DOSSIER

Article extrait de jurisassociations n° 477 du 15 avril 2013. Reproduction interdite sans l’autorisation de Juris Éditions © Éditions Dalloz – www.juriseditions.fr

INTERVIEW CROISÉE

“ Les associations doivent réinventer des modèles socio-économiques moins dépendants de la puissance publique ”
NADIA BELLAOUI PRÉSIDENTE DE LA CONFÉRENCE PERMANENTE DES COORDINATIONS ASSOCIATIVES (CPCA) CHRISTIAN SAUTTER PRÉSIDENT DE FRANCE ACTIVE

Les associations sont contraintes d’évoluer rapidement sous peine d’une perte d’efficacité et de sens de leur action. L’équation que les associations ont à résoudre est donc la suivante : comment faire plus avec autant, ou comment faire autant avec moins ?
Quels sont les défis à relever pour le monde associatif ?

Quels sont les besoins du secteur associatif en matière de financement ?

N. Bellaoui. Tout en étant l’instrument d’initiatives collectives de citoyens, les associations sont des actrices économiques à part entière. Ancrées territorialement, elles apportent aux populations des services essentiels à la qualité de vie et participent à une économie de proximité. Pour développer ces activités, elles ont besoin de consolider leurs modèles économiques et de s’appuyer sur des outils financiers indispensables à leur croissance. Pour pouvoir gérer les décalages de paiement de leurs financeurs mais aussi investir et innover, elles ont notamment besoin de se constituer des fonds propres. Or, la culture de la subvention est celle du budget à l’équilibre et ne laisse pas la possibilité aux associations de constituer des réserves à partir de leurs financements non consommés. C. Sautter. Nous sommes dans un contexte en mutation et face à un paradoxe : les besoins des services rendus par les associations sont de plus en plus importants, mais les moyens financiers pour répondre à ces besoins croissants sont stables, voire décroissants.

N. Bellaoui. Les associations sont confrontées à d’importantes mutations et subissent les conséquences de la détérioration des finances publiques. Elles doivent donc réinventer des modèles socio-économiques moins dépendants de la puissance publique. Nous y travaillons tout en revendiquant la

nos organisations devront se transformer pour leur faire plus de place. Le deuxième défi à relever pour l’avenir des associations sera de réussir à mieux travailler entre elles et avec d’autres acteurs, à se situer dans une posture de coopération avec les collectivités territoriales et avec l’ensemble des acteurs sur les territoires tels que les entreprises et universités. C. Sautter. Les associations doivent faire face à un recentrage des financements publics sur certains secteurs, lié aux compétences d’attribution des collectivités au détriment d’autres. Leur accès au financement se fait dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Parallèlement, la situa-

sont des actrices économiques à part entière
légitimité et la nécessité de la contribution publique à l’action d’intérêt général des associations. Deux exemples : si la législation leur est (encore ?) favorable, tout reste à faire pour développer une culture du don et du mécénat en France. De même, nous aurons certainement de plus en plus souvent recours au bénévolat et si nous pouvons compter sur l’engagement des Français,

Tout en étant l’instrument d’initiatives “collectives de citoyens, les associations

tion critique de l’emploi, marquée par une première baisse de l’emploi associatif constatée fin 2010, amène à s’interroger sur les conditions permettant aux associations d’apporter leur contribution à la création et à la consolidation d’emplois de qualité. Enfin, la contrainte de plus en plus forte des cadres européens oblige à redéfinir la place des associations dans l’économie. 

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jurisassociations 477 - 15 avril 2013

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