale à l'esprit étroit. et elle étouffe en son sein toutes ses jalouses. elle s'endorme sans qu'une la main et amie lui ferme les yeux. elle n'ose d'ambition. et dans des conditions d'un pathétisme achevé. fait en un mot. nous amène d'ailleurs à parler de les Jeune fille. quand se présentent les circonstances graves. dans romans de Richepin. soudainement autour sinon pour elles. sans volonté. mais devinant. Il n'en fait serres au parfum il insipide.JI-AN RICHEPIN 49 caractère. ni celle qu'on a laissée s'élever avec ni la une désastreuse indépendance. et elle il sa plus chère étude de le elle lui travaille. à Avec ce tact que certaines femmes possèdent un haut degré de est paresseux. rend une créature aimable aimer ? Pour qu'un jour. le dépensier. presque dans misère. Jeanne. vieillie. plein infidèle. très charmantes de candeur. Et si pourquoi s'est-elle ainsi dévouée ? Pourquoi a-t-ellc complètement oublié qu'elle était jeune. tout ce qui. à toutes les luttes qui éclatent une énergie qu'on ne soupçonnait d'elles. immobilité morale et ne prend ni jeune fille habituée à une physique. abandonnée. seule. et la intelligente. III Richepin a donné à ses jeunes ni des fleurs de filles des profils exquis. mais l'heure de sa chute est aussi l'heure de son trépas. elle donne renom et la gloire. et montrant que sous leur jeune sein.

elle. Miarka. apprécié caractère d'Yves de Kergouét. un garçon qui ne que pour elle et meurt par après avoir défendu son corps contre l'affolement de ceux que sa beauté enivre. la l'Ourse. le non pour les joies qu'elle si aura d'être aimée par ni si beau gars. Miarka. le poids d'un le terrible secret. mais cet elle amour prend chaque la son cœur une forme plus précise. et son grand-père accablé sous a. car clarté des cierges.)0 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS de chaleur. et elle sent son amitié se changer en un sentiment de profond chaste amour. livrent parfois à de délicieux et cas. Ainsi. le musicien. nature d'artiste. de Braves Gens. le caractère saint de la foi jurée conformé- ment aux rites d'une religion théocratique ou aux habitudes d'une convention sociale. M ont lle Madeline. d'amour. va se livrer rougissante et énamourée aux caresses du chef des Romanis. Mais ce il rêve n'a rien dont elle puisse rougir. après avoir défendu son vit cœur de toute afTection pour elle. prêtant à cette union libre. Dans rendre plus heureux me de B. mais qu'elle admire. tandis que ciel tout bleu des fumées de l'encens.. créature candide. jour en : l'aveu ne lui en échappe pas. A côté de chastetés qui nous ravissent. y songe à tout instant poursuit le c'est une obsession à la fois cruelle et douce qui jour. ne trouve pas ses aspirations satisfaites dans son modeste intérieur. nous voyons de tendresse pour . le chercheur. Monsieur Destremeaux. entre sa mère dont une longue paralysie et de violentes déceptions aigri le caractère. chez Richepin. se : suprêmes abandons mais dans ce l'abandon ne sert qu'à fille à masquer de généreux sacrifices. égoïste que cela.. aura son événement à la au milieu d'une nouvelle famille qui l'accueillera s'envoleront vers le comme Dans n'est pas sienne. exigeante. le — mais parce M — elle qu'elle l'aime et se sent assez qu'une autre. de violence et de passion. mais fatale. c'est toujours la même vision qui flotte dans son rêve. âme élevée. à la Glu. incompris des autres. la douce Naïk songe son mariage avec Marie-Pierre. le génie. et obéissant au fanatisme des traditions de sa race. vertu farouche. les jeunes filles. Lorsqu'elle pendant quelques mois. de tendresse. tout bas. et la nuit. les solennelles harmonies des grandes orgues.

aux le joies du foyer. jalouse Est-elle seulement dans cette lutte qu'elle engage : avec M me André? les On en peut douter Elle elle y met trop de la franchise et d'insouciante cruauté. Terre comme Croisés mar- chaient conquête de Sainte. Dans Madame André. naître encore une jeune la le caractère est bien lettre qu'elle Anne son uni sœur d'Yves. une malheureux place éternelle- ment vierge pour aimé. et avare de toute Si humaine dont pitié. tant de révoltes justes dort en pleurant? Pour permettre à la pauvre enfant s'accuse son frère de se mésallier. les dernières fille. la vie claustrale. et frère à la pour le rappeler. nous assistons gens qui abusent de son innocence pour elle. avec va enlever son le respect. à Braves Gens. marche à la à la conquête de son époux. avec une conviction d'apôtre. sœur Doctrouvée est la dernière jeune fille que nous remar- quons parmi toute il celles qu'a dessinées Jean Richepin. tant d'espérances qui jamais ne se réaliseront. s'échappe de chez fiancé. Dans une adresse à très sage. La femme toute . ce seul lien qui retient Anne aux relations du monde On devine déjà que mysticisme pieux a envahi âme généreuse.JEAN RICHEPIN 51 garder au plus profond de son cœur honnête. n'a et l'être loyal et qu'elle a chastement que pour des convenances très logiques et très ridicules elle à pu épouser. Et pourquoi tant de chagrins étouffés. Le cœur de la jeune fille la se sentait prêt à s'ouvrir à l'amour. pages nous font conattachant. son langage est celui d'une mère charmante familiarité qui doit exister entre frère le sœur. Pauline Deuncsset se croyant une mission d'en haut les écoutant lui parler d'êtres prédestinés l'un à l'autre. Mais cette entière sevrée des dernière secousse est trop forte. préparée dés long- temps aux voluptés immatérielles de Enfin. et une scène et contraire. nous revenons de Kergouèt. une audace et une ténacité qui imposent sans aucune arriére-pensée d'émancipation précoce. sœur Doctrouvée. y a un sacrifice. que par terrestre. mais cœur reste fermé par devoir. qui pour la fortune de sa famille à son frère devient il n'y a pas de vocation. au bonheur rêvé et attendu de la maternité. laisser Chez Marguerite de Villers-Doisnay d'Aubentel. On le ne sent plus battre cœur de cette la femme.

doublé d'un égoïste. D'un mot. il sent des sanglots de repentir monter à la se trouve infâme de son oubli. la et fille vouée aux austérités religieuses. la Marie-Pierre. qu'il est le plus ingrat. il pour- tant l'orgueil qu'il travaille beaucoup. Comme jeunes on le voit. après quelque temps d'anéantissement. que tant de romanciers méconnaissent aujourd'hui. d'une cette chaste et pénétrante poésie. cet acte banal de l'accouplement une solennité mystérieuse. n'osera même pas pleurer. la il aime réellement. mais est accessible à des mouvements de générosité naturelle. légal. Richepin les suivre personnages mâles. IV Demandons-nous maintenant quels aux rôles Jean Richepin a réservé hommes dans la société qu'il représente. marque simplement en nier ni la rareté des faits que rapporte l'écrivain. c'est un craintif. il il a parfois des lâchetés. Lucien Ferdolle. du plus fait profond de son cœur. de Madame André. Richepin a enveloppé tous ses caractères de Il filles d'un véritable héroïsme. sœur Doctrouvée. La raison se trouble. et il mais c'est un faible. en arrive à lever . manque a de caractère. tricités Et il ne faut pas prendre ce terme d'excenIl dans un sens défavorable. En un mot. loué. entouré. a respecté dans des cœurs vierges inconscience presque divine. qui s'est laissé captiver par Glu. ou mieux des faiblesses de il ne sait pas vouloir. à l'heure il où il apprend lui la mort de la pauvre abandonnée. les sens s'égarent puis s'éteignent. à ses Tous les errements de il passion. Il a donné au mariage. ni la vraifait semblance. nous excentricités pouvons dire qu'il leur fait accomplir toutes les de l'action et de la pensée. femme qui lui a tout sacrifié et Ta connu. volonté. il nous a montré de vraies jeunes filles qui deviennent ou auraient pu devenir de vraies femmes. Lors même gorge. et avec sa désolante paresse.52 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS joies réelles renaît sous la foi se perd. meurt de son sacrifice inutile. choyé. sans la l'intérêt. mais sait les racheter par d'abondantes richesses de sentiments.

et Claude. Marius et Jean. parce que dans pas. vaincu bonbeur en vain rêvé. la quand il il défendra Miarka grandie.JEAN RICHEPIN 53 la main sur sa mère. la et néanmoins vieille lorsqu'il tient la dans ses bras grève les le corps énamoure de désespérés de la courtisane et qu'il entend sur appels pauvre Marie-des. si monde. qui donc pourra lui le reproeberde se retirer trop tôt de la lutte. comme Georget sa vraie nature et dans dont le il entoure le petit dans l'amour timide et ^discret qui torture pour Georgette la ballerine. . si courageuse. noble. Tombre. doux. dans toute qu'il a sa et conduite. où seule. est admirable de dévouement simple de naïve délicatesse. Dcstrcmeaux. si bon. personnages. il se souvient avec respect de celle quia bercé son enfance. fera preuve encore d'une rare avec et loyale abnégation. charitable Jeanne. par ce quand il se tue. contre les jaloux. leur la commune ten- la fille de l'adjudant Barbcllez. comme une maladie. des gages pardon. mais il nous apprend à ne pas mépriser trop cette en donnant de temps sens. et belle.. M. mais paraît. l'étoile. et sa volupté s'aggrave presque de haine. l'attachement condamnés. et dramatique. une pensée étroite verra une expia- Non ment et ! dans toutes ces existences où la part des fautes n'est nulle- dissimulée. devient criminel. mime du zig- zag. est un alcoolique l'affection invétéré. Claude Kcrévcaux. Mais si passion le guette ses traîtrises. à autre à ses et. à ses pécheurs des certains de une heure de félicité. de Braves Gens. Il n'y pas éclater les longues joies et les bruyantes gaietés. la vie elles sont si rares. ce qu'il une mesure fait y avait de bien et de consolant. qu'on croit souvent qu'elles n'existent pauvre terre. Richepin a su mettre en relief avec un tact parfait très juste. et seule. le et l'on ne songe qu'à si plaindre.Anges. l'innocent. l'amour qui lui tient au cœur pour la Parisienne lui paraît fatal. est un véritable béros de probité. mieux encore. qui élève des rossignols et taille de frêles pipeaux pour et la petite Miarka. Plus tard. et une âme que d'aucuns trouveront peu susceptible sous bien des rapports. histoire de l'autre Rappellerons-nous enfin dans Une des deux pitres dresse pour leur fin tion. aveuglé d'amour longtemps contenu.

D'autre part il ne s'est pas attaché repré- . mères.54 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS D'ailleurs. qui s'agite. les il les grands-pères. d'autres ne passent pas assez vite pourtant pour que nous ne remarquions pas leurs vices et leur bassesse. cette arme charmante les et forte à laquelle rien agent sûr des rédemptions plus difficiles. Mais c'est sa peinà une qualité de Richepin de n'avoir pas trop poussé au noir ture de la lie humaine. qui sait que l'être humain vit plus de senti- ment que de raison. et autour d'eux y qui vit. tous ces êtres constituent a la société famille. l'enfant. les amantes. riche d'assez d'innocence et de pureté. faire oublier les fautes de son prix d'une même au prix de sa dignité personnelle. Richepin. être seul à porter jusqu'au honte qu'il veut même au bout. des Braves Gens. évoque toujours ne résiste. vieux Loupiat pourra mourir heureux. cet invalide du travail. Et quelle figure plus digne d'être aimée la que sienne? V Mais jeunes les filles. tendre. les la enfants. d'un passé sa qu'il abhorre et d'un présent qui l'accable! Mais a récompense de tant d'angoisses souffertes silencieusement. Guilloury lui-même. que à la confession qu'il fait si loyaleil Yves. c'est ainsi que nous rete- nons le vieux Loupiat. nous offre de quelques grands- péres des silhouettes bien sympathiques. cet à temps. Ah ! quelle preuve plus grande de tendresse paternelle peut-il donner à sa chére et bien-aiméc Madeline. n'est-il pas un peu le grand-père de Marie-Pierre. il est bien difficile de ne jamais sortir d'une intimité fami- Cette exigence a amené le romancier à faire défiler devant nous toute une série de types qui sont les instruments de cette société. et dans un roman liale. la Dans si Glu. pour en envoyer le reflet vivifiant aux âmes les plus flétries. : Yves ne se rappelle que cette chose Et le il veut Madeline pour femme. tout entier à fils. les épouses. si bon. Nous avons expliqué plus haut comment Richepin il n'a laissé aucune place au père dans sa société. Les uns sont bons. dans sa rudesse d'ancien loup de mer. qui combat.

ces errants qui ne se reposent jamais et au grand jour est pourtant toute entourée de mystère. les huis ouverts ont une se physionomie hospitalière (i) dans les pièces aux plafonds bas. Quand il prend un marquis ou un s'en sert comme d'un comparse pour les rôles très effacés. Maurice Dreyfous. dentelles derrière a des glaces éternellement Tout ce luxe compassé un air de dignité rébarbative qui plus modeste Il . là. où ne Un vol. Le monde de front la des théâtres aussi l'attire. ces l'habitude du talent. le ciel bleu. Ah ceux-là Richepin et les fait aimer. les laborieux. avec leurs volets épais. et sait celui qui qu'il mène la l'art et le commerce. ce sont les la humbles. toujours fer- mées. qui ont pour pour pays. des pavés . celui dont vanité grandit souvent en raison inverse les du talent. les petits carreaux qui vibrent de joie aux trépidations des roues. connus pour cette Richepin laisse manoir baron. i n. tous le nomades. ou leurs longs rideaux qui étirent d'ennui leurs riches muettes. .1 8 . éditeur.JEAN RICHEPIN )) senter un monde factice et de convention. le faubourg. les Ce qu'il aime. non pas celui qui pontifie. cahotées sur le silex . mais non pas celui qui ne sort qu'en de somptueux équipages. quand leur force physique à la rude conquête ne dépensent pas du pain quotidien. les il nobles damoiselles. lecteurs habituels de certains spécialité. et plus gai. ce sont les saltimbanques. ceux de qui l'oisiveté est inconnue. journaux bon dans leur marché.lui faut presque la banlieue. Il connaît Paris et tous ses êtres. dont la vie monde entier. mais bril! petits artisans de l'art. ils ceux qui dépensent leur pensée en rêves. mais vie il ne sent pas dans ces grandes constructions. mais plus bruyant avec les fenêtres garnies de quelques pots de fleurs. les a étu- les a suivis. qui n'ont pas lent quelquefois de l'éclat diés. toit. il du génie. l'éloigné. non calamiteux. Ceux qui les lui plaisent. il les aime Aussi ce ne sont pas les quartiers cossus de la grande et il ville qu'il l'a nous fait traverser. et bohémiens. son rôle moins bien ne connaît cote de la Bourse. dont toute la noblesse est laquais contenue dans un nom armorié et qui plaît surtout aux de grandes maisons. mais les hon- nêtes de pauvreté. aux lourdes portes. prouvé la en écrivant ses belles chroniques du Pavé (0.

La y paraît avec toutes ses exigences. Chez lui rien qui bouffissure.56 balancent pas si LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS la pesanteur des lustres. mais aussi avec ses heures d'apaisement. Richepin les veut rapide et logique. Richepin nous semble demeurer dans VI Nous avons nous Il étudié les personnages. On est habitué avec les meilleurs faiseurs. point de terre à terre trop un milieu réel seulement. mais non mélodramatique. vue raillerie. en dépit des petites écoles qui prêchent l'autre doctrine. rien qui sonne faux. pas de ces exagérations qui prépa- rent les antithèses faciles. ce qui sente l'emphase. ses développements sont dans cette rigueur du raisonnement. Richepin est sorti pour lui. suit jusqu'au bout espèces qu'il a posées. et des grands succès qui semblent en le confirmer vrai. et l'on n'a pas ailleurs. la suprématie. et c'est nécessaires. un sujet de vie Là. taire sur l'action Nous ne pouvons pourtant pas la elle-même. à voir les choses tourner suivant une direction en quelque de cette limite. dans prévu cette inflexibilité apportée à la défense de ses théories. tous ses devoirs auxquels il faut obéir. on cause. même une réelle élévation qui aide à la sup- Qiie d'ailleurs le drame se passe à la ville ou à la campagne. ses retours consolants. serait honte de montrer une sensibilité qui. De plus il est dramatique. et il nous plaît autant qu'il nous étonne par droiture et la simplicité de ses procédés. on chante. point de romantisme vain. trop étroite la sorte traditionnelle. et l'on pleure. car le flot n'en est pas contenu par d'hypocrites nécessités. ses déductions sont stricts. nous avons examiné les milieux où s'accomplissent l'action. on rit. pas non plus de ces chutes banales qui com- promettent la véracité de l'effort tenté. que réside l'im- même de ses dénoûments. les larmes elles-mêmes sont plus attendrissantes. toutes ses fatigues. rien qui soit guindé. la n'est pas la même chose. et porter. Quand un de ses personnages . et Richepin. 'réaliste. le c'est toujours dans cette sphère égale que nous vivrons avec romancier. dans la succession fatale des événements.

d'une comme celle celle de Tombre. Qu'on un livre curieux de lui : les tout un chapelet d'histoires tristes d'une part. avec un discernement dont lettrés les de l'heure actuelle doivent lui savoir gré. d'un assassinat. de siècle des expressions Montaigne sa des maîtres du seizième heureuses à qui plume donne une nouvelle partialité jeunesse. . un le qui nous étreint. Soit qu'il décrive. Miarka. dans la Un Maurice Drcyfous. îaulre monde. On (i) nous accusera peut-être d'une trop absolue vol. juste ce qu'il assez pour être claire. il sait le faire tomber avec infiniment d'art. île comme mort dans Monsieur Destremeaux. juste faut pour ne pas tomber dans le fatras et le mauvais goût. sa phrase a une il harmonie fait irrésistible. funèbre origi- nalité. Qu'il s'agisse histoire d'une mort violente. spirituel comme Voltaire. effroi nous éprouvons toujours une émotion poignante. et il demande au dictionnaire de Rabelais. » Sans présenter l'éloge sous cette forme concise et paradoxale. bigarres (0. nous n'hési- tons pas à reconnaître que Jean Richepin a gardé de son passage à rÉcole normale l'habitude plein de belles envolées littéraire des grands siècles. Paris. sa langue est précise. à la il n'amène le lecteur à repousser son l'aspect livre. celle de s'agisse Madame André. Nulle il cependant. la même etc.. mais jamais l'horreur et dégoût ne nous montent au cœur. Son style est et qui vous entraînent. Glu. in-iS. de qu'il Braves Gens. partout preuve d'une admirable virtuosité. comme dans César Borgia.JF. qui se hâte parfois un peu trop de conduire ses élus la félicités de l'au-delà- Que « 11 est dire en terminant de prose de Richepin? Le prosateur est aussi bien doué que le poète. éditeur. sait donner Faucheuse décharnée non pas aux sereines d'une infernale vengeresse. Une naturelle. Le vocabulaire lui-même prend chez Richepin une énorme étendue. de Sœur Doclroiivcc. et imagée. C'est que l'écrivain ne se contente pas des mots de son siècle. soit qu'il cause. Un de ses admirateurs s'écriait un jour : éloquent comme Bossuet.AN RICHI-PIN 57 meurt. Et pourtant Richepin spasme final et a exécuté sur ce thème du Morts de la séparation terrestre toutes les variations qu'on se rappelle puisse imaginer. mais celui d'une libératrice.

romancier nous a passionné.58 LES POETES FRANÇAIS CONTEMPORAINS façon dont nous avons parlé de l'œuvre de Richepin . Richepin est jeune encore. ce dément et sentiment très délicat qui se fait jour. son se esprit délié. le poète nous a séduit. sans mièvrerie. le il n'en pouvait être autrement. et confiant « Il est à l'âge où que le talent acquiert sa Ceux qui l'ont lu savent c'est un oseur et un : dans l'achèvement de son oeuvre. car ayant passé de longues semaines relire les livres publiés par ce véritable chef des jeunes. véritable maturité. voilà que nous avons essayé de mettre en relief dans les pages qui précédent. ce lui crions. son allure si loyale et gauloise. n'est pas Courage! » que nous mais : « Bravo! » . son émotion communicative. les sa parole très élevée et très humaine. C'est en tournant feuillets le retournant tous ces si que nous avons pu apprécier ce tempérament supérieur. cette partialité n'est pas éveillés en voulue. ce reproche-là à ne saurait nous déplaire. hardi. voilà ce qui nous a frappé. Mais qu'on elle sache bien. est le résultat très naturel des sentiments et nous par cette lecture. cette justesse d'observation qui ne se pas. où démasquent toutes sans prétention ce qualités de l'orateur.

rue Lepic à Montmartre. Dei. y/.Achevé d'imprimer te trente et un Mars uni huit cent quatre-vingt-sept Par A. . Lanier Eau-forte tirée par Aug.atre.

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— . — inédite Septième édition. — Onzième édition QUATRE PETITS ROMANS. LANIER. i Comédie en trois actes. PARIS. édition i ': i vol. Cinquième édition. vol. THÉÂTRE LA GLU. une Hisi monde. en sept tableaux (édition princeps). représentée à la vol. i vol. — Édition LES BLASPHÈMES. la Fille à l'Ourse. en vers. contenant des nouvelles i inédites vol. vol. toire de l'autre i vol.1 vol. 50 ROMANS ET NOUVELLES LA GLU. A. vol. in-8° carré 4 fr. — Drame en vers (cinq actes - et huit tableaux). MIARKA. i vol. IMP. — Sœur Doctrouvé. LES MORTS BIZARRES. LES CARESSES. — Douzième édition . Destremeaux . 2 fr. — Comédie-Française. vol. — in-8° carré Drame en vers. NANA in-i 6 SAHIB. in-i6 Drame en cinq actes et six tableaux. NANA SAHIB. accompagné d'une préface 4 i (édition princeps). avec préface inédite i argotique définitive vol. RUE SÉCUIER . fr. accompagné d'une Préface. MONSIEUR SCAPIN. MADAME ANDRÉ. — Édition définitive. 50 — Édition grand in-iS Jésus 3 fr. BRAVES GENS POÉSIE i LA CHANSON DES GUEUX.ŒUVRES Prix : de JEAN RICHEPIN — Prix : 3 fr. vol. "revue et augmentée d'une préface i vol. et glossaire — Édition définitive. LA GLU. 2 fr. — Drame en cinq i actes et six tableaux. — Troisième édition — Sixième édition i i vol. j. vol. les Débuts de César Borgia. in-8° carré fr. 14. — T£?fffe-quatrième LA MER. LE PAVÉ.

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R4Z75 1867 COO ROGER-NILLES JEAN RICHE ACC# 1315663 .<p I CE PC 2387 .

La Bibliothèque Université d'Ottawa The Library University of Ottawa Echéance Date Due .

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