Table des matières

Avant-propos 3
Sommaire 6
1.Introduction 112
2.LesTICetlaréductiondelapauvreté 16
2.1LesTICàl’appuidel’agricultureetdudéveloppementrural 17
2.2Optionsetgroupescibles 18
3.Expériencesdesprojetsd’IICDfaisantappelauxTICenagriculture 23
3.1Favoriseruncontextepolitiquepropice 23
3.2Systèmesd’informationagricole 28
3.3Systèmed’informationsurlesprix 29
3.4LesTICetl’améliorationdel’accèsaumarché 33
3.5Améliorerl’effcacitédelaproduction 36
3.6LesTICetl’autonomisation 38
4.L’impactdesTICsurlaréductiondelapauvreté 43
4.1Proflsdesutilisateursdesprojets 44
4.2Impactsurlaréductiondelapauvreté 46
5.Leçonsconcrètes 51
5.1Conceptionintégréeetparticipativedesprojets 51
5.2Appropriation 53
5.3Contenuadapté 53
5.4Renforcementdescapacités 54
5.5Accèsrural 55
5.6Apprentissageetmécanismesdepartagedesactivités 56
5.7IntégrationdesTICauxniveauxorganisationneletdespolitiques 57
6.Conclusionsetrecommandations 60
Annexes 66
Avant-propos
LesTICauservicedesmodesdesubsistanceagricole
ImpactetleçonsapprisesdesactivitéssoutenuesparIICD
Cedocumentfaitpartied’unesériedepublicationsquifontétatdesréalisationsetdes
leçonsretenuesparl’Institutinternationalpourlacommunicationetledéveloppement
(IICD) et ses partenaires dans l’utilisation des technologies de l’information et des
communications (TIC) pour le développement dans le secteur agricole. Les effets des
projetssontreliésauxciblesetobjectifsarrêtésdanslesprogrammesdedéveloppement
internationalet,plusparticulièrement,auxObjectifsduMillénairepourledéveloppement
(OMD).
IICDencouragedepuisplusieursannéesdéjàl’utilisationdesTICàl’appuidesmodesde
subsistance agricole. L’agriculture est un secteur économique essentiel qui apporte un
revenuetpermetdenourrirunegrandepartiedelapopulationdespaysendéveloppement.
Lesprincipauxmoyensprivilégiéspouraméliorerlaviabilitédusecteuretproduiredes
revenuspourceuxquienviventsontl’intensifcationdelaproductionetuneorientation
commercialeplusmarquée.
LesprojetsdécritsdanscedocumentontétéexécutésparIICDetsespartenairessurune
périodedesixansetillustrentlerôlequejouentlesTICdanslaréductiondelapauvreté
dans le secteur agricole. Lorsqu’il développe des projets, IICD adopte une approche
fondéesurl’apprentissageparl’action.Danscedocument,noussouhaitonsfairepartde
nosexpériencesavecnospartenairesduNordetduSud–enparticulierlespartenairesen
développement,lesdécideursetlespraticiensdesTIC.IICDespèreainsicontribueràfaire
mieuxcomprendrelesutilisationspossiblesdesTICetleurcontributionàlaréalisation
desOMDdanscesecteur.
Noustenonsàremerciertoutesnosorganisationspartenairesdesdifférentspaysquiont
travailléavecIICDpourformuleretmettreenœuvrecesprojets.Nospartenairesjouent
unrôlecrucialdanslaréductiondelapauvretéetilssontamplementmotivéspourvouloir
ycontribuer.
3 IC1s r6v rouctfi6×
4 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
NoustenonségalementàexprimernotrereconnaissanceànospartenairesduNord:la
Direction générale de la coopération internationale (DGIS), le Département du
Développementinternational(DFID)duRoyaume-Uni,l’Agencededéveloppementetde
coopérationdelaSuisse(ASDC),leMinistèredesAffairesétrangèresdanois(DANIDA),la
CatholicOrganisationforReliefetDevelopmentAid(Cordaid),leHumanisticInstitutefor
Development Cooperation (Hivos), Cap Gemini Ernst & Young et InterAccess, qui ont
contribuéaufnancementdesprogrammesetapportéleursconnaissances.
Jac Stienen
Directeur général, IICD
Juillet 2006
5 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
AgriculteurstravaillantaveclafondationSEND,Salaga,Ghana
6 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Sommaire
Ce document fait partie d’une série de rapports sur l’utilisation des technologies de
l’informationetdescommunications(TIC)dansdiverssecteurs.Ilfaitétatdesexpériences
etdesréalisationsdel’Institutinternationalpourlacommunicationetledéveloppement
(IICD) et de ses partenaires dans l’utilisation des TIC pour améliorer les modes de
subsistanceagricoledanslecadredetrente-cinqprojetsréaliséssurunepériodedesix
ansdansneufpaysdel’Afriqueetdel’Amériquelatine.
L’études’adresseauxorganisationsquitravaillentdanslesecteurdel’agricultureetplus
particulièrementauxdécideurs,auxpraticiensdesTICetauxdonateurs.
LepotentieldesTICpourréduirelapauvretédanslemondeetcontribueràlaréalisation
desObjectifsduMillénairepourledéveloppement(OMD)suscitedefortesattentes.Or,
pour chercher à les combler, il faut commencer par recueillir des données. Avec cette
étude,IICDespèrecontribueràmieuxfairecomprendrel’utilisationdesTICàl’appuidu
développementagricoleetdelaréductiondelapauvretéenmilieurural.
Lesprojetsprésentésiciavaientpourbutderemédieràuncertainnombredeproblèmes
associésaumanqued’informationdespetitsagriculteursdespaysendéveloppement,en
particulierdesinformationsexactessurlesprixetlesmarchéspourlesproduitsagricoles,
sansparlerdel’accèslimitéàl’informationpourrésoudrelesproblèmesauxniveauxdes
processusdeproductionetdecommercialisation.
Lesprojetssontpréparésetexécutésdefaçonsystématique,participativeetprogressive.
Leur mise en œuvre s’accompagne d’activités de renforcement des capacités, de suivi-
évaluationetdepartagedesconnaissances.Lagénéralisationdesprojetsestassuréepar
le dialogue aux niveaux organisationnel et national afn de créer un climat politique
favorableàl’utilisationdesTICenagriculture.
Lestrente-cinqprojetssoutenusparIICDsontcréésetexécutéspardespartiesprenantes
venantdetousleshorizons,notammentdesassociationsd’agriculteurs,descoopératives
agricoles,desorganisationsnongouvernementales(ONG),desinstitutsderechercheet
desorganismesgouvernementaux.Environ20000utilisateursparticipentdirectement
aux projets moyennant quelque 200 centres d’information agricole dans neuf pays et
quelque200000personnesbénéfcientindirectementdel’informationdiffuséedansle
cadredesprojets.
L’analysedel’incidencedesprojetssoutenusparIICDrévèlequelesTICpeuventcontribuer
àlaréalisationdupremierObjectifduMillénairepourledéveloppement,« Réduction de
l’extrême pauvreté et de la faim »,enaugmentantlesrevenusdespetitsagriculteurseten
renforçantlesecteuragricole.
7 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Dansl’ensemble,lesTICcontribuentàaméliorerl’accèsàl’informationsurlesprix,les
marchésetlaproduction.
Lesprojetss’adressentessentiellementauxutilisateursàfaiblerevenudesrégionsrurales
etaméliorentleurcapacitéàprendredesdécisionséclairéesetàrenforcerleurpouvoirde
négociation.Lesdonnéesdesuivi-évaluationindiquentque30%desutilisateurssontdes
femmes alors que 70% sont des hommes. Il faudra donc consentir des efforts plus
pousséspouratteindrelaparité.
La majorité des utilisateurs sont très satisfaits des projets qui les ont sensibilisés à
l’utilisationdesTIC.Environ50%deceuxquiontparticipéauxprojetsmentionnentune
plusgrandeautonomisationet35%envoientleseffetspositifsdirectssurleurrevenu.
Lesprojetspassentparplusieursphases.Ilfautdutempsavantquelacapacitéhumaine,
lesoutilsetlescontenuspermettentd’apporterdesavantageséconomiquesàl’utilisateur
fnal.Uneanalysedequatreprojetsaprèsdeuxansmontreunehaussede20%duniveau
d’autonomisationetdel’impactéconomique.
L’impactleplusdirectdécouledesprojetsportantsurl’informationsurlesprixetl’accès
aumarché.Lesprojetsquivisentl’effcacitéetladurabilitédelaproductionagricoleet
ceuxquiportentsurautonomisationpolitiqueexercenteuxaussiuneincidencedirecte,
mais moins marquée, sur la pauvreté. Quant aux politiques nationales qui prévoient
l’utilisationdesTICetlarationalisationdessystèmesd’informationagricole,ellespeuvent
contribuer à créer un contexte plus favorable au développement agricole et à une
importanteréductiondelapauvreté,maisdefaçonindirecte.
Des recommandations concernant la mise en œuvre des projets et des processus
politiquesontétéformuléesenvuedefuturesactivitésquipermettrontderéalisertoutle
potentieldesTICdanslesprocessusdedéveloppement.Elless’appuientsurlesleçons
apprisesparIICDjusqu’àprésentdanslamiseenœuvredesprojetsetl’analysed’impact
desactivitésqu’ilsoutientdanslesecteuragricole.
1 Conception intégrée et participative des projets
Lesutilisateursdesprojetsontfavorablementaccueillil’approcheparticipativeetsystématique
adoptéeparIICD,quiconsisteàsensibiliser,àrenforcerlescapacitésetàétablirunsystème
desuiviparticipatifàl’aidedemécanismesdepartagedesactivités.
Recommandationsparticulières:
a Établirclairementlesbesoinseninformation
1
DeclaracióndelMileniodelasNacionesUnidas.Resolución55/2delasNacionesUnidas.Septiembrede2000.
8 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
b Faciliterlaparticipationactivedesutilisateursàl’étapedelaformulation
c Surveillerleprofldugroupecibleetréorienterlesactivitésduprojetaubesoin
d Surveillerlaparitéhommes-femmesetveilleràlaparticipationdesfemmesàla
formulationetàlamiseenœuvre
e Veilleràcequeleprojetsoitadaptéàl’activitéprincipaledupartenairedemise
enœuvre
f Établirunbudgetpourl’entretiendesTIC
g Assurerlesoutienauprojetpendantaumoinsdeuxàtroisans
2 Favoriser l’appropriation
L’appropriationestessentielleaudéveloppementdurable.
Recommandations:
a Prendreletempsd’établirdesliensetdecréeruncontextedetravailfavorable
b Négocierlesconditionsdupartenariat,notammentlesrôles,
lestâchesetlesextrants

3 Contenu adapté
Lecontenudevraitprendreencomptelesbesoinsdesutilisateursfnaux.L’informationsur
lesprixestgénéralementjugéeessentielle.
Recommandations:
a Fourniruneinformationquirépondauxbesoinslocaux.Elledoitêtrefonctiondu
contexte,exacte,fournieentempsopportunetprésentéedanslalangueetleformat
appropriés
b Créeretdiffuseruncontenulocalaccompagnédedonnéesprovenantdes
gouvernements,delasociétécivileetdesinstitutsetréseauxderecherche
c Effectuerdesrecherchessurlesattitudessocioculturelleslocalesàl’égardde
l’information,delacommunicationetdelatechnologie,avantdeprocéderàla
miseenœuvre
d Vériferl’utilisationdel’informationaumoyendeméthodessimplesdesuivi
e Selimiteraudépartàunoudeuxtypesd’informationsafndecréerunservice
d’informationutileaugroupecible
f Favoriserl’échanged’informationspourvaliderlecontenu

4 Prévoir le renforcement permanent des capacités
LesnouvellestechnologiesétantuneformerelativementrécentedeTIC,ilfautdévelopper
unecapacitéhumainesuffsante.L’introductiondesTICdanslesorganisationsvadepair
avecdeschangementsinstitutionnels.
Recommandations:
a Axerlaformationsurdestâchespratiquesadaptéesauprojetetàlasituationlocale
9 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
b Favoriserlescompétencestechniquesetdenaturegénérale,notammentlagestion
deprojet.L’utilisationetlagestiondel’information,lacréationetl’entretiende
systèmesdeTICetl’utilisationdesTICdansl’organisationetleprocessusde
développementsontaunombredessujetsàenseigner
c Poursuivreleseffortsderenforcementdescapacitéstoutaulongduprojet
d Créerunmécanismedeformationetdesoutienpermettantauxpartenairesd’accéder
auxconnaissancesetauxcompétencesunefoislesoutienextérieurterminé.
5 Faire appel à différentes TIC
L’associationdeplusieursTICpermetdesurmonterlesdiffcultésd’accèsenmilieurural.
Lesoptionssontnombreuses:accèsInternetpardessystèmesV-Satouaccèscommuté,
radiolocale,émetteurs-récepteurs,téléphoniemobile,multimédiasetthéâtre.Uneoption
prometteuserésidedanslepartagedescoûtsdelaconnectivitéentreplusieursutilisateurs
d’une communauté (p. ex. écoles, gouvernement local, centres de santé, centres
d’informationagricole).Lestéléphonesmobilessontégalementuneoptionàenvisager.
Recommandations:
a RechercherdessolutionsdeconnectivitéadaptéesetassocierlesnouvellesTICavec
lesTICtraditionnelles,lecaséchéant
b PrivilégierladurabilitédesTIC.Étudierlespossibilitésdepartagedescoûtsdela
connectivitéparsatelliteentrelesgroupeslocaux.Lesfraispayésparlesutilisateurs
occasionnelspourraientserviràsubventionnerlesservicesauxagriculteurs
c SurveillerlesprogrèsdanslesTICtantsurleplandumatérieletdelaconnectivité
quedessystèmesd’information.
6 Prévoir des mécanismes d’apprentissage et de partage des activités
Lestechnologiesdel’informationetdelacommunicationpourledéveloppement(TICpD)
constituentunnouveauchampd’actiondynamiquequiexigeunapprentissagecontinuet
le partage des expériences avec les pairs et d’autres intéressés. Les organisations
partenairesonttoutàgagnerdeladocumentationetdupartagedeleursexpériences.
Recommandations:
a Documenteretpartagerlesexpériencessurl’incidencedesTICenagriculture
b Créerdesmécanismesd’apprentissageentrepartenairesetautrespraticiensaux
diversniveaux,notamment:
• unsystèmedesuivi-évaluationparticipatifquimetl’accentsurl’apprentissage
parl’action
• unréseaud’échangedesconnaissancesparpayspourrecueilliretpartagerles
leçonsapprisesetlesinnovationsdansl’utilisationdesTICpD
• L’apprentissageentrepayspourpermettrel’échangeetlasynthèsede
l’information.Leséchangesdirectsentrepraticiensdoiventseconjugueràceux
effectuéssurInternet.
10 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
7 Intégration des TIC au niveau de l’organisation
Ilfautdutempsavantquelesprojetssoientbienétablis.Ilestessentielquelesprojets
fructueuxsoientpérennisésenlesintégrantauxniveauxinstitutionneletsectoriel.
Recommandations:
a Prévoirlapérennitéduprojetdèsledépartetassurerl’intégrationauxobjectifs
stratégiquesetauxprogrammesdemiseenœuvre
b Fixerdesciblesréalistesettenircomptedesdifférentesphasesdesprojets
c Commencerparuncontenufacileàproduireetutileauxagriculteursetlediffusersur
différentsmédias.Renforcerlescapacitésetlesinfrastructurespourdessystèmes
Internetplusavancésàl’appuidesmodesdesubsistanceagricole
d Faireparticiperlesdécideursdupartenaireauprocessus
8 Généraliser les TIC dans le secteur agricole
Unenvironnementpolitiquepropices’avèreessentielpourfavoriserl’utilisationdesTIC
auproftdesmodesdesubsistanceruraux.Ilfautdesnormescommunesetdessystèmes
partagés et compatibles si l’on veut que l‘utilisateur fnal ait facilement accès
àl’information.
Recommandations:
a Sensibiliserlesgouvernementsetlesdonateursinternationauxàl’incidence
éventuelledesTICsurlaréductiondelapauvretéetprésenterdesexpériences
b Recueilliretdocumenterdesdonnéessurlesimpactsetlesexpériencesdeprojets
pilotesdeTICenvued’infuenceretdefavoriserlaparticipationauxprocessus
politiquesetl’intégrationdesTICauxpolitiquesetprogrammesnationaux
c Faireintervenirlesréseauxmultipartitespourfaireconnaîtrelesexpériencesde
projetsdeTICetlesperspectivesdesutilisateursfnauxdusecteuragricole
d Favoriserl’interactionnationaledansuncontexteinternationalpourharmoniserles
normesetlessystèmesdepartagedel’informationagricole
11 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
ScènedemarchéauMali
12 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
1. Introduction
CedocumentportesurlacontributionpotentielledesTICauxmodesdesubsistancedes
petitsagriculteursetsurl’effcacitédusecteuragricoledanslespaysendéveloppement.
Lesexpériencesetlesleçonsdocumentéesci-aprèssontplacéesdanslecontextedeleur
contribution aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ces Objectifs
sontdesciblesdedéveloppementinternationalgénéralementreconnuesettrèsrépandues
parmilesdonateursinternationauxetlesgouvernementsdespaysendéveloppement,qui
s’eninspirentpourfxerleurspriorités.
LesTICsontunoutilrelativementrécentdeluttecontrelafaimetlapauvreté.Dansson
document stratégique de 2002 sur les TIC
2
, la Banque mondiale précise que «Les
technologies de l’information et de la communication représentent une contribution essentielle
au développement économique et à la croissance. Elles offrent des possibilités d’intégration
mondiale tout en conservant l’identité des sociétés traditionnelles. Les TIC ont la capacité
d’améliorer le bien-être économique et social des pauvres et d’autonomiser les particuliers et les
communautés. Finalement, les TIC peuvent améliorer l’effcacité et la transparence du secteur
public, notamment la prestation des services sociaux.»
Au nombre des grandes leçons à tirer des initiatives faisant appel aux TIC pour le
développement, force est de rappeler que l’on ne saurait réussir en l’absence de
programmessoigneusementconçusetmisenœuvre.L’enthousiasmeinitialetlacertitude
que les TIC allaient résoudre tous les problèmes de développement ont conduit à de
nombreux faux départs, d’où la mauvaise réputation des TIC dans le milieu du
développement.«Après des années de débat dans le secteur du développement au sujet des
tracteurs abandonnés ou des projets d’infrastructure laissés sans suite et après des années
d’expérience en communication participative, il semble que l’on soit en train de reproduire
exactement les mêmes erreurs en voulant apporter trop rapidement à tout le monde les
avantages des nouvelles TIC. Combien d’histoires n’a-t-on pas entendues sur des télécentres
parrainés par des gouvernements ou des ONG qui restent vides, des équipements abandonnés,
volés ou utilisés seulement par les riches. Et pourtant ce sont ces problèmes créés par une même
situation, bien qu’avec des technologies différentes, qui ont donné naissance aux théories
participatives depuis des décennies»
3
.
Sileshistoiresde«tracteurs rouillés»nousapprennentunechose,c’estquel’onnepeut
pas imposer des technologies de communication avancées dans un contexte social de
pauvreté, de faibles niveaux d’alphabétisation et d’autonomisation et s’attendre à ce
qu’unetransformationpositiveseproduisetoutnaturellement.LedocumentdeJohnDaly
de2003surlesTICetlafaimrésumebienlaquestion:«LesTICnepeuventpasaiderces
2
InformationetCommunicationTechnologies:AWorldBankGroupStrategy,WashingtonDC,
GroupedelaBanquemondiale,2002..
3
Beardon,Hannah,TICfordevelopment:Empowermentorexploitation?LearningfromtheReflectICTProject,
Royaume-Uni,ActionAid,2005.
13 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
enfants. Ils ne peuvent pas manger des ordinateurs et les téléphones ne vont pas les
soigner.Orsileshommes,lespolitiquesetlesinstitutionss’associentpourrésoudreles
problèmes de la faim et de la malnutrition, les TIC auront très certainement leur
rôleàjouer
4
.
Le rôle que les TIC peuvent jouer, en particulier dans le domaine du développement
agricoleetdelasécuritéalimentaire,estundesgrandssujetsabordésdanslePland’action
duSommetmondialsurlasociétédel’information(SMSI)
5
danslequelilestaffrméque
lessystèmesd’informationnationauxsontimportantsetrépondentàunbesoinévident.
Or ces systèmes reposent sur les TIC. L’importance de l’accès à l’information pour le
développement agricole est réitérée au paragraphe 21 sur la cyberagriculture. Le Plan
appelle à des mesures pour «assurer [au moyen des TIC] la diffusion systématique
d’informations sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, la sylviculture et l’alimentation, afn de
faciliter l’accès à des connaissances et à des informations complètes, à jour et détaillées, en
particulier dans les zones rurales».
5
En 2003, le programme Building Communication Opportunities, un partenariat
d’organisationsœuvrantpourledéveloppementàl’aidedesTIC,aréaliséuneétudesur
lesexpériencesdesesmembresdanslesoutienàdesprogrammesutilisantlesTICpour
réduirelapauvretéenAfriquesub-saharienne.L’étudeaconcluquelesprogrammesont
souventréussià«augmenter les récoltes alimentaires et produire des revenus pour les pauvres,
[ce qui] contribue à la réduction de la pauvreté et à une meilleure alimentation, tout en
améliorant les niveaux d’alphabétisation et la santé».
7

Parleprésentdocument,IICDsouhaiteajoutersapropreexpérienceaunombrecroissant
de textes qui viennent réaffrmer le rôle des TIC dans la réalisation des objectifs de
développementinternational,notammentlesOMD.Cedocumentporteplusprécisément
sur la mécanique du processus, en particulier les projets soutenus par IICD, et sur
l’utilisationdesTICdanslecontextedel’agricultureetdesmodesdesubsistanceruraux.
Il recense les domaines et les moyens par lesquels les TIC peuvent contribuer à
l’amélioration des modes de subsistance dans le secteur agricole, ainsi que les leçons
apprisesparIICDetsespartenaires.
Ledocumentseprésentecommesuit:
• Chapitre 2:DescriptiondesmécanismesgénérauxparlesquelslesTICpeuvent
contribueràlaréalisationdel’Objectif1desOMD.
4
DalyJohn,InformationandCommunicationsTechnologyandtheEradicationofHunger,
WorldBankDevelopmentGateway,2003..
5
DocumentWSIS-03/GENEVA/DOC/5-E,Pland’actiondeGenève,UITetUnesco,2003.
6
UITetUnesco,2003.
7
GersterR.etZimmerman,S.InformationandCommunicationTechnologies(TIC)andPovertyReductioninSubSaharan
Africa,ALearningStudy(Synthesis),LaHaye,IICDfortheBuildingDigitalOpportunities(BDO)Programme,2003
14 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
• Chapitre 3:Étudedesproblèmesenmatièred’informationetdecommunication
propresausecteuragricoleetexemplesdeprojetssoutenusparIICDquirépondent
àcesproblèmes.
• Chapitre 4:Présentationdesrésultatsdusuivi-évaluationdesmêmesprojets,en
particulierlesincidencesréellesdesprojetssurlapauvretéetaperçudesleçons
apprises.
• Chapitre 5:Conclusionsetrecommandationsconcernantl’effcacitéaveclaquelleles
activitésd’IICDetdesespartenairespermettentderéaliserlesOMD.
15 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Essaid’uneantenneparaboliquepourlafondationSEND(Ghana).
16 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
2. Les TIC et la réduction de la pauvreté
Enseptembre2000,laplusimportanterencontredechefsd’Étatjamaistenueaamorcé
le nouveau millénaire en adoptant la Déclaration du Millénaire des Nations Unies. La
Déclaration,signéepar189pays,estdevenuelafeuillederoutequiétablitlesobjectifsde
développementmondiauxàatteindred’ici2015.
Objectifs du Millénaire pour le développement
Objectif1 Réduirel’extrêmepauvretéetlafaim
Objectif2 Assurerl’éducationprimairepourtous
Objectif3 Promouvoirl’égalitéetl’autonomisationdesfemmes
Objectif4 Réduirelamortalitéinfantile
Objectif5 Améliorerlasantématernelle
Objectif6 CombattreleVIH/sida,lamalariaetautresmaladies
Objectif7 Assurerunenvironnementdurable
Objectif8 Mettreenplaceunpartenariatmondialpourledéveloppement
Tableau 1. ObjectifsduMillénairepourledéveloppement
Informationextraitede:http://www.unmillenniumproject.org/reports/goals_targets.htm
LesObjectifsduMillénairepourledéveloppementformentuncadrelargementaccepté
pour fxer les priorités et mesurer les progrès du développement international. Les
objectifs et les cibles ont été harmonisés dans de nombreux pays par des stratégies
nationales de réduction de la pauvreté (SNRP) et des plans sectoriels. Dans le secteur
agricole, les OMD et leurs cibles mesurables contribuent à focaliser l’attention des
décideurs sur les priorités interdépendantes de la sécurité alimentaire, de l’égalité de
genre,delapauvretéruraleetdel’environnementdurable.
LesTICsontlargementmentionnéesdanslaCible18desOMD(voirl’annexe2),maiselles
ontunrôletoutàfaitessentielàjouerdanslaréalisationdel’Objectif1–Réduirel’extrême
pauvretéetlafaim,unobjectifquiestassociéàlacibleconsistantàréduiredemoitié,
entre1990et2015,laproportiondelapopulationdontlesrevenussontinférieursàun
dollarparjour.DanssonRapportsurlapauvretérurale(2001),leFondsinternationalpour
ledéveloppementagricoledesNationsUniesfaisaitvaloirque«75% des pauvres dans le
monde vivent dans des régions rurales et que la plupart vivent de leur exploitation ou du travail
agricole. Leur nombre devant baisser à seulement 60% d’ici 2020, il est indispensable de se
concentrer sur la pauvreté rurale et le développement agricole pour réduire la pauvreté»
8

longterme,ilseraimpossiblederéduirel’extrêmepauvretéetlafaimsansunsystèmede
productionalimentaireeffcaceetsoucieuxdel’environnementquibénéfcieauxpauvres
8
Rapportsurlapauvretérurale2001:TheChallengeofEndingRuralPoverty,Rome,IFAD2001.
17 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
etpermettedeproduiredesrevenuspourlescommunautésruralesafnderépondreà
leurs besoins fondamentaux, notamment la santé et l’éducation pour les futures
générations.
Cerapports’intéresseàlafaçondontonpeututiliserlesTICpouraméliorerlasituation
desagriculteurslespluspauvresdansdesmarchésagricolesdeplusenplusmondialisés,
pouroffrirdenouveauxmodesdesubsistanceauxcommunautésruralesetpouraméliorer
l’effcacité et la compétitivité du secteur agricole en général dans les pays en
développement.
2.1 Les TIC à l’appui de l’agriculture et du développement rural
Les études réalisées par le Département du développement international (DFID) du
Royaume-Uni
9
etlaBanquemondiale
10
regroupentlesinterventionsquiutilisentlesTIC
danslesecteuragricoleenfonctiondeleursliensaveclesdiversaspectsduproblèmede
lapauvretérurale:faiblerendementdusecteuragricole,faibleproductivité,insuffsance
des revenus agricoles et absence d’autonomisation politique et d’inclusion sociale des
communautésrurales.
Lesprojetsabordésicipeuventégalementêtreregroupés
selontroistypesd’interventions:
a Améliorationdel’échangedesconnaissancesetducontextestratégiquedansle
secteuragricole
b Renforcementdelaviabilitééconomiquedesexploitationsagricolesenfavorisant
l’accèsaumarchéetenaméliorantl’effcacitédelaproduction
c Renforcementdel’autonomisationpolitiqueetdel’inclusionsocialedes
communautésrurales
9
Thesignificanceofinformationandcommunicationforreducingpoverty,London,
DepartmentforInternationalDevelopment,2002.
10
ICTandMDG:AWorldBankGroupperspective,WashingtonDC,WorldBankGroup’sGlobalICTDepartment,2003.
18 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Objectif 1 «Pauvreté» Interventions facilitées par les TIC
a Contextepolitiquepropice FormulationdepolitiquesdeTICetdestratégiesdanslesecteur
agricole
Coordinationetsystématisationdel’informationagricole
b Plusgranderentabilitédes
petitesexploitationsagricoles
Systèmesd’informationsurlesprix
Améliorationdel’accèsau
marché
Commercialisationetventeenligne
Faciliterlescontactsentreproducteursetfournisseurs
Diffuserl’informationsurlesconditionsdumarchéetles
exigencesenmatièred’exportations
Plusgrandeefficacitédela
production
Meilleuraccèsàl’informationetausavoirsurlesméthodesde
productionefficacestraditionnellesetmodernes
Améliorerlestatutsocialàl’aidedesTIC
c Pouvoirpolitiqueetinclusion
sociale
Renforcerlepouvoirdenégociationdesagriculteurs
Accèsàl’informationsurlesdroitsfonciers/cadastre
AccèsdeshabitantsrurauxauxTIC
Tableau 2. OMD1«Pauvreté»ettypesd’interventionsfaisantappelauxTICdanslesecteuragricole
Cas: Intégration de la radio traditionnelle et solutions
de connectivité Internet innovantes en Bolivie
LespetitsagriculteursdesvalléeséloignéesdeVallegrandeproduisent70%
deslégumesconsommésdanslavilledeSantaCruz.Etpourtant,lorsqu’il
s’agitdecommercialiserleursproduits,ilssontdésavantagés.
Pourremédieràcettesituation,l’InstitutodeCapacitacióndelOriente(ICO)
etlaCentraldeAsociacionesdePequeñosProductoresdeVallegrande
(CAPA)ontlancéunprojetpourréuniretdiffuserl’informationsurlesprix.
Chaquematinà6h,unagentserendaumarchédeSantaCruzpourrelever
lesprix,lesenvoyerparcourrielaucentred’informationagricolede
Vallegrandeà500kilomètres,oùilssontdiffusésdeuxfoisparjourdans
l’émissionderadioLecourrierdel’agriculteurquirejoint60000
agriculteurs.Cetteinformationaméliorelapositiondenégociationdes
agriculteursaveclesintermédiairesquicollectentetvendentleursproduits.
Encomplémentdel’émissionderadio,leprojetaétablicinqcentres
d’informationrégionauxdotésd’ordinateursetdel’accèsInternet.Jusqu’à
présent,630membresdesassociationsdeproducteursontétéinitiésà

19 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
l’utilisationdesTICetàl’analysedel’information,cequileurpermetde
prendredemeilleuresdécisionssurlelieuetlemomentoùilconvientdese
procurerlesintrantsetdevendreleursproduits.Chaquecentrepossèdeune
basededonnéessurlesvolumesetlesprixdumarchéauniveaudela
collectivité,cequipermetauxagriculteursdecomprendreetdecomparer
l’évolutiondesprixetlestendancesrégionalesauniveaudelaproduction.
Leserviceoffreauxagriculteursl’informationdontilsontbesoinpour
prendredesdécisionsessentiellesàleurmodedesubsistance.
Lescentressontfnancésparlesfraisd’utilisationdesordinateurset
d’Internet.L’accèsInternetestassuréparunelignecommutéeouparune
connectivitépartagéeparsatelliteselonlecas.

2.2 Options et groupes cibles
Comme leur nom l’indique, les TIC ont deux grandes fonctions: elles permettent la
communicationetserventàtraiteretàstockerdel’informationpourdefutursbesoins.
DanssondocumentstratégiquesurlesTICde2002
11
,leGroupedelaBanquemondiale
défnitlestechnologiesdel’informationetdelacommunicationcommelematériel,les
logiciels,lesréseauxetlesmédiasquipermettentlacollecte,lestockage,letraitement,
latransmissionetlaprésentationdel’informationdanslesformatsvoix,données,texte
etimages.LessecteursdesTICassocientlesindustriesmanufacturièresetdeservices
qui obtiennent, transmettent et affchent des données et de l’information par voie
électronique
12
.LesTICenglobenttoutessortesd’élémentsquivontdumatériel/logiciels
à la production de contenu, en passant par la gestion du savoir et les processus
institutionnelsetdegestion.LabonneutilisationdesTICenagricultureexigel’application
d’unmélangesavantdetechnologiestraditionnellesetmodernes.
L’agricultureduXXIesiècleunsecteuréconomiquedesplusdiversiféspuisqu’ilenglobe
lesagriculteurs,lesorganisationsd’agriculteurs,lesorganismesgouvernementaux,les
institutsderecherche,lesnégociants,lesmultinationalesetlesONG,parmid’autres
intéressés. Pour être productif, un secteur dépend d’une interaction fructueuse et
équitable entre les différents acteurs – la communication et l’échange d’information
sont essentiels au processus. Mais les approches doivent différer en fonction des
groupes cibles, chacun ayant ses propres besoins en matière d’information et de
11
InformationandCommunicationTechnologies:AWorldBankGroupStrategy,WashingtonDC,
GroupedelaBanquemondiale,2002.
12
ICTandMDG:AWorldBankGroupperspective,WashingtonDC,
WorldBankGroup’sGlobalICTDepartment,2003.
20 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Exemples de TIC adaptées aux
groupes cibles locaux
TIC adaptées
Petitsagriculteurs
Associationsd’agriculteursetcoopératives
Intermédiaires
Autoritésmunicipales
Agentsdevulgarisationlocaux
Interactionpersonnelle
Théâtre
Documentésimprimésillustrés
Ressourcesimprimées(livres,rapports)
VHSetbandesaudio,matérielmultimédia
utilisantlesDVD/CD,notammentlavidéo
Broadcastetémetteurs-récepteurs
Télévision
Ordinateursindépendantsouenréseaulocal
Basesdedonnéeshorsligne
Téléphoniemobile
Lorsquelaconnectivitélepermet:
Courriel
Forumsdediscussion
TéléphoneInternet(VOIP)
SystèmespartagéssurleWeb
Exemples de groupes cibles nationaux/
internationaux
TIC adaptées
Ministèresdel’Agriculture
Organismesderecherche
Conseilsdecommercialisationdesdenrées
Chambresdecommerce
Organismesdepromotiondesexportations
Organisationsnationalesd’agriculteurs
Chaînesdesupermarchés
Acheteursétrangers
Organisationsnongouvernementales
Organismesinternationaux
Ressourcesimprimées(livres,rapports)
MatérielmultimédiautilisantlesDVD/CD
DonnéesIntranet/InternetRessources
Réseauxlocauxd’ordinateursenréseau
Fax
Courriel
OutilsdedialogueWebetdiscussionsenligne
Groupes
TéléphoneInternet(VOIP)
SystèmespartagéssurleWeb
Tableau 3.GroupesciblesenagricultureetoptionsTICpourrépondreauxbesoins.
modesd’accès.Latechnologieetlecontextesocioéconomiquedugroupedécidentdu
choix des TIC en termes de contenu, de support et de forme de communication. Le
tableauci-contredonneunaperçudesgroupesciblesauxdifférentsniveauxdusystème
agricoleetdestechnologiesetapprocheslesmieuxadaptéesenmatièred’information
etdecommunication.
LechoixdesTICdanschaquecontextedépenddel’infrastructureenplaceetduniveau
d’alphabétisationetd’éducationdansunesituationdonnée.Lesoptionsdeconnectivité
21 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
entre les régions rurales et les lieux où se trouvent d’autres parties prenantes sont
diverses: lignes commutées, ADSL, mobiles, câble ou satellite. Ce dernier, souvent
associéauxboîtesMESHpourpartagerlabandepassante,estdurestedeplusenplus
utilisé.LechoixoptimaldesTICchangeavecl’évolutiondestechnologies.Ilfautdonc
surveiller les options techniques. À noter qu’avec la plus grande connectivité, les
possibilités d’interaction entre agriculteurs et entre les agriculteurs et d’autres
organismes se multiplient, de même que les possibilités de production/validation du
contenulocaletdesappelstéléphoniquesparInternet(VoixsurIP-VOIP).
22 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
DocumentandounproyectodeAGRECOL.Chapare.Bolivia.
23 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
3. Expériences des projets d’IICD en
agriculture facilités par les TIC
Danscechapitre,nousprésentonstrente-cinqprojetssoutenusparIICDdansneufpays
et pour lesquels les TIC ont été utilisées. Les projets étudiés dans ce document sont
regroupés selon les critères énoncés au paragraphe 2.1 pour les questions de pauvreté
faisantl’objetdel’OMD1.
LelienentrelesactivitéssoutenuesparIICDetl’Objectif1desOMDestensuiteanalysé.
Chacunedescinqcomposantesestillustréepardesexemplesdeprojets(voirletableau
4).OntrouveraunebrèvedescriptiondetouslesprojetssoutenusparIICDdanslesecteur
agricoleàl’Annexe3.
3.1 Créer un contexte politique propice
Ledéveloppementetlacroissancedurabledusecteuragricolereposentsuruncontexte
politiquepropice,notammentunclimatd’investissementfavorable,desinfrastructures
detransportetdecommunicationetunecapacitéderechercheetdéveloppementpour
encouragerl’innovationdanslesecteur.LesinvestissementsdanslesTICpourfavoriserle
développement de l’agriculture doivent viser des infrastructures fables et abordables
danstoutlepays(unenécessitépourtouslesservicespublicsetpourlasantééconomique
dupays),ainsiquedesmesuresquiciblentl’agricultureetlescommunautésrurales.
AlorsquelespolitiquesdeTICnationaless’intéressentauxtélécommunicationsetaux
infrastructures,lesdécideurssedoiventderéféchirauxmoyensdetirerunpartioptimal
desTICpourréaliserlesciblesdesOMDetsedoterdepolitiquesnationalesousectorielles
de«TICpourledéveloppement»(TICpD)plutôtquedesimplespolitiquesdeTIC.Dans
l’idéal,lesministèresresponsablesdudéveloppementruraletdestélécommunications
voientdanslesTICunoutildedéveloppementrural.Ilestpossibledèslorsd’adopterdes
politiques favorisant l’utilisation des TIC pour partager les connaissances, améliorer
l’accèsruraletrenforcerlescapacitésdegestiondel’informationparmilesorganismes
gouvernementauxresponsablesdel’agriculture.
IICD et ses partenaires dans les différents pays cherchent à favoriser un processus
multipartitefaisantintervenirlasociétécivile,lesecteurprivéetlegouvernementafnde
formuler des politiques et des stratégies de TICpD. IICD appuie ou a déjà appuyé la
formulationdepolitiquessurlesTICenBolivie,auGhana,enJamaïqueetenOuganda,
ainsiquedanslesecteuragricoleenBolivieetauGhana.
24 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Objectif 1 Pauvreté Intervention TIC Projets
1 Contextepolitique
propice
• Élaborationdespolitiques
etdesstratégiesdeTIC
danslesecteuragricole
• Coordinationet
systématisationde
l’informationagricole

1 StratégiedeTICpourlesecteur
agricole-MAGDER-Bolivie
2 Systèmederéseaud’information
agricoleduGhana-CSIR-INSTI-
Ghana
3 Systèmed’informationsurles
entreprisesagricoles-RADA-
Jamaïque
4 Développementd’unsystème
d’échanged’informationefficace-ZARI
-Zambie
5 Centresd’informationdesagriculteurs,
districtdeMansaetKasama-
Ministèredel’Agriculture-Zambie
2a Rentabilitéaccrue
despetites
exploitations
agricoles
• Systèmedediffusionde
l’informationsurlesprix
6 Systèmesd’informationagricoleetde
suividanslesvalléesdeSantaCruz
-ICO-Bolivie.
7 Systèmed’informationsurlemarché
deChuquisaca-ACLO-Bolivie.
8 Systèmed’informationpour
l’innovationetlacompétitivitédes
petitsagriculteurs-CEPAC-Bolivie.
9 Systèmed’informationsurlesprixdu
marchéutilisantleWebetlatélévision
nationaleauBurkina-IABER-Burkina
Faso
10 E-commercepourlesexportations
nontraditionnelles-Ministèrede
l’Alimentationetdel’Agriculture-
Ghana.
11 Soutienàl’accèsaumarchépourles
partenairesagricoles-Technoserve
-Ghana.
12 Servicesd’informationsurlesprixet
lesentreprisesagricoles-CROMABU
-Tanzanie.
25 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Objectif 1 Pauvreté Intervention TIC Projets
2b Meilleuraccèsau
marché
• Commercialiseretvendre
enligne
• Faciliterlescontacts
entreproducteurset
fournisseurs
• Diffuserl’informationsur
lesconditionsdumarché
etlesexigencesrelatives
auxexportations
13 Informationcommercialeetsystème
consultatifpourlesproducteurs
agricoles-CEPROBOL-Bolivie
14 Centresd’informationtechnique
etcommercialepourlesecteur
agroécologique-AOPEB-Bolivie
15 Centresderenseignementssurles
entreprises-FIAB-BurkinaFaso
16 Améliorationdescommunications
internesdanslesecteurdubeurrede
karité-Sontaaba-Yalgré-BurkinaFaso
17 LesTICauprofitdesproducteursde
cacao-MCCH-Équateur
18 Renforcementduréseaud’information
etdeformationpourlesproducteurs
travaillantaveclesystèmede
commerceéquitabledeCamari-FEPP
-Camari/FEPP-Équateur
19 Centred’informationsurlemarché
agricoleducorridorEst-SEND-
Ghana
20 Réseaudepromotiondel’accèsau
marché-MAPRONET-Ghana
21 UtilisationdesTICdansla
commercialisationdubeurredekarité
auMali-ULPK-Mali
22 Servicesd’informationpourles
entreprisesagricoles-BIS-Tanzanie
23 Systèmed’informationruraleàl’appui
ducommercedesproduits-UCE-
Ouganda
26 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Objectif 1 Pauvreté Intervention TIC Projets
2c Améliorationde
l’efficacitédela
production
• Améliorerl’accèsà
l’informationetl’expertise
surlesméthodesde
productiontraditionnelles
etmodernesefficaces
24 SystèmeSIGpourlacertification
desproducteursdecacao-CEIBO,
CEPROEST-Bolivie
25 LesTICpourl’échanged’expériences
enagricultureécologique-Agrecol
Andes-Bolivie
26 Améliorationdescanauxd’information
surl’agriculturepourlesagriculteurs
delarégionruraledeSissili-FEPPASI
-BurkinaFaso
27 Communicationpourlagestiondes
systèmesdeproductiondurable-CEA
-Équateur
28 Centred’informationagricolecentral
etparsatellite-St.Elizabethet
ManchesterVGA-Jamaïque
29 Rechercheenagricultureetréseau
d’informationrurale–TroupeNdere
-Ouganda
30 LesTICauservicedel’exportationdes
produitsbiologiques-OPPAZ-Zambie
3 Pouvoirpolitiqueet
inclusionsociale
• Améliorerlestatutsocial
grâceauxTIC
• Améliorerlepouvoir
denégociationdes
agriculteurs
• Accèsàl’informationsur
lesterres,lesdroitsetle
cadastre
• AccèsruralauxTIC
31 LesTICauservicedel’agriculture
danslarégiondeChiquitano-APCOB
-Bolivie
32 Informationsurlesconflitset
lesnégociationsdanslesterres
communautairesindigènesd’origine
-CIDOB-Bolivie
33 Systèmed’informationsurles
investissementspublicspourlespetits
producteursenagriculture-CIOEC
-Bolivie
34 Impactssurlelibre-échangeen
agriculture-AcciónEcológica-
Équateur
35 PolitiquesdeTICenagriculture
-MOFA–CasduGhana:Politique
etstratégiedeTICdanslesecteur
agricoleenBolivie
Tableau 4. Aperçudesprojetsd’IICDselonl’ObjectifdedéveloppementpourleMillénaire1
27 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Cas: Politique et stratégie de TIC dans
le secteur agricole en Bolivie
Reconnaissantlanécessitéd’effortsconcertéspourrelierlesprojetsdeTIC
entreprisparlasociétécivileetlesecteurprivéauxpolitiquespubliquesau
niveausectoriel,leMinistèredel’Agriculturebolivienaacceptéde
coordonnerl’échanged’informations.En2002,leMinistèreacommencé
l’élaborationetlamiseenœuvred’unestratégiedeTICpourlesecteur
agricole.Desreprésentantsdedifférentsgroupesdepartiesprenantes,
notammentdesorganisationslocales,desONGetdesinstitutions
gouvernementales,ontparticipéauprocessus,IICDjouantunrôle
consultatifetdefacilitation.
UnepolitiqueetunestratégiedeTICpourlesecteuragricoleontété
formuléesen2003.En2004,lamiseenœuvreacommencéparle
renforcementdescapacitésenTICauMinistère,notammentla
sensibilisationetlaformationdupersonnelsurl’infrastructuredesTIC.Le
personnelàtouslesniveauxaétééquipéetformépouracquérirdes
compétencestechniquesetdegestiondel’informationenvuedecréerune
culturedel’informationauMinistèreetpourquelesTICetl’information
deviennentunecomposantestratégiquedelapolitiqueagricoleetfassent
partieintégrantedutravailquotidien.En2005,lastratégieaétéélargieaux
directionsrégionalesduMinistèrepourleurpermettredecréerdesréseaux
régionauxd’échangedesconnaissancesresponsablesdecoordonner
l’échanged’informationentrelesorganisationsdeproducteurs,lesONGet
lesecteurprivéauniveaurégional.Lesréseauxserontrégisparuncomitéde
coordinationauquelparticiperonttouslesgroupesdepartiesprenantes.
Afndesoutenirl’échanged’informationentrelesniveauxnationalet
régional,lessolutionsdeTICadoptéesprivilégientlessystèmes
informatiquesenréseau,auMinistèrelui-mêmeetdanslesdirections
régionales,etunestructuredeportailsreliésauxniveauxnationalet
régional.Cetteapprochedevraitavoirdeseffetspositifssurlesecteur
agricoleengénéraletparricochet,surl’économienationaledelaBolivie.Les
ministèresd’autressecteurss’eninspirentetadoptentdesapproches
similairespouraméliorerl’échanged’informationaveclapopulation.
(www.agrobolivie.gov.bo).
28 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
3.2 Systèmes d’information agricole
Lessystèmesnationauxd’informationagricolesontunélémentessentield’uncontexte
propiceaudéveloppementdel’agriculture.LesTICpeuventfaciliterl’accèsdusecteuret
desutilisateursàlarechercheetauxdonnées.
«Fertile Ground»
13
, étude réalisée en 2003 sur les systèmes d’information agricole
mondiaux et nationaux par IICD avec l’appui du DFID, montre la nécessité d’une
coordinationetd’unerationalisationdessourcesd’informationactuelles,tantàl’échelle
internationalequeparmilespaysendéveloppement.Lesauteurssoulignentladisparité
entrelesbesoinseninformationdesagriculteursetl’informationfournieparlesorganismes
internationaux. En effet, cette information ne serait pas suffsamment locale et
excessivement scientifque dans sa présentation. Les systèmes nationaux peuvent
contribuer à produire une information locale et à en personnaliser le contenu. Il faut
égalementaméliorerl’interopérabilitéentrelessystèmesd’informationauxniveauxlocal,
nationaletinternational.Lacollaborationaveclasociétécivileetlesecteurprivépermettrait
enoutrederejoindrelesproducteursetderéduirelescoûts.
Danslessystèmesnationaux,l’informationsurlestechnologiesetlesbonnespratiques
des instituts de recherche, des praticiens et des réseaux experts, ne sont souvent
disponiblesqu’enformatimpriméoudansdesbasesdedonnéesautonomes.Lesdonnées
sont souvent incomplètes ou ne sont pas compatibles avec d’autres sources. De façon
générale, les connaissances locales et les bonnes pratiques n’existent même pas.
L’harmonisation des sources d’information et l’offre d’informations dans des formats
adaptéspermettraientd’accomplirdesprogrèsimportants.
Laproductionetlamiseàjourdel’informationcoûtentcher.Ledéveloppementd’unbon
systèmed’informationestuneentrepriseonéreusequiexigeégalementdesressources
humaines compétentes. Il est possible de réaliser des économies d’échelle par une
collaborationentrelesfournisseursd’informationetl‘utilisationdeplateformespartagées
etdenormescommunes.Laréutilisationdel’informationetlamiseenœuvredenormes
techniquesetdesystèmesdeclassifcationcommunsserontdeplusenplusfréquents.Il
importedecréerdesmécanismesmultipartitesauniveaunationalàcetégardafnque
l’informationrejoigneplusfacilementlesutilisateursfnaux.
IICD appuie actuellement plusieurs initiatives visant à faciliter l’accès systématique à
l’information agricole à l’aide des TIC, notamment le Ghana Agriculture Information
Network System (GAINS), qui a pour but de relier les bibliothèques des instituts de
recherche en agriculture relevant du Conseil de recherche scientifque et industriel, les
facultésdesbibliothèquesenagriculturedesuniversités,labibliothèquedel’Institutde
rechercheenbiotechnologieetagriculturenucléaireetleMinistèredel’Alimentationetde
l’Agriculture.
13
Besemer,H.,Addison,C.,Ferguson,J.FertileGround:Opportunitiesforgreatercoherenceinagricultureinformation
systems,LaHaye,IICD,2003.
29 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
En Zambie, L’Institut de recherche en agriculture de la Zambie (ZARI), qui relève du
Ministère de L’Agriculture, a lancé le projet «Développement d’un système effcace de
diffusiondel’information»,quiviseàfairecorrespondrelesrésultatsdelarechercheaux
problèmesdeproductionpropresauxgroupesd’agriculteursdelaZambie.Danslesouci
detraduirelesrésultatscomplexesdelarechercheenmessagesclairsquirépondentaux
besoinsdesagriculteurs,leservicedel’informationduMinistèredel’Agriculturealancé
un programme complémentaire pour produire des documents qui associent le texte et
l’imageenanglaisetdansleslangueslocales.
EnJamaïque,leMinistèredel’AgricultureetleBureaudelaPromotiondesexportations
ont mis sur pied le Système d’information sur les entreprises agricoles et l’Initiative
JamaicaExport.
Dans le cadre de ce programme, l’information sur les prix, sur la disponibilité, etc. est
recueillie au niveau de l’exploitation agricole à l’aide d’ordinateurs portatifs et elle est
centraliséedansunebasededonnéesnationale.Elleestensuitediffuséeparunportail
Webetcompiléesousformeimpriméeadaptéeàchaquegroupecible.
3.3 Systèmes d’information sur les prix
Lesagriculteursdesrégionsruralesisoléesignorentsouventlavaleurdeleursrécoltessur
les grands marchés. Ils se retrouvent dans des positions de négociations défavorables
aveclesintermédiairesquionttendanceàsous-évaluerleprixdeventefnaletàgonfer
lescoûtsdelatransaction.Ilenestdemêmepourleprixdessemences,desengraiset
autresintrantspourlesquelslesagriculteurspaienttropcher.Biensouvent,lesagriculteurs
nesontpasnonplusaucourantdespossibilitésstratégiquesdansleurproprerégion,ne
sachantpasquellessontlesdenréeslesplusappréciéesetlesmieuxcotéesdanslesvilles
voisines. Le fait de disposer de données exactes et à jour sur les prix revêt donc une
incidence énorme sur la capacité des agriculteurs à négocier leurs intérêts dans une
économiefondamentalementaxéesurl’agriculture.LesTIC,traditionnellesetmodernes,
peuventjouerunrôleessentieldansceprocessus.
Les ONG et les gouvernements ont tendance à chercher à résoudre le problème en
établissantdessystèmesd’informationsurlesprix.Engénéral,onrecueillelesprixdans
lesprincipauxmarchésrégionauxpourlessaisirdansunebasededonnéescentraleau
niveaurégionalounational.Lesdonnéessontensuitepubliéessurunsiteweb,accessible
auniveaulocalgrâceàdepetitscentresd’informationdotésd’ordinateursetd’Internet.
Pourrejoindreunepluslargepopulation,lesprixdumarchésontparfoisdiffusésversles
communautés isolées au moyen d’appareils radio émetteurs-récepteurs ou par la radio
rurale, établissant ainsi des règles du jeu équitables entre tous les producteurs d’une
régionetlesintermédiairessituésdanslamêmezone.IICDaappuyédenombreuxprojets
inspirésdecemodèlequinesedifférencientqueparl’échelle,lesmédiasutilisésetles
typesdepartenaires.
30 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it

Larécolte,Seguedin(BurkinaFaso)
31 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Le Projet e-commerce géré par le Ministère de l’Agriculture du Ghana recueille les prix
danslesprincipauxmarchésdupays,organiselesinformationsdansunebasededonnées
centraleetlespubliesurlesiteInternetduMinistère(www.mofa.gov.gh).Lesagriculteurs
peuventconsulterl’informationens’adressantauxbureauxprovinciauxduMinistère.
Delamêmefaçon,leprojetCROMABUdudistrictdesGrandsLacsdelaTanzaniedonne
des informations aux agriculteurs sur l’offre des intrants et sur les prix des cultures
commercialescommelecoton,lemaïsetleriz,ainsiquedesdonnéesgénéralessurles
transports.Lesinformationssontdiffuséespardescentresd’informationetautresmédia
(voirl’encadré).

Cas: Système d’information rurale pour
les paysans de la région de Sikasso
LeComitéRégionaldeConcertationdesRuraux(CRCR)deSikassoainitié
unprojetintituléJèkafoGèlèkandontlebutestd’améliorerla
communicationetl’informationentrelesorganisationspaysanneslocalesde
laprovincedeSikassoetlesautoritésrégionalesetnationales,contribuant
ainsiàfaireentendrelavoixdespaysansdansledébatpolitiquesur
l’agriculture.LesComitésLocauxdeCoordinationdesOrganisations
Paysannes(CLCOP)desseptvillesetvillagesprincipauxdelaprovincede
Sikassoformentlespointsd’ancragedusystèmedecommunicationdes
organisationspaysannesaffliéesauCRCR.Cesystèmecouvre215
organisationslocalesetuntotaldeplusd’unmilliond’acteurs(51%de
femmes).Ceprojetutilisedesordinateursetl’Internetpouraméliorerles
fuxd’informationdesetverslesCLCOPetilutiliselesradioslocalespour
disséminerdesinformationsspécifquesàgrandeéchelle.
Lemodèled’informationpilotéparJèkafoGèlèkansembleréussircaril
parvientàinformerdegrandescommunautésderurauxetàinclurelavoix
despaysansquin’étaitpasentendueauparavantdansledébatpolitique.Si
leprojetcontinuedanscettelancée,ilpourradevenirunrôle-modèlepour
l’autonomisationdespaysansd’autresprovincesduMali.
LeBurkinaFasoprésenteuneexpérienceintéressantedel’intégrationdesTICtraditionnelles
et modernes afn de fournir de l’information sur les prix au niveau national. L’Institut
d’agricultureIABERrecueilledesdonnéessurlesprixsurlesprincipauxmarchésdubétail
etdesdenréesetlesstockedansunebasededonnéescentrale.Lesprixsontdiffusésàla
télévisionnationale.Lesfamillesburkinabésn’ontcertainementpastouteslatélévision,
32 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
maiscetteémissiontrèsconnueestunvecteurimportantdediffusiondesprixexactspar
leboucheàoreilledansleszoneslesplusreculéesdupays.
Ilexisteplusieursexemplesdesystèmesd’informationsurlesprixappuyésparIICDen
Bolivie.TroisONG,laFundaciónAcciónCulturalLoyola(ACLO),l’InstitutodeCapacitación
del Oriente (ICO) (voir page 17) et le Centro de Promoción Agropecuaria Campesina
(CEPAC),gèrentdessystèmesd’informationsurlesprixdanstroisrégionsdelaBolivie.
Ils recueillent quotidiennement l’information dans les principaux marchés régionaux.
CetteinformationestenvoyéeparInternetàunréseaudecentresd’informationgéréspar
desassociationslocalesd’agriculteurs.Lestroisprojetsboliviensutilisentlaradiopour
diffuserlesprixàunvasteauditoiredansleslangueslocales.LaradioACLOrejointplus
de500000personnesparlantlequechuadansleshautesterresdesAndes.Danslecadre
duprogrammeCourrierdel’agriculteur,l’ONGICOfournitdesdonnéessurlesprixà60
0000agriculteursdanslarégiondeVallegrande.Uneautreémissionderadiodiffuséepar
CEPACrejointlemêmenombred’agriculteursdanslarégiond’Ichilodansl’ouestdela
Bolivie. Dans les trois régions, les émissions de radio rejoignent plus de 75% des
agriculteursdelarégion.
Case: Intégrer Internet et la radio en Bolivie
LeprojetduCentrodePromociónAgropecuariaCampesina(CEPAC)aide
lesassociationsdeproducteursàaméliorerlesméthodesdeproductionet
lacommercialisationdeleursproduitsparl’intermédiairedecinqcentres
d’informationdanslarégiond’IchiloàSantaCruz.Lescentressontgérés
conjointementparlesautoritéslocalesetlesassociationsdeproducteurs.
Leserviceoffertparlescentresestcomplétéparuneémissionderadiotrès
populaire,AllonsauMarché.
MaríaRitaSalvatiedécritleprocessusdeproductiondel’émission:«Nous
préparons l’émission de radio tous les jours. Nous la diffusons deux fois, à 7 h et à
19 h. Cette émission renseigne près de 10 000 agriculteurs de la région sur les
prix du marché. Elle donne également de l’information et des conseils aux
producteurs sur les récoltes, la météo, le taux de change du dollar américain,
ainsi que de l’information fournie par l’équipe des techniciens en agriculture.
Nous avons organisé des ateliers pour enseigner à nos auditeurs comment
interpréter les prix».

33 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
3.4 Les TIC et l’accès au marché
LesTICpeuventaussiaméliorerlesmodesdesubsistancedesagriculteursenfacilitant
leuraccèsauxmarchéspotentiels.PlusieursprojetssoutenusparIICDsontaxéssurcette
problématique et utilisent les TIC pour faciliter les contacts entre les vendeurs et les
acheteurs,promouvoirl’exportationdesproduitsagricoles,faciliterlecommerceenligne
etfaireconnaîtreauxproducteurslesdébouchés,lestendancesdeconsommationetles
prixdanslesmarchésduNord.
En sensibilisant les producteurs aux tendances de consommation et aux nouvelles
techniques de production, les TIC peuvent contribuer à la diversifcation et favoriser la
production de cultures qui rapportent, dont les fruits et les légumes biologiques et les
denréesspécialisées(plantesmédicinales,etc.).Lessystèmesd’informationfaisantappel
aux TIC aident les organisations intermédiaires qui travaillent avec les agriculteurs à
surveiller la qualité de la production et à appliquer des normes pour respecter les
règlementsdesgrandsimportateurs,notammentl’Unioneuropéenne.
Leprojetd’échangedesproduitsdel’Ougandaestaunombredesprojetssoutenuspar
IICD qui se concentrent sur l’accès au marché. Il relie un entrepôt à un bureau de
commercialisationdesrécoltesfacilitéparlesTICquiviseàaméliorerl’accèsdesacheteurs
auxproduitsdisponiblesetàdonnerdesinformationstechniquesauxagriculteurspour
lesaideràrespecterlesnormesdequalité.
Cas: Entrepôt et commerce des produits
facilité par les TIC en Ouganda
Uncamionchargédetroistonnesdecafésedirigeversungrandentrepôt
videàKabwohe,dansledistrictdeSheema,danslesud-ouestdel’Ouganda.
Ils’agitdelapremièrelivraisonprovenantdetroisgroupesd’agriculteurs.
Plutôtquedevendreleurcaféenpassantpardesintermédiaires,les
agriculteursontchoisid’yentreposerleursmarchandisesenattendantde
convenird’unprixaveclemieuxdisantsurleparquetdelabourse
ougandaise(l’UCE)deKampala.Cesystèmereposesurladisponibilitéde
donnéesexactesetàjoursurlemarchéetlesprix.
C’estlàquelesTICentrentenjeuenoffrantdesinformationssurdeux
fronts:informationsurlesproduitsaumarchéetinformationsurlesprixaux
groupesd’agriculteurs.Cesystèmefaitpartiedusystèmed’information
ruraledel’UCE,quiestunprojetsoutenuparIICD.Ilcollaboreavecun
projetdel’UEquiportesurlesentrepôtsdestinésàabriterlesdenrées.Le
projetaététrèsfavorablementaccueilliettroiscentresontétéouvertsen
Ougandapourlemoment.LeServiceconsultatifnationalenagriculture
34 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
(NAADS),principalresponsabledelamiseenœuvred’unprogrammede
modernisationdel’agricultureenOuganda,etl’UCEcollaborent
actuellementàlareproductionduprojetdansdouzeautresdistricts.Touten
étantencoreàsaphaseinitiale,leprojetprometdéjàdesretombées
économiquesimportantes.Pourlemoment,leprojetrejointtroiscentresde
vingt-quatregroupesd’agriculteurs,chaquegroupecomptantplusde200
agriculteurs,soituntotald’environ4800agriculteurs.«Avec des prix plus
élevés, nous allons améliorer notre niveau de vie et nous allons même améliorer
la qualité de notre café. Nous espérons vendre plus tard des haricots, des pois et
du miel de cette façon. Tout le monde en proftera»,ditunagriculteurquiest
aussisecrétairegestionnaireàKabwohe.
En Bolivie, l’Association des agriculteurs biologiques (AOPEB) soutient la production
agricoleetlesventesdanssonprojet«Centres d’information technique et commerciale pour
le secteur agro-écologique». Elle renseigne les acheteurs sur le volume des ventes et la
qualitédesproduitsofferts,enparticulierlecacao,lecafé,lesnoix,lesfruitstropicauxet
lequinoabiologiques.UnsiteInternetprésentedesinformationsauxagriculteurssurles
débouchés, les normes de certifcation, les tendances des prix et les technologies de
production.Cesinformationssontfourniesparquatorzecentresd’informationrégionaux,
qui rejoignent plus de 30 000 familles dans toute la Bolivie par l’intermédiaire des 51
organisationsmembresdel’association(www.aopeb.org.bo).
LeprojetECAMICduGhanapermetd’améliorerlaproductionetlacommercialisationdu
soja(voirl’encadréci-dessous).UnprojetsemblableenÉquateur,«LesTICauservicedes
producteursdecacao»,permetauxpetitsproducteursdecacaod’établirdesliensplus
directs avec leurs marchés. En Tanzanie et au Burkina Faso, le projet des
Servicesd’informationsurlesprixetlesentreprisesagricolesetlesPôlescommerciaux
de renseignement aident les petits producteurs en les renseignant sur les
débouchésnationaux.
LecentredepromotiondesexportationsdeBolivie(CEPROBOL)estalléencoreplusloin
en offrant une plateforme d’e-commerce aux petites entreprises exportatrices. Le
CEBROPOL offre des renseignements sur les possibilités d’exportation de produits
agricoles et les exigences connexes, et propose une plateforme d’e-commerce où les
producteurspeuventvendreleursproduitsparInternet(www.ceprobol.gov.bo).
35 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Cas: Hausse des profts pour les
producteurs de soja au Ghana
LaSocialEnterpriseFoundationofWestAfrica(SEND)encouragelaculture
dusojadanslenord-estduGhana.Lapotentialitécommercialedusojaetsa
grandevaleurnutritionnelledevraientconduireàunehaussedesrevenus
desagriculteursetàlasécuritéalimentaire.Audébut,SENDoffraitdes
servicesdevulgarisationetderenforcementdescapacitésdesagriculteurs
pourlaproductionetconsommationdusoja,maisilétaitencorediffcilede
trouverdesacheteurs.Parallèlement,lestransformateursd’huiledesoja
avaientdeladiffcultéàtrouverdesvolumessuffsantsdesojadebonne
qualité.
Envendantparlebiaisdecoopératives,chaqueagriculteurestdevenuun
fournisseurfabledesfabricantsd’huiledesoja.Pourréunirlesacteursdu
marché,leprojetaétablideuxbureauxdanslesvillageséloignésdeSalagaet
Kpandai.Dansundesbureaux,onutiliselaconnectivitéInternetparVSAT,
cequipermetl’échangededonnéessurl’offredesdenréesparcourrielou
Skype.L’autrebureaucommuniquepartéléphonemobile.Aubureaucentral
deSEND,onsaisitl’informationdansunebasededonnéespourl‘analyser
ensuiteetcommuniqueraveclesacheteursausujetdesquantités
disponibles,desniveauxdequalitéetdesemplacements,aprèsquoiles
négociationspeuventcommencer.
Lesagriculteursproftentd’unélargissementdumarchéetdedonnéesàjour
surlesprix.Lesgrosacheteursbénéfcientd’uneorganisationeffcace
d’approvisionnementetdetransport.Bosbel,ungrosproducteurd’huile,
faitvaloirqueleprojeta«étébénéfqueauxdeuxcôtés».Bienqueleprojet
soitrécent,iltouchedéjàplusde10000personnesdans41communautés.
Selonuneestimation,lerevenunetdesagriculteursauraitaugmenté
de20%.
36 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
3.5 Améliorer l’effcacité de la production
L’améliorationdel’effcacitéetdelaproductivitédespetitesexploitationsagricolesestun
autredomaineoùlesTICpeuventapporterunecontributionnonnégligeable.L’agriculture
estunsecteurprécaireconfrontéàdenombreusesmenaces:pauvretédessols,sécheresse,
érosion, parasites, etc. Les systèmes nationaux de vulgarisation qui donnaient de
l’information et des conseils aux agriculteurs ont été considérablement réduits. Le
changementclimatiqueajouteunautreniveaudeprécaritéàlaviedesagriculteurs.Une
instabilitémétéorologiqueaccrueetlahaussedestempératuresexigentdestechniques
d’adaptationauxnouvellesconditionsécologiques.Danscecontexte,lesTICfacilitentle
fux d’informations sur les techniques de production et ouvrent aux agriculteurs de
nouvelles voies pour documenter et partager les expériences. Les fux d’information
étaientjusqu’iciàsensunique,maisdesapprochesetdessystèmesontétéadoptéspour
quel’informationprovenantdescommunautéslocalesetlesdialoguesentrepairssoient
transmisparémetteurs-récepteurs.IICDsoutientlesinitiativesdecollecteetdepartage
des connaissances et les processus qui visent à faciliter l’interaction entre les groupes
d’agriculteursetlesexperts.Laprésentationd’uneinformationadaptéeauniveaulocalest
undesgrandsenjeuxdecesprojets.
Cas: Les multimédia au service de la documentation
des pratiques agricoles traditionnelles des Andes
Leséchangesentreagriculteurs,c’est-à-diredesrencontresdegroupes
d’agriculteursquiparlentdeleursméthodesdeproductionancestrales,sont
unetraditiondelonguedateenAmériquelatine.Ceséchangessontpourtant
diffcilesàreproduire,carilspeuventêtreonéreuxetprendrebeaucoupde
temps.AgrecolAndesaenseignéauxcommunautéslocalesl’utilisationde
logicielsdeprésentation,faisantappelauximages,auxgraphiquesetaux
témoignagesécritsetorauxpourdocumenterlesméthodesdeproduction
traditionnellesdurables.Chaquefoisqu’unreprésentantdugroupe
d’agriculteurséchangeuneexpériencedocumentéeavecdeshomologues
d’uneautrerégiondelaBolivie,l’expérienceestenrichieparl’apportde
nouvellesidées.Jusqu’àprésent,210agriculteursontparticipéauprojet.La
technologiechoisieestparfaitementcompatibleaveclaculture
essentiellementoraledescommunautésandines(www.agrecol.org.bo).
«Les agriculteurs de l’organisation autochtone quechua Sacaca ont participé à
la première rencontre pour se familiariser avec le projet. Ils ont documenté leurs
méthodes de production maraîchère et partagé cette information avec d’autres
communautés à l’aide des TIC. Après quelques mois, Sacaca a recueilli des fonds
auprès de chaque paysan pour acheter un appareil photo numérique. Les
membres ont ensuite voyagé pendant neuf heures pour se rendre au bureau du

37 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
projet et demander une contribution pour l’achat d’un ordinateur. Les
expériences sont désormais documentées pour mieux instruire la communauté.
Ils négocient les projets et font des demandes auprès des autorités locales. On
utilise des photos pour justifer les demandes de construction de ponts,
d’amélioration des routes locales, etc.»
OrlandoArratia,AgrecolAndes(Bolivie).

Dépliants et affches continuent à être fréquemment utilisés pour informer les
communautés agricoles au sujet d’alertes aux parasites, par exemple. Mais les TIC
permettentdediffuserl’informationdanslesdeuxsens.L’équipementestmoinscoûteux
etplusfacileàutiliseretIICDaconstatéqu’avecunebonneformation,destechnologies
complexes comme la vidéo deviennent des options réalistes pour les organisations, en
particulierlesONGruralesetlesorganisationsd’agriculteurs.
Agrecol,uneONGbolivienne,favoriseleséchangesentreagriculteurssurlesméthodes
deproductionàl’aidedelogicielsdeprésentationetdephotosnumériques.Uneinitiative
dumêmegenreenÉquateursesertdesmultimédiapourdocumenterlesméthodesde
production durable dans les régions côtières et pour demander la protection de la
mangrove,menacéeparlesélevagesdecrevettescommerciaux.EnOuganda,onutiliseun
ensembledemédiaspourdiffuserl’information.
Cas: TV Koodo
Endébut2005,l’InstitutAfricaindeBio-EconomieRurale(IABER)a,avecle
soutienfnancierd’IICD,initiéunprojetd’informationsurlesmarchés
agricolesàtraversuneémissiontélévisuelleaniméepardesmarionnetteset
intituléeTVKoodo,quiestliéeausitewebd’IABER(www.iaber.bf ).Atravers
ceprojet,TVKoodofournitdeuxfoisparsemainel’informationsurlesprix
descéréalesdebétailvendussurlesmarchésauxspectateursdelachaîne
detélévisionnationaleduBurkinaFaso.LesémissionsTVKoododonnent
aussiauxinvitésl’occasiondediscutersurdessujetsvariésdumonde
agricole.
Durantsapremièrephase,lamarionnettestardeTVKoodo,Chevrina,a
obtenuunenotoriéténationaleetlasympathiedupublic.L’informationsur
lesprixdesmarchésesttrèsappréciée,toutcommelesdiscussions
téléviséessurlesquestionsagricoles.Envendantdutempsd’antenneaux
organisationsagricoleslocales,leprojetassuresacontinuation.
EnJamaïqueetenÉquateur,IICDappuiedespartenairesquiaidentles
agriculteursàoptimiserl’utilisationdesintrantsetàluttercontreles
maladiesdesplantes.Cesprojetsdiffusentl’informationparlebiaisdes

38 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
centresd’informationrurauxoùl’onremetauxagriculteursdesdocuments
imprimésetoùonleurapprendàutiliserInternetpourserenseignersurles
méthodesdeproduction.

Des projets exécutés par des associations d’agriculteurs en Bolivie (El CEIBO) et en
Zambie (OPPAZ) font un usage original des TIC. Ces projets recherchent des moyens
permettantdefaciliterlacertifcationdesproduitsbiologiques.Lacertifcationexigeun
suividétailléetintensifdesméthodesdeproductionetdel’utilisationdesterres.Or,ce
suivin’estassuréactuellementquepardesmesuresmanuellescoûteusesetlaborieuses,
souventinsuffsantesouenretard,voireinexistantes,desortequelesagriculteursperdent
leurcertifcationet,partant,despossibilitésd’augmenterleurrevenu.Lesprojetsbolivien
etzambienutilisentlessystèmesdepositionnementglobalpourréunirlesmesuresetles
transmettreparcourrielauxautoritéschargéesdelacertifcation.
3.6 TIC et autonomisation
IICDaconstatéunlienétroitentrel’utilisationdesTICetl’autonomisation.L’acquisition
de compétences en TIC et la capacité d’accéder à l’information permettent souvent
d’améliorerlestatutsocialetlesperspectivesd’emploi.
Lespetitescommunautésagricolespeuventégalementrenforcerleurautonomisationen
accédant aux prix du marché, aux crédits, aux subventions et aux débouchés, et en
intensifantleurscontactsavecdesnégociantsetdesacheteursdifférents.
Les TIC peuvent aider les organisations communautaires et agricoles à renforcer leur
capacitéinstitutionnelleetàmieuxreprésenterleursaffliésaumomentdenégocierleurs
revendicationsterritoriales,lesdroitsauxressourcesetlesprojetsd’infrastructure,par
exempleenleurdonnantaccèsauxloisetenleurpermettantd’utiliserleGPS,lesappareils
photonumériquesetInternetpourdocumenteretfaireconnaîtreleursituation.
Endisposantdemoyensdecommunicationetenayantaccèsàdesinformationsfables,
lescommunautéslocalessontenmesuredecommuniqueravecd’autrescommunautéset
institutionsàl’échellerégionaleetnationale.

Cas: Les agriculteurs de Bolivie répondent
à des appels d’offres publics
L’AssociationdesproducteurslaitiersdeChallapata,unvillagedansles
hautesterresdeBolivie,avaitdeladiffcultéàtrouverdesdébouchés.Ses
ventesétaientlimitéesauvillageetàsesenvirons.Ellesavaitbienquele
gouvernementrecherchaitdesfournisseurspourapprovisionnerenlaitle

39 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
programmenationaldepetitdéjeunerdanslesécoles,maisellel’apprenait
troptardoun’étaitpasaucourantdesappelsd’offrespouvantl’intéresser.
L’associationn’avaitpasnonplusuneexpériencesuffsantepour
comprendrelesdocumentsd’appelsd’offres.
L’organisationnationaledecoordinationdesassociationsdepetits
producteurs,laCIOEC,autilisélesTICpourpermettreàl’associationdes
producteurslaitiersetautresassociationsaffliéesderépondreauxappels
d’offrespourfournirdesproduitsagricoles.Lesassociationsruralesontreçu
unordinateurconnectéàInternetetontacquisdescompétences
informatiquesdebase.Lorsqu’ellessontmisesaucourantd’unappel
d’offres,lesassociationsreçoiventlesdocuments,etunconseillerlesaideà
lesremplirenutilisantlecourrierélectronique.Pourl’heure,leprojeta
permisderenforcerseizecentresd’informationdanstoutelaBolivieetde
rejoindre400représentantsde55organisationsd’agriculteurs.Plusieurs
organisationsontpuparticiperetêtreretenuespourlafourniturede
différentsproduitsauxautoritésdepetitesmunicipalités,enparticulier
cellespourlesquelleslesgrandsfournisseursmanifestentpeud’intérêt.
L’inclusionsocialedescommunautésetdesgroupesrurauxdésavantagésne
s’envoitquerenforcée.Différentsmoyenssontutilisés:centres
d’informationruraux,radioettéléphonesmobilesetplusrécemment,le
VOIP.Lescommunautéslocaless’ouvrentauxévénementsnationauxou
mondiauxetpeuventcommuniquerplusfacilementaveclesamisetla
famille,cequiréduitleurisolement.
DanslesprojetssoutenusparIICD,l’autonomisationetl’inclusionsociale
commencentdèslaformulationduprojet.Ils’agitd’unprocessusinteractif
etparticipatifdanslequellesgroupesciblésdéfnissentleursprioritésetse
chargentdelaformulationetdelamiseenœuvre,cequicontribueà
l’autonomisationetàunsentimentd’appropriation.

Leprojet«Système d’information sur les investissements publics pour les petits producteurs»,
géréparleCIOECenBolivie,estunexemplederecherched’autonomisationetd’inclusion
sociale. Le projet vise à encourager les groupes d’agriculteurs à répondre aux appels
d’offrespubliques,parexemplepourfournirdulaitouduquinoaauxécoles.LeCIOEC
aidelesagriculteursàsoumissionneretappuieleurparticipationauprocessus.
L’APCOBtravailleaveclesgroupesindigènesdelarégiondeChiquitanodansl’estdela
Bolivie pour promouvoir leurs traditions culturelles et documenter les méthodes de
production traditionnelles. Il a doté les communautés éloignées d’appareils radio
40 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
émetteurs-récepteursreliésàdescentresd’informationdansdesvillesdelarégion.Des
histoiressontrecueilliesetenvoyéesauxcentresd’informationoùellessontdiffuséesàla
radio. Les émissions renseignent également les communautés sur les débouchés qui
s’offrentàleursproduits.Lescentressontéquipésd’Internetpourcommuniqueravecdes
acheteurséventuelsendehorsdelarégion.Leprojetapermisdetrouverdesacheteurs
pourlemielproduitlocalement.
Cas: Les TIC aident les peuples indigènes
à revendiquer leurs terres en Bolivie
LesgroupesindigènesdeBoliviesebattentpourrécupérerleursterres,
qu’ilsconsidèrentcommeunélémentvitaldeleursurvieetdeleur
développementsocial.Depuislesannées90,ilsontdemandéletransfertde
29millionsd’hectaresdeterrescommunautairesoriginales(TCO).Malgré
lespromessesdesdifférentsprésidentsetl’adoptiondelaLoisurlesterres
de1996pourfaciliterletransfertdesTCO,leprocessusdelégalisationreste
lent.Pourrésoudreceproblème,laConfédérationdespeuplesindigènesde
Bolivie(CIDOB)alancéleprojet«Confitsetnégociationssurlesterres
indigènes»pourdonnerauxgroupesindigènesetàlapopulationengénéral
lesmoyensvouluspourfaireavancerleprocessusdelégalisation.
LeCIDOButiliseàlafoislesmoyensdecommunicationtraditionnelset
virtuelspouraccélérerleprocessus.Unréseaud’informationreliehuit
organisationsrégionalesindigènesqui–enplusd’informerles
communautésindigènes–faitconnaîtreleursrevendicationsauniveau
nationaletinternational.SelonElianaRioja,laresponsableduprojet: «Les
organisations indigènes en tant que revendicatrices des TCO, les institutions de
développement international, les institutions œuvrant pour les droits de l’homme
et les droits civiques et les médias nationaux et internationaux ont tous un rôle
important à jouer dans la mise en œuvre de ce processus. Ils exercent le pouvoir
politique et social nécessaire».
Enseptembre2001,unconfitterritorialprèsdeSantaCruz,oùdeséleveurs
debétailsesontheurtésàl’assembléeindigèneetontenlevédesdirigeants,
aétéannoncésurInternet.LesarticlessurlapageInternetduCIDOB
permettentdesuivreleprocessusdelégalisation.Selonlaresponsable
indigèneDoñaJulia:«Leprojetpermetd’échangeraveclesautresacteurset
delesinformerpourqu’ilssachentquenosdemandessontlégitimes.»Le
CIDOBaconcluunaccordaveclegouvernementpourassurerune
surveillanceconstantedesprogrèsréalisésenrecueillantetenactualisant
l’informationsurletransfertdesTCO.Encomplémentdescentres


41 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
d’information,lesiteInternetduCIDOBdonneaccèsàunebasededonnées
détailléesurlesrevendicationsterritoriales,lesprogrèsduprocessusde
légalisation,lesdimensionsgéographiquesetlesdifférentescartespar
satellitedesTCO,quisontréviséesetmisesàjourenpermanence.Lesite
présenteenoutredessujetssurlesressourcesnaturelles,lesairesde
gestion,lesaccordspertinents,lesdonnéessocioéconomiquesetleniveau
d’implicationdugouvernementdanslescompagniespétrolièressurles
territoiresindigènes(www.cidob-bo.org).
Uneinformationfableestrecueillieparl’équipeduprojetenétroite
collaborationaveclesgroupesindigènesrégionaux,quiontreçuune
formationàcettefn.«LesiteInternetpermetauxindigènesde
communiqueraveclemondeentieretleurdonneuneplateformepourleurs
demandesterritoriales,quisontétayéesparunebasededonnéesfable,»
expliqueunmembredel’équipeduprojet,l’ingénieurAlainPatiñoCruz.
Danslecadreduprojet,unCentrederenforcementdescapacitéssecharge
delaformationdesresponsablesindigènesàl’aidedelogiciels,ducourrier
électroniqueetd’Internet.Prèsd’unmillierdechefsindigènesontacquis
descompétencesdanscedomainedepuisjuin2001.

42 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Femmeslocalesfabriquantdesmeubles,Magu(Tanzanie)

43 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
4. Impact des TIC sur la réduction
de la pauvreté
Ledéveloppementétantunprocessuscomplexe,ilestdiffciledemesurerl’impactdes
TICsurlaréductiondelapauvreté,d’isolerseseffetsdesautresinfuences,mêmedansle
cadre d’un projet. Il est néanmoins important de se doter de mécanismes de suivi-
évaluation(S-E)quipermettentauxdonateursetàceuxquitravaillentauxprojetsd’évaluer
leseffetsàlongtermedesTICsurlaréductiondelapauvreté.
Méthode de suivi-évaluation d’IICD
IICDsuitetévaluesesprogrammesaumoyendedonnéesquantitativeset
qualitatives.Lesdeuxprincipauxoutilssontlesquestionnairesd’évaluationen
ligne(http://demosurvey.iicd.org)etlesgroupesdediscussion.L’analysedes
donnéescontenuesdanslesquestionnairesoffreuneinformationtrèsutilesur
lesutilisateurs,surleurtauxdesatisfactionàl’égarddesservicesetsurla
perceptionqu’ilsontdeleurincidence.Ondemandeauxutilisateursdeclasser
plusieursénoncés,p.ex.:«Grâce à ce projet, je vois maintenant plus de
possibilités pour les technologies de l’information et de la communication dans
mon secteur»ou«Grâce à ce projet, j’ai accès à l’information sur les prix pour
vendre mon produit».
Laplupartdesprojetsvisésparcetteétudeontfaitl’objetd’uneévaluationen
2005,quatreprojetsayantparticipépendantunepériodedetroisans.Les
évaluationssepoursuivrontpourpermettreuneanalyseplusapprofondiedes
résultatsetlesmettreencorrespondanceaveclaréductiondelapauvretéà
pluslongterme.Pourplacerl’analysedesdonnéesdansuneoptique
qualitativeetpourcommenceràtirerproftdesrésultats,desgroupesde
discussionsontorganiséspourpermettreauxpartenairesdesprojetsetaux
utilisateursdetrouverdesexplicationsauxrésultatsetdetrouverdessolutions
auxproblèmes.IICD,lespartenairesetlesutilisateursdesprojetsdisposent
ainsid’unoutild’apprentissagequileurpermetd’adapterleursprojets.
Commepourtouteméthoded’évaluation,lesystèmed’IICDn’estpassans
problèmes.L’extrapolationdesrésultatsdugrouped’utilisateursévalué
(l’échantillondusondage)àungroupeélargicomportedesrisques.L’impact
estdéjàmesuréaprèsunoudeuxansdemiseenœuvre,cequiestinhabituel
dansledomainedusuivi-évaluationdesprogrammesdedéveloppement.IICD
sesertessentiellementdecetteméthodepoursurveillerlesprogrèsetl’impact
àlongtermeetpourapporterdesmodifcationsleplusrapidementpossible.
44 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Dèsquel’onarejointlesgroupesciblesdesprojets,ilsdonnentleuropinionet
indiquentcommentilsperçoiventl’impact.Maisilpeutfalloiruncertaintemps
avantqu’unimpactdurablesefassesentir.C’estpourquoiIICDsuitleseffets
auprèsdesmêmesgroupesd’utilisateurspendantuncertainnombred’années.
Lenombredequestionnairesaaugmentéaufldesannées,cequipermetde
disposerd’unebaseplussolidepourlesbesoinsd’analyse.
L’appropriationlocaleestundesprincipesdirecteursd’IICD,unprincipesurlequelrepose
saméthoded’évaluation.LeS-E,assuréparuneorganisationlocaledanschaquepays,est
plutôtunoutild’apprentissagequedecontrôle.Sesobjectifssontdoubles:recueillirdes
données sur le profl des utilisateurs des projets (âge, revenu, etc.) et utiliser les
questionnaires et les groupes de réfexion pour apprendre des participants eux-mêmes
commentleprojetlesatouché.Lesparticipantsetutilisateurssontdesagriculteurs,des
chercheursetdesfonctionnaires,entreautres.
Le taux de satisfaction des participants à l’égard des divers aspects du projet est le
principalindicateurdeseffets.Lesdonnéesrenvoyéesrégulièrementauxéquipesdeprojet
permettentdemodiferlesprojetspendantleurmiseenœuvre,plutôtqued’attendreleur
conclusioncommec’esttraditionnellementlecasdanslesévaluationsaposteriori.Des
donnéesd’évaluationontainsiétérecueilliesdepuis2003etcontinuerontderenseigner
surlesévolutionspendantplusieursannéesencore.
Onaconstatéquelesprojetsquiciblentdirectementlesagriculteursonttendanceàavoir
un effet direct sur la réduction de la pauvreté alors que d’autres projets qui visent les
organisations intermédiaires dans lesquelles les chercheurs et les fonctionnaires
constituentleprincipalgroupeciblen’ontqu’uneffetindirect;l’avantagedecesprojets
résidedansleurcontributionàuncontextepluspropiceàlaréductiondelapauvreté.
4.1 Profls des utilisateurs des projets
Les principaux groupes d’utilisateurs des projets étudiés sont des petits et moyens
agriculteurs,deschercheursetdesfonctionnaires.Auseindecesgroupes,ondistingue
lesutilisateursdirectsetlesutilisateursindirects.Lesutilisateursdirectssontceuxquiont
reçuuneformationsurl’utilisationdesTICetquicontribuentdirectementauxTICetaux
services d’information agricole fournis par le projet en les utilisant. Sur les trente-cinq
projetsàl’étude,oncompte20000utilisateursdirects,soitunemoyennedeplusde800
parprojet.
Les utilisateurs indirects sont ceux qui reçoivent de l’information des projets, par des
brochures, des sites Internet et des émissions de radio et de télévision. Même si les
utilisateursindirectsnesontpasinscrits,onaconstatéunrapportdeunutilisateurdirect
45 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
pour dix utilisateurs indirects. Environ 200 000 utilisateurs indirects sont donc
bénéfciairesdesprojets.Ilssontdesservispar200centresd’informationdansneufpays
ciblesd’IICD.
Depuis2003,1.000questionnairesontétérecueillispourunsous-ensembledequinze
projets dans sept pays. Les autres projets n’ont été lancés que plus récemment et les
données commencent à peine à être recueillies. Le nombre de questionnaires est
statistiquement représentatif du groupe d’environ 12.000 utilisateurs directs des
projetsévalués.
Leprofldesutilisateursestétablipardesdonnéessurlarépartitionruraleeturbaine,le
niveaud’études,lesrevenus,l’âgeetlegenre.Lacombinaisondecesindicateursfacilite
l’analysedesutilisateurstouchésenfonctiondeleursituationsocioéconomique.
Lamajoritédesutilisateurs(95%)viventdansunerégionruraleouunevillededistrictet
70%ontsuividesétudesprimairesousecondaires.Quelque96%estimentqueleurrevenu
se situe dans la moyenne ou en dessous et 54% l’estiment inférieur à la moyenne. Les
chiffres combinés montrent que la majorité des utilisateurs résident dans des régions
ruralesetappartiennentauxcoucheslespluspauvresdelasociété,cequicorrespondà
l’objectifprincipaldesprojets,soitlaréductiondelapauvreté.Leprofldesutilisateursa
évolué depuis 2003. En effet, le nombre d’utilisateurs à faible revenu dans les régions
ruraless’estmultipliéàlasuited’unestratégieadoptéeparIICDetsespartenairesduNord
etduSudprivilégiantletravailaveclesorganisationslocalesetaugmentantlenombrede
projetsaxéssurlacommunicationetl’accèsàl’informationdanslesrégionsrurales.
Régiongéographique rurale
Villededistrict
Centreurbain
76%
18%
6%
Éducation Primaire
Secondaire
Tertiaire
30%
39%
31%
? Moinsde21ans
Entre21et40ans
Mayorde40
10%
66%
24%
? Femmes
Hommes
30%
70%
Niveauderevenu inférieuràlamoyenne
Moyenne
Au-dessusdelamoyenne
54%
40%
6%
Tableau 5. Donnéessurlesuivietl’évaluation
Donnéesde15projetssoutenusparIICDdanslesecteuragricole.
46 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
L’analysedesgroupesd’âgerévèlequedenombreuxutilisateursdesprojetsontentre21
et 40 ans. Ce constat n’est guère surprenant puisque les projets agricoles ciblent la
population active. Les chiffres indiquent également que 30% des utilisateurs sont des
femmesalorsque70%sontdeshommes.Ils’agitd’unesourcedepréoccupationpuisque
lamajoritédespauvresdanslemondesontdesfemmes
14
etquelesfemmesjouentun
rôlecentralenagriculture.L’illettrismeetleslourdeschargesdetravaillesempêchentde
participer.Lesattitudesculturelleslesempêchentégalementd’assisterauxréunionsou
de se rendre dans les points d’accès ruraux. Le chapitre 5 présente certaines leçons
apprisesetcontientdessuggestionspourremédieràceproblèmeauniveaustructurel.
4.2 Impact sur la réduction de la pauvreté
Pourmesurerl’impactdesprojetsdeTICsurlaréductiondelapauvreté,leS-Eétudieles
aspectssuivants:
• Lasatisfactionàl’égarddesTICetdesservicesd’informationdesprojets
• LaconnaissanceparmilesutilisateursdespotentialitésdesTIC
• L’autonomisationdesutilisateursparl’améliorationdescompétences,dustatut
social,delaconfanceensoietdel’infuencesurleprocessusdécisionnel
• L’incidenceéconomiqueparl’augmentationdesrevenusdesutilisateursetplus
particulièrementl’accèsauxprix,l’accèsauxmarchéslocaux,l’améliorationdela
positiondenégociationetl’accèsàl’informationsurlesméthodesdeproduction.

l’information sur les méthodes de production. Les premiers indicateurs de succès des
projetssontletauxsatisfaction(82%)etlasensibilisation(60%)auxTICetauxservices
d’informationconnexesfournisparlesprojets.Lesrépondantsestimentdansunegrande
majoritéqu’ilsontatteintleursobjectifspersonnelsgrâceauprojet,etcedèslespremières
années.Celas’expliquedansunelargemesureparlefaitquelesprojetsd’IICDinsistent
surlasensibilisationetl’acquisitiondescompétences.Laplupartdesutilisateurssedisent
satisfaits des services offerts, notamment en ce qui a trait à la formation, au soutien
technique,àlaqualitédel’informationetduservice,voireaucoûtduservice.
Ons’attendàcequelasatisfactionetlasensibilisationàl’utilisationdesTICetauxservices
d’information soient importantes au début, lorsque les utilisateurs sont nombreux à se
familiariser avec les TIC pour la première fois. Cette période suscite de fortes attentes à
l’égard des nouvelles technologies. Après deux ans de mise en œuvre, les utilisateurs
s’impatiententparfoisdeconstaterquelesservicesd’informationnefonctionnementpas
defaçonoptimale.Ilfautdutempspourétabliruneconnectivitéfable,avoirunmatérielqui
fonctionneetuncontenuadaptéetlesproblèmesquel’onconnaissaitaudépartnesontpas
toujoursnécessairementréglés.Lesmesuresaprèsunanmontrentqueletauxdesatisfaction
diminue de 2%. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait attendre, les niveaux de
sensibilisationcontinuentd’augmenterd’environ20%aucoursdelamiseenœuvre.
14
UnitedNationsDepartmentofPublicInformation,2003.EmpoweringWomen:TheKeytoAchievingtheMillennium
DevelopmentObjectives.
47 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Figura 1Impactode15proyectosenlaagriculturaapoyadosporelIICD
LesprojetssoutenusparIICDpouraméliorerlesmodesdesubsistanceagricoleontpour
but premier de contribuer à la réduction de la pauvreté. Les principaux indicateurs sont
l’autonomisationetl’impactéconomique.Plusdelamoitiédesutilisateursdisentsesentir
autonomisés par la participation aux projets. L’impact économique de 35% la première
annéedelamiseenœuvreestinférieuràcequiétaitprévu,cequis’expliquesansdoutepar
lesréalitéssurleterraincarilfautdutempsavantquelesnouvellescapacitésdonnentdes
résultatsconcretsetapportentdesavantageséconomiquesauxutilisateursdesprojets.

Les donnéesdequatre projetsrecueilliessurplusieursannées montrentqu’après deux
ansdemiseenœuvre,lesniveauxd’autonomisationetd’impactéconomiques’élèventen
moyennede20%,cequicontribuedirectementàlaréductiondelapauvreté.Ils’agitd’un
résultat encourageant puisque IICD investit énormément dans la sensibilisation et le
renforcementdescapacitésdupersonneletdesutilisateursdesprojets.
Lelienentrel’améliorationdel’agricultureetlaréductiondelapauvretéestconfrmépar
l’étuded’apprentissagede2003réaliséeparleprogrammeBuildingDigitalOpportunities
(BDO).L’étude,quiaportésurtroisprojets,arévélé«augmenter les récoltes alimentaires
et produire des revenus pour les pauvres, [ce qui] contribue à la réduction de la pauvreté et à
une meilleure alimentation et améliore les niveaux d’alphabétisation et la santé»
15
.
L’analysedesrésultatsduS-Emontrequelesprojetsquivisentàcréerunclimatpropiceà
l’agriculturenecontribuentqu’indirectementàlaréductiondelapauvreté.Lesutilisateurs
appartiennentsurtoutàdesgroupesàrevenuplusélevé,notammentdeschercheurset
fonctionnaires.Lesprojetsquivisentl’améliorationdelarentabilitéetdel’accèsaumarché
ontuneincidenceplusforteetplusdirectesurlaréductiondelapauvreté,carilstravaillent
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
0
Sensibilisation
Satisfaction
Autonomisation
Impact économique
S
e
n
s
i
b
i
l
i
s
a
t
i
o
n

6
0
%
S
a
t
i
s
f
a
c
t
i
o
n

8
2
%
A
u
t
o
n
o
m
i
s
a
t
i
o
n

5
3
%
I
m
p
a
c
t

é
c
o
n
o
m
i
q
u
e

3
5
%
15
GersteretZimmerman2003
48 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
directement avec les groupes à faible revenu et améliorent leur pouvoir de négocier,
d’exigeretd’obtenirdesprixplusélevés.Dansl’ensemble,lesutilisateursapprécientle
faitd’avoirplusfacilementaccèsàl’informationsurlesprix,cequiseloneuxauneffet
directsurleurrevenu(voirfgure2).
Figure 2IImpactàlongtermedequatreprojetsdanslesecteuragricole
Donnéesdequatreprojets:AOPEB,CEPAC,ICOetCromabu.
Lesinitiativesquivisentàrenforcerl’effcacitédelaproductionn’ontpasautantd’effetsurla
réductiondelapauvreté.Lesprojetsquiontpourbutl’autonomisationetl’inclusionsociale
affchent naturellement des niveaux élevés d’autonomisation et un impact économique
limité.
Lesraisonsdeceteffetéconomiquelimitéparrapportauxprévisionsontétéabordéeslors
de réunions de réfexion avec les partenaires des projets et les utilisateurs dans différent
pays.Ilsontconcluquelespourcentagesd’impactéconomiquesesituantentre30%et50%
aprèsdeuxansétaientacceptables,comptetenudesdiffcultésdelamiseenœuvredesTIC
dans les zones rurales. Une série de recommandations en vue d’augmenter l’impact
économiquedecesprojetssontprésentéesdanslechapitresuivant.
L’incidencedesdifférentstypesd’interventionsestprésentéeci-dessous.
a
u
t
o
n
o
m
i
s
a
t
i
o
n
s
e
n
s
i
b
i
l
i
s
a
t
i
o
n
s
a
t
i
s
F
a
c
t
i
o
n
i
m
p
a
c
t

e
c
o
n
o
m
i
q
u
e
·o
zo
¸o
qo
¸o
6o
)o
8o
¸o
·oo
o
·a. evaluation za. evaluation
49 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
ODM 1 «Pauvreté» Interventions facilitées par les TIC Autonomisation Impact
économique
1 Environnement
politiquepropice
• Formulationdepolitiqueset
destratégiesdanslesecteur
agricole
• Coordinationetsystématisation
del’informationagricole
Impactdirect
élevé
Impactdirect
élevé
2a Meilleure
rentabilité
• Systèmesd’informationsur
lesprix
Impactdirect
élevé
Impactdirect
élevé
2b Meilleuraccèsau
marché
• Commercialisationetventeen
ligne
• Faciliterlescontactsentre
producteursetfournisseurs
• Diffuserl’informationsurles
conditionscommercialeset
lesexigencesrelativesaux
exportations
Impactdirect
élevé
Impactdirect
élevé
2c Plusgrande
efficacitédela
production
• Améliorerl’accèsà
l’informationetl’expertisesur
lesméthodesdeproduction
traditionnellesetmodernes
efficaces
Impactdirect
faible
Impactdirect
faible
3 Autonomisation
politiqueet
inclusionsociale
• Améliorationdustatutsocial
parl’utilisationdesTIC
• Plusgrandpouvoirde
négociationdesagriculteurs
• Accèsàl’information
• AccèsruralauxTIC
Impactdirect
élevé
Impactdirect
faible
Tableau 6. Impactdirectetindirectdesdifférentstypesd’interventionsfavorables
50 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Établissementdesprixpourlemarchéaubétail,Kaya(BurkinaFaso)
51 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
5. Enseignements pratiques
«Le succès des projets de TIC innovants dépend en partie de facteurs extérieurs qu’un seul
projet ne peut pas infuencer.»(RaymondGallusser,SDC).
Lesexpériencesdécritesdansleschapitresprécédentspermettentdetirerlesleçonsqui
aiderontlesdécideursetlespraticiensduNordetduSudàformuleretmettreenœuvre
des projets et des programmes faisant appel aux TIC dans le secteur agricole. Les
partenaires d’IICD ont largement contribué à un atelier de validation sur les TIC et les
modesdesubsistanceagricoleenOugandaen2005.Lesprincipauxfacteursdesuccès
suivantssonttirésdesexpériencesd’IICDjusqu’àprésentetsontexpliquésplusendétail
ci-après:
• Conceptiondeprojetparticipativeetintégrée
• Appropriationlocale
• Contenuadapté
• Renforcementdescapacités
• Accèsrural
• Apprentissageetmécanismesdepartagedesactivités
• Intégrationauxniveauxinstitutionneletpolitique
5.1 Conception de projet participative et intégrée
Les partenaires d’IICD ont indiqué que le succès des projets dépendait surtout de leur
conceptioninitiale.Voicilesprincipalesleçonsretenues:
Obtenir une participation active des utilisateurs
Pourquelesprojetsrépondentàlademande,ilfautquelesgroupesciblesparticipentle
plustôtpossibleàl’étapedelaformulationetquesoitréaliséeuneévaluationdesbesoins
eninformation.Onsupposesouventquelesutilisateursnesontpasenmesurededéfnir
leursbesoinscarilsneconnaissentpaslespossibilitésqu’offrentlesTIC.Maisenréalité,les
utilisateursconnaissentbienleursbesoinseninformationetencommunicationetsonttout
àfaitcapablesdelesformuler.Iln’enrestepasmoinsqu’unesensibilisationauxpossibilités
qu’offrentlesnouvellestechnologiesestnécessaire.
Adopter une approche intégrée
Ons’imaginesouventquelesprojetsquifontappelauxTICsontuniquementcentréssurla
technologie. Une trop grande attention portée à la technologie distrait des objectifs et
néglige des éléments essentiels. Par exemple, l’installation des équipements et la
connectiviténedoiventpasfaireoublierd’autresactivitésimportantescommel’élaboration
descontenusetlaformationdesutilisateursengestiondel’information.Ilfautdoncadopter
une approche intégrée dans laquelle les objectifs du projet correspondent à ceux du
partenairedemiseenœuvreconcernantl’agricultureetlescommunautésrurales.
52 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Prévoir la souplesse nécessaire
Lepland’ensembleduprojetdoitêtreétabliaudébut,maisilnedoitpasprivilégierla
technologie.Ildoitmettrel’accentsurlaréalisationd’objectifsetnonsurlamiseenœuvre
de technologies particulières. Il est important de maintenir une certaine souplesse car
l’éventaildestechnologiesévolueconstamment.C’estcequis’estproduitpourleprojet
ABISenJamaïque,oùl’onaconsacréplusieursmoisàconcevoirunsystèmedeTICpour
découvrirfnalementqu’unesolutionmeilleurmarchéetplusfacileétaitdisponible.Les
partenairesduprojetontinsistésurlanécessitéd’introduireprogressivementlesTIC,en
commençantpardesapplicationssimplesavantdepasseràdesoutilspluscomplexesà
mesurequ’ilsdeviennentnécessairesetenyassociantlerenforcementdescapacitésetles
processusd’informationetdecommunicationorganisationnels.
Envisager des applications rentables et viables
Lesperspectivesdeviabilitéfnancièredoiventêtreétabliesaudébutdelaformulationdu
projet. Le choix des technologies doit prendre en compte la capacité fnancière du
partenaire et des utilisateurs si les coûts sont recouvrés par des frais d’utilisation. Les
partenaires ont fait remarquer que les coûts de la connectivité et de l’entretien de
l’équipementsontsouventsous-estimésetqu’ilfaudraitlesfnancerau-delàdelapériode
dedémarrage.Engénéral,onaconstatéqu’ilfallaitcontinuerlesoutienpendantaumoins
deuxansaprèslamiseenœuvre.
Tenir compte du contexte socioculturel
Les facteurs socioculturels locaux jouent un rôle important dans la mise en œuvre des
projets de TIC. Les études de cas du projet CROMABU en Tanzanie et STMVGA en
Jamaïque le confrment. Le projet CROMABU, qui communique les prix du marché et
d’autresinformationssurl’agricultureparl’intermédiairedescentresd’informationlocaux,
asuscitéunecertainerésistancedanslacommunauté.Lamajoritédelapopulationvivant
dans la région du projet, dans le district de Magu, appartiennent au groupe ethnique
Sukuma,pourlequell’informationestconsidéréecommeunbiencollectifquinedoitpas
êtrecommuniquéauniveauindividuel.
Promouvoir la participation des femmes
Pourpouvoirréduireencorelapauvreté,ilfautmenerdescampagnesdesensibilisationet
prendredesmesuresexplicitespourencourageretfaciliterlaparticipationdesfemmes.
Tant les partenaires du Nord que du Sud doivent adopter une approche plus proactive
pourinclurelesfemmes,enparticulierpendantlaphased’identifcationetdeformulation
duprojet.Lesuividelaparitédanslesprojetsestessentiel,demêmequedenouvelles
recherches pour approfondir notre compréhension de l’incidence des TIC sur le genre.
IICDetsespartenaires,leTechnicalCentreforAgriculturalandRuralCooperation(CTA),
leCentrederecherchespourledéveloppementinternational(CRDI)etHivos,ontcrééle
FondsdespetitessubventionsGenARDIS,quiappuielesactivitésinnovantescontribuant
àlacompréhensiondesquestionsdegenretouchantlesTICetleurutilisationsexospécifque
dansledéveloppementagricoleetrural.
53 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
5.2 Appropriation
L’appropriationestunélémentfondamentalpourlaviabilitédesactivitésdedéveloppement.
Aucuneinitiativenepeutdurersansresponsableslocauxquisechargentdepoursuivreles
activitésaprèslaphaseinitialeduprojet.Aufldesans,IICDaapprisquel’appropriation
n’estpasunechoseacquise;ilfautdutempspourl’établir.Lespartenairesdesprojetsfont
des suggestions pour encourager l’appropriation parmi les partenaires et les groupes
d’utilisateurs.
Prendre le temps de forger des liens et d’établir une bonne entente
Ilafalluentresixetdouzemoispourformulerlesprojetsdécritsdanscetteétude.Malgré
le temps nécessaire à cette étape, les partenaires indiquent que la formulation permet
d’enapprendresuffsammentpouréviterdesproblèmesàl’avenir.Ceprocessusdonne
égalementletempsvoulupourétablirlaconfanceetmieuxfairecomprendreleprojeten
organisant des activités sociales et en vivant des moments diffciles ensemble. Un
responsableénergiquepeutfairelesuccèsd’unprojet,maisilfautfaireensortequetous
lesmembresdel’équipesesententresponsablesetéprouventunsentimentdesatisfaction
etd’appropriationàl’égarddesrésultats.
Négocier les conditions du partenariat
Lesintérêts,lesattentes,lesobjectifsetlescontributionsdechacundoiventêtreprécisés,
ycomprislesconnaissances,l’expérience,lescompétencesetletemps.Lesbailleursde
fondsetlespartenairesdesprojetsfxentsouventdesconditionspréalablesquinelaissent
aucuneplaceàlanégociation.Ilfautdoncadopteruneapprocheplusouverteetêtreplus
précisdèsledépart.Ilimporteégalementdesavoirdèsledébutquiseraresponsablede
payerlesfutursservices.
5.3 Contenu adapté
Quel’informationproviennedelacommunautéscientifqueoudesourceslocales,ilest
essentiel qu’elle puisse répondre aux besoins des communautés locales. Voici des
recommandationsencesens:
Créer un contenu qui répond à la demande
La demande et la pertinence vont de pair. L’information produite en réponse à une
demandeseraplussusceptibled’êtreutiliséeetseramêmepayée.Maismêmelorsqueles
servicesd’unprojetcorrespondentàdesdemandesclairementformulées,iln’estpasrare
deconstaterquel’informationestpeuutilisée.Celas’expliqueenpartieparlemanquede
sensibilisation, d’où la nécessité de faire connaître les services d’information parmi la
population ciblée. Les gens ont parfois besoin d’apprendre à interpréter et à appliquer
l’information pour améliorer leurs modes de subsistance. Il est plus facile d’obtenir un
résultatlorsquel’informationestutiliséedansdepetitsgroupeslocaux.
54 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Combiner contenu local et (inter)national
Les connaissances contribuent à la prise de décisions si elles proviennent de sources
fables.Lacollected’uncontenulocaladaptéprenddutempsetcoûtechercarl’information
n’estsouventdisponiblequesousformedeconnaissancesgénérales(tacites).Ilfautdonc
soutenirladocumentationdusavoirlocalenadaptantlesconnaissancesauxutilisateurs
locaux.Ilfaudrapeut-êtrelocaliserl’informationtechniquesurlaproductionagricoleà
l’aide de graphiques ou d’autres multimédia, la traduire dans les langues locales et en
assurer la diffusion et l’utilisation. Il est recommandé d’associer les contenus locaux à
l’information émanant des gouvernements, des organismes de recherche et de
vulgarisationetdelasociétécivile,ainsiquedesréseauxd’échangedesconnaissances.
La connectivité et l’équipement devenant moins coûteux, les fux d’information entre
utilisateursfnauxetautresutilisateursouexpertssontfacilités,cequipermetdevalider
etd’adapterl’informationetlesconnaissances.
Choisir d’abord une information adaptée à certains groupes cibles
LemilieudesTICpDnesaittoujourspass’ilfautoffrirungrandnombredeservicesouse
limiteràundomaineparticulier.DenombreuxprojetsdeTIContéchouéparcequ’ilsont
vu trop grand au départ. On a consacré trop de temps à recueillir toutes sortes
d’informations,souventdepiètrequalité,sansrépondredirectementauxbesoinsurgents
dugroupecible.Ilsemblequ’ilsoitpréférabledecommencerparunserviced’information
limitémaisdegrandequalité.Lessuccèsrapidessuscitentl’intérêtetouvrentlavoieà
d’autrestypesdeservicesenfonctiondelademande.
PourMartinLópezdeCEBROPOLenBolivie,lesressourceshumainessontle
principalfacteurdesuccèsdesprojetsetdesinstitutionsquiœuvrentpourle
développement. «Ce sont les compétences, les capacités, les talents, le charisme
et les affnités des intéressés. Les projets qui visent la réduction de la pauvreté, le
développement rural, le développement social, etc. exigent une certaine affnité
avec les activités entreprises. Il faut du dévouement et il faut prendre plaisir à
travailler avec les gens.»
5.4 Renforcement des capacités
IICD insiste énormément sur le renforcement des capacités, un des aspects de son
programmeleplusappréciédesespartenairesetdesutilisateursfnaux.
Formation axée sur les projets
LaformationenTICdoitporteraumaximumsurl’utilisationconcrètedesapplications
correspondantauxobjectifsduprojet.
55 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Acquisition de multiples capacités
Les projets de TIC exigent l’acquisition de compétences techniques pour installer et
entretenir les applications, mais les partenaires doivent également acquérir des
compétencesgénérales,commelagestiondel’informationetlagestiondeprojet.Dansla
mesure où l’utilisation des TIC dans une organisation s’accompagne de changements
institutionnels,ilestimportantdefaireparticiperdifférentssegmentsdel’organisation.
Renforcement permanent des capacités
Certainsmembresdeséquipespartentaucoursducycledevied’unprojetetleurdépart
peutralentirlesprogrès,c’estpourquoiIICDs’efforced’offriruneformationetdesconseils
auxpartenaires.Enl’absenced’uneexpertisesurplace,onfaitappelàelleàl’étrangeret
desélémentsfondamentauxsontintégrésauprogrammedeformationlocal.Pourcontrer
les effets du roulement de personnel on peut également recourir à la formation des
formateursquiencouragelepersonnelforméàtransférerleurscompétencesàd’autres
membresdel’équipeetàl’institution.
5.5 Accès rural
IICDetsespartenairessonttoujoursàlarecherchedemodèlestechniquesetdegestion
rentablespoursoutenirplusde200centresd’informationagricolequioffrentdesservices
aux communautés rurales dans neuf pays. Pour pérenniser leurs activités, les centres
d’information ruraux imposent des frais aux clients pour les services offerts sur place,
commel’accèsInternet,l’accèsauxordinateurs,lesappelstéléphoniques,laphotocopie
et l’impression. Les centres sont souvent confrontés à des conditions diffciles: coûts
élevésdestélécommunicationsetdelaconnectivité,infrastructuresinsuffsantes,panne
dumatérieletunmarchésous-développépourleursservicesenraisondel’illettrismeet
du pouvoir d’achat limité. Dans ce contexte, le recouvrement des coûts et la viabilité
représententundéfquotidien.
Rechercher des solutions de connectivité originales
Pourréduirelescoûts,lespartenairesonttrouvédesmoyensoriginauxdepartagerlecoût
delaconnectivitéentrelesinstitutions.Danscertainesrégions,lespartenairesdesprojets
utilisentlesconnexionsparsatelliteouInternetparradioetpartagentlabandepassante
etlescoûtsaveclesautoritéslocales,lesécoles,lescentresdesantéetlesentreprises
privées.IICDfaitégalementl’essaidetechnologiescommelaboîtemeshpourcréerdes
réseauxsansflquirelientdifférentesinstitutionslocalesdanslesvillesetlesvillages.
Augmenter le nombre des points d’accès ruraux
Les agriculteurs sont censés se rendre aux centres d’accès ruraux pour bénéfcier des
servicesd’information.LespartenairesdesprojetsenOugandasesontrenduscompte
quel’emplacementetl’accessibilitédecescentresrevêtentunegrandeimportance.Un
certainnombredepartenairessouhaitentcréerunefortedensitédecentresrurauxdans
unerégiondonnée.
56 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Suivre l’utilisation de l’information
Les groupes cibles doivent être rejoints. Dans certains projets, la population et les
étudiants utilisent les services à des fns personnelles, éducatives et de divertissement
plutôtquepourobtenirdel’informationsurl’agriculture.Certainspartenairesontdonc
installédenouveauxordinateursdanslescentrespourrépondreauxbesoinsdugroupe
cible des agriculteurs et d’autres utilisateurs. L’expansion des services est assurée par
l’adoptiond’unsystèmedepaiementpourlesvisiteursoccasionnels.
5.6 Apprentissage et mécanismes de partage des activités
LesTICsontunnouveloutilderéductiondelapauvretéquiexigeunapprentissagepar
l’action qu’il faut compléter par des mécanismes de partage des connaissances entre
partenairesetutilisateursdesprojets.
Suivi et évaluation participatifs
UnsystèmeS-Eparticipatifpermetauxpartiesprenantesdefaireuneévaluationcritique
deleursactionsetderéglerlesproblèmes.L’approcheintroduiteparIICD,décritedansle
chapitreprécédent,estunexempledecemécanisme.AuBurkinaFaso,leséquipesqui
travaillentauxnouveauxprojetsdemodesdesubsistanceserencontrentdansdesgroupes
deréfexionpourparlerdesproblèmesetpartagerlesleçons.Cetteapprochestructurée
contribueégalementàsusciterlaconfanceetjettelesassisespourdescommunautésde
pratiqueenapprentissage.
Soutenir les mécanismes de partage des activités
Les projets de TIC sont souvent développés isolément sans que les équipes aient
suffsamment d’occasions d’apprendre et de partager leurs expériences. Les projets
pilotesnesontutilesquesilesexpériencesetlesrésultatssontdocumentésetdiffusés.
Leséchangesentrepairsetlesréseauxd’échangedesconnaissancesd’unpayspeuvent
contribueràréduirel’isolementdesprojetspilotesetàétendrelesprojetsetinfuencer
lespolitiques.
Réseaux d’échange des connaissances
IICDetsespartenairesontfaitdesréseauxd’échangedesconnaissancesunecomposante
des programmes-pays dans les neuf pays ciblés. Les réseaux facilitent l’échange des
expériencesentrelesorganisationspartenairesetpermettentdedocumenteretdediffuser
lesexpériencessousformeimprimée,parInternet,horsligneetsurdesplateformesde
discussionenligne.Lesréseauxfacilitentl’échangedesconnaissancesetladocumentation
desexpériencesquitraversentlesfrontièresnationales,ethniquesetsociales.
Les réseaux permettent également d’infuencer les processus de politiques de TIC au
niveau sectoriel et national. Outre les échanges directs d’expériences, les réseaux
contribuentauxprocessusdespolitiquesenfaisantintervenirdifférentespartiesprenantes.
Par exemple, le succès de la formulation de la politique agricole bolivienne repose en
57 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
grandepartiesurl’intégrationdesleçonsapprisesdesorganisationslocalesauseindu
réseaudespartenairesd’IICDs’intéressantauxTICenBolivie.
Réseautage thématique
IICDs’efforceégalementderecueilliretdediffuserlesexpériencessousformethématique
entre les neuf pays et de les placer dans une perspective internationale. Des ateliers
d’apprentissageenpersonnesurdesthèmespréciscommel’agricultureréunissentdes
praticiensdedifférentpaysetleurdonnel’occasiondepartagerleursexpériences,d’en
arriver à une compréhension collective de ce qui donne des résultats ou non dans leur
domaine. Ces événements fniront par aboutir à des réseaux thématiques qui relieront
régulièrementlesexpertsetlespraticiensdedifférentspays.Desétudescommecelles-ci
fontpartiedesproduitsdecesactivitésthématiques.
5.7 Intégration des TIC aux niveaux
organisationnel et des politiques
Pouravoiruneincidence,lesprojetspiloteetl’usagedesTICdoiventêtreintégrésdans
le travail quotidien des partenaires des projets ainsi qu’au niveau des politiques pour
lesecteur.
Intégration organisationnelle
Chaqueinstitutionatendanceàavoirdeschampionsdel’innovationTICquisontsouvent
lesmoteursd’unprojetpilotedansledomaine.Maispourquecesprojetsportentfruit,ils
doiventrecevoirunappuigénéraliséauseindel’institution.L’intérêtetlapertinencepar
rapport à la mission de l’organisation doivent être bien compris de la direction en
particulier, l’intérêt étant en l’occurrence l’agriculture. L’intégration est également
nécessaireauniveaudugroupecible.DansleprojetCIOECparexemple,lesTICpermettent
àdesgroupesd’agriculteursderépondreàdesappelsd’offrespublics.Alorsquecertains
groupesd’utilisateursétaientplutôtréticentsaudépart,leserviceestdevenuunepriorité
aprèsunanetlesgroupesd’agriculteurssontmaintenantrésolusàsoutenirl’activité.
Intégration sectorielle et politique
LIlestplusfaciled’étendreetdereproduiredesprojetss’ilssontintégrésauxpolitiqueset
programmesdugouvernementdanslesecteuragricole.LesTICàl’appuiduprocessus
stratégique pour l’agriculture en Bolivie, décrit au chapitre 3, en est un exemple. Les
partenairesdesprojetsreprésentantlesorganisationslocalesetlesONGontcollaboréau
réseaud’échangedesconnaissancesenBolivieetontforméuneplateformedelobbying
solide.Ilsontpuensuiteparticiperàlaformulationdelapolitiqueetdelastratégiedu
gouvernement en matière de TIC. Ils en ont profté pour encourager l’adoption d’une
approcheintégréepourcettepolitique,touteninsistantsurlaréductiondelapauvreté.Le
rôledugouvernementconsisteàcoordonneràacheminerlefnancementpourlamiseen
œuvredesTICdanslesecteuragricole.Ladiffcultéestdefaireensortequel’expérience
despartenairessetraduiseparuneparticipationàlamiseenœuvredelapolitique.
58 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
DavySimumba,coordinateurduprojetZARIenZambieraconteson
expérience:«À l’étape de la formulation du projet, les décideurs ne comprenaient
pas l’intérêt du projet pour leur organisation. On disait que le projet ne concernait
que les experts en technologie».IICDadoncdemandéàunconsultant
d’apprendreàSimumbacommentmobiliserlesdécideurs.Desateliersont
égalementétéorganiséspourprésenterleprojetauxprincipalesparties
prenantes.Finalement,uneformationaétédispenséeaupersonneldesoutien
techniqueetauxexpertsthématiquespouraméliorerleurscompétencesen
gestiondeprojetfaisantappelauxTIC.Laformationacontribuéàune
meilleurecompréhensiondelaportéeetdupotentielduprojet.
59 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
VillageàSélingué(Mali)
60 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
6. Conclusions et recommandations
6.1. Impact des TIC sur les projets en agriculture
L’analysedel’impactdestrente-cinqprojetssoutenusparIICDindiquequelesTICpeuvent
contribueràatteindrelepremierobjectifduMillénairepourledéveloppement«Réduire
l’extrême pauvreté et la faim»
16
en augmentant les revenus des petits agriculteurs et en
renforçantlesecteuragricole.LesTICcontribuentégalementàfaciliterl’accèsauxprix,
auxmarchésetàl’informationsurlaproduction.
Lesprojetsrejoignentessentiellementlesutilisateursàfaiblerevenudesrégionsrurales
et améliorent leur capacité à prendre des décisions éclairées, tout en renforçant leur
pouvoirdenégociation.
La majorité des utilisateurs sont très satisfaits des projets, qui les ont sensibilisés à
l’utilisation des TIC. Quelque 50% des personnes participant aux projets disent avoir
acquisunenouvelleautonomisationet35%envoientleseffetspositifsdirectssurleur
revenu,affchantparlàdesrésultatsplusfaiblesqueprévu.
Lesprojetspassenteneffetparunephaseinitialedesensibilisationetd’acquisitionde
compétencesquineconduitqueplustardàuneautonomisationdirecteetàdesretombées
économiques.Ilfautdutempsavantquelacapacitéhumaine,lesoutilsetlescontenus
permettentd’apporterlesavantageséconomiquesauxutilisateursfnals.Uneanalysede
quatre projets montre qu’après deux ans, le niveau d’autonomisation et d’impact
économiqueavaitaugmentédequelque20%.Ilvautdonclapeinedepoursuivrelesoutien
pendantplusieursannées.
L’effetleplusdirectestceluidesprojetsdeTICquiportentsurl’informationsurlesprixet
l’accèsaumarché.Lesprojetsquivisentl’effcacitéetlaviabilitédelaproductionagricole
etceuxquiportentsurl’autonomisationpolitiqueontuneincidencedirecte,maismoins
marquée,surlapauvreté.Lespolitiquesnationalesquiprévoientl’utilisationdesTICetla
rationalisationdessystèmesd’informationagricolepeuventcontribueràuncontexteplus
favorable au développement agricole et à une réduction de la pauvreté éventuellement
importante,maisindirecte.
Lesdonnéesdesuivietd’évaluationindiquentque30%desutilisateurssontdesfemmes
et70%sontdeshommes.Ilfaudradoncfairedavantagepourenarriveràlaparité.Ils’agit
d’unesourcedepréoccupationpuisquelamajoritédespauvresdanslemondesontdes
femmes
17
et que les femmes jouent un rôle central en agriculture. L’illettrisme et les
16
DéclarationduMillénairedesNationsUnies.RésolutiondesNationsUnies55/2,septembre2000.
17
UnitedNationsDepartmentofPublicInformation,2003.EmpoweringWomen:
TheKeytoAchievingtheMillenniumDevelopmentGoals.
61 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
lourdes charges de travail les empêchent de participer. Les attitudes culturelles les
empêchentégalementd’assisterauxréunionsoudeserendreauxpointsd’accèsruraux.
6.2 Recommandations relatives à la mise en œuvre des
projets et à la généralisation des TIC en agriculture
Un certain nombre de recommandations peuvent être formulées au sujet des futures
activités visant à réaliser tout le potentiel des TIC pour réduire la pauvreté rurale et
renforcer le secteur agricole dans les pays en développement. Elles se fondent sur les
leçonsretenuesparIICDjusqu’àprésentlorsdelamiseenœuvredesprojetsetl’analyse
d’impactdesactivitésàl’appuidel’utilisationdesTICdanslesecteuragricole,ainsique
surlesobservationsquelespartenairesd’IICDontfaiteslorsd’unatelierquis’estdéroulé
enOugandaen2005.
Utilisation d’une conception de projet participative et intégrée
L’approche participative et systématique qu’IICD a adoptée pour formuler et mettre en
œuvrelesprojetsaétébienaccueillieparlesutilisateurs.Cetteapprochecomprenddes
séminaires de sensibilisation, un renforcement ciblé des capacités, la formulation des
projetsetlesactivitésdesuivi-évaluation.Cesélémentssontassociésàunmécanismede
partagedesconnaissances.Recommandationsparticulières:
a Réaliseruneanalysedesbesoinseninformationettenircompteducontexte
culturellocal
b Faciliterlaparticipationactivedesutilisateursàl’étapedelaformulation
c Surveillerleprofldugroupecibleet,aubesoin,réorienterlesactivitésduprojet
versuneparticipationaccruedesutilisateursàfaiblerevenu.
d Surveillerl’équilibredegenreetassurerlaparticipationdesfemmesàlaformulation
etàlamiseenœuvre
e Veilleràcequeleprojetsoitenaccordavecl’activitéprincipaledupartenaire
demiseenœuvre
f Établirunbudgetpourl’entretiendesTIC
g Assurerlesoutienauprojetpendantaumoinsdeuxàtroisans.Ilfautdutempspour
sensibiliserlesgens,créerunserviced’informationadaptédotéd’outilsfonctionnels
etd’uncontenuadapté,établirlacapacitéhumaineetunestructuredesoutien.
Favoriser l’appropriation
L’appropriation par le partenaire local de la conception et de la mise en œuvre est
fondamentale. Elle est également essentielle à la viabilité du développement.
Recommandationspourfavoriserl’appropriation:
a Prendreletempsdeforgerdesliensetdecréerunclimatdetravailpropice
b Négocierlesconditionsdupartenariat,ycomprislesrôles,lesfonctionsetles
extrants.Veilleràavoiruncontenuadapté
62 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Ilestessentielquelecontenurépondeauxbesoinsfondamentauxdesutilisateursfnaux.
L’informationsurlesprixestengénéraljugéetrèsutile.Recommandations:
a Fourniruneinformationquirépondeauxbesoinsauniveaulocal.Elledevraitêtre
fonctionducontexte,exacteetfournieentempsopportunetprésentéedansla
langueetleformatquiconviennent
b Créeretdiffuseruncontenulocalaccompagnéd’informationsprovenantdes
gouvernements,delasociétécivileetdesinstitutsetréseauxderecherche
c Vériferl’utilisationdel’informationpardesméthodesdesuivisimplesdésagrégées
pargenreetâge
d Avantlamiseenœuvre,fairedesrecherchessurlesattitudessocioculturelleslocales
àl’égarddel’information,delacommunicationetdelatechnologie
e Selimiteraudépartàunoudeuxtypesd’informationpourqueleservice
d’informationsoitutileaugroupecible
f Favoriserl’échanged’information.Leséquipementsdeviennentmoinscoûteuxet
plusfacilesàutiliser.
g Prévoirlerenforcementdescapacités
Ilestimportantdeformerlesintéressésàl’utilisation,àlagestionetaudéveloppement
desTIC.LesnouvellestechnologiesétantuneformerelativementrécentedeTIC,ilfaut
développerunecapacitéhumainesuffsante.L’adoptiondesTICdanslesorganisations
s’accompagnedechangementsinstitutionnels.Recommandations:
a Axerlaformationsurdestâchespratiquesliéesauprojetetàlasituationlocale
b Inclurelescompétencestechniquesetdenaturegénérale,dontlagestiondeprojet
c Renforcerlescapacitéstechniques,degestionetdeformationdesformateurs.Il
s’agitdeprivilégierl’utilisationetlagestionducontenu,dedévelopperetd’entretenir
dessystèmesdeTICetd’utiliserlesTICdanslesprocessusorganisationnelsetde
perfectionnement
d Poursuivrelerenforcementdescapacitéstoutaulongduprojetpourtenircomptedu
roulementdepersonnel
e Créerunmécanismedeformationetdesoutienpermettantauxpartenairesd’accéder
auxconnaissancesetauxcompétencesunefoislesoutienextérieurterminé.
Faire appel à différentes TIC
IICDaconstatéquel’associationdeplusieursTICpermetdesurmonterlesproblèmesde
l’accèsenmilieurural.Ilexisteplusieursoptions:accèsInternetpardessystèmesV-Satou
lignecommutée,radiolocale,émetteurs-récepteurs,téléphoniemobile,multimédiaset
théâtre.Lacombinaisonoptimaledépendducontextesocialetdesinfrastructures.Les
projets qui ont eu une grande incidence sont ceux qui associent les TIC modernes et
traditionnelles. Les systèmes Internet présentent un grand potentiel, mais sont plus
exigeantsentermesderenforcementdescapacités,d’infrastructuresetdecompétences
engestiondel’information.Maislesoptionsdeconnectivitépourlesrégionsruralesse
développentrégulièrement,lesjeunesapprennentrapidementàseservird’Internetetles
63 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
possibilitésdepartageetdegestiondel’informationsurleWebaugmententrapidement.
La connectivité par satellite est de plus en plus présente, mais apporte des coûts
d’abonnementetd’entretienrécurrents.Uneoptionprometteuseestcelledupartagedes
coûts de la connectivité entre plusieurs utilisateurs d’une communauté (p.ex. école,
gouvernement local, centres de santé, centre d’information agricole). Les téléphones
mobilesdoiventfairepartiedesoptionsdediffusiondel’informationàenvisager.
Recommandationsparticulières:
a RechercherdessolutionsdeconnectivitéadaptéesetassocierlesnouvellesTICaux
TICtraditionnelles,lecaséchéant
b PrivilégierladurabilitédesTIC.Étudierlesoptionsdepartagedescoûtspourla
connectivitéparsatelliteentrelesgroupeslocaux.Lesfraispayésparlesutilisateurs
occasionnelspourraientserviràsubventionnerlesservicesauxagriculteurs
c Surveillerlesprogrèstantsurleplandumatérieletdelaconnectivitéquedes
systèmesd’information.
6.3 Prévoir des mécanismes d’apprentissage
et de partage des activités
Lestechnologiesdel’informationetdelacommunicationpourledéveloppement(TICpD)
sontunnouveauchampd’actiondynamiquequiexigeunapprentissageetunpartagedes
expériences continus avec les pairs et autres. Les organisations partenaires ont tout à
gagneràdocumenteretpartagerleursexpériences.Recommandations:
a Documenteretpartagerlesexpériencessurl’incidencedesTICenagriculture
b Créerdesmécanismesd’apprentissageentrelespartenairesetlesautrespraticiensà
différentsniveaux,notamment:
• Unsystèmedesuivietd’évaluationparticipatifquimetl’accentsurl’apprentissage
parl’action
• Desréseauxd’échangedesconnaissancesparpayspourobteniretpartagerles
leçonsretenuesetlesinnovationsdansl’utilisationdesTICpD
• Apprentissageentrepayspourpermettrel’échangeetlasynthèsedel’information
entredifférentspays.Leséchangesdirectsentrepraticiensdoiventêtreassociés
auxéchangesenligne.
6.4 Intégration des TIC au niveau de l’organisation
Ilfautdutempsavantquelesprojetssoientbienétablis.Ilestessentieldepérenniserles
projetsfructueuxenlesintégrantauxniveauxinstitutionneletsectoriel.
Recommandations:
a Prévoirlapérennitédèsledébutduprojet.L’intégrationdesprojetsauxobjectifs
stratégiquesetauxprogrammesdemiseenœuvredesorganisationspartenairesest
importanteàtouteslesétapes
b Fixerdesciblesréalistesettenircomptedufaitquelesprojetscomptentplusieurs
étapes(sensibilisation,renforcementdescapacitésetformulationdecontenu),avant
64 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
quelesretombéeséconomiquessefassentsentir.Ilfaudraaumoinsunàdeuxans.
c Commencerparuncontenufacileàproduireetutileauxagriculteursetlediffusersur
différentsmédias:Internet,multimédia,télévision,radioetthéâtre.Renforcerles
capacitésetlesinfrastructurespourl’arrivéedesystèmesInternetplusavancésà
l’appuidesmodesdesubsistanceagricoles.
d Faireparticiperlesdécideursdel’organisationpartenaireauprocessus
6.5 Généraliser les TIC dans le secteur agricole
Ilfautuncontextedepolitiquepropiceàl’utilisationdesTICpouraméliorerlesmodesde
subsistance ruraux. Il faut également utiliser des normes communes ainsi que des
systèmespartagésetcompatiblespourquelesutilisateursfnauxaccèdentfacilementà
l’information.Recommandations:
a Sensibiliseràl’incidencepossibledesTICsurlaréductiondelapauvreté.Ilreste
encoreàsensibiliserlesgouvernementsetlesdonateursinternationauxetàleur
présenterdesexpériencespourillustrerlepotentieldesTICpD.
b IntégrerlesTICauxpolitiquesetprogrammesnationaux.Cetaspectestimportant
pouraméliorerlacompétitivitéetlaviabilitédusecteuragricole.Pouréviterles
écueilsetseservirdesystèmeséprouvés,ilestessentielquelesexpériencesetles
leçonsapprisesdeprojetscommeceuxsoutenusparIICDfassentpartiedu
processusdespolitiques
c Recueilliretdocumenterdesdonnéessurl’impactetlesexpériencessurleterrainde
projetspilotesdeTICpourinfuenceretfavoriserlaparticipationàlaformulationetà
lamiseenœuvredespolitiquesetstratégiesdeTICfavorablesauxpauvresdansle
secteuragricole
d Faireintervenirlesréseauxmultipartitespourfaireconnaîtredesexpériencesde
projetsdeTICetlesperspectivesdesutilisateursfnauxdusecteuragricole.La
sociétécivileparticipeactivementauprocessusdespolitiquesgrâceauxréseaux
nationauxd’échangedesconnaissances
e Favoriserl’interactionnationaledansuncontexteinternationalpourharmoniserles
normesetlessystèmesafndepartagerl’informationagricoleetlarendreainsiplus
accessibleauxutilisateursfnaux.
65 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Chevrina,lachèvredelatélévision(projetIABER)(BurkinaFaso)
66 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Annexe 1 – A propos d’IICD
A propos d’IICD
L’Institut international pour la communication et le développement (IICD) est une
organisationsansbutlucratifquisespécialisedanslestechnologiesdel’informationetde
lacommunication(TIC)commeoutildedéveloppementdanslessecteursdel’éducation,
delasanté,desmodesdesubsistance(essentiellementl’agriculture),etdansunemoindre
mesure,l’environnement.Entravaillantavecdespartiesprenanteslocales–gouvernements
nationauxetlocaux,organisationsnongouvernementales(ONG),organisationslocaleset
secteurprivé–IICDviseàrenforcerlescapacitésdespartenairespourformuler,mettreen
œuvre et gérer les politiques et projets de développement qui donnent son effcacité à
l’utilisationdesTIC.Actuellement,IICDtravaillesurunecentainedeprojetsetactivitésen
Bolivie,auBurkinaFaso,enÉquateur,auGhana,enJamaïque,auMali,enTanzanie,en
OugandaetenZambie.
Composantes des programmes
IICDs’acquittedesamissionensuivantdeuxapprochesstratégiques.Premièrement,les
Programmes-Paysréunissentlesorganisationslocalesetlesaidentàformuleretàexécuter
des projets et des politiques de développement fondés sur l’utilisation des TIC. Les
Programmes-Pays sont soutenus par un programme général de renforcement des
capacitésquiconsisteàdonnerdescompétencesenTICauxpartenairesdesprojetsetpar
unsystèmederéseauxparpaysquioffreuneplateformedepartagedesconnaissances
entre les partenaires dans le cadre des projets soutenus par IICD dans chaque pays.
Deuxièmement, les réseaux thématiques mettent en contact les partenaires locaux et
internationaux travaillant dans des domaines similaires, ce qui permet de relier les
connaissanceslocalesetglobalesetdepromouvoirleséchangesSud-SudetSud-Nord.
Financement
Les bailleurs de fonds sont la Direction Générale néerlandaise de Coopération au
Développement (DGIS), le Département pour le Développement International du
Royaume-Uni(DFID)etl’AgencesuissepourleDéveloppementetlaCoopération(SDC).
IICDaégalementdesententesdeco-fnancementaveclesorganisationsnéerlandaises
CORDAID,HivosetPSO.
Principes directeurs
L’approche d’IICD à l’égard du développement facilité par les TIC se fonde sur sept
principesdirecteurs:
1 L’appropriation-lespartenaireslocauxsontresponsablesendernierlieu(etprêtsà
êtreresponsables)desrésultatsdesactivitésappuyéesparIICD.Celasesitueau
niveaunationaloùlesorganisationslocalesassumentlaresponsabilitédes
Programmes-Pays.Auniveaudesprojetsetdespolitiques,lesorganisationsdemise
enœuvresontdéjàpropriétairesdesprojetsqu’ellesontdéveloppés.Danslesdeux
67 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
cas,lespropriétairesdoiventégalementveilleràcequeleurspartenairesou
bénéfciairess’approprientlesplansetlesrésultats.
2 Réponseàlademande-Lesactivitésàl’intentiondespauvresdoiventrépondre
auxexigenceslocalesetoffrirdessolutionsspécifques.Enfaisantparticiperles
«consommateurs»,médecins,enseignants,décideursoupauvres,IICDs’assure
quel’activitéfondéesurlesTICresteàproximitédu«marché»etestdoncadaptée
àlademande.
3 Participationmultipartite-Lesacteurspublics,privésetsansbutlucratifparticipent
activementàdéterminer,formuleretmettreenœuvrelesactivités.IICDs’efforcede
maintenirl’équilibreentresespartenairesetencouragelesapprochesqui
garantissentuneparticipationouverteettotaleafnd’éviterlescasdedominationou
demanipulationduprocessuspardepuissantspartenaires.
4 Renforcementdescapacités.Aubesoin,IICDaidesespartenaireslocauxàacquérir
lescapacitésinstitutionnellesetlescompétencesindividuellesnécessairespour
utiliserjudicieusementlesTICàdesfnsdedéveloppement.
5 Partenariats-IICDnepeutaccomplirsamissionqu’ensejoignantàd’autres
organisations.Parconséquent,l’Institutcollaboreavecdifférentspartenaireslocaux,
lesagentsduchangementquitravaillentavecetpourlespauvres.Répondantaux
demandeslocalesréelles,ilsconçoiventetmettentenœuvredesinterventionsde
développementetderéductiondelapauvreté,ycomprisdesutilisationsdesTIC.Ils
sontresponsablesdesactivitésqu’IICDsoutient.Ilestessentielderenforcerles
capacitésdecespartenairespourqu’ilscomprennentetappliquentlesTICpourle
développement.Outrecespartenaires,d’autresprovenantdessecteursprivé,public
ouàbutnonlucratif,partagentleurexpertiseetapportentlesressourcesfnancières
quipermettentd’assurerlapérennitédesactivitéslocales.
6 Apprentissageparlapratique-Ils’agitd’undomaineoùilexisteunedemande
croissantedeleçonsetd’outilsconcretsàemprunteretàappliqueraubesoin.Surun
planpratique,celaimpliquelerenforcementdescapacitésdesuivi-évaluationdes
partenaireslocauxd’IICD,ainsiquelaproductionetladiffusiondesconnaissanceset
desleçonsauproftdesorganisationspartenairesd’IICDenparticulier,etdes
décideursnationauxetdelacommunautéinternationaleengénéral.

7 Égalitéentrelessexes-Lesfemmessontdespartiesprenantesdepremierplandu
changementsocialpuisqu’ellesreprésententunfortpourcentagedesgroupes
défavorisés.Malgréleurrôledanslesmodesdesubsistanceetledéveloppement
économique,leshommescontinuentdedominerlaprisededécisions,le
renforcementdescapacitésetlaformulationdescontenus.Parconséquent,IICD
68 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
encouragefortementlespartenairesdesprojetsàincorporerlesbesoinsdes
utilisateursfnauxessentielsquesontlesfemmespendantl’analysedelaconception
desprojets.
69 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Annexe 2 – Objectifs et cibles du Millénaire
pour le développement
Objectif 1 Réduire l’extrême pauvreté et la faim
Cible 1 Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le
revenuestinférieuràundollarparjour
Cible 2 Réduiredemoitié,entre1990et2015,laproportiondelapopulationquisouffrent
delafaim
Objectif 2 Assurer l’éducation primaire pour tous
Cible 3 D’icià2015,donneràtouslesenfants,garçonsetflles,lesmoyensd’acheverun
cyclecompletd’étudesprimaires
Objectif 3 Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes
Cible 4 Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et
secondaired’icià2015,sipossible,etàtouslesniveauxd’enseignementen2015,auplus
tard.
Objectif 4 Réduire la mortalité infantile
Cible 5 Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de
moinsde5ans.
Objectif 5 Améliorer la santé maternelle
Cible 6 Réduirededeuxtiers,entre1990et2015,letauxdemortalitématernelle.
Objectif 6 Combattre le VIH/sida, la malaria et autres maladies
Cible 7 D’icià2015,avoirstoppélapropagationduVIH/SIDA.
Cible 8 D’icià2015,avoirmaîtrisélepaludismeetd’autresgrandesmaladiesetavoir
commencéàinverserlatendanceactuelle.
Objectif 7 Assurer un environnement durable
Cible 9 Intégrerlesprincipesdudéveloppementdurabledanslespolitiquesnationales;
inverserlatendanceactuelleàladéperditionderessourcesenvironnementales.
Cible 10 Réduiredemoitié,d’icià2015,lepourcentagedelapopulationquin’apasaccès
de façon durable à un approvisionnement en eau potable ni à un assainissement
rudimentaire.
Cible 11 Réussir à améliorer sensiblement, d’ici 2020, la vie d’au moins 100 millions
d’habitantsdetaudis.62LesTICauservicedesmodesdesubsistanceagricoleLesTICau
servicedesmodesdesubsistanceagricole63.
70 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Objectif 8 Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Cible 12 Poursuivrelamiseenplaced’unsystèmecommercialetfnanciermultilatéral
ouvert,fondésurdesrègles,prévisibleetnondiscriminatoire.Celasupposeunengagement
enfaveurd’unebonnegouvernance,dudéveloppementetdelaluttecontrelapauvreté,
auxniveauxtantnationalqu’international.
Cible 13 S’attaquerauxbesoinsparticuliersdespayslesmoinsavancés.Laréalisationde
cetobjectifsupposel’admissionenfranchiseethorscontingentsdeleursexportations,
l’application du programme renforcé d’allègement de la dette des pays pauvres très
endettés,l’annulationdesdettesbilatéralesenverslescréanciersoffciels,etl’octroid’une
aidepubliqueaudéveloppementplusgénéreuseauxpaysquidémontrentleurvolontéde
luttercontrelapauvreté.
Cible 14 RépondreauxbesoinsparticuliersdesÉtatsenclavésetdespetitsÉtatsinsulaires
endéveloppement(parleProgrammed’actionpourledéveloppementdurabledespetits
Étatsinsulairesendéveloppementetlesdispositionsdela22eAssembléegénérale).
Cible 15 Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement par
desmesuresd’ordrenationaletinternationalpropresàrendreleurendettementviableà
longterme
Certainsdesindicateursci-dessoussontsurveillésséparémentpourlespayslesmoins
développés,l’Afrique,lespaysenclavésendéveloppementetlespetitsÉtatsinsulairesen
développement
Cible 16 Encoopérationaveclespaysendéveloppement,créerdesemploisdécentset
productifspourlesjeunes.
Cible 17 EEn coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments
essentielsdisponiblesetabordablesdanslespaysendéveloppement.
Cible 18 En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles
technologies,enparticulierdestechnologiesdel’informationetdelacommunication,àla
portéedetous.
71 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Annexe 3 – Projets et processus de politiques appuyés par IICD
Aperçu des projets de modes de subsistance agricole
Bolivie
Systèmes d’information agricole et de suivi dans les vallées de Santa Cruz
Instituto de Capacitación del Oriente (ICO)
ICOacréécinqcentresd’informationagricoleavecaccèsInternetdanslarégion
deVallegrande.Leprojetrecueilleetdiffuselesprixdesprincipalesdenréessurles
marchésdeSantaCruzparlebiaisdescentresetl’émissionderadio,ElCorreodel
Agricultor,quirejointquelque60000personnesdanslarégion.
Système d’information et de conseils commerciaux pour les producteurs agricoles
Centro de Promoción Bolivia (CEPROBOL)
CeprojetapourbutdepermettreauCentredepromotiondesexportationsboliviennes,
uninstitutrelevantduMinistèredesAffairesétrangères,d’utiliserlesTICavec
efficacitépourpromouvoirlesexportationsagricolesboliviennes.Avecl’appuid’IICD,
leCEBROPOLacrééunsystèmecibléplusefficacepourdonnerdesconseilsaux
producteursagricolessurlesexportations.
Système d’information sur la commercialisation de Chuquisaca
Fundación Acción Cultural Loyola (ACLO)
Aumoyend’unestationderadio,d’unjournaletd’ateliersdeformation,ACLO
contribueàautonomiserlespeuplesindigènesdelarégiondeChuquisacadanslesud
delaBolivie.RadioACLOdiffuseenespagnoletenquechuaetrejointplusde500000
personnes.Laprogrammationcomprenddesconseilssurl’agricultureetlesprixdu
marché,desinformations,desémissionsculturellesetd’alphabétisation,desannonces
deservicepublicetdesdivertissements.
Les TIC pour l’agriculture dans la région de Chiquitano
Apoyo Para el Campesino-Indígena del Oriente Boliviano (APCOB)
APCOB travaille avec les populations indigènes de l’est de la Bolivie pour tenter de
conserver et de transmettre leurs connaissances et leurs pratiques agricoles durables.
Avec différents groupes indigènes, APCOB crée des modules multimédia éducatifs qui
documententleurhistoireetleurculture.
Les TIC pour l’échange des expériences d’agriculteurs dans l’agriculture écologique
Fundación Agrecol Andes
Danslecadredeceprojet,l’ONGAgrecolAndesformedescommunautésdesAndesà
utiliserlesTIC,commelesappareilsphotonumériquesetlesprésentationsmultimédia,
pourdocumenterleursproblèmesenvironnementauxlocauxetleurspratiquesagricoles
72 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
traditionnelles et les faire connaître. Les TIC utilisées sont adaptées à la culture
essentiellementoraleetvisuelledescommunautés.
Ministerio de Agricultura
Stratégie de TIC pour le secteur agricole Ganadería y desarrollo rural (MAGDER)
En2002,IICDasoutenuledéveloppementd’unestratégiedeTICpourlesecteuragricole
en Bolivie dont le but est de coordonner et de promouvoir l’introduction, l’accès, les
utilisationsetl’applicationdesTICpouraméliorerledéveloppementruraldefaçonplus
durableetparticipativeenprivilégiantlessecteurslespluspauvres.
Système d’information pour l’innovation et la compétitivité des petits agriculteurs.
Centro de Promoción Agropecuaria Campesina (CEPAC)
Situédanslaprovinced’IchilodansledépartementdeSantaCruz,ceprojetétablitdes
centresd’informationrégionauxquifournirontdel’informationagricole,notammentles
prix du marché, aux communautés rurales. Le CEPAC produit également un bulletin
radiophoniquequotidien,VamosalMercado(Allonsaumarché),quidiffuselesderniers
prixdumarchédanstoutelarégion.
Information sur les confits et les négociations sur les
terres communautaires indigènes d’origine
Confederación de Pueblos Indígenas de Bolivia (CIDOB)
Depuis2001,laCIDOBadéveloppéunsystèmed’information(basededonnéesetsite
Internet)pourappuyerlesrevendicationsterritorialesdesgroupesindigènesenBolivie.
L’informationsertégalementàexercerdespressionssurlegouvernementetauniveau
international.Leprojetviseaussiàaméliorerl’accèsInternetauniveaulocaletàformer
leschefsindigènesdanslesrégionsrurales.
Système d’information sur les investissements publics
pour les petits producteurs en agriculture
Coordinadora de Integración de Organizaciones Económicas Campesinas de Bolivia
(CIOEC)
Leprojetaidelesorganisationsàaccéderàl’informationsurlesfondspublicsdestinésà
des investissements productifs et les agriculteurs à faire des soumissions. Un système
d’information électronique (base de données) est développé et le système de
communication(courriel)entrelaCIOECetlesorganisationsestencoursd’amélioration.
LaCIOECetlesorganisationsreçoiventuneformationdebasesurlesTICetlagestionde
l’information.Audépart,34organisationsd’agriculteurssurles300organisationsaffliées
delaBolivieparticiperontauprojet.
73 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Système SIG pour la certifcation des producteurs de cacao
CEIBO, CEPROEST
Àpartird’unprojetdurableindépendantquiapermisdeconstruire14centresd’information,
cenouveauprojetoffrirauneapplicationquiautomatiseraetfaciliteralesprocessusde
certifcation internationaux de manière à améliorer la productivité et les revenus de
quelque 3 000 producteurs de cacao. Des projets semblables au Mexique ont montré
l’utilité de cette application puisqu’elle a permis d’abaisser les coûts et d’augmenter la
productivitédesagriculteursparticipants,cequiaeuuneffetpositifsurlesrevenus.
Burkina Faso
Projet de renseignements commerciaux pour le secteur de l’agro-industrie
Fédération nationale des industries agro-alimentaires et de transformation du Burkina
(FIAB)
Leprojetderenseignementscommerciauxpourlesecteurdel’agro-industriecherche
àremédieràl’exclusionsocio-économiquedespetitsagriculteursduBurkinaFaso.Ce
projetdonneraauxindustriesdel’agroalimentairel’accèsàl’informationcommerciale-
parInternet-etlerenforcementdescapacitésdanslesecteurdelatransformation
alimentairenécessairepourextraireetanalyserl’information–aumoyend’applications
logicielles.Ilapourbutderenforcerlacompétitivitédespetitsproducteurset
négociantsdel’agro-industriegrâceàuncentred’informationutilesurl’agro-industrie.
Amélioration des canaux d’information sur l’agriculture destinés
aux agriculteurs dans la région rurale de Sissili
Fédération provinciale des producteurs agricoles de Sissili (FEPPASI)
LebutdeceprojetconsisteàétablirdeuxpetitstélécentresdanslesvillagesdeBieha
etBoura,districtdeLéo,afinderenforcerlescommunicationsentrelafédérationdes
agriculteurs(FEPPASI)etsesmembresaunorddupays.LepersonneldelaFEPASSI
etsesmembreslesplusactifsrecevrontuneformationsurl’utilisationdesoutils
multimédiapourproduireetdiffuserdel’informationsurl’agriculture.
Amélioration des communications internes dans le secteur du beurre de karité
(MIKROPA)
L’association Songtaaba - Yalgré
Songtaaba-Yalgréestuneassociationdeproductricesdekarité,ingrédientutilisé
dansdenombreuxproduitscosmétiques.Grâceàl’installationdepetitscentres
d’information(MIPROKA)dansdeuxvillages,lesfemmesaméliorentlesvoiesde
communicationetd’informationentrelesiègedeSongtaaba-YalgréàOuagadougouet
lesmembresdanslesrégions.
74 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Système d’information sur les prix du marché à l’aide d’Internet
et de la télévision nationale du Burkina (TV Koodo)
Institut africain de bioéconomie rurale (IABER)
Ceprojetcommuniquelesprixdumarchéetsensibiliseauxquestionsd’agricultureet
desalubritéalimentairedanslecadred’uneémissiondetélévisionpopulaireintitulée
TVKoodo,présentéeàlatélévisionnationale.Lesdonnéessurlebétailetlesdenrées
largementcommuniquéesparl’émissioncréedesrèglesdujeupluséquitablesentre
producteursetintermédiaires.UnsiteInternetgéréparl’IABERvientcompléter
l’informationdiffuséeparl’émission.
Équateur
Communication pour la gestion des systèmes de
production durable – Parasites et maladies
Coordinadora Ecuatoriana de Agroecología (CEA)
LaCoordinadoraEcuatorianadeAgroecología(CEA)contribueraàpromouvoir
desméthodesécologiquesdeprotectiondesrécoltescontrelesparasitesetles
maladies.Aumoyendedifférentsmédia,elletravailleraaveclesagriculteursetles
chercheursauseindesonréseaupourdocumenterlestechniquesàlafoismodernes
ettraditionnelles,etdiffusercesapprochesgrâceàdescentresd’information
communautaires.
Les TIC pour l’optimisation de la production, du marketing et de
l’organisation sociale des producteurs de cacao en Équateur
Maquita Cushunchic Comercializando como Hermanos (MCCH))
MCCHtravailleavec33organisationsdeproducteursdecacaodel’Équateur
représentant800producteurs,soitquatrepourcentdusecteurducacaodupays.
LeprojetpermettraàMCCHderenforceretdediversifierl’utilisationdesTIC
pourlagestiondel’informationetlacommunication.Lescentresd’information
etdecommunicationserontmisàniveauetMCCHmettraenplaceunsystème
d’informationsurleWebainsiquedesprogrammesd’informationsradiophoniques,
audioetvidéopourlesproducteurs.Leprojetfaitl’essaidelatechnologiesansfilsur
ondescourtespourlaconnectivitéInternetenmilieurural.
Réseau de promotion d’accès au marché
Market Access Promotion Network (MAPRONET)
Crééen2001pardesgroupesdeproducteursagricolesetdesONGlocales
internationales,MAPRONETœuvrepourl’améliorationdel’accèsaumarché
desagriculteurspourleurpermettrederépondreauxexigencesdesmarchés
internationaux.IICDsoutientl’utilisationdesTICparMAPRONETpouraméliorerla
communicationdansleréseauetaveclesgroupescibles.
75 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Soutien à l’accès au marché pour les partenaires en agriculture
TechnoServe
Lebutdeceprojetestdestimulerlefluxd’informationsurlesmarchésagricoles
auGhanaaumoyendecentresd’informationgéréspardesONGetleMinistèrede
l’Alimentationetdel’Agriculture.Leprojetferal’essaidel’utilisationdesSMSpour
recueillirchaquesemainedel’informationsurlesprixetladiffuser.
Incidence de la libéralisation du commerce sur l’agriculture
Acción Ecológica
AcciónEcológicasesertdesTICpoursensibiliserlesagriculteursetautres
organisationslocalesàl’incidencedelalibéralisationducommercesurlesecteur
agricole,l’environnementetlescommunautésindigènesdel’Équateur.Acción
Ecológica,entreautresactivités,produitrégulièrementdesbulletinsélectroniques,un
cd-rometdesémissionsderadioenespagnoletenquechua.Ellecollaboreavecun
autreprojetappuyéparIICD,CAMARI,pourdiffusersonmessage.
Renforcer le réseau d’information et de formation des producteurs
travaillant avec le système de commerce équitable de Camari-FEPP
Sistema Solidario de Comercialización del FEPP (Camari/FEPP)
Camariestunecommissiondecommercialisationdeproduitséquitablesquitravaille
enétroitecollaborationaveclesproducteursagricolesalliésaufondssocialéquatorien
lauréatd’unprixdel’UNEPappeléFEPP.Avecl’aided’IICD,CamariintègrelesTICà
sonsystèmedecorrespondanceentreproducteursetacheteursetentreprendd’autres
activitésdestinéesàaiderlesagriculteursàaméliorerleurpositiondenégociationsur
lemarchéinternational.Leprojetadéjàpermisd’augmenterlesventesannuellesde
plusde40.000$.
Ghana
Centre d’information sur l’agro-commerce du corridor est (ECAMIC)
Social Enterprise Development Foundation of West Africa
CeprojetutiliselesTICpouraider5.000producteursdesojadel’estduGhanaà
accéderauxmarchés.Leprojetassureralaconnectivitéauxcommunautésisolées
ainsiqu’unsoutienaudéveloppementdeservicesspécialisésd’informationetde
communication(SEND)afind’améliorerlesmodesdesubsistancedesagriculteurs
participantauprojetdeSécuritéalimentairedeSEND.
Ghana agricultural information network system (GAINS)
Institute for Scientific and Technological Information (CSIR-INSTI)
L’objectifdeGAINSestdecréerunréseaud’institutsderechercheenagriculture
(GAINS)afinderecueillir,traiter,partageretréorganiserl’informationagricoleproduite
76 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
auGhanaouailleursdansn’importequelformatpourladiffuseretsoutenirla
rechercheetdéveloppementenagriculturedanslepays.
E-commerce pour les exportations non traditionnelles
Ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MOFA)
Parceprojet,leMinistèreveutpermettreauxproducteursetexportateursghanéens
nontraditionnelsdemieuxpromouvoirleursproduitssurlemarchémondial.Pour
cefaire,ilacrééunsiteInternetcontenantdel’informationsurlesprixdumarché,la
production,lecommerceinternational,lesproducteursetnégociantsnontraditionnels
etlescentresd’informationagricole.
Processus de politique de TIC en agriculture – Ghana
Ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MOFA)
Alademandedugouvernement,IICDadonnédesconseilsstratégiquesetun
soutienauMinistèredel’Alimentationetdel’Agricultureenvuedel’élaborationd’une
stratégiedemiseenœuvredesdispositionsapplicablesdelapolitiquedeTICpourun
développementaccélérédanslesecteuragricole.
Réseau de promotion d’accès au marché
Market Access Promotion Network (MAPRONET)
Crééen2001pardesgroupesdeproducteursagricolesetdesONGlocales
internationales,MAPRONETœuvrepourl’améliorationdel’accèsaumarchédes
agriculteursafinqu’ilspuissentrépondreauxexigencesdesmarchésinternationaux.
IICDsoutientl’utilisationdesTICparMAPRONETpouraméliorerlacommunication
dansleréseauetaveclesgroupescibles.
Soutien à l’accès au marché pour les partenaires en agriculture
TechnoServe
Lebutdeceprojetestdestimulerlefluxd’informationsurlesmarchésagricoles
auGhanaaumoyendecentresd’informationgéréspardesONGetleMinistèrede
l’Alimentationetdel’Agriculture.Leprojetferal’essaidel’utilisationdesSMSpour
recueillirchaquesemainedel’informationsurlesprixetladiffuser.
.
77 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Jamaïque
Système d’information sur l’agro-industrie (ABIS)
Rural Agricultural Development Authority (RADA)
IICDasoutenulespremièresphasesdudéveloppementdusystèmeABIS,quiest
maintenantopérationnel.Lespersonneschargéesderecueillirlesdonnéesdanstoute
laJamaïqueseserventd’ordinateursportatifspourobtenirl’informationquialimente
unsiteInternetcentralgéréparRADA.L’informationcontenuedansABISpermetaux
agriculteursdedécidercequ’ilsdoiventcultiveretquandetoùvendreleurrécolte.
Centre d’information agricole central et par satellite (CSAIC)
St. Elizabeth and Manchester Vegetable Growers’ Association
DanslecadredeceprojetpilotedanslesrégionsruralesdelaJamaïque,desservices
d’informationagricolesontfournisparabonnementauxmembresdel’Association.
Troiscentmembresontsouscritauservicequidonnedel’informationetdesconseils
techniquesparlebiaisdecentresd’informationconnectésàInternet.Uneétudedecas
deWinstonGraver(www.ict4djamaica.org)faitétatdesenseignementstirésde
ceprojet.
Malí
L’utilisation des TIC dans la commercialisation du beurre de karité au Mali
Union locale des productrices de karité de Kioïla (ULPK)
IICDaappuyédeuxassociationsdeproducteursapparentées,l’ULPC(pourles
céréales)etl’ULPK(uneassociationdeproductricesdekarité)afinderenforcerles
modesdesubsistancedeleursmembresenaméliorantl’accèsaumarchégrâceau
TIC.Leprojetcomprendralaformation,l’élaborationdecontenusetl’installationd’un
systèmedecommunicationdansneufcommunautés,ainsiqu’aubureauprincipal
del’Union.
Tanzania
Système d’information sur l’agro-industrie (BIS)
Business Care Services (BCS)
Avecl’aided’IICD,BCSadéveloppéunsiteInternetetétabliunréseaud’organisations
d’agriculteursetd’ONGauxquellesiloffredel’informationsurlesprixetuneexpertise
encommercialisation.LeprojetacommencéàMwanzaetgrâceàlacoopération
avecd’autresorganisations,ycomprisVECO(uneONGbelge)etSNV(uneONG
néerlandaise),leprojetapuégalementétendresesservicesàdeuxautresrégions:
KilimandjaroetDodoma.
78 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Services d’information sur les prix et le commerce agricoles (ABIS)
Crop Marketing Bureau (CROMABU)
ÀMagu,surlesrivesdulacVictoria,lesplusimportantessourcesderevenusont
lacultureducotonetlapêche.LetélécentrelocalétabliparleprojetABISoffredes
servicesd’informationsurlesprixetuneformationpourdévelopperlacapacitéenTIC
danslacommunauté,enparticulierparmilesjeunes,lesfemmesetlesagriculteurs.Le
projetpermetl’accèsInternetàd’autresinstitutionsdeMaguetunréseaumaillésans
filestentraind’êtreétabli–uneprouessepourcetterégiondel’Afrique.
Ouganda
Réseau de recherche et d’information sur l’agriculture (ARRIN)
Ndere Troupe
LaTroupeNdereestuneorganisationculturellequitravailleavecdescentainesde
troupesdethéâtreetdegroupescommunautairesrurauxdel’Ouganda.Grâceàson
puissantréseaulocal,Ndererecueilledel’informationadaptéeàlasituationlocale
pourledéveloppementetladiffusesurplusieursmédia:radio,bulletins,dépliants,
courriel,pagesweb,sketchesetvidéoclips.
Système d’information rural à l’appui d’une bourse de marchandises
Ouganda Commodity Exchange Limited (UCE)
UCEaétabliunbureaudecommercialisationdesrécoltesquipermetauxagriculteurs
d’envoyeretderecevoirdel’informationcommerciale.Lebureaucomprendégalement
unsystèmed’entrepôtsoùlesproducteurspeuventstockerlesdenrées,cequileur
permetdedéciderdumomentoùilsvendrontleurrécolte.Lesystèmed’information
dubureauestreliéàdouzetélécentrespilotesdanstoutl’Ouganda.
Zambia
Développement d’un système de fux d’information effcace
Zambia Agriculture Research Institute (ZARI)
L’InstitutderechercheenagriculturedeZambiecherchedesmoyenspluspratiquesde
communiqueraveclesagriculteursausujetdesméthodesetdesquestionsagricoles.
S’adressantinitialementauxpopulationsautourdedeuxvillages,ceprojetsesitueà
demultiplesniveaux(infrastructure,développementdecontenuetformation)pour
améliorerlesfluxd’informationentrechercheurs,vulgarisateursetagriculteursau
niveaulocaldemanièreàcequelesfruitsdelarecherchesoienttransmisauxcentres
d’informationdesagriculteursdanslesdistrictsdeMansaetKasama.
79 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Centres d’information des agriculteurs dans les districts de Mansa et Kasama
Ministère de l’Agriculture et des Coopératives, Zambie
LesServicesnationauxd’informationagricole(NAIS)deZambieappuientlesservices
nationauxdevulgarisationendiffusantdel’informationagricoleàtouslesacteursdu
secteuragricole,enparticulierauxcommunautésrurales.IICDsoutientlacréationpar
NAISdecentresd’informationpilotesfacilitésparlesTICdesservantlesagriculteurs
dansdeuxdistrictsrurauxdupays.
Les TIC au service de l’exportation des produits biologiques
Organic Producers and Processors Association of Zambia (OPPAZ)
L’OPPAZtravailleactuellementavec8000producteursbiologiquescertifiésetdes
cueilleursdeZambieetlesaideàaccéderefficacementauxmarchésintérieurset
d’exportation.Ceprojetétabliraunsystèmeinformatisépourl’assurancedelaqualité
etlacertification,unservicequiamélioreraconsidérablementl’accèsauxmarchés
d’exportationdespetitsagriculteursbiologiquesdelaZambie..
80 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Annexe 4 – Partenaires et partenariats
Partenaires locaux des projets de modes de subsistance agricole
Bolivie
Réseaud’échangedesconnaissances:
• TiCBolivia–www.ticbolivia.net
Partenairespourlesuivi-évaluation:
• Rodasconsultancy
Partenairespourlerenforcementdescapacités:
• Cognos–www.cognos.com
• AspireSystems–www.aspiresys.com
• Captic/EnBolivia.com–www.enbolivia.com
Partenairesdesprojets:
• InstitutodeCapacitacióndelOriente(ICO)–www.ondaslibres.org
• CentrodePromociónBolivia(CEPROBOL)–www.ceprobol.gov.bo
• FundaciónAcciónCulturalLoyola(ACLO)–www.apostamosxbolivie.org/aclo.asp
• ApoyoParaelCampesino-IndígenadelOrienteBoliviano(APCOB)
–www.apcob.org.bo
• FundaciónAgrecolAndes–www.agrecolandes.org
• MinisteriodeAgricultura,GanaderíayDesarrolloRural(MAGDER)
• CentrodePromociónAgropecuariaCampesina(CEPAC)–www.cepacbolivie.org
• AsociacióndeOrganizacionesdeProductoresEcológicosdeBolivia(AOPEB)
–www.aopeb.org
Burkina Faso
Réseaud’échangedesconnaissances:
• Burkina-NTIC–www.burkina-ntic.org
Partenairepourlesuivi-évaluation:
• GREFCO
Partenairesenrenforcementdescapacités:
• ZoONG’sConsultingandProductions–www.zcp.bf
• SULGAConcept
Partenairesdesprojets:
• Feppasi(FédérationdesproducteursduSissili,Léo)
• SahelSolidarité(Ouagadougou,Bokin)–www.sahelsolidarite.bf/index.htm
81 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
• PagLaYiri(Ouagadougou,Zabré)–www.yam-pukri.org
• AssociationSong-TaabYalgré(Ouagadougou,Boussé,Saponé)
–www.songtaaba.net
• IABER(Koudougou)–www.iaber.bf
Autres:
• DélégationGénéraleàl’Informatique–www.delgi.gov.bf
• SICAREX
• Ministèredel’Agriculture
Équateur
Réseaud’échangedesconnaissances:
• Infodesarrollo–www.infodesarrollo.ec
Partenairespourlesuivi-évaluation:
• MarthaNuñezconsultancy
Partenairesenrenforcementdescapacités:
• NUEVARED.ORG–www.nuevared.org
Partenairesdesprojets:
• CoordinadoraEcuatorianadeAgroecología(CEA)–www.cedenma.org/CEA.htm
• MaquitaCushunchicComercializandocomoHermanos(MCCH)
–www.fundmcch.com.ec
• AcciónEcológica-www.accionecologica.org
• SistemaSolidariodeComercializacióndelFEPP(Camari/FEPP)
–www.negocios.camari.org
Autres:
• Ministèredel’Agriculture
Ghana
Réseaud’échangedesconnaissances:
• InformationNetworkonKnowledgeSharing(GINKS)–www.ginks.org
Partenairespourlesuivi-évaluation:
• HippolytPul-DevelopmentAlternativeServicesFoundation–www.dasfghana.org
• Prof.Baah-Nkoah,DepartmentofEconomics,UniversityofGhana.
Partenairesenrenforcementdescapacités:
• KofiAnnanCentreforExcellenceinICT–www.aitikace.org
• LaKeConsultLtd.
82 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Partenairesdesprojets:
• WomeninDevelopmentProject(WADEP)/JaskianDistrictDiocesanOffice
• SocialEnterpriseDevelopmentFoundationofWestAfrica(SEND)
• InstituteforScientificandTechnologicalInformation(CSIR-INSTI)
–www.gains.org.gh
• Ministèredel’Alimentationetdel’Agriculture(MOFA)–www.ecomghana.org.gh
• MarketAccessPromotionNetwork(MAPRONET)
• TechnoServe
Jamaica
Réseaud’échangedesconnaissances:
• ICT4DJamaica–www.ict4djamaica.org
• HEART/NTA–www.heart-nta.org
Partenairesdesprojets:
• RuralAgriculturalDevelopmentAuthority(RADA)–www.abisjamaica.com.jm
• St.ElizabethandManchesterVegetableGrowers’Association
• OnTheFrontier-JamaicaCompetitivenessProject(COMMIT)
–www.onthefrontier.com
Autres:
• RADA-Ministèredel’Agriculture–www.radajamaica.com.jm
• MandevilleWeeklyCommunityDevelopmentLtd.–www.mandevilleweekly.com
Malí
Réseaud’échangedesconnaissances:
• Mali-NTIC/Togunet–www.mali-ntic.com
Partenairespourlesuivi-évaluation:
• PorpéDaouconsultant
Partenairespourlerenforcementdescapacités:
• IDC–www.reoafrique.com
Partenairesdesprojets:
• Unionlocaledesproducteursdecéréales/
UnionlocaledesproductricesdekaritédeKioïla(ULPC/ULPK)
• FédérationdesAssociationsdeBaseduMandé(FABEMA)
• Associationd’Aideetd’AppuiauxGroupements(AAAG)
83 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Autres:
• Afribone–www.afribone.com
• CENAFOD
• Delta-C
• Ministèredel’Agriculture
Tanzanie
Réseaud’échangedesconnaissances:
• SWOPnet–www.swopnet.or.tz
Partenairespourlesuivi-évaluation:
• Dr.MagdalenaNgaiza;ClementKwayu;FrankTilyaconsultants
Partenairespourlerenforcementdescapacités:
• Learn-ITConsultantsLtd
• UniversityofDar-es-Salaam-ComputingCentre(UCC)
Partenairesdesprojets:
• BusinessCareServices(BCS)-www.bistanzanie.com
• CropMarketingBureau(CROMABU)-www.cromabul.com
Autres:
• Ministèredel’Agriculture-www.tanzania.go.tz/government/agriculture.htm
Ouganda
Réseaud’échangedesconnaissances:
• I-NetworkUganda–www.i-network.or.ug
Partenairesdesuivi-évaluation:
• M.ChrisKasangaki,I-Réseau;Ms.JannetOpio,AclaimAfricaLimited,
MmeJosephineWatuulo,consultante
Partenairespourlerenforcementdescapacités:
• UgandaInstituteofInformationandCommunicationsTechnology(UICT)
–www.uict.ac.ug
• TechnoBrain–www.technobrain.ws
Partenairesdesprojets:
• NdereTroupe–www.ndere.com/arrin.about.php
• UgandaCommodityExchangeLimited(UCE)–www.uce.co.ug
• UgandaIndustrialResearchInstitute(UIRI)–www.uiri.org
• UgandaInstituteofInformationandCommunicationsTechnology(UICT)
–www.uict.ac.ug
84 its 1IC vtvt ri srcf6v tcvíc6it
Autres:
• Ministèredel’Agriculture
Zambia
Réseaud’échangedesconnaissances:
• eBrainForum–www.ebrainforum.org.zm
Partenairesdesuivi-évaluation:
• TravaillantVersUneEconomieLibéraleLtd,TELconsulting
Partenairespourlerenforcementdescapacités:
• ColdReedTrainingLtd–www.coldtraining.com
Partenairesdesprojets:
• NationalAgricultureInformationService(NAIS),
Ministèredel’AgricultureetdesCoopératives,Zambie
• OrganicProducersandProcessorsAssociationofZambia(OPPAZ),Lusaka
• ZambiaChamberOfSmallAndMediumBusinessAssociations,Lusaka
• ZambiaAgricultureResearchInstitute(ZARI)
Autres:
• ParticipativeEcologicalLandUseManagementAssociation(PELUM)
• ComputerSocietyZambia(CSZ)
Partenaires habilitants (donateurs)
• Directiongénéraledelacoopérationinternationale(DGIS)desPays-Bas
–www.minbuza.nl
• MinistèredesAffairesétrangèresduDanemark(DANIDA)–www.um.dk
• HumanisticInstituteforDevelopmentCooperation(Hivos)–www.hivos.nl
• CatholicOrganizationforReliefandDevelopmentAid(Cordaid)–www.cordaid.nl
• DépartementduDéveloppementinternational(DFID)duRoyaume-Uni
–www.dfid.gov.uk
• Oxfam–www.oxfam.org
• AgencedeDéveloppementetdeCoopérationdelaSuisse–www.deza.admin.ch