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CHAP.III INTRODUCTION A LA RESISTANCE
DES MATERIAUX

I. Définition
Concevoir une pièce mécanique, un ouvrage d’art ou tout objet utilitaire, pour remplir une
fonction donnée correspond au cheminement suivant :
I.1. d’abord imaginer les formes et le squelette géométrique qui remplissent les fonctions
demandées ;
I.2. ensuite déterminer les quantités de matière nécessaires et suffisantes pour réaliser ces
formes et assurer une résistance sans dommage de l’objet à tous les efforts auxquels il
sera soumis pendant son service.
Ce dimensionnement fait appel à des calculs qui prévoient le comportement de l’objet dont la
conception doit réunir les meilleures conditions de sécurité, d’économie et d’esthétique.
La résistance des matériaux (RDM) permet de définir les formes, les dimensions et les
matériaux des pièces mécaniques de façon à maîtriser leur résistance, leur déformation tout en
optimisant leur coût.
La résistance des matériaux ( RDM) est la science du dimensionnement qui a pour Objectifs
de déterminer les formes,les dimensions et les matériaux des pièces mécaniques et des
constructions en général,afin qu'elles résistent sans dommage à tous les efforts auxquels elle
seront soumises pendant leur service.
Les dimensions déterminées doivent :
- Eviter la rupture de la pièce ou de la structure.
- Entraîner des déformations excessives.
- Economiques (optimales).





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2

Exemples :

Ce pont a été vérifié en Résistance des matériaux
pour :
- assurer sa résistance sous son propre poids et celui
des véhicules
- assurer sa résistance en cas de forte tempête

Cette bouteille a été vérifiée en résistance des
matériaux pour :
- assurer sa résistance lorsqu'elle est pleine
- assurer une résistance minimum en cas de chute
- minimiser l'épaisseur de la bouteille pour faire des
économies sur la matière première

Idem pour le matériel d'escalade et de sécurité en
général. Les matériaux sont testés et vérifiés dans
toutes les configurations d'utilisation (Poids, ..)



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II. Les hypothèses de la RdM

L’étude des pièces en résistance des matériaux nécessite des hypothèses simplificatrices
suivantes.
II.1. Hypothèses sur les matériaux :
Les matériaux des poutres étudiées devront être :
- Isotropes : on admet que les matériaux ont, en un même point, les mêmes
propriétés mécaniques dans toutes les directions. L'isotropie est vérifiée pour les
aciers non fibrés (Les aciers laminés et forgés ne sont pas isotropes). Elle n'est
pas vérifiée pour les matériaux tels que le bois, les matériaux composites...etc.
- Homogènes : On admet que les matériaux ont les mêmes caractéristiques
(composition) en tout point.
- Continus : pas de fissure, pas de creux ...
II.2. Hypothèses sur les formes :
L’étude sera limitée aux solides assimilables à une poutre :





- solides dont une dimension est très supérieure aux deux autres,
- pas de variation brusque de section,
- solides dont on peut définir une ligne moyenne (ligne qui relie les barycentres
des sections),
- solides dont la fibre moyenne possède un grand rayon de courbure par rapport
aux dimensions des sections droites.
II.3. Hypothèses sur les forces :
Les forces appliquées en un point sont des pointeurs. Il n'est pas possible de les
remplacer par un système de forces équivalent (effets physiques différents).
Toutes les forces extérieures exercées sur la poutre sont contenues dans un
plan de symétrie.


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4
II.4. Hypothèse sur l'influence des déformations :
On se place toujours dans le cas de petites déformations. Autrement dit, les
déformations restent faibles comparativement aux dimensions de la poutre.








II.5. Hypothèse de Navier Bernoulli :
Les sections droites, planes et perpendiculaires à la ligne moyenne, restent
planes et perpendiculaires à la ligne moyenne après déformation. Il n'y a
pas de gauchissement des sections droites.
Les sections planes, normales aux fibres avant déformation restent planes et normales
aux fibres après déformation.

Principe de l’hypothèse de Navier–Bernoulli



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5
II.6. Hypothèse de Barré de Saint Venant :
Loin des liaisons et des points d'application des charges concentrées, la répartition des
contraintes dans une section droite ne dépend que des éléments de réduction des efforts
de cohésion.











Les résultats obtenus en résistance des matériaux ne s'appliquent valablement qu'à une
distance suffisamment éloignée de la région d'application des efforts concentrés.





III. Notion de poutre

Une poutre est un solide engendré par une surface plane (S) dont le centre d’inertie
géométrique G décrit une courbe G0G1, le plan de (S) restant normal à la courbe G0G1 (Fig. 1).
Le centre d’inertie peut dans de nombreux cas être confondu avec le centre de gravité. Nous
avons supposé l’aire (S) constante ; la poutre est alors dite de section constante. Mais très
souvent, en vue de proportionner les dimensions de la poutre aux efforts qu’elle doit supporter,
l’aire (S) varie lorsque son centre de gravité décrit la fibre moyenne ; la poutre est alors dite
de section variable, et l’on supposera que la section varie continûment le long de la fibre
neutre.

fig1
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Dans le cadre de ce cours, nous ne nous intéresserons qu’aux poutres droites à plan moyen
(voir Fig. 2). Ainsi, une poutre est maintenant totalement définie par sa fibre moyenne et par
sa section droite. Pour les poutres à section variable, il faut aussi se donner la forme de
l’évolution le long de la fibre moyenne.
La fibre moyenne est un segment de droite qui est défini par une origine et par une extrémité.
On peut donc orienter la fibre moyenne et associer à la poutre un repère (0 x ,y ,z ).
Traditionnellement :
– le vecteur x est le vecteur unitaire de la fibre moyenne,
– y est tel que le plan (x ,y ) est le plan de symétrie ou plan moyen,
– le vecteur z est choisi de tel sorte que le repère (0,x ,y ,z ) soit direct (Fig.3),
– le point O est positionné à l’origine de la fibre moyenne.
Pour décrire la poutre on peut donc la représenter par sa ligne moyenne et sa section droite
(figure 3).




fig2





fig.3



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En résume et en simplifié on : La notion de solide ayant une forme de poutre est un
solide pour lequel :








 il existe une ligne moyenne, continue, passant par les barycentres des
sections du solide ;
 la longueur L est au moins 4 à 5 fois supérieure au diamètre D ;
 il n’y a pas de brusque variation de section (trous, épaulements) ;
 le solide admet un seul et même plan de symétrie pour les charges et la
géométrie.

Exemples de poutres :

Exemples de poutres ne satisfaisant pas l’hypothèse de symétrie :














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IV. Torseur de cohésion

IV.1. Définitions
Considérons une poutre P, en équilibre sous l’effet d’actions mécaniques extérieures.
Pour mettre en évidence les efforts transmis par la matière au niveau de la section S, nous
effectuons une coupure imaginaire dans un plan perpendiculaire à la ligne moyenne. Elle
sépare la poutre en deux tronçons E1 et E2, tel que E=E1+E2.













Isolons le tronçon E1.

Les actions mécaniques que le tronçon E2 exerce sur le tronçon E1 à travers la section
droite fictive S sont des actions mécaniques intérieures à la poutre P.
Nous en ignorons à priori la nature, cependant la liaison entre E1 et E2 peut être
modélisée par une liaison complète. On peut donc modéliser l’action mécanique E2 sur
E1 par un torseur appelé : Torseur de cohésion


{ }
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
÷ =
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
= t
÷
÷
÷
÷
) (
) (
) (
) (

2 1
2 1
1 2
1 2
E E
G
E E
E E
G
E E
Coh
M
R
M
R

Avec G sur la ligne moyenne.
Le torseur de cohésion est le torseur des efforts de (E2) sur (E1).
R est la résultante des efforts de cohésion. MG est le moment résultant au point G
des efforts de cohésion.
R et MG sont des fonctions de l'abscisse x du centre de surface G de (S)
A
x x x
G
B
S E1 E2
Coupure
fict i ve
x
y
z
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IV.2. Détermination du torseur de cohésion
Pour ce faire, deux méthodes sont envisageables.
On note E barre est l'environnement extérieur de E. c’est le "Torseur des actions
extérieures sur E" est nul

L’équation d'équilibre de la poutre (E) peut alors s'écrire, en considérant que la poutre est
constituée les deux parties E1 et E2 :


{ } { } { } 0
2 1
µ

) ( ) (
= t + t
÷ ÷ E E E E


a. Isolement du tronçon Gauche E1



Isolons le tronçon (E1). Celui-ci est en équilibre sous l'action de deux torseurs d'actions
mécaniques :
- Le torseur des actions mécaniques du "milieu extérieur à (E)" sur (E1) dont on peut
donner les éléments de réduction en G ·
- Le torseur des actions mécaniques que le tronçon (E2) exerce sur (E1) à travers la
section droite fictive (S).
Appliquons au tronçon E1 le principe fondamental de la statique:
{ } { } { } 0
1
µ

) (
= t + t
÷
coh
E E


t
(E1÷E1)
{ }
= t
(E÷E1)
{ }
+ t
(E2÷E1)
{ }
= 0 { }

D’où { } { }
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
÷ = t ÷ = t
÷
÷
÷
) (
) (
) (

1
1
1
E E
G
E E
E E
Coh
M
R
G


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b. Isolement du tronçon Droit E2

Appliquons le PFS au tronçon E2 :


t
(E2÷E2)
{ }
= t
(E÷E2)
{ }
+ t
(E1÷E2)
{ }
= 0 { }

Soit

t
(E1÷E2)
{ }
= ÷ t
(E÷E2)
{ }

D’où

t
Coh
{ }= t
(E÷E2)
{ }
=
G
R(E÷E2)
M
G
(E ÷ E2)
¦
´
¹
¹
`
)

Remarque : le torseur de cohésion est modifié lorsqu’on déplace la coupure.

IV.3. Composantes du torseur de cohésion
Les composantes du torseur de cohésion sont :

La projection de R sur le système d’axe (G, x, y, z) donne N,Ty,Tz alors que M donne Mt,
My et Mz.



) , ( :
) , ( :
) , ( :
) , ( :
) , ( :
) , ( :

z G sur Flexion de Moment M
y G sur Flexion de Moment M
x G sur Torsion de Moment M
z G sur Tranchant Effort T
y G sur Tranchant Effort T
x G sur Normal Effort N
fz
fy
t
z
y



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IV.4. Nature des Sollicitations

En fonction de « l’allure » du torseur de cohésion, une typologie des sollicitations
est établie.

On appelle sollicitation simple l'état de contrainte d’une poutre dont le torseur de
cohésion ne comporte qu'un élément.


Nature des
sollicitations
Effort
Normal
Effort
Tranchant
Moment de
Torsion
Moment de
Flexion
Torseur de cohésion
Traction (N>0)

Compression
(N<0)
N T
y
=0
T
z
=0
M
t
=0 M
fy
=0
M
fz
=0

t
Coh
{ }=
G
N
0
0
0
0
0
¦
´
¦
¹
¦
¹
`
¦
)
¦


Cisaillement
simple
N=0 T
y
ou T
z
M
t
=0 M
fy
=0
M
fz
=0

t
Coh
{ }=
G
0
T
y
T
z
0
0
0
¦
´
¦
¹
¦
¹
`
¦
)
¦


Torsion simple
N=0 T
y
=0
T
z
=0
M
t
M
fy
=0
M
fz
=0

t
Coh
{ }=
G
0
0
0
M
t
0
0
¦
´
¦
¹
¦
¹
`
¦
)
¦

Flexion pure
N=0 T
y
=0
T
z
=0
M
t
=0 M
fy
ou M
fz


t
Coh
{ }=
G
0
0
0
0
M
fy
M
fz
¦
´
¦
¹
¦
¹
`
¦
)
¦

Remarque :
1. On appelle Sollicitation composée l’état de sollicitation d’une poutre
soumise à plusieurs sollicitations simples (par exemple : Traction + flexion
pure).
2. Les composantes algébriques de N, Ty, Tz, Mt, Mfy et Mfz varient en fonction
de la position du centre de surface G de la section droite fictive (S). La
représentation graphique des fonctions N(x), Ty(x), Tz(x), Mt(x), Mfy(x) et
Mfz(x) donne les diagrammes des composantes des éléments de réduction en
G du torseur de cohésion













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IV.5. représentation des différents types de sollicitation

sollicitation représentation
torseur
Traction ou
Extension /
Compression


{ }
R
0 0
0 0
0
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
N
T
S
S
G
R
coh
G


Cisaillement



{ }
R G
R
coh
G
Tz
Ty T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0 0

Torsion

{ }
R G
R
coh
G
Mt
T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0 0
0 0
0

Flexion pure

{ }
R G
R
coh
G
Mfz
T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0 0
0 0

Flexion simple

{ }
R G
R
coh
G
Mfz
Ty T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0 0

Flexion + traction

{ }
R G
R
coh
G
Mfz
Ty
N
T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0

Flexion + torsion

{ }
R G
R
coh
G
Mfz
Ty
Mt
T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0

Flexion déviée

{ }
R G
R
coh
G
Mfz
Ty T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0 0

{ }
R G
R
coh
G
Tz
Mfy T
S
S
¦
)
¦
`
¹
¦
¹
¦
´
¦
=
0
0
0 0


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V. Notion de Vecteur Contrainte en un Point

V.1. Définitions

Les efforts de cohésion, dont on connaît les éléments de réduction en G
(grâce au torseur de cohésion), sont des actions mécaniques que le tronçon E2
de la poutre exerce sur le tronçon E1 à travers une section droite fictive S. La
loi de répartition dans cette section S de ces efforts élémentaires est inconnue.












Regardons de plus près ce qui se passe dans cette coupure. Notons f A
l’action mécanique élémentaire au point P et ∆S l’élément de surface entourant
ce point.





Appelons

n , la normale extérieure en P au plan de la section S.
On appelle vecteur contrainte en P, relativement à la surface élémentaire ∆S,
orientée par la normale extérieure

n , le vecteur noté
) , ( n P T
tel que :
dS
f d
S
f
S
n P T =
A
A
÷ A
=
lim
) , (
0

x
G
S
E
1

Af
² s
M

n
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Ce vecteur peut être décomposé en deux selon la normale extérieure

n et la
direction tangentielle t porté la surface élémentaire dS.
On appelle contrainte normale o la projection de ) , ( n P T sur la normale
extérieure

n.
On appelle contrainte tangentielle

t la projection de ) , ( n P T sur le plan de la
facette ∆S.
Par conséquent t n n P T . . ) , ( t + o = t + o =

Remarque :
1.
Une contrainte s’exprime en 1 Mpa = 1 N/mm
2
Rappel : 1 N/mm² = environ 10 bars

2.

t Peut être décomposée en deux selon les axes orthogonaux portées par dS
3. Si la normale coïncide avec l’axe des x dans le repère de la poutre alors :

z y x
dS
F d
C z y
µ µ µ
µ
µ
. . . t t o + + = =

les tangentiel s contrainte : et
normale contrainte :
z y
t t
o


V.2. Cas particuliers
V.2.1. Contrainte normale
Considérons un torseur de cohésion { }
R
coh
G
T
S
dont la résultante R
µ
n'a qu'une
composante N sur
µ
X.
¿ ¿ ¿
o = = = =
S S S
dS x dS T F d x N R . . . .
µ
µ
µ
µ

¿
=
S
ds N . o
Si nous supposons une répartition constante de la contrainte o sur S
S dS dS N
S S
. . . o o o = = = ¬
¿ ¿

S
N
= o




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V.2.2. Contraintes tangentielles
Considérons un torseur de cohésion { }
R
coh
G
T
S
dont la résultante R
µ
n'a qu'une
composante T
y
sur
µ
Y.
¿ ¿ ¿
t = = = =
S
z
S S
z
dS z dS T F d z T R . . . .
µ
µ
µ
µ

¿
=
S
Z Z ds T . t

Si nous supposons une répartition constante de la contrainte
y
t sur S
S dS dS T z
S
z
S
z z . . . t t t = = = ¬
¿ ¿
S
TZ
Z = t
de même
S
Ty
y= t


V.3. Relations entre torseur de cohésion et contraintes

( )dS T N R
S
z y E E . 2 1
¿
+ + = + = ÷ t t o
µ µ µ
µ µ
Ou

( )S T N R z y E E . 2 1 t t o
µ µ µ
µ µ
+ + = + = ÷


( )dS GM M
S
z y G E E . 2 / 1
¿
+ + . = t t o
µ µ µ






VI. les caractéristiques mécaniques des matériaux


Les caractéristiques mécaniques courantes utilisées en RdM sont déterminées par des essais
sur des éprouvettes. L'essai de traction à lui seul permet de définir ces caractéristiques. La
seule connaissance des paramètres de l'essai de traction permet de prévoir le comportement
d'une pièce sollicitée en cisaillement, traction, compression, flexion.

Pour cela on exerce un effort de traction sur une éprouvettes cylindrique normalisée de
section S0 réalise et de longueur L0.


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On applique progressivement et lentement (sans choc) à une éprouvette cylindrique, de forme
et de dimensions normalisées, un effort de traction croissant dont l’intensité varie de 0 à F.




S1
L0
L
AL
N
N
S0
Su
ETAT i
ETAT 1
ETAT 2
LU
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Etat i :

L’éprouvette au repos cad sans charge
L
0
: Longueur initiale
S0 : Section initial
Etat 1 :

On exerce une charge N. L’éprouvette est sous l’effet d’un effort de traction.
L : Longueur de l’éprouvette mesurée sous charge N
AL = L-L0 c’est l’allongement subi par l’éprouvette.
S1 : section de l’éprouvette S1<S0

Etat 2 :
Juste avant la rupture, on observe une forte diminution de la section localement (appelé
striction) dans la partie centrale de l’éprouvette.
Su : section ultime avant rupture.
Lu longueur ultime avant rupture.
Après cet état l’éprouvette casse au niveau de cette zone




Résultat de l’essai de traction :

En plus de la contrainte définit auparavant (
S
N
= o ), On définit la grandeur suivant :
100
0
0
×
÷
=
A
= c
L
L L
L
L
Appelé déformation longitudinale

On trace la courbe ) (c = o f sur un système d’axe (o x y).



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Selon le matériau, la température et la vitesse de déformation, la courbe peut avoir différentes
formes.

Courbe de traction d'un matériau ductile présentant un décrochement
- o : contrainte / N Force
- o m : contrainte maximale avant rupture
- o e : limite apparente d'élasticité
- c: allongement relatif,
Caractéristiques nominales ou apparentes
1. o e : limite apparente d'élastic ité
0
S
N
e
= o
2. Résistance à la traction :
0
S
Nm
m
= o
3. Allongement à la rupture :
0
0
100
L
L L
A
u
÷
= . % Dans cette expression, L
o
et Lu sont
respectivement les longueurs initiales et finales après rupture.
Si A% >5% alors le matériau est ductile si au contraire A%<5% le matériau est fragile.
4. Striction à la rupture :
0
0
100
S
S S
Z
u
÷
= . % Dans cette expression, S
o
et Su sont
respectivement les sections initiales et finales après rupture.
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5. Dans la partie linéaire de la courbe la contrainte o est proportionnelle à l’allongement
relatif c et on peut écrire ε a σ - = . Le coefficient de proportionnalité a est appelé
Module de Young ou module d’élasticité longitudinale et il noté E.
Donc ε E σ - =
On peut exprimer ce coefficient par la pente de la courbe dans sa partie
linéaire
c
o
=
d
d
E .
L’unité de E est le Mpa (même unité que les contraintes).
6. Coefficient de Poisson : l’éprouvette subit un allongement selon l’axe de l’éprouvette
mais elle subit aussi un raccourcissement selon la direction perpendiculaire.


La déformation selon X est cx définit par :
0
0
L
L L
x
÷
= c
Y
d
L
L0
L
L0
d
N
N d0
N
d0 N
X
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La déformation selon Y est cy définit par :
0
0
d
d d
y
÷
= c
Le coefficient de poisson est définit par :
x
y
c
c
= v
Où d
o
et d sont respectivement le diamètre initial et le diamètre sous charge, L
o
et L la
longueur initiale et la longueur sous charge.
Remarques
- ε E σ - = est appelé loi de Hooke
- unité de E le Mpa idem que la contrainte.
- ν est défini dans le domaine élastique.
- ν est sans unité. Il est compris entre 0.1 et 0.5 (ν est de l’ordre de 0.3 pour les métaux).
- La zone d’écrouissage voir figure suivante :


La courbe comporte deux parties :
1. le domaine de déformation élastique.
L'éprouvette a un comportement élastique linéaire et suit la loi de HOOKE : ε E σ - =
E est le module d'Young ou module d'élasticité.
2. le domaine de déformation plastique.
Dans ce domaine la déformation est irréversible : si l'on supprime la charge le
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matériau garde une déformation permanente. La courbe de traction passe par un
maximum au delà duquel la contrainte diminue bien que l'allongement continue de
croître. La déformation n'est alors plus homogène, elle est localisée dans la zone de
striction (zone la plus mince de l'éprouvette).

VII. Les nuances de l’acier

L’élément prédominant entrant dans sa composition de l’acier est le fer. Le second
élément caractéristique est le carbone (présent à hauteur de 2% maximum). Enfin, l’acier peut
contenir aussi d’autres éléments en faible quantité qui sont soit des impuretés (soufre,
phosphore), soit des introductions volontaires (silicium, nickel, chrome, cuivre, manganèse…)
ajustables en fonction des qualités du produit recherché.
En effet, selon l’usage de destination de l’acier, le produit doit présenter des
caractéristiques physiques, chimiques et mécaniques adaptées. Pour cela, il est possible de
modifier :
- la teneur en carbone, évoluant entre 0,03% et 2% : moins il y a de carbone, plus l’acier est
plastique et malléable ; plus il y en a, plus l’acier est dur et résistant ;
- les éléments ajoutés qui permettent d’obtenir des nuances variées, donnant naissance à deux
grandes catégories : les aciers d’usage général et les aciers fins et spéciaux.
L’acier inoxydable par exemple est obtenu par l’addition de Fer (75%) + Carbone (traces) +
Chrome (17%) + Nickel (8%).


On distingue les produits trois gategories :
- plats, en feuilles ou en bobines, revêtus ou non et
- les produits longs (barres, profilés, tubes, fils,…).
- ainsi que d’autres produits


VII.1. Les produits longs
Les produits longs sont laminés à chaud. Ils se caractérisent par une section droite constante et
une surface techniquement lisse. Les principaux produits longs sont les laminés marchands,
les profils creux, les armatures pour béton armé et les poutrelles en forme de H, U, I, L. Ces
dernières servent de base à des produits dérivés dits de première transformation comme les
poutrelles reconstituées soudées (PRS), les poutrelles alvéolaires ou dissymétriques.
En éléments apparents ou non, leur usage courant est la charpente métallique, ossature
principale du bâtiment et support de couverture réalisant les poteaux et les poutres. Ces
produits peuvent aussi servir en fondation, souvent associés à du béton. Les barres et fils sont
utilisés en armatures, pour les treillis soudés.


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Les poutrelles reconstituées soudées (PRS) sont des profils de forme classique (I ou H)
réalisés par soudage d’éléments. Souvent de grandes hauteurs, elles permettent de créer des
produits sur mesure, en une nuance unique d’acier ou par combinaison de nuances.

exemple : Poutrelles alvéolaires :











VII.2. Les produits
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plats
Sous la dénomination commune de produits plats est désigné un ensemble de produits dont le
mode de production et la finition sont en fait variables. En fonction de ces critères,
l’arborescence repose sur les quatre catégories suivantes :
• produits plats non revêtus,
• produits plats laminés, à chaud ou à froid, et revêtus,
• tôles profilées,
• produits composites.
La famille des produits plats est traditionnellement définie en fonction des épaisseurs.
Les principales utilisations des produits plats dans la construction
1. Plancher
• bac collaborant
• coffrage perdu
2. Façade
• bardage simple peau, bardage double peau
• plateau
3. Couverture
• couverture sèche
• support d'étanchéité



VII.3. Les autres produits


Les autres produits correspondent aux pièces moulées obtenues par solidification de l’acier
liquide coulé dans un moule en matériau réfractaire. En principe, sa forme et ses dimensions
sont définitives. Ils peuvent être aussi forgées
Utilisation de ce type est les pièces d'assemblages ou d'appuis




VII.4. les caractéristiques de l'acier dans la construction
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Les produits utilisés pour la réalisation d’ouvrages de bâtiment doivent satisfaire un certain
nombre d’exigences figurant dans les textes de référence. Parmi eux, les normes définissent
pour les constructions en acier :
- les caractéristiques chimiques et mécaniques des aciers de construction ;
- les caractéristiques géométriques (aire, moment et module d’inertie, masse au mètre
linéaire,…) des sections de différentes formes ;
- les caractéristiques mécaniques et géométriques des éléments de
fixation (boulons,…) ;
- les caractéristiques des produits d’apport employés dans les assemblages soudés.
VII.4.1. Critères de caractérisation des aciers
Pour permettre la caractérisation d’un acier, les trois catégories de critères principaux sont les
caractéristiques physiques, chimiques et mécaniques.
1. Caractéristiques physiques
La dilatabilité linéique (ou dilatation) est la caractéristique physique la plus intéressante pour
le constructeur métallique. Témoin de l’augmentation des dimensions de l’acier, ce coefficient
peut être donné par rapport à une température précise (vrai) ou entre deux températures
(moyen). L’acier est également un bon conducteur thermique, notion à considérer dans le cas
des échanges de chaleur entre extérieur et intérieur.
2. Caractéristiques chimiques
Liée aux propriétés d’un acier, la teneur des éléments (ou de certains d’entre eux) qui le
compose est donnée par les normes ou par les catalogues des producteurs. L’indication est soit
une « fourchette » avec les teneurs maximale et minimale, soit une valeur fixe (minimale ou
maximale).
En outre, la réactivité des aciers avec leur environnement est importante. La corrosion
atmosphérique dépend de l’humidité relative et de la pollution de l’air. Elle engendre une
dégradation du matériau en termes d’épaisseur, de poids et par conséquent de performances.
Pour recourir à ces phénomènes, on fait appel à des revêtements de protection, métalliques ou
non, ainsi qu’aux aciers inoxydables.
3. Caractéristiques mécaniques
Parmi les caractéristiques mécaniques des aciers, les plus couramment utilisées pour une
application dans la construction métallique sont :
- Limite d’élasticité : Re en N/mm² ou MPa
C’est la plus grande force (appliquée par unité de section initiale) au-delà de
laquelle le métal conserve une déformation permanente, c’est-à-dire la limite
de conservation de sa géométrie.
Elle sert au calcul à la contrainte des éléments travaillant à la flexion, au
cisaillement, au flambement…
- Résistance à la traction (rupture) : Rm en N/mm² ou MPa
C’est la plus grande force (appliquée par unité de section initiale) que le métal
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peut supporter en traction avant la rupture.
Elle sert au calcul de fatigue.
- Allongement à rupture : A en %
C’est l’allongement rémanent de la longueur de l’éprouvette d’essai exprimé
en % de la longueur initiale, c’est-à-dire l’allongement maximal tolérable avant
la rupture.
Les règles CM prescrivent A ≥ 20 %
- Module d’élasticité : E en N/mm²
Exprimant la rigidité du métal, c’est le facteur de proportion entre la contrainte
F appliquée à une barre et l’allongement relatif de cette barre dans le domaine
élastique.
Pour l’acier, E vaut 210 000 N/mm².
E intervient dans les calculs de flèches des éléments travaillant à la flexion.
- Résilience : KCV en J/cm²
Ce nombre mesure l’énergie absorbée par la rupture lors du choc d’une
éprouvette d’acier entaillée (essai normalisé).
Il s’agit d’un des principaux critères de choix des qualités d’acier pour des
constructions soudées.

VII.4.2. Aspect normatif des aciers - Notion de nuance d'acier
Les produits sidérurgiques sont destinés à un large éventail d’applications. La norme est
établie afin de définir leur aptitude et leur spécificité en fonction de chaque application.
Le passage progressif des normes nationales aux normes européennes a modifié le système de
numérotation de ces textes. Aujourd’hui, les normes européennes relatives aux produits en
acier apparaissent sous la forme EN 10XXX.
L’ensemble de ces textes peut être classé en deux catégories principales :
• les normes définissant les nuances d’acier ;
• les normes spécifiques aux produits avec leur norme de tolérance.
Retenons en particulier la norme NF EN 10025 qui représente la majorité des tonnages
consommés dans la construction métallique.
La notion de nuance pour les aciers d’usage général de construction métallique est désormais
définie à partir de la valeur de l’une de ses caractéristiques mécaniques de base : limite
d’élasticité.
Le choix de la nuance sera effectué en fonction de la conception des assemblages et des
conditions de service du bâtiment.
Dans la construction de bâtiments, les conditions de faibles déformations (flèches limitées
pour l’exploitation) et celles liées aux instabilités (flambement ou voilement d’éléments)
conduisent à employer couramment l’acier doux de nuance S 235, facilement soudable.
Principe de désignation
La lettre S est suivie d’un nombre désignant la valeur minimale spécifiée de la limite
d’élasticité,
S 355 représente un acier dont la valeur minimale de la limite d’élasticité est 355 N/mm²
(ou Mpa)
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A l’intérieur de ces nuances, est défini un certain nombre de qualités qui offrent des garanties
supplémentaires contre des risques particuliers liés à la mise en oeuvre ou à l’exploitation.
Le schéma suivant donne Évolution des appellations en France :
































A52
(1963)
E36
(1968-90)
S355
(Depuis
1992)
Statique des solides
Efforts extérieurs
exercés sur la poutre
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