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Laubeks, E. Bavard, E. Morin, D. Vierce Chifflart, Lix, h. 5c tt

Brun, Garcia, G. BE,.Lr.N.,ER, etc. 30 Livraisons à 10 cent, et 6 séries à 50 cent. Broche.
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Demi-reliure veau, tranche dorée, S

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NAPOLÉON LE PETIT ÉDITION ILLUSTRÉE .

VICTOR — 1851 H L) GO — .

E. SCOTT BELLENGER PARIS EUGÈNE HUGUES. RUE DU HASARD. BAYARD.-P. E. 1879 8 . LAURENS.VICTOR HUGO NAPOLÉON LE PETIT ÉDITION ILLUSTREE J. D. G. EDITEUR 8. VIERGE. GARCIA. MORIN H. BRUN. LIX. CHIFFLART.

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au milieu du profond silence des neuf cents . la rapport où l'on avait remarqué cette phrase qui en résumait toute « pensée : C'est le sceau de son inviolable puissance loi que la nation. pose clie-inème sur » Constitution pour rendre sainte et inviolable. à d'un rapport du représentant Waldeck Rousseau. étant en séance. entourée en ce moment-là d'un imposant déploiement de troupes. l'Assemblée constituante. par cette admirable la exécution donnée à la la fondamentale. chargée de dépouiller le la suite fait au nom de la commission scrutin pour l'élection à la présidence de la République.LIVRE PREMIER L'HOMME LE 20 DECEMBRE 1848 Le jeudi 20 décembre 1848.

cmisiiiuaiUs réunis eu foule et presque au complet. on l'avait vu assez la souvent s'asseoir à place qu'il avait choisie sur les bancs supérieurs de la la gauche. j'invite le citoyen président de la République à la vouloir bien se transporter à tribune pour y prêter serment. citoyen Charles-Louis-Napoléon Bonaparte. Dans parole de tous. le » Les représentants qui encombraient places et laissèrent le couloir de di-oite remontèrent à leurs passage libre. Un mouvement le « se sur les bancs et dans les tribunes pleines de peuple. l'immense salle de l'Assemblée était plongée à les lustres demi dans l'ombre. debout frontispice portait cette date : immobile sur et tribune dont 22. Fraternité. On de la vit alors entrer la salle monter rapidement à la la tribune un homme jeune Toutes encore.NAPOLEON LE PETIT. dans cette zone communément appelée le Montagne. n'était représentant Vieillard. les huissiers venaient d'apporter les lampes sur Le président dans fit un et signe. un nez gros et front étroit. remplit les conditions d'éligibilité prescrites par l'article hk de la Constitution « Attendu que. l'œil petit et sans : mèche frisée sur clarté. et la porte de droite s'ouvrit. la 11 Avant d'être élu président de République. vêtu de noir. l'avenir un avenir inconnu. son l'espèce d'immense murmure qui se formait de nom courait mêlé . derrière son ancien précepteur. le président de l'Assemblée nationale constituante. Gharles-Louis-Napoléon Bonasiégeait dans l'Assemblée depuis plusieurs parte était représentant du peuple. et il resta quelques instants la main droite dans son habit boutonné. et la tribune. C'est que pour tous. et. les têtes se tournèrent vers cet saillir les homme. Il était environ quatre heures du soir. dans le scrutin ouvert sur toute l'étendue du territoire de la République pour . la nuit tombait. nulle le ressemblance avec l'empereur c'était citoyen Charles-Louis-Napoléon Bonaparte. « » Armand Marx-ast. dans la cinquième travée. 23. le l'Assemblée nationale le proclame président de laRépublique depuis » fit présent jour jusqu'au deuxième dimanche de mai 1852. se leva et dit : Au nom du peuple Attendu que le français. mois. quoiqu'il assistât rarement à des séances entières. Egalité. au-dessus de laquelle on lisait ces trois mots : Liberté. ayant sur l'habit plaque et le grand cordon Légion d'honneur. descendaient des plafonds. né à Paris. 24 février. pour ses amis comme pour ses c'était atlversaires. une angles osseux et amaigris. l'élection du président. Cet homme pas une nouvelle figure pour l'Assemblée. la tant une émotion profonde. l'attitude timide et inquiète. son entrée y produisit pourqui entrait. des moustaches. . Un un visage blême dont les lampes à abat-jour faisaient long. il a réuni la majorité absolue des suffrages « En vertu des articles i7 et liS de la Constitution. Pendant l'espèce de rumeur qui la le suivit son entrée. : président de l'Assemblée constituante ajouta Aux termes du décret.

la recevait de l'Assemblée Constitution et lui jurait obéissance. Boulogne. il devant majesté nationale. président de l'Assemblée frappa quelques coups les dernières de son couteau de bois sur président de l'Assemblée dit la table. le petit chapeau. je jure de indivisible. l'aigle apprivoisé et morceau de à un certain viande dans prison. c'était le latif. et qui l'ont encore dans leurs mains. n'ayant pas déposer le nommé président. avec raison également. Il jour oîi est un de ceux qui. citoyen responsable devant le inviolables. gauche de et les la à sa place habituelle. ajoutait à Ce moment eut quelque l'Assemblée. avec raison. silencieux bras croisés. été Le général Cavaignac. assistait. : rumeurs s'éteignirent. Ce qui était le seul l'immense signification de ce serment. c'est qu'il qui fût prêté dans toute l'étendue du territoire le de la République. en tète du banc des ministres à tribune. en présence du monde civilisé pris à témoin. c'était L'Assemblée n'était plus un temple. l'homme investi de la puissance qui prêtait serment au peuple. pouvoir subordonné. venait de pouvoir au sein de l'Assemblée avec ce laconisme tranquille qui sied assis aux républiques. ont reçu ce serment au voici : nom du et peuple. le les ses coups de main. toute l'Assemblée faisant silence et recueillie. Le présiIncliné dent. Nous le tous les citoyens. levant la ! main droite. Celui ce serment qui écrit ces lignes était assis sur son siège à l'Assemblée fut prêté. aux appréciaiions plus diverses. Février avait aboli. et la Constitution. Les représentants étaient répétons. démocratique et socialiste. et le — Je vais lire la formule du serment. empreints. à côté du ministre de le la justice Marie. de l'esprit libéral. debout. n'avait conservé que le serment du prési- dent. sa proscription. le mieux que cela encore à l'inverse de la monarchique où c'était peuple prêtait serment à l'homme investi de puissance. une solennité qui saisissait le le cœur. la degré. Ce serment avait le double caractère de la nécessité et de la grandeur. fonctionnaire et serviteur. qui. il était et dans la nation seul homme lié de la sorte. sa. Alors. pouvoir exécutif. et à ceux qui rappelaient ses folies ils maturité d'un âge plus rappelaient ses malheurs. serment politique. formule majestueuse. dit d'une voix ferme et haute : — Je le jure . jurait fidélité la au peuple souverain. à cette installation de l'homme nouveau. un bon livre ses écrits à Ham. le Enfui silence se fit. Ses antagonistes racontaient ses aventures. Ses amis alléguaient son sur l'artillerie. Strasbourg. et lui ne l'était pas.LE 20 DECEMBRE 1848. chose de religieux. qui c'était le prêtait : au pouvoir législa fiction pouvoir supérieur. dans ce serment unique suprême. le citoyen Charles-Louis-Napoléon Bonaparte. et rester fidèle à la République les démocratique une Constitution. exil. De là. » et de remplir tous devoirs que m'impose lut cette la Le président de l'Assemblée. sérieux. Le « En présence de Dieu devant le peuple français représenté par l'Assem- blée nationale. visible dans l'Assemblée omnipotente.

depuis vice-président de Bonaparte dés la Répu- et qui connaissait Charles-Louis-îSapoléon il l'enfance. La conduite de l'honorable général Gavaignac a été digne de et » la loyauté de son caractère chef de l'État de ce sentiment du devoir qui est la première qualité du K L'Assemblée applaudit à ces paroles. et il le glorifiait en ces termes La nouvelle administration. et rechercher tous les moyens propres à soulager maux de si ce peuple généreux et intelligent qui vient de -) me donner un Il témoignage éclatant de sa confiance'. et disait » : Je veux. toujours debout. 3. par laquelle la commença le : Les suffrages de nation et serment que je viens de prêter com- mandent ma conduite future. ordonne qu'il sera transcrit au procès -verbal. Le citoyen Louis-^'apoléon Bonaparte déplia un papier et lut un discours. tiendni son serment! reprit. — Vous avez la parole. était possible.) Moniteur. sentit le noble besoin de se lier plus encore. 2.) Moniteur. afin de faire voir à lui libre et chez spontané . comme les vous. doit le remercier celle qui l'a pour transmettre pouvoir intact. (Nouvelles marques d'assentiment. il nous le « répétons. L'Assemblée natio- nale en donne acte. en entrant aux précédée des efforts qu'elle a faits affaires. et d'ajouter quelque chose au serment que quel point ce serment était la Constitution lui demandait. forme des actes législatifs. remerciait son prédécesseur au pouvoir exécutif. descendit de il la tribune. Dans ce discours il il annonçait et il installait le ministère nommé par lui. : le même qui put dire plus tard ces belles paroles Je ne suis jmis tombé du pouvoir. désormais de la Piépublique jusqu'au Il deuxième dimanche de mai 1S52. dit le président de l'Assemblée. ce fut cette déclaration toute spontanée. inséré au Moniteur. s'il n'en descendit pas. nous ne citons ici que des paroles textuellement enregistrées au Moniteur et les — Nous prenons Dieu hommes à témoin du serment qui vient d'être prêté. s'écria : PETIT. 1. mais ce qui frappa tous les esprits. rasseoir la société sur ses bases. pour maintenir » la tranquillité publique -. citoyens représentants. et : Le président de l'Assemblée. J'en suis des: cendu (( . ce qui eut un écho dans toutes les consciences loyales. ce qui se grava profondémyit dans toutes les mémoires. . la Meurthe. raffermir les institutions démocratiques. L'attention et le silence redoublèrent. il demanda la parole. (Très-bien! très-bien!) Mouilenr: (Marques d'adliésion. publié Il et afllché dans la .NAPOLEON LE Le représentaut Boulay de blique. C'est un honnête homme. le semblait que tout fût fini on s'attendait à ce que président citoyen Gharles- Louis-Xapoiéon Bonaparte.

LE SERMENT UE LOUIS BONAPARTli. .

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. l'affiche que voici : Ac NOM DU Peuple français. L'Assemblée nationale est dissoute. Ils ne peuvent être arrêtés en matière criminelle. H d'honneur.LE 20 DÉCEMBRE remplirai en 18/|8. entre autres ceux-ci : i Art.31 mai est abrogée. est proroge ou met obstacle à l'exercice de son mandat. les citoyens sont . 3. Le général hésita quelques instants à accepter ce serrement de main. à tous les coins des rues de Paris. 37. Art. La loi du . 2 décembre 1851. 36. Les représentants du peuple sont inviolables. Je le homme Je verrai des ennemis de la patrie dans tous la ceux qui tenteraient de cà changer. Tous ceux qui venaient d'entendre les paroles de Louis Bonaparte. » <i Art. le président est déchu de ses fonctions. sauf le cas de flagrant délit. et lui tendit la tribune. » Quand il eut fini de parler. désignent pour procéder au jugement du président de ses complices ils nomment euxpublic. II. ils convoquent les jurés et dans le lieu qu'ils . Art. blâmèrent le La Constitution à laquelle Louis-Napoléon Bonaparte prêta serment » le 20 décembre 1848 articles. ce que France entière établi. Les juges de haute cour se réunissent immédiatement à peine de forfaiture. Le peuple français L'état est convoque dans ses con)ices. « « Mon devoir est tracé. le président de la république H Décrète : « <( Art. « Art. tenus de refuser obéissance le pouvoir exécutif passe de plein la droit à l'Assemblée nationale. 2. Art. par des voies illégales. i- mêmes lever les magistrats chargés de remplir les fonctions trois ans après cette du ministère le Moins de journée mémorable. un crime de haute « trahison. prononcées avec un accent général. la de siège est décrété dans toute l'éleudue de première division militaire. si profond de loyauté. Le suff'rago universel est rétabli. au du jour. ni poursuivis qu'après « que l'Assemblée a permis le la poursuite. Par ce seul lui fait. 68. 1". Toute mesure par laquelle la président de la République dissout l'Assemblée nationale. on put lire. l'Assemblée constituante se leva cri : et poussa d'une seule voix ce grand Vive la République la ! Louis-Napoléon Bonaparte descendit de Cavaignac. « à la face'de Dieu et des hommes contenait. alla droit au général main.

inviola nuit. « Louis-]Napoléox Bonaparte. de se dresser éternellement debout devant le traître. . Le second devoir c'était. Le coiisoil d'Etat est dissous. leurs douleurs privées.. deux le fois investis de la confiance de la nation. Le minisire de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent décret Fait au palais do l'Elysée. h. avaient été arrêtés chez eux dans par ordre de Louis-Napoléon II MANDAT DES REPRESENTANTS Ceux qui ont reçu en dépôt pour le peuple. le serment du 20 décembre 1848. Art. toutes les armes. leurs fortunes détruites. 12 NAPOLÉON LE Il PETIT. et de saisir. assumé en le même le temps que leur mandat deux Le premier jour oii ce serment serait violé. (I Art. d'accepter proscription et toutes ses misères. de couvrir de leurs corps la souveraineté et le du peuple. leurs affections brisées. lables. leurs familles dispersées et mutilées. législateurs. virent jurer comme constituants et le virent violer comme devoirs. pour combattre pour jeter bas l'usurpateur. sou serment à la main. ceux surtout qui. comme représentants du peuple. avaient c'était. depuis la la loi qu'on trouve dans Code jusqu'au pavé qu'on prend dans combat et toutes ses rue. après la avoir accepté le chances. Paris apprit que quinze représentants du peuple. le 2 « décembre ISol. d'oublier leurs souffrances intimes. de ne calculer ni nombre ni la force de l'ennemi. » En même temps Bonaparte. d'offrir leurs poitrines. de se lever. 6.

pas même il ceux qui en profitent qui en disent seulement qu'il a été « nécessaire ». il le premier de ces deux grands devoirs. III MISE EN DEMEURE Il est temps que le la conscience humaine se réveille. fait rend la des décrets. tend : main aux rois de l'Europe. la spolialion. la a été le « absous ». prend la société. la confiscation des biens. et l de n'avoir plus désormais qu'une de ne se laisser plaie. la religion et la famille sous sa protection. ce crime trahie après suppression des lois. cœur saignant. ils conteste. lui. domine. sinon avec main de la loi. infâme. personne ne vivent.et de faire rougir au la feu de l'histoire face! toutes les lettres de son serment et de les lui imprimer sur le Celui qui écrit ces lignes est de ceux qui n'ont reculé devant rien. Ce crime contient le tous les crimes.MISE EN DEMEURE. vol dans le triomphe. la séques- tration arbitraire. d'être implacables la l'abominable parjure couronné. le et leur dit mon frère ou mon et cousin. repoussant. Ce crime. les fusil- . 2 décembre. l'escroquerie et le meurtre et l'assassinat dans la lutle. les massacres nocturnes. parjure dans l'exécution. de crier justice de saisir jamais apaiser ni fléchir. . pas dit même celui qui l'a commis. pour accomplir ce livre. s'érige en théorie. du moins avec les tenailles de la vérité. inouï. la violation comme parties intégrantes de lui-même. il un crime odieux. si un guet-apens siècle la face réussi. de s'oublier 13 leur eux-mêmes. qui l'acceptent. il seulement que. s'épanouit à du soleil. et l'on songe au où a été commis. Depuis 2 décembre J851. la plaie de la France . en publiant remplit le second. la des inviolabilités constitutionnelles. . lui criminel. triomphe dos lois. la trahison dans conception.

il Depuis le 2 décembre.crime. paysans. qu'on brise les chaînes. ce genre d'opprobre est . sache donc. le bon sens. juges. saluent un gendarme. qu'on ouvre les geôles. quarante mille citoyens proscrits. et qu'on se hâte. assis l'on sur son ballot. un sillon qui sera leur fosse. serrent la main d'un magistrat. la boutique ouvre. vont aux bals et aux banquets de Louis Bonaparte et . ce droit. ayant pour base l'iniquité ! désordre suprême. que tous 'ceux qui. que l'auteur de ce crime est un mal- . puisqu'on n'a pas encore éveillez-vous. sont en pleine ! forfaiture. Celui qui aune de qu'il a n'entend pas que mètre dans » : la main lui parle c'. s'ils se croient les agents d'un pouvoir. Ces choses sont patentes. des martyrs et. Si le remords se tait. que le drapeau noir que tous ceux-là le sachent également. n'y a que des qu'il a complices. lades secrètes. fêtent un général. simples citoyens. s'éloignent pas de l'hôtel de la maison où est le préfet. on touche. Ils ont devant ! eux plus que des innocents. le est là. va de soi. debout ! est temps Si la loi. lui dit : « C'est une fausse mesure qui goula verne. une écharpe ou un uniforme. la » Ordre étrange que ! celui-là. torture et assassine les officiers. généraux. a détenu les défenseurs de la République et de l'État. le droit. le commerce. hommes du Tous. gendarmes. lui dit Celui qui pèse une denrée n'entend pas « que sa balance élève voix et C'est le un faux poids qui règne. faiteur de la plus cynique et de la plus basse espèce. ban- quiers. qu'on songe à l'avenir. on on passe outre et va à ses affaires . Le fait et moment et est venu que chacun se rende bien compte de ce faire. se frotte les mains. qu'on vide les pontons. les commissions remplaçant les tribunaux. l'équité. silence se fait sur ce.ne voient pas est sur l'Elysée. A l'heure qu'il est. soixante mille familles ruinées et désespérées. il n'y a plus en France de fonctionnaires. le devoir. que la responsabilité parle ! Et que tous ceux qui. du moins. le voit. ce qui. que tous ceux qui servent cet homme Ils le sachent . la justice. ne suffisent pas. la raison. a arrêté les gardiens de Constitution. a mis sur « soutiens de la loi. que tous ceux qui portent une robe. qu'on tire les verrous. que tous ceux qui ne où est le ministre. sont les camarades d'un pirate. l'on il Eh le la bien! ceci est poignant à dire. dix mille citoyens déportés. propriétaires. du reste. Le général le soleil. Le juge qui a jugé les combattants de Paris la sellette les ou des provinces. de ce qu'il continue de Le gendarme qui a arrêté ceux que l'homme « de Strasbourg la de Boulogne appelle des insurgés » . L'officier qui a gardé à fond de cale les condamnés ».ili NAPOLÉON LE PETIT. des héros Qu'on le plus que des victimes. non fonctionnaires. négation de tout droit l'équilibre fondé sur Ajoutons. et nous touchons presque au l'étoffe moment où le va trouver cela tout simple. qu'ils se détrompent. frisson- d'Afrique qui emprisonne à Lambessa les déportés courbés sous nants de fièvre. creusant dans la terre brûlée général-là séquestre. Bourse agiote. comme d'un lazaret. consciences. il le ! courage de saisir l'épée ! Allons.

. au nom de quoi que ce soit. voleur. de même que les lions blessés s'enfoncent dans les solitudes. vous êtes allés saluer cet juré. que ce monstrueux sommeil des consciences : fuiisse. et ce serment. répétons-le. bandit. l'homme juste. l'histoire apparaîtrait un jour comme une vengeresse et dès à présent. . 11 est temps. à propos de quoi que ce contre qui que ce soit. Quand l'ordre social la est violente. il Désormais puisse rendre un tribunal. l'ttat a escroqué son mandat. n'y a pas en France Toutes les garanties s'en vont. la justice et prononcer une peine. juges. 11 ne faut pas qu'après cet effrayant scandale le : triomphe du crime. voilant sa face en présence de cet abaissement universel. le glorifier d'avoir escroqué. le coupable de séquestration arbitraiiv Le chef de l'État a arrêté et détenu contre toutes : les lois les représentants du peuple souverain. : pouvoir. ajouteront — Et vous. sabré et l'État a fusillé. se fait dans une ombre qui épouvante. le féli- citer d'avoir volé remercier d'avoir assassiné! qu'est-ce que vous nous voulez ? Certes. témoin dira aux juges Le chef de il l'État a fait un serment à la face de Dieu n des hommes. Si cela était. aux juges : Le chef de : l'État a volé vingt-cinq millions Banque le fau?. une ignominie de plus. escroqué les Tuileries . escroqué a falsifié le l'escroc dira Le chef de . pas une cour. faussaire. contagieux 15 . ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes l'indifférence du monde civilisé. il moralité publique s'éclipse. faux témoin. qui semble calme à qui ne pense pas. tous les points d'appui s'évanouissent. c'est là c'est un état de choses grave. à la le voleur dira . assassin. Qu'on traduise devant les assises un malfaiteur quelconque. dira : l'a violé. vous un êtes allés le louer de s'être par- complimenter d'avoir et le fait faux. — et tous ensemble. égorgé les passants dans les rues. qu'on ne s'y méprenne point. La situation présente. se réfugierai! dans l'immensité du mépris. le meurtrier dira mitraillé. Le crime du 2 décembre les éclabousse. le faussaire dira : Le chef de l'État l'État un scrutin le bandit du coin du bois dira : Le chef de Le chef de a coupé leur bourse aux princes d'Orléans. le homme. S'endormir sur une telle situation. s'ils échappent à la complicité matérielle.MISE EN DEMEURE. : escroc. pas un juge qui soit. ils n'échappent pas à la complicité morale.

Bonaparte ne sont pas du droit. les meurtres de M. nous allons peindre lui ce gouvernement vigoureux. sous leur vrai jour. soutenu à Bourse par Fould le juif. dormir c'est mourir. ne de ce qui s'est passé 2 décembre et depuis. assis. chose étrange à dire le pourtant réelle. 2 décembre est encore masqué. . aucune chose. grâce à la supla pression de vérité. Bonaparte. de M. Bonaparte ne sont pas vols. le démagogues et partageux. ils il s'appelle défense de l'ordre. grâce à la suppression de la tribune. Ce pas livre n'a pas d'autre but que de secouer ce sommeil. Allons. La France ne doit le même adhérer à ce gouvernement par consentement de la léthargie . aucun homme. on se réveillera. presse. de la liberté et de la suppression qui a eu pour résultat de tout permettre à M. commencent à et. Bonaparte n'est pas un crime. carré. y compris l'inqualifiable scrutin du 20 décembre. grâce. mais qui a en même temps pour effet de frapper de nullité tous ses actes sans exception. Il à Dieu. disons-nous. nous allons exposer ce triomphe de . à de certaines heures. Ajoutons qu'au et moment où nous sommes. sénateurs et conseillers d'État soldats de la loi et les adversaires de M. ils s'appellent Jacques. lui livre n'est pas autre chose qu'une main qui sort de l'ombre et qui arrache masque. beaux la et vilains le gueux. s'il plaît percer. parte. Bonaparte ne sont pas meurtres. le guet-apens de M. Aux yeux de Ce le la France. aux yeux de l'Europe. Cependant. s'appellent magistrats. grâce à plusieurs pubhcations les faits généreuses et courageuses. et à l'église par Montalembert .IV ON SE REVEILLERA Mais cela ne sera pas . aucun fait n'ont leur vraie figure et ne portent leur vrai il nom . en de certains lieux. ou le sait mal. à de certaines ombres. Bona- A l'heure qu'il est. les vols s'appellent ils mesures d'État. grâce à la suppression de la parole. à les présenter tous importe qu'on sache un peu ce que c'est que M. s'appelle nécessité . à cet étouffement de toute plainte et de toute clarté. les ils comles de M. Ce livre est destiné à en mettre quelques-uns en lumière. le crime de M. l'ordre . Bonaparte ne sont pas des malfaiteurs. sait rien la France. Bonaparte n'est pas guet-apens. fort petits ayant pour une foule de fils jeunes gens qui ont plus d'ambition que de bottes. plices s'appellent salut public. et c'est là qu'est l'excuse.

t*^^ 'im^ LA DEBACLE. .r '^^ \v ^ VN y\ ^'^ - 1 .

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propre. cela sonne sous pied comme le du granit. régime. joyeux. fait ses affaires. on allume du feu sur cette eau. distinguera. on se réveillera ! Oui. ceci est le présent' et l'avenir. tout ce qui était la liberté. dansez. c'est la Neva qui . là-dessus comme à l'ordinaire. catholique il . bras. frais brossé comme mare de Persigny. On bâtit des maisons dessus. estimé des femmes qui veulent être filles et des hommes le qui veulent être préfets. avec un frémissement terrible. Pourcette quoi voulez-vous que cette situation change situation finisse? ? pourquoi voulez-vous que Ne vous faites pas illusion : ceci est solide. selon vous. que ferme. à l'heure même ! où on t'aura plus profondément oubliée. liberté attendra le un de ces jours. on dirait que le soleil meurt. sur cette hiver. on ouvre des boutiques. la coalition des prostitutions. on tout se permettre. on s'accommode de cette on vit pétrification. sur toute cette glace. on dort. est-il jour? est-il nuit? Une lueur blafarde et blême se traîne sur neige. c'est de la roche. appuyé sur . Regardez donc : la tribune. ils Les sceptiques sourient et insistent. ton ardent et éclatant rayon la lumière. ! Non. la vie ! alors.ON SE REVEILLERA. Ce honte de la France. Oui. Soit cette honte est cotée à la Bourse. Hier cela remuait. Ce n'est plus de l'eau. elle à côté elle reculera. n'espérez rien. La société continue. devant ce monstrueux forfait qui a osé l'épouser dans les ténèbres et dont elle a partagé le Alors l'heure lit. tu ne meurs pas. aujourd'hui cela est pétrifié. cela vivait. sur eau devenue bloc. quand d'elle. donnant des fêtes. écoutez! et entendez-vous ce bruit sourd? entendezla vous ce craquement profond formidable? c'est débâcle. Vous êtes des poètes et des rêveurs vous espérez. cette plaine Sur toute cette neige. Eh bien! on on y est content. On peut vous plaira. au moment où on le s'y moins. quand elle ouvrira verra ce qu'elle a devant elle et yeux. et force h'onnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. la pensée. faites ce qu'il riez. l'intelligence. ceci est stable. Vraiment. Vive l'hiver! vive la glace! en voilà pour l'éternité. : « — N'espérez si rien. la presse. et quand quand la France sera réveillée. Les passants vont et viennent sur ce marbre qui a été un fleuve. on vend. la parole. né dans une sang. » Nous sommes en Russie. ganté faisant des cardinaux portant cravate blanche et claque sous verni à neuf beurre frais comme Morny. ta face d'astre sortir tu te lèveras! — ô éblouissement — Et on verra tout à coup de terre et resplendir à l'horizon. doré. on boit. tu lanceras ta flèche d'or. c'est plus solide mange. riche. sur tout cet infâme ! dure et blanche. On improvise une ville. comme Maupas. on en tire parti. on trace des rues. marchent sur le dos. suprême sonnera. cette France. est la diocnt . La Neva de lourds chariots lui est prise. brossé. a disparu. le Ne craignez la terre rien. élégant. Et regardez la ciel. la chaleur. on achète. on sortira de cette torpeur qui pour un les tel peuple est elle la honte .

joyeuse et terrible qui soulève la glace hideuse et morte et qui la brise ! — C'était du granit. mêle. ô liberté .t immense. et pour cette victoire suprême de la vie sur la ! mort. disiez-vous. entraîne. non-seulement l'empire tout neuf de Louis Bonaparte. Ce livre à demi submergé. voyez. Vous ne le reverrez plus. vous dis-je! qui revient. arrache. qu'a-t-il fallu? L'a de tes regards.V:A^'\ m 4 m' . c'est et progrès qui recommence. cela se fend c'est la vérité comme une le vitre! c'est la débâcle. heurte. emporte. s'écroule! c'est le fleuve qui reprend son cours! c'est l'eau vivante. écrase et noie dans ses comme les pauvres misérables meubles d'une les masure. Gela disparaît à jamais. c'est l'échafaud Et pour cet engloutissemor. ô soleil! un de tes rayons. c'est ! trône ! cet autre tréteau qui s'en va. c'est l'humanité qui se remet en marche qui charrie. mais toutes constructions et toutes les œuvres de l'antique despotisme éternel ! Regardez passer tout cela.ia NAPOLÉON LE PETIT. flots. le c'est le vieux code d'iniquité! ce tréteau qui s'engloutit.

BIOGRAPHIE Charles-Louis-lS'apoIéon Bonaparte. plus coupable. tire à un officier' un coup de pistolet qui casse trois dents à lui un soldat.ouis-Xapolcon. Parmi 2. roi de Hollande. » 3. Louis il Bonaparte essaya de renverser verser Louis-Philippe. a ordonné que je fusse conduit en Amé: rique (( . ajoutant Certes nous sommes mais le tous coupables envers le gouvernement d'avoir pris les le armes contre lui. au milieu des complications diplomatiques causées par sa présence. témoin. après l'axoir lue. ne faut pas du moins eonipler l'ingra- titude. qui lui avait dit « Vous ôtes un conspirateur et un : Irailro 4. met son chapeau à la pointe lui-même vive l'empereur. il s'('oria . écrivait : laissant juger ses complices derrière lui. est fils d'Hortense de Beauharnais. » et terminait ainsi été : « J'étais coupable envers moi'. de se déclarer Français et de s'avouer Suisse. Le 30 octobre 1835 tenta de ren- avorta à Strasbourg. ! » Cour des pairs. qu'il vit « presque seul » dans la mère est morte » et que sa ferme volonté est de rester tranlettre . affirmer. se nomjner capitaine à Berne et bourgeois de Salenstein en Turgovie. gracié par le roi. jette de l'argent aux passants dans de son épée et crie les : rues de Boulogne. Témoin Adam. déguisés en 1x2' et soixante valets. pour rassurer le gouvernement français. » se déclarait « vivement touché de la générosité du roi. Cour des pairs. page 140. on trouve sur cinq cent mille francs en or et en bank-notes* le procureur général Franck- 1. cuisiniers et palefreniers. parodiant le débarquement à Cannes. soldats français avec des uniformes Il achetés au Temple et des boutons du de ligne. . né à Paris le 20 avril 1808. diins sa clémence. les nombreux défauts do I. il débarque à Boulogne. Il la papauté. Lo capitaine Col-Pu\ gcllicr. Attentat du 6 août 18i0. s'embarqua il pour l'Amérique. » 11 gouvernement or le gouvernement a fit généreux envers d'artillerie revint d'Amérique en Suisse. force proclamations. apportant un aigle doré au bout d'un dra- peau et un aigle vivant dans une cage. maire de Boulogne. mêlé aux insurrections d'Italie. Le 6 août 1840. coiffé du petit chapeau-. où son frère fut tué. (i quille ». c'est moi. et. Le 11 novembre « il Le roi. grenadier. et s'enfuit. En 1831. à une maison « où sa du 20 août 1838. Geolfroy. Il est pris. évitafll également. Lettre lue 6 à la cour d'assises par l'avocat Par(|uin qui. . fabriqués à Londres. . mariée par l'empereur à Louis-Napoléon. par et se bornant.

supprimé vingt-cinq millions à la Banque. s'échappa de la prison de il Ham. mitraillé Paris. déporté en Afrique et à Cayenne dix mille démocrates. dans les semaines qui ont précédé avait aperçu le coup d'État. poteau. fit l'empereur il (( humanitaire Dans un livre intitulé Fragments historiques » écrivit : « Je suis citoyen avant d'être Bonaparte. fut élu président par cinq millions cinq cent la mille voix. la écrivit et et publia des livres siècle. volé aux princes d'Orléans biens de Louis -Philippe leur père. dans son livre des Rêveries politiques. le 2 décembre 1851. exilé en Belgique. se l'ésuraer en deux lignes : liberté. publia un manifeste qui peut cratie. en Suisse et en Angleterre quarante mille républicains. attenté au pouvoir le arrêté la les représentants. et.22 NAPOLÉON LE lui dit PETIT. Dans l'intervalle avait détruit la République romaine Il en 18i9 cette sait papauté qu'il voulait jeter bas en 1831. vint siéger comme le représentant du peuple et dit » : à l'Assemblée constituante. lui pouvoir exécutif. dissous les lois. décrété le despola tisme en cinquante-huit articles sous blique. mis dans toutes les âmes le deuil et sur tous les fronts la rougeur. des sucres. Après six ans de captivité. ne s'aperçoit pas qu'il monte au . il la question ». auquel il devait la vie. ce sac était la devenu transparent sienne. garrotté la Répubro- de l'épée de la France un bâillon dans bouche de réglé le la liberté. monta à la tribune « 21 septembre 18i8. en Espagne. Carré en pleine Cour des pairs : » Vous avez trahison. il Déjà en 1832. progrès. malgré une certaine ignorance de cratie et France du de démo- de progrès : \ Extinction du paupérisme. On Ham. pris conseil d'État. depuis il a proscrit les quatrevingt-quatre représentants du peuple. il Là son esprit parut se replier et mûrir. jura solennellement la Constitution il le 20 décembre 18i8. terrorisé France. acclama République. a. Le 2 et l'on y et les une main qui ressemblait à il décembre législatif. il s'était déclaré « républicain ». il Louis Bonaparte croit monter au trône. en Piémont. Févriei arriva. et se réfugia en Angleterre. et restauré brisa. abolition des décrets de proscription de bannissement. budget par ukase. empreints. canté les chemins de fer. Toute ma vie sera consacrée à l'affermissement de la République. jours suivants. fouillé les poches du peuple. avait en outre pris on ne quelle part à l'obscure affaire dite Loterie des lingots d'or. » fait pratiquer le 1" embau- chage à la et distribuer l'argent pour acheter l'enferme à la Les pairs condamnent prison perpétuelle. expulsé haute cour de justice. l'Analyse de où. la gorgé l'armée d'or. fait le titre de Constitution. chassé l'Assemblée. la déguisé en maçon. les Idées napoléoniennes. et démo- amnistie.

VI

PORTRAIT

Louis Bonaparte est un
l'air

homme

de moyenne

taille, froid,

pâle, lent, qui a

de n'être pas tout à
sur

fait réveillé. Il

a publié, nous l'avons rappelé déjà, un
la

traité assez estimé

l'artillerie, et

connaît à fond

manœuvre du canon.
la

Il

monte bien à cheval. Sa parole
couvrant
Si

traîne avec

un léger accent allemand. Ce
Il

qu'il y
et

a d'histrion en lui a pard au tournoi d'Églington.
le sourire
le

a

moustache épaisse
Charles IX.
»

comme

le

duc d'Albe,

et l'œil éteint
«

comme

on

juge en dehors de ce qu'il appelle
», c'est

ses actes nécessaires

ou

«

ses

grands actes

un personnage
lui,
l'été,

vulgaire, puéril, théâtral et vain. Les per-

sonnes invitées chez
l'invitation, l'ordre

à Saint-Cloud, reçoivent, en

même

temps que
Il

d'apporter une toilette du matin et une toilette du soir.

aime

la gloriole,

le

pompon,
les

l'aigrette,

la

broderie, les paillettes et les passe-

quilles, les

grands mots,

grands

titres,

ce qui sonne, ce qui brille, toutes les

verroteries
s'habille

du pouvoir. En

sa qualité de parent

de

la bataille d'Austerlitz,

il

en général.
lui

Peu
Cet

importe d'être méprisé,
ternirait
le

il

se contente de la figure
l'histoire,
il

du

respect.

homme
riait

second plan de

souille le premier.
elle

.L'Europe

de l'autre continent en regardant Haïti quand
Il

a vu apparaître
les intelli-

ce Soulouque blanc.

y a maintenant en Europe, au fond de toutes

gences,

même

à l'étranger, une stupeur profonde, et

comme

le

sentiment d'un
est solidaire

alTront personnel; car le continent

européen,

f|u'il le

veuille

ou non,

de

la

France, et ce qui abaisse

la

France humilie l'Europe.
la

Avant
Bonaparte
:

le

2 décembre, les chefs de

droite disaient volontiers de Louis
est trouble, ce

C'est

un

idiot.

Us se trompaient. Certes ce cerveau

cen'eau a des lacunes, mais on peut y déchiffrer par endroits plusieurs pensées

de suite

et

suffisamment enchaînées. C'est un livre où
fixe,

il

y a des pages arrachées.pas l'idiotisme.
Il

Louis Bonaparte a une idée
ce qu'il veut, et
il

mais une idée
la justice,

fixe n'est

sait

y va. A travers

à travers

la loi,
il

à travers la raison,

à travers l'honnêteté, à travers l'humanité,

soit,

mais

y va.
le

Ce

n'est pas

un

idiot. C'est

un homme d'un autre temps que

nôtre.

Il

semble absurde
en Espagne,
rira;

et fou

parce qu'il est dépareillé. Transportez-le au seizième siècle
le

et Philippe II

reconnaîtra; en Angleterre, et Henri YllI
lui

lui

souà
le

en

Italie,

et

César Borgia

sautera ai cou.

Ou même bornez-vous


NAPOLÉON LE
la civilisation

2!i

PETIT.

placer hors de
lui

européenne, mcltez-le.en 1817, à Janina, Ali-Tepelini

tendra
Il

la

main.
lui

y a en

du moyen âge

et

du bas-empire. Ce

qu'il fait eût

semblé tout

simple à Michel Ducas, à Romain Diogène, à Nicéphore Boloniate, à l'eunuque
Narsès, au vandale Stilicon, à
et lui

Mahomet

II,

à Alexandre VI, à Ezzelin de Padoue,
il

semble tout simple à

lui.

Seulement

oublie ou

il

ignore qu'au temps

oii

nous sommes ses actions auront à traverser ces grandes

effluves de moralité

humaine dégagées par nos
qu'elles sont, hideuses.

trois siècles lettrés et

par

la

Révolution française, et
et

que, dans ce milieu, ses actions prendront leur vraie figure

apparaîtront ce

Ses partisans
le

il

en a
Ils

le

mettent volontiers en parallèle avec son oncle,
:

premier Ronaparte.
2 décembre
:

disent

((

L'un a
»

fait le

18 brumaire,

l'autre a fait

le

ce sont deux ambitieux.

Le premier Bonaparte voulait réédi-

fier

l'empire d'Occident, faire l'Europe vassale, dominer le continent de sa puis-

sance et l'éblouir de sa grandeur, prendre un fauteuil et donner aux rois des
tabourets, faire dire à l'histoire
:

Nemrod, Cyrus, Alexandre, Annibal, César,
Il

Charlemagne, Napoléon; être un maître du monde.
qu'il a fait le

l'a été.

C'est

pour cela
filles,

18 brumaire. Celui-ci veut avoir des chevaux

et

des

être

appelé monseigneur, et bien vivre. C'est pour cela qu'il a

fait le

2 décembre.

Ce sont deux ambitieux;
Ajoutons que,
ce qui calme

la

comparaison est juste.
le

comme
les

premier, celui-ci veut aussi être empereur. Mais
c'est qu'il

un peu
en

comparaisons,

y a peut-être quelque

diffé-

rence entre conquérir l'empire et

le filouter.

Quoi

qu'il

soit, ce

qui est certain et ce que rien ne peut voiler, pas

même

cet éblouissant rideau de gloire et de
les

malheur sur lequel on

lit

:

Arcole, Lodi,

Pyramides, Eylau, Friedland, Sainte-Hélène, ce qui

est certain, disons-nous,
la

c'est
la

que

le

18 brumaire

est

un crime dont

le

2 décembre a élargi

tache sur

mémoire de Napoléon.
M. Louis Ronaparte se
laisse volontiers entrevoir socialiste.
Il

sent qu'il y a
dit,


il

pour

lui

une sorte de champ vague, exploitable à l'ambition. Nous l'avons

a passé son

temps dans sa prison à se
peint.
.

faire

une quasi-réputation de démo-

crate.

Un

fait le

Quand

il

publia, étant à

Ham, son

livre

sur Y Extinction

du Paupérisme
la plaie

livre

en apparence ayant pour but unique

et exclusif

de sonder
il

des misères du peuple et d'indiquer les moyens de la guérir,

envoya
Lisez ce

l'ouvrage à

un de

ses amis avec ce billet, qui a passé sous nos
et dites-moi si

yeux

:

<c

travail sur le

paupérisme,
»

vous pensez

qu'il soit

de nature à 7nc

faire

du

bien.

Le grand
Avant
le

talent

de M. Louis Ronaparte,
il

c'est le silence.

2 décembre,

avait

un

conseil des ministres qui s'imaginait être

quelque chose, étant responsable. Le président présidait. Jamais, ou presque
jamais,
il

ne prenait part aux cTiscussions. Pendant que

MM.

Odilon Rarrot, Passy,

Tocqueville,

Dufaure ou Faucher parlaient,

il

cons(rui.'<(iit

arec une attention

PORTRAIT.
un de
ses ministres, des cocottes en

profonde, nous
des

disait

papier ou dessinait

bonshommes sur
Faire
le

les dossiers.

mort, c'est

son

art. Il reste

muet

et

immobile, en regardant d'un
il

autre côté que son dessein, jusqu'à l'heure venue. Alors

tourne

la tête et

fond

sur sa proie. Sa politique vous apparaît brusquement à
le pistolet

un tournant
le vit

inattendu,

au poing,

ut fur. Jusque-là, le

moins de mouvement possible. Un
de front avec

moment, dans

les trois

années qui viennent de s'écouler, on

Changarnier, qui,

lui aussi,

méditait de son côté une entreprise. Ibt/nl obscuri,

comme
t-il

dit Virgile.
a-t-il

La France considérait avec une certaine anxiété ces deux
entre eux? L'un ne rêve-t-il pasCromwell? l'autre ne rêve-

hommes. Qu'y
pas

Monk? On

s'interrogeait et

on

les regardait.

Chez l'un et chez

l'autre

même

attitude de mystère,

même

tactique d'immobilité. Bonaparte ne disait pas
;

un mot, Changarnier ne
soufflait

faisait

pas un geste

l'un ne bougeait point, l'autre ne
le

pas

;

tous deux semblaient jouer à qui serait
le

plus statue.
il

Ce silence, cependant, Louis Bonaparte
parle pas,
il

rompt quelquefois. Alors

ne
Il

ment. Cet

homme ment comme

les autres
;

hommes

respirent.
;

annonce une intention honnête, prenez garde

il

affirme, méfiez-vous

il

fait

un serment, tremblez.
Machiavel a
fait

des petits. Louis Bonaparte en est un.
le

Annoncer une énormité dont

monde

se récrie, la désavouer avec indi-

gnation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête

homme,

puis, au

moment
il


fait

l'on se rassure et

l'on rit

de l'énormité en question, l'exécuter. Ainsi

a
la

pour

le

coup
pour

d'Ltat, ainsi

pour

les décrets
il

de proscription,

ainsi

pour

spoliation des princes d'Orléans; ainsi
la

fera

pour
;

l'invasion de la Belgique et de

Suisse, et
il

le reste.
il

C'est là son

procédé
le

pensez-en ce que vous vou11

drez;

s'en sert,

le

trouve bon, cela

regarde.

aura à démêler

la

chose

avec

l'histoire.

On

est

de son cercle intime;
si

il

laisse entrevoir

un projet qui semble, non

immoral, on n'y regarde pas de

près, mais insensé et dangereux, et dangereux
;

pour lui-même

;

on élève des objections

il

écoute, ne répond pas, cède quelfait sa

quefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et
11
11

volonté.

y a à sa table, dans son cabinet de l'Elysée, un

tiroir

souvent entr'ouvert.

tire

de

un papier,

le lit

à un ministre, c'est un décret. Le ministre adhère
le

ou

résiste. S'il résiste,

Louis Bonaparte rejette

papier dans

le tiroir

il

y a en

beaucoup d'autres paperasses, rêves d'homme tout-puissant, ferme ce
prend
la clef, et s'en

tiroir,

va sans dire un mot. Le ministre salue
le

et se retire

charmé

de

la

déférence. Le lendemain matin,

décret est au Moniteur.

Quelquefois avec

la

signature du ministre.
faire,
il

Grâce à celte façon de
force
;

a toujours à son service l'inattendu, grandiles

et,

ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que
appellent conscience,
il

autres

hommes

pousse son dessein, n'importe à travers

quoi, et touche son but.

26

NAPOLÉON LE
11

PETIT.

recule quelquefois, non devant
matériel. Les
le

l'effet

moral de ses actes, mais devant

l'effet

décrets d'expulsion de quatrevingt-cjuatre représentants,
le

publiés
([ue

6 janvier par
la
;

Moniteur, révoltèrent
le

le

sentiment public.
était

Si bien liée

fût

France, on sentit

tressaillement.

On

encore très près du

2 décembre
prit.

toute émotion pouvait avoir son danger. Louis Bonaparte le

com-

Le lendemain, 10, un second décret d'expulsion devait paraître, contenant
fit

huit cents noms. Louis Bonaparte se
remplissait quatorze colonnes

apporter l'épreuve du Moniteur,
officiel.
Il

la liste

du journal

froissa l'épreuve, la jeta

au

feu, et le décret ne parut pas. Les proscriptions continuèrent, sans décret.

Dans ses entreprises
qu'il appelle

il

a besoin d'aides et de collaborateurs

;

il

lui faut

ce

lui-même

«

des

hommes

».

Diogène
la

les cherchait tenant
Il

une lancertains
il

terne, lui

il

les

cherche un

billet

de banque à

main.

les trouve.

De

côtés de la nature

humaine produisent toute une espèce de personnages dont
groupent nécessairement autour de
l'être

est le centre naturel et qui se

lui selon cette

mystérieuse

loi

de gravitation qui ne régit pas moins
« l'acte

moral que l'atome
et

cosmique. Pour entreprendre
le

du 2 décembre
;

»,

pour l'exécuter
il

pour

compléter,

il

lui fallait

de ces

hommes

il

en eut. Aujourd'hui

en est envi-

ronné; ces
sien.

hommes

lui font

cour

et cortège; ils
il

mêlent leur rayonnement au

A de

certaines époques de l'histoire,
il

y a des pléiades de grands

hommes;

à d'autres époques,

y a des pléiades de chenapans.
la

Pourtant, ne pas confondre l'époque,
le

minute de Louis Bonaparte, avec

dix-neuvième siècle

;

le

champignon vénéneux pousse au pied du chêne, mais
pour
désormais l'argent,

n'est pas le chêne.

M. Louis Bonaparte a
banque,
la

réussi.

Il

a

lui

l'agio, la
si

bourse,

le

comptoir,

le coffre-fort, et

tous ces

hommes

qui passent
Il

facilement d'un bord à l'autre
fait

quand

il

n'y a à enjamber que de la honte.

a

de M. Changarnier une dupe, de M. Thiers une bouchée, de M. de Monta-

lembert un complice, du pouvoir une caverne, du budget sa métairie.
à
la

On grave
la

Monnaie une médaille,
il

dite médaille

du 2 décembre, en l'honneur de

manière dont

tient ses serments.

La frégate
peut,

la Constitution a été débaptisée,
il

et s'appelle la frégate

l'Élysàe.
la

11

quand

voudra, se faire sacrer par
le
lit

M. Sibour

et

échanger

couchette de l'Elysée contre
il

des Tuileries.

En

attendant, depuis sept mois,

s'étale

;

il

a harangué, triomphé, présidé des
fait la

banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et

roue;

il

s'est

épail

noui dans sa laideur à une loge d'Opéra,

il

s'est fait

appeler prince-président,

a distribué des drapeaux à l'armée et des croix d'honneur aux commissaires de
police.

Quand

il

s'est agi

de se choisir un symbole,

il

s'est effacé et a pris l'aigle

;

modestie d'épervier.

Vonseigneur . à peu près comme un personnage les glorifications de comédie en félicite un autre d'avoir « sauvé la caisse ». plus quatre millions pour Tenlrc- tien des châteaux. Bonaparte est q\ia\\i\é . et Quand on mesure l'homme 1. adresse. félicite M. Bonaparte et où M. affaire admirablement préparée conduite. alors a reconnu que cet homme était un monseigneur. il Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. dans tous : qu'on lui adresse. il n'y a pas un mot qui sorte de ceci et habileté. Bona- parte d'avoir « sauvé la société ». le succès de sa politique ont été accomplis. Bonaparte ses plus ardents apologistes. qu'on le trouve si pelil. Bonaparte d'un million. Fortoul disons-le en son hon- neur. Quant à moi. Fausses clefs bien faites. a repris son vrai C'est nom chacun '. quelquefois. qui s'en est aperçu premier. à part quelques phrases sur la ». tout est dit. Tout est là. Des panéc'est gyristes. audace. le M. le que dans les éloges toutes les qualités qu'on lui reconnaît depuis 2 décembre.VII POUR FAIRE SUITE AUX PANEGYRIQUES Il a réussi. et qu'ensuite on est signé Le premier rapport adressé Fortoul. des termes vraiment un peu crus faits. ne prenait pas tout l'argent. j'en suis encore à chercher. pour la langue française et trop et pour le nom de Napoléon. sang-froid. « Quand mence ne ces choses sont dites. clé- et encore est-ce qu'on n'a pas loué la magnanimité de Mandrin qui. les effractions et tous les vols il Après que toutes dont se compose . à M. mesures bien prises. Bonaparte de douze millions. en a plus que Trajan. tuait pas tous les voyageurs ! En dotant M. secret bien gardé. dans à Cartouche et à Poulailler après un bon coup que font de M. Une chose nie frappe pourtant. et de Jean l'Écorcheur qui. le peu gazés et trop appropriés aux dans lesquels la magistrature et la le clergé félicitent cet tution et s'être homme pour avoir volé pouvoir avec effraction de Consti- nuitamment évadé de son serment. le sénat. instant bien choisi. quelquefois. et je rougis quelquefois. doté par M. une louange qui ne conviendrait pas .

en laissant à part il le parti qu'il nom et certains faits extérieurs dont s'est aidé dans son escalade. dans son second message annuel à : disait « Si la Constitution renferme des vices et des dangers. : disait à ses concitoyens dans son manifeste (( Je me sens obligé de vous faire connaître qu'il mes sentiments du ma. à l'école fidèle « aux devoirs que m'imposeront vos suffrages et les volontés Je mettrai mon honneur à laisser. je tembre de là. imi témérité contre de ma patrie. Le 31 décembre 1849. -il 22 juillet lors de l'inauguration du chemin de fer de Saint-Quentin. il serait bien coupable celui qui tenterait d'en arrêter » l'essor par le le changement de 1849. la terrible responsabilité ici. vous êtes libres de serment. il ce qui existe aujourd'hui. et. un progrès réel accompli. lié par mon me renferme dans les strictes limites qu'elle a tracées. » Le à sepmême année. il écrivait u : Je veux être digne de la confiance de la nation en maintenant la Constitution » que j'ai jurée. je ne saurais me glorifier d'une captivité qui avait pour cause l'attaque contre un gouvernement régulier.]h(^[ir. on : ne trouve au fond de l'homme l'argent. à mon » sue- ccsseur. il Le 12 novembre 1850. ci respecter les institutions de leur pays. Fragments historiques. Je ne suis pas un ambiJe resterai toujours de l'Assemblée. Le 27 novembre I8Z18 il est utile d'y insister. cette pensée écrite par « dans cette même prison de '. et de son procédé que deux choses la ruse et La ruse mais il : nous avons caractérisé déjà ce grand côté de Louis Bonaparte.. aux yeux du pays. et : avait « prononcé ces paroles solennelles Aujourd'hui qu'élu par la France entière je suis devenu le chef légitime de cette grande nation. On se demande comment a-t-il fait? On tire décompose l'aventure de son et l'aventurier. et c'est avec bonheur que dans ces lieux mêmes où » j'ai souflert. a vu combien les révolutions les plus justes entraînent de maux expié on comprend à peine l'audace d'avoir voulu assumer sur soi d'un changement . mesure succès et qu'on le trouve si énorme. s'était poitrine devant les souvenirs de Boulogne. au bout de quatre ans. l'Assemblée.28 NAPOLEON LE le PETIT. je ne me plains donc pas d'avoir les lois par un emprisonnement de six années. frappé la était allé il à Ham. disait « Lorsque partout la prospérité les faire ressortir il : semble renaître. malgré leurs convictions. . je vous propose un toast en l'honneur des hommes qui sont déterminés. à Caen. tieux. il est impossible : que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. la liberté intacte.. Ham : Rarement les grandes entreprises réussissent du premier coup " <. Il ne faut pas y ait d'équivoque entre vous et moi. Quelque temps auparavant. et lui il l'a prouvé depuis à sa façon. le pouvoir affermi. et mes principes. moi seul. Élevé dans les pays libres. dans son premier message à l'Assemblée. « Quand on après elles. il Tout eu disant conservait au fond de son cœur. cela.

.LA TBATEBSÉE DE BOULOGNE.

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le colonel Vaudrey. croit-elle ? » Louis Bonaparte prit vivement attendrissement : les deux mains de M. Un peu de la cra- pule ne gâte pas les gi-andes entreprises. les Parlons des prouvés juridiquement par procès de Strasbourg et de Boulogne.. ? d'État. qu'il avait trompés en leur faisant accroire qu'il à Hambourg en excursion de sur leur le plaisir. ! toujours.le représentant F. on préparait Mazas.. vous. M. parte. leur déclare son projet. — « J'ai vu. 88 à 94.. 9i. 1. dînait chez M.. voir aussi 81. » Après le garçon de barre. M. la Ville d'Edimbourg. leur jette leurs déguisements de soldats. F. nolisé par lui.. donne à chacun cent francs par puis il les fait boire. j'ai vu dans chambre beaucoup d'argent. Bonaparte.. Je ne faisais rien autre chose que de et servir à déboucher des bouteilles capitaine. et tête .. p. de l'aveu du complice Maupas. vous ne me croyez pas un Ceci se passait quinze jours avant le 2 décembre. et dans ce moment-là même. dans le paquebot. Bona- Que dit-on dans Paris et à l'Assemblée? demanda le président au repré- sentant. Les passagers ont passé toute la nuit à boire et à manger.Bonamaréchaux des logis du h' régiment d'artillerie de « partager ». Dépositions des témoins. il les harangue du haut d'une de ses voitures accrochées pont. Les passagers me paraissaient lire des imprimés. prince. Vers parte (i : Dl la nn-novenibrel851. p. n'ai jamais vu semblable chose'. pairs. Cour dos pairs. le 30 octobre 1836.. A cette époque. complice de M. a dit devant la Cour des pairs le témoin Hobbs'. garçon de barre. 75 . y — Un peu. pas du-tout.. ses allait domestiques.. ..POUR FAIRE SUITE AUX PANÉGYRIQUES. voici : le Le juge d'instruction demande au capitaine Crow '> — « Avez-vous vu les » passagers boire? — Crow : « Avec excès je . du moins. manger.. prince — Eh bien? — On parle — De quoi — Du coup — Et l'Assemblée.. — Et vous? — Moi. Bonaparte appelle autour de lui les soixante pauvres diables. F. 2. entre les canonniers de chaque batterie deux pièces d'or Le 5 août 1840.. en mer. — Hé. Cour des Dépositions des témoins. charge les A Strasbourg. élyséen. L'argent : c'est là l'autre force faits de M. et lui dit avec — coquin ! Je vous remercie.

. il est de la plus grande nécessité que vous voyiez de suite le général en question vous savez que c'est un homme d'exécution et sur qui on peut compter. trois Le président Prévenu Querelles. Je lui « ilais. i-oits Il dit au vohigeur Jean Meyer : dit au voltigeur Joseph Mény Vous viendrez à Paris. mais il l'a refusée». J'ai mandant. Dépositions des témoins. Dépositions des témoins. Lisez. Ses aides de camp — : il en avait dès lors — porde de fer-blanc pleins de pièces d'or. Je le fais asseoir je prends la lettre mais au moment de l'ouvrir. 17 juin. ces enfants qui criaient ne sont-ils pas les cents gueulards que vous demandiez. et l'oflicier avait le sabre à la main. 11 noté pour être un jour maréchal de France. 143. : des inculpés. serez bien payés''. c'est pour vous. au lieutenant de douaniers une pension de douze « N'avez-vous pas offert au commandant cents francs. pêcheurs et aux paysans en les invitant à crier «Vive l'empereur! « Il suffit trois cents gueulards ». 103. Cours des pairs. Inlerrogaloire pairs. mon cher commandant. je m'aperçus que la suscription portait A M. et vous lui demanderez chez quel banquier ou chez quel notaire 1. mon général. l'hôtel dit au voltigeur Gendre Je suis le fils de Napoléon. annoncé toujours par — — — (( . témoin Febvre. le commandant Mésonan. 142.000 fran. 3. p. Vous lui offrirez 100. 13. dis Lisez. M. le commandant Mésonan. ce n'est pas pour moi. . 2. etc. Dépositions des témoins. » On D'autres arrive à Boulogne. P. mon général! » J'ouvre la lettre et je lis « Mon cher commandant. Cour des Cour des 11 pairs. Je lui dis ComNon. on rencontre Bonaparte débute par offrir PETIT. entre : « « « dans « « « 11 Il mon aide de camp. nous allons h Il du : Nord commander un dhier pour moi et pour vous. 183. Louis Bonaparte aborde le 42% caserne à Boulogne. volligeur. 45b.) 4. . je ne suis pas parti. taient suspendus à leur cou des rouleaux On jette de l'argent aux suivaient avec des sacs de monnaie à la main-. p. dans une lettre? » (Procès de Strasbourg. caractérise en ces termes complot tentative faite sur sa chambrée par un officier et par un sergent du « Le sergent portait une bouteille 2 décembre. — Cour des pairs. » Ces deux lignes.s 11 de ma part. Louis le poste de douaniers de Wimereux. Un officier à côté de lui tenait à la main son chapeau plein de pièces de : cinq francs qu'il distribuait aux curieux en disant Criez vive l'empereur M : la Le grenadier Geoffroy. Vous savez aussi que c'est un homme que j'ai mon cabinet. Le juge d'instruction Le prince une somme d'argent s'il voulait marcher avec vous? » : — du poste « — : Je la lui ai fait offrir. Vous serez bien payés. p. avait dit un des conjurés'. : : — : . p. que je croyais parti. c'est tout le Poursuivons (( : Le lendemain.NAPOLÉON LE On débarque. dans sa déposition. Ine lettre! et de qui? une lettre à vous remettre. mon général. lo6 et 138. je vous croyais parti.• Il dit au voltigeur Georges Koehly 11 : Je suis Napoléon : vous aurez des grades et des décorations.

el je \is ([ue 'i la lettre était . L'argent. « Je remis celte lettre au » commandant. Magnan. Paris. et avec l'argent l'orgie. à Strasbourg.. à Boulogne. se vendit à été vaincu le '?.<i il veut que Je lui fasse coinpler -300. ce fut là son moyen d'action dans ses trois entrepiises. « Je m'arrêtai. un succès. l'iiomme que Magnan couvre de face « indignée »? Louis ridicule ».. de même qu'on a trouvé sur à Boulogne. Dt'ux avortements. clans » le cas où il perdrait son « commandement. l'homme vers lequel Magnan tourne sa Bonaparte.000 francs. Où? en pleine Cour des pairs. Qui parle ainsi? le général Magnan. les cinq . qui se refusa à Boulogne. Si Louis lui. l'indignation me gagnant . en lui disant que c'était un parti « ridicule et perdu.. Bonaparte avait décembre. signée : Louis-t\apol('vii. Devant qui? Quel est l'homme assis sur (1 la sellette. à Paris. je tournai le feuillet..

la censure le à la place de la pensée.. de celte il même main qui veut saisir sceptre de Charlemagne. chose vendable et achetable. de Drouol et de Bayard. il gouvernement le n'hésitera point. et de par 1 le sabre. l'ineptie place de la Uberté. à . et que ce cauchemar-là? le d'un côté une nation. par toutes les fatuités inouïes qu'il étale dans le Moniteur. . ce neveu et il superbe. mis à la le sénat. empoignera le bâton du policeman.F. au pain le il et à l'eau. fait gendarme à . entouré de à la cinq ou six grecs politiques. abus criant. la liberté . Bonaparte Louis qui lui a elle est mis poucettes. et c'est II. n'est pas Du reste. Maintenant au cachot. soyez tranquilles. et place de la tribune il a . par ses harangues. lui. la France est sauvée! Sauvée.O\ LE PETIT. fait la leçon à la France ! ! et ce faquin dit à la France qu'il l'a sauvée Et de qui? d'elle-même ! Avant lui la Providence ne faisait il que des venu ! sottises. et. la lier. dans ce pays de Hoche. Mettez-le à Londres. presse. à la place de la presse. la brave. et tous les matins. il faut en venir à parler froidement de ces choses. les pieds sur tarifé bouche.. cent mille francs de Londres.Si N\Pni. a estimé et a dit général : un million et un de la conscience de l'armée française est le cela vaut tant. il et voilà ce que cet homme il fait à cette nation il Quoi ! il la il foule aux pieds. lui rit au nez. et là? qu'est-ce bouge!. s'il vous plaît? une peuplade de a fallu les de voleurs. en France. le bon Dieu l'a il attendu pour tout remettre en ordre. dans ce pays de l'épée. par ses décrets. les chenets. ce vacarme. — Ah! qu'est-ce que c'est que ce spectacle- que c'est que ce rêve-là? qu'est-ce que première des nations. la résidence de en répond à l'Europe si elle en son affaire cette misérable France a la c'est camisole de force. il y a eu un jour où un homme. c'était Il je le répète? d'elle-même pillards. sous bonne garde l'Elysée. il l'insulte. qu'était-ce et de qui. à la la pensée . que la France. enfin est Depuis trente-six ans : y avait en France toutes sortes de choses pernila cieuses cette cet u sonorité ». la diète. bravo car. qui ne connaît pas la France. de Jacques. . l'ineptie et le . la bafoue! . dans ce pays des chevaliers. cette forcenée. il sait s'accommoder aux nécessités quelconque de la de ses aventures. cette France. je voudrais être Vidocq. a l'honneur militaire. la tribune. garrottée. et qu'il ait intérêt à complaire au anglais. cette insolence. soldat comme louis. il est venu. on aurait trouvé à l'Elysée les vingt-cinq millions de la Banque. Si je n'étais Napoléon. gouvernée? possédée souverainement Et chaque jour. la censure. sieur Bonaparte. ! dernier hommes. punie. des la de l'autre un homme. sénat. Il y a donc eu en France. prend facilement et sans révolte le pli destinée. humiliée. le cigare accoudé dans un cabinet doré. Et cet homme neveu de l'empereur. d'assassins et de démagogues. Et maintenant la pensée s'arrête. sabre. experts en guet-apens et maquignons de coups d'État. Et voilà par quel homme ! la France est gouvernée ! Que dis-je. l'a pesé dans un trébuchet le comme le denrée. par ses messages. la nie. il la raille. cet émigré.

POUR FAIRE SUITE AUX PANÉGYRIQUES. ou qu'il n'y aurait plus de ! France sur la terre . non non ! par tout ! le sang que nous avons tous dans c'est non ! cela ne durera pas! Ah si cela durait. on peut souffleter le il Ah ! quelle abominable honte les visages s'essuient ! ! chaque fois que M. Bonaparte crache. il 35 dit : il n'y a que moi ! Quoi ! dans ce pays de France où peuple ! l'on ne pourrait pas ! souftleter un homme. qu'en effet il n'y aurait pas de Dieu dans le ciel. ! faut que tous ! Et cela pourrait durer et vous dites que cela durera les veines.

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ayant scrupuleusement tenus. K) l' t i< Considérant que — toutes mesures les lois restrictives de la liberté le de la presse ayant été rapportées. toutes les lois contre l'alTichage et colportage ayant été abolies. toutes leg caîtdidatures publiquement débattues sans qu'on puisse alléguer que exercée contre le la moindre violence ait été moindre citoyen. . alteiiiion ! » 1>E PRESIDENT DK LA R K PU ni. toutes les questions posées et éclaircies. le citoyen ayant afliche. notamment été serment du ayant été décembre 1848. en un mot. tous les faits approfondis. le droit de réunion ayant été pleinement rétabli.. — dans la liberté la plus complète. LIVRE DEUXIEME LE GOUVERNEMENT LA CONSTITUTION Roulement de tambour : inananls. tous les engagements pris. •20 pu dire ce qu'il a voulu par toutes les réunion électorale. chaque formes de publicité. journal. toutes les lois inconsti- tutionnelles et toutes les d'état de siège ayant été supprimées.

du corps législatif et du conseil d'état. ROUHER. Le peuple souverain. « Fait au palais des Tuileries. (( Artiele deuxième et mivemts. dans ses principes et dans ses conséquences. qui et enibitrrassuit la marclw de l'action. Bonaparte par une vieille affiche d'un théâtre de province qu'il est important de rappeler : aujourd'hui GRANDE REPRÉSENTATION DE LA DAME BLANCHE OPtRA EN 3 ACTE-S Nota. (( Le garde des sceaux.000 « Promulgue ((la constitution.500. la justice. interrogé sur cette question Le peuple français entend-il se remettre pieds et poings : « « B liés à la discré- tion « de M. (Interruption suffrages. La tribune la et la presse. sent rem- placée par un dialogue vif piquant. Louis Bonaparte? » A répondu OUI par : sept millions cinq cent mille suffrages. sont remplacées par sions secrètes (( police et la censure et par les discus- du sénat. le li jan\ii-i.liO iSAPOLEON LK PETIT. et qui aboHt seulement a été évidemment et heureusement inspirée à M. et qui sont la base du droit public des Français. Article dernier. (( L(iuis-Xapoléon.1832. qui entravaient la marche du progrès. — La musique.) de l'uuteur — Nous reparlerons des 7. » (( Vu et scellé du grand sceau. qui proclame et alTirme hautement la Révolution de 17S9 la liberté. confu'me et garantit les grands principes proclamés en 1789. . Cette chose qu'on appelait l'intelligence humaine est supprimée. ministre de (( E. doxt la teneur suit: (( Artirle premier. » Cette Constitution. La Constitution reconnaît.

les cardinaux en sont. Sénat. Ce 1). » Paroles do Napoléon. Thibaudcau. ont. à eux seuls. M. le corps législaiir et le y a donc un sénat? Sans doute. 33. 3. le 5 avril 1814 : « Un signe était » un ordre pour déplaire sénat. publiques. depuis l'article 10 jusqu'à ». Appel au peuple. Histoire du Consulat « Toutes les illustrations et de l'Empire. « grand corps la ». ne plaisantons pas. Ils sont quatrevingts seront cent cinquante l'an prochain. Il vif ot piquant. de peigner cheval de bronze. Mémorial de Saiiite-lleléne faire — . et en toute jouissance. Ils sont tous des « illustrations - » un sénat les manqué' ». — Je suis chargé. comme celui de l'autre Napoléon. dit Arlequin. sénat. On n'aime pas en France à voir des gens bien payés pour ne que quelques mauvais choix. Lebœuf Que ville? le faites-vous dans ce pays? demande-t-on au sénat. II LE SENAT Le dialogue sénat. et cette propriété de « ne point s'opposer Ceci n'est pas » à « . C'est un sénat. la promulgation des lois. « Le sénat a été manqué. quatorze articles de la l'article Constitution ». sire? demandait Ils ministre. chargés de garder les libertés — Qu'est-ce que — Nous sommes tu fais dans celte demande Pierrot à Arlequin. en conséquence. Ils sont «_ gardiens des libertés publiques ils leurs fonctions sont gratuites.. i 2 ûé- ceiiibre 1831. » — Non. faisait toujours plus qu'on ne désirait de lui? : Est-ce du sénat dont Napo- léon disait en 1805 d Les lâches ont eu peur de le me : ' »? Est-ce ! du sénat qui arrachait à peu près esclaves qu'on ne veut! « » même cri à Tibère « Ah! les infcàmcs plus : Est-ce du sénat qui faisait dire à Charles XII le Envoyez — Pour présider cette année. ce « pouvoir pondéla rateur ce modérateur suprême » est même principale splendeur de Constitution. c'est le conseil d'état. ceci est un sénat sérieux en est. <. article 22 . du pays» Louis Bonaparte. ont de quinze à trente mille francs par an. le — Pourquoi « faire. De quel sénat parlez-vous? Est-ce du sénat qui déli- bérait sur la sauce à laquelle l'empereur mangerait le turbot? Est-ce du sénat le dont Napoléon et il disait. ils ma botte à Stockholm. maréchaux en sont. Occupons-nous-en. Us ont cette spécialité de toucher leur traitement.

Le corps législatif marche sur pointe du pied. ses mains. le peut. Mais. sa ruine.. payé. du ventre. sort. brodé en argent. On est accoutumé. y a donc un sénat dans c'est Constitution du ih janvier ». d'un se présente chapeau bas à la porte des miniçtères pour parler et lui aux ministres. il Qui (( dit ceci? le titre. met le doigt sur sa bouche. Le corps législatif vote les lois et l'impôt. triste. gras. maigre. Il a livré la patrie et consommé a été le jouet de hauts intrigants. On sait ce que c'est augmenter par tous les que l'esprit de corps moyens son pouvoir. joufflu. revient. l'épée au côté. Où? à la « Sainte-Hélène. 11 présente. premier consul. vient. sourit l'inter- s'assied sur le coin de sa chaise. il détail. pâle. long des consti- III LE CONSEIL D'ÉTAT ET LE CORPS LÉGISLATIF Il y a aussi le conseil d'état et le corps législatif l'œil vif. dispose. I) s'insci-ire dans l'histoire avec plus d'ignominie que le Qui Il dit cela? l'empereur. brodé en or. allusion. frais. maintenant que l'hygiène publique a publique mieux tenue que cela. rouge. en Sans sans pouvoir. une chiquenaude sur le nez. la jordonne. le » corps législatif. entre. Je ne sache pas de corps qui doive sénat. et en violation de tous les principes. l'oreille : le conseil d'état joyeux. rose.. il . article 39. en éclatant de législatif. franche- ment. le corps législatif.2 NAPOLÉON LE « PETIT. voit face à face Louis-Napoléon. cet esprit poussera le sénat à s'il détruira. rire. Où? aux Tuileries. Ses paroles étant naturellement obscènes. décide. croyant avoir besoin d'un renseignement. Le conseil d'état va. règle. à voir la voie Depuis le sénat de l'empire. et quand. Tels sont les droits du corps Constatons que cette situation mélancolique commençait en juin 1S52 à arracher quelques soupirs aux individus élégiaques qui font partie de la chose. le des progrès.. et ne parle que quand on roge.. d'un chiffre. le verbe haut. tranche. d'un éclaircissement. nous croyions qu'on ne déposait plus de sénat tutions. l'huissier l'attend dans l'antichambre donne. défense aux journaux d'y faire la moindre. et. avril 180/i. fait une faute. si l'occasion s'en pactisera avec les Bourbons. . roule son chapeau dans humblement.

les communications nécessaires en pareil cas existaient directement entre les commissions et les les ministres. d'après son avant que vous soyez appelés à en déli- bérer. pour ont les rapports écrits comme pour les communications avec les- verbales. badyeldu corps Préambule de la Conslilulion. Le rapport de . appelle des Il « coups de pied'. Et les résolutions les avoir « que la commission du budget la arrêtait après entendus étaient directement soumises à Chambre. 3. Bonaparte.'|3 la commission du budget restera dans la mémoire des hommes comme un des plus déchirants chefs-d'œuvre du genre plaintif. et ce » st^'le crate. confident et législatif les gouvernement que par l'intermédiaire du conseil seul fait le droit organe de sa pensée. Aux termes de la « Constitution ». » On n'est pas plus tendre et dans le reproche . et un domestique. corps législatif. y a donc dans la la boutique où se fabriquent les lois et les le budgets un maître de maison. Qui est-ce qui nomme domestique? La nation. les commissaires du gou\ ernement remplacent s'entendre. qui. Rapjiorl de la commission dit 2. C'est bien. Crûment. Redisons ces : suaves accents « Autrefois. Ils documents indispensables à l'examen des venaient eux-mêmes. Bonaparte. « En un mot. /t'y I8j2. qui est-ce qui le nomme le maître de la maison? M. Voyez les Fourberies de Scapin. propre examen du budget. juin 1. être renvoyées au conseil d'état et y être discutées. « Là (il est impossible de ne pas le faire remarquer) elles n'ont pas d'inter- prètes. Ce mode de procéder paraît dériver de la Constitution elle-même et si c'est uniquement pour vous montrer qu'il a dû entraîner des . pas de défenseurs officiels. « nous en parlons. vous le savez. a il de transmettre au corps documents qu'à son tour se remettre par les ministres. soit soit par suite d'adoption d'amendements présentés par des députés.. il est impossible de recevoir d'auto- avec plus de chasteté de grâce ce que M. («/«((/. lenteurs dans l'accomplissement de la tâche de la commission du budget'. dans son de calme' ». la les ministres quels <( ils dû préalablement Quant aux modifications que commission peut vouloir proposer. . dans sa liberté de grand écrivain. le Aujourd'hui nous ne pouvons avoir de rapport avec d'état. appelle des « garanties que Molière.LE CONSEIL D'ETAT ET LE CORPS LEGISLATIF.. C'est à ceux-ci qu'on s'adressait pour obtenir affaires. le conseil d'état. elles doivent. donner des explications verbales suffisantes souvent pour prévenir toute discussion ultérieure. avec les chefs de leurs différents services.

une observation nous vient à l'esprit. en 1852. les présidents de section du conseil d'état. vizir. budget. les sujets — budget. vingt-deux francs . E. il prend sans rendre '. » A propos de ce mot. deux cents . il 7 c. Ou a ! quati'e cent quarante-quatre francs fait la révo- lution du 2 décembre contre les Vingt-Cinq Francs 1. de en voici un qui rejeter les mots et de prendre : les chiffres. il épuise le pays. les conseillers d'état. 10. Ce Cl même Bonaparte étant à Ham avait écrit : Si les sommes prélevées chaque année sur la généralité des habitants sont employées à des usages improductifs.rlinclion (lu paiipc'i'ism''. touche par jour quarante-quatre mille quarante-quatre centimes. se solde avec vingt-trois millions de déficit. en comprenant les comme de juste dans sa dota- somme pour châteaux royaux. « institutions sages » et grâce au coup d'tlat. pendant le premier semestre de 1852 que 589.502 62 c. En la fait de chiffres. C'est la Banque elle-même qui en convient dans son rapport resté M. à entretenir au milieti d'une paix j)ro fonde une année plus dispendieuse que celle qui vainquit à Austerlilz.IV LES FINANCES Notons qu'à l'ombre de ces qui. par jour. est officiel et qui est décisif les escomptes de Banque de France n'ont produit fr. quant à la reprise des affaires. le budget. les premiers pré. pour la caisse fr. suffit.108 semestriel. cen- trale. III bâille. et les bénéfices des succursales ne se sont élevés qu'à 651. . les finances. les ministres. Quant au mouvement commercial depuis rité le coup il d'état. à élever des monuments stériles. lui dit son la loi et le ne peuvent être imposés au delà de ce que prophète prescrivent. Aujour- d'hui. la sécurité et la prospérité pujjliquc. Un beau matin le s'éveille. par jour. de l'aveu de M. pour l'apprécier. Achmet Invincible seigneur. p. se frotte les yeux. les évêques et les conseillers à la cour de cassation ont cin- quante francs par jour. sidents et les procureurs généraux ont par jour chacun soixante-neuf francs les sénateurs. prend une plume et décrète quoi ? voulut un jour lever des impôts à sa fantaisie. l'impôt dans ce cas devient un fardeau écrasant . a rétabli l'ordre. Bonaparte Du ne se gêne pas avec l'impôt. les préfets et les généraux de division reçoivent par jour quatrevingttrois francs. deux cent cinquante-deux francs monseigneur tion la le prince président. comme on sait. comme à créer des places huit îles. quant à la prospé- des intérêts. Gouin. les archevêques.

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qui précède bastonnade à un journal avant de le le annonce la suppression. où qu'est-ce que M. à ne voir que côté matériel de la question. presse. cent journaux supprimés. applaudisseurs du coup d'État. Tout : décret de en une ligne règne ? Je permets que tu parles. ce régime. Bonaparte en a fait? Elle est où est la tribune. Et la crosse aux reins. Veuillot criant : Je suis libre! . menés. l'honnêteté gardée à vue. le talent et entre deux factionnaires. un le fetfa. dispersé. cent maisons confisquées.LA LIBERTE DE LA PRESSE Nous venons de voir ce que nistration. cent métairies prises à leurs propriétaires. On le voit tous les jours à l'œuvre. basse et ! le dos tendu. ce c'est que la législature. la chahie au cou et boulet au pied. cent coupons de rentes arrachés du grand-livre. c'est-à-dire. et qui donne le niais la tuer. sur le desquels pend gourdin de Maupas. vingt journaux anéantis dans les départements. mais guettés. sérieux. purs. sachez-le. un firman daté de impérial le régime de l'avertissement. clarté faite la de tous les points à la fois sur toutes les questions. retroussez vos toges. A Paris. mais j'exige que tu te taises. dans quatre ou cinq journaux survivants.. . prononcer ce mot? Cette presse honneur de l'esprit français. On Il connaît. — De de la jugements. Qui donc ? Est-ce Tibère Est-ce Schahabaham? — Les trois quarts des journalistes républicains déportés ou proscrits. Un soldat sort du corps de le garde et écrit en marge du le livre de la loi je veux ou je ne veux pus. : la liberté supprimée. caché . et bête Jamais le despotisme ne s'est montré plus lourdement insolent et que dans cette espèce de censure du lendemain. Partout caporal ordonne et chez. fallait ces gens-là pour inventer ces choses-là. Que les idiots égoïstes. aux iniquités et aux turpitudes la liberté presse! qu'en dire? n'est-il pas dérisoire seulement de libre. le pain ôté à d'innombrables familles. généreux. magistrat contre-signe. éveil perpétuel de est-elle ? nation. marlà ces ou sinon !. qui écrivent. quatrevingts le . honle nêtes. un décret posé sur elle . le reste traqué par les commissions mixtes. çà et là. l'indépendance bâillonnée. méditent ceci! Pour l'élrier loi de la . Identité profonde des principes c'est la propriété détruite. c'est-à-dire. bom-geois. la Dans ce gouvernement presse peut se résumer corrige l'atroce elle tempère. Allons. dans la tête quatre ou cinq journaux indépendants. errant. ces condamnations abomila tête nables! Quel spectacle que ce troupeau déjuges. ces arrêts. Et la justice ce qu'on appelait autrefois la cour de cassation n'est plus que le greffe d'enregistrement des conseils de guerre. quinze ou vingt écrivains courageux. ce que c'est que l'admi- que ! c'est que le budget..

. le droit d'être avertie. Et est loin derrière nous.Mais faire taire la presse en France. écrivain. le droit d'être le droit d'être supprimée . par qui ? le droil d'être censurée. Il n'entend pas qu'on parle de lui n'entend pas qu'on vient de voir le raconte. mais au point de vue pratique. sixième affaire. appelez police correctionnelle. tout payés qu'ils sont. le chambre. Comme il l'orfraie. est dépassé. Jamais damne — Pleurons il ne evndamne . rait. il — Le jury! quelle bête que Carlier faisait et d'institu- quand on ne toujours. le nommé fait Roumage. laquelle avait pour abjects. Ce gouvernement se sent hideux. a imposé le silence à la presse en France. quand on le fait. et le présider des Partarieu-Lafosse et si pour la haranguer des Suin les si bas des Mongis si plats? Peut-il raisonnablement espérer que et ils juges correctionnels seront encore plus lâches plus méprisables que cela? Ces juges-là. 11 se réfugie dans la nuit si on . et nommé Lamennais. est plus rapide et les cet excellent jury trié? Progrès. travailleront- mieux que ce jury-escouade. miroir. — de Certes. gouvernement est-il bien sur de ce qu'il a fait là? est-il bien sûr que la sixième chambre vaudra mieux que cette bonne cour d'assises de Paris. c'est mieux. escroc. première affaire. qui charge eu douze temps avait le ministère public pour caporal la et qui prononçait des condamnations et gesticulait des verdicts avec précision de la .VI NOUVEAUTES EN FAIT DE LÉGALITÉ La presse a suspendue. Et puis. il en mour- Or. surtout pas de . le il voyait. ce n'est qu'un demi-succès. veut durer. comOn veut . : Le jury nous revenons aux juges du gouvernement plus efficace ». deuxième effet. Desm. Cela et bon accoutume le bourgeois à dire indistinctement un écrivain un escroc. Jugée! par les tribunaux. M. On ment. elle a même ? les le droit d'être jugée. il eon- cet honnête jury que Rouher a défait. c'est là la « un avantage. Il ne veut pas de portrait. causes : » La répression comme dit maître Rouher. au point de vue le pression «. si bien que le préfet : de police Carlier disait avec bonhomie à un avocat tion ! célèbre. par exemple. le fait pas. Quels tribunaux il tribunaux correctionnels.

et je m'y attends.. ce n'est pas aisé. Vous avez des abonnés en France plaisez. y a des écrivains français hors de France. et je trats. amendes (pour l'avenir. chose. procès du Bul- letin français. Comment ils faire pour les Bouher bâcler une les « s'est cotisé avec Baroche. — décidément. en la robe noire ou en robe rouge. ces démafaire? gogues? ils en sont bien capables. jugement. que. Ils c'est-à-dire libres. Bonaparte n'a pas bras si long que ça. on ne veut pas Il peur. on nous jugera en France. et les à eux deux. Ceci est mon mon dédain pour plaidoyer. vous n'entrerez pas. de bannir ces baanis. On a essayé deux procès en Belgique. Ces jurys feront ce qu'a jury belge. condamnation à un maximum le quelconque bel si bien prononcée. et le la Français à l'étranger.NOUVEAUTÉS EN FAIT DE LÉGALITÉ. Mais ce n'est pas tout. Le loyal jury belge a acquitté. On priera les gouvernements amis d'expulser ces . La presse anglaise a éclaté de rire. acquitteront. et l'auteur Ce livre sera donc jugé en France.. (( si vous nous « discutez ». . Que fait-on? on prend les journaux belges par la bourse.9 à l'étrangeir. les la justice et fait jurys des pays libres comprendront que ces proscrits représentent que le le gouvernement bonapartiste. expulsés. prison nous parlons hors de en cas). Soit. M. Voulez-vous entrer? les On tâche de prendre » journaux anglais par la discutez. Comment le bâillonner les gens à distance. Si corps législatif n'a pas dit non. C'est gênant. ils c'est l'iniquité. non. et confiscations. on leur fera des procès là où ils seront. me les individus quelconques. S'ils allaient parler. et y glisser délits de presse Le conseil d'état a c'est fait. procès de la Nation. brasseront le cas échéant. borne à prévenir dûment condamné. Essayons pourtant. Soit. ont trouvé ceci : loi sur les crimes commis par ». se disant magisla qui. la faire taire Z. Soit encore. les proscrits iront ailleurs ils trouveront toujours un coin de terre libre où atteindre ? ils pourront parler. il faut les en empêcher. Aujourd'hui France. ce n'est mon mépris pour . ceux-là? S'ils allaient écrire. serons de France vos correspondants. les rien n'égalera juges. dit oui. Si vous nous être discutai — nous chassont proscrits.

les proscrits d' Ah! ces gouvernants d'aujourd'hui. mairie du dixième arrondissement à celui qui écrit ces lignes pour le la . s'écriait l'un. — l'autre affirmait qu'il n'était ministre la pour se dévouer à tribune la défense de Constitution et des lois. passementés. accepte. vous nous calomniez.-B. lavez vos mains ! M. a classe d'hommes s'est ralliée en masse : les imbéciles. et comme on ».VII LES ADHÉRENTS Qui se groupe autour de l'clablisscment? Nous l'avons nous dit. et disait Doutez-vous que ce un honnête homme? Ceux-ci. maître des requêtes indigné devient un conseiller M. 2 décembre. nous n'y tremperons jamais . avec des façons d'indépendance et des allures et des airs de s'appartenir. quelque allusion : terroriste ». comme on boue et le lui vociférait vous êtes un calom- Comme on haussait les épaules au mot de sénat! — L'empire aujourdu président que d'hui. . le cœur se soulève d'y songer..-B. était fier! si. Q. » — Et les voilà sénateurs.-B. Quelle superbe. comme le : palladium du pays l'autre rappelait soit le serment de Louis Bonails parte. nous rappelons lorsqu'ils étaient représentants du peuple. Le lendemain. dorés Infâmes! avant de broder vos manches. comme on faisait mettait la main sur son c( cœur en quelque comploté niateur! criant vivo la République! Et « à la tribune.. dans cet autre a envoyé le i décembre un proclamation billot « « féliciter » d'avoir dicté la de gauche qui met Louis Bonaparte hors la loi. C'est à eux que la le chef de l'état » adresse ce — La première épreuve de Constitution. ! conseillers d'état. ministres. Une boniment çaise. il y a un an seula tète lement. le sont la deux. la discussion est libre et le vote de . va trouver M. galonnés. Q. est sériouv. d'origine toute franles conditions dû vous convaincre que nous possédions Le contrôle d'un gouverne- ment fgrt et libre. au coup d'état et à l'empire projeté. haute. ont été jusqu'à voter et signer sa déchéance. Ils « composent la partie saine : du corps « législatif. le offre d'une place de conseiller d'olal.. montagnard quelque (( rouge «. Bonaparte? n"a-t-il et lui dit : « Comprenez-vous l'aplomb de ce pas osé m'offrir une place de maître des requêtes? » — Vous avez refusé? — Certes. O. ce serait la sang.. vingt-cinq mille francs d'état attendri. et qu'ils allaient et venaient dans les couloirs de l'Assemblée. nous les à-présent. l'autre glorifiait la .

au vainqueur. y a en France un gouvernement animé de le l'impôt décisif. niais. apportant dans des plats les clefs de leurs et sur leurs faces les clefs de leurs consciences ! Mais les imbéciles. ces éternels maires..Aanitc. Et ces éternels préfets. source de tout pouvoir. qui arrivent. à Sa Majesté Charles X. par exemple : ISous roulons la suppression de la guerre et l'abolition de la peine de mort. à Sa Majesté Napoléon Grand. c'est vieux. à Sa Majesté Alexandre I". ces éternels complimenteurs du. pas U -jà ils n'étaient pas bien sûrs de n'être guillotinés. lizez : : : . — devant les communistes. religion. . nous en avons vu bon nombre sur les bancs de la majorité à l'Assemblée législative. ils agitaient à propos cet effrayant et magnifique souvenir. II la foi et do l'amour du bien. avaient remis et à neuf le mot démagogue. le lendemain du succès. ainsi dire.-i agenouillés. moyen sûr de les conduire l'on voulait. au iriomphateur. à Sa Majesté Louis XVIII. une foule de pauvres gens. et progrès. De sorte que lorsqu'un orateur écrivains de la démocratie se trouvait lisez lisez : dictionnaires où chacune des expressions dont se servaient les orateurs et les traduite. décidément trop usés. chapeaux pour voir s'ils avaient encore leurs Ces pauvres êtres effarés n'ont pas marchandé leur adhésion au 5 décendire. épanouis. au citoyen Cavaigiiac.LES ADHERENTS. — Evangile. exploitaient mot (( la Montagne » avec succès. — Fraternité. Après discours o j le il n'avait élé question que de de liberté. lisez lisez lisez : telle de la gauche -disait.NapoloDii a sauvé la société. souriants. Recevez l'assu- mes sentiments. Leurs chefs. Mort aux riches. ne pouvant plus employer utilement et les anciens épou- vantails. à Sa Majesté Louis-Philippe. et s'en allaient chercher leurs têtes. à monseigneur le prince-présideni. au eiloyen Lamartine. le au maître. avaient réussi à les terrifier. — rouges. ces éternels échevins. grou- pées en syllabes et accentuées convenablement — partageux. Pillage. on voyait les représentants de cette catégorie que nous avons désignée en tète de ce paragraphe se lever tout pâles. Ces meneurs. — — démagogie.ouis-. partie de toutes les institutions et sont pre. villc. » Ces braves dupes. et. C'est pour eux qu'a » été spéciali'menl inventée la locution : — ^ l.. sacre.soleil levant ou du lampion allumé. . sur rance de la peuple. à droite. des espèces — Ilu. de bien-être par travail. opérateurs habiles. Bouleversement — Bépuhliquc. enten- daient distinctement : Nous voulons tout mettre à feu et tel ii sang. nous les connaissons aussi. source de toute justice. les mots jacobin sans-culotte . qui repose sur source de toute force. — montagnards. sur l'armée. de paix universelle.sque une institution eux-m'-mes el (piant auv . rompusAUx pratiques le aux manœuvres. immédiatement — Bien-être universel. furieux. montraient le poing à l'orateur. ils faisaient passer les Jes lueurs cerveaux de de yeux des Us avaient trouvé moyen de pervertir pour leurs collègues ingénus au point d'y incruster. ces éternels capilouis. Avec ces quelques : lettres de l'alphabet. de concorde. tUasTerrorisme — Socialisme. les imbéciles ont toujours fait . Férocité. où Ces chefs.

tel? bourré de : billets de Banque. au but près qui. soit en : bonne c'est part. comme une On somnambule sinistre. — Vous savez bien? un — Oui. a dit de Louis Bonaparte. est l'homme. VIII MENS AGITAT MOLEM Au centre l'homme leurs fatal. se réveille général et grand-aigle de la Légion d'honneur. Tel qui était chaussé. par les passions brutales. un des- pote. à l'œil vitreux. ce genre de déménagements pour famé à leur faire voir. qui déporte. rien de plus. et c'est aussi autre chose. Les nations ne connaissent jamais toutes leurs richesses en Il fait de coquins. quant à ces adorateurs de tous les lendemains. qui marche d'un sorte de air distrait au milieu des choses horribles qu'il fait. insolents de bonheur et de platitude. Tout aventurier endosse un habit oreiller officiel. est petit. les faut cette espèce de bouleversements. tâchant de réussir par les égoïsmes grossiers. surgit ambassadeur. et. est ministre. 11 aux ? — Non. Celui-ci qui entrevoyait Bicêtre et la Roquette. on ne et sait quelle popularité féroce. » — C'est cela à notre avis. . cherchant. chez Marat. s'accommode un bon de papier blanc. vêtu et faire crier après soi tous les chienhts d'Europe. qui qui expulse. a des adhérents ne sont qu'à il a produit des notabilités tout à fait neuves. par les envies éveillées. l'homme qui tue. et des créatures qui n'a pas seulement ces partisans-là. C'est splendide à contempler. lui . était grand exile. exploitant les côtés encore sauvages du paysan du soldat.52 NAPOLÉON LE PETIT. quelque chose comme Marat prince. chez Louis Bonaparte. préfets et capitouls. Alors les peuples s'émerveillent de ce qui sort de la poussière. cet homme au geste accablé. par les appétits excités . prend une feuille et écrit est dessus galères Fin de mes il aventures. qui proscrit. qui spolie. ail- attaquant le pour arriver au pouvoir. Rendons justice au il régime de décembre. soit en mauvaise part. que dans vrai peuple. l'homme punique. l'homme que nous avons la civilisation dit . cai* ces êtres étranges ont d'étranges flatteurs — » C'est un dictateur. cela il s'est vu dans tous les temps.

.LE MAITRE.

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tateurs. . H a nommé il a il a pourvu au » salut de la société » le sénat il a institué des jours fériés . cap. la liberté. lib. faisait porter devant lui les vingt-quatre haches. Elle le ressaisissait à sa sortie. La dictature était faite pour être répudiée par Cincinnatus dictateur en cinq ans. enfoncé un clou sacré dans le mur du Panthéon six et il a accroché à ce clou son il coup d'état. . Il au dictateur de disposer des deniers publics sans autorisation du II sénat. . Cette institution intermittente dura cent cinquantetrois ans. 5. Louis avait pris cinq ans. Sénèque' XA^'^eWcniagisterpopuli. du il droit de vie et de mort. III. 1. VU. Ep. César fut cinq était fois elle 706 à 711. Il était le produit de ce texte : snlits popiili siiprema lex csto. monte à cheval sans permission et quant aux il mois. Du dictateur passons au despote. M. et arriva de l'an 552 de Rome h l'an 711. Parlons un peu langue du bas-empire. -S. 1. VI. 2. Il signes loi. 31. finissait par peser comme un remords. Cincinnatus s'en alla au bout de huit jours.l'appellent prœtor maximns. C'est l'autre qualification presque acceptée la par M. sa foncil tion était de pourvoir au salut du peuple. Il La loi était avant le dictateur. Le dictateur était 55 un magistrat. cap. Il pouvait être plébéien. Troplong.MENS AGITAT MOLEM. [. comme si cet énorme pouvoir. le dictateur se était démettait avant était interdit la fin du terme. : lisation incomplète. au-dessus de la mais ne pouvait toucher à la loi. de finit épousée par César. général en chef? popiili. Lib. Lib. ne pouvait monter à cheval sans la permission du peuple. il fait et défait la loi à sa fantaisie. il prend un pea plus de temps. Jules Bonaparte dix. 3. la proportion est gardée. A César et elle expira. César César cinq. semeslris dictatura. 4. dit Tite-Live ^ Habituellement. six mois. — pour — pour enfoncer un clou sacré dans fort divers. Cette magistrature dangereuse. Prœtor inaxhnus. même librement consenti par le peuple. Dans ces temps de civi. par dévorer AI. cap. Pro numine observatum. Rome république porta quafrevingt-huit dictateurs. Marcius Rutilus et Publius Philo furent dic- On créait un dictateur pour des objets fêtes à l'occasion des jours saints. Lib. Bonaparte. cap. était en dehors de était la loi. 40. . tenu pour dieu? demandez à M. pour nommer sénat. Bonaparte est-il répondre oui. Elle sied au sujet. De Republica. le établir des le mur du temple de Jupiter. et de sortir de l'Italie. nommé pour un temps très-court. la rigidité des lois antiques n'ayant pas tout prévu. Seulement . — une fois. maître un dictateur? nous ne voyons pas d'inconvénient à le drapeau le salue. prend le double c'est juste. Mugislcr du peuple? demandez aux canons braqués sur les places publiques. Tite-Live^ et Cicéron. La dictature un voile derrière lequel la loi restait entière. Elle commença par Servilius Geminus à César en passant par Sylla. ce qu'il décrétait était tenu poui arrêt d'en haut Tite-Live * dit pro numine observatum. 108.

tout ce triomphant pouvoir. comme : que d'hoimêtes badauds. Il était. sophi et calife. Il dit-il. sénat. ton visage et rentre faites. l'homme de guerre est tout. grand- khan. d'autote casse la tête rité. saisit te une pelle et fait de vous un tas dans un Après? Toi. il conseil d'état. que Magnan César et que Maupas soit Auguste. n'empêchent pas qu'il ne se passe dans Paris de petits incidents celui-ci. Paris n'est plus Paris. il est cadi. toi. père. de leur négoce. 11 a effacé des murs Liberté. Basileus. — Monsieur. il ils n'ont qu'à s'adresser à eux-mêmes quelques Voyons. Égalité. Un agent de police entend vous parlez du président. c'est un gueux. vous racontent tout rêveurs Deux hommes cheminent dans L'un d'eux parle de je ne rue. avec un Giafar qui s'appelle Persigny et une Schéhérazade qui risque d'avoir le cou coupé tous les matins et qui s'appelle le Constitutionnel. bourgeois. czar. t'arrache ta robe et t'envoie en prison. Tout ce grand éclat. juge. jardins fille. Si les citoyens français veulent savoir la profondeur ils du « gouvernement » dans lequel questions. Bonaparte sera-t-il ou ne sera-t-il pas empereur? Belle question. Maintenant M. sont tombés. lanes. ni égaux. général de l'infanterie et de la cavalerie. Après? Toi. bey. Fraternité. dictateur. M. entre autres attributs. témoins du la fait. il et dépendances. C'est un malheureux. Soudan. surnommé et l'Ange. Empereur? pourquoi pas? il un Faciuntasinos. commandeur des croyants. lui déplaît. qui s'appelle Fortoul a un Laplace qui répond au céleste. Après? Voyons. Son Pie Vil . M. cousin du soleil. guerre civile couve sous cette lugubre paix d'état de siège. de vive force. coin. d"un coup de pistolet chey lui. il confisque ta maison d'été et ta maison d'hiver il avec cours. ce qui est facile.56 NAPOLEON LE Le Despotes venait après le PETIT. schah. je vous ces derniers mots. grand-dragon. qui créa la dignité de despotes. te prend ta te prend ta sœur. vous n'êtes plus de force est là.: arrête. Bonaparte peut tout ce qu'il lui plaît sur les biens. mais qui n'a ])as et fait la Mécanique trouvera aisément des Esménard des Luce de Laiicival. ils causent de leurs affaires. ni frères. frère. grand-lama. dit-il. le gilet la a eu raison. accompagné d'un seul aide de camp. c'est Bagdad. On voit que c'est aussi un peu soit cela. Après? le Toutes ces choses président a calèche à la fait qu'en résulterait-il? Rien. magister utrinsqiie exercitus. propriétaire. écuries. Ce fut l'empereur Alexis. ni libres. sur les personnes. mufti. Despote. Après? Toi. Ah Fran! çais. grand-mogol. Voilà ce que diront Il journaux. corps législatif. c'est admis. est maître. sur les familles. c'est un escroc. Bonaparte est despotes en admettant. si vous a un Maury qui s'appelle Sihour: il a : un Fonil l'aimez mieux. passant. sais quel fripon dont il croit avoir à se plaindre. Le despotes était moins que l'empereur au-dessus du Sebastocrator ou Auguste et du César. Il nom de Leverrier. Monseigneur habituelle aux Champs-Elysées prince- hier sa promenade dans une Daumont attelée de quatre les chevaux. il te prend ta il femme. dey. toi.

alliances de mots les plus inouïes. ne la portait-il pas à Hani? casaque ou redingote. Attendez-vous aux caprices. Son Murât se nomme Saint-Arnaud. de l'Europe peut-être. Son uniforme vert. l'écurie s'ouvre. oublions son origine. Elle a lui sourit en attendant il qu'il l'exile. . au duc Maupas. Qu'a-t-il fait? Rien. il ne faut plus qu'une toute petite formalité. Avec celte pleine puissance. 11 n'eût. nube. la il le sera au soleil . — IX LA homme. d'autre part ses actes. Qu'on fasse dorer l'avoine de Son Altesse Incitatus. sans attendre le comédie du plébiscite. un de ces matins. écrit Lélia. à peine Austerlitz et Marengo. gobe-mouches disparaîtront et feront place aux gobe- Pour nous qui parlons. au marquis Lebœuf. sa redingote c'est tout un. courtisans. au duc Mimerel. que lui manque-t-il? rien . peu de chose. chose de faire sacrer et couronner à Notre-Dame son faux serment. sénateurs. aux cacophonies les plus intrépides attendez-vous au prince Troplong.MENS AGITAT MOLEM. il est empereur in petto. en huit mois un honmie de de la génie eût changé la face France. Tu. qu' est? comme capacité politique Voulez-vous le juger depuis huit mois qu'il règne? regardez d'une part son pouvoir. monseigneur le cheval est consul. Il Madame de Staël sort de chez lui. Tenez-vous à une archidu- chesse? attendez un peu. aux stupeurs. aux . est à 57 Rome dans l'a la soutane de Pie IX. au baron Baroche! En ligne. son Talleyrand se nomme Morny. Toutes les énormilés passeront. «Attendez-vous aux surprises. on vu à Boulogne. son aigle. l'a vu à Slrasbourg . felix Austria. voyons. chapeau bas. dès à présent l'empire proverbe du sénatus-consulte billet et la existe. son duc d'Enghien s'appelle le Droit. et. Que peut-il? Tout. l'hiatus du public sera prodigieux. certes. Regardez. Après quoi ce sera beau. Prenez-en votre parti. aux ébahissements. on grise. TOUTE-PUISSANCE Cet il oublions son 2 décembre. Les anciens baleines. Tout s'avalera. attendez- vous à un spectacle impérial. nous envoyons ce de faire part à l'Europe : — La trahison du 2 décembre La mère et l'enfant se est accouchée de l'empire portent mal. en aura une.

là ! Quelles créations. écla- . et en cela il a été logique. des solutions actuelles et relail Louis Bonaparte n'a pas Il entrevu aucun. 11 n'a rien pi'oduit. mais il il l'eût couvert. Soit . ce dictateur s'agite. recloué et repeint. plus tard. décrète . a ajouté plusieurs crimes nouveaux^à son preil mier crime. il il touche à tout. moment il tranquille . semblaient mûrs et pouvaient recevoir. les rentiers les perdent. 11 n'en a abordé. quand on sera empereur. avec Laine de moins et Morny de plus public. rendons-lui cette justice. il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres il ceux qui ont peur la nuit chantent. le vieux corps . oh! sont les créations ! là. lui . profit et au grand contentement du peuple. et. les empochent. il faut garder Paris et Lyon. le court après les projets nullité . Crédit foncier? les capitaux n'arrivent pas. les néo-bonapartistes s'épanouissent. deux cents millions épargnés. pas eiïacé crime du point de départ. deux cent mille soldats laissés dans leurs foyers. n'en a même retrouvé à l'Elysée cjuelques vieux restes des Il méditations socialistes de Ham. ornée de palmettes et de cous de cygne. avec leurs deux dotations. il et toutes les villes. législatif rajusté. quant à ce budget contrôlé par les aveugles qui sont au conseil d'état et voté par l'abîme se fait muets qui sont au corps législatif. Et puis. le faudra bien faire un peu la guerre à l'Europe. dessous. mais président et le sénat. du garde-meuble et . Allez donc essayer de toucher à l'armée! le soldat. bon Dieu Une Constitution style Ravrio. Il n'y avait de possible et d'efficace qu'une grosse économie sur l'armée. Quant au budget. a pris la France et n'en En vérité. élaborés dans ces dernières années par plusieurs esprits robustes. puis on les retire. ne pouvant créer. eût réussi peut-être à masquer à nation son abaissement Même. Battez. le sénat- le conseil d'état de 1806 retapé rebordé de quelques galons neufs . les mais ne paye pas. . 11 en est de toutes ces choses comme des cités ouvrières. mais que dirait l'officier? et au fond. le bureau de l'esprit ministère de la police. se remue. Conversion des rentes? où est jusqu'à ce jour? économie le de dix-huit millions. ce n'est pas le soldat.58 NAPOLÉON LE le PETIT. hélas cette roue tourne à vide. il 11 fait rage. nous venons de la contempler. il faut le dire. A'oyez gouffre! Si. Certes. malaisée. la Omnipotence complète. la chose n'était pas Un certain nombre de problèmes sociaux. pour un dictateur de génie. initiative nulle. applaudirait. apportée les voitures à l'Elysée avec de vieux fauteuils dans conservateur recousu et redoré. ôtez les toiles d'araignée. au moral. bénéfice pour la France : zéro. cherche à donner ! change sur sa c'est le mouvement perpétuel le profit mais. tions » pour le liberté de la presse. sait rien faire. la A force d'améliora- tions matérielles. on passe aux institutions politiques. des questions financières. pour liberté individuelle. c'est l'officier qu'on caresse. grand tives. Louis Bonaparte souscrit. Chemins de fer? on les décrète. on est tenté de plaindre cet eunuque se débattant avec toute-puis- sance. n'a pas même paru s'en douter. Toutes ces « institu- — nous les avons passées en revue — ne sont autre chose que l'ancien meuble de salon de l'Empire. Ces crimes exceptés. qui reviendrait libre. il ne reste pas un . époussetez.

chien! . pauvre journalier. de Rouen. les officiers les soldats du 2 décembre ont un mois-Napodu 2 décembre ont des médailles. Tous les traitements sont doublés ou triplés. absolu. Les noces de Gamache joie . millions . le Et l'homme du peuple. le le Toutes "2 les décembre. dont la mère dans les jeune fille se prostitue au coin des rues pour les vivre. la Ce bric-à-brac gouverne est la raison ? soit heurté. M. banquet chez tous l'Hôtel banquet à monstre l'École militaire. le est leur socialisme . a douze mil! quatre millions. haillons. ont un pouvoir immense. le château de Schœnbrunn les ministres. illimité. c'est-à-dire des c'est-à-dire des millions. . s'en servent pour jouir. seize millions. en aura. légumes des . le banquet à banquet aux Tuileries. l'Elysée aura bientôt cent quarante-neuf cuisines comme de le ville. Yoilà les créations! Où est le bon sens? où où est la vérité ? Pas un côté sain de l'esprit contemporain qui ne pas une conquête juste de ce siècle qui ne soit jetée à terre et brisée. ont de l'argent en veux-tu en voilà. on rit. Millions. millions trois cents ce régime s'appelle Million. d'un homme médiocre échappé. extravagances devenues possibles. pour changer tel la face de l'Europe. de fièvre et de froid les greniers bouges du faubourg Saint-Marceau. prolétaire en pieds nus. Bonaparte a chevaux de luxe. M. Ce que nous voyons depuis c'est le galop. à travers l'absurde. auquel la vieille n'apporte pas de pain et auquel l'hiver n'apporte pas de bois. châteaux nationaux. Ces hommes. — il y a un Turgot dans cette affaire. fête encore plus monstre 15 août on nage dans toutes le les abon- dances et dans toutes auquel le les ivresses. un ministre se marie. Us ont arrêté budget sur ils la grande route . « Ils » . dont les petits enfants grelottent de faim. Bonaparte. on mange. Turgot. sont à l'Elysée. vite. S'amuser et s'enrichir. Trois ministres. suffisant. . signy et Maupas ont chacun un million de fonds secrets. nouvel empire. quia nominor Polco. et jardins jadis les fruits et les . et des parcs l'autre jour : royaux il regorge : il disait toutes mes voitures. dont agonise sur une paillasse pourrie. l'été travail manque. malfaiteur et ses complices. on boi(. — Permillion. on banquette. Murât veut des millions . les coffres sont là ouverts ils emplissent leurs sacoches. boussez 59 le tout de taches de sang français. France. plus M. incomparable. et léon. et vous avez rétablissement de 1852. les broches tournent nuit et jour devant des feux de on y consomme.LA TOUTE. nous en avons dit plus haut les chiflres. dans caves de y songe-t-on? que devient-il? que fait-on pour lui? Crève. fête 10 mai. le conseil d'état le sénat a un un demi-million. dans Lille. nous le répétons. et comme Pierre le Grand mes Russies. un demi-million lions. — — ces bulletins-là se publient. ce sont les bulletins du six cent cinquante livres de viande par jour.PU ISS AN CE. comme disait : Charles-Quint disait toutes toutes mes Espagnes.

qu'on les respecte un général est véné- un ministre La comtesse d'Andl — . le préfet . mais il ne' fait pas bon d'être citoyen. on 1. discipline. sep- tième génération le droit d'impunité pour quelque crime que ce le à moins la que le délinquant n'eût commis crime neuf fois. Cailluissou. les dictateurs. se coucher. sous peine d'être expulsée de France elle ait madame d'Andl comme un — est avertie que désor- représentant du peuple. jeune femme de Bruxelles. Le conseil municipal de . cette malheureuse armée. M. Touun louse donne sa démission le préfet Chapuis-Montlaville remplace le maire par colonel. Timourla Beig accorda à ses compagnons d'armes et à leurs descendants jusqu'à fût. la déshonore. de P. en quelle toilette aller à l'audience du tribunal ou à la soirée de le M. défense de porter barbe. Le 3 décembre. les yeux baissés. c'est qu'ils veulent est sacré. qu'il Avez-vous un shako sur rentrant le crâne? faites ce vous plaira. M. le M. Le factionnaire de rue Richelieu a encore huit citoyens à tuer avant d'être traduit devant un conseil de guerre. silence dans la les rangs. jabot et la cravate blanche sont lois de l'État. elle à s'abstenir de toute marque d'approbation ou d'improbation quand voit des ministres. tout marche militairement. elle hausse les épaules. se trouve qu'en songeant à autre chose probablement. rable. et c'est tout. on décore les Uubarry et Ces trois colonels sont MM. Règle. : factionnaire le couche enjoué et le tue. BONAPARTE . les censeurs et les tribuns. 11 fait bon d'être soldat. était à Paris en mars 1852. . associèrent au gouvernement des empereurs une » espèce de démocratie militaire. « Les gens de guerre prennent haut du pavé. lendemain mais. tel est le la liberté. obéissance passive. Les soldats. entre. défense de faire des vers médiocres. le lende- main les journaux disent Le jeune homme est mort ». s'en aperçoit. Eu même temps. croyant être à la place des citoyens qui avaient fait autrefois les consuls. de P. et il madame d'Andl — veut sortir et passe devant lui. dit Mably.LES DEUX PROFILS DE Le curieux. Sous ce gouvernement-caporal et sous cette constitution-consigne. Polycarpe. joug sous lequel se courbe en ce moment îa nation de l'initiative et de grande France révolutionnaire. elle se trouvait un jour dans un salon du faubourg Saint-Honoré. le premier adjoint par un colonel le et le deuxième adjoint par un colonel'. s'habiller. Le réformateur ne s'arrêtera que lorsque les la et France sera assez caserne pour que assez séminaire généraux disent : : A la bonne heure ! pour que le les évêques disent C'est assez ! Aimez-vous soldat? on en a mis partout. Le peuple français va à l'ordre il pour savoir comment peut il doit se lever. la Un jeune homme le « du bal passe rue Richelieu devant la porte de Bibliothèque.

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versaire est fête. tout compromettre à . commentaire semi-officiel. manger le budget . c'est Là ce régime tout entier. César se croise pour la foi et la soif aussi. grognards! fêtons Napoléon la ! Grand! de l'autre il baisse les yeux. ne rien croire. h mai. c'est qu'il nous ramène au temps des croisades.t août. il y a des sou- venirs gênants ou dangereux qui reviennent opiniâtrement à jour fixe. parler. dit . Tout l'expédient politique de M. De façon la il parvient à ravir d'aise en même temps Montalembert. honte de tous les côtés! l'argent aux soldats et la croix aux mouchards! Jésuitisme et caporalisme. main baignée de sang qui trempe l'eau bénite. Le Moniteur déclare : un beau matin qu'il n'y aura plus désormais qu'une fête nationale les le I. Le dictateur l'encens. 'Ih février. Sur ce. le . qui ne croit pas à France. deux partis? soldat et le parti prêtre? Le parti soldat est voltairien. Soit. tire son sabre. deux masques du dictateur la — Le 15 août.LES DEUX PROFILS DE M. Par exemple les solennités nationales l'ennuient. c'est les deux ensemble. et Saint-Arnaud. pi'cx cl volt. que nous sommes revenus à l'époque des jacqueries du templier. Bonaparte se compose de deux hypocrisies. se mettent à ! dit la bouche-Ratapoil. embrasse Catin. et s'écrie le sacrebleu. Oîi la Canrobert sourira. lîONAPARTE. Le coup d'État aflirme. est douteux. Supprimons A merveille. France quel gouvernement la ! Les éperons passent sous lit la Le coup d'État va à messe. depuis les plus énormes jusqu'aux plus puérils. Ln anni- un importun. adorons sacré cœur de doigt dans Marie Le gouvernement actuel. dit la bouche-Tartuffe. Comment si faire? Les grands escamoteurs ne sont pas embarrassés pour peu. vide les pots et fait ses pâques. les consciences catholiques et les consciences patriotes. ce qui est le certain. voilà le procédé de Bonaparte le Petit. grossit sa voix. depuis ce qui est hideux jusqu'à ce qui est risible. jour de fête Saint-Napoléon le — Le Deux- 15 août. sont empreints de ce double jeu. Quelquefois. ce qui . son bréviaire. la fois deux choses sang et le . hypocrisie le clergé. pape. Ne gardons qu'une comment satisfaire vous allez voir. hypocrisie catholique tournée vers Quand cette ce n'est pas Fracasse. une fête. f. rosse les pékins. de la sainte Vierge! D'un côte : Décembre de enfle ses joues. Mais avec le parti les anniversaires. solda- tesque tournée vers l'armée. il est vrai qu'elle- même a reçu deux louis par homme.son chapelet. saintes. rendre le soldat ridicule et le un peu féroce mêler à cette grande escroquerie politique qu'il appelle son pouvoir l'église et la nation. l'honneur militaire et la le foi religieuse tacher l'autel avec prêtre le drapeau avec goupillon .S commissaires qui ont arrêté ses représentants et ses généraux. fait le signe le croix et marmotte : mes trés-chers frères. une seule. Tous ses actes. et exploiter. 11 sent le tabac et soutane. c'est Basile. sent-il l'encens? sent-il le ! tabac? cherchez. répétons-le. L'Elysée a Jouir et bien vivre. qui ne croit pas en Dieu.*Riancey fera grimace. la nôtre.

il frappe Un homme nage contre un courant rapide il le flot du poing. etc. vous seriez simples d'en attribuer lui le mérite à M. de l'épaule lutte et avec des efforts inouïs. est en danger. Il L'autre ministère socialiste. honnêtes. à chaque effort qu'il et il perd du terrain. il a descendu. Un plus bas dans moment après. comme vous M. la l'enseignement gratuit et obligatoire. comme il vous fait dites. Vous Il il remontera. Bonaparte? il persécute . Bonaparte. es deux premiers progrès amènent fait d'eux-mêmes et irrésistiblement le dernier. le ministère sociail liste par excellence. dites : du genou. socialisme. non. qu'il en eût Henri V reviendrait demain. vous le regardez. En somme après tout. les fait du fer. il savoir et sans s'en douter. Le progrès intellectuel d'abord. . Le point de départ du socialisme. socialisme »? Et l'on remet sur le tapis le crédit foncier. Voyez. 1 progrès moral d'abord. qu'est-ce est plus fort que cela prouve? que ce courant qui s'appelle Révolution que ce nageur qui s'appelle Despotisme. des citoyens le intelligents. Bonaparte. Que M. le est beaucoup le fleuve qu'il n'était au point de départ. chemins de l'abaissement de la rente. c'est le ministère le de l'instruction publique. le l'abolit. Crédit foncier. qu'il en ferait. dans une certaine mesure. L'empereur d'Autriche en et fait en Galicie et l'empereur Nicolas en Lithuanie. Que vous matins on donne-t-il en compensation? ministère de la police. M. dites. Bonaparte qu'est-il? Cela du socialisme? je le Haine de la bourgeoisie. Prendre les enfants et eu des hommes. c'est supprimera. même de M. descend toujours. Changarnier eût triomphé au lieu de M.XI RÉCAPITULATION Mais on nous dit : N'allez-vous pas un peu loin? n'ètes-vous pas injuste? u concédez-lui quelque chose. Sans fait. soit. Nous avons déjà apprécié ces mesures à leur juste valeur mais en admettant . c'est le temps. abaissement de Il croit avancer et recule. utiles. du front. c'est faire lumière. Ce n'est pas qui fait du socialisme. encore. Bonaparte a déjà plusieurs de ces décrets que vous voulez bien qualifier de socialistes. Mais ce socialisme le nie. et en fera fait. il Il s'imagine qu'il remonte. N'a-t-il pas. que ce soit là du « socialisme ». heureux. prendre le les hommes et en faire des citoyens . la rente. Un de ces c'est l'éducation. progrès matériel ensuite. ministère de l'agriculture et du commerce.

un forgeron. vous entrez chez . Uonaparte en se frollani les mains. Bonaparte frappe à la fois l'enseignement en haut et en bas : en bas qu'il pour plaire aux curés. M. il fabrique des roues et des il timons. les leltres Un beau matin. ce qui fait dire au docteur Serres Aoits voilà dispenses pur dcrirt de stiroir lire et l'rrire. B. ces hommes. Impôts nouveaux. renverse déclare. en haut pour plaire aux évêques. si bon lui semble. comme et il faut l'avenir soit fait d'ciubre et d'abrutissement. plie les chapes et les chasubles. Avez-vous jamais réllécni à ce que c'est qu'un maître magistrature où se réfugiaient les à cette tyrans d'autrefois comme les criminels dans un temple. de la il toile. à la condition de ne prononcer aucun de ces trois mots Liberté. d'un coup de pied les chaires de Quinet et de Michelot. les colliers payeront. et étouffe partout l'enseignement. il presbytère. vous dites c'est un homme précieux. l'employer. hors l'enseignement : littéraire. le maître d'école? Le maître d'école sert les chaises. bedeau. suspectes grecques et latines. impôt sur les vivants. comme que il ne faut pas maître d'école travaille à cet avenir. à faire épeler l'A. enseigne les lieu d'asile? Avez-vous jamais songé à ce que c'est que l'homme qui enfants? Vous entrez chez : un charron. en le ordre et en compte le linge de la sacristie. saluez plus bas. impôts vestiaires. flairant trait dans Tacite une vague odeur de démagogie. des socs de charrue vous c'est un homme nécessaire. iie)ii(> aiide/il les comcdire prater duo fereula cum potagio. impôts somptuaires. d'école. fourbit chandeliers tient de l'autel. et interdit le et plus qu'il peut aux iiUelligences et Il le commerce des vieux poètes dans Eschyle et des vieux historiens d'Athènes de Rome. 65 11 y a un paria dans notre France d'aujounlhui. lutrin. met d'un de plume les médecins.LES DEUX PROFILS DE M. fait? il Vous entrez chez un maître d'école. impôt sur le morts. est le charron. et non d'intelligence et de clarté. met de l'huile le dans les lampes. savez-vous ce fabrique des esprits. ces bons travailleurs. le tisserand et le forgeron : 11 de cette œuvre dans laiiuelle il aide Dieu l'avenir. dites : fabrique des pioches. chante au le sonne vêpres. moins de livres! impôt sur les sénateurs. les armoiries les chiens. ! Eh bien que le aujourd'hui. des marteaux. BONAPARTE. époussette le tabernacle. En cherche à fermer l'école de village. par exemple. Voilà qui va être socialiste. renouvelle les messe. impôt sur les successions. C'est l'empereur . bat le coussin du confessionnal. impôt sur populaire! dit payeront. M. c'est le maître d'école. vous les qu'il saluez. République. linrle le parti papier. grâce au parti prêtre régnant. vous dites l'abrif[ue c'est un homme : vous entrez chez un tisserand. temps qui peut. balaye l'église et un peu lui reste. range les bouquets devant sacré-cœur. voulez-vous savoir de quelle façon on fait fonctionner cet la humble grand magistrat. du démon : Patrie. par décret. il même temps 11 il mutile le collège de France. impôt sur bravo. utile. impôt sur les voitures. G aux petits enfants.

pour le droit. ce qu'ils veulent écraser. c'est l'empereur catholique. s'il pouvait passer ici pour Constantin. employés à 1. anéantir.. c'est toi. cela se la nommait pour la giicuseric. il a fallu modérer le zèle. tirer l'épée pour sa patrie. » « préfecture de police. résister à l'inquisition.000 » .oOO d'appointements. nous sommes ils étemels ennemis de l'ordre ce »•. qu'il •. croire au serment pour la constitution de son pays. de la France. braver le bûcher pour sa foi. ties ' cl}ef fr chef de bureau.800 fr. sa ville. raison de toi. des langue du ducd'Albe.. est-ce ce pauvre homme obscur qu'on appelle instituteur primaire? est-ce ce carré de papier qu'on appelle un journal? et est-ce ce fascicule de feuillets qu'on appelle un livre? est-ce cet engin de bois non. c'est toi. fr. dix-neuvième siècle. le 20 mai 1852. et là pour Babeuf! Les mots d'ordre se répètent. défendre les lois. cela s'appelle la démagogie. De bronze? Fi donc! c'est bon pour l'oncle. brûler. poursuivent tous avec lui. cause du progrès. c'est toi. 3 fr. son foyer. l'abbé Gaume la et le car- dinal Gousset applaudissent. l'adhésion se déclare. de fer qu'on appelle une presse? c'est toi pensée. On seizième. prendre au sérieux la fraternité des juré. 6fr. d'appointements. prêté par les employés de préfet de police. croire à la sainteté de la conscience humaine. Dans la les combattons. sa famille. la civila la justice. 2 fr. 10 fr. détruire. c'est sur le la « j marbre qu'on la la superposera. est démagogue au dix-neuvième donné que siècle comme on était gueux au Ceci étant 1. qu'il attaque. fait On lit dans une correspondance bonapartiste les La commission nommée pir n'était pas employés de la préfecture : de police a estimé que le bronze digne de reproduire l'imago du Prince pierre la c'est en marbre qu'elle sera taillée. supprimer. on lui fleurs son buste à la halle. Providence. l'homme. la famille et la religion respirent. sa maison. 2 — enfin à 1. Piélri.200 d'appointements. dans languede Louis Bonaparte. les employés. On calcule ([ue cette souscription s'élèvera à plus de 6.. Les souscriptions entre de division. h l. couronne de l'école militaire dessine son avec des bayonnettes et des canons de pistolet. lutterpour combattre pour la la liberté. entre les mains de M.66 NAPOLEON LE PETIT. mui-murcnt les béats dans les sacristies. nous sommes. Nanterre dédie des rosières. de la lisation. l'enthousiasme chiffre gagne de proche en proche. dont 50. de l'humanité. ce qu'il poursuit. propriété. c'est Dieu! « les Nous qui démagogues. De marbre! lu Ce sur quoi es Pictri et super hanc pietram œdificabo effigiem meam^. s'armer hommes. « le dictionnaire de l'Académie n'existe plus. car ne trouvent pas encore que mot soit usé. l'ordre social est décidément sauvé. vocifèrent les aiïidcs dans les faubourgs. vouloir l'abolition de guerre et de peine de mort. Qu'il serait heureux. défendre son culte. ce qu'ils ils ce s'acharnent. L'inscription suivante sera incrustée : dans le luxe et magnificence de » Souvenir du serment de fidélité au prince-président. son Dieu. et la police lui dresse une statue. seront ainsi réparfr.

. est maintenant la question de tous les hommes. rit que cet endroit il où évèques coudoient Jeanne Poisson dans la et. où Samuel Bernard le dans un d'Alfa- coin avec Laubardemont. en un Il il mot. siècle. entouré d'astres. le matin du troisième jour on ne saurait plus où M. que Louis la Bonaparte est identique à Napoléon Grand. BONAPARTE. chose triste à dire. le genre humain tout entier. Léon X. où. comme y a cent ans. étaient là. de tous il de la terre. François I". l'univers regarde Cette espèce de porte bâtarde. : Louis IX. voilà ce que contemple aujourd'hui. répètent quelques braves incorrigibles de l'ex-parti de l'ordre.LES DEUX PROFILS DE nuit en plein midi. neigeait des journaux en France seu- lement pendant deux jours. Il soit! alors j'admire ce gouvernement. d'autres heures où le a contemplé Louvre : Philippe-Auguste. » il emprisonne. l'Escurial. — Ah! qu'est-ce que c'est que cet endroit d'où piège. exile. conspuez. N'importe. rumeur aflVeuse. cet homme pèse sur l'époque entière. pas n'est pas sorti une idée qui ne c'est fût un une action qui ne les fût un crime? Qu'est-ce que les que cet endroit où habitent tous cynismes avec toutes les hypocrisies? Qu'est-ce que c'est l'escalier. cela nous est égal. que l'honnêteté humaine est morte. l'Elysée ! — Aujourd'hui. il est il modèle en son genre. : Henri IV. et il extermine. où Escobar entre donnant bras l'on à Gusman rache. y rayonnait. Versailles Louis XIV. Saint-Just la Charles-Quint y songeait. après tout. Cet homme. : avec Voltaire. que le prince d'Orange est un gueux et le duc d'Albe un juste. que ceux qui ont violé Consti- tution sont des sauveurs et ceux qui l'ont défendue sont des brigands. cette solidité. il il opprime. dit-on. et il il défigure le dix-neuvième y aura peut-être dans ce siècle deux ou trois années sur lesquelles. va bien. avaient là leur chaire. A de les points certaines époques dans l'histoire. gardée par deux guérites peintes en coutil. réprime. histoire. vive la stabilité! tûut cet ensemble constitue. et C7 qu'un chat ne s'appelle plus un chat que Baroche l'histoire iic s'appelle plus un fripon. et même « gracie ! fait de coups de canon de la clémence à coups de plat de sabre. indignez-vous. saluent jusqu'à terre . l'autorité à mitraille. avec une sorte d'anxiété profonde... à . Solide! je l'admire. nous nous sommes déjà expliqués sur S'il cette solidité. A votre aise. baisse la tête. Windsor Elisabeth Grande y régnait. y a eu des heures ou monde le Grégoire VII.. le regard du il monde civilisé!. il Il comprime. à l'extrémité du faubourg Saiut-IIonoré. raillez. s'est à je ne sais quelle trace ignoble. flétrissez. le Kremlin on y entrevoyait Pierre le Grand Potsdam Frédéric II s'y enfermait : : . que le est un rêve. on reconnaîtra que Louis Bonaparte assis là. fixe les yeux sur un Il lieu mystérieux d'où le semble que a regardé il va sortir Vatican : la destinée universelle. M. Louis Bonaparte a passé. que la justice est une chimère. dans un fourré du jardin dépùclu'. Solide! un gouvernement solide.

ils comprendra. lui montrer les fosses ouvertes. Oui. des homme dire à une : <( de 1852 importune et déshonore le le deuil de 1815 ? où Césarion. illuminée la c'est toute grande ouverte avec une confiance insolente. les prisons. cette porte. d'où sortent ces bruits du siècle . Qui siège au Palais de justice? les forts. le droit. l'honneur. c'est la tache de Paris. remuer. il faut secouer. dans ces mêmes que hante encore fantôme indigné de César? la souillure Cet endroit. il faut leur ôter radieux fantôme qu'ils ont devant fatal yeux il . rires. l'émouvoir. la loi. est là. il Ah à quoi songe ! la France? Certes. Le centre de il la honte du monde . lui montrer les maisons vides. dans les pontons. l'illustre et l'infilme. bataillons qui passent. Ce peuple est bon et honnête. l'intelligence. dans les casernes. Qui siège au l'imbécillité. sous ces le mêmes arbres. à Cayenne. prévarication. le peuple des campagnes surtout. hommes qu'on ne veut pas juger. une sorte d'injure publique toujours présente. toute cette situation n'est autre chose qu'un immense et quiproquo faut éclaircir ce quiproquo. la Luxembourg? bassesse. désabuser le peuple. la faut réveiller cette nation . les bras croisés ou les mains derrière allées dos. paysan. entrer fait. parler au soldat qui plus ce qu'il a parler au laboureur qui a une gravure de l'empereur . Qui est à l'Elysée et aux Tuileries? la le crime. de quoi vous plaignez-vous? vous avez la bonne part. c'est cette porte. à Lambessa.68 NAPOLEON LE PETIT. lui faire Il toucher du doigt l'horreur de ce régime-ci. dans casemates. dans l'exil? la liberté. cet endroit. il faut lui parler il faut parcourir les champs. Et qui les dans dans dans les cellules. où l'on entend un femme qui intercède et qui pleure Je vous passe vos amours. se promène. saluée le jour par les nuit. le grand et le petit. musiques. passez-moi mes haines! » Qu'est-ce que c'est que cet endroit où l'orgie coups de bayonnette. faut lui prendre le bras. aller au le fond. chocs des verres. dans sa chaumière le et qui vote tout ce qu'on veut à cause de cela les . joyeux de fanfares. sont deux. Proscrits. Qui siège au palais Bourbon? Qui siège au palais d'Orsay? est la corruption. . entrer dans ne sait les villages. l'agiter. Napoléon et Naboléon! Résumons ce gouvernement.

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parce que toi. ce gouvernement qui fait hésiter entre l'éclat de rire et le sanglot. le premier nommant au gros : le président. Les morts sont loin. petit : reçois l'assurance de mes sentiments j ce sénat. et Ah ! chose affreuse à penser à dire. est-ce qu'on n'y songerait déjà plus? la Est-ce que. ce gros suffrage universel et ce petit suffrage universel. hypocrite et bête. cette conslilu- tion-gibet où pendent toutes nos libertés. cela fume enaore. ce gouvernement horrible. le petit disant monseigneur. recevez ces millions. terrassier. du sang. l'autre nommant les législe lateurs.LIVRE TROISIEME LE CRIME Mais ce gouvernement. tu gagnes . ce conseil est-ce d'où toutes ces choses sortent-elles? Mon Dieu! le que nous en sommes c'est déjà venus à ce point qu'il soit nécessaire de ! rappeler? D'où sort ce gouvernement? regardez cela coule encore. parce que maçon. du travail aii bois de Boulogne. gros disant au d'état. parce que loi. parce qu'on boit et mange. tu as carrosserie va. les morts sont morts.

dans une fosse obscure. EXTRAIT D'UN LIVRE INTITULÉ J. Il a ref «il ce récit dans VHistoire d'un Crime avec de nouveaux détails et à un autre point de vue (1879). austère occupation de son exil. l'auteur recueille en ce événement de 1851. le bouquet fané. est-ce qu'on ne se souviendrait plus qu'il y a là. cette narration soulèvera certainement de nombreuses taille et violentes réclamations. Une grande matériaux pour 11 moment des le reste.72 NAPOLÉON LE PETIT. ne * Il l'a été. d'aiïiches parce qu'on et rit. Quand elle paraîtra. 11 L' CT a G . sous l'herbe. travail. que les vers dévorent. 1. avec quel soin scrupuleux de la vérité cette aura été écrite. l'auteur croit devoir expliquer liiitoire ici de quelle façon. et qui avaient le droit de vivre et qu'on a tués? Ah! si l'on ne s'en souvient plus. et afin qu'on puisse en juger d'avance le mérite. une foule immobile. la tête fatiguée. croit à propos d'entrer dès à présent dans quelques détails au sujet de ce devoir. et à l'heure qu'il est tout-puissant. dans l'ombre inexorable de la mort. comme on sait. qui existaient. parce que métalliques de Vienne ou sur les obligations titres toi. ou. gens qui dormez ! les trépassés vont défiler devant vos yeux. quelles que soient ces réclamations plus ou moins intéressées. Ce livre sera publié prochainement*. est-ce qu'on oublierait qu'ily a des cadavres là-dessous? Est-ce que. qui aimaient. une multitude d'êtres humains déjà devenus informes. qui pensaient. qui travaillaient. pour mieux dire. parce qu'on a été au bal de l'hcole militaire. la robe déchirée. ce procès-verbal du crime aura été dressé. Quoi qu'il en. et qu'on s'est jetée sur son lit et qu'on s'est endormie en songeant à quelque joli officier. qu'en octobre 1877. . parce que les processions sortent à la Fête-Dieu. parce que le les de noblesse sont rétablis. on ne pas impunément dans la chair vive d'un crime contemporain. banquier. qu'il s'est imposé comme un L'auteur se rend cette justice qu'en écrivant cette narration. parce que les murs de Paris sont couverts de fêtes de spectacles. que la désagrégation consume. Ce sera une narration complète de l'infâme partie est déjà écrite.NÉDIT LE CRIME DU PAR V I 2 DÉCEMBRE'. tu as bonifié sur les et Hope compagnie. quarante sous par jour au Louvre. qui commen- cent à se confondre avec la terre. parce qu'on peut s'appeler monsieur la comte et madame duchesse. glacée et terrible. soit. sous le le titre Histoire d'in Crime.iuteiir n'a pas cru devoir reprendre dans A'npoJeoii Petit le récit de la journée du 4 décembre. L'. parce qu'on s'amuse. l'auteur s'y attend. rappelons-le à ceux qui l'oublienl! Réveillez-vous. dans un trou profond. parce qu'on est rentrée les yeux éblouis. il a sans cesse présente à l'esprit la haute responsabilité de l'historien.

chaque témoin et est venu déposer devant pour tous les faits douteux. pour ainsi dire le juge d'instruction de chaque auteur du drame. c'est aux faits ivants qu'il a parlé. En général. Mais chez la passion pour histoire vérité égale la passion pour le droit. On comprendra comprendra s'en abstienne.\ très grand nombre do inconnus qui y sont au jour pour première peut diie la fois. chaque victime lui . les touclient dans \ tombe de leurs verges de juges. chaque combattant. les historiens parlent aux la morts. l'auteur les a vus. faits il a confronté les dires ils au besoin les personnes. touchés. Lui. on même qu'il substitue quelquefois aux aussi noms propres et môme à de certaines indications de lieux. outre faits les faits rais généraux que personne n'ignore. grâce à cette enquête. ne veut pas fournir une supplémentaire \ W. les lieux ce Quand les témoignages directs et de vive voix lui faisaient défaut. faits traversés. en ce qu'il un jour nouveau sur officiels succès » de M. ont comme lui. de ceux-là la il quœqiie ipse si quorum pars vu ces Les membres de gauche républicaine.LE CRIMK. pas plus dans ce récit du 2 décembre que dans le livre qu'il publie en ce mo- ment. et leur témoignage ne lui il manquera s'est fait Pour tout le reste. et l'on doit s'en iiporla ccvoir en le lisant. ou vient de voir comment. Bonaparte. questionnaires auxquels Il le il Il pourrait citer pour lequel il a été minutieusement répondu. Grâce aux réticences des historiographes sait du 2 décembre. la réalité la du 2 décemb:o d me. l'histoire. : Plusieurs de ces vidi et faits. lauteur ne puisse mettre un nom. le répète. Cette d'en citer quchiues pages. en sa possession Il près de deux cents dossiers dont ce livre so. lequel. intrépide. on no fait pas assez •ombien il le coup d'État a fait été près de sa perte. étrange vertu les plaies que Tacite n'a pas. le déclare au moment de aur:i été écrite.tira. Tous lous. a envoyé sur tel fait qu'on pourrait appeler a dressé de véritables de réelles commissions rogatoires. l'autour sent toute la nature humaine se soulever en lui no s'en cache point. . comme on a l'habitude do dire quand on veut louer un hisresterait impartial L'impartialité. il les détails du 2 décembre ont de lui a la sorte passé sous ses yeux . utile d'en Nous jugeons nous le détacher dès à présont et d'en publier jette ici môme un le « chapitre qui. pensons. il les a enregistrés récit. L'histoire pourra compléter ce il mais lion l'infirmer. il a fait leur ofDce. l'auteur n'est torien. Mettons ce spécial sous les eux du lecteur. 11 Il a porté le llambeaii aussi loin et aussi avant qu'il a pu. Louis Bonaparte. il a soumis 2 décembre à un long et sévère interrogatoire. des désignations Il peu transparentes que possible. il fait de décembre 18S1. Los magistrats manquant au devoir. frappera les esprits. Malheur à qui devant saignantes de la liberté! En présence du lui. les a pesés tous. aucun ne échappé. les font lever et les interrogent. un \. \ et on ignore tout à par quel moyen s'est sauTé. Ce récit 73 du 2 décembre contiendra. en liste présence des proscriptions pendantes. fui. « impartial ». a. dont conduite a été pas. l'auteur a procédé à une véritable information judiciaire. il L'Iiomme indigné ne mont pas. dans les conditions plus absolue. n'est pas un fait do ce récit derrière qu'il quand l'ouvrage sera publié. Certes.

de Flotte. En dehors du trapèze que nous venons d'indiquer. les barricades montaient. se mettaient en communication avec nous. prenait d'heure en heure un aspect plus terrible et devenait une sorte de forteresse. Le quartier des Écoles. ce n'était plus un combat. est parti! nous criait B*** entrant tout radieux au comité de toutes les per- — D'instant en côté. et limité à l'est par rue du Temple et à l'ouest par la rue Montmartre. Sckœlcher et Victor Hugo. était quatie jours et qui.Alonljau. Les combattants des barricades poussaient leurs grand'gardes jusque sur les quais. Ce comité. on battait le rappel aux Batignolles se . fusils. ne cessa pas un seul instant d'agir pendant les crises composé des représentants Carnot. trois barricades énormes les construisaient à la Chapelle-Saint-Denis. Dans les rues marchandes bourgeois livraient leurs les femmes faisaient de la charpie. I « « La résistance Le combat et avait pris des proporlions inattendues. Tout le centre de Paris se couvrait de redoutes inipro\dsées les quar- tiers barricadés formaient une sorte d'immense trapèze compris entre les Halles les et la la rue Rambuteau d'une part et boulevards de l'autre. les c'était une bataille. Miehel de Bourges. la banlieue prenait feu . jusque dans le faubourg Saint-Martin et aux alentours du canal.74 NAPOLÉON LE PETIT. Madier de Montjau agitait Belleville. y eut un moment d'en- Un comité de le 2 résistance. — Cela marche! Paris résistance * . on en avait. instant les nouvelles nous arrivaient . <c on avait voulu des barricades. chargé de centraliser l'action et de diriger le combat. Jladier de . qui dut changer vingt-sept fois d'asile en diverses du coup d'État. . JOLRISliE DU h DÉCEMBRE LE COUP D ETAT AUX ABOIS. Jules Favre. siégeant en quelque sorte jour et nuit. Ce vaste réseau de rues. n" 2. Les ordres 11 memb«-es du comité délibéraient. avait été nommé repâ'ésenlant Lafon. coupé en tous sens de redoutes et de retranchements. qui s'engageait de toutes parts. . où le comité de résistance avait envoyé le représentant de Flotte. quai décembre au soir par les membres de la gauche réunis en assemblée chez le Jemmapcs. A l'Elysée et dans minis- tères les gens pâlissaient. manences des divers quartiers combat de tout 1. et lançaient les et les instructions do La victoire semblait certaine. nous l'avons dit. était plus soulevé encore que la veille . était devenu menaçant.

balbutiait. dans les couloirs. — il bégayait. les poignets du prisonnier et — Allez-vous-en. recepremière il dans son cabinet. Louis Bonaparte à l'Hôtel de ville. s'embrassèrent. Favre. tout tremblait. pendant qu'on construisait une barricade. Rue Beaubourg. et homme que il d'esprit la du moins. Un le homme envoyé par le comité de résistance pour soulever faubourg Saint-Marceau. disait l'ancien préfet Carher en le quittant. encore placés entre s'écriait Jules 75 thousiasnie et de joie la vie et la mort. — Ce 2^ctit jeune homme a lit colique. dans les- bureaux.LE CRIMR. qu'un régiment tourne ou qu'une légion sorte. les poches pleines des proclamations police . « Le zèle des agents lâchait prise intrépide. répondit : couchez-vous. et des décrets de la gauche. A l'hôtel de rue de Jérusalem. tous les signes de panique et de désarroi arrivaient coup sur coup du préfet au ministre. les me charge du prisonnier. cet effarement. (i Les principaux complices s'il militaires tenaient conseil . — Maintenant. Les soldats éloignes. Gomme l'escouade qui l'emmenait passait fusil éclatent : devant la Morgue. et à cette demande : faut-il faire? avait répondu couchez- par télégraphe couchez-vous ! —à la seconde répondit encore il : vous! —à la troisième. commençait à reculer l'oreille à défaillir. commis et sergents de ville. on déchirait les affiches. on agitait la question de savoir ne serait pas nécessaire que Louis Bonaparte quittât et se transportât soit immédiatement le faubourg Saint-IIonoré aux Invalides . disait est perdu! — Demain la République sera Michel de Bourges. on démontait les ordonnances. le préfet Maupas. on commençait à parler avec attendrissement de Gaussidière. Tout fermentait. il — la sainte légitime insurrection du droit. l'anxiété était profonde. le sergent de je qui conduisait l'escouade dit aux soldats il Regagnez votre poste. quai Saint-Michel. Morny. semblait prêter avec terreur à ce bruit de marée montante et que faisait l'insurrection. moins vait tuules ces secousses dit : effrayé. On le dirige vers la préfecture de il s'attendait à être fusillé. dans les quartiers les plus paisibles. et commençait à tourner casaque. le commandement s'évanouissait dans sa bouche. « si S'il faut en croire ce qui a transpiré de cette caverne. on entrevoyait la République victorieuse. je vous sauve n'oubliez pas que c'est moi qui vous ai mis en liberté! regardez-moi bien pour me reconnaître. dans entre les cours. lui dit : coupe cordes qui liaient la vie . est arrêté rue des Fossés-Saint-Victor. tout bouillonnait. des coups de ville dans la Cité. On a raconté qu'à : avait Maupas le est malade. où ces hommes. Toutes les nouvelles les plus inquiétantes. et ardent la veille et si Il odieusement lancé en avant. centre de cette grande d'araignée que la police étend sur Paris. la patience lui échappant. Le télégraphe électrique était en perpétuel dialogue de la préfecture de police au ministère de l'intérieur et du Dans ministère de l'intérieur à la préfecture de police. Maupas se pendait à Morny. les femmes aux fenêtres criaient : courage! L'agitation gagnait la même le faubourg toile Saint-Germain.

les postillons en selle. on remarquait depuis matin dans cette cour trois voitures de voyage attelées « chargées. . et en partageant son horreur pour guerre civile. <( C'est la au nom la de la mémoire de mon je frère. — Et Crestin. C'est moment de compléter est victorieux. le garantie si une assemblée ne L'armée a haute main. Vos sentiments sont mal compris. du plébiscite . prenant quelque souci du lendemain. laquelle vous parlez La seconde proclamation. et songez que conduite. Il était réduit à cette situation : périr. et prêtes à partir. coup d'État semblait perdu la une secousse de plus. Les uns opinaient pour les Invalides. la la le boulevard et — Est-ce que l'Elysée serait déjà sur la défensive ? disait le général. les autres pour le « Luxembourg. Qu'allait-il faire? fallait ({u'il frappât un grand coup.76 NAPOLÉON LE PETIT. Le général Fabvier faisait remarquer à son collègue quatre pièces de canon attelées qui tournaient bride. demain la nous serons — Du haut de quelques et mansardes qui ont vue sur le cour des écuries de l'Elysée. C'est dans ce Une allercation éclata à ce sujet entre roi deux généraux. Jérôme Bona- parte. sincère. deux points stratégiques plus faciles à défendre d'un coup de main que l'Elysée. . dans . que vous écris. et agissant enharmonie avec plus grande liberté. « « JÉRÔME Bonaparte. « Le sang français a coulé arrêtez-en l'effusion par un sérieux appel au qui ne peuple. L'impulsion était donnée en le l'ébranlement de colère et de haine . L'heure des résolutions suprêmes Il venue. voyant le écrivit coup d'État chanceler. La liberté est sans contri])ue pas à la constitution de la République. un coup effroyable. croyez-en ma vieille expérience. proclamez que la le suffrage universel. la victoire matérielle il par une victoire morale. elle avait et Louis Bonaparte tombait. soit au palais du Luxembourg. est mal reçue du peuple le con- sidère pas comme la le rétablissement du droit de suffrage. eflet. il est doit le faire quand il Après avoir détruit les vieux partis. quittaient prenaient au galop la direction de l'Elysée. — Général. devenait universel. et ce qu'un gouvernement ne peut faire quand battu. Que était dit. nommera le pré- sident et l'Assemblée constituante pour sauver et restaurer la République. répondait là. et tout Le coup d'Etat touchait au désespoir. l'Europe et la postérité seront appelés à juger votre Votre oncle affectionné. moment-là que l'ancien et de Westphalie. était journée s'achevât comme commencé. » (( Place de la Maileleinc. lui montrant au delà de : place de Révolution la façade du palais de l'Assemblée. — ou se sauver alTreusement. opérez la restauration du peuple. les deux représentants Fabvier et Cresiin se ren- contraient et s'abordaient. un coup inattendu. France. : à son neveu cette « lettre significative Mon cher neveu.

.LA COUR DLS licUKIES DE l'ÉLYSÉU.

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des fentes duquel sortent des ruisseaux de sang. Quand il avait fini. « général Magnan a soigneusement omis dans été vues. les pieds sur les chenets. on ose à peine même. voix- par ces mots : cela ne va pas. n'était permis qu'au général Roguet d'ouvrir cette porte et d'entrer. Louis Bonaparte se souleva à fauteuil. la préméditation est intontesles coins table. accoudé à une table. que devant la galerie Jouffroy un adjudant-major avait été poursuivi par la foule et qu'au coin café Cardinal.é précipité de son cheval. assisté à la avait seconde abdication de Napoléon. 79 u Il se tenait clans un cabinet du il rez-de-chaussée. raconter ce le parte . devant un grand tournait à la demi la tête sur le dossier de son fauteuil et. nous allons révéler. sans émotion apparente. voisin de ce splendide salon doré. un cercueil fermé et muet. II « Dès le malin. et dit avec calme au général en le regardant fixement : — Eh bien! qu'on dise à Saint- Arnaud d'exécuter mes ordres. dès le malin des alhches étranges avaient été collées à tous de . répondait invariablement ces quatre : mots — Qu'on la sorte le exécute mes ordres ! — La dernière il fois que le général Roguet entra de avec de mauvaises nouvelles. car ici. ou : cela va mal. Louis Bonaparte n'avait pas quitté l'Elysée. et la tête grise du général Roguet. insistons sur ce point. là où ces choses ont l'horrible. un capitaine d'élat-major demi de son avait é'. que tous les historiographes du 2 décembre ont caché. l'ordre était la donné de ne laisser pénétrer De temps en temps porte s'entre11 bâillait. apparaissait.— LE CRIME. à l'honneur de l'impassibilité de son maître. d'État. Nous entrons dans Le 2 décembre est un crime couvert de nuit. ce qu'à Paris se chuchoter à l'oreille. et terminait fréquemment Bonafeu. son aide de camp. détailler. personne jusqu'à lui. « Nous allons entrouvrir ce cercueil. Le général apportait les nouvelles. où. en 1815. de son inflexion de plus flegmatique. les informa prince que barricades dans les rues : du centre tenaient bon et se multipliaient. ic Qu'était-ce que ces ordres? « On va le voir. était près d'une heure. et le narrateur pose la plume avec une sorte d'hésitation et d'angoisse. le fait monstrueux d'où tout sanglant le succès du coup Bona- Nous allons dévoiler la plus sinistre des préméditations de Louis dire. enfant. seul. — lui- même a raconté il depuis ces détails. assis. dire : que sur les ! boulevards les cris ) à bas le dictateur! — (il n'osa à bas Soulouque — du et les sifflets éclataient partout au passage des troupes. ce que son rapport. 11 était là. « Ici nous nous recueillons. Louis parte. Nous abordons l'abominable péripétie de est sorti cette lugubre journée du i. de plus en plus inquiétantes.

la rue Meslay. seraient dispersés par s/iits force sommation. les colonnes vespasiennes démolies. la gauche appuyée à l'angle de la rue de la Lune et la droite à la le rue Mazagran. Celle de ces quatre barricades qui regardait Madeleine et qui devait recevoir le premier choc des troupes était construite au point culminant du boulevard.80 NAPOLÉON LE . A Paris. Elles étaient sérieuses. Un moment après l'échal'audage la tombait à grand bruit. Ces affiches annonçaient vu de aux citoyens que tous la attroupements.trottoir les dalles de l'escalier de la rue de la Lune. on se les rappelle. tel était cet entassement qui suffisait à peine à barrer boulevard. un jeune homme bien mis était monté sur l'échafaudage. « Un mot De la sur ce qui va être le théâtre de l'acte inouï préparé et perpétré par l'homme de décembre. Au delà de la porte Saint-Martin le boulevard redevenait libre jusqu'à la Bastille. le la rampe de fer du la arrachée tout entière et d'un seul effort par formidable poignet de le foule. en avait coupé toutes les cordes. des voilures couchées sur des persiennes et des volets . depuis le théâtre du Gymnase jusqu'au théâtre de la Porte-Saint-Martin la était barriet cadé. mais presque se trompait. . ville centrale de la civilisation. PETIT. celte lacune. Entre deux portes Saint-Denis et Saint-Martin. sauvage. cinq voitures de déménagement. avec des vespale flanc. rue de la Lune toutes les rues qui confinent ou débouchent aux portes Saint-Denis et Saint-Martin. partie de ce qu'on appelle. accessoires Un d'eux prit le tambour et se mit à battre le rappel. on croit diffici- lement qu'un affiches (( homme aille à l'extrémité de son crime. cade. on pareil. La barricade laissait gnait libre même pas d'un bord à l'autre du boulevard et la un grand espace du côté de rue Mazagran. fort n'attei- large en cet endroit. Ces affiches contenaient en On germe le plan même de Louis Bonaparte. « Madeleine au faubourg Poissonnière la le boulevard était libre il . sans quitter son cigare. dans le langage des théâtres. de quelque nature qu'ils fussent. à une barricade près. Un carré de quatre barricades enfermait la porte Saint-Denis. qu'un procédé d'intimidation hideux. qui les avait été ébauchée à la hauteur du Château-d'Eau. nous les avons transcrites. Des fenêtres voisines on l'applaudissait en riant. et en sortaient quelques instants après avec le des fusils et un tambour trouvés dans magasin des costumes « les et qui faisaient >•. Les autres. Voyant et seul. siennes jetées bas. les bancs du boulevard. ainsi que rue de Bondy. sept ou huit redoutes coupaient la la chaussée de distance en distance. « et cet écroulement complétait barri- Pendant que cette redoute s'achevait. Depuis soixante le ans que . Point de pavés à cause du macadam. rue ces affiches. une vingtaine d'hommes entraient la au Gymnase par porte des acteurs. bureau de l'inspecteur des fiacres renversé. tout d'une pièce. et l'on n'avait vu dans ces ridicule. Il y avait là une maison en construction. sans se hâter. canon des révolutions tonne à de certains jours dans Paris et qu'il arrive parfois au pouvoir n'avait encore rien les menacé de recourir à des ressources désespérées. Quatre omnibus.

LA BARRICADE DE LA PORTE SAIM-DEMS. .

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couvrait les trottoirs cieuse sur quelques points. C'est ce drapeau qui « les journaux du coup d'État s'installèrent drapeau rouge ». et grand applaudisseur du coup d'État depuis deux jours. sur d'autres criant traître « ! A bas Soulouque ! à bas le Par intervalle des convois lugubres traversaient cette multitude. Ils Une quinzaine d'hommes dans ce poste avancé. et dit » : comme quelqu'un qui On mitraille sur les boulevards. H Les troupes avaient dès le matin évacué le corps de garde. la avaient des fusils. « Tout à coup un spéculateur très-connu. 83 décrochés de leurs gonds teur et de vieux décors du théâtre. en des deux côtés du boulevard. montée au sommet de escortée de deux barricade. Le temps était sombre « et pluvieux. « Tout ceci se faisait entre midi et une heure. construisirent à petite barricade d'avant-poste la hau- du poste Bonne-Nouvelle une ou plutôt une lunette qui observait les boulevards Poissonnière et Montmartre et la rue Hauteville. la main un fusil. En marchaient des hommes tenant de longs bâtons auxquels pendaient des : écriteaux bleus où l'on avait écrit engrosses lettres taires.LE CRIME. Derrière eux. Les agents de change. Une des deux femmes rampe du de un sabre en bandoulière trois doigts en aidant à arracher la trottoir. silen: deçà des barricades. les y avait foule à la Bourse. Une population immense. mais point ou peu de cartouches. Anibulunces. elle s'était coupé à la de la : main à Vive la l'angle d'un barreau fer. c'étaient des tête files de civières fermées. On prit le dra- peau de ce corps de garde. portées à bras par des infirmiers et des soldats. survient tout pâle et haletant s'enfuit. elle montrait sa blessure la foule en criant République ! L'autre femme. la à haute voix l'appel aux armes des représentants de gauche. des afficheurs y collaient adhésions des départements au la sur tous mure des dépêches annonçant les coup d'État. qu'on planta sur depuis a été déclaré par « la barricade. Service des Jtôpilaux mili- Sur les rideaux des civières on lisait : Blessés. droite appuyé de la main gauche sur une canne portait et tenant de . appuyée à la hampe du drapeau. tout en poussant à hausse. la grande barricade qui couvrait porte Saint-Denis était occupée par une centaine de combattants et au milieu desquels on remarquait deux femmes un vieillard à cheveux blancs. il En ce moment-là. riaient et levaient les épaules devant ces placards. lisait le hommes en blouse armés de fusils et présentant les armes. : Voici ce qui se passait . peuple battait des mains.

air étrange. » « Des symptômes se manifestaient. Dulac et Reybell. considéraient avec stupeur cet encombrement et d'affûts. . un autre témoin la dit: Les soldats avaient un La plupart. dit en passant devant le café Frascati » Ils sont ivres. sans qu'on pût deviner pourquoi. le général L***. rédacteur d'un journal conservateur. l'une à l'entrée de la rue Montmartre. Un de du ces vieux officiers qui ont l'habitude de regarder dans le fond des yeux : soldat. un quart d'heure après les la le dernier ordre donné par Louis Bonaparte au général Roguet. Bourgon. La division Carrelet. composée des cinq brigades de Cotte. Canrobert. la rue et le faubourg n'offrant pas même l'apparence d'une barricade. avait pris position et s'était échelonnée depuis la rue de la Paix jusqu'au faubourg Poissonnière. Deux qui se tournaient avaient été dos braquées. dans toute leur longueur Madeleine. Rien que sur le boulevard le Poissonnière on comptait onze pièces de canon. « A un moment où ! la foule criait à la troupe officier dire à : Vive la République! à bas : Louis Bonaparte charcuterie. « (i de sabres de bayonnettes. (( Chaque brigade avait avec elle sa batterie.NAPOLEON LE PETIT. s'étaient subitement couverts de cavalerie et d'infanterie. coupe un des petits arbres du boulevard. (1 on entendit un demi-voix Ceci va tourner à la Un il bataillon d'infanterie est accueilli déèouche par : la rue Richelieu. ajoute A bas Soulouquc! d'état-major qui conduisait le détachement lui assène un coup de sabre qui. et présentant dix un effectif de seize mille quatre cent hommes. ou d'autre chose. l'autre à l'entrée du faubourg Montmartre. » un témoin. Devant la le café Cardinal par un cri unanime de Vive République : ! Un écrivain qui était L'officier là. esquivé par l'écrivain. presque entière. III « Un peu après une heure. entassés sur les trottoirs et aux fenêtres. » dit Les troupes riaient et causaient. crosse en terre. s'appuyaient sur leurs fusils et semblaient à demi chancelants de lassitude. depuis boulevards. Les curieux.

hommes. peu attaquée. tumés pourtant aux fausses manœuvres. Révolution miliUwe dit i décembre. semblait que les chefs militaires eussent l'esprit à toute autre chose effet.LE CniME « 83 Comme le 1" de lanciers. et comme distraction. p. « Bon nombre d'entre eux restèrent sur la place ». qu'à un combat. et rien de plus. vive la Loi ! Vive la Constitution vive la République ! Le colonel Rochefort militaire. . il A deux heures le Il demie. enfants l'effet à laquelle la barricade. on braquait deux obusiers à l'extrémité du boulevard Poissonnière. la des parmi eux quelques femmes tenant de jeunes enfants par tous crient : main. feu s'ouvrit devant la barricade. femmes. des négociants. hommes. et du quartier. minute et pas à pas ce drame hideux. car faut suivre minute à. Le premier coup de canon. mollement. Les curieux continuaient d'affluer principalement sur trottoir méridional. le — : le même Au qui avait préle sidé. : prince Napoléon. Le projectile alla tuer au Château-d'Eau un jeune garçon qui puisait de l'eau dans « le bassin. femmes. — Vous avec sotit un homme du peuple. de la foule. des artistes. 217. à l'École banquet donné par « 1" lanciers au 7% (I et qui. lequel ajoute « « Ce fut l'affaire d'un instant '. à travers les chaises du trottoir . Les boutiques s'étaient fermées et presque toutes les fenêtres. un groupe nombreux couvrait l'asphalte du bou- levard. dit : un apologiste du coup d'État. au cri tout légal poussé par la foule. ! Au passage du régiment. peu défendue. femmes. Le capitaine Mauduit. avait prononcé ce toast l'État ». barricade était Cette un spectacle en attendant qu'elle devînt un prétexte. mal ajusté. arrivait à la hauteur de la rue Taitbout. brisèrent voyez bien qu'ils « timon d'un caisson. En « on va savoir à quoi ils songeaient. C'était et vieillards. dans ce banquet. Une croisée était restée pourtant la ouverte à un étage supérieur de la maison qui l'ait l'angle de le rue du Sentier. lance son cheval au milieu du groupe. à cent cinquante pas de la petite barricade-lunette du poste Bonnepeu accou- Nouvelle. enfants. les lanciers se « ruent à sa suite. faisait de la petite « guerre. C'étaient des habitants journalistes. les au chef de défenseurs il est la personnification de l'ordre dont nous sommes « — ce colonel. et hommes. tout est sabré. » Vers deux heures. le 31 octobre 1851. passa par-dessus toutes les barri- cades. En mettant ces pièces en soûls! cria et batterie. commandé par le colonel Rochcfort. les soldats le du train. • 1.

Sallandrouze bombardé. dirigé la contre les soldats. La troupe changea subite- ment de « Les historiographes du coup d'État ont raconté qu'un coup de feu. la surprise. IV « 11 y avait un quart d'heure environ que la troupe tiraillait et que la barri- cade ripostait sans qu'il y eût un blessé de part ni d'autre. sans qu'on pût deviner pourquoi. des coups de fusil tirés par les soupiraux des caves et y tuant n'importe qui. un coup de a-t-il été pistolet ou de fusil venant d'une des maisons du boulevard témoins nient. les Ce fut un moment sinistre et ciel. les cris. l'artillerie. le plus vivant et « « le plus joyeux de Paris. des jeunes gens tombant cigare à la bouche. Selon d'autres. en une minute morts jonchant chaussée. bras levés au L'armée se mit à peuple à bout portant. un mouvement extraordinaire et terrible dans l'infanterie d'abord. comme se fit par une commotion électrique. qui n'est peut-être autre chose qu'une porte fermée avec bruit. c'est que pour avoir tiré ce coup de pistolet problématique. En somme. inexprimable. était parti de Sentier. « Si le entendu? est-ce vrai? est-ce faux? une foule de coup de feu a été a-t-il été tiré.86 NAPOLEON LE PETIT. la cavalerie. comme nous venons de le dire. sans motif. la le bazar criblé d'obus et de boulets. et. quand tout à coup. firent front à la foule massée sur « les trottoirs. l'hôtel Maison-d'Or . l'épouvante. du Gymnase jusqu'aux le Bains chinois. ? il reste à éclaircir une question : a-t-il été une cause ? ou « un signal Quoi qu'il en soit. sans sommation ». mais ce qui est incontestable. subitement. dos femmes en robes de velours tuées roide par les biscaïens. et la une grêle de balles pleuvant les remontant depuis les pavés jusqu'aux le toits. coup serait le un coup de pistolet et aurait été tiré du toit de la haute maison qui marque coin de la rue Mazagran. une tuerie fusiller le commença. la cava- lerie. l'infanterie. comme l'avaient déclaré les infâmes affiches du matin. deux libraires arquebuses au seuil de leurs boutiques sans avoir su ce qu'on leur voulait. D'autres ont dit fenêtre restée ouverte au coin de la rue la du du de faite de maison qui fait l'angle de la le rue Notre- Dame-de-Recouvrance et la rue Poissonnière. Ce coup est contesté. brusquement. puis dans front. la foule fuyant dans toutes les directions. c'est-à-dire dans toute la longueur du boulevard plus riche. un dentiste habitant la maison voisine a été fusillé.

Reybell. boutique d'un marchand de vin. Le narrateur seul. mais on reconnaîtra l'accent sincère « « poignant de Un témoin . je cite les autres encore dont on retrouvera ailleurs les noms. La fusillade continuait toujours. deux moururent au bout d'un quart d'heure d'horribles souffrances . les témoins.. le il troisième vivait encore quand je sortis de cette boutique à quatre heures . Trois malheureux étaient entrés blessés. j'enregistre le crime. et Il y avait dans cette boutique près de cinquante personnes. ainsi que je l'ai appris plus tard. parmi « elles « « (I cinq ou six femmes. l'horreur. (( ne survécut pas du reste à sa blessure. les canons chauds. Le feu continua sans interruption pendant vingt minutes. le deuil des familles. les meurtriers. située au n" 180. un greffier. dominé de « temps en temps par quelques coups de canon. Morny. Je cite Saint-Arnaud. ses complices. je le déclare. quel qu'il fût. (( Qu'il soit encore ici permis au narrateur de s'interrompre. j'appelle la cause. des centaines de cadavres sur le boulevard. Tortoni pris d'assaut. à côté du le (i bazar de l'Industrie. « je suis En présence de ces faits sans nom. par un mouvement instantané. le sang et les larmes à la barre du monde « civilisé. je cite tion. les mourants. Jlagnan. volte-face la figure tournée vers le midi. Maupas. un ruisseau de sang rue de Richelieu. Canrobert. dit pourquoi. dont deux venaient d'acheter dans le quartier les provi- . -^ 87 mitraillée. dit : Je n'avais pas fait trois pas sur le trottoir fit quand la troupe qui défilait « (I s'arrêta tout à coup. Carrelet. abattit ses armes « et fit feu sur la foule éperdue. deux ou trois enfants. Quelques femmes. nous avons la réalité. Écoutons témoignages. je cite les bourreaux. « Nous n'imprimerons pas le nom et des témoins. J'entrai (( dernier. aux faits saignants. les sabres fumants.LE CRIME. (- Au premier C'était la feu. les morts.. je la me jetai à terre et je me traînai comme un reptile sur « le trottoir Il jusqu'à première porte entr' ouverte que je pus rencontrer. la Pour donner une idée du public sur lequel troupe avait tiré. les victimes. Là est toute ma foncLouis Bonaparte. ri\Tesse des soldats. je ne puis Il rien faire de mieux que de citer quelques exemples des personnes réunies dans « cette Il boutique. les Donnons donc la parole aux faits vivants. moi qui écris ces lignes. on ne le croirait pas.

ajoute « (( Ce coup de feu. Il est simultané depuis la porte Saint-Denis jusqu'au café » du Grand- u Balcon. et son voulait toute force. fut entraîné dans la boutique du marchand de vin. trois coulissiers de la Bourse . vêtu d'un paletot gris . Vers quatre heures. j'appris que sa femme « « tuée et que le cadavre avait été reconnu dans la cité Bergère. je sortis de cette boutique. de ceux : qui croient avoir entendu le coup de feu parti de la rue Mazagran. la maison du Pont-de-Fer. c'était un homme d'une trentaine <i il se rendait avec sa il femme et dhier au (( faubourg Montmartre dans sa famille. Le canon vient bientôt se mêler à la mousqueterie. et je ne rencontrai parmi eux (1 qu'un ancien compositeur de la Réforme. Il rue Bichelieu. avait été arrêté et transporté à Brest. (i » Un témoin.88 NAPOLKON LE sions de leur dîner PETIT. un petit clerc d'huissier envoyé en course par son patron. Il n'avait plus sa à' femme à son bras. mais désespoir ne peut être dépeint. Quelques minutes suflisent pour couvrir les de cadavres Il maisons sont criblées de » balles. et cette rage conserva son paroxysme pen- II dant trois quarts d'heure. depuis la rue Saint-Denis jusqu'à les trottoirs la . Il faut en avoir . Les soldats qui faisaient face à la porte Saint-Denis opèrent instantanément un change- ment de front. sa femme tombèrent. « (I . il pre- « « « 11 mière décharge. Bonaparte « la (1 peine du talion. Quinze jours plus faire subir tard. blond. du nom de Meunier. » Un témoin Il Les paroles ne peuvent rendre un pareil acte de barbarie. s' appuyant sur maisons depuis le Gymnase. quand le fut arrêté sur le boulevard par dès la (c passage de la colonne de troupes. l'hôtel Saint-Phar. j'appris que ce malheureux. et aussitôt un feu roulant s'exécute sur les Il personnes qui se trouvent au côté opposé. deux ou quelques cette « Il peu ou point vêtus de blouses. deux ou ouvriers. de ses » « amis. il se releva. se faire ouvrir la porte et courir à la recherche de sa femme au avait été « (I milieu de la mitraille qui balayait la rue. « Il Un témoin dit : Les premiers coups de canon dirigés sur la barricade Bonne-Noufait II velle avaient servi de signal au reste de la troupe. Un des malheureux réfugiés dans : boutique m'a produit une vive impression d'années. Nous eûmes les plus grandes peines à le retenir pendant une heure. (I « « « (1 Un témoin dit A trois heures : et un quart un mouvement les singulier a lieu. Dans et lui le premier moment. Presque tous réunis dans la boutique du marchand de et l'un Il vin appartenaient aux opinions monarchiques. trois propriétaires . ayant menacé de à M. Le lendemain. qui avait feu presque Il en même temps (1 sur tout ce qui se trouvait à portée de son dit : fusil. qui s'avouassent républicains. c'est pour la troupe un signal d'une fusillade dirigée sur le toutes les maisons et leurs fenêtres. et malgré nos repré- sentations. en destination de les citoyens Cayenne. dont roulement dure au moins trente Il minutes.

.PBNDA.NT LB MASSACWB.

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On avait voulu produire une forte impression. Il Tout d'un coup nous voyons venir du côté du boulevard Poissonnière une Il nappe de feu qui s'étend et gagne rapidement. Lo lémoiii veut dire incalculable. sous une Il Il Au même moment les balles passent par-dessus nous et autour de nous. arrivait. Une femme est tuée à dix pas de moi au moment où je me cachais sous il Il la porte cochère. Alors ce fut à la bayonnette sur voulait avoir i< signal de tirer sans sommation de charger la Il le peuple. voilà tout. n 1. je peux le jurer. sur tout le monde inoffensif. dit Il boulevard des Il Italiens. et cela sans nécessité » aucune. Ceci est significatif. où je je « « (I puis garantir qu'aucune explosion n'avait précédé. nous voyons et les canons des des soldats qui étaient devant Il nous s'abaisser porte cochère. la Du boulevard Bonne-iNouelle a été atteinte velle sur le maison Billecocq. La fusillade commencée. par la « « troupe.LE CRIME. a pénétré Il dans « Il l'intérieur. Il n'y avait et là. Nous nous réfugions rue Taitbout. et qu'il n'y a pas eu. » Un On autre témoin. Nous n'avons voulu rien changer au texte. à Il la cavalerie prend le galop. « Il a été tiré des coups de fusil par milliers. soit des fenêtres. que pas un coup de fusil n'était parti des maisons depuis le café Frascati jusqu'à l'endroit fusils me tenais. l'infanterie le pas de course. dit : a cherché à atténuer cette fusillade et ces assassinats. et H était facile de voir qu'il avait été tiré le par fumée qui s'élevait et pér- it pendiculairement. ni barricade ui insurgés. Outre bruit. j'affirme la « Il que des fenêtres de quelques maisons on le que rapport ofliciel du général llagnan semble démentir ce la que <i les décharges ont été instantanées de la porte Saint-Denis à porte Monttiré II martre. avant qu'aucun bruit de coup de feu nous. Il y avait des rhdftseurs du gibier qui fuyait. . qui n'a pas non plus entendu le le coup do : (I Les troupes défilaient devant perron de Tortoni. « « Un témoin Lorsque dit : l'agitation était très-grande sur le boulevard. car Il à l'angle du côté d'Aubusson. lorsque. soit par la troupe. elles s'ébranlent . et prouve que le troupe « un semblant de motif pour commencer raconte : massacre qui a suivi. et boulet. la ligne. de ceux qui nient le coup de feu. avant décharge générale. après avoir percé le mur. un seul coup Il isolément. où j'étais depuis vingt soit arrivé Il minutes environ. 91 Il été témoin pour oser le redire et pour attester la vérité d'un fait aussi inqua- u lifiable. suivie de « (1 la cavalerie. Voilà tout. Enfin. en prétendant avait tiré sur les troupes. du milieu de la la troupe. d Un autre. On a vu un coup de en fusil tiré l'air. » Un témoin « « (I Le canon chargé à mitraille hache la les devantures des maisons depuis le magasin du Prophète iusquk on a dû tirer aussi à boulet rue Montmartre. c'est inappréciable '. du faubourg Saint-Denis au feu. nous menacer.

pour prodiguer les premiers soins aux blessés tombés dans les le la rue Montmartre près des portes. d'avoir fait feu sur elles. tenant leurs fusils et se tenant euxle mêmes dans le fusil la position du chasseur qui attend départ du gibier. est « « fille était sauvée par » le buse de son corset. rue Rougemont et rue du Faubourg-Poissonnière. avaient-ils fait quelques pas qu'ils tombaient à la renverse. le feu. » image <c chasseur et gibier » est celle qui vient tout d'ajjord k l'esprit les de ceux qui ont vu cette chose épouvantable. à mesure qu'ils voyaient engagés dans rue. La femme m'a-t-on devenue folle depuis. Un autre témoin rencontre encore la même image : (( Les soldats embusqués au coin des rues attendaient les citoyens au pasles sage comme des chasseurs la guettent leur gibier. Les meurtres commis sont avérés. et. La femme avait la cuisse traversée et la dit. De nombreux citoyens ont été tués de cette manière.K l'KTIT. A celte parole ceux-ci s'éloignaient bien vite et avec confiance. un témoin. et sa femme et sa fille n'ont que le temps de se jeter entre lui et les soldats. tiraient sur et. vif. un libraire voisin de la maison des tapis s'empressait de fermer sa devanture. est seul amené devant sa porte. lorsque des fuyards cherchant à entrer sont soupçonnés par la troupe ou la gendarmerie mobile. un moment moins qu'ils laisse croire à quelques citoyens qui n'étaient que blessés pouvaient se relever. On a égorgé dans « K deux » Les autres prisonniers le furent les magasins. (i Au moment où le feu commençait sur les boulevards. : Un autre témoin dit Les soldats pénétrèrent dans et celle les les deux librairies qui sont entre la maison du Prophète de M. (( Partez.92 NAI'OLÉON Cette l. et je sais qu'il de même voisinage. L'un prit la fuite par la rue du Sentier dont quelques mètres seu- lement le séparaient. libraires sur le trottoir. rue Sentier. tirer. 11 y parvint au milieu des balles qui emportèrent sa cas- . signifiait : mais ce n'était là qu'un mot d'ordre qui tnort. disaient les ofliciers aux citoyens inolTensifs qui leur demandaiem à peine protection. Sallandrouze. je ne sais laquelle. Parmi les hommes gisant devant le Prophète deux se soulevèrent. Nous retrouvons l'nnage dans paroles d'un autre témoin: « Ou eu était voyait les gendarmes mobiles dans dans le le bout de ma rue. voyait-on de distance en distance s'ouvrir. ils eux comme du sur une cible. qu'il tombait mort. portes un bras s'allonger les balles lui et retirer avec précipitation » le cadavre ou mori- bond que (i disputaient encore. qu'on ne peut transcrire sans frissonner dit : premier quart d'heure de cette horreur. c'est-cà-dire près de l'épaule pour être plus prompt à ajuster et « Aussi. La troupe il pénètre dans la maison du libraire. Le libraire veut faire des observations. Terminons par ces Dans le trois extraits. dit un autre témoin. » en effet.

encore quelques s'était pas. Le second ne put que se mettre à genoux. pas. et. « L'exécration les du fait est patente. et (I de cible aux soldats. jeudi li décembre 1S51. une place. il Il est certain désormais. puis enfin s'affaissait pour ne plus se relever. dames. le il est hors de doute et de question. Gela De Tortoni au Gynmase. Cent autres témoignages que nous avons les là sous yeux répètent presque dans il mêmes termes les mêmes faits. supplier les soldats même fusillé. Les caves étaient pleines de femmes qui Les soldats faisaient feu dans les étaient les sauvées inutilement. soupiraux des caves. à un certain moment . les mains jointes. Tout cela fuyait aux premières détonations. mais il tomba à l'instant large de quelques pieds. placées en face sur l'autre côté des boulefaisait vards. y avait soixante cadavres. visible est prouvé. jeunes troupe par Tous ces malheureux étaient tombés victimes des premiers coups de feu par la tirés et la gendarmerie. de lui faire 93 quette. Un homme qui se trouvait dans la cour était s'y devenu fou de terreur. population inoffen- sive de Paris. Un jeune homme la saillie réfugié dans le cadre d'une porte cochère et s'abritait sous Il servait du mur du côté des boulevards. la est comme le soleil que. femmes. VI «i Bornons là ces extraits. C'est assez pour les preuves. Un autre « Les glaces et les fenêtres de la maison du Pont-de-Fer furent bri- sées. a pas d'autre sens à donner au « mot mystérieux de M. c'était comme dura plus d'une heure. » boutiques et par cela. à peine grâce. Bonaparte. enfants. hommes. La canonnade ^î les feu:-. a été mitraillée sans et qu'il n'y somma- massacrée dans un simple but d'intimidation. Fermons cet appel lugubre. l'espace de soixante filles. oîi plus de cent balles avaient porté.LE CRIME. Le lendemain on pouvait remarquer. à côté du perron du Prophète. de pt'lotu:: se croisaient au hasard . s'élevant. la population tion et non mêlée au combat. Après dix minutes de efforts il fut atteint malgré tous ses pour s'amincir en » on : le vit s'affaisser aussi pour ne plus se relever. Pendant plus d'une heure ce fut sur le boulevard comme une orgie de mousqueterie et d'artillerie. « A il l'entrée de la rue Montmartre jusqu'à la fontaine. coups maladroits. Cette exécution dura jusqu'à la nuit tombante.

PETIT. les . A chaque décharge. soixante-dix trous de balles. semblait qu'une main aveugle lançât mort du fond d'une nuée. qui les entendaient siffler dans tous les couchaient sur leurs chevaux. Trois ou quatre chevaux échappés couraient çà et là effarés de terreur. la furie avait pris les soldats. d'autres mettaient pied à terre et se faisaient un abri de leurs chevaux. vous trahissez. ils étaient comme faisait commettre. les roues et les timons. entendait des maisons voisines ce dialogue hideux descends celui-ci. laissant tomber . On compta La la lendemain. Cette maison. en moins d'une minute. Deux pièces le étaient braquées de la chaussée du boulevard sur une seule sur la façade de maison. « Des jeux effroyables se mêlaient au massacre. fai- Les canonniers étaient ivres au point que. ancien hôtel bâti en pierre de taille et remarquable par son perron presque monumental. magasin Sallandrouze. : On tait. Les soldats n'avaient plus conscience d'eux-mêmes. tirez aux femmes! . Tout à coup un officier d'artillerie arrive au arrêtez ! Arrêtez les La maison penchait en avant les . sur canons et sur canonniers. ne sachant plus ce qu'ils saient. La batterie du G*" régiment d'artillerie qui faisait partie de la brigade Canrobert fut démontée. au milieu de . fumée. se lézardait. Lorsqu'une femme Tirez à la criaient les officiers. faites vous fait redoubler les coups. un chirurgien aide-major du 27° faillit être tué par des soldats Un sergent dit à un officier qui lui arrêtait le bras fous du crime qu'on leur Lieutenant. un général agita bras comme pour : les retenir qu'il voulait modérer. se du haut en bas faisait ! les soldats redoublaient. se les artilleurs. se cabrant au milieu la des balles. les Au coin de rue Rougemont.% les NAPOLÉON LE soldats s'entre-tuaient. — Je femme ! parie que si. passait : cela se devinait à un éclat de rire. — Je gage que je — Et coup parle Quand l'homme tombait. les chevaux. et tiraient façade à outrance^ à toute volée. à bout portant. et de toute batterie. du boulevard Poissonnière et du boulevard sens à leurs Montmartre. plusieurs se laissèrent tuer par le recul des canons. dans flammes des lances. Les soldats n'étaient plus « que des projectiles. entier il ne resta qu'une seule pièce qui pût de se réfugier dans un les rouler. s'enfuir éperdus dans la rue Notre-Dame-de-Recouvrance liers des cava- perdant la tête tiraient leurs carabines en l'air. Les tirailleurs de Vin- cennes s'étaient établis sur une des barricades du boulevard qu'ils avaient prise à la bayonnette. 11 Aient un moment où « Il l'abomination même de ce que vous . et de là ils s'exerçaient au tir sur les passants éloignés. oreilles. Le sang est une sorte de vin horrible le la massacre enivre. un boulet de plus. brisèrent les avant-trains. un craquement se galop et crie elle croulait « : entendre. fendue par crevassait les boulets comme . par des coins de fer. Un escadron du l'"' lanciers fut obligé le hangar rue Saint-Fiacre. à quelques pas de distance. s'ouwait. — Je parie que non. hommes du vit train se réfugiaient sous les caissons et derrière les fourgons on des soldats. Les balles venaient à la fois de la porte Saint-Denis. leur képi.

: Il tomba sur les mains le et sur les genoux en criant grâce! Par un Il reçut treize autres balles dans blessure corps. . sa fontaine sur le dos. il tenait à la main une bride de cheval il l'agitait Je fais une commission. les Un marchand de coco. un tirailleur « Rue Jean-Jacques-Rousseau. n'avait plus sur lui ni sa bague. on entra dans dix Il ou douze maisons çà y a à toutes les passa à bayonnette tout ce que l'on y trouva.LE CRIME. — amené ne se fera pas de bosse à la tête. pousse des cris désespérés en disant : . Il on ne // sait où. les maisons du boulevard des conduits de fonte par où le eaux des maisons se dégorgent au dehors dans 1. fut devant perron du Prophète et tomba. un jeune capitaine d'état-major criait Piquez les fenmies. femme cria : Vive la elle fut seulement fouettée par Mais revenons au boulevard. fut visé au front et atteint. sa fontaine « Je vois encore. fusil la Sous prétexte de coups de et là et l'on tirés sur la troupe. Tout le long du boulevard on entendait les soldats lardaient les hurlements bayonnette « et les soubresauts des blessés que à coups de et laissaient là sans même le les achever. on l'ajuste. pas un combattant. deux sœurs! boulevard. Quelques bandits prenaient de la temps de sort Un caissier d'une associa- tion dont le siège était rue Ranque de sa caisse à deux heures. lia survécu. « Un passant. ayant pour toute arme sa sonnette. est tué sur le boulevard. Lui les honneurs d'un feu de peloton. où l'on : usait beaucoup de bayonnette. se virent couchés en les joue. sur la 95 « C'était là le boulevard Montmartre. ni sa montre. » Le VKis seul. u Une femme crut pouvoir traverser l'abattit. Le vieillard était tombé sur un monceau de cadavres. un pain sous le bras. dit un soldat. huissier. en fer-blanc sur puis s'aflaisscr sur lui-môme et tomber mort contre une devanture de boutiiiuo. venant de leurs ils affaires. apprenti sellier. il Quand on ni la releva son cadavre. sans savoir 11 On peut nommer dit : le témoin qui a vu ce fait est piosciit. . somme « d'argent qu'il rapportait. Trois balles lui trouèrent la poitrine. un malheureux limonadier ambule dos. Les soldats. On le Un enfant de treize ans. U lant. s'enfuyait rue Montmartre. la rue Saint-Fiacre. aucune n'était mortelle. avait eu coups de fusil même témoin ajoute : « Les soldats balayaient » à des rues où il n'y avait un pavé remué. on République ! n'allait pas jusque-là. criaient : Nous avons épousé Robert et On tua'. On le tua. une les soldats. à la hauteur delà rue du Croissant. revient avec l'argent. va rue Bergère toucher un effet. hasard inouï. nommé demeurant faubourg Poissonnière. un des mots d'ordre. tua. trouvé fusillé. et Deux jeunes gens traversaient le d'Issy. ruisseau. La balle du front avait labouré la « peau et fait le tour du crâne sans blotti Un le vieillard de quatrevingts ans. passait sur le boulevard devant Il le café Vachette. Ils se jetèrent à genoux. C'est lo représenlaiil ilu peuple Veisigny. le briser. n" 97. chanceler. voler. mariés depuis un mois ayant épousé Ils les deux sœurs.

entre autres un vieux général. comriie toutes les maisons du boulevard. Quelle mise eu scène! Quel comédien que ce Bonaparte-là! On se croyait au Cirque. ayant échappé aux premières balles. la porte s'ouvrait. « « Lieutenant. sommes des Bédouins. par demeurait dans maison du coin de rue du laquelle le carnage commença. raconte un témoin. Tout à coup les soldats entrent furieux et veulent fusiller tout le monde. et qui. on entendait ce tonnerre de mousqueterie et de canon- nade. : Cependant les soldats menaçant toujours. la la nom du premier massacré de Baccque. On riait toujours. Les soldats tuaient pour tuer. — Tuons tout! disaient-ils. ferme sur les « Du temps de les l'oncle. Pourtant un sergent disait affaire. tant elle était silencieuse. Partout « on tua au hasard. pourquoi. quand un général garde aussi reconnut. yeux hors de : la tête. parqua ces pauvres êtres tremblants dans ramas. au les soldats appelaient les bourgeois pékins. semblait inhails bitée. Un vieux général les en empêcha. dont il passage des Panodistingué. fut Un écrivain M. ailleurs y être fusillé. de corps de garde en corps de garde. On riait et l'on disait : « C'est « à poudre. et Saint-Barthélemy. C'était du sang.. Actuellement nous massacraient habitants. où plusieurs habitués. fallut des sauver. Un témoin nous disait Nous croyions que cela faisait partie de la bouffonnerie. pour miracles pour le promené deux heures Il être fusillé. ce nest pas votre c'est la nôtre. on .96 NAPOLEON LE PETIT. on lieutenant qui reconnut : finit le par comprendre. On ne se doutait pas du danger qu'encourait. l'angle de la rue Bichelieu. qui se trouvait par occasion allait dans le le magasin de musique de Brandus. Ils frappaient à la porte.-nous la paix. . « « « — » .. prenaient en défiance ou en haine telle maison fermée du haut en bas. muette. et l'on ne pouvait croire qu'on « tirât à balle. Un moment après on rouge et voyait sortir de la bouche des conduits de aux soldats fonte un (1 Ilot fumant. étaient réunis. jusqu'aux chiens. f. les Un ! capitaine. voulait arquebuser tranquillement même les femmes et les enfants ils . — — l'histoire le s'appelait la Théodore de Sentier. Lorsque cri les les soldats c'était de : llnrdi sur Bédouins! « Au cercle de Frascati. Un témoin dit : « » On a fusillé dans la cour des maisons jusqu'aux chevaux. Le célèbre artiste Sax. étaient sursit déjà en tas pour cela en face d'un peloton quand un les colonel survint le il au meurtre. morne. fit fermer les grilles. et sauva. entraient. durant. Lireux. avec Frascati. « Dans la maison qui fait. criait : Pas de ! quartier (1 Un chef de bataillon vociférait : Entrez dans les maisons et tuez tout les On entendait des sergents dire Tapez sur Bédouins Bédouins'. Le premier qui fut tué dans cette boucherie.

s'étant embarrassé entre leurs jambes. blouses et paletots réunis » dans un indescriptible pêle-mêle. rien — — on n'enleva pas un c'est-à-dire à la nuit noire. Les morts. les remarquait plus les que Un jeune homme bien vêtu les était adossé à un mur. boutique de Barbedienne. « Un autre témoin décrit ainsi un groupe de trois individus : « Deux « « renversés sur le dos. on en compta l'asphalte trente-trois. et semblait regarder il mort. les — on avait commencé que cadavres la . que vous en êtes bien fâché.LE CRIME. « Ah ! vous me direz. têtes. ils étaient tellement pressés que devant une seule boutique. qu'en présence de Paris prêt à a bien prendre un parti et que vous avez été acculé à cette nécessité. en plein jour. lorgnon dans pieds sur le l'œil. Un pauvre vieux. Le vent ces feuilles san- glantes sur lesquelles le poignet du mort la s'était crispé. que vos ministres avaient des dettes. enfants. était tombé sur eux. qu'on que diable! pour ne pas un peu et jouir et manger quelques la millions de trop. jambes confondus. La mère et l'enfant étaient morts. mais mère n'avait pas lâché l'enfant. monsieur Bonaparte. vos aides de camp que vous répondiez de tout. un troisième. qui agitait main des épreuves d'imprimerie. main droite. étaient entassés en monceaux. d'état. avec son parapluie à côté et touchait presque du coude un jeune homme en bottes vernies le en gants jaunes qui gisait encore chée. à che- veux blancs. que quant au coup vous aviez des dettes. on était assis. de lui. bras à demi croisés. bras. n'est pas prince. vieillards. Chaque carré de était terre découpé dans « au pied des arbres du boulevard « « « réservoir de sang. qu'il faut bien s'amuser de qui vie. 97 YII « La tuerie terminée. les autres. la tète sur le trottoir. que vos valets de pied avaient dos dettes. que c'est la faute à l'Assemblée qui n'a pas su comprendre cela . dit un témoin. se soulever et il mais que fallu c'est un malheur. les uns sur les autres. Un peu plus loin les balles avaient cloué contre une boutique tenait à la un adolescent en pantalon de velours de coton. » Les cadavres isolés étaient rares. Il était étendu au milieu de chaussée. une femme du peuple s'enfuyait son enfant dans ses bras. que avaient des dettes. A quelques pas était couqui la les pavé. la jambes écartées. un jonc de Verdier dans .

« VHI « Quand ce l'ut fini. que vous devez du être u respect au nom de Napoléon. de plâtre ou de pierre certaines maisons étaient écrasées de mitraille et de boulets qu'elles semblaient prêtes à crouler. allait que presse déma- gogique jasait. Le pied n'évitait . La maison des tapis est « H u Il percée à jour en plusieurs endroits. trottoir du côté nord disparaissait sous les plâtras détachés par les avait neigé . Louis Bonaparte n'avait pas fait cela pour « le cacher. au lieu de vous souiller. Il n'y avait pas une fenêtre qui n'eût la sienne. que. dit un témoin. plutôt que d'être un des vulgaires escrocs du Code. la foule allluadans ces lieux terribles. après tout. condamner à quelque chose comme deux maigres millions par an. balles des façades des maisons.98 NAPOLÉON LE PETIT. est encore aujourd'hui étayée par de fortes pièces en bois. ce sang vous a lavé. qui plus vous forcer de quitter le pouvoir au bout de vos quatre ans et sortir d'exécuter la constitution. que des lingots d'or et éclater. et était tout blanc comme s'il les flaques de sang faisaient de larges taches noirâtres dans cette neige de débris. vous avez mieux aimé ! des grands assassins de l'histoire i( Donc. était Le côté sud du boulevard le couvert de papiers de cartouches déchi- rées. La maison Billecocq. un cadavre que pour rencontrer des si éclats de vitre. Fort bien. que vous aux petits expédients la 405. Bergère et les Trente-sept cadavres étaient entassés la grille. Je continue. C'était le but du massacreur. dans la cilé passants pouvaient les compter à travers . est. et la façade sera en partie reconstruite. on la laissa faire. entre autres la maison Sallaudrouze dont <i nous. avons parlé et « <( le magasin de deuil au coin du faubourg Montmartre. qu'on ne peut pas. » On res- te une atmosphère de salpêtre. voulait vous et. ma foi! n'ayant plus d'autre choix. depuis Cercle des étrangers jusqu'à rue Poissonnière. littéralement criblées de balles. Paris vint voir. que l'affaire les scandales approchaient. aviez en vain eu recours de l'Elysée pour entrer à Clichy prévus par l'article . étaient surtout. du côté la droit du boulevard Une des grandes glaces du magasin de Petite—Jeannette en avait reçu certainement (I deux centspour sa pirait part. le » Un autre témoin la dit : « Toutes les maisons.

un réactionnaire. êtes républicain. ce pas de l'eau. « furent entassés devant la porte de la maison Jouvin. 90 Une femme coup plu? était arrêtée à l'angle de ^a rue Pûclielieu. sur la moi nous il étions anéantis. mais faudrait être abandonné de Dieu déshonorée! » et il pour ne pas exécrer cette elTroyable orgie. cà je suis rentré avec un pouce de <i sang « mon pantalon. plus loin y avait deux corps. le trottoir dans certains endroits d'une . K Pendant la tuerie. il donc n'est pieds dans l'euu. aidé de quelques personnes il <i des soldats nous repoussent. à la lettre.. Un prit une de mes exclamations. tions sans hyperbole. un passant. Je il fallait des précaucadavres. Elle regardail. épaisseur de quelques lignes. foule s'arrêtait devant une cas- quette pleine de cervelle et de sang accrochée à une branche d'arbre. »... les immenses feux des bivouacs de C'était. R. sans exagération les pieds. déclare . ce n'était rien com- ii^aré aux monceaux qui couvraient « boulevard la A deux pas du théâtre des Variétés. Ce (( pour ne pas y mettre joues. la seule clarté qui permît de se « « '( retrouver au milieu de cet affreux carnage. Un témoin le dit : L'aspect du boulevard était horrible.. la jusque troupe.) le « « Il rue Montmartre à la rue du Sentier. de Cherville. » Un témoin qui nous permet de : le nommer. marchand de vin de la rue du Sentier. (c Un témoin dit : « Un peu plus loin que les Variétés. un legiiinusle. on manluiit littôrulancnt dans il sang... « — Elle avait les pieds dans une mare de sang. dont nous avons parlé en commençant dit ce récit. couvrait et. " i( près de la porte Saint Denis. ce qui pie fut accorde.. Nous marchions « « dans sang. La France est nous quitta en sanglotant. — Non. on voyait dans un coin cadavres entièrement nus. Nous comptâmes dix-huit cadavres dans une lon» gueur de vingt-cinq pas. je veux le relever. » Le représentant Versigny raconte : « Nous apercevions au loin. : Tout à a elle s'aperçoit qu'elle j'ai les a les pieds mouillés — Tiens. puis un un ouvrier. je sentais de grosses larmes sillonner « « mes « demandai à traverser » u chaussée pour rentrer chez moi. Les cadavres des défenseurs de la barricade de porte Saint-Denis. (nous abrégeons. les barricades du boulevard avaient été enlevées par la la brigade Bourgon. le un témoin. Mais. » <( un homme De la une femme. lui dit dit-elle. l'honorable M. et Un peu eeul.. Je comptai Là trente-trois « spectacle était au-dessus de mes forces la . <i cadavre. « Un témoin. <i main et dit : — Vous me moi j'étais ce qu'on appelait un « « ami de l'ordre. dit : <( J'ai fait le (( trajet du boulevard du Temple chez moi. il s'approcha. la face contre terre. je rencontre un . avec quelques rares lampions. madame. et citoyen vint à passer.LE CRIME. trois Paie Grange-'jatelière. Le combat du jour n'était rien à côté de ces cadavres et de ce silence.

. les » Un autre (i dit : « Les n ofiiciers cassaient rouleaux de louis comme un des btUons de chocolat. la Çà dans l'ombre. si homme les reflétait se présentait. le M. u Les sentinelles ne permettaient qu'aux femmes de passer . Vere les quand II les bivouacs furent allumés partout. Les soldats riaient et chantaient en jetant au feu les débris barricades. rue Le Peletier. » Un autre ajoute : « Les soldats. officiers et soldats y buvaient. pour être distribué à vos braves soldats. » là les témoignages de sa H Il satisfaction. main. d'ai'gent. Bouillon. Le soir. MM. puis. étant la sa fenêtre. ne bornera pas francs.ino NAPOLEON LE Il PETIT. . le cigare à la bouche. J'avais marché dans une large le flaque de sang. Bonaparte permit qu'on s'amusât. et Bouillon et Je Gervais de Caen. à la porte Saint-Denis. cria aux passants qui passer. « comme à Strasbourg et à Boulogne. avait vu le pharmacien dont me montrait boutique. » « Vous témoignerez tous de ce qui vient de se onze heures du soir. Bouillon me raconta que il malin. — Chaque soldat a reçu dix disait : Le soir d'Austerlitz. me à retins à M.. On se saluait : vivent les lanciers et tous le ajoutaient : vive Louis- Napoléon et là.. le pharmacien se précipita pour la relever. au même instant un soldat l'ajusta et le frappa à dix pas d'une balle dans la tête. des femmes rôdaient parmi et regardant l'une après l'autre ces faces pâles cherchant celle-ci son celle-ci son père. j'ai voulu recommencer ces tristes investigation. u (( un officier d'état-major remettre deux cents francs au chef d'un détachement lui disant : de vingt hommes en Le prince m'a chargé de vous remettre Il cet « « argent. occupé à en fermer la porte. l'empereur « Je suis content de vous. vinrent les distributions Écoutons ce que raconte un témoin : « J'ai vu. M. La flamme des brasiers se sur tous ces visages joyeux. celle-là son mari. cris et des plaisanteries ! du vin de De bivouac à bivouac obscènes. . on lui criait : au large ! Des tables étaient dressées dans bivouacs. Les bouchons et les capsules blanches Champagne surnageaient sur les ruisseaux rouges de on s'appelait avec de grands vivent les gendarmes ! sang. Alors il M. regardai à je glissai. narguaient la les passants et faisaient « sonner l'argent qu'ils avaient dans poche. fils. « « « <c mes pieds. fête y eut sur boulevard comme une des de nuit. Je ren- (( contrai. une bougie de cire jaune ou une lanterne à les cadavres. ! On entendait le choc des verres et bruit des bouteilles brisées. Bouillon. nous fîmes Je (1 quelques pas ensemble. « « Une femme tomba. indigné étaient là « : et oubliant son propi'e danger.

.INHUMATION PROVISOIRE.

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pain aux pralifleurs sur « « « « « ques de son maître. ou errait au milieu des sépulcres.LE CRIME. quelques pelletées de terre avait laissée découverte. resté vague jusqu'à ce jour.' avec un peu de terre sur la poitrine. ce qui était horrible. et à côté une belle jeune le marchande de boulevard. on marchait sur le ventre d'un cadavre. J'ai > entendu un homme du peuple marche comme sur un tremplin. La plupart. aujourd'hui proscrit « et errant hors de France. 10. dit « » « (( J'ai vu au cimetière Montmartre une quaranles avait placés à côté l'un taine de cadavres encore vêtus de leurs habits. (1 une expression d'horreur ou La foule coiiliiiua de se porter aux lieux où des viclimes avaieiil .s les têtes. on les de l'autre. « l'autre côté était la tête que votre pression sur corps faisait Un témoii^ illustre. au milieu été tuée était une pauvre femme. fut Ils « utilisé » pour l'inhu- mation provisoire de quelques-uns des massacrés. qu'on Il que les parents les reconnussent. afin cachaient jusqu'à la tête. des sabots ou des brodequins de le femme. et le y avait si peu de terre qu'on voyait les pieds en'core à Il public marchait " (I sur ces corps. au cimetière Montmartre. on vj. le : grand statuaire David. le flot des curieux vous poussait. découvert. qui avait en portant fille. (i Un vaste espace. 5. (i Le lendemain. La foule allait là. On se retournait. Ceux qui cherchaient des personnes disparues étaient obligés les de fouler aux pieds corps afin de pouvoir regarder de près dire avec » (liv(>r. le la <( domestique d'un boulanger. de remuer. on voyait sortir de terre des bottes. hors de terre. y avait là de nobles tètes de jeunes hommes tout empreintes de cournge .1 IX i( Délivrons-nous tout de suite de ces alFreux détails. les pieds dehors. et par instants on sentait la terre plier sous soi.t une chose épouvan- table. afin que leui's étaient ensevelis la tète familles pussent les reconnaître.

La stupeur glaça Paris. contraire. Hérode a égorgé les enfants . sur quelques oii points seulement. la Les trois cadavres nus de rue Grange-Batelière ne furent enlevés que le 5 au « soir. Grassus a écrasé les gladiateurs. Méhémet-Ali mame- Mahmoud u les janissaires. dans le premier moment et pour le profit le coup d'état ne chercha pas le moins du monde à cacher son crime. 5. n'était il l' étala. des représentants et de leurs courageux auxiliaires. Louis Bona- parte venait d'inventer un massacre nouveau. dès le soir du h décembre. nous y insistons. été déposées. Elle ne se débattit plus. Pierre de Russie les strélifz . on put lire sur un grand écriteau à l'entrée de la cité Bergère ces mots en lettres : majuscules « Ici il n'y a plus de cadavres. Danton a massacré le les prisonniers. le premier jour. u » Ce but Oui. n'y eut plus. si bien que ce même jour. Charles IX les a exterminé les huguenots luks. bien au On le voit et qu'il en voulait faire. « » A partir de ce moment. Ce même soir. il fallait le cynism». et qu'il fallait éloigner les curieux.10?i NAPOLÉON LE notamment cité PETLI'. La population de Paris sentit qu'elle avait la pied la d'un bandit sur gorge. le bouillonnement public la voix tomba. les consterne. Ce massacre termina y a des heures où ce qui devait exaspérer le les peuples. Il massacre des passants. Bergère. la pudeur ne lui vint que plus tard. L'indignation qui élevait d'état se tut l'histoire. comme la multitude croissait et devenait importune. L'atrocité no suffisait pas. Ceci ne rassemblait plus à rien de On qu'on avait affaire à quelqu'un d'inconnu. quels que fussent les efforts il du cjniité. . fut-il atteint? « Immédiatement. terrifier était le but. Massacrer que le moyen. nous sommes à Naples et chez le roi « Bomba. la lutte. Mathieu de : Drôme entra dans le lieu où siégeait le comité de résistance et nous dit u Nous « ne sommes plus sous la République. « devant le coup subitement devant sentit le carnage. par exemple à cette barricade du Petit-Carreau tomba si .

héroïquement Denis Dussoubs. le frère du représentant. Tout était (ini. qu'une résistance qui ressemblait moins à un combat qu'aux dernières convulsions du désespoir. lu ioilù . et crier : On vil ! un général montrer son sabre nu au peuple La ii/publirjuc. " Le lendemain ô. les troupes \ ictorieuses para<Iuient sur les boulevards.

sabres nus. la « mesure » du 2 décembre. par ses Cosaques. Moscou! Eh bien! dès qu'ils ont mis le pied sur le de cette ville. Russes. tous ont baissé l'épée levée! massacrer les Parisiens. dans ce peuple. misérable! . comme il suprême. les Anglais sont entrés dans Paris. quelque chose de prédestiné. ces camp de Boulogne hommes de tous les peuples. le massacre des passants. tambours battants. peuple.10G NAPOLEON LE « PETIT. la sacrée. vengeurs. le seuil Vienne. les enfants et les femmes dans grande enceinte. de vénérable et d'auguste ville . traiter Paris en place prise d'assaut. « C'est par ce ! procédé que le coup le d'état conquit la France et vainquit Paris. on avait pris Berlin. c'est à Paris que Grand Dieu ! les Baskirs sont entrés dans Paris la lance haute et chan- tant leur chant sauvage. ennemis. ils menacé Londres. Prussiens. mitrailler cette les vieillards. foyer du monde. non la ville d'un Oui. dans ces édifices. ce montagnards demi-nus. canons roulants. tous ont compris qu'ils avaient ville devant eux. mais la du genre humain. Anglais. en pénétrant dans Paris. mettre à sac un quartier de Paris. fallait pour la faire réussir. tous. ce que Schwartzenberg que faire Bliicher n'avait pas faire permis èi sa landwehr. » toi. drapeaux déployés. tous ont senti la sainte horreur de là. Paris cela s'est passé! « On a besoin de se répéter à soi-même. assassiner la civilisation dans son sanctuaire. clairons en tète. ont entrevu dans ces murs. Ainsi un égorgement nécessité être infâine. Oui. vainqueurs. les Prussiens sont entrés dans Paris. Pour il l'entreprendre. les Autrichiens sont entrés dans Paris. fallait être un meurtrier. ivres. violer la seconde Ville Éternelle. Moscou avait été brûlé . voilà ce que contenait. sont arrivés à nos barrières. dès que le sabot de leurs chevaux a sonné sur pavé de nos rues. mèches allumées. Londres. criant avec rage devant Berlin. Autrichiens. ce que Platow n'avait pas osé tu l'as fait faire par des soldats français. un traître. ce que Wellington avait défendu à ses avait interdit à ses Croates. on avait le bombardé Vienne avait . les dômes de Paris les noms de leui-s capitales.

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257. cette « Usle alpha- bétique ' » des mentions comme celle-ci — Adde. bouIcTOrd Pois- sonnière. tué boule7ard Montmartre. 17. Lahilte. rue de la Lune. libraire. a dressé cet état de bonne nous n'en doutons pas. ciant. rue — Dcbaecquc. rue Saint- Denis. lui. tué 1 il L'omplovL' quia dresse celle liste est. un des personnes décédées On remarque dans . enfant de sept ans et demi. — foi. tué chez lui. 10. tué chez — Do nous le Gouvercclle. un statisticien savant 11 el e\act. boulevard Saint-Marlin. négo- du Sentier. comme picccjiisli/iotilirf. propriétaire à Vire (Calvados). bijoutier. fleuriste. Tiquetonne. sentant venir l'histoire et s'imaginant que Charles IX peuvent atténuer cta* dit « officiel la Saint-Barthéloniy. tué chez lui. mais n'a rien pu sur ce qu'on Lo ciiamp reste aux conjectures . savons. tué ruo Belval. — — Boursier. montré et ce qu'on lui a laissé voir. ébéniste. (Wî. il a constaté ce qu'on lui a lui a caché. — Coquard.LIVRE QUATRIÈME LES AUTRES GRIMES QUESTIONS SINISTRES Quel est le total des morts? les Louis Bonaparte. /i5. a publié. tué chez lui. ».

Femme Ledaust. Défense aux familles de pleurer tout haut. C'est là une question que l'histoire réserve. Abrégeons. Le premier jour. ramassez les cadavres. sans convois. morte à l'hospice Beaujon. morte à — — Françoise Noël. ménage.tàtez le les spectres. On enterra les morts après minuit. Charité. dame de comptoir. il parti qu'il en voutaire. — Demoiselle brodeuse. tué sur sa porte.spice — Femme Seguin. l'a vu plus haut. morte à Maison nationale de santé. etc. la 32. comme les mères désespérées. comme les sœurs. Femme Garnier. avoue cent qnatrevingt- onze assassinats. passage du Caire. rue de Lancry. rue des rentier. Faites comme les femmes. 6. tâtez à terre. morte à demoiselle de boutique. femme de Bonne-jNouvelle. rue du Temple. interrogés Un des témoins que nous avons demanda à un chef de ])at. un témoin dépose autre. Cette question. Louis Bonaparte. comme mur. dit à L'écrivain « longtemps menacé de mort nous a nous-mème et : u J'ai vu de » mes yeux plus de huit cents morts dans toute la longueur du boulevard. cadavres dans une longueur de vingt ou vingt-cinq pas dit si : •» un autre. 181. nous prenons. prenez un flambeau. et questionnez comptez si vous pouvez. il Et n'y a pas eu seulement le massacre du boulevard. morte à l'Hôtel-Dieu. furtivement. Après quoi. ayant tiré de la chose tout lait. couturière. est réduit Le nombre des victimes? On en aux conjectures. faubourg Saint-Martin. faubourg Saint-Denis. « « Je comptai là trente-trois cadavres : <i » un sur un autre point du boulevard. — Le comte Poninski. 97. rue de la Paix. tué — — cliez lui. « Il y avait là. parfumeur. Vidal. 20. tâtez le pavé. dit Nous comptâmes dix-huit . quant à nous. Raboisson. propriétaire. rue Saint-Martin. — Monpelas. 77. femme de ménage. l'ho. tuée boulevard Saint-Denis.. — Femme Seniac .iillon . dans soixante pas. — Demoi- selle Grcllier. à la cacha. sans flambeaux. quel est le vrai total? Quel est le des victimes? De combien de cadavres le coup d'État de décembre est-il jonché? Qui peut dire? Qui : le sait? Qui le saura jamais? Comme on . sans prêtres. les exécutions inédites. placé » ailleurs. défoncées par de crânes brisés (( de poitrines la mitraille pour couvrir de sang à la lettre » un demi-quart de les filles. 209. lieue de boulevards. Beaujon. etc. aux historiographes d'ignorer. Louis Bonaparte Nous avons le dit pourquoi. Celte pièce enregistrée le chiffre réel pour ce qu'elle vaut. plus de soixante cadavres. Cela lui était utile. 196. étala sa tuerie. sans chants. il y a eu le reste. On donna l'ordre aux gazettes élyséennes de se Magnan d'omettre. — Femme giletière. dans ce document. tuée boulevard Femme Guillard. Fossés-Montmartre. 76. tué boulevard Montmartre. il y a eu les fusillades sommaires. boulevard tuée boulevard Saint-Denis. Montmartre. l'engagement de l'examiner et de l'approfondir plus tard. à la la Morgue. chez lui.•110 NAPOLEOiN LE PETIT. allez-vous-en dans cette nuit. calculez ce qu'il faut Maintenant cherchez. dame de confiance. rue du Temple. rue Saint-Martin.' — Thirion deMonlauban. 2i0.

Elle n'a il pu même jeter un cri. voyons le chiffre? ? Est-ce quatre cents? — L'iiomme a haussé — i^as épaules. On ne s'arrête pas. qui il a enseveli. ce qu'il a le ce qu'il a osé. matin du crime. car tu seras forcé de poignarder . et remonte du caporal au présideiU. mitraillades en plein jour. c'est du on haut en bas. Ce crime est composé d'audace et d'ombre. laquelle ! s'est distinguée dans ces égorgements les : Eh bien. une vapeur de sang sort de toutes parts du coup d'État. et les préfets. le 5 et allait homme la de silence et de nuit. Puis cela. Le sergent de \illi' du général au . la parole a été le 3. l'assassinat au font!. l'horreur est pleine de logique. des prêtres sont ses complices. Allez! ceci d'abord. car tu seras forcé d'écraser. puis cela encore. imprimeries ont été mises sous le scellé. bien. Le parjure à la surface. de la 111 gendarmerie mobile. supprimée par Louis Bonaparte. la vérité a été prise à gorge Il et étranglée moment où de elle parler. C'est tout simple : Bonaparte a eu cet la art monstrueux par je ne une foule de malheureux hommes dans nation officielle sais quelle effroyable complicité universelle. La complicité descend caporal. Quels que soient l'histoire. Est-ce huit cents — Dès Mettez douze cents.QUESTIONS SINISTRES. mais on voit des tombes dans ces ténèbres. les a jeté son crime autour de lui comme un réseau. sous cherchez dans la fosse connnune des cimetières. mânes. et vous n'y serez encore. elle attache aux trahisons des nécessités. 11 les gii)ernes des soldats. de la Peu de de lier à lui révélations. répétons-le. qui les il a tué. prends une massue. La Providence le veut ainsi. jjersonne ne sait au juste ce fait. ? — Est-ce six cents — L'homme a hoché la tête. de te cacher. les juges. le 2 décembre plongera peut-être longtemps encore dans une sorte d'affreux crépuscule. et prends de l'ombre et de la nuit. prends un poignard. Sous ce grand attentat on distingue confusément une foule d'attentats. Ah! tu te le droit et la justice! parjures! Ah! tu violes ton serment! Ah! tu enfreins Eh bien! prends une corde. fusillades nocturnes. les Cherchez dans des rues. Effron- oblique et hideuse qui cache on ne ! quelles monstruosités sous son manteau Ce qu'on entrevoit suITlt. que que il le 2 décembre. Oui. dans ce qu'on a appelé « l'acte du 2 décembre » trouve du crime à toute profondeur. car tu seras forcé Un crime on ne fait appelle l'autre. le à. car tu seras forcé d'étrangler. et a en partie réussi. les prières des greffiers. tueries en masse. a dit l'officier. pas un nœud au milieu. Le 2. sous Seine ! arbres des jardins pubhcs. cherchez sous les pavés les talus le lit du Champ de Mars. iUez loi est toujours! La comme le voile du temple : quand elle se déchire. les écritoircs Les papiers timbrés des magistrats. qui a enterré. au depuis. D'un certain côté du 2 décembre tout est ténèbres. les ofliciers et les soldats y sont pris. c'est A l'heure qu'il est. Meurtres partiels. d'un côté il s'étale cyni- quement au grand jour. a épaissi l'obscurité sur son guetles efforts apens. de terie l'autre il se dérobe et s'en va dans la sait brume.

Les gendarmes le prennent par fusillé et la tête et par pieds ! et le jettent par-dessus n'était pont. et dès à présent. il hors d'état de faire un mouvement. L'histoire rejette votre Jtuslifuatices ». on porte à l'hôpital. Maintenant. son sang coulait dans l'eau par quatre il trous. et Louis Bonaparte. ce qui échappait à l'une était ressaisi par l'autre. se sent coupable comme colonel. vint échouer sous l'arche d'un pont. terribles. la Fédération peut s'appeler Un des malheureux soldats que l'homme du 2 décembre a transformés en bourreaux raconte avec horreur et à voix basse que dans une seule nuit le nombre des fusillés n'a pas été de moins de huit cents. Grâce à Louis Bonaparte. un conseil de guerre. ss sent Le gendarme dont le pistolet s'est appuyé sur l'oreille d'un malheureux et dont l'uniforme est éclaboussé de cervelle le humaine. L'avenir ne voudra pas croire à ces prodiges d'acharnement. livides. et tout a été dit. Quelques pelletées de terre. l'a L'homme aujourd'hui à Ce que le Champ de Mars a vu particulièrement. le jeune homme la frappé au cœur. entre les pavés de marbre de l'Elysée ou des Tuileries. Un on . le vieillard branlant sa vieille ses bras. L'histoire dit qu'elles vos « picccx mentent et que vous mentez. Pourquoi? la France un bandeau sur yeux et un bâillon dans la Est-ce pour faire des actions loyales? Non. des la gendarmes mobiles gendarme. des hommes atroces ont donné des ordres qui ont cité été exécutés en bas par des hommes féroces. mais sa blouse le soutint. — Usent poudre. y a même eu émulation et lutte . Louis Bonaparte Lambessa. Qui a peur de clarté l'ail la le mai. tous tête trouée d'une balle.slre.E PETIT.112 NAPOLKON compromis comme le niiiii. le goupillon d'un prêtre. les Vous avez mis à bouche. En haut. Est-ce là tout ? est-ce que cela est fini ? est-ce que Dieu permet et accepte de tels ensevelissements? Ne le croyez pas. les effroyables scènes nocturnes qui l'ont épouvanté et déshonoré. la L'homme noyé s'en va à vau-l'eau la Cependant était il pas mort. On le l'arrêtent. mère sabrée avec son enfant tué dans debout. est La mort l'ayant refusé. ce champ auguste de désormais Haceldama. cette fosse se rouvrira brusquement. et fixant sur leur assassin des yeux sanglants! En attendant ce jour. l. fraîcheur glaciale de rivière le ranime. dit un fusilla l'ouvrier quatre balles le lui traversèrent le corps. l'histoire ne peut les dire encore. il guérit. De là ce silence hideux. Louis Bonaparte a creusé en hâte une fosse et y a jeté son crime. l'histoire liste officielle commence des morts votre procès. La féro- garde le secret à l'atrocité. Quelque jour. et l'on en verra sortir l'un après l'autre chaque cadavre avec sa plaie. Le lendemain on l'arrête et on le traduit devant repris. sous les pieds de Bonaparte. on le ramasse. sort. . Là des le gens du port il le trouvent. — les Jetez- à l'eau ! crie un sergent. il Entre cette férocité et cette atrocité. des crimes. mains. guéri. ouvrier passait sur lui flaire les le Pont-au-Change. le car- naval impérial danse dessus.

sabrez! canonnez. Aujourd'hui eiîfeayant il noyé . le droit quand vous niez. écrasez. Du plus loin que Louis Bonaparte quer.QUESTIONS SINISTRES. c'était fait il releva. tuez! tuez au hasard fusillez. Louis Bonaparte eût été arraché et la loi même de rËlysée. le : (( qu'on exécute mes ordres ! » k la journée du Louis Bonaparte. Quelques jours après. il le vit. il hommes qui hésitent devant un mas- sacre. demandant l'empire. un moins coupable s'y versa. votre négation est acquise h l'afTirmation. de lui . à l'un des lils général Th. si. au Palais de justice. Quelques cadavres ! de plus ou de moins. ce grand meurtre perdre par sa félonie. Benjamin Constant le soir Lafayette. Et le droit de supposer. il le tra- est sur l'autre rive. Votre 2 décembre est montré au doigt par n'y songe sans un secret frisson. 113 au Champ de Mars. il n'avait été Il que Faliero. qu'il de se sécher et et de s'essuyer. heureusement était César Borgia. Vous avez Vous Je dis fusillé la nuit. soir de ce jour-là. de qui nous tenons : J'aviiis étc Cluirlcs X dans les journées de Juillet. vint à l'Elysée. et ministres d'autrefois. broyez! terriliez-moi cette odieuse le ville de Paris! Le failli coup d'État penchait. qu'est-ce que cela fait? Allons. j avais pris Laffitle. C'est là ce qu'on appelle son succès. s'il eût été un de ces lui. tout ruisselant de ce sang prend pour de la pourpre. anciennement attaché du roi Louis-Philippe. à la Préfecture. . partout. Par bonheur pour n'avait pas de ces délicatesses. on a le droit de croire . que Avec vous on a d'accuser. Qu"avez-vous la conscience publique. je les aurais fait fusiller comme des chiens. le droit de soupçonner. sur les quais. dut se comparer à Charles X qui n'avait pas voulu brCder Paris. et il dut se rendre à lui-même cette justice le qu'il était un grand politique.. sur les places.. Louis Bonaparte est bien véritablement le de ses et si.. dites que non. Le h décembre. faisant dans sa pensée la comparaison que nous venons d'indi: cria d'un air de triomphe au général Eh bien? l'homme qui Si disait à l'un M. triomphait. se jeta à la nage avec fiit son crime dans un fleuve de sang. au mot h. Louis Bonaparte avait S'il se se sauva par sa férocité. Ah! homme de ténèbres que vous êtes! Revenons à et la boucherie du boulevard. Personne fait dans cette ombre-là? Vos jours sont hideux. vos nuits sont suspectes. M. et à Louis-Philippe qui n'avait pas voulu verset le sang du peuple.

au nom ! de l'inlelligence proscrite. quand aux yeux de l'Europe. applicable au paiement des dépenses résultant des arresta« 11 est tions opérées il la suite des événements do décembre. devant ses valets. ajoutez tous les autres crimes sur lessi quels nous aurons plus d'une occasion de revenir et dont. la foi. je pour cet impitoyable. la religion. raconter. car l'intelligence. les prisons regorgeant'. sur les fonds de l'exercice 1851. Ajoutez les incarcérations le en masse avec des circonstances féroces. Dieu nous prête nous raconterons l'histoire en détail. les mères.000 franc?. la civilisation. toi qui représentes l'humanité. — décrète : ouvert au ministère de l'intérieur. ses prêtres et ses agents de police. car l'huma- au nom du peuple enchahié. dépenses occasionnées par les arresta- «•Considérant que n'est pas le caractère des tions qui ont eu lieu à la suite des « événements de décembre. à neur. c'est . la sainteté de humaine. en attestant l'honla vie serment. la générosité de toutes les âmes. les femmes. Oui.i liberté. Poursuivons. A ce que nous venons de la vie. son sénat et son conseil d'État. le droit. ô Vérité. un crédit extraordinaire de 250. dont la répression importait la société tout entière. les sœurs. l. aux yedx du monde. au nom de l'humanité violée. la réalité. et je m'en fais gloire. Èi Considérant que les faits en raison desquels ces arrestations se sont multipliées se rat- tachaient à un complot contre la sàrelé de l'Étal. eu date du 27 mars la loi du 10 mai 1838. « séquestre des bienâ Vu Le Bulletin des lois publie le décret suivant. c'est la lumière nité. je suis net suis sans pitié et dur. qui classe les dépenses ordinaires des prisons départemen: tales parmi celles qui doivent être inscrites tel aux budgets départementaux.11 SUITE DES CRIMES Et voilà ce malfaiteur ! Et l'on ne t'applaudirait pas. et que dès lors il est juste de faire acquitter par le trésor public l'excédant de <lépenses qui est résulté de V accroissement extraordinaire de la population des prisDiis. la République. toi qui repré- sentes le peuple. devant ses généraux. la France. le la face de Dieu. tu brigand de l'ordre Ah! qu'un autre cherche des mots modérés. en présence du peuple. car le peuple. » . <. devant ce tas d'esclaves qui ne peut soufflettes ce ou qui n'ose dire un mot. toi qui représentes l'intelligence. c'est la raison.

on m'a chassé de chez nous. ajoutez cette épouvantable proscription. Je — D'où la venez-vous? ètes-vous ici? — Je ne sais pas. les les conseils guerre combinés avec les exils l'ien les juges d'instruction et multipliant la abominations. Espinasse Par . barbe longue. pour opinion. mari à sa femme. l'expulsion d'une partie de France hors de France.634 9. notamment dans 115 la Nièvre. — De Limoges.M. arrêté do s'agit en majeure partie : (de traDsporlations) se trouvait. le o janvier 1832 : Le colonel commandant « Arrête : l'état de siège dans le département des Basses-Alpes. )) On pourrait citer dix arrêtés semblables des commandants Dès le d'état de siège.876 Par M. saisit. . arrache le le laboureur à son champ. ajoutez de Canrobert. les vous êtes? — Je suis sabotier. pour une parole d'homme libre dite le même avant 2 décembre. les atrocités d'Espinasse. l'Hérault. que pour un seul département. à la date la manière suivante 3. Dans le délai de dix jours. Personne n'échappe. trois mille deux cents bannis ou déportés. pour dissidence honnête avec ce gouvernement. Il mange. le propriétaire le à sa maison. — Pourquoi — Qu'est-ce que les atrocités de Bertrand. pour tendance. dit-il avtc ont prise à l'in- cynisme. Le premier do mettait sous lo ces malfaiteurs qui a commis ce crime de confiscation des biens et qui a donné l'exemple de Il ce genre d'arrêtés s'appelle Eynard. les biens des inculpés eu fuite seront séquestrés ot admidomaines du déparlemeint des Basses-Alpes. médecin à ses malades. entre un matin dans ma chambre à Bruxelles. dit-il j'ai fait la route à pied.SUITE DES CRIMES. l'instruction commencée ne laisse aucun doute sur surrection et aux pillages du département do 2. est général. le conseiller général à ses administrés.Alpes .623 Quentin-Baucliart Total 1. l'ouvrier à son métier. ajoutez : la confiscation des biens d'Orléans avec morde ceau donné au clergé les Schinderhannes et la faisait toujours la part du curé. par fournées. le représentant Miot 1. parce que. ajoutez atrocités les Guyane. dans l'Allier et le dans les Basses. « « Digne. le juge à son le bunal. tri- notaire à son étude. appréhende. lui dis : donne du pain. qui. nistrés par le directeur des lois civiles et militaires. J'arrive. etc. prend. voilà deux jours que je n'ai mangé. la têtes depuis les plus Un homme en On lui haillons. des proscrits' dans dix départements. conformément aux « K n R ON I I . le père à ses enfants. 3. comparable aux plus tragi- ques désolations de l'histoire. Ajoutez commissions mixtes commission dite de clémence-. » (il Le chiffre des condamnations intégralomejit maintenues des rapports. le frère à son frère. la pari qu'ils l'Allier.133 . 18 décembre « il séquestre les biens d'un certain nombre d'habitants de Moulins. le cargaisons de femmes expédiées par général Guyon . Ajoutez l'Afrique. Canrohort Par M. les atrocités de Martinprey. l'enfant les à ses parents. et marque d'une croix sinistre toutes hautes jusqu'aux plus obscures.

celui de nous deux cette chaîne déshonore. mojitrant ses chaînes. bout de chaîne pendait. dans le désespoir. — — C'est la question que vous me donnez le là. la battue de Viroy dans les montagnes de Lure. le 2 décembre. un autre le fend tombe. dans la fièvre. le représentant Viguier est pourquoi? Parce qu'il est représentant. avec la promiscuité. affaires qui réclale maient impérieusement sa présence. arraché de son lit mourant. la balle crie : vive la République un grenadier . faits Ajoutez des arrêté. deux mille insurgés. sur lui. Ajoutez tous ces malheureux livrés aux gendarmes. avec vermine. jetés à Cayenne avec fait. la tête. comme on le magistrat. Viguier traverse ainsi les rues qu'il habite depuis trente deux gendarmes. cet autre. — Misérable! reprend ans. proteste. déporté parce que. Vincent. Avant de Pierre Guéret et le joint les deux gendarmes. l'a fait parce qu'il est inviolable. répond gendarme en ricanant. les colonnes mobiles partout. refusé de dresser la Ajoutez la chasse aux la hommes dans les villages. dit tranquillement Viguier. dans la misère. Les mains du prisonnier bleuissent et se gonflent. de l'Indre. . liés deux à deux. du 54' fait feu entre par les reins et sort par le ventre il cet autre. vous avez honte. avec l'ordure. emmagasinés dans di'«. quiconque se lève pour celui-ci. déporté pour avoir.- les faux ponts du Magellan. six mois avant guillotine. s'emparent de Viguier. que de Rourges. le le et lui lie étroitement les poignets le avec une chaîne. Charles sabré et arquebuse. . dans l'horreur. Valette. à Marseille. la loi. parce que le suffrage lui du peuple sortir sacré. cet autre. Ajoutez les fusillades sommaires dans vingt départements : » Tout ce qui . tous ces honnêtes gens expirent. sans deviner ce qu'ils ont Celui-ci. vigneron. ti'ois cents tués. l'ordre rétabli à Crest. comme ceus-ci : dans le Cher. il un cavalier lui abat le deux doigts d'un coup de sabre. se tor- dant les mains. si Cachez vos mains. c'est toi. On jette Viguier dans les prisons. on transporte au fort d'Ivry avant de panser. la sous et le des tropiques. Alphonse Lambert. cents battue de Pellion dans les bois de Clamecy avec quinze hommes. du Canada ou du Duguesles jetésà Lambessa. est adjoint de sa commune. ! Sauvan. on avait voulu en faire un président de la Répu- blique. Patureau Francœur. entre Viguier. dans son village. traîné de casemate en casemate. au risque de poignets la pression. forçats. un jour d'exécution capitale. tnjour. l'autre. de Rourges. Le repré- sentant Viguier a soixante-dix ans. Arrêté. brigadier deux mains l'une contre de façon que les paumes se touchent. brigadier fait passer de force et à tours redoublés lui briser les bout de chaîne entre pfir les doux mains de Viguier. charpentier à Chàteauroux. contre le coup d'Etat on le traque dans son village il s'enfuit. loin des leurs.110 NAPOLÉON LE PETIT. levant les mains. lui poursuit. c'est un vieillard de soixante-seize ans. tous ces patriotes. le nommé lui nommé Dubernelle. sans savoir ce qu'on leur veut. où tous ces innocents. les baraques soleil où l'on est cent cinquante. on permet de une heure pour régler des sortir.

Il \ INKS A U V MA ' I .

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iiir. dans la Haute-Loire. un se sauve à il nage. Barthez. Vèue. Fauritz. « sur une des places publiques de Bédarrieux le Moniteur l'annonce service la l'si vrai que le Moniteur annonce en fait même temps que le du derniei bal di's Tuileries était par trois cents maîtres d'hôlel dans tenue rigou- reuse prescrite par le cérémonial de l'ancienne maison impériale. Tout ce qui ri"»i»le doit iHre FlSIl. Delpech. Lii inOnie éDCr). le homme une femme jetés en prison pour avoir labouré dans la Loriol. la main. <i fusillé sans » « désemparer huit individus. Mar. : » A Forcalquier. par bonheur contumaces.Jouannin. » écrit le sieur Saint-Arnaud. Cadelar le Pages. la peine de mort rétablie. Denis. Sabaet Four.inijes i|ui ii|n><jrlenl le piliaRe. dix-sept pour l'affaire de Bédarrieux.SUITK DKS CRIMES.ie • les nu^iiies elTels |>arlou(. je traque le chefs dans les bois. ministre « <i la » a doit être fusillé au nom de du Var. Courly. proclamation d'état la de siège porte Il « Les citoyens n'ayant pas pris part aux événements de et » détenteurs d'armes sont sommés de le les rendre sous peine d'être Il La colonne mobile de Pézenas arrive à Servian. vaux pour avoir donné asile à ajoutez. Vacher. guillotine politique relevée. Guillemot. Jacfpies Pages. on fusille les autres. un homme cherche à s't-chappcr d'une maison cernée. Vidal. c'est la résistance conseil II armée à pour l'attentat de Louis Bonaparte.É nom de la sotielé en logilimo defeu>e. Quel est crime de ces hommes? Leur crime. I. à Lyon. IX-s li. c'est le vôtre. colle déjk'cjie odieuse : Toulo insurrection arnu'o a . A ces choses exécraun bles. Romegal. et et à Montpellier. c'est l'obéissance à l'article 110 de et la le Constitution. àClamecy. les dix-sept . on fait feu sur lui. dit Frié. ordonne que l'exécution aura n lieu les dam la forme ordinaire. Rousiain Garan. si vous êtes un bon citoyen. mande de Saint-Étienne comles mandant Viroy. les citoyens condamnés à mort sur l'échafaud par les juges janissaiivs des conseils tier et de guerre. de guerre. Gardy. des senla tences horribles . la société eu » légitime défense'. à. Calas. » .mobiles de Il sur-le-champ tous c'est individus pris les armes à journée fusillés. Triadou. tpllp qu'elle est au Moniteur. on no • jws de sommation . Pradal. Mercadier.i co. Choumac. . Avec » elles on ne p. Pierre Carrière. et la plume tremble à écriiv ceci. le André. faire fusiller général Bourjolly enjoint aux chefs les la do colonnes. 1 Voici. Drôme. Bressieux. condamné à vingt ans de trades fugitifs la . le Six jours ont sufTi pour écraser l'insurrection « J'ai fait « j'ai mande général LevaillanI. Astier. A Bordeaux. Julien. u liy résiste. adjoint du maire de Cliouscat. » commandant rétai le de siège de bonnes prises. le viol et l'incendie se ineltent hors Tait des lois. une balle l'atteint. A Entrains. champ d'un proscrit. Milli'tot.<6 ii Paris par une rc'prcision vigoureuse. c'est le mien à moi qui écris ces lignes. on la quatrevingts prisonniers. encore quatre autres.l.Montpellier. disparaît sous l'eau : .i. on fait tue d'un coup de fusil. ajoutez ces choses infâmes et à Brioude. à garde champêtre. Beaumont. Galzy. mieux encore.nu : on les alliii|ue. les six derniers Michel Hercule.irlemenle yai. on les dis|uTsi>. sur une et jiour des places publiques de Béziers autres il quatre derniers. Malaterre.

il prenait au sérieux les écrits « de l'homme de Ham et ses programmes humanitaires « et républi- cains. les la illusions s'évanouirent. le » il garda le silence. Il ne voulut pas.120 NAPOLEON LE A moins qu'un universel cri PETIT. au 10 décembre ISiS. un douanier Le coup d'État traduisit Charlet devant un conseil de guerre. ardemIl ment soutenu. d'horreur n'arrête à temps cet linmme. Rhône près d'Anglefort dans département de Charlet se joignit à eux. On l'accusait de la mort du douanier qui. Interrogé sur le fait de mon côté. il passa ainsi de l'adhésion plus confiante à l'opposition plus loyale et la plus vive. et peu à peu. Charlet n'hésita pas. les semaines. Charlet était étranger à cette mort. et résister par tous les la moyens à l'homme que mettre hors versèrent le gauche. n'était le qu'un fait de combat. quand on vit l'homme à l'œuvre. A Seyssel. toutes ces têtes tomberont. fut tué. appuyé. leur dit balle. les jours. au 10 décembre il y a eu beaucoup de ces dupes honnêtes. I. « Ces hommes condamnèrent à mort selon la forme ordinaire des exécu- tions criminelles. Charlet fut pris. après tout. Quand Louis Bonaparte fut au pouvoir. ce sont aujourd'hui les plus indignés. défendre République. Charlet se la mesure que Louis Bonaparte détachait la de lui .a CMiidamnation prononcée. voici ce qui vient de se passer à Belley Charlet. fut avait distribué des bulletins. Charlet. tral'Ain. un devoir la qui se confondait avec le droit. Dans tous les cas. mais descendre à une explication. voulurent s'opposer à leur passage. Il comprit clairement qu'il n'y avait plus qu'un étroit et devoir pour la le citoyen. — refusa de du douanier tué. complices volontaires ou égarés du coup d'État. socialistes candidature de Louis Bonaparte. il eût pu tout éclaircir d'un mot. ou seniMa l'oublier. la petite troupe rencontra les douaniers. fut un de ceux dont probité républicaine se révolta. En présence de tous loi les attentats réunis dans l'acte infâme de Louis Bonaparte. et son crime plus encore que gauche. répondre. un triomphe. propagé. avait : Un homme de Bugez près Belley. un ouvrier la nommé . A l'heure où nous écrivons ceci. lui. et Charlet n'avait d'autre arme qu'une lime aiguisée. Au 2 décembre. Charlet ne reconnut le Il Il : pas pour un tribunal le groupe d'hommes qui prétendait oii est la loi? la loi est Vous n'êtes pas des juges. défendre la Constitution. colporté il l'élection pour lui espérait en Louis-Napoléon. Un engagement eut lieu. douanier était tombé percé d'une juger. Les réfugiés de Suisse passèrent et entrèrent la frontière le en armes. c'eût été accepter dans une certaine mesure ce tribunal. Charlet sentit la il remuer en la se dit qu'il devait être d'autant plus sévère qu'il était le un de ceux dont confiance avait été plus trahie. venait de la loi. -s'écoulaient. C'est l'histoire de beaucoup d'autres nobles cœurs. Les douaniers. les mois . homme d'intelli- gence. à s'enfonçait plus avant dans la réaction.

KXiCCTIOX DE r.llMILET. .

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Le juin. s'abîme dans l'horreur en présence d'un Ce crime ajouté aux autres crimi»s sceau sinistre. le vit y monta eut un le d'un pas lent et ferme. dormi à l'Elysée. M. prison. Un homme qui est avec Injustice ne craint pas mort. Bonaparte la solitude. ayant besoin probablement de mettre quelque chose entre tion. avait signé l'ordre d'exécu- Le 20 juin ilonc. l'engagement de Seyssel. dans au Champ de . Chariot. Quand on long frémissement pcjing. doit être content. la tôle bras attachés ! derrière le dos. Jacques et Il adieu. . debout sur l'cchafaud. son coips. il y a quelques jours à |)eine. "20 la : Vous êtes sauvé. Faire fusiller la nuit. On j'irai voulut faire monter Charlet en charrette. . tous pleu- La gendarmerie troupe de ligne entouraient léchafaud. la fête du 10 mai et la féie du 15 aoiit. qu'on peut tuer. au point du jour. personne ne songeant plus ni tu«'. terre la ville de Belley vit une chose lugubre. je n'ai pas peur. Tout monde le connaissait dans les l'aimait. la foule les femmes jetaient des cris les honmies crispaient Pendant qu'on le bouclait sur la bascule. La |K*nséc succombe moiistrni-ux. après sept ni mois. La sentence de mort avait été déférée à M. l'obscurité. je puis marcher. et raient.* que le complément. on disait à Cliarlft 123 l)i' tnutt' part. il Il resta calme. levant les yeux au ciel. . fut un ? deuil dans Belley et dans tous les villages de l'Ain. dit-il aux gendarmes. et la justice.SLITE DES CRIMES. sous les arches des ponts. été bonapartiste ! il regarda le couperet et dit il : — : Quand Vive la je pense que ! j'ai Puis. l'autre. et la — Adieu. car sent qu'il y a deux choses en lie lui. Les habitants s'abordaient tout pâles et s'interrogeaient est : Avez-vous vu ce qui dans la place? — Oui. cria Re|)ublique Un moment après Ce est-il sa tôte toiubait. — Dieu homme soit loué ! de cette façon qu'un et vient d'être tué. Honaparte. à laquelle on ne pas les bras dont la tête ne tombe pas sous le couteau. Charlet! répondaient-ils.\ mais un beau matin. — Pour qui? elle avait longteinps C'était pour Charlel. l'une. C'est plus les achève et les scelle d'une sorte d'. au douanier ni à Charlel. La foule la ville et était grande sur son passîige. à pied. Bonaparte. dans prison. Pierre! disait-il. L'écliafaud était sorti de pendant la nuit et se dressait au milieu de la place publique. on avait tlaulres afl'aires. saluait de il à droite et à gauche. — le Non. Charlet fut extrait de sa On lui dit qu'il allait la mourir. — Bravement. . — Adieu. c'est le couronnement. — Comment fait si mort C'est demandait-on. souriait.Mars. ses anus cherchaient son regard. dans On sent que M.

cet le prince. et que tout cela s'en l'oubli . dans l'air en somme. dire : apporter deux corbeilles et dire l'heure venue. derrière iiasard. il il entre Tuileries. au beau milieu de au moyen d'une machine appelée tribunal ou conseil ce sera pour telle heure. emboîtée. : ceci sera pour le corps et ceci pour la tète . au moyen d'une autre machine lentement bâtie par un charpentier. au sait PETIT. dans une certaine mesure. à coup sur trop généreuse. c'est semblent avoir raison. l'échafaud légal. si c'est le bourreau un assassin ! voilà qui est hardi et ferme. u'imporle qui. assistée d'un prêtre. n'eût échappé à peiné de mort que par l'omnipotence du progrès et par une extension. terrible et et Rapprochement qui contient toute la situation : Voici deux aux hommes. l'ouvrier fait son devoir. en ce n'est pas fait couperet. c'est peu satisfaisant pour l'amour-propre on a de se cacher ont le et vraiment on se cache en : effet. dans . A la bonne heure! Faire cela sept mois après la lutte. c'est médiocre. aille dans les ténèbres. livrer les innocents à cela. l'appareil régulier de la vindicte sociale. ah! c'est différent. faire ces choses-là en public ils vous reculez devant vos propres actes. la homme qui. vissée et graissée à loisir. de guerre. pèie-méle. ! Commettre un meurtre en plein midi. voilà un large et splendide soufflet sur la joue de la justice. faire anonymes par le des anonymes. la place publique. ce prince qui transporte les façons de faire des Poulmann et des Soufllard dans il la politique. tuer des des ombres. froidement. On ne se sent pas triomphant après. mais ce n'est pas assez insolent. un ouvrier un prince. relevée on n'est plus . Et qui est-ce qui dresse l'échafaud de l'ouvrier? C'est Oui. on a un qui fait air d'être dans droit qui déconcerte les consciences et frémir les honnêtes gens. regardant l'homme qui lâche plutôt le se et si demande. qu'on est maître de ne point la relever. procéder au meurtre avec calme.12/i NAPOLEON LE un mur désert. dont on ne pas même le chiflre. des inconnus. oubli qu'on répare. et ce Louis Bonaparte. de telle si sorte que le peuple qui est là frissonne et ne sache plus ce qu'il voit. possible. duprmcipe de l'inviolabilité de la vie humaine. c'est effrayant. entourer le meurtre de gendarmes le sabre nu. une violation de toutes les lois divines et humaines. c'est sori complet. et doute ces hommes en uniforme et sont une brigade de gendarmerie ou une bande de brigands. inutilement. voilà la une parodie du légal bien effrontée et bien tentante et qui vaut peine d'être exécutée. charger un greffier d'en dresser procès-verbal. Et. amener la victime liée de cordes. Quelque chose de mieux est Le grand jour. cet homme. s'il eût été vaincu en décembre. néant. comme un comme un devoir qu'on accomplit. monte sur l'échafaud. Le prince commet un crime. les faire périr de cette manière. Arquebuser les gens la nuit. Les gens à scrupules droit de vous dire Vous voyez bien que vous avez peur. vous n'oseriez . c'est il lui qui rebâtit l'échafaud là ! il ne tremble pas ! et ne pâlit pas ! et ne sent pas que c'est mais qu'une fois une échelle fatale. ajustée. parlez-moi de ceci la ville.

Bonaparte de la République française M. Le dix-neuvième siècle. vinjît-quatre cuisiniers il pour son service personnel et autant d'aides de camp: a droit de chasse aux étangs de Saclay et de Saint-Quentin. ce Mongis. magistrats. Rouher. Oh ! cachons nos visages de nos deux mains et ! Cet homme. écorché vif. ne vous en prenez pas à lui. sur le ce hideux boucher du droit mains dans «le de la justice. s'il . siècle de décadence. ce Baroche. n'a ventre aux n'a pa-s estrapade les femmes grosses comme César. lui faut quelcjues-uns de ces paniers rouges parmi les paniers de vin de Cham- pagne. et je les retrouverai aussi. quand vous. tcslibuminc n'ros. M. Allons. je vous retrouverai plus robes rouges. Rendons-lui cette justice au temps où nous sommes. . aux forêts de il Laigne. Radetzky. siècle de douceur. les le de sang. Louis Bonaparte a égalé en férocité ses contemporains Haynau. écartelé. le sourire de M. La toute-puissance la tiMe àjCliarlet . Com- piègne . ce Troplong. (juand vous. étant donné. Louvre. comme Ludovic le Maure. Versailles. Saint-CIoud. maître de tard 125 la renverser. 11 entrer au bal. il a des besoins. et les a dépassés même. ces juristes souteneurs du guet-apens. comme berg et disent les absolutistes et les papistes. il a sa loge impériale à tous les spectacles. — Mais je m'arrête. tout cela ne lui lui faut pas. vos chefs.Mérite rare. coupez est prince-présitlent aux autres. qui naquit. . . s'il n'a pas bàii les hommes vivants et des pierres comme Tiniourmains fermées et pleines Bcig.SUITE DES CRIMES. avec vos robes couleur ai tard avec vos robes noires et avec vos d'encre et vos robes couleur de sang. hommes des hommes du droit!. ces prostitués. avait encore le tablier ventre et les le les entrailles fumantes de la Constitution et les pieds dans sang toutes les lois égorgées. juges. déserteurs des tous ces noms qui ! n'exjjriment plus autre chose que la quantité de mépris possible à l'homme Et s'il s'il n'a pas scié ses victimes entre n'a pas enfoui les gens en vie palais avec des murs de son pas ouvert deux planches comme Christiern H. a des caprices il faut qu'il les satisfasse. le Champagne et de Barbeau. empalé. ftHe et gala et musique tous les jours. briilé vif. crucifié. dit la légende. d'Ourscamp et de Carlemont. conmie Ferdinand de c'est (|ue le siècle Tolètle . Non. ce Suin. : . Sibour et sulTil le bras de M"" il la marquise de Douglas pour encore cette guillotine. ce lois. quarante-f|uatre mille francs par jour. on ne l'assaisonnait de cette façon. ces autres. ce Royer. Rambouillet. Schwartzen- Fenlinand de Naples. bouilli vif. duc de Valentiiiois s'il femmes par les seins. et dont il faut lui tenir compte comme d'une : difficulté de plus la scène s'est passée en France.. homme ne raisonne pas . et que celui (|ui la dresse : pour autrui la . retrouve plus je t'ai pour lui-même. il a fait tout ce qui était humainement ou inhumaine- ment possible. Filangieri. serait fade si i'i Ce sont des envies de dictateur. Bonaparte a seize millions par an. aux bois de a les Tuileries. Ludovic Sforce. s'il n'a pas roué vif.. lois. l'Elysée. cet Elle le reconnaît et lui dit tu m'a mise il là attendu. je les déjà châties et je les châtierai encore. ce n'est pas sa faute s'y refuse obstinément.

résistait à République. leurs adversaires. à l'orient à l'occident. devant la résistance secrète et invincible du milieu moral. est l'avenir. ils se seraient arrêtés comme le lui. duc d'Albe. malgré eux et à leur la insu. et » nécessaire ». le Valentinois. la nôtre. lets. le Comme s'obstinent. elle . en d'autres termes résistait à l'avenir. prochain ou lointain. les roues. ils donnent des coups de hache dans l'arbre. nous. autour des tyrans. bornons- nous à constater que législative le dans cette lutte que la majorité de l'Assemblée était entrée dès les premiers jours de son installation. dans leur époque. devant formidable et mystérieux refus de tout un siècle qui se lève au nord. nous venons de ils rappeler. dans au moment de construire et de dresser les gibets. les hommes du passé résistent. la puérilité et la colère. devant force invisible du progrès accompli. qu'on y consente ou non. mais inévitable. illusion laissée la République. et qui leur dit non ! III CE QU'EUT ETE 1852 . Les démocrates la veulent par progrès . la Le parti du passé.12r> NAPOLEON LE le PETIT. dès mois de mai Cette politique de résistance est une politique funeste. les eût fait tout ce qu'ils ont fait. Comment par la lutte s'établira la le République? Elle peut s'établir de deux façons le : ou par progrès. semblent la vouloir par la lutte. bûchers. les hommes du passé. des nations. toute de côté. au midi. mais. nulle comme résultat. sous le nom de l'ordre. que se serait-il donc passé en France ? : Mon Dieu ceci Remontons de quelques pas en situation telle qu'elle était avant le arrière et rappelons sommairement la coup d'État. comme disent complices ! à leur suite les dupes.Mais les sans cet abominable Deux-Décembre. Cette est laite de l'homme contre Dieu nécessairement vaine. Ne jetons aucune parole amère à nos anciens adversaires tombés avec nous. les chevales tours vivantes. prodiguent la force. Timour et Christiern II n'auraient rien fait il de plus que Louis Bonaparte. Qu'on s'y oppose ou non. se figurant qu'ils Ils arrêteront la sève qui monte. le même jour que de France 18^19. c'est et plusieurs honorablement de leur côté. les croix et les grues à estrapade.

guet- coup La politique de résistance au mouvement humain point.ssiM dans une heure il jetez une poutre en travers des la qnand le convoi arrivera. Voici un chemin de rails . on la respire. que ce qui doit naître naisse. que ce qui doit croître croisse le . le s'y écrasera. Que dirait-on d'un paysan qui un l'ar- rage d'un bord à l'autre d'une rivière.scmblée législative l'avaient jetée en travers : Les chefs de la de 1852. peste éclatera. elle est dans les l'air. Ainsi elle avait réussi à de l'année 1852 une sorte d'éventualité redoutable. comme un Heuve non comme un delugi. quand la rivière. Chose triste. conqui coule et quête à conquête. le trouble survient. progrès à progrès. i\ Obstinez-vous conserver au milieu de vous. et cela toujours parle même procédé. passé qui est mort. elle serait indestructible tant. vous avez la maladie. envahit . convoi pa-ssera sans poutre. c'est ce désordre qu'on avait appelé l'ordre. passent leur temps à s'écrier : méchant peuple et ! Otez Polignac les ordonnances de juillet. quand tout aurait été prêt pour jilus viable. une veine. par exemple. devant sa cabane. devenue torrent. que ce qui doit tomber tombe. désordre commence. Liez ilaiion . rece- voir. pas venue? Cela.rophes. non. la tombent en pourriture. barrage. la Fatalement. sans réaction possible. toit. des classes entières de fonctionnaires. au moyen d'un . le convoi va pa. il que ce qui doit couler coule. et qui. fer. et Charles X serait mort aux Tuileries. La République. ces grands constructeui-s de digues en travers des courants. cette politique aveugle ceux qui praii(iuent. Louis-Philippe serait mort sur serait trùne. Réformez en à-dire encore ôtez le 1847 la loi électorale. s'écrierait : quand elle renverserait son mur.qui la elle serait venue à son heure. déborderait. et ils criaient c'est là que la société se brisera ! La gauche leur disait : . vous avez l'inon- barrez l'avenir. ces événe- terribles dont se lamentent. Ce qui doit être sera: faut 127 est féconde en cata?'. la corruption la société. et que ces catastrophes qui croulent sur ferait eux ont été construites par eux. mais faites obstacle à ces lois naturelles. vous avez les révolutions. comme s'il était vivant. c'est-à-diie le barrage. c'est l'avenir elle serait venue. quand d'État elle emporterait son méchante rivière! Les hommes du passé. Gardez les cadavres dans vos maisons.CE OL'FAT ÉTÉ ISâ:. \um pas certes car dès à présent elle est la mais plus tranquille. Celte du SI mai. répé- tons-le. venue. sans prince d'tlat derrière elle. — Est-ce à dire que la République ne . entravez un fleuve. excelle. mais pas à pas. Ces hommes eux- qui se qualifient hommes ils d'État en sont à ne pas comprendre qu'ils ont fait mêmes. de ments leurs mains et à grand' peine et à la sueur de leur front. ôtez poutre avant l'arrivée du train. vous aurez Fampoux. insistons sur ce faire à créer des cataclysmes artificiels. le . c'est la loi même se douter qu'il y avait là une catastrophe. vous produisez je ne sais quel choléra moral se répand. majorité de r\s. c'estle barrage. sans .

et plus d'un enfant. croquemitaines rouges. sans quelque inconvénient. une fois le crime commis. ôtez poutre de dessus Rien. Le coup d'État se mita crier à la Jacquerie. son prétexte. le peuple serait venu voter. IV LA JACQUERIE Cependant après donner le le 2 décembre. Ceci est toute l'histoire de du 31 mai. aurait pu . » Chambres rouges. savez-vous ce que vous auriez eu en 1852? Des élections.1-8 NAPOLÉON LE PETIT. toujours souverain. son arme. Qu'était le spectre rouge. hier tra- demain travailleur. en lisant le journal. il fallait bien change à l'opinion. II y a donc eu « Jacquerie. la Maintenant répondons à question que nous posions tout à l'heure ? : — Sans le 2 décembre. sinon manquer à la la Il fois à toutes ses fallait promesses. comme cet assassin qui criait au voleur. Jacquerie? bien donner quelque on ne peut pas éclater de : rire ai brusquement au nez des fait populations et leur dire Il n'y avait rien ! je vous toujours peur de vous- mêmes. Les imaginations de l'entourage se sont donné carrière. Bonaparte ne pouvait. la On reprend « : Oui. Des espèces de dimanches calmes où vailleur. des élections! vous en parlez bien à votre aise. ôtez à Bonaparte le son levier. et que M. aujourd'hui électeur. — Otez la poutre. ôtez la poutre. laissez passer librement la loi le suffrage universel. toutes ces prédictions se Ceux qui promènent au bout d'un bâton ces fantasmagories devant les et rient derrière la populations effarouchées savent ce qu'ils font qu'ils font flotter. on voit passer du coup d'État. loque horrible Sous la longue robe écarlate du fantôme auquel on avait donné les bottes fortes ce nom : 1852. que se serait-il passé en 1852 la loi Supprimez du 31 mai. » Les promesses de l'affiche ont été tenues. on a exhumé la les épouvantes de Mère l'Oie. « Ce sont d'État )) là des choses qu'un enfant comprendrait et que les hommes ne comprennent pas. laissez tranquille la suffrage universel. Ajoutons qu'une Jacquerie avait été promise. Mais » chambre rouge qui serait sortie de ces élections? <( N'avait-on pas annoncé que la Constituante de 1848 serait une chambre rouge? valent. les rails. ôtez au peuple son barrage. réalité à ce spectre.

et tuoient et eiïorfoient et Ces méchantes gens roboiciit n violoient toutes dames et pucelles sans pitié et sans merci. que en l'évôché de Laon.a seulement Dieu par monseigneur le prince-président. Aujourd'hui. qui avaient été rôtis vifs . c'était fort simple.'t de Joigny et plusieurs gendarmes ont été làchenuMit massacrés. mentir est facile la quand on a d'avance arraché langue au démenti. presse étant suppriméi'. lâchement nuu$acn\ Henri de . les faits ont fini par arriver au jour. après huit mois écoulés. On a crié : Alerte. mais pour votre bien. Les sous-préfets dont les curées femmes avaient été et vi')lées n'avaient jamais été mariés. Qui a Ce même maire de Joigny. on a supposé. nommé Froissard <i Je n'oserois écrire ni raconter les horribles faits et inconvenables qu'ils n « u faisoient aux dames. ainsi comme des • chiens enragés. ils tuèrent un chevalier et le boutèrent en une broche. Mais Dieu par sa grâce y mil » remède. On bien le rempla(. et et ses enfants. tournèrent au feu et la rôtirent devant la dame Après ce que dix ou douze curent faire «. rcconnaiire 120 l'ojn'c la du bonhomme Pt'iTault déguisé en socialiste. de SoLssons de Noyon. publiques pillées se sont retrouvées intactes (i entre les mains de M. — liie publication officielle avait dit le 8 décembre : " Le curé. on a inventé. C'était moins. Regardez. d )nt les jac<|ueâ avaient mangé le coeur ont écrit qu'ils se portaient bien les gen- darmes autour des les conseils cadavrt's desquels on avait dansé sont venus déposer devant les caisses de guerre. on sait à quoi s'en tenir sur cette « Ja<f|uerie w. et ardoient tout. la vie de personne n'y a été menacée. JI. bourgeois! sans c'était nous vous étiez perdus. Et où? Connnent? Devant les les tribunaux mêmes de M. Mais entre le les autres désordonnances le et vilains faits. ils les en voulurent manger par force. entre Paris et Soissons et llam en Yermandois. cent châteaux et de bonnes maisons de chevaliers et écuyers roboiint quand que ils et tel tuoient et « trouvoicnt. Là étoient grands violeurs et malfaiteurs . les Ventres-Creuv convoitaient votre diner. et excluèrent. les Lollards étaient à portes. dame « efforcée et violée. et puis « les tuèrent et firent mourir de maleniort. les Anabaptistes escaladaient votre mur. : Quel<iu'un a répondu dans une lettre rendue publique « Pas une goutte de i> sang n'a été répandue à Joigny écrit cette lettre? . le maire » et le sous-pref. plus de . de quoi on le doit bien regracier.LA JACQUERIE. Bonaparte qui les a mille frani-s de Clamecy s'est réduit à sauvées ». « Tout en semblable maiii et -re si faites gens se maintenoicnt entre Paris et la « Koyon. les Maigres montaient votre escalier. le fameux déficit de cinq deux cents francs dépensés en Ions de pain. que entre et comté de Valois. les Hussites cognaient à vos persiennes. par toute les terre de la « u Il Coucy. Nous vous avons vos mitraillés. Honaparte. Alerte! N'a-t-on pas un peu violé mesdames vos femmes? On a donné : la parole à un des principaux rédacteurs de lu Patrie.

la résistance légale. le Cher. — contre y a eu la légitime défense. non de l'extorsion. Lacretelle. fusillé. le Puy-de-Dôme. « Vive la République sociale ! « Le Comité révolutionnaire proclamation des « social. qu'une autre bande avait voulu saccager et probablement mettre à (( la lanterne. les Basses-Alpes. le le Loiret. et qui avait écrit pour réclamer secours du gouvernement ». Ils ont succombé comme à Paris. le Gers. auquel avait extorqué deux mille francs dans sou château de Cormatin. 7 décembre 1831. n'y a point eu de Il « Jacquerie ». surprise par guet-apens. et dont le le château de Saint-Point avait été « incendié. 110 de . les Bouches- du-Rhône. ont le dignement le leur devoir. Gard. le 1" mai 1852. Un de est ces Jacques. « (( La probité est une vertu des républicains. les Tout voleur ou jiUlard sera « Tout détenteur d'armes qui. La Répud'État. Seine-et-Marne. M. et les honnêtes biseauteurs du coup d'État en conil viennent aujourd'hui dans l'intimité avec un aimable enjouement. naturel il — cette fois le mot est à sa place. la lutte à les « sauveurs main armée du droit et de la loi contre l'infâme insurrection du pouvoir. » Ce qu'on vient de lire est la Jacques ». ». au-dessus de la Constitution. L'Ain. la Nièvre. la Constitution. La pièce suivante présidé par l' a été produite devant le conseil de guerre de la Nièvre. la Haute-Garonne. Meurthc. Lot-et-Garonne.la Drôme. Voilà tout. . mais de l'invention. est encore stupéfait à cette heure. de Lamartine. 11 Tout citoyen ivre sera désarmé <t et emprisonné. le Bas-Rhin. ne les aura pas déposées à mairie ou qui ne les aura pas rendues. a appris la chose par les journaux.130 NAPOLEON LE une bande armée PETIT. Mort aux pil- lards! Mort aux voleurs! Tel est le cri de ces voleurs et de ces pillards. blique. et. la fait Marne. Jura. exil nommé Gustave Verdun-Lagarde. le Nord. fait. le Var et Vaucluse l'ont fait intrépidement. de Lot-et-Garonne. sera arrêté et détenu jus- qu'à nouvel ordre. l'Hérault. Clamecy. : ex-colonel Martimprey ORDRE DU COMITÉ. s'est colletée avec le coup Vingt-sept départements se sont levés. mais le tour est qu'il y a eu dans départements ce la résistance prescrite aux citoyens par par le droit l'article y a eu à Paris. léguant cent mille francs à sa ville effet. Ce partageux a partagé en Il n'y a donc point eu. natale pour y fonder une école d'agriculture. dans la douze heures. Rhône. rAveyron. Saône-et-Loire. c'est vrai les . mort en à Bruxelles. l'Aude. la la Côte-d'Or.

les cellules. Bonaparte s'en allât. tuée . Répétons-le. . il a foulé aux pieds le droit. il il a envoyé aux galères pour vingt ans l'homme qui a déchiré tous les codes et violé tous les man. parce que son sonnent avait parce que sa parole d'honneur conspirait contre lui! le Le lendemain du triomphe. donner prétexte aux proscriptions. Mais il fallait que M. les cachots de prisonniers. pour deuxième dimanche de mai voulait l'audace detramor sa chute : renverser. comprimer les intelligents. des élections. donnait asile à un proscrit. il a arquebuse sans sommation. vertueuse. la terreur pour ceux-ci. un peu de spectre rouge était utile.i2. la liberté. France. Là était l'obstacle. cet homme un beau la matin a pris à la gorge la Constitution. il a dit : Le deuxième dimanche . la rière. un double avantage le d'une part faire voter oui sur le plébiscite faire voter sous sabre et en face du spectre. voilà I8. la Répu- blique. l'a dit. rien de plus. morte 2 décembre. Une et assemblée nouvelle un président nouveau. c'est là ce fut du côté des citoyens et l'atrocité la du côté du pou- que le coup d'État a appelé Jacquerie. et il a fait patauger sa cava- dans le sang des vieillards il des femmes Mazas. hommes illustres a empoigné le peuple dans la personne de . de deux façons la politique de < l'Élyst'e. a il ses représ. De là est venue la catastrophe. Olez M. cette résistance dans laquelle l'héroïsme voir. le bon sens. il il loi. ». Sainte-Pélagie. d'autre part. C'est cette résistance légale. contre son traîtreuse- pouvoir un complot parce que l'année qui le finissait s'entendait ment avec l'année qui commençait. il a séquestré des hommes innocents. succès et tout secret du vote du 2 décembre est là. a empli la Vincennt's. Nous vouons de jeter un coup d'œil sommaire sur ses crimes. a arrêté des banni des hommes inNÏolables. les forts. qui 111: était plus et grotesque que Falstaff. dats il . la raison. il est devenu plus il terrible « que Richard tout cola pourquoi? Parce qu'il y avait. lerie il il a mitraillé les boulevards de Paris. Lf coup d'État a été féroce là 131 comme à Paris. parce le u que déjxjsor ». Conciergerie. elle seiTait : Cette Jacquerie était à dou\ fins. constitutionnelle. il a fait mettre à Saint-Lazare femme qui portait du pain à son mari caché. parce que l'article 45 se le concertait perfidement avec le calendrier pour le mettre dehors. et la de cadavres les cimetières . a fusillé sans jugement. on raconte. contenait donc en soi-même était aucun avant la danger le réel.-ntants. Constitution purement simplement mise en pratique. il a fait pourrir les déportés par milliers dans la cale horrible des pontons a envoyé à Lambessa et à Cayenne cent cinquante enfants do douze à quinze lui ans. tout le la peur pour ceux-là. moralenient. il a donné à l'avenir un coup de poignard par derla justice. les casemates. effrayer les crédules. le romme nous 1852 ne l'expliquerons tout à l'heure.LA JACQLERIE. Ainsi. Bonaparte. La loi du 31 mai. elle offrait » .

et l'on ne voit plus que le profil le despote. De quoi parle-t-on? du duc d'Enghien. H dit Satory comme on Il H le fait sortir du 2 décembre France. la Légion d'honneur. ses aides de camp. Et puis quel personnage le à côté de joie 11 y a des gens déjà qui confondent l'oncle avec honte de la neveu. On oublie caricature le héros. ! Louis Bonaparte tue sa gloire le malheureux! il prend tout. Lodi. le il use tout. c'est celui-ci. est évident que le premier n'est venu que pour filles. La commence lui ! à tourmenter de César. Hudson Lowe n'avait tué que sa vie. Ah! tout. c'est l'honneur qui est c'est le nom ! de l'empereur qui est mort! qui est dans la chapelle Comme l'homme quel désespoir c'est ce fatal Saint-Jérôme doit la tressaillir. ses courtisans. et il je ne sais quel : oiseau de nuit. Il Louis Bonaparte. L'homme du Il destin est passé Géronte. Champaubert. colonne Vendôme. faire le lit du second.. Le complet. lui ce sont des laquais. a son étiquette impériale. On n'ose déjà plus parler d'Iéna. et Voici l'impopularité qui monte autour de grande figure. ses chambellans. entouré de valets et de et de son alcôve la le couronnement. — Ah! Français! pourceau couvert de fange qui se vautre sur celte peau de lion! . Hélas! sur cette immense splendeur ne ! fallait pas moins que cette n'était immense geôlier. et neveu qui a posé l'échelle! Voici les grands souvenirs qui s'effa- cent et les mauvais souvenirs qui reviennent. et voici l'aigle. . de Marengo. le il salit tout. le accommode pour les besoinsde sa tab'e sacre. Arcole. L'homme qui assassine véritable- ment Napoléon. Napoléon Grand a disparu on dit : l'oncle Napoléon. le perche sur le drapeau de chapeau la Soldats Il ! emprunte à Napoléon et à Murât le plumet. de du 18 brumaire. Il a son treize vendémiaire à le lui il a son dix-huit brumaire à lui. de mai mort. Louis Bonaparte. ce n'est pas le premier. Fried- land. à la de l'Elysée et à la France! le parodiste prend des airs de chef il d'emploi. Eylau. sous . a sa politique à lui.132 NAPOLEON LE est mort. de Wagram. Saint-Jean d'Acre. PETIT. Non ! c'est la probité est qui morte. jour d'Austerlitz. le camp de regardez le Boulogne.. se compare. A l'ÉIysée. souillure! Oui! pire n'était que Hudson Lowe Hudson Lowe qu'un Hudson Lowe c'est qu'un bourreau. Jaffa. il déshonore revient de choisit pour son guet-apens revient d'Aboukir. Sous Il l'empereur c'étaient des il rois. il mois.

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LIVRE CINQUIÈME
LE PARLEMENTARISME

tn
une
et

jour,

il

y a soixante-trois ans de cela, le peuple français, possédé par
huit cents années,
les

famille depuis

opprimé par

les

barons jusqu'à Louis XI,
la

depuis Louis \I par

parlements, c'est-à-<lire, pour employer
«

sincén!
les

expression d'un graïul seigneur du dix-huitième siècle,

mangé d'alwrd par

loups cl ensuite par les poux »; parqué eu provinces, eu chàtelleuies, en bailliages cl en sénéchaussées ; exploité, pressuré, taxé, taillé, pelé, tondu, rognt' et vilipendé à merci
;

rasé,

mis à l'amende indéfiniment pour

le

bon

plaisir

des

maîtres; gouverné, conduit, mené, surmené, traîné, torturé; battu de verges
et

marqué d'un

fer

chaud pour un jurement; envoyé aux galères pour un lapin
roi
;

tué sur les terres
sailles et

du

pendu pour cinq sous
bursaux

;

fournissant ses millions k Ver-

son squelette à Montfaucon; chargé de prohibitions, d'ordonnances,
lettres royaux, d'édils

de patcnles, de
coulumes
;

et ruraux,

de

lois,

de codes, de

écrasé de gabelles, d'aides, de censives, de maiu-niortes, d'accises et

d'exciscs, de redevances,

de dimcs, de péages, de corvées, de banqueroutes

;

i|36

NAPOLÉON LE

PETIT.

bâtonné d'un

bcâlon

qu'on appelait sceptre; suant, soufflant, geignant, marchant

toujours, couronné, mais

aux genoux, plus bête de

somme que

nation, se

redressa tout à coup, voulut devenir

homme,

et se

mit entête de demander des
la

comptes à

la

monarchie, de demander des comptes à
eiïort.

Providence, et de liqui-

der ses huit siècles de misère. Ce fut un grand

II

On

choisit

une vaste

salle

planches, et avec ces planches on construisit au milieu de
d'estrade.

qu'on entoura de gradins, puis on prit des la salle une espèce

Quand

l'estrade fut faite, ce qu'en ce temps-là on appelait la nation,

c'est-à-dire le clergé

en soutanes rouges
tt

et violettes, la noblesse

empanachée de

blanc et l'épée au côté,
les

la

bourgeoisie vêtue de noir, vinrent s'asseoir sur
assis,

gradins.

A peine fut-on

qu'on
est ce

vit

monter à

l'estrade
les

et

s'y dresser
est ce

une figure extraordinaire.
géant? dirent

— Quel
faisait

monstre? dirent

uns; quel

les autres. C'était

un être
peur
;

singulier, inattendu, inconnu,
et

brusquelui

ment

sorti

de l'ombre, qui

qui fascinait

;

une maladie hideuse

avait fait

une sorte de

tête

de tigre

toutes les laideurs semblaient avoir été
;

déposées

sur ce masque par tous

les vices

il

était,

comme

la

bourgeoisie,

vêtu de noir, c'est-à-dire de deuil. Son œil fauve jetait sur l'assemblée des

éblouissements
raient avec
silence.

;

il

ressemblait au reproche

et

à

la

menace
Il

;

tous

le

considéfit

une sorte de curiosité où se mêlait l'horreur.

éleva la main, on

Alors on entendit sortir de cette face dilTorme
la

une parole sublime.

C'était

voix

du

monde nouveau
levait

qui

parlait

par

la

bouche du vieux monde;
qui accusait, et qui dénonle

c'était

89 qui se
Dieu
et

debout

et qui interpellait, et
les

çait à

aux hommes toutes
le

dates fatales de la monarchie; c'était

passé, spectacle auguste,

passé meurtri de liens, marqué à l'épaule,

vieil

esclave, vieux forçat, le passé infortuné, qui appelait à grands
l'avenir libérateur! Voilà ce

cris l'avenir,

que

c'était

que

cet inconnu, voilà ce qu'il faisait sur
était

cette estrade.

A sa

parole, qui par

moments

un tonnerre, préjugés,

fictions,

abus, superstitions, erreurs, intolérance, ignorance, fiscalités infâmes, pénalités

barbares, autorités caduques, magistratures vermoulues, codes décrépits,
pourries, tout ce qui devait périr eut un tremblement,
ces
et

lois

l'écroulement de

choses commença.

Cette

apparition
devrait

formidable a laissé un
la

nom
on

dans

la

mémoire
Mirabeau.

des

hommes;

on

l'appeler

Révolution,

l'appelle

l'un parlait. s'écrie un orateur de la Convention. quels honmies l'ont sacrée de leurs paroles. 137 III Du jour où cet homme Il mit le pied sur celte estrade. là tous les extrêmes ont surgi. quelles l'ont assaillie.LF. ce qu'elle a vu.a tribune française! faudrait un livre pour dire ce que contient ce mot. Danton. en présence des résistances. le pouvoir royal a \iolé droit populaire dans personne de Manuel. : répond une voix. le rêve. mêlant tout. le bien. fait. A cette tribune. dedaila tlevenue auguste pour giiaiit le l'histoire par cette violation là passé qu'ils senaienl. le sien. sant la résolution pour en tirer Ce qui a passé sur tempêtes cette trii)une.a- des obstacles. et l'inquisition. comme bonnes les bonnes seule- ment ont tion. — Verpniaud. deux vieillards mélancoliques. tout. Robespierre. ce jeune honmie sévère. dit général Foy à un garde des sceaux inique. cette estrade se trans- figura. mais en faisant la nuit somme. ans la trii)une française. le beau. la haine. quels hommes l'ont ébranlée de leurs clameurs. l'auditoire. et le cou demain le — El de ces apostrophes suj^erbes — Ministre de la justice. quand l'autre parlait. Marat. l'idéal. quand on croyait voir bûcher. Royer-Collard. je vous condamne en sortant de cette enceinte à regarder la statue de l'Hôpital! — Là tout les a été plaidé. fiel dans les deux bouches.s. cette incarnation de l'année tions immense et terrible I Là on a entendu de ces interrupla farouches : — Ah çà! vous. c'est l'esprit depuis soixante bouche ouverte de combinant l'esprit humain. . le bas. tous avec ariiarneinenl. . ont apparu. le haut. le juste. les mauvaises causes . le faux. terrorisme au nom de Rome. Camille Desmoulins. gloire. Ter- rorisme au nom du salut public. le quelques-uns avec la . le la car c'est là son travail sublime et éternel. U. été gagnées delinilivemenl là. la vie. Do humain disant mal. la l'injuste. le vrai. Montalembert. fai- pour en tirer jour. com- ment le raconter? Après Mirabeau. est-ci' que vous allez nn' ! couper parole aujourd'hui? — Oui. rpiels événements elle a enfantés. ce qu'elle a fait. mus venons de le dire. ce tribun énorme. comme ceux qui veulent le passé ont |K'rdu patience là il e. on croyait entendre pétiller le Là onl combattu les partis. le tout. l'horrible. fécon- dajit tout. le passion. ceux qui veulent l'avenir . PARLEMENTARISME. la raison. la tribune française fut fondt''t\ I-i I. des nég. l'amour.st arrivé à la vérité de devenir violente et au menla songe de devenir furieux. Sainl- Just. faisant le chaos pour en tirer républicjue. guillotine a eu son orateur. angoisse dans glisser le couteau . la matière.

se dressant. qu 'Stions de guerre. quand tout que sorla le avait été plaidé. criant toujours les le mêmes calomnies. s'était fait même dans les il rangs qui nous sont Un jour la tribune fut enveloppée d'ombre. on a agité l'évidence comme une épée. hurlant. toutes les abnégations. éclairé. ce mot qui contenait toute une société nou- les Droits de l'Homme. la force. Tenclume sur laquelle des forgerons surhumains forgeaient des idées pures idées. car on croirait volontiers que ces émanations sortaient toutes les énergies. Quant à nous. Elle d'elle. les rages. les comme Ledru-Rollin et Berryer. se trouvaient tout de suite et naturellement grands orateurs. ces lances de la justice. Là on a entendu sonner pendant cinquante ans . dans cette nuit livide. pénétrés subitement d'effluves sympathiques. du choc? toujours rétincele Tout ce que pouvait éclair. se tordant. grands poètes. questions de crédit. questions de circulation. comme Guizot. Là on a la prononcé. comme Lamartine. là. fairi la tempête. ces glaives les du peuple. on s'est combattu. l'adresse. les superstitions. granl. coup. questions d'état. app'ofondi. les puissants avocats. Chateaubriai d génie amer. : c'était d'agiter le de changer en à cette tribu on a posé. . ont tourbillonné comme une nuée d'orage autour de ta face sereine. tous ceux qui avaient un foyer en eux-mêmes. débattu. questions de paix. vit. toutes les intrépidités. nous honorons tous les courages. questions de territoire. contredit. ces armures . sembla que le l'abh-ne autour d'elle et tout à on entendait dans cette ombre comme mugissement d'une mer. Là. les . elle inspira. là on s'est mêlé. Et fouillé. probité hautaine. rient. Cette tribune était un lieu de force et de vertu.'s da droit. que du nuage? toujours rayon et clarté. on s'est abordé. tumultueux. haines. les montrant toujours même poing fermé. le. questions de travail.138 NAPOLÉON LE le PETIT. fjcond. les égoïsme flant. Thiers. et presque toujours résolu toutes les questions questions d> finances. opposés. sif- aboyant. analysé. Là. tous les dévouements. les grands historiens. pour velle : première fois. comme d braises qui rougissent au vent. sortait-il dit. à ce rebord de u arbre où . crachant depuis le Christ mêmes salives. Là. . pendant plus d'un quart de siècle. ô Vérité! IV Tout cela était vivant. questions de salaire. les impostures. tait-il scruté. a lutté contre Guizot.

comptez les brement d'Homère. Mirabeau. Pétion. Chénier.'i. . c'est une sottise. Casimir Périer. le dévouement et les grandes pensées. les depuis la première Législative jusqu'à dernière. Mauguin. Mounier. Filz-Janies. était là. quelque erreur généreuse quelque illusion l'égarait loi. et avant peu. Rollin. Arago. Marc . Lamarque. hommes de lui est guerre. les Villeinain. Condorcet.nné. puis se relire majestueusement comme l'Océan et la laisse debout comme le phare. toutes les sortes d'intelligence. Renverser les tribunes. Danton. le peuple ne renverse pas le'* tribunes. divers. conseils et les chambres. Bonald. socialistes. Depuis la première Constituante jusqu'à la dernière. Voyer d'Argenson. sur un acte. la loi. 1S9 s'était cramponnée tête la forte main de Danton. il il ne l'ignore pas. Ruzot. à travers la ! Convention. Vergniaud. une révolution peut-être. Pontécoulant. Cambacérès. La tribune au peuple . s'indignait il . démo- crates. muselières de lions. Que de figures qui contrastent depuis Aux noms que nous avons déjà Robespierre. depuis Lafayette jusqu'à Cavaignac! nommés. le hommes forts! de là sortaient l'éloquence. ceci était vrai dans Rome et vrai à Paris. tîuizot. Odilon Barrut. En soixante ans toutes les natures d'esprit. Lanjuinais. ! guerre civile. Placez une tribune au centre du la monde. on vit apparaître une pique por- tant une coupée. il tribune ainsi courrouce et le fait il écumer.le sculpteur en àS. Camille Des- Danton jusqu'à Thiers! Que de figures qui se ressemblent depuis Barrère jusqu'à Barochi>. Maury. Manuel. parfois emiemis.les deux Lameth. Dupont (!<• l'Eure. une insurrection. LamartiiK\ ajoutez ces autres noms.LE PARLKMENTARISMR. peuple tribune! piédestal des patriotisme. République se lèvera. écoute. Talleyrand. savants. juge forlc viruni le qitnn ronspexere. quelques- uns illustres. Martignac. Villéle. les tyrans. regarde. Cazalès. la la couvre môme qu'au 15 mai. le peintre en W. ce n'est une bonne besogne que pour Le peuple se soulevait. libéraux. ayant chacun l'auréole qui propre : Barnave. moulins. Quelquefois bat de son Ilot. Laffitte. la toutes les espèces de génie ont successivement pris parole dans ce lieu la le plus sonore du monde. Chateaul)rian<l. Louis Blanc. il se méprenait sur il un fait. s'irritait.Saint -Just. honmies de loi. Sieyès. : Une voix aimée si s'élevait et disait Arrête. quand on est le peuple. tous fameux. il accourait sur les places publiques avec des grognec'était et des bonds formidables. la La tribune rayonne pour le peuple. Camot. une émeute. Thiei-s. Suivez la hommes si vous pouvez C'est un dénomsérie. deux Davi<l. Cuvier. freins des peuples. Les tribunes sont à et il le sait. artistes. Ledru- Berner. Fontanes. sortait de ce superbe calme où se repose sa ments sourds la force. fut Ce jour-là un jour menaçant. Mais lui. aux quatre coins de le la terre. (jinill-- Jonlan. républicains. Chauvi-lin. . l'avait saisi. Thouret. sur une entrait en colère. Foy. Ganiier-Pagès. silcnt s'arrêtait. monarchistes. Benjamin Constant. l'autorité. L. Boissy d'Anglas salua. Brissot. Royer-Ciillard. Chapelior. sur une mesure. hommes d'État.

gauche dans ces dernières années. cime éblouissante dans les temps paisibles. Des extrémités de l'univers intelligent. ailes ses grandes ouvertes dans l'azur. ce pour les fut la tribune admirable point de repère générations en marche. de traînée de savoir. <( emprunte quelquefois à l'auteur de ce Nous n'avons surgissait à nous en passons et des meilleurs. Pour nous servir d'une expression qu'on livre. la Pologne. de l'aigle appelant le soleil. sonnait comme un clairon de guerre ou comme une trompette de jugement. c'était la terreur de toutes les tyrannies et de tous les fana- tismes. Insistons-y. de sympathie. quand l'heure cri venue. un . de philosophie. Sain. Morellet. c'était l'espoir de tout ce qui est opprimé sous le le ciel. Dufraisse. — Que de ! talents! les que d'aptitudes variées! contre toutes les que de services rendus! quelle erreurs ! lutte de toutes réalités que de cerveaux en travail quelle dépense. l'Archange des Peuples ! Cette tribune. terribles. quand per iimbras. Ce sommet. l'épée flamboyante à la main. de Flotte. PETIT. au profit du progrès. toutes ces héroïques nations l'Italie ! mortes. la Liberté. à partir de Mirabeau. quelque brusque nuit les enveloppait. Versigny. agitant leurs dans leurs sépulcres. Dufaure. un sommet. de conviction. Alors. Emile de Girardin. Farconnet. ! d'éloquence ! que de «haleur fécondante répandue quelle immense lumière ! Et nous ne les nommons pas tous. Pascal Duprat. apparaître. Crémieux. lité il Pelletier. Admonet était magna testatur voce Voix qui tout à coup. le ciel splendide de l'avenir entr'ouvrait. fanal dans l'obscurité des catastrophes. chant du coq annonçant l'aube. un point culminant. un foyer. et l'on voyait.. les vieux despotismes aveuglés et épouvantés- courbaient nuée. Esquiros. Victor Hennequin. la s' Hongrie. Madier de Montjau.. lieu central. dans la sociabi- humaine. le le front dans les ténèbres d'en bas. » même pas signalé cette vaillante légion de jeunes orateurs qui l'Ariége. ils entendaient venir de là une grande et voix qui leur parlait dans l'ombre. de passion. cherchant des glaives et faisait dresser debout. Noël Parfait. d'expérience. Jules Favre. dans la civilisation. Michel de Bourges. Quiconque mettait pied sur ce sommet sentait distinctement les pulsations du grand cœur de . Lamoricière. à cette voix de la France. les peuples fixaient leur regard sur ce faîte où rayonnait l'esprit humain. linceuls. Chauffour.IZiO NAPOLÉON LE Lamennais. Arnaud de Bancel. le y a eu dans de France monde. les pieds sur la front dans les étoiles.

N<.Alsl. .L* TnlRlNE fllA..

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dans cette lui venait m nutj sacrée. plus loin que les mers . telle construction. ouvrier mystérieux qu'on voit les sillons et lançant soir. la vie. à travers l'espace. partaient perpétuellement sortes d'ondes sonores. Souvent on ne savait pourquoi loi. la papauté au delà des Alpes. — et lendemain. peine de mort partout. l'humaHiiO. l'esclavage en Amérique.pounu qu'il fût un H3 âme prandissait lui et homme de bonne volonlé.Lt PARLEMENTARISME. tant qu'il était sur ces quatre planches. la le trône du czar à l'extrémité di- l'Europe. Telle était cette grande tribune parlait du haut do laquelle un homme îles au monde. tressailli. ou un an plus tard. il se sentait. Ce bruit. ou quelque chose Qui avait fait cela? ce bruit qui le s'était évanoui. flot d'immenses oscillations allaient de sentiments et d'idées qui. l'homme qui y le était n'était plus un homme . au delà du peuple. qiiel(|Ue chose d'universel s'emparait de emplissait son esprit comme !• souille emplit la voile. lii. Force sacrée. du Verbe de l'honnnc sortira la société des peuples. la du globe. au hasard. . disaient les esprits stérik>s qui vivent d'ironie.sou en lui et rayonnait au dehors. avec un geste d'empire. au crépuscule. c'était Verbe. de cette tribune. quelque chose tombait sur surgissait. la richesse de l'été prochain. aux confins de remuer ces telle vagues intelligentes qu'on appelle des âmes. ou surface mois après. C'est que la tribune de France avait c'était A de certaines heures un tressaillemeni terre. telle institution chancelait là-bas. n'importe où. ce vent. Du Verbe de Dieu est sortie la création des êtres. de la terre en flot et de peuple en peuple. genre humain pensif. marchant à les grands pas dans dans l'espace. le pain. celte De tribune sans cesse en vibration. plus loin que les fron- tières. au delà de l'assemblée groupée à ses pieds le souvent pleine de tumulte. un tremblement de La tribune de France les paroles dites s'en parlait. l'oreille le tendue et le doigt sur la lojche. sérieux. . . tont ce qui pense ici-bas entrait eu recueillement allaiml dans l'obscurité. et. vent. girracs. la moisson future. assis en cercle et écoutant. vivre de la vie collective des nations il des paroles bonnes pour tous et les hommes. ce vent qui avait passé. il apercevait. peuple attentif. les semences. VI l'ne fois c'était cet monté sur celte tribune. il était plus fort et meilleur. ce le n'i-st — ce n'est que du que du trois bruit.

se glissait entre l'ami et l'ami. et les jette à poignée-. .m Il NAPOLEON LE va. VII Deux grands problèmr's pendent sur et la le monde . créant les idées. entre l'homme et la lui femme. Or deux tri- bunes éclatantes dominaient et la tribune anglaise. s'asseyait au foyer des familles. ses passions. ses rêves. Ces deux nécessites de ea croisl'autre? sance semblaient s'exclure. et à ceux qui . tribune française. au milieu des hommes. Les conquêtes par l'épée. . qui les résolvait? La tribune. vient. c'est le semeur. La tribune. sa main s'ouvre la et se vide. traversait les abordait les passants sur les chemins. c'est la paix. Tout cerveau un homme qui parle. veut? Personne. ses croyances. elle le jetait un principe toutes pièces des limbes et mis au jour. Un mot tombé de dites les épaules. : dans le monde armé de campagne. et lui disait Va ! Le principe conquérant entrait eu i-encontrait les douaniers à sentinelles la frontière et passait malgré les chiens de garde rencontrait les le aux portes des le villes et passait malgré les consignes. la il PETIT. profonde nature s'entrouvre. entre le peuple et le roi. OEuvre sainte et merveilleuse! L'orateur. Comment satisfaire à l'une sans la fois. ses souffrances. faisant les affaires. la : tribune ce n'est -te prend toujours racine quelque part rien. il revient . parcourait les continents. et commencé à Une fois élaborer depuis 18i8 tous tiré les principes qui sont l'absolu social. ses idées. entre le frère et le le frère. manquer à Qui pouvait résoudre les deux problèmes à la tribune. La tribune française avait élaboré dès 89 elle avait tous les principes qui sont l'absolu politique. qui en l'idée. l'abîme en suspens descendent. de fer. entre denumdaient : maître et l'esclave. c'est et et devient une chose. montait sur paquebot. et s'emplit et se vido encore. les rosées brin de folle-avoine frissonne et songe que l'épi de blé lui succédera fait le soleil caché derrière l'horizon aime ce que cet homme et sait que ses rayons ne seront pas perdus. Il prend dans son cœur ses instincts. et c'est la conquête. Vous vous haussez Esprits à cou vue! C'est un avenir qui germe. Les conquêtes par le qui en veut? Tout monde. prenait chemin mers. Les peuples les nations. c'est un monde qui éclôt. la guerre doit disparaître la civilisation conquête doit continuer. lui est sillon. inconnu de le création commence son travail. Les peuples sont des patries. plaine la sombre s'émeut. la S'ont l'humanité.

c'est une planche recouverte de velours c'est a émis sien : : La tribune. \A tout a été dit. fraternité. C'est là ce que il. grâce à cette langue qui est une puissance de la civilisation et de l'humanité. et cette ville cet homme isolé et dans sa perdue au fond des bois ou des steppes.5 qui es-lu ? il nponilait il : ji- suis la Vérité . avec unnieneilleux équilibre. l'esprit pour le progrès universel. entit-r. Louis Bonaparte par nos graïuis • l'a renversée. Turc.tOcrlà. déchirt-e à la i)ointe des bayonnettes. à ceux qui i?. un» pbnche recouverte d'une Il toile sur laquelle on l. Alors. M. Son oncle . avant un quart de siècle peut-être on eut . et par son seul rayonnement. le Turc moins plus Italien. certaines nationalités s'affaiblissaient. mais il n'y avait pas de traités et de 1815 pour frontière morale. La frontière morale reculait sans cesse et allait s'élargissaiit de jour en jour. Sous de ces courants. un courant de s'établissait. s'assimi- nations. VIII Oui. égaillé. prodigieuse le turbine d'idées.langue française. fraïK^ais. et d'assez de voyelles pour être prononcée par les peuples du Midi. avait lui émis un aphorisme le lit : Le trône. gigantesque appareil de civilisation. Cette puissance créée il nfaniements révolutionnaires.mu-. Désormais entre Paris. et c'était mieux qu'une province. Le sauvage se sentait moins sauvage. rielli- La frontière malé- (le la France la était ce qu'elle pouvait. certaines se le fortifiaient et se relevaient. et Hongrois plus Hongrois. <t dégageant. au milieu delhuma- une quantité énorme de lumière.f. Uonspirte a supprimé. Grâce à cette admirabK. pensée et d'amour ce peuple courbé sous l'influence le joug. broyée. foulée aux pieds des chevaux. solitude.LK p\hi. et l'égalité.mknt. dit : le monde français comme on a dit le monde romain. écrasée. a jeté la planche et la toile. l'Italien Lentement lait les par degn's. et la KoliiaLs. celui qui ques- tendait la main. cette haute tribune centrale de Paris conquérait les peuples et les faisait France. élevant perpétuellement niveau des intelligences dans l'univers nité. et c'était une intelli- gence annexée. et domandaiont l'avait : d'où viens-tu? tionné lui répondait : je viens de France.mk. le Russe m»ins Russe. et la rire liberté. au fini d'au bivouac. d'assez de consonnes pour être prononcée par les peuples du Nord. Ln éclat de d«5 un peu du fumée. métropole. cette tribune. l'a brisée. peu à peu. composée par la Provi- dence. friitcrnilô. voilà ce que faisait pour France la tribune. . la Voilà ce qu'était.

C'est bien le moins. vous donc le parlementarisme? » Tirez-vous de là. C'est rare. marie de l'hôtel lui de Rambouillet à l'odeur de tous les deux. : mesdames. Bonaparte Louis c'est du « parlementa- risme » Que dites-vous de parlementarisme ? Parlementarisme me risme est une perle. en temps un barbarisme. c'est un crime de famille. le quand on ne peut pas dire deux mots de suite. Lui aussi est un semeur des niais. De sien vaut mieux. on n'est pas un barbare pour ne pas semer de temps . qu'il avait apporté à France pour remplacer cette gloire. quand on que ! est bègue de parole dit et d'intelligence. la tribune ? s'écrie M. choses : La tribune rieure. attenter à la tribune. c'était s'est de non de l'ignominie. proscrit tant de citoyens. Louis Bonaparte a supprimé La France enseignait le peuples. Nous voterons pour monsieur de Montalembert ? . ait Vous hasardez thnide observation « Il fâcheux qu'on ruiné tant de familles. PETIT. il Pour couper de Cicéron et clouer ses deux mains sur les rostres. quand on ne harangue que cahier à la main. 11 se gratte l'oreille. L'oncle avait « les cela germe dans la cervelle idéologues ». que ça. bavard! Qu'est-ce . le plaît. sourit. et les conquérait par le l'amour. Cet académicien de coups Au fait. c'est même fort simple.. Montfaucon. la tribune. Il Louis Bonaparte ne ridiculiser. Parlementarisme est le une trouvaille. homme il sort de morgue. déporté tant d'hommes. oui. Du reste. cet honune a les mains fumantes comme un boucher. a souillé sur la gloire et l'a éteinte. n'est-ce pas.. C'est pas contenté de renverser a voulu la un effort comme un autre. le neveu a cette « les parlementaristes ». versé tant de sang. creusé tant de fosses. s'est-il passé ainsi? Une telle chose la tête ait a-t-elle pu sei voir? Mon Dieu. les une gloire. mais du moins ce la gloire. qu'on se moque un peu de Mira: beau! Le général Ratapoil c'est au général Foy Tais-toi. empli tant de civières. Comment donc! mais faut encourager la néologie! Cet la homme comme sort du charnier. pour la France trois un moyeu d'initiation exté- un procédé de gouvernement l'initiation. Je donne ma cet voix à M. regrettez )> — Ah « ça! réplique une grosse voix qui a l'accent hollandais. Voilà d'État fait des mots. et invente des vocables l'esprit Julie d'Angennes. intérieur. certains souffles ont cette propriété. Louis Bonaparte pour il premier fauteuil vacant à l'Institut. suffit d'une brute qui un couperet et d'une autre brute qui était ait des clous et uu marteau. Cela répond à est peut-être tout. Le premier Bonala parte l'avait déjà commis. Parlementa- dictionnaire enrichi. à quoi bon? lia supprimé 11 mode de gouvernement.i/iG NAPOLEON Est-ce vrai? Est-ce possible? Cela LF.

la » c'ost-à-dirc la garantie dos citoyens. « la vie. de ce qui parlait. de ce qui créait. d'être une nation un foyer lumineux. loot.aiid peuple. La France vote Louis- Napoléon. d'être un g. Soyez fiers. l:i civilisa- Aujourd'hui plus de tapage. ce n'est pas cher. disparu. fait la serrure de sûreté la solidité du du de savoir ce qu'on la liberté de votre argent. de ceinture? Faites dos affaires. Aujourd'hui c'est fait. plus de vacarme. Lue forêt vierge commence à croître entre la pont de la Concorde et la place Bourgogne. de ce qui Français! brillait. les l'initiative fortes nvrurs des peuples libres. point d'appui de la pro- priété. publique. . 147 IX Donc 1 le parlemoniarisnic. ces messieurs d'État ont fait la chose au rabais. goherg<'Z-vous. le st-uat. contemple Louis- Napolfon. d.LE l'ARLEMKMARISME. » tout cela n'est plus. engraisse Louis-Napoléon. la liberté individuelle. plus de parlago. le mouvement. la clarté dans k'S recettes et coffre-fort public. prenez du ventre il n'est plus question d'être libre. porto Louis-Napoléon. admire LouLs-Napoléin et en demeure stupide. Le orps législatif. L'herbe pousse au palais le la Bourbon. la dignité de la nation. Français! Vous n'êtes plus rien. évanoui! Et cette n'a coûté à la France délivrance que quelque chose comme vingt-cinq du coup millions partagés entre douze ou quinze sauveurs et quarante mille francs d'eau-<le-vic par bri- gade ! VrainK'nt. Et les résultats de chose! Savez-vous bien que Messieurs tels et tels ont gagné des maisons de fer ville et des maisons di-s champs rien que sur chemin de . On distingue dans broussaille les guérite d'un factionnaire. Effacé. de ce qui rayonnait dans ce grand peuple. Le but de tioD est att'int. d'être un puissant peuple. le crédit. la liberté de conscience. contrôle de l'impôt. des cultes. la le libortt'" de discussion. lire h* conseil d'état sont le des bouches cousues. l'éclat de la France. 1^ corps législatif épanche son urne dans roseaux et coule au pied de cette guérite avec un doux murmure œuvre le Aujourd'hui c'est terminé. Levez la tête. On n'a plus à craindre fait de un beau discours matin en s'éveil- C'en est de ce qui pensait. anéanti. contre-poids à l'arbitraire. c'est parfait. c'est complet. Le grand la est accompli. la sécurité le de chacun. de ce qui méditait. liberté de la presse. le droit dans les dépenses. le recoui-s contre les confiscations et les spoliations.parlentontarisme. Voilà un succès. la France n'y voit plus clair.

l'autre le génie. du monde. l'autre le fait. Ce sera encore un vacarme de moins. qui fécondaient. : En tons-le en chœur plus de parlementarisme. Il tient dans sa main votre intelligence il comme un enfant tient un oiseau. Au de toutes étaient ces grandes voix qui dialoguaient pour l'enseignement l'une l'idée. plus de tribune. et C(?t est tout. . l'autre l'espérance. l'autre la science. Hosanna! répond M. répélieu génie de France. M.IIS MAPOLÉON LE homme la PETIT. qui consolaient. Le jour où lui plaira. l'autre la justice. Parisis. qui encourageaient. qui instrui- saient. au lieu de toutes ces voix sulilimes. l'autre la foi. il donnera le coup de pouce au attendant. Sibour. qui charmaient. qu'est-ce qu'on entend dans cette nuit noire qui couvre la France? Le bruit d'un éperon qui sonne et d'un sabre qui traîne sur Alléluia! dit le pavé. qui l'autre le droit. qui rassuraient. l'autre la gloire.

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tout cela est adopté. — - Accepté! adopté! légitimé! couvert! absous! parcjuoi' Par un vote.LIVRE SIXIEME L'ABSOLUTION PREMIÈRE FORME DE L'ABSOLUTION : LES 7. <>(»(> oui. Quel vote? — — Les sept millions cinq cent mille voix! En effet.000 VOIX On nous dit Vous n'y songez pas tous ces faits que vous appelez crimes «cm désormais des « faits accomi)lis ». et par conséquent respectables tout cela : ! .ulons-en. tout cela est légitime.st absous. et vole. l'. est accepte. Il y a eu plébiscite.500. tout cela est couvert. —. tout cela e. oOO. . et 7.

à moitié endormis. ils bols. parqués la nuit. J'entends que ceci à chacun une On va vous mettre Le ventre contre 1 plume dans la main. et. Si quella » <i qu'un bouge ou parle.. Les poches vidées. fouille leurs poches. i' sans dire un mot. III M. que vous me « concédez de votre plein gré. Pour qu'un scrutin politique soit valable.. terrilics.- . la face le dans la boue. Ra]vpelons quelques principes. Vous étendrez bras droit. de ne pas souffler jeter un cri. vous êtes Les voyageurs étendent Cela fait . surpris au milieu de à l'improviste et sans armes. force leurs malles et leur prend tout ce qu'ils ont de précieux. le Le brigand. » gueule de mon pistolet. il k'ur ilil : — Maintenant. le Le5 autres obéissent et se couchent sur pêle-mêle avec les pavé. le afin de me mettre en règle avecla justice. Louis Bonaparte est président do cette diligence. mais sont séparés. pendant que ses complices leur tiennent et le pistolet pied sur les reins sur la tempe. sans quitter l'attitude où vous êtes. u sans faire un geste. morts et pareils aux morts. de ne pas un mot et de se coucher résistent. muets. immobiles. saisis dans des compartiments. désunis. le bras et signent. il la face contre terre. j'aiécritsur un ai pris a papier que vous reconnaissez que tout ce que je vous m'appartenait et soit votre avis.. la tête et dit : le brigand relève — J'ai sept millions cinq cent mille voix. Quelques-uns leur bride la cervelle.. . Le brigand leur ordonne de descendre. i4 faut trois conditions absolue. II Un brigand Il arrête une diligence au coin d'un bande déterminée. < les malles pillées... est à la tête d'une Les voyageurs sont plus nombreux. et vous signerez tous ce papier. Du reste. le coup d'État fini.152 NAPOLi:ON LE PETIT. voici libres. terre.

.lbE.NCB.I. \ lill.

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« « " colonel disait en se frottant les mains — di. il faudrait le dire de tous les départements. du lieutenant-colonel. écoutons l'armée parler elle- même. le vote soit libri'. Parent fils. bataillon « «1 des officiers di. le • les tambours et les soldats. cl ce que nous disons du le Loiret et de l'Yonne. près Saint-Maur. Lille. Premièrement. oui Il des charges d'âne de bulletins ". suppléant du juge de paix du canton de Bouchain. Les maires. s'approche de la » qu. Nous citer telle com- mune de l'Yonne où. nous disait un témoin oculaire. scrutin est nul. 2 décembre. les remettaient aux paysans.L'ABSOLUTION. que que que vote 153 preiiiionMiieat. Les sous-olTiciers. sur cinq cents chefs de famille. étaient appelés par " fourrier. sur six cent trente- neuf chefs de famille. descendit sur cette place à la citadelle. troisièiiiemcnt. Dans les villages de tel département on apportait à « porte des mairies. voter. cieiixi(''iiiement. du chef de et. est du vote de l'armée. dans le la grande place de . Qu'est-il si les trois à la fois font défaut l Appliquons ces règles. les cent quarantiMleux échappés ont voté oui. nous venons de liberté par le dire. quatre cent trente ont été arrêtés. placés par rang de contrôle. c'était la Lambessa. Le neveu du représentant Aubry (du Nord) ayant vu distribuer par /es agents du préfet des bulletins oui. la liberté du vote du 20 décembre. Si l'une de ces trois condiiionsjiianque. le vote fut un appel. nous avons exprimé cette pourrions nous voté se recueille il une image frappante d'évidence.la : compagnie. son nom : était inscrit par le sergent-major. en présence et du colonel. pour avoir engagé des habitants d'Avesne-le-Sec à voter non. cela va . Que Quelle a été le vote soit libre. des gendarmes enthousiastes décla- raient que celui qui voterait non ne coucherait pas dans son lit.ind un caporal compagnie laqur-lle j'appartiens d«-' table où était le sergent-major el le prie lui céder la . une partie a volé dans sa propre cause. Quant à la liberté même de ce vote des soldats. les caporaux.i conune sur des roulettes. au fur et à mesure que chaque homme Le appelé répondait Prheni. Noiri ce qu'écrit : un soldai du <)' de Jigne. chaque village. chaque hameau a son dénonciateur. lendemain et y distribua des bulletins non il fui arrêté et mis Pour ce qui Lo reste a suivi. commandé par le colonel (iarderens de lioisse " — Pour la troupe. Nous dispenser et d'y rien ajouter. Depuis .la Ma foi. Que chacun de ceux qui pourrions ont se demande sous dans la quelle puissance morale et matérielle a déposé son bulletin boite. c'était c'était la prison. le soit éclairé. chaque ville a sa nuée d'espions chaque bourg. flanqués des gardes champêtres. fallait A Savigny. Voter non. La gendarmerie a écroué à la maison d'arrêt de Valenciennes M. le reste a voté oui. telle commune du Loiret où. le le chiffre soit sincère. l'exil. quatre cent quatreviiigt-dix-sept ont été arrêtés ou expulsés. njcssieurs.

afin qu'il puisse inscrire \a: vei « « lui-même son nom sur le registre Non qui qui devait rester en blanc. Hors de ces axiomes. soi. la presse. voyons M. vous avez la pression des fonction- naires de tout ordre. l'incendie de la destruola maison de votre père. » vous que (I je voulais pousser. La liberté de le vole soit éclairL : Voici qui est élémentaire la là où il n'y a pas liberté de la presse. la nation. commerciaux. cà vous qui êtes porté pour fourrier et « allez nommé faites la première vacance. tout est nul de : Maintenant. obéi à ces axiomes? A-t-il rempli ces contlitions de presse libre. la comme corollaires nécessaires la liberté les libertés de réunion. douaniers. se laissa inscrire comme tous les « autres. militaires.^^^P0LE0N plume. Ajoutez. Nullité radicale de tout scrutin en l'absence de la liberté de la presse. l'initiative. municipaux.. Voter. approfondir les le innombrables détails de cette immense extorsion de signatures qu'on appelle vote du 20 décembre. Que pas de vote.. politiques. civils. ecclésiastiques. Multipliez ce colonel par six cent mille. le paysan. voter. de s'éclairer avant de voter. « — Comment! être s'écrie le colonel. faudrait un volume spécial pour raconter.. on » pense bien. dans son scrutin du 20 décembre. administratifs. et cela en présence ce refus que vous en ce moment n'était qu'un acte d'insubordination. morale do l'abattoir. par par la parole. et agitant deux épouvantes à exposer et la fois. l'intelligence et la vie le La France a été à ce vote comme troupeau va à Passons. toutes qu'engendre préexistant à tout. Deuxièmement. la liberté le droit. judiciaires. l'anéantissement de la société tout entière ! Vous tendez main à la crapule! Comment! X. Mais vous la ne savez donc pas. vous désobéissez formellement à de votre compagnie! Encore si u « « « « " votre colonel. par la discussion. liberté de colportage. Ceci est la garantie expresse et la condition d'être suffrage universel. les Se figure-t-on un pilote aveugle au gouvernail? juge oreilles les bouchées et les yeux crevés? Liberté donc. et le gouvernement pesant par les la fantasmagorie sur les faibles par 11 la dictature sur récalcitrants. scolaires. comme nous l'avons déjà indiqué plus haut. la fausse jacquerie communiste et le réel terro- risme bonapartiste. consulaires. Bonaparte. Pour qu'une chose soit faite valablement. a-1-il Ce sont là des axiomes. malheureux. que par votre vote vous réclamez tion de l'armée. de réunions . sur le soldat. vous venez aujourd'hui m'avouer tout cela? le Le pauvre diable. faite il du faut qu'elle soit sciemment. c'est gouverner. Se figure-t-on liberté le c'est juger. il n'y a pas d'acte. la il n'y a presse est condition sine qua non du suffrage fait universel. par bourgeois et le toute la France. par l'enquête. Le 20 décembre a terrassé l'honneur. La liberté de la presse entraîne d'alTichage. de s'éclairer par tous moyens. Où il n'y a pas de flambeau.

après tout et quoi qu'on fasse. déporté. vous supprimez les révélations. cette turpitude qu'on nomme » le plé- du 20 décembre Comment la question a-t-elle été posée? y a-t-il eu le clioix possible? A-t-on. « la France offert cela? » aura ». offert qu'illustre cette grande âme. Les paysans ont voté oui. de paix universelle et du bien-être uni- versel. d'emiuète libre? Lu iiiiiiu'iise éclat de rire répond. expulsé. la république sans dictature. comme la . contre lu Répu- blique. Ainsi vous êtes force vous-niôine d'en convenir suiïrage uuiverscl ! c'est connue cela (ju'on a usé du II » ! Quoi je ne sais rien de ce qui s'est passé ! On a tué.LAllSOLLTION. assassiné. (lo tril)ui)e libre. lui. est le peuple. l'auteur de ce livre. Ilonaparli- deuxième candidat. d'afllcliagi' libre. iiièine a l'Llysée. rotiz oui. et vous me faites voter ! Quoi! dans la nuit la plus profonde! Quoi! à tâtons! Quoi! la vous sortez brus- quement de l'ombre un sabre à lez cela main. lu la républiiiue de concorde. LitUralure el l'hiiisopt^ie nufUei. celte république qui est l'avenir évident et irrésistible du monde civilisé. Et puis éclairons biscite une autre face de ». . et vous me dites : vote! et vous appe- un scrutin ! I Certes un scrutin « libre et spontané ». de science et de liberté. et je et Mon maire mon curé me ! disent : Ces gens qu'on emmène un de cordes. cette républii|ue qui. la republique initiatrice des peuples et libératrice des nationalités. village. l'a dit ailleurs' demain et après-demain l'Europe »? A-t-on prési-nti- Non! Voici comment M. vous étouffez vous en)pëcliez la vérité de m'arriver. c'est-à-dire le souverain. espèce : Toutes les roueries ont travaillé à ce vote. de colportage 157 libivs. humilité. M. Bonaparte a : chose : Il y a eu à ce scrutin deux candidats l'abline. mitraillé. et c'était bien moins que dût il faire un homme de coup d'État dans un si étrange scrutin que celui où i)arti la [)orte remettait tout en question. premier candidat. qui a-t-on offert celte république vraie devant laquelle s'évanouit toute monarchie conune la nuit devant le jour. c'est disait à ses paysans Si vous pour lu République . le je cultive coin de terre au fond d'une province. Admirez l'adresse de l'hoimne un peu son affaire. la MM. torturé. duchesse d'Orléans? A-t-on au peuple. a-t-on ouvert à chaipie été par où son principe pouvait entrer? A-t-il et vers l'antique permis aux légitimistes de se tourner vers leur prince exilé fleurs honneur des cette faniillu de lys? A-t il été permis les aux orléanistes de se tourner vers services de proscrite e qu'honorent et vaillants deux soldats. disent les feuilles du coup dÉiat. si vous vole: non. libre. la république du suffrage universel. — — qui lui madame n'est pas un parti. In maire de c'est d'Escobar sauvageon poussé en plein champ. . s'est donné pour vis-à-vis dans cette qui? <. ce sont des repris de justice Je suis un paysan. égorgé. de Joinville d'Aumale. M. exilé. <H30. et je l'ignore! l'entrevois à peine liés ! On a sé<|uestré. journal. et La France a eu Donaparte le choix.

et de cette façon. jolies créoles qui font ressortir leur beauté au moyen de quelque elTroyable hottentote. M. qu'il estSolon. la République despotat. sur dix millions de votants. l'alpha du droit. usurpateur. un épouvantail. ta la belle. Bonaparte a la bonté d'appeler le suffrage universel a voté. qu'il n'y a plus rien. non-seulement mon dessaisissement. effrayé par conséquent enfant. tu vas don- ner un maître. du reste. et : a dit au volant effaré Il n'y a de possible que ceci ou moi. . Disons pourtant que. tion s'est donné pour concurrent dans cette élecet un fantôme. M. C'est il son triomphe. tes enfants massacrés. Bonaparte. la France le pachalik. cette sanction. Après tout. la Drée. dit vous. pour frapper de nullité ce scrutin monstrueux toutes les nullités n'y étaient pas déjà amoncelées. là. ci le paysan ignorant là et par con- séquent enfant. ta femme violée. qu'il est Numa. dit comme dit M. le législateur unique. l'abaissement.158 NAPOLÉON LE PETIT. l'espion. comme on voit. ta munisme. autrui. tu vas devenir Haïti! Quelle abomi- vote du 20 décembre. comme on voit. sur lesquelles. ce qui. les chaînes sur toutes les mains. ont préféré M. Bonaparte Croquemitaine. mais l'abdication pour dix années des générations nouvelles du suffrage universel sur lesquelles je n'ai aucun droit. l'omnipotence et l'omnLscience On a fait de cet homme le constià vous! tuant suprême. qu'il est Lycurgue! On a ! — ! ! incarné en lui le peuple. choisis! 11 a dit Choisis entre la belle et la bête. La République? encore moins. de Théramène. de Joinville? Non. Donc. M. grange vache volée. Voté quoi? La dictature. — silence. Bonaparte. l'autocratie. la loi! et pour dix ans ! Quoi ! voter. ton vin toi-même mangé tout vif par cette grande gueule béante que Choisis. âme de tout On a donné à un homme. terre. moi citoyen. c'est ma ta — Pas de milieu! bu par tu vois La société par maison brûlée. attendu que tu es nable dérision Voilà le ! France. entassées et amalgamées! Quoi! c'est cela que vous faire ! me le fahes Vous me ! faites voter ! que tout dhes la : est fini. l'ogre du Petit Poucet. cette absolution. la bête. suffirait vous me forcez d'usurper. la servitude. librement. ton champ confisqué. l'état. le dragon de l'Apocalypse. de Morny. mille auraient encore paraît que cinq cent mieux aimé Croquemitaine. l'oméga du pouvoir On a décrété qu'il est Minos. ce que M. ont eu grand serpent mer du Constitutionnel que actionnaires la bonne grâce de lui prêter. sciemment. ma déchéance et mon abdication. comme M. une vision. M. comme ces M. c'est lecomdictature. la peur. le la le vampire de de Porte-Saint-Martin. soit si en passant. Aidé fait d'un Ruggieri quelconque. et Le bourgeois. Bonaparte a sur ce monstre en carton un : effet de feu de Bengale rouge. Choisis! pillée. le scellé sur toutes les bouches. Tarasque. le Gra-ouUi. que peuple te est un nègre Quoi vous me Attendu que tu es souverain. ou moi empereur! Moi ou Croqueraitaine. Bonaparte n'a eu que sept miUions cinq cent mille voix. de Chambord? Non. la nation. un socialisme de Nuremberg avec des dents et de la griffes une braise dans l'hydre les les yeux.

la Pourquoi 7. Labillc chez rion M. Thi- de . rappi-lor tout ce que nous venons de était le ou de raconter. ce vote est le bouclier des consciences d. qui lions. on l'a gardien d'une constitution l'a on détruite. on a répandu le sang de . pourtant la base unique. on a dép«>nsé en quatre journées quarante mille francs d'eau-de-vie par brigade. Personne ne refusait à M. Que Jailmire ce chiflVe lard : If i/ti/J'rf soil sinaW.'shonorées. été trompé dans mes espérances. Drbaerque lui.populi. Je comptais sur runanimitc Coup Quoi! on a fait d'iitat. dans une semaine peut-être. . clu'z lui. quand tout ce que nous voyons en ce niomen.M. évéques. voyager n-présentanls du peuple dans les voile on a tinpli Mazas.. vous ôtes modeste. M. 15J Vraiment. l'eût fait le 2 décembre. signe sacré et vénérable de la on a donné à tel colonel le que nous pourrions nommer cent mille francs pour fouler aux pieds devoir. vus Dti. Savez-vous pourcjUGi? Parce que je le trouve humble. Ce vote est l'excuse des lâches . magistrats. ne fût-ce ({u'une minute. on a tures cellulaires. lui. on a militaire. mesure. toutes les forfaitures. voj. fait on de était l'agent d'une a. runi(|ue point d'appui. la la consigne un poignard pour tuer l'honneur la on s'est servi du drapeau de la France pour essuyer de fait boue et les de honte. dr Couvercelle chez lui.000. on a fusillé on ne sait où on ne commis force meurtres dont on a la modestie de n'axnierque cent quatrevingt-onzc. Bonaparte bonne cela. à cet infâme seml>lanl de vote qu'on appelle mille le scrutin des sept millions cinq cent C'est là voix.Mont-Valérien et Sainte- Pélagie d'hommes inviolables. boulevards et ailleurs. l'honneur de le " discuter. chez lui. on aura quelque honte d'avoir fait. — Ça un vote Il ! ça un scrutin! on dessus. Généraux. l'unique rempart de ce pouvoir prodigieux de M. et à cha<iue soldat dix francs par jour. lui. réfugient derrit^re ce vote leur ignominie.L'ABSOLUTION. toutes les prévarications. La France a parlé. on a et prêté un semient et l'on s'est parjuré.ssembltic souveraine militaire on l'a violemment brisée.la Banque le lapis franc de Itclval l'I-^lysée. toutes k's complicités. à travers le brouil- du i" janvier. M. et on a dit aux amis : Prenez! On a tué M. on a mis les poucettesaux généraux d'Afrique. ou était le serviteur d'une république et on et trahie. disent-ils. Monpelas chez les M.000? C'est peu. J'admire ce chiffre. Troisièmement. dû faire bon effet. M. . dans un mois. sur le portail di- Notre-Dami'. droit le législateur revôtu de celte écharpe. a 7. quoi! on a changé les fossés des arbres du boulevard en cuvettes pleines de sang. se sera évanoui. tout est couvert par et l'on passe. on a arquebuse à bout portant sur la barricade du loi .' un scrutin. dans un an. le sullVage universel a voté. Après ce qu'il avait Vraiment. dans peu de temps d'ici. il avait droit à mieux que chicané? Qui l'empêchait de mettre huit millions. Bonaparte.")00.Montauban chez on a massacre sur sait qui. on a couvert de l'or di. Vincennes. crach». dix milj'ai un chiffre rond? Quant à moi. en lettres d'or de trois pieds de haut.500. Adde choz lui.

Gens du coup d'État. on s'est donné toutes ces peines. qu'importe! nous vous accordons tout et nous vous contestons tout. IV Nous le le déclarons donc . Est-ce à dire que nous prétendions que personne n'a réellement volé pour M. . vous êtes tous un peu grecs. : quand on demande à la nation ! Êtes-vous contente? on n'obtient que sept millions cinq cent mille oui — Vraiment. D'autres font lui fait l'empire. vous l'affu-mez. vert et une livrée bleuet or au sénat. avouez-le. ordonne à M.s donc que sauvages delà mer du Sud appelaient l'ii'onie Français oui-oui? Parlons sérieusement. met main sur son cœur. prince. un accès de franchise. Les sept millions. dix millions. on a fait toutes ces choses. Qui a contrôlé? a additionné? Maupas. et a volé à chacun son vote. ce n'est pas payé. la rouerie a contrôlé. vous comptez trop de votes. vous le jurez. huit millions. dix-huit jours après la M. fait endosser législatif. bleu et argent au corps la or à son cocher. renfant avec celui de mère et mêlé à tout cela le vin de Champagne des genet. déclare « qu'il est le produit du « suffrage universel ». Dans votre bilan du 2 décembre. Entendons-nous pourtant. la platitude a scruté. Car pèse dans ces matières tragiques. et que sa légitimité » est sortie de l'urne du scrutin. purement et simplement.1G0 NAPOLEON LE la PETIT. la vénalité a vérifié. trois millions les de bouches ont répondu non les Qui est-ce qui disait \(. personne ne croit à vos sept millions cinq cent mille voix.000! Qu'est-ce que c'est que ce chiffre -là? D'où vient-il? D'où sort-il? Que voulez-vous que nous en fassions? Sept millions. Bonaparte? Que personne n'a volontairement librement et sciemment accepté cet dit oui? Que personne n'a homme ? . Sibour de remercier Jupiter. C'est-à-dire que bassesse a compté. vous trichez. Cette urne est un gobelet.500. vous les avez. 7. plus les cinq cent mille l'appoint. le Bien. pour des espiègleries de ce genre. Piétri. et le mène au poste. M. Tous les jours. — et pas assez de cadavres. « Dévouez-vous donc à sauver une société » ! ingratitude des peuples ! ! En vérité. Bonaparte monte au Capitule. la 20 décembre 1851. darmes. Tenez. nous le déclarons le 2. Qui a proclamé? Vous. \ mouchoir. mensonge a proclamé. Quia la vérifié? Troplong. mais qui prouve? Qui Qui a compté? Baroche. Sur ce. Bonaparte a fourré main le dans conscience de chacun. un sergent de ille prend un homme au collet. le faux a additionné. Qui a scruté? Rouher. la somme le plus vous le dites.

i le >-rriiti.Le prend riez-vous pour garçon de caisse? Non. les anhiiliacres. les douze cont parxsites du budget.I TION. el l'intellect bourgeois en particulier. MM. comme on dit. lesquels prient eu ces termes mon Dieu! faites hausser les actions- de Lyon! Doux seigneur Jésus. premier venu. Bonaparte a ou pour niill<' lui la tourbe des fonctionnaires. ci'rles! Et c'est |. depuis marchand jusqu'à l'agent change. MM. les compromis. MM. les bedeaux. le-. jardin fermé. troisième catégorie.i. MM. jr cric cenl fois les un' mes cUon:i. l'intelligence humaine. ont de singulières énigmes. les évéques. diacres et sous-diacres. pour qu'on les nilfiidr iiiir fois — . » les sacristains. les chanoines. les corronlpus. Nous depuis (!<• le savons et nous n'avons nul désir de le petit le cacher : le boutiquier jusqu'au banquier. daign( petit un œil favorable sur et ! mon commerce situé au coin de la la rue Tire- chappe aille de la rue Quincampoix! Tour ilivuire. a eu pour lui rure<.. étoile de jeter la mer. Bonaparte a eu pour éviVjues qui se signent en Veuillot et en Montalembert. aires.I. deuxième catégorie. qu'une clef mie en mains sûres. lui ne faisons nulle d'en convenir. les prélH'ndiers. et à leur suite. masse notable. M. lui : et voici le dialogue que vous auriez pu échanger avec — Vous avez — Oui. mère de Dieu. et tous ces hommes gieux. \ii MM. \j)\n lie là.iux. Bonaparte le : première fonctionnaire. i'S canliii. vollairien-propriétaire-industriel religieux.^8. qu'un di-pAt fidélemenl gardi'. MM. Le vote consommé. insislons-y. les crétins. ont voté. Disons-le.'AIISOI. niais. MM. les marguilliers. les suisses MM. Oui. le-. . dit Isjiie. après le 2 di-cembre. doublez mes loyei-s! Sainte Marie. faites-moi gagner vingl-ciurj Naples-certilicats-Rothschild ! pour cent sur mon Saints apôtres. nous tous ces reli- de paroisse difllculté et les hommes religieux ». le le et incontestablement pour M. c'est-àI <lin' bon nombre de ces hommes qui savent ce que c'est qu'une confiance ien placée. race précieuse. ne nous lassons pas . vendez mes vins! Bienheureux martyrs. et leurs tenants et aboutissants. MM. - nommé Louis Bonaparte président de la Mepublique'? -. Bonaparte. bon nombre d'hommes de commerce et d'inilustrie en France. faites que bouticjueden face mal On( volé réellement catégorie. au hasard. Il K-s habilla. MM. M. — répétons-le. vous auriez accosté le un de ces hommes de négoce. z Vierge immaculée. pour M. liortus conclunm. ancienne. MM. mais fort accrue et recrutée depuis : les terreurs propriétaires de 18.

fini. qui jugent. rues. ])ien et le mal. . Soit. faisons une concession à M. L'homme. qui commandent. le il coup d'État eu conclut? en conclut? il n'en demande pas davantage. qui régnent. qui a teurs. aparlé qui a voulu c*est le chiffre Baroche qui a compté. les pieds dans le sang jusqu'aux genoux. dont se font un litre d'autorité et un diplôme de gouvernement ces hommes qui tiennent la France aujourd'hui. et dans les . res- ponsable dans l'autre. Nous accordons tout Après? Qu'est-ce que se frotte les mains. Louis . que tout est « qu'où n'a plus rien à dire. VI U Il faut d'abord. trahir est mal. cela lui sulïlt. y a deux choses dans ce monde. ce n'est 11 que le côté matériel de la ques- reste le côté moral de la question. pour satisfaire toutes ses fantaisies. Guinard . pour dévorer ce qui se présente quand il . a faim. Plus de il du 20 décembre réunions a été libre. pour écraser ce qui est brin d'herbe ou parole jurée. Il f. Félix Pyat . me Nous vous l'expliquerons plus loin . sur boulevards . et pour en chicanes. tous les jour- naux ont imprimé ce qui leur a plu. Examinons-le. monsieur Bonaparte. c'csl là le scrutin. y a donc un côté moral? Mais oui. il libre. Son scrutin finir. le du 2 décembre. ce n'est pas . est un être pensant. qui administrent. c'est là le plébiscite. que tout est clos. Blanc . le chiffre sincère. Le vote tion. une neige de bulletins blancs. là pour se mouvoir au lui hasard de ses appétits. 1C2 NAPOLEON LE PETIT. Etienne Ara go sont Albert. Barbés. Barème. les passants de Paris ont balayé du pied. Blanqui Gent ont ce eux-mêmes Ce qu'il qui ont proclamé les sept millions cela. Par qui? direz-vous. mais poursuivons. Raspail Caussidière et .' et c'est là précisément le vrai côté.iut qu'on vous le révèle : mentir n'est pas bien. apprenez cette nouveauté. que vous sachiez un peu ce que c'est (jue la conscience humaine. sachez encore cette particularité. Chose étrange et qui vous surprendra. qui dominent. devant quand il marche. à l'ombre duquel s'abritent. c'est là le décret souve- rain du (( suffrage universel ». qu'il est Halte-là! absous ». Maintenant. contraire? des calomniales on a ouvert les électorales. cela est défendu.. il cinq cent mille voix. libre dans ce monde. assassiner est pire. les mains dans l'or jusqu'aux coudes. il n'est pas fait uniquement pour jouir. qu'on appelle h. grand côté de cette question prince. Bonaparte. c'est là le vole. rouges est sincère. conclut que c'est bien. jaunes. Thoré été Ledru-RoUin scrutateurs . dit a été éclairé le . bleus. Cela a beau être utile. les murs ont disparu sous les affiches.

n'est pas permis de supprimer la gloire et la ])ensve d'un peupU'. de renverser la tribune centrale du monde civilisé. on ne sait plus où. passage JoulTroy. des enfants auxquels fisque sa liberté. Je continue est ai. plaisir. sa proie. de les casi-mates. tenir. de mitrailler Paris. du peuple auquel on conson point d'appui. des ftimilles auxquelles on arrache on ôte leur pain. on ne plus à propos de quoi. et n'est pas permis de faire un sernienl qu'on n'a pas l'intçntion de il pour passer do douze cent mille francs à douze millions. Cela est défendu. de la fils. de ce que cet autre aura été as. qu'il pleuvait. blancs à ses laquais . devant huit lettres : ou neuf cents imbéciles qui vous ont cru. seront d'honnêtes gens qui auront leur devoir c'est à ces choses-là qu'on s'arrêtera! Comment le ! on a des besoins. — ici vous vous révoltez. ne serait pas de permis de dédaigner ces vacarmes. Certes. Patience. son un beau con- server faubourg SaiiU-Ilonoré. pour arriver à ce grand résultat. connne arri>e un moment où l'indiscrétion publique m- .réal)lede faire de vous faire pénétrer dans ce mystère singulier. de ce que cet autre aura été tué à coups de bayonnette. de pavés. qu'on fusille. on a prosait noncé. on en tire ce qu'on on en donne à et. de déporter dix mille |)ersonnes et d'en proscrire quarante mille. et je le Vous le saurez tout à l'heure. s<'s la poche de tout le monde s'ouvre. n'est pas ]H»rmis de briser la constitution et les lois de son pays. de ce que cet autre aura été écrasé à coups faire fusiller. les lois. et d'aller tout naturellement là ! où l'on voit sa fortune. de laisser « vociférer » tous ces gens-là. qu'il faisait très froid. marcher sur l'obstacle. Par qui? me répéierez-vous. pour passer de zéro par an à douze cent I. dans une salle mal éclairée. et de ce que tous ces honmies qu'on ruine. de ce que celui-là pourrira dans les ce que cet autre crèvera à Cayenne. on en use. vous qui ne voyez devant vous personne qui vous défende Quoi cftté ! rien. de ce que ceux-là seront exilés. sa fortune. qui pourrissent fait qui crèvent en Afrique. et de l'autre côté les jérémiades et les criailleries des fenuncs auxquelles on prend leurs leurs pères. on le exposer des lingots dor la dans p<'Ul. hasard vous fait met pouvoir dans mains. qu'on massacre. un jour de décembre. qu'on dans les caK>s et ! exile. d'entraver le progrés du genre humain et de verser à Ilots le sang. ces huit on médite » Je le jure ! Quoi quand ! un grand acii' n il faudrait jVasser son temps à s'interroger sur ce qui pou- pourra résulter du parti qu'on prend! se faire un souci de ce que celui-ci sera mangé de vennine dans tons. comprends. à des compagnons dévoués auxquels on doit de il reconnaissance. de se ruer par guet- apens sur une assemblée souveraine. Par exemple. on autorise des loteries. il son plaisiretlebeau palais du fauIiourgSaint-Honoré drait se Voilà qui est fort! Quoil fau- préoccuper de ce que. le on les n'a pas d'argent. qu'on avait besoin de quitter une chambre d'auberge pour se loger mieux.sez béte pour se de ce que ceux-ci seront ruinés.i \i • iii'st [Kis il mille francs.. on ne sait plus quand. — lorsqu'on a d'un palais à son intérêt. il société à laquelle on retire quoi ! lorsque ces criailleries sont d'un côté et l'intérêt de l'autre. il y a trois ou quatre ans. on est prince. amis. il mettre des bas de soie il mais. son ambition.LAIISOLLTION.

est l'abîme. qu'on ne voit pas. on est^despote. c'est notion du bien et du mal. et aller stupidement s'asseoir entre deux gendarmes sur banc de la sixième chambre! Allons donc! est-ce qu'il n'est pas plus simple de s'asseoir sur le la trône de l'empereur? est-ce qu'il n'est pas plus simple de briser la liberté de presse? est-ce qu'il n'est pas plus n'est pas plus court ! simple de briser la justice? Ils est-ce qu'il de mettre ils les juges sous ses pieds? ! ne deman! dent pas mieux. — le monde moral. des forteresses. VII Approfondissons un peu toutes ces nouveautés. de percevoir quelque chose au delà de quelque chose en deçà. il faudrait quitter l'Elysée. cet inconnu. ce passant. fini. plus nombreux que sept millions cinq cent mille voix. et qui est plus fort qu'une armée. d'ailleurs cela serait défendu ! sont tout prêts Et cela ne serait pas permis Et Oui. Sibour dedans. cela est défendu. qu'on ne voit pas. cet insolent. la monsieur Bonaparte : ce qui distingue l'homme de Là la brute. on a des armées. Apprenez donc encore ceci. fait la L'animal est un être complet. on a huit millions de voix pour ses crimes et douze millions de francs pour ses menus plaisirs. plus savant en droit que M. où cette infâme liberté de la presse veut percer ce mystère et la justice s'imagine que cela la regarde. monseigneur. desTroplongs à plat ventre. cette bouche qui parle dans l'ombre. et qui tutoie Votre Majesté. Ce quelqu'un. un inconnu se dresse devant vous et vous dit : Tu ne feras pas cela. mais qu'on entend. on a un sénat et M. Qui est-ce qui s'y oppose? Qui est-ce qui ne permet pas? Qui est-ce qui défend? Monsieur Bonaparte. Ce quelque le chose qui est au delà et en deçà de l'homme. des canons. je répète. des Baroches à quatre pattes. le que la conscience humaine. Ce qui d'être incomplet . c'est mysf-re. de ce bien et de ce mal dont je vous parlais tout à l'heure. Baroche. c'est. un passant. mêle de où chose. plus haut qu'un sénat. (juelqu'un qui est perdu dans l'obscurité.164 NAPOLÉON LE la PETIT. — pour ei qui employer ces faibles expressions humaines qui sont toujours successives n'expriment jamais qu'un côté des choses. plus prompt à devancer n'importe quelle justice que M. sortir du le pouvoir. C'est quelqu'un. plus religieux qu'un arche- vêque. on est le maître. Ce monde . grandeur de l'honune. Troplong. on est tout-puissant. Voilà ce que c'est c'est la conscience humaine. c'est c'est c'est de se sentir par une foule de points hors du soi.

où la nature fatale entraîne la brute. en l'homme. le tenter.s. hors de bète. et remplit son âme de cette vision. imparfait. jouissance a beau bêle qui est en tourmenter. un exemplaire mystérieux du monde antérieur et auquel il ultérieur. besoin a beau a beau le l'assaillir. <iui . les actions mauvaises tombent dans legouiïre. parfait. Pas de liberté. ce grand Il et double sentiment de d'être méchant. vous ne l'ave/ pas. s'anéantir.sance? le fait. et ses appétits. Il dans ce qu'il sent plus que dans ce la qu'il voit. c'est là ce qui fait en ce moment votre puissance. Le juste. (|ui n'ait Vous êtes le seul homme peut-être dans l'huinanilé tout entière le pas cette notion. et le total se fait. Oui. dans tous les cas. C'est là ce qui fait votre génie.'ABSOI. faire le contraire une bête de nuit. procréer à dormir si c'est cpiand le soleil se couche. Si ni bien ni mal. il est quand reconnaît qu'il s'en éloigne. mais la se perdent pas. hors de la jouis- sance. hors la du besoin. Il lui est donné d'être bon ou et. la saison. ne se sent pas achevé dans celte vie d'en bas. c'est là sa grandeur. l'injuste. Pour elle. je le répète. manger à quand la il faim. cesser d'être. élre il y a des heures où je vous plains. Moinon.' Vraiment. . vous êtes redou. sa liberté et de sa responsabilité. sait'. dit-on je conviens (jue. Cela \ous donne barre sur genre humain. table. donc pas de responsabilité faii pas d'autre vie par conséquent. les bonnes œuvres.sseineut intérieur est tenté de croire que. il et ses infirmités. L'animal n'a qu'une espèce de moi obscur que n'éclaire aucune lueur morale. partout. riioinnio y baigne auiiuit. s'éveiller se lève. Rien de |)areil rien pour brute. Toute sa loi. à toute il minute. et lui-même. plus encore vit le lui que dans le monde la matériel.iv. s. s'évanouir. lui le du monde actions. (Jui vous n'êtes peut- qu'une malheureuse force aveugle. cuin|)te à régler. à chaque instant. elle ignore. peut être coupable.' A de certains moments. Il entrevoit toujours. le monde Il supérieur. La brute ne tigre est innocent. sorte de rail . De Ce sera un là.I. . Le vous étiez par hasard innocent comme le tigre'. que l'instinct : boire à la soif. /-vniis ce qui sort de ce genre de pui. chose frappante et sur la laquelle j'insiste. |)iirte pour ainsi dire. rien d'inutile et d'ainissible est triste. et Il il en règle en lui. Monsieur Louis Bonaparte. s'en vont dans rinlini à les charge ou au bénéfice de ceux qui accomplissent. L'instinct. le droit. rien qui ne vienne de le quelcjue chose et qui ne conduise à quelque chose. compare sans cesse et comme malgré monde joyeux. La création a beau l'obséder. n'ayant pas jilus il'aver- que lui. la notion du bien et du mal. et ses passions et ses il Quand il reconnaît qu'il s'approche de ce modèle idéal. on li. Il comprend profoudénieiit qu'il n'y a dans ce monde. le n<' mal. une sorte d'aspiration perpétuelle à une région autre le jette irrésistiblement hors de la création.ITION. bien. c'est l'instinct. ses actions. n'est pas plus possible pour l'atome moral que pour l'atome matériel. 165 inorui. vous n'avez pas plus de responsabilité. Se perdre.\près la mort on les retrouve.

crime a force de quelque chose tremble dans «re/c/v'. inscrivez-la sur vos listes une opposante obstinée. la conscience de. toute certitude s'évanouirait. s'écrie Lucain. Le genre humain. Il Même ticité. la Tenez. même chez vos amis? Voulez- vous savoir en quels termes un honorable chevalier de Saint-Louis de quatrevingts ans. vos bulletins. et ce vers traverse riii. — il arrive que. autour de vous. opiniâtre. il : Je nuis le succès. volait pour vous le 20 décembre? " — « C'est un misérable. la n'est personne dans votre domes- dans galonnée comme Vous dans la brodée. — Tu es le crime! et Vous êtes couronné masqué. car il y a une lumière de Dieu le vrai. Le jour où s'accouple- mots de langue humaine changeraient de sens. et qui met trouble partout. On vous salue. l'ombre sociale se ferait. On appelez se sent vil. on s'incline. Vous serez tranquille après. Vous donnez de l'argent. monde que la justice et la vérité.'io'] liAPOLKON LE PETIT. fois Quand par hasard. le crime n'est jamais bon! La société sauvée par trahison! blasphème! n'a 11 faut laisser dire ces choses-là aux archevêques. Voulez-vous savoir comment elle vous traite. est un honnête homme. Chassez-moi cela de France. les pour un moment. ! vous perdez votre peine. C'est là le pendant que vous y èles. vous perdez vos appels au peuple.000! Vous ne tirerez rien de cette mise en scène. on vous juge. grand adversaire <( des démagogues » et votre partisan. Si il ce vieillard eût regardé moins la vie et plus la tombe. ils qui éclaire les âmes proches du tombeau et qui leur montre Jamais raient. le qui ne dise tout bas ce que je dis tout haut.500. rien de plus. lesquelles on y a des choses sur ne donne pas le change au sentiment universel. les le droit et le la crime ne se rencontrent. mais nu miscnible le vrccssaire. tenace. puisque vous avez institué un Maupas police spécialement créé un ministère de pour cela. je vous dénonce celte rebelle. inflexible. cette réfraclairc. le Il Rien la de bon nécessité pour base mal. eCit vu cela. valet d'écurie ou valet de sénat. ! mais c'est la main qui le reçoit. chuchote. vos additions. mais on vous sait infâme. puisque c'est Là-dessus et que vous lâchez la vos meules. êtes omnipotent. la rougeur au front. chacun. clamant vos banderoles rouges ou vertes avec ce chiffre en papier doi'é 11 : 7. crime n'est jamais utile! Non.' fondeiuenls mêmes de Yhumanhé. dans l'histoire. La conscience d'exil. le — cela s'est vu parloi. A bas le masque ! A bas la couronne ! Ah cites. disait-il. ce n'est pas la conscience.stoire comme un . vos plébis- vos scrutins. Cette parole est surprenante de la part d'un vieillard. Jiisrjuc diitiim cri d'iiorreur. cette insurgée. Ce que je proclame on voilà toute la différence. vos commissions executives prole total. pris en masse. puisque vous êtes en train de donner « les chasse à ce que vous révoltés de décembre ». Non! il n'y a pas de misérables nécessaires! JNon. Le crime essaye de tromper sur son vrai non vient et dit l'histoire . Le Dieu juste n'impose pas à l'humanité n'y a de nécessaire en ce des misérables.

LA LAUrC 1> \ >' » LOinAbAN. .

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vérité moralf n'est pa-s plus merci d'un vote que i-t La notion du bion du mal est insoluble le au sulTrage universel. Vous avez nécessairement une teinture d'algèbre et de géométrie. Faites . faux . points donnés.souiller est à peine visible. cette petite lumière obscure oubliée Elle dans un cuiii. Voici des axiomes dont vous avez probablement quclcjuc idée : — 2 2 font — Entre deux — La partie et à. admirez-la. Coiumeut! impossible? Je vais vous faire toucher du doigt la chose : Vill Vous êtes capitaine d'artillerie à Berne. La le ciel.soit que l'injuste soit le On ne met pas la conscience humaine aux voix. bien. vous êtes un misérable. saire.L'ABSOLUTION. elle dessus . et 1C9 de l'aveu de vos votants. .sept millions cinq cent mille bouches à la fois. est moins grande que le tout. Nous ne ferez pas même broncher la flanune. Mais c'est sulTraye universel. Faites souffler l'ouragan. le vrai et Il n'est pas donné à un scrutin de faire que juste. la ligne droite est le chemin le plus court. vous ne l'éteindre/ pas. brûle solitairement. que le tout est moins grand que la partie faites-le déclarer par huit millions. ceci va vous surprendre. soit. Donc. J'ôtc néces- Prenez votre parti de cette situation. monsieur Louis Bouaparic. Ilegardez-la. Cette flamme. chemin le plus long. et la vérité algébriijue. Eh teté. c'est elle <|ui éclaire dans la nuit de l'exil le papier sur lequel j'écris en ce moment. faites déclarer par sept millions cinq cent mille voix que 2 et 2 que la ligne droite est le . à comme la il y a des axiomes en géométrie. par dix millions. en honnêla en justice. Comprenez-vous maintenant? Voyez cette lam|)e. perdue dans l'ombre. c'est la conscience. Maintenant font 5. il y a des axiomes en probité. par cent millions de voix. vous n'aurez pas avancé d'un pas. oii se fait absoudre n par Impossible. le Eh bien! I diroz-vous. llamme continuera de monter droite et jiure vers Cette lampe. là le cas précisément.

sou- les résoudra. sans doute avec l'erreur possible. je vote à l'urne comme malfaiteur au poste j'écarte cela. Là est plus Là il avorte. les sabres le tirés. la attendu que sept millions cinq cent mille voix ne pèsent rien contre conscience de l'honnête voix. disent cela et ils le malgré vos chiffres. l'assistance publique. la il le suffrage universel peut tout. le budget. . car mettez-les-lui. toutes les mains. ceux qui vivent et continueront l'œil fixé le de dire que le crime est le crime. le crédit. tous les problèmes dont la solution n'entraîne pas son abdication. la fiscalité. de l'enseignement. que le meurtre est meurtre. que qui croit répé- copier en petit Napoléon copie en grand Lacenaire teront. mais avec toute somme de certitude que contient la souveraineté humaine trancher la . les les places pour le moment. réel. vos procédés du bandeaux sur yeux. l'état civil la de la femme. peu importe. le que la trahison est la trahison. vous le répète. l'indissolubilité la gratuité du mariage. Maintenant essayez de lui faire question de savoir Jean ou Pierre a bien ou mal s'arrête. n'a pas de juridiction sur les questions morales. qu'un scélérat est un . la colonisation. devant cette parcelle de Dieu. les affiches ! couvrant les murailles. les chemins de fer. le divorce. le suf- frage universel souverain de lui-même. comme les je le disais tout à l'heure. vrais ou faux. IX Ainsi donc. les journaux dans hommes et les faits questionnés et approfondis. fait de voler une pomme dans une métairie. la parole partout. le suffrage universel vrai. les bâillons dans les bouches. que le parjure est le parjure. homme. le libre échange.170 NAPOLÉON LE PETIT. que la boue est la boue. les mouchards le pullulant. la lumière partout Eh bien. quels que soient vos chiffres. l'inamovibilité des et politique juges. les droits du travail. la circula- tion. que cent millions de du juste que l'unanimité même du genre humain scrutinant en masse ne compte pas devant cet atome. extorqués ou sur la justice disent le non. les comme il doit être. l'effectif de l'armée. attendu que le suffrage universel. Pourquoi? Est-ce que cette question basse? Non. à ce suffrage universel-là. l'âme . hormis abdiquer. les canons sur publiques. pur. libre. que scélérat et ils sang est tel sang. J'écarte scrutin. la peine de mort. attendu que dix millions. il les résoudra si il magistralement. le silence et la : terreur conduisant je suppose. constitution de la commune. soumettez-lui la paix et la guerre. controuvés ou non. le salaire du clergé. qui a toute souveraineté sur les questions politiques.

l'ignominie et l'honneur. l'étoile non. et adjurer son suffrage universel de déclarer à la face des dieux suffrage et des hommes que la lui. Néron. comme la ou comme le patrie. Le bandit des Abruzzes. le ne comportait pas le suffrage universel. posant une de ses mains sanglantes sur cadavn? chaud de l'impératrice et levant l'autre vers le ciel. vous avez demandé l'absolution au vote. les mains à peine lavée». Elle guide. autres hommes l'ont en eux-mêmes. droiture cl n'est la félonie. Néron. pontife et empereur. sans laquelle l'àme humaine que nuit. sociale. toute matière politique. deux seuls hommes qui crussiez à votre effet . entouré des juges des prêtres prosternés devant le aurait pu. réel et le faux. dans la môme lumière et dans mille voix même liberté. lui aussi. et empereur. après avoir troué à coups de couteau ventre de sa mère. fonctionnant à près comme le vôtre. vous lui avez mis sur la tempe le canon de votre pistolet. suffrage universel et lui obéit le plus petit atome de moindre question morale I. Tout ce qui constitue rorganisalion propre des les considériez sociétés. Néron. Leverrier et de vous. c'est la vérité morale. et ayant encore du sang dans les ongles.LABSOI. la navire est à merci de l'océan. aurait pu affirmer par sept millions cinq cent fait que le divin César Néron. convoquer son suffrage universel à qu'il n'était lui. lequel ressemblait la encore au vôtre en ce Néron. monsieur Bonaparte. comme commune. Écoutez : Néron. Vous n'êtes pas qu'il y a à faire un homme vous êtes un malfaiteur. l'employait à applaudir ses comédies et même. naïveté.e brave. seulement vous avez oublié de : vous confesser. Vous croyez à votre ! étoile. pas non plus gêné par et licence de la presse. vous vous le êtes trompé. Ce universel. « Ah! malheureux désespéré! vous est absoudre ». dépend du . en vous la cherchez au-dessus de votre tète. On les a dit de M. 171 c'est qu'elle est plus haute. J'y insiste. elle les éclaire et les voir les vrais contours de la vie. son [)eu universel. cela en dehors du pouvoir populaire. comme vous dites. et qui. Cette lumière vous manquant. ses tra- gédies.IITION. qui avait inventé la société du Dix-Décembre. elle leur fait la rayonne sous la voCite de leur crâne. de vous ne regarde pas suffrage Oui. Et en disant au vote Absous-moi. elle leur montre dans l'obscurité de le destinée humaine le bien et le mal. pontife lui. vous. cela est en dehors du pouvoir humain. prendre tout l'Olympe à témoin qu'il n'avait pas versé ce sang. étal que vous comme territoire. financière. Cette étoile. la vertu et le crime. que vous étiez étoile. aurait pu. va demander l'absolution au prêtre . Eh bien les cette étoile que vous cherchez en dehors de vous. comme vous le encore. la le juste et l'injuste. n'avait aucun mal . Vous le « avez appliqué ce que vous appelez suffrage universel » à une question qui politique. Votre scrutin du 20 décembre n'est pour penseur qu'une sorte de naïveté monstrueuse. n'avait pas tué celte femme. comme vous.

monsieur. la absous qu'une voix. l'éternel écho de siècle conscience humaine. cette voix qui proteste dans l'ombre. c'est la mienne.172 NAPOLÉON LE femme ». il PK. Néron n'aurait pas été la terre. n'en doutez pas.TIT. Je cric et. répétât à jamais. la conscience universelle de l'humanité redit la avec moi : Louis Bonaparte a assassiné France ! Louis Bonaparte a tué sa mère ! . une seule voix sur plus humble et la plus obscure. à cette (( qui était morte eût suffi . de peuple en peuple et de : en siècle ! Néron a tué sa mère ! Eh bien aujourd'hui. sachez cela. s'élevât au milieu de cette nuit profonde de l'empire romain et criât dans la les ténèbres : Néron est un parricide ! pour que l'écho.

f^ .-c-t .

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Ne parlons plus de ces bôtises-là. gardes ihampèlres. mains. après éclat coup d'Ktat. fonciionnaires. Eh bien! serment. troupeau. gendarmes. ! que ce Non Sl>rigani dirait à la France Tiens! c'est vrai j'avais donné ma parole d'honneur. de ville. on devait s'attendre de et la pan de ce malfaiteur a un et de rire cynique : honnête à l'endroit du srrmenl. il sénateurs. juges. le veut. sergents Ain!>i. connnis. c'est la restriction mentale incarnée. c'est dit. C'est tiès-drôle.LIVRE SEPTIÈME L'ABSOLUTION DEUXIÈME FORME DE L'ABSOLUTION : LE SERMENT A SERMKiNT. il veut un serment. commissaires de police. cet honniie guel-apens? un serment ! Certes. L'n demande à France. après le République confisfjuée. la journée les du 20 décembre 1848 et la journée du 2 décembre la après représentants in\iolables arrêtés et traqués. c'est la R-lonie en chair et en os. préfets. SERMENT ET DEMI Qu'est-ce que c'est que Louis Bonaparte? c'est le parjure \ivaiit. législateui*». espions. . après I8.')l. magi>trats. conseillei-s d'Ktal. c'est le faus ser- ment coiiïe d'un chapeau de général qu'est-ce qu'il et se faisant la appeler monseigneur. généraux. pas.

c'est mon plaisir. vous sous de votre brigadier. serment qu'on prête sous canon. vous dans un prétoire. . sous sabre. en robe. vous vous tiendrez pour dit. il l'entend ainsi. ôtez votre gant. dans votre religion. Vrai. ! Donner l'exemple au sommet de le s'imaginer qu'il ne sera pas suivi Semer plomb les et se figurer qu'on récoltera de l'or! Ne pas même s'apercevoir que toutes que le consciences se modèlent en pareils cas sur la conscience d'en haut. 11 le serment au sérieux. vous chez le le ministre . loi. vous. Recevoir officielle comme . on peut s'en jouer mais le et en rire et le déchirer le un beau matin du le talon de sa boite . arrivez. sénateurs. à cheval. pain de ses enfants on prête à un fourbe. neveu du dix-huil brumaire. rabat au cou. à la France. il il croit à ma parole. à la leur. le serment que pour sauver son pain rebelle. dans son antichambre accourez en carrosse. on prête. vous. à avoir reçu un mandat de confiance de six millions de citoyens. la nation. pour conserver et le lois. dans la salon des maréchaux. vous voilà.. . drapés. vous dans un greffe. défilez. à la . l'épée au côté. levez la main. à la tienne. à pied. venez l'œil. vous l'aurez pour entendu. cette tête. à là est sacré ! l'homme qui lui-même a brisé son serment. ce n'est rien cela n'engage pas. à la vôtre. Allons au fond des choses pourtant il y a serment et serment. est sacro-saint! Ce que j'en admire. Ah! quelle farce infâme! Donc Louis Bonaparte prend monde. à un relaps de toutes les justices. dans votre loyauté. sous l'œil de la police. à un au violateur des au meurtrier de la République. et vous. en pleine la Constitution de son pays. excepté à soit loyal. à assemblée nationale. pour garder l'emploi le qui vous fait vivre. recueillez-vous. la toque au front. solennellement. à préfecture de police. regardez-le bien en face. vous y êtes tous. A merveille! et veut qu'on le de l'honneur. grade qui est votre propriété. les uns devant le buste de plâtre. et jurez fidélité à sa trahison. pailletés. et les faux serment du prince fait tous serments fausse monnaie ! . les autres devant l'homme même . oh! ce serment- ne plaisantons pas. fouillez dans voire conscience. le croit à la parole il de tout la sienne. brodés. à la nôtre. hâtez-vous. Maupas. la ceinture au ventre. après au droit. Il exige qu'autour de lui on jure et ordonne qu'on Il plaît à Messaline ait de s'entourer de pucelles. et prêtez serment à son parjure. argent comptant et espèces sonnantes tous ces Juro de la plèbe ne pas là même songer qu'où a défait tous aloi! les scrupules et qu'il ne saurait y avoir une seule parole de bon l'État et On est prince et on est traître. c'est bien. Saint-Arnaud.17(3 NAPOLÉON LK idée lui a passé par la PKTIT. au peuple. Le serment que librement. emplumés. en écharpe. en uniforme. premiers présidents procureurs généraux. c'est l'ineplie. personne ne manque. Le serment qu'on prête au deux décembre. en costume. à la face de Dieu et des hommes. le dorés. mouchards. dans votre pudeur. Est-ce fait? Oui. aux Tuileries.

Vidoeq? direz Vons me que cela lient à la diversité des fonctions. se confie! et dit Je le jure. Troplong met et la main sur où : est Iroi- sii-ini' bouton des sénateurs les le cœur des autres hommes. c'est la faron capricieuse et disproportionnée dont les serments sont payés. Pourqtioi cette didén-nce? un serment est un serment .M. toutefois étonne robser\aleur Une chose bienveillant et le fàrhe un peu.i-t-il donc des qualités diverses de serment? Est-ce li-s comme pour «lix les messes? Y lesquelles. A ce magistrat? la il a trahi la loi.serment df M. centimes. Rouher ôte son gant K" il croit : aux seniients qu'on jure . A ce général? il a trahi ils drapeau. l'. A tous ces fait fonctionnaires? ont trahi République. Vidocq ne serait que chef du senire de sûreté. que M. Raroch'" rapporte par jour Raroche di'ux cent \ingt-<leux francs vingt-<leux centimes. croit! abîme de candfur! En vérité. dans cette denn-e du sennenl.II DIFFÉRENCE DES PRIX Et puis. que M. tandis que le semxMit (11" M. aurait six mille francs dmille. Chose curieuse et qui ! rôvcr le philosophe. comme du disait ce cunS ne sont que de » la gnognotte »? A-t-on du su|)er('rii. Je réponds que ce sont 1<\ des hasards. l'iïmocence des coquins cause parfois des éMouissonients à l'honnête homme. Vi<locq pourrait fort bien être président du conseil d'Etal. Y .* . quand M. Bonaparte Louis lui croit aux serments des gens! M. Raroche excellerait probablement et àdiriger le senice de sûreté que M. Vidocq ne lui rapporterait par jour que seize francs soixante-six . insistons sur cette beauté du 2 décembre : M. fin et a-t-il. M. ému. additionne. Bonaparte se sent larmes aux yeux. toutes ces loyautés Il il et contemple ces êtres avec attendrissement. rinégalilé des prix que M. un sennont se compose d'un gant ùté plus que le et di' huit lettres. Suin ôte son gant sa poitrine à lendroit et dit 1>' Je jure . a-t-il. Baroche en a quatrevingt suit de là que le . c'est cette marchandise. à qui dcmande-t-on des serments? A ce préfot? le il a trahi l'I-ltai. Vidocq. sennenl pour son argent? Y de l'extralin. que ce tas de traîtres d'oii sort ce tas de serments Donc. Ce n'est pas \h une raison. Qu'est-ce que le seninNil do M. messes à quarante sous et les messes à sous. Bonaparte met à Par exomp'e M. Baroche pr^sifle le conseil d'État et que M. Il gages par an. Ceci est évidenmieiit injuste. ."iM.iroche a df st-mienl de M. prête à lui! Quand : et dit ^'^ 1^^ quand M. là aussi. du sont-ils du demi-fin? Les uns mieux con<lilioim«Vs que I.sil était encore chef du service de sûreté.

Prêtez serment. réglé. C'est nous qui payons. dise. La prédiction d'une haute marée peut être séditieuse. L'astronomie libre est presque aussi dangereuse que libre. moins mêlés d'étoupe et de coton. Le grand Napoléon les une étoile. autres? Sont-ils plus solides. meilleur teint? y a-t-il les serments tout neufs et qui n'ont pas encore servi les le . on est fataliste quand on est Bonaparte. Il va sans dire qu'Arago a refusé. demande pardon à le droit. Et puis . Vous êtes professeur de grec et de latin. Yidocq eût peut-être refusé le serment. et surtout avec ces de coups d'État célestes qu'on appelle les comètes. Je reconnais que je n'en avais pas Au fait.178 NAPOLEON LE PETIT. Bonaparte voulait qu'Ârago jurât. les serments éculés ? Y la a-t-il du choix enfin? La chose en vaut l'intérêt peine. Leverrier. les aptitudes. qu'on nous observation serments rapiécés. Il ville L'observatoire est une guérite comme une faut surveiller le bon Dieu qui est là-haut et qui semble parfois ne pas se soumettre complètement à la Constitution du ili janvier. les mérites. . Le ciel est plein d'allusions désagréables et a besoin d'être bien tenu. Sait-on ce qui se la presse passe dans ces tête-à-tête nocturnes entre Arago et Jupi- ter? Si c'était M. ce serment vous ôte ou vous rend les talents. à M. le petit doit bien avoir une nébuleuse astronomes sont certainement un peu astrologues. comme la France ou la Chine. vertus du serment à Louis Bonaparte. les serments usés aux genoux. selon qu'on le refuse ou qu'on l'accorde. Cette je faite dans des contribuables. M. La découverte d'une nouvelle tache au soleil constitue évidem- ment un cas de censure. monsieur de Maupas ! il que le bureau des longitudes jure de folles faiseuses ne pas conspirer avec les astres. Dans un État bien la science. nous l'avons avait dit . bien! mais un membre du gouvernement faut provisoire! prenez garde. La grande lunette à pied parallactique est doit hommage du ciel. tout est fonction. Yidocq de m'être servi de son nom. M. l'astro- nomie doit prêter serment. Nous sommes un peu lune àl'Élysée. Bonaparte. Un astronome une espèce de sergent de autre. . c'est Une des que. III SERMENT DÉS LETTRES ET DES SAVANTS M. Sachez Détail précieux : cala. même Le mandarin de l'Institut relève du mandarin de lige la police. prêtez serment. mes- sieurs. L'annonce d'une éclipse de lune peut être une trahison.

tivmblez! interdits. toute pudeur Aucune raison pour qu'on ne voie pas des choses inouïes. Le silence et l'ombre où ils rentrent stoïquement savent le reste. Bonaparte. un éminent écrivain. ou la est évi- dent qu'il vaut mieux avoir cuisse coupée par un âne assermenté que par Ltes-vous un jeune. les Dans les telle ville. il ou les sept millions cinq cent mille voix n'ont aucun sens. un historien populaire comme Michelet. les est grave. une ferme et comme Despois. Vous êtes professeur de médecine. l'ignominie assise .àtvreux'. Bonaparte. juges qui ont piété sur le le fait serment jugent asseoir l'hon. Ils refusent. Vous êtes professeur de philo- sophie. IV CURIOSITES DE LA CHOSI Toute morale est niée par un affrontée. « blâme la conscience honnête la publique fouette la Avec ce serment-là on marche de surprise en surprise. vous ne savez plus le latin ni êtes professeur le 179 grec. aulreniont. tel serment. prêtez semient à M. tribunal » neur sur lille la st<llette la conscience vendue vierge. Lai:<!ions |)arli<r le < M. et droite intelligence Dupuytren réfractaire. généreux esprit connue Deschanel. juges qui l'ont refusé. il le pouls à un fiévreux. Vous le de rhétorique. prêtez serment. vous ne savez plus tàter vont. que médecine prête serment à M. Lo préâideni du tribunal do comraeroo à Ëvroux refuse tlunUeur : la scrinont. Que deviendront est les malades? Qui. clail cito a coinparallro joudidrr- . on les voit. sans quoi. sinon on vous chasse do votre chaire.CURIOSITÉS DE LA CHOSE. récit de le ThéraniiMie et le songe d'Aihalie vous sont reste \ous errerez alentour de vos joui-s sans pouvoir y ivntrer jamais. ancien prc^idcDl du tribunal d'Ëvrcun. Ah! on veut en et rare. prêtez serment. Verney. et mais tout ceci serre le c/eur. — Mais si les bons professeui-s s'en ceci n'y aura plus de bons élèves? En médecine particulièrement. toute honte bue. rire. une raison sérieuse énergique comme Jacques.par exemple. la malades? il s'agit bien des D'ail- malades! L'importajit leurs. sinon vous devenez incapable de coui- prendre les mystères de la conscience humaine et de les expliquer aux jeunes gens. Nicolei n'est qu'un I. prêtez serment ou mourez de faim.

quelque blâmable que soil la conduite de Verney dans celle affaire. : jurez-moi traître! fidélité. Louis Bosaparte ces paroles acheter la trahison. Verney et le ^/ri«ie«( par jugement. Bonaparte est rouge. s'est tourné avec bonhomie vers : les vaillants chefs » de l'armée d'Afrique je et leur a la « tenu à peu près ce langage lits — A propos. je vous fait ai fait menacer du bâillon. sont entrés chez vous l'épée fait ai haute. des soldats de la loi. dans les bastilles. Ce qu'ils souÇrent. fait le tour de ses il de ses complices et de ses victimes et empoché le serment de chacun. Qui sont ces prisonniers? Nous l'avons dit.NAPOLÉON LE PETIT. et qui ainsi conçue « « droit. en raison des faits qui ont dû se passer. « il serait trop grave de revendiquer plus longtemps ce que nous croyons être le La magistrature elle-même nous saura gré de ne pas exposer la robe du juge à succomber sous la force que nous annonce votre dépêche. « Qu'il n'y « « a pas lieu dès lorsde lui faire l'application delà p'nale. dans les pontons. messieurs. la face de M. y a des prisonniers par milliers. des patriotes. Mais la Cour ne peut voir dans les termes de cette partie de sa lettre le délit d'excitation à la la haine et au mépris du gouvernement. Arrêt de la Cour d'appel de Rouen : « La Cour. Bonaparle. : Bedeau ! lui a Non. <i Attendu que ce délit résulterait. ancien procureur général près la Cour dos pairs dans le procès de Boulogne. Par ces motifs. les juges coi'rectionnels d'Évreux. fait le même qui adressait à M. » u Attendu que. des martyrs. faussaire Non. Quand M. mais soufflet. » : « Vous avez pratiquer l'embauchage et distribuer l'argent pour . dans les présides d'Afrique. des voix géné- nier devant MM. » est prévenu du délit d'excitation à la haine et au mépris du gouver- a minima du Les juges de première instance renvoient M. vous un cri je vous prendre au collet par mes argousins je vous ai fait mettre à Mazas dans la cellule des voleurs et à Ham dans ma cellule à moi . parjure Le Flô lui a Gharras a donné un soufflet. ment n'émanait pas du gouloi vernement . e 29 avril dei nier. 2G avril dernier. bandit ! Lamoricière lui lui a Non. Verney nement. maroufle près de M. la du dernier paragraphe de le la lettre écrite par Verney au procureur de : République à Évreux. Autre variété du serment : dans les il casemates. vous savez. Dieu vous l'a en sa sainte garde. . des républicains. Bonaparte a eu valets. des innocents. ConCrme le jugement dont est appel. sans dépens. dans l'enceinte de l'audience consulaire. — Changarnier répondu répondu : : regardé fixement ! et lui a Non. vous ai fait arrêter nuit dans vos les ai par mes gens mes mouchards pour ce . je même si décorés depuis jetiez d'armes. puisque l'ordre en vertu duquel les force devait être employée pour empêcher de siéger juges qui avaient refusé de prêter se. les poursuites ont Attendu que la pour unique objet la répression du délit d'excitation ii haine et au mépris du gouvernement. A du l'heure qu'il est. non de la honte. . d'après la prévention. Appel « procureur do la République ». « M. . Franck-Carré. » La Cour d'appel de Rouon a pour premier président M. vous avez encore aux poignets ait les marques de répondu répondu la corde dont je vous ai liés bonjour.

DANS LES (. A S E M « TE S. .

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Louis Bonaparte aun tribunal et que ce tribunal la instruit son procès. nous la publions Je. pauvres ouvriers arrachés à leurs ateliers. là qu'il se trompe. sous figure d'ime grâce accordée à celte victime. voyant al)<«ous par ses victimes. une mère. quittance. à respecter les lois et h être /idt'lc au gouvernement » la que le pays s'est donné par le vote des 20 et 21 décembre 1851 le . on l'entrevoit 183 . il la demande aux vaincus et de- au besoin les la torture pour l'obtenir. de chaque déporté. saisi. mourants. m'engage à ne plus faire partie des sociétés secrètes. adressée à monseigneur prince-président : Cette lettre. que tu te repexs. n'est autre chose II que la dehors son remords intérieur. . sans vêtements. Ceci n'est pas de : de la clémence implorée. épuisés de forces. et je n'achèverai pas le de te tuer. accablés. Celte formule demandez- nous votre grâce. percé dis-Bioi de coups. volé. à bout de souiïrances. l'homme du coup et se songe par instants. (juoiles sept millions cinq cent mille d'I-Jat sonner perpétuellement à ses oreilles " grelots de son plébiscite n. elle lui fera grâce. Il lui purge légale. Ati fond de la conscience chaque prisonnier. sans chemise. nous-mème dans voile. signifie: accordez-nous notre grâce. ce n'est pas par échap|)era. faite déclare sur le l'honneur accepter et mrr rcconnaixsancc la grâce qui m'est prince Louis-Napoléon. rcuses l'ont déjà dônoncé. pauvres paysans arrachés à leur ciiarrue. dt-charge. ployant sous tant do misères. c'est sens de ce fait grave. il fait signer par ce juge son acquittement. malades. — Ce repentir des forme que prend au innocents. arrêté. le livre spécial du 2 décembre. lui crie : Je t'ai .CURIOSITÉS DE LA CHOSE. jour de Il sentence venu. A quelques expédients qu'il fasse recours pour s'étourdir. L'assassin. sans chaussures. une famille veuve ou orpheline sans pain de son côté et peut-être sans asile. de chaque S4>niqu'ily proscrit. et que. quelques-uns de ces malheureux faiblissent et consentent à lettre toute faite et <i demander grâce « ». terrassé. exigé par criminel. penché sur l'assassiné et le couteau levé. pleurant une femme. espère ainsi donner le change à la France qui. Alors le on leur apporte à signer une n. nous achèverons de déchirer ce ce qui arrive : Eh bien. telle que M. rangés de vermine. il tremble. Qu'on ne se méprenne pas sur clémence octroyée. Il il entrevoit faut vaguement un lendemain met à débat contre laxenir inévitable. sans pain. désespérés. mainlevée. s'imagine être de cette façon rassuré contre son r|u'il ait propre crime. la e>»t une conle li- science vivante et un tribunal attentif. des enfants. le elle aussi. par Quentiii-liauiiiart l'avoue » soussigné. dépouillé. te voilà sous mes pieds ton sang coule par vingt plaies. le bourreau a une secrète ])eur de jKir lui Il victime. veut-on savoir Quelquefois. briilés de fièvre. Qu'il perce n»ur tl'un autre coté. et.

tenant à la njain des toques de velours noir à galons d'or. eux.i. parla lant bas. . attendant un coup Au bout d'une heure. Bonaparte. légiti- M. Le prince prononça. après quoi les magistrats jurèrent. mais de pas eu de chaises dans l'antichambre. lui. Que venaient faire ces honnnes en robes rouges chez homme leur fit en habit noir? Us venaient lui prêter serment. la premiers présidents des cours d'appel magistrature de France. un signe de député fit tête. Chacun leva main à son tour. majestueux. Pendant aides de qu'ils juraient. causait avec de camp groupés Quand ce fut fini. C'étaient les présidents et conseillers de et les cour de cassation. et eux s'en allèrent. M. un serment reprit ([u'il a fallu prêter. Bonaparte un speech. puis une heure. entre de long de en large. quelques mots traînants dédaigneux . il parla de sa la « mité ». Abbatucci regardant un discours M. les valets et L'un d'eux. n'avoir' la tète. En avant de M. puis une demivenaient heure. causaiii sonnette. ministre et de la justice du coup On commença. C'était M. Là un homme en frac noir se tenait debout cet 11 adossé à une cheminée. se plaignit. ils Un et quart d'heure pass. toute haute aide hommes allaient restèrent dans cette antichambre. M. Enhn une porte à deux battants s'ouvrit: entrèrent pêle-mêle dans un salon. honteux et derrière il tourna dos tout à fait. ils dans une autre antichambre où étaient On lui apporta une chaise. tirant ils leurs montres. disait l'un. Bonaparte. le le dos à demi tourné. un second. — Comme ils sortaient. Vers huitheui'es du soir.. en et le tapis. non d'avoir fait une bassesse. branlai. se tenait son chancelier. M. voici ce qu'on a vu aux Tuileries. — Et • qu'il faudra tenir. Un de camp les introduisit et les laissa là. terre. il convient. graves. Ces procureurs généraux. s'aperçurent qu'ils n'avaient pas alla même de lauteuils pour s'asseoir. l'antichambre s'est remplie d'hommes en robes rouges. Troplong. humiliés. ancien libéral. ce dialogue fui enlendii : Voilà. à quelques pas. eux se courbèrent jusqu'à comme d'état. la plupart en les cheveux blancs. Abbatucci. . Bonaparte.LE 5 AVRIL 1852 Le 5 avril 1852.

avaient condanmé Louis Bonaparte à prison perpétuelle. dans un antre. tète nue. Ces sept . pas de famille. ils avaient . Le 2 décembre. le fait ilenouard. suppléants. convo<iuent jurés dans et le lieu qu'ils ils désignent pour procéder au jugement du président . Moreau.s s'arrêter.l'ur bourse.Mais pourquoi regarder de : si il loin en arrière? Passons encore. . n'a pas de foyer. qui avait accepté. dan-. Son intelligence ne la s'est jamais ouverte. ajouta le troisième. il y a des idées tristes sur lesquelles le faut avoir la force d'insister . Il ne Il sait pas qu'il y a des lois aunlessus de sa tète. sans savoir pour quoi faire il il vivait. (laucliy. : « M 158. faim en une Ixl-te fauve. y avait sept hommes ainsi nommés le : Ilar- douin. on ne poussière pour tomber dans 'pi'il il où. juges. en présence de le l'attentat flagrant. car l'intelligence ne s'ouvre qu'à s'ouvrent (|u'au jour. a rampé comim' a pu. passons. M ' est un crime de haute île la trahison. ne sait pas lire. hommes composaient Imnnnes avaient reçu eu ce-s avant 2 décembre Haute Cour de justice premier.M. Parmi ces premiers présidents il juraient fuiélité à Louis lJana|)arle. il on vient de le voir. sait un Iwuge. On le |)r»iid et on l'einoie au bagne. les quatre autres. nonnnent eux-mêmes » les magistrats chargés de remplir les fonctions de ministère public. est impossible de ne pa. suivre contre Louis Bonaparte sur du crime do haute ils ce nom. Il on ne sait de et rpii. a grandi pieds nus. Ce Ici Il qu'ils y firent. commencé Joignons procès et nonmié un procureur général. {ns de livre. C'est une àine aveugle. Toute mesure par laquelle le président de lu République disl'exercice sout l'Assemblée nationale. la proroge ou met obstacle à de son mandat. Il est sorti de la la boue. le Delapalme. C'est bien. Quesenault. de ses complices. comme jiairs. Ces et accepté de la Constitution de 18^8 un mandat conçu termes Abt. dans un taudis. pas df croyance. . llardouin. attend les pas- sants au coin d'un bois et leur arrarhi. Pataille.LE 5 AVKIL 1852. n'a eu de père de de mère que juste ce Il en faut |>our naître. en haillons. (pii est rabjeclion. a |R-inc sait-il qu'il y a un ciel. Cependant fait faut mange. y avait un certain nombre d'anciens paire la France qui. Le 5 avril étaient tous les huit dans l'an- tichambre de Louis Bonaparte. Voyez cet hoiimie : il est né par hasard. les deu\ dernière. Les juges ils Haute Cour se réunissent imniinliatement à peine de forles faiture. La une bète brute. par malheur. 18S — Comme Tout ceci d<' le maiiro de île la maison. Maintenant voyez cet antre homme : ce n'est plus la ca-saque rougi-. président. voici qui est mieux parmi ces magistrats. et société en a fait il lumière il romme (pi'il Il les fleurs ne i>st dans la la nuit. Henouard. Après quoi tout Il s'est retiré lui. il y a «les cloaques d'ignominie qu'il faut avoir courage de sonder. pius de toit. pour trahison. aux sept autres. la Grandet.

elle le comble de biens. Elle lui le livre de la loi. comme on ne lui manque. Monseigneur. cet a passé sa vie à se pénétrer de la pure et sainte lumière du droit. au levant. dans l'étude du droit. Il PETIT. se tourne vers si le il parjure triomphant. les conseils. Voyant cet homme passer ses jours dans méditation de tous les grands textes.186 NAPOLEON LE robe rouge. dit : eût dit Criminel. va dit. et for- dites-moi de quel côté cela penche. On a juré ici. cette grande œuvre du devoir. tu te lèveras et tu homme de la jus- frapperas de ta verge l'homme du pouvoir. cet qui n'est rien cet s'il n'est pas le contempteur du succès injuste. rend le pain bénit. Bonaparte. de la même voix dont. partout : a Paris. cet homme qui homme homme lettré. dans la pratique de la religion. la commence à bégayer les paroles de lice tout à coup il s'aperçoit que ce n'est pas la jus- qui prévaut. les leçons. en province. toi. sa famille a tout prodigué à son enfance. et dans l'attente de ce jour périlleux suprême. au . et — Pour cela. je vous condamne aux galères. Celui-ci croit en Dieu. alors. robe rouge solennelle. ce la juge auquel on a confié il garde de le la loi et en quelque sorte de conscience universelle. cette heure unique. rien à confesse. est janséniste et dévot. a dit : — Un jour peut venir. VI SERMENT PARTOUT Telles sont les choses qui ont élé mics pu France à l'occasion du serment à M. les soins. Aussi en a-t-on la un magistrat. là. c'est la lit Nicole. traître eût été vaincu. cet homme la religieux. l'homme à la loi. les lettres grecques et latines. tice. les maîtres. lui. et l'ha- bille de pourpre et d'hermine. sévère. rien ne lui a jamais est bien né. dans la contemplation du juste et de l'injuste. un per- manqué. la homme scrupuleux. Ce jour vient en effet. la société a remis à sa garde ce qu'elle a de plus auguste et de plus vénérable. je vous jure fidélité! Prenez une balance. une heure peut sonner où le chef de la force matérielle foulera aux pieds la loi et le droit. et de il même : bouche. sacrés et profanes. Elle l'a fait juge et punisseur de la trahison. mettez dans un plateau ce juge et dans l'autre ce çat. et alors. que c'est la ti'ahison qui l'emporte. C'est fait sonnage grave et scrupuleux.

par le veni qui tombe. l'homme enveloppé dans ces le immenun dans ces obscurités. tout de le caillou par le (lot qui pa. au septentrion. la nom qui était en quel<iue sorte une pudeur du hasard. 1. iii(|uiei . l'homme qui ne peut lever la . de plus fort que nu. tremblant s'il regarde en avant. et un gouiïre hors de lui. s^-rein. Paris. membre do md coiumiI muoicipal.sard. ^i incertain. tranquille. se redresse tout à coup devant l'énigme qu'on s^'nt qu'il y nomme humaine.SERMENT PAUTOLT. l'espace. par ri<-n. a juré. ce grain de sable. sous le frémissement des arbres. jouei de vie la minute qui s'écoule. misérable. sachant d'hitr peu de chose et de demain rien. L'homme qui fait un serment n'est plus un homme. président de l'Assem- blée nationale 2 décembre. l'honneur la foi . s<îus le bruit de la mer. l'homme si si petit. emporté demain. le ciel l'homme qui à de cerles forces taines heures se courbe avec l. la il de plus profond que l'inconnu. aujourd'hui. si tombée des yeux du destin. chancelant. et perdu en . cette goutte d'eau. cet être frissonnant. Franck Carré' procureur général près .sse. C'a été en France. à un jour donné. faible et : dit à tout ce formidable mystère qui tu voudras. l'homme. c'est un autel Dieu y desa'nd. . sous l'ombre le (Ii's montagnes. mais qui l'enveloppe ferai Fais de moi ce que moi je ferai ceci et je fixe ne pas cela.. hochet du ha. la fatalité. les conseillers généraux. cour dans de Boulogne.. un tableau de bras tendus et de mains levées. par l'in'ure qui sonne. qui ne voit rien. ! — clios*^' mon Dieu c'est à se tordre les mains de honte ! C'est pourtant um' sainte. On a entendu de son le 29 mars tel sénateur réclamer à liante \oix contre l'oubli Sibour'. Bonaparte de tous ces serments-là? en le collection? où les met-il? On a remarrétri- qué que serment n'a gut*re été refuse que par des fonctionnaires non bués. reste ténébiTs. créant avec un mot un point dans t. tête le jour sans être aveuglé par ta clarté. voyant sa route le juste assez pour poser le pied devant lui. Qu'est-ce que M.M. . etc. sités et triste s'il regarde en arrière. Comnio s<'nalour. cet atome. les préfets entre les mains du ministre. M. si ignorant. fait la cohue entre les mains des fait-il la préfets. sous rayonneim-nt des étoiles. pendant tout un grand mois. a juré. son âme. vertu . cette infirmité. temps. 187 couchant. le tient et et seul. et fier. l'homme qui va dans le trouble et dans le doute. par exemple. c'est au budget qu'on a prêté serment. au midi. la nuit sans être écrasé par l'infini l'homme qui ne «onnali qui souille. le serment! . qui peut être suite. elles. a en lui quelque chose de plus grand que l'abîme. l'aiïaire le archevêque de ih'n pairs M. cette larme debil'". ayant gouiïre en lui. Les ministres ont juré entre les mains du président. chœur final : Jurons. Dupin'. qui n'entend rien. a juré. L'homme. l'être.i une sorte d'horreur sacrée sous toutes de nature. Ommo C«>m(nc premier président do U cnur d'appel do Rouen. En réalité. cette ombre. 3.

jette dans l'avenir son serment. une splendeur de l'âme qui s'évanouit . sombre instabilité il qui emplit l'horizon. serment! confiance admirable du juste en lui-même! sublime permission d'affirmer donnée par Dieu à l'homme! ! C'est fini.NAPOLEON cette L1-: PETIT. Encoii. comme le matelot jette une ancre dans l'océan. 11 n'y en a plus.

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Quand je parviens à m' abstraire du présent. y a des moments où. j'en \ieiis à le fait est me dire : Lacté est bon. . de tous ces proscrits. quand m'arrive de pouvoir d(! détourner mes yeux un instant de tous ces crimes. des progrès m'apparaissent. et à ne plus consiilerer mais les conséquences du fait. en présence du Deux-Décembre. toutes ces victimes. de cet exil où l'on meurt lentement. ai Il a déconcerté ceux-ci. parmi beaucoup de résultats désastreux sans doute. j'ai vu cet événement sans trouble. je me il déclare satisfait. de tout ce sang versé. si réels. con- sterné plusieurs. moments faut dire Je. Décembre indigne. je le proclame. infâme. quand. considérables. de ces pontons où l'on râle. alors. et parler devant l'histoire comme il un témoin. de ce faite vote. Je dis plus.LIVRE HUITIEME LE PROGRES INCLUS DANS LE COUP D'ETAT Parmi nous. de ce serment. me renfermer dans le lait. la froideur sévère de l'homme politique. oubliant pour quelques minutes ces douloureuses pensées. clémoLrates. mais je ne suis plus de ceux L'œil fixé sur de certains côtés de l'avenir. obsession habituelle de je parviens à mon esprit. de cette les immense tache de honio à la France et qui va s'clargissant tous jours. J'en puis(jue à de certains vu qui s'écriaient il : Finis Poloniœ! Quant à moi. énormes Deux- je suis toujours de ceux ([ue le qu'il afllige. rovéïicmciit du 2 décembre a frappé de stupeur beaucoup d'esprits sincères. et dans ce moment-là. de ces affreux bagnes de Lambessa et de Cayenne où l'on meurt vite. découragé ceux-là.

La main la invisible est fait mêlée à tout cela. déshonneur de l'armée. peut-être. Sibour avait été M. confiscation. De république on ne la la voyait que 1793. c'est l'orgie de l'ordre. guerre civile.. négation du peuple. Toutes les explications sont justes. l'insurrection écrasée à coups de canon. un immense et définitif progrès s'accompht. trahison. les faubourgs ont hésité devant reste. à tort du que leur victoire ne les ramenât au pouvoir cette droite si profondément impopulaire. De un préjugé contre la république et un prestige pour l'empire. en Providence a l'événement. résistances possibles et elles se sont neutralisées les unes par les autres bourgeoisie a eu peur du peuple . censure. parjure. viol des lois. AfTre s'était et s'était jeté au-devant des balles des prétoriens! ! — Si la haute fait cour ne pas laissé chasser par un caporal — Si les juges avaient connue les représentants. tribune à terre. restau- ration de la majorité. Songez encore à ceci depuis cinquante ans son reflet la république et l'empire emplissaient les reflet imaginations. parce qu'à plus d'un point de vue. vrai. dans la 11 était nécessaire qu'on sût bien. rières. massacre. etc. séquestration. il Le 2 décembre a réussi. fusillades. et toutes les explications sont vaines. déportation. transportalion. — et ! puis — Si l'on avait pu battre le rappel ! — une seule légion était sortie — Si M. ce mot «ordre'). sénat muet. apens. quel est l'avenir de France'? est-ce l'empire? Non. a essayé d'expliquer l'inexpUcable victoire du coup d'État de cent façons : ^ la l'équilibre s'est fait entre les diverses . étran- glement du droit. Il fallait renverser cette situation. signifie : faux serment. je était bon. presse supprimée. boutiquiers ont reculé . la Providence est dans cet événement. qu'il réussît. Redisons-le. proscription. — — le peuple a eu peur de la bourgeoisie la . c'est-à-dire les formidables nécessités là révolutionnaires. et — Tout cela est pourtant c'est ce qui a été qui devait être. de l'empire on ne voyait qu'Austerlitz. guillotine politique. et si l'on avait vu les robes rouges dans les avait barricades comme on Si manqué! — y a vu les écharpes ! ! — Si le Si une seule arrestation un régiment avait hésité — massacre du boulevard n'avait pas eu lieu ou avait mal tourné pour Louis Bonaparte. égorgement de la Uberté. sous cette vicet toire monstrueuse à son ombre. abaissement de la France. pillage des deniers publics. bouche des hommes du passé. et qu'on sût à jamais. . c'est la républif[ue. car: souvenir vivant Si et terrible. l'autre de son de gloire. que. supprimer le prestige pour ce qui ne . Louis Bona- parte a Il commis le crime. etc. le répète. était nécessaire effet que l'ordre arrivât au bout de sa logique. l'une de la de terreur. Le spectacle qu'on a sous les yeux est un spectacle Ce qu'on voit en France depuis le 2 décembre. guetutile. : Oui. Or. souveraineté du sabre. les transportaiions. conseils de guerre. les casemates. fournaise. — — : le peuple n'a pas compris : les classes moyennes le palais les uns ont dit Qui allons-nous faire entrer l'hôtel dans législatif? les autres ont dit Qui allons-nous voir à de ville'? — enfin la les rude répression de juin 1848. police. devant la république rouge ont tergiversé.ly: NAPOLEON LE On PETIT. craignant.

.rit:.ÉON LE PKrir SE SLPEIIPOSK A NAPOLÉON LE URA. . . N.^^^^:^-^^ .NII.V l'IJI.

.

. le suffrage universel par- subordonné seulement. à cet avenir. mais ayant la liberté. excepté de l'église. connu seulement de voilà ses croyants. n'ayant plus l'autorité. les penseur entrevoit dès à préet vagues lumineux linéaments ? Cette forme. y avait quatre obstacles matériels les voioi : L'armée permanente. Ce sont suffit le là les secrets de Dieu. pour la religion. vivant ciel. Février venu et a ôté à la République la terreur. magistrat la justice. du Le éclairant le juge. à travers les ténèbres des dictatures. se superpose à 1793. c'est la Et puis. L'avenir est devenu possible. Les deux grandes choses. Désorla fraternité. peut revivre et supprimer fait. Développons ceci. La toujours. à cette magnifique réalisation de l'idéal démocratique. et Napoléon qu'à travers sa caricature i^uillotine se dissipe. l'empire ne fascine plus. Le clergé fonctionnaire. en ce qui touche les actes généraux. chose République qu'il Eh bien nous aurons chose avec mot. la terreur. mais ultérieures. la Providence l'a a détruit ces deux mirages. La guerre bornée à la défense du territoire. quelle le sera en France la forme de l'édilice social dont sent. voilà pour l'œil prêtre hors de tout. Louis Bonaparte est venu et a ôté à l'empire le prestige. divisée en trois seul bans. qu'amènera l'union de TEurope et la fédération démocratique du continent. L'administration centralisée. fné sur son livre et sur le étranger au budget. ignoré de l'État. et pouvant se lever loi comme un homme . ! le mot République ne la pas . régie par un maire élu tout. Or. le vote toujours le sabre nulle part. la vaine popularité impériale s'évanouit. . la voici : La commune souveraine. On n'aperçoit plus 93 qu'à tra. la nation garde nationale. le droit toujours. République n'épouvante plus. prud'hommes le réglant des industries. dont l'une effrayait et dont l'autre éblouissait. Les syndicats et les les différends privés des associations et fait. le mais 18i8. voilà pour la puissance. 11 En un jour attendant les simplifications merveilleuses. Elle 191 le préjugé contre ce qui doit être est . magistrat du droit. vers sa justification. le juge élu. La magistrature inamovible. à l'unité nationale. Napoléon le Petit se superpose à Napoléon Grand. juré. grâce à Louis Bonaparte. la folle peur de la Grâce à I8Zi8. . reculent d'un plan. faut.LE PROGRÈS INCLUS DANS LE COUP D'ÉTAT. voilà pour l'administration. quels étaient 11 les obstacles ? .

il jaillir. ces quatre obstacles étaient quatre supports. liberté là germes épars de où il y aurait eu la vie. ce qu'étaient ces quatre obstacles. mêlées à leur base et à leur les unes futaie sommet. et des classes moyennes en particulier. au besoin armée. Attaquez cela. si vous l'osez ! Je n'hésite pas à le dire. à la centralisation administrative. ce détracteur. y avait despotisme administratif. le ils f|u'ils empêchaient. avec les commissions 2 décembre n'était pas venu apporter était sa démonstration foudroyante. la il spontanéité communale. croisant comme une et leurs la de grands vieux arbres leurs racines sous nos pieds têtes. dans l'état d'aveuglement des meilleurs esprits. armée. Au\ yeux du plus grand nonilire.\on. dont on ne le me soupçonnera pas d'être et timides. où y aurait il eu la vigilance intelligente.192 N'APOI. restait si la Providence ne s'en pas mêlée. les quatre forces sociales. Certes. y avait l'obéissance passive du soldat. deux grandes forces de la civilisation. antiques. quel excellent ordre social ajournaient. le l'association. le peuple? S'en doutait-on ? Le devinait-on? Loin de là. solides. ne se laissent volontiers gouverner la que par leur moyenne.ÉON LE PETIT. du patriote et du citoyen. de Février. Ces quatre institutions énormes. clergé. le mal qu'ils produisaient. là où y aurait eu y avait il y juge. la France condamnée indéfiniment à la magistrature inamovible. qui ne pouvait sortir de terre et qui attendait. le il mouvement. les lenteurs et les scrutins. la puissance de la tribune et ces la puissance de la presse combinées. quel passé publiciste éternisaient. ce n'est : pas moi qui cherche à les eût-il fallu d'efforts contester et à les amoindrir. bien ils même sous la République même le sous la Constitution de ]8/j8. mais qui. avec la marche méthodique du progrès normal. à l'armée permanente et au clergé fonctionnaire. étouffaient et écrasaient partout les Lcà branches sur nos France nouvelle. l'entrevoyait. sous les pieds des générations souffrantes. le philosophe le savait. avec nos assemblées. arc-boutées sur les autres. Et l'avenir était là. si le médiocrité . Magistrature. Savait-on cela dans . le avait le prêtre catholique. c'est-à-dire par d'initiative. la locale. mais voyez pourtant combien . la nation l'ignorait. c'étaient les quatre vertus de l'ordre. lorsqu'elles sont à la fois honnêtes qui arrive souvent. administration. là où il la vive foi chrétienne eût voulu la justice. les quatre colonnes saintes de l'antique formation française. Il( Ce que sont.

LE PROGRÈS INCLUS DANS LE COUP D'KTAT.
de tout genre, en tout sens
sous toutes les formes, par
la

19S

et

tribune et par

le

journal, par le livre et par la parole, pour en venir à ébranler seulement l'universel préjugé favorable à ces quatre institutions fatales
!

Combien pour

arriver
les

à les renverser! pour faire luire l'évidence à tous les yeux, pour vaincre

résistances intéressées, passionnées ou inintelligentes, pour éclairer à fond l'opi-

nion publique, les consciences, les pouvoirs

olliclels,

pour

faire pénétrer cette
!

quadruple réforme d'abord dans

les

idées, puis dans les lois

Comptez

les dis-

cours, les écrits, les articles de journaux, les projets de
les

loi, les

contre-projets,

amendements,

les

sous-amendements,

les rapports, les

contre-rapports, les

faits, les

incidents, les polémiques, les discussions, les affirmations, les démentis,

les orages, les les

pas en avant,

les

pas en arrière, les jours, les semaines, les mois,
demi-siècle!

années,

le

quart de siècle,

le

IV

Je suppose sur les bancs d'une assemblée

le

plus intrépide des penseurs,

un

éclatant esprit,

un de ces hommes qui,

lorsqu'ils se dressent

debout sur

la

tribune, la sentent sous eux trépied, y grandissent brusquement, y deviennent
colosses, dépassent de toute la tête les apparences massives qui
réalités, et voient distinctement l'avenir

masquent

les

par-dessus

la

haute

et

sombre muraille

du présent. Cet homme,
phète veut éclairer
les

cet orateur, ce voyant veut avertir son pays; ce pro-

hommes

d'État;

il

sait

où sont

les écueils;

il

sait

que

la

société croulera précisément par ces quatre faux points d'appui, la centralisation

administrative, l'armée permanente, le juge inamovible, le prêtre salarié;
sait,
il

il

le

veut que tous

le

sachent,

il

monte à

la

tribune,

il

dit

:

— Je
porte en

vous dénonce quatre grands périls publics. Votre ordre politique

lui-même ce qui

le

tuera.

11

faut transformer de

fond en comble
ici,

l'administration, l'armée, le clergé et la magistrature; supprimer
là, refaire tout,

retrancher

ou périr par ces quatre
et
11

institutions

que vous prenez pour des

éléments de durée

qui sont des éléments de dissolution.
s'écrie
:

On murmure.


aii\ fois

Votre administration

centralisée,

savez-vous ce qu'elle peut devenir
la

mains d'un pouvoir exécutif parjure? Une immense trahison exécutée à
sur toute
la

surface de la France par tous les fonctionnaires sans exception.
; :

l'ordre

Les murmures éclatent de nouveau et avec plus de violence on crie à Savez-vous ce que peut devenir à un jour l'orateur continue
!
:

donné votre armée permanente? Un instrument de crime. L'obéissance passive, c'est la bayonnette éternellement posée sur le cœur de la loi. Oui, ici même,
dans cette France qui
est l'initiatrice

du monde, dans

cette terre de la tribune

194

NAPOLKON LE
la

PETIT.

et

de

presse, dans celle pairie de la pensée humaine, oui, telle heure peut
le

sonner où

sabre régnera, où, vous législateurs inviolables, vous serez saisis

au

collet

par des caporaux, où nos glorieux régiments se transformeront, pour

le profit

d'un

homme

et la

honte d'un peuple, en hordes dorées

et

en bandes

prétoriennes; où l'épée de la France sera quelque chose qui frappe par derrière

comme le

poignard d'un sbire

;

le

sang de

la

première

ville

du monde

assas-

sinée éclaboussera l'épauletle d'or de vos généraux!

La rumeur devient tumulte; on
interpelle l'oraleur
:

crie

:

à l'ordre! de toutes parts.

— On
vous

outragez l'armée!

— Vous venez — Le président rappelle
:

d'insulter l'administration, mainienant

l'orateur à l'ordre.

L'orateur reprend

— Et
soldats qui

s'il

arrivait

un jour qu'un

homme
que

ayant dans sa main

les

cinq cent

mille fonctionnaires qui constituent l'administration et les

quatre cent mille
la

composent l'armée,

s'il

arrivait

cet

homme

déchirât

Constitules droits,

tion, violât toutes les lois, enfreignît tous les

serments, brisât tous

commît tous les crimes, savez-vous ce que
tutrice

ferait votre

magistrature inamovible,
tairait!

du

droit,

gardienne des

lois;

savez-vous ce qu'elle ferait? Elle se

Les clameurs empêchent l'orateur d'achever sa phrase. Le tumulte devient
tempête.

Cet hom'iie ne respecte rien! Après l'administration el l'année,

il

traîne dans la

boue

la

magistrature! La censure!

la

censure!
lui

L'orateur est
s'il

censuré avec inscription au procès- verbal. Le président

déclare que

continue, l'assemblée sera consultée et la parole lui sera retirée.

L'orateur poursuit

:

— Et
versé par
les

votre clergé salarié! et vos évêques fonctionnaires! Le jour où un
la

prétendant quelconque aura employé à tous ces attentats l'adminisiralion,
magistrature et l'armée,
le traître et le

jour où toutes ces institutions dégoutteront du sang
le

pour

traître, placés

entre l'homme qui aura

commis

crimes

et le

Dieu qui ordonne de jeter l'anathème au criminel, savez-vous
Ils

ce qu'ils feront, vos évêques?

se prosterneront,

non devant

le

Dieu, mais

devant l'homme

!

Se figure-t-on

la

furie des huées, la
!

mêlée d'imprécations qui accueilleapostrophes,
les

raient de telles paroles

Se figure-t-on

les cris, les
la

menaces,

l'Assemblée entière se levant en masse,

tribune escaladée et à peine protégée

par

les

huissiers!
il

L'orateur a successivement profané toutes les arches
!

saintes, et

a

fini

par toucher au saint des saints, au clergé

Et puis,

que sup-

pose-t-il là? Quel
d'ici

amas d'hypothèses impossibles
et

et

infâmes?

— Enlend-on

gronder

le

Baroche

tonner

le

Dupin? L'orateur

serait rappelé à l'ordre,

censuré, mis à l'amende, exclu de

la

Chambre pour

trois jours

Leroux
Et

et
le

Emile de Girardin; qui

sait

même

peut-être? expulsé
:

comme Pierre comme Manuel.

lendemain

le

bourgeois indigné dirait
le

C'est bien fait!

— El de

toutes

parts les journaux de l'ordre montreraient

poing au calommatelr. Et dans

son propre parti, sur son propre banc à l'Assemblée, ses meilleurs amis l'aban-

LE PROGRÈS INCLUS DANS LE COUP D'ÉTAT.
a été trop loin

195

donneraient

et (liraient

:

C'est sa faute
!

;

il

;

il

a supposé des chi-

mères

et

des absurdités

Et après ce généreux et héroïque effort,

il

se

trouverait

que

les

quatre

institutions attaquées seraient choses plus vénérables et plus impeccablee

que

jamais, et que

la

question, au lieu d'avancer, aurait reculé.

Mais

la

Providence,
et

elle,

s'y
:

prend autrement.
Voyez.

Elle

met splendidement
premier venu,
;

la

chose sous vos yeux

vous

dit

Un homme

vient

un beau matin,

et

quel

homme!
a tout

le

le

dernier venu, sans passé, sans avenir, sans génie, sans gloire, sans prestige ce un aventurier? e.st-ce un prince? Cet

est-

homme

bonnement

les

mains

pleines d'argent, de billets de banque, d'actions de chemins de fer, de places,

de décorations, de sinécures; cet
leur dit
:

homme

se baisse vers les fonctionnaires et

Fonctionnaires, trahissez.

Les fonctionnaires trahissent.

Tous? Sans exception?
Oui, tous.

H s'adresse aux généraux
Les généraux massacrent.
Il

et leur dit

:

Généraux, massacrez.

se tourne vers les juges inamovibles, et leur dit

:

— Magistrature,

je

brise la Constitution, je
les

me

parjure, je dissous l'Assemblée souveraine, j'anête

rcprésenlants inviolables, je pille les caisses publiques, je séquestre, je con-

fisque, je bannis qui

me

déplaît, je déporte à

ma

fantaisie, je mitraille sans

sommation,

je fusille sans
;

jugement,

je

commets

tout ce qu'on est
droit
;

convenu
regardez

d'appeler crime

je viole tout

c» qu'on

est

convenu d'appeler

les lois, elles sont

sous mes pieds.
voir, disent les magistrats.

— Nous ferons semblant de ne pas — Vous des réplique
êtes
insolents,

l'homme

providentiel. Détourner les
allez

yeux, c'est m'oulrager. J'entends que vous m'aidi<>z. Juges, vous

aujourd'hui
résisté,

me

féliciter,

moi qui

suis la force et le crime, et,
le droit, la loi,

demain, ceux qui m'ont
jugerez

ceux qui sont l'honneur,
nerez.

vous

les

et

vous

les

condam-

Les juges inamovibles baisent sa botte et se mettent à instruire Yti/fairc des (roubles.

Par-dessus
Alors
il

le

marché,

ils lui

prêtent serment.
le

aperçoit dans un coin

clergé doté, doré, crosse, chape, mitre.

196

NAPOLEON LE
lui

PETIT.

dit

:

— Ah!

tu es là, toi, archevêque! Viens

ici.

Tu vas me

bénir

tout cela.

Et Tarchevèciue entonne son Magnificat.

VI

Ah!
Bossuet.

cjuelle

chose frappante

et

quel enseignement!

Erudimini,

dirait

Les ministres se sont figuré qu'ils dissolvaient l'Assemblée
l'administration.

;

ils

ont dissous

Les soldats ont

tiré

sur l'armée et l'ont tuée.
et

Les juges ont cru juger

condamner des innocents;

ils

ont jugé

et

con-

damné

à mort

la

magistrature inamovible.
;

Les prêtres ont cru chanter un hosanna sur Louis Bonaparte

ils

ont chanté

un De Profundis sur

le clergé.

VII

Quand Dieu veut
Lorsqu'elles ont

détruire une chose,

il

en charge

la

chose elle-même.
par
le suicide.

Toutes les institutions mauvaises de ce

monde

finissent

assez longtemps pesé
le

comme
cutent.

le

sultan à ses visirs, leur envoie

hommes, la Providence, cordon par uu muet elles s'exésur les
;

Louis Bonaparte est

le

muet de

la

Providence.

* VV «LUISTORItS ^E POURHA QUE LK MENER » A LA POSTÉnlTB PAU l'oKEILLE .

.

quoiqu'il quin. une illusion dans l'esprit. de le il rapprocher de ces hommes. qu'il se hissera jamais à la hauteur des grands bandits historiques. Faire hausser les épaules au genre humain. qu'il se l'ôte. sera gro- tesque. mais avec du vin. dans quelques pages de ce ait çà et là. et vraiment on sur sa valeur comme scé- lérat politique. Ceci l'achèvera. Bonaparte d'ôlre saisi par le croirait. si ceci s'il l'aniour-propre de M. qu'il se fasse empereur. L'acabit de l'individu se refuse de fond en comble à même dans rinfan)ie. Il commis des crimes énormes. Qu'il n'aille pas s'imaginer. parce qu'il a entassé horreurs sur horreui-s. ne sera jamais que tyran pygmée d'un grand grandeur. il ne sera jamais le que l'homme qui a soûlé non avec de la gloire. le comme la premier Napoléon.CONCLUSION PREMIERE PARTIE PETITESSE DU MAITRE. l'histoire. la restera mes- ne sera jamais que l'étrangleur nocturne de les soldats. Non. il liberté. ABJECTION DE LA SITUATION Soyez tranquilles. a par hasard. ce sera sa . Nous avons livre. l'histoire le tient. eu tort peut-être. il peuple. il est bouffon . Dictateur. flatte Du reste.

vous : voir les dents. comme les furies étaient dites Euménides voici Richard III. Henri VIII. considérez-les l'un les traîne. Voilà tout. brûleur de Rome. ceux-ci sont des papes. afin de faire mugir le taureau celuifit Assuérus. le chasseur c'est d'hommes. celui-ci. c'est Néron. Elle tigres. En effet. ils ont été pris sur tous les trônes. qui sur cinq femmes qu'il eut en tua trois. dont il éventra une Midi. l'historien furieux et terribles. qui faisait Busiris. celui-ci. Les plus indignés même ne le tireront point de là. vous montre les griffes. peut-on s'imaginer rien de plus chétif et de plus piteux? L'histoire a ses tigres. c'est vivants dans un taureau la d'airain. fait après l'autre. destinée. les . avec sa large face et son gros ventre. Les historiens. celui-ci. vous ouvre les gueules. cet autre. L'histoire les promène à Ce sont ses Elle Elle travers les siècles. lui seul. au bord de la cage. le tyran d'Egypte. Borgia. L'homme une tombée.2fln NAPOLEON LE PETIT. sont épouvantables et superbes leurs taches font celui-ci. dans la cage des hyènes. c'est Caracalla. montrent aux nations cette ménagerie impériale. voici Philippe II. mais que \oulez-vous que l'historien fasse de ce personnage ? ne pourra que fois le Ij'historien mener à la postérité le par l'oreille. hommes ci. c'est A'enn-od. qui arracha . Bonaparte sera. restera ridicule. empêche qu'ils ne meurent. voici. le Néron du Nord. peau de le la tête aux sept Macchabées et les rôtir vifs celui-ci. les met et garde à part bêtes immondes. c'est Iléliogabale. qui enduisait les chrétiens de cire et de bitume et les allumait comme des flambeaux. l'homme de Caprée. lui le pauvre prince d'industrie qui vivait d'expédients sa prospérité . c'est Tibère. vous pouvez dire de chacun d'eux C'est un tigre royal. avec II Claude. Le dédain n'ôte rit et sera hideux. partie de leur beauté. voici Christiern II. Ils . pauvre petit squelette mis à nu et grelottant. le déshabillé du succès. Les grands penseurs se les plaisent à châtier les grands despotes. la poussière le clinquant et l'oripeau et grand sabre détachés. M. celui-ci. et quelquefois même grandissent un peu pour les rendre dignes de leur furie. c'est Domitien. remarquez parmi eux le tigre . elle en a soin. c'est Phalaris. sinistre et diflbrme. Regardez-les. il rudement corrigé pour cela? et il Point. Sera-t-il moins rien à la colère. voici Philippe dit le Bon. celui-ci. . L'histoire foudroie. qui a ce mérite de plus dans l'hor. Celui-ci. avec Ferdinand de Naples. l'historien vous les amène. a pris et ce grand enfermé huit ou dix de ces tigres dans ils cages de fer de son style. écoutez- les rugir. C'est un peu un brigand et beaucoup uu coquin. le Démon du sont effrayants. avec Ferdinand VII d'Espagne. c'est Commode. gardiens immortels d'animaux féroces. ne mêle pas avec eux les chacals. le piédestal ôté. reur qu'il était le fils de Marc-Aurèle ceux-ci sont des czars ceux-ci sont des sultans. Tacite à belluaire. On sent toujours en en Angleterre . cuire des .

Napoléon rien de plus. vous avez beau avoir l'esprit fait tout cela. il Monsieur Louis-Napoléon. à bâtir des tours à Ilérat. réaliser à votre manière le vœu de Caligula : Je voudrais que genre humain n'eût qu'une tête pour les pouvoir décapiter d'un coup. vous? Pierre le Cruel massacrait. un général de division et un batteur de grosse caisse des Champs-Elysées il ne faut pas avoir été police- man à Londres. en 133(5. les il yeux baissés.TRE. Magnan pocket par faut pas.N'est pas monstre qui veut. . à Sebzvar. il illustres qui ont torturé l'humanité depuis quatre ne faut pas faire hésiter l'esprit entre . Henri mais n'escroquait pas. Eh bien. vous avez beau avoir des casemates comme Torqueraada comme Pierre le Cruel. la La bassesse de ses vices nuit à grandeur de ses crimes. comme Philippe III expulsait les Maures et chassait les Juifs. vous avez beau vous être parjuré comme Ludovic Sforce vous avez beau avoir massacré et assassiné en masse comme Charles IX. des dragonnades comme le père Lelellier. maître dos conjonctions planétaires). comme Il fit il assiégeait Si\vas. » M. la Vous avez eu beau. vous avez beau faire venir tous ces noms à un quand on songe à votre nom.les « habitants. « pour le fléchir. à les peu près con>me M. mais faut bien vous dire la vérité. rien de moins. n'a pas cette dignité la que les grands despotes d'Orient rienne lui manque. à Alep. des pontons comme Hariadan. . à Tékrit.CONCLUSION. lui envoyèrent mille petits enfants portant chacun : un Koran sur leur tète et criant Allah! Allah! enlever les livres sacrés il « « « <i avec respect et écraser les enfants sous les pieds des chevaux. en les journaux anglais. détestait le mensonge. . mais ne volait pas. Bonaparte a exterminé mais <i femmes et les vieillards sur le boulevard. mépris hautains de M. en renversant le le que voulez-vous que nous y fassions? tribune de France. vous avez eu beau bannir par milliers républicains. en pleine cour ne faut pas être appelé pick- des pairs. égorgea cent mille captifs. les îl ne faut pas avoir essuyé. et des oubliettes comme Ezzelin III. saheb-keran (maître du monde il et du siècle. L'ampleur césa- Pour faire bonne contenance et avoir mine convenable parmi tous ces bourreaux mille ans. . il ne un mot. naquit à « Kesch. de pierre et de brique. Le titre de ce livre est bon. son — PETITESSE DU MAI. on pouvait Il s'y fier. à Bagdad. 201 triomphe et son empire et son gonflement ni font rien le Petit : . Bonaparte de cette stature. et d'Occident mêlent à férocité. qu'il y ait il ne faut pas êti-e menacé de Clichy . du faquin dans l'homme. quand n'est point il avait donné sa parole. : il ne mentait pas. avec du ciment. vous êtes ambitieux. ce manteau de pourpre traîne sur des bottes éculées. vous visez haut. Timour écrasait les enfants aux pieds des chevaux. la employa la il soixante-dix mille têtes humaines. actuelle. Lcoutez l'historien arabe « Timour-Beig. vous n'êtes qu'un drôle. Que voulezIII assassinait.

selon vraie formule sociale qui est — le moins de gouvernement possible. dans son palais Orloff et dans son peuple Mouravieff. des sociétés militaires secrètes. la saisir. il se Mettez cette force collective au service de suffrage universel. ou de de la ruse comme Louis Bonaparte. bien armées. comme monarchies et les tragédies. cette force pourra être réduite à ne plus être qu'une les routes. police de la rue et — . du chemin. Un homme peut marcher sur Le tyran est cet se jeter dessus. avec les Le premier n'a rien à démêler avec articles la il la justice des codes. s'il est de naissance ce qu'est Nicolas. Le premier a ce qu'il faut pour mourir dans finissent les la pourpre et pour finir pomLe peusement et royalement . second doit vivre vivre entre quatre murs derrière des grilles qui le laissent voir au peuple. Cette force collective n'est pas. de sa nature. des complots domestiques. peut être assassiné par quelqu'un de son arméfi ou empoisonné par quoiil qu'un de sa famille. des maladies brusques et obscures. la Il a derrière lui. étant à et merci de beaucoup de hasards d'ambitions. la dompter et la faire les citoyens. Le second doit tout simplement aller à Poissy. htant à tous. court la chance des conspirations de casernes. sorti de la tradition comme Nicolas de Russie. elle flotte pour la en dehors du peuple. pavant allumant les réverbères et la surveillant les malfaiteurs jusqu'à ce jour-là. régulière et légale. la cité devient la liberté. des coups terribles. l'épiant et le guettant. des révoltes de régiments. Elle peut être asservie par la tradition . a besoin d'être gardée et défendue par des institutions jalouses. II De toute agglomération d'hommes. s'il Cet homme-là. c'est voleur public. la haine au cœur et vengeance à main. la brider. des grandes cata- strophes. a fait ce qu'a fait Louis Bonaparte. cette force collective. cité. de toute dégage fatalement une force collective. clairvoyantes. intelligente. faisant des brosses de crin ou des chaus- . faites-la régir par le commune. ainsi dire la nation devient république. le c'est l'ennemi social. elle n'est à personne .NAPOLÉON LE PETIT. homme qui. s'empare à son profit et dispose à son gré la force collective d'un peuple. de toute nation. : Jusqu'au jour où. balayant des cours. elle peut être surprise par la ruse.

hommes de le l'absolutisme. près le la barricade Mauconseil. rues de Paris. uns fusillés en tas dans leur les autres cave. imposant ce serait et éclatant. avec un bonnet vert sur et des sabots aux pieds. Ah! meneurs de vieux partis. villes Les boulevards de Paris. empereur et pape. s'il possède comme sa chose soixante millions d'hommes.500. les corps comme s'il était la tombe III S'il si la n'y avait pas avant peu un dénouement brusque. dommage. qui l'exercice à huit cent mille soldats et damne et condamne. entre autres victimes. en France vous avez voté en masse dans les 7. héros de l'ordre. Paris a piétiné jours dans une boue rougcàtre une casquette pleine de cervelle humaine a été j'ai accrochée à un arbre du boulevard des Italiens. on a vu dans les maisons des suppliants massacrés. vu. pavé. la tète 203 des baquets. et vous avez pris ce Cartouche pour . ! âmes comme était Dieu. pouvoir mi-parti bible et knout. là trois dans une alcôve . I! est assez féroce pour vrais cela. le l'effrayant grand dommage. commande tient à deux cent mille prêtres. viciant — PETITESSE DU MAITRE. j'ai vu dans la nuit du h. ren- vereés par une balle sur la dalle de leur foyer . hors de France vous avez applaudi. j'en conviens mais regardez la taille. Ne soyez pas ingrats pour vos colosses. moi qui écris ces lignes. toutes sortes de mains sanglantes sont encore empreintes à l'heure qu'il est. ici sur un mur. surtout ce rapprochement qui s'offre c'est naturellement à Qu'est-ce que que ce Mandrin de Lilliput près de Nicolas.CONCLUSION. de Louis Bonaparte. situation actuelle de la nation française se prolongeait et durait. Vous avez destitué trop vite vos si Haynau ci vos Radetzky. les autres dépêchés à coups de bayonnette sous leurs lits. sons de lisière.000 voix. traversée d'un lui entrai- un vieillard en cheveux blancs étendu sur . des enfants le sabrés. les champs et les de vingt départements en France ont été jonchés au 2 décembre de citoyens tués et gisants . la la poitrine biscaïen et la clavicule cassée le ruisseau de rue qui coulait sous . là sur une porte. Méditez l'esprit. et de la paille dans ses sabots. les le dommage moral. on a vu devant les seuils des pères et des mères égorgés. czar et césar. après la victoire . les clefs les dans sa main droite et les clefs du paradis et dans sa main gauche de la Sibérie. des femmes échevelées dans sang et éventrécs par les la mitraille .

Il eh bien! quelqu'un a marché dessus. liait vu. et y avait cet orgueil ! 1 regardez ce superbe peuple qui levait qui la baisse Hélas! Louis Bonaparte a fait plus que tuer les personnes. Le monde est à tâtons. ses yeux à demi fermés étaient il et en se penchant près de sa bouche entrouverte semblait qu'on l'entendit encore il murmurer faiblement: ma mère! Eh bien ! y a quelque chose qui est plus poignant que cet enfant tué.et les penseurs. cette grande splendeur morale. cette race de géants qui écrasait race les bastilles. ce peuple de 1830. peuples de juillet. n'y a plus de France. dit. faut être de la race des indomptables des invincibles pour persévérer à cette heure dans l'âpre voie du renoncement du devoir. tué. et que pour eux la sommes que les peuples ! France. plus effrayant que ces pavés rougis de carnage. cette nom voulait dire espèce d'âme du monde qui rayonnait en Europe.20i NAPOLEON LE son sang. c'est l'honneur d'un Certes. qui faisait toutes les révolu- tions et enfantait tous les enfantements. Je ne sais quelle gangrène de prospérité matérielle menace de faire . et l'a éteinte. Ah ! c'était si grand! Oîi sont ces temps. ces immenses se hâtant fosses ouvertes qu'on emplissait le matin avec des corps humains en à cause des clartés grandissantes du crépuscule. que ces pères et ces mères égorgés et assassinés. que plus les crânes fendus par le sabre. ce peuple de 1848. je bêche la terre pour tous. fini. où tout où tout était gloire? ces le temps où le peuple français. j'ai aidé à déshabiller un il pauvre enfant de sept ans. je l'ouvrier de Dieu? ! Quelle douleur profonde regardez cette torpeur où il il y avait cette puis- sance ! regardez cette honte où la tête. disait aux autres peuples. la terre : c'est de penser que cette dit parmi tous les Vous savez bien. sa d'une épaule à l'autre pendant qu'on fixes. mais splendides. plus irréparable que ces hommes et ces femmes. mais ce qui est plus affreux encore. cette France dont le liberté. ce peuple du 1!\ ce peuple du 10 aoiit. réveillé avant tous et debout dans l'ombre. plus horrible que cette loque tachée de cervelle humaine. où tout était vie. ces beaux temps mêlés d'orages. j'ai PETIT. cette patrie du genre humain qui pro- duisait les héros. les cimetières pyramides de morts qu'on voyait dans après que fourgons qui venaient du Champ de Mars s'y étaient déchargés. je fais la Soyez suis besogne de tous. ces autres héros. ces les grand peuple qui s'évanouit. a disparu Ce qui est plus navrant les boulets. front blanchi par l'aube de l'avenir déjà levé pour lui. c'est de songer qu'à l'heure où nous doutent. c'était affreux. cette d'hommes dont le visage éclairait. nation des nations. C'est Regardez. que sang versé à ruisseaux. Il il a amoindri les âmes et et . les poitrines défoncées par désastreux que les maisons violées. j'ai touché de mes mains. ténèbres partout. encore : assoupis et accablés et remuant à peine leurs chaînes dans leur sommeil tranquilles. plus lamentable que ce vieillard mitraillé. était pâle. lui ôtait ses vêtements. cette lumière. le que le meurtre emplissant maintenant on se les rues. il a rapetissé le cœur du citoyen. était liberté. m'a-t-on tête allait et venait rue Tiquetonne.

il mêmes qui ont trouvé ce crime bon. non à Chacun tend la main. y a des vieillards qui n'ont qu'une peur. tripotons dans fer. l'autre veut une ambassade. moins. Une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme. Junot. selon a tiré du péril leur rente. leur bordereau. Partager son ignominie. ceux-là mêmes ne comprennent qu'une triste pas que l'intérêt matériel surnageant seul ne et serait après tout épave au milieu d'un immense naufrage moral. grandeur française. on boit toute honte. et si l'on ne peut avoir une concession de chemins en France ou de terrains en Afrique. où est-il? Ne parlons plus. près du second. n'est-ce pas. leur portefeuille. de coucher sur un matelas jeté à terre. Tout monde lui obéit. ceux-ci la fonction. monde le méprise. près du premier Bonaparte. mais c'est excellent. ceux-ci plus. d'être ruiné. Tous s'offrent. L'un se donnerait pour une préfecture. l'autre veut un bureau de tabac. dignes paysans. qu'on est! Quoi! ceux mêmes qui ont soutenu le ceux mêmes qui avaient peur du croquemitaine rouge et des balivernes de jacquerie en 1852. c'est ignoble. bravait les éclaboussures d'obus. l'autre pour une recette. fors l'honneur! Les mots : indépendance. 205 toinlxr riionnèteté publique en pourrhuie. affranchissement. fierté nationale. et parmi ces êtres il y a des jeunes gens qui ont et il pur limpide et toute l'apparence de l'âge généreux. si vous voulez. on fait antichambre. faisons des affaires. vendons toute notre âme à ce taux On court. tout le El l'honneur militaire. et que c'est une situation effrayante monstrueuse qu'on dise : Tout est sauvé. — — Ah! tout situation respecte alors? — le Non. on se rue. c'est le maître. tl'èirc Oh! quel bonheur d'être banni. un scrupule de moins. de ce . Chut! ces mots-là font trop de bruit. que cet le ! — Qu'est-ce que le c'est homme? monde le C'est le chef.CONCLUSION. leur caisse. et qui n'avez pas d'asile et qui n'avez pas de souliers? Quel bonheur de manger du pain noir. ceux eux. chassés de France. et à ceux qui vous disent : Vous êtes Français de répondre ! : Je suis proscrit ! Quelle misère que cette joie des mtérêts et des cupidités s' assouvissant dans l'auge du 2 décembre! les actions Ma foi ! vivons. pourvu le plus cyniet quement. parce que. ceux-ci. Un de ces jours on établira un essayeur do coup consciences à la monnaie. là Quoi! c'est d'État. bravent de soi-même l'œil les écla- boussures de boue. l'autre pour un consulat. — PETITESSE DU MAITRE. on demande une place. progrès. Tous veulent de l'argent. car c'est au traitement qu'on songe. de zinc ou de chemins de gagnons de l'argent louis . tombé. qu'est-ce que cela leur qu'ils partagent sa fortune! C'est à qui fera ce trafic fait. on ne peut plus la les prononcer en France. pointe du pied et parlons Nous sommes dans la chambre d'un malade. un ! de plus. d'avoir les coudes percés. braves ouvriers? n'est-ce pas. marchons sur bas. d'être hors de tout cela. orgueil populaire. c'est que la place sollicitée ne leur arrive pas à temps et qu'ils ne par- viennent pas à se déshonorer avant de mourir.

Cet autre est « l'homme des » lingots d'or. le génie! ô armée française. Certes.200 NAPOLÉON LE fait PETIT. S'il y a des escroau moins! Cet autre. a reçu matin du 2 décembre cent mille francs colonel. avant qu'il fût ministre. armée qui as eu pour chefs Carnot. C'est égal. de ce tête. pauvre malheu- reuse armée héroïque fourvoyée à la suite de ces honunes-ci! Qu'en feront-ils? où la mèneront-ils? de quelle façon l'occuperont-ils? quelles parodies sommeset à nous destinés à voir qui entendre ? Hélas et ! qu'est-ce que c'est que ces commandent à nos régiments Celui-ci. Kléber. et voyons-en toutes celle les faces. l'honneur. qui est général. un ami disait : — Ah cal vous iwits flouez avec vos actions de l'affaire en question. n'a dû qu'à la clémence du général Rulhière de ne point passer devant un conseil de guerre. mais de ce qu'elle subit en ce moment. spectacle d'une fortune comme de M. Tels sont les hommes. qui souffre. il eût eu davantage. de ce qui est sur sa République ! le désintéressement. vient d'être le « convaincu de quasi-stellionat. qui devraient. elle a pour se maintenir dans droiture et dans le bien. à connaissance du colonel Charras. qui a aussi des épaulettes. Hoche. ça queries. Joubert. par la faute il y a toujours. avec sion. la y a toujours dans une population nombreuse comme la population de France une classe qui ignore. Cet autre est l'emprunteur des vingt-cinq millions à la Banque. . qui est général de divi- détourné » cinquante-deux mille francs. Desaix. Dans la condition douloureuse et accablée où elle la est encore. être « saisi « le » 3 décembre. Cet autre. où on le connaît. que l'armée a armée de en décembre. A cet autre. la vertu. Cet autre. le général Cinq-cents-francs. on aussi on pourrait élever chassé des gardes pour cela. on » connaît. qui est ministre de la guerre. près Mascara. tambours. la qui est à sa tête. qui gouvernent? allait — hommes le Le maître. Celui-ci. l'austérité. en avant. Marceau. placée entre qui pousse à prendre et la loi morale qui invite à travailler. qui est général en chef. la pro- bité. Celui-ci. Bonaparte placé au sommet de Il l'État suffirait pour démoraliser un peuple. et des institutions sociales. a coupé un gland d'or du trône mis dans sa poche. qui conl'instinct bestial voite. a « l'argent pris. drapeaux! Soldats! du haut de ces pyramides. avant tout. flottez. dans la construction des villages Saint-André et Saint-Hippolyte. sonnez. pour cela qu'il a fait le 2. à ces hommes la une colonne ex are capto. éclairer et civiliser. besoin de toutes les pures et saintes clartés qui se dégagent de l'Lvangile. était surnommé à Gand. Celui-ci. que j'en sois me fatigue. le dévouement. Bonaparte. Y songez-vous? y songe-t-elle? armée qui as eu pour capitaines des généraux payés quatre francs par jour. cette classe. ! quarante voleurs vous contemplent Avançons dans ce douloureux Rien que le sujet. battez. H n'était que eût été général. qui lutte. s'il pour les éventualités ». les clai- rons. qui a des épaulettes. et étant garde du corps de Louis XVIII de faction derrière et l'a le fauteuil du roi pendant l'a la messe. c'est qui a été ministre.

Bonaparte en habit de général. assis sur une borne il médite et .CONCLUSION. et des laquais en livrée galonnée d'or. Aux galères! Vous ne lâchez pas la vous avez un couteau sur vous. et lui dis Réussis. . quelqu'un se on lui résiste. Réussissez. La soulfrance Maintenant comprenez-vous parte lui donne? les et la tentation sont plus fortes que le vertu. Celui-ci. sans cesse. le le chef de l'État passe l'homme voit M. sa conscience. avec cordon rouge. Vous êtes coupable. Celui-ci. Bravo 1 . le les hautes et mystérieuses lois de destinée humaine. 207 a besoin que l'esprit de Jésus d'une part. l'ambassadeur évêque le . ce sont des crimes! En ce moment. la fausse clef faite réveille. cette classe si digne de sympathie de fraternité la succombe souvent. Bonaparte. ses yeux deviennent hagards. regarde avidement cette vision splendide nité et la séré- de M. prenez bien vos mesures. et à la fois divin et humain. cl lieu désert il vous saisit vous lâchez prise il vous arrête vous prise. il il il . lui sourit. voilà désormais toute si morale. et le palais. lui disent il Réussis ! s'attache à cette apparition. le juge regarde et Ainsi. Vous mettez dans un main dans . Voler. le travail qui mène au bien-être matériel. Tout homme un qui médite un crime a une constitution à violer. il court à l'Elysée. et d'autre part l'esprit de la lui Révolution française. . adressent les seules mêmes mâles paroles. et il a envie de voler. faut faire et le une fausse escaladé. Toutes regarde : sortes de voitures passent sous et rayonnants. c'est un juge . gorge do l'homme. et il du prince. galopant vers son palais dans une voiture à quatre chevaux le malheureux. et la 11 voiture à quatre chevaux. c'est un l'évêque le regarde et lui dit : Réussis. Bona- Un homme pauvre. obstacle à détruire. infâmes conseils que succès de M. la loi échapper aux gendarmes. En un mot. par moments il chancelle il par moments a faim. Soyez les habile. pour voler. piller. en même temps il repousse une mauvaise action se l'edresse. faudi'a tuer. sans travail. ses cheveux se hérissent. c'est : y entrevoit des hommes heureux le un ambassadeur. incertain devant son crime. clef. vous l'enfoncez dans . qui le sacrifice. et lui montrent comme les lumières dignes des yeux la de l'homme. la mène au bien-être intérieur. se révolte en lui et lui crie : Arrête! c'est mal! . elle — PETITESSE DU MAITRE. Celui-ci. il mène au tombe poste. ce n'est mal que on a la bêtise de se laisser prendre. est là dans . Même avec ce perpétuel enseignement. l'ombre au coin d'une rue. et ses épaulettes d'or. . assassiner. le soir. dévoueprobité ment. . et : la livrée. poignarder. la poche d'un passant. il faut escalader un mur si puis. le voilà mort . à la nuit tombante. . si mur sera devant le coffre-fort. la suite la suit. Il n'y a d'actions coupables la que coups manques. et lui dit Réussis. et le cordon rouge. sans ressources. l'abnégation. maintenant prenez-lui sa bourse et allez-vous-en. une foule dorée s'y précipite à cette porte. un serment à enfreindre. voix de Dieu. déguenillé.

Qui guillotine-t-on? Qui? Les hommes de là! la loi! et la justice est là. le bailli fait couronner et haranguer son buste dans les marchés comme Gessler faisait saluer son bonnet. homme qui porte encore sur sa joue l'immense soufflet du peuple « on annonce que ». la Marseillaise. Soit. son et son mari. M. au seul témoin qui pouvait parler. une ovation. place y avait sur les la Bourgogne. en fait des fagots. on semblait supposer qu'il encore assez vivant pour se révolter s'il voyait de telles choses. Le triomphe est fusillait la nuit. Ah! ceci est redoutable. on guillotine en plein jour. anglais. Hier on se cachait encore. A'ous n'auriez plus qu'à vous dévorer entre vous. on ne craint plus rien. on l'horreur. ils en revenant du le chantaient les grands chants républicains. Aujourd'hui on se montre. Réussissez. et.208 NAPOLEON LE une chose bien faite. y a amnistie tel seulement pour obscénités et les chansons d'ivrogne. étranglés. : monnaies une figure de place par le profil la République couronnée d'épis 11 M. la brasserie il homme il eut l'idée de visiter l'Angleterre en lui prit la fantaisie d'entrer dans une brasserie. c'est Vous avez fermé la bouche à la victime. la dégradation morale se joint la dégradation politique. Là C'est fut reconnu . : Barclay et Perkins. les il Chant du départ. Il ferait nuit dans l'intérieur de l'homme. On n'a rien à vous dire. c'était qu'on ne se gêne plus. Haynau! — cet une voix murmura fut C'est . PETIT. et le peuple est Ce n'est pas tout. étant à Londres. le faubourien ne chantera plus. fils fouetter une femme sous encore gibet où pendaient. ce vieux bandit à épaulettes. tout est là. tuez-le. une statue de la République il y met pioche. Bonaparte 11 traite les il gens de France en pays conquis. a mis à sac y a un homme il en Europe qui fait horreur à l'Europe. le jour où le succès aurait raison devant elle. travail. la Il Il y avait. des faubourgs avaient l'habitude de chanter en chœur. Nous assisterons à Haynau ira a recueilli des malé- dictions et des huées à la brasserie Perkins il cliercher des fleurs à la . le a dressé les potences de la Hongrie. la Le jour où conscience humaine se déconcerterait. Paris cela. injonction de se taire. Eh bien. efface les inscriptions républi- coupe les arbres de la liberté et . était c'était un reste de respect pour peuple. Ces manants le soir. lui arracha à poignées ses infâmes cheveux blancs. une réparation. Si vous n'aviez fait que voler l'homme. Il Qui? Les hommes du peuple. vous avez raison. La dernière lueur morale remonterait au ciel. Bonaparte rem- de M. L'an dernier cet touriste. — Ce un cri effrayant la foule se rua sur le misérable. C'est juste : monseigneur lui fait le prince-présideni. cet il homme a fait la Lombardie. mais c'était aussi de la de le pudeur. vous auriez tort. . ce Haynau. lui cracha au visage et le jeta dehors. l'invite à visiter la lui doit France C'est Londres une avanie. Haynau 1 répétèrent les ouvriers. bêtes féroces! A caines. Bonaparte. tout serait dit. on se rappelle dit : la lettre terrible où cette femme raconte le fait et Mon cœur est devenu de pierre.

ce maître. couronné de son crime heureux. ne mérite ! il de jeter bas cet homme l'n de ruse. la — continue. à l'entendre parler avec (I aplomb de sa « légitimité » et de sa mission ». du boulevard. tueur Va. défigure cette France tombée à le ! renverse sur rends-la méconnaissable ! écrase la face du peuple à coups de moyen. émeute. proscrits.. inventez-moi un qu'il soit. se sentant en humeur d'Auguste. — PETITESSE DU MAITRE. il y a des heures où une sorte de vertige prendrait Mais au moins se rend-il justice. une idée. ce ruffian impérial. prends. oui. fi au poignard près. il qu'il s'est fait jurer. donnez-moi. l'autre en uniforme autrichien. muet. tout. la bouiique. nous prenons tous. le fouetteur de femmes. inébranlable. impassible. quel talon Oh donc! ! inspirez-moi. cet écuyer de Fran- coni! ce gouvernant radieux. dans son oubli. la magistrature. verra passer. ce bohémien des rois. nous. épée. relever notre pays de la honte. on serait presque tenté de croire qu'il en est venu à se prendre et lui-même en haute considération que la tête lui fait. une perception quelconque de son infamie? Réellement.sant comme deux le amis. dont je ne veux pas. plume. a tourné au point qu'il ne s'aperçoit plus de ce qu'il est ni de ce qu'il 11 croit à l'adhésion des prolétaires. pavé. d'intiiiislÙT les .\ntoine recevra l'ordre d'être sage. triomphants et cau. immobile. il rois. l'un le en uniforme français. donnant pavé ! bras à Ilaynau. dans son cloaque. satisfait. affront sur affront. cherchez-moi. Le faubourg Saint-Antoine. et faire rentrer dans sa poussière. on réduit à en douter. ce Bonaparte ? A-t-il une lueur. Louis Bonaparte. par je le le soldat. H croit à la fête des aigles. fermes esprits.\ntoine. cet homme ! — — un Brutus à cet homme! de malheur! moyeji. croit croit ! aux harangues du conseil au serment croit aux aux bénédictions des évêques. par le peuple. peut rétablir délivrer la République. Le faubourg Saint-. qui a tout pour Bourse. promène paisiblement à la travers Paris frémissant.. le premier venu. ce prince vide-gousset. quelquefois. est un soupçon. il il croit à la bonne volonté des d'État. dans ses vieilles rues révolutionnaires. à cette postérité qui frémira d'horreur et de colère devant lui. à le voir adresser d'incroyables appels à la postérité. 209 brasserie Saint-. cet homme de succès. toutes les influences. la liberté. ce traître. trouvez-moi un moyen quelconque même pas Louvel homme et de délivrer ma patrie! de jeter bas cet homme cet cet homme de mensonge.CONCLUSION. quand on a fixé trop longtemps son regard sur de certains côtés les plus de ce spectacle. Oui. depuis le Nom de Dieu du soldat jusqu'au Te Dcum du prêtre! Vraiment. quel qu'il soit. aux paroles superbes qui lui échappent. qui va et et vient et se lui. il croit sept millions cinq cent mille voix Il parle à celte heure. toutes les cautions. toutes les invocations. le pourvu qu'il soit loyal et s'il au grand jour.

cette constitution souillée de boue. hideux blique ! veut faire passer sous l'arc de l'Étoile cette claie sur laquelle. ornée de chaînes.210 NAPOLKON LE ! PF/FIT. le corps législatif et et le conseil d'État ferrés à neuf! Il prend pour un char de triomphe debout. Bizarre effet d'enivrement! illusion d'optique! il voit dorée. de sang. proscrits. fouet à la et le main. splendide et rayonnante cette chose du lit janvier. tachée la police. L'usurpation amnistiant le droit la trahison amnistiant l'honneur! la la lâcheté amnistiant le courage 1 le crime amnistiant vertu ! 11 est à ce point abruti par son succès. qu'il trouve cela tout simple. il promène le cadavre sanglant de la Répu- . traînée au milieu des huées de l'Eui'ope par le sénat.

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les choses. . aux religions. 11 suflit. Décrépitude féconde sous laquelle germe vie nouvelle. nouisse. les rides viennent aux choses condamnées. pour qu'un ancien monde s'évasolstice. aux institutions. Il y a telle heure dans l'histoire où un coup de coude de Danton ferait crouler l'Europe. que la civilisation. Ce travail de décrépitude se la en quelque sorte de lui-même. A son influence. ceci est le fait visible. et tout est dit. et sans secousse. La civilisation est le fait éclaire. Qu'il survienne un de ces géants propres aux révolutions. tout à coup. ce qui doit vieillir vieillit castes. ce qui doit décliner décline. surplombe. sur vieilles les vieilles lois. les sociétés ensemble de . lentement. faits et voilà qu'un beau jour. montant majestueusement vers son rayonne sur les sur les vieilles institutions.CONCLUSION DEUXIEME PARTIE DEUIL ET FOI La Providence amène à maturité. par le seul fait de la vie universelle. Peu à peu la ruine se prépare . et même temps elle consume. de profondes lézardes qu'on ne voit pas se ramifient dans l'ombre et mettent en poudre au dedans cette formation séculaire qui fait encore cet antique masse au dehors. aux aux codes. les événements. sur les vieux préjugés. vermoulus dont se composent caduques devient difforme l'édifice se disjoint. mœurs. se décloue. que ce géant lève la main. ceci mystérieux. fait . les hommes. Alors tout ne lient plus à rien. Ce rayonnement brûle en le passé et le dévore.

celte là. les cardinaux sous leurs barrettes. 18i8 ouvrit une fosse pour y jeter ce cadavre. évèque qui en devint un peu les tous les hommes du les fictions. et de dresser sur cet entassement un gibet. et d'accrocher à ce gibet. quiconque cultivait à son profit était . monarchique et papale. Ils résolurent d'en finir une fois pour toutes avec l'esprit d'affranchissement' la force et d'émancipation. le livre. en d'autres termes. En 1848. l'examen religieux. cette grande coupable. vit de près cette fosse. dans ce livre et ailleurs. nous l'avons indiqué déjà. tout ce qui vivait du cadavre. por- d'un préjugé ou fermier d'une superstition . L'écroulement n'eut pas lieu. les chiffres tous. Ils résolurent de la murer. depuis tel banquier juif qui se sentit un peu juif. seizième. trois siècles. depuis ceux qui altèrent falsifient la Bible. l'examen philosophique. . morne et san- glante. une balance jusqu'à ceux qui qui monnoient les miracles catholique jusqu'à tel depuis le mauvais marchand jusqu'à ceux jusqu'au mauvais prêtre. les capitaines sur leurs chevaux de guerre. la Vérité. la murmure. Point. le cri. une fiction sociale et avait à bail et à loyer tier un abus. usurait. grand chêne ici. mais quiconque avait un intérêt quelconque dans ce qui allait disparaître . depuis ceux qui manipulent . faire assister monde à l'auto-da-fé des idées. replâtrée fatalement pour la France en 1815. parole. L'entreprise était rude. plus d'une Défaire le travail fois. c'est-à-dire Luther. abêtir le la sition et étouffer tout ce jeunesse. Descartes et Voltaire. Le cadavre du passé était sur l'Europe il y est encore à l'heure qu'il est. pressurait. en le le saisissant à la gorge. passé penchèrent leur tête uns vers les autres et tremblèrent. l'examen la universel. la On cas. de vingt générations tuer dans le le dix-neuvième le siècle. abrutir l'avenir. C'est cette fosse qu'on a prise pour un gouffre. et de refouler et de comprimer à jamais ascension- nelle de l'humanité. chancela. Ce que c'était que cette entreprise. écraser dans toute l'Europe immense végétation de le libre pensée. quiconque gardien d'un mensonge. mentait quiconque vendait à faux poids. La si vieille Europe féodale. renverser les tribunes. dans phraséologie banale qui s'emploie en pareil que lSâ8 . failli Cette fosse qui était béante. Non-seulement les rois sur leurs trônes. avait ouvert un gouffre. supprimer le le journal. le mettre plus d'Espagne dans Midi et l'inqui- plus de Russie dans Nord. les juges à l'ombre de leur guillotine. a beaucoup dit. d'y entasser la pierre et la roche. dix -septième et dix-huitième. brin d'herbe le marier knout et l'aspersoir. tout ce qui tenait au passé. le souille. Mais Danton manquait. faire le silence. ressusciter tout ce qu'on pourrait de qu'on pourrait de l'intelligence. qui pèsent sur où avaient tomber toutes ils l'homme depuis tant de siècles. l'affiche. résolurent de la combler. poursuivre la pensée dans la casse . une de ces heures. quiconque exploitait. s'émurent. et leur trésor.21/4 NAPOLEON J8i8 fut LK PKTIT.

on • engagea. quant à cette verselle. Torquemada. où Veuillot. la compression de tout difficile. on fit bloc. les constitutions dans les États constitutionnels. on front. parce qu'il avait payé les 45 centimes.CONCLUSION. dans un coin. dans le cliché. sont quelque part là. H s'agissait de la religion. sur le tréteau. progrès. l'on Où duc d'Albe. dans de plomb. car pas le un de ces hommes du vieux monde n'en eût eu Quant au plan en lui-même. d'où venait-elle? qui pourrait le dire? génie. la sauver propriété et la famille ». Pour atteindre à ce but. on cherche. avaient. tortueuse. on trouve Schwartzenbcrg. Catherine de Médicis. l'élan national. lieu On regarde. et pour dieu. On eut de la foule autour de soi. la le république en France. anéantir ce moi des nations qu'on et nomme Patrie. dans l'image. fut Elle éclaira certaines la âmes. et petits supposait Torquemada. tel qui ne croyait pas en Dieu crut nécessaire de sauver été forcé la religion la parce qu'il avait de vendre ses chevaux. âpre. tenait et l'on s'en servit. nous prunes des ânes. aux choses qui se trament. certains côtés obscurs de ce qu'on appelait socialisme. avec avec . on trouve L'antique despotisme européen continue sa marche avec ces voyage. Sauvez le drapeau ! disaient-ils. dans liihographie. humaine. il — On relaye avec ressemble au czar Pierre en . le paysan. l'on supposait le au des colosses on voit des avortons. Ce comme une A de lueur sortie de tombe de Machiavel. dans à chacun pour cahier du maître d'école. avec celte vulgaire adresse qui suffit lorsqu'on parle à « la peur. l'intérêt matériel dire aux peuples le : Mangez . On fit de la compression avec tout. foi. la vie locale. et de tous. ce qu'on trouve^ écrivait-il quand nous n'cihnes s'engager plus de chevaux tarlares. énorme. trouvé leurs mots : religion. La toUrbe des intérêts effarouchés s'y rua. famille. fit On se coalisa. propriété. les le certains moments de il l'histoire aux choses qui se font. Philippe II. Ils nous l'avons dit plus haut. assis et duc d'Albe. la liberté partout . s'y il fallait dans une voie obscure. montra certaines routes. 215 le composteur. européen. semble que tous vieux démons de l'humanité. mettre partout pied sur le l'effort humain. mais que tous suivirent. hommes va toiijours . fermer cet abîme qui s'appelle Tel fut le plan vaste. ces hommes. d'imprimerie. sur le théâtre. pour but . exploitaient. Les partis vivent de mots. Le propriétaire y entra. dans la le bouche du comédien. parce que ses loyers avaient baissé . Quelques-uns de ceux qui y entrèrent savaient ce qu'ils faisaient. et ne pensez plus ôtcr l'homme du cerveau et le mettre dans ventre éteindre l'initiative individuelle. détruire la nationalité chez les peuples partagés démembrés. Cette foule était composée d'éléments divers. dans la balle du colporteur. Elle apparut du côté du passé. On dégagea de celte foule force qu'elle conla loi. donner . autour d'une table et tenant conseil. pour loi. que personne ne conçut. immense idée de compression uni- On elle la vit dans l'air. En un mot. ces meneurs que 1848 effraya et rallia. Louis XI. tous les instincts profonds qui poussent l'homme vers le droit . dans la — DEUIL ET la lettre FOI.

on le suivait. les les pharisiens. le glorifia. en Hongrie avec le gibet. l'ignorance vous avez une geste. Ce il peuple avait et l'initiative mouvement humain. souffrantes. avec la police. Schwartet à Pesth. le garrotter. avec le PETIT. se pressaient autour de lui l'inquisition rivée à son pied . la tribune. Les uns ont fourni la . marchez. enseignait la fraternité des nations. à Naples avec le bagne. peuples . Pour reniuseler les intelligences. les heureux. les scribes. c'est-à-dire vos superstitions. une sorte d'aîné dans la ces y avait un peuple parmi de tout les peuples qui était cette famille d'opprimés. en Lombardiê avec sabre. dont annonçait la chute. elle ouvrait yeux et voyait. pour rester les rois. crucifient.216 NAPOLEON LE avec les assemblées. celle-ci boitait. c'est-à-dire vos préjugés. le monde assiste à un immense supplice. levez regardez le ciel. les puissants. multipliait le pain de vie à ceux qui erraient dans le désert. loin de l'engloutir. le Christ des peuples. le redoutaient ils k force de ruse et de patience tortueuse et d'audace. peuple français. Les nations malades. disait : Venez. disait-il. et le haïssaient. Depuis plus de trois ans. allez. pour remettre à la chaîne les esprits. On fabriqua pour les de la lutte et on répandit dans le monde une morale de guet-apens contre liberté. l'arbitraire. en présence du le genre humain. il leva le doigt et lui Lève-toi La Pologne morte se les leva. Antonelli à Rome. de ses orateurs comme par une se poser seule bouche. . à la Il allait. L'avenir est à vous. — . de ses philosophes. de ses poètes. parlait par la voix de ses écrivains. contemplez Dieu. tout devint juste. cria : Un ! s'approcha de la Pologne morte. le vieux papisme romain : lui avait rempli les prunelles les de brume et de nuit il lui disait Vois. les publicains. esclaves échappés. ! vous avez une lèpre. l'avait Un jour une tempête effrayés : enveloppé . pour empêcher de naître. tout fut légitime. effrayant spectacle. le fanatisme il n'est pas un de vous qui n'ait et qui ne porte une de ces affreuses maladies qu'on appelle un despote. jetez la tête. les hommes du princes des prêtres. et ses paroles s'en allaient aux extrémités du monde Il comme des langues de feu sur 11 le front de tous les peuples. 11 hommes de décembre. cette autre aveugle. présidait la cène des intelligences. qui était comme un le prophète dans 11 tribu humaine. à un passé. infirmes. besoins la tout devint bon. finirent par le saisir et vinrent à bout de Depuis plus de trois années. l'avenir pour empêcher le passé de disparaître. je vous délivre. il Comme complément fraternité des hommes qui est dans l'Évangile. hommes du passé. que mirent en action Ferdinand à Palerme. il marcha sur l'abîme flot et dit aux peuples lui Pourquoi craignez-vous? Le des révolutions soulevé par s'apaisa sous ses pieds. Jetez vos béquilles. il Ce peuple. tenez-vous droits. et. je vous guéris ! — C'était par toute une clameur reconnaissante des peuples que jour il cette parole faisait sains et forts. vos bandeaux. la . brisez la terre les liens du mal. et plus tard à Paris les zenberg à Milan loups d'état. chaîne de lui disait : pendant trois siècles l'avait estropiée était il Marche ! et elle marchait. les privilégiés. avec la magistrature.

.L AVENIR.

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ajoutons : — l'avenir. qui est de maudire et de déshoseizième siècle « Érasme a appelé l'excrément des temps ». Non. Montalembert vinaigre et de fiel. Bossuct a et petit . le travers vulgaire le Ne tombons pas dans norer le siècle oii l'on vit . démocrates. que ces hommes forts auraient eu tort de se plaindre. Mais nous pouvons le dire. c'est déserter. Racine. répétons-le. on l'aperçoit. lui a appuyé sur le la bouche l'éponge de lui a Louis Bonaparte est misérable soldat qui donne le coup de lance au Sitbaclhani ! flanc et lui a fait jeter le cri suprême : Eli! Eli! Liimma Maintenant s'ouvrir. la léthargie quelle que soit l'apparente désertion ou momentanée des esprits. nous hommes du dix-neuvième siècle. L'infamie de ces siècles eût été réelle. de l'humanité. les autres les clous. la Proclamons-le hautement. La grande tombe va Pour trois jours. d'ailleurs. elle a dit à Bossuet elle dix-septième siècle est grand a dit à Rousseau : le dix-huitième siècle est grand. — DELIL ET FOI. proclamons-le dans chute et dans la défaite. illustres. Le peuple français est mort.CONCLUSION. . Virgile. le dix- neuvième siècle n'est pas le fumier. Pétrarque. qualifié ainsi le dix-septième siècle: «Temps : mauvais » Rousseau a flétri le dix-huitième siècle en ces termes « Cette grande pourriture où nous vivons. Job est plus grand sur son fumier. Falloux lui a mis au frsnt la couronne d'épines. 210 croix. Regardons L'avenir. sont grands dans leur pourpre. c'est la paix avec tous. Elle a dit le » La postérité a donné tort à ces esprits : à Erasme : le . l'avenir. La splendeur de le conti^aste l'intelligence humaine. II Ayons foi. Quelles que soient les hontes de l'instant pré- sent. les autres le marteau. /fx tcmporum. ne reniera âge viril celte magnifique époque où nous sommes. sait — on ne pas quelles tempêtes nous séparent du port. quels que soient les coups dont le va-et-vient des événements nous frappe. L'homme stoïque et que par l'harmonie avec les profond n'est pas diminué par l'abjection extérieure. c'est fini. ne nous laissons pas abattre. Désespérer. c'est la Répu- l'avenir. la hauteur du génie n'éclate pas moins par temps. blique pour tous. Le penseurdoit accepter avec simplicité et calme le milieu où la Providence le place. seizième siècle est grand. mais le port lointain et radieux. aucun de nous.

il le télescope le sur l'infiniment grand. peintres. dignifie juste. fois dans le réel dans l'idéal. de soleil de Volta un ouvrier. sur Pétersbourg. orateurs. Ce siècle. Verbe humain est manne et le serf le ramasse dans le sillon. Diderot. il •couronne peuple il et sacre l'homme. abolit les supplices. il porte à la main les deux il le vrai et le beau. supprime la durée. les barrières s'effacent. PRTIT. ôte le boulet du pied des forçats. le résoudra. et la la couleur. qu'à brûler l'air devant l'aérostat elle . le tombent en grêle sur Rome. comme fait fumée devant et il il n'a plus qu'à résoudre d'une façon quelconque ce pro- blème. fait du coton un salpêtre. la grâce. civilise la Tuixjuie. et écrase en Europe les derniers tisons du bûcher. historiens. le terraine en attendant qu'il se chauffe avec infinis ces feu central il ouvre sur le les deux deux fenêtres. musiciens. et le style. et tourbillonne. et savez-vous pourquoi? parce qu'il est le plus doux. braquez vos canons. la l'éclat. elle passe. fluide électrique un messager. Il n'a plus qu'à réaliser — et il y touche : — un . qu'à faire le vide devant la ballon. jette le fer rouge à l'égout. les fanatismes meurent. ce siècle est le plus grand des siècles. éteint suitee dans l'Inde. con- damne la peine de mort. . aiïranchil l'esclavage en Amérique. . et savez-vous ce qui arrivera alors? A l'instant même les frontières s'évanouissent. Rousseau. autour du progrès. assainit bagnes. progrès qui n'est rien à côté des autres miracles qu'il a déjà faits diriger dans il il n'a qu'à trouver le il moyen de une masse d'air il une bulle d'air plus léger a déjà la bulle d'air. sur Vienne. la profondeur. autour de l'industrie.NAPOLF. fait pénétrer de l'Évangile jusque dans fort le Koran. s'écroule. et trouve dans lui premier abîme des astres Il et dans il le second la il abîme des insectes qui distance. la force. du s'arrose avec l'eau sou. en dépit des censures. coupe une cuisse à un honnne. en dépit des mdex. a la réponse en dix minutes. du un peintre. : Dans l'art a tous les génies écrivains. échappe. autour du commerce. microscope sur l'infiniment petit. il pleut des livres et des journaux. philosophes. tout la ce qui est muraille de Chme autour de la pensée. émousse ducs d'Albe et les Charles IX. arrache les griffes aux tyrans. publicistes. Voltaire. relève paria en Asie. poètes. par exemple. proclame la Ce siècle le souveraineté du citoyen et l'inviolabilité de la vie. l'homme chante et sourit. la forme. sur Naples. de la vapeur un cheval. supprime et supprime la souffrance il il écrit une lettre de Paris à Londres. sation se fait l'homme se traînait à terre. la voilà. la majesté. tenez. il prouvent Dieu. il l'oppression est impossible.ON" LF. la civili- nuée d'oiseaux et s'envole. les dégrade et flétrit la guerre. subordonne le droit du plus au droit du plus les supprime les pirates. autour des nationalités. amoindrit les pénalités. le n'a plus qu'à trouver la force impulsive. la tient emprisonnée. Dans science accomplit tous la pile il les miracles. et s'abat joyeuse sur tous les points du globe à la fois. la femme. statuaires. la puissance. il se retrempe à foudres. immédiatement issu de la Révolution française le et son le premier-né.

excepté l'autorité et était les qui adhéraient étroitement. C'est là l'œuvre qu'avait faite les la liberté? hommes stérilité. divisé. où l'on fermait rues avec une chahie. ce siècle de décadence. ce siècle d'abaissement. plus de guerres. amour. une jeune âme. elle est plus de haines. où l'on tour- nait Daniel de Foë au où une ville comme Dijon était séparée d'une ville comme Paris par un testament à faire. des et juifs. les la bataille (leuves avec une chaîne. des lépreux les .CONCLUSION. uni. où un où livre était une espèce d'infamie à l'empereur d'ordure que le bourreau brûlait sur se donnaient la les . les camps même avec une chaîne. hommes pouvoir bloc. dont les chemins de fer sont les artères et les fils électriques sont les fibres. les cagols.onné. la où la politique. confondu. des voleurs à tous les coins de bois et et dix jours de coche. où superstition le et férocité main pape disait : Jungamus dextcrnuy gladiiim gladio copuleinus- où l'on rencontrait à chaque pas des croix aux- quelles pendaient des amulettes. IV'tlair. dont dont la France est le cerveau. Aujourd'hui il y a un monde où la tout est le vivant. tout le démontrer et tout résoudre? Est-ce que vous ne sentez pas que vieille vieux monde va des- avait fatalement une âme. une sorte de vie nouvelle. point où ce siècle avait amené la Autrefois le il y avait un le monde où l'on marchait à pas lents. un monde où la distance a il disparu. de plus en plus tend à se conles derniers fondre avec science. le mort . plus d'inlérôts s'enlre-dévorant. et des gibets auxquels pendaient des hommes . c'est tout que vous ne Toyez pas qu'exposer seulement une expliquer. qui déclare (juc Pascal . les imbéciles et toute celte et comme immonde engeance de fiel de fourbes qui bave béatement du sur la gloire. tron'. de fripons dement le dix-neuvième siècle. emporte et apaise le monde. tout et parqué. accouplé. Est-ce telle situation. où Gonstantinople est plus près de Paris que n'était Lyon ans. rhéteurs. faite de concorde et de lumière. où les maisons avaient des créneaux des meurtrières. commerce et l'industrie. 221 elle vous dédaigne. parmi et que dans le monde nouveau cendre nécessairement. un monde où les derniers échafauds et canons se hâtent de coupei^ leurs dernières tètes et de vomir leurs derniers obus . coupé. divinement. où l'Amérique et l'Europe palpitent tout circulation et tout y a cent du même battement de cœur un monde. haï et haïssant. un monde où régnent fixée. où. front baissé. pensée. irrésistiblement. vous n'èles que le boulet. la tyrannie. vieux dpspotismes. la fraternité des peuples traverse les cspa^^cs et communie dans l'éternel azur. royaumes avec des prohibitions et des pénalités. les villes avec des murailles. combiné. le En attendant ce dernier progrès. réparti. où il y avait des hérétiques. . . le dos courbé. voyez civilisation. et que continuait splendidisent les pédants. le où comte de Gouvon se faisait servir à table par Jean-Jacques Voltaire. ce siècle de ce siècle de décroissance. comme à les la force de Tolosa. marches du palais de justice. où chevalier de Rohan donnait des coups de bâton à pilori . épars poussière. un monde où le jour croît à chaque minute. les hommes se mêlent dans les deux.

Voltaire PETIT. l'idée qui élargit l'horizon? Savez-vous et avait fini que sous le bas-empire Constantinople tombait en ruine est -il là? par n'avoir plus que trente mille habitants? Paris en Parce que vous avez vu réussir un coup de main prétorien. vous vou S' déclarez basempire! C'est vite dit. se confondait dans l'œuvre compen- foyer la grande nation. leurs mœurs. leurs vêtements. Danton. Molière. la pile. le télégraphe électrique? Autant d'ailes qui emportent l'homme. la si vous le pouvez. et pareille à ! une chose morte. c'était là la et par suite l'affranchissement siècle accomplissait tâche sublime que le dix-neuvième en collaboration avec des la France. car le double travail providentiel du temps et hommes. des peuples. le dix- neuvième siècle plane. Est-ce que bas-empire avait boussole. te voilà sanglante. de la maturation et de mune. objet de le risée. Vous parlez de bas-empire? Est-ce sérieusement? Est-ce que Mirabeau? Est-ce que le bas-empire avait derrière lui Jean Huss. Rapides joies. l'idée qui grandit le cœur. la le Con- vention? Est-ce que le bas-empire avait l'Amérique? Est-ce que bas-empire avait le suffrage universel? Est-ce et que le bas-empire avait ces deux idées. le et lâchement pensé. journal. Nicéphore Logothète. Pascal. Y songez-vous? Quoi nous la reverrions l'impératrice Zoé. les clous de la semelle des bourreaux imprimés sur tout corps. hélas et c'est à cette toi ! heure. et que le bas-empire n'avait pas! ! Oii le bas-empire rampait. patrie. le nue et souillée. Mais réfléchissez donc. la locomotive. Les le peuples qui sont dans et te les ténèbres oublient ils passé et ne voient que qu'ils font. Rousseau et le bas-empire avait derrière lui la prise de la Bastille. leurs modes? Quelle est la grande date pour eux comme pour nous? 89 ! S'ils ôtent la France de leur âme. . la fédération. c'est à cette heure où inanimée. leurs mur de leurs théâtres? Quelle forme ont leurs arts. ! Romain Argyre. patrie humanité. présent méprisent. Montesquieu. et dont le triomphe serait de mettre un bonnet d'âne au genre humain. est un un fat. NAPOLÉON LE fou. Pardonne-leur. la bouche ouverte et ne parlant plus. Michel vous vous imaginez que croyez que Dieu rabâche? Calafate Allons donc ? ! Est-ce que Providence se répète platement Est-ce que vous Ayons foi ! aflirmons ! l'ironie de soi-même est le commencement de la bassesse. et Rousseau une brute. leurs plaisirs. l'imprimerie. Oui. mépriser livres France! Et qui sont-ils? Quelle langue parlent-ils? Quels les ont-ils dans sur le mains? Quels noms savent-ils par cœur? Quelle est l'affiche collée lois. objet de haine. patrie. la ne savent ce Te mépriser! Grand Dieu. C'est en affirmant qu'on devient bon. Les hommes de despotisme et et d'oppression rient savourent l'illusion orgueilleuse de ne plus le te craindre. les marques du fouet sur les épaules. A'oltaire. que cœur du proscrit déborde d'amour de respect pour Te voilà sans mouvement. Robespierre. et la grande épopée avait pour patrie ! l'action. Luther. Cervantes.222 . la tète dante. Shakespeare. les yeux fermés. c'est en affirmant qu'on devient grand. l'humanité. l'affranchissement des intelligences.

à genoux Les exilés sont épars . où ils poignée de cendres. Les uns sont en Belgique. qui ne contemple avec un attenle comme un se des plus beaux spectacles que sort puisse brisés. ils donner aux hommes. tous ces cœurs Ils souffrent. silence et chapeau bas. jeté au\ quatre vents. le sentier. paysan. regardent fixement l'adversité. but vieille de son labeur. le travail réverbère allumé devant votre porte. Regardez ce ventre. le le le bois. celui-ci a une le mère en cheveux blancs qui l'avoir . des habitudes. soldat. qui se des amis. la clocher entouré de tombes? où est rue. le métier. ils taisent. de ci. de la vue qu'on voyait de l'aïeul s'était assis. groupe bien-aimé. ne crient même pas sous la verge impitoyable du malheur dans la ville : Ciris romanus sum! Mais la nuit. celui-ci. a été arraché à son clos natal. pleure il . L'orateur de tendit sa tète sans pâlir au couteau Rome du centurion Lenas. que la le tronçon de son épée qu'on a brisée dans sa main il celui-ci. Celui-ci. . où sont-elles? Où est plein de nids. les l'atelier. est sans vêtements et sans souliers. le accoutumé? Et meubles vendus à la criée. le soir. est Regardez ces mamelles Si elle c'est votre nourrice. celui-ci a quitté une femme et des enfants. ouvrier. des tendresses des embrassements. les autres sont à Londres. la destinée a des souffles qui dispersent les hommes comme une Suisse. l'encan envahissant sanctuaire domestique! Oh! que d'adieux le éternels! Détruit. du fauteuil où du tapis où premiers-nés ont joué! Envolés. s'était de les la meuble.CONCLUSION. en ils eux le citoyen a immolé l'homme. est-ce qu'on l'Italie? est-ce Grèce? est-ce qu'on méprise . si elle est en ! léthargie. sourient. leur donnera Où sont les petits enfants? qui ? du pain ? qui leur donnera le baiser de leur père Où est la femme? où est la mère? où est le frère? où sont-ils tous? Et ces chansons qu'on entendait le soir le toit dans sa langue natale. que leur méprise reste-t-il? la 223 peuple! fût-elle tombée et tombée à jamais. la visite du serrement de main de place où était tel celui-là. les amis. cet autre aimait. ils a laissé derrière lui quelque être adoré qui l'oubliera lèvent la tète. ne sait pas s'il man- gera demain. où ils n'ont pas do toit. où est le faubourg. Si elle morte. n'a plus . du rire de celuitelle fenêtre. se tendent la main les ils il n'est pas de peuple qui ne se range sur leur passage avec respect drissement profond. mort. c'est votre dort. quand on rêve. celui-là a un vieux père qui mourra sans uns aux autres. les âmes sioïques s'ouvrent au deuil et à l'accablement. — mais quand on ne dort pas. ignore il langue du pays. car ce qui semble froid jour devient les plus funèbre au crépuscule. mais il pleura en son- geant à sa maison démolie par Clodius. toutes ces consciences sereines. la empreinte votre vie! la forme visible des souvenirs! Il y a dans douleur des côtés intimes et obscurs où les plus fiers courages fléchissent. cet être moral qu'on appelle foyer de famille et qui ne se et com- pose pas seulement des causeries. en Piémont. et revu ils . — quand tout le étrangère se revêt de tristesse. l'arbre. qu'on méprise la France? mère. joie de sa vie. en n'ont pas la liberté . compose aussi des heures. ces objets auxquels évanouie.

France! non. se plaignent. à terre. ne pas t'oublier. derrière soi. le perroquet pris dans sa patte Quoi! Louis XI y eût échoué! quoi! Richelieu s'y fût brisé! quoi! Napo! léon n'y eût pas suffi En un est jour. on ne peut faut en convenir. ils racontent leurs misères. souvenirs. ou. ce nain. non. dénonciateur qui a trahi. tous les bourreaux. Dieu marchait. que ce conseil d'État et ce corps législatif existent! Vous vous . On échange espérances. purement ! simplement. vers ce qu'on a laissé qu'ils soient Oh! heureux là-bas. il Ainsi cela est vrai. un mot contre toi. Ils feront leur devohte un front une persévérance inébranlable. ayant la Comme et ils se connaissent. fleuve humain en marche. lui. fait ! cette ruine ! Quoi ! c'est au centre du quoi c'est au milieu du plus grand siècle de la que ce personnage s'est dressé debout et a triomphé! Se faire de le lion France une proie. la liberté. Ah quel ! deuil ! et après huit mois on a beau se dire que cela de Saint-Michel au croit pas! il on a beau et regarder autour de soi et voir voir Sainte-Gudule la flèche lieu du Panthéon. au lieu de iNotre-Dame. et vous vous imaginez que ce plébiscite jour de janvier existe. c'est dix-neuvième siècle. ce Tibère avorton. l'espion qui a guetté. Ne pas c'est là leur joie. France Oh! une plainte. panache en tète. ce masque. ! Chacun souffre et par moments le On grave dans toutes les mémoires les noms de ponton. c'est là leur tristesse. faut le recon- naître. que que cette constitution de je ne sais plus quel ce sénat existe. la vague française en avant. du soir au matin. arrêté. l'absurde a été le possible. Cayenne où ! l'on a un frère y a une chose qu'ils bénissent tous. c'est toi. les bras tendus dans l'ombre. était ! Tout ce qui était axiome ! devenu chimère. ceux qui ne pensent plus à nous s'irrite. c'est la France ! Quoi! c'est ce Bonaparte qui a plus grand peuple de la terre l'histoire . l'intelligence. celui qui a de les fermeté en donne à ceux qui en manquent. Quoi le plus éclatant concours d'hommes quoi plus magni- mouvement ! d'idées! quoi! le plus formidable enchaînement d'événements! le quoi ce qu'aucun Titan n'eût contenu. ce qu'aucun Hercule n'eût détourné. il la civilisation. ce néant et allait devant : lui. frères. tout net. Chacun a quelque chose qu'il maudit.'Z2li NAPOLÉON LE Les proscrits se taisent. et a arrêté cela un beau matin. Mazas. les aspirations. et qu'ils sont la doublement se même la patrie ayant même proscription. la révolution. le singe l'a l'a fait! ce que l'aigle ! eût redouté de saisir dans ses serres. ! s'est mis en travers Dieu et a dit à Dieu Tu n'iras pas plus loin s'est arrêté. est. dût-on expirer d'humiliation et le de désespoir. le la casemate. Celui qui a de l'argent le partage avec ceux qui n'en ont pas. Louis Bonaparte. s'ils PETIT. Tout ce qui ! mensonge le est devenu fique fait vivant. ce qui est là. on n'a jamais plus le de patrie dans entier avec cœur que lorsqu'on tranquille et est saisi par l'exil. revoir. le progrès. on n'y le nier. l'on a le gen. grand Dieu! ce que n'eût pas osé. ! Et vous vous figurez que cela est existe. darme qui a mais il Lambessa où un ami. ce n'est qu'entre eux. les On se tourne.

un maître qui se nomme Louis Bonaparte! Vous ne voyez donc pas que c'est tout cela qui est chimère! vous ne voyez donc pas que le Deux-Décembre une sorte de toile n'est qu'une immense illusion. ces marchands d'eau de Cologne galonnés que vous appelez des généraux.CONCLUSION. ces poussahs que vous appelez des magistrats. ce mélange de caricatures et de spectres. une pause. et vous prenez cela pour des réalités! Et vous n'entendez pas au delà. un pacha. un eunuque qui s'appelle Baroche. grand sabre de cet autre. ce machiniste merveilleux. dans l'ombre. de manœuvre le derrière laquelle Dieu. l'acte suprême et triomphal de la Révolution française ce ! Vous regardez le stupidement la toile. ce bruit sourd ! vous n'entendez toile pas quelqu'un qui va et vient! vous ne voyez pas trembler cette au sonllle de ce qui est derrière ! . imaginez qu'il y a un laquais qui s'appelle Rouher. un temps d'arrêt. un valet qui s'appelle Troplong. et un sultan. les choses peintes sur le canevas grossier. nez de celui-ci. prépare et construit der- niet acte. ces bonshommes que vous appelez des sénateurs. les épaulettes de celui-là.

.

— —

TABLE DES CHAPITRES

LIVRE PREMIER
l'iiomue
1.

LIVRE SIXIÈME
L'aBSOMTION (PBEBliinE FOBME
LES 7,500,000 voix)
:

II. Mandat desrepré dccerabre 1848. IV. On 111. Mise en demeure. sentants VI. PorV. Biographie. se réveillera. VU. Pour faire suite aux panégytrait.

Le

-20

I.

IV.

mcn du vote. Rappel des principes. Faits. — Quia vraiment voté pour M. Bonaparte?
V. Concession.

Vabsolutton.

II.

La

diligence.

III.

Ex.i-

riques

•*

question.

LIVRE DEUXIÈME
L8 &OtVEn:iiE»IENT
I.

— VII.

VI. Le colé moral de la Explication à M. Bonaparte.

VlU. Axiomes.

I.\.

En quoi M. Bona14'J

parte s'est trompé

La

Constitution.


La

II.

Le

sénat.

conseil d'Élut et le corps législatif.

finances.

V.

liberté

de

la

VII. VI. iNouveautés en fait de légalité. VIII. Mens ayilat adhérents. X. Le» deux profils IX. La toute-puissance. 37 XI. Récapitulation. do M. Bonaparte.

— Le — IV. Les presse. — — Les molem. —
III.

LIVRE SEPTIÈME
l'absolotion (deuxième forme:
I.E

SERMF..\T)
et demi.

I.

A serment, serment
des prix.
savants.

— — IV.

II.

Différence

III.

Serment des

lettrés et des

5 avril 1852.

Curiosités de la chose. VI. Serment partout.

— V.
.

Le
173

LIVRE TROISIÈME
LE

CniME
:

LIVRE HUITIÈME
Le
69

Chapitre extrait d'un livre inédit, intitulé l'iime du 2 déceiiibre, par Victor Hugo.,

LE PROGRès INCLUS DANS LE COUP D'ÉTAT
I.

La quantité de bien
II.

^e

contient le mal.

LIVRE QU.\TRIÈME
LES Al'TRES CRIMES
I.

l'avenir.

Les quatre institutions qui s'opposaient à III. Lenteur du progrès normal. V. Ce IV. Ce qu'eût fait une assemblée.

qu'a
les

Questions sinistres.
III.

rie

Suite des crimes. IV. La JacqueCe qu"eiit été 1852. 107
II.

VI. Ce qu'ont fait fait la Providence. ministres, l'armée, la magistrature et le

clerjjé.

VII.

Formes du gouvernement do
180

Dieu

LIVRE CINQUIÈME
I.R

CONCLUSION
PREUlilRE PARTIE

PAir.BMBNTAniSIIB
Mirabeau.

I.

1780.

Il

l\

.

Lc-i

orateurs.

III.

La tribune.
de


Co
133

Petitesse
tion

du

maître,

abjection

de

la

situal'»!'

V. Puissance

VI.

Ce que

c'est

que

l'orateur.

qiio

faisait

risme.

— IX.

la

tribune.

— VIII.

la parole.

VII.

Parlementa-

DEUXIÈME PARTJE
Deuil et
foi
'-'•'

La tribune détruite.

...

TABLE DES GRAVURES

Victor

Hugo

(1851)

Garcia
J;mile Bayakd

B
1

Napoléon

le Petit

l'Homme
Serment de Louis Bonaparte La Débâcle
Effet de soleil sur la glace

D. Vierge

3

La Traversée de Boulogne Lo général Magnan Accessoires du coup d'État Le Gomernement Émargement Le Maître
Fracasse et Basile if Cl ime

La Cour des écuries de l'Elysée La Barricade de la Porte Sainl-Denis
Pendant
lo

massacre
'

Inliumation provisoire

Emile Bavard H. Scott H. Scott Éuile B.ayakd Chapuis Ed.mo-nd Morin Edmond Morin Edmond Morin Emile- Bavard Edmond Morin Edmond Morin H. Scott D. Vierge D. Vierge Edmond Morin
Garcia

9
17

20
29 33

35
31

45
53
61

69 Ti
SI

S9
101

Le général Saint-Arnaud
Les autres crimes
la chaîne

105
107

Edmond Morin
aux mains

Lo représentant Viguier,
Exécution de Charlet
Le Parlementarisme

bellengek A. Bkun Edmond Morin
Chifflart

117
\-2\

133
141

La Tnbune

française

Les 7,500,000 voix

Edmond Morin
Emile Bavard Emile Bavard Edmo.nd Morin
Lix
^

149
153

La Diligence La Lampe dans l'ouragan
Le Serment

167 173
181

Dans les casemates Le Pro.jrès indus dans le coup d'Etat Napoléon le Petit se superpose à Napoléon
Petitesse (la Maître

Edmond Morin
le

189
193 197
'.

Grand

Emile Bavard

Deuil

et

Foi

Edmond Morin Edmond Morin
J.-P.

211

L'avenir Derrière le rideau

Laurens Edmond Morin

217

225

PAniS. — Impr. J.CLAIE. -A-IJCiUTlSetC, raeSL-BoDott

[2036]

.

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