COTE D’IVOIRE

Capitale : Yamoussoukro

Superficie : 322 463 km2 Population : 16,5 millions hbts Densité : 51 hbts/km2 Croissance moyenne : 2,4%

NOTE DE CONJONCTURE DECENTRALISATION ET RECONCILIATION NATIONALE Avec les élections municipales de 2001, l’ensemble des partis politiques du pays sont entrés dans le jeu institutionnel. Une rupture avec un passé de boycott et qui permettait au pays de franchir un pas vers la réconciliation nationale. Il est vrai que seuls les centres urbains étaient concernés. Mais les élections départementales ont ensuite confirmé cette tendance. et permis l’installation et l’entrée en fonction des conseils généraux dans l’ensemble du pays. La guerre civile qui éclate en 2002 ne remettra pas en cause le mouvement de décentralisation. Bien au contraire, le processus législatif s’est poursuivi avec l’adoption de nouvelles lois de décentralisation pour consolider le dispositif existant. Dans cette conjoncture délicate, le gouvernement a procédé à des transferts de compétences et de ressources qui ont permis le démarrage effectif des organes locaux (départementaux et communaux). Ceux-ci sont restés en place, même s’ils n’ont pas toujours pu exercer leurs fonctions dans des conditions optimales, notamment dans la partie Nord du pays dont l’administration en général a échappé au contrôle du gouvernement. Une initiative récente du premier ministre soutenu par l’Union européenne a favorisé le retour de 91 maires à leur poste, pour la majorité dans la partie Nord du pays. Ce retour des maires a suivi de près celui des préfets en vue d’un redémarrage de l’administration territoriale et locale dans l’ensemble du pays. Les collectivités locales ont maintenu leurs services aux populations et contribuent largement au processus de sortie de crise en cours dans le pays. Ainsi, les élus locaux œuvrent aux côtés du Premier du ministre et du gouvernement à la réalisation de l’agenda de normalisation qu’appuie la communauté internationale. Ils participent au processus d’établissement du fichier électoral en facilitant sur le terrain, le processus d’identification des populations dans le cadre des audiences foraines. Toutefois, leur mandat est arrivé à terme au cours de cette année 2006. La tenue de nouvelles élections locales dépendra cependant, en grande partie, des avancées du processus électoral en général. La décentralisation figure toujours en bonne place dans l’agenda du gouvernement de Transition.

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INDICATEURS GENERAUX IDH PIB total (millions $US) PIB/hbt (unités en $ US) Croissance annuelle Espérance de vie Alphabétisme (%) 0,399 26 577 1 423 -0,9 46,0 ans Hommes Femmes Accès Internet/1000 hbts 5,46 Population communalisée70% Population urbaine 44,9 19 58 718 x 648 042 3 785 652 901 456

Développement humain

60,1 38,1

Décentralisation

Nombre et Régions niveaux de collectivités lo Départ. Communes X Répartition de communes Moins de 20 000 par strates de 20 000 à 49 999 17 Population (milliers) 50 000 à 99 999 53 100 000 et plus 6 Capitale Recettes budgétaires loca5, 3% R. Etat R. fiscales locales/R.F.L. 4,6% R. de fonctionnement/hbt 1126 R. de la fiscalité directe/lo545,7 Taxes municipales/hbts 300,5 Dotations Etat/Budget loc 6,5%

Poids économique et financier des communes (Moyenne 2003, 2004,2005) en unité de FCFA

I- La politique de décentralisation Evaluation
La gouvernance se consolide avec la communalisation totale du pays. La législation est pléthorique mais cohérente avec l’esprit de la décentralisation même s’il y a encore une part trop grande la déconcentration.

Indicateurs:

1.1. Etablissement de la gouvernance locale : ⇑ 1.2. Cohérence du cadre juridique: ⇒ 1.3. Cohérence de l’organisation administrative: ⇒

La mise en place du système de gouvernance locale territoriale de la république de Côte Le processus de décentralisation a d’Ivoire est structurée selon les principes démarré au milieu des années 1980 et de la déconcentration et de l’expérience s’est révélée positive avec la décentralisation. « Elle est organisée en compétition ouverte en 2001 et qui a vue d’assurer l’encadrement des permis le retour du RDR, principal parti populations, de pouvoir à leurs besoins, d’opposition de rentrer dans le jeu de favoriser le développement politique. économique et social, et de réaliser l’unité Selon la loi n°2001-476 du 09 août 2001 et la cohésion nationale ». d’orientation sur l’organisation générale de l’administration territoriale, l’administration

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La région collectivité territoriale est composée d’un ou plusieurs départements. Il n'existe pas de rapports hiérarchiques ou de tutelle entre les organes de la région et ceux des autres Collectivités Territoriales. Ses Organes sont : un Conseil Régional; un Président du Conseil Régional; un Bureau du Conseil Régional et un Comité Economique et Social Régional. Quant au département, il est une collectivité territoriale dont les limites couvrent celles de la circonscription administrative. Ses organes sont : le Conseil Général, le Président du Conseil La législation -Loi n°95-892 du 27 octobre 1995, d’orientation de l’organisation générale de l’administration territoriale, -Loi n°95-893 du 27 octobre 1995 portant création des communautés rurales, -Loi n° 78-07 du 9 janvier 1978, -Loi n°80/1180 du 17 octobre 1980 relative à l’organisation municipale, -Loi n°80/1181 du 17 octobre 1980 portant régime électoral municipal, -Loi n°2000/514 du 1er août 2000 portant code électoral, -Loi n°2001/476 du 09 août 2001 relative à l’Orientation générale de l’administration territoriale, -Loi n°2001/477 du 09 août 2001 relative aux départements, -Loi n°2001/ 478 du 09 août 2001 portant création du District d’Abidjan, - Loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux Collectivités Territoriales, -Décret de 1995 portant organisation de communautés rurales, -Décret n° 97-35 du 22 janvier 1997 réglementant la collaboration entre les services de l’Etat et ceux de la commune, L’organisation administrative La structure administrative du pays est composée en 19 régions, 58 départements, 245 sous-préfectures ayant à leur tête des sous-préfets nommés, 197 communs et 2 Villes (Abidjan et Yamoussoukro). Les membres du conseil communal ainsi que le maire sont élus par la population locale. En ce qui concerne le district la loi lui reconnaît qu’elle est une collectivité

Général, le Bureau du Conseil Général et le Comité Économique et Social Départemental. Le corpus normatif en matière de décentralisation s’enrichie régulièrement avec pour objectif la consolidation de la riche expérience entreprise depuis 1978. La Constitution, prévoit le principe de la libre administration des collectivités territoriales. Les récentes dispositions sont surtout prises pour permettre l’application de certaines lois. On note une cohérence entre déconcentration et décentralisation.

-Décret n° 98-05 du 14 janvier 1998 portant modalités de fixation, de calcul et de répartition de la Dotation globale de fonctionnement. - Décret n°2005-262 du 21 juillet 2005 fixant les modalités d’application en matière de Sports et Loisirs - Décret n°2005-265 du 21 juillet 2005 fixant les modalités d’application en matière de sécurité - Décret n°2005-264 du 21 juillet 2005 fixant les modalités d’application en matière de Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant - Décret n°2005-250 du 07 juillet 2005 fixant en matière de Production Animale et de Ressources Halieutiques - Décret n°2005-261 du 21 juillet 2005 fixant les modalités d’application en matière d’Urbanisation et d’Habitat - Décret n°2005-307 du 29 septembre 2005 fixant les modalités d’application en matière de Promotion de l’Agriculture. - Décret n°2005-266 du 21 juillet 2005 fixant les modalités d’application en matière de lutte contre le SIDA.

territoriale de type particulier dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il regroupe un ensemble de communes et de sous-préfecture. Au rang de ses organes on trouve le Conseil du District, le Bureau du District, le Gouverneur du District, et le Comité consultatif du District. La loi définit la Ville comme étant une collectivité territoriale qui est le

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regroupement

deux

ou

plusieurs

communes contiguës. sont les communes et les régions. Depuis 2005, la Côte d’Ivoire compte 718 communes, 19 régions et 58 départements. A l’accession à l’indépendance, le gouvernement avait sur place une politique de déconcentration pour assurer l’administration du territoire. Aujourd’hui la déconcentration va de paire avec la décentralisation. Le gouvernement nomme les chefs des unités administratives déconcentrées qui assurent la tutelle des exécutifs des collectivités territoriales décentralisées élus du même ressort territorial. communes. Elle est dirigée par un Conseil élargi aux conseils des communes membres. L’Exécutif est assuré par un collège de maires des communes membres. Dans la répartition des compétences, les communes membres ont une compétence générale alors que la Ville à une compétence d’attribution. De même Yamoussoukro est, comme Abidjan, subdivisé en communes d’arrondissement dirigées par un conseil et un maire tous élus au suffrage universel.

Décentralisation et déconcentration Le titre XII de la Constitution adoptée par référendum en juillet 2000 est consacré aux collectivités locales. L’article 119 dispose que « la loi détermine les principes fondamentaux de la libre administration des Collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources ». La dynamique décentralisatrice amorcée depuis 1980 s’est progressivement accompagnée de la coexistence des circonscriptions administratives déconcentrées (les préfectures et sous-préfectures) et les collectivités territoriales décentralisées que Statuts particuliers Les lois n°2001-478 du 9 août 2001 et n°2002-44 du 21 janvier 2002 portant respectivement statut du district d’Abidjan et du district de Yamoussoukro dotent ces deux villes du statut particulier. En effet, la Ville d’Abidjan et la Ville de Yamoussoukro sont érigées en district ; le district, selon la loi, est une collectivité territoriale de type particulier dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. La ville d'Abidjan et de Yamoussoukro sont placées sous un régime spécial. La Ville d’Abidjan est subdivisée en 10 communes régies par le droit commun des
Tableau 1 : organisation administrative et décentralisation Découpage territorial Collectivités locales Dénomination Nombre Régions Départements Districts Communes Sous-préfectures 19 58 2 197 245 Oui Oui Non Oui Non

Circonscriptio n administrative Oui Oui Oui Non Oui

Organes délibérant Conseil régional Conseil général Conseil district Conseil municipal non

Organe exécutif

Organes de tutelles Préfet de région Préfet Préfet de département Sous-préfet Sous-préfet

Président du Conseil Gouverneur du district Maires Non

II-

La mise en œuvre de la décentralisation
Le gouvernement a adopté un plan stratégique de renforcement du processus de décentralisation. Il est mis en œuvre avec le concours de divers organismes d’appui technique. Les transferts de compétence n’empêchent pas la concurrence entre services communaux et services de l’Etat. Il y a un réel effort d’articulation de la décentralisation à l’aménagement du territoire.

Evaluation :

Indicateurs:
2.1. Programmation de la mise en œuvre :

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2.2. Transfert des compétences et politiques sectorielles: ⇓ 2.3. Articulation de la décentralisation à l’aménagement du territoire: 2.4. Appui technique et S&E: ⇒

La planification de la mise en œuvre de la décentralisation Ce programme se stratifie comme suit : Les années 1980, 1985, 1990, 1995 et - Objectif global : Contribuer au 2005 ont vu l’élaboration et la mise en développement économique œuvre d’une matrice d’actions de durable de la Cote d’ivoire par développement, de cadres logiques et de l’appui à la mise en œuvre de la programmes de soutien à la stratégie de Décentralisation et Décentralisation et à l’Aménagement du d’aménagement du Territoire. Territoire en Côte d’ivoire. Cette - Objectifs spécifiques : Favoriser planification privilégie l’approche l’enracinement de la démocratie et participative. Cette approche à l’évidence de la bonne gouvernance ; répond aux exigences de plus en plus disposer d’outils de planification pressantes des différents acteurs performants ; appuyer la impliqués dans le développement local. structuration du territoire national Elle permet également aux autorités par le renforcement de leur rôle locales d’être proactives et d’avoir la régional de 5 localités chefs-lieux capacité d’anticiper sur le développement de régions. de leur territoire et d’initier des actions de - Projet de renforcement développement en phase avec les besoins institutionnel à la démocratie locale exprimés collectivement et en harmonie et à la décentralisation avec les objectifs généraux de l’Etat. - Projet de renforcement des outils Ainsi, dans le cadre de la recherche de de planification participative partenaires par les communes, la - Projet de renforcement des crédibilité du processus participatif et services offerts à la population l’appropriation locale des documents qui Pour sa mise en œuvre, l’Etat de concert en découlent sont des garanties de succès avec des structures spécialisées telles le dans le cadre d’un développement local Bureau National d’Etudes Techniques et maîtrisé. Dès lors, cette action de de Développement (BNETD), l’Agence planification apparaît dans le contexte nationale de la formation professionnelle social comme un outil (AGEFOP, l’Agence d’Etudes et de d’approfondissement de la Promotion de l’Emploi (AGEPE), le Fonds décentralisation en Côte d’ivoire, et de Développement pour la Formation comme un outil privilégié pouvant Professionnelle (FDFP), la DGDDL, met à contribuer à tracer les sillons du la disposition des collectivités des moyens développement au sein des communes, matériels, humains et financiers. départements et districts. Les institutions d’accompagnement technique Le Ministère de l’Intérieur Depuis l’arrivée de Charles Konan BANNY au poste de premier ministre en 2005 pour conduire la transition, c’est le ministère de l’intérieur qui conduit la politique gouvernementale en matière de décentralisation. La direction générale de l’Administration territoriale se charge de la mise en œuvre et de l’élaboration des textes portant décentralisation. Le PACOM/MACOM Le Programme d’Appui à la Conduite d’Opération Municipale (PACOM) initiée par la Banque mondiale s’appui sur une nouvelle approche de la gestion de l’espace public dans le cadre de la décentralisation. Il vise à associer la population et les différents acteurs à l’aménagement des quartiers sous équipés (PAQSE). Le volet ingénierie sociale confié à l’Association des Volontaires du Progrès (AFVP) a mis en œuvre une méthode dite Maîtrise d’œuvre Sociale (MOS).

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Les transferts de compétences et les politiques sectorielles du 21 décembre 1981 portant régime Le transfert repose sur les deux grands financier, la loi n° 81-1130 du 30 principes en la matière que sont : le décembre 1981 portant régime fiscal, la loi principe de subsidiarité et le principe de la n° 83-788 du 2 août 1983 déterminant les légalité, porte sur seize (16) matières, qui règles d'emprise et de classement des vont de l’aménagement du territoire en voies de communication et des réseaux passant par l’urbanisme, la santé, divers des communes et de la ville l’hydraulique villageoise, l’électrification, à d'Abidjan et la loi n° 84-1244 du 31 la promotion de la jeunesse, de la famille octobre 1984 portant régime domanial. de la femme et de l’Enfant. La loi prévoit Pour les transferts de compétences, la loi une clause générale de compétences en prescrit deux conditions bien distinctes : la vertu de laquelle ''le conseil municipal première énoncée par l'article 6 pose que règle par ses délibérations les affaires de les transferts s'opèrent sur proposition des la commune''. La clause ajoute qu'elle doit, ministres intéressés par décret pris en en harmonie avec les orientations conseil des ministres. La seconde nationales, programmer et mettre en prescrite par l'article 7 ajoute qu'aucun œuvre les opérations et les actions de transfert ne peut être décidé sans développement de la commune en vue mesures d'accompagnement. d'assurer les meilleures conditions de vie Chaque Collectivité Territoriale a un à l'ensemble de la population. En plus de champ de compétence défini par la loi. cette clause générale de compétence, les Mais en règle générale, ces compétences communes disposent de compétences ne sont pas définitivement transférées spécifiques qui résultent de lois spéciales. auxdites collectivités territoriales. Ce sont principalement la loi n° 81-1129
Tableau : Compétences relevant des collectivités Locales COMPETENCES TRANSFEREES AUX COLLECTIVITES TERRITORIALES Aménagement du territoire Planification du développement Urbanisme et l’habitat Voies de communication et les réseaux divers Transport Santé, l’hygiène publique et la qualité Protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles Sécurité et la protection civile Enseignement, la recherche scientifique et la formation professionnelle et technique L’action sociale, culturelle et de promotion humaine Sport et les loisirs Promotion du développement économique et de l’emploi Promotion du tourisme Communication Hydraulique, l’assainissement et l’électrification Promotion de la famille, de la jeunesse, de la femme, de l’enfant, des handicapés et des personnes du 3e âge

La décentralisation et l’aménagement du territoire de favoriser le développement Selon, l’alinéa 1 de l’article 1er de la loi économique et social, et de réaliser l’unité n°2001-476 du 09 août 2001 d’orientation et la cohésion nationale ». sur l’organisation générale de Il est dévolu aux collectivités la mission de l’administration territoriale, l’administration produire des cadres de développement territoriale de la république de Côte socio-culturel aux populations. En d’Ivoire est structurée selon les principes application au plan national qui définit les de la déconcentration et de grandes orientations du développement décentralisation. « Elle est organisée en local, les collectivités produisent des vue d’assurer l’encadrement des schémas directeurs d’aménagement qui populations, de pouvoir à leurs besoins,

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voient la création des infrastructures telles les aires de jeux, les marchés, les dispensaires Par ailleurs, il est à observer une synergie entre le ministère du plan, celui de la construction et les collectivités qui élaborent des plans quinquennaux qui seront exécutés et suivis dans leur ensemble. Il convient de noter que l’Etat exerce une tutelle sur les Collectivités Territoriales III- L'administration locale Evaluation :

exercée par le ministère chargé des Collectivités Territoriales. Il est effectué un contrôle essentiellement à posteriori, sauf dans les cas limitativement énuméré : - des programmes des actions et des opérations de département ; - de la création des régies de recettes et d’avances ainsi que les registres relatifs à leur organisation, à leur fonction ; - les emprunts et garanties d’emprunts.

Dans l’ensemble, l’administration locale a survécu à la crise politique que traverse le pays, et ce malgré une insuffisance notée des capacités des organes techniques. Le contrôle de l’Etat sur les collectivités locales reste encore très lourd et préoccupant pour les élus locaux.

Indicateurs:
3.1. Fonctionnement des organes politiques : 3.2. Qualité des organes techniques: ⇓ 3.3. Le niveau de contrôle de l’Etat: ⇓

Les organes politiques Le Conseil Les collectivités territoriales disposent d’organes délibérants, d’organes exécutifs et des commissions ou comités de travail. Le conseil est l’organe délibérant ; l’organe suprême de la collectivité. Il a compétence sur toutes les affaires pourvu qu’elles relèvent de l’intérêt de la collectivité. Les membres du conseil ou conseillers des collectivités territoriales sont tous élus sur des listes complètes soit au suffrage universel direct, soit au suffrage indirect. Les élections au suffrage universel direct des organes délibérants ont lieu au scrutin de liste proportionnel et majoritaire à un tour sur les listes complètes sans vote préférentiel ni panachage. La liste qui recueille le plus de suffrages exprimés obtient la moitié des sièges à pourvoir. L’autre moitié des sièges est répartie, entre toutes les listes, y compris la liste majoritaire, à la Les organes techniques Ils diffèrent selon qu’il s’agit de la commune ou de la région. En ce qui concerne les communes, il existe deux (2) principaux organes régissant les activités communales. D’une part le Maire qui incarne l’organe exécutif, et d’autre part le Conseil municipal qui représente l’organe délibérant proportionnelle et aux plus forts restes. Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de présentation sur la liste. La durée des mandats des conseils des collectivités territoriales est de cinq ans. L’Exécutif La loi de 1980 introduit également le principe de collégialité au sein de l'équipe dirigeante de la commune en faisant de la municipalité (maires et adjoints) une équipe de travail avec des pouvoirs propres (17). Le décret n° 80-1186 du 11 octobre 1980 détermine le nombre des adjoints : 2 pour les communes de 10 000 habitants et en dessous, 6 pour celles de plus de 10 000 habitants. Enfin la loi donne aux élus locaux un statut plus avantageux et prépare la mise en place d'une fonction publique communale en application des dispositions de l'art. 97 de la Charte municipale ivoirienne.

A ces organes se greffent des services techniques spécialisés qui sont le service administratif, le service financier qui ont un rôle purement administratif et technique. Ainsi, à la composition générale des communes on note : Le Secrétariat Général dirigé par le SG Le service Administratif dirigé par le CSA

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Le service Financier par le CSF Le service Technique par le CST (CS pour Chef de Service) Selon l’importance des communes par la grandeur de leur taille, on dénombre Les relations avec la tutelle La tutelle a deux dimensions : le contrôle administratif et l’appui conseil. Le contrôle administratif Les actes des autorités locales ne peuvent entrer en vigueur qu’après approbation de l’autorité de tutelle. Celle-ci dispose en outre de pouvoirs d’autorisation, de substitution et d’inspection à l’égard des autorités locales et de leurs actes. Parmi les problèmes soulevés par l’exercice de cette tutelle et dont se plaignent le plus les maires, il y a les retards dans la réaction des autorités de tutelle. Ces retards sont sources de soucis de gestion locale lorsqu’ils concernent l’approbation du budget communal. Ainsi et souvent sans aucune explication sérieuse il faut en effet, attendre parfois jusqu'à six mois après le début de l'exercice budgétaire pour voir approuver le budget s'y afférent et cela pose d'énormes problèmes au niveau de son exécution. Il est arrivé que des budgets soient approuvés en Septembre ou Octobre par l’autorité de tutelle (cas de la Ville d’Abidjan). Les cas de la Ville d'Abidjan et de Cocody en donnent une parfaite illustration : en attendant l'approbation du budget d'une année donnée, c'est le budget de l'année précédente qui est reconduit selon la règle du douzième provisoire. Ainsi, au moment de l'exécution des dépenses, celles-ci sont imputées à un chapitre donné. Plus tard lorsque le budget est approuvé et qu'il faut procéder à des régularisations, cela pose d'énormes difficultés au Trésorier car il arrive fréquemment que les crédits ouverts au titre de certains chapitres budgétaires soient largement dépassés. Il faut donc procéder à des ajustements plus ou moins réguliers. Les problèmes les plus nombreux surgissent après l'approbation du budget, c'est-à-dire, pendant l'étape de l'exécution de celui-ci. Dans la gestion de la trésorerie des communes, l'Agence Comptable Centrale de la Comptabilité (ACCC) fait des

d’autres services comme le Cabinet, le service social, le service communication, le service juridique, le service informatique, et le service sécurité.

propositions d’approvisionnement. Cette interférence ne permet pas de savoir quel est le niveau de la trésorerie octroyée aux communes et surtout de suivre à partir d'un tableau de bord, l'état d'exécution des subventions octroyées par l'Etat aux communes. L'exercice efficace et efficient de la tutelle financière passe inévitablement par la détention de statistiques fiables (financières et comptables) sur l'exécution des budgets communaux. Ces données permettent de saisir les insuffisances de la gestion et de diligenter des missions d'assistance comptable sur le terrain, de rappeler ou mettre à jour les instructions à caractère financier et comptable, toutes choses de nature à réorienter la gestion financière. Cependant, la collecte des états statistiques par la Direction de la Comptabilité Parapublique se heurte aux problèmes ci-après : - Retard dans la transmission mensuelle desdits états dus soit, à l'éloignement des communes, soit à la négligence de certains comptables. - Absence de fiabilité des données collectées. En effet, il existe diverses incohérences sur les tableaux fournis. La mise en œuvre de l'inspection et des vérifications se heurte au problème à l'insuffisance de l'effectif. En effet, l’Inspection Générale du Trésor (IGT) est censée inspecter non seulement les Postes Comptables du Trésor pour les communes et environ 70 agences comptables, les Postes Comptables à l'étranger, les Postes Comptables des Régies Financières ou des correspondants du Trésor public ainsi que les services centraux non comptables. Par conséquent avec son effectif, l’IGT paraît démunie pour sa mission, tant sur le plan humain que sur le plan matériel. L’Appui conseil L’appui conseil consiste dans l'assistance et les conseils aux communes, dans le soutien de leur action et l'harmonisation de

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cette action avec celle de l'Etat. Il est exercé par les services déconcentrés de l’Etat installés auprès des communes. Il y aussi l’assistance comptable que doivent exercer ces services de l’Etat auprès des communes par le biais des visites dans les trésoreries municipales. L’appui conseil est en général ineffectif faute de capacité suffisante chez les services qui en sont chargés. Le cas de l’assistance comptable est illustratif de cette ineffectivité. Elle est rendue difficile et dans beaucoup de cas inexistante du fait des problèmes de logistique (insuffisance de véhicule et personnel). Cela est accentué par

l'éloignement des communes de l'intérieur du pays. S’agissant du personnel, il est insuffisant, le service de la réglementation et de l'assistance est sans réel effectif. Aujourd'hui, ce service n'existe que de nom. Nous notons de plus l'insuffisance de personnel et de ressources financières pour l'organisation d'ateliers et de séminaires de formation utiles pour augmenter le niveau des agents concernés car en matière, les trésoriers doivent s’adapter aux nouvelles exigences de formation financière.

L’organisation et le fonctionnement des services municipaux lenteur de l'autorité de tutelle à donner son D’une manière générale, les Maires approbation ou son autorisation estiment que les budgets communaux La gestion municipale rencontre s'exécutent difficilement dans les délais également des difficultés dues à qui leur sont impartis en raison des l’institution de l’unicité de caisse. Ce lenteurs constatées. Ils déplorent par principe fait l'objet de vives critiques de la ailleurs la multiplicité des délibérations part des Maires. Notamment, son alors que selon eux, la délibération application en période d'assèchement de d'adoption du budget seule devrait suffire. trésorerie entraîne des contraintes Ce problème de lenteur est très insurmontables surtout, comme le perceptible en matière de marché public soutiennent les maires, quand les où il faut attendre de longs mois avant de dépenses des communes sont reléguées pouvoir démarrer effectivement les au second plan au profit de celles de travaux. En effet, la préparation du cahier l'Etat. Cela entraîne le non-paiement de des charges met au moins deux mois. Le dépenses vitales telles que les charges lancement de l'appel d'offre, le d'eau courante, d'électricité et de dépouillement, le jugement durent environ téléphone. Le même sort est réservé aux (trois) 3 mois. La rédaction du marché qui charges sociales de la Caisse Nationale nécessite la signature du maire, de de Prévoyance Sociale (CNPS). Par l'entrepreneur, des ministères techniques ailleurs, la crédibilité des Maires est mise à s'étend souvent sur une période de (trois) mal par l'accumulation des arriérés de 3 à douze mois environs sans compter la paiement envers leurs fournisseurs. IV-Les ressources humaines Evaluation :
Les cadres municipaux sont peu qualifiés et peu formés. Les personnels mis à disposition par l’Etat comblent passablement le déficit échappent à l’autorité des élus locaux. Cette insuffisance technique oblige les collectivités qui en ont les moyens à recourir à la maîtrise d’ouvrage déléguée.

Indicateurs:

4.1. La qualification des personnels: ⇓ 4.2. Les transferts de Ressources humaines: 4.3. La maîtrise d’ouvrage locale: ⇒

L’existence et niveau de formation des principaux cadres municipaux Il n’existe ni législation ni institut pour la d’administration dispense un cours sur la formation des personnels communaux. décentralisation et l’administration locale Toutefois, l’Ecole nationale pour ses étudiants de la filière

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administration générale. Quelques sessions de formation continue sont organisées pour les personnels communaux, notamment dans le cadre du projet « Assistance au développement communal » mis en œuvre avec l’appui du PNUD et du BIT (IVC87/014). Toutefois, l’instabilité politique qui marque le pays depuis quelques années a perturbé la coopération avec les bailleurs de fonds internationaux. Pratiquement seul, le gouvernement tente de soutenir des programmes de formation alternative des personnels locaux en poste. Plusieurs cadres municipaux ivoiriens suivent également des programmes de formation auprès de l’Institut africain des hautes études municipales (IAHEM) du PDM. Mais les fruits de cette formation sont peu exploités faute de cadre et d’équipement adéquat à la disposition des agents pour faire valoir le savoir-faire acquis. Les agents recrutés sur place sont régis par le code du travail et restent entièrement pris en charge par la Le transfert de personnels L’Etat met à la disposition des communes des fonctionnaires qui sont régis par le statut de la fonction publique. Ils sont régis par le statut de la fonction publique et sont toujours pris en charge par l’Etat pour leur rémunération. Les communes utilisatrices se chargent des indemnités complémentaires. Ils occupent les postes suivants : secrétaire général, chef des services administratifs, chef des services financiers et chef des services techniques. Le recrutement se fait sur la base soit d’une demande exprimée auprès de la direction de tutelle (DGDDL) par la commune, qui, en accord avec le ministère de l’intérieur, met à la disposition des communes des agents spécialisés ; soit que la commune recrute elle-même son personnel. Mais les contraintes budgétaires ne permettent pas souvent les V- La démocratie locale Evaluation :

commune. Le principe posé par la loi est que les communes ne peuvent donner à leurs agents des avantages supérieurs à ceux que peut consentir l’Etat pour ses fonctionnaires. Ce principe est destiné à éviter toute concurrence entre l’Etat et les communes dans la recherche des personnels d’élite. Tout comme les agents communaux, les élus locaux ne disposent pas d’un statut propre. Le salaire minimal mensuel du maire est de 100 000 Fcfa. Celui des adjoints est égal au quart de ce montant. Cependant, la décentralisation pose, aux collectivités locales, des problèmes particuliers en termes de ressources humaines qualifiées pour assurer les nouvelles responsabilités locales. Le gouvernement a même imaginé un système selon lequel un même agent (notamment pour les services techniques) peut servir pour plusieurs communes contiguës. Mais tous ces efforts sont manifestement insuffisants.

Maires à effectuer le recrutement qu’il faut. Il est donc difficile de voir produire par les mairies des documents de projet devant servir à la mise en œuvre des programmes quinquennaux communaux. C’est fort de cette expérience peu reluisante que l’UVICOCI, en accord avec le service de coopération française ont créé au sein de l’UVICOCI, une cellule technique dirigée par experts coopérants français dans le domaine de développement local et de techniciens ivoiriens. Cette cellule sert d’appui aux communes dans la maîtrise d’ouvrage à partir des productions de projets financés par des bailleurs de fonds. C’est le cas du projet FSD (Fonds Sociaux de Développement) de l’ambassade de France.

Le système électoral local consacre le suffrage universel. Mais il est suspendu à la normalisation totale du pays. La représentation politique se diversifie avec l’entrée des femmes en nombre encore réduit il est vrai dans les fonctions municipales. Dans l’ensemble aucun cadre de participation citoyenne n’est prévu, ce qui limite les garanties de transparence et les occasions pour les élus de rendre compte aux populations. Le mouvement municipal constitue un creuset pour l’unité nationale.

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Indicateurs:

5.1. La fiabilité du système électoral: ⇒ 5.2. Le niveau de la participation politique des citoyens: ⇒ 5.3. La consistance du mouvement municipal: ⇒ 5.4. Transparence et redevabilité des autorités et de la gestion locale :

Le système électoral Les conseillers municipaux sont élus, au suffrage universel direct et au scrutin de liste proportionnel et majoritaire à un tour sur des listes complètes sans vote préférentiel ni panachage. La durée du mandat des conseillers municipaux est de 5 ans renouvelable. La liste qui recueille le plus de suffrages exprimés obtient la moitié des sièges à pourvoir. L'autre moitié des sièges est répartie entre toutes les

listes y compris la liste majoritaire, à la proportionnelle et aux plus forts restes. Les sièges sont attribués aux candidats dans l'ordre dé présentation sur la liste. En cas d'égalité des voix entre plusieurs listes arrivées en tête, il est procédé à un nouveau tour de scrutin pour toutes les listes, le deuxième dimanche qui suit la date de proclamation des résultats.

La représentativité sociologique des conseils locaux Les mandats des maires et conseillers, A l’occasion des dernières élections élus en 2001, arrivait à échéance en municipales du 25 mars 2001, les partis respectivement mars et avril 2006. politiques (de l’opposition et le parti au Toutefois, suite à une tentative de coup pouvoir) se sont partagés les communes d’état de septembre 2002, vite avec des indépendants. C’est le transformée en conflit armé qui a divisé de Rassemblement des Républicains (RDR, fait la Côte d’Ivoire en deux, l'Assemblée parti de l'ancien Premier ministre nationale ivoirienne, réunie pour une Allassane Ouattara) qui est sorti vainqueur "session extraordinaire" controversée et du ce scrutin avec 64 communes, suivi du boycottée par la quasi-totalité des députés Parti démocratique de Côte-d'Ivoire (PDCI, de l'opposition, a adopté en février 2005 de l’ancien président Henri Konan Bédié), une loi prorogeant le mandat d'élus autre parti d’opposition avec 59 locaux. En août 2006, le Secrétaire communes. général de l'UVICOCI, a informé la presse Le Front populaire ivoirien (FPI, actuel l’existence d'un décret pris par le chef de parti au pouvoir du président Laurent l'Etat pour permettre aux élus municipaux, Gbagbo) a quant à lui remporté les de rester en fonction jusqu'aux prochaines élections dans 33 communes, enfin le élections municipales. La date de ce Parti ivoirien des travailleurs (PIT) a nouveau scrutin n’est pas encore connue. remporté les élections dans une Mais de toute évidence, elles commune. Il faut toutefois noter que les n’interviendront qu’après la normalisation Indépendants ont remporté les élections en cours dans le pays. dans 38 communes. Au total, sur 197 maires issus de ces élections, 25 sont des femmes, soit 12,69%. La participation locale (relation entre les organes municipaux et la société civile) s'adresser à des responsables de quartier Bien qu'imprégnés des problèmes de la qui ne sont pas nécessairement des commune et quand bien même elles en rouages de l'administration municipale. Il souffrent les populations locales sollicitent n'y a qu'une infime proportion qui très peu et sans grande vigueur les s'adresse directement à la Mairie pour autorités locales. Les données à ce titre poser les problèmes (services 12 % ; le sont assez éloquentes. 41 % ne prennent Maire 12 %) aucune initiative visant à trouver une solution, tandis que 30 % préfèrent La transparence dans la gestion locale et redevabilité (accountability)

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Le contrôle administratif exercé par le représentant de l’Eta permet aux gestionnaires locaux de rendre compte au gouvernement central. Il n’y a cependant aucun dispositif permettant aux citoyens de demander des comptes de leur gestion aux élus locaux. On constate une forte

propension des communes à passer des marchés de gré à gré malgré la désapprobation de la Direction des marchés publics, au détriment des deux autres modes qui sont le marché par adjudication et sur appel d'offre.

Le mouvement municipal et la coopération décentralisée l’unité nationale. L'Union des Villes et L’Union des Villes et Communes de Côte Communes de Côte d'Ivoire œuvre d'Ivoire (UVICOCI), a été créée le 6 Juillet également dans l’effectivité de la 1983, par les premiers Maires élus. A sa coopération décentralisée. Une création l’UVICOCI comptait 38 membres. Commission spéciale Coopération Aujourd’hui elle compte 197 membres. Internationale est créée en son sein. Au L'Union a pour but : plan interne, grâce à l’UVICOCI plusieurs - d'établir et développer des liens de associations régionales des communes solidarité entre les Villes et les sont nées. Un site Internet a été crée eau Communes de Côte d'Ivoire, service de ses melbres. Dans la cadre de d'échanger des informations, des la coopération décentralisée, l’UVICOCI expériences ; œuvre pour le partenariat avec les - d'étudier les questions intéressant communes étrangères. Cette coopération la vie et les activités des est encouragée par le Gouvernement, administrations locales et le bien compte tenu de nombreuses opportunités être des citoyens, qu'elle offre aux élus locaux dans le cadre - de coordonner les aspirations et de partenariats qu'ils nouent avec d'autres les objectifs communs et de les collectivités étrangères, des sociétés ou soutenir auprès des pouvoirs entre les collectivités ivoiriennes. Les publics ; nombreuses missions à l'étranger - d'assurer la protection matérielle et effectuées par les élus locaux sont morale dans le cadre de leurs fructueuses. fonctions de Maires des Villes et A titre d'exemple, la réalisation du Communes adhérentes ; complexe commercial d'Attécoubé (une - favoriser le développement de des 10 communes d’Abidjan), de même l'action urbaine et communale ; que les constructions d'écoles et de - de promouvoir l'idée de la dispensaires dans plusieurs communes participation de la population aux sont le fruit de cette coopération affaires civiques ; décentralisée. Il faut ici, déplorer - de réaliser son objectif social par l'absence, pendant de nombreuses tout moyen adéquat. années, de nos élus locaux sur la scène Avec la crise politique que traverse la Côte internationale, là où tout se décide. Cette d’Ivoire depuis 2002, l’UVICOCI œuvre en situation a énormément pénalisé notre faveur de la normalisation et la présence pays quand il s'est agit de répartir la en son sein des élus de toutes les manne financière. tendances politiques montre la voie de VI-Les Finances locales Evaluation :
L’effectivité des transferts financiers de l’Etat a permis le fonctionnement continu des collectivités locales pendant la période de crise. La mobilisation des ressources propres est restée en deçà des potentialités existantes, ce qui contribue à réduire à la portion congrue le poids économique et financier des collectivités locales.

Indicateurs:

6.1. La cohérence des transferts financiers de l’Etat : ⇒ 6.2. La performance dans la mobilisation des ressources locales propres: 6.3. Le poids économique et financier des collectivités locales: ⇓

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Les transferts de ressources La dotation globale de fonctionnement: Elle se compose d'une partie minimale et d'une partie complémentaire. La partie minimale de la dotation a pour objet, d'assurer à chaque collectivité territoriale, un minimum de ressources par habitant. La partie complémentaire est destinée à contribuer, compte tenu de leurs inégalités de situation, aux charges de fonctionnement des collectivités territoriales ou à alléger, le cas échéant, des charges particulièrement lourdes supportées par certaines d'entre elles. Le montant est déterminé sur la base d'un pourcentage de certaines recettes de l’Etat. Le pourcentage et l'identification de ces recettes font l'objet d'une loi. L'Etat, afin ide mieux encadrer les collectivités territoriales, surtout les départements de création récente, a mis en place une dotation de décentralisation qui est un ensemble de mesures d'accompagnement concernant les biens meubles, immeubles et le personnel. Cette dotation générale de décentralisation est destinée au financement des transferts courants, c'està-dire aux dépenses de personnel, d'abonnement et autres achats de biens et services ainsi qu'aux dépenses d'investissement et d'équipement. La dotation de décentralisation est destinée au financement des transferts ci-après: - transfert pour dépenses de personnel; -transfert pour dépenses d'abonnement; -transfert pour les autres achats de biens et services ainsi qu'au financement de transfert en capital pour dépenses d'investissement et d'équipement. : Les dotations transférables aux collectivités territoriales s'élevaient encore, il y a peu de temps, à 109,371 milliards dont 3,813 milliards au titre des dépenses de fonctionnement et 105,558 milliards au titre des dépenses d'investissement à raison de : - 53.464 milliards sur ressources internes, - II.603 milliards sur dons-projets, - 40.492 milliards sur prêts-projets. La situation de crise a diminué considérablement les transferts de l'Etat, mais ces montants sont appelés à connaître un accroissement considérable dès que les finances de l'Etat se porteront mieux.

La mobilisation des ressources locales propres et des ressources partagées réserves tenant à la main mise de l’Etat - L'impôt foncier dont 40% revient aux sur ces ressources. communes et 60% à l'Etat, actuellement ; Le niveau de recouvrement des recettes - Les patentes et licences dont 100% du locales est généralement faible. Les restes droit fixe et du droit proportionnel vont en à recouvrer (R.A.R) sont considérables. faveur des communes et 100% de la Nous nous en rendons compte à travers la contribution nationale et des taxes comparaison entre ces impôts restant dus, complémentaires profitent à l'Etat. les émissions et les recouvrements. Pour A cela, il faut ajouter l'impôt synthétique la Trésorerie Régionale d’Abidjan Sud dont bénéficient les budgets communaux (TRAS), la plus grande trésorerie de Côte depuis 1994. La clé de répartition est la d’Ivoire, le taux de recouvrement n’atteint même que celle de l'impôt foncier A eux jamais les 45%. seuls, ces impôts représentent près de Les R.A.R s'élèvent à la date du 26/06/98 95% des recettes fiscales des collectivités à 377.707,212.049 après avoir été de et 60% des ressources locales. Les 274.924.630.019 de 1975 à 1991. enquêtes et les entretiens réalisés A partir de la tendance générale de 1999, développés préalablement émettent des la situation ne s’est pas améliorée. L’emprunt Les collectivités peuvent emprunter auprès du Fonds de Prêt aux Collectivités Locales (FPCL) mis en place par le décret n° 89-962 du 30 août 1989, pour financer la réalisation des équipements marchands. Ce mécanisme, à cause sa lourdeur, n'a pas connu le succès escompté, si bien qu'aujourd'hui, la

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nécessité de repenser les conditions, les modalités d'emprunt et même la création d'un système de prêt aux collectivités s'impose. Les difficultés rencontrées par es élus locaux sont nombreuses. Les conditionnalités prescrites, ainsi que le taux d'intérêts élevés (12%) par rapport à la capacité financière des communes, Le poids financier des collectivités locales Ce poids est très important dans la situation actuelle de crise politicoéconomique. Les communes continuent de reverser à l’Etat les recettes exigées par la comptabilité publique de Côte d’ Ivoire.

rendent l’institution peu attractive pour les communes par rapport à d'autres modes de financement des investissements notamment le fonds d'investissement et d'aménagement urbain (FIAU) qui est une subvention créée par le décret n°92-274 du 21 Avril 1992.

.Les maquis, cyber café, les salles de jeux vidéo, etc. construits par les communes génèrent de fonds substantiels aux trésoreries de l’Etat.

VIILe développement local et la lutte contre la pauvreté Evaluation:
La planification du développement est bien ancrée dans la gestion des collectivités locales. La mise en œuvre des plans reste cependant une gageure, tant les ressources prévues restent dans bien de cas hypothétiques. Faute d’une effectivité de la décentralisation des politiques sectorielles, la contribution des collectivités locales à la lutte contre la pauvreté par une fourniture des services de base et un appui aux opérateurs économiques locaux reste marginale.

Indicateurs:
7.1. La capacité de planification du développement local : 7.2. Le niveau de l’offre de services aux populations: ⇓ 7.3. L’appui aux opérateurs économiques locaux: ⇓

La planification du développement économique local il revient aux collectivités la charge de les Selon la loi N° 2003-208 du 7 juillet 2003 exécuter. L’Etat, par ses ministères de portant Transfert et Répartition de tutelle (aménagement du territoire, Compétences de l’Etat aux Collectivités finances et du développement du plan) Territoriales, la réalisation d’un entreprend des contrôles a priori auprès équipement sur le territoire d’une des collectivités. Toutefois qu’il est collectivité territoriale ne peut être observé la non réalisation des entreprise par l’Etat ou par une autre programmes de développement, du fait collectivité territoriale sans consultation des restrictions des trésoreries, des préalable de la collectivité concernée. Il a moyens substantiels sont accordés en toujours existé une corrélation parfaite compléments de transfert de compétences entre le plan de développement local et humaines. l’Etat de Côte d’Ivoire. Dès l’adoption des programmes quinquennaux par le conseil, L'offre municipal des services de base aux populations des produits agricoles, détectent et La loi n° 2003-208 du 7 juillet 2003 portant construisent les points d’eau d’hydraulique transfert et répartition de compétences de villageoises, réalisent et gèrent des écoles l’Etat aux collectivités territoriales donne la primaires, collèges et maternelles, des possibilité aux communes de développer crèches et jardins d’enfants, des et d’assurer la bonne gestion des institutions d’éducation féminine et des attributions dans les matières ci-après : centres d’apprentissage, en harmonie Les communes construisent les écoles, avec la carte scolaire ; construisent des améliorent les voies délabrées, marchés, des dispensaires, construction désenclavent les zones inaccessibles par de magasins de stockage, de gares la création de nouvelles voies (ou des routières. ponts) en vue de favoriser l’écoulement

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En effet, grâce aux actions communales, l’on a vu la métamorphose subie par nos L'appui à l'économie locale La loi du 17 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales donne aux communes et aux départements des responsabilités très importantes notamment en matière d’action sociale, de promotion de la jeunesse, d’enseignement et de formation professionnelle, de promotion du développement économique et de l’emploi. A ce titre, il a été donné de constater que des communes oeuvrent à améliorer le cadre de vie des populations. Ainsi, il faut noter qu’une réelle politique d’aide à l’emploi et à l’insertion des jeunes dans le tissu socio-économique a été observée dans des communes telles Koumassi et Treichville (pour le District d’Abidjan). La commune de Koumassi et celle de Treichville ont offert chacune mille (1000) permis de conduire aux jeunes populations qui envisagent développer des actions économiques à travers cette initiative. Par ailleurs, les communes aident les populations jeunes en impliquant les micro finances à la structuration et à l’encadrement de ceux-ci. Par exemple, les communes mettent à la disposition des structures de micro finances des ressources financières qui, à partir d’études visant à rechercher les populations capables de produire des projets réalisables, donnent les moyens à

collectivités territoriales même rurales, et cela dans tous les domaines. ceux-ci. Ces micro finances suivent les bénéficiaires qui devront rembourser à long ou moyen termes selon les termes contractés par les parties signataires. Cela offre de nombreux emplois dans les communes. A cet égard, le FSD en partenariat avec l’UVICOCI, voudrait soutenir l’initiative des jeunes et des femmes en favorisant la création d’emploi pour les jeunes et les femmes par la réactivation du Programme dit : ‘’Travaux à Haute Intensité de Main d’Oeuvre (THIMO) dans les Communes. A terme, ce projet pilote (THIMO) préparé par une plate forme constituée de l’AGEFOP, l’AGEPE et du FDFP, offre des formations et des insertions à 50 000 jeunes repartis ainsi : 10 000 dans le domaine de la réhabilitation des infrastructures socio-économiques détruites pendant la guerre, 10 000 dans le développement des services sociaux de base, 30 000 par la création d’emplois productifs dans les activités liées à l’agriculture, la pêche, et l’artisanat. Il convient de noter que le service de coopération et d’action culturelle (SCAC) s’implique à donner toute le sens et la réussite du projet Ce qui devrait à moyen terme, permettre aux jeunes et aux femmes de passer des contrats permanents avec les Maires dans la perspective de susciter l’esprit d’entreprise et de responsabilité.

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