À:

La Commission de la Santé et des Services sociaux La Régie des alcools des courses et des jeux

Présentation dans le cadre de l’avis de modification des Règles sur les normes relatives à l’admission du public, au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes dans les casinos d’État.

Bill Clennett Gatineau, le 5 juin 2013

Le 1er mai dernier, le gouvernement a publié dans la Gazette officielle un avis de modification des Règles sur les normes relatives à l’admission du public, au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes dans les casinos d’État. Ce projet de règles propose notamment d’abroger l’article 8 qui affirme : « La vente, le service et la consommation des boissons alcooliques est permise uniquement à l'extérieur des aires de jeux d'un casino d'État. »1
Le 8 mai l’Assemblée nationale a adopté une « motion proposant que la Commission de la santé et des

services sociaux procède à des consultations particulières sur la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l'intérieur des aires de jeux »2 Le présent avis sur ce projet de règles s’adresse à Johanne Lamontagne, secrétaire de la Régie des alcools, des courses et des jeux et aux membres de la Commission de la santé et des services sociaux. Il porte sur la proposition d’autoriser la vente d’alcool dans les aires de jeux d’un casino d’État. Cet avis présente une analyse de la proposition d’autoriser la vente d’alcool dans les aires de jeux des casinos à partir de la réalité de la région d’Ottawa-Gatineau. Cette région frontalière constitue un laboratoire intéressant pour comprendre la dynamique de la concurrence en matière de jeux et pour tester les arguments avancés par Loto-Québec. L’argumentaire de Loto-Québec Le 30 avril dernier, Loto-Québec a publié un communiqué intitulé « Loto-Québec souhaite que les Québécois fréquentent davantage ses casinos ». Le 9 mai Loto-Québec a publié un billet dans son blogue portant le titre « Des enjeux, des défis, des responsabilités ». Le 22 mai 2013, tous les membres du conseil d’administration de Loto-Québec ont signé une lettre adressée à M. Nicolas Marceau, le ministre des Finances et de l’Économie. Le 29 mai la haute direction de Loto-Québec a fait une présentation devant la Commission de la santé des services sociaux dans le cadre d’une consultation sur invitation. Ces quatre communications présentent les raisons qui ont amené Loto-Québec à demander au gouvernement d’apporter une modification à la réglementation interdisant la consommation d’alcool dans les aires de jeux dans les casinos. Essentiellement, l’argument de Loto-Québec est la suivante. 1- Au cours des cinq dernières années, le taux de fréquentation des casinos de LotoQuébec est passé de 21% à 17%.
« Le taux de fréquentation des casinos par la population locale a glissé depuis quelques années 3 de 21 % à 17 %. » « Tout notre plan au complet …c’est basé pour retrouver d’abord une clientèle qu’on a perdue 4 aux cours des cinq dernières années. C’est ça qui est visé. » Règles sur les normes relatives à l’admission du public, au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes dans le s casinos d’État, Loi sur les loteries, les concours publicitaires et les appareils d'amusement (chapitre L-6, a. 20.2), Éditeur officiel du Québec. 2 Journal des débats de l'Assemblée nationale, 40e législature, 1re session, Le mercredi 8 mai 2013 - Vol. 43 N° 49 3 Communiqué de Loto-Québec, Loto-Québec souhaite que les Québécois fréquentent davantage ses casinos, le 29 avril 2013 4 Gérard Bibeau, président et chef de direction de Loto-Québec, Présentation devant la Commission de la santé et des services sociaux dans le cadre des Consultations particulières sur le projet de règles abrogeant la disposition qui prohibe la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l’intérieur des aires de jeux, le 29 mai 2013.
1

2- Cette diminution de la clientèle s’explique par la concurrence, particulièrement celle du Racino de Rideau Carleton et du Casino d’Akwasasné.
« On dégringole, ça c’est une chose ça dégringoler. Si les gens arrêtaient de jouer c’est une chose, mais les gens n’arrêtent pas de jouer, les gens vont ailleurs. Ils vont à Akwasané, ils vont à Rideau Carleton. Donc les gens vont à l’extérieur, ils vont aux États-Unis, ils vont à Atlantic 5 City, ils vont dans l’état de New York, ils continuent à aller à Las Vegas. » « Dans un casino, chaque client n’est pas égal. C’est pas un client qui donne nécessairement le même revenu là. Une partie de nos clients nous savons, les clients qui étaient plutôt des clients rapporteurs sont maintenant les clients de casinos terrestres dans l’état de New York et en 6 Ontario. Ça nous le savons. » « On estime que les québécois dépensent 42 M$ par année au Racino de Rideau Carleton à Ottawa pour un chiffre d’affaire de 155 M$. Dans le cas du Casino d’Akwasasné les québécois ils jouent pour environ 10 M$ par année environ 10$ de leurs revenus. C’est deux établissement s 7 sont nos deux plus proches concurrents. »

3- Pour récupérer cette clientèle, il faut rendre les casinos du Loto-Québec plus concurrentiels.
« Pour retrouver nos parts de marché, nous travaillons à rendre nos casinos plus attrayants afin 8 que les Québécois les fréquentent davantage. » « Pour remplir notre mandat, on doit proposer à nos clients une expérience aussi bonne que celle de la concurrence, voire plus. C’est un principe qui est vrai pour nous et pour toute entreprise 9 commerciale et c’est d’autant plus nécessaire parce que la compétition augmente sans cesse. »

4- La consommation de l’alcool dans les aires de jeux rendra les casinos de Loto-Québec plus concurrentiels.
« Loto-Québec a ... obtenu tout récemment du gouvernement du Québec l’autorisation de vendre 10 de l’alcool dans les aires de jeux des casinos, un besoin maintes fois exprimé par la clientèle. » « Cette spécificité du Québec de ne pas consommer de l'alcool dans les aires de jeux des casinos peut être vue de façon positive par ceux qui ne fréquentent jamais les casinos, mais elle 11 ne répond pas aux exigences de ceux qui les fréquentent. » « Partout dans le monde, la consommation d'alcool dans un casino fait partie des exigences de la 12 clientèle »

Ibid. Ibid. 7 Ibid. 8 Blogue de Loto-Québec, Des enjeux, des défis, des responsabilités, le 9 mai 2013 9 Présentation de Gérard Bibeau, op. cit. 10 Communiqué de Loto Québec, op. cit. 11 Lettre des membres du Conseil d’administration de Loto -Québec à M. Nicolas Marceau, le ministre des finances et de l’économie, le 22 mai 2013 12 Ibid.
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« En 2013, la capacité de vendre de l'alcool fait partie de l'offre naturelle et habituelle d'un 13 casino. »

Baisse du taux de fréquentation Évolution du chiffre d’affaires des jeux dans les casinos du Québec à partir des informations contenues dans les rapports annuels de Loto-Québec et ajustées en dollars constants pour tenir compte de l’inflation (en million de dollars) 2011-2012 Variation (dollars 2008) 2007-2008 2011-2012 (dollars 2008) $ % 14 15 16 790,4M$ 785,9M$ 730,0M$ -60,4M$ -7,6% Ce n’était pas possible de confirmer directement la baisse du taux de fréquentation des casinos puisque Loto-Québec ne publie pas de données sur cette question. Selon cette dernière, le taux de fréquentation est passé de 21% à 17% au cours des dernières années. Il est possible cependant, de confirmer indirectement cette réduction de l’achalandage à partir des revenus générés par les jeux dans les casinos. Selon les rapports annuels de Loto-Québec, ces revenus on diminué de 60,4 M$ en dollars constants ou de 7,6% entre 2008 et 2012. Notons que pendant cette période il y a eu une augmentation de l’offre de jeux avec l’ouverture du Casino de Mont Tremblant et une réduction des revenus au Casino de Montréal dû aux travaux de rénovation. Selon Loto-Québec, une « diminution de 4% du taux de fréquentation représente des pertes de 90 millions de dollars par année. »17 En tenant compte de l’ajout d’un nouveau casino et les pertes ponctuelles du casino de Montréal, on peut conclure qu’il y a eu une réduction du taux de fréquentation d’une valeur d’environ 90M$ tel qu’affirmé par Loto-Québec. La concurrence comme explication de la baisse de fréquentation S’il a eu une réduction de l’achalandage dans les casinos, il n’en reste pas moins que LotoQuébec a tort de justifier cette baisse par l’enjeu de la concurrence. En fait, une analyse de la situation de jeux dans la région d’Ottawa-Gatineau indique plutôt une diminution des revenus des deux côtés de la rivière. Évolution des clients dans les salles de machines à sous dans les hippodromes de la Société des loteries et des jeux de l'Ontario 2008-2009 2011-2012 Variation nombre % 18 19 1 721 677 1 786 980 65 303 3,8% Racino d’Ottawa-Carleton

Ibid. Loto-Québec, Rapport annuel 2008, page: 62 15 Loto-Québec, Rapport annuel 2012, page: 47 16 Banque du Canada, feuille de calcul de l’inflation, Source des données : Statistique Canada INDICES DES PRIX À LA CONSOMMATION POUR LE CANADA, MENSUEL, 1914 à 2006 (série V41690973) 17 Lettre des membres du Conseil d’administration de Loto -Québec, op. cit. 18 Rapport trimestriel du rendement des CASINOS OLG ET SALLES DE MACHINES À SOUS OLG - Quatrième trimestre financier 2008 – 2009, Société des loteries et des jeux de l'Ontario 19 Rapport trimestriel du rendement des CASINOS OLG ET SALLES DE MACHINES À SOUS OLG - Quatrième trimestre financier 2011 – 2012, Société des loteries et des jeux de l'Ontario
13 14

Total hippodromes

17 060 014

20

18 674 578

21

1 614 564

9,5%

Il faut d’abord reconnaître que selon les données publiées par la Société des loteries et des jeux de l'Ontario, il y a effectivement eu une augmentation de la fréquentation des salles de machines à sous dans les hippodromes au cours des dernières années. Par exemple entre 2009 et 2012, il y a eu une hausse de 65 303 visiteurs au Racino d’Ottawa-Carleton. Ce n’est pas possible cependant, d’expliquer cette augmentation par l’attrait de la concurrence ontarienne auprès de la clientèle du Casino du Lac Leamy. Premièrement cette hausse de 3,8% dans la fréquentation du Racino d’Ottawa-Carleton est considérablement inférieure à l’augmentation de 9,5% pour l’ensemble des hippodromes de l’Ontario. Si cette augmentation générale était le résultat de la concurrence avec Loto-Québec, à ce moment-là la performance du Racino d’Ottawa-Carleton, devrait être encore meilleure, à cause de sa proximité avec le Québec. Deuxièmement, une analyse de l’évolution des revenus de jeux dans la région d’OttawaGatineau ne démontre pas un transfert vers l’Ontario des pertes de revenus dans les casinos de Loto-Québec. L’évolution du chiffre d’affaires du Racino d’Ottawa-Carleton et du Casino du Lac Leamy 2008-2009 2011-2012 2011-2012 Variation (dollars 2008) (dollars 2008) $ % Racino d’Ottawa-Carleton 141,9 M$22 139,6 M$23 129,7 M$24 -12,2 M$ -8,6% 25 26 27 Casino du Lac Leamy 267,0 M$ 257,4 M$ 239,1 M$ -27,9 M$ -10,4% Total 408,9 M$ 397,0 M$ 368,8 M$ -40,1 M$ -9,8% Entre 2009 et 2012, les revenus annuels du Casino du Lac-Lemay ont diminué de 27,9 M$ ou de 10,4%. Par contre durant cette même période, les revenus du Racino d’Ottawa-Carleton ont chuté de 12,2 M$ ou de 8,6%. Alors si on peut constater une diminution significative du chiffre d’affaires du Casino du Lac Leamy, on ne peut pas conclure que c’est le résultat de la concurrence du Racino d’Ottawa-Carleton. Ces données indiquent plutôt que depuis 2009, la population très majoritairement locale a réduit ses dépenses annuelles de jeux de plus de 40M$ dans ces deux établissements. S’il est clair que la diminution de l’achalandage du Casino du Lac Leamy n’est pas le résultat de la concurrence d’un établissement de jeux juste de l’autre côté de la rivière, il est très peu probable que la concurrence provenant d’ailleurs en Ontario ou des états du nord-est des ÉtatsUnis puisse expliquer la baisse du taux de fréquentation des casinos de Loto-Québec. Il faut rendre les casinos de Loto-Québec plus concurrentiels Malgré ses cris d’alarme, les autorités de Loto-Québec n’ont pas fait la démonstration que ses
Rapport trimestriel 2008 – 2009 op. cit. Rapport trimestriel 2011 – 2012 op. cit. 22 Rapport trimestriel 2008 – 2009 op. cit. 23 Rapport trimestriel 2011 – 2012 op. cit. 24 Banque du Canada, feuille de calcul de l’inflation, op. cit. 25 Rapport annuel de Loto-Québec 2008 p. 39 26 Rapport annuel de Loto-Québec 2012 p. 45 27 Banque du Canada, feuille de calcul de l’inflation, op. cit.
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casinos n’étaient pas concurrentiels. La proximité entre le Racino d’Ottawa-Carleton et le Casino du Lac Leamy offre une occasion de comparer la rentabilité de deux établissements dans les juridictions différentes. Population de la région métropolitaine de recensement (RMR) d'Ottawa - Gatineau28 nombre de personnes pourcentage Partie du Québec 314 501 25% Partie de l’Ontario 921 823 75% RMR d’Ottawa - Gatineau 1 236 324 100% Ni la Société des loteries et des jeux de l'Ontario ni Loto-Québec ne publient les informations concernant la provenance de leur clientèle. Faute de données fiables, il est alors difficile de mesurer avec précision l’impact de la concurrence interprovinciale en matière de jeux. Cela étant, il est néanmoins possible de faire certains constats à partir de la réalité démographique de la région d’Ottawa-Gatineau. Comme hypothèse de départ, présumons qu’il y a approximativement le même pourcentage de la population dans les régions d’Ottawa et de Gatineau qui joue dans les casinos/racinos. Lors de son témoignage devant la Commission de la santé et des services sociaux, le ministre des Finances a même avancé que la population du Québec dépense en moyenne 583$ par année dans les jeux de hasard alors que la moyenne canadienne est de 770$ par année.29 Selon le dernier recensement, la population d’Ottawa-Carleton est de 1,2 million de personnes et 25% de ces personnes résident du côté québécois alors que l’autre 75% résident du côté ontarien. Dépenses de la population et revenus des maisons de jeux en 2012
Projection de dépenses selon la taille de la population Million de dollars pourcentage Revenus du Casino du Lac Leamy et le Racino d’Ottawa-Carleton Million de dollars pourcentage

Gatineau métropolitain Ottawa métropolitain RMR d’Ottawa - Gatineau

99,2 M$ 297.7 M$ 397,0 M$

25% 75% 100%

257,4 M$ 139,6 M$ 397,0 M$

65% 35% 100%

En 2012 le total des revenus du Casino du Lac Leamy et du Racino de Rideau-Carleton était de 397 M$. Suivant notre hypothèse, il serait donc raisonnable de conclure que la population québécoise de la région a dépensé 25% de ce montant ou 99,2M$ et la population ontarienne a dépensé 75% ou 297,7 M$. En comparant ces dépenses avec les revenus du Casino du Lac Leamy et du Racino d’Ottawa-Carleton on arrive à la situation suivante : Le Québec bénéficie de 65% des revenus de jeux dans la région alors que seulement 25% des dépenses de jeux viennent du Québec et inversement l’Ontario bénéficie de seulement 35% des revenus de jeux dans la région alors que 75% des dépenses de jeux viennent de l’Ontario.

Rapport de Statistique Canada. 2012. Série « Perspective géographique », Recensement de 2011. Produit no 98-310XWF2011004 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa, Ontario. Produits analytiques, Recensement de 2011. Version mise à jour le 24 octobre 2012. 29 Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l’Économie, Présentation devant la Commission de la santé et des services sociaux dans le cadre des Consultations particulières sur le projet de règles abrogeant la disposition qui prohibe la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l’intérieur des aires de jeux, le 4 juin 2013.
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Cette appréciation des dépenses et des revenus des maisons de jeux de la région, il faut dire est incompatible avec l’affirmation en commission parlementaire du président et chef de direction de LotoQuébec à l’effet que 42M$ de revenus du Racino d’Ottawa-Carleton proviennent du Québec. Lors de leurs témoignages, le ministre des Finances et de l’Économie et le ministre de la Santé et des services sociaux ont également insisté sur ces 42M$ qui étaient présentés comme la confirmation de l’abandon des casinos du Québec pour les maisons de jeux dans d’autres juridictions. Cette prétention n’est tout simplement pas crédible, car ça ne fait pas de sens que près de la moitié des dépenses de jeux de la région de Gatineau soient faites du côté d’Ottawa alors que le Casino du Lac Leamy est de loin le plus populaire.
Impact financier de la concurrence de jeux dans la région d’Ottawa-Gatineau revenus casino/racino dépenses des clients avantage/désavantage Québec 257,4 M$ 99,2 M$ +158 M$ Ontario 139,6 M$ 297,7 M$ -158 M$ Total 397,0 M$ 397,0 M$ À partir de ces calculs et contrairement aux affirmations de Loto-Québec, la seule conclusion possible est que le grand gagnant de la concurrence régionale en matière de jeux est le Casino du Lac Leamy. Peu importe le nombre ou le pourcentage des gens qui traversent la rivière dans un sens ou dans l’autre pour jouer, selon cette analyse la concurrence a favorisé le Québec en 2012, à la hauteur de 158 M$. Il y a deux facteurs qui n’ont pas fait partie du calcul qu’il importe de mentionner. D’une part, il y a la part des dépenses dans les établissements de jeux qui est faite par les touristes. Du point de vue de la concurrence, cette réalité ne change rien concernant l’attrait du Casino du Lac Leamy. L’autre facteur est la présence d’appareils loterie vidéo sur le territoire du Québec qui n’a pas fait partie de l’analyse. L’impact de la présence de ces appareils devrait avoir pour effet de surestimer la projection de 25% des dépenses de jeux attribuées à la population du côté du Québec. C’est donc dire que l’avantage de 158 M$ pour le Québec est une probablement une estimation conservatrice. Cette appréciation de la concurrence régionale en matière de jeux est partagée par la Ville d’Ottawa qui envisage le développement d’un casino justement pour récupérer les dépenses de sa population au Casino du Lac Leamy. « According to Ottawa Tourism, the Casino Lac-Leamy located in Gatineau, Quebec is
among the top tourist attractions for the national capital region. Economic spin-offs, however, currently flow primarily to the City of Gatineau and the Government of Quebec. A new gaming facility in Ottawa would enhance Ottawa’s tourism attractiveness, while 30 helping to reduce loss of revenue currently accruing to the province of Quebec. »

Que ce soit 158 M$ par année, un peu plus ou un peu moins, il ne fait pas de doute que la situation actuelle de la concurrence dans la région avantage Loto-Québec, même s’il n’est pas présentement autorisé de boire dans les aires de jeux du Casino du Lac Leamy alors que c’est possible au Racino d’Ottawa-Carleton. À partir de cet exemple, il est permis de douter que les casinos de Loto-Québec éprouvent une difficulté de concurrencer avec la compétition.

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Rapport de Kent Kirkpatrick, le directeur municipal au Comité des finances et du développement économique de la Ville d’Ottawa, 25 septembre 2012

Boire en jouant est nécessaire pour être concurrentiel Loto-Québec a justifié sa volonté d’introduire l’alcool dans les aires de jeux de ses casinos, par un problème de concurrence, mais elle n’a pas été en mesure de faire la démonstration de l’existence d’un tel problème. Bien que cela devrait suffire pour remettre en question cette initiative malavisée, il ne fait pas de doute que cette initiative représente une volonté de LotoQuébec. Dans la promotion de ce changement, Loto-Québec a affirmé que boire en jouant est ‘naturel’, un ‘besoin’, une ‘exigence’ de sa clientèle. Du point de vue de la santé publique, ces affirmations sont préoccupantes. Rappelons que dans ces pratiques commerciales, LotoQuébec autorise déjà les personnes à boire en jouant avec les appareils loterie vidéo. C’est une pratique très rentable car la moitié des profits de Loto-Québec proviennent de ces appareils. C’est aussi une des pires pratiques, car elle est associée à des gros problèmes dépendance. Au lieu d’envisager un nivellement vers les bas dans ses pratiques en matière de jeu responsable, Loto-Québec devrait plutôt envisager une harmonisation vers le haut. Concrètement ça veut dire que Loto-Québec ne devrait pas ajouter de l’alcool dans les aires de jeux dans les casinos, mais plutôt enlever l’alcool dans les aires de jeux des appareils loterie vidéo. Une telle orientation est conforme à l’application du principe de la précaution31 en santé publique. Le risque présenté par la présence de l’alcool dans les aires de jeux est atténué non pas par l’interdiction totale mais par une offre d’alcool hors des aires de jeux, ce qui permet aux personnes vulnérables un moment salutaire de temps d’arrêt. Recommandations : a) Que le gouvernement renonce à l’adoption l’article 2 des Règles modifiant les Règles sur les normes relatives à l’admission du public, au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes dans les casinos d’État qui aurait pour effet d’autoriser la vente, le service et la consommation des boissons alcooliques dans les aires de jeux d’un casino d’État. b) Que le gouvernement interdit la vente, le service et la consommation des boissons alcooliques dans les aires de jeux d’un établissement où il y a des appareils loterie vidéo.

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Des politiques publiques guidées par le principe de précaution, Institut national de santé publique, mai 2009

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