LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ

Rapport de conférence Val Duchesse – 28 / 29 novembre 2007
Stefan Liebig
21 janvier 2008

............... 7 La RSS en pratique ........................................................... 8 La République Démocratique de Congo (RDC) ............................................................... 7 Définition de l’APD ........................................................................................................ 2 Liste des abréviations ............................................................................................................................... 6 Appropriation des populations locales ............................................................................................................................................................................. 11 La police...................................................................................................... 12 Besoin « d’efficacité opérationnelle » ......................................................................................................................................................................................... 18 Page 2 – Ra pport RSS ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ 18 Membres associés .......................................................................................................... 8 Évaluation ..............21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Table des matières Table des matières ............................................ 10 Du côté de la communauté internationale ............................................................ 4 Le context .................................................................................................................................................................................................................................... 16 Mission ........................................................................................................... 8 Statut du processus de RSS............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ 10 Du côté du gouvernement congolais ................................................................................................................................................................................................................................. 13 Les défis majeurs au Sud Soudan.............................................. 8 L’armée (FARDC) ....................................................................................................................................................................................................................... 11 Sud Soudan................................................................................................................................................................... 6 Contexte....................................................................................................................................... 14 Recommandations politiques et opérationnelles..................................... 10 Défis complémentaires .......................................................................................................................... 6 Coordination/Cohérence .......................................... 13 Quels sont les problèmes ? .............................................................................................................................................................................. 3 Introduction............................ 4 Le concept de RSS ....................................

21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Liste des abréviations APD ALPS CAD CONADER DDR FARDC MONUC OCDE PNC PNUD RDC RSS UA UE Aide Publique au Développement Armée de Libération du Peuple du Soudan Comité d’aide au développement Commission Nationale de Démobilisation et de Réinsertion Désarmement. Démobilisation et Réintégration Forces Armées de la République Démocratique du Congo Mission des Nations-Unies en RDC Organisation de Développement et de Coopération Economiques Police Nationale Congolaise Programme des Nations-Unies pour le Développement République Démocratique du Congo Réforme du secteur de la sécurité Union Africaine Union Européenne Page 3 – Ra pport RSS .

Si l’éclatement de conflits en Afrique après la fin de la Guerre froide a initialement contribué à la conceptualisation de ce rapport. en théorie. la difficulté d’appliquer ce concept dans la pratique n’en est pas moins bien réelle. le lien entre développement et sécurité est loin d’être évident et reste relativement controversé. dans une large mesure. L’existence de plusieurs interprétations et la divergence des approches poursuivies par les communautés actives dans le secteur du développement ou de la sécurité rendent extrêmement polémique la nature exacte de ce lien. plusieurs questions méritent d’être posées. est freinée par une mauvaise compréhension des concepts très sophistiqués de la RSS. la société civile est parfois faible dans les situations post-conflits et l’appropriation des populations locales. sur le Sud Soudan. reçoivent une trop grande priorité. l’une. au détriment de la mise en place de forces de sécurité efficaces et opérationnelles. Ces dernières années. l’autre. il convient de passer l’approche générique de la RSS au crible et de fonder la réforme sur la réalité de terrain plutôt que sur des concepts théoriques. Le séminaire s’est refermé sur des recommandations politiques à l’intention des acteurs de la RSS. le débat sur la RSS en tant que composante clé des activités de consolidation de la paix est. pourtant nécessaire. Pourquoi la relation entre développement et sécurité ne peut-elle pas se traduire dans la pratique ? Quel est le lien exact entre ces deux éléments ? Doit-on rapprocher développement et sécurité ? Que peut apporter la communauté du développement en termes de sécurité ? Quels avantages y a-t-il à promouvoir la sécurité ? L’une des principales thèses avancées par le premier panel suggérait qu’il était souhaitable de maintenir la distinction entre développement et sécurité. Ainsi. avant de s’intéresser à deux études de cas portant.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Introduction Le premier séminaire de « l’Observatoire de l’Afrique » sur la Réforme du secteur de la sécurité (RSS). les questions de gouvernance. les quelque 60 participants se sont penchés sur le lien entre sécurité et développement. dans les situations où un besoin immédiat de sécurité se fait sentir. certains avancent que des synergies existent entre développement et sécurité et que ces deux aspects devraient idéalement aller de pair. Le message principal des participants à ce séminaire est le suivant : au vu de la spécificité de la situation de chaque pays. qui s’est tenu les 27 et 28 novembre derniers. les attentats du 11 septembre 2001 ont propulsé ce débat sur le devant de la scène. En outre. Toutefois. Le context Le lien entre sécurité et développement À l’heure actuelle. braqué sur le lien inextricable entre sécurité et développement. À cet égard. ainsi que sur le concept-même de RSS. Si. Au cours de ces deux journées. les discussions sur cette relation sont devenues omniprésentes. avait pour but de stimuler le débat sur un thème d’une importance capitale pour toute activité de consolidation de la paix. sur la RDC et. Il existe en effet un large fossé entre la théorie et la pratique. aussi importantes qu’elles soient. tout en veillant à ce que l’aide au développement tienne mieux compte de la sécurité Page 4 – Ra pport RSS .

Ces dernières années. la communauté du développement doit revoir sa manière d’appréhender la question de la gouvernance. Les considérations géopolitiques ont également fait leur retour.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig et que la sécurité soit davantage sensible aux questions de développement. Après la Seconde Guerre mondiale. à savoir le rétablissement des différents acteurs de la sécurité. la communauté des donateurs fait de plus en plus souvent usage d’une « boîte à outils » constituée d’analyses des conflits et de documents de stratégie par pays. De la même manière. Premièrement. toutefois. que l’on a pu définir clairement en quoi consiste l’Aide Publique au Développement (APD). Deuxièmement. Comme l’ont souligné les intervenants. les mandats de ces deux Page 5 – Ra pport RSS . les efforts visant à séparer ces deux aspects ont été longs et difficiles. avec la création du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE. la communauté de la sécurité doit se concentrer sur le noyau dur de la RSS. les donateurs mettent néanmoins aussi l’accent sur la gestion de crise à court terme. Désireux de mettre au point des mécanismes plus souples pour une approche à long terme. par exemple. la non-rémunération des militaires. Ensuite. les campagnes de lutte contre la corruption peuvent rendre la reconstruction effective de l’Etat très difficile dans la mesure où cela ne garantit pas le soutien des élites au processus. S’attelant à expliquer les difficultés qu’il existe à réconcilier sécurité et développement dans la pratique. l’aide au développement s’est à nouveau éloignée de son objectif premier. des restrictions budgétaires peuvent avoir un impact très différent sur les habitants d’une même région. il subsiste des différences culturelles au sein des institutions impliquées. si nous ne résistons pas à ce glissement vers une justification sécuritaire de l’APD. sans pour autant perdre de vue l’aspect « développement ». Il convient ainsi de s’assurer que le recrutement s’opère sur une base régionale ou dans le respect des composantes ethniques et d’être attentif aux effets de la mise en œuvre de la DDR et spécifiquement des aspects de réintégration en l’absence d’un environnement économique favorable. Tout d’abord. comme le montre l’augmentation considérable des aides apportées à l’Afghanistan et à l’Irak. à savoir la promotion du développement et la lutte contre la pauvreté. En outre. des considérations sécuritaires viennent étayer l’APD. entraînant ainsi des « inégalités horizontales » qui sont sources de conflits. dans le cadre de l’élaboration d’une politique macroéconomique plus sensible aux conflits. Cependant. dans un souci de s’écarter des aides conditionnelles et militaires. les intervenants ont avancé plusieurs hypothèses. En effet. Parallèlement. pour se redéployer vers l’aide humanitaire et l’allègement de la dette. Toutefois. davantage d’efforts sont nécessaires pour faire face à la situation sur le terrain. Ce n’est que vers la fin des années 60. peut avoir des conséquences désastreuses en termes de stabilité. La tendance à se focaliser sur la tenue d’élections démocratiques conduit à négliger le fait que cela n’est pas toujours une réponse adéquate pour faire face au défi du développement et de la stabilité. Toutefois. l’aide au développement était dans une large mesure envisagée en termes de sécurité. En réalité. la communauté du développement devrait réexaminer la question de la discipline fiscale. De plus en plus. il existe un risque réel d’assujettir l’agenda du développement aux intérêts politiques d’une puissance hégémonique. plus l’on envisage le développement comme ayant trait à la « mise en place d’un État » et plus il nous faut reconnaître l’importance d’une aide au développement plus attentive à la problématique des conflits.

Dans de nombreux cas. risque ne pas être assortie d’effets si le flux constant des armes vers une zone de conflit n’est pas interrompu. il existe des tensions entre objectifs de développement d’une part et politique étrangère d’autre part. D’une part.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig types de missions sont différents. tels la nécessité de s’attacher au contexte des interventions. craint que l’armée ne détourne les budgets. La communauté du développement. Le fossé culturel entre la communauté du développement et l’armée a été identifié comme l’un des principaux défis. l’absence d’une vision et d’une compréhension communes aux différents donateurs entraîne souvent une « compétition » sur le terrain et met en péril le principe « avant tout. parce qu’elle renforce l’acceptation du processus de RSS. le . si un projet de RSS n’examine pas de manière plus approfondie les dynamiques locales. alors que la communauté de la sécurité tend à axer ses activités sur la sécurité à court terme. ce qui pose des défis spécifiques. il importe que les programmes de RSS soient taillés sur mesure. les divers organes impliqués doivent collaborer plus fréquemment et coopérer dès le début. Les problématiques clés de la RSS étant liées à la défense. À la lumière de ce constat. La DDR. S’ils veulent surmonter le fossé institutionnel qui les divise. Enfin. La relation entre RSS et DDR dans les situations post-conflit est également généralement admise. s’éloignant d’une sécurité centrée sur l’État au profit du concept plus large de la sécurité humaine. Tant le contexte national que le contexte régional doivent être analysés. on peut se demander dans quelle mesure la communauté du développement peut apporter une contribution appropriée à la réforme. Par conséquent. Ceux-ci découlent du fait que le concept de RSS est à la fois abouti en théorie et contesté dans la pratique. Il est abouti parce qu’il existe un consensus émergent sur la nécessité d’une approche holistique. parce qu’elle est nécessaire pour que l’action entreprise soit durable et d’autre part. certains défis. Chaque contexte ayant ses particularités. la coordination. en particulier. Toutefois. ne pas nuire ». Appropriation des populations locales Il est généralement admis que l’appropriation des populations locales est cruciale pour qu’une RSS soit couronnée de succès. ont été abordés : Contexte Lors de la mise en œuvre de la RSS. concept de RSS reste contesté en termes d’opérationnalisation et en raison de son interprétation très diverse parmi les donateurs. l’appropriation des populations locales. par exemple. à la police. aux services de renseignement et à la justice. en ce sens que la communauté du développement se concentre sur le long terme. dans de nombreux pays en développement. Par ailleurs. Or. La cohérence et la coordination restent les principales faiblesses de la communauté internationale face à des situations délicates. les frontières sont inopérantes. il est absolument capital de prendre en compte le contexte spécifique de chaque situation locale. la RSS est considérée comme un « cheval de Troie » téléguidé par la Page 6 – Ra pport RSS Le concept de RSS Le deuxième panel a quant à lui étudié les défis liés à la mise en œuvre du concept de RSS. les différences culturelles et la définition de l’APD. le risque est grand de créer des univers parallèles dans lesquels les politiques sont guidées par des théories totalement déconnectées des réalités du terrain.

Comme l’a précisé l’un des participants. Ainsi. car les critères de l’APD ne le permettent pas. en l’absence d’une appropriation des populations locales. si plusieurs donateurs guidés par des priorités et des modèles différents se lancent dans la formation de policiers sans avoir coordonné leur action. les donateurs doivent s’appuyer sur les organisations régionales existantes qui ont un important rôle à jouer et pourrait améliorer l’efficacité des programmes RSS. La communauté du développement craint en effet d’assister à une sécurisation du développement (comme le montre le débat sur le lien entre sécurité et développement). des défis spécifiques liés à l’appropriation des populations locales ont été soulevés au cours des débats : • Les donateurs hésitent parfois à prendre en compte l’appropriation des populations locales lorsqu’il existe un besoin immédiat de mettre en place une structure de sécurité opérationnelle sur le terrain. la réforme de la police sera inéluctablement vouée à l’échec. Il faut donc parfois faire preuve de créativité pour trouver des ressources supplémentaires pour financer ces réformes capitales. Autrement dit. Cela signifie aussi que les donateurs doivent déléguer aux institutions déjà présentes sur le terrain. S’assurer d’une appropriation adéquate des populations locales n’exige pas seulement que les donateurs aient la volonté politique de le permettre mais également que le pays lui-même ait la volonté politique de mettre en œuvre une RSS. • • • • Coordination/Cohérence Du fait de l’interprétation très divergente des donateurs sur le concept de la RSS et des Page 7 – Ra pport RSS . Ainsi. mais ils la soutiennent ». Définition de l’APD Dernier défi pour la mise en œuvre de la RSS : la définition de l’APD telle que la conçoit le CAD/OCDE. qui ne peut pourtant prétendre à un financement par le biais d’APD ». Que faire si l’on demande l’avis de la population locale et que la réponse n’est pas celle que l’on veut entendre ? activités parfois contradictoires réalisées sur le terrain. il est fort probable que la RSS soit perçue comme une politique imposée de l’extérieur. Cela étant. la coopération entre les donateurs peut s’avérer difficile. beaucoup de pays africains ne disposent pas des capacités techniques requises. En outre. Un certain nombre de programmes RSS n’est pas couvert par cette définition. Bien qu’une appropriation des populations locales soit nécessaire. par exemple dans le domaine des armes légères et de petit calibre. certaines réformes vitales ne peuvent être financées par les APD. « procéder à la démobilisation et à la réintégration n’a aucun sens si l’on néglige le désarmement.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig communauté des donateurs. ce qui compromettrait la réalisation des objectifs de développement tels les Objectifs du Millénaire pour le développement. Il est donc fondamental que les donateurs intègrent de manière appropriée l’idée selon laquelle « les donateurs ne mènent pas la RSS. L’appropriation des populations locales exige des donateurs qu’ils comprennent parfaitement la situation sur le terrain afin d’identifier les « bonnes » personnes. Les donateurs doivent dès lors établir des priorités et veiller à une bonne répartition des tâches.

surtout dans le cadre de la coordination des activités de RSS.. dont le pays avait besoin. Après une décennie de conflit. faut-il revoir la théorie ou s’efforcer d’ignorer la réalité ? » Après avoir passé en revue certaines théories sous-jacentes à la RSS. Obtention des ressources nécessaires (équipements. il est fondamental de replacer la RSS dans son contexte propre.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig La RSS en pratique « Si la théorie et la réalité sont irréconciliables. Il s’agissait de la Page 8 – Ra pport RSS . la deuxième partie du séminaire s’est concentrée sur deux études de cas : la RDC et le Sud Soudan. En outre. Cette donnée essentielle doit être prise en compte. Dans le cas de la RDC. surtout à l’Est. paiement régulier de la solde . un atelier de travail sur la RSS. Si l’on évalue la RSS menée en RDC à l’aune de la réforme de l’armée. Plus qu’une « réforme ». Mise en œuvre de programmes de réintégration adéquats . il semble qu’à ce jour. elle n’ait pas porté ses fruits. celui-ci n’a jamais vraiment été intégré à la RSS. avec l’appui du gouvernement belge. c’était d’une véritable reconstruction des forces de sécurité. elle touche ici tous les secteurs. communications et infrastructures) • • • • En décembre 2003. et constitue donc un obstacle majeur à toute réforme du secteur sécuritaire. ses particularités géographiques. la RDC était à l’état de ruines. 2. La corruption est omniprésente dans le pays. il est intéressant d’examiner les principaux défis qui ont été identifiés en janvier 2003 : • élaboration de plans stratégiques nationaux définissant le rôle. L’armée nationale n’est pas en mesure de défendre le pays ni d’assurer le maintien de la paix dans les provinces de l’Est. Ces deux études de cas nous ont permis de soumettre le concept de RSS à un examen critique. trois facteurs essentiels ont influencé le contexte dans lequel la RSS devait être mise en œuvre : 1. de nombreux pays et partenaires potentiels nourrissent des objectifs politiques propres la concernant ainsi que des intérêts stratégiques et économiques. Statut du processus de RSS Lorsque l’on examine le processus de RSS en RDC. où elles sont massivement déployées. son potentiel et les événements qui s’y sont produits récemment. le gouvernement congolais a organisé. L’armée (FARDC) La République Démocratique de Congo (RDC) Comme nous l’avons vu plus haut. la structure et l’effectif des forces de défense . sa superficie. sur tout le territoire. ses ressources. Si une certaine attention a été accordée au secteur judiciaire. La position de la RDC en Afrique centrale. en préparation des élections de 2006. Si la corruption n’est que le reflet d’un phénomène social présent dans de nombreux pays africains. Les premiers pas qui ont eu lieu en RDC en matière de RSS entre 2003 et les élections ont en fait été limités. De par son histoire. Ils se sont essentiellement concentrés sur la réforme de l’armée et de la police. sélection et rationalisation du personnel . mais aussi de l’État. les FARDC sont généralement considérées comme une menace pour la population et comme un facteur supplémentaire d’instabilité. 3.

Bien que ces troupes aient bénéficié d’une formation de suivi bilatérale. plus de 100. L’une des raisons principales pour lesquelles le processus en RDC n’est pas encore achevé réside dans des contraintes d’ordre politique : • Plusieurs unités. A ce jour. a été reportée en 2008. une initiative qui a échoué. la communauté internationale a apporté son soutien à la RDC et ce.000 hommes ne font toujours pas partie du processus de brassage.000 militaires ont été formés. en veillant à ce qu’il existe un certain équilibre entre les différents groupes armés. L’idée principale étant que ces structures soient en place en 2005.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig première démarche dans ce sens au Congo. l’aide à la création de brigades intégrées et la rédaction d’un Livre blanc. dont le groupe Nkunda et les milices Mayi-Mayi. La rédaction d’un Livre blanc. le gouvernement de la RDC n’a pas encore répondu favorablement et une réunion de coordination avec le groupe de contact. car le nombre exact de militaires restait inconnu (problème des « soldats fantômes ») et un pourcentage considérable des sommes allouées n’a jamais atteint les troupes. initialement prévue pour le 15 octobre dernier. d’un montant de 200 millions de • Page 9 – Ra pport RSS . Il s’agit-là d’un exemple de défi auquel la communauté internationale devrait répondre par une approche commune et coordonnée. Cet atelier était essentiellement axé sur la réforme des forces de défense. Cette démarche a permis de réguler l’intégration des anciens belligérants dans les forces armées. de différentes manières. Parmi les priorités mentionnées pour les forces armées dans le « Governance Compact » figuraient l’établissement d’une chaîne de paiement de la solde. de manière à protéger les élections. Malheureusement. par exemple. n’ont pas encore intégré le processus de brassage. L’un de ces programmes portait sur le paiement de la solde. le ministre congolais de la Défense affirme que 44. Les petits salaires n’ont commencé à être payés que lorsque l’Union européenne a mis sur pied l’EUSEC. telles que la Garde Républicaine. cette formation. En septembre 2007. Par ailleurs. Tout au long du processus de RSS. Toutefois. décidée en 2003. si le gouvernement de la RDC et les FARDC ont bien défini ce à quoi ils entendent parvenir. Or. Concernant la formation des soldats. peu de progrès ont été enregistrés à ce jour. n’a encore débouché sur aucun résultat concret. tandis que certains groupes armés continuent à représenter une menace pour la sécurité. Le financement alloué aux activités et projets en cours. aucune des brigades n’a reçu un entraînement adéquat. n’était rien d’autre qu’un « exercice de renforcement d’équipe de six semaines ». une unité de réaction rapide de la taille de deux à trois brigades et une force de défense principale comportant deux à trois divisions. Le gouvernement poursuit manifestement une approche basée sur des contacts bilatéraux plutôt qu’une coordination bien établie avec les différents acteurs. Un second effort appuyé par la communauté internationale résidait dans le processus de brassage. reçue dans le cadre du brassage. Il y a été décidé de mettre en place 19 brigades territoriales. le groupe de contact international a répondu positivement à une demande du gouvernement de la RDC visant à mettre sur pied cinq commissions afin de soutenir les FARDC dans leurs initiatives de RSS. ce processus n’est pas encore achevé. Tant le gouvernement de la RDC dans le document « Governance Compact » que le ministère congolais de la Défense dans sa « vision » ont décrit les priorités en matière de RSS.

Dans l’intervalle. a fermé ses portes. Il a également été souligné qu’il est essentiel pour les acteurs internationaux de définir clairement les tâches de chacun afin d’assurer une meilleure coordination. qui coordonnait le processus de désarmement. pour sortir de l’impasse. il existe un réel besoin d’un engagement durable. le manque de cohérence nuit à la crédibilité de la communauté internationale vis-à-vis de ses partenaires nationaux. en fait. Page 10 – Rapport RSS . la communauté internationale s’est concentrée presqu’exclusivement sur la sécurisation immédiate des élections et a négligé les solutions à long terme. Or. Ainsi. Il est ressorti clairement au cours de la session que la responsabilité des problèmes et. Or. mais le gouvernement de la RDC n’a pas encore proposé une nouvelle structure de suivi acceptable par la Banque Mondiale. L’engagement sous la forme d’un financement continu est également vital. des différends politiques au sein de la communauté des donateurs. qui s’est soldée par un échec et a débouché sur une violation généralisée des droits de l’homme et sur le déplacement massif de populations. et l’absence de connaissances techniques a. En outre. • L’organe gouvernemental congolais CONADER (Commission Nationale de Démobilisation et de Réinsertion). les différents programmes multilatéraux et bilatéraux existants ne sont pas coordonnés. l’échec de la RSS en RDC étaient imputables à la fois à la communauté internationale et au gouvernement de la RDC. Par ailleurs. Après la période de transition. les Congolais ont encore du chemin à faire pour bien comprendre le concept de la RSS. • Manque d’engagement Dès le début du processus de RSS. plusieurs questions se sont posées. permis aux autorités congolaises de mettre en œuvre des politiques imparfaites telles que l’idée du mixage.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig dollars. À l’heure actuelle. certains donateurs impliqués dans la réforme de l’armée ont décidé que la solde devait être augmentée alors que les institutions financières internationales refusent catégoriquement toute augmentation du budget de la défense. elle reste néanmoins conditionnée aux capacités et aux connaissances techniques sur le terrain. Les problèmes suivants ont été mis en lumière : Du côté de la communauté internationale • Manque de coordination et de cohérence entre pays donateurs À ce jour. Évaluation Lors de l’évaluation de la RSS en RDC dans le contexte de l’armée. dans une certaine mesure. n’est pas suffisant pour assurer la démobilisation de toutes les troupes. semble-t-il. la principale menace qui pèse sur la RSS en RDC réside dans le non-aboutissement de la DDR. une telle coordination est cruciale pour que la RSS ait une chance de réussir. ce qui permet au gouvernement congolais de mettre plusieurs donateurs en concurrence. L’absence d’une position internationale concertée a. toutefois. le PNUD et la MONUC ont élaboré un plan visant à consolider le brassage. le problème de la coordination ne reflète pas uniquement l’absence de mécanismes appropriés mais également. Du côté du gouvernement congolais • Manque de capacités et de connaissances technique S’il est communément admis que la participation des populations locales est nécessaire à tout programme de RSS fructueux. à conseiller les aux autorités congolaises par le biais d’une approche conceptuelle et à soutenir les brigades intégrées via un financement au niveau tactique.

La liste des actions pourrait ainsi être présentée à la communauté des donateurs dans le but d’obtenir un financement. Il est impossible de trouver une personne responsable. • Manque de volonté politique Par ailleurs. la problématique persistante des FDLR a un impact sur les relations entre la • Page 11 – Rapport RSS . Comme l’a souligné l’un des participants.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig notamment. comme si cela ne les intéressait pas. l’appropriation des populations locales est aussi tributaire du degré de volonté politique. époque à laquelle il est apparu que le gouvernement de transition n’avait aucun projet à long terme. au cours du processus de mixage. eu égard aux réformes vitales qui peuvent prendre des mois. Comme nous l’avons déjà noté. de France. À l’inverse. Une telle situation engendre un processus décisionnel extrêmement long. Dans le cas de la RDC. car ce conflit empêche la mise en œuvre de programmes de RSS. les donateurs doivent eux aussi s’attaquer aux problèmes de corruption. de rédiger une loi organique et de mettre en place un plan de coordination pour les programmes de coopération bilatérale. • Défis complémentaires • Il est urgent de trouver une solution à la crise persistante dans les provinces de l’Est du Congo. d’Angola. de la MONUC. avec de nombreux acteurs différents. voire des années. Le risque d’instabilité dans la région peut avoir des conséquences négatives sur la RSS: ainsi. ce qui a mis un frein non seulement à l’efficacité opérationnelle mais aussi aux tentatives de réforme. la corruption est omniprésente en RDC. l’absence de mécanismes de contrôle était patente. La police La réforme de la police en RDC a été lancée voici un an et demi. Cette absence de volonté politique a été particulièrement manifeste au cours de la période de transition. Néanmoins. aucun progrès n’a été enregistré à ce jour. avec l’instauration d’un groupe de réflexion placé sous l’égide du ministère congolais de l’Intérieur et rassemblant des partenaires issus de la police nationale. de l’Union européenne et d’Afrique du Sud. Le groupe de réflexion a instauré un processus de consultation large. Le groupe avait pour mission de dresser un état des lieux. Ainsi. parmi lesquels des représentants de la société civile. entravé les travaux de la CONADER. » Loyautés contradictoires au sein de l’armée Au cours de la période de transition et jusqu’à nos jours. du RoyaumeUni. Ce comité revêtira la forme d’un organe interministériel chargé de conceptualiser l’agenda des réformes et de coordonner les actions envisagées dans ce cadre. • RDC et le Rwanda. afin de garantir l’adhésion la plus large possible. De telles mesures sont pourtant indispensables dans la mesure où les donateurs sont réticents à maintenir leur financement lorsque des problèmes de corruption subsistent. des structures parallèles ont été maintenues au sein des forces armées. si la décision de rédiger un Livre blanc sur la défense a été prise en 2003. de proposer des recommandations pour la réorganisation des forces de police. les autorités nationales manifestent peu d’engagement. et la présence de la LRA affecte ses relations avec l’Ouganda. Il a également ouvert la voie à la création future d’un comité de suivi sur la réforme de la police. « les Congolais sont un peu absents de ce processus.

mais celle-ci est parfois rendue impossible par la rigidité financière des donateurs et par les conditions auxquelles ceux-ci subordonnent leur aide. car tous amènent avec eux une interprétation. avec l’appui de la communauté des donateurs. l’initiative de la réforme doit venir des Congolais. chacun étant bien déterminé à conserver ses propres prérogatives.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Sur le plan pratique. La multitude des partenaires bilatéraux et multilatéraux constitue un réel défi. Toutefois. le cas du Sud Soudan apporte des éclairages intéressants pour la RSS. En fait. les autorités congolaises se sont mises en quête de partenaires prêts à participer à une réforme de la police sur une base bilatérale. La réforme de la police doit s’inscrire dans une approche holistique de la RSS. Il existe un large consensus sur le besoin de sécurité au Sud Soudan. comme nous l’avons déjà mentionné dans le contexte de l’armée. La réforme de la police allant à l’encontre de certains intérêts particuliers. À titre d’exemple. il est utopique d’attendre une réforme à court ou à moyen terme. cette volonté politique semble absente aux plus hauts niveaux. intégrant réforme de la police et réforme de l’armée. L’objectif final d’une réforme de la police en RDC consiste à modifier la structure protégeant l’État en une structure défendant l’État de droit. d’autre part. une réelle volonté politique est nécessaire.. notamment parce que c’est précisément l’absence de sécurité qui a empêché son développement. le défi clé au Sud Soudan est d’abord de créer une structure sécuritaire efficace. • Sud Soudan Lorsque l’on compare la théorie à la pratique. que les acteurs nationaux et locaux fassent preuve de la volonté politique ad hoc et que la communauté internationale s’engage aussi longtemps que nécessaire. d’une part. Il conviendrait de s’assurer de la participation des populations locales. la réforme pourrait également être mise en péril par un conflit de compétences au sein du gouvernement. mais il faut. En résumé. En l’absence d’une bonne coordination. • Enfin. les chances de voir la paix s’effilocher sont très grandes. la réforme de la police ne peut pas être couronnée de succès si le secteur judiciaire ne fonctionne pas correctement. avec pour résultat que tous disposaient d’équipements différents et étaient dans l’incapacité de communiquer ensemble. Par conséquent. la réforme de la police soulève de nombreux défis : • Après les accords de paix et au cours de la période de transition. une implication et un engagement fort de la communauté internationale et. toutefois. Malheureusement. pour cela. une coordination bilatérale « sauvage » a déjà débouché sur des situations où différentes unités ont reçu une formation différente par un partenaire bilatéral différent. il faut. privés et nationaux. Sans la réunion de ces deux conditions. la présence permanente de forces armées efficaces. la mise en œuvre d’une quelconque forme de coordination entre les différentes initiatives s’avère difficile. Ceci est particulièrement Page 12 – Rapport RSS • • . des systèmes et des modèles très différents pour cette réforme. Si l’on veut maintenir la paix au Sud Soudan. Les compétences n’étant pas clairement délimitées. L’agenda de la réforme ne peut être mis en œuvre que sur le long terme. ces différences parmi les acteurs internationaux constitueront un grave handicap pour la mise en place de forces de police nationales cohérentes et harmonisées.

à la responsabilité financière. Une telle vision pourrait être développée sous la forme de politiques sécuritaires (nationales) et de défense ainsi que de stratégies militaires clairement définies. Bien que ces deux objectifs soient différents. via la légitimation du processus. Une armée efficace a plus de chances d’être bien gérée et d’adhérer à de bonnes normes de gouvernance. Conséquence : on crée une défiance dans le chef des structures étatiques qui considèrent la RSS comme un programme étranger soutenu par la société civile dont le but est de « dompter » les structures sécuritaires afin de les rendre « acceptables ». Besoin « d’efficacité opérationnelle » Le Sud Soudan. En outre. si la société civile a indéniablement joué un rôle important dans plusieurs pays africains (notamment au Ghana et en République d’Afrique du Sud). cette problématique devient de plus en plus l’apanage de la société civile au détriment de l’acteur principal du secteur sécuritaire. il est important d’opérer un rééquilibrage en faveur d’une structure sécuritaire de terrain fonctionnant efficacement et convenablement. une bonne gouvernance n’engendre pas automatiquement l’efficacité opérationnelle. il est important d’y travailler en même temps. il a été souligné que la réforme doit prendre en considération: • le besoin d’efficacité opérationnelle . à la transparence et aux restrictions budgétaires qu’à l’efficacité opérationnelle. un environnement favorable à l’accroissement de l’efficacité opérationnelle de la structure sécuritaire. • le besoin d’amélioration de la gouvernance. Comme l’ont fait remarquer les intervenants durant le séminaire.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig important au regard de la fragilité actuelle de l’Accord de Paix Global et du prochain référendum qui se tiendra en 2011. force est de constater qu’elle est inexistante au Sud Page 13 – Rapport RSS . Pour réussir. Or. la communauté internationale semble montrer un empressement certain à soutenir le volet « gouvernance » de la RSS mais pas à faire de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) une force de combat efficace sur le terrain. si l’on veut que les programmes de RSS soient couronnés de succès. Quels sont les problèmes ? À ce jour. En effet. relatif à l'indépendance ou au maintien de la région au sein de l’Etat soudanais. offre un environnement favorable mais complexe pour les programmes de RSS parce qu’il exige une refonte complète de la structure sécuritaire afin de refléter les nouveaux accords politiques et les relations de pouvoir. Premièrement parce que le besoin d’amélioration de la gouvernance crée. Toutefois. Elle en pose seulement les fondements en créant de la légitimité et en établissant une unité d’intention et de commandement. La question centrale était de savoir dans quelle mesure l’implication de la société civile dans le processus pouvait apporter une valeur ajoutée. la RSS dans les situations post-conflit semble être principalement dirigée par les donateurs et ne prend pas en compte les éléments les plus importants du terrain devant être intégrés dans les programmes de RSS. On a tendance à s’intéresser davantage à la réduction des effectifs de l’armée. Le rôle et l’importance de la société civile dans la RSS ont fait l’objet de discussions parmi les participants. comme toutes les autres situations post-conflit. à savoir l’État. Deuxièmement parce que cela favorise une unité d’intention et une unité de commandement pour l’armée grâce à une vision claire aussi bien pour les instances dirigeantes que pour les simples soldats.

Malgré plusieurs avancées allant dans le sens de l’intégration de ces forces. etc. Cela nécessite par exemple le développement de politiques sécuritaires (nationales). étatmajor. l’APLS est actuellement incapable de mener des opérations militaires. Il semble qu’à l’heure actuelle. Si la société civile est impliquée. Le Sud Soudan se caractérise par l’absence totale de groupes distincts sur le plan fonctionnel. Ensuite. difficile à implémenter.. Deuxièmement. cette distinction est inexistante : on y trouve uniquement l’APLS sous toutes ses manifestations. il existe un réel danger à essayer de créer une société civile qui serait uniquement le réceptacle des fonds des donateurs. en essayant de mettre sur pied une société civile. Étant donné l’existence de divers groupes armés et l’absence totale de forces de police. Concernant plus particulièrement le Sud Soudan. En réalité. le parlement. Ensuite. d’autres défis essentiels ont également été exposés : • Le Sud Soudan présente une importante diversité ethnique marquée par des animosités historiques entre les différentes ethnies. l’APLS représentant principalement les Dinka et les Forces de Défense du Sud Soudan (SSDF) représentant principalement les Nuer. en effet..21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Soudan et dans de nombreux autres pays africains. il est souhaitable que la société civile ne soit pas impliquée. créer une armée conventionnelle dans un tel contexte historique et culturel est un défi gigantesque. de livres blancs sur la défense. elle doit l’être avant tout sur base d’une connaissance et d’une compréhension pleines et entières. le défi de la RSS dans une situation post-conflit consiste à établir une structure de gouvernance légitime sur le terrain basée sur un agenda politique déterminé. il convient de mettre en oeuvre ces « idées » via les structures décisionnelles compétentes. en premier lieu. de lois sur la défense et de programmes de DDR. Les défis majeurs au Sud Soudan En général. ainsi que l’instauration d’une bonne gouvernance dans le secteur de la sécurité et de structures de contrôle efficace (ministère de la défense.. l’ALPS ne soit à la fois pas capable de mener une guerre et ne dispose pas d’un appareil militaire adéquat susceptible de soutenir les objectifs politiques du gouvernement du Sud Soudan. au gouvernement de protéger sa population. la RSS est. il revient pourtant. Au Sud Soudan toutefois. Conséquence : • • Page 14 – Rapport RSS . En fin de compte.) Il est essentiel d’attribuer des rôles et responsabilités clairs à toutes les structures mises en place. la police. commissions parlementaires. de l’intérieur. que ce soit pour obtenir l’indépendance ou pour renforcer l’unité de la région. Premièrement. En l’absence d’un ensemble manifeste de conceptions et de structures. l’hostilité entre les composantes de l’armée persiste. d’une stratégie militaire. Les groupes armés se sont organisés le long des lignes ethniques. Par conséquent. La littérature sur la RSS indique souvent qu’il convient de différencier clairement les acteurs (l’armée.). Deux problèmes liés à cette approche ont été mis en évidence. le risque est de créer une caste quasi-coloniale dont les membres réfléchiront et s’exprimeront dans le sens souhaité par les donateurs. la société civile. ce qui aurait des conséquences désastreuses pour le Sud Soudan si la guerre devait reprendre entre le gouvernement de Khartoum et le Sud. le monopole de l’usage de la force par le gouvernement est constamment remis en question. cette dynamique peut contribuer à priver le gouvernement d’une partie de ses capacités. Dans des situations où ses connaissances sont limitées.

Néanmoins.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig l’architecture de la RSS est en grande partie sans rapport avec la situation sur le terrain. la situation du Sud Soudan offre l’opportunité d’insuffler quelques-unes des standards de RSS acceptés au niveau international dans le processus de transformation de l’APLS. Enfin. L’écart entre l’appréciation de ces personnes et les principes régissant l’action des donateurs semble difficile à combler. La RSS jongle avec des concepts très sophistiqués qui sont inintelligibles par des personnes qui ont combattu parfois toute leur vie. dictés par la situation sur le terrain. À la différence de nombreux autres mouvements de libération. l’APLS n’a jamais vraiment contrôlé de grand territoire et n’a donc jamais appris les notions de base de l’administration civile ni envoyé ses membres à l’étranger pour suivre des formations. • Si le processus de RSS reste rudimentaire au Sud Soudan et les défis sur le terrain immenses. elles doivent être équilibrées de manière à prendre en compte le rythme du processus de transformation et le besoin d’efficacité opérationnelle. • Le fossé entre la théorie et la compréhension au niveau local est énorme. il faut toutefois noter que certains progrès ont récemment été réalisés. Page 15 – Rapport RSS . Un second atelier de travail se penchera sur la loi en matière de défense. Une Commission a ainsi été mise sur pied pour la rédaction d’un Livre Blanc pour le Sud Soudan suivi par l’organisation d’un atelier de travail dédié à son développement. La situation est similaire en RDC et dans de nombreux autres pays africains. mais c’est tout particulièrement le cas au Sud Soudan.

l’Union européenne devrait plutôt chercher un consensus sur les problèmes que présente le secteur de la sécurité d’un pays donné. au soutien des communautés dans lesquelles les soldats résident et à l’impact possible des restrictions budgétaires sur la création d’inégalités régionales susceptibles d’exacerber le conflit. tout secteur de la sécurité nécessite des ressources suffisantes. l’Union européenne devrait désigner des coordinateurs en chef à double casquette SGC/Commission pour les pays dans lesquels elle est engagée dans des programmes de RSS. il convient de considérer avec attention le contexte particulier du pays. Avoir conscience des conséquences des coupes dans les budgets de la défense et de la sécurité : pour fonctionner de manière idéale. Prêter attention aux conséquences des décisions économiques de la communauté des donateurs sur la dynamique des conflits : les donateurs doivent être très attentifs aux effets de leurs décisions. plusieurs difficultés jalonnent la mise en pratique de la RSS. Plutôt que d’essayer d’arrêter un consensus européen sur la RSS. De la même manière. Page 16 – Rapport RSS • • • • • • . des organisations régionales telles que l’Union africaine (UA) ont besoin de financements importants pour pouvoir assumer de nouveaux rôles dans le domaine sécuritaire. Les recommandations suivantes tentent de remédier à certains de ces obstacles : • Construire la théorie en se fondant sur la réalité : avant de mener un quelconque programme de RSS. ce qui renforceraient l’acceptation de ces réformes vitales. Réduire les budgets de la défense lorsque les salaires doivent être payés et qu’il faut acquérir de nouveaux équipements sape la crédibilité des acteurs internationaux. Il faut prêter une attention particulière à la garantie du paiement des salaires des soldats et des policiers. les exigences de gouvernance minimales au cœur des processus de RSS. De plus. Dans un effort visant à éviter les structures concurrentes. il conviendrait d’impliquer davantage les organisations régionales dans le processus de RSS.. Assurer une meilleure coordination des instruments de l’Union européenne : une bonne coordination est la clé pour réussir une RSS.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Recommandations politiques et opérationnelles Comme l’ont montré les deux études de cas. • Éviter la concurrence bilatérale et le manque de coordination dans la formation: un nombre trop important de partenaires bilatéraux pour la formation de la police ou des forces armées entraînera des dysfonctionnements dans les unités et une mauvaise gestion des programmes. Améliorer la coopération Sud-Sud : il conviendrait de tirer avantage des pays africains qui ont vécu et géré des processus de transformation. Renverser le déséquilibre entre sécurité et développement : l’ambition de l’Union européenne dans le cadre de la RSS dépasse ses capacités. Se recentrer sur l’essentiel de la RSS : les donateurs devraient trouver un juste équilibre entre. d’une part. la mise en place de forces de sécurité efficaces au niveau opérationnel et. d’autre part. Les lignes directrices de la RSS peuvent aider. Un financement plus important est nécessaire pour le volet sécurité si l’Union européenne souhaite jouer un rôle central. mais elles doivent être adaptées aux spécificités de chaque cas individuel.

21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig • Assurer une appropriation locale : les donateurs devraient convaincre les pays de s’approprier les réformes en les incluant dans le processus par le biais de réunions régulières. Impliquer la société civile de manière adéquate : la société civile doit être impliquée en ayant pleinement conscience de ce qu’elle peut apporter à la RSS. les connaissances locales sont essentielles pour obtenir des programmes de RSS efficaces. Bien qu’il faille du temps pour créer une appropriation locale. La société civile peut contribuer à accroître la prise de conscience et à rendre le débat public. Toutefois. Utilisée à des fins politiques. elle aggravera la défiance et exclura l’acteur principal du secteur de la sécurité. • Page 17 – Rapport RSS . lancer la RSS n’est pas le rôle de la société civile mais celui des structures étatiques. à savoir l’État.

EGMONT est un think-tank indépendant basé à Bruxelles. L’audience cible comprend des décideurs politiques à différents niveaux. Son objectif est d’encourager la réflexion commune associant experts africains et européens sur des problématiques politiques et sécuritaires africaines. Addis Abeba). . En outre. l’autre dans une capitale africaine et la troisième à Bruxelles. y compris issus des institutions européennes et de l’UA. Trois conférences par an sur des questions politiques d’actualité seront également organisées et se tiendront l’une dans une capitale européenne.21 ja nvi er 2008 Stefan Liebig Mission L’Observatoire de l’Afrique est un réseau d’instituts et d’experts indépendants coordonnés par le Programme Afrique Centrale d’EGMONT – Institut Royal des Relations Internationales. Center for Policy Research and Dialogue (CPRD.obsafrique. La Haye). Politique étrangère et de sécurité commune. Pretoria). Ce projet est basé sur une plate-forme internet www. Membres associés Instituto de Estudos Estratégicos et Internacionais (IEEI. 1 2 Politique européenne de sécurité et de défense. Institute for Security Studies (ISS. Institut Pole (Goma. Lisbonne). L’Observatoire est développé en association avec la ‘Délégation aux Affaires Stratégiques’ (DAS. sur les questions africaines pertinentes pour la PESD1 et la PESC2. Ministère de la Défense – France). des diplomates. plusieurs réunions ponctuelles sous forme de séminaires d’experts (‘Africa Briefings’) seront organisées en vue de fournir des aperçus globaux sur des problématiques politiques et sécuritaires ciblées. Conflict Research Group (Université de Gand). L’objectif général est de créer un forum de dialogue et de débat ouvert et constructif ainsi que de produire des conclusions et recommandations opérationnelles à destination des décideurs politiques. Ce projet a été initié en vue de remédier à l’absence d’une large plate-forme d’échange académique et professionnelle.eu permettant un débat permanent et diffusant publications et informations pertinentes. incluant notamment des acteurs clés africains. Chatham House. Université de Bologne. RDC). Conflict Research Unit (Clingendael. des fonctionnaires des Ministères des Affaires étrangères et de la Défense ainsi que des représentants des think-tanks clés et du monde académique.