I) LES INTERVALLES Il est toujours intéressant de poser un regard sur notre passé afin de mieux savoir où nous en sommes

et, qui sait, peut-être de mieux deviner notre futur. Analysons comment nos ancêtres ont découvert et/ou conçu, mais surtout assimilé chronologiquement, les intervalles harmoniques.

Que nous enseigne le graphique général(*) intervalles / époques ? 1) l'ordre des intervalles que nos ancêtres musiciens ont trouvé logique ou naturel d'acquérir et d'assimiler. (*) Les données de ce graphique ont été recueillies dans l'excellent ouvrage de Mr. Jacques Chailley :Traité historique d'analyse harmonique aux éditions Alphonse Leduc. 2) le temps relatif et absolu qu'il a fallu pour assimiler ces intervalles. Pour mémoire, de la Grèce antique au Moyen-âge, en d'autres termes de l'assimilation de l'octave à celle de la quinte, nous comptons +/- 7 siècles. Alors que l'assimilation de la 12ème. au chromatisme ne nous a pris que quelques décennies.

Si notre langue maternelle a une influence sur l'apprentissage d'un langue étrangère. je pense entre autre à Jean-Philippe Rameau (1683-1764) . Une étude relativement récente démontre qu'il est plus facile pour un néerlandophone d'apprendre une langue étrangère et un peu plus pénible pour un francophone de faire de même. Qu'est ce qu'une consonance et qu'est ce qu'une dissonance? Bon nombre de théoriciens se sont cassés les dents sur ce sujet. vieux français.». donne à l'oreille une impression de fusion en un tout homogène. comme tous ses contemporains.. Les problèmes d'assimilation d'intervalles et de rapports harmoniques proviennent de l'auditeur dit "moyen". La dissonance n'est que le refus de cet agrément. physiques. Rameau utilisait en tant que praticien la «consonance de 7ème.-P. de nombreux musiciens." . Première définition. qui émet des sons et des harmoniques différents de la nôtre. n'a ou n'aura le monopole de la vérité dans l'enseignement de l'harmonie.Ce graphique nous pose la question suivante: nos ancêtres compositeurs étaient-ils moins hardis que les compositeurs actuels? A cette question. musicologues et linguistes se sont penchés sur ces interrogations. même si le chapitre suivant va encore susciter de nombreuses interrogations.et la musique en est une . n'a-t-elle pas eu des conséquences dans le temps (latin. ceci est le but réel du cahier et ce. Que de conflits intérieurs pour cet homme qui coiffait les deux chapeaux. je cite: " Une consonance est un ensemble de sons qui. Courage! le troisième chapitre nous verra entrer de plein pied dans le vif du sujet.grand compositeur qui contribua à fixer la "science" de l'harmonie -.il y a un vocabulaire élémentaire à acquérir. je répondrais qu'il y a toujours eu des compositeurs en avance sur leur époque et qu'il y en aura toujours. ni encore moins de décourager l'apprenti "harmoniste" dans sa démarche de recherche et de développement. Mais ceci dit. J. reçu sans effort comme naturellement agréable (au sens ancien: susceptible d'être agréé). est-ce que l'auditeur "moyen" n'a pas eu des problèmes physiologiques de compréhension du langage musical? N'en a-t-il pas encore . le but de ce cahier n'est pas d'envenimer ou d'entretenir les polémiques en cours.. comme pour l'apprentissage d'une langue .? Il est évident que je ne suis pas le premier à soulever ces questions. physiologiques et socioculturels que personne n'a eu. entendus simultanément. français) sur notre capacité d'assimiler plus rapidement les intervalles harmoniques? En d'autres termes. et la réfutait en tant que théoricien. II) NOTION DE CONSONANCE ET DE DISSONANCE La matière de ce chapitre a toujours été hautement contesté et est (et restera) toujours hautement contestable. mais de lui faire prendre conscience qu'il y a tellement d'éléments historiques.

et comme toutes les langues vivantes.do3 . 2) La classification des consonances et des dissonances ne peut-être définie que pour fonder une base concrète de travail. elle s'est enrichie petit à petit d'un vocabulaire permettant aux praticiens d'acquérir un bagage de plus en plus élaboré pour exprimer leurs émotions intérieures.sol2 . ..etc .mi3 . Résumé à sa plus simple expression.. Ce qui saute aux yeux en regardant cette suite d'harmoniques.ré4 . . onzième. Avant de classifier et de définir une base de travail. l'homme a assimilé inconsciemment les harmoniques que généraient les fondamentales qu'il jouaient. La musique est un langage qui c'est transmis de génération en génération. il est bon de rappeler que la musique ne peut en aucun cas se résumer à un simple phénomène physique. La musique est l'une des "langues" qui exprime les sentiments et les sensations. de l'intervalle d'octave au chromatisme.Oui certes.do4 . tierce. quinte. De cette déduction. Un son fondamental do1 génère les harmoniques suivantes : do2 . je tire les principes pratiques suivants : 1) Plus on s'éloigne du son fondamental.sib3 .fa4 . Deuxième définition.. tout à fait subjective par rapport à l'histoire qui lie l'homme à la musique (à l'harmonie). D'où la déduction suivante : depuis la nuit des temps. etc . plus on peut parler de dissonance. le principe est le suivant : un son naturel est constitué d'une série d'autres sons qui résonnent avec lui et que l'on nomment : "sons harmoniques" ou "harmoniques" . car ce sont les derniers intervalles assimilés consciemment par le musicien qui peuvent se révéler problématiques auprès de l'auditeur dit "moyen". car cette notion est relative à l'époque de la classification et. par conséquent . neuvième. Deux sons sont dissonants lorsqu'ils se trouvent entre eux dans un rapport plus éloigné et plus complexe de nombre de vibrations. . je cite toujours : " Deux sons sont consonants lorsqu'ils se trouvent entre eux dans un rapport plus proche et plus simple de nombre de vibrations.sol3 . remettons-nous en mémoire les intervalles découverts chronologiquement par nos ancêtres : octave. Avant d'aborder un principe physique indispensable à la compréhension du sujet qui nous intéresse. septième.sol4 . mais du reste cependant pas très claire et surtout pas très objective cette définition." Si cette deuxième définition n'est pas d'une limpidité exemplaire.. elle a au moins le mérite de faire appel à des notions de physique nous permettant d'acquérir une autre vision d'un classement objectif (si cela est possible de nos jours!) . c'est qu'elle correspond fidèlement à l'ordre chronologique des intervalles découverts et/ou conçus par nos ancêtres.mi4 . pour ensuite les "entrevoir" et les assimiler consciemment et ce.

assimilation modale. euh. les intervalles de 7ème et de 9ème majeure sont considérés comme des intervalles dissonants. Mr.mais avant l'intervalle de quinte ?!?!) Remarque : le terme auditeur «moyen» n'est absolument pas péjoratif et ne peut nullement être interprété comme étant un point de repère pour baser une quelconque discrimination. mais a parfois été instinctif laissant ainsi à nos prédécesseurs le droit et le pouvoir d'assimiler des notions que la physique seule ne peut expliquer "cartésiennement" de nos jours. Quant aux intervalles de quarte et de sixte majeure et mineure. H. Ce sont. nos ancêtres auraient utilisé l'intervalle d'octave suivi de l'intervalle de tierce majeure (et le renversement de ce dernier : l'intervalle de sixte majeure) avant d'assimiler et d'utiliser l'intervalle de quinte juste ? Dans le cas présent. entre autre. Nous serons tous d'accord pour dire. ils ont été assimilés grâce à de simples renversements d' intervalles déjà acquits et utilisés. H. que j'apprécie beaucoup pour l'originalité de ses théories et travaux pratiques. qu'il est regrettable de constater que dans bon nombre d'ouvrages traitant d'harmonie dite "académique". L'intervalle de tierce mineure a été assimilé par analogie modale (tonale). a négligé plusieurs millénaires d'évolution/assimilation.Le développement de ce vocabulaire a souvent été logique. les cas repris ci-dessous.comment vais-je dire?. . Pour Mr. pour preuve l'ordre ci-joint. D. Voici la classification et le vocabulaire que je vous propose. La littérature dite "jazz" n'est pas triste non plus dans le domaine de la classification des intervalles.. D.. Le bon sens et le bon goût des musiciens ont fait le reste.. (quant à l' intervalle de tierce mineure . certes .

Consonances (sans tenir compte des sous-catégories: «parfaites» et «imparfaites» et des renversements chronologiques appliqués par nos ancêtres) .