Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de runiversité Laval pour l'obtention du grade de maître ès sciences (M.Sc.

)

Département de génie civil FACULTÉ DES SCIENCES ET DE GÉNIE UNIVERSITÉ LAVAL

OCTOBRE 1998

O Frédéric Chapdelaine, 1998

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Les objectifs de ce projet de recherche sont de développer u n nouveau rhéomètre dans le but de quantifi~er comparaison les constantes permettant de convertir les résuItats en par unités machines du rhéomètre IBB en unités fondamentales. La précision du rhéomètre

IBB a été évaluée et des modifications au logiciel de contrôle du rhéomètre ont été
apportées. M m de comparer les résultats issus de deux rhéomètres, plusieurs configurations ont été mises à l'essai. Il s'avère qu'une relation existe entre les résultats des différents rhéomètres mais que le calcul pour passer e n unités fondamentales repose sur des hypothèses de base qui ne sont pas assez précises ou incorrectes. Les essais de caractérisation ont montré que le rhéomètre IBB est un appareil précis pour effectuer le contrôle et la mesure du couple et de la vitesse d'un agitateur et peut ainsi servir de

façon précise à la mesure de la rhéologie du béton fiais.

Frédéric Chapdelaine Étudiant à la maîtrise

Denis Beaupré Directeur de recherche

AVANT-PROPOS

Je voudrais en tout premier lieu exprimer mes plus sincères remerciements à mon directeur de recherche, M. Denis Beaupré, pour l'intérêt qu'il a porté à mes travaux et pour la liberté qu'il m'a accordée pour les réaliser. Denis a toujours été disponible et ses conseils pratiques ont apporté beaucoup à ma formation.
Je tiens également à remercier M. Michel Pigeon pour m'avoir accueilli au sein du

groupe de recherche. L'intérêt qu'il porte aux divers travaux et son désir d'apprendre continuellement furent pour moi une source de motivation. Je m'en voudrais de passer sous silence le support que les professionnels de recherche

M. Martin Gendreau et M. Marcel Langlois m'ont apporté durant mes travaux de
recherche. Je remercie également les techniciens M. Denis Lagacé et M. Marc Bégin

pour leur patience et pour m'avoir aidé à régler les probièmes qui sont survenus durant
ces travaux. Beaucoup de journées de laboratoire ont été partagées avec Bruno Chouinard. Je voudrais le remercier pour toutes ses remarques pertinentes. Je tiens spécialement à remercier ma famille, mon père André, ma mère Raymonde, mes fières Jérôme et Sébastien pour le soutien familial, le réconfort et surtout le support moral inconditionnel durant les épreuves les plus difficiles. Je remercie également Chantal avec qui je partage maintenant ma vie pour sa patience inconditionnelle lors des longues soirées et son soutien personnel. Merci à tous les membres du CRIB qui, par I'unicité de chacun, ont contribué à l'atmosphère de tous les jours du groupe de recherche.

TABLE DES MATIERES
II

RÉSUMÉ AVANT-PROPOS

m

TABLE DES MATDIRES
LISTE DES FIGURES

xv
VLX
M
1
2

LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION

CHAPITRE 1

1.OINTRODUC~ION
1.1 IMPORTANCE LA MANIABILKÉDU BÉTON DE

3

3

1.2 DFFÉRENTSESSAIS EMPIRIQUES SUR LE BÉTON FRAiS
1.2.1 Affaissement au cône d'Abram 1.2.2 Table à secousses 1.2.3 VeBe
1.3 LA WOLOGIE 1.3.1 Mouvement laminaire

5
5

5
6

7
7

1.3-2 Corps de Newton 1.3.3 Corps de Bingharn
1.3.4 Thimrropie

8
10

II

1.3.5 Dilatance [HU. 199.51
1.4 E & @ O M ~ R E S CLASSIQUES DE TYPE ROTATIF

12
12

1.4.1 Rhéomètre à cylindres coaxiaru:
1.4.2 Rhéomètre disque-disque [HU, 19951

13

17
19
20

1.4.3 Autres confiurations
15 LA RHÉOLOGIE DES PÂTES DE CIMENT .

1.5. I Influence de l'appareillage
1.5-2 Inflrtence de la composition de la pâte de ciment

21
22

1.5.3 Influence ~

L L

temps

22

I S.4 Types de courbes rhéologiques observées

24

1.6 LA RHÉOLOGIEDU BÉTONFRAIS
1.6.1 Componement rhéologique du bétonfrais

25
25

1.6.2 Modèles mathématiques représentant la viscosité du bétonfrais

27
29

1.6.3 Facteurs aflectcznt la rhéologie du béton frais
1.7 LES PRINCIPAUX R&OMÈTRES A BÉTONS
1.7.1 Historiqrie des rlzéomètres à bétons 1.7.2 Le rhéomètre BML

33
33

34

1.7.3

Le rhéonzètre LCPC

35
36

1.7.4 Le rhéontètre IBB

1.8 APPLKATION L A RHÉOLOGIEDU BÉTON FRAIS DANS LA PRATIQUE DE
1.8.1 Laboratoire

38

38

1.8.2 Boîte de maniabilité
1.8.3 Béton autonivelant 1.8.4 Pompabilité

38
39
40
41

1 -9 CONCLUSION

CHAPITRE 2

43

2.0 INTRODUCTION
2.1 CARAC~ÉRISATTONDU RHJ~OMÈ'TRE
2.2 CONCEFTION NOUVEAU RHÉOM~ZRE D'UN

44
44
45

2.3 ÉTALONNAGE COMPARAISON PAR

45 46
46

2.4 CODIFICATION MÉLANGES DE^
2.5 CONCLUSION

3.0 INTRODL'C~ION 3.1 DESCRIPTIONSIQZIE R ~ É O M ~ R E PHY DU BB

48
48

3 -2 PROTOCOLE A! D'ESS

RHÉOLOGIQUE

50
51

3.2. i Logiciel d'essai rhéologique
3.2.2 Logiciel de remise à zéro

52
52

3.2.3 Calcul des résultats 3.3 ÉTALONNAGE RHÉOMÈTRE DU
3.3.1 Étalonnage du lecteur de couple
3.3.2 Étalonnage du lecteur de vitesse

53 53
55

3.3.3 Modification des constantes

57
57

3.4 P~Éclsro~ RHÉO&RE IBB DU
3.4.1 Logiciel d'essai de précision 3.4.2 Précisiorr du lecteur de vitesse
3.4.3 Précision du lecteur de couple

57

58
60
63

3 5 CONCLUSION .

CHAPITRE 4

65

4 0INTRODUCTION .
41 CAHIER CHARGES . DES

66 66

4 2DEUX . CONFIGURATIONS PROPOSÉES
4.2.1 Configuration disque-clisqrre 4.2.2 Configuration mixte disque-disque et cylindre-cylindre

67
67
68

4 4 DÉVELOPPEMENT ATHÉMATIQUE . M
4.4.1 Hypothèses de base
44.2 Système d'équations

69
69

70
73

4-4-3Calcul de KIet K2

4.5CONCLUSION CHAPITRE
PRÉSENTATION ANALYSE DES RÉSULTATS DE L'ÉTALONNAGEEN UNITÉS ET

73

FONDAMENTALES DU RHÉOM~TRE IBB

75

5.1.2 Mélanges

76 77 80

5.1.3 Résultats
5.2 DEUMÈMESÉRIED'ESSAIS
5.2.1 Méthode et descriptions des mélanges
5.2.2 Relations entre les configcrrations H et X en unit& machines 5.2.3 Relations entre les configurations H et P en unités machines

80
80

82

5.3 UNITÉSFONDAMENTALES

84
84

5.3.1 Relation eritre l'agitateur H et X en unitésfondamentales
5.3.2 Relation entre L'agitaterir H et P en unitésfondamentales

86

5.3-3Comparaison avec la documentation

87
88

5.4 CONCLUSION

vii
CHAPITRE 6
89

6.0 INTR~DUCTION
6.1 EFFET L A VARIATION D U RAPPORT E/C SUR LES P A R A M ~ R E SRHÉQLOGIQUES DE

90 90
91 92

6.2 RELATION ENTRE L E CONE D'AFFAISSEMENT ET LE SEUIL DE CISAILLEMENT

6.3 BÉTON AUTONIVELANT
6.4 ESSAIS AVEC TROIS RHÉOMÈTRESIBB [DENTIQUES

93

6.5 CONCLUS~ON

94
95 95

CHAPITRE 7 CONCLUSIONS

ANNEXES

104

Liste des figures
FIGURE 1. 1 - TABLE À SECOUSSES [I3ARTOS, 19921.................................................................6
FIGURE 1. 2 - APPAREIL W E ...........,............ ..

............... . . ............... ..

.. .

.

. .6

FIGURE 1. 3 - ÉCOULEMENT LAMINAIRE ENTRE DEUX PLAQUES [BEAUPRÉ, 19941............... 8

FIGURE 1.4 - RHÉOGRAMME D'UN FLUIDE DE NEFVTON ET PROFiL DE VITESSE EN

CONI)UITE ........ . . .......... .. ... ... .-.- ...... ............... -.. . ... .-.................. ...... .. ...................9 .. . . .. - . . . - . .. . . . ..
FIGURE 1.5 - FXÉOGRAMME DU CORPS DE BiNGHAM ET PROFIL DE VITESSE EN

.................. 10 F'iGURE 1 6 - RHÉOGRAMME D'UN FLULDE NEWTONNIEN ET D'UN BINGHAMIEN ............... 1 1 . FIGURE 1. 7 - VISCOSIMÈTRE À CYLINDRES COAMAUX @~EAuPRÉ,19941.............................14 FIGURE 1. 8 - FNÉoMÈTRE TYPE DISQUE-DISQUE [COLLYERET CLEGG, 19881 .................... 1 7 FIGURE 1.9 - DISQUE DANS TOURNANT DANS UN ME L U FEFMÉ m R L O W . 19791........19 II FIGURE 1.10 - AGITATEUR A PALES POUR MESURER L SEUIL DE CISAE.LEMENT DE E SUSPENSIONS CONCENTRÉES OU HUILES ÉPAISSES [COLLYER, 19881.......................... 20 FIGURE 1-11- DESTRUCTURATION DE LA PÂE DE CIMENT [TATTERSALL ET BANFILL, 1983 AD& PAR BEAU?&. 19941 .......... . ............................. ............................................24 ... FIGURE 1. 12 - A)AGITATEUR DU MK1, B) VUE DU &O&TRE MKZ EN ENTIER .............. ..34 FIGURE 1. 13 - VISCOSIPVLÈTREBML ..........,..... ...TRE.TRE...........TRE...................................... 35 .................. FTGURE 1. 14 - BT-RHEOM W. 19951 .................................... . . .. ....... . . . . . . . .- . . . . .36 .
. .
*

CONDUITE................................................ *.*...................................... *

FIGURE 1. 15 .UBC-RHEOMETER [BEAUPRÉ. 19941 .................... ...................................... 37 . . . 39 FIGURE 1. 16 - BO~TE MAMABILITÉ[ADAJ?'IÉ DE B E A ~ R,É DE 19941....*................................
FIGURE 1. 17 - BOÎTE DE MANIABILITÉ DE POMPABILITÉ[AD&
BEAUPRÉ 19941.......... 41

.

FIGURE 3.1 . DÉTAIL DES ENGRENAGES DONNANT LE MOUVEMENT PLANÉTAIRE
[AD&

DE TA'TTERSALL. 199 11..........................................................................................

49

FIGURE 3 .2 - RHÉoMÈTRE IBB DANS SA VERSION COMMERCIALE ....................................... 50

............ 53 FIGURE 3.3 - EXEMPLE DE COURBE RHÉOLOGIQUE POUR UN BÉTON ORDINAIRE
FIGURE 3.4 - SC&MA DU MONTAGE SERVANT À L'ÉTALONNAGE DU LECTEUR DE
COUPLE ............................................................................................................................ 5
4

FIGURE 3 . 5 - COURBE D~ÉTALONNAGE LECTEUR DE COUPLE........................................ 5 5 DU
FIGURE 3.6 - COURBE D'ÉTALONNAGE DU LECTEUR DE VITESSE ........................................ 57 F I G W 3.7 - VARIATION DE LA VITESSE AVEC UNE VALEUR D'ALIMENTATION DE 2500 À
700 HZ .......................................................................................... .. ............................................ 59

FIGURE 3.8

- V W T I O N DE LA LECTURE DE LA VITESSE AVEC L'AGITATEUR DANS LE

BÉTON, VALEUR DE L'ALIMENTATION 1000 À 700 HZ....................................................... 60

FIGURE 3.9 - VARIATION DE LA LECTURE DU COUPLE AVEC UNE VALEUR
D'ALIMENTATION DE 1000 À 700HZ.....................................................................................
61

FIGURE 3.10 - VARIATION DE LA LECTURE DU COUPLE ALORS QUE L'AGITATEUR EST

DANS LE &TON POUR UNE VALEUR D'ALIMENTATION DE 1000 À 700 HZ................... 63
COUPE DE LA PREMIÈRE SOLU'T?ON ET DETAIL DU JOINT............................... 67 FIGURE 4. 1 . FIGURE 4. 2 - PHOTO DE L'AGITATEtTR X D ...........................~..............................-.......*.*.......... 69

FIGURE 4. 3

- APERCU DES CONFIGURATIONS X ET P ...............................................................

70

FIGURE 5.1 . RELATION ENTRE LES VISCOSITÉS OBTENUES AVEC LA CONFIGULiATiON R

ET LA CONFIGURATION X .....................................................................................................
FIGURE 5.2 . ZONE COUVERTE PAR LES BETONS DE LA PREMIÈREsÉEUE POUR
L'AGITATEUR H .......................................................................................................................

77

78
78

FIGLRE 5.3 . RELATION ENTRE LES SEUILS DE CISAILLEMENT OBTENUES AVEC LA CONFIGURATION H ET L CONFIGURATION X .................................................................. A

FIGURE 5 . 4 - LIMITE DE DÉTEFMINATIoN DU COMPORTEMENT DU BÉTON FRAIS AVEC LE FU@OMÈTRE IBB EN SE BASANT UNIQUEMENT SUR LE COEF'FICIENT DE

................................................................................ 7 9 DÉTERMINATLON R2 ...................... , .
FIGURE 5.5

- RELATION ENTRE LES SEUlLS DE CISAILLEMENI'OBTENUS AVEC LA
1

CONFIGURATION H ET LA CONFIGURATION X .............................................................. 8

FIGURE 5.6

- RELATION ENTRE LES VISCOSITÉSPLASTIQUES OBTENUES AVEC LA

CONFIGURATION H ET X ......................................................

. . 82 . ................ .

FIGURE 5.7 - RELATION ENTRE LE SEUIL DE CISAILLEMENT OBTENU AVEC LA CONFIGURATION H ET LA CONFIGURATION P .................................................................. 83 FIGURE 5.8 - RELATION ENTRE LES WSCOSITÉS OBTENUES AVEC LA CONFIGURATION H ET LA CONFIGURATION P ...................................................................................................... 83 FIGURE 5.9 - PASSAGE AUX UNITÉS FONDAMENTALES POUR LA VISCOSITÉ À PARTIR DES RÉSULTATS DE C O M P M S O N AVEC LA CONFIGURATION X ............................... 85 FIGURE 5.10 - PASSAGE AUX WTÉS FONDAMENTALES POUR LE SEUIL DE CISAILLEMENT À PARTIR DES RÉSULTATS DE COMPARAISON AVEC LA CONFIGURATION X .............................................................................. .......-..-.-..-------.-.-...--.-.. 85 FIGURE 5.11 - PASSAGE AUX WTÉS F O N D M N T A L E S POUR LA VISCOSITÉ PLASTIQUE À PARTIR DES RÉSULTATS DE COMPARCUSON AVEC LA CONFIGURATION P ............. 86
FIGURE 5.12 - PASSAGE AUX UNLTÉS FONDAMENTALES POUR LE SEUIL DE
CISAILLEMENT À PAR'TR DES RÉSULTATS COMPARAISON AVEC LA DE COhWGURATïON P ...............................................................................................................
8 7

FIGURE 6.1 - RELATION ENTRE L'AFFAISSEMENT AU CÔNE ET LE SEUIL DE
CISAILLEMENT (AGITATEUR EN H ...................................................................................... )
92

FIGURE 6. 2 - BOITEDE MANLABILITÉDE BAN...........................................................................

93

FIGURE 6.3 - COURBES FWÉOLOGIQUES OBTENüES AVEC LES TROIS RHÉOMÈTRES .......94

Liste des tableaux
TABLEAU 1.1 - TROIS EQUATION MONTRANT LA VITESSE ANGULAIRE FONCTION DU EN
COUPLE POUR LES CAS POSSIBLES ..............................~.......-..............~...~............................ 17

TABLEAU 3. L - DONNÉES RECUEILLIES POUR LIÉTALLONNAGEDU LECTEUR DE COUPLE

..............................................................................................................................................-.-... 54 TABLEAU 3. 2 - MESURES POUR LA COURBE D'ÉTALONNAGE .......................................... 5 6
TABLEAU 3 . 3 - MOYENNES DES LECTURES DE LA VITESSE SANS BETON POUR
DIFFÉRENTES &QUENCES

D~ECHANT~LLONNAGE ........................................ --...-...-...... 58
D 'ÉCHANTILLONNAGE....................................................... .59

TABLEAU 3.4 - XOYENNES DES LECTURES DE LA VITESSE AVEC BETON POUR
DIFFÉRENTES &QUENCES

TABLEAU 3.5 - MOYENNES DES ECTURES DE COUPLE POUR DIFFÉRENTES FRÉQUENCES

D~ÉCHANTILONAGE ET DIFFÉRENTES VITESSES DE ROTATION. ...............................
TABLEAU 3 . 6 - MOYENNES DES LECTURES DU COUPLE ALORS QUE L'AGITATEUR

61

TOURNE DANS LE BÉTON POUR DIFFÉRENTES &QUENCES

D'ÉCHANTILLONAGE. 62

TABLEAU 4. 1 - CARACTÉRISTIQUES POUR LES CONFIGURATIONS X ET P ......................... . 7 3

TABLEAU 5 . 1 - RÉsUMÉ DES RÉSULTATS D'ETALO-WAGE EN L

? SFONDAMENTALES DE L'AGITATEUR H ET E&WLTATS DE LA DOCUMENTATION ....................................... 88

TABLEAU 6. 1 - VISCOSITÉSPLASTIQUES POUR DIFFÉRENTS RAPPORTS W C ...................... 9 1

INTRODUCTION

La rhéologie est la science qui traite de l'écoulement et de la déformation de la matière.
C'est dans les années 1970 que l'on a commencé à s'intéresser à la mesure de la rhéologie du béton frais. Divers rhéornètres pour béton frais ont été développés dans les annies qui suivirent. Le rhéomètre IBB est la version commerciale du UBC Rheometer développé par Beaupré (1994). Étant donné la configuration de l'agitateur, la détermination des paramètres rhéologiques en unités fondamentales est impossible par voie mathématique. Ainsi, la mesure effectuée par cet appareil est donnée en unités propre à cet appareil. Le principal objectif de ce projet de maîtrise est de développer une

nouvelle configuration d'agitateur qui permette d'obtenir une mesure de la rhéologie du
béton fiais en unités fondamentales. Par comparaison entre les résultats obtenus entre ce nouvel appareil et le rhéomètre IBB, il sera possible de convertir les résultats des unités machines aux unités fondamentales. Ce mémoire de maîtrise traitant de la mesure de la rhéologie du béton fiais est divisé en cinq chapitres. Un premier chapitre couvre une revue de la documentation, le deuxième présente le programme expérimental, le chapitre trois traite du développement d'un nouveau rhéomètre et les chapitres quatre, cinq et six couvrent les résultats sur l'étude de la précision du rhéomètre IBB, sur l'étalonnage par comparaison entre diverses configurations de rhéomètre et sur divers résultats obtenus. Une conclusion générale et les références bibliographiques sont placées à la fin du mémoire, le tout suivi des annexes.

Chapitre 1

Revue de la documentation

1.0 lntroducfion

Dans ce chapitre, iI est question de la rhéologie du béton à l'état fiais. En premier, est
présenté l'importance de la maniabilité du béton et quelques essais empiriques servant à caractériser la maniabilité du béton frais. Suit un rappel théorique sui la rhéologie en de général et la présentation de quelques ~onfi~prations rhéomètres conventionnels de type rotatifs. Le développement mathématique du calcul des paramètres rhéologiques de substances newtoniennes et binghamiennes est démontré pour deux configurations de rhéomètres. Les connaissances sur la rhéologie des pâtes de ciment sont exposées de même que ceiles sur la rhéologie du béton frais. Finalement, les principaux rhéomètres à bétons sont présentés de même que l'application pratique de la connaissance des paramètres rhéologiques du béton.

1.1 Importance de la maniabilité du béton

Souvent, quand il est question des propriétés du béton, ce sont les propriétés du béton à l'état durcit qui sont évoquées. La résistance à la compression, la perméabilité et la résistance au gel sont des propriétés qui sont souvent requises pour qu'un béton soit

utilisé en pratique. Cependant, avant de passer à l'état durcit, le béton passe par une
phase maniable durant laquelle il peut être mis en place. Les propriétés du béton fiais sont dors très importantes car si le béton ne peut être placé correctement, les propriétés désirées à l'état durcit ne seront pas obtenues. Pour chaque application, les caractéristiques requises pour le béton frais sont différentes. Les besoins de finition, de mise en place, de pompabilité, de résistance à la ségrégation etc. définissent si uïi béton a de bonnes propriétés à l'état frais.

Le développement de nouveaux bétons [SHILSTONE, 19891 intensifie le besoin de
caractériser encore mieux le comportement du béton lors de l'écoulement. De nombreux

ajouts cimentaires et adjuvants ont fait leur apparition au cours des dernières décennies. L'importance de la maniabilité et de sa mesure ont pris du même coup une importance primordiale. Auparavant, un béton plus fluide était automatiquement associé avec les problèmes de ségrégation et une faible résistance en compression. De nos jours, il est maintenant possible de produire un béton très fluide ayant d'excellentes propriétés mécaniques. Les bétons à haute performance sont beaucoup plus visqueux et fluides que les mélanges de bétons traditionnels. Les tests empiriques conventionnels ne suffisent plus pour certains cas à bien caractériser le comportement lors de l'écoulement et de la mise en place du béton frais.

Plusieurs essais empiriques existent à l'heure actuelle. Plusieurs sont normalisés alors que d'autres ne le sont pas. Certains tentent de décrire l'écoulement propre du béton

fiais, d'autres décrivent un aspect précis de la maniabilité du béton alors que de
nouveaux essais décrivent de mieux en mieux l'écoulement du béton sur une base rhéologique. Selon Tattersall et Banfil1 (1983), le cheminement pour définir une propriété physique suit trois étapes : La propriété est décrite en termes subjectifs et sur une base comparative; Une échelle numérique est établie illustrant le résultat d'un test empirique en particulier. L'échelle peut être ou peut ne pas être satisfaisante mais va nécessairement être d' usage restreint; La propriété est rigoureusement déffie en considérant un modèle idéal en termes de constantes physiques exprimées en unités fondamentales.

La première catégorie fait appel au jugement de l'opérateur seulement. D'un opérateur à
un autre, la maniabilité d'un mélange de béton peut être décrite différemment selon le
jugement de chacun. La maniabilité est dite haute >> ou
<< basse ». Pour

leur part, les

essais empiriques sont un peu moins dépendants de l'opérateur en ce sens qu'ils donnent une mesure de la maniabdité ou de la consistance du béton h i s . La mesure est alors propre à l'appareil utilisé. À la troisième étape, le développement d'appareil basé sur

une approche plus fondamentale et rhéologique donne des résultats indépendants de
l'appareil et de l'opérateur. Les propriétés du matériau sont exprimées à la place d'une propriété d'une structure de ce matériau.

12 Différents essais empiriques sur le béton frais .

1.2.1 Affaissement au cône d'Abrams

Cet essai est un essai normalisé (ASTM C 143). Un moule de forme conique tronquée de 300 mm de hauteur est rempli de béton en 3 couches pilonnées de 25 coups de bourroir.

Le moule est soulevé et l'affaissement (différence entre la position initiale et finale) est
mesuré au centre original de la surface de béton [NEVILLE et BROOKS, 19901. L'avantage de cet essai est d'être très simple et peu coûteux. Il est facilement transportable en chantier et est donc très utilisé. Le désavantage majeur est que pour plusieurs bétons ayant le même affaissement leur comportement rhéologique peut varier considérablement et, par conséquent, leur ouvrabilité varie aussi

w,19951

1.2.2 Table à secousses

Une table de 700 x 700 mm2 en bois recouverte d'une plaque de même dimension en acier dont la masse totale est de 16 kg est articulée le long d'un côté à une autre table de

sorte que la plaque composite supérieure peut être soulevée de 40 mm au maximum
(figure 1.1). Un cône standard pour ce test est rempli de béton (volume 4.3 titres) et ensuite démoulé. La plaque est soulevée puis relâchée sur le socle 15 fois en 15 secondes. L'étalement est mesuré sur les deux axes parallèles à Ia table et c'est la valeur moyenne de ces deux valeurs qui est considérée comme l'indice d'ouvrabilité du béton. L'avantage de cet essai est qu'il est plus dynamique et qu'il convient au béton plus visqueux.

Figure 1. 1 - Table à secousses PARTOS, 19921

1.2.3 VeBe

Cet essai est un essai normalisé par I'ACI Standard 21 1.3-75. Un cône d'Abram standard est placé dans un cylindre et est rempli de béton comme pour I'essai au cône d'Abram décrit précédemment. Par la suite, un couvercle de verre est placé au dessus du béton. Une vibration de Wquence 50 Hz et d'accélération maximale à trois ou quatre
fois celle de l pesanteur est appliquée. Le temps que prend le béton pour adopter une a

forme cylindrique est mesuré et indique la consistance du béton. Cet essai convient particulièrement aux bétons plus secs.

Figure 1. 2 - Appareil Vebe

1.3 La rhéologie

La rhéologie est défrnie comme étant l'étude de l'écoulement et de la déformation de la matière sous l'action d'une contrainte [PERSOZ, 1960; BEAWRÉ,
19941. Comme

certains matériaux ne répondent pas exactement à la théorie de l'élasticité et de la mécanique des fluides, le vocable
« rhéologie »

a été inventé par des physiciens

spécialistes de l'étude des matériaux dirigés par E.C. Bingham [PERSOZ, 19601. Entre le solide parfait et le liquide parfait newtonien, il est apparut nécessaire d'élaborer cette discipline nouvelle. L' intérêt de la rhéologie grandit chaque jour depuis son apparition en 1928 [COUARRAZE et GROSSIORD, 19831 avec l'apparition de nouveiles substances au comportement complexe tek : pâtes, boues, suspensions, émulsions, polymères, etc. Pour le cas du béton, on s'intéressera à l'étude de l'écoulement du béton alors qu'il est encore à l'état fiais et maniable.

1.3.1 Mouvement laminaire

Lorsqu'un matériau est soumis à un ensemble de forces, il réagit de façon différente en chacun des points selon l'intensité et la répartition des efforts. Il sera susceptible ainsi de se déformer. Pour certains corps, un mouvement laminaire de cisaillement sera
1 engendré. 1 s'agit d'un mouvement au cours duquel le matériau présente une structure

en lamelles, en couches adjacentes, d'épaisseurs infiniment minces. La déformation du matériau s'effectue par un glissement relatif des différentes couches les unes sur les autres, sans qu'il y ait de transfert de matière d'une couche à l'autre. Les forces de frottement à l'interface des couches sont appelées forces de cisaillement. Le mouvement est strictement ordonné et stratifié et il se produit sans brassage du matériau et sans variation de son volume. La forme des couches dépend de la façon dont est cisaillé le matériau.

Le régime laminaire a toutefois une limite. À partir d'un certain seuil, il est impossible
d'augmenter la vitesse tout en conservant les couches laminaires superposées les unes

sur les autres. Les différentes couches se rejoignent, se mélangent et se dispersent. On parle dors de régime turbulent. Le nombre de Reynolds (Re) caractérise, pour un matériau donné, la Iirnite entre le régime laminaire et le régime turbulent.

V représente la vitesse de la couche du matériau la plus rapide, 1 représente la distance entre la couche laminaire la plus rapide et la plus lente, u est la viscosité cinématique du matériau. Il est donc possible de connaîtle la vitesse ou le taux de cisaillement à ne pas dépasser pour demeurer en régime laminaire lors d'un essai rhéologique par exemple.

1.3.2 Corps de Newton

Si on considère une substance à étudier qui se trouve entre deux plaques (voir figure 1.3)

espacées d'une distance H. L'une se déplace à une vitesse v et I'autre demeure immobile. On suppose que la première et la dernière couche demeurent solidaires des deux plaques. Entre les deux couches limites, il se forme une infinité de couches de vitesses différentes, variant dans I'intervalIe défini par les vitesses des couches limites.

Figure 1. 3 - Écoulement laminaire entre deux plaques ~EAUPRÉ, 19941

En connaissant la vitesse de chacune des couches, il est possible de tracer ia courbe de
distribution de vitesse (figure 1.3). La contrainte appliquée est connue de même que la vitesse de la plaque en mouvement. Le taux de cisaillement est la vitesse de cisaillement de la plaque mobile divisée par L'épaisseur cisaillée et il est donné en s-'. La contrainte mesurée ou la force nécessaire pour garder à vitesse constante la plaque est fonction des caractéristiques rhéologiques du corps cisaillé et du taux de cisaillement imposé.

Un graphique présentant les couples taux de cisaillement et contrainte est appelé
rhéograrnrne. Pour le cas d'un fluide Newtonnien, la relation entre le taux de cisaillement et la contrainte de cisaillement est linéaire et passe par I'origine (figure 1.4). L'équation rhéologique d'un corps newtonien s'écrit comme suit :

où .r: est la contrainte appliquée et y le taux de cisaillement. On appelle cette viscosité la

viscosité absolue. Elle ne dépend pas du taux de cisaillement. L'eau est un exemple simple de fluide où la viscosité est constante pour tous les taux de cisaillement. Ces corps sont appelés newtoniens. Le coefficient de viscosité est alors un coefficient de viscosité absolue et est noté q.

Profil de tritesse en conduite

c

c
Contrainte de cisaillement

Figure 1.4 - Rhéogramme d'un fluide de Newton et profd de vitesse en conduite

1.3.3 Corps de Bingharn

Certaines substances qui peuvent s'écouler montrent toutefois une capacité à conserver une certaine forme sans que cette matière ne soit soutenue par un moule [POWERS,
19681. Par exemple, du béton dans un cône d'affaissement aura exactement la forme du

moule et lorsque le moule est soulevé. le béton adopte une nouvelle forme pour laquelle toutes les forces de cisaillement sont inférieures à la résistance en cisailkment du béton. C'est l'existence de ce seuil de cisaillement qui fait que le béton peut conserver cette forme malgré la force de gravité qui tend à niveler le béton complètement.

De tels corps montrant un seuil de cisaillement avant écoulement sont non Newtonien et
dit plasto-visco-élastique PERSOZ, 19601. Un cas particulier de ce type de comportement est le cas du corps de Bingham (figure 1.5) lequel présente une relation linéaire entre le taux de cisaillement et la contrainte de cisaillement après avoir franchis le seuil de cisail1ement.

Profil de vitessv sn conduite écoulement en bloc
To

Contrainte de cisaillement
Figure 1. 5 - Rhéogramme du corps de Bingham et profil de vitesse en conduite

Bingham modifie de la façon suivante I'équation de base de Newton :
r=q,+py

Dans cette équation, les deux coefficients sont constants et caractérisent entièrement Ie comportement rhéologique du matériau. Le premier,
70, est

le seuil de cisaillement et le

deuxième, p, est la viscosité plastique. Ceci implique que si une seule mesure couple-

vitesse (ou contrainte de cisaillement et taux de cisaillement) est effectuée (voir figure 1.6). le corps de B ingham ne peut être différencié de celui de Newton car une droite ne

passant pas par l'origine doit nécessairement être définie par au moins deux points

Contrainte de cisaillement
Figure 1. 6 - Rhéogramme d'un fiuide newtonnien et d'un binghamien

Tous les fluides plastiques présentent un écoulement à noyau ou écoulement en bloc

[PERSOZ, 19601. En conduite, si Ia pression appliquée pour déplacer le corps n'est pas
assez élevée pour vaincre le seuil de cisaillement pour toute la masse du corps, au centre, le corps se déplacera en bloc alors qu'en périphérie, le corps s'écoulera comme un liquide (figure 1.5). L'exemple le plus familier est celui de la pâte dentfice qui sort en boudin lorsqu'on presse le tube. Le noyau est très important car la pression appliquée est faible.

1.3.4 Thixotropie

On qualifie de thixotrope un corps demeurant constamment à I'état liquide, mais dont la

viscosité apparente est fonction décroissante de la vitesse de déformation et ceci avec un certain retard [PERSOZ, 19601. Dans le cas contraire, on parlera de corps

ant ithixotropes

w,19951. Pour mettre en évidence l'existence même de la thixotropie,

on recommande l'expérience suivante. Après un long repos, on fait croître la vitesse de déformation jusqu'à un maximum, puis on la fait décroître jusqu'à zéro PERSOZ,

19601. Le rhéogamme présente de l'hystérèse s'il y a thuotropie. Si le corps à étudier

n'a pas été agité avant d'être soumis au test au rhéomètre, deux tests au rhéomètre sont nécessaires pour mettre en évidence la thixotropie, car la thixotropie, de même que
1' antithixotropie, présentent un caractère réversible [HU, 19951. Pour mettre en évidence

l'effet du temps, on trace en fonction du temps la viscosité apparente résultant du

passage d'une vitesse constante à une autre vitesse constante [PERSOZ, 19601. La
première vitesse constante peut être nulie.

s Temps
Figure 1. 7 - Manifestation de la thixotropie sur la viscosité apparente à un taux de
cisaillement constant

1.3.5 Dilatance [HU, 19951

La dilatance est la propriété que certains matériaux ont d'augmenter de volume

l lorsqu'ils se déforment. I s'agit de matériaux bien cornpactés qui diminuent de
compacité dors qu'ils sont cisailIés pour permettre un écoulement. Le phénomène contraire est la contractance mais ii ne s'appiique pas au béton fiais.

14 Rhéomètres classiques de type rotatif .
En pratique, il n'est pas utile d'utiliser une configuration de type p!aque-plaque pour

effectuer un essai. On utilise plutôt un rhéornètre, appareil qui sert à étudier les

propriétés rhéologiques d'une substance. Les configurations de rhéomètres rotatifs disque-disque et cylindre-cylindre sont présentées ainsi que leur développement mathématique respectif. D'autres configurations classiques sont présentées brièvement en particdier pour mettre en évidence le principe d'additivité de l'apport des moments de chacune des composantes d'une géométrie plus complexe.

1 -4.1 Rhéornètre à cylindres coaxiaux

Ces rhéomètres sont très répandus en pratique. Plusieurs sont automatisés et les résultats sont calculés automatiquement. Cependant, la méconnaissance du principe même du fonctionnement et l'incompréhension des hypothèses de base au développement des équations pour ce genre de rhéomètre peuvent conduire à des erreurs d'interprétation des résultats et à l'utilisation hors des limites du rhéornètre, Le principe de fonctionnement est simple. L'échantillon à étudier se trouve entre deux cylindres coaxiaux, l'un fixe et l'autre tournant (figure 1.8). Le mouvement laminaire est imposé en faisant tourner un des deux cylindres à une vitesse a.La substance à analyser se décompose en couches laminaires ayant chacune une vitesse propre. Les vitesses varient de zéro (couche laminaire attachée au cylindre fixe) à o (couche attachée au

cylindre animé d'une vitesse a . La vitesse de cisaillement et la contrainte de )
cisaillement dépendent de la couche considérée et donc de sa position par rapport à l'axe ) des cylindres. On note r la distance ou la position d'une couche et on aura ~ ( r et z(r) pour dénoter la vitesse à une distance r et le cisaillement à une distance r de l'axe central.

Figure 1. 8 - Viscosimètre à cylindres coaxiaux

Lorsque la vitesse est constante, en régime laminaire, la somme des moments appliqués est égaIe à zéro. Donc, M(r) = M(ri) = constante. Les moments appliqués au cylindre intérieur et au cylindre extérieur sont égaux. Ce qui entraîne :

Le taux de cisaillement est représenté par :

En pratique, les données disponibles sont les mesures du couple et de la vitesse et ce,
pour plusieurs points. 1 est facile de connaître la valeur de ~ ( ren tout point. Pour ce qui 1 ) est de ~ ( r )iI faut cependant connaître la loi de répartition du Liquide testé a r ) . Cela veut , donc dire qu'a faut connaître le comportement du liquide à tester avant de le tester. Mathématiquement, il est possible de maîtriser relativement bien cette mculté expérimentale. Un cas très courant pour éviter cette ciBiculté est d'utiliser un entrefer étroit :

RJR, < 1.15
Pour l'étude de certaines matières, il est impossible d'utiliser une telle géométrie. On
doit faire appel à un entrefer qui ne respecte pas cette condition. Par des artifices

mathématiques, on en arrivera à caractériser entièrement le comportement de la matière testée.

Le cas du liquide Newtonien est assez simple. On peut écrire l'équation de Newton avec

q qui est la viscosité du liquide :

que l'on peut écrire :

Si l'on intègre du cylindre intérieur au cyliodre extérieur :

Lorsque l'essai est réalisé, il est nécessaire de vérifier que la relation o et M est linéaire
et passe par I'origine avant d'appliquer l'équation. Le coefficient de viscosité q est donc :

Le cas du corps de Bingham, fkéquemment rencontré en pratique, se traite relativement bien lui aussi. Il s'agit encore d'une relation Linéaire entre le couple et la vitesse angulaire mais décalée d'un seuil de rigidité ou seuil de cisaillement (voir section 1.3.4). L'équation qui représente ce corps s'écrit :

Un corps de Bingham ne s'écoule que si la contrainte appliquée dépasse

70.

On peut

définir Rc, rayon décrivant la limite entre la partie en écoulement et la partie e n bloc. le

Si RI est le rayon du cylindre intérieur et R2 celui du cylindre extérieur, trois cas sont
possibles.

1. R, < RI Toutes les contraintes dans I'entrefer sont plus petites que le seuil de
cisaillement et aucun écoulement n'est possible;

2. RI < & < R2 II y a deux couches, l'une qui s'écouie (de Ri à &) et l'autre qui
ne s'écoule pas (de R, à R2);

3. Rz < Rc Toute la masse du liquide s'écoule en mouvement laminaire.
Lorsqu7unessai est réalisé, toutes les plages des vitesses angulaires sont mesurées et les trois cas se succéderont successivement.

On a toujours :

On peut écrire :

ou, sous une forme intégrable :

Cette relation est intégrable pour les cas 2 et 3. Pour le deuxième cas, on intégrera de Ri
à R, et pour le troisième cas. de RI à RZ(voir tableau 1.1).

TabIeau 1. 1 - Trois équation montrant la vitesse angulaire en fonction du couple pour les cas possibles
-

Vitesse angulaire en fonction du couple

Cas selon la grandeur du coupIe

Pratiquement, il faudra illustrer les résultats de vitesse en fonction du couple et vérifier la présence d'une partie linéaire. Si tel n'est pas le cas, il ne s'agit pas d'un corps
Binghamien et ces dernières équations ne conviennent pas. Pour le cas où la présence

d'une partie linéaire est vérifiée, en connaissant les propriétés géométriques de l'appareil, il est possible de déterminer la viscosité plastique et le seuil de cisaillement.

1.4.2 Rhéomètre disque-disque [HU, 19951

La figure 1.9 montre une configuration où l'échantillon est cisaillé entre deux disques
dont l'un d'eux tourne et l'autre est fixe. Pour chacun des plans horizontaux, le gradient de vitesse varie linéairement avec le rayon r. Il est nul au centre et maximal à la distance R.

Figure 1. 9 - Rhéomètre type disque-disque [COLLYER et CLEGG, 19881

Le taux de cisaillement est définit comme suit :

où :

w est Ia vitesse angulaire (rad/s);
h est la hauteur de l'échantillon (la distance entre les deux disques plats);

r est le rayon des deux disques.

La distribution des gradients de vitesse est, de façon théorique, identique dans chaque
couche. Pour un fluide newtonien, la viscosité est représentée par :

Pour un corps bingharnien, lequel est définit par :

le couple est de :

M= couple en Nm

w = vitesse angulaire (rads)
R = rayon du disque (m)
h = distance entre les deux disques (rn)

= viscosité plastique (Pa.s)

1.4.3Autres configurations

En pratique, il existe plusieurs configurations de rhéomètres de type rotatifs. La configuration cône-plat permet par exemple de conserver le taux de cisaillement constant en augmentant la distance entre les deux plaques avec le rayon (on sait que la vitesse tangentielle augmente avec le rayon). La figure 1.10 montre une configuration
mixte. Elle peut être vue comme un plat-plat et un cylindre-cylindre.

Figue 1. 10 - Disque dans tournant dans un milieu fermé W O R L O W , 19791

Mooney [cité par WOHRLOW, 19791 a publié une formule indiquant le couple dû à un fluide qui obéit à une loi de puissance. La simple addition des couples à la surface des disques et des surfaces des cylindres donne une expression pour le couple Mt :

b = épaisseur du disque
1 = épaisseur du corps à tester au-dessus et au-dessous du disque.

La figure 1.1 1 montre un type de configuration utilisée pour mesurer le seuil de
cisaillement au repos. Le couple nécessaire pour mettre L'agitateur en mouvement est enregistré. En considérant une surface de rupture cylindrique, le calcul de la contrainte de rupture en cisaillement est facile. Le principe des pdes est souvent retenu lors d'étude
de matériau à suspension granulaire.

Figure 1. 1 1 - Agitateur à pales pour mesurer le seuil de cisaillement de suspensions
concentrées ou huiles épaisses [COLLYER, 19881

1.5 La rhéologie des pâtes de ciment

Avant l'étude de la rhéologie du béton fiais, la rhéologie des pâtes de ciment à été étudiée. L'appareillage disponible ne permettait

pas d'étudier

directement le

comportement du béton et on croyait alors qu'en caractérisant le coniportement de la pâte de ciment on serait en mesure de prédire celui du béton.

Trois groupes de champs d'études sur les caractéristiques des pâtes de ciment peuvent
être décrits :

Études relatives au développement des appareils servant à mesurer les caractéristiques rhéologiques des pâtes de ciment; Études de l'effet de la composition de la pâte de ciment sur les paramètres rhéologiques ; Études du facteur temps sur les paramètres rhéologiques de la pâte de ciment.

À première vue, aucun de ces champs d'étude n'est intéressant du point de vue rhéologie
du béton car la connaissance des propriétés rhéologiques de la pâte de ciment ne permet

pas de connaître directement les propriétés rhéologiques du béton. 1 faut quand même 1 noter qu'il est nécessaire de connaître tous les paramètres qui influencent la rhéologie d'un corps pour affirmer connaître entièrement le comportement rhéologique de ce corps. Ceci implique que pour connaître le comportement du béton, il faut connaître le comportement de la pâte de ciment qui est l'un de ces constituants. Maintenant que des rhéomèîres à béton ont fait leur apparition sur le marché, il est clair que leur développement a suivi le même chemin que celui des rhéomètre à pâte de ciment. Les trois champs d'études de la rhéologie des pâtes de ciment existent pour la rhéologie du béton frais. Comme l'étude de la rhéologie du béton fiais comporte certaines similitudes avec l'étude de la pâte de ciment, les principaux résultats concernant les différents champs d'étude des pâtes de ciment sont donc traités dans cette section.

1.5.1 influence d e l'appareillage

L'appareillage est très important lors de la mesure d'un paramètre quel qu'il soit. Plusieurs résultats relatifs à la rhéologie des pâtes de ciment ne peuvent être comparés entre eux dus à la configuration et à la procédure expérimentale différentes d'un chercheur à l'autre FATTERSAIL et BAN-F'ILL, 19831. Le viscosimètre à cylindres coaxiaux se prête facilement à I'études des pâtes de ciment et il a été utilisé en tout premier. Des configurations telles disque dans un milieu infini et cône tournant sur un

disque plat ont aussi été utilisées.

La pâte de ciment étant une suspension de particules dans un milieu aqueux, certains
problèmes dépendant de l'appareillage ont été rencontrés et en partie ont expliqués certaines différences entre les divers résultats. Pour éviter des problèmes de ségrégation,

..) une version miniature du MK II (voir section 1 7 1 a été développée.

Divers problèmes d'écoulement piston sont aussi rencontrés même si la théorie de
l'écoulement des fluides bingharniens avait prédit le contraire. 1 faut porter attention 1 aux taux de cisaillement imposés. Finaiement, Tattersall et Bani311 (1983) proposent d'utiliser plusieurs configurations lors d'études sur les pâtes de ciment.

1.5.2 Influence de la composition d e la pâte de ciment

La composition des pâtes de ciment a une influence sur les paramètres rhéologiques. Le rapport E/C modifie les propriétés rhéologique de la pâte de ciment de même que l'ajout d'adjuvants. Une similitude peut être faite par rapport à la rhéoIogie des bétons. Comme la composition de la pâte de ciment n'est qu'un paramètre sur bien d'autres par rapport à la rhéologie du béton, et comme il n'y a pas de lien direct entre la rhéologie de la pâte de ciment et la rhéologie des bétons, l'étude approfondie de l'effet du rapport eau-ciment sur la rhéologie de la pâte de ciment ne revêt d'aucun intérêt particulier.

1.5.3 influence du temps

L'étude de l'influence du temps sur les paramètres rhéologiques de la pâte de ciment est d'un intérêt particulier car elle peut servir à expliquer et à illustrer certains phénomènes aussi rencontrés dans l'étude de la rhéologie du béton b i s . C'est surtout le caractère réactif de la pâte de ciment qui rend le facteur temps important dans le mesure de la rhéologie de la pâte de ciment. D'abord la pâte de ciment est constituée de grains de ciment qui sont en contact avec l'eau, milieu dans lequel ils sont en suspension. Diverses attractions électriques entre les grains viennent favoriser la formations de floques ce qui complique la structure de la pâte de ciment. L'hydratation des grains de ciment est une réaction qui prends place

dans le temps. Il est possible de distinguer cinq stades dans le processus de l'hydratation des grains de ciment : Stade 1 - Réactions initiaies; Stade 2 - Période donnante; Stade 3 - Accélération de la réaction; Stade 4 - Ralentissement de la réaction; Stade 5 - Réaction frnale très lente.

C'est pendant la période dormante que la pâte est maniable, le stade 1 étant très court.
Aux stades 3, 4 et 5, le durcissement prend place. Même pendant la période dormante
diverses réactions prennent toujours place et ceci explique pourquoi on doit tenir compte
du temps lors de l'étude de la rhéologie des pâtes de ciment. Dès que l'eau est en contact

avec les grains de ciment, une membrane gélatineuse entoure les grains de ciment. C'est
la présence de ce gel qui explique en partie les phénomènes de déstructuration responsable de la thixotropie de la pâte de ciment [TATTERSW et BANFILLy 19831. Durant le cisaillement de la pâte, les floques sont séparées si la force appliquée est suffisante pour briser le lien qui les uni. La membrane de gel vient alors entourer les

parties

sèches D (figure 1.12). Un plus grand nombre de petites particules est présent

dans le milieu et la diminution de la viscosité apparente lors du cisaillement de la pâte de ciment est ahsi expliquée. Le caractère réversible de la thixotropie est difficilement explicable avec ce modèle. La plupart des pâtes montrent un comportement thixotropique (voir section 1.3.4).

1 - Ciment sec

2 Avant le cisaillement

-

Membrane se forme autour

3 - Pendant le cisaillement

4 - Pendant cisaiIIement

Figure 1. 12 - Déstructuration de la pâte de ciment [TATTERSALL et BANFILL, 1983 adapté par BEAUPRÉ, 19941

Divers résultats sur la rhéologie de la pâte de ciment sous-estiment l'effet de 1' hydratation dans le temps. Banfil1 [cité par TATTERSALL et BANFILL, 19831 corrige certains résultats à la Iurnière de cet effet. Certains auteurs observent des courbes descendantes avec des couples plus élevés que la courbe montante, comme si des liens s'étaient créés (phénomène de restnicturation rencontrés dans certains matériaux sous cisailiement). En fait, l'essai au viscosimètre est tout simplement trop long (environ

15 minutes) et c'est I'effet de l'hydratation de la pâte elle-même qui entre en compte.

1.5.4 Types de courbes rhéologiques observées

Souvent, un comportement Binghamien [TATTERSALL et BANFILL, 19831 est observé pour les pâtes de ciment. Cependant, il est de généraliser et d ' f l i e r que toutes les pâtes de ciment montrent ce comportement. Plusieurs autres formes de courbes ont été observées. Quelques chercheurs ont observé une courbe hystérèse montante de cisaillement plus faïble que la courbe descendante (courbe qui implique que des liens se sont créés avec le cisaillement). Roy et al. [cité par TATTERSALL et

BANFLLL, 19831 ont aussi observé des courbes étranges. Le temps semble avoir une

influence remarquable sur la forme des courbes observées [EH-SHALOM et

GREENBERG, cités par TATTERSALL et B ANFILL, 19833.
Les différences de formes sur les courbes rhéologiques peuvent être expliquées par deux phénomènes : la déstructuration et l'hydratation de la pâte de ciment dans le temps

[TATTERSALL et BANFlLL, 19831. À court terme. le premier phénomène est
prédominant dors qu'à long terme c'est le deuxième qui est déterminant. Les pâtes de ciment sont beaucoup plus sensibles à ces phénomènes que les bétons.

1.6 La rhéologie du béton frais

Dans cette section, il est question du modèle bingharnien pour représenter le comportement du béton fkais. Par la suite, quelques modèles mathématiques qui prédisent la viscosité du béton &ais sont exposés. Les facteurs affectant ies paramètres rhéologiques du béton sont fuiaiement présentés.

1.6.1 Comportement rheologique du béton frais

Il est généralement admis que le comportement du béton fiais est bien représenté par le modèle bingharnien après qu'un cisaillement ait été imposé pendant un certain temps.

Le même modèle de déstructuration présenté à la section 1.5.3 peut être appliqué au
béton. Ce modèle implique qu'une déstructuration irréversible devrait être observée lors d'un test au rhéomètre par une diminution dans le temps de la viscosité apparente. En pratique, Tattersall

[TATTERSALL et BANFILL,

19831 stipule

que

cette

déstructuration ne peut se faire sentir au rhéomètre elle a eu lieu en entier lors des opérations de malaxage. D'autres résultats d'essais au rhéornètre [BEAUPRÉ, 1994; HU, 19951 confirment une diminution de la viscosité apparente mais de façon réversible (thixotropie). Lorsque le

béton n'est pas cisaillé, des liens doivent donc se créer. Le modèle de déstructuration de la pâte explique peut être une première diminution de la viscosité apparente sous cisaillement constant (phénomène qui ne peut être observé au rhéomètre) mais un autre modèle doit être développé pour expliquer la thixotropie du béton effectivement
observée au rhéomètre.

Les effets combinés de l'hydratation et de Ia déstructuration, marqués dans L cas de e pâtes de ciment pures, se font moins sentir pour le cas du béton. Aussi, c'est probablement parce que la pâte de ciment se comporte tel un corps bonghamien à de faibles taux de cisaillement que Ie béton montre aussi un comportement bingharnien

[TATTERSALLet BANFILL, f9831.
En pratique, la portion de la courbe rhéologique où le taux de cisaillement est diminué,
laquelle est généralement Linéaire et pour laquelle la déstructuration est complétée, est utilisée pour déterminer les paramètres rhéologiques. Pour le rhéomètre IBB par exemple, Ia séquence type d'un essai rhéologique consiste à augmenter le taux de cisaillement et par la suite de le réduire à zéro. Pour d'autres rhéomètres à béton, le taux de cisaillement maximal est imposé directement et maintenu quelques temps et par la suite le taux de cisaiUement est réduit à zéro. En fait, il faut que le béton soit cisaillé assez longtemps pour que la déstructuration soit complète. Selon le modèle de Bingham, le béton peut donc être caractérisé entièrement par deux paramètres soient la viscosité plastique et le seuil de cisaillement. Ceci montre bien

' insuffisance des tests empiriques usuellement rencontrés en pratique car ils ne i
mesurent la maniabilité qu' à l'aide d'un seul taux de cisaillement alors qu'au moins deux taux de cisaillement sont nécessaires pour caractériser le béton b i s . L'affaissement domé par l'essai au cône d'Abram (section 1.2.1) est relié au seuil de cisaillement. L'essai au cône d'Abram est un essai où le taux de cisaillement est quasistatique, ce qui explique la relation avec le seuil de cisaillement (contrainte alors que le

taux de cisaillement est nul) observée par plusieurs auteurs [SCULLION, 1975; BEAUPRÉ, 1994; HU, 19951.

1.6.2 Modèles mathématiques représentant la viscosité du béton frais

Le béton frais est constitué de granulats et d'autres particules solides dispersées dans la pâte de ciment. La pâte de ciment elle-même est une suspension de particules de ciment dans de I'eau. Le rôle de la pâte de ciment est de lier les granulats et, paradoxalement, de les séparer PARTOS, 19921. Einstein, en 1905, [POWERS, 19681 a montré qu'un mélange de particules sphériques en suspension dans un Liquide montre une viscosité plus élevée que le solvant. Il s'agit d'un effet hydrodynamique. Les particules sont dispersées et il n'y

a pas

d'agglomération. Chacune des particules rigides perturbe les lignes d'écoulement qui requièrent plus d'énergie pour s'écouler que lorsqu'elles ne sont pas perturbées.

L'équation suivante a été proposée par Einstein :

q = qo(1+ 2.W)
où :

q = viscosité du mélange;

qo = viscosité du liquide seul;
Y = rapport soiide/vohme des particules solides sphériques. !

Cette équation a été dérivée à partir d'une seule sphère dans un volume de liquide. Elle repose sur l'hypothèse que la distorsion d'écoulement causée par le mouvement d'une particule n'interfere pas sur l'écoulement et le déplacement des autres sphères. Pratiquement, cette hypothèse est valide pour des concentrations allant jusqu'à 3%. Après 3%' la viscosité augmente avec la concentration plus rapidement que ne l'indique l'équation.

Sur ce même principe, divers modèles ont été développés pour prédire la viscosité du béton fiais. Ainsi, une équation basée sur le modèle de Farris @U, LARRARD et De

GJORV, 19951 a été proposée. Cette théorie se base sur le principe de la suspension
multirnodaie de sphères. En augmentant le volume de solide, la viscosité augmente. De plus, les particules fmes (dans un système bimodale) se comportent comme un liquide en lubrifiant entre les plus grosses particules. En connaissant la distribution des grosseurs de particules dans le mélange et en prenant en considération qu'il n'y a pas d'interactions entre ces particules, il est possible de développer une équation décrivant la viscosité du mélange. Un béton fluide normal est considéré comme une suspension noculante. En ajoutant assez de superplastifiant, on peut considérer le béton comme une suspension de particules et appliquer la théorie de Farris. Le modèle semble fonctionner pour des bétons à hautes performances mais nécessite de plus amples travaux pour l'étendre à une plus large gamme de béton.

En utilisant les équations de Roscoe pour prédire la viscosité, de bons résultats sont aussi
obtenus [MITRATA et KIKUKAWA, 19921. En considérant séparément la viscosité de l'eau avec une suspension de particules de ciment, par la suite une suspension de sable dans une pâte de ciment et finalement une suspension de gros granulats dans un mortier, les résultats sont satisfaisants pour prédire la viscosité du mélange de béton.

D'autres modèles semblables ont été développés. Le modèle de Legrand et les modèles de Hobbs sont eux aussi pIus ou moins efficaces [HU, 19951.

La pâte a une influence prépondérante sur le comportement du béton. Les propriétés
rhéologiques de la pâte ne permettent pas à eues seules de prédire le comportement du béton. En fait, la quantité de pâte relativement à la quantité des différents granulats est importante et c'est ce que les différents modèles tentent de représenter. Certains Ferraris et Gaidis, 19921 ont même étudié les propriétés de la pâte de ciment avec un rhéomètre à configuration disque-disque à entrefer variable. Ceci a pour but de simuler l'effet de paroi qui n'est pas négligeable dans le béton mais que l'on tente

toujou-s de minimiser lors de conception d'un rhéomètre. Ils ont démontré que la h c t i o n volumétrique des granulats seule n'est pas suffisante pour déterminer la viscosité du béton.

1.6.3 Facteurs affectant la rhéologie du béton frais

La composition du mélange, L temps, la vibration et la température affectent le e comportement rhéologique du béton. En isolant chacun de ces facteurs, il est possible de distinguer des tendances générales à savoir quel sera L'effet sur le seuil de cisaillement ou sur la viscosité plastique. Cependant, ces facteurs ne sont pas indépendants les uns face aux autres et la prédiction du seuil de cisaillement et/ou de la viscosité devient relativement compliquée quand tous les facteurs sont considérés.

Rapport eaukirnent (WC)
Normalement, l'augmentation du rapport EfC diminue le seuil de cisaillement et la viscosité plastique [TATTERSALL, 19911. Les auteurs qui ont noté cet effet ont souvent réalisé une gâchée de béton à un faible rapport E/C et par la suite ajouté successivement
des quantités d'eau. La quantité de pâte de ciment n'est donc pas constante dors que le

rapport EIC varie.

Type de ciment

Le type de ciment affecte surtout la rhéologie initiale du mélange de béton. La
composition du ciment, par exemple la teneur en C3A qui réagit très rapidement, va déterminer la rhéologie du mélange. Beaupré et Mindess (1993) ont effectués des essais avec trois types de ciment. Quand tous les autres paramètres sont constants, un mélange fabriqué avec du ciment type 50 montre le plus faible seuil de cisaillement, un mélange fait avec du ciment type 10 avec fumée de silice montre le plus grand seuil de cisaillement et un mélange fait avec du ciment type 10 présente un seuil de cisaillement entre les deux précédents. La viscosité plastique demeure constante en général.

Adjuvants
Il est relativement difficile de prédire quel sera I'effet de tel ou tel adjuvant sur la rhéologie du mélange final. Il faut au préalable faire des essais pour connaître exactement l'effet d'un adjuvant. De plus, des interactions chimiques et physiques sont possibies entre les différentes composantes du mélange ce qui complique la prédiction
de la rhéologie finale. Des tendances générales peuvent être tracées mais une prédiction

précise est à peu près impossible. Réducteurs d'eau Les réducteurs d'eau produisent à peu près le même effet que les superplastifiants sur le comportement rhéologique du béton kais. L'ajout de réducteur d'eau produit une augmentation remarquée du seuil de cisaillement et une légère diminution de la viscosité plastique.
Superplashfiants

Les superplastifiants sont généralement utilisés pour des bétons à faible rapport E/C

(BEP). Généralement, on observe une dimulution du seuil de cisailiement avec
1' augmentation de la concentration en superplastifiant alors que la viscosité plastique ne
change pratiquement pas [B ANFILL, l98O]. Un autre effet des superplastifiants est la perte rapide de l'affaissement dans le temps. Un béton non superplastifié sera relativement stable dans le temps quant à ses propriétés rhéologiques alors qu'un béton superplastifié peut montrer une prise beaucoup plus rapide ou une prise anomalement retardée à de très hautes concentrations en superpIastifiant.
Agent entrarneur d'air (AEA)

La teneur en air affecte le seuil de cisaillement et la viscosité plastique. Lorsque la
teneur en air augmente ces deux derniers paramètres sont réduits.

Fumée de silice
L'ajout de fumée de silice augmente le seuil de cisaillement à partir d'une teneur de 7%.

Les travaux de Gjorv (1990) [cité par Beaupré et Mindess] montrent qu'en bas de 7%' il y a peu d'effet de l'ajout de fumée de silice. Aussi, si la teneur en ciment est faible,
l'augmentation du seuil de cisaillement se fait moins sentir.

Fibres
TattersalI [TATTERSALL, 19911 a étudié I'effet de l'ajout de fibres sur la rhéologie du béton frais. Il rapporte que Ie comportement des bétons renforcés de fibres est Binghamien. Ses résultats montrent que lorsque la quantité de fibres augmente, la viscosité plastique et le seuil de cisaillement augmente aussi. Lorsque la longueur des
fibres augmente, seul le seuil de cisaillement augmente.

Beaupré

[BEAWRÉ,

19941 mentionne cependant, contrairement

à Tattersall

[TATTERSALL, 19911 que le comportement des bétons renforcés de fibres n'est pas
toujours binghamien, surtout à de faibles taux de cisaillement.

Le comportement rhéologique du béton kais renforcés de fibres est peu documenté et il
demeure encore à être étudié.

Temps
L'hydratation du ciment se fait dans le temps. C'est la période dormante (voir section
1.5.3) qui donne de deux à quatre heures de maniabilité au béton. Cependant, même si la

réaction d'hydratation du ciment est ralentie à ce moment, une perte de maniabilité est observable. La perte de maniabilité dans le temps peut être mesurée en terme d'augmentation du seuil de cisaillement et de l'augmentation également de la viscosité plastique. Concrete Aging Beaupré ~ E A U P R É , 19941 a défini un coefficient FCAR ( ~ F r e s h Rate
D )

qui donne le taux d'augmentation du seuil de cisaillement par heure. Les

mélanges devraient être étudiés en regard de la perte de maniabilité dans le temps.

Température

La température a un effet indirect sur la rhéologie du béton. Habituellement, la
température joue directement sur la viscosité d'un matériau. Pour le cas du béton frais, la température est une des causes de l'augmentation de la vitesse d'hydratation du ciment qui provoque la perte de maniabilité rapide dans le temps. La température exerce une influence sur la viscosité de la pâte de ciment et par conséquent sur les propriétés rhéologiques du béton mais cet effet est de beaucoup moindre importance -TA,
19921.

Vibration

Selon certains auteurs PATTERSALL et BAKER, 19881, le seuil de cisaillement n'existe plus lorsque le béton est vibré. Le comportement du béton ne serait plus binghamien et oijéirait plutôt à une loi de puissance d'un corps pseudo-plastique. D'autres recherches effectuées par ces mêmes auteurs [TATTERSALL et BAKER,
19891 montrent que le comportement devient newtonien pour certaines h5quences de

vibration. Banfill(1996) c o n f m e que I'application d'une vibration au béton fiais réduit son seuil de cisaillement à une valeur tout près de zéro et permet au béton de s'écouler sous son propre poids. La courbe rhéologique représentant le comportement d'un béton vibré est une loi de puissance passant par l'origine : TV=aJDr où : TVest le couple;

a est le coefficient de proportionnalité; v
pv est Ie coefficient de puissance;
N est la vitesse angulaire.

Ses recherches montrent que la fluidité du béton vibré augmente quand la vitesse de pointe de vitesse du vibrateur est grande. La constante de proportionnalité entre la vitesse et la fluidité est dépendante du matériau et décroît quand la fiéquence de

vibration augmente. En pratique, pour une meilleure fluidité, on doit utiliser un vibrateur

qui produise la plus grande amplitude et une fréquence basse.
Récemment, HU (1995) a étudié à l'aide du BT-&OM
l'effet de la vibration sur le

comportement rhéologique du béton fiais. Avec une vibration de fréquence SDHz et d'accélération 4g et sur 39 mesures de mélanges de béton testés avec et sans vibration, il

a été en mesure de trouver les deux relations suivantes :

Cet auteur a plutôt constaté que le béton conserve son comportement binghamien.

1.7 Les principaux rhéomètres à bétons

Dans cette section, un bref historique du développement des premiers rhéomètres à bétons sera fait et sera suivi d'une description des rhéomètres à béton BML, LCPC et

UBC.

1.7.1 Historique des rhéomètres à bétons

Le viscosimètre à cylindres coaxiaux a été utilisé et est toujours utilisé pour étudier les
pâtes de ciment. C'est Tattersall qui fut le premier à proposer des appareils mieux adaptés à la suspension granulaire en introduisant des rhéomètres de type malaxeur. Le premier, le Mk 1 était un malaxeur à mortier HOBART muni d'un wattmètre comme , indicateur de couple. I s'agit alors d'une tige en forme de crochet (figure 1.13a) qui l tourne avec un mouvement planétaire dans le béton. Le malaxeur permettait trois vitesses de rotation. Par la suite, l'appareil a été modifié. Un cylindre muni de pâles de forme hélicoïdale interrompue
(K

intempted helix ») tourne au centre du béton. I s'agit alors du M k II l

(figure 1.13b). De plus, pour mesurer le couple, une jauge de pression installée sur la

transmission hydraulique indique la force exercée par les pales. Plusieurs auteurs ont apporté des modifications à cet appareil mieux connu sous le nom apparatus ».
c

two point test

Figure 1. 13 - a)Agitateur du MKI, b) Vue du rhéomètre MK2 en entier

Le MKIII a fait son apparition par la suite avec l'agitateur en H à mouvement planétaire.
C'est cette dernière configuration q u e Beaupré @%EAuPE~É,19941 a repris pour construire le
<< UBC

Rheometer », rhéomètre entièrement piloté par ordinateur. Cet

appareîi est maintenant commercialisé sous le nom de : << rhéornètre IE3B ». Les rhéomètres BT-RHEOM et BML ont fait leur apparition dans les années 1990. Leur configuration permet d'obtenir des résultats en unités fondamentales.

1.7.2 Le rhéomètre BML

En se basant sur le Mk II, Wallevik et Gjorv ont développé le rhéomètre BML

(figure 1.14). Cet appareil s'approche beaucoup d'un viscosimètre à cylindres coaxiaux.
Des pales installées sur les cylindres limitent le glissement à la surface des cylindres. Cet appareil est entièrement piloté par ordinateur. Sa géométrie permet facilement le développement d'équations pour déterminer les paramètres rhéologiques en unités fondamentales. Le rapport R n i est un peu élevé et I'écoulement piston apparaît systématiquement pendant les essais pour des bétons assez plastiques

m,19951.

m
Figure 1. 14 - Viscosimètre BML
1.7.3 Le rhéomètre LCPC

Cet appareil a été développé au LCPC de Paris par une équipe multidisciplinaire. Sa
géométrie est du genre disque-disque (fiame 1-15). L7appareLl est entièrement automatisé. Il permet la mesure de la dilatance en cours d'essai et permet aussi l'étude
du comportement sous vibration. I est conçu pour des bétons fluides (affaissement I

supérieur à 100 mm). Il semble que le joint d'étanchéité soit une partie assez sensible lors de la mesure du fkottement. L'effet de paroi est négligeable [HU, 19951 et le développement d'équations mathématiques est possible pour obtenir des résultats en

unités fondamentales. Le grand avantage de cet appareil est d'être portable. Il peut être
utilisé au chantier de même qu'au laboratoire.

Figure 1. 15 - BT-RHEOM CHU, 19951

1.7.4 Le rhéomètre IBB

Le rhéomètre IBB est le nom commercial donné au rhéomètre développé par Beaupré
(1994) à UBC (University of British Columbia). Le principe de ce rhéomètre consiste en

un agitateur à la forme d'un H qui tourne avec un mouvement planétaire dans le béton.

Un capteur de vitesse enregistre automatiquement les vitesses sur L'ordinateur de même que les couples mesurés à l'aide d'un lecteur de couple placé sur l'arbre principal.
L'essai est piloté automatiquement par I'ordinateur. Ce rhéomètre est capable de

mesurer les paramètres rhéologiques de bétons à maniabilité faible jusqu'à haute.

Figure 1. 16 - UBC-Rheorneter [Beaupré, 19941

La modélisation de ce mouvement planétaire est difficile et le développement d'équations empiriques décrivant l'écoulement est un travail fastidieux voire impossible. Tattersall [TATTERSALL et BANFILL, 19831 propose que si le taux de cisaillement moyen est considéré au lieu du taux de cisaillement effectif qui n'est pas constant dans tout l'échantillon, les résultats deviennent utilisables et il est alors possible de considérer
la possibilité de calibrer en unités fondamentales ces rhéomètres à agitateur. Sous forme

mathématique on a :

y=m
Avec :

1 est possible de retrouver les propriétés fondamentales à l'aide de Iiquides de propriétés 1

rhéologiques connues. Tattersall [TATTERSALL et BANFLLL, 19831 donne pour le

MKIlI à agitateur en H à mouvement planétaire les valeurs suivantes :

K I G = 136 l / G = 15.2
Idéalement, pour utiliser cette méthode il faut utiliser des matériaux dont les propriétés rhéologiques sont semblables à celle normalement testées avec le rhéomètre. Pour le cas du béton, de telles substances sont difficiles à trouver.

1.8 Application de la rhéologie du béton frais dans la pratique

Le développement au cours des dernières années de l'étude de la rhéologie du béton fiais vient répondre à des besoins spécifiques. L'apparition sur le marché d'une panoplie d'adjuvants, de matières cimentaires ou de matières qui peuvent remplacer Ie ciment a modifié considérablement le comportement du béton. Des bétons plus fluides et/ou plus visqueux ont fait leur apparition (ex : BHP). Le rhéomètre est donc devenu indispensable en laboratoire car c'est Ià que se fait principalement le développement de mélanges. Les applications pratiques les plus concrètes sont certainement la caractérisation du Comportement des bétons autonivelants et la caractérisation du comportement du béton fiais face à la pornpabilité.

1.8.1 Laboratoire

Les rhéomètres développés actuellement ont principalement été conçus pour une utilisation en laboratoire. Sans toutefois délaisser les autres essais empiriques, le développement de mélanges et l'étude de nouveaux adjuvants ou ajouts cimentaires doit se faire avec l'aide d'un rhéomètre.

1A.2 BoÎte de maniabilité

Un béton peut être caractérisé très adéquatement par son seuil de cisaillement et sa
viscosité plastique. II n'existe pas de reiation entre ces deux paramètres [TATTERSALL et BANFILL, 19831. Il est possible de dessiner une boîte de maniabilité pour une appIication donnée (figure 1.16). Cette boîte constitue en fait la région occupée par les couples viscosité plastique et seuil de cisaillement des bétons qui sont adéquats pour cette application précise. Elle reflète elle aussi la nécessité d'effectuer deux tests pour connaître la maniabilité d'un béton. Deux bétons peuvent être de seuil de cisaillement

identiques mais si leur viscosité plastique est différente, il se peut que seul l'un d'eux soit adéquat pour cette application (voir point A et B de la figure 1.17).

Viscosité plastique (unités arbitraires) Figure 1. 17 - Boîte de maniabilité [adapté de Beaupré, 19941

>

1.8.3 Béton autonivelant

Un béton autonivelant (BAN) est un béton qui possède une grande maniabilité et une
bonne résistance à la ségrégation. Ce béton peut être placé dans un coMage sans

I vibration [EIAYAKAWA et COU.,19931. I est très utile dans les coffrages congestionnés
d'acier d'armature.

Un béton autonivelant est caractérisé par un seuil de cisaillement tout près de zéro. Une
viscosité accrue diminue les risques de ségrégation. Un béton qui est intéressant de par la nature de son écodernent doit nécessairement être étudié à l'aide d'un rhéomètre car c'est Ie seul essai qui caractérise I'écoulement du béton. D'autres essais viennent compléter la caractérisation d'un BAN surtout en regard de sa stabilité face à la ségrégation. La boîte de maniabilité d'un BAN est caractérisée par une limite très faible

en ce qui a trait au seuil de cisaillement maxirnal et une possibilité presque infinie d e
viscosités plastiques. On remsrque toutefois une certaine limite inférieure quant à cette

viscosité plastique, notamment en regard de la stabilité à la ségrégation. Aucune limite supérieure n'a été définie. En fait, l'observation de BAN qui soient trop visqueux n'a jamais été faite PEAUPRÉ, communication privée, 19961.

1.8.4 Pompabilité

Il est essentiel de pouvoir déterminer si un béton est apte au pompage ou pas. Un béton doit être stable sous pression et avoir une rhéologie teile que le béton pourra s'écouler sous une certaine pression. La pompabilité d'un mélange peut être prédite à l'aide d'un essai au cône d'affaissement et d'un test de stabilité sous pression Test »).
(C

Pressure Bleed

Beaupré [BEAWRÉ, 19941 a développé la première boîte de maniabilité pour le béton pompé (figure 1.18). La viscosité plastique et le seuil de cisaillement d'un béton semblent suffisants pour déterminer s'il est pompable ou non pour une certaine pression
de pompage [BEAU?&,

19941. Pour différentes configurations de boyaux et de

pompes, autant de boîte de maniabilité peuvent être tracées. Lorsque le seuil de cisaillement et la viscosité plastique augmentent, la pression de pompage requise augmente aussi. Pour certains mélanges, il est logique de croire qu'il y ait une Limite inférieure pour la viscosité plastique (mélanges susceptibles de montrer de la ségrégation).

O
Figure 1. 18

Z

2 3 4 Viscosité plastique (NMs)

- Boîte de maniabilité de pompabilité [adapté Beaupré,

19941

Pour représenter la pornpabilité, un seul essai au rhéomètre est nécessaire comparativement à l'autre méthode qui requière deux tests. L'essai rhéologique, en plus d'être beaucoup plus rapide à effectuer, donne une indication de la pression de pompage nécessaire. Pour les mélanges susceptibles d'avoir des problèmes de stabilité, d'autres

paramètres doivent être pris en compte.

Le nouveau paramètre développé par Beaupré, le

« FCAR »

est très intéressant pour

connaître le temps durant lequel un mélange de béton est pornpable. Ce même auteur a déterminer à l'aide du rhéomètre que pour satisfaire à la rhéologie d'un béton pompable, on pouvait lui ajouter du superplastifiant.

1.9 Conclusion

L'étude de la rhéologie du béton frais est une science relativement jeune. À ce jour, plusieurs études en laboratoire ont été réalisées. Plusieurs rhéomètres à béton sont

maintenant disponibles sur le marché. Les utilisations pratiques sont toutefois en déveIoppement.

L'étude sur une base rhéologique est généralement utilisée pour établir les propriétés fondamentales d'un matériau. Pour certains rhéomètres à béton, I'absence d'étalonnage adéquat fait que les résultats ne sont pas donnés en unités fondamentales.

Le rhéomètre IBB, de par sa configuration, ne permet pas de développement
mathématique pour effectuer un passage simple aux unités fondamentaies. Dans la documentation, on retrouve d'autres procédures permettant I'étaiomage de rhéomètre. Des substances aux comportements rhéologiques connus peuvent être utilisées pour l'étalonnage mais cela demeure une opération difficile. Pour que cette méthode soit efficace, les corps servant à étalonner doivent être de comportement semblable à ceux qui seront éventuellement testés avec Ie rhéomètre. L'intérêt des unités fondamentales réside surtout en l'universalité des résultats. Peu importe l'appareil utilisé, si les propriétés fondamentales sont décrites, une comparaison
des résultats peut être faite facilement d'un appareil à l'autre. La prudence est de mise

avant de conclure aux unités fondamentales. Les questions : K Qu'est ce que l'on mesure vraiment?
>> et

Peut-on le mesurer? D doivent être posées avec attention. La mesure des

propriétés fondamentales d'un matériau est très difnciIe. Souvent, on parle plutôt des propriétés d'une certaine structure de ce matériau testée sous certaines conditions précises.

Chapitre 2

Description du programme expérimental

20 Introduction .
Le but principal de cette recherche est de déterminer les constantes qui permettent de passer des unités machines aux unités fondamentales pour le rhéomètre IBB. L'intérêt des unités fondamentales dans la caractérisation d'un matériau a été présenté au chapitre 1. La méthode choisie pour déterminer ces constantes en est une par comparaison- Comme des substances de rhéologie connue et semblables au béton sont difficiles à trouver, le béton lui-même sera utilisé comme corps d'étalonnage. Pour déterminer ses propriétés rhéologiques en unités fondamentales, un autre rhéomètre possédant une configuration plus simple sera utilisé.

Le programme de recherche comprend trois étapes. La première consiste à caractériser le
rhéornètre IBB et modifier le logiciel d'essai rhéologique. La deuxième étape est de concevoir et de fabriquer un autre rhéomètre utilisant le système de mesure et de contrôle de l'actuel rhéomètre IBB dont la configuration géométrique permette le développement d'équations mathématiques. La troisième étape consiste à réaliser plusieurs essais avec différents bétons pour comparer les résultats obtenus avec les deux rhéomètres dans le but d'obtenir les constantes reliant Ies résultats obtenus au rhéomètre

IBB aux unités fondamentales.

2.1 Caractérisation du rhéomèfre

Le rhéomètre IBB est un appareil relativement jeune. Plusieurs essais sont à effectuer pour déterminer sa précision. Pour tout appareil servant à effectuer un essai, cette procédure est nécessaire. Un logiciel sera conçu pour réaliser des essais de précision sur les capteurs de vitesse et de couple. Le rhéomètre pourra être modifié suite à ces essais si certaines anomalies sont détectées.

Le logiciel d'essai rhéologique sera modifié. Un fichier contenant les constantes
d'étalonnage sera créé. Ceci évitera le besoin de devoir compiler à nouveau le

programme à toutes les fois où le rhéomètre sera étalonné. Des fichiers contenant les paramètres d'essais seront créés. L'utilisateur pourra démarrer plus rapidement un test au rhéornètre en inscrivant seulement le type d'essai à réaliser. Des informations supplémentaires seront inscrites au fichier de sortie notamment les constantes utilisées lors d u calcul des différents résultats.

L'étalonnage des capteurs de vitesse et de couple sera effectué. Un montage devra être conçu pour satisfaire à la tâche.

2 2 Conception d'un nouveau rheomètre .
Cette étape sera réalisée en même temps que la caractérisation du rhéomètre IBB. Une configuration géométrique simple tant au niveau de la construction qu'au niveau du développement des équations mathématiques décrivant l'écoulement sera conçue. L e nouvel appareil devra s'adapter au châssis existant du rhéomètre IBB pour utiliser le même groupe moteur, lecteurs de couple et de vitesse et ordinateur.

2.3 Étalonnage par comparaison

L'étalonnage par comparaison consiste à utiliser des substances dont le comportement rhéologique est connu pour trouver indirectement la relation qui existe entre les unités brutes et les unités fondamentales. L'idéal dans ce cas est d'utiliser une substance qui soit le plus proche possible du comportement du béton fiais. Comme cette substance n'existe pas et qu'elle serait difflcde à développer, il est plus facile d'utiliser le béton lui-même comme médium d'étalonnage. En réalisant les essais simultanément avec deux rhéomètres, l'un donnant un résultat en unités fondamentales et l'autre pas, une relation entre les résultats issus des deux rhéomètres servira de courbe d'étalonnage. Des mélanges de béton très visqueux, renforcés de fibres, autonivelants et contenant diverses grosseurs de granulats serviront à établir les relations d'étalonnage.

Deux séries d'essais sont prévues. La première consiste à vérifier l'existence de relations entre les résultats obtenus à l'aides des différents rhéomètres. Après le dépouillement des résultats de la première série, une deuxième série d'essai sera réalisée. EUe sera plus s p é ~ ~ q et epermettra de recueillir des résultats dans les zones non couvertes par la u première série.

2.4 Codification des mélanges

Pour la première série, les essais réalisés au rhéomètre porteront le numéro 641 (numéro
ISO relatif au projet) suivi d'un numéro séquentiel (1, 2, 3.. .) et se terminant par la lettre

H pour l'agitateur en H à mouvement planétaire ou X pour le nouvel agitateur. Les
mélanges pour cette série vont de 1 à 40. La deuxième série porte un numéro ISO correspondant au projet 641, un numéro de mélange, un dernier numéro qui correspond au nombre de fois que le mélange à été

modifié avec du superplastifiant et une lettre correspondant à l'agitateur utilisé (X pour
le nouvel agitateur et P pour le nouvel agitateur mais avec une hauteur de béton différente). Les différents agitateurs sont décrits dans la section 4.4.2. Par exemple, un essai nommé 641-101-3-II, correspond à ce projet 641, le mélange ISO 101, 3 ajouts de superplastifiants ont été effectués et l'agitateur en H à mouvement planétaire à été utilisé. La codification des mélanges n'est utilisée que dans quelques tableaux résumé en annexe.

2 5 Conclusion .
Au terme de ce projet de recherche, deux relations sont attendues reliant les unités machines aux unités fondamentales pour le seuil de cisaillement et la viscosité plastique. La précision et la fiabilité du rhéomètre IBB sera connue et sa facilité d'utiiisation augmentée.

Chapitre 3

Le rhéomètre IBB

Le rhéomètre IBB est au centre de cette recherche. Ce chapitre décrit en premier lieu le
rhéomètre IBB, le protocole d'essai rhéologique e t la méthode à suivre pour effectuer l'étalonnage de l'appareil. Par la suite, une étude sur la précision de l'appareil est présentée.

3.1 Description physique du rhéomètre IBB

Le premier rhéomètre à agitateur en H à mouvement planétaire fut le MK III de
Tattersall [TATTERSALL et BANFILL, 19831. Le mouvement planétaire est un moyen de conserver l'échantillon homogène au cours de l'essai. Le rapport d'engrenages donnant ce mouvement est de 2,25. À chaque tour la position de l'agitateur est décalée de $4 de tour. Le bol contenant le béton à un diamètre de 256 mm (14 pouces). Les dimensions de l'agitateur en H sont montrées à la figure 3.1. Une transmission à cinq vitesses permet d'obtenir cinq points sur la courbe vitesse en fonction du couple. Le couple est mesuré, par étalonnage préalable, sur la pression d'huile dans la transmission.

La variation de température de l'huile modifie la lecture sur le cadran et un opérateur
inexpérimenté peut aussi effectuer une lecture erronée. Plus tard, une table traçante a été installée pour effectuer la lecture du couple en

continue. Pour la mesure de la vitesse, un étalonnage à vide est effectué pour les cinq vitesses de la transmission et il est considéré qu'elle ne change pas même quand l'agitateur tourne dans le béton. Avec l'aiguille, il est alors possible de lire le couple en continu et une oscillation est remarquée. Tattersall [TATTERSALL et BANFILL, 19831 divise l'oscillation en deux composantes. L'une est plus petite et il s'agit de la variation
de la pression de l'huile. L'autre est beaucoup plus grande et correspond aux impacts

entre l'agitateur et les granulats. Beaupré PEAUPRÉ,

19941 apporte une autre

explication par rapport à la position de l'agitateur dans le bol qui sera d'ailleurs

49 corroborée par quelques essais de ce présent programme de recherche (voir section 3.4.3).

Houlcmcnt i bilIes

l /

Engrenage 16DP-15 fixe

Arbre principal

tuc fixé D l'arbre principat

Figure 3. 1 - Détail des engrenages domant le mouvement planétaire [adapté de TATTERSALL, 19911

En 1994, Beaupré a automatisé avec un micro-ordinateur une version moderne du MK II Pour améliorer la précision, un lecteur de vitesse et un lecteur de couple reliés à I. l'ordinateur donnent la mesure exacte. Les vitesses imposées ne sont pas fixes. L'opérateur peut donner les paramètres d'essai qui conviennent le mieux pour le béton testé. Le lecteur de couple consiste en un cadre souple, instrumenté de quatre jauges de déformations, installé sur l'arbre principal. Le signai est transmis par un système de balais et de brosses. Comme ce dernier système introduit trop de bruit dans le signal, un amplificateur diminue les effets du bruit en augmentant le signal par rapport au bruit. Un moteur de Yi HP actionne le mécanisme.

Le rhéomètre IBB est une version commerciale du rhéomètre UBC. Quelques
modification mineures ont été apportées à la mécanique. Le lecteur de couple est beaucoup plus simple et tout aussi efficace. Il s'agit d'une cellule de charge qui retient le

groupe moteur. Comme le groupe moteur n'est retenu nul part ailleurs, la force induite
dans la cellule de charge dépend du couple appliqué sur l'arbre principal. Un moteur de
3 A

HP actionne le mécanisme donnant ainsi plus de puissance pour tester les bétons

moins maniables. La figure 3.2 montre un croquis du rhéomètre IBB dans sa version
commerciaie.

Figure 3.2 - Rhéomètre IBB dans sa version commerciaie

3 2 Protocole d'essai rhéologique .

La procédure à suivre pour réaliser un essai rhéologique est relativement simple. Au
début d'une journée de gâchage il faut exécuter le programme de remise à zéro. Cette

opération s'effectue sans béton et détermine le couple dû au frottement interne de l'appareil et le décalage propre de la cellule de charge. Par la suite, il s'agit de remplir le

bol du rhéomètre, de le placer sur la plateau élévateur et de démarrer le logiciel d'essai

rhéologique. Ce logiciel écrit dans un fichier de sortie les résultats de l'essai qui sont traités par la suite avec un chiffrier électronique.

3.2.1 Logiciel d'essai rhéologique

Le logiciel d'essai rhéologique a été modifié pour satisfaire à quelques nouvelles exigences. Une fois le programme lancé, il demande à l'opérateur les informations suivantes : le nom du sous-répertoire vers lequel doit être placé le fichier de sortie, le

nom du fichier de sortie et les paramètres d'essai. Les paramètres d'essai sont : la vitesse
maximale, ie nombre de palier de vitesse en accélérant l'agitateur, le nombre de palier de vitesse en descendant la vitesse, la fkéquence d'échantillonnage et le nombre de lectures à considérer par palier. Des modifications ont été apportées au logiciel. En tout premier lieu, comme les utilitaires d'aide à la programmation fournis avec la carte PCL812PG ont été changés

par rapport à ceux de la carte de UBC, les routines de communication avec la carte
d'acquisition ont été programmées. Un fichier de constantes externe au programme principal a été créé. Il contient les constantes d'étalonnage du lecteur de couple et de vitesse. Pour l'utilisation sur des futurs rhéomètres où les constantes sont nécessairement différentes ou simplement pour la modification des constantes lors d'un nouvel étalonnage de contrôle, le fichier est facilement accessible avec un éditeur de texte.
L'affichage en cours d'essai a été refait. Les lectures de la vitesse et du couple sont

affichées en unités brutes et en unités converties Le. toursk et Nm L'opérateur utilise souvent les mêmes paramètres d'essai. À chaque fois, il fallait entrer les paramètres d'essais et des erreurs d'inattention étaient possibles. Ces paramètres peuvent maintenant être placés dans un fichier et lors de l'exécution du logiciel rheom,

l'opérateur peut spécifier un fichier de paramètres. Par exemple, pour un test court, un fichier de paramètres effectuant un test court est créé. e Dans le fichier de sortie, les valeurs des constantes utilisées pour effectuer L s conversions sont indiquées.

3.2.2 Logiciel de remise à zéro
Pour deux raisons principales, le couple lu directement sur le lecteur de couple n'est pas
le couple net appliqué sur l'arbre principal du rhéornètre. Un décalage propre à la cellule
de charge est la première cause et le frottement interne (frottement au niveau des

roulements à billes par exemple) est la deuxième cause. Il est nécessaire de connaître ces deux composantes pour les soustraire de la mesure bmte du couple.

Le logiciel de remise à zéro a été créé pour calculer ce décalage. II fait tourner
l'agitateur à vitesse constante dans le vide et enregistre le couple. Une moyenne est calculée sur environ 25 secondes et cette valeur correspond à la somme du décalage de la cellule de charge et du frottement interne du rhéomètre. Cette valeur est ensuite inscrite dans le fichier contenant les différentes constantes d'étalonnage (const.prm). II n'est pas nécessaire de connaître la proportion de chacune des composantes, seule la somme est intéressante puisque c'est ce nombre qui doit être soustrait de la mesure

l brute. I est normalement observé pour le rhéomètre IBB de l'université Laval une
valeur compnse entre 5 et 8 unités internes.

3.2.3Calcul des résultats

Le programme d'essai rhéologique ne donne pas directement les valeurs du seuil de
cisaillement et de la viscosité plastique. Il est nécessaire de traiter les données avec un chifiier électronique.

En prenant en compte tous les points de l'essai contenus dans le fichier, le graphique tracé montre alors une courbe montante et une courbe descendante. La courbe descendante est celie qui est représentative du comportement du béton. La courbe montante ne fait que montrer que le béton est thixotropique mais ne quantifie pas cette thixo tropie (voir figure 3.3).

5

10

Couple ( N h )

Figure 3. 3

- Exemple

de courbe rhéologique pour un béton ordinaire

Une routine automatique dans le chiffrier électronique traite le fichier de sortie et calcule

la viscosité et le seuil de cisaillement. La régression h é a i r e est effectuée sur les points
de la courbe descendante compris entre 0.05 tour/s et 1 tour/s. Le coefficient de détermination (R~) aussi calculé. Un modèle de cette feuille de calcul est présenté en est annexe.

3.3 Étalonnage du rhéomètre

3 3 1 Étalonnage du lecteur de couple ..
Le lecteur de couple doit être étalonné pour pouvoir effectuer les conversions en unités
internes aux unités de couple conventionneiIes (Nm). Un nouveau logiciel a été créé qui

inscrit à l'écran le couple lu en unités internes. À l'aide d'un montage de poulies (voir figure 3.4)' plusieurs masses connues sont appliquées. Connaissant le rayon de la poulie installée sur l'arbre principd (1 1.33 cm), le couple appliqué est connu. Pour chaque couple appliqué une lecture en unités internes affichée à l'écran y correspond. La relation entre les deux est linéaire (figure 3.5). Une seule constante est nécessaire pour
relier les unités internes aux Nrn.

Figure 3 . 4 - Schéma du montage servant à I'étaiomage du lecteur de couple

Tableau 3. I - Données recueillies pour l'étallonnage du lecteur de couple
.

-

Masse

Couple

Unités intemes

10

Couple (Nm)

Figure 3. 5 - Courbe d'étalonnage du lecteur de couple

Sur le graphique de la figure 3.5, seule l'inverse de la pente est intéressante à connaître.
L'ordonnée à l'origine témoigne seulement de la présence d'un décalage et ce dernier est mesuré par le programme de remise à zéro.

Pour connaître le couple net appliqué sur l'arbre principal, on utilisera
suivante : Couple net = (couple brut - décalage du couple) 0.10

formule

où le couple est le couple lu en unités internes, le décalage de couple est mesuré par le
logiciel de remise à zéro et 0.10 est l'inverse de la pente de la courbe d'étalonnage.

3.3.2Étalonnage du lecteur de vitesse
Le lecteur de vitesse doit être étalonné pour pouvoir effectuer les conversions en tours/s
à partir des unités internes. Un logiciel affichant la vitesse a été créé. La méthode

d'étalonnage est relativement simple. Après avoir placé le rhéomètre en mode manuel, il

suffit de faire tourner l'agitateur à différentes vitesses et de regarder à l'écran les vitesses en unités internes. Pour chacune de ces vitesses, il faut calculer le temps pour un certains nombre de tours de l'arbre principal. Le tableau 3.2 montre les données recueillies pour I'étalonnage du lecteur de vitesse. La figure 3.6 montre une relation linéaire entre la vitesse en toursk et la vitesse en unités internes. Une lecture à vitesse zéro doit être prise. Elle correspond au décalage du lecteur de vitesse. Cette constante est aussi inscrite dans le fichier de constante (const.prrn).

Tableau 3. 2 - Mesures pour la courbe d'étalonnage Temps (secondes)
O 113 86 65 62 60 47 46 63 66 62 59 65 70 64 62

Nombre de tours
O 10 10 10 21 13 13 15 24 29 32 35 50

Vitesse (tours/s) O 0.0885 O. 1163 0.0 154 0.1774 0.2 167 0.2766 0.326 1
0.38 10 0.4394 0.5 161 0.5932 0.7692 0.857 1 0,9375 1.O000

Vitesse (unités internes) I
85 110 145 169 203 26 1 306 355 407 48 1 548 703 78 1 850 9 14 (rnax)

60
60 62

O

200

400

600

800

1O00

Vitesse (unités internes)

Figure 3. 6 - Courbe d'étalonnage du lecteur de vitesse

3.3.3 Modification des constantes

Le fichier const-prm placé dans le répertoire c:\rheom\ contient les quatre constantes nécessaires au calcul du couple net appliqué à l'arbre principal et à la vitesse nette de ce dernier. Ces constantes sont dans l'ordre suivant : pente de la vitesse, pente du couple, décalage du lecteur de couple, décalage du lecteur de vitesse. Ces constantes sont déterminées par régression linéaire des courbes d'étalonnage tel que décrit aux deux sous-sections précédentes. Dans le fichier, elles sont séparées d'un retour de chariot et c'est le point décimal qui est utilisé.

3.4 Précision du rhéomèfre 1BB

3.4.1 Logiciel d'essai de précision

Un logiciel a été conçu spécialement pour étudier la précision des lecteurs de vitesse et
de couple. I s'agit d'une boucle qui effectue une lecture de couple et de vitesse qui la l

place dans un fichier de sortie. 11 n'y a aucune instruction de pause de sorte que les lectures s'effectuent à environ 700 Hz. Il est possible de calculer la moyenne des lectures avec un très grand nombre de lectures et de comparer la moyenne calculée avec un plus petit nombre de points. En utilisant, par exemple, une donnée sur 140, il est possible de simuler un échantillonnage à 5 5. Pour utiliser le logiciel, il sufit de donner une valeur d'alimentation feed ») du

(cc

moteur en unités internes et des lectures de couples et vitesses sont prises pour être envoyées dans le fichier de sortie. La valeur d'alimentation est convertie en voltage pour alimenter le moteur. Plus cette valeur est élevée, plus le moteur tourne rapidement.

3.4.2Précision du lecteur de vitesse

Deux séries d'essais ont été réalisées pour vérifier la précision du lecteur de vitesse. La première a été réalisée sans béton à trois vitesses différentes et la deuxième avec du béton à deux vitesses différentes. L'échantillonnage à 700 Hz a par la suite été traité mathématiquement pour simuler des échantillonnage de 10 Hz et 5 Hz.

Le tableau 3.3 montre les moyennes obtenues sur la lecture de la vitesse sans béton pour
différentes fréquences d'échantillonnage. Pour la Wquence 5 Hz, deux séries ont été considérées pour la simulation. La moyenne calculée est pratiquement identique pour chacune des fkéquences et différentes vitesses. Ceci implique qu'un 6chantiUonnage à

5 Hz est suffisant pour mesurer précisément la vitesse de l'agitateur.

Tableau 3. 3 - Moyennes des lectures de la vitesse sans béton pour différentes kéquences d'échantillomage Alimentation 500
700 Hz 10 Hz

5Hz
5
(2)

147.85 147.87 147.87 147.87

Alimentation ZOO0 332.28 332.28 332.27
332.29

Alimentation 2500 87 2 -33
87 1.32 871.31 871.38

La figure 3.7 montre la variation de la vitesse lorsque l'agitateur tourne librement sans
béton dans la cuve. La lecture de la vitesse ne varie que de plus ou moins 2 unités internes.

a >
c 1

I

860 855

Lectures (35 secondes)

Figure 3. 7 - Variation de fa vitesse avec une valeur d'alimentation de 2500 à 700 Hz

Avec du béton, les moyennes cdcuiées pour les différentes fréquences d'échantillonnage

sont les mêmes pour chacune des vitesses (voir tableau 3.4).

Tableau 3. 4

- Moyennes des lectures de la vitesse avec béton pour différentes
Alimentation 1000 321.86 Aiimentation 2500
860.22

fréquences d'échantillonnage

700 Hz

La figure 3.8 montre la variation de la lecture de la vitesse dans le temps alors que l'agitateur t o m e dans le béton. Une osciUation cyclique est observée. Elle est due à une variation du couple due à la position de l'agitateur (voir section suivante 3.4.3) et fait varier de façon cyclique la lecture de la vitesse d'une valeur de plus ou moins cinq

unités internes. En toursk, cela représente une erreur de plus ou moins 0.005 tauds.

Même avec cette oscillation, un échantilIonnage à 5 Hz pendant 6 secondes permet
d'obtenir une moyenne représentative.

Sur la figure 3.8, une courbe de tendance a été tracée. La vitesse moyenne augmente
dans le temps. Ceci est du à la diminution du couple (voir section suivante 3.4.3).

Lectures (35 secondes)

Figure 3. 8 - Variation de la Iecture de la vitesse avec l'agitateur dans le béton, valeur de l'alimentation 1000 à 700 Hz

En résumé, que ce soit avec ou sans béton, la vitesse est lue de façon précise. Peu
importe la fréquence d'échantillonnage, la moyenne est la même en prenant en compte

un arrondi à l'unité.

3.4.3 Précision du lecteur de couple
Deux séries d'essgs ont été réalisées pour vérifier la précision du lecteur de couple. La première a été réalisée sans béton à trois vitesses différentes et la deuxième avec du béton à deux vitesses différentes. Comme pour la lecture de la vitesse l'échantillonnage
à 700 Hz a par la suite été traité mathématiquement pour simuler des échantillonnage de

10 Hz et 5 Hz. Le tableau 3.5 présente les résultats obtenus alors que l'agitateur ne tourne pas dans le béton.

Tableau 3. 5 - Moyennes des lectures de couple pour différentes fkéquences d'échantilonage et différentes vitesses de rotation. Alimentation 500 Alimentation 1000 Alimentation 2500

La figure 3.9 montre la variation dans le temps de la lecture du couple à échantillonnage de fréquence élevée pour une valeur d'alimentation de 1000 alors que L'agitateur tourne librement hors du béton.

Lectures (35 secondes)

Figure 3. 9

- Variation de la lecture du couple avec une valeur d'alimentation de 1000 à

700Hz

Avec du béton' des essais semblables ont été réalisés. Le même logiciel a été utilisé. La kéquence d'échantillonnage est de 700 Hz. En traitant les données mathématiquement,

une simulation d'échantillonnage à IO Hz et à 5 Hz a été réalisée. Des essais ont été

réalisé pour des valeurs d'alimentation de 1000 et 2500 avec du béton. Le tableau 3.6 montre le résultat de ces calculs.

Tableau 3.6 - Moyennes des lectures du couple dors que l'agitateur tourne dans le béton pour différentes fEquences d'échantillonage. Alimentation 1000 Moyenne 700 Hz Moyenne 10 Hz Moyenne 5 Hz Moyenne 5 Hz ( 2 ) La figure 3.10 montre la variation de la lecture du couple alors que l'agitateur est dans le béton. Un mouvement sinusoïdal est remarqué. Il est simplement du à la variation de la position de l'agitateur dans le béton qui varie avec le mouvement planétaire imposé. Cette figure montre aussi que la grandeur des oscillations dues à la position de l'agitateur est beaucoup plus grande que les oscillations dues au frottement. Un échantillonnage à 5 Hz est suffisant et représentatif de toute la courbe quand la valeur Alimentation 2500

l moyenne est calculée. I n'est pas nécessaire d'échantillonner à 100 Hz et de faire une
moyenne sur 100 secondes par exemple, la moyenne sera la même qu'à 5 Hz sur 30 secondes. La figure 3.10 montre aussi que sur 30 secondes, le couple moyen diminue avec le

1 temps. 1 s'agit d'une manifestation prévisible de la thixotropie du béton. Cela montre
bien l'importance du temps d'échantillonnage alors que la déstructuration du béton n'est

pas complétée. Lors d'un essai rhéologique, nonnalement les mesures sont prises sur 5 à

6 secondes pour ensuite calculer une moyenne. La mesure du couple ainsi calculée est
représentative du couple réel. Aussi, cette remarque n'est importante que lorsque le béton n'est pas déstructuré. Puisque seule la courbe descendante est considérés lors du calcul des paramètres rhéologiques et qu'a ce moment la déstructuration est complétée,

l'erreur due à la thixotropie ne s'applique pas. Il faut cependant s'assurer que le nombre
de pallier de la courbe montante est suffisant pour que la déstructuration soit complète.

h

2

250
200
150

V)

5 al
K

'l a

P 3

u

a CL
3

100

6

50

Lectures (30secondes)

Figure 3. IO - Variation de la lecture du couple alors que l'agitateur est dans le béton pour une valeur d'alimentation de 1O00 à 700 Hz

La lecture du couple à 5 Hz est sur 6 secondes est donc une méthode précise d'effectuer
I'échantfiomage. Le lecteur de couple peut être utilisé de façon fiable et précise.

3 5 Conclusion .
Le logiciel d'essai rhéologique a été modifié. La modification des constantes
d'étalonnage est maintenant facilement réalisable. La facilité d'exécution d'un essai rhéologique est ainsi améliorée. La possibilité de modifier les constantes de calcul du couple et de la vitesse par un fichier externe n'oblige plus la compilation du programme
à toutes les fois où l'appareil est étalonné.

Les deux logiciels servant à l'étalonnage de la vitesse et du couple permettent d'étalonner avec précision les lecteurs de couple et de vitesse.

Un échantillonnage à 5 Hz est suffisant et précis pour recuedlir les données et calculer la
moyenne soit du couple ou de Ia vitesse.

Le rhéornètre B B peut être utilisé de façon précise pour évaluer le couple exercé sur
l'agitateur dans le béton et sa vitesse.

Chapitre 4

Nouveau rhéomètre

4.0 lntroducfion

Ce chapitre présente le développement d'un nouvel appareil de cisadlement doté d'une
~ o n f i ~ p r a t i o n que le développement d'équations empiriques soit possible. Le cahier telle des charges est présenté suivi de la présentation de deux appareils. Le développement mathématique pour l'appareil retenu sera fuialement exposé.

47 Cahier des charges .
Le nouvel appareil devrait répondre à ces critères.
1. Devait s'adapter au rhéomètre IBB facilement;
2. Être d'une géométrie permettant l'analyse empirique;

3. D'un volume de béton relativement faible;

4. Répondre aux critères du pIus gros granulat et du rapport des diamètres

WR2; 5. De construction simple.

Il s'agit là d'une configuration qui serait idéale. Pour le cas présent, le facteur
économique est le plus important. Le critère premier est donc le plus important car cette solution évite de tout reconstruire le bâti d'un rhéomètre ainsi que son système d'acquisition et de contrôle. Nécessairement, le volume de béton sera faible, mais les rapport Ri& pour le cas d'une configuration cylindre-cylindre sera difficilement respectable. Pour les gros granulats, un critère de 2.5 fois le diamètre de plus gros granulat sera respecté pour déteminer l'espace minimal entre les différentes parties de l'appareil de cisaillement.

4.2 Deux configurationsproposées

4 2 1Configuration disque-disque ..
Un premier appareil a été envisagé. II s'agit en fait d'un module qui s'adapte au
rhéomètre IBB et qui cisaille le béton par un mode plan-plan, un peu comme le rhéomètre BT-RHEOM du LCPC. Pour diverses raisons, en particulier à cause de I'incertitude au niveau du scellement du joint, cet appareil n'a jamais été constmit. Les plans complets se retrouvent en annexe. La figure 4.1 montre un aperçu de cette configuration-

&

Arbre fur au rhéomètrc

Échantillon de béton fhis

r Partie du
Figure 4. 1
- Coupe de

bas fixe

la première solution et détail du joint.

Un problème du rhéomètre BT-RHEOM du LCPC est son joint de feutre qu'il faut
mouiller et prendre des mesures de couple avant et après le test rhéologique sur béton fkais [HU, 19951. L'agitateur proposé ici est doté d'un nouveau joint qui devrait normaiement éviter ce problème. 11 s'agit d'un joint sur bain Iégèrement pressurisé. Un usinage au centième de millimètre près en plus d'une colonne d'huile aurait permis au joint d'être lubrifié tout en empêchant les petites particules de pénétrer le joint et ainsi modifier la lecture du couple. Évidemment, cet appareil n'a jamais été testé et il est impossible de dire à ce jour si est efficace ou non. 'l

4.2.2 Configuration mixte disque-disque et cylindre-cylindre

La deuxième configuration proposée consiste en un mélange du rhéomètre BT-RHEOM et du rhéomètre BML. Il s'agit d'un rhéornètre de type rotatif à écoulement de type couette qui unit les géométrie de type cylindres coaxiaux et de plan-plan. Un bol a été muni de pales pour retenir le béton. Ce bol est montré à la figure 4.2. Lors de l'essai, le bol est rempli à la hauteur de béton désirée. Pour l'agitateur, des pales formant un cylindre pour le pourtour jointes à d'autres pales en forme d'étoile pour l'extrémité du cylindre ont été assemblées sur un disque monté sur un arbre relié au rhéomètre (voir figure 4.3). Le bol utilisé est muni de pales fixées au pourtour et au fond.

Figure 4. 2 - Bol muni de pales pour retenir le béton lors du cisaillement

C'est cette configuration qui sera retenue. Son coût de réalisation est faible et rien n'indique au préalable que la première solution proposée ne donne de meilleurs résultats. De plus. avec cette configuration, le passage d'un agitateur à l'autre est beaucoup plus rapide. De plus, cette dernière cocfiguration permet en fait d'en étudier plusieurs en faisant varier la hauteur de béton dans le bol à échantillonnage. Deux hauteurs de bétons

seront étudiées et les configurations seront appelées X et P. Les plans de constructions sont en annexe.

Figure 4. 3 - Photo de l'agitateur

4.4 Développement mathématique

Pour ce type de configuration, il est possible de déterminer le profd de vitesse d'écoulement dans l'échantillon alors qu'il est cisaillé et ainsi déterminer une équation

qui relie les résultats bruts (couple et vitesse) aux unités fondamentales du seuil de
cisaillement (Pa) et de la viscosité plastique (Pas).

4.4.1 Hypothèses de base

Avant de définir les équations mathématiques, il est important de bien défmir les hypothèses de base régissant ces équations. II est admis que la première couche laminaire adjacente aux cylindres et aux disques se déplace à la même vitesse que ces

demiers (la couche est solidaire de la paroi). Le béton est considéré comme un matériau isotrope et homogène. Le poids du béton est négligé de même que la dilatance. Le béton sera considéré comme un fluide de Bingham.

4.4.2 Système d'équations

Le nouvel agitateur peut être décomposé en deux parties soient le fond et le pourtour. Le fond peut être comparé à un système disque-disque alors que le pourtour peut être comparé à un système cylindre-cylindre. La figure 4.4 montre le système ainsi que les hauteurs de bétons décrivant Ies configurations X et P.

Figure 4. 4

- Aperçu des configurations X et P

Au chapitre 1. certaines équations ont été démontrées relativement à ces configurations
et seront utilisées directement dans cette section pour le cas du fluide de Bingham.

Ona:

z=2,+*

où :

z = contrainte de cisaillement P a ]

Q

= Seuil de cisaillement [Pa]

j = Taux de cisaillement [s-'1
= viscosité plastique p a s ]

Le couple total appliqué sur I'arbre principd de I'agitateur est :

Cc = Couple dû à la partie cylindre-cylindre. Cp = Couple dû à la partie disque-disque. On a pour Cc :

On a pour Cp :

Ce qui donne au total :
47rh

w

que l'on peut écrire sous la forme suivante :

En pratique, il suffit de prendre deux points pour connaître la viscosité et le seuil de cisaillement du béton testé. Ou encore, si le seuil de cisaillement et la viscosité sont extraits en unités Nrn et Nrm, le développement suivant peut être utilisé. Si C est le couple et N la vitesse de rotation en toursk, on a : c=g+m

On prendra le point où N = O, C = g, et le point N = 1 où C = g + h.
On aura alors pour le seuil de cisaillement :
g = K,-2,

Le seuil est relié à une constante près au seuil en unités fondamentales.
Pour la viscosité, on aura :

Ainsi, la viscosité plastique en Nms est reliée à une constante près à la viscosité

plastique en unités fondamentales en Pas.

Pratiquement, les paramètres g et h sont extraits de la courbe rhéologique et les facteurs

Ki et K2 sont utilisés pour effectuer la conversion aux unités fondamentales.

4.4.3 Calcul de KI et K2

Le tableau 4.1 présente les dimensions pour les configurations X et P, de même que le résultat des caiculs de KI et K2.

Tableau 4. 1 - Caractéristiques pour les configurations X et P

K2 doit être multiplié par Zn pour utiliser une vitesse en tour/s au lieu de rad/s.
En pratique, lorsqu'un viscosimètre de type rotatif est dimensionné, l'effet du fond sur la viscosité est annulé par un « e » qui est grand. Sur le facteur K2, si « e » augmente, le

facteur l/e devient vite près de zéro et la partie de l'équation due à la partie disquedisque du fond du viscosimètre est négligeable face à la partie cylindre-cylindre.

4.5 Conclusion

Dans ce chapitre, les différentes caractéristiques que devait comporter un nouvel
agitateur ont été présentées. Deux agitateurs répondants à ses caractéristiques ont été présentées et les équations décrivant le deuxième de ses deux agitateurs (la solution retenue) ont été fornulées et discutées. Pour ce dernier agitateur, en faisant varier la

hauteur de béton, deux configurations peuvent être étudiées (X et P). Les facteurs KIet

K2 ont été calculés pour les configurations X et P.

Chapitre 5

Présentation et analyse des résultats de l'étalonnage en

unités fondamentales du rhéomètre IBB

5 0 Introduction .

Ce chapitre présente les résultats obtenus lors des deux séries d'essais. Pour chacune des séries, une brève description des mélanges et la méthode expérimentale sont présentées. Des résultats d'étalonnage en unités fondamentales sont donnés à partir de tous les résultats de toutes les phases confondues. Pour terminer, une section présentant divers résultats obtenus en parallèle de I'étude principale sont présentés.

5 1 Première série d'essais .

5.1 -1 Méthode

Pour cette série, des essais ont été effectués sur le rhéomètre à agitateur en H et celui à agitateur en X. Pour un béton donné, un test au rhéomètre H est effectué. Tout de suite après la fm de ce test, l'agitateur X est mis en place et l'essai est effectué avec le même béton. Il se déroule environ 5 niinutes entre les deux essais.

5.1.2 Mélanges

La première série étant exploratoire, plusieurs types d e bétons ont été testés. Des surplus
de bétons d'autres projets on été utilisés et leur composition n'est pas toujours connue avec exactitude. Souvent, après un premier test, pour obtenir un deuxième mélange sans confectionner un nouveau béton, du superplastifiant a été ajouté. Le nouveau béton
fluidifié pouvait alors être utilisé à nouveau. Des bétons avec différentes fibres et

différentes grosseurs de granulats ont été utilisés.

5.1 -3Résultats

Les viscosités plastiques et les seuils de cisaillement des bétons ont été calculés à partir des points expérimentaux tels que décrit à la section 3.2.3. Un tableau présentant tous les résultats rhéologiques est présenté en annexe. Pour tracer les relations, seuls les points ayant une corrélation supérieure à 0.7 ont été retenus. La figure 5.1 montre une relation entre les viscosités plastiques obtenues avec les deux configurations de rhéornètre.

O

2

4

6

8

1 0

12

14

16

Viscosité

H (Nms)

Figure 5. 1 - Relation entre les viscosités plastiques obtenues avec la configuration H et
la configuration X

Il semble y avoir une relation entre les viscosités plastiques obtenues à l'aide des deux rhéomètres mais le coefficient de détermination de la droite est 0,54.Le coefficient
traduit une forte dispersion des résultats.

La boîte de maniabilité tracée à la figure 5.2 montre que des viscosités relativement
faibles ont été obtenues (hc8)lors de cette première série d'essais et que des points à des viscosités plastiques plus élevées sont nécessaires pour compléter la courbe. Cette boîte
de maniabilité montre bien la nécessité de caractériser le béton avec deux paramètres et

non un seul. Cette figure montre aussi qu'aucune relation n'existe entre la viscosité plastique et le seuil de cisaillement.

6

8

10

Viscosité (Nms)

Figure 5. 2

- Zone couverte par les mélanges de béton de la première série d'essais pour

1' agitateur H

1O

15

20

Seuils de cisaillement H (Nm)

Figure 5. 3 - Relation entre les seuils de cisaillement obtenues avec la configuration H
et la configuration X

La figure 5.3 montre une relation entre les seuils de cisaillement obtenus avec les
configurations H et X. Une relation Linéaire est observée avec un bon coefficient de détermination (R' = 0,77). Cependant, la droite ne passe pas par l'origine, ce qui ne saurait être expliqué à ce point de l'étude. Une explication est donnée à la section 5.2.2.

La figure 5.4 montre Ia relation entre le coefficient de détennination et le seuil de cisaillement. À partir d'un seuil de cisaillement de 14 iYm, le coefficient de détermination chute en dessous de 0.8 et les résultats doivent être analysés avec soins.

Un coefficient de détermination faible ne témoigne pas nécessairement d' un mauvais
essai ou qu'une relation n'existe pas entre la vitesse de rotation et le couple. Pour ces résultats le comportement est simplement auee que binghamien ou non analysable avec ce rhéomètre.

O

5

10

15

20

25

30

Seuil de cisaillement (Nrn)

Figure 5.4 - Limite de détermination du comportement du béton frais avec le rhéomètre

IBB en se basant uniquement sur le coefficient de détermination R'

5 2 Deuxième série d'essais .

5.2.1 Méthode et descriptions des mélanges

Pour cette série d'essais, les configurations H, X et P ont été utilisées. Sur tous les mélanges de béton, les essais ont été réalisés dans le même ordre à savoir l'agitateur H, le P, le X et ensuite un autre H (noté C pour confirmation) pour connaître exactement 1' influence du temps.

Des essais au cône d'affaissement ont été effectués de même que des tests de compression étant donné que ces mélanges étaient contrôlés et que les résultats pouvaient être insérés dans la banque de données du système de contrôle de qualité ISO du CRIB. Des mélanges de béton de rapports E/C variant de 0,70 à 0'35 ont été fabriqués. La quantité de pâte de ciment par rapport à la quantité de granulats a été conservée constante. Chaque mélange de rapport E/C particulier a été superplastitié par doses successives pour obtenir d'autres mélanges de béton et ainsi augmenter le nombre de points sur les courbes d'étalonnage. Tous ces mélanges de béton contenaient du retardateur de prise pour minimiser l'effet du temps sur l'évolution de la rhéologie du béton.

5.2.2 Relations entre les configurations H et X en unités machines

La figure 5.5 montre la relation des seuils de cisaillement obtenus avec l'agitateur H et

X. Les résultats de la première série sont aussi représentés sur cette figure. La deuxième
série montre une relation iinéaire qui passe par l'origine. Le coefficient de détermination

est élevé ce qui propose une bonne relation. À la section 5-13, d avait été soulevé le point que la relation ne passait pas par l'origine et à ce moment Ià, la cause exacte n'était

pas connue. À la lumière des résultats de la deuxième série d'essais, laquelle a été
réalisée avec du retardateur de prise, ii est possible de croire que c'est l'effet du temps qui décale la droite de I'origine. Dans la première série, les essais au rhéomètre X ont été réalisés environ cinq minutes après l'essai au rhéomètre H. L'effet du vieillissement se fait sentir principalement sur le seuil de cisaillement et non sur la viscosité plastique.

Pour le passage aux unités fondamentales (section suivante) seule la relation de la
deuxième série sera retenue.

l

+ Série 2
Serie 1

l

Figure 5. 5 - Relation entre les seuils de cisaillement obtenus avec la configuration H et
la configuration X

La figure 5.6 montre les viscosités plastiques obtenues avec les rhéomètres H et X. La première série d"essais est aussi représentée sur ce graphique. La deuxième série d'essais montre des mélanges de béton beaucoup plus visqueux que ceux de la première série. Les résultats de la deuxième série s'alignent bien pour poursuivre la relation linéaire déjà observée avec la première série mais dont le coefficient de déterminaiton était faible.

+ Série 2
R

Série 1

O

10

20

30

40

Viscosité H (Nms)

Figure 5. 6 - Relation entre les viscosités plastiques obtenues avec la configuration H et

Pour le passage aux unités fondamentales, la relation passant par les points des deux
séries sera retenue.

5.2.3 Relations entre les configurations H et P en unités machines

Entre l'agitateur H et P, une relation héaire est obseniée entre les résultats issus des

l deux configurations (voir figures 5.7 et 5.8). I est possible de croire qu'entre les
résultats des configurations X et P, on aura aussi une relation linéaire.

Figure 5. 7 - Relation entre le seuil de cisaillement obtenu avec la configuration H et la

configuration P

y = 1 . 4 0 ~ 15.48, +

O

2

4

6

8

10

Viscosité

H (Nms)

Figure 5. 8 - Relation entre les viscosités plastiques obtenues avec la configuration H et
la configuration P

On observe tout de même une corrélation plus faible avec l'agitateur P. Plus d'essais
sont nécessaires de ce côté. Les faibles valeurs des coefficients de détermination pour l'essai au rhéomètre P explique peut-être la dispersion des résultats.

5 3 Unités fondamentales .
Suite aux diverses relations présentées en unités machines à Ia section 5.2, il est maintenant possible de présenter des résultats en unités fondamentales pour les configurations X et P. Conune il existe une relation entre les résultats des diverses conf~gurations, est raisonnable de croire qu'une constante reliant les résultats en unités il fondamentales aux unités machines de la confiopration H existe pour faire une conversion sur le seuil de cisaillement et sur la viscosité plastique. En premier lieu, seront présentés des résultats comparant les configurations H et X et en deuxième lieu des résultats comparant les configurations H et P. Ces résultats seront comparés à ceux obtenus par Tattersaii et Banfi11 (1983).

5.3.1 Relation entre ['agitateur H et X en unités fondamentales

Avec les formules présentées à la section 4.4, les résultats obtenus avec la configuration

X ont été calculés en unités fondamentales. Pour comparer les viscosités plastiques
obtenues avec la configuration H et la configuration X, tous les mélange de béton des séries 1 et 2 ont été retenus. La figure 5.9 montre la relation entre les résultats des deux configurations. SeIon cette figure, une viscosité plastique de 1 Nm obtenue avec l'agitateur en H correspond à une viscosité plastique de 1,89 Pas en unités fondamentales.

O

5

1O

15

20

25

30

35

40

Viscosité H ( h s )

Figure 5. 9 - Passage aux unités fondamentales pour la viscosité plastique à partir des résultats de comparaison avec la configuration X

Pour comparer les seuils de cisaillement obtenus avec les configurations X et H. seuls les résultats de la deuxième série ont été retenus. Les résultats de la première série étaient entachés d'une erreur due au vieillissement du béton. La figure 5.10 montre la relation obtenue. Selon cette figure, un seuil de cisaillement de 1 Nm par exemple pour l'agitateur H correspond à 42,5 Pa en unités fondamentales.

I
y = 42.51~ R* = 0.76

+

* *+y ,
1
I

A

t

O

5

10

15

20

25

Seuil de cisaillement H (Nm)

Figure 5. 10 - Passage aux unités fondamentales pour le seuil de cisaillement à partir des résultats de comparaison avec la configuration X

5.3.2 Relation entre l'agitateur H et P en unités fondamentales
Pour comparer les viscosités plastiques obtenues avec la configuration H et la configuration P, seuls les bétons de la deuxième série ont été retenus. En fait, la première série ne comprenait pas l'essai avec la configuration P. La figure 5.1 1 montre la relation entre les ré.su1tats des deux configurations. Selon cette figure, une viscosité plastique de 1 Nm obtenu avec 1' agitateur en H correspond à une viscosité plastique de

6,87 Pas en unités fondamentales (voir la pente de l'équation). La relation n'est
cependant pas tout à fait bien définie. Plus d'essais seraient souhaitables pour conclure plus clairement. Les viscosités plastiques en unités fondamentales sont beaucoup plus élevées avec l'agitateur P qu'avec l'agitateur X.

O

5

10

15

20

25

30

35

Visocsité H (Nms)

Figure 5. I l - Passage aux unités fondamentales pour la viscosité plastique à partir des résultats de comparaison avec la configuration P

Pour comparer les seuils de cisaillement obtenus avec les configurations P et H, seuls les résultats de la deuxième série ont été retenus. La figure 5.12 montre la reIation obtenue. Selon cette figure, un seuil de cisaillement de 1 Nm par exemple pour l'agitateur H

87

correspond à 116,43 Pa en unités fondamentales. Encore là, l'ordre de grandeur des résultats est supérieur à ceux obtenus avec la configuration X.

O

5

10

15

20

Seuil de cisaillement H (Nm)

Figure 5 12 - Passage aux unités fondamentales pour le seuiI de cisaillement à partir .
des résultats de comparaison avec la configuration P

5.3.3Comparaison avec l documentation a

Tattersall et BanfiIl (1983) ont étalonné un rhéomètre à agitateur en H à mouvement planétaire (MKKQ à l'aide de fluides newtoniens et non-newtoniens de paramètres rhéologiques connus. Les constantes obtenues sont : WG = 136 1/G = 15.2

Il faut cependant souligner que le couple lu était divisé par 2.25, soit le rapport des
engrenages appliquant le mouvement planétaire à l'agitateur, pour obtenir une mesure du couple sur l'arbre de l'agitateur. Dans le cas du rhéomètre IBB, le couple correspond

au couple mesuré sur l'arbre de rotation principal, il faut donc multiplier par 2.25 pour

comparer ces résultats avec ceux des conf~gurationsX et P. Aussi, les dimensions
exactes du MKIII ne sont pas tout à fait les mêmes que celles du IBB à quelques

millimètres près. La comparaison directe des résultats doit se faire avec précaution. Le tableau 5.1 résume les résultats obtenus lors de cette étude et montre aussi les résultats obtenus par Tattersail et Banfil1 (1983). Les résultats de ces derniers ont été multipliés

par 2.25 (facteur du au mouvement planétaire) pour être comparables directement avec
ceux obtenus ici.

Tableau 5. 1 - Résumé des résultats d'étalonnage en unités fondamentales de l'agitateur

H e t résultats de la documentation

TBB
X
P

1 Nm
42.5

1 Nms
1.9 Pas 6.9 Pas
34.2 Pas

Pa

116.4 Pa

MK III

306 Pa

5 4 Conclusion .
Il semble que les résultats issus de différents rhéomètres soient comparables à un facteur
près pour la viscosité plastique et pour le seuil de cisaillement. Aucune relation n'existe

entre le seuil de cisaillement et la viscosité plastique. Il n'est pas possible avec ces
résultats de fournir les constmtes qui permettent le passage aux unités fondamentales pour le rhéomètre IBB. Cependant, iI est possible de croire que lorsque il est nécessaire
de comparer les résultats issus de divers rhéomètres, seule une série d'essais avec

plusieurs

mélanges

de

béton

testés

avec

ces

rhéomètres

est

nécessaire.

Chapitre 6

Autres résultats

6.0 Introduction

Au cours des divers essais visant essentiellement I'étalonnage de I'agitateur H en unités
fondamentales, des résultats secondaires ont été observés. Ainsi, lors de la deuxième série de mélange, le rapport E/C variait alors que la quantité de pâte demeurait constante. Des résultats sur I'évoIution de la viscosité et du seuil sont présentés suite à ces essais. Une série de bétons autonivelants a aussi été confectionnée. l est possible de l tracer une boîte de maniabilité des BAN avec ces quelques résultats. Tl a été possible d'utiliser trois rhéomètres IBB identiques à agitateur en H. Des essais de répétabilité ont été réalisés et les résultats sont présentés. Une relation entre l'affaissement au cône et le seuil de cisaillement a été observée Iors de diverses séries d'essais.

6.1 Effet de la variation du rapport W C sur les paramètres rheologiques

Dans la documentation, il est généralement admis que l'augmentation du rapport E/C réduit la viscosité plastique et le seuil de cisaillement [TA'ITERSALL et BANFILL,
19831. Ces essais ont été réalisés à partir d'un mélange de base auxquels des doses

successives d'eau y ont été ajoutées pour augmenter le rapport E/C. Le volume de pâte de ciment dans le béton est ainsi augmenté. La deuxième série de bétons confectionnés pour i'étalonnage de l'agitateur en H, comportait plusieurs mélanges de bétons à différents rapports E/C mais dont la quantité de pâte demeurait constante vis-à-vis la quantité de sable et la quantité de granulats. Le tableau 6.1 montre les résultats obtenus sur la viscosité plastique pour six mélanges de rapports E/C différents. La forte baisse de la viscosité plastique avec i'augrnentation du rapport E/C prévue par la littérature n'est pas observée ici alors que le volume de pâte est constant. Cependant, alors que le rapport E/Cs'approche de 0'35

@HP), on voit une

l nette augmentation de la viscosité plastique. I est à noter que les mélanges de rapport
E/C = 0,40 et E/C = 0,35 contenaient déjà du superplastifiant Iors de la gâchée initiale.
Le superplastifiant liquide n'affecte pas, à ces faibles dosages, la viscosité plastique du

béton.

Il semble donc, à la lumière de ses résultats, que seul le rapport E/C de la pâte ne

puisse prédire la viscosité plastique fmale du béton. Le volume de pâte semble cependant un facteur important sur Ia viscosité plastique du béton. Tableau 6. 1 - Viscosités plastiques pour différents rapports E/C Rapport E/C Viscosité Plastique

6 2 Relation entre le cône d'affaissement et le seuil de cisaillement .
II a déjà été mentionné et il est connu qu'il existe une relation entre le cône d'affaissement et le seuil de cisaillement. À la figure 6.1, on observe cette tendance pour une série de mélanges réalisées pour un autre projet avec fibres et sans fibres. Les mélanges sans fibres ont tous le même rapport E L , la même quantité de pâte et de granulats. Seule la teneur en superplastifiant varie. Pour les mélanges avec fibres, la teneur en superplastifiant et la teneur en fibres varient mais les autres quantités demeurent constantes. La relation semble être dépendante du type de mélange. II n'y a pas assez d'éléments
disponibIes ici pour comprendre exactement ce qui influence la relation entre le seuil de

cisaillement et l'affaissement au cane. La quantité de pâte disponible pour lubrifier la suspension granulaire semble être un élément important face aux autre constituants du
béton sur la relation entre l'affaissement et le seuil de cisaillement.

y = 661- 8 6 ~ ~ " ~ y = 7 3 1 4xaa3 3.
l

-

FIL = 0.96

f .

ff = 0 8 .0

+ sans fibres

I
Seuil de cisaillement (Nm)

Figure 6. 1 - Relation entre I'affaissement au cône et le seuil de cisaillement (agitateur en

6 3Béton autonivelant .
Des essais sur bétons autonivelants (BAN) ont été réalisés pour un projet spécial. Pour ces cinq BAN, il est possible de tracer la zone qu'ils occupent sur une boîte de

maniabilité (voir figure 6.2). Leur comportement montre un seuil de cisaillement très
faible (en dessous de 0.5 Nm) et une viscosité plastique plutôt élevée. Un minimum de viscosité plastique est certainement nécessaire pour éviter la ségrégation. Une limite supérieure ne saurait être décrite ou n'a jamais été observée.

Viscosité piastique (Nrns)

Figure 6. 2 - Boîte de maniabilité de BAN

6.4 Essais avec trois rhéomètres IBB identiques

Des essais avec trois rhéomètres IBB identiques ont été réalisés. Avec trois appareils, il est possible d'effectuer des essais comparatifs exactement au même moment et ainsi éliminer l'effet du temps sur le vieillissement du béton. Aussi, dans le même ordre d'idée, il est possible de connaître la possible influence des paramètres d'essais sur les paramètres rhéologiques calculés.

La figure 6.3 montre les trois courbes rhéologiques obtenues avec Les trois rhéomètres
pour le même béton au même moment. Le rhéomètre IBB de l'université Laval est dénoté UL alors que les deux autres appareils IBB sont dénotés A et B. Des essais courts, normaux et longs ont été réalisés. Les premiers essais ont donnés des résultats non satisfaisants. Après vérification, il s'agissait d'erreur d'étalonnage sur le lecteur de vitesse pour un rhéomètre et une erreur d'étalonnage sur le lecteur de couple pour un autre rhéomètre. Ces erreurs montrent bien l'importance d'un étalonnage précis pour obtenir des résultats précis et repétitifs. Finalement, les essais conduits sur les trois rhéomètres 1BB ont montrés que pour un mélange de béton testé au même moment les

94
trois appareils donnent les mêmes résultats pour la viscosité plastique et pour le seuil de cisaillement. L'essai au rhéomètre IBB est donc répétitif.

Figure 6. 3 - Courbes rhéologiques obtenues avec les trois rhéomètres

D'autres essais ont été réalisés avec les trois rhéomètres pour évaluer l'influence du nombre de points pour effectuer l'essai rhéologique. Il semble que ce soit le temps pour déstructurer complètement le béton qui soit le plus important et non le nombre de points sur Ia courbe descendante.

6.5 Conclusion

Des essais conduits avec trois rhéomètres IBB à agitateur en H à mouvement planétaire ont montré que I'essai rhéologique est répétitif et précis. Une boîte de maniabilité pour des bétons autonivelants a été tracée. Une relation entre 1' affaissement au cône et le seuil de cisaillement est présentée pour des bétons avec fibres et sans fibres. L'effet du rapport E/C a été étudié avec une quantité de pâte de ciment constante.

Chapitre 7

Conclusions

Les principaux objectifs du programme expérimental étaient de modifier le logiciel d'essai rhéologique du rhéornètre IBB, d'évaluer sa précision et de trouver les constantes qui permettent le passage des unités propre à la machine aux unités fondamentales. Le logiciel d'essai rhéologique a été modifié et quelques composantes physiques du lecteur de couple ont été améliorées. Le rhéomètre a par la suite été soumis a des essais
de précision sur la lecture de la vitesse et du couple. Suite à ces essais, il a été possible

de conclure que l'appareil IBB est précis et qu'il peut être utilisé de façon fiable pour mesurer la rhéologie du béton frais. Cette conclusion n'est valide que du point de vue mécanique, des essais sur béton fiais sont nécessaires pour valider le champ
d' application des résultats obtenus.

Le rhéomètre IBB à agitateur en H à mouvement planétaire est un appareil qui permet de
mesurer avec précision le comportement rhéologique du béton frais. La viscosité plastique ainsi que le seuil de cisaillement sont les deux paramètres rhéologiques issus
de l'essai rhéoiogique. Les résultats ne sont pas en unités fondamentales.

Les essais de répétabitilé sur trois appareils semblables ont montrés que l'essai rhéologique est répétitif. II semble que ce soit le temps pour déstructurer complètement le béton qui soit le plus important et non le nombre de points sur la courbe descendante.

I existe un relation linéaire entre les viscosités plastiques issues de divers rhéomètres. l
Une relation Linéaire entre les seuils de cisdlements issus de divers rhéomètres existe aussi. Lors de ces essais de comparaison, l'effet du vieiiLissement doit être contrôlé avec un retardateur de prise. Les deux configurations permettant le passage en unités fondamentales étudiées n'ont
pas donné les même paramètres rhéologiques pour un même béton. I ne s'agit donc pas l

d'unités fondamentales. Les équations mathématiques sont certainement à l'origine de cet écart.

Comme les autres rheornètres à béton commercialement disponibles ne sont pas cohérents entre eux quant aux unités fondamentales ml,on peut alors se demander si, dans la présente étude, la même chose a été observée d'une configuration à l'autre. II a été impossible de déterminer avec certitude des coefficients d'étalonnage pour obtenir des unités fondamentales pour le rhéomètre IBB. Il farit se questionner sérieusement quant à la vérité absolue dans le cas des unités fondamentales. Il semble que la configuration influence la conversion par simple formule empirique en unités fondamentales. Cependant, une relation entre les résultats de divers rhéomètres peut être décrite en effectuant une simple série d'essais avec quelques bétons.

Une relation avec l'anaissement a été confirmée dans la présente étude. Cependant,
comme deux relations différentes ont étt formulées pour des bétons avec fibres et sans
1 fibres, plus de recherches sont à faire pour comprendre exactement l'effet des fibres. 1

se peut que ce soit la quantité de pâte disponible à la lubrification lors du cisaillement qui soit à l'origine de cette différence. Des essais avec différents rapports pâte/granulats seraient nécessaires pour mettre en évidence l'effet du volume de pâte. Les mêmes essais pourraient être réalisés sur des bétons sans fibres. Les essais montrent que le temps joue sur le seuil de cisaillement et non sur la viscosité plastique. Un retardateur de prise contrôle relativement bien cet effet si les essais sont réalisés sur une courte période de temps. L'ajout de superplastifiant liquide diminue le seuil de cisaiIlement mais n'affecte pas la

l viscosité plastique. I faudrait se questionner cependant sur l'effet de l'eau dans le
superplastifiant. Théoriquement, lorsque du superplastifiant est ajouté, la quantité de pâte augmente et le rapport E/C augmente légèrement. semble que pour des bétons de rapports EIC variant de 0,7 à 0,4, la quantité de pâte influence beaucoup plus la viscosité plastique que son rapport E/C.La documentation

montre n o d e r n e n t une diminution de la viscosité plastique avec l'augmentation du

98
rapport
Ces résultats ont été obtenus en ajoutant

l'eau à un béton de faible

rapport E/C et la quantité de pâte augmente avec ie rapport E/C. Les présents résultats n'ont pas montré de variation de la viscosité plastique alors que la quantité de pâte demeurait constante avec l'augmentation du rapport E/C entre E/C=0,4 et 0,7. Les bétons autonivelants montrent un seuil de cisaiilement très faible (inférieur à

0,5 Nrn) tout en montrant une viscosité plastique assez élevée. Une boîte de maniabilité

a été tracée et eue reflète bien cette tendance.

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Properties, Science and

Technology, Noyes

ANNEXES

ANNEXE A

Formulaires de gâchées 641-1 00 à 641-1O 5

Formulaire d e melange Bétons et mortiers
(à préparer avant le gâchage)

SYS-E QUAUTE CRIB FORMULAIREF m 1 et Hl3-2
VERSION 1.O

-

En vigueur depuis l 15 e

95

1 71 ( 0 , 7 v i 0 ,
PVI

UC visé? E L visé? Air entrainé? Fumée de siiice? Type de mélange? I~éton ordinaire

NC

PVZ

NC

P V C ~

P V C ~

i

Volume de la gachée mresl([
Qte SSS Qte pesde de la gachée au kb

Ciment Fumée de silice Autre ajout minéral Eau Sable Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3 Réducteur d'eau Agent entraÎneur d'air Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 Fibre 2 Volume d'air vise

Nature des constituants iafarge T-t O Lot 27
r

Nob t Densité

Qte SSS ~ a r d

I

Acqueduc tempéré Ladufo L31 Bédard 20-5 mm Lot 39
I
D

3.15 O 0,O0 0,Oo 1 ,O0 2,70
2,74

260,Okg
kg kg ,
182,Okg

15,59
0,00 O, 00 10,91 45,88

15,61 kg
kg

kg Temp. 10.49 kg[

765.0 kg 1 185,O kg
kg

,

MB i OOXR - LOT Al 1

0,00 ose 0,Oo mM<g C 1,21 0,65
0,oo

71,06 O,00
O,00 1 0, 1 0,0 a0

46,50kg 70,85 kg
kg

kg

kg

I

1
2,0%

O ,O0 0,00 0,Oo O,OO% 0,oo 0.00%

769 0 O 0

mi ni mi rri kg

10,o nJ

ni
mi rrl

au
,

0,00

L

et

20 litres d'air

,kg

OJOO

kg kg

Calcul des teneurs en eau et corrections de masse en découlant Poids de la tarre (PT) Poids tare + granula?humide (PH) Poids tare + granulat &ch4 (PS) Absorption du granulat à 24 h (A)

Volume des qte ci-haut Masse des qte a-haut Masse volumique U C des qte à-haut UL des qte ci haut

100'1 litres 2392 kg 1 3 5 kg 4. 2391 O, 700 - mélange fait par: IIFred Chamelaine + Bruno 0, 700

Sable 984.7

/

fierre 1 Pierre 2 Pierre 3 984,6

fdaxeur kifiséP ' Gros rnaiaxeut lanétaire Date du gachage Heure du contact WC

pim7-l

Y ]
kg

2033,l 2036,7 2003,5 2033,4 0,54% 0,69%

Mesures faites après Affaissement Masseduairmètrevide 2,76

Teneur en eau totale 12.91% 10,31% (PH - PS) 1(PS PT) = TE Eau apportée par le granulat l,08 -0,21 [(TE-A)xmasseSSS]l(1 +A) N.B. SI TE < A, Eau apportde = Inscrire 80% du rdsultat obtenu Masse corrigée du granulat [ 46.96 70,85 [(l x masse S S q 1(1 + A) -i- TE) N.B. S TE < A, utiliser 7 [(i 0,8 x TE) x masse SSS] 1 (1 + 0,8 x A) 1 +

-

1

1

1 1

I 1

I

1

1

I

I
I

Température du béton Étalement Temps d'écoulement

% sec

I

Expllcatlon des polnts de vérIflcatlon PV1: WC visé = WC obtenu $s 0,005 PV2: &Liant vise = Eltiant obtenu à ,+ 0,005 PV3: Air entrain6 spécifié e->AEA @sent dans le mélange prévu PV4: Fumée de silice sp4cifi6 c->présente dans le mélange PV5: Qte corrigée pour teneur en eau = Qte pesee au laboratoire a +O.lkg

imprirnt5 le Jeudi 08 octobre 1998

Za 15:29

Bétons et mortiers

, , ,
-

W C vise? E/Lvisé? Air entraîné? Fumée de silice? Tme de mélanae? No" J6i*-n-;-i-iaire - -

-,,-

et flT3-2 No de dossier CRIB No de m6lange Cade personnel FORkîUmlRE -1 VERSION 1.0 641 En Mgueur depuis ie 15 mai 95

Identification du melange

SYSTÈME QU&

- CR~B

1 -1 1

1

1

1 1 Volume de la gachee mres]1 Qte SSS ~ a r d
Qte SSS Qte pesée de la gachée au hb

1

Nature des constituants Nobt Densite
Ciment Fumée de silice Autre ajout minéral Eau Sable Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3 Réducteur d'eau Agent entraîneur d'air Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 fibre 2 Volume d'air visé

Lafarge T-10 Lot 27
1

L

Acqueduc tempéré Ladufo L31 Bedard 20-5 mm Lot 39

3,15 O 0,O0 0.00 1,O0

290,Okg
kg
kg

17,38 0,00

17,40 kg
kg , kg Temp. 9,951kg1 45,85 kg 71 ,O5kg

0,oo
70,37 45,85 71,03 O, 00
O, OU 11,3 &O Oro

173,Okg
765,Okg 1 185,O kg
kg

2,70
2,74
,

1

, MB
I
L

1ûûXR-LOTAl1

1
2,0%

L

Dose . 0.00 rnmgC 1 , 2 1 0,65 &O0 0,OO 0,00 0,oo 0.00%

kg
kg

kg 189 rd 0 O rri

11,5 r d
ni ni rril
kg kg

0 rd
kg kg
et

Oro
0,00

0,00 0.00%
20
Volume des qte ci-haut Masse des qte ci-haut Masse v l mq e ou i u UC des qte à-haut VL des qte ci haut

0,00

1-1

Calcul des teneurs en eau et corrections de masse en découlant Poids de fa tarre (PT) Poids tare + granulat humide (PH) Poids tare + granulat séché (PS) Absorption du granulat a 24 h (A)

litres d'air 100 1 lRres 2413 kg 144,6 kg 2411 kg/m3* mélange fait par: 0,597 l~red Chapdelaine+Bnino 0,597 malaxeur utilise [&os malaxeur pianAtaire

1

Sable
' 984,7

Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3 '

Date du gilchage

984.6

2023,l 2036,7 2003,5 2033,4 0,54% 0,69%

Teneur en eau totale [ 1,92% /0,31% (PH - PS) / (PS - PT) = TE Eau apportée par le granulat 0,63 ( -0,21 ( f (TE-A)xrnasseSSS]/(l +A) N-B. S TE < A, Eau apport6e = lnscrlte 80% du r6suItat obtenu I Masse comgée du granulat 146,48 170,81 [(l + TE) x masse SSS]/ (1 + A) N.B. S TE c A, utiliser I [(l 0,8 x TE) x masse SSS] I (1 + 0,8 x A) I , + Total de l'eau apportée kg Qe d'eau a ~ e s e ~ > [kg TÉpmwenes faites a p r & s I T l par les granulas

/

1

1 1
1

1

Mesures faites apres 30 50 Affaissement Masseduairrnetrevide 2,76 Masse du aimétre pleh 20,12 Volume du airmétre 7,03 I Teneur en air 120,0% Température du beton 10 Étalement Temps d'6coulement

/-3mm-20/02/97

Heure du Contact UC

min mn
kg kg

litre
@ %

sec

1

T

I

L

/

I min

1

Expflcation des points d e vérlffcatlon PV1: U C vis6 = U C obtenu à f 0,005 PV2: ElLiant visé = E/Liant obtenu f 0,005 PV3: Air entrain6 sp6cilé Ç->AEA present dans le rnéIange prévu PV4: Furnee de silice specifie c-> prbsente dans [e mélange PV5: Ote corrigee pour teneur en eau = Qte pesee au laboratoire A M,lkg

imprime le Jeudi 08 octobre 1998

1533

Bétons et mortiers (A préparer avant te gAchage)

S Y W E QU& ldentlfkation du mdiange ! de dossier CRlB No de rn&ange Code personnel FORMULAIRE -

- CRI6

641

1 201-

1

0,s

Opdrateur, s ~ . plconserver cetfe fiche

1

1

-2 VERSION 1.0 En vigueur depuis le 15 mai 95

UCvisB? ULvisB? Air entraîne? FumBe de silice? Typede melange?

11)
pv2c

1-

1)Wtonordinaire
PV4

PVI

C

PV3

C

C

1

*

Volume de la @chBe [litres]

1

7

Ciment Fumée de silice Autre ajout minéral

1

Nature des consbituants Nob t Densite Lafarge T 0 I Lot 27 3,15 O

Qte SSS Pard

d

Qte SSS Qte pesde de la gachée au hb

324.0 kg
,

1

r

0,oo 0,Oo

kg

19,42 O,00
O, O 0

Eau Sable

Pierre 1 Pierre 2 r Pierre 3 M 8 1OOXR LOT A l 1 Réducteur d'eau Agent entraîneur d'air Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 Fibre 2 Volume d'air vis6 2,0%
I

Acqueduc tempéré Ladufo L31 Bedard 20-5 mm Lot 39

1,OO
2,70
2,74
Dose 0,00 mRgC

- kg 162,Okg
765,Okg 1 185,Okg
kg kg 2 7 1 ni 0 ri O mi

-

9,71 45,86 71,04 O,00 O,O0
12,6

46,lO kg 70,70kg
kg kg

1

1,21 0,65 0,00

nit
rriI r d ml

1

1

0,OO 0,Oo 0,m 0.00% 0,Oo 0.00%

00 . 0, 0
a0 0, 00

et Volume des qte ci-haut Masse des qte ci-haut Masse volumique W C des qte a-haut U des qte ci haut L

O,00 20 Rres d'air 1001 litres

0 rrl kg kg

kg

kg

2436 kg 146,O kg 2434 kg/m3

Calcul des teneurs en eau et corrections de masse en découlant Poids de la tarre (PT) Poids tare + granulat humide (PH) Poids tare + granula séché (PS) Absoipiion du granulat à 24 h (A)

0,500 0,500

mélange fait par: [~red Bruno et malaxeur utiiisé I ~ r o malaxeur phnétaire s

Sable

Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3

Date du gachage Heure ducontad UC

652,7 984,6 1 161,5 2009,9 1155.9 2009,4 û,54% 0,69%

~]

Teneur en eau totale [ I,11% 10,05% (PH - PS) / (PS - PT) = TE Eau apportée par le granulat 0,26 1-0.36 ) [(TE-A) xmasseSSS]/(l +A) N.B. SI TE < A, Eau apportde = Inscrire 80% du resultat obtenu Masse comgee du granulat [ 46,12 [70,68 [(I+ TE) x masse SSS]/ (1 + A) N.B. S TE c A, utIlber - [l + 0,8 x TE) x masse SSS] 1 (1 + 0,s x A) I ,( Total de I'eau apportée 10 Qt~e d'eau a ~ e s e r - > r I Épmuvettes faites a p r & v l min kg par les granulats

1

1

1

1

1

1

m'n Mesures faites a p r b 30 Affaissement 50 Masse du aimètre vide 2,76 kg Masse du airm&tre plein 20,05 kg Volume du ahm&tre 7,03 htre Teneur en air 170,094 13 @ Température du béton % Étalement sec Temps d'écoulement

1-1

1-

1
9

Explication des points d e vérlflcatlon PVI : E X visé = U C obtenu à f 0,005
PV2: E/Liant visé = ULiant obtenu à t 0,005 PV3: Air entraîne spéafie <-sAEA prBsent dans le melange pr6w PV4: Furn6e de silice sp8cifié <-> présente dans le mélange PV5: Qte corrigée pour teneur en eau = Ote pesde au laboratoire a f0,l kg

imprimé le Jeudi 08 octobre 1998

A

1534

Formulaire de mélange Bétons et mortiers

m2 No de dossier CRlB No de mélange Code personnel FORMUWRE Fïï3-1 F VERSION 1.0 641 ,45 En vigueur depuis l 15 mai 95 e Opbrateur. s - -

Identification d u melange

SYSTEME QUAUTE- CRlB

1

T

I1

1

[m 0 . 4 5 C1 r-TE--] C 1 ) C
pv1

WC visé? E/Lvisé? Air entraîné? Fumée de silice? Type de mélange?
[ B ~ I Qfdinake

Volume de la gachee [iitreq

C

( 0 6 1
kg kg Temp.

pv2

PV3

PV4

Ciment Fumee de silice Autre ajout minéral Eau Sable Pierre 1

Nature des constituants Lafarge T-10 Lot 27
1

Nob t Densité

O

Qte SSS Pard

.>

Qte SSS Qte pesée de la gachée au hb

Acqueduc tempéré Ladufo L31 Bédard 20-5 mm Lot 39
v

'
,

3,15 0O , O 0,oo 1,O0 2,70 2,74

345,Ikg
kg kg 155,3 kg
,

20,69 O, 00
0,00 9,31

20,701kg
9,41 kg[ 46,10 kg

] C

765,Okg 1185,Okg
kg

Pierre 2

Pierre 3 MB 100XR LOT A l 1 Réducteur d'eau Agent entraîneur d'air Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 Fibre 2 Volume d'air vise 2,0%

-

Dose . #,O0 m ~ k g C

kg

1,21

0,65

0,O0

1

0O , O 0,Oo O,QO 0,00%

224 w 0 rrl O m( 0 rrl
kg et

45,86 77,04 0,00 O 00 , i 3,4 0,o 0.0

70,70kg
kg kg

13,5 ni
,

ofo

ni rrd ml
kg

0 00 ,
0.00

-

L

o,oo o,oo% r+kg
Volume des qte ci-haut Masse des qte ci-haut Masse volumique WC des qte ci-haut U des qte ci haut t

20 ütresd'air

n kg

Calcul des teneurs en eau et corrections de masse en découlant

1001 litres 2451 kg 146,9 kg 2449 kg/m3 0,450 0,450 malaxeur utilisé
l ~ m malaxeur phnetaire s
Date du gachage

Pcids de la tare (PT)
Poids tare + granulat humide (PH) Poids tare + granulat séché (PS) Absorption du granulat à 24 h (A)

1

652,7 1 984,6

Sable

Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3

1

1

1

27/02/97 1

Heure du contact E/C
I

i

9:24

I

Mesures faites aprés

Teneur en eau totale 1 % (0.05% (PH-PS)/(PS-PT) =TE Eau apportée par le granulat 02 .6 -U,36 ( :(TE-A)xmasseSSS]/(f +A) N.B. S TE c A, Eau apportt5e = tnscrlre 80% du r6suttat obtenu I Masse conigée du granulat 146,12 1 0 6 7,8 :(1 + TE) x masse SSS] / (1 + A) N.B. Si TE < A, utiliser -W NI + 0,8 x TE) x masse SSS] / (1 + 0,8 x A)

1

1

1

1

1

Masse du airmbtre plein Volume du airmetre Température du béton Étalement Temps d'écoulement

1

I
I

% sec

Expllcatlon des points de vérlflcatlon PV1: WC vise = U C obtenu à f 0,005 PV2: ULiant visé = Vtiant obtenu à & 0,005 PV3: Air entraîne specifié i-w AEA présent dans le melange prévu PV4: Fumée de silice spécifié C-w presente dans le mélange PV5: Qte corrigee pour teneur en eau = Qte pes6e au laboratoire k0,lkg

imprime le Jeudi 08 octobre 1998

A 1534

Betons et mortiers

S Y ~ Q& UE CRIB FOFMULAIRE et fïT3-2 de dossier CRlB No de mélange Code personnel VERSION 1.O 641 09 4 .En vigueur depuis le 15 mai 95 Op&afeur. s.v.p [conserver cette fiche

Identification du melange

-

i1 -

/1

1

1

1 0 17 1, (4 1
PVI

VC visé?

C

E L visé? Air entraîné? Fumée de silice? Type de mélange? 1~6ton ordinaire PV2 C PV3 C PV4 C

1

1

i

Volume de la gachde [titres]

1 6 0 1

Ciment Fumée de silice Autre ajout minéral

I

Nature des constituants Nob t Densite LafargeT l 0 Lot 27 3,15 O

Qte SSS ~ a r d ,

Qte SSS Qte pesée de la gach6e au iab

369.4kg
kg

22J7

I

Eau
I

Sable Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3 MB 1OOXR LOT A l 1 Réducteur d'eau r Agent entraîneur d'air r .MB SPN LOTAl5 Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 Fibre 2 , Volume d'air visé 1,7%
L L

Acqueduc tempérk Ladufo L31 Bédard 20-5 mm Lot 39

-

1

kg 147,7 kg 2,70 766,O kg 1188.0kg 2,74 kg 0~00 ose kg 0,00 m i / k g ~ l,2l 259 m i 0,70 0,Oo 0 rrir 42% 1,21 2.80 1034 rrl

0O , O 0,Oo 1,O0

o. 00
0,00

22.20 kg
1

,

kg

kg Ternp.

88 .2 4.7 59 71,30
O,OO

8.65 kg1
46,45 kg 71 ,O0 kg
kg kg 16,O rni rri 110,o rrl

O,00 15.5
62,l 0,o O,00 00 .0

0.00
0,00 O,OO% 0,~00,00%~
et

0 rrl

a

kg kg 1 7 Gtres d'air

,

,

kg , kg

Calcul des teneurs en eau

Volume des qte ci-haut Masse des qte ci-haut Masse volumique WC des qte a-haut VL des qte ci haut
Sable

1000 litres 2472 kg 148,4 kg
kg/rn3 [mélange fait par: [Fred + Bruno malaxeur utilis6

1

Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3

Date du gachage Heure du contact E/C
Mesures faites aprés 30 Affaissement 20 Masse du aimietre vide 2,76 Masse & aimhtre plein 20,33 I Volume du aimétre 7,03 Teneur en air 160,0% Température du béton 15 Étaiement Temps d'4coulementl

Poids de la tare (PT)

652,8

984,s

Absorption du granufat a 24 h (A)

Poids tare + granulat humide (PH) Poids tare +- granulat séché (PS)

1650,7 1 2468.5 û,54% 0,69%

1666,4 2470.9

~ 0 4 / 0 3 / 9 7 17553-1
nr'n mn

kg
kg iitre "C
%

Teneur en eau totale (PH-PS) /(PS-PT) =TE Eau apportée par le granulat 0.47 -0.30 :FE-A)xmasseSSS]/(I +A) N.B. S TE < A, Eau apportde = Inscrlre 80% du rdsuitat obtenu I Masse corrigée du granulat [ 46.44 71,OO :(t + TE) x masse SSS] / (1 + A) N B SI TE 4 A, utiliser -w [(l 0,8 x TE) x masse SSS] 1 (1 + 0,8 x A) .. +

1

1

1

1

1

1

1

1

I

1 sec

-

Expllcatlon des polnts de vérlflcatlon PVi: U C visé = W C obtenu 0,005 PV2: €/Liant visé = Wtiant obtenu à f 0,005 PV3: Air entraîne spéafié Ç-sAEA prhsent dans le melange préw PV4: Fumée de silice sp6cifi6 <-> pr6senle dans le mélange PV5: Qte comg6e pour teneur en eau = Qte pesee au laboratoire il M.1 kg

imprimé le Jeudi 08 octobre 1998

1534

Bétons et mortiers

SYSTÈMEQuAUTÉ - CRIB et m - 2 No de dossier CRI6 No de melange Code personnel FORMULAIRE VERSION 1.0 641 t .En vigueur depuis k 15 mai 95 Opt?rarateur.s-v-p [mnserver ceïte fiche

Identification du melange

1 [--ml r7%-"-l
1

UC visé? EL 1vise? 1 entraîné? Fumée de silice? )I~on~tonmelange? 0 3 Air ( 1 7 1 Type de .5 ordinaire

Volume de la gachee [ l i t r e s l l 6 0 J

PVIC

pv2

C

PV3

C

PV4

C
Qte SSS ~ a r d
Qte SSS Qte pesée de la gachée au iab

Ciment Fumée de silice Autre ajout minéral

L

Nature des constituants Nobt Densité Lafarge Tl 0 Liot 27 3,15 0

0,oo
Acqueduc temperé Ladufo L31 Bédard 20-5 mm Lot 39

Eau

0,Oo 1,O0

397.0 kg . kg
- kg 139,Okg 766.0 kg

23.82 O, 00 O,00 8,29
4597

23,85kg
kg
kg Ternp.

8.12 kg1
46.45 kg 71 ,O0 kg

Sable Pierre 1 Pierre 2 Pierre 3 MB 100XR LOT A l 1 Réducteur d'eau Agent entraîneur d'air MB SPN LOTAl5 Superplastifiant Autre adjuvant Fibre 1 Fibre 2 Volume d'air visé 1,7%
L

-

1
1

2.70 1 188,O kg 2,74 kg 0900 ose kg O,OQ mvkgc 1,21 0,70 278 rri
0 ni 1112 nJ 0
kg

77,29 O,00
O, O0

- kg
kg 17,O mi
,

I

0,Oo 42% 1.21 2.80 0,OO 0,m 0.00% 0,Oo O,OO% 1
-

1 6,7 00 . 66,7
0,o 0,m
O

ml

150,C mi
rrl
kg 1 kg

et Volume des qte ci-haut Masse des qte ci-haut

]kg 0,m 1 17 litres d'air 1OOO Mres 2491 kg 149.5 kg
-

U C des qte a-haut
Calcul des teneurs en eau et conections de masse en découlant
Poids de la tarre (PT) Poids tare + granufat humide (PH) Poids tare + granulat séché (PS) Absorption du granulat à 24 h (A) Teneur en eau totale (PH - PS) / (PS - PT) = TE Eau apportée par le granulat [(TE-A) x masse SSS]/(f +A)
N.B.
Si

UL des ate ci haut

0.350

-

l

mélange fait par: [ ~ r e d Bruno et malaxeur utilisé I m malaxeur plangtaire [ G

1
I

Sable

Pierre 1 Pierre 2 Piene 3

Date du gachage

[04/03/971 [341 1:4
min nm
kg kg

Heure du contact WC

0,54% 0,69%
11,57% 10,16%

1 0,47
= inscrire

1 1 -0,30 1
1
1

1

1

TE

< A, Eau apportde

80% du r6sultat obtenu

Masse comgée du granulat 46,44 70,99 [(l + TE) x masse SSS]/ ( +. A) 1 N.B. S TE < A, utiliser - C + 0,8 x TE) x masse SSSI / (1 + 0,8 x A) i , ( 1

1

30 Mesures faites apr& Affaissement 50 Masse du aimhtre vide 2,76 Masse du aimetre plein 20,32 Volume du aimétre 7,03 Teneur en ait 200,0 Temperature du béton 1 1 etalement Temps d'écoulement

@ YO

sec

de
par les granulats

111 07 kg .

Qte d'eau

a p e s e r - > 8 , 1 2 1 kg

Éprouvettes faites a p r e s l l min

Explication des polnts de v&iflcatlon
PVI: EfC visé = U C obtenu à 0,005 PV2: ULiant visé = BLiant obtenu à f 0,005 PV3: Air entrain8 sp5afié <-> AEA présent dans le m6lange préw PV4: Furnee de silice spécifie C-> présente dans le mélange PV5: Q! corrigde pour teneur en eau = Qte pes6e au laboratoire à MJkg e

+

imprimé le Jeudi 08 octobre 1998 à 1534

ANNEXE B

Résultats rhéologiques

Résultats première série

Mélange
641-03 641-04 641-05 641-06 641-07 641-08 641-09 641-10 647 -1 1 641-12 641-13 641-14 641-1 5 641-16 641-1 7 641-1 8 641-1 9 641-20 641-21 641-22 641-23 641-25 641-26 641-27 641-28 641-29 641-30 641-31 641-32 641-33 641-34 641-35 641-36 641-37 batch 1

Visco H
P + E

Seuil H

R2 H

Visco X

Seuil X

R2 X

batch2 batch3
web8 web9 weblO webll webl2

Résultats deuxième série
Mdlange 641.1 00.1
Visco H 20.08 Seuil H 4.66 R2 H 0,95 Visco X 8,82 Seuil X 6.02

R2 X
0.98

Visco P 1A0

Seuil P 1.63

R2 P 0.68

Visco C 19.78

Seuil C 7,29

R2C 0.93

Tous les r4sultats rh4ologiques
MBlange 641.100-1 841-100.2 641-101-1 641-101-2 641-101-3 641.102-1 841.102.2 64 1.102.3 641-103.1 641.103.2 641.1034 641-104.1 641-104-2 641.104.3 641*105.1 64 1 105-2 84143 641.04 641.05 641.08 641-07 641.08 641.08 641.10 641-11 641.12 641-13 641-14 641.15 641-16 641.17 641-18 821.19 841.20 641.21 641.22 641-23

Vlsco C 18.78

Seull C 7.29

WC
0.93

Vlsco X 8.82

Seutl X
6.02

R2 X 0.98

Vlsm P 1,40

Seuil P 1.83

R2 P
0.68

Visco H

20.08

Seuil H 4.60

R2 H 0.95

841.25
641.28 841-27 641.28 641.29 641.30 641.31 64 1-32 64 1-33

041.34 64 1-35 841-38 641-37 balchl balch2 balch3 webe
web9

weblO webll webl2

ANNEXE C

Plans de l'agitateur de la première solution

Grille d'eii~rriiiieiiieritdu
bbion supbricure cnçuvbc

dans un çhrniin dc clb pour enirainer lc bol
superieur.

K-

Paroic Ooi supbrieur

Dale: 15 avril 1996 Oesslnetaur: Frddbrlc Chepdelalne Nom fichier:bolsup,drw

paro ie supérieure

Acier

paroie inférieure

Projet: Rhéometre Date: 13 avril 1996 Dessinateur: Frédéric Chapdelaine
Nom fichier: joint-dw

.
0

OOE

\ /

ANNEXE D

Plans de l'agitateur X

Projet: G o é r e #2, rhéomètre émti Date: 19 juillet 1996 Dessinateur: Frédéric Chapdelaine Nom fichier: imp2cou.ds4

Note: Autour: 8 fers angle 19 x 19 Fond : 8 fers angles 19 x 19

Coupe B-B

L
Tte Coupe Bol ir:
Projet: Géométrie #2, rhéomètre Date: 19 juillet 1996 Dessinateur: Frédéric Chapdeiaine Nom fichier: imp2co~ds4

124

8 branches disposées

Flat Bar 26mm x 3mm

Coupe A-A

Dessinateur: Frédéric Chapdelaine Nom fichier: imp2cou.ds4

ANNEXE

E

Agitateur H

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