"Donnez moi un point d’appui et je soulèverai le monde

"
Pour tout appareil de levage, les appuis sont primordiaux, à plus forte raison pour les grues mobiles et les nacelles (PEMP). Alors que pour les appareils fixes les appuis ont fait l’objet d’études et de vérifications, et ne sont donc pas aléatoires, pour les engins mobiles ils doivent être appréciés au cas par cas. Les grues mobiles et les PEMP sont confrontés aux mêmes problèmes pour leur calage.
Préparer le terrain
Sols durs ou sols mous, nature du sous-sol, présence de réseaux ou de canalisations, voire de plaques de regards, ces différentes difficultés ne sont guère faciles à évaluer, même pour du personnel bien formé. Quelle que soit la nature du sol il est souvent nécessaire de procéder à quelques travaux préparatoires avant de disposer le système de calage. Il est impératif de créer une surface d’appui plane et horizontale. Souvent des travaux de “terrassement” manuels ou de mise en place de pré-calage doivent être réalisés. Il est alors possible de positionner les moyens de répartition indispensables. Compte tenu du peu d’informations généralement accessibles des sols et des sous-sols, la plus grande prudence est de rigueur. Il faut mettre en place un système de répartition le plus important possible et surtout ne pas hésiter à le surdimenssionner. Il n’est jamais ridicule et inutile d’adopter une attitude d’hypersécurité pour les appuis, ce qui induira la sérénité indispensable à la bonne réalisation de l’opération essentielle.

Les differentes plaques
Plusieurs solutions de répartitions sont possibles, l’utilisation des plaques métalliques appropriées est la solution classique la plus confortable. Ces plaques sont le moyen communément adopté pour les engins de forte puissance. Leur mise en œuvre est de loin la plus contraignante. Un engin de levage ( bras, grue, chariot, etc ...) 26 ManuMaGazine

est indispensable. Plus simple et réalisable manuellement la mise en place de pièces de bois denses sur plusieurs “lits“ croisés est une solution souvent utilisée pour des machines plus courantes ou pour les PEMP qui ne disposent pas de moyen de levage auxiliaire. Les plaques en matériaux composites apparues depuis quelques années constituent une alternative séduisante. Leur faible poids, les différentes formes possibles rendent leur utilisation plus aisée que le métal ou le bois. Les avantages de ce matériau décroissent en fonction des charges appliquées. Plus la charge est importante, plus il est nécessaire d’augmenter leur épaisseur et donc leur propre poids s’accroit jusqu’à nécessiter un moyen de levage auxiliaire. A ce stade seul le gain de poids pour le transport est avantageux. La flexibi-

lité de ces plaques est nettement plus importante que celles en métal équivalentes. Tout est affaire de compromission. Il n’y a pas de solution parfaite, il faut adopter la meilleure formule en fontion des charges par appui et des sols. Il est également possible d’utiliser des solutions mixtes (plaques en composite + bois dur). La finalité de la répartition de la charge est d’appliquer au sol une pres

sion acceptable (entre 1 et 2 bars). Sur les sols meubles, une pression homogène est obtenue spontanément, sur les sols durs il est préférable de positionner entre la plaque et le sol un matériau meuble et peu compressible (sable) qui va permettre de transmettre au sol une pression pratiquement homogène.

les travaux “outdoor” il est indispensable de procéder au contrôle des sols et des sous-sols (trottoir, cour pavé, terre ou tout venant même compacté.) Même des machines de faibles poids, par exemple 6 à 8 tonnes, transmettent sans répartition des pressions au sol supérieures à 2 ou 3 bars. Comme pour les machines avec stabilisateurs, la solution traditionnelle est l’utilisation des plaques métalliques qui présente le même inconvénient de nécessiter un moyen de levage annexe (bras, chariot). Pour les chenilles, des pièces de bois durs peuvent résoudre efficacement la répartition. Les plaques en composite appropriés sont en général une bonne solution pour les petites et les moyennes machines.

Les pièges à éviter
Pour les appareils de levage sans stabilisateurs, les points d’appuis sont les roues ou les chenilles. C’est la cas des nacelles automotrices, la surface des pneumatiques en contact avec le sol est souvent inférieure à celle des patins de calage, la vigilance s’impose. Dans le cas des travaux “indoor”, par exemple des sites industriels, la résistance des sols est souvent aisée à connaître et dans la plupart des cas ne nécessite pas l’utilisation de plaques de répartition, mais la plus grande prudence est de rigueur lors de travaux à l’intérieur de monuments historiques ou d’églises par exemple ou il n’est jamais superflu de disposer de moyens de répartition sous les roues. Pour

Attention à ne pas confondre roulage et calage.
Les plaques de roulage peuvent présenter les caractéristiques souples qui ne nuisent pas à la translation mais ne sont absolument pas appropriées pour faire office de plaques de calage.

La prévention
Une excellente formation des opérateurs est indispensable, c’est le moyen de prévention le plus efficace pour tous les risques liés à l’utilisation des appareils de levage et en particulier pour la mise en place d’appuis, préalable indispensable, pour un levage de charge ou de personnes en sécurité.

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